précarité (La) énergétique en 2023 : un impact majeur du bouclier tarifaire et des chèques énergie
MARTIN, Elise ;NEIRAC, Lucie ;PINTON, Caroline ;RYO LE ROUX, Laouen
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie, de l'évaluation et de l'intégration du développement durable
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">En 2023, sans la prise en compte des chèques énergie, 10,1 % des ménages vivant en France métropolitaine (3,1 millions de ménages) se trouvent en situation de précarité énergétique, soit une baisse de 0,1 point par rapport à 2022. Cette quasi-stabilité s'explique par des contributions à la hausse et à la baisse de différents facteurs. D'un côté, la hausse des prix de l'énergie, partiellement absorbée par le bouclier tarifaire, tire le taux de précarité énergétique vers le haut. De l'autre côté, des températures hivernales clémentes, qui ont réduit l'usage du chauffage, une hausse des revenus des ménages, et des efforts de sobriété dans les consommations énergétiques le tirent vers le bas. La situation en 2023 aurait été particulièrement préoccupante si le bouclier tarifaire sur l'électricité et le gaz n'avait pas été mis en place. En effet, sans ce dispositif, le taux de précarité énergétique aurait atteint un niveau record de 17,9 %. Par ailleurs, avec ce dispositif, et cette fois en prenant en compte les chèques énergie versés en 2023 (chèque classique, chèque exceptionnel ainsi que les chèques fioul et bois), le taux de précarité énergétique s'élève à 6,3 %. Le différentiel de taux s'établit ainsi à 11,6 points de pourcentage, soit 3,6 millions de ménages qui évitent de se retrouver en situation de précarité énergétique, tous dispositifs pris en compte (bouclier tarifaire et chèques énergie) et par rapport à l'absence de ces dispositifs.<o:p></o:p></p>
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
énergie
;ménage
;consommation d'énergie
;précarité énergétique
Descripteur écoplanete
politique énergétique
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
La précarité énergétique en 2023:
un impact majeur du bouclier
tarifaire et des chèques énergie
En 2023, sans la prise en compte des chèques énergie,
10,1% des ménages vivant en France métropolitaine
(3,1millions de ménages) se trouvent en situation de
précarité énergétique, soit une baisse de 0,1point par
rapport à 2022.
Cette quasi-stabilité s?explique par des contributions à la
hausse et à la baisse de différents facteurs. D?un côté, la
hausse des prix de l?énergie, partiellement absorbée par
le bouclier tarifaire, tire le taux de précarité énergétique
vers le haut. De l?autre côté, des températures hivernales
clémentes, qui ont réduit l?usage du chauffage, une
hausse des revenus des ménages, et des efforts de
sobriété dans les consommations énergétiques le tirent
vers le bas.
La situation en 2023 aurait été particulièrement
préoccupante si le bouclier tarifaire sur l?électricité et le
gaz n?avait pas été mis en place. En effet, sans ce
dispositif, le taux de précarité énergétique aurait atteint
un niveau record de 17,9 %. Par ailleurs, avec ce
dispositif, et cette fois en prenant en compte les chèques
énergie versés en 2023 (chèque classique, chèque
exceptionnel ainsi que les chèques fioul et bois), le taux
de précarité énergétique s?élève à 6,3%. Le différentiel
de taux s?établit ainsi à 11,6 points de pourcentage, soit
3,6 millions de ménages qui évitent de se retrouver en
situation de précarité énergétique, tous dispositifs pris
en compte (bouclier tarifaire et chèques énergie) et par
rapport à l?absence de ces dispositifs.
L?INDICATEUR DE PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE
HORSCHÈQUES ÉNERGIE EST QUASIMENT
STABLEEN2023
La précarité énergétique concerne les ménages qui « éprouvent
dans leur logement des difficultés particulières à disposer de
la fourniture d?énergie nécessaire à la satisfaction de leurs
besoins élémentaires, en raison de l?inadaptation de leurs
ressources ou de leurs conditions d?habitat » (loi du 12 juillet
2010, dite « loi Grenelle II »). L?un des principaux indicateurs
de la précarité énergétique, défini par l?Observatoire national
de la précarité énergétique (ONPE), repose sur le taux d?effort
énergétique (TEE)1. En 2023, avant la prise en compte des
chèques énergie, 10,1% des ménages vivant en France
métropolitaine, soit 3,1 millions de foyers, se trouvent en
situation de précarité énergétique. Ce chiffre marque une très
légère baisse, de 0,1 point, par rapport à 2022 (graphique1)2[1].
JUIN 2025
AÉ MT H Essentiel
MINISTÈRES
AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE
TRANSITION
ÉCOLOGIQUE
Note de lecture: en 2023, l?indicateur de précarité énergétique basé
sur le taux d?effort énergétique s?élève à 10,1%. Corrigé des conditions
météorologiques, il est de 10,8%.
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus 2025
Graphique 1: évolution de l?indicateur de précarité
énergétique basé sur le taux d?effort énergétique
etsans prise en compte des chèques énergie
En%
Indicateur brut Indicateur corrigé de la météo
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
14
12
10
8
6
4
2
0
10,7
11,1
10,5
9,4
11,4
10,2 10,1
10,9
11,6
10,9 10,4
11,2
10,9 10,8
1 Ce taux d?effort énergétique est le ratio des dépenses d?énergie dans le logement sur le revenu du ménage. Les ménages en précarité énergétique au sens du TEE
sont ceux dont les revenus sont inférieurs au troisième décile de niveau de vie (qui appartiennent aux 30% des ménages les plus modestes) et dont le TEE dépasse
8%. Pour plus de détails sur le modèle de microsimulation Prometheus et la méthode de calcul du taux de précarité énergétique, voir [1] et [7].
2 Les niveaux de taux de précarité énergétique affichés dans le graphique1 ont été révisés par rapport à la publication de l?année dernière. Cela s?explique par le passage
à la version 3 du modèle Prometheus et par des révisions des séries de données par leur producteur (consommations énergétiques, parc de logements, recensement).
10,7
10,8
La précarité énergétique en 2023: un impact majeur du bouclier tarifaire et des chèques énergie
L?ANNÉE 2023, SECONDE ANNÉE LA PLUS CHAUDE
EN FRANCE MÉTROPOLITAINE APRÈS 2022
La baisse de la précarité énergétique en 2023 s?explique
en partie par les conditions météorologiques de l?année,
qui entraînent une diminution de 0,7point de pourcentage
de l?indicateur (graphique1). En effet, le recours au
chauffage, qui représente près de 60% des dépenses
énergétiques annuelles d?un logement, dépend des
températures hivernales.
L?année 2023 a été classée au deuxième rang des années
les plus chaudes en France métropolitaine depuis le début du
XXesiècle, après 2022. Les températures sont restées
supérieures aux normales saisonnières une grande partie de
l?année. L?automne 2023 a été le plus chaud depuis 1900, avec
une température moyenne de 15,9°C, soit 2,5°C au-dessus
de la normale. Sur l?ensemble de l?année, la température
moyenne a atteint 14,4°C, dépassant de 1,4°C la normale et
se plaçant ainsi derrière 2022 (+1,6°C) [2].
Une fois les données «corrigées de la météo», c?est-à-dire
en neutralisant l?effet des conditions climatiques sur la
consommation de chauffage durant la saison de chauffe
(janvier-mai et octobre-décembre), le taux de précarité
énergétique s?établit à 10,8% en 2023, soit 0,1 point de moins
qu?en 2022.
UNE AUGMENTATION DES REVENUS DES MÉNAGES
QUI RÉDUIT LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE
Toutes choses égales par ailleurs, la hausse des revenus
des ménages contribue à réduire la précarité énergétique
de 1,2 point de pourcentage en 2023 (graphique2). En effet,
le revenu disponible brut (RDB) des ménages a augmenté
de 8,0%, un rythme bien plus élevé que celui des années
précédentes. Les revenus d?activité nets des ménages ont
en effet augmenté de 5,0% en 2023. Le revenu moyen
progresse donc, soutenu par la double revalorisation du
Smic (+ 5,4% en 2023) et la hausse du point d?indice de la
fonction publique (+ 2,4% en 2023) [3].
UNE BAISSE DES CONSOMMATIONS D?ÉNERGIE
DANS LE RÉSIDENTIEL LIÉE AU CONTEXTE DE
CRISE ÉNERGÉTIQUE
La consommation moyenne d?énergie par logement,
corrigée des effets météorologiques, diminue en 2023,
entraînant, toutes choses égales par ailleurs, une baisse du
taux de précarité énergétique de 0,9point de pourcentage
(graphique2). Cette baisse survient dans un contexte de
prix de l?énergie élevés, d?incitations à la sobriété et alors
que, malgré la forte hausse du revenu disponible brut, le
pouvoir d?achat des ménages n?augmente que de 0,8% en
2023 en raison de la poursuite de la forte inflation.
La consommation d?énergie du résidentiel diminue de
2,7% à météo corrigée, après une baisse de 4,4% en 2022,
pour atteindre 456TWh. L?électricité, représentant plus du tiers
de l?énergie du résidentiel, voit sa consommation diminuer de
2,8%. La consommation de gaz, qui représente un quart de
l?énergie du résidentiel, décroît plus fortement (-6,8%) [4].
SANS LE BOUCLIER TARIFAIRE, LA PRÉCARITÉ
ÉNERGÉTIQUE AURAIT ÉTÉ CONSIDÉRABLEMENT
PLUS ÉLEVÉE
Sans le bouclier tarifaire, le taux de précarité énergétique
aurait très fortement augmenté, et se serait élevé à 17,9%
en 2023 (18,6% en corrigeant de la météo). Si le bouclier
tarifaire n?avait pas été prolongé3, le tarif réglementé de
vente TTC de l?électricité pour 2023 aurait augmenté de
3 Les hausses des tarifs réglementés de vente de l?électricité (TRVe), qui avaient été gelés à leur niveau de février 2022, ont été limitées à respectivement 15% au
1erfévrier 2023, puis à 10% en août 2023. La hausse des tarifs réglementés de vente du gaz naturel (TRVg), qui avaient été gelés à leur niveau d?octobre 2021, a été
limitée à 15% au 1erjanvier 2023.
Graphique 2: facteurs expliquant la quasi-stabilité de laprécarité énergétique corrigée de la météo en 2023 et sans
prise en compte des chèques énergie
En points de pourcentage
2,4
2,2
2,0
1,8
1,6
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
0,0
- 0,2
- 0,4
- 0,6
- 0,8
- 1,0
- 1,2
- 1,4
Variation
totale de
l?indicateur
corrigé
de la météo
- 0,1 point
Revenus des
ménages
- 1,2 point
Consommation
moyenne (corrigée
dela météo)
par logement
- 0,9 point
Évolution
des parcs de
chauffage et
logement
- 0,1 point
Effets croisés
- 0,2 point
Prix des énergies
(TTC)
+ 2,2 points
Note de lecture: l?indicateur de précarité énergétique corrigé de l?effet météo baisse de 0,1point en 2023 par rapport à 2022.
Note 1: les effets croisés traduisent les interactions entre les différents facteurs.
Note 2: la méthodologie d?estimation des revenus est celle détaillée dans l?encadré2 de La précarité énergétique en 2020: un repli marqué, CGDD, Théma
essentiel, janvier 2022. Elle a été adaptée aux données disponibles, dans la mesure où l?indicateur avancé du taux de pauvreté estimé par le modèle Ines de
l?Insee n?était pas disponible lors de la rédaction de cette publication.
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus 2025
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_15_precarite_energetique_en_2020_janvier2021.pdf
La précarité énergétique en 2023: un impact majeur du bouclier tarifaire et des chèques énergie
99% par rapport à celui en vigueur au 1eraoût 2022 pour
les ménages résidentiels. Celui du gaz, maintenu jusqu?en
juin 2023, aurait augmenté de 95% par rapport à celui gelé
d?octobre 2021. De fait, en 2023, le bouclier tarifaire a limité
la hausse du taux de précarité plus fortement qu?en 2022,
car l?ampleur de la hausse des prix qu?il a empêchée en
2023 est supérieure à celle de l?année précédente [5] [6].
Cependant, le bouclier tarifaire n?a pas complètement
empêché l?augmentation des prix de l?énergie supportée par
les ménages entre 2022 et 2023. Ceux-ci ont progressé de
10,7% [4]. Toutes choses égales par ailleurs, ces hausses de
prix ont entraîné une augmentation du taux de précarité
énergétique de 2,2points de pourcentage par rapport à 2022
(graphique2).
LES CHÈQUES ÉNERGIE CLASSIQUE,
EXCEPTIONNEL, BOIS ET FIOUL ONT FORTEMENT
RÉDUIT LA PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE
Le chèque énergie classique est un dispositif d?aide au
bénéfice des ménages les plus modestes pour le paiement
des factures liées à l?énergie du logement. Il bénéficie à
5,6millions de ménages en 2023, et son montant annuel varie
de 48¤ à 277¤, en fonction du revenu fiscal de référence
(RFR) et de la composition du ménage, définie en unité de
consommation (UC).
En complément du chèque énergie annuel classique,
trois chèques exceptionnels ont été délivrés à la fin de
l?année 2022 et majoritairement utilisés en 2023. Un chèque
énergie exceptionnel de 100¤ ou 200¤ a été attribué aux
ménages, sous conditions de revenus4. Un chèque
exceptionnel «opération fioul» et un chèque exceptionnel
«opération bois» ont également été mis en place, attribués
respectivement aux ménages dont le RFR/UC ne dépassait
pas 20 000¤/an pour le fioul et 27 500¤/an pour le bois.
Les trois chèques exceptionnels ont été attribués à partir
des revenus déclarés en 2021 au titre de l?année 2020,
tandis que le chèque énergie classique attribué en 2023
l?aété à partir des revenus déclarés en 2022 au titre de
l?année 2021. Le chèque énergie exceptionnel de 100¤ ou
200¤ aété attribué automatiquement, de la même manière
que le chèque énergie annuel. En revanche, les chèques
exceptionnels fioul et bois ont été attribués à la demande
des bénéficiaires, et leur impact sur la précarité énergétique
est réduit du fait d?un taux de recours faible, qui atteint
18,0% pour le chèque exceptionnel fioul et 18,6% pour le
chèque exceptionnel bois5.
Ainsi, le chèque énergie classique diminue la précarité
énergétique de 1,3point de pourcentage (graphique3).
Sontaux passe de 10,1% avant le versement du chèque
énergie classique à 8,6% après versement (10,8% à 9,4%
une fois corrigé des effets météo). Avec la prise en compte
additionnelle du chèque exceptionnel et des chèques fioul
et bois, la précarité énergétique diminue encore de
2,3points, atteignant 6,3% après versement (7,0% une
fois corrigée des effets météo). Le versement de l?ensemble
des chèques énergie fait donc diminuer la précarité
énergétique de 3,8 points au total.
LES MESURES DE SOUTIEN À LA FACTURE
ÉNERGÉTIQUE PRISES EN 2023 ONT PERMIS UNE
TRÈS FORTE DIMINUTION DE LA PRÉCARITÉ
ÉNERGÉTIQUE
L?ensemble des mesures prises en 2023 pour soutenir
lafacture énergétique des ménages (bouclier tarifaire sur
legaz et l?électricité, chèque énergie classique, chèque
énergie exceptionnel et chèques bois et fioul) ont permis
une très forte diminution de la précarité énergétique, de
11,6points toutes choses égales par ailleurs (graphique3).
Le bouclier tarifaire a eu un impact considérable sur la
précarité énergétique en 2023. Il a permis à 2,4millions de
ménages d?éviter la précarité énergétique (graphique4).
Lechèque énergie classique, qui a complété le bouclier
tarifaire, a contribué à réduire le nombre de ménages
précaires énergétiques de près de 500 000. Enfin, les chèques
exceptionnels ont permis de faire sortir 720 000ménages
supplémentaires de la précarité énergétique. Ainsi, au total,
3,6millions de ménages ont évité la précarité énergétique
grâce à ces dispositifs.
4 Les bénéficiaires du chèque énergie classique au titre de 2022 (ayant un RFR/UC inférieur à 10800¤) ont reçu un chèque énergie supplémentaire de 200¤.
Lesautres ménages ayant un RFR/UC compris entre 10 800¤ et 17 400¤ ont reçu un chèque énergie de 100¤.
5 Tous les chèques énergie (classique, exceptionnel, bois et fioul) envoyés aux ménages sont considérés comme encaissés, soit un taux d?utilisation de 100%.
Lechèque énergie classique et le chèque énergie exceptionnel ont été envoyés automatiquement aux ménages éligibles, ce qui n?est pas le cas des chèques fioul
etbois dont les taux de recours sont estimés en rapportant le nombre de demandes de chèque acceptées au 31décembre2023 au nombre de chèques dont le
versement avait été estimé lors de la création des mesures.
Note de lecture : avec le bouclier tarifaire et sans prise en compte des
chèques énergie, les ménages modestes (trois premiers dixièmes de niveau
de vie) ayant un taux d?effort énergétique (TEE) supérieur à 4 % représentent
24 % de l?ensemble des ménages. La droite horizontale représente le seuil
de 8 % du TEE au-delà duquel les ménages modestes se trouvent en
situation de précarité énergétique. Ainsi, l?intersection des quatre courbes
de distribution du TEE avec cette droite horizontale permet de lire sur l?axe
des abscisses le taux de précarité énergétique associé. Le taux de précarité
énergétique dans une situation sans bouclier tarifaire aurait été de 17,9 %.
Champ : France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus 2025
Graphique 3: répartition des ménages modestes en
2023 par taux d?effort énergétique selon les dispositifs
de soutien pris en compte
En %
Sans bouclier tarifaire ni chèque énergie
Avec bouclier tarifaire et sans chèque énergie
Avec bouclier tarifaire et chèque énergie classique
Avec bouclier tarifaire et chèques énergie (classique,
exceptionnel, bois et fioul)
Part des ménages dans la population totale
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
0 5 10 15 20 25 30
Ta
ux
d
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ffo
rt
é
ne
rg
ét
iq
ue
d
es
m
én
ag
es
ap
pa
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em
ie
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d
ix
iè
m
es
d
e
ni
ve
au
d
e
vi
e
6,3 10,1 17,98,6
La précarité énergétique en 2023: un impact majeur du bouclier tarifaire et des chèques énergie
LES CHÈQUES ÉNERGIE, CIBLÉS, BÉNÉFICIENT
DAVANTAGE AUX MÉNAGES PRÉCAIRES
TRÈSMODESTES QUE LE BOUCLIER TARIFAIRE
Les mesures d?aides aux ménages n?ont pas eu le même
effet selon le dixième de niveau de vie des ménages.
Lebouclier tarifaire a eu un impact très important et plutôt
homogène sur chacun des trois premiers dixièmes de niveau
de vie (graphique5). Sans bouclier tarifaire ni chèque
énergie, près de quatre ménages sur cinq auraient été en
précarité énergétique dans le premier dixième de niveau de
vie, près de trois sur cinq dans le deuxième et près de deux
sur cinq dans le troisième. Avec le bouclier tarifaire, les
baisses du taux de précarité énergétique pour les trois
premiers dixièmes s?établissent respectivement à près de
20, 30 et 25points de pourcentage.
Les chèques énergie ont également eu un impact très
important, en bénéficiant cette fois principalement aux
ménages très modestes. Cela s?explique par le fait que
leschèques énergie sont des mesures ciblées, dont
lesmontants sont conditionnés aux revenus des ménages.
La baisse du taux de précarité énergétique la plus
importante concerne ainsi le premier dixième, avec une
diminution supplémentaire de près de 25points de
pourcentage lorsque l?ensemble des chèques énergie sont
pris en compte.
Les mesures d?aides aux ménages n?ont par ailleurs pas
eu le même effet selon la catégorie de commune6. Les
réductions du taux de précarité les plus importantes, en
considérant l?ensemble des dispositifs, ont lieu dans les
catégories de commune où les taux de précarité énergétique
sont les plus élevés (graphique6).
Note de lecture : sans bouclier tarifaire ni chèque énergie, 5,5 millions de ménages auraient été en situation de précarité énergétique en 2023. Grâce au bouclier
tarifaire, 2,4 millions de ménages sont sortis de la précarité énergétique.
Champ : France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus 2025
Graphique 4: nombre de ménages en situation deprécarité énergétique en 2023 selon les dispositifs desoutien
pris en compte
Sans bouclier tarifaire nichèque
énergie
Avec bouclier tarifaire etchèque
énergie classique
Avec bouclier tarifaire et sans
chèque énergie
Avec bouclier tarifaire et chèques
énergie (classique, exceptionnel,
bois et fioul)
5,5 millions
3,1 millions
2,6 millions
1,9 million
- 2,4 millions
- 500 000
- 720 000
Graphique 5 : proportion de ménages en situation de précarité énergétique en 2023 par dixième de niveau de vie
selon les dispositifs de soutien pris en compte
En %
Note de lecture : au sein du 1er dixième de niveau de vie, c?est-à-dire parmi les 10 % des ménages les plus modestes en termes de revenu total par unité de
consommation (UC), et sans bouclier tarifaire ni chèque énergie, 81,3 % des ménages auraient été en précarité énergétique.
Champ : France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus 2025
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1er dixième 2e dixième 3e dixième
81,3
56,0
41,7
60,2
25,5
15,1
47,7
23,8
14,8
34,2
17,6
11,1
Sans bouclier tarifaire ni chèque énergie Avec bouclier tarifaire et sans chèque énergie
Avec bouclier tarifaire et chèque énergie classique Avec bouclier tarifaire et chèques énergie (classique, exceptionnel, bois et fioul)
6 Voir le site de l?Insee pour une définition de ces catégories et [8] pour une analyse socio-démographique.
www.ecologie.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia ? 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: juin 2025
ISSN: 22558-493X (en ligne)
Directeur de publication: Brice Huet
Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
BIBLIOGRAPHIE
? Le chèque énergie : un dispositif qui contribue à réduire la
précarité énergétique en France, CGDD, Théma Essentiel,
octobre 2021
? Précarité énergétique : une relative stabilité entre 2010 et
2019, CGDD, Théma Essentiel, novembre 2021
? Les mesures exceptionnelles de lutte contre la hausse des
prix de l?énergie, Cour des comptes, mars 2024
? Chèques énergie exceptionnels, Ministères Aménagement
du territoire Transition écologique, décembre 2022
Élise MARTIN, SEVS
Lucie NEIRAC, SEVS
Caroline PINTON, SEVS
Laouen RYO LE ROUX, SEVS
RÉFÉRENCES
[1] La précarité énergétique diminue en 2022 grâce aux
mesures de soutien aux ménages et aux baisses des
consommations, CGDD, Thema Essentiel, mai 2024
[2] Bilan climatique de l?année 2023, Météo-France, janvier 2024
[3] France, portrait social - Édition 2024, Insee Références,
novembre 2024
[4] Bilan énergétique de la France en 2023 ? Données
définitives, SDES, Datalab Essentiel, janvier 2025
[5] L?impact distributif des mesures de soutien aux ménages
face à la hausse des prix de l?énergie en 2022, CGDD,
Théma Essentiel, septembre 2023
[6] Rapport sur l?impact environnemental du budget de l?État,
jaune budgétaire, 2024
[7] Le modèle Prometheus de microsimulation de la facture
énergétique des ménages, CGDD, Document de travail,
mars 2025
[8] Aires d?attraction des villes : plus de 15-29 ans et de
cadres dans les pôles et dans les grandes aires, Insee
Première n° 1827, novembre 2020
MINISTÈRES
AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE
TRANSITION
ÉCOLOGIQUE
Graphique 6 : proportion de ménages en situation de précarité énergétique en 2023 par catégorie de commune
selon les dispositifs de soutien pris en compte
En %
Note de lecture : au sein des communes-centres, sans bouclier tarifaire ni chèque énergie, 19,5 % des ménages auraient été en précarité énergétique.
Champ : France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus 2025
30
25
20
15
10
5
0
Commune-centre Autre commune d?un pôle Commune de la couronne Commune hors attraction des villes
19,5
14,3
11,6
8,0
9,4
6,86,2
4,8
Sans bouclier tarifaire ni chèque énergie Avec bouclier tarifaire et sans chèque énergie
Avec bouclier tarifaire et chèque énergie classique Avec bouclier tarifaire et chèques énergie (classique, exceptionnel, bois et fioul)
9,6
13,0
8,6
11,5
6,8
9,0
17,5
25,3
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_11_cheque_energie_octobre2021.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_11_cheque_energie_octobre2021.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_14_precarite_energetique_novembre2021.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_14_precarite_energetique_novembre2021.pdf
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-mesures-exceptionnelles-de-lutte-contre-la-hausse-des-prix-de-lenergie
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-mesures-exceptionnelles-de-lutte-contre-la-hausse-des-prix-de-lenergie
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/cheques-energie-exceptionnels#cheques-energie-exceptionnels-2021-et-2022-2
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_31_precarite_energetique_2022_mai2024.pdf
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https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_essentiel_27_impact_distributif_mesures_soutien_menages_hausse_prix_energie_2022_septembre2023.pdf
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https://www.budget.gouv.fr/documentation/file-download/28466
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/document_travail_70_prometheus_microsimulation_facture_energetique_menage_mars2025.pdf
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https://www.insee.fr/fr/statistiques/4983000
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