Agir contre le sans-abrisme - #9 : Les pensions de famille, un outil puissant d'insertion par le logement, un levier pour lutter contre le sans-abrisme
Auteur moral
France. Délégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement
Auteur secondaire
Résumé
Les pensions de famille offrent un logement pérenne avec accompagnement social à des personnes en grande précarité. Intégrées au plan «?Logement d'abord?», elles favorisent l'inclusion, l'autonomie et la dignité. Le gouvernement vise 10?000 nouvelles places d'ici 2027. Ouvertes sur leur quartier, elles permettent de reconstruire des liens, brisant l'isolement et participant activement à la cohésion sociale locale.
Descripteur Urbamet
droit au logement
Descripteur écoplanete
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
1
Délégation interministérielle
à l?hébergement et à
l?accès au logement
Les pensions de famille,
un outil puissant d?insertion par le logement,
un levier pour lutter contre le sans-abrisme
mai 2025
Agir contre le sans abrisme - #9
C
O
LL
EC
TI
O
N
Crédit : Unafo
2
SO
M
M
A
IR
E
Édito de Valérie Létard, ministre du Logement
Édito de Jérôme d?Harcourt, délégué
interministériel pour l?hébergement et l?accès au
logement des personnes sans abri ou mal logées
1.1. La pension de famille, une réponse pour loger
et accompagner durablement des personnes
très vulnérables
? Un modèle qui a fait ses preuves
? Carte de France des pensions de famille
? Accélérer l?ouverture de nouvelles pensions de famille
? Ce qui est prévu dans le plan Logement d?abord 2
? Le montage d?un projet de pension de famille
? L?économie des pensions de famille
2.2. Vivre dans une pension de famille
? La mixité des profils des résidents
? Les droits et les devoirs des résidents
? L?accompagnement social
? Le rôle du duo d?hôtes
? L?architecture et l?insertion urbaine des pensions de
famille
4
5
6
19
2 3
3.3. La semaine nationale des pensions de famille,
un événement pour aller vers
? 5e édition du 19 au 25 mai 2025
? Carte des événements dans toute la France
? Ouvrir les portes des pensions de famille pour les
promouvoir auprès du grand public et des élus
? Développer et partager de la connaissance
4.4. La Dihal, administration pivot de la lutte
contre le sans-abrisme
32
36
4
ÉDITORIAL
© Damien Valente
Avec le Plan Logement d?abord, le Gouvernement
réaffirme avec force et détermination son
engagement dans la lutte contre le sans-abrisme.
Car non, le sans-abrisme n?est pas une fatalité.
Pour les personnes concernées, cette politique
publique représente souvent le dernier filet de
sécurité. Les pensions de famille et les résidences-
accueil jouent, à ce titre, un rôle essentiel : elles
offrent une solution durable aux personnes en
grande précarité, notamment celles souffrant
de troubles psychiques stabilisés.
Ces structures proposent un cadre de vie stable,
bienveillant et accompagné, à des personnes
dont les parcours sont souvent marqués par des
ruptures successives, des périodes d?errance
ou des séjours en hôpital psychiatrique.
Elles permettent à chacun de se poser, de se
reconstruire à son rythme et de retrouver sa
dignité.
Alors que la santé mentale a été désignée
Grande Cause nationale de l?année 2025, j?en
appelle à la mobilisation de tous les acteurs
pour poursuivre et renforcer le développement
des résidences-accueil.
La 5e édition de la Semaine nationale des
pensions de famille, que j?inaugurerai le 19 mai,
constitue une formidable opportunité pour ces
lieux de vie d?ouvrir leurs portes aux élus, aux
partenaires, aux riverains et au grand public.
J?invite donc chacun et chacune à participer
à l?un des nombreux événements organisés
partout en France.
Ministre du Logement
Valérie Létard
4 5
ÉDITORIAL
Cette 5e édition de la Semaine nationale
des pensions de famille marque la continuité
d?une dynamique réelle autour des pensions
de famille et des résidences-accueil, dispositifs
au coeur du plan Logement d?abord. La
Dihal, en charge de piloter et de mettre en
oeuvre cette politique publique au niveau
national, renouvelle le partenariat avec les
grandes têtes de réseau du secteur pour cette
semaine qui permet, comme chaque année,
de valoriser les structures et leurs habitants.
En proposant des logements individuels et
durables sans limite de temps au sein de
structures collectives à taille humaine, la
pension de famille et la résidence-accueil
font partie des outils essentiels des parcours
de la rue au logement, pour les personnes en
situation d?isolement ou d?exclusion sociale.
En complémentarité avec les autres dispositifs
d?hébergement et de logements accompagnés,
la pension de famille est aujourd?hui un modèle
plébiscité par tous les acteurs. Sa pertinence
en matière d?insertion des personnes au long
parcours de rue et d?hébergement est largement
reconnue.
Cela renforce notre conviction de la
nécessité de continuer son développement.
Le premier plan quinquennal pour le Logement
d?abord, lancé en 2017 par le Président de la
République, a permis d?accélérer l?ouverture de
places en pensions de famille. Fin 2024, plus de
25 000 personnes sont logées dans plus de 1 000
pensions de famille en France, après avoir connu
la rue ou une situation de très mal-logement.
Dans le cadre du second plan Logement d?abord,
et sous l?impulsion du ministre délégué chargé
du Logement, l?État souhaite poursuivre et
intensifier ses efforts avec l?objectif d?ouverture
de 10 000 places supplémentaires d?ici 2027. C?est
un objectif volontariste : pour l?atteindre, nous
avons besoin de la mobilisation de l?ensemble
des acteurs, bailleurs, gestionnaires, collectivités.
En organisant la Semaine nationale des
pensions de famille tous les ans, nous
souhaitons encourager davantage l?organisation
d?événements au sein des pensions de famille
et augmenter leur visibilité auprès des acteurs
locaux, des élus et du grand public.
Délégué interministériel pour l?hébergement
et l?accès au logement des personnes
sans abri ou mal logées
Jérôme d?Harcourt
©Ivan Guilbert/ TERRA
6
??
1.1. La pension de famille, une réponse pour
loger et accompagner durablement des
personnes très vulnérables
Pour les personnes résidant dans des pensions de famille,
c?est souvent la seule solution d?accès au logement : car ce
n?est pas une solution d?hébergement temporaire, mais bien
une solution de logement durable, dit « accompagné ». Le
locataire dispose d?un logement autonome et abordable,
et bénéficie d?un accompagnement social adapté à ses
besoins.
REPÈRES
Au sein de la famille des résidences sociales1, le
dispositif des pensions de famille2 vise à stabiliser dans
un logement pérenne des personnes à faible niveau
de ressources3, dans une situation d?isolement ou
d?exclusion lourde, ayant fréquenté de façon répétitive
la rue et les structures d?hébergement provisoire.
Les résidences accueil sont une modalité de pensions
de famille4 plus particulièrement destinées à répondre
aux besoins de personnes en situation d?exclusion
économique et sociale souffrant de troubles
psychiques, nécessitant un suivi renforcé. Il ne s?agit
cependant pas d?un dispositif médico-social, car
aucune prise en charge spécifique n?est assurée au
sein de la structure.
La situation sociale et personnelle de ces personnes
rend difficile l?accès à un logement autonome et
indépendant. Il est tout à fait possible de construire
des projets mixtes, avec une partie des places
labellisées « pension de famille », et l?autre « résidence
accueil ».
Un modèle qui a fait ses preuves
Pensé comme un lieu tourné vers l?extérieur, la pension de
famille permet à chacun de retrouver une place dans la
cité.
Les résidents peuvent se reconstruire : ils trouvent avant
tout un logement individuel, prêt à habiter, et sans limite
de temps.
Pour Manuel Hennin, adjoint au Dihal, « La pension de
famille, c?est « un chez soi, mais pas tout seul », car les
espaces communs, et surtout la présence des hôtes, au
quotidien, deux postes financés par l?État dans chacune
des structures, permettent de créer ou recréer du lien, de
rompre l?isolement ».
Des bénéfices pour les locataires
Les habitants y trouvent au sein de petites structures
de 20 ou 25 places, un lieu de vie chaleureux, un
accompagnement, une présence bienveillante, dynamique
et attentive des hôtes.
« Ici, dans la pension de famille, j?ai repris
confiance en moi, c?est une nouvelle famille
que j?ai rejoint, une « famille de coeur ».
Jacqueline, résidente
Selon le rapport d?impact d?Habitat et Humanisme5
? 90% des résidents sont satisfaits de leur logement et
se sentent chez eux
? 55% des personnes se sont fait de nouveaux amis ou
relations
? 54% ont vu leur situation financière s?améliorer
? 52% se sont occupés d?un problème de santé qu?ils
laissaient traîner
Des bénéfices pour les communes
Les pensions de famille participent à la cohésion sociale
des territoires. Elles permettent de sortir de la précarité des
hommes et des femmes et affirme des valeurs de solidarité
et de justice sociale.
??« Quand on voit des personnes qui relèvent
la tête, s?épanouissent et envisagent
l?avenir, on se dit qu?on n?a pas perdu notre
temps... »
Brigitte Fouré, maire d?Amiens (2022)
Des bénéfices pour la société, la communauté
Les structures ouvertes vivent bien, s?insèrent dans leur
quartier, dans leur environnement et sont appréciées
des acteurs locaux. Elles sont un outil plébiscité par tous
les acteurs : leur pertinence en matière d?insertion des
personnes au long parcours de rue et d?hébergement est
largement reconnue.
1. Les résidences sociales recouvrent plusieurs solutions de logements autonomes et abordables, au sein de structures semi-collectives : foyer de jeunes travailleurs (FJT), résidence sociale
dite généraliste, pension de famille et résidence accueil
2. Pour tout savoir sur les pensions de famille et les résidences accueil
3. Sous les plafonds de ressources du Prêt Locatif Aidé d?Intégration (PLAI), soit 11 626 ¤/an pour une personne seule en 2022.
4. Par simplicité, nous utiliserons le terme « pension de famille » dans son acceptation générique dans la suite du dossier, entendu donc comme « pension de famille et résidence accueil »
5. L?association Habitat et Humanisme, pour répondre à l?exclusion et l?isolement des personnes en difficultés, agit en faveur du logement, de l?insertion et de la recréation de liens so-
ciaux. Depuis 2008, elle a développé 52 pensions de famille, partout en France.
6 7
Témoignage d?un résident heureux
8
??
L?histoire de la pension de famille La Maison des
Thermopyles, ouverte il y a 11 ans, est l?histoire, à l?origine,
d?un rassemblement d?habitants du 14e, soucieux de lutter
contre la précarité sociale dans un quartier porteur de
projets associatifs innovants.
Tout commence avec l?association « Urbanisme et
démocratie » présidée par Sabine Brohl, éducatrice, qui
porte la réflexion de ce projet au sein de la création de la
ZAC Didot en 1999. Le dossier a été soutenu par la Mairie
du 14e, la mairie de Paris, la Direction Départementale
des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS), en partenariat
avec la Fondation pour le Logement des Défavorisés.
Les militants de l?association « Pension de famille Bauer-
Thermopyles-Plaisance », issus « d?Urbanisme et Démocratie
», ont multiplié les réunions d?information aux riverains,
aux habitants du quartier, avant et pendant le chantier.
La pension de famille a ouvert ses portes en 2012. C?est
l?association la Maison des Thermopyles (anciennement
Pension de famille à Bauer-Thermopyles-Plaisance) qui
l?administre aujourd?hui.
La pension de famille la Maison des Thermopyles à Paris :
un projet porté par une association d?habitants du 14e
arrondissement pleinement ancrée dans son quartier
FOCUS
« Pour moi, arriver ici,
c?était comme une bouffée
de liberté car j?ai eu la
chance de recevoir un
studio, où j?ai pu m?entourer
de mes toiles, de mes livres
et de mes disques »
Daisy, une des premières résidentes
de la Maison des Thermopyles
© Maison des Thermopyles
8 9
Valérie Tartier, directrice de la Maison
des Thermopyles depuis 2018
Comment vit la pension de famille, 10 ans après son
ouverture ?
Elle vit bien ! Les 20 habitants y ont pris adresse de
façon durable et sereine. La moyenne d?âge est de
61 ans. La pension de famille et ses habitants sont
pleinement ancrés dans le quartier. Nous sommes
un acteur actif, identifié à la fois parce que les
habitants ont monté un atelier de réparation de
vélos qui fonctionne bien et que nous participons
à de nombreux événements dans le quartier. Nous
sommes aussi repérés comme un modèle de pension
de famille intéressant dans son fonctionnement,
son intégration urbaine et sociale.
Comment voyez-vous la pension de famille dans 10
ans ?
Je l?imagine capable de s?adapter aux publics,
capable toujours d?améliorer les conditions de vie
des personnes qui en bénéficient et capable de
changer le regard sur ses habitants.
La Maison des
Thermopyles en
chiffres
17 studios meublés
2 salles communes accessibles en
permanence équipées d?une cuisine
et d?un accès Internet, permettant
aux habitants de se retrouver et de
participer à des animations socio-
culturelles
Les loyers (dits « redevances »,
comprenant un forfait fixe pour les
charges) s?élèvent de 550 ¤ à 605 ¤
charges comprises selon la taille
du studio (17 à 26 m2, un seul à 30
m2). Avec les aides au logement, les
bénéficiaires s?acquittent d?un loyer
de 50 à 120 ¤ en moyenne
ENTRETIEN
© Maison des Thermopyles
10
CARTOGRAPHIE
Nombre de places
par département en 2016
10 11
Nombre de places
par département en 2024
12
Nombre de places
par région en 2024
12 13
Accélérer l?ouverture de nouvelles
places en pensions de famille
Les pensions de famille et les résidences accueil sont
essentielles dans le cadre du programme Logement
d?abord. Le premier plan (2018-2022) visait à créer un grand
nombre de nouvelles structures, avec une ambition de
10 000 nouvelles places à l?échelle nationale sur 5 ans. Dans
le cadre du deuxième plan Logement d?abord, l?objectif
est de créer 10 000 places supplémentaires en pensions de
famille d?ici 2027.
Au total, 7 210 places ont été créées, soit une augmentation
de 48% du parc existant à fin 2016.
Si la cible n?a pas été atteinte, le plan et les mesures de
relance ont permis un redémarrage réel des nouveaux
projets de pensions de famille depuis 2017.
Entre 2017 et 2022, 8 556 agréments PLAI ont été attribués
pour des logements en pensions de famille, dépassant plus
que deux fois le nombre enregistré entre 2012 et 2016. En
2023 et 2024, 2 639 agréments PLAI ont été délivrés pour
des logements en pensions de famille.
Au 31 décembre 2024, le dispositif des pensions de famille/
résidences accueil comptait 25 122 places soit plus de
1 000 structures en France.
25 122
Source Dihal
places au 31 décembre 2024
15 500 places en 2016
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
12 702
14 038 14 843
15 444
16 582
17 846
19 096
19 843
21 120
22 630
23 889
Évolution du nombre de places de pension de famille
Plan de relance des pensions de famille
Plan Logement d?abord 1 et 2
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
14
??
bonnes raisons pour un élu local de
développer une pension de famille10
1. Une pension de famille est une solution de
logement pour un public qui nécessite un
accompagnement social au quotidien
2. Elle peut accueillir des résidents de la commune
via le SIAO (Service intégré de l?accueil et de
l?orientation)
3. Elle est développée en partenariat avec
les acteurs locaux (propriétaire bailleur,
association gestionnaire, services de la ville,
intercommunalité, État?)
4. Elle peut s?insérer facilement dans
l?environnement urbain grâce à sa taille
5. Le financement de son fonctionnement est
stable, pérenne et soutenu par l?État
6. Les logements créés en pension de famille
entrent dans le décompte de la loi SRU
7. Elle propose une présence quotidienne sur
place assurée par un ou plusieurs hôtes
8. Elle accueille entre 20 et 25 personnes, en très
grande majorité des adultes seuls, et n?a donc
pas de conséquence sur les services publics à
destination du jeune public
9. Elle offre un logement pérenne sans limite de
durée d?occupation, permettant à la personne
d?y rester aussi longtemps qu?elle le souhaite
10. Une pension de famille est une structure
ouverte sur l?extérieur, s?insérant dans la vie du
quartier et nouant des partenariats avec les
structures locales (sociales, médico-sociales,
sanitaires, associatives)
« Les pensions de
famille sont au coeur
du Logement d?abord
permettant d?allier la
convivialité d?une vie
collective et le travail
d?accompagnement
notamment vers
l?emploi. »
Renaud Payre, vice-président de la
métropole de Lyon (2023)
14 15
??
Ce qui est prévu dans le plan
Logement d?abord 2
Les pensions de famille et les résidences accueil sont au
coeur du deuxième plan Logement d?abord, avec des
objectifs tout aussi ambitieux de production : 10 000
nouvelles places doivent ouvrir au cours des cinq
prochaines années.
Les associations gestionnaires, les bailleurs sociaux et
des promoteurs immobiliers, ont renforcé leur capacité
d?action. Ils sont aujourd?hui fortement mobilisés sur des
dizaines de projets, annonçant des livraisons importantes
pour les années à venir.
Véronique Bédague, Présidente
directrice générale de Nexity
« À fin 2024, nous comptons ainsi 13
résidences ouvertes, 10 en cours de
chantier et 7 en cours de montage, soit un
peu plus de 750 logements. »
Depuis sa création il y a 25 ans, Nexity met en oeuvre sa
responsabilité sociétale en s?engageant dans des initiatives
concrètes en faveur du logement pour tous. Nous
défendons l?idée que l?habitat est un des fondements
de la dignité humaine, un droit pour toutes et tous.
Dans un moment où la crise du logement touche durement
un grand nombre de Français, charge à nous, opérateur
urbain engagé dans les territoires, de rendre accessible
au plus grand nombre la possibilité de se loger, quels que
soient l?âge ou la situation personnelle. C?est ce que nous
mettons au coeur de notre raison d?être : « la vie ensemble ».
Au lancement du plan Logement d?abord en 2018, nous
nous sommes engagés aux côtés des services de l?État (la
Dihal et l?Anah) et du monde associatif pour participer
activement à sa mise en oeuvre opérationnelle, en
apportant des solutions de logement et d?hébergement
pour les plus défavorisés. Cet engagement s?est
formalisé par la signature d?une convention-cadre
nationale entre les services de l?État et Nexity.
Dans une approche globale des parcours résidentiels et
du logement accessible, nous avons ainsi travaillé pour
développer des solutions d?habitat à destination de ceux
pour lesquels l?accès au logement est synonyme de retour
au logement, d?insertion sociale ou d?accès à l?emploi.
Nos équipes de promotion résidentielle travaillent
aux côtés des associations en charge de la grande
précarité, des collectivités locales, de l?État et de tous
ses partenaires, pour développer des pensions de famille
et centres d?hébergement d?urgence partout où sont les
besoins.
À fin 2024, nous comptons ainsi 13 résidences
ouvertes, 10 en cours de chantier et 7 en cours
de montage, soit un peu plus de 750 logements.
Chaque pension de famille est unique, elle
correspond à un projet social qui répond aux
attentes particulières des populations défavorisées
d?un territoire. La qualité architecturale, l?ouverture
et l?utilité dans le quartier sont donc nos priorités.
Je suis fière que Nexity porte de telles réalisations.
La mobilisation concrète et quotidienne des équipes de
Nexity pour prendre notre part dans la lutte contre le
mal-logement porte ses fruits.
L?enjeu est immense, et nos efforts se poursuivent !
ENTRETIEN
Crédit : E.Legouhy
16
Martin Omhovère,
Président d?Hénéo
La société Hénéo (ex-Lerichemont) a été acquise par la RIVP
(SEM de logement social de la Ville de Paris) en 1987. Elle a
ensuite successivement développé des hôtels sociaux, des
résidences para-hôtelières pour fonctionnaires en mobilité,
des résidences sociales et des résidences étudiantes. Hénéo
a obtenu les agréments prévus par la loi MOLLE en 2010,
notamment l?agrément de maîtrise d?ouvrage d?insertion. À
son actif aujourd?hui, 5 350 logements dans 76 résidences,
à Paris et en première couronne.
Combien de pensions de famille gérez-vous ? Où sont-
elles ?
Nous avons ouvert notre première pension de famille en
août 2023 dans le 12e arrondissement de Paris, quatre
autres sont en cours de développement dans les 10e, 11e,
17e et 18e arrondissement, en maîtrise d?ouvrage propre ou
en partenariat avec la RIVP, notre maison-mère.
Quelles sont vos ambitions ?
Nous souhaitons poursuivre notre développement de
solutions de logements accompagnés dédiées à toutes les
catégories de population qui ne peuvent pas accéder à
un logement ordinaire dans la Métropole du Grand Paris,
notamment du fait de leurs ressources.
Y a-t-il une « signature Hénéo » ?
Le fait d?être à la fois gestionnaire et propriétaire d?une partie
de notre parc nous permet d?optimiser les investissements
pour assurer la pérennité future de l?exploitation. Nous
sommes extrêmement attentifs à la qualité d?usage des
espaces communs et des logements que nous gérons. Dans
chacune de nos opérations cela se traduit notamment par
le recherche d?un mobilier adapté, choisi ou dessiné par les
architectes qui réalisent les projets immobiliers.
Êtes-vous plutôt dans la réhabilitation/ transformation de
bâtiments existants ou construction ?
À Paris et au sein de la métropole, les fonciers permettant
des constructions d?immeubles sont rares, nos projets sont
donc très souvent des opérations de transformations de
bâtis existants. Il peut s?agir de fonciers bâtis nouvellement
acquis, mais aussi de créations de logements réalisées à
l?occasion de la réhabilitation de notre patrimoine actuel,
par optimisation ou surélévation. Cela rejoint notre souhait
de diminuer l?empreinte carbone de nos opérations.
Pourquoi vous engagez vous dans ce secteur des pensions
de famille ?
La gestion de proximité et la qualité de l?accompagnement
social sont depuis plus de vingt au coeur du modèle porté
par Hénéo. Le développement de pensions de famille
s?inscrit dans le prolongement naturel de notre activité de
gestion de résidences sociales, généralistes ou spécialisées.
ENTRETIEN
Crédit : François Le Guen pour IPR
16 17
Le montage d?un projet de pension
de famille
L?implantation des nouvelles pensions de famille s?inscrit
dans une analyse des besoins socio-démographiques
du territoire, qui sont notamment mis en évidence par
les plans départementaux d?action pour le logement et
l?hébergement des personnes défavorisées (PDALHPD).
Les projets de pensions de famille sont portés par un bailleur
et par un gestionnaire, le plus souvent associatif, ayant reçu
l?agrément préfectoral attestant de son aptitude à assurer
la gestion de ce type de structure, sous les angles sociaux,
techniques et financiers, ainsi que sa compétence dans le
suivi des publics en difficulté6.
Les projets sont étudiés dans un partenariat étroit avec
les différents acteurs locaux, en particulier la commune
d?implantation mais aussi l?État, qui est le principal
financeur.
Pour obtenir des financements, le porteur d?un projet doit
transmettre son projet aux services de l?État au niveau
départemental, à la fois ceux en charge de l?agrément des
aides à la pierre et ceux en charge de l?analyse du projet
social.
Ces derniers instruisent les demandes en veillant à l?équilibre
économique de la pension de famille, mais également à ce
que son projet social, au coeur de la démarche, réponde
aux enjeux du dispositif.
Ils accompagnent les porteurs du projet pendant la
période d?instruction et participent, le cas échéant,
au Comité de pilotage (maître d?ouvrage, gestionnaire,
services de l?État, SIAO, commune, EPCI, ARS, CAF, conseil
départemental?), mis en place pour co-construire le projet.
Cet accompagnement se poursuit au-delà de la validation
et de l?ouverture d?une pension de famille, l?État conservant
un rôle de pilotage du « parc » de pensions de famille et
assurant une vigilance quant au bon fonctionnement de
chaque pension de famille.
Une fois instruit au niveau départemental, le projet de
pension de famille est ensuite examiné par un Comité
régional des pensions de familles, qui émet un avis, qui
peut être favorable, favorable avec réserve ou défavorable.
Sur la base de cet avis, le Préfet de département délivre
ou non l?agrément d?aide à la pierre et accorde ou non le
forfait destiné à financer le fonctionnement dans le cadre
du projet social.
L?économie des pensions de famille
Les pensions de famille bénéficient d?un double soutien
financier de la part de l?État
? À l?investissement, via le Fond national des aides à la
pierre (FNAP), en prêt locatif aidé d?intégration (PLAI)
ou en PLAI adapté
? Pour le fonctionnement, avec le versement au
gestionnaire de la pension de famille d?un forfait
journalier de 19,5 ¤ par place et par jour
Les aides à l?investissement
Les pensions de famille, comme toutes les résidences
sociales, bénéficient du Prêt Locatif Aidé d?Intégration
(PLAI), qui finance des logements locatifs sociaux destinés
à des ménages cumulant des difficultés économiques et
des difficultés sociales.
Elles figurent parmi les cibles prioritaires du complément
de financement en PLAI dit « adapté » (PLAI-A)7 .
Cette subvention spécifique vise à faciliter l?investissement
et l?émergence des projets. Elle est destinée à permettre
l?équilibre financier des opérations, compte tenu des
contreparties sociales exigées : une redevance inférieure
aux barèmes plafonds de l?Aide personnalisée au
logement (APL), et une gestion locative renforcée avec un
accompagnement spécifique (même si l?Etat finance par
ailleurs ce volet ? voir point suivant).
Les collectivités locales délivrent les permis de construire
et participent généralement au financement des projets en
garantissant les emprunts. Elles peuvent également mettre
du foncier à disposition et apporter une subvention pour
contribuer à l?équilibre des opérations.
6. Les gestionnaires de pension de famille, qu?ils soient propriétaires ou non, doivent être agréés au titre de l?« intermédiation locative et gestion locative sociale » (ILGLS), visant
notamment l?activité de gestion de résidences sociales (CCH : art. L. 365-1 et s. ; R. 365-1 et s.).
7. Prévu à l?article R. 331-25-1 du code de la construction et de l?habitation (CCH)
© Unafo
18
Un soutien important de l?État sur le volet
fonctionnement
Le fonctionnement des pensions de famille est financé
par une subvention de l?État, d?un montant forfaitaire de
19,5 ¤ par jour et par place, soit un financement global de
178 000 ¤ par an pour une pension de famille de 25 places.
Ce soutien important apporté pour garantir la qualité de
mise en oeuvre du projet social porté par chaque structure
a vocation à financer le couple ou binôme d?hôtes (cible : 2
postes équivalent temps plein), présents sur place.
Des modalités de fixation des redevances très
protectrices des habitants
Les personnes logées en pension de famille s?acquittent
d?une redevance, et bénéficient de l?APL-foyer, une aide très
solvabilisatrice. La redevance recouvre le loyer, ainsi que
les charges (y compris eau, électricité, chauffage, ménage
des parties communes et entretien des installations
sanitaires) et les prestations obligatoires (le plus souvent le
mobilier, lorsque les pensions de famille sont meublées).
Les prestations facultatives ne sont pas incluses dans la
redevance et sont facturées à part.
Les charges8 sont fixées forfaitairement et ne peuvent pas
faire l?objet d?une régularisation en fonction des dépenses
réelles (à l?exception des charges d?eau, sous certaines
conditions).
Ce mécanisme est particulièrement protecteur pour les
résidents qui n?auront pas de complément financier à
apporter en cas de hausse de charges ou de dépense
imprévue.
Chaque année, pour les opérations nouvellement
conventionnées (entre le 1er janvier et le 31 décembre
de l?année considérée), les plafonds à ne pas dépasser
sont indiqués dans l?annexe 1-C (logements-foyers et aux
résidences sociales) de l?avis relatif à la fixation du loyer et
des redevances maximums des conventions conclues en
l?application des articles L. 353-1 et L. 831-1 du Code de la
Construction et de l?Habitation (CCH). Les valeurs fixées
dans cet avis constituent des limites supérieures qui ne
doivent pas être appliquées de manière automatique. La
réévaluation de la redevance pour les conventions en cours
est également encadrée par ce même texte.
Les prestations obligatoires et facultatives
Les prestations obligatoires et facultatives doivent être
listées à l?article 12 de la convention APL9.
? Les prestations obligatoires, intégrées dans la
redevance : elles figurent dans la convention
passée avec l?État et doivent rester limitées. Il s?agit
généralement de la fourniture et de l?entretien du
mobilier, si les logements sont loués meublés.
? Les prestations facultatives sont proposées au résident,
qui est libre d?y avoir recours ou non. Elles doivent être
réellement facultatives et mentionnées comme telles
dans le règlement intérieur, le contrat d?occupation et
l?avis d?échéance.
Le résident peut décider, à tout moment, de ne pas
faire usage d?une ou totalité des prestations facultatives
proposées et donc de ne pas supporter le coût des
prestations qu?il refuse. Une facture établie séparément
de la quittance atteste s?il y a lieu du paiement de ces
prestations.
Les prix des différentes prestations offertes aux résidents
doivent être affichés dans l?établissement. Une attention
particulière est portée par les services de l?État sur les prix
appliqués pour les différentes prestations proposées, prix
qui doivent être raisonnables et justifiés.
Taux d?effort et reste à vivre
Dans les nouveaux projets présentés à la validation des
partenaires institutionnels, le taux d?effort et le reste à
vivre pour les résidents sont systématiquement calculés
pour chaque typologie de logement et chaque type de
ressources, et intégrés au projet social élaboré par le
porteur de projet. Il peut lui être demandé de revoir le
dossier.
Le taux d?effort maximal de référence à ne pas dépasser
se situe autour de 30 %. Le reste à vivre est également à
prendre en compte pour apprécier la soutenabilité de
la redevance, avec un objectif de l?ordre de 13¤/jour
minimum. Cet objectif peut notamment être atteint par le
recours au PLAI adapté.
Une personne percevant uniquement le revenu de
solidarité active (RSA) doit pouvoir être accueillie en
pension de famille.
Le montant moyen des redevances s?établit entre 350 et
550 ¤/mois/logement. Les logements étant conventionnés
à l?APL, le reste à charge moyen constaté se situe entre 80
et 150 ¤/mois/logement.
8. Listées à l?article R.353-158 du Code de la construction et de l?habitation (CCH)
9. Dont le modèle est en annexe 2 au III de l?article R353-159 du CCH
18 19
La pension de famille fonctionne en réseau
La pension de famille est un lieu ouvert sur l?extérieur,
pour permettre aux habitants de reprendre leur place de
citoyen, et rompre avec l?isolement qui les touche très
fréquemment. Elle doit être accessible en transports en
commun, à proximité de commerces et services, lieux
de soins, etc. pour les résidents et pour favoriser les
partenariats.
Ces partenariats sont divers et s?adaptent aux personnes
logées :
? Avec des structures sociales (CCAS, assistantes
sociales de secteur, etc.),
? Avec des structures médico-sociales ou sanitaires :
services d?accompagnement médico-social pour
adultes handicapés , services d?accompagnement à la
vie sociale, centres médico-psychologique, médecins
ou hôpitaux, associations d?aide à domicile...
? Avec le réseau associatif de proximité : associations
tutélaires, associations de quartier, banques
alimentaires, lieux culturels...
La pension de famille s?inscrit dans son quartier
Des liens peuvent se nouer avec son voisinage (invitation
des voisins pour des temps conviviaux, prêt d?une salle
collective pour des activités associatives ou des réunions
de quartier?). Si une localisation urbaine est par définition
de nature à garantir ouverture et accessibilité, certaines
pensions de famille, plus reculées à la campagne, vivent
aussi très bien.
Cependant, cette implantation nécessite en amont une
analyse fine des ressources mobilisables et des modalités
de déplacement possibles, eu égard aux besoins des
résidents, pour éviter l?isolement et le repli.
??
2.2. Vivre dans une pension de famille
« La pension de famille a pour but de
permettre aux personnes qui y résident de
rebâtir des repères, de se reconstruire des
rythmes, parfois de réapprendre les gestes
élémentaires de la vie sociale. Des repas
sont souvent pris en commun, les résidents
participent aux tâches collectives de la
vie quotidienne, au fonctionnement et à
la bonne marche de la structure et de ses
installations».10
« Manuel pour la création de Pensions de famille »,
Fondation pour le Logement des Défavorisés,
Recueil des bonnes pratiques
La vie au sein de la pension de
famille Station Lumière à La Ciotat
(13)
Cette structure bénéficie d?un emplacement
de choix, proche de la plage, des commerces et
transports, au coeur d?un quartier mixte. Ouverte
depuis 5 ans, elle dispose de 18 logements (des
studios de 27 m² à 34 m² avec cuisine et salle
de bain). Elle accueille 50 % de femmes et 50 %
d?hommes.
Ce projet social unique à La Ciotat est géré par
l?association Station Lumière, soutenu par la
Fondation pour le Logement des Défavorisés, avec
le concours de Nexity et le bailleur social Erilia
propriétaire du bâtiment.
Pour Marie Pierre Kerleguer, directrice de
l?association « Nous pensions qu?il manquait dans la
commune un espace mixte dédié à des femmes et
des hommes désireux de retrouver de l?autonomie
dans un cadre rassurant, chaleureux? ». Elle vient
compléter l?offre de logement accompagné de la
ville.
Les résidents depuis leur installation ont trouvé
leurs repères, se connaissent mieux et ont appris
à vivre ensemble en partageant des moments
conviviaux autour d?activités variées, tout en
conservant leur autonomie dans leur propre
logement.
Chaque année, des centaines d?actions collectives
sont organisées : ateliers bien être, cuisine,
cafés partenaires, repas partagés, etc. Plusieurs
partenariats ont vu le jour depuis sa création
avec : Utop-lab, Un bout de moi pour toi, Addap
13, Cohésion sociale, Addiction France, etc. C?est
aussi devenu un lieu d?accueil pour diverses
rencontres des partenaires institutionnels et
associatifs : réseau santé précarité, commission
parcours logement, réseau violences faites aux
femmes etc.
La pension de famille est pleinement ancrée sur
son territoire et dans le quartier.
© Station Lumière
20
Situé à 8 km d?Yvetot, le Domaine des Tilleuls se déploie
sur 7 hectares au coeur du Pays de Caux, à 4 km du centre
du village de Grémonville. L?association Emergence-s y
mène de nombreuses actions sur un site patrimonial
exceptionnel. Lieu de passage, de transitions pour les uns
(accueil de jour, ACI, ASLL, CHRS, LHSS), le site est aussi
un lieu de résidence pour les locataires de la pension de
famille-résidence accueil.
Doté de 15 places en pension de famille depuis 2007, le
domaine des Tilleuls a élargi son offre de 11 places, pour
lesquelles un avis favorable a été rendu par le comité de
sélection de projet régional, associant l?ensemble des
partenaires institutionnels.
C?est dans une dynamique partenariale et collective que
le projet social et architectural a pu se construire. L?aile
ouest du domaine réhabilitée par ESF Le Foyer Stéphanais
dispose désormais de 6 places en pension de famille et 5
en résidence accueil. Elles sont destinées à des personnes
isolées, désocialisées, avec de faibles revenus, qui peuvent
présenter des souffrances psychiques.
Chaque résident est locataire de son appartement, en
signant un contrat d?occupation. C?est un véritable « chez
soi mais pas tout seul», car les hôtes sont là pour faire vivre
le collectif.
Une pension de famille rurale qui s?est agrandi :
« Le domaine des Tilleuls » à Grémonville
FOCUS
Coupé de ruban et cérémonie d?inauguration de l?extension de
la pension de famille et de la résidence accueil avec le Président
d?Emergence-s, Daniel Beuzelin, le Maire de Grémonville, Séverine
Gest, Conseillère départementale, Agnès Laloi, Conseillère
Région Normandie, Yannick Decompois, Directeur de la Direction
Départementale de l?Emploi, du Travail et des Solidarités, la Préfecture
de la région Normandie et de la Seine-Maritime, Frédérique Cadet,
Dihal, toute l?équipe du domaine des Tilleuls dont Farida Mouda
Stéphane Eyrignoux, les résidents et beaucoup d?acteurs sociaux du
territoire.
? L?insertion sociale repose
en partie sur une activité de
maraichage avec 4 hectares de
terres cultivées
? 52 personnes en majorité
originaires du territoire rural du
pays de Caux
? 30% de femmes
? 26 personnes en pension de
famille et résidence
? Environ 30 travailleurs sociaux
tout dispositif confondu
©Dihal
©Dihal
20 21
La mixité et diversité des profils
des résidents
La pension de famille s?adresse prioritairement à des
personnes adultes seules, hommes ou femmes, dont
la situation sociale et personnelle ne leur permet
généralement pas d?assumer la vie en logement autonome
et indépendant, bien qu?elles ne nécessitent pas ou plus
d?accompagnement lourd (de type prise en charge en
CHRS- Centre d?hébergement et de réinsertion sociale).
Les projets sociaux doivent intégrer l?accueil de publics
aux parcours variés, afin de préserver et de dynamiser
l?équilibre de la vie interne de la structure et favoriser son
ouverture sur l?extérieur. Les différences, les demandes
et les capacités des uns et des autres vont produire de
la richesse sociale. La mixité et diversité des profils sont
donc des enjeux importants pour les pensions de famille.
Ils permettent aussi de ne pas concentrer des difficultés
similaires dans une même structure.
Les Services intégrés de l?accueil et de l?orientation (SIAO)
sont les garants de cette diversité.
Quelques pensions de famille accueillent des
couples
Les pensions de famille et résidence accueils sont destinées
à des personnes isolées, mais il arrive que les projets
soumis présentent des typologies de logements pouvant
accueillir au moins deux personnes, que l?opérateur
gestionnaire destine aux couples. Au sein d?une même
structure, les logements destinés à des couples doivent
être minoritaires et justifiés par un besoin recensé. De
nombreux gestionnaires soulignent que l?accueil des
couples n?est pas toujours concluant : l?équilibre social est
parfois difficile à trouver, les couples ayant plus tendance
à s?isoler, ce qui peut nuire à la dynamique de groupe.
Cela pose également des difficultés en cas de de départ
car il faut identifier un nouveau couple et les périodes de
vacances sont plus longues dans ce cas.
Face aux enjeux auxquels elle doit répondre, la pension de
famille n?a pas vocation à :
? Se déployer en mode diffus, sous forme éclatée
? Loger un public spécifique : la pension de famille/
résidence accueil doit être mixte, mixité des sexes,
des âges, des publics? en tant que résidences sociales,
elles ne peuvent pas avoir de critères discriminants
? Accueillir des familles avec enfants (personnes
isolées avec enfants ou couples avec enfants), dont
l?orientation vers le logement autonome doit être
priorisée. Il faut cependant envisager les droits de
visites et d?hébergements ponctuels pour les parents,
avec éventuellement prévision du mobilier adéquat
temporaire
La pension de famille du Raizet en
Guadeloupe, première pension de
famille du territoire
La pension de famille a ouvert ses portes le 10 mai
2010 et dispose de 26 places dans un ancien hôtel
réhabilité.
Ces logements sont situés dans une zone active,
très bien desservie par les transports, à proximité
des commerces et du centre-ville de Pointe-à-Pitre.
La moyenne d?âge des résidents est de 43 ans.
Elle organise de nombreux événements :
anniversaire de la pension de famille, semaine du
logement accompagné?
Les résidents participent à de nombreux ateliers :
jardinage, cuisine, découverte ou redécouverte du
territoire. La sortie phare de l?année est l?ascension
de la Soufrière, l?occasion de consolider les liens
d?entente, de solidarité et surtout de travailler sur
la confiance et le dépassement de soi.
© Raizet
22
Les droits et devoirs des locataires
et gestionnaires
« La journée des résidents se répartit entre une vie privée
avec ses occupations personnelles et professionnelles et
une participation à des activités liées au fonctionnement
de la pension de famille (préparation des repas, vaisselle,
ménage, entretien des locaux, du linge...) ou de détente et
de loisirs (ateliers artisanaux de création, sorties...)»10
Les personnes sont titulaires d?un contrat d?occupation
d?un mois qui se renouvelle pour la même durée de
manière tacite.
La pension de famille offre d?abord aux habitants un
« chez soi », ils ont droit au respect de leur vie privée, et ne
doivent donc pas être soumis à des injonctions de suivi,
d?évaluation, ou de visite dans le logement. Comme tout
locataire, ils sont libres d?accueillir des proches et de jouir
de leur logement, dans le respect des conditions fixées
pour garantir le respect des autres habitants et la sécurité
de tous. Il est donc important que les règlements intérieurs
respectent les droits des locataires, et ne prévoient pas de
clauses restrictives abusives à l?exercice de ces droits.
Dans cet esprit, certaines règles s?imposent, et
notamment :
? Ne pas autoriser les équipes à entrer dans les
logements, sauf en cas d?urgence absolue
? Autoriser la présence d?animaux domestiques
? Pas de possibilité d?interdire la consommation d?alcool
dans les espaces privatifs
? Bien respecter la réglementation en terme d?expulsion
locative
Idéalement, et pour favoriser l?appropriation des espaces
communs, qui doivent être vus comme une extension du
logement, ceux-ci doivent rester ouverts, de jour comme
de nuit (en dehors donc de la présence des hôtes).
L?accompagnement social
« La pension de famille propose un cadre de vie qui doit
permettre aux habitants de retrouver une stabilité, de ne
pas gommer leur passé mais de reprendre progressivement
confiance en leurs capacités, afin de se remettre en position
d?acteurs de leur projet de vie »11
Les pensions de famille offrent un espace pour reprendre
confiance, pour remobiliser ses compétences, et gagner
ou regagner l?estime de soi, levier nécessaire pour un retour
à la citoyenneté. De multiples activités sont proposées.
Le caractère durable et pérenne du logement permet :
? D?avoir du temps pour travailler le parcours avec la
personne
? De mettre en place un accompagnement social
adapté
? De trouver un équilibre entre autonomie/intimité et
développement des relations sociales/lutte contre
l?isolement
La pension de famille accueille des personnes dont le suivi
social, professionnel et médical, est généralement assuré
à l?extérieur et dans le cadre de partenariats. La qualité de
ces partenariats externes en matière de suivi et de prise
en charge est une condition indispensable à la réussite du
projet de la structure.
En résidence accueil, des conventionnements sont passés
avec les structures médicales ou médico-sociales du
territoire pour permettre un accompagnement et des soins
adaptés aux besoins des résidents (protocole d?accord avec
un hôpital psychiatrique, services d?accompagnement
médico-social pour adultes handicapés (SAMSAH, etc.).
Le rôle du duo d?hôtes
L?encadrement au sein des pensions de famille est assuré
par des professionnels de l?action sociale, qui occupent
le poste dit d?« hôtes ». Il correspond à deux temps plein
généralement, pour 20 à 25 logements en moyenne. Ces
postes sont financés par l?Etat, à hauteur de 19,5¤/jour/
place. Ce forfait finance également par extension les
activités mises en place par la pension de famille pour
les résidents (ateliers cuisine, culturels, sportifs, visites et
voyages...).
Les profils des hôtes sont variés. Selon les gestionnaires,
il peut s?agir de travailleurs sociaux, d?animateurs socio-
culturels, de responsables de résidence, ?
Quelles sont leurs missions ?
Elles sont multiples : coordonner les parcours des
personnes, en lien avec les partenaires et les référents
qui les accompagnent, réguler et animer la vie collective
dans la structure, favoriser le maintien des liens et l?accès
à la citoyenneté, assurer la gestion administrative de
la résidence, représenter un lien de proximité avec la
commune, encourager et accompagner les résidents à
intégrer les activités collectives et à utiliser les services
extérieurs?
Leur objectif est de créer une atmosphère chaleureuse et
sécurisante au sein de la structure. En s?appuyant sur les
temps collectifs, ils doivent permettre aux habitants de
retrouver une stabilité et des repères.
Les hôtes sont les pivots de la pension de famille. Cette
présence quotidienne est primordiale car elle offre un
accompagnement social spécifique, basé sur l?écoute et
la convivialité.
10. « Manuel pour la création de Pensions de famille », Fondation pour le Logement des Défavorisés, Recueil des bonnes pratiques (Novembre 2005 actualisé Février 2012)
11. « La fonction et le rôle des hôtes des pensions de famille », Fondation pour le Logement des Défavorisés (2014)
22 23
« L?hôte ou le couple d?hôte présent(s) à la pension de
famille a pour mission d?animer la vie collective mais aussi
d?ouvrir la pension de famille vers l?extérieur, d?amener les
résidents à renouer avec la vie de la cité. Cela passe par
un suivi et une présence quotidienne, la création du bon
vivre et de moments d?échanges ainsi que l?encouragement
et l?accompagnement à se tourner vers les partenaires
extérieurs et le droit commun. Au niveau individuel,
l?équipe professionnelle écoute, conseille, rassure, oriente
et coordonne les intervenants. Elle peut également
ponctuellement accompagner à certains rendez-vous. Elle
effectue une véritable veille sanitaire et sociale qui permet
d?alerter quand cela est nécessaire. Au niveau collectif, elle
organise la vie quotidienne et dynamise l?esprit de groupe,
permettant ainsi de développer l?entraide et la solidarité
au sein de la pension de famille. »12
Juliette Delattre, hôtesse de maison
« J?ai fait mes premiers pas dans le monde du social
d?abord en tant qu?éducatrice spécialisée (remplaçante)
pendant 2 ans en foyer éducatif pour mineurs. J?ai ensuite
intégré durant 12 années l?ALJT à Paris sur différents postes
de travail. Dans un premier temps sur une courte mission
en Centre d?Accueil pour Demandeurs d?Asile, puis durant
8 ans en tant que Chargée de Vie Résidentielle où j?ai été
amené à accompagner individuellement de nombreux
résidents (18-25 ans) mais aussi à mettre en place des
actions collectives spécifiques. Par la suite, j?ai occupé un
poste de Chargée d?Accompagnement Social avec le suivi
d?une vingtaine de jeunes pris en charge par l?Aide Sociale
à l?Enfance.
Alors que j?ai pris connaissance de l?ouverture prochaine
d?une pension de famille chez Hénéo, j?ai choisi de
tenter cette nouvelle aventure. Pourquoi ce choix ? Parce
qu?on ne peut pas rester insensible devant le nombre de
personnes à la rue, qui ne cesse de s?accroître. Et l?idée
de pouvoir les aider à retrouver une identité, qu?ils ne se
sentent plus invisibles et qu?ils puissent reprendre pied
petit à petit, c?est un très beau projet.
La pension de famille étant ouverte depuis peu, nous
construisons chaque jour la dynamique pour les habitants
mais surtout avec eux, et je suis convaincue que c?est un
réel facteur d?intégration et d?apaisement. »
crée sur son territoire et dans le quartier.
Maeva Passe-Coutrin hôtesse de
maison
« J?ai 24 ans je travaille en pension de famille depuis 1 an
et demi. Mon expérience professionnelle en pension
de famille a débuté lorsque j?avais postulé pour un
poste d?animatrice chez Adoma dans la région Grand
Est, région d?où je suis originaire. Lors de mon entretien
d?embauche on m?a expliqué le principe d?une pension
de famille. Cependant, l?expliquer et le vivre sont deux
choses différentes ! J?avais eu quelques expériences dans
le social dans le passé, alors ce domaine me plaisait bien.
Le quotidien dans une pension de famille est propre à
chacune selon les personnalités des résidents, cependant
les caractères initiaux et fondamentaux restent les
mêmes : respect, bienveillance, solidarité, apprentissage
et amitié. Une journée type en pension de famille peut
varier selon l?emploi du temps mis en place, une activité
peut être prévue par les hôtes ou par la présence d?un
intervenant extérieur, un repas peut être préparé le
matin par les résidents et les hôtes et par la suite nous le
partageons tous ensemble le midi, un résident peut avoir
besoin d?aide administrative ou pour d?autres demandes
du quotidien. Nous sommes très souvent sollicités par les
résidents et nous sommes avec eux au quotidien, au fur
et à mesure du temps nous devenons un repère pour eux
et nous faisons en sorte de les aider à s?épanouir dans un
environnement sain. »
TEMOIGNAGES
12. « La fonction et le rôle des hôtes des pensions de famille », Fondation pour le Logement des Défavorisés (2014)
© Maison des Thermopyles
24
L?architecture et l?insertion
urbaine des pensions de famille
La pension de famille s?intègre dans son quartier, dont
elle constitue un lieu repère, comme peuvent l?être une
crèche ou une école.
La petite taille des structures reste un élément central
nécessaire à la création d?un collectif dynamique. La
taille optimale préconisée se situe autour de 25 places
maximum. Compte tenu du public ciblé, les logements
privatifs sont essentiellement des studios, de type T1 et
T1?, disposant d?un coin cuisine équipée et d?une salle
de bain individuelle avec sanitaires, pour permettre aux
résidents de vivre en toute autonomie.
Pour s?installer durablement, s?approprier leurs logements
et pouvoir y vieillir sereinement, les logements doivent
avoir une superficie suffisante : vivre dans une surface
inférieure à 20 m² semble difficile sur le moyen-long terme.
Une attention particulière est portée à l?équipement et
l?adaptabilité de ces logements.
Les projets présentés doivent donc offrir des logements
adaptés, et des espaces collectifs proportionnés au
nombre de résidents. Car les espaces partagés sont la
clé de réussite pour le plein épanouissement du projet
de chaque structure, et doivent permettre d?accueillir
de nombreux usages : cuisine et préparation de repas
partagés, réalisation d?ateliers, animations culturelles et
sportives, activités manuelles, réunions, etc. La surface
de ces espaces doit donc être adaptée aux nombres
d?habitants.
Plus globalement, les espaces de la pension de famille
doivent être conçus en prenant en compte les difficultés
liées au vieillissement et à la perte d?autonomie et de
mobilité (ascenseur, logements adaptés, salle de bain et
sanitaire accessibles, etc.).
??« Le projet immobilier est
la déclinaison structurante
du projet social traduite
en matière de logement et
d?habitat au sens complet
de lieu de vie. »
« Manuel pour la création de Pensions
de famille », Fondation pour le
Logement des Défavorisés, Recueil des
bonnes pratiques
24 25
La pension de famille « Les Nations » à Châteauroux
Dès le début du projet de construction, les habitant.e.s
ont été impliqué.e.s dans le choix de l?architecte, la forme
définitive et la conception du bâtiment, la couleur de la
kitchenette et des murs de leur logement. Située dans
un quartier résidentiel de Châteauroux, elle dispose
de 25 places - 20 places dans le bâtiment principal et 5
logements extérieurs en diffus dans un périmètre restreint
autour de la pension de famille.
Ici, l?extérieur est aussi important que l?intérieur. Des
jardiniers paysagistes ont imaginé un jardin habité. Les
arbres coupés ont être utilisés pour créer un potager
surélevé. Les structures ont été réalisées sur place dans
le cadre d?ateliers partagés. Les espaces extérieurs sont
la première ouverture vers le quartier, ils sont réfléchis
pour être accueillants et appeler l?échange. Les haies sont
parsemées d?arbustes fruitiers.
Une grande attention a été portée au confort des
habitants, à l?habitabilité des espaces, aux apports de
lumière. Le logement est vecteur d?indépendance et de
valorisation. Il représente une occasion, pour chacun,
de se questionner sur la notion « d?habiter un espace,
un lieu », de porter un nouvel éclairage sur des aspects
individuels, son rapport aux autres, car en habitant, on
devient voisin.
« Pour des personnes qui ont longtemps été dépendantes
d?espaces conçus par d?autres ou pour d?autres, pouvoir
maîtriser à minima son espace de vie apparaît comme une
étape importante » selon les architectes.
Maître d?ouvrage
SOLIHA
Équipe de maîtrise d?oeuvre :
Créa?ture architectes, architecte
mandataire / CIREYAM,
économiste /Anatech, BET
structure/ ECR/ECI, BET électricité
/ Aïda, BET acoustique / Y.
illustrateur
Superficie - Restructuration :
490 m2 SU Extension : 390 m2 SU
Coût :
1 400 000 ¤ HT
Mission :
Conception / Études / SSI / Suivi
de chantier / OPC / médiation
Démarche environnementale :
RT 2012
FOCUS
© DR
26
Cette pension de famille gérée en direct par Hénéo est
située rue de Prague dans le 12e à Paris. Elle propose
23 logements d?une superficie d?environ 18 m² et deux
logements pour des couples d?environ 30 m² en R+7
sur 750 m², dont 434,6 m² de surface habitable pour les
logements.
Il aura fallu 7 ans entre la décision de financement et la mise
en exploitation de la résidence, dont 18 mois de travaux
pour la réhabilitation du bâtiment et sa transformation en
pension de famille.
Elle a été réalisée dans un ancien hôtel de facture
haussmannienne, réhabilité dans le respect de l?existant.
La façade commerciale du rez-de-chaussée a néanmoins
été retravaillée pour gagner en modernité et sobriété. Les
parties communes sont généreuses et qualitatives.
En entrant dans la pension de famille, on découvre les
boîtes aux lettres des résidents et le bureau d?accueil. Le
rez de chaussé est éclairé naturellement, avec un petit
coin détente, qui amène à la laverie et au bureau des
hôtes d?un côté et de l?autre vers la salle commune d?une
surface de 55 m², dont l?aménagement a été réalisé par
les architectes de l?opération. Il comprend une grande
cuisine et un coin détente. Les logements sont situés dans
les étages supérieurs, à partir du R+1.
Les premiers résidents ont été accueillis le 8 août 2023.
Ils ont pour certains des parcours de rue, pour d?autres
des pathologies importantes (santé mentale et physique
altérées) et des passages en centres d?hébergement.
La moyenne d?âge des résidents accueillis est de 50 ans
environ, avec une mixité hommes / femmes.
Des portes ouvertes en cours de chantier ont été
organisées pour présenter le logement témoin aux
riverains et lever leur appréhension sur le public accueilli.
La mairie du 12e arrondissement et la Mairie de Paris ont
été des soutiens constants de ce projet, notamment en
accordant un financement exceptionnel du fait du prix de
revient élevé de l?acquisition des murs de l?hôtel.
FOCUS
Réhabilitation d?un ancien hôtel de facture
haussmannienne en pension de famille dans le 12e
arrondissement de Paris
©Christophe Demonfaucon
©Christophe Demonfaucon
26 27
Prix de revient global avec
l?acquisition immobilière :
6,9 M¤
Coût des travaux :
2.180.000 ¤ HT (curage inclus)
Certification :
NF Habitat HQE, label
Rénovation 150. Cep ? 195
kWhEP/m²SHONRT/an
Architecte :
Agence Marc Younan Architectes
(Conception) et agence Nomaa
Architectes (suivi des travaux)
Maitre d?ouvrage :
Hénéo
©Christophe Demonfaucon
28
Créée il y a 11 ans par l?Union départementale des
associations familiales (UDAF) et l?Union nationale de
familles et amis de personnes malades et/ou handicapées
psychiques (UNAFAM), la résidence accueil « Le clos de
Noailles », située dans le centre-ville d?Aurillac, dispose
de deux sites et accompagne 18 personnes souffrant de
troubles psychiques stabilisés.
Dans un cadre de vie convivial et sécurisant, tout en
favorisant leur autonomie et leur insertion sociale,
ces résidents bénéficient d?un accompagnement
personnalisé et renforcé grâce à des partenariats avec
le Centre Hospitalier d?Aurillac et le SAMSAH (Service
d?Accompagnement Médico-Social pour Adultes
Handicapés).
Le duo d?hôtes est composé d?une assistante sociale et
d?un accompagnant éducatif et social. Un animateur
à 40 % de son temps propose avec les résidents un
programme d?activités pédagogiques et ludiques tous
les mois.
Benoît Laybros, responsable du pôle accueil et insertion
sociale de l?UDAF Cantal : « Les personnes qui viennent
chez nous sont orientées par le SIAO. Nous nous
inscrivons pleinement dans la politique du Logement
d?abord.
Pouvoir d?agir et rétablissement irriguent nos pratiques.
Ça commence dès la commission d?admission ?
composée de représentants de l?UDAF, de l?UNAFAM,
du médecin-chef du service psychiatrique de l?hôpital
d?Aurillac, et de l?équipe ? où le candidat vient se
présenter, exposer son projet avec le travailleur social.
Les délais de réponse sont rapides pour limiter la période
d?inconfort de l?attente. Les avis sont argumentés, que
ce soit pour une admission ou un refus, pour permettre
à la personne de rebondir et de comprendre nos choix. »
Prochainement, une nouvelle résidence accueil ouvrira
ses portes à quelques encablures de la gare et disposera
d?un jardin qui bénéficiera aussi aux résidents des deux
autres sites.
Quelques particularités de la vie au Clos de Noailles
La résidence accueil est à l?écoute de ses locataires via
le comité de résidents. Cette instance permet de faire
évoluer le règlement et de répondre à des besoins. Par
exemple, les animaux de compagnie sont désormais
acceptés en respectant un cadre bien défini. Ils doivent
être vaccinés, pucés et le propriétaire doit désigner une
personne ressource pour palier une absence prolongée
ou imprévue (hospitalisation, etc).
Les matinées démarrent avec le café-journal. Un moment
convivial ouvert à tous.
FOCUS
Au coeur du Cantal, une résidence accueil,
« Le clos de Noailles » à Aurillac
28 29
· 55 % de femmes (au 31
décembre 2024)
· Âge moyen : 48 ans (au 31
décembre 2024)
· 54 % des résidents sortent d?un
service psychiatrique
· Sur les 18 résidents, 2 personnes
travaillent en ESAT depuis leur
arrivée à la résidence
De gauche à droite
Marie Miecaze, hôte coordinatrice, Damien Duport, animateur, Benoît Laybros, responsable pôle accompagnement et inclusion sociale UDAF
du Cantal, Véronique Bassinot, directrice UDAF du Cantal. Manque sur la photo, Marie Pierre Saby, hôte travailleur social
30
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Témoignage de Valérie, résidente dans une pension
de famille
30 31
32
3.3. La semaine nationale des pensions de
famille, un événement pour aller vers
Cet évènement vise à mettre en lumière et mieux faire
connaître les pensions de famille de leur voisinage, de leurs
partenaires, des élus de leur territoire et des territoires
voisins.
Il s?agit de les promouvoir, au travers de portes ouvertes, et
d?évènements proposés par chaque pension de famille qui
souhaite participer à cette Semaine nationale.
Son organisation est pilotée par l?État15, avec les principales
fédérations et fondations16 représentant les pensions de
famille.
5e semaine nationale des pensions de
famille du 19 mai au 25 mai 2025
Cette année encore, de très nombreux événements seront
organisés dans les pensions de famille partout en France.
L?événement est ouvert à tous.
Lancée en 2021, la semaine nationale des pensions de
famille a rencontré en 2024, un franc succès, avec près
de 400 évènements (portes ouvertes, repas partagés,
représentations théâtrales, débats?) organisés sur
l?ensemble du territoire.
Résidents et professionnels des pensions de famille invitent
les habitants de leur commune, leurs voisins, celles et ceux,
ouverts à la rencontre, à des moments de partages.
C?est une semaine festive et joyeuse, riche en échanges et
en rencontres. Une semaine durant laquelle résidents et
professionnels des pensions de famille peuvent valoriser
auprès de leurs partenaires et de leurs voisins, leur cadre de
vie, la convivialité qui existe dans les pensions, les activités
qui y sont organisées, les talents des uns et des autres.
Le partage est à l?honneur à travers tous les évènements
organisés.
15. Portage assuré par la Dihal
15. L?Unafo, la Fondation pour le Logement des Défavorisés la Fédération des acteurs de la Solidarité, Soliha, la Fapil, Habitat et Humanisme,
et l?USH également partenaire
© Unafo
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Consultez la carte des évenements :
https://www.pensionsdefamille.org/
Les invitations sont nombreuses tout au long de la semaine
dans tous les territoires.
«La première demande des habitants en
terme de qualité de vie, c?est vivre dans
l?apaisement et dans la sérénité, dans
l?entraide et la compréhension de l?autre.
La mixité sociale et les pensions de famille
répondent complétement à ces objectifs. »
Bertrand Veau, maire de Tournus
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Ouvrir les portes des pensions de
famille pour les promouvoir auprès
du grand public et des élus
Cet évènement est essentiel pour promouvoir ces
structures, encore trop peu connues, et les valoriser,
notamment auprès des élus. La concrétisation des projets
nécessite un portage fort et partagé par l?ensemble des
partenaires, et le soutien des collectivités territoriales est
essentiel. Pour les convaincre de soutenir la construction de
nouvelles structures sur leur territoire, le meilleur argument,
c?est de leur donner l?occasion d?aller à la rencontre des
hôtes et des habitants des pensions de famille? en général,
ils en ressortent convaincus, et motivés pour impulser et
encourager les projets !
« Avoir un toit sur la tête, ça permet aussi
de se reconstruire, de penser à sa santé,
de penser à son insertion professionnelle,
à la formation. Sans une adresse et sans
un accompagnement, vous ne pouvez pas
aujourd?hui vous dire être partie prenante
de la collectivité communale ».
Thierry Repentin, maire de Chambéry
32 33
Développer et partager de la
connaissance
Parution 2025 du guide « Pour une meilleure prise
en compte des habitants en pensions de famille et
le développement de leur pouvoir d?agir » réalisé
par l?association Peuples des Villes et soutenu par la
Dihal.
Ce guide est issu d?une recherche-action
Considérant que les premiers concernés (les habitants)
sont les mieux placés pour s?exprimer concernant leur lieu
de vie, l?objectif de la recherche-action était de produire
un guide méthodologique visant à (mieux) les prendre en
compte, que ce soit par rapport au bâti, au fonctionnement
ou encore par rapport à la gouvernance dans les pensions
de famille.
Le matériau recueilli rassemble :
? Une cinquantaine d?entretiens qualitatifs approfondis
réalisés avec 33 habitants, 15 professionnels et 4
bénévoles :
? De l?observation participante et des échanges
informels :
? Lors de séjours en immersion et répétés dans les
pensions de famille ;
? Lors d?évènements en dehors des pensions de
famille réunissant plusieurs structures (festival
C?est pas du Luxe, séjour Sète à toi ou rencontres
organisées par la plateforme ViP (Vieillissement et
Précarité)) ;
? Des éléments issus d?ateliers collectifs.
Les pensions de famille investiguées ont plusieurs
caractéristiques communes : une certaine ancienneté
qui leur a permis d?expérimenter plusieurs dispositifs
de mobilisation des habitants, des moyens dédiés à
l?accompagnement et l?animation de la vie collective, et
pour certaines une forme d?engagement dans la cité.
Le public des pensions de famille : des personnes
vulnérabilisées
Bien que les profils des personnes accueillies en pension de
famille ne soient pas homogènes, trois critères communs
participent à leur entrée dans ce dispositif : de faibles
ressources socio-économiques, des problématiques de
santé (notamment des troubles psychiques) et un certain
isolement suite à des ruptures et souvent des séjours à la
rue.
Ces parcours de rupture(s) sont souvent marqués par des
difficultés dès le contexte familial d?origine et c?est en cela
qu?on peut parler de personnes vulnérabilisées plutôt que
vulnérables. Au-delà des « accidents de la vie », des effets
structurels sont en jeu et le fait que ces personnes aient
longtemps été « objets » (de violence, de prise en charge
des services médico-sociaux, etc?) a un impact sur le
développement de leur pouvoir d?agir.
Le contexte global crée une asymétrie des positions et
constitue un obstacle à la participation.
Analyses et résultats
L?un des premiers enseignements de la recherche-action
est que les cadres formels de participation, (notamment
tels que les définit la loi 2002-2) ne favorisent pas toujours
l?adhésion des habitants.
34
Des réunions collectives au Conseil de Vie Sociale, en
passant par la participation au fonctionnement de
la pension de famille, une multiplicité de modalités
d?implication des habitant·e·s sont mises en place. Mais dès
lors que la participation se transforme en obligation, cette
bonne intention est souvent contreproductive. Derrière
l?injonction à participer et l?obligation, le rapport pointe
des risques de démobilisation (voire d?infantilisation) des
personnes.
Finalement, ce sont des modalités plus informelles
d?échanges et de partage qui favorisent l?expression libre
et authentique. Deux ingrédients paraissent déterminants :
la dimension facultative qui donne le « droit au répit »
ainsi que la possibilité de cheminer à son rythme, et la
convivialité.
La « participation » est ainsi à considérer sous de multiples
dimensions et comme un processus. Un préalable pour
les « premiers concerns » est de trouver leur place pour
se (re)connecter à leurs besoins et leurs désirs. En cela, 3
éléments sont ressortis comme étant cruciaux :
? Pouvoir prendre le temps, en toute « tranquillité »
pour se poser et se (re)trouver ;
? Pouvoir être là où on en est et avancer à son
propre rythme (sans injonction extérieure et avec
possibilité de répit et de retrait) avec le soutien d?un
accompagnement personnalisé ;
? Pouvoir croire en sa propre valeur et développer
l?estime de soi.
Toutes les actions ou projets (individuels ou collectif) qui
vont nourrir considération et reconnaissance constituent
de véritables leviers d?émancipation.
La recherche a permis de mettre à jour des moyens de
l?accompagnement indispensables à mettre en oeuvre
pour permettre à chacun·e de trouver sa place :
? Être « là » et adopter une posture de respect, de
bienveillance et d?écoute ;
? Adapter l?accompagnement en fonction des besoins
de chacun ;
? Porter attention, dans les moindres détails ;
? Chercher à sortir des rapports de pouvoir et veiller
à la symétrisation des rapports dans la relation
d?accompagnement.
Plusieurs leviers sont mobilisables pour assurer une meilleure
prise en compte des habitants et le développement de
leur pouvoir d?agir :
? S?interroger sur les obligations mises en place et leur
sens/pertinence/utilité et faire en sorte que ce soit le
droit commun qui s?exerce
? Considérer les échanges informels comme des
modalités de participation à part entière
? Veiller à atténuer l?asymétrie de la relation entre
intervenants (salariés et bénévoles le cas échéant) et
habitants
? Accompagner de façon adaptée les initiatives de
formalisation de la participation des habitants (au
CVS, CA,etc.)
? Créer les conditions favorables à l?émergence de
temps de convivialité et de partage dans et hors les
murs cadre de convivialité où officiellement, aucune
contrainte ne s?exerce
? « Augmenter la motivation et le plaisir » en proposant
des activités artistiques, sportives ou de loisirs (tout
en laissant des possibilités de répit et de retrait)
Dans le cadre de concertations, mettre en place des
modalités d?organisation matérielles (réellement) adaptées :
? Une communication claire et adaptée tout au long de
la démarche ;
? Des horaires adaptés ;
? Un espace accessible, accueillant et inclusif ;
? Accompagnement à l?appropriation (éventuellement
via un tiers pour éviter asymétrie) ;
? Attention à la composition du groupe en termes
numérique ;
? Des supports adaptés (facilitation graphique, jeux,
etc.) ;
? Ne pas minimiser le rôle clé de l?animation ;
? Des temps conviviaux et des moments informels ;
? La reconnaissance de l?expertise d?usage des
personnes concernées lorsqu?elles contribuent à
certains projets et sa valorisation concrète avec la
prise en charge des frais associés et la mise en oeuvre
de modalités de rétribution, etc.
En conclusion pour prendre la direction d?une meilleure prise
en compte des habitants et permettre le développement
de leur pouvoir d?agir, commencer par faire un état des
lieux authentique et mettre en discussion l?existant (avec
l?éventuel accompagnement d?un tiers) est un premier pas
dans cette démarche.
D?autres ingrédients sont indispensables :
? Du temps (faire place et faire avec, ça prend bien plus
de temps, tout comme changer sa pratique?) ;
? Des moyens humains ;
? Du courage face à l?inconfort qu?implique le
changement ;
? De l?accompagnement vers une évolution
des postures et des pratiques (formation et
accompagnement des professionnels).
Guide en consultation sur le site https://www.
peuplesdesvilles.org/
34 35
Extraits du guide
36
4.4. La Dihal, administration pivot de la lutte
contre le sans-abrisme
La délégation interministérielle à l?hébergement et à
l?accès au logement (Dihal) est la direction d?administration
centrale chargée de la mise en oeuvre de la politique
publique de l?État en matière d?hébergement, d?accès au
logement et de maintien dans le logement des personnes
sans abri ou mal logées, avec l?objectif de diminuer de
manière significative le nombre de personnes sans domicile.
Elle compte près de 70 agents, tous animés des valeurs
de fraternité, solidarité et justice sociale et d?une forte
ambition dans leur engagement au service des personnes
les plus précaires.
Son organisation valorise la responsabilisation, la liberté
d?initiative et le travail en équipe pour plus de transversalité
et une vision globale des actions conduites. Des chaînes
hiérarchiques courtes encouragent l?agilité, la rapidité
décisionnelle et la circulation de l?information. Son mode
de fonctionnement principal est le mode projet.
À la complexité des problématiques rencontrées par
les personnes sans domicile répond la dimension
interministérielle de la délégation permettant une
approche globale de la personne et de ses besoins. La
Dihal collabore étroitement avec d?autres administrations
et opérateurs publics au sein de nombreux ministères :
Logement, Santé et Solidarités, Emploi et Travail, Intérieur,
Justice, Égalité femmes-hommes, Éducation nationale et
jeunesse, etc.
La Dihal pilote le programme budgétaire 177
« Hébergement, parcours vers le logement et insertion des
personnes vulnérables » (soit 3,1 milliards d?euros en 2024).
La délégation intervient sur tous les champs contribuant
à la lutte contre le sans-abrisme au bénéfice de différents
publics : personnes sans abri ou dépourvues de logement,
réfugiés, personnes logées dont les difficultés sociales,
sanitaires ou financières peuvent mener à une rupture,
personnes vivant en bidonvilles, gens du voyage.
La Dihal développe une approche coopérative et
décloisonnée et se positionne comme un partenaire
au service des territoires et des acteurs opérationnels :
services déconcentrés de l?État, collectivités territoriales,
bailleurs sociaux et associations. Elle coopère également
avec ses homologues des États membres de l?Union
européenne, ainsi qu?avec des associations européennes,
pour promouvoir une approche internationale cohérente.
36 37
Le premier plan quinquennal pour le Logement d?abord
lancé par le Président de la République en 2017 a permis
d?engager une transformation profonde du modèle d?action
publique en matière de lutte contre le sans-abrisme.
Il vise l?accès le plus rapide possible au logement pour
les personnes sans domicile, avec la mise en place d?un
accompagnement adapté (social, voire pluridisciplinaire),
pour faire du logement la clé de l?insertion. Il s?agit
d?accéder directement au logement en évitant autant
que possible le passage dans des solutions intermédiaires
? dont l?hébergement ? sans présumer d?une éventuelle «
incapacité à habiter » des personnes du fait de leur parcours
ou de leurs vulnérabilités.
Le plan Logement d?abord est une stratégie nationale de
réduction du sans-abrisme, qui repose sur les enseignements
des différentes expériences « Housing first » en France et
l?international. Ces expériences ciblées sur des groupes
restreints ont nourri l?ambition d?un plan d?ampleur nationale
qui cherche à accélérer les parcours vers le logement
(stratégie « orientée logement ») et promouvoir l?ancrage
de nouvelles pratiques professionnelles (rétablissement,
réduction des risques, travail pair, approche par les forces
et les compétences?). En refusant de chercher à prédire à
l?avance la capacité à habiter de telle ou telle personne, le
Logement d?abord fait le pari de la réussite et met en oeuvre
? dans le partenariat ? les conditions pour assurer une telle
réussite (accompagnement social ou pluridisciplinaire,
couverture des risques locatifs, etc.).
Le Logement d?abord est donc une véritable politique de
mise en oeuvre du Droit au logement.
Il se traduit par un effort soutenu sur l?offre pour produire
et mobiliser du logement abordable pour les ménages
sans domicile, avec la priorisation des personnes sans-
domicile dans le logement social, l?investissement dans le
logement adapté, et le développement de l?intermédiation
locative. Du côté de l?accompagnement des personnes
accompagnées, les principes du Logement d?abord
promeuvent le développement du pouvoir d?agir avec une
approche par les forces et les compétences des personnes
plutôt que par les difficultés.
Il s?agit d?une stratégie à la fois très pilotée avec des
objectifs précis, jalonnés dans le temps et adaptés aux
territoires, suivis en continu, pour renforcer le pilotage
de cette politique publique et mieux rendre compte des
résultats obtenus en matière de lutte contre le sans-abrisme
et à la fois très territorialisée, où les collectivités locales
sont pleinement intégrées : 44 collectivités territoriales
volontaires ? métropoles, départements, communautés
d?agglomération, villes ? se sont engagées aux côtés de
l?État pour décliner une stratégie locale de mise en oeuvre
du Logement d?abord.
Cette stratégie a également été clairement approuvée par
la Cour des Comptes dans un rapport publié en janvier
2021 qui souligne ?une politique originale qui permet de
faire mieux à moindre coût?, un ?exemple de politique
publique? dont ?l?efficacité et l?efficience pour assurer
l?accès au logement des personnes sans domicile, y compris
pour ceux qui sont en souffrance sociale, ont été plus d?une
fois éprouvées?.
Fort des résultats obtenus avec le premier plan quinquennal
(2018-2022), le Gouvernement a décidé de poursuivre et
de renforcer la stratégie du Logement d?abord avec un
deuxième plan pour la période 2023-2027 qui permettra
d?augmenter encore les efforts pour l?accès au logement des
personnes sans domicile et de consolider les nombreuses
actions structurelles déjà engagées.
En savoir plus : https://www.info.gouv.fr/organisation/
delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-
au-logement
Le plan Logement d?abord, une politique
publique efficace pour favoriser l?insertion
par le logement des personnes en situation de
grande précarité
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Délégation interministérielle
à l?hébergement et à
l?accès au logement
Grande Arche de la Défénse - paroi Sud
92 055 LA DEFENSE
contact.dihal@dihal.gouv.fr
tél. 01 40 81 33 60
info.gouv.fr