Sécheresse de 2022 : des coûts estimés à plus de 5 milliards d'euros
RANNOU, Felix
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie verte et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">Le réchauffement climatique augmente la durée, la fréquence et l'intensité des épisodes de sécheresse, avec des conséquences déjà perceptibles en France. L'épisode de sécheresse survenu en 2022 en France métropolitaine, exceptionnel aujourd'hui, pourrait devenir banal à l'avenir. <br />
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
sécheresse
Descripteur écoplanete
étude socioéconomique
;coût social
Thème
Économie - Société
Texte intégral
Sécheresse de 2022: des coûts
estimés à plus de 5 milliards d'euros
Le réchauffement climatique augmente la durée, la
fréquence et l?intensité des épisodes de sécheresse,
avec des conséquences déjà perceptibles en France.
L?épisode de sécheresse survenu en 2022 en France
métropolitaine, exceptionnel aujourd?hui, pourrait
devenir banal à l?avenir. Pourtant, il existe encore peu
d?études évaluant le coût socio-économique des
sécheresses, c?est-à-dire l?ensemble des coûts
supportés par la société. Cetteétude vise à évaluer les
conséquences de la sécheresse de 2022 sur les
bâtiments, la production d?énergie, la ressource en eau,
la production agricole et les forêts.
Dans ces domaines, le coût socio-économique de
cettesécheresse est estimé à près de 5,1 milliards
d?euros(Md¤), dont plus des deux tiers concerneraient
la structure des bâtiments. Il s?agit des coûts directs de
la sécheresse, c?est-à-dire des impacts immédiatement
mesurables. Àcette estimation s?ajoutent les impacts
socio-économiques indirects, majoritairement liés au
surcroît d?émissions de gaz à effet de serre, évalués à
0,3Md¤ pour la substitution des sources d?électricité
décarbonées par des sources d?énergie à forte intensité
carbone, et à 0,2Md¤ pour les feux de forêts. Au total, le
coût socio-économique de la sécheresse de 2022
s?élèverait à plus de 5,6 Md¤ (graphique 1). Ce chiffre est
par ailleurs probablement sous-estimé, certains impacts
directs (par exemple, ceux liés au secteur industriel ou
touristique) et certaines conséquences de long terme (sur
la biodiversité, sur l?emploi, etc.) n?étant pas pris en
compte.
2022, UNE SÉCHERESSE HISTORIQUE QUI POURRAIT
DEVENIR LA NORME
Depuis les années 1960, la durée des sécheresses des sols
a doublé en France et triplé dans le sud du pays [2]. Ces
épisodes sont devenus plus fréquents et intenses, culminant
en 2022 avec la deuxième plus longue sécheresse des sols
AVRIL 2025
AÉ MT H Essentiel
Graphique 1: coûts socio-économiques
de lasécheresse de 2022
En Md¤
* Ce total comprend environ un tiers de dommages indirects, liés aux émissions
de CO2 supplémentaires résultants de la substitution de l?hydroélectricité par
dessources énergétiques carbonées.
Source: calculs CGDD
Perte de production agricole Feux de forêts
Fragilisation des bâtiments (RGA) Impacts sur le secteur de l'énergie*
Restrictions en eau potable
0,9
0,60,5
0,2
3,5
ENCADRÉ
De quoi parle-t-on ?
Le réchauffement climatique accentue la fréquence, la durée et l?intensité des événements climatiques exceptionnels, en particulier
les épisodes de sécheresse. Ces épisodes se définissent par un déficit d?eau durable conduisant à différents impacts, notamment
sur le sol, la végétation et les aquifères. Trois types de sécheresse sont usuellement distingués [1] :
? la sécheresse météorologique provoquée par un déficit de précipitations;
? la sécheresse des sols (dite aussi sécheresse agricole) causée par un manque d?eau dans les solset qui nuit au développement de
la végétation;
? la sécheresse hydrologique lorsque les lacs, rivières, cours d?eau ou nappes souterraines ont des niveaux anormalement bas.
Il convient de ne pas confondre la sécheresse avec les vagues de chaleur: si ces dernières se caractérisent par des températures élevées
sur une période courte, la sécheresse relève d?un déficit hydrique prolongé, pouvant persister même en l'absence de chaleur excessive.
Sécheresse de 2022: des coûts estimés à plus de 5 milliards d'euros
enregistrée depuis le début des calculs d?humidité des sols[3]
et un déficit en pluies annuel de 25% par rapport à la
moyenne 1991-2020 (deuxième année la moins pluvieuse
depuis 1959 [4]). La recharge des nappes souterraines a ainsi
été limitée par la faiblesse des pluies dites «efficaces», c?est-
à-dire les précipitations effectivement disponibles pour les
milieux aquatiques et les nappes. La sécheresse
exceptionnelle de 2022 a combiné les déficits pluviométriques
(sécheresse météorologique) et leurs impacts en cascade sur
les sols (sécheresse agricole) et les ressources en eau
(sécheresse hydrologique). Au rythme actuel du réchauffement
climatique1, ce type d?événement, jugé extrême aujourd?hui,
pourrait devenir la norme d'ici la fin du XXIe siècle.
Dans ce contexte, sans renoncer à la lutte contre le
réchauffement climatique (l?atténuation), il est indispensable
de se prémunir des conséquences de ce réchauffement.
L'adaptation nécessite une évaluation précise des coûts des
dommages liés au réchauffement, afin de dimensionner les
réponses. Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine
pour affiner ces évaluations [5], particulièrement dans le cas
des sécheresses [6]. Cette étude contribue à combler cette
lacune en analysant les conséquences socio-économiques
de la sécheresse de 2022 sur plusieurs domaines.
LA FRAGILISATION DES BÂTIMENTS
Les épisodes de sécheresse ont un impact direct sur les
bâtiments, avec le «retrait-gonflement des argiles» (RGA),
phénomène de contraction et de gonflement des sols
argileux, respectivement en période de sécheresse et en
période de pluie. Les bâtiments d?envergure ne présentent
pas de sensibilité à ce phénomène, mais ceux à fondations
plus superficielles, comme les maisons individuelles, y sont
particulièrement vulnérables. Le RGA se traduit par une
dégradation des constructions (fissures, distorsion des portes
et fenêtres, dislocation des cloisons, etc.). En France
métropolitaine, 10,4 millions de maisons individuelles se
situent dans des zones exposées moyennement ou fortement
au phénomène de RGA [7].
Sous certaines conditions, les occupants des maisons
affectées par ce phénomène peuvent être indemnisés via la
couverture offerte par le régime des catastrophes naturelles,
dit «CatNat».
Cependant, l?accumulation des épisodes de sécheresse
ces dernières années met en tension le dispositif assurantiel
«CatNat» (graphique 2).
Sur la base des indemnisations versées, le coût de ce
phénomène s?est fortement accru pour atteindre un niveau
estimé à 3,5 Md¤2 en 2022. Le coût moyen annuel
desdommages assurés était de 1,3Md¤ sur la période
2017-2021, contre environ la moitié de ce montant sur la
période 1989-2022 (l'intégration du RGA dans le régime des
catastrophes naturelles datant de 1989).
Toutefois, ce chiffrage ne comprend pas toutes les
conséquences du RGA sur les maisons individuelles. En effet,
comme l?indique le rapport du Sénat sur ce sujet, «seules
50 % des communes parviennent à obtenir une
reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle, et 50%
seulement des dossiers déposés dans ces communes
bénéficient d'une indemnisation» [8].
DES DIFFICULTÉS DE PRODUCTION D?ÉNERGIE
Hydroélectricité
En asséchant les cours d'eau et en réduisant le niveau des lacs
réservoirs, les sécheresses affectent également la production
hydroélectrique, deuxième source d'électricité en France.
Cettediminution de la ressource en eau disponible pour la
production d?énergie, exacerbée par les conflits d?usage,
notamment avec le secteur agricole, entraîne une baisse
directe de la production hydroélectrique (graphique 3).
Représentée sur une longue période, la production
hydraulique diminue de façon structurelle depuis 1995.
Làencore, le réchauffement climatique et l?accumulation de
sécheresses qui l?accompagne en sont l?une des causes.
En outre, l?année 2022 a connu une production hydraulique
exceptionnellement basse, traduisant le caractère historique
de la sécheresse de 2022.
L'impact économique d?une sécheresse sur le secteur
hydroélectrique peut être évalué à partir du déficit de
production lors de l?année de sécheresse, en comparaison
à la moyenne annuelle historique, et du prix moyen de
l?électricité [10][11]. En 2022, la production hydroélectrique
a chuté de 12,3 TWh par rapport à sa moyenne 2017-2021,
passant de 61,9 à 49,6 TWh (-20%) [9]. Sur la base d?un
1 Les politiques mondiales en place fin 2020 conduisent à un réchauffement mondial médian de 3,2 °C en 2100 (source: document de référence, TRACC, mai 2023).
2 Le coût a été réévalué par la Caisse centrale de réassurance de 2,9 à 3,5 Md¤, en raison d?un nombre de communes demanderesses supérieur aux prévisions de fin 2022.
Graphique 2: augmentation de la sinistralité sécheresse
En Md¤
Source: d'après CCR, Les catastrophes naturelles en France ? Bilan 1982-2022
(2023)
Sinistralité annuelle Sinistralité annuelle moyennée
sur la période 1989-2022
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
Graphique 3: diminution tendancielle de la production
hydraulique
En TWh
Source: RTE, Bilan électrique 2022 [9]
Production hydraulique annuelle Moyenne de la production
sur la période 2017-2021
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1995
1997
1999
2001
2003
2005
2007
2009
2011
2013
2015
2017
2019
2021
2022
Sécheresse de 2022: des coûts estimés à plus de 5 milliards d'euros
(transport d?eau par camion, distribution de bouteilles d?eau,
etc.).
Un nombre record d'arrêtés sécheresse a également été
pris par les préfets en 2022 pour restreindre localement
l?usage de l?eau.
Le 9 août 2022, 63 départements étaient en «crise»,
niveau d'alerte le plus élevé, et le 25 août, 78 départements
étaient concernés, soit environ 19 millions de ménages4
pendant au moins deux semaines (carte 1). À ce niveau de
restriction, seuls les usages prioritaires de l'eau sont
autorisés (santé, sécurité civile, eau potable). Les
prélèvements non prioritaires, représentant 12% de la
consommation des ménages [13], sont en revanche interdits.
La perte de bien-être liée aux restrictions d?eau est
difficile à quantifier en termes de coût socio-économique,
faute de référence à un prix de marché. Toutefois, elle peut
être estimée par la méthode du transfert de valeur, qui
consiste à appliquer des estimations issues d?études
similaires à un nouveau contexte. En l?occurrence, cette
approche repose sur le consentement à payer des ménages
américains pour éviter ces restrictions, en fonction de leur
durée et de leur sévérité. De tels consentements à payer
peuvent être fournis par l?étude de Griffin et al. (2002) [14] et
appliqués à la population des territoires français touchés
par les restrictions d'eau de niveau d?alerte «crise»
(tableau1). Dans ces conditions, la perte de bien-être liée à
prix moyen de l?électricité de 55,1¤/MWh (prix sur le marché
spot sur la période 2017-2021), la perte de production
hydroélectrique s?élèverait en 2022 à 678 millions
d'euros (M¤). Déduction faite des consommations
intermédiaires (voir annexe méthodologique), la perte
économique due à la sécheresse de 2022 atteindrait 532M¤
sur la valeur ajoutée du secteur hydroélectrique.
Électricité d?origine nucléaire
Les centrales nucléaires ont besoin d?eau, issue des cours
d?eau voisins, pour refroidir leurs réacteurs. En période de
sécheresse, le niveau des cours d'eau est plus bas et leur
température plus élevée. Les centrales nucléaires peuvent
alors être mises à l?arrêt afin de ne pas assécher davantage
les cours d?eau, ni affecter les écosystèmes par le rejet d?une
eau plus chaude encore dans les milieux.
Au cours de l?année 2022, le parc nucléaire a subi des
stress additionnels à la sécheresse (problèmes de corrosion
sous contrainte, maintenance), causant la mise à l?arrêt de
près de la moitié des réacteurs à l?été. La diminution de
production induite spécifiquement par la sécheresse semble
limitée, EDF l?estimant à 0,5TWh (0,2% de la production
annuelle) [4]. Compte tenu d?un prix moyen de l?électricité à
55,1¤/MWh, la perte économique associée à la sécheresse
s?élèverait à 28 M¤ pour la production d?électricité d?origine
nucléaire.
En dépit de la diminution de la demande énergétique
observée en 2022, le déficit de production d'électricité
d?origine hydraulique et nucléaire a nécessité de recourir à
d?autres sources d?énergie, notamment carbonées, induisant
une élévation des émissions de gaz à effet de serre. En effet,
en 2022, et pour la première fois depuis 1980, la France a
été importatrice nette d?électricité, avant de retrouver son
statut d?exportatrice nette dès l?année suivante.
Parallèlement, le recours aux centrales à gaz à l?échelon
national a connu une hausse significative (+34% par rapport
à 2021[12]). Sous l?hypothèse que le recours aux énergies
carbonées s?est fait en majorité via du gaz et pour répondre
à des périodes de pointe (voir annexe méthodologique), les
émissions supplémentaires de dioxyde de carbone
provoquées par la sécheresse de 2022 auraient été de
2600kt CO2 éq, soit un coût socio-économique de 335 M¤ 3.
UNE PERTE DE PRODUCTION AGRICOLE
En 2022, les conditions météorologiques extrêmes (déficit
pluviométrique, forte évaporation, faible humidité des sols,
disponibilité réduite des ressources en eau) ont dégradé le
rendement de certaines cultures, fortement dépendantes
des conditions climatiques.
La baisse de rendement agricole attribuable à la
sécheresse de 2022 se serait traduite par une perte de
production estimée à 1,1 Md¤ par rapport à la moyenne
2017-2021, soit une perte de la valeur ajoutée agricole de
459 M¤ (voir annexe méthodologique).
UNE HAUSSE DES RESTRICTIONS EN EAU POTABLE
La sécheresse de 2022 a mis sous tension le système
d?approvisionnement en eau potable [4]. Durant l'été 2022,
plus de 1000 communes ont dû adopter des mesures
exceptionnelles pour approvisionner en eau leurs habitants
3 Pour l?année étudiée, la valeur tutélaire du carbone est évaluée à 129 ¤ la tonne en euros 2022. (source: France Stratégie, Lavaleur de l?action pour le climat, 2019).
Depuis mars 2025, cette valeur a été sensiblement rehaussée (France Stratégie, 2025), impliquant que l'estimation actuelle reliée aux émissions de gaz àeffet
deserre constitue une sous-évaluation.
4 La taille moyenne des ménages est de 2,16 personnes (source : Insee, Taille des ménages : données annuelles de 1968 à 2021, 2024).
Carte 1: arrêtés de restriction de l?usage de l?eau,
situation au 25 août 2022
Source: VigiEau
Alerte Alerte renforcée Crise Vigilance
Tableau 1 : consentement à payer des ménages
pour éviter des restrictions en eau
En ¤2022
Intensité des
restrictions
(en %)
Durée des restrictions
14 jours 21 jours 28 jours
10 31¤ 34¤ 37¤
20 33¤ 36¤ 39¤
30 36¤ 39¤ 42¤
Lecture : le répondant moyen est prêt à payer 31 ¤ pour éviter que l?offre en
eau ne soit inférieure à 90 % de la demande du ménage pendant une période
de14jours.
Source: Griffin et al. (2002)
www.ecologie.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: avril 2025
ISSN: 2555-493X (en ligne)
Directeur de publication: Brice Huet
Rédaction en chef: François Leray
Coordination éditoriale: Céline Blivet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
ces restrictions se serait élevée à 589 M¤. Les bénéfices
financiers pour les ménages, en termes de consommation
d?eau évitée du fait des restrictions, sont considérés comme
négligeables face à cette perte de bien-être.
Par ailleurs, au-delà de l?agriculture, des activités
économiques pour lesquelles l?usage de l?eau est
indispensable ont également été impactées. Par exemple,
les stations de lavage de voitures sans recyclage ont été
fermées plusieurs semaines, entraînant une perte de chiffre
d'affaires de 40% pour certaines entreprises à l'été 2022[4].
L?ACCROISSEMENT DES FEUX DE FORÊTS
La sécheresse favorise également la propagation des feux
de forêt, à cause de la réduction de l'humidité des sols, de
la végétation et de l'assèchement des cours d'eau (les
empêchant de freiner la progression des feux) [15]. Ainsi, sur
les plus de 785 000 hectares qui ont pris feu dans l'Union
européenne lors de l?été 2022, 72 000 concernent la
France[16]. Cela représente une émission de 441 000 tonnes
de CO2 [17]. La surface de forêts brûlée en 2022 est
quatrefois supérieure à la moyenne observée entre 2017 et
20215. Lesémissions de CO2 associées sont ainsi également
estimées à un niveau quatre fois plus élevé que celles de
cette même période. Le coût socio-économique de ces
rejets de CO2 additionnels observés en 2022 serait de 43M¤.
Outre le stockage de carbone, les forêts françaises
fournissent d?autres services écosystémiques, de régulation
(du cycle de l?eau, de l?épuration de l?air, etc.),
d?approvisionnement, de support et récréatifs (randonnée,
camping, observation de la faune, etc.). La valeur des
usages récréatifs non marchands des forêts françaises est
estimée entre 13 et 45 Md¤ par an, tandis que la valeur
commerciale de la forêt métropolitaine est estimée à 3 Md¤
par an [18]. En tenant compte de la superficie brûlée, la perte
en valeur récréative due aux feux de forêts de 2022 est
évaluée entre 55 et 189 M¤ et la perte commerciale à 13 M¤.
La moyenne de la perte de valeur récréative étant de
122M¤, le coût socio-économique total pourrait être évalué
à 178 M¤.
À cette évaluation, pourraient aussi s?ajouter les coûts
de gestion de crise. Par exemple, l?année 2022 a été
associée à une hausse des dépenses de la lutte contre les
feux de forêt de l?ordre de 31 M¤ (+12,9%) par rapport à
2021 [3].
Par ailleurs, la sécheresse entraîne une surmortalité et
un ralentissement de la croissance des arbres, réduisant
durablement la capacité des forêts à stocker du carbone.
Ces effets, ainsi que d'autres impacts à long terme, ne sont
pas pris en compte dans cette étude, dont le périmètre se
limite à l?année 2022. Le coût global estimé ici est donc
nécessairement sous-évalué.
UNE DÉMARCHE À PROLONGER ET À CONSOLIDER
Bien que cette évaluation se veuille aussi complète que
possible sur les effets de la sécheresse de 2022, son coût
final est sans doute encore plus élevé. Certains effets directs
ne sont pas pris en compte, comme ceux touchant le
transport fluvial de marchandises, le tourisme et l?industrie
du fait de la difficulté à isoler l'impact de la sécheresse sur
ces secteurs. Par exemple, pour le transport fluvial de
marchandises, la baisse observée durant l?année 2022 est
majoritairement due à une baisse de la demande [19].
Lesimpacts sur ces secteurs ne font donc pas l'objet d'une
analyse détaillée dans cette publication. Toutefois, une
étude de l?OCDE menée sur la ville de Paris souligne que
les coûts pour l'industrie, liés aux restrictions d'usages de
l'eau et aux limites de température de rejet, pourraient
représenter une part significative des coûts directs [20].
Cette évaluation ne prend pas non plus en compte les
conséquences indirectes ou celles de longs termes (la perte
et la dégradation de la biodiversité ou les impacts sur
l?emploi, etc.). La démarche de cette étude pourrait donc
être approfondie et prolongée pour mieux couvrir ces
différents impacts.
Félix RANNOU, SEVS
5 En France, entre 2017 et 2021, les feux de forêts ont brûlé en moyenne environ 18 000 hectares par an (source : EFFIS, Annual Fire Reports, 2023).
APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE PAR SECTEUR
Les évaluations menées pour les secteurs de l?hydroélectricité,
de l?agriculture et des feux de forêts reposent sur l?hypothèse
que l?intégralité, respectivement des pertes de production,
de rendement et des surfaces brûlées enregistrées en 2022
seraient attribuables à l?épisode de sécheresse. Cette
hypothèse centrale semble en effet pertinente dans la mesure
où les conditions climatiques constituent des déterminants
majeurs de la production hydroélectrique, agricole ou encore
des feux de forêt.
Hypothèses de prix de production considérées pour
lessecteurs de l?hydroélectricité et de l?agriculture
L?année 2022 a été exceptionnelle par sa sécheresse mais
également par des événements conjoncturels majeurs (guerre
en Ukraine, crise énergétique, etc.) qui ont considérablement
influencé les prix des marchés durant l?année 2022,
particulièrement des secteurs de l?énergie et de l?agriculture.
De ce fait, l?utilisation des prix de 2022 pour valoriser les
pertes de productions énergétiques et agricoles liées à la
sécheresse de 2022 aurait conduit à surestimer les pertes en
question. Les prix, différents de ceux de 2022, ont donc été
retenus pour quantifier dans ces secteurs les pertes de
production résultant de la sécheresse de 2022 (voir infra).
ÉNERGIE
Hydroélectricité et nucléaire
Dans cette étude, les conséquences socio-économiques de
la sécheresse sur le secteur de la production hydroélectrique
sont estimées à partir des variations de production, en
volume, observées durant l?année 2022, en comparaison avec
la moyenne pendant les années précédentes (2017-2021).
L?évaluation de la perte de production nucléaire est quant à
elle directement issue de l?estimation calculée par EDF
(IGEDD, 2023).
Un point dur réside dans l'évaluation du prix auquel
valoriser la perte de production hydraulique causée par la
sécheresse. Cette perte de production a été compensée par
la remise en service de centrales à charbon et principalement
par des importations d'électricité européenne. En toute
rigueur, il conviendrait d'identifier la source d'énergie utilisée
pour remplacer les capacités limitées en hydroélectricité et
nucléaire et de valoriser cette perte en utilisant le prix de
l'énergie de substitution. Les données nécessaires à
l?application d?une telle méthode sont toutefois difficiles à
mobiliser, notamment parce que les énergies utilisées en
substitution de l?électricité d?origine hydraulique et nucléaire
ne sont pas déterminées.
Dans ces conditions, le choix a été fait de se tourner vers
le prix moyen annuel spot français de l?électricité sur la période
2017-2021. Ce choix se justifie par les différentes crises qui
ont affecté les prix durant ces dernières années, notamment
l'augmentation des prix du gaz en 2021 et la crise liée à la
pandémie de Covid-19 en 2020. Ainsi, cette moyenne offre
une estimation, en première approche, de ce qu?aurait pu être
le prix spot de 2022 dans un scénario contrefactuel sans
chocs exogènes (guerre en Ukraine, etc.) et sans sécheresse.
La perte de production est ensuite traduite en perte de
valeur ajoutée, après déduction des consommations
intermédiaires. Compte tenu du manque de données
concernant les consommations intermédiaires relatives à
l?hydroélectricité, on utilise l?estimation donnée dans l?étude
espagnole : Assessing the socio-economic impacts of
drought in the Ebro River Basin (L. Pérez y Pérez et al.,
2009)[10] qui considère que les consommations intermédiaires
représentent environ 21,5 % de la productionhydroélectrique.
Émissions de GES additionnelles
Par ailleurs, les pertes de production hydroélectrique causées
par la sécheresse ont principalement été compensées par des
importations d?électricité européenne et par le recours aux
centrales à gaz. Ces substitutions ont généré des émissions
de GES supplémentaires par rapport aux deux sources
d?énergie décarbonées que sont le nucléaire et
l?hydroélectrique. Pour évaluer la quantité de dioxyde de
carbone associée à ces substitutions, il faut dans un premier
temps distinguer la production d?électricité dite de base et
celle dite de pointe. La première répond à la demande
minimale constante du réseau, dans le cas de la production
hydroélectrique, c?est le rôle des centrales au fil de l?eau.
Cetteproduction assure une production régulière et prévisible.
Laproduction de pointe d?hydroélectricité se caractérise
principalement par d?importants barrages stockant de grandes
quantités d?eau pouvant libérer une puissance élevée en peu
de temps. La production de pointe est pilotable. Elle vise à
répondre aux variations ponctuelles et rapides de la demande
d?électricité, notamment aux heures de forte consommation.
En cas de sécheresse, la production de pointe, de par sa
nature, est généralement substituée par des sources
d?électricité fossiles (importations ou recours aux centrales à
gaz). Au sein du mix énergétique français, la production de
pointe représente environ la moitié de la production
hydroélectrique totale [21]. Ainsi, environ 6 TWh provenant de
l?hydraulique auraient été substitués par des sources fossiles.
L?hypothèse d?une substitution de ces 6 TWh par du gaz1
conduit à des émissions de GES de 2,6 kt CO2 éq2, soit un
coût socio-économique de 335 M¤.
AGRICULTURE
L?approche méthodologique utilisée pour le secteur agricole est
similaire à celle employée pour le secteur d?hydroélectricité.
L?estimation de l?impact de la sécheressede 2022 s?apprécie à
travers la différence entre lesrendements moyens pour la
période 2017-2021 et lesrendements obtenus en 2022 (tableau).
La valorisation monétaire de cette perte est ensuite estimée pour
les cultures céréalières et oléagineuses à l?aide des prix de
production provenant d'une enquête réalisée par FranceAgriMer
en 2015, année où les prix se situent dans la plage des prix
observés au cours des dernières années. Cesprix ont ensuite
été actualisés en euros constants de 2021. Pour les prix relatifs
aux fruits et légumes, les prix de détail utilisés dans la
construction de l'indice des prix à la consommation (IPC) ont
été retenus, en déduisant la marge du distributeur.
Dans un deuxième temps, la mobilisation des données
provenant des Comptes de la production agricole produits
Sécheresse de 2022: des coûts estimés à plus de 5 milliards d'euros
Annexe méthodologique
1 En effet, la production en pointe perdue de ces énergies est bien souvent remplacée par une autre source pilotable, à savoir le gaz ou le charbon.
2 0,429 t CO2 éq /MWh pour les groupes gaz (source: RTE, Les émissions de CO2 par kWh produit en France, 2024).
par l?Insee permet d?estimer une consommation intermédiaire
moyenne, sur les dernières années, équivalente à environ
60% de la production agricole totale. Cela permet de déduire
la perte de valeur ajoutée associée à la sécheresse.
Il faut noter que cette étude ne couvre pas toutes les
cultures végétales. Seules celles figurant dans le tableau ont
été analysées. Pour obtenir une estimation plus précise de
l'impact de la sécheresse de 2022 sur l'agriculture, une
analyse plus approfondie devrait inclure les cultures non
représentées dans cette étude.
FEUX DE FORÊTS
Une part des impacts indirects ? associée au rejet de dioxyde
de carbone séquestré dans les forêts ? de la sécheresse sur
la hausse de la fréquence des feux de forêts et de leur
ampleur est comparable à celle mise en oeuvre pour les
domaines agricoles et de l?hydroélectricité. Celle-ci est
estimée à travers la différence entre la surface brûlée moyenne
pour la période 2017-2021 et la surface brûlée en 2022 à
laquelle est associé un rejet de dioxyde de carbone estimé à
partir de l?étude The cost of Europe?s summer of wildfires [17]
sur la base de données EFFIS.
Ce différentiel de rejet carbone entre l?année 2022 et la
période 2017-2021 est ensuite monétarisé à l?aide de la valeur
de l?action pour le climat (évaluée à 129 euros en 2022).
Depuis mars 2025, cette valeur a été sensiblement rehaussée
impliquant que l'estimation actuelle reliée aux émissions de
gaz à effet de serre constitue une sous-évaluation.
Les coûts associés à la perte des services économiques
récréatifs et d?approvisionnement sont déduits de la valeur
totale ? proportionnellement à la surface brûlée en 2022 ?
attribuée à la forêt française par les études reliées au
programme Efese [18]. Ces coûts sont complétés par ceux
associés au surcoût de dépense de fonctionnement relié à la
lutte contre les incendies survenus en 2022 par rapport à 2021.
BÂTIMENTS
S?agissant des conséquences de la sécheresse de 2022 sur
le capital physique des ménages (retrait-gonflement des
argiles de leurs maisons individuelles), l?approche précédente
n?est pas applicable et une démarche alternative a été
retenue. L?ampleur des coûts associés au phénomène de
RGA sur les maisons individuelles a été évaluée à partir des
données d?indemnisation fournies par la Caisse centrale de
réassurance.
DISPONIBILITÉ EN EAU
Comme pour les bâtiments, l?approche uti l isée
précédemment pour les secteurs de l?hydroélectricité, de
l?agricultureetpour les émissions de dioxyde de carbone
associéesauxfeux deforêts, n?est pas efficace pour :
? La perte de bien-être liée aux restrictions en eau qui
constitue un coût non marchand. Cette valeur est estimée à
partir d'une évaluation subjective de l'importance qu'un
ménage accorde à l'évitement de ces restrictions.
? Le consentement payé. Celui-ci est issu d?une étude
réalisée aux États-Unis [14]. Il est transféré et appliqué au cas
français en gommant les différences associées au pouvoir
d?achat entre les deux pays et en prenant en compte
l?inflation.
Sécheresse de 2022: des coûts estimés à plus de 5 milliards d'euros
Perte de production agricole causée par la sécheresse
Cultures Moyenne rendement
entre 2017 et 2021
(en q/ha)
Rendement
année 2022
(en q/ha)
Superficie
développée en 2022
(1 000 ha)
Prix 2021
(en ¤/t)
Perte de production
agricole totale en
valeur (en M¤2021)
Céréales
Blé tendre 72,4 71,7 4697 196 60
Blé dur 55,5 53,2 253 272 16
Orge 63,2 61,2 1 867 180 69
Avoine 45,2 39,6 97 144 8
Maïs
(grain et semences)
91,5 75,6 1 456 151 350
Sorgho 53,4 42,8 50 150 8
Triticale 50,5 48,1 340 164 14
Colza 32,8 36,7 1 230 437 - 212
Tournesol 23,9 20,7 871 433 120
Soja 26,3 20,4 184 447 48
Autres
oléagineux
Pois protéagineux
total
32,5 30,0 133 254 9
Betteraves
industrielles
820,4 784,3 402 27 39
Maïs fourrage 125,6 106,8 1 287 151 364
Légumes
Endives 313,0 275,6 8 1 553 44
Poireaux 306,3 286,3 5 1 316 14
Tomates 1 368,9 1 328,8 5 1 448 29
Courgettes 432,9 365,4 4 1 132 31
Carottes 428,7 428,5 14 781 0
Pommes
de terre
Primeurs
ou nouvelles
315,9 303,8 13 453 7
Conservation
et demi-saison
433,3 393,6 154 306 187
Fruits
Abricots 90,3 112,8 11 1 492 - 38
Poires 222,2 241,4 6 1 701 - 19
Total - - - - 1148
Source: Agreste, Statistique agricole annuelle
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Sécheresse de 2022: des coûts estimés à plus de 5 milliards d'euros
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