Jeux (Les) de Paris 2024 : un bilan carbone nettement inférieur aux précédentes éditions

LE HIR, Boris ; TASZKA, Stéphane

Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie verte et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">L'impact carbone des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024 est évalué à 2,085 millions de teqCO2 (tonnes équivalent CO2). C'est un bilan près de deux fois plus faible que la moyenne des Jeux de Londres en 2012 et de Rio en 2016 et équivalent à ceux de Tokyo de 2020 qui se sont déroulés sans spectateurs. Les JOP de Paris 2024 ont ainsi marqué un pas important pour la prise en compte de l'impact climatique dans l'organisation des événements sportifs. C'est avant tout le choix stratégique, pris en amont des Jeux, de s'appuyer autant que possible sur les infrastructures existantes qui a permis de maîtriser cet impact. Des progrès restent possibles concernant les déplacements. En effet, les émissions liées aux transports représentent près des deux tiers de l'impact carbone des Jeux dont 80 % sont liés aux trajets des spectateurs venant d'autres continents alors que ceux-ci ne représentent que 10 % du total des spectateurs.<o:p></o:p></p>
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
bilan carbone ; climat ; émission de CO2 ; pollution atmosphérique ; gaz à effet de serre ; empreinte carbone
Descripteur écoplanete
jeux olympiques
Thème
Énergie - Climat
Texte intégral
Les Jeux de Paris 2024: un bilan carbone nettement inférieur aux précédentes éditions L?impact carbone des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024 est évalué à 2,085millions de teqCO2 (tonnes équivalent CO2). C?est un bilan près de deux fois plus faible que la moyenne des Jeux de Londres en 2012 et de Rio en 2016 et équivalent à ceux de Tokyo de 2020 qui se sont déroulés sans spectateurs. Les JOP de Paris 2024 ont ainsi marqué un pas important pour la prise en compte de l?impact climatique dans l?organisation des événements sportifs. C?est avant tout le choix stratégique, pris en amont des Jeux, de s?appuyer autant que possible sur les infrastructures existantes qui a permis de maîtriser cet impact. Des progrès restent possibles concernant les déplacements. En effet, les émissions liées aux transports représentent près des deux tiers de l?impact carbone des Jeux dont 80% sont liés aux trajets des spectateurs venant d?autres continents alors que ceux-ci ne représentent que 10% du total des spectateurs. UN BILAN CARBONE BIEN EN DEÇÀ DES PRÉCÉDENTS JOP ET DES GRANDS ÉVÉNEMENTS SPORTIFS FRANÇAIS RÉCENTS En suivant la méthodologie préconisée par le Comité international olympique (CIO) [1], une étude menée par le cabinet Ernst & Young pour le ministère de la Transition écologique [2] estime que les JOP de Paris 2024 ont généré environ 2,085MteqCO2. Ces Jeux affichent ainsi un bilan carbone près de deux fois plus faible que la moyenne de ceux de Londres et de Rio et équivalent au bilan des Jeux de Tokyo qui se sont déroulés sans spectateurs pendant la crise sanitaire du Covid-19. Rapporté au nombre de billets vendus ou de spectateurs, ce bilan est aussi très inférieur aux grands événements sportifs internationaux (GESI) récemment organisés en France. Enmoyenne, un visiteur des Jeux a émis 0,52teqCO2, contre 0,92 lors de la Coupe du monde de rugby en 2023 (tableau 1). La méthodologie du CIO répartit les émissions de gaz à effet de serre (GES) en trois sphères de responsabilité selon l?influence plus ou moins directe du Comité d?organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) et de ses partenaires (voirencadré). Lasphère1 concerne les émissions sous la responsabilité directe du Cojop en lien avec la préparation et la réalisation des Jeux. Elle regroupe des émissions de natures variées issues des opérations et des infrastructures temporaires. Les émissions de cette sphère s?élèvent à 0,33 MteqCO2 correspondant à 16% du bilan. La sphère2, qui couvre les émissions liées à la construction des infrastructures pérennes uniquement, sous la responsabilité de la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), représente 0,39 MteqCO2 soit19% du bilan total. Enfin la sphère3, principalement constituéedes émissions indirectes liées aux déplacements et à l?hébergement des spectateurs et des accrédités (comités nationaux olympiques, médias, etc.) représente les deux tiers des émissions générées parles Jeux (65%) avec 1,36MteqCO2 (graphique1). AVRIL 2025 AÉ MT H Essentiel MINISTÈRES AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE TRANSITION ÉCOLOGIQUE Tableau 1: comparaison du bilan carbone et des émissions de CO2 des JOP de 2012 à 2024 et des GESI organisés en France Source: étude EY pour le Commissariat général au développement durable Jeux olympiques et paralympiques GESI français Londres 2012 Rio 2016 Tokyo 2020 Paris 2024 CdM Rugby 2023 Ryder Cup 2018 Bilan carbone total (en MteqCO2) 3,3 4,5 2 2,1 0,08 0,05 Nombre de billets scannés (en millions) 10,9 9,9 0 10,7 2,4 0,2 Ratio émissions totales de CO2 / billet scanné (en teqCO2) 0,30 0,45 - 0,19 0,35 0,20 Émissions de CO2 / spectateur (en teqCO2) Non connu Non connu - 0,52 0,92 Non connu Les Jeux de Paris 2024: un bilan carbone nettement inférieur aux précédentes éditions UN RECOURS ÉLEVÉ À DES ÉQUIPEMENTS EXISTANTS QUI PERMET DE RÉDUIRE DE MANIÈRE IMPORTANTE LESÉMISSIONS La réduction de l?impact carbone des Jeux 2024 par rapport aux éditions précédentes des JOP est largement portée par la sphère2 (infrastructures permanentes) grâce au choix des organisateurs d'utiliser 95% d?équipements déjà existants ou démontables et aux efforts de la Solideo sur les méthodes de construction. Les émissions liées aux constructions et aux rénovations d?infrastructures permanentes, qui s?élèvent à 390kteqCO2, sont, de loin, les plus faibles des quatre dernières éditions de Jeux d?été. À titre de comparaison, les émissions liées à la construction de nouvelles infrastructures représentaient 2 030 kteqCO2 pour Londres 2012, 1590kteqCO2 pour Rio2016 et 1500kteqCO2 pour Tokyo 2020. La construction du village des athlètes concentre plus du tiers (35%) des émissions de GES de cette sphère. Les équipements sportifs, comme la construction de l?Arena Porte de la Chapelle et la rénovation du Stade de France, de Roland- Garros et de plusieurs stades et gymnases, représentent environ un cinquième (19%) des émissions de cette sphère1. De manière conservatrice et fidèle à la méthode du CIO, la totalité des émissions liées à la construction et à l?équipement des infrastructures livrées par la Solideo ont été affectées au bilan des Jeux. Le programme immobilier ambitieux, qui aboutira à la reconversion du village en nouveaux logements à Saint-Denis où certains équipements, tels que le Centre aquatique olympique, répondent à un besoin local de logement ou d?équipement2. Si ces constructions se substituent effectivement à des constructions équivalentes dans un futur proche, leur impact carbone réel attribué aux Jeux en serait considérablement réduit3. Le faible recours à la construction neuve a pu en revanche se traduire par un effet rebond sur les structures démontables au sein de la sphère1 mais, avec 100kteqCO2 émis, cet effet reste très limité (impact supérieur à Londres et à Tokyo mais bien inférieur à Rio). Les efforts réalisés pour les opérations comprenant la logistique, les bureaux du comité d?organisation, laconsommation d?énergie, le merchandising, etc. (sphère1, hors infrastructures temporaires et déplacements gérés par le Cojop) ont quant à eux permis de contenir les émissions autour de 200 kteqCO2, soit 10% du bilan global. Ce résultat 1 Les infrastructures réalisées pour l?assainissement de la Seine, dont la réalisation n?était pas conditionnée aux JOP, n?ont pas été intégrées et font l?objet d?une étude dédiée. 2 Le département de Seine-Saint-Denis a le taux d?équipement aquatique le plus faible rapporté à sa population avec une part de la population ne sachant pas nager parmi les plus élevées. 3 Comptabiliser les émissions des constructions neuves au prorata d?utilisation impliquerait toutefois de comptabiliser aussi les émissions de construction des sites existants à leur prorata d?utilisation. ENCADRÉ La décomposition en trois sphères de la méthodologie du CIO Sphère Responsabilité Description Principaux postes d?émissions Sphère 1 Préparation et opérations Responsabilité directe du Cojop Cette sphère d?émissions regroupe toutes les activités servant à préparer et à organiser les Jeux, de la phase de candidature à la fin de l?événement. ? Locaux du comité d?organisation ? Logistique et énergie consommée ? Branding et identité visuelle des Jeux ? Merchandising ? Services IT et électroniques ? Infrastructures temporaires ? Gestion des déchets ? Nourriture et boissons sur les sites ? Matériels et équipements sportifs ? Sécurité ? ? Sphère 2 Construction d?infrastructures permanentes Responsabilité des partenaires du Cojop (Solideo...) Cette sphère d?émissions regroupe toutes les constructions d?infrastructures et de sites permanents qui n?auraient pas existé sans les Jeux, ainsi que la rénovation des sites préexistants. ? Construction et rénovation des sites de compétition ? Transformation des sites post-Jeux ? Infrastructures urbaines et transports liés aux sites Sphère 3 Activités associées Pas ou peu de responsabilité du Cojop et/ou de ses partenaires ? Cette sphère regroupe toutes les activités des autres parties prenantes sur lesquelles le comité d?organisation a une influence modérée, en particulier le comportement des spectateurs. ? Par souci de simplification, cette sphère a été renommée « Spectateurs » dans le présent document. ? Trajet jusqu?au pays d?accueil et dans les villes hôtes pour les spectateurs et accrédités ? Trajet jusqu?au parcours de la torche pour les spectateurs ? Hébergement des spectateurs ? Pavillons du CNO (Club France), des fédérations sportives et des sponsors ? Uniformes non commandés par le Cojop ? Activités urbaines Source: CIO, Carbon footprint methodology for the Olympics Games, 2018 Graphique 1 : émissions de GES des JOP de Paris 2024 par sphère d?émissions Niveaux d?émissions en MtCO2, part en% Lecture: 65% des émissions produites par les Jeux émanent des déplacements et hébergements et elles représentent 1,36MteqCO2. Source: étude EY pour le Commissariat général au développement durable sur la base de données de Paris 2024, de la Solideo et d?une enquête EY-CGDD auprès des détenteurs de billets Paris 2024 Opérations et infrastructures temporaires Infrastructures permanentes Déplacements et hébergement 4 Déplacements et hébergement des spectateurs Déplacements des accrédités Autres 65% 19% 0,39 0,33 1,36 16% 1,11 0,01 0,23 Les Jeux de Paris 2024: un bilan carbone nettement inférieur aux précédentes éditions en avion court-courrier, en voiture ou en train, et de 2,14 teqCO2 pour les spectateurs extra-européens (graphique3). Les émissions comptabilisées dans ce poste sont ainsi largement concentrées sur les longues distances effectuées en avion. Les spectateurs extra-européens, qui représentent seulement 9% des spectateurs, auraient contribué à 80% des émissions liées au transport. Le transport de l?ensemble des spectateurs pour venir jusqu?en France (ou jusqu?aux sites de compétition pour les Français) représente près de 1MteqCO2, ce qui en fait la principale source d?émissions du bilan des Jeux. En y ajoutant ceux des personnes accréditées, les déplacements sont, au total, responsables à eux seuls de 1,24MteqCO2, soit plus de la moitié de l?impact carbone des Jeux. Les émissions de la sphère 3 comptabilisent également les déplacements dans les villes et entre les villes (41 kteqCO2 - ce qui a notamment été permis par l'utilisation de modes de mobilité douces et de transports en commun, avec des jeux « resserrés » sur la ville), l'hébergement des spectateurs (74 kteqCO2) et d'autres émissions complémentaires (50kteqCO2). Elles représentent près des deux tiers du bilan carbone total de l?événement. Les émissions générées par les déplacements et l?hébergement des spectateurs s?établissent au total à un peu plus de 1,1MteqCO2, soit un niveau comparable à celui de Londres (environ 1MteqCO2) et inférieur à celui de Rio (près de 2,5 MteqCO2). Lacomparaison avec Tokyo étant caduque en raison de l?absence de spectateurs durant ces Jeux en 2020. UN IMPACT QUI RESTE À NUANCER AU REGARD DECE QUI SE SERAIT PASSÉ À PARIS EN 2024 SANS LES JOP Pour appréhender l?impact réel des JOP en matière d?émissions de GES, il convient de tenir compte aussi des émissions qui auraient eu lieu sans les Jeux. En effet, leur organisation a pu évincer une part des touristes habituels et les touristes venus assister aux JOP ont ainsi pu en remplacer d?autres. En comparant le niveau et la composition du tourisme en Île-de-France pendant les Jeux de Paris 2024 par rapport à l?été 2023, considéré comme saison touristique ordinaire, on observe une légère baisse du nombre de touristes étrangers en Île-de-France entre juin et septembre 2024 (-2%). Cette baisse pourrait être associée à une réduction est meilleur que celui anticipé en amont des Jeux par Paris 2024 grâce aux différentes mesures mises en place (stratégie achats durables avec recours à l?économie circulaire, raccordement des sites au réseau d?électricité, approvisionnement responsable et végétalisation de l?offre de restauration, etc.), mais compte tenu des infrastructures temporaires plus nombreuses, il reste équivalent à la moyenne des Jeux précédents. Les gains d?émissions ont été particulièrement visibles sur les postes de restauration (12kteqCO2 contre 30kteqCO2 à Rio), de matériels et d?équipements sportifs (2kteqCO2 contre 9kteqCO2 à Rio) et de l?énergie consommée (7kteqCO2 contre 60kteqCO2 à Rio ou 32kteqCO2 à Londres). Cependant, en raison de la croissance des usages, les émissions liées au numérique (60kteqCO2) et les émissions restantes sont équivalentes voire supérieures aux éditions précédentes. L?analyse du bilan carbone sur les opérations est toutefois à considérer avec prudence. La comparaison avec les JOP précédents est effectuée à partir des données publiées par les comités d?organisation respectifs des Jeux, qui peuvent adopter chacun des périmètres légèrement différents en excluant certains postes4, ce qui dégrade la comparabilité. Àce titre, les déplacements financés par le Cojop sont difficilement comparables entre JOP. En outre, certaines hypothèses sur la réutilisation des équipements mériteraient d?être affinées et la prise en compte ? difficile à estimer ? du déploiement des forces militaires, notamment aériennes et navales, pourrait majorer ce résultat. Inversement, des mesures mises en place par Paris 2024 (raccordement des sites au réseau électrique par exemple) peuvent générer des réductions d?émissions à long terme qui ne sont pas prises en compte ici. ENVIRON LA MOITIÉ DE L?EMPREINTE CARBONE DES JEUX EST LIÉE AU TRANSPORT DES SPECTATEURS ÉTRANGERS Dans la sphère3, l?impact carbone des spectateurs dépend du nombre, de l?origine et des moyens de transport des spectateurs ainsi que, de façon plus marginale, de leur hébergement. Sur la base d?une enquête réalisée auprès de 100000détenteurs de billets et des données de billetterie, on estime ici à 3,6millions le nombre de spectateurs incluant 1,12 million venant de l'étranger, dont environ 0,4million non européens (graphique2). En moyenne, un spectateur génère 0,3teqCO2 pour se rendre en France. Cette empreinte carbone varie toutefois fortement en fonction du pays de résidence: il est de 0,2teqCO2 pour les spectateurs européens, qui se déplacent 4 Par exemple Londres exclut les locaux, la logistique, le matériel sportif, les uniformes, la restauration sur site, les déchets, la sécurité ; Rio exclut les uniformes, le merchandising, la gestion des déchets, la sécurité, le parcours de la torche ; Tokyo exclut les locaux du comité, le matériel sportif, les uniformes, la restauration sur site ou encore les déchets. Graphique 2 : répartition des émissions de GES liées au transport des spectateurs en fonction de leur zone de résidence (hors franciliens) En% Note : seules les émissions liées au transport de lieu de résidence jusqu?aux sites de compétition sont prises en compte dans le graphique ci-dessus. Source: étude EY pour le Commissariat général au développement durable Nombre de spectateurs Émissions de GES liées au déplacement des spectateurs Français Européens (hors France) Extra-européens 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 91873 80128 Graphique 3 : comparaison des émissions de GES moyennes pour un spectateur américain, européen ou français lors des JOP 2024 En teqCO2 Note : le montant des émissions de GES des autres postes d?émissions des Jeux, qui ne dépendent pas de l?origine des spectateurs, ont été répartis de manière égale entre tous les spectateurs (soit 0,21 teqCO2 par spectateur). Source: étude EY pour le Commissariat général au développement durable Spectateur européen Spectateur français Spectateur américain Trajets jusqu'aux sites de compétition Déplacements dans les villes Hébergement Autres 0 0,25 0,5 0,75 1 1,25 1,5 1,75 2 2,25 2,5 0,21 0,210,2 0,212,14 0,06 0,04 0,03 0,01 0,01 0,24 0,45 2,42 www.ecologie.gouv.fr Commissariat général au développement durable Service de l?économie verte et solidaire (SEVS) Sous-direction de l?économie et de l?évaluation Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex Courriel: diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr Dépôt légal: avril 2025 ISSN: 2255-493X (en ligne) Directeur de publication: Brice Huet Rédaction en chef: François Leray Coordination éditoriale: Laurianne Courtier Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours de 4% des émissions de GES liées au tourisme en Île-de- France (soit environ -400kteqCO2) entre 2023 et 2024 (graphique 4). Inversement, les images des Jeux, qui ont contribué à promouvoir la France comme destination touristique auprès du monde entier, pourront avoir des retombées futures en matière de tourisme et d?émissions associées. Il conviendrait donc d?en évaluer aussi l?impact sur le plus long terme. QUELS ENSEIGNEMENTS POUR L'ORGANISATION DES PROCHAINS GESI ? Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette évaluation à la fois dans le but de minimiser l?impact carbone des futurs GESI et d'améliorer la mesure de cet impact. En matière d?organisation, les principaux gains observés sont liés aux choix stratégiques, qui ont été pris en amont des Jeux, permettant d?éviter des émissions, et non de les réduire, en s?appuyant autant que possible sur les infrastructures existantes. L'effet des mesures prises par Paris 2024 suggère en revanche qu'il y a peu de marges de réduction supplémentaires dans le domaine des opérations. En ce qui concerne les flux de spectateurs, responsables de la majeure partie des émissions, des réflexions pourraient être menées pour réduire les impacts. Ainsi, limiter la dispersion des sites et cibler géographiquement les spectateurs les plus proches permettrait de réduire les émissions de GES. Une telle stratégie devrait toutefois être également évaluée au regard de son impact socio- économique pour en garantir la viabilité. Le guide méthodologique publié en décembre 2018 par le CIO [1] constitue un cadre solide en matière de périmètre et de méthode d?évaluation du bilan carbone. Il existe désormais un enjeu majeur à mettre en place une méthode robuste de collecte des données, en particulier sur le nombre de spectateurs, et à poursuivre l?harmonisation et l?amélioration de la transparence de ces évaluations pour les prochains Jeux. RÉFÉRENCES [1] Comité international olympique, Carbon footprint methodology for the Olympics Games, décembre 2018 [2] Rapport EY pour le CGDD, Évaluation de l?impact carbone des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, avril 2025 Paris 2024, Rapport durabilité & héritage post-Jeux ? Axestratégique : livrer des Jeux plus responsables, décembre2024 Boris LE HIR*, SEVS Stéphane TASZKA, SEVS * en poste au CGDD au moment de la rédaction de la publication. Publication réalisée à partir des travaux d?Anaïd Bédikian, Yannick Cabrol et Clémence Marcout (EY), pour le CGDD. MINISTÈRES AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE TRANSITION ÉCOLOGIQUE Graphique 4 : nombre de séjours en Île-de-France pour les visiteurs étrangers et français durant les étés 2023 et 2024 et émissions de CO2 associées à leur venue Lecture : 8,3 millions de visiteurs étrangers sont venus en Île-de-France durant l?été 2023. Leurs déplacements et hébergements sont à l?origine d?émissions évaluées à 9 MteqCO2. Note : un séjour correspond à un voyage avec au moins une nuitée. Champ : séjours réalisés en Île-de-France par des visiteurs français et étrangers durant les périodes de juin à septembre en 2023 et en 2024. Source: enquête EY-CGDD auprès des détenteurs de billets Paris 2024. Calculs réalisés par EY Visiteurs étrangers Visiteurs français Séjours, en millions Émissions associées, en MteqCO2 15 10 5 0 été 2023 été 2024 6,5 8,3 6,1 8,1 10 8 6 4 2 0 été 2023 été 2024 9 8,6 0,2 0,2

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