Feuille de route nationale pour le développement de la filière algue verte française
Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
La feuille de route nationale pour la filière algues en France vise à structurer, réglementer et développer ce secteur prometteur. Elle met en avant la nécessité d'adapter la réglementation, soutenir la recherche et renforcer la compétitivité des entreprises. L'objectif est d'améliorer la visibilité des algues françaises, réduire les importations et valoriser leur rôle écologique et économique à l'échelle nationale et internationale.
Descripteur Urbamet
pollution de l'eau
Descripteur écoplanete
algue
Thème
Environnement - Nature
Texte intégral
S O M M A I R E
EDITO - Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la
Forêt, de la Mer et de la Pêche ............................................................................................................... 3
EDITO Madame Annie Genevard - ministre de l?Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ............ 5
INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 2
1 État des lieux de la filière algues en France .................................................................................... 5
1.1 Définition des algues ............................................................................................................... 5
1.2 Panorama économique ........................................................................................................... 6
1.3 Cadre règlementaire actuel de production ........................................................................... 18
1.4 Organisation et structuration actuelle de la filière algues .................................................... 20
1.5 Les initiatives de soutien au développement de la filière ..................................................... 24
2 De la nécessité de se doter d?une feuille de route nationale ....................................................... 30
2.1 Le renforcement de la structuration pour plus d?efficacité et de lisibilité............................ 30
2.2 Un cadrage règlementaire à mieux adapter pour couvrir les spécificités de la filière .......... 31
2.3 Un marché économique complexe et une lisibilité à améliorer ........................................... 32
2.4 Des connaissances et techniques à consolider et partager pour permettre un
développement massif et de haut niveau ......................................................................................... 34
3 Orientations et axes de travail ...................................................................................................... 36
3.1 Orientation 1 : améliorer le cadre de gouvernance et la règlementation ............................ 36
3.2 Orientation 2 : soutenir et renforcer la résilience et la compétitivité des entreprises de la
filière algues ...................................................................................................................................... 42
3.3 Orientation 3 : combler les lacunes et rationaliser les études et projets scientifiques et
techniques dans les domaines de la connaissance, de la recherche, de la technologie et de
l?innovation ........................................................................................................................................ 51
3.4 Orientation 4 : accroitre la sensibilisation de la société et l?acceptation de l?activité de
production d?algues et de produits à base d?algues ......................................................................... 55
3.5 Orientation 5 : promouvoir l?excellence française dans la dynamique internationale ......... 57
Annexe 1 - Bibliographie ....................................................................................................................... 60
Annexe 2 - Glossaire .............................................................................................................................. 61
Annexe 3 - Contributions et entretiens ................................................................................................. 63
É D I T O
Agnès Pannier-Runacher,
ministre de la Transition
écologique, de la Biodiversité, de
la Forêt, de la Mer et de la Pêche
Les algues sont une richesse précieuse pour notre pays. Il y a celles que l?on voit ; que
ce soit accrochées aux rochers, échouées sur un rivage après une tempête ou dans nos
assiettes. Il y aussi celles que l?on ne voit pas dans nos produits cosmétiques,
pharmaceutiques et industriels, et bien sûr les micro-algues, qui sont si essentielles à
notre biodiversité marine. Il y a les algues de mer, que tout le monde connaît, mais il y
aussi des algues d?eau douce, plus méconnues.
Nous ignorons encore beaucoup des algues, leur rôle crucial d?équilibre pour nos
écosystèmes, leur fonction de nourricerie pour la faune locale et leur capacité,
cruciale, à stocker le carbone.
Nous devons donc améliorer notre connaissance de ces végétaux marins et dulcicoles,
pour mieux les protéger tout en permettant à nos concitoyens de bénéficier de leurs
bienfaits.
Aujourd?hui, nous avons la chance, dans notre pays, de produire et commercialiser une
trentaine d?espèces et d?avoir un système de récolte et de pêche bien encadré, grâce
à l?action des comités des pêches et des services de l?État.
Ce mode de gestion durable est toutefois insuffisant face à la demande croissante
exprimée par les consommateurs et les transformateurs. Notre pays est le premier
producteur d?algues de l?Union européenne, tout type d?algues confondu (sauvages et
cultivées) et notre filière est reconnue pour la qualité et l?excellence de sa production.
Pourtant, nous sommes le deuxième pays importateur mondial, après la Chine. En
dépit de projets de pointe et de producteurs expérimentés, nous ne parvenons pas à
passer à l?échelle.
Dès lors, si nous voulons réduire les importations massives et leur empreinte
environnementale néfaste, il est crucial que nous développions une filière algale
française durable. C?est l?objectif de cette feuille de route.
Au-delà de leur utilisation dans nos usages courants, les algues représentent
également des réponses aux nombreux défis écologiques auxquels nous faisons face :
développer des sources d?énergie alternative ; améliorer la résilience et la remise en
état des écosystèmes ; mettre en place des solutions naturelles pour dépolluer des
sites ; améliorer les processus de filtration et d?épuration ; constituer des modes
d?alimentation ou de soins alternatifs et durables. Elles sont un levier indéniable de
souveraineté pour notre pays.
Dès lors, si nous voulons passer à l?échelle et exploiter le plein potentiel de
l?algoculture dans notre pays, il est essentiel de soutenir les métiers traditionnels de la
pêche embarquée et des récoltants d?algues de rive. Je tiens à souligner leur
dynamisme, leur connaissance du milieu et surtout, leur capacité à exploiter
durablement une ressource que nous savons fragile et limitée.
Notre objectif ambitieux, nous l?avons inscrit dans le Plan « Aquacultures d?avenir »
2021-2027 : tripler la production actuelle en algoculture pour atteindre 1 000 tonnes
d?ici 2027.
Ce volume ne constitue qu?une première étape. Grâce à la dynamique, nous avons
l?ambition d?atteindre, dans les prochaines années, des volumes bien plus importants,
corrélés à l?état de la demande du marché français.
Pour cela, nous devons être en mesure de planifier les emplacements les plus propices,
d?identifier les techniques de production et de récolte les plus adaptées aux effets du
changement climatique, de faire évoluer si nécessaire la règlementation et
d?accompagner les porteurs en conséquence.
Nous le voyons aujourd?hui : une prise de conscience émerge sur les bienfaits des
algues ainsi que sur la nécessité de les protéger au mieux dans leur milieu naturel.
Cette prise de conscience s?accompagne d?une large mobilisation de toute une
communauté : les décideurs publics et mon ministère chargé de la Pêche ; des
transformateurs actifs et soucieux de maintenir leurs liens avec des producteurs locaux
; et des pêcheurs, récoltants traditionnels, algoculteurs et conchyliculteurs pour
lesquels l?algoculture peut être une forme de diversification, bénéfique
économiquement et techniquement.
Soutenir leur ambition, bâtir une action équilibrée et adaptée aux enjeux ; voilà l?objet
de cette feuille de route. Une feuille de route concertée, dont la rédaction a mis en
lumière la nécessité de faire converger les intérêts des consommateurs, des citoyens,
des producteurs et des transformateurs.
C?est l?esprit qui m?anime en cette Année 2025 de la Mer, qui porte à la curiosité, à la
connaissance, au respect et à la protection d?un monde dont l?équilibre fragile nous
engage.
É D I T O
Annie Genevard,
ministre de l?Agriculture et
de la Souveraineté alimentaire
Cette feuille de route pour le développement de la filière algale française est
essentielle à plusieurs titres : les algues présentent de nombreux enjeux en termes de
souveraineté alimentaire, de potentiel industriel, de développement
environnemental, mais des freins à leur valorisation demeurent. Aussi avons-nous
souhaité placer cette démarche sous une bannière commune, « rassembler pour
bâtir », en partant de l?existant, de ses promesses et de ses difficultés, pour aller vers
la structuration progressive d?une filière et l?augmentation d?une production, dans le
respect des exigences environnementales.
Le champ investi est vaste : micro-algues, macro-algues, spiruline, autant d?activités
qui oscillent entre tradition et innovation, entre littoral et zone continentale, entre
transformation de pointe et produits frais, entre exportations et circuit court, du
champ (d?algue) à la fourchette ou aux champs agricoles.
Clarification règlementaire et normative, transparence et sécurisation des marchés,
sélection d?espèces, intégration dans le tissu territorial et le milieu naturel,
sensibilisation des consommateurs, relais par des organisations professionnelles,
visibilité à l?échelle politique et économique, tant au niveau national qu?européen et
international : il nous tient à coeur que ces préoccupations exprimées par les parties
prenantes trouvent dans la déclinaison de cette feuille de route des réponses
concrètes et opérationnelles. Nous y serons particulièrement attentifs, car les algues
constituent une solution à de nombreux enjeux.
D?une part, les algues, dans toutes leurs composantes, représentent un intérêt trop
souvent méconnu pour la consommation humaine. Du plaisir gustatif à l?intérêt
nutritionnel, en passant par l?apport d?additifs naturels et sains pour la constitution de
produits transformés, les algues offrent une large palette de goûts et de textures,
d?origine naturelle, à laquelle nous invitons les consommateurs à s?initier. Appuyer le
développement de la filière est crucial au moment où nous devons défendre et
promouvoir notre souveraineté alimentaire et la compétitivité de la filière, notamment
en protégeant nos producteurs vis-à-vis de pratiques de concurrence déloyale de pays
tiers.
D?autre part, les algues peuvent apporter des solutions alternatives à l?élevage
terrestre comme aquacole en termes de nutrition animale, ainsi qu?à l?agriculture pour
l?amendement des terres. Nous nous devons de soutenir les synergies qui se créent
entre monde des algues et monde agricole au sens large, car elles permettent de
proposer des techniques respectueuses de l?environnement, avec des
approvisionnements locaux et un ancrage territorial fort.
Tout cela n?est en rien un effet de mode, en France comme en Europe : les
producteurs, les agriculteurs, les transformateurs, récoltent, cultivent, valorisent les
algues depuis des années, voire des siècles. La France est un pays ayant une forte
tradition algale. Un nombre croissant de consommateurs s?inscrit dans une tendance
similaire, par habitude pour les plus anciens, par goût pour les plus récents. La
Commission européenne a quant à elle fait du développement des algues une priorité :
la France se doit donc d?être au rendez-vous en mettant en lumière son excellence en
la matière.
De fait, il est aujourd?hui nécessaire de passer un cap : l?impulsion que nous entendons
collectivement donner doit nous permettre de dépasser les seuls échelons locaux au
profit d?un développement national voire international, de passer de l?expérimental
au productif, du confidentiel au grand public. L?objectif est de donner toute sa place à
une production diverse, riche, capable de faire face dans tous ces aspects aux
demandes multiples, en termes de variété d?espèces, de qualité, de stade de
transformation et de volume. La mobilisation large des services de l?État, des
collectivités locales, des représentants professionnels, des scientifiques prouve que
nous sommes capables de faire entrer cette filière dans une nouvelle ère.
1
Algues
la relance ici se fait
par le vent qui d'Afrique vient
par la poussière d'alizé
par la vertu de l'écume
et la force de la terre
nu
l'essentiel est de sentir nu
de penser nu
la poussière d'alizé
la vertu de l'écume
et la force de la terre
la relance ici se fait par l'influx
plus encore que par l'afflux
la relance
se fait
algue laminaire
Aimé Césaire
In memoriam Soizic Schwartz (14/05/1963-14/04/2024)
2
INTRODUCTION
Des laminaires ondoyantes aux colonnes luminescentes de microphytes, en passant
par les bassins smaragdins de spiruline, la diversité algale ne laisse pas d?intriguer ni
d?attirer au vu du potentiel économique et environnemental qu?elle représente, à
l?état sauvage comme en culture. Largement développé en Asie où les algues sont
consommées depuis des siècles, le secteur prend ces dernières années un nouveau
tournant au vu de possibilités de valorisation multiples dans les domaines
pharmaceutiques, cosmétiques, scientifiques ou alimentaires.
La France, héritière d?une longue tradition goémonière, dispose de nombreux atouts
pour ancrer cette dynamique. Les macroalgues ont en effet été utilisées durant des
siècles pour servir d?amendement agricole, de combustible ou d?alimentation animale
sur nos côtes. Elles ont connu un usage plus industriel du XVIème siècle au XVIIIème siècle,
une activité d?extraction de soude se mettant en place en Bretagne à partir des
cendres d?algues pour alimenter les manufactures de verre et les savonneries.
L?apparition de nouveaux procédés fait disparaitre cette activité mais elle reprend en
1829, tirée notamment par la photographie et la médecine qui utilisent un nouveau
produit extrait des cendres d'algues : l'iode. Cette production atteint son rythme de
croisière dans les années 1860 et disparait au milieu du XXème siècle, concurrencée par
l?iode issu des nitrates du Chili. Cette activité d?extraction de substances d?intérêt
issues des algues va se poursuivre à grande échelle au XXème siècle sur les colloïdes,
agents épaississants et stabilisateurs qui interviennent tant dans l'industrie alimentaire
que pharmaceutique, ou celle du papier, des colorants, des produits de moulage, etc.
Actuellement, les producteurs français d?algues pêchent, récoltent, ramassent ou
cultivent des algues pour l?alimentation humaine directe ou indirecte (compléments
alimentaires), l?agriculture (alimentation animale, amendements et biostimulants), la
cosmétique et les soins du corps, ainsi que l?industrie pharmaceutique, avec des
processus de transformations plus ou moins élaborés (du séchage de l?algue à
l?extraction de molécules d?intérêt).
Cette connaissance des espèces, de leurs propriétés et des techniques de valorisation
à différents stades d?exploitation est le fruit d?une alliance entre un savoir-faire
ancestral et une expertise scientifique solide, s?appuyant sur un ancrage territorial et
culturel important. Forte de tels atouts, la France doit s?inscrire dans une dimension
nouvelle et promouvoir l?algue dans toutes ses composantes et sur l?ensemble de son
territoire au regard des enjeux de demain : souveraineté alimentaire, changement
climatique, dépollution chimique ou bioremédiation, innovation industrielle, etc. Si les
acteurs de la filière n?ont pas attendu pour s?insérer dans cette dynamique, tout
l?enjeu aujourd?hui pour les pouvoirs publics est de les accompagner, faciliter leur
développement et leur donner la visibilité nécessaire.
Ces dernières années ont été marquées par une mise en exergue croissante du
potentiel porté par les algues, au niveau international et européen, qu?il s?agisse
d?ouvrages médiatiques ou de communications institutionnelles.
3
Une feuille de route nationale pour accélérer le développement de la filière
Aussi, dans le droit fil des rapports sur la bioéconomie bleue (2019) et sur l'algoculture
(2022), ainsi que des travaux menés par la Commission européenne sur les algues et
du Plan « Aquacultures d?avenir 2021-2027 », la présente feuille de route vise à définir
un cap général et de grandes orientations pour l?ensemble de la filière algale française
dans toutes ses composantes. Elle englobe ainsi macroalgues, microalgues et
cyanobactéries, pêchées, récoltées, ramassées et cultivées, à l'échelle de l'ensemble
de la France hexagonale et ultramarine, en eau de mer comme en eau douce. Son
objectif est d?établir un état des lieux, d?identifier les principaux enjeux et de proposer
des leviers et grandes actions transversales pour favoriser le développement des
filières algales.
Il est en effet indispensable de pouvoir donner de la visibilité sur la production
d'algues sur notre territoire et de fonder les bases d?une action collective destinée à
conforter le caractère pionnier de la France en la matière, notamment à l?échelle
européenne, à soutenir les filières d?excellence qui la composent et à constituer une
référence pour les volontés nationales, locales, privées et publiques de monter des
projets au service du développement de la production des algues.
Méthodologie
Ce document est le fruit d?un travail minutieux de documentation, d?analyse et de
concertation conduit par la direction générale des affaires maritimes, de la pêche et
de l?aquaculture (DGAMPA). Il a été construit à partir d?une importante bibliographie
mais également d?entretiens et de contributions d?organismes professionnels,
d?instituts de recherche, de centres technique, d?acteurs des secteurs « amont »
(producteurs pêcheurs, récoltants et algoculteurs) et « aval » (transformation
première et secondaire), de régions et de services de l?État. Il a vocation à s?appuyer
sur les initiatives déjà engagées localement et à venir les conforter, dans un objectif
fédérateur visant à constituer un avenir partagé pour la filière.
Le Gouvernement a présenté à l?occasion du Salon international de l?agriculture 2024
une première version de feuille de route nationale pour le développement des filières
algales françaises, qui a ensuite été soumise à consultation publique tout au long du
printemps 2024.
Enseignements
La France, ses territoires et ses nombreux acteurs disposent d?un fort potentiel. Il est
essentiel de favoriser l?expression pleine et entière de celui-ci pour que la France
renforce sa position de leader au niveau européen et sa place au niveau international.
La feuille de route nationale doit répondre à ces défis et permettre à la France de
prendre toute sa place dans la valorisation des algues.
La consultation des principaux acteurs de la filière pendant plusieurs mois a en effet
permis d?identifier les principaux freins à leur développement : une structuration
insuffisante de la filière, un cadrage réglementaire parfois inadapté ou obsolète, un
marché économique complexe, ainsi qu?un manque de données technico-
économiques.
4
Force de propositions, ces acteurs ont également formulé des besoins et des souhaits
pour contribuer au soutien du dynamisme de la filière : favoriser la structuration de la
filière et améliorer sa gouvernance ; accompagner les installations et développer les
formations ; adapter et simplifier la réglementation, recenser et exploiter les données;
sécuriser les ressources génétiques ; soutenir la recherche, l?innovation et la diffusion
des connaissances ; renforcer la résilience des entreprises ; communiquer sur les algues
et leurs potentiels ; favoriser la visibilité des entreprises françaises à l?étranger ;
défendre la filière dans les instances internationales.
De cet état des lieux ressortent cinq orientations :
- améliorer le cadre de gouvernance et la règlementation ;
- soutenir et renforcer la résilience et la compétitivité des entreprises ;
- combler les lacunes et rationaliser les études et projets scientifiques et
techniques dans les domaines de la connaissance, de la recherche, de la
technologie et de l?innovation ;
- accroître la sensibilisation de la société et l?acceptation de l?activité de
production d?algues et de produits à base d?algues ;
- promouvoir l?excellence française dans la dynamique internationale.
Suites
L?objectif de la démarche initiée par le Gouvernement est de s?appuyer sur la présente
feuille de route pour définir des actions concrètes et efficientes s?inscrivant dans ces
orientations, en usant de la même logique participative et inclusive que celle ayant
prévalu à sa rédaction. Des groupes de travail thématiques (réglementation,
environnement, acceptabilité, marchés, recherche et innovation, données, etc.)
seront ainsi constitués à cet effet et un comité de pilotage veillera régulièrement à
l?avancée et la bonne coordination de ces travaux, qui devront permettre de donner
pleinement corps à l?essor de la filière.
5
1 État des lieux de la filière algues en France
Périmètre : la « filière algues » regroupe dans ce document les secteurs de production
(amont), comprenant les activités de pêche, récolte, ramassage et culture, et les
secteurs de transformation (aval), attendu qu?ils peuvent être liés au sein d?entreprises
uniques implantées sur le territoire français.
Pour tenter de refléter avec le plus de justesse possible l?intensité des activités de
production, cet état des lieux s?est appuyé sur les données suivantes :
? Pour les algues de pêche embarquée : recueil des déclarations annuelles de
production transmises à la Commission européenne (source FIDES au 27
septembre 2023) ;
? Pour la récolte d?algues de rives : données de déclaration de pêche envoyées
aux directions départementales des territoires et de la mer (DDTM) tous les
mois par les récoltants d?algues de rive. Les données de cette activité ne sont
toutefois actuellement pas consolidées au niveau national, en l?absence de
numérisation et de saisie dans une base unique. Toutefois, en Bretagne, région
qui compte la majorité des récoltants d?algues de rive, le CRPMEM a mis en
place, de 2016 à 2018, un programme d?étude intitulé « Biomasse Algues »
visant à mieux caractériser la biomasse des principaux champs d?algues de rive
exploités en Bretagne, puis de 2019 à 2022, le programme « Améliorations des
connaissances sur les AlGues de RIve et leur récolte pour une gestion Durable »
(AGRID). Ce programme a pour objectif l?étude de la répartition et de la
biologie d?espèces commerciales, l?évaluation d?impacts de diverses intensités
et contraintes de récolte (période, mode et hauteur de coupe) et la définition
de la répartition spatio-temporelle de la récolte et de son évolution sur la base
des données déclaratives des récoltants d?algues de rives adressées à chaque
DDTM, collectées et saisies depuis 2013 par le CRPMEM. Le programme RIVAGE
qui a débuté en 2023 poursuivra ces travaux jusqu?en 2026.
? Pour l?algoculture : données socio-économiques de l?enquête annuelle
aquacole réalisée par le service statistique et prospective (SSP) du ministère
chargé de l?agriculture.
Concernant la filière aval de transformation, il n?existe pas d?obligation règlementaire
de recueil de données socioéconomiques. Les données reposent donc sur des études
ponctuelles comme le programme européen Horizon 2020 Circalgae ou les
programmes français Breizh?alg, sur les données du projet Idéalg, ou sur des études
territoriales comme celles du Cluster algues du pays de Brest.
1.1 Définition des algues
La FAO produit et actualise un glossaire sur le vocabulaire de la pêche et de
l?aquaculture. Dans ce cadre, elle définit ainsi les algues :
« Groupe extrêmement divers d?organismes principalement aquatiques, autotrophes,
photosynthétiques, qui vont de formes unicellulaires microscopiques à des formes
multicellulaires, et qui se distinguent des plantes vasculaires par l?absence de structures
telles que de véritables racines, troncs, feuilles ou fleurs.
https://www.bretagne-peches.org/peche-durable/nos-actions-pour-une-meilleure-gestion-de-la-ressource/etudier-pour-mieux-gerer-lexemple-de-la-recolte-des-algues-de-rives/
https://www.francefilierepeche.fr/projets/rivages-cadre-reglementaire-exploitation-algues-bretagne/
https://vizagreste.agriculture.gouv.fr/aquaculture.html
https://vizagreste.agriculture.gouv.fr/aquaculture.html
6
Elles comprennent les macroalgues multicellulaires (algues marines, notamment) et les
cyanobactéries, qui ne sont pas de véritables algues, mais que l?on appelle de manière
informelle « algues bleu-vert » (Spirulina spp., par exemple) ».
La European Algae Biomass Association (EABA) a publié un document de position
proposant une définition des algues dans un contexte d?intérêt économique
grandissant et dans l?objectif de permettre de mettre en place des normes et de traiter
les questions de nature réglementaire et juridique :
« Algue est le nom commun d?un groupe d?organismes qui ne sont pas taxonomiquement
apparentés mais partagent plusieurs caractéristiques. Le groupe des algues comprend
les cyanobactéries, les microalgues eucaryotes et les macroalgues. Les caractéristiques
communes sont les suivantes :
? photosynthèse oxygénique (utilisation de la lumière visible pour fixer le CO2 avec
dégagement d?O2) ;
? chlorophylle comme principal pigment photosynthétique ;
? absence de tissus différenciés ;
? producteurs primaires des écosystèmes aquatiques.
Il existe des exceptions car certaines algues peuvent croitre dans l?obscurité en utilisant
de simples composés organiques, ou ne possèdent pas de chloroplastes et ne sont pas
capable d?effectuer de photosynthèse ».
Le besoin de définition règlementaire est apparu au niveau européen vers 2015 et les
travaux de normalisation engagés au niveau européen depuis 2017 au sein du comité
technique sur les algues et les produits issus des algues (CEN/TC 454) ont permis de
produire une définition en 2020, reconnue par la norme AFNOR NF EN 17399 :
« Algues : groupe fonctionnel d?organismes composé des microalgues, les macroalgues,
les cyanobactéries et les Labyrinthulomycetes. Les algues désignent également des
organismes aquatiques de type végétal, dont la taille varie, des organismes unicellulaires
(microalgues et cyanobactéries) aux formes multicellulaires géantes telles que les algues
marines (macroalgues) ».
En France, les algues sont mentionnées à différents titres dans le code rural et de la
pêche maritime, le code de l?environnement, le code de la santé publique et le code
de la sécurité sociale. Mais ce n?est que dans la section spécifique « pêche, récolte et
ramassage des végétaux marins » du titre II « conservation et gestion des ressources
halieutiques » du livre IX du code rural et de la pêche maritime (CRPM) qu?il apparait
une définition précise au titre des végétaux marins : « les algues, varechs, plantes
marines et halophiles dénommés goémons ». Le CRPM les classe en goémons de rive,
goémons poussant en mer et goémons épaves pour permettre d?appliquer des
règlementations différenciées pour les conditions de pêche, récolte et ramassage des
végétaux marins (zones, engins autorisés, tailles, période, espèces, etc.).
1.2 Panorama économique
7
1.2.1 La production d?algues en France
Si l?on considère les volumes globaux issus de la récolte et de la culture, la France est
le deuxième producteur d?algues européen, avec un volume annuel variant entre 60
000 et 70 000 tonnes, constitué presque uniquement de macroalgues. Cette
production est en quasi-totalité issue de la récolte d?algues sauvages dans le milieu
naturel, en mer ou sur le rivage. En cela, la France s?inscrit totalement dans le schéma
européen où le volume produit provient également presqu?exclusivement de la
récolte des algues sauvages, par opposition aux pays d?Asie du Sud-est où la biomasse
algale provient essentiellement de la culture de macroalgues.
? La pêche embarquée des algues poussant en mer
Les algues ou goémons poussant en mer sont les espèces qui, tenant aux fonds, ne
peuvent être atteintes à pied à la basse mer des marées d?équinoxe1. La pêche
embarquée de ces algues concerne la récolte de deux espèces d?algues brunes,
Laminaria digitata et Laminaria hyperborea avec une prédominance de la pêche de
Laminaria digitata. Cette pêche est pratiquée essentiellement en Bretagne, par une
trentaine de bateaux, les goémoniers, avec des engins spécifiques : le scoubidou et le
peigne norvégien. Des mesures de gestion, définies de façon collaborative au sein du
groupe de travail « algues » du CRPMEM de Bretagne, sont en place afin d?assurer une
exploitation durable de ces ressources : restriction de l?effort de pêche / quotas,
zonage, mesures techniques, calendrier de récolte, déclarations de récolte
obligatoires.
Les algues de pêche embarquée représentent les plus gros volumes d?algues produites
en France, de 60 000 à 70 000 tonnes en poids frais au cours des 10 dernières années
(voir figure ci-dessous). Elles sont destinées à la production d?alginates,
polysaccharides utilisés dans différentes industries comme la cosmétique,
1 Définition issue de l?article D 922-30 du code rural et de la pêche maritime
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029978215?idSecParent=LEGISCTA00002997934
9
ALGUES
(macroalgues, microalgues, cyanobactéries)
sauvages 99.5%
(macroA)
pêche
embarquée
récolte
algues de
rives
collecte
algues
épaves
cultivées 0.5%
(macroA, microA, spiruline)
en mer
en claires,
en lagunes
en bassins à
terre
en
réacteurs
Figure 1 Provenance des algues françaises selon les méthodes de production (récolte ou culture)
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029978215?idSecParent=LEGISCTA000029979349
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029978215?idSecParent=LEGISCTA000029979349
8
l?agroalimentaire, la santé, pour leurs propriétés épaississantes, texturantes,
gélifiantes, etc.
La France se situe au septième rang mondial et au premier rang des pays de l?Union
européenne des pays récoltants d?algues marines sauvages en 2020.
Figure 3 Les 10 premiers producteurs mondiaux d?algues de pêche embarquée en 2020
Source estimation FAO 2023
? La récolte des algues de rive
Les algues ou goémons de rive sont les espèces qui tiennent au sol et sont récoltées à
pied, soit sur les rivages de la mer, soit sur les îles et îlots inhabités, soit sur les roches
découvrant à basse mer2. La récolte d?algues de rives est pratiquée en Bretagne mais
2 Définition issue du code rural et des pêches maritimes, article D 922-30
Figure 2 Volume d?algues poussant en mer pêchées par bateaux
données FIDES au 27/09/2023
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029978215?idSecParent=LEGISCTA000029979349
9
également dans les Hauts-de-France, en Pays de la Loire et de manière plus
anecdotique en Nouvelle-Aquitaine.
Ascophyllum nodosum Fucus spp Laminaria spp
Himanthalia elongata Palmaria palmata Chondus crispus
Ulva spp Porphyra spp Mastocarpus stellatus
Figure 4 ? Principales espèces d?algues de rive récoltées brunes, rouges et vertes
Crédits photos : DORIS FFESSM, sauf Porphyra : FAO
Les algues issues de la récolte d?algues de rive font l?objet d?une transformation légère
(séchage et coupe) et sont le plus souvent directement destinées à l?alimentation
humaine mais aussi pour le secteur de l?agriculture ou, dans le cas des algues rouges
(Chondrus crispus et Mastocarpus stellatus), à l?extraction de carraghénanes pour
l?industrie agro-alimentaire (propriétés épaississantes, gélifiantes et stabilisantes). Les
espèces Ascophyllum et fucus sont destinées à des farines d'algues à usages multiples
(alimentation animale, agriculture, cosmétique, mais aussi, en extraits, aux marchés de
la cosmétique, agriculture, protection végétale).
Les seules données compilées proviennent du CRPMEM Bretagne, principale région
productrice, et montrent un volume de production qui varie entre 4 000 et 6 000
tonnes de production en poids frais selon les années.
10
Figure 5 évolution de la récolte d?algues de rive en Bretagne de 2013 à 2021, d?après les
données déclaratives fournies mensuellement aux DML des DDTM bretonnes. ** Données
2016 incomplètes (données des mois de novembre et décembre non saisies). Source
« Programme AGRID » CRPMEM Bretagne
En Bretagne, ce volume est récolté par 77 entreprises. La figure 6 montre la répartition
en tonnage des différentes espèces récoltées. L?essentiel du volume est amené par
Ascophyllum nodosum et les différentes espèces de Fucus, algues brunes dont l?intérêt
principal est leur teneur élevée en alginates.
Figure 6 Répartition des tonnages d?algues de rive (en %) en Bretagne par espèce ou groupe
d?espèces en 2021. Source «Améliorations des connaissances sur les algues de Rives et leur
récolte pour une gestion Durable « AGRID » (2019?2022) » CRPMEM Bretagne, janvier 2023
11
? Le ramassage des algues épaves
Les algues ou goémons épaves sont les espèces qui, détachées par la mer, dérivent au
gré des flots ou sont échouées sur le rivage3. Leur origine peut être naturelle, comme
les laminaires sous l?action des tempêtes, anthropique comme les algues vertes en
Bretagne, ou conséquence du dérèglement climatique comme les sargasses4 en
Normandie ou dans les Antilles5. Elles peuvent être ramassées par des entreprises
spécialisées pour être valorisées selon des débouchés similaires aux autres algues, dès
lors qu?elles sont collectées rapidement. Elles ne font pas l?objet d?une obligation de
déclaration ou de suivi environnemental.
Focus sur le Gelidium
Cette algue rouge, présente en Pays basque, est ramassée depuis les années 40 sur les
plages et récoltée depuis 1995 en pêche embarquée. Gelidium est une source de
gélifiants et d?antioxydants utilisés dans des domaines comme l?agroalimentaire, la
biotechnologie et la cosmétique. Par extraction, elle fournit un phycocolloïde, l?agar-
agar, composé gélifiant utilisé dans l?industrie agro-alimentaire, en cosmétique et en
pharmacie. Le volume ramassé, qui a pu atteindre 2 000 tonnes en 2020, est depuis en
nette diminution, comme l?illustre la figure 7, probablement du fait de l?apparition de
la microalgue Ostreopsis6 sur la côte basque à partir de septembre 2020, susceptible
de freiner son développement.
Le projet Gelidium 64 porté par le Laboratoire Environnement Ressource Arcachon-
Anglet (LERAR) d?Ifremer et financé par la région Nouvelle-Aquitaine et le
département des Pyrénées-Atlantiques vise justement, sur la base de données
collectées en 2022, à décrire les champs de Gelidium sur la côte basque (densité et
hauteur), à cartographier sa répartition, à évaluer sa qualité physico et biochimique, y
compris au regard de la présence d?ostreopsis et à dresser un état des lieux de la filière.
3 Définition issue de l?article D 922-30 du code rural et de la pêche maritime
4 algues brunes. L?espèce normande vit fixée sur un substrat tandis que les espèces des Antilles sont
holopélagiques : elles se développent à la surface de l'eau et l'intégralité de leur cycle de vie se déroule en pleine
mer. Elles s?agglomèrent en de vastes radeaux pouvant atteindre plus de 1000 m2 et plusieurs mètres
d?épaisseur.
5 Cf. bulletins prévisionnels d?échouement de sargasses aux Antilles édités par Météo France
https://meteofrance.mq/fr/sargasses
6 Invisible à l?oeil nu, la microalgue Ostroepsis peut parfois être présente sous forme de matière brune gélatineuse
en surface en dépôts sur les rochers et sur les macroalgues (source ARS Nouvelle Aquitaine)
https://archimer.ifremer.fr/doc/00871/98254/108139.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000029978215?idSecParent=LEGISCTA000029979349
https://meteofrance.mq/fr/sargasses
12
Figure 7 évolution du volume de pêche de gelidium de 1995 à 2022
source « Bilan de la campagne 2022-2023 Exploitation de l?algue rouge Gelidium corneum
par les marins pêcheurs du CIDPMEM 64-40 »
Crédits photos Loic Fabrègues Le Marin 16/11/17
Les algues épaves représentent des volumes importants : la biomasse d?algues vertes
collectées en Bretagne se monte à 52 000 tonnes par an, tandis que la biomasse de
sargasses en Normandie serait de 12 000 tonnes par an et de 300 000 tonnes dans les
Antilles.
Les biomasses issues de l?eutrophisation du milieu par les apports terrigènes ne
rentrent pas pour le moment dans les circuits économiques existants de valorisation.
Les algues vertes, collectées sur les plages par les municipalités en Bretagne pour des
raisons de santé publique, sont traitées par compostage, notamment dans des centres
de traitement des déchets ou directement épandues sur les parcelles agricoles.
En Normandie, les projets SNOTRA et SNOTRA 2 (Sargasses et entéromorphes de
NOrmandie : valorisaTion de Ressources Algales) ont permis de déterminer les
biomasses de sargasses disponibles et valorisables par les entreprises du secteur de la
transformation des algues, entrant ainsi dans un circuit économique de valorisation.
La situation dans les Antilles est différente à ce stade : l?importance de la biomasse à
traiter pose le problème du dimensionnement, du coût de la mise en place d?unités
de valorisation et de leur financement. Cependant, depuis 2011, certaines initiatives
ont été lancées et soutenues par l?ADEME avec des projets innovants de valorisations
en circuit court des sargasses en Martinique et Guadeloupe. La recherche de solutions
https://www.comite-peches-normandie.fr/crpmem-article-735-265-snotra2-snotra2?
13
pour traiter les volumes importants d?algues collectées a mené à un projet
d?écomatériaux 7 et un projet de pâte à papier8.
Le processus naturel des échouages d?algues représenterait, pour des espèces comme
les Laminaria hyperborea, un potentiel d?exploitation de 10 à 15 000 tonnes par an, et
pour l?algue rouge Solieria chordalis, environ 5 à 10 000 tonnes.
? Les algues cultivées
Mise en place en 2018, l?enquête statistique annuelle9 du service de la statistique et de
la prospective du ministère chargé de l?agriculture recueille les données socio-
économiques des entreprises d?algoculture cultivant des macroalgues, microalgues et
spiruline en mer et bassin. Elle s?intéresse au nombre d?entreprises, volume et valeur
de production mais aussi à l?emploi, âge et diplôme des chefs d?exploitations, etc.
Les graphiques ci-dessous illustrent la situation de l?algoculture française depuis
qu?elle est intégrée dans l?enquête annuelle statistique de l?aquaculture.
Figure 8 volumes de production en tonnes des algues de culture de 2018 à 2021
source : Agreste, enquête annuelle aquacole
7 Sargasses : du fléau à la ressource ? - ADEME Infos. (2024, 4 janvier). ADEME
Infos. https://infos.ademe.fr/article-magazine/sargasses-du-fleau-a-la-ressource/
8 Gelin, Y. (2023, 15 mai). Sargasse Project : « Il faut y aller franchement » | EWAG.
EWAG. https://www.ewag.fr/articles/sargasse-project-environnement/
9 Données disponibles sur https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-
web/disaron/!searchurl/searchUiid/search/
0,00
50,00
100,00
150,00
200,00
250,00
300,00
350,00
400,00
2018 2019 2020 2021
P
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VOLUME DE PRODUCTION EN TONNES DE POIDS FRAIS
spiruline macroalgues microalgues
https://infos.ademe.fr/article-magazine/sargasses-du-fleau-a-la-ressource/
https://www.ewag.fr/articles/sargasse-project-environnement/
https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/!searchurl/searchUiid/search/
https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/!searchurl/searchUiid/search/
14
Figure 9 valeurs de production en milliers d?euros des algues de culture de 2018 à 2021
source : Agreste, enquête annuelle aquacole
Avec une production variant de 200 à 250 tonnes par an, un chiffre d?affaires d?environ
7 millions d?euros et près de 180 entreprises de production, la spiruline est la première
filière d?algoculture française.
La production de macroalgues varie autour de 120 tonnes par an pour un chiffre
d?affaires d?environ 500 000 euros. La principale espèce produite est le wakamé
(Undaria pinnatifida) qui représente 70% de la production totale de macroalgues en
volume. Les autres espèces cultivées sont Alaria esculenta, Saccharina latissima, puis
Ulva et Chondrus crispus.
Les évolutions de la production de microalgues sont plus difficiles à interpréter, la
figure 8 montre en effet de fortes variations en volume de ces productions.
La répartition des zones de production sur le territoire hexagonal n?est pas homogène
selon les types d?algues cultivées :
? la production de spiruline est pratiquée sur la quasi-totalité du territoire avec
cependant une production plus importante dans le quart sud-est de
l?Hexagone.
0,00
1000,00
2000,00
3000,00
4000,00
5000,00
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2018 2019 2020 2021
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VALEUR DE PRODUCTION EN MILLIERS D'EUROS
spiruline macroalgues microalgues
15
Figure 10 localisation des zones de production de spiruline en France
? la Bretagne est la principale région de production de macroalgues marines (95%
de la production française).
? 80 % de la production de microalgues se fait en Zone Ouest Atlantique et dans
la région Sud.
1.2.2 La filière aval : transformation, incorporation, extraction
Jusqu?à présent, seule la filière macroalgues a fait l?objet d?études sur l?aval, avec un
focus sur les transformations à destination de l?alimentation humaine (salage, séchage,
élaboration de recettes comme les salades ou tartares d?algues, ou incorporation dans
des produits alimentaires type beurre, chocolat, chips, thé, etc.).
Une première étude, très complète, avait été réalisée dans le cadre du programme
Breizh?alg en 2012, soutenu par la Région Bretagne. Le champ de l?étude portait sur le
marché des macroalgues d?intérêt alimentaire, soit direct (algues fraiches ou
transformées pour obtenir des produits séchés, congelés en saumure, éventuellement
incorporés dans des préparations), soit sous forme de produits alimentaires
intermédiaires (alginates, issus des laminaires ou l?agar-agar et les carraghénanes issus
d?algues rouges). Cette étude montrait déjà l?importance de la biomasse destinée à la
transformation en produits alimentaires intermédiaires, soutenue également par les
importations, et l?intérêt des débouchés vers les algues alimentaires, rémunérateurs.
En 2017, dans le cadre du projet IDEALG, une nouvelle étude a été réalisée par l?Institut
agro Rennes Angers avec un champ géographique plus large. Elle relève la complexité
et l?imbrication des différents « métiers », les entreprises de transformation voulant
https://www.bdi.fr/wp-content/uploads/2013/01/etude_de_marche_document_de_synthese_vff.pdf
https://www.bdi.fr/wp-content/uploads/2013/01/etude_de_marche_document_de_synthese_vff.pdf
https://www.idealg.org/
16
maîtriser leur approvisionnement pouvant être également productrices ou récolter les
algues de rive.
En 2021, le Cluster algue du pays de Brest (devenu en 2023, Cluster algue de Bretagne)
a réalisé une étude sur le poids socio-économique de la filière macroalgue dans le pays
de Brest. L?étude financée par FranceAgriMer sur « l?évaluation et le suivi de la
contribution sociale et économique de la filière des macroalgues » dont la synthèse a
été publié en mai 2024, permet d?analyser les sous-secteurs de la production de
macroalgue en France (extraction d?hydrocolloïdes, secteur beauté- bien être,
biostimulants, application alimentaire etc.) et donne un aperçu du développement
aval de la filière. Néanmoins l?étude met aussi en avant le manque chronique de
données disponibles au sein des bases de données publiques nationales ou
extranationales (FAO, Eurostat). Ainsi la collecte des données socioéconomiques
comme le poids économique, le nombre d?entreprises, le volume d?emplois etc., n?est
pas suivie de façon spécifique et ne permet pas d?appréhender l?ensemble de la filière.
Concernant le secteur des microalgues, de la spiruline et certaines macroalgues, l?aval
est parfois inclus dans la filière des biotechnologies, par exemple le processus de
phytoépuration ou des extractions de composés d?intérêt pour la cosmétique et la
nutraceutique à l?instar des thalassothérapies. Elles sont aussi présentes dans la
production de l?alimentation animale sous forme d?additifs ou de compléments (pour
limiter la prise d?antibiotique ou réduire les émissions de méthane), la protection des
végétaux sous forme de biostimulants, les matériaux biosourcés comme le
bioplastique, la pâte à papier, ou encore dans le domaine médical. Cependant les
données socioéconomiques comme le poids économique, le nombre d?entreprise, le
volume d?emplois ne sont pas suivis de façon spécifique et ne permettent pas
d?appréhender l?ensemble de la filière.
1.2.3 La place dans l?économie européenne et mondiale
Au niveau mondial, l?augmentation de volume des macroalgues pêchées ou cultivées
depuis les années 1950 est due au développement rapide de l?algoculture, dont la
production est passée de 4 millions de tonnes dans les années 70-80 à 36 millions de
tonnes en 2021, soit une croissance par un facteur neuf, tandis que la part des volumes
amenés par la pêche reste relativement constante sur la période étudiée. En France
comme en Europe, la pêche des macroalgues représente la très grande majorité du
volume total (plus de 90%), en décalage complet avec la représentation du diagramme
ci-dessous.
17
Figure 11 Production mondiale de macroalgues en millions de tonnes de poids frais de 1950 à
2021. Volumes produits par l?aquaculture (en orange) et volumes pêchés (en bleu).
Si la France est bien située au niveau mondial pour les volumes de pêche embarquée
(cf. figure 3), elle se place très loin derrière les pays d?Asie du sud pour les productions
de l?algoculture, au vu de la prédominance très forte de la Chine (60% du tonnage
mondial), de l?Indonésie, et dans une moindre mesure, de la Corée et des Philippines,
comme le montre le diagramme ci-dessous.
Figure 12 Production algues par pays de 1990 à 2020 (sources seaweed insight & données FAO)
18
1.2.4 Le commerce extérieur des algues
La France consomme environ 180 000 t en équivalent frais d'algues, essentiellement
utilisées dans l?industrie des colloïdes alimentaires (données CGAAER de 2019 issues
du rapport sur le développement de la bio-économie bleue).
La France est le neuvième pays exportateur (en brun à gauche sur la figure ci-dessous)
et le deuxième pays importateur d?algues, juste derrière la Chine, en s?approvisionnant
principalement en Corée du sud et en Chine (en bleu à droite).
Figure 13 les 10 premiers pays exportateurs et importateurs d?algues (source FAO 2022)
1.3 Cadre règlementaire actuel de production
1.3.1 Procédures d?autorisation d?exploitation des algues marines sauvages
La récolte et la pêche des végétaux marins sont encadrés dans le CRPM, livre IX, titre
II « conservation et gestion des ressources halieutiques » concernant les autorisations
de pêche (articles R921-94 à R921-100) et les mesures techniques de la gestion de ces
ressources (articles D922-30 à R922-4).
Les autorisations peuvent être délivrées par les DIRM ou par les organisations
professionnelles, à l?instar de la Bretagne où les services de l?État ont confié cette
activité au comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM)
pour les licences de pêche embarquée et de récolte des algues de rive, ainsi que
l?encadrement des engins et des périodes de pêche par délibérations approuvées par
arrêtés du préfet de région. Ces autorisations sont délivrées annuellement et
renouvelables. L?activité de pêche s?accompagne d?une obligation de déclaration des
tonnages et espèces prélevées.
19
1.3.2 Procédures d?autorisation d?exploitation pour la culture des algues
1.3.2.1 Algues marines
Dès lors que la culture d?algues se déroule sur le domaine public maritime (DPM) ou
utilise une prise d?eau sur le DPM pour alimenter les bassins de productions sur terrains
privés, quelle que soit le type d?algues (macroalgue, microalgue ou spiruline), l?activité
de production se situe dans le champ du livre IX du CRPM. L?algoculture est une
activité reconnue et autorisée, définie indirectement à travers les articles L911-1 et
D923-1 qui donnent respectivement une définition de l?aquaculture10 et de
l?aquaculture marine11 comprenant bien la mention d?espèces « aquatiques » et
« végétales » d?une part ou de « végétaux marins » d?autre part.
La culture d?algues marines est encadrée par une autorisation d?exploitation de
cultures marines (AECM) délivrée par les DDTM en vertu de l?article R.923-9 du CRPM,
qui s?applique aux « activités d'exploitation du cycle biologique d'espèces marines,
végétales ou animales ». Les AECM devant être compatibles avec le schéma des
structures de la zone concernée, ce type d?élevage est bien identifié dans plusieurs
schémas des structures des côtes de l?Hexagone.
1.3.2.2 Algues et cyanobactéries d?eau douce
La situation est différente pour la production d?algues dans les zones continentales,
comme cela peut être le cas pour certaines microalgues ou cyanobactéries (chlorelles
ou spiruline par exemple). Il n?existe pas d?autorisation de production spécifique à
cette activité mais les entreprises sont soumises à des règlementations transversales,
notamment sur les prélèvements d?eau (forages, prises d?eau sur cours d?eau) ou
encore les règles d?urbanisme.
milieu catégorie activité Type d?autorisation
marin
Algues poussant en mer
pêche
Autorisation de pêche, permis
d?armement
Algues de rives Autorisation de pêche
Algues épaves (pêche) Permis d?armement
Algues épaves (ramassage) ramassage
Autorisation de ramassage,
autorisation de circulation sur DPM
Macroalgues sur estran ou sur filière sur DPM
aquaculture
AECM
Macroalgues en bassin sur DPM ou avec prise
d?eau sur DPM
AECM
Microalgues ou cyanophycées à terre sur DPM
ou avec prise d?eau sur DPM
AECM
Eau
douce
Microalgues, cyanophycées Autorisations transversales
Figure 14 Tableau récapitulatif des différentes autorisations de production
10 (?) L'exercice de l'aquaculture, c'est-à-dire la conchyliculture, la pisciculture, les élevages marins et les autres
cultures marines, qui constituent des activités d'exploitation du cycle biologique d'espèces aquatiques, végétales
ou animales.
11 L'aquaculture marine s'entend de l'ensemble des activités d'élevage d'animaux marins et de culture de
végétaux marins.
20
1.4 Organisation et structuration actuelle de la filière algues
Selon la définition de l?INSEE, une filière désigne l?ensemble des activités
complémentaires qui concourent, d?amont en aval, à la réalisation d?un produit fini.
Structurer une filière, c?est faire se rencontrer des structures et des individus aux
contraintes et modes de fonctionnement parfois très différents, afin de trouver
ensemble les adaptations et évolutions nécessaires à leur développement.
La figure 15 ci-dessous présente les principaux acteurs de la filière algues et illustre la
multiplicité des types de structures impliquées.
Figure 15 Acteurs de la filière algues en France
1.4.1 L?adhésion à une organisation professionnelle obligatoire, étape clef
mais restreinte aux cultures marines
Pour le milieu marin (selon les limites déterminées dans l?article D911-2), le livre IX du
CRPM consacre un chapitre aux organisations professionnelles de pêche et
d?aquaculture (articles L912-1 à L912-17) en définissant le champ de chaque
organisation, ses missions et en établissant une obligation d?adhésion. Deux
organisations professionnelles sont créées par le code rural :
? l?organisation professionnelle des pêches maritimes et des élevages marins
(Articles L912-1 à L912-5) : « Les membres des professions qui, quel que soit leur
statut, se livrent aux activités de production des produits des pêches maritimes
et des élevages marins adhèrent obligatoirement à une organisation
professionnelle des pêches maritimes et des élevages marins » ;
? l?organisation professionnelle de la conchyliculture (Articles L912-6 à L912-10) :
« Les membres des professions qui, quel que soit leur statut, se livrent aux
activités de production, de distribution et de transformation des produits de la
21
conchyliculture adhèrent obligatoirement à une organisation interprofessionnelle
de la conchyliculture ».
Les dispositions de l?article R.912-31 attribuent aux comités régionaux des pêches
maritimes et des élevages marins (CRPMEM) la compétence sur la définition des
conditions de récolte des végétaux marins et de leur culture. Aussi le CRPMEM breton
a-t-il mis en place deux groupes de travail sur les algues, l?un concernant la pêche
embarquée, l?autre la récoltes des algues de rives tandis qu?un futur troisième groupe
sur les élevages marins (comprenant la pisciculture et l?algoculture) sera notamment
chargé de faire émerger des actions concrètes à l?échelle de la Bretagne. Au niveau
national, le comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) a
mis en place un groupe de travail « algues » concernant la pêche embarquée, la pêche
des algues de rives et l?algoculture.
Le Comité national de la conchyliculture a dernièrement mis en place une Commission
pour le développement des cocultures et de l?algoculture, visant à proposer aux
conchyliculteurs des pistes de diversification de leur activité.
En revanche, concernant le domaine continental, aucun texte n?oblige les producteurs
à adhérer à une organisation professionnelle. L?implication des acteurs et leur capacité
à s?organiser se fait selon leur intérêt ou non à porter des positions en commun et
selon des modalités diverses, comme les fédérations, syndicats, clusters ou autres.
1.4.2 L?émergence d?une structuration volontaire complémentaire centrée
autour les macroalgues
Parallèlement à l?organisation prévue dans le code rural et de la pêche maritime,
plusieurs initiatives de structuration élargie se sont mises en place, notamment pour
intégrer la dimension transformation. Si des initiatives ont vu le jour en Bretagne pour
des raisons historiques d?exploitation de la ressource et de concentration des
entreprises, de nouvelles structures, scientifiques et techniques, émergent désormais
dans d?autres régions.
Des structures volontaires se sont mises en place pour rassembler les différents
acteurs de la filière algues et notamment associer le maillon aval. Parmi celles-ci,
peuvent être cités :
? le Syndicat des récoltants professionnels d?algues de rives de Bretagne
(SRPARB), créé en janvier 2008. C?est un syndicat professionnel dont les
objectifs sont de défendre ses adhérents et la profession, de protéger la
ressource et d?aider à l?installation des nouveaux entrants. Le syndicat
représente trente-cinq récoltants professionnels d?algues de rive ;
? la Chambre syndicale des algues et végétaux marins (CSVAM), une des plus
anciennes structures existantes, dont le rôle est de « veiller aux intérêts
professionnels de ses membres, représenter la profession au sein des structures
officielles liées à son activité, faciliter les rapports entre ses membres et leurs
relations avec l?administration ». Elle regroupe un centre technique et
scientifique et vingt-cinq entreprises de valorisation et de transformation
22
d?algues et/ou de plantes de bord de mer, qui achètent leurs matières
premières auprès des récoltants, les récoltent ou les cultivent elles-mêmes. Bien
que la majorité de ses membres soient situés en Bretagne, la Chambre souhaite
désormais se positionner à un niveau national ;
? le Cluster algues de Bretagne, association créée le 6 avril 2023 issue du Cluster
algues pays de Brest créé en 2018, qui s?est fixée pour objectif de faire de la
Bretagne un territoire d'excellence, leader du développement économique de
la filière algues. Le cluster regroupe à ce jour 23 entreprises de production,
transformation et de service, 4 établissements d'enseignement supérieur et de
recherche, 5 organisations et structures professionnelles, 3 partenaires
bancaires, et 17 établissements publics de coopération intercommunales
(EPCI). Son positionnement géographique est régional ;
? Merci les Algues cherche à assurer la promotion de la filière dans toutes ses
composantes, amont et aval (60 membres actuellement et plus de 100
agriculteurs). Sa création en 2020 a été faite à l?initiative d?acteurs de la
transformation des algues, d?agriculteurs et de transformateurs de
l?agroalimentaire qui souhaitaient bénéficier d?un outil de fédération et de
promotion des différents maillons des filières valorisant les algues. Merci Les
Algues permet à ces filières de disposer d?une visibilité auprès des pouvoirs
publics, des acteurs des chaines alimentaires et surtout à travers leur
participation à des évènements grand public.
Certaines structures ne sont pas totalement dédiées aux acteurs de la filière des
macroalgues, comme le cluster Brit Inov (mer, nutrition santé) basé à Lamballe et qui
regroupe des entreprises travaillant dans le domaine des produits de la mer, la
nutrition et la santé et parmi lesquelles se trouvent des entreprises transformatrices
d?algues.
Une volonté de structuration de la filière algues est également à l?oeuvre en
Normandie. En octobre 2022, une convention cadre a été signée par une vingtaine
d?acteurs normands désirant organiser cette filière (CRPMEM, CRC, SMEL, industriels).
En janvier 2023, le pôle de compétitivité BioEconomy For Change (B4C) chargé du
développement de la bio-économie en région Grand Est, Hauts de France et
Normandie a été approché pour reprendre les travaux du SMEL dans l?animation de
cette structuration. Cette filière algues couvrirait toutes les activités : ramassage des
algues d?échouages avec la sargasse, co-culture/ramassage des entéromorphes sur les
concessions conchylicoles, etc. L?objectif à présent est de mettre en place une
structure qui remplacera la convention cadre, en s?engageant dans l?écriture d?une
feuille de route et dans la définition d?un plan d?action.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, le forum « Waves of change » rassemble les acteurs du
territoire du Pays basque impliqués dans l?économie verte et bleue et s?intéresse aux
algues, notamment dans le contexte du ramassage des algues épaves Gélidium.
23
1.4.3 Les microalgues, un secteur à fédérer dans un contexte d?intérêt
croissant
Il n?existe pas actuellement, au niveau français, de structure active regroupant les
acteurs de la filière microalgues. Un début de structuration de cette filière a eu lieu en
2015 avec la création de l?association France microalgues qui intégrait huit entreprises
du secteur et quatre pôles de compétitivité, avec comme objectif de promouvoir les
microalgues et leurs applications sur les marchés nutrition, santé et cosmétique auprès
du public et soutenir l'innovation dans ce domaine. Aujourd?hui, si France microalgues
n?est plus active, plusieurs associations ont vu le jour et regroupent les acteurs en
fonction de leurs typologies et de leurs territoires.
1.4.4 Deux associations pour le soutien à la spiruline
Deux structures volontaires existent à l?heure actuelle sur le territoire français :
? La Fédération des Spiruliniers de France (FSF) est une association loi 1901 créée
en 2009 par des producteurs souhaitant partager leurs connaissances et
expériences et développer un réseau de producteurs de spiruline, ayant le
statut d?agriculteur, pour développer des fermes à taille humaine sur un tissu
rural viable. Elle regroupe environ 130 adhérents et représente 65% des fermes
de spiruline en France. Elle soutient la profession, mène des actions de
formation, recherche, communication et propose des prestations analytiques.
Elle développe également un guide des bonnes pratiques et d?hygiène pour la
production paysanne. Depuis 2022, la FSF collabore également avec des
institutions de recherche sur la spiruline. Ses objectifs incluent la structuration
de la filière, l?échange entre producteurs, la promotion de la spiruline et le
soutien à sa culture dans les pays du Sud ;
? l?Association de Développement Aquaculture Spiruline et Microalgues en
Europe (ADASMAE) créée en janvier 2021, est ouverte à tous les producteurs et
professionnels en aquaculture et aux acteurs pouvant répondre à leurs besoins
dans les domaines de la recherche, expérimentation, transformation,
ingénierie, structures professionnelles, organismes de conseils en
réglementation, juridique, technique et laboratoires professionnels,
universitaires. L?ADASMAE a pour objectif de mettre en oeuvre et de mutualiser
les moyens nécessaires au niveau national et européen pour accompagner et
appuyer les professionnels et pour faire évoluer ou résoudre les problématiques
de ces filières émergentes sur les aspects réglementaires et de labellisations, les
aspects techniques, sanitaires et qualitatifs de production et les fondements
scientifiques ou de la recherche nécessaires pour la pérennisation de la culture
biologique et conventionnelle.
Tous les producteurs de spiruline n?adhèrent pas forcément à l?une ou l?autre de ces
organisations, certaines entreprises se sentant plus proches du secteur des
microalgues.
24
1.5 Les initiatives de soutien au développement de la filière
1.5.1 Un sujet identifié au niveau mondial
La FAO s?implique depuis sa création dans le développement des filières de produits
aquatiques. Elle a mis en place un comité des pêches (COFI), qui comprend un sous-
comité aquaculture qui se réunit formellement tous les deux ans, avec un travail
important intersessions.
La FAO estime que les produits aquatiques, dont les algues, joueront un rôle de plus
en plus important pour relever le défi de la sécurité alimentaire avec une population
mondiale en croissance. Le recueil des données de pêche et d?aquaculture sur les
algues effectuées depuis 1950 par la FAO montre une augmentation importante des
volumes produits, portée par le développement de l?algoculture dans plusieurs pays
de l?Asie comme la Chine, l?Indonésie ou encore la Corée du Sud ou les Philippines. La
FAO a d?ailleurs publié en 2021 un document spécifique sur les données de la filière
algues : « Global seaweeds and microalgae production, 1950-2019 » pour faciliter la
connaissance du secteur et la prise de décision.
Dans le document de 2021 « Seaweeds and microalgae, an overview for unlocking their
potential in global aquaculture developpement », la FAO reconnait les contributions
existantes et potentielles du secteur des algues sur :
? l?alimentation, nutrition et santé, de la population humaine ;
? les revenus, moyens de subsistance et cohésion sociale ;
? les bénéfices environnementaux et les services écosystémiques ;
? la contribution à d?autres formes d?aquaculture (alimentation des organismes
d?aquaculture, aquaculture multi-trophique intégrée?).
Figure 16 Apports des algues au regard des objectifs de développement durable (source FAO)
25
Le document de la FAO souligne les différents défis et contraintes pour le
développement durable de cette filière comme notamment :
? la demande difficilement quantifiable des besoins potentiels. En effet, les
marchés potentiels de l?alimentation humaine et des autres secteurs
(alimentation animale, santé, cosmétique, emballages) ne sont pas bien connus
et il parait encore difficile d?identifier quels seront les marchés porteurs ;
? la disponibilité limitée des zones de production dans l?espace littoral ;
? le besoin important de main d?oeuvre pour ce type de production ;
? les difficultés de développement de l?aquaculture multi trophique intégrée ;
? la faible qualité des souches et semences.
Les enseignements tirés de l?expérience passée sont les suivants :
? la gouvernance comme base ;
? le marché comme élément moteur ;
? l?innovation comme levier ;
? la création d?un environnement propice grâce à des financements publics.
Les propositions de la FAO pour favoriser le développement de la filière algues sont
similaires à celles mises en oeuvre pour le soutien de l?aquaculture : poursuite et
amélioration de la collecte des données sur les productions aquatiques et notamment
sur les algues, soutien de projets et diffusion d? études, rédaction de manuels
pratiques, mise en place de plateformes techniques pour faciliter le développement
des compétences, transfert de technologies, partage de connaissances, collaboration
et coopération entre les États pour renforcer la gouvernance pour le développement
d?un secteur des algues durable.
Dans ce contexte, en s?inscrivant dans le cadre du UN global compact12, la Global
seaweed coalition se positionne en faveur de la construction d?une industrie des
macroalgues durable à l?échelle mondiale, pour répondre à l?enjeu de fourniture
d?aliments pour une population mondiale croissante, en s?appuyant sur
l?augmentation de la production de ces dernières années. La coalition est un
partenariat établi entre le CNRS (station biologique de Roscoff) et la Lloyd?s register
foundation. Les membres de la coalition sont des entreprises de toutes tailles de la
filière macroalgues, des centres techniques ou de recherche, ainsi que des
organisations non gouvernementales. Le Seaweed manifesto, base de ses actions, se
focalise sur trois objectifs : la sécurité sanitaire, la sécurité environnementale et la
sécurité des travailleurs du secteur.
12 Créé en 2000 le Global Compact ou Pacte Mondial est un programme de l?ONU. Ce dernier vise à impliquer les
entreprises et les organisations non lucratives pour construire une société plus durable, dans le respect de dix
principes clés issus des textes fondamentaux des Nations Unies.
26
1.5.2 Un intérêt marqué et croissant de la Commission européenne
En Europe, la communication de la Commission européenne sur la croissance bleue
publiée en 2012 mentionne pour la première fois des potentiels de développements
en aquaculture, notamment pour les algues.
L?intérêt de la Commission européenne pour le développement des filières algues s?est
ensuite renforcé ces dernières années. En février 2022, une plateforme collaborative
EU4Algae a été mise en place par la Commission européenne et l?Agence européenne
pour le climat, pour rassembler les différentes parties prenantes de la filière algues
dans l?Union Européenne, comprenant algoculteurs, transformateurs,
consommateurs, instituts techniques, financeurs, administrations et ONG. La
plateforme constitue un espace d?échange continu avec plus de 900 adhérents (chiffre
de juin 2024), qui contribuent à alimenter des bases de données dédiés à la fourniture
d?informations actualisées sur les opportunités liées aux algues dans l?UE. Ce forum
comprend aussi différents groupes de travail: production de macroalgues, production
de microalgues, algues alimentaires, algues et alimentation animale, services
écosystémiques et remédiation, entreprenariat et jeunes.
Dans le droit fil de ces travaux, la Commission européenne a publié en novembre 2022
une communication pour le développement du secteur algue de l?Union européenne :
« Vers un secteur des algues de l?UE fort et durable ».
Dans ce document, elle fait le constat que l?accroissement de la population mondiale,
l?épuisement des ressources, les pressions sur l?environnement et le changement
climatique nécessitent l?adoption d?une approche différente des systèmes
alimentaires et économiques.
Elle s?appuie sur « Le pacte vert pour l?Europe », la stratégie « De la ferme à la table »
et la Communication relative à une économie bleue durable, qui soulignent le
potentiel des produits aquatiques issus de l?aquaculture en tant que sources de
protéines pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux à faible
empreinte carbone. La stratégie « De la ferme à la table » met notamment en évidence
le rôle des algues en tant que source de protéines de substitution importante dans le
contexte d?un système alimentaire durable et de la sécurité alimentaire mondiale.
Cette communication comprend vingt-trois recommandations dont l?objectif est de
développer la filière algues dans son ensemble (macroalgues, microalgues et
cyanobactérie) et qui ont pour but d'améliorer l'environnement des entreprises,
d'accroître la sensibilisation de la société et l'acceptation des algues et des produits à
base d'algues par les consommateurs et de combler les lacunes dans les domaines de
la connaissance, de la recherche et de la technologie.
Enfin, la Commission a lancé un sommet européen des algues à destination des
administrations des États membres, dont la 1ère édition s?est déroulée du 5 au 7
octobre 2023 à Paris. Ce sommet a réuni des participants, privés et publics, du monde
entier et a révélé les besoins de coopération entre les différents acteurs de la filière
pour explorer les diverses applications et innovations liées à la culture des algues et
pour identifier les obstacles.
https://maritime-forum.ec.europa.eu/theme/blue-economy-and-fisheries/blue-economy/eu4algae_en
27
1.5.3 Suivi scientifique et initiatives de développement en France
La communauté scientifique française s?est emparée assez tôt du sujet algal et a
développé une réelle compétence en la matière. En revanche, le monde économique
n?a pris conscience que plus récemment du potentiel de ces filières. A compter de
2010, des projets de soutien au secteur des algues ont vu le jour en France au niveau
régional. Ils visaient le développement de la culture de macroalgues pour des
débouchés vers l?alimentation humaine. De nouvelles initiatives ont été prises plus
récemment et ont relancé la volonté des acteurs du secteur de donner un nouvel élan
à la filière.
1.5.3.1 L?implication historique des structures scientifiques et techniques
La France possède de nombreux atouts dans le domaine de la recherche, avec
notamment ses institutions d?excellence. Les structures scientifiques et techniques
jouent un rôle essentiel dans l?innovation et la valorisation des algues, en soutenant
des industries émergentes tout en répondant aux enjeux environnementaux et
économiques du pays. Cela permet au réseau d?acteurs de la filière des algues de
bénéficier de leurs recherches et de leur expertise de manière complémentaire pour
des applications variées.
- la Station Biologique de Roscoff (CNRS) est un centre de recherche et
d'enseignement en biologie marine et écologie marine sous tutelle de la faculté
des sciences et ingénierie de Sorbonne Université et du CNRS. Cette unité fait
aussi partie de l?EBEA (Evolutionary Biology and Ecology of Algae), une unité qui
s'intéresse à la dynamique de la biodiversité des macro et micro-algues marines.
L?unité travaille également sur des problématiques plus appliquées concernant
la culture d'algues et la conservation des ressources marines ;
- le Centre d?Etude et de Valorisation des Algues (CEVA) est un acteur historique
des filières algales en France. Centre technique doublement qualifié institut
technique agro-industriel (ITAI) depuis 2007 et institut technique agricole (ITA)
depuis 2018, ses actions visent à renforcer la compétitivité des entreprises en
analysant leurs besoins, en intégrant des connaissances scientifiques et
technologiques pour innover et en menant des projets de recherche appliquée
ou de développement expérimental. Le CEVA participe également à la
diffusion et à la valorisation des résultats de la recherche, fournit des expertises
pour aider à la prise de décision et contribue à la définition de la qualité des
produits via des processus de normalisation et certification ;
- le Muséum national d?histoire naturelle (MNHN) est un établissement français
d'enseignement, de recherche et de diffusion de la culture scientifique
naturaliste. Grâce à sa très large collection d?algues, qui comporte près de 500
000 spécimens (macro et micro algues), le MNHN joue un rôle essentiel non
seulement dans l?avancement des connaissances sur les algues, mais aussi dans
28
la préservation de leur diversité et l?exploration de leurs applications pour
répondre aux défis environnementaux et économiques contemporains ;
- l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) est un
établissement public d?intérêt économique placé sous la tutelle du ministre
chargé de la recherche, du ministre chargé de la mer et du ministre chargé de
l'environnement, dont les missions sont « de conduire et de promouvoir des
recherches fondamentales et appliquées, des actions d'expertise et des actions
de développement technologique et industriel destinées à connaître, évaluer
et mettre en valeur les ressources des océans et permettre leur exploitation
durable ; améliorer les méthodes de surveillance, de prévision d'évolution, de
protection et de mise en valeur du milieu marin et côtier ; favoriser le
développement socio-économique du monde maritime » (cf. article R333-2 du
code de la recherche). Ifremer intervient ainsi sur le suivi des algues sauvages,
permettant par exemple une exploitation raisonnée des champs de laminaires
comme une meilleure compréhension des phénomènes de bloom algal
(concentration massive de micro-algues). Son expertise en la matière est ainsi
indispensable pour la culture de macro et de micro-algues.
1.5.3.2 Les initiatives au niveau régional
- Le programme Breizh?alg
Lancé en 2012 avec comme objectif le développement d?une filière économique
d?algoculture pour l?alimentation en Bretagne, le programme Breizh?alg prévoyait de
passer de 60 ha dédié à l?algoculture à 1 000 ha en 2015 avec une production visée de
25 000 à 50 000 tonnes d?algues fraiches par an. Ce programme très complet,
impliquant les producteurs potentiels, les transformateurs, les centres de recherche
et technique envisageait également la création d?une organisation de producteurs
d?algues.
- La feuille de route microalgues de la Région Pays de la Loire
Un groupe de travail représentatif de la filière et une étude des besoins réalisée par un
cabinet comptable sous le pilotage d?Atlanpole en 2019 ont mis en évidence
l?ambition collective de faire grandir la filière de la région Pays de la Loire pour
s?affirmer comme territoire d?excellence attractif sur toute la chaine de valeur. Lancée
en 2020, la feuille de route s?articule autour de dix grandes actions pour relever trois
défis :
? déployer les microalgues comme source de solutions pour relever les défis
sociétaux ;
? faire grandir la filière ligérienne des microalgues ;
? s?affirmer comme territoire d?excellence scientifique et technique.
La Région devrait mobiliser 10 à 20 millions d?euros d?ici 2027 pour la mise en oeuvre
de cette feuille de route microalgues.
29
- En région Normandie, les acteurs de la filières algues sont en phase de structuration
et de rédaction d?une feuille de route accompagnée d?un plan d?action (cf.1.4.2.).
1.5.3.3 Les initiatives au niveau national
- Feel'alg est le nom du plan de filière macroalgue en construction depuis juillet 2022
entre différents acteurs de la filière : CNC, CNPMEM, CRPMEM Bretagne, CRC
Bretagne Sud, CRC Bretagne Nord, la chambre syndicale des algues et végétaux marins
(CSAVM), le Syndicat des Récoltants Professionnels d'Algues de Rives de Bretagne
(SRPARB), le CNRS (station biologique de Roscoff), le CEVA, l'institut Agro Rennes
Angers. Bien que la majorité des participants soient implantés en Bretagne, ce plan de
filière a une dimension nationale. . L'initiative est née d?une discussion amorcée en
Comité d'orientation scientifique et technique (COST) du CEVA, auquel participent
notamment le CRPMEM, la CSAVM et la station biologique de Roscoff (SBR), sur la
nécessité de rassembler les acteurs, afin que les représentants des professionnels des
différentes filières de l'algue puissent remonter les enjeux et besoins de leurs filières
pour construire une feuille de route commune.
Les objectifs du projet sont les suivants :
? structurer la filière macroalgue : générer et répartir de la valeur aussi bien pour
l?amont que pour l?aval, sécuriser les productions ;
? stimuler le développement économique local : réponse à des opportunités de
marché et recherche de nouveaux débouchés, amélioration de la qualité des
produits, de la sécurité des aliments, optimisation des performances
techniques ;
? anticiper, s'adapter et créer de nouvelles opportunités, accroitre les capacités
d'innovation et de prospective (prise en compte des attentes sociétales,
adaptation au changement climatique, etc.) ;
? construire un texte commun et s?appuyer sur des objectifs partagés établis sur
plusieurs années pour définir un socle de référence (Plan d?actions d?une durée
de 3-4 ans ayant un impact direct sur les agriculteurs/aquaculteurs et les
entreprises et comportant des investissements collectifs ou individuels).
Depuis 2015, des efforts ont aussi été réalisés pour structurer la filière des cultivateurs
de spiruline, comme par exemple le partenariat entre la FSF et le CEVA.
- Le projet Spiruline paysanne (2015-2019) avait pour objectifs de caractériser les
systèmes de production et d?inventorier les différentes pratiques de culture, de
récolte et de séchage des producteurs au sein de la FSF, pour aboutir à une
connaissance optimale du produit, de la souche jusqu?au produit fini. Il a également
permis d?identifier les contaminants présents dans les sites de production et d?assurer
la qualité des produits mis sur le marché.
- Le projet Spirkal (2020-2023) financé par le fonds européen pour les affaires
maritimes et la pêche (FEAMP) avait pour objectifs la mise en place d?une démarche
qualité au sein de la filière de spiruline paysanne pour accompagner les adhérents vers
https://www.itavi.asso.fr/projets/projet-spirkal
30
une possible conversion en production biologique, en définissant des modalités de
culture innovantes en vue d?une labellisation AB, en identifiant les souches les plus
performantes, en optimisant les pratiques et en définissant des normes sanitaires.
2 De la nécessité de se doter d?une feuille de route
nationale
Si la France s?inscrit depuis longtemps dans une démarche de production et de
valorisation algale, il convient de renforcer cette dynamique au regard des enjeux et
perspectives offerts par la filière :
? Source d'une alimentation riche et nourrissante, les algues offrent une
alternative prometteuse pour contribuer à la souveraineté alimentaire. Elles
regorgent de protéines et de nutriments essentiels pour les hommes et les
animaux, participant à la diversification des sources d'approvisionnement.
? Grâce à leur teneur élevée en phosphore et potassium, les algues présentent un
potentiel extrêmement précieux pour l?agriculture en tant que fertilisants
naturels. Elles peuvent ainsi contribuer au développement d?une agriculture
moins dépendante des intrants chimiques.
? Alliées précieuses dans la lutte contre le changement climatique, les algues
absorbent le carbone, libèrent de l'oxygène et contribuent à l?atténuation de
l'acidification des océans. Leur culture s'avère donc un atout pour la protection
de l'environnement et la construction d'un avenir plus résilient.
? Au-delà de l'alimentation et de l'environnement, les algues recèlent une
multitude de potentialités pour l'industrie : leurs composés nourrissent les
filières agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique et ouvrent la voie à
l'élaboration de matériaux biosourcés innovants, comme des alternatives
durables aux plastiques.
Face à ces potentialités multiples et essentielles, il convient de développer la filière et
de lever les verrous qui freinent son développement.
2.1 Le renforcement de la structuration pour plus d?efficacité et de
lisibilité
31
Une plus grande structuration permettrait d?assurer une dynamique et un
accompagnement global par les partenaires extérieurs.
La filière des algues, caractérisée par une multiplicité d?acteurs aux périmètres et aux
objectifs variés, offre un potentiel riche, mais cette diversité peut complexifier la
cohésion au sein de la filière ainsi que la relation avec les partenaires économiques et
les pouvoirs publics.
Les entreprises peinent ainsi à identifier les interlocuteurs appropriés pour bénéficier
d?un accompagnement à la création d?entreprise ou à la commercialisation de leurs
produits, de soutiens financiers et techniques pour leur développement, ou encore de
conseils pour obtenir leurs autorisations d?exploitation. De même, les partenaires
potentiels, publics comme privés, ne peuvent mettre en place d?offres dédiées en
l?absence d?identification claire des interlocuteurs et de leurs besoins.
Cependant, des initiatives collaboratives, comme celles menées au sein de la
commission "algues et aquaculture biologique" de l?INAO, ont démontré que le travail
collectif entre les filières permet non seulement de révéler des intérêts communs, mais
également de traiter les enjeux de manière plus efficace.
ENJEU 1 : Bâtir une filière représentative
Donner corps à une filière algale cohérente dans sa représentativité et son champ
d?actions, en dressant des passerelles entre les maillons de la filière ; favoriser les
échanges pour construire une dynamique englobant toutes les phases du processus
de production et les acteurs associés.
2.2 Un cadrage règlementaire à mieux adapter pour couvrir les
spécificités de la filière
Le secteur des algues est la plupart du temps intégré implicitement dans les
règlementations transversales concernant les produits agricoles (par exemple la
règlementation sur la sécurité sanitaire des aliments ou sur l?agriculture biologique),
sans que ses spécificités n?aient été identifiées et prises en compte. C?est par exemple
le cas des microalgues, cyanobactéries et jeunes stades de macroalgues, qui
nécessitent de constituer un milieu de culture liquide en écloseries, avec des
substances minérales dissoutes qui ne figurent pas dans la liste des produits autorisés
dans la règlementation bio.
Dans les cas les plus favorables, le secteur des algues est intégré, également de façon
implicite, dans la règlementation concernant l?aquaculture, à l?instar de la
règlementation sur l?utilisation des espèces exotiques et localement absentes en
aquaculture, les autorisations d?exploitation de cultures marines ou les précédents
documents d?orientation sur la planification maritime.
Dans tous les cas, cette intégration implicite ne tient pas compte des caractéristiques
et besoins particuliers de ces secteurs et freine aujourd?hui le développement de la
filière.
32
ENJEU 2 : Tenir compte des spécificités de la filière algale dans la réglementation
Les spécificités des produits et des activités de la filière algale nécessitent d?être
pleinement prises en considération dans les règlementations transversales, voire de
bénéficier le cas échéant d?un encadrement spécifique et de la création de normes
adaptées.
2.3 Un marché économique complexe et une lisibilité à améliorer
2.3.1 Un manque de données technico-économiques de la filière à pallier
Les algues et produits d?algues alimentent des marchés très différents : alimentation à
la fois humaine et animale, cosmétique, santé, pharmaceutique, agriculture, matériaux
bio-sourcés, bioraffinerie, dépollution, etc. De plus, le caractère protéiforme de la
filière permet difficilement, à ce stade, d?avoir une vision claire des capacités de
production, compte tenu d?obligations règlementaires différentes, de champs
d?étude à périmètre et à objectifs variés, dans le temps et l?espace, et in fine, de
données hétérogènes. Le suivi annuel des données socioéconomiques n?est ainsi
assuré que depuis cinq ans pour l?algoculture, grâce à l?enquête annuelle du service de
statistique et prospective du ministère chargé de l?agriculture.
Les données sur la pêche embarquée et la récolte des algues de rives se concentrent
sur les volumes et ne sont pas facilement accessibles, les données n?étant centralisées
que pour la pêche embarquée. Le poids économique de la filière (approvisionnement
par la pêche, la récolte, l?algoculture, le commerce extérieur, et la transformation
commercialisation) n?est connu que par l?intermédiaire de résultats ponctuels obtenus
au gré de projets comme Genialg, Polistr, d?études de différentes structures comme
l?institut agro Rennes Angers, ou encore d?études au niveau européen.
Par ailleurs, la connaissance des différents débouchés en termes de volumes et prix,
tout comme la constitution des prix tout au long de la chaine de valeur, demeurent
parcellaires.
ENJEU 3 : Enrichir et harmoniser les données disponibles pour plus de transparence
Il est impératif pour les producteurs de disposer d?une plus grande visibilité sur les
attentes des acteurs de la transformation, que ce soit en volume, en qualité ou en prix,
de la même façon que les transformateurs doivent pouvoir anticiper les arrivages et
connaître l?état de l?offre.
Il faut donc favoriser ou prévoir l?intégration des algues dans les plateformes de
données existantes (prix et marchés, enquêtes statistiques, etc.) en harmonisant les
données pour pouvoir les comparer (poids frais vs poids sec notamment) et en
facilitant leur accès et leur utilisation. Cette approche doit être couplée avec le type
d?usages des algues, les volumes requis et la valeur ajoutée associée : ainsi, une
production de biomasse dédiée à l?amendement des sols ou à des biocarburants ne
sera pas valorisée de la même manière que celle destinée à l?industrie pharmaceutique
https://genialgproject.eu/
https://www.pole-mer-bretagne-atlantique.com/fr/component/projects/project/2509
33
ou cosmétique. Cela permettra de renforcer la confiance et la transparence entre les
parties prenantes pour permettre de créer des liens pérennes sur le territoire et éviter
un recours trop systématique aux importations. Les choix et stratégies économiques
(à court et à moyen terme) des entreprises de l?ensemble de la filière nécessitent
d?être clarifiés et partagés pour faire coïncider au mieux le développement de la
production et l?efficience de son utilisation.
2.3.2 Une stratégie à préciser pour mettre en regard des possibilités de
développement et des attentes des acteurs
L?essor de la filière passe nécessairement par la mise en adéquation des capacités de
développement de la filière avec les attentes qualitatives et quantitatives du marché,
pour les consommateurs individuels comme pour les entreprises de transformation.
L?objectif est de pouvoir bâtir une filière pérenne, diminuer la dépendance aux
importations et assurer le bon dimensionnement des zones et installations dédiées à
la production dans toutes ses composantes.
ENJEU 4 : Développer la production de biomasse algale d?intérêt économique,
principalement par le développement d?une algoculture durable
La filière française est principalement approvisionnée par les algues de pêche,
embarquée ou à pied, comme les autres pays européens. Cette ressource limitée,
sensible aux pressions anthropiques et au réchauffement climatique doit être
préservée par une gestion optimale basée sur la connaissance de la ressource et la
maitrise des prélèvements. Il est donc important de poursuivre la gestion raisonnée
de la biomasse sauvage en pêche embarquée, récolte et ramassage des algues de
rivages, qui passe par le renforcement des connaissances des différents stocks
d?algues et de leur exploitation, l?attribution de permis et licences ainsi que la mise en
place de jachères.
La mise en place d?une valorisation de gisements d?algues épave comme les sargasses
en Normandie ou dans les Antilles permettrait une augmentation de la part des algues
sauvages dans l?approvisionnement de la filière algues.
Cependant, l?augmentation majeure de la production de biomasse algale nécessite le
développement de l?algoculture, en utilisant les différentes zones favorables
(production à terre, sur l?estran ou en pleine mer dans les zones littorales proches ou
plus lointaines), et en s?appuyant sur des techniques éprouvées ou à venir.
Le plan « Aquacultures d?avenir » fixe l?objectif de 1 000 tonnes par an d?ici 2027 pour
le développement de l?algoculture tous secteurs confondus. Une identification fine
des possibilités d?augmentation de production par secteur et par territoires devra être
étudiée et discutée au niveau collectif, au regard des perspectives du marché et des
réalités territoriales.
Les consommateurs, les riverains et usagers du domaine public maritime ou encore les
voisins d?installations de production constituent également des parties prenantes à
considérer, car s?estimant souvent insuffisamment informées ou impliquées sur ce
sujet. Les difficultés en termes d?acceptabilité sociétale de l?activité de production,
34
notamment au regard des conflits d?usages sur le domaine public maritime et la bande
littorale et du refus de l?utilisation d?espaces naturels au profit d?activités
économiques, pèsent sur les possibilités d?installation et démontrent tout l?intérêt
d?une meilleur communication et valorisation des algues.
ENJEU 5 : Communiquer pour favoriser l?acceptabilité
La promotion de l?image des produits, de l?activité, du territoire et des acteurs
constitue un enjeu qui doit permettre de renforcer la demande, d?identifier les
produits, d?assurer leur traçabilité et de sensibiliser les différents types de
consommateurs aux nouveaux marchés mais aussi d?améliorer l?acceptabilité de
l?activité. La définition d?un programme de communication dédié, développé par les
acteurs de la filière avec le soutien des pouvoirs publics, la création et la participation
à des évènements nationaux et internationaux sont des outils à mettre en place et à
développer.
2.4 Des connaissances et techniques à consolider et partager pour
permettre un développement massif et de haut niveau
De façon générale, il a été observé ces dernières années une forte représentation de
projets « algues » dans les appels à projets innovation transversaux. Toutefois, l?analyse
de l?état des lieux de la filière vient contrebalancer la possible impression que les
besoins de connaissances sont totalement couverts par le soutien apporté à ces
projets de R&D.
Les besoins en recherche et développement dépassent en effet le champ de
l?extraction de nouveaux composés ou de nouvelles techniques d?extraction. Certains
points clés de la culture d?algues ne sont pas maitrisés, comme la domestication
d?espèces autochtones, la connaissance du cycle de développement des algues, la
reproduction, la génétique ou la connaissance des pathogènes. L?optimisation des
itinéraires techniques de culture en monoculture ou en coproduction ainsi que des
structures de cultures nécessitent encore des travaux de recherche et
développement.
De même l?intérêt des algues en tant que puits de carbone et d?azote méritent la
poursuite de travaux scientifiques afin de mesurer ces effets et de pouvoir développer
des stratégies environnementales.
ENJEU 6 : Mettre à disposition et développer les connaissances
Un enjeu majeur pour les filières est de disposer de bases de référence communes,
partagées, accessibles et utiles. Le socle de connaissances, qu?elles soient socio-
économiques, scientifiques ou techniques, doit pouvoir être défini et mis à jour, et les
lacunes limitant le développement des activités nécessitent d?être identifiées
(planification spatiale, recensement des espèces locales, valorisation, cartographie
des sites et des acteurs, etc.).
35
ENJEU 7 : Soutenir la R&D
Les structures de R&D en France sont très présentes et couvrent de larges domaines.
Le maintien de cette compétence est essentiel pour permettre de préserver la
compétitivité et l?avance technologique des entreprises françaises.
Il est nécessaire de poursuivre la maîtrise de la qualité des produits et la productivité
des espèces actuellement exploitées et de l?extraction de composés d?intérêts.
Peu d?espèces sont couramment utilisées dans la filière algale, que ce soit en pêche ou
en algoculture par rapport au nombre d?espèces existantes. Identifier de nouvelles
espèces d?intérêt dans les algues autochtones en fonction des différents débouchés
(alimentaires, nutraceutiques, etc.), des services écosystémiques qu?elles sont
susceptibles de rendre, de leur potentiel d?utilisation en remédiation et lever les
barrières à leur production sont des points cruciaux. De même l?intérêt des algues
allochtones, la connaissance de leur comportement dans le milieu naturel et les
techniques d?élevage à mettre en place pour éviter leur dissémination sont également
des axes de travail.
Les besoins étant encore importants dans la filière algues, l?enjeu sera également de
prioriser, d?optimiser et de rationaliser les financements de la R&D vers les sujets les
plus prioritaires.
ENJEU 8 : Développer les compétences
La formation des personnes travaillant dans tous les métiers de la filière est nécessaire
et devra être développée, l?enjeu n?étant pas tant de proposer de nouvelles
formations initiales ou continues que d?intégrer dans les formations existantes des
modules sur les algues, avec des connaissances étayées et actualisées, et d?examiner
l?ajout de compétences particulières comme la conduite de navires.
La question de la formation des services de l?État en charge des algues est également
un enjeu pour permettre une meilleure connaissance et prise en compte de ces filières
et faciliter l?installation des exploitations.
36
3 Orientations et axes de travail
3.1 Orientation 1 : améliorer le cadre de gouvernance et la
règlementation
L?organisation actuelle de la filière algues, morcelée en différentes structures
sectorielles locales, nationales, constituées volontairement ou obligatoires, ne facilite
pas la mise en place d?actions communes sur l?ensemble du territoire ni d?exprimer
pleinement son potentiel de développement. L?amélioration du cadre de
gouvernance et de la réglementation doit donc constituer une priorité.
3.1.1 Faciliter la structuration d?une filière algues
? Assurer une mise en réseau entre les différents partenaires de la filière algues
(administrations, structures représentatives de la profession, structures
scientifiques et techniques, financeurs, ONG), dont l?animation pourrait
reposer sur un comité de pilotage national, qui pourrait être décliné en
différents collèges thématiques, selon les filières (microalgues, macroalgues,
spiruline) et selon les besoins (règlementation, normalisation, organisation des
marchés, données, recherche, etc.), en conservant le plus de souplesse et
d?interactions possibles.
? Donner aux producteurs (exploitants et cultivateurs) la possibilité d?être
soutenus et représentés, selon un maillage territorial cohérent et
complémentaire, par des organisations professionnelles identifiées au regard
de leurs missions règlementaires, tout en favorisant les synergies déjà
entreprises au niveau national ou local (groupe de travail ou commission
« algues » communes, plan de filière, mutualisation de personnel, etc.).
L?objectif est de pouvoir s?appuyer sur les compétences existantes et de
clarifier le cas échéant le cadre règlementaire pour faciliter l?identification des
interlocuteurs.
? Encourager les rapprochements des différents secteurs de production
(exploitation des espèces sauvages et culture) et de transformation pour
qu?émerge une structure interprofessionnelle comprenant toutes les
composantes de la production, quel que soit le milieu (eau douce ou eau de
mer), et de la transformation au vu de l?imbrication et de l?importance de la
transformation et de problématiques communes entre les différents secteurs
(macroalgues, microalgues et spiruline).
3.1.2 Répondre aux difficultés d?installation et d?exploitation et sécuriser
l?approvisionnement en macroalgues marines
37
3.1.2.1 Intégrer pleinement les activités liées aux algues (pêche et culture) dans la
planification maritime
La stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML) fixe l?ambition maritime de la
France sur le long terme. Cette stratégie donne un cadre de référence pour les
politiques publiques concernant la mer et le littoral et, plus généralement, pour tous
les acteurs de l'économie maritime et des littoraux.
Pour chacune des façades maritimes de l?Hexagone et chacun des bassins ultra-marins,
une stratégie de façade ou de bassin précise les conditions de mise en oeuvre de la
stratégie nationale en fonction des spécificités locales. Cette stratégie est élaborée en
concertation avec les acteurs maritimes et littoraux réunis dans le conseil maritime de
façade ou de bassin. Il s?agit, dans ce cadre de :
? veiller à la prise en compte des zones existantes et des zones propices à la
pêche et la culture d?algues dans les documents de planification ;
? définir dans les schémas régionaux de développement de l?aquaculture marine
(SRDAM) des zones spécifiques en mer dédiées à la culture d?algues soit en
monoculture soit en co-culture, ou le cas échéant dans le cadre de
l?aquaculture multi-trophique intégrée (AMTI) ;
? évaluer l?intérêt et les potentialités d?implanter de l?algoculture sur des
plateformes offshore multi-usages ou dans les parcs éoliens en mer.
3.1.2.2 Faire évoluer la règlementation sur la pêche et la culture d?algues marines pour
favoriser la consolidation de la filière
La règlementation actuelle n?a pas encore pris en compte l?évolution des pratiques
concernant les algues : les définitions des différents types d?algues concernées sont
anciennes, le statut de certains acteurs est mal défini et les services de l?État doivent
être en pleine capacité de traiter cette activité nouvelle dans certains départements.
Les actions porteront sur :
? la définition règlementaire des algues, au-delà de la seule notion de « goémons
de mer » figurant actuellement dans le CRPM et ne couvrant pas pleinement les
différents types d?algues ;
? la réflexion sur la mise en place d?un statut dédié aux entreprises de récolte
d?algues de rive et d?un cadrage plus clair pour les intervenants ramassant les
algues échouées, afin de professionnaliser l?activité, d?assurer sa
reconnaissance de garantir une meilleure intégration économique et sociale
(accès aux financements publics, régime social spécifique, formation dédiée) et
de prendre en compte les impératifs environnementaux en matière d?habitats
côtiers et de fonctionnement des écosystèmes littoraux ;
? l?harmonisation des compositions et modes de fonctionnement des
commissions cultures marines (par exemple sur la répartition des sièges au sein
des formations mixtes pour tenir compte des évolutions survenues ces
dernières années et des besoins locaux, notamment en termes de
planification) ;
38
? la sensibilisation et la formation des services instructeurs de l?État sur la
connaissance des algues et des règlementations les concernant, et
l?harmonisation de l?application des règles sur l?ensemble du territoire, sans
pour autant nuire à la prise en compte des spécificités locales.
3.1.3 S?assurer de la prise en compte des besoins de la filière lors de la mise en
place de nouvelles règlementations transversales ou spécifiques
concernant les espèces cultivables et les produits à base d?algues au
niveau national ou européen et lors des modifications des textes déjà
existants
La culture, la mise sur le marché et la consommation des algues et produits à base
d?algues sont encadrées par une règlementation complexe. Il s?agit d?être force de
proposition (notamment vis-à-vis de l?Union européenne) en relayant les besoins que
l?ensemble des parties prenantes a pu identifier et transmettre aux autorités
compétentes pour sécuriser la production, mettre sur le marché des produits de
qualité et rassurer le consommateur.
Une première étape est d?identifier les différentes règlementations qui concernent les
algues et les produits issus d?algues puis d?intégrer dans ces règlementations leurs
spécificités lors de leur rédaction ou de proposer des modifications lors de leur
révision. Un groupe de travail dédié, déclinable par secteur, pourra être réuni pour
travailler sur les deux axes majeurs suivants.
3.1.3.1 Identifier les besoins relatifs à l?établissement ou à l?adaptation de
règlementations ou normes
Producteurs comme transformateurs doivent pouvoir se référer à des normes de
référence et à un cadre règlementaire clairs, leur permettant d?assurer la pérennité de
leur activité sans risque de remise en cause. Les attendus sont notamment relatifs :
? aux techniques de culture ;
? aux espèces cultivables (notamment allochtones) en fonction du lieu de
pratique ;
? aux techniques de stabilisation de la matière première et extraction ;
? aux usages autorisés : alimentation (notamment au regard de la règlementation
novel food), agriculture, cosmétiques, pharmacie, biomatériau, etc.) ;
? à la qualité des produits (règlementation santé publique pour la consommation,
normalisation des procédés).
3.1.3.2 Veiller à la bonne articulation des textes en matière normative et
règlementaire
Il s?agit d?assurer le lien avec les organismes nationaux (AFNOR par exemple) ou
européens (Comité européen de normalisation, agence pour la sécurité sanitaire des
aliments, DG Mare, DG Santé, etc.) et les administrations chargées de leur déclinaison
nationale, pour assurer une cohérence globale entre les textes et les besoins de la
filière. Les actions à mener pourront consister à mettre en place une veille active et
39
partagée, dont les modalités seront à définir dans le cadre des travaux du comité
national de pilotage.
40
FICHE ACTION ORIENTATION 1 :
Améliorer le cadre de gouvernance et la législation
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Faciliter la
structuration d?une
filière algues
Mettre en réseau les différents
partenaires de la filière algues en
établissant un Comité de pilotage
dédié et en organisant des réunions
thématiques régulières
Organisations et
structures
professionnelles de
producteurs
Représentants de
filière
Administrations,
Structures
scientifiques et
techniques,
Financeurs,
ONG
2025
Permettre aux producteurs de chaque
filière de s?appuyer sur les
compétences d?organisations
professionnelles par une adaptation
des textes règlementaires (clarification
et/ou création)
DGAMPA 2025
Mettre en place une réflexion sur les
conditions de création d?une enceinte
interprofession
Organisations et
structures
professionnelles
Représentants de
filière
2025
Répondre aux
difficultés
d?installation et
d?exploitation et
sécuriser
l?approvisionnement
en macroalgues
Intégrer pleinement les activités
marines liées aux algues (pêche et
culture) dans la planification maritime :
? Veiller à la prise en compte des
zones existantes et des zones
propices à la pêche et la culture
d?algues dans la révision des
documents de planification.
DIRM/DDTM/DREAL
DGAMPA/DEB
Régions (qui
participent aux
conseils maritimes de
façade)
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
2025-
2026
41
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
? Définir des zones spécifiques en
mer dédiées à la culture
d?algues soit en monoculture,
soit en co-culture, soit dans le
cadre de l?aquaculture multi-
trophique intégrée (AMTI)
DIRM/DDTM/DREAL
DGAMPA/DEB
Régions (qui
participent aux
conseils maritimes de
façade
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Structures
scientifiques et
techniques
? Evaluer l?intérêt et les
potentialités d?implanter de
l?algoculture sur des plates
formes offshore multi usage ou
dans les parcs éoliens en mer
DGAMPA
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Centres de recherche
et instituts
techniques
Faire évoluer la règlementation pour
consolider la filière en :
2025-
2026
? Définissant les algues au-delà
des goémons de mer
DGAMPA
? Mettant en place un statut des
récoltants d?algues de rive
DGAMPA
? Proposant un encadrement
règlementaire pour la collecte et
la valorisation des algues
d?échouage
DGAMPA
? Sensibilisant et formant les
services instructeurs de l?État
DGAMPA
Structures
scientifiques et
techniques.
42
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
S?assurer de la prise
en compte des
besoins de la filière
lors de la mise en
place de nouvelles
règlementations
transversales ou
spécifiques au
niveau national ou
européen et lors des
modifications des
textes déjà existants
Mettre en place un groupe de travail
national avec les administrations
concernées
Identifier les besoins relatifs à
l?établissement ou à l?adaptation de
règlementations ou normes relatives
aux :
? Techniques de culture ;
? Espèces cultivables (notamment
allochtones) en fonction du lieu
de pratique ;
? Techniques de stabilisation de la
matière première et extraction
? Usages : alimentation
(règlementation novel food),
agriculture cosmétiques,
pharmacie, biomatériaux? ;
? Qualité des produits
(règlementation santé publique
pour la consommation,
normalisation des procédés).
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Représentants de
filière
Administrations
compétentes,
Membres de la
commission algues
AFNOR
2025-
2026
Veiller à la bonne articulation des
textes en matière normative et
règlementaire et assurer le lien avec les
organismes nationaux (AFNOR par
exemple) ou européens (Comité
européen de normalisation, agence
pour la sécurité sanitaire des aliments,
DG Mare, DG Santé,
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Représentants de
filière
Administrations
compétentes
Membres de la
commission algues
AFNOR
En
continu
3.2 Orientation 2 : soutenir et renforcer la résilience et la compétitivité
des entreprises de la filière algues
La croissance de la filière algues ne peut se faire qu?en permettant aux entreprises du
secteur d?évoluer dans un environnement propice à leur développement. Bien que le
43
secteur comprenne des filiales de groupes internationaux parmi les transformateurs,
ce sont des TPE/PME mais aussi des start-up qui constituent la majorité des entreprises
de cette filière.
L?accompagnement financier des nouvelles entreprises et des entreprises déjà
existantes, l?existence de formation adaptée (initiale ou continue), la connaissance de
la chaîne de valeur et des débouchés potentiels, le soutien aux actions collectives
comme les études de marché ou les campagnes de communication sont des actions
importantes pour contribuer à créer un environnement dynamique pour ces
entreprises et permettre leur développement.
3.2.1 Soutenir une filière innovante d?ampleur en garantissant les
mutualisations
En cohérence avec les actions de l?orientation 3 relative aux connaissances pour
assurer une forte dynamique entre ces structures et les entreprises, il s?agit :
? d?assurer le lien entre acteurs et l?accès aux connaissances (dans le respect de
la propriété intellectuelle) en favorisant la diffusion des résultats des travaux
expérimentaux et études, au travers d?une instance commune de coordination,
d?animation et de valorisation des efforts de R&D, dont le statut et les
modalités de fonctionnement seront à définir ;
? d?établir un suivi des projets expérimentaux, notamment lorsqu?ils sont
soutenus par du financement public, et d?identifier les points de blocage et
nécessités d?accompagnement pour passer à la phase de mise en production ;
? d?identifier les solutions les plus prometteuses (sur la base d?études
scientifiques) et faciliter leur mise en oeuvre en listant et mobilisant les
ressources et leviers propres à chaque acteur (au niveau réglementaire ? ex :
évolution des textes - ; financier ? ex : recherche de financements dédiés sur la
base d?appels à projets nationaux ou européens ; technique ? ex : mise à
disposition de foncier ou de concessions expérimentales, scientifique ? partage
de données, intégration au sein de projets et protocoles, etc.)) ;
? de favoriser le passage de sites pilotes ou de démonstrateurs à une exploitation
de série (financement, partenariats, etc.) sur la base d?une communication
dédiée (valorisation des résultats expérimentaux, affichage du soutien des
pouvoirs publics, etc.).
3.2.2 Assurer une offre de formations répondant aux besoins des entreprises
? Recenser les formations dédiées à l?exploitation des algues et au
développement de l?algoculture, diplômantes et/ou pratiques en formation
initiale ou continue, et répondant aux besoins de la profession (immédiats et à
venir) ou intégrer un chapitre sur les algues dans les référentiels de formation
existants ;
? Assurer leur visibilité et mobiliser des formateurs spécifiques ou mettre en
place des formations de formateurs.
44
3.2.3 Soutenir le démarrage des nouvelles entreprises
Créer une entreprise reste un défi et les étapes à franchir peuvent être longues et
complexes. Accompagner l?entrepreneur dans sa démarche est une des clés de la
réussite d?un projet de création. En effet, les entreprises accompagnées dès la genèse
de l?idée ou du projet ont plus de chance d?être encore en activité cinq ans après leur
démarrage.
Selon les territoires, il existe différentes structures de soutien transversales - comme
les pépinières d?entreprises - ou plus spécialisées - comme le Point Accueil Installation
des chambres d?agriculture. Peu de structures spécialisés existent pour accompagner
spécifiquement les entreprises productrices d?algues, le secteur n?ayant pas encore
atteint une masse critique suffisante. On peut noter toutefois que plusieurs comités
des pêches ont mis en place des guichets d?aide à l?installation. En Bretagne, les
comités des pêches accompagnent systématiquement les porteurs de projets en
récolte d?algues à pied ou en mer. Face aux demandes croissantes d?accompagnement
en aquaculture, le CRPMEM a également mis en place un guide d?installation et
accompagne les porteurs de projet. Par ailleurs, certaines banques et services
bancaires ont des services désormais dédiés aux filières pêche et aquaculture et ont
récemment accompagnés des entreprises des filières algues. Enfin, le CEVA joue
également un rôle d?accompagnement et de conseils en innovation aux acteurs de la
filière, via ses missions d?intérêt général.
L?action vise donc à identifier les structures de soutien existantes et à les sensibiliser
aux potentialités de la filière algues, notamment par des actions d?information et par
la création et la mise à disposition de supports de communication, de guides ou
d?annuaires, en s?inspirant notamment des actions déjà menées localement.
3.2.4 Favoriser les échanges entre les structures de technologies de la
recherche et développement et les entreprises
La France bénéficie de fortes compétences techniques et scientifiques sur les algues,
dispersées dans de nombreuses structures (CNRS, IFREMER, CEA, universités,
Algosolis, CEVA, etc.). Le développement des entreprises existantes ou à venir de la
filière algues se fera par une valorisation des compétences académiques au profit
d?objectifs réalistes et partagés dans une instance commune de coordination,
d?animation et de valorisation des efforts de R&D.
Dans ce cadre, il s?agira :
? d?amplifier le lien entre le monde de la recherche fondamentale et appliquée
(dont les centres techniques) et les entreprises, en soutenant la mise en réseau
des acteurs et des publications, pour éviter l?éparpillement des projets
expérimentaux, répondre aux besoins de lever les verrous techniques,
technologiques voire règlementaires et en faisant le lien avec les
administrations concernées ;
45
? d?identifier et sensibiliser les structures de diffusion de technologies13
existantes aux potentialités de la filière algue.
3.2.5 Sécuriser les ressources génétiques existantes et leur utilisation
Que ce soit pour adapter au mieux les opérations de restauration du milieu naturel par
des algues en préservant la biodiversité existante ou développer la domestication des
espèces d?intérêt aquacole et biotechnologique (macroalgues, microalgues,
cyanobactéries) en mer ou en structures fermées (bassins, bioréacteurs), la
connaissance des ressources génétiques existantes, disponibles et de leurs conditions
d?utilisation est une étape indispensable pour la qualité du développement de la
filière.
Ainsi, il s?agira de :
? recenser les ressources génétiques existantes dans les différentes structures
scientifiques et techniques, et assurer leur pérennité en réfléchissant à leurs
besoins de sécurisation financière et juridique. Il s?agira également d?assurer
leur visibilité et de faciliter leur utilisation par leur mise en réseau ;
? favoriser la mise en place d?une sélection génétique des espèces d?intérêt
aquacole et biotechnologique, notamment en soutenant des programmes
d?amélioration génétique. En complément des compétences en génomique des
algues, il conviendra de développer les compétences en génétique
quantitative14 pour acquérir les informations et les outils génétiques nécessaires
au dimensionnement et à la mise en oeuvre par les entreprises de programmes
de sélection basés sur des connaissances scientifiquement établies en fonction
des espèces, à l?instar de ce qui se pratique en agriculture ;
? clarifier, avec les ministères concernés (agriculture pour les espèces cultivées et
transition écologique pour les espèces sauvages) le champ d?application du
protocole de Nagoya pour l?accès aux ressources génétiques et le partage juste
et équitable des avantages découlant de leur utilisation concernant les algues.
L?objectif est de distinguer les espèces cultivées des espèces sauvages, en
identifiant les leviers scientifiques (appui sur les caractéristiques génétiques,
par exemple) et en prévoyant leur traduction règlementaire (liste d?espèces
reconnues dans l?une ou l?autre catégorie), afin de pouvoir définir le périmètre
du partage des avantages pour les espèces sauvages.
13 https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/les-structures-de-diffusion-de-technologies-46263
14 La génétique quantitative utilise le génotypage des espèces et des approches probabilistes pour localiser sur
les chromosomes des facteurs génétiques partiellement responsables de l'expression des caractères et estimer
l'importance de leurs effets en vue de les utiliser si possible en sélection. (source Université de
Montpellier/CNRS)
46
3.2.6 Soutenir et diffuser l?identification de débouchés et de connaissances de
la chaine de valeur pour permettre aux acteurs de définir une politique
commerciale
L?état des lieux a mis en évidence un besoin de suivi régulier des données
socioéconomiques de la filière algues. Outre l?intérêt des études ponctuelles
soutenues par FranceAgriMer, comme l?étude sur les macroalgues en cours, il s?agit de :
? poursuivre la collecte des données existantes (algoculture) ;
? rassembler les données locales de connaissance des biomasses exploitées sur
le modèle des actions du CRPMEM Bretagne pour les algues de rive ;
? réfléchir à l?intégration des algues dans les observatoires existants (ex :
observatoire national des ressources en biomasse) ou au développement
d?études dédiées pour permettre aux acteurs économiques de disposer d?une
plus grande visibilité sur l?état du marché ;
? actualiser périodiquement par des études les données non couvertes par ces
collectes et observatoires ;
? rassembler et mettre à disposition ces données publiques sur un site dédié.
3.2.7 Soutenir la résilience des entreprises de production
Il est impératif de permettre aux producteurs de pérenniser leur production, tant en
assurant les conditions de leur viabilité économique qu?en créant les conditions de
leur adaptation, notamment en :
? professionnalisant la récolte d?algues de rive par la mise en place d?un statut
spécifique aux entreprises de récolte d?algues de rive ;
? facilitant la diversification des entreprises de pêche par la récolte d?algues
échouées comme complément d?activité ;
? facilitant la diversification des entreprises de conchyliculture par la culture
d?algues ;
? sécurisant l?accès au label Agriculture Biologique pour les algues de culture et
de récolte (clarification des conditions d?obtention, amélioration de la qualité
de l?eau, etc.).
FICHE ACTION ORIENTATION 2 :
soutenir et renforcer la résilience et la compétitivité des entreprises
https://www.franceagrimer.fr/Eclairer/Outils/Observatoires/Observatoire-National-des-Ressources-en-Biomasse-ONRB
47
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Assurer une offre
de formations
répondant aux
besoins des
entreprises
Recenser les formations dédiées ou
comprenant des modules sur
l?exploitation des algues et à
l?algoculture (formation
initiale/continue, diplômantes, ?)
DGER
DGAMPA
MEN
MSRI
2025
Recenser les besoins des entreprises
DGER
DGAMPA
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filières
Structures
scientifiques et
techniques
2025
Mettre en place une formation
récoltants algues de rives
DGER DGAMPA
CRPMEM
2025
Intégrer des modules dans les
formations existantes, mobiliser des
formateurs spécifiques ou mettre en
place des formations de formateurs ;
DGER
Institut Agro
Rennes Anger
DGAMPA
A partir de
2025 selon
calendrier
révision des
référentiels
Donner de la visibilité aux formations sur
les algues (site dédié aux algues)
DGER
DGAMPA
2025
Soutenir le
démarrage des
nouvelles
entreprises
Identifier et sensibiliser les structures de
soutien à l?installation des entreprises
aux potentialité de la filière algues
Chambres
d?agriculture
Organisations et
structures
professionnelles
En continu
Dépasser le stade
de
l?expérimentation
en soutenant une
filière innovante
d?ampleur
Assurer le lien entre acteurs et l?accès
aux connaissances (dans le respect de la
propriété intellectuelle)
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
Structures
scientifiques et
techniques
En continu
48
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Établir un suivi des projets
expérimentaux, notamment lorsqu?ils
sont soutenus par du financement
public, et identifier les points de blocage
et nécessités d?accompagnement pour
passer à la phase de mise en production
;
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
Structures
scientifiques et
techniques,
Financeurs
publics (Ademe,
BPI, Régions,
etc.)
Dès 2025
Identifier les solutions les plus
prometteuses (sur la base d?études
scientifiques) et faciliter leur mise en
oeuvre (au niveau réglementaire
notamment).
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
Structures
scientifiques et
techniques,
Administrations
concernées
Dès 2025
Favoriser l?accès aux actions de plus
grande envergure (financement,
partenariats, etc.) sur la base d?une
communication dédiée.
Pôles de
compétitivités,
Financeurs
publics
Dès 2025
49
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Favoriser les
échanges entre les
structures de
technologies de la
recherche et
développement et
les entreprises
Favoriser le lien entre le monde de la
recherche et les entreprises, en
soutenant la mise en réseau des acteurs
et des publications, pour éviter
l?éparpillement des projets
expérimentaux et en faisant le lien avec
les administrations concernées,
Identifier et sensibiliser les structures de
transfert existantes (pépinières
d?entreprises et start up studios) aux
potentialités de la filière algues
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
Structures
scientifiques et
techniques,
Administrations
concernées
Incubateurs
régionaux,
Sociétés
d?Accélération
du Transfert de
Technologies,
Pôles de
compétitivité
En continu
Sécuriser les
ressources
génétiques
existantes et leur
utilisation
Recenser et réfléchir à la sécurisation
financière et juridique des centres de
cryopréservation et/ou de
souchothèques publiques existantes,
assurer leur visibilité et faciliter leur
utilisation par leur mise en réseau ;
Structures
scientifiques et
techniques
2025-2026
Mettre en place une sélection génétique
des espèces d?intérêt aquacole
Entreprises de la
filière
Structures
scientifiques et
techniques,
SYSAAF
2026
Clarifier le champ d?application du
protocole de Nagoya
Entreprises,
Organisations et
structures
professionnelles,
MTE (direction
de l?eau et de la
biodiversité)
MASA, CEVA
2026
Soutenir et diffuser
l?identification de
débouchés, de
Poursuivre la collecte des données
existantes en algoculture
MASA, service
statistiques et
prospective
En cours
50
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
connaissance de la
chaine de valeur
pour permettre
aux acteurs de
définir une
politique
commerciale
Rassembler au niveau national les
données locales de connaissance des
biomasses exploitées par les récoltants
d?algues de rive et les récoltants d?algues
épaves
DDTM,
CRPMEM
Bretagne
SRPAR
DGAMPA
En continu
Intégrer les algues dans les observatoires
existants ou à venir
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
FranceAgriMer
DGAMPA
2025
Actualiser périodiquement par des
études les données non couvertes par
ces collectes et observatoires
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
FranceAgriMer
En continu
Rassembler et mettre à disposition ces
données publiques sur un site dédié
FranceAgriMer
MASA
DGAMPA
En continu
Soutenir la
résilience des
entreprises de
production
Professionnaliser la récolte d?algues de
rive par la mise en place d?un statut
spécifique aux entreprises de récoltes
d?algues de rive
CNPMEM
DGAMPA
2025
Faciliter la diversification des entreprises
de pêche (embarquée et à pied) par la
récolte des algues échouées
CNPMEM
DGAMPA
En continu
Faciliter la diversification des entreprises
de conchyliculture par la culture
d?algues
CNC
CNPMEM
DGAMPA
En continu
Sécuriser l?accès à la certification bio
pour les algues de récolte et de culture
Organisations et
structures
professionnelles,
MASA/bureau
de la qualité
INAO
DGAMPA
2025-2026
51
3.3 Orientation 3 : combler les lacunes et rationaliser les études et
projets scientifiques et techniques dans les domaines de la
connaissance, de la recherche, de la technologie et de l?innovation
3.3.1 Mettre en place une instance/structure rassemblant les différents
acteurs scientifiques, techniques et professionnels de la filière pour
échanger sur les besoins en R&D
L?instance commune de coordination, d?animation et de valorisation des efforts de
R&D aura vocation à :
? faire émerger les besoins de R&D de la filière ;
? inciter à la coordination de projets de recherche et d?innovation avec
l?ensemble des acteurs pour éviter le financement de projets similaires dans
différents guichets ;
? proposer des avis scientifiques étayés et mutualisés.
Cette instance commune, qui devra être mobilisable rapidement, pourra se baser pour
son fonctionnement sur les retours d?expériences de structures similaires. Son statut
et ses modalités de fonctionnement seront à définir en fonction des besoins et des
moyens qui seront identifiés.
3.3.2 Poursuivre les travaux sur la maîtrise des techniques de culture
En complément de projets de recherche fondamentale, il existe aussi des besoins
techniques pour parfaire la maîtrise de la culture d?algues, améliorer les coûts de
production et proposer de nouveaux produits.
Les actions à mener pour y répondre s?appuient sur :
? l?amélioration des structures d?élevages existantes ou à venir pour utiliser de
nouvelles espèces ou de nouvelles zones (off-shore par exemple ou aires
marines protégées) ;
? la domestication de nouvelles espèces ;
? la maîtrise de la reproduction et du stade « écloserie » (par exemple, le cycle de
production de certaines espèces comme porphyra n?est pas encore maîtrisé) ;
? la détermination de l?influence des conditions d?élevage sur la composition en
éléments d?intérêt pour la valorisation.
3.3.3 Identifier et cartographier les algues présentes dans le milieu naturel et
expertiser les possibilités de recours aux algues allogènes
? identifier les algues présentes dans le milieu naturel et connaitre leur diversité
génétique ;
? rassembler et compléter les connaissances sur la distribution des algues dans le
milieu naturel pour connaitre les possibilités de récolte et d?élevage, accéder à
de nouvelles espèces, de nouveaux secteurs ou de nouveau mode de récolte ;
? assurer une représentation spatiale, interactive et mise à jour de ces
connaissances afin d?enrichir la planification ;
52
? expertiser les possibilités de recours à la culture d?algues allogènes et examiner
de nouveau les possibilités de développement de la production de wakamé en
fonction d?une nouvelle évaluation scientifique de son caractère invasif.
3.3.4 Définir les services écosystémiques rendus par les algues (puits d?azote,
puit de carbone) et leurs intérêts dans les processus de remédiation
Le développement de l?intérêt sur les algues s?est accompagné de diverses
communications sur leurs bienfaits pour le milieu naturel ou leur capacité à remédier
au changement climatique. Il est important de pouvoir étayer scientifiquement ces
notions qui peuvent être mises en avant dans des campagnes de promotion des
produits et des activités et participer à une information claire et fiable vers les
décideurs, la société civile et les consommateurs.
Il s?agira de :
? recenser les études existantes en la matière ;
? réfléchir aux besoins et aux modalités de la valorisation économique des
services écosystémiques pour soutenir les exploitations actuelles au regard de
leur impact positif ;
? identifier les capacités compensatrices et/ou re-médiatrices des algues ;
? étudier les possibilités d?algoculture dans le cadre de projets d?aquaculture
restauratrice.
3.3.5 Poursuivre les travaux sur les analyses du cycle de vie (ACV) des produits
à base d?algue et les diffuser
Pour pouvoir répondre aux préoccupations sur le coût environnemental des produits
de consommation et le développement de l?affichage environnemental, une meilleure
connaissance des ACV sur les produits à base d?algues est nécessaire.
Il s?agira donc d?affiner les ACV existantes des différents types d?algues, d?en conduire
de nouvelles, en fonction des modes de production et de transformation. Ces travaux
s?appuieront sur les équipes scientifiques et techniques qui possèdent déjà une
compétence sur les ACV des produits aquatiques, sur les travaux déjà engagés dans
des projets de recherche (par exemple le projet porté par l?Université Bretagne Sud
avec l?UBO, l?INRAE, des entreprises de production et transformation et le CHU de
Brest PROMALG-Health Proposer de nouveaux aliments et ingrédients enrichis en
protéines à partir de macroalgues vertes et rouges cultivées pour le secteur de la santé).
Les avancées seront suivies dans le groupe de travail existant mis en place par la
DGAMPA avec la participation de l?ADEME, le MTE, les partenaires scientifiques et
techniques, les structures professionnelles pour participer à la mise en place de
l?affichage environnemental. Ceci permettra de compléter et/ou d?actualiser la base
de référence des ACV sur laquelle s?appuieront les calculs du score environnemental
qui sera utilisé en France dans le cadre de l?affichage environnemental.
53
FICHE ACTION ORIENTATION 3 :
combler les lacunes et rationaliser les études et projets scientifiques et techniques dans les
domaines de la connaissance, de la recherche, de la technologie et de l?innovation
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Faire émerger les
besoins de R&D de la
filière ;
Inciter à la coordination
de projets de recherche
et d?innovation avec
l?ensemble des acteurs
pour éviter le
financement de projets
similaires dans
différents guichets ;
Proposer des avis
scientifiques étayés et
mutualisés.
Mettre en place une instance/ structure
rassemblant les différents acteurs
scientifiques, techniques et
professionnels de la filière pour
échanger sur les besoins en R&D
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
Structures
scientifiques et
techniques
2025
Poursuivre les travaux
sur la maitrise des
techniques de culture
Améliorer les structures d?élevages
existantes ou à venir pour utiliser de
nouvelles espèces ou de nouvelles
zones (off-shore par exemple ou aires
marines protégées)
Structures
scientifiques et
techniques,
Organisations et
structures
professionnels
A partir de
2025
Domestiquer de nouvelles espèces en
évaluant les méthodes de culture
Maitriser la reproduction et les stades
écloserie de certaines espèces
Déterminer l?influence des conditions
d?élevage sur la composition en
éléments d?intérêt pour la valorisation
Identifier et
cartographier les algues
présentes dans le milieu
naturel et expertiser les
possibilités de recours
aux algues allogènes
Identifier les algues présentes dans le
milieu naturel et connaitre leur diversité
génétique
Structures
scientifiques et
techniques,
Cabinets
d?études
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
A partir de
2025
54
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Rassembler et compléter les
connaissances sur la distribution des
algues dans le milieu naturel pour :
? connaître les possibilités de
récolte et d?élevage,
? accéder à de nouvelles espèces,
de nouveaux secteurs ou de
nouveau mode de récolte
Structures
scientifiques et
techniques
Cabinets
d?étude
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
A partir de
2025
Assurer une représentation spatiale,
interactive et mise à jour de ces
connaissances afin d?enrichir la
planification
Structures
scientifiques et
techniques,
Cabinets
d?étude
CEREMA
A partir de
2025
Expertiser les possibilités de recours à la
culture d?algues allogènes
OFB,
MTE (DEB)
DGAMPA
A partir de
2025
Examiner les possibilités de
développement de la production de
wakamé en fonction d?une nouvelle
évaluation scientifique de son caractère
invasif.
MTE (DEB)
DGAMPA,
Structures
scientifiques et
techniques
2025
Définir les services
écosystémiques rendus
par les algues (puits
d?azote, puit de
carbone) et leurs
intérêts dans les
processus de
remédiation
Recenser les études existantes en la
matière
DGAMPA 2025
Identifier les capacités compensatrices
et/ou re-médiatrices des algues
Structures
scientifiques et
techniques
2025
Soutenir les exploitations actuelles au
regard de leur impact positif au travers
de la valorisation économique de
services écosystémiques via le soutien
FEAMPA aux services écosystémiques
Régions
/DGAMPA
A partir de
2025
Etudier les possibilités d?algoculture
dans le cadre de projets d?aquaculture
restauratrice.
OFB
MTE
DGAMPA
Organisations
professionnelles
et structures
professionnelles
de producteurs
Représentants
de filière
A partir de
2025
55
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Affiner les
connaissances sur les
analyses de cycle de vie
des produits à base
d?algue pour alimenter
les travaux en cours
notamment sur
l?affichage
environnemental
Poursuivre les travaux sur les analyses
du cycle de vie (ACV) des produits à
base d?algue et les diffuser
Structures
scientifiques et
techniques
A partir de
2025
3.4 Orientation 4 : accroitre la sensibilisation de la société et
l?acceptation de l?activité de production d?algues et de produits à
base d?algues
Bien que les produits à base d?algues soient de plus en plus présents dans le quotidien
des consommateurs, que ce soit au point de vue alimentaire, nutraceutique,
cosmétique ou pharmaceutique, une meilleure connaissance de ces produits, via des
campagnes de communication ou de sensibilisation auprès du grand public ou des
acteurs de la restauration hors foyer, permettrait de mettre en avant la production
française en insistant sur la qualité des produits, la production locale et leur
positionnement environnemental.
Les efforts doivent cependant principalement porter sur l?acceptabilité sociale et
environnementale des projets de production d?algues, notamment lorsqu?ils
concernent le domaine public maritime pour la production de macroalgues. En cela,
le secteur s?inscrit dans la problématique commune à l?aquaculture d?acceptabilité et
d?accès à l?espace maritime.
L?importance des surfaces concédées aux projets récents de culture d?algues a pu faire
craindre, à tort, une forme de « privatisation » de l?espace littoral.
Une partie des actions peut être mutualisée avec les autres secteurs de l?aquaculture,
comme la promotion des métiers et/ou la mise en avant de l?implantation territoriale
de l?activité permettant de favoriser l?adhésion des élus locaux. Dans le contexte
actuel, une communication sur les services écosystémiques rendus par les algues et
leur rôle dans l?atténuation du changement climatique peut favoriser l?adhésion de la
société civile.
3.4.1 Soutenir/mettre en place des actions de promotion des métiers et des
produits
Sur le modèle des autres filières aquacoles, des actions de promotion des produits,
mais aussi des métiers, devraient être soutenues telles que :
? produire des outils de communication clés en main pour les administrations
locales, les structures professionnelles et les porteurs de projet ;
56
? mettre en place des actions spécifiques auprès de la restauration hors foyer
(restaurants et restaurants d?entreprises) et des cuisiniers pour apprendre à
cuisiner les algues ;
? communiquer auprès du grand public en rapprochant le consommateur de la
filière, à travers une approche pédagogique et sensorielle des propriétés des
algues, de leur biologie et de leur mode de production.
3.4.2 Communiquer sur les services rendus par la production d?algues
En s?appuyant sur les résultats de l?action sur la connaissance des services
écosystémiques et de leur contribution à l?atténuation du changement climatique et
des ACV, une communication pourrait être mise en place pour soutenir les produits à
base d?algues ou les activités de production d?algues et amener la population à une
vision plus positive des produits et de l?activité.
FICHE ACTION ORIENTATION 4 :
Accroitre la sensibilisation de la société et l?acceptation de l?activité de production d?algues et de
produits à base d?algues
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Soutenir/mettre
en place des
actions de
promotion des
métiers et des
produits
Produire des outils de communication
pour les administrations locales, les
structures professionnelles et les porteurs
de projet
DDTM
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Représentants de
filière
DGAMPA
2025
57
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Mettre en place des actions spécifiques
auprès de la restauration hors foyer
(restaurants et restaurants d?entreprises)
et des cuisiniers pour apprendre à cuisiner
les algues
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Représentants de
filière
Centres de
formation de
cuisinier
2025
Soutenir les actions de promotion
génériques, notamment à destination du
grand public
Organisations
professionnelles et
structures
professionnelles de
producteurs
Représentants de
filière
Régions (FEAMPA)
DGAMPA (FEAMPA)
Dès 2025
Communiquer sur les services rendus par
la production d?algues
Organisations et
structures
professionnelles,
Régions (FEAMPA)
DGAMPA (FEAMPA)
Dès 2025
3.5 Orientation 5 : promouvoir l?excellence française dans la dynamique
internationale
La France est le deuxième producteur d?algues européen toute production confondue
et a développé une filière d?excellence, qui mériterait d?être promue sous différents
angles - environnement scientifique et technique, modèle économique, qualité des
produits - en s?intégrant dans la dynamique et le soutien européen.
3.5.1 Identifier les synergies et programmes européens et mondiaux
permettant de développer les projets concernant les algues
? renforcer les relations avec les acteurs de la recherche, les pôles de
compétitivité et les instances européennes pour identifier les programmes de
recherche ou de financement dans lesquels les algues pourraient s?intégrer ;
? relayer plus largement au niveau national et local les appels à manifestation
d?intérêt et les appels à projet à l?échelle européenne ou internationale ;
58
? valoriser les résultats des projets de recherche auxquels la France participe et
identifier les projets européens ou internationaux duplicables au niveau
national.
3.5.2 Valoriser la position et les actions menées par la France dans les
instances européennes et internationales
La France peut porter son modèle de développement au sein de l?Union européenne
et de certaines organisations régionales de gestion des pêches en :
? participant aux actions de coopération avec d?autres pays pour diffuser son
savoir-faire et ses techniques ;
? animant ou participant à des groupes de travail internationaux pour valoriser
les bonnes pratiques mises en place sur son territoire ;
? profitant des suites du 1er sommet européen des algues pour favoriser les
échanges entre États membres, identifier les méthodes les plus probantes et
les relayer au niveau national ;
? proposant des évolutions règlementaires ou normatives concertées avec la
profession, permettant de s?inscrire dans une logique vertueuse de promotion
de techniques durables et d?anticiper la mise en place de règlementations
européennes.
3.5.3 Favoriser la visibilité des entreprises françaises à l?étranger
Dans le domaine des algues, si certaines entreprises sont déjà très présentes à
l?international, la visibilité d?entreprises plus petites doit être soutenue en facilitant la
participation à des salons nationaux ou internationaux permettant de mettre en avant
la qualité des produits français et le savoir-faire technique et technologique.
FICHE ACTION ORIENTATION 5 :
Promouvoir l?excellence française dans la dynamique internationale
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Identifier les
synergies et
programmes
européens et
mondiaux
permettant de
développer les
projets
concernant les
algues
Renforcer les relations avec les acteurs de la
recherche, les pôles de compétitivité, les
instances européennes pour identifier les
programmes de recherche ou de financement
dans lesquels les algues pourraient s?intégrer
Instituts
techniques
Structures
scientifiques et
techniques,
Pôles de
compétitivité
MESRI
Dès 2025
Relayer plus largement au niveau national et
local les appels à manifestation d?intérêt,
appels à projet à l?échelle européenne ou
internationale
Pôles de
compétitivité
En continu
59
Objectifs Actions Acteurs Calendrier
Valoriser les résultats des projets de
recherche auxquels la France participe et
identifier les projets européens ou
internationaux à dupliquer au niveau national
Structures
scientifiques et
techniques,
Pôles de
compétitivité
MESRI
En continu
Valoriser la
position et les
actions menées
par la France dans
les instances
européennes et
internationales
Participer aux actions de coopération avec
d?autres pays pour diffuser son savoir-faire et
ses techniques
Structures
scientifiques et
techniques,
Dès 2025
Animer ou participer à des groupes de travail
internationaux pour valoriser les bonnes
pratiques mises en place sur son territoire
Structures
scientifiques et
techniques,
Organisations et
structures
professionnelles
Dès 2025
Profiter des suites du 1er sommet européen
des algues pour favoriser les échanges entre
États membres pour identifier les méthodes
les plus probantes et les relayer au niveau
national
Structures
scientifiques et
techniques,
Organisations et
structures
professionnelles
DGAMPA
Dès 2025
Proposer des évolutions règlementaires ou
normatives concertées avec la profession,
permettant de s?inscrire dans une logique
vertueuse de promotion de techniques
durables et d?anticiper la mise en place de
règlementations communautaires
Organisations et
structures
professionnelles,
DGAMPA
Administrations
concernées
Dès 2025
Favoriser la
visibilité des
entreprises
françaises à
l?étranger
Soutenir la participation des entreprises à des
salons internationaux
Entreprises
Business France
En continu
60
Annexe 1 - Bibliographie
ADEUPa. (2021). Poids socio-économique de la filière algues en Pays de Brest. Rapport d?étude.
Agreste. (2022). Culture d?algues et de cyanobactéries 2020. Primeur n°7.
AgroCampus Ouest. (2014). Étude de la consommation des algues alimentaires en France.
Etude Nationale IDEALG phase 1.
Agrocampus Ouest. (2016). L?algoculture : étude sur le métier, les savoirs, les compétences et
la formation. Le développement des savoirs et des compétences, conditions
pour le développement du champ professionnel de l?algoculture. Laine-Penel A.,
Mayen P., Spinec F.
Breizh?Alg. (2012). Etude de marché et d?opportunité économique relative au secteur de l?algue
alimentaire en France, en Europe et à l?international.
Césaire A. (1991). Moi, Laminaire, collection poche, édition Seuil.
Commission européenne (2022). COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU PARLEMENT
EUROPÉEN, AU CONSEIL, AU COMITÉ ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EUROPÉEN ET AU COMITÉ
DES RÉGIONS.Vers un secteur des algues de l'UE fort et durable. {SWD(2022) 361 final}
Commission européenne (2022). BLUE BIOECONOMY ? TOWARDS A STRONG AND
SUSTAINABLE EU ALGAE SECTOR. {COM(2022) 592 final}
CGAAER, CGEDD. (2012). Expertise du projet de filière d?algoculture alimentaire en Bretagne.
CGAAER. (2019). Le développement de la « bio économie bleue ». Rapport n°18126.
CGAAER. (2022). Présentation et développement de l?algoculture en France. Rapport n°21125.
CIDPMEM. (2023). Exploitation de l?algue rouge Gelidium corneum par les marins pêcheurs du
CIDPMEM 64-40, bilan de la campagne 2022-2023. https://cidpmem6440.eu/.
CRPMEM Bretagne. (2023). Améliorations des connaissances sur les alGues de Rive et leur
récolte pour une gestion Durable AGRID (2019 ? 2022).
EABA. (2019). What are Algae? #1 position paper.
FAO. (2021). Seaweeds and microalgae : an overview for unlocking their potential in global
aquaculture developpement NFIA/CI229.
FAO. (2023). Glossaire. Sous-comité du commerce du poisson, Dix-neuvième session, COFI :
FT/XIX/2023/Inf. 7.
FranceAgriMer. (2021). Evaluation des ressources en biomasse aquatique disponibles en France-
coproduits et sous-produits. Etude (synthèse, volume 1, volume 2).
IDEALG. (2017). La filière des algues en France - Évolution et poids économique, Synthèse des
résultats.
IDEALG. (2017). Développer la filière des macroalgues en France. Rapport 2011-2017.
PEGASUS ? PHYCOMORPH (2019) European Guidelines for a Sustainable Aquaculture of
Seaweeds, COST Action FA1406.
Person J. (2010). Livre turquoise : Algues, filières du futur. 17-19 novembre 2010, Adebiotech
Seaweed inside
Seaweed for Europe (2020). Hidden champion of the ocean, Seaweed as a growth engine for a
sustainable European future.
SMIDAP. (2018). La culture des micro-algues et de spiruline en pays de la Loire. Newsletter n°4.
https://cidpmem6440.eu/
61
Annexe 2 - Glossaire
ACV Analyse du Cycle de Vie
ADASMAE Association de Développement Aquaculture Spiruline et MicroAlgues
en Europe
ADEUPa Agence d?urbanisme Brest Bretagne
AECM Autorisation d?Exploitation de Cultures Marines
AFNOR Association Française de NORmalisation
AQUIMER Pôle de compétitivité valorisation des produits aquatiques
B4C Pôle de compétitivité Bioéconomie for change
BPI Banque Publique d?Investissement
CAPENA Centre pour l?Aquaculture, la Pêche et l?Environnement de Nouvelle
Aquitaine
CEA Commissariat à l?Energie Atomique
CEPRALMAR Centre d?Etude pour la PRomotion des Activités Lagunaires et
MARitimes
CEVA Centre d?Etude et de Valorisation des Algues
CEREMA Centre d'Etudes et d'expertise sur les Risques, l'Environnement, la
Mobilité et l'Aménagement
CGAAER Conseil Général de l?Alimentation, de l?Agriculture et des Espaces
Ruraux
CIDPMEM Comité Interdépartemental des pêches maritimes et des élevages
marins
CNC Comité National de la Conchyliculture
CNPMEM Comité National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins
CNRS Centre National pour la Recherche Scientifique
CRC Comité Régional de la Conchyliculture
CRPM Code Rural et de la Pêche Maritime
CRPMEM Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages marins
CSAVM Chambre Syndicale des Algues et Végétaux Marins
DDTM Direction Départementale des Territoires et de la Mer
DEB Direction de l?Eau et de la biodiversité au ministère de la transition
écologique et de la cohésion des territoires
DGAl Direction générale de l?alimentation
DGALN Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
DGAMPA Direction générale des affaires maritimes de la pêche et de
l?aquaculture
DGCCRF Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes
DGER Direction générale de l?enseignement et de la recherche
DGPE Direction générale de la performance économique et
environnementale des entreprises
62
DIRM Direction interrégionale de la mer
DML Délégation à la mer et au littoral
DREAL Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du
logement
EABA European algae biomass association
FAO Food and agriculture Organization of the United Nations
FEAMPA Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture
FIDES FIsheries Data Exchange System
FSF Fédération des spiruliniers de France
IFREMER Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
INAO Institut national des appellations d?origine
INRAE Institut national de recherche pour l?agriculture, l?alimentation et
l?environnement
INSEE Institut national de la statistique et des études économiques
LERAR Laboratoire Environnement Ressource Arcachon-Anglet d?Ifremer
MASA Ministère de l?agriculture et de la souveraineté alimentaire
MESRI Ministère de l?Enseignement supérieur, de la Recherche et de
l?innovation
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
MTE Ministère de la transition écologique
OFB Office français de la biodiversité
ONG Organisation non gouvernementale
ORGP Organisation régionale de gestion des pêches
SBR Station biologique de Roscoff
SMEL Synergie Mer & Littoral
SMIDAP Syndicat Mixte pour le Développement de l'Aquaculture et de la
Pêche en Pays de la Loire
SNOTRA Projet d?innovation Sargasses et entéromorphes de NOrmandie
valorisaTion de Ressources Algale
SRPAR Syndicat des Récoltants Professionnels d?Algues de Rives
SSP Service statistique et prospective du ministère de l?agriculture et de
la souveraineté alimentaire
SYSAAF Syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français
UBO Université de Bretagne occidentale
63
Annexe 3 - Contributions et entretiens
Contributions
Entretiens
25/05/2023 Albatros Advisory
07/06/2023 Station Biologique de Roscoff
07/06/2023 ALGAIA
26/06/2023 Merci les algues
09/08/2023 DDTM 29
09/08/2023 fédération Aquaculture Pays de Loire
17/08/2023 EABA
18/08/2023 France Haliotis
12/09/2023 SYSAAF
15/O9/2023 DDTM 22
21/09/2023 Bioeconomy for Change
09/08/2023 DDTM 29
09/08/2023 ADASMAE
09/08/2023 CAPENA
09/08/2023 DDTM 64
09/08/2023 DM Guadeloupe
10/08/2023 MASA, DGPE bureau de la biomasse
11/08/2023 DIRM NAMO
16/08/2023 France Haliotis
21/08/2023 FranceAgriMer
26/08/2023 Cluster Algues de Bretagne
01/09/2023 Région pays de la Loire
18/09/2023 DDTM 22
20/09/2023 CSAVM/Cluster/MLA
22/09/2023 CNC
08/11/2023 CNPMEM
14/11/2023 CRPMEM Bretagne
14/11/2023 SRPAR
26/03/2024 CEVA
64
25/09/2023
Région Pays de la Loire, Atlanpôle-Pôle Mer Bretagne
Atlantique, Syndicat Mixte pour le Développement
de l'Aquaculture et de la Pêche en Pays de la Loire,
Filière Aquacole des Pays de la Loire
12/10/2023 SRPARB
06/11/2023 MAARI
08/11/2023 DGAL BPMED
17/11/2023 DGPE bureau de la biomasse
65
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE .............................................................................................................................................. 2
EDITO Ministre de l?Agriculture et de la souveraineté alimentaire ................ Erreur ! Signet non défini.
EDITO Ministre de la Transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la pêche et de la mer ... 3
INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 2
1 État des lieux de la filière algues en France .................................................................................... 5
1.1 Définition des algues ............................................................................................................... 5
1.2 Panorama économique ........................................................................................................... 6
1.2.1 La production d?algues en France ................................................................................... 7
1.2.2 La filière aval : transformation, incorporation, extraction ........................................... 15
1.2.3 La place dans l?économie européenne et mondiale ..................................................... 16
1.2.4 Le commerce extérieur des algues ................................................................................ 18
1.3 Cadre règlementaire actuel de production ........................................................................... 18
1.3.1 Procédures d?autorisation d?exploitation des algues marines sauvages ...................... 18
1.3.2 Procédures d?autorisation d?exploitation pour la culture des algues ........................... 19
1.3.2.1 Algues marines .......................................................................................................... 19
1.3.2.2 Algues et cyanobactéries d?eau douce ...................................................................... 19
1.4 Organisation et structuration actuelle de la filière algues .................................................... 20
1.4.1 L?adhésion à une organisation professionnelle obligatoire, étape clef mais restreinte
aux cultures marines ..................................................................................................................... 20
1.4.2 L?émergence d?une structuration volontaire complémentaire centrée autour les
macroalgues .................................................................................................................................. 21
1.4.3 Les microalgues, un secteur à fédérer dans un contexte d?intérêt croissant ............... 23
1.4.4 Deux associations pour le soutien à la spiruline ........................................................... 23
1.5 Les initiatives de soutien au développement de la filière ..................................................... 24
1.5.1 Un sujet identifié au niveau mondial ............................................................................ 24
1.5.2 Un intérêt marqué et croissant de la Commission européenne ................................... 26
1.5.3 Suivi scientifique et initiatives de développement en France ....................................... 27
1.5.3.1 L?implication historique des structures scientifiques et techniques ......................... 27
1.5.3.2 Les initiatives au niveau régional .............................................................................. 28
1.5.3.3 Les initiatives au niveau national .............................................................................. 29
2 De la nécessité de se doter d?une feuille de route nationale ....................................................... 30
2.1 Le renforcement de la structuration pour plus d?efficacité et de lisibilité ........................... 30
2.2 Un cadrage règlementaire à mieux adapter pour couvrir les spécificités de la filière.......... 31
2.3 Un marché économique complexe et une lisibilité à améliorer ........................................... 32
2.3.1 Un manque de données technico-économiques de la filière à pallier .......................... 32
66
2.3.2 Une stratégie à préciser pour mettre en regard des possibilités de développement et
des attentes des acteurs ............................................................................................................... 33
2.4 Des connaissances et techniques à consolider et partager pour permettre un
développement massif et de haut niveau ......................................................................................... 34
3 Orientations et axes de travail ...................................................................................................... 36
3.1 Orientation 1 : améliorer le cadre de gouvernance et la règlementation ............................ 36
3.1.1 Faciliter la structuration d?une filière algues ................................................................. 36
3.1.2 Répondre aux difficultés d?installation et d?exploitation et sécuriser
l?approvisionnement en macroalgues marines ............................................................................. 36
3.1.2.1 Intégrer pleinement les activités liées aux algues (pêche et culture) dans la
planification maritime ............................................................................................................... 37
3.1.2.2 Faire évoluer la règlementation sur la pêche et la culture d?algues marines pour
favoriser la consolidation de la filière ....................................................................................... 37
3.1.3 S?assurer de la prise en compte des besoins de la filière lors de la mise en place de
nouvelles règlementations transversales ou spécifiques concernant les espèces cultivables et les
produits à base d?algues au niveau national ou européen et lors des modifications des textes
déjà existants ................................................................................................................................. 38
3.1.3.1 Identifier les besoins relatifs à l?établissement ou à l?adaptation de règlementations
ou normes ................................................................................................................................. 38
3.1.3.2 Veiller à la bonne articulation des textes en matière normative et règlementaire .. 38
3.2 Orientation 2 : soutenir et renforcer la résilience et la compétitivité des entreprises de la
filière algues ...................................................................................................................................... 42
3.2.1 Soutenir une filière innovante d?ampleur en garantissant les mutualisations ............. 43
3.2.2 Assurer une offre de formations répondant aux besoins des entreprises .................... 43
3.2.3 Soutenir le démarrage des nouvelles entreprises ......................................................... 44
3.2.4 Favoriser les échanges entre les structures de technologies de la recherche et
développement et les entreprises ................................................................................................ 44
3.2.5 Sécuriser les ressources génétiques existantes et leur utilisation ................................ 45
3.2.6 Soutenir et diffuser l?identification de débouchés et de connaissances de la chaine de
valeur pour permettre aux acteurs de définir une politique commerciale .................................. 46
3.2.7 Soutenir la résilience des entreprises de production .................................................... 46
3.3 Orientation 3 : combler les lacunes et rationaliser les études et projets scientifiques et
techniques dans les domaines de la connaissance, de la recherche, de la technologie et de
l?innovation ........................................................................................................................................ 51
3.3.1 Mettre en place une instance/structure rassemblant les différents acteurs
scientifiques, techniques et professionnels de la filière pour échanger sur les besoins en R&D . 51
3.3.2 Poursuivre les travaux sur la maîtrise des techniques de culture ................................. 51
3.3.3 Identifier et cartographier les algues présentes dans le milieu naturel et expertiser les
possibilités de recours aux algues allogènes ................................................................................. 51
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3.3.4 Définir les services écosystémiques rendus par les algues (puits d?azote, puit de
carbone) et leurs intérêts dans les processus de remédiation ..................................................... 52
3.3.5 Poursuivre les travaux sur les analyses du cycle de vie (ACV) des produits à base
d?algue et les diffuser .................................................................................................................... 52
3.4 Orientation 4 : accroitre la sensibilisation de la société et l?acceptation de l?activité de
production d?algues et de produits à base d?algues ......................................................................... 55
3.4.1 Soutenir/mettre en place des actions de promotion des métiers et des produits ....... 55
3.4.2 Communiquer sur les services rendus par la production d?algues ............................... 56
3.5 Orientation 5 : promouvoir l?excellence française dans la dynamique internationale ......... 57
3.5.1 Identifier les synergies et programmes européens et mondiaux permettant de
développer les projets concernant les algues ............................................................................... 57
3.5.2 Valoriser la position et les actions menées par la France dans les instances
européennes et internationales .................................................................................................... 58
3.5.3 Favoriser la visibilité des entreprises françaises à l?étranger ........................................ 58
Annexe 1 - Bibliographie ....................................................................................................................... 60
Annexe 2 - Glossaire .............................................................................................................................. 61
Annexe 3 - Contributions et entretiens ................................................................................................. 63
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