PNACC : troisième plan national d'adaptation au changement climatique (2024). Mesure 37 : Accompagner les exploitations agricoles, les filières et l'industrie agro-alimentaire face aux aléas climatiques et engager la transition vers des modèles
Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
Quatre enjeux sont identifiés dans cette mesure en lien avec l'accompagnement des exploitations et des filières face aux aléas du changement climatique sur l'ensemble du territoire national.
Descripteur Urbamet
changement climatique
;agriculture
;industrie agro-alimentaire
;énergie
;bas carbone
;transition énergétique
Descripteur écoplanete
pétrole
Thème
Risques
Texte intégral
1
CATÉGORIE
DE LA MESURE
CONTEXTE
3. Adapter les activités
humaines : assurer la
résilience économique
et la souveraineté
alimentaire, économique
et énergétique
Les impacts du changement climatique sur les productions
agricoles et aquacoles sont nombreux et liés, en particulier, à
l?augmentation de la température, à la raréfaction de la ressource
en eau et à la modification des régimes de précipitations, à
l?altération de la fertilité des sols et à la multiplication des
bioagresseurs.
En ce qui concerne l?agriculture ultramarine, la modification des
régimes de précipitations, mais aussi l?intensification ? mais pas la
hausse de la fréquence ? des phénomènes climatiques extrêmes,
tels que les cyclones ou les ouragans, les épisodes El Niño et La
Niña, la salinisation des sols ou le recul du trait de côte et la
submersion régulière des zones côtières sont d?ores et déjà
constatés et devraient s?amplifier.
Ces impacts peuvent également être importants sur le maillon
aval de la transformation agro-alimentaire dont l?adaptation sera
cruciale pour accompagner les mutations de l?amont agricole.
Quatre enjeux sont identifiés dans cette mesure en lien avec
l?accompagnement des exploitations et des filières face aux aléas
du changement climatique sur l?ensemble du territoire national.
Premièrement, un enjeu de protection des exploitations agricoles
et aquacoles face aux aléas climatiques. La protection des
exploitations et le renforcement de leur résilience font partie des
grandes priorités du Varenne agricole de l?eau et de l?adaptation
au changement climatique, pour favoriser l?adaptation à l?échelle
des exploitations agricoles. Il s?agit de :
MESURE 37
Accompagner les exploitations
agricoles, les filières et
l?industrie agro-alimentaire face
aux aléas climatiques et engager
la transition vers des modèles
résilients et bas carbone
2
? Protéger les exploitations face aux aléas climatiques grâce à
un système d?assurance performant ;
? Identifier des leviers de résilience et les déployer à travers
des diagnostics et l?accompagnement technique des
agriculteurs en lien avec la transition climatique ;
? Mettre en place des dispositifs de soutien aux changements
de pratiques et aux investissements permettant l?adaptation
des exploitations.
Deuxièmement, un enjeu d?accompagnement du développement
et de la transformation des filières agricoles en croisant des
approches par filière et par territoire, dans le cadre de démarches
collectives et impliquant plusieurs maillons de la chaine
alimentaire. L?engagement des filières agricoles à élaborer des
feuilles de route d?adaptation au changement climatique à l?issue
du Varenne de l?eau, ou encore la mise en oeuvre du fonds en
faveur de la souveraineté et des transitions s?intègrent pleinement
dans cette dynamique.
Troisièmement, un enjeu relatif à la protection sanitaire, à la lutte
contre les ravageurs et au bien-être des animaux d?élevage.
L?augmentation des températures cause de nombreux problèmes
au secteur de l?élevage (surmortalité, difficulté pour le maintien
d?un bon niveau sanitaire, problème de transport des animaux,
problématiques d?abreuvement et d?alimentation des troupeaux,
pertes de production). Pour limiter les effets du réchauffement
climatique sur l?élevage et l?impact de l?élevage lui-même sur le
climat (via les émissions de gaz à effet de serre, la pollution des
sols, l?utilisation des ressources, etc.), il convient d?engager une
réelle adaptation de nos structures de productions et de soutenir
ces efforts d?évolution dans la durée pour préserver nos élevages,
leur économie ainsi que le bien-être et la santé des animaux.
Quatrièmement, un enjeu d?adaptation des productions agricoles
et aquacoles et de renforcement de leur résilience face au risque
de raréfaction de l?eau et à la modification des régimes de
précipitations en mobilisant une combinaison de solutions à
adapter localement. L?agriculture est l?un des secteurs
particulièrement exposés aux modifications hydrologiques liées
au changement climatique, il importe de réduire sa vulnérabilité à
un risque accru de manque d'eau dans ce contexte. Pour adapter
l?agriculture et l?aquaculture aux enjeux de raréfaction de la
ressource en eau, le plan d?actions pour une gestion résiliente et
concertée de l?eau, présenté en mars 2023, s?inscrit dans la
continuité du Varenne agricole de l?eau et de l?adaptation au
changement climatique, et de ses deux piliers : adapter les
systèmes agricoles au climat et garantir un accès raisonné à l?eau
à l?agriculture.
3
Sans que cela soit précisé systématiquement, la grande majorité
des mesures prévues est déclinée dans l?Hexagone et dans les
Outre-mer.
N
A. Assurer la protection des exploitations agricoles et aquacoles face aux aléas climatiques
et engager la transition vers des modèles résilients et bas carbone
Mise en oeuvre du dispositif rénové d'assurance récolte. Conformément aux engagements du
Gouvernement, et comme le prévoyait la loi d?orientation du 2 mars 2022, le dispositif rénové
d'assurance récolte est entré en vigueur au 1er janvier 2023 et le taux d?application de la loi a
atteint 100 % dès le mois d?avril 2023. A ainsi été créé un dispositif universel de couverture des
risques à « trois étages », permettant un partage du risque entre agriculteurs, entreprises
d?assurance et l?Etat, selon les principes suivants : les aléas courants (1er étage) sont assumés
par les agriculteurs, qui peuvent par ailleurs s'appuyer sur d'autres outils (comme la Dotation
pour Epargne de Précaution ? DEP) et aides à l?investissement dans du matériel de protection
(comme celles qui ont été déployées dans France Relance), de façon à améliorer la résilience
de leur exploitation face aux aléas climatiques ; les aléas significatifs (2e étage) sont pris en
charge par l?assurance multirisques climatiques subventionnée, pour les agriculteurs qui ont
fait le choix de s'assurer ; enfin, les aléas exceptionnels (3e étage) déclenchent une intervention
de l?État, via la solidarité nationale, y compris pour les agriculteurs non-assurés.
Gestion du risque climatique en agriculture en Outre-mer. L?ordonnance du 28 février 2024
prise sur le fondement de la loi du 2 mars 2022 d?orientation relative à une meilleure diffusion
de l?assurance récolte en agriculture et portant réforme des outils de gestion des risques
climatiques en agriculture a deux objectifs : elle précise les principes d?intervention du fonds
de secours pour les Outre-mer dans le domaine agricole et détermine les conditions dans
lesquelles les exploitants agricoles ultramarins peuvent accéder au Fonds national de gestion
des risques en agriculture (FNGRA). Elle a ouvert la possibilité d?un co-financement par les
fonds publics des primes ou cotisations d?assurance afférentes à un contrat de couverture des
cultures face aux aléas climatiques.
Plan global d?accompagnement des exploitations agricoles face au changement climatique
(adaptation et atténuation) (2023-2025) renommé ClimaTerra - financé dans le cadre du
programme CasDAR et piloté par Chambres d?agriculture France. Il s?agit de concevoir un plan
global d?accompagnement des agriculteurs permettant la transformation de leurs
exploitations pour gagner en résilience tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre.
Ce plan vise à sensibiliser et informer sur les enjeux du changement climatique, former les
conseillers et tester différents outils et méthodes, orienter et promouvoir les démarches de
transformation auprès de plus de 1 000 exploitations, mobiliser les collectifs d?agriculteurs dans
la transformation des exploitations agricoles en fournissant un accompagnement et un appui
à la réalisation de la transformation.
Mise en oeuvre d?un outil de diagnostic climat (atténuation et adaptation) adapté à l'agriculture
biologique (ACTT-FNAB) financé par le ministère chargé de la transition écologique et la
Fédération nationale d?agriculture biologique (FNAB) (2023/2024). Le diagnostic mis en oeuvre
en 2023 est conçu pour prendre en compte la diversité des productions en agriculture
biologique et ses itinéraires techniques spécifiques (approche systémique et non par atelier,
ajout de cultures, des engrais organiques par exemple). Le diagnostic est réalisé avec des
conseillers formés par la FNAB. Il permet, d'une part, de comprendre les émissions de la ferme
et, d'autre part, en simulant des changements de pratiques, de co-construire un plan d?actions
pour améliorer la performance climatique de l'exploitation. Les conseillers accompagnant
l'élaboration du plan d'actions seront formés en 2024 afin d'intégrer dans les leviers de
ACTIONS DÉJÀ ENGAGÉES
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changement l'enjeu de l'adaptation au changement climatique. Les données recueillies
contribueront à la constitution d'une base de données permettant de créer des références
pour l'agriculture biologique.
Mise en oeuvre du Plan stratégique national 2023-2027 (PAC). Le diagnostic du PSN a identifié
comme besoin le fait de rendre les systèmes agricoles plus résilients en combinant les
incitations à la modification des pratiques et des systèmes de production, et l?encouragement
à la prévention et à la protection contre les risques. Le besoin exprimé couvre l?adaptation des
espèces et des variétés (ce qui relève des actions de recherche, diffusion), la diversification
plus grande des systèmes d?exploitation agricoles et une gestion plus sobre des intrants. Il
comprend également la demande d?outils de prévention et de protection contre les risques au
travers des investissements, dont les infrastructures hydrauliques, d?outils de gestion des
risques comme l?assurance ou les fonds de mutualisation, et enfin, pour ce qui concerne la
forêt, l?optimisation de la gestion sylvicole et l?encouragement au renouvellement forestier.
L?incitation à la diversification des assolements est l?un des marqueurs du PSN, parce qu?elle
favorise la résilience en cas d?accident climatique. Elle passe à la fois par la « Bonne condition
agricole et environnementale » (BCAE) 7 de la conditionnalité, mais aussi par l?éco-régime au
travers de la voie d?accès des pratiques consistant à diversifier les assolements sur terres
arables, et certaines mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). Le PSN envoie
également un signal en direction de l?extensification de l?élevage en proposant des paramètres
des aides couplées bovines et de l?ICHN, qui fixent des plafonds d?animaux primables et des
limites de chargement animal maximales en fonction de la surface fourragère ; en effet, un
élevage plus extensif est moins vulnérable aux périodes de sécheresse (disponibilité des
fourrages). Les investissements notamment dans les infrastructures hydrauliques s?inscrivant
dans une gestion durable de la ressource en eau apportent également des réponses à ce besoin,
qui est couvert dans le PSN en articulation avec la mobilisation des outils de gestion des risques
au titre du besoin A6. En outre-mer, les MAEC et les aides à l?investissement sont les dispositifs
disponibles pour rendre les systèmes agricoles plus résilients.
Mise en oeuvre du programme d?options spécifiques à l?éloignement et à l?insularité (PAC).
Dans les Outre-mer, les circonstances exceptionnelles du POSEI sont un dispositif permettant
d?attribuer son aide à un exploitant au titre du niveau de production qu?il aurait atteint sans
survenance d?un aléa climatique ayant affecté sa production et fait l?objet d?un arrêté préfectoral
portant déclaration de sinistre. Le programme POSEI prévoit des taux d?aide revalorisés dès
lors que les exploitations sont certifiées HVE ou agriculture biologique. Il convient de mener
une évaluation de la mise en oeuvre du POSEI et des modifications qu'il devra comporter pour
répondre aux enjeux du changement climatique.
Mise en oeuvre du Plan « Aquacultures d?avenir 2021-2027 », notamment les actions relatives à la
gestion des risques climatiques, sanitaires, zoosanitaires et environnementaux, pour permettre
la résilience des entreprises face aux pertes de production et dégâts sur les infrastructures, et
les actions visant à soutenir les projets d?innovation et de recherche pour améliorer la
résistance des espèces et les techniques de production. Le plan Aquacultures d?avenir
comprend aussi une action en faveur du bien-être des poissons par le développement de la
recherche et le partage des bonnes pratiques, ce qui comprend aussi l?observation des savoir-
faire des éleveurs, de la recherche de leurs innovations pour protéger leurs productions
piscicoles de la hausse des températures et, à ce titre, une étude sociologique a été réalisée sur
la pisciculture d?étangs des Dombes pour identifier les pratiques d?adaptation déployées sur le
terrain.
B. Accompagner les démarches d'adaptation au changement climatique des filières et des
territoires dans une approche intégrée afin de construire un système alimentaire compétitif,
durable et résilient
Elaboration de feuilles de route d?adaptation au changement climatique des filières agricoles.
A l'issue du Varenne Agricole de l'eau et de l'adaptation au changement climatique, les filières
se sont engagées au travers d'une charte à élaborer une feuille de route de leur stratégie
d'adaptation et à conduire leurs plans d'actions d'ici à 2025. Dans le cadre de la mise en oeuvre
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du plan d?actions pour une gestion résiliente et concertée de l?eau, un volet « sobriété des usages
de l?eau » sera par ailleurs intégré aux feuilles de route. Le suivi de ces travaux a été confié à
FranceAgrimer.
Mise en oeuvre de la Stratégie nationale en faveur du développement des protéines végétales :
le financement de la stratégie nationale pour les protéines végétales a été doté de 150 M¤ sur
le fonds France Relance (2021-2022) et devrait être prolongé à partir de 2024, de façon à
accompagner les filières des protéines végétales de l?amont à l?aval, dans le cadre de la mise
en oeuvre des objectifs de planification écologique (réduire le recours aux fertilisants azotés et
donc les émissions associées aux épandages, décarboner les filières de production d?aliments
pour animaux, augmenter la consommation de légumes secs en alimentation humaine, diversifier
les assolements pour une meilleure résilience et allonger les rotations en intégrant des
légumineuses, etc.).
Mise en oeuvre du plan de souveraineté Fruits et Légumes adopté en 2023 qui soutiendra le
renouvellement et le développement des surfaces de vergers, avec des variétés résilientes et
adaptées aux aléas climatiques et sanitaires, ainsi que le développement des serres froides et
décarbonées pour le maraichage, en lien avec l?évolution des régimes alimentaires, dans
l?Hexagone comme dans les Outre-mer.
Mise en oeuvre des plans de souveraineté alimentaire dans les Outre-mer élaborés en 2023 et
fixant des cibles de production à horizon 2030. La déléguée interministérielle à la souveraineté
agricole des Outre-mer, nommée en mars 2024, a notamment pour mission de « faciliter
l'action des filières en faveur du développement d'une production agricole respectueuse de
l'environnement et d'une alimentation saine, durable et de qualité ».
Adaptation des industries agro-alimentaires aux défis du changement climatique, notamment
pour accompagner :
a. L?adaptation de l?outil industriel face à l?évolution des intrants et de leur qualité (capacité
à transformer des approvisionnements par à-coups, capacité à utiliser du matériel de tri des
variétés différentes, etc.), ainsi que de la prévention de la délocalisation et la relocalisation
de certaines usines agro-alimentaires ;
b. La contribution des entreprises agro-alimentaires à la transition de l?amont agricole pour
sécuriser les rendements agricoles et les approvisionnements de l?agroalimentaire ;
c. La réduction de leur consommation en énergie, en eau et, de manière générale, en intrants
(appui au diagnostic, à l'investissement et à la recherche) via l'élaboration de nouveaux
processus et la mise en place d'équipements et de pratiques plus économes ;
d. La mise en oeuvre de mesures de réduction, de recyclage et de réutilisation des emballages
accompagnée par des dispositifs de collecte et de consigne au niveau local ;
e. La numérisation de leurs activités, de manière intégrée au fil de la chaîne de production,
transformation et distribution, notamment pour assurer la traçabilité et la fiabilité des
produits « de la ferme à la fourchette » et même au-delà, pour la gestion des déchets.
Adoption et déploiement de la stratégie d?atténuation et d?adaptation au changement
climatique dans les Outre-mer : le comité interministériel des Outre-mer du 18 juillet 2023 a
permis d?adopter plusieurs mesures en faveur des Outre-mer. Cette stratégie comportera des
feuilles de route territoriales adaptées aux risques particuliers de chaque Outre-mer. Elle
définira les modes de rémunération pour les aménités naturelles.
C. Assurer la protection sanitaire et le bien-être des animaux
Adopter des mesures de restriction du transport d'animaux vivants. En période de vague de
chaleur, les opérations de chargement, de transport et de déchargement d?animaux de rente
peuvent être à l?origine de détresses respiratoires, de déshydratation et de stress thermique,
et mettre la vie des animaux en danger.
L?arrêté ministériel du 22 juillet 2019 restreint le transport routier d?animaux vertébrés vivants
durant les épisodes caniculaires et interdit le transport routier, dans le cadre d'une activité
économique, d'animaux vertébrés terrestres vivants de 13 heures à 18 heures durant les
épisodes caniculaires publiés sur le site de Météo-France (https://vigilance.meteofrance.com/).
https://vigilance.meteofrance.com/
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L'organisation des transports doit être basée sur la dernière carte publiée la veille du transport.
Des dérogations sont possibles lorsque le véhicule est équipé de systèmes de climatisation ou
d'un double dispositif de ventilation et brumisation permettant de réguler les températures
des animaux, si le transport concerne trois animaux ou moins ou lorsque les transports sont
rendus nécessaires pour des raisons vétérinaires ou de protection animale.
Dans le cadre de la révision des textes européens en matière de bien-être animal, cette
réglementation est amenée à évoluer suites aux discussions en cours sur le projet de texte
législatif concernant la protection animale en transport et ciblant entre autres les conditions
de température extrêmes (froid et chaleur).
Elaborer un plan de gestion des pics d'activité par les entreprises d'équarrissage. Action mise
en oeuvre dans le cadre du Plan de gestion des vagues de chaleur (publié le 8 juin 2023). Les vagues
de chaleur peuvent entraîner une mortalité excessive des animaux de rente et in fine une
augmentation du nombre de demandes de collecte de cadavres et donc un allongement du
délai pour leur collecte. Le retard de demande de collecte par l?éleveur après la mort de
l?animal et les conditions de stockage des cadavres à la ferme (température ambiante) peuvent
entrainer, en période de canicule, une augmentation de la dégradation des matières en attente
de collecte. Cette dégradation, qui peut être accentuée par le délai de stockage des matières
en usine d?équarrissage, impacte le fonctionnement des usines. La conséquence est alors un
allongement du délai de collecte en ferme.
La vigilance des usines d?équarrissage dans le cadre de leur plan de continuité d?activité en
période de vagues de chaleur doit être renforcée, en particulier concernant :
? le suivi de critères de pré-alerte d?un risque de dépassement de leur capacité de collecte,
de stockage et/ou de traitement des cadavres d?animaux,
? l?adaptation des modalités de collecte en termes de logistique,
? les modalités de communication, en situation de pré-alerte et de gestion de crise, avec les
pouvoirs publics, avec les éleveurs et, si nécessaire, avec les riverains, notamment les
données relatives à la surmortalité animale et aux capacités de collecte et de
transformation,
? l?organisation du travail en termes de moyens humains et de plages horaires de travail,
? les solutions de délestage et alternatives à mettre en oeuvre en cas de dépassement des
capacités de l?usine.
Echéance prévue pour l?élaboration du plan : fin 2025
Réviser les modalités de recours à l'enfouissement des cadavres d'animaux sur place ou aux
installations de stockage de déchets non dangereux. Action en cours : la cartographie des sites
d?enfouissement possibles est travaillée au sein du BRGM.
En cas de dépassement des usines de transformation, une réflexion est en cours sur le possible
recours à d?autres méthodes d?équarrissage comme l?incinération ou la co-incinération,
l?enfouissement dérogatoire à la ferme, en installations de stockage de déchets non dangereux
(ISDND), ou un autre lieu, dans des conditions empêchant la propagation des risques pour la
santé publique ou animale.
Des travaux du BRGM sont en cours pour établir un guide méthodologique et une cartographie
des sites d?enfouissement de cadavres d?animaux en cas de crise (surmortalité liée à un
évènement sanitaire ou à des vagues de chaleur). Une mise en test des résultats issus du guide
est en cours de réalisation au sein de la région Bretagne.
Le Code rural et de la pêche maritime ne mentionnant pas la possibilité de recourir à ces
méthodes dérogatoires (hors contexte sanitaire défavorable en cas d?apparition d?une maladie
réglementée), il devra être mis à jour et un décret sur les méthodes dérogatoires
d?enfouissement devra être publié.
Organiser la remontée des données issue des équarrisseurs et des élevages sur la (sur)mortalité
observée, que ce soit à propos des espèces concernées, du nombre d'animaux morts, des causes
liées à cette mortalité, que des données d'enregistrement des animaux enfouis sur place, ou
transférés en stockage sur un autre lieu ou des demandes d'enlèvements à assurer par les
7
équarrisseurs. Action en cours et pérenne à mettre en place afin d?organiser la remontée des
données chiffrées stabilisées des différents opérateurs nationaux.
Ce travail est déjà mis en place pour les entreprises d?équarrissage qui sont mises en alerte dès
qu?une vague de chaleur est annoncée afin d?anticiper un éventuel pic d?activité et de pouvoir
adapter leur organisation en conséquence.
Pour organiser la remontée des données de suivi de la (sur)mortalité issue des élevages, un
travail de réflexion préalable est à conduire. Des moyens financiers seront nécessaires afin
d?adapter ou de créer une remontée des données informatisée et fiable.
Réaliser une campagne récurrente d'information et de responsabilisation des détenteurs
d'animaux face au danger "canicule". Action pérenne et mise en oeuvre dans le cadre du Plan
de gestion des vagues de chaleur (publié le 8 juin 2023)
Campagne d?information et de responsabilisation des propriétaires et des détenteurs
d?animaux. En cas de fortes chaleurs, les animaux peuvent être exposés à des conditions
préjudiciables à leur bien-être et à leur survie, faute d?une sensibilisation suffisante de leurs
détenteurs sur les effets néfastes d?une vague de chaleur et sur les moyens existants pour en
limiter ses conséquences, et du fait d?une méconnaissance de leurs responsabilités précisées à
l?article L. 214-1 du code rural et de la pêche maritime.
Une campagne nationale d?information sera menée et ciblée auprès des professionnels de
l?élevage des animaux de rente ou de compagnie, des transporteurs d?animaux, et des détenteurs
d?animaux sauvages (éleveurs amateurs ou professionnels, parcs zoologiques, cirques notamment).
Enfin, cela concerne également le grand public pour les animaux de compagnie et les équidés
afin que les propriétaires et les détenteurs prennent les mesures préventives et de gestion pour
garantir le bien-être de leurs animaux en cas de vague de chaleur.
Cette campagne d?information sera véhiculée par la presse spécialisée et/ou par des moyens
dématérialisés relayés par les organisations professionnelles de l?élevage, les intégrateurs, les
chambres d?agriculture, les instituts techniques d?élevage, les réseaux de parcs zoologiques, les
représentants des animaleries, les associations d?éleveurs d?animaux non domestiques, la
commission nationale des professions foraines et circassiennes, les collectivités territoriales,
les services de l?État à l?attention de la population cible.
Cette campagne d?information et de responsabilisation des propriétaires et des détenteurs
d?animaux consistera à faire passer des messages adaptés tout au long de l?année, hors période
estivale, à l?approche de l?été, alors que les conditions climatiques sont normales et en phase
de pré-alerte et durant une vague de chaleur.
Renforcer les aspects de communication, d?information, de formation, de contrôles et
l?application de sanctions du respect des modalités de bien-être animal. Action pérenne à
conduire sur l?ensemble des thématiques du bien-être animal : élevage, transport (et
opérations connexes) et abattage afin de couvrir l?ensemble de la vie des animaux.
La plupart des mesures de cette action sont déjà mises en oeuvre, mais certains axes peuvent
être renforcés, tant au sein de l?action publique qu?avec le partenariat mis en place avec
l?ensemble des acteurs. Cette action complète est donc à développer, les dernières avancées
en la matière par exemple l?accord conclu entre le MASA, le ministère de l?Intérieur et la SPA
de Paris répondent en partie à cette action, mais pour autant, un important travail reste à faire
(par exemple avec la Chancellerie, la formation sur les actions de justice en faveur des
animaux), notamment en communication (y compris envers le grand public pour valoriser
l?action publique en faveur des animaux), mais aussi en matière d?information, de formation et
de mise en place des contrôles et mesures de sanction. Le développement des effectifs des
services d?inspection serait un moyen efficace d?atteindre cet objectif.
Mettre en oeuvre une surveillance du risque de colonisation de nos campagnes par des espèces
pollinisatrices allochtones qui trouveraient un climat plus favorable à leur installation, au
détriment des abeilles et pollinisateurs sauvages autochtones dont les colonies sont en déclin.
La population des pollinisateurs européens est en déclin (enjeux de biodiversité) depuis
plusieurs années. Les raisons de ce déclin sont multiples (manques de ressources, pesticides et
8
varroa notamment), mais le réchauffement climatique va accroître certains aspects néfastes
aux colonies d?abeilles domestiques et sauvages locales, par l?intensification du manque de
ressources (eau et floraison) et l?instauration d?un climat plus chaud et plus adapté aux
pollinisateurs et espèces exotiques envahissantes tels que le frelon asiatique qui vont trouver
un climat plus propice à leur installation dans nos campagnes et à leur développement, entrant
ainsi directement en compétition sur la disponibilité des ressources du territoire laissé à nos
abeilles et pollinisateurs locaux. Ce phénomène risque de causer la perte accélérée de nos
abeilles domestiques (et par conséquent l?effondrement de la production de miel), ainsi que le
déclin de la pollinisation de nos productions arboricoles (la France est le 4ème pays européen
de la production de fruits) et plus généralement de nos pollinisateurs et insectes autochtones.
En 2021, la France s?est dotée d?un plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la
pollinisation mis à la consultation du publique du 28 juin au 20 juillet 2021, afin de recueillir les
contributions qui ont alimenté le contenu du plan. Si celui-ci comporte différents leviers, tels
que l?amélioration des connaissances scientifiques, l?accompagnement financier ou encore la
formation, il comprend également une importante partie sur le risque sanitaire et sur le bien-
être des abeilles domestiques. A ce titre, un guide de bonnes pratiques a été publié en 2022
pour aider les apiculteurs lors de leur première acquisition d?une colonie et une étude
sociologique est en cours pour enquêter auprès des apiculteurs et recueillir de l?information
sur l?impact climatique sur les abeilles domestiques, ainsi que de traquer les innovations mises
en place pour protéger les colonies.
Promouvoir l'adaptation au changement climatique dans les objectifs de sélection des
animaux d'élevage. Les soutiens aux instituts techniques et organismes de sélection sur crédits
CASDAR (8 M¤/an) valorisent la contribution du programme de génétique animale aux thèmes
prioritaires du PNDAR 2022-2027, dont l?adaptation des systèmes de production animale au
changement climatique est un thème prioritaire. L?IFREMER et le SYSAAF jouent un rôle central
dans la sélection de cheptels aquacoles adaptés aux évolutions climatiques. En outre, il est
important d?assurer la pérennisation des conservatoires CONSOM et CRECHE financés en
partie par des crédits de la DGAMPA dont les coûts ont fortement augmenté en répercussion
des hausses des coûts de l?énergie.
A. Assurer la protection des exploitations agricoles et aquacoles face aux aléas climatiques
et engager la transition vers des modèles résilients et bas carbone
1. Réaliser un diagnostic modulaire pour évaluer la vulnérabilité des exploitations au
moment de l?installation et de la transmission
2. Evaluer et réviser le Plan stratégique national 2023-2027 pour mieux prendre en compte
les enjeux d?adaptation au changement climatique
3. Mettre en oeuvre le Pacte en faveur de la haie contribuant à l?atténuation et l?adaptation
au changement climatique
4. Déployer le fonds « Entrepreneurs du vivant » en faveur du portage de capitaux et de
foncier (Mesure 25 du Pacte d?orientation pour le renouvellement des générations en
agriculture)
5. Favoriser les pratiques agro-écologiques et le maintien en agriculture biologique par les
règles de priorité relatives au contrôle des structures (mesure 28 du Pacte d?orientation
pour le renouvellement des générations en agriculture)
ACTIONS NOUVELLES
9
6. Paiements pour Services Environnementaux (PSE) : identifier les indicateurs et déployer
les PSE pour maintenir et développer les prairies, les zones humides et les infrastructures
agro-écologiques
7. Développer les solutions fondées sur la nature dans le secteur aquacole
8. Créer un mécanisme de soutien aux services environnementaux en aquaculture
B. Accompagner les démarches d'adaptation au changement climatique des filières et des
territoires dans une approche intégrée afin de construire un système alimentaire compétitif,
durable et résilient
9. Mesure « Fonds en faveur de la souveraineté et des transitions »
10. Mettre en oeuvre le programme ambition BIO 2027
11. Sensibiliser les Organismes de Défense et de Gestion (ODG) des produits sous signe
d?identification de la qualité ou de l?origine (SIQO) pour intégrer dans leurs cahiers des
charges des leviers d?adaptation au changement climatique
12. Engager une réflexion sur la définition d'indicateurs de risques climatiques agricoles et
de mise en oeuvre de mesures d'adaptation, afin de pouvoir suivre le déploiement de la
politique d'adaptation de l'agriculture
13. Mettre en oeuvre les plans de souveraineté alimentaire dans les Outre-mer
14. Renforcer l?intégration des enjeux d?adaptation dans les Projets alimentaires Territoriaux
(PAT).
C. Assurer la protection sanitaire et le bien-être des animaux
15. Elaborer un plan d?adaptation et de continuité de l'activité des élevages et des
entreprises aux activités connexes à l?élevage (fournisseurs d?aliments, de médicaments
vétérinaires, d?ateliers d?abattage et de découpes, de transport, couvoirs, etc.)
16. Réaliser une veille et construire une stratégie sur le risque des maladies émergentes :
assurer le suivi et la surveillance des risques épidémiologiques encourus par les animaux
(terrestres et aquatiques) engendrés par la hausse des températures ainsi que sur les
risques sanitaires (liés aux bioagresseurs) pour les végétaux
17. Développer l?ombrage au pâturage et permettre l?accès à l?extérieur pour favoriser le
bien-être des animaux lors de fortes chaleurs
18. Elaborer un réseau de secouristes et un plan d?intervention afin de venir en aide aux
animaux terrestres qui seraient sinistrés car mis en danger par la survenue d?un accident
climatique majeur
19. Pour les productions aquacoles, développer les itinéraires techniques permettant une
meilleure adaptation au changement climatique
20. Pour les Outre-mer, lancer une mission CGAAER afin de déterminer si et comment les
agriculteurs peuvent être intégrés au fonds de mutualisation sanitaire et
environnemental
21. Mettre en place un plan de communication pour éclairer le consommateur à soutenir les
productions respectueuses du bien-être animal, de la santé humaine, de l?environnement
et durables dans ses actes d?achat.
10
D. Adapter les productions agricoles et aquacoles et renforcer leur résilience face au
risque de raréfaction de l?eau et à la modification des régimes de précipitations en
mobilisant une combinaison de solutions à adapter localement (Plan Eau)
22. Mesure n° 1 du Plan Eau : « Pour toutes les filières économiques : établissement d?un plan
de sobriété pour l?eau pour contribuer à l?atteinte de -10% de prélèvements en eau à
l?horizon 2030. Pour le secteur agricole, l?objectif est une stabilité des prélèvements. »
23. Mesure n° 4 du Plan Eau : « Pour les agriculteurs : 30 M¤ supplémentaires par an seront
consacrés au soutien des pratiques agricoles économes en eau. »
24. Mesure n° 11 du Plan Eau : « Il sera progressivement mis fin aux autorisations de
prélèvement au-delà de ce qui est soutenable dans les bassins versants dits en
déséquilibre. »
25. Mesure n° 15 du Plan Eau : « Les freins règlementaires à la valorisation des eaux non
conventionnelles seront levés dans l?industrie agro-alimentaire, dans le respect de la
protection de la santé des populations et des écosystèmes. »
26. Mesure n° 19 du Plan Eau : « La récupération des eaux de pluie de toiture des bâtiments
agricoles (notamment bâtiments d'élevage, pour l'abreuvement des animaux) sera
largement soutenue en vue de sa généralisation via des aides des agences de l?eau. »
27. Mesure n° 21 du Plan Eau : « Un fonds d'investissement hydraulique agricole sera abondé
à hauteur de 30 M¤/an pour remobiliser et moderniser les ouvrages existants (curages de
retenues, entretien de canaux, etc.) et développer de nouveaux projets dans le respect
des équilibres des usages et des écosystèmes. »
28. Mesure n° 30 du Plan Eau : développement des Solutions fondées sur la nature
29. Mesure n° 48 du Plan Eau : « Un volet eau de France 2030 couvrira l'ensemble de la chaine
de valeur et des usages liés à l'eau (gestion de la ressource brute, usages de l'eau, maîtrise
de la donnée et de son analyse, traitement des eaux), comme soutien transversal aux
innovations des entreprises françaises. »
A. Assurer la protection des exploitations agricoles et aquacoles
face aux aléas climatiques et engager la transition vers des
modèles résilients et bas carbone
ACTION 1
Réaliser un diagnostic modulaire pour évaluer la vulnérabilité des
exploitations au moment de l?installation et de la transmission
Le diagnostic permettra notamment d?accompagner la transmission des exploitations ou
l?installation de nouveaux exploitants et d?accélérer leurs transitions agro-écologique et
climatique, dans l?Hexagone comme dans les Outre-mer. Il pourra également constituer un outil
d?orientation et d?accompagnement des exploitations aux différentes étapes de la vie des
exploitations.
Il comprendra en particulier un stress-test climatique à horizon 2050 réalisé selon la Trajectoire
de réchauffement de référence pour l?adaptation au changement climatique.
Une réflexion sera engagée pour l?étendre aux exploitations aquacoles.
11
PILOTE MASA
BUDGET
Début du financement dans le cadre de la LF 2024 dans le cadre d?un
appel à projets mis en oeuvre par l?ADEME
CALENDRIER À partir de 2026
INDICATEUR Nombre de diagnostics réalisés
ACTION 2
Evaluer et réviser le Plan stratégique national 2023-2027 (PAC) pour
mieux prendre en compte les enjeux d?adaptation au changement
climatique dans les interventions pour accompagner la transition
des pratiques agricoles
Le Plan Stratégique National de la PAC fera l?objet d?une révision à mi-parcours en 2025 (pour
mise en oeuvre en 2026). Cette révision dressera un bilan de la première année d?application du
PSN (2023) au regard des objectifs poursuivis, notamment en matière de dynamique de
progression de l?agriculture biologique, de développement des infrastructures agro-
écologiques comme les haies, les prairies et les bandes enherbées et de contractualisation des
MAEC. Ces éléments permettront d?affiner les travaux d?évaluation à conduire en vue de la
révision du PSN à mi-parcours afin de contribuer à atteindre les objectifs stratégiques fixés,
notamment en matière de biodiversité et d?adaptation.
PILOTE MASA
BUDGET À définir
CALENDRIER
2024 : Bilan
2025 : Révision
2026 : Mise en oeuvre
INDICATEUR
ACTION 3
Mettre en oeuvre le Pacte en faveur de la haie contribuant à
l?atténuation et l?adaptation au changement climatique
Le Pacte en faveur de la haie et la mesure 23 de la SNB visent à mettre un coup d?arrêt à la
perte de linéaire de haies, développer les plantations, améliorer la gestion et valoriser les
services fournis par les haies, dans l?Hexagone comme dans les Outre-mer. L?objectif principal
du pacte est d?atteindre un gain net de + 50 000 km de haie de 2024 à 2030.
Les services écologiques fournis par les haies contribuent à l?atténuation et à l?adaptation au
changement climatique (augmentation de la matière organique dans les sols, meilleure
infiltration et rétention d?eau, plus grande résilience face aux évènements extrêmes), à la
réduction de l?érosion des sols ainsi qu?à la préservation de la biodiversité. Les pratiques de
12
gestion durables des haies sont également une source de valorisation économique de long
terme. Les leviers principaux activés par le pacte sont les suivants : création d?un observatoire
des haies, simplification et harmonisation de la réglementation, structuration de l?amont pour
produire des plants en quantité et en qualité, accompagnement à la plantation et à la gestion
durable des haies, structuration de filières de valorisation du bois bocager aval issues de gestion
durable, développement de la connaissance et de la formation.
PILOTES MASA et DEB
BUDGET
LF 2024 : Soutien à la production de graines et plants, à la plantation, à la
gestion durable, à la formation et aux outils de transformation
CALENDRIER 2024-2030
INDICATEURS Linéaire de haies plantées (en kml)
ACTION 4
Déployer le fonds « Entrepreneurs du vivant » en faveur du portage
de capitaux et de foncier (Mesure 25 du Pacte d?orientation pour le
renouvellement des générations en agriculture)
Dans le cadre du Pacte d?orientation, l?État et les acteurs institutionnels, locaux ou privés
s?engagent à soutenir le développement des outils de portage du foncier et des capitaux, afin
de faciliter l?installation et la transmission en agriculture, et soutenir les investissements
nécessaires à la reconception des systèmes de production à l?échelle de l?exploitation.
Dans cette perspective, l?État s?engage, dans une logique de complémentarité avec les
dispositifs existants au niveau local, à déployer 400 M¤ de soutien en fonds propres aux
solutions de portage innovantes pour les exploitations agricoles ainsi qu?au développement
des solutions innovantes en faveur de la transition agro-écologique, dans le cadre de la mise en
oeuvre du fonds « Entrepreneurs du vivant » de France 2030.
Ce fonds sera confié en gestion à la Caisse des dépôts - Banque des territoires, et interviendra
en prenant des participations dans des fonds de portage nationaux ou régionaux qui, eux,
achètent du foncier pour le mettre à disposition des agriculteurs progressivement, et leur
permettre de l?acquérir au moment de leur choix. Il interviendra également auprès de fonds
réalisant des prises de participation plus globale au capital des sociétés pour en faciliter la
transmission et la reprise.
PILOTES SGPI, MASA et MINEFI
BUDGET
Engagement de l?Etat à déployer 395 M¤ de soutien en fonds propres.
France 2030 ? mobilisation de la Caisse des dépôts
CALENDRIER À partir de 2024
INDICATEUR Volume d?engagement des fonds
13
ACTION 5
Favoriser les pratiques agroécologiques et le maintien en agriculture
biologique par les règles de priorité relatives au contrôle des
structures (mesure 28 du Pacte d?orientation pour le
renouvellement des générations en agriculture)
Certaines situations environnementales particulièrement sensibles doivent être prises en
considération pour les rendre compatibles avec les activités agricoles, et continuer ainsi de
garantir la souveraineté alimentaire du pays.
Ainsi, les règles de priorité relatives au contrôle des structures seront modifiées afin de :
? favoriser les projets d?exploitations déployant des pratiques agro-écologiques sur les zones
humides et dans les aires d?alimentation prioritaires de captage prioritaires (Bio, HVE, élevage
extensif, etc.) ;
? favoriser le maintien des terres en agriculture biologique si elles sont déjà exploitées en
agriculture biologique. Cette mesure permettra de prendre en compte les délais propres
à la conversion en agriculture biologique et l?investissement, y compris économique, déjà
engagé sur ces terres.
Ces révisions du contrôle des structures ne doivent pas nuire à l?installation et en première
intention ce sont bien les nouvelles exploitations qui seront à privilégier. En revanche, si aucun
candidat à l?installation ne peut répondre aux critères évoqués ci-dessus, les terres pourront
aller à l?agrandissement, en privilégiant là aussi tant que possible des pratiques vertueuses.
La mise en oeuvre de ces dispositions se fera par voie infra-réglementaire, en modernisant
l?instruction technique relative aux schémas directeurs régionaux des exploitations agricoles.
PILOTE MASA
BUDGET
CALENDRIER 2025
INDICATEUR
ACTION 6
Paiements pour Services Environnementaux (PSE) : identifier les
indicateurs et déployer les PSE pour maintenir et développer les
prairies, les zones humides et les infrastructures agro-écologiques
Dans un premier temps, il s?agit d?identifier des indicateurs des PSE contribuant à la résilience
des exploitations agricoles face au changement climatique. Il s'agit de maintenir et développer
les prairies, les zones humides et les infrastructures agro-écologiques, ou préserver et améliorer
la santé des sols (structure et activité biologique) pour leur intérêt en termes de rétention et
de filtration de l'eau. Les jeux d'indicateurs établis permettront de guider les porteurs de
projets dans le choix de leur action. Dans un second temps, il s?agit de recenser les PSE qui
contribuent à l?"adaptation au changement climatique" financés par les acteurs publics,
notamment les agences de l'eau et collectivités territoriales. Un développement des PSE en
Outre-mer est envisagé mais il reste à construire.
14
PILOTE CGDD
BUDGET Budget des Agences de l?eau et collectivités
CALENDRIER 2025 - 2027
INDICATEURS
- Nombre de PSE construits sur un ou des indicateurs contribuant à la
résilience des exploitations agricoles face au changement climatique
- Nombre d?agriculteurs engagés dans des PSE
ACTION 7
Développer les solutions fondées sur la nature dans le secteur
aquacole
Il s?agit de soutenir les actions d?aquaculture restauratrice (culture ou élevage d?espèces visant
à améliorer l?état d?écosystèmes dégradés, sauvegarde d?espèces sauvages menacées par
captage et production) en s?inspirant de projets existants (restauration de l?huitre plate) et en
soutenant ceux en construction (projet en rade de Brest).
En s?appuyant notamment sur les conclusions du projet SEPURE (Nouvelles stratégies de
construction et de conduite de système de production en étang pour une pisciculture durable)
(2020-2023), il s?agit d?identifier les sites d?étangs à vocation piscicole dans une optique de
conservation voire de revalorisation afin de permettre la résilience des territoires (maintien /
développement de la biodiversité en zones humides, lutte contre l?envasement, intégration
territoriale, réserve d?eau, soutien d?étiage) tout en soutenant des élevages piscicoles extensifs.
Une réflexion similaire pourra être menée sur la revalorisation des zones de marais, dans une
logique d?éco-aquaculture.
PILOTE DGAMPA, avec l?appui de la DEB
BUDGET FEAMPA ? régime exempté
CALENDRIER
À compter de 2024.
INDICATEUR
Nombre de sites maintenus ou revalorisés sur la base de pratiques
aquacoles s?appuyant sur des solutions fondées sur la nature
ACTION 8
Créer un mécanisme de soutien aux services environnementaux en
aquaculture
L?objectif est de favoriser les solutions permettant aux aquaculteurs de s?adapter au
changement climatique et de faciliter la résilience des territoires.
PILOTES DGAMPA et Régions
15
BUDGET FEAMPA ? régime exempté (estimation en cours)
CALENDRIER
2025 : Identification des services environnementaux et estimation de la
valorisation financière au regard de l?opportunité et des apports conjoints
pour les territoires et la profession aquacole
2026 : Proposition d?un dispositif d?accompagnement
INDICATEUR
Nombre d?exploitations bénéficiant de ce mécanisme, le cas échéant avec
suivi scientifique et/ou technique permettant de valoriser les bonnes
pratiques et d?assurer l?efficience du dispositif
B. Accompagner les démarches d'adaptation au changement
climatique des filières et des territoires dans une approche
intégrée afin de construire un système alimentaire compétitif,
durable et résilient
ACTION 9
Mesure « Fonds en faveur de la souveraineté et des transitions »
Il s?agit de financer des démarches de structuration des filières amont et aval, afin de leur
permettre, dans le contexte de souveraineté alimentaire, d?adapter leur modèle économique
aux exigences de décarbonation des activités, de transition écologique, de sobriété en intrants, de
développement de la production d?énergie renouvelable et d?adaptation au changement
climatique.
PILOTE MASA
BUDGET 184 M¤ engagés en 2024
CALENDRIER Lancé en 2024
INDICATEUR
ACTION 10
Mettre en oeuvre le programme ambition BIO 2027
Ce programme permettra d?accompagner le développement des filières en agriculture
biologique, notamment grâce à une combinaison de moyens et d?actions en faveur de la
pérennisation et de l?augmentation des surfaces biologiques (à travers le crédit d?impôt bio et
les aides de la PAC), de la consolidation des filières biologiques (à travers le prolongement et
le renforcement du Fonds avenir BIO) et de la relance de la consommation (à travers le
renforcement et la pérennisation des crédits de communication sur l?agriculture biologique et
le soutien à l?atteinte des objectifs de la loi Egalim, notamment en restauration collective pour
l?Etat).
PILOTE MASA
16
BUDGET À définir
CALENDRIER Lancé en 2024
INDICATEURS
Indicateurs du PAB
ACTION 11
Sensibiliser les Organismes de Défense et de Gestion (ODG) des
produits sous signe d?identification de la qualité ou de l?origine
(SIQO) pour intégrer dans leurs cahiers des charges des leviers
d?adaptation au changement climatique
PILOTE MASA
BUDGET À définir
CALENDRIER À définir
INDICATEUR
Pourcentage d?ODG sensibilisés par l?INAO aux mesures de durabilité, dont
l?adaptation au changement climatique
ACTION 12
Engager une réflexion sur la définition d'indicateurs de risques
climatiques agricoles et de mise en oeuvre de mesures d'adaptation,
afin de pouvoir suivre le déploiement de la politique d'adaptation
de l'agriculture
Il s?agit d?exploiter les résultats du recensement agricole pour analyser finement :
1- L?adaptation des systèmes d'élevage aux échelles pertinentes en s'appuyant notamment
sur le développement de l'autonomie alimentaire des élevages. L'exploitation du
recensement agricole devrait permettre d'établir un état des lieux des évolutions sur le
territoire national et d'identifier les zones exemplaires ou nécessitant une attention
particulière.
2- L'adaptation dans les systèmes de culture en s'appuyant sur l'allongement des rotations,
la diversification des cultures, la présence d'infrastructures agro-écologiques, le niveau de
sécurisation pour l?accès à l?eau.
PILOTE MASA
BUDGET À définir
CALENDRIER
17
INDICATEUR
ACTION 13
Mettre en oeuvre les plans de souveraineté alimentaire dans les
Outre-mer
Les plans de souveraineté alimentaire des Outre-mer ont été élaborés et signés (sauf en
Martinique) en 2023. Ils comprennent un état des lieux de la production locale et des cibles de
production à horizon 2030 afin de renforcer la couverture des besoins locaux de
consommation et de réduire la part des importations dans l?alimentation locale. Ils recensent
les freins et leviers pour renforcer la souveraineté alimentaire dans chacun des territoires.
L?outil majeur de déclinaison des stratégies sera le programme d?options spécifiques à
l?éloignement et à l?insularité en tant que déclinaison du premier pilier de la politique agricole
commune dans les Outre-mer. Le suivi de leur mise en oeuvre est confié à la déléguée
interministérielle à la souveraineté agricole des Outre-mer qui a notamment pour mission de
« faciliter l'action des filières en faveur du développement d'une production agricole
respectueuse de l'environnement et d'une alimentation saine, durable et de qualité ».
PILOTE DISAOM
BUDGET POSEI
CALENDRIER Jusqu?en 2030
INDICATEUR
ACTION 14
Renforcer l?intégration des enjeux d?adaptation dans les Projets
alimentaires Territoriaux (PAT)
En 2024 ? 10ème anniversaire de l?inscription du dispositif dans la loi ? une nouvelle impulsion
est donnée aux Projets alimentaires territoriaux (PAT). Les critères de reconnaissance ont
évolué pour s?assurer du caractère systémique des plans d?actions, intégrant à la fois les enjeux
économiques, environnementaux, sanitaires et sociaux, pour s?assurer de leur articulation avec
les autres schémas et plans du territoire (CRTE, PCAET, CLS, SCoT, etc.), et de leur capacité à
suivre et à rendre compte de leur impact.
Dans cette optique, il est proposé de renforcer l?intégration des enjeux d?adaptation, tels que
décrits dans les actions de cette mesure, aux PAT pour amplifier le mouvement d?adaptation
au changement climatique de l?agriculture à l?échelle territoriale.
PILOTE MASA
BUDGET Planification écologique ? 15 M¤ en 2024
CALENDRIER À définir
18
INDICATEUR Part de la SAU couverte par des PAT de niveau 2 (phase opérationnelle)
C. Assurer la protection sanitaire et le bien-être des animaux
ACTION 15
Elaborer un plan d?adaptation et de continuité de l'activité des
élevages et des entreprises aux activités connexes à l?élevage
(couvoirs, fournisseurs d?aliments, de médicaments vétérinaires,
d?ateliers d?abattage, de découpes et de transformation, de
transport etc.)
L?ensemble de ces activités connexes à l?élevage sont fortement dépendantes de la
disponibilité des énergies (électriques, carburants et gaz) et des prix des matières premières et
du transport, ce qui les rend sensibles aux variations climatiques, aux restrictions de transport
des marchandises, liés à la disponibilité des réseaux de distribution des ressources énergétiques
et leur prix de marché. Ces entreprises sont déjà prises en compte lors de prévisions de mesures
de délestage énergétique, mais si ces restrictions devaient se répéter et durer alors leur
fonctionnement pourrait être directement impacté et risquer de rompre la chaîne de
production et de distribution de denrées alimentaires auprès de la population. Un plan
d?adaptation au regard de la trajectoire de réchauffement de référence pour l?adaptation au
changement climatique doit être élaboré et mis en oeuvre pour ne pas risquer la rupture.
PILOTE MASA
BUDGET À définir
CALENDRIER 2025-2026
INDICATEUR Plan d?adaptation de l?élevage adopté et publié
ACTION 16
Réaliser une veille et construire une stratégie sur le risque des
maladies émergentes : assurer le suivi et la surveillance des risques
épidémiologiques encourus par les animaux (terrestres et
aquatiques) engendrés par la hausse des températures
La surveillance de maladies épizootiques est déjà une réalité du quotidien des services de la
DGAL, mais elle doit être adaptée au risque de maladies émergentes qui pourraient se
multiplier et/ou se répandre avec le réchauffement climatique, sur les animaux (terrestres et
aquatiques). La cellule de surveillance épidémiologique doit s?intensifier et anticiper les risques
de survenues de maladies tropicales, équatoriales dans les zones actuellement plus tempérées
de notre climat habituel. Cette action est à conduire avec des partenaires tels que le CIRAD,
l?ANSES, l?IFREMER et l?INRAE.
19
PILOTE MASA
BUDGET Partenariats pour le suivi et la surveillance des risques épidémiologiques
CALENDRIER À définir
INDICATEUR Elaboration d?une stratégie sur le risque lié aux maladies émergentes
ACTION 17
Développer l?ombrage au pâturage et permettre l?accès à l?extérieur
pour favoriser le bien-être des animaux lors de fortes chaleurs
Il s?agit notamment de mettre en oeuvre le pacte en faveur de la haie pour les exploitations
d?élevage et de mettre en place des parcours vers l?extérieur pour les animaux.
A noter que la notion d?ombrage ne doit pas se résumer à la seule prise en compte et présence
de haies, car elles n?offrent un abri naturel aux animaux d?élevage que partiel. Les autres
éléments naturels, tels que les arbres isolés ou alignés, les bosquets, les bordures de bois,
offrent de meilleures conditions d?abri et d?ombrage aux animaux lorsque ceux-ci y ont accès.
PILOTE MASA
BUDGET Financements notamment dans le cadre du pacte en faveur de la haie
CALENDRIER À définir
INDICATEUR
ACTION 18
Elaborer un réseau de secouristes et un plan d?intervention afin de
venir en aide aux animaux terrestres qui seraient sinistrés car mis en
danger par la survenue d?un accident climatique majeur (incendie,
tempêtes, inondations, éboulement de terrain, avalanche, etc.)
Les accidents climatiques se multiplient en France et les animaux vivant avec les hommes n?en
sont pas épargnés. Le plan ORSEC (organisation de la réponse de sécurité civile), mis en place
en France, ne tient pas compte des animaux et la Loi n°2021-1520, dite loi MATRAS du 25
novembre 2021 visant à consolider notre modèle de sécurité? civile (?) inclut désormais la prise
en charge des animaux.
Lors de catastrophes naturelles telles que des incendies, des inondations ou d'autres sinistres,
il est souvent constaté l?absence de prise en charge des animaux. En 2021, d?après un rapport
publié par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises, au niveau
national, 1 445 interventions des SDIS concernaient les animaux. De plus, un rapport de l?IFAW
a montré qu?en avril 2022 quatre incendies survenus dans différents élevages ont causé la mort
de plus de 12 900 animaux (rapport IFAW). Ces pertes, qui affectent considérablement les
cheptels, engendrent des coûts importants pour les agriculteurs, qui pourraient être évités
20
avec la mise en place d?un plan d?intervention adapté. Cette action est d?autant plus
importante au vu de l?évolution de la relation entre les animaux domestiques et leur détenteur.
L?animal est aujourd?hui considéré comme un membre à part entière de la famille, ce qui a pour
conséquence le refus du propriétaire de laisser son animal lors d?une catastrophe. De même, il
peut arriver que le propriétaire accepte au départ de le laisser puis de changer d?avis, et de
revenir sur les lieux du sinistre pour sauver l?animal, mettant sa vie et celle des sauveteurs en
danger. Il est donc indispensable d?anticiper ces risques, en créant un réseau de secouristes
dédiés pour cette situation, de mettre en place une formation pour les parties prenantes
(éleveurs, pompiers, étudiants vétérinaires, etc.), d?établir une cartographie des partenaires
(refuges, SDIS, etc.), ainsi qu?un plan de gestion et d?intervention complet.
PILOTE MASA
BUDGET A définir
CALENDRIER A partir de 2025
INDICATEURS
- Publication du plan de formation et d?intervention de sauvetage des
animaux sinistrés (PFISAS)
- Nombre de formations dispensées
ACTION 19
Pour les productions aquacoles, favoriser et développer les
connaissances et l?innovation pour améliorer le niveau de santé et
de bien-être des animaux, en vue de développer des modalités
d?élevage et les moyens de protection permettant une meilleure
adaptation au changement climatique
Il s?agit par exemple de mettre en place des pompages pour recirculer l?eau en période
d?étiage, de développer l?AMTI, de favoriser l?élevage d?espèces aquacoles résilientes au
changement climatique, de mettre en place des systèmes d?eau recirculés couplés à des
systèmes d?énergie renouvelables, etc.
PILOTES DGAMPA, DGAL et Régions
BUDGET FEAMPA / régime exempté ? Fonds de souveraineté alimentaire
CALENDRIER Action pérenne
INDICATEUR
Nombre d?itinéraires techniques développés intégrant les enjeux
d?adaptation au changement climatique pour les productions aquacoles
21
ACTION 20
Pour les Outre-mer, lancer une mission CGAAER afin de déterminer
si et comment les agriculteurs ultramarins peuvent être intégrés au
fonds de mutualisation sanitaire et environnemental.
Les éleveurs des Outre-mer sont confrontés à l?apparition et à la diffusion de maladies
affectant leurs troupeaux. Le changement climatique risque d?augmenter la pression des
bioagresseurs. De la même manière, les productions végétales sont soumises à une forte
pression sanitaire, surtout dans un contexte d?utilisation moindre de produits phytosanitaires.
Dans ce contexte, une mission sera confiée au conseil général de l?Alimentation, de
l?Agriculture et des Espaces Ruraux pour émettre des propositions visant à une meilleure prise
en compte des risques sanitaires et environnementaux auxquels sont confrontés les
agriculteurs des Outre-mer, notamment en déterminant les conditions qui permettraient aux
agriculteurs ultramarins de participer et de bénéficier du fonds national agricole de
mutualisation du risque sanitaire et environnemental.
PILOTE MASA
BUDGET Pas de besoin complémentaire
CALENDRIER 2025
INDICATEUR
ACTION 21
Mettre en place un plan de communication pour éclairer le
consommateur à soutenir les productions respectueuses du bien-
être animal, de la santé humaine, de l?environnement et durables,
dans ses actes d?achat
Les éleveurs attendent des prix plus rémunérateurs et le soutien des productions françaises par
les consommateurs et ceux-ci attendent une meilleure information sur les denrées animales du
commerce. Pourtant, une majorité des informations sont portées sur l?étiquetage des produits,
les fermes françaises sont pour la très grande majorité des exploitations à taille humaine qui
utilisent le pâturage et d?une grande technicité ; les industries de collecte et de transformations
sont soumises à des mesures strictes de respect des règles sanitaires, et les services de l?Etat
sont garants du respect de la réglementation européenne et nationale, mais au final peu de
consommateurs en sont avertis.
Il semble donc utile de porter ici un plan de communication pour porter à la connaissance du
consommateur les avantages d?acheter local et ainsi de soutenir les producteurs et de valoriser
la production, qui se veut respectueuse du bien-être animal, issue de fermes de taille humaine
et familiales tournées vers le pâturage et la production de qualité avec un haut niveau de
maîtrise sanitaire.
Il s?agira par exemple de faire une campagne de publicité sur la lecture des étiquettes, le N° de
codification des oeufs en matière de bien-être animal et de mode d?élevage ou encore ce que
signifie l?engagement au sein d?un cahier des charges pour produire sous Label Rouge ou en
22
Agriculture Biologique, de manière à expliquer aux consommateurs ce que signifient les
indications écrites sur l?étiquetage des denrées animales ou végétales.
La révision des textes en matière de bien-être animal (BEA) qui est engagée permettra de
produire un texte sur l?étiquetage du bien-être animal dans les denrées alimentaires animales
? en préparation de cette révision, l?ANSES s?est auto-saisie du sujet et a publié un rapport sur
les grandes lignes directrices d?un étiquetage du BEA en mai 2024 ? la DGAL a aussi porté un
stage sur le sujet afin de faire un état des lieux de l?existant en la matière en France à cette
même période. Il s?agit d?un sujet d?actualité partagé par tous les acteurs.
PILOTE MASA en lien avec la DGS
BUDGET A évaluer
CALENDRIER 2026
INDICATEUR
Nombres de spots publicitaires et/ou articles dans la presse grand public
et/ou sur le web
D. Adapter les productions agricoles et aquacoles et renforcer leur
résilience face au risque de raréfaction de l?eau et à la
modification des régimes de précipitations en mobilisant une
combinaison de solutions à adapter localement (Plan Eau)
ACTION 22
Mesure n° 1 du Plan Eau : « Pour toutes les filières économiques :
établissement d?un plan de sobriété pour l?eau pour contribuer à
l?atteinte de -10 % de prélèvements en eau à l?horizon 2030. Pour le
secteur agricole, l?objectif est une stabilité des prélèvements »
Pour le secteur agricole, cet objectif de sobriété consiste à ne pas augmenter les prélèvements
à horizon 2030 à l?échelle nationale. Compte-tenu du changement climatique et de la nécessité
qu?il nous faut collectivement anticiper de devoir irriguer plus de surface, et notamment dans
des territoires sur lesquels l?irrigation n?est actuellement pas pratiquée, cet objectif autorise
l?augmentation des surfaces irriguées avec, en corollaire une réduction de la consommation
moyenne d?eau à l?hectare irrigué.
Les filières agricoles se sont engagées dans le cadre du Varenne agricole de l?eau à conduire
leur plan d?actions d?adaptation au changement climatique d?ici à 2025. Un volet « sobriété
des usages de l?eau » sera intégré à ces plans avec un accompagnement par FranceAgriMer.
PILOTES MASA et MTEBFMP
BUDGET
Le volet sobriété s?appuiera sur la gouvernance mise en place dans le cadre
du Varenne agricole de l?eau pour l?établissement des feuilles de route
d?adaptation au changement climatique. Par ailleurs, FranceAgriMer reste
accompagnateur de cette démarche.
CALENDRIER Mesure déjà initiée en 2023 et qui sera mise en oeuvre d?ici 2025
23
INDICATEUR Nombre de filières ayant défini et mis en place leur plan d?action (cible 17)
ACTION 23
Mesure n° 4 du Plan Eau : « Pour les agriculteurs : 30 M¤
supplémentaires par an seront consacrés au soutien des pratiques
agricoles économes en eau (émergence de filières peu
consommatrices d?eau, irrigation au goutte à goutte, etc.) »
Il s?agit d?aides à l?investissement qui seront gérées par les Agences de l?eau.
PILOTE Agences de l?eau
BUDGET Aides à l?investissement gérées par les Agences de l?eau
CALENDRIER Mise en place à partir de 2024
INDICATEUR
ACTION 24
Mesure n° 11 du Plan Eau : « Il sera progressivement mis fin aux
autorisations de prélèvement au-delà de ce qui est soutenable dans
les bassins versants dits en déséquilibre. »
Conformément à l?article R. 211-21-1 du code de l?environnement et à l'instruction du 14 décembre
2023 relative à la mise en oeuvre du décret n° 2021-795 du 23 juin 2021 et du décret n° 2022-
1078 du 29 juillet 2022 relatifs à la gestion quantitative de la ressource en eau, les volumes
prélevables doivent être définis et autorisés au regard de la ressource disponible et de son
équilibre quantitatif.
PILOTE MTEBFMP
BUDGET À définir
CALENDRIER
Au fur et à mesure du renouvellement des autorisations (qui s?échelonne
jusqu?en 2027)
INDICATEUR
24
ACTION 25
Mesure n° 15 du Plan Eau : « Les freins règlementaires à la
valorisation des eaux non conventionnelles seront levés dans
l?industrie agro-alimentaire, dans le respect de la protection de la
santé des populations et des écosystèmes. »
Des textes réglementaires (décret et arrêté) permettent la mise en place de projets de
réutilisations des eaux non conventionnelles au sein des industries agro-alimentaires dès 2024.
Un observatoire dédié à la réutilisation des eaux usées traitées sera par ailleurs créé pour
améliorer la connaissance de l?utilisation de ces eaux.
PILOTES MASA, MTEBFMP et MSAS
BUDGET À définir
CALENDRIER
Textes réglementaires publiés en janvier et juillet 2024
Observatoire en cours de création à compter du 2nd semestre 2024
INDICATEURS
- Décret et arrêté pris
- Nombre de projets de ENC dans les industries agro-alimentaires (objectif
tous secteurs confondus : 1 000 projets d?ici à 2027)
ACTION 26
Mesure n° 19 du Plan Eau : « La récupération des eaux de pluie de
toiture des bâtiments agricoles (notamment bâtiments d'élevage,
pour l'abreuvement des animaux) sera largement soutenue en vue
de sa généralisation via des aides des agences de l?eau. »
PILOTES Agences de l?eau
BUDGET Aides à l?investissement gérées par les Agences de l?eau
CALENDRIER Mise en place à partir de 2024
INDICATEUR Nombre de projets soutenus
25
ACTION 27
Mesure n° 21 du Plan Eau : « Un fonds d'investissement hydraulique
agricole sera abondé à hauteur de 30 M¤/an pour remobiliser et
moderniser les ouvrages existants (curages de retenues, entretien
de canaux, etc.) et développer de nouveaux projets dans le respect
des équilibres des usages et des écosystèmes » dans l?Hexagone et
dans les Outre-mer
Le fonds hydraulique vise à financer les solutions portant sur la modernisation et le
développement des infrastructures hydrauliques capables de fournir l?eau nécessaire aux
exploitations agricoles, dans le but de les rendre plus résilientes. Une attention particulière sera
portée à l?amélioration de l?efficacité des réseaux de distribution de l?eau, au développement
de projets de substitution, dans le temps et/ou entre masses d?eau, ainsi qu?aux projets
d?économies d?eau ou visant à rendre son utilisation la plus efficiente possible sur les territoires
ruraux, dans un contexte de raréfaction de la ressource.
La facilitation de projets multi-usages (alliant des usages tels que : eau potable, soutien
d?étiage, irrigation, hydroélectricité, navigation, autres usages) est à rechercher.
PILOTE MASA
BUDGET A définir
CALENDRIER Mise en place en 2024
INDICATEUR Nombre de projets financés et montants des projets
ACTION 28
Mesure n° 30 du Plan Eau : développement des Solutions fondées
sur la nature
Soixante-dix projets d?opérations phares (dix par grand bassin hydrographique) labellisées
Solutions fondées sur la nature seront lancés à des fins de démonstrateurs de lutte contre les
sécheresses, en particulier pour la restauration des zones humides, la renaturation ou encore
la restauration des cours d?eau. Dans les Outre-mer, dix projets de solutions fondées sur la
nature portant sur le petit cycle et le grand cycle de l?eau seront mis en oeuvre.
PILOTES MTEBFMP
BUDGET À définir
CALENDRIER À définir
INDICATEUR
26
ACTION 29
Mesure n° 48 du Plan Eau : « Un volet eau de France 2030 couvrira
l'ensemble de la chaine de valeur et des usages liés à l'eau (gestion
de la ressource brute, usages de l'eau, maîtrise de la donnée et de
son analyse, traitement des eaux), comme soutien transversal aux
innovations des entreprises françaises. »
L?appel à projets Innov'eau, doté d?une enveloppe de 100 M¤, a été lancé en 2023 et court
jusqu?à début 2025. Ce dispositif vise à accompagner les innovations dans le secteur de l?eau
pour permettre d?accélérer les futures mises en marché de solutions visant à lever des verrous
de gestion de l?eau, de maîtrise des usages et de son traitement.
Les projets proposant des innovations en matière de gestion de l?eau dans l?agriculture sont
éligibles à cet appel à projets : un travail sera réalisé sur le suivi par des méthodes satellitaires
des surfaces irriguées et du remplissage de certains grands réservoirs d?eau. Les projets
d?utilisations d?eaux non conventionnelles sont également soutenus, ainsi que l?optimisation et la
gestion du stockage de l?eau.
PILOTE MTEBFMP
BUDGET
Un budget de 100 M¤ de France 2030 est prévu au total sur cet appel à
projets.
CALENDRIER Appel à projets courant de 2023 à 2025
INDICATEUR
N
A. Assurer la protection des exploitations agricoles et aquacoles face aux aléas climatiques et engager la transition vers des modèles résilients et bas carbone
B. Accompagner les démarches d'adaptation au changement climatique des filières et des territoires dans une approche intégrée afin de construire un système alimentaire compétitif, durable et résilient
C. Assurer la protection sanitaire et le bien-être des animaux
A. Assurer la protection des exploitations agricoles et aquacoles face aux aléas climatiques et engager la transition vers des modèles résilients et bas carbone
B. Accompagner les démarches d'adaptation au changement climatique des filières et des territoires dans une approche intégrée afin de construire un système alimentaire compétitif, durable et résilient
D. Adapter les productions agricoles et aquacoles et renforcer leur résilience face au risque de raréfaction de l?eau et à la modification des régimes de précipitations en mobilisant une combinaison de solutions à adapter localement (Plan Eau)
A. Assurer la protection des exploitations agricoles et aquacoles face aux aléas climatiques et engager la transition vers des modèles résilients et bas carbone
ACTION 1
Réaliser un diagnostic modulaire pour évaluer la vulnérabilité des exploitations au moment de l?installation et de la transmission
ACTION 2
Evaluer et réviser le Plan stratégique national 2023-2027 (PAC) pour mieux prendre en compte les enjeux d?adaptation au changement climatique dans les interventions pour accompagner la transition des pratiques agricoles
ACTION 3
Mettre en oeuvre le Pacte en faveur de la haie contribuant à l?atténuation et l?adaptation au changement climatique
ACTION 4
Déployer le fonds « Entrepreneurs du vivant » en faveur du portage de capitaux et de foncier (Mesure 25 du Pacte d?orientation pour le renouvellement des générations en agriculture)
ACTION 5
Favoriser les pratiques agroécologiques et le maintien en agriculture biologique par les règles de priorité relatives au contrôle des structures (mesure 28 du Pacte d?orientation pour le renouvellement des générations en agriculture)
ACTION 6
Paiements pour Services Environnementaux (PSE) : identifier les indicateurs et déployer les PSE pour maintenir et développer les prairies, les zones humides et les infrastructures agro-écologiques
ACTION 7
Développer les solutions fondées sur la nature dans le secteur aquacole
ACTION 8
Créer un mécanisme de soutien aux services environnementaux en aquaculture
B. Accompagner les démarches d'adaptation au changement climatique des filières et des territoires dans une approche intégrée afin de construire un système alimentaire compétitif, durable et résilient
ACTION 9
Mesure « Fonds en faveur de la souveraineté et des transitions »
ACTION 10
Mettre en oeuvre le programme ambition BIO 2027
ACTION 11
Sensibiliser les Organismes de Défense et de Gestion (ODG) des produits sous signe d?identification de la qualité ou de l?origine (SIQO) pour intégrer dans leurs cahiers des charges des leviers d?adaptation au changement climatique
ACTION 12
Engager une réflexion sur la définition d'indicateurs de risques climatiques agricoles et de mise en oeuvre de mesures d'adaptation, afin de pouvoir suivre le déploiement de la politique d'adaptation de l'agriculture
ACTION 13
Mettre en oeuvre les plans de souveraineté alimentaire dans les Outre-mer
ACTION 14
Renforcer l?intégration des enjeux d?adaptation dans les Projets alimentaires Territoriaux (PAT)
C. Assurer la protection sanitaire et le bien-être des animaux
ACTION 15
Elaborer un plan d?adaptation et de continuité de l'activité des élevages et des entreprises aux activités connexes à l?élevage (couvoirs, fournisseurs d?aliments, de médicaments vétérinaires, d?ateliers d?abattage, de découpes et de transformation, d...
ACTION 16
Réaliser une veille et construire une stratégie sur le risque des maladies émergentes : assurer le suivi et la surveillance des risques épidémiologiques encourus par les animaux (terrestres et aquatiques) engendrés par la hausse des températures
ACTION 17
Développer l?ombrage au pâturage et permettre l?accès à l?extérieur pour favoriser le bien-être des animaux lors de fortes chaleurs
ACTION 18
Elaborer un réseau de secouristes et un plan d?intervention afin de venir en aide aux animaux terrestres qui seraient sinistrés car mis en danger par la survenue d?un accident climatique majeur (incendie, tempêtes, inondations, éboulement de terrain, ...
ACTION 19
Pour les productions aquacoles, favoriser et développer les connaissances et l?innovation pour améliorer le niveau de santé et de bien-être des animaux, en vue de développer des modalités d?élevage et les moyens de protection permettant une meilleure ...
ACTION 20
Pour les Outre-mer, lancer une mission CGAAER afin de déterminer si et comment les agriculteurs ultramarins peuvent être intégrés au fonds de mutualisation sanitaire et environnemental.
ACTION 21
Mettre en place un plan de communication pour éclairer le consommateur à soutenir les productions respectueuses du bien-être animal, de la santé humaine, de l?environnement et durables, dans ses actes d?achat
D. Adapter les productions agricoles et aquacoles et renforcer leur résilience face au risque de raréfaction de l?eau et à la modification des régimes de précipitations en mobilisant une combinaison de solutions à adapter localement (Plan Eau)
ACTION 22
Mesure n 1 du Plan Eau : « Pour toutes les filières économiques : établissement d?un plan de sobriété pour l?eau pour contribuer à l?atteinte de -10 % de prélèvements en eau à l?horizon 2030. Pour le secteur agricole, l?objectif est une stabilité des...
ACTION 23
Mesure n 4 du Plan Eau : « Pour les agriculteurs : 30 M¤ supplémentaires par an seront consacrés au soutien des pratiques agricoles économes en eau (émergence de filières peu consommatrices d?eau, irrigation au goutte à goutte, etc.) »
ACTION 24
Mesure n 11 du Plan Eau : « Il sera progressivement mis fin aux autorisations de prélèvement au-delà de ce qui est soutenable dans les bassins versants dits en déséquilibre. »
ACTION 25
Mesure n 15 du Plan Eau : « Les freins règlementaires à la valorisation des eaux non conventionnelles seront levés dans l?industrie agro-alimentaire, dans le respect de la protection de la santé des populations et des écosystèmes. »
ACTION 26
Mesure n 19 du Plan Eau : « La récupération des eaux de pluie de toiture des bâtiments agricoles (notamment bâtiments d'élevage, pour l'abreuvement des animaux) sera largement soutenue en vue de sa généralisation via des aides des agences de l?eau. »
ACTION 27
Mesure n 21 du Plan Eau : « Un fonds d'investissement hydraulique agricole sera abondé à hauteur de 30 M¤/an pour remobiliser et moderniser les ouvrages existants (curages de retenues, entretien de canaux, etc.) et développer de nouveaux projets dans...
ACTION 28
Mesure n 30 du Plan Eau : développement des Solutions fondées sur la nature
ACTION 29
Mesure n 48 du Plan Eau : « Un volet eau de France 2030 couvrira l'ensemble de la chaine de valeur et des usages liés à l'eau (gestion de la ressource brute, usages de l'eau, maîtrise de la donnée et de son analyse, traitement des eaux), comme soutie...