Plan eau 2025
Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
Le Plan Eau, lancé en mars 2023, vise une gestion durable de l'eau en France. Deux ans après, 100 % des mesures sont initiées, dont 64 % mises en oeuvre. Il repose sur trois axes : sobriété des usages, optimisation de la disponibilité et préservation de la qualité. Des financements accrus et des innovations soutiennent ces efforts face aux défis climatiques et aux tensions sur la ressource.
Descripteur Urbamet
économie de l'eau
;changement climatique
;risques naturels
;sécheresse
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Nature
Texte intégral
DOSSIER DE PRESSE
MARS 2025
PLAN eau
2 ANS APRÈS
100 % DES MESURES
INITIÉES DONT
64 % MISES EN
OEUVRE
Plan eau, 2 ans après | 3
?
SOMMAIRE
04 1 plan d?action, 3 enjeux / 53 mesures
? 2 ans d?action, 100 % des mesures initiées
dont 64 % des mesures mises en oeuvre
05 Ce qu?il faut retenir des réalisations à 2 ans
06 Les futurs de la ressource en eau
08 2 ans d?action : les dates clés
09 Les prochaines étapes
10 TABLEAU DE BORD DES 53 MESURES
15 2 ANS APRÈS D?ACTIONS CONCRETES :
Le bilan des mesures mises en oeuvre
? 16 AXE 1 : Sobriété des usages
? 18 AXE 2 : Optimiser la disponibilité de la ressource
? 20 AXE 3 : Préserver la qualité
? 22 AXE 4 : Des moyens à la hauteur des ambitions
? 24 AXE 5 : Mieux répondre aux crises sécheresse
26 LE PLAN EAU DANS LES TERRITOIRES
4 | Plan eau, 2 ans après
1 plan d?action
3 enjeux / 53 mesures
Le Plan eau est une stratégie complète composée d?actions concrètes pour une gestion sobre,
résiliente et concertée de la ressource en eau. Il porte pour ambition d?engager, d?ici 2027, tous
les leviers permettant de garantir l?adéquation entre usages et ressources dans le cadre de la de
planification écologique à horizon 2050.
Lancé le 30 mars 2023, par le Président de la République, le Plan eau fête aujourd?hui ses deux ans.
Son état d?avancement est présenté deux fois par an aux parties prenantes (mesure 53).
ENJEU ? 1
sobriété
des usages
? Compter la ressource,
planifier son usage et
l?économiser.
ENJEU ? 2
optimiser la
disponibilité
? Réduire les pertes, valoriser
les eaux non conventionnelles
et améliorer le stockage.
ENJEU ? 3
préserver
la qualité
? Prévenir les pollutions
diffuses, préserver et restaurer
le grand cycle de l?eau.
2 ans d?action, 100 %
des mesures initiées dont
64 % mises en oeuvre
Engagées
Mises en oeuvre3 mois
95 %
5 %
6 mois
77 %
23 %
1 an
74 %
26 %
18 mois
66 %
34 %
2 ans
36 %
64 %
100 %
75 %
50 %
25 %
0 %
Plan eau, 2 ans après | 5
Ce qu?il faut retenir
des réalisations à 2 ans
1.100 % des mesures initiées dont 64 %
mises en oeuvre. Deux ans après son lance-
ment, le Plan eau est une réussite. Il a emporté une
adhésion forte, la mobilisation des territoires ainsi que
des secteurs économiques concernés.
2.Les moyens des agences de l?eau
continuent d?être renforcés (capaci-
té moyenne de +365 M¤/an). (mesure 38). Les
12e programmes pluriannuels d?intervention adoptés par
les agences de l?eau à
l?automne 2024 pour la période 2025-2030 prévoit une
augmentation de 215M¤/an des dépenses auxquels
s?ajoute le redéploiement de 150M¤ des primes épura-
toires. L?augmentation de la redevance pour pollutions
diffuses et la hausse de la redevance prélèvement sur
l?irrigation viendront compléter par la suite ces moyens.
3.44,3 M¤ mobilisés en 2024 dans
les outre-mer (mesure 40), pour financer
39 opérations dans le cadre de la politique de l?eau
dans les territoires ultra-marins, dont plus de la moitié
pour Mayotte. Ces opérations portent sur des études
et travaux sur les infrastructures d?eau et d?assainisse-
ment, prévus par la programmation pluriannuelle des
investissements.
4.Poursuite des efforts en matière
de sobriété dans tous les secteurs
d?activités (mesures 1 à 9). Les acteurs économiques,
l?administration publique, les collectivités territoriales et
les citoyens s?engagent dans des mesures d?économies
d?eau. Les actions de partage de bonnes pratiques, de
sensibilisation et de mise à disposition de boîtes à outils
se multiplient. L?efficacité hydrique est perçue comme
un vecteur de résilience et de compétitivité par les
acteurs économiques. En parallèle, les six grands bassins
versant de l?hexagone ont adopté chacun une trajec-
toire de sobriété de -10%, précisée dans leurs plans de
bassin d?adaptation au changement climatique.
5. Les collectivités locales s?engagent
dans la réutilisation des eaux usées.
Elles portent des initiatives sur leurs territoires destinées
à couvrir plusieurs usages (mesure 18), 169 sites ont eu la
permission d?utiliser des eaux usées traitées (mesure 17).
Le recours aux eaux non conventionnelles est un enjeu
crucial dans un contexte de tensions sur la ressource en
eau, en complément des efforts de sobriété et tout en
veillant à la préservation des écosystèmes aquatiques
dépendant des rejets dans les milieux naturels.
6. L?innovation permet de repenser
la gestion de l?eau dans le contexte
du changement climatique. 26 projets ont été
lauréats des deux premières vagues de l?appel à projets
Innov Eau (mesure 48), pour un montant d?aide de
25,2 M¤. Innov Eau a été lancé en 2023 est financé par
le plan France 2030 à hauteur de 90 M¤ jusqu?en 2025.
Les projets apportent notamment des solutions inno-
vantes pour agir sur les usages de l?eau pour une plus
grande sobriété, renforcer les traitements en faveur de
la qualité durable de l?eau et des milieux ou encore
développer les services numériques et les données pour
améliorer la gestion de la ressource.
7. La stratégie Ecophyto 2030 a été
publiée le 6 mai 2024 (mesure 26). Elle
poursuit l?objectif de réduction de 50 % de l?utilisation
et des risques globaux à l?horizon 2030 des produits
phytosanitaires, tout en veillant à donner aux agriculteurs
les moyens de s?adapter dans le respect du principe pas
d?interdiction sans solution. Les efforts de réduction
d?usage des produits phytosanitaires sont en particulier
concentrés sur les aires d?alimentation des captages
sensibles.
8. L?accent est mis sur l?adaptation au
changement climatique pour amélio-
rer la préservation de la ressource en eau.
Les résultats hydro-climatiques Explore2, publiés en juin
2024, et l?étude prospective de France stratégie sur
l?évolution des usages de l?eau, publiée en janvier 2025,
posent des constats majeurs en la matière (mesure 46).
Les actions d?adaptation sont renforcées, en particulier
dans les territoires, par le Plan national d?adaptation
au changement climatique publié en mars 2025. Les
solutions fondées sur la nature (SFN) en sont un levier
central, car elles répondent simultanément aux enjeux
climatiques et d?érosion de la biodiversité. Un catalogue
des projets de SFN a été publié et sera mis à jour tous
les ans (mesure 30).
6 | Plan eau, 2 ans après
Les futurs
de la ressource en eau
LE PROJET EXPLORE2, porté par INRAE et l?Office
international de l?eau, a mis à jour, en juin 2024, les
connaissances de l?impact du changement clima-
tique sur l?hydrologie de la France hexagonale et de
la Corse et a facilité l?appropriation des données, des
incertitudes inhérentes à l?exercice et des résultats,
par les acteurs de l?eau.
Une chaîne de modélisation numérique a appliqué
des projections climatiques et hydrologiques à fine
résolution pour le 21e siècle en France hexagonale et
en Corse, en se fondant sur plusieurs modèles et
scénarios d?émissions des gaz à effet de serre. Les
débits simulés sont considérés comme naturels, en
absence d?action de gestion de l?eau.
En fin de siècle et sous scénario de fortes émissions
de gaz à effet de serre, l?analyse de l?ensemble des
ÉVOLUTION DE LA RECHARGE ANNUELLE ET DES DÉBITS SAISONNIERS
entre 1976-2005 et 2070-2099 pour quatre projections climatiques contrastées
sous scénarios d?émissions de gaz à effet de serre fortes
VIOLET
Fort réchauffement et
forts contrastes saisonniers
en précipitations
ORANGE
Fort réchauffement et fort
assèchement en été et en
annuel
JAUNE
Changements futurs
relativement peu marqués
VERT
Réchauffement marqué
et augmentation des
précipitations
Pour répondre aux enjeux de la TRACC, l?ultime étape du projet Explore2 consistera en 2025 de post-traiter les données
déjà produites et de les analyser par niveau de réchauffement en France afin de donner à voir l'hydrologie associée.
Plan eau, 2 ans après | 7
ÉVOLUTION DES CONSOMMATIONS ANNUELLES EN EAU
entre 2020 et 2050 dans la configuration climatique la plus défavorable étudiée, en %
SCÉNARIO TENDANCIEL SCÉNARIO DE RUPTURE SCÉNARIO POLITIQUES PUBLIQUES
C
ar
to
gr
ap
hi
e
IG
N
2
02
4
- S
o
ur
ce
:
Fr
an
ce
S
tr
at
ég
ie
Consommation en 2020 (en millions de m3) 10 600
projections hydrologiques conduit aux messages
suivants, comparativement à la période 1976-2005.
Note : les frontières en noir correspondent au découpage en 40 bassins versants réalisé dans la présente étude. Lecture : en 2050,
pour une météo printanière-estivale sèche et avec la projection climatique la plus défavorable étudiée, dans le scénario tendan-
ciel, les consommations seraient multipliées par plus de 3 dans le bassin versant de l?Adour (frontières en gras sur la carte).
? Une majorité de projections convergent vers une
baisse des débits moyens estivaux (une majorité
entre -50 % et -15 %). Les diminutions les plus sen-
sibles concernent le Sud-Ouest, les Alpes et le
secteur méditerranéen (entre -50 % et -40 %).
? Des sécheresses du sol et hydrologiques plus
sévères avec une forte convergence des modélisa-
tions sur le sud de la France.
? La recharge potentielle annuelle augmente
légèrement en fin de siècle dans le nord et le
nord-est de la France et semble globalement stable
sur le reste du pays.
Les changements projetés et les incertitudes sont
illustrés ci-contre sur la recharge potentielle an-
nuelle des aquifères et les débits moyens saisonniers
(en ligne) et pour quatre futurs climatiques contras-
tés (en colonne).
LA DEMANDE EN EAU, PROSPECTIVE
TERRITORIALISÉE À L?HORIZON 2050, publiée
par France Stratégie le 21 janvier 2025, est relative
aux évolutions théoriques de la demande, aux
horizons 2030 et 2050 à l?échelle de la France
hexagonale découpée en quarante bassins versants.
Il s?agit de la première partie d?une étude globale.
Ce travail a permis d?estimer les évolutions théo-
riques des prélèvements et des consommations
associées, c?est-à-dire la part des prélèvements
évaporée, selon trois scénarios d?usage. Le premier,
appelé tendanciel, a prolongé les tendances pas-
sées. Le deuxième, baptisé politiques publiques, a
simulé la mise en place de politiques publiques
annoncées. Le troisième, dit de rupture, se caracté-
rise par un usage sobre de l?eau.
Il en ressort qu?entre 2020 et 2050, dans la configu-
ration climatique la plus défavorable étudiée, les
prélèvements annuels stagnent dans le scénario
tendanciel (+1 %) et diminuent dans les scénarios
politiques publiques (-24 %) et de rupture (-47 %),
notamment du fait de la baisse de la demande pour
la production énergétique dans la vallée du Rhône.
La demande pour l?irrigation augmente fortement
et devient majoritaire.
À la différence de la production énergétique, l?irriga-
tion consomme la majorité de l?eau prélevée en
raison de l?évapotranspiration des plantes. Aussi, les
consommations augmentent substantiellement
dans les scénarios tendanciel (+102 %) et politiques
publiques (+72 %). Dans ce dernier scénario, elles
sont multipliées par plus de 2 dans près d?un quart
des bassins versants, notamment dans le sud-ouest
et le nord de la France. Seul le scénario de rupture
permet de contenir l?augmentation des consomma-
tions (+10 % par rapport à 2020). Avec l?augmenta-
tion de la part de l?agriculture dans les prélève-
ments, la demande en eau sera à l?avenir davantage
concentrée au cours des mois les plus chauds de
l?année, quand la ressource en eau est au plus bas
dans les milieux aquatiques.
8 | Plan eau, 2 ans après
2 ANS D?ACTION
LES DATES CLÉS
30 MARS 2023
Annonce du Plan eau par le
président de la République
Emmanuel Macron
ÉTÉ 2023
Campagne de communication
grand public pour inciter à la
sobriété et lancement de la
plateforme VigiEau
NOVEMBRE 2023
Publication de l?avis du Conseil
économique, social et environ-
nemental (CESE) sur la tarifi-
cation progressive de l?eau
DÉCEMBRE 2023
Loi de finances 2024 : réforme
des redevances qui engage à
la fois une refonte du modèle
de la fiscalité de l?eau potable
et de l?assainissement et le
financement du Plan eau
JUIN 2024
Publication de l?étude
hydro climatique Explore2
JUILLET 2024
Instruction
pourla mise
en oeuvre
territorialisée
du Plan eau
NOVEMBRE
2024
Annonce des
lauréats du
1er appel à
projets du
fonds hydrau-
lique agricole
par le ministère
chargé de
l?Agriculture
2 DECEMBRE
2024
Publication du
décret relatif
aux schémas
d?aménagement
et de gestion
des eaux
3 DECEMBRE
2024
One Water
Summit organisé
par la France et
le Kazakhstan
DÉCEMBRE 2024
Annonce des lauréats du programme
Reut littoral du Cerema et de l?Anel
1ER JANVIER 2025
Entrée en vigueur de la réforme
des redevances des agences de l?eau
JANVIER 2025
Annonce des lauréats
France 2030 Innov?Eau
10 MARS 2025
Publication du Plan national
d?adaptation au changement
climatique par la ministre de
la Transition écologique
15 MARS 2025
Publication du dernier des 11 textes
réglementaires pour mieux recycler
l?eau et valoriser les eaux non
conventionnelles
MARS 2025
Annonce des lauréats labellisés Solutions
fondées sur la nature (2e relevé)
+ Annonce des lauréats du programme
REUT littoral (2e vague)
Plan eau, 2 ans après | 9
Les étapes
des 6 prochains mois
2025
Conférence nationale sur l?eau
Mobilisation des territoires autour
des questions de gouvernance, de
financement de la politique de l?eau
et la réduction des pollutions, dans
chaque bassin et en articulation avec
les COP régionales.
28 MARS 2025
Publication de la feuille
de route captages sensibles
Elle prévoit notamment un arrêté de
définition des points de prélèvements
sensibles et un guide à destination des pré-
fets et des collectivités pour leur permettre
de mobiliser davantage les outils et disposi-
tifs réglementaires existants et identifier
des outils financiers d?accompagnement
au changement des pratiques.3 AVRIL 2025
Comité national de l?eau
Présentation du bilan à 2 ans
du Plan eau
FIN AVRIL 2025
Restitution des derniers travaux
prospectifs de France stratégie
Cette étude quantifiera les tensions entre
l?évolution des usages au regard de la
disponibilité future de la ressource en eau.JUIN 2025
Stratégie européenne
sur la résilience de l?eau
Ce Plan eau européen instaurera
une vision plus intégrée de la ressource
en eau pour en assurer la disponibilité
et la qualité et engager une réflexion
sur les usages de l?eau dans une
optique de sobriété.
OCTOBRE 2025
Comité national de l?eau
Présentation du bilan à 30 mois du Plan eau.
NOVEMBRE 2025
Carrefour des gestions outre-mer
de l?eau et des déchets
(Saint- Denis, La Réunion)
Nov.
Oct.
Juin
Avril
Avril
Mars
2025
10 | Plan eau, 2 ans après
Tableau de bord des 53 mesures
Légende de l?état
d?avancement des mesures 19 engagées 34 mises en oeuvre
I. Organiser
la SOBRIÉTÉ
des usages de
l?eau pour tous
les acteurs
ÉCONOMISER L?EAU
POUR TOUS LES ACTEURS
O B J E C T I F
-10 % d?eau prélevée d?ici 2030
1. Pour toutes les filières
économiques : établisse-
ment d?un plan de sobriété pour
l?eau pour contribuer à l?atteinte
de cet objectif.
2.Pour les industries :
accompagnement d?au
moins 50 sites industriels avec le
plus fort potentiel de réduction.
3. Pour le bâtiment : des
travaux sont engagés
afin de réduire la consommation
d?eau dans les bâtiments neufs.
4. Pour les agriculteurs :
30 M¤ supplémentaires
par an seront consacrés au soutien
des pratiques agricoles économes
en eau (émergence de filières peu
consommatrices d?eau, irrigation
au goutte-à-goutte, etc.).
5. Pour l?État : une dé-
marche État exemplaire
de sobriété et de lutte contre le
gaspillage sera engagée au sein des
administrations publiques.
6. Pour les citoyens : les
particuliers seront
accompagnés pour l?installation de
kits hydroéconomes et de récupéra-
teurs d?eau de pluie en fonction des
besoins sur les territoires.
7. Pour tous : une cam-
pagne de communica-
tion grand public sera lancée
pour inciter tous les acteurs à
la sobriété.
8. Pour sensibiliser dès le
plus jeune âge : les
enjeux de l?eau (cycle de l?eau,
éducation à la sobriété, préserva-
tion des écosystèmes aquatiques)
seront renforcés dans le cadre de
l?éducation à l?environnement et au
développement durable auprès
des scolaires.
MIEUX PLANIFIER
O B J E C T I F
décliner l?objectif territoire par
territoire
9. Chaque grand bassin
versant sera doté d?un
plan d?adaptation au changement
climatique précisant la trajectoire
de réduction des prélèvements au
regard des projections d?évolution
de la ressource en eau et des
usages.
10. Des objectifs chiffrés de
réduction des prélève-
ments seront définis dans les
documents de gestion de l?eau à
l?échelle des 1 100 sous-bassins du
pays, à savoir les schémas d?aména-
gement et de gestion des eaux
(Sage) et les projets de territoire
pour la gestion de l?eau (PTGE). À
l?occasion de leur révision, tous les
Sage intégreront des trajectoires de
prélèvement alignées avec les
scénarios prospectifs.
11. Il sera progressivement
mis fin aux autorisations
de prélèvement au-delà de ce qui
est soutenable dans les bassins ver-
sants dits en déséquilibre.
MIEUX MESURER
O B J E C T I F
mieux piloter la ressource en
mesurant mieux les volumes
prélevés
12. L?installation de
compteurs avec
télétransmission des volumes
prélevés sera rendue obligatoire
pour tous les prélèvements impor-
tants (correspondant aux seuils
d?autorisation environnementale).
13.L?encadrement des
petits prélèvements
sera renforcé, en abaissant le seuil
de déclaration des forages domes-
tiques, tout en simplifiant la
procédure de déclaration.
Plan eau, 2 ans après | 11
II. Optimiser la
DISPONIBILITÉ
de la ressource
SÉCURISER L?APPROVISION-
NEMENT EN EAU POTABLE
O B J E C T I F
Réduire les fuites et sécuriser
l?approvisionnement en eau
potable
14. Face aux investisse-
ments importants
à faire pour réduire les fuites
(170 collectivités points noirs avec
des taux de fuites supérieurs à
50 %) et pour sécuriser l?alimenta-
tion en eau potable (notamment
les 2 000 communes ayant connu
des tensions en 2022), 180 M¤/an
d?aides supplémentaires des
agences de l?eau seront dédiés
au petit cycle de l?eau, condition-
nés à une amélioration durable
de la gestion de leur patrimoine.
Les aides des agences de l?eau aux
collectivités seront conditionnées
à des objectifs de performance de
gestion de leur patrimoine.
VALORISER LES EAUX
NON CONVENTIONNELLES
O B J E C T I F
Massifier la valorisation des
eaux non conventionnelles
(Reut, eau de pluie, eaux
grises?) : développer 1 000
projets de réutilisation sur le
territoire, d?ici 2027
15. Les freins règlemen-
taires à la valorisation
des eaux non conventionnelles
seront levés à la fois dans l?indus-
trie agroalimentaire, dans d?autres
secteurs industriels et pour
certains usages domestiques, dans
le respect de la protection de la
santé des populations et des
écosystèmes.
16. L?accompagnement
des porteurs de
projets de réutilisation des eaux
usées traitées sera structuré
autour:
> d?un guichet unique pour le
dépôt des dossiers, le préfet de
département ;
> d?un accompagnement France
expérimentation pour les dossiers
innovants rencontrant des blo-
cages réglementaires (dispositif
ouvert à tous les projets favorables
à la ressource en eau) ;
> d?un chef de projet.
17. Un observatoire sur la
réutilisation des eaux
usées traitées sera mis en place.
18. Un appel à manifesta-
tion d?intérêt spéci-
fique à destination des collectivi-
tés littorales pour étudier la
faisabilité de projets de Reut sera
lancé par l?État en partenariat avec
l?Association nationale des élus du
littoral (Anel) et le Cerema.
19. La récupération des
eaux de pluie de
toiture des bâtiments agricoles
(notamment bâtiments d?élevage,
pour l?abreuvement des animaux)
sera largement soutenue en vue de
sa généralisation via des aides des
agences de l?eau.
AMÉLIORER LE STOCKAGE
DANS LES SOLS, LES
NAPPES, LES OUVRAGES
O B J E C T I F
Remobiliser les ressources
existantes et répondre au
besoin de développer l?hydrau-
lique agricole, dans le respect
de la réglementation
20. La préservation des
zones humides sera
renforcée avec 50 M¤/an supplé-
mentaires de paiements pour
services écosystémiques et le
Conservatoire du littoral consoli-
dera sa stratégie d?acquisition
foncière.
21. Un fonds d?investisse-
ment hydraulique
agricole sera abondé à hauteur de
30 M¤/an pour remobiliser et
moderniser les ouvrages existants
(curages de retenues, entretien de
canaux?) et développer de
nouveaux projets dans le respect
des équilibres des usages et des
écosystèmes.
22. Une stratégie natio-
nale et un guide
technique relatifs à la mise en
place de systèmes de recharge maî-
trisé des aquifères seront élaborés.
12 | Plan eau, 2 ans après
III. Préserver la
QUALITÉ de l?eau
et restaurer des
écosystèmes sains
et fonctionnels
PRÉVENIR
LES POLLUTIONS
O B J E C T I F
Prévenir la pollution des milieux
aquatiques et, en particulier,
renforcer la protection des aires
d?alimentation de captage
23.Tous les captages
seront dotés d?un plan
de gestion de la sécurité sanitaire
des eaux (PGSSE).
24. En phase d?installation
de nouveaux agricul-
teurs sur des aires d?alimentation de
captage, les projets s?inscrivant dans
une démarche agroécologique,
d?agriculture biologique seront
favorisés. Cette ambition sera
portée dans le cadre de la concerta-
tion du pacte et de la loi d?orienta-
tion et d?avenir agricoles.
25. Dans le cadre des
négociations euro-
péennes du règlement pour un
usage durable des pesticides (Sur),
la France adaptera ses usages de
produits phytopharmaceutiques
au regard des forts enjeux de santé
environnement sur les aires
d?alimentation de captages.
26. La planification sur
produits phytophar-
maceutiques (Ecophyto2030) décli-
nera en France cette même
approche relative à la limitation de
l?usage des intrants dans les aires
d?alimentation des captages.
27. Le soutien aux pra-
tiques agricoles à bas
niveau d?intrants sur les aires
d?alimentation de captage sera
renforcé via les agences de l?eau :
revalorisation des mesures agroen-
vironnementales et climatiques
(MAEC) et aides à la bio revalori-
sées sur les aires alimentation de
captage à hauteur de 50 M¤/an ;
prolongation de l?expérimentation
des paiements pour services
environnementaux (PSE) jusqu?à la
fin de la programmation PAC à
hauteur de 30 M¤/an ; aide à
l?acquisition foncière par les
collectivités à hauteur de 20 M¤/an.
28. En cas de dépasse-
ment des exigences
de qualité fixées pour les eaux
destinées à la consommation
humaine par un pesticide toujours
utilisé, des mesures de gestion
permettant de juguler le risque
seront mises en place automati-
quement par le préfet, en complé-
ment des mesures du plan de
gestion de la sécurité sanitaire des
eaux de la collectivité.
29. 50 M¤/an supplémen-
taires d?aides des
agences de l?eau seront consacrés à
la mise aux normes des stations
d?épuration prioritaires.
RESTAURER LE GRAND
CYCLE DE L?EAU POUR
RESTAURER LA FONCTION
FILTRE DE LA NATURE
O B J E C T I F
Développer les solutions
fondées sur la nature dans
la gestion de l?eau
30. 70 projets d?opéra-
tions phares (10 par
grand bassin hydrographique)
labellisées Solutions fondées sur la
nature seront lancées à des fins de
démonstrateurs de lutte contre
les sécheresses, en particulier pour
la restauration des zones humides,
la renaturation ou encore la
restauration des cours d?eau.
Outre-mer, 10 projets de solutions
fondées sur la nature portant sur le
petit cycle et le grand cycle de
l?eau seront mis en oeuvre.
31. 100 M¤ pour financer
des projets de renatu-
ration et de désimpermabilisation
des collectivités dans le cadre du
Fonds vert.
32. La filière de génie
écologique a dévelop-
pé un savoir-faire en matière de
reconstitution de milieux naturels,
de restauration de milieux dégra-
dés et d?optimisation de fonctions
assurées par les écosystèmes.
À la suite du bilan du premier plan
national de la filière, datant de
2012, un travail de fond sera
engagé avec les acteurs pour
actualiser et redynamiser ce plan.
Plan eau, 2 ans après | 13
IV. Mettre en
place les moyens
d?ATTEINDRE
CES AMBITIONS
AMÉLIORER LA GOUVER-
NANCE DE LA GESTION
DE L?EAU
O B J E C T I F
Inclure l?ensemble des acteurs
autour d?une gouvernance
ouverte, plus efficace et plus
lisible
33.Chaque sous-bassin
versant sera doté
d?une instance de dialogue (CLE)
et d?un projet politique de terri-
toire organisant le partage de la
ressource.
34. Les Sage seront
modernisés (fonction-
nement simplifié des commissions
locales de l?eau et portée du
règlement conforté) et encouragés
à définir des priorités d?usage
de la ressource en eau ainsi que
la répartition de volumes globaux
de prélèvement par usage.
35. Les conditions d?une
intervention efficace
des conseils départementaux
en matière d?assistance technique
et financière seront facilitées.
36. Un territoire ultra-
marin pilote sera
accompagné pour intégrer
la compétence Gemapi dans
le Plan eau DOM.
37. La participation au
Comité national de
l?eau sera élargie pour intégrer
de nouveaux représentants des
usagers de l?eau et la jeunesse.
ASSURER UNE TARIFICA-
TION ET UN NIVEAU
DE FINANCEMENT
DE LA GESTION DE LA
RESSOURCE EN EAU
ADEQUATS
O B J E C T I F
Assurer le financement de la
politique de l?eau et mieux
inciter à la sobriété dans les
usages et à une meilleure perfor-
mance des réseaux.
38. En synthèse, les
moyens des agences
de l?eau seront rehaussés de
475 M¤/an pour accompagner la
mise en oeuvre du plan en rééqui-
librant les financements.
39. Le plafond de dépenses
des agences de l?eau
sera supprimé dès le prochain
programme d?intervention.
40. 35 M¤/an supplémen-
taires seront mobilisés
pour la politique de l?eau dans les
outre-mer au titre de la solidarité
inter-bassins, en contrepartie d?une
gouvernance et d?une gestion
confortés (contrats de progrès),
auxquels s?ajoutera 1 M¤/an de soutien
spécifique à l?ingénierie.
41. La Banque des terri-
toires mettra en place
une nouvelle génération
d?aquaprêts à taux bonifié pour les
collectivités territoriales, d?un
montant de 2 Md¤, couplée à une
offre d?accompagnement de bout
en bout.
42. La mise en place par
les collectivités d?une
politique tarifaire adaptée aux
enjeux des territoires sera facilitée.
Un volet spécifique sur la politique
tarifaire sera intégré dans les
contrats de progrès des départe-
ments ultra-marins.
43. Le Conseil écono-
mique, social et
environnemental sera saisi d?une
mission sur les évolutions néces-
saires pour faire des recommanda-
tions sur la tarification progressive
de l?eau.
44. Dans le cadre du Plan
eau DOM, l?État
mènera avec les acteurs locaux
les travaux requis pour sécuriser
la perception des redevances des
offices de l?eau et leurs missions.
45. La protection et la
restauration du
patrimoine naturel seront inscrites
dans les programmes pluriannuels
d?investissements des collectivités.
Elles pourront inscrire ces projets
dans les travaux éligibles aux
dotations de l?État, sans contrainte
de plafond.
INVESTIR DANS
LA RECHERCHE
ET L?INNOVATION
O B J E C T I F
développer la recherche et
l?innovation sur l?ensemble
de la chaîne de valeur de la
gestion de l?eau, afin de fran-
chir des paliers d?innovation.
46. L?étude Explore 2,
qui actualisera les
projections hydrologiques à partir
des dernières publications du
GIEC, sera complétée d?une étude
prospective sur l?évolution de la
demande en eau en France.
14 | Plan eau, 2 ans après
47. L?empreinte eau
sera intégrée dans
l?affichage environnemental.
48. Un volet eau de
France 2030 couvrira
l?ensemble de la chaîne de valeur
et des usages liés à l?eau (gestion
de la ressource brute, usages de
l?eau, maîtrise de la donnée et de
son analyse, traitement des eaux),
comme soutien transversal aux
innovations des entreprises
françaises.
49. Les programmes de
recherche majeurs sur
l?eau concourront à projeter les
évolutions futures et améliorer les
outils pour mettre en oeuvre une
politique intégrée de l?eau dans leur
aménagement du territoire à l?heure
du changement climatique : pro-
gramme et équipements de re-
cherche prioritaire OneWater,
partenariat européen Water4All et
programme de recherche-action,
plateforme d?observation des
projets et stratégies urbaines - terri-
toires.
V. Être en
capacité de
mieux répondre
aux CRISES
de sécheresse
AMÉLIORER LA GESTION
DES PÉRIODES DE SÉCHE-
RESSE
O B J E C T I F
mieux informer, prévenir
les situations de tension
50. Un outil simple d?accès
et d?utilisation sera
déployé afin que chacun puisse
connaître les restrictions qui s?ap-
pliquent en fonction de sa géolocali-
sation et de sa catégorie d?usager, et
les éco-gestes recommandés au
regard de la situation hydrologique
locale.
51. Le guide national
des restrictions
sécheresse sera mis à jour pour une
meilleure efficacité et adaptation
des mesures au plus près des
réalités du terrain.
52. Afin d?accompagner la
prise de décision aux
niveaux national et local, des outils
seront développés pour améliorer
l?anticipation des années sèches,
l?identification des territoires les
plus à risque, la détection des
inadéquations entre prélèvements
et ressources en période d?étiage
et de suivi des impacts dans le
temps.
VI. Des ENGA-
GEMENTS tenus
O B J E C T I F
Rendre compte des avancées
et actualiser le plan autant
que de besoin
53. Il sera régulièrement
rendu compte aux
parties prenantes, a minima 2 fois
par an, de la mise en oeuvre des
mesures du plan dans le cadre du
Comité national de l?eau.
Plan eau, 2 ans après | 15
2 ANS D?ACTIONS CONCRÈTES :
LE BILAN
DES MESURES
MISES EN OEUVRE
16 | Plan eau, 2 ans après
Axe 1
Sobriété des usages
La trajectoire de sobriété du Plan eau vise à atteindre au moins
10% d?économies d?eau d?ici 2030. Tous les secteurs sont
concernés, selon une juste répartition de l?effort entre les
territoires et les catégories d?usagers.
PLANIFIER
? Les 6 grands bassins versants de l?Hexagone disposent
d?une trajectoire de sobriété, précisée dans les plans de
bassin d?adaptation au changement climatique (PBACC).
La prise en compte du changement climatique va être
renforcée dans les documents de planification, à l?échelle
des bassins, dans les schémas directeurs d?aménagement
et de gestion des eaux (SDAGE), et à l?échelle des
sous-bassins, dans les schémas d?aménagement et de
gestion des eaux (Sage), ainsi que dans les projets de
territoire pour la gestion de l?eau (PTGE). Il s?agit d?une
mesure du Plan national d?adaptation au changement
climatique (PNACC) pour tenir compte de la trajectoire
de réchauffement de référence pour l?adaptation au
changement climatique (TRACC).
? La définition et la mise en oeuvre des trajectoires de
prélèvements repose sur des études quantitatives, telles
que des études hydrologie, milieux, usages et climat
(HMUC). Elles ont vocation à fixer la répartition des
volumes prélevables et à concilier les différents usages de
l?eau (eau potable, agriculture, industrie, énergie?).
? Les bassins engagent des études quantitatives
Sur le bassin Loire-Bretagne, 42 études hydrologie, milieux,
usages et climat (HMUC) sont engagées pour couvrir 65%
du territoire.
L?agence de l?eau Seine Normandie soutient dans le cadre
de son appel à projets 2024, 12 études volumes prélevables,
pour un montant total de 13,3 M¤.
Centre de contrôle d?Eau de Paris
© Arnaud Bouissou / Terra
ÉCONOMISER L?EAU
POUR TOUS LES ACTEURS
MOBILISER LES ACTEURS INDUSTRIELS
Les activités économiques, des secteurs de l?industrie, de
l?agriculture, du tourisme, du commerce et de l?artisanat,
sont dépendantes et consommatrices d?eau. La mobilisa-
tion des acteurs à l?échelle de chaque filière et des sites est
accompagnée par les ministères chargés de la Transition
écologique, de l?Agriculture et de l?Economie.
? 17 filières du conseil national de l?industrie ont engagé
des plans de sobriété hydrique. 88% d?entre elles ont initié
des premières actions. Près d?un tiers porte sur un état des
lieux des prélèvements et consommations d?eau.
? Début mars 2025, 113 projets ont été lancés par les
55 sites industriels pour un montant total d?investisse-
ments privés de 251,4 M¤ et des soutiens publics principa-
lement mobilisés auprès des agences de l?eau pour
38,5 M¤. Les projets les plus avancés permettent une
économie d?eau de 23,2 M¤ d?eau, soit 30% des économies
estimées par ces industriels lors du lancement du Plan eau.
? Dans le secteur du commerce et de l?artisanat,
des études quantitatives sur les consommations d?eau
de 11 filières sont à l?étude.
? Une étude sur l?usage de l?eau dans le secteur touristique,
publiée en septembre 2024, dresse un état des lieux des
prélèvements par filière. Elle identifie les principales
activités prélevant de l?eau, à savoir l?hébergement touris-
tique, la restauration, la production de neige et le golf, d?un
point de vue des volumes prélevés et en soulignant
l?intensité des pressions des activités touristiques sur la
ressource en eau.
En 2024, un appel à manifestation d?intérêt a été porté par
Atout France, contribuant à l?émergence de projets et de
pratiques exemplaires de gestion de l?eau pour un tourisme
plus durable.
Plan eau, 2 ans après | 17
DEVELOPPER DES SERVICES PUBLICS
ECO-RESPONSABLES
? En 2024, près de 2,5 M¤ ont été engagés par les admi-
nistrations centrales et territoriales de l?Etat sur le Fonds
Vert pour leurs projets de sobriété hydrique. Plus de 95%
des projets portent sur l?installation d?équipements
d?économie d?eau (cuves de récupération d?eau de pluie,
robinets, mousseurs, doubles chasses d?eau...).
? Stratégie Eau du ministère des Armées
Le ministère des Armées a adopté en juillet 2023, sa stratégie
ministérielle de l?eau à l?horizon 2030.. Elle a pour objectif
de sécuriser les accès à la ressource en eau du ministère
et de limiter ses consommations et son impact sur les
milieux. 63 % des actions ont commencé. Sur le petit cycle
de l?eau, le ministère a lancé un audit des réseaux de 56 sites
aux usages variés (entraînement, bases aériennes, bases
navales...) et a réalisé une première étude de ses données
de consommation. Il soutient des projets de récupération
de l?eau de pluie pour des stations de lavage.
Sur le grand cycle de l?eau, des actions sont menées en
faveur de la restauration de zones humides et de cours d?eau,
par exemple avec un projet de reméandrage sur un centre
d?essai.
SOUTENIR LES PRATIQUES AGRICOLES
ÉCONOMES EN EAU
? 14,8 M¤ engagés par les 6 agences de l?eau pour
261 opérations de sobriété en 2023 et 2024 : évolution
des pratiques agronomiques, optimisation des pratiques
d?irrigation, plan de récupération d?eau, mise en place
de pratiques et système économes en eau, plantation de
haies, adaptation des cultures au changement climatique.
? Ferme de la Blanche Maison (50):
expérimentations pour faire des économies d?eau
en élevage laitier
L?agence de l?eau Seine-Normandie finance des expérimentations
dans une ferme laitière de la Manche pour trouver des
pistes d?économies d?eau. Une étude sur la gestion
quantitative de l?eau permet de suivre les consommations,
d?analyser la qualité de l?eau, et d?expérimenter le recyclage
d?eaux de process d?un élevage (eau de lavage, pré-refroidis-
seur), notamment pour nettoyer la salle de traite. Un autre
volet porte sur la récupération des eaux de pluies issues
des toitures.
? Contrat de territoire « Eau et Climat »
2024-2026 - Sarrebourg
Ce programme multipartenarial conclu entre la communauté
de communes Sarrebourg Moselle Sud, la ville de Sarrebourg
et l?agence de l?eau Rhin-Meuse, vise le maintien ou la recon-
quête des surfaces en herbe, permettant ainsi de préserver
des cultures moins consommatrices d?eau. 60 actions sont
fléchées pour un montant total de 19,9M¤, l?agence de l?eau a
prévu 12M¤ d?aide.
ACCOMPAGNER LES TERRITOIRES ET LES CITOYENS
DANS LEURS ECONOMIES D?EAU
? En 2023 et 2024, les agences de l?eau ont engagé près de
40 M¤ pour des opérations groupées à destination des
collectivités et des particuliers (installation de récupéra-
teurs d?eau de pluie, kits hydro-économes?).
? Métropole européenne de Lille (59) : une
délégation de service public pour la sobriété
En 2021, la métropole européenne de Lille a conclu un contrat
innovant avec un engagement de 65 Mm3 d?économie sur 10
ans, soit plus d?une année de prélèvements. L?agence de l?eau
Artois-Picardie a financé plusieurs actions en 2023 et 2024
telles que le déploiement de la télérelève ou l?accompagne-
ment des usagers « grands consommateurs » - bailleurs, syndics
de copropriété, entreprises et collectivités - avec la mise en
place de 1 200 contrats de sobriété hydrique dans l?objectif de
réaliser jusqu?à 15 % d?économies d?eau.
Techniciens en hydrométrie effectuent des mesures hydromètriques
sur le Doubs en crue à Fourbanne. © Arnaud Bouissou / Terra
PILOTER LA RESSOURCE
EN MESURANT MIEUX LES
PRÉLÈVEMENTS
Le développement des nouvelles technologies numériques
et le déploiement de la télérelève des compteurs d?eau
permettent aux acteurs locaux d?avoir une meilleure
connaissance des pressions de prélèvements sur la
ressource en eau et d?adapter leurs mesures pour mieux
anticiper, gérer et optimiser les prélèvements.
? Une première expérimentation s?est engagée en 2025
avec une dizaine de territoires volontaires pour mettre en
place la télétransmission des volumes prélevés.
18 | Plan eau, 2 ans après
Axe 2
Optimiser la disponibilité
de la ressource
L?amélioration de la disponibilité de la ressource en eau est essentielle
pour faire face à sa raréfaction et satisfaire les différents usages. Il s?agit
de réduire les pertes, de valoriser les eaux non conventionnelles,
d?optimiser son stockage naturel ou artificiel.
SÉCURISER L?APPROVISIONNE-
MENT EN EAU POTABLE
? Les agences de l?eau ont engagé 312 M¤ en 2023-2024
pour accompagner la réduction des fuites dans les
réseaux d?alimentation en eau potable.
? Sur les 170 points noirs identifiés (données 2021
extraites de Sispea début 2023), 104 ont fait l?objet d?un
accompagnement financier par les agences de l?eau
depuis 2023, pour un montant total de plus de 20,5 M¤.
? Pour accompagner la sécurisation de l?alimentation
en eau potable des collectivités en tension à l?été 2022,
près de 700 opérations ont été réalisées dans les terri-
toires concernés, pour plus de 231 M¤ de travaux dont
112,5 M¤ d?aides accordées par les agences de l?eau.
? Renouvellement des réseaux d?alimentation
en eau potable de la commune de Cros (30)
Identifiée parmi les points noirs, la commune de Cros a décidé
d?engager de vastes travaux pour renouveler plus de 1 000m
de tuyaux et remettre en état 49 branchements, pour un
montant total de près de 750 000¤. Elle a bénéficié d?une
subvention de l?agence de l?eau Rhône Méditerranée Corse
et d?un Aqua Prêt de la Banque des Territoires.
VALORISER LES EAUX
NON CONVENTIONNELLES
? En mars 2025, l?observatoire sur les projets d?utilisation
des eaux usées traitées a été mis en ligne et sera enrichi.
? Sur les 1000 projets d?utilisation d?eaux non convention-
nelles d?ici 2027, 195 sont en service ou en cours d?instruction.
? En 2024, 21 projets de réutilisation des eaux usées
traitées (REUT) ont été mis en service.
? Poursuite de l?évolution du cadre réglementaire. De
nouvelles utilisations des eaux non conventionnelles sont
permises pour des usages domestiques, intervenant dans
des processus de fabrication des denrées alimentaires, ou
dans les activités des installations classées pour la protec-
tion de l?environnement.
? Après les 12 premières collectivités reçues en 2024,
21 nouvelles viennent d?intégrer le programme d?accéléra-
tion de la réutilisation des eaux usées traitées en littoral,
lancé par le Cerema et l?ANEL, avec le soutien des Agences
de l?Eau, de l?Office Français de la Biodiversité et de la
Banque des Territoires. Elles vont être accompagnées
par le Cerema pour monter et suivre leurs projets d?études
d?opportunité ou de faisabilité en vue de bénéficier d?une
aide jusqu?à 80 %.
? Réutilisations des eaux usées à Sainte-Luce
La Martinique dépend des ressources en eau du bassin de
la Lézarde, qui fournit 60% de l?eau potable de l?île, rendant le
territoire vulnérable aux sécheresses et aux aléas climatiques.
La communauté d?agglomération de l?Espace Sud Martinique
prévoit de valoriser 300 000 m³ d?eaux traitées par an de la
station d?épuration de Gros-Raisin pour l?irrigation agricole,
l?arrosage des espaces verts, l?alimentation industrielle et la
défense contre les incendies. Ce projet permettrait d?économi-
ser près de 20 % des ressources en eau portable du territoire.
? Réutilisation des eaux usées pour l?irrigation
et la voirie en Charentes-maritimes (17)
Les territoires de Rochefort Océan, Bassin de Marennes,
Ile d?Oléron, Ile-de-Ré font face à une pression croissante sur
la ressource en eau, aggravée par les sécheresses récurrentes
et l?augmentation des besoins agricoles et urbains.
Le Syndicat Eau 17 mène une étude d?opportunité et de
préfaisabilité sur la REUT de 14 stations d?épuration du littoral.
Ce projet vise notamment à substituer 250 000 m³ de
prélèvements d?eau par an pour l?irrigation agricole et
à mobiliser 10 000 m³ supplémentaires pour l?entretien des
espaces verts et le lavage de voirie.
Plan eau, 2 ans après | 19
PROGRAMME D?ACCÉLÉRATION DE LA RÉUTILISATION
DES EAUX USÉES TRAITÉES EN LITTORAL
(Solutions Fondées sur la Nature), mai 2024
AMÉLIORER LE STOCKAGE
? La doctrine de l?Etat s?est progressivement structurée
ces dernières années en matière de gestion quantita-
tive et de stockage hydraulique agricole. Le stockage
de l?eau fait partie des solutions d?adaptation face aux
effets climatiques pour l?ensemble des usages de l?eau
et en particulier pour l?agriculture. Il doit donc être
étudié, dans le cadre fixé par le code de l?environne-
ment et les textes européens s?appliquant à l?adminis-
tration.
? Un nouveau régime cadre pour une seconde généra-
tion de paiements pour services environnementaux
(PSE) est entré en vigueur le 1er janvier 2025 jusqu?au 31
décembre 2027. Désormais, tout financeur public (dont
les collectivités territoriales) peut être autorité d?octroi,
et les contrats PSE peuvent aller de 5 à 7 ans. Des
orientations spécifiques sont prévues pour les zones de
captage et la protection des zones humides. La plate-
forme PSE Environnement qui recense les projets a été
revue.
? En 2023-2024, les actions en faveur de la protection
des zones humides par les agences de l?eau repré-
sentent près de 152 M¤.
? Protéger les zones humides
En 2024, l?agence de l?eau a accompagné 59 projets
de préservation ou restauration des zones humides, sur
une surface de 1007 ha pour le bassin Rhône Méditerranée
et 23,6 ha pour la Corse, pour un montant total de 17,8 M¤.
? 52 projets, dont 3 en outre-mer, ont été lauréats du fonds
d?investissement hydraulique agricole, pour un montant de 20 M¤.
? Projet de l?ASA des Bigarreaux (69)
L?association syndicale autorisée (ASA) des Bigarreaux porte
un projet d?investissement d?infrastructure hydraulique
agricole d?irrigation sur la commune de Saint Romain-de-
Popey. Il prévoit la création d?une retenue collinaire d?une
capacité de stockage d?eau de 50 000 m³, d?une station
de pompage et d?un réseau destiné à l?irrigation de 25 ha
de cerisiers pour un montant de subvention de 794 452 ¤
au titre du fonds hydraulique 2024. Il a été concerté avec
les acteurs locaux dans le cadre d?un projet de territoire
pour la gestion de l?eau (PTGE).
Ce projet collectif bénéficie à 6 exploitations agricoles
engagées dans une démarche de transition agroécologique
dans un objectif de sécurisation d?une production valorisée
localement et sera par ailleurs adossé à un projet de génie
écologique lui permettant de s?intégrer parfaitement avec
les infrastructures environnementales locales (haies, zones
humides, espèces protégées...).
20 | Plan eau, 2 ans après
Axe 3
Préserver la qualité
Aujourd?hui, seules 43 % des masses d?eau sont évaluées en bon état
écologique. L?adaptation de nos territoires aux impacts du change-
ment climatique est indispensable. Les sécheresses augmenteront
les taux de concentration en intrants, dégradant la qualité de l?eau.
La restauration et la protection d?écosystèmes sains et fonctionnels
permet de préserver la qualité de l?eau dans les territoires.
?
MAI 2024
STRATÉGIE
ÉCOPHYTO
2030
PRÉVENIR LES POLLUTIONS
? La stratégie Ecophyto 2030, publiée en mai 2024,
poursuit l?objectif de réduction de 50% de l?utilisation des
produits phytosanitaires et des risques globaux liés à ces
produits à l?horizon 2030.
250 M¤ ont été déployés en 2024 et dédiés à la recherche
de solutions alternatives et à l?accompagnement des
agriculteurs dans le changement de pratiques.
Les efforts de concertation menés en 2024 ont abouti à
une feuille de route sur les captages sensibles. Il s?agit de
trouver les moyens de donner une nouvelle dynamique
aux programmes de protection et aux outils mis en place
par les préfets et les collectivités.
? Les agences de l?eau ont soutenu la mise aux normes
de 260 stations d?épuration prioritaires pour un montant
total de 150 M¤ d?aides en 2023 et 2024, afin d?améliorer
la performance de l?assainissement.
? La directive sur les eaux résiduaires urbaines révisée
(DERU2) a relevé les exigences de traitement des eaux
usées et de réduction des rejets directs d?eaux usées par
temps de pluie. De nouveaux enjeux, comme les
micropolluants ou le changement climatique, sont à
prendre en compte. La mise aux normes des stations
d?épuration continuera d?être soutenue par les agences
de l?eau, avec la transposition de la DERU2 prévue d?ici
le 31 décembre 2027.
Station d?épuration de Nouan-le-Fuzelier (18)
En 2024, dans le Cher, la commune de Nouan-le-Fusezelier
(3 050 habitants) a inscrit comme projet prioritaire le
renouvellement de sa station d?épuration. Le projet comprend
la mise en place d?un dispositif de traitement par boues
activées à aération prolongée, un traitement poussé de l?azote
et du phosphore et la gestion de boues par lits de séchage
plantés de roseaux. La commune a bénéficié d?une aide de
1,3 M¤ de l?agence de l?eau Loire-Bretagne.
Des mesures pour la préservation de la qualité de l?eau
pour la conchyliculture ont été prises après la crise en
2023-2024. Elles visent à assurer une consommation
saine, durable et sécurisée des produits de la conchyli-
culture. La réglementation permet d?agir pour améliorer
la situation lorsque les eaux usées et/ou les eaux plu-
viales sont responsables de la pollution. Ces actions
peuvent être cofinancées par les agences de l?eau.
Produit de la conchyliculture sur l?étang de Thau. © E. du Bourg / Popsu
Plan eau, 2 ans après | 21
RESTAURER LE GRAND CYCLE
DE L?EAU ET LA FONCTION
FILTRE DE LA NATURE
? La restauration du rythme naturel du cycle de l?eau
et d?écosystèmes fonctionnels permet d?atténuer
les impacts du changement climatique et de garantir
la qualité de la ressource en eau. L?État accompagne
les territoires et les porteurs de solutions fondées sur
la nature et d?actions en faveur de la renaturation
et de la restauration des cours d?eau.
? Les 2 premières éditions, en mai 2024 et mars 2025,
du prix des Solutions fondées sur la nature (SFN) ont
labellisé 21 projets, dont 5 en outre-mer. La 2e édition a
récompensé 12 lauréats dans 5 catégories pour des SFN
en faveur de la réduction des risques naturels, de la
résilience face au changement climatique, de la sécurité
de l?approvisionnement en eau, du développement
sociaux économique durable, et de la santé humaine.
? En 2024, la mesure du Fonds Vert visant à accompa-
gner les projets de renaturation des collectivités locales
a mis l?accent sur les besoins en apport en eau des
milieux renaturés. Cela a permis de cibler les projets
ayant des actions de gestion intégrée des eaux pluviales.
Selon le bilan provisoire, 1 108 demandes de subvention
Fonds vert ont été acceptées au 31 décembre 2024,
soit une somme d?aides établie à plus de 142 M¤, pour
un montant total de plus d?1 Md¤ d?opérations à réaliser.
Au total, cela concerne une surface renaturée à terme
de 1 560 hectares bénéficiant à plus de 6 millions
d?habitants, ayant ainsi accès à un espace de nature
dans un rayon d?un kilomètre.
? Un travail collaboratif a été mené avec l?ensemble
des acteurs du secteur de l?ingénierie et du génie
écologique. Il a abouti à un ensemble de propositions
opérationnelles, qui seront intégrées à une feuille de
route stratégique. Celle-ci apportera des réponses
concrètes aux défis environnementaux, notamment
en contribuant aux enjeux liés à l?eau pour l?ensemble
du Plan eau. Cette feuille de route sera publiée et
devrait être lancée à la fin du premier semestre 2025.
PROJETS PHARES DE SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE
Source : DGALN/DEB/CASP.PP Cartograhie : DGALN/NUM
EN 2024
? projet lauréat
? autre projet
EN 2025
? projet lauréat
? autre projet
22 | Plan eau, 2 ans après
Axe 4
Des moyens à la hauteur
des ambitions
La gouvernance et le financement de la gestion de l?eau, clarifiés au cours de la
deuxième année du Plan eau, ont vocation en 2025 à être renforcés avec les
travaux de la conférence nationale sur l?eau.
AMÉLIORER LA GOUVERNANCE
DE LA GESTION DE L?EAU
La gestion de l?eau s?appuie sur une gouvernance décentra-
lisée, associant l?ensemble des parties prenantes pour un
usage concerté de la ressource. Dans le cadre du Plan eau,
de nouveaux leviers ont été instaurés, dans l?objectif
d?inciter et de faciliter la concertation locale.
? Le décret du 2 décembre 2024 relatif aux schémas
d?aménagement et de gestion des eaux (SAGE) a moderni-
sé les SAGE et le fonctionnement des commissions locales
de l?eau (CLE).
? D?ici 2027, tous les territoires sont invités à généraliser
des instances de dialogue, pour offrir un cadre lisible et
efficace à une gestion concertée de la ressource en eau
dans les territoires, et pourquoi pas aboutir au lancement
d?un SAGE.
? Conférence nationale sur l?eau en 2025
Lancée par le Gouvernement en 2025, la conférence
se déclinera dans tous les territoires. Elle a pour objectif de
créer des espaces de dialogue entre l?ensemble des parties
prenantes ? services et opérateurs de l?Etat, collectivités
locales, monde associatif, entreprises, usagers, etc ? à l?échelle
nationale et territoriale. Elle permettra de partager les
constats et d?identifier les leviers pour une meilleure gestion
de la ressource en eau et d?aborder des sujets structurants
comme la gouvernance et le financement de la politique de
l?eau, qui constituent l?axe 4 du Plan eau.
? Plusieurs collectivités ultramarines se sont emparées
du sujet de la GEMAPI et étudient son intégration dans
leur futur contrat de progrès, comme la communauté
intercommunale des Villes solidaires à la Réunion ou la
communauté de communes de Marie-Galante en
Guadeloupe.
? Le cadre d?intervention des départements en matière
de politique d?eau potable va être, au travers de
syndicats mixtes ouverts exerçant les compétences en
matière de production, de transport et de stockage
d?eau destinée à la consommation. Cette disposition est
prévue par la loi d?orientation pour la souveraineté
alimentaire et agricole et le renouvellement des généra-
tions en agriculture.
ASSURER UNE TARIFICATION
ET UN NIVEAU DE FINANCE-
MENT DE LA GESTION DE LA
RESSOURCE EN EAU ADÉQUATS
La loi de finances pour 2024 a modifié la fiscalité de
l?eau potable et de l?assainissement. Elle a augmenté le
plafond annuel de recettes des agences de l?eau de 150
M¤ dès 2024 et en prévoit une augmentation de 175 M¤
supplémentaire en 2026. Le plafond des dépenses des
agences de l?eau sera revu en 2026.
Les agences de l?eau ont adopté fin 2024 leurs pro-
grammes pluriannuels d?intervention pour la période
2025-2030. Ils déterminent pour une durée de six ans les
domaines ? travaux et opérations - et les conditions de
l?action de l?agence et prévoient le montant des recettes
CLE du 23 novembre 2023 du SAGE Scarpe Aval. © Agence de l?eau
Artois Picardie.
Plan eau, 2 ans après | 23
et des dépenses pour sa mise en oeuvre. Ils répondent
aux orientations des SDAGE de chaque bassin ainsi
qu?aux engagements du Plan eau.
? 44,3 M¤ ont été mobilisés en 2024 pour la politique
de l?eau dans les territoires ultra-marins, dont plus de la
moitié pour Mayotte (soit +15 M¤ en 2024) pour finan-
cer 39 opérations. Les moyens seront réhaussés de +35
M¤/an à compter de 2025 provenant de la solidarité
interbassins, pour des opérations d?investissement du
petit cycle et grand cycle de l?eau.
Dans le cadre du Plan eau DOM, la sécurisation de la
perception des redevances des offices de l?eau et de
leurs missions a été menée.
? Fin février 2025 : près de 2,24 Md¤ d?Aqua Prêts de la
Banque des Territoires ont été mobilisés en appui du
Plan eau depuis le 1er janvier 2023, soit 714 opérations
accompagnées. En 2024, 93% des projets, représentant
95% du montant en prêts, concernent l?eau potable et
l?assainissement ouvrant la voie à une plus forte mobili-
sation en appui des projets de gestion des milieux
aquatiques et de prévention des inondations, et de
gestion des eaux pluviales.
Le parcours aquagir.fr, porté par la Banque des Terri-
toires en partenariat avec l?association nationale des
élus de bassins (ANEB), le BRGM, le Cercle français de
l?eau (CFE), les pôles AquaValley et aquanova et l?Union
nationale des industriels et entreprises de l?eau (UIE),
répond aux besoins des collectivités locales, en six
étapes. Début 2025, il est enrichi de nouveaux retours
d?expérience sur les territoires d?Outre-mer et d?un
centre de ressources agrégeant des productions sur la
gestion de la ressource en eau. Plus de 120 000 visiteurs
en ont déjà bénéficié.
INVESTIR DANS LA
RECHERCHE ET L?INNOVATION
L?État soutient les actions de recherche et d?innovation
pour développer des solutions innovantes de gestion de
l?eau, pour répondre aux défis, aux besoins actuels et
futurs.
? L?appel à projets de France 2030, Innov Eau, couvre
l?ensemble de la chaîne de valeur et des usages liés à l?eau.
26 projets ont été sélectionnés pour un montant d?aide de
25,2 M¤. Début mars 2025, 20 dossiers sont en cours
d?instruction pour la 3ème relève et une quarantaine de
dossiers sont en présélection pour la 4e relève.
? Projet Innov Eau pour une gestion durable
des zones humides
Le projet ZH SCAN, porté par PIXSTART et le BRGM,
ambitionne de renforcer la compréhension des interactions
entre les eaux souterraines et les zones humides. Il prévoit
de développer une surveillance environnementale avancée
et de fournir des outils décisionnels, pour les acteurs publics
et les entreprises, en utilisant des données satellitaires et de
terrain, pour la préservation et une gestion durable de la
ressource en eau.
? Les travaux d?Explore2 relatifs aux impacts du change-
ment climatique sur l?hydrologie d?ici 2100, publiés en juin
2024, et l?étude prospective de France stratégie sur
l?évolution de la demande en eau à l?horizon 2050, publiée
en janvier 2025, donnent une vision des futurs possibles de
la ressource et de la demande en eau (voir focus p. 6-7).
? L?empreinte eau sera bientôt intégrée à l?affichage
environnemental volontaire dans les produits textiles.
Cette mesure vise à fournir une information plus fiable aux
entreprises et aux consommateurs.
Marais de Sacy-le-Grand © Arnaud Bouissou / Terra
24 | Plan eau, 2 ans après
Axe 5
Mieux répondre
aux crises sécheresse
Les épisodes de canicule et de sécheresse seront de plus en plus
récurrents avec le changement climatique. Afin d?anticiper les
situations de tensions et de protéger les populations, les outils
de gestion de crise nationaux continuent d?être renforcés.
AMÉLIORER LA GESTION
DES PÉRIODES DE SÉCHERESSE
Si l?année 2024 figure parmi les dix années les plus plu-
vieuses et parmi les cinq années les plus chaudes depuis
1900 à l?échelle nationale, selon Météo-France, elle ne doit
pas faire oublier les risques de canicule et de sécheresse
qui pèsent sur le territoire et seront aggravés par le
changement climatique.
Les territoires ultra-marins de Mayotte et de la Guyane ont
vu se prolonger en 2024 les situations de sécheresse déjà
sévères en 2023.
? Le site VigiEau permet aux particuliers de s?informer sur
les restrictions et de retrouver des écogestes pour gagner
en sobriété. Près de 2,5 millions de visiteurs depuis l?été
2023.
? Campagne de sensibilisation du public : une expérimen-
tation a été menée par Grand Chambéry et par le
Syndicat Mixte Garrigues Campagne, entre juin et octobre
2024, notamment par l?envoi de méls personnalisés
indiquant la consommation d?eau de l?abonné et l?état des
ressources dont il dépend.
La campagne a été co-construite avec les collectivités et
s?appuie sur des sciences comportementales. 14 000
particuliers, abonnés de collectivités en télérelève, ont été
touchés par cette expérimentation.
? Mise en situation : des exercices ORSeC
sécheresse des Eaux de Beaufort en partenariat
avec l?agence de l?eau Loire Bretagne (35)
Le territoire de Beaufort connait une croissance démogra-
phique importante en période estivale et il dépend de trois
ruisseaux locaux, qui s?assèchent régulièrement lors des
sécheresses prolongées. Le syndicat des Eaux de Beaufort a
Plan eau, 2 ans après | 25
lancé des exercices durant lesquels, pendant une période de
72 heures, les conditions d?approvisionnement en eaux sont
limitées. Les populations ont été accompagnées, avec des
conseils pour adapter leurs consommations.
Les résultats des trois essais pilotes, impliquant 400 loge-
ments, ont montré une réduction de 30 % des consomma-
tions. 90 % des participants approuvent la nécessité
d?anticiper et de s?adapter aux tensions.
D?ici 2025, le Syndicat prévoit la réalisation de 35 exercices
annuels sur les communes de son territoire.
Face au risque sécheresse, l?enjeu de l?action publique
est d?évoluer d?une gestion des crises quand elles sont
survenues à leur anticipation autant que possible.
Il convient de doter l?Etat, les collectivités et les gestion-
naires d?ouvrage de soutien à l?étiage de moyens
adaptés pour anticiper les situations de sécheresse
plutôt que d?y réagir.
? Des outils prospectifs de l?état des masses d?eau sont en
cours de développement pour les eaux de surface
(plateforme PREMHYCE portée par l?Office français de la
biodiversité) et pour les eaux souterraines (AquiFR pour
certaines nappes, et MétéEauNappes du BRGM).
Les données prospectives sur l?état des masses d?eau
permettront ensuite d?alimenter les outils pour apprécier
l?adéquation ou l?inadéquation des ressources en eau par
rapport aux prélèvements, selon les territoires. Ainsi, les
acteurs locaux et les pouvoirs publics seront en mesure, en
particulier lors de la période estivale, d?anticiper les étiages
et de prendre des mesures préventives pour assurer la
disponibilité de l?eau dans les milieux.
? Mieux anticiper les sécheresses : les outils
développés sur le bassin Adour-Garonne
A la suite du retour d?expérience de la sécheresse de 2022,
la DREAL Occitanie a conçu, courant 2024, un outil dyna-
mique de quantification précise des volumes d?eau restant
disponibles dans les retenues hydrauliques pour contribuer
au pilotage des ressources en eau dans le bassin Adour-Ga-
ronne. Le déploiement de cet outil se poursuit en 2025. Il
servira de socle au futur outil expérimental Vigisécheresse
qui aura vocation à centraliser et synthétiser en continu
l?ensemble des informations disponibles concernant la
météo de l?eau dans une plateforme accessible à tous et
notamment aux élus et au grand public. Cet outil permettra
de disposer d?un indicateur reflétant le niveau de tension
entre les ressources et les besoins à l?échelle de chaque
bassin de gestion.
? Création d?un label ville sobre en eau
dans la Drôme (26)
La Drôme est régulièrement impactée par des épisodes
de sécheresse. Le mardi 6 février 2025, le préfet de la Drôme
a présenté la feuille de route départementale de l?Etat sur la
gestion de la ressource en eau. Parmi les mesures, afin de
promouvoir et de récompenser les efforts de résilience des
collectivités locales, un label départemental ville sobre en
eau va être créé, sur le modèle des villes fleuries, avec une,
deux ou trois gouttes. En particulier, ce label permettra de
mettre en avant les initiatives menées par les collectivités
locales pour articuler les politiques de l?eau et de l?urba-
nisme, et engager les territoires vers les économies d?eau.
Jaugeage à la station d?hydrométrie sur le Son-Sonnette,
affluent de la Charente © Thierry Degen / Terra
26 | Plan eau, 2 ans après
LE PLAN EAU
dans les territoires
MOBILISATION POUR
LES OUTRE-MER
Lancé en 2016, pour une période de 10 ans, le Plan eau
DOM (Pedom) accompagne les collectivités ultra-ma-
rines dans l?amélioration de leurs services d?eau et
d?assainissement. L?instruction interministérielle aux
préfets du 12 juillet 2024 a précisé les actions attendues
dans le cadre du Pedom, actualisé au regard du Plan eau
de mars 2023.
La nouvelle génération de contrats de convergence et
de transformation 2024-2027 pour les territoires
ultra-marins prévoit une enveloppe globale de 203 M¤
répartie entre la Guadeloupe (35M¤), la Martinique
(27M¤), Saint-Martin (3,5M¤), la Guyane (36M¤), La
Réunion (30M¤), Mayotte (46M¤), Saint-Pierre-et-Mique-
lon (3M¤), la Nouvelle-Calédonie (9,5M¤), la Polynésie
française (10M¤) et Wallis et Futuna (3M¤).
La deuxième génération des contrats de progrès du
service public de l?eau potable et de l?assainissement est
en cours d?élaboration.
? Le projet REMA lauréat SFN 2025
Le projet de restauration et entretien des Mares des Antilles
(REMA), réalisé entre 2021 et 2023, vise à fournir des
solutions adaptées pour la gestion, l?entretien et la restaura-
tion des mares en contexte tropical. Il repose sur des
expérimentations in situ menées sur 12 mares en Guade-
loupe, Martinique et Saint-Martin, et la création d?un guide
technique inédit pour la préservation de ces écosystèmes
essentiels. Les résultats sont probants quant à l?atténuation
des crues, au stockage de l?eau en période sèche, ou encore
à la restauration des habitats naturels pour les amphibiens,
insectes aquatiques et oiseaux migrateurs. Ce projet, d?un
montant de 0,2 M¤, a été cofinancé par l?Office français de
la biodiversité, les offices de l?eau de la Guadeloupe et de la
Martinique, ainsi que par le Pôle-Relais Zones Humides Tropi-
cales de l?UICN.
? Le projet de la CASUD lauréat du programme
REUT littoral
A La Réunion, la pression sur les ressources en eau s?intensi-
fie sous l?effet de la croissance démographique et de
l?activité agricole. La communauté d?agglomération du Sud
(CASUD) mène une étude d?opportunité visant à réutiliser les
eaux usées traitées pour doter le lycée agricole d?un approvi-
sionnement alternatif permettant l?irrigation de 20 hectares
de cultures. Ce projet pourrait permettre d?économiser 100
000 m3 d?eau par an, et potentiellement 180 000 m3
supplémentaires pour le reste du territoire agricole. D?autres
applications, comme le nettoyage urbain, les besoins
industriels et l?hydrocurage.
Assises de l?eau et de l?assainissement en outre-mer - Table ronde © Frédéric Florent-Giard / Terra
Plan eau, 2 ans après | 27
Déclinaisons territoriales
du Plan eau
L?appropriation au niveau local des enjeux de la préservation de la ressource
en eau, de son partage entre les différents usages, de la préservation ou
restauration des écosystèmes aquatiques, a été renforcé par le lancement
en mars 2023 du Plan eau national.
? Le Plan eau régional de Bourgogne-Franche-Comté
La région fait partie des têtes de trois bassins hydrographiques.
Les têtes de bassin versant sont sensibles et essentielles au
fonctionnement du cycle de l?eau et des écosystèmes en aval.
Depuis plusieurs années, la région fait face à des épisodes de
sécheresse qui entrainent une baisse des débits, à une détério-
ration de la qualité de l?eau et à une vulnérabilité croissante
aux pressions anthropiques.
En juin 2023, le comité régional de l?eau de Bourgogne-Franche-
Comté a validé une déclinaison régionale du Plan eau, autour
de 7 orientations et 19 actions. Parmi ces orientations, il est
prévu de déployer les projets de territoire pour la gestion de
l?eau (PTGE), d?accompagner les 16 sites industriels les plus
consommateurs en eau vers davantage de sobriété, ou encore
d?accompagner le secteur de l?élevage dans son adaptation au
changement climatique et notamment pour sécuriser
l?abreuvement.
En janvier 2024, le préfet de région, la présidente du Conseil
régional et les trois agences de l?eau ont signé une convention
partenariale pour soutenir la réalisation du plan.
En décembre 2024, après 18 mois de déploiement, toutes
les actions sont engagées et 57% sont terminées.
? Le Plan eau départemental
des Pyrénées-Orientales
Fortement touchés par la sécheresse, les Pyrénées-Orientales
ont décliné le Plan eau national dans leur Plan de résilience
pour l?eau des Pyrénées-Orientales (2024-2028). Les trois
grandes priorités identifiées sont l?amélioration de l?approvi-
sionnement en eau potable ; l?agriculture et la réutilisation
des eaux usées traitée et « eaux grises ».
L?agence de l?eau Rhône Méditerranée Corse a prévu de
financer, en 2023-2024, 135 projets à hauteur de 21,1 M¤.
La convention de partenariat signée le 21 mars 2025 entre la
Préfecture des Pyrénées-Orientales et la Direction régionale
Occitanie de la Banque des Territoires engage une collabora-
tion opérationnelle pour déployer les actions de gestion
résiliente et innovante de la ressource en eau du plan.
LA PRISE EN COMPTE DU PLAN
EAU DANS LES CONFÉRENCES
DES PARTIES RÉGIONALES
POUR LA PLANIFICATION
ÉCOLOGIQUE
Au cours de l?année 2024, la planification écologique a
été déclinée dans chaque région de France, à travers les
conférences des parties (COP) régionales, pilotées par
les préfets de régions et les présidents des conseils régio-
naux. Cette démarche inédite, menée sous l?égide du
Secrétariat général à la planification écologique, a
permis de mobiliser les pouvoirs publics et les acteurs
du territoire pour fixer des objectifs et identifier les
leviers régionaux de réduction des émissions de gaz à
effet de serre, de protection de la biodiversité et de
préservation des ressources, dont la ressource en eau.
Les feuilles de route 2024 sont amenées à évoluer dès
2025 pour préciser les actions identifiées en 2024,
renforcer certaines thématiques ou ajouter de nouveaux
sujets prioritaires pour les territoires, dont l?adaptation
au changement climatique.
? La feuille de route COP régionale
« Grand Est Région Verte »
Le 27 septembre 2024, la feuille de route commune à l?État
et au Conseil régional de Grand Est, a été présentée aux
acteurs. Elle fixe une trajectoire collective, basée sur un
diagnostic partagé pour la région à l?horizon 2030, articulant
les priorités locales et nationales, publiques comme privées.
La feuille de route établit des objectifs pour 2030 dont la
restauration 10 zones humides, et la réduction des concen-
trations en nitrates et pesticides dans 181 captages priori-
taires.
En 2024-2025, les actions notamment prévues sont de
développer la gestion intégrée des eaux pluviales en
désimperméabilisant ou encore de restaurer 1000 hectares
de zones humides.
Les actions restant à planifier sont de mettre en place une
gouvernance dans chaque sous-bassin pour optimiser la
gestion quantitative de l?eau ; d?améliorer le traitement des
eaux usées ; de recenser les zones humides de la région ;
d?assurer la compatibilité de l?usage agricole de l?eau avec les
objectifs de sobriété ; et de reconquérir la qualité des eaux
de 200 captages.
Contact presse :
presse@ecologie.gouv.fr
M
T
EC
T-
D
IC
O
M
-C
A
B/
B
R
O
-
2
3
0
17
?
M
ar
s
2
0
24
?
P
h
o
to
s:
A
d
o
b
e
St
o
ck
/
G
et
ty
im
ag
e
s
?
Im
p
ri
m
é
su
r
d
u
p
ap
ie
r
ce
rt
if
ié
é
co
la
b
el
e
u
ro
p
ée
n
mailto:presse@ecologie.gouv.fr
Sommaire
1 plan d?action 3 enjeux / 53 mesures
2 ans d?action, 100 % des mesures initiées dont 64 % mises en oeuvre
Ce qu?il faut retenir des réalisations à 2 ans
Les futurs de la ressource en eau
2 ans d?action les dates clés
Les étapes des 6 prochains mois
Tableau de bord des 53 mesures
1. Organiser la SOBRIÉTÉ des usages de l?eau pour tous les acteurs
2. Optimiser la DISPONIBILITÉ de la ressource
3. Préserver la QUALITÉ de l?eau et restaurer des écosystèmes sains et fonctionnels
4. Mettre en place les moyens d?ATTEINDRE CES AMBITIONS
5. Être en capacité de mieux répondre aux CRISES de sécheresse
6. Des ENGAGEMENTS tenus
2 ans d?actions concrètes : le bilan des mesures mises en oeuvre
Axe 1 : Sobriété des usages
Axe 2 : Optimiser la disponibilité de la ressource
Axe 3 : Préserver la qualité
Axe 4 : Des moyens à la hauteur des ambitions
Axe 5 : Mieux répondre aux crises sécheresse
Le plan eau dans les territoires
Déclinaisons territoriales du Plan eau
Contacts