Bilan énergétique de la France pour 2023
ANDRIEUX, Virginie ;MEILHAC, Christophe ;MESQUI, Bérengère
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
La consommation primaire réelle progresse faiblement (+ 1,6 %). Le taux d'indépendance énergétique, ratio de la consommation et de la production primaires, s'accroît de 5,6 points, pour s'établir à 56,3 %. Le déficit des échanges physiques d'énergie diminue de 12 %. La France redevient exportatrice nette d'électricité. Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 %. Elle décroît dans tous les secteurs, en particulier dans le tertiaire (- 7,8 %) et l'industrie (- 6,5 %), sous l'effet des prix élevés.
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
énergie
;production d'énergie
;bilan énergétique
;gaz
;fuel
;charbon
;paysage végétal
;carburant
;importation
;transport d'énergie
Descripteur écoplanete
consommation d'énergie
;CO2
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Bilan énergétique
de la France pour 2023
AVRIL 2025
ÉNERGIE
L A B
T A
D A
2 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
sommaire
Bilan énergétique
de la France pour 2023
4 - Avant-propos
5 - Synthèse et données clés
11 - Les prix de l?énergie
39 - L?approvisionnement énergétique
63 - Transformation, transport et distribution d?énergie
83 - La consommation d?énergie par forme d?énergie
109 - La consommation d?énergie par secteur ou usage
129 - Intensité énergétique finale et émissions degaz à effet
de serre dues à la combustion d?énergie
137 - Annexes
175 - Table des matières
Document édité par:
Le service des données
et études statistiques (SDES)
Chiffres arrêtés au 6 janvier 2025.
L?arrondi de la somme n?est pas toujours
égal à la somme des arrondis.
pilotage
VA
Virginie Andrieux
Coordinatrice
virginie.andrieux@developpement-durable.gouv.fr
CM
Christophe Meilhac
Coordinateur
christophe.meilhac@developpement-durable.gouv.fr
BM
Bérengère Mesqui
Coordinatrice
berengere.mesqui@developpement-durable.gouv.fr
contributeurs
Alexandru Andreï
Virginie Andrieux
César Got
Malo Herry
Étienne Jezioro
Théo Jobkel
Yvain Journé
Jean Lauverjat
Thierry Mathé
Christophe Meilhac
Bérengère Mesqui
Évelyne Misak
Simon Wellenreiter
Publication disponible en HTML sur
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 3
sommaire
Bilan énergétique
de la France pour 2023
4 - Avant-propos
5 - Synthèse et données clés
11 - Les prix de l?énergie
39 - L?approvisionnement énergétique
63 - Transformation, transport et distribution d?énergie
83 - La consommation d?énergie par forme d?énergie
109 - La consommation d?énergie par secteur ou usage
129 - Intensités énergétiques et émissions de gaz à effet
de serre dues à la combustion d?énergie
137 - Annexes
175 - Table des matières
Document édité par:
Le service des données
et études statistiques (SDES)
Chiffres arrêtés au 6 janvier 2025.
L?arrondi de la somme n?est pas toujours
égal à la somme des arrondis.
pilotage
VA
Virginie Andrieux
Coordinatrice
virginie.andrieux@developpement-durable.gouv.fr
CM
Christophe Meilhac
Coordinateur
christophe.meilhac@developpement-durable.gouv.fr
BM
Bérengère Mesqui
Coordinatrice
berengere.mesqui@developpement-durable.gouv.fr
contributeurs
Alexandru Andreï
Virginie Andrieux
César Got
Malo Herry
Étienne Jezioro
Théo Jobkel
Yvain Journé
Jean Lauverjat
Thierry Mathé
Christophe Meilhac
Bérengère Mesqui
Évelyne Misak
Simon Wellenreiter
4 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
avant-propos
L
e bilan énergétique de la France vise
àrépondre à deux principales questions.
Comment la France s?approvisionne-t-elle
en énergie? Qui consomme quoi?
Sonvolet physique, qui existe depuis 1982,
est élaboré suivant les recommandations de l?Agence
internationale de l?énergie et d?Eurostat. Son volet
monétaire, plus récent et plus original au plan
international, permet d?analyser les dépenses en énergie
des différents secteurs ainsi que l?évolution des prix.
Undocument détaillant la méthodologie d?élaboration
dubilan de l?énergie ainsi que les données en séries
longues accompagnent la publication sur le site internet
du SDES.
? Béatrice Sédillot
CHEFFE DU SERVICE DES DONNÉES ET ÉTUDES STATISTIQUES (SDES)
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 5
Synthèse et
données clés
6 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
synthèse et données clés
LA PRODUCTION D?ÉNERGIE PRIMAIRE
REBONDIT NETTEMENT EN 2023
En 2023, la production d?énergie primaire française
s?établit à 1 421 TWh, en hausse de 13,0 % par rapport
à 2022. Cette hausse s?explique principalement par
la reprise de la production nucléaire (1 025 TWh,
+ 14,7 % en un an), après les arrêts en 2021-2022
pour contrôle et réparation de plusieurs réacteurs à
la suite de la détection de problèmes de corrosion
dans la centrale de Civaux.
La production primaire d?énergies renouvelables
électriques progresse fortement elle aussi (+ 24,6 %,
à 129 TWh) du fait de conditions météorologiques,
en particulier pluviométriques, nettement plus
favorables qu?en 2022, et du développement des
capacités éoliennes et photovoltaïques. La production
primaire d?énergies renouvelables (EnR) thermiques
et issues de la valorisation des déchets repart à la
hausse (+ 2,2 %, à 257 TWh), portée par le dynamisme
des pompes à chaleur.
LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE FINALE
DIMINUE
La consommation primaire réelle progresse de
1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh. Cette légère
hausse s?explique par la reprise de la production
nucléaire, entraînant une augmentation des pertes
de chaleur induites. Le taux d?indépendance
énergétique, ratio de la consommation et de la
production primaires, s?accroît de 5,6 points, pour
s?établir à 56,3 %.
Le déficit des échanges physiques d?énergie, à
1 175 TWh, diminue de 12 % en 2023. La France
redevient exportatrice nette d?électricité.
Les importations nettes de gaz naturel se replient
de 19,6 %, du fait principalement de la baisse de la
consommation. Comme en 2022, le gaz est
majoritairement importé sous forme de gaz naturel
liquéfié et provient en premier lieu de Norvège et
des États-Unis. Les importations nettes de produits
pétroliers raffinés baissent également, de 15,0 %,
alors que celles de pétrole brut progressent
(+ 10,6 %) avec la reprise d?activité des raffineries.
La consommation finale à usage énergétique
s?établit à 1 496 TWh (- 4,1 % sur un an en données
réelles, - 4,0 % à climat corrigé). Elle décroît dans
tous les secteurs, en particulier dans le tertiaire
(- 7,8 % à climat corrigé) et l?industrie (- 6,5 %).
LES PRIX DE L?ÉNERGIE POUR
LES CONSOMMATEURS FINAUX CONTINUENT
DE PROGRESSER
Malgré la détente observée sur les marchés de gros,
les prix pour les consommateurs finaux continuent à
croître. Les hausses sur les marchés observées en
2022 se répercutent en effet avec retard sur les prix
payés par les entreprises et les ménages. Tous
secteurs confondus, les prix de l?énergie pour
un usage énergétique progressent de 12,5 % sur
un an. La hausse est particulièrement forte dans
le tertiaire (+ 49,2 % sur un an). Dans l?industrie,
la hausse est plus mesurée (+ 19,5 %), les « gros »
consommateurs bénéficiant des baisses de prix sur
les marchés de gros. Dans le résidentiel, la progression
des prix (+ 10,7 % sur un an) est en partie contenue
par la prolongation du bouclier tarifaire.
LES CONSOMMATEURS FINAUX D?ÉNERGIE
ONT DÉPENSÉ 230 Md¤ EN 2023
Au total, les ménages, entreprises et administrations
ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs
besoins en énergie. Cette dépense est stable par
rapport à 2022 et se maintient donc à un niveau
élevé malgré la baisse de consommation.
La facture moyenne d?énergie des ménages
s?élève à 3 678 ¤ en 2023, dont 1 851 ¤ pour
l?énergie du logement et 1 827 ¤ pour les carburants.
Après deux années de forte hausse sous l?effet
cumulé de la reprise des déplacements à la sortie
de la crise sanitaire et de l?augmentation des prix,
la dépense en carburant diminue de 0,6 % par
rapport à 2022. À l?inverse, la facture moyenne liée
au logement progresse de 6,8 % dans un contexte
de hausse des prix et malgré la baisse des
consommations.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 7
synthèse et données clés
20 %
50 %
1992
32,7
51,3
56,3Taux d'indépendance énergétique (en %)
de l'énergie consommée
est produite sur le
territoire en 2023
56,3 %
2023
Indépendance énergétique
1970
18 %
9 %
1 %
72 %
Énergies
renouvelables
Énergies fossiles
EnR thermiques
et déchets
hydraulique,
photovoltaïque
et éolien
pétrole et gaz
Nucléaire
Bois-énergie
32 %
15 % Hydraulique
(hors pompages)
Chaleur renouvelable
produite par les pompes à chaleur14 %
14 %
6 %
6 %
4 %
Éolien
Biogaz
Solaire photovoltaïque
Autres
4 % Déchets renouvelables
6 % Biocarburants
Production d'énergie primaire et focus sur les EnR en 2023
1 421 TWh
+ 13 %
par rapport
à 2022
Évolution 2022-2023
Gaz naturel
Électricité
Pétrole et
biocarburants
Facture énergétique de la France
- 4,0 Md¤
2,2 Md¤
46,9 Md¤
26,3 Md¤¤¤¤¤en 2023
en 2022
71,4 Md¤
- 42 %
- 25 %
- 47 %
- 40 %
7,8 Md¤
123,9 Md¤
Autres
(charbon et bois-énergie)
8 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
synthèse et données clés
Origine des importations de gaz naturel en 2023
34 %
4 %
15 %
19 %
28 %
Transports
Agriculture-pêche
Tertiaire
Industrie
Résidentiel
hors charbon hauts-fourneaux
par secteurpar énergie
Émissions de GES dues à la combustion d?énergie
Norvège 32,5 %
13,1 %
8,8 %
5,1 %
5,1 %
0,4 %
Russie
Algérie
Pays-Bas
Qatar
Autres pays
Indéterminés
25,7 %États-Unis
9,2 %
1990 1995 2000 2010 20152005
2023 estimé
2022
0
50
100
150
200
250
300
350
400
En Mt CO2 éq
2005-2022
- 2 % par an
- 6,8 %
entre 2022
et 2023
Consommation finale à usage énergétique en 2023
39 %18 %
13 %
27 %
3 % Moins de 1 %
Électricité
Chaleur
Pétrole
Charbon
Gaz naturel
Énergies
renouvelables
C
1 496
TWh
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 9
synthèse et données clés
Prix spot moyen mensuel en ¤/MWh
(pouvoir calorifique supérieur)
0
20
40
60
80
100
120
140
160
180
200
2011 2015 2020 2024
Prix Baseload moyen mensuel en ¤/MWh
Gaz
0
100
200
300
400
500
158
492
Électricité
Prix du gaz et de l'électricité sur les marchés de gros
Industrie
(hors hauts-
fourneaux)
Agriculture-
pêche
TransportsTertiaire Résidentiel
Évolution moyenne
des prix pour tous
les secteurs
2022 2023
+ 19,5 %
+ 7 %
- 0,1 %
+ 49,2 %
+ 10,7 %
Évolution des prix de la consommation finale par secteur
+ 12,5 %
Dépense HTT TVA
Logement
629 290908
1 851 ¤
1 827 ¤
Carburant
2591 505
Taxes
énergétiques
87
Facture des ménages en énergie
3 678 ¤
en 2023
- 1 %
+ 7 %
+ 3 %
par rapport à 2022
10 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
synthèse et données clés
LE DIAGRAMME DE SANKEY, OUTIL DE VISUALISATION DU BILAN
Le diagramme de Sankey, représenté ci-après, illustre qu?en 2023 la France a mobilisé une ressource
primaire de 2 650 TWh pour satisfaire une consommation finale (non corrigée des variations climatiques)
de 1 615 TWh. La différence est constituée des pertes et usages internes du système énergétique
(910 TWh au total), des exportations nettes d?électricité (50 TWh), des soutes aériennes et maritimes
internationales exclues par convention de la consommation finale (75 TWh). Le diagramme illustre
aussi les flux des différentes formes d?énergie transformés en électricité (par exemple, 47 TWh de
gaz ont été utilisés à des fins de production d?électricité).
Ensemble des énergies ? Bilan énergétique de la France en 2023 (TWh)
Pertes et
usages internes
de la branche
énergie
Tertiaire
Production
primaire
(+ déstockage)
Importations
nettes
Industrie
Exportations nettes
Transports
Résidentiel
Soutes internationales
Consommation finale
non énergétique
Agriculture
et pêche
Nucléaire
Électricité
EnR thermiques
et déchets
Charbon
Gaz naturel
Pétrole raffiné
Pétrole brut Pétrole raffiné
Raffinage
EnR électriques
Chaleur
commercialisée
Note:lesfluxrelatifsauxénergiesrenouvelablesélectriquescomprennentlesénergiesmarines,maisexcluentl?accumulationparpompage.
Lesénergiesrenouvelablesthermiquesrecouvrentlebois,lesolairethermique,lesbiocarburants,lebiogaz,lachaleurprélevéedel?environnementparles
pompesàchaleur,etc.
L?importancedespertesdansledomainedel?électricitétientaufaitquelaproductionnucléaireestcomptabiliséepourlachaleurproduiteparlaréaction,chaleur
dontlesdeuxtierssontperduslorsdelaconversionenénergieélectrique.
Lachaleurcommercialiséecorrespondàlachaleurvendueparlesréseauxetlachaleurcogénéréevendue.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
partie 1
Les prix de l?énergie
? Après une année de fortes tensions liées à la guerre en Ukraine
et à la moindre disponibilité des réacteurs nucléaires français,
les prix de l?énergie sur les marchés de gros refluent nettement
en 2023. Les prix de gros du gaz et de l?électricité diminuent ainsi
de plus de 60 % sur un an, ceux du pétrole d?environ 20 %.
Malgré la détente sur les marchés, les prix du gaz et de l?électricité
pour les consommateurs finaux continuent de progresser,
les hausses des prix de gros se répercutant avec retard. Le secteur
tertiaire est le plus touché avec une croissance des prix de près
de 50 %. Dans l?industrie, les évolutions sont plus contrastées,
les « gros » consommateurs bénéficiant des baisses sur
les marchés. Pour les ménages, la prolongation du bouclier tarifaire
sur les énergies résidentielles permet de limiter la hausse à 6,6 %.
12 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.1 Les prix de l?énergie moyens payés
par les consommateurs finaux continuent
leur progression en 2023
1.1.1 PRIX FINAUX DE L?ÉNERGIE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
Après une année d?envolée liée aux tensions internationales
et à la moindre disponibilité du parc nucléaire français, les
prix de l?énergie sur les marchés refluent nettement en 2023
(cf. 1.3 à 1.8).
Malgré cette détente, les prix pour les consommateurs
finaux continuent à croître. Les hausses sur les marchés de
gros observées en 2022 se répercutent en effet avec retard
sur les prix payés par les entreprises et les ménages.
Tous secteurs confondus, les prix de l?énergie pour un usage
énergétique progressent de 12,5 % sur un an (figure 1.1.1.1).
L?augmentation est particulièrement forte dans le
tertiaire (+ 49,2 % sur un an). Dans l?industrie, la hausse est
plus mesurée (+ 19,5 %), les « gros » consommateurs
bénéficiant des baisses de prix sur les marchés de gros.
C?est l?électricité qui connaît la plus forte progression : les
prix de l?électricité aux consommateurs finaux s?accroissent
de 35 % sur un an (cf. 1.7). La hausse est plus contenue pour
le gaz (+ 9 %, cf. 1.3) et les produits pétroliers (+ 4 % pour
le gazole et l?essence).
Figure 1.1.1.1 : prix de la consommation finale par secteur
En ¤/MWh
2019 2020 2021 2022 2023
Industrie (hors charbon hauts-fourneaux) 45 43 54 84 100
Transports 133 118 135 171 171
Résidentiel 103 106 106 124 137
Tertiaire 87 87 90 116 173
Agriculture-pêche 74 63 75 104 111
Consommation finale énergétique (hors charbon hauts-fourneaux) 98 93 102 130 146
Consommation finale non énergétique 49 41 62 97 76
Consommation finale (hors charbon hauts-fourneaux) 94 88 98 128 141
Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,lecharbondeshauts-fourneauxestexclu
delaconsommationfinale.Danslecadredubilanmonétaire,ilestenrevancheinclusdansl?industrieetdansladépensenationaleenénergie.
Danscetableau,leprixestcalculéenrapportantladépenseenénergiedusecteuràsaconsommationénergétique.Pourlerésidentiel,laconsommationinclut
lesolairethermiqueetlachaleurdespompesàchaleuralorsqu?aucunedépensen?estassociéeàcetteconsommation.
Source :SDES,Bilandel?énergie
1.1.2 PRIX DE L?ÉNERGIE PAYÉS PAR LES MÉNAGES
Dans un contexte d?inflation générale des biens et services
de 4,9 %, les ménages paient en moyenne l?énergie 6,6 %
plus cher en 2023 qu?en 2022 (figure 1.1.2.1). Cette
augmentation provient des énergies du logement, dont le prix
moyen, à structure de dépense équivalente, augmente de
12,8 %. En effet, les prix de détail du gaz (+ 19,4 %) et de
l?électricité (+ 14,4 %), principales énergies résidentielles
(quatre cinquièmes de la dépense du logement mais deux
tiers de la consommation), subissent avec retard les hausses
observées sur les marchés un an auparavant. Cette progression
est néanmoins contenue par la prolongation du bouclier
tarifaire en 2023 (cf.1.3et1.7). À l?inverse, les prix des
carburants sont quasi stables sur un an.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 13
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.1.2.1 : prix à la consommation
Indice base 100 en 1990
300
280
260
240
220
200
180
160
140
120
100
80
Énergie du logement Carburants Total énergie Total biens et services
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Note:l?évolutiondesprixestcalculéeenpondérantl?évolutiondesprixdechacunedesénergiesparsadépensecorrespondantedel?annéeprécédente.
Cetteméthodeserapprochedecelleutiliséeparl?Inseepourcalculerl?indicedesprixdesbiensetservicesàlaconsommation.Ellediffèredecelledelapartie1.1.1.
Sources :Insee;calculsSDES
Sur longue période, l?énergie reste un bien plus onéreux
que par le passé pour les ménages. Son prix a augmenté
de 3,2 % par an en moyenne depuis 1990, en euros courants,
alors que l?inflation générale annuelle ne s?est élevée qu?à
1,7 % sur la période. L?évolution annuelle moyenne est
identique pour les carburants et les énergies du logement,
mais avec des évolutions contrastées entre différentes sous-
périodes. Longtemps peu dynamique, le prix de l?énergie du
logement a fortement accéléré depuis le milieu des
années 2000. Celui des carburants fluctue depuis le début
de la décennie après avoir très fortement augmenté au cours
des deux décennies précédentes. Depuis 2019, la hausse
des prix des énergies s?est nettement accélérée : + 5,7 %
par an en moyenne pour les carburants et + 8,3 % par an
pour les énergies du logement.
14 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent
1.2.1 PRIX DU PÉTROLE BRUT
Cours du pétrole brut
En 2023, le cours du baril de Brent daté se situe en moyenne
à 82 $, soit 18 % de moins que l?année précédente
(figure 1.2.1.1). Exprimé en dollar, le cours est nettement
inférieur aux pics enregistrés en 2008 et entre 2011 et 2014,
tandis qu?exprimé en euros (76 ¤ en 2023), il est très proche
des niveaux élevés observés au cours de ces années, tout
en restant inférieur au niveau moyen de 2022 (96 ¤).
Après une année 2022 marquée par une forte hausse
au premier semestre puis un reflux important au cours du
deuxième semestre, le cours du Brent est moins volatil
en 2023. En début d?année, le cours est soutenu par la
stratégie de réduction des quotas de production des
principaux pays producteurs de pétrole, hormis les États-
Unis, et par la diminution des livraisons de la Russie à la
suite des sanctions prises en février 2023 (embargo européen
sur les produits raffinés après l?embargo sur le brut en
décembre 2022). Après avoir augmenté jusqu?à 85 $
en moyenne mensuelle en avril, le cours est tiré à la baisse
par les tensions pesant sur l?économie mondiale (hausse
des taux d?intérêt en Europe et aux États-Unis, inquiétudes
sur la dette américaine, incertitudes sur la croissance
chinoise) et atteint 75 $ en juin.
Il ne repart à la hausse que début juillet, après l?annonce
de l?Arabie saoudite et la Russie d?une nouvelle diminution
de leur production en août. La cotation augmente quasi
continûment au troisième trimestre, renforcée par l?érosion
des stocks de pétrole, notamment américains. Elle atteint un
pic en septembre, à 94 $.
Le cours se replie ensuite nettement sous l?effet
notamment d?anticipations défavorables de la demande,
liées à la dégradation de la conjoncture économique mondiale,
et des dissensions au sein de l?Organisation des pays
exportateurs de pétrole (Opep) sur les objectifs de production.
Il s?élève à 78 $ en décembre. La cotation augmente de
nouveau régulièrement début 2024 avec les tensions en mer
Rouge, la limitation de l?offre et les perspectives d?amélioration
de la conjoncture en Europe et en Chine.
Figure 1.2.1.1 : cours moyen mensuel du baril de Brent daté
En $US/baril En ¤/baril
En dollars et en euros courants
janv.-0
0
janv.-0
4
janv.-1
1
janv.-1
6
janv.-0
1
janv.-0
5
janv.-1
2
janv.-1
7
janv.-0
2
janv.-0
9
janv.-0
6
janv.-1
3
janv.-1
8
janv.-0
3
janv.-1
0
janv.-0
7
janv.-1
4
janv.-1
9
janv.-2
0
janv.-2
1
janv.-2
2
janv.-2
4
janv.-2
3
sept.-2
4
janv.-0
8
janv.-1
5
140
120
100
80
60
40
20
0
Note:lesmoyennesmensuellessontlesmoyennesdescotationsquotidiennesduBrentdatéenclôtureàLondres.
Sources :Reuters;DGEC
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 15
partie 1 : les prix de l?énergie
Prix du pétrole brut importé
Le prix du brut importé par les raffineurs français s?élève en
moyenne à 586 euros par tonne équivalent pétrole (tep) en
2023 (figure 1.2.1.2), soit 88 $ le baril. Il chute de 22 % en
moyenne sur l?année, après avoir atteint un niveau record
l?année précédente. Incluant l?assurance et le fret, le prix du
brut importé est logiquement supérieur au cours moyen du
Brent daté.
Figure 1.2.1.2 : prix moyen à l?importation du pétrole brut*
En euros par tep
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Importations 607 551 355 291 357 449 428 288 453 751 586
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà
distiller.
Sources :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteauprèsdesraffineries;DGDDI;LyondellBasell
1.2.2 PRIX DES PRODUITS PÉTROLIERS RAFFINÉS
En complément du pétrole brut destiné à être traité dans les
raffineries nationales, la France importe des produits pétroliers
déjà raffinés. Les prix de ces derniers, qui incluent une marge
de raffinage en plus du coût du pétrole brut, sont très
hétérogènes. Ils dépendent, d?une part, de la demande qui leur
est adressée et, d?autre part, de plusieurs facteurs liés à la
qualité du produit, comme sa teneur énergétique, sa
concentration en particules polluantes ou encore l?incorporation
d?additifs. En 2023, le prix des produits raffinés importés par
la France diminue de 18 % et s?élève en moyenne à 771 ¤/tep
(figure 1.2.2.1). Le prix moyen à l?importation du gazole et du
fioul domestique, majoritaires dans les achats de produits
raffinés, s?établit à 781 ¤/tep ou 67 c¤/l en 2023 (- 20 %).
Le prix du jet kérosène importé baisse dans les mêmes
proportions (- 21 %, à 811 ¤/tep), comme celui du gaz de
pétrole liquéfié (GPL), qui diminue de 20 %, à 449 ¤/tep.
Les produits non énergétiques (naphta, bitumes et lubrifiants)
et le fioul lourd connaissent des baisses de prix moins
prononcées, respectivement de 8 % et 3 %.
Le prix moyen des exportations françaises diminue à un
rythme légèrement moins élevé que celui des importations
(- 16 %), les exportations étant plus diversifiées. Il s?établit à
866 ¤/tep pour l?ensemble des produits raffinés. Le prix du
gazole/fioul domestique recule le plus (- 32 %, à 833 ¤/tep).
Celui des supercarburants, à 720 ¤/tep (ou 56 c¤/l), baisse
de 13 %.
Figure 1.2.2.1 : prix moyens des produits raffinés à l?importation et à l?exportation
En euros par tep
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Importations 682 622 454 379 456 544 531 375 527 944 771
dont gazole/fioul domestique 711 649 463 381 457 554 546 366 500 978 781
jet kérosène 721 671 473 373 458 570 557 349 517 1 029 811
gaz de pétrole liquéfié (GPL) 533 440 303 270 341 364 318 287 450 558 449
fioul lourd 580 537 359 287 365 427 433 337 460 650 630
produits non énergétiques* 705 670 514 456 521 607 552 403 615 953 877
Exportations 737 691 506 451 542 616 614 526 737 1 029 866
dont gazole/fioul domestique 702 679 444 369 435 534 505 438 649 1 233 833
supercarburants 704 643 464 384 467 525 503 305 535 831 720
fioul lourd 506 448 264 201 289 374 370 256 407 628 501
produits non énergétiques* 801 765 603 557 635 666 675 686 1 008 1 101 929
*Naphta,bitumes,lubrifiants.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
16 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.2.3 PRIX À LA CONSOMMATION
Malgré la nette diminution des prix des produits pétroliers
importés, les prix hors toutes taxes (HTT) des carburants
restent à des niveaux élevés en 2023, en lien notamment
avec la fin des remises à la pompe financées par l?État et
TotalEnergies entre avril et décembre 2022 en réponse à la
forte hausse des carburants.
Le prix toutes taxes comprises (TTC) du gazole routier,
carburant le plus consommé en France, est de 1,79 ¤/l en
moyenne en 2023 (figure 1.2.3.1). Il diminue, en euros
courants, de 3 % par rapport à 2022 en raison de la baisse
de 5 % du prix HTT, à 0,89 ¤/l en moyenne en 2023. L?accise
sur les produits énergétiques autres que les gaz naturels et
les charbons (anciennement TICPE) est fixée, depuis 2018,
à 0,61 ¤/l. Au total, cette taxe et la taxe sur la valeur ajoutée
(TVA) représentent 51 % du prix du gazole routier en 2023,
soit 1 point de plus qu?en 2022.
Le prix moyen TTC du SP95-E10, supercarburant le plus
consommé en France, s?établit à 1,86 ¤/l. Il est légèrement
moins cher que le SP95 (1,88 ¤/l) qu?il remplace progressivement
en raison d?une fiscalité plus avantageuse. Le SP98 est, quant
à lui, plus cher (1,94 ¤/l) du fait d?un prix HTT plus élevé. Les prix
TTC de ces trois carburants progressent d?environ 4 à 5 % en
2023 par rapport à 2022. Cette hausse résulte de celle des prix
HTT (+ 10 % pour le SP95-E10). Les prix HTT des supercarburants
se situent ainsi à un niveau proche de celui du gazole (0,89 ¤/l) :
0,88 ¤/l pour le SP95 et le SP95-E10 ; 0,92 ¤/l pour le SP98.
L?écart entre les prix TTC du gazole et du SP95-E10 s?explique
par une accise plus élevée (0,67 ¤/l depuis 2018, soit 0,06 ¤/l
de plus que le gazole), un écart toutefois considérablement
réduit depuis 2014, où il était de 0,17 ¤/l.
Le prix TTC du gazole non routier, notamment utilisé par
les engins agricoles et de chantier, est en moyenne de 1,27 ¤/l
en 2023. En baisse de 8 % par rapport à 2022, il demeure à
un niveau historiquement élevé. Le gazole non routier
bénéficie d?une fiscalité allégée (0,19 ¤/l d?accise au lieu de
0,61 ¤/l pour le routier). Les prix HTT des deux produits sont,
quant à eux, très proches.
Le prix TTC du fioul domestique, principalement utilisé
en tant que combustible de chauffage pour les habitations,
est en moyenne de 1,26 ¤/l en 2023. Il diminue de 15 % par
rapport à 2022. En 2023, le prix HTT du fioul baisse de 17 %
tandis que les taxes (accise sur les produits énergétiques et
TVA) diminuent de 9 %. Elles représentent 29 % du prix
acquitté par le consommateur en 2023, contre 27 % en 2022.
L?accise est stable, à 0,16 ¤/l, depuis 2018.
Le prix TTC du propane pour les ménages, utilisé pour
le chauffage, l?eau chaude sanitaire et la cuisson dans les
maisons non raccordées au réseau de gaz, s?élève à un
niveau record de 166 ¤/MWh PCI (pouvoir calorifique
inférieur) en 2023, en augmentation de 6 % sur un an, comme
en 2022. Le prix du butane, principalement utilisé pour la
cuisson, l?eau chaude sanitaire et comme chauffage d?appoint,
est en moyenne de 41,3 euros TTC pour une bouteille de
13 kg, conditionnement usuel pour les ménages. Il se maintient
dans une dynamique de hausse entamée en 2022 (+ 7 % en
2023, après + 10 % en 2022). L?accise s?applique au propane
en citerne et au butane en bouteille pour les particuliers depuis
2018, à hauteur de 5 ¤/MWh PCI : en 2023, cela représente
3,1 % du prix TTC du propane et 2,1 % du prix TTC du butane.
Ces parts restent très proches de celles de 2022 (3,8 % et
2,2 % respectivement).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 17
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.2.3.1 : prix à la consommation des principaux produits pétroliers (biocarburants inclus)
2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Gazole (¤/l)
HTT 0,69 0,63 0,48 0,41 0,48 0,59 0,59 0,44 0,58 0,93 0,89
HTVA 1,13 1,07 0,96 0,92 1,03 1,20 1,20 1,05 1,19 1,54 1,50
TTC 1,35 1,29 1,15 1,11 1,23 1,44 1,44 1,26 1,43 1,85 1,79
SP98 (¤/l)
HTT 0,72 0,67 0,55 0,49 0,54 0,62 0,62 0,49 0,65 0,86 0,92
HTVA 1,33 1,29 1,18 1,14 1,20 1,31 1,31 1,18 1,34 1,55 1,62
TTC 1,59 1,54 1,41 1,36 1,44 1,57 1,57 1,42 1,61 1,86 1,94
SP95-E10 (¤/l)
HTT 0,65 0,62 0,49 0,44 0,49 0,56 0,56 0,44 0,60 0,80 0,88
HTVA 1,26 1,23 1,12 1,07 1,13 1,24 1,24 1,12 1,27 1,47 1,55
TTC 1,51 1,48 1,35 1,28 1,35 1,48 1,48 1,34 1,53 1,77 1,86
SP95 (¤/l)
HTT 0,67 0,62 0,50 0,44 0,49 0,56 0,56 0,44 0,60 0,82 0,88
HTVA 1,28 1,24 1,13 1,09 1,15 1,25 1,26 1,13 1,29 1,51 1,57
TTC 1,54 1,48 1,35 1,30 1,38 1,50 1,51 1,36 1,55 1,81 1,88
Superéthanol E85 (¤/l)
HTT - - - - - - - 0,43 0,45 0,55 0,76
HTVA - - - - - - - 0,55 0,56 0,66 0,88
TTC - - - - - - - 0,66 0,68 0,80 1,06
Gaz de pétrole liquéfié -
carburant (¤/l)
HTT 0,67 0,65 0,58 0,51 0,53 0,57 0,60 0,59 0,60 0,59 0,70
HTVA 0,73 0,71 0,66 0,59 0,62 0,68 0,71 0,70 0,71 0,70 0,82
TTC 0,87 0,86 0,79 0,71 0,74 0,82 0,86 0,84 0,85 0,84 0,98
Gazole non routier (¤/l)
HTT - 0,64 0,50 0,42 0,49 0,59 0,58 0,43 0,58 0,96 0,87
HTVA - 0,73 0,61 0,55 0,64 0,78 0,77 0,62 0,77 1,15 1,06
TTC - 0,88 0,73 0,66 0,77 0,93 0,93 0,74 0,93 1,38 1,27
Fioul domestique (¤/l)
HTT 0,72 0,66 0,51 0,44 0,50 0,60 0,62 0,48 0,60 1,08 0,90
HTVA 0,78 0,72 0,59 0,53 0,62 0,76 0,78 0,64 0,75 1,24 1,05
TTC 0,93 0,86 0,71 0,64 0,74 0,91 0,93 0,76 0,90 1,48 1,26
Fioul lourd à très basse
teneur en soufre (TBTS) (¤/t)
HTT 533 496 327 276 358 421 432 323 459 650 545
HTVA 552 517 372 345 453 560 572 463 599 789 684
Gaz propane liquéfié PCI*
(¤/MWh)
HTT 111 111 105 99 110 116 119 117 119 125 133
HTVA 111 111 105 99 110 119 124 122 124 131 139
TTC 133 134 126 119 132 143 149 146 149 157 166
Gaz butane (bouteille de
13 kg en ¤)
HTT 27 27 27 27 26 27 28 28 28 31 34
HTVA 27 27 27 27 26 27 29 29 29 32 34
TTC 33 33 33 32 32 33 35 35 35 39 41
*PCI=pouvoircalorifiqueinférieur.
Note:leprixhorstoutestaxes(HTT)comprendlecoûtdelamatièrepremièreetlescoûtsderaffinage,destockageetdetransport-distribution.
Leprixhorstaxesurlavaleurajoutée(HTVA)estobtenuparadditiondutauxnormaldel?accise,majorationsrégionalesincluses,etduprixhorstoutestaxes(HTT).
Champ:FrancemétropolitainehorsCorse.
Sources :DGEC(carburants,fioulsdomestiqueetlourd);Insee(butane);SDES(propane)
Figure 1.2.3.2 : prix TTC du gazole, du SP95 et du SP95-E10
2,2
2,0
1,8
1,6
1,4
1,2
1,0
Gazole SP95 SP95-E10
En euros par litre
janv.-1
8
janv.-2
2
mai-19
mai-23
mai-18
mai-22
sept.-1
9
sept.-2
3
sept.-1
8
sept.-2
2
janv.-2
0
janv.-2
4
janv.-2
1
janv.-1
9
janv.-2
3
mai-20
mai-24
mai-21
sept.-2
0
sept.-2
4
sept.-2
1
Source :DGEC
18 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie
en 2023 après avoir atteint un niveau inédit
en 2022
1.3.1 PRIX DE GROS DU GAZ NATUREL
Le gaz naturel s?échange soit de gré à gré via des contrats
qui peuvent s?étendre jusqu?à plusieurs dizaines d?années,
soit sur des marchés organisés, au comptant, pour une
livraison le jour-même ou le lendemain, ou à terme, pour une
échéance plus lointaine. Moins dense et moins aisément
transportable que le pétrole, le gaz naturel nécessite des
infrastructures plus coûteuses pour être acheminé des zones
de production à celles de consommation. Les volumes
transitant par ces infrastructures sont limités, ce qui peut
entraîner des congestions sur le réseau. Le prix du gaz reflète
ainsi des équilibres régionaux entre offre et demande.
Historiquement dépendants des cours du pétrole, les prix de
gros du gaz ne sont plus directement indexés sur le cours du
Brent.
Sur les marchés européens, les prix du gaz, qui avaient
atteint des sommets en 2022 en raison de la forte réduction
des exportations de gaz russe vers l?Union européenne,
refluent très nettement en 2023 grâce à l?afflux de gaz naturel
liquéfié, à la modération de la consommation et au niveau
élevé des stocks. Les prix à l?intérieur du marché ouest-
européen sont à nouveau très proches après avoir divergé
entre mai et octobre 2022, dans un contexte marqué par la
saturation de certaines infrastructures gazières. La mise en
place de nouvelles capacités d?importation dans l?est de
l?Europe et le renforcement de certaines infrastructures
favorisent une convergence des prix.
Le prix du gaz naturel sur le marché des Pays-Bas (Title
TransferFacility, TTF) est le principal prix de référence pour
le marché continental européen. Il s?élève en moyenne à
40,7 ¤/MWh (en pouvoir calorifique supérieur, PCS) en 2023,
en nette baisse par rapport à l?année précédente : il est en
effet quasiment divisé par trois. Le prix sur le marché spot
de Londres (NationalBalancingPoint, NBP), principale
référence avant 2017 sur le marché européen, diminue
également fortement : il est divisé par deux, passant de
83,2 ¤/MWh en moyenne en 2022 à 38,9 ¤/MWh en 2023.
Sur le marché français, le prix spot du gaz naturel (Point
d?échange de gaz, PEG) s?élève en moyenne à 39,2 ¤/MWh ;
il est divisé par trois.
Au niveau mondial, les écarts de prix entre les principales
zones de marché sont conséquents. Après s?être creusés en
2022, ces écarts s?atténuent en 2023 (figure 1.3.1.1).
Le prix du gaz naturel à la bourse de New York est nettement
plus bas (8,0 ¤/MWh en moyenne en 2023) du fait de la forte
production nationale de gaz naturel et de la saturation des
capacités d?exportation de gaz naturel liquéfié. Le prix du
marché japonais, plus fortement indexé sur le pétrole,
historiquement plus élevé, a moins fluctué en 2022 et 2023
que le prix sur les marchés européens.
En 2024, les cours baissent en début d?année puis
rebondissent. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient
et des incidents d?exploitation aux États-Unis dans une usine
de liquéfaction pèsent en effet sur l?offre mondiale de GNL.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 19
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.3.1.1 : prix spot du gaz naturel à New York, à Londres, aux Pays-Bas, en France et prix du GNL importé au Japon
250
200
150
100
50
0
Prix moyen mensuel GNL importé au Japon
Prix spot du gaz naturel Henry Hub à New York (NYMEX)
Prix spot du gaz naturel Point d?échange gaz France (PEG Nord avant le 01/11/2018)
Prix spot du gaz naturel à Londres (NBP)
Prix spot du gaz naturel aux Pays-Bas (TTF)
Prix moyen mensuel en ¤/MWh PCS*
jan
v.-0
7
jan
v.-1
1
jan
v.-1
6
jan
v.-1
2
jan
v.-1
7
jan
v.-0
9
jan
v.-1
3
jan
v.-1
8
jan
v.-1
0
jan
v.-1
4
jan
v.-1
9
jan
v.-2
0
jan
v.-0
8
jan
v.-1
5
jan
v.-2
1
jan
v.-2
4
jan
v.-2
3
jan
v.-2
2
juin
-24
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Sources :DGEC;Reuters;U.S.EnergyInformationAdministration;ministèrejaponaisdesFinances
En France, le gaz se négociait jusqu?en novembre 2018
au niveau de deux points d?échanges de gaz (PEG), rattachés
aux deux zones d?équilibrage du réseau de transport (PEG
Nord et TradingRegionSouth (TRS)). Depuis, les deux zones
ont fusionné en un PEG commun aux deux gestionnaires de
transport GRTgaz et Teréga. La bourse du gaz pour le marché
français est gérée par EEX.
L?approvisionnement en gaz est fortement affecté par la
forte réduction des exportations de gaz russe vers l?Union
européenne. Les importations reposaient encore avant 2022
à 75 % sur des contrats de long terme (plus de deux ans)
négociés de gré à gré, principalement avec des producteurs
en Norvège, Russie, Algérie et aux Pays-Bas. Depuis 2022,
la part des contrats et la répartition par origine est
profondément modifiée (cf. 2.3.2).
Le prix d?achat du gaz naturel importé en France, qui avait
triplé en 2022, diminue nettement en 2023 mais reste élevé
(figure 1.3.1.2). Il s?élève à 67,9 ¤/MWh PCS.
Figure 1.3.1.2 : prix moyen à l?importation et à l?exportation
du gaz naturel
En ¤/MWh PCS*
2019 2020 2021 2022 2023
Importations 17,0 11,6 31,2 90,8 67,9
Exportations 17,1 10,4 27,6 61,5 64,2
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseurs
degaz,DGDDI
Outre le gaz naturel importé, du biométhane est injecté
dans le réseau, à des quantités encore minoritaires mais
en très forte croissance. Les producteurs de biométhane
bénéficient de tarifs d?achat régulés, qui dépendent des
caractéristiques de leurs installations et dont la logique est
de couvrir leurs coûts. Le tarif d?achat moyen s?établit à
127 ¤/MWh PCS en 2023 (figure 1.3.1.3). Il augmente de
16 % par rapport à 2022 en raison de la hausse de l?indice
servant à revaloriser tous les semestres le prix d?achat des
contrats. Cet indice augmente fortement du fait
principalement de la hausse des indices de prix de
production de l?énergie et, dans une moindre mesure, de
la hausse de l?indice de prix à la production de l?industrie
manufacturière et du coût horaire du travail des industries
mécaniques et électriques.
Figure 1.3.1.3 : tarif d?achat moyen du biométhane injecté
dans le réseau
En ¤/MWh PCS*
2019 2020 2021 2022 2023
Tarif d?achat 103,3 103,1 103,2 109,4 127,3
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :CRE
20 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.3.2 PRIX À LA CONSOMMATION DU GAZ NATUREL
En 2023, le gaz a été payé en moyenne 85 ¤/MWh (en pouvoir
calorifique supérieur), tous consommateurs et tous types
d?offres (tarifs réglementés ou offres de marché) confondus,
en hausse de 8,7 % par rapport à l?année 2022 (ce prix inclut
la TVA uniquement pour les ménages). Le prix du gaz naturel
payé par les consommateurs finaux a plus que doublé en
trois ans. Il reste élevé malgré la détente sur les marchés de
gros en raison d?une inertie de la répercussion des prix entre
les deux marchés, de nombreux contrats d?approvisionnement
étant prévus à terme (contrats à un an notamment). De ce
fait, les prix constatés au plus fort de la crise énergétique sur
les marchés de gros ont toujours une influence en 2023 sur
le marché de détail.
Ces évolutions de prix sont habituellement analysées en
décomposant le prix en la somme de quatre termes : la
composante « approvisionnement » (coût de la molécule de
gaz), la composante « infrastructure » (coût de l?accès aux
terminaux méthaniers, du transport, du stockage et de la
distribution, cf. 3.2), les taxes nettes des subventions et enfin
les marges de commerce et écart statistique (incluant des
charges commerciales comme les salaires) - (figure 1.3.2.1).
Cependant, dans le contexte exceptionnel en cours depuis
2022, les mécanismes de couverture utilisés par les fournisseurs
pour se protéger des fluctuations des prix et la compensation
des pertes des fournisseurs, sous certaines conditions, dans
le cadre du bouclier tarifaire mis en place par le Gouvernement,
ont fortement limité l?impact de la hausse des prix sur leurs
marges. Les différentiels de prix sur les marchés mondiaux
ont pu permettre la réalisation de profits substantiels par
certains fournisseurs, alors que d?autres, selon leur mode de
couverture, ont pu se retrouver en difficulté. Ces opérations
ont été conduites sur les marchés internationaux et
n?apparaissent pas directement dans les données mobilisées
ici. De ce fait, la composante « marge et coûts de
commercialisation et écart statistique » n?a pas pu être calculée.
Il a donc été décidé de fusionner dans une composante
« fourniture » la part « approvisionnement » et la composante
« marge de commerce et écart statistique » à partir de 2021
afin d?avoir une vue plus fidèle à la réalité de la décomposition
du prix à la consommation du gaz (cf. encadré).
Avertissement sur le calcul de la marge
Le calcul de la composante « marge de commerce et écart statistique » du prix est habituellement
réalisé à partir du bilan monétaire du gaz. Ce chiffre apparaît exceptionnellement négatif en 2022 et
2023 et ne reflète pas la réalité du marché de détail du gaz. En effet, le contexte exceptionnel en cours
depuis 2022 a conduit les fournisseurs à adopter des stratégies de protection face à la hausse des prix
sur le marché de gros et à modifier leurs sources d?approvisionnement. Ces opérations, souvent
réalisées sur les marchés internationaux, n?ont pu être directement observées et n?apparaissent pas
dans les chiffres publiés ici.
Ainsi, certains fournisseurs commercialisant des offres à prix fixe ou des prix révisables selon
une périodicité prédéfinie ont pu être contraints de vendre du gaz à un prix très inférieur au prix auquel
ils s?approvisionnaient s?ils ne s?étaient préalablement pas couverts correctement lors de la
commercialisation de leurs offres. Ils ont pu prévenir ce risque avec des couvertures financières
les protégeant des hausses de prix sur le marché de gros. Ce mécanisme assurantiel n?est pas pris
en compte et a pu être important en 2022 et en 2023. De plus, des acteurs du marché du gaz ont pu
réaliser des bénéfices en profitant de différentiels de prix, très élevés sur le GNL, entre différents pays,
notamment au sein de l?Union européenne. Là encore, ces bénéfices ne sont pas pris en compte dans
cette publication. Enfin, il est possible que des prix de transfert entre filiales d?une même firme aient pu
être appliqués sans que cela apparaisse dans le bilan monétaire présenté ici.
Par ailleurs, du point de vue de la demande, le calcul n?inclut pas les compensations aux fournisseurs
prévues dans le cadre du bouclier tarifaire. Enfin, il est possible que l?évolution positive et soudaine
des prix à la consommation soit observée avec retard, augmentant artificiellement l?écart statistique.
Tous ces éléments entraînent une très forte sous-évaluation de la marge de commerce dans le bilan
monétaire du gaz, rendant impossible le calcul de la part qu?elle représente dans le prix final payé
par le consommateur. Les composantes « marge de commerce et écart statistique »
et « approvisionnement » sont donc fusionnées de 2021 à 2023 dans une composante « fourniture ».
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 21
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.3.2.1 : décomposition du prix moyen du gaz naturel
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
- 10
En ¤/MWh PCS*
Marges de commerce et écart statistique Approvisionnement Coût des infrastructures Taxes hors TVA nettes des subventions TVA
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Note:laTVAestinclusepourlerésidentieluniquementcarelleestdéductiblepourlesentreprises.
Leremboursementdesdépensesparl?Étatauxfournisseursautitreduboucliertarifairen?estpasprisencompte.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La hausse du prix en 2023 s?explique par l?augmentation de
la composante « fourniture » de 9 % sur un an, à 60 ¤/MWh PCS.
Elle reste donc à un niveau historiquement élevé, à la suite
de la hausse de 92 % constatée entre 2021 et 2022 dans le
contexte de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.
Le reflux des prix sur les marchés de gros ne s?est pas encore
matérialisé sur les marchés de détail en 2023.
Le coût relatif à l?utilisation des infrastructures s?élève à
17 ¤/MWh, soit 20 % du prix total. Il progresse de 19 %
en 2023 malgré une évolution limitée à 4,3 % en moyenne
des tarifs fixés par la Commission de régulation de l?énergie
(CRE) au 1er juillet 2023. Ces derniers comportant des parts
fixes, une partie de la hausse observée s?explique par la forte
baisse de la consommation de gaz en 2023, pour la deuxième
année consécutive. Le coût global d?utilisation des
infrastructures gazières est imputable en 2023 pour 49 % à
la distribution, 32 % au transport, 12 % au stockage et 8 %
aux terminaux méthaniers.
Les taxes hors TVA nettes des subventions s?élèvent en
moyenne à 3,8 ¤/MWh en 2023, se décomposant en 4,9 ¤/MWh
pour l?accise sur le gaz (nouvelle appellation de la taxe
intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN)
depuis le 1er janvier 2022), 1 ¤/MWh pour la contribution
tarifaire d?acheminement (CTA) et - 2,1 ¤/MWh pour les
subventions liées aux volumes de biométhane injectés dans
le réseau. La TICGN a fortement augmenté entre 2014 et
2018 ; elle ne représentait jusqu?en 2013 que 0,5 ¤/MWh
en moyenne. Cette hausse sur la période s?explique, d?une
part, par la suppression de l?exonération dont bénéficiaient
les ménages et, d?autre part, par l?adoption d?une trajectoire
de hausse entre 2014 et 2018 sur l?ensemble des accises
énergétiques. Le tarif normal de TICGN, devenue accise sur
le gaz naturel au 1er janvier 2022, est en revanche resté stable
entre 2019 et 2023. Jusqu?en 2020, les opérateurs
bénéficiaient d?une exonération de TICGN sur le gaz naturel
combustible à raison des volumes injectés avec une garantie
d?origine biométhane. Cette exonération a été remplacée
par une réduction générale du taux plein, en fonction du taux
d?incorporation de biométhane. Ce taux d?incorporation s?étant
accru sur les dernières années, le taux plein de TICGN est
ainsi passé de 8,45 à 8,43 ¤/MWh en 2021, à 8,41 ¤/MWh
en 2022 et à 8,37 ¤/MWh en 2023. Le tarif normal de l?accise
sur le gaz naturel carburant demeure à 5,23 ¤/MWh. Du fait
de l?augmentation du prix du gaz, le montant de la TVA
rapporté à la consommation totale de gaz naturel progresse
de 25 % en 2023 par rapport à l?année 2022 et s?établit à
4,7 ¤/MWh, contre 3,8 ¤/MWh en 2022.
Les subventions représentent 2,1 ¤/MWh en 2023, contre
0,2 ¤/MWh en 2022. Elles sont exclusivement liées aux
subventions au biométhane. La très forte augmentation de
ces subventions est liée à une modification de l?indexation
des tarifs pour les obligations d?achat à la suite de l?arrêté du
10 juin 2023 « fixant les conditions d?achat du biométhane
injecté dans les réseaux de gaz naturel ». En 2023, le coût
d?achat du biométhane, selon la CRE, est en moyenne de
127 ¤/MWh pour une production totale de 9 TWh.
22 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.3.2.2 : prix moyens du gaz naturel par secteur
En ¤/MWh PCS*
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Branche énergie 26,7 27,0 30,5 26,2 23,6 19,0 18,9 27,6 20,7 16,4 37,9 72,0 63,9
Production d?électricité ou chaleur 26,4 26,9 30,3 26,2 23,5 18,9 18,8 27,9 21,1 16,9 38,1 72,0 64,2
Branche énergie hors transformation 29,8 28,3 31,9 26,4 24,1 19,8 19,7 24,5 16,5 11,6 35,6 71,7 59,7
Consommation finale à usage énergétique TTC** 42,7 47,7 49,8 48,3 48,1 44,5 44,9 49,3 50,8 47,7 53,7 79,6 80,6
Agriculture-pêche 39,2 42,8 43,8 44,4 42,1 37,5 36,0 38,2 38,3 35,5 41,2 67,8 85,3
Industrie 27,9 30,5 32,2 30,5 29,7 25,9 25,7 29,3 27,5 22,8 36,5 69,5 68,8
Tertiaire et transports 39,0 42,8 44,0 42,7 40,3 38,0 37,3 43,2 44,1 41,8 45,6 70,1 96,0
Résidentiel HTVA 49,4 54,6 56,9 59,3 58,9 54,8 55,7 61,9 66,5 63,1 62,4 81,7 97,7
Résidentiel TTC 58,1 64,1 67,1 69,9 69,3 64,2 65,4 71,9 77,3 73,0 72,9 95,2 113,7
Consommation finale à usage non énergétique 27,4 27,2 31,1 25,9 23,0 19,8 19,4 24,1 15,8 11,0 40,9 98,6 41,1
Tous secteurs HTVA 36,5 40,6 43,0 41,5 40,2 35,9 35,7 41,6 40,3 37,2 46,6 74,4 80,3
Tous secteurs TTC** 39,4 44,0 46,8 45,1 43,7 39,0 38,8 44,7 43,6 40,3 49,9 78,2 85,0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
**LaTVAestinclusepourlerésidentieluniquementcarelleestdéductiblepourlesentreprises.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteTransparencedesprixsurlegaz,donnéeslocalesdugaz
En 2023, les prix du gaz pour les consommateurs finaux
augmentent pour les usages énergétiques mais diminuent
très fortement pour les usages non énergétiques. Ils diminuent
également dans la branche énergie (figure 1.3.2.2). Les prix
du gaz sont hétérogènes entre catégories de clients et les
écarts de prix entre « gros » et « petits » consommateurs en
faveur des premiers, qui avaient été nettement réduits en
2022, sont de retour en 2023 (cf. encadré). Le prix moyen
TTC dans le secteur résidentiel s?élève à 114 ¤/MWh PCS,
en hausse de 19 % par rapport à 2022. En raison de la baisse
des prix sur les marchés de gros, les mesures prises dans
le cadre du bouclier tarifaire ont cessé le 1er juillet 2023.
À cette date, les tarifs réglementés de vente du gaz naturel
(TRVg) ont également été supprimés. Cependant, un prix de
référence est publié mensuellement par la CRE. La baisse
de la consommation de gaz naturel par les ménages (- 14 %)
entre 2022 et 2023 explique en partie la hausse du prix.
En effet, lorsque la consommation diminue, le prix par MWh
augmente mécaniquement en raison des coûts fixes (part de
l?abonnement dans le prix). Dans le secteur de l?industrie,
le prix HTVA est quasi stable, à 69 ¤/MWh PCS (- 1 %), après
avoir presque doublé entre 2021 et 2022. En revanche, le prix
HTVA augmente de 37 % sur un an dans le secteur tertiaire,
à 96 ¤/MWh PCS. Ces évolutions différenciées sont liées,
d?une part, à des différences de volumes de consommation
et, d?autre part, à une plus grande sensibilité des « gros »
consommateurs à la volatilité des prix de marché. Alors que
la différence de prix entre les « gros » et « petits »
consommateurs professionnels avait été gommée lors de
la crise, les « gros » consommateurs de l?industrie retrouvent
cet avantage en 2023. De même, la branche énergie bénéficie
de cet avantage lié aux volumes consommés avec une baisse
de 11 % du prix sur un an. L?évolution est plus spectaculaire
pour les usages non énergétiques, qui concernent quelques
très gros consommateurs très sensibles aux prix de gros.
Pour ces derniers, les prix diminuent de 58 % sur un an.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 23
partie 1 : les prix de l?énergie
Prix du gaz : les « gros » consommateurs retrouvent leur avantage
sur les « petits »
Les plus gros consommateurs de gaz sont concentrés dans certaines branches du secteur industriel
(métallurgie, chimie, agroalimentaire) et dans la branche énergie. Habituellement, ces derniers
bénéficient d?un prix du gaz plus faible grâce à une fiscalité favorable aux entreprises grandes
consommatrices d?énergie et à des prix plus souvent indexés sur le marché de gros que les petites
consommatrices. Cependant, entre 2019 et 2022, le prix du gaz a quadruplé pour les entreprises
consommant plus de 1,1 TWh, atteignant 68 ¤/MWh, alors que les prix pour les entreprises
consommant entre 0,3 et 2,8 GWh augmentaient de 50 %, pour s?établir à 70 ¤/MWh, créant une
convergence de prix entre « petits » et « gros » consommateurs (voir Les entreprises en France ?
Édition 2023 ? Impact de la hausse des prix de l?énergie en 2022 sur l?activité des entreprises et leur
consommation d?énergie ? Insee Références).
L?année 2023 marque une forme de retour à une structure de prix plus courante, les prix ayant baissé
fortement pour les « gros » consommateurs (53 ¤/MWh), alors que les « petits » ont continué à subir
des augmentations (97 ¤/MWh) - (figure 1.3.2.3). Les « gros » consommateurs, plus sensibles au prix du
marché, à la hausse comme à la baisse, ont directement bénéficié de la détente des prix sur le marché
de gros. À l?inverse, la proportion de contrats à prix fixe est plus importante chez les « petits »
consommateurs. Ces derniers subissent donc la hausse des prix avec retard.
Figure 1.3.2.3 : évolution du prix hors TVA du gaz naturel pour les entreprises par niveau de consommation
De 278 à 2 778 MWh PCS
De 277 778 à 1 111 112 MWh PCS
Ensemble
De 27 778 à 277 778 MWh PCS
Plus de 1 111 112 MWh PCS
120
100
80
60
40
20
0
En ¤/MWh PCS*
2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,enquêteTransparencedesprixdugazetdel?électricité
https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078
https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078
https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078
24 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.4 Les prix du charbon à l?importation et
à la consommation baissent sensiblement
mais restent élevés
1.4.1 PRIX DE GROS DU CHARBON
Comme les autres produits énergétiques, le charbon fait
l?objet d?échanges internationaux, soit de gré à gré, soit sur
des marchés organisés, au comptant ou à terme. Deux
marchés doivent être distingués : celui du charbon-vapeur
et celui du charbon à coke. Le premier, aux exigences de
qualité moindres que le second, s?échange en général à des
prix inférieurs.
Le cours du charbon-vapeur a chuté fortement en janvier
2023 (- 32 %, à 157 ¤/t), puis a reculé à un rythme moins
rapide tout au long du premier semestre, jusqu?à un point bas
de 100 ¤/t en juillet (figure 1.4.1.1). Il progresse de nouveau
modérément par la suite et s?élève à 108 ¤/t en décembre.
Figure 1.4.1.1 : prix à terme à un mois du charbon-vapeur sur le marché Anvers-Rotterdam-Amsterdam (ARA)
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
En dollars et en euros courants
janv.-1
1
janv.-1
3
janv.-1
7
janv.-1
8
janv.-1
2
janv.-1
4
janv.-1
6
janv.-1
5
janv.-1
9
janv.-2
1
janv.-2
2
janv.-2
3
janv.-2
4
janv.-2
0
En $US/t En ¤/t
Note:leprixducharbon-vapeurestunprixcoût,assuranceetfretinclus(CAF).
Source :ICE(IntercontinentalExchange)
Le prix moyen du charbon importé en France,
principalement sous forme primaire, s?élève à 38 ¤/MWh en
2023 (figure 1.4.1.2). Il chute de 19 % sur un an, après avoir
augmenté de manière inédite en 2022 en raison de la hausse
du prix des énergies fossiles liée à la guerre en Ukraine.
Il est en 2023 à un niveau équivalent au double de sa valeur
en 2019. Des quantités plus faibles de charbon dérivé,
essentiellement du coke, ont été importées à un prix moyen
de 62 ¤/MWh, également en forte baisse sur un an (- 11 %)
et supérieur de 55 % à celui de 2019.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 25
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.4.1.2 : prix moyens du charbon primaire et du charbon dérivé à l?importation
En ¤/MWh
2019 2020 2021 2022 2023
Importations 19 14 19 46 38
Charbon primaire 18 13 16 42 35
Charbon dérivé 40 31 36 70 62
Source :DGDDI
1.4.2 PRIX DU CHARBON POUR
LES CONSOMMATEURS
La filière fonte (i.e. les cokeries, les hauts-fourneaux et
les installations en aval de ces derniers dans les sites intégrés)
a payé le charbon primaire qu?elle a consommé 35 ¤/MWh en
moyenne en 2023 (figure 1.4.2.1). Ce prix moyen diminue de
13 % sur un an, tout en restant bien supérieur au prix de 2021
(+ 80 %). Les producteurs d?électricité ou de chaleur,
exclusivement consommateurs de charbon-vapeur, ont payé
ce dernier 33 ¤/MWh en moyenne en 2023, un prix orienté à
la baisse comme le prix des autres énergies fossiles, gaz et
pétrole, auxquelles le charbon peut partiellement se substituer.
Les prix des autres segments de consommation (industrie hors
sidérurgie, résidentiel et tertiaire) se sont élevés en moyenne
à 38 ¤/MWh pour le charbon primaire (- 2,5 % sur un an et
+ 99 % par rapport à 2019) et 54 ¤/MWh pour le charbon dérivé
(en décroissance de 9 % sur un an, mais + 32 % depuis 2019).
Les prix sont un peu moins volatils sur ces segments : ils avaient
moins augmenté en 2022 et diminuent moins fortement en 2023.
Figure 1.4.2.1 : prix moyens à la consommation du charbon primaire et du charbon dérivé par secteur
En ¤/MWh
2019 2020 2021 2022 2023
Consommation filière fonte 27 21 25 55 47
Charbon primaire 20 14 17 40 35
Charbon dérivé 42 35 37 80 65
Énergie (hors filière fonte) 14 10 17 38 33
Charbon primaire 14 10 17 38 33
Consommation finale totale 25 21 26 44 43
Charbon primaire 19 16 21 39 38
Charbon dérivé 41 35 39 60 54
Source :SDES,Bilandel?énergie
26 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023
1.5.1 PRIX DES IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS
En 2023, les prix moyens à l?importation et à l?exportation du
bois-énergie diminuent respectivement de 12 % et de 20 %, à
61 ¤/MWh et 28 ¤/MWh. L?écart entre les prix moyens à
l?importation et à l?exportation résulte notamment d?une part
plus importante de granulés de bois dans les importations, plus
coûteux que les autres catégories de bois-énergie (cf. 2.3.4).
Un an après la crise énergétique qui avait entraîné une
importante augmentation de la demande en bois de chauffage
(relativement moins cher que les autres énergies), les prix
refluent mais ne reviennent pas pour autant à leurs niveaux
d?avant-crise. Le prix moyen d?importation du bois-énergie
diminue de 12 % sur un an et s?établit à 61 ¤ (contre 45 ¤
en 2019), avec une baisse du prix d?importation pour toutes
les catégories de bois-énergie (figure 1.5.1.1). Le prix moyen
d?exportation reflue pour sa part de 20 %, pour s?établir à
28 ¤, malgré la hausse de 9 % des prix d?exportation du bois
de chauffage.
Figure 1.5.1.1 : prix moyens du bois-énergie par combustible à l?importation et à l?exportation
Bois de chauffage
Granulés, sciures, déchets de bois et briquettes
Bois de chauffage
Granulés, sciures, déchets de bois et briquettes
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
2018 2019 2020 2021 2022 2023
En ¤/MWh
Importations Exportations
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
1.5.2 PRIX POUR LE RÉSIDENTIEL
Le prix du bois-énergie consommé par les ménages présente
une forte hétérogénéité, avec différents types de bois utilisés
sous différentes formes. Leur observation est par ailleurs
difficile compte tenu de l?importance du marché informel.
Les bûches représentent encore l?essentiel des achats
des particuliers en bois de chauffage. Au sein des circuits
commerciaux, le prix moyen TTC de la bûche de 50 cm
(humidité < 20 % et livraison non comprise), qui est la plus
courante, s?élève à 41 ¤/MWh en 2023, en hausse de 8 %
par rapport à 2022 (figure 1.5.2.1). Les granulés de bois sont,
quant à eux, de plus en plus consommés. D?utilisation plus
aisée que les bûches, ils sont néanmoins plus chers que ces
dernières. En moyenne sur l?année 2023, le prix des granulés
en vrac (livraison comprise) s?élève ainsi à 102 ¤/MWh
(+ 0,5 % par rapport à 2022), et celui des granulés en sac
(prix d?une palette départ fournisseur) à 106 ¤/MWh (- 1 %
en moyenne annuelle). Le prix, notamment celui des granulés,
diminue tout au long de l?année 2023 : le maximum est atteint
lors du premier trimestre, à 117 ¤/MWh. Les prix continuent
de baisser lors des deux premiers trimestres de 2024 pour
revenir à des niveaux proches de ceux d?avant la crise
énergétique, diminuant à environ 76 ¤/MWh.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 27
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.5.2.1 : prix TTC du bois-énergie : circuits commerciaux
160
140
120
100
80
60
40
20
En ¤/MWh
Granulés en sac : prix palette départ fournisseur pour 1 MWh
Granulés en vrac : prix pour 1 MWh pour une livraison de 5 tonnes jusqu?à 50 km
Bois-bûche en vrac 50 cm H1 : prix hors livraison pour 1 MWh
2011 T1 2012 T1 2013 T1 2014 T1 2015 T1 2016 T1 2017 T1 2018 T1 2019 T1 2020 T1 2021 T1 2022 T1 2023 T1 2024 T1
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteCEEB-Insee-Agreste
Beaucoup de ménages s?approvisionnent en bois sur le
marché informel, à des prix pouvant être inférieurs à ceux
des circuits commerciaux, voire parfois gratuitement1. Le prix
moyen du bois-énergie acheté par les ménages qui achètent
la totalité de leur consommation de bois, tous marchés
confondus (formel et informel), s?élèverait à 61 ¤/MWh en
2023, contre 47 ¤/MWh en 2022 (soit une hausse de plus
de 30 %).
Plus généralement, la dépense moyenne des ménages
en bois-énergie (tous types d?approvisionnement confondus)
est de 36 ¤/MWh en 2023, contre 28 ¤/MWh en 2022.
1.5.3 PRIX POUR LES PROFESSIONNELS
Le prix moyen des combustibles bois pour les professionnels,
livraison comprise, atteint 30 ¤/MWh en 2023 (figure 1.5.3.1).
Généralement stable, il augmente encore d?environ 4 % après
avoir augmenté de 25 % en 2022. Ce prix moyen masque
toutefois une forte hétérogénéité. En effet, différents types
de combustibles bois (produits forestiers, produits connexes
de l?industrie du bois, bois de récupération) avec des
caractéristiques très différentes sont utilisés dans les
chaufferies industrielles et collectives. De façon générale,
plus le combustible est calibré et sec, plus son prix est élevé.
Figure 1.5.3.1 : prix HTVA des combustibles bois avec livraison pour les chaufferies professionnelles
Plaquettes forestières ou bocagères
Écorces
Broyats de DIB*
Total pondéré
Sciures
35
30
25
20
15
10
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En ¤/MWh
*DIB=déchetsindustrielsbanals.
Note:indicepondérécalculésurlabasedelacontributiondesdifférentscombustiblesàlaproductionthermique(projetsFondschaleur):plaquettes71,5%,
broyats11,4%,sciures11,3%,écorces5,8%.
Source :Ademe,enquêteBasic2000pour2012,estimationCODAStratégiesàpartirduCEEBpour2013-2023
1 Source : enquête Logement Insee (2020) : les logements déclarant une consommation de bois sont répartis en 3 catégories en fonction de leur source
d?approvisionnement en bois : acheté en totalité / acheté partiellement / obtenu gratuitement.
28 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
Les disparités entre secteurs d?activité sont également
marquées, notamment au sein de l?industrie manufacturière.
Le prix moyen des achats de bois à usage énergétique dans
le secteur des produits alimentaires, boissons et tabac est
ainsi supérieur de 61 % (29 ¤/MWh en 2023) à celui du bois
et ouvrages en bois (18 ¤/MWh en 2023) - (figure 1.5.3.2).
Le prix moyen dans l?ensemble de l?industrie manufacturière
s?élève à 21 ¤/MWh en 2023.
Figure 1.5.3.2 : prix HTVA des combustibles bois pour les établissements industriels de plus de 20 salariés en 2023
En ¤/MWh
35
30
25
20
15
10
5
0
Imprimerie, pâtes
et papiers
Bois et
ouvrages en bois
Chimie
et pétrochimie
Produits alimentaires,
boissons et tabac
Ensemble de l?industrie
manufacturière
Note:lesquatresecteursreprésentéssurcegraphiquereprésententprèsde90%delaconsommationetdesdépensesdesétablissementsindustrielsenbois-énergieen2023.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsInsee-EACEI
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 29
partie 1 : les prix de l?énergie
1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023
En 2023, les prix à l?importation et à l?exportation du biodiesel
diminuent respectivement de 14 % et de 29 % par rapport
à 2022, pour atteindre 1 735 ¤/tep et 1 416 ¤/tep en 2023.
À l?inverse, celui des bioessences continue d?augmenter pour
les importations, atteignant 2 052 ¤/tep (+ 7 % par rapport
à 2022), et diminue de 22 % pour les exportations,
redescendant à 1 561 ¤/tep (figure 1.6.1).
Figure 1.6.1 : prix moyens des biocarburants à l?importation et à l?exportation
En euros par tep
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Importations 1 233 1 110 946 822 845 862 934 887 811 1 280 2 014 1 804
Bioessences 1 403 1 239 1 217 1 016 873 944 1 005 1 027 1 017 1 262 1 925 2 052
Biodiesel 1 193 1 096 926 799 843 858 930 872 781 1 283 2 011 1 735
Exportations 1 310 1 257 1 095 1 066 1 055 1 066 972 989 1 055 1 478 1 989 1 441
Bioessences 1 324 1 282 1 116 1 141 1 135 1 125 1 081 1 182 1 243 1 740 2 013 1 561
Biodiesel 1 172 1 105 1 015 895 965 1 040 939 945 1 008 1 439 1 986 1 416
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Une fiscalité spécifique pour encourager le recours aux biocarburants
Comme les prix des biocarburants sont supérieurs à ceux des produits pétroliers auxquels ils sont
mélangés (le gazole pour le biodiesel et les supercarburants pour le bioéthanol), leur incorporation,
qui vise à diminuer les émissions de CO2 du transport routier, engendre un coût pour la collectivité.
Le partage de ce coût entre les consommateurs et l?État dépend de la fiscalité mise en place.
Deux dispositifs fiscaux soutiennent le développement des biocarburants. Le premier est la taxe
incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans les transports (Tiruert)2. Ce dispositif
incitatif fixe des objectifs d?incorporation de biocarburants au-delà desquels le montant dû au titre
de cette taxe est nul pour le redevable. La seconde est l?accise sur les produits énergétiques autres
que les gaz naturels et les charbons3 qui possède un tarif réduit pour les carburants à haute teneur
en biocarburants (ED95, B100 et E85 notamment).
2 La Tiruert est la nouvelle dénomination, applicable depuis le 1er janvier 2022, de l?ancienne taxe incitative relative à l?incorporation de biocarburants (Tirib).
3 Anciennement TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques.
30 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
En 2023, le prix moyen d?approvisionnement du biodiesel
(figure 1.6.3) est supérieur de 70 % à celui du gazole fossile
(1 692 ¤/tep contre 996 ¤/tep) tandis que celui des
bioessences est supérieur de 127 % à celui de l?essence
fossile (1 730 ¤/tep contre 759 ¤/tep). L?écart de prix entre
les biocarburants et les carburants fossiles augmente
significativement sur un an pour les bioessences et reste
stable pour le biodiesel. En effet, si les prix d?approvisionnement
des carburants fossiles restent à des niveaux supérieurs à
la période antérieure à la crise énergétique, ils ont diminué
par rapport à l?année précédente. De même, le prix du
biodiesel accuse une forte baisse, contrairement à celui des
bioessences qui se maintient à un niveau particulièrement
élevé. Cette différence de dynamique explique en partie la
différence d?évolution du surcoût effectif associé pour les
deux types de biocarburants (cf. encadré). Il continue
d?augmenter jusqu?à dépasser le seuil de 6 c¤/l pour les
bioessences, alors qu?il redescend à 4,6 c¤/l pour les
biodiesels (figure 1.6.2).
Figure 1.6.2 : surcoût effectif dû à l?incorporation des biocarburants par litre de carburant
6,50
6,00
5,50
5,00
4,50
4,00
3,50
3,00
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
Bioessences Biodiesel
En centimes d?euros par litre de carburant
2012
2016
2014
2018
2021
2013
2017
2020
2015
2019
2022
2023
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 31
partie 1 : les prix de l?énergie
Méthodologie de calcul du surcoût effectif d?incorporation
des biocarburants
Le surcoût effectif d?incorporation des biocarburants est le rapport entre le coût total d?incorporation
des biocarburants et la consommation de carburants routiers. Il représente, pour un litre de carburant
routier, le surcoût moyen en euros que doit payer le consommateur. Il est calculé pour chaque type de
carburant (essence et gazole).
Le surcoût d?incorporation se calcule comme la différence entre le prix d?approvisionnement des
biocarburants et des carburants fossiles, multipliée par la part de biocarburant dans la consommation
totale de carburant (fossile et bio) en France métropolitaine.
surcoût¤/L = x (prix approvisionnement bio¤/Mtep ? prix approvisionnement fossile¤/Mtep
Conso bioMtep
Conso totale (bio et non bio)Mtep
)
Le prix d?approvisionnement est un prix implicite qui rapporte la valeur de l?approvisionnement à
la quantité correspondante (figure 1.6.2). L?approvisionnement est calculé en quantité et en valeur
monétaire comme la somme de la production, du solde du commerce extérieur et du déstockage net.
Il est exprimé en euros par tep (figure 1.6.3).
Figure 1.6.3 : approvisionnement des carburants fossiles et des biocarburants par type de carburant (en euros
courants)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Gazole
fossile
En Mtep 40,1 40,9 42,4 42,7 42,6 41,0 40,2 37,1 36,1 32,6 34,1 33,6 32,8
En M¤ 26 949 31 096 30 125 27 651 19 730 15 613 18 323 21 568 21 050 14 719 19 833 42 718 32 677
En ¤/tep 672 759 710 648 463 381 456 581 583 451 582 1 270 996
Essence
fossile
En Mtep 9,2 8,6 8,1 8,4 8,6 8,4 9,1 9,3 8,9 7,3 8,6 9,5 9,7
En M¤ 6 277 6 771 5 963 5 725 4 603 3 724 4 713 5 309 5 007 2 624 3 322 8 870 7 360
En ¤/tep 681 788 737 683 535 442 516 569 560 358 388 934 759
Biodiesel
En Mtep 2,0 2,3 2,3 2,5 2,6 2,6 2,8 2,8 2,8 2,4 2,5 2,5 2,6
En M¤ 2 451 2 651 2 477 2 317 2 242 2 448 2 589 2 604 2 459 2 013 3 355 5 252 4 423
En ¤/tep 1 202 1 165 1 080 912 875 927 926 926 877 854 1 362 2 120 1 692
Bioessences
En Mtep 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,7 0,8 0,8
En M¤ 496 494 481 363 472 492 565 542 752 656 864 1 476 1 461
En ¤/tep 1 269 1 227 1 222 876 1 089 1 038 1 048 924 1 151 1 161 1 207 1 737 1 730
Note:lemontantmonétairedelaproductionestcalculéàpartirdesprixmoyensàlaproductiondansl?Unioneuropéennepubliésdans
les Perspectives agricoles de l?OCDE et de la FAOpourlebiodieseletlebioéthanol.Leprixdeproductiondesbioessencesestsupposéégal
àceluidubioéthanol.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéesDouanes,Perspectivesagricolesdel?OCDEetdelaFAO,prixdemarchédeRotterdam
32 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
À partir de ces prix d?approvisionnement, il est possible
d?estimer le coût de la tonne de CO2 évitée par l?incorporation
de biocarburants. L?utilisation de biocarburant plutôt que de
carburant classique est censée diminuer les émissions de
CO2 entre 50 % (seuil de durabilité fixé par la législation
européenne) et 100 %. Si l?on rapporte le surcoût du
biocarburant par rapport au carburant classique aux émissions
ainsi évitées, le coût de la tonne de CO2 évitée s?élèverait
ainsi en 2023 entre 222 ¤/tCO2 et 443 ¤/tCO2 pour le biodiesel,
et entre 317 ¤/tCO2 et 635 ¤/tCO2 pour les bioessences
(figure 1.6.4). Ce coût augmente pour les bioessences du
fait de l?augmentation de l?écart de prix entre le carburant
fossile et le carburant renouvelable. À l?inverse, il diminue
pour le biodiesel du fait de la baisse plus importante dans
l?absolu du prix du biodiesel par rapport à celui du diesel
fossile. Les coûts estimés ici ne prennent pas en compte les
émissions indirectes liées au changement d?affectation des
sols ou à l?exploitation des produits agricoles et seraient
supérieurs si c?était le cas.
Figure 1.6.4 : coût de la tonne de CO2 évitée par l?incorporation des biocarburants
Biodiesel Bioessences
Borne basse Borne haute Borne basse Borne haute
600
500
400
300
200
100
0
700
600
500
400
300
200
100
0
En euros courants par tonne de CO2 évitée
2011 2011
2015
2015
2019
2019
2013
2013
2017
2017
2021
2021
2012
2012
2016
2016
2020
2020
2014
2014
2018
2018
2022
2023
2022
2023
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsCPDP,DGDDI
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 33
partie 1 : les prix de l?énergie
1.7 Malgré la baisse observée sur
les marchés de gros, les prix de l?électricité
aux consommateurs finaux progressent
encore en 2023
1.7.1 PRIX DE GROS DE L?ÉLECTRICITÉ
L?électricité peut s?échanger de gré à gré ou sur des bourses.
Deux bourses opèrent sur le marché français : European
PowerExchange (Epex) Spot et NordPoolSpot, depuis
mi-2019. Les produits à terme peuvent, quant à eux,
s?échanger sur la bourse EuropeanEnergyExchange (EEX)
PowerDerivatives. Le prix spot de l?électricité livrable en
France atteint 97,4 ¤/MWh en moyenne en 2023. Il est divisé
par 2,9 par rapport à son niveau record enregistré en 2022.
Le reflux du prix de l?électricité en 2023 s?explique d?abord
par celui du prix du gaz naturel, combustible utilisé
généralement par la dernière centrale électrique européenne
appelée en cas de pic de demande d?électricité. L?amélioration
de la disponibilité du parc nucléaire (cf. 2.2.2) et la forte
croissance de la production d?électricité renouvelable,
notamment en fin d?année, ont accru l?offre d?électricité
disponible avec en outre un recours moindre aux centrales
à gaz. Dans le même temps, la consommation d?électricité
est restée modérée.
Le prix spot a particulièrement diminué en début d?année
2023, de janvier à mai, avant de se stabiliser et de décroître
à nouveau en fin d?année (figure 1.7.1.1). En 2024, les prix
de gros de l?électricité continuent de diminuer jusqu?en mai,
en raison notamment d?une offre d?électricité nucléaire et
renouvelable abondante, et repartent à la hausse en juin et
juillet (cf. 1.3.1).
Les prix à terme de l?électricité, qui reflètent les
anticipations des acteurs du secteur, se sont également
fortement repliés en 2023. Le prix à terme pour l?année
suivante (« Y+1 ») de l?électricité en base est ainsi passé de
367 ¤/MWh en 2022 en moyenne à 162 ¤/MWh en 2023.
Figure 1.7.1.1 : prix Baseload moyen mensuel sur le marché European Power Exchange (Epex) Spot France
janv.-1
1
janv.-1
7
janv.-1
3
janv.-1
9
janv.-1
5
janv.-2
1
janv.-2
3
janv.-1
2
janv.-1
8
janv.-1
4
janv.-2
0
janv.-1
6
janv.-2
2
janv.-2
4
juil.-2
4
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
En ¤/MWh
Source :EpexSpot
34 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
La France exporte l?électricité à un prix en moyenne
moins élevé que celui auquel elle l?importe. En 2023, ceux-
ci s?élèvent respectivement à 90 ¤/MWh et 113 ¤/MWh
(figure 1.7.1.2). D?une part, le prix à l?importation peut
comprendre un coût d?interconnexion (correspondant à une
rémunération des gestionnaires de transport de part et d?autre
de la frontière). D?autre part, le chauffage électrique étant
particulièrement développé, la France importe en général
en hiver durant les périodes de forte consommation (matinée
et début de soirée), lorsque l?électricité est la plus chère.
Les prix de l?électricité importée et exportée diminuent très
nettement par rapport à 2022 (ils sont respectivement divisés
par 2,7 et 2,6).
Figure 1.7.1.2 : prix moyens de l?électricité à l?importation et à l?exportation
En ¤/MWh
2019 2020 2021 2022 2023
Exportations 38 30 89 233 90
Importations 47 39 144 308 113
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
En dehors des marchés de gros et des transactions de
gré à gré, certaines productions d?électricité sont vendues
à des prix régulés à des fournisseurs ou des intermédiaires.
D?une part, certaines filières, que l?État souhaite
développer, bénéficient d?obligations d?achat leur garantissant
un tarif défini sur une période de 10 à 20 ans ou de
compléments de rémunération. Ces soutiens, établis dans
une logique de couverture de coûts, sont très différenciés
selon les filières (figure 1.7.1.3). La production photovoltaïque,
qui représente 41 % des subventions, bénéficie d?une
rémunération moyenne élevée, à 205 ¤/MWh en 2023. Celle-
ci diminue globalement depuis 2018 sous l?effet de l?afflux
de nouvelles installations raccordées, qui bénéficient d?aides
moins substantielles qu?au démarrage de la filière, et de
l?arrivée à échéance des contrats historiques à prix très élevés.
Ce moindre soutien reflète la baisse des coûts des installations.
La filière biogaz bénéficie de la rémunération la plus élevée
en 2023, à 212 ¤/MWh. À l?opposé, les rémunérations les
plus basses concernent la filière d?incinération des déchets
ménagers, suivie par l?éolien et la petite hydraulique
(les grandes installations hydrauliques ne bénéficiant pas de
soutien public). L?augmentation de la rémunération moyenne
des filières biogaz, biomasse et petite hydraulique en 2023
est principalement due à la revalorisation des tarifs d?achat
des installations déjà sous contrat, selon la Commission de
régulation de l?énergie. En effet, les indices utilisés répercutent
la hausse du coût horaire du travail et de prix de production
de l?industrie, plus importante en 2023 qu?en 2022.
Figure 1.7.1.3 : rémunérations moyennes des installations en activité bénéficiant d?obligations d?achat ou de compléments
de rémunération
En ¤/MWh
2019 2020 2021 2022 2023
Photovoltaïque 296 276 253 246 205
Éolien 90 91 79 103 105
Hydraulique 83 82 79 91 106
Biogaz 163 170 167 186 212
Incinération 60 60 59 61 66
Biomasse 146 147 132 152 187
Toutes installations 148 141 147 182 169
Note:pourlesinstallationssousobligationd?achat,larémunérationestégaleautarifd?achat.Pourcellesbénéficiantd?uncomplémentderémunération,elleest
égaleàlasommedececomplément(positifounégatif)etduprixdegrosmoyendel?électricitéproduitepourlesinstallations.Elleestcalculéesurl?ensembledu
territoirefrançaispourlesfilièresphotovoltaïque,éolienneethydraulique,etsurlaFrancecontinentalepourlesautresfilières.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsEAPE,CRE
D?autre part, dans le but de permettre une concurrence
équitable entre fournisseurs historiques (EDF et les ELD sur
leur zone de desserte) et fournisseurs alternatifs, ces derniers
bénéficient depuis juillet 2011 du dispositif de « l?accès régulé
à l?électricité nucléaire historique » (Arenh), mis en place pour
une durée de 15 ans. Ce dispositif permet aux fournisseurs
alternatifs d?acheter une partie de la production nucléaire au
prix de 42 ¤/MWh, pour un volume global qui ne peut excéder
100 TWh.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 35
partie 1 : les prix de l?énergie
1.7.2 PRIX À LA CONSOMMATION DE L?ÉLECTRICITÉ
En 2023, les prix de l?électricité payés par les consommateurs
finaux restent nettement orientés à la hausse malgré
la baisse des prix sur les marchés de gros. Les prix aux
consommateurs finaux sont en partie déterminés par les prix
sur les marchés de gros à terme, par exemple au travers
des volumes d?électricité couverts par les fournisseurs
l?année précédant la livraison (produit Y+1 sur les marchés
à terme), qui ont atteint un pic en 2022 (680 ¤/MWh en août
2022). L?électricité est payée en moyenne 214 ¤/MWh, tous
consommateurs (à l?exception de la branche électricité) et
tous types d?offres (tarifs réglementés ou offres de marché)
confondus, contre 158 ¤/MWh en 2022, soit une augmentation
de 35 % sur un an (ce prix inclut la TVA uniquement pour
les ménages).
Figure 1.7.2.1 : décomposition du prix moyen de l?électricité
En ¤/MWh
Fourniture Acheminement Taxes hors TVA TVA
250
200
150
100
50
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:labrancheélectricitéetl?autoconsommationsontexcluesduchamp.
Lacomposanteacheminementinclutlecoûtdespertessurlesréseauxdetransportetdedistribution.
LaTVAn?estcomptabiliséequepourlerésidentiel,étantdéductiblepourlesentreprises.Leschèquesénergieetlesguichetsd?aidenesontpasinclus.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Le prix comprend une composante « fourniture », une
composante « acheminement » et les taxes (figure 1.7.2.1).
La composante « fourniture » correspond aux coûts de
l?activité de fourniture, soit la somme des coûts
d?approvisionnement en électricité et en garanties de capacité,
des coûts de commercialisation (incluant les certificats
d?économie d?énergie) et de la rémunération du fournisseur
(marge). En 2023, elle s?élève en moyenne à 157 ¤/MWh.
C?est la composante qui augmente le plus sur un an (+ 57 %)
en raison de la transmission des prix à terme (Y+1) de l?année
précédente sur les marchés de gros, qui étaient à leur
maximum en 2022 dans le contexte de la crise énergétique
liée à la guerre en Ukraine. L?augmentation des prix de la
fourniture d?électricité en 2023 est comparable à celle de
2022, après deux années de hausse plus modérée en 2020
et 2021. Au total, cette composante a presque triplé depuis
2019, passant de 55 ¤/MWh à 157 ¤/MWh.
La composante « acheminement » correspond au tarif
d?utilisation des réseaux publics d?électricité (Turpe). Ce tarif
s?applique à tous les utilisateurs raccordés aux réseaux de
transport et de distribution en haute et basse tension, quel
que soit leur fournisseur d?énergie. Il vise à couvrir les coûts
des activités des gestionnaires de réseau de transport (RTE)
et de distribution (Enedis, entreprises locales de
distribution?), c?est-à-dire les charges du système électrique
(dont les pertes réseau) mais aussi les coûts de
développement, d?exploitation et d?adaptation à la transition
énergétique des réseaux. Le barème du Turpe est réglementé
et fixé par la Commission de régulation de l?énergie (CRE).
Le Turpe s?élève à 40 ¤/MWh en moyenne en 2023 et
augmente de 10,1 % par rapport à 2022, après une hausse
de 1,2 % entre 2021 et 2022. Deux facteurs expliquent cette
hausse. D?une part, le barème du Turpe a augmenté de 6,5 %
au 1er août 2023, essentiellement en raison de l?inflation.
D?autre part, les consommations d?électricité ont diminué en
2023 (- 4,0 % entre 2022 et 2023), ce qui se traduit par un
renchérissement du Turpe par MWh, le tarif étant dégressif
selon la quantité d?électricité consommée.
36 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
Les taxes comprennent, outre la TVA, l?accise sur
l?électricité, anciennement dénommée TICFE4, et la
contribution tarifaire d?acheminement (CTA). L?accise sur
l?électricité intègre la taxe départementale sur la consommation
finale d?électricité (TDCFE) depuis le 1er janvier 2022 et la
taxe communale sur la consommation finale d?électricité
(TCCFE) depuis le 1er janvier 2023. La suppression de ces
taxes locales est compensée par une majoration de l?accise
qui est ensuite reversée aux départements et aux communes.
Cependant, une des mesures du bouclier tarifaire mis en
oeuvre à partir du 1er février 2022 pour contenir la hausse
des prix de l?électricité pendant la crise de l?énergie a consisté
en l?application d?une minoration de l?accise. Ces mesures
ont été prolongées sur l?ensemble de l?année 2023. Les taux
d?accise sur l?électricité passent ainsi de 26 ¤/MWh en
moyenne en 2021 à 0,50 ¤/MWh pour les professionnels et
1 ¤/MWh pour les ménages et assimilés en 2023. Cette
mesure se traduit par une diminution de 60 % des taxes hors
TVA par rapport à 2022 et de 85 % par rapport à 2021, à un
niveau moyen de 3,7 ¤/MWh en 2023. En incluant la TVA
(pour le secteur résidentiel uniquement), les taxes s?élèvent,
au total, à 16,9 ¤/MWh.
Figure 1.7.2.2 : prix moyen de l?électricité par secteur
En ¤/MWh
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Énergie (hors électricité) 72 74 76 77 78 71 69 74 80 86 96 123 178
Consommation finale TTC* 100 104 110 114 119 116 117 120 126 135 141 159 215
Agriculture-pêche 90 90 92 105 109 112 114 122 128 133 138 154 257
Industrie 66 68 71 72 72 66 64 67 71 74 83 113 162
Transports 54 55 54 54 54 49 47 52 53 66 71 110 136
Tertiaire 95 97 103 108 112 105 107 108 115 120 126 145 236
Résidentiel HTVA 114 118 125 133 138 140 141 146 152 161 165 177 202
Résidentiel TTC 134 138 147 157 162 165 166 171 178 189 193 207 236
Tous secteurs HTVA 92 96 101 105 109 106 107 110 115 123 129 148 200
Tous secteurs TTC* 99 103 109 114 118 115 116 119 125 134 140 159 214
*LaTVAestincluseuniquementpourlesecteurrésidentiel,étantdéductiblepourlesentreprises.Leschèquesénergieetlesguichetsd?aidenesontpasinclus.
Note:labrancheélectricitéetl?autoconsommationsontexcluesduchamp.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, les prix de l?électricité augmentent dans tous
les secteurs, avec un prix moyen HTVA de 200 ¤/MWh, en
hausse de 36 % par rapport à 2022 (figure 1.7.2.2). Les prix
de l?électricité varient fortement selon le type de client et le
type de contrats de fourniture souscrits. Alors que l?année
2022 est marquée par une réduction des écarts entre « gros »
et « petits » consommateurs, l?écart se creuse à nouveau en
fonction du niveau de consommation, principalement en raison
d?une très forte augmentation pour les « petits »
consommateurs. Ainsi, le prix HTVA pour la tranche de
consommation de 20 à 500 MWh progresse de 72 % sur un
an, à 260 ¤/MWh ; celui de la tranche de 2 à 20 GWh croît de
77 %, à 213 ¤/MWh (figure 1.7.2.3). À l?inverse les prix pour
les « gros » consommateurs diminuent de 4 %, à 124 ¤/MWh
pour la tranche de 70 à 150 GWh et 87 ¤/MWh pour ceux
dépassant 150 GWh. En effet, les « gros » consommateurs
sont plus exposés aux fluctuations des prix sur les marchés
de gros, que ce soit à la hausse ou à la baisse.
Le prix moyen de l?électricité dans le secteur tertiaire
progresse de 63 % entre 2022 et 2023, à 236 ¤/MWh, contre
44 % de hausse dans le secteur de l?industrie, à 162 ¤/MWh.
L?augmentation est moins forte dans le secteur industriel en
raison de l?existence de très gros consommateurs qui ont vu
leurs prix diminuer légèrement entre 2022 et 2023 alors que
les hausses étaient très fortes pour les « petits »
consommateurs. En ce qui concerne le secteur résidentiel,
les mesures de soutien au pouvoir d?achat mises en place
en 2022 ont été prolongées en 2023. Le bouclier tarifaire a
limité la hausse des tarifs réglementés de vente d?électricité
(TRVE) et des prix des offres de marché en moyenne à
15 % TTC au 1er février 2023 puis à 10 % TTC au 1er août,
ce qui a permis de contenir la hausse des prix à 14,4 %, soit
à un niveau total de 236 ¤/MWh TTC en 2023. De plus, les
chèques énergie ont allégé la facture pour les ménages les
plus modestes. Les autres secteurs ne sont pas épargnés
par les hausses des prix avec une augmentation du prix payé
sur un an de 67 % dans l?agriculture, à 257 ¤/MWh, et de
23 % dans les transports, à 136 ¤/MWh, la hausse des prix
étant limitée dans ce secteur en raison des couvertures prises
sur les marchés de gros à terme par les entreprises de
transport ferroviaire et les transports en commun urbains et
interurbains.
4 Depuis 2016, la taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité (TICFE) a fusionné avec la contribution au service public de l?électricité (CSPE).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 37
partie 1 : les prix de l?énergie
Figure 1.7.2.3 : évolution du prix hors TVA de l?électricité pour les entreprises en France par niveau de consommation
annuel
En ¤/MWh
300
250
200
150
100
50
0
2011
2007
2014
2010
2019
2012
2008
2017
2015
2020
2013
2009
2018
2016
2021
2022
2023
(0,02 ? 0,5 GWh) (2 ? 20 GWh) (70 ? 150 GWh) ( ? 150 GWh) Ensemble
Source :SDES,enquêteTransparencedesprixdugazetdel?électricité
38 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 1 : les prix de l?énergie
1.8 Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie
mais augmente dans les autres secteurs
Le prix de la chaleur achetée par les consommateurs
industriels s?élève à 56 ¤HTVA/MWh en 2023 (figure 1.8.1),
en baisse de 20 % par rapport à 2022, après une augmentation
de 76 % entre 2021 et 2022. Malgré cette baisse, le prix de
la chaleur achetée par les consommateurs industriels reste
2,4 fois plus élevé qu?en 2020. Cette chaleur peut être
distribuée soit via un réseau, soit dans la cadre d?une relation
exclusive entre un producteur et un acheteur unique.
Figure 1.8.1 : évolution du prix de la chaleur commercialisée
En ¤/MWh
Industrie HTVA Autres secteurs TTC Autres secteurs HTVA
140
120
100
80
60
40
20
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsEARCFetEACEI
Le prix de la chaleur achetée par les autres secteurs hors
énergie (résidentiel, tertiaire et, plus marginalement,
agriculture), qu?on suppose intégralement distribuée via des
réseaux, s?élève, quant à lui, en moyenne, à 119 ¤TTC/MWh
en 2023 (112 ¤HTVA/MWh). Ce prix a augmenté de 33 %
entre 2021 et 2023.
Le taux de TVA moyen sur la chaleur distribuée par les
réseaux diminue très légèrement en 2023 et retrouve son
niveau de 2020, à 6,3 %. Les réseaux utilisant une part
majoritaire d?énergies renouvelables et de récupération
bénéficient d?un taux de TVA réduit. Depuis 2019, le taux de
TVA moyen oscille dans une fourchette allant de 6,3 à 6,7 %.
partie 2
L?approvisionnement
énergétique
? Le taux d?indépendance énergétique de la France s?établit
à 56,3 % en 2023 et gagne 5,6 points par rapport à 2022 :
la production primaire rebondit et progresse davantage
que la demande d?énergie. L?amélioration de la disponibilité
des centrales nucléaires et la forte croissance des énergies
renouvelables électriques, favorisées par l?augmentation du parc
et des conditions météorologiques plus favorables que l?année
précédente, expliquent cette nette hausse. En conséquence,
le déficit des échanges extérieurs physiques diminue nettement
(- 12 %). La facture énergétique de la France reflue après avoir
atteint un niveau historique en 2022. Toutes énergies confondues,
elle s?élève à 71 Md¤.
40 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.1 Le taux d?indépendance énergétique
augmente en raison du rebond
de la production primaire
En 2023, la production d?énergie primaire s?élève à 1 421 TWh
en France entière (cf. méthodologie), en hausse de 13,0 %
par rapport à 2022 (figure 2.1.1). Elle reste néanmoins
nettement en retrait par rapport à son niveau de 2021.
En 2023, la croissance de la production primaire s?explique
principalement par le rebond de la production nucléaire
(+ 14,7 %, à 1 025 TWh). Du fait des mesures mises en place
par EDF pour traiter le phénomène non prévu de corrosion
sous contrainte identifié en 2021 sur certains réacteurs,
la disponibilité du parc nucléaire s?améliore nettement en
2023 par rapport à 2022. Elle reste toutefois inférieure à celle
observée en 2021 et en 2020.
La production primaire d?électricité renouvelable progresse
fortement en 2023 (+ 24,6 %, à 129 TWh). Sa croissance
d?une ampleur inédite résulte d?une très forte augmentation
des capacités installées et de conditions météorologiques
nettement plus favorables qu?en 2022. La production éolienne
est particulièrement dynamique (+ 32,1 % en 2023, à 50 TWh)
en raison de la progression du parc (+ 20 % de puissance
installée en deux ans), avec notamment le raccordement de
plusieurs parcs en mer de grande capacité en 2022 et 2023.
Les conditions de vent ont également été très propices,
notamment en fin d?année 2023. Sans retrouver son niveau
de 2021, la production d?électricité hydraulique (57 TWh)
progresse de 24,5 % en 2023, après avoir atteint un point
bas en 2022 en raison de la sécheresse. Grâce au
développement des installations (+ 15 % de capacités
installées en 2023), la production de la filière photovoltaïque
s?accroît également (+ 11,2 %, à 22 TWh) en dépit d?un
ensoleillement moins généreux qu?en 2022.
La production primaire d?énergies renouvelables
thermiques et issues de la valorisation des déchets repart à
la hausse (+ 2,2 %), pour atteindre 257 TWh. La production
des pompes à chaleur augmente nettement (+ 11,4 %, à
50 TWh) en raison d?une progression toujours soutenue des
équipements malgré une légère inflexion dans les ventes.
La production de biogaz (+ 16,4 %, à 22 TWh) ralentit
légèrement mais reste très dynamique. En raison d?un
automne légèrement plus rigoureux, la production de
biomasse solide progresse légèrement (+ 0,8 %, à 123 TWh).
À l?inverse, la production de biocarburants continue de
diminuer (- 2,7 %, à 21 TWh), tirée à la baisse par le biodiesel
(- 4,3 %). En croissance depuis 2021, la production d?énergie
à partir de déchets industriels et ménagers, dont une partie
est renouvelable, recule en 2023 (- 9,3 %).
La production primaire d?énergie fossile, pétrole brut
extrait des bassins aquitain et parisien pour l?essentiel, est
marginale (10 TWh).
Figure 2.1.1 : production primaire d?énergie
En TWh
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Nucléaire
Pétrole
Charbon
Hydraulique* (hors pompages), éolien et photovoltaïque
Gaz naturel (hors biométhane)
Énergies renouvelables thermiques et déchets
2023
*Ycomprisénergiesmarines.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 41
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
La production primaire augmentant plus vite que la
consommation primaire, le taux d?indépendance énergétique
de la France, rapport de ces deux grandeurs, gagne 5,6 points,
pour s?établir à 56,3 % (figure 2.1.2). L?approvisionnement
pour satisfaire la demande d?énergie repose moins en 2023
qu?en 2022 sur les importations, hors uranium, l?énergie
nucléaire étant produite sur le territoire par convention
statistique internationale (cf. encadrés). Le déficit des
échanges physiques d?énergie, à 1 175 TWh, diminue en
effet de 12,0 %. En 2023, la France redevient exportatrice
nette d?électricité (50 TWh, contre - 15 TWh en 2022).
Les entrées nettes5 de gaz naturel sur le territoire se
replient (- 19,6 %, à 339 TWh) du fait de la diminution de la
consommation et, dans une moindre mesure, du niveau
relativement élevé des stocks en début d?année.
Les importations de gaz gazeux nettes du transit diminuent
(- 18,2 %), tout comme celles de gaz liquéfié (- 15,7 %).
Le GNL représente désormais 59 % des importations, une
part équivalente à 2022 (58 %) et nettement supérieure à
celle des années antérieures (35 % en 2021). La Norvège
est le premier fournisseur (un tiers du gaz naturel importé)
devant les États-Unis (un quart) et la Russie (environ
un huitième). Les exportations de gaz naturel restent à un
niveau élevé en 2023 (140 TWh), en lien avec la forte
croissance des importations de GNL qui sont en partie
réexportées, sous forme de gaz gazeux, vers les autres pays
européens.
Les achats de pétrole brut augmentent (+ 10,5 %, à
540 TWh) tandis que les importations nettes de produits
raffinés diminuent (- 15,2 %, à 271 TWh). L?embargo sur
le pétrole russe conduit à une modification des
approvisionnements : la Russie, qui fournissait 5,2 %
des importations de pétrole brut et 16,2 % du pétrole raffiné
en 2022, ne représente plus que 0,2 % des importations de
pétrole raffiné en 2023 (0 pour le pétrole brut).
Les importations nettes de biocarburants, essentiellement
du biodiesel, s?élèvent à 20 TWh (+ 13,4 %). Le déficit
des échanges extérieurs de bois à des fins énergétiques
augmente nettement en 2023 (+ 24 %) mais reste marginal
(3 TWh) par rapport à sa consommation.
Figure 2.1.2 : taux d?indépendance énergétique, production et consommation primaires
En % En TWh
60
50
40
30
20
10
0
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Taux d?indépendance énergétique Consommation primaire Production primaire
Source :SDES,Bilandel?énergie
La facture énergétique de la France s?élève à 71,4 milliards
d?euros (Md¤) en 2023, après avoir atteint un niveau record
à 123,9 Md¤2023 en 2022 (figure 2.1.3). Elle reste néanmoins
élevée et se situe, en euros constants, quasiment à son niveau
de 2014, avant la forte décrue du prix du pétrole des années
2014-2016. La quasi-division par deux de la facture par rapport
à 2022 (- 52,5 Md¤2023) s?explique par le reflux du prix des
énergies fossiles sur les marchés, qui avait brutalement
augmenté fin 2021 et en 2022 en raison des tensions
géopolitiques liées à la guerre en Ukraine. Le prix de gros du
gaz naturel, qui avait atteint des sommets en 2022, diminue
très nettement en 2023 mais reste supérieur à son niveau
d?avant-crise, à 39 euros le MWh PCS (pouvoir calorifique
supérieur). La facture gazière est divisée par deux : elle passe
de 50,0 Md¤2023 en 2022 à 26,3 Md¤ en 2023.
5 Il s?agit des importations de gaz sur le territoire français (y compris du gaz naturel liquéfié porté), nettes des exportations et du transit.
42 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
La facture pétrolière et en biocarburants, qui pèse pour
les deux tiers de la facture énergétique totale en 2023, diminue
de 24,8 %. Le montant des importations nettes en produits
raffinés et biocarburants s?allège de 9,5 Md¤2023, à 19,8 Md¤
en 2023, tandis que les dépenses en pétrole brut diminuent
de 6,0 Md¤2023, pour s?établir à 27,1 Md¤. Le charbon
contribue également à la baisse de la facture énergétique, à
hauteur de - 1,5 Md¤2023. L?électricité allège la facture de
4,0 Md¤ alors qu?elle contribuait à son alourdissement à
hauteur de 7,8 Md¤2023 en 2022.
Figure 2.1.3 : facture énergétique de la France
En milliards d?euros 2023
2019 2020 2021 2022 2023
Facture énergétique 50,0 27,3 49,4 123,9 71,4
Pétrole brut 24,0 10,7 17,0 33,1 27,1
Pétrole raffiné 15,3 10,6 16,2 26,0 16,6
Gaz naturel 9,8 5,6 15,9 50,0 26,3
Charbon 1,9 1,0 1,5 3,4 2,0
Biocarburants 1,3 0,6 1,7 3,3 3,3
Bois-énergie 0,1 0,1 0,1 0,2 0,2
Électricité - 2,3 - 1,3 - 2,9 7,8 - 4,0
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI,CRE,enquêteauprèsderaffineurs
Le taux d?indépendance énergétique est sensible aux règles
de comptabilité
L?énergie primaire correspond à l?énergie tirée directement de la nature ou contenue dans les produits
énergétiques tirés de la nature. Elle se distingue de l?énergie secondaire, obtenue à partir d?une énergie
primaire ou d?une autre énergie secondaire. Ainsi, par exemple, l?électricité thermique est une énergie
secondaire issue d?un combustible naturel, comme le charbon ou le gaz naturel, considéré comme
énergie primaire.
Dans le cas de l?énergie nucléaire, issue de la réaction de fission de l?uranium ou du plutonium,
les conventions internationales sur les statistiques de l?énergie considèrent comme énergie primaire
la chaleur issue de la réaction et non le combustible nucléaire lui-même. Cela a pour conséquence
de comptabiliser comme production primaire (i.e. comme ressource nationale) la quantité de chaleur
produite par les centrales nucléaires (qui est estimée à partir de l?électricité effectivement produite
par celles-ci et d?un rendement théorique de 33 %). Le manuel sur les statistiques de l?énergie coédité
par l?Agence internationale de l?énergie et par Eurostat souligne que, si l?origine du combustible
nucléaire était prise en considération, « la dépendance de l?approvisionnement à l?égard d?autres pays
serait accrue ». Dans le cas de la France, le taux d?indépendance énergétique perdrait 36 points de
pourcentage, pour s?établir à 16 % en 2023, si l?on considérait comme énergie primaire le combustible
nucléaire plutôt que la chaleur issue de sa réaction.
En outre, le taux d?indépendance ne suffit pas à donner une vision complète en matière énergétique
en rapportant consommation et production primaire. Pour compléter cette approche, on peut également
s?intéresser à la transformation d?énergie primaire en énergie finale. La France produit sur son sol
les deux tiers des produits raffinés consommés par les utilisateurs finaux (même si elle recourt à
du pétrole brut quasi intégralement importé pour cette production). La consommation finale en chaleur
commercialisée, en électricité et en énergies renouvelables thermiques et déchets est aussi
intégralement ou quasi intégralement produite sur le territoire français (cf. partie 3 sur la transformation).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 43
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Échanges extérieurs d?uranium
Même si les combustibles utilisés par les centrales nucléaires ne sont pas retracés dans le bilan
de l?énergie (cf. encadré supra), ils sont nécessaires pour amorcer la réaction nucléaire.
Les échanges extérieurs d?uranium retracent les achats et ventes des entreprises nucléaires
françaises, y compris pour la transformation de l?uranium et la production de combustibles nucléaires
au profit de clients étrangers. Les quantités et origines destinées au fonctionnement du parc nucléaire
français ne sont pas isolées.
En 2023, la France importe des matières nucléaires, à hauteur de 1,4 milliard d?euros, essentiellement
de l?uranium naturel et de l?uranium enrichi, et en exporte à hauteur de 1,7 milliard d?euros
(essentiellement de l?uranium enrichi).
En 2023, du fait de la hausse des prix de ce combustible, la facture en uranium naturel est multipliée
par 2,7 après s?être repliée en 2022. L?approvisionnement en uranium naturel est diversifié avec
des importations en provenance principalement du Kazakhstan, de la Namibie, du Niger et d?Australie
en 2023 (figure 2.1.4). L?origine des importations varie selon les années.
La France est exportatrice nette d?uranium enrichi (figure 2.1.5). Ses principaux clients sont les États-
Unis, la Corée du Sud, la Suède, le Japon et le Royaume-Uni.
L?uranium appauvri, sous-produit de l?enrichissement de l?uranium, est principalement importé
auprès de pays européens (Allemagne, Suède, Suisse).
La production de combustibles nucléaires sur le territoire diminue nettement en 2023 (- 19,9 % par
rapport à 2022). Cette production est réalisée par Framatome (site de Romans-sur-Isère) en assemblant
l?uranium enrichi par Orano sur le site de Pierrelatte avec des composants métalliques fabriqués
en interne. Des assemblages combustibles sont également importés de Suède, du Royaume-Uni
et d?Espagne.
Figure 2.1.4 : répartition des importations d?uranium en valeur par pays en 2023
En %
Australie
Kazakhstan
Namibie
Niger
Afrique du Sud
Canada
Autres
0 11
26
30
13
29
Source :DGDDI
44 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.1.5 : facture d?uranium
En millions d?euros
800
600
400
200
0
- 200
- 400
- 600
- 800
- 1 000
- 1 200
Uranium naturel et ses composés Uranium enrichi ; plutonium Uranium appauvri ; thorium
2020 2021 2022 2023
Source :DGDDI
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 45
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.2 La production primaire rebondit en 2023
2.2.1 COMBUSTIBLES FOSSILES
La production primaire d?énergie fossile en France est
désormais marginale (figure 2.2.1.1). Elle s?élève à 10 TWh
en 2023. Elle est composée quasi intégralement de produits
à destination des raffineries. Pour près des trois quarts, il s?agit
de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain, pour
un quart d?une production d?additifs oxygénés (non issus de
biomasse) destinés à améliorer la qualité des carburants et
des autres produits raffinés et pour moins de 2 % de gaz naturel.
En 2023, la production de pétrole brut sur le territoire
français, hors additifs, s?élève à 584 500 tonnes, soit 0,6 Mtep
(7 TWh) ; elle a été divisée par plus de cinq depuis la fin des
années 1980. Cette production ne satisfait désormais qu?un
peu moins de 1 % de la consommation nationale. Au 1er janvier
2024, les réserves souterraines de pétrole brut (10,1 Mtep, soit
118 TWh) et d?hydrocarbures extraits du gaz naturel
représentent environ 17 ans d?exploitation au rythme actuel
(production hors additifs). Les additifs non bio représentent,
ces dernières années, entre un sixième et un quart de
la production primaire de pétrole (2,7 TWh en 2023).
Depuis l?arrêt définitif de l?injection du gaz du gisement
de Lacq dans le réseau en octobre 2013, la production
nationale de gaz naturel, hors biométhane, se limite à
l?extraction de gaz de mine (grisou) du bassin du Nord-Pas-
de-Calais. Celle-ci s?élève à 205 GWh PCS (pouvoir calorifique
supérieur) en 2023, soit 184 GWh PCI (pouvoir calorifique
inférieur).
L?approvisionnement de la France en charbon repose
désormais exclusivement sur le commerce extérieur et, dans
une moindre mesure, sur le recours aux stocks. En effet,
la collecte de produits de récupération présents sur les anciens
sites d?extraction, qui subsistait depuis la fermeture de
la dernière mine de charbon en 2004, s?est arrêtée en 2015.
Figure 2.2.1.1 : production primaire d?énergie fossile
En TWh
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1978
2002
1972
1970
1980
2004
2008
1974
1988
1996
1998
1982
1990
2006
2010
2012
1976
2000
1984
1992
1986
1994
2016
2014
2018
2020
2023
Pétrole* Charbon Gaz naturel
*Ycomprisdesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller,
à partir de 2011.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGEC,CharbonnagesdeFrance,SNET(Uniper),GRTgaz,TIGF(Teréga)
46 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.1.2 : production primaire et valeur associée d?énergie fossile
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production toutes énergies fossiles 11,76 585 9,98 291 10,03 509 9,79 868 9,86 608
Production de pétrole* 11,59 581 9,80 288 9,80 500 9,59 846 9,68 594
Production de charbon 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0
Production de gaz naturel (grisou) 0,17 4 0,18 3 0,23 9 0,21 22 0,18 14
*Laproductiondepétrolecomprendlaproductiond?additifsoxygénésnonissusdebiomasse.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La production primaire totale française d?énergie fossile
représente en 2023 une valeur économique de 608 millions
d?euros, soit 30 % de moins qu?un an auparavant
(figure 2.2.1.2). Les prix des énergies fossiles, qui avaient
nettement augmenté en 2022, en raison notamment de la
guerre en Ukraine, refluent en effet en 2023 (cf. 1.2.1).
2.2.2 NUCLÉAIRE
En 2023, la France compte 56 réacteurs en service répartis
sur 18 sites. La production d?énergie primaire du parc s?élève
à 1 025 TWh en 2023. Elle correspond à la quantité totale de
chaleur dégagée lors de la réaction de fission du combustible
nucléaire. La production brute d?électricité des centrales
nucléaires françaises s?élève, quant à elle, à 338 TWh en 2023
(figure 2.2.2.1). En effet, il faut en moyenne 3 unités de chaleur
pour produire une unité d?électricité dans une centrale
nucléaire, le solde constituant les pertes calorifiques liées
à cette transformation.
Après avoir nettement diminué en 2022, la production
nucléaire rebondit en 2023 (+ 14,7 %) en raison du redémarrage
de plusieurs réacteurs affectés par le phénomène de corrosion
sous contrainte. La détection de ce phénomène affectant les
circuits auxiliaires de refroidissement de la centrale de Civaux
en fin d?année 2021 a en effet conduit à l?arrêt non prévu
et prolongé de plusieurs réacteurs pour contrôle approfondi
et réparations. Ces opérations ont été réalisées pour l?essentiel
en 2022 et 2023 et se poursuivent, pour une part résiduelle,
jusqu?en 2025. Malgré son rebond en 2023, la production
nucléaire demeure inférieure à son niveau de 2021 et même
de 2020, année durant laquelle le calendrier des opérations
de maintenance avait pourtant été très perturbé par la crise
sanitaire. En moyenne, les centrales ont été disponibles à
hauteur de 67,3 % de leur capacité théorique en 2023
(figure 2.2.2.2). La disponibilité du parc nucléaire s?améliore
nettement en 2023 par rapport à l?année précédente : les arrêts
pour contrôler et traiter le phénomène de corrosion sous
contrainte ont été moins nombreux et plus courts que l?année
précédente, grâce notamment à l?optimisation des contrôles
et au retour d?expérience des précédentes réparations.
Les centrales ont été utilisées, lorsqu?elles étaient disponibles,
à hauteur de 88,8 %. Les mouvements sociaux contre
la réforme des retraites ont temporairement réduit la production
nucléaire au printemps 2023.
Figure 2.2.2.1 : production brute d?électricité des centrales nucléaires
En TWh
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1978
2002
1972
1970
1980
2004
2008
1974
1988
1996
1998
1982
1990
2006
2010
2012
1976
2000
1984
1992
1986
1994
2016
2014
2018
2020
2023
Source :EDF
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 47
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.2.2 : disponibilité et utilisation du parc nucléaire
Coefficients exprimés en %
2019 2020 2021 2022 2023
Coefficient de disponibilité Kd 74,0 71,9 72,9 58,1 67,3
Coefficient d?utilisation Ku 92,7 85,7 92,2 89,6 88,8
Note:lecoefficientKdestcalculésurlabasedesindisponibilitésduesauxarrêtsfortuits,auxarrêtspourentretienourechargementetauxprolongationsd?arrêt.
Àladifférencedel?indicateurEnergy Availibility Factorpubliéparl?Agenceinternationaledel?énergieatomique(AIEA),ilnetientenrevanchepascomptedes
indisponibilitésduesàdescausesenvironnementales,auxmouvementssociauxouauxattentesd?autorisationdesautorités.LecoefficientKureflètel?optimisation
delaproductionettientcomptedescontraintesenvironnementales,règlementairesetsociales.
Source :EDF,documentd?enregistrementuniversel.
2.2.3 ÉNERGIES RENOUVELABLES ET VALORISATION
DES DÉCHETS
La production primaire d?énergie issue de ressources
renouvelables s?établit à 366 TWh en 2023, en augmentation
de 9,8 % par rapport à 2022 (figures 2.2.3.1 et 2.2.3.2). Cette
augmentation est portée par la filière hydraulique (+ 24,5 %),
du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la
moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par
la filière éolienne (+ 32,1 %), du fait du développement du
parc et de conditions de vent favorables. De manière générale,
la production augmente pour toutes les filières, à l?exception
des biocarburants dont la production diminue de 2,7 %.
Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans
l?industrie papetière) demeure la première énergie
renouvelable produite en France (32 % de la production
nationale d?énergie renouvelable). Viennent ensuite l?électricité
hydraulique (15 %), les pompes à chaleur (14 %), l?éolien
(14 %), les biocarburants (6 %), le solaire photovoltaïque
(6 %), le biogaz (6 %), la valorisation des déchets renouvelables
(4 %), la valorisation des résidus de l?agriculture et de
l?industrie agroalimentaire (1 %), la géothermie (1 %), le solaire
thermique et les énergies marines (moins de 1 % pour
chacune de ces deux filières).
En incluant par ailleurs les 20 TWh d?énergie produite à
partir de la valorisation des déchets non renouvelables
(cf. infra), la production primaire d?énergie issue de ressources
renouvelables ou de déchets s?élève à 386 TWh en 2023.
Figure 2.2.3.1 : part de chaque filière dans la production primaire d?énergies renouvelables en 2023 (366 TWh)
En %
Bois-énergie*
Hydraulique (hors pompages)
Pompes à chaleur
Éolien
Biocarburants
Solaire photovoltaïque
Biogaz
Déchets renouvelables
Résidus de l?agriculture et des IAA**
Géothermie
Solaire thermique
Énergies marines
0
32
6
15
14
14
6
6
4 111
*Ycomprisliqueurnoire.
**Industriesagroalimentaires.
Source :SDES,Bilandel?énergie
48 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.3.2 : évolution de la production primaire d?énergies renouvelables
En TWh
Bois-énergie*
Biogaz
Solaire thermique et géothermie
Hydraulique (hors pompages)
Solaire photovoltaïque
Résidus de l?agriculture et des IAA**
Éolien
Biocarburants
Énergies marines
Pompes à chaleur
Déchets renouvelables
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2023
2020
1994
*Ycomprisliqueurnoire.
**Industriesagroalimentaires.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les énergies renouvelables électriques correspondent
aux filières renouvelables de production primaire d?électricité
(129 TWh en 2023). Par convention, la production primaire
de ces filières est égale à leur production d?électricité.
Elles regroupent l?hydraulique (hors stations de transfert
d?énergie par pompage), l?éolien, le solaire photovoltaïque
et les énergies marines.
Hydraulique (hors pompages)
La production hydraulique dépend fortement du débit des
cours d?eau et du niveau des réservoirs et, par conséquent,
de la pluviométrie contemporaine et passée. L?essentiel de
la production provient de grandes installations, situées
le long du Rhin et du Rhône ainsi que dans les zones
montagneuses.
Après une forte baisse en 2022 en raison de la sécheresse,
la production hydraulique augmente en 2023 (+ 24,5 %) et
atteint 57 TWh, ce qui est très proche de la moyenne de
production (58 TWh de 2011 à 2022). La puissance installée
du parc reste, quant à elle, quasiment constante depuis
plusieurs années.
Énergies marines
Les énergies marines regroupent les différentes filières de
production d?électricité tirant parti de l?énergie mécanique
issue des mouvements de l?eau créée par les marées (énergie
marémotrice), les vagues (énergie houlomotrice) et les
courants marins (énergie hydrolienne).
L?usine marémotrice de la Rance, construite dans les
années 60, est, à ce jour, la principale unité de production en
service commercial exploitant l?énergie issue du milieu marin
en France. D?une capacité électrique de 240 MW, sa
production (hors pompages) s?élève à 0,5 TWh depuis 2014.
Éolien
En 2023, la capacité installée sur le territoire continue
d?augmenter (+ 11 %) avec la mise en service de deux
nouveaux parcs en mer, l?un à Fécamp et l?autre à Saint-Brieuc
(en plus de Saint-Nazaire en 2022). La production augmente
encore davantage (+ 32 % entre 2022 et 2023) en raison de
conditions de vent favorables. Elle s?établit à 50 TWh en 2023,
dont 1,9 TWh en mer. La filière éolienne connaît un
développement particulièrement rapide ces dernières années
avec une augmentation de la puissance installée de 71 %
depuis 2017, pour atteindre 23 GW en 2023, dont 1,5 GW
d?éolien en mer.
Solaire photovoltaïque
La filière solaire photovoltaïque s?est développée
particulièrement rapidement au cours de la décennie :
la capacité installée sur le territoire, qui était inférieure à 9 GW
en 2017, a plus que doublé et atteint 20 GW en 2023 (+ 15 %
sur un an). Soutenue par la croissance du parc, la production
progresse de 11,2 % par rapport à 2022, pour atteindre
21,8 TWh, alors que l?ensoleillement a été un peu moins
généreux en 2023 qu?en 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 49
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les énergies renouvelables thermiques et les déchets
(257 TWh en 2023) regroupent les filières pour lesquelles
l?énergie est produite sous forme de chaleur, avant d?être
éventuellement convertie sous une autre forme (en électricité
ou en force motrice notamment) - (figure 2.2.3.3). On distingue
les filières de production d?énergie par combustion de celles
de production primaire de chaleur. Les premières regroupent
d?une part la biomasse, qu?elle soit solide (bois-énergie,
résidus agricoles et agroalimentaires), liquide (biocarburants)
ou gazeuse (biogaz), d?autre part les déchets incinérés
(urbains et industriels). Les secondes regroupent la
géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur.
Biomasse solide
En 2023, la production d?énergie primaire issue de biomasse
solide augmente de 0,8 % (123 TWh). Néanmoins, cette
légère augmentation ne permet pas d?atteindre le niveau de
production de la seconde moitié des années 2010.
Le bois-énergie constitue plus de 96 % de la biomasse
et est consacré à 58 % à l?usage résidentiel (cf. 4.5).
Malgré une hausse de 0,4 % en 2023, liée à des températures
légèrement plus froides, la consommation résidentielle
est tendanciellement orientée à la baisse depuis 2010.
La consommation par ménage diminue en effet régulièrement
grâce à la performance croissante des appareils de chauffage
au bois.
À l?inverse, dans le secteur de la transformation d?énergie,
la consommation de biomasse progresse continuellement
depuis 2005 (+ 1,6 % par rapport à 2022) ; elle est en effet
de plus en plus utilisée dans les installations de cogénération
et de production de chaleur.
Biogaz
Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane
et de dioxyde de carbone produit par digestion anaérobie de
matières organiques. La filière biogaz peut être décomposée
en trois grandes sous-filières, segmentées selon l?origine des
intrants : le biogaz issu de la méthanisation de déchets
organiques ou végétaux bruts, le biogaz fabriqué à partir de
boues de stations d?épuration des eaux usées (STEP) et le
biogaz issu d?installations de stockage de déchets non
dangereux (ISDND).
En 2023, la production primaire de biogaz s?élève à
22 TWh, en augmentation par rapport à 2022 (+ 16,4 %).
Cette évolution s?inscrit dans une tendance continue à la
hausse, amorcée en 2011. De 2011 à 2023, la production
primaire de biogaz a en effet été multipliée par 4,2. 33 % de
la production de biogaz (7,2 TWh) est valorisée pour produire
de l?électricité. La puissance des installations raccordées au
réseau électrique représente 0,6 GW en fin d?année 2023,
en augmentation de 1,9 % par rapport à 2022. Par ailleurs,
30 % de la production de biogaz est dédiée à la production
de chaleur (6,5 TWh). Enfin, l?épuration de biogaz en
biométhane, afin d?être ensuite injecté dans les réseaux de
gaz naturel, constitue un débouché en forte croissance depuis
quelques années. Ce mode de valorisation concerne en effet
plus de 37 % de la production totale de biogaz en 2023, soit
8,2 TWh, en progression de 31 % par rapport à 2022 (cf. 3.2).
Biocarburants et autres bioliquides
La biomasse liquide, aussi appelée biocarburants ou
bioliquides, est utilisée essentiellement pour la force motrice
des véhicules (y compris les véhicules de chantier, agricoles,
etc.). La France produit principalement du biodiesel (66,7 %)
mais également des bioessences (32,9 %) et un peu de
biokérosène (0,4 %).
En 2023, la production nationale de biocarburants s?élève
à 21 TWh, en baisse de 2,7 % par rapport à 2022. La production
de biodiesel baisse en particulier de 4 % dans un contexte
de hausse des coûts de production. La production de
bioessences reste stable. Encouragée par une fiscalité
incitative à l?incorporation de biocarburants, la production a
connu une forte croissance au cours des années 2000,
passant de 4 TWh en 2000 à 26 TWh en 2010. Depuis,
la production a stagné, voire diminué, malgré la hausse
progressive des objectifs d?incorporation.
Déchets
La production d?énergie primaire à partir de l?ensemble des
déchets diminue de 9 % en 2023, pour s?établir à 33 TWh.
50 % de cette production est valorisée sous forme de chaleur.
Seule la partie biodégradable des déchets est considérée
comme relevant des énergies renouvelables. Par convention
internationale, cette part est fixée à la moitié des déchets
ménagers, soit 13,5 TWh en 2023. Les déchets non
renouvelables recouvrent l?autre moitié des déchets ménagers
ainsi que les déchets industriels ; ils s?élèvent à 19,5 TWh
en 2023.
50 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.3.3 : les différents types de valorisation de la biomasse et des déchets en 2023
0,2
Biomasse solide
pour production électrique
Biomasse solide pour production
de charbon de bois
Biomasse solide
pour production de chaleur
Déchets pour
production électrique
Déchets pour
production de chaleur
Biogaz pour production électrique
Biogaz pour production de chaleur
Biogaz pour injection dans
le réseau de gaz
Biocarburants pour le transport
Biocarburants utilisés
par les engins agricoles
et de chantier
Bioliquides pour la production
d?électricité et de chaleur
En %
11 1
88
37 34
29
50
50
92
8
Biomasse
solide
Biogaz Déchets Bioliquides
Note:laproductiondechaleurs?entendiciausenslargedeproductionayantunusagefinalsousformedechaleuretnonpasseulement,commedansla
partie3.5,deproductiondechaleurcommercialisée.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Solaire thermique
La production du parc des installations solaires thermiques
est de 2,8 TWh en 2023, en hausse de 3,7 % sur un an.
43 % de cette production est réalisée dans les DROM en
raison du fort ensoleillement de ces territoires, propice à
l?installation de chauffe-eaux solaires. Le développement de
la filière, très dynamique jusqu?au début des années 2010,
a depuis ralenti. En métropole, ce sont essentiellement des
projets de « grandes surfaces » solaires thermiques qui ont
permis le développement de la filière ces dernières années,
même si les installations individuelles sont de plus en plus
demandées par les particuliers. Le marché du solaire hybride,
combinant des panneaux solaires photovoltaïques avec du
solaire thermique, s?est fortement développé entre 2015 et
2018 mais reste de niche depuis la fin du soutien de la filière
par les aides à la rénovation énergétique.
Géothermie
De manière générale, la géothermie vise à exploiter l?énergie
thermique contenue dans le sous-sol. La chaleur géothermique
produite à partir de pompes à chaleur (dite de « très basse
énergie ») est toutefois comptabilisée à part (cf. rubrique
suivante). La production primaire géothermique s?élève à
5,3 TWh en 2023, en augmentation de 4 % sur un an.
La géothermie dite de « basse énergie » exploite des
aquifères d?une profondeur de plusieurs centaines de mètres
(entre 30 °C et 90 °C) à des fins de production de chaleur
(chauffage et eau chaude sanitaire). Elle est généralement
mobilisée comme source de production par les réseaux de
chaleur en raison du montant élevé des investissements
nécessaires. Ces réseaux, dont la plupart sont situés en
Île-de-France, alimentent principalement des bâtiments
à usage résidentiel ou tertiaire. La géothermie de « basse
énergie » est également exploitée par quelques installations
isolées, telles des piscines, des serres ou encore des bassins
de pisciculture. La production primaire de cette filière s?élève
à 4,1 TWh en 2023.
À l?inverse, la géothermie dite de « haute énergie » (ou
« haute température ») est principalement utilisée pour
produire de l?électricité. Elle exploite des aquifères ou des
gisements rocheux situés entre 1 500 et 5 000 mètres de
profondeur, atteignant une température supérieure à 150 °C.
Elle concerne un site en métropole, à Soultz-sous-Forêts
(Alsace), et un autre à Bouillante, en Guadeloupe. Les sites
exploitant cette technologie ont produit 0,12 TWh d?électricité
en 2023. Leur production primaire, valant par convention dix
fois la production d?électricité, atteint 1,2 TWh en 2023.
Pompes à chaleur
Les pompes à chaleur (PAC) produisent de la chaleur en
puisant des calories dans le sol ou les eaux souterraines
(géothermie dite de « très basse énergie », températures
inférieures à 30 °C) ou dans l?air (aérothermie). Seule la
chaleur renouvelable estimée à partir de la puissance et de
la performance des équipements est retracée en production
primaire d?énergie pour ne pas comptabiliser l?électricité utile
au fonctionnement de ces équipements.
Le parc de pompes à chaleur installées en France
continue de croître en 2023 (+ 9,4 %). Son développement
est notamment stimulé par les aides à la rénovation
énergétique (MaPrimeRénov et certificats d?économie
d?énergie notamment). La production de chaleur renouvelable
à partir de pompes à chaleur s?établit à 50 TWh en 2023, en
augmentation de 11,4 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 51
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.3 La facture énergétique de la France
est divisée par deux
2.3.1 PÉTROLE BRUT ET RAFFINÉ
Commerce extérieur de pétrole brut
L?activité de raffinage, qui utilise la quasi-totalité de pétrole
brut importé ou produit pour une quantité marginale sur
le territoire, continue de progresser en 2023 (cf. 3.1).
Les importations de pétrole brut augmentent ainsi par rapport
à 2022, à 46,5 Mtep (+ 10,7 %, figure 2.3.1.1). Après avoir
chuté en 2020 en raison de la crise sanitaire, elles progressent
depuis 2021 avec le redémarrage des installations, la crise
énergétique et l?embargo sur le pétrole russe. En effet,
les menaces sur l?approvisionnement puis l?embargo sur
les produits pétroliers raffinés russes, et en particulier
le gazole, ont stimulé l?activité des sites de raffinage pour
répondre à la demande intérieure. Malgré ce regain, l?activité
de raffinage en France est nettement moindre qu?il y a une
quinzaine d?années. Les importations de pétrole brut ont ainsi
baissé de 45 % depuis 2008 et de 21 % depuis 2012.
La facture correspondante de la France s?établit à
27,3 Md¤ en 2023 (cf. 1.2). Elle recule de 18,0 %, mais reste
au-dessus de son niveau de 2019 (24,1 Md¤2023). Elle avait
quasiment doublé en 2022, en raison principalement du
renchérissement marqué des produits lié à la guerre en
Ukraine, et avait atteint sa valeur la plus haute depuis la
baisse mondiale des prix pétroliers en 2014.
Figure 2.3.1.1 : importations de pétrole brut*
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Importations 49,7 24 120 33,9 10 749 34,7 17 106 42,1 33 246 46,5 27 266
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà
distiller.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, la France achète plus de la moitié de son pétrole
brut auprès des membres de l?Organisation des pays
exportateurs de pétrole (Opep) avec 53,7 %, contre 48,5 %
en 2022 (figure 2.3.1.2).
Les États-Unis restent le premier fournisseur de la France
avec 7,8 Mtep, soit 16,7 % du total. Ils devancent ainsi
le Nigeria, puis le Kazakhstan, qui représentent chacun 12 %
du total. Les importations depuis la Russie, en troisième
position en 2019 (2,2 Mtep), ont cessé en 2023. En effet,
un embargo sur le pétrole brut russe importé par voie maritime
est entré en vigueur le 5 décembre 2022.
Globalement, la part de l?Europe orientale dans les
importations de pétrole brut diminue nettement : - 6 points
en un an et - 17 points par rapport à 2019. Celle de la mer
du Nord baisse également (- 2 points).
À l?inverse, la part des importations en provenance
d?Afrique (+ 3 points), du Moyen-Orient (+ 2 points) et
d?Amérique du Nord (+ 2 points) progresse.
52 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.1.2 : origine des importations de pétrole brut*
En Mtep
1973 1979 1990 2000 2010 2019 2020 2021 2022 2023
En % En %
Grandes zones
Moyen-Orient 98,5 71,4 96,6 32,4 32,3 11,4 10,4 5,3 5,1 6,4 8,0 17,2
Afrique du Nord 18,7 13,5 9,7 7,3 6,4 12,4 8,6 4,4 7,5 6,3 8,6 18,4
Afrique subsaharienne 15,3 11,1 11,2 14,1 7,7 8,7 8,0 5,9 5,4 8,9 9,6 20,6
Mer du Nord** 0,2 0,1 4,3 10,7 32,6 10,9 3,8 4,4 3,6 4,6 4,3 9,3
Europe orientale*** 3,4 2,5 5,1 6,4 8,2 21,5 14,6 8,9 7,9 8,1 5,9 12,8
Amérique du Nord - - - 2,5 - - 3,8 4,3 4,9 6,6 8,1 17,3
Autres 1,8 1,3 1,7 1,6 0,3 0,9 0,6 0,7 0,4 1,1 2,1 4,5
Total 137,9 100,0 128,6 75,0 87,6 65,7 49,7 33,9 34,7 42,1 46,5 100,0
dontOpep**** 130,5 94,7 114,3 43,9 40,7 28,2 25,8 14,3 17,3 20,4 25,0 53,7
OpephorsIrak 111,5 80,8 91,1 40,8 33,4 25,7 23,0 13,3 14,9 18,1 21,5 46,1
Principaux fournisseurs
États-Unis - - - 3,8 4,3 4,5 6,2 7,8 16,7
Nigeria 12,9 9,3 9,8 3,2 4,9 2,9 6,1 3,3 4,0 4,2 5,8 12,4
Kazakhstan - - - - 2,1 7,0 6,9 5,5 4,6 5,7 5,6 12,0
Algérie 11,3 8,2 5,2 3,1 3,5 0,9 5,8 3,5 4,0 3,7 4,5 9,6
Libye 6,6 4,8 4,1 3,0 2,5 10,5 2,6 0,9 3,4 2,6 4,1 8,7
Irak 19,1 13,8 23,2 3,1 7,4 2,4 2,8 1,0 2,4 2,3 3,5 7,6
Arabie saoudite 30,8 22,4 45,3 15,5 15,6 6,1 7,4 4,0 2,7 3,4 3,5 7,5
Norvège 0,2 0,1 1,6 6,0 21,6 7,2 3,2 3,6 2,4 3,4 3,4 7,2
Angola - - - 2,8 1,9 3,5 0,9 1,4 0,4 3,0 2,2 4,8
Brésil - - - - 0,1 0,7 0,4 0,3 0,1 0,8 1,0 2,2
Royaume-Uni - - 2,7 4,8 10,1 3,4 0,6 0,8 1,2 1,2 1,0 2,1
Azerbaïdjan - - - - 0,6 3,2 1,4 0,5 0,2 0,2 0,4 0,8
Guinée équatoriale - - - - - 0,6 - - 0,3 0,3 0,2 0,4
Ghana - - - - - - 0,4 0,1 - - 0,1 0,3
Russie - - - - 5,1 11,3 6,3 3,0 3,1 2,2 - -
Iran 11,1 8,0 8,0 9,2 5,3 1,8 - - - - - -
Congo 1,0 0,7 - 0,9 0,0 1,3 - - - - - -
Mexique - - - 2,5 - - - - - - - -
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller.
**Danemark,Norvège,Pays-BasetRoyaume-Uni.
***Azerbaïdjan,Géorgie,Kazakhstan,Russie,Turkménistan,Ukraine.
****Opep:en2023:Algérie,Angola,Arabiesaoudite,Congo,Émiratsarabesunis,Gabon,Guinéeéquatoriale,Irak,Iran,Koweït,Libye,Nigeria,Venezuela.
Note:lepétroleestclassédanscetableauselonlepaysoùilaétéextrait.Jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.
Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs
Commerce extérieur de produits raffinés
Les importations de produits raffinés reculent fortement pour
la deuxième année consécutive (- 8,1 %, après - 9,9 % en
2022), pour s?établir à 38,0 Mtep en 2023, en lien avec la
croissance de l?activité de raffinage (figure 2.3.1.3).
La hausse de l?activité de raffinage entraîne une
augmentation des exportations en 2023 (+ 6,1 % par rapport
à 2022), à 14,7 Mtep. Les quantités exportées demeurent
toutefois très inférieures à leur niveau de 2019 (- 15,7 % sur
quatre ans).
Ainsi, le solde importateur de la France en produits raffinés
se réduit, à 23,3 Mtep, le niveau le plus faible enregistré depuis
2018.
Après son record historique de 2022 dû à la très forte
hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés, la
valeur monétaire des importations de produits raffinés s?élève
à 29,3 Md¤ en 2023. Elle diminue de 28,7 %. En euros
constants, elle reste supérieure de 6,9 % à son niveau de 2019.
La valeur des exportations s?est aussi nettement réduite, à
12,7 Md¤ (- 15,2 % en un an et + 5,0 % par rapport à 2019 en
euros constants). Ainsi, les échanges extérieurs de produits
raffinés contribuent à hauteur de 16,6 Md¤ au déficit commercial
de la France, contre 26,1 Md¤ en 2022. La facture s?est
fortement allégée en 2023 (- 36,4 %) sous l?effet de la baisse
des prix. Elle reste néanmoins supérieure à celle de 2019
(+ 1,3 Md¤, soit + 8,4 %).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 53
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.1.3 : solde importateur des produits raffinés
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Importations 45,6 27 408 43,7 18 035 45,8 26 272 41,3 41 078 38,0 29 298
Gazole routier 20,1 12 602 20,0 8 137 21,1 11 516 19,4 20 109 17,1 13 400
Fioul domestique et autres gazoles 4,6 2 724 4,9 1 909 3,9 2 057 2,6 2 589 3,0 2 344
Supercarburants* 1,6 1 021 1,4 637 2,7 1 716 3,1 3 256 2,7 2 191
Jet kérosène 6,2 3 906 4,1 1 590 5,1 2 882 5,7 6 124 5,7 4 611
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 3,7 1 316 3,3 1 048 3,6 1 745 3,4 1 994 3,2 1 447
Fioul lourd 2,8 1 351 1,9 718 1,5 728 1,6 1 113 1,3 848
Produits non énergétiques** 5,3 3 286 6,7 2 992 6,7 4 461 4,4 4 396 3,8 3 304
Autres*** 1,4 1 202 1,1 1 005 1,4 1 168 1,1 1 497 1,1 1 154
Exportations 17,4 12 096 12,8 7 393 12,6 10 108 13,8 14 973 14,7 12 702
Gazole routier 0,3 247 0,4 307 0,6 587 0,6 1 009 0,8 899
Fioul domestique et autres gazoles 2,3 1 246 1,2 426 0,9 497 0,8 787 1,3 909
Supercarburants* 2,8 1 575 2,3 774 2,2 1 286 1,8 1 590 1,6 1 139
Jet kérosène 1,8 1 066 1,5 538 1,7 945 1,1 1 419 1,2 1 023
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1,0 472 1,0 372 1,0 574 1,2 832 0,9 491
Fioul lourd 3,7 1 544 2,5 706 2,6 1 147 3,5 2 312 3,4 1 705
Produits non énergétiques** 4,6 3 508 2,9 2 169 2,5 2 766 3,7 4 287 4,6 4 290
Autres*** 1,0 2 440 1,1 2 101 1,0 2 305 1,1 2 739 0,8 2 246
Solde importateur 28,2 15 311 30,9 10 642 33,2 16 164 27,5 26 104 23,3 16 596
Gazole routier 19,8 12 355 19,7 7 831 20,4 10 928 18,8 19 100 16,3 12 501
Fioul domestique et autres gazoles 2,4 1 479 3,7 1 483 3,0 1 559 1,9 1 802 1,7 1 435
Supercarburants* - 1,2 - 554 - 0,9 - 137 0,5 430 1,3 1 667 1,1 1 052
Jet kérosène 4,4 2 840 2,6 1 052 3,4 1 937 4,5 4 706 4,5 3 588
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 2,7 845 2,4 676 2,6 1 171 2,2 1 162 2,4 956
Fioul lourd - 0,9 - 193 - 0,6 12 - 1,1 - 419 - 1,9 - 1 199 - 2,1 - 857
Produits non énergétiques** 0,7 - 222 3,9 823 4,1 1 695 0,7 109 - 0,9 - 987
Autres*** 0,4 - 1 238 0,1 - 1 097 0,4 - 1 137 0,0 - 1 242 0,3 - 1 092
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres.
Note:lesvaleursmonétairessontdonnéescoût,assuranceetfretinclus(CAF)pourlesimportations,etfrancoàbord(FAB)pourlesexportations.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
La France achète principalement du gazole, qui regroupe
le gazole routier et non routier, ce dernier produit étant utilisé
pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs
agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole
routier, excepté sa coloration. Les importations de ce produit,
déduction faite des volumes exportés, représentent 16,3 Mtep
en 2023, pour une dépense nette correspondante de 12,5 Md¤.
La France est également importatrice nette de kérosène
(4,5 Mtep), de gaz de pétrole liquéfié (GPL, 2,4 Mtep), de fioul
domestique et autres gazoles (1,7 Mtep) et, depuis 2021, de
supercarburants (1,1 Mtep). À l?inverse, elle est devenue
depuis quelques années exportatrice nette de fioul lourd car
la demande intérieure pour ce produit décline régulièrement.
Ce combustible permet d?alléger sa facture de 0,9 Md¤.
Les évolutions par produit sont assez contrastées :
les importations de gazole et de naphta chutent de 11,7 %,
celles de GPL de 5,0 %. Les achats de supercarburants
reculent de 14 % pour revenir à leur niveau de 2021 (2,7 Mtep),
tandis que ceux de fioul lourd se replient de 17 %, à 1,3 Mtep.
Les achats de carburéacteurs augmentent légèrement, de
0,6 % sur un an, sans toutefois retrouver leur niveau de 2019
(- 8,2 %). À l?inverse, les livraisons de fioul domestique et
autres gazoles progressent fortement, à 3,0 Mtep (+ 14,9 %).
En 2023, la part de la Russie dans les importations de
produits pétroliers raffinés (16 % en 2022) est devenue quasi
nulle (figure 2.3.1.4) en application des sanctions économiques
liées à la guerre en Ukraine. Ainsi, la répartition des
provenances géographiques des produits pétroliers est
nettement modifiée en 2023.
Les produits raffinés importés par la France proviennent
pour près de la moitié d?Europe (47 %, soit 10 points de plus
qu?en 2022). Les parts de l?Arabie saoudite (11 %) et des
États-Unis (8 %) sont stables.
54 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Le gazole routier provient en 2023 pour 43 % d?Europe
(+ 16 points). La Russie, premier fournisseur de ce produit
en 2022, avec 6,2 Mtep, soit 32 % du marché, ne représente
plus que 0,3 % des importations. Le Moyen-Orient fournit
38 % du total (+ 9 points), dont 22 % depuis l?Arabie saoudite,
tandis que l?Inde en représente 7 %.
Depuis plusieurs années, le kérosène est acheminé en
grande partie depuis le Moyen-Orient, avec 40 % des
importations en 2023, comme en 2022. 18 % proviennent
d?Inde alors que 10 % proviennent d?Europe. Le GPL est,
quant à lui, importé principalement des États-Unis (1,2 Mtep,
38 %), d?Algérie (30 %), du Royaume-Uni (16 %) et de
Norvège (9 %).
L?essentiel des quantités de supercarburants importées
provient d?Europe (85 % en 2023). Enfin, le naphta est d?abord
livré depuis l?Europe (50 % du total), puis d?Algérie (33 %,
+ 22 points sur un an) et des États-Unis (8 %).
Figure 2.3.1.4 : importations de produits pétroliers raffinés
par pays de 2019 à 2023
En Mtep
Europe Russie Arabie saoudite États-Unis Algérie Autres
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2019 2021 2022 20232020
3,5 3,7 2,6
3,0
3,1
5,4 3,8
4,1
4,6
4,26,0 7,4 8,7
6,8 0,1
18,0 18,7 19,3
15,4 17,7
2,1 2,5 2,1
1,5
1,7
10,6 7,5 9,1
10,0
11,2
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Les exportations continuent de croître à un rythme soutenu
en 2023 (+ 6,1 %, après + 9,9 % en 2022). Leur dynamisme
s?explique surtout par les ventes de naphta (+ 36,8 %, à
3,2 Mtep). Les livraisons de gazole et de fioul domestique
ont également fortement augmenté (+ 56,8 %, à 2,2 Mtep).
Les exportations de kérosène ont crû de 6,0 %, à 1,2 Mtep.
À l?inverse, les ventes de supercarburants continuent de
chuter en 2023 (- 13,0 %, après - 17,7 % en 2022). Les
exportations de GPL passent de 1,2 Mtep en 2022 à 0,9 Mtep
en 2023 (- 28,2 %). Celles de fioul lourd, revenues en 2022
à leur niveau de 2019, se replient aussi en 2023 mais à un
rythme moins élevé (- 2,7 %).
Près des trois quarts des exportations françaises de
produits raffinés sont à destination de l?Europe en 2023.
Le fioul lourd en particulier est acheminé pour l?essentiel dans
l?Union européenne (76 %). C?est également le cas du naphta
(79 % vers l?Europe et 19 % vers les États-Unis).
Les produits livrés vers les États-Unis représentent 9 %
des quantités exportées en 2023 (7 % en 2022). En particulier,
41 % des quantités de supercarburants y sont exportées.
Stocks pétroliers
Entre fin 2022 et fin 2023, les stocks français de pétrole brut
et d?autres intrants du raffinage augmentent de 0,2 Mtep,
pour s?établir à 7,2 Mtep en fin d?année (6,4 Mtep de pétrole
brut et 0,8 Mtep de charges de raffinage). Les stocks de
produits raffinés diminuent légèrement en 2023, à 12,7 Mtep
(- 1,8 %, - 7,7 % sur quatre ans).
L?essentiel de ces stocks correspond aux obligations de
stockage stratégique de produits pétroliers devant couvrir au
minimum 90 jours d?importations nettes.
2.3.2 GAZ NATUREL
Les importations de gaz naturel arrivent en France
métropolitaine essentiellement sous forme gazeuse par un
réseau de gazoducs, terrestres ou sous-marins, ou sous
forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier.
Les importations, hors transit via gazoduc, de gaz naturel sur
le territoire s?élèvent à 532 TWh PCS en 2023, un niveau
comparable à celui de 2021 et en diminution de 17 % par
rapport à 2022 (figure 2.3.2.1). La baisse des prix (cf. 1.3.1)
entraîne une forte diminution du coût des importations, qui
s?établit à 36,3 Md¤ en 2023 (- 40,9 % en euros constants
par rapport à 2022).
En raison de la modération de la demande de gaz
naturel en 2023 et du haut remplissage des stocks en début
d?année, les importations de gaz naturel reculent en 2023.
Les importations par gazoduc diminuent ainsi de 18,2 %, à
217 TWh. Elles sont réalisées aux points d?interconnexion
du réseau (PIR) de gazoducs de France métropolitaine avec
les réseaux étrangers : Dunkerque depuis la Norvège (69 %
des entrées brutes), Taisnières (L) depuis les Pays-Bas
(10 %), Virtualys depuis la Belgique (7 %), Pirineos depuis
l?Espagne (14 %) et autres (0,6 %). Les importations de GNL
diminuent aussi nettement (- 16 %) et s?élèvent à 315 TWh
en 2023. Le GNL regazéifié représente 59 % des entrées de
gaz naturel, en hausse de 0,7 point par rapport à l?année
précédente. Le terminal méthanier de Dunkerque réceptionne
39 % des importations de GNL, les deux terminaux de Fos-
sur-Mer en reçoivent 32 % et celui de Montoir-de-Bretagne
27 %. Mis en fonction en octobre 2023, le terminal flottant du
Havre réceptionne 1 % des importations de GNL en 2023.
Enfin, outre les injections de GNL regazéifié dans le réseau
depuis les terminaux méthaniers, du GNL est également
directement acheminé par camion-citerne jusqu?à certains
industriels ou des stations-service (il s?agit de GNL dit « porté »
ou de détail). Les volumes correspondants sont relativement
faibles et restent stables par rapport à 2022 (2,1 TWh).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 55
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les sorties du territoire, sous forme gazeuse, s?effectuent
aux points d?interconnexion avec les réseaux des pays voisins,
principalement suisse (PIR Oltingue et Jura), espagnol (PIR
Pirineos) et belge (PIR Virtualys). Les exportations diminuent
par rapport à l?année précédente (- 9,0 % en 2023), mais
restent à un niveau historiquement élevé. En effet, les
quantités entrées sous forme de GNL et regazéifiées sont
comptabilisées en exportation lorsqu?elles sont destinées à
un autre pays alors qu?elles seraient exclues des importations
si elles transitaient par le réseau sous forme gazeuse (transit).
Ce sont ainsi 156 TWh de gaz qui ont été réexportés en 2023,
hors transit, pour une recette correspondante s?élevant à
10,0 Md¤.
Le solde importateur de la France en gaz naturel, net des
exportations, diminue de 19,6 % en 2023, pour atteindre
377 TWh. En lien avec la nette baisse des prix du gaz,
la facture correspondante diminue fortement, de moitié, pour
s?établir à 26,3 Md¤ en 2023.
Figure 2.3.2.1 : solde importateur de gaz naturel
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Importations 612,2 11 803 521,0 6 704 521,8 17 775 639,5 61 379 532,4 36 281
Selon la forme de gaz
Gaz sous forme gazeuse 376,5 7 423 324,2 4 105 337,2 12 215 265,3 27 554 217,0 21 051
GNL** regazéifié 233,6 4 342 194,8 2 573 182,4 5 498 371,8 33 609 313,3 15 126
GNL** porté 2,1 38 2,0 27 2,1 63 2,4 215 2,1 103
Selon le type de contrat
Court terme 182,8 n.d. 149,6 n.d. 131,5 n.d. 215,5 n.d. 160,8 n.d.
Moyen et long terme 429,4 n.d. 371,4 n.d. 390,2 n.d. 424,0 n.d. 371,7 n.d.
Exportations 105,4 2 038 93,9 1 071 62,0 1 861 171,3 11 334 155,9 10 006
Solde échanges extérieurs 506,8 9 765 427,1 5 633 459,7 15 914 468,2 50 045 376,5 26 274
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
**GNL=gaznaturelliquéfié.Ilestsoitregazéifiépourêtreensuiteinjectédanslesréseauxdegaz,soitdirectementacheminéparcamion-citerneàdesindustriels
oudesstations-service.
n.d.=nondisponible.
Note:lesdonnéesrelativesauximportationsetauxexportationsn?incluentpaslegaztransitantsurleterritoirenational.Letransitdegazgazeuxdéclarépar
lesfournisseursaétéexcluconformémentauxconventionsinternationalespourlesdonnéesannuelles;lesimportationsetexportationsontétéréviséesàla
baisse;lesoldeestinchangé.Parailleurs,lesimportationsdeGNLdiffèrentdesinjectionsdansleréseaudeGNLregazéifié,l?écartcorrespondantàlavariation
desstocksdesterminauxméthaniers(-1,2TWhen2023).
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseursdegaz,DGDDI
Les exportations de gaz russe à travers le gazoduc
Nordstream ont été arrêtées dès août 2022. Cela a
profondément modifié l?origine des importations depuis 2022
(figure 2.3.2.2). La Norvège est le principal fournisseur de
la France en 2023 (33 % du total des importations), suivie
par les États-Unis (26 %). Les autres pays fournisseurs sont
la Russie (13 %), l?Algérie (9 %), les autres pays (8 %),
les Pays-Bas (5 %), le Qatar (5 %) et le Nigeria (1 %). Pour
0,4 % des entrées brutes, correspondant essentiellement à
du GNL vendu sur les marchés, l?origine du gaz est
indéterminée. La France a nettement diversifié ses
approvisionnements à travers l?augmentation des importations
de GNL. Grâce à ces ports méthaniers, la France dispose
d?un accès au marché mondial du GNL.
La forte diminution des importations françaises de gaz
naturel en 2023 est portée par la baisse des importations en
provenance de la Norvège (- 15 %, - 4,9 points sur l?évolution
des importations), de la Russie (- 26 %, - 3,9 points), des
États-Unis (- 9 %, - 2,2 points), du Nigeria (- 63 %, - 1,3 point),
d?Algérie (- 8 %, - 0,6 point) et des Pays-Bas (- 7 %, - 0,3 point).
À l?inverse, les importations en provenance du Qatar
progressent (+ 8 %, + 0,3 point). Signe d?une diversification
accrue des approvisionnements, la part des achats auprès
d?autres pays augmentent (+ 81 %, + 3,1 points sur l?évolution
du solde global). La part relative du GNL pour lequel le lieu
de production ne peut pas être tracé diminue très nettement
pour devenir très faible (- 95 %, - 6,1 points).
56 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.2.2 : origine des importations de gaz naturel
En TWh PCS*
700
600
500
400
300
200
100
0
Norvège Russie Pays-Bas Algérie Nigeria (yc swaps) Qatar États-Unis Autres pays Indéterminés
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 20201973 2023
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
Si l?approvisionnement français en gaz naturel est assuré,
pour l?essentiel, par les importations, la gestion des stocks
permet d?ajuster l?offre à la demande intérieure. Celle-ci varie
fortement en cours d?année avec les besoins en chauffage
(figure 2.3.2.3). En général, les stocks sont sollicités de
novembre à mars, période communément appelée « hiver
gazier », avant d?être progressivement reconstitués d?avril à
octobre. Les stocks utiles s?élèvent à 121 TWh fin 2023, en
baisse de 2 TWh par rapport à la fin 2022. Un remplissage
complet des infrastructures de stockage de gaz naturel a été
observé fin octobre 2023.
Figure 2.3.2.3 : niveau des stocks utiles de gaz naturel (y compris GNL) en fin de mois
En TWh PCS*
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
2018 2019 2020 2021 2022 2023
160
140
120
100
80
60
40
20
0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 57
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.2.4 : variations de stocks de gaz naturel
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Variations de stocks - 21,8 - 429,9 23,6 299,0 18,3 659,6 - 39,0 - 4 034,4 1,6 101,0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Note:lesvariationsdestockssontcomptéespositivementencasdedéstockage,négativementencasdestockage.Ladépenseassociéecorrespondà
lavalorisationdelaquantitéphysiquedevariationdesstocks(+1,6TWhentrefindécembre2022etfindécembre2023)avecunprixdérivédesimportationsdeGNL.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
2.3.3 CHARBON
Tous produits confondus, les importations de charbon, nettes
des (faibles) volumes exportés, s?élèvent à 52,1 TWh en 2023
(figure 2.3.3.1). Elles diminuent de 26 % par rapport à 2022
et de 39 % par rapport à 2019, et atteignent ainsi leur plus
bas niveau depuis plusieurs décennies.
L?approvisionnement de la France en charbon primaire
repose presque exclusivement sur ses importations, qui
s?élèvent à 6,0 millions de tonnes (Mt), soit 46,5 TWh, en
2023. La majeure partie de ces importations vise à répondre
aux besoins d?un nombre limité de consommateurs,
notamment des établissements de la filière sidérurgique et
des centrales électriques à charbon qui, dans un contexte
de décarbonation de la production électrique, sont de moins
en moins sollicitées.
La France importe par ailleurs de faibles volumes de
charbon dérivé. Il s?agit, pour l?essentiel, de coke venant
compléter la production nationale destinée aux hauts-
fourneaux et, dans une moindre mesure, de briquettes de
lignite et de produits agglomérés. Les importations de coke
ont de nouveau chuté en 2023, à 5,6 TWh. Elles avaient triplé
en 2021 puis avaient peu diminué en 2022 afin de compenser
la chute de production intérieure de coke due à la fermeture
ou l?indisponibilité de fours à coke dans les usines sidérurgiques
(cf. 3.3).
La facture charbonnière de la France chute nettement
(- 40 % en un an) du fait de la forte diminution des prix (cf. 1.4),
et s?établit ainsi à 2,0 Md¤ en 2023. Si le charbon dérivé ne
représente que 11 % des quantités importées, il pèse
davantage dans la facture (18 %) en raison de prix bien plus
élevés que ceux du charbon primaire.
Figure 2.3.3.1 : solde importateur de produits charbonniers
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 84,8 1 855 59,3 937 72,2 1 497 70,7 3 270 52,1 1 962
Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613
Charbon dérivé 5,2 237 4,0 135 12,0 471 10,0 696 5,6 349
Exportations 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1
Charbon dérivé 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1
Solde importateur 84,7 1 854 59,2 934 72,1 1 496 70,6 3 267 52,1 1 961
Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613
Charbon dérivé 5,2 236 3,9 132 11,9 470 9,9 693 5,6 349
Note:conformémentàlaméthodologiedel?AIE,lesimportationsdecharbonprimairesontnettesdesréexportations.
Source :SDES,Bilandel?énergie
58 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les principaux fournisseurs de charbon de la France
demeurent les mêmes depuis plusieurs années (figure 2.3.3.2).
L?Australie reste au premier rang en 2023, avec 20,4 TWh
(2,6 Mt), suivie par les États-Unis (12,1 TWh). Les parts de
ces pays ont augmenté respectivement de 8 % et 6 %.
L?Afrique du Sud gagne de nouveau un rang en fournissant
6,2 TWh. Enfin, la Colombie produit 11 % du charbon livré
en France, avec 5,7 TWh. Les importations depuis la Russie
ont fortement diminué en 2022 en raison de l?embargo
européen consécutif à l?invasion de l?Ukraine et sont devenues
quasiment nulles en 2023. Elles s?élèvent à 0,12 TWh en
2023, contre 10,5 TWh en 2022 et 21,2 TWh en 2021.
Figure 2.3.3.2 : origine des importations de charbon
En Mt
35
30
25
20
15
10
5
0
1982
1996
2014
2008
1976
1990
1984
1998
1978
1992
2016
2010
1986
2000
1980
1994
1988
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Afrique du Sud Allemagne Australie Colombie États-Unis Russie Autres pays
Note:l?Allemagnecomprendl?ex-RDAdepuis1991.
Àpartirde2011,ils?agitdesimportationsnettesdesréexportationspourlecharbonprimaire.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source : SDES,Bilandel?énergie
Fin 2023, les opérateurs ont globalement puisé dans les
stocks de produits charbonniers, à hauteur de 0,2 TWh
(figure 2.3.3.3). Le charbon est entreposé soit dans les ports
où sont réceptionnées les importations, soit directement sur
les principaux sites consommateurs : centrales électriques,
sites sidérurgiques ou autres sites industriels (sucreries,
papeteries...). La consommation des centrales électriques
ayant diminué (cf. 4.4), l?autonomie correspondant à leurs
stocks a augmenté par rapport à fin décembre 2022 (27 mois
au rythme actuel annualisé de la consommation, soit 17 mois
de plus qu?en 2022, et 13 mois de moins qu?en 2019).
Figure 2.3.3.3 : variations de stocks de produits charbonniers
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Variations de stocks 0,4 - 11 2,3 25 7,9 113 - 2,7 - 148 0,2 - 16
Charbon primaire 0,7 3 2,4 33 7,8 109 - 2,1 - 110 0,6 4
Charbon dérivé - 0,3 - 13 - 0,2 - 8 0,1 5 - 0,7 - 38 - 0,4 - 19
Note:lavariationdesstocksphysiquesestpositiveencasdedéstockage,négativedanslecascontraire.Savalorisationmonétairepeutêtredesigneopposéen
raisondeprixdifférenciésentreproduitsou,pourunmêmeproduit,entrepériodesdel?annéeoùlesstocksaugmententetpériodesoùceux-cidiminuent.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 59
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.3.4 BOIS-ÉNERGIE
Exportatrice nette de bois-énergie jusqu?en 2015, la France
enregistre depuis plusieurs années un déficit commercial pour
ce combustible. Ainsi, en 2023, les achats français, nets des
quantités exportées, ont augmenté de 35 % en volume
(2,6 TWh), et de 11 % en valeur, après avoir doublé en 2022.
Ils atteignent 250 M¤ en 2023 (figure 2.3.4.1). La France
exporte en majorité du bois de chauffage (45 % des exportations
en quantité) et des sciures et déchets de bois (43 % des
exportations) - (figure 2.3.4.2). À l?inverse, elle importe
majoritairement des granulés de bois (87 % des importations
en quantité, soit 5 points de plus qu?en 2022). Ces derniers,
du fait de leur pouvoir calorifique élevé et de leur facilité
d?utilisation, sont vendus en général à des prix plus élevés que
le bois de chauffage. Malgré une baisse générale des prix des
combustibles bois-énergie en 2023, la forte croissance des
importations de granulés creuse le solde importateur (cf. 1.5).
Les échanges extérieurs de bois-énergie demeurent
néanmoins très faibles au regard de la production intérieure.
Les importations de bois-énergie représentent en effet 5 %
de la consommation primaire de bois-énergie. Les exportations
représentent, quant à elles, 3 % de la production primaire de
bois-énergie.
Figure 2.3.4.1 : échanges extérieurs de bois-énergie
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 2,7 141 2,7 124 3,9 168 4,4 315 5,3 325
Bois de chauffage 0,4 17 0,4 15 0,4 14 0,4 20 0,4 16
Sciures, déchets de bois et briquettes 0,5 16 0,4 15 0,4 17 0,4 24 0,3 21
Granulés 1,9 107 1,9 95 3,0 138 3,6 271 4,6 289
Exportations 2,3 61 1,9 45 2,1 57 2,5 91 2,7 75
Bois de chauffage 1,1 22 1,0 17 1,0 19 1,4 37 1,2 34
Sciures, déchets de bois et briquettes 0,7 7 0,5 5 0,6 9 0,7 18 1,2 16
Granulés 0,6 32 0,4 23 0,6 28 0,4 36 0,3 25
Solde importateur 0,5 80 0,7 79 1,7 111 1,9 225 2,6 250
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Figure 2.3.4.2 : échanges extérieurs de bois-énergie par combustible en 2023
En % des quantités échangées
Bois de chauffage
Sciures, déchets
de bois et briquettes
Granulés
45
43
12
Exportations
Granulés
Bois de chauffage
Sciures, déchets
de bois et briquettes
87
6
7
Importations
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Les pays frontaliers sont les principaux destinataires des
exportations françaises de bois-énergie (figure 2.3.4.3), en
particulier la Belgique qui, en 2023, totalise plus de la moitié
des exportations. À l?inverse, les importations proviennent de
pays plus éloignés : les importations en provenance de
l?Amérique du Nord augmentent fortement depuis quelques
années en raison du développement du commerce de granulés.
En particulier, les importations en provenance des États-Unis,
marginales jusqu?en 2020, doublent entre 2022 et 2023 et
représentent le quart des importations totales de bois-énergie.
60 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.4.3 : échanges extérieurs de bois-énergie par pays en 2023
En % des quantités échangées
Belgique
Italie
Espagne
Luxembourg
Suède
Autres
53
12
11
7
5
12
États-Unis
Belgique
Allemagne
Espagne
Canada
Autres
25
24
10
24
7
10
Exportations Importations
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
2.3.5 BIOCARBURANTS
La France est importatrice nette de biocarburants destinés
à être incorporés au gazole (biodiesel) ou à l?essence
(bioéthanol ou bioessences). Les achats français de
biocarburants, nets des volumes exportés, augmentent de
12,5 % en 2023 (figure 2.3.5.1), pour s?élever à 20 TWh
(soit près de la moitié des biocarburants consommés en
France, hors biokérosène). Ce déficit des échanges
extérieurs est très majoritairement imputable au biodiesel :
les importations nettes équivalent à 31 % des quantités de
bioessences et à 55 % des quantités de biodiesel
consommées sur le territoire. La facture correspondante
stagne en euros constants et s?élève à 3,2 Md¤ en 2023,
après avoir fortement augmenté en 2022 du fait de la crise
énergétique.
L?origine des matières premières utilisées dans les biocarburants
Dans le bilan de l?énergie, suivant les conventions statistiques internationales, les biocarburants sont
considérés comme une ressource énergétique nationale dès lors que la transformation de matières
premières est réalisée sur le sol national. On peut toutefois également s?intéresser au lieu de
production des matières premières elles-mêmes : de ce point de vue, 49 % des volumes de
biocarburants et 74 % des volumes de biodiesel essence consommés en France sont d?origine
étrangère en 2023. Cette part reste stable par rapport à 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 61
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.5.1 : échanges extérieurs de biocarburants
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 24,0 2 073 16,9 1 298 21,7 2 594 23,5 4 251 24,3 3 727
Bioessences 2,3 232 2,1 203 3,0 350 3,9 687 3,8 668
Biodiesel 21,7 1 840 14,8 1 094 18,7 2 244 19,6 3 564 20,5 3 059
Exportations 8,2 788 7,1 713 6,6 905 6,0 1 088 4,6 575
Bioessences 1,5 173 1,4 169 0,8 136 0,8 153 0,8 110
Biodiesel 6,7 614 5,7 543 5,7 769 5,2 935 3,8 465
Solde importateur 15,8 1 285 9,8 585 15,2 1 689 17,5 3 163 19,6 3 152
Bioessences 0,8 59 0,7 34 2,1 214 3,1 534 3,0 558
Biodiesel 15,0 1 226 9,1 551 13,0 1 475 14,4 2 629 16,7 2 594
Note:lecommerceextérieurdebiodieselcouvredésormais,ensusdesestersméthyliquesd?acidegras(EMAG),lebiodieseldesynthèse.Lecommerceextérieur
debioessencescouvredésormais,ensusdel?éthanol,lesbioessencesdesynthèse.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetDGEC
Les pays frontaliers concentrent la plupart du commerce
extérieur de biocarburants. S?agissant des esters méthyliques
d?acides gras (EMAG), qui représentent 91 % des importations
de biodiesel en volume, ils proviennent essentiellement de
Belgique (45 %), des Pays-Bas (32 %) et d?Espagne (17 %).
Quant aux exportations, elles sont majoritairement dirigées
vers la Belgique (39 %), l?Espagne (24 %) et la Suède (17 %).
Dans le cas de l?éthanol pur, qui représente 93 % des
importations de bioessences en volume, soit 14 % des
importations de biocarburants, il provient pour 29 %
d?Espagne, pour 12 % du Brésil et pour 10 % des Pays-Bas.
Les pays vers lesquels l?éthanol pur est exporté ne sont pas
connus dans les déclarations de durabilité (cf. méthodologie)
et ce produit n?est pas isolé dans les données de la DGDDI.
2.3.6 ÉLECTRICITÉ
En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité
après avoir enregistré un déficit en 2022, en raison de la
moindre disponibilité des centrales nucléaires et du faible
niveau de la production hydraulique dû à la sécheresse.
Sur l?ensemble de l?année 2023, la France a importé 25 TWh
et a exporté 76 TWh (figure 2.3.6.1), et enregistre donc
un solde exportateur d?électricité de 50 TWh après un solde
exportateur négatif de 15 TWh en 2022.
Le solde des échanges extérieurs est positif à toutes
les interconnexions frontalières (figure 2.3.6.2), sauf vis-à-vis
de l?Espagne (- 1,6 TWh). Le solde vis-à-vis de la Grande-
Bretagne, négatif en 2022, augmente de 23 TWh, pour
atteindre 14 TWh en 2023. Le solde exportateur d?électricité
progresse aussi nettement avec l?Allemagne (+ 15 TWh par
rapport à 2022), la Belgique (+ 13 TWh) et, dans une moindre
mesure, avec l?Italie (+ 5 TWh, à 18 TWh) et la Suisse
(+ 3 TWh). Il était resté excédentaire en 2022 avec ces deux
pays. Le solde vis-à-vis de l?Espagne est moins déficitaire
qu?en 2022 : il progresse de 7 TWh en 2023. Les importations
sont restées élevées au premier semestre à la frontière avec
l?Espagne et ont nettement diminué au second semestre, en
lien avec la hausse de la production intérieure.
Les recettes tirées des exportations d?électricité s?élèvent
en 2023 à 6,8 Md¤. Déduction faite des dépenses d?importation
(2,9 Md¤), le solde net s?établit à 4,0 Md¤ et augmente de
12 Md¤ par rapport à l?année précédente en euros constants.
Cette nette hausse s?explique par la croissance des
exportations physiques d?électricité et la baisse des quantités
importées, alors que les prix diminuent nettement.
Figure 2.3.6.1 : échanges extérieurs d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 16 830 20 849 24 3 802 52 17 006 25 2 885
Exportations 73 3 115 65 2 135 69 6 709 37 9 192 76 6 847
Solde exportateur 58 2 285 45 1 286 45 2 906 - 15 - 7 814 50 3 961
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE,DGDDI,Emosson
62 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.6.2 : contribution au solde exportateur d?électricité
60
50
40
30
20
10
0
- 10
- 20
- 30
- 40
En TWh
2020 2021 2022 2023
Espagne Grande-Bretagne Belgique Allemagne Autres Italie
13
10
10
5
1
6
14
13
18
6
- 9
9
- 3
- 5
- 2
15
- 8
3
7
4
7
6
- 10
14
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE
partie 3
Transformation,
transport et distribution
d?énergie
? Les pertes liées à la transformation, au transport et à
la distribution d?énergie augmentent de 13,0 % en 2023 et
s?élèvent à 909 TWh. Cette hausse s?explique essentiellement
par l?augmentation de la production d?électricité des centrales
nucléaires, à travers les pertes de chaleur induites. À l?inverse,
la consommation des combustibles pour la production d?électricité
et de chaleur diminue. La consommation de gaz dans les
centrales électriques de cogénération et les réseaux de chaleur
chute de 23,6 %. L?activité des raffineries reste dynamique
en 2023 alors que celle de la filière fonte se replie nettement.
Les achats en énergie de la branche énergie diminuent de 9 %
en 2023, pour atteindre 41,6 Md¤. Ils sont composés à 76 %
de pétrole brut utilisé dans les raffineries.
64 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.1 L?activité du raffinage continue
sa progression en 2023
Le raffinage consiste à transformer le pétrole brut en différents
produits finis, énergétiques (carburants, combustibles) ou
non (lubrifiants, bitume et produits destinés à la pétrochimie
entre autres). Le pétrole brut est, dans un premier temps,
séparé par distillation en plusieurs coupes pétrolières, les plus
lourdes pouvant, dans un deuxième temps, être craquées en
molécules plus légères et mieux valorisables. Les produits
ainsi obtenus font ensuite l?objet de procédés d?amélioration,
visant notamment à en réduire la teneur en soufre ou, pour
les supercarburants, à en augmenter l?indice d?octane.
Les biocarburants produits ou importés en France sont
incorporés en raffinerie ou en dépôt aux carburants non issus
de biomasse. Les informations fournies ci-dessous portent
sur les produits raffinés, biocarburants exclus.
En 2023, la production nationale de produits raffinés,
nette de la consommation propre des raffineries, s?élève à
46,1 Mtep (535,6 TWh), pour une consommation de matière
première de 48,0 Mtep (figure 3.1.1). La production nette
progresse de 10,7 % sur un an, après une hausse de 15,6 %
en 2022. L?activité a été dynamique en dépit des mouvements
sociaux et des blocages, notamment au printemps. Compte
tenu des difficultés d?approvisionnements extérieurs, en
particulier pour le gazole, les installations de raffinage ont
été davantage sollicitées en 2023 après avoir redémarré en
2022. En 2021, la production nette du raffinage était restée
atone, après une chute de plus d?un quart en 2020 en raison
de la crise sanitaire. Certaines installations étaient restées
fermées en 2021 pour maintenance et défaut de rentabilité.
Les raffineurs ont dépensé 29,1 Md¤ en pétrole brut et
autres charges de raffinage pour fournir des produits finis
valorisés à 38,4 Md¤. En euros constants 2023, la valeur de
cette production diminue de 17,3 % par rapport à 2022, en
raison principalement de la baisse des prix (cf. 1.2). Elle reste
très supérieure à celle de 2019 (+ 33,5 %). En 2023,
les raffineries ont dégagé un excédent de 9,3 Md¤, soit 194 ¤
pour chaque tonne équivalent pétrole de produit à distiller
utilisée, contre 245 ¤2023 l?année précédente et 48 ¤2023
en 2019. Après le record de 2022, ce solde a la deuxième
plus haute valeur jamais observée depuis le début du calcul
de cet indicateur en 2011.
Figure 3.1.1 : consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage et production nette de produits finis
des raffineries
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Consommation de pétrole brut
et autres charges de raffinage 52,3 25 916 37,9 13 355 37,3 19 608 43,6 35 215 48,0 29 111
Production nette des raffineries 50,4 28 789 36,6 15 368 36,0 20 897 41,6 46 474 46,1 38 423
Solde - 2 872 - 2 012 - 1 289 - 11 259 - 9 312
Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Lerapportentrelesoldecalculéicietlaconsommationpeutprésenterdesécartsavec
lamargederaffinagecalculéeetdiffuséeparlaDGEC,carcettedernières?appuienonsurdesdonnéesréellesmaissurunmodèlethéoriquederaffinerieen
prenantencompteenoutreunensembleplusvastedecharges(dépensesdegaznaturelnotamment).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les raffineries françaises produisent principalement du
gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier. Ce dernier
produit est utilisé pour certains engins mobiles non routiers
et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications
que celles du gazole routier, excepté sa coloration.
Ces gazoles utilisés comme carburant représentent 36 % du
total de la production en 2023. Les supercarburants comptent
pour 19 %, les produits non énergétiques pour 16 % et le fioul
lourd pour 13 % (figure 3.1.2). Le kérosène représente 7 %
du total de la production nationale de produits raffinés, en
augmentation depuis la reprise progressive du trafic aérien
à la suite de la crise sanitaire. Enfin, la part du fioul domestique
et autres gazoles est de 6 %, et celle du gaz de pétrole liquéfié
de 2 %.
La production de gazole, qui a augmenté de 13 % en
un an, retrouve son niveau de 2019. À 3,4 Mtep, celle de jet
kérosène progresse fortement par rapport à 2022 (+ 31 %,
après + 133 % en 2022), en lien avec la croissance du trafic
aérien international ; la production de kérosène s?établit à
85 % de son niveau de 2019.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 65
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.1.2 : production nette de produits finis des raffineries
En Mtep
2018 2019 2020 2021 2022 2023
60
50
40
30
20
10
0
Gazole
Fioul lourd
GPL
Supercarburants*
Fioul domestique et autres gazoles
Autres***
Produits non énergétiques**
Jet kérosène
18,1
10,9
8,1
5,5
5,3
4,3
1,51,2
16,4
9,8
6,9
5,9
4,7
4,0
1,51,3
13,1
8,0
5,4
3,9
2,6
1,0 1,5
1,2
13,5
7,7
5,7
3,9
2,0
1,1 1,1
1,0
14,4
7,7
6,3
5,9
2,7
2,6
1,1
0,9
16,4
8,6
7,3
5,8
2,6
3,4
1,1
0,9
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autresproduits.
Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Àpartirde2018,laquantitécorrespondantàdugazolepêcheestinclusedanslepostedu
fiouldomestiqueetautresgazoles,commel?estcelledudieselmarineléger(DML),etnonplusdansceluidugazole.Celledegazolenonroutier,utilisédans
l?agricultureetlaconstructionnotamment,estregroupéeaveclegazoleroutierdanslepostegazole,carils?agitdefaitdumêmeproduitsurleplanchimique.
Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs
Après la fermeture de plusieurs installations au début des
années 2010, puis de celle de Grandpuits en 2021, il ne reste
en France en 2023 plus que sept raffineries de pétrole brut
(figure 3.1.3).
Figure 3.1.3 : raffineries de pétrole brut en 2023
0 50 km
Raffinerie
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Gonfreville-
l?Orcher (TotalEnergies)
Port Jérôme-
Gravenchon (Esso)
Donges (TotalEnergies)
Feyzin
(TotalEnergies)
Fos-sur-Mer (Esso)
Martigues-Lavéra
(Petroineos)
Lamentin
(SARA)
Source :DGEC
66 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement
du gaz
3.2.1 INJECTIONS DE BIOMÉTHANE
Depuis 2012, du biométhane, obtenu par épuration de biogaz,
est injecté dans les réseaux de gaz naturel (figure 3.2.1.1).
Si les volumes concernés demeurent relativement faibles,
ils progressent néanmoins rapidement avec le développement
de la filière. En 2023, 9 136 GWh ont ainsi été injectés dans
les réseaux, soit près d?un tiers de plus que l?année
précédente, pour un montant estimé de 1 162,7 M¤.
Par rapport à l?achat de gaz naturel, cela entraîne un surcoût
pour les opérateurs (sous la forme d?une obligation d?achat)
qui est compensé par l?État au titre des charges de service
public de l?énergie. En 2023, cette compensation s?élève à
811 M¤. En fin d?année 2023, 652 installations d?une capacité
d?injection de 11,8 TWh/an sont raccordées aux réseaux de
gaz naturel, tandis que 580 projets supplémentaires,
représentant une capacité de 13,0 TWh/an, sont en attente
de raccordement.
Figure 3.2.1.1 : injections de biométhane
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Injections de biométhane 1,2 144,4 2,2 250,6 4,3 486,7 7,0 803,8 9,1 1 162,7
dontsubvention - 125,9 - 227,1 - 247,9 - 93,8 - 811,5
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,CRE
3.2.2 TRANSPORT, DISTRIBUTION ET STOCKAGE
DE GAZ NATUREL
La rémunération des gestionnaires d?infrastructures pour
leur mission d?acheminement du gaz aux consommateurs
finaux sur le territoire français s?élève à 6,6 Md¤ en 2023,
en baisse de 4,3 % en euros constants par rapport à 2022
(figure 3.2.2.1). La rémunération correspond au coût des
infrastructures gazières, répercuté sur le consommateur final
via deux mécanismes : d?une part, les tarifs d?accès des tiers
aux réseaux (de transport : ATRT, et de distribution : ATRD)
et aux terminaux régulés (terminaux méthaniers, ATTM) qui
sont fixés par la Commission de régulation de l?énergie ;
d?autre part, les tarifs liés aux sites de stockage qui sont
déterminés lors d?enchères dans des conditions définies par
la CRE depuis la réforme de l?accès des tiers aux stockages
de gaz naturel du 1er janvier 2018. Cette rémunération exclut
donc les prestations facturées entre les différents
gestionnaires d?infrastructures ainsi que les recettes liées
au transport du gaz transitant par le territoire national (sauf
indirectement à travers les pertes liées au transport).
En revanche, elle comprend la valeur des pertes physiques
de gaz sur les réseaux. Ces pertes s?élèvent à 4,1 TWh en
2023, en baisse de 8,7 % par rapport à 2022 (figure 3.2.2.2).
Ces pertes représentent une charge de 160 M¤ pour
les gestionnaires, soit près de trois fois moins qu?en 2022
(- 64 %). Cette charge diminue nettement en raison du repli
des prix du gaz en 2023 par rapport au niveau inédit atteint
en 2022.
Les gestionnaires ont ainsi perçu une rémunération,
nette de la valeur de ces pertes, d?environ 6,4 Md¤ en 2023,
en légère hausse, de 0,2 % en euros constants par rapport
à 2022. Cette rémunération permet de financer le
développement, la maintenance et l?exploitation des
infrastructures gazières ainsi que les missions associées
(figure 3.2.2.3). Elle a crû de 0,1 % en moyenne annuelle en
euros constants depuis 2011. Le réseau de transport et ceux
de distribution perçoivent respectivement 32 % et 49 % de
cette rémunération en 2023, contre 12 % pour les sites de
stockage souterrain et 8 % pour les terminaux méthaniers.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 67
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.2.2.1 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières
En M¤2023
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Réseau de transport 1 727 1 786 1 888 2 036 2 021 2 110 2 084 2 064 2 053 2 047 1 989 2 159 2 111
dont pertes 85 64 116 87 83 52 66 77 47 22 72 233 82
Réseaux de distribution 3 315 3 452 3 848 3 572 3 746 3 999 3 925 3 902 3 891 3 633 3 811 3 481 3 177
dont pertes 59 72 80 50 50 37 44 56 31 19 103 187 64
Sites de stockage souterrain 1 042 936 728 795 818 747 622 787 774 725 682 736 759
dont pertes 12 16 16 10 8 7 4 12 7 4 22 43 13
Accès aux terminaux méthaniers 371 380 384 382 378 376 498 517 534 505 450 470 507
Total 6 455 6 554 6 849 6 785 6 963 7 232 7 128 7 271 7 251 6 911 6 933 6 847 6 554
dont pertes 156 152 213 147 140 96 115 145 85 44 197 463 160
Total hors pertes 6 299 6 402 6 636 6 638 6 823 7 136 7 013 7 126 7 166 6 866 6 736 6 383 6 395
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
Figure 3.2.2.2 : pertes sur les réseaux de gaz naturel (y compris pertes de stockage)
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Réseau de transport 3,1 47 2,1 22 1,5 72 2,2 233 2,1 82
Réseaux de distribution 2,0 31 1,9 19 2,1 103 1,8 187 1,6 64
Sites de stockage souterrain 0,4 7 0,4 4 0,4 22 0,4 43 0,3 13
Total 5,5 85 4,3 44 4,0 197 4,5 463 4,1 160
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
Figure 3.2.2.3 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières (hors valeur des pertes physiques)
En M¤2023
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
8 000
7 000
6 000
5 000
4 000
3 000
2 000
1 000
0
Réseaux de distribution Réseau de transport Sites de stockage souterrain Accès aux terminaux méthaniers
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
68 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
En 2023, 41 % du gaz naturel consommé en France est
importé par gazoduc, en nette baisse par rapport en 2022 en
raison de la forte réduction des livraisons de gaz russe sous
forme gazeuse à l?Union européenne (cf. 2.3.2). Le système
gazier est aujourd?hui doté de sept points d?interconnexion
principaux, pour une capacité d?importation cumulée d?environ
2 600 GWh/jour en 2023 (figure 3.2.2.4). Fin 2022, au titre
de la solidarité européenne, des sorties vers l?Allemagne ont
été rendues possible au point d?Obergailbach (ce point ne
permettait jusque-là que des entrées de gaz sur le territoire).
Les terminaux méthaniers permettent d?accueillir les
cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), importées par voie
maritime, puis de regazéifier le GNL pour pouvoir l?injecter
dans le réseau. Ils sont au nombre de cinq, répartis sur quatre
sites distincts : Fos Cavaou, Fos Tonkin, tous deux situés à
Fos-sur-Mer, Montoir-de-Bretagne, Loon-Plage (Dunkerque)
et Le Havre. La société Elengy gère les terminaux de Fos
Tonkin et Montoir-de-Bretagne, tandis que Fosmax LNG (filiale
à 100 % d?Elengy) est propriétaire de celui de Fos Cavaou.
L?accès à ces trois terminaux et la tarification sont régulés
par la CRE en vertu des articles 452-3 et 452-4 du Code de
l?énergie. Les capacités de ces terminaux sont souscrites par
les importateurs de gaz naturel dans le cadre d?un marché.
Le terminal de Loon-Plage, dont la mise en service commercial
a eu lieu en janvier 2017, est géré par Dunkerque LNG et
bénéficie pour une durée de vingt ans d?un régime dérogatoire
en matière d?accès et de tarification. Un nouveau terminal
flottant (FSRU, floatingstorageregasificationunit ou unité
flottante de stockage et de regazéification) a été mis en service
au Havre en octobre 2023. Les entrées de GNL diminuent
par rapport à 2022 (- 16 %), mais restent à un niveau nettement
supérieur à celui de 2021. Ces entrées sous forme liquide
permettent de limiter les soutirages dans les stockages et de
compenser la baisse des entrées par gazoduc par rapport à
la situation d?avant-crise.
Lors de la période estivale, la constitution de stocks de
gaz naturel à proximité des zones de consommation permet
de réduire les risques de saturation des réseaux et de
répondre aux fortes consommations de gaz lors des périodes
hivernales (cf. 2.3.2). Les 15 sites de stockage souterrain
français sont exploités par deux opérateurs : Storengy (neuf
sites en nappes aquifères, trois en cavités salines, un en
gisement épuisé) et Teréga (deux sites en nappes aquifères).
Le réseau de gaz naturel permet l?acheminement du gaz
jusqu?aux points de livraison. Il se compose de deux niveaux.
Le réseau de transport est constitué de gazoducs de grande
capacité, connectés à ceux des pays limitrophes ainsi qu?aux
sites de stockage et aux terminaux méthaniers. Il permet, en
le comprimant à haute pression, de transporter le gaz naturel
sur des distances élevées afin de l?acheminer aux réseaux
de distribution et à quelques très gros consommateurs. Deux
entreprises se partagent la gestion du réseau de transport :
Teréga dans le sud-ouest de la France (5 100 km de réseau),
GRTgaz pour le reste du territoire (32 600 km de réseau).
Depuis novembre 2018, une place de marché unique assure
l?équilibrage du réseau.
Les réseaux de distribution permettent, quant à eux,
d?acheminer le gaz naturel du réseau de transport jusqu?à
la très grande majorité des consommateurs finaux. Environ
11 millions de consommateurs sont ainsi raccordés aux
quelque 206 000 km de canalisations de distribution.
GRDF assure la distribution de 96 % du marché, des
entreprises locales de distribution (ELD), ainsi que quelques
autres sociétés, se répartissant le reste.
Figure 3.2.2.4 : infrastructures gazières françaises en 2023 (hors réseaux de distribution)
Stations de compression
Terminaux méthaniers
Communes desservies
en gaz naturel
Points d?interconnexion
Stockage de gaz naturel
Réseau principal de transport
50 100 km0
Sources : GRTgaz;Storengy;Teréga
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 69
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.3 La transformation de charbon :
chute de l?activité de la filière fonte
La consommation d?énergie de la filière fonte atteint 35 TWh
en 2023 (- 15,7 % par rapport à 2022). La dépense
correspondante s?élève à 1,3 Md¤ (- 38,8 % par rapport à
2022 en euros constants 2023). La filière est composée de
deux types d?installations : les cokeries et les hauts-fourneaux.
Les cokeries sont des usines constituées de batteries
de fours à coke, parfois plusieurs dizaines, dans lesquels le
coke est obtenu par pyrolyse d?une variété de charbon
primaire. Les cokeries françaises transforment du charbon
primaire en charbon dérivé (du coke, mais aussi de petites
quantités de goudron de houille). Le processus de fabrication
du coke débouche également sur la production de gaz fatals,
dont une partie est réutilisée pour chauffer les fours à coke.
Les cokeries peuvent être regroupées avec d?autres
installations de la chaîne de fabrication, de traitement et de
finition de produits en acier (hauts-fourneaux, aciéries et
laminoirs) dans des sites sidérurgiques dits intégrés, comme
c?est le cas en France où, en 2023, deux cokeries sont encore
en activité, à Dunkerque et Fos-sur-Mer.
La consommation nette des cokeries diminue en 2023,
pour la deuxième année consécutive. La production de coke
et de gaz a diminué à un rythme légèrement moins élevé
que la consommation de charbon primaire.
La marge de cokéfaction est la différence entre la valeur
du coke, du goudron de houille et des gaz dérivés produits
et celle du charbon primaire et des gaz dérivés consommés.
Elle augmente par rapport à 2022, le prix du charbon primaire
consommé ayant diminué à un rythme plus élevé que celui
du charbon dérivé produit (cf. 1.4).
Un haut-fourneau est une installation industrielle destinée
à simultanément désoxyder et fondre les métaux contenus
dans un minerai par la combustion de coke, riche en carbone.
En général, le haut-fourneau transforme du minerai de fer
en fonte liquide, et le coke sert à la fois de combustible et
d?agent réducteur. Même si la fonte produite peut être utilisée
directement, cet alliage est généralement destiné à être affiné
dans des aciéries. Les hauts-fourneaux, bien qu?ayant pour
finalité la production de fonte, sont considérés dans ce bilan
comme faisant partie du secteur de la transformation
d?énergie, conformément à la méthodologie de l?Agence
internationale de l?énergie.
À la fin de l?année 2023, cinq hauts-fourneaux sont encore
en activité en France : deux se situent à Dunkerque, deux à
Fos-sur-Mer et un à Pont-à-Mousson.
En 2023, les hauts-fourneaux ont consommé un peu
moins de 40 TWh de produits charbonniers, dont un peu plus
de la moitié de charbon dérivé, principalement du coke.
Nette des gaz fatals produits lors du processus de production,
la consommation totale des hauts-fourneaux s?élève à
30 TWh. Cette consommation diminue d?un sixième par
rapport à 2022 et de près d?un tiers par rapport à 2019 dans
le sillage de la production de fonte (figure 3.3.1). En 2023,
l?activité a été particulièrement affectée dans le contexte
du ralentissement de la demande d?acier, de prix de l?énergie
encore élevés et d?une concurrence accrue de pays tels que
les États-Unis et la Chine. Ainsi, un des deux hauts-fourneaux
de l?usine de Fos-sur-Mer a été temporairement mis à l?arrêt
durant le premier trimestre, puis une nouvelle fois en fin
d?année. Par ailleurs, deux autres installations ont subi des
difficultés opérationnelles et ont dû être arrêtées durant
plusieurs mois.
Figure 3.3.1 : production de fonte et d?acier à l?oxygène pur
Production de fonte brute Production d?acier à l?oxygène pur
12
11
10
9
8
7
6
5
4
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En Mt
Source :SDES,Bilandel?énergie
70 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.4 Hausse prononcée de la production
d?électricité, tirée par le nucléaire
et l?hydraulique
3.4.1 PRODUCTION NETTE D?ÉLECTRICITÉ
La production d?électricité, nette de la consommation des
auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des
centrales, s?établit à 503 TWh en 2023 (figures 3.4.1.1 et
3.4.1.2). Elle augmente de 10,7 % par rapport à 2022 et atteint
un niveau proche de celui de 2020.
Cette hausse s?explique surtout par celle de la production
nucléaire (+ 14,7 %, à 320 TWh) en raison de la plus grande
disponibilité du parc (cf. 2.2.2). La production d?électricité
nucléaire représente 63,7 % de la production d?électricité
en France en 2023. De plus, la production hydraulique
augmente sensiblement (+ 18,9 %, à 61 TWh), après
une année 2022 marquée par une sécheresse historique.
Les précipitations nettement plus abondantes en 2023
ont augmenté le débit des cours d?eau et alimenté davantage
les stocks hydrauliques. La production éolienne est également
très dynamique en 2023 (+ 32,1 %) en raison de la forte
augmentation des capacités installées et des conditions de
vent très favorables, notamment en fin d?année. Enfin,
le photovoltaïque continue de se développer : + 11,2 % en
2023. En conséquence, la production thermique classique,
qui permet de faire face à une baisse de la production
renouvelable et nucléaire ou de répondre à un pic
de demande, diminue de 25,0 % en 2023, pour s?établir
à 50 TWh.
Figure 3.4.1.1 : production nette d?électricité
En TWh
600
500
400
300
200
100
0
Nucléaire Thermique classique Hydraulique* Éolien Photovoltaïque Autres sources
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
*Ycomprisénergiemarémotrice.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,EDFetproducteursd?électricité
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 71
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.2 : production nette d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production nucléaire 379 335 361 279 320
dontArenh 120 5 729 126 5 832 126 5 766 126 5 590 127 5 317
Production hydraulique* 61 67 64 51 61
donthydrauliquesousOA 6 556 7 600 6 541 4 430 3 346
dontsubventionsOA 255 308 4 - 405 - 316
Production éolienne 35 40 37 38 50
dontéoliensousOA 32 3 235 39 3 907 35 2 963 32 3 534 36 3 844
dontsubventionsOA 1 720 2 174 150 - 2 348 - 3 448
Production photovoltaïque 12 13 15 20 22
dontphotovoltaïquesousOA 12 4 084 13 3 979 15 4 173 19 4 952 23 4 650
dontsubventionsOA 3 513 3 507 2 940 1 500 43
Production thermique
renouvelable et géothermie 10 10 11 11 12
dontsousOA 8 1 241 8 1 288 9 1 431 8 1 463 7 1 820
dontsubventionsOA 829 880 737 24 494
Production thermique non
renouvelable 49 44 45 56 38
dontsousOA 12 2 650 12 2 461 12 3 182 11 3 976 10 2 650
dontsubventionsOA 1 890 1 724 1 829 1 898 584
Autre (Interconnexion**) 49 36 90 198 86
dontsubventions 8 - 6 48 145 20
Production subventionnée
hors OA en ZNI*** 2 1 003 3 923 2 932 3 984 4 1 088
dontsubventions 717 646 574 581 580
Total production France
entière 547 510 532 455 503
Subventions totales (y compris
interconnexions et charges de
péréquation dans les ZNI)
8 931 9 234 6 282 1 394 - 2 042
*Ycomprisénergiesmarines.
**Interconnexion:correspondàl?électricitéachetéevialaliaisonàcourantcontinuItalie-Corse-Sardaigne.
***ZNI=zonesnoninterconnectéesauréseaud?électricitémétropolitaincontinental.EllesincluentlaCorse,lesDROMainsiquelesîlesduPonantetChausey.
Note:nesontvaloriséesmonétairementdanscetableauquelesproductionssousobligationd?achat(OA)oubénéficiantdecomplémentsderémunération,ainsi
quelaproductiond?originenucléairevenduedanslecadredumécanismedel?Arenh.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Nucléaire
En raison d?une plus grande disponibilité du parc nucléaire,
la production nette d?électricité nucléaire augmente de 14,7 %
en 2023, à 320 TWh (cf. 2.2.2). La disponibilité du parc s?est
améliorée par rapport à l?année 2022, marquée par les
multiples arrêts pour maintenance et contrôles à la suite de
la découverte d?un problème de corrosion dans les circuits
de refroidissement de la centrale de Civaux à l?automne 2021.
Cependant, la production nucléaire reste à un niveau bas
(- 15,6 % par rapport à 2019).
Dans le cadre du dispositif d?accès régulé à l?électricité
nucléaire historique (Arenh), un peu plus d?un tiers de la
production nucléaire, soit 127 TWh, a été rachetée à EDF
par les fournisseurs alternatifs ainsi que par les gestionnaires
de réseaux pour la couverture de leurs pertes, pour un montant
de 5,3 Md¤. Un cinquième, soit 27 TWh, ont été cédés pour
compenser les pertes liées au transport d?électricité, dont la
plus grande partie vient de la dissipation de chaleur par effet
Joule.
Hydraulique
La production hydraulique nette (y compris énergies marines
et pompages) progresse nettement en 2023 (+ 18,9 %) et
s?établit à 61 TWh (cf. 2.2.3) du fait de conditions hydrologiques
plus favorables après une année 2022 de production
historiquement basse. La production hydraulique en 2023
constitue ainsi plutôt un retour à une situation moyenne qu?à
une année de forte production hydraulique.
72 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Un peu moins de 4,2 TWh (6,9 % de la production) sont
produits par des stations de transfert d?énergie par pompage
(Step) qui permettent de stocker de l?électricité en pompant
l?eau d?une retenue inférieure à une retenue supérieure pour
la turbiner en sens inverse ultérieurement.
En 2023, 3 TWh sont produits dans le cadre de contrats
d?obligation d?achat ou compléments de rémunération.
Auparavant, le tarif d?achat concernait les installations de
moins de 12 MW. Depuis le 30 mai 2016, et au 31 décembre
2023, ne sont éligibles à de nouveaux contrats d?obligation
d?achat que les installations de moins de 500 kW.
Un complément de rémunération en guichet ouvert est
possible pour les installations de moins de 1 MW et sur appel
d?offres pour les installations de puissance comprise entre
1 et 4,5 MW. Comme en 2022, les charges de l?État pour
cette filière sont négatives en 2023 (- 316 M¤). Les prix
garantis par les contrats d?obligation d?achat sont devenus
inférieurs aux prix de gros en 2022 et 2023, ce qui a entraîné
des résiliations anticipées de contrat. Le nombre de
résiliations est moindre en 2023.
Éolien
Grâce à la progression des capacités installées, la production
éolienne progresse de 32,1 % en 2023 et s?établit à 50 TWh
(cf. 2.2.3). Après s?être envolés en 2022, les prix de gros de
l?électricité restent en 2023 à un niveau nettement supérieur à
celui des années précédentes. En conséquence, les subventions
à la filière éolienne dans le cadre du dispositif des obligations
d?achat et des compléments de rémunération sont négatives,
à - 3,4 Md¤. En effet, les compensations aux opérateurs se
fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix
de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé le
tarif en 2023, les producteurs éoliens concernés ont vendu leur
production en dessous du prix de marché.
Solaire photovoltaïque
La production solaire photovoltaïque progresse en 2023
(+ 11,2 %) et s?établit à 22 TWh en raison de l?augmentation
de la puissance du parc consécutive à un rythme d?installation
nettement accéléré (cf. 2.2.3). Le champ couvert par cette
production inclut la production photovoltaïque autoconsommée
qui s?élève à 0,9 TWh en 2023. L?État, via les dispositifs
d?obligation d?achat et de compléments de rémunération
soutient particulièrement les différentes formes de production
photovoltaïques (autoconsommation et vente en totalité).
Cependant, en 2023, les montants des subventions attribués
à la filière solaire tombent à leur niveau le plus bas depuis
2012, soit 43 M¤. Cela s?explique, comme pour l?éolien, par le
différentiel entre le prix de marché et le tarif fixé à l?avance.
Thermique classique
L?ajustement de l?offre à la demande d?électricité est, pour
l?essentiel, assuré par la filière thermique classique à partir
de combustibles fossiles ou renouvelables, dont les moyens
de production peuvent être démarrés ou stoppés très
rapidement selon les besoins. En 2023, la production
thermique diminue de 25 % et s?établit à 50 TWh (figure 3.4.1.3).
En effet, dans un contexte de hausse des productions d?origine
nucléaire et hydraulique, les installations thermiques
classiques, utilisées comme moyens de pointe pour ajuster
l?offre à la demande, ont été davantage sollicitées que l?année
précédente.
Le rendement électrique moyen des centrales, qui
rapporte la production d?électricité à la consommation de
combustibles nécessaire à cette production, est très
différencié selon le combustible utilisé. En 2023, il s?élève
à 64 % pour le gaz naturel, 43 % pour la biomasse, 41 %
pour le biogaz, 42 % pour les produits pétroliers, 32 % pour
les déchets ménagers. Ces derniers sont consommés
principalement par des incinérateurs dont le but premier
est la destruction des déchets et non la conversion
énergétique. À l?inverse, les centrales fonctionnant au gaz
naturel, en particulier celles qui sont dédiées à la production
d?électricité seule, affichent en moyenne le meilleur
rendement, convertissant plus de la moitié de l?énergie
contenue dans le combustible en électricité. En effet, la
transformation de gaz en électricité est aujourd?hui
essentiellement assurée (hors cogénération) par des
centrales à cycle combiné, plus efficaces d?un point de vue
énergétique que les centrales thermiques traditionnelles.
Les centrales de cogénération qui produisent à la fois de
la chaleur et de l?électricité à partir de la biomasse ou des
déchets tirent les rendements électriques de ces
combustibles à la baisse. Leur efficacité globale reste
néanmoins plus importante car le rendement de la production
de chaleur y est conventionnellement fixé à 85 %.
Les rendements énergétiques apparents sont dispersés,
en particulier dans le cas du biogaz, dont la teneur en
méthane peut être très variable, et de la biomasse, dont
la composition et le taux d?humidité ne sont pas très
homogènes (figure 3.4.1.4). Le pouvoir calorifique de ces
combustibles est estimé avec beaucoup plus d?imprécision
et les différences de rendements apparents témoignent
vraisemblablement des différences de pouvoirs calorifiques
non pris en compte. Pour le gaz naturel et le pétrole, les
faibles rendements sont principalement observés lorsque
ces combustibles sont mélangés avec des déchets ou des
gaz de raffineries (qui sont classés parmi les produits
pétroliers mais peuvent contenir d?autres gaz).
Les centrales thermiques utilisant des énergies
renouvelables et de récupération (biomasse, biogaz, déchets)
ainsi que celles de cogénération peuvent bénéficier, sous
conditions, du mécanisme d?obligation d?achat ou de celui
des compléments de rémunération. La production électrique
dans le cadre de ces dispositifs s?est élevée à 16 TWh en
2023, et a été subventionnée à hauteur de 1,1 Md¤.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 73
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.3 : production thermique classique nette par type de combustibles
70
60
50
40
30
20
10
0
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Gaz naturel (élec. seule)
Produits pétroliers (élec. seule)
Gaz naturel (cogé.)
Produits pétroliers (cogé.)
Charbon (élec. seule)
EnRt* et déchets (élec. seule)
Charbon (cogé.)
EnRt* et déchets (cogé.)
*EnRt=énergiesrenouvelablesthermiques.
Lecture:en2023,28TWhd?électricitéontétéproduitsparcombustiondegaznaturel,dont11TWhàl?aided?unprocédédecogénération.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité
Figure 3.4.1.4 : répartition des combustibles par tranche de rendement en 2023
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Biogaz Biomasse Déchets ménagers Gaz naturel Produits pétroliers Autre (dont charbon)
Tranche de rendement (en %)
34 %
27 %
17 % 23 %
11 %
40 %
13 %
56 %
30 %
45 %
20 %
17 %
15 %
25 %
63 %
4 %
19 %
23 %
12 %
18 %
18 %
Lecture:en2023,45%delaconsommationdeproduitspétrolierspourproduiredel?électricitéaétéréaliséedansdescentralesavecunrendementénergétique
comprisentre40et50%.
Note:latailledesrondsestproportionnelleaupoidsducombustiblepartranchederendementdanslaconsommationtotaledececombustiblepourproduirede
l?électricité.Encasd?utilisationdeplusieurscombustiblesparunecentrale,laproductionestrépartieentrecesderniersenproportion:unecentraleconsommant
plusieurscombustiblesapparaîtainsidansplusieursrondssurlamêmetranche.
Champ:centralesthermiques.
Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité
Sur l?ensemble des filières de production, ce sont, au
total, 79 TWh d?électricité qui sont vendus pour un montant
de 13,3 Md¤ aux acheteurs obligés. Les subventions de l?État
dans le cadre des mécanismes d?obligation d?achat et de
compléments de rémunération sont négatives en 2023
(- 2 Md¤). En effet, les compensations aux opérateurs se
fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix
de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé
les tarifs fixés en 2023, les producteurs éoliens et hydrauliques
concernés ont reversé à l?État la différence entre le prix du
marché et le prix prévu à l?avance dans leur contrat.
74 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Par ailleurs, des compensations, de l?ordre de 2,2 Md¤
en 2023, sont accordées par l?État aux producteurs situés
dans les zones non interconnectées (les îles françaises dont
l?éloignement géographique empêche ou limite une connexion
au réseau électrique continental) dans le cadre de la
péréquation géographique tarifaire6. Ces compensations
visent à ne pas répercuter les surcoûts de production (liés
aux contraintes plus fortes pour assurer l?équilibre entre offre
et demande du fait du caractère insulaire du territoire) sur le
tarif moyen de vente au client final, et ainsi à garantir que
celui-ci soit similaire à celui de la France continentale.
Principales installations de production d?électricité en France par filière
Figure 3.4.1.5 : sites nucléaires, situation au 31 décembre 2023
2 1
4 2
6
2
4
2
2
2 4
4
2
4
2
4
4
2
22
0 50 km
Golfech
Le Blayais
Civaux
Chinon
Saint Laurent
Belleville
Dampierre
Nogent-sur-Seine
Bugey***
Saint-Alban
Romans-
sur-Isère
Narbonne
Cattenom
Chooz
Gravelines
Morvilliers
Soulaines
Penly
PaluelLa Hague
Flamanville
Cruas
Marcoule
Tricastin
Palier REP* standardisé
Puissance électrique
nette
Nombre de
tranches
Année de mise en
service commercial
Mode de refroidissement
900 MW
1 300 MW
1 500 MW
1 650 MW (EPR**)
32
20
4
1
1978 - 1988
1985 - 1994
2000 - 2002
Mi-2024(en construction)
Circuit ouvert avec prélèvement
et rejet d?eau dans les cours d?eau et la mer
Circuit fermé avec prélèvements réduits
et rejet de vapeur dans l?atmosphère
via des tours aéroréfrigérantes
Usine de l?amont du cycle du combustible (enrichissement...)
Usine de l?aval du cycle du combustible (retraitement...)
Centre de stockage des déchets
4 Nombre de réacteurs
*REP:réacteuràeaupressurisée.
**EPR:réacteurpressuriséeuropéen.
***LacentraleduBugeyestencircuitmixte.
Source :DGEC
6 Il est fait l?hypothèse, dans le compte présenté ici, que la totalité du surcoût est liée à la production alors qu?en réalité une partie provient de la gestion du réseau.
Les activités de production, distribution et fourniture d?électricité étant, par dérogation au droit européen, intégrées dans les zones non interconnectées, il n?est en
effet pas possible d?identifier séparément les deux composantes.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 75
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.6 : puissance hydraulique (hors pompages,
y compris énergies marines) raccordée au réseau
au 31 décembre 2023
?
Part de la puissance des
installations de 10 MW
ou plus (en %)
Entre 97 et 100
Entre 85 et 97
Entre 70 et 85
Entre 0 et 70
Égale à 0
Puissance installée
(en MW)
3 910
242
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Source : SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuelleauprèsdesproducteurs
d?électricité
Figure 3.4.1.7 : puissance éolienne raccordée au réseau
au 31 décembre 2023
En MW
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Puissance installée
(en MW)
2 148
232
Puissance installée
terrestre
Puissance installée
en mer
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF-
SEI,CREetlesprincipalesELD
Figure 3.4.1.8 : puissance photovoltaïque raccordée
au réseau au 31 décembre 2023
En MW
?
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
0 50 km
Puissance installée
(en MW)
198
1 046
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF-
SEI,CREetlesprincipalesELD
Figure 3.4.1.9 : centrales au gaz naturel, situation
au 31 décembre 2023
0 50 km
Cycle combiné gaz (CCG)
Turbine à combustion
(TAC)
DK6 (2)
Bouchain (1)Bouchain (1)
Pont-sur-
Sambre (1)
Emile
Huchet (2)
Blénod (1)Blénod (1)
Croix
de Metz (1)
Croix
de Metz (1)
Bayet (1)Bayet (1)
Montoir (1)
Martigues (2)
Combigolfe (1)
Cycofos (1)
Martigues (2)
Combigolfe (1)
Cycofos (1)
Gonfreville (2)
Montereau (2)Montereau (2)
Vitry (1)Vitry (1)
Gennevilliers (1)Gennevilliers (1) St Ouen (1)St Ouen (1)
Landivisiau (1)
Source : RTE
76 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.10 : centrales à charbon et au fioul, situation
au 31 décembre 2023
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Arrighi (2)
Vaires-sur-
Marne (3) Emile Huchet (1)
Brennilis (3)
Dirinon (2)
Cordemais (2)
Lucciana
Vazzio
Arrighi (2)
Vaires-sur-
Marne (3) Emile Huchet (1)
Brennilis (3)
Dirinon (2)
Cordemais (2)
Lucciana
Vazzio
Jarry
Galion
Pointe
des
Carrières
Belle-
fontaine
Kourou
Dégrad
des cannes
La Baie
Badamiers
LongoniLe Moule
Le Gol
Jarry
Galion
Pointe
des
Carrières
Belle-
fontaine
Kourou
Dégrad
des cannes
La Baie
Badamiers
LongoniLe Moule
Le Gol
Fioul
Charbon
Source : RTE
3.4.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉLECTRICITÉ
Le réseau d?électricité, qui permet son acheminement depuis
les lieux de production jusqu?à ceux de consommation,
se compose de deux niveaux : le réseau de transport et le
réseau de distribution. Le réseau de transport, géré par RTE
sur le territoire continental, comprend les lignes à très haute
tension (« HTB »). En 2023, il atteint une longueur totale
d?environ 106 000 km. Le réseau de transport permet
d?acheminer la très grande majorité de l?électricité produite
au réseau de distribution et à quelques très gros
consommateurs. Les réseaux de distribution, auxquels sont
raccordés la grande majorité des consommateurs et la quasi-
totalité des petits producteurs, comprennent les lignes à
moyenne et basse tension (« HTA » et « BT »), d?une longueur
cumulée de plus de 1,4 million de kilomètres. Enedis est
le gestionnaire d?un réseau couvrant 95 % des clients du
territoire continental, une centaine d?entreprises locales de
distribution se répartissant le reste. EDF SEI, acteur intégré
(également producteur et fournisseur), gère les réseaux des
zones non interconnectées, sauf à Mayotte où la gestion est
assurée par Électricité de Mayotte.
Transport et distribution confondus, la rémunération des
gestionnaires de réseaux pour leurs missions s?élève à
16,3 Md¤ en 2023 (figure 3.4.2.1). Cette somme, payée par
les consommateurs via le tarif d?utilisation des réseaux publics
d?électricité (Turpe), comprend notamment la valeur des pertes
physiques d?électricité sur les réseaux, qui doivent être achetées
sur le marché par les gestionnaires (cf. 1.7.2). Ces pertes se
sont élevées à 37 TWh en France en 2023, entraînant une
charge de 5,3 Md¤ pour les gestionnaires. Nette de la valeur
de ces pertes (qui, in fine, constitue une rémunération des
producteurs), une rémunération de 11,0 Md¤ en 2023 a donc
été perçue par les gestionnaires de réseaux afin de financer
le développement, la maintenance et l?exploitation des réseaux
ainsi que les missions associées (relève/comptage, mise en
service, dépannage, mise à disposition de données, etc.). Le
coût du réseau pour les consommateurs, y compris les pertes,
augmente très légèrement, de 0,1 % en 2023, en lien avec la
baisse des volumes de consommation (- 3,0 %).
Les réseaux de distribution et le réseau de transport
contribuent respectivement à hauteur de 75 % et 25 % au
coût total d?acheminement de l?électricité en 2023.
Les coûts unitaires en 2023 sont supérieurs aux valeurs
de 2022 sur les réseaux de transport. Le coût unitaire de
l?usage des réseaux de distribution diminue (- 9 %) alors que
le coût unitaire des pertes associées augmente (+ 59 %) sur
la même période.
Figure 3.4.2.1 : utilisation des réseaux d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Réseau de transport 436 4 847 418 4 480 438 4 715 420 2 305 406 4 035
dont pertes 11 521 11 550 11 598 10 516 11 1 201
Réseaux de distribution 399 11 831 385 11 857 404 12 491 387 13 980 373 12 264
dont pertes 27 1 359 25 1 347 28 1 776 25 2 571 25 4 131
Utilisation des réseaux 472 16 678 452 16 337 475 17 206 454 16 284 440 16 299
dont pertes 38 1 880 36 1 897 39 2 373 35 3 087 37 5 332
Lecture:leréseaudetransportaacheminé406TWhd?électricitéen2023etaperçupourcelaunerémunérationde4035M¤,dont1201M¤correspondentà
l?achatde11TWhdissipéslorsdecetransport.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesgestionnairesderéseaux
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 77
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.5 Production de chaleur commercialisée :
stabilité des quantités produites en raison
de conditions climatiques analogues à 2022
En 2023, 48 TWh de chaleur destinée à la vente ont été
produits en France. Nets des pertes de distribution, ce sont
in fine 42 TWh qui ont été livrés aux consommateurs, dont
plus de 62 % proviennent des réseaux de chaleur.
3.5.1 RÉSEAUX DE CHALEUR
Les réseaux de chaleur sont généralement mis en place par
des collectivités locales afin de chauffer, à partir d?une
chaufferie collective, des bâtiments publics ou privés situés
sur leur territoire. Des réseaux peuvent également être
d?initiative privée. Leur taille varie fortement, allant du petit
réseau de chaleur biomasse situé en zone rurale jusqu?à celui
de Paris, de taille très importante et alimenté par de multiples
centrales de production (figure 3.5.1.1). Les réseaux de
chaleur sont particulièrement adaptés aux zones urbaines
denses. Ils permettent également d?exploiter une ressource
locale, difficile d?accès ou à mobiliser, comme la géothermie
profonde, ou la récupération de chaleur auprès d?une unité
d?incinération d?ordures ménagères ou d?un site industriel par
exemple. En 2023, 1 000 réseaux de chaleur en France
métropolitaine disposent d?une puissance thermique totale
d?environ 24 GW, dont près de 10 GW sont concentrés dans
la seule région Île-de-France.
Figure 3.5.1.1 : puissance thermique et chaleur livrée par les réseaux de chaleur en 2023
?
0 50 km
Puissance des
réseaux (en MW)
Max. 9 675
Moy. 1 985!(!(
Chaleur livrée (en GWh)
Entre 5 000 et 10 000
Entre 2 000 et 5 000
Entre 1 000 et 2 000
Entre 500 et 1 000
Entre 0 et 500
Entre 10 000 et 13 000
Source : SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
En 2023, les réseaux ont livré aux consommateurs 26 TWh
de chaleur (nette des pertes de distribution), soit autant
qu?en 2022. À cette fin, il a été produit environ 35 TWh d?énergie
(la différence avec la quantité livrée comprenant les pertes de
transformation et celles de distribution). Le bouquet énergétique
des réseaux est dominé par les énergies renouvelables (EnR)
(48 % de la consommation des réseaux en 2023) et le gaz
naturel (33 %), y compris le biométhane injecté sur le réseau
(figures 3.5.1.2 et 3.5.1.3). Au sein des énergies renouvelables,
la biomasse est le premier combustible utilisé ; elle représente
25 % de la consommation des réseaux. Le fioul et le charbon,
autrefois prépondérants, déclinent et ne représentent plus que
1 % du bouquet énergétique des réseaux (contre 60 % en 1990).
À l?inverse, la part des énergies renouvelables a plus que doublé
depuis 2010. En incluant les énergies de récupération telles
que la partie non renouvelable des déchets ménagers ou
la chaleur industrielle récupérée, la part d?énergies renouvelables
et de récupération atteint 63 %7 en 2023.
7 Ce taux diffère de celui publié par la Fedene (Fédération des services énergie environnement) dans son rapport annuel en raison de différences
méthodologiques. En particulier, contrairement au calcul de la Fedene, les garanties d?origine biométhane ne sont pas comptabilisées ici comme énergies
renouvelables, la logique du bilan de l?énergie étant de retracer des flux physiques.
78 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Près d?un cinquième des réseaux de chaleur (19 %)
possèdent un équipement de cogénération et sont donc
également producteurs d?électricité. En 2023, la chaleur
produite par cogénération dans les réseaux de chaleur,
puis livrée aux consommateurs, représente environ
3,9 TWh (soit 11 % du total des livraisons des réseaux).
Figure 3.5.1.2 : répartition par source d?énergie de la consommation d?énergie des réseaux de chaleur en 2023
Autre - Gaz naturel
Autre - Chaudières électriques
Autre - Fioul, GPL et autres énergies non renouvelables
Autre - Charbon
EnR - Biomasse
EnR - Déchets renouvelables
EnR - Géothermie
EnR - Autres énergies renouvelables
Récupération - Déchets non renouvelables
Récupération - Chaleur industrielle
En %
33
2
1
25
13
5
5
13
2
1
Autres
38 %
Énergies de
récupération
14 %
Énergies
renouvelables (EnR)
48 %
Note:«Chaudièresélectriques»:dontconsommationannexed?électricité.
«Fioul,GPL(gazdepétroleliquéfié)etautresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante...
«Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique.
Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Figure 3.5.1.3 : consommation d?énergie pour la production de chaleur par source d?énergie dans les réseaux de chaleur
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Énergies renouvelables
Charbon
Énergies de récupération
Fioul et GPL
Gaz naturel
Autres énergies non renouvelables
Chaleur commercialisée
(nette des pertes)
GPL=gazdepétroleliquéfié.
Note:«Autresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante...
«Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique.
Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 79
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.5.2 CHALEUR COGÉNÉRÉE VENDUE HORS
DES RÉSEAUX DE CHALEUR
En 2023, les installations de production d?électricité avec
procédé thermique de cogénération (hors réseaux de chaleur
munis d?un tel équipement) ont produit 45 TWh de chaleur,
soit autant qu?en 2022 (figure 3.5.2.1). Un peu plus de la
moitié de cette chaleur (22 TWh nets des pertes de distribution)
a été livrée à des utilisateurs tiers. Tout le reste, soit 52 % de
la chaleur produite par cogénération, correspond, outre les
pertes, à de la chaleur autoconsommée, c?est-à-dire utilisée
par le producteur lui-même. En effet, une très large part de
la chaleur produite par cogénération est générée par des
autoproducteurs, c?est-à-dire des entreprises qui produisent
électricité et chaleur pour les besoins propres de leur activité
et peuvent en revendre le surplus à titre secondaire.
En 2023, la chaleur produite par cogénération l?a
principalement été en brûlant du gaz naturel (37 %), des
déchets ménagers (18 %) et du bois (11 %).
Figure 3.5.2.1 : production de chaleur par cogénération en 2023 (hors réseaux de chaleur)
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
Électricité
issue de la cogénération,
hors réseaux de chaleur
Chaleur
issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur
Total chaleur Chaleur commercialisée Pertes et chaleur
autoconsommée
Production totale 18,9 45,5 21,6 23,8
Produits charbonniers 0,9 1,2 0,2 1,1
Produits pétroliers 0,5 3,9 2,2 1,7
Gaz naturel 8,3 16,8 6,5 10,3
Déchets 2,7 8,6 6,4 2,2
dontdéchetsurbains 2,6 8,3 6,2 2,1
Bois et résidus agricoles 2,0 5,2 3,8 1,4
Résidus de papeterie, liqueur noire 0,6 3,1 1,0 2,1
Biogaz 2,5 3,6 0,2 3,4
Autres combustibles 1,5 3,1 1,3 1,8
Note:lescolonnes«Totalchaleur»et«Pertesetchaleurautoconsommée»incluentlachaleurautoconsommée,notammentcelledesautoproducteurs.
Toutefois,cettedernière,n?étantpasvendueàdestiersmaisconsomméedirectementparleproducteur,n?estin finepascomptabiliséedanslebilandelachaleur
(dontlepérimètreestceluidelachaleurcommercialiséeouautoconsomméeparlesproducteursprincipaux);cesontlescombustiblesutiliséspourproduire
lachaleurautoconsomméequisontcomptabiliséscommeconsommationsfinalesdanslebilandesautresformesd?énergie.
Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement
retracé dans le bilan énergétique
L?hydrogène pur (à 98 % ou plus) sera pris en compte dans les
statistiques de l?énergie à partir de l?année 2024, conformément
au règlement européen sur les statistiques de l?énergie révisé
en janvier 2022 (introduction de ce vecteur) puis en janvier 2024
(prise en compte dans le bilan des autres énergies). Il n?apparaît
donc pas encore dans le bilan énergétique, sauf indirectement
en tant que combustible pour la production d?électricité.
Néanmoins, une évaluation des ressources et des usages de
ce vecteur en 2022 et 2023 a été réalisée. Cette synthèse
s?appuie sur plusieurs sources administratives, sur des enquêtes8
existantes et sur une nouvelle enquête auprès des sites
producteurs d?hydrogène qui permet de connaître les quantités
par mode de production, les capacités des sites producteurs et
enfin d?estimer la consommation d?énergie pour sa production.
L?hydrogène (dihydrogène) pur est un vecteur énergétique
encore peu produit et utilisé. Mais il suscite un intérêt croissant
pour la décarbonation de plusieurs usages et secteurs à
condition d?être produit à partir de procédés faiblement
émetteurs en gaz à effet de serre, tels que l?électrolyse de l?eau
en utilisant de l?électricité à faible contenu carbone. Très léger
et présent en faibles quantités à l?état naturel, l?hydrogène utilisé
est obtenu principalement à partir de combustibles fossiles. Il
est considéré comme un vecteur énergétique secondaire,
comme l?électricité ou la chaleur vendue.
Les ordres de grandeur présentés ici diffèrent des
évaluations réalisées par France Hydrogène et l?Institut français
du pétrole et énergies nouvelles (Ifpen) car seul l?hydrogène
pur est ici retracé (il est exclu quand il fait partie de mélanges
de gaz même s?il est majoritaire dans leur composition).
PRODUCTION D?HYDROGÈNE
En 2023, la production totale d?hydrogène pur en France est
estimée à 245 000 tonnes, soit 8,2 TWh (figure 1).
Elle augmente de 18 % par rapport à 2022.
L?hydrogène est commercialisé par une dizaine d?unités
légales en France. En 2023, la production vendue d?hydrogène
pur s?élève à 64 000 tonnes (soit 2,1 TWh).
L?hydrogène peut aussi être produit par des entreprises
(énergétiques ou non) pour leur usage propre ? et ne fait pas
alors l?objet d?une vente ? ou être produit de manière fatale
dans des processus industriels, c?est-à-dire sans être réutilisé
directement, ni à des fins énergétiques ni à des fins non
énergétiques. Cela concerne 181 000 tonnes (6 TWh) en 2023.
Figure 1 : ressources et usages d?hydrogène pur en 2022 et 2023
En TWh
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Ressources Usages Ressources Usages
2022 2023
Production vendue
Autoconsommation industrie hors raffineries
Consommation pour le processus de raffinage Consommation de chaleur des raffineries
Autoconsommation des raffineries
Importations-exportations
Mélanges ou pertes
Consommation énergétique industrie
Mobilité
Consommation pour la production d?électricité
Consommation non énergétique industrie
Écart statistique
Ressources
Usages
2,7
2,2
3,3
0,3
1,4
1,9
0,7
1,5
0,8
0,3
1,3
3,6
1,7 2,4
2,5 2,1
Source :calculsSDES,àpartirdeEAPH,enquêteauprèsdesraffineurs,EACEI
8 Enquête annuelle de production de l?Insee, données douanières, enquête sur la consommation d?énergie de l?industrie.
80 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 81
Les sites de raffinage de pétrole produisent des gaz
qui contiennent de l?hydrogène. S?ils ne sont pas épurés,
ces gaz sont déjà pris en compte dans les statistiques de
l?énergie en tant que produits pétroliers (gaz de raffineries).
Selon les raffineurs, seules 73 000 tonnes d?hydrogène pur
sont produites en 2023 par les sites de raffinage.
Seules 29 000 tonnes (1 TWh) sont ensuite utilisées pures9
pour le processus de raffinage et la production de chaleur.
Les cokeries déclarent, quant à elles, ne produire que
des mélanges de gaz contenant de l?hydrogène (des gaz de
cokeries, classés comme produits du charbon dans le bilan)
qu?elles n?épurent pas.
Les industriels hors branche énergie, dans la chimie
essentiellement, produisent également de l?hydrogène (pour
108 000 tonnes en 2023, soit 3,6 TWh) qu?ils utilisent pour
leurs besoins propres (autoconsommation).
Malgré le développement de projets de production
d?hydrogène bas-carbone, l?hydrogène pur produit en 2023
provient très majoritairement de procédés émetteurs en CO2.
L?essentiel des quantités (70 %) est obtenu à partir du gaz
naturel (méthane) à travers le vaporeformage (SMR pour
steam methane reforming) et l?oxydation partielle sans capture
de carbone (figure 2). Le vaporeformage ou l?oxydation
partielle à partir de méthane avec un procédé de capture et
de stockage du carbone est utilisé pour 10 % de l?hydrogène
produit. L?électrolyse est encore très peu utilisée (9 %) pour
la production de quantités significatives. Au sein de l?électrolyse,
le procédé chlore-soude, qui génère les plus grandes
quantités, concerne un nombre très restreint de producteurs.
La production d?hydrogène à partir de produits pétroliers et
d?autres procédés (à partir de méthanol principalement) est
faible (moins de 10 % des quantités produites).
Figure 2 : hydrogène pur par mode de production en 2022 et 2023
0,1
En TWh
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
2022 2023
SMR ou oxydation partielle sans capture
Production à partir de produits pétroliers
Autre mode (principalement à partir de méthanol)
SMR ou oxydation partielle avec capture
Électrolyse
0,6
0,7
1
4,5
0,5
0,7
0,3
0,9
5,7
Sources :SDES,EAPHetenquêteauprèsdesraffineursetInsee,EACEI
STOCKAGE, TRANSPORT ET ÉCHANGES EXTÉRIEURS
Le stockage et le transport de l?hydrogène sont encore très peu
développés en raison de l?absence d?infrastructures conséquentes
(sites de stockages et réseaux de transport) et d?enjeux
spécifiques pour ce vecteur (faible densité, risques d?explosion
ou de fuites). Les sites de production sont implantés à proximité
des sites de consommation. Les importations d?hydrogène sont
par conséquent encore très limitées (1 200 tonnes en 2023) tout
comme les exportations (1 400 tonnes en 2023) mais elles
augmentent par rapport à l?année précédente. En 2022, les
quantités échangées étaient en effet encore plus faibles :
1 100 tonnes ont été importées et 700 tonnes ont été exportées.
CONSOMMATION
Les usages de l?hydrogène (acheté ou autoconsommé) sont
principalement la désulfurisation des produits pétroliers (dans
le processus de raffinage) pour 21 000 tonnes en 2023
(0,7 TWh), la production de chaleur des bâtiments industriels
et des sites de raffinage pour 49 000 tonnes (1,6 TWh) et les
usages non énergétiques pour 100 000 tonnes (3,3 TWh),
concentrés pour 95 % dans le secteur de la chimie (dont
chimie organique) - (figure 3). L?hydrogène est notamment
utilisé pour la fabrication d?engrais.
9 Les quantités produites non utilisées pures et non vendues sont considérées alors comme mélangées.
82 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
La production d?électricité et la mobilité sont encore très
peu concernées en 2023 par ce vecteur. Utilisé sous forme
liquide depuis plusieurs décennies pour propulser Ariane,
l?hydrogène fait toutefois l?objet d?investissements pour la
mobilité lourde, en particulier sous la forme de carburants de
synthèse dans l?aviation et le transport maritime. L?hydrogène
est actuellement utilisé de manière très marginale dans le
transport fluvial et le transport routier (50 bus, moins de
10 poids lourds, un peu moins de 200 camionnettes, un peu
plus de 50 fourgons ou véhicules aménagés et près de
900 véhicules particuliers avec des piles à hydrogène au
1er janvier 2024 selon le répertoire statistique des véhicules
routiers RSVERO). Les stations de recharge sont
principalement implantées en Normandie, Île-de-France,
Auvergne-Rhône-Alpes et près de Nantes, à proximité des
sites de production.
Les pertes et mélanges s?élèvent à près de 57 000 tonnes,
soit 1,9 TWh. L?essentiel provient des quantités produites par
les raffineries qui ne sont pas utilisées pures et sont donc
considérées comme mélangées à d?autres gaz.
Figure 3 : consommation d?hydrogène pur dans l?industrie hors branche énergie (raffinage et transformation en électricité
par secteur) en 2023
Répartition en %
Usages énergétiques -
Industries chimique et pétrochimique
Usages non énergétiques -
Industries chimique et pétrochimique
Autres secteurs industriels
5
28
67
Source :Insee,EACEI
partie 4
La consommation
d?énergie par forme
d?énergie
? La consommation d?énergie primaire de la France s?établit à 2 525 TWh
en 2023, en hausse de 1,6 % par rapport à 2022. Cette légère progression
s?explique par l?augmentation des pertes de chaleur induites par la production
nucléaire, alors que la consommation finale diminue. Les températures ayant
été similaires en 2022 et 2023, la hausse de la consommation primaire après
correction des variations climatiques (CVC) s?établit également à 1,6 %.
Dans un contexte de prix élevés et de la mise en place de mesures de
sobriété, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 %
à climat corrigé. Tous les secteurs sont concernés par la baisse
de consommation. La consommation à usage non énergétique,
majoritairement concentrée dans la pétrochimie, diminue également mais
dans une moindre proportion (- 1,9 % sur un an).
Au total, la baisse de consommation finale compensant la hausse des prix,
la dépense des ménages, entreprises et administrations pour satisfaire leurs
besoins en énergie est quasi stable, à 230 Md¤. Elle se maintient à un niveau
élevé, près de 20 % au-dessus de son niveau de 2021 en euros constants.
Les produits pétroliers représentent 45 % de cette dépense nationale
en énergie et l?électricité 37 %, loin devant les autres énergies.
84 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.1 La consommation finale diminue mais
la dépense se maintient à un niveau élevé
dans un contexte de hausse des prix
de l?énergie
La consommation d?énergie primaire de la France progresse
de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh (figure 4.1.1).
La reprise de la production nucléaire et donc la plus forte
consommation de chaleur nucléaire expliquent cette
progression alors même que la consommation finale d?énergie
diminue notamment sous l?effet des prix élevés de l?énergie
et des appels à la sobriété. Corrigée des variations climatiques,
la hausse est également de 1,6 %. Les températures pendant
la période de chauffe, mesurées par le nombre de degrés-
jours unifiés (DJU), ont en effet été très similaires à celles de
2022 (figure 4.1.2). Par rapport à 2012, année de référence
des objectifs nationaux de réduction de consommation
d?énergie (voir encadré), la consommation primaire a baissé
de 16,3 % à climat corrigé.
Figure 4.1.1 : consommation primaire totale et par usage
En TWh
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Pertes de transformation, de transport et de distribution CVC
Consommation finale énergétique CVC
Consommation primaire réelle
Consommation finale non énergétique CVC
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Note:lespertesdetransformation,detransportetdedistributionintègrentlaconsommationd?énergiedesentreprisesdusecteurdelatransformationpour
leurusagepropreainsiqu?unécartstatistique.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 85
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.1.2 : nombre de degrés-jours unifiés de la période de chauffe
2 000
1 900
1 800
1 700
1 600
1 500
1 400
1 300
1 200
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Nombre de DJU de référence
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsMétéo-France
La hausse de la consommation primaire en 2023 provient
de celle des pertes de transformation, de transport et de
distribution d?énergie. Ces dernières (qui correspondent à la
différence entre la consommation primaire et la consommation
finale, à l?écart statistique près) augmentent de 13,2 % à climat
corrigé, en raison principalement de la reprise de la production
nucléaire et des pertes de chaleur induites (cf. 2.2.2). Celles-
ci sont particulièrement importantes puisque seul un tiers de
la chaleur produite par l?énergie nucléaire est convertie en
électricité. La consommation finale d?énergie s?établit à
1 615 TWh en données réelles, dont 119 TWh pour les usages
non énergétiques. Ceux-ci, majoritairement concentrés dans
l?industrie et la pétrochimie, diminuent de 1,9 % en 2023.
La consommation finale à usage énergétique diminue de
4,1 % et s?établit à 1 496 TWh en données réelles (cf. 5.1).
La consommation primaire évolue différemment selon les
formes d?énergie (figure 4.1.3). Les énergies renouvelables
électriques (hydraulique, éolien, photovoltaïque) voient leur
consommation progresser de 24,6 % sur un an, sous l?effet de
la croissance des capacités installées et de conditions
météorologiques plus favorables (la production hydraulique
avait été fortement affectée par la sécheresse en 2022).
La consommation de chaleur nucléaire progresse de 7,3 %
avec le redémarrage des réacteurs qui avaient été mis à l?arrêt
pour maintenance en 2022. La consommation d?énergies
renouvelables (EnR) thermiques et déchets progresse
également (+ 3,1 %), portée par les pompes à chaleur et le
biogaz. À l?inverse, les consommations primaires de gaz naturel
et de charbon diminuent fortement (respectivement - 11,9 %
et - 22,9 %). La consommation primaire de pétrole est quasi
stable (+ 0,3 %), la croissance de l?activité des raffineries
compensant la baisse de consommation finale dans le transport.
Le bouquet énergétique primaire se compose de 39 % de
nucléaire (+ 2 points par rapport à 2021), 30 % de pétrole,
13 % de gaz (- 3 points en un an), 11 % d?EnR thermiques et
déchets, 5 % d?EnR électriques et 2 % de charbon.
Figure 4.1.3 : consommation primaire par forme d?énergie
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Hydraulique, éolien et photovoltaïque Énergies renouvelables thermiques et déchets Nucléaire Gaz naturel Pétrole Charbon
Note:laconsommationd?énergienucléairecorrespondàlaquantitédechaleurdégagéeparlaréactionnucléaire(quiestensuiteconvertieenélectricité),
déductionfaitedusoldeexportateurd?électricité.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
86 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Le bouquet énergétique final reste, quant à lui, dominé
par le pétrole (figure 4.1.4). En 2023, les produits pétroliers
représentent ainsi 39 % de la consommation finale à usage
énergétique, devant l?électricité (27 %), le gaz (18 %), les
énergies renouvelables et les déchets (13 %), la chaleur (3 %)
et le charbon (0,4 %). Sur le long terme, la part des énergies
fossiles dans le bouquet énergétique tend à diminuer depuis
1990 au profit de l?électricité et, depuis le milieu des années
2000, également au profit des énergies renouvelables.
Figure 4.1.4 : consommation finale à usage énergétique par forme d?énergie
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
2 000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
Pétrole Gaz naturel Charbon Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2023
2020
Note:lachaleurn?estisoléequedepuis2000.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Dans un contexte de prix élevés de l?énergie, et malgré
la baisse de consommation finale, les ménages, entreprises
et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour
satisfaire leurs besoins en énergie, soit un niveau similaire
à celui de 2022 (figure 4.1.5). Elle se maintient donc à un
niveau élevé, supérieur de près de 20 % à celui de 2021. Les
produits pétroliers représentent toujours la part la plus
importante de la dépense, mais celle-ci diminue de 5 points,
à 45 %, entre 2022 et 2023. Ils sont suivis par l?électricité qui
voit sa part dans la dépense progresser de 7 points, pour
atteindre 37 %. Ces proportions sont supérieures aux parts
respectives de ces deux formes d?énergie dans la
consommation finale en raison de prix moyens plus élevés
que les autres formes d?énergie.
Figure 4.1.5 : consommation finale en énergie, tous usages confondus (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023
Charbon (hors hauts-fourneaux) 14 0,4 13 0,3 14 0,4 11 0,5 10 0,4
Produits pétroliers 773 98,7 686 72,4 749 92,2 720 114,6 693 102,2
Gaz naturel 341 21,3 319 18,2 347 22,1 297 27,9 273 27,4
Énergies renouvelables et déchets 185 5,7 171 4,9 196 7,2 192 9,4 200 8,6
Électricité 432 61,1 411 60,7 433 65,5 415 69,2 398 85,3
Chaleur 43 2,9 42 2,6 48 3,5 46 4,4 42 3,8
Consommation finale
(hors charbon des hauts-fourneaux) 1 787 190 1 641 159 1 787 191 1 681 226 1 615 228
Dépense nationale en énergie
(y compris charbon des hauts-fourneaux) 192 160 192 228 230
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 87
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Au sein de la dépense nationale en énergie, le coût des
importations nettes et des variations de stocks de produits
énergétiques représente 67 Md¤ (figure 4.1.6). Il diminue de
41 % par rapport à 2022 sous l?effet des baisses de prix sur
les marchés internationaux. Les taxes énergétiques (nettes
des subventions aux EnR) s?établissent à 39 Md¤.
Elles progressent de 20 % sur un an en raison de la baisse
des subventions aux EnR qui deviennent négatives, les prix
sur les marchés ayant été plus élevés que les prix fixés dans
le cadre des obligations d?achat (cf. 3.4). La TVA non
déductible est quasi stable, à 18 Md¤, la hausse des prix
compensant la baisse de la consommation finale. Le solde,
soit 106 Md¤, correspond à la rémunération d?activités
réalisées sur le territoire national, principalement la production
d?électricité et d?EnR, la gestion des réseaux de gaz et
d?électricité, la distribution des carburants et le raffinage de
pétrole. Elle progresse de 65 % sur un an, en lien avec la
reprise de l?activité des centrales nucléaires et des raffineries.
Figure 4.1.6 : décomposition de la dépense nationale en
énergie
En Md¤2023
2015
2011
2012
2016
2017
2019
2021
2022
2023
2020
2018
2014
2013
250
200
150
100
50
0
Taxes énergétiques nettes des subventions
TVA non déductible
Rémunération d?activités nationales
Importations nettes de produits énergétiques et variations de stocks
Source : SDES,Bilandel?énergie
Les objectifs de réduction de la consommation d?énergie de la France
La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et celle relative à l?énergie et au climat de
2019 ont fixé comme objectifs de diviser par deux la consommation finale d?énergie à horizon 2050 et de
réduire la consommation primaire d?énergies fossiles de 40 % en 2030 par rapport à 2012.
La programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) relative à la France continentale, dans sa deuxième version
adoptée en avril 2020, donne des cibles intermédiaires de réduction de la consommation d?énergie par rapport
à 2012, et les décline par forme d?énergie (figure 4.1.7) :
? consommation finale d?énergie : - 7,5 % en 2023 et - 16,5 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 8,5 % en 2023 ;
? consommation primaire de gaz naturel : - 10 % en 2023 et - 22 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,9 % en 2023 ;
? consommation primaire de pétrole : - 19 % en 2023 et - 34 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,8 % en 2023 ;
? consommation primaire de charbon : - 66 % en 2023 et - 80 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 63,1 % en 2023.
La 3e PPE qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période
2025-2035 est en cours de finalisation. La consultation du public s'est achevée le 5 avril 2025.
Figure 4.1.7 : baisses de consommations réalisées et attendues dans la PPE
Consommation primaire de gaz naturel
Consommation énergétique finale
Consommation primaire de pétrole
Consommation primaire de charbon
Baisse attendue 2012-2028 Baisse attendue 2012-2023 Baisse réalisée 2012-2023
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
En % (données corrigées des variations climatiques)
Champ:Francecontinentale.Laconsommationd?énergieàusagenonénergétiqueestexclue.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;décretdu21avril2020relatifàlaprogrammationpluriannuelledel?énergie
88 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.2 Produits pétroliers et biocarburants :
recul de la consommation et de la dépense
4.2.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
La consommation totale de produits pétroliers raffinés et
biocarburants diminue de 3,5 % en 2023 et s?élève à
64,4 Mtep, soit 749,5 TWh (figure 4.2.1.1). Elle poursuit sa
dynamique de baisse des années récentes (- 9,7 % par rapport
à 2019). Les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle
de l?énergie (PPE) visent une réduction de 7,6 % de la
consommation finale, toutes énergies confondues, et de 20 %
de la consommation primaire d?énergie fossile entre 2012
et 2023. Par rapport à 2012, la consommation finale de
produits pétroliers baisse de 15,5 %.
Le secteur des transports reste le poste de consommation
principal de produits raffinés et biocarburants (66 % de la
consommation totale de produits pétroliers). Après une hausse
en 2022, sa consommation recule en 2023 (- 2,7 %), pour se
placer à un niveau proche de celui de 2021. Dans le résidentiel
et le tertiaire, la baisse atteint 13,8 %. Seuls les secteurs de
l?industrie et l?agriculture voient leur consommation augmenter
(+ 1,5 % et + 1,2 % respectivement).
Corrigée des variations climatiques, la consommation de
produits pétroliers et biocarburants connaît une baisse annuelle
similaire à celle des données réelles (- 3,4 %) en raison de
températures hivernales comparables à 2022. En excluant
les carburants routiers, cette diminution est de 5,1 %
relativement à 2022. Par rapport à 2012, les consommations
à climat corrigé sont en nette baisse, en particulier hors
carburants routiers (- 14,5 % pour la consommation totale,
- 27,9 % en excluant les carburants routiers).
La dépense totale en produits pétroliers et biocarburants
s?établit en 2023 à 109,1 Md¤, en baisse de 11,3 % par rapport
à l?année 2022 du fait d?une baisse de la consommation et
des prix. En 2022, la dépense totale avait bondi de 25,8 %,
en raison notamment de la très forte hausse des prix de
l?énergie dans le contexte de tensions sur les produits
pétroliers et gaziers à la suite du conflit entre l?Ukraine et
la Russie. La dépense en 2023 reste à une valeur relativement
haute par rapport aux années récentes, et s?établit toujours
au-dessus du niveau précédent la crise sanitaire (+ 5,7 %
comparativement à 2019).
Figure 4.2.1.1 : consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants par secteur et dépense totale associée
En Mtep (données non corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
130
120
110
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Production d?électricité et de chaleur
Autres transports (navigation et aviation domestique, ferroviaire, fluvial)
Résidentiel
Transports routiers (ménages)
Industrie
Agriculture-pêche
Transports routiers (autres)
Tertiaire
Consommation finale à usage non énergétique
Dépense totale (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:lesecteurdestransportsn?inclutpaslessoutesmaritimesetaériennesinternationales.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 89
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Après deux années de hausse consécutives, le coût des
importations nettes (des exportations) de pétrole brut, de
produits raffinés et de biocarburants diminue (- 25,2 % en
euros constants) et s?élève à 42,1 Md¤ en 2023 (figure 4.2.1.2).
Ils restent supérieurs à ceux de 2019 (+ 17,2 %) et représentent
39 % de la dépense (taxes incluses) en 2023. La situation
de tension géopolitique, en particulier en Ukraine et au Moyen-
Orient, est responsable d?une crise énergétique qui a tiré à
la hausse les prix du pétrole en 2022. La dépense servant à
rémunérer des activités (de production, raffinage et transport-
distribution) réalisées sur le sol national s?élève à 25,1 Md¤
(à l?écart statistique près), soit 23 % du total, en baisse par
rapport à l?année précédente (- 13,2 %).
Les 38 % de la dépense restants correspondent à la
fiscalité. Celle-ci inclut la taxe intérieure sur la consommation
de produits énergétiques (TICPE), la taxe incitative relative
à l?incorporation de biocarburants (Tirib), la redevance
affectée au stockage des produits pétroliers (CPSSP) ainsi
que, dans les DROM, la taxe spéciale de consommation
(TSC, qui remplace la TICPE) et l?octroi de mer. La fiscalité
sur les produits pétroliers comprend également la TVA, qui
s?applique aux prix incluant les autres taxations. La TICPE,
qui compte pour la plus grande partie des taxes, a procuré
30,9 Md¤ de recettes (nette des remboursements) en 2023.
En euros constants, ce montant est en recul (- 7,4 %) par
rapport à 2022. Avec l?introduction de la composante carbone
dès 2014, les montants perçus de TICPE avaient fortement
augmenté entre 2014 et 2018 (+ 26,1 %). Ils se sont ensuite
stabilisés entre 2018 et 2022 (en dehors d?une chute
ponctuelle en 2020). En baisse de 1,4 %, la TSC a rapporté
0,55 Md¤ en 2023. La TVA sur les produits pétroliers (hors
part déductible pour les entreprises) s?élève à 10,4 Md¤ en
2023, en baisse de 7,6 % par rapport à 2022 (en euros
constants).
Figure 4.2.1.2 : décomposition de la dépense totale en pétrole brut, produits raffinés et biocarburants
Importations nettes Production primaire, marges et écart statistique Taxes hors TVA (nettes des subventions) TVA
140
120
100
80
60
40
20
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En Md¤2023
Note:lessoutesmaritimesetaériennesinternationalessontdéduitesdesimportationsnettes,quiintègrentaussilesvariationsdestocks.Lesmarges
comprennentcellesderaffinageetcellesdetransport-distribution.
Source :SDES,Bilandel?énergie
90 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation totale peut se décomposer comme la
somme de la consommation à usage de production d?électricité
et de chaleur (1,4 Mtep en 2023, dont plus de la moitié dans
les DROM), de la consommation finale à usage énergétique
(54,0 Mtep biocarburants inclus) et de la consommation finale
à usage non énergétique (9,1 Mtep) - (figure 4.2.1.3).
Figure 4.2.1.3 : consommation de produits pétroliers raffinés par usage et par secteur (y compris biocarburants, données
non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Production d?électricité et de chaleur 1,4 808 1,4 587 1,4 798 1,5 1 312 1,4 1 001
Consommation finale à usage
énergétique 57,9 94 118 50,5 68 887 55,6 87 378 56,0 110 727 54,0 99 708
Industrie 2,6 1 968 2,5 1 540 2,5 1 908 2,5 2 714 2,5 2 425
Transports* 44,6 79 604 37,5 57 440 42,5 73 718 43,8 92 857 42,7 85 550
donttransportsroutiers(ménages) 26,3 52 539 22,1 37 990 24,8 47 981 25,8 59 927 25,7 57 087
donttransportsroutiers(autres) 16,1 25 357 13,9 18 506 15,9 24 296 15,8 30 476 14,8 26 445
dont autres transports 2,2 1 709 1,5 945 1,8 1 441 2,2 2 454 2,1 2 018
Résidentiel 4,7 6 712 4,2 5 044 4,7 6 385 3,5 6 830 3,1 5 099
Tertiaire** 2,7 2 895 2,8 2 404 2,4 2 299 2,7 4 065 2,3 2 830
Agriculture-pêche 3,2 2 938 3,6 2 459 3,5 3 067 3,4 4 262 3,4 3 804
Consommation finale à usage
non énergétique 12,0 8 272 11,4 6 354 12,0 9 640 9,3 10 999 9,1 8 402
Industrie 11,8 6 747 11,1 4 920 11,7 7 692 9,0 8 435 8,8 6 208
Pétrochimie 8,7 4 171 8,3 2 722 8,6 4 702 6,4 4 775 6,6 3 488
Construction 2,5 1 201 2,3 906 2,5 1 232 2,1 1 438 1,8 1 008
Autresindustries 0,6 1 375 0,5 1 293 0,6 1 759 0,5 2 223 0,5 1 712
Autres (dont agriculture, transports) 0,3 1 525 0,3 1 434 0,3 1 948 0,3 2 564 0,3 2 194
*Horssoutesmaritimesetaériennesinternationales.
**Ycomprislesarmées.
Note:laconsommationpourletraficaérienentrelamétropoleetlesDROMestinclusedanslesecteurdestransports(autrestransports).
Source :SDES,Bilandel?énergie
4.2.2 PRODUCTION D?ÉLECTRICITÉ ET DE CHALEUR
La consommation destinée à la production d?électricité et de
chaleur représente 2 % de la consommation totale de produits
pétroliers raffinés. Elle diminue sensiblement en 2023 (- 8,8 %
par rapport à 2022), à 1,4 Mtep (16,1 TWh) - (figure 4.2.1.3).
En France métropolitaine, les centrales au fioul, utilisées en
pointe lors des pics de demande en période hivernale, ont
progressivement fermé, d?autres énergies se substituant à ce
combustible, notamment pour des raisons environnementales.
La consommation de fioul dans les réseaux de chaleur est
également devenue marginale. Ainsi, la consommation de
produits pétroliers pour la production d?électricité et de chaleur
a chuté de 24,8 % par rapport à 2012. En revanche, la
consommation de fioul pour la production d?électricité n?est
pas négligeable en outre-mer.
La facture associée s?établit en 2023 à 1,0 Md¤, en repli
de 23,7 % en euros constants en un an, du fait du recul de
la demande mais aussi de la nette baisse des prix.
4.2.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
En données réelles, la consommation finale à usage
énergétique de produits pétroliers (y compris biocarburants)
s?élève à 54,0 Mtep en 2023 (soit 628,0 TWh), en recul de
3,5 % par rapport à l?année précédente (figure 4.2.1.3). Elle est
également en retrait par rapport au niveau précédent la crise
sanitaire (- 6,7 % comparativement à l?année 2019).
L?usage des transports concentre 66 % de la consommation
totale de produits pétroliers (y compris biocarburants) en
France, soit 42,7 Mtep en 2023 (hors soutes maritimes et
aériennes internationales). Relativement stable entre 2012
et 2019, cette consommation avait chuté en 2020 au cours
de la crise sanitaire, puis était repartie à la hausse en 2021
et 2022, sans retrouver son niveau de 2019. En 2023, elle
diminue de nouveau (- 2,7 %, cf. 5.5). Le transport routier des
ménages absorbe la plus grande part de cette consommation
(25,7 Mtep en 2023) et reste stable par rapport à 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 91
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La baisse de consommation touche majoritairement
le transport routier hors ménages, qui recule de 6,3 % en
2023, sous l?effet notamment d?une diminution du transport
de marchandises et de voyageurs. Les autres modes de
transport (aérien, ferroviaire, maritime et fluvial) consomment,
quant à eux, 2,1 Mtep (hors soutes internationales). Leur
consommation baisse également au cours de l?année (- 6,9 %)
et se positionne en dessous du niveau de 2019 (- 6,3 %).
Les 66 % de produits pétroliers utilisés dans les transports
étant davantage taxés, ils représentent 78 % de la dépense
totale en produits pétroliers. La dépense totale dans les
transports s?établit ainsi à 85,6 Md¤ en 2023. Elle est en
baisse de 7,9 % par rapport au niveau record atteint en 2022,
en conséquence de la hausse des prix des carburants liée à
l?évolution générale des prix de l?énergie en 2022. Les
entreprises contribuent moins à cette dépense qu?à la
consommation physique des transports car, outre le fait qu?une
partie de la TVA est déductible, certains secteurs d?activité
bénéficient d?exonérations fiscales. La dépense de produits
pétroliers hors ménages dans les transports est de 26,4 Md¤
en 2023, en baisse de 13,2 % par rapport à l?année précédente.
Quant aux ménages, ils dépensent plus du double avec
57,1 Md¤, en baisse plus mesurée que celle des entreprises
(- 4,7 % en 2023).
Les consommations dans le résidentiel et le tertiaire
diminuent nettement (- 13,8 %), à 5,4 Mtep en 2023.
Cette évolution s?inscrit dans une tendance de baisse des
consommations de produits pétroliers dans le résidentiel-
tertiaire sur les dernières années. À climat corrigé, elles ont
ainsi été divisées par deux depuis 2012 dans le résidentiel
en raison de la chute progressive des habitations chauffées
au fioul. Celles du secteur tertiaire s?inscrivent dans une
dynamique de baisse plus mesurée depuis 2012 (- 28,8 %
sur la période, à climat corrigé). Les dépenses respectives
du résidentiel et du tertiaire s?élèvent à 5,1 Md¤ et 2,8 Md¤,
en nette baisse (respectivement - 25,3 % et - 30,4 %) par
rapport à l?année 2022.
La consommation de produits pétroliers (y compris
biocarburants) à usage énergétique dans l?industrie croît très
légèrement en 2023 (+ 1,5 %), pour s?établir à 2,5 Mtep.
Elle a connu une baisse progressive entre 2012 et 2017
(- 19,9 %), justifiée à la fois par le recours à d?autres énergies,
par des gains d?efficacité énergétique et par la relative
désindustrialisation de l?économie. Elle se maintient à un
niveau stable depuis (- 2,0 % entre 2017 et 2023). À l?image
des dépenses de produits pétroliers dans tous les secteurs,
la facture associée chute nettement en 2023 (- 10,7 %), pour
s?établir à 2,4 Md¤.
Le secteur de l?agriculture et de la pêche consomme
essentiellement du gazole non routier (avec une fiscalité
différente depuis 2011 du fioul domestique). Sa consommation
s?établit à 3,4 Mtep en 2023, très stable depuis 2012 (oscillant
en données corrigées des variations climatiques entre 3,2 et
3,6 Mtep au cours de la période 2012-2023). La dépense du
secteur connaît, quant à elle, une baisse de 10,7 % en 2023
et s?établit à 3,8 Md ¤.
4.2.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON
ÉNERGÉTIQUE
Les usages non énergétiques de produits pétroliers se
concentrent essentiellement dans l?industrie pétrochimique de
premier niveau, dont les produits entrent dans la fabrication de
produits synthétiques (matières plastiques, cosmétiques, etc.).
La consommation finale non énergétique de produits
pétroliers recule légèrement en 2023, à 9,1 Mtep (105,4 TWh),
soit un repli de 2,2 % sur un an (figure 4.2.1.3). Elle avait
chuté en 2022, principalement en raison de plusieurs arrêts
d?installations pétrochimiques pour maintenance ou incidents.
En 2023, la consommation de ce secteur repart modérément,
tout en restant faible.
Environ 2 Mtep de bitumes sont consommées chaque
année dans le secteur de la construction. En 2023, cette
consommation s?est fortement repliée (- 15,9 %) alors que
l?activité du secteur est restée relativement stable. Les autres
produits correspondent essentiellement à des lubrifiants,
utilisés dans les transports, l?agriculture et l?industrie, ainsi
qu?à des quantités limitées de coke de pétrole, à usage
industriel.
La facture associée à cette consommation non énergétique
s?élève à 8,4 Md¤ en 2023. Après avoir augmenté fortement
en 2022 en raison de la hausse des prix, elle diminue
nettement en 2023, de 23,6 % par rapport à 2022, en euros
constants, à la suite de la baisse des prix, et se rapproche
ainsi de son niveau de 2019 (8,3 Md¤2023).
4.2.5 CONSOMMATION ET DÉPENSE PAR PRODUIT
Malgré une baisse de consommation en 2023 (- 5,1 %), le
gazole routier (y compris biodiesel) représente près de la
moitié de la consommation réelle de produits pétroliers et
biocarburants en 2023 (47 %) et plus de la moitié de la
dépense (52 %) - (figures 4.2.5.1 et 4.2.5.2). Il précède les
supercarburants (17 % de la consommation pour 25 % de la
dépense), qui représentent les seuls produits pétroliers en
hausse au cours de l?année (+ 5,8 % de consommation par
rapport à 2022). Cette augmentation est liée à l?évolution du
parc automobile, dans lequel le nombre de motorisations
essence progresse au détriment des véhicules diesel.
Par rapport à 2012, année de référence choisie dans la PPE,
la consommation de carburants routiers baisse de 4,3 % avec
des évolutions très différentes selon les produits : le gazole
routier diminue de 15,8 % alors que les supercarburants
progressent de 36,9 % et les biocarburants de 29,5 %.
Ces derniers représentent 5 % de la consommation de
produits pétroliers en 2023. En cumulé, le gazole routier et
les supercarburants (biocarburants inclus) correspondent à
64 % de la consommation pour 77 % de la dépense.
92 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Cette différence s?explique par une fiscalité plus lourde sur
ces carburants que sur d?autres produits pétroliers.
Pour une raison inverse, la part de fioul domestique et
des autres gazoles dans la consommation (15 %) est plus
importante que cette même part dans la dépense (11 %).
Leur consommation poursuit une tendance à la baisse
(- 6,4 % sur l?année, - 32,2 % par rapport à 2012). Ensuite,
les consommations les plus importantes sont celles de
produits non énergétiques (10 % de la consommation et 7 %
de la dépense) et de GPL (5 % de la consommation pour 3 %
de la dépense). Bien que minoritaire dans la consommation
de produits pétroliers (3 %), le jet kérosène est l?un des
produits qui diminuent le moins depuis 2012 (- 7 %, contre
- 15 % tous produits confondus). Par rapport à 2022, sa
consommation est en baisse de 8,0 % tandis que la dépense
associée au produit chute de 31,4 % en 2023 par rapport à
2022. Le fioul lourd a quant à lui vu sa consommation divisée
par trois depuis 2012 et représente en 2023 seulement 1 %
de la consommation finale de produits pétroliers et moins
d?1 % de la dépense.
Figure 4.2.5.1 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023
En Mtep (données corrigées des variations climatiques)
Gazole routier
Biocarburants (depuis 2011)
Gazole non routier (depuis 2011)
GPL*
Coke de pétrole, brais et autres produits lourds
Supercarburants routiers
Carburéacteurs
Fioul lourd pour la production d?électricité et de chaleur
Naphta
Autres**
GPL carburant
Fioul domestique
Fioul lourd hors production d?électricité et de chaleur
Bitumes
*Gazdepétroleliquéfié(butane,propane),horsGPLcarburant.
**Autres:lubrifiants,paraffinesetcires,white-spiritetessencesspéciales,pétrolelampant,essenceaviation,gazderaffinerie,éthane,autresproduits.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source : SDES,Bilandel?énergie
Figure 4.2.5.2 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit (y compris biocarburants, données non
corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Gazole routier 33,9 58 046 28,6 41 449 31,9 51 827 31,8 65 053 30,2 56 916
Fioul domestique et autres gazoles 11,5 11 729 11,3 8 807 11,1 10 717 10,2 15 254 9,6 11 808
Supercarburants* 9,0 20 557 7,7 15 592 9,3 21 198 10,3 26 250 10,9 27 475
Jet kérosène 1,9 924 1,2 325 1,6 694 2,0 1 650 1,8 1 132
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 4,6 4 250 3,8 3 451 3,9 4 072 3,4 3 963 3,1 3 179
Fioul lourd 0,9 490 0,8 347 0,9 463 0,9 668 0,7 433
Produits non énergétiques** 7,1 5 920 7,6 5 100 8,5 7 813 6,5 8 855 6,5 7 127
Autres*** 2,4 1 280 2,1 757 1,8 1 030 1,6 1 346 1,7 1 041
Total 71,3 103 197 63,3 75 828 69,0 97 815 66,7 123 038 64,4 109 111
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 93
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3 Gaz naturel : baisse générale de
la consommation et diminutions ponctuelles
des dépenses
4.3.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
En 2023, la consommation totale de gaz naturel en France
s?établit à 383 TWh PCS (soit 425 TWh PCI). Elle diminue
fortement pour la deuxième année consécutive : baisse de
42 TWh PCS (- 8,8 %) en 2022 et de 50 TWh PCS (- 11,6 %)
en 2023, soit 92 TWh PCS (- 19,3 %) entre 2021 et 2023.
Ce niveau est le plus bas atteint depuis la fin des années 90.
Par rapport à 2012, année de référence de la programmation
pluriannuelle de l?énergie (PPE), la diminution est de 23,5 %
(- 118 TWh PCS) ; cette baisse est un bon signal pour le
respect de la PPE (cf. 4.1). Pour mémoire, la PPE prévoit une
baisse de 10 % pour la période 2012-2023 de la consommation
primaire de gaz naturel corrigée des variations climatiques10.
Les températures de 2023 et 2022 ayant été proches, la
consommation totale corrigée des variations climatiques
diminue dans les mêmes proportions : - 11 %, à 414 TWh PCS
en 2023 (figure 4.3.1.1).
Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur
En TWh PCS* (données corrigées des variations climatiques)
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2020
2023
1994
600
500
400
300
200
100
0
Usage non énergétique
Tertiaire
Production d?électricité et de chaleur
Transports
Résidentiel
Usages internes de la branche énergie
Agriculture-pêche
Industrie
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationdegaz,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité,enquêteannuelle
surlesréseauxdechaleuretdefroid,donnéesduCitepa
Les dépenses pour l?achat de gaz diminuent aussi
en 2023, passant de 33,9 à 32,6 milliards, soit une diminution
de 3,9 % (figure 4.3.1.2). Cette diminution est beaucoup moins
forte que celle de la consommation. L?évolution du prix sur le
maché de gros est répercutée avec retard sur le prix de vente
(cf. 1.3). Le délai de répercussion diffère suivant la quantité
consommée (les plus gros consommateurs étant plus
sensibles aux variations des prix de marché), le type d?offre
souscrite (prix fixe, indexation marché, autre indexation?)
et son échéance. Par conséquent, en 2023 le prix de vente
pour les « petits » consommateurs a continué de croître
malgré une baisse du prix sur le marché de gros. Cela explique
que la diminution de la dépense est moindre que la diminution
de la consommation.
10 Par rapport à la consommation totale, la consommation primaire de la PPE exclut les injections de biogaz et les consommations pour matière première et inclut
les pertes du réseau de transport.
94 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.3.1.2 : consommation de gaz naturel et dépense associée
En TWh PCS* (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023
600
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
36 000
33 000
30 000
27 000
24 000
21 000
18 000
15 000
12 000
9 000
6 000
3 000
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Consommation totale (TWh PCS) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite)
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
4.3.2 BRANCHE ÉNERGIE
En 2023, avec la reprise des productions d?électricité
nucléaire et hydraulique, les centrales à gaz ont été moins
sollicitées qu?en 2022 et la consommation de gaz naturel
du secteur est redescendue à 80 TWh PCS (figure 4.3.2.1).
En 2022, la consommation de gaz naturel de la branche
énergie avait connu le niveau record de 104 TWh PCS.
Avec une diminution de 20 % entre 2022 et 2023,
la consommation de gaz de la branche énergie passe en
un an d?un point historiquement haut à un point historiquement
bas.
Les dépenses en gaz de la branche énergie diminuent,
passant de 405 à 329 millions d?euros, soit une baisse de 31 %
en un an, liée non seulement à la baisse de la consommation
mais aussi à celle des prix pour ces acteurs. En effet,
la branche énergie étant une « grosse » consommatrice de
gaz naturel, les prix de ses contrats de fourniture de gaz
naturel suivent avec moins de retard l?évolution à la baisse
des prix sur les marchés de gros.
Figure 4.3.2.1 : consommation de gaz naturel de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Transformation en électricité ou chaleur 93 1 963 85 1 434 82 3 122 98 7 050 75 4 803
Branche énergie hors transformation 9 146 8 97 8 293 6 405 6 329
Branche énergie 102 2 108 93 1 531 90 3 415 104 7 455 80 5 132
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 95
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
Dans l?ensemble, la consommation finale de gaz naturel
à usage énergétique diminue de 8,4 % en 2023, passant
de 318 à 291 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Malgré cette baisse,
les dépenses associées augmentent de 6,7 %, pour
atteindre 27 milliards d?euros en 2023. Cette situation
nationale masque en fait de grandes disparités entre les
secteurs.
Le secteur résidentiel est le plus gros consommateur avec
38,7 % de la consommation finale de gaz naturel. En 2023,
le secteur consomme 113 TWh PCS et dépense 12,8 milliards
d?euros. Par rapport à 2022, il diminue sa consommation de
7,3 % et voit ses dépenses augmenter de 10,7 %.
Le secteur de l?industrie représente 37,7 % de la
consommation finale de gaz naturel. Les dépenses pour le
secteur industriel diminuent plus vite que la consommation.
En effet, en 2023, la consommation de gaz naturel du secteur
diminue de 9,5 % alors que les dépenses associées diminuent
de 11,4 %. La diminution du prix payé par les industriels
s?explique par la présence de « gros » consommateurs
dans ce secteur plus sensible à la baisse des prix sur le
marché de gros.
Avec 63 TWh en 2023, la part de la consommation finale
du secteur tertiaire est de 21,7 %. Le tertiaire diminue
sa consommation de 9,8 % mais voit ses dépenses augmenter
de 27,1 %, à 6,1 milliards d?euros. C?est le secteur le plus
impacté par la hausse des prix du gaz.
Les transports sont le seul secteur d?activité dont
la consommation de gaz naturel augmente. Celle-ci passe
de 4,1 à 4,7 TWh PCS, soit une augmentation de 14,6 %.
La consommation de gaz de ce secteur accélère
sa progression, notamment grâce au développement du parc
de poids lourds alimentés au gaz. La part du secteur dans la
consommation finale reste modeste, puisqu?elle est de 1,5 %
en 2023, mais elle a plus que doublé depuis 2019.
Les dépenses du secteur pour l?achat de gaz naturel
augmentent de 30,7 % entre 2022 et 2023.
Le secteur agricole a consommé 2 TWh PCS, en baisse
de 8,2 % par rapport à 2022. Il représente 0,7 % de la
consommation finale de gaz. La dépense en gaz naturel du
secteur est de 167 millions d?euros en 2023, soit une hausse
de 15,5 % par rapport à 2022.
Figure 4.3.3.1 : consommation finale de gaz naturel à usage énergétique (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Industrie 135 3 748 121 2 771 134 4 959 120 8 455 109 7 491
Transports 2,1 74,9 2,5 78,4 3,5 137,2 4,1 301,1 4,7 393,7
Tertiaire 81 3504 73 3 066 84 3 763 70 4 809 63 6 114
Résidentiel 144 11 146 142 10 365 148 10 798 121 11 561 113 12 801
Agriculture-pêche 2,6 99,0 2,5 88,2 2,6 107,0 2,1 145,0 2,0 167,5
Total 364 18 572 341 16 369 372 19 764 318 25 272 291 26 967
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
96 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON
ÉNERGÉTIQUE
La consommation non énergétique de gaz naturel est
essentiellement une consommation comme matière première
dans le secteur de la chimie. Le gaz naturel entre notamment
dans la production d?hydrogène (voir focushydrogène) ou
de méthanol. En 2023, cette consommation s?élève à
12 TWh PCS, soit une consommation comparable à celle
de 2022. Les dépenses ont, quant à elles, nettement diminué,
passant de 1,2 milliard d?euros à 479 millions, soit une baisse
de 59 %.
Figure 4.3.4.1 : consommation finale de gaz naturel à usage non énergétique (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Chimie 14 225 13 140 13 532 12 1 178 12 479
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 97
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.4 La consommation de charbon est
historiquement faible et la dépense associée
chute nettement
En 2023, la consommation primaire de charbon, corrigée des
variations climatiques, s?établit à 55 TWh. Elle recule de 22 %
par rapport à 2022, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis
le début des observations, en dessous même de son niveau
de 2020 (66 TWh) - (figure 4.4.1). La consommation de
charbon est orientée à la baisse depuis une trentaine
d?années, même si elle peut augmenter ponctuellement,
comme en 2017 ou 2021. En effet, les autres formes d?énergie
se substituent progressivement au charbon dans la plupart
des secteurs consommateurs. Par rapport à 2012, année de
référence des objectifs nationaux de réduction de la
consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation primaire
de charbon baisse de 61 % à climat corrigé.
Depuis 2015, la filière fonte constitue le principal
consommateur de charbon en France avec, en 2023, 64 %
de la consommation totale. Elle est suivie par celle de
la production d?électricité et de chaleur, qui ne représente
plus que 23 % de la consommation (contre 48 % en 2012).
La consommation finale (essentiellement celle de l?industrie
manufacturière hors hauts-fourneaux) compte, quant à elle,
pour 18 % de l?ensemble des ressources primaires
consommées en 2023 (le solde entre les ressources et
la somme des consommations des différents secteurs
correspondant à l?écart statistique).
Après avoir atteint un niveau inédit à 3,6 Md¤2023 en 2022,
la dépense totale en charbon chute de nouveau nettement
en 2023, à 2,5 Md¤ (- 33 %), en raison de la baisse importante
de la consommation et de la chute des prix (cf. 1.4). Elle reste
élevée, un peu supérieure à son niveau de 2019 (2,3 Md¤2023).
Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement
du coke, issu de la transformation d?un type de charbon plus
onéreux que celui utilisé pour la production d?électricité
et de chaleur, concentrent à eux seuls près de 70 % de
la dépense totale, contre 53 % en 2012.
Figure 4.4.1 : consommation primaire de charbon (hors écart statistique) et dépense totale associée
En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
250
200
150
100
50
0
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Usages non énergétiques
Consommation nette filière fonte
Industrie hors filière fonte Autres usages énergétiques
Branche énergie hors filière fonte
Dépense totale en Md¤2023 (2011-2023) - (axe de droite)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Note:unopérateuraréviséfortementàlahaussesesproductionsdegazdérivés,entraînantunerupturedesérieentre2016et2017.
Parailleurs,àpartirde2017,lespertes,auparavantinclusesdansl?écartstatistique,sontintégréesàlaconsommationdelafilièrefonte.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
98 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Outre la filière fonte, dont la consommation totale nette
s?élève à 35 TWh en 2023, 10 TWh de produits charbonniers
ont été consommés par la branche énergie à des fins de
production électrique ou, de façon plus marginale, de
production de chaleur vendue ensuite à des tiers (figure 4.4.2).
Cette quantité correspond, pour l?essentiel, à du charbon-
vapeur utilisé comme combustible par des centrales
thermiques à flamme. Par ailleurs, du gaz fatal issu des
installations sidérurgiques est brûlé pour produire de
l?électricité sur le site industriel lui-même ou dans une centrale
thermique voisine, comme c?est notamment le cas à
Dunkerque.
La consommation des centrales a diminué de près de
81 % depuis 2012. Cette baisse reflète la réduction progressive
du parc pour des raisons environnementales et d?obsolescence.
Avec l?arrêt de nombreuses tranches de production, la
capacité électrique installée des centrales à charbon s?est
en effet réduite de plus de trois quarts sur le territoire
métropolitain sur la période. Fin décembre 2023, seules cinq
unités de production, réparties sur quatre sites, à Cordemais
(Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle) restent en activité.
Fin 2023, les départements et régions d?outre-mer
comptent deux installations de production thermique au
charbon, dont certaines tranches de production utilisent
également un combustible renouvelable issu de la canne à
sucre, la bagasse, durant la campagne sucrière.
Ces installations sont les centrales du Moule (Guadeloupe)
et du Gol (La Réunion). Les unités ultramarines sont en cours
de conversion en unités 100 % renouvelable (bagasse-
biomasse). La centrale de Bois-Rouge, à Saint-André
(La Réunion), a été convertie totalement à la biomasse en
mars 2023 et a ainsi abandonné le combustible charbonnier.
À son tour, la centrale du Gol a été convertie en février 2024
et ne consomme plus de charbon.
Avec la chute importante de la production d?électricité à
partir de charbon en métropole, les centrales ultramarines
représentent plus de la moitié des consommations de charbon
des producteurs d?électricité ou de chaleur cogénérée dont
c?est l?activité principale. Cette part était temporairement
passée à environ 30 % en 2021 et 2022 dans un contexte de
moindre disponibilité des centrales nucléaires et de tensions
sur l?approvisionnement en gaz.
Au-delà de cette tendance de long terme, la consommation
des centrales thermiques à charbon en France métropolitaine
est très sensible à la rigueur des températures, celles-ci étant
principalement utilisées comme moyens de pointe lors des
vagues de froid hivernales. En 2022, les tensions sur
l?approvisionnement en gaz ont entraîné la réouverture
provisoire de la centrale de Saint-Avold, qui devait être
définitivement arrêtée.
La consommation de charbon des centrales, corrigée
des variations climatiques, diminue d?un tiers en 2023,
à 13 TWh, son niveau le plus faible depuis le début des
mesures.
En effet, les centrales à charbon métropolitaines ont été
nettement moins sollicitées qu?en 2022 grâce au rebond du
nucléaire, à la forte augmentation de la production
renouvelable et à la baisse de la consommation (cf. 3.4). Par
ailleurs, la centrale de Bois-Rouge à La Réunion n?utilise
plus de charbon.
La dépense pour produire de l?électricité ou de la chaleur
s?élève en 2023 à 0,4 Md¤. Hors inflation, la facture a diminué
de 44 % en un an, en lien avec la chute de la demande et le
recul des prix de l?énergie.
Figure 4.4.2 : consommation pour la production d?électricité et de chaleur (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production d?électricité et de chaleur 17,9 327 15,1 228 22,1 455 17,4 634 9,7 357
Charbon primaire 12,2 188 10,4 117 16,8 309 13,1 520 6,6 214
Gaz dérivés 5,7 139 4,7 111 5,3 147 4,2 113 3,1 143
Source :SDES,Bilandel?énergie
La consommation finale de charbon en France s?élève
à 10 TWh en 2023 (figure 4.4.3), un minimum historique.
Elle fléchit nettement en un an (- 9 %). Par rapport à 2019,
cette consommation recule aussi sensiblement (- 29 %). Depuis
2012, la consommation finale de charbon a chuté de 45 %.
La dépense correspondante s?établit à 0,4 Md¤ en 2023.
Mesurée en euros constants, elle recule de 17 % par rapport
à 2022, du fait de la baisse importante des prix, mais reste
supérieure à celle de 2021 et 2019 (+ 8 %).
Les usages non énergétiques du charbon représentent
33 % de la consommation finale en 2023. Cette part augmente
de 5 points en un an en raison de la baisse de la consommation
finale énergétique, en particulier dans l?industrie. Elle était
restée stable depuis près de dix ans jusqu?en 2021.
Ces usages non énergétiques concernent en premier lieu les
secteurs industriels de la sidérurgie, de la chimie puis, dans
une moindre mesure, celui des produits minéraux non
métalliques.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 99
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Les usages énergétiques se concentrent, quant à eux,
en quasi-totalité dans l?industrie, principalement dans les
secteurs de la chimie, des produits minéraux non métalliques
(notamment la fabrication de ciments, plâtres et chaux) et de
l?agroalimentaire (par exemple les sucreries). Le charbon est
très marginalement utilisé comme combustible, en général
pour le chauffage, dans le résidentiel et le tertiaire, notamment
dans les Hauts-de-France.
Figure 4.4.3 : consommation finale de charbon (données non corrigées des variations climatiques)
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Industrie 10,3 9,1 10,5 7,4 6,2
Charbon primaire 8,5 7,7 8,9 6,1 4,9
Charbon dérivé 1,8 1,4 1,6 1,3 1,3
Autres usages énergétiques 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6
Charbon primaire 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5
Charbon dérivé 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0
Usages non énergétiques 3,1 2,8 3,2 3,0 3,4
Charbon primaire 1,2 1,4 1,4 1,4 1,5
Charbon dérivé 1,9 1,5 1,8 1,7 1,9
Total 14,1 12,5 14,5 11,1 10,1
Charbon primaire 10,4 9,6 11,0 8,0 6,9
Charbon dérivé 3,8 2,9 3,5 3,1 3,2
Source :SDES,Bilandel?énergie
100 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.5 La consommation d?énergies
renouvelables et de déchets augmente
en 2023
4.5.1 CONSOMMATION TOTALE
La consommation primaire d?énergies renouvelables (EnR)
et de déchets s?élève à 409 TWh en 2023. Elle se répartit en
209 TWh consommés par la branche énergie (pour la
production d?électricité ou de chaleur) et 200 TWh consommés
directement par les utilisateurs finaux, principalement pour
les besoins de chauffage. Au sein de la branche énergie, la
consommation d?EnR et déchets sert majoritairement à
produire de l?électricité : 129 TWh pour la production d?électricité
issue des filières hydraulique, éolienne et photovoltaïque et
15 TWh de combustibles (principalement de la biomasse et
des déchets) brûlés pour produire de l?électricité. 41 TWh de
combustibles sont également consommés pour produire
simultanément de la chaleur et de l?électricité par cogénération,
et 15 TWh pour produire de la chaleur. 8 TWh de biométhane
sont par ailleurs injectés dans les réseaux.
Tous usages confondus, la consommation primaire
d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 9,1 %
sur un an. Cette augmentation est portée par la filière
hydraulique, du fait des conditions pluviométriques de 2023
proches de la moyenne après une année 2022 chaude et
très sèche, et par la filière éolienne, du fait du développement
du parc et de conditions de vent favorables (cf. 2.2.3).
D?autre part, des températures automnales légèrement plus
basses par rapport à 2022 ont entraîné un besoin accru de
chauffage des ménages qui s?est traduit notamment par
l?augmentation de la consommation de bois-énergie et de
chaleur renouvelable des pompes à chaleur dans le résidentiel.
Les énergies renouvelables continuent de se développer.
À climat corrigé, la consommation primaire d?énergies
renouvelables et de déchets augmente de 8,7 % en 2023.
Elle a doublé depuis le milieu des années 2000 et a augmenté
de 36,9 % depuis 2013 (figure 4.5.1.1). En enlevant la
consommation des énergies renouvelables électriques11 (qui
ne sont pas corrigées des variations de la pluviométrie, du
vent ou du soleil), la consommation primaire d?énergies
renouvelables thermiques et de déchets corrigée des
variations climatiques augmente de 2,8 % en 2023.
Figure 4.5.1.1 : consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2020
2023
1994
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Production de chaleur seule
Production d?électricité et de chaleur par cogénération
Production d?électricité seule à partir de combustibles
Production d?électricité hydraulique*, éolienne et photovoltaïque
Injections de biométhane dans les réseaux de gaz naturel
Branche énergie
Secteurs de
consommation
finale
Agriculture-pêche
Résidentiel
Tertiaire
Transports
Industrie
*Ycomprisénergiesmarines.
Note:laconsommationdedéchetsurbainspourlaproductiond?électricitéetdechaleurparcogénérationn?estpasisolablejusqu?en1994etestinclusejusqu?à
cettedatedansleposte«Productiondechaleurseule».
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
11 Hydraulique, éolien, photovoltaïque et énergies marines.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 101
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation finale d?énergies renouvelables et
déchets (200 TWh en 2023, en données non corrigées des
variations climatiques) correspond aux consommations de
combustibles, carburants et chaleur primaire provenant de
sources renouvelables ainsi que de déchets, destinées à tout
usage autre que la production électrique et la production de
chaleur commercialisée à des tiers. Le secteur résidentiel en
représente à lui seul 60 %, suivi des transports (19 %), de
l?industrie (13 %), du tertiaire (6 %) et de l?agriculture (2 %).
119 TWh d?énergies renouvelables thermiques ou issues
des déchets sont consommés pour le chauffage ou l?eau
chaude sanitaire dans le secteur résidentiel. Cette
consommation augmente de 4,2 % sur un an du fait notamment
d?un automne plus froid, après une baisse de 2,2 % en 2022,
avec des températures hivernales et automnales supérieures
à celles de 2021. Corrigée des variations climatiques, elle
augmente toujours de 3,8 %. Sur ces 119 TWh, 59 % sont
issus de la combustion de bois, 39 % sont extraits par les
pompes à chaleur et 2 % sont produits par les capteurs
solaires thermiques installés chez les particuliers. Après avoir
progressé dans les années 2000, la consommation de bois
de chauffage est plus atone ces dernières années. À climat
corrigé, elle diminue de 0,3 % en 2023. Le recul des ventes
d?appareils de chauffage au bois entre 2013 et 2020
(à l?exception des poêles à granulés et à bûches) et la
diminution régulière de la consommation de bois par ménage
équipé d?un appareil de chauffage au bois, du fait notamment
de l?amélioration de l?efficacité de ces derniers, expliquent
cette tendance (cf. 2.2.3). À l?inverse, les pompes à chaleur,
en particulier celles aérothermiques, qui nécessitent un
moindre investissement, continuent de se développer
fortement dans le résidentiel, grâce notamment aux mesures
incitatives pour remplacer les appareils de chauffage
fonctionnant aux énergies fossiles. Leur consommation
renouvelable corrigée des variations climatiques augmente
à un taux moyen de 12 % sur les cinq dernières années.
La consommation finale d?énergies renouvelables
thermiques dans les transports, composée de biocarburants
(cf. 4.5.3), atteint 38 TWh en 2023 en données réelles.
Elle augmente de 4,6 %.
La consommation finale dans l?industrie est composée
pour 76 % de biomasse solide, 16 % de déchets industriels,
5 % de biogaz et 3 % de biocarburants (principalement
incorporés au gazole non routier). Elle s?élève à 26 TWh en
2023 en données réelles, en hausse de 3,5 %. Le secteur de
l?imprimerie et de la production de papier et de carton est le
principal utilisateur d?énergies renouvelables thermiques et
de déchets avec 17 TWh consommés en 2023. Ce secteur
consomme en particulier de la biomasse (8 TWh), notamment
de liqueur noire, résidu issu de la fabrication du papier kraft
et constituant une source d?énergie facilement mobilisable
et peu onéreuse.
La consommation finale d?énergies renouvelables
thermiques ou issues des déchets par le secteur tertiaire
demeure modeste, à 12 TWh en 2023. Elle est quasiment
constante sur un an en données réelles et diminue de 0,9 % à
climat corrigé. Cette consommation, principalement à des fins
de chauffage, se répartit entre les filières biomasse solide
(28 %), pompes à chaleur (26 %), incinération de déchets (25 %),
biogaz (14 %), biocarburants (4 %, correspondant à la part
renouvelable du gazole non routier utilisé marginalement par
le secteur tertiaire), géothermie (2 %) et solaire thermique (1 %).
4.5.2 BOIS-ÉNERGIE
En 2023, la consommation primaire de bois-énergie s?élève
à 111 TWh en données réelles (figure 4.5.2.1). Elle augmente
de 1,8 % par rapport à 2022 en raison de températures
automnales plus basses que l?année précédente. La dépense
associée s?élève à 3,5 Md¤ et augmente de 20 % sur un an.
Elle se répartit en 2,5 Md¤ dans le résidentiel (soit 72 % du
total), 0,7 Md¤ dans le secteur énergétique pour la production
d?électricité et de chaleur et 0,3 Md¤ dans les autres secteurs
(tertiaire et industriel). Si la hausse du prix du bois-énergie
est particulièrement importante dans l?industrie (+ 48 % en
un an), la hausse globale de la dépense est tirée par l?évolution
du prix du bois acheté par les ménages (+ 30 % en moyenne
annuelle (cf. 1.5.2) du fait de la part importante de ce secteur
dans la consommation primaire totale. Cette dépense prend
en compte l?achat de bois hors des circuits commerciaux
mais n?inclut pas l?auto-approvisionnement en bois (entre 30
et 40 % de la consommation de bois-bûche des ménages).
Figure 4.5.2.1 : consommation primaire de bois-énergie par secteur (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Consommation primaire totale 110 2 538 100 2 531 114 2 878 109 2 897 111 3 486
Production d?électricité et de chaleur 20 539 19 491 22 547 23 686 24 722
Industrie 9 80 9 81 9 90 12 123 12 176
Résidentiel 77 1 837 68 1 886 78 2 154 69 1 996 69 2 495
Tertiaire 3 82 3 73 3 87 3 92 3 93
Agriculture-pêche 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0
Lecture:laconsommationprimairedebois-énergie(horsliqueurnoire)s?élèveà111TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3,5Md¤.
Source :SDES,Bilandel?énergie
102 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.5.3 BIOCARBURANTS
La consommation de biocarburants s?établit à 3,5 Mtep (soit
41 TWh) en 2023, dont 2,6 Mtep de biodiesel, 0,8 Mtep de
bioéthanol et 0,05 Mtep de biokérosène (figure 4.5.3.1).
Elle augmente (+ 4,6 %) en raison de la progression de la
consommation de biodiesel (+ 5,6 %). Du fait de la baisse
des prix, la dépense associée diminue fortement en euros
constants (- 13,5 %), pour s?établir à 5,9 Md¤ en 202312.
Hors coûts de distribution et des taxes (affectés par convention
dans le bilan aux produits pétroliers avec lesquels ils sont
mélangés), les dépenses de biodiesel s?élèvent à 4,4 Md¤
(- 16,1 % par rapport à 2022 en euros constants, malgré une
hausse de la consommation), et celles de bioéthanol à
1,5 Md¤ (- 4,6 %). La consommation de biocarburants est
concentrée à 92 % dans le secteur des transports, le reste
étant essentiellement lié à l?utilisation d?engins agricoles et
de chantier.
Figure 4.5.3.1 : consommation de biocarburants et dépense totale associée
6,0
5,0
4,0
3,0
2,0
1,0
0,0
En Mtep En Md¤2023
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Bioessence Biodiesel Biokérosène Dépense en bioéthanol (axe de droite) Dépense en biodiesel (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetFAO
12 La dépense n?inclut pas celle en biokérosène, qui s?élève à 0,1 Md¤.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 103
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.6 Électricité : la consommation recule,
la dépense est en hausse
4.6.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
À climat réel, la consommation totale d?électricité diminue
de 4,0 % en 2023 (après - 3,8 % en 2022 et + 5,1 % en 2021),
pour s?établir à 408 TWh (figure 4.6.1.1). À climat corrigé,
la consommation d?électricité diminue dans les mêmes
proportions par rapport à 2022 (- 3,9 %), soit un rythme plus
soutenu que la moyenne annuelle observée depuis 2012
(- 0,74 %). En 2023, le climat a en effet été doux et comparable
à celui de 2022. Les prix élevés ainsi que la poursuite des
appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication
de cette baisse. La forte hausse des prix de détail sur un an
(+ 35,7 %) entraîne une très forte augmentation de la dépense
en électricité, qui s?établit à 87 Md¤ (+ 23,7 % par rapport à
l?année précédente en euros constants).
En 2023, la hausse des dépenses en électricité
s?explique par la persistance des effets de la crise
énergétique amorcée fin 2021. Les prix élevés observés
sur le marché de gros en 2022 ont continué d?influencer
les factures payées par les consommateurs en 2023
en raison de la structure des contrats d?approvisionnement
et des pratiques de couvertures des fournisseurs sur
les marchés à terme. Ainsi, même si les prix sur les marchés
de gros ont fortement décru en 2023 (cf. 1.7), la répercussion
de cette baisse sur les contrats de fourniture en cours
n?intervient pas au même rythme pour tous les contrats.
Selon la structure des contrats de fourniture souscrits,
les évolutions de prix pour les consommateurs finaux
interviennent souvent lors des renouvellements de contrat,
ce qui explique également le retard dans la transmission
des prix des marchés de gros vers le marché de détail.
Cette inertie tarifaire a conduit à des factures plus élevées
pour les consommateurs, malgré une baisse de
la consommation.
Figure 4.6.1.1 : consommation physique d?électricité et dépense associée
En TWh (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023
Consommation totale (TWh) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
470
460
450
440
430
420
410
400
390
380
100 000
90 000
80 000
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
20 000
10 000
0
Source :SDES,Bilandel?énergie
104 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.6.2 CONSOMMATION ET DÉPENSE DE LA BRANCHE
ÉNERGIE
Au-delà des pertes sur le réseau (37 TWh) et de l?électricité
utilisée pour le pompage (3,6 TWh), la branche produisant de
l?énergie (raffineries, enrichissement de l?uranium?) est elle-
même consommatrice d?électricité à hauteur de 10 TWh,
représentant un coût de 1,8 Md¤ (figure 4.6.2.1).
Figure 4.6.2.1 : usages internes de la branche énergie en électricité (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Branche électricité 9 716 9 781 9 862 10 1 228 10 1 752
Note:horspertes,consommationpropredescentraleseténergieabsorbéeparlepompage.
Source : SDES,Bilandel?énergie
4.6.3 CONSOMMATION FINALE ET DÉPENSE ASSOCIÉE
Corrigée des variations climatiques, la consommation finale
d?électricité s?était stabilisée entre 2012 et 2018. En 2023,
elle diminue de 4,0 % par rapport à 2022, avec des évolutions
contractées selon les secteurs. Non corrigée du climat,
la consommation finale d?électricité diminue de 4,2 % en
2023, à 398 TWh, dans un contexte de prix élevés et d?appels
à la sobriété (figure 4.6.3.1). La dépense associée progresse
de 23,3 %, atteignant 85,3 Md¤.
Le secteur résidentiel représente 38 % de la consommation
finale d?électricité, ce qui en fait le plus grand consommateur.
La consommation finale d?électricité corrigée du climat du
secteur s?élève à 156 TWh (figure 4.6.3.2), en baisse de
4,6 TWh par rapport à 2022 (- 2,8 %). L?électricité a de
nombreux usages (chauffage, fonctionnement des divers
équipements électroménagers ou autres, éclairage?).
Plusieurs facteurs influent sur la consommation d?électricité
du résidentiel : la météo, le taux d?équipement, l?amélioration
de la performance énergétique des bâtiments, les prix, mais
aussi les comportements de consommation (sobriété).
Alors que la part du résidentiel dans la consommation
d?électricité reste sensiblement la même, autour de 38 %, sa part
dans la dépense diminue fortement. Elle était de 53 % en 2019,
de 49 % en 2022 et de 42 % en 2023. En effet, le secteur
résidentiel reste relativement épargné par l?augmentation
globale des prix. Le bouclier tarifaire a limité les hausses
des tarifs réglementés de vente (TRV) pour les ménages (et
les petites entreprises). Ces derniers ont connu tout de même
des hausses significatives en 2023 : + 15 % TTC en moyenne
au 1er février et + 10 % TTC en moyenne au 1er août. Malgré
la baisse de la consommation, la dépense progresse de 5,5 %.
Le secteur tertiaire consomme 126 TWh d?électricité
(à climat corrigé), soit 31 % de l?électricité finale totale, et se
place ainsi en deuxième position. Sa consommation diminue
de 6,1 % (- 8,3 TWh) après correction des variations
climatiques. La part du tertiaire dans la dépense globale
d?électricité est de 35 %, ce qui représente une augmentation
importante par rapport à l?année précédente où elle était de
29 %. La dépense du secteur tertiaire augmente de 46,6 %
malgré une baisse de 6,5 % de la consommation. Ce secteur
est celui qui a été le plus impacté par la hausse des prix de
l?électricité.
Avec 103 TWh, l?industrie représente 26 % de la
consommation d?électricité, se classant en troisième position.
La dépense est en hausse de 31 %, pour une consommation
baissant de 4,9 % (- 5,3 TWh). La part de l?industrie dans la
dépense globale est de 19 %. La hausse des prix a été très
disparate selon les consommateurs. Ainsi, par exemple, le
prix de l?électricité pour les acteurs consommant plus de
150 GWh a baissé de 4 % en 2023, contrairement à la
moyenne du secteur (+ 44 %, cf. 1.7).
La consommation d?électricité dans les transports
(13 TWh), très majoritairement liée au réseau ferré, est la
seule consommation sectorielle à augmenter en 2023
(+ 16 %). Au sein des transports, la consommation des
véhicules électriques routiers est de 2,3 TWh et a fortement
progressé en 2023 (+ 46 %, après + 77 % en 2022), les
immatriculations de voitures électriques étant en hausse de
47 % par rapport à 2022. La dépense en électricité pour le
transport s?élève à 1,7 Md¤ (+ 33 %).
La consommation d?électricité de l?agriculture (7 TWh)
diminue de 9,4 % en 2023, pour une dépense de 1,8 Md¤,
en hausse de 37 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 105
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.6.3.1 : consommation finale d?électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Industrie 116 9 229 106 8 550 112 10 077 107 12 628 102 16 562
Transports 10 605 8 606 10 767 11 1 313 13 1 747
Résidentiel 160 32 188 161 33 512 170 35 573 155 33 772 151 35 645
Tertiaire 138 17 806 128 16 860 134 17 827 134 20 141 125 29 531
Agriculture-pêche 8 1 228 8 1 176 8 1 207 8 1 341 7 1 835
Total 432 61 055 411 60 703 433 65 451 415 69 194 398 85 319
Source : SDES,Bilandel?énergie
Figure 4.6.3.2 : évolution de la consommation finale d?électricité
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Industrie Transports Résidentiel Tertiaire Agriculture-pêche
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationd?électricité
La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un
objectif de baisse de la consommation finale de l?énergie pour
2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France
continentale. Cette baisse globale de la consommation finale
d?énergie passe par la réduction de la part des énergies
fossiles dans notre bouquet énergétique, au profit de
l?électricité et des énergies renouvelables. Si l?on considère
le périmètre France entière, la consommation d?électricité
corrigée des variations climatiques baisse de 8,1 % (- 35 TWh)
depuis 2012. En 2023, sa part s?élève à 26 % de la
consommation finale à usage énergétique comme en 2012.
Cette baisse est concentrée sur la période récente. En effet,
entre 2019 et 2023, elle atteint - 30 TWh. L?industrie et le
tertiaire baissent de 17 TWh chacun. Ce sont les secteurs
qui contribuent le plus à la baisse globale. Le transport est
le seul secteur connaissant une hausse (+ 2 TWh) avec le
développement des véhicules électriques.
106 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.7 La consommation de chaleur
commercialisée diminue nettement
La consommation (hors pertes) de chaleur commercialisée
s?élève à 42 TWh en 2023. Elle baisse de 10 % par rapport
à 2022 malgré des conditions climatiques et des besoins de
chauffage équivalents. Corrigée des variations climatiques,
elle diminue également de 10 % sur un an. Sur longue période,
elle a fortement progressé (+ 23 % depuis 2013).
En 2023, les ventes de chaleur, corrigées des variations
climatiques, diminuent particulièrement dans le secteur de
l?industrie (- 19 %) et le secteur tertiaire (- 7 %) dans un
contexte de diminution de l?offre (figure 4.7.1). Les centrales
thermiques, parmi lesquelles figurent les centrales en
cogénération qui vendent la chaleur produite, ont été
beaucoup moins sollicitées en 2023 qu?en 2022, dans un
contexte de production d?électricité nucléaire et renouvelable
en nette croissance, et ont, de ce fait, moins produit et vendu
de la chaleur à leurs clients à proximité (plutôt des sites
industriels). À l?inverse, la livraison au secteur résidentiel
augmente de 1 %. Au total, le secteur industriel représente
40 % des quantités de chaleur achetée, le résidentiel 37 %
et le tertiaire 23 %, la consommation de chaleur dans le
secteur agricole restant très marginale.
Figure 4.7.1 : consommation totale de chaleur commercialisée (nette des pertes de distribution) et dépense associée
60
50
40
30
20
10
0
2008
2007
2000
2002
2001
2017
2010
2009
2012
2011
2006
2005
2014
2013
2016
2015
2019
2021
2020
2022
2023
2018
2004
2003
Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Industrie Total (hors pertes) non ventilé Dépense totale en Md¤2023 (axe de droite)
En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Note:laventilationsectorielledelaconsommationn?estdisponiblequ?àpartirde2007.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 107
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
En 2023, la dépense de consommation totale de chaleur
commercialisée s?élève à 3 774 M¤ (figure 4.7.2). Elle diminue
de 11 % sur un an, tirée à la baisse par le secteur industriel
(cf. 1.8). Le secteur résidentiel représente 47 % de cette
dépense, le secteur industriel 26 % et le secteur tertiaire
27 %, avec des montants respectifs de 1 757 M¤, 976 M¤
et 1 012 M¤. Le secteur industriel pèse en général nettement
moins dans la dépense que dans la quantité consommée en
raison de prix traditionnellement plus bas que dans les autres
secteurs. En 2023, l?industrie bénéficie d?une baisse
importante des prix de la chaleur. Ses dépenses refluent de
37 % par rapport à 2022 (pour une consommation en baisse
de 20 %) mais restent plus élevées qu?avant la crise
énergétique (+ 20 % par rapport à 2021). À l?inverse, dans
le résidentiel et le tertiaire, les prix de la chaleur réagissent
avec retard aux fluctuations des prix des énergies
consommées et continuent d?augmenter en 2023. La dépense
de chaleur du résidentiel augmente ainsi de 8 % alors que
sa consommation n?augmente que de 3 %. La dépense du
tertiaire est quasi stable (- 1 %) alors que sa consommation
baisse de 6 %.
Figure 4.7.2 : consommation de chaleur commercialisée (données non corrigées des variations climatiques) et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Consommation finale totale 43 2 630 42 2 377 48 3 246 46 4 217 42 3 774
Industrie 19 507 18 422 20 813 22 1 541 17 976
Résidentiel 15 1 330 14 1 199 17 1 521 15 1 630 15 1 757
Tertiaire 9 775 10 742 11 889 10 1 022 9 1 012
Agriculture-pêche 0 18 0 15 0 22 0 25 0 27
Note:laconsommationtotaledechaleurcommercialisées?élèveà42TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3774M¤.
Source :SDES,Bilandel?énergie
108 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 109
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
partie 5
La consommation
d?énergie par secteur
ou usage
? La consommation finale d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux)
diminue de 3,8 % en 2023 à climat corrigé. En données réelles,
elle baisse de 3,9 %, pour atteindre 1 615 TWh, dans un contexte
de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Tous les secteurs sont concernés :
le tertiaire (- 8,2 %), l?industrie (- 6,6 %), le résidentiel (- 2,7 %), les
transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). La consommation
finale à usage non énergétique diminue également (- 1,9 %).
En 2023, les consommateurs finaux d?énergie (hors hauts-fourneaux) ont
dépensé 227,9 Md¤, soit 0,9 % de plus qu?en 2022 en euros constants.
110 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse
de la consommation finale d?énergie
et de fortes disparités entre les secteurs
La consommation finale réelle d?énergie (hors charbon des
hauts-fourneaux) diminue de 3,9 % en 2023, pour s?établir à
1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB
(+ 0,9 %). Le climat ayant été proche de celui de 2022,
la diminution de la consommation finale d?énergie corrigée
des variations climatiques est quasiment la même (- 3,8 %).
La consommation finale à usage énergétique, corrigée
des variations climatiques, baisse de 4,0 % en 2023, pour
s?établir à 1 545 TWh (figure 5.1.1). La consommation baisse
dans le tertiaire (- 7,8 %), l?industrie (- 6,5 %), le résidentiel
(- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche
(- 0,7 %). Après une baisse importante en raison d?un
ralentissement de l?activité dans la pétrochimie en 2022
(- 21,7 %, cf. 4.2.4), la consommation non énergétique diminue
légèrement (- 1,9 %), pour s?établir à 119 TWh (figure 5.1.2),
un niveau historiquement bas depuis plus de 50 ans.
Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux
de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2019,
la consommation finale énergétique a baissé de 0,4 % en
moyenne annuelle à climat corrigé. Entre 2019 et 2023, cette
baisse est de 2,1 % en moyenne annuelle. Sur la période
complète, la baisse est supérieure à l?objectif (- 8,9 % pour
un objectif de - 7,6 %).
Figure 5.1.1 : consommation finale énergétique par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
2 000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
Résidentiel Tertiaire Transports Industrie Agriculture-pêche Non affecté*
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
*Larépartitiondelachaleurparsecteurconsommateurn?estpasdisponibleentre2000et2006.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La dépense nationale en énergie (hors hauts-fourneaux)
s?élève à 227,9 Md¤ en 2023. Après une augmentation
importante en 2022 (+ 18,4 % en euros constants) causée
par la flambée des prix de l?énergie, elle est quasi stable
en 2023 (+ 0,9 %) mais avec des résultats très contrastés
selon les secteurs. Les dépenses augmentent particulièrement
dans le tertiaire (+ 30,1 % pour une baisse de la consommation
de 8,2 %) et l?industrie (+ 6,0 % pour - 6,6 % de consommation)
à cause d?une forte augmentation des prix de l?électricité et
du gaz (cf. 1.3 et 1.7). Elles augmentent également dans le
résidentiel (+ 2,3 % pour - 2,7 % de consommation) et
l?agriculture-pêche (+ 0,9 % pour - 0,7 % de consommation).
À l?inverse, elles diminuent davantage que la consommation
dans les transports (- 7,2 % pour - 2,2 % de consommation)
grâce à la baisse du prix des produits raffinés. La dépense
pour des usages non énergétiques diminue fortement
(- 27,1 % pour - 1,9 % de consommation).
Le transport concentre 38 % de la dépense nationale
(hors charbon des hauts-fourneaux) pour 32 % de la
consommation. À l?inverse, le poids de l?industrie (y compris
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 111
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
consommation non énergétique) est plus faible dans la
dépense totale que dans la consommation. Cela s?explique
par le fait que les industriels bénéficient généralement de prix
inférieurs à la moyenne grâce à leurs volumes de consommation
souvent élevés et à une taxation globalement moindre que
celle des ménages. Ils sont toutefois plus sensibles aux
variations des prix sur les marchés internationaux. Le poids
de l?industrie dans la dépense totale a ainsi augmenté de
4 points entre 2020 et 2023 (12 % en 2023) alors que sa part
de la consommation a diminué d?un demi-point sur la même
période (17 % en 2023).
Figure 5.1.2 : consommation finale par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Industrie
(hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881
Transports 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691
Résidentiel 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
Tertiaire 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604
Agriculture-pêche 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835
Consommation finale énergétique
(hors charbon hauts-fourneaux) 1 631,2 181 347 1 494,8 152 414 1 632,9 180 468 1 559,3 213 532 1 495,9 218 834
Consommation finale non énergétique 156,0 8 654 146,5 6 599 154,3 10 326 121,6 12 411 119,3 9 050
Consommation finale (hors charbon
hauts-fourneaux) 1 787,2 190 001 1 641,4 159 013 1 787,2 190 794 1 680,9 225 943 1 615,1 227 883
Source :SDES,Bilandel?énergie
112 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.2 Légère diminution de la facture
énergétique des ménages et baisse
de la consommation
Les ménages français ont consommé, au total, 722 TWh
d?énergie en 2023, soit une baisse de 1,6 % par rapport à
2022 (figure 5.2.1). Cette consommation d?énergie se répartit
en 422 TWh (- 2,7 %) dans leurs logements (cf. 5.3) et
299 TWh (- 0,1 %) pour leurs déplacements (cf. 5.5). Leur
dépense énergétique atteint 114,9 Md¤ (- 1,3 %), dont
57,8 Md¤ pour le logement (+ 2,3 %) et 57,1 Md¤ pour le
transport (- 4,7 %).
En 2023, la dépense énergétique moyenne d?un ménage
s?élève à 3 678 ¤, dont 1 851 ¤ imputables à l?énergie dans
le logement et 1 827 ¤ aux achats de carburant (figure 5.2.2).
En euros courants, la dépense moyenne d?un ménage
augmente de 3,0 % (+ 6,8 % pour le logement et - 0,6 %
pour les carburants). Toutefois, corrigée de l?évolution globale
des prix, la facture moyenne en énergie diminue de 2,2 %
par rapport à 2022. Cette diminution est portée par la baisse
des dépenses en carburant (- 5,6 %) alors que les dépenses
énergétiques moyennes liées au logement augmentent
de 1,4 %.
Figure 5.2.1 : consommation d?énergie des ménages (données non corrigées des variations climatiques) et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Logement 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
Transport 306,1 52 539 256,7 37 990 288,8 47 981 299,6 59 927 299,3 57 087
Total 776,3 107 363 712,4 91 144 786,56 105 497 733,6 116 431 721,6 114 910
Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergiepourlelogement.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Figure 5.2.2 : dépense en énergie par ménage entre 2019 et 2023
48 43 54 55 57
61 62 70 64 80
En euros constants
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Électricité Gaz naturel Combustibles pétroliers
Bois Chaleur commercialisée Carburants
2019 2020 2021 2022 2023
3 561
2 996
3 437
3 760 3 678
1 068 1 102 1 159 1 090 1 141
419 375 382 393 410
223 166 208 221 163
1 743
1 249
1 563 1 935 1 827
Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergieparménagepourlelogement.
Lesdépensesencharbon,quireprésententpourl?ensembledesménagesmoinsde10M¤paran,nesontpasreprésentéesici,maissontbieninclusesdansletotal.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 113
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
L?augmentation des dépenses pour le logement résulte
de celle des prix. Elle est toutefois limitée par la diminution
de la consommation d?énergie pour le logement, liée à des
prix élevés en 2023 (cf. 5.3) et aux appels à la sobriété, dans
un contexte de crise énergétique. La prolongation en 2023
du bouclier tarifaire (plafonnement ou limitation des hausses
des tarifs réglementés, cf. 1.3 et 1.7) a permis de limiter la
hausse des prix du gaz et de l?électricité. Le dispositif de
chèque énergie, dont le montant moyen, toutes campagnes
confondues, s?élève à 138 ¤ en 202313, permet également
de soutenir les ménages les plus modestes face aux hausses
de prix. Cette aide n?est pas prise en compte dans les
dépenses présentées dans cette publication.
En euros constants, les dépenses moyennes en électricité,
qui représentent environ les deux tiers de la facture
énergétique dans les logements, sont en hausse de 4,6 %
par rapport à 2022. Les dépenses en gaz naturel, en chaleur
et en bois augmentent respectivement de 4,2 %, 2,5 % et
de 24 %. Les dépenses en produits pétroliers diminuent de
26 %, liées non seulement à une baisse de la consommation
mais aussi des prix (voir partie 1).
Les accises sur l?énergie (ex-TICPE, TICGN, TICFE et
TICC) ainsi que la contribution tarifaire d?acheminement pour
l?électricité et le gaz (CTA) représentent 4,7 % de la dépense
d?énergie du logement. En euros constants, le taux moyen
de ces taxes est de 6,4 ¤/MWh et diminue de 43,2 % par
rapport à 2022, toutes énergies confondues. Avec la diminution
des taxes et la baisse de la consommation énergétique, le
montant total de ces taxes s?élève à 87 ¤ par ménage et
diminue de 45,2 % (figure 5.2.3).
Figure 5.2.3 : décomposition de la dépense moyenne des ménages en énergie pour le logement
En euros constants
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Taxes énergétiques TVA Dépense HTT
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
La dépense en carburants diminue de 5,6 % en euros
constants en 2023. Elle résulte d?une baisse des prix (cf. 1.2),
la consommation moyenne par ménage étant stable entre
2022 et 2023. Les taxes énergétiques (composées de
l?accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) en métropole,
de la taxe spéciale de consommation (TSC) et de l?octroi
de mer dans les DROM) représentent 34,4 % de la dépense
(figure 5.2.4). Le taux moyen des taxes est de 65 ¤/MWh,
tous carburants confondus. En euros constants, le montant
des taxes collectées auprès des ménages pour les carburants
reste stable.
13 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023.
114 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Figure 5.2.4 : décomposition de la dépense moyenne de carburant par ménage
En euros constants
2 000
1 500
1 000
500
0
Taxes énergétiques TVA Dépense HTT
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Au total, en 2023, l?énergie représente 9,4 % des
dépenses des ménages et 5,8 % de leur consommation
effective, incluant notamment les loyers imputés et services
d?intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) -
(figure 5.2.5). La part dans les dépenses des ménages
baisse de 0,2 point par rapport à 2022, sa diminution étant
essentiellement due aux dépenses en carburants. En effet,
la part des carburants diminue de 0,3 point alors que celle
des énergies pour le logement augmente de 0,1 point.
La part de l?énergie dans les dépenses des ménages
demeure sensiblement éloignée de son pic atteint en 1985,
à 11,7 %.
Figure 5.2.5 : part de l?énergie dans le budget des ménages
En %
14
12
10
8
6
4
2
0
Part de l?énergie dans la consommation effective des ménages
Part de l?énergie dans le budget des ménages (hors Sifim et loyers imputés)
1968
1995
2010
1986
1971
1998
2013
1989
2004
1974
1965
1977
1992
2007
1980
1983
2001
2016
2019
2023
Note:lebudgetdesménagesestcalculécommelesdépensesdesménagesausensdelaComptabiliténationale,horsloyersimputésetservices
d?intermédiationfinancièreindirectementmesurés(Sifim).
Laconsommationeffectiveintègrecesdeuxélémentsainsiquelesconsommationscorrespondantàdesdépensesindividualisablesfaitesparlesinstitutionssans
butlucratifauservicedesménages(ISBLSM)etparlesadministrationspubliques(APU)enmatièredesanté,d?enseignement,d?actionsociale.
Lebudgetestprochedecequedéboursentlesménagespourleurconsommationcourante,tandisquelaconsommationeffectiveapprochecedontilsbénéficient,
ycompriscequiestpayéparl?ensembledelacollectivité.
Lechèqueénergie,introduiten2018àlaplacedestarifssociauxdugazetdel?électricité,n?estpasdéduitdeladépensed?énergiepourlelogement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :Insee,Comptesnationaux;SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 115
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.3 Résidentiel : baisse de la consommation
et augmentation de la dépense
En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur
résidentiel diminue de 2,7 % par rapport à 2022 et atteint
422 TWh. Corrigée des variations climatiques, la baisse est
presque équivalente (- 2,7 %). Les températures en 2023 ont
en effet été douces et comparables à celles de 2022. Les prix
élevés de l?électricité et du gaz ainsi que les appels à la
sobriété peuvent avoir incité les ménages à diminuer leur
consommation énergétique pour leur logement.
À climat corrigé, la consommation d?électricité du
résidentiel diminue en 2023 (- 2,8 %), à 156 TWh (figure 5.3.1).
Demeurant l?énergie principale employée par les ménages,
elle représente 34 % de la consommation totale d?énergie
dans les logements.
Deuxième énergie utilisée par les ménages et représentant
plus d?un quart de la consommation énergétique dans le
résidentiel, la consommation d?énergie renouvelable (EnR)
augmente à climat corrigé de 4,0 % par rapport à 2022, portée
par la chaleur issue des pompes à chaleur (PAC, + 10,4 %).
En 2023, les énergies renouvelables consommées dans
le résidentiel sont composées à 59 % de bois, 38 % de chaleur
issue des PAC (cf. 2.2.3) et 3 % d?énergie solaire thermique.
Troisième énergie utilisée par les ménages, le gaz
représente 25 % de la consommation d?énergie du logement.
Sa consommation diminue de 6,8 %, en lien sans doute avec
des prix en forte hausse.
La consommation de chaleur commercialisée
(i.e. distribuée via des réseaux) corrigée des variations
climatiques augmente de 2,3 %, pour s?établir à 16 TWh.
Enfin, la consommation de produits pétroliers diminue de
11,7 % et représente dorénavant 8,3 % de la consommation
totale.
Figure 5.3.1 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
600
500
400
300
200
100
0
Électricité Gaz naturel Énergies renouvelables et déchets Produits pétroliers Charbon Chaleur commercalisée*
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesdonnéesduCeren
116 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Ainsi, après correction des variations climatiques, seules
les consommations d?énergies renouvelables et de chaleur
commercialisée progressent en 2023 dans le secteur
résidentiel. L?augmentation des prix, les appels à la sobriété
et, dans une moindre mesure, la transition vers des formes
d?énergie plus propres expliquent en partie la baisse de la
consommation des énergies traditionnelles.
La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un
objectif de baisse de la consommation finale d?énergie pour
2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France
continentale. Pour le périmètre France entière, dans le secteur
résidentiel, la baisse corrigée du climat est de 9,9 % depuis
cette année de référence, soit - 50 TWh. Elle s?est fortement
accélérée depuis la crise énergétique puisqu?entre 2019 et
2023 elle atteint 6,2 %. Depuis 2012, le bouquet énergétique
a été profondément modifié. Avec - 45 TWh, le gaz naturel
est l?énergie qui contribue le plus à la baisse. Les produits
pétroliers viennent en second avec - 41 TWh. Cela s?explique
notamment par la diminution du parc de logements équipés
de chaudières au fioul. En hausse de 35 TWh, les énergies
renouvelables se sont en partie substituées aux énergies
carbonées.
Avec 312 TWh, le chauffage concentre plus des deux
tiers de la consommation du résidentiel en France
métropolitaine, à climat corrigé (figure 5.3.2). Les EnR
représentent 41 % de la consommation de chauffage, le gaz
30 % et l?électricité 16 %.
L?électricité spécifique (qui comprend la consommation
d?électroménager, d?éclairage, d?appareils audiovisuels et
informatique, etc.) représente 16,1 % de la consommation
d?énergie. Le reste de la consommation est réparti entre l?eau
chaude sanitaire (9,1 %) et la cuisson (5,1 %), tandis que la
climatisation ne représente encore qu?une faible part de la
consommation d?énergie (0,5 %). Sur un an, les consommations
à usage de climatisation augmentent à climat corrigé (+ 4,7 %)
alors que la consommation des autres usages diminue.
Figure 5.3.2 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel par usage
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Chauffage Eau chaude sanitaire Usages spécifiques de l?électricité Cuisson Climatisation
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:laconsommationenclimatisation,quireprésente2TWhen2023,n?estpasvisiblesurcegraphiquemaisestbieninclusedansletotal.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :Ceren;SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 117
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Les dépenses énergétiques totales du secteur résidentiel
s?élèvent à 57,8 milliards d?euros en 2023 (figure 5.3.3).
Elles augmentent en euros constants par rapport à 2022
(+ 2,3 %). Cette évolution s?explique principalement par la
hausse des prix de l?électricité (cf. 1.1,1.3et1.7). Toutefois,
les boucliers tarifaires permettent de limiter la hausse des
dépenses et les chèques énergie réduisent la charge pour
les ménages les plus modestes, avec un montant moyen de
138 ¤ en 202314.
La dépense en électricité (35,6 milliards d?euros)
représente en 2023 la plus forte dépense en énergie du
résidentiel (61,6 %). Elle augmente de 5,5 % en euros
constants par rapport à 2022. Les factures de gaz naturel
s?établissent à 12,8 milliards et sont en hausse en euros
constants (+ 5,1 %). Pour ces deux énergies, la baisse de la
consommation n?a pas compensé la hausse des prix. Pour
les produits pétroliers, la baisse des prix et de la consommation
ont entraîné une forte baisse de la dépense (- 25,3 %).
Elle s?établit à 5,1 milliards d?euros. Quant aux dépenses
d?énergies renouvelables (2,5 milliards d?euros), elles
augmentent de 25,1 %. Celles de chaleur (1,8 milliard d?euros)
augmentent de 3,4 %.
Figure 5.3.3 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 55,1 6 712 48,5 5 044 54,8 6 385 40,7 6 830 35,7 5 099
Gaz naturel 129,8 12 628 127,8 11 404 133,4 11 737 109,3 12 174 101,3 12 801
Charbon 0,3 9 0,2 7 0,3 9 0,3 17 0,2 9
Énergies renouvelables et déchets* 110,5 1 840 103,2 1 886 122,7 2 158 114,0 1 995 119,4 2 495
Électricité 159,7 32 188 161,5 33 512 169,5 35 573 155,2 33 772 150,7 35 645
Chaleur commercialisée 14,8 1 447 14,5 1 302 17,0 1 653 14,5 1 716 14,9 1 775
Total 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
*Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesthermiquesetdéchets,seulleboisdechauffagecommercialiséestprisencompte.
Note:lesdépensesdesménagesneprennentpasencompteleversementdeschèquesénergie.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM)
Source :SDES,Bilandel?énergie
14 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023.
118 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.4 Tertiaire : consommation d?énergie
en baisse et augmentation des dépenses
en électricité
En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur
tertiaire s?établit à 229 TWh, en baisse de 8,2 % par rapport
à 2022, et atteint son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans.
Le climat a été doux et comparable à celui de 2022. Corrigée
des variations climatiques (CVC), l?évolution de la
consommation est donc similaire (- 7,8 %) - (figure 5.4.1).
Le prix élevé de l?électricité et du gaz et la poursuite des
appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication
de cette baisse de la consommation. Le tertiaire est le secteur
qui a connu les plus fortes hausses de prix en 2023
(cf. partie 1). Ainsi, en 2023, la persistance des effets de la
crise énergétique amorcée en 2021 explique la hausse de la
dépense (+ 9,2 Md¤), portée par celles en électricité
(+ 9,4 Md¤) et en gaz (+ 1,1 Md¤).
Figure 5.4.1 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
300
250
200
150
100
50
0
Électricité Gaz naturel Produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Charbon Chaleur commercalisée*
2003
2012
2017
2009
2000
2004
2001
2013
2018
2010
2015
2005
2002
2006
2011
2016
2007
2008
2014
2019
2020
2021
2022
2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, corrigée du climat, la consommation d?électricité,
qui représente plus de la moitié du bouquet énergétique du
tertiaire, diminue de 6,1 % tandis que la valeur ajoutée des
services marchands augmente de 1,2 %. Depuis 2012,
la consommation d?électricité du tertiaire diminue en moyenne
de 1,2 % par an. La consommation de gaz naturel (un quart
du bouquet) diminue encore plus fortement (- 9,1 %),
une baisse bien supérieure au rythme des dernières années
(- 0,6 % en moyenne annuelle depuis 2012). La consommation
de produits pétroliers diminue à un rythme annuel de - 3,2 %
depuis 2012 et représente 11,4 % de la consommation
corrigée du climat en 2023. Même la consommation
d?énergies renouvelables (EnR) décroît en 2023 (- 0,9 %),
alors qu?elle progressait à un rythme annuel de + 5,8 % en
moyenne depuis 2012. La consommation des EnR dans
le tertiaire couvre la consommation renouvelable des pompes
à chaleur (25,5 %), de la biomasse (28 %), des déchets
(25,5 %) et du biogaz (13,9 %). Enfin, la consommation de
chaleur commercialisée via des réseaux baisse de 5,7 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 119
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
La valeur ajoutée du tertiaire augmente de 1,7 % en
moyenne par an depuis 2000, à un rythme supérieur à celle
du reste de l?économie. Malgré une très légère baisse, de
0,1 point en 2023, la part du tertiaire dans la valeur ajoutée
de l?économie progresse globalement régulièrement, passant
de 53 % en 2000 à 59 % en 2023. Entre 2000 et 2010, la
consommation d?énergie du tertiaire progresse au même
rythme (+ 1,8 % par an), soutenue par l?évolution de la
consommation de l?électricité (+ 2,8 % par an). Par la suite,
la consommation se stabilise jusqu?en 2018, année à partir
de laquelle la consommation d?énergie commence à décroître
(- 3 % en moyenne par an), sans doute sous l?impulsion de
l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments
(cf. 6.1). La reprise d?activité après les crises sanitaire et
énergétique n?a pas conduit à une augmentation de la
consommation d?énergie.
Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux,
la consommation d?énergie finale dans le tertiaire baisse de
25,3 TWh (- 9,6 %) en données corrigées du climat. L?intégralité
de la baisse a été réalisée entre 2019 et 2023. Au-delà des
objectifs de la programmation pluriannuelle de l?énergie,
le décret tertiaire (article 175 de la loi Élan de 2018) impose
une réduction progressive de la consommation d?énergie
dans les bâtiments à usage tertiaire. Celle-ci doit ainsi se
réduire de 40 % en 2030 par rapport à 2010.
En 2023, le secteur tertiaire a dépensé 39,6 milliards
d?euros pour sa consommation finale d?énergie, soit une
hausse de 30,1 % en euros constants par rapport à 2022
(figure 5.4.2), malgré la baisse de la consommation de toutes
les énergies. L?augmentation de la facture s?explique par la
hausse des prix de l?électricité et du gaz entraînée par la crise
énergétique.
Figure 5.4.2 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 EnTWh EnM¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 30,9 2 861 32,4 2 372 27,5 2 274 31,5 4 026 26,6 2 766
Gaz naturel 72,6 3 969 66,1 3 374 75,3 4 090 63,1 5 064 56,9 6 114
Charbon 0,4 10 0,4 8 0,4 10 0,4 15 0,3 13
Énergies renouvelables et déchets 9,2 117 9,4 104 10,6 112 11,3 131 11,3 158
Électricité 137,8 17 806 127,6 16 860 133,5 17 827 133,6 20 141 124,9 29 531
Chaleur commercialisée 9,3 843 9,5 805 10,6 966 9,7 1 076 9,1 1 022
Total 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604
Note:lebilanmonétaireneprendpasencomptelesaidesattribuéesvialeguichetd?aide.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Plus précisément, la dépense en électricité progresse de
46,6 % et celle en gaz naturel de 20,7 %. La dépense d?EnR,
qui n?inclut que la dépense en biomasse et en biocarburants,
augmente, quant à elle, de 20 %. La dépense de produits
pétroliers diminue de 31,3 %. C?est l?unique énergie dont le
prix moyen baisse en 2023.
En 2023, l?électricité concentre près des trois quarts de
la dépense, contre un peu plus de la moitié de la consommation
finale, du fait d?un prix relativement élevé au MWh par rapport
aux autres énergies. À l?inverse, le poids du gaz naturel est
plus faible dans la dépense totale que dans la consommation
(respectivement 15,4 % et 24,8 %). Troisième énergie du
secteur, les produits pétroliers représentent 7 % de la dépense
et 11,6 % de la consommation, devant la chaleur
commercialisée via des réseaux (2,6 % de la dépense totale
et 4 % de la consommation).
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/eco-energie-tertiaire-eet
120 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.5 Transports : une baisse
de la consommation qui marque la fin
de la reprise après la crise sanitaire
En 2023, l?usage des transports représente 34 % de la
consommation énergétique finale, soit 513 TWh, dont 299 TWh
sont liés aux déplacements des ménages (cf. 5.2) et 214 TWh
relèvent des entreprises et administrations. Par convention
statistique internationale, cette consommation exclut les soutes
internationales aériennes (62 TWh) et maritimes (12 TWh).
Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de
réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2023, la
consommation finale énergétique des transports a diminué de
3,6 %. Avec l?agriculture, c?est le seul secteur à ne pas atteindre
l?objectif de - 7,6 % (tous secteurs confondus) sur la période.
5.5.1 CONSOMMATION PAR USAGE ET PAR MODE
Après deux années marquées par une forte reprise post-Covid
(+ 13,6 % en 2021 et + 3,4 % en 2022), la consommation
énergétique finale pour les transports diminue de 2,2 % en
2023. Le transport intérieur de voyageur, moteur de la reprise
en 2021 et 2022, diminue de 0,3 %. Le trafic national de
marchandises (hors oléoducs) diminue fortement après avoir
stagné (- 4,0 %, après - 0,9 % en 2022) - (Bilanannueldes
transports en 2023, SDES).
Les consommations du secteur (figure 5.5.1.1) sont
dominées par le mode routier (93,2 %, soit 478 TWh), en
relation avec ses parts modales dans le transport de passagers
(87 % du trafic en métropole en voyageurs-kilomètres) comme
de marchandises (86 % en métropole en tonnes-kilomètres).
Le transport routier des ménages représente à lui seul plus
de la moitié (57,7 %) de la consommation finale énergétique
des transports en France.
La part des transports ferrés dans la consommation finale
(2,1 %, à 10,7 TWh en 2023) est bien inférieure à ses parts
modales (11 % pour les passagers et 9 % pour le fret).
Les vols domestiques (y compris les liaisons entre
métropole et outre-mer) représentent 3,2 % de la
consommation énergétique finale des transports, en baisse
de 0,3 point par rapport à 2022. Les vols internationaux (non
comptabilisés dans le total), particulièrement touchés par la
crise sanitaire, continuent leur reprise, pour atteindre
62,3 TWh en 2023 (+ 9,6 %).
La consommation du transport maritime et fluvial
(y compris plaisance) national représente 1,4 % de la
consommation énergétique finale des transports.
Figure 5.5.1.1 : part de chaque mode dans la consommation finale énergétique des transports et dans le transport
de voyageurs et de marchandises en 2023
En %
Routier ménages Routier entreprises Aviation domestique Ferré Autres
3,2 2,1 1,4
57,7
35,4
Transport intérieur
Voyageurs Marchandises
voyageurs-
kilomètres
tonnes-
kilomètres
Routier 87 % 86 %
Ferré 11 % 9 %
Aviation domestique 1 % -
Navigation - 2 %
Oléoducs - 3 %
Note:legraphiquedonnelapartdechaquemodedanslaconsommationfinaleénergétiquedestransports(horssoutesinternationales)enFranceentière.
LetableaupermetdevoirlapartdechaquemodedansletransportintérieurdevoyageursetletransportdemarchandisesenFrancemétropolitaine.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;SDES,Bilandestransports,2023
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 121
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.5.2 CONSOMMATION PAR ÉNERGIE
Le bouquet énergétique, hors soutes internationales, est
largement dominé par les produits pétroliers (89,3 %),
principalement à destination des transports routiers
(figure 5.5.2.1). Il est complété par les biocarburants (7,3 %),
l?électricité (2,5 %) et le gaz naturel, qui reste marginal (0,8 %).
Les consommations de carburants routiers (biocarburants
inclus) diminuent de 2,5 % en 2023 après deux années de
hausse post-crise sanitaire (+ 13,2 % en 2021 et + 2,1 % en
2022). Auparavant, elles avaient été quasi stables entre 2011
et 2019 (- 1,7 % sur l?ensemble de la période), avec une
progression des parts de l?essence (+ 1,1 point) et des
biocarburants (+ 1,7 point) au détriment du diesel (- 3,0 points).
Figure 5.5.2.1 : consommation finale énergétique des transports
En TWh
600
500
400
300
200
100
0
Gazole route (hors biocarburants)
Énergies renouvelables et déchets (biocarburants)
Essence route (hors biocarburants)
Électricité
Carburéacteurs et autres produits pétroliers (hors biocarburants)
Gaz naturel
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les ventes d?essence (en excluant les biocarburants
incorporés) retrouvent leurs niveaux d?avant-crise dès 2021
et continuent leur croissance en 2022 (+ 9,4 %) et en 2023
(+ 6,6 %). Cette croissance s?explique essentiellement par
celle de la circulation de voitures particulières à motorisation
essence, dont le parc croît au détriment de celui des
motorisations diesel. La circulation en France métropolitaine
de voitures particulières, utilitaires légers et motocycles
(pavillons français et étranger) à essence augmente de 3,3 %
en 2023 (en véhicules-kilomètres, hybrides incluses).
Les ventes de gazole routier (hors biocarburants
incorporés) baissent de 6 % en 2023. Elles représentent
62,7 % de la consommation finale pour le transport, à
321,7 TWh. La circulation de véhicules diesel, qui était
légèrement repartie en 2021 et 2022 (respectivement + 6,0 %
et + 3,9 %), diminue de 4,8 %. La décomposition par type de
véhicules montre une évolution contrastée : - 5,1 % pour les
voitures et utilitaires légers, - 1,1 % pour les véhicules lourds
(poids lourds, bus et cars), qui repassent légèrement sous
leur niveau d?avant-crise.
122 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Après une baisse importante liée à la crise sanitaire en
2020, la consommation de biocarburants routiers continue
sa reprise (+ 4,1 %) en 2023, alimentée par la hausse du taux
d?incorporation dans le gazole. En 2023, au niveau
métropolitain, ces taux en contenu énergétique atteignent
8 % pour le gazole (7,1 % en 2022) et 8,4 % pour l?essence
(9 % en 2022). Un objectif de taux d?incorporation est fixé
pour l?essence et le gazole dans le cadre de la taxe incitative
relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport
(Tiruert). En 2023, il passe de 9,2 à 9,5 % pour l?essence et
de 8,4 à 8,6 % pour le gazole. Depuis 2022, un taux est
également fixé pour le biokérosène (1 %).
En incluant les soutes internationales, la consommation
de carburéacteurs augmente de 4,9 % en 2023, après une
hausse de 58,9 % en 2022. Malgré cette progression,
elle reste largement en dessous de son niveau de 2019
(86,7 % du volume). La consommation d?énergie du trafic
intérieur diminue de 9,7 %, alors que celle due au trafic
international poursuit sa croissance (+ 9,6 %).
Les livraisons à destination des soutes maritimes
internationales, principalement sous forme de fioul lourd,
diminuent de 10,3 % après deux années de reprise (+ 13,5 %
en 2021, + 5,6 % en 2022), atteignant un niveau inférieur de
38,4 % à celui de 2019.
La consommation d?électricité, majoritairement liée au
mode ferré, s?élève à 12,9 TWh en 2023, en hausse de 16 %
par rapport à 2022. Cette croissance est portée par celle de
la consommation du ferré (+ 12,7 %) et par celle des véhicules
routiers à motorisation alternative (électriques et hybrides
rechargeables). La consommation d?électricité pour le routier
poursuit sa forte croissance (+ 29,5 % en 2020, + 109,1 %
en 2021, + 77,4 % en 2022 et + 46,7 % en 2023), pour
atteindre 2,3 TWh. Avec 25,7 % des immatriculations en 2023,
les voitures particulières électriques et hybrides rechargeables
continuent leur croissance, passant de 2,2 % du parc en 2022
à 3,1 % en 2023 (Bilanannueldestransportsen2023, SDES).
La consommation de gaz naturel pour le mode routier
(y compris le gaz naturel porté par camion sous forme de gaz
naturel liquéfié depuis les terminaux méthaniers) continue
sa progression (+ 14,6 % en 2023), notamment grâce au
développement du parc de poids lourds alimentés au gaz.
À un niveau de 4,2 TWh, elle représente 0,8 % de la
consommation finale énergétique des transports.
5.5.3 CONSOMMATION, DÉPENSES ET TAXES
La dépense énergétique du secteur des transports s?élève en
2023 à 88 Md¤ (figure 5.5.3.1). Comme la consommation
finale, la facture énergétique des transports est dominée par
les produits pétroliers (91 %), en particulier à destination du
transport routier. Elle décroît plus rapidement que la
consommation (- 7 %, contre - 2 % pour la consommation) en
raison d?une baisse des prix après la flambée de 2022 (cf. 1.2).
Les taxes énergétiques représentent, comme en 2022, 34 %
de la dépense dans les transports en 2023.
Figure 5.5.3.1 : consommation finale énergétique des transports (hors soutes internationales) par énergie et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 481,7 76 205 405,0 54 808 460,5 69 287 473,9 86 286 458,6 80 134
Gaz naturel 1,9 85 2,2 86 3,1 149 3,7 317 4,2 394
Biocarburants 37,2 3 399 30,9 2 632 34,0 4 431 36,0 6 571 37,7 5 416
Électricité 10,1 605 8,3 606 9,7 767 11,1 1 313 12,9 1 747
Total 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691
Source :SDES,Bilandel?énergie
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 123
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6 Industrie : baisse de la consommation
énergétique et hausse de la dépense
en électricité
5.6.1 CONSOMMATION FINALE PAR ÉNERGIE
ET DÉPENSE ASSOCIÉE
Le secteur de l?industrie inclut ici l?industrie manufacturière,
y compris agroalimentaire, et la construction. La consommation
de charbon des hauts-fourneaux, considérée comme faisant
partie du secteur de la transformation d?énergie par convention
statistique internationale, est exclue de la consommation
d?énergie physique de l?industrie (et traitée en conséquence
dans la partie 3). On distingue les usages énergétiques de
l?énergie de ses usages non énergétiques, c?est-à-dire de
l?utilisation des molécules comme matière première. Les
usages non énergétiques sont traités en détail, énergie par
énergie, dans la partie 4 du bilan. La consommation à usage
non énergétique s?établit à 119,3 TWh en 2023. La grande
majorité de ces consommations à usage non énergétique est
constituée par les produits pétroliers (105,4 TWh), en
particulier dans l?industrie pétrochimique (76,6 TWh). Le gaz
naturel est également utilisé pour des usages non énergétiques
(10,5 TWh, principalement pour la synthèse d?engrais et pour
la production d?hydrogène).
La consommation finale à usage énergétique réelle de
l?industrie s?établit, quant à elle, à 278,6 TWh en 2023.
Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de
réduction de la consommation d?énergie, elle a baissé de
64,9 TWh (18,9 %) en données réelles, soit - 1,9 % en moyenne
par an (- 17,1 % en données corrigées des variations climatiques).
Les deux tiers de la baisse ont été réalisés entre 2019 et 2023.
La consommation recule par rapport à 2022, de 6,6 % en
données réelles (- 6,5 % à climat corrigé en raison de
températures comparables entre les deux années). Dans le
même temps, la production dans l?industrie manufacturière
diminue également sur l?année 2023 (- 5,0 %). La baisse de
consommation en 2023 concerne l?ensemble des énergies,
à l?exception des produits pétroliers et des énergies
renouvelables, qui connaissent une légère hausse
(respectivement + 1,3 % et + 3,5 %).
En 2023, le bouquet énergétique final de l?industrie est
toujours dominé par le gaz et l?électricité (respectivement 35 %
et 37 % du total) - (figure 5.6.1.1). Viennent ensuite les produits
pétroliers (10 %), les énergies renouvelables et les déchets
(10 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (2 %,
hors hauts-fourneaux) - (cf. 3.3).
Figure 5.6.1.1 : consommation finale énergétique de l?industrie
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Gaz naturel
Énergies renouvelables thermiques et déchets
Électricité
Chaleur commercialisée*
Produits pétroliers
Charbon (hors hauts-fourneaux)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
124 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
La dépense énergétique totale de l?industrie (hors charbon
dans les hauts-fourneaux) s?élève en 2023 à 27,9 milliards
d?euros, en hausse de 6,0 % en euros constants sur un an,
pour une consommation qui baisse dans le même temps de
6,6 % (figure 5.6.1.2). Cette augmentation des dépenses
s?inscrit dans la continuité de la hausse importante constatée
en 2022, liée à l?impact du contexte géopolitique sur les prix
de l?énergie. Par rapport au niveau d?avant la crise sanitaire
(2019), l?augmentation est significative (+ 70,8 %).
La hausse de la dépense est surtout imputable à celle de
l?électricité (+ 31,2 % en euros constants sur l?année), qui
représente 59,4 % de la dépense énergétique de l?industrie.
Le gaz naturel (26,9 % de la dépense totale) connaît à la fois
une baisse de consommation (- 9,5 % en 2023) et de dépense
(- 15,9 %) notables, après une explosion de la facture en
2022. De même, les dépenses industrielles liées aux produits
pétroliers (8,2 % du montant total), du charbon et dérivés
hors hauts-fourneaux (0,9 %) et de la chaleur commercialisée
(3,5 %) se réduisent en 2023 (respectivement - 9,8 %, - 23,5 %
et - 39,2 %). Enfin, couplée à une légère hausse de la
consommation (+ 3,5 %), les dépenses dans les énergies
renouvelables thermiques et déchets augmentent par rapport
à 2022 (+ 4,5 % en euros constants).
Figure 5.6.1.2 : consommation finale énergétique de l?industrie par énergie (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 29,1 1 898 28,2 1 476 27,7 1 798 28,1 2 549 28,5 2 300
Gaz naturel 121,1 4 247 108,8 3 049 120,8 5 390 108,3 8 904 98,0 7 491
Charbon et dérivés
hors hauts-fourneaux 10,3 250 9,1 179 10,5 274 7,4 315 6,2 241
Énergies renouvelables thermiques
et déchets* 23,8 150 23,4 146 24,0 200 25,6 288 26,5 301
Électricité 115,7 9 229 105,8 8 550 112,5 10 077 107,2 12 628 102,0 16 562
Chaleur commercialisée 18,8 551 17,6 458 20,1 884 21,6 1 623 17,5 986
Total (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881
*Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesetdéchets,seulslebois-énergieetlesbiocarburantssontprisencompte.
Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,laconsommationdecharbonetsesdérivés
dansleshauts-fourneauxestexcluedelaconsommationfinale.Lebilanmonétairedel?industriedanscetteficheestréaliséencohérenceaveclebilanphysique
excluantlecharbondeshauts-fourneaux.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 125
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6.2 CONSOMMATION FINALE PAR SECTEUR
Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente à lui
seul 21,9 % de l?énergie consommée dans l?industrie
(figure 5.6.2.1), voit sa consommation énergétique diminuer
de 4,5 %, tandis que l?indice brut de production de l?industrie
chimique est relativement stable sur un an (- 0,6 % par
rapport à l?année précédente). Le gaz naturel représente
près de la moitié (43 %) de sa consommation énergétique
et augmente de nouveau (+ 1,8 % en 2023) après une chute
en 2022.
L?industrie agroalimentaire pèse pour 19,1 % des
consommations énergétiques dans l?industrie. Elle enregistre
une baisse de 8,0 % sur l?année 2023 (- 4,6 TWh), pour
atteindre son plus bas niveau depuis 2017. Cette diminution
est portée notamment par celle du gaz naturel (- 3,3 TWh),
tandis que les produits pétroliers et les énergies renouvelables
progressent dans le même temps (+ 0,4 TWh chacun).
L?activité des industries alimentaires diminue aussi au cours
de l?année (- 6,1 % selon l?indice brut de production). Après
avoir été davantage épargnée que d?autres secteurs par les
baisses d?activité pendant la crise sanitaire en 2020, elle
subit la baisse de la consommation de produits alimentaires
liée à l?inflation générale de ces produits depuis 2022.
En baisse de 10,8 % en 2023, la consommation
énergétique du secteur des produits minéraux non métalliques
représente 13,8 % de la consommation de l?industrie.
Il regroupe les industries ayant vocation à transformer des
minéraux présents à l?état naturel pour la production de
ciment, de céramiques, de verre et de chaux. Les processus
consomment du gaz naturel en grande partie (42 % de la
consommation du secteur).
Ensuite, les secteurs industriels faisant l?objet de la plus
importante consommation d?énergie sont les imprimeries et
papeteries (9,2 % du total) et la sidérurgie (6,8 %, dont plus
de la moitié correspondant à de la consommation d?électricité).
Les consommations énergétiques de ces deux secteurs sont
en baisse en 2023 (respectivement - 12,8 % et - 4,3 % par
rapport à 2022).
Le secteur des métaux non ferreux, incluant entre autres
les entreprises électro-intensives de la production
d?aluminium, a quant à lui une consommation énergétique
stable en 2023. Il représente 3,7 % de la consommation de
l?industrie et 7 % de la consommation de l?électricité.
Seul le secteur du matériel de transport voit sa
consommation d?énergie augmenter par rapport à 2022
(+ 18,9 %). Il correspond à 4,4 % des consommations
énergétiques dans l?industrie.
Figure 5.6.2.1 : évolution de la consommation finale énergétique (données non corrigées des variations climatiques)
par secteur de l?industrie
En TWh
2023
2022
2021
2020
2019
Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport
Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers
Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir Non spécifié ci-dessus
0 50 100 150 200 250 300 350
19
20
20
24
24
10
10
11
12
12
17
19
17
20
20
12
10
9
11
11
26
29
29
30
30
7
8
6
7
8
18
18
17
18
19
3 1053
58
57
58
61
5
5
5
5
5
38
43
41
44
44
61
64
68
73
67
3
2
3
3
12
11
14
12
Note:lessecteursprésentéssontdesagrégatsdelaclassificationNAF.Toutefois,lecharbonetsesproduitsdérivésdeshauts-fourneauxontétéexclusdela
sidérurgie,conformémentauxconventionsinternationalessurlesstatistiquesdel?énergie.
Source :SDES,Bilandel?énergie
126 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6.3 DÉCOMPOSITION SECTORIELLE
DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
En données réelles, la consommation finale de gaz naturel
à usage énergétique diminue en 2023 et s?établit à 98,0 TWh
(soit - 9,5 %), après une baisse du même ordre de grandeur
entre 2021 et 2022 (figure 5.6.3.1). Depuis 2012, elle se
réduit en moyenne de 3,0 % par an. Le secteur de la chimie
et pétrochimie, qui représente 27 % de la consommation
de gaz de l?industrie, est cependant en hausse de 1,8 %
en 2023.
La consommation finale d?électricité diminue de 4,9 % au
cours de l?année, pour s?établir à 102,0 TWh, se situant 11,8 %
en dessous de la consommation de 2019. Cette baisse ne
touche pas tous les secteurs de manière uniforme. Elle est
principalement forte sur les secteurs de la papeterie et
imprimerie (- 14,0 %) et de la sidérurgie (- 9,0 %). Les pôles
industriels les plus consommateurs d?électricité restent les
produits alimentaires (21 % de la consommation totale) ainsi
que la chimie et pétrochimie (17 %).
La consommation finale de produits pétroliers dans
l?industrie connaît une légère augmentation en 2023, de 1,3 %
en données réelles. Depuis 2012, elle baisse néanmoins de
2,4 % en moyenne annuelle. Elle provient pour plus de 60 %
des secteurs de la construction et des produits minéraux non
métalliques, malgré un léger recul de ces secteurs en 2023
(respectivement - 0,6 % et - 4,4 %). La légère augmentation
en 2023 provient majoritairement de l?industrie agroalimentaire,
en progression de 14,3 % au cours de l?année.
La chaleur commercialisée connaît la plus forte chute de
consommation finale annuelle (- 19,0 %). La consommation
de chaleur vendue dans l?industrie se répartit presque
intégralement entre les secteurs de la chimie et pétrochimie
(61 % de la consommation totale), la papeterie et imprimerie
(19 %) et les produits alimentaires (15 %). Chacun de ces
domaines connaît une baisse supérieure à 15 % en 2023.
La consommation finale d?énergies renouvelables et de
déchets est, quant à elle, en légère hausse (+ 3,5 %).
Elle augmente de 1,8 % en moyenne par année depuis 2012.
La majorité de ses consommations sectorielles (70 %) provient
du papier et de l?imprimerie, des produits minéraux non
métalliques et du bois. Ces domaines sont cependant en
léger recul en 2023. La hausse de consommation d?énergies
renouvelables et de déchets provient surtout de l?industrie
agroalimentaire et de la sidérurgie, dont les consommations
augmentent significativement par rapport à 2022.
En 2023, la consommation finale de charbon (hors hauts-
fourneaux) diminue de 16,6 %. Malgré un rebond en 2021,
la consommation nette de charbon dans l?industrie est
inférieure de 41,4 % à son niveau de 2019 et se situe dans
une dynamique globale de baisse depuis 2012 (- 57,0 %).
Plus de 90 % de la consommation industrielle de charbon se
répartit entre les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et
des produits minéraux non métalliques.
Figure 5.6.3.1 : décomposition sectorielle de la consommation finale énergétique de l?industrie en 2023
Non spécifié ci-dessus
En %
Gaz naturel
Électricité
Produits
pétroliers
Chaleur
commercialisée
Charbon (hors
hauts-fourneaux)
Énergies renouvelables
thermiques et déchets
Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport
Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers
Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Note:lapartdechacunedesénergiesestcalculéeàpartirdesdonnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 127
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.7 Agriculture-pêche : consommation
et dépense quasi stables
Avec 52,6 TWh, la consommation finale d?énergie de
l?agriculture et de la pêche diminue très légèrement, de 0,7 %
en 2023, après une baisse de 2,5 % en 2022 (figure 5.7.1).
Peu sensible aux fluctuations de la production agricole, elle
ne varie guère depuis une dizaine d?années. Par rapport à
2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction
de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation de
l?agriculture et de la pêche est en légère croissance (+ 2,8 %
sur la période).
Dans l?agriculture, les produits pétroliers, comprenant
essentiellement du gazole non routier (GNR), constituent
72,9 % du bouquet énergétique en 2023, avec une
consommation en hausse de 0,9 %. Le GNR est destiné aux
tracteurs et engins mobiles non routiers. La consommation
d?électricité, qui représente la deuxième source d?énergie du
secteur (13,6 %), baisse de 9,4 %. Viennent ensuite les
énergies renouvelables et déchets, qui représentent 9,6 % du
bouquet énergétique, et dont la consommation progresse de
3,8 % sur un an. Depuis 2012, elle augmente en moyenne de
9,5 % par an. Le gaz naturel enregistre, quant à lui, une baisse
de 8,2 % et correspond en 2023 à 3,4 % de la consommation
dans l?agriculture. Quant à la chaleur commercialisée, qui ne
représente que 0,5 % de la consommation, elle réalise une
hausse de 6,2 %. Dans le secteur de l?agriculture, l?électricité,
le gaz de pétrole liquéfié et le gaz naturel sont utilisés
principalement pour les bâtiments d?élevage, les serres et
l?irrigation.
La pêche représente 8,5 % des consommations d?énergie
de l?ensemble agriculture-pêche. Sa consommation finale
d?énergie, composée pour l?essentiel du gazole consommé
par les bateaux de pêche, diminue légèrement en 2023
(- 1,3 %) après quatre années de hausse consécutives.
Figure 5.7.1 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche
En TWh
60
50
40
30
20
10
0
2007
2016
2021
2022
2023
2013
2004
2008
2005
2017
2014
2019
2009
2006
2010
2015
2020
2011
2012
2018
Produits pétroliers
Gaz naturel
Électricité
Charbon
Énergies renouvelables et déchets
Chaleur commercialisée*
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
128 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
En 2023, la dépense totale en énergie du secteur de
l?agriculture et de la pêche s?élève à 5,8 milliards d?euros
(figure 5.7.2). En euros constants, elle est en légère hausse
par rapport à l?année précédente (+ 0,9 %), après une hausse
majeure en 2022 (+ 31,0 %) liée à l?explosion des prix de
l?énergie. La dépense en produits pétroliers baisse de 9,0 %
en 2023, malgré une légère hausse de consommation, et
correspond à 60,4 % de la dépense dans le secteur
agriculture-pêche. À l?inverse, la dépense en électricité
explose (+ 36,9 % par rapport à 2022), tandis que sa
consommation diminue, sous l?effet des hausses de prix.
Ainsi, elle représente 31,5 % de la dépense en 2023.
Troisième énergie du secteur, les énergies renouvelables
et déchets représentent 4,8 % de la dépense (en baisse de
28,2 %), contre 9,6 % de la consommation. Le gaz est le
quatrième poste de dépense (2,9 % du total), en progression
de 9,7 % en 2023.
Figure 5.7.2 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 35,9 2 777 39,5 2 306 39,3 2 804 38,0 3 872 38,3 3 524
Gaz naturel 2,3 112 2,2 97 2,3 116 1,9 153 1,8 167
Charbon 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,8 0,01 0,6
Énergies renouvelables et déchets 4,3 161 4,4 153 4,7 263 4,9 389 5,0 279
Électricité 8,5 1 228 8,1 1 176 7,6 1 207 7,9 1 341 7,1 1 835
Chaleur commercialisée 0,2 19,6 0,2 16,0 0,3 24,3 0,2 25,8 0,2 27,7
Total 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835
Source : SDES,Bilandel?énergie
partie 6
Intensité énergétique
finale et émissions
de gaz à effet de serre
dues à la combustion
d?énergie
? En 2023, l?intensité énergétique finale atteint 0,6 TWh par milliard
d?euros de PIB. Elle décroît de 3,5 % par an en moyenne
depuis 2020. La consommation d?énergie finale par habitant s?établit
à 22,6 MWh, en baisse de 4,3 % par rapport à 2022. La baisse
des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion
d?énergie est estimée à 6,8 %. Elle concerne tous les secteurs et,
en particulier, le secteur de l?énergie.
130 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.1 Intensité énergétique finale : poursuite
de la baisse
Après un rebond en 2020 (+ 1,5 % sur un an) lié à la crise
sanitaire, l?intensité énergétique finale (consommation finale
à usage énergétique par unité de PIB) reprend sa tendance
à la baisse, à un rythme annuel moyen de - 3,5 % entre
2020 et 2023, pour atteindre 0,60 TWh par milliard d?euros
en 2023 (figure 6.1.1). La consommation finale à usage
énergétique annuelle, corrigée des variations climatiques,
continue à diminuer (- 4,0 % en 2023), alors que l?activité
connaît une croissance faible (+ 0,9 %).
Sur le long terme, l?intensité énergétique finale diminue
de manière quasiment continue depuis 1990, à un rythme
annuel moyen de - 1,4 %. Entre 1990 et 2001, cette baisse
s?explique par une croissance moins rapide de la
consommation énergétique finale (+ 16,7 %) que du PIB
(+ 26,4 %). À partir de 2001, la consommation énergétique
finale diminue alors que le PIB continue à augmenter, bien
que moins rapidement. Ce découplage partiel entre PIB et
consommation d?énergie s?explique par des gains d?efficacité
énergétique dans l?ensemble des secteurs, par la tertiarisation
de l?économie et par une croissance de la demande des
ménages moins rapide que celle du PIB.
En 2023, la consommation finale énergétique par habitant
diminue de 4,3 % par rapport à 2022, pour s?établir à 22,6 MWh
par habitant, poursuivant la baisse temporairement mise en
pause en 2020. Sur le long terme, après une croissance
annuelle moyenne de 1 %, qui culmine en 2001 à 29,2 MWh
par habitant, la consommation par habitant diminue à un
rythme annuel moyen de - 1,2 % de 2001 à 2023.
De 1990 à 2001, à climat corrigé, la consommation finale
énergétique totale augmente de 16,7 %, notamment du fait
de la hausse de consommation du tertiaire (+ 26,9 %) et des
transports (+ 17,9 %). De 2001 à 2023, la tendance s?inverse,
principalement du fait de la baisse de la consommation de
l?industrie (- 27,4 %) et, dans une moindre mesure,
du résidentiel (- 7,6 %).
Figure 6.1.1 : intensité énergétique finale (données corrigées des variations climatiques)
En MWh/hab et TWh/Md¤ (données corrigées des variations climatiques)
30
29
28
27
26
25
24
23
22
21
20
1,10
1,00
0,90
0,80
0,70
0,60
0,50
uche)
Consommation finale énergétique par habitant (MWh/hab, axe de gauche)
Consommation finale énergétique par unité de PIB (TWh/Md¤, axe de droite)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance;Insee
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 131
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
Depuis 1990, l?intensité énergétique finale a diminué pour
l?ensemble des activités (figure 6.1.2).
Dans les transports, premier secteur consommateur
en 2023 (33 % de la consommation énergétique finale),
l?amélioration de la performance énergétique des véhicules
légers se poursuit de manière continue depuis 1990, avec
une baisse de 26 % de la consommation d?énergie par
kilomètre parcouru. Cette baisse s?accélère à partir de 2010,
passant d?un rythme annuel moyen de - 0,7 % de 1990 à 2010
à - 1,2 % de 2010 à 2023. La réduction de la consommation
unitaire des poids lourds apparaît moins forte (- 13 %
depuis 1990). Elle stagne jusqu?au milieu des années 2000
puis décroît à un rythme annuel moyen de - 0,8 % entre
2005 et 2023.
Malgré un léger rebond en 2020, en lien avec une
présence accrue des ménages dans leur domicile, la baisse
la consommation d?énergie par m2 est particulièrement forte
dans le résidentiel (- 37 % depuis 1990), traduisant les
meilleures performances énergétiques des logements neufs
ainsi que des efforts de rénovation dans les logements
anciens. En 2023, le secteur résidentiel représente 29,5 %
de la consommation énergétique finale.
Dans l?industrie (18,3 % de la consommation énergétique
finale en 2023), l?adoption de procédés moins consommateurs
a contribué à la baisse de long terme de l?intensité énergétique
(- 35 % depuis 1990).
Le tertiaire (15,5 % de la consommation énergétique
finale en 2023) connaît une chute de son intensité énergétique
de 28 % depuis 1990. La baisse ne commence qu?à partir de
la fin des années 2000, à un rythme annuel moyen soutenu
de - 2,6 % entre 2009 et 2023. Comme dans le résidentiel,
cette tendance s?explique notamment par l?amélioration des
performances énergétiques des bâtiments du secteur.
Dans l?agriculture (3,4 % de la consommation énergétique
finale en 2023), l?intensité énergétique est beaucoup plus
volatile, en raison notamment des aléas climatiques qui
pèsent sur les récoltes et affectent les rendements sans
modifier la consommation d?énergie. Toutefois, elle baisse
tendanciellement depuis 1990 (- 11 %).
Figure 6.1.2 : évolution des intensités énergétiques finales par secteur (données corrigées des variations climatiques)
En indice base 100 en 1990 (données corrigées des variations climatiques)
120
110
100
90
80
70
60
50
Tertiaire Résidentiel Industrie Agriculture Poids lourds Véhicules légers
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2023
Note:l?intensitéénergétiquefinaleestdéfiniecommeleratiodelaconsommationénergétiquefinaledusecteuràsavaleurajoutée,saufpourlerésidentiel,
oùledénominateurestlasurfacetotaledeslogementshabités,etdanslestransports,oùl?indicateurmesurelaconsommationunitairedesvéhicules.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance,Bilanannueldestransports,Rapportducomptedulogement;Insee
132 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.2 La baisse de la consommation d?énergie
et l?évolution du bouquet énergétique
favorisent une baisse des émissions de gaz
à effet de serre
La combustion d?énergie est la première source d?émissions
de gaz à effet de serre. En France, en 2022, ces émissions
représentent 70 % du total, hors UTCATF (Utilisation des
terres, changement d?affectation des terres et foresterie) et
soutes internationales. Le reste provient des procédés
industriels, de l?agriculture, de l?élevage et de la gestion des
déchets. Les émissions liées à la combustion d?énergie
s?établissent à 276 Mt CO2 éq en 2022 (figure 6.2.1).
Pour 2023, ces émissions sont estimées à 258 Mt CO2 éq,
soit une baisse de 6,8 %.
Entre 1990 et 2022, les émissions de GES liées à la
combustion d?énergie ont diminué de 24,8 %. Après une
période de relative stabilité entre 1990 et 2005, elles diminuent
depuis à un rythme annuel moyen de - 2,0 %. Sur la période,
les émissions de tous les secteurs diminuent, à l?exception
du transport (+ 5 %).
Figure 6.2.1 : émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie par secteur entre 1990 et 2023
En Mt CO2 éq
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Transports Industrie manufacturière et consctruction Résidentiel Tertiaire
Agriculture Industrie de l?énergie Émissions fugitives Non spécifié
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2023 (e
)
(e)=estimation.
Note:lesdonnéesd?émissionsutiliséesdanscettepartiesontlesémissionsdedioxydedecarbone(CO2),deméthane(CH4),deprotoxyded?azote(N2O)etde
gazfluorésduesàlacombustiond?énergie(CRF1)rapportéesàlaCCNUCCsurlepérimètreFranceetDROMappartenantàl?Unioneuropéenne.L?année2023
est estimée.
Source :InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 133
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
En 2022, les transports représentent 46 % des émissions
liées à la combustion d?énergie, l?industrie manufacturière et
la construction 15 %, l?industrie de l?énergie 14 %, le résidentiel
13 %, le tertiaire 6 %, l?agriculture 4 %. Les émissions
involontaires lors des activités d?extraction, de traitement et
de distribution de combustibles fossiles, appelées émissions
fugitives, représentent 1 % du total.
La répartition sectorielle de ces émissions a fortement
évolué depuis 1990. Les émissions directes15 du transport,
qui représentaient 33 % des émissions dues à la combustion
d?énergie en 1990, ont vu leur part progresser de 13 points.
Celle des émissions de l?agriculture augmente également de
1 point. À l?inverse, la part des émissions des autres secteurs
a diminué : industrie manufacturière et construction (- 3 points),
industrie de l?énergie (- 4 points), résidentiel (- 4 points), tertiaire
(- 1 point).
Ces disparités entre secteurs s?expliquent par l?évolution
de leur consommation d?énergie et de leur bouquet énergétique.
Par exemple, les transports ont vu leur consommation d?énergie
finale augmenter de 17,2 % et leur bouquet énergétique rester
très largement dominé par les produits pétroliers. À l?inverse,
d?autres secteurs ont connu une décarbonation partielle de
leur bouquet énergétique : baisse de la part de combustibles
fossiles fortement émetteurs (charbon, pétrole et, dans une
moindre mesure, gaz) et hausse de la part des énergies
renouvelables et de l?électricité et de la chaleur commercialisée.
En 2023, la baisse des émissions liées à la combustion
d?énergie est estimée à 6,8 % et touche tous les secteurs,
en particulier l?industrie de l?énergie (- 18 %) et y compris les
transports (- 3 %).
6.2.1 ÉMISSIONS DU RÉSIDENTIEL
On peut distinguer deux phases dans l?évolution de émissions
de GES liées à l?énergie du secteur résidentiel (figure 6.2.1.1).
De 1990 à 2006, les émissions directes du secteur
résidentiel augmentent de 9,6 % et suivent l?augmentation
de la consommation finale d?énergie (+ 11,3 %). Sur cette
période, la consommation de produits pétroliers et de charbon,
fortement émetteurs, diminue de 24,4 %, mais celle de gaz
augmente de 52,6 %.
De 2006 à 2022, les émissions diminuent plus rapidement
que la consommation d?énergie finale (respectivement
- 46,9 % et - 12,0 %), notamment grâce à l?évolution du
bouquet énergétique. La consommation d?électricité et de
chaleur augmente de 18,4 %, tout comme celle d?énergies
renouvelables et de déchets (+ 52,8 %). Dans le même temps,
la consommation de produits pétroliers et de charbon continue
à baisser fortement (- 61,0 %) et la consommation de gaz
diminue de 35,7 %.
Figure 6.2.1.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
En TWh Indice base 100 en 1990
200
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
120
100
80
60
40
20
0
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente
unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
15 Les émissions indirectes liées à la production d?électricité et de chaleur commercialisée ne sont pas comptabilisées dans les secteurs de consommation finale
mais dans l?industrie de l?énergie. La substitution d?énergies fossiles par de l?électricité dans le bouquet énergétique d?un secteur explique donc une baisse de ses
émissions directes. Toutefois, même en comptabilisant les émissions indirectes, c?est-à-dire en réaffectant les émissions de l?industrie de l?énergie aux secteurs de
consommation finale, l?électrification du bouquet énergétique permet une baisse des émissions, la production d?électricité étant peu émettrice en France (nucléaire,
hydraulique).
134 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
En 2023, la baisse des émissions du résidentiel est
estimée à - 6,8 %, alors que la consommation finale diminue
de 2,7 %, en lien avec la réduction importante des
consommations d?énergies fossiles : la consommation finale
de charbon et de produits pétroliers diminue de 12,4 %, celle
de gaz de 7,3 %.
6.2.2 ÉMISSIONS DU TERTIAIRE
Dans le secteur tertiaire, le découplage entre les émissions
de GES et la consommation d?énergie est intervenu plus tôt
que dans le résidentiel, grâce à une importante électrification
du secteur. Ainsi, entre 1990 et 2010, les émissions directes
du tertiaire augmentent seulement de 6,7 % alors que la
consommation finale d?énergie croît de 57,7 % (figure 6.2.2.1).
Sur cette période, la part des produits pétroliers et du charbon
diminue de 19 points, pour atteindre 17 % en 2010. Le gaz
augmente fortement et passe devant les produits pétroliers
dans le bouquet du secteur (+ 7 points, pour atteindre 27 %
du total). L?électricité et la chaleur conservent leur première
place grâce à un forte croissance (+ 10 points), atteignant
une part de 53 %. Les énergies renouvelables font leur
apparition, passant de 0,6 TWh à 7,2 TWh en 2010, soit une
part de 2,4 %.
Figure 6.2.2.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
Indice base 100 en 1990En TWh
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente
unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
L?année 2010 marque un pic de consommation d?énergie,
notamment du fait d?un climat particulièrement rigoureux.
L?année suivante se distingue à l?inverse par des températures
douces, provoquant une baisse importante de la
consommation d?énergie finale (- 13,7 %) et des émissions
(- 25,5 %).
À partir de 2011, les émissions de gaz à effet de serre du
tertiaire se stabilisent (+ 2,9 % entre 2011 et 2021), comme
la consommation d?énergie finale du secteur (+ 2,4 %).
Le bouquet énergétique évolue légèrement au profit du gaz
(+ 5 points) et des énergies renouvelables (+ 2 points), alors
que l?électricité et la chaleur diminuent de 2 points et le
charbon et les produits pétroliers de 5 points.
L?année 2022 est marquée par une baisse de la
consommation finale d?énergie du secteur (- 3,2 %).
Les émissions diminuent encore plus rapidement (- 20,4 %),
principalement du fait d?une baisse plus rapide de
la consommation de gaz (- 4 points dans le bouquet
énergétique final).
En 2023, la baisse des émissions du secteur se poursuit
et est estimée à - 4,6 %, alors que la consommation finale
d?énergie diminue de 8,2 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 135
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.2.3 ÉMISSIONS DE L?INDUSTRIE
ET DE LA CONSTRUCTION
Comme pour les deux secteurs précédents, on distingue
deux phases pour l?évolution des émissions de GES liées à
l?énergie de l?industrie depuis 1990 (figure 6.2.3.1).
Entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre
dues à la combustion d?énergie de l?industrie manufacturière
et de la construction augmentent plus vite que la consommation
finale d?énergie du secteur (+ 16,1 %, contre 4,0 % pour la
consommation d?énergie). Cela s?explique par la forte
croissance de la consommation de gaz (+ 32,2 %), dont les
émissions ne sont pas compensées par la moindre
consommation de charbon et de produits pétroliers (- 37,9 %).
Entre 2004 et 2022, les émissions et la consommation
finale d?énergie baissent fortement (respectivement - 49,9 %
et - 19,0 %). La baisse de la consommation de produits
pétroliers et de charbon se poursuit (- 50,3 %). La tendance
s?inverse pour la consommation de gaz qui diminue (- 23,4 %),
comme, dans une moindre mesure, pour la consommation
d?électricité et de chaleur (- 5,7 %). Les énergies renouvelables
et les déchets sont les seules énergies à augmenter
(+ 35,6 %).
En 2023, la baisse des émissions du secteur est estimée
à - 8,7 %, alors que la consommation finale d?énergie baisse
de 6,6 %, notamment grâce à la baisse plus rapide du gaz
(- 9,5 %) que de l?électricité et de la chaleur (- 7,3 %).
Figure 6.2.3.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre de l?industrie manufacturière
et de la construction
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
Indice base 100 en 1990En TWh
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
120
100
80
60
40
20
0
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Laconsommationdes
autoproducteursd?électricitéetdechaleurestcomptabiliséedansl?industriedanslesinventairesdegazàeffetdeserre,alorsqu?ellel?estdanslabrancheénergie
danslebilandel?énergie.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
136 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Annexes
? Bilans énergétiques de la France
? Annexes méthodologiques
? Sigles et abréviations
? Pour en savoir plus
138 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilans énergétiques de la France
Notes
?EnRélectriques:hydraulique(horspompages),énergiesmarines,éolien,solairephotovoltaïque.
?EnRthermiquesetdéchets:biomassesolide,biogaz,biocarburants,déchets,solairethermique,géothermie,pompesàchaleur.
?Pétrolebrut:inclutégalementdefaiblesquantitésdecondensats(liquidesdegaznaturel),d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduits
à distiller.
?Industrie:inclutégalementlaconstruction.Leshauts-fourneauxsontexclusdel?industriedanslebilanphysique(carclassésdanslabrancheénergie)
maisinclusdanslebilanmonétaire.
?Transfertsetretoursenraffineries(produitspétroliers):cepostecorrespondauxéchangescomptablesexistantsentrelebilandupétrolebrutetcelui
desproduitsraffinés.Desproduitsbrutspeuventêtreutiliséssansavoirétéraffinés(notammentlescondensatsutiliséspourlapétrochimie).Àl?inverse,
desproduitssemi-finispeuventêtreretournésenraffineriespourêtreretraités(issusducommerceextérieuroudel?industriepétrochimique).
?Autoconsommationdesraffineries(produitsraffinés):cepostecorrespondàlaconsommationpropredesraffineriesenproduitsraffinés,horsproduction
d?électricitéoudechaleurcommercialisée.
?Donnéesréelles:donnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques.
?DonnéesCVC:donnéescorrigéesdesvariationsclimatiques.
Bilans physiques, toutes énergies confondues (données réelles)
Bilan énergétique physique 2023
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,86 0,00 0,18 1 024,86 129,41 256,53 0,00 0,00 1 420,84
Importations 52,11 541,30 441,73 479,18 0,00 0,00 30,70 25,43 0,00 1 570,45
Exportations - 0,02 - 1,47 - 170,53 - 140,29 0,00 0,00 - 7,51 - 75,90 0,00 - 395,73
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 12,32 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 12,32
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 62,41 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 62,41
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 0,22 - 0,92 3,59 1,48 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,36
Consommation primaire 52,31 548,76 200,06 340,56 1 024,86 129,41 279,72 - 50,47 0,00 2 525,20
Écart statistique - 2,87 9,09 10,33 0,15 0,00 0,00 0,00 2,02 0,00 18,72
Production d?électricité 8,68 0,00 13,23 47,18 1 024,86 129,41 39,28 - 520,46 0,00 742,17
Production de chaleur 0,99 0,00 2,89 20,16 0,00 0,00 31,68 0,00 - 47,54 8,18
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 8,22 0,00 0,00 8,22 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 558,22 - 553,65 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,57
Autres transformations, transferts 23,46 - 18,55 17,17 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 22,07
Usages internes de la branche énergie 11,94 0,00 17,03 4,97 0,00 0,00 0,66 33,77 0,00 68,37
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,66 0,00 0,00 0,00 36,58 5,73 45,98
Consommation nette
de la branche énergie 42,20 548,76 - 493,01 67,90 1 024,86 129,41 79,84 - 448,09 - 41,81 910,06
Industrie 6,15 0,00 28,51 97,96 0,00 0,00 26,49 101,98 17,49 278,59
Transports 0,00 0,00 458,56 4,19 0,00 0,00 37,68 12,86 0,00 513,29
Résidentiel 0,22 0,00 35,70 101,33 0,00 0,00 119,40 150,74 14,92 422,32
Tertiaire 0,33 0,00 26,58 56,92 0,00 0,00 11,27 124,88 9,14 229,12
Agriculture-pêche 0,01 0,00 38,34 1,77 0,00 0,00 5,04 7,15 0,25 52,56
Consommation finale énergétique 6,73 0,00 587,69 262,16 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 495,88
Consommation finale non énergétique 3,39 0,00 105,38 10,50 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 119,26
Consommation finale 10,11 0,00 693,07 272,66 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 615,14
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 139
annexes
Bilan énergétique physique 2022
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,77 0,00 0,21 893,12 103,84 250,96 0,00 0,00 1 257,89
Importations 70,70 489,11 480,45 575,55 0,00 0,00 28,81 52,44 0,00 1 697,04
Exportations - 0,08 - 0,59 - 160,69 - 154,17 0,00 0,00 - 8,59 - 37,49 0,00 - 361,62
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,74 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,74
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 56,95 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 56,95
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 2,74 - 2,61 2,17 - 35,14 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 38,31
Consommation primaire 67,87 495,68 251,24 386,44 893,12 103,84 271,18 14,94 0,00 2 484,32
Écart statistique - 2,58 2,81 - 14,92 - 1,51 0,00 0,00 0,00 1,62 0,00 - 14,58
Production d?électricité 15,73 0,00 15,09 67,47 893,12 103,84 37,61 - 469,12 0,00 663,74
Production de chaleur 1,64 0,00 2,58 20,62 0,00 0,00 34,88 0,00 - 50,93 8,80
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 6,28 0,00 0,00 6,28 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 506,72 - 500,22 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,50
Autres transformations, transferts 27,65 - 13,85 12,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 26,26
Usages internes de la branche énergie 14,34 0,00 16,29 5,08 0,00 0,00 0,66 32,23 0,00 68,59
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,01 0,00 0,00 0,00 35,23 4,84 44,08
Consommation nette
de la branche énergie 56,78 495,68 - 468,72 89,40 893,12 103,84 79,43 - 400,04 - 46,09 803,40
Industrie 7,37 0,00 28,14 108,29 0,00 0,00 25,59 107,24 21,61 298,25
Transports 0,00 0,00 473,88 3,65 0,00 0,00 35,99 11,09 0,00 524,61
Résidentiel 0,31 0,00 40,68 109,31 0,00 0,00 113,98 155,19 14,53 434,00
Tertiaire 0,38 0,00 31,46 63,11 0,00 0,00 11,34 133,57 9,72 249,57
Agriculture-pêche 0,02 0,00 37,98 1,93 0,00 0,00 4,86 7,89 0,23 52,91
Consommation finale énergétique 8,08 0,00 612,14 286,29 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 559,34
Consommation finale non énergétique 3,01 0,00 107,81 10,75 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 121,57
Consommation finale 11,09 0,00 719,96 297,04 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 680,92
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
140 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique physique 2021
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 10,38 0,00 0,23 1 149,58 112,35 253,51 0,00 0,00 1 526,06
Importations 72,19 404,09 533,06 469,59 0,00 0,00 26,19 24,33 0,00 1 529,46
Exportations - 0,05 - 1,28 - 146,70 - 55,83 0,00 0,00 - 8,79 - 69,23 0,00 - 281,88
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,01
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 33,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 33,46
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 7,88 2,89 9,03 16,43 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 36,24
Consommation primaire 80,03 416,09 348,92 430,41 1 149,58 112,35 270,91 - 44,89 0,00 2 763,40
Écart statistique - 3,59 8,61 - 23,39 3,03 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 - 15,29
Production d?électricité 20,39 0,00 13,92 51,34 1 149,58 112,35 35,40 - 550,57 0,00 832,41
Production de chaleur 1,72 0,00 2,77 22,37 0,00 0,00 34,94 0,00 - 53,14 8,67
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 3,90 0,00 0,00 3,90 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 433,82 - 428,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,01
Autres transformations, transferts 32,15 - 26,34 24,88 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 30,69
Usages internes de la branche énergie 14,90 0,00 10,27 7,43 0,00 0,00 0,66 33,60 0,00 66,85
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,58 0,00 0,00 0,00 39,19 5,10 47,87
Consommation nette
de la branche énergie 65,58 416,09 - 400,35 83,84 1 149,58 112,35 74,90 - 477,73 - 48,04 976,20
Industrie 10,50 0,00 27,74 120,79 0,00 0,00 24,04 112,50 20,12 315,70
Transports 0,00 0,00 460,52 3,12 0,00 0,00 33,99 9,65 0,00 507,28
Résidentiel 0,30 0,00 54,84 133,35 0,00 0,00 122,69 169,52 17,05 497,75
Tertiaire 0,42 0,00 27,51 75,27 0,00 0,00 10,60 133,52 10,60 257,93
Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,30 2,34 0,00 0,00 4,68 7,65 0,27 54,25
Consommation finale énergétique 11,24 0,00 609,91 334,87 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 632,91
Consommation finale non énergétique 3,21 0,00 139,36 11,71 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 154,28
Consommation finale 14,45 0,00 749,27 346,58 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 787,19
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 141
annexes
Bilan énergétique physique 2020
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,82 0,00 0,18 1 072,22 116,13 229,61 0,00 0,00 1 427,96
Importations 59,35 394,74 507,92 468,92 0,00 0,00 20,27 19,54 0,00 1 470,73
Exportations - 0,10 - 1,45 - 148,57 - 84,52 0,00 0,00 - 9,22 - 64,58 0,00 - 308,43
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 11,46
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 30,79 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 30,79
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 2,28 2,54 - 1,68 21,25 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 24,38
Consommation primaire 61,53 405,65 315,41 405,83 1 072,22 116,13 240,66 - 45,04 0,00 2 572,38
Écart statistique - 3,69 7,29 - 2,30 1,26 0,00 0,00 0,00 1,96 0,00 4,52
Production d?électricité 13,56 0,00 13,39 55,42 1 072,22 116,13 35,78 - 527,59 0,00 778,91
Production de chaleur 1,57 0,00 3,02 21,00 0,00 0,00 31,04 0,00 - 48,46 8,17
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,99 0,00 0,00 1,99 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 440,89 - 437,64 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,25
Autres transformations, transferts 24,86 - 42,53 41,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 23,94
Usages internes de la branche énergie 12,69 0,00 11,54 7,53 0,00 0,00 0,66 33,33 0,00 65,75
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,91 0,00 0,00 0,00 35,90 6,69 46,49
Consommation nette
de la branche énergie 48,99 405,65 - 370,39 87,13 1 072,22 116,13 69,46 - 456,40 - 41,77 931,03
Industrie 9,10 0,00 28,19 108,78 0,00 0,00 23,36 105,80 17,56 292,80
Transports 0,00 0,00 405,02 2,22 0,00 0,00 30,88 8,34 0,00 446,46
Résidentiel 0,24 0,00 48,45 127,85 0,00 0,00 103,15 161,50 14,49 455,69
Tertiaire 0,36 0,00 32,39 66,15 0,00 0,00 9,36 127,64 9,53 245,43
Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,51 2,23 0,00 0,00 4,43 8,08 0,19 54,46
Consommation finale énergétique 9,71 0,00 553,56 307,23 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 494,83
Consommation finale non énergétique 2,82 0,00 132,23 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 146,52
Consommation finale 12,54 0,00 685,80 318,70 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 641,35
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
142 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique physique 2019
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 11,59 0,00 0,17 1 209,13 104,28 238,30 0,00 0,00 1 563,47
Importations 84,77 578,29 530,31 550,96 0,00 0,00 27,22 15,63 0,00 1 787,18
Exportations - 0,05 - 1,60 - 202,34 - 94,84 0,00 0,00 - 10,59 - 73,30 0,00 - 382,72
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 20,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 20,01
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 72,33 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 72,33
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 0,37 1,26 1,15 - 19,66 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 16,88
Consommation primaire 85,09 589,54 236,78 436,62 1 209,13 104,28 254,93 - 57,67 0,00 2 858,71
Écart statistique 3,31 10,75 5,66 0,77 0,00 0,00 0,00 4,14 0,00 24,62
Production d?électricité 15,92 0,00 13,66 62,57 1 209,13 104,28 36,41 - 566,06 0,00 875,91
Production de chaleur 1,95 0,00 3,09 20,95 0,00 0,00 32,00 0,00 - 49,01 8,98
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,11 0,00 0,00 1,11 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 607,99 - 602,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,37
Autres transformations, transferts 32,75 - 29,19 28,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 31,66
Usages internes de la branche énergie 17,02 0,00 16,10 7,95 0,00 0,00 0,52 34,46 0,00 76,06
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,98 0,00 0,00 0,00 38,09 5,88 48,95
Consommation nette
de la branche énergie 70,95 589,54 - 536,00 96,11 1 209,13 104,28 70,05 - 489,37 - 43,13 1 071,55
Industrie 10,32 0,00 29,12 121,13 0,00 0,00 23,75 115,66 18,75 318,73
Transports 0,00 0,00 481,73 1,86 0,00 0,00 37,18 10,08 0,00 530,85
Résidentiel 0,28 0,00 55,06 129,80 0,00 0,00 110,52 159,72 14,81 470,20
Tertiaire 0,40 0,00 30,94 72,58 0,00 0,00 9,17 137,77 9,32 260,17
Agriculture-pêche 0,02 0,00 35,88 2,33 0,00 0,00 4,26 8,48 0,25 51,21
Consommation finale énergétique 11,02 0,00 632,72 327,70 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 631,16
Consommation finale non énergétique 3,12 0,00 140,06 12,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 156,00
Consommation finale 14,14 0,00 772,78 340,51 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 787,16
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 143
annexes
Bilans physiques par énergie (données réelles et données CVC)
Bilan physique du charbon de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11
Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02
Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22
Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31
Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87
Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39
Production d?électricité 15,92 13,56 20,39 15,73 8,68
Production de chaleur 1,95 1,57 1,72 1,64 0,99
Consommation nette de la branche énergie 70,95 48,99 65,58 56,78 42,20
Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22
Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33
Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01
Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73
Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39
Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
144 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique du charbon de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11
Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02
Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22
Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31
Correction climatique 1,82 4,29 - 0,82 2,98 2,90
Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87
Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39
Production d?électricité 17,54 17,41 19,63 18,42 11,28
Production de chaleur 2,15 2,02 1,66 1,93 1,29
Consommation nette de la branche énergie 72,77 53,28 64,75 59,76 45,10
Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22
Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33
Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01
Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73
Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39
Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 145
annexes
Bilan physique du pétrole brut de 2019 à 2023
Données réelles
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 1,00 0,84 0,89 0,84 0,85
Importations 49,72 33,94 34,75 42,06 46,54
Exportations - 0,14 - 0,12 - 0,11 - 0,05 - 0,13
Variations de stocks 0,11 0,22 0,25 - 0,22 - 0,08
Autres charges de raffinage, retours de pétrochimie 2,51 3,66 2,26 1,19 1,60
Total approvisionnement des raffineries 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78
Écart statistique 0,92 0,63 0,74 0,24 0,78
Transformation de pétrole brut en raffinerie 52,28 37,91 37,30 43,57 48,00
Consommation brute de la branche énergie 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
146 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données réelles
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14
Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98
Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66
Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06
Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37
Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31
Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48
Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87
Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89
Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14
Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25
Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27
Industrie 2,50 2,42 2,39 2,42 2,45
Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43
Résidentiel 4,73 4,17 4,72 3,50 3,07
Tertiaire 2,66 2,79 2,37 2,71 2,29
Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30
Consommation finale énergétique 54,40 47,60 52,44 52,63 50,53
Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06
Consommation finale 66,45 58,97 64,43 61,91 59,59
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 147
annexes
Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14
Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98
Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66
Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06
Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37
Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31
Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48
Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87
Correction climatique 0,16 0,37 - 0,07 0,26 0,26
Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89
Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14
Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25
Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27
Industrie 2,51 2,43 2,39 2,42 2,45
Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43
Résidentiel 4,85 4,44 4,66 3,70 3,26
Tertiaire 2,70 2,88 2,35 2,77 2,35
Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30
Consommation finale énergétique 54,56 47,97 52,37 52,90 50,79
Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06
Consommation finale 66,61 59,34 64,35 62,17 59,85
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
148 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh PCS
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20
Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14
Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43
Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88
Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64
Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53
Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17
Production d?électricité 69,52 61,58 57,05 74,97 52,42
Production de chaleur 23,28 23,33 24,86 22,91 22,40
Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52
Pertes de transport et de distribution 5,53 4,34 3,98 4,46 4,07
Consommation brute de la branche énergie 108,02 99,02 97,49 106,31 84,58
Industrie 134,59 120,87 134,22 120,33 108,84
Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65
Résidentiel 144,22 142,05 148,17 121,46 112,59
Tertiaire 80,65 73,50 83,63 70,12 63,24
Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97
Consommation finale énergétique 364,11 341,37 372,08 318,10 291,29
Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66
Consommation finale 378,35 354,11 385,08 330,05 302,95
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 149
annexes
Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh PCS
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20
Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14
Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43
Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88
Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64
Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53
Correction climatique 14,41 39,02 - 8,84 32,03 31,24
Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17
Production d?électricité 71,36 66,79 55,83 79,40 56,74
Production de chaleur 24,27 25,96 24,28 24,98 24,42
Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52
Pertes de transport et de distribution 5,67 4,63 3,92 4,67 4,27
Consommation brute de la branche énergie 110,99 107,15 95,64 113,01 91,12
Industrie 136,48 126,00 133,06 124,51 112,93
Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65
Résidentiel 150,65 159,43 144,24 135,69 126,47
Tertiaire 83,77 81,92 81,72 77,03 69,98
Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97
Consommation finale énergétique 375,55 372,29 365,08 343,43 316,00
Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66
Consommation finale 389,79 385,03 378,09 355,37 327,66
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
150 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53
Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70
Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51
Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Total approvisionnement
en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72
Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28
Production de chaleur 0,00 32,00 0,00 31,04 0,00 34,94 0,00 34,88 0,00 31,68
Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22
Usages internes de la
branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66
Consommation brute
de la branche énergie 104,28 70,05 116,13 69,46 112,35 74,90 103,84 79,43 129,41 79,84
Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49
Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68
Résidentiel 0,00 110,52 0,00 103,15 0,00 122,69 0,00 113,98 0,00 119,40
Tertiaire 0,00 9,17 0,00 9,36 0,00 10,60 0,00 11,34 0,00 11,27
Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04
Consommation finale
énergétique 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88
Consommation finale
non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 151
annexes
Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53
Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70
Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51
Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Total approvisionnement
en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72
Correction climatique 0,00 6,12 0,00 14,93 0,00 - 2,19 0,00 14,22 0,00 13,76
Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28
Production de chaleur 0,00 32,30 0,00 31,72 0,00 34,83 0,00 35,56 0,00 32,31
Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22
Usages internes de la
branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66
Consommation brute
de la branche énergie 104,28 70,34 116,13 70,14 112,35 74,79 103,84 80,11 129,41 80,47
Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49
Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68
Résidentiel 0,00 115,95 0,00 116,41 0,00 120,76 0,00 126,61 0,00 131,66
Tertiaire 0,00 9,57 0,00 10,36 0,00 10,46 0,00 12,25 0,00 12,14
Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04
Consommation finale
énergétique 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01
Consommation finale
non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
152 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41
Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83
Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15
Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90
Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46
Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11
Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48
Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82
Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96
Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12
Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09
Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43
Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90
Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55
Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02
Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34
Pertes de transport et de distribution 38,09 35,90 39,19 35,23 36,58
Total branche énergie 50,98 46,86 48,33 46,82 48,93
Industrie 115,66 105,80 112,50 107,24 101,98
Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86
Résidentiel 159,72 161,50 169,52 155,19 150,74
Tertiaire 137,77 127,64 133,52 133,57 124,88
Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15
Consommation finale énergétique 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62
*Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries).
**Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 153
annexes
Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41
Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83
Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15
Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90
Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46
Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11
Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48
Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82
Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96
Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12
Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09
Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43
Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90
Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55
Correction climatique 3,72 11,58 - 2,60 8,61 8,87
Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02
Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34
Pertes de transport et de distribution 38,65 37,43 38,84 36,52 37,84
Total branche énergie 51,54 48,38 47,98 48,11 50,19
Industrie 116,05 106,88 112,26 108,11 102,83
Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86
Résidentiel 162,12 167,97 168,05 160,48 155,91
Tertiaire 138,15 130,15 132,98 134,73 126,48
Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15
Consommation finale énergétique 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23
*Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries).
**Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
154 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30
Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19
Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57
Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24
Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78
Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76
Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70
Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54
Pertes de transport et de distribution 5,88 6,69 5,10 4,84 5,73
Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 14,81 14,49 17,05 14,53 14,92
Tertiaire 9,32 9,53 10,60 9,72 9,14
Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25
Consommation finale énergétique 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30
Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19
Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57
Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24
Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78
Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76
Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70
Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54
Correction climatique 1,06 2,93 - 0,64 2,32 2,26
Pertes de transport et de distribution 5,99 7,05 5,04 5,05 5,94
Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 15,40 16,08 16,69 15,85 16,21
Tertiaire 9,67 10,51 10,38 10,51 9,91
Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25
Consommation finale énergétique 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 155
annexes
Bilans monétaires, toutes énergies confondues
(données réelles)
Bilan énergétique monétaire 2023
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 500 612 24 044 n.d. (*) 3 036 74 966 1 670 - 1 332 107 762
Importations 2 010 27 266 33 091 36 281 325 2 885 0 0 101 859
Exportations - 48 - 209 - 13 242 - 10 006 - 75 - 6 847 0 0 - 30 428
Soutes maritimes internationales 0 0 - 661 0 0 0 0 0 - 661
Soutes aériennes internationales 0 0 - 4 333 0 0 0 0 0 - 4 333
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 16 - 68 223 101 0 0 0 0 241
Taxes 10 0 41 954 4 080 200 6 849 106 0 53 198
dontTVA 3 0 10 364 1 820 200 5 164 106 0 17 657
Subventions 0 0 0 - 811 0 4 307 0 0 3 495
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 506 29 688 0 0 4 797 2 036 1 332 38 027
Total des ressources 2 456 29 108 110 765 32 578 3 486 86 957 3 812 0 269 161
Production d?électricité 309 0 866 3 330 292 0 0 0 4 797
Production de chaleur 31 0 135 1 472 398 0 0 0 2 036
Production d?autres formes d?énergie 0 29 108 1 506 329 0 1 638 0 0 32 581
Branche énergie 340 29 108 2 507 5 132 690 1 638 0 0 39 415
Industrie 1 924 0 2 425 7 491 176 16 562 986 0 29 564
Transports 0 0 85 550 394 0 1 747 0 0 87 691
Résidentiel 9 0 5 099 12 801 2 495 35 645 1 775 0 57 824
Tertiaire 13 0 2 830 6 114 93 29 531 1 022 0 39 604
Agriculture-pêche 1 0 3 804 167 0 1 835 28 0 5 835
Consommation finale énergétique 1 947 0 99 708 26 967 2 765 85 319 3 812 0 220 517
Consommation finale non énergétique 168 0 8 402 479 0 0 0 0 9 050
Consommation finale 2 116 0 108 110 27 446 2 765 85 319 3 812 0 229 567
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
156 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique monétaire 2022
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 312 804 26 137 n.d. (*) 2 396 44 296 1 882 - 813 61 954
Importations 3 319 31 571 43 074 58 287 300 16 149 0 0 152 700
Exportations - 52 - 133 - 15 246 - 10 763 - 86 - 8 729 0 0 - 35 009
Soutes maritimes internationales 0 0 - 889 0 0 0 0 0 - 889
Soutes aériennes internationales 0 0 - 5 059 0 0 0 0 0 - 5 059
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 141 - 156 262 - 3 831 0 0 0 0 - 3 866
Taxes 18 0 43 587 4 173 140 8 951 102 0 56 971
dontTVA 3 0 10 648 1649 140 4 648 102 0 17190
Subventions 0 0 - 7 612 - 89 0 - 1 278 0 0 - 8 979
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 356 34 052 0 0 7 373 2 233 813 45 014
Total des ressources 3 457 33 441 118 306 33 904 2 750 66 761 4 217 0 262 837
Production d?électricité 622 0 1 117 5 396 238 0 0 0 7 373
Production de chaleur 67 0 129 1 655 383 0 0 0 2 233
Production d?autres formes d?énergie 0 33 441 1 356 405 0 1 052 0 0 36 254
Branche énergie 689 33 441 2 601 7 455 621 1 052 0 0 45 860
Industrie 2 573 0 2 577 8 455 116 11 992 1 541 0 27 256
Transports 0 0 88 180 301 0 1 246 0 0 89 728
Résidentiel 16 0 6 486 11 561 1 894 32 071 1 630 0 53 658
Tertiaire 15 0 3 860 4 809 87 19 127 1 022 0 28 919
Agriculture-pêche 1 0 4 047 145 0 1 273 25 0 5 491
Consommation finale énergétique 2 604 0 105 151 25 272 2 098 65 709 4 217 0 205 052
Consommation finale non énergétique 163 0 10 445 1 178 0 0 0 0 11 786
Consommation finale 2 767 0 115 596 26 450 2 098 65 709 4 217 0 216 838
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 157
annexes
Bilan énergétique monétaire 2021
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 538 460 18 728 n.d. (*) 2 417 49 863 1 768 - 553 78 249
Importations 1 482 15 738 26 554 16 353 155 3 498 0 0 63 781
Exportations - 105 - 130 - 10 131 - 1 712 - 52 - 6 172 0 0 - 18 302
Soutes maritimes internationales 0 0 - 573 0 0 0 0 0 - 573
Soutes aériennes internationales 0 0 - 1 455 0 0 0 0 0 - 1 455
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 88 121 337 607 0 0 0 0 1 153
Taxes 16 0 39 903 4 216 133 15 838 91 0 60 198
dontTVA 2 0 8 480 1 527 133 4 738 91 0 14972
Subventions 0 0 0 - 228 0 - 5 469 0 0 - 5 697
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 849 18 477 0 0 3 379 1 387 553 25 092
Total des ressources 2 019 18 039 91 840 23 712 2 653 60 938 3 246 0 202 446
Production d?électricité 390 0 644 2 167 178 0 0 0 3 379
Production de chaleur 30 0 89 954 313 0 0 0 1 387
Production d?autres formes d?énergie 0 18 039 1 849 293 0 722 0 0 20 904
Branche énergie 419 18 039 2 583 3 415 491 722 0 0 25 670
Industrie 1 483 0 1 756 4 959 83 9 271 813 0 18 364
Transports 0 0 67 821 137 0 706 0 0 68 664
Résidentiel 8 0 5 874 10 798 1 986 32 727 1 521 0 52 915
Tertiaire 9 0 2 115 3 763 80 16 401 889 0 23 258
Agriculture-pêche 0 0 2 821 107 0 1 110 22 0 4 062
Consommation finale énergétique 1 501 0 80 388 19 764 2 149 60 215 3 246 0 167 263
Consommation finale non énergétique 99 0 8 869 532 0 0 0 0 9 500
Consommation finale 1 600 0 89 257 20 296 2 149 60 215 3 246 0 176 763
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
158 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique monétaire 2020
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 412 262 15 538 8 851 2 116 48 095 1 498 - 480 76 772
Importations 890 9 769 17 566 6 093 113 772 0 0 35 204
Exportations - 23 - 61 - 7 356 - 973 - 41 - 1 941 0 0 - 10 394
Soutes maritimes internationales 0 0 - 362 0 0 0 0 0 - 362
Soutes aériennes internationales 0 0 - 826 0 0 0 0 0 - 826
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 23 58 - 42 272 0 0 0 0 311
Taxes 15 0 34 117 4 003 113 15 397 71 0 53 716
dontTVA 2 0 6 613 1 432 113 4489 71 0 12 718
Subventions 0 0 0 - 206 0 - 8 344 0 0 - 8 550
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 2 110 12 393 0 0 1 831 777 480 17 111
Total des ressources 1 318 12 139 71 030 18 040 2 301 55 810 2 345 0 162 983
Production d?électricité 190 0 462 1 015 163 0 0 0 1 831
Production de chaleur 17 0 72 418 270 0 0 0 777
Production d?autres formes d?énergie 0 12 139 2 110 97 0 637 0 0 14 983
Branche énergie 207 12 139 2 643 1 531 433 637 0 0 17 591
Industrie 1 015 0 1 400 2 771 74 7 771 416 0 13 446
Transports 0 0 52 207 78 0 551 0 0 52 837
Résidentiel 6 0 4 585 10 365 1 714 30 459 1 183 0 48 312
Tertiaire 7 0 2 185 3 066 66 15 324 732 0 21 379
Agriculture-pêche 0 0 2 235 88 0 1 069 15 0 3 407
Consommation finale énergétique 1 028 0 62 611 16 369 1 854 55 173 2 345 0 139 381
Consommation finale non énergétique 82 0 5 775 140 0 0 0 0 5 998
Consommation finale 1 110 0 68 387 16 509 1 854 55 173 2 345 0 145 379
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 159
annexes
Bilan énergétique monétaire 2019
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 424 513 17 598 8 376 2 062 46 266 1 502 - 396 76 742
Importations 1 667 21 289 26 015 10 418 124 732 0 0 60 245
Exportations - 30 - 127 - 11 350 - 1 799 - 54 - 2 749 0 0 - 16 109
Soutes maritimes internationales 0 0 - 817 0 0 0 0 0 - 817
Soutes aériennes internationales 0 0 - 3 457 0 0 0 0 0 - 3 457
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 9 43 82 - 379 0 0 0 0 - 264
Taxes 20 0 40 987 4 400 111 15 560 80 0 61 158
dontTVA 2 0 8932 1 588 111 4 205 80 0 14918
Subventions 0 0 0 - 111 0 - 7 847 0 0 - 7 958
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 156 23 182 0 0 2 484 942 396 27 764
Total des ressources 2 071 22 874 92 239 20 905 2 243 54 446 2 525 0 197 304
Production d?électricité 261 0 616 1 439 169 0 0 0 2 484
Production de chaleur 28 0 97 524 293 0 0 0 942
Production d?autres formes d?énergie 0 22 874 1 156 146 0 557 0 0 24 733
Branche énergie 289 22 874 1 869 2 108 462 557 0 0 28 160
Industrie 1 653 0 1 737 3 748 70 8 146 487 0 15 841
Transports 0 0 70 260 75 0 534 0 0 70 869
Résidentiel 8 0 5 924 11 146 1 624 28 410 1 277 0 48 389
Tertiaire 9 0 2 555 3 504 73 15 716 744 0 22 600
Agriculture-pêche 0 0 2 593 99 0 1 083 17 0 3 794
Consommation finale énergétique 1 670 0 83 070 18 572 1 767 53 889 2 525 0 161 492
Consommation finale non énergétique 112 0 7 301 225 0 0 0 0 7 638
Consommation finale 1 782 0 90 371 18 797 1 767 53 889 2 525 0 169 130
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
160 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilans monétaires par énergie (données réelles)
Bilan monétaire du charbon de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0 0 0 0 0
Importations 1 667 890 1 482 3 319 2 010
Exportations - 30 - 23 - 105 - 52 - 48
Variations de stocks - 9 23 88 - 141 - 16
Marges de cokéfaction 424 412 538 312 500
TVA 2 2 2 3 3
TICC* et octroi de mer 18 13 14 16 6
Total ressources 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456
Production d?électricité 261 190 390 622 309
Production de chaleur 28 17 30 67 31
Industrie (donthauts-fourneaux) 1 653 1 015 1 483 2 573 1 924
Résidentiel 8 6 8 16 9
Tertiaire 9 7 9 15 13
Agriculture-pêche 0 0 0 1 1
Consommation finale énergétique 1 670 1 028 1 501 2 604 1 947
Consommation finale non énergétique 112 82 99 163 168
Total emplois 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456
*Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçuesurlecharbon).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire du pétrole brut de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 513 262 460 804 612
Importations 21 289 9 769 15 738 31 571 27 266
Exportations - 127 - 61 - 130 - 133 - 209
Variations de stocks 43 58 121 - 156 - 68
Transferts et retours en raffinerie 1 156 2 110 1 849 1 356 1 506
Total approvisionnement des raffineries 22 874 12 139 18 039 33 441 29 108
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 161
annexes
Bilan monétaire des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 25 409 13 968 19 225 44 133 38 479
Importations 24 183 16 386 24 162 38 943 29 236
Exportations - 10 654 - 6 708 - 9 296 - 14 213 - 12 667
Soutes maritimes internationales - 817 - 362 - 573 - 889 - 661
Soutes aériennes internationales - 3 457 - 826 - 1 455 - 5 059 - 4 333
Variations de stocks 82 - 42 337 262 223
Transferts et retours en raffinerie - 1 156 - 2 110 - 1 849 - 1 356 - 1 506
Coût de l?approvisionnement
en produits raffinés 33 591 20 307 30 552 61 821 48 771
Marges de transport et de commerce,
écart statistique 13 271 11 876 15 093 12 241 12 501
Taxes 40 987 34 117 39 903 43 587 41 954
dontTICPE*(+TSCetoctroidemer
pour les DROM) 32019 27 468 31 411 32 383 31 578
dontTVA 8932 6 613 8 480 10 648 10 364
dontTiruert(exTGAP,exTirib)etCPSSP 36 37 12 556 12
Subventions 0 0 0 - 7 612 0
Dépense en produits raffinés 87 849 66 301 85 548 110 037 103 227
Production d?électricité 616 462 644 1 117 866
Production de chaleur 97 72 89 129 135
Consommation nette de la branche énergie 713 533 734 1 246 1 001
Industrie 1 675 1 341 1 654 2 420 2 300
Transports 67 260 49 815 63 745 81 940 80 134
Résidentiel 5 924 4 585 5 874 6 486 5 099
Tertiaire 2 525 2 156 2 092 3 823 2 766
Agriculture-pêche 2 451 2 096 2 580 3 677 3 524
Consommation finale énergétique 79 836 59 992 75 945 98 346 93 824
Consommation finale non énergétique 7 301 5 775 8 869 10 445 8 402
Consommation finale 87 137 65 767 84 814 108 792 102 226
*Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçue).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire des biocarburants de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production 2 098 2 088 2 886 3 815 2 752
Importations 1 832 1 179 2 392 4 131 3 855
Exportations - 696 - 648 - 835 - 1 033 - 575
Total approvisionnement en biocarburants 3 234 2 619 4 443 6 913 6 031
Industrie 62 59 101 157 125
Transports 3 000 2 393 4 077 6 240 5 416
donttransportroutier(biodieseletbioessence) 2989 2 384 4 060 6 208 5392
Résidentiel 0 0 0 0 0
Tertiaire 30 29 23 37 64
Agriculture-pêche 142 139 242 370 279
Consommation finale 3 234 2 619 4 443 6 804 5 884
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
162 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan monétaire du gaz naturel de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 3 2 8 21 14
Injections de biométhane 127 228 448 763 1 163
Importations 10 418 6 093 16 353 58 287 36 281
Exportations - 1 799 - 973 - 1 712 - 10 763 - 10 006
Variations de stocks - 379 272 607 - 3 831 101
Utilisation des infrastructures (hors pertes) 6 325 6 241 6 197 6 062 6 395
Marges de commerce et écart statistique 1 921 2 380 n.d. (*) n.d. (*) n.d. (*)
Taxes 4 400 4 003 4 216 4 173 4 080
Subventions - 111 - 206 - 228 - 89 - 811
Total ressources 20 905 18 040 23 712 33 904 32 578
Production d?électricité 1 439 1 015 2 167 5 396 3 330
Production de chaleur 524 418 954 1 655 1 472
Branche énergie hors transformation 146 97 293 405 329
Branche énergie 2 108 1 531 3 415 7 455 5 132
Industrie 3 748 2 771 4 959 8 455 7 491
Résidentiel 11 146 10 365 10 798 11 561 12 801
Tertiaire et transports 3 578 3 145 3 900 5 110 6 508
Agriculture-pêche 99 88 107 145 167
Consommation finale énergétique 18 572 16 369 19 764 25 272 26 967
Consommation finale non énergétique 225 140 532 1 178 479
Consommation finale 18 797 16 509 20 296 26 450 27 446
(*)Avertissement:lecalculdelamargeestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire du bois-énergie de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 2 062 2 116 2 417 2 396 3 036
Importations 124 113 155 300 325
Exportations - 54 - 41 - 52 - 86 - 75
Taxes (TVA) 111 113 133 140 200
Subventions 0 0 0 0 0
Total ressources 2 243 2 301 2 653 2 750 3 486
Production d?électricité 169 163 178 238 292
Production de chaleur 293 270 313 383 398
Industrie 70 74 83 116 176
Transports 0 0 0 0 0
Résidentiel 1 624 1 714 1 986 1 894 2 495
Tertiaire 73 66 80 87 93
Agriculture-pêche 0 0 0 0 0
Consommation finale totale 1 767 1 854 2 149 2 098 2 765
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 163
annexes
Bilan monétaire de l?électricité de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 35 690 36 801 39 560 39 179 68 795
Importations 732 772 3 498 16 149 2 885
Exportations - 2 749 - 1 941 - 6 172 - 8 729 - 6 847
Utilisation du réseau (hors pertes) 13 061 13 125 13 682 12 490 10 967
Taxes 15 560 15 397 15 838 8 951 6 849
Subventions - 7 847 - 8 344 - 5 469 - 1 278 4 307
Total ressources 54 446 55 810 60 938 66 761 86 957
Branche énergie (hors électricité) 557 637 722 1 052 1 638
Industrie 8 146 7 771 9 271 11 992 16 562
Transports 534 551 706 1 246 1 747
Résidentiel 28 410 30 459 32 727 32 071 35 645
Tertiaire 15 716 15 324 16 401 19 127 29 531
Agriculture-pêche 1 083 1 069 1 110 1 273 1 835
Consommation finale énergétique 53 889 55 173 60 215 65 709 85 319
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 2 445 2 275 3 154 4 115 3 706
Taxes (TVA) 80 71 91 102 106
Total ressources 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812
Industrie 487 416 813 1 541 986
Transports 0 0 0 0 0
Résidentiel 1 277 1 183 1 521 1 630 1 775
Tertiaire 744 732 889 1 022 1 022
Agriculture-pêche 17 15 22 25 28
Consommation finale énergétique 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
164 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Annexes méthodologiques
ANNEXE 1 : PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES
ET SOURCES
Le bilan de l?énergie comprend un bilan physique et un bilan
monétaire, établis de manière cohérente entre eux.
Une méthodologie détaillée d?élaboration du bilan est publiée
sur le site internet du SDES. En sont rappelés ici les principaux
éléments.
Bilan physique
Le bilan physique retrace un équilibre comptable entre les
approvisionnements d?une part et les emplois de l?énergie
d?autre part. Les approvisionnements sont :
? la production primaire ;
? les importations, nettes des exportations ;
? les variations de stocks (positives pour un déstockage ou
négatives pour un stockage) ;
? les soutes maritimes et aériennes internationales, qui
apparaissent avec un signe négatif, n?étant pas considérées
comme une consommation d?énergie primaire de la France.
Le total des approvisionnements correspond à la
consommation primaire. À l?écart statistique près, il est égal
à la somme des emplois, qui comprennent :
? les pertes de transformation d?énergie ;
? les pertes de transport, distribution et stockage d?énergie ;
? la consommation propre d?énergie de la branche énergie
(hors l?énergie qu?elle transforme) ;
? la consommation finale à usage énergétique ;
? la consommation finale à usage non énergétique.
Les formes d?énergie suivantes sont distinguées : charbon,
pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel, énergies
renouvelables et déchets, chaleur nucléaire, électricité,
chaleur commercialisée. Des informations peuvent en outre
être données à un niveau de détail plus fin pour des sous-
catégories du charbon, des produits pétroliers ou des énergies
renouvelables.
La méthodologie du bilan obéit aux recommandations du
manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence
internationale de l?énergie (AIE) et Eurostat (dont la dernière
édition date de 2005). Sa présentation est alignée sur celle
de l?AIE. À noter toutefois que certaines consommations
finales, notamment celles à usage militaire, sont considérées
ici comme relevant du secteur tertiaire alors qu?elles devraient
être « non affectées » suivant les recommandations
internationales. Par ailleurs, la chaleur extraite de
l?environnement par les pompes à chaleur est prise en compte
ici, comme c?est le cas également dans les bilans élaborés
par Eurostat mais pas dans ceux réalisés par l?AIE.
Le périmètre géographique couvre, à partir de l?année
2011, la France métropolitaine et les cinq DROM. Les données
relatives aux années antérieures sont limitées à la France
métropolitaine.
Les données relatives à des agrégats de différentes
formes d?énergie sont désormais exprimées en térawattheures
(TWh) et non plus en millions de tonnes équivalent pétrole
(Mtep), comme c?était le cas des éditions précédentes. L?unité
est également le TWh pour les données relatives à l?électricité,
aux énergies renouvelables, aux déchets, à la chaleur et au
charbon. Les données relatives au pétrole (brut et raffiné)
restent en revanche exprimées en Mtep et celles relatives
au gaz naturel en TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur),
alors que les quantités des autres combustibles et des
agrégats sont exprimées en pouvoir calorifique inférieur.
L?élaboration du bilan physique de l?énergie repose
principalement sur l?exploitation de données recueillies par
le SDES. Celles-ci sont recueillies d?une part dans le cadre
d?enquêtes statistiques, au sens de la loi de 1951 relative à
la statistique publique :
? enquête sur les produits du charbon dans l?industrie
sidérurgique ;
? enquête annuelle sur la production d?électricité ;
? enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid,
dont la maîtrise d?oeuvre est assurée par le Syndicat
national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine ;
? enquête sur la consommation d?énergie dans la construction
en 2015.
Les données sont recueillies d?autre part dans le cadre
de collectes prévues par des textes réglementaires du Code
de l?énergie (art. L.142-1). En particulier, les statistiques de
consommation de gaz, d?électricité et de produits pétroliers
sont construites principalement à partir des données locales
annuelles de consommation d?énergie, collectées en
application de l?article 179 de la loi de transition énergétique
pour la croissance verte de 2015 (par l?intermédiaire du Comité
professionnel du pétrole en ce qui concerne les produits
pétroliers). Sont en outre exploitées des données annuelles
sur la pétrochimie ainsi que des données mensuelles
recueillies auprès de divers acteurs de l?énergie (raffineurs,
importateurs, réseaux de transport et de distribution, etc.).
Ces sources internes au SDES sont complétées par des
sources externes. Plusieurs, parmi les plus significatives,
sont issues du service statistique public, notamment l?enquête
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 165
annexes
annuelle sur la consommation d?énergie dans l?industrie
(EACEI) de l?Insee, l?enquête Logement de l?Insee (pour la
consommation de bois des ménages), les statistiques de
commerce extérieur du service statistique de la direction
générale des douanes et des droits indirects et le réseau
d?information comptable agricole du service statistique du
ministère de l?Agriculture. D?autres proviennent d?organismes
extérieurs à la statistique publique, comprenant notamment
l?Ademe (pour les déchets), Observ?er (pour certaines
énergies renouvelables thermiques), la CRE (pour le
photovoltaïque), la DGEC (pour les biocarburants),
FranceAgriMer (pour la production de bioéthanol), le Citepa
(pour la consommation non énergétique de gaz) et des
observatoires de l?énergie ultramarins. Le partage de la
consommation de produits pétroliers entre résidentiel et
tertiaire est réalisé à partir de données du Ceren.
Bilan monétaire
Le bilan monétaire décrit les flux en euros associés aux flux
énergétiques présentés dans le bilan physique. Il prend la
forme, comme ce dernier, d?un équilibre ressources-emplois.
Les ressources monétaires comprennent :
? la production et les marges de transport, distribution et
commercialisation ;
? les importations, nettes des exportations ;
? les variations de stocks ;
? les taxes, nettes des subventions.
À l?écart statistique près, ces ressources sont égales à
la somme des emplois, i.e. des consommations des différents
secteurs (à usage énergétique ou non).
Le bilan monétaire est établi à partir de l?année 2011 et
couvre l?ensemble des principales formes d?énergie faisant
l?objet d?échanges marchands (charbon, pétrole, gaz,
électricité, chaleur, biocarburants, biométhane, bois). Son
champ inclut en particulier l?autoconsommation d?électricité,
valorisée au prix moyen d?achat dans le secteur considéré,
ainsi que les achats informels de bois mais exclut en revanche
l?autoconsommation de bois. Les investissements des
consommateurs finaux visant à transformer l?énergie pour
leur usage propre (par exemple, chaudières individuelles,
pompes à chaleur, chauffe-eau solaires, etc.) sont hors
champ.
La dépense nationale associée à une forme d?énergie
correspond à la somme de la valeur de la consommation de
cette forme d?énergie à usage final et à usage de production
d?autres formes d?énergie. La dépense nationale d?énergie
correspond à la somme des valeurs des consommations à
usage final seulement des différentes formes d?énergie.
Elle est inférieure par construction à la somme des dépenses
nationales des différentes formes d?énergie, afin d?éviter des
doubles comptes liés aux échanges internes de la branche
énergie. Par exemple, le gaz consommé pour produire de
l?électricité est comptabilisé dans la dépense nationale de
gaz, mais est exclu du calcul de la dépense nationale
d?énergie : en effet, infine, le coût correspondant est supporté
par les consommateurs d?électricité ; il est donc déjà
implicitement pris en compte dans la dépense nationale
d?électricité.
Par exception au principe de cohérence entre les bilans
physique et monétaire, la dépense des hauts-fourneaux en
énergie (nette de la rémunération qu?ils tirent de la revente
de gaz de hauts-fourneaux) est considérée dans le bilan
monétaire comme une dépense finale, alors que,
conformément aux recommandations internationales, la
consommation correspondante est considérée comme une
consommation de la branche énergie dans le bilan physique.
Du côté des ressources et pour chaque forme d?énergie,
le solde entre, d?une part, la dépense totale et, d?autre part,
la somme des taxes (nettes des subventions), du solde
importateur et des variations de stocks représente la valeur
de la production primaire et de marges diverses (de
transformation, de transport, de distribution ou de
commercialisation suivant les cas). Suivant les sources
disponibles par énergie, une désagrégation plus ou moins
fine de ces différents éléments est disponible. Concernant
les carburants contenant une part bio et une part non-bio
(issue de produits pétroliers), il est fait le choix, par convention,
d?affecter la totalité des taxes et des marges de distribution
aux carburants pétroliers.
Dans le contexte exceptionnel de l?année 2022, marquée
par la crise énergétique liée au contexte géopolitique, il n?a
pas été possible de calculer les marges dans le compte
monétaire du gaz.
L?élaboration du bilan monétaire s?appuie notamment sur
les sources suivantes, outre celles mobilisées pour établir le
bilan physique :
? l?enquête semestrielle sur la transparence des prix du gaz
et de l?électricité du SDES ;
? l?enquête sectorielle annuelle de l?Insee sur le champ du
transport ;
? diverses informations issues de documents budgétaires
de RTE, d?Enedis, de GRTgaz, de Teréga, de Storengy et
de la Commission de régulation de l?énergie ;
? les prix de marché de gros du gaz observés aux PEG ;
? l?enquête mensuelle sur les prix des produits pétroliers de
l?Insee ;
? la base sur les prix de vente de produits pétroliers de la
DGEC ;
? l?enquête trimestrielle réalisée par le CEEB sur les prix du
bois-énergie ;
? l?enquête annuelle sur les prix des combustibles bois
réalisée par CODA Stratégies pour le compte de l?Ademe.
166 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 2 : DÉFINITIONS
Chaleur : transfert thermique, au sens physique du terme.
Les flux de chaleur considérés dans le présent bilan sont
toutefois restreints aux quantités de chaleur vendues
(lorsqu?un acteur met en oeuvre une combustion pour en
utiliser lui-même la chaleur, les flux correspondants sont
reportés dans le bilan du combustible brûlé, pas dans celui
de la chaleur). La chaleur primaire, d?origine géothermique,
aérothermique ou solaire, s?oppose à la chaleur secondaire
obtenue en brûlant des combustibles tels que le charbon, le
gaz naturel, le pétrole, la biomasse et les déchets.
Charbon : sous sa forme primaire, combustible fossile qui
revêt généralement l?aspect physique d?un roc brun ou noir
et qui est constitué de matière végétale carbonisée. On
distingue le lignite, le charbon sous-bitumineux et la houille,
classés par pouvoir calorifique croissant. La houille pouvant
être transformée en coke est dénommée « charbon à coke »,
par opposition au « charbon-vapeur » utilisé pour produire
de la chaleur sous forme de vapeur (elle-même pouvant être
éventuellement transformée en électricité). Dans le bilan, le
terme de charbon couvre aussi les produits secondaires,
tels que les agglomérés, les briquettes, le coke de cokerie,
le goudron de houille, mais aussi les gaz sidérurgiques (gaz
de cokerie, de haut-fourneau et de convertisseur à l?oxygène).
Combustible : toute substance pouvant être brûlée pour
produire de la chaleur, par réaction du carbone et de
l?hydrogène contenus dans la substance combustible avec
l?oxygène.
Consommation finale énergétique : consommation
d?énergie à toutes fins autres que la transformation, le
transport, la distribution et le stockage d?énergie et hors
utilisation comme matière première ou pour certaines
propriétés physiques (voir consommation finale non
énergétique).
Consommation finale non énergétique : consommation
de combustibles à d?autres fins que la production de chaleur,
soit comme matières premières (par exemple pour la
fabrication de plastique), soit en vue d?exploiter certaines de
leurs propriétés physiques (comme, par exemple, les
lubrifiants, le bitume ou les solvants).
Déchets : combustibles composés de matériaux divers issus
des déchets urbains (dont la moitié est supposée renouvelable)
et industriels (considérés en totalité comme non renouvelables).
Électricité : vecteur d?énergie ayant de multiples usages.
L?électricité peut être produite à partir de diverses sources
primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables,
géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque,
etc.). La production brute d?électricité est mesurée aux bornes
des groupes des centrales et comprend, par conséquent, la
consommation des services auxiliaires et les pertes dans les
transformateurs des centrales, par opposition à la production
nette d?électricité, mesurée à la sortie des centrales.
Énergie primaire : énergie non transformée, i.e. tirée de la
nature (soleil, fleuves ou vent) ou contenue dans les produits
énergétiques tirés de la nature (comme les combustibles fossiles
ou le bois), et chaleur issue de la réaction nucléaire. Par
convention, l?énergie primaire d?origine hydraulique, éolienne,
marémotrice et solaire photovoltaïque est comptabilisée à
hauteur de la production d?électricité correspondante. La chaleur
issue de la réaction nucléaire est mesurée à travers un
rendement de la production électrique nucléaire de 0,33.
La consommation d?énergie primaire est la somme de la
consommation finale, des pertes et de la consommation des
producteurs et des transformateurs d?énergie.
Énergie renouvelable : énergie dérivée de processus
naturels en perpétuel renouvellement, notamment l?énergie
générée par le soleil, le vent, la chaleur terrestre, l?eau des
fleuves, des lacs, des mers et des océans, la biomasse solide
(bois et déchets d?origine biologique), le biogaz et les
biocarburants liquides.
Énergie secondaire : énergie obtenue par la transformation
d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire
(production d?électricité à partir de gaz, de coke à partir de
charbon à coke, de produits pétroliers à partir de pétrole brut,
etc.).
Gaz naturel : il est extrait de réserves naturelles souterraines
et se compose principalement de méthane (CH4).
Intensité énergétique finale : consommation énergétique
finale rapportée à un indicateur d?activité.
Nucléaire : énergie dégagée, sous forme de chaleur, par la
fission de noyaux d?uranium dans des réacteurs. Cette
énergie, considérée comme primaire, est transformée
secondairement en électricité (avec un rendement supposé
de 33 %).
Pétrole : mélange complexe d?hydrocarbures liquides, des
éléments chimiques contenant de l?hydrogène et du carbone,
qui se forme naturellement dans des nappes souterraines
présentes dans les roches sédimentaires. Au sens large, il
inclut les produits tant primaires (pétrole brut) que secondaires
(raffinés).
Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la
combustion complète d?une unité de combustible. On oppose
le pouvoir calorifiquesupérieur (PCS), qui désigne le
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 167
annexes
dégagement maximal théorique de chaleur lors de la
combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur
d?eau produite, au pouvoircalorifiqueinférieur (PCI), qui
exclut cette chaleur de condensation.
Soutes maritimes ou aériennes internationales : quantités
de pétrole utilisées comme combustibles par les navires ou
les avions à des fins de transport international.
Taux d?indépendance énergétique : rapport entre la
production et la consommation d?énergie primaire.
ANNEXE 3 : ÉQUIVALENCES ÉNERGÉTIQUES
Les équivalences énergétiques utilisées sont celles que
recommandent les organisations internationales (Agence
internationale de l?énergie, Eurostat). Le tableau ci-après
précise les coefficients d?équivalence entre unités propres,
gigajoules (GJ), mégawattheures (MWh) et tonnes équivalent
pétrole (tep). Ces coefficients sont systématiquement utilisés
dans les publications officielles françaises.
Énergie Unité propre gigajoules
(GJ) (PCI)
mégawattheure
MWh (PCI)
tep
(PCI)
Charbon
Charbon à vapeur 1 t 26 7,2222 0,619
Charbon à coke 1 t 29,5 8,1944 0,705
Coke de cokerie 1 t 28 7,7778 0,667
Agglomérés 1 t 32 8,8889 0,762
Briquettes de lignite 1 t 18 4,7112 0,404
Lignite et produits de récupération 1 t 17 4,7222 0,405
Anthracite 1 t 32,3 8,9722 0,772
Goudron de houille 1 t 38 10,5556 0,905
Pétrole brut et produits pétroliers
Produits primaires et autres produits à distiller
Pétrole brut 1 t 42,78 11,8833 1,0218
Liquides de gaz naturels 1 t 42 11,6667 1,0032
Produits d?alimentation des raffineries 1 t 41,86 11,6278 0,9997
Additifs oxygénés 1 t 25,12 6,9778 1,0693
Produits raffinés
Gazole, fioul domestique 1 t 42,6 11,8333 1,0175
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1 t 46 12,7778 1,0987
Essence moteur 1 t 44 12,2222 1,0509
Kérosène 1 t 43 11,9444 1,0270
Fioul lourd 1 t 40 11,1111 0,9554
Coke de pétrole 1 t 32 8,8889 0,7643
Naphta 1 t 44 12,2222 1,0509
Lubrifiants 1 t 42 11,6667 1,0032
Whitespirit 1 t 43,6 12,1111 1,0414
Bitumes 1 t 39 10,8333 0,9315
Électricité 1 MWh 3,6 1 0,086
Bois à usage résidentiel 1 stère 6,17 1,7139 0,147
Bois à usage professionnel 1 tonne 10,76 2,9889 0,257
Gaz naturel et industriel 1 MWh PCS 3,24 0,9 0,077
Le coefficient de conversion pour le gaz repose sur une
hypothèse d?écart de 10 % entre PCS et PCI. Pour les autres
combustibles, les écarts entre PCS et PCI sont de l?ordre de :
? 9 % pour le gaz de pétrole liquéfié ;
? 7-8 % pour les autres produits pétroliers ;
? 2-5 % pour les combustibles solides.
168 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 4 : MÉTHODE DE CORRECTION
DES VARIATIONS CLIMATIQUES
La consommation d?énergie, dont une part importante est
dédiée au chauffage, est sensible aux températures
extérieures. Afin de permettre des comparaisons dans le
temps à climat constant, des statistiques de consommation
corrigée des variations climatiques (CVC) sont présentées
dans le bilan.
L?indicateur de climat usuellement utilisé pour corriger
des besoins de chauffage est le nombre de degrés-jours
unifiés (DJU). Il est fondé sur la comparaison, pour chaque
jour de l?année, de la température observée avec un seuil,
fixé à 15 °C. La température prise en compte est la moyenne
des extrema des températures sur une journée :
T = (Tmin + Tmax) / 2
Le nombre de degrés-jours de cette journée est égal à
15 - T si T < 15 °C, à 0 sinon. La somme des degrés-jours de
tous les jours de la saison de chauffe, période de l?année qui
va de janvier à mai et d?octobre à décembre inclus, donne
ensuite le nombre annuel de DJU. En pratique, ce calcul est
réalisé pour 539 stations météorologiques. Les résultats de
chaque station sont pondérés par la population des communes
les plus proches de chaque station.
La consommation CVC est par définition celle qui aurait
été constatée si le nombre de degrés-jours avait été égal à
la moyenne de ceux observés sur une période de référence
donnée. Cette moyenne (notée DJU0 dans la suite) s?établit
à 1 523 degrés-jours sur la période de référence, couvrant
les années 1991 à 2020. La série des DJU est présentée
dans la partie 4 du bilan. Pour chaque secteur et chaque
forme d?énergie, l?écart entre la consommation CVC et la
consommation réelle (Créelle) est supposé dépendre
linéairement du nombre de degrés-jours, à travers un
coefficient de thermosensibilité b :
CCVC = Créelle ? b.(DJU ? DJU0)
La détermination du jeu de coefficients repose sur des
estimations économétriques. La méthode et le jeu de
coefficients complet sont présentés dans la méthodologie
détaillée jointe au bilan de l?énergie sur le site internet du
SDES. Toutes énergies confondues, un écart de 10 % par
rapport au nombre de degrés-jours de référence (soit de
153 degrés-jours) entraînerait une variation de la
consommation annuelle finale (resp. primaire) de 31,6 TWh
(resp. 33,5 TWh) en 2023.
En outre, la thermosensibilité de la consommation
d?électricité du secteur tertiaire pour la climatisation est prise
en compte à partir de l?année d?observation 2011. La méthode
est analogue à celle employée pour les besoins de chauffage,
en définissant des degrés-jours unifiés de climatisation (DJUc)
à partir d?une température de référence de 21 °C (voir
méthodologiedubilandel?énergie). Un écart de 10 % par
rapport au nombre de degrés-jours de climatisation de
référence (soit de 11 degrés-jours) entraînerait une variation
de la consommation annuelle d?électricité du secteur tertiaire
de 0,13 TWh en 2023.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 169
annexes
ANNEXE 5 : PRINCIPALES RÉVISIONS PAR RAPPORT
À LA PRÉCÉDENTE ÉDITION
L?objectif d?amélioration continue des méthodes employées
ainsi que la disponibilité de nouvelles sources se substituant
à d?anciennes peut se traduire par des révisions dans les
bilans des années antérieures. Les principales modifications
apportées cette année sont recensées ci-après.
Produits pétroliers
Les consommations énergétiques totales par produit sont
désormais calées de manière uniforme sur les données de
ventes de produits pétroliers fournies par le CPDP, induisant
une révision globale des séries depuis 2011. De plus, la
méthode de partage du fioul domestique entre résidentiel et
tertiaire a été modifiée : dorénavant, la consommation du
secteur résidentiel pour la métropole est alignée avec les
données du Ceren ; la consommation du tertiaire apparaît
comme un solde.
Gaz naturel
La ventilation des origines de gaz a été revue, en éliminant
les achats de gaz gazeux sur les marchés déclarés par les
fournisseurs et en étendant la couverture de l?enquête sur
les approvisionnements aux importateurs de gaz qui ne sont
pas des fournisseurs (intermédiaires). La part des origines
inconnues dans l?approvisionnement en gaz gazeux est
révisée à la baisse depuis 2014 ; les importations en
provenance de Norvège notamment sont à l?inverse révisées
à la hausse.
Énergies renouvelables et déchets
La production de chaleur et la consommation primaire de
biomasse sont révisées à la hausse en tenant compte d?une
installation dans l?imprimerie qui produit de la chaleur à partir
de biomasse (résidus de papeterie).
Électricité
La série de consommation des véhicules routiers électriques
depuis 2011 a été révisée. On considérait jusqu?alors que la
recharge des véhicules était réalisée uniquement dans le
secteur tertiaire. Elle est maintenant répartie entre le secteur
résidentiel (recharge à domicile) et certains secteurs du
tertiaire (bornes de recharge dans les stations-essence, les
parkings de commerce, sur la voie publique ou encore dans
les entreprises).
170 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 6 : RÉVISION DES PRINCIPAUX AGRÉGATS
DE L?ANNÉE 2023 PAR RAPPORT AU BILAN DE
L?ÉNERGIE PROVISOIRE
Sont présentés ci-dessous les écarts relatifs entre les résultats
définitifs figurant dans cette publication et ceux de la version
provisoire du bilan de l?énergie publiée en mai 2024 pour tous
les agrégats non nuls du tableau de synthèse du bilan
physique. Ainsi, les estimations définitives de la production
primaire et de la consommation finale d?énergie en 2023 sont
respectivement 0,3 % et 0,4 % supérieures à leurs estimations
provisoires de mai 2024.
En %
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR élec-
triques
EnR ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 1,9 0,0 0,0 - 2,0 1,3 0,1
Importations 0,0 0,0 - 0,1 0,0 0,0 - 0,1 0,0
Exportations - 94,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 - 0,1
Soutes maritimes internationales 4,4 4,4
Soutes aériennes internationales - 1,6 - 1,6
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 9,7 0,0 30,4 0,0 22,9
Consommation primaire 0,6 0,0 0,6 0,0 0,0 - 2,0 1,2 0,3 0,1
Production d?électricité 7,6 - 5,8 2,3 0,0 - 2,0 4,5 - 0,4 0,3
Production de chaleur - 12,7 24,8 11,4 - 14,7 - 9,3 30,4
Injections de biométhane 0,0 0,0
Raffinage de pétrole 0,0 0,0 0,0
Autres transformations, transferts 5,3 - 1,0 - 8,4 - 0,9
Usages internes de la branche énergie - 5,8 - 5,8 6,4 467,3 0,3 - 1,2
Pertes de transport et de distribution - 0,1 2,3 19,1 3,9
Consommation nette de la branche
énergie 0,4 0,0 0,5 9,3 0,0 - 2,0 - 3,9 - 1,2 - 12,2 1,0
Industrie - 8,9 5,7 - 1,9 29,6 - 1,1 - 20,0 - 0,2
Transports 1,4 12,9 - 0,1 22,0 1,8
Résidentiel - 2,2 0,9 - 2,2 1,9 - 0,4 - 4,5 - 0,3
Tertiaire - 2,5 10,9 - 4,0 - 13,6 - 4,1 - 7,3 - 3,2
Agriculture-pêche - 2,4 1,7 - 9,4 1,2 - 6,4 - 7,2 0,0
Consommation finale énergétique - 8,4 2,0 - 2,3 3,3 - 1,3 - 12,2 0,0
Consommation finale non énergétique 30,5 - 6,8 4,8 - 5,1
Consommation finale 1,8 0,5 - 2,1 3,3 - 1,3 - 12,2 - 0,4
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 171
annexes
Sigles et abréviations
SIGLES
Ademe Agence de la transition écologique
AIE Agence internationale de l?énergie
AIEA Agence internationale de l?énergie atomique
APU administrations publiques
ARA Anvers, Rotterdam, Amsterdam
Arenh accès régulé à l?électricité nucléaire historique
ATRT accès des tiers au réseau de transport
ATRD accès des tiers au réseau de distribution
ATTM accès des tiers aux terminaux méthaniers
CAF coût, assurance, fret
CART contrat d?accès au réseau de transport
CCCG centrales à cycle combiné au gaz
CCG cycle combiné au gaz
CEEB Centre d?études de l?économie du bois
Ceren Centre d?études et de recherches économiques sur l?énergie
CFBP Comité français du butane et du propane
Citepa Centre interprofessionnel technique d?études de la pollution atmosphérique
CPDP Comité professionnel du pétrole
CPSSP taxe affectée au stockage des produits pétroliers
CRE Commission de régulation de l?énergie
CSPE contribution au service public de l?électricité
CTA contribution tarifaire d?acheminement
CVC corrigé des variations climatiques
DGDDI Direction générale des douanes et des droits indirects
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
DJU degrés-jours unifiés
DROM Départements et régions d?outre-mer
EACEI enquête annuelle sur les consommations d?énergie dans l?industrie
EAPE enquête annuelle sur la production d?électricité
EAPH enquête annuelle sur la production d?hydrogène
EARCF enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid
EDF Électricité de France
ELD entreprises locales de distribution
EMAG esters méthyliques d?acides gras
EnR énergie renouvelable
ENTSOG EuropeanNetworkofTransmissionSystemOperatorsforGas
ETBE éther éthyle tertiobutyle
FAB franco à bord
Fedene Fédération des services énergie environnement
FFA Fédération française de l?acier
FOD fioul domestique
FSRU floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification
GNL gaz naturel liquéfié
GNV gaz naturel pour véhicules
172 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
GPL gaz de pétrole liquéfié
GRTgaz Gestionnaire de réseau de transport du gaz
HVHTE huiles végétales hydro-traitées essence
HVHTG huiles végétales hydro-traitées gazole
ICE IntercontinentalExchange
Ifpen Institut français du pétrole et énergies nouvelles
Insee Institut national de la statistique et des études économiques
ISBLSM institution sans but lucratif au service des ménages
ISDND installations de stockage de déchets non dangereux
NAF nomenclature d?activités française
NBP NationalBalancingPoint
OA obligation d?achat
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
ONRE Observatoire national de la rénovation énergétique
Opep Organisation des pays exportateurs de pétrole
OREC Observatoire régional de l?énergie et du climat de la Guadeloupe
PAC pompes à chaleur
PEG point d?échange de gaz
PCI pouvoir calorifique inférieur
PCS pouvoir calorifique supérieur
PIB produit intérieur brut
PIR point d?interconnexion du réseau
Rica Réseau d?information comptable agricole
RTE Réseau de transport d?électricité
SARA Société anonyme de la raffinerie des Antilles
SEI systèmes énergétiques insulaires
Sifim services d?intermédiation financière indirectement mesurés
SNCU Syndicat national de chauffage urbain et de la climatisation urbaine
SNET Société nationale d?électricité et de thermique
Step stations de transfert d?énergie par pompage
STEP stations d?épuration des eaux usées
TBTS très basse teneur en soufre
TCCFE taxe communale sur la consommation finale d?électricité
TDCFE taxe départementale sur la consommation finale d?électricité
TGAP taxe générale sur les activités polluantes
TICPE taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
TICFE taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité
TICGN taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel
TIGF Transport et infrastructures gaz France
Tirib taxe intérieure relative à l?incorporation de biocarburants
Tiruert taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport
TLCFE taxes locales sur la consommation finale d?électricité
TRS TradingRegionSouth
TRV tarifs réglementés de vente
TSC taxe spéciale de consommation
TTF TitleTransferFacility
Turpe tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité
UIOM unité d?incinération des ordures ménagères
UTCATF utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie
ZNI zones non interconnectées au réseau d?électricité métropolitain continental
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 173
annexes
ABRÉVIATIONS
n.d. non disponible
Md¤ milliard d?euros
M¤ million d?euros
Mt million de tonnes
Mtep million de tonnes équivalent pétrole
SP95-E10 sans plomb 95 - éthanol 10 %
GW gigawatt
TWh térawattheure
174 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Pour en savoir plus
Le bilan énergétique de la France est l?une des publications
statistiques nationales majeures dans le domaine de
l?énergie. D?autres sont disponibles sur le site du service des
données et études statistiques, rubrique « Énergie » (www.
statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie). Elles
comprennent des publications annuelles et des publications
conjoncturelles (i.e. infra-annuelles) ainsi que des publications
plus ponctuelles.
Des données et études sur la performance énergétique
et la rénovation énergétique du parc de logements sont par
ailleurs disponibles sur le site de l?Observatoire national de
la rénovation énergétique (ONRE) : www.ecologie.gouv.fr/
observatoire-national-renovation-energetique.
Publications annuelles
? Bilanénergétiquede laFranceen2023?Données
provisoires, Datalab Essentiel, dernière édition relative
aux données 2023 parue en mai 2024 ;
? BilanénergétiquedelaFranceen2023?Synthèse,
Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données
2023 parue en janvier 2025 ;
? L?activitédelapétrochimieenFranceen2023, Datalab
Essentiel, dernière édition relative aux données 2023
parue en juillet 2024 ;
? Lesprixdesproduitspétroliersen2023:lesprixbaissent
mais restent à un niveau élevé, Datalab Essentiel,
dernière édition relative aux données 2023 parue en
juillet 2024 ;
? Prixdel?électricitéenFranceetdansl?Unioneuropéenne
en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en juillet 2024 ;
? PrixdugaznaturelenFranceetdansl?Unioneuropéenne
en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en juillet 2024 ;
? LesinvestissementspublicsdanslaR&Denénergieen
2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en février 2025 ;
? Lesfacteursd?évolutiondesémissionsdeCO2 liées à
l?énergieenFrancede1990à2020, Datalab, dernière
édition relative aux données 2020 parue en septembre 2022 ;
? LesénergiesrenouvelablesenFranceen2023?Suivi
deladirective(UE)2018/2001relativeàlapromotionde
l?utilisationdesénergies renouvelables?Données
définitives, Datalab Essentiel, dernière édition relative
aux données 2023 parue en mars 2025 ;
? Chiffresclésdel?énergie?Édition2024, Datalab, dernière
édition parue en septembre 2024 ;
? Chiffresclésdesénergiesrenouvelables?Édition2024,
Datalab, dernière édition parue en août 2024 ;
? Chiffresclésduclimat?France,EuropeetMonde?
Édition 2024, Datalab, dernière édition parue en
novembre 2024.
? L?hydrogènepur:premièreévaluationdesressourceset
desusagesenFranceen2023, article web, décembre 2024.
Publications conjoncturelles
? la note de conjoncture énergétique, qui paraît à un rythme
trimestriel dans la collection Datalab Essentiel ;
? quatre tableaux de bord trimestriels, relatifs respectivement
à l?éolien, au photovoltaïque, au biogaz utilisé pour la
production d?électricité et au biométhane injecté. Ils
paraissent deux mois après la fin du trimestre considéré
dans la collection STATINFO.
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique
https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique
Table des matières
176 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
table des matières
Avant-propos 4
Synthèse et données clés 5
PARTIE 1 : LES PRIX DE L?ÉNERGIE 11
1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 12
1.1.1 Prix finaux de l?énergie à usage énergétique 12
1.1.2 Prix de l?énergie payés par les ménages 12
1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 14
1.2.1 Prix du pétrole brut 14
1.2.2 Prix des produits pétroliers raffinés 15
1.2.3 Prix à la consommation 16
1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 18
1.3.1 Prix de gros du gaz naturel 18
1.3.2 Prix à la consommation du gaz naturel 20
1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 24
1.4.1 Prix de gros du charbon 24
1.4.2 Prix du charbon pour les consommateurs 25
1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 26
1.5.1 Prix des importations et exportations 26
1.5.2 Prix pour le résidentiel 26
1.5.3 Prix pour les professionnels 27
1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 29
1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux
progressent encore en 2023 33
1.7.1 Prix de gros de l?électricité 33
1.7.2 Prix à la consommation de l?électricité 35
1.8. Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs 38
PARTIE 2 : L?APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE 39
2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire 40
2.2 La production primaire rebondit en 2023 45
2.2.1 Combustibles fossiles 45
2.2.2 Nucléaire 46
2.2.3 Énergies renouvelables et valorisation des déchets 47
2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 51
2.3.1 Pétrole brut et raffiné 51
2.3.2 Gaz naturel 54
2.3.3 Charbon 57
2.3.4 Bois-énergie 59
2.3.5 Biocarburants 60
2.3.6 Électricité 61
PARTIE 3 : TRANSFORMATION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉNERGIE 63
3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 64
3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 66
3.2.1 Injections de biométhane 66
3.2.2 Transport, distribution et stockage de gaz naturel 68
3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte 69
3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 70
3.4.1 Production nette d?électricité 70
3.4.2 Transport et distribution d?électricité 76
3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions
climatiques analogues à 2022 77
3.5.1 Réseaux de chaleur 77
3.5.2 Chaleur cogénérée vendue hors des réseaux de chaleur 79
Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique 80
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 177
table des matières
PARTIE 4 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR FORME D?ÉNERGIE 83
4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte
de hausse des prix de l?énergie 84
4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 88
4.2.1 Consommation et dépense totales 88
4.2.2 Production d?électricité et de chaleur 90
4.2.3 Consommation finale à usage énergétique 90
4.2.4 Consommation finale à usage non énergétique 91
4.2.5 Consommation et dépense par produit 91
4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 93
4.3.1 Consommation et dépense totales 93
4.3.2 Branche énergie 94
4.3.3 Consommation finale à usage énergétique 95
4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique 96
4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement 97
4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 100
4.5.1 Consommation totale 100
4.5.2 Bois-énergie 101
4.5.3 Biocarburants 102
4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 103
4.6.1 Consommation et dépense totales 103
4.6.2 Consommation et dépense de la branche énergie 104
4.6.3 Consommation finale et dépense associée 104
4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement 106
PARTIE 5 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR SECTEUR OU USAGE 109
5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités
entre les secteurs 110
5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation 112
5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense 115
5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité 118
5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire 120
5.5.1 Consommation par usage et par mode 120
5.5.2 Consommation par énergie 121
5.5.3 Consommation, dépenses et taxes 122
5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 123
5.6.1 Consommation finale par énergie et dépense associée 123
5.6.2 Consommation finale par secteur 125
5.6.3 Décomposition sectorielle de la consommation énergétique 126
5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables 127
PARTIE 6 : INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE FINALE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
DUES À LA COMBUSTION D?ÉNERGIE 129
6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse 130
6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent
une baisse des émissions de gaz à effet de serre 132
ANNEXES 137
Bilans énergétiques de la France 138
Annexes méthodologiques 164
Sigles et abréviations 171
Pour en savoir plus 174
178 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage,
faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite
et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et
non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou
d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 179
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Dépôt légal: avril 2025
ISSN: 2555-7580 (imprimé)
2557-8138 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet
Infographie : Bertrand Gaillet
Cartographie: Antea
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
Commissariat général
au développement durable
Bilan énergétique
de la France
pour 2023
En 2023, la production d?énergie primaire française progresse
de13,0%, portée par la reprise de la production nucléaire.
Laproduction primaire d?énergies renouvelables électriques
progresse fortement elle aussi du fait de conditions météorologiques,
en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022
et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques.
Laconsommation primaire réelle progresse faiblement (+1,6%).
Letaux d?indépendance énergétique, ratio delaconsommation et de
la production primaires, s?accroît de5,6points, pour s?établir à 56,3%.
Le déficit des échanges physiques d?énergie diminue de 12%.
LaFrance redevient exportatrice nette d?électricité.
Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique
diminue de 4,0%. Elle décroît dans tous les secteurs,
enparticulierdans le tertiaire (-7,8%) et l?industrie (-6,5%),
notamment sousl?effet des prix élevés.
En effet, malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix
pour les consommateurs finaux continuent à croître. Tous secteurs
confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique
progressent de 12,5% sur un an. La hausse est particulièrement forte
dans le tertiaire(+49,2% sur un an) et dans l?industrie (+19,5%).
Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé
230Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie.
Cettedépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc
àun niveau élevé malgré la baisse de consommation.
La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3678¤
en2023, soit une hausse de 6,6% portée par la dépense
enénergiedu logement.
Service des données et études statistiques
Sous-direction des statistiques de l?énergie
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
Avant-propos
Synthèse et données clés
Les prix de l?énergie
L?approvisionnement énergétique
Transformation, transport et distribution d?énergie
La consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation d?énergie par secteur ou usage
Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
Annexes
Table des matières
(ATTENTION: OPTION ramatome (site de Romans-sur-Isère) en assemblant
l?uranium enrichi par Orano sur le site de Pierrelatte avec des composants métalliques fabriqués
en interne. Des assemblages combustibles sont également importés de Suède, du Royaume-Uni
et d?Espagne.
Figure 2.1.4 : répartition des importations d?uranium en valeur par pays en 2023
En %
Australie
Kazakhstan
Namibie
Niger
Afrique du Sud
Canada
Autres
0 11
26
30
13
29
Source :DGDDI
44 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.1.5 : facture d?uranium
En millions d?euros
800
600
400
200
0
- 200
- 400
- 600
- 800
- 1 000
- 1 200
Uranium naturel et ses composés Uranium enrichi ; plutonium Uranium appauvri ; thorium
2020 2021 2022 2023
Source :DGDDI
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 45
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.2 La production primaire rebondit en 2023
2.2.1 COMBUSTIBLES FOSSILES
La production primaire d?énergie fossile en France est
désormais marginale (figure 2.2.1.1). Elle s?élève à 10 TWh
en 2023. Elle est composée quasi intégralement de produits
à destination des raffineries. Pour près des trois quarts, il s?agit
de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain, pour
un quart d?une production d?additifs oxygénés (non issus de
biomasse) destinés à améliorer la qualité des carburants et
des autres produits raffinés et pour moins de 2 % de gaz naturel.
En 2023, la production de pétrole brut sur le territoire
français, hors additifs, s?élève à 584 500 tonnes, soit 0,6 Mtep
(7 TWh) ; elle a été divisée par plus de cinq depuis la fin des
années 1980. Cette production ne satisfait désormais qu?un
peu moins de 1 % de la consommation nationale. Au 1er janvier
2024, les réserves souterraines de pétrole brut (10,1 Mtep, soit
118 TWh) et d?hydrocarbures extraits du gaz naturel
représentent environ 17 ans d?exploitation au rythme actuel
(production hors additifs). Les additifs non bio représentent,
ces dernières années, entre un sixième et un quart de
la production primaire de pétrole (2,7 TWh en 2023).
Depuis l?arrêt définitif de l?injection du gaz du gisement
de Lacq dans le réseau en octobre 2013, la production
nationale de gaz naturel, hors biométhane, se limite à
l?extraction de gaz de mine (grisou) du bassin du Nord-Pas-
de-Calais. Celle-ci s?élève à 205 GWh PCS (pouvoir calorifique
supérieur) en 2023, soit 184 GWh PCI (pouvoir calorifique
inférieur).
L?approvisionnement de la France en charbon repose
désormais exclusivement sur le commerce extérieur et, dans
une moindre mesure, sur le recours aux stocks. En effet,
la collecte de produits de récupération présents sur les anciens
sites d?extraction, qui subsistait depuis la fermeture de
la dernière mine de charbon en 2004, s?est arrêtée en 2015.
Figure 2.2.1.1 : production primaire d?énergie fossile
En TWh
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1978
2002
1972
1970
1980
2004
2008
1974
1988
1996
1998
1982
1990
2006
2010
2012
1976
2000
1984
1992
1986
1994
2016
2014
2018
2020
2023
Pétrole* Charbon Gaz naturel
*Ycomprisdesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller,
à partir de 2011.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGEC,CharbonnagesdeFrance,SNET(Uniper),GRTgaz,TIGF(Teréga)
46 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.1.2 : production primaire et valeur associée d?énergie fossile
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production toutes énergies fossiles 11,76 585 9,98 291 10,03 509 9,79 868 9,86 608
Production de pétrole* 11,59 581 9,80 288 9,80 500 9,59 846 9,68 594
Production de charbon 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0
Production de gaz naturel (grisou) 0,17 4 0,18 3 0,23 9 0,21 22 0,18 14
*Laproductiondepétrolecomprendlaproductiond?additifsoxygénésnonissusdebiomasse.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La production primaire totale française d?énergie fossile
représente en 2023 une valeur économique de 608 millions
d?euros, soit 30 % de moins qu?un an auparavant
(figure 2.2.1.2). Les prix des énergies fossiles, qui avaient
nettement augmenté en 2022, en raison notamment de la
guerre en Ukraine, refluent en effet en 2023 (cf. 1.2.1).
2.2.2 NUCLÉAIRE
En 2023, la France compte 56 réacteurs en service répartis
sur 18 sites. La production d?énergie primaire du parc s?élève
à 1 025 TWh en 2023. Elle correspond à la quantité totale de
chaleur dégagée lors de la réaction de fission du combustible
nucléaire. La production brute d?électricité des centrales
nucléaires françaises s?élève, quant à elle, à 338 TWh en 2023
(figure 2.2.2.1). En effet, il faut en moyenne 3 unités de chaleur
pour produire une unité d?électricité dans une centrale
nucléaire, le solde constituant les pertes calorifiques liées
à cette transformation.
Après avoir nettement diminué en 2022, la production
nucléaire rebondit en 2023 (+ 14,7 %) en raison du redémarrage
de plusieurs réacteurs affectés par le phénomène de corrosion
sous contrainte. La détection de ce phénomène affectant les
circuits auxiliaires de refroidissement de la centrale de Civaux
en fin d?année 2021 a en effet conduit à l?arrêt non prévu
et prolongé de plusieurs réacteurs pour contrôle approfondi
et réparations. Ces opérations ont été réalisées pour l?essentiel
en 2022 et 2023 et se poursuivent, pour une part résiduelle,
jusqu?en 2025. Malgré son rebond en 2023, la production
nucléaire demeure inférieure à son niveau de 2021 et même
de 2020, année durant laquelle le calendrier des opérations
de maintenance avait pourtant été très perturbé par la crise
sanitaire. En moyenne, les centrales ont été disponibles à
hauteur de 67,3 % de leur capacité théorique en 2023
(figure 2.2.2.2). La disponibilité du parc nucléaire s?améliore
nettement en 2023 par rapport à l?année précédente : les arrêts
pour contrôler et traiter le phénomène de corrosion sous
contrainte ont été moins nombreux et plus courts que l?année
précédente, grâce notamment à l?optimisation des contrôles
et au retour d?expérience des précédentes réparations.
Les centrales ont été utilisées, lorsqu?elles étaient disponibles,
à hauteur de 88,8 %. Les mouvements sociaux contre
la réforme des retraites ont temporairement réduit la production
nucléaire au printemps 2023.
Figure 2.2.2.1 : production brute d?électricité des centrales nucléaires
En TWh
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1978
2002
1972
1970
1980
2004
2008
1974
1988
1996
1998
1982
1990
2006
2010
2012
1976
2000
1984
1992
1986
1994
2016
2014
2018
2020
2023
Source :EDF
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 47
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.2.2 : disponibilité et utilisation du parc nucléaire
Coefficients exprimés en %
2019 2020 2021 2022 2023
Coefficient de disponibilité Kd 74,0 71,9 72,9 58,1 67,3
Coefficient d?utilisation Ku 92,7 85,7 92,2 89,6 88,8
Note:lecoefficientKdestcalculésurlabasedesindisponibilitésduesauxarrêtsfortuits,auxarrêtspourentretienourechargementetauxprolongationsd?arrêt.
Àladifférencedel?indicateurEnergy Availibility Factorpubliéparl?Agenceinternationaledel?énergieatomique(AIEA),ilnetientenrevanchepascomptedes
indisponibilitésduesàdescausesenvironnementales,auxmouvementssociauxouauxattentesd?autorisationdesautorités.LecoefficientKureflètel?optimisation
delaproductionettientcomptedescontraintesenvironnementales,règlementairesetsociales.
Source :EDF,documentd?enregistrementuniversel.
2.2.3 ÉNERGIES RENOUVELABLES ET VALORISATION
DES DÉCHETS
La production primaire d?énergie issue de ressources
renouvelables s?établit à 366 TWh en 2023, en augmentation
de 9,8 % par rapport à 2022 (figures 2.2.3.1 et 2.2.3.2). Cette
augmentation est portée par la filière hydraulique (+ 24,5 %),
du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la
moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par
la filière éolienne (+ 32,1 %), du fait du développement du
parc et de conditions de vent favorables. De manière générale,
la production augmente pour toutes les filières, à l?exception
des biocarburants dont la production diminue de 2,7 %.
Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans
l?industrie papetière) demeure la première énergie
renouvelable produite en France (32 % de la production
nationale d?énergie renouvelable). Viennent ensuite l?électricité
hydraulique (15 %), les pompes à chaleur (14 %), l?éolien
(14 %), les biocarburants (6 %), le solaire photovoltaïque
(6 %), le biogaz (6 %), la valorisation des déchets renouvelables
(4 %), la valorisation des résidus de l?agriculture et de
l?industrie agroalimentaire (1 %), la géothermie (1 %), le solaire
thermique et les énergies marines (moins de 1 % pour
chacune de ces deux filières).
En incluant par ailleurs les 20 TWh d?énergie produite à
partir de la valorisation des déchets non renouvelables
(cf. infra), la production primaire d?énergie issue de ressources
renouvelables ou de déchets s?élève à 386 TWh en 2023.
Figure 2.2.3.1 : part de chaque filière dans la production primaire d?énergies renouvelables en 2023 (366 TWh)
En %
Bois-énergie*
Hydraulique (hors pompages)
Pompes à chaleur
Éolien
Biocarburants
Solaire photovoltaïque
Biogaz
Déchets renouvelables
Résidus de l?agriculture et des IAA**
Géothermie
Solaire thermique
Énergies marines
0
32
6
15
14
14
6
6
4 111
*Ycomprisliqueurnoire.
**Industriesagroalimentaires.
Source :SDES,Bilandel?énergie
48 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.3.2 : évolution de la production primaire d?énergies renouvelables
En TWh
Bois-énergie*
Biogaz
Solaire thermique et géothermie
Hydraulique (hors pompages)
Solaire photovoltaïque
Résidus de l?agriculture et des IAA**
Éolien
Biocarburants
Énergies marines
Pompes à chaleur
Déchets renouvelables
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2023
2020
1994
*Ycomprisliqueurnoire.
**Industriesagroalimentaires.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les énergies renouvelables électriques correspondent
aux filières renouvelables de production primaire d?électricité
(129 TWh en 2023). Par convention, la production primaire
de ces filières est égale à leur production d?électricité.
Elles regroupent l?hydraulique (hors stations de transfert
d?énergie par pompage), l?éolien, le solaire photovoltaïque
et les énergies marines.
Hydraulique (hors pompages)
La production hydraulique dépend fortement du débit des
cours d?eau et du niveau des réservoirs et, par conséquent,
de la pluviométrie contemporaine et passée. L?essentiel de
la production provient de grandes installations, situées
le long du Rhin et du Rhône ainsi que dans les zones
montagneuses.
Après une forte baisse en 2022 en raison de la sécheresse,
la production hydraulique augmente en 2023 (+ 24,5 %) et
atteint 57 TWh, ce qui est très proche de la moyenne de
production (58 TWh de 2011 à 2022). La puissance installée
du parc reste, quant à elle, quasiment constante depuis
plusieurs années.
Énergies marines
Les énergies marines regroupent les différentes filières de
production d?électricité tirant parti de l?énergie mécanique
issue des mouvements de l?eau créée par les marées (énergie
marémotrice), les vagues (énergie houlomotrice) et les
courants marins (énergie hydrolienne).
L?usine marémotrice de la Rance, construite dans les
années 60, est, à ce jour, la principale unité de production en
service commercial exploitant l?énergie issue du milieu marin
en France. D?une capacité électrique de 240 MW, sa
production (hors pompages) s?élève à 0,5 TWh depuis 2014.
Éolien
En 2023, la capacité installée sur le territoire continue
d?augmenter (+ 11 %) avec la mise en service de deux
nouveaux parcs en mer, l?un à Fécamp et l?autre à Saint-Brieuc
(en plus de Saint-Nazaire en 2022). La production augmente
encore davantage (+ 32 % entre 2022 et 2023) en raison de
conditions de vent favorables. Elle s?établit à 50 TWh en 2023,
dont 1,9 TWh en mer. La filière éolienne connaît un
développement particulièrement rapide ces dernières années
avec une augmentation de la puissance installée de 71 %
depuis 2017, pour atteindre 23 GW en 2023, dont 1,5 GW
d?éolien en mer.
Solaire photovoltaïque
La filière solaire photovoltaïque s?est développée
particulièrement rapidement au cours de la décennie :
la capacité installée sur le territoire, qui était inférieure à 9 GW
en 2017, a plus que doublé et atteint 20 GW en 2023 (+ 15 %
sur un an). Soutenue par la croissance du parc, la production
progresse de 11,2 % par rapport à 2022, pour atteindre
21,8 TWh, alors que l?ensoleillement a été un peu moins
généreux en 2023 qu?en 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 49
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les énergies renouvelables thermiques et les déchets
(257 TWh en 2023) regroupent les filières pour lesquelles
l?énergie est produite sous forme de chaleur, avant d?être
éventuellement convertie sous une autre forme (en électricité
ou en force motrice notamment) - (figure 2.2.3.3). On distingue
les filières de production d?énergie par combustion de celles
de production primaire de chaleur. Les premières regroupent
d?une part la biomasse, qu?elle soit solide (bois-énergie,
résidus agricoles et agroalimentaires), liquide (biocarburants)
ou gazeuse (biogaz), d?autre part les déchets incinérés
(urbains et industriels). Les secondes regroupent la
géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur.
Biomasse solide
En 2023, la production d?énergie primaire issue de biomasse
solide augmente de 0,8 % (123 TWh). Néanmoins, cette
légère augmentation ne permet pas d?atteindre le niveau de
production de la seconde moitié des années 2010.
Le bois-énergie constitue plus de 96 % de la biomasse
et est consacré à 58 % à l?usage résidentiel (cf. 4.5).
Malgré une hausse de 0,4 % en 2023, liée à des températures
légèrement plus froides, la consommation résidentielle
est tendanciellement orientée à la baisse depuis 2010.
La consommation par ménage diminue en effet régulièrement
grâce à la performance croissante des appareils de chauffage
au bois.
À l?inverse, dans le secteur de la transformation d?énergie,
la consommation de biomasse progresse continuellement
depuis 2005 (+ 1,6 % par rapport à 2022) ; elle est en effet
de plus en plus utilisée dans les installations de cogénération
et de production de chaleur.
Biogaz
Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane
et de dioxyde de carbone produit par digestion anaérobie de
matières organiques. La filière biogaz peut être décomposée
en trois grandes sous-filières, segmentées selon l?origine des
intrants : le biogaz issu de la méthanisation de déchets
organiques ou végétaux bruts, le biogaz fabriqué à partir de
boues de stations d?épuration des eaux usées (STEP) et le
biogaz issu d?installations de stockage de déchets non
dangereux (ISDND).
En 2023, la production primaire de biogaz s?élève à
22 TWh, en augmentation par rapport à 2022 (+ 16,4 %).
Cette évolution s?inscrit dans une tendance continue à la
hausse, amorcée en 2011. De 2011 à 2023, la production
primaire de biogaz a en effet été multipliée par 4,2. 33 % de
la production de biogaz (7,2 TWh) est valorisée pour produire
de l?électricité. La puissance des installations raccordées au
réseau électrique représente 0,6 GW en fin d?année 2023,
en augmentation de 1,9 % par rapport à 2022. Par ailleurs,
30 % de la production de biogaz est dédiée à la production
de chaleur (6,5 TWh). Enfin, l?épuration de biogaz en
biométhane, afin d?être ensuite injecté dans les réseaux de
gaz naturel, constitue un débouché en forte croissance depuis
quelques années. Ce mode de valorisation concerne en effet
plus de 37 % de la production totale de biogaz en 2023, soit
8,2 TWh, en progression de 31 % par rapport à 2022 (cf. 3.2).
Biocarburants et autres bioliquides
La biomasse liquide, aussi appelée biocarburants ou
bioliquides, est utilisée essentiellement pour la force motrice
des véhicules (y compris les véhicules de chantier, agricoles,
etc.). La France produit principalement du biodiesel (66,7 %)
mais également des bioessences (32,9 %) et un peu de
biokérosène (0,4 %).
En 2023, la production nationale de biocarburants s?élève
à 21 TWh, en baisse de 2,7 % par rapport à 2022. La production
de biodiesel baisse en particulier de 4 % dans un contexte
de hausse des coûts de production. La production de
bioessences reste stable. Encouragée par une fiscalité
incitative à l?incorporation de biocarburants, la production a
connu une forte croissance au cours des années 2000,
passant de 4 TWh en 2000 à 26 TWh en 2010. Depuis,
la production a stagné, voire diminué, malgré la hausse
progressive des objectifs d?incorporation.
Déchets
La production d?énergie primaire à partir de l?ensemble des
déchets diminue de 9 % en 2023, pour s?établir à 33 TWh.
50 % de cette production est valorisée sous forme de chaleur.
Seule la partie biodégradable des déchets est considérée
comme relevant des énergies renouvelables. Par convention
internationale, cette part est fixée à la moitié des déchets
ménagers, soit 13,5 TWh en 2023. Les déchets non
renouvelables recouvrent l?autre moitié des déchets ménagers
ainsi que les déchets industriels ; ils s?élèvent à 19,5 TWh
en 2023.
50 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.3.3 : les différents types de valorisation de la biomasse et des déchets en 2023
0,2
Biomasse solide
pour production électrique
Biomasse solide pour production
de charbon de bois
Biomasse solide
pour production de chaleur
Déchets pour
production électrique
Déchets pour
production de chaleur
Biogaz pour production électrique
Biogaz pour production de chaleur
Biogaz pour injection dans
le réseau de gaz
Biocarburants pour le transport
Biocarburants utilisés
par les engins agricoles
et de chantier
Bioliquides pour la production
d?électricité et de chaleur
En %
11 1
88
37 34
29
50
50
92
8
Biomasse
solide
Biogaz Déchets Bioliquides
Note:laproductiondechaleurs?entendiciausenslargedeproductionayantunusagefinalsousformedechaleuretnonpasseulement,commedansla
partie3.5,deproductiondechaleurcommercialisée.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Solaire thermique
La production du parc des installations solaires thermiques
est de 2,8 TWh en 2023, en hausse de 3,7 % sur un an.
43 % de cette production est réalisée dans les DROM en
raison du fort ensoleillement de ces territoires, propice à
l?installation de chauffe-eaux solaires. Le développement de
la filière, très dynamique jusqu?au début des années 2010,
a depuis ralenti. En métropole, ce sont essentiellement des
projets de « grandes surfaces » solaires thermiques qui ont
permis le développement de la filière ces dernières années,
même si les installations individuelles sont de plus en plus
demandées par les particuliers. Le marché du solaire hybride,
combinant des panneaux solaires photovoltaïques avec du
solaire thermique, s?est fortement développé entre 2015 et
2018 mais reste de niche depuis la fin du soutien de la filière
par les aides à la rénovation énergétique.
Géothermie
De manière générale, la géothermie vise à exploiter l?énergie
thermique contenue dans le sous-sol. La chaleur géothermique
produite à partir de pompes à chaleur (dite de « très basse
énergie ») est toutefois comptabilisée à part (cf. rubrique
suivante). La production primaire géothermique s?élève à
5,3 TWh en 2023, en augmentation de 4 % sur un an.
La géothermie dite de « basse énergie » exploite des
aquifères d?une profondeur de plusieurs centaines de mètres
(entre 30 °C et 90 °C) à des fins de production de chaleur
(chauffage et eau chaude sanitaire). Elle est généralement
mobilisée comme source de production par les réseaux de
chaleur en raison du montant élevé des investissements
nécessaires. Ces réseaux, dont la plupart sont situés en
Île-de-France, alimentent principalement des bâtiments
à usage résidentiel ou tertiaire. La géothermie de « basse
énergie » est également exploitée par quelques installations
isolées, telles des piscines, des serres ou encore des bassins
de pisciculture. La production primaire de cette filière s?élève
à 4,1 TWh en 2023.
À l?inverse, la géothermie dite de « haute énergie » (ou
« haute température ») est principalement utilisée pour
produire de l?électricité. Elle exploite des aquifères ou des
gisements rocheux situés entre 1 500 et 5 000 mètres de
profondeur, atteignant une température supérieure à 150 °C.
Elle concerne un site en métropole, à Soultz-sous-Forêts
(Alsace), et un autre à Bouillante, en Guadeloupe. Les sites
exploitant cette technologie ont produit 0,12 TWh d?électricité
en 2023. Leur production primaire, valant par convention dix
fois la production d?électricité, atteint 1,2 TWh en 2023.
Pompes à chaleur
Les pompes à chaleur (PAC) produisent de la chaleur en
puisant des calories dans le sol ou les eaux souterraines
(géothermie dite de « très basse énergie », températures
inférieures à 30 °C) ou dans l?air (aérothermie). Seule la
chaleur renouvelable estimée à partir de la puissance et de
la performance des équipements est retracée en production
primaire d?énergie pour ne pas comptabiliser l?électricité utile
au fonctionnement de ces équipements.
Le parc de pompes à chaleur installées en France
continue de croître en 2023 (+ 9,4 %). Son développement
est notamment stimulé par les aides à la rénovation
énergétique (MaPrimeRénov et certificats d?économie
d?énergie notamment). La production de chaleur renouvelable
à partir de pompes à chaleur s?établit à 50 TWh en 2023, en
augmentation de 11,4 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 51
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.3 La facture énergétique de la France
est divisée par deux
2.3.1 PÉTROLE BRUT ET RAFFINÉ
Commerce extérieur de pétrole brut
L?activité de raffinage, qui utilise la quasi-totalité de pétrole
brut importé ou produit pour une quantité marginale sur
le territoire, continue de progresser en 2023 (cf. 3.1).
Les importations de pétrole brut augmentent ainsi par rapport
à 2022, à 46,5 Mtep (+ 10,7 %, figure 2.3.1.1). Après avoir
chuté en 2020 en raison de la crise sanitaire, elles progressent
depuis 2021 avec le redémarrage des installations, la crise
énergétique et l?embargo sur le pétrole russe. En effet,
les menaces sur l?approvisionnement puis l?embargo sur
les produits pétroliers raffinés russes, et en particulier
le gazole, ont stimulé l?activité des sites de raffinage pour
répondre à la demande intérieure. Malgré ce regain, l?activité
de raffinage en France est nettement moindre qu?il y a une
quinzaine d?années. Les importations de pétrole brut ont ainsi
baissé de 45 % depuis 2008 et de 21 % depuis 2012.
La facture correspondante de la France s?établit à
27,3 Md¤ en 2023 (cf. 1.2). Elle recule de 18,0 %, mais reste
au-dessus de son niveau de 2019 (24,1 Md¤2023). Elle avait
quasiment doublé en 2022, en raison principalement du
renchérissement marqué des produits lié à la guerre en
Ukraine, et avait atteint sa valeur la plus haute depuis la
baisse mondiale des prix pétroliers en 2014.
Figure 2.3.1.1 : importations de pétrole brut*
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Importations 49,7 24 120 33,9 10 749 34,7 17 106 42,1 33 246 46,5 27 266
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà
distiller.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, la France achète plus de la moitié de son pétrole
brut auprès des membres de l?Organisation des pays
exportateurs de pétrole (Opep) avec 53,7 %, contre 48,5 %
en 2022 (figure 2.3.1.2).
Les États-Unis restent le premier fournisseur de la France
avec 7,8 Mtep, soit 16,7 % du total. Ils devancent ainsi
le Nigeria, puis le Kazakhstan, qui représentent chacun 12 %
du total. Les importations depuis la Russie, en troisième
position en 2019 (2,2 Mtep), ont cessé en 2023. En effet,
un embargo sur le pétrole brut russe importé par voie maritime
est entré en vigueur le 5 décembre 2022.
Globalement, la part de l?Europe orientale dans les
importations de pétrole brut diminue nettement : - 6 points
en un an et - 17 points par rapport à 2019. Celle de la mer
du Nord baisse également (- 2 points).
À l?inverse, la part des importations en provenance
d?Afrique (+ 3 points), du Moyen-Orient (+ 2 points) et
d?Amérique du Nord (+ 2 points) progresse.
52 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.1.2 : origine des importations de pétrole brut*
En Mtep
1973 1979 1990 2000 2010 2019 2020 2021 2022 2023
En % En %
Grandes zones
Moyen-Orient 98,5 71,4 96,6 32,4 32,3 11,4 10,4 5,3 5,1 6,4 8,0 17,2
Afrique du Nord 18,7 13,5 9,7 7,3 6,4 12,4 8,6 4,4 7,5 6,3 8,6 18,4
Afrique subsaharienne 15,3 11,1 11,2 14,1 7,7 8,7 8,0 5,9 5,4 8,9 9,6 20,6
Mer du Nord** 0,2 0,1 4,3 10,7 32,6 10,9 3,8 4,4 3,6 4,6 4,3 9,3
Europe orientale*** 3,4 2,5 5,1 6,4 8,2 21,5 14,6 8,9 7,9 8,1 5,9 12,8
Amérique du Nord - - - 2,5 - - 3,8 4,3 4,9 6,6 8,1 17,3
Autres 1,8 1,3 1,7 1,6 0,3 0,9 0,6 0,7 0,4 1,1 2,1 4,5
Total 137,9 100,0 128,6 75,0 87,6 65,7 49,7 33,9 34,7 42,1 46,5 100,0
dontOpep**** 130,5 94,7 114,3 43,9 40,7 28,2 25,8 14,3 17,3 20,4 25,0 53,7
OpephorsIrak 111,5 80,8 91,1 40,8 33,4 25,7 23,0 13,3 14,9 18,1 21,5 46,1
Principaux fournisseurs
États-Unis - - - 3,8 4,3 4,5 6,2 7,8 16,7
Nigeria 12,9 9,3 9,8 3,2 4,9 2,9 6,1 3,3 4,0 4,2 5,8 12,4
Kazakhstan - - - - 2,1 7,0 6,9 5,5 4,6 5,7 5,6 12,0
Algérie 11,3 8,2 5,2 3,1 3,5 0,9 5,8 3,5 4,0 3,7 4,5 9,6
Libye 6,6 4,8 4,1 3,0 2,5 10,5 2,6 0,9 3,4 2,6 4,1 8,7
Irak 19,1 13,8 23,2 3,1 7,4 2,4 2,8 1,0 2,4 2,3 3,5 7,6
Arabie saoudite 30,8 22,4 45,3 15,5 15,6 6,1 7,4 4,0 2,7 3,4 3,5 7,5
Norvège 0,2 0,1 1,6 6,0 21,6 7,2 3,2 3,6 2,4 3,4 3,4 7,2
Angola - - - 2,8 1,9 3,5 0,9 1,4 0,4 3,0 2,2 4,8
Brésil - - - - 0,1 0,7 0,4 0,3 0,1 0,8 1,0 2,2
Royaume-Uni - - 2,7 4,8 10,1 3,4 0,6 0,8 1,2 1,2 1,0 2,1
Azerbaïdjan - - - - 0,6 3,2 1,4 0,5 0,2 0,2 0,4 0,8
Guinée équatoriale - - - - - 0,6 - - 0,3 0,3 0,2 0,4
Ghana - - - - - - 0,4 0,1 - - 0,1 0,3
Russie - - - - 5,1 11,3 6,3 3,0 3,1 2,2 - -
Iran 11,1 8,0 8,0 9,2 5,3 1,8 - - - - - -
Congo 1,0 0,7 - 0,9 0,0 1,3 - - - - - -
Mexique - - - 2,5 - - - - - - - -
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller.
**Danemark,Norvège,Pays-BasetRoyaume-Uni.
***Azerbaïdjan,Géorgie,Kazakhstan,Russie,Turkménistan,Ukraine.
****Opep:en2023:Algérie,Angola,Arabiesaoudite,Congo,Émiratsarabesunis,Gabon,Guinéeéquatoriale,Irak,Iran,Koweït,Libye,Nigeria,Venezuela.
Note:lepétroleestclassédanscetableauselonlepaysoùilaétéextrait.Jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.
Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs
Commerce extérieur de produits raffinés
Les importations de produits raffinés reculent fortement pour
la deuxième année consécutive (- 8,1 %, après - 9,9 % en
2022), pour s?établir à 38,0 Mtep en 2023, en lien avec la
croissance de l?activité de raffinage (figure 2.3.1.3).
La hausse de l?activité de raffinage entraîne une
augmentation des exportations en 2023 (+ 6,1 % par rapport
à 2022), à 14,7 Mtep. Les quantités exportées demeurent
toutefois très inférieures à leur niveau de 2019 (- 15,7 % sur
quatre ans).
Ainsi, le solde importateur de la France en produits raffinés
se réduit, à 23,3 Mtep, le niveau le plus faible enregistré depuis
2018.
Après son record historique de 2022 dû à la très forte
hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés, la
valeur monétaire des importations de produits raffinés s?élève
à 29,3 Md¤ en 2023. Elle diminue de 28,7 %. En euros
constants, elle reste supérieure de 6,9 % à son niveau de 2019.
La valeur des exportations s?est aussi nettement réduite, à
12,7 Md¤ (- 15,2 % en un an et + 5,0 % par rapport à 2019 en
euros constants). Ainsi, les échanges extérieurs de produits
raffinés contribuent à hauteur de 16,6 Md¤ au déficit commercial
de la France, contre 26,1 Md¤ en 2022. La facture s?est
fortement allégée en 2023 (- 36,4 %) sous l?effet de la baisse
des prix. Elle reste néanmoins supérieure à celle de 2019
(+ 1,3 Md¤, soit + 8,4 %).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 53
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.1.3 : solde importateur des produits raffinés
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Importations 45,6 27 408 43,7 18 035 45,8 26 272 41,3 41 078 38,0 29 298
Gazole routier 20,1 12 602 20,0 8 137 21,1 11 516 19,4 20 109 17,1 13 400
Fioul domestique et autres gazoles 4,6 2 724 4,9 1 909 3,9 2 057 2,6 2 589 3,0 2 344
Supercarburants* 1,6 1 021 1,4 637 2,7 1 716 3,1 3 256 2,7 2 191
Jet kérosène 6,2 3 906 4,1 1 590 5,1 2 882 5,7 6 124 5,7 4 611
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 3,7 1 316 3,3 1 048 3,6 1 745 3,4 1 994 3,2 1 447
Fioul lourd 2,8 1 351 1,9 718 1,5 728 1,6 1 113 1,3 848
Produits non énergétiques** 5,3 3 286 6,7 2 992 6,7 4 461 4,4 4 396 3,8 3 304
Autres*** 1,4 1 202 1,1 1 005 1,4 1 168 1,1 1 497 1,1 1 154
Exportations 17,4 12 096 12,8 7 393 12,6 10 108 13,8 14 973 14,7 12 702
Gazole routier 0,3 247 0,4 307 0,6 587 0,6 1 009 0,8 899
Fioul domestique et autres gazoles 2,3 1 246 1,2 426 0,9 497 0,8 787 1,3 909
Supercarburants* 2,8 1 575 2,3 774 2,2 1 286 1,8 1 590 1,6 1 139
Jet kérosène 1,8 1 066 1,5 538 1,7 945 1,1 1 419 1,2 1 023
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1,0 472 1,0 372 1,0 574 1,2 832 0,9 491
Fioul lourd 3,7 1 544 2,5 706 2,6 1 147 3,5 2 312 3,4 1 705
Produits non énergétiques** 4,6 3 508 2,9 2 169 2,5 2 766 3,7 4 287 4,6 4 290
Autres*** 1,0 2 440 1,1 2 101 1,0 2 305 1,1 2 739 0,8 2 246
Solde importateur 28,2 15 311 30,9 10 642 33,2 16 164 27,5 26 104 23,3 16 596
Gazole routier 19,8 12 355 19,7 7 831 20,4 10 928 18,8 19 100 16,3 12 501
Fioul domestique et autres gazoles 2,4 1 479 3,7 1 483 3,0 1 559 1,9 1 802 1,7 1 435
Supercarburants* - 1,2 - 554 - 0,9 - 137 0,5 430 1,3 1 667 1,1 1 052
Jet kérosène 4,4 2 840 2,6 1 052 3,4 1 937 4,5 4 706 4,5 3 588
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 2,7 845 2,4 676 2,6 1 171 2,2 1 162 2,4 956
Fioul lourd - 0,9 - 193 - 0,6 12 - 1,1 - 419 - 1,9 - 1 199 - 2,1 - 857
Produits non énergétiques** 0,7 - 222 3,9 823 4,1 1 695 0,7 109 - 0,9 - 987
Autres*** 0,4 - 1 238 0,1 - 1 097 0,4 - 1 137 0,0 - 1 242 0,3 - 1 092
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres.
Note:lesvaleursmonétairessontdonnéescoût,assuranceetfretinclus(CAF)pourlesimportations,etfrancoàbord(FAB)pourlesexportations.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
La France achète principalement du gazole, qui regroupe
le gazole routier et non routier, ce dernier produit étant utilisé
pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs
agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole
routier, excepté sa coloration. Les importations de ce produit,
déduction faite des volumes exportés, représentent 16,3 Mtep
en 2023, pour une dépense nette correspondante de 12,5 Md¤.
La France est également importatrice nette de kérosène
(4,5 Mtep), de gaz de pétrole liquéfié (GPL, 2,4 Mtep), de fioul
domestique et autres gazoles (1,7 Mtep) et, depuis 2021, de
supercarburants (1,1 Mtep). À l?inverse, elle est devenue
depuis quelques années exportatrice nette de fioul lourd car
la demande intérieure pour ce produit décline régulièrement.
Ce combustible permet d?alléger sa facture de 0,9 Md¤.
Les évolutions par produit sont assez contrastées :
les importations de gazole et de naphta chutent de 11,7 %,
celles de GPL de 5,0 %. Les achats de supercarburants
reculent de 14 % pour revenir à leur niveau de 2021 (2,7 Mtep),
tandis que ceux de fioul lourd se replient de 17 %, à 1,3 Mtep.
Les achats de carburéacteurs augmentent légèrement, de
0,6 % sur un an, sans toutefois retrouver leur niveau de 2019
(- 8,2 %). À l?inverse, les livraisons de fioul domestique et
autres gazoles progressent fortement, à 3,0 Mtep (+ 14,9 %).
En 2023, la part de la Russie dans les importations de
produits pétroliers raffinés (16 % en 2022) est devenue quasi
nulle (figure 2.3.1.4) en application des sanctions économiques
liées à la guerre en Ukraine. Ainsi, la répartition des
provenances géographiques des produits pétroliers est
nettement modifiée en 2023.
Les produits raffinés importés par la France proviennent
pour près de la moitié d?Europe (47 %, soit 10 points de plus
qu?en 2022). Les parts de l?Arabie saoudite (11 %) et des
États-Unis (8 %) sont stables.
54 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Le gazole routier provient en 2023 pour 43 % d?Europe
(+ 16 points). La Russie, premier fournisseur de ce produit
en 2022, avec 6,2 Mtep, soit 32 % du marché, ne représente
plus que 0,3 % des importations. Le Moyen-Orient fournit
38 % du total (+ 9 points), dont 22 % depuis l?Arabie saoudite,
tandis que l?Inde en représente 7 %.
Depuis plusieurs années, le kérosène est acheminé en
grande partie depuis le Moyen-Orient, avec 40 % des
importations en 2023, comme en 2022. 18 % proviennent
d?Inde alors que 10 % proviennent d?Europe. Le GPL est,
quant à lui, importé principalement des États-Unis (1,2 Mtep,
38 %), d?Algérie (30 %), du Royaume-Uni (16 %) et de
Norvège (9 %).
L?essentiel des quantités de supercarburants importées
provient d?Europe (85 % en 2023). Enfin, le naphta est d?abord
livré depuis l?Europe (50 % du total), puis d?Algérie (33 %,
+ 22 points sur un an) et des États-Unis (8 %).
Figure 2.3.1.4 : importations de produits pétroliers raffinés
par pays de 2019 à 2023
En Mtep
Europe Russie Arabie saoudite États-Unis Algérie Autres
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2019 2021 2022 20232020
3,5 3,7 2,6
3,0
3,1
5,4 3,8
4,1
4,6
4,26,0 7,4 8,7
6,8 0,1
18,0 18,7 19,3
15,4 17,7
2,1 2,5 2,1
1,5
1,7
10,6 7,5 9,1
10,0
11,2
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Les exportations continuent de croître à un rythme soutenu
en 2023 (+ 6,1 %, après + 9,9 % en 2022). Leur dynamisme
s?explique surtout par les ventes de naphta (+ 36,8 %, à
3,2 Mtep). Les livraisons de gazole et de fioul domestique
ont également fortement augmenté (+ 56,8 %, à 2,2 Mtep).
Les exportations de kérosène ont crû de 6,0 %, à 1,2 Mtep.
À l?inverse, les ventes de supercarburants continuent de
chuter en 2023 (- 13,0 %, après - 17,7 % en 2022). Les
exportations de GPL passent de 1,2 Mtep en 2022 à 0,9 Mtep
en 2023 (- 28,2 %). Celles de fioul lourd, revenues en 2022
à leur niveau de 2019, se replient aussi en 2023 mais à un
rythme moins élevé (- 2,7 %).
Près des trois quarts des exportations françaises de
produits raffinés sont à destination de l?Europe en 2023.
Le fioul lourd en particulier est acheminé pour l?essentiel dans
l?Union européenne (76 %). C?est également le cas du naphta
(79 % vers l?Europe et 19 % vers les États-Unis).
Les produits livrés vers les États-Unis représentent 9 %
des quantités exportées en 2023 (7 % en 2022). En particulier,
41 % des quantités de supercarburants y sont exportées.
Stocks pétroliers
Entre fin 2022 et fin 2023, les stocks français de pétrole brut
et d?autres intrants du raffinage augmentent de 0,2 Mtep,
pour s?établir à 7,2 Mtep en fin d?année (6,4 Mtep de pétrole
brut et 0,8 Mtep de charges de raffinage). Les stocks de
produits raffinés diminuent légèrement en 2023, à 12,7 Mtep
(- 1,8 %, - 7,7 % sur quatre ans).
L?essentiel de ces stocks correspond aux obligations de
stockage stratégique de produits pétroliers devant couvrir au
minimum 90 jours d?importations nettes.
2.3.2 GAZ NATUREL
Les importations de gaz naturel arrivent en France
métropolitaine essentiellement sous forme gazeuse par un
réseau de gazoducs, terrestres ou sous-marins, ou sous
forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier.
Les importations, hors transit via gazoduc, de gaz naturel sur
le territoire s?élèvent à 532 TWh PCS en 2023, un niveau
comparable à celui de 2021 et en diminution de 17 % par
rapport à 2022 (figure 2.3.2.1). La baisse des prix (cf. 1.3.1)
entraîne une forte diminution du coût des importations, qui
s?établit à 36,3 Md¤ en 2023 (- 40,9 % en euros constants
par rapport à 2022).
En raison de la modération de la demande de gaz
naturel en 2023 et du haut remplissage des stocks en début
d?année, les importations de gaz naturel reculent en 2023.
Les importations par gazoduc diminuent ainsi de 18,2 %, à
217 TWh. Elles sont réalisées aux points d?interconnexion
du réseau (PIR) de gazoducs de France métropolitaine avec
les réseaux étrangers : Dunkerque depuis la Norvège (69 %
des entrées brutes), Taisnières (L) depuis les Pays-Bas
(10 %), Virtualys depuis la Belgique (7 %), Pirineos depuis
l?Espagne (14 %) et autres (0,6 %). Les importations de GNL
diminuent aussi nettement (- 16 %) et s?élèvent à 315 TWh
en 2023. Le GNL regazéifié représente 59 % des entrées de
gaz naturel, en hausse de 0,7 point par rapport à l?année
précédente. Le terminal méthanier de Dunkerque réceptionne
39 % des importations de GNL, les deux terminaux de Fos-
sur-Mer en reçoivent 32 % et celui de Montoir-de-Bretagne
27 %. Mis en fonction en octobre 2023, le terminal flottant du
Havre réceptionne 1 % des importations de GNL en 2023.
Enfin, outre les injections de GNL regazéifié dans le réseau
depuis les terminaux méthaniers, du GNL est également
directement acheminé par camion-citerne jusqu?à certains
industriels ou des stations-service (il s?agit de GNL dit « porté »
ou de détail). Les volumes correspondants sont relativement
faibles et restent stables par rapport à 2022 (2,1 TWh).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 55
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les sorties du territoire, sous forme gazeuse, s?effectuent
aux points d?interconnexion avec les réseaux des pays voisins,
principalement suisse (PIR Oltingue et Jura), espagnol (PIR
Pirineos) et belge (PIR Virtualys). Les exportations diminuent
par rapport à l?année précédente (- 9,0 % en 2023), mais
restent à un niveau historiquement élevé. En effet, les
quantités entrées sous forme de GNL et regazéifiées sont
comptabilisées en exportation lorsqu?elles sont destinées à
un autre pays alors qu?elles seraient exclues des importations
si elles transitaient par le réseau sous forme gazeuse (transit).
Ce sont ainsi 156 TWh de gaz qui ont été réexportés en 2023,
hors transit, pour une recette correspondante s?élevant à
10,0 Md¤.
Le solde importateur de la France en gaz naturel, net des
exportations, diminue de 19,6 % en 2023, pour atteindre
377 TWh. En lien avec la nette baisse des prix du gaz,
la facture correspondante diminue fortement, de moitié, pour
s?établir à 26,3 Md¤ en 2023.
Figure 2.3.2.1 : solde importateur de gaz naturel
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Importations 612,2 11 803 521,0 6 704 521,8 17 775 639,5 61 379 532,4 36 281
Selon la forme de gaz
Gaz sous forme gazeuse 376,5 7 423 324,2 4 105 337,2 12 215 265,3 27 554 217,0 21 051
GNL** regazéifié 233,6 4 342 194,8 2 573 182,4 5 498 371,8 33 609 313,3 15 126
GNL** porté 2,1 38 2,0 27 2,1 63 2,4 215 2,1 103
Selon le type de contrat
Court terme 182,8 n.d. 149,6 n.d. 131,5 n.d. 215,5 n.d. 160,8 n.d.
Moyen et long terme 429,4 n.d. 371,4 n.d. 390,2 n.d. 424,0 n.d. 371,7 n.d.
Exportations 105,4 2 038 93,9 1 071 62,0 1 861 171,3 11 334 155,9 10 006
Solde échanges extérieurs 506,8 9 765 427,1 5 633 459,7 15 914 468,2 50 045 376,5 26 274
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
**GNL=gaznaturelliquéfié.Ilestsoitregazéifiépourêtreensuiteinjectédanslesréseauxdegaz,soitdirectementacheminéparcamion-citerneàdesindustriels
oudesstations-service.
n.d.=nondisponible.
Note:lesdonnéesrelativesauximportationsetauxexportationsn?incluentpaslegaztransitantsurleterritoirenational.Letransitdegazgazeuxdéclarépar
lesfournisseursaétéexcluconformémentauxconventionsinternationalespourlesdonnéesannuelles;lesimportationsetexportationsontétéréviséesàla
baisse;lesoldeestinchangé.Parailleurs,lesimportationsdeGNLdiffèrentdesinjectionsdansleréseaudeGNLregazéifié,l?écartcorrespondantàlavariation
desstocksdesterminauxméthaniers(-1,2TWhen2023).
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseursdegaz,DGDDI
Les exportations de gaz russe à travers le gazoduc
Nordstream ont été arrêtées dès août 2022. Cela a
profondément modifié l?origine des importations depuis 2022
(figure 2.3.2.2). La Norvège est le principal fournisseur de
la France en 2023 (33 % du total des importations), suivie
par les États-Unis (26 %). Les autres pays fournisseurs sont
la Russie (13 %), l?Algérie (9 %), les autres pays (8 %),
les Pays-Bas (5 %), le Qatar (5 %) et le Nigeria (1 %). Pour
0,4 % des entrées brutes, correspondant essentiellement à
du GNL vendu sur les marchés, l?origine du gaz est
indéterminée. La France a nettement diversifié ses
approvisionnements à travers l?augmentation des importations
de GNL. Grâce à ces ports méthaniers, la France dispose
d?un accès au marché mondial du GNL.
La forte diminution des importations françaises de gaz
naturel en 2023 est portée par la baisse des importations en
provenance de la Norvège (- 15 %, - 4,9 points sur l?évolution
des importations), de la Russie (- 26 %, - 3,9 points), des
États-Unis (- 9 %, - 2,2 points), du Nigeria (- 63 %, - 1,3 point),
d?Algérie (- 8 %, - 0,6 point) et des Pays-Bas (- 7 %, - 0,3 point).
À l?inverse, les importations en provenance du Qatar
progressent (+ 8 %, + 0,3 point). Signe d?une diversification
accrue des approvisionnements, la part des achats auprès
d?autres pays augmentent (+ 81 %, + 3,1 points sur l?évolution
du solde global). La part relative du GNL pour lequel le lieu
de production ne peut pas être tracé diminue très nettement
pour devenir très faible (- 95 %, - 6,1 points).
56 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.2.2 : origine des importations de gaz naturel
En TWh PCS*
700
600
500
400
300
200
100
0
Norvège Russie Pays-Bas Algérie Nigeria (yc swaps) Qatar États-Unis Autres pays Indéterminés
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 20201973 2023
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
Si l?approvisionnement français en gaz naturel est assuré,
pour l?essentiel, par les importations, la gestion des stocks
permet d?ajuster l?offre à la demande intérieure. Celle-ci varie
fortement en cours d?année avec les besoins en chauffage
(figure 2.3.2.3). En général, les stocks sont sollicités de
novembre à mars, période communément appelée « hiver
gazier », avant d?être progressivement reconstitués d?avril à
octobre. Les stocks utiles s?élèvent à 121 TWh fin 2023, en
baisse de 2 TWh par rapport à la fin 2022. Un remplissage
complet des infrastructures de stockage de gaz naturel a été
observé fin octobre 2023.
Figure 2.3.2.3 : niveau des stocks utiles de gaz naturel (y compris GNL) en fin de mois
En TWh PCS*
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
2018 2019 2020 2021 2022 2023
160
140
120
100
80
60
40
20
0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 57
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.2.4 : variations de stocks de gaz naturel
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Variations de stocks - 21,8 - 429,9 23,6 299,0 18,3 659,6 - 39,0 - 4 034,4 1,6 101,0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Note:lesvariationsdestockssontcomptéespositivementencasdedéstockage,négativementencasdestockage.Ladépenseassociéecorrespondà
lavalorisationdelaquantitéphysiquedevariationdesstocks(+1,6TWhentrefindécembre2022etfindécembre2023)avecunprixdérivédesimportationsdeGNL.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
2.3.3 CHARBON
Tous produits confondus, les importations de charbon, nettes
des (faibles) volumes exportés, s?élèvent à 52,1 TWh en 2023
(figure 2.3.3.1). Elles diminuent de 26 % par rapport à 2022
et de 39 % par rapport à 2019, et atteignent ainsi leur plus
bas niveau depuis plusieurs décennies.
L?approvisionnement de la France en charbon primaire
repose presque exclusivement sur ses importations, qui
s?élèvent à 6,0 millions de tonnes (Mt), soit 46,5 TWh, en
2023. La majeure partie de ces importations vise à répondre
aux besoins d?un nombre limité de consommateurs,
notamment des établissements de la filière sidérurgique et
des centrales électriques à charbon qui, dans un contexte
de décarbonation de la production électrique, sont de moins
en moins sollicitées.
La France importe par ailleurs de faibles volumes de
charbon dérivé. Il s?agit, pour l?essentiel, de coke venant
compléter la production nationale destinée aux hauts-
fourneaux et, dans une moindre mesure, de briquettes de
lignite et de produits agglomérés. Les importations de coke
ont de nouveau chuté en 2023, à 5,6 TWh. Elles avaient triplé
en 2021 puis avaient peu diminué en 2022 afin de compenser
la chute de production intérieure de coke due à la fermeture
ou l?indisponibilité de fours à coke dans les usines sidérurgiques
(cf. 3.3).
La facture charbonnière de la France chute nettement
(- 40 % en un an) du fait de la forte diminution des prix (cf. 1.4),
et s?établit ainsi à 2,0 Md¤ en 2023. Si le charbon dérivé ne
représente que 11 % des quantités importées, il pèse
davantage dans la facture (18 %) en raison de prix bien plus
élevés que ceux du charbon primaire.
Figure 2.3.3.1 : solde importateur de produits charbonniers
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 84,8 1 855 59,3 937 72,2 1 497 70,7 3 270 52,1 1 962
Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613
Charbon dérivé 5,2 237 4,0 135 12,0 471 10,0 696 5,6 349
Exportations 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1
Charbon dérivé 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1
Solde importateur 84,7 1 854 59,2 934 72,1 1 496 70,6 3 267 52,1 1 961
Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613
Charbon dérivé 5,2 236 3,9 132 11,9 470 9,9 693 5,6 349
Note:conformémentàlaméthodologiedel?AIE,lesimportationsdecharbonprimairesontnettesdesréexportations.
Source :SDES,Bilandel?énergie
58 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les principaux fournisseurs de charbon de la France
demeurent les mêmes depuis plusieurs années (figure 2.3.3.2).
L?Australie reste au premier rang en 2023, avec 20,4 TWh
(2,6 Mt), suivie par les États-Unis (12,1 TWh). Les parts de
ces pays ont augmenté respectivement de 8 % et 6 %.
L?Afrique du Sud gagne de nouveau un rang en fournissant
6,2 TWh. Enfin, la Colombie produit 11 % du charbon livré
en France, avec 5,7 TWh. Les importations depuis la Russie
ont fortement diminué en 2022 en raison de l?embargo
européen consécutif à l?invasion de l?Ukraine et sont devenues
quasiment nulles en 2023. Elles s?élèvent à 0,12 TWh en
2023, contre 10,5 TWh en 2022 et 21,2 TWh en 2021.
Figure 2.3.3.2 : origine des importations de charbon
En Mt
35
30
25
20
15
10
5
0
1982
1996
2014
2008
1976
1990
1984
1998
1978
1992
2016
2010
1986
2000
1980
1994
1988
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Afrique du Sud Allemagne Australie Colombie États-Unis Russie Autres pays
Note:l?Allemagnecomprendl?ex-RDAdepuis1991.
Àpartirde2011,ils?agitdesimportationsnettesdesréexportationspourlecharbonprimaire.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source : SDES,Bilandel?énergie
Fin 2023, les opérateurs ont globalement puisé dans les
stocks de produits charbonniers, à hauteur de 0,2 TWh
(figure 2.3.3.3). Le charbon est entreposé soit dans les ports
où sont réceptionnées les importations, soit directement sur
les principaux sites consommateurs : centrales électriques,
sites sidérurgiques ou autres sites industriels (sucreries,
papeteries...). La consommation des centrales électriques
ayant diminué (cf. 4.4), l?autonomie correspondant à leurs
stocks a augmenté par rapport à fin décembre 2022 (27 mois
au rythme actuel annualisé de la consommation, soit 17 mois
de plus qu?en 2022, et 13 mois de moins qu?en 2019).
Figure 2.3.3.3 : variations de stocks de produits charbonniers
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Variations de stocks 0,4 - 11 2,3 25 7,9 113 - 2,7 - 148 0,2 - 16
Charbon primaire 0,7 3 2,4 33 7,8 109 - 2,1 - 110 0,6 4
Charbon dérivé - 0,3 - 13 - 0,2 - 8 0,1 5 - 0,7 - 38 - 0,4 - 19
Note:lavariationdesstocksphysiquesestpositiveencasdedéstockage,négativedanslecascontraire.Savalorisationmonétairepeutêtredesigneopposéen
raisondeprixdifférenciésentreproduitsou,pourunmêmeproduit,entrepériodesdel?annéeoùlesstocksaugmententetpériodesoùceux-cidiminuent.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 59
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.3.4 BOIS-ÉNERGIE
Exportatrice nette de bois-énergie jusqu?en 2015, la France
enregistre depuis plusieurs années un déficit commercial pour
ce combustible. Ainsi, en 2023, les achats français, nets des
quantités exportées, ont augmenté de 35 % en volume
(2,6 TWh), et de 11 % en valeur, après avoir doublé en 2022.
Ils atteignent 250 M¤ en 2023 (figure 2.3.4.1). La France
exporte en majorité du bois de chauffage (45 % des exportations
en quantité) et des sciures et déchets de bois (43 % des
exportations) - (figure 2.3.4.2). À l?inverse, elle importe
majoritairement des granulés de bois (87 % des importations
en quantité, soit 5 points de plus qu?en 2022). Ces derniers,
du fait de leur pouvoir calorifique élevé et de leur facilité
d?utilisation, sont vendus en général à des prix plus élevés que
le bois de chauffage. Malgré une baisse générale des prix des
combustibles bois-énergie en 2023, la forte croissance des
importations de granulés creuse le solde importateur (cf. 1.5).
Les échanges extérieurs de bois-énergie demeurent
néanmoins très faibles au regard de la production intérieure.
Les importations de bois-énergie représentent en effet 5 %
de la consommation primaire de bois-énergie. Les exportations
représentent, quant à elles, 3 % de la production primaire de
bois-énergie.
Figure 2.3.4.1 : échanges extérieurs de bois-énergie
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 2,7 141 2,7 124 3,9 168 4,4 315 5,3 325
Bois de chauffage 0,4 17 0,4 15 0,4 14 0,4 20 0,4 16
Sciures, déchets de bois et briquettes 0,5 16 0,4 15 0,4 17 0,4 24 0,3 21
Granulés 1,9 107 1,9 95 3,0 138 3,6 271 4,6 289
Exportations 2,3 61 1,9 45 2,1 57 2,5 91 2,7 75
Bois de chauffage 1,1 22 1,0 17 1,0 19 1,4 37 1,2 34
Sciures, déchets de bois et briquettes 0,7 7 0,5 5 0,6 9 0,7 18 1,2 16
Granulés 0,6 32 0,4 23 0,6 28 0,4 36 0,3 25
Solde importateur 0,5 80 0,7 79 1,7 111 1,9 225 2,6 250
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Figure 2.3.4.2 : échanges extérieurs de bois-énergie par combustible en 2023
En % des quantités échangées
Bois de chauffage
Sciures, déchets
de bois et briquettes
Granulés
45
43
12
Exportations
Granulés
Bois de chauffage
Sciures, déchets
de bois et briquettes
87
6
7
Importations
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Les pays frontaliers sont les principaux destinataires des
exportations françaises de bois-énergie (figure 2.3.4.3), en
particulier la Belgique qui, en 2023, totalise plus de la moitié
des exportations. À l?inverse, les importations proviennent de
pays plus éloignés : les importations en provenance de
l?Amérique du Nord augmentent fortement depuis quelques
années en raison du développement du commerce de granulés.
En particulier, les importations en provenance des États-Unis,
marginales jusqu?en 2020, doublent entre 2022 et 2023 et
représentent le quart des importations totales de bois-énergie.
60 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.4.3 : échanges extérieurs de bois-énergie par pays en 2023
En % des quantités échangées
Belgique
Italie
Espagne
Luxembourg
Suède
Autres
53
12
11
7
5
12
États-Unis
Belgique
Allemagne
Espagne
Canada
Autres
25
24
10
24
7
10
Exportations Importations
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
2.3.5 BIOCARBURANTS
La France est importatrice nette de biocarburants destinés
à être incorporés au gazole (biodiesel) ou à l?essence
(bioéthanol ou bioessences). Les achats français de
biocarburants, nets des volumes exportés, augmentent de
12,5 % en 2023 (figure 2.3.5.1), pour s?élever à 20 TWh
(soit près de la moitié des biocarburants consommés en
France, hors biokérosène). Ce déficit des échanges
extérieurs est très majoritairement imputable au biodiesel :
les importations nettes équivalent à 31 % des quantités de
bioessences et à 55 % des quantités de biodiesel
consommées sur le territoire. La facture correspondante
stagne en euros constants et s?élève à 3,2 Md¤ en 2023,
après avoir fortement augmenté en 2022 du fait de la crise
énergétique.
L?origine des matières premières utilisées dans les biocarburants
Dans le bilan de l?énergie, suivant les conventions statistiques internationales, les biocarburants sont
considérés comme une ressource énergétique nationale dès lors que la transformation de matières
premières est réalisée sur le sol national. On peut toutefois également s?intéresser au lieu de
production des matières premières elles-mêmes : de ce point de vue, 49 % des volumes de
biocarburants et 74 % des volumes de biodiesel essence consommés en France sont d?origine
étrangère en 2023. Cette part reste stable par rapport à 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 61
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.5.1 : échanges extérieurs de biocarburants
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 24,0 2 073 16,9 1 298 21,7 2 594 23,5 4 251 24,3 3 727
Bioessences 2,3 232 2,1 203 3,0 350 3,9 687 3,8 668
Biodiesel 21,7 1 840 14,8 1 094 18,7 2 244 19,6 3 564 20,5 3 059
Exportations 8,2 788 7,1 713 6,6 905 6,0 1 088 4,6 575
Bioessences 1,5 173 1,4 169 0,8 136 0,8 153 0,8 110
Biodiesel 6,7 614 5,7 543 5,7 769 5,2 935 3,8 465
Solde importateur 15,8 1 285 9,8 585 15,2 1 689 17,5 3 163 19,6 3 152
Bioessences 0,8 59 0,7 34 2,1 214 3,1 534 3,0 558
Biodiesel 15,0 1 226 9,1 551 13,0 1 475 14,4 2 629 16,7 2 594
Note:lecommerceextérieurdebiodieselcouvredésormais,ensusdesestersméthyliquesd?acidegras(EMAG),lebiodieseldesynthèse.Lecommerceextérieur
debioessencescouvredésormais,ensusdel?éthanol,lesbioessencesdesynthèse.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetDGEC
Les pays frontaliers concentrent la plupart du commerce
extérieur de biocarburants. S?agissant des esters méthyliques
d?acides gras (EMAG), qui représentent 91 % des importations
de biodiesel en volume, ils proviennent essentiellement de
Belgique (45 %), des Pays-Bas (32 %) et d?Espagne (17 %).
Quant aux exportations, elles sont majoritairement dirigées
vers la Belgique (39 %), l?Espagne (24 %) et la Suède (17 %).
Dans le cas de l?éthanol pur, qui représente 93 % des
importations de bioessences en volume, soit 14 % des
importations de biocarburants, il provient pour 29 %
d?Espagne, pour 12 % du Brésil et pour 10 % des Pays-Bas.
Les pays vers lesquels l?éthanol pur est exporté ne sont pas
connus dans les déclarations de durabilité (cf. méthodologie)
et ce produit n?est pas isolé dans les données de la DGDDI.
2.3.6 ÉLECTRICITÉ
En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité
après avoir enregistré un déficit en 2022, en raison de la
moindre disponibilité des centrales nucléaires et du faible
niveau de la production hydraulique dû à la sécheresse.
Sur l?ensemble de l?année 2023, la France a importé 25 TWh
et a exporté 76 TWh (figure 2.3.6.1), et enregistre donc
un solde exportateur d?électricité de 50 TWh après un solde
exportateur négatif de 15 TWh en 2022.
Le solde des échanges extérieurs est positif à toutes
les interconnexions frontalières (figure 2.3.6.2), sauf vis-à-vis
de l?Espagne (- 1,6 TWh). Le solde vis-à-vis de la Grande-
Bretagne, négatif en 2022, augmente de 23 TWh, pour
atteindre 14 TWh en 2023. Le solde exportateur d?électricité
progresse aussi nettement avec l?Allemagne (+ 15 TWh par
rapport à 2022), la Belgique (+ 13 TWh) et, dans une moindre
mesure, avec l?Italie (+ 5 TWh, à 18 TWh) et la Suisse
(+ 3 TWh). Il était resté excédentaire en 2022 avec ces deux
pays. Le solde vis-à-vis de l?Espagne est moins déficitaire
qu?en 2022 : il progresse de 7 TWh en 2023. Les importations
sont restées élevées au premier semestre à la frontière avec
l?Espagne et ont nettement diminué au second semestre, en
lien avec la hausse de la production intérieure.
Les recettes tirées des exportations d?électricité s?élèvent
en 2023 à 6,8 Md¤. Déduction faite des dépenses d?importation
(2,9 Md¤), le solde net s?établit à 4,0 Md¤ et augmente de
12 Md¤ par rapport à l?année précédente en euros constants.
Cette nette hausse s?explique par la croissance des
exportations physiques d?électricité et la baisse des quantités
importées, alors que les prix diminuent nettement.
Figure 2.3.6.1 : échanges extérieurs d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 16 830 20 849 24 3 802 52 17 006 25 2 885
Exportations 73 3 115 65 2 135 69 6 709 37 9 192 76 6 847
Solde exportateur 58 2 285 45 1 286 45 2 906 - 15 - 7 814 50 3 961
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE,DGDDI,Emosson
62 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.6.2 : contribution au solde exportateur d?électricité
60
50
40
30
20
10
0
- 10
- 20
- 30
- 40
En TWh
2020 2021 2022 2023
Espagne Grande-Bretagne Belgique Allemagne Autres Italie
13
10
10
5
1
6
14
13
18
6
- 9
9
- 3
- 5
- 2
15
- 8
3
7
4
7
6
- 10
14
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE
partie 3
Transformation,
transport et distribution
d?énergie
? Les pertes liées à la transformation, au transport et à
la distribution d?énergie augmentent de 13,0 % en 2023 et
s?élèvent à 909 TWh. Cette hausse s?explique essentiellement
par l?augmentation de la production d?électricité des centrales
nucléaires, à travers les pertes de chaleur induites. À l?inverse,
la consommation des combustibles pour la production d?électricité
et de chaleur diminue. La consommation de gaz dans les
centrales électriques de cogénération et les réseaux de chaleur
chute de 23,6 %. L?activité des raffineries reste dynamique
en 2023 alors que celle de la filière fonte se replie nettement.
Les achats en énergie de la branche énergie diminuent de 9 %
en 2023, pour atteindre 41,6 Md¤. Ils sont composés à 76 %
de pétrole brut utilisé dans les raffineries.
64 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.1 L?activité du raffinage continue
sa progression en 2023
Le raffinage consiste à transformer le pétrole brut en différents
produits finis, énergétiques (carburants, combustibles) ou
non (lubrifiants, bitume et produits destinés à la pétrochimie
entre autres). Le pétrole brut est, dans un premier temps,
séparé par distillation en plusieurs coupes pétrolières, les plus
lourdes pouvant, dans un deuxième temps, être craquées en
molécules plus légères et mieux valorisables. Les produits
ainsi obtenus font ensuite l?objet de procédés d?amélioration,
visant notamment à en réduire la teneur en soufre ou, pour
les supercarburants, à en augmenter l?indice d?octane.
Les biocarburants produits ou importés en France sont
incorporés en raffinerie ou en dépôt aux carburants non issus
de biomasse. Les informations fournies ci-dessous portent
sur les produits raffinés, biocarburants exclus.
En 2023, la production nationale de produits raffinés,
nette de la consommation propre des raffineries, s?élève à
46,1 Mtep (535,6 TWh), pour une consommation de matière
première de 48,0 Mtep (figure 3.1.1). La production nette
progresse de 10,7 % sur un an, après une hausse de 15,6 %
en 2022. L?activité a été dynamique en dépit des mouvements
sociaux et des blocages, notamment au printemps. Compte
tenu des difficultés d?approvisionnements extérieurs, en
particulier pour le gazole, les installations de raffinage ont
été davantage sollicitées en 2023 après avoir redémarré en
2022. En 2021, la production nette du raffinage était restée
atone, après une chute de plus d?un quart en 2020 en raison
de la crise sanitaire. Certaines installations étaient restées
fermées en 2021 pour maintenance et défaut de rentabilité.
Les raffineurs ont dépensé 29,1 Md¤ en pétrole brut et
autres charges de raffinage pour fournir des produits finis
valorisés à 38,4 Md¤. En euros constants 2023, la valeur de
cette production diminue de 17,3 % par rapport à 2022, en
raison principalement de la baisse des prix (cf. 1.2). Elle reste
très supérieure à celle de 2019 (+ 33,5 %). En 2023,
les raffineries ont dégagé un excédent de 9,3 Md¤, soit 194 ¤
pour chaque tonne équivalent pétrole de produit à distiller
utilisée, contre 245 ¤2023 l?année précédente et 48 ¤2023
en 2019. Après le record de 2022, ce solde a la deuxième
plus haute valeur jamais observée depuis le début du calcul
de cet indicateur en 2011.
Figure 3.1.1 : consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage et production nette de produits finis
des raffineries
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Consommation de pétrole brut
et autres charges de raffinage 52,3 25 916 37,9 13 355 37,3 19 608 43,6 35 215 48,0 29 111
Production nette des raffineries 50,4 28 789 36,6 15 368 36,0 20 897 41,6 46 474 46,1 38 423
Solde - 2 872 - 2 012 - 1 289 - 11 259 - 9 312
Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Lerapportentrelesoldecalculéicietlaconsommationpeutprésenterdesécartsavec
lamargederaffinagecalculéeetdiffuséeparlaDGEC,carcettedernières?appuienonsurdesdonnéesréellesmaissurunmodèlethéoriquederaffinerieen
prenantencompteenoutreunensembleplusvastedecharges(dépensesdegaznaturelnotamment).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les raffineries françaises produisent principalement du
gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier. Ce dernier
produit est utilisé pour certains engins mobiles non routiers
et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications
que celles du gazole routier, excepté sa coloration.
Ces gazoles utilisés comme carburant représentent 36 % du
total de la production en 2023. Les supercarburants comptent
pour 19 %, les produits non énergétiques pour 16 % et le fioul
lourd pour 13 % (figure 3.1.2). Le kérosène représente 7 %
du total de la production nationale de produits raffinés, en
augmentation depuis la reprise progressive du trafic aérien
à la suite de la crise sanitaire. Enfin, la part du fioul domestique
et autres gazoles est de 6 %, et celle du gaz de pétrole liquéfié
de 2 %.
La production de gazole, qui a augmenté de 13 % en
un an, retrouve son niveau de 2019. À 3,4 Mtep, celle de jet
kérosène progresse fortement par rapport à 2022 (+ 31 %,
après + 133 % en 2022), en lien avec la croissance du trafic
aérien international ; la production de kérosène s?établit à
85 % de son niveau de 2019.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 65
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.1.2 : production nette de produits finis des raffineries
En Mtep
2018 2019 2020 2021 2022 2023
60
50
40
30
20
10
0
Gazole
Fioul lourd
GPL
Supercarburants*
Fioul domestique et autres gazoles
Autres***
Produits non énergétiques**
Jet kérosène
18,1
10,9
8,1
5,5
5,3
4,3
1,51,2
16,4
9,8
6,9
5,9
4,7
4,0
1,51,3
13,1
8,0
5,4
3,9
2,6
1,0 1,5
1,2
13,5
7,7
5,7
3,9
2,0
1,1 1,1
1,0
14,4
7,7
6,3
5,9
2,7
2,6
1,1
0,9
16,4
8,6
7,3
5,8
2,6
3,4
1,1
0,9
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autresproduits.
Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Àpartirde2018,laquantitécorrespondantàdugazolepêcheestinclusedanslepostedu
fiouldomestiqueetautresgazoles,commel?estcelledudieselmarineléger(DML),etnonplusdansceluidugazole.Celledegazolenonroutier,utilisédans
l?agricultureetlaconstructionnotamment,estregroupéeaveclegazoleroutierdanslepostegazole,carils?agitdefaitdumêmeproduitsurleplanchimique.
Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs
Après la fermeture de plusieurs installations au début des
années 2010, puis de celle de Grandpuits en 2021, il ne reste
en France en 2023 plus que sept raffineries de pétrole brut
(figure 3.1.3).
Figure 3.1.3 : raffineries de pétrole brut en 2023
0 50 km
Raffinerie
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Gonfreville-
l?Orcher (TotalEnergies)
Port Jérôme-
Gravenchon (Esso)
Donges (TotalEnergies)
Feyzin
(TotalEnergies)
Fos-sur-Mer (Esso)
Martigues-Lavéra
(Petroineos)
Lamentin
(SARA)
Source :DGEC
66 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement
du gaz
3.2.1 INJECTIONS DE BIOMÉTHANE
Depuis 2012, du biométhane, obtenu par épuration de biogaz,
est injecté dans les réseaux de gaz naturel (figure 3.2.1.1).
Si les volumes concernés demeurent relativement faibles,
ils progressent néanmoins rapidement avec le développement
de la filière. En 2023, 9 136 GWh ont ainsi été injectés dans
les réseaux, soit près d?un tiers de plus que l?année
précédente, pour un montant estimé de 1 162,7 M¤.
Par rapport à l?achat de gaz naturel, cela entraîne un surcoût
pour les opérateurs (sous la forme d?une obligation d?achat)
qui est compensé par l?État au titre des charges de service
public de l?énergie. En 2023, cette compensation s?élève à
811 M¤. En fin d?année 2023, 652 installations d?une capacité
d?injection de 11,8 TWh/an sont raccordées aux réseaux de
gaz naturel, tandis que 580 projets supplémentaires,
représentant une capacité de 13,0 TWh/an, sont en attente
de raccordement.
Figure 3.2.1.1 : injections de biométhane
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Injections de biométhane 1,2 144,4 2,2 250,6 4,3 486,7 7,0 803,8 9,1 1 162,7
dontsubvention - 125,9 - 227,1 - 247,9 - 93,8 - 811,5
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,CRE
3.2.2 TRANSPORT, DISTRIBUTION ET STOCKAGE
DE GAZ NATUREL
La rémunération des gestionnaires d?infrastructures pour
leur mission d?acheminement du gaz aux consommateurs
finaux sur le territoire français s?élève à 6,6 Md¤ en 2023,
en baisse de 4,3 % en euros constants par rapport à 2022
(figure 3.2.2.1). La rémunération correspond au coût des
infrastructures gazières, répercuté sur le consommateur final
via deux mécanismes : d?une part, les tarifs d?accès des tiers
aux réseaux (de transport : ATRT, et de distribution : ATRD)
et aux terminaux régulés (terminaux méthaniers, ATTM) qui
sont fixés par la Commission de régulation de l?énergie ;
d?autre part, les tarifs liés aux sites de stockage qui sont
déterminés lors d?enchères dans des conditions définies par
la CRE depuis la réforme de l?accès des tiers aux stockages
de gaz naturel du 1er janvier 2018. Cette rémunération exclut
donc les prestations facturées entre les différents
gestionnaires d?infrastructures ainsi que les recettes liées
au transport du gaz transitant par le territoire national (sauf
indirectement à travers les pertes liées au transport).
En revanche, elle comprend la valeur des pertes physiques
de gaz sur les réseaux. Ces pertes s?élèvent à 4,1 TWh en
2023, en baisse de 8,7 % par rapport à 2022 (figure 3.2.2.2).
Ces pertes représentent une charge de 160 M¤ pour
les gestionnaires, soit près de trois fois moins qu?en 2022
(- 64 %). Cette charge diminue nettement en raison du repli
des prix du gaz en 2023 par rapport au niveau inédit atteint
en 2022.
Les gestionnaires ont ainsi perçu une rémunération,
nette de la valeur de ces pertes, d?environ 6,4 Md¤ en 2023,
en légère hausse, de 0,2 % en euros constants par rapport
à 2022. Cette rémunération permet de financer le
développement, la maintenance et l?exploitation des
infrastructures gazières ainsi que les missions associées
(figure 3.2.2.3). Elle a crû de 0,1 % en moyenne annuelle en
euros constants depuis 2011. Le réseau de transport et ceux
de distribution perçoivent respectivement 32 % et 49 % de
cette rémunération en 2023, contre 12 % pour les sites de
stockage souterrain et 8 % pour les terminaux méthaniers.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 67
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.2.2.1 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières
En M¤2023
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Réseau de transport 1 727 1 786 1 888 2 036 2 021 2 110 2 084 2 064 2 053 2 047 1 989 2 159 2 111
dont pertes 85 64 116 87 83 52 66 77 47 22 72 233 82
Réseaux de distribution 3 315 3 452 3 848 3 572 3 746 3 999 3 925 3 902 3 891 3 633 3 811 3 481 3 177
dont pertes 59 72 80 50 50 37 44 56 31 19 103 187 64
Sites de stockage souterrain 1 042 936 728 795 818 747 622 787 774 725 682 736 759
dont pertes 12 16 16 10 8 7 4 12 7 4 22 43 13
Accès aux terminaux méthaniers 371 380 384 382 378 376 498 517 534 505 450 470 507
Total 6 455 6 554 6 849 6 785 6 963 7 232 7 128 7 271 7 251 6 911 6 933 6 847 6 554
dont pertes 156 152 213 147 140 96 115 145 85 44 197 463 160
Total hors pertes 6 299 6 402 6 636 6 638 6 823 7 136 7 013 7 126 7 166 6 866 6 736 6 383 6 395
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
Figure 3.2.2.2 : pertes sur les réseaux de gaz naturel (y compris pertes de stockage)
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Réseau de transport 3,1 47 2,1 22 1,5 72 2,2 233 2,1 82
Réseaux de distribution 2,0 31 1,9 19 2,1 103 1,8 187 1,6 64
Sites de stockage souterrain 0,4 7 0,4 4 0,4 22 0,4 43 0,3 13
Total 5,5 85 4,3 44 4,0 197 4,5 463 4,1 160
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
Figure 3.2.2.3 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières (hors valeur des pertes physiques)
En M¤2023
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
8 000
7 000
6 000
5 000
4 000
3 000
2 000
1 000
0
Réseaux de distribution Réseau de transport Sites de stockage souterrain Accès aux terminaux méthaniers
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
68 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
En 2023, 41 % du gaz naturel consommé en France est
importé par gazoduc, en nette baisse par rapport en 2022 en
raison de la forte réduction des livraisons de gaz russe sous
forme gazeuse à l?Union européenne (cf. 2.3.2). Le système
gazier est aujourd?hui doté de sept points d?interconnexion
principaux, pour une capacité d?importation cumulée d?environ
2 600 GWh/jour en 2023 (figure 3.2.2.4). Fin 2022, au titre
de la solidarité européenne, des sorties vers l?Allemagne ont
été rendues possible au point d?Obergailbach (ce point ne
permettait jusque-là que des entrées de gaz sur le territoire).
Les terminaux méthaniers permettent d?accueillir les
cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), importées par voie
maritime, puis de regazéifier le GNL pour pouvoir l?injecter
dans le réseau. Ils sont au nombre de cinq, répartis sur quatre
sites distincts : Fos Cavaou, Fos Tonkin, tous deux situés à
Fos-sur-Mer, Montoir-de-Bretagne, Loon-Plage (Dunkerque)
et Le Havre. La société Elengy gère les terminaux de Fos
Tonkin et Montoir-de-Bretagne, tandis que Fosmax LNG (filiale
à 100 % d?Elengy) est propriétaire de celui de Fos Cavaou.
L?accès à ces trois terminaux et la tarification sont régulés
par la CRE en vertu des articles 452-3 et 452-4 du Code de
l?énergie. Les capacités de ces terminaux sont souscrites par
les importateurs de gaz naturel dans le cadre d?un marché.
Le terminal de Loon-Plage, dont la mise en service commercial
a eu lieu en janvier 2017, est géré par Dunkerque LNG et
bénéficie pour une durée de vingt ans d?un régime dérogatoire
en matière d?accès et de tarification. Un nouveau terminal
flottant (FSRU, floatingstorageregasificationunit ou unité
flottante de stockage et de regazéification) a été mis en service
au Havre en octobre 2023. Les entrées de GNL diminuent
par rapport à 2022 (- 16 %), mais restent à un niveau nettement
supérieur à celui de 2021. Ces entrées sous forme liquide
permettent de limiter les soutirages dans les stockages et de
compenser la baisse des entrées par gazoduc par rapport à
la situation d?avant-crise.
Lors de la période estivale, la constitution de stocks de
gaz naturel à proximité des zones de consommation permet
de réduire les risques de saturation des réseaux et de
répondre aux fortes consommations de gaz lors des périodes
hivernales (cf. 2.3.2). Les 15 sites de stockage souterrain
français sont exploités par deux opérateurs : Storengy (neuf
sites en nappes aquifères, trois en cavités salines, un en
gisement épuisé) et Teréga (deux sites en nappes aquifères).
Le réseau de gaz naturel permet l?acheminement du gaz
jusqu?aux points de livraison. Il se compose de deux niveaux.
Le réseau de transport est constitué de gazoducs de grande
capacité, connectés à ceux des pays limitrophes ainsi qu?aux
sites de stockage et aux terminaux méthaniers. Il permet, en
le comprimant à haute pression, de transporter le gaz naturel
sur des distances élevées afin de l?acheminer aux réseaux
de distribution et à quelques très gros consommateurs. Deux
entreprises se partagent la gestion du réseau de transport :
Teréga dans le sud-ouest de la France (5 100 km de réseau),
GRTgaz pour le reste du territoire (32 600 km de réseau).
Depuis novembre 2018, une place de marché unique assure
l?équilibrage du réseau.
Les réseaux de distribution permettent, quant à eux,
d?acheminer le gaz naturel du réseau de transport jusqu?à
la très grande majorité des consommateurs finaux. Environ
11 millions de consommateurs sont ainsi raccordés aux
quelque 206 000 km de canalisations de distribution.
GRDF assure la distribution de 96 % du marché, des
entreprises locales de distribution (ELD), ainsi que quelques
autres sociétés, se répartissant le reste.
Figure 3.2.2.4 : infrastructures gazières françaises en 2023 (hors réseaux de distribution)
Stations de compression
Terminaux méthaniers
Communes desservies
en gaz naturel
Points d?interconnexion
Stockage de gaz naturel
Réseau principal de transport
50 100 km0
Sources : GRTgaz;Storengy;Teréga
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 69
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.3 La transformation de charbon :
chute de l?activité de la filière fonte
La consommation d?énergie de la filière fonte atteint 35 TWh
en 2023 (- 15,7 % par rapport à 2022). La dépense
correspondante s?élève à 1,3 Md¤ (- 38,8 % par rapport à
2022 en euros constants 2023). La filière est composée de
deux types d?installations : les cokeries et les hauts-fourneaux.
Les cokeries sont des usines constituées de batteries
de fours à coke, parfois plusieurs dizaines, dans lesquels le
coke est obtenu par pyrolyse d?une variété de charbon
primaire. Les cokeries françaises transforment du charbon
primaire en charbon dérivé (du coke, mais aussi de petites
quantités de goudron de houille). Le processus de fabrication
du coke débouche également sur la production de gaz fatals,
dont une partie est réutilisée pour chauffer les fours à coke.
Les cokeries peuvent être regroupées avec d?autres
installations de la chaîne de fabrication, de traitement et de
finition de produits en acier (hauts-fourneaux, aciéries et
laminoirs) dans des sites sidérurgiques dits intégrés, comme
c?est le cas en France où, en 2023, deux cokeries sont encore
en activité, à Dunkerque et Fos-sur-Mer.
La consommation nette des cokeries diminue en 2023,
pour la deuxième année consécutive. La production de coke
et de gaz a diminué à un rythme légèrement moins élevé
que la consommation de charbon primaire.
La marge de cokéfaction est la différence entre la valeur
du coke, du goudron de houille et des gaz dérivés produits
et celle du charbon primaire et des gaz dérivés consommés.
Elle augmente par rapport à 2022, le prix du charbon primaire
consommé ayant diminué à un rythme plus élevé que celui
du charbon dérivé produit (cf. 1.4).
Un haut-fourneau est une installation industrielle destinée
à simultanément désoxyder et fondre les métaux contenus
dans un minerai par la combustion de coke, riche en carbone.
En général, le haut-fourneau transforme du minerai de fer
en fonte liquide, et le coke sert à la fois de combustible et
d?agent réducteur. Même si la fonte produite peut être utilisée
directement, cet alliage est généralement destiné à être affiné
dans des aciéries. Les hauts-fourneaux, bien qu?ayant pour
finalité la production de fonte, sont considérés dans ce bilan
comme faisant partie du secteur de la transformation
d?énergie, conformément à la méthodologie de l?Agence
internationale de l?énergie.
À la fin de l?année 2023, cinq hauts-fourneaux sont encore
en activité en France : deux se situent à Dunkerque, deux à
Fos-sur-Mer et un à Pont-à-Mousson.
En 2023, les hauts-fourneaux ont consommé un peu
moins de 40 TWh de produits charbonniers, dont un peu plus
de la moitié de charbon dérivé, principalement du coke.
Nette des gaz fatals produits lors du processus de production,
la consommation totale des hauts-fourneaux s?élève à
30 TWh. Cette consommation diminue d?un sixième par
rapport à 2022 et de près d?un tiers par rapport à 2019 dans
le sillage de la production de fonte (figure 3.3.1). En 2023,
l?activité a été particulièrement affectée dans le contexte
du ralentissement de la demande d?acier, de prix de l?énergie
encore élevés et d?une concurrence accrue de pays tels que
les États-Unis et la Chine. Ainsi, un des deux hauts-fourneaux
de l?usine de Fos-sur-Mer a été temporairement mis à l?arrêt
durant le premier trimestre, puis une nouvelle fois en fin
d?année. Par ailleurs, deux autres installations ont subi des
difficultés opérationnelles et ont dû être arrêtées durant
plusieurs mois.
Figure 3.3.1 : production de fonte et d?acier à l?oxygène pur
Production de fonte brute Production d?acier à l?oxygène pur
12
11
10
9
8
7
6
5
4
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En Mt
Source :SDES,Bilandel?énergie
70 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.4 Hausse prononcée de la production
d?électricité, tirée par le nucléaire
et l?hydraulique
3.4.1 PRODUCTION NETTE D?ÉLECTRICITÉ
La production d?électricité, nette de la consommation des
auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des
centrales, s?établit à 503 TWh en 2023 (figures 3.4.1.1 et
3.4.1.2). Elle augmente de 10,7 % par rapport à 2022 et atteint
un niveau proche de celui de 2020.
Cette hausse s?explique surtout par celle de la production
nucléaire (+ 14,7 %, à 320 TWh) en raison de la plus grande
disponibilité du parc (cf. 2.2.2). La production d?électricité
nucléaire représente 63,7 % de la production d?électricité
en France en 2023. De plus, la production hydraulique
augmente sensiblement (+ 18,9 %, à 61 TWh), après
une année 2022 marquée par une sécheresse historique.
Les précipitations nettement plus abondantes en 2023
ont augmenté le débit des cours d?eau et alimenté davantage
les stocks hydrauliques. La production éolienne est également
très dynamique en 2023 (+ 32,1 %) en raison de la forte
augmentation des capacités installées et des conditions de
vent très favorables, notamment en fin d?année. Enfin,
le photovoltaïque continue de se développer : + 11,2 % en
2023. En conséquence, la production thermique classique,
qui permet de faire face à une baisse de la production
renouvelable et nucléaire ou de répondre à un pic
de demande, diminue de 25,0 % en 2023, pour s?établir
à 50 TWh.
Figure 3.4.1.1 : production nette d?électricité
En TWh
600
500
400
300
200
100
0
Nucléaire Thermique classique Hydraulique* Éolien Photovoltaïque Autres sources
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
*Ycomprisénergiemarémotrice.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,EDFetproducteursd?électricité
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 71
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.2 : production nette d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production nucléaire 379 335 361 279 320
dontArenh 120 5 729 126 5 832 126 5 766 126 5 590 127 5 317
Production hydraulique* 61 67 64 51 61
donthydrauliquesousOA 6 556 7 600 6 541 4 430 3 346
dontsubventionsOA 255 308 4 - 405 - 316
Production éolienne 35 40 37 38 50
dontéoliensousOA 32 3 235 39 3 907 35 2 963 32 3 534 36 3 844
dontsubventionsOA 1 720 2 174 150 - 2 348 - 3 448
Production photovoltaïque 12 13 15 20 22
dontphotovoltaïquesousOA 12 4 084 13 3 979 15 4 173 19 4 952 23 4 650
dontsubventionsOA 3 513 3 507 2 940 1 500 43
Production thermique
renouvelable et géothermie 10 10 11 11 12
dontsousOA 8 1 241 8 1 288 9 1 431 8 1 463 7 1 820
dontsubventionsOA 829 880 737 24 494
Production thermique non
renouvelable 49 44 45 56 38
dontsousOA 12 2 650 12 2 461 12 3 182 11 3 976 10 2 650
dontsubventionsOA 1 890 1 724 1 829 1 898 584
Autre (Interconnexion**) 49 36 90 198 86
dontsubventions 8 - 6 48 145 20
Production subventionnée
hors OA en ZNI*** 2 1 003 3 923 2 932 3 984 4 1 088
dontsubventions 717 646 574 581 580
Total production France
entière 547 510 532 455 503
Subventions totales (y compris
interconnexions et charges de
péréquation dans les ZNI)
8 931 9 234 6 282 1 394 - 2 042
*Ycomprisénergiesmarines.
**Interconnexion:correspondàl?électricitéachetéevialaliaisonàcourantcontinuItalie-Corse-Sardaigne.
***ZNI=zonesnoninterconnectéesauréseaud?électricitémétropolitaincontinental.EllesincluentlaCorse,lesDROMainsiquelesîlesduPonantetChausey.
Note:nesontvaloriséesmonétairementdanscetableauquelesproductionssousobligationd?achat(OA)oubénéficiantdecomplémentsderémunération,ainsi
quelaproductiond?originenucléairevenduedanslecadredumécanismedel?Arenh.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Nucléaire
En raison d?une plus grande disponibilité du parc nucléaire,
la production nette d?électricité nucléaire augmente de 14,7 %
en 2023, à 320 TWh (cf. 2.2.2). La disponibilité du parc s?est
améliorée par rapport à l?année 2022, marquée par les
multiples arrêts pour maintenance et contrôles à la suite de
la découverte d?un problème de corrosion dans les circuits
de refroidissement de la centrale de Civaux à l?automne 2021.
Cependant, la production nucléaire reste à un niveau bas
(- 15,6 % par rapport à 2019).
Dans le cadre du dispositif d?accès régulé à l?électricité
nucléaire historique (Arenh), un peu plus d?un tiers de la
production nucléaire, soit 127 TWh, a été rachetée à EDF
par les fournisseurs alternatifs ainsi que par les gestionnaires
de réseaux pour la couverture de leurs pertes, pour un montant
de 5,3 Md¤. Un cinquième, soit 27 TWh, ont été cédés pour
compenser les pertes liées au transport d?électricité, dont la
plus grande partie vient de la dissipation de chaleur par effet
Joule.
Hydraulique
La production hydraulique nette (y compris énergies marines
et pompages) progresse nettement en 2023 (+ 18,9 %) et
s?établit à 61 TWh (cf. 2.2.3) du fait de conditions hydrologiques
plus favorables après une année 2022 de production
historiquement basse. La production hydraulique en 2023
constitue ainsi plutôt un retour à une situation moyenne qu?à
une année de forte production hydraulique.
72 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Un peu moins de 4,2 TWh (6,9 % de la production) sont
produits par des stations de transfert d?énergie par pompage
(Step) qui permettent de stocker de l?électricité en pompant
l?eau d?une retenue inférieure à une retenue supérieure pour
la turbiner en sens inverse ultérieurement.
En 2023, 3 TWh sont produits dans le cadre de contrats
d?obligation d?achat ou compléments de rémunération.
Auparavant, le tarif d?achat concernait les installations de
moins de 12 MW. Depuis le 30 mai 2016, et au 31 décembre
2023, ne sont éligibles à de nouveaux contrats d?obligation
d?achat que les installations de moins de 500 kW.
Un complément de rémunération en guichet ouvert est
possible pour les installations de moins de 1 MW et sur appel
d?offres pour les installations de puissance comprise entre
1 et 4,5 MW. Comme en 2022, les charges de l?État pour
cette filière sont négatives en 2023 (- 316 M¤). Les prix
garantis par les contrats d?obligation d?achat sont devenus
inférieurs aux prix de gros en 2022 et 2023, ce qui a entraîné
des résiliations anticipées de contrat. Le nombre de
résiliations est moindre en 2023.
Éolien
Grâce à la progression des capacités installées, la production
éolienne progresse de 32,1 % en 2023 et s?établit à 50 TWh
(cf. 2.2.3). Après s?être envolés en 2022, les prix de gros de
l?électricité restent en 2023 à un niveau nettement supérieur à
celui des années précédentes. En conséquence, les subventions
à la filière éolienne dans le cadre du dispositif des obligations
d?achat et des compléments de rémunération sont négatives,
à - 3,4 Md¤. En effet, les compensations aux opérateurs se
fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix
de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé le
tarif en 2023, les producteurs éoliens concernés ont vendu leur
production en dessous du prix de marché.
Solaire photovoltaïque
La production solaire photovoltaïque progresse en 2023
(+ 11,2 %) et s?établit à 22 TWh en raison de l?augmentation
de la puissance du parc consécutive à un rythme d?installation
nettement accéléré (cf. 2.2.3). Le champ couvert par cette
production inclut la production photovoltaïque autoconsommée
qui s?élève à 0,9 TWh en 2023. L?État, via les dispositifs
d?obligation d?achat et de compléments de rémunération
soutient particulièrement les différentes formes de production
photovoltaïques (autoconsommation et vente en totalité).
Cependant, en 2023, les montants des subventions attribués
à la filière solaire tombent à leur niveau le plus bas depuis
2012, soit 43 M¤. Cela s?explique, comme pour l?éolien, par le
différentiel entre le prix de marché et le tarif fixé à l?avance.
Thermique classique
L?ajustement de l?offre à la demande d?électricité est, pour
l?essentiel, assuré par la filière thermique classique à partir
de combustibles fossiles ou renouvelables, dont les moyens
de production peuvent être démarrés ou stoppés très
rapidement selon les besoins. En 2023, la production
thermique diminue de 25 % et s?établit à 50 TWh (figure 3.4.1.3).
En effet, dans un contexte de hausse des productions d?origine
nucléaire et hydraulique, les installations thermiques
classiques, utilisées comme moyens de pointe pour ajuster
l?offre à la demande, ont été davantage sollicitées que l?année
précédente.
Le rendement électrique moyen des centrales, qui
rapporte la production d?électricité à la consommation de
combustibles nécessaire à cette production, est très
différencié selon le combustible utilisé. En 2023, il s?élève
à 64 % pour le gaz naturel, 43 % pour la biomasse, 41 %
pour le biogaz, 42 % pour les produits pétroliers, 32 % pour
les déchets ménagers. Ces derniers sont consommés
principalement par des incinérateurs dont le but premier
est la destruction des déchets et non la conversion
énergétique. À l?inverse, les centrales fonctionnant au gaz
naturel, en particulier celles qui sont dédiées à la production
d?électricité seule, affichent en moyenne le meilleur
rendement, convertissant plus de la moitié de l?énergie
contenue dans le combustible en électricité. En effet, la
transformation de gaz en électricité est aujourd?hui
essentiellement assurée (hors cogénération) par des
centrales à cycle combiné, plus efficaces d?un point de vue
énergétique que les centrales thermiques traditionnelles.
Les centrales de cogénération qui produisent à la fois de
la chaleur et de l?électricité à partir de la biomasse ou des
déchets tirent les rendements électriques de ces
combustibles à la baisse. Leur efficacité globale reste
néanmoins plus importante car le rendement de la production
de chaleur y est conventionnellement fixé à 85 %.
Les rendements énergétiques apparents sont dispersés,
en particulier dans le cas du biogaz, dont la teneur en
méthane peut être très variable, et de la biomasse, dont
la composition et le taux d?humidité ne sont pas très
homogènes (figure 3.4.1.4). Le pouvoir calorifique de ces
combustibles est estimé avec beaucoup plus d?imprécision
et les différences de rendements apparents témoignent
vraisemblablement des différences de pouvoirs calorifiques
non pris en compte. Pour le gaz naturel et le pétrole, les
faibles rendements sont principalement observés lorsque
ces combustibles sont mélangés avec des déchets ou des
gaz de raffineries (qui sont classés parmi les produits
pétroliers mais peuvent contenir d?autres gaz).
Les centrales thermiques utilisant des énergies
renouvelables et de récupération (biomasse, biogaz, déchets)
ainsi que celles de cogénération peuvent bénéficier, sous
conditions, du mécanisme d?obligation d?achat ou de celui
des compléments de rémunération. La production électrique
dans le cadre de ces dispositifs s?est élevée à 16 TWh en
2023, et a été subventionnée à hauteur de 1,1 Md¤.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 73
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.3 : production thermique classique nette par type de combustibles
70
60
50
40
30
20
10
0
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Gaz naturel (élec. seule)
Produits pétroliers (élec. seule)
Gaz naturel (cogé.)
Produits pétroliers (cogé.)
Charbon (élec. seule)
EnRt* et déchets (élec. seule)
Charbon (cogé.)
EnRt* et déchets (cogé.)
*EnRt=énergiesrenouvelablesthermiques.
Lecture:en2023,28TWhd?électricitéontétéproduitsparcombustiondegaznaturel,dont11TWhàl?aided?unprocédédecogénération.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité
Figure 3.4.1.4 : répartition des combustibles par tranche de rendement en 2023
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Biogaz Biomasse Déchets ménagers Gaz naturel Produits pétroliers Autre (dont charbon)
Tranche de rendement (en %)
34 %
27 %
17 % 23 %
11 %
40 %
13 %
56 %
30 %
45 %
20 %
17 %
15 %
25 %
63 %
4 %
19 %
23 %
12 %
18 %
18 %
Lecture:en2023,45%delaconsommationdeproduitspétrolierspourproduiredel?électricitéaétéréaliséedansdescentralesavecunrendementénergétique
comprisentre40et50%.
Note:latailledesrondsestproportionnelleaupoidsducombustiblepartranchederendementdanslaconsommationtotaledececombustiblepourproduirede
l?électricité.Encasd?utilisationdeplusieurscombustiblesparunecentrale,laproductionestrépartieentrecesderniersenproportion:unecentraleconsommant
plusieurscombustiblesapparaîtainsidansplusieursrondssurlamêmetranche.
Champ:centralesthermiques.
Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité
Sur l?ensemble des filières de production, ce sont, au
total, 79 TWh d?électricité qui sont vendus pour un montant
de 13,3 Md¤ aux acheteurs obligés. Les subventions de l?État
dans le cadre des mécanismes d?obligation d?achat et de
compléments de rémunération sont négatives en 2023
(- 2 Md¤). En effet, les compensations aux opérateurs se
fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix
de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé
les tarifs fixés en 2023, les producteurs éoliens et hydrauliques
concernés ont reversé à l?État la différence entre le prix du
marché et le prix prévu à l?avance dans leur contrat.
74 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Par ailleurs, des compensations, de l?ordre de 2,2 Md¤
en 2023, sont accordées par l?État aux producteurs situés
dans les zones non interconnectées (les îles françaises dont
l?éloignement géographique empêche ou limite une connexion
au réseau électrique continental) dans le cadre de la
péréquation géographique tarifaire6. Ces compensations
visent à ne pas répercuter les surcoûts de production (liés
aux contraintes plus fortes pour assurer l?équilibre entre offre
et demande du fait du caractère insulaire du territoire) sur le
tarif moyen de vente au client final, et ainsi à garantir que
celui-ci soit similaire à celui de la France continentale.
Principales installations de production d?électricité en France par filière
Figure 3.4.1.5 : sites nucléaires, situation au 31 décembre 2023
2 1
4 2
6
2
4
2
2
2 4
4
2
4
2
4
4
2
22
0 50 km
Golfech
Le Blayais
Civaux
Chinon
Saint Laurent
Belleville
Dampierre
Nogent-sur-Seine
Bugey***
Saint-Alban
Romans-
sur-Isère
Narbonne
Cattenom
Chooz
Gravelines
Morvilliers
Soulaines
Penly
PaluelLa Hague
Flamanville
Cruas
Marcoule
Tricastin
Palier REP* standardisé
Puissance électrique
nette
Nombre de
tranches
Année de mise en
service commercial
Mode de refroidissement
900 MW
1 300 MW
1 500 MW
1 650 MW (EPR**)
32
20
4
1
1978 - 1988
1985 - 1994
2000 - 2002
Mi-2024(en construction)
Circuit ouvert avec prélèvement
et rejet d?eau dans les cours d?eau et la mer
Circuit fermé avec prélèvements réduits
et rejet de vapeur dans l?atmosphère
via des tours aéroréfrigérantes
Usine de l?amont du cycle du combustible (enrichissement...)
Usine de l?aval du cycle du combustible (retraitement...)
Centre de stockage des déchets
4 Nombre de réacteurs
*REP:réacteuràeaupressurisée.
**EPR:réacteurpressuriséeuropéen.
***LacentraleduBugeyestencircuitmixte.
Source :DGEC
6 Il est fait l?hypothèse, dans le compte présenté ici, que la totalité du surcoût est liée à la production alors qu?en réalité une partie provient de la gestion du réseau.
Les activités de production, distribution et fourniture d?électricité étant, par dérogation au droit européen, intégrées dans les zones non interconnectées, il n?est en
effet pas possible d?identifier séparément les deux composantes.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 75
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.6 : puissance hydraulique (hors pompages,
y compris énergies marines) raccordée au réseau
au 31 décembre 2023
?
Part de la puissance des
installations de 10 MW
ou plus (en %)
Entre 97 et 100
Entre 85 et 97
Entre 70 et 85
Entre 0 et 70
Égale à 0
Puissance installée
(en MW)
3 910
242
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Source : SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuelleauprèsdesproducteurs
d?électricité
Figure 3.4.1.7 : puissance éolienne raccordée au réseau
au 31 décembre 2023
En MW
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Puissance installée
(en MW)
2 148
232
Puissance installée
terrestre
Puissance installée
en mer
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF-
SEI,CREetlesprincipalesELD
Figure 3.4.1.8 : puissance photovoltaïque raccordée
au réseau au 31 décembre 2023
En MW
?
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
0 50 km
Puissance installée
(en MW)
198
1 046
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF-
SEI,CREetlesprincipalesELD
Figure 3.4.1.9 : centrales au gaz naturel, situation
au 31 décembre 2023
0 50 km
Cycle combiné gaz (CCG)
Turbine à combustion
(TAC)
DK6 (2)
Bouchain (1)Bouchain (1)
Pont-sur-
Sambre (1)
Emile
Huchet (2)
Blénod (1)Blénod (1)
Croix
de Metz (1)
Croix
de Metz (1)
Bayet (1)Bayet (1)
Montoir (1)
Martigues (2)
Combigolfe (1)
Cycofos (1)
Martigues (2)
Combigolfe (1)
Cycofos (1)
Gonfreville (2)
Montereau (2)Montereau (2)
Vitry (1)Vitry (1)
Gennevilliers (1)Gennevilliers (1) St Ouen (1)St Ouen (1)
Landivisiau (1)
Source : RTE
76 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.10 : centrales à charbon et au fioul, situation
au 31 décembre 2023
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Arrighi (2)
Vaires-sur-
Marne (3) Emile Huchet (1)
Brennilis (3)
Dirinon (2)
Cordemais (2)
Lucciana
Vazzio
Arrighi (2)
Vaires-sur-
Marne (3) Emile Huchet (1)
Brennilis (3)
Dirinon (2)
Cordemais (2)
Lucciana
Vazzio
Jarry
Galion
Pointe
des
Carrières
Belle-
fontaine
Kourou
Dégrad
des cannes
La Baie
Badamiers
LongoniLe Moule
Le Gol
Jarry
Galion
Pointe
des
Carrières
Belle-
fontaine
Kourou
Dégrad
des cannes
La Baie
Badamiers
LongoniLe Moule
Le Gol
Fioul
Charbon
Source : RTE
3.4.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉLECTRICITÉ
Le réseau d?électricité, qui permet son acheminement depuis
les lieux de production jusqu?à ceux de consommation,
se compose de deux niveaux : le réseau de transport et le
réseau de distribution. Le réseau de transport, géré par RTE
sur le territoire continental, comprend les lignes à très haute
tension (« HTB »). En 2023, il atteint une longueur totale
d?environ 106 000 km. Le réseau de transport permet
d?acheminer la très grande majorité de l?électricité produite
au réseau de distribution et à quelques très gros
consommateurs. Les réseaux de distribution, auxquels sont
raccordés la grande majorité des consommateurs et la quasi-
totalité des petits producteurs, comprennent les lignes à
moyenne et basse tension (« HTA » et « BT »), d?une longueur
cumulée de plus de 1,4 million de kilomètres. Enedis est
le gestionnaire d?un réseau couvrant 95 % des clients du
territoire continental, une centaine d?entreprises locales de
distribution se répartissant le reste. EDF SEI, acteur intégré
(également producteur et fournisseur), gère les réseaux des
zones non interconnectées, sauf à Mayotte où la gestion est
assurée par Électricité de Mayotte.
Transport et distribution confondus, la rémunération des
gestionnaires de réseaux pour leurs missions s?élève à
16,3 Md¤ en 2023 (figure 3.4.2.1). Cette somme, payée par
les consommateurs via le tarif d?utilisation des réseaux publics
d?électricité (Turpe), comprend notamment la valeur des pertes
physiques d?électricité sur les réseaux, qui doivent être achetées
sur le marché par les gestionnaires (cf. 1.7.2). Ces pertes se
sont élevées à 37 TWh en France en 2023, entraînant une
charge de 5,3 Md¤ pour les gestionnaires. Nette de la valeur
de ces pertes (qui, in fine, constitue une rémunération des
producteurs), une rémunération de 11,0 Md¤ en 2023 a donc
été perçue par les gestionnaires de réseaux afin de financer
le développement, la maintenance et l?exploitation des réseaux
ainsi que les missions associées (relève/comptage, mise en
service, dépannage, mise à disposition de données, etc.). Le
coût du réseau pour les consommateurs, y compris les pertes,
augmente très légèrement, de 0,1 % en 2023, en lien avec la
baisse des volumes de consommation (- 3,0 %).
Les réseaux de distribution et le réseau de transport
contribuent respectivement à hauteur de 75 % et 25 % au
coût total d?acheminement de l?électricité en 2023.
Les coûts unitaires en 2023 sont supérieurs aux valeurs
de 2022 sur les réseaux de transport. Le coût unitaire de
l?usage des réseaux de distribution diminue (- 9 %) alors que
le coût unitaire des pertes associées augmente (+ 59 %) sur
la même période.
Figure 3.4.2.1 : utilisation des réseaux d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Réseau de transport 436 4 847 418 4 480 438 4 715 420 2 305 406 4 035
dont pertes 11 521 11 550 11 598 10 516 11 1 201
Réseaux de distribution 399 11 831 385 11 857 404 12 491 387 13 980 373 12 264
dont pertes 27 1 359 25 1 347 28 1 776 25 2 571 25 4 131
Utilisation des réseaux 472 16 678 452 16 337 475 17 206 454 16 284 440 16 299
dont pertes 38 1 880 36 1 897 39 2 373 35 3 087 37 5 332
Lecture:leréseaudetransportaacheminé406TWhd?électricitéen2023etaperçupourcelaunerémunérationde4035M¤,dont1201M¤correspondentà
l?achatde11TWhdissipéslorsdecetransport.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesgestionnairesderéseaux
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 77
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.5 Production de chaleur commercialisée :
stabilité des quantités produites en raison
de conditions climatiques analogues à 2022
En 2023, 48 TWh de chaleur destinée à la vente ont été
produits en France. Nets des pertes de distribution, ce sont
in fine 42 TWh qui ont été livrés aux consommateurs, dont
plus de 62 % proviennent des réseaux de chaleur.
3.5.1 RÉSEAUX DE CHALEUR
Les réseaux de chaleur sont généralement mis en place par
des collectivités locales afin de chauffer, à partir d?une
chaufferie collective, des bâtiments publics ou privés situés
sur leur territoire. Des réseaux peuvent également être
d?initiative privée. Leur taille varie fortement, allant du petit
réseau de chaleur biomasse situé en zone rurale jusqu?à celui
de Paris, de taille très importante et alimenté par de multiples
centrales de production (figure 3.5.1.1). Les réseaux de
chaleur sont particulièrement adaptés aux zones urbaines
denses. Ils permettent également d?exploiter une ressource
locale, difficile d?accès ou à mobiliser, comme la géothermie
profonde, ou la récupération de chaleur auprès d?une unité
d?incinération d?ordures ménagères ou d?un site industriel par
exemple. En 2023, 1 000 réseaux de chaleur en France
métropolitaine disposent d?une puissance thermique totale
d?environ 24 GW, dont près de 10 GW sont concentrés dans
la seule région Île-de-France.
Figure 3.5.1.1 : puissance thermique et chaleur livrée par les réseaux de chaleur en 2023
?
0 50 km
Puissance des
réseaux (en MW)
Max. 9 675
Moy. 1 985!(!(
Chaleur livrée (en GWh)
Entre 5 000 et 10 000
Entre 2 000 et 5 000
Entre 1 000 et 2 000
Entre 500 et 1 000
Entre 0 et 500
Entre 10 000 et 13 000
Source : SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
En 2023, les réseaux ont livré aux consommateurs 26 TWh
de chaleur (nette des pertes de distribution), soit autant
qu?en 2022. À cette fin, il a été produit environ 35 TWh d?énergie
(la différence avec la quantité livrée comprenant les pertes de
transformation et celles de distribution). Le bouquet énergétique
des réseaux est dominé par les énergies renouvelables (EnR)
(48 % de la consommation des réseaux en 2023) et le gaz
naturel (33 %), y compris le biométhane injecté sur le réseau
(figures 3.5.1.2 et 3.5.1.3). Au sein des énergies renouvelables,
la biomasse est le premier combustible utilisé ; elle représente
25 % de la consommation des réseaux. Le fioul et le charbon,
autrefois prépondérants, déclinent et ne représentent plus que
1 % du bouquet énergétique des réseaux (contre 60 % en 1990).
À l?inverse, la part des énergies renouvelables a plus que doublé
depuis 2010. En incluant les énergies de récupération telles
que la partie non renouvelable des déchets ménagers ou
la chaleur industrielle récupérée, la part d?énergies renouvelables
et de récupération atteint 63 %7 en 2023.
7 Ce taux diffère de celui publié par la Fedene (Fédération des services énergie environnement) dans son rapport annuel en raison de différences
méthodologiques. En particulier, contrairement au calcul de la Fedene, les garanties d?origine biométhane ne sont pas comptabilisées ici comme énergies
renouvelables, la logique du bilan de l?énergie étant de retracer des flux physiques.
78 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Près d?un cinquième des réseaux de chaleur (19 %)
possèdent un équipement de cogénération et sont donc
également producteurs d?électricité. En 2023, la chaleur
produite par cogénération dans les réseaux de chaleur,
puis livrée aux consommateurs, représente environ
3,9 TWh (soit 11 % du total des livraisons des réseaux).
Figure 3.5.1.2 : répartition par source d?énergie de la consommation d?énergie des réseaux de chaleur en 2023
Autre - Gaz naturel
Autre - Chaudières électriques
Autre - Fioul, GPL et autres énergies non renouvelables
Autre - Charbon
EnR - Biomasse
EnR - Déchets renouvelables
EnR - Géothermie
EnR - Autres énergies renouvelables
Récupération - Déchets non renouvelables
Récupération - Chaleur industrielle
En %
33
2
1
25
13
5
5
13
2
1
Autres
38 %
Énergies de
récupération
14 %
Énergies
renouvelables (EnR)
48 %
Note:«Chaudièresélectriques»:dontconsommationannexed?électricité.
«Fioul,GPL(gazdepétroleliquéfié)etautresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante...
«Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique.
Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Figure 3.5.1.3 : consommation d?énergie pour la production de chaleur par source d?énergie dans les réseaux de chaleur
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Énergies renouvelables
Charbon
Énergies de récupération
Fioul et GPL
Gaz naturel
Autres énergies non renouvelables
Chaleur commercialisée
(nette des pertes)
GPL=gazdepétroleliquéfié.
Note:«Autresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante...
«Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique.
Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 79
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.5.2 CHALEUR COGÉNÉRÉE VENDUE HORS
DES RÉSEAUX DE CHALEUR
En 2023, les installations de production d?électricité avec
procédé thermique de cogénération (hors réseaux de chaleur
munis d?un tel équipement) ont produit 45 TWh de chaleur,
soit autant qu?en 2022 (figure 3.5.2.1). Un peu plus de la
moitié de cette chaleur (22 TWh nets des pertes de distribution)
a été livrée à des utilisateurs tiers. Tout le reste, soit 52 % de
la chaleur produite par cogénération, correspond, outre les
pertes, à de la chaleur autoconsommée, c?est-à-dire utilisée
par le producteur lui-même. En effet, une très large part de
la chaleur produite par cogénération est générée par des
autoproducteurs, c?est-à-dire des entreprises qui produisent
électricité et chaleur pour les besoins propres de leur activité
et peuvent en revendre le surplus à titre secondaire.
En 2023, la chaleur produite par cogénération l?a
principalement été en brûlant du gaz naturel (37 %), des
déchets ménagers (18 %) et du bois (11 %).
Figure 3.5.2.1 : production de chaleur par cogénération en 2023 (hors réseaux de chaleur)
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
Électricité
issue de la cogénération,
hors réseaux de chaleur
Chaleur
issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur
Total chaleur Chaleur commercialisée Pertes et chaleur
autoconsommée
Production totale 18,9 45,5 21,6 23,8
Produits charbonniers 0,9 1,2 0,2 1,1
Produits pétroliers 0,5 3,9 2,2 1,7
Gaz naturel 8,3 16,8 6,5 10,3
Déchets 2,7 8,6 6,4 2,2
dontdéchetsurbains 2,6 8,3 6,2 2,1
Bois et résidus agricoles 2,0 5,2 3,8 1,4
Résidus de papeterie, liqueur noire 0,6 3,1 1,0 2,1
Biogaz 2,5 3,6 0,2 3,4
Autres combustibles 1,5 3,1 1,3 1,8
Note:lescolonnes«Totalchaleur»et«Pertesetchaleurautoconsommée»incluentlachaleurautoconsommée,notammentcelledesautoproducteurs.
Toutefois,cettedernière,n?étantpasvendueàdestiersmaisconsomméedirectementparleproducteur,n?estin finepascomptabiliséedanslebilandelachaleur
(dontlepérimètreestceluidelachaleurcommercialiséeouautoconsomméeparlesproducteursprincipaux);cesontlescombustiblesutiliséspourproduire
lachaleurautoconsomméequisontcomptabiliséscommeconsommationsfinalesdanslebilandesautresformesd?énergie.
Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement
retracé dans le bilan énergétique
L?hydrogène pur (à 98 % ou plus) sera pris en compte dans les
statistiques de l?énergie à partir de l?année 2024, conformément
au règlement européen sur les statistiques de l?énergie révisé
en janvier 2022 (introduction de ce vecteur) puis en janvier 2024
(prise en compte dans le bilan des autres énergies). Il n?apparaît
donc pas encore dans le bilan énergétique, sauf indirectement
en tant que combustible pour la production d?électricité.
Néanmoins, une évaluation des ressources et des usages de
ce vecteur en 2022 et 2023 a été réalisée. Cette synthèse
s?appuie sur plusieurs sources administratives, sur des enquêtes8
existantes et sur une nouvelle enquête auprès des sites
producteurs d?hydrogène qui permet de connaître les quantités
par mode de production, les capacités des sites producteurs et
enfin d?estimer la consommation d?énergie pour sa production.
L?hydrogène (dihydrogène) pur est un vecteur énergétique
encore peu produit et utilisé. Mais il suscite un intérêt croissant
pour la décarbonation de plusieurs usages et secteurs à
condition d?être produit à partir de procédés faiblement
émetteurs en gaz à effet de serre, tels que l?électrolyse de l?eau
en utilisant de l?électricité à faible contenu carbone. Très léger
et présent en faibles quantités à l?état naturel, l?hydrogène utilisé
est obtenu principalement à partir de combustibles fossiles. Il
est considéré comme un vecteur énergétique secondaire,
comme l?électricité ou la chaleur vendue.
Les ordres de grandeur présentés ici diffèrent des
évaluations réalisées par France Hydrogène et l?Institut français
du pétrole et énergies nouvelles (Ifpen) car seul l?hydrogène
pur est ici retracé (il est exclu quand il fait partie de mélanges
de gaz même s?il est majoritaire dans leur composition).
PRODUCTION D?HYDROGÈNE
En 2023, la production totale d?hydrogène pur en France est
estimée à 245 000 tonnes, soit 8,2 TWh (figure 1).
Elle augmente de 18 % par rapport à 2022.
L?hydrogène est commercialisé par une dizaine d?unités
légales en France. En 2023, la production vendue d?hydrogène
pur s?élève à 64 000 tonnes (soit 2,1 TWh).
L?hydrogène peut aussi être produit par des entreprises
(énergétiques ou non) pour leur usage propre ? et ne fait pas
alors l?objet d?une vente ? ou être produit de manière fatale
dans des processus industriels, c?est-à-dire sans être réutilisé
directement, ni à des fins énergétiques ni à des fins non
énergétiques. Cela concerne 181 000 tonnes (6 TWh) en 2023.
Figure 1 : ressources et usages d?hydrogène pur en 2022 et 2023
En TWh
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Ressources Usages Ressources Usages
2022 2023
Production vendue
Autoconsommation industrie hors raffineries
Consommation pour le processus de raffinage Consommation de chaleur des raffineries
Autoconsommation des raffineries
Importations-exportations
Mélanges ou pertes
Consommation énergétique industrie
Mobilité
Consommation pour la production d?électricité
Consommation non énergétique industrie
Écart statistique
Ressources
Usages
2,7
2,2
3,3
0,3
1,4
1,9
0,7
1,5
0,8
0,3
1,3
3,6
1,7 2,4
2,5 2,1
Source :calculsSDES,àpartirdeEAPH,enquêteauprèsdesraffineurs,EACEI
8 Enquête annuelle de production de l?Insee, données douanières, enquête sur la consommation d?énergie de l?industrie.
80 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 81
Les sites de raffinage de pétrole produisent des gaz
qui contiennent de l?hydrogène. S?ils ne sont pas épurés,
ces gaz sont déjà pris en compte dans les statistiques de
l?énergie en tant que produits pétroliers (gaz de raffineries).
Selon les raffineurs, seules 73 000 tonnes d?hydrogène pur
sont produites en 2023 par les sites de raffinage.
Seules 29 000 tonnes (1 TWh) sont ensuite utilisées pures9
pour le processus de raffinage et la production de chaleur.
Les cokeries déclarent, quant à elles, ne produire que
des mélanges de gaz contenant de l?hydrogène (des gaz de
cokeries, classés comme produits du charbon dans le bilan)
qu?elles n?épurent pas.
Les industriels hors branche énergie, dans la chimie
essentiellement, produisent également de l?hydrogène (pour
108 000 tonnes en 2023, soit 3,6 TWh) qu?ils utilisent pour
leurs besoins propres (autoconsommation).
Malgré le développement de projets de production
d?hydrogène bas-carbone, l?hydrogène pur produit en 2023
provient très majoritairement de procédés émetteurs en CO2.
L?essentiel des quantités (70 %) est obtenu à partir du gaz
naturel (méthane) à travers le vaporeformage (SMR pour
steam methane reforming) et l?oxydation partielle sans capture
de carbone (figure 2). Le vaporeformage ou l?oxydation
partielle à partir de méthane avec un procédé de capture et
de stockage du carbone est utilisé pour 10 % de l?hydrogène
produit. L?électrolyse est encore très peu utilisée (9 %) pour
la production de quantités significatives. Au sein de l?électrolyse,
le procédé chlore-soude, qui génère les plus grandes
quantités, concerne un nombre très restreint de producteurs.
La production d?hydrogène à partir de produits pétroliers et
d?autres procédés (à partir de méthanol principalement) est
faible (moins de 10 % des quantités produites).
Figure 2 : hydrogène pur par mode de production en 2022 et 2023
0,1
En TWh
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
2022 2023
SMR ou oxydation partielle sans capture
Production à partir de produits pétroliers
Autre mode (principalement à partir de méthanol)
SMR ou oxydation partielle avec capture
Électrolyse
0,6
0,7
1
4,5
0,5
0,7
0,3
0,9
5,7
Sources :SDES,EAPHetenquêteauprèsdesraffineursetInsee,EACEI
STOCKAGE, TRANSPORT ET ÉCHANGES EXTÉRIEURS
Le stockage et le transport de l?hydrogène sont encore très peu
développés en raison de l?absence d?infrastructures conséquentes
(sites de stockages et réseaux de transport) et d?enjeux
spécifiques pour ce vecteur (faible densité, risques d?explosion
ou de fuites). Les sites de production sont implantés à proximité
des sites de consommation. Les importations d?hydrogène sont
par conséquent encore très limitées (1 200 tonnes en 2023) tout
comme les exportations (1 400 tonnes en 2023) mais elles
augmentent par rapport à l?année précédente. En 2022, les
quantités échangées étaient en effet encore plus faibles :
1 100 tonnes ont été importées et 700 tonnes ont été exportées.
CONSOMMATION
Les usages de l?hydrogène (acheté ou autoconsommé) sont
principalement la désulfurisation des produits pétroliers (dans
le processus de raffinage) pour 21 000 tonnes en 2023
(0,7 TWh), la production de chaleur des bâtiments industriels
et des sites de raffinage pour 49 000 tonnes (1,6 TWh) et les
usages non énergétiques pour 100 000 tonnes (3,3 TWh),
concentrés pour 95 % dans le secteur de la chimie (dont
chimie organique) - (figure 3). L?hydrogène est notamment
utilisé pour la fabrication d?engrais.
9 Les quantités produites non utilisées pures et non vendues sont considérées alors comme mélangées.
82 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
La production d?électricité et la mobilité sont encore très
peu concernées en 2023 par ce vecteur. Utilisé sous forme
liquide depuis plusieurs décennies pour propulser Ariane,
l?hydrogène fait toutefois l?objet d?investissements pour la
mobilité lourde, en particulier sous la forme de carburants de
synthèse dans l?aviation et le transport maritime. L?hydrogène
est actuellement utilisé de manière très marginale dans le
transport fluvial et le transport routier (50 bus, moins de
10 poids lourds, un peu moins de 200 camionnettes, un peu
plus de 50 fourgons ou véhicules aménagés et près de
900 véhicules particuliers avec des piles à hydrogène au
1er janvier 2024 selon le répertoire statistique des véhicules
routiers RSVERO). Les stations de recharge sont
principalement implantées en Normandie, Île-de-France,
Auvergne-Rhône-Alpes et près de Nantes, à proximité des
sites de production.
Les pertes et mélanges s?élèvent à près de 57 000 tonnes,
soit 1,9 TWh. L?essentiel provient des quantités produites par
les raffineries qui ne sont pas utilisées pures et sont donc
considérées comme mélangées à d?autres gaz.
Figure 3 : consommation d?hydrogène pur dans l?industrie hors branche énergie (raffinage et transformation en électricité
par secteur) en 2023
Répartition en %
Usages énergétiques -
Industries chimique et pétrochimique
Usages non énergétiques -
Industries chimique et pétrochimique
Autres secteurs industriels
5
28
67
Source :Insee,EACEI
partie 4
La consommation
d?énergie par forme
d?énergie
? La consommation d?énergie primaire de la France s?établit à 2 525 TWh
en 2023, en hausse de 1,6 % par rapport à 2022. Cette légère progression
s?explique par l?augmentation des pertes de chaleur induites par la production
nucléaire, alors que la consommation finale diminue. Les températures ayant
été similaires en 2022 et 2023, la hausse de la consommation primaire après
correction des variations climatiques (CVC) s?établit également à 1,6 %.
Dans un contexte de prix élevés et de la mise en place de mesures de
sobriété, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 %
à climat corrigé. Tous les secteurs sont concernés par la baisse
de consommation. La consommation à usage non énergétique,
majoritairement concentrée dans la pétrochimie, diminue également mais
dans une moindre proportion (- 1,9 % sur un an).
Au total, la baisse de consommation finale compensant la hausse des prix,
la dépense des ménages, entreprises et administrations pour satisfaire leurs
besoins en énergie est quasi stable, à 230 Md¤. Elle se maintient à un niveau
élevé, près de 20 % au-dessus de son niveau de 2021 en euros constants.
Les produits pétroliers représentent 45 % de cette dépense nationale
en énergie et l?électricité 37 %, loin devant les autres énergies.
84 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.1 La consommation finale diminue mais
la dépense se maintient à un niveau élevé
dans un contexte de hausse des prix
de l?énergie
La consommation d?énergie primaire de la France progresse
de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh (figure 4.1.1).
La reprise de la production nucléaire et donc la plus forte
consommation de chaleur nucléaire expliquent cette
progression alors même que la consommation finale d?énergie
diminue notamment sous l?effet des prix élevés de l?énergie
et des appels à la sobriété. Corrigée des variations climatiques,
la hausse est également de 1,6 %. Les températures pendant
la période de chauffe, mesurées par le nombre de degrés-
jours unifiés (DJU), ont en effet été très similaires à celles de
2022 (figure 4.1.2). Par rapport à 2012, année de référence
des objectifs nationaux de réduction de consommation
d?énergie (voir encadré), la consommation primaire a baissé
de 16,3 % à climat corrigé.
Figure 4.1.1 : consommation primaire totale et par usage
En TWh
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Pertes de transformation, de transport et de distribution CVC
Consommation finale énergétique CVC
Consommation primaire réelle
Consommation finale non énergétique CVC
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Note:lespertesdetransformation,detransportetdedistributionintègrentlaconsommationd?énergiedesentreprisesdusecteurdelatransformationpour
leurusagepropreainsiqu?unécartstatistique.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 85
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.1.2 : nombre de degrés-jours unifiés de la période de chauffe
2 000
1 900
1 800
1 700
1 600
1 500
1 400
1 300
1 200
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Nombre de DJU de référence
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsMétéo-France
La hausse de la consommation primaire en 2023 provient
de celle des pertes de transformation, de transport et de
distribution d?énergie. Ces dernières (qui correspondent à la
différence entre la consommation primaire et la consommation
finale, à l?écart statistique près) augmentent de 13,2 % à climat
corrigé, en raison principalement de la reprise de la production
nucléaire et des pertes de chaleur induites (cf. 2.2.2). Celles-
ci sont particulièrement importantes puisque seul un tiers de
la chaleur produite par l?énergie nucléaire est convertie en
électricité. La consommation finale d?énergie s?établit à
1 615 TWh en données réelles, dont 119 TWh pour les usages
non énergétiques. Ceux-ci, majoritairement concentrés dans
l?industrie et la pétrochimie, diminuent de 1,9 % en 2023.
La consommation finale à usage énergétique diminue de
4,1 % et s?établit à 1 496 TWh en données réelles (cf. 5.1).
La consommation primaire évolue différemment selon les
formes d?énergie (figure 4.1.3). Les énergies renouvelables
électriques (hydraulique, éolien, photovoltaïque) voient leur
consommation progresser de 24,6 % sur un an, sous l?effet de
la croissance des capacités installées et de conditions
météorologiques plus favorables (la production hydraulique
avait été fortement affectée par la sécheresse en 2022).
La consommation de chaleur nucléaire progresse de 7,3 %
avec le redémarrage des réacteurs qui avaient été mis à l?arrêt
pour maintenance en 2022. La consommation d?énergies
renouvelables (EnR) thermiques et déchets progresse
également (+ 3,1 %), portée par les pompes à chaleur et le
biogaz. À l?inverse, les consommations primaires de gaz naturel
et de charbon diminuent fortement (respectivement - 11,9 %
et - 22,9 %). La consommation primaire de pétrole est quasi
stable (+ 0,3 %), la croissance de l?activité des raffineries
compensant la baisse de consommation finale dans le transport.
Le bouquet énergétique primaire se compose de 39 % de
nucléaire (+ 2 points par rapport à 2021), 30 % de pétrole,
13 % de gaz (- 3 points en un an), 11 % d?EnR thermiques et
déchets, 5 % d?EnR électriques et 2 % de charbon.
Figure 4.1.3 : consommation primaire par forme d?énergie
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Hydraulique, éolien et photovoltaïque Énergies renouvelables thermiques et déchets Nucléaire Gaz naturel Pétrole Charbon
Note:laconsommationd?énergienucléairecorrespondàlaquantitédechaleurdégagéeparlaréactionnucléaire(quiestensuiteconvertieenélectricité),
déductionfaitedusoldeexportateurd?électricité.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
86 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Le bouquet énergétique final reste, quant à lui, dominé
par le pétrole (figure 4.1.4). En 2023, les produits pétroliers
représentent ainsi 39 % de la consommation finale à usage
énergétique, devant l?électricité (27 %), le gaz (18 %), les
énergies renouvelables et les déchets (13 %), la chaleur (3 %)
et le charbon (0,4 %). Sur le long terme, la part des énergies
fossiles dans le bouquet énergétique tend à diminuer depuis
1990 au profit de l?électricité et, depuis le milieu des années
2000, également au profit des énergies renouvelables.
Figure 4.1.4 : consommation finale à usage énergétique par forme d?énergie
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
2 000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
Pétrole Gaz naturel Charbon Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2023
2020
Note:lachaleurn?estisoléequedepuis2000.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Dans un contexte de prix élevés de l?énergie, et malgré
la baisse de consommation finale, les ménages, entreprises
et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour
satisfaire leurs besoins en énergie, soit un niveau similaire
à celui de 2022 (figure 4.1.5). Elle se maintient donc à un
niveau élevé, supérieur de près de 20 % à celui de 2021. Les
produits pétroliers représentent toujours la part la plus
importante de la dépense, mais celle-ci diminue de 5 points,
à 45 %, entre 2022 et 2023. Ils sont suivis par l?électricité qui
voit sa part dans la dépense progresser de 7 points, pour
atteindre 37 %. Ces proportions sont supérieures aux parts
respectives de ces deux formes d?énergie dans la
consommation finale en raison de prix moyens plus élevés
que les autres formes d?énergie.
Figure 4.1.5 : consommation finale en énergie, tous usages confondus (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023
Charbon (hors hauts-fourneaux) 14 0,4 13 0,3 14 0,4 11 0,5 10 0,4
Produits pétroliers 773 98,7 686 72,4 749 92,2 720 114,6 693 102,2
Gaz naturel 341 21,3 319 18,2 347 22,1 297 27,9 273 27,4
Énergies renouvelables et déchets 185 5,7 171 4,9 196 7,2 192 9,4 200 8,6
Électricité 432 61,1 411 60,7 433 65,5 415 69,2 398 85,3
Chaleur 43 2,9 42 2,6 48 3,5 46 4,4 42 3,8
Consommation finale
(hors charbon des hauts-fourneaux) 1 787 190 1 641 159 1 787 191 1 681 226 1 615 228
Dépense nationale en énergie
(y compris charbon des hauts-fourneaux) 192 160 192 228 230
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 87
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Au sein de la dépense nationale en énergie, le coût des
importations nettes et des variations de stocks de produits
énergétiques représente 67 Md¤ (figure 4.1.6). Il diminue de
41 % par rapport à 2022 sous l?effet des baisses de prix sur
les marchés internationaux. Les taxes énergétiques (nettes
des subventions aux EnR) s?établissent à 39 Md¤.
Elles progressent de 20 % sur un an en raison de la baisse
des subventions aux EnR qui deviennent négatives, les prix
sur les marchés ayant été plus élevés que les prix fixés dans
le cadre des obligations d?achat (cf. 3.4). La TVA non
déductible est quasi stable, à 18 Md¤, la hausse des prix
compensant la baisse de la consommation finale. Le solde,
soit 106 Md¤, correspond à la rémunération d?activités
réalisées sur le territoire national, principalement la production
d?électricité et d?EnR, la gestion des réseaux de gaz et
d?électricité, la distribution des carburants et le raffinage de
pétrole. Elle progresse de 65 % sur un an, en lien avec la
reprise de l?activité des centrales nucléaires et des raffineries.
Figure 4.1.6 : décomposition de la dépense nationale en
énergie
En Md¤2023
2015
2011
2012
2016
2017
2019
2021
2022
2023
2020
2018
2014
2013
250
200
150
100
50
0
Taxes énergétiques nettes des subventions
TVA non déductible
Rémunération d?activités nationales
Importations nettes de produits énergétiques et variations de stocks
Source : SDES,Bilandel?énergie
Les objectifs de réduction de la consommation d?énergie de la France
La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et celle relative à l?énergie et au climat de
2019 ont fixé comme objectifs de diviser par deux la consommation finale d?énergie à horizon 2050 et de
réduire la consommation primaire d?énergies fossiles de 40 % en 2030 par rapport à 2012.
La programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) relative à la France continentale, dans sa deuxième version
adoptée en avril 2020, donne des cibles intermédiaires de réduction de la consommation d?énergie par rapport
à 2012, et les décline par forme d?énergie (figure 4.1.7) :
? consommation finale d?énergie : - 7,5 % en 2023 et - 16,5 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 8,5 % en 2023 ;
? consommation primaire de gaz naturel : - 10 % en 2023 et - 22 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,9 % en 2023 ;
? consommation primaire de pétrole : - 19 % en 2023 et - 34 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,8 % en 2023 ;
? consommation primaire de charbon : - 66 % en 2023 et - 80 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 63,1 % en 2023.
La 3e PPE qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période
2025-2035 est en cours de finalisation. La consultation du public s'est achevée le 5 avril 2025.
Figure 4.1.7 : baisses de consommations réalisées et attendues dans la PPE
Consommation primaire de gaz naturel
Consommation énergétique finale
Consommation primaire de pétrole
Consommation primaire de charbon
Baisse attendue 2012-2028 Baisse attendue 2012-2023 Baisse réalisée 2012-2023
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
En % (données corrigées des variations climatiques)
Champ:Francecontinentale.Laconsommationd?énergieàusagenonénergétiqueestexclue.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;décretdu21avril2020relatifàlaprogrammationpluriannuelledel?énergie
88 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.2 Produits pétroliers et biocarburants :
recul de la consommation et de la dépense
4.2.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
La consommation totale de produits pétroliers raffinés et
biocarburants diminue de 3,5 % en 2023 et s?élève à
64,4 Mtep, soit 749,5 TWh (figure 4.2.1.1). Elle poursuit sa
dynamique de baisse des années récentes (- 9,7 % par rapport
à 2019). Les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle
de l?énergie (PPE) visent une réduction de 7,6 % de la
consommation finale, toutes énergies confondues, et de 20 %
de la consommation primaire d?énergie fossile entre 2012
et 2023. Par rapport à 2012, la consommation finale de
produits pétroliers baisse de 15,5 %.
Le secteur des transports reste le poste de consommation
principal de produits raffinés et biocarburants (66 % de la
consommation totale de produits pétroliers). Après une hausse
en 2022, sa consommation recule en 2023 (- 2,7 %), pour se
placer à un niveau proche de celui de 2021. Dans le résidentiel
et le tertiaire, la baisse atteint 13,8 %. Seuls les secteurs de
l?industrie et l?agriculture voient leur consommation augmenter
(+ 1,5 % et + 1,2 % respectivement).
Corrigée des variations climatiques, la consommation de
produits pétroliers et biocarburants connaît une baisse annuelle
similaire à celle des données réelles (- 3,4 %) en raison de
températures hivernales comparables à 2022. En excluant
les carburants routiers, cette diminution est de 5,1 %
relativement à 2022. Par rapport à 2012, les consommations
à climat corrigé sont en nette baisse, en particulier hors
carburants routiers (- 14,5 % pour la consommation totale,
- 27,9 % en excluant les carburants routiers).
La dépense totale en produits pétroliers et biocarburants
s?établit en 2023 à 109,1 Md¤, en baisse de 11,3 % par rapport
à l?année 2022 du fait d?une baisse de la consommation et
des prix. En 2022, la dépense totale avait bondi de 25,8 %,
en raison notamment de la très forte hausse des prix de
l?énergie dans le contexte de tensions sur les produits
pétroliers et gaziers à la suite du conflit entre l?Ukraine et
la Russie. La dépense en 2023 reste à une valeur relativement
haute par rapport aux années récentes, et s?établit toujours
au-dessus du niveau précédent la crise sanitaire (+ 5,7 %
comparativement à 2019).
Figure 4.2.1.1 : consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants par secteur et dépense totale associée
En Mtep (données non corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
130
120
110
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Production d?électricité et de chaleur
Autres transports (navigation et aviation domestique, ferroviaire, fluvial)
Résidentiel
Transports routiers (ménages)
Industrie
Agriculture-pêche
Transports routiers (autres)
Tertiaire
Consommation finale à usage non énergétique
Dépense totale (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:lesecteurdestransportsn?inclutpaslessoutesmaritimesetaériennesinternationales.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 89
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Après deux années de hausse consécutives, le coût des
importations nettes (des exportations) de pétrole brut, de
produits raffinés et de biocarburants diminue (- 25,2 % en
euros constants) et s?élève à 42,1 Md¤ en 2023 (figure 4.2.1.2).
Ils restent supérieurs à ceux de 2019 (+ 17,2 %) et représentent
39 % de la dépense (taxes incluses) en 2023. La situation
de tension géopolitique, en particulier en Ukraine et au Moyen-
Orient, est responsable d?une crise énergétique qui a tiré à
la hausse les prix du pétrole en 2022. La dépense servant à
rémunérer des activités (de production, raffinage et transport-
distribution) réalisées sur le sol national s?élève à 25,1 Md¤
(à l?écart statistique près), soit 23 % du total, en baisse par
rapport à l?année précédente (- 13,2 %).
Les 38 % de la dépense restants correspondent à la
fiscalité. Celle-ci inclut la taxe intérieure sur la consommation
de produits énergétiques (TICPE), la taxe incitative relative
à l?incorporation de biocarburants (Tirib), la redevance
affectée au stockage des produits pétroliers (CPSSP) ainsi
que, dans les DROM, la taxe spéciale de consommation
(TSC, qui remplace la TICPE) et l?octroi de mer. La fiscalité
sur les produits pétroliers comprend également la TVA, qui
s?applique aux prix incluant les autres taxations. La TICPE,
qui compte pour la plus grande partie des taxes, a procuré
30,9 Md¤ de recettes (nette des remboursements) en 2023.
En euros constants, ce montant est en recul (- 7,4 %) par
rapport à 2022. Avec l?introduction de la composante carbone
dès 2014, les montants perçus de TICPE avaient fortement
augmenté entre 2014 et 2018 (+ 26,1 %). Ils se sont ensuite
stabilisés entre 2018 et 2022 (en dehors d?une chute
ponctuelle en 2020). En baisse de 1,4 %, la TSC a rapporté
0,55 Md¤ en 2023. La TVA sur les produits pétroliers (hors
part déductible pour les entreprises) s?élève à 10,4 Md¤ en
2023, en baisse de 7,6 % par rapport à 2022 (en euros
constants).
Figure 4.2.1.2 : décomposition de la dépense totale en pétrole brut, produits raffinés et biocarburants
Importations nettes Production primaire, marges et écart statistique Taxes hors TVA (nettes des subventions) TVA
140
120
100
80
60
40
20
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En Md¤2023
Note:lessoutesmaritimesetaériennesinternationalessontdéduitesdesimportationsnettes,quiintègrentaussilesvariationsdestocks.Lesmarges
comprennentcellesderaffinageetcellesdetransport-distribution.
Source :SDES,Bilandel?énergie
90 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation totale peut se décomposer comme la
somme de la consommation à usage de production d?électricité
et de chaleur (1,4 Mtep en 2023, dont plus de la moitié dans
les DROM), de la consommation finale à usage énergétique
(54,0 Mtep biocarburants inclus) et de la consommation finale
à usage non énergétique (9,1 Mtep) - (figure 4.2.1.3).
Figure 4.2.1.3 : consommation de produits pétroliers raffinés par usage et par secteur (y compris biocarburants, données
non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Production d?électricité et de chaleur 1,4 808 1,4 587 1,4 798 1,5 1 312 1,4 1 001
Consommation finale à usage
énergétique 57,9 94 118 50,5 68 887 55,6 87 378 56,0 110 727 54,0 99 708
Industrie 2,6 1 968 2,5 1 540 2,5 1 908 2,5 2 714 2,5 2 425
Transports* 44,6 79 604 37,5 57 440 42,5 73 718 43,8 92 857 42,7 85 550
donttransportsroutiers(ménages) 26,3 52 539 22,1 37 990 24,8 47 981 25,8 59 927 25,7 57 087
donttransportsroutiers(autres) 16,1 25 357 13,9 18 506 15,9 24 296 15,8 30 476 14,8 26 445
dont autres transports 2,2 1 709 1,5 945 1,8 1 441 2,2 2 454 2,1 2 018
Résidentiel 4,7 6 712 4,2 5 044 4,7 6 385 3,5 6 830 3,1 5 099
Tertiaire** 2,7 2 895 2,8 2 404 2,4 2 299 2,7 4 065 2,3 2 830
Agriculture-pêche 3,2 2 938 3,6 2 459 3,5 3 067 3,4 4 262 3,4 3 804
Consommation finale à usage
non énergétique 12,0 8 272 11,4 6 354 12,0 9 640 9,3 10 999 9,1 8 402
Industrie 11,8 6 747 11,1 4 920 11,7 7 692 9,0 8 435 8,8 6 208
Pétrochimie 8,7 4 171 8,3 2 722 8,6 4 702 6,4 4 775 6,6 3 488
Construction 2,5 1 201 2,3 906 2,5 1 232 2,1 1 438 1,8 1 008
Autresindustries 0,6 1 375 0,5 1 293 0,6 1 759 0,5 2 223 0,5 1 712
Autres (dont agriculture, transports) 0,3 1 525 0,3 1 434 0,3 1 948 0,3 2 564 0,3 2 194
*Horssoutesmaritimesetaériennesinternationales.
**Ycomprislesarmées.
Note:laconsommationpourletraficaérienentrelamétropoleetlesDROMestinclusedanslesecteurdestransports(autrestransports).
Source :SDES,Bilandel?énergie
4.2.2 PRODUCTION D?ÉLECTRICITÉ ET DE CHALEUR
La consommation destinée à la production d?électricité et de
chaleur représente 2 % de la consommation totale de produits
pétroliers raffinés. Elle diminue sensiblement en 2023 (- 8,8 %
par rapport à 2022), à 1,4 Mtep (16,1 TWh) - (figure 4.2.1.3).
En France métropolitaine, les centrales au fioul, utilisées en
pointe lors des pics de demande en période hivernale, ont
progressivement fermé, d?autres énergies se substituant à ce
combustible, notamment pour des raisons environnementales.
La consommation de fioul dans les réseaux de chaleur est
également devenue marginale. Ainsi, la consommation de
produits pétroliers pour la production d?électricité et de chaleur
a chuté de 24,8 % par rapport à 2012. En revanche, la
consommation de fioul pour la production d?électricité n?est
pas négligeable en outre-mer.
La facture associée s?établit en 2023 à 1,0 Md¤, en repli
de 23,7 % en euros constants en un an, du fait du recul de
la demande mais aussi de la nette baisse des prix.
4.2.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
En données réelles, la consommation finale à usage
énergétique de produits pétroliers (y compris biocarburants)
s?élève à 54,0 Mtep en 2023 (soit 628,0 TWh), en recul de
3,5 % par rapport à l?année précédente (figure 4.2.1.3). Elle est
également en retrait par rapport au niveau précédent la crise
sanitaire (- 6,7 % comparativement à l?année 2019).
L?usage des transports concentre 66 % de la consommation
totale de produits pétroliers (y compris biocarburants) en
France, soit 42,7 Mtep en 2023 (hors soutes maritimes et
aériennes internationales). Relativement stable entre 2012
et 2019, cette consommation avait chuté en 2020 au cours
de la crise sanitaire, puis était repartie à la hausse en 2021
et 2022, sans retrouver son niveau de 2019. En 2023, elle
diminue de nouveau (- 2,7 %, cf. 5.5). Le transport routier des
ménages absorbe la plus grande part de cette consommation
(25,7 Mtep en 2023) et reste stable par rapport à 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 91
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La baisse de consommation touche majoritairement
le transport routier hors ménages, qui recule de 6,3 % en
2023, sous l?effet notamment d?une diminution du transport
de marchandises et de voyageurs. Les autres modes de
transport (aérien, ferroviaire, maritime et fluvial) consomment,
quant à eux, 2,1 Mtep (hors soutes internationales). Leur
consommation baisse également au cours de l?année (- 6,9 %)
et se positionne en dessous du niveau de 2019 (- 6,3 %).
Les 66 % de produits pétroliers utilisés dans les transports
étant davantage taxés, ils représentent 78 % de la dépense
totale en produits pétroliers. La dépense totale dans les
transports s?établit ainsi à 85,6 Md¤ en 2023. Elle est en
baisse de 7,9 % par rapport au niveau record atteint en 2022,
en conséquence de la hausse des prix des carburants liée à
l?évolution générale des prix de l?énergie en 2022. Les
entreprises contribuent moins à cette dépense qu?à la
consommation physique des transports car, outre le fait qu?une
partie de la TVA est déductible, certains secteurs d?activité
bénéficient d?exonérations fiscales. La dépense de produits
pétroliers hors ménages dans les transports est de 26,4 Md¤
en 2023, en baisse de 13,2 % par rapport à l?année précédente.
Quant aux ménages, ils dépensent plus du double avec
57,1 Md¤, en baisse plus mesurée que celle des entreprises
(- 4,7 % en 2023).
Les consommations dans le résidentiel et le tertiaire
diminuent nettement (- 13,8 %), à 5,4 Mtep en 2023.
Cette évolution s?inscrit dans une tendance de baisse des
consommations de produits pétroliers dans le résidentiel-
tertiaire sur les dernières années. À climat corrigé, elles ont
ainsi été divisées par deux depuis 2012 dans le résidentiel
en raison de la chute progressive des habitations chauffées
au fioul. Celles du secteur tertiaire s?inscrivent dans une
dynamique de baisse plus mesurée depuis 2012 (- 28,8 %
sur la période, à climat corrigé). Les dépenses respectives
du résidentiel et du tertiaire s?élèvent à 5,1 Md¤ et 2,8 Md¤,
en nette baisse (respectivement - 25,3 % et - 30,4 %) par
rapport à l?année 2022.
La consommation de produits pétroliers (y compris
biocarburants) à usage énergétique dans l?industrie croît très
légèrement en 2023 (+ 1,5 %), pour s?établir à 2,5 Mtep.
Elle a connu une baisse progressive entre 2012 et 2017
(- 19,9 %), justifiée à la fois par le recours à d?autres énergies,
par des gains d?efficacité énergétique et par la relative
désindustrialisation de l?économie. Elle se maintient à un
niveau stable depuis (- 2,0 % entre 2017 et 2023). À l?image
des dépenses de produits pétroliers dans tous les secteurs,
la facture associée chute nettement en 2023 (- 10,7 %), pour
s?établir à 2,4 Md¤.
Le secteur de l?agriculture et de la pêche consomme
essentiellement du gazole non routier (avec une fiscalité
différente depuis 2011 du fioul domestique). Sa consommation
s?établit à 3,4 Mtep en 2023, très stable depuis 2012 (oscillant
en données corrigées des variations climatiques entre 3,2 et
3,6 Mtep au cours de la période 2012-2023). La dépense du
secteur connaît, quant à elle, une baisse de 10,7 % en 2023
et s?établit à 3,8 Md ¤.
4.2.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON
ÉNERGÉTIQUE
Les usages non énergétiques de produits pétroliers se
concentrent essentiellement dans l?industrie pétrochimique de
premier niveau, dont les produits entrent dans la fabrication de
produits synthétiques (matières plastiques, cosmétiques, etc.).
La consommation finale non énergétique de produits
pétroliers recule légèrement en 2023, à 9,1 Mtep (105,4 TWh),
soit un repli de 2,2 % sur un an (figure 4.2.1.3). Elle avait
chuté en 2022, principalement en raison de plusieurs arrêts
d?installations pétrochimiques pour maintenance ou incidents.
En 2023, la consommation de ce secteur repart modérément,
tout en restant faible.
Environ 2 Mtep de bitumes sont consommées chaque
année dans le secteur de la construction. En 2023, cette
consommation s?est fortement repliée (- 15,9 %) alors que
l?activité du secteur est restée relativement stable. Les autres
produits correspondent essentiellement à des lubrifiants,
utilisés dans les transports, l?agriculture et l?industrie, ainsi
qu?à des quantités limitées de coke de pétrole, à usage
industriel.
La facture associée à cette consommation non énergétique
s?élève à 8,4 Md¤ en 2023. Après avoir augmenté fortement
en 2022 en raison de la hausse des prix, elle diminue
nettement en 2023, de 23,6 % par rapport à 2022, en euros
constants, à la suite de la baisse des prix, et se rapproche
ainsi de son niveau de 2019 (8,3 Md¤2023).
4.2.5 CONSOMMATION ET DÉPENSE PAR PRODUIT
Malgré une baisse de consommation en 2023 (- 5,1 %), le
gazole routier (y compris biodiesel) représente près de la
moitié de la consommation réelle de produits pétroliers et
biocarburants en 2023 (47 %) et plus de la moitié de la
dépense (52 %) - (figures 4.2.5.1 et 4.2.5.2). Il précède les
supercarburants (17 % de la consommation pour 25 % de la
dépense), qui représentent les seuls produits pétroliers en
hausse au cours de l?année (+ 5,8 % de consommation par
rapport à 2022). Cette augmentation est liée à l?évolution du
parc automobile, dans lequel le nombre de motorisations
essence progresse au détriment des véhicules diesel.
Par rapport à 2012, année de référence choisie dans la PPE,
la consommation de carburants routiers baisse de 4,3 % avec
des évolutions très différentes selon les produits : le gazole
routier diminue de 15,8 % alors que les supercarburants
progressent de 36,9 % et les biocarburants de 29,5 %.
Ces derniers représentent 5 % de la consommation de
produits pétroliers en 2023. En cumulé, le gazole routier et
les supercarburants (biocarburants inclus) correspondent à
64 % de la consommation pour 77 % de la dépense.
92 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Cette différence s?explique par une fiscalité plus lourde sur
ces carburants que sur d?autres produits pétroliers.
Pour une raison inverse, la part de fioul domestique et
des autres gazoles dans la consommation (15 %) est plus
importante que cette même part dans la dépense (11 %).
Leur consommation poursuit une tendance à la baisse
(- 6,4 % sur l?année, - 32,2 % par rapport à 2012). Ensuite,
les consommations les plus importantes sont celles de
produits non énergétiques (10 % de la consommation et 7 %
de la dépense) et de GPL (5 % de la consommation pour 3 %
de la dépense). Bien que minoritaire dans la consommation
de produits pétroliers (3 %), le jet kérosène est l?un des
produits qui diminuent le moins depuis 2012 (- 7 %, contre
- 15 % tous produits confondus). Par rapport à 2022, sa
consommation est en baisse de 8,0 % tandis que la dépense
associée au produit chute de 31,4 % en 2023 par rapport à
2022. Le fioul lourd a quant à lui vu sa consommation divisée
par trois depuis 2012 et représente en 2023 seulement 1 %
de la consommation finale de produits pétroliers et moins
d?1 % de la dépense.
Figure 4.2.5.1 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023
En Mtep (données corrigées des variations climatiques)
Gazole routier
Biocarburants (depuis 2011)
Gazole non routier (depuis 2011)
GPL*
Coke de pétrole, brais et autres produits lourds
Supercarburants routiers
Carburéacteurs
Fioul lourd pour la production d?électricité et de chaleur
Naphta
Autres**
GPL carburant
Fioul domestique
Fioul lourd hors production d?électricité et de chaleur
Bitumes
*Gazdepétroleliquéfié(butane,propane),horsGPLcarburant.
**Autres:lubrifiants,paraffinesetcires,white-spiritetessencesspéciales,pétrolelampant,essenceaviation,gazderaffinerie,éthane,autresproduits.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source : SDES,Bilandel?énergie
Figure 4.2.5.2 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit (y compris biocarburants, données non
corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Gazole routier 33,9 58 046 28,6 41 449 31,9 51 827 31,8 65 053 30,2 56 916
Fioul domestique et autres gazoles 11,5 11 729 11,3 8 807 11,1 10 717 10,2 15 254 9,6 11 808
Supercarburants* 9,0 20 557 7,7 15 592 9,3 21 198 10,3 26 250 10,9 27 475
Jet kérosène 1,9 924 1,2 325 1,6 694 2,0 1 650 1,8 1 132
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 4,6 4 250 3,8 3 451 3,9 4 072 3,4 3 963 3,1 3 179
Fioul lourd 0,9 490 0,8 347 0,9 463 0,9 668 0,7 433
Produits non énergétiques** 7,1 5 920 7,6 5 100 8,5 7 813 6,5 8 855 6,5 7 127
Autres*** 2,4 1 280 2,1 757 1,8 1 030 1,6 1 346 1,7 1 041
Total 71,3 103 197 63,3 75 828 69,0 97 815 66,7 123 038 64,4 109 111
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 93
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3 Gaz naturel : baisse générale de
la consommation et diminutions ponctuelles
des dépenses
4.3.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
En 2023, la consommation totale de gaz naturel en France
s?établit à 383 TWh PCS (soit 425 TWh PCI). Elle diminue
fortement pour la deuxième année consécutive : baisse de
42 TWh PCS (- 8,8 %) en 2022 et de 50 TWh PCS (- 11,6 %)
en 2023, soit 92 TWh PCS (- 19,3 %) entre 2021 et 2023.
Ce niveau est le plus bas atteint depuis la fin des années 90.
Par rapport à 2012, année de référence de la programmation
pluriannuelle de l?énergie (PPE), la diminution est de 23,5 %
(- 118 TWh PCS) ; cette baisse est un bon signal pour le
respect de la PPE (cf. 4.1). Pour mémoire, la PPE prévoit une
baisse de 10 % pour la période 2012-2023 de la consommation
primaire de gaz naturel corrigée des variations climatiques10.
Les températures de 2023 et 2022 ayant été proches, la
consommation totale corrigée des variations climatiques
diminue dans les mêmes proportions : - 11 %, à 414 TWh PCS
en 2023 (figure 4.3.1.1).
Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur
En TWh PCS* (données corrigées des variations climatiques)
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2020
2023
1994
600
500
400
300
200
100
0
Usage non énergétique
Tertiaire
Production d?électricité et de chaleur
Transports
Résidentiel
Usages internes de la branche énergie
Agriculture-pêche
Industrie
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationdegaz,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité,enquêteannuelle
surlesréseauxdechaleuretdefroid,donnéesduCitepa
Les dépenses pour l?achat de gaz diminuent aussi
en 2023, passant de 33,9 à 32,6 milliards, soit une diminution
de 3,9 % (figure 4.3.1.2). Cette diminution est beaucoup moins
forte que celle de la consommation. L?évolution du prix sur le
maché de gros est répercutée avec retard sur le prix de vente
(cf. 1.3). Le délai de répercussion diffère suivant la quantité
consommée (les plus gros consommateurs étant plus
sensibles aux variations des prix de marché), le type d?offre
souscrite (prix fixe, indexation marché, autre indexation?)
et son échéance. Par conséquent, en 2023 le prix de vente
pour les « petits » consommateurs a continué de croître
malgré une baisse du prix sur le marché de gros. Cela explique
que la diminution de la dépense est moindre que la diminution
de la consommation.
10 Par rapport à la consommation totale, la consommation primaire de la PPE exclut les injections de biogaz et les consommations pour matière première et inclut
les pertes du réseau de transport.
94 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.3.1.2 : consommation de gaz naturel et dépense associée
En TWh PCS* (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023
600
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
36 000
33 000
30 000
27 000
24 000
21 000
18 000
15 000
12 000
9 000
6 000
3 000
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Consommation totale (TWh PCS) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite)
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
4.3.2 BRANCHE ÉNERGIE
En 2023, avec la reprise des productions d?électricité
nucléaire et hydraulique, les centrales à gaz ont été moins
sollicitées qu?en 2022 et la consommation de gaz naturel
du secteur est redescendue à 80 TWh PCS (figure 4.3.2.1).
En 2022, la consommation de gaz naturel de la branche
énergie avait connu le niveau record de 104 TWh PCS.
Avec une diminution de 20 % entre 2022 et 2023,
la consommation de gaz de la branche énergie passe en
un an d?un point historiquement haut à un point historiquement
bas.
Les dépenses en gaz de la branche énergie diminuent,
passant de 405 à 329 millions d?euros, soit une baisse de 31 %
en un an, liée non seulement à la baisse de la consommation
mais aussi à celle des prix pour ces acteurs. En effet,
la branche énergie étant une « grosse » consommatrice de
gaz naturel, les prix de ses contrats de fourniture de gaz
naturel suivent avec moins de retard l?évolution à la baisse
des prix sur les marchés de gros.
Figure 4.3.2.1 : consommation de gaz naturel de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Transformation en électricité ou chaleur 93 1 963 85 1 434 82 3 122 98 7 050 75 4 803
Branche énergie hors transformation 9 146 8 97 8 293 6 405 6 329
Branche énergie 102 2 108 93 1 531 90 3 415 104 7 455 80 5 132
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 95
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
Dans l?ensemble, la consommation finale de gaz naturel
à usage énergétique diminue de 8,4 % en 2023, passant
de 318 à 291 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Malgré cette baisse,
les dépenses associées augmentent de 6,7 %, pour
atteindre 27 milliards d?euros en 2023. Cette situation
nationale masque en fait de grandes disparités entre les
secteurs.
Le secteur résidentiel est le plus gros consommateur avec
38,7 % de la consommation finale de gaz naturel. En 2023,
le secteur consomme 113 TWh PCS et dépense 12,8 milliards
d?euros. Par rapport à 2022, il diminue sa consommation de
7,3 % et voit ses dépenses augmenter de 10,7 %.
Le secteur de l?industrie représente 37,7 % de la
consommation finale de gaz naturel. Les dépenses pour le
secteur industriel diminuent plus vite que la consommation.
En effet, en 2023, la consommation de gaz naturel du secteur
diminue de 9,5 % alors que les dépenses associées diminuent
de 11,4 %. La diminution du prix payé par les industriels
s?explique par la présence de « gros » consommateurs
dans ce secteur plus sensible à la baisse des prix sur le
marché de gros.
Avec 63 TWh en 2023, la part de la consommation finale
du secteur tertiaire est de 21,7 %. Le tertiaire diminue
sa consommation de 9,8 % mais voit ses dépenses augmenter
de 27,1 %, à 6,1 milliards d?euros. C?est le secteur le plus
impacté par la hausse des prix du gaz.
Les transports sont le seul secteur d?activité dont
la consommation de gaz naturel augmente. Celle-ci passe
de 4,1 à 4,7 TWh PCS, soit une augmentation de 14,6 %.
La consommation de gaz de ce secteur accélère
sa progression, notamment grâce au développement du parc
de poids lourds alimentés au gaz. La part du secteur dans la
consommation finale reste modeste, puisqu?elle est de 1,5 %
en 2023, mais elle a plus que doublé depuis 2019.
Les dépenses du secteur pour l?achat de gaz naturel
augmentent de 30,7 % entre 2022 et 2023.
Le secteur agricole a consommé 2 TWh PCS, en baisse
de 8,2 % par rapport à 2022. Il représente 0,7 % de la
consommation finale de gaz. La dépense en gaz naturel du
secteur est de 167 millions d?euros en 2023, soit une hausse
de 15,5 % par rapport à 2022.
Figure 4.3.3.1 : consommation finale de gaz naturel à usage énergétique (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Industrie 135 3 748 121 2 771 134 4 959 120 8 455 109 7 491
Transports 2,1 74,9 2,5 78,4 3,5 137,2 4,1 301,1 4,7 393,7
Tertiaire 81 3504 73 3 066 84 3 763 70 4 809 63 6 114
Résidentiel 144 11 146 142 10 365 148 10 798 121 11 561 113 12 801
Agriculture-pêche 2,6 99,0 2,5 88,2 2,6 107,0 2,1 145,0 2,0 167,5
Total 364 18 572 341 16 369 372 19 764 318 25 272 291 26 967
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
96 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON
ÉNERGÉTIQUE
La consommation non énergétique de gaz naturel est
essentiellement une consommation comme matière première
dans le secteur de la chimie. Le gaz naturel entre notamment
dans la production d?hydrogène (voir focushydrogène) ou
de méthanol. En 2023, cette consommation s?élève à
12 TWh PCS, soit une consommation comparable à celle
de 2022. Les dépenses ont, quant à elles, nettement diminué,
passant de 1,2 milliard d?euros à 479 millions, soit une baisse
de 59 %.
Figure 4.3.4.1 : consommation finale de gaz naturel à usage non énergétique (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Chimie 14 225 13 140 13 532 12 1 178 12 479
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 97
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.4 La consommation de charbon est
historiquement faible et la dépense associée
chute nettement
En 2023, la consommation primaire de charbon, corrigée des
variations climatiques, s?établit à 55 TWh. Elle recule de 22 %
par rapport à 2022, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis
le début des observations, en dessous même de son niveau
de 2020 (66 TWh) - (figure 4.4.1). La consommation de
charbon est orientée à la baisse depuis une trentaine
d?années, même si elle peut augmenter ponctuellement,
comme en 2017 ou 2021. En effet, les autres formes d?énergie
se substituent progressivement au charbon dans la plupart
des secteurs consommateurs. Par rapport à 2012, année de
référence des objectifs nationaux de réduction de la
consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation primaire
de charbon baisse de 61 % à climat corrigé.
Depuis 2015, la filière fonte constitue le principal
consommateur de charbon en France avec, en 2023, 64 %
de la consommation totale. Elle est suivie par celle de
la production d?électricité et de chaleur, qui ne représente
plus que 23 % de la consommation (contre 48 % en 2012).
La consommation finale (essentiellement celle de l?industrie
manufacturière hors hauts-fourneaux) compte, quant à elle,
pour 18 % de l?ensemble des ressources primaires
consommées en 2023 (le solde entre les ressources et
la somme des consommations des différents secteurs
correspondant à l?écart statistique).
Après avoir atteint un niveau inédit à 3,6 Md¤2023 en 2022,
la dépense totale en charbon chute de nouveau nettement
en 2023, à 2,5 Md¤ (- 33 %), en raison de la baisse importante
de la consommation et de la chute des prix (cf. 1.4). Elle reste
élevée, un peu supérieure à son niveau de 2019 (2,3 Md¤2023).
Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement
du coke, issu de la transformation d?un type de charbon plus
onéreux que celui utilisé pour la production d?électricité
et de chaleur, concentrent à eux seuls près de 70 % de
la dépense totale, contre 53 % en 2012.
Figure 4.4.1 : consommation primaire de charbon (hors écart statistique) et dépense totale associée
En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
250
200
150
100
50
0
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Usages non énergétiques
Consommation nette filière fonte
Industrie hors filière fonte Autres usages énergétiques
Branche énergie hors filière fonte
Dépense totale en Md¤2023 (2011-2023) - (axe de droite)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Note:unopérateuraréviséfortementàlahaussesesproductionsdegazdérivés,entraînantunerupturedesérieentre2016et2017.
Parailleurs,àpartirde2017,lespertes,auparavantinclusesdansl?écartstatistique,sontintégréesàlaconsommationdelafilièrefonte.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
98 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Outre la filière fonte, dont la consommation totale nette
s?élève à 35 TWh en 2023, 10 TWh de produits charbonniers
ont été consommés par la branche énergie à des fins de
production électrique ou, de façon plus marginale, de
production de chaleur vendue ensuite à des tiers (figure 4.4.2).
Cette quantité correspond, pour l?essentiel, à du charbon-
vapeur utilisé comme combustible par des centrales
thermiques à flamme. Par ailleurs, du gaz fatal issu des
installations sidérurgiques est brûlé pour produire de
l?électricité sur le site industriel lui-même ou dans une centrale
thermique voisine, comme c?est notamment le cas à
Dunkerque.
La consommation des centrales a diminué de près de
81 % depuis 2012. Cette baisse reflète la réduction progressive
du parc pour des raisons environnementales et d?obsolescence.
Avec l?arrêt de nombreuses tranches de production, la
capacité électrique installée des centrales à charbon s?est
en effet réduite de plus de trois quarts sur le territoire
métropolitain sur la période. Fin décembre 2023, seules cinq
unités de production, réparties sur quatre sites, à Cordemais
(Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle) restent en activité.
Fin 2023, les départements et régions d?outre-mer
comptent deux installations de production thermique au
charbon, dont certaines tranches de production utilisent
également un combustible renouvelable issu de la canne à
sucre, la bagasse, durant la campagne sucrière.
Ces installations sont les centrales du Moule (Guadeloupe)
et du Gol (La Réunion). Les unités ultramarines sont en cours
de conversion en unités 100 % renouvelable (bagasse-
biomasse). La centrale de Bois-Rouge, à Saint-André
(La Réunion), a été convertie totalement à la biomasse en
mars 2023 et a ainsi abandonné le combustible charbonnier.
À son tour, la centrale du Gol a été convertie en février 2024
et ne consomme plus de charbon.
Avec la chute importante de la production d?électricité à
partir de charbon en métropole, les centrales ultramarines
représentent plus de la moitié des consommations de charbon
des producteurs d?électricité ou de chaleur cogénérée dont
c?est l?activité principale. Cette part était temporairement
passée à environ 30 % en 2021 et 2022 dans un contexte de
moindre disponibilité des centrales nucléaires et de tensions
sur l?approvisionnement en gaz.
Au-delà de cette tendance de long terme, la consommation
des centrales thermiques à charbon en France métropolitaine
est très sensible à la rigueur des températures, celles-ci étant
principalement utilisées comme moyens de pointe lors des
vagues de froid hivernales. En 2022, les tensions sur
l?approvisionnement en gaz ont entraîné la réouverture
provisoire de la centrale de Saint-Avold, qui devait être
définitivement arrêtée.
La consommation de charbon des centrales, corrigée
des variations climatiques, diminue d?un tiers en 2023,
à 13 TWh, son niveau le plus faible depuis le début des
mesures.
En effet, les centrales à charbon métropolitaines ont été
nettement moins sollicitées qu?en 2022 grâce au rebond du
nucléaire, à la forte augmentation de la production
renouvelable et à la baisse de la consommation (cf. 3.4). Par
ailleurs, la centrale de Bois-Rouge à La Réunion n?utilise
plus de charbon.
La dépense pour produire de l?électricité ou de la chaleur
s?élève en 2023 à 0,4 Md¤. Hors inflation, la facture a diminué
de 44 % en un an, en lien avec la chute de la demande et le
recul des prix de l?énergie.
Figure 4.4.2 : consommation pour la production d?électricité et de chaleur (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production d?électricité et de chaleur 17,9 327 15,1 228 22,1 455 17,4 634 9,7 357
Charbon primaire 12,2 188 10,4 117 16,8 309 13,1 520 6,6 214
Gaz dérivés 5,7 139 4,7 111 5,3 147 4,2 113 3,1 143
Source :SDES,Bilandel?énergie
La consommation finale de charbon en France s?élève
à 10 TWh en 2023 (figure 4.4.3), un minimum historique.
Elle fléchit nettement en un an (- 9 %). Par rapport à 2019,
cette consommation recule aussi sensiblement (- 29 %). Depuis
2012, la consommation finale de charbon a chuté de 45 %.
La dépense correspondante s?établit à 0,4 Md¤ en 2023.
Mesurée en euros constants, elle recule de 17 % par rapport
à 2022, du fait de la baisse importante des prix, mais reste
supérieure à celle de 2021 et 2019 (+ 8 %).
Les usages non énergétiques du charbon représentent
33 % de la consommation finale en 2023. Cette part augmente
de 5 points en un an en raison de la baisse de la consommation
finale énergétique, en particulier dans l?industrie. Elle était
restée stable depuis près de dix ans jusqu?en 2021.
Ces usages non énergétiques concernent en premier lieu les
secteurs industriels de la sidérurgie, de la chimie puis, dans
une moindre mesure, celui des produits minéraux non
métalliques.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 99
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Les usages énergétiques se concentrent, quant à eux,
en quasi-totalité dans l?industrie, principalement dans les
secteurs de la chimie, des produits minéraux non métalliques
(notamment la fabrication de ciments, plâtres et chaux) et de
l?agroalimentaire (par exemple les sucreries). Le charbon est
très marginalement utilisé comme combustible, en général
pour le chauffage, dans le résidentiel et le tertiaire, notamment
dans les Hauts-de-France.
Figure 4.4.3 : consommation finale de charbon (données non corrigées des variations climatiques)
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Industrie 10,3 9,1 10,5 7,4 6,2
Charbon primaire 8,5 7,7 8,9 6,1 4,9
Charbon dérivé 1,8 1,4 1,6 1,3 1,3
Autres usages énergétiques 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6
Charbon primaire 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5
Charbon dérivé 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0
Usages non énergétiques 3,1 2,8 3,2 3,0 3,4
Charbon primaire 1,2 1,4 1,4 1,4 1,5
Charbon dérivé 1,9 1,5 1,8 1,7 1,9
Total 14,1 12,5 14,5 11,1 10,1
Charbon primaire 10,4 9,6 11,0 8,0 6,9
Charbon dérivé 3,8 2,9 3,5 3,1 3,2
Source :SDES,Bilandel?énergie
100 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.5 La consommation d?énergies
renouvelables et de déchets augmente
en 2023
4.5.1 CONSOMMATION TOTALE
La consommation primaire d?énergies renouvelables (EnR)
et de déchets s?élève à 409 TWh en 2023. Elle se répartit en
209 TWh consommés par la branche énergie (pour la
production d?électricité ou de chaleur) et 200 TWh consommés
directement par les utilisateurs finaux, principalement pour
les besoins de chauffage. Au sein de la branche énergie, la
consommation d?EnR et déchets sert majoritairement à
produire de l?électricité : 129 TWh pour la production d?électricité
issue des filières hydraulique, éolienne et photovoltaïque et
15 TWh de combustibles (principalement de la biomasse et
des déchets) brûlés pour produire de l?électricité. 41 TWh de
combustibles sont également consommés pour produire
simultanément de la chaleur et de l?électricité par cogénération,
et 15 TWh pour produire de la chaleur. 8 TWh de biométhane
sont par ailleurs injectés dans les réseaux.
Tous usages confondus, la consommation primaire
d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 9,1 %
sur un an. Cette augmentation est portée par la filière
hydraulique, du fait des conditions pluviométriques de 2023
proches de la moyenne après une année 2022 chaude et
très sèche, et par la filière éolienne, du fait du développement
du parc et de conditions de vent favorables (cf. 2.2.3).
D?autre part, des températures automnales légèrement plus
basses par rapport à 2022 ont entraîné un besoin accru de
chauffage des ménages qui s?est traduit notamment par
l?augmentation de la consommation de bois-énergie et de
chaleur renouvelable des pompes à chaleur dans le résidentiel.
Les énergies renouvelables continuent de se développer.
À climat corrigé, la consommation primaire d?énergies
renouvelables et de déchets augmente de 8,7 % en 2023.
Elle a doublé depuis le milieu des années 2000 et a augmenté
de 36,9 % depuis 2013 (figure 4.5.1.1). En enlevant la
consommation des énergies renouvelables électriques11 (qui
ne sont pas corrigées des variations de la pluviométrie, du
vent ou du soleil), la consommation primaire d?énergies
renouvelables thermiques et de déchets corrigée des
variations climatiques augmente de 2,8 % en 2023.
Figure 4.5.1.1 : consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2020
2023
1994
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Production de chaleur seule
Production d?électricité et de chaleur par cogénération
Production d?électricité seule à partir de combustibles
Production d?électricité hydraulique*, éolienne et photovoltaïque
Injections de biométhane dans les réseaux de gaz naturel
Branche énergie
Secteurs de
consommation
finale
Agriculture-pêche
Résidentiel
Tertiaire
Transports
Industrie
*Ycomprisénergiesmarines.
Note:laconsommationdedéchetsurbainspourlaproductiond?électricitéetdechaleurparcogénérationn?estpasisolablejusqu?en1994etestinclusejusqu?à
cettedatedansleposte«Productiondechaleurseule».
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
11 Hydraulique, éolien, photovoltaïque et énergies marines.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 101
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation finale d?énergies renouvelables et
déchets (200 TWh en 2023, en données non corrigées des
variations climatiques) correspond aux consommations de
combustibles, carburants et chaleur primaire provenant de
sources renouvelables ainsi que de déchets, destinées à tout
usage autre que la production électrique et la production de
chaleur commercialisée à des tiers. Le secteur résidentiel en
représente à lui seul 60 %, suivi des transports (19 %), de
l?industrie (13 %), du tertiaire (6 %) et de l?agriculture (2 %).
119 TWh d?énergies renouvelables thermiques ou issues
des déchets sont consommés pour le chauffage ou l?eau
chaude sanitaire dans le secteur résidentiel. Cette
consommation augmente de 4,2 % sur un an du fait notamment
d?un automne plus froid, après une baisse de 2,2 % en 2022,
avec des températures hivernales et automnales supérieures
à celles de 2021. Corrigée des variations climatiques, elle
augmente toujours de 3,8 %. Sur ces 119 TWh, 59 % sont
issus de la combustion de bois, 39 % sont extraits par les
pompes à chaleur et 2 % sont produits par les capteurs
solaires thermiques installés chez les particuliers. Après avoir
progressé dans les années 2000, la consommation de bois
de chauffage est plus atone ces dernières années. À climat
corrigé, elle diminue de 0,3 % en 2023. Le recul des ventes
d?appareils de chauffage au bois entre 2013 et 2020
(à l?exception des poêles à granulés et à bûches) et la
diminution régulière de la consommation de bois par ménage
équipé d?un appareil de chauffage au bois, du fait notamment
de l?amélioration de l?efficacité de ces derniers, expliquent
cette tendance (cf. 2.2.3). À l?inverse, les pompes à chaleur,
en particulier celles aérothermiques, qui nécessitent un
moindre investissement, continuent de se développer
fortement dans le résidentiel, grâce notamment aux mesures
incitatives pour remplacer les appareils de chauffage
fonctionnant aux énergies fossiles. Leur consommation
renouvelable corrigée des variations climatiques augmente
à un taux moyen de 12 % sur les cinq dernières années.
La consommation finale d?énergies renouvelables
thermiques dans les transports, composée de biocarburants
(cf. 4.5.3), atteint 38 TWh en 2023 en données réelles.
Elle augmente de 4,6 %.
La consommation finale dans l?industrie est composée
pour 76 % de biomasse solide, 16 % de déchets industriels,
5 % de biogaz et 3 % de biocarburants (principalement
incorporés au gazole non routier). Elle s?élève à 26 TWh en
2023 en données réelles, en hausse de 3,5 %. Le secteur de
l?imprimerie et de la production de papier et de carton est le
principal utilisateur d?énergies renouvelables thermiques et
de déchets avec 17 TWh consommés en 2023. Ce secteur
consomme en particulier de la biomasse (8 TWh), notamment
de liqueur noire, résidu issu de la fabrication du papier kraft
et constituant une source d?énergie facilement mobilisable
et peu onéreuse.
La consommation finale d?énergies renouvelables
thermiques ou issues des déchets par le secteur tertiaire
demeure modeste, à 12 TWh en 2023. Elle est quasiment
constante sur un an en données réelles et diminue de 0,9 % à
climat corrigé. Cette consommation, principalement à des fins
de chauffage, se répartit entre les filières biomasse solide
(28 %), pompes à chaleur (26 %), incinération de déchets (25 %),
biogaz (14 %), biocarburants (4 %, correspondant à la part
renouvelable du gazole non routier utilisé marginalement par
le secteur tertiaire), géothermie (2 %) et solaire thermique (1 %).
4.5.2 BOIS-ÉNERGIE
En 2023, la consommation primaire de bois-énergie s?élève
à 111 TWh en données réelles (figure 4.5.2.1). Elle augmente
de 1,8 % par rapport à 2022 en raison de températures
automnales plus basses que l?année précédente. La dépense
associée s?élève à 3,5 Md¤ et augmente de 20 % sur un an.
Elle se répartit en 2,5 Md¤ dans le résidentiel (soit 72 % du
total), 0,7 Md¤ dans le secteur énergétique pour la production
d?électricité et de chaleur et 0,3 Md¤ dans les autres secteurs
(tertiaire et industriel). Si la hausse du prix du bois-énergie
est particulièrement importante dans l?industrie (+ 48 % en
un an), la hausse globale de la dépense est tirée par l?évolution
du prix du bois acheté par les ménages (+ 30 % en moyenne
annuelle (cf. 1.5.2) du fait de la part importante de ce secteur
dans la consommation primaire totale. Cette dépense prend
en compte l?achat de bois hors des circuits commerciaux
mais n?inclut pas l?auto-approvisionnement en bois (entre 30
et 40 % de la consommation de bois-bûche des ménages).
Figure 4.5.2.1 : consommation primaire de bois-énergie par secteur (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Consommation primaire totale 110 2 538 100 2 531 114 2 878 109 2 897 111 3 486
Production d?électricité et de chaleur 20 539 19 491 22 547 23 686 24 722
Industrie 9 80 9 81 9 90 12 123 12 176
Résidentiel 77 1 837 68 1 886 78 2 154 69 1 996 69 2 495
Tertiaire 3 82 3 73 3 87 3 92 3 93
Agriculture-pêche 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0
Lecture:laconsommationprimairedebois-énergie(horsliqueurnoire)s?élèveà111TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3,5Md¤.
Source :SDES,Bilandel?énergie
102 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.5.3 BIOCARBURANTS
La consommation de biocarburants s?établit à 3,5 Mtep (soit
41 TWh) en 2023, dont 2,6 Mtep de biodiesel, 0,8 Mtep de
bioéthanol et 0,05 Mtep de biokérosène (figure 4.5.3.1).
Elle augmente (+ 4,6 %) en raison de la progression de la
consommation de biodiesel (+ 5,6 %). Du fait de la baisse
des prix, la dépense associée diminue fortement en euros
constants (- 13,5 %), pour s?établir à 5,9 Md¤ en 202312.
Hors coûts de distribution et des taxes (affectés par convention
dans le bilan aux produits pétroliers avec lesquels ils sont
mélangés), les dépenses de biodiesel s?élèvent à 4,4 Md¤
(- 16,1 % par rapport à 2022 en euros constants, malgré une
hausse de la consommation), et celles de bioéthanol à
1,5 Md¤ (- 4,6 %). La consommation de biocarburants est
concentrée à 92 % dans le secteur des transports, le reste
étant essentiellement lié à l?utilisation d?engins agricoles et
de chantier.
Figure 4.5.3.1 : consommation de biocarburants et dépense totale associée
6,0
5,0
4,0
3,0
2,0
1,0
0,0
En Mtep En Md¤2023
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Bioessence Biodiesel Biokérosène Dépense en bioéthanol (axe de droite) Dépense en biodiesel (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetFAO
12 La dépense n?inclut pas celle en biokérosène, qui s?élève à 0,1 Md¤.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 103
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.6 Électricité : la consommation recule,
la dépense est en hausse
4.6.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
À climat réel, la consommation totale d?électricité diminue
de 4,0 % en 2023 (après - 3,8 % en 2022 et + 5,1 % en 2021),
pour s?établir à 408 TWh (figure 4.6.1.1). À climat corrigé,
la consommation d?électricité diminue dans les mêmes
proportions par rapport à 2022 (- 3,9 %), soit un rythme plus
soutenu que la moyenne annuelle observée depuis 2012
(- 0,74 %). En 2023, le climat a en effet été doux et comparable
à celui de 2022. Les prix élevés ainsi que la poursuite des
appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication
de cette baisse. La forte hausse des prix de détail sur un an
(+ 35,7 %) entraîne une très forte augmentation de la dépense
en électricité, qui s?établit à 87 Md¤ (+ 23,7 % par rapport à
l?année précédente en euros constants).
En 2023, la hausse des dépenses en électricité
s?explique par la persistance des effets de la crise
énergétique amorcée fin 2021. Les prix élevés observés
sur le marché de gros en 2022 ont continué d?influencer
les factures payées par les consommateurs en 2023
en raison de la structure des contrats d?approvisionnement
et des pratiques de couvertures des fournisseurs sur
les marchés à terme. Ainsi, même si les prix sur les marchés
de gros ont fortement décru en 2023 (cf. 1.7), la répercussion
de cette baisse sur les contrats de fourniture en cours
n?intervient pas au même rythme pour tous les contrats.
Selon la structure des contrats de fourniture souscrits,
les évolutions de prix pour les consommateurs finaux
interviennent souvent lors des renouvellements de contrat,
ce qui explique également le retard dans la transmission
des prix des marchés de gros vers le marché de détail.
Cette inertie tarifaire a conduit à des factures plus élevées
pour les consommateurs, malgré une baisse de
la consommation.
Figure 4.6.1.1 : consommation physique d?électricité et dépense associée
En TWh (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023
Consommation totale (TWh) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
470
460
450
440
430
420
410
400
390
380
100 000
90 000
80 000
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
20 000
10 000
0
Source :SDES,Bilandel?énergie
104 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.6.2 CONSOMMATION ET DÉPENSE DE LA BRANCHE
ÉNERGIE
Au-delà des pertes sur le réseau (37 TWh) et de l?électricité
utilisée pour le pompage (3,6 TWh), la branche produisant de
l?énergie (raffineries, enrichissement de l?uranium?) est elle-
même consommatrice d?électricité à hauteur de 10 TWh,
représentant un coût de 1,8 Md¤ (figure 4.6.2.1).
Figure 4.6.2.1 : usages internes de la branche énergie en électricité (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Branche électricité 9 716 9 781 9 862 10 1 228 10 1 752
Note:horspertes,consommationpropredescentraleseténergieabsorbéeparlepompage.
Source : SDES,Bilandel?énergie
4.6.3 CONSOMMATION FINALE ET DÉPENSE ASSOCIÉE
Corrigée des variations climatiques, la consommation finale
d?électricité s?était stabilisée entre 2012 et 2018. En 2023,
elle diminue de 4,0 % par rapport à 2022, avec des évolutions
contractées selon les secteurs. Non corrigée du climat,
la consommation finale d?électricité diminue de 4,2 % en
2023, à 398 TWh, dans un contexte de prix élevés et d?appels
à la sobriété (figure 4.6.3.1). La dépense associée progresse
de 23,3 %, atteignant 85,3 Md¤.
Le secteur résidentiel représente 38 % de la consommation
finale d?électricité, ce qui en fait le plus grand consommateur.
La consommation finale d?électricité corrigée du climat du
secteur s?élève à 156 TWh (figure 4.6.3.2), en baisse de
4,6 TWh par rapport à 2022 (- 2,8 %). L?électricité a de
nombreux usages (chauffage, fonctionnement des divers
équipements électroménagers ou autres, éclairage?).
Plusieurs facteurs influent sur la consommation d?électricité
du résidentiel : la météo, le taux d?équipement, l?amélioration
de la performance énergétique des bâtiments, les prix, mais
aussi les comportements de consommation (sobriété).
Alors que la part du résidentiel dans la consommation
d?électricité reste sensiblement la même, autour de 38 %, sa part
dans la dépense diminue fortement. Elle était de 53 % en 2019,
de 49 % en 2022 et de 42 % en 2023. En effet, le secteur
résidentiel reste relativement épargné par l?augmentation
globale des prix. Le bouclier tarifaire a limité les hausses
des tarifs réglementés de vente (TRV) pour les ménages (et
les petites entreprises). Ces derniers ont connu tout de même
des hausses significatives en 2023 : + 15 % TTC en moyenne
au 1er février et + 10 % TTC en moyenne au 1er août. Malgré
la baisse de la consommation, la dépense progresse de 5,5 %.
Le secteur tertiaire consomme 126 TWh d?électricité
(à climat corrigé), soit 31 % de l?électricité finale totale, et se
place ainsi en deuxième position. Sa consommation diminue
de 6,1 % (- 8,3 TWh) après correction des variations
climatiques. La part du tertiaire dans la dépense globale
d?électricité est de 35 %, ce qui représente une augmentation
importante par rapport à l?année précédente où elle était de
29 %. La dépense du secteur tertiaire augmente de 46,6 %
malgré une baisse de 6,5 % de la consommation. Ce secteur
est celui qui a été le plus impacté par la hausse des prix de
l?électricité.
Avec 103 TWh, l?industrie représente 26 % de la
consommation d?électricité, se classant en troisième position.
La dépense est en hausse de 31 %, pour une consommation
baissant de 4,9 % (- 5,3 TWh). La part de l?industrie dans la
dépense globale est de 19 %. La hausse des prix a été très
disparate selon les consommateurs. Ainsi, par exemple, le
prix de l?électricité pour les acteurs consommant plus de
150 GWh a baissé de 4 % en 2023, contrairement à la
moyenne du secteur (+ 44 %, cf. 1.7).
La consommation d?électricité dans les transports
(13 TWh), très majoritairement liée au réseau ferré, est la
seule consommation sectorielle à augmenter en 2023
(+ 16 %). Au sein des transports, la consommation des
véhicules électriques routiers est de 2,3 TWh et a fortement
progressé en 2023 (+ 46 %, après + 77 % en 2022), les
immatriculations de voitures électriques étant en hausse de
47 % par rapport à 2022. La dépense en électricité pour le
transport s?élève à 1,7 Md¤ (+ 33 %).
La consommation d?électricité de l?agriculture (7 TWh)
diminue de 9,4 % en 2023, pour une dépense de 1,8 Md¤,
en hausse de 37 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 105
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.6.3.1 : consommation finale d?électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Industrie 116 9 229 106 8 550 112 10 077 107 12 628 102 16 562
Transports 10 605 8 606 10 767 11 1 313 13 1 747
Résidentiel 160 32 188 161 33 512 170 35 573 155 33 772 151 35 645
Tertiaire 138 17 806 128 16 860 134 17 827 134 20 141 125 29 531
Agriculture-pêche 8 1 228 8 1 176 8 1 207 8 1 341 7 1 835
Total 432 61 055 411 60 703 433 65 451 415 69 194 398 85 319
Source : SDES,Bilandel?énergie
Figure 4.6.3.2 : évolution de la consommation finale d?électricité
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Industrie Transports Résidentiel Tertiaire Agriculture-pêche
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationd?électricité
La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un
objectif de baisse de la consommation finale de l?énergie pour
2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France
continentale. Cette baisse globale de la consommation finale
d?énergie passe par la réduction de la part des énergies
fossiles dans notre bouquet énergétique, au profit de
l?électricité et des énergies renouvelables. Si l?on considère
le périmètre France entière, la consommation d?électricité
corrigée des variations climatiques baisse de 8,1 % (- 35 TWh)
depuis 2012. En 2023, sa part s?élève à 26 % de la
consommation finale à usage énergétique comme en 2012.
Cette baisse est concentrée sur la période récente. En effet,
entre 2019 et 2023, elle atteint - 30 TWh. L?industrie et le
tertiaire baissent de 17 TWh chacun. Ce sont les secteurs
qui contribuent le plus à la baisse globale. Le transport est
le seul secteur connaissant une hausse (+ 2 TWh) avec le
développement des véhicules électriques.
106 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.7 La consommation de chaleur
commercialisée diminue nettement
La consommation (hors pertes) de chaleur commercialisée
s?élève à 42 TWh en 2023. Elle baisse de 10 % par rapport
à 2022 malgré des conditions climatiques et des besoins de
chauffage équivalents. Corrigée des variations climatiques,
elle diminue également de 10 % sur un an. Sur longue période,
elle a fortement progressé (+ 23 % depuis 2013).
En 2023, les ventes de chaleur, corrigées des variations
climatiques, diminuent particulièrement dans le secteur de
l?industrie (- 19 %) et le secteur tertiaire (- 7 %) dans un
contexte de diminution de l?offre (figure 4.7.1). Les centrales
thermiques, parmi lesquelles figurent les centrales en
cogénération qui vendent la chaleur produite, ont été
beaucoup moins sollicitées en 2023 qu?en 2022, dans un
contexte de production d?électricité nucléaire et renouvelable
en nette croissance, et ont, de ce fait, moins produit et vendu
de la chaleur à leurs clients à proximité (plutôt des sites
industriels). À l?inverse, la livraison au secteur résidentiel
augmente de 1 %. Au total, le secteur industriel représente
40 % des quantités de chaleur achetée, le résidentiel 37 %
et le tertiaire 23 %, la consommation de chaleur dans le
secteur agricole restant très marginale.
Figure 4.7.1 : consommation totale de chaleur commercialisée (nette des pertes de distribution) et dépense associée
60
50
40
30
20
10
0
2008
2007
2000
2002
2001
2017
2010
2009
2012
2011
2006
2005
2014
2013
2016
2015
2019
2021
2020
2022
2023
2018
2004
2003
Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Industrie Total (hors pertes) non ventilé Dépense totale en Md¤2023 (axe de droite)
En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Note:laventilationsectorielledelaconsommationn?estdisponiblequ?àpartirde2007.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 107
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
En 2023, la dépense de consommation totale de chaleur
commercialisée s?élève à 3 774 M¤ (figure 4.7.2). Elle diminue
de 11 % sur un an, tirée à la baisse par le secteur industriel
(cf. 1.8). Le secteur résidentiel représente 47 % de cette
dépense, le secteur industriel 26 % et le secteur tertiaire
27 %, avec des montants respectifs de 1 757 M¤, 976 M¤
et 1 012 M¤. Le secteur industriel pèse en général nettement
moins dans la dépense que dans la quantité consommée en
raison de prix traditionnellement plus bas que dans les autres
secteurs. En 2023, l?industrie bénéficie d?une baisse
importante des prix de la chaleur. Ses dépenses refluent de
37 % par rapport à 2022 (pour une consommation en baisse
de 20 %) mais restent plus élevées qu?avant la crise
énergétique (+ 20 % par rapport à 2021). À l?inverse, dans
le résidentiel et le tertiaire, les prix de la chaleur réagissent
avec retard aux fluctuations des prix des énergies
consommées et continuent d?augmenter en 2023. La dépense
de chaleur du résidentiel augmente ainsi de 8 % alors que
sa consommation n?augmente que de 3 %. La dépense du
tertiaire est quasi stable (- 1 %) alors que sa consommation
baisse de 6 %.
Figure 4.7.2 : consommation de chaleur commercialisée (données non corrigées des variations climatiques) et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Consommation finale totale 43 2 630 42 2 377 48 3 246 46 4 217 42 3 774
Industrie 19 507 18 422 20 813 22 1 541 17 976
Résidentiel 15 1 330 14 1 199 17 1 521 15 1 630 15 1 757
Tertiaire 9 775 10 742 11 889 10 1 022 9 1 012
Agriculture-pêche 0 18 0 15 0 22 0 25 0 27
Note:laconsommationtotaledechaleurcommercialisées?élèveà42TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3774M¤.
Source :SDES,Bilandel?énergie
108 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 109
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
partie 5
La consommation
d?énergie par secteur
ou usage
? La consommation finale d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux)
diminue de 3,8 % en 2023 à climat corrigé. En données réelles,
elle baisse de 3,9 %, pour atteindre 1 615 TWh, dans un contexte
de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Tous les secteurs sont concernés :
le tertiaire (- 8,2 %), l?industrie (- 6,6 %), le résidentiel (- 2,7 %), les
transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). La consommation
finale à usage non énergétique diminue également (- 1,9 %).
En 2023, les consommateurs finaux d?énergie (hors hauts-fourneaux) ont
dépensé 227,9 Md¤, soit 0,9 % de plus qu?en 2022 en euros constants.
110 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse
de la consommation finale d?énergie
et de fortes disparités entre les secteurs
La consommation finale réelle d?énergie (hors charbon des
hauts-fourneaux) diminue de 3,9 % en 2023, pour s?établir à
1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB
(+ 0,9 %). Le climat ayant été proche de celui de 2022,
la diminution de la consommation finale d?énergie corrigée
des variations climatiques est quasiment la même (- 3,8 %).
La consommation finale à usage énergétique, corrigée
des variations climatiques, baisse de 4,0 % en 2023, pour
s?établir à 1 545 TWh (figure 5.1.1). La consommation baisse
dans le tertiaire (- 7,8 %), l?industrie (- 6,5 %), le résidentiel
(- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche
(- 0,7 %). Après une baisse importante en raison d?un
ralentissement de l?activité dans la pétrochimie en 2022
(- 21,7 %, cf. 4.2.4), la consommation non énergétique diminue
légèrement (- 1,9 %), pour s?établir à 119 TWh (figure 5.1.2),
un niveau historiquement bas depuis plus de 50 ans.
Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux
de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2019,
la consommation finale énergétique a baissé de 0,4 % en
moyenne annuelle à climat corrigé. Entre 2019 et 2023, cette
baisse est de 2,1 % en moyenne annuelle. Sur la période
complète, la baisse est supérieure à l?objectif (- 8,9 % pour
un objectif de - 7,6 %).
Figure 5.1.1 : consommation finale énergétique par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
2 000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
Résidentiel Tertiaire Transports Industrie Agriculture-pêche Non affecté*
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
*Larépartitiondelachaleurparsecteurconsommateurn?estpasdisponibleentre2000et2006.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La dépense nationale en énergie (hors hauts-fourneaux)
s?élève à 227,9 Md¤ en 2023. Après une augmentation
importante en 2022 (+ 18,4 % en euros constants) causée
par la flambée des prix de l?énergie, elle est quasi stable
en 2023 (+ 0,9 %) mais avec des résultats très contrastés
selon les secteurs. Les dépenses augmentent particulièrement
dans le tertiaire (+ 30,1 % pour une baisse de la consommation
de 8,2 %) et l?industrie (+ 6,0 % pour - 6,6 % de consommation)
à cause d?une forte augmentation des prix de l?électricité et
du gaz (cf. 1.3 et 1.7). Elles augmentent également dans le
résidentiel (+ 2,3 % pour - 2,7 % de consommation) et
l?agriculture-pêche (+ 0,9 % pour - 0,7 % de consommation).
À l?inverse, elles diminuent davantage que la consommation
dans les transports (- 7,2 % pour - 2,2 % de consommation)
grâce à la baisse du prix des produits raffinés. La dépense
pour des usages non énergétiques diminue fortement
(- 27,1 % pour - 1,9 % de consommation).
Le transport concentre 38 % de la dépense nationale
(hors charbon des hauts-fourneaux) pour 32 % de la
consommation. À l?inverse, le poids de l?industrie (y compris
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 111
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
consommation non énergétique) est plus faible dans la
dépense totale que dans la consommation. Cela s?explique
par le fait que les industriels bénéficient généralement de prix
inférieurs à la moyenne grâce à leurs volumes de consommation
souvent élevés et à une taxation globalement moindre que
celle des ménages. Ils sont toutefois plus sensibles aux
variations des prix sur les marchés internationaux. Le poids
de l?industrie dans la dépense totale a ainsi augmenté de
4 points entre 2020 et 2023 (12 % en 2023) alors que sa part
de la consommation a diminué d?un demi-point sur la même
période (17 % en 2023).
Figure 5.1.2 : consommation finale par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Industrie
(hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881
Transports 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691
Résidentiel 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
Tertiaire 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604
Agriculture-pêche 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835
Consommation finale énergétique
(hors charbon hauts-fourneaux) 1 631,2 181 347 1 494,8 152 414 1 632,9 180 468 1 559,3 213 532 1 495,9 218 834
Consommation finale non énergétique 156,0 8 654 146,5 6 599 154,3 10 326 121,6 12 411 119,3 9 050
Consommation finale (hors charbon
hauts-fourneaux) 1 787,2 190 001 1 641,4 159 013 1 787,2 190 794 1 680,9 225 943 1 615,1 227 883
Source :SDES,Bilandel?énergie
112 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.2 Légère diminution de la facture
énergétique des ménages et baisse
de la consommation
Les ménages français ont consommé, au total, 722 TWh
d?énergie en 2023, soit une baisse de 1,6 % par rapport à
2022 (figure 5.2.1). Cette consommation d?énergie se répartit
en 422 TWh (- 2,7 %) dans leurs logements (cf. 5.3) et
299 TWh (- 0,1 %) pour leurs déplacements (cf. 5.5). Leur
dépense énergétique atteint 114,9 Md¤ (- 1,3 %), dont
57,8 Md¤ pour le logement (+ 2,3 %) et 57,1 Md¤ pour le
transport (- 4,7 %).
En 2023, la dépense énergétique moyenne d?un ménage
s?élève à 3 678 ¤, dont 1 851 ¤ imputables à l?énergie dans
le logement et 1 827 ¤ aux achats de carburant (figure 5.2.2).
En euros courants, la dépense moyenne d?un ménage
augmente de 3,0 % (+ 6,8 % pour le logement et - 0,6 %
pour les carburants). Toutefois, corrigée de l?évolution globale
des prix, la facture moyenne en énergie diminue de 2,2 %
par rapport à 2022. Cette diminution est portée par la baisse
des dépenses en carburant (- 5,6 %) alors que les dépenses
énergétiques moyennes liées au logement augmentent
de 1,4 %.
Figure 5.2.1 : consommation d?énergie des ménages (données non corrigées des variations climatiques) et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Logement 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
Transport 306,1 52 539 256,7 37 990 288,8 47 981 299,6 59 927 299,3 57 087
Total 776,3 107 363 712,4 91 144 786,56 105 497 733,6 116 431 721,6 114 910
Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergiepourlelogement.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Figure 5.2.2 : dépense en énergie par ménage entre 2019 et 2023
48 43 54 55 57
61 62 70 64 80
En euros constants
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Électricité Gaz naturel Combustibles pétroliers
Bois Chaleur commercialisée Carburants
2019 2020 2021 2022 2023
3 561
2 996
3 437
3 760 3 678
1 068 1 102 1 159 1 090 1 141
419 375 382 393 410
223 166 208 221 163
1 743
1 249
1 563 1 935 1 827
Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergieparménagepourlelogement.
Lesdépensesencharbon,quireprésententpourl?ensembledesménagesmoinsde10M¤paran,nesontpasreprésentéesici,maissontbieninclusesdansletotal.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 113
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
L?augmentation des dépenses pour le logement résulte
de celle des prix. Elle est toutefois limitée par la diminution
de la consommation d?énergie pour le logement, liée à des
prix élevés en 2023 (cf. 5.3) et aux appels à la sobriété, dans
un contexte de crise énergétique. La prolongation en 2023
du bouclier tarifaire (plafonnement ou limitation des hausses
des tarifs réglementés, cf. 1.3 et 1.7) a permis de limiter la
hausse des prix du gaz et de l?électricité. Le dispositif de
chèque énergie, dont le montant moyen, toutes campagnes
confondues, s?élève à 138 ¤ en 202313, permet également
de soutenir les ménages les plus modestes face aux hausses
de prix. Cette aide n?est pas prise en compte dans les
dépenses présentées dans cette publication.
En euros constants, les dépenses moyennes en électricité,
qui représentent environ les deux tiers de la facture
énergétique dans les logements, sont en hausse de 4,6 %
par rapport à 2022. Les dépenses en gaz naturel, en chaleur
et en bois augmentent respectivement de 4,2 %, 2,5 % et
de 24 %. Les dépenses en produits pétroliers diminuent de
26 %, liées non seulement à une baisse de la consommation
mais aussi des prix (voir partie 1).
Les accises sur l?énergie (ex-TICPE, TICGN, TICFE et
TICC) ainsi que la contribution tarifaire d?acheminement pour
l?électricité et le gaz (CTA) représentent 4,7 % de la dépense
d?énergie du logement. En euros constants, le taux moyen
de ces taxes est de 6,4 ¤/MWh et diminue de 43,2 % par
rapport à 2022, toutes énergies confondues. Avec la diminution
des taxes et la baisse de la consommation énergétique, le
montant total de ces taxes s?élève à 87 ¤ par ménage et
diminue de 45,2 % (figure 5.2.3).
Figure 5.2.3 : décomposition de la dépense moyenne des ménages en énergie pour le logement
En euros constants
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Taxes énergétiques TVA Dépense HTT
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
La dépense en carburants diminue de 5,6 % en euros
constants en 2023. Elle résulte d?une baisse des prix (cf. 1.2),
la consommation moyenne par ménage étant stable entre
2022 et 2023. Les taxes énergétiques (composées de
l?accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) en métropole,
de la taxe spéciale de consommation (TSC) et de l?octroi
de mer dans les DROM) représentent 34,4 % de la dépense
(figure 5.2.4). Le taux moyen des taxes est de 65 ¤/MWh,
tous carburants confondus. En euros constants, le montant
des taxes collectées auprès des ménages pour les carburants
reste stable.
13 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023.
114 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Figure 5.2.4 : décomposition de la dépense moyenne de carburant par ménage
En euros constants
2 000
1 500
1 000
500
0
Taxes énergétiques TVA Dépense HTT
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Au total, en 2023, l?énergie représente 9,4 % des
dépenses des ménages et 5,8 % de leur consommation
effective, incluant notamment les loyers imputés et services
d?intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) -
(figure 5.2.5). La part dans les dépenses des ménages
baisse de 0,2 point par rapport à 2022, sa diminution étant
essentiellement due aux dépenses en carburants. En effet,
la part des carburants diminue de 0,3 point alors que celle
des énergies pour le logement augmente de 0,1 point.
La part de l?énergie dans les dépenses des ménages
demeure sensiblement éloignée de son pic atteint en 1985,
à 11,7 %.
Figure 5.2.5 : part de l?énergie dans le budget des ménages
En %
14
12
10
8
6
4
2
0
Part de l?énergie dans la consommation effective des ménages
Part de l?énergie dans le budget des ménages (hors Sifim et loyers imputés)
1968
1995
2010
1986
1971
1998
2013
1989
2004
1974
1965
1977
1992
2007
1980
1983
2001
2016
2019
2023
Note:lebudgetdesménagesestcalculécommelesdépensesdesménagesausensdelaComptabiliténationale,horsloyersimputésetservices
d?intermédiationfinancièreindirectementmesurés(Sifim).
Laconsommationeffectiveintègrecesdeuxélémentsainsiquelesconsommationscorrespondantàdesdépensesindividualisablesfaitesparlesinstitutionssans
butlucratifauservicedesménages(ISBLSM)etparlesadministrationspubliques(APU)enmatièredesanté,d?enseignement,d?actionsociale.
Lebudgetestprochedecequedéboursentlesménagespourleurconsommationcourante,tandisquelaconsommationeffectiveapprochecedontilsbénéficient,
ycompriscequiestpayéparl?ensembledelacollectivité.
Lechèqueénergie,introduiten2018àlaplacedestarifssociauxdugazetdel?électricité,n?estpasdéduitdeladépensed?énergiepourlelogement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :Insee,Comptesnationaux;SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 115
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.3 Résidentiel : baisse de la consommation
et augmentation de la dépense
En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur
résidentiel diminue de 2,7 % par rapport à 2022 et atteint
422 TWh. Corrigée des variations climatiques, la baisse est
presque équivalente (- 2,7 %). Les températures en 2023 ont
en effet été douces et comparables à celles de 2022. Les prix
élevés de l?électricité et du gaz ainsi que les appels à la
sobriété peuvent avoir incité les ménages à diminuer leur
consommation énergétique pour leur logement.
À climat corrigé, la consommation d?électricité du
résidentiel diminue en 2023 (- 2,8 %), à 156 TWh (figure 5.3.1).
Demeurant l?énergie principale employée par les ménages,
elle représente 34 % de la consommation totale d?énergie
dans les logements.
Deuxième énergie utilisée par les ménages et représentant
plus d?un quart de la consommation énergétique dans le
résidentiel, la consommation d?énergie renouvelable (EnR)
augmente à climat corrigé de 4,0 % par rapport à 2022, portée
par la chaleur issue des pompes à chaleur (PAC, + 10,4 %).
En 2023, les énergies renouvelables consommées dans
le résidentiel sont composées à 59 % de bois, 38 % de chaleur
issue des PAC (cf. 2.2.3) et 3 % d?énergie solaire thermique.
Troisième énergie utilisée par les ménages, le gaz
représente 25 % de la consommation d?énergie du logement.
Sa consommation diminue de 6,8 %, en lien sans doute avec
des prix en forte hausse.
La consommation de chaleur commercialisée
(i.e. distribuée via des réseaux) corrigée des variations
climatiques augmente de 2,3 %, pour s?établir à 16 TWh.
Enfin, la consommation de produits pétroliers diminue de
11,7 % et représente dorénavant 8,3 % de la consommation
totale.
Figure 5.3.1 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
600
500
400
300
200
100
0
Électricité Gaz naturel Énergies renouvelables et déchets Produits pétroliers Charbon Chaleur commercalisée*
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesdonnéesduCeren
116 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Ainsi, après correction des variations climatiques, seules
les consommations d?énergies renouvelables et de chaleur
commercialisée progressent en 2023 dans le secteur
résidentiel. L?augmentation des prix, les appels à la sobriété
et, dans une moindre mesure, la transition vers des formes
d?énergie plus propres expliquent en partie la baisse de la
consommation des énergies traditionnelles.
La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un
objectif de baisse de la consommation finale d?énergie pour
2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France
continentale. Pour le périmètre France entière, dans le secteur
résidentiel, la baisse corrigée du climat est de 9,9 % depuis
cette année de référence, soit - 50 TWh. Elle s?est fortement
accélérée depuis la crise énergétique puisqu?entre 2019 et
2023 elle atteint 6,2 %. Depuis 2012, le bouquet énergétique
a été profondément modifié. Avec - 45 TWh, le gaz naturel
est l?énergie qui contribue le plus à la baisse. Les produits
pétroliers viennent en second avec - 41 TWh. Cela s?explique
notamment par la diminution du parc de logements équipés
de chaudières au fioul. En hausse de 35 TWh, les énergies
renouvelables se sont en partie substituées aux énergies
carbonées.
Avec 312 TWh, le chauffage concentre plus des deux
tiers de la consommation du résidentiel en France
métropolitaine, à climat corrigé (figure 5.3.2). Les EnR
représentent 41 % de la consommation de chauffage, le gaz
30 % et l?électricité 16 %.
L?électricité spécifique (qui comprend la consommation
d?électroménager, d?éclairage, d?appareils audiovisuels et
informatique, etc.) représente 16,1 % de la consommation
d?énergie. Le reste de la consommation est réparti entre l?eau
chaude sanitaire (9,1 %) et la cuisson (5,1 %), tandis que la
climatisation ne représente encore qu?une faible part de la
consommation d?énergie (0,5 %). Sur un an, les consommations
à usage de climatisation augmentent à climat corrigé (+ 4,7 %)
alors que la consommation des autres usages diminue.
Figure 5.3.2 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel par usage
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Chauffage Eau chaude sanitaire Usages spécifiques de l?électricité Cuisson Climatisation
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:laconsommationenclimatisation,quireprésente2TWhen2023,n?estpasvisiblesurcegraphiquemaisestbieninclusedansletotal.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :Ceren;SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 117
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Les dépenses énergétiques totales du secteur résidentiel
s?élèvent à 57,8 milliards d?euros en 2023 (figure 5.3.3).
Elles augmentent en euros constants par rapport à 2022
(+ 2,3 %). Cette évolution s?explique principalement par la
hausse des prix de l?électricité (cf. 1.1,1.3et1.7). Toutefois,
les boucliers tarifaires permettent de limiter la hausse des
dépenses et les chèques énergie réduisent la charge pour
les ménages les plus modestes, avec un montant moyen de
138 ¤ en 202314.
La dépense en électricité (35,6 milliards d?euros)
représente en 2023 la plus forte dépense en énergie du
résidentiel (61,6 %). Elle augmente de 5,5 % en euros
constants par rapport à 2022. Les factures de gaz naturel
s?établissent à 12,8 milliards et sont en hausse en euros
constants (+ 5,1 %). Pour ces deux énergies, la baisse de la
consommation n?a pas compensé la hausse des prix. Pour
les produits pétroliers, la baisse des prix et de la consommation
ont entraîné une forte baisse de la dépense (- 25,3 %).
Elle s?établit à 5,1 milliards d?euros. Quant aux dépenses
d?énergies renouvelables (2,5 milliards d?euros), elles
augmentent de 25,1 %. Celles de chaleur (1,8 milliard d?euros)
augmentent de 3,4 %.
Figure 5.3.3 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 55,1 6 712 48,5 5 044 54,8 6 385 40,7 6 830 35,7 5 099
Gaz naturel 129,8 12 628 127,8 11 404 133,4 11 737 109,3 12 174 101,3 12 801
Charbon 0,3 9 0,2 7 0,3 9 0,3 17 0,2 9
Énergies renouvelables et déchets* 110,5 1 840 103,2 1 886 122,7 2 158 114,0 1 995 119,4 2 495
Électricité 159,7 32 188 161,5 33 512 169,5 35 573 155,2 33 772 150,7 35 645
Chaleur commercialisée 14,8 1 447 14,5 1 302 17,0 1 653 14,5 1 716 14,9 1 775
Total 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
*Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesthermiquesetdéchets,seulleboisdechauffagecommercialiséestprisencompte.
Note:lesdépensesdesménagesneprennentpasencompteleversementdeschèquesénergie.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM)
Source :SDES,Bilandel?énergie
14 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023.
118 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.4 Tertiaire : consommation d?énergie
en baisse et augmentation des dépenses
en électricité
En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur
tertiaire s?établit à 229 TWh, en baisse de 8,2 % par rapport
à 2022, et atteint son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans.
Le climat a été doux et comparable à celui de 2022. Corrigée
des variations climatiques (CVC), l?évolution de la
consommation est donc similaire (- 7,8 %) - (figure 5.4.1).
Le prix élevé de l?électricité et du gaz et la poursuite des
appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication
de cette baisse de la consommation. Le tertiaire est le secteur
qui a connu les plus fortes hausses de prix en 2023
(cf. partie 1). Ainsi, en 2023, la persistance des effets de la
crise énergétique amorcée en 2021 explique la hausse de la
dépense (+ 9,2 Md¤), portée par celles en électricité
(+ 9,4 Md¤) et en gaz (+ 1,1 Md¤).
Figure 5.4.1 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
300
250
200
150
100
50
0
Électricité Gaz naturel Produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Charbon Chaleur commercalisée*
2003
2012
2017
2009
2000
2004
2001
2013
2018
2010
2015
2005
2002
2006
2011
2016
2007
2008
2014
2019
2020
2021
2022
2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, corrigée du climat, la consommation d?électricité,
qui représente plus de la moitié du bouquet énergétique du
tertiaire, diminue de 6,1 % tandis que la valeur ajoutée des
services marchands augmente de 1,2 %. Depuis 2012,
la consommation d?électricité du tertiaire diminue en moyenne
de 1,2 % par an. La consommation de gaz naturel (un quart
du bouquet) diminue encore plus fortement (- 9,1 %),
une baisse bien supérieure au rythme des dernières années
(- 0,6 % en moyenne annuelle depuis 2012). La consommation
de produits pétroliers diminue à un rythme annuel de - 3,2 %
depuis 2012 et représente 11,4 % de la consommation
corrigée du climat en 2023. Même la consommation
d?énergies renouvelables (EnR) décroît en 2023 (- 0,9 %),
alors qu?elle progressait à un rythme annuel de + 5,8 % en
moyenne depuis 2012. La consommation des EnR dans
le tertiaire couvre la consommation renouvelable des pompes
à chaleur (25,5 %), de la biomasse (28 %), des déchets
(25,5 %) et du biogaz (13,9 %). Enfin, la consommation de
chaleur commercialisée via des réseaux baisse de 5,7 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 119
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
La valeur ajoutée du tertiaire augmente de 1,7 % en
moyenne par an depuis 2000, à un rythme supérieur à celle
du reste de l?économie. Malgré une très légère baisse, de
0,1 point en 2023, la part du tertiaire dans la valeur ajoutée
de l?économie progresse globalement régulièrement, passant
de 53 % en 2000 à 59 % en 2023. Entre 2000 et 2010, la
consommation d?énergie du tertiaire progresse au même
rythme (+ 1,8 % par an), soutenue par l?évolution de la
consommation de l?électricité (+ 2,8 % par an). Par la suite,
la consommation se stabilise jusqu?en 2018, année à partir
de laquelle la consommation d?énergie commence à décroître
(- 3 % en moyenne par an), sans doute sous l?impulsion de
l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments
(cf. 6.1). La reprise d?activité après les crises sanitaire et
énergétique n?a pas conduit à une augmentation de la
consommation d?énergie.
Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux,
la consommation d?énergie finale dans le tertiaire baisse de
25,3 TWh (- 9,6 %) en données corrigées du climat. L?intégralité
de la baisse a été réalisée entre 2019 et 2023. Au-delà des
objectifs de la programmation pluriannuelle de l?énergie,
le décret tertiaire (article 175 de la loi Élan de 2018) impose
une réduction progressive de la consommation d?énergie
dans les bâtiments à usage tertiaire. Celle-ci doit ainsi se
réduire de 40 % en 2030 par rapport à 2010.
En 2023, le secteur tertiaire a dépensé 39,6 milliards
d?euros pour sa consommation finale d?énergie, soit une
hausse de 30,1 % en euros constants par rapport à 2022
(figure 5.4.2), malgré la baisse de la consommation de toutes
les énergies. L?augmentation de la facture s?explique par la
hausse des prix de l?électricité et du gaz entraînée par la crise
énergétique.
Figure 5.4.2 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 EnTWh EnM¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 30,9 2 861 32,4 2 372 27,5 2 274 31,5 4 026 26,6 2 766
Gaz naturel 72,6 3 969 66,1 3 374 75,3 4 090 63,1 5 064 56,9 6 114
Charbon 0,4 10 0,4 8 0,4 10 0,4 15 0,3 13
Énergies renouvelables et déchets 9,2 117 9,4 104 10,6 112 11,3 131 11,3 158
Électricité 137,8 17 806 127,6 16 860 133,5 17 827 133,6 20 141 124,9 29 531
Chaleur commercialisée 9,3 843 9,5 805 10,6 966 9,7 1 076 9,1 1 022
Total 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604
Note:lebilanmonétaireneprendpasencomptelesaidesattribuéesvialeguichetd?aide.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Plus précisément, la dépense en électricité progresse de
46,6 % et celle en gaz naturel de 20,7 %. La dépense d?EnR,
qui n?inclut que la dépense en biomasse et en biocarburants,
augmente, quant à elle, de 20 %. La dépense de produits
pétroliers diminue de 31,3 %. C?est l?unique énergie dont le
prix moyen baisse en 2023.
En 2023, l?électricité concentre près des trois quarts de
la dépense, contre un peu plus de la moitié de la consommation
finale, du fait d?un prix relativement élevé au MWh par rapport
aux autres énergies. À l?inverse, le poids du gaz naturel est
plus faible dans la dépense totale que dans la consommation
(respectivement 15,4 % et 24,8 %). Troisième énergie du
secteur, les produits pétroliers représentent 7 % de la dépense
et 11,6 % de la consommation, devant la chaleur
commercialisée via des réseaux (2,6 % de la dépense totale
et 4 % de la consommation).
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/eco-energie-tertiaire-eet
120 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.5 Transports : une baisse
de la consommation qui marque la fin
de la reprise après la crise sanitaire
En 2023, l?usage des transports représente 34 % de la
consommation énergétique finale, soit 513 TWh, dont 299 TWh
sont liés aux déplacements des ménages (cf. 5.2) et 214 TWh
relèvent des entreprises et administrations. Par convention
statistique internationale, cette consommation exclut les soutes
internationales aériennes (62 TWh) et maritimes (12 TWh).
Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de
réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2023, la
consommation finale énergétique des transports a diminué de
3,6 %. Avec l?agriculture, c?est le seul secteur à ne pas atteindre
l?objectif de - 7,6 % (tous secteurs confondus) sur la période.
5.5.1 CONSOMMATION PAR USAGE ET PAR MODE
Après deux années marquées par une forte reprise post-Covid
(+ 13,6 % en 2021 et + 3,4 % en 2022), la consommation
énergétique finale pour les transports diminue de 2,2 % en
2023. Le transport intérieur de voyageur, moteur de la reprise
en 2021 et 2022, diminue de 0,3 %. Le trafic national de
marchandises (hors oléoducs) diminue fortement après avoir
stagné (- 4,0 %, après - 0,9 % en 2022) - (Bilanannueldes
transports en 2023, SDES).
Les consommations du secteur (figure 5.5.1.1) sont
dominées par le mode routier (93,2 %, soit 478 TWh), en
relation avec ses parts modales dans le transport de passagers
(87 % du trafic en métropole en voyageurs-kilomètres) comme
de marchandises (86 % en métropole en tonnes-kilomètres).
Le transport routier des ménages représente à lui seul plus
de la moitié (57,7 %) de la consommation finale énergétique
des transports en France.
La part des transports ferrés dans la consommation finale
(2,1 %, à 10,7 TWh en 2023) est bien inférieure à ses parts
modales (11 % pour les passagers et 9 % pour le fret).
Les vols domestiques (y compris les liaisons entre
métropole et outre-mer) représentent 3,2 % de la
consommation énergétique finale des transports, en baisse
de 0,3 point par rapport à 2022. Les vols internationaux (non
comptabilisés dans le total), particulièrement touchés par la
crise sanitaire, continuent leur reprise, pour atteindre
62,3 TWh en 2023 (+ 9,6 %).
La consommation du transport maritime et fluvial
(y compris plaisance) national représente 1,4 % de la
consommation énergétique finale des transports.
Figure 5.5.1.1 : part de chaque mode dans la consommation finale énergétique des transports et dans le transport
de voyageurs et de marchandises en 2023
En %
Routier ménages Routier entreprises Aviation domestique Ferré Autres
3,2 2,1 1,4
57,7
35,4
Transport intérieur
Voyageurs Marchandises
voyageurs-
kilomètres
tonnes-
kilomètres
Routier 87 % 86 %
Ferré 11 % 9 %
Aviation domestique 1 % -
Navigation - 2 %
Oléoducs - 3 %
Note:legraphiquedonnelapartdechaquemodedanslaconsommationfinaleénergétiquedestransports(horssoutesinternationales)enFranceentière.
LetableaupermetdevoirlapartdechaquemodedansletransportintérieurdevoyageursetletransportdemarchandisesenFrancemétropolitaine.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;SDES,Bilandestransports,2023
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 121
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.5.2 CONSOMMATION PAR ÉNERGIE
Le bouquet énergétique, hors soutes internationales, est
largement dominé par les produits pétroliers (89,3 %),
principalement à destination des transports routiers
(figure 5.5.2.1). Il est complété par les biocarburants (7,3 %),
l?électricité (2,5 %) et le gaz naturel, qui reste marginal (0,8 %).
Les consommations de carburants routiers (biocarburants
inclus) diminuent de 2,5 % en 2023 après deux années de
hausse post-crise sanitaire (+ 13,2 % en 2021 et + 2,1 % en
2022). Auparavant, elles avaient été quasi stables entre 2011
et 2019 (- 1,7 % sur l?ensemble de la période), avec une
progression des parts de l?essence (+ 1,1 point) et des
biocarburants (+ 1,7 point) au détriment du diesel (- 3,0 points).
Figure 5.5.2.1 : consommation finale énergétique des transports
En TWh
600
500
400
300
200
100
0
Gazole route (hors biocarburants)
Énergies renouvelables et déchets (biocarburants)
Essence route (hors biocarburants)
Électricité
Carburéacteurs et autres produits pétroliers (hors biocarburants)
Gaz naturel
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les ventes d?essence (en excluant les biocarburants
incorporés) retrouvent leurs niveaux d?avant-crise dès 2021
et continuent leur croissance en 2022 (+ 9,4 %) et en 2023
(+ 6,6 %). Cette croissance s?explique essentiellement par
celle de la circulation de voitures particulières à motorisation
essence, dont le parc croît au détriment de celui des
motorisations diesel. La circulation en France métropolitaine
de voitures particulières, utilitaires légers et motocycles
(pavillons français et étranger) à essence augmente de 3,3 %
en 2023 (en véhicules-kilomètres, hybrides incluses).
Les ventes de gazole routier (hors biocarburants
incorporés) baissent de 6 % en 2023. Elles représentent
62,7 % de la consommation finale pour le transport, à
321,7 TWh. La circulation de véhicules diesel, qui était
légèrement repartie en 2021 et 2022 (respectivement + 6,0 %
et + 3,9 %), diminue de 4,8 %. La décomposition par type de
véhicules montre une évolution contrastée : - 5,1 % pour les
voitures et utilitaires légers, - 1,1 % pour les véhicules lourds
(poids lourds, bus et cars), qui repassent légèrement sous
leur niveau d?avant-crise.
122 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Après une baisse importante liée à la crise sanitaire en
2020, la consommation de biocarburants routiers continue
sa reprise (+ 4,1 %) en 2023, alimentée par la hausse du taux
d?incorporation dans le gazole. En 2023, au niveau
métropolitain, ces taux en contenu énergétique atteignent
8 % pour le gazole (7,1 % en 2022) et 8,4 % pour l?essence
(9 % en 2022). Un objectif de taux d?incorporation est fixé
pour l?essence et le gazole dans le cadre de la taxe incitative
relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport
(Tiruert). En 2023, il passe de 9,2 à 9,5 % pour l?essence et
de 8,4 à 8,6 % pour le gazole. Depuis 2022, un taux est
également fixé pour le biokérosène (1 %).
En incluant les soutes internationales, la consommation
de carburéacteurs augmente de 4,9 % en 2023, après une
hausse de 58,9 % en 2022. Malgré cette progression,
elle reste largement en dessous de son niveau de 2019
(86,7 % du volume). La consommation d?énergie du trafic
intérieur diminue de 9,7 %, alors que celle due au trafic
international poursuit sa croissance (+ 9,6 %).
Les livraisons à destination des soutes maritimes
internationales, principalement sous forme de fioul lourd,
diminuent de 10,3 % après deux années de reprise (+ 13,5 %
en 2021, + 5,6 % en 2022), atteignant un niveau inférieur de
38,4 % à celui de 2019.
La consommation d?électricité, majoritairement liée au
mode ferré, s?élève à 12,9 TWh en 2023, en hausse de 16 %
par rapport à 2022. Cette croissance est portée par celle de
la consommation du ferré (+ 12,7 %) et par celle des véhicules
routiers à motorisation alternative (électriques et hybrides
rechargeables). La consommation d?électricité pour le routier
poursuit sa forte croissance (+ 29,5 % en 2020, + 109,1 %
en 2021, + 77,4 % en 2022 et + 46,7 % en 2023), pour
atteindre 2,3 TWh. Avec 25,7 % des immatriculations en 2023,
les voitures particulières électriques et hybrides rechargeables
continuent leur croissance, passant de 2,2 % du parc en 2022
à 3,1 % en 2023 (Bilanannueldestransportsen2023, SDES).
La consommation de gaz naturel pour le mode routier
(y compris le gaz naturel porté par camion sous forme de gaz
naturel liquéfié depuis les terminaux méthaniers) continue
sa progression (+ 14,6 % en 2023), notamment grâce au
développement du parc de poids lourds alimentés au gaz.
À un niveau de 4,2 TWh, elle représente 0,8 % de la
consommation finale énergétique des transports.
5.5.3 CONSOMMATION, DÉPENSES ET TAXES
La dépense énergétique du secteur des transports s?élève en
2023 à 88 Md¤ (figure 5.5.3.1). Comme la consommation
finale, la facture énergétique des transports est dominée par
les produits pétroliers (91 %), en particulier à destination du
transport routier. Elle décroît plus rapidement que la
consommation (- 7 %, contre - 2 % pour la consommation) en
raison d?une baisse des prix après la flambée de 2022 (cf. 1.2).
Les taxes énergétiques représentent, comme en 2022, 34 %
de la dépense dans les transports en 2023.
Figure 5.5.3.1 : consommation finale énergétique des transports (hors soutes internationales) par énergie et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 481,7 76 205 405,0 54 808 460,5 69 287 473,9 86 286 458,6 80 134
Gaz naturel 1,9 85 2,2 86 3,1 149 3,7 317 4,2 394
Biocarburants 37,2 3 399 30,9 2 632 34,0 4 431 36,0 6 571 37,7 5 416
Électricité 10,1 605 8,3 606 9,7 767 11,1 1 313 12,9 1 747
Total 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691
Source :SDES,Bilandel?énergie
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 123
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6 Industrie : baisse de la consommation
énergétique et hausse de la dépense
en électricité
5.6.1 CONSOMMATION FINALE PAR ÉNERGIE
ET DÉPENSE ASSOCIÉE
Le secteur de l?industrie inclut ici l?industrie manufacturière,
y compris agroalimentaire, et la construction. La consommation
de charbon des hauts-fourneaux, considérée comme faisant
partie du secteur de la transformation d?énergie par convention
statistique internationale, est exclue de la consommation
d?énergie physique de l?industrie (et traitée en conséquence
dans la partie 3). On distingue les usages énergétiques de
l?énergie de ses usages non énergétiques, c?est-à-dire de
l?utilisation des molécules comme matière première. Les
usages non énergétiques sont traités en détail, énergie par
énergie, dans la partie 4 du bilan. La consommation à usage
non énergétique s?établit à 119,3 TWh en 2023. La grande
majorité de ces consommations à usage non énergétique est
constituée par les produits pétroliers (105,4 TWh), en
particulier dans l?industrie pétrochimique (76,6 TWh). Le gaz
naturel est également utilisé pour des usages non énergétiques
(10,5 TWh, principalement pour la synthèse d?engrais et pour
la production d?hydrogène).
La consommation finale à usage énergétique réelle de
l?industrie s?établit, quant à elle, à 278,6 TWh en 2023.
Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de
réduction de la consommation d?énergie, elle a baissé de
64,9 TWh (18,9 %) en données réelles, soit - 1,9 % en moyenne
par an (- 17,1 % en données corrigées des variations climatiques).
Les deux tiers de la baisse ont été réalisés entre 2019 et 2023.
La consommation recule par rapport à 2022, de 6,6 % en
données réelles (- 6,5 % à climat corrigé en raison de
températures comparables entre les deux années). Dans le
même temps, la production dans l?industrie manufacturière
diminue également sur l?année 2023 (- 5,0 %). La baisse de
consommation en 2023 concerne l?ensemble des énergies,
à l?exception des produits pétroliers et des énergies
renouvelables, qui connaissent une légère hausse
(respectivement + 1,3 % et + 3,5 %).
En 2023, le bouquet énergétique final de l?industrie est
toujours dominé par le gaz et l?électricité (respectivement 35 %
et 37 % du total) - (figure 5.6.1.1). Viennent ensuite les produits
pétroliers (10 %), les énergies renouvelables et les déchets
(10 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (2 %,
hors hauts-fourneaux) - (cf. 3.3).
Figure 5.6.1.1 : consommation finale énergétique de l?industrie
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Gaz naturel
Énergies renouvelables thermiques et déchets
Électricité
Chaleur commercialisée*
Produits pétroliers
Charbon (hors hauts-fourneaux)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
124 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
La dépense énergétique totale de l?industrie (hors charbon
dans les hauts-fourneaux) s?élève en 2023 à 27,9 milliards
d?euros, en hausse de 6,0 % en euros constants sur un an,
pour une consommation qui baisse dans le même temps de
6,6 % (figure 5.6.1.2). Cette augmentation des dépenses
s?inscrit dans la continuité de la hausse importante constatée
en 2022, liée à l?impact du contexte géopolitique sur les prix
de l?énergie. Par rapport au niveau d?avant la crise sanitaire
(2019), l?augmentation est significative (+ 70,8 %).
La hausse de la dépense est surtout imputable à celle de
l?électricité (+ 31,2 % en euros constants sur l?année), qui
représente 59,4 % de la dépense énergétique de l?industrie.
Le gaz naturel (26,9 % de la dépense totale) connaît à la fois
une baisse de consommation (- 9,5 % en 2023) et de dépense
(- 15,9 %) notables, après une explosion de la facture en
2022. De même, les dépenses industrielles liées aux produits
pétroliers (8,2 % du montant total), du charbon et dérivés
hors hauts-fourneaux (0,9 %) et de la chaleur commercialisée
(3,5 %) se réduisent en 2023 (respectivement - 9,8 %, - 23,5 %
et - 39,2 %). Enfin, couplée à une légère hausse de la
consommation (+ 3,5 %), les dépenses dans les énergies
renouvelables thermiques et déchets augmentent par rapport
à 2022 (+ 4,5 % en euros constants).
Figure 5.6.1.2 : consommation finale énergétique de l?industrie par énergie (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 29,1 1 898 28,2 1 476 27,7 1 798 28,1 2 549 28,5 2 300
Gaz naturel 121,1 4 247 108,8 3 049 120,8 5 390 108,3 8 904 98,0 7 491
Charbon et dérivés
hors hauts-fourneaux 10,3 250 9,1 179 10,5 274 7,4 315 6,2 241
Énergies renouvelables thermiques
et déchets* 23,8 150 23,4 146 24,0 200 25,6 288 26,5 301
Électricité 115,7 9 229 105,8 8 550 112,5 10 077 107,2 12 628 102,0 16 562
Chaleur commercialisée 18,8 551 17,6 458 20,1 884 21,6 1 623 17,5 986
Total (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881
*Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesetdéchets,seulslebois-énergieetlesbiocarburantssontprisencompte.
Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,laconsommationdecharbonetsesdérivés
dansleshauts-fourneauxestexcluedelaconsommationfinale.Lebilanmonétairedel?industriedanscetteficheestréaliséencohérenceaveclebilanphysique
excluantlecharbondeshauts-fourneaux.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 125
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6.2 CONSOMMATION FINALE PAR SECTEUR
Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente à lui
seul 21,9 % de l?énergie consommée dans l?industrie
(figure 5.6.2.1), voit sa consommation énergétique diminuer
de 4,5 %, tandis que l?indice brut de production de l?industrie
chimique est relativement stable sur un an (- 0,6 % par
rapport à l?année précédente). Le gaz naturel représente
près de la moitié (43 %) de sa consommation énergétique
et augmente de nouveau (+ 1,8 % en 2023) après une chute
en 2022.
L?industrie agroalimentaire pèse pour 19,1 % des
consommations énergétiques dans l?industrie. Elle enregistre
une baisse de 8,0 % sur l?année 2023 (- 4,6 TWh), pour
atteindre son plus bas niveau depuis 2017. Cette diminution
est portée notamment par celle du gaz naturel (- 3,3 TWh),
tandis que les produits pétroliers et les énergies renouvelables
progressent dans le même temps (+ 0,4 TWh chacun).
L?activité des industries alimentaires diminue aussi au cours
de l?année (- 6,1 % selon l?indice brut de production). Après
avoir été davantage épargnée que d?autres secteurs par les
baisses d?activité pendant la crise sanitaire en 2020, elle
subit la baisse de la consommation de produits alimentaires
liée à l?inflation générale de ces produits depuis 2022.
En baisse de 10,8 % en 2023, la consommation
énergétique du secteur des produits minéraux non métalliques
représente 13,8 % de la consommation de l?industrie.
Il regroupe les industries ayant vocation à transformer des
minéraux présents à l?état naturel pour la production de
ciment, de céramiques, de verre et de chaux. Les processus
consomment du gaz naturel en grande partie (42 % de la
consommation du secteur).
Ensuite, les secteurs industriels faisant l?objet de la plus
importante consommation d?énergie sont les imprimeries et
papeteries (9,2 % du total) et la sidérurgie (6,8 %, dont plus
de la moitié correspondant à de la consommation d?électricité).
Les consommations énergétiques de ces deux secteurs sont
en baisse en 2023 (respectivement - 12,8 % et - 4,3 % par
rapport à 2022).
Le secteur des métaux non ferreux, incluant entre autres
les entreprises électro-intensives de la production
d?aluminium, a quant à lui une consommation énergétique
stable en 2023. Il représente 3,7 % de la consommation de
l?industrie et 7 % de la consommation de l?électricité.
Seul le secteur du matériel de transport voit sa
consommation d?énergie augmenter par rapport à 2022
(+ 18,9 %). Il correspond à 4,4 % des consommations
énergétiques dans l?industrie.
Figure 5.6.2.1 : évolution de la consommation finale énergétique (données non corrigées des variations climatiques)
par secteur de l?industrie
En TWh
2023
2022
2021
2020
2019
Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport
Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers
Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir Non spécifié ci-dessus
0 50 100 150 200 250 300 350
19
20
20
24
24
10
10
11
12
12
17
19
17
20
20
12
10
9
11
11
26
29
29
30
30
7
8
6
7
8
18
18
17
18
19
3 1053
58
57
58
61
5
5
5
5
5
38
43
41
44
44
61
64
68
73
67
3
2
3
3
12
11
14
12
Note:lessecteursprésentéssontdesagrégatsdelaclassificationNAF.Toutefois,lecharbonetsesproduitsdérivésdeshauts-fourneauxontétéexclusdela
sidérurgie,conformémentauxconventionsinternationalessurlesstatistiquesdel?énergie.
Source :SDES,Bilandel?énergie
126 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6.3 DÉCOMPOSITION SECTORIELLE
DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
En données réelles, la consommation finale de gaz naturel
à usage énergétique diminue en 2023 et s?établit à 98,0 TWh
(soit - 9,5 %), après une baisse du même ordre de grandeur
entre 2021 et 2022 (figure 5.6.3.1). Depuis 2012, elle se
réduit en moyenne de 3,0 % par an. Le secteur de la chimie
et pétrochimie, qui représente 27 % de la consommation
de gaz de l?industrie, est cependant en hausse de 1,8 %
en 2023.
La consommation finale d?électricité diminue de 4,9 % au
cours de l?année, pour s?établir à 102,0 TWh, se situant 11,8 %
en dessous de la consommation de 2019. Cette baisse ne
touche pas tous les secteurs de manière uniforme. Elle est
principalement forte sur les secteurs de la papeterie et
imprimerie (- 14,0 %) et de la sidérurgie (- 9,0 %). Les pôles
industriels les plus consommateurs d?électricité restent les
produits alimentaires (21 % de la consommation totale) ainsi
que la chimie et pétrochimie (17 %).
La consommation finale de produits pétroliers dans
l?industrie connaît une légère augmentation en 2023, de 1,3 %
en données réelles. Depuis 2012, elle baisse néanmoins de
2,4 % en moyenne annuelle. Elle provient pour plus de 60 %
des secteurs de la construction et des produits minéraux non
métalliques, malgré un léger recul de ces secteurs en 2023
(respectivement - 0,6 % et - 4,4 %). La légère augmentation
en 2023 provient majoritairement de l?industrie agroalimentaire,
en progression de 14,3 % au cours de l?année.
La chaleur commercialisée connaît la plus forte chute de
consommation finale annuelle (- 19,0 %). La consommation
de chaleur vendue dans l?industrie se répartit presque
intégralement entre les secteurs de la chimie et pétrochimie
(61 % de la consommation totale), la papeterie et imprimerie
(19 %) et les produits alimentaires (15 %). Chacun de ces
domaines connaît une baisse supérieure à 15 % en 2023.
La consommation finale d?énergies renouvelables et de
déchets est, quant à elle, en légère hausse (+ 3,5 %).
Elle augmente de 1,8 % en moyenne par année depuis 2012.
La majorité de ses consommations sectorielles (70 %) provient
du papier et de l?imprimerie, des produits minéraux non
métalliques et du bois. Ces domaines sont cependant en
léger recul en 2023. La hausse de consommation d?énergies
renouvelables et de déchets provient surtout de l?industrie
agroalimentaire et de la sidérurgie, dont les consommations
augmentent significativement par rapport à 2022.
En 2023, la consommation finale de charbon (hors hauts-
fourneaux) diminue de 16,6 %. Malgré un rebond en 2021,
la consommation nette de charbon dans l?industrie est
inférieure de 41,4 % à son niveau de 2019 et se situe dans
une dynamique globale de baisse depuis 2012 (- 57,0 %).
Plus de 90 % de la consommation industrielle de charbon se
répartit entre les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et
des produits minéraux non métalliques.
Figure 5.6.3.1 : décomposition sectorielle de la consommation finale énergétique de l?industrie en 2023
Non spécifié ci-dessus
En %
Gaz naturel
Électricité
Produits
pétroliers
Chaleur
commercialisée
Charbon (hors
hauts-fourneaux)
Énergies renouvelables
thermiques et déchets
Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport
Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers
Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Note:lapartdechacunedesénergiesestcalculéeàpartirdesdonnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 127
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.7 Agriculture-pêche : consommation
et dépense quasi stables
Avec 52,6 TWh, la consommation finale d?énergie de
l?agriculture et de la pêche diminue très légèrement, de 0,7 %
en 2023, après une baisse de 2,5 % en 2022 (figure 5.7.1).
Peu sensible aux fluctuations de la production agricole, elle
ne varie guère depuis une dizaine d?années. Par rapport à
2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction
de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation de
l?agriculture et de la pêche est en légère croissance (+ 2,8 %
sur la période).
Dans l?agriculture, les produits pétroliers, comprenant
essentiellement du gazole non routier (GNR), constituent
72,9 % du bouquet énergétique en 2023, avec une
consommation en hausse de 0,9 %. Le GNR est destiné aux
tracteurs et engins mobiles non routiers. La consommation
d?électricité, qui représente la deuxième source d?énergie du
secteur (13,6 %), baisse de 9,4 %. Viennent ensuite les
énergies renouvelables et déchets, qui représentent 9,6 % du
bouquet énergétique, et dont la consommation progresse de
3,8 % sur un an. Depuis 2012, elle augmente en moyenne de
9,5 % par an. Le gaz naturel enregistre, quant à lui, une baisse
de 8,2 % et correspond en 2023 à 3,4 % de la consommation
dans l?agriculture. Quant à la chaleur commercialisée, qui ne
représente que 0,5 % de la consommation, elle réalise une
hausse de 6,2 %. Dans le secteur de l?agriculture, l?électricité,
le gaz de pétrole liquéfié et le gaz naturel sont utilisés
principalement pour les bâtiments d?élevage, les serres et
l?irrigation.
La pêche représente 8,5 % des consommations d?énergie
de l?ensemble agriculture-pêche. Sa consommation finale
d?énergie, composée pour l?essentiel du gazole consommé
par les bateaux de pêche, diminue légèrement en 2023
(- 1,3 %) après quatre années de hausse consécutives.
Figure 5.7.1 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche
En TWh
60
50
40
30
20
10
0
2007
2016
2021
2022
2023
2013
2004
2008
2005
2017
2014
2019
2009
2006
2010
2015
2020
2011
2012
2018
Produits pétroliers
Gaz naturel
Électricité
Charbon
Énergies renouvelables et déchets
Chaleur commercialisée*
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
128 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
En 2023, la dépense totale en énergie du secteur de
l?agriculture et de la pêche s?élève à 5,8 milliards d?euros
(figure 5.7.2). En euros constants, elle est en légère hausse
par rapport à l?année précédente (+ 0,9 %), après une hausse
majeure en 2022 (+ 31,0 %) liée à l?explosion des prix de
l?énergie. La dépense en produits pétroliers baisse de 9,0 %
en 2023, malgré une légère hausse de consommation, et
correspond à 60,4 % de la dépense dans le secteur
agriculture-pêche. À l?inverse, la dépense en électricité
explose (+ 36,9 % par rapport à 2022), tandis que sa
consommation diminue, sous l?effet des hausses de prix.
Ainsi, elle représente 31,5 % de la dépense en 2023.
Troisième énergie du secteur, les énergies renouvelables
et déchets représentent 4,8 % de la dépense (en baisse de
28,2 %), contre 9,6 % de la consommation. Le gaz est le
quatrième poste de dépense (2,9 % du total), en progression
de 9,7 % en 2023.
Figure 5.7.2 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 35,9 2 777 39,5 2 306 39,3 2 804 38,0 3 872 38,3 3 524
Gaz naturel 2,3 112 2,2 97 2,3 116 1,9 153 1,8 167
Charbon 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,8 0,01 0,6
Énergies renouvelables et déchets 4,3 161 4,4 153 4,7 263 4,9 389 5,0 279
Électricité 8,5 1 228 8,1 1 176 7,6 1 207 7,9 1 341 7,1 1 835
Chaleur commercialisée 0,2 19,6 0,2 16,0 0,3 24,3 0,2 25,8 0,2 27,7
Total 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835
Source : SDES,Bilandel?énergie
partie 6
Intensité énergétique
finale et émissions
de gaz à effet de serre
dues à la combustion
d?énergie
? En 2023, l?intensité énergétique finale atteint 0,6 TWh par milliard
d?euros de PIB. Elle décroît de 3,5 % par an en moyenne
depuis 2020. La consommation d?énergie finale par habitant s?établit
à 22,6 MWh, en baisse de 4,3 % par rapport à 2022. La baisse
des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion
d?énergie est estimée à 6,8 %. Elle concerne tous les secteurs et,
en particulier, le secteur de l?énergie.
130 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.1 Intensité énergétique finale : poursuite
de la baisse
Après un rebond en 2020 (+ 1,5 % sur un an) lié à la crise
sanitaire, l?intensité énergétique finale (consommation finale
à usage énergétique par unité de PIB) reprend sa tendance
à la baisse, à un rythme annuel moyen de - 3,5 % entre
2020 et 2023, pour atteindre 0,60 TWh par milliard d?euros
en 2023 (figure 6.1.1). La consommation finale à usage
énergétique annuelle, corrigée des variations climatiques,
continue à diminuer (- 4,0 % en 2023), alors que l?activité
connaît une croissance faible (+ 0,9 %).
Sur le long terme, l?intensité énergétique finale diminue
de manière quasiment continue depuis 1990, à un rythme
annuel moyen de - 1,4 %. Entre 1990 et 2001, cette baisse
s?explique par une croissance moins rapide de la
consommation énergétique finale (+ 16,7 %) que du PIB
(+ 26,4 %). À partir de 2001, la consommation énergétique
finale diminue alors que le PIB continue à augmenter, bien
que moins rapidement. Ce découplage partiel entre PIB et
consommation d?énergie s?explique par des gains d?efficacité
énergétique dans l?ensemble des secteurs, par la tertiarisation
de l?économie et par une croissance de la demande des
ménages moins rapide que celle du PIB.
En 2023, la consommation finale énergétique par habitant
diminue de 4,3 % par rapport à 2022, pour s?établir à 22,6 MWh
par habitant, poursuivant la baisse temporairement mise en
pause en 2020. Sur le long terme, après une croissance
annuelle moyenne de 1 %, qui culmine en 2001 à 29,2 MWh
par habitant, la consommation par habitant diminue à un
rythme annuel moyen de - 1,2 % de 2001 à 2023.
De 1990 à 2001, à climat corrigé, la consommation finale
énergétique totale augmente de 16,7 %, notamment du fait
de la hausse de consommation du tertiaire (+ 26,9 %) et des
transports (+ 17,9 %). De 2001 à 2023, la tendance s?inverse,
principalement du fait de la baisse de la consommation de
l?industrie (- 27,4 %) et, dans une moindre mesure,
du résidentiel (- 7,6 %).
Figure 6.1.1 : intensité énergétique finale (données corrigées des variations climatiques)
En MWh/hab et TWh/Md¤ (données corrigées des variations climatiques)
30
29
28
27
26
25
24
23
22
21
20
1,10
1,00
0,90
0,80
0,70
0,60
0,50
uche)
Consommation finale énergétique par habitant (MWh/hab, axe de gauche)
Consommation finale énergétique par unité de PIB (TWh/Md¤, axe de droite)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance;Insee
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 131
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
Depuis 1990, l?intensité énergétique finale a diminué pour
l?ensemble des activités (figure 6.1.2).
Dans les transports, premier secteur consommateur
en 2023 (33 % de la consommation énergétique finale),
l?amélioration de la performance énergétique des véhicules
légers se poursuit de manière continue depuis 1990, avec
une baisse de 26 % de la consommation d?énergie par
kilomètre parcouru. Cette baisse s?accélère à partir de 2010,
passant d?un rythme annuel moyen de - 0,7 % de 1990 à 2010
à - 1,2 % de 2010 à 2023. La réduction de la consommation
unitaire des poids lourds apparaît moins forte (- 13 %
depuis 1990). Elle stagne jusqu?au milieu des années 2000
puis décroît à un rythme annuel moyen de - 0,8 % entre
2005 et 2023.
Malgré un léger rebond en 2020, en lien avec une
présence accrue des ménages dans leur domicile, la baisse
la consommation d?énergie par m2 est particulièrement forte
dans le résidentiel (- 37 % depuis 1990), traduisant les
meilleures performances énergétiques des logements neufs
ainsi que des efforts de rénovation dans les logements
anciens. En 2023, le secteur résidentiel représente 29,5 %
de la consommation énergétique finale.
Dans l?industrie (18,3 % de la consommation énergétique
finale en 2023), l?adoption de procédés moins consommateurs
a contribué à la baisse de long terme de l?intensité énergétique
(- 35 % depuis 1990).
Le tertiaire (15,5 % de la consommation énergétique
finale en 2023) connaît une chute de son intensité énergétique
de 28 % depuis 1990. La baisse ne commence qu?à partir de
la fin des années 2000, à un rythme annuel moyen soutenu
de - 2,6 % entre 2009 et 2023. Comme dans le résidentiel,
cette tendance s?explique notamment par l?amélioration des
performances énergétiques des bâtiments du secteur.
Dans l?agriculture (3,4 % de la consommation énergétique
finale en 2023), l?intensité énergétique est beaucoup plus
volatile, en raison notamment des aléas climatiques qui
pèsent sur les récoltes et affectent les rendements sans
modifier la consommation d?énergie. Toutefois, elle baisse
tendanciellement depuis 1990 (- 11 %).
Figure 6.1.2 : évolution des intensités énergétiques finales par secteur (données corrigées des variations climatiques)
En indice base 100 en 1990 (données corrigées des variations climatiques)
120
110
100
90
80
70
60
50
Tertiaire Résidentiel Industrie Agriculture Poids lourds Véhicules légers
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2023
Note:l?intensitéénergétiquefinaleestdéfiniecommeleratiodelaconsommationénergétiquefinaledusecteuràsavaleurajoutée,saufpourlerésidentiel,
oùledénominateurestlasurfacetotaledeslogementshabités,etdanslestransports,oùl?indicateurmesurelaconsommationunitairedesvéhicules.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance,Bilanannueldestransports,Rapportducomptedulogement;Insee
132 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.2 La baisse de la consommation d?énergie
et l?évolution du bouquet énergétique
favorisent une baisse des émissions de gaz
à effet de serre
La combustion d?énergie est la première source d?émissions
de gaz à effet de serre. En France, en 2022, ces émissions
représentent 70 % du total, hors UTCATF (Utilisation des
terres, changement d?affectation des terres et foresterie) et
soutes internationales. Le reste provient des procédés
industriels, de l?agriculture, de l?élevage et de la gestion des
déchets. Les émissions liées à la combustion d?énergie
s?établissent à 276 Mt CO2 éq en 2022 (figure 6.2.1).
Pour 2023, ces émissions sont estimées à 258 Mt CO2 éq,
soit une baisse de 6,8 %.
Entre 1990 et 2022, les émissions de GES liées à la
combustion d?énergie ont diminué de 24,8 %. Après une
période de relative stabilité entre 1990 et 2005, elles diminuent
depuis à un rythme annuel moyen de - 2,0 %. Sur la période,
les émissions de tous les secteurs diminuent, à l?exception
du transport (+ 5 %).
Figure 6.2.1 : émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie par secteur entre 1990 et 2023
En Mt CO2 éq
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Transports Industrie manufacturière et consctruction Résidentiel Tertiaire
Agriculture Industrie de l?énergie Émissions fugitives Non spécifié
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2023 (e
)
(e)=estimation.
Note:lesdonnéesd?émissionsutiliséesdanscettepartiesontlesémissionsdedioxydedecarbone(CO2),deméthane(CH4),deprotoxyded?azote(N2O)etde
gazfluorésduesàlacombustiond?énergie(CRF1)rapportéesàlaCCNUCCsurlepérimètreFranceetDROMappartenantàl?Unioneuropéenne.L?année2023
est estimée.
Source :InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 133
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
En 2022, les transports représentent 46 % des émissions
liées à la combustion d?énergie, l?industrie manufacturière et
la construction 15 %, l?industrie de l?énergie 14 %, le résidentiel
13 %, le tertiaire 6 %, l?agriculture 4 %. Les émissions
involontaires lors des activités d?extraction, de traitement et
de distribution de combustibles fossiles, appelées émissions
fugitives, représentent 1 % du total.
La répartition sectorielle de ces émissions a fortement
évolué depuis 1990. Les émissions directes15 du transport,
qui représentaient 33 % des émissions dues à la combustion
d?énergie en 1990, ont vu leur part progresser de 13 points.
Celle des émissions de l?agriculture augmente également de
1 point. À l?inverse, la part des émissions des autres secteurs
a diminué : industrie manufacturière et construction (- 3 points),
industrie de l?énergie (- 4 points), résidentiel (- 4 points), tertiaire
(- 1 point).
Ces disparités entre secteurs s?expliquent par l?évolution
de leur consommation d?énergie et de leur bouquet énergétique.
Par exemple, les transports ont vu leur consommation d?énergie
finale augmenter de 17,2 % et leur bouquet énergétique rester
très largement dominé par les produits pétroliers. À l?inverse,
d?autres secteurs ont connu une décarbonation partielle de
leur bouquet énergétique : baisse de la part de combustibles
fossiles fortement émetteurs (charbon, pétrole et, dans une
moindre mesure, gaz) et hausse de la part des énergies
renouvelables et de l?électricité et de la chaleur commercialisée.
En 2023, la baisse des émissions liées à la combustion
d?énergie est estimée à 6,8 % et touche tous les secteurs,
en particulier l?industrie de l?énergie (- 18 %) et y compris les
transports (- 3 %).
6.2.1 ÉMISSIONS DU RÉSIDENTIEL
On peut distinguer deux phases dans l?évolution de émissions
de GES liées à l?énergie du secteur résidentiel (figure 6.2.1.1).
De 1990 à 2006, les émissions directes du secteur
résidentiel augmentent de 9,6 % et suivent l?augmentation
de la consommation finale d?énergie (+ 11,3 %). Sur cette
période, la consommation de produits pétroliers et de charbon,
fortement émetteurs, diminue de 24,4 %, mais celle de gaz
augmente de 52,6 %.
De 2006 à 2022, les émissions diminuent plus rapidement
que la consommation d?énergie finale (respectivement
- 46,9 % et - 12,0 %), notamment grâce à l?évolution du
bouquet énergétique. La consommation d?électricité et de
chaleur augmente de 18,4 %, tout comme celle d?énergies
renouvelables et de déchets (+ 52,8 %). Dans le même temps,
la consommation de produits pétroliers et de charbon continue
à baisser fortement (- 61,0 %) et la consommation de gaz
diminue de 35,7 %.
Figure 6.2.1.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
En TWh Indice base 100 en 1990
200
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
120
100
80
60
40
20
0
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente
unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
15 Les émissions indirectes liées à la production d?électricité et de chaleur commercialisée ne sont pas comptabilisées dans les secteurs de consommation finale
mais dans l?industrie de l?énergie. La substitution d?énergies fossiles par de l?électricité dans le bouquet énergétique d?un secteur explique donc une baisse de ses
émissions directes. Toutefois, même en comptabilisant les émissions indirectes, c?est-à-dire en réaffectant les émissions de l?industrie de l?énergie aux secteurs de
consommation finale, l?électrification du bouquet énergétique permet une baisse des émissions, la production d?électricité étant peu émettrice en France (nucléaire,
hydraulique).
134 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
En 2023, la baisse des émissions du résidentiel est
estimée à - 6,8 %, alors que la consommation finale diminue
de 2,7 %, en lien avec la réduction importante des
consommations d?énergies fossiles : la consommation finale
de charbon et de produits pétroliers diminue de 12,4 %, celle
de gaz de 7,3 %.
6.2.2 ÉMISSIONS DU TERTIAIRE
Dans le secteur tertiaire, le découplage entre les émissions
de GES et la consommation d?énergie est intervenu plus tôt
que dans le résidentiel, grâce à une importante électrification
du secteur. Ainsi, entre 1990 et 2010, les émissions directes
du tertiaire augmentent seulement de 6,7 % alors que la
consommation finale d?énergie croît de 57,7 % (figure 6.2.2.1).
Sur cette période, la part des produits pétroliers et du charbon
diminue de 19 points, pour atteindre 17 % en 2010. Le gaz
augmente fortement et passe devant les produits pétroliers
dans le bouquet du secteur (+ 7 points, pour atteindre 27 %
du total). L?électricité et la chaleur conservent leur première
place grâce à un forte croissance (+ 10 points), atteignant
une part de 53 %. Les énergies renouvelables font leur
apparition, passant de 0,6 TWh à 7,2 TWh en 2010, soit une
part de 2,4 %.
Figure 6.2.2.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
Indice base 100 en 1990En TWh
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente
unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
L?année 2010 marque un pic de consommation d?énergie,
notamment du fait d?un climat particulièrement rigoureux.
L?année suivante se distingue à l?inverse par des températures
douces, provoquant une baisse importante de la
consommation d?énergie finale (- 13,7 %) et des émissions
(- 25,5 %).
À partir de 2011, les émissions de gaz à effet de serre du
tertiaire se stabilisent (+ 2,9 % entre 2011 et 2021), comme
la consommation d?énergie finale du secteur (+ 2,4 %).
Le bouquet énergétique évolue légèrement au profit du gaz
(+ 5 points) et des énergies renouvelables (+ 2 points), alors
que l?électricité et la chaleur diminuent de 2 points et le
charbon et les produits pétroliers de 5 points.
L?année 2022 est marquée par une baisse de la
consommation finale d?énergie du secteur (- 3,2 %).
Les émissions diminuent encore plus rapidement (- 20,4 %),
principalement du fait d?une baisse plus rapide de
la consommation de gaz (- 4 points dans le bouquet
énergétique final).
En 2023, la baisse des émissions du secteur se poursuit
et est estimée à - 4,6 %, alors que la consommation finale
d?énergie diminue de 8,2 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 135
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.2.3 ÉMISSIONS DE L?INDUSTRIE
ET DE LA CONSTRUCTION
Comme pour les deux secteurs précédents, on distingue
deux phases pour l?évolution des émissions de GES liées à
l?énergie de l?industrie depuis 1990 (figure 6.2.3.1).
Entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre
dues à la combustion d?énergie de l?industrie manufacturière
et de la construction augmentent plus vite que la consommation
finale d?énergie du secteur (+ 16,1 %, contre 4,0 % pour la
consommation d?énergie). Cela s?explique par la forte
croissance de la consommation de gaz (+ 32,2 %), dont les
émissions ne sont pas compensées par la moindre
consommation de charbon et de produits pétroliers (- 37,9 %).
Entre 2004 et 2022, les émissions et la consommation
finale d?énergie baissent fortement (respectivement - 49,9 %
et - 19,0 %). La baisse de la consommation de produits
pétroliers et de charbon se poursuit (- 50,3 %). La tendance
s?inverse pour la consommation de gaz qui diminue (- 23,4 %),
comme, dans une moindre mesure, pour la consommation
d?électricité et de chaleur (- 5,7 %). Les énergies renouvelables
et les déchets sont les seules énergies à augmenter
(+ 35,6 %).
En 2023, la baisse des émissions du secteur est estimée
à - 8,7 %, alors que la consommation finale d?énergie baisse
de 6,6 %, notamment grâce à la baisse plus rapide du gaz
(- 9,5 %) que de l?électricité et de la chaleur (- 7,3 %).
Figure 6.2.3.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre de l?industrie manufacturière
et de la construction
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
Indice base 100 en 1990En TWh
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
120
100
80
60
40
20
0
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Laconsommationdes
autoproducteursd?électricitéetdechaleurestcomptabiliséedansl?industriedanslesinventairesdegazàeffetdeserre,alorsqu?ellel?estdanslabrancheénergie
danslebilandel?énergie.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
136 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Annexes
? Bilans énergétiques de la France
? Annexes méthodologiques
? Sigles et abréviations
? Pour en savoir plus
138 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilans énergétiques de la France
Notes
?EnRélectriques:hydraulique(horspompages),énergiesmarines,éolien,solairephotovoltaïque.
?EnRthermiquesetdéchets:biomassesolide,biogaz,biocarburants,déchets,solairethermique,géothermie,pompesàchaleur.
?Pétrolebrut:inclutégalementdefaiblesquantitésdecondensats(liquidesdegaznaturel),d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduits
à distiller.
?Industrie:inclutégalementlaconstruction.Leshauts-fourneauxsontexclusdel?industriedanslebilanphysique(carclassésdanslabrancheénergie)
maisinclusdanslebilanmonétaire.
?Transfertsetretoursenraffineries(produitspétroliers):cepostecorrespondauxéchangescomptablesexistantsentrelebilandupétrolebrutetcelui
desproduitsraffinés.Desproduitsbrutspeuventêtreutiliséssansavoirétéraffinés(notammentlescondensatsutiliséspourlapétrochimie).Àl?inverse,
desproduitssemi-finispeuventêtreretournésenraffineriespourêtreretraités(issusducommerceextérieuroudel?industriepétrochimique).
?Autoconsommationdesraffineries(produitsraffinés):cepostecorrespondàlaconsommationpropredesraffineriesenproduitsraffinés,horsproduction
d?électricitéoudechaleurcommercialisée.
?Donnéesréelles:donnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques.
?DonnéesCVC:donnéescorrigéesdesvariationsclimatiques.
Bilans physiques, toutes énergies confondues (données réelles)
Bilan énergétique physique 2023
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,86 0,00 0,18 1 024,86 129,41 256,53 0,00 0,00 1 420,84
Importations 52,11 541,30 441,73 479,18 0,00 0,00 30,70 25,43 0,00 1 570,45
Exportations - 0,02 - 1,47 - 170,53 - 140,29 0,00 0,00 - 7,51 - 75,90 0,00 - 395,73
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 12,32 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 12,32
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 62,41 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 62,41
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 0,22 - 0,92 3,59 1,48 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,36
Consommation primaire 52,31 548,76 200,06 340,56 1 024,86 129,41 279,72 - 50,47 0,00 2 525,20
Écart statistique - 2,87 9,09 10,33 0,15 0,00 0,00 0,00 2,02 0,00 18,72
Production d?électricité 8,68 0,00 13,23 47,18 1 024,86 129,41 39,28 - 520,46 0,00 742,17
Production de chaleur 0,99 0,00 2,89 20,16 0,00 0,00 31,68 0,00 - 47,54 8,18
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 8,22 0,00 0,00 8,22 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 558,22 - 553,65 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,57
Autres transformations, transferts 23,46 - 18,55 17,17 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 22,07
Usages internes de la branche énergie 11,94 0,00 17,03 4,97 0,00 0,00 0,66 33,77 0,00 68,37
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,66 0,00 0,00 0,00 36,58 5,73 45,98
Consommation nette
de la branche énergie 42,20 548,76 - 493,01 67,90 1 024,86 129,41 79,84 - 448,09 - 41,81 910,06
Industrie 6,15 0,00 28,51 97,96 0,00 0,00 26,49 101,98 17,49 278,59
Transports 0,00 0,00 458,56 4,19 0,00 0,00 37,68 12,86 0,00 513,29
Résidentiel 0,22 0,00 35,70 101,33 0,00 0,00 119,40 150,74 14,92 422,32
Tertiaire 0,33 0,00 26,58 56,92 0,00 0,00 11,27 124,88 9,14 229,12
Agriculture-pêche 0,01 0,00 38,34 1,77 0,00 0,00 5,04 7,15 0,25 52,56
Consommation finale énergétique 6,73 0,00 587,69 262,16 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 495,88
Consommation finale non énergétique 3,39 0,00 105,38 10,50 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 119,26
Consommation finale 10,11 0,00 693,07 272,66 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 615,14
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 139
annexes
Bilan énergétique physique 2022
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,77 0,00 0,21 893,12 103,84 250,96 0,00 0,00 1 257,89
Importations 70,70 489,11 480,45 575,55 0,00 0,00 28,81 52,44 0,00 1 697,04
Exportations - 0,08 - 0,59 - 160,69 - 154,17 0,00 0,00 - 8,59 - 37,49 0,00 - 361,62
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,74 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,74
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 56,95 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 56,95
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 2,74 - 2,61 2,17 - 35,14 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 38,31
Consommation primaire 67,87 495,68 251,24 386,44 893,12 103,84 271,18 14,94 0,00 2 484,32
Écart statistique - 2,58 2,81 - 14,92 - 1,51 0,00 0,00 0,00 1,62 0,00 - 14,58
Production d?électricité 15,73 0,00 15,09 67,47 893,12 103,84 37,61 - 469,12 0,00 663,74
Production de chaleur 1,64 0,00 2,58 20,62 0,00 0,00 34,88 0,00 - 50,93 8,80
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 6,28 0,00 0,00 6,28 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 506,72 - 500,22 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,50
Autres transformations, transferts 27,65 - 13,85 12,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 26,26
Usages internes de la branche énergie 14,34 0,00 16,29 5,08 0,00 0,00 0,66 32,23 0,00 68,59
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,01 0,00 0,00 0,00 35,23 4,84 44,08
Consommation nette
de la branche énergie 56,78 495,68 - 468,72 89,40 893,12 103,84 79,43 - 400,04 - 46,09 803,40
Industrie 7,37 0,00 28,14 108,29 0,00 0,00 25,59 107,24 21,61 298,25
Transports 0,00 0,00 473,88 3,65 0,00 0,00 35,99 11,09 0,00 524,61
Résidentiel 0,31 0,00 40,68 109,31 0,00 0,00 113,98 155,19 14,53 434,00
Tertiaire 0,38 0,00 31,46 63,11 0,00 0,00 11,34 133,57 9,72 249,57
Agriculture-pêche 0,02 0,00 37,98 1,93 0,00 0,00 4,86 7,89 0,23 52,91
Consommation finale énergétique 8,08 0,00 612,14 286,29 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 559,34
Consommation finale non énergétique 3,01 0,00 107,81 10,75 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 121,57
Consommation finale 11,09 0,00 719,96 297,04 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 680,92
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
140 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique physique 2021
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 10,38 0,00 0,23 1 149,58 112,35 253,51 0,00 0,00 1 526,06
Importations 72,19 404,09 533,06 469,59 0,00 0,00 26,19 24,33 0,00 1 529,46
Exportations - 0,05 - 1,28 - 146,70 - 55,83 0,00 0,00 - 8,79 - 69,23 0,00 - 281,88
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,01
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 33,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 33,46
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 7,88 2,89 9,03 16,43 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 36,24
Consommation primaire 80,03 416,09 348,92 430,41 1 149,58 112,35 270,91 - 44,89 0,00 2 763,40
Écart statistique - 3,59 8,61 - 23,39 3,03 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 - 15,29
Production d?électricité 20,39 0,00 13,92 51,34 1 149,58 112,35 35,40 - 550,57 0,00 832,41
Production de chaleur 1,72 0,00 2,77 22,37 0,00 0,00 34,94 0,00 - 53,14 8,67
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 3,90 0,00 0,00 3,90 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 433,82 - 428,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,01
Autres transformations, transferts 32,15 - 26,34 24,88 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 30,69
Usages internes de la branche énergie 14,90 0,00 10,27 7,43 0,00 0,00 0,66 33,60 0,00 66,85
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,58 0,00 0,00 0,00 39,19 5,10 47,87
Consommation nette
de la branche énergie 65,58 416,09 - 400,35 83,84 1 149,58 112,35 74,90 - 477,73 - 48,04 976,20
Industrie 10,50 0,00 27,74 120,79 0,00 0,00 24,04 112,50 20,12 315,70
Transports 0,00 0,00 460,52 3,12 0,00 0,00 33,99 9,65 0,00 507,28
Résidentiel 0,30 0,00 54,84 133,35 0,00 0,00 122,69 169,52 17,05 497,75
Tertiaire 0,42 0,00 27,51 75,27 0,00 0,00 10,60 133,52 10,60 257,93
Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,30 2,34 0,00 0,00 4,68 7,65 0,27 54,25
Consommation finale énergétique 11,24 0,00 609,91 334,87 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 632,91
Consommation finale non énergétique 3,21 0,00 139,36 11,71 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 154,28
Consommation finale 14,45 0,00 749,27 346,58 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 787,19
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 141
annexes
Bilan énergétique physique 2020
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,82 0,00 0,18 1 072,22 116,13 229,61 0,00 0,00 1 427,96
Importations 59,35 394,74 507,92 468,92 0,00 0,00 20,27 19,54 0,00 1 470,73
Exportations - 0,10 - 1,45 - 148,57 - 84,52 0,00 0,00 - 9,22 - 64,58 0,00 - 308,43
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 11,46
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 30,79 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 30,79
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 2,28 2,54 - 1,68 21,25 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 24,38
Consommation primaire 61,53 405,65 315,41 405,83 1 072,22 116,13 240,66 - 45,04 0,00 2 572,38
Écart statistique - 3,69 7,29 - 2,30 1,26 0,00 0,00 0,00 1,96 0,00 4,52
Production d?électricité 13,56 0,00 13,39 55,42 1 072,22 116,13 35,78 - 527,59 0,00 778,91
Production de chaleur 1,57 0,00 3,02 21,00 0,00 0,00 31,04 0,00 - 48,46 8,17
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,99 0,00 0,00 1,99 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 440,89 - 437,64 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,25
Autres transformations, transferts 24,86 - 42,53 41,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 23,94
Usages internes de la branche énergie 12,69 0,00 11,54 7,53 0,00 0,00 0,66 33,33 0,00 65,75
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,91 0,00 0,00 0,00 35,90 6,69 46,49
Consommation nette
de la branche énergie 48,99 405,65 - 370,39 87,13 1 072,22 116,13 69,46 - 456,40 - 41,77 931,03
Industrie 9,10 0,00 28,19 108,78 0,00 0,00 23,36 105,80 17,56 292,80
Transports 0,00 0,00 405,02 2,22 0,00 0,00 30,88 8,34 0,00 446,46
Résidentiel 0,24 0,00 48,45 127,85 0,00 0,00 103,15 161,50 14,49 455,69
Tertiaire 0,36 0,00 32,39 66,15 0,00 0,00 9,36 127,64 9,53 245,43
Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,51 2,23 0,00 0,00 4,43 8,08 0,19 54,46
Consommation finale énergétique 9,71 0,00 553,56 307,23 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 494,83
Consommation finale non énergétique 2,82 0,00 132,23 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 146,52
Consommation finale 12,54 0,00 685,80 318,70 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 641,35
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
142 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique physique 2019
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 11,59 0,00 0,17 1 209,13 104,28 238,30 0,00 0,00 1 563,47
Importations 84,77 578,29 530,31 550,96 0,00 0,00 27,22 15,63 0,00 1 787,18
Exportations - 0,05 - 1,60 - 202,34 - 94,84 0,00 0,00 - 10,59 - 73,30 0,00 - 382,72
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 20,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 20,01
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 72,33 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 72,33
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 0,37 1,26 1,15 - 19,66 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 16,88
Consommation primaire 85,09 589,54 236,78 436,62 1 209,13 104,28 254,93 - 57,67 0,00 2 858,71
Écart statistique 3,31 10,75 5,66 0,77 0,00 0,00 0,00 4,14 0,00 24,62
Production d?électricité 15,92 0,00 13,66 62,57 1 209,13 104,28 36,41 - 566,06 0,00 875,91
Production de chaleur 1,95 0,00 3,09 20,95 0,00 0,00 32,00 0,00 - 49,01 8,98
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,11 0,00 0,00 1,11 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 607,99 - 602,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,37
Autres transformations, transferts 32,75 - 29,19 28,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 31,66
Usages internes de la branche énergie 17,02 0,00 16,10 7,95 0,00 0,00 0,52 34,46 0,00 76,06
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,98 0,00 0,00 0,00 38,09 5,88 48,95
Consommation nette
de la branche énergie 70,95 589,54 - 536,00 96,11 1 209,13 104,28 70,05 - 489,37 - 43,13 1 071,55
Industrie 10,32 0,00 29,12 121,13 0,00 0,00 23,75 115,66 18,75 318,73
Transports 0,00 0,00 481,73 1,86 0,00 0,00 37,18 10,08 0,00 530,85
Résidentiel 0,28 0,00 55,06 129,80 0,00 0,00 110,52 159,72 14,81 470,20
Tertiaire 0,40 0,00 30,94 72,58 0,00 0,00 9,17 137,77 9,32 260,17
Agriculture-pêche 0,02 0,00 35,88 2,33 0,00 0,00 4,26 8,48 0,25 51,21
Consommation finale énergétique 11,02 0,00 632,72 327,70 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 631,16
Consommation finale non énergétique 3,12 0,00 140,06 12,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 156,00
Consommation finale 14,14 0,00 772,78 340,51 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 787,16
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 143
annexes
Bilans physiques par énergie (données réelles et données CVC)
Bilan physique du charbon de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11
Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02
Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22
Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31
Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87
Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39
Production d?électricité 15,92 13,56 20,39 15,73 8,68
Production de chaleur 1,95 1,57 1,72 1,64 0,99
Consommation nette de la branche énergie 70,95 48,99 65,58 56,78 42,20
Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22
Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33
Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01
Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73
Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39
Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
144 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique du charbon de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11
Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02
Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22
Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31
Correction climatique 1,82 4,29 - 0,82 2,98 2,90
Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87
Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39
Production d?électricité 17,54 17,41 19,63 18,42 11,28
Production de chaleur 2,15 2,02 1,66 1,93 1,29
Consommation nette de la branche énergie 72,77 53,28 64,75 59,76 45,10
Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22
Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33
Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01
Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73
Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39
Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 145
annexes
Bilan physique du pétrole brut de 2019 à 2023
Données réelles
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 1,00 0,84 0,89 0,84 0,85
Importations 49,72 33,94 34,75 42,06 46,54
Exportations - 0,14 - 0,12 - 0,11 - 0,05 - 0,13
Variations de stocks 0,11 0,22 0,25 - 0,22 - 0,08
Autres charges de raffinage, retours de pétrochimie 2,51 3,66 2,26 1,19 1,60
Total approvisionnement des raffineries 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78
Écart statistique 0,92 0,63 0,74 0,24 0,78
Transformation de pétrole brut en raffinerie 52,28 37,91 37,30 43,57 48,00
Consommation brute de la branche énergie 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
146 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données réelles
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14
Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98
Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66
Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06
Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37
Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31
Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48
Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87
Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89
Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14
Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25
Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27
Industrie 2,50 2,42 2,39 2,42 2,45
Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43
Résidentiel 4,73 4,17 4,72 3,50 3,07
Tertiaire 2,66 2,79 2,37 2,71 2,29
Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30
Consommation finale énergétique 54,40 47,60 52,44 52,63 50,53
Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06
Consommation finale 66,45 58,97 64,43 61,91 59,59
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 147
annexes
Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14
Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98
Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66
Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06
Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37
Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31
Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48
Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87
Correction climatique 0,16 0,37 - 0,07 0,26 0,26
Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89
Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14
Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25
Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27
Industrie 2,51 2,43 2,39 2,42 2,45
Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43
Résidentiel 4,85 4,44 4,66 3,70 3,26
Tertiaire 2,70 2,88 2,35 2,77 2,35
Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30
Consommation finale énergétique 54,56 47,97 52,37 52,90 50,79
Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06
Consommation finale 66,61 59,34 64,35 62,17 59,85
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
148 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh PCS
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20
Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14
Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43
Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88
Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64
Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53
Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17
Production d?électricité 69,52 61,58 57,05 74,97 52,42
Production de chaleur 23,28 23,33 24,86 22,91 22,40
Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52
Pertes de transport et de distribution 5,53 4,34 3,98 4,46 4,07
Consommation brute de la branche énergie 108,02 99,02 97,49 106,31 84,58
Industrie 134,59 120,87 134,22 120,33 108,84
Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65
Résidentiel 144,22 142,05 148,17 121,46 112,59
Tertiaire 80,65 73,50 83,63 70,12 63,24
Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97
Consommation finale énergétique 364,11 341,37 372,08 318,10 291,29
Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66
Consommation finale 378,35 354,11 385,08 330,05 302,95
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 149
annexes
Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh PCS
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20
Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14
Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43
Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88
Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64
Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53
Correction climatique 14,41 39,02 - 8,84 32,03 31,24
Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17
Production d?électricité 71,36 66,79 55,83 79,40 56,74
Production de chaleur 24,27 25,96 24,28 24,98 24,42
Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52
Pertes de transport et de distribution 5,67 4,63 3,92 4,67 4,27
Consommation brute de la branche énergie 110,99 107,15 95,64 113,01 91,12
Industrie 136,48 126,00 133,06 124,51 112,93
Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65
Résidentiel 150,65 159,43 144,24 135,69 126,47
Tertiaire 83,77 81,92 81,72 77,03 69,98
Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97
Consommation finale énergétique 375,55 372,29 365,08 343,43 316,00
Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66
Consommation finale 389,79 385,03 378,09 355,37 327,66
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
150 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53
Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70
Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51
Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Total approvisionnement
en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72
Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28
Production de chaleur 0,00 32,00 0,00 31,04 0,00 34,94 0,00 34,88 0,00 31,68
Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22
Usages internes de la
branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66
Consommation brute
de la branche énergie 104,28 70,05 116,13 69,46 112,35 74,90 103,84 79,43 129,41 79,84
Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49
Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68
Résidentiel 0,00 110,52 0,00 103,15 0,00 122,69 0,00 113,98 0,00 119,40
Tertiaire 0,00 9,17 0,00 9,36 0,00 10,60 0,00 11,34 0,00 11,27
Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04
Consommation finale
énergétique 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88
Consommation finale
non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 151
annexes
Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53
Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70
Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51
Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Total approvisionnement
en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72
Correction climatique 0,00 6,12 0,00 14,93 0,00 - 2,19 0,00 14,22 0,00 13,76
Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28
Production de chaleur 0,00 32,30 0,00 31,72 0,00 34,83 0,00 35,56 0,00 32,31
Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22
Usages internes de la
branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66
Consommation brute
de la branche énergie 104,28 70,34 116,13 70,14 112,35 74,79 103,84 80,11 129,41 80,47
Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49
Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68
Résidentiel 0,00 115,95 0,00 116,41 0,00 120,76 0,00 126,61 0,00 131,66
Tertiaire 0,00 9,57 0,00 10,36 0,00 10,46 0,00 12,25 0,00 12,14
Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04
Consommation finale
énergétique 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01
Consommation finale
non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
152 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41
Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83
Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15
Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90
Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46
Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11
Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48
Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82
Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96
Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12
Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09
Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43
Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90
Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55
Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02
Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34
Pertes de transport et de distribution 38,09 35,90 39,19 35,23 36,58
Total branche énergie 50,98 46,86 48,33 46,82 48,93
Industrie 115,66 105,80 112,50 107,24 101,98
Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86
Résidentiel 159,72 161,50 169,52 155,19 150,74
Tertiaire 137,77 127,64 133,52 133,57 124,88
Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15
Consommation finale énergétique 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62
*Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries).
**Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 153
annexes
Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41
Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83
Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15
Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90
Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46
Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11
Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48
Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82
Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96
Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12
Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09
Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43
Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90
Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55
Correction climatique 3,72 11,58 - 2,60 8,61 8,87
Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02
Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34
Pertes de transport et de distribution 38,65 37,43 38,84 36,52 37,84
Total branche énergie 51,54 48,38 47,98 48,11 50,19
Industrie 116,05 106,88 112,26 108,11 102,83
Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86
Résidentiel 162,12 167,97 168,05 160,48 155,91
Tertiaire 138,15 130,15 132,98 134,73 126,48
Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15
Consommation finale énergétique 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23
*Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries).
**Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
154 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30
Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19
Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57
Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24
Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78
Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76
Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70
Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54
Pertes de transport et de distribution 5,88 6,69 5,10 4,84 5,73
Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 14,81 14,49 17,05 14,53 14,92
Tertiaire 9,32 9,53 10,60 9,72 9,14
Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25
Consommation finale énergétique 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30
Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19
Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57
Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24
Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78
Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76
Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70
Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54
Correction climatique 1,06 2,93 - 0,64 2,32 2,26
Pertes de transport et de distribution 5,99 7,05 5,04 5,05 5,94
Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 15,40 16,08 16,69 15,85 16,21
Tertiaire 9,67 10,51 10,38 10,51 9,91
Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25
Consommation finale énergétique 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 155
annexes
Bilans monétaires, toutes énergies confondues
(données réelles)
Bilan énergétique monétaire 2023
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 500 612 24 044 n.d. (*) 3 036 74 966 1 670 - 1 332 107 762
Importations 2 010 27 266 33 091 36 281 325 2 885 0 0 101 859
Exportations - 48 - 209 - 13 242 - 10 006 - 75 - 6 847 0 0 - 30 428
Soutes maritimes internationales 0 0 - 661 0 0 0 0 0 - 661
Soutes aériennes internationales 0 0 - 4 333 0 0 0 0 0 - 4 333
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 16 - 68 223 101 0 0 0 0 241
Taxes 10 0 41 954 4 080 200 6 849 106 0 53 198
dontTVA 3 0 10 364 1 820 200 5 164 106 0 17 657
Subventions 0 0 0 - 811 0 4 307 0 0 3 495
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 506 29 688 0 0 4 797 2 036 1 332 38 027
Total des ressources 2 456 29 108 110 765 32 578 3 486 86 957 3 812 0 269 161
Production d?électricité 309 0 866 3 330 292 0 0 0 4 797
Production de chaleur 31 0 135 1 472 398 0 0 0 2 036
Production d?autres formes d?énergie 0 29 108 1 506 329 0 1 638 0 0 32 581
Branche énergie 340 29 108 2 507 5 132 690 1 638 0 0 39 415
Industrie 1 924 0 2 425 7 491 176 16 562 986 0 29 564
Transports 0 0 85 550 394 0 1 747 0 0 87 691
Résidentiel 9 0 5 099 12 801 2 495 35 645 1 775 0 57 824
Tertiaire 13 0 2 830 6 114 93 29 531 1 022 0 39 604
Agriculture-pêche 1 0 3 804 167 0 1 835 28 0 5 835
Consommation finale énergétique 1 947 0 99 708 26 967 2 765 85 319 3 812 0 220 517
Consommation finale non énergétique 168 0 8 402 479 0 0 0 0 9 050
Consommation finale 2 116 0 108 110 27 446 2 765 85 319 3 812 0 229 567
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
156 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique monétaire 2022
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 312 804 26 137 n.d. (*) 2 396 44 296 1 882 - 813 61 954
Importations 3 319 31 571 43 074 58 287 300 16 149 0 0 152 700
Exportations - 52 - 133 - 15 246 - 10 763 - 86 - 8 729 0 0 - 35 009
Soutes maritimes internationales 0 0 - 889 0 0 0 0 0 - 889
Soutes aériennes internationales 0 0 - 5 059 0 0 0 0 0 - 5 059
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 141 - 156 262 - 3 831 0 0 0 0 - 3 866
Taxes 18 0 43 587 4 173 140 8 951 102 0 56 971
dontTVA 3 0 10 648 1649 140 4 648 102 0 17190
Subventions 0 0 - 7 612 - 89 0 - 1 278 0 0 - 8 979
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 356 34 052 0 0 7 373 2 233 813 45 014
Total des ressources 3 457 33 441 118 306 33 904 2 750 66 761 4 217 0 262 837
Production d?électricité 622 0 1 117 5 396 238 0 0 0 7 373
Production de chaleur 67 0 129 1 655 383 0 0 0 2 233
Production d?autres formes d?énergie 0 33 441 1 356 405 0 1 052 0 0 36 254
Branche énergie 689 33 441 2 601 7 455 621 1 052 0 0 45 860
Industrie 2 573 0 2 577 8 455 116 11 992 1 541 0 27 256
Transports 0 0 88 180 301 0 1 246 0 0 89 728
Résidentiel 16 0 6 486 11 561 1 894 32 071 1 630 0 53 658
Tertiaire 15 0 3 860 4 809 87 19 127 1 022 0 28 919
Agriculture-pêche 1 0 4 047 145 0 1 273 25 0 5 491
Consommation finale énergétique 2 604 0 105 151 25 272 2 098 65 709 4 217 0 205 052
Consommation finale non énergétique 163 0 10 445 1 178 0 0 0 0 11 786
Consommation finale 2 767 0 115 596 26 450 2 098 65 709 4 217 0 216 838
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 157
annexes
Bilan énergétique monétaire 2021
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 538 460 18 728 n.d. (*) 2 417 49 863 1 768 - 553 78 249
Importations 1 482 15 738 26 554 16 353 155 3 498 0 0 63 781
Exportations - 105 - 130 - 10 131 - 1 712 - 52 - 6 172 0 0 - 18 302
Soutes maritimes internationales 0 0 - 573 0 0 0 0 0 - 573
Soutes aériennes internationales 0 0 - 1 455 0 0 0 0 0 - 1 455
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 88 121 337 607 0 0 0 0 1 153
Taxes 16 0 39 903 4 216 133 15 838 91 0 60 198
dontTVA 2 0 8 480 1 527 133 4 738 91 0 14972
Subventions 0 0 0 - 228 0 - 5 469 0 0 - 5 697
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 849 18 477 0 0 3 379 1 387 553 25 092
Total des ressources 2 019 18 039 91 840 23 712 2 653 60 938 3 246 0 202 446
Production d?électricité 390 0 644 2 167 178 0 0 0 3 379
Production de chaleur 30 0 89 954 313 0 0 0 1 387
Production d?autres formes d?énergie 0 18 039 1 849 293 0 722 0 0 20 904
Branche énergie 419 18 039 2 583 3 415 491 722 0 0 25 670
Industrie 1 483 0 1 756 4 959 83 9 271 813 0 18 364
Transports 0 0 67 821 137 0 706 0 0 68 664
Résidentiel 8 0 5 874 10 798 1 986 32 727 1 521 0 52 915
Tertiaire 9 0 2 115 3 763 80 16 401 889 0 23 258
Agriculture-pêche 0 0 2 821 107 0 1 110 22 0 4 062
Consommation finale énergétique 1 501 0 80 388 19 764 2 149 60 215 3 246 0 167 263
Consommation finale non énergétique 99 0 8 869 532 0 0 0 0 9 500
Consommation finale 1 600 0 89 257 20 296 2 149 60 215 3 246 0 176 763
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
158 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique monétaire 2020
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 412 262 15 538 8 851 2 116 48 095 1 498 - 480 76 772
Importations 890 9 769 17 566 6 093 113 772 0 0 35 204
Exportations - 23 - 61 - 7 356 - 973 - 41 - 1 941 0 0 - 10 394
Soutes maritimes internationales 0 0 - 362 0 0 0 0 0 - 362
Soutes aériennes internationales 0 0 - 826 0 0 0 0 0 - 826
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 23 58 - 42 272 0 0 0 0 311
Taxes 15 0 34 117 4 003 113 15 397 71 0 53 716
dontTVA 2 0 6 613 1 432 113 4489 71 0 12 718
Subventions 0 0 0 - 206 0 - 8 344 0 0 - 8 550
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 2 110 12 393 0 0 1 831 777 480 17 111
Total des ressources 1 318 12 139 71 030 18 040 2 301 55 810 2 345 0 162 983
Production d?électricité 190 0 462 1 015 163 0 0 0 1 831
Production de chaleur 17 0 72 418 270 0 0 0 777
Production d?autres formes d?énergie 0 12 139 2 110 97 0 637 0 0 14 983
Branche énergie 207 12 139 2 643 1 531 433 637 0 0 17 591
Industrie 1 015 0 1 400 2 771 74 7 771 416 0 13 446
Transports 0 0 52 207 78 0 551 0 0 52 837
Résidentiel 6 0 4 585 10 365 1 714 30 459 1 183 0 48 312
Tertiaire 7 0 2 185 3 066 66 15 324 732 0 21 379
Agriculture-pêche 0 0 2 235 88 0 1 069 15 0 3 407
Consommation finale énergétique 1 028 0 62 611 16 369 1 854 55 173 2 345 0 139 381
Consommation finale non énergétique 82 0 5 775 140 0 0 0 0 5 998
Consommation finale 1 110 0 68 387 16 509 1 854 55 173 2 345 0 145 379
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 159
annexes
Bilan énergétique monétaire 2019
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 424 513 17 598 8 376 2 062 46 266 1 502 - 396 76 742
Importations 1 667 21 289 26 015 10 418 124 732 0 0 60 245
Exportations - 30 - 127 - 11 350 - 1 799 - 54 - 2 749 0 0 - 16 109
Soutes maritimes internationales 0 0 - 817 0 0 0 0 0 - 817
Soutes aériennes internationales 0 0 - 3 457 0 0 0 0 0 - 3 457
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 9 43 82 - 379 0 0 0 0 - 264
Taxes 20 0 40 987 4 400 111 15 560 80 0 61 158
dontTVA 2 0 8932 1 588 111 4 205 80 0 14918
Subventions 0 0 0 - 111 0 - 7 847 0 0 - 7 958
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 156 23 182 0 0 2 484 942 396 27 764
Total des ressources 2 071 22 874 92 239 20 905 2 243 54 446 2 525 0 197 304
Production d?électricité 261 0 616 1 439 169 0 0 0 2 484
Production de chaleur 28 0 97 524 293 0 0 0 942
Production d?autres formes d?énergie 0 22 874 1 156 146 0 557 0 0 24 733
Branche énergie 289 22 874 1 869 2 108 462 557 0 0 28 160
Industrie 1 653 0 1 737 3 748 70 8 146 487 0 15 841
Transports 0 0 70 260 75 0 534 0 0 70 869
Résidentiel 8 0 5 924 11 146 1 624 28 410 1 277 0 48 389
Tertiaire 9 0 2 555 3 504 73 15 716 744 0 22 600
Agriculture-pêche 0 0 2 593 99 0 1 083 17 0 3 794
Consommation finale énergétique 1 670 0 83 070 18 572 1 767 53 889 2 525 0 161 492
Consommation finale non énergétique 112 0 7 301 225 0 0 0 0 7 638
Consommation finale 1 782 0 90 371 18 797 1 767 53 889 2 525 0 169 130
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
160 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilans monétaires par énergie (données réelles)
Bilan monétaire du charbon de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0 0 0 0 0
Importations 1 667 890 1 482 3 319 2 010
Exportations - 30 - 23 - 105 - 52 - 48
Variations de stocks - 9 23 88 - 141 - 16
Marges de cokéfaction 424 412 538 312 500
TVA 2 2 2 3 3
TICC* et octroi de mer 18 13 14 16 6
Total ressources 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456
Production d?électricité 261 190 390 622 309
Production de chaleur 28 17 30 67 31
Industrie (donthauts-fourneaux) 1 653 1 015 1 483 2 573 1 924
Résidentiel 8 6 8 16 9
Tertiaire 9 7 9 15 13
Agriculture-pêche 0 0 0 1 1
Consommation finale énergétique 1 670 1 028 1 501 2 604 1 947
Consommation finale non énergétique 112 82 99 163 168
Total emplois 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456
*Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçuesurlecharbon).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire du pétrole brut de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 513 262 460 804 612
Importations 21 289 9 769 15 738 31 571 27 266
Exportations - 127 - 61 - 130 - 133 - 209
Variations de stocks 43 58 121 - 156 - 68
Transferts et retours en raffinerie 1 156 2 110 1 849 1 356 1 506
Total approvisionnement des raffineries 22 874 12 139 18 039 33 441 29 108
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 161
annexes
Bilan monétaire des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 25 409 13 968 19 225 44 133 38 479
Importations 24 183 16 386 24 162 38 943 29 236
Exportations - 10 654 - 6 708 - 9 296 - 14 213 - 12 667
Soutes maritimes internationales - 817 - 362 - 573 - 889 - 661
Soutes aériennes internationales - 3 457 - 826 - 1 455 - 5 059 - 4 333
Variations de stocks 82 - 42 337 262 223
Transferts et retours en raffinerie - 1 156 - 2 110 - 1 849 - 1 356 - 1 506
Coût de l?approvisionnement
en produits raffinés 33 591 20 307 30 552 61 821 48 771
Marges de transport et de commerce,
écart statistique 13 271 11 876 15 093 12 241 12 501
Taxes 40 987 34 117 39 903 43 587 41 954
dontTICPE*(+TSCetoctroidemer
pour les DROM) 32019 27 468 31 411 32 383 31 578
dontTVA 8932 6 613 8 480 10 648 10 364
dontTiruert(exTGAP,exTirib)etCPSSP 36 37 12 556 12
Subventions 0 0 0 - 7 612 0
Dépense en produits raffinés 87 849 66 301 85 548 110 037 103 227
Production d?électricité 616 462 644 1 117 866
Production de chaleur 97 72 89 129 135
Consommation nette de la branche énergie 713 533 734 1 246 1 001
Industrie 1 675 1 341 1 654 2 420 2 300
Transports 67 260 49 815 63 745 81 940 80 134
Résidentiel 5 924 4 585 5 874 6 486 5 099
Tertiaire 2 525 2 156 2 092 3 823 2 766
Agriculture-pêche 2 451 2 096 2 580 3 677 3 524
Consommation finale énergétique 79 836 59 992 75 945 98 346 93 824
Consommation finale non énergétique 7 301 5 775 8 869 10 445 8 402
Consommation finale 87 137 65 767 84 814 108 792 102 226
*Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçue).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire des biocarburants de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production 2 098 2 088 2 886 3 815 2 752
Importations 1 832 1 179 2 392 4 131 3 855
Exportations - 696 - 648 - 835 - 1 033 - 575
Total approvisionnement en biocarburants 3 234 2 619 4 443 6 913 6 031
Industrie 62 59 101 157 125
Transports 3 000 2 393 4 077 6 240 5 416
donttransportroutier(biodieseletbioessence) 2989 2 384 4 060 6 208 5392
Résidentiel 0 0 0 0 0
Tertiaire 30 29 23 37 64
Agriculture-pêche 142 139 242 370 279
Consommation finale 3 234 2 619 4 443 6 804 5 884
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
162 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan monétaire du gaz naturel de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 3 2 8 21 14
Injections de biométhane 127 228 448 763 1 163
Importations 10 418 6 093 16 353 58 287 36 281
Exportations - 1 799 - 973 - 1 712 - 10 763 - 10 006
Variations de stocks - 379 272 607 - 3 831 101
Utilisation des infrastructures (hors pertes) 6 325 6 241 6 197 6 062 6 395
Marges de commerce et écart statistique 1 921 2 380 n.d. (*) n.d. (*) n.d. (*)
Taxes 4 400 4 003 4 216 4 173 4 080
Subventions - 111 - 206 - 228 - 89 - 811
Total ressources 20 905 18 040 23 712 33 904 32 578
Production d?électricité 1 439 1 015 2 167 5 396 3 330
Production de chaleur 524 418 954 1 655 1 472
Branche énergie hors transformation 146 97 293 405 329
Branche énergie 2 108 1 531 3 415 7 455 5 132
Industrie 3 748 2 771 4 959 8 455 7 491
Résidentiel 11 146 10 365 10 798 11 561 12 801
Tertiaire et transports 3 578 3 145 3 900 5 110 6 508
Agriculture-pêche 99 88 107 145 167
Consommation finale énergétique 18 572 16 369 19 764 25 272 26 967
Consommation finale non énergétique 225 140 532 1 178 479
Consommation finale 18 797 16 509 20 296 26 450 27 446
(*)Avertissement:lecalculdelamargeestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire du bois-énergie de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 2 062 2 116 2 417 2 396 3 036
Importations 124 113 155 300 325
Exportations - 54 - 41 - 52 - 86 - 75
Taxes (TVA) 111 113 133 140 200
Subventions 0 0 0 0 0
Total ressources 2 243 2 301 2 653 2 750 3 486
Production d?électricité 169 163 178 238 292
Production de chaleur 293 270 313 383 398
Industrie 70 74 83 116 176
Transports 0 0 0 0 0
Résidentiel 1 624 1 714 1 986 1 894 2 495
Tertiaire 73 66 80 87 93
Agriculture-pêche 0 0 0 0 0
Consommation finale totale 1 767 1 854 2 149 2 098 2 765
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 163
annexes
Bilan monétaire de l?électricité de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 35 690 36 801 39 560 39 179 68 795
Importations 732 772 3 498 16 149 2 885
Exportations - 2 749 - 1 941 - 6 172 - 8 729 - 6 847
Utilisation du réseau (hors pertes) 13 061 13 125 13 682 12 490 10 967
Taxes 15 560 15 397 15 838 8 951 6 849
Subventions - 7 847 - 8 344 - 5 469 - 1 278 4 307
Total ressources 54 446 55 810 60 938 66 761 86 957
Branche énergie (hors électricité) 557 637 722 1 052 1 638
Industrie 8 146 7 771 9 271 11 992 16 562
Transports 534 551 706 1 246 1 747
Résidentiel 28 410 30 459 32 727 32 071 35 645
Tertiaire 15 716 15 324 16 401 19 127 29 531
Agriculture-pêche 1 083 1 069 1 110 1 273 1 835
Consommation finale énergétique 53 889 55 173 60 215 65 709 85 319
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 2 445 2 275 3 154 4 115 3 706
Taxes (TVA) 80 71 91 102 106
Total ressources 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812
Industrie 487 416 813 1 541 986
Transports 0 0 0 0 0
Résidentiel 1 277 1 183 1 521 1 630 1 775
Tertiaire 744 732 889 1 022 1 022
Agriculture-pêche 17 15 22 25 28
Consommation finale énergétique 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
164 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Annexes méthodologiques
ANNEXE 1 : PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES
ET SOURCES
Le bilan de l?énergie comprend un bilan physique et un bilan
monétaire, établis de manière cohérente entre eux.
Une méthodologie détaillée d?élaboration du bilan est publiée
sur le site internet du SDES. En sont rappelés ici les principaux
éléments.
Bilan physique
Le bilan physique retrace un équilibre comptable entre les
approvisionnements d?une part et les emplois de l?énergie
d?autre part. Les approvisionnements sont :
? la production primaire ;
? les importations, nettes des exportations ;
? les variations de stocks (positives pour un déstockage ou
négatives pour un stockage) ;
? les soutes maritimes et aériennes internationales, qui
apparaissent avec un signe négatif, n?étant pas considérées
comme une consommation d?énergie primaire de la France.
Le total des approvisionnements correspond à la
consommation primaire. À l?écart statistique près, il est égal
à la somme des emplois, qui comprennent :
? les pertes de transformation d?énergie ;
? les pertes de transport, distribution et stockage d?énergie ;
? la consommation propre d?énergie de la branche énergie
(hors l?énergie qu?elle transforme) ;
? la consommation finale à usage énergétique ;
? la consommation finale à usage non énergétique.
Les formes d?énergie suivantes sont distinguées : charbon,
pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel, énergies
renouvelables et déchets, chaleur nucléaire, électricité,
chaleur commercialisée. Des informations peuvent en outre
être données à un niveau de détail plus fin pour des sous-
catégories du charbon, des produits pétroliers ou des énergies
renouvelables.
La méthodologie du bilan obéit aux recommandations du
manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence
internationale de l?énergie (AIE) et Eurostat (dont la dernière
édition date de 2005). Sa présentation est alignée sur celle
de l?AIE. À noter toutefois que certaines consommations
finales, notamment celles à usage militaire, sont considérées
ici comme relevant du secteur tertiaire alors qu?elles devraient
être « non affectées » suivant les recommandations
internationales. Par ailleurs, la chaleur extraite de
l?environnement par les pompes à chaleur est prise en compte
ici, comme c?est le cas également dans les bilans élaborés
par Eurostat mais pas dans ceux réalisés par l?AIE.
Le périmètre géographique couvre, à partir de l?année
2011, la France métropolitaine et les cinq DROM. Les données
relatives aux années antérieures sont limitées à la France
métropolitaine.
Les données relatives à des agrégats de différentes
formes d?énergie sont désormais exprimées en térawattheures
(TWh) et non plus en millions de tonnes équivalent pétrole
(Mtep), comme c?était le cas des éditions précédentes. L?unité
est également le TWh pour les données relatives à l?électricité,
aux énergies renouvelables, aux déchets, à la chaleur et au
charbon. Les données relatives au pétrole (brut et raffiné)
restent en revanche exprimées en Mtep et celles relatives
au gaz naturel en TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur),
alors que les quantités des autres combustibles et des
agrégats sont exprimées en pouvoir calorifique inférieur.
L?élaboration du bilan physique de l?énergie repose
principalement sur l?exploitation de données recueillies par
le SDES. Celles-ci sont recueillies d?une part dans le cadre
d?enquêtes statistiques, au sens de la loi de 1951 relative à
la statistique publique :
? enquête sur les produits du charbon dans l?industrie
sidérurgique ;
? enquête annuelle sur la production d?électricité ;
? enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid,
dont la maîtrise d?oeuvre est assurée par le Syndicat
national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine ;
? enquête sur la consommation d?énergie dans la construction
en 2015.
Les données sont recueillies d?autre part dans le cadre
de collectes prévues par des textes réglementaires du Code
de l?énergie (art. L.142-1). En particulier, les statistiques de
consommation de gaz, d?électricité et de produits pétroliers
sont construites principalement à partir des données locales
annuelles de consommation d?énergie, collectées en
application de l?article 179 de la loi de transition énergétique
pour la croissance verte de 2015 (par l?intermédiaire du Comité
professionnel du pétrole en ce qui concerne les produits
pétroliers). Sont en outre exploitées des données annuelles
sur la pétrochimie ainsi que des données mensuelles
recueillies auprès de divers acteurs de l?énergie (raffineurs,
importateurs, réseaux de transport et de distribution, etc.).
Ces sources internes au SDES sont complétées par des
sources externes. Plusieurs, parmi les plus significatives,
sont issues du service statistique public, notamment l?enquête
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 165
annexes
annuelle sur la consommation d?énergie dans l?industrie
(EACEI) de l?Insee, l?enquête Logement de l?Insee (pour la
consommation de bois des ménages), les statistiques de
commerce extérieur du service statistique de la direction
générale des douanes et des droits indirects et le réseau
d?information comptable agricole du service statistique du
ministère de l?Agriculture. D?autres proviennent d?organismes
extérieurs à la statistique publique, comprenant notamment
l?Ademe (pour les déchets), Observ?er (pour certaines
énergies renouvelables thermiques), la CRE (pour le
photovoltaïque), la DGEC (pour les biocarburants),
FranceAgriMer (pour la production de bioéthanol), le Citepa
(pour la consommation non énergétique de gaz) et des
observatoires de l?énergie ultramarins. Le partage de la
consommation de produits pétroliers entre résidentiel et
tertiaire est réalisé à partir de données du Ceren.
Bilan monétaire
Le bilan monétaire décrit les flux en euros associés aux flux
énergétiques présentés dans le bilan physique. Il prend la
forme, comme ce dernier, d?un équilibre ressources-emplois.
Les ressources monétaires comprennent :
? la production et les marges de transport, distribution et
commercialisation ;
? les importations, nettes des exportations ;
? les variations de stocks ;
? les taxes, nettes des subventions.
À l?écart statistique près, ces ressources sont égales à
la somme des emplois, i.e. des consommations des différents
secteurs (à usage énergétique ou non).
Le bilan monétaire est établi à partir de l?année 2011 et
couvre l?ensemble des principales formes d?énergie faisant
l?objet d?échanges marchands (charbon, pétrole, gaz,
électricité, chaleur, biocarburants, biométhane, bois). Son
champ inclut en particulier l?autoconsommation d?électricité,
valorisée au prix moyen d?achat dans le secteur considéré,
ainsi que les achats informels de bois mais exclut en revanche
l?autoconsommation de bois. Les investissements des
consommateurs finaux visant à transformer l?énergie pour
leur usage propre (par exemple, chaudières individuelles,
pompes à chaleur, chauffe-eau solaires, etc.) sont hors
champ.
La dépense nationale associée à une forme d?énergie
correspond à la somme de la valeur de la consommation de
cette forme d?énergie à usage final et à usage de production
d?autres formes d?énergie. La dépense nationale d?énergie
correspond à la somme des valeurs des consommations à
usage final seulement des différentes formes d?énergie.
Elle est inférieure par construction à la somme des dépenses
nationales des différentes formes d?énergie, afin d?éviter des
doubles comptes liés aux échanges internes de la branche
énergie. Par exemple, le gaz consommé pour produire de
l?électricité est comptabilisé dans la dépense nationale de
gaz, mais est exclu du calcul de la dépense nationale
d?énergie : en effet, infine, le coût correspondant est supporté
par les consommateurs d?électricité ; il est donc déjà
implicitement pris en compte dans la dépense nationale
d?électricité.
Par exception au principe de cohérence entre les bilans
physique et monétaire, la dépense des hauts-fourneaux en
énergie (nette de la rémunération qu?ils tirent de la revente
de gaz de hauts-fourneaux) est considérée dans le bilan
monétaire comme une dépense finale, alors que,
conformément aux recommandations internationales, la
consommation correspondante est considérée comme une
consommation de la branche énergie dans le bilan physique.
Du côté des ressources et pour chaque forme d?énergie,
le solde entre, d?une part, la dépense totale et, d?autre part,
la somme des taxes (nettes des subventions), du solde
importateur et des variations de stocks représente la valeur
de la production primaire et de marges diverses (de
transformation, de transport, de distribution ou de
commercialisation suivant les cas). Suivant les sources
disponibles par énergie, une désagrégation plus ou moins
fine de ces différents éléments est disponible. Concernant
les carburants contenant une part bio et une part non-bio
(issue de produits pétroliers), il est fait le choix, par convention,
d?affecter la totalité des taxes et des marges de distribution
aux carburants pétroliers.
Dans le contexte exceptionnel de l?année 2022, marquée
par la crise énergétique liée au contexte géopolitique, il n?a
pas été possible de calculer les marges dans le compte
monétaire du gaz.
L?élaboration du bilan monétaire s?appuie notamment sur
les sources suivantes, outre celles mobilisées pour établir le
bilan physique :
? l?enquête semestrielle sur la transparence des prix du gaz
et de l?électricité du SDES ;
? l?enquête sectorielle annuelle de l?Insee sur le champ du
transport ;
? diverses informations issues de documents budgétaires
de RTE, d?Enedis, de GRTgaz, de Teréga, de Storengy et
de la Commission de régulation de l?énergie ;
? les prix de marché de gros du gaz observés aux PEG ;
? l?enquête mensuelle sur les prix des produits pétroliers de
l?Insee ;
? la base sur les prix de vente de produits pétroliers de la
DGEC ;
? l?enquête trimestrielle réalisée par le CEEB sur les prix du
bois-énergie ;
? l?enquête annuelle sur les prix des combustibles bois
réalisée par CODA Stratégies pour le compte de l?Ademe.
166 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 2 : DÉFINITIONS
Chaleur : transfert thermique, au sens physique du terme.
Les flux de chaleur considérés dans le présent bilan sont
toutefois restreints aux quantités de chaleur vendues
(lorsqu?un acteur met en oeuvre une combustion pour en
utiliser lui-même la chaleur, les flux correspondants sont
reportés dans le bilan du combustible brûlé, pas dans celui
de la chaleur). La chaleur primaire, d?origine géothermique,
aérothermique ou solaire, s?oppose à la chaleur secondaire
obtenue en brûlant des combustibles tels que le charbon, le
gaz naturel, le pétrole, la biomasse et les déchets.
Charbon : sous sa forme primaire, combustible fossile qui
revêt généralement l?aspect physique d?un roc brun ou noir
et qui est constitué de matière végétale carbonisée. On
distingue le lignite, le charbon sous-bitumineux et la houille,
classés par pouvoir calorifique croissant. La houille pouvant
être transformée en coke est dénommée « charbon à coke »,
par opposition au « charbon-vapeur » utilisé pour produire
de la chaleur sous forme de vapeur (elle-même pouvant être
éventuellement transformée en électricité). Dans le bilan, le
terme de charbon couvre aussi les produits secondaires,
tels que les agglomérés, les briquettes, le coke de cokerie,
le goudron de houille, mais aussi les gaz sidérurgiques (gaz
de cokerie, de haut-fourneau et de convertisseur à l?oxygène).
Combustible : toute substance pouvant être brûlée pour
produire de la chaleur, par réaction du carbone et de
l?hydrogène contenus dans la substance combustible avec
l?oxygène.
Consommation finale énergétique : consommation
d?énergie à toutes fins autres que la transformation, le
transport, la distribution et le stockage d?énergie et hors
utilisation comme matière première ou pour certaines
propriétés physiques (voir consommation finale non
énergétique).
Consommation finale non énergétique : consommation
de combustibles à d?autres fins que la production de chaleur,
soit comme matières premières (par exemple pour la
fabrication de plastique), soit en vue d?exploiter certaines de
leurs propriétés physiques (comme, par exemple, les
lubrifiants, le bitume ou les solvants).
Déchets : combustibles composés de matériaux divers issus
des déchets urbains (dont la moitié est supposée renouvelable)
et industriels (considérés en totalité comme non renouvelables).
Électricité : vecteur d?énergie ayant de multiples usages.
L?électricité peut être produite à partir de diverses sources
primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables,
géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque,
etc.). La production brute d?électricité est mesurée aux bornes
des groupes des centrales et comprend, par conséquent, la
consommation des services auxiliaires et les pertes dans les
transformateurs des centrales, par opposition à la production
nette d?électricité, mesurée à la sortie des centrales.
Énergie primaire : énergie non transformée, i.e. tirée de la
nature (soleil, fleuves ou vent) ou contenue dans les produits
énergétiques tirés de la nature (comme les combustibles fossiles
ou le bois), et chaleur issue de la réaction nucléaire. Par
convention, l?énergie primaire d?origine hydraulique, éolienne,
marémotrice et solaire photovoltaïque est comptabilisée à
hauteur de la production d?électricité correspondante. La chaleur
issue de la réaction nucléaire est mesurée à travers un
rendement de la production électrique nucléaire de 0,33.
La consommation d?énergie primaire est la somme de la
consommation finale, des pertes et de la consommation des
producteurs et des transformateurs d?énergie.
Énergie renouvelable : énergie dérivée de processus
naturels en perpétuel renouvellement, notamment l?énergie
générée par le soleil, le vent, la chaleur terrestre, l?eau des
fleuves, des lacs, des mers et des océans, la biomasse solide
(bois et déchets d?origine biologique), le biogaz et les
biocarburants liquides.
Énergie secondaire : énergie obtenue par la transformation
d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire
(production d?électricité à partir de gaz, de coke à partir de
charbon à coke, de produits pétroliers à partir de pétrole brut,
etc.).
Gaz naturel : il est extrait de réserves naturelles souterraines
et se compose principalement de méthane (CH4).
Intensité énergétique finale : consommation énergétique
finale rapportée à un indicateur d?activité.
Nucléaire : énergie dégagée, sous forme de chaleur, par la
fission de noyaux d?uranium dans des réacteurs. Cette
énergie, considérée comme primaire, est transformée
secondairement en électricité (avec un rendement supposé
de 33 %).
Pétrole : mélange complexe d?hydrocarbures liquides, des
éléments chimiques contenant de l?hydrogène et du carbone,
qui se forme naturellement dans des nappes souterraines
présentes dans les roches sédimentaires. Au sens large, il
inclut les produits tant primaires (pétrole brut) que secondaires
(raffinés).
Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la
combustion complète d?une unité de combustible. On oppose
le pouvoir calorifiquesupérieur (PCS), qui désigne le
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 167
annexes
dégagement maximal théorique de chaleur lors de la
combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur
d?eau produite, au pouvoircalorifiqueinférieur (PCI), qui
exclut cette chaleur de condensation.
Soutes maritimes ou aériennes internationales : quantités
de pétrole utilisées comme combustibles par les navires ou
les avions à des fins de transport international.
Taux d?indépendance énergétique : rapport entre la
production et la consommation d?énergie primaire.
ANNEXE 3 : ÉQUIVALENCES ÉNERGÉTIQUES
Les équivalences énergétiques utilisées sont celles que
recommandent les organisations internationales (Agence
internationale de l?énergie, Eurostat). Le tableau ci-après
précise les coefficients d?équivalence entre unités propres,
gigajoules (GJ), mégawattheures (MWh) et tonnes équivalent
pétrole (tep). Ces coefficients sont systématiquement utilisés
dans les publications officielles françaises.
Énergie Unité propre gigajoules
(GJ) (PCI)
mégawattheure
MWh (PCI)
tep
(PCI)
Charbon
Charbon à vapeur 1 t 26 7,2222 0,619
Charbon à coke 1 t 29,5 8,1944 0,705
Coke de cokerie 1 t 28 7,7778 0,667
Agglomérés 1 t 32 8,8889 0,762
Briquettes de lignite 1 t 18 4,7112 0,404
Lignite et produits de récupération 1 t 17 4,7222 0,405
Anthracite 1 t 32,3 8,9722 0,772
Goudron de houille 1 t 38 10,5556 0,905
Pétrole brut et produits pétroliers
Produits primaires et autres produits à distiller
Pétrole brut 1 t 42,78 11,8833 1,0218
Liquides de gaz naturels 1 t 42 11,6667 1,0032
Produits d?alimentation des raffineries 1 t 41,86 11,6278 0,9997
Additifs oxygénés 1 t 25,12 6,9778 1,0693
Produits raffinés
Gazole, fioul domestique 1 t 42,6 11,8333 1,0175
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1 t 46 12,7778 1,0987
Essence moteur 1 t 44 12,2222 1,0509
Kérosène 1 t 43 11,9444 1,0270
Fioul lourd 1 t 40 11,1111 0,9554
Coke de pétrole 1 t 32 8,8889 0,7643
Naphta 1 t 44 12,2222 1,0509
Lubrifiants 1 t 42 11,6667 1,0032
Whitespirit 1 t 43,6 12,1111 1,0414
Bitumes 1 t 39 10,8333 0,9315
Électricité 1 MWh 3,6 1 0,086
Bois à usage résidentiel 1 stère 6,17 1,7139 0,147
Bois à usage professionnel 1 tonne 10,76 2,9889 0,257
Gaz naturel et industriel 1 MWh PCS 3,24 0,9 0,077
Le coefficient de conversion pour le gaz repose sur une
hypothèse d?écart de 10 % entre PCS et PCI. Pour les autres
combustibles, les écarts entre PCS et PCI sont de l?ordre de :
? 9 % pour le gaz de pétrole liquéfié ;
? 7-8 % pour les autres produits pétroliers ;
? 2-5 % pour les combustibles solides.
168 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 4 : MÉTHODE DE CORRECTION
DES VARIATIONS CLIMATIQUES
La consommation d?énergie, dont une part importante est
dédiée au chauffage, est sensible aux températures
extérieures. Afin de permettre des comparaisons dans le
temps à climat constant, des statistiques de consommation
corrigée des variations climatiques (CVC) sont présentées
dans le bilan.
L?indicateur de climat usuellement utilisé pour corriger
des besoins de chauffage est le nombre de degrés-jours
unifiés (DJU). Il est fondé sur la comparaison, pour chaque
jour de l?année, de la température observée avec un seuil,
fixé à 15 °C. La température prise en compte est la moyenne
des extrema des températures sur une journée :
T = (Tmin + Tmax) / 2
Le nombre de degrés-jours de cette journée est égal à
15 - T si T < 15 °C, à 0 sinon. La somme des degrés-jours de
tous les jours de la saison de chauffe, période de l?année qui
va de janvier à mai et d?octobre à décembre inclus, donne
ensuite le nombre annuel de DJU. En pratique, ce calcul est
réalisé pour 539 stations météorologiques. Les résultats de
chaque station sont pondérés par la population des communes
les plus proches de chaque station.
La consommation CVC est par définition celle qui aurait
été constatée si le nombre de degrés-jours avait été égal à
la moyenne de ceux observés sur une période de référence
donnée. Cette moyenne (notée DJU0 dans la suite) s?établit
à 1 523 degrés-jours sur la période de référence, couvrant
les années 1991 à 2020. La série des DJU est présentée
dans la partie 4 du bilan. Pour chaque secteur et chaque
forme d?énergie, l?écart entre la consommation CVC et la
consommation réelle (Créelle) est supposé dépendre
linéairement du nombre de degrés-jours, à travers un
coefficient de thermosensibilité b :
CCVC = Créelle ? b.(DJU ? DJU0)
La détermination du jeu de coefficients repose sur des
estimations économétriques. La méthode et le jeu de
coefficients complet sont présentés dans la méthodologie
détaillée jointe au bilan de l?énergie sur le site internet du
SDES. Toutes énergies confondues, un écart de 10 % par
rapport au nombre de degrés-jours de référence (soit de
153 degrés-jours) entraînerait une variation de la
consommation annuelle finale (resp. primaire) de 31,6 TWh
(resp. 33,5 TWh) en 2023.
En outre, la thermosensibilité de la consommation
d?électricité du secteur tertiaire pour la climatisation est prise
en compte à partir de l?année d?observation 2011. La méthode
est analogue à celle employée pour les besoins de chauffage,
en définissant des degrés-jours unifiés de climatisation (DJUc)
à partir d?une température de référence de 21 °C (voir
méthodologiedubilandel?énergie). Un écart de 10 % par
rapport au nombre de degrés-jours de climatisation de
référence (soit de 11 degrés-jours) entraînerait une variation
de la consommation annuelle d?électricité du secteur tertiaire
de 0,13 TWh en 2023.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 169
annexes
ANNEXE 5 : PRINCIPALES RÉVISIONS PAR RAPPORT
À LA PRÉCÉDENTE ÉDITION
L?objectif d?amélioration continue des méthodes employées
ainsi que la disponibilité de nouvelles sources se substituant
à d?anciennes peut se traduire par des révisions dans les
bilans des années antérieures. Les principales modifications
apportées cette année sont recensées ci-après.
Produits pétroliers
Les consommations énergétiques totales par produit sont
désormais calées de manière uniforme sur les données de
ventes de produits pétroliers fournies par le CPDP, induisant
une révision globale des séries depuis 2011. De plus, la
méthode de partage du fioul domestique entre résidentiel et
tertiaire a été modifiée : dorénavant, la consommation du
secteur résidentiel pour la métropole est alignée avec les
données du Ceren ; la consommation du tertiaire apparaît
comme un solde.
Gaz naturel
La ventilation des origines de gaz a été revue, en éliminant
les achats de gaz gazeux sur les marchés déclarés par les
fournisseurs et en étendant la couverture de l?enquête sur
les approvisionnements aux importateurs de gaz qui ne sont
pas des fournisseurs (intermédiaires). La part des origines
inconnues dans l?approvisionnement en gaz gazeux est
révisée à la baisse depuis 2014 ; les importations en
provenance de Norvège notamment sont à l?inverse révisées
à la hausse.
Énergies renouvelables et déchets
La production de chaleur et la consommation primaire de
biomasse sont révisées à la hausse en tenant compte d?une
installation dans l?imprimerie qui produit de la chaleur à partir
de biomasse (résidus de papeterie).
Électricité
La série de consommation des véhicules routiers électriques
depuis 2011 a été révisée. On considérait jusqu?alors que la
recharge des véhicules était réalisée uniquement dans le
secteur tertiaire. Elle est maintenant répartie entre le secteur
résidentiel (recharge à domicile) et certains secteurs du
tertiaire (bornes de recharge dans les stations-essence, les
parkings de commerce, sur la voie publique ou encore dans
les entreprises).
170 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 6 : RÉVISION DES PRINCIPAUX AGRÉGATS
DE L?ANNÉE 2023 PAR RAPPORT AU BILAN DE
L?ÉNERGIE PROVISOIRE
Sont présentés ci-dessous les écarts relatifs entre les résultats
définitifs figurant dans cette publication et ceux de la version
provisoire du bilan de l?énergie publiée en mai 2024 pour tous
les agrégats non nuls du tableau de synthèse du bilan
physique. Ainsi, les estimations définitives de la production
primaire et de la consommation finale d?énergie en 2023 sont
respectivement 0,3 % et 0,4 % supérieures à leurs estimations
provisoires de mai 2024.
En %
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR élec-
triques
EnR ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 1,9 0,0 0,0 - 2,0 1,3 0,1
Importations 0,0 0,0 - 0,1 0,0 0,0 - 0,1 0,0
Exportations - 94,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 - 0,1
Soutes maritimes internationales 4,4 4,4
Soutes aériennes internationales - 1,6 - 1,6
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 9,7 0,0 30,4 0,0 22,9
Consommation primaire 0,6 0,0 0,6 0,0 0,0 - 2,0 1,2 0,3 0,1
Production d?électricité 7,6 - 5,8 2,3 0,0 - 2,0 4,5 - 0,4 0,3
Production de chaleur - 12,7 24,8 11,4 - 14,7 - 9,3 30,4
Injections de biométhane 0,0 0,0
Raffinage de pétrole 0,0 0,0 0,0
Autres transformations, transferts 5,3 - 1,0 - 8,4 - 0,9
Usages internes de la branche énergie - 5,8 - 5,8 6,4 467,3 0,3 - 1,2
Pertes de transport et de distribution - 0,1 2,3 19,1 3,9
Consommation nette de la branche
énergie 0,4 0,0 0,5 9,3 0,0 - 2,0 - 3,9 - 1,2 - 12,2 1,0
Industrie - 8,9 5,7 - 1,9 29,6 - 1,1 - 20,0 - 0,2
Transports 1,4 12,9 - 0,1 22,0 1,8
Résidentiel - 2,2 0,9 - 2,2 1,9 - 0,4 - 4,5 - 0,3
Tertiaire - 2,5 10,9 - 4,0 - 13,6 - 4,1 - 7,3 - 3,2
Agriculture-pêche - 2,4 1,7 - 9,4 1,2 - 6,4 - 7,2 0,0
Consommation finale énergétique - 8,4 2,0 - 2,3 3,3 - 1,3 - 12,2 0,0
Consommation finale non énergétique 30,5 - 6,8 4,8 - 5,1
Consommation finale 1,8 0,5 - 2,1 3,3 - 1,3 - 12,2 - 0,4
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 171
annexes
Sigles et abréviations
SIGLES
Ademe Agence de la transition écologique
AIE Agence internationale de l?énergie
AIEA Agence internationale de l?énergie atomique
APU administrations publiques
ARA Anvers, Rotterdam, Amsterdam
Arenh accès régulé à l?électricité nucléaire historique
ATRT accès des tiers au réseau de transport
ATRD accès des tiers au réseau de distribution
ATTM accès des tiers aux terminaux méthaniers
CAF coût, assurance, fret
CART contrat d?accès au réseau de transport
CCCG centrales à cycle combiné au gaz
CCG cycle combiné au gaz
CEEB Centre d?études de l?économie du bois
Ceren Centre d?études et de recherches économiques sur l?énergie
CFBP Comité français du butane et du propane
Citepa Centre interprofessionnel technique d?études de la pollution atmosphérique
CPDP Comité professionnel du pétrole
CPSSP taxe affectée au stockage des produits pétroliers
CRE Commission de régulation de l?énergie
CSPE contribution au service public de l?électricité
CTA contribution tarifaire d?acheminement
CVC corrigé des variations climatiques
DGDDI Direction générale des douanes et des droits indirects
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
DJU degrés-jours unifiés
DROM Départements et régions d?outre-mer
EACEI enquête annuelle sur les consommations d?énergie dans l?industrie
EAPE enquête annuelle sur la production d?électricité
EAPH enquête annuelle sur la production d?hydrogène
EARCF enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid
EDF Électricité de France
ELD entreprises locales de distribution
EMAG esters méthyliques d?acides gras
EnR énergie renouvelable
ENTSOG EuropeanNetworkofTransmissionSystemOperatorsforGas
ETBE éther éthyle tertiobutyle
FAB franco à bord
Fedene Fédération des services énergie environnement
FFA Fédération française de l?acier
FOD fioul domestique
FSRU floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification
GNL gaz naturel liquéfié
GNV gaz naturel pour véhicules
172 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
GPL gaz de pétrole liquéfié
GRTgaz Gestionnaire de réseau de transport du gaz
HVHTE huiles végétales hydro-traitées essence
HVHTG huiles végétales hydro-traitées gazole
ICE IntercontinentalExchange
Ifpen Institut français du pétrole et énergies nouvelles
Insee Institut national de la statistique et des études économiques
ISBLSM institution sans but lucratif au service des ménages
ISDND installations de stockage de déchets non dangereux
NAF nomenclature d?activités française
NBP NationalBalancingPoint
OA obligation d?achat
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
ONRE Observatoire national de la rénovation énergétique
Opep Organisation des pays exportateurs de pétrole
OREC Observatoire régional de l?énergie et du climat de la Guadeloupe
PAC pompes à chaleur
PEG point d?échange de gaz
PCI pouvoir calorifique inférieur
PCS pouvoir calorifique supérieur
PIB produit intérieur brut
PIR point d?interconnexion du réseau
Rica Réseau d?information comptable agricole
RTE Réseau de transport d?électricité
SARA Société anonyme de la raffinerie des Antilles
SEI systèmes énergétiques insulaires
Sifim services d?intermédiation financière indirectement mesurés
SNCU Syndicat national de chauffage urbain et de la climatisation urbaine
SNET Société nationale d?électricité et de thermique
Step stations de transfert d?énergie par pompage
STEP stations d?épuration des eaux usées
TBTS très basse teneur en soufre
TCCFE taxe communale sur la consommation finale d?électricité
TDCFE taxe départementale sur la consommation finale d?électricité
TGAP taxe générale sur les activités polluantes
TICPE taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
TICFE taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité
TICGN taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel
TIGF Transport et infrastructures gaz France
Tirib taxe intérieure relative à l?incorporation de biocarburants
Tiruert taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport
TLCFE taxes locales sur la consommation finale d?électricité
TRS TradingRegionSouth
TRV tarifs réglementés de vente
TSC taxe spéciale de consommation
TTF TitleTransferFacility
Turpe tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité
UIOM unité d?incinération des ordures ménagères
UTCATF utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie
ZNI zones non interconnectées au réseau d?électricité métropolitain continental
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 173
annexes
ABRÉVIATIONS
n.d. non disponible
Md¤ milliard d?euros
M¤ million d?euros
Mt million de tonnes
Mtep million de tonnes équivalent pétrole
SP95-E10 sans plomb 95 - éthanol 10 %
GW gigawatt
TWh térawattheure
174 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Pour en savoir plus
Le bilan énergétique de la France est l?une des publications
statistiques nationales majeures dans le domaine de
l?énergie. D?autres sont disponibles sur le site du service des
données et études statistiques, rubrique « Énergie » (www.
statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie). Elles
comprennent des publications annuelles et des publications
conjoncturelles (i.e. infra-annuelles) ainsi que des publications
plus ponctuelles.
Des données et études sur la performance énergétique
et la rénovation énergétique du parc de logements sont par
ailleurs disponibles sur le site de l?Observatoire national de
la rénovation énergétique (ONRE) : www.ecologie.gouv.fr/
observatoire-national-renovation-energetique.
Publications annuelles
? Bilanénergétiquede laFranceen2023?Données
provisoires, Datalab Essentiel, dernière édition relative
aux données 2023 parue en mai 2024 ;
? BilanénergétiquedelaFranceen2023?Synthèse,
Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données
2023 parue en janvier 2025 ;
? L?activitédelapétrochimieenFranceen2023, Datalab
Essentiel, dernière édition relative aux données 2023
parue en juillet 2024 ;
? Lesprixdesproduitspétroliersen2023:lesprixbaissent
mais restent à un niveau élevé, Datalab Essentiel,
dernière édition relative aux données 2023 parue en
juillet 2024 ;
? Prixdel?électricitéenFranceetdansl?Unioneuropéenne
en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en juillet 2024 ;
? PrixdugaznaturelenFranceetdansl?Unioneuropéenne
en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en juillet 2024 ;
? LesinvestissementspublicsdanslaR&Denénergieen
2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en février 2025 ;
? Lesfacteursd?évolutiondesémissionsdeCO2 liées à
l?énergieenFrancede1990à2020, Datalab, dernière
édition relative aux données 2020 parue en septembre 2022 ;
? LesénergiesrenouvelablesenFranceen2023?Suivi
deladirective(UE)2018/2001relativeàlapromotionde
l?utilisationdesénergies renouvelables?Données
définitives, Datalab Essentiel, dernière édition relative
aux données 2023 parue en mars 2025 ;
? Chiffresclésdel?énergie?Édition2024, Datalab, dernière
édition parue en septembre 2024 ;
? Chiffresclésdesénergiesrenouvelables?Édition2024,
Datalab, dernière édition parue en août 2024 ;
? Chiffresclésduclimat?France,EuropeetMonde?
Édition 2024, Datalab, dernière édition parue en
novembre 2024.
? L?hydrogènepur:premièreévaluationdesressourceset
desusagesenFranceen2023, article web, décembre 2024.
Publications conjoncturelles
? la note de conjoncture énergétique, qui paraît à un rythme
trimestriel dans la collection Datalab Essentiel ;
? quatre tableaux de bord trimestriels, relatifs respectivement
à l?éolien, au photovoltaïque, au biogaz utilisé pour la
production d?électricité et au biométhane injecté. Ils
paraissent deux mois après la fin du trimestre considéré
dans la collection STATINFO.
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique
https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique
Table des matières
176 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
table des matières
Avant-propos 4
Synthèse et données clés 5
PARTIE 1 : LES PRIX DE L?ÉNERGIE 11
1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 12
1.1.1 Prix finaux de l?énergie à usage énergétique 12
1.1.2 Prix de l?énergie payés par les ménages 12
1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 14
1.2.1 Prix du pétrole brut 14
1.2.2 Prix des produits pétroliers raffinés 15
1.2.3 Prix à la consommation 16
1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 18
1.3.1 Prix de gros du gaz naturel 18
1.3.2 Prix à la consommation du gaz naturel 20
1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 24
1.4.1 Prix de gros du charbon 24
1.4.2 Prix du charbon pour les consommateurs 25
1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 26
1.5.1 Prix des importations et exportations 26
1.5.2 Prix pour le résidentiel 26
1.5.3 Prix pour les professionnels 27
1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 29
1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux
progressent encore en 2023 33
1.7.1 Prix de gros de l?électricité 33
1.7.2 Prix à la consommation de l?électricité 35
1.8. Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs 38
PARTIE 2 : L?APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE 39
2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire 40
2.2 La production primaire rebondit en 2023 45
2.2.1 Combustibles fossiles 45
2.2.2 Nucléaire 46
2.2.3 Énergies renouvelables et valorisation des déchets 47
2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 51
2.3.1 Pétrole brut et raffiné 51
2.3.2 Gaz naturel 54
2.3.3 Charbon 57
2.3.4 Bois-énergie 59
2.3.5 Biocarburants 60
2.3.6 Électricité 61
PARTIE 3 : TRANSFORMATION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉNERGIE 63
3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 64
3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 66
3.2.1 Injections de biométhane 66
3.2.2 Transport, distribution et stockage de gaz naturel 68
3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte 69
3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 70
3.4.1 Production nette d?électricité 70
3.4.2 Transport et distribution d?électricité 76
3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions
climatiques analogues à 2022 77
3.5.1 Réseaux de chaleur 77
3.5.2 Chaleur cogénérée vendue hors des réseaux de chaleur 79
Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique 80
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 177
table des matières
PARTIE 4 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR FORME D?ÉNERGIE 83
4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte
de hausse des prix de l?énergie 84
4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 88
4.2.1 Consommation et dépense totales 88
4.2.2 Production d?électricité et de chaleur 90
4.2.3 Consommation finale à usage énergétique 90
4.2.4 Consommation finale à usage non énergétique 91
4.2.5 Consommation et dépense par produit 91
4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 93
4.3.1 Consommation et dépense totales 93
4.3.2 Branche énergie 94
4.3.3 Consommation finale à usage énergétique 95
4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique 96
4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement 97
4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 100
4.5.1 Consommation totale 100
4.5.2 Bois-énergie 101
4.5.3 Biocarburants 102
4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 103
4.6.1 Consommation et dépense totales 103
4.6.2 Consommation et dépense de la branche énergie 104
4.6.3 Consommation finale et dépense associée 104
4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement 106
PARTIE 5 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR SECTEUR OU USAGE 109
5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités
entre les secteurs 110
5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation 112
5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense 115
5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité 118
5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire 120
5.5.1 Consommation par usage et par mode 120
5.5.2 Consommation par énergie 121
5.5.3 Consommation, dépenses et taxes 122
5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 123
5.6.1 Consommation finale par énergie et dépense associée 123
5.6.2 Consommation finale par secteur 125
5.6.3 Décomposition sectorielle de la consommation énergétique 126
5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables 127
PARTIE 6 : INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE FINALE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
DUES À LA COMBUSTION D?ÉNERGIE 129
6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse 130
6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent
une baisse des émissions de gaz à effet de serre 132
ANNEXES 137
Bilans énergétiques de la France 138
Annexes méthodologiques 164
Sigles et abréviations 171
Pour en savoir plus 174
178 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage,
faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite
et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et
non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou
d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 179
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage,
faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite
et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et
non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou
d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Dépôt légal: avril 2025
ISSN: 2555-7580 (imprimé)
2557-8138 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet
Infographie : Bertrand Gaillet
Cartographie: Antea
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
Commissariat général
au développement durable
Bilan énergétique
de la France
pour 2023
En 2023, la production d?énergie primaire française progresse
de13,0%, portée par la reprise de la production nucléaire.
Laproduction primaire d?énergies renouvelables électriques
progresse fortement elle aussi du fait de conditions météorologiques,
en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022
et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques.
Laconsommation primaire réelle progresse faiblement (+1,6%).
Letaux d?indépendance énergétique, ratio delaconsommation et de
la production primaires, s?accroît de5,6points, pour s?établir à 56,3%.
Le déficit des échanges physiques d?énergie diminue de 12%.
LaFrance redevient exportatrice nette d?électricité.
Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique
diminue de 4,0%. Elle décroît dans tous les secteurs,
enparticulierdans le tertiaire (-7,8%) et l?industrie (-6,5%),
notamment sousl?effet des prix élevés.
En effet, malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix
pour les consommateurs finaux continuent à croître. Tous secteurs
confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique
progressent de 12,5% sur un an. La hausse est particulièrement forte
dans le tertiaire(+49,2% sur un an) et dans l?industrie (+19,5%).
Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé
230Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie.
Cettedépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc
àun niveau élevé malgré la baisse de consommation.
La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3678¤
en2023, soit une hausse de 6,6% portée par la dépense
enénergiedu logement.
Service des données et études statistiques
Sous-direction des statistiques de l?énergie
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
Avant-propos
Synthèse et données clés
Les prix de l?énergie
L?approvisionnement énergétique
Transformation, transport et distribution d?énergie
La consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation d?énergie par secteur ou usage
Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
Annexes
Table des matières
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION galement importés de Suède, du Royaume-Uni
et d?Espagne.
Figure 2.1.4 : répartition des importations d?uranium en valeur par pays en 2023
En %
Australie
Kazakhstan
Namibie
Niger
Afrique du Sud
Canada
Autres
0 11
26
30
13
29
Source :DGDDI
44 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.1.5 : facture d?uranium
En millions d?euros
800
600
400
200
0
- 200
- 400
- 600
- 800
- 1 000
- 1 200
Uranium naturel et ses composés Uranium enrichi ; plutonium Uranium appauvri ; thorium
2020 2021 2022 2023
Source :DGDDI
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 45
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.2 La production primaire rebondit en 2023
2.2.1 COMBUSTIBLES FOSSILES
La production primaire d?énergie fossile en France est
désormais marginale (figure 2.2.1.1). Elle s?élève à 10 TWh
en 2023. Elle est composée quasi intégralement de produits
à destination des raffineries. Pour près des trois quarts, il s?agit
de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain, pour
un quart d?une production d?additifs oxygénés (non issus de
biomasse) destinés à améliorer la qualité des carburants et
des autres produits raffinés et pour moins de 2 % de gaz naturel.
En 2023, la production de pétrole brut sur le territoire
français, hors additifs, s?élève à 584 500 tonnes, soit 0,6 Mtep
(7 TWh) ; elle a été divisée par plus de cinq depuis la fin des
années 1980. Cette production ne satisfait désormais qu?un
peu moins de 1 % de la consommation nationale. Au 1er janvier
2024, les réserves souterraines de pétrole brut (10,1 Mtep, soit
118 TWh) et d?hydrocarbures extraits du gaz naturel
représentent environ 17 ans d?exploitation au rythme actuel
(production hors additifs). Les additifs non bio représentent,
ces dernières années, entre un sixième et un quart de
la production primaire de pétrole (2,7 TWh en 2023).
Depuis l?arrêt définitif de l?injection du gaz du gisement
de Lacq dans le réseau en octobre 2013, la production
nationale de gaz naturel, hors biométhane, se limite à
l?extraction de gaz de mine (grisou) du bassin du Nord-Pas-
de-Calais. Celle-ci s?élève à 205 GWh PCS (pouvoir calorifique
supérieur) en 2023, soit 184 GWh PCI (pouvoir calorifique
inférieur).
L?approvisionnement de la France en charbon repose
désormais exclusivement sur le commerce extérieur et, dans
une moindre mesure, sur le recours aux stocks. En effet,
la collecte de produits de récupération présents sur les anciens
sites d?extraction, qui subsistait depuis la fermeture de
la dernière mine de charbon en 2004, s?est arrêtée en 2015.
Figure 2.2.1.1 : production primaire d?énergie fossile
En TWh
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1978
2002
1972
1970
1980
2004
2008
1974
1988
1996
1998
1982
1990
2006
2010
2012
1976
2000
1984
1992
1986
1994
2016
2014
2018
2020
2023
Pétrole* Charbon Gaz naturel
*Ycomprisdesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller,
à partir de 2011.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGEC,CharbonnagesdeFrance,SNET(Uniper),GRTgaz,TIGF(Teréga)
46 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.1.2 : production primaire et valeur associée d?énergie fossile
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production toutes énergies fossiles 11,76 585 9,98 291 10,03 509 9,79 868 9,86 608
Production de pétrole* 11,59 581 9,80 288 9,80 500 9,59 846 9,68 594
Production de charbon 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0
Production de gaz naturel (grisou) 0,17 4 0,18 3 0,23 9 0,21 22 0,18 14
*Laproductiondepétrolecomprendlaproductiond?additifsoxygénésnonissusdebiomasse.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La production primaire totale française d?énergie fossile
représente en 2023 une valeur économique de 608 millions
d?euros, soit 30 % de moins qu?un an auparavant
(figure 2.2.1.2). Les prix des énergies fossiles, qui avaient
nettement augmenté en 2022, en raison notamment de la
guerre en Ukraine, refluent en effet en 2023 (cf. 1.2.1).
2.2.2 NUCLÉAIRE
En 2023, la France compte 56 réacteurs en service répartis
sur 18 sites. La production d?énergie primaire du parc s?élève
à 1 025 TWh en 2023. Elle correspond à la quantité totale de
chaleur dégagée lors de la réaction de fission du combustible
nucléaire. La production brute d?électricité des centrales
nucléaires françaises s?élève, quant à elle, à 338 TWh en 2023
(figure 2.2.2.1). En effet, il faut en moyenne 3 unités de chaleur
pour produire une unité d?électricité dans une centrale
nucléaire, le solde constituant les pertes calorifiques liées
à cette transformation.
Après avoir nettement diminué en 2022, la production
nucléaire rebondit en 2023 (+ 14,7 %) en raison du redémarrage
de plusieurs réacteurs affectés par le phénomène de corrosion
sous contrainte. La détection de ce phénomène affectant les
circuits auxiliaires de refroidissement de la centrale de Civaux
en fin d?année 2021 a en effet conduit à l?arrêt non prévu
et prolongé de plusieurs réacteurs pour contrôle approfondi
et réparations. Ces opérations ont été réalisées pour l?essentiel
en 2022 et 2023 et se poursuivent, pour une part résiduelle,
jusqu?en 2025. Malgré son rebond en 2023, la production
nucléaire demeure inférieure à son niveau de 2021 et même
de 2020, année durant laquelle le calendrier des opérations
de maintenance avait pourtant été très perturbé par la crise
sanitaire. En moyenne, les centrales ont été disponibles à
hauteur de 67,3 % de leur capacité théorique en 2023
(figure 2.2.2.2). La disponibilité du parc nucléaire s?améliore
nettement en 2023 par rapport à l?année précédente : les arrêts
pour contrôler et traiter le phénomène de corrosion sous
contrainte ont été moins nombreux et plus courts que l?année
précédente, grâce notamment à l?optimisation des contrôles
et au retour d?expérience des précédentes réparations.
Les centrales ont été utilisées, lorsqu?elles étaient disponibles,
à hauteur de 88,8 %. Les mouvements sociaux contre
la réforme des retraites ont temporairement réduit la production
nucléaire au printemps 2023.
Figure 2.2.2.1 : production brute d?électricité des centrales nucléaires
En TWh
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1978
2002
1972
1970
1980
2004
2008
1974
1988
1996
1998
1982
1990
2006
2010
2012
1976
2000
1984
1992
1986
1994
2016
2014
2018
2020
2023
Source :EDF
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 47
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.2.2 : disponibilité et utilisation du parc nucléaire
Coefficients exprimés en %
2019 2020 2021 2022 2023
Coefficient de disponibilité Kd 74,0 71,9 72,9 58,1 67,3
Coefficient d?utilisation Ku 92,7 85,7 92,2 89,6 88,8
Note:lecoefficientKdestcalculésurlabasedesindisponibilitésduesauxarrêtsfortuits,auxarrêtspourentretienourechargementetauxprolongationsd?arrêt.
Àladifférencedel?indicateurEnergy Availibility Factorpubliéparl?Agenceinternationaledel?énergieatomique(AIEA),ilnetientenrevanchepascomptedes
indisponibilitésduesàdescausesenvironnementales,auxmouvementssociauxouauxattentesd?autorisationdesautorités.LecoefficientKureflètel?optimisation
delaproductionettientcomptedescontraintesenvironnementales,règlementairesetsociales.
Source :EDF,documentd?enregistrementuniversel.
2.2.3 ÉNERGIES RENOUVELABLES ET VALORISATION
DES DÉCHETS
La production primaire d?énergie issue de ressources
renouvelables s?établit à 366 TWh en 2023, en augmentation
de 9,8 % par rapport à 2022 (figures 2.2.3.1 et 2.2.3.2). Cette
augmentation est portée par la filière hydraulique (+ 24,5 %),
du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la
moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par
la filière éolienne (+ 32,1 %), du fait du développement du
parc et de conditions de vent favorables. De manière générale,
la production augmente pour toutes les filières, à l?exception
des biocarburants dont la production diminue de 2,7 %.
Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans
l?industrie papetière) demeure la première énergie
renouvelable produite en France (32 % de la production
nationale d?énergie renouvelable). Viennent ensuite l?électricité
hydraulique (15 %), les pompes à chaleur (14 %), l?éolien
(14 %), les biocarburants (6 %), le solaire photovoltaïque
(6 %), le biogaz (6 %), la valorisation des déchets renouvelables
(4 %), la valorisation des résidus de l?agriculture et de
l?industrie agroalimentaire (1 %), la géothermie (1 %), le solaire
thermique et les énergies marines (moins de 1 % pour
chacune de ces deux filières).
En incluant par ailleurs les 20 TWh d?énergie produite à
partir de la valorisation des déchets non renouvelables
(cf. infra), la production primaire d?énergie issue de ressources
renouvelables ou de déchets s?élève à 386 TWh en 2023.
Figure 2.2.3.1 : part de chaque filière dans la production primaire d?énergies renouvelables en 2023 (366 TWh)
En %
Bois-énergie*
Hydraulique (hors pompages)
Pompes à chaleur
Éolien
Biocarburants
Solaire photovoltaïque
Biogaz
Déchets renouvelables
Résidus de l?agriculture et des IAA**
Géothermie
Solaire thermique
Énergies marines
0
32
6
15
14
14
6
6
4 111
*Ycomprisliqueurnoire.
**Industriesagroalimentaires.
Source :SDES,Bilandel?énergie
48 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.3.2 : évolution de la production primaire d?énergies renouvelables
En TWh
Bois-énergie*
Biogaz
Solaire thermique et géothermie
Hydraulique (hors pompages)
Solaire photovoltaïque
Résidus de l?agriculture et des IAA**
Éolien
Biocarburants
Énergies marines
Pompes à chaleur
Déchets renouvelables
400
350
300
250
200
150
100
50
0
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2023
2020
1994
*Ycomprisliqueurnoire.
**Industriesagroalimentaires.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les énergies renouvelables électriques correspondent
aux filières renouvelables de production primaire d?électricité
(129 TWh en 2023). Par convention, la production primaire
de ces filières est égale à leur production d?électricité.
Elles regroupent l?hydraulique (hors stations de transfert
d?énergie par pompage), l?éolien, le solaire photovoltaïque
et les énergies marines.
Hydraulique (hors pompages)
La production hydraulique dépend fortement du débit des
cours d?eau et du niveau des réservoirs et, par conséquent,
de la pluviométrie contemporaine et passée. L?essentiel de
la production provient de grandes installations, situées
le long du Rhin et du Rhône ainsi que dans les zones
montagneuses.
Après une forte baisse en 2022 en raison de la sécheresse,
la production hydraulique augmente en 2023 (+ 24,5 %) et
atteint 57 TWh, ce qui est très proche de la moyenne de
production (58 TWh de 2011 à 2022). La puissance installée
du parc reste, quant à elle, quasiment constante depuis
plusieurs années.
Énergies marines
Les énergies marines regroupent les différentes filières de
production d?électricité tirant parti de l?énergie mécanique
issue des mouvements de l?eau créée par les marées (énergie
marémotrice), les vagues (énergie houlomotrice) et les
courants marins (énergie hydrolienne).
L?usine marémotrice de la Rance, construite dans les
années 60, est, à ce jour, la principale unité de production en
service commercial exploitant l?énergie issue du milieu marin
en France. D?une capacité électrique de 240 MW, sa
production (hors pompages) s?élève à 0,5 TWh depuis 2014.
Éolien
En 2023, la capacité installée sur le territoire continue
d?augmenter (+ 11 %) avec la mise en service de deux
nouveaux parcs en mer, l?un à Fécamp et l?autre à Saint-Brieuc
(en plus de Saint-Nazaire en 2022). La production augmente
encore davantage (+ 32 % entre 2022 et 2023) en raison de
conditions de vent favorables. Elle s?établit à 50 TWh en 2023,
dont 1,9 TWh en mer. La filière éolienne connaît un
développement particulièrement rapide ces dernières années
avec une augmentation de la puissance installée de 71 %
depuis 2017, pour atteindre 23 GW en 2023, dont 1,5 GW
d?éolien en mer.
Solaire photovoltaïque
La filière solaire photovoltaïque s?est développée
particulièrement rapidement au cours de la décennie :
la capacité installée sur le territoire, qui était inférieure à 9 GW
en 2017, a plus que doublé et atteint 20 GW en 2023 (+ 15 %
sur un an). Soutenue par la croissance du parc, la production
progresse de 11,2 % par rapport à 2022, pour atteindre
21,8 TWh, alors que l?ensoleillement a été un peu moins
généreux en 2023 qu?en 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 49
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les énergies renouvelables thermiques et les déchets
(257 TWh en 2023) regroupent les filières pour lesquelles
l?énergie est produite sous forme de chaleur, avant d?être
éventuellement convertie sous une autre forme (en électricité
ou en force motrice notamment) - (figure 2.2.3.3). On distingue
les filières de production d?énergie par combustion de celles
de production primaire de chaleur. Les premières regroupent
d?une part la biomasse, qu?elle soit solide (bois-énergie,
résidus agricoles et agroalimentaires), liquide (biocarburants)
ou gazeuse (biogaz), d?autre part les déchets incinérés
(urbains et industriels). Les secondes regroupent la
géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur.
Biomasse solide
En 2023, la production d?énergie primaire issue de biomasse
solide augmente de 0,8 % (123 TWh). Néanmoins, cette
légère augmentation ne permet pas d?atteindre le niveau de
production de la seconde moitié des années 2010.
Le bois-énergie constitue plus de 96 % de la biomasse
et est consacré à 58 % à l?usage résidentiel (cf. 4.5).
Malgré une hausse de 0,4 % en 2023, liée à des températures
légèrement plus froides, la consommation résidentielle
est tendanciellement orientée à la baisse depuis 2010.
La consommation par ménage diminue en effet régulièrement
grâce à la performance croissante des appareils de chauffage
au bois.
À l?inverse, dans le secteur de la transformation d?énergie,
la consommation de biomasse progresse continuellement
depuis 2005 (+ 1,6 % par rapport à 2022) ; elle est en effet
de plus en plus utilisée dans les installations de cogénération
et de production de chaleur.
Biogaz
Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane
et de dioxyde de carbone produit par digestion anaérobie de
matières organiques. La filière biogaz peut être décomposée
en trois grandes sous-filières, segmentées selon l?origine des
intrants : le biogaz issu de la méthanisation de déchets
organiques ou végétaux bruts, le biogaz fabriqué à partir de
boues de stations d?épuration des eaux usées (STEP) et le
biogaz issu d?installations de stockage de déchets non
dangereux (ISDND).
En 2023, la production primaire de biogaz s?élève à
22 TWh, en augmentation par rapport à 2022 (+ 16,4 %).
Cette évolution s?inscrit dans une tendance continue à la
hausse, amorcée en 2011. De 2011 à 2023, la production
primaire de biogaz a en effet été multipliée par 4,2. 33 % de
la production de biogaz (7,2 TWh) est valorisée pour produire
de l?électricité. La puissance des installations raccordées au
réseau électrique représente 0,6 GW en fin d?année 2023,
en augmentation de 1,9 % par rapport à 2022. Par ailleurs,
30 % de la production de biogaz est dédiée à la production
de chaleur (6,5 TWh). Enfin, l?épuration de biogaz en
biométhane, afin d?être ensuite injecté dans les réseaux de
gaz naturel, constitue un débouché en forte croissance depuis
quelques années. Ce mode de valorisation concerne en effet
plus de 37 % de la production totale de biogaz en 2023, soit
8,2 TWh, en progression de 31 % par rapport à 2022 (cf. 3.2).
Biocarburants et autres bioliquides
La biomasse liquide, aussi appelée biocarburants ou
bioliquides, est utilisée essentiellement pour la force motrice
des véhicules (y compris les véhicules de chantier, agricoles,
etc.). La France produit principalement du biodiesel (66,7 %)
mais également des bioessences (32,9 %) et un peu de
biokérosène (0,4 %).
En 2023, la production nationale de biocarburants s?élève
à 21 TWh, en baisse de 2,7 % par rapport à 2022. La production
de biodiesel baisse en particulier de 4 % dans un contexte
de hausse des coûts de production. La production de
bioessences reste stable. Encouragée par une fiscalité
incitative à l?incorporation de biocarburants, la production a
connu une forte croissance au cours des années 2000,
passant de 4 TWh en 2000 à 26 TWh en 2010. Depuis,
la production a stagné, voire diminué, malgré la hausse
progressive des objectifs d?incorporation.
Déchets
La production d?énergie primaire à partir de l?ensemble des
déchets diminue de 9 % en 2023, pour s?établir à 33 TWh.
50 % de cette production est valorisée sous forme de chaleur.
Seule la partie biodégradable des déchets est considérée
comme relevant des énergies renouvelables. Par convention
internationale, cette part est fixée à la moitié des déchets
ménagers, soit 13,5 TWh en 2023. Les déchets non
renouvelables recouvrent l?autre moitié des déchets ménagers
ainsi que les déchets industriels ; ils s?élèvent à 19,5 TWh
en 2023.
50 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.2.3.3 : les différents types de valorisation de la biomasse et des déchets en 2023
0,2
Biomasse solide
pour production électrique
Biomasse solide pour production
de charbon de bois
Biomasse solide
pour production de chaleur
Déchets pour
production électrique
Déchets pour
production de chaleur
Biogaz pour production électrique
Biogaz pour production de chaleur
Biogaz pour injection dans
le réseau de gaz
Biocarburants pour le transport
Biocarburants utilisés
par les engins agricoles
et de chantier
Bioliquides pour la production
d?électricité et de chaleur
En %
11 1
88
37 34
29
50
50
92
8
Biomasse
solide
Biogaz Déchets Bioliquides
Note:laproductiondechaleurs?entendiciausenslargedeproductionayantunusagefinalsousformedechaleuretnonpasseulement,commedansla
partie3.5,deproductiondechaleurcommercialisée.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Solaire thermique
La production du parc des installations solaires thermiques
est de 2,8 TWh en 2023, en hausse de 3,7 % sur un an.
43 % de cette production est réalisée dans les DROM en
raison du fort ensoleillement de ces territoires, propice à
l?installation de chauffe-eaux solaires. Le développement de
la filière, très dynamique jusqu?au début des années 2010,
a depuis ralenti. En métropole, ce sont essentiellement des
projets de « grandes surfaces » solaires thermiques qui ont
permis le développement de la filière ces dernières années,
même si les installations individuelles sont de plus en plus
demandées par les particuliers. Le marché du solaire hybride,
combinant des panneaux solaires photovoltaïques avec du
solaire thermique, s?est fortement développé entre 2015 et
2018 mais reste de niche depuis la fin du soutien de la filière
par les aides à la rénovation énergétique.
Géothermie
De manière générale, la géothermie vise à exploiter l?énergie
thermique contenue dans le sous-sol. La chaleur géothermique
produite à partir de pompes à chaleur (dite de « très basse
énergie ») est toutefois comptabilisée à part (cf. rubrique
suivante). La production primaire géothermique s?élève à
5,3 TWh en 2023, en augmentation de 4 % sur un an.
La géothermie dite de « basse énergie » exploite des
aquifères d?une profondeur de plusieurs centaines de mètres
(entre 30 °C et 90 °C) à des fins de production de chaleur
(chauffage et eau chaude sanitaire). Elle est généralement
mobilisée comme source de production par les réseaux de
chaleur en raison du montant élevé des investissements
nécessaires. Ces réseaux, dont la plupart sont situés en
Île-de-France, alimentent principalement des bâtiments
à usage résidentiel ou tertiaire. La géothermie de « basse
énergie » est également exploitée par quelques installations
isolées, telles des piscines, des serres ou encore des bassins
de pisciculture. La production primaire de cette filière s?élève
à 4,1 TWh en 2023.
À l?inverse, la géothermie dite de « haute énergie » (ou
« haute température ») est principalement utilisée pour
produire de l?électricité. Elle exploite des aquifères ou des
gisements rocheux situés entre 1 500 et 5 000 mètres de
profondeur, atteignant une température supérieure à 150 °C.
Elle concerne un site en métropole, à Soultz-sous-Forêts
(Alsace), et un autre à Bouillante, en Guadeloupe. Les sites
exploitant cette technologie ont produit 0,12 TWh d?électricité
en 2023. Leur production primaire, valant par convention dix
fois la production d?électricité, atteint 1,2 TWh en 2023.
Pompes à chaleur
Les pompes à chaleur (PAC) produisent de la chaleur en
puisant des calories dans le sol ou les eaux souterraines
(géothermie dite de « très basse énergie », températures
inférieures à 30 °C) ou dans l?air (aérothermie). Seule la
chaleur renouvelable estimée à partir de la puissance et de
la performance des équipements est retracée en production
primaire d?énergie pour ne pas comptabiliser l?électricité utile
au fonctionnement de ces équipements.
Le parc de pompes à chaleur installées en France
continue de croître en 2023 (+ 9,4 %). Son développement
est notamment stimulé par les aides à la rénovation
énergétique (MaPrimeRénov et certificats d?économie
d?énergie notamment). La production de chaleur renouvelable
à partir de pompes à chaleur s?établit à 50 TWh en 2023, en
augmentation de 11,4 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 51
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.3 La facture énergétique de la France
est divisée par deux
2.3.1 PÉTROLE BRUT ET RAFFINÉ
Commerce extérieur de pétrole brut
L?activité de raffinage, qui utilise la quasi-totalité de pétrole
brut importé ou produit pour une quantité marginale sur
le territoire, continue de progresser en 2023 (cf. 3.1).
Les importations de pétrole brut augmentent ainsi par rapport
à 2022, à 46,5 Mtep (+ 10,7 %, figure 2.3.1.1). Après avoir
chuté en 2020 en raison de la crise sanitaire, elles progressent
depuis 2021 avec le redémarrage des installations, la crise
énergétique et l?embargo sur le pétrole russe. En effet,
les menaces sur l?approvisionnement puis l?embargo sur
les produits pétroliers raffinés russes, et en particulier
le gazole, ont stimulé l?activité des sites de raffinage pour
répondre à la demande intérieure. Malgré ce regain, l?activité
de raffinage en France est nettement moindre qu?il y a une
quinzaine d?années. Les importations de pétrole brut ont ainsi
baissé de 45 % depuis 2008 et de 21 % depuis 2012.
La facture correspondante de la France s?établit à
27,3 Md¤ en 2023 (cf. 1.2). Elle recule de 18,0 %, mais reste
au-dessus de son niveau de 2019 (24,1 Md¤2023). Elle avait
quasiment doublé en 2022, en raison principalement du
renchérissement marqué des produits lié à la guerre en
Ukraine, et avait atteint sa valeur la plus haute depuis la
baisse mondiale des prix pétroliers en 2014.
Figure 2.3.1.1 : importations de pétrole brut*
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Importations 49,7 24 120 33,9 10 749 34,7 17 106 42,1 33 246 46,5 27 266
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà
distiller.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, la France achète plus de la moitié de son pétrole
brut auprès des membres de l?Organisation des pays
exportateurs de pétrole (Opep) avec 53,7 %, contre 48,5 %
en 2022 (figure 2.3.1.2).
Les États-Unis restent le premier fournisseur de la France
avec 7,8 Mtep, soit 16,7 % du total. Ils devancent ainsi
le Nigeria, puis le Kazakhstan, qui représentent chacun 12 %
du total. Les importations depuis la Russie, en troisième
position en 2019 (2,2 Mtep), ont cessé en 2023. En effet,
un embargo sur le pétrole brut russe importé par voie maritime
est entré en vigueur le 5 décembre 2022.
Globalement, la part de l?Europe orientale dans les
importations de pétrole brut diminue nettement : - 6 points
en un an et - 17 points par rapport à 2019. Celle de la mer
du Nord baisse également (- 2 points).
À l?inverse, la part des importations en provenance
d?Afrique (+ 3 points), du Moyen-Orient (+ 2 points) et
d?Amérique du Nord (+ 2 points) progresse.
52 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.1.2 : origine des importations de pétrole brut*
En Mtep
1973 1979 1990 2000 2010 2019 2020 2021 2022 2023
En % En %
Grandes zones
Moyen-Orient 98,5 71,4 96,6 32,4 32,3 11,4 10,4 5,3 5,1 6,4 8,0 17,2
Afrique du Nord 18,7 13,5 9,7 7,3 6,4 12,4 8,6 4,4 7,5 6,3 8,6 18,4
Afrique subsaharienne 15,3 11,1 11,2 14,1 7,7 8,7 8,0 5,9 5,4 8,9 9,6 20,6
Mer du Nord** 0,2 0,1 4,3 10,7 32,6 10,9 3,8 4,4 3,6 4,6 4,3 9,3
Europe orientale*** 3,4 2,5 5,1 6,4 8,2 21,5 14,6 8,9 7,9 8,1 5,9 12,8
Amérique du Nord - - - 2,5 - - 3,8 4,3 4,9 6,6 8,1 17,3
Autres 1,8 1,3 1,7 1,6 0,3 0,9 0,6 0,7 0,4 1,1 2,1 4,5
Total 137,9 100,0 128,6 75,0 87,6 65,7 49,7 33,9 34,7 42,1 46,5 100,0
dontOpep**** 130,5 94,7 114,3 43,9 40,7 28,2 25,8 14,3 17,3 20,4 25,0 53,7
OpephorsIrak 111,5 80,8 91,1 40,8 33,4 25,7 23,0 13,3 14,9 18,1 21,5 46,1
Principaux fournisseurs
États-Unis - - - 3,8 4,3 4,5 6,2 7,8 16,7
Nigeria 12,9 9,3 9,8 3,2 4,9 2,9 6,1 3,3 4,0 4,2 5,8 12,4
Kazakhstan - - - - 2,1 7,0 6,9 5,5 4,6 5,7 5,6 12,0
Algérie 11,3 8,2 5,2 3,1 3,5 0,9 5,8 3,5 4,0 3,7 4,5 9,6
Libye 6,6 4,8 4,1 3,0 2,5 10,5 2,6 0,9 3,4 2,6 4,1 8,7
Irak 19,1 13,8 23,2 3,1 7,4 2,4 2,8 1,0 2,4 2,3 3,5 7,6
Arabie saoudite 30,8 22,4 45,3 15,5 15,6 6,1 7,4 4,0 2,7 3,4 3,5 7,5
Norvège 0,2 0,1 1,6 6,0 21,6 7,2 3,2 3,6 2,4 3,4 3,4 7,2
Angola - - - 2,8 1,9 3,5 0,9 1,4 0,4 3,0 2,2 4,8
Brésil - - - - 0,1 0,7 0,4 0,3 0,1 0,8 1,0 2,2
Royaume-Uni - - 2,7 4,8 10,1 3,4 0,6 0,8 1,2 1,2 1,0 2,1
Azerbaïdjan - - - - 0,6 3,2 1,4 0,5 0,2 0,2 0,4 0,8
Guinée équatoriale - - - - - 0,6 - - 0,3 0,3 0,2 0,4
Ghana - - - - - - 0,4 0,1 - - 0,1 0,3
Russie - - - - 5,1 11,3 6,3 3,0 3,1 2,2 - -
Iran 11,1 8,0 8,0 9,2 5,3 1,8 - - - - - -
Congo 1,0 0,7 - 0,9 0,0 1,3 - - - - - -
Mexique - - - 2,5 - - - - - - - -
*Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller.
**Danemark,Norvège,Pays-BasetRoyaume-Uni.
***Azerbaïdjan,Géorgie,Kazakhstan,Russie,Turkménistan,Ukraine.
****Opep:en2023:Algérie,Angola,Arabiesaoudite,Congo,Émiratsarabesunis,Gabon,Guinéeéquatoriale,Irak,Iran,Koweït,Libye,Nigeria,Venezuela.
Note:lepétroleestclassédanscetableauselonlepaysoùilaétéextrait.Jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.
Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs
Commerce extérieur de produits raffinés
Les importations de produits raffinés reculent fortement pour
la deuxième année consécutive (- 8,1 %, après - 9,9 % en
2022), pour s?établir à 38,0 Mtep en 2023, en lien avec la
croissance de l?activité de raffinage (figure 2.3.1.3).
La hausse de l?activité de raffinage entraîne une
augmentation des exportations en 2023 (+ 6,1 % par rapport
à 2022), à 14,7 Mtep. Les quantités exportées demeurent
toutefois très inférieures à leur niveau de 2019 (- 15,7 % sur
quatre ans).
Ainsi, le solde importateur de la France en produits raffinés
se réduit, à 23,3 Mtep, le niveau le plus faible enregistré depuis
2018.
Après son record historique de 2022 dû à la très forte
hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés, la
valeur monétaire des importations de produits raffinés s?élève
à 29,3 Md¤ en 2023. Elle diminue de 28,7 %. En euros
constants, elle reste supérieure de 6,9 % à son niveau de 2019.
La valeur des exportations s?est aussi nettement réduite, à
12,7 Md¤ (- 15,2 % en un an et + 5,0 % par rapport à 2019 en
euros constants). Ainsi, les échanges extérieurs de produits
raffinés contribuent à hauteur de 16,6 Md¤ au déficit commercial
de la France, contre 26,1 Md¤ en 2022. La facture s?est
fortement allégée en 2023 (- 36,4 %) sous l?effet de la baisse
des prix. Elle reste néanmoins supérieure à celle de 2019
(+ 1,3 Md¤, soit + 8,4 %).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 53
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.1.3 : solde importateur des produits raffinés
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Importations 45,6 27 408 43,7 18 035 45,8 26 272 41,3 41 078 38,0 29 298
Gazole routier 20,1 12 602 20,0 8 137 21,1 11 516 19,4 20 109 17,1 13 400
Fioul domestique et autres gazoles 4,6 2 724 4,9 1 909 3,9 2 057 2,6 2 589 3,0 2 344
Supercarburants* 1,6 1 021 1,4 637 2,7 1 716 3,1 3 256 2,7 2 191
Jet kérosène 6,2 3 906 4,1 1 590 5,1 2 882 5,7 6 124 5,7 4 611
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 3,7 1 316 3,3 1 048 3,6 1 745 3,4 1 994 3,2 1 447
Fioul lourd 2,8 1 351 1,9 718 1,5 728 1,6 1 113 1,3 848
Produits non énergétiques** 5,3 3 286 6,7 2 992 6,7 4 461 4,4 4 396 3,8 3 304
Autres*** 1,4 1 202 1,1 1 005 1,4 1 168 1,1 1 497 1,1 1 154
Exportations 17,4 12 096 12,8 7 393 12,6 10 108 13,8 14 973 14,7 12 702
Gazole routier 0,3 247 0,4 307 0,6 587 0,6 1 009 0,8 899
Fioul domestique et autres gazoles 2,3 1 246 1,2 426 0,9 497 0,8 787 1,3 909
Supercarburants* 2,8 1 575 2,3 774 2,2 1 286 1,8 1 590 1,6 1 139
Jet kérosène 1,8 1 066 1,5 538 1,7 945 1,1 1 419 1,2 1 023
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1,0 472 1,0 372 1,0 574 1,2 832 0,9 491
Fioul lourd 3,7 1 544 2,5 706 2,6 1 147 3,5 2 312 3,4 1 705
Produits non énergétiques** 4,6 3 508 2,9 2 169 2,5 2 766 3,7 4 287 4,6 4 290
Autres*** 1,0 2 440 1,1 2 101 1,0 2 305 1,1 2 739 0,8 2 246
Solde importateur 28,2 15 311 30,9 10 642 33,2 16 164 27,5 26 104 23,3 16 596
Gazole routier 19,8 12 355 19,7 7 831 20,4 10 928 18,8 19 100 16,3 12 501
Fioul domestique et autres gazoles 2,4 1 479 3,7 1 483 3,0 1 559 1,9 1 802 1,7 1 435
Supercarburants* - 1,2 - 554 - 0,9 - 137 0,5 430 1,3 1 667 1,1 1 052
Jet kérosène 4,4 2 840 2,6 1 052 3,4 1 937 4,5 4 706 4,5 3 588
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 2,7 845 2,4 676 2,6 1 171 2,2 1 162 2,4 956
Fioul lourd - 0,9 - 193 - 0,6 12 - 1,1 - 419 - 1,9 - 1 199 - 2,1 - 857
Produits non énergétiques** 0,7 - 222 3,9 823 4,1 1 695 0,7 109 - 0,9 - 987
Autres*** 0,4 - 1 238 0,1 - 1 097 0,4 - 1 137 0,0 - 1 242 0,3 - 1 092
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres.
Note:lesvaleursmonétairessontdonnéescoût,assuranceetfretinclus(CAF)pourlesimportations,etfrancoàbord(FAB)pourlesexportations.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
La France achète principalement du gazole, qui regroupe
le gazole routier et non routier, ce dernier produit étant utilisé
pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs
agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole
routier, excepté sa coloration. Les importations de ce produit,
déduction faite des volumes exportés, représentent 16,3 Mtep
en 2023, pour une dépense nette correspondante de 12,5 Md¤.
La France est également importatrice nette de kérosène
(4,5 Mtep), de gaz de pétrole liquéfié (GPL, 2,4 Mtep), de fioul
domestique et autres gazoles (1,7 Mtep) et, depuis 2021, de
supercarburants (1,1 Mtep). À l?inverse, elle est devenue
depuis quelques années exportatrice nette de fioul lourd car
la demande intérieure pour ce produit décline régulièrement.
Ce combustible permet d?alléger sa facture de 0,9 Md¤.
Les évolutions par produit sont assez contrastées :
les importations de gazole et de naphta chutent de 11,7 %,
celles de GPL de 5,0 %. Les achats de supercarburants
reculent de 14 % pour revenir à leur niveau de 2021 (2,7 Mtep),
tandis que ceux de fioul lourd se replient de 17 %, à 1,3 Mtep.
Les achats de carburéacteurs augmentent légèrement, de
0,6 % sur un an, sans toutefois retrouver leur niveau de 2019
(- 8,2 %). À l?inverse, les livraisons de fioul domestique et
autres gazoles progressent fortement, à 3,0 Mtep (+ 14,9 %).
En 2023, la part de la Russie dans les importations de
produits pétroliers raffinés (16 % en 2022) est devenue quasi
nulle (figure 2.3.1.4) en application des sanctions économiques
liées à la guerre en Ukraine. Ainsi, la répartition des
provenances géographiques des produits pétroliers est
nettement modifiée en 2023.
Les produits raffinés importés par la France proviennent
pour près de la moitié d?Europe (47 %, soit 10 points de plus
qu?en 2022). Les parts de l?Arabie saoudite (11 %) et des
États-Unis (8 %) sont stables.
54 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Le gazole routier provient en 2023 pour 43 % d?Europe
(+ 16 points). La Russie, premier fournisseur de ce produit
en 2022, avec 6,2 Mtep, soit 32 % du marché, ne représente
plus que 0,3 % des importations. Le Moyen-Orient fournit
38 % du total (+ 9 points), dont 22 % depuis l?Arabie saoudite,
tandis que l?Inde en représente 7 %.
Depuis plusieurs années, le kérosène est acheminé en
grande partie depuis le Moyen-Orient, avec 40 % des
importations en 2023, comme en 2022. 18 % proviennent
d?Inde alors que 10 % proviennent d?Europe. Le GPL est,
quant à lui, importé principalement des États-Unis (1,2 Mtep,
38 %), d?Algérie (30 %), du Royaume-Uni (16 %) et de
Norvège (9 %).
L?essentiel des quantités de supercarburants importées
provient d?Europe (85 % en 2023). Enfin, le naphta est d?abord
livré depuis l?Europe (50 % du total), puis d?Algérie (33 %,
+ 22 points sur un an) et des États-Unis (8 %).
Figure 2.3.1.4 : importations de produits pétroliers raffinés
par pays de 2019 à 2023
En Mtep
Europe Russie Arabie saoudite États-Unis Algérie Autres
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2019 2021 2022 20232020
3,5 3,7 2,6
3,0
3,1
5,4 3,8
4,1
4,6
4,26,0 7,4 8,7
6,8 0,1
18,0 18,7 19,3
15,4 17,7
2,1 2,5 2,1
1,5
1,7
10,6 7,5 9,1
10,0
11,2
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Les exportations continuent de croître à un rythme soutenu
en 2023 (+ 6,1 %, après + 9,9 % en 2022). Leur dynamisme
s?explique surtout par les ventes de naphta (+ 36,8 %, à
3,2 Mtep). Les livraisons de gazole et de fioul domestique
ont également fortement augmenté (+ 56,8 %, à 2,2 Mtep).
Les exportations de kérosène ont crû de 6,0 %, à 1,2 Mtep.
À l?inverse, les ventes de supercarburants continuent de
chuter en 2023 (- 13,0 %, après - 17,7 % en 2022). Les
exportations de GPL passent de 1,2 Mtep en 2022 à 0,9 Mtep
en 2023 (- 28,2 %). Celles de fioul lourd, revenues en 2022
à leur niveau de 2019, se replient aussi en 2023 mais à un
rythme moins élevé (- 2,7 %).
Près des trois quarts des exportations françaises de
produits raffinés sont à destination de l?Europe en 2023.
Le fioul lourd en particulier est acheminé pour l?essentiel dans
l?Union européenne (76 %). C?est également le cas du naphta
(79 % vers l?Europe et 19 % vers les États-Unis).
Les produits livrés vers les États-Unis représentent 9 %
des quantités exportées en 2023 (7 % en 2022). En particulier,
41 % des quantités de supercarburants y sont exportées.
Stocks pétroliers
Entre fin 2022 et fin 2023, les stocks français de pétrole brut
et d?autres intrants du raffinage augmentent de 0,2 Mtep,
pour s?établir à 7,2 Mtep en fin d?année (6,4 Mtep de pétrole
brut et 0,8 Mtep de charges de raffinage). Les stocks de
produits raffinés diminuent légèrement en 2023, à 12,7 Mtep
(- 1,8 %, - 7,7 % sur quatre ans).
L?essentiel de ces stocks correspond aux obligations de
stockage stratégique de produits pétroliers devant couvrir au
minimum 90 jours d?importations nettes.
2.3.2 GAZ NATUREL
Les importations de gaz naturel arrivent en France
métropolitaine essentiellement sous forme gazeuse par un
réseau de gazoducs, terrestres ou sous-marins, ou sous
forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier.
Les importations, hors transit via gazoduc, de gaz naturel sur
le territoire s?élèvent à 532 TWh PCS en 2023, un niveau
comparable à celui de 2021 et en diminution de 17 % par
rapport à 2022 (figure 2.3.2.1). La baisse des prix (cf. 1.3.1)
entraîne une forte diminution du coût des importations, qui
s?établit à 36,3 Md¤ en 2023 (- 40,9 % en euros constants
par rapport à 2022).
En raison de la modération de la demande de gaz
naturel en 2023 et du haut remplissage des stocks en début
d?année, les importations de gaz naturel reculent en 2023.
Les importations par gazoduc diminuent ainsi de 18,2 %, à
217 TWh. Elles sont réalisées aux points d?interconnexion
du réseau (PIR) de gazoducs de France métropolitaine avec
les réseaux étrangers : Dunkerque depuis la Norvège (69 %
des entrées brutes), Taisnières (L) depuis les Pays-Bas
(10 %), Virtualys depuis la Belgique (7 %), Pirineos depuis
l?Espagne (14 %) et autres (0,6 %). Les importations de GNL
diminuent aussi nettement (- 16 %) et s?élèvent à 315 TWh
en 2023. Le GNL regazéifié représente 59 % des entrées de
gaz naturel, en hausse de 0,7 point par rapport à l?année
précédente. Le terminal méthanier de Dunkerque réceptionne
39 % des importations de GNL, les deux terminaux de Fos-
sur-Mer en reçoivent 32 % et celui de Montoir-de-Bretagne
27 %. Mis en fonction en octobre 2023, le terminal flottant du
Havre réceptionne 1 % des importations de GNL en 2023.
Enfin, outre les injections de GNL regazéifié dans le réseau
depuis les terminaux méthaniers, du GNL est également
directement acheminé par camion-citerne jusqu?à certains
industriels ou des stations-service (il s?agit de GNL dit « porté »
ou de détail). Les volumes correspondants sont relativement
faibles et restent stables par rapport à 2022 (2,1 TWh).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 55
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les sorties du territoire, sous forme gazeuse, s?effectuent
aux points d?interconnexion avec les réseaux des pays voisins,
principalement suisse (PIR Oltingue et Jura), espagnol (PIR
Pirineos) et belge (PIR Virtualys). Les exportations diminuent
par rapport à l?année précédente (- 9,0 % en 2023), mais
restent à un niveau historiquement élevé. En effet, les
quantités entrées sous forme de GNL et regazéifiées sont
comptabilisées en exportation lorsqu?elles sont destinées à
un autre pays alors qu?elles seraient exclues des importations
si elles transitaient par le réseau sous forme gazeuse (transit).
Ce sont ainsi 156 TWh de gaz qui ont été réexportés en 2023,
hors transit, pour une recette correspondante s?élevant à
10,0 Md¤.
Le solde importateur de la France en gaz naturel, net des
exportations, diminue de 19,6 % en 2023, pour atteindre
377 TWh. En lien avec la nette baisse des prix du gaz,
la facture correspondante diminue fortement, de moitié, pour
s?établir à 26,3 Md¤ en 2023.
Figure 2.3.2.1 : solde importateur de gaz naturel
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Importations 612,2 11 803 521,0 6 704 521,8 17 775 639,5 61 379 532,4 36 281
Selon la forme de gaz
Gaz sous forme gazeuse 376,5 7 423 324,2 4 105 337,2 12 215 265,3 27 554 217,0 21 051
GNL** regazéifié 233,6 4 342 194,8 2 573 182,4 5 498 371,8 33 609 313,3 15 126
GNL** porté 2,1 38 2,0 27 2,1 63 2,4 215 2,1 103
Selon le type de contrat
Court terme 182,8 n.d. 149,6 n.d. 131,5 n.d. 215,5 n.d. 160,8 n.d.
Moyen et long terme 429,4 n.d. 371,4 n.d. 390,2 n.d. 424,0 n.d. 371,7 n.d.
Exportations 105,4 2 038 93,9 1 071 62,0 1 861 171,3 11 334 155,9 10 006
Solde échanges extérieurs 506,8 9 765 427,1 5 633 459,7 15 914 468,2 50 045 376,5 26 274
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
**GNL=gaznaturelliquéfié.Ilestsoitregazéifiépourêtreensuiteinjectédanslesréseauxdegaz,soitdirectementacheminéparcamion-citerneàdesindustriels
oudesstations-service.
n.d.=nondisponible.
Note:lesdonnéesrelativesauximportationsetauxexportationsn?incluentpaslegaztransitantsurleterritoirenational.Letransitdegazgazeuxdéclarépar
lesfournisseursaétéexcluconformémentauxconventionsinternationalespourlesdonnéesannuelles;lesimportationsetexportationsontétéréviséesàla
baisse;lesoldeestinchangé.Parailleurs,lesimportationsdeGNLdiffèrentdesinjectionsdansleréseaudeGNLregazéifié,l?écartcorrespondantàlavariation
desstocksdesterminauxméthaniers(-1,2TWhen2023).
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseursdegaz,DGDDI
Les exportations de gaz russe à travers le gazoduc
Nordstream ont été arrêtées dès août 2022. Cela a
profondément modifié l?origine des importations depuis 2022
(figure 2.3.2.2). La Norvège est le principal fournisseur de
la France en 2023 (33 % du total des importations), suivie
par les États-Unis (26 %). Les autres pays fournisseurs sont
la Russie (13 %), l?Algérie (9 %), les autres pays (8 %),
les Pays-Bas (5 %), le Qatar (5 %) et le Nigeria (1 %). Pour
0,4 % des entrées brutes, correspondant essentiellement à
du GNL vendu sur les marchés, l?origine du gaz est
indéterminée. La France a nettement diversifié ses
approvisionnements à travers l?augmentation des importations
de GNL. Grâce à ces ports méthaniers, la France dispose
d?un accès au marché mondial du GNL.
La forte diminution des importations françaises de gaz
naturel en 2023 est portée par la baisse des importations en
provenance de la Norvège (- 15 %, - 4,9 points sur l?évolution
des importations), de la Russie (- 26 %, - 3,9 points), des
États-Unis (- 9 %, - 2,2 points), du Nigeria (- 63 %, - 1,3 point),
d?Algérie (- 8 %, - 0,6 point) et des Pays-Bas (- 7 %, - 0,3 point).
À l?inverse, les importations en provenance du Qatar
progressent (+ 8 %, + 0,3 point). Signe d?une diversification
accrue des approvisionnements, la part des achats auprès
d?autres pays augmentent (+ 81 %, + 3,1 points sur l?évolution
du solde global). La part relative du GNL pour lequel le lieu
de production ne peut pas être tracé diminue très nettement
pour devenir très faible (- 95 %, - 6,1 points).
56 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.2.2 : origine des importations de gaz naturel
En TWh PCS*
700
600
500
400
300
200
100
0
Norvège Russie Pays-Bas Algérie Nigeria (yc swaps) Qatar États-Unis Autres pays Indéterminés
1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 20201973 2023
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
Si l?approvisionnement français en gaz naturel est assuré,
pour l?essentiel, par les importations, la gestion des stocks
permet d?ajuster l?offre à la demande intérieure. Celle-ci varie
fortement en cours d?année avec les besoins en chauffage
(figure 2.3.2.3). En général, les stocks sont sollicités de
novembre à mars, période communément appelée « hiver
gazier », avant d?être progressivement reconstitués d?avril à
octobre. Les stocks utiles s?élèvent à 121 TWh fin 2023, en
baisse de 2 TWh par rapport à la fin 2022. Un remplissage
complet des infrastructures de stockage de gaz naturel a été
observé fin octobre 2023.
Figure 2.3.2.3 : niveau des stocks utiles de gaz naturel (y compris GNL) en fin de mois
En TWh PCS*
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
2018 2019 2020 2021 2022 2023
160
140
120
100
80
60
40
20
0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 57
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.2.4 : variations de stocks de gaz naturel
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Variations de stocks - 21,8 - 429,9 23,6 299,0 18,3 659,6 - 39,0 - 4 034,4 1,6 101,0
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Note:lesvariationsdestockssontcomptéespositivementencasdedéstockage,négativementencasdestockage.Ladépenseassociéecorrespondà
lavalorisationdelaquantitéphysiquedevariationdesstocks(+1,6TWhentrefindécembre2022etfindécembre2023)avecunprixdérivédesimportationsdeGNL.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière
2.3.3 CHARBON
Tous produits confondus, les importations de charbon, nettes
des (faibles) volumes exportés, s?élèvent à 52,1 TWh en 2023
(figure 2.3.3.1). Elles diminuent de 26 % par rapport à 2022
et de 39 % par rapport à 2019, et atteignent ainsi leur plus
bas niveau depuis plusieurs décennies.
L?approvisionnement de la France en charbon primaire
repose presque exclusivement sur ses importations, qui
s?élèvent à 6,0 millions de tonnes (Mt), soit 46,5 TWh, en
2023. La majeure partie de ces importations vise à répondre
aux besoins d?un nombre limité de consommateurs,
notamment des établissements de la filière sidérurgique et
des centrales électriques à charbon qui, dans un contexte
de décarbonation de la production électrique, sont de moins
en moins sollicitées.
La France importe par ailleurs de faibles volumes de
charbon dérivé. Il s?agit, pour l?essentiel, de coke venant
compléter la production nationale destinée aux hauts-
fourneaux et, dans une moindre mesure, de briquettes de
lignite et de produits agglomérés. Les importations de coke
ont de nouveau chuté en 2023, à 5,6 TWh. Elles avaient triplé
en 2021 puis avaient peu diminué en 2022 afin de compenser
la chute de production intérieure de coke due à la fermeture
ou l?indisponibilité de fours à coke dans les usines sidérurgiques
(cf. 3.3).
La facture charbonnière de la France chute nettement
(- 40 % en un an) du fait de la forte diminution des prix (cf. 1.4),
et s?établit ainsi à 2,0 Md¤ en 2023. Si le charbon dérivé ne
représente que 11 % des quantités importées, il pèse
davantage dans la facture (18 %) en raison de prix bien plus
élevés que ceux du charbon primaire.
Figure 2.3.3.1 : solde importateur de produits charbonniers
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 84,8 1 855 59,3 937 72,2 1 497 70,7 3 270 52,1 1 962
Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613
Charbon dérivé 5,2 237 4,0 135 12,0 471 10,0 696 5,6 349
Exportations 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1
Charbon dérivé 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1
Solde importateur 84,7 1 854 59,2 934 72,1 1 496 70,6 3 267 52,1 1 961
Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613
Charbon dérivé 5,2 236 3,9 132 11,9 470 9,9 693 5,6 349
Note:conformémentàlaméthodologiedel?AIE,lesimportationsdecharbonprimairesontnettesdesréexportations.
Source :SDES,Bilandel?énergie
58 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Les principaux fournisseurs de charbon de la France
demeurent les mêmes depuis plusieurs années (figure 2.3.3.2).
L?Australie reste au premier rang en 2023, avec 20,4 TWh
(2,6 Mt), suivie par les États-Unis (12,1 TWh). Les parts de
ces pays ont augmenté respectivement de 8 % et 6 %.
L?Afrique du Sud gagne de nouveau un rang en fournissant
6,2 TWh. Enfin, la Colombie produit 11 % du charbon livré
en France, avec 5,7 TWh. Les importations depuis la Russie
ont fortement diminué en 2022 en raison de l?embargo
européen consécutif à l?invasion de l?Ukraine et sont devenues
quasiment nulles en 2023. Elles s?élèvent à 0,12 TWh en
2023, contre 10,5 TWh en 2022 et 21,2 TWh en 2021.
Figure 2.3.3.2 : origine des importations de charbon
En Mt
35
30
25
20
15
10
5
0
1982
1996
2014
2008
1976
1990
1984
1998
1978
1992
2016
2010
1986
2000
1980
1994
1988
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Afrique du Sud Allemagne Australie Colombie États-Unis Russie Autres pays
Note:l?Allemagnecomprendl?ex-RDAdepuis1991.
Àpartirde2011,ils?agitdesimportationsnettesdesréexportationspourlecharbonprimaire.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source : SDES,Bilandel?énergie
Fin 2023, les opérateurs ont globalement puisé dans les
stocks de produits charbonniers, à hauteur de 0,2 TWh
(figure 2.3.3.3). Le charbon est entreposé soit dans les ports
où sont réceptionnées les importations, soit directement sur
les principaux sites consommateurs : centrales électriques,
sites sidérurgiques ou autres sites industriels (sucreries,
papeteries...). La consommation des centrales électriques
ayant diminué (cf. 4.4), l?autonomie correspondant à leurs
stocks a augmenté par rapport à fin décembre 2022 (27 mois
au rythme actuel annualisé de la consommation, soit 17 mois
de plus qu?en 2022, et 13 mois de moins qu?en 2019).
Figure 2.3.3.3 : variations de stocks de produits charbonniers
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Variations de stocks 0,4 - 11 2,3 25 7,9 113 - 2,7 - 148 0,2 - 16
Charbon primaire 0,7 3 2,4 33 7,8 109 - 2,1 - 110 0,6 4
Charbon dérivé - 0,3 - 13 - 0,2 - 8 0,1 5 - 0,7 - 38 - 0,4 - 19
Note:lavariationdesstocksphysiquesestpositiveencasdedéstockage,négativedanslecascontraire.Savalorisationmonétairepeutêtredesigneopposéen
raisondeprixdifférenciésentreproduitsou,pourunmêmeproduit,entrepériodesdel?annéeoùlesstocksaugmententetpériodesoùceux-cidiminuent.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 59
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
2.3.4 BOIS-ÉNERGIE
Exportatrice nette de bois-énergie jusqu?en 2015, la France
enregistre depuis plusieurs années un déficit commercial pour
ce combustible. Ainsi, en 2023, les achats français, nets des
quantités exportées, ont augmenté de 35 % en volume
(2,6 TWh), et de 11 % en valeur, après avoir doublé en 2022.
Ils atteignent 250 M¤ en 2023 (figure 2.3.4.1). La France
exporte en majorité du bois de chauffage (45 % des exportations
en quantité) et des sciures et déchets de bois (43 % des
exportations) - (figure 2.3.4.2). À l?inverse, elle importe
majoritairement des granulés de bois (87 % des importations
en quantité, soit 5 points de plus qu?en 2022). Ces derniers,
du fait de leur pouvoir calorifique élevé et de leur facilité
d?utilisation, sont vendus en général à des prix plus élevés que
le bois de chauffage. Malgré une baisse générale des prix des
combustibles bois-énergie en 2023, la forte croissance des
importations de granulés creuse le solde importateur (cf. 1.5).
Les échanges extérieurs de bois-énergie demeurent
néanmoins très faibles au regard de la production intérieure.
Les importations de bois-énergie représentent en effet 5 %
de la consommation primaire de bois-énergie. Les exportations
représentent, quant à elles, 3 % de la production primaire de
bois-énergie.
Figure 2.3.4.1 : échanges extérieurs de bois-énergie
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 2,7 141 2,7 124 3,9 168 4,4 315 5,3 325
Bois de chauffage 0,4 17 0,4 15 0,4 14 0,4 20 0,4 16
Sciures, déchets de bois et briquettes 0,5 16 0,4 15 0,4 17 0,4 24 0,3 21
Granulés 1,9 107 1,9 95 3,0 138 3,6 271 4,6 289
Exportations 2,3 61 1,9 45 2,1 57 2,5 91 2,7 75
Bois de chauffage 1,1 22 1,0 17 1,0 19 1,4 37 1,2 34
Sciures, déchets de bois et briquettes 0,7 7 0,5 5 0,6 9 0,7 18 1,2 16
Granulés 0,6 32 0,4 23 0,6 28 0,4 36 0,3 25
Solde importateur 0,5 80 0,7 79 1,7 111 1,9 225 2,6 250
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Figure 2.3.4.2 : échanges extérieurs de bois-énergie par combustible en 2023
En % des quantités échangées
Bois de chauffage
Sciures, déchets
de bois et briquettes
Granulés
45
43
12
Exportations
Granulés
Bois de chauffage
Sciures, déchets
de bois et briquettes
87
6
7
Importations
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
Les pays frontaliers sont les principaux destinataires des
exportations françaises de bois-énergie (figure 2.3.4.3), en
particulier la Belgique qui, en 2023, totalise plus de la moitié
des exportations. À l?inverse, les importations proviennent de
pays plus éloignés : les importations en provenance de
l?Amérique du Nord augmentent fortement depuis quelques
années en raison du développement du commerce de granulés.
En particulier, les importations en provenance des États-Unis,
marginales jusqu?en 2020, doublent entre 2022 et 2023 et
représentent le quart des importations totales de bois-énergie.
60 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.4.3 : échanges extérieurs de bois-énergie par pays en 2023
En % des quantités échangées
Belgique
Italie
Espagne
Luxembourg
Suède
Autres
53
12
11
7
5
12
États-Unis
Belgique
Allemagne
Espagne
Canada
Autres
25
24
10
24
7
10
Exportations Importations
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI
2.3.5 BIOCARBURANTS
La France est importatrice nette de biocarburants destinés
à être incorporés au gazole (biodiesel) ou à l?essence
(bioéthanol ou bioessences). Les achats français de
biocarburants, nets des volumes exportés, augmentent de
12,5 % en 2023 (figure 2.3.5.1), pour s?élever à 20 TWh
(soit près de la moitié des biocarburants consommés en
France, hors biokérosène). Ce déficit des échanges
extérieurs est très majoritairement imputable au biodiesel :
les importations nettes équivalent à 31 % des quantités de
bioessences et à 55 % des quantités de biodiesel
consommées sur le territoire. La facture correspondante
stagne en euros constants et s?élève à 3,2 Md¤ en 2023,
après avoir fortement augmenté en 2022 du fait de la crise
énergétique.
L?origine des matières premières utilisées dans les biocarburants
Dans le bilan de l?énergie, suivant les conventions statistiques internationales, les biocarburants sont
considérés comme une ressource énergétique nationale dès lors que la transformation de matières
premières est réalisée sur le sol national. On peut toutefois également s?intéresser au lieu de
production des matières premières elles-mêmes : de ce point de vue, 49 % des volumes de
biocarburants et 74 % des volumes de biodiesel essence consommés en France sont d?origine
étrangère en 2023. Cette part reste stable par rapport à 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 61
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.5.1 : échanges extérieurs de biocarburants
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 24,0 2 073 16,9 1 298 21,7 2 594 23,5 4 251 24,3 3 727
Bioessences 2,3 232 2,1 203 3,0 350 3,9 687 3,8 668
Biodiesel 21,7 1 840 14,8 1 094 18,7 2 244 19,6 3 564 20,5 3 059
Exportations 8,2 788 7,1 713 6,6 905 6,0 1 088 4,6 575
Bioessences 1,5 173 1,4 169 0,8 136 0,8 153 0,8 110
Biodiesel 6,7 614 5,7 543 5,7 769 5,2 935 3,8 465
Solde importateur 15,8 1 285 9,8 585 15,2 1 689 17,5 3 163 19,6 3 152
Bioessences 0,8 59 0,7 34 2,1 214 3,1 534 3,0 558
Biodiesel 15,0 1 226 9,1 551 13,0 1 475 14,4 2 629 16,7 2 594
Note:lecommerceextérieurdebiodieselcouvredésormais,ensusdesestersméthyliquesd?acidegras(EMAG),lebiodieseldesynthèse.Lecommerceextérieur
debioessencescouvredésormais,ensusdel?éthanol,lesbioessencesdesynthèse.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetDGEC
Les pays frontaliers concentrent la plupart du commerce
extérieur de biocarburants. S?agissant des esters méthyliques
d?acides gras (EMAG), qui représentent 91 % des importations
de biodiesel en volume, ils proviennent essentiellement de
Belgique (45 %), des Pays-Bas (32 %) et d?Espagne (17 %).
Quant aux exportations, elles sont majoritairement dirigées
vers la Belgique (39 %), l?Espagne (24 %) et la Suède (17 %).
Dans le cas de l?éthanol pur, qui représente 93 % des
importations de bioessences en volume, soit 14 % des
importations de biocarburants, il provient pour 29 %
d?Espagne, pour 12 % du Brésil et pour 10 % des Pays-Bas.
Les pays vers lesquels l?éthanol pur est exporté ne sont pas
connus dans les déclarations de durabilité (cf. méthodologie)
et ce produit n?est pas isolé dans les données de la DGDDI.
2.3.6 ÉLECTRICITÉ
En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité
après avoir enregistré un déficit en 2022, en raison de la
moindre disponibilité des centrales nucléaires et du faible
niveau de la production hydraulique dû à la sécheresse.
Sur l?ensemble de l?année 2023, la France a importé 25 TWh
et a exporté 76 TWh (figure 2.3.6.1), et enregistre donc
un solde exportateur d?électricité de 50 TWh après un solde
exportateur négatif de 15 TWh en 2022.
Le solde des échanges extérieurs est positif à toutes
les interconnexions frontalières (figure 2.3.6.2), sauf vis-à-vis
de l?Espagne (- 1,6 TWh). Le solde vis-à-vis de la Grande-
Bretagne, négatif en 2022, augmente de 23 TWh, pour
atteindre 14 TWh en 2023. Le solde exportateur d?électricité
progresse aussi nettement avec l?Allemagne (+ 15 TWh par
rapport à 2022), la Belgique (+ 13 TWh) et, dans une moindre
mesure, avec l?Italie (+ 5 TWh, à 18 TWh) et la Suisse
(+ 3 TWh). Il était resté excédentaire en 2022 avec ces deux
pays. Le solde vis-à-vis de l?Espagne est moins déficitaire
qu?en 2022 : il progresse de 7 TWh en 2023. Les importations
sont restées élevées au premier semestre à la frontière avec
l?Espagne et ont nettement diminué au second semestre, en
lien avec la hausse de la production intérieure.
Les recettes tirées des exportations d?électricité s?élèvent
en 2023 à 6,8 Md¤. Déduction faite des dépenses d?importation
(2,9 Md¤), le solde net s?établit à 4,0 Md¤ et augmente de
12 Md¤ par rapport à l?année précédente en euros constants.
Cette nette hausse s?explique par la croissance des
exportations physiques d?électricité et la baisse des quantités
importées, alors que les prix diminuent nettement.
Figure 2.3.6.1 : échanges extérieurs d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Importations 16 830 20 849 24 3 802 52 17 006 25 2 885
Exportations 73 3 115 65 2 135 69 6 709 37 9 192 76 6 847
Solde exportateur 58 2 285 45 1 286 45 2 906 - 15 - 7 814 50 3 961
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE,DGDDI,Emosson
62 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 2 : l?approvisionnement énergétique
Figure 2.3.6.2 : contribution au solde exportateur d?électricité
60
50
40
30
20
10
0
- 10
- 20
- 30
- 40
En TWh
2020 2021 2022 2023
Espagne Grande-Bretagne Belgique Allemagne Autres Italie
13
10
10
5
1
6
14
13
18
6
- 9
9
- 3
- 5
- 2
15
- 8
3
7
4
7
6
- 10
14
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE
partie 3
Transformation,
transport et distribution
d?énergie
? Les pertes liées à la transformation, au transport et à
la distribution d?énergie augmentent de 13,0 % en 2023 et
s?élèvent à 909 TWh. Cette hausse s?explique essentiellement
par l?augmentation de la production d?électricité des centrales
nucléaires, à travers les pertes de chaleur induites. À l?inverse,
la consommation des combustibles pour la production d?électricité
et de chaleur diminue. La consommation de gaz dans les
centrales électriques de cogénération et les réseaux de chaleur
chute de 23,6 %. L?activité des raffineries reste dynamique
en 2023 alors que celle de la filière fonte se replie nettement.
Les achats en énergie de la branche énergie diminuent de 9 %
en 2023, pour atteindre 41,6 Md¤. Ils sont composés à 76 %
de pétrole brut utilisé dans les raffineries.
64 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.1 L?activité du raffinage continue
sa progression en 2023
Le raffinage consiste à transformer le pétrole brut en différents
produits finis, énergétiques (carburants, combustibles) ou
non (lubrifiants, bitume et produits destinés à la pétrochimie
entre autres). Le pétrole brut est, dans un premier temps,
séparé par distillation en plusieurs coupes pétrolières, les plus
lourdes pouvant, dans un deuxième temps, être craquées en
molécules plus légères et mieux valorisables. Les produits
ainsi obtenus font ensuite l?objet de procédés d?amélioration,
visant notamment à en réduire la teneur en soufre ou, pour
les supercarburants, à en augmenter l?indice d?octane.
Les biocarburants produits ou importés en France sont
incorporés en raffinerie ou en dépôt aux carburants non issus
de biomasse. Les informations fournies ci-dessous portent
sur les produits raffinés, biocarburants exclus.
En 2023, la production nationale de produits raffinés,
nette de la consommation propre des raffineries, s?élève à
46,1 Mtep (535,6 TWh), pour une consommation de matière
première de 48,0 Mtep (figure 3.1.1). La production nette
progresse de 10,7 % sur un an, après une hausse de 15,6 %
en 2022. L?activité a été dynamique en dépit des mouvements
sociaux et des blocages, notamment au printemps. Compte
tenu des difficultés d?approvisionnements extérieurs, en
particulier pour le gazole, les installations de raffinage ont
été davantage sollicitées en 2023 après avoir redémarré en
2022. En 2021, la production nette du raffinage était restée
atone, après une chute de plus d?un quart en 2020 en raison
de la crise sanitaire. Certaines installations étaient restées
fermées en 2021 pour maintenance et défaut de rentabilité.
Les raffineurs ont dépensé 29,1 Md¤ en pétrole brut et
autres charges de raffinage pour fournir des produits finis
valorisés à 38,4 Md¤. En euros constants 2023, la valeur de
cette production diminue de 17,3 % par rapport à 2022, en
raison principalement de la baisse des prix (cf. 1.2). Elle reste
très supérieure à celle de 2019 (+ 33,5 %). En 2023,
les raffineries ont dégagé un excédent de 9,3 Md¤, soit 194 ¤
pour chaque tonne équivalent pétrole de produit à distiller
utilisée, contre 245 ¤2023 l?année précédente et 48 ¤2023
en 2019. Après le record de 2022, ce solde a la deuxième
plus haute valeur jamais observée depuis le début du calcul
de cet indicateur en 2011.
Figure 3.1.1 : consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage et production nette de produits finis
des raffineries
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Consommation de pétrole brut
et autres charges de raffinage 52,3 25 916 37,9 13 355 37,3 19 608 43,6 35 215 48,0 29 111
Production nette des raffineries 50,4 28 789 36,6 15 368 36,0 20 897 41,6 46 474 46,1 38 423
Solde - 2 872 - 2 012 - 1 289 - 11 259 - 9 312
Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Lerapportentrelesoldecalculéicietlaconsommationpeutprésenterdesécartsavec
lamargederaffinagecalculéeetdiffuséeparlaDGEC,carcettedernières?appuienonsurdesdonnéesréellesmaissurunmodèlethéoriquederaffinerieen
prenantencompteenoutreunensembleplusvastedecharges(dépensesdegaznaturelnotamment).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les raffineries françaises produisent principalement du
gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier. Ce dernier
produit est utilisé pour certains engins mobiles non routiers
et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications
que celles du gazole routier, excepté sa coloration.
Ces gazoles utilisés comme carburant représentent 36 % du
total de la production en 2023. Les supercarburants comptent
pour 19 %, les produits non énergétiques pour 16 % et le fioul
lourd pour 13 % (figure 3.1.2). Le kérosène représente 7 %
du total de la production nationale de produits raffinés, en
augmentation depuis la reprise progressive du trafic aérien
à la suite de la crise sanitaire. Enfin, la part du fioul domestique
et autres gazoles est de 6 %, et celle du gaz de pétrole liquéfié
de 2 %.
La production de gazole, qui a augmenté de 13 % en
un an, retrouve son niveau de 2019. À 3,4 Mtep, celle de jet
kérosène progresse fortement par rapport à 2022 (+ 31 %,
après + 133 % en 2022), en lien avec la croissance du trafic
aérien international ; la production de kérosène s?établit à
85 % de son niveau de 2019.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 65
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.1.2 : production nette de produits finis des raffineries
En Mtep
2018 2019 2020 2021 2022 2023
60
50
40
30
20
10
0
Gazole
Fioul lourd
GPL
Supercarburants*
Fioul domestique et autres gazoles
Autres***
Produits non énergétiques**
Jet kérosène
18,1
10,9
8,1
5,5
5,3
4,3
1,51,2
16,4
9,8
6,9
5,9
4,7
4,0
1,51,3
13,1
8,0
5,4
3,9
2,6
1,0 1,5
1,2
13,5
7,7
5,7
3,9
2,0
1,1 1,1
1,0
14,4
7,7
6,3
5,9
2,7
2,6
1,1
0,9
16,4
8,6
7,3
5,8
2,6
3,4
1,1
0,9
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autresproduits.
Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Àpartirde2018,laquantitécorrespondantàdugazolepêcheestinclusedanslepostedu
fiouldomestiqueetautresgazoles,commel?estcelledudieselmarineléger(DML),etnonplusdansceluidugazole.Celledegazolenonroutier,utilisédans
l?agricultureetlaconstructionnotamment,estregroupéeaveclegazoleroutierdanslepostegazole,carils?agitdefaitdumêmeproduitsurleplanchimique.
Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs
Après la fermeture de plusieurs installations au début des
années 2010, puis de celle de Grandpuits en 2021, il ne reste
en France en 2023 plus que sept raffineries de pétrole brut
(figure 3.1.3).
Figure 3.1.3 : raffineries de pétrole brut en 2023
0 50 km
Raffinerie
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Gonfreville-
l?Orcher (TotalEnergies)
Port Jérôme-
Gravenchon (Esso)
Donges (TotalEnergies)
Feyzin
(TotalEnergies)
Fos-sur-Mer (Esso)
Martigues-Lavéra
(Petroineos)
Lamentin
(SARA)
Source :DGEC
66 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement
du gaz
3.2.1 INJECTIONS DE BIOMÉTHANE
Depuis 2012, du biométhane, obtenu par épuration de biogaz,
est injecté dans les réseaux de gaz naturel (figure 3.2.1.1).
Si les volumes concernés demeurent relativement faibles,
ils progressent néanmoins rapidement avec le développement
de la filière. En 2023, 9 136 GWh ont ainsi été injectés dans
les réseaux, soit près d?un tiers de plus que l?année
précédente, pour un montant estimé de 1 162,7 M¤.
Par rapport à l?achat de gaz naturel, cela entraîne un surcoût
pour les opérateurs (sous la forme d?une obligation d?achat)
qui est compensé par l?État au titre des charges de service
public de l?énergie. En 2023, cette compensation s?élève à
811 M¤. En fin d?année 2023, 652 installations d?une capacité
d?injection de 11,8 TWh/an sont raccordées aux réseaux de
gaz naturel, tandis que 580 projets supplémentaires,
représentant une capacité de 13,0 TWh/an, sont en attente
de raccordement.
Figure 3.2.1.1 : injections de biométhane
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Injections de biométhane 1,2 144,4 2,2 250,6 4,3 486,7 7,0 803,8 9,1 1 162,7
dontsubvention - 125,9 - 227,1 - 247,9 - 93,8 - 811,5
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,CRE
3.2.2 TRANSPORT, DISTRIBUTION ET STOCKAGE
DE GAZ NATUREL
La rémunération des gestionnaires d?infrastructures pour
leur mission d?acheminement du gaz aux consommateurs
finaux sur le territoire français s?élève à 6,6 Md¤ en 2023,
en baisse de 4,3 % en euros constants par rapport à 2022
(figure 3.2.2.1). La rémunération correspond au coût des
infrastructures gazières, répercuté sur le consommateur final
via deux mécanismes : d?une part, les tarifs d?accès des tiers
aux réseaux (de transport : ATRT, et de distribution : ATRD)
et aux terminaux régulés (terminaux méthaniers, ATTM) qui
sont fixés par la Commission de régulation de l?énergie ;
d?autre part, les tarifs liés aux sites de stockage qui sont
déterminés lors d?enchères dans des conditions définies par
la CRE depuis la réforme de l?accès des tiers aux stockages
de gaz naturel du 1er janvier 2018. Cette rémunération exclut
donc les prestations facturées entre les différents
gestionnaires d?infrastructures ainsi que les recettes liées
au transport du gaz transitant par le territoire national (sauf
indirectement à travers les pertes liées au transport).
En revanche, elle comprend la valeur des pertes physiques
de gaz sur les réseaux. Ces pertes s?élèvent à 4,1 TWh en
2023, en baisse de 8,7 % par rapport à 2022 (figure 3.2.2.2).
Ces pertes représentent une charge de 160 M¤ pour
les gestionnaires, soit près de trois fois moins qu?en 2022
(- 64 %). Cette charge diminue nettement en raison du repli
des prix du gaz en 2023 par rapport au niveau inédit atteint
en 2022.
Les gestionnaires ont ainsi perçu une rémunération,
nette de la valeur de ces pertes, d?environ 6,4 Md¤ en 2023,
en légère hausse, de 0,2 % en euros constants par rapport
à 2022. Cette rémunération permet de financer le
développement, la maintenance et l?exploitation des
infrastructures gazières ainsi que les missions associées
(figure 3.2.2.3). Elle a crû de 0,1 % en moyenne annuelle en
euros constants depuis 2011. Le réseau de transport et ceux
de distribution perçoivent respectivement 32 % et 49 % de
cette rémunération en 2023, contre 12 % pour les sites de
stockage souterrain et 8 % pour les terminaux méthaniers.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 67
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.2.2.1 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières
En M¤2023
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Réseau de transport 1 727 1 786 1 888 2 036 2 021 2 110 2 084 2 064 2 053 2 047 1 989 2 159 2 111
dont pertes 85 64 116 87 83 52 66 77 47 22 72 233 82
Réseaux de distribution 3 315 3 452 3 848 3 572 3 746 3 999 3 925 3 902 3 891 3 633 3 811 3 481 3 177
dont pertes 59 72 80 50 50 37 44 56 31 19 103 187 64
Sites de stockage souterrain 1 042 936 728 795 818 747 622 787 774 725 682 736 759
dont pertes 12 16 16 10 8 7 4 12 7 4 22 43 13
Accès aux terminaux méthaniers 371 380 384 382 378 376 498 517 534 505 450 470 507
Total 6 455 6 554 6 849 6 785 6 963 7 232 7 128 7 271 7 251 6 911 6 933 6 847 6 554
dont pertes 156 152 213 147 140 96 115 145 85 44 197 463 160
Total hors pertes 6 299 6 402 6 636 6 638 6 823 7 136 7 013 7 126 7 166 6 866 6 736 6 383 6 395
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
Figure 3.2.2.2 : pertes sur les réseaux de gaz naturel (y compris pertes de stockage)
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Réseau de transport 3,1 47 2,1 22 1,5 72 2,2 233 2,1 82
Réseaux de distribution 2,0 31 1,9 19 2,1 103 1,8 187 1,6 64
Sites de stockage souterrain 0,4 7 0,4 4 0,4 22 0,4 43 0,3 13
Total 5,5 85 4,3 44 4,0 197 4,5 463 4,1 160
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
Figure 3.2.2.3 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières (hors valeur des pertes physiques)
En M¤2023
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
8 000
7 000
6 000
5 000
4 000
3 000
2 000
1 000
0
Réseaux de distribution Réseau de transport Sites de stockage souterrain Accès aux terminaux méthaniers
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE
68 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
En 2023, 41 % du gaz naturel consommé en France est
importé par gazoduc, en nette baisse par rapport en 2022 en
raison de la forte réduction des livraisons de gaz russe sous
forme gazeuse à l?Union européenne (cf. 2.3.2). Le système
gazier est aujourd?hui doté de sept points d?interconnexion
principaux, pour une capacité d?importation cumulée d?environ
2 600 GWh/jour en 2023 (figure 3.2.2.4). Fin 2022, au titre
de la solidarité européenne, des sorties vers l?Allemagne ont
été rendues possible au point d?Obergailbach (ce point ne
permettait jusque-là que des entrées de gaz sur le territoire).
Les terminaux méthaniers permettent d?accueillir les
cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), importées par voie
maritime, puis de regazéifier le GNL pour pouvoir l?injecter
dans le réseau. Ils sont au nombre de cinq, répartis sur quatre
sites distincts : Fos Cavaou, Fos Tonkin, tous deux situés à
Fos-sur-Mer, Montoir-de-Bretagne, Loon-Plage (Dunkerque)
et Le Havre. La société Elengy gère les terminaux de Fos
Tonkin et Montoir-de-Bretagne, tandis que Fosmax LNG (filiale
à 100 % d?Elengy) est propriétaire de celui de Fos Cavaou.
L?accès à ces trois terminaux et la tarification sont régulés
par la CRE en vertu des articles 452-3 et 452-4 du Code de
l?énergie. Les capacités de ces terminaux sont souscrites par
les importateurs de gaz naturel dans le cadre d?un marché.
Le terminal de Loon-Plage, dont la mise en service commercial
a eu lieu en janvier 2017, est géré par Dunkerque LNG et
bénéficie pour une durée de vingt ans d?un régime dérogatoire
en matière d?accès et de tarification. Un nouveau terminal
flottant (FSRU, floatingstorageregasificationunit ou unité
flottante de stockage et de regazéification) a été mis en service
au Havre en octobre 2023. Les entrées de GNL diminuent
par rapport à 2022 (- 16 %), mais restent à un niveau nettement
supérieur à celui de 2021. Ces entrées sous forme liquide
permettent de limiter les soutirages dans les stockages et de
compenser la baisse des entrées par gazoduc par rapport à
la situation d?avant-crise.
Lors de la période estivale, la constitution de stocks de
gaz naturel à proximité des zones de consommation permet
de réduire les risques de saturation des réseaux et de
répondre aux fortes consommations de gaz lors des périodes
hivernales (cf. 2.3.2). Les 15 sites de stockage souterrain
français sont exploités par deux opérateurs : Storengy (neuf
sites en nappes aquifères, trois en cavités salines, un en
gisement épuisé) et Teréga (deux sites en nappes aquifères).
Le réseau de gaz naturel permet l?acheminement du gaz
jusqu?aux points de livraison. Il se compose de deux niveaux.
Le réseau de transport est constitué de gazoducs de grande
capacité, connectés à ceux des pays limitrophes ainsi qu?aux
sites de stockage et aux terminaux méthaniers. Il permet, en
le comprimant à haute pression, de transporter le gaz naturel
sur des distances élevées afin de l?acheminer aux réseaux
de distribution et à quelques très gros consommateurs. Deux
entreprises se partagent la gestion du réseau de transport :
Teréga dans le sud-ouest de la France (5 100 km de réseau),
GRTgaz pour le reste du territoire (32 600 km de réseau).
Depuis novembre 2018, une place de marché unique assure
l?équilibrage du réseau.
Les réseaux de distribution permettent, quant à eux,
d?acheminer le gaz naturel du réseau de transport jusqu?à
la très grande majorité des consommateurs finaux. Environ
11 millions de consommateurs sont ainsi raccordés aux
quelque 206 000 km de canalisations de distribution.
GRDF assure la distribution de 96 % du marché, des
entreprises locales de distribution (ELD), ainsi que quelques
autres sociétés, se répartissant le reste.
Figure 3.2.2.4 : infrastructures gazières françaises en 2023 (hors réseaux de distribution)
Stations de compression
Terminaux méthaniers
Communes desservies
en gaz naturel
Points d?interconnexion
Stockage de gaz naturel
Réseau principal de transport
50 100 km0
Sources : GRTgaz;Storengy;Teréga
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 69
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.3 La transformation de charbon :
chute de l?activité de la filière fonte
La consommation d?énergie de la filière fonte atteint 35 TWh
en 2023 (- 15,7 % par rapport à 2022). La dépense
correspondante s?élève à 1,3 Md¤ (- 38,8 % par rapport à
2022 en euros constants 2023). La filière est composée de
deux types d?installations : les cokeries et les hauts-fourneaux.
Les cokeries sont des usines constituées de batteries
de fours à coke, parfois plusieurs dizaines, dans lesquels le
coke est obtenu par pyrolyse d?une variété de charbon
primaire. Les cokeries françaises transforment du charbon
primaire en charbon dérivé (du coke, mais aussi de petites
quantités de goudron de houille). Le processus de fabrication
du coke débouche également sur la production de gaz fatals,
dont une partie est réutilisée pour chauffer les fours à coke.
Les cokeries peuvent être regroupées avec d?autres
installations de la chaîne de fabrication, de traitement et de
finition de produits en acier (hauts-fourneaux, aciéries et
laminoirs) dans des sites sidérurgiques dits intégrés, comme
c?est le cas en France où, en 2023, deux cokeries sont encore
en activité, à Dunkerque et Fos-sur-Mer.
La consommation nette des cokeries diminue en 2023,
pour la deuxième année consécutive. La production de coke
et de gaz a diminué à un rythme légèrement moins élevé
que la consommation de charbon primaire.
La marge de cokéfaction est la différence entre la valeur
du coke, du goudron de houille et des gaz dérivés produits
et celle du charbon primaire et des gaz dérivés consommés.
Elle augmente par rapport à 2022, le prix du charbon primaire
consommé ayant diminué à un rythme plus élevé que celui
du charbon dérivé produit (cf. 1.4).
Un haut-fourneau est une installation industrielle destinée
à simultanément désoxyder et fondre les métaux contenus
dans un minerai par la combustion de coke, riche en carbone.
En général, le haut-fourneau transforme du minerai de fer
en fonte liquide, et le coke sert à la fois de combustible et
d?agent réducteur. Même si la fonte produite peut être utilisée
directement, cet alliage est généralement destiné à être affiné
dans des aciéries. Les hauts-fourneaux, bien qu?ayant pour
finalité la production de fonte, sont considérés dans ce bilan
comme faisant partie du secteur de la transformation
d?énergie, conformément à la méthodologie de l?Agence
internationale de l?énergie.
À la fin de l?année 2023, cinq hauts-fourneaux sont encore
en activité en France : deux se situent à Dunkerque, deux à
Fos-sur-Mer et un à Pont-à-Mousson.
En 2023, les hauts-fourneaux ont consommé un peu
moins de 40 TWh de produits charbonniers, dont un peu plus
de la moitié de charbon dérivé, principalement du coke.
Nette des gaz fatals produits lors du processus de production,
la consommation totale des hauts-fourneaux s?élève à
30 TWh. Cette consommation diminue d?un sixième par
rapport à 2022 et de près d?un tiers par rapport à 2019 dans
le sillage de la production de fonte (figure 3.3.1). En 2023,
l?activité a été particulièrement affectée dans le contexte
du ralentissement de la demande d?acier, de prix de l?énergie
encore élevés et d?une concurrence accrue de pays tels que
les États-Unis et la Chine. Ainsi, un des deux hauts-fourneaux
de l?usine de Fos-sur-Mer a été temporairement mis à l?arrêt
durant le premier trimestre, puis une nouvelle fois en fin
d?année. Par ailleurs, deux autres installations ont subi des
difficultés opérationnelles et ont dû être arrêtées durant
plusieurs mois.
Figure 3.3.1 : production de fonte et d?acier à l?oxygène pur
Production de fonte brute Production d?acier à l?oxygène pur
12
11
10
9
8
7
6
5
4
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En Mt
Source :SDES,Bilandel?énergie
70 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.4 Hausse prononcée de la production
d?électricité, tirée par le nucléaire
et l?hydraulique
3.4.1 PRODUCTION NETTE D?ÉLECTRICITÉ
La production d?électricité, nette de la consommation des
auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des
centrales, s?établit à 503 TWh en 2023 (figures 3.4.1.1 et
3.4.1.2). Elle augmente de 10,7 % par rapport à 2022 et atteint
un niveau proche de celui de 2020.
Cette hausse s?explique surtout par celle de la production
nucléaire (+ 14,7 %, à 320 TWh) en raison de la plus grande
disponibilité du parc (cf. 2.2.2). La production d?électricité
nucléaire représente 63,7 % de la production d?électricité
en France en 2023. De plus, la production hydraulique
augmente sensiblement (+ 18,9 %, à 61 TWh), après
une année 2022 marquée par une sécheresse historique.
Les précipitations nettement plus abondantes en 2023
ont augmenté le débit des cours d?eau et alimenté davantage
les stocks hydrauliques. La production éolienne est également
très dynamique en 2023 (+ 32,1 %) en raison de la forte
augmentation des capacités installées et des conditions de
vent très favorables, notamment en fin d?année. Enfin,
le photovoltaïque continue de se développer : + 11,2 % en
2023. En conséquence, la production thermique classique,
qui permet de faire face à une baisse de la production
renouvelable et nucléaire ou de répondre à un pic
de demande, diminue de 25,0 % en 2023, pour s?établir
à 50 TWh.
Figure 3.4.1.1 : production nette d?électricité
En TWh
600
500
400
300
200
100
0
Nucléaire Thermique classique Hydraulique* Éolien Photovoltaïque Autres sources
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
*Ycomprisénergiemarémotrice.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,EDFetproducteursd?électricité
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 71
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.2 : production nette d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production nucléaire 379 335 361 279 320
dontArenh 120 5 729 126 5 832 126 5 766 126 5 590 127 5 317
Production hydraulique* 61 67 64 51 61
donthydrauliquesousOA 6 556 7 600 6 541 4 430 3 346
dontsubventionsOA 255 308 4 - 405 - 316
Production éolienne 35 40 37 38 50
dontéoliensousOA 32 3 235 39 3 907 35 2 963 32 3 534 36 3 844
dontsubventionsOA 1 720 2 174 150 - 2 348 - 3 448
Production photovoltaïque 12 13 15 20 22
dontphotovoltaïquesousOA 12 4 084 13 3 979 15 4 173 19 4 952 23 4 650
dontsubventionsOA 3 513 3 507 2 940 1 500 43
Production thermique
renouvelable et géothermie 10 10 11 11 12
dontsousOA 8 1 241 8 1 288 9 1 431 8 1 463 7 1 820
dontsubventionsOA 829 880 737 24 494
Production thermique non
renouvelable 49 44 45 56 38
dontsousOA 12 2 650 12 2 461 12 3 182 11 3 976 10 2 650
dontsubventionsOA 1 890 1 724 1 829 1 898 584
Autre (Interconnexion**) 49 36 90 198 86
dontsubventions 8 - 6 48 145 20
Production subventionnée
hors OA en ZNI*** 2 1 003 3 923 2 932 3 984 4 1 088
dontsubventions 717 646 574 581 580
Total production France
entière 547 510 532 455 503
Subventions totales (y compris
interconnexions et charges de
péréquation dans les ZNI)
8 931 9 234 6 282 1 394 - 2 042
*Ycomprisénergiesmarines.
**Interconnexion:correspondàl?électricitéachetéevialaliaisonàcourantcontinuItalie-Corse-Sardaigne.
***ZNI=zonesnoninterconnectéesauréseaud?électricitémétropolitaincontinental.EllesincluentlaCorse,lesDROMainsiquelesîlesduPonantetChausey.
Note:nesontvaloriséesmonétairementdanscetableauquelesproductionssousobligationd?achat(OA)oubénéficiantdecomplémentsderémunération,ainsi
quelaproductiond?originenucléairevenduedanslecadredumécanismedel?Arenh.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Nucléaire
En raison d?une plus grande disponibilité du parc nucléaire,
la production nette d?électricité nucléaire augmente de 14,7 %
en 2023, à 320 TWh (cf. 2.2.2). La disponibilité du parc s?est
améliorée par rapport à l?année 2022, marquée par les
multiples arrêts pour maintenance et contrôles à la suite de
la découverte d?un problème de corrosion dans les circuits
de refroidissement de la centrale de Civaux à l?automne 2021.
Cependant, la production nucléaire reste à un niveau bas
(- 15,6 % par rapport à 2019).
Dans le cadre du dispositif d?accès régulé à l?électricité
nucléaire historique (Arenh), un peu plus d?un tiers de la
production nucléaire, soit 127 TWh, a été rachetée à EDF
par les fournisseurs alternatifs ainsi que par les gestionnaires
de réseaux pour la couverture de leurs pertes, pour un montant
de 5,3 Md¤. Un cinquième, soit 27 TWh, ont été cédés pour
compenser les pertes liées au transport d?électricité, dont la
plus grande partie vient de la dissipation de chaleur par effet
Joule.
Hydraulique
La production hydraulique nette (y compris énergies marines
et pompages) progresse nettement en 2023 (+ 18,9 %) et
s?établit à 61 TWh (cf. 2.2.3) du fait de conditions hydrologiques
plus favorables après une année 2022 de production
historiquement basse. La production hydraulique en 2023
constitue ainsi plutôt un retour à une situation moyenne qu?à
une année de forte production hydraulique.
72 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Un peu moins de 4,2 TWh (6,9 % de la production) sont
produits par des stations de transfert d?énergie par pompage
(Step) qui permettent de stocker de l?électricité en pompant
l?eau d?une retenue inférieure à une retenue supérieure pour
la turbiner en sens inverse ultérieurement.
En 2023, 3 TWh sont produits dans le cadre de contrats
d?obligation d?achat ou compléments de rémunération.
Auparavant, le tarif d?achat concernait les installations de
moins de 12 MW. Depuis le 30 mai 2016, et au 31 décembre
2023, ne sont éligibles à de nouveaux contrats d?obligation
d?achat que les installations de moins de 500 kW.
Un complément de rémunération en guichet ouvert est
possible pour les installations de moins de 1 MW et sur appel
d?offres pour les installations de puissance comprise entre
1 et 4,5 MW. Comme en 2022, les charges de l?État pour
cette filière sont négatives en 2023 (- 316 M¤). Les prix
garantis par les contrats d?obligation d?achat sont devenus
inférieurs aux prix de gros en 2022 et 2023, ce qui a entraîné
des résiliations anticipées de contrat. Le nombre de
résiliations est moindre en 2023.
Éolien
Grâce à la progression des capacités installées, la production
éolienne progresse de 32,1 % en 2023 et s?établit à 50 TWh
(cf. 2.2.3). Après s?être envolés en 2022, les prix de gros de
l?électricité restent en 2023 à un niveau nettement supérieur à
celui des années précédentes. En conséquence, les subventions
à la filière éolienne dans le cadre du dispositif des obligations
d?achat et des compléments de rémunération sont négatives,
à - 3,4 Md¤. En effet, les compensations aux opérateurs se
fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix
de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé le
tarif en 2023, les producteurs éoliens concernés ont vendu leur
production en dessous du prix de marché.
Solaire photovoltaïque
La production solaire photovoltaïque progresse en 2023
(+ 11,2 %) et s?établit à 22 TWh en raison de l?augmentation
de la puissance du parc consécutive à un rythme d?installation
nettement accéléré (cf. 2.2.3). Le champ couvert par cette
production inclut la production photovoltaïque autoconsommée
qui s?élève à 0,9 TWh en 2023. L?État, via les dispositifs
d?obligation d?achat et de compléments de rémunération
soutient particulièrement les différentes formes de production
photovoltaïques (autoconsommation et vente en totalité).
Cependant, en 2023, les montants des subventions attribués
à la filière solaire tombent à leur niveau le plus bas depuis
2012, soit 43 M¤. Cela s?explique, comme pour l?éolien, par le
différentiel entre le prix de marché et le tarif fixé à l?avance.
Thermique classique
L?ajustement de l?offre à la demande d?électricité est, pour
l?essentiel, assuré par la filière thermique classique à partir
de combustibles fossiles ou renouvelables, dont les moyens
de production peuvent être démarrés ou stoppés très
rapidement selon les besoins. En 2023, la production
thermique diminue de 25 % et s?établit à 50 TWh (figure 3.4.1.3).
En effet, dans un contexte de hausse des productions d?origine
nucléaire et hydraulique, les installations thermiques
classiques, utilisées comme moyens de pointe pour ajuster
l?offre à la demande, ont été davantage sollicitées que l?année
précédente.
Le rendement électrique moyen des centrales, qui
rapporte la production d?électricité à la consommation de
combustibles nécessaire à cette production, est très
différencié selon le combustible utilisé. En 2023, il s?élève
à 64 % pour le gaz naturel, 43 % pour la biomasse, 41 %
pour le biogaz, 42 % pour les produits pétroliers, 32 % pour
les déchets ménagers. Ces derniers sont consommés
principalement par des incinérateurs dont le but premier
est la destruction des déchets et non la conversion
énergétique. À l?inverse, les centrales fonctionnant au gaz
naturel, en particulier celles qui sont dédiées à la production
d?électricité seule, affichent en moyenne le meilleur
rendement, convertissant plus de la moitié de l?énergie
contenue dans le combustible en électricité. En effet, la
transformation de gaz en électricité est aujourd?hui
essentiellement assurée (hors cogénération) par des
centrales à cycle combiné, plus efficaces d?un point de vue
énergétique que les centrales thermiques traditionnelles.
Les centrales de cogénération qui produisent à la fois de
la chaleur et de l?électricité à partir de la biomasse ou des
déchets tirent les rendements électriques de ces
combustibles à la baisse. Leur efficacité globale reste
néanmoins plus importante car le rendement de la production
de chaleur y est conventionnellement fixé à 85 %.
Les rendements énergétiques apparents sont dispersés,
en particulier dans le cas du biogaz, dont la teneur en
méthane peut être très variable, et de la biomasse, dont
la composition et le taux d?humidité ne sont pas très
homogènes (figure 3.4.1.4). Le pouvoir calorifique de ces
combustibles est estimé avec beaucoup plus d?imprécision
et les différences de rendements apparents témoignent
vraisemblablement des différences de pouvoirs calorifiques
non pris en compte. Pour le gaz naturel et le pétrole, les
faibles rendements sont principalement observés lorsque
ces combustibles sont mélangés avec des déchets ou des
gaz de raffineries (qui sont classés parmi les produits
pétroliers mais peuvent contenir d?autres gaz).
Les centrales thermiques utilisant des énergies
renouvelables et de récupération (biomasse, biogaz, déchets)
ainsi que celles de cogénération peuvent bénéficier, sous
conditions, du mécanisme d?obligation d?achat ou de celui
des compléments de rémunération. La production électrique
dans le cadre de ces dispositifs s?est élevée à 16 TWh en
2023, et a été subventionnée à hauteur de 1,1 Md¤.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 73
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.3 : production thermique classique nette par type de combustibles
70
60
50
40
30
20
10
0
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Gaz naturel (élec. seule)
Produits pétroliers (élec. seule)
Gaz naturel (cogé.)
Produits pétroliers (cogé.)
Charbon (élec. seule)
EnRt* et déchets (élec. seule)
Charbon (cogé.)
EnRt* et déchets (cogé.)
*EnRt=énergiesrenouvelablesthermiques.
Lecture:en2023,28TWhd?électricitéontétéproduitsparcombustiondegaznaturel,dont11TWhàl?aided?unprocédédecogénération.
Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité
Figure 3.4.1.4 : répartition des combustibles par tranche de rendement en 2023
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Biogaz Biomasse Déchets ménagers Gaz naturel Produits pétroliers Autre (dont charbon)
Tranche de rendement (en %)
34 %
27 %
17 % 23 %
11 %
40 %
13 %
56 %
30 %
45 %
20 %
17 %
15 %
25 %
63 %
4 %
19 %
23 %
12 %
18 %
18 %
Lecture:en2023,45%delaconsommationdeproduitspétrolierspourproduiredel?électricitéaétéréaliséedansdescentralesavecunrendementénergétique
comprisentre40et50%.
Note:latailledesrondsestproportionnelleaupoidsducombustiblepartranchederendementdanslaconsommationtotaledececombustiblepourproduirede
l?électricité.Encasd?utilisationdeplusieurscombustiblesparunecentrale,laproductionestrépartieentrecesderniersenproportion:unecentraleconsommant
plusieurscombustiblesapparaîtainsidansplusieursrondssurlamêmetranche.
Champ:centralesthermiques.
Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité
Sur l?ensemble des filières de production, ce sont, au
total, 79 TWh d?électricité qui sont vendus pour un montant
de 13,3 Md¤ aux acheteurs obligés. Les subventions de l?État
dans le cadre des mécanismes d?obligation d?achat et de
compléments de rémunération sont négatives en 2023
(- 2 Md¤). En effet, les compensations aux opérateurs se
fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix
de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé
les tarifs fixés en 2023, les producteurs éoliens et hydrauliques
concernés ont reversé à l?État la différence entre le prix du
marché et le prix prévu à l?avance dans leur contrat.
74 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Par ailleurs, des compensations, de l?ordre de 2,2 Md¤
en 2023, sont accordées par l?État aux producteurs situés
dans les zones non interconnectées (les îles françaises dont
l?éloignement géographique empêche ou limite une connexion
au réseau électrique continental) dans le cadre de la
péréquation géographique tarifaire6. Ces compensations
visent à ne pas répercuter les surcoûts de production (liés
aux contraintes plus fortes pour assurer l?équilibre entre offre
et demande du fait du caractère insulaire du territoire) sur le
tarif moyen de vente au client final, et ainsi à garantir que
celui-ci soit similaire à celui de la France continentale.
Principales installations de production d?électricité en France par filière
Figure 3.4.1.5 : sites nucléaires, situation au 31 décembre 2023
2 1
4 2
6
2
4
2
2
2 4
4
2
4
2
4
4
2
22
0 50 km
Golfech
Le Blayais
Civaux
Chinon
Saint Laurent
Belleville
Dampierre
Nogent-sur-Seine
Bugey***
Saint-Alban
Romans-
sur-Isère
Narbonne
Cattenom
Chooz
Gravelines
Morvilliers
Soulaines
Penly
PaluelLa Hague
Flamanville
Cruas
Marcoule
Tricastin
Palier REP* standardisé
Puissance électrique
nette
Nombre de
tranches
Année de mise en
service commercial
Mode de refroidissement
900 MW
1 300 MW
1 500 MW
1 650 MW (EPR**)
32
20
4
1
1978 - 1988
1985 - 1994
2000 - 2002
Mi-2024(en construction)
Circuit ouvert avec prélèvement
et rejet d?eau dans les cours d?eau et la mer
Circuit fermé avec prélèvements réduits
et rejet de vapeur dans l?atmosphère
via des tours aéroréfrigérantes
Usine de l?amont du cycle du combustible (enrichissement...)
Usine de l?aval du cycle du combustible (retraitement...)
Centre de stockage des déchets
4 Nombre de réacteurs
*REP:réacteuràeaupressurisée.
**EPR:réacteurpressuriséeuropéen.
***LacentraleduBugeyestencircuitmixte.
Source :DGEC
6 Il est fait l?hypothèse, dans le compte présenté ici, que la totalité du surcoût est liée à la production alors qu?en réalité une partie provient de la gestion du réseau.
Les activités de production, distribution et fourniture d?électricité étant, par dérogation au droit européen, intégrées dans les zones non interconnectées, il n?est en
effet pas possible d?identifier séparément les deux composantes.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 75
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.6 : puissance hydraulique (hors pompages,
y compris énergies marines) raccordée au réseau
au 31 décembre 2023
?
Part de la puissance des
installations de 10 MW
ou plus (en %)
Entre 97 et 100
Entre 85 et 97
Entre 70 et 85
Entre 0 et 70
Égale à 0
Puissance installée
(en MW)
3 910
242
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Source : SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuelleauprèsdesproducteurs
d?électricité
Figure 3.4.1.7 : puissance éolienne raccordée au réseau
au 31 décembre 2023
En MW
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Puissance installée
(en MW)
2 148
232
Puissance installée
terrestre
Puissance installée
en mer
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF-
SEI,CREetlesprincipalesELD
Figure 3.4.1.8 : puissance photovoltaïque raccordée
au réseau au 31 décembre 2023
En MW
?
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
0 50 km
Puissance installée
(en MW)
198
1 046
Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF-
SEI,CREetlesprincipalesELD
Figure 3.4.1.9 : centrales au gaz naturel, situation
au 31 décembre 2023
0 50 km
Cycle combiné gaz (CCG)
Turbine à combustion
(TAC)
DK6 (2)
Bouchain (1)Bouchain (1)
Pont-sur-
Sambre (1)
Emile
Huchet (2)
Blénod (1)Blénod (1)
Croix
de Metz (1)
Croix
de Metz (1)
Bayet (1)Bayet (1)
Montoir (1)
Martigues (2)
Combigolfe (1)
Cycofos (1)
Martigues (2)
Combigolfe (1)
Cycofos (1)
Gonfreville (2)
Montereau (2)Montereau (2)
Vitry (1)Vitry (1)
Gennevilliers (1)Gennevilliers (1) St Ouen (1)St Ouen (1)
Landivisiau (1)
Source : RTE
76 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Figure 3.4.1.10 : centrales à charbon et au fioul, situation
au 31 décembre 2023
0 50 km
Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe
Arrighi (2)
Vaires-sur-
Marne (3) Emile Huchet (1)
Brennilis (3)
Dirinon (2)
Cordemais (2)
Lucciana
Vazzio
Arrighi (2)
Vaires-sur-
Marne (3) Emile Huchet (1)
Brennilis (3)
Dirinon (2)
Cordemais (2)
Lucciana
Vazzio
Jarry
Galion
Pointe
des
Carrières
Belle-
fontaine
Kourou
Dégrad
des cannes
La Baie
Badamiers
LongoniLe Moule
Le Gol
Jarry
Galion
Pointe
des
Carrières
Belle-
fontaine
Kourou
Dégrad
des cannes
La Baie
Badamiers
LongoniLe Moule
Le Gol
Fioul
Charbon
Source : RTE
3.4.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉLECTRICITÉ
Le réseau d?électricité, qui permet son acheminement depuis
les lieux de production jusqu?à ceux de consommation,
se compose de deux niveaux : le réseau de transport et le
réseau de distribution. Le réseau de transport, géré par RTE
sur le territoire continental, comprend les lignes à très haute
tension (« HTB »). En 2023, il atteint une longueur totale
d?environ 106 000 km. Le réseau de transport permet
d?acheminer la très grande majorité de l?électricité produite
au réseau de distribution et à quelques très gros
consommateurs. Les réseaux de distribution, auxquels sont
raccordés la grande majorité des consommateurs et la quasi-
totalité des petits producteurs, comprennent les lignes à
moyenne et basse tension (« HTA » et « BT »), d?une longueur
cumulée de plus de 1,4 million de kilomètres. Enedis est
le gestionnaire d?un réseau couvrant 95 % des clients du
territoire continental, une centaine d?entreprises locales de
distribution se répartissant le reste. EDF SEI, acteur intégré
(également producteur et fournisseur), gère les réseaux des
zones non interconnectées, sauf à Mayotte où la gestion est
assurée par Électricité de Mayotte.
Transport et distribution confondus, la rémunération des
gestionnaires de réseaux pour leurs missions s?élève à
16,3 Md¤ en 2023 (figure 3.4.2.1). Cette somme, payée par
les consommateurs via le tarif d?utilisation des réseaux publics
d?électricité (Turpe), comprend notamment la valeur des pertes
physiques d?électricité sur les réseaux, qui doivent être achetées
sur le marché par les gestionnaires (cf. 1.7.2). Ces pertes se
sont élevées à 37 TWh en France en 2023, entraînant une
charge de 5,3 Md¤ pour les gestionnaires. Nette de la valeur
de ces pertes (qui, in fine, constitue une rémunération des
producteurs), une rémunération de 11,0 Md¤ en 2023 a donc
été perçue par les gestionnaires de réseaux afin de financer
le développement, la maintenance et l?exploitation des réseaux
ainsi que les missions associées (relève/comptage, mise en
service, dépannage, mise à disposition de données, etc.). Le
coût du réseau pour les consommateurs, y compris les pertes,
augmente très légèrement, de 0,1 % en 2023, en lien avec la
baisse des volumes de consommation (- 3,0 %).
Les réseaux de distribution et le réseau de transport
contribuent respectivement à hauteur de 75 % et 25 % au
coût total d?acheminement de l?électricité en 2023.
Les coûts unitaires en 2023 sont supérieurs aux valeurs
de 2022 sur les réseaux de transport. Le coût unitaire de
l?usage des réseaux de distribution diminue (- 9 %) alors que
le coût unitaire des pertes associées augmente (+ 59 %) sur
la même période.
Figure 3.4.2.1 : utilisation des réseaux d?électricité
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Réseau de transport 436 4 847 418 4 480 438 4 715 420 2 305 406 4 035
dont pertes 11 521 11 550 11 598 10 516 11 1 201
Réseaux de distribution 399 11 831 385 11 857 404 12 491 387 13 980 373 12 264
dont pertes 27 1 359 25 1 347 28 1 776 25 2 571 25 4 131
Utilisation des réseaux 472 16 678 452 16 337 475 17 206 454 16 284 440 16 299
dont pertes 38 1 880 36 1 897 39 2 373 35 3 087 37 5 332
Lecture:leréseaudetransportaacheminé406TWhd?électricitéen2023etaperçupourcelaunerémunérationde4035M¤,dont1201M¤correspondentà
l?achatde11TWhdissipéslorsdecetransport.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesgestionnairesderéseaux
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 77
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.5 Production de chaleur commercialisée :
stabilité des quantités produites en raison
de conditions climatiques analogues à 2022
En 2023, 48 TWh de chaleur destinée à la vente ont été
produits en France. Nets des pertes de distribution, ce sont
in fine 42 TWh qui ont été livrés aux consommateurs, dont
plus de 62 % proviennent des réseaux de chaleur.
3.5.1 RÉSEAUX DE CHALEUR
Les réseaux de chaleur sont généralement mis en place par
des collectivités locales afin de chauffer, à partir d?une
chaufferie collective, des bâtiments publics ou privés situés
sur leur territoire. Des réseaux peuvent également être
d?initiative privée. Leur taille varie fortement, allant du petit
réseau de chaleur biomasse situé en zone rurale jusqu?à celui
de Paris, de taille très importante et alimenté par de multiples
centrales de production (figure 3.5.1.1). Les réseaux de
chaleur sont particulièrement adaptés aux zones urbaines
denses. Ils permettent également d?exploiter une ressource
locale, difficile d?accès ou à mobiliser, comme la géothermie
profonde, ou la récupération de chaleur auprès d?une unité
d?incinération d?ordures ménagères ou d?un site industriel par
exemple. En 2023, 1 000 réseaux de chaleur en France
métropolitaine disposent d?une puissance thermique totale
d?environ 24 GW, dont près de 10 GW sont concentrés dans
la seule région Île-de-France.
Figure 3.5.1.1 : puissance thermique et chaleur livrée par les réseaux de chaleur en 2023
?
0 50 km
Puissance des
réseaux (en MW)
Max. 9 675
Moy. 1 985!(!(
Chaleur livrée (en GWh)
Entre 5 000 et 10 000
Entre 2 000 et 5 000
Entre 1 000 et 2 000
Entre 500 et 1 000
Entre 0 et 500
Entre 10 000 et 13 000
Source : SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
En 2023, les réseaux ont livré aux consommateurs 26 TWh
de chaleur (nette des pertes de distribution), soit autant
qu?en 2022. À cette fin, il a été produit environ 35 TWh d?énergie
(la différence avec la quantité livrée comprenant les pertes de
transformation et celles de distribution). Le bouquet énergétique
des réseaux est dominé par les énergies renouvelables (EnR)
(48 % de la consommation des réseaux en 2023) et le gaz
naturel (33 %), y compris le biométhane injecté sur le réseau
(figures 3.5.1.2 et 3.5.1.3). Au sein des énergies renouvelables,
la biomasse est le premier combustible utilisé ; elle représente
25 % de la consommation des réseaux. Le fioul et le charbon,
autrefois prépondérants, déclinent et ne représentent plus que
1 % du bouquet énergétique des réseaux (contre 60 % en 1990).
À l?inverse, la part des énergies renouvelables a plus que doublé
depuis 2010. En incluant les énergies de récupération telles
que la partie non renouvelable des déchets ménagers ou
la chaleur industrielle récupérée, la part d?énergies renouvelables
et de récupération atteint 63 %7 en 2023.
7 Ce taux diffère de celui publié par la Fedene (Fédération des services énergie environnement) dans son rapport annuel en raison de différences
méthodologiques. En particulier, contrairement au calcul de la Fedene, les garanties d?origine biométhane ne sont pas comptabilisées ici comme énergies
renouvelables, la logique du bilan de l?énergie étant de retracer des flux physiques.
78 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
Près d?un cinquième des réseaux de chaleur (19 %)
possèdent un équipement de cogénération et sont donc
également producteurs d?électricité. En 2023, la chaleur
produite par cogénération dans les réseaux de chaleur,
puis livrée aux consommateurs, représente environ
3,9 TWh (soit 11 % du total des livraisons des réseaux).
Figure 3.5.1.2 : répartition par source d?énergie de la consommation d?énergie des réseaux de chaleur en 2023
Autre - Gaz naturel
Autre - Chaudières électriques
Autre - Fioul, GPL et autres énergies non renouvelables
Autre - Charbon
EnR - Biomasse
EnR - Déchets renouvelables
EnR - Géothermie
EnR - Autres énergies renouvelables
Récupération - Déchets non renouvelables
Récupération - Chaleur industrielle
En %
33
2
1
25
13
5
5
13
2
1
Autres
38 %
Énergies de
récupération
14 %
Énergies
renouvelables (EnR)
48 %
Note:«Chaudièresélectriques»:dontconsommationannexed?électricité.
«Fioul,GPL(gazdepétroleliquéfié)etautresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante...
«Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique.
Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Figure 3.5.1.3 : consommation d?énergie pour la production de chaleur par source d?énergie dans les réseaux de chaleur
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Énergies renouvelables
Charbon
Énergies de récupération
Fioul et GPL
Gaz naturel
Autres énergies non renouvelables
Chaleur commercialisée
(nette des pertes)
GPL=gazdepétroleliquéfié.
Note:«Autresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante...
«Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique.
Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 79
partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie
3.5.2 CHALEUR COGÉNÉRÉE VENDUE HORS
DES RÉSEAUX DE CHALEUR
En 2023, les installations de production d?électricité avec
procédé thermique de cogénération (hors réseaux de chaleur
munis d?un tel équipement) ont produit 45 TWh de chaleur,
soit autant qu?en 2022 (figure 3.5.2.1). Un peu plus de la
moitié de cette chaleur (22 TWh nets des pertes de distribution)
a été livrée à des utilisateurs tiers. Tout le reste, soit 52 % de
la chaleur produite par cogénération, correspond, outre les
pertes, à de la chaleur autoconsommée, c?est-à-dire utilisée
par le producteur lui-même. En effet, une très large part de
la chaleur produite par cogénération est générée par des
autoproducteurs, c?est-à-dire des entreprises qui produisent
électricité et chaleur pour les besoins propres de leur activité
et peuvent en revendre le surplus à titre secondaire.
En 2023, la chaleur produite par cogénération l?a
principalement été en brûlant du gaz naturel (37 %), des
déchets ménagers (18 %) et du bois (11 %).
Figure 3.5.2.1 : production de chaleur par cogénération en 2023 (hors réseaux de chaleur)
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
Électricité
issue de la cogénération,
hors réseaux de chaleur
Chaleur
issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur
Total chaleur Chaleur commercialisée Pertes et chaleur
autoconsommée
Production totale 18,9 45,5 21,6 23,8
Produits charbonniers 0,9 1,2 0,2 1,1
Produits pétroliers 0,5 3,9 2,2 1,7
Gaz naturel 8,3 16,8 6,5 10,3
Déchets 2,7 8,6 6,4 2,2
dontdéchetsurbains 2,6 8,3 6,2 2,1
Bois et résidus agricoles 2,0 5,2 3,8 1,4
Résidus de papeterie, liqueur noire 0,6 3,1 1,0 2,1
Biogaz 2,5 3,6 0,2 3,4
Autres combustibles 1,5 3,1 1,3 1,8
Note:lescolonnes«Totalchaleur»et«Pertesetchaleurautoconsommée»incluentlachaleurautoconsommée,notammentcelledesautoproducteurs.
Toutefois,cettedernière,n?étantpasvendueàdestiersmaisconsomméedirectementparleproducteur,n?estin finepascomptabiliséedanslebilandelachaleur
(dontlepérimètreestceluidelachaleurcommercialiséeouautoconsomméeparlesproducteursprincipaux);cesontlescombustiblesutiliséspourproduire
lachaleurautoconsomméequisontcomptabiliséscommeconsommationsfinalesdanslebilandesautresformesd?énergie.
Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement
retracé dans le bilan énergétique
L?hydrogène pur (à 98 % ou plus) sera pris en compte dans les
statistiques de l?énergie à partir de l?année 2024, conformément
au règlement européen sur les statistiques de l?énergie révisé
en janvier 2022 (introduction de ce vecteur) puis en janvier 2024
(prise en compte dans le bilan des autres énergies). Il n?apparaît
donc pas encore dans le bilan énergétique, sauf indirectement
en tant que combustible pour la production d?électricité.
Néanmoins, une évaluation des ressources et des usages de
ce vecteur en 2022 et 2023 a été réalisée. Cette synthèse
s?appuie sur plusieurs sources administratives, sur des enquêtes8
existantes et sur une nouvelle enquête auprès des sites
producteurs d?hydrogène qui permet de connaître les quantités
par mode de production, les capacités des sites producteurs et
enfin d?estimer la consommation d?énergie pour sa production.
L?hydrogène (dihydrogène) pur est un vecteur énergétique
encore peu produit et utilisé. Mais il suscite un intérêt croissant
pour la décarbonation de plusieurs usages et secteurs à
condition d?être produit à partir de procédés faiblement
émetteurs en gaz à effet de serre, tels que l?électrolyse de l?eau
en utilisant de l?électricité à faible contenu carbone. Très léger
et présent en faibles quantités à l?état naturel, l?hydrogène utilisé
est obtenu principalement à partir de combustibles fossiles. Il
est considéré comme un vecteur énergétique secondaire,
comme l?électricité ou la chaleur vendue.
Les ordres de grandeur présentés ici diffèrent des
évaluations réalisées par France Hydrogène et l?Institut français
du pétrole et énergies nouvelles (Ifpen) car seul l?hydrogène
pur est ici retracé (il est exclu quand il fait partie de mélanges
de gaz même s?il est majoritaire dans leur composition).
PRODUCTION D?HYDROGÈNE
En 2023, la production totale d?hydrogène pur en France est
estimée à 245 000 tonnes, soit 8,2 TWh (figure 1).
Elle augmente de 18 % par rapport à 2022.
L?hydrogène est commercialisé par une dizaine d?unités
légales en France. En 2023, la production vendue d?hydrogène
pur s?élève à 64 000 tonnes (soit 2,1 TWh).
L?hydrogène peut aussi être produit par des entreprises
(énergétiques ou non) pour leur usage propre ? et ne fait pas
alors l?objet d?une vente ? ou être produit de manière fatale
dans des processus industriels, c?est-à-dire sans être réutilisé
directement, ni à des fins énergétiques ni à des fins non
énergétiques. Cela concerne 181 000 tonnes (6 TWh) en 2023.
Figure 1 : ressources et usages d?hydrogène pur en 2022 et 2023
En TWh
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Ressources Usages Ressources Usages
2022 2023
Production vendue
Autoconsommation industrie hors raffineries
Consommation pour le processus de raffinage Consommation de chaleur des raffineries
Autoconsommation des raffineries
Importations-exportations
Mélanges ou pertes
Consommation énergétique industrie
Mobilité
Consommation pour la production d?électricité
Consommation non énergétique industrie
Écart statistique
Ressources
Usages
2,7
2,2
3,3
0,3
1,4
1,9
0,7
1,5
0,8
0,3
1,3
3,6
1,7 2,4
2,5 2,1
Source :calculsSDES,àpartirdeEAPH,enquêteauprèsdesraffineurs,EACEI
8 Enquête annuelle de production de l?Insee, données douanières, enquête sur la consommation d?énergie de l?industrie.
80 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 81
Les sites de raffinage de pétrole produisent des gaz
qui contiennent de l?hydrogène. S?ils ne sont pas épurés,
ces gaz sont déjà pris en compte dans les statistiques de
l?énergie en tant que produits pétroliers (gaz de raffineries).
Selon les raffineurs, seules 73 000 tonnes d?hydrogène pur
sont produites en 2023 par les sites de raffinage.
Seules 29 000 tonnes (1 TWh) sont ensuite utilisées pures9
pour le processus de raffinage et la production de chaleur.
Les cokeries déclarent, quant à elles, ne produire que
des mélanges de gaz contenant de l?hydrogène (des gaz de
cokeries, classés comme produits du charbon dans le bilan)
qu?elles n?épurent pas.
Les industriels hors branche énergie, dans la chimie
essentiellement, produisent également de l?hydrogène (pour
108 000 tonnes en 2023, soit 3,6 TWh) qu?ils utilisent pour
leurs besoins propres (autoconsommation).
Malgré le développement de projets de production
d?hydrogène bas-carbone, l?hydrogène pur produit en 2023
provient très majoritairement de procédés émetteurs en CO2.
L?essentiel des quantités (70 %) est obtenu à partir du gaz
naturel (méthane) à travers le vaporeformage (SMR pour
steam methane reforming) et l?oxydation partielle sans capture
de carbone (figure 2). Le vaporeformage ou l?oxydation
partielle à partir de méthane avec un procédé de capture et
de stockage du carbone est utilisé pour 10 % de l?hydrogène
produit. L?électrolyse est encore très peu utilisée (9 %) pour
la production de quantités significatives. Au sein de l?électrolyse,
le procédé chlore-soude, qui génère les plus grandes
quantités, concerne un nombre très restreint de producteurs.
La production d?hydrogène à partir de produits pétroliers et
d?autres procédés (à partir de méthanol principalement) est
faible (moins de 10 % des quantités produites).
Figure 2 : hydrogène pur par mode de production en 2022 et 2023
0,1
En TWh
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
2022 2023
SMR ou oxydation partielle sans capture
Production à partir de produits pétroliers
Autre mode (principalement à partir de méthanol)
SMR ou oxydation partielle avec capture
Électrolyse
0,6
0,7
1
4,5
0,5
0,7
0,3
0,9
5,7
Sources :SDES,EAPHetenquêteauprèsdesraffineursetInsee,EACEI
STOCKAGE, TRANSPORT ET ÉCHANGES EXTÉRIEURS
Le stockage et le transport de l?hydrogène sont encore très peu
développés en raison de l?absence d?infrastructures conséquentes
(sites de stockages et réseaux de transport) et d?enjeux
spécifiques pour ce vecteur (faible densité, risques d?explosion
ou de fuites). Les sites de production sont implantés à proximité
des sites de consommation. Les importations d?hydrogène sont
par conséquent encore très limitées (1 200 tonnes en 2023) tout
comme les exportations (1 400 tonnes en 2023) mais elles
augmentent par rapport à l?année précédente. En 2022, les
quantités échangées étaient en effet encore plus faibles :
1 100 tonnes ont été importées et 700 tonnes ont été exportées.
CONSOMMATION
Les usages de l?hydrogène (acheté ou autoconsommé) sont
principalement la désulfurisation des produits pétroliers (dans
le processus de raffinage) pour 21 000 tonnes en 2023
(0,7 TWh), la production de chaleur des bâtiments industriels
et des sites de raffinage pour 49 000 tonnes (1,6 TWh) et les
usages non énergétiques pour 100 000 tonnes (3,3 TWh),
concentrés pour 95 % dans le secteur de la chimie (dont
chimie organique) - (figure 3). L?hydrogène est notamment
utilisé pour la fabrication d?engrais.
9 Les quantités produites non utilisées pures et non vendues sont considérées alors comme mélangées.
82 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
La production d?électricité et la mobilité sont encore très
peu concernées en 2023 par ce vecteur. Utilisé sous forme
liquide depuis plusieurs décennies pour propulser Ariane,
l?hydrogène fait toutefois l?objet d?investissements pour la
mobilité lourde, en particulier sous la forme de carburants de
synthèse dans l?aviation et le transport maritime. L?hydrogène
est actuellement utilisé de manière très marginale dans le
transport fluvial et le transport routier (50 bus, moins de
10 poids lourds, un peu moins de 200 camionnettes, un peu
plus de 50 fourgons ou véhicules aménagés et près de
900 véhicules particuliers avec des piles à hydrogène au
1er janvier 2024 selon le répertoire statistique des véhicules
routiers RSVERO). Les stations de recharge sont
principalement implantées en Normandie, Île-de-France,
Auvergne-Rhône-Alpes et près de Nantes, à proximité des
sites de production.
Les pertes et mélanges s?élèvent à près de 57 000 tonnes,
soit 1,9 TWh. L?essentiel provient des quantités produites par
les raffineries qui ne sont pas utilisées pures et sont donc
considérées comme mélangées à d?autres gaz.
Figure 3 : consommation d?hydrogène pur dans l?industrie hors branche énergie (raffinage et transformation en électricité
par secteur) en 2023
Répartition en %
Usages énergétiques -
Industries chimique et pétrochimique
Usages non énergétiques -
Industries chimique et pétrochimique
Autres secteurs industriels
5
28
67
Source :Insee,EACEI
partie 4
La consommation
d?énergie par forme
d?énergie
? La consommation d?énergie primaire de la France s?établit à 2 525 TWh
en 2023, en hausse de 1,6 % par rapport à 2022. Cette légère progression
s?explique par l?augmentation des pertes de chaleur induites par la production
nucléaire, alors que la consommation finale diminue. Les températures ayant
été similaires en 2022 et 2023, la hausse de la consommation primaire après
correction des variations climatiques (CVC) s?établit également à 1,6 %.
Dans un contexte de prix élevés et de la mise en place de mesures de
sobriété, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 %
à climat corrigé. Tous les secteurs sont concernés par la baisse
de consommation. La consommation à usage non énergétique,
majoritairement concentrée dans la pétrochimie, diminue également mais
dans une moindre proportion (- 1,9 % sur un an).
Au total, la baisse de consommation finale compensant la hausse des prix,
la dépense des ménages, entreprises et administrations pour satisfaire leurs
besoins en énergie est quasi stable, à 230 Md¤. Elle se maintient à un niveau
élevé, près de 20 % au-dessus de son niveau de 2021 en euros constants.
Les produits pétroliers représentent 45 % de cette dépense nationale
en énergie et l?électricité 37 %, loin devant les autres énergies.
84 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.1 La consommation finale diminue mais
la dépense se maintient à un niveau élevé
dans un contexte de hausse des prix
de l?énergie
La consommation d?énergie primaire de la France progresse
de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh (figure 4.1.1).
La reprise de la production nucléaire et donc la plus forte
consommation de chaleur nucléaire expliquent cette
progression alors même que la consommation finale d?énergie
diminue notamment sous l?effet des prix élevés de l?énergie
et des appels à la sobriété. Corrigée des variations climatiques,
la hausse est également de 1,6 %. Les températures pendant
la période de chauffe, mesurées par le nombre de degrés-
jours unifiés (DJU), ont en effet été très similaires à celles de
2022 (figure 4.1.2). Par rapport à 2012, année de référence
des objectifs nationaux de réduction de consommation
d?énergie (voir encadré), la consommation primaire a baissé
de 16,3 % à climat corrigé.
Figure 4.1.1 : consommation primaire totale et par usage
En TWh
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Pertes de transformation, de transport et de distribution CVC
Consommation finale énergétique CVC
Consommation primaire réelle
Consommation finale non énergétique CVC
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Note:lespertesdetransformation,detransportetdedistributionintègrentlaconsommationd?énergiedesentreprisesdusecteurdelatransformationpour
leurusagepropreainsiqu?unécartstatistique.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 85
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.1.2 : nombre de degrés-jours unifiés de la période de chauffe
2 000
1 900
1 800
1 700
1 600
1 500
1 400
1 300
1 200
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Nombre de DJU de référence
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsMétéo-France
La hausse de la consommation primaire en 2023 provient
de celle des pertes de transformation, de transport et de
distribution d?énergie. Ces dernières (qui correspondent à la
différence entre la consommation primaire et la consommation
finale, à l?écart statistique près) augmentent de 13,2 % à climat
corrigé, en raison principalement de la reprise de la production
nucléaire et des pertes de chaleur induites (cf. 2.2.2). Celles-
ci sont particulièrement importantes puisque seul un tiers de
la chaleur produite par l?énergie nucléaire est convertie en
électricité. La consommation finale d?énergie s?établit à
1 615 TWh en données réelles, dont 119 TWh pour les usages
non énergétiques. Ceux-ci, majoritairement concentrés dans
l?industrie et la pétrochimie, diminuent de 1,9 % en 2023.
La consommation finale à usage énergétique diminue de
4,1 % et s?établit à 1 496 TWh en données réelles (cf. 5.1).
La consommation primaire évolue différemment selon les
formes d?énergie (figure 4.1.3). Les énergies renouvelables
électriques (hydraulique, éolien, photovoltaïque) voient leur
consommation progresser de 24,6 % sur un an, sous l?effet de
la croissance des capacités installées et de conditions
météorologiques plus favorables (la production hydraulique
avait été fortement affectée par la sécheresse en 2022).
La consommation de chaleur nucléaire progresse de 7,3 %
avec le redémarrage des réacteurs qui avaient été mis à l?arrêt
pour maintenance en 2022. La consommation d?énergies
renouvelables (EnR) thermiques et déchets progresse
également (+ 3,1 %), portée par les pompes à chaleur et le
biogaz. À l?inverse, les consommations primaires de gaz naturel
et de charbon diminuent fortement (respectivement - 11,9 %
et - 22,9 %). La consommation primaire de pétrole est quasi
stable (+ 0,3 %), la croissance de l?activité des raffineries
compensant la baisse de consommation finale dans le transport.
Le bouquet énergétique primaire se compose de 39 % de
nucléaire (+ 2 points par rapport à 2021), 30 % de pétrole,
13 % de gaz (- 3 points en un an), 11 % d?EnR thermiques et
déchets, 5 % d?EnR électriques et 2 % de charbon.
Figure 4.1.3 : consommation primaire par forme d?énergie
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Hydraulique, éolien et photovoltaïque Énergies renouvelables thermiques et déchets Nucléaire Gaz naturel Pétrole Charbon
Note:laconsommationd?énergienucléairecorrespondàlaquantitédechaleurdégagéeparlaréactionnucléaire(quiestensuiteconvertieenélectricité),
déductionfaitedusoldeexportateurd?électricité.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
86 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Le bouquet énergétique final reste, quant à lui, dominé
par le pétrole (figure 4.1.4). En 2023, les produits pétroliers
représentent ainsi 39 % de la consommation finale à usage
énergétique, devant l?électricité (27 %), le gaz (18 %), les
énergies renouvelables et les déchets (13 %), la chaleur (3 %)
et le charbon (0,4 %). Sur le long terme, la part des énergies
fossiles dans le bouquet énergétique tend à diminuer depuis
1990 au profit de l?électricité et, depuis le milieu des années
2000, également au profit des énergies renouvelables.
Figure 4.1.4 : consommation finale à usage énergétique par forme d?énergie
En TWh (données non corrigées des variations climatiques)
2 000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
Pétrole Gaz naturel Charbon Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2023
2020
Note:lachaleurn?estisoléequedepuis2000.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Dans un contexte de prix élevés de l?énergie, et malgré
la baisse de consommation finale, les ménages, entreprises
et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour
satisfaire leurs besoins en énergie, soit un niveau similaire
à celui de 2022 (figure 4.1.5). Elle se maintient donc à un
niveau élevé, supérieur de près de 20 % à celui de 2021. Les
produits pétroliers représentent toujours la part la plus
importante de la dépense, mais celle-ci diminue de 5 points,
à 45 %, entre 2022 et 2023. Ils sont suivis par l?électricité qui
voit sa part dans la dépense progresser de 7 points, pour
atteindre 37 %. Ces proportions sont supérieures aux parts
respectives de ces deux formes d?énergie dans la
consommation finale en raison de prix moyens plus élevés
que les autres formes d?énergie.
Figure 4.1.5 : consommation finale en énergie, tous usages confondus (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023
Charbon (hors hauts-fourneaux) 14 0,4 13 0,3 14 0,4 11 0,5 10 0,4
Produits pétroliers 773 98,7 686 72,4 749 92,2 720 114,6 693 102,2
Gaz naturel 341 21,3 319 18,2 347 22,1 297 27,9 273 27,4
Énergies renouvelables et déchets 185 5,7 171 4,9 196 7,2 192 9,4 200 8,6
Électricité 432 61,1 411 60,7 433 65,5 415 69,2 398 85,3
Chaleur 43 2,9 42 2,6 48 3,5 46 4,4 42 3,8
Consommation finale
(hors charbon des hauts-fourneaux) 1 787 190 1 641 159 1 787 191 1 681 226 1 615 228
Dépense nationale en énergie
(y compris charbon des hauts-fourneaux) 192 160 192 228 230
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 87
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Au sein de la dépense nationale en énergie, le coût des
importations nettes et des variations de stocks de produits
énergétiques représente 67 Md¤ (figure 4.1.6). Il diminue de
41 % par rapport à 2022 sous l?effet des baisses de prix sur
les marchés internationaux. Les taxes énergétiques (nettes
des subventions aux EnR) s?établissent à 39 Md¤.
Elles progressent de 20 % sur un an en raison de la baisse
des subventions aux EnR qui deviennent négatives, les prix
sur les marchés ayant été plus élevés que les prix fixés dans
le cadre des obligations d?achat (cf. 3.4). La TVA non
déductible est quasi stable, à 18 Md¤, la hausse des prix
compensant la baisse de la consommation finale. Le solde,
soit 106 Md¤, correspond à la rémunération d?activités
réalisées sur le territoire national, principalement la production
d?électricité et d?EnR, la gestion des réseaux de gaz et
d?électricité, la distribution des carburants et le raffinage de
pétrole. Elle progresse de 65 % sur un an, en lien avec la
reprise de l?activité des centrales nucléaires et des raffineries.
Figure 4.1.6 : décomposition de la dépense nationale en
énergie
En Md¤2023
2015
2011
2012
2016
2017
2019
2021
2022
2023
2020
2018
2014
2013
250
200
150
100
50
0
Taxes énergétiques nettes des subventions
TVA non déductible
Rémunération d?activités nationales
Importations nettes de produits énergétiques et variations de stocks
Source : SDES,Bilandel?énergie
Les objectifs de réduction de la consommation d?énergie de la France
La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et celle relative à l?énergie et au climat de
2019 ont fixé comme objectifs de diviser par deux la consommation finale d?énergie à horizon 2050 et de
réduire la consommation primaire d?énergies fossiles de 40 % en 2030 par rapport à 2012.
La programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) relative à la France continentale, dans sa deuxième version
adoptée en avril 2020, donne des cibles intermédiaires de réduction de la consommation d?énergie par rapport
à 2012, et les décline par forme d?énergie (figure 4.1.7) :
? consommation finale d?énergie : - 7,5 % en 2023 et - 16,5 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 8,5 % en 2023 ;
? consommation primaire de gaz naturel : - 10 % en 2023 et - 22 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,9 % en 2023 ;
? consommation primaire de pétrole : - 19 % en 2023 et - 34 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,8 % en 2023 ;
? consommation primaire de charbon : - 66 % en 2023 et - 80 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 63,1 % en 2023.
La 3e PPE qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période
2025-2035 est en cours de finalisation. La consultation du public s'est achevée le 5 avril 2025.
Figure 4.1.7 : baisses de consommations réalisées et attendues dans la PPE
Consommation primaire de gaz naturel
Consommation énergétique finale
Consommation primaire de pétrole
Consommation primaire de charbon
Baisse attendue 2012-2028 Baisse attendue 2012-2023 Baisse réalisée 2012-2023
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
En % (données corrigées des variations climatiques)
Champ:Francecontinentale.Laconsommationd?énergieàusagenonénergétiqueestexclue.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;décretdu21avril2020relatifàlaprogrammationpluriannuelledel?énergie
88 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.2 Produits pétroliers et biocarburants :
recul de la consommation et de la dépense
4.2.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
La consommation totale de produits pétroliers raffinés et
biocarburants diminue de 3,5 % en 2023 et s?élève à
64,4 Mtep, soit 749,5 TWh (figure 4.2.1.1). Elle poursuit sa
dynamique de baisse des années récentes (- 9,7 % par rapport
à 2019). Les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle
de l?énergie (PPE) visent une réduction de 7,6 % de la
consommation finale, toutes énergies confondues, et de 20 %
de la consommation primaire d?énergie fossile entre 2012
et 2023. Par rapport à 2012, la consommation finale de
produits pétroliers baisse de 15,5 %.
Le secteur des transports reste le poste de consommation
principal de produits raffinés et biocarburants (66 % de la
consommation totale de produits pétroliers). Après une hausse
en 2022, sa consommation recule en 2023 (- 2,7 %), pour se
placer à un niveau proche de celui de 2021. Dans le résidentiel
et le tertiaire, la baisse atteint 13,8 %. Seuls les secteurs de
l?industrie et l?agriculture voient leur consommation augmenter
(+ 1,5 % et + 1,2 % respectivement).
Corrigée des variations climatiques, la consommation de
produits pétroliers et biocarburants connaît une baisse annuelle
similaire à celle des données réelles (- 3,4 %) en raison de
températures hivernales comparables à 2022. En excluant
les carburants routiers, cette diminution est de 5,1 %
relativement à 2022. Par rapport à 2012, les consommations
à climat corrigé sont en nette baisse, en particulier hors
carburants routiers (- 14,5 % pour la consommation totale,
- 27,9 % en excluant les carburants routiers).
La dépense totale en produits pétroliers et biocarburants
s?établit en 2023 à 109,1 Md¤, en baisse de 11,3 % par rapport
à l?année 2022 du fait d?une baisse de la consommation et
des prix. En 2022, la dépense totale avait bondi de 25,8 %,
en raison notamment de la très forte hausse des prix de
l?énergie dans le contexte de tensions sur les produits
pétroliers et gaziers à la suite du conflit entre l?Ukraine et
la Russie. La dépense en 2023 reste à une valeur relativement
haute par rapport aux années récentes, et s?établit toujours
au-dessus du niveau précédent la crise sanitaire (+ 5,7 %
comparativement à 2019).
Figure 4.2.1.1 : consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants par secteur et dépense totale associée
En Mtep (données non corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
130
120
110
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Production d?électricité et de chaleur
Autres transports (navigation et aviation domestique, ferroviaire, fluvial)
Résidentiel
Transports routiers (ménages)
Industrie
Agriculture-pêche
Transports routiers (autres)
Tertiaire
Consommation finale à usage non énergétique
Dépense totale (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:lesecteurdestransportsn?inclutpaslessoutesmaritimesetaériennesinternationales.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 89
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Après deux années de hausse consécutives, le coût des
importations nettes (des exportations) de pétrole brut, de
produits raffinés et de biocarburants diminue (- 25,2 % en
euros constants) et s?élève à 42,1 Md¤ en 2023 (figure 4.2.1.2).
Ils restent supérieurs à ceux de 2019 (+ 17,2 %) et représentent
39 % de la dépense (taxes incluses) en 2023. La situation
de tension géopolitique, en particulier en Ukraine et au Moyen-
Orient, est responsable d?une crise énergétique qui a tiré à
la hausse les prix du pétrole en 2022. La dépense servant à
rémunérer des activités (de production, raffinage et transport-
distribution) réalisées sur le sol national s?élève à 25,1 Md¤
(à l?écart statistique près), soit 23 % du total, en baisse par
rapport à l?année précédente (- 13,2 %).
Les 38 % de la dépense restants correspondent à la
fiscalité. Celle-ci inclut la taxe intérieure sur la consommation
de produits énergétiques (TICPE), la taxe incitative relative
à l?incorporation de biocarburants (Tirib), la redevance
affectée au stockage des produits pétroliers (CPSSP) ainsi
que, dans les DROM, la taxe spéciale de consommation
(TSC, qui remplace la TICPE) et l?octroi de mer. La fiscalité
sur les produits pétroliers comprend également la TVA, qui
s?applique aux prix incluant les autres taxations. La TICPE,
qui compte pour la plus grande partie des taxes, a procuré
30,9 Md¤ de recettes (nette des remboursements) en 2023.
En euros constants, ce montant est en recul (- 7,4 %) par
rapport à 2022. Avec l?introduction de la composante carbone
dès 2014, les montants perçus de TICPE avaient fortement
augmenté entre 2014 et 2018 (+ 26,1 %). Ils se sont ensuite
stabilisés entre 2018 et 2022 (en dehors d?une chute
ponctuelle en 2020). En baisse de 1,4 %, la TSC a rapporté
0,55 Md¤ en 2023. La TVA sur les produits pétroliers (hors
part déductible pour les entreprises) s?élève à 10,4 Md¤ en
2023, en baisse de 7,6 % par rapport à 2022 (en euros
constants).
Figure 4.2.1.2 : décomposition de la dépense totale en pétrole brut, produits raffinés et biocarburants
Importations nettes Production primaire, marges et écart statistique Taxes hors TVA (nettes des subventions) TVA
140
120
100
80
60
40
20
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
En Md¤2023
Note:lessoutesmaritimesetaériennesinternationalessontdéduitesdesimportationsnettes,quiintègrentaussilesvariationsdestocks.Lesmarges
comprennentcellesderaffinageetcellesdetransport-distribution.
Source :SDES,Bilandel?énergie
90 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation totale peut se décomposer comme la
somme de la consommation à usage de production d?électricité
et de chaleur (1,4 Mtep en 2023, dont plus de la moitié dans
les DROM), de la consommation finale à usage énergétique
(54,0 Mtep biocarburants inclus) et de la consommation finale
à usage non énergétique (9,1 Mtep) - (figure 4.2.1.3).
Figure 4.2.1.3 : consommation de produits pétroliers raffinés par usage et par secteur (y compris biocarburants, données
non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Production d?électricité et de chaleur 1,4 808 1,4 587 1,4 798 1,5 1 312 1,4 1 001
Consommation finale à usage
énergétique 57,9 94 118 50,5 68 887 55,6 87 378 56,0 110 727 54,0 99 708
Industrie 2,6 1 968 2,5 1 540 2,5 1 908 2,5 2 714 2,5 2 425
Transports* 44,6 79 604 37,5 57 440 42,5 73 718 43,8 92 857 42,7 85 550
donttransportsroutiers(ménages) 26,3 52 539 22,1 37 990 24,8 47 981 25,8 59 927 25,7 57 087
donttransportsroutiers(autres) 16,1 25 357 13,9 18 506 15,9 24 296 15,8 30 476 14,8 26 445
dont autres transports 2,2 1 709 1,5 945 1,8 1 441 2,2 2 454 2,1 2 018
Résidentiel 4,7 6 712 4,2 5 044 4,7 6 385 3,5 6 830 3,1 5 099
Tertiaire** 2,7 2 895 2,8 2 404 2,4 2 299 2,7 4 065 2,3 2 830
Agriculture-pêche 3,2 2 938 3,6 2 459 3,5 3 067 3,4 4 262 3,4 3 804
Consommation finale à usage
non énergétique 12,0 8 272 11,4 6 354 12,0 9 640 9,3 10 999 9,1 8 402
Industrie 11,8 6 747 11,1 4 920 11,7 7 692 9,0 8 435 8,8 6 208
Pétrochimie 8,7 4 171 8,3 2 722 8,6 4 702 6,4 4 775 6,6 3 488
Construction 2,5 1 201 2,3 906 2,5 1 232 2,1 1 438 1,8 1 008
Autresindustries 0,6 1 375 0,5 1 293 0,6 1 759 0,5 2 223 0,5 1 712
Autres (dont agriculture, transports) 0,3 1 525 0,3 1 434 0,3 1 948 0,3 2 564 0,3 2 194
*Horssoutesmaritimesetaériennesinternationales.
**Ycomprislesarmées.
Note:laconsommationpourletraficaérienentrelamétropoleetlesDROMestinclusedanslesecteurdestransports(autrestransports).
Source :SDES,Bilandel?énergie
4.2.2 PRODUCTION D?ÉLECTRICITÉ ET DE CHALEUR
La consommation destinée à la production d?électricité et de
chaleur représente 2 % de la consommation totale de produits
pétroliers raffinés. Elle diminue sensiblement en 2023 (- 8,8 %
par rapport à 2022), à 1,4 Mtep (16,1 TWh) - (figure 4.2.1.3).
En France métropolitaine, les centrales au fioul, utilisées en
pointe lors des pics de demande en période hivernale, ont
progressivement fermé, d?autres énergies se substituant à ce
combustible, notamment pour des raisons environnementales.
La consommation de fioul dans les réseaux de chaleur est
également devenue marginale. Ainsi, la consommation de
produits pétroliers pour la production d?électricité et de chaleur
a chuté de 24,8 % par rapport à 2012. En revanche, la
consommation de fioul pour la production d?électricité n?est
pas négligeable en outre-mer.
La facture associée s?établit en 2023 à 1,0 Md¤, en repli
de 23,7 % en euros constants en un an, du fait du recul de
la demande mais aussi de la nette baisse des prix.
4.2.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
En données réelles, la consommation finale à usage
énergétique de produits pétroliers (y compris biocarburants)
s?élève à 54,0 Mtep en 2023 (soit 628,0 TWh), en recul de
3,5 % par rapport à l?année précédente (figure 4.2.1.3). Elle est
également en retrait par rapport au niveau précédent la crise
sanitaire (- 6,7 % comparativement à l?année 2019).
L?usage des transports concentre 66 % de la consommation
totale de produits pétroliers (y compris biocarburants) en
France, soit 42,7 Mtep en 2023 (hors soutes maritimes et
aériennes internationales). Relativement stable entre 2012
et 2019, cette consommation avait chuté en 2020 au cours
de la crise sanitaire, puis était repartie à la hausse en 2021
et 2022, sans retrouver son niveau de 2019. En 2023, elle
diminue de nouveau (- 2,7 %, cf. 5.5). Le transport routier des
ménages absorbe la plus grande part de cette consommation
(25,7 Mtep en 2023) et reste stable par rapport à 2022.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 91
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La baisse de consommation touche majoritairement
le transport routier hors ménages, qui recule de 6,3 % en
2023, sous l?effet notamment d?une diminution du transport
de marchandises et de voyageurs. Les autres modes de
transport (aérien, ferroviaire, maritime et fluvial) consomment,
quant à eux, 2,1 Mtep (hors soutes internationales). Leur
consommation baisse également au cours de l?année (- 6,9 %)
et se positionne en dessous du niveau de 2019 (- 6,3 %).
Les 66 % de produits pétroliers utilisés dans les transports
étant davantage taxés, ils représentent 78 % de la dépense
totale en produits pétroliers. La dépense totale dans les
transports s?établit ainsi à 85,6 Md¤ en 2023. Elle est en
baisse de 7,9 % par rapport au niveau record atteint en 2022,
en conséquence de la hausse des prix des carburants liée à
l?évolution générale des prix de l?énergie en 2022. Les
entreprises contribuent moins à cette dépense qu?à la
consommation physique des transports car, outre le fait qu?une
partie de la TVA est déductible, certains secteurs d?activité
bénéficient d?exonérations fiscales. La dépense de produits
pétroliers hors ménages dans les transports est de 26,4 Md¤
en 2023, en baisse de 13,2 % par rapport à l?année précédente.
Quant aux ménages, ils dépensent plus du double avec
57,1 Md¤, en baisse plus mesurée que celle des entreprises
(- 4,7 % en 2023).
Les consommations dans le résidentiel et le tertiaire
diminuent nettement (- 13,8 %), à 5,4 Mtep en 2023.
Cette évolution s?inscrit dans une tendance de baisse des
consommations de produits pétroliers dans le résidentiel-
tertiaire sur les dernières années. À climat corrigé, elles ont
ainsi été divisées par deux depuis 2012 dans le résidentiel
en raison de la chute progressive des habitations chauffées
au fioul. Celles du secteur tertiaire s?inscrivent dans une
dynamique de baisse plus mesurée depuis 2012 (- 28,8 %
sur la période, à climat corrigé). Les dépenses respectives
du résidentiel et du tertiaire s?élèvent à 5,1 Md¤ et 2,8 Md¤,
en nette baisse (respectivement - 25,3 % et - 30,4 %) par
rapport à l?année 2022.
La consommation de produits pétroliers (y compris
biocarburants) à usage énergétique dans l?industrie croît très
légèrement en 2023 (+ 1,5 %), pour s?établir à 2,5 Mtep.
Elle a connu une baisse progressive entre 2012 et 2017
(- 19,9 %), justifiée à la fois par le recours à d?autres énergies,
par des gains d?efficacité énergétique et par la relative
désindustrialisation de l?économie. Elle se maintient à un
niveau stable depuis (- 2,0 % entre 2017 et 2023). À l?image
des dépenses de produits pétroliers dans tous les secteurs,
la facture associée chute nettement en 2023 (- 10,7 %), pour
s?établir à 2,4 Md¤.
Le secteur de l?agriculture et de la pêche consomme
essentiellement du gazole non routier (avec une fiscalité
différente depuis 2011 du fioul domestique). Sa consommation
s?établit à 3,4 Mtep en 2023, très stable depuis 2012 (oscillant
en données corrigées des variations climatiques entre 3,2 et
3,6 Mtep au cours de la période 2012-2023). La dépense du
secteur connaît, quant à elle, une baisse de 10,7 % en 2023
et s?établit à 3,8 Md ¤.
4.2.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON
ÉNERGÉTIQUE
Les usages non énergétiques de produits pétroliers se
concentrent essentiellement dans l?industrie pétrochimique de
premier niveau, dont les produits entrent dans la fabrication de
produits synthétiques (matières plastiques, cosmétiques, etc.).
La consommation finale non énergétique de produits
pétroliers recule légèrement en 2023, à 9,1 Mtep (105,4 TWh),
soit un repli de 2,2 % sur un an (figure 4.2.1.3). Elle avait
chuté en 2022, principalement en raison de plusieurs arrêts
d?installations pétrochimiques pour maintenance ou incidents.
En 2023, la consommation de ce secteur repart modérément,
tout en restant faible.
Environ 2 Mtep de bitumes sont consommées chaque
année dans le secteur de la construction. En 2023, cette
consommation s?est fortement repliée (- 15,9 %) alors que
l?activité du secteur est restée relativement stable. Les autres
produits correspondent essentiellement à des lubrifiants,
utilisés dans les transports, l?agriculture et l?industrie, ainsi
qu?à des quantités limitées de coke de pétrole, à usage
industriel.
La facture associée à cette consommation non énergétique
s?élève à 8,4 Md¤ en 2023. Après avoir augmenté fortement
en 2022 en raison de la hausse des prix, elle diminue
nettement en 2023, de 23,6 % par rapport à 2022, en euros
constants, à la suite de la baisse des prix, et se rapproche
ainsi de son niveau de 2019 (8,3 Md¤2023).
4.2.5 CONSOMMATION ET DÉPENSE PAR PRODUIT
Malgré une baisse de consommation en 2023 (- 5,1 %), le
gazole routier (y compris biodiesel) représente près de la
moitié de la consommation réelle de produits pétroliers et
biocarburants en 2023 (47 %) et plus de la moitié de la
dépense (52 %) - (figures 4.2.5.1 et 4.2.5.2). Il précède les
supercarburants (17 % de la consommation pour 25 % de la
dépense), qui représentent les seuls produits pétroliers en
hausse au cours de l?année (+ 5,8 % de consommation par
rapport à 2022). Cette augmentation est liée à l?évolution du
parc automobile, dans lequel le nombre de motorisations
essence progresse au détriment des véhicules diesel.
Par rapport à 2012, année de référence choisie dans la PPE,
la consommation de carburants routiers baisse de 4,3 % avec
des évolutions très différentes selon les produits : le gazole
routier diminue de 15,8 % alors que les supercarburants
progressent de 36,9 % et les biocarburants de 29,5 %.
Ces derniers représentent 5 % de la consommation de
produits pétroliers en 2023. En cumulé, le gazole routier et
les supercarburants (biocarburants inclus) correspondent à
64 % de la consommation pour 77 % de la dépense.
92 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Cette différence s?explique par une fiscalité plus lourde sur
ces carburants que sur d?autres produits pétroliers.
Pour une raison inverse, la part de fioul domestique et
des autres gazoles dans la consommation (15 %) est plus
importante que cette même part dans la dépense (11 %).
Leur consommation poursuit une tendance à la baisse
(- 6,4 % sur l?année, - 32,2 % par rapport à 2012). Ensuite,
les consommations les plus importantes sont celles de
produits non énergétiques (10 % de la consommation et 7 %
de la dépense) et de GPL (5 % de la consommation pour 3 %
de la dépense). Bien que minoritaire dans la consommation
de produits pétroliers (3 %), le jet kérosène est l?un des
produits qui diminuent le moins depuis 2012 (- 7 %, contre
- 15 % tous produits confondus). Par rapport à 2022, sa
consommation est en baisse de 8,0 % tandis que la dépense
associée au produit chute de 31,4 % en 2023 par rapport à
2022. Le fioul lourd a quant à lui vu sa consommation divisée
par trois depuis 2012 et représente en 2023 seulement 1 %
de la consommation finale de produits pétroliers et moins
d?1 % de la dépense.
Figure 4.2.5.1 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023
En Mtep (données corrigées des variations climatiques)
Gazole routier
Biocarburants (depuis 2011)
Gazole non routier (depuis 2011)
GPL*
Coke de pétrole, brais et autres produits lourds
Supercarburants routiers
Carburéacteurs
Fioul lourd pour la production d?électricité et de chaleur
Naphta
Autres**
GPL carburant
Fioul domestique
Fioul lourd hors production d?électricité et de chaleur
Bitumes
*Gazdepétroleliquéfié(butane,propane),horsGPLcarburant.
**Autres:lubrifiants,paraffinesetcires,white-spiritetessencesspéciales,pétrolelampant,essenceaviation,gazderaffinerie,éthane,autresproduits.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source : SDES,Bilandel?énergie
Figure 4.2.5.2 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit (y compris biocarburants, données non
corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023
Gazole routier 33,9 58 046 28,6 41 449 31,9 51 827 31,8 65 053 30,2 56 916
Fioul domestique et autres gazoles 11,5 11 729 11,3 8 807 11,1 10 717 10,2 15 254 9,6 11 808
Supercarburants* 9,0 20 557 7,7 15 592 9,3 21 198 10,3 26 250 10,9 27 475
Jet kérosène 1,9 924 1,2 325 1,6 694 2,0 1 650 1,8 1 132
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 4,6 4 250 3,8 3 451 3,9 4 072 3,4 3 963 3,1 3 179
Fioul lourd 0,9 490 0,8 347 0,9 463 0,9 668 0,7 433
Produits non énergétiques** 7,1 5 920 7,6 5 100 8,5 7 813 6,5 8 855 6,5 7 127
Autres*** 2,4 1 280 2,1 757 1,8 1 030 1,6 1 346 1,7 1 041
Total 71,3 103 197 63,3 75 828 69,0 97 815 66,7 123 038 64,4 109 111
*Ycomprisessenceaviation.
**Naphta,bitumes,lubrifiants.
***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 93
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3 Gaz naturel : baisse générale de
la consommation et diminutions ponctuelles
des dépenses
4.3.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
En 2023, la consommation totale de gaz naturel en France
s?établit à 383 TWh PCS (soit 425 TWh PCI). Elle diminue
fortement pour la deuxième année consécutive : baisse de
42 TWh PCS (- 8,8 %) en 2022 et de 50 TWh PCS (- 11,6 %)
en 2023, soit 92 TWh PCS (- 19,3 %) entre 2021 et 2023.
Ce niveau est le plus bas atteint depuis la fin des années 90.
Par rapport à 2012, année de référence de la programmation
pluriannuelle de l?énergie (PPE), la diminution est de 23,5 %
(- 118 TWh PCS) ; cette baisse est un bon signal pour le
respect de la PPE (cf. 4.1). Pour mémoire, la PPE prévoit une
baisse de 10 % pour la période 2012-2023 de la consommation
primaire de gaz naturel corrigée des variations climatiques10.
Les températures de 2023 et 2022 ayant été proches, la
consommation totale corrigée des variations climatiques
diminue dans les mêmes proportions : - 11 %, à 414 TWh PCS
en 2023 (figure 4.3.1.1).
Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur
En TWh PCS* (données corrigées des variations climatiques)
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2020
2023
1994
600
500
400
300
200
100
0
Usage non énergétique
Tertiaire
Production d?électricité et de chaleur
Transports
Résidentiel
Usages internes de la branche énergie
Agriculture-pêche
Industrie
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationdegaz,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité,enquêteannuelle
surlesréseauxdechaleuretdefroid,donnéesduCitepa
Les dépenses pour l?achat de gaz diminuent aussi
en 2023, passant de 33,9 à 32,6 milliards, soit une diminution
de 3,9 % (figure 4.3.1.2). Cette diminution est beaucoup moins
forte que celle de la consommation. L?évolution du prix sur le
maché de gros est répercutée avec retard sur le prix de vente
(cf. 1.3). Le délai de répercussion diffère suivant la quantité
consommée (les plus gros consommateurs étant plus
sensibles aux variations des prix de marché), le type d?offre
souscrite (prix fixe, indexation marché, autre indexation?)
et son échéance. Par conséquent, en 2023 le prix de vente
pour les « petits » consommateurs a continué de croître
malgré une baisse du prix sur le marché de gros. Cela explique
que la diminution de la dépense est moindre que la diminution
de la consommation.
10 Par rapport à la consommation totale, la consommation primaire de la PPE exclut les injections de biogaz et les consommations pour matière première et inclut
les pertes du réseau de transport.
94 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.3.1.2 : consommation de gaz naturel et dépense associée
En TWh PCS* (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023
600
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
36 000
33 000
30 000
27 000
24 000
21 000
18 000
15 000
12 000
9 000
6 000
3 000
0
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Consommation totale (TWh PCS) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite)
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
4.3.2 BRANCHE ÉNERGIE
En 2023, avec la reprise des productions d?électricité
nucléaire et hydraulique, les centrales à gaz ont été moins
sollicitées qu?en 2022 et la consommation de gaz naturel
du secteur est redescendue à 80 TWh PCS (figure 4.3.2.1).
En 2022, la consommation de gaz naturel de la branche
énergie avait connu le niveau record de 104 TWh PCS.
Avec une diminution de 20 % entre 2022 et 2023,
la consommation de gaz de la branche énergie passe en
un an d?un point historiquement haut à un point historiquement
bas.
Les dépenses en gaz de la branche énergie diminuent,
passant de 405 à 329 millions d?euros, soit une baisse de 31 %
en un an, liée non seulement à la baisse de la consommation
mais aussi à celle des prix pour ces acteurs. En effet,
la branche énergie étant une « grosse » consommatrice de
gaz naturel, les prix de ses contrats de fourniture de gaz
naturel suivent avec moins de retard l?évolution à la baisse
des prix sur les marchés de gros.
Figure 4.3.2.1 : consommation de gaz naturel de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Transformation en électricité ou chaleur 93 1 963 85 1 434 82 3 122 98 7 050 75 4 803
Branche énergie hors transformation 9 146 8 97 8 293 6 405 6 329
Branche énergie 102 2 108 93 1 531 90 3 415 104 7 455 80 5 132
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 95
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE
ÉNERGÉTIQUE
Dans l?ensemble, la consommation finale de gaz naturel
à usage énergétique diminue de 8,4 % en 2023, passant
de 318 à 291 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Malgré cette baisse,
les dépenses associées augmentent de 6,7 %, pour
atteindre 27 milliards d?euros en 2023. Cette situation
nationale masque en fait de grandes disparités entre les
secteurs.
Le secteur résidentiel est le plus gros consommateur avec
38,7 % de la consommation finale de gaz naturel. En 2023,
le secteur consomme 113 TWh PCS et dépense 12,8 milliards
d?euros. Par rapport à 2022, il diminue sa consommation de
7,3 % et voit ses dépenses augmenter de 10,7 %.
Le secteur de l?industrie représente 37,7 % de la
consommation finale de gaz naturel. Les dépenses pour le
secteur industriel diminuent plus vite que la consommation.
En effet, en 2023, la consommation de gaz naturel du secteur
diminue de 9,5 % alors que les dépenses associées diminuent
de 11,4 %. La diminution du prix payé par les industriels
s?explique par la présence de « gros » consommateurs
dans ce secteur plus sensible à la baisse des prix sur le
marché de gros.
Avec 63 TWh en 2023, la part de la consommation finale
du secteur tertiaire est de 21,7 %. Le tertiaire diminue
sa consommation de 9,8 % mais voit ses dépenses augmenter
de 27,1 %, à 6,1 milliards d?euros. C?est le secteur le plus
impacté par la hausse des prix du gaz.
Les transports sont le seul secteur d?activité dont
la consommation de gaz naturel augmente. Celle-ci passe
de 4,1 à 4,7 TWh PCS, soit une augmentation de 14,6 %.
La consommation de gaz de ce secteur accélère
sa progression, notamment grâce au développement du parc
de poids lourds alimentés au gaz. La part du secteur dans la
consommation finale reste modeste, puisqu?elle est de 1,5 %
en 2023, mais elle a plus que doublé depuis 2019.
Les dépenses du secteur pour l?achat de gaz naturel
augmentent de 30,7 % entre 2022 et 2023.
Le secteur agricole a consommé 2 TWh PCS, en baisse
de 8,2 % par rapport à 2022. Il représente 0,7 % de la
consommation finale de gaz. La dépense en gaz naturel du
secteur est de 167 millions d?euros en 2023, soit une hausse
de 15,5 % par rapport à 2022.
Figure 4.3.3.1 : consommation finale de gaz naturel à usage énergétique (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Industrie 135 3 748 121 2 771 134 4 959 120 8 455 109 7 491
Transports 2,1 74,9 2,5 78,4 3,5 137,2 4,1 301,1 4,7 393,7
Tertiaire 81 3504 73 3 066 84 3 763 70 4 809 63 6 114
Résidentiel 144 11 146 142 10 365 148 10 798 121 11 561 113 12 801
Agriculture-pêche 2,6 99,0 2,5 88,2 2,6 107,0 2,1 145,0 2,0 167,5
Total 364 18 572 341 16 369 372 19 764 318 25 272 291 26 967
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
96 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.3.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON
ÉNERGÉTIQUE
La consommation non énergétique de gaz naturel est
essentiellement une consommation comme matière première
dans le secteur de la chimie. Le gaz naturel entre notamment
dans la production d?hydrogène (voir focushydrogène) ou
de méthanol. En 2023, cette consommation s?élève à
12 TWh PCS, soit une consommation comparable à celle
de 2022. Les dépenses ont, quant à elles, nettement diminué,
passant de 1,2 milliard d?euros à 479 millions, soit une baisse
de 59 %.
Figure 4.3.4.1 : consommation finale de gaz naturel à usage non énergétique (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023 En TWh
PCS*
En M¤2023
Chimie 14 225 13 140 13 532 12 1 178 12 479
*PCS=pouvoircalorifiquesupérieur.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 97
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.4 La consommation de charbon est
historiquement faible et la dépense associée
chute nettement
En 2023, la consommation primaire de charbon, corrigée des
variations climatiques, s?établit à 55 TWh. Elle recule de 22 %
par rapport à 2022, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis
le début des observations, en dessous même de son niveau
de 2020 (66 TWh) - (figure 4.4.1). La consommation de
charbon est orientée à la baisse depuis une trentaine
d?années, même si elle peut augmenter ponctuellement,
comme en 2017 ou 2021. En effet, les autres formes d?énergie
se substituent progressivement au charbon dans la plupart
des secteurs consommateurs. Par rapport à 2012, année de
référence des objectifs nationaux de réduction de la
consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation primaire
de charbon baisse de 61 % à climat corrigé.
Depuis 2015, la filière fonte constitue le principal
consommateur de charbon en France avec, en 2023, 64 %
de la consommation totale. Elle est suivie par celle de
la production d?électricité et de chaleur, qui ne représente
plus que 23 % de la consommation (contre 48 % en 2012).
La consommation finale (essentiellement celle de l?industrie
manufacturière hors hauts-fourneaux) compte, quant à elle,
pour 18 % de l?ensemble des ressources primaires
consommées en 2023 (le solde entre les ressources et
la somme des consommations des différents secteurs
correspondant à l?écart statistique).
Après avoir atteint un niveau inédit à 3,6 Md¤2023 en 2022,
la dépense totale en charbon chute de nouveau nettement
en 2023, à 2,5 Md¤ (- 33 %), en raison de la baisse importante
de la consommation et de la chute des prix (cf. 1.4). Elle reste
élevée, un peu supérieure à son niveau de 2019 (2,3 Md¤2023).
Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement
du coke, issu de la transformation d?un type de charbon plus
onéreux que celui utilisé pour la production d?électricité
et de chaleur, concentrent à eux seuls près de 70 % de
la dépense totale, contre 53 % en 2012.
Figure 4.4.1 : consommation primaire de charbon (hors écart statistique) et dépense totale associée
En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
250
200
150
100
50
0
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Usages non énergétiques
Consommation nette filière fonte
Industrie hors filière fonte Autres usages énergétiques
Branche énergie hors filière fonte
Dépense totale en Md¤2023 (2011-2023) - (axe de droite)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Note:unopérateuraréviséfortementàlahaussesesproductionsdegazdérivés,entraînantunerupturedesérieentre2016et2017.
Parailleurs,àpartirde2017,lespertes,auparavantinclusesdansl?écartstatistique,sontintégréesàlaconsommationdelafilièrefonte.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
98 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Outre la filière fonte, dont la consommation totale nette
s?élève à 35 TWh en 2023, 10 TWh de produits charbonniers
ont été consommés par la branche énergie à des fins de
production électrique ou, de façon plus marginale, de
production de chaleur vendue ensuite à des tiers (figure 4.4.2).
Cette quantité correspond, pour l?essentiel, à du charbon-
vapeur utilisé comme combustible par des centrales
thermiques à flamme. Par ailleurs, du gaz fatal issu des
installations sidérurgiques est brûlé pour produire de
l?électricité sur le site industriel lui-même ou dans une centrale
thermique voisine, comme c?est notamment le cas à
Dunkerque.
La consommation des centrales a diminué de près de
81 % depuis 2012. Cette baisse reflète la réduction progressive
du parc pour des raisons environnementales et d?obsolescence.
Avec l?arrêt de nombreuses tranches de production, la
capacité électrique installée des centrales à charbon s?est
en effet réduite de plus de trois quarts sur le territoire
métropolitain sur la période. Fin décembre 2023, seules cinq
unités de production, réparties sur quatre sites, à Cordemais
(Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle) restent en activité.
Fin 2023, les départements et régions d?outre-mer
comptent deux installations de production thermique au
charbon, dont certaines tranches de production utilisent
également un combustible renouvelable issu de la canne à
sucre, la bagasse, durant la campagne sucrière.
Ces installations sont les centrales du Moule (Guadeloupe)
et du Gol (La Réunion). Les unités ultramarines sont en cours
de conversion en unités 100 % renouvelable (bagasse-
biomasse). La centrale de Bois-Rouge, à Saint-André
(La Réunion), a été convertie totalement à la biomasse en
mars 2023 et a ainsi abandonné le combustible charbonnier.
À son tour, la centrale du Gol a été convertie en février 2024
et ne consomme plus de charbon.
Avec la chute importante de la production d?électricité à
partir de charbon en métropole, les centrales ultramarines
représentent plus de la moitié des consommations de charbon
des producteurs d?électricité ou de chaleur cogénérée dont
c?est l?activité principale. Cette part était temporairement
passée à environ 30 % en 2021 et 2022 dans un contexte de
moindre disponibilité des centrales nucléaires et de tensions
sur l?approvisionnement en gaz.
Au-delà de cette tendance de long terme, la consommation
des centrales thermiques à charbon en France métropolitaine
est très sensible à la rigueur des températures, celles-ci étant
principalement utilisées comme moyens de pointe lors des
vagues de froid hivernales. En 2022, les tensions sur
l?approvisionnement en gaz ont entraîné la réouverture
provisoire de la centrale de Saint-Avold, qui devait être
définitivement arrêtée.
La consommation de charbon des centrales, corrigée
des variations climatiques, diminue d?un tiers en 2023,
à 13 TWh, son niveau le plus faible depuis le début des
mesures.
En effet, les centrales à charbon métropolitaines ont été
nettement moins sollicitées qu?en 2022 grâce au rebond du
nucléaire, à la forte augmentation de la production
renouvelable et à la baisse de la consommation (cf. 3.4). Par
ailleurs, la centrale de Bois-Rouge à La Réunion n?utilise
plus de charbon.
La dépense pour produire de l?électricité ou de la chaleur
s?élève en 2023 à 0,4 Md¤. Hors inflation, la facture a diminué
de 44 % en un an, en lien avec la chute de la demande et le
recul des prix de l?énergie.
Figure 4.4.2 : consommation pour la production d?électricité et de chaleur (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Production d?électricité et de chaleur 17,9 327 15,1 228 22,1 455 17,4 634 9,7 357
Charbon primaire 12,2 188 10,4 117 16,8 309 13,1 520 6,6 214
Gaz dérivés 5,7 139 4,7 111 5,3 147 4,2 113 3,1 143
Source :SDES,Bilandel?énergie
La consommation finale de charbon en France s?élève
à 10 TWh en 2023 (figure 4.4.3), un minimum historique.
Elle fléchit nettement en un an (- 9 %). Par rapport à 2019,
cette consommation recule aussi sensiblement (- 29 %). Depuis
2012, la consommation finale de charbon a chuté de 45 %.
La dépense correspondante s?établit à 0,4 Md¤ en 2023.
Mesurée en euros constants, elle recule de 17 % par rapport
à 2022, du fait de la baisse importante des prix, mais reste
supérieure à celle de 2021 et 2019 (+ 8 %).
Les usages non énergétiques du charbon représentent
33 % de la consommation finale en 2023. Cette part augmente
de 5 points en un an en raison de la baisse de la consommation
finale énergétique, en particulier dans l?industrie. Elle était
restée stable depuis près de dix ans jusqu?en 2021.
Ces usages non énergétiques concernent en premier lieu les
secteurs industriels de la sidérurgie, de la chimie puis, dans
une moindre mesure, celui des produits minéraux non
métalliques.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 99
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Les usages énergétiques se concentrent, quant à eux,
en quasi-totalité dans l?industrie, principalement dans les
secteurs de la chimie, des produits minéraux non métalliques
(notamment la fabrication de ciments, plâtres et chaux) et de
l?agroalimentaire (par exemple les sucreries). Le charbon est
très marginalement utilisé comme combustible, en général
pour le chauffage, dans le résidentiel et le tertiaire, notamment
dans les Hauts-de-France.
Figure 4.4.3 : consommation finale de charbon (données non corrigées des variations climatiques)
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Industrie 10,3 9,1 10,5 7,4 6,2
Charbon primaire 8,5 7,7 8,9 6,1 4,9
Charbon dérivé 1,8 1,4 1,6 1,3 1,3
Autres usages énergétiques 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6
Charbon primaire 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5
Charbon dérivé 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0
Usages non énergétiques 3,1 2,8 3,2 3,0 3,4
Charbon primaire 1,2 1,4 1,4 1,4 1,5
Charbon dérivé 1,9 1,5 1,8 1,7 1,9
Total 14,1 12,5 14,5 11,1 10,1
Charbon primaire 10,4 9,6 11,0 8,0 6,9
Charbon dérivé 3,8 2,9 3,5 3,1 3,2
Source :SDES,Bilandel?énergie
100 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.5 La consommation d?énergies
renouvelables et de déchets augmente
en 2023
4.5.1 CONSOMMATION TOTALE
La consommation primaire d?énergies renouvelables (EnR)
et de déchets s?élève à 409 TWh en 2023. Elle se répartit en
209 TWh consommés par la branche énergie (pour la
production d?électricité ou de chaleur) et 200 TWh consommés
directement par les utilisateurs finaux, principalement pour
les besoins de chauffage. Au sein de la branche énergie, la
consommation d?EnR et déchets sert majoritairement à
produire de l?électricité : 129 TWh pour la production d?électricité
issue des filières hydraulique, éolienne et photovoltaïque et
15 TWh de combustibles (principalement de la biomasse et
des déchets) brûlés pour produire de l?électricité. 41 TWh de
combustibles sont également consommés pour produire
simultanément de la chaleur et de l?électricité par cogénération,
et 15 TWh pour produire de la chaleur. 8 TWh de biométhane
sont par ailleurs injectés dans les réseaux.
Tous usages confondus, la consommation primaire
d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 9,1 %
sur un an. Cette augmentation est portée par la filière
hydraulique, du fait des conditions pluviométriques de 2023
proches de la moyenne après une année 2022 chaude et
très sèche, et par la filière éolienne, du fait du développement
du parc et de conditions de vent favorables (cf. 2.2.3).
D?autre part, des températures automnales légèrement plus
basses par rapport à 2022 ont entraîné un besoin accru de
chauffage des ménages qui s?est traduit notamment par
l?augmentation de la consommation de bois-énergie et de
chaleur renouvelable des pompes à chaleur dans le résidentiel.
Les énergies renouvelables continuent de se développer.
À climat corrigé, la consommation primaire d?énergies
renouvelables et de déchets augmente de 8,7 % en 2023.
Elle a doublé depuis le milieu des années 2000 et a augmenté
de 36,9 % depuis 2013 (figure 4.5.1.1). En enlevant la
consommation des énergies renouvelables électriques11 (qui
ne sont pas corrigées des variations de la pluviométrie, du
vent ou du soleil), la consommation primaire d?énergies
renouvelables thermiques et de déchets corrigée des
variations climatiques augmente de 2,8 % en 2023.
Figure 4.5.1.1 : consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
1998
1990
1992
2000
2010
2002
2012
1996
2004
2014
2006
2016
2008
2018
2020
2023
1994
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Production de chaleur seule
Production d?électricité et de chaleur par cogénération
Production d?électricité seule à partir de combustibles
Production d?électricité hydraulique*, éolienne et photovoltaïque
Injections de biométhane dans les réseaux de gaz naturel
Branche énergie
Secteurs de
consommation
finale
Agriculture-pêche
Résidentiel
Tertiaire
Transports
Industrie
*Ycomprisénergiesmarines.
Note:laconsommationdedéchetsurbainspourlaproductiond?électricitéetdechaleurparcogénérationn?estpasisolablejusqu?en1994etestinclusejusqu?à
cettedatedansleposte«Productiondechaleurseule».
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
11 Hydraulique, éolien, photovoltaïque et énergies marines.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 101
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation finale d?énergies renouvelables et
déchets (200 TWh en 2023, en données non corrigées des
variations climatiques) correspond aux consommations de
combustibles, carburants et chaleur primaire provenant de
sources renouvelables ainsi que de déchets, destinées à tout
usage autre que la production électrique et la production de
chaleur commercialisée à des tiers. Le secteur résidentiel en
représente à lui seul 60 %, suivi des transports (19 %), de
l?industrie (13 %), du tertiaire (6 %) et de l?agriculture (2 %).
119 TWh d?énergies renouvelables thermiques ou issues
des déchets sont consommés pour le chauffage ou l?eau
chaude sanitaire dans le secteur résidentiel. Cette
consommation augmente de 4,2 % sur un an du fait notamment
d?un automne plus froid, après une baisse de 2,2 % en 2022,
avec des températures hivernales et automnales supérieures
à celles de 2021. Corrigée des variations climatiques, elle
augmente toujours de 3,8 %. Sur ces 119 TWh, 59 % sont
issus de la combustion de bois, 39 % sont extraits par les
pompes à chaleur et 2 % sont produits par les capteurs
solaires thermiques installés chez les particuliers. Après avoir
progressé dans les années 2000, la consommation de bois
de chauffage est plus atone ces dernières années. À climat
corrigé, elle diminue de 0,3 % en 2023. Le recul des ventes
d?appareils de chauffage au bois entre 2013 et 2020
(à l?exception des poêles à granulés et à bûches) et la
diminution régulière de la consommation de bois par ménage
équipé d?un appareil de chauffage au bois, du fait notamment
de l?amélioration de l?efficacité de ces derniers, expliquent
cette tendance (cf. 2.2.3). À l?inverse, les pompes à chaleur,
en particulier celles aérothermiques, qui nécessitent un
moindre investissement, continuent de se développer
fortement dans le résidentiel, grâce notamment aux mesures
incitatives pour remplacer les appareils de chauffage
fonctionnant aux énergies fossiles. Leur consommation
renouvelable corrigée des variations climatiques augmente
à un taux moyen de 12 % sur les cinq dernières années.
La consommation finale d?énergies renouvelables
thermiques dans les transports, composée de biocarburants
(cf. 4.5.3), atteint 38 TWh en 2023 en données réelles.
Elle augmente de 4,6 %.
La consommation finale dans l?industrie est composée
pour 76 % de biomasse solide, 16 % de déchets industriels,
5 % de biogaz et 3 % de biocarburants (principalement
incorporés au gazole non routier). Elle s?élève à 26 TWh en
2023 en données réelles, en hausse de 3,5 %. Le secteur de
l?imprimerie et de la production de papier et de carton est le
principal utilisateur d?énergies renouvelables thermiques et
de déchets avec 17 TWh consommés en 2023. Ce secteur
consomme en particulier de la biomasse (8 TWh), notamment
de liqueur noire, résidu issu de la fabrication du papier kraft
et constituant une source d?énergie facilement mobilisable
et peu onéreuse.
La consommation finale d?énergies renouvelables
thermiques ou issues des déchets par le secteur tertiaire
demeure modeste, à 12 TWh en 2023. Elle est quasiment
constante sur un an en données réelles et diminue de 0,9 % à
climat corrigé. Cette consommation, principalement à des fins
de chauffage, se répartit entre les filières biomasse solide
(28 %), pompes à chaleur (26 %), incinération de déchets (25 %),
biogaz (14 %), biocarburants (4 %, correspondant à la part
renouvelable du gazole non routier utilisé marginalement par
le secteur tertiaire), géothermie (2 %) et solaire thermique (1 %).
4.5.2 BOIS-ÉNERGIE
En 2023, la consommation primaire de bois-énergie s?élève
à 111 TWh en données réelles (figure 4.5.2.1). Elle augmente
de 1,8 % par rapport à 2022 en raison de températures
automnales plus basses que l?année précédente. La dépense
associée s?élève à 3,5 Md¤ et augmente de 20 % sur un an.
Elle se répartit en 2,5 Md¤ dans le résidentiel (soit 72 % du
total), 0,7 Md¤ dans le secteur énergétique pour la production
d?électricité et de chaleur et 0,3 Md¤ dans les autres secteurs
(tertiaire et industriel). Si la hausse du prix du bois-énergie
est particulièrement importante dans l?industrie (+ 48 % en
un an), la hausse globale de la dépense est tirée par l?évolution
du prix du bois acheté par les ménages (+ 30 % en moyenne
annuelle (cf. 1.5.2) du fait de la part importante de ce secteur
dans la consommation primaire totale. Cette dépense prend
en compte l?achat de bois hors des circuits commerciaux
mais n?inclut pas l?auto-approvisionnement en bois (entre 30
et 40 % de la consommation de bois-bûche des ménages).
Figure 4.5.2.1 : consommation primaire de bois-énergie par secteur (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Consommation primaire totale 110 2 538 100 2 531 114 2 878 109 2 897 111 3 486
Production d?électricité et de chaleur 20 539 19 491 22 547 23 686 24 722
Industrie 9 80 9 81 9 90 12 123 12 176
Résidentiel 77 1 837 68 1 886 78 2 154 69 1 996 69 2 495
Tertiaire 3 82 3 73 3 87 3 92 3 93
Agriculture-pêche 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0
Lecture:laconsommationprimairedebois-énergie(horsliqueurnoire)s?élèveà111TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3,5Md¤.
Source :SDES,Bilandel?énergie
102 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.5.3 BIOCARBURANTS
La consommation de biocarburants s?établit à 3,5 Mtep (soit
41 TWh) en 2023, dont 2,6 Mtep de biodiesel, 0,8 Mtep de
bioéthanol et 0,05 Mtep de biokérosène (figure 4.5.3.1).
Elle augmente (+ 4,6 %) en raison de la progression de la
consommation de biodiesel (+ 5,6 %). Du fait de la baisse
des prix, la dépense associée diminue fortement en euros
constants (- 13,5 %), pour s?établir à 5,9 Md¤ en 202312.
Hors coûts de distribution et des taxes (affectés par convention
dans le bilan aux produits pétroliers avec lesquels ils sont
mélangés), les dépenses de biodiesel s?élèvent à 4,4 Md¤
(- 16,1 % par rapport à 2022 en euros constants, malgré une
hausse de la consommation), et celles de bioéthanol à
1,5 Md¤ (- 4,6 %). La consommation de biocarburants est
concentrée à 92 % dans le secteur des transports, le reste
étant essentiellement lié à l?utilisation d?engins agricoles et
de chantier.
Figure 4.5.3.1 : consommation de biocarburants et dépense totale associée
6,0
5,0
4,0
3,0
2,0
1,0
0,0
En Mtep En Md¤2023
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Bioessence Biodiesel Biokérosène Dépense en bioéthanol (axe de droite) Dépense en biodiesel (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetFAO
12 La dépense n?inclut pas celle en biokérosène, qui s?élève à 0,1 Md¤.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 103
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.6 Électricité : la consommation recule,
la dépense est en hausse
4.6.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES
À climat réel, la consommation totale d?électricité diminue
de 4,0 % en 2023 (après - 3,8 % en 2022 et + 5,1 % en 2021),
pour s?établir à 408 TWh (figure 4.6.1.1). À climat corrigé,
la consommation d?électricité diminue dans les mêmes
proportions par rapport à 2022 (- 3,9 %), soit un rythme plus
soutenu que la moyenne annuelle observée depuis 2012
(- 0,74 %). En 2023, le climat a en effet été doux et comparable
à celui de 2022. Les prix élevés ainsi que la poursuite des
appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication
de cette baisse. La forte hausse des prix de détail sur un an
(+ 35,7 %) entraîne une très forte augmentation de la dépense
en électricité, qui s?établit à 87 Md¤ (+ 23,7 % par rapport à
l?année précédente en euros constants).
En 2023, la hausse des dépenses en électricité
s?explique par la persistance des effets de la crise
énergétique amorcée fin 2021. Les prix élevés observés
sur le marché de gros en 2022 ont continué d?influencer
les factures payées par les consommateurs en 2023
en raison de la structure des contrats d?approvisionnement
et des pratiques de couvertures des fournisseurs sur
les marchés à terme. Ainsi, même si les prix sur les marchés
de gros ont fortement décru en 2023 (cf. 1.7), la répercussion
de cette baisse sur les contrats de fourniture en cours
n?intervient pas au même rythme pour tous les contrats.
Selon la structure des contrats de fourniture souscrits,
les évolutions de prix pour les consommateurs finaux
interviennent souvent lors des renouvellements de contrat,
ce qui explique également le retard dans la transmission
des prix des marchés de gros vers le marché de détail.
Cette inertie tarifaire a conduit à des factures plus élevées
pour les consommateurs, malgré une baisse de
la consommation.
Figure 4.6.1.1 : consommation physique d?électricité et dépense associée
En TWh (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023
Consommation totale (TWh) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite)
2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
470
460
450
440
430
420
410
400
390
380
100 000
90 000
80 000
70 000
60 000
50 000
40 000
30 000
20 000
10 000
0
Source :SDES,Bilandel?énergie
104 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.6.2 CONSOMMATION ET DÉPENSE DE LA BRANCHE
ÉNERGIE
Au-delà des pertes sur le réseau (37 TWh) et de l?électricité
utilisée pour le pompage (3,6 TWh), la branche produisant de
l?énergie (raffineries, enrichissement de l?uranium?) est elle-
même consommatrice d?électricité à hauteur de 10 TWh,
représentant un coût de 1,8 Md¤ (figure 4.6.2.1).
Figure 4.6.2.1 : usages internes de la branche énergie en électricité (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Branche électricité 9 716 9 781 9 862 10 1 228 10 1 752
Note:horspertes,consommationpropredescentraleseténergieabsorbéeparlepompage.
Source : SDES,Bilandel?énergie
4.6.3 CONSOMMATION FINALE ET DÉPENSE ASSOCIÉE
Corrigée des variations climatiques, la consommation finale
d?électricité s?était stabilisée entre 2012 et 2018. En 2023,
elle diminue de 4,0 % par rapport à 2022, avec des évolutions
contractées selon les secteurs. Non corrigée du climat,
la consommation finale d?électricité diminue de 4,2 % en
2023, à 398 TWh, dans un contexte de prix élevés et d?appels
à la sobriété (figure 4.6.3.1). La dépense associée progresse
de 23,3 %, atteignant 85,3 Md¤.
Le secteur résidentiel représente 38 % de la consommation
finale d?électricité, ce qui en fait le plus grand consommateur.
La consommation finale d?électricité corrigée du climat du
secteur s?élève à 156 TWh (figure 4.6.3.2), en baisse de
4,6 TWh par rapport à 2022 (- 2,8 %). L?électricité a de
nombreux usages (chauffage, fonctionnement des divers
équipements électroménagers ou autres, éclairage?).
Plusieurs facteurs influent sur la consommation d?électricité
du résidentiel : la météo, le taux d?équipement, l?amélioration
de la performance énergétique des bâtiments, les prix, mais
aussi les comportements de consommation (sobriété).
Alors que la part du résidentiel dans la consommation
d?électricité reste sensiblement la même, autour de 38 %, sa part
dans la dépense diminue fortement. Elle était de 53 % en 2019,
de 49 % en 2022 et de 42 % en 2023. En effet, le secteur
résidentiel reste relativement épargné par l?augmentation
globale des prix. Le bouclier tarifaire a limité les hausses
des tarifs réglementés de vente (TRV) pour les ménages (et
les petites entreprises). Ces derniers ont connu tout de même
des hausses significatives en 2023 : + 15 % TTC en moyenne
au 1er février et + 10 % TTC en moyenne au 1er août. Malgré
la baisse de la consommation, la dépense progresse de 5,5 %.
Le secteur tertiaire consomme 126 TWh d?électricité
(à climat corrigé), soit 31 % de l?électricité finale totale, et se
place ainsi en deuxième position. Sa consommation diminue
de 6,1 % (- 8,3 TWh) après correction des variations
climatiques. La part du tertiaire dans la dépense globale
d?électricité est de 35 %, ce qui représente une augmentation
importante par rapport à l?année précédente où elle était de
29 %. La dépense du secteur tertiaire augmente de 46,6 %
malgré une baisse de 6,5 % de la consommation. Ce secteur
est celui qui a été le plus impacté par la hausse des prix de
l?électricité.
Avec 103 TWh, l?industrie représente 26 % de la
consommation d?électricité, se classant en troisième position.
La dépense est en hausse de 31 %, pour une consommation
baissant de 4,9 % (- 5,3 TWh). La part de l?industrie dans la
dépense globale est de 19 %. La hausse des prix a été très
disparate selon les consommateurs. Ainsi, par exemple, le
prix de l?électricité pour les acteurs consommant plus de
150 GWh a baissé de 4 % en 2023, contrairement à la
moyenne du secteur (+ 44 %, cf. 1.7).
La consommation d?électricité dans les transports
(13 TWh), très majoritairement liée au réseau ferré, est la
seule consommation sectorielle à augmenter en 2023
(+ 16 %). Au sein des transports, la consommation des
véhicules électriques routiers est de 2,3 TWh et a fortement
progressé en 2023 (+ 46 %, après + 77 % en 2022), les
immatriculations de voitures électriques étant en hausse de
47 % par rapport à 2022. La dépense en électricité pour le
transport s?élève à 1,7 Md¤ (+ 33 %).
La consommation d?électricité de l?agriculture (7 TWh)
diminue de 9,4 % en 2023, pour une dépense de 1,8 Md¤,
en hausse de 37 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 105
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
Figure 4.6.3.1 : consommation finale d?électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Industrie 116 9 229 106 8 550 112 10 077 107 12 628 102 16 562
Transports 10 605 8 606 10 767 11 1 313 13 1 747
Résidentiel 160 32 188 161 33 512 170 35 573 155 33 772 151 35 645
Tertiaire 138 17 806 128 16 860 134 17 827 134 20 141 125 29 531
Agriculture-pêche 8 1 228 8 1 176 8 1 207 8 1 341 7 1 835
Total 432 61 055 411 60 703 433 65 451 415 69 194 398 85 319
Source : SDES,Bilandel?énergie
Figure 4.6.3.2 : évolution de la consommation finale d?électricité
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Industrie Transports Résidentiel Tertiaire Agriculture-pêche
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationd?électricité
La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un
objectif de baisse de la consommation finale de l?énergie pour
2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France
continentale. Cette baisse globale de la consommation finale
d?énergie passe par la réduction de la part des énergies
fossiles dans notre bouquet énergétique, au profit de
l?électricité et des énergies renouvelables. Si l?on considère
le périmètre France entière, la consommation d?électricité
corrigée des variations climatiques baisse de 8,1 % (- 35 TWh)
depuis 2012. En 2023, sa part s?élève à 26 % de la
consommation finale à usage énergétique comme en 2012.
Cette baisse est concentrée sur la période récente. En effet,
entre 2019 et 2023, elle atteint - 30 TWh. L?industrie et le
tertiaire baissent de 17 TWh chacun. Ce sont les secteurs
qui contribuent le plus à la baisse globale. Le transport est
le seul secteur connaissant une hausse (+ 2 TWh) avec le
développement des véhicules électriques.
106 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
4.7 La consommation de chaleur
commercialisée diminue nettement
La consommation (hors pertes) de chaleur commercialisée
s?élève à 42 TWh en 2023. Elle baisse de 10 % par rapport
à 2022 malgré des conditions climatiques et des besoins de
chauffage équivalents. Corrigée des variations climatiques,
elle diminue également de 10 % sur un an. Sur longue période,
elle a fortement progressé (+ 23 % depuis 2013).
En 2023, les ventes de chaleur, corrigées des variations
climatiques, diminuent particulièrement dans le secteur de
l?industrie (- 19 %) et le secteur tertiaire (- 7 %) dans un
contexte de diminution de l?offre (figure 4.7.1). Les centrales
thermiques, parmi lesquelles figurent les centrales en
cogénération qui vendent la chaleur produite, ont été
beaucoup moins sollicitées en 2023 qu?en 2022, dans un
contexte de production d?électricité nucléaire et renouvelable
en nette croissance, et ont, de ce fait, moins produit et vendu
de la chaleur à leurs clients à proximité (plutôt des sites
industriels). À l?inverse, la livraison au secteur résidentiel
augmente de 1 %. Au total, le secteur industriel représente
40 % des quantités de chaleur achetée, le résidentiel 37 %
et le tertiaire 23 %, la consommation de chaleur dans le
secteur agricole restant très marginale.
Figure 4.7.1 : consommation totale de chaleur commercialisée (nette des pertes de distribution) et dépense associée
60
50
40
30
20
10
0
2008
2007
2000
2002
2001
2017
2010
2009
2012
2011
2006
2005
2014
2013
2016
2015
2019
2021
2020
2022
2023
2018
2004
2003
Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Industrie Total (hors pertes) non ventilé Dépense totale en Md¤2023 (axe de droite)
En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023
4,5
4,0
3,5
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
Note:laventilationsectorielledelaconsommationn?estdisponiblequ?àpartirde2007.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 107
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
En 2023, la dépense de consommation totale de chaleur
commercialisée s?élève à 3 774 M¤ (figure 4.7.2). Elle diminue
de 11 % sur un an, tirée à la baisse par le secteur industriel
(cf. 1.8). Le secteur résidentiel représente 47 % de cette
dépense, le secteur industriel 26 % et le secteur tertiaire
27 %, avec des montants respectifs de 1 757 M¤, 976 M¤
et 1 012 M¤. Le secteur industriel pèse en général nettement
moins dans la dépense que dans la quantité consommée en
raison de prix traditionnellement plus bas que dans les autres
secteurs. En 2023, l?industrie bénéficie d?une baisse
importante des prix de la chaleur. Ses dépenses refluent de
37 % par rapport à 2022 (pour une consommation en baisse
de 20 %) mais restent plus élevées qu?avant la crise
énergétique (+ 20 % par rapport à 2021). À l?inverse, dans
le résidentiel et le tertiaire, les prix de la chaleur réagissent
avec retard aux fluctuations des prix des énergies
consommées et continuent d?augmenter en 2023. La dépense
de chaleur du résidentiel augmente ainsi de 8 % alors que
sa consommation n?augmente que de 3 %. La dépense du
tertiaire est quasi stable (- 1 %) alors que sa consommation
baisse de 6 %.
Figure 4.7.2 : consommation de chaleur commercialisée (données non corrigées des variations climatiques) et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Consommation finale totale 43 2 630 42 2 377 48 3 246 46 4 217 42 3 774
Industrie 19 507 18 422 20 813 22 1 541 17 976
Résidentiel 15 1 330 14 1 199 17 1 521 15 1 630 15 1 757
Tertiaire 9 775 10 742 11 889 10 1 022 9 1 012
Agriculture-pêche 0 18 0 15 0 22 0 25 0 27
Note:laconsommationtotaledechaleurcommercialisées?élèveà42TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3774M¤.
Source :SDES,Bilandel?énergie
108 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 109
partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie
partie 5
La consommation
d?énergie par secteur
ou usage
? La consommation finale d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux)
diminue de 3,8 % en 2023 à climat corrigé. En données réelles,
elle baisse de 3,9 %, pour atteindre 1 615 TWh, dans un contexte
de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Tous les secteurs sont concernés :
le tertiaire (- 8,2 %), l?industrie (- 6,6 %), le résidentiel (- 2,7 %), les
transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). La consommation
finale à usage non énergétique diminue également (- 1,9 %).
En 2023, les consommateurs finaux d?énergie (hors hauts-fourneaux) ont
dépensé 227,9 Md¤, soit 0,9 % de plus qu?en 2022 en euros constants.
110 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse
de la consommation finale d?énergie
et de fortes disparités entre les secteurs
La consommation finale réelle d?énergie (hors charbon des
hauts-fourneaux) diminue de 3,9 % en 2023, pour s?établir à
1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB
(+ 0,9 %). Le climat ayant été proche de celui de 2022,
la diminution de la consommation finale d?énergie corrigée
des variations climatiques est quasiment la même (- 3,8 %).
La consommation finale à usage énergétique, corrigée
des variations climatiques, baisse de 4,0 % en 2023, pour
s?établir à 1 545 TWh (figure 5.1.1). La consommation baisse
dans le tertiaire (- 7,8 %), l?industrie (- 6,5 %), le résidentiel
(- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche
(- 0,7 %). Après une baisse importante en raison d?un
ralentissement de l?activité dans la pétrochimie en 2022
(- 21,7 %, cf. 4.2.4), la consommation non énergétique diminue
légèrement (- 1,9 %), pour s?établir à 119 TWh (figure 5.1.2),
un niveau historiquement bas depuis plus de 50 ans.
Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux
de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2019,
la consommation finale énergétique a baissé de 0,4 % en
moyenne annuelle à climat corrigé. Entre 2019 et 2023, cette
baisse est de 2,1 % en moyenne annuelle. Sur la période
complète, la baisse est supérieure à l?objectif (- 8,9 % pour
un objectif de - 7,6 %).
Figure 5.1.1 : consommation finale énergétique par secteur
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
2 000
1 800
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
Résidentiel Tertiaire Transports Industrie Agriculture-pêche Non affecté*
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
*Larépartitiondelachaleurparsecteurconsommateurn?estpasdisponibleentre2000et2006.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
La dépense nationale en énergie (hors hauts-fourneaux)
s?élève à 227,9 Md¤ en 2023. Après une augmentation
importante en 2022 (+ 18,4 % en euros constants) causée
par la flambée des prix de l?énergie, elle est quasi stable
en 2023 (+ 0,9 %) mais avec des résultats très contrastés
selon les secteurs. Les dépenses augmentent particulièrement
dans le tertiaire (+ 30,1 % pour une baisse de la consommation
de 8,2 %) et l?industrie (+ 6,0 % pour - 6,6 % de consommation)
à cause d?une forte augmentation des prix de l?électricité et
du gaz (cf. 1.3 et 1.7). Elles augmentent également dans le
résidentiel (+ 2,3 % pour - 2,7 % de consommation) et
l?agriculture-pêche (+ 0,9 % pour - 0,7 % de consommation).
À l?inverse, elles diminuent davantage que la consommation
dans les transports (- 7,2 % pour - 2,2 % de consommation)
grâce à la baisse du prix des produits raffinés. La dépense
pour des usages non énergétiques diminue fortement
(- 27,1 % pour - 1,9 % de consommation).
Le transport concentre 38 % de la dépense nationale
(hors charbon des hauts-fourneaux) pour 32 % de la
consommation. À l?inverse, le poids de l?industrie (y compris
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 111
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
consommation non énergétique) est plus faible dans la
dépense totale que dans la consommation. Cela s?explique
par le fait que les industriels bénéficient généralement de prix
inférieurs à la moyenne grâce à leurs volumes de consommation
souvent élevés et à une taxation globalement moindre que
celle des ménages. Ils sont toutefois plus sensibles aux
variations des prix sur les marchés internationaux. Le poids
de l?industrie dans la dépense totale a ainsi augmenté de
4 points entre 2020 et 2023 (12 % en 2023) alors que sa part
de la consommation a diminué d?un demi-point sur la même
période (17 % en 2023).
Figure 5.1.2 : consommation finale par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Industrie
(hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881
Transports 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691
Résidentiel 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
Tertiaire 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604
Agriculture-pêche 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835
Consommation finale énergétique
(hors charbon hauts-fourneaux) 1 631,2 181 347 1 494,8 152 414 1 632,9 180 468 1 559,3 213 532 1 495,9 218 834
Consommation finale non énergétique 156,0 8 654 146,5 6 599 154,3 10 326 121,6 12 411 119,3 9 050
Consommation finale (hors charbon
hauts-fourneaux) 1 787,2 190 001 1 641,4 159 013 1 787,2 190 794 1 680,9 225 943 1 615,1 227 883
Source :SDES,Bilandel?énergie
112 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.2 Légère diminution de la facture
énergétique des ménages et baisse
de la consommation
Les ménages français ont consommé, au total, 722 TWh
d?énergie en 2023, soit une baisse de 1,6 % par rapport à
2022 (figure 5.2.1). Cette consommation d?énergie se répartit
en 422 TWh (- 2,7 %) dans leurs logements (cf. 5.3) et
299 TWh (- 0,1 %) pour leurs déplacements (cf. 5.5). Leur
dépense énergétique atteint 114,9 Md¤ (- 1,3 %), dont
57,8 Md¤ pour le logement (+ 2,3 %) et 57,1 Md¤ pour le
transport (- 4,7 %).
En 2023, la dépense énergétique moyenne d?un ménage
s?élève à 3 678 ¤, dont 1 851 ¤ imputables à l?énergie dans
le logement et 1 827 ¤ aux achats de carburant (figure 5.2.2).
En euros courants, la dépense moyenne d?un ménage
augmente de 3,0 % (+ 6,8 % pour le logement et - 0,6 %
pour les carburants). Toutefois, corrigée de l?évolution globale
des prix, la facture moyenne en énergie diminue de 2,2 %
par rapport à 2022. Cette diminution est portée par la baisse
des dépenses en carburant (- 5,6 %) alors que les dépenses
énergétiques moyennes liées au logement augmentent
de 1,4 %.
Figure 5.2.1 : consommation d?énergie des ménages (données non corrigées des variations climatiques) et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Logement 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
Transport 306,1 52 539 256,7 37 990 288,8 47 981 299,6 59 927 299,3 57 087
Total 776,3 107 363 712,4 91 144 786,56 105 497 733,6 116 431 721,6 114 910
Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergiepourlelogement.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Figure 5.2.2 : dépense en énergie par ménage entre 2019 et 2023
48 43 54 55 57
61 62 70 64 80
En euros constants
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Électricité Gaz naturel Combustibles pétroliers
Bois Chaleur commercialisée Carburants
2019 2020 2021 2022 2023
3 561
2 996
3 437
3 760 3 678
1 068 1 102 1 159 1 090 1 141
419 375 382 393 410
223 166 208 221 163
1 743
1 249
1 563 1 935 1 827
Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergieparménagepourlelogement.
Lesdépensesencharbon,quireprésententpourl?ensembledesménagesmoinsde10M¤paran,nesontpasreprésentéesici,maissontbieninclusesdansletotal.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 113
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
L?augmentation des dépenses pour le logement résulte
de celle des prix. Elle est toutefois limitée par la diminution
de la consommation d?énergie pour le logement, liée à des
prix élevés en 2023 (cf. 5.3) et aux appels à la sobriété, dans
un contexte de crise énergétique. La prolongation en 2023
du bouclier tarifaire (plafonnement ou limitation des hausses
des tarifs réglementés, cf. 1.3 et 1.7) a permis de limiter la
hausse des prix du gaz et de l?électricité. Le dispositif de
chèque énergie, dont le montant moyen, toutes campagnes
confondues, s?élève à 138 ¤ en 202313, permet également
de soutenir les ménages les plus modestes face aux hausses
de prix. Cette aide n?est pas prise en compte dans les
dépenses présentées dans cette publication.
En euros constants, les dépenses moyennes en électricité,
qui représentent environ les deux tiers de la facture
énergétique dans les logements, sont en hausse de 4,6 %
par rapport à 2022. Les dépenses en gaz naturel, en chaleur
et en bois augmentent respectivement de 4,2 %, 2,5 % et
de 24 %. Les dépenses en produits pétroliers diminuent de
26 %, liées non seulement à une baisse de la consommation
mais aussi des prix (voir partie 1).
Les accises sur l?énergie (ex-TICPE, TICGN, TICFE et
TICC) ainsi que la contribution tarifaire d?acheminement pour
l?électricité et le gaz (CTA) représentent 4,7 % de la dépense
d?énergie du logement. En euros constants, le taux moyen
de ces taxes est de 6,4 ¤/MWh et diminue de 43,2 % par
rapport à 2022, toutes énergies confondues. Avec la diminution
des taxes et la baisse de la consommation énergétique, le
montant total de ces taxes s?élève à 87 ¤ par ménage et
diminue de 45,2 % (figure 5.2.3).
Figure 5.2.3 : décomposition de la dépense moyenne des ménages en énergie pour le logement
En euros constants
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
Taxes énergétiques TVA Dépense HTT
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
La dépense en carburants diminue de 5,6 % en euros
constants en 2023. Elle résulte d?une baisse des prix (cf. 1.2),
la consommation moyenne par ménage étant stable entre
2022 et 2023. Les taxes énergétiques (composées de
l?accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) en métropole,
de la taxe spéciale de consommation (TSC) et de l?octroi
de mer dans les DROM) représentent 34,4 % de la dépense
(figure 5.2.4). Le taux moyen des taxes est de 65 ¤/MWh,
tous carburants confondus. En euros constants, le montant
des taxes collectées auprès des ménages pour les carburants
reste stable.
13 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023.
114 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Figure 5.2.4 : décomposition de la dépense moyenne de carburant par ménage
En euros constants
2 000
1 500
1 000
500
0
Taxes énergétiques TVA Dépense HTT
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Champ:Franceentière(ycomprisDROM).
Source :SDES,Bilandel?énergie
Au total, en 2023, l?énergie représente 9,4 % des
dépenses des ménages et 5,8 % de leur consommation
effective, incluant notamment les loyers imputés et services
d?intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) -
(figure 5.2.5). La part dans les dépenses des ménages
baisse de 0,2 point par rapport à 2022, sa diminution étant
essentiellement due aux dépenses en carburants. En effet,
la part des carburants diminue de 0,3 point alors que celle
des énergies pour le logement augmente de 0,1 point.
La part de l?énergie dans les dépenses des ménages
demeure sensiblement éloignée de son pic atteint en 1985,
à 11,7 %.
Figure 5.2.5 : part de l?énergie dans le budget des ménages
En %
14
12
10
8
6
4
2
0
Part de l?énergie dans la consommation effective des ménages
Part de l?énergie dans le budget des ménages (hors Sifim et loyers imputés)
1968
1995
2010
1986
1971
1998
2013
1989
2004
1974
1965
1977
1992
2007
1980
1983
2001
2016
2019
2023
Note:lebudgetdesménagesestcalculécommelesdépensesdesménagesausensdelaComptabiliténationale,horsloyersimputésetservices
d?intermédiationfinancièreindirectementmesurés(Sifim).
Laconsommationeffectiveintègrecesdeuxélémentsainsiquelesconsommationscorrespondantàdesdépensesindividualisablesfaitesparlesinstitutionssans
butlucratifauservicedesménages(ISBLSM)etparlesadministrationspubliques(APU)enmatièredesanté,d?enseignement,d?actionsociale.
Lebudgetestprochedecequedéboursentlesménagespourleurconsommationcourante,tandisquelaconsommationeffectiveapprochecedontilsbénéficient,
ycompriscequiestpayéparl?ensembledelacollectivité.
Lechèqueénergie,introduiten2018àlaplacedestarifssociauxdugazetdel?électricité,n?estpasdéduitdeladépensed?énergiepourlelogement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :Insee,Comptesnationaux;SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 115
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.3 Résidentiel : baisse de la consommation
et augmentation de la dépense
En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur
résidentiel diminue de 2,7 % par rapport à 2022 et atteint
422 TWh. Corrigée des variations climatiques, la baisse est
presque équivalente (- 2,7 %). Les températures en 2023 ont
en effet été douces et comparables à celles de 2022. Les prix
élevés de l?électricité et du gaz ainsi que les appels à la
sobriété peuvent avoir incité les ménages à diminuer leur
consommation énergétique pour leur logement.
À climat corrigé, la consommation d?électricité du
résidentiel diminue en 2023 (- 2,8 %), à 156 TWh (figure 5.3.1).
Demeurant l?énergie principale employée par les ménages,
elle représente 34 % de la consommation totale d?énergie
dans les logements.
Deuxième énergie utilisée par les ménages et représentant
plus d?un quart de la consommation énergétique dans le
résidentiel, la consommation d?énergie renouvelable (EnR)
augmente à climat corrigé de 4,0 % par rapport à 2022, portée
par la chaleur issue des pompes à chaleur (PAC, + 10,4 %).
En 2023, les énergies renouvelables consommées dans
le résidentiel sont composées à 59 % de bois, 38 % de chaleur
issue des PAC (cf. 2.2.3) et 3 % d?énergie solaire thermique.
Troisième énergie utilisée par les ménages, le gaz
représente 25 % de la consommation d?énergie du logement.
Sa consommation diminue de 6,8 %, en lien sans doute avec
des prix en forte hausse.
La consommation de chaleur commercialisée
(i.e. distribuée via des réseaux) corrigée des variations
climatiques augmente de 2,3 %, pour s?établir à 16 TWh.
Enfin, la consommation de produits pétroliers diminue de
11,7 % et représente dorénavant 8,3 % de la consommation
totale.
Figure 5.3.1 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
600
500
400
300
200
100
0
Électricité Gaz naturel Énergies renouvelables et déchets Produits pétroliers Charbon Chaleur commercalisée*
1996
2014
2008
1990
1998
1992
2016
2010
2000
1994
2002
2012
2004
2006
2018
2020
2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesdonnéesduCeren
116 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Ainsi, après correction des variations climatiques, seules
les consommations d?énergies renouvelables et de chaleur
commercialisée progressent en 2023 dans le secteur
résidentiel. L?augmentation des prix, les appels à la sobriété
et, dans une moindre mesure, la transition vers des formes
d?énergie plus propres expliquent en partie la baisse de la
consommation des énergies traditionnelles.
La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un
objectif de baisse de la consommation finale d?énergie pour
2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France
continentale. Pour le périmètre France entière, dans le secteur
résidentiel, la baisse corrigée du climat est de 9,9 % depuis
cette année de référence, soit - 50 TWh. Elle s?est fortement
accélérée depuis la crise énergétique puisqu?entre 2019 et
2023 elle atteint 6,2 %. Depuis 2012, le bouquet énergétique
a été profondément modifié. Avec - 45 TWh, le gaz naturel
est l?énergie qui contribue le plus à la baisse. Les produits
pétroliers viennent en second avec - 41 TWh. Cela s?explique
notamment par la diminution du parc de logements équipés
de chaudières au fioul. En hausse de 35 TWh, les énergies
renouvelables se sont en partie substituées aux énergies
carbonées.
Avec 312 TWh, le chauffage concentre plus des deux
tiers de la consommation du résidentiel en France
métropolitaine, à climat corrigé (figure 5.3.2). Les EnR
représentent 41 % de la consommation de chauffage, le gaz
30 % et l?électricité 16 %.
L?électricité spécifique (qui comprend la consommation
d?électroménager, d?éclairage, d?appareils audiovisuels et
informatique, etc.) représente 16,1 % de la consommation
d?énergie. Le reste de la consommation est réparti entre l?eau
chaude sanitaire (9,1 %) et la cuisson (5,1 %), tandis que la
climatisation ne représente encore qu?une faible part de la
consommation d?énergie (0,5 %). Sur un an, les consommations
à usage de climatisation augmentent à climat corrigé (+ 4,7 %)
alors que la consommation des autres usages diminue.
Figure 5.3.2 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel par usage
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
550
500
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Chauffage Eau chaude sanitaire Usages spécifiques de l?électricité Cuisson Climatisation
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023
Note:laconsommationenclimatisation,quireprésente2TWhen2023,n?estpasvisiblesurcegraphiquemaisestbieninclusedansletotal.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :Ceren;SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 117
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Les dépenses énergétiques totales du secteur résidentiel
s?élèvent à 57,8 milliards d?euros en 2023 (figure 5.3.3).
Elles augmentent en euros constants par rapport à 2022
(+ 2,3 %). Cette évolution s?explique principalement par la
hausse des prix de l?électricité (cf. 1.1,1.3et1.7). Toutefois,
les boucliers tarifaires permettent de limiter la hausse des
dépenses et les chèques énergie réduisent la charge pour
les ménages les plus modestes, avec un montant moyen de
138 ¤ en 202314.
La dépense en électricité (35,6 milliards d?euros)
représente en 2023 la plus forte dépense en énergie du
résidentiel (61,6 %). Elle augmente de 5,5 % en euros
constants par rapport à 2022. Les factures de gaz naturel
s?établissent à 12,8 milliards et sont en hausse en euros
constants (+ 5,1 %). Pour ces deux énergies, la baisse de la
consommation n?a pas compensé la hausse des prix. Pour
les produits pétroliers, la baisse des prix et de la consommation
ont entraîné une forte baisse de la dépense (- 25,3 %).
Elle s?établit à 5,1 milliards d?euros. Quant aux dépenses
d?énergies renouvelables (2,5 milliards d?euros), elles
augmentent de 25,1 %. Celles de chaleur (1,8 milliard d?euros)
augmentent de 3,4 %.
Figure 5.3.3 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 55,1 6 712 48,5 5 044 54,8 6 385 40,7 6 830 35,7 5 099
Gaz naturel 129,8 12 628 127,8 11 404 133,4 11 737 109,3 12 174 101,3 12 801
Charbon 0,3 9 0,2 7 0,3 9 0,3 17 0,2 9
Énergies renouvelables et déchets* 110,5 1 840 103,2 1 886 122,7 2 158 114,0 1 995 119,4 2 495
Électricité 159,7 32 188 161,5 33 512 169,5 35 573 155,2 33 772 150,7 35 645
Chaleur commercialisée 14,8 1 447 14,5 1 302 17,0 1 653 14,5 1 716 14,9 1 775
Total 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824
*Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesthermiquesetdéchets,seulleboisdechauffagecommercialiséestprisencompte.
Note:lesdépensesdesménagesneprennentpasencompteleversementdeschèquesénergie.
Champ:Franceentière(ycomprisDROM)
Source :SDES,Bilandel?énergie
14 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023.
118 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.4 Tertiaire : consommation d?énergie
en baisse et augmentation des dépenses
en électricité
En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur
tertiaire s?établit à 229 TWh, en baisse de 8,2 % par rapport
à 2022, et atteint son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans.
Le climat a été doux et comparable à celui de 2022. Corrigée
des variations climatiques (CVC), l?évolution de la
consommation est donc similaire (- 7,8 %) - (figure 5.4.1).
Le prix élevé de l?électricité et du gaz et la poursuite des
appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication
de cette baisse de la consommation. Le tertiaire est le secteur
qui a connu les plus fortes hausses de prix en 2023
(cf. partie 1). Ainsi, en 2023, la persistance des effets de la
crise énergétique amorcée en 2021 explique la hausse de la
dépense (+ 9,2 Md¤), portée par celles en électricité
(+ 9,4 Md¤) et en gaz (+ 1,1 Md¤).
Figure 5.4.1 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
300
250
200
150
100
50
0
Électricité Gaz naturel Produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Charbon Chaleur commercalisée*
2003
2012
2017
2009
2000
2004
2001
2013
2018
2010
2015
2005
2002
2006
2011
2016
2007
2008
2014
2019
2020
2021
2022
2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
En 2023, corrigée du climat, la consommation d?électricité,
qui représente plus de la moitié du bouquet énergétique du
tertiaire, diminue de 6,1 % tandis que la valeur ajoutée des
services marchands augmente de 1,2 %. Depuis 2012,
la consommation d?électricité du tertiaire diminue en moyenne
de 1,2 % par an. La consommation de gaz naturel (un quart
du bouquet) diminue encore plus fortement (- 9,1 %),
une baisse bien supérieure au rythme des dernières années
(- 0,6 % en moyenne annuelle depuis 2012). La consommation
de produits pétroliers diminue à un rythme annuel de - 3,2 %
depuis 2012 et représente 11,4 % de la consommation
corrigée du climat en 2023. Même la consommation
d?énergies renouvelables (EnR) décroît en 2023 (- 0,9 %),
alors qu?elle progressait à un rythme annuel de + 5,8 % en
moyenne depuis 2012. La consommation des EnR dans
le tertiaire couvre la consommation renouvelable des pompes
à chaleur (25,5 %), de la biomasse (28 %), des déchets
(25,5 %) et du biogaz (13,9 %). Enfin, la consommation de
chaleur commercialisée via des réseaux baisse de 5,7 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 119
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
La valeur ajoutée du tertiaire augmente de 1,7 % en
moyenne par an depuis 2000, à un rythme supérieur à celle
du reste de l?économie. Malgré une très légère baisse, de
0,1 point en 2023, la part du tertiaire dans la valeur ajoutée
de l?économie progresse globalement régulièrement, passant
de 53 % en 2000 à 59 % en 2023. Entre 2000 et 2010, la
consommation d?énergie du tertiaire progresse au même
rythme (+ 1,8 % par an), soutenue par l?évolution de la
consommation de l?électricité (+ 2,8 % par an). Par la suite,
la consommation se stabilise jusqu?en 2018, année à partir
de laquelle la consommation d?énergie commence à décroître
(- 3 % en moyenne par an), sans doute sous l?impulsion de
l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments
(cf. 6.1). La reprise d?activité après les crises sanitaire et
énergétique n?a pas conduit à une augmentation de la
consommation d?énergie.
Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux,
la consommation d?énergie finale dans le tertiaire baisse de
25,3 TWh (- 9,6 %) en données corrigées du climat. L?intégralité
de la baisse a été réalisée entre 2019 et 2023. Au-delà des
objectifs de la programmation pluriannuelle de l?énergie,
le décret tertiaire (article 175 de la loi Élan de 2018) impose
une réduction progressive de la consommation d?énergie
dans les bâtiments à usage tertiaire. Celle-ci doit ainsi se
réduire de 40 % en 2030 par rapport à 2010.
En 2023, le secteur tertiaire a dépensé 39,6 milliards
d?euros pour sa consommation finale d?énergie, soit une
hausse de 30,1 % en euros constants par rapport à 2022
(figure 5.4.2), malgré la baisse de la consommation de toutes
les énergies. L?augmentation de la facture s?explique par la
hausse des prix de l?électricité et du gaz entraînée par la crise
énergétique.
Figure 5.4.2 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire (données non corrigées des variations climatiques)
et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 EnTWh EnM¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 30,9 2 861 32,4 2 372 27,5 2 274 31,5 4 026 26,6 2 766
Gaz naturel 72,6 3 969 66,1 3 374 75,3 4 090 63,1 5 064 56,9 6 114
Charbon 0,4 10 0,4 8 0,4 10 0,4 15 0,3 13
Énergies renouvelables et déchets 9,2 117 9,4 104 10,6 112 11,3 131 11,3 158
Électricité 137,8 17 806 127,6 16 860 133,5 17 827 133,6 20 141 124,9 29 531
Chaleur commercialisée 9,3 843 9,5 805 10,6 966 9,7 1 076 9,1 1 022
Total 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604
Note:lebilanmonétaireneprendpasencomptelesaidesattribuéesvialeguichetd?aide.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Plus précisément, la dépense en électricité progresse de
46,6 % et celle en gaz naturel de 20,7 %. La dépense d?EnR,
qui n?inclut que la dépense en biomasse et en biocarburants,
augmente, quant à elle, de 20 %. La dépense de produits
pétroliers diminue de 31,3 %. C?est l?unique énergie dont le
prix moyen baisse en 2023.
En 2023, l?électricité concentre près des trois quarts de
la dépense, contre un peu plus de la moitié de la consommation
finale, du fait d?un prix relativement élevé au MWh par rapport
aux autres énergies. À l?inverse, le poids du gaz naturel est
plus faible dans la dépense totale que dans la consommation
(respectivement 15,4 % et 24,8 %). Troisième énergie du
secteur, les produits pétroliers représentent 7 % de la dépense
et 11,6 % de la consommation, devant la chaleur
commercialisée via des réseaux (2,6 % de la dépense totale
et 4 % de la consommation).
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/eco-energie-tertiaire-eet
120 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.5 Transports : une baisse
de la consommation qui marque la fin
de la reprise après la crise sanitaire
En 2023, l?usage des transports représente 34 % de la
consommation énergétique finale, soit 513 TWh, dont 299 TWh
sont liés aux déplacements des ménages (cf. 5.2) et 214 TWh
relèvent des entreprises et administrations. Par convention
statistique internationale, cette consommation exclut les soutes
internationales aériennes (62 TWh) et maritimes (12 TWh).
Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de
réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2023, la
consommation finale énergétique des transports a diminué de
3,6 %. Avec l?agriculture, c?est le seul secteur à ne pas atteindre
l?objectif de - 7,6 % (tous secteurs confondus) sur la période.
5.5.1 CONSOMMATION PAR USAGE ET PAR MODE
Après deux années marquées par une forte reprise post-Covid
(+ 13,6 % en 2021 et + 3,4 % en 2022), la consommation
énergétique finale pour les transports diminue de 2,2 % en
2023. Le transport intérieur de voyageur, moteur de la reprise
en 2021 et 2022, diminue de 0,3 %. Le trafic national de
marchandises (hors oléoducs) diminue fortement après avoir
stagné (- 4,0 %, après - 0,9 % en 2022) - (Bilanannueldes
transports en 2023, SDES).
Les consommations du secteur (figure 5.5.1.1) sont
dominées par le mode routier (93,2 %, soit 478 TWh), en
relation avec ses parts modales dans le transport de passagers
(87 % du trafic en métropole en voyageurs-kilomètres) comme
de marchandises (86 % en métropole en tonnes-kilomètres).
Le transport routier des ménages représente à lui seul plus
de la moitié (57,7 %) de la consommation finale énergétique
des transports en France.
La part des transports ferrés dans la consommation finale
(2,1 %, à 10,7 TWh en 2023) est bien inférieure à ses parts
modales (11 % pour les passagers et 9 % pour le fret).
Les vols domestiques (y compris les liaisons entre
métropole et outre-mer) représentent 3,2 % de la
consommation énergétique finale des transports, en baisse
de 0,3 point par rapport à 2022. Les vols internationaux (non
comptabilisés dans le total), particulièrement touchés par la
crise sanitaire, continuent leur reprise, pour atteindre
62,3 TWh en 2023 (+ 9,6 %).
La consommation du transport maritime et fluvial
(y compris plaisance) national représente 1,4 % de la
consommation énergétique finale des transports.
Figure 5.5.1.1 : part de chaque mode dans la consommation finale énergétique des transports et dans le transport
de voyageurs et de marchandises en 2023
En %
Routier ménages Routier entreprises Aviation domestique Ferré Autres
3,2 2,1 1,4
57,7
35,4
Transport intérieur
Voyageurs Marchandises
voyageurs-
kilomètres
tonnes-
kilomètres
Routier 87 % 86 %
Ferré 11 % 9 %
Aviation domestique 1 % -
Navigation - 2 %
Oléoducs - 3 %
Note:legraphiquedonnelapartdechaquemodedanslaconsommationfinaleénergétiquedestransports(horssoutesinternationales)enFranceentière.
LetableaupermetdevoirlapartdechaquemodedansletransportintérieurdevoyageursetletransportdemarchandisesenFrancemétropolitaine.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;SDES,Bilandestransports,2023
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 121
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.5.2 CONSOMMATION PAR ÉNERGIE
Le bouquet énergétique, hors soutes internationales, est
largement dominé par les produits pétroliers (89,3 %),
principalement à destination des transports routiers
(figure 5.5.2.1). Il est complété par les biocarburants (7,3 %),
l?électricité (2,5 %) et le gaz naturel, qui reste marginal (0,8 %).
Les consommations de carburants routiers (biocarburants
inclus) diminuent de 2,5 % en 2023 après deux années de
hausse post-crise sanitaire (+ 13,2 % en 2021 et + 2,1 % en
2022). Auparavant, elles avaient été quasi stables entre 2011
et 2019 (- 1,7 % sur l?ensemble de la période), avec une
progression des parts de l?essence (+ 1,1 point) et des
biocarburants (+ 1,7 point) au détriment du diesel (- 3,0 points).
Figure 5.5.2.1 : consommation finale énergétique des transports
En TWh
600
500
400
300
200
100
0
Gazole route (hors biocarburants)
Énergies renouvelables et déchets (biocarburants)
Essence route (hors biocarburants)
Électricité
Carburéacteurs et autres produits pétroliers (hors biocarburants)
Gaz naturel
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Les ventes d?essence (en excluant les biocarburants
incorporés) retrouvent leurs niveaux d?avant-crise dès 2021
et continuent leur croissance en 2022 (+ 9,4 %) et en 2023
(+ 6,6 %). Cette croissance s?explique essentiellement par
celle de la circulation de voitures particulières à motorisation
essence, dont le parc croît au détriment de celui des
motorisations diesel. La circulation en France métropolitaine
de voitures particulières, utilitaires légers et motocycles
(pavillons français et étranger) à essence augmente de 3,3 %
en 2023 (en véhicules-kilomètres, hybrides incluses).
Les ventes de gazole routier (hors biocarburants
incorporés) baissent de 6 % en 2023. Elles représentent
62,7 % de la consommation finale pour le transport, à
321,7 TWh. La circulation de véhicules diesel, qui était
légèrement repartie en 2021 et 2022 (respectivement + 6,0 %
et + 3,9 %), diminue de 4,8 %. La décomposition par type de
véhicules montre une évolution contrastée : - 5,1 % pour les
voitures et utilitaires légers, - 1,1 % pour les véhicules lourds
(poids lourds, bus et cars), qui repassent légèrement sous
leur niveau d?avant-crise.
122 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
Après une baisse importante liée à la crise sanitaire en
2020, la consommation de biocarburants routiers continue
sa reprise (+ 4,1 %) en 2023, alimentée par la hausse du taux
d?incorporation dans le gazole. En 2023, au niveau
métropolitain, ces taux en contenu énergétique atteignent
8 % pour le gazole (7,1 % en 2022) et 8,4 % pour l?essence
(9 % en 2022). Un objectif de taux d?incorporation est fixé
pour l?essence et le gazole dans le cadre de la taxe incitative
relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport
(Tiruert). En 2023, il passe de 9,2 à 9,5 % pour l?essence et
de 8,4 à 8,6 % pour le gazole. Depuis 2022, un taux est
également fixé pour le biokérosène (1 %).
En incluant les soutes internationales, la consommation
de carburéacteurs augmente de 4,9 % en 2023, après une
hausse de 58,9 % en 2022. Malgré cette progression,
elle reste largement en dessous de son niveau de 2019
(86,7 % du volume). La consommation d?énergie du trafic
intérieur diminue de 9,7 %, alors que celle due au trafic
international poursuit sa croissance (+ 9,6 %).
Les livraisons à destination des soutes maritimes
internationales, principalement sous forme de fioul lourd,
diminuent de 10,3 % après deux années de reprise (+ 13,5 %
en 2021, + 5,6 % en 2022), atteignant un niveau inférieur de
38,4 % à celui de 2019.
La consommation d?électricité, majoritairement liée au
mode ferré, s?élève à 12,9 TWh en 2023, en hausse de 16 %
par rapport à 2022. Cette croissance est portée par celle de
la consommation du ferré (+ 12,7 %) et par celle des véhicules
routiers à motorisation alternative (électriques et hybrides
rechargeables). La consommation d?électricité pour le routier
poursuit sa forte croissance (+ 29,5 % en 2020, + 109,1 %
en 2021, + 77,4 % en 2022 et + 46,7 % en 2023), pour
atteindre 2,3 TWh. Avec 25,7 % des immatriculations en 2023,
les voitures particulières électriques et hybrides rechargeables
continuent leur croissance, passant de 2,2 % du parc en 2022
à 3,1 % en 2023 (Bilanannueldestransportsen2023, SDES).
La consommation de gaz naturel pour le mode routier
(y compris le gaz naturel porté par camion sous forme de gaz
naturel liquéfié depuis les terminaux méthaniers) continue
sa progression (+ 14,6 % en 2023), notamment grâce au
développement du parc de poids lourds alimentés au gaz.
À un niveau de 4,2 TWh, elle représente 0,8 % de la
consommation finale énergétique des transports.
5.5.3 CONSOMMATION, DÉPENSES ET TAXES
La dépense énergétique du secteur des transports s?élève en
2023 à 88 Md¤ (figure 5.5.3.1). Comme la consommation
finale, la facture énergétique des transports est dominée par
les produits pétroliers (91 %), en particulier à destination du
transport routier. Elle décroît plus rapidement que la
consommation (- 7 %, contre - 2 % pour la consommation) en
raison d?une baisse des prix après la flambée de 2022 (cf. 1.2).
Les taxes énergétiques représentent, comme en 2022, 34 %
de la dépense dans les transports en 2023.
Figure 5.5.3.1 : consommation finale énergétique des transports (hors soutes internationales) par énergie et dépense
associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 481,7 76 205 405,0 54 808 460,5 69 287 473,9 86 286 458,6 80 134
Gaz naturel 1,9 85 2,2 86 3,1 149 3,7 317 4,2 394
Biocarburants 37,2 3 399 30,9 2 632 34,0 4 431 36,0 6 571 37,7 5 416
Électricité 10,1 605 8,3 606 9,7 767 11,1 1 313 12,9 1 747
Total 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691
Source :SDES,Bilandel?énergie
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 123
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6 Industrie : baisse de la consommation
énergétique et hausse de la dépense
en électricité
5.6.1 CONSOMMATION FINALE PAR ÉNERGIE
ET DÉPENSE ASSOCIÉE
Le secteur de l?industrie inclut ici l?industrie manufacturière,
y compris agroalimentaire, et la construction. La consommation
de charbon des hauts-fourneaux, considérée comme faisant
partie du secteur de la transformation d?énergie par convention
statistique internationale, est exclue de la consommation
d?énergie physique de l?industrie (et traitée en conséquence
dans la partie 3). On distingue les usages énergétiques de
l?énergie de ses usages non énergétiques, c?est-à-dire de
l?utilisation des molécules comme matière première. Les
usages non énergétiques sont traités en détail, énergie par
énergie, dans la partie 4 du bilan. La consommation à usage
non énergétique s?établit à 119,3 TWh en 2023. La grande
majorité de ces consommations à usage non énergétique est
constituée par les produits pétroliers (105,4 TWh), en
particulier dans l?industrie pétrochimique (76,6 TWh). Le gaz
naturel est également utilisé pour des usages non énergétiques
(10,5 TWh, principalement pour la synthèse d?engrais et pour
la production d?hydrogène).
La consommation finale à usage énergétique réelle de
l?industrie s?établit, quant à elle, à 278,6 TWh en 2023.
Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de
réduction de la consommation d?énergie, elle a baissé de
64,9 TWh (18,9 %) en données réelles, soit - 1,9 % en moyenne
par an (- 17,1 % en données corrigées des variations climatiques).
Les deux tiers de la baisse ont été réalisés entre 2019 et 2023.
La consommation recule par rapport à 2022, de 6,6 % en
données réelles (- 6,5 % à climat corrigé en raison de
températures comparables entre les deux années). Dans le
même temps, la production dans l?industrie manufacturière
diminue également sur l?année 2023 (- 5,0 %). La baisse de
consommation en 2023 concerne l?ensemble des énergies,
à l?exception des produits pétroliers et des énergies
renouvelables, qui connaissent une légère hausse
(respectivement + 1,3 % et + 3,5 %).
En 2023, le bouquet énergétique final de l?industrie est
toujours dominé par le gaz et l?électricité (respectivement 35 %
et 37 % du total) - (figure 5.6.1.1). Viennent ensuite les produits
pétroliers (10 %), les énergies renouvelables et les déchets
(10 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (2 %,
hors hauts-fourneaux) - (cf. 3.3).
Figure 5.6.1.1 : consommation finale énergétique de l?industrie
En TWh (données corrigées des variations climatiques)
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Gaz naturel
Énergies renouvelables thermiques et déchets
Électricité
Chaleur commercialisée*
Produits pétroliers
Charbon (hors hauts-fourneaux)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
124 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
La dépense énergétique totale de l?industrie (hors charbon
dans les hauts-fourneaux) s?élève en 2023 à 27,9 milliards
d?euros, en hausse de 6,0 % en euros constants sur un an,
pour une consommation qui baisse dans le même temps de
6,6 % (figure 5.6.1.2). Cette augmentation des dépenses
s?inscrit dans la continuité de la hausse importante constatée
en 2022, liée à l?impact du contexte géopolitique sur les prix
de l?énergie. Par rapport au niveau d?avant la crise sanitaire
(2019), l?augmentation est significative (+ 70,8 %).
La hausse de la dépense est surtout imputable à celle de
l?électricité (+ 31,2 % en euros constants sur l?année), qui
représente 59,4 % de la dépense énergétique de l?industrie.
Le gaz naturel (26,9 % de la dépense totale) connaît à la fois
une baisse de consommation (- 9,5 % en 2023) et de dépense
(- 15,9 %) notables, après une explosion de la facture en
2022. De même, les dépenses industrielles liées aux produits
pétroliers (8,2 % du montant total), du charbon et dérivés
hors hauts-fourneaux (0,9 %) et de la chaleur commercialisée
(3,5 %) se réduisent en 2023 (respectivement - 9,8 %, - 23,5 %
et - 39,2 %). Enfin, couplée à une légère hausse de la
consommation (+ 3,5 %), les dépenses dans les énergies
renouvelables thermiques et déchets augmentent par rapport
à 2022 (+ 4,5 % en euros constants).
Figure 5.6.1.2 : consommation finale énergétique de l?industrie par énergie (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 29,1 1 898 28,2 1 476 27,7 1 798 28,1 2 549 28,5 2 300
Gaz naturel 121,1 4 247 108,8 3 049 120,8 5 390 108,3 8 904 98,0 7 491
Charbon et dérivés
hors hauts-fourneaux 10,3 250 9,1 179 10,5 274 7,4 315 6,2 241
Énergies renouvelables thermiques
et déchets* 23,8 150 23,4 146 24,0 200 25,6 288 26,5 301
Électricité 115,7 9 229 105,8 8 550 112,5 10 077 107,2 12 628 102,0 16 562
Chaleur commercialisée 18,8 551 17,6 458 20,1 884 21,6 1 623 17,5 986
Total (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881
*Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesetdéchets,seulslebois-énergieetlesbiocarburantssontprisencompte.
Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,laconsommationdecharbonetsesdérivés
dansleshauts-fourneauxestexcluedelaconsommationfinale.Lebilanmonétairedel?industriedanscetteficheestréaliséencohérenceaveclebilanphysique
excluantlecharbondeshauts-fourneaux.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 125
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6.2 CONSOMMATION FINALE PAR SECTEUR
Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente à lui
seul 21,9 % de l?énergie consommée dans l?industrie
(figure 5.6.2.1), voit sa consommation énergétique diminuer
de 4,5 %, tandis que l?indice brut de production de l?industrie
chimique est relativement stable sur un an (- 0,6 % par
rapport à l?année précédente). Le gaz naturel représente
près de la moitié (43 %) de sa consommation énergétique
et augmente de nouveau (+ 1,8 % en 2023) après une chute
en 2022.
L?industrie agroalimentaire pèse pour 19,1 % des
consommations énergétiques dans l?industrie. Elle enregistre
une baisse de 8,0 % sur l?année 2023 (- 4,6 TWh), pour
atteindre son plus bas niveau depuis 2017. Cette diminution
est portée notamment par celle du gaz naturel (- 3,3 TWh),
tandis que les produits pétroliers et les énergies renouvelables
progressent dans le même temps (+ 0,4 TWh chacun).
L?activité des industries alimentaires diminue aussi au cours
de l?année (- 6,1 % selon l?indice brut de production). Après
avoir été davantage épargnée que d?autres secteurs par les
baisses d?activité pendant la crise sanitaire en 2020, elle
subit la baisse de la consommation de produits alimentaires
liée à l?inflation générale de ces produits depuis 2022.
En baisse de 10,8 % en 2023, la consommation
énergétique du secteur des produits minéraux non métalliques
représente 13,8 % de la consommation de l?industrie.
Il regroupe les industries ayant vocation à transformer des
minéraux présents à l?état naturel pour la production de
ciment, de céramiques, de verre et de chaux. Les processus
consomment du gaz naturel en grande partie (42 % de la
consommation du secteur).
Ensuite, les secteurs industriels faisant l?objet de la plus
importante consommation d?énergie sont les imprimeries et
papeteries (9,2 % du total) et la sidérurgie (6,8 %, dont plus
de la moitié correspondant à de la consommation d?électricité).
Les consommations énergétiques de ces deux secteurs sont
en baisse en 2023 (respectivement - 12,8 % et - 4,3 % par
rapport à 2022).
Le secteur des métaux non ferreux, incluant entre autres
les entreprises électro-intensives de la production
d?aluminium, a quant à lui une consommation énergétique
stable en 2023. Il représente 3,7 % de la consommation de
l?industrie et 7 % de la consommation de l?électricité.
Seul le secteur du matériel de transport voit sa
consommation d?énergie augmenter par rapport à 2022
(+ 18,9 %). Il correspond à 4,4 % des consommations
énergétiques dans l?industrie.
Figure 5.6.2.1 : évolution de la consommation finale énergétique (données non corrigées des variations climatiques)
par secteur de l?industrie
En TWh
2023
2022
2021
2020
2019
Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport
Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers
Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir Non spécifié ci-dessus
0 50 100 150 200 250 300 350
19
20
20
24
24
10
10
11
12
12
17
19
17
20
20
12
10
9
11
11
26
29
29
30
30
7
8
6
7
8
18
18
17
18
19
3 1053
58
57
58
61
5
5
5
5
5
38
43
41
44
44
61
64
68
73
67
3
2
3
3
12
11
14
12
Note:lessecteursprésentéssontdesagrégatsdelaclassificationNAF.Toutefois,lecharbonetsesproduitsdérivésdeshauts-fourneauxontétéexclusdela
sidérurgie,conformémentauxconventionsinternationalessurlesstatistiquesdel?énergie.
Source :SDES,Bilandel?énergie
126 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.6.3 DÉCOMPOSITION SECTORIELLE
DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE
En données réelles, la consommation finale de gaz naturel
à usage énergétique diminue en 2023 et s?établit à 98,0 TWh
(soit - 9,5 %), après une baisse du même ordre de grandeur
entre 2021 et 2022 (figure 5.6.3.1). Depuis 2012, elle se
réduit en moyenne de 3,0 % par an. Le secteur de la chimie
et pétrochimie, qui représente 27 % de la consommation
de gaz de l?industrie, est cependant en hausse de 1,8 %
en 2023.
La consommation finale d?électricité diminue de 4,9 % au
cours de l?année, pour s?établir à 102,0 TWh, se situant 11,8 %
en dessous de la consommation de 2019. Cette baisse ne
touche pas tous les secteurs de manière uniforme. Elle est
principalement forte sur les secteurs de la papeterie et
imprimerie (- 14,0 %) et de la sidérurgie (- 9,0 %). Les pôles
industriels les plus consommateurs d?électricité restent les
produits alimentaires (21 % de la consommation totale) ainsi
que la chimie et pétrochimie (17 %).
La consommation finale de produits pétroliers dans
l?industrie connaît une légère augmentation en 2023, de 1,3 %
en données réelles. Depuis 2012, elle baisse néanmoins de
2,4 % en moyenne annuelle. Elle provient pour plus de 60 %
des secteurs de la construction et des produits minéraux non
métalliques, malgré un léger recul de ces secteurs en 2023
(respectivement - 0,6 % et - 4,4 %). La légère augmentation
en 2023 provient majoritairement de l?industrie agroalimentaire,
en progression de 14,3 % au cours de l?année.
La chaleur commercialisée connaît la plus forte chute de
consommation finale annuelle (- 19,0 %). La consommation
de chaleur vendue dans l?industrie se répartit presque
intégralement entre les secteurs de la chimie et pétrochimie
(61 % de la consommation totale), la papeterie et imprimerie
(19 %) et les produits alimentaires (15 %). Chacun de ces
domaines connaît une baisse supérieure à 15 % en 2023.
La consommation finale d?énergies renouvelables et de
déchets est, quant à elle, en légère hausse (+ 3,5 %).
Elle augmente de 1,8 % en moyenne par année depuis 2012.
La majorité de ses consommations sectorielles (70 %) provient
du papier et de l?imprimerie, des produits minéraux non
métalliques et du bois. Ces domaines sont cependant en
léger recul en 2023. La hausse de consommation d?énergies
renouvelables et de déchets provient surtout de l?industrie
agroalimentaire et de la sidérurgie, dont les consommations
augmentent significativement par rapport à 2022.
En 2023, la consommation finale de charbon (hors hauts-
fourneaux) diminue de 16,6 %. Malgré un rebond en 2021,
la consommation nette de charbon dans l?industrie est
inférieure de 41,4 % à son niveau de 2019 et se situe dans
une dynamique globale de baisse depuis 2012 (- 57,0 %).
Plus de 90 % de la consommation industrielle de charbon se
répartit entre les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et
des produits minéraux non métalliques.
Figure 5.6.3.1 : décomposition sectorielle de la consommation finale énergétique de l?industrie en 2023
Non spécifié ci-dessus
En %
Gaz naturel
Électricité
Produits
pétroliers
Chaleur
commercialisée
Charbon (hors
hauts-fourneaux)
Énergies renouvelables
thermiques et déchets
Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport
Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers
Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Note:lapartdechacunedesénergiesestcalculéeàpartirdesdonnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques.
Source :SDES,Bilandel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 127
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
5.7 Agriculture-pêche : consommation
et dépense quasi stables
Avec 52,6 TWh, la consommation finale d?énergie de
l?agriculture et de la pêche diminue très légèrement, de 0,7 %
en 2023, après une baisse de 2,5 % en 2022 (figure 5.7.1).
Peu sensible aux fluctuations de la production agricole, elle
ne varie guère depuis une dizaine d?années. Par rapport à
2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction
de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation de
l?agriculture et de la pêche est en légère croissance (+ 2,8 %
sur la période).
Dans l?agriculture, les produits pétroliers, comprenant
essentiellement du gazole non routier (GNR), constituent
72,9 % du bouquet énergétique en 2023, avec une
consommation en hausse de 0,9 %. Le GNR est destiné aux
tracteurs et engins mobiles non routiers. La consommation
d?électricité, qui représente la deuxième source d?énergie du
secteur (13,6 %), baisse de 9,4 %. Viennent ensuite les
énergies renouvelables et déchets, qui représentent 9,6 % du
bouquet énergétique, et dont la consommation progresse de
3,8 % sur un an. Depuis 2012, elle augmente en moyenne de
9,5 % par an. Le gaz naturel enregistre, quant à lui, une baisse
de 8,2 % et correspond en 2023 à 3,4 % de la consommation
dans l?agriculture. Quant à la chaleur commercialisée, qui ne
représente que 0,5 % de la consommation, elle réalise une
hausse de 6,2 %. Dans le secteur de l?agriculture, l?électricité,
le gaz de pétrole liquéfié et le gaz naturel sont utilisés
principalement pour les bâtiments d?élevage, les serres et
l?irrigation.
La pêche représente 8,5 % des consommations d?énergie
de l?ensemble agriculture-pêche. Sa consommation finale
d?énergie, composée pour l?essentiel du gazole consommé
par les bateaux de pêche, diminue légèrement en 2023
(- 1,3 %) après quatre années de hausse consécutives.
Figure 5.7.1 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche
En TWh
60
50
40
30
20
10
0
2007
2016
2021
2022
2023
2013
2004
2008
2005
2017
2014
2019
2009
2006
2010
2015
2020
2011
2012
2018
Produits pétroliers
Gaz naturel
Électricité
Charbon
Énergies renouvelables et déchets
Chaleur commercialisée*
*Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Source :SDES,Bilandel?énergie
128 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage
En 2023, la dépense totale en énergie du secteur de
l?agriculture et de la pêche s?élève à 5,8 milliards d?euros
(figure 5.7.2). En euros constants, elle est en légère hausse
par rapport à l?année précédente (+ 0,9 %), après une hausse
majeure en 2022 (+ 31,0 %) liée à l?explosion des prix de
l?énergie. La dépense en produits pétroliers baisse de 9,0 %
en 2023, malgré une légère hausse de consommation, et
correspond à 60,4 % de la dépense dans le secteur
agriculture-pêche. À l?inverse, la dépense en électricité
explose (+ 36,9 % par rapport à 2022), tandis que sa
consommation diminue, sous l?effet des hausses de prix.
Ainsi, elle représente 31,5 % de la dépense en 2023.
Troisième énergie du secteur, les énergies renouvelables
et déchets représentent 4,8 % de la dépense (en baisse de
28,2 %), contre 9,6 % de la consommation. Le gaz est le
quatrième poste de dépense (2,9 % du total), en progression
de 9,7 % en 2023.
Figure 5.7.2 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche (données non corrigées des variations
climatiques) et dépense associée
2019 2020 2021 2022 2023
En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023
Produits pétroliers 35,9 2 777 39,5 2 306 39,3 2 804 38,0 3 872 38,3 3 524
Gaz naturel 2,3 112 2,2 97 2,3 116 1,9 153 1,8 167
Charbon 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,8 0,01 0,6
Énergies renouvelables et déchets 4,3 161 4,4 153 4,7 263 4,9 389 5,0 279
Électricité 8,5 1 228 8,1 1 176 7,6 1 207 7,9 1 341 7,1 1 835
Chaleur commercialisée 0,2 19,6 0,2 16,0 0,3 24,3 0,2 25,8 0,2 27,7
Total 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835
Source : SDES,Bilandel?énergie
partie 6
Intensité énergétique
finale et émissions
de gaz à effet de serre
dues à la combustion
d?énergie
? En 2023, l?intensité énergétique finale atteint 0,6 TWh par milliard
d?euros de PIB. Elle décroît de 3,5 % par an en moyenne
depuis 2020. La consommation d?énergie finale par habitant s?établit
à 22,6 MWh, en baisse de 4,3 % par rapport à 2022. La baisse
des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion
d?énergie est estimée à 6,8 %. Elle concerne tous les secteurs et,
en particulier, le secteur de l?énergie.
130 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.1 Intensité énergétique finale : poursuite
de la baisse
Après un rebond en 2020 (+ 1,5 % sur un an) lié à la crise
sanitaire, l?intensité énergétique finale (consommation finale
à usage énergétique par unité de PIB) reprend sa tendance
à la baisse, à un rythme annuel moyen de - 3,5 % entre
2020 et 2023, pour atteindre 0,60 TWh par milliard d?euros
en 2023 (figure 6.1.1). La consommation finale à usage
énergétique annuelle, corrigée des variations climatiques,
continue à diminuer (- 4,0 % en 2023), alors que l?activité
connaît une croissance faible (+ 0,9 %).
Sur le long terme, l?intensité énergétique finale diminue
de manière quasiment continue depuis 1990, à un rythme
annuel moyen de - 1,4 %. Entre 1990 et 2001, cette baisse
s?explique par une croissance moins rapide de la
consommation énergétique finale (+ 16,7 %) que du PIB
(+ 26,4 %). À partir de 2001, la consommation énergétique
finale diminue alors que le PIB continue à augmenter, bien
que moins rapidement. Ce découplage partiel entre PIB et
consommation d?énergie s?explique par des gains d?efficacité
énergétique dans l?ensemble des secteurs, par la tertiarisation
de l?économie et par une croissance de la demande des
ménages moins rapide que celle du PIB.
En 2023, la consommation finale énergétique par habitant
diminue de 4,3 % par rapport à 2022, pour s?établir à 22,6 MWh
par habitant, poursuivant la baisse temporairement mise en
pause en 2020. Sur le long terme, après une croissance
annuelle moyenne de 1 %, qui culmine en 2001 à 29,2 MWh
par habitant, la consommation par habitant diminue à un
rythme annuel moyen de - 1,2 % de 2001 à 2023.
De 1990 à 2001, à climat corrigé, la consommation finale
énergétique totale augmente de 16,7 %, notamment du fait
de la hausse de consommation du tertiaire (+ 26,9 %) et des
transports (+ 17,9 %). De 2001 à 2023, la tendance s?inverse,
principalement du fait de la baisse de la consommation de
l?industrie (- 27,4 %) et, dans une moindre mesure,
du résidentiel (- 7,6 %).
Figure 6.1.1 : intensité énergétique finale (données corrigées des variations climatiques)
En MWh/hab et TWh/Md¤ (données corrigées des variations climatiques)
30
29
28
27
26
25
24
23
22
21
20
1,10
1,00
0,90
0,80
0,70
0,60
0,50
uche)
Consommation finale énergétique par habitant (MWh/hab, axe de gauche)
Consommation finale énergétique par unité de PIB (TWh/Md¤, axe de droite)
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance;Insee
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 131
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
Depuis 1990, l?intensité énergétique finale a diminué pour
l?ensemble des activités (figure 6.1.2).
Dans les transports, premier secteur consommateur
en 2023 (33 % de la consommation énergétique finale),
l?amélioration de la performance énergétique des véhicules
légers se poursuit de manière continue depuis 1990, avec
une baisse de 26 % de la consommation d?énergie par
kilomètre parcouru. Cette baisse s?accélère à partir de 2010,
passant d?un rythme annuel moyen de - 0,7 % de 1990 à 2010
à - 1,2 % de 2010 à 2023. La réduction de la consommation
unitaire des poids lourds apparaît moins forte (- 13 %
depuis 1990). Elle stagne jusqu?au milieu des années 2000
puis décroît à un rythme annuel moyen de - 0,8 % entre
2005 et 2023.
Malgré un léger rebond en 2020, en lien avec une
présence accrue des ménages dans leur domicile, la baisse
la consommation d?énergie par m2 est particulièrement forte
dans le résidentiel (- 37 % depuis 1990), traduisant les
meilleures performances énergétiques des logements neufs
ainsi que des efforts de rénovation dans les logements
anciens. En 2023, le secteur résidentiel représente 29,5 %
de la consommation énergétique finale.
Dans l?industrie (18,3 % de la consommation énergétique
finale en 2023), l?adoption de procédés moins consommateurs
a contribué à la baisse de long terme de l?intensité énergétique
(- 35 % depuis 1990).
Le tertiaire (15,5 % de la consommation énergétique
finale en 2023) connaît une chute de son intensité énergétique
de 28 % depuis 1990. La baisse ne commence qu?à partir de
la fin des années 2000, à un rythme annuel moyen soutenu
de - 2,6 % entre 2009 et 2023. Comme dans le résidentiel,
cette tendance s?explique notamment par l?amélioration des
performances énergétiques des bâtiments du secteur.
Dans l?agriculture (3,4 % de la consommation énergétique
finale en 2023), l?intensité énergétique est beaucoup plus
volatile, en raison notamment des aléas climatiques qui
pèsent sur les récoltes et affectent les rendements sans
modifier la consommation d?énergie. Toutefois, elle baisse
tendanciellement depuis 1990 (- 11 %).
Figure 6.1.2 : évolution des intensités énergétiques finales par secteur (données corrigées des variations climatiques)
En indice base 100 en 1990 (données corrigées des variations climatiques)
120
110
100
90
80
70
60
50
Tertiaire Résidentiel Industrie Agriculture Poids lourds Véhicules légers
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2023
Note:l?intensitéénergétiquefinaleestdéfiniecommeleratiodelaconsommationénergétiquefinaledusecteuràsavaleurajoutée,saufpourlerésidentiel,
oùledénominateurestlasurfacetotaledeslogementshabités,etdanslestransports,oùl?indicateurmesurelaconsommationunitairedesvéhicules.
Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM.
Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance,Bilanannueldestransports,Rapportducomptedulogement;Insee
132 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.2 La baisse de la consommation d?énergie
et l?évolution du bouquet énergétique
favorisent une baisse des émissions de gaz
à effet de serre
La combustion d?énergie est la première source d?émissions
de gaz à effet de serre. En France, en 2022, ces émissions
représentent 70 % du total, hors UTCATF (Utilisation des
terres, changement d?affectation des terres et foresterie) et
soutes internationales. Le reste provient des procédés
industriels, de l?agriculture, de l?élevage et de la gestion des
déchets. Les émissions liées à la combustion d?énergie
s?établissent à 276 Mt CO2 éq en 2022 (figure 6.2.1).
Pour 2023, ces émissions sont estimées à 258 Mt CO2 éq,
soit une baisse de 6,8 %.
Entre 1990 et 2022, les émissions de GES liées à la
combustion d?énergie ont diminué de 24,8 %. Après une
période de relative stabilité entre 1990 et 2005, elles diminuent
depuis à un rythme annuel moyen de - 2,0 %. Sur la période,
les émissions de tous les secteurs diminuent, à l?exception
du transport (+ 5 %).
Figure 6.2.1 : émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie par secteur entre 1990 et 2023
En Mt CO2 éq
450
400
350
300
250
200
150
100
50
0
Transports Industrie manufacturière et consctruction Résidentiel Tertiaire
Agriculture Industrie de l?énergie Émissions fugitives Non spécifié
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2023 (e
)
(e)=estimation.
Note:lesdonnéesd?émissionsutiliséesdanscettepartiesontlesémissionsdedioxydedecarbone(CO2),deméthane(CH4),deprotoxyded?azote(N2O)etde
gazfluorésduesàlacombustiond?énergie(CRF1)rapportéesàlaCCNUCCsurlepérimètreFranceetDROMappartenantàl?Unioneuropéenne.L?année2023
est estimée.
Source :InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 133
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
En 2022, les transports représentent 46 % des émissions
liées à la combustion d?énergie, l?industrie manufacturière et
la construction 15 %, l?industrie de l?énergie 14 %, le résidentiel
13 %, le tertiaire 6 %, l?agriculture 4 %. Les émissions
involontaires lors des activités d?extraction, de traitement et
de distribution de combustibles fossiles, appelées émissions
fugitives, représentent 1 % du total.
La répartition sectorielle de ces émissions a fortement
évolué depuis 1990. Les émissions directes15 du transport,
qui représentaient 33 % des émissions dues à la combustion
d?énergie en 1990, ont vu leur part progresser de 13 points.
Celle des émissions de l?agriculture augmente également de
1 point. À l?inverse, la part des émissions des autres secteurs
a diminué : industrie manufacturière et construction (- 3 points),
industrie de l?énergie (- 4 points), résidentiel (- 4 points), tertiaire
(- 1 point).
Ces disparités entre secteurs s?expliquent par l?évolution
de leur consommation d?énergie et de leur bouquet énergétique.
Par exemple, les transports ont vu leur consommation d?énergie
finale augmenter de 17,2 % et leur bouquet énergétique rester
très largement dominé par les produits pétroliers. À l?inverse,
d?autres secteurs ont connu une décarbonation partielle de
leur bouquet énergétique : baisse de la part de combustibles
fossiles fortement émetteurs (charbon, pétrole et, dans une
moindre mesure, gaz) et hausse de la part des énergies
renouvelables et de l?électricité et de la chaleur commercialisée.
En 2023, la baisse des émissions liées à la combustion
d?énergie est estimée à 6,8 % et touche tous les secteurs,
en particulier l?industrie de l?énergie (- 18 %) et y compris les
transports (- 3 %).
6.2.1 ÉMISSIONS DU RÉSIDENTIEL
On peut distinguer deux phases dans l?évolution de émissions
de GES liées à l?énergie du secteur résidentiel (figure 6.2.1.1).
De 1990 à 2006, les émissions directes du secteur
résidentiel augmentent de 9,6 % et suivent l?augmentation
de la consommation finale d?énergie (+ 11,3 %). Sur cette
période, la consommation de produits pétroliers et de charbon,
fortement émetteurs, diminue de 24,4 %, mais celle de gaz
augmente de 52,6 %.
De 2006 à 2022, les émissions diminuent plus rapidement
que la consommation d?énergie finale (respectivement
- 46,9 % et - 12,0 %), notamment grâce à l?évolution du
bouquet énergétique. La consommation d?électricité et de
chaleur augmente de 18,4 %, tout comme celle d?énergies
renouvelables et de déchets (+ 52,8 %). Dans le même temps,
la consommation de produits pétroliers et de charbon continue
à baisser fortement (- 61,0 %) et la consommation de gaz
diminue de 35,7 %.
Figure 6.2.1.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
En TWh Indice base 100 en 1990
200
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
120
100
80
60
40
20
0
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente
unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
15 Les émissions indirectes liées à la production d?électricité et de chaleur commercialisée ne sont pas comptabilisées dans les secteurs de consommation finale
mais dans l?industrie de l?énergie. La substitution d?énergies fossiles par de l?électricité dans le bouquet énergétique d?un secteur explique donc une baisse de ses
émissions directes. Toutefois, même en comptabilisant les émissions indirectes, c?est-à-dire en réaffectant les émissions de l?industrie de l?énergie aux secteurs de
consommation finale, l?électrification du bouquet énergétique permet une baisse des émissions, la production d?électricité étant peu émettrice en France (nucléaire,
hydraulique).
134 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
En 2023, la baisse des émissions du résidentiel est
estimée à - 6,8 %, alors que la consommation finale diminue
de 2,7 %, en lien avec la réduction importante des
consommations d?énergies fossiles : la consommation finale
de charbon et de produits pétroliers diminue de 12,4 %, celle
de gaz de 7,3 %.
6.2.2 ÉMISSIONS DU TERTIAIRE
Dans le secteur tertiaire, le découplage entre les émissions
de GES et la consommation d?énergie est intervenu plus tôt
que dans le résidentiel, grâce à une importante électrification
du secteur. Ainsi, entre 1990 et 2010, les émissions directes
du tertiaire augmentent seulement de 6,7 % alors que la
consommation finale d?énergie croît de 57,7 % (figure 6.2.2.1).
Sur cette période, la part des produits pétroliers et du charbon
diminue de 19 points, pour atteindre 17 % en 2010. Le gaz
augmente fortement et passe devant les produits pétroliers
dans le bouquet du secteur (+ 7 points, pour atteindre 27 %
du total). L?électricité et la chaleur conservent leur première
place grâce à un forte croissance (+ 10 points), atteignant
une part de 53 %. Les énergies renouvelables font leur
apparition, passant de 0,6 TWh à 7,2 TWh en 2010, soit une
part de 2,4 %.
Figure 6.2.2.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
Indice base 100 en 1990En TWh
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente
unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
L?année 2010 marque un pic de consommation d?énergie,
notamment du fait d?un climat particulièrement rigoureux.
L?année suivante se distingue à l?inverse par des températures
douces, provoquant une baisse importante de la
consommation d?énergie finale (- 13,7 %) et des émissions
(- 25,5 %).
À partir de 2011, les émissions de gaz à effet de serre du
tertiaire se stabilisent (+ 2,9 % entre 2011 et 2021), comme
la consommation d?énergie finale du secteur (+ 2,4 %).
Le bouquet énergétique évolue légèrement au profit du gaz
(+ 5 points) et des énergies renouvelables (+ 2 points), alors
que l?électricité et la chaleur diminuent de 2 points et le
charbon et les produits pétroliers de 5 points.
L?année 2022 est marquée par une baisse de la
consommation finale d?énergie du secteur (- 3,2 %).
Les émissions diminuent encore plus rapidement (- 20,4 %),
principalement du fait d?une baisse plus rapide de
la consommation de gaz (- 4 points dans le bouquet
énergétique final).
En 2023, la baisse des émissions du secteur se poursuit
et est estimée à - 4,6 %, alors que la consommation finale
d?énergie diminue de 8,2 %.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 135
partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
6.2.3 ÉMISSIONS DE L?INDUSTRIE
ET DE LA CONSTRUCTION
Comme pour les deux secteurs précédents, on distingue
deux phases pour l?évolution des émissions de GES liées à
l?énergie de l?industrie depuis 1990 (figure 6.2.3.1).
Entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre
dues à la combustion d?énergie de l?industrie manufacturière
et de la construction augmentent plus vite que la consommation
finale d?énergie du secteur (+ 16,1 %, contre 4,0 % pour la
consommation d?énergie). Cela s?explique par la forte
croissance de la consommation de gaz (+ 32,2 %), dont les
émissions ne sont pas compensées par la moindre
consommation de charbon et de produits pétroliers (- 37,9 %).
Entre 2004 et 2022, les émissions et la consommation
finale d?énergie baissent fortement (respectivement - 49,9 %
et - 19,0 %). La baisse de la consommation de produits
pétroliers et de charbon se poursuit (- 50,3 %). La tendance
s?inverse pour la consommation de gaz qui diminue (- 23,4 %),
comme, dans une moindre mesure, pour la consommation
d?électricité et de chaleur (- 5,7 %). Les énergies renouvelables
et les déchets sont les seules énergies à augmenter
(+ 35,6 %).
En 2023, la baisse des émissions du secteur est estimée
à - 8,7 %, alors que la consommation finale d?énergie baisse
de 6,6 %, notamment grâce à la baisse plus rapide du gaz
(- 9,5 %) que de l?électricité et de la chaleur (- 7,3 %).
Figure 6.2.3.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre de l?industrie manufacturière
et de la construction
Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets
Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite)
Indice base 100 en 1990En TWh
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
120
100
80
60
40
20
0
1990
2002
1996
2008
2016
1992
2004
1998
2010
2018
1994
2006
2014
2000
2012
2020
2022
2023
Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Laconsommationdes
autoproducteursd?électricitéetdechaleurestcomptabiliséedansl?industriedanslesinventairesdegazàeffetdeserre,alorsqu?ellel?estdanslabrancheénergie
danslebilandel?énergie.
Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa
136 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Annexes
? Bilans énergétiques de la France
? Annexes méthodologiques
? Sigles et abréviations
? Pour en savoir plus
138 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilans énergétiques de la France
Notes
?EnRélectriques:hydraulique(horspompages),énergiesmarines,éolien,solairephotovoltaïque.
?EnRthermiquesetdéchets:biomassesolide,biogaz,biocarburants,déchets,solairethermique,géothermie,pompesàchaleur.
?Pétrolebrut:inclutégalementdefaiblesquantitésdecondensats(liquidesdegaznaturel),d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduits
à distiller.
?Industrie:inclutégalementlaconstruction.Leshauts-fourneauxsontexclusdel?industriedanslebilanphysique(carclassésdanslabrancheénergie)
maisinclusdanslebilanmonétaire.
?Transfertsetretoursenraffineries(produitspétroliers):cepostecorrespondauxéchangescomptablesexistantsentrelebilandupétrolebrutetcelui
desproduitsraffinés.Desproduitsbrutspeuventêtreutiliséssansavoirétéraffinés(notammentlescondensatsutiliséspourlapétrochimie).Àl?inverse,
desproduitssemi-finispeuventêtreretournésenraffineriespourêtreretraités(issusducommerceextérieuroudel?industriepétrochimique).
?Autoconsommationdesraffineries(produitsraffinés):cepostecorrespondàlaconsommationpropredesraffineriesenproduitsraffinés,horsproduction
d?électricitéoudechaleurcommercialisée.
?Donnéesréelles:donnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques.
?DonnéesCVC:donnéescorrigéesdesvariationsclimatiques.
Bilans physiques, toutes énergies confondues (données réelles)
Bilan énergétique physique 2023
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,86 0,00 0,18 1 024,86 129,41 256,53 0,00 0,00 1 420,84
Importations 52,11 541,30 441,73 479,18 0,00 0,00 30,70 25,43 0,00 1 570,45
Exportations - 0,02 - 1,47 - 170,53 - 140,29 0,00 0,00 - 7,51 - 75,90 0,00 - 395,73
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 12,32 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 12,32
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 62,41 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 62,41
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 0,22 - 0,92 3,59 1,48 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,36
Consommation primaire 52,31 548,76 200,06 340,56 1 024,86 129,41 279,72 - 50,47 0,00 2 525,20
Écart statistique - 2,87 9,09 10,33 0,15 0,00 0,00 0,00 2,02 0,00 18,72
Production d?électricité 8,68 0,00 13,23 47,18 1 024,86 129,41 39,28 - 520,46 0,00 742,17
Production de chaleur 0,99 0,00 2,89 20,16 0,00 0,00 31,68 0,00 - 47,54 8,18
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 8,22 0,00 0,00 8,22 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 558,22 - 553,65 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,57
Autres transformations, transferts 23,46 - 18,55 17,17 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 22,07
Usages internes de la branche énergie 11,94 0,00 17,03 4,97 0,00 0,00 0,66 33,77 0,00 68,37
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,66 0,00 0,00 0,00 36,58 5,73 45,98
Consommation nette
de la branche énergie 42,20 548,76 - 493,01 67,90 1 024,86 129,41 79,84 - 448,09 - 41,81 910,06
Industrie 6,15 0,00 28,51 97,96 0,00 0,00 26,49 101,98 17,49 278,59
Transports 0,00 0,00 458,56 4,19 0,00 0,00 37,68 12,86 0,00 513,29
Résidentiel 0,22 0,00 35,70 101,33 0,00 0,00 119,40 150,74 14,92 422,32
Tertiaire 0,33 0,00 26,58 56,92 0,00 0,00 11,27 124,88 9,14 229,12
Agriculture-pêche 0,01 0,00 38,34 1,77 0,00 0,00 5,04 7,15 0,25 52,56
Consommation finale énergétique 6,73 0,00 587,69 262,16 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 495,88
Consommation finale non énergétique 3,39 0,00 105,38 10,50 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 119,26
Consommation finale 10,11 0,00 693,07 272,66 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 615,14
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 139
annexes
Bilan énergétique physique 2022
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,77 0,00 0,21 893,12 103,84 250,96 0,00 0,00 1 257,89
Importations 70,70 489,11 480,45 575,55 0,00 0,00 28,81 52,44 0,00 1 697,04
Exportations - 0,08 - 0,59 - 160,69 - 154,17 0,00 0,00 - 8,59 - 37,49 0,00 - 361,62
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,74 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,74
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 56,95 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 56,95
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 2,74 - 2,61 2,17 - 35,14 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 38,31
Consommation primaire 67,87 495,68 251,24 386,44 893,12 103,84 271,18 14,94 0,00 2 484,32
Écart statistique - 2,58 2,81 - 14,92 - 1,51 0,00 0,00 0,00 1,62 0,00 - 14,58
Production d?électricité 15,73 0,00 15,09 67,47 893,12 103,84 37,61 - 469,12 0,00 663,74
Production de chaleur 1,64 0,00 2,58 20,62 0,00 0,00 34,88 0,00 - 50,93 8,80
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 6,28 0,00 0,00 6,28 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 506,72 - 500,22 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,50
Autres transformations, transferts 27,65 - 13,85 12,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 26,26
Usages internes de la branche énergie 14,34 0,00 16,29 5,08 0,00 0,00 0,66 32,23 0,00 68,59
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,01 0,00 0,00 0,00 35,23 4,84 44,08
Consommation nette
de la branche énergie 56,78 495,68 - 468,72 89,40 893,12 103,84 79,43 - 400,04 - 46,09 803,40
Industrie 7,37 0,00 28,14 108,29 0,00 0,00 25,59 107,24 21,61 298,25
Transports 0,00 0,00 473,88 3,65 0,00 0,00 35,99 11,09 0,00 524,61
Résidentiel 0,31 0,00 40,68 109,31 0,00 0,00 113,98 155,19 14,53 434,00
Tertiaire 0,38 0,00 31,46 63,11 0,00 0,00 11,34 133,57 9,72 249,57
Agriculture-pêche 0,02 0,00 37,98 1,93 0,00 0,00 4,86 7,89 0,23 52,91
Consommation finale énergétique 8,08 0,00 612,14 286,29 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 559,34
Consommation finale non énergétique 3,01 0,00 107,81 10,75 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 121,57
Consommation finale 11,09 0,00 719,96 297,04 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 680,92
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
140 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique physique 2021
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 10,38 0,00 0,23 1 149,58 112,35 253,51 0,00 0,00 1 526,06
Importations 72,19 404,09 533,06 469,59 0,00 0,00 26,19 24,33 0,00 1 529,46
Exportations - 0,05 - 1,28 - 146,70 - 55,83 0,00 0,00 - 8,79 - 69,23 0,00 - 281,88
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,01
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 33,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 33,46
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 7,88 2,89 9,03 16,43 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 36,24
Consommation primaire 80,03 416,09 348,92 430,41 1 149,58 112,35 270,91 - 44,89 0,00 2 763,40
Écart statistique - 3,59 8,61 - 23,39 3,03 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 - 15,29
Production d?électricité 20,39 0,00 13,92 51,34 1 149,58 112,35 35,40 - 550,57 0,00 832,41
Production de chaleur 1,72 0,00 2,77 22,37 0,00 0,00 34,94 0,00 - 53,14 8,67
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 3,90 0,00 0,00 3,90 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 433,82 - 428,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,01
Autres transformations, transferts 32,15 - 26,34 24,88 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 30,69
Usages internes de la branche énergie 14,90 0,00 10,27 7,43 0,00 0,00 0,66 33,60 0,00 66,85
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,58 0,00 0,00 0,00 39,19 5,10 47,87
Consommation nette
de la branche énergie 65,58 416,09 - 400,35 83,84 1 149,58 112,35 74,90 - 477,73 - 48,04 976,20
Industrie 10,50 0,00 27,74 120,79 0,00 0,00 24,04 112,50 20,12 315,70
Transports 0,00 0,00 460,52 3,12 0,00 0,00 33,99 9,65 0,00 507,28
Résidentiel 0,30 0,00 54,84 133,35 0,00 0,00 122,69 169,52 17,05 497,75
Tertiaire 0,42 0,00 27,51 75,27 0,00 0,00 10,60 133,52 10,60 257,93
Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,30 2,34 0,00 0,00 4,68 7,65 0,27 54,25
Consommation finale énergétique 11,24 0,00 609,91 334,87 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 632,91
Consommation finale non énergétique 3,21 0,00 139,36 11,71 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 154,28
Consommation finale 14,45 0,00 749,27 346,58 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 787,19
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 141
annexes
Bilan énergétique physique 2020
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 9,82 0,00 0,18 1 072,22 116,13 229,61 0,00 0,00 1 427,96
Importations 59,35 394,74 507,92 468,92 0,00 0,00 20,27 19,54 0,00 1 470,73
Exportations - 0,10 - 1,45 - 148,57 - 84,52 0,00 0,00 - 9,22 - 64,58 0,00 - 308,43
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 11,46
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 30,79 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 30,79
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 2,28 2,54 - 1,68 21,25 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 24,38
Consommation primaire 61,53 405,65 315,41 405,83 1 072,22 116,13 240,66 - 45,04 0,00 2 572,38
Écart statistique - 3,69 7,29 - 2,30 1,26 0,00 0,00 0,00 1,96 0,00 4,52
Production d?électricité 13,56 0,00 13,39 55,42 1 072,22 116,13 35,78 - 527,59 0,00 778,91
Production de chaleur 1,57 0,00 3,02 21,00 0,00 0,00 31,04 0,00 - 48,46 8,17
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,99 0,00 0,00 1,99 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 440,89 - 437,64 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,25
Autres transformations, transferts 24,86 - 42,53 41,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 23,94
Usages internes de la branche énergie 12,69 0,00 11,54 7,53 0,00 0,00 0,66 33,33 0,00 65,75
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,91 0,00 0,00 0,00 35,90 6,69 46,49
Consommation nette
de la branche énergie 48,99 405,65 - 370,39 87,13 1 072,22 116,13 69,46 - 456,40 - 41,77 931,03
Industrie 9,10 0,00 28,19 108,78 0,00 0,00 23,36 105,80 17,56 292,80
Transports 0,00 0,00 405,02 2,22 0,00 0,00 30,88 8,34 0,00 446,46
Résidentiel 0,24 0,00 48,45 127,85 0,00 0,00 103,15 161,50 14,49 455,69
Tertiaire 0,36 0,00 32,39 66,15 0,00 0,00 9,36 127,64 9,53 245,43
Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,51 2,23 0,00 0,00 4,43 8,08 0,19 54,46
Consommation finale énergétique 9,71 0,00 553,56 307,23 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 494,83
Consommation finale non énergétique 2,82 0,00 132,23 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 146,52
Consommation finale 12,54 0,00 685,80 318,70 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 641,35
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
142 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique physique 2019
Données réelles
En TWh
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR
élec-
triques
EnR
ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 0,00 11,59 0,00 0,17 1 209,13 104,28 238,30 0,00 0,00 1 563,47
Importations 84,77 578,29 530,31 550,96 0,00 0,00 27,22 15,63 0,00 1 787,18
Exportations - 0,05 - 1,60 - 202,34 - 94,84 0,00 0,00 - 10,59 - 73,30 0,00 - 382,72
Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 20,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 20,01
Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 72,33 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 72,33
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 0,37 1,26 1,15 - 19,66 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 16,88
Consommation primaire 85,09 589,54 236,78 436,62 1 209,13 104,28 254,93 - 57,67 0,00 2 858,71
Écart statistique 3,31 10,75 5,66 0,77 0,00 0,00 0,00 4,14 0,00 24,62
Production d?électricité 15,92 0,00 13,66 62,57 1 209,13 104,28 36,41 - 566,06 0,00 875,91
Production de chaleur 1,95 0,00 3,09 20,95 0,00 0,00 32,00 0,00 - 49,01 8,98
Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,11 0,00 0,00 1,11 0,00 0,00 0,00
Raffinage de pétrole 0,00 607,99 - 602,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,37
Autres transformations, transferts 32,75 - 29,19 28,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 31,66
Usages internes de la branche énergie 17,02 0,00 16,10 7,95 0,00 0,00 0,52 34,46 0,00 76,06
Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,98 0,00 0,00 0,00 38,09 5,88 48,95
Consommation nette
de la branche énergie 70,95 589,54 - 536,00 96,11 1 209,13 104,28 70,05 - 489,37 - 43,13 1 071,55
Industrie 10,32 0,00 29,12 121,13 0,00 0,00 23,75 115,66 18,75 318,73
Transports 0,00 0,00 481,73 1,86 0,00 0,00 37,18 10,08 0,00 530,85
Résidentiel 0,28 0,00 55,06 129,80 0,00 0,00 110,52 159,72 14,81 470,20
Tertiaire 0,40 0,00 30,94 72,58 0,00 0,00 9,17 137,77 9,32 260,17
Agriculture-pêche 0,02 0,00 35,88 2,33 0,00 0,00 4,26 8,48 0,25 51,21
Consommation finale énergétique 11,02 0,00 632,72 327,70 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 631,16
Consommation finale non énergétique 3,12 0,00 140,06 12,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 156,00
Consommation finale 14,14 0,00 772,78 340,51 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 787,16
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 143
annexes
Bilans physiques par énergie (données réelles et données CVC)
Bilan physique du charbon de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11
Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02
Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22
Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31
Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87
Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39
Production d?électricité 15,92 13,56 20,39 15,73 8,68
Production de chaleur 1,95 1,57 1,72 1,64 0,99
Consommation nette de la branche énergie 70,95 48,99 65,58 56,78 42,20
Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22
Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33
Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01
Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73
Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39
Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
144 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique du charbon de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11
Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02
Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22
Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31
Correction climatique 1,82 4,29 - 0,82 2,98 2,90
Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87
Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39
Production d?électricité 17,54 17,41 19,63 18,42 11,28
Production de chaleur 2,15 2,02 1,66 1,93 1,29
Consommation nette de la branche énergie 72,77 53,28 64,75 59,76 45,10
Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22
Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33
Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01
Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73
Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39
Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 145
annexes
Bilan physique du pétrole brut de 2019 à 2023
Données réelles
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 1,00 0,84 0,89 0,84 0,85
Importations 49,72 33,94 34,75 42,06 46,54
Exportations - 0,14 - 0,12 - 0,11 - 0,05 - 0,13
Variations de stocks 0,11 0,22 0,25 - 0,22 - 0,08
Autres charges de raffinage, retours de pétrochimie 2,51 3,66 2,26 1,19 1,60
Total approvisionnement des raffineries 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78
Écart statistique 0,92 0,63 0,74 0,24 0,78
Transformation de pétrole brut en raffinerie 52,28 37,91 37,30 43,57 48,00
Consommation brute de la branche énergie 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
146 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données réelles
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14
Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98
Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66
Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06
Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37
Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31
Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48
Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87
Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89
Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14
Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25
Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27
Industrie 2,50 2,42 2,39 2,42 2,45
Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43
Résidentiel 4,73 4,17 4,72 3,50 3,07
Tertiaire 2,66 2,79 2,37 2,71 2,29
Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30
Consommation finale énergétique 54,40 47,60 52,44 52,63 50,53
Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06
Consommation finale 66,45 58,97 64,43 61,91 59,59
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 147
annexes
Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En Mtep
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14
Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98
Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66
Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06
Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37
Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31
Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48
Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87
Correction climatique 0,16 0,37 - 0,07 0,26 0,26
Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89
Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14
Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25
Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27
Industrie 2,51 2,43 2,39 2,42 2,45
Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43
Résidentiel 4,85 4,44 4,66 3,70 3,26
Tertiaire 2,70 2,88 2,35 2,77 2,35
Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30
Consommation finale énergétique 54,56 47,97 52,37 52,90 50,79
Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06
Consommation finale 66,61 59,34 64,35 62,17 59,85
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
148 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh PCS
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20
Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14
Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43
Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88
Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64
Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53
Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17
Production d?électricité 69,52 61,58 57,05 74,97 52,42
Production de chaleur 23,28 23,33 24,86 22,91 22,40
Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52
Pertes de transport et de distribution 5,53 4,34 3,98 4,46 4,07
Consommation brute de la branche énergie 108,02 99,02 97,49 106,31 84,58
Industrie 134,59 120,87 134,22 120,33 108,84
Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65
Résidentiel 144,22 142,05 148,17 121,46 112,59
Tertiaire 80,65 73,50 83,63 70,12 63,24
Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97
Consommation finale énergétique 364,11 341,37 372,08 318,10 291,29
Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66
Consommation finale 378,35 354,11 385,08 330,05 302,95
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 149
annexes
Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh PCS
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20
Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14
Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43
Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88
Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64
Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53
Correction climatique 14,41 39,02 - 8,84 32,03 31,24
Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17
Production d?électricité 71,36 66,79 55,83 79,40 56,74
Production de chaleur 24,27 25,96 24,28 24,98 24,42
Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52
Pertes de transport et de distribution 5,67 4,63 3,92 4,67 4,27
Consommation brute de la branche énergie 110,99 107,15 95,64 113,01 91,12
Industrie 136,48 126,00 133,06 124,51 112,93
Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65
Résidentiel 150,65 159,43 144,24 135,69 126,47
Tertiaire 83,77 81,92 81,72 77,03 69,98
Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97
Consommation finale énergétique 375,55 372,29 365,08 343,43 316,00
Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66
Consommation finale 389,79 385,03 378,09 355,37 327,66
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
150 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53
Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70
Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51
Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Total approvisionnement
en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72
Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28
Production de chaleur 0,00 32,00 0,00 31,04 0,00 34,94 0,00 34,88 0,00 31,68
Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22
Usages internes de la
branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66
Consommation brute
de la branche énergie 104,28 70,05 116,13 69,46 112,35 74,90 103,84 79,43 129,41 79,84
Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49
Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68
Résidentiel 0,00 110,52 0,00 103,15 0,00 122,69 0,00 113,98 0,00 119,40
Tertiaire 0,00 9,17 0,00 9,36 0,00 10,60 0,00 11,34 0,00 11,27
Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04
Consommation finale
énergétique 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88
Consommation finale
non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 151
annexes
Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
EnR
électriques
EnR
thermiques
et déchets
Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53
Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70
Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51
Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Total approvisionnement
en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72
Correction climatique 0,00 6,12 0,00 14,93 0,00 - 2,19 0,00 14,22 0,00 13,76
Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28
Production de chaleur 0,00 32,30 0,00 31,72 0,00 34,83 0,00 35,56 0,00 32,31
Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22
Usages internes de la
branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66
Consommation brute
de la branche énergie 104,28 70,34 116,13 70,14 112,35 74,79 103,84 80,11 129,41 80,47
Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49
Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68
Résidentiel 0,00 115,95 0,00 116,41 0,00 120,76 0,00 126,61 0,00 131,66
Tertiaire 0,00 9,57 0,00 10,36 0,00 10,46 0,00 12,25 0,00 12,14
Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04
Consommation finale
énergétique 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01
Consommation finale
non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
152 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41
Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83
Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15
Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90
Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46
Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11
Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48
Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82
Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96
Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12
Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09
Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43
Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90
Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55
Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02
Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34
Pertes de transport et de distribution 38,09 35,90 39,19 35,23 36,58
Total branche énergie 50,98 46,86 48,33 46,82 48,93
Industrie 115,66 105,80 112,50 107,24 101,98
Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86
Résidentiel 159,72 161,50 169,52 155,19 150,74
Tertiaire 137,77 127,64 133,52 133,57 124,88
Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15
Consommation finale énergétique 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62
*Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries).
**Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 153
annexes
Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41
Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83
Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15
Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90
Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46
Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11
Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48
Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82
Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96
Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12
Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09
Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43
Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90
Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55
Correction climatique 3,72 11,58 - 2,60 8,61 8,87
Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02
Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34
Pertes de transport et de distribution 38,65 37,43 38,84 36,52 37,84
Total branche énergie 51,54 48,38 47,98 48,11 50,19
Industrie 116,05 106,88 112,26 108,11 102,83
Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86
Résidentiel 162,12 167,97 168,05 160,48 155,91
Tertiaire 138,15 130,15 132,98 134,73 126,48
Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15
Consommation finale énergétique 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23
*Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries).
**Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
154 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données réelles
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30
Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19
Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57
Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24
Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78
Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76
Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70
Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54
Pertes de transport et de distribution 5,88 6,69 5,10 4,84 5,73
Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 14,81 14,49 17,05 14,53 14,92
Tertiaire 9,32 9,53 10,60 9,72 9,14
Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25
Consommation finale énergétique 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données corrigées des variations climatiques
En TWh
2019 2020 2021 2022 2023
Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30
Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19
Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57
Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24
Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78
Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76
Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70
Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54
Correction climatique 1,06 2,93 - 0,64 2,32 2,26
Pertes de transport et de distribution 5,99 7,05 5,04 5,05 5,94
Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49
Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Résidentiel 15,40 16,08 16,69 15,85 16,21
Tertiaire 9,67 10,51 10,38 10,51 9,91
Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25
Consommation finale énergétique 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86
Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Consommation finale 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 155
annexes
Bilans monétaires, toutes énergies confondues
(données réelles)
Bilan énergétique monétaire 2023
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 500 612 24 044 n.d. (*) 3 036 74 966 1 670 - 1 332 107 762
Importations 2 010 27 266 33 091 36 281 325 2 885 0 0 101 859
Exportations - 48 - 209 - 13 242 - 10 006 - 75 - 6 847 0 0 - 30 428
Soutes maritimes internationales 0 0 - 661 0 0 0 0 0 - 661
Soutes aériennes internationales 0 0 - 4 333 0 0 0 0 0 - 4 333
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 16 - 68 223 101 0 0 0 0 241
Taxes 10 0 41 954 4 080 200 6 849 106 0 53 198
dontTVA 3 0 10 364 1 820 200 5 164 106 0 17 657
Subventions 0 0 0 - 811 0 4 307 0 0 3 495
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 506 29 688 0 0 4 797 2 036 1 332 38 027
Total des ressources 2 456 29 108 110 765 32 578 3 486 86 957 3 812 0 269 161
Production d?électricité 309 0 866 3 330 292 0 0 0 4 797
Production de chaleur 31 0 135 1 472 398 0 0 0 2 036
Production d?autres formes d?énergie 0 29 108 1 506 329 0 1 638 0 0 32 581
Branche énergie 340 29 108 2 507 5 132 690 1 638 0 0 39 415
Industrie 1 924 0 2 425 7 491 176 16 562 986 0 29 564
Transports 0 0 85 550 394 0 1 747 0 0 87 691
Résidentiel 9 0 5 099 12 801 2 495 35 645 1 775 0 57 824
Tertiaire 13 0 2 830 6 114 93 29 531 1 022 0 39 604
Agriculture-pêche 1 0 3 804 167 0 1 835 28 0 5 835
Consommation finale énergétique 1 947 0 99 708 26 967 2 765 85 319 3 812 0 220 517
Consommation finale non énergétique 168 0 8 402 479 0 0 0 0 9 050
Consommation finale 2 116 0 108 110 27 446 2 765 85 319 3 812 0 229 567
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
156 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique monétaire 2022
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 312 804 26 137 n.d. (*) 2 396 44 296 1 882 - 813 61 954
Importations 3 319 31 571 43 074 58 287 300 16 149 0 0 152 700
Exportations - 52 - 133 - 15 246 - 10 763 - 86 - 8 729 0 0 - 35 009
Soutes maritimes internationales 0 0 - 889 0 0 0 0 0 - 889
Soutes aériennes internationales 0 0 - 5 059 0 0 0 0 0 - 5 059
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 141 - 156 262 - 3 831 0 0 0 0 - 3 866
Taxes 18 0 43 587 4 173 140 8 951 102 0 56 971
dontTVA 3 0 10 648 1649 140 4 648 102 0 17190
Subventions 0 0 - 7 612 - 89 0 - 1 278 0 0 - 8 979
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 356 34 052 0 0 7 373 2 233 813 45 014
Total des ressources 3 457 33 441 118 306 33 904 2 750 66 761 4 217 0 262 837
Production d?électricité 622 0 1 117 5 396 238 0 0 0 7 373
Production de chaleur 67 0 129 1 655 383 0 0 0 2 233
Production d?autres formes d?énergie 0 33 441 1 356 405 0 1 052 0 0 36 254
Branche énergie 689 33 441 2 601 7 455 621 1 052 0 0 45 860
Industrie 2 573 0 2 577 8 455 116 11 992 1 541 0 27 256
Transports 0 0 88 180 301 0 1 246 0 0 89 728
Résidentiel 16 0 6 486 11 561 1 894 32 071 1 630 0 53 658
Tertiaire 15 0 3 860 4 809 87 19 127 1 022 0 28 919
Agriculture-pêche 1 0 4 047 145 0 1 273 25 0 5 491
Consommation finale énergétique 2 604 0 105 151 25 272 2 098 65 709 4 217 0 205 052
Consommation finale non énergétique 163 0 10 445 1 178 0 0 0 0 11 786
Consommation finale 2 767 0 115 596 26 450 2 098 65 709 4 217 0 216 838
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 157
annexes
Bilan énergétique monétaire 2021
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 538 460 18 728 n.d. (*) 2 417 49 863 1 768 - 553 78 249
Importations 1 482 15 738 26 554 16 353 155 3 498 0 0 63 781
Exportations - 105 - 130 - 10 131 - 1 712 - 52 - 6 172 0 0 - 18 302
Soutes maritimes internationales 0 0 - 573 0 0 0 0 0 - 573
Soutes aériennes internationales 0 0 - 1 455 0 0 0 0 0 - 1 455
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 88 121 337 607 0 0 0 0 1 153
Taxes 16 0 39 903 4 216 133 15 838 91 0 60 198
dontTVA 2 0 8 480 1 527 133 4 738 91 0 14972
Subventions 0 0 0 - 228 0 - 5 469 0 0 - 5 697
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 849 18 477 0 0 3 379 1 387 553 25 092
Total des ressources 2 019 18 039 91 840 23 712 2 653 60 938 3 246 0 202 446
Production d?électricité 390 0 644 2 167 178 0 0 0 3 379
Production de chaleur 30 0 89 954 313 0 0 0 1 387
Production d?autres formes d?énergie 0 18 039 1 849 293 0 722 0 0 20 904
Branche énergie 419 18 039 2 583 3 415 491 722 0 0 25 670
Industrie 1 483 0 1 756 4 959 83 9 271 813 0 18 364
Transports 0 0 67 821 137 0 706 0 0 68 664
Résidentiel 8 0 5 874 10 798 1 986 32 727 1 521 0 52 915
Tertiaire 9 0 2 115 3 763 80 16 401 889 0 23 258
Agriculture-pêche 0 0 2 821 107 0 1 110 22 0 4 062
Consommation finale énergétique 1 501 0 80 388 19 764 2 149 60 215 3 246 0 167 263
Consommation finale non énergétique 99 0 8 869 532 0 0 0 0 9 500
Consommation finale 1 600 0 89 257 20 296 2 149 60 215 3 246 0 176 763
(*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
158 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan énergétique monétaire 2020
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 412 262 15 538 8 851 2 116 48 095 1 498 - 480 76 772
Importations 890 9 769 17 566 6 093 113 772 0 0 35 204
Exportations - 23 - 61 - 7 356 - 973 - 41 - 1 941 0 0 - 10 394
Soutes maritimes internationales 0 0 - 362 0 0 0 0 0 - 362
Soutes aériennes internationales 0 0 - 826 0 0 0 0 0 - 826
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) 23 58 - 42 272 0 0 0 0 311
Taxes 15 0 34 117 4 003 113 15 397 71 0 53 716
dontTVA 2 0 6 613 1 432 113 4489 71 0 12 718
Subventions 0 0 0 - 206 0 - 8 344 0 0 - 8 550
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 2 110 12 393 0 0 1 831 777 480 17 111
Total des ressources 1 318 12 139 71 030 18 040 2 301 55 810 2 345 0 162 983
Production d?électricité 190 0 462 1 015 163 0 0 0 1 831
Production de chaleur 17 0 72 418 270 0 0 0 777
Production d?autres formes d?énergie 0 12 139 2 110 97 0 637 0 0 14 983
Branche énergie 207 12 139 2 643 1 531 433 637 0 0 17 591
Industrie 1 015 0 1 400 2 771 74 7 771 416 0 13 446
Transports 0 0 52 207 78 0 551 0 0 52 837
Résidentiel 6 0 4 585 10 365 1 714 30 459 1 183 0 48 312
Tertiaire 7 0 2 185 3 066 66 15 324 732 0 21 379
Agriculture-pêche 0 0 2 235 88 0 1 069 15 0 3 407
Consommation finale énergétique 1 028 0 62 611 16 369 1 854 55 173 2 345 0 139 381
Consommation finale non énergétique 82 0 5 775 140 0 0 0 0 5 998
Consommation finale 1 110 0 68 387 16 509 1 854 55 173 2 345 0 145 379
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 159
annexes
Bilan énergétique monétaire 2019
Données réelles
En M¤
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés et
biocarburants
Gaz
naturel
Bois-
énergie
Électricité Chaleur
commercia-
lisée
Non
affecté
Total
Production primaire et marges 424 513 17 598 8 376 2 062 46 266 1 502 - 396 76 742
Importations 1 667 21 289 26 015 10 418 124 732 0 0 60 245
Exportations - 30 - 127 - 11 350 - 1 799 - 54 - 2 749 0 0 - 16 109
Soutes maritimes internationales 0 0 - 817 0 0 0 0 0 - 817
Soutes aériennes internationales 0 0 - 3 457 0 0 0 0 0 - 3 457
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 9 43 82 - 379 0 0 0 0 - 264
Taxes 20 0 40 987 4 400 111 15 560 80 0 61 158
dontTVA 2 0 8932 1 588 111 4 205 80 0 14918
Subventions 0 0 0 - 111 0 - 7 847 0 0 - 7 958
Consommation d?autres formes
d?énergie 0 1 156 23 182 0 0 2 484 942 396 27 764
Total des ressources 2 071 22 874 92 239 20 905 2 243 54 446 2 525 0 197 304
Production d?électricité 261 0 616 1 439 169 0 0 0 2 484
Production de chaleur 28 0 97 524 293 0 0 0 942
Production d?autres formes d?énergie 0 22 874 1 156 146 0 557 0 0 24 733
Branche énergie 289 22 874 1 869 2 108 462 557 0 0 28 160
Industrie 1 653 0 1 737 3 748 70 8 146 487 0 15 841
Transports 0 0 70 260 75 0 534 0 0 70 869
Résidentiel 8 0 5 924 11 146 1 624 28 410 1 277 0 48 389
Tertiaire 9 0 2 555 3 504 73 15 716 744 0 22 600
Agriculture-pêche 0 0 2 593 99 0 1 083 17 0 3 794
Consommation finale énergétique 1 670 0 83 070 18 572 1 767 53 889 2 525 0 161 492
Consommation finale non énergétique 112 0 7 301 225 0 0 0 0 7 638
Consommation finale 1 782 0 90 371 18 797 1 767 53 889 2 525 0 169 130
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
160 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilans monétaires par énergie (données réelles)
Bilan monétaire du charbon de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 0 0 0 0 0
Importations 1 667 890 1 482 3 319 2 010
Exportations - 30 - 23 - 105 - 52 - 48
Variations de stocks - 9 23 88 - 141 - 16
Marges de cokéfaction 424 412 538 312 500
TVA 2 2 2 3 3
TICC* et octroi de mer 18 13 14 16 6
Total ressources 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456
Production d?électricité 261 190 390 622 309
Production de chaleur 28 17 30 67 31
Industrie (donthauts-fourneaux) 1 653 1 015 1 483 2 573 1 924
Résidentiel 8 6 8 16 9
Tertiaire 9 7 9 15 13
Agriculture-pêche 0 0 0 1 1
Consommation finale énergétique 1 670 1 028 1 501 2 604 1 947
Consommation finale non énergétique 112 82 99 163 168
Total emplois 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456
*Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçuesurlecharbon).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire du pétrole brut de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production d?énergie primaire 513 262 460 804 612
Importations 21 289 9 769 15 738 31 571 27 266
Exportations - 127 - 61 - 130 - 133 - 209
Variations de stocks 43 58 121 - 156 - 68
Transferts et retours en raffinerie 1 156 2 110 1 849 1 356 1 506
Total approvisionnement des raffineries 22 874 12 139 18 039 33 441 29 108
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 161
annexes
Bilan monétaire des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production nette des raffineries 25 409 13 968 19 225 44 133 38 479
Importations 24 183 16 386 24 162 38 943 29 236
Exportations - 10 654 - 6 708 - 9 296 - 14 213 - 12 667
Soutes maritimes internationales - 817 - 362 - 573 - 889 - 661
Soutes aériennes internationales - 3 457 - 826 - 1 455 - 5 059 - 4 333
Variations de stocks 82 - 42 337 262 223
Transferts et retours en raffinerie - 1 156 - 2 110 - 1 849 - 1 356 - 1 506
Coût de l?approvisionnement
en produits raffinés 33 591 20 307 30 552 61 821 48 771
Marges de transport et de commerce,
écart statistique 13 271 11 876 15 093 12 241 12 501
Taxes 40 987 34 117 39 903 43 587 41 954
dontTICPE*(+TSCetoctroidemer
pour les DROM) 32019 27 468 31 411 32 383 31 578
dontTVA 8932 6 613 8 480 10 648 10 364
dontTiruert(exTGAP,exTirib)etCPSSP 36 37 12 556 12
Subventions 0 0 0 - 7 612 0
Dépense en produits raffinés 87 849 66 301 85 548 110 037 103 227
Production d?électricité 616 462 644 1 117 866
Production de chaleur 97 72 89 129 135
Consommation nette de la branche énergie 713 533 734 1 246 1 001
Industrie 1 675 1 341 1 654 2 420 2 300
Transports 67 260 49 815 63 745 81 940 80 134
Résidentiel 5 924 4 585 5 874 6 486 5 099
Tertiaire 2 525 2 156 2 092 3 823 2 766
Agriculture-pêche 2 451 2 096 2 580 3 677 3 524
Consommation finale énergétique 79 836 59 992 75 945 98 346 93 824
Consommation finale non énergétique 7 301 5 775 8 869 10 445 8 402
Consommation finale 87 137 65 767 84 814 108 792 102 226
*Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçue).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire des biocarburants de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production 2 098 2 088 2 886 3 815 2 752
Importations 1 832 1 179 2 392 4 131 3 855
Exportations - 696 - 648 - 835 - 1 033 - 575
Total approvisionnement en biocarburants 3 234 2 619 4 443 6 913 6 031
Industrie 62 59 101 157 125
Transports 3 000 2 393 4 077 6 240 5 416
donttransportroutier(biodieseletbioessence) 2989 2 384 4 060 6 208 5392
Résidentiel 0 0 0 0 0
Tertiaire 30 29 23 37 64
Agriculture-pêche 142 139 242 370 279
Consommation finale 3 234 2 619 4 443 6 804 5 884
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
162 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Bilan monétaire du gaz naturel de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production de gaz naturel 3 2 8 21 14
Injections de biométhane 127 228 448 763 1 163
Importations 10 418 6 093 16 353 58 287 36 281
Exportations - 1 799 - 973 - 1 712 - 10 763 - 10 006
Variations de stocks - 379 272 607 - 3 831 101
Utilisation des infrastructures (hors pertes) 6 325 6 241 6 197 6 062 6 395
Marges de commerce et écart statistique 1 921 2 380 n.d. (*) n.d. (*) n.d. (*)
Taxes 4 400 4 003 4 216 4 173 4 080
Subventions - 111 - 206 - 228 - 89 - 811
Total ressources 20 905 18 040 23 712 33 904 32 578
Production d?électricité 1 439 1 015 2 167 5 396 3 330
Production de chaleur 524 418 954 1 655 1 472
Branche énergie hors transformation 146 97 293 405 329
Branche énergie 2 108 1 531 3 415 7 455 5 132
Industrie 3 748 2 771 4 959 8 455 7 491
Résidentiel 11 146 10 365 10 798 11 561 12 801
Tertiaire et transports 3 578 3 145 3 900 5 110 6 508
Agriculture-pêche 99 88 107 145 167
Consommation finale énergétique 18 572 16 369 19 764 25 272 26 967
Consommation finale non énergétique 225 140 532 1 178 479
Consommation finale 18 797 16 509 20 296 26 450 27 446
(*)Avertissement:lecalculdelamargeestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3).
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire du bois-énergie de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 2 062 2 116 2 417 2 396 3 036
Importations 124 113 155 300 325
Exportations - 54 - 41 - 52 - 86 - 75
Taxes (TVA) 111 113 133 140 200
Subventions 0 0 0 0 0
Total ressources 2 243 2 301 2 653 2 750 3 486
Production d?électricité 169 163 178 238 292
Production de chaleur 293 270 313 383 398
Industrie 70 74 83 116 176
Transports 0 0 0 0 0
Résidentiel 1 624 1 714 1 986 1 894 2 495
Tertiaire 73 66 80 87 93
Agriculture-pêche 0 0 0 0 0
Consommation finale totale 1 767 1 854 2 149 2 098 2 765
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 163
annexes
Bilan monétaire de l?électricité de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 35 690 36 801 39 560 39 179 68 795
Importations 732 772 3 498 16 149 2 885
Exportations - 2 749 - 1 941 - 6 172 - 8 729 - 6 847
Utilisation du réseau (hors pertes) 13 061 13 125 13 682 12 490 10 967
Taxes 15 560 15 397 15 838 8 951 6 849
Subventions - 7 847 - 8 344 - 5 469 - 1 278 4 307
Total ressources 54 446 55 810 60 938 66 761 86 957
Branche énergie (hors électricité) 557 637 722 1 052 1 638
Industrie 8 146 7 771 9 271 11 992 16 562
Transports 534 551 706 1 246 1 747
Résidentiel 28 410 30 459 32 727 32 071 35 645
Tertiaire 15 716 15 324 16 401 19 127 29 531
Agriculture-pêche 1 083 1 069 1 110 1 273 1 835
Consommation finale énergétique 53 889 55 173 60 215 65 709 85 319
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
Bilan monétaire de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023
Données réelles
En M¤
2019 2020 2021 2022 2023
Production et marges 2 445 2 275 3 154 4 115 3 706
Taxes (TVA) 80 71 91 102 106
Total ressources 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812
Industrie 487 416 813 1 541 986
Transports 0 0 0 0 0
Résidentiel 1 277 1 183 1 521 1 630 1 775
Tertiaire 744 732 889 1 022 1 022
Agriculture-pêche 17 15 22 25 28
Consommation finale énergétique 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812
Source :SDES,bilanannueldel?énergie
164 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Annexes méthodologiques
ANNEXE 1 : PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES
ET SOURCES
Le bilan de l?énergie comprend un bilan physique et un bilan
monétaire, établis de manière cohérente entre eux.
Une méthodologie détaillée d?élaboration du bilan est publiée
sur le site internet du SDES. En sont rappelés ici les principaux
éléments.
Bilan physique
Le bilan physique retrace un équilibre comptable entre les
approvisionnements d?une part et les emplois de l?énergie
d?autre part. Les approvisionnements sont :
? la production primaire ;
? les importations, nettes des exportations ;
? les variations de stocks (positives pour un déstockage ou
négatives pour un stockage) ;
? les soutes maritimes et aériennes internationales, qui
apparaissent avec un signe négatif, n?étant pas considérées
comme une consommation d?énergie primaire de la France.
Le total des approvisionnements correspond à la
consommation primaire. À l?écart statistique près, il est égal
à la somme des emplois, qui comprennent :
? les pertes de transformation d?énergie ;
? les pertes de transport, distribution et stockage d?énergie ;
? la consommation propre d?énergie de la branche énergie
(hors l?énergie qu?elle transforme) ;
? la consommation finale à usage énergétique ;
? la consommation finale à usage non énergétique.
Les formes d?énergie suivantes sont distinguées : charbon,
pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel, énergies
renouvelables et déchets, chaleur nucléaire, électricité,
chaleur commercialisée. Des informations peuvent en outre
être données à un niveau de détail plus fin pour des sous-
catégories du charbon, des produits pétroliers ou des énergies
renouvelables.
La méthodologie du bilan obéit aux recommandations du
manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence
internationale de l?énergie (AIE) et Eurostat (dont la dernière
édition date de 2005). Sa présentation est alignée sur celle
de l?AIE. À noter toutefois que certaines consommations
finales, notamment celles à usage militaire, sont considérées
ici comme relevant du secteur tertiaire alors qu?elles devraient
être « non affectées » suivant les recommandations
internationales. Par ailleurs, la chaleur extraite de
l?environnement par les pompes à chaleur est prise en compte
ici, comme c?est le cas également dans les bilans élaborés
par Eurostat mais pas dans ceux réalisés par l?AIE.
Le périmètre géographique couvre, à partir de l?année
2011, la France métropolitaine et les cinq DROM. Les données
relatives aux années antérieures sont limitées à la France
métropolitaine.
Les données relatives à des agrégats de différentes
formes d?énergie sont désormais exprimées en térawattheures
(TWh) et non plus en millions de tonnes équivalent pétrole
(Mtep), comme c?était le cas des éditions précédentes. L?unité
est également le TWh pour les données relatives à l?électricité,
aux énergies renouvelables, aux déchets, à la chaleur et au
charbon. Les données relatives au pétrole (brut et raffiné)
restent en revanche exprimées en Mtep et celles relatives
au gaz naturel en TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur),
alors que les quantités des autres combustibles et des
agrégats sont exprimées en pouvoir calorifique inférieur.
L?élaboration du bilan physique de l?énergie repose
principalement sur l?exploitation de données recueillies par
le SDES. Celles-ci sont recueillies d?une part dans le cadre
d?enquêtes statistiques, au sens de la loi de 1951 relative à
la statistique publique :
? enquête sur les produits du charbon dans l?industrie
sidérurgique ;
? enquête annuelle sur la production d?électricité ;
? enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid,
dont la maîtrise d?oeuvre est assurée par le Syndicat
national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine ;
? enquête sur la consommation d?énergie dans la construction
en 2015.
Les données sont recueillies d?autre part dans le cadre
de collectes prévues par des textes réglementaires du Code
de l?énergie (art. L.142-1). En particulier, les statistiques de
consommation de gaz, d?électricité et de produits pétroliers
sont construites principalement à partir des données locales
annuelles de consommation d?énergie, collectées en
application de l?article 179 de la loi de transition énergétique
pour la croissance verte de 2015 (par l?intermédiaire du Comité
professionnel du pétrole en ce qui concerne les produits
pétroliers). Sont en outre exploitées des données annuelles
sur la pétrochimie ainsi que des données mensuelles
recueillies auprès de divers acteurs de l?énergie (raffineurs,
importateurs, réseaux de transport et de distribution, etc.).
Ces sources internes au SDES sont complétées par des
sources externes. Plusieurs, parmi les plus significatives,
sont issues du service statistique public, notamment l?enquête
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 165
annexes
annuelle sur la consommation d?énergie dans l?industrie
(EACEI) de l?Insee, l?enquête Logement de l?Insee (pour la
consommation de bois des ménages), les statistiques de
commerce extérieur du service statistique de la direction
générale des douanes et des droits indirects et le réseau
d?information comptable agricole du service statistique du
ministère de l?Agriculture. D?autres proviennent d?organismes
extérieurs à la statistique publique, comprenant notamment
l?Ademe (pour les déchets), Observ?er (pour certaines
énergies renouvelables thermiques), la CRE (pour le
photovoltaïque), la DGEC (pour les biocarburants),
FranceAgriMer (pour la production de bioéthanol), le Citepa
(pour la consommation non énergétique de gaz) et des
observatoires de l?énergie ultramarins. Le partage de la
consommation de produits pétroliers entre résidentiel et
tertiaire est réalisé à partir de données du Ceren.
Bilan monétaire
Le bilan monétaire décrit les flux en euros associés aux flux
énergétiques présentés dans le bilan physique. Il prend la
forme, comme ce dernier, d?un équilibre ressources-emplois.
Les ressources monétaires comprennent :
? la production et les marges de transport, distribution et
commercialisation ;
? les importations, nettes des exportations ;
? les variations de stocks ;
? les taxes, nettes des subventions.
À l?écart statistique près, ces ressources sont égales à
la somme des emplois, i.e. des consommations des différents
secteurs (à usage énergétique ou non).
Le bilan monétaire est établi à partir de l?année 2011 et
couvre l?ensemble des principales formes d?énergie faisant
l?objet d?échanges marchands (charbon, pétrole, gaz,
électricité, chaleur, biocarburants, biométhane, bois). Son
champ inclut en particulier l?autoconsommation d?électricité,
valorisée au prix moyen d?achat dans le secteur considéré,
ainsi que les achats informels de bois mais exclut en revanche
l?autoconsommation de bois. Les investissements des
consommateurs finaux visant à transformer l?énergie pour
leur usage propre (par exemple, chaudières individuelles,
pompes à chaleur, chauffe-eau solaires, etc.) sont hors
champ.
La dépense nationale associée à une forme d?énergie
correspond à la somme de la valeur de la consommation de
cette forme d?énergie à usage final et à usage de production
d?autres formes d?énergie. La dépense nationale d?énergie
correspond à la somme des valeurs des consommations à
usage final seulement des différentes formes d?énergie.
Elle est inférieure par construction à la somme des dépenses
nationales des différentes formes d?énergie, afin d?éviter des
doubles comptes liés aux échanges internes de la branche
énergie. Par exemple, le gaz consommé pour produire de
l?électricité est comptabilisé dans la dépense nationale de
gaz, mais est exclu du calcul de la dépense nationale
d?énergie : en effet, infine, le coût correspondant est supporté
par les consommateurs d?électricité ; il est donc déjà
implicitement pris en compte dans la dépense nationale
d?électricité.
Par exception au principe de cohérence entre les bilans
physique et monétaire, la dépense des hauts-fourneaux en
énergie (nette de la rémunération qu?ils tirent de la revente
de gaz de hauts-fourneaux) est considérée dans le bilan
monétaire comme une dépense finale, alors que,
conformément aux recommandations internationales, la
consommation correspondante est considérée comme une
consommation de la branche énergie dans le bilan physique.
Du côté des ressources et pour chaque forme d?énergie,
le solde entre, d?une part, la dépense totale et, d?autre part,
la somme des taxes (nettes des subventions), du solde
importateur et des variations de stocks représente la valeur
de la production primaire et de marges diverses (de
transformation, de transport, de distribution ou de
commercialisation suivant les cas). Suivant les sources
disponibles par énergie, une désagrégation plus ou moins
fine de ces différents éléments est disponible. Concernant
les carburants contenant une part bio et une part non-bio
(issue de produits pétroliers), il est fait le choix, par convention,
d?affecter la totalité des taxes et des marges de distribution
aux carburants pétroliers.
Dans le contexte exceptionnel de l?année 2022, marquée
par la crise énergétique liée au contexte géopolitique, il n?a
pas été possible de calculer les marges dans le compte
monétaire du gaz.
L?élaboration du bilan monétaire s?appuie notamment sur
les sources suivantes, outre celles mobilisées pour établir le
bilan physique :
? l?enquête semestrielle sur la transparence des prix du gaz
et de l?électricité du SDES ;
? l?enquête sectorielle annuelle de l?Insee sur le champ du
transport ;
? diverses informations issues de documents budgétaires
de RTE, d?Enedis, de GRTgaz, de Teréga, de Storengy et
de la Commission de régulation de l?énergie ;
? les prix de marché de gros du gaz observés aux PEG ;
? l?enquête mensuelle sur les prix des produits pétroliers de
l?Insee ;
? la base sur les prix de vente de produits pétroliers de la
DGEC ;
? l?enquête trimestrielle réalisée par le CEEB sur les prix du
bois-énergie ;
? l?enquête annuelle sur les prix des combustibles bois
réalisée par CODA Stratégies pour le compte de l?Ademe.
166 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 2 : DÉFINITIONS
Chaleur : transfert thermique, au sens physique du terme.
Les flux de chaleur considérés dans le présent bilan sont
toutefois restreints aux quantités de chaleur vendues
(lorsqu?un acteur met en oeuvre une combustion pour en
utiliser lui-même la chaleur, les flux correspondants sont
reportés dans le bilan du combustible brûlé, pas dans celui
de la chaleur). La chaleur primaire, d?origine géothermique,
aérothermique ou solaire, s?oppose à la chaleur secondaire
obtenue en brûlant des combustibles tels que le charbon, le
gaz naturel, le pétrole, la biomasse et les déchets.
Charbon : sous sa forme primaire, combustible fossile qui
revêt généralement l?aspect physique d?un roc brun ou noir
et qui est constitué de matière végétale carbonisée. On
distingue le lignite, le charbon sous-bitumineux et la houille,
classés par pouvoir calorifique croissant. La houille pouvant
être transformée en coke est dénommée « charbon à coke »,
par opposition au « charbon-vapeur » utilisé pour produire
de la chaleur sous forme de vapeur (elle-même pouvant être
éventuellement transformée en électricité). Dans le bilan, le
terme de charbon couvre aussi les produits secondaires,
tels que les agglomérés, les briquettes, le coke de cokerie,
le goudron de houille, mais aussi les gaz sidérurgiques (gaz
de cokerie, de haut-fourneau et de convertisseur à l?oxygène).
Combustible : toute substance pouvant être brûlée pour
produire de la chaleur, par réaction du carbone et de
l?hydrogène contenus dans la substance combustible avec
l?oxygène.
Consommation finale énergétique : consommation
d?énergie à toutes fins autres que la transformation, le
transport, la distribution et le stockage d?énergie et hors
utilisation comme matière première ou pour certaines
propriétés physiques (voir consommation finale non
énergétique).
Consommation finale non énergétique : consommation
de combustibles à d?autres fins que la production de chaleur,
soit comme matières premières (par exemple pour la
fabrication de plastique), soit en vue d?exploiter certaines de
leurs propriétés physiques (comme, par exemple, les
lubrifiants, le bitume ou les solvants).
Déchets : combustibles composés de matériaux divers issus
des déchets urbains (dont la moitié est supposée renouvelable)
et industriels (considérés en totalité comme non renouvelables).
Électricité : vecteur d?énergie ayant de multiples usages.
L?électricité peut être produite à partir de diverses sources
primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables,
géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque,
etc.). La production brute d?électricité est mesurée aux bornes
des groupes des centrales et comprend, par conséquent, la
consommation des services auxiliaires et les pertes dans les
transformateurs des centrales, par opposition à la production
nette d?électricité, mesurée à la sortie des centrales.
Énergie primaire : énergie non transformée, i.e. tirée de la
nature (soleil, fleuves ou vent) ou contenue dans les produits
énergétiques tirés de la nature (comme les combustibles fossiles
ou le bois), et chaleur issue de la réaction nucléaire. Par
convention, l?énergie primaire d?origine hydraulique, éolienne,
marémotrice et solaire photovoltaïque est comptabilisée à
hauteur de la production d?électricité correspondante. La chaleur
issue de la réaction nucléaire est mesurée à travers un
rendement de la production électrique nucléaire de 0,33.
La consommation d?énergie primaire est la somme de la
consommation finale, des pertes et de la consommation des
producteurs et des transformateurs d?énergie.
Énergie renouvelable : énergie dérivée de processus
naturels en perpétuel renouvellement, notamment l?énergie
générée par le soleil, le vent, la chaleur terrestre, l?eau des
fleuves, des lacs, des mers et des océans, la biomasse solide
(bois et déchets d?origine biologique), le biogaz et les
biocarburants liquides.
Énergie secondaire : énergie obtenue par la transformation
d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire
(production d?électricité à partir de gaz, de coke à partir de
charbon à coke, de produits pétroliers à partir de pétrole brut,
etc.).
Gaz naturel : il est extrait de réserves naturelles souterraines
et se compose principalement de méthane (CH4).
Intensité énergétique finale : consommation énergétique
finale rapportée à un indicateur d?activité.
Nucléaire : énergie dégagée, sous forme de chaleur, par la
fission de noyaux d?uranium dans des réacteurs. Cette
énergie, considérée comme primaire, est transformée
secondairement en électricité (avec un rendement supposé
de 33 %).
Pétrole : mélange complexe d?hydrocarbures liquides, des
éléments chimiques contenant de l?hydrogène et du carbone,
qui se forme naturellement dans des nappes souterraines
présentes dans les roches sédimentaires. Au sens large, il
inclut les produits tant primaires (pétrole brut) que secondaires
(raffinés).
Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la
combustion complète d?une unité de combustible. On oppose
le pouvoir calorifiquesupérieur (PCS), qui désigne le
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 167
annexes
dégagement maximal théorique de chaleur lors de la
combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur
d?eau produite, au pouvoircalorifiqueinférieur (PCI), qui
exclut cette chaleur de condensation.
Soutes maritimes ou aériennes internationales : quantités
de pétrole utilisées comme combustibles par les navires ou
les avions à des fins de transport international.
Taux d?indépendance énergétique : rapport entre la
production et la consommation d?énergie primaire.
ANNEXE 3 : ÉQUIVALENCES ÉNERGÉTIQUES
Les équivalences énergétiques utilisées sont celles que
recommandent les organisations internationales (Agence
internationale de l?énergie, Eurostat). Le tableau ci-après
précise les coefficients d?équivalence entre unités propres,
gigajoules (GJ), mégawattheures (MWh) et tonnes équivalent
pétrole (tep). Ces coefficients sont systématiquement utilisés
dans les publications officielles françaises.
Énergie Unité propre gigajoules
(GJ) (PCI)
mégawattheure
MWh (PCI)
tep
(PCI)
Charbon
Charbon à vapeur 1 t 26 7,2222 0,619
Charbon à coke 1 t 29,5 8,1944 0,705
Coke de cokerie 1 t 28 7,7778 0,667
Agglomérés 1 t 32 8,8889 0,762
Briquettes de lignite 1 t 18 4,7112 0,404
Lignite et produits de récupération 1 t 17 4,7222 0,405
Anthracite 1 t 32,3 8,9722 0,772
Goudron de houille 1 t 38 10,5556 0,905
Pétrole brut et produits pétroliers
Produits primaires et autres produits à distiller
Pétrole brut 1 t 42,78 11,8833 1,0218
Liquides de gaz naturels 1 t 42 11,6667 1,0032
Produits d?alimentation des raffineries 1 t 41,86 11,6278 0,9997
Additifs oxygénés 1 t 25,12 6,9778 1,0693
Produits raffinés
Gazole, fioul domestique 1 t 42,6 11,8333 1,0175
Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1 t 46 12,7778 1,0987
Essence moteur 1 t 44 12,2222 1,0509
Kérosène 1 t 43 11,9444 1,0270
Fioul lourd 1 t 40 11,1111 0,9554
Coke de pétrole 1 t 32 8,8889 0,7643
Naphta 1 t 44 12,2222 1,0509
Lubrifiants 1 t 42 11,6667 1,0032
Whitespirit 1 t 43,6 12,1111 1,0414
Bitumes 1 t 39 10,8333 0,9315
Électricité 1 MWh 3,6 1 0,086
Bois à usage résidentiel 1 stère 6,17 1,7139 0,147
Bois à usage professionnel 1 tonne 10,76 2,9889 0,257
Gaz naturel et industriel 1 MWh PCS 3,24 0,9 0,077
Le coefficient de conversion pour le gaz repose sur une
hypothèse d?écart de 10 % entre PCS et PCI. Pour les autres
combustibles, les écarts entre PCS et PCI sont de l?ordre de :
? 9 % pour le gaz de pétrole liquéfié ;
? 7-8 % pour les autres produits pétroliers ;
? 2-5 % pour les combustibles solides.
168 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 4 : MÉTHODE DE CORRECTION
DES VARIATIONS CLIMATIQUES
La consommation d?énergie, dont une part importante est
dédiée au chauffage, est sensible aux températures
extérieures. Afin de permettre des comparaisons dans le
temps à climat constant, des statistiques de consommation
corrigée des variations climatiques (CVC) sont présentées
dans le bilan.
L?indicateur de climat usuellement utilisé pour corriger
des besoins de chauffage est le nombre de degrés-jours
unifiés (DJU). Il est fondé sur la comparaison, pour chaque
jour de l?année, de la température observée avec un seuil,
fixé à 15 °C. La température prise en compte est la moyenne
des extrema des températures sur une journée :
T = (Tmin + Tmax) / 2
Le nombre de degrés-jours de cette journée est égal à
15 - T si T < 15 °C, à 0 sinon. La somme des degrés-jours de
tous les jours de la saison de chauffe, période de l?année qui
va de janvier à mai et d?octobre à décembre inclus, donne
ensuite le nombre annuel de DJU. En pratique, ce calcul est
réalisé pour 539 stations météorologiques. Les résultats de
chaque station sont pondérés par la population des communes
les plus proches de chaque station.
La consommation CVC est par définition celle qui aurait
été constatée si le nombre de degrés-jours avait été égal à
la moyenne de ceux observés sur une période de référence
donnée. Cette moyenne (notée DJU0 dans la suite) s?établit
à 1 523 degrés-jours sur la période de référence, couvrant
les années 1991 à 2020. La série des DJU est présentée
dans la partie 4 du bilan. Pour chaque secteur et chaque
forme d?énergie, l?écart entre la consommation CVC et la
consommation réelle (Créelle) est supposé dépendre
linéairement du nombre de degrés-jours, à travers un
coefficient de thermosensibilité b :
CCVC = Créelle ? b.(DJU ? DJU0)
La détermination du jeu de coefficients repose sur des
estimations économétriques. La méthode et le jeu de
coefficients complet sont présentés dans la méthodologie
détaillée jointe au bilan de l?énergie sur le site internet du
SDES. Toutes énergies confondues, un écart de 10 % par
rapport au nombre de degrés-jours de référence (soit de
153 degrés-jours) entraînerait une variation de la
consommation annuelle finale (resp. primaire) de 31,6 TWh
(resp. 33,5 TWh) en 2023.
En outre, la thermosensibilité de la consommation
d?électricité du secteur tertiaire pour la climatisation est prise
en compte à partir de l?année d?observation 2011. La méthode
est analogue à celle employée pour les besoins de chauffage,
en définissant des degrés-jours unifiés de climatisation (DJUc)
à partir d?une température de référence de 21 °C (voir
méthodologiedubilandel?énergie). Un écart de 10 % par
rapport au nombre de degrés-jours de climatisation de
référence (soit de 11 degrés-jours) entraînerait une variation
de la consommation annuelle d?électricité du secteur tertiaire
de 0,13 TWh en 2023.
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 169
annexes
ANNEXE 5 : PRINCIPALES RÉVISIONS PAR RAPPORT
À LA PRÉCÉDENTE ÉDITION
L?objectif d?amélioration continue des méthodes employées
ainsi que la disponibilité de nouvelles sources se substituant
à d?anciennes peut se traduire par des révisions dans les
bilans des années antérieures. Les principales modifications
apportées cette année sont recensées ci-après.
Produits pétroliers
Les consommations énergétiques totales par produit sont
désormais calées de manière uniforme sur les données de
ventes de produits pétroliers fournies par le CPDP, induisant
une révision globale des séries depuis 2011. De plus, la
méthode de partage du fioul domestique entre résidentiel et
tertiaire a été modifiée : dorénavant, la consommation du
secteur résidentiel pour la métropole est alignée avec les
données du Ceren ; la consommation du tertiaire apparaît
comme un solde.
Gaz naturel
La ventilation des origines de gaz a été revue, en éliminant
les achats de gaz gazeux sur les marchés déclarés par les
fournisseurs et en étendant la couverture de l?enquête sur
les approvisionnements aux importateurs de gaz qui ne sont
pas des fournisseurs (intermédiaires). La part des origines
inconnues dans l?approvisionnement en gaz gazeux est
révisée à la baisse depuis 2014 ; les importations en
provenance de Norvège notamment sont à l?inverse révisées
à la hausse.
Énergies renouvelables et déchets
La production de chaleur et la consommation primaire de
biomasse sont révisées à la hausse en tenant compte d?une
installation dans l?imprimerie qui produit de la chaleur à partir
de biomasse (résidus de papeterie).
Électricité
La série de consommation des véhicules routiers électriques
depuis 2011 a été révisée. On considérait jusqu?alors que la
recharge des véhicules était réalisée uniquement dans le
secteur tertiaire. Elle est maintenant répartie entre le secteur
résidentiel (recharge à domicile) et certains secteurs du
tertiaire (bornes de recharge dans les stations-essence, les
parkings de commerce, sur la voie publique ou encore dans
les entreprises).
170 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
ANNEXE 6 : RÉVISION DES PRINCIPAUX AGRÉGATS
DE L?ANNÉE 2023 PAR RAPPORT AU BILAN DE
L?ÉNERGIE PROVISOIRE
Sont présentés ci-dessous les écarts relatifs entre les résultats
définitifs figurant dans cette publication et ceux de la version
provisoire du bilan de l?énergie publiée en mai 2024 pour tous
les agrégats non nuls du tableau de synthèse du bilan
physique. Ainsi, les estimations définitives de la production
primaire et de la consommation finale d?énergie en 2023 sont
respectivement 0,3 % et 0,4 % supérieures à leurs estimations
provisoires de mai 2024.
En %
Charbon Pétrole
brut
Produits
pétroliers
raffinés
Gaz
naturel
Nucléaire EnR élec-
triques
EnR ther-
miques et
déchets
Électricité Chaleur
commer-
cialisée
Total
Production d?énergie primaire 1,9 0,0 0,0 - 2,0 1,3 0,1
Importations 0,0 0,0 - 0,1 0,0 0,0 - 0,1 0,0
Exportations - 94,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 - 0,1
Soutes maritimes internationales 4,4 4,4
Soutes aériennes internationales - 1,6 - 1,6
Variations de stocks
(+ = déstockage, - = stockage) - 9,7 0,0 30,4 0,0 22,9
Consommation primaire 0,6 0,0 0,6 0,0 0,0 - 2,0 1,2 0,3 0,1
Production d?électricité 7,6 - 5,8 2,3 0,0 - 2,0 4,5 - 0,4 0,3
Production de chaleur - 12,7 24,8 11,4 - 14,7 - 9,3 30,4
Injections de biométhane 0,0 0,0
Raffinage de pétrole 0,0 0,0 0,0
Autres transformations, transferts 5,3 - 1,0 - 8,4 - 0,9
Usages internes de la branche énergie - 5,8 - 5,8 6,4 467,3 0,3 - 1,2
Pertes de transport et de distribution - 0,1 2,3 19,1 3,9
Consommation nette de la branche
énergie 0,4 0,0 0,5 9,3 0,0 - 2,0 - 3,9 - 1,2 - 12,2 1,0
Industrie - 8,9 5,7 - 1,9 29,6 - 1,1 - 20,0 - 0,2
Transports 1,4 12,9 - 0,1 22,0 1,8
Résidentiel - 2,2 0,9 - 2,2 1,9 - 0,4 - 4,5 - 0,3
Tertiaire - 2,5 10,9 - 4,0 - 13,6 - 4,1 - 7,3 - 3,2
Agriculture-pêche - 2,4 1,7 - 9,4 1,2 - 6,4 - 7,2 0,0
Consommation finale énergétique - 8,4 2,0 - 2,3 3,3 - 1,3 - 12,2 0,0
Consommation finale non énergétique 30,5 - 6,8 4,8 - 5,1
Consommation finale 1,8 0,5 - 2,1 3,3 - 1,3 - 12,2 - 0,4
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 171
annexes
Sigles et abréviations
SIGLES
Ademe Agence de la transition écologique
AIE Agence internationale de l?énergie
AIEA Agence internationale de l?énergie atomique
APU administrations publiques
ARA Anvers, Rotterdam, Amsterdam
Arenh accès régulé à l?électricité nucléaire historique
ATRT accès des tiers au réseau de transport
ATRD accès des tiers au réseau de distribution
ATTM accès des tiers aux terminaux méthaniers
CAF coût, assurance, fret
CART contrat d?accès au réseau de transport
CCCG centrales à cycle combiné au gaz
CCG cycle combiné au gaz
CEEB Centre d?études de l?économie du bois
Ceren Centre d?études et de recherches économiques sur l?énergie
CFBP Comité français du butane et du propane
Citepa Centre interprofessionnel technique d?études de la pollution atmosphérique
CPDP Comité professionnel du pétrole
CPSSP taxe affectée au stockage des produits pétroliers
CRE Commission de régulation de l?énergie
CSPE contribution au service public de l?électricité
CTA contribution tarifaire d?acheminement
CVC corrigé des variations climatiques
DGDDI Direction générale des douanes et des droits indirects
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
DJU degrés-jours unifiés
DROM Départements et régions d?outre-mer
EACEI enquête annuelle sur les consommations d?énergie dans l?industrie
EAPE enquête annuelle sur la production d?électricité
EAPH enquête annuelle sur la production d?hydrogène
EARCF enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid
EDF Électricité de France
ELD entreprises locales de distribution
EMAG esters méthyliques d?acides gras
EnR énergie renouvelable
ENTSOG EuropeanNetworkofTransmissionSystemOperatorsforGas
ETBE éther éthyle tertiobutyle
FAB franco à bord
Fedene Fédération des services énergie environnement
FFA Fédération française de l?acier
FOD fioul domestique
FSRU floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification
GNL gaz naturel liquéfié
GNV gaz naturel pour véhicules
172 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
GPL gaz de pétrole liquéfié
GRTgaz Gestionnaire de réseau de transport du gaz
HVHTE huiles végétales hydro-traitées essence
HVHTG huiles végétales hydro-traitées gazole
ICE IntercontinentalExchange
Ifpen Institut français du pétrole et énergies nouvelles
Insee Institut national de la statistique et des études économiques
ISBLSM institution sans but lucratif au service des ménages
ISDND installations de stockage de déchets non dangereux
NAF nomenclature d?activités française
NBP NationalBalancingPoint
OA obligation d?achat
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
ONRE Observatoire national de la rénovation énergétique
Opep Organisation des pays exportateurs de pétrole
OREC Observatoire régional de l?énergie et du climat de la Guadeloupe
PAC pompes à chaleur
PEG point d?échange de gaz
PCI pouvoir calorifique inférieur
PCS pouvoir calorifique supérieur
PIB produit intérieur brut
PIR point d?interconnexion du réseau
Rica Réseau d?information comptable agricole
RTE Réseau de transport d?électricité
SARA Société anonyme de la raffinerie des Antilles
SEI systèmes énergétiques insulaires
Sifim services d?intermédiation financière indirectement mesurés
SNCU Syndicat national de chauffage urbain et de la climatisation urbaine
SNET Société nationale d?électricité et de thermique
Step stations de transfert d?énergie par pompage
STEP stations d?épuration des eaux usées
TBTS très basse teneur en soufre
TCCFE taxe communale sur la consommation finale d?électricité
TDCFE taxe départementale sur la consommation finale d?électricité
TGAP taxe générale sur les activités polluantes
TICPE taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques
TICFE taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité
TICGN taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel
TIGF Transport et infrastructures gaz France
Tirib taxe intérieure relative à l?incorporation de biocarburants
Tiruert taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport
TLCFE taxes locales sur la consommation finale d?électricité
TRS TradingRegionSouth
TRV tarifs réglementés de vente
TSC taxe spéciale de consommation
TTF TitleTransferFacility
Turpe tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité
UIOM unité d?incinération des ordures ménagères
UTCATF utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie
ZNI zones non interconnectées au réseau d?électricité métropolitain continental
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 173
annexes
ABRÉVIATIONS
n.d. non disponible
Md¤ milliard d?euros
M¤ million d?euros
Mt million de tonnes
Mtep million de tonnes équivalent pétrole
SP95-E10 sans plomb 95 - éthanol 10 %
GW gigawatt
TWh térawattheure
174 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
annexes
Pour en savoir plus
Le bilan énergétique de la France est l?une des publications
statistiques nationales majeures dans le domaine de
l?énergie. D?autres sont disponibles sur le site du service des
données et études statistiques, rubrique « Énergie » (www.
statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie). Elles
comprennent des publications annuelles et des publications
conjoncturelles (i.e. infra-annuelles) ainsi que des publications
plus ponctuelles.
Des données et études sur la performance énergétique
et la rénovation énergétique du parc de logements sont par
ailleurs disponibles sur le site de l?Observatoire national de
la rénovation énergétique (ONRE) : www.ecologie.gouv.fr/
observatoire-national-renovation-energetique.
Publications annuelles
? Bilanénergétiquede laFranceen2023?Données
provisoires, Datalab Essentiel, dernière édition relative
aux données 2023 parue en mai 2024 ;
? BilanénergétiquedelaFranceen2023?Synthèse,
Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données
2023 parue en janvier 2025 ;
? L?activitédelapétrochimieenFranceen2023, Datalab
Essentiel, dernière édition relative aux données 2023
parue en juillet 2024 ;
? Lesprixdesproduitspétroliersen2023:lesprixbaissent
mais restent à un niveau élevé, Datalab Essentiel,
dernière édition relative aux données 2023 parue en
juillet 2024 ;
? Prixdel?électricitéenFranceetdansl?Unioneuropéenne
en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en juillet 2024 ;
? PrixdugaznaturelenFranceetdansl?Unioneuropéenne
en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en juillet 2024 ;
? LesinvestissementspublicsdanslaR&Denénergieen
2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux
données 2023 parue en février 2025 ;
? Lesfacteursd?évolutiondesémissionsdeCO2 liées à
l?énergieenFrancede1990à2020, Datalab, dernière
édition relative aux données 2020 parue en septembre 2022 ;
? LesénergiesrenouvelablesenFranceen2023?Suivi
deladirective(UE)2018/2001relativeàlapromotionde
l?utilisationdesénergies renouvelables?Données
définitives, Datalab Essentiel, dernière édition relative
aux données 2023 parue en mars 2025 ;
? Chiffresclésdel?énergie?Édition2024, Datalab, dernière
édition parue en septembre 2024 ;
? Chiffresclésdesénergiesrenouvelables?Édition2024,
Datalab, dernière édition parue en août 2024 ;
? Chiffresclésduclimat?France,EuropeetMonde?
Édition 2024, Datalab, dernière édition parue en
novembre 2024.
? L?hydrogènepur:premièreévaluationdesressourceset
desusagesenFranceen2023, article web, décembre 2024.
Publications conjoncturelles
? la note de conjoncture énergétique, qui paraît à un rythme
trimestriel dans la collection Datalab Essentiel ;
? quatre tableaux de bord trimestriels, relatifs respectivement
à l?éolien, au photovoltaïque, au biogaz utilisé pour la
production d?électricité et au biométhane injecté. Ils
paraissent deux mois après la fin du trimestre considéré
dans la collection STATINFO.
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique
https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique
Table des matières
176 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
table des matières
Avant-propos 4
Synthèse et données clés 5
PARTIE 1 : LES PRIX DE L?ÉNERGIE 11
1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 12
1.1.1 Prix finaux de l?énergie à usage énergétique 12
1.1.2 Prix de l?énergie payés par les ménages 12
1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 14
1.2.1 Prix du pétrole brut 14
1.2.2 Prix des produits pétroliers raffinés 15
1.2.3 Prix à la consommation 16
1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 18
1.3.1 Prix de gros du gaz naturel 18
1.3.2 Prix à la consommation du gaz naturel 20
1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 24
1.4.1 Prix de gros du charbon 24
1.4.2 Prix du charbon pour les consommateurs 25
1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 26
1.5.1 Prix des importations et exportations 26
1.5.2 Prix pour le résidentiel 26
1.5.3 Prix pour les professionnels 27
1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 29
1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux
progressent encore en 2023 33
1.7.1 Prix de gros de l?électricité 33
1.7.2 Prix à la consommation de l?électricité 35
1.8. Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs 38
PARTIE 2 : L?APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE 39
2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire 40
2.2 La production primaire rebondit en 2023 45
2.2.1 Combustibles fossiles 45
2.2.2 Nucléaire 46
2.2.3 Énergies renouvelables et valorisation des déchets 47
2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 51
2.3.1 Pétrole brut et raffiné 51
2.3.2 Gaz naturel 54
2.3.3 Charbon 57
2.3.4 Bois-énergie 59
2.3.5 Biocarburants 60
2.3.6 Électricité 61
PARTIE 3 : TRANSFORMATION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉNERGIE 63
3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 64
3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 66
3.2.1 Injections de biométhane 66
3.2.2 Transport, distribution et stockage de gaz naturel 68
3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte 69
3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 70
3.4.1 Production nette d?électricité 70
3.4.2 Transport et distribution d?électricité 76
3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions
climatiques analogues à 2022 77
3.5.1 Réseaux de chaleur 77
3.5.2 Chaleur cogénérée vendue hors des réseaux de chaleur 79
Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique 80
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 177
table des matières
PARTIE 4 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR FORME D?ÉNERGIE 83
4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte
de hausse des prix de l?énergie 84
4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 88
4.2.1 Consommation et dépense totales 88
4.2.2 Production d?électricité et de chaleur 90
4.2.3 Consommation finale à usage énergétique 90
4.2.4 Consommation finale à usage non énergétique 91
4.2.5 Consommation et dépense par produit 91
4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 93
4.3.1 Consommation et dépense totales 93
4.3.2 Branche énergie 94
4.3.3 Consommation finale à usage énergétique 95
4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique 96
4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement 97
4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 100
4.5.1 Consommation totale 100
4.5.2 Bois-énergie 101
4.5.3 Biocarburants 102
4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 103
4.6.1 Consommation et dépense totales 103
4.6.2 Consommation et dépense de la branche énergie 104
4.6.3 Consommation finale et dépense associée 104
4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement 106
PARTIE 5 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR SECTEUR OU USAGE 109
5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités
entre les secteurs 110
5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation 112
5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense 115
5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité 118
5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire 120
5.5.1 Consommation par usage et par mode 120
5.5.2 Consommation par énergie 121
5.5.3 Consommation, dépenses et taxes 122
5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 123
5.6.1 Consommation finale par énergie et dépense associée 123
5.6.2 Consommation finale par secteur 125
5.6.3 Décomposition sectorielle de la consommation énergétique 126
5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables 127
PARTIE 6 : INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE FINALE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE
DUES À LA COMBUSTION D?ÉNERGIE 129
6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse 130
6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent
une baisse des émissions de gaz à effet de serre 132
ANNEXES 137
Bilans énergétiques de la France 138
Annexes méthodologiques 164
Sigles et abréviations 171
Pour en savoir plus 174
178 ? Bilan énergétique de la France pour 2023
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage,
faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite
et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et
non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou
d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 179
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage,
faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite
et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et
non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou
d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425).
Dépôt légal: avril 2025
ISSN: 2555-7580 (imprimé)
2557-8138 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet
Infographie : Bertrand Gaillet
Cartographie: Antea
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
Commissariat général
au développement durable
Bilan énergétique
de la France
pour 2023
En 2023, la production d?énergie primaire française progresse
de13,0%, portée par la reprise de la production nucléaire.
Laproduction primaire d?énergies renouvelables électriques
progresse fortement elle aussi du fait de conditions météorologiques,
en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022
et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques.
Laconsommation primaire réelle progresse faiblement (+1,6%).
Letaux d?indépendance énergétique, ratio delaconsommation et de
la production primaires, s?accroît de5,6points, pour s?établir à 56,3%.
Le déficit des échanges physiques d?énergie diminue de 12%.
LaFrance redevient exportatrice nette d?électricité.
Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique
diminue de 4,0%. Elle décroît dans tous les secteurs,
enparticulierdans le tertiaire (-7,8%) et l?industrie (-6,5%),
notamment sousl?effet des prix élevés.
En effet, malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix
pour les consommateurs finaux continuent à croître. Tous secteurs
confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique
progressent de 12,5% sur un an. La hausse est particulièrement forte
dans le tertiaire(+49,2% sur un an) et dans l?industrie (+19,5%).
Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé
230Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie.
Cettedépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc
àun niveau élevé malgré la baisse de consommation.
La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3678¤
en2023, soit une hausse de 6,6% portée par la dépense
enénergiedu logement.
Service des données et études statistiques
Sous-direction des statistiques de l?énergie
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
Avant-propos
Synthèse et données clés
Les prix de l?énergie
L?approvisionnement énergétique
Transformation, transport et distribution d?énergie
La consommation d?énergie par forme d?énergie
La consommation d?énergie par secteur ou usage
Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie
Annexes
Table des matières
INVALIDE)