Bilan énergétique de la France pour 2023

ANDRIEUX, Virginie ; MEILHAC, Christophe ; MESQUI, Bérengère

Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
La consommation primaire réelle progresse faiblement (+ 1,6 %). Le taux d'indépendance énergétique, ratio de la consommation et de la production primaires, s'accroît de 5,6 points, pour s'établir à 56,3 %. Le déficit des échanges physiques d'énergie diminue de 12 %. La France redevient exportatrice nette d'électricité. Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 %. Elle décroît dans tous les secteurs, en particulier dans le tertiaire (- 7,8 %) et l'industrie (- 6,5 %), sous l'effet des prix élevés.
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
énergie ; production d'énergie ; bilan énergétique ; gaz ; fuel ; charbon ; paysage végétal ; carburant ; importation ; transport d'énergie
Descripteur écoplanete
consommation d'énergie ; CO2
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Bilan énergétique de la France pour 2023 AVRIL 2025 ÉNERGIE L A B T A D A 2 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 sommaire Bilan énergétique de la France pour 2023 4 - Avant-propos 5 - Synthèse et données clés 11 - Les prix de l?énergie 39 - L?approvisionnement énergétique 63 - Transformation, transport et distribution d?énergie 83 - La consommation d?énergie par forme d?énergie 109 - La consommation d?énergie par secteur ou usage 129 - Intensité énergétique finale et émissions degaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 137 - Annexes 175 - Table des matières Document édité par: Le service des données et études statistiques (SDES) Chiffres arrêtés au 6 janvier 2025. L?arrondi de la somme n?est pas toujours égal à la somme des arrondis. pilotage VA Virginie Andrieux Coordinatrice virginie.andrieux@developpement-durable.gouv.fr CM Christophe Meilhac Coordinateur christophe.meilhac@developpement-durable.gouv.fr BM Bérengère Mesqui Coordinatrice berengere.mesqui@developpement-durable.gouv.fr contributeurs Alexandru Andreï Virginie Andrieux César Got Malo Herry Étienne Jezioro Théo Jobkel Yvain Journé Jean Lauverjat Thierry Mathé Christophe Meilhac Bérengère Mesqui Évelyne Misak Simon Wellenreiter Publication disponible en HTML sur www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 3 sommaire Bilan énergétique de la France pour 2023 4 - Avant-propos 5 - Synthèse et données clés 11 - Les prix de l?énergie 39 - L?approvisionnement énergétique 63 - Transformation, transport et distribution d?énergie 83 - La consommation d?énergie par forme d?énergie 109 - La consommation d?énergie par secteur ou usage 129 - Intensités énergétiques et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 137 - Annexes 175 - Table des matières Document édité par: Le service des données et études statistiques (SDES) Chiffres arrêtés au 6 janvier 2025. L?arrondi de la somme n?est pas toujours égal à la somme des arrondis. pilotage VA Virginie Andrieux Coordinatrice virginie.andrieux@developpement-durable.gouv.fr CM Christophe Meilhac Coordinateur christophe.meilhac@developpement-durable.gouv.fr BM Bérengère Mesqui Coordinatrice berengere.mesqui@developpement-durable.gouv.fr contributeurs Alexandru Andreï Virginie Andrieux César Got Malo Herry Étienne Jezioro Théo Jobkel Yvain Journé Jean Lauverjat Thierry Mathé Christophe Meilhac Bérengère Mesqui Évelyne Misak Simon Wellenreiter 4 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 avant-propos L e bilan énergétique de la France vise àrépondre à deux principales questions. Comment la France s?approvisionne-t-elle en énergie? Qui consomme quoi? Sonvolet physique, qui existe depuis 1982, est élaboré suivant les recommandations de l?Agence internationale de l?énergie et d?Eurostat. Son volet monétaire, plus récent et plus original au plan international, permet d?analyser les dépenses en énergie des différents secteurs ainsi que l?évolution des prix. Undocument détaillant la méthodologie d?élaboration dubilan de l?énergie ainsi que les données en séries longues accompagnent la publication sur le site internet du SDES. ? Béatrice Sédillot CHEFFE DU SERVICE DES DONNÉES ET ÉTUDES STATISTIQUES (SDES) Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 5 Synthèse et données clés 6 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 synthèse et données clés LA PRODUCTION D?ÉNERGIE PRIMAIRE REBONDIT NETTEMENT EN 2023 En 2023, la production d?énergie primaire française s?établit à 1 421 TWh, en hausse de 13,0 % par rapport à 2022. Cette hausse s?explique principalement par la reprise de la production nucléaire (1 025 TWh, + 14,7 % en un an), après les arrêts en 2021-2022 pour contrôle et réparation de plusieurs réacteurs à la suite de la détection de problèmes de corrosion dans la centrale de Civaux. La production primaire d?énergies renouvelables électriques progresse fortement elle aussi (+ 24,6 %, à 129 TWh) du fait de conditions météorologiques, en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022, et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques. La production primaire d?énergies renouvelables (EnR) thermiques et issues de la valorisation des déchets repart à la hausse (+ 2,2 %, à 257 TWh), portée par le dynamisme des pompes à chaleur. LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE FINALE DIMINUE La consommation primaire réelle progresse de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh. Cette légère hausse s?explique par la reprise de la production nucléaire, entraînant une augmentation des pertes de chaleur induites. Le taux d?indépendance énergétique, ratio de la consommation et de la production primaires, s?accroît de 5,6 points, pour s?établir à 56,3 %. Le déficit des échanges physiques d?énergie, à 1 175 TWh, diminue de 12 % en 2023. La France redevient exportatrice nette d?électricité. Les importations nettes de gaz naturel se replient de 19,6 %, du fait principalement de la baisse de la consommation. Comme en 2022, le gaz est majoritairement importé sous forme de gaz naturel liquéfié et provient en premier lieu de Norvège et des États-Unis. Les importations nettes de produits pétroliers raffinés baissent également, de 15,0 %, alors que celles de pétrole brut progressent (+ 10,6 %) avec la reprise d?activité des raffineries. La consommation finale à usage énergétique s?établit à 1 496 TWh (- 4,1 % sur un an en données réelles, - 4,0 % à climat corrigé). Elle décroît dans tous les secteurs, en particulier dans le tertiaire (- 7,8 % à climat corrigé) et l?industrie (- 6,5 %). LES PRIX DE L?ÉNERGIE POUR LES CONSOMMATEURS FINAUX CONTINUENT DE PROGRESSER Malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix pour les consommateurs finaux continuent à croître. Les hausses sur les marchés observées en 2022 se répercutent en effet avec retard sur les prix payés par les entreprises et les ménages. Tous secteurs confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique progressent de 12,5 % sur un an. La hausse est particulièrement forte dans le tertiaire (+ 49,2 % sur un an). Dans l?industrie, la hausse est plus mesurée (+ 19,5 %), les « gros » consommateurs bénéficiant des baisses de prix sur les marchés de gros. Dans le résidentiel, la progression des prix (+ 10,7 % sur un an) est en partie contenue par la prolongation du bouclier tarifaire. LES CONSOMMATEURS FINAUX D?ÉNERGIE ONT DÉPENSÉ 230 Md¤ EN 2023 Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie. Cette dépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc à un niveau élevé malgré la baisse de consommation. La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3 678 ¤ en 2023, dont 1 851 ¤ pour l?énergie du logement et 1 827 ¤ pour les carburants. Après deux années de forte hausse sous l?effet cumulé de la reprise des déplacements à la sortie de la crise sanitaire et de l?augmentation des prix, la dépense en carburant diminue de 0,6 % par rapport à 2022. À l?inverse, la facture moyenne liée au logement progresse de 6,8 % dans un contexte de hausse des prix et malgré la baisse des consommations. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 7 synthèse et données clés 20 % 50 % 1992 32,7 51,3 56,3Taux d'indépendance énergétique (en %) de l'énergie consommée est produite sur le territoire en 2023 56,3 % 2023 Indépendance énergétique 1970 18 % 9 % 1 % 72 % Énergies renouvelables Énergies fossiles EnR thermiques et déchets hydraulique, photovoltaïque et éolien pétrole et gaz Nucléaire Bois-énergie 32 % 15 % Hydraulique (hors pompages) Chaleur renouvelable produite par les pompes à chaleur14 % 14 % 6 % 6 % 4 % Éolien Biogaz Solaire photovoltaïque Autres 4 % Déchets renouvelables 6 % Biocarburants Production d'énergie primaire et focus sur les EnR en 2023 1 421 TWh + 13 % par rapport à 2022 Évolution 2022-2023 Gaz naturel Électricité Pétrole et biocarburants Facture énergétique de la France - 4,0 Md¤ 2,2 Md¤ 46,9 Md¤ 26,3 Md¤¤¤¤¤en 2023 en 2022 71,4 Md¤ - 42 % - 25 % - 47 % - 40 % 7,8 Md¤ 123,9 Md¤ Autres (charbon et bois-énergie) 8 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 synthèse et données clés Origine des importations de gaz naturel en 2023 34 % 4 % 15 % 19 % 28 % Transports Agriculture-pêche Tertiaire Industrie Résidentiel hors charbon hauts-fourneaux par secteurpar énergie Émissions de GES dues à la combustion d?énergie Norvège 32,5 % 13,1 % 8,8 % 5,1 % 5,1 % 0,4 % Russie Algérie Pays-Bas Qatar Autres pays Indéterminés 25,7 %États-Unis 9,2 % 1990 1995 2000 2010 20152005 2023 estimé 2022 0 50 100 150 200 250 300 350 400 En Mt CO2 éq 2005-2022 - 2 % par an - 6,8 % entre 2022 et 2023 Consommation finale à usage énergétique en 2023 39 %18 % 13 % 27 % 3 % Moins de 1 % Électricité Chaleur Pétrole Charbon Gaz naturel Énergies renouvelables C 1 496 TWh Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 9 synthèse et données clés Prix spot moyen mensuel en ¤/MWh (pouvoir calorifique supérieur) 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 2011 2015 2020 2024 Prix Baseload moyen mensuel en ¤/MWh Gaz 0 100 200 300 400 500 158 492 Électricité Prix du gaz et de l'électricité sur les marchés de gros Industrie (hors hauts- fourneaux) Agriculture- pêche TransportsTertiaire Résidentiel Évolution moyenne des prix pour tous les secteurs 2022 2023 + 19,5 % + 7 % - 0,1 % + 49,2 % + 10,7 % Évolution des prix de la consommation finale par secteur + 12,5 % Dépense HTT TVA Logement 629 290908 1 851 ¤ 1 827 ¤ Carburant 2591 505 Taxes énergétiques 87 Facture des ménages en énergie 3 678 ¤ en 2023 - 1 % + 7 % + 3 % par rapport à 2022 10 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 synthèse et données clés LE DIAGRAMME DE SANKEY, OUTIL DE VISUALISATION DU BILAN Le diagramme de Sankey, représenté ci-après, illustre qu?en 2023 la France a mobilisé une ressource primaire de 2 650 TWh pour satisfaire une consommation finale (non corrigée des variations climatiques) de 1 615 TWh. La différence est constituée des pertes et usages internes du système énergétique (910 TWh au total), des exportations nettes d?électricité (50 TWh), des soutes aériennes et maritimes internationales exclues par convention de la consommation finale (75 TWh). Le diagramme illustre aussi les flux des différentes formes d?énergie transformés en électricité (par exemple, 47 TWh de gaz ont été utilisés à des fins de production d?électricité). Ensemble des énergies ? Bilan énergétique de la France en 2023 (TWh) Pertes et usages internes de la branche énergie Tertiaire Production primaire (+ déstockage) Importations nettes Industrie Exportations nettes Transports Résidentiel Soutes internationales Consommation finale non énergétique Agriculture et pêche Nucléaire Électricité EnR thermiques et déchets Charbon Gaz naturel Pétrole raffiné Pétrole brut Pétrole raffiné Raffinage EnR électriques Chaleur commercialisée Note:lesfluxrelatifsauxénergiesrenouvelablesélectriquescomprennentlesénergiesmarines,maisexcluentl?accumulationparpompage. Lesénergiesrenouvelablesthermiquesrecouvrentlebois,lesolairethermique,lesbiocarburants,lebiogaz,lachaleurprélevéedel?environnementparles pompesàchaleur,etc. L?importancedespertesdansledomainedel?électricitétientaufaitquelaproductionnucléaireestcomptabiliséepourlachaleurproduiteparlaréaction,chaleur dontlesdeuxtierssontperduslorsdelaconversionenénergieélectrique. Lachaleurcommercialiséecorrespondàlachaleurvendueparlesréseauxetlachaleurcogénéréevendue. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie partie 1 Les prix de l?énergie ? Après une année de fortes tensions liées à la guerre en Ukraine et à la moindre disponibilité des réacteurs nucléaires français, les prix de l?énergie sur les marchés de gros refluent nettement en 2023. Les prix de gros du gaz et de l?électricité diminuent ainsi de plus de 60 % sur un an, ceux du pétrole d?environ 20 %. Malgré la détente sur les marchés, les prix du gaz et de l?électricité pour les consommateurs finaux continuent de progresser, les hausses des prix de gros se répercutant avec retard. Le secteur tertiaire est le plus touché avec une croissance des prix de près de 50 %. Dans l?industrie, les évolutions sont plus contrastées, les « gros » consommateurs bénéficiant des baisses sur les marchés. Pour les ménages, la prolongation du bouclier tarifaire sur les énergies résidentielles permet de limiter la hausse à 6,6 %. 12 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 1.1.1 PRIX FINAUX DE L?ÉNERGIE À USAGE ÉNERGÉTIQUE Après une année d?envolée liée aux tensions internationales et à la moindre disponibilité du parc nucléaire français, les prix de l?énergie sur les marchés refluent nettement en 2023 (cf. 1.3 à 1.8). Malgré cette détente, les prix pour les consommateurs finaux continuent à croître. Les hausses sur les marchés de gros observées en 2022 se répercutent en effet avec retard sur les prix payés par les entreprises et les ménages. Tous secteurs confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique progressent de 12,5 % sur un an (figure 1.1.1.1). L?augmentation est particulièrement forte dans le tertiaire (+ 49,2 % sur un an). Dans l?industrie, la hausse est plus mesurée (+ 19,5 %), les « gros » consommateurs bénéficiant des baisses de prix sur les marchés de gros. C?est l?électricité qui connaît la plus forte progression : les prix de l?électricité aux consommateurs finaux s?accroissent de 35 % sur un an (cf. 1.7). La hausse est plus contenue pour le gaz (+ 9 %, cf. 1.3) et les produits pétroliers (+ 4 % pour le gazole et l?essence). Figure 1.1.1.1 : prix de la consommation finale par secteur En ¤/MWh 2019 2020 2021 2022 2023 Industrie (hors charbon hauts-fourneaux) 45 43 54 84 100 Transports 133 118 135 171 171 Résidentiel 103 106 106 124 137 Tertiaire 87 87 90 116 173 Agriculture-pêche 74 63 75 104 111 Consommation finale énergétique (hors charbon hauts-fourneaux) 98 93 102 130 146 Consommation finale non énergétique 49 41 62 97 76 Consommation finale (hors charbon hauts-fourneaux) 94 88 98 128 141 Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,lecharbondeshauts-fourneauxestexclu delaconsommationfinale.Danslecadredubilanmonétaire,ilestenrevancheinclusdansl?industrieetdansladépensenationaleenénergie. Danscetableau,leprixestcalculéenrapportantladépenseenénergiedusecteuràsaconsommationénergétique.Pourlerésidentiel,laconsommationinclut lesolairethermiqueetlachaleurdespompesàchaleuralorsqu?aucunedépensen?estassociéeàcetteconsommation. Source :SDES,Bilandel?énergie 1.1.2 PRIX DE L?ÉNERGIE PAYÉS PAR LES MÉNAGES Dans un contexte d?inflation générale des biens et services de 4,9 %, les ménages paient en moyenne l?énergie 6,6 % plus cher en 2023 qu?en 2022 (figure 1.1.2.1). Cette augmentation provient des énergies du logement, dont le prix moyen, à structure de dépense équivalente, augmente de 12,8 %. En effet, les prix de détail du gaz (+ 19,4 %) et de l?électricité (+ 14,4 %), principales énergies résidentielles (quatre cinquièmes de la dépense du logement mais deux tiers de la consommation), subissent avec retard les hausses observées sur les marchés un an auparavant. Cette progression est néanmoins contenue par la prolongation du bouclier tarifaire en 2023 (cf.1.3et1.7). À l?inverse, les prix des carburants sont quasi stables sur un an. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 13 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.1.2.1 : prix à la consommation Indice base 100 en 1990 300 280 260 240 220 200 180 160 140 120 100 80 Énergie du logement Carburants Total énergie Total biens et services 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Note:l?évolutiondesprixestcalculéeenpondérantl?évolutiondesprixdechacunedesénergiesparsadépensecorrespondantedel?annéeprécédente. Cetteméthodeserapprochedecelleutiliséeparl?Inseepourcalculerl?indicedesprixdesbiensetservicesàlaconsommation.Ellediffèredecelledelapartie1.1.1. Sources :Insee;calculsSDES Sur longue période, l?énergie reste un bien plus onéreux que par le passé pour les ménages. Son prix a augmenté de 3,2 % par an en moyenne depuis 1990, en euros courants, alors que l?inflation générale annuelle ne s?est élevée qu?à 1,7 % sur la période. L?évolution annuelle moyenne est identique pour les carburants et les énergies du logement, mais avec des évolutions contrastées entre différentes sous- périodes. Longtemps peu dynamique, le prix de l?énergie du logement a fortement accéléré depuis le milieu des années 2000. Celui des carburants fluctue depuis le début de la décennie après avoir très fortement augmenté au cours des deux décennies précédentes. Depuis 2019, la hausse des prix des énergies s?est nettement accélérée : + 5,7 % par an en moyenne pour les carburants et + 8,3 % par an pour les énergies du logement. 14 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 1.2.1 PRIX DU PÉTROLE BRUT Cours du pétrole brut En 2023, le cours du baril de Brent daté se situe en moyenne à 82 $, soit 18 % de moins que l?année précédente (figure 1.2.1.1). Exprimé en dollar, le cours est nettement inférieur aux pics enregistrés en 2008 et entre 2011 et 2014, tandis qu?exprimé en euros (76 ¤ en 2023), il est très proche des niveaux élevés observés au cours de ces années, tout en restant inférieur au niveau moyen de 2022 (96 ¤). Après une année 2022 marquée par une forte hausse au premier semestre puis un reflux important au cours du deuxième semestre, le cours du Brent est moins volatil en 2023. En début d?année, le cours est soutenu par la stratégie de réduction des quotas de production des principaux pays producteurs de pétrole, hormis les États- Unis, et par la diminution des livraisons de la Russie à la suite des sanctions prises en février 2023 (embargo européen sur les produits raffinés après l?embargo sur le brut en décembre 2022). Après avoir augmenté jusqu?à 85 $ en moyenne mensuelle en avril, le cours est tiré à la baisse par les tensions pesant sur l?économie mondiale (hausse des taux d?intérêt en Europe et aux États-Unis, inquiétudes sur la dette américaine, incertitudes sur la croissance chinoise) et atteint 75 $ en juin. Il ne repart à la hausse que début juillet, après l?annonce de l?Arabie saoudite et la Russie d?une nouvelle diminution de leur production en août. La cotation augmente quasi continûment au troisième trimestre, renforcée par l?érosion des stocks de pétrole, notamment américains. Elle atteint un pic en septembre, à 94 $. Le cours se replie ensuite nettement sous l?effet notamment d?anticipations défavorables de la demande, liées à la dégradation de la conjoncture économique mondiale, et des dissensions au sein de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) sur les objectifs de production. Il s?élève à 78 $ en décembre. La cotation augmente de nouveau régulièrement début 2024 avec les tensions en mer Rouge, la limitation de l?offre et les perspectives d?amélioration de la conjoncture en Europe et en Chine. Figure 1.2.1.1 : cours moyen mensuel du baril de Brent daté En $US/baril En ¤/baril En dollars et en euros courants janv.-0 0 janv.-0 4 janv.-1 1 janv.-1 6 janv.-0 1 janv.-0 5 janv.-1 2 janv.-1 7 janv.-0 2 janv.-0 9 janv.-0 6 janv.-1 3 janv.-1 8 janv.-0 3 janv.-1 0 janv.-0 7 janv.-1 4 janv.-1 9 janv.-2 0 janv.-2 1 janv.-2 2 janv.-2 4 janv.-2 3 sept.-2 4 janv.-0 8 janv.-1 5 140 120 100 80 60 40 20 0 Note:lesmoyennesmensuellessontlesmoyennesdescotationsquotidiennesduBrentdatéenclôtureàLondres. Sources :Reuters;DGEC Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 15 partie 1 : les prix de l?énergie Prix du pétrole brut importé Le prix du brut importé par les raffineurs français s?élève en moyenne à 586 euros par tonne équivalent pétrole (tep) en 2023 (figure 1.2.1.2), soit 88 $ le baril. Il chute de 22 % en moyenne sur l?année, après avoir atteint un niveau record l?année précédente. Incluant l?assurance et le fret, le prix du brut importé est logiquement supérieur au cours moyen du Brent daté. Figure 1.2.1.2 : prix moyen à l?importation du pétrole brut* En euros par tep 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Importations 607 551 355 291 357 449 428 288 453 751 586 *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà distiller. Sources :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteauprèsdesraffineries;DGDDI;LyondellBasell 1.2.2 PRIX DES PRODUITS PÉTROLIERS RAFFINÉS En complément du pétrole brut destiné à être traité dans les raffineries nationales, la France importe des produits pétroliers déjà raffinés. Les prix de ces derniers, qui incluent une marge de raffinage en plus du coût du pétrole brut, sont très hétérogènes. Ils dépendent, d?une part, de la demande qui leur est adressée et, d?autre part, de plusieurs facteurs liés à la qualité du produit, comme sa teneur énergétique, sa concentration en particules polluantes ou encore l?incorporation d?additifs. En 2023, le prix des produits raffinés importés par la France diminue de 18 % et s?élève en moyenne à 771 ¤/tep (figure 1.2.2.1). Le prix moyen à l?importation du gazole et du fioul domestique, majoritaires dans les achats de produits raffinés, s?établit à 781 ¤/tep ou 67 c¤/l en 2023 (- 20 %). Le prix du jet kérosène importé baisse dans les mêmes proportions (- 21 %, à 811 ¤/tep), comme celui du gaz de pétrole liquéfié (GPL), qui diminue de 20 %, à 449 ¤/tep. Les produits non énergétiques (naphta, bitumes et lubrifiants) et le fioul lourd connaissent des baisses de prix moins prononcées, respectivement de 8 % et 3 %. Le prix moyen des exportations françaises diminue à un rythme légèrement moins élevé que celui des importations (- 16 %), les exportations étant plus diversifiées. Il s?établit à 866 ¤/tep pour l?ensemble des produits raffinés. Le prix du gazole/fioul domestique recule le plus (- 32 %, à 833 ¤/tep). Celui des supercarburants, à 720 ¤/tep (ou 56 c¤/l), baisse de 13 %. Figure 1.2.2.1 : prix moyens des produits raffinés à l?importation et à l?exportation En euros par tep 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Importations 682 622 454 379 456 544 531 375 527 944 771 dont gazole/fioul domestique 711 649 463 381 457 554 546 366 500 978 781 jet kérosène 721 671 473 373 458 570 557 349 517 1 029 811 gaz de pétrole liquéfié (GPL) 533 440 303 270 341 364 318 287 450 558 449 fioul lourd 580 537 359 287 365 427 433 337 460 650 630 produits non énergétiques* 705 670 514 456 521 607 552 403 615 953 877 Exportations 737 691 506 451 542 616 614 526 737 1 029 866 dont gazole/fioul domestique 702 679 444 369 435 534 505 438 649 1 233 833 supercarburants 704 643 464 384 467 525 503 305 535 831 720 fioul lourd 506 448 264 201 289 374 370 256 407 628 501 produits non énergétiques* 801 765 603 557 635 666 675 686 1 008 1 101 929 *Naphta,bitumes,lubrifiants. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI 16 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.2.3 PRIX À LA CONSOMMATION Malgré la nette diminution des prix des produits pétroliers importés, les prix hors toutes taxes (HTT) des carburants restent à des niveaux élevés en 2023, en lien notamment avec la fin des remises à la pompe financées par l?État et TotalEnergies entre avril et décembre 2022 en réponse à la forte hausse des carburants. Le prix toutes taxes comprises (TTC) du gazole routier, carburant le plus consommé en France, est de 1,79 ¤/l en moyenne en 2023 (figure 1.2.3.1). Il diminue, en euros courants, de 3 % par rapport à 2022 en raison de la baisse de 5 % du prix HTT, à 0,89 ¤/l en moyenne en 2023. L?accise sur les produits énergétiques autres que les gaz naturels et les charbons (anciennement TICPE) est fixée, depuis 2018, à 0,61 ¤/l. Au total, cette taxe et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) représentent 51 % du prix du gazole routier en 2023, soit 1 point de plus qu?en 2022. Le prix moyen TTC du SP95-E10, supercarburant le plus consommé en France, s?établit à 1,86 ¤/l. Il est légèrement moins cher que le SP95 (1,88 ¤/l) qu?il remplace progressivement en raison d?une fiscalité plus avantageuse. Le SP98 est, quant à lui, plus cher (1,94 ¤/l) du fait d?un prix HTT plus élevé. Les prix TTC de ces trois carburants progressent d?environ 4 à 5 % en 2023 par rapport à 2022. Cette hausse résulte de celle des prix HTT (+ 10 % pour le SP95-E10). Les prix HTT des supercarburants se situent ainsi à un niveau proche de celui du gazole (0,89 ¤/l) : 0,88 ¤/l pour le SP95 et le SP95-E10 ; 0,92 ¤/l pour le SP98. L?écart entre les prix TTC du gazole et du SP95-E10 s?explique par une accise plus élevée (0,67 ¤/l depuis 2018, soit 0,06 ¤/l de plus que le gazole), un écart toutefois considérablement réduit depuis 2014, où il était de 0,17 ¤/l. Le prix TTC du gazole non routier, notamment utilisé par les engins agricoles et de chantier, est en moyenne de 1,27 ¤/l en 2023. En baisse de 8 % par rapport à 2022, il demeure à un niveau historiquement élevé. Le gazole non routier bénéficie d?une fiscalité allégée (0,19 ¤/l d?accise au lieu de 0,61 ¤/l pour le routier). Les prix HTT des deux produits sont, quant à eux, très proches. Le prix TTC du fioul domestique, principalement utilisé en tant que combustible de chauffage pour les habitations, est en moyenne de 1,26 ¤/l en 2023. Il diminue de 15 % par rapport à 2022. En 2023, le prix HTT du fioul baisse de 17 % tandis que les taxes (accise sur les produits énergétiques et TVA) diminuent de 9 %. Elles représentent 29 % du prix acquitté par le consommateur en 2023, contre 27 % en 2022. L?accise est stable, à 0,16 ¤/l, depuis 2018. Le prix TTC du propane pour les ménages, utilisé pour le chauffage, l?eau chaude sanitaire et la cuisson dans les maisons non raccordées au réseau de gaz, s?élève à un niveau record de 166 ¤/MWh PCI (pouvoir calorifique inférieur) en 2023, en augmentation de 6 % sur un an, comme en 2022. Le prix du butane, principalement utilisé pour la cuisson, l?eau chaude sanitaire et comme chauffage d?appoint, est en moyenne de 41,3 euros TTC pour une bouteille de 13 kg, conditionnement usuel pour les ménages. Il se maintient dans une dynamique de hausse entamée en 2022 (+ 7 % en 2023, après + 10 % en 2022). L?accise s?applique au propane en citerne et au butane en bouteille pour les particuliers depuis 2018, à hauteur de 5 ¤/MWh PCI : en 2023, cela représente 3,1 % du prix TTC du propane et 2,1 % du prix TTC du butane. Ces parts restent très proches de celles de 2022 (3,8 % et 2,2 % respectivement). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 17 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.2.3.1 : prix à la consommation des principaux produits pétroliers (biocarburants inclus) 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Gazole (¤/l) HTT 0,69 0,63 0,48 0,41 0,48 0,59 0,59 0,44 0,58 0,93 0,89 HTVA 1,13 1,07 0,96 0,92 1,03 1,20 1,20 1,05 1,19 1,54 1,50 TTC 1,35 1,29 1,15 1,11 1,23 1,44 1,44 1,26 1,43 1,85 1,79 SP98 (¤/l) HTT 0,72 0,67 0,55 0,49 0,54 0,62 0,62 0,49 0,65 0,86 0,92 HTVA 1,33 1,29 1,18 1,14 1,20 1,31 1,31 1,18 1,34 1,55 1,62 TTC 1,59 1,54 1,41 1,36 1,44 1,57 1,57 1,42 1,61 1,86 1,94 SP95-E10 (¤/l) HTT 0,65 0,62 0,49 0,44 0,49 0,56 0,56 0,44 0,60 0,80 0,88 HTVA 1,26 1,23 1,12 1,07 1,13 1,24 1,24 1,12 1,27 1,47 1,55 TTC 1,51 1,48 1,35 1,28 1,35 1,48 1,48 1,34 1,53 1,77 1,86 SP95 (¤/l) HTT 0,67 0,62 0,50 0,44 0,49 0,56 0,56 0,44 0,60 0,82 0,88 HTVA 1,28 1,24 1,13 1,09 1,15 1,25 1,26 1,13 1,29 1,51 1,57 TTC 1,54 1,48 1,35 1,30 1,38 1,50 1,51 1,36 1,55 1,81 1,88 Superéthanol E85 (¤/l) HTT - - - - - - - 0,43 0,45 0,55 0,76 HTVA - - - - - - - 0,55 0,56 0,66 0,88 TTC - - - - - - - 0,66 0,68 0,80 1,06 Gaz de pétrole liquéfié - carburant (¤/l) HTT 0,67 0,65 0,58 0,51 0,53 0,57 0,60 0,59 0,60 0,59 0,70 HTVA 0,73 0,71 0,66 0,59 0,62 0,68 0,71 0,70 0,71 0,70 0,82 TTC 0,87 0,86 0,79 0,71 0,74 0,82 0,86 0,84 0,85 0,84 0,98 Gazole non routier (¤/l) HTT - 0,64 0,50 0,42 0,49 0,59 0,58 0,43 0,58 0,96 0,87 HTVA - 0,73 0,61 0,55 0,64 0,78 0,77 0,62 0,77 1,15 1,06 TTC - 0,88 0,73 0,66 0,77 0,93 0,93 0,74 0,93 1,38 1,27 Fioul domestique (¤/l) HTT 0,72 0,66 0,51 0,44 0,50 0,60 0,62 0,48 0,60 1,08 0,90 HTVA 0,78 0,72 0,59 0,53 0,62 0,76 0,78 0,64 0,75 1,24 1,05 TTC 0,93 0,86 0,71 0,64 0,74 0,91 0,93 0,76 0,90 1,48 1,26 Fioul lourd à très basse teneur en soufre (TBTS) (¤/t) HTT 533 496 327 276 358 421 432 323 459 650 545 HTVA 552 517 372 345 453 560 572 463 599 789 684 Gaz propane liquéfié PCI* (¤/MWh) HTT 111 111 105 99 110 116 119 117 119 125 133 HTVA 111 111 105 99 110 119 124 122 124 131 139 TTC 133 134 126 119 132 143 149 146 149 157 166 Gaz butane (bouteille de 13 kg en ¤) HTT 27 27 27 27 26 27 28 28 28 31 34 HTVA 27 27 27 27 26 27 29 29 29 32 34 TTC 33 33 33 32 32 33 35 35 35 39 41 *PCI=pouvoircalorifiqueinférieur. Note:leprixhorstoutestaxes(HTT)comprendlecoûtdelamatièrepremièreetlescoûtsderaffinage,destockageetdetransport-distribution. Leprixhorstaxesurlavaleurajoutée(HTVA)estobtenuparadditiondutauxnormaldel?accise,majorationsrégionalesincluses,etduprixhorstoutestaxes(HTT). Champ:FrancemétropolitainehorsCorse. Sources :DGEC(carburants,fioulsdomestiqueetlourd);Insee(butane);SDES(propane) Figure 1.2.3.2 : prix TTC du gazole, du SP95 et du SP95-E10 2,2 2,0 1,8 1,6 1,4 1,2 1,0 Gazole SP95 SP95-E10 En euros par litre janv.-1 8 janv.-2 2 mai-19 mai-23 mai-18 mai-22 sept.-1 9 sept.-2 3 sept.-1 8 sept.-2 2 janv.-2 0 janv.-2 4 janv.-2 1 janv.-1 9 janv.-2 3 mai-20 mai-24 mai-21 sept.-2 0 sept.-2 4 sept.-2 1 Source :DGEC 18 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 1.3.1 PRIX DE GROS DU GAZ NATUREL Le gaz naturel s?échange soit de gré à gré via des contrats qui peuvent s?étendre jusqu?à plusieurs dizaines d?années, soit sur des marchés organisés, au comptant, pour une livraison le jour-même ou le lendemain, ou à terme, pour une échéance plus lointaine. Moins dense et moins aisément transportable que le pétrole, le gaz naturel nécessite des infrastructures plus coûteuses pour être acheminé des zones de production à celles de consommation. Les volumes transitant par ces infrastructures sont limités, ce qui peut entraîner des congestions sur le réseau. Le prix du gaz reflète ainsi des équilibres régionaux entre offre et demande. Historiquement dépendants des cours du pétrole, les prix de gros du gaz ne sont plus directement indexés sur le cours du Brent. Sur les marchés européens, les prix du gaz, qui avaient atteint des sommets en 2022 en raison de la forte réduction des exportations de gaz russe vers l?Union européenne, refluent très nettement en 2023 grâce à l?afflux de gaz naturel liquéfié, à la modération de la consommation et au niveau élevé des stocks. Les prix à l?intérieur du marché ouest- européen sont à nouveau très proches après avoir divergé entre mai et octobre 2022, dans un contexte marqué par la saturation de certaines infrastructures gazières. La mise en place de nouvelles capacités d?importation dans l?est de l?Europe et le renforcement de certaines infrastructures favorisent une convergence des prix. Le prix du gaz naturel sur le marché des Pays-Bas (Title TransferFacility, TTF) est le principal prix de référence pour le marché continental européen. Il s?élève en moyenne à 40,7 ¤/MWh (en pouvoir calorifique supérieur, PCS) en 2023, en nette baisse par rapport à l?année précédente : il est en effet quasiment divisé par trois. Le prix sur le marché spot de Londres (NationalBalancingPoint, NBP), principale référence avant 2017 sur le marché européen, diminue également fortement : il est divisé par deux, passant de 83,2 ¤/MWh en moyenne en 2022 à 38,9 ¤/MWh en 2023. Sur le marché français, le prix spot du gaz naturel (Point d?échange de gaz, PEG) s?élève en moyenne à 39,2 ¤/MWh ; il est divisé par trois. Au niveau mondial, les écarts de prix entre les principales zones de marché sont conséquents. Après s?être creusés en 2022, ces écarts s?atténuent en 2023 (figure 1.3.1.1). Le prix du gaz naturel à la bourse de New York est nettement plus bas (8,0 ¤/MWh en moyenne en 2023) du fait de la forte production nationale de gaz naturel et de la saturation des capacités d?exportation de gaz naturel liquéfié. Le prix du marché japonais, plus fortement indexé sur le pétrole, historiquement plus élevé, a moins fluctué en 2022 et 2023 que le prix sur les marchés européens. En 2024, les cours baissent en début d?année puis rebondissent. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et des incidents d?exploitation aux États-Unis dans une usine de liquéfaction pèsent en effet sur l?offre mondiale de GNL. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 19 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.3.1.1 : prix spot du gaz naturel à New York, à Londres, aux Pays-Bas, en France et prix du GNL importé au Japon 250 200 150 100 50 0 Prix moyen mensuel GNL importé au Japon Prix spot du gaz naturel Henry Hub à New York (NYMEX) Prix spot du gaz naturel Point d?échange gaz France (PEG Nord avant le 01/11/2018) Prix spot du gaz naturel à Londres (NBP) Prix spot du gaz naturel aux Pays-Bas (TTF) Prix moyen mensuel en ¤/MWh PCS* jan v.-0 7 jan v.-1 1 jan v.-1 6 jan v.-1 2 jan v.-1 7 jan v.-0 9 jan v.-1 3 jan v.-1 8 jan v.-1 0 jan v.-1 4 jan v.-1 9 jan v.-2 0 jan v.-0 8 jan v.-1 5 jan v.-2 1 jan v.-2 4 jan v.-2 3 jan v.-2 2 juin -24 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Sources :DGEC;Reuters;U.S.EnergyInformationAdministration;ministèrejaponaisdesFinances En France, le gaz se négociait jusqu?en novembre 2018 au niveau de deux points d?échanges de gaz (PEG), rattachés aux deux zones d?équilibrage du réseau de transport (PEG Nord et TradingRegionSouth (TRS)). Depuis, les deux zones ont fusionné en un PEG commun aux deux gestionnaires de transport GRTgaz et Teréga. La bourse du gaz pour le marché français est gérée par EEX. L?approvisionnement en gaz est fortement affecté par la forte réduction des exportations de gaz russe vers l?Union européenne. Les importations reposaient encore avant 2022 à 75 % sur des contrats de long terme (plus de deux ans) négociés de gré à gré, principalement avec des producteurs en Norvège, Russie, Algérie et aux Pays-Bas. Depuis 2022, la part des contrats et la répartition par origine est profondément modifiée (cf. 2.3.2). Le prix d?achat du gaz naturel importé en France, qui avait triplé en 2022, diminue nettement en 2023 mais reste élevé (figure 1.3.1.2). Il s?élève à 67,9 ¤/MWh PCS. Figure 1.3.1.2 : prix moyen à l?importation et à l?exportation du gaz naturel En ¤/MWh PCS* 2019 2020 2021 2022 2023 Importations 17,0 11,6 31,2 90,8 67,9 Exportations 17,1 10,4 27,6 61,5 64,2 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseurs degaz,DGDDI Outre le gaz naturel importé, du biométhane est injecté dans le réseau, à des quantités encore minoritaires mais en très forte croissance. Les producteurs de biométhane bénéficient de tarifs d?achat régulés, qui dépendent des caractéristiques de leurs installations et dont la logique est de couvrir leurs coûts. Le tarif d?achat moyen s?établit à 127 ¤/MWh PCS en 2023 (figure 1.3.1.3). Il augmente de 16 % par rapport à 2022 en raison de la hausse de l?indice servant à revaloriser tous les semestres le prix d?achat des contrats. Cet indice augmente fortement du fait principalement de la hausse des indices de prix de production de l?énergie et, dans une moindre mesure, de la hausse de l?indice de prix à la production de l?industrie manufacturière et du coût horaire du travail des industries mécaniques et électriques. Figure 1.3.1.3 : tarif d?achat moyen du biométhane injecté dans le réseau En ¤/MWh PCS* 2019 2020 2021 2022 2023 Tarif d?achat 103,3 103,1 103,2 109,4 127,3 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :CRE 20 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.3.2 PRIX À LA CONSOMMATION DU GAZ NATUREL En 2023, le gaz a été payé en moyenne 85 ¤/MWh (en pouvoir calorifique supérieur), tous consommateurs et tous types d?offres (tarifs réglementés ou offres de marché) confondus, en hausse de 8,7 % par rapport à l?année 2022 (ce prix inclut la TVA uniquement pour les ménages). Le prix du gaz naturel payé par les consommateurs finaux a plus que doublé en trois ans. Il reste élevé malgré la détente sur les marchés de gros en raison d?une inertie de la répercussion des prix entre les deux marchés, de nombreux contrats d?approvisionnement étant prévus à terme (contrats à un an notamment). De ce fait, les prix constatés au plus fort de la crise énergétique sur les marchés de gros ont toujours une influence en 2023 sur le marché de détail. Ces évolutions de prix sont habituellement analysées en décomposant le prix en la somme de quatre termes : la composante « approvisionnement » (coût de la molécule de gaz), la composante « infrastructure » (coût de l?accès aux terminaux méthaniers, du transport, du stockage et de la distribution, cf. 3.2), les taxes nettes des subventions et enfin les marges de commerce et écart statistique (incluant des charges commerciales comme les salaires) - (figure 1.3.2.1). Cependant, dans le contexte exceptionnel en cours depuis 2022, les mécanismes de couverture utilisés par les fournisseurs pour se protéger des fluctuations des prix et la compensation des pertes des fournisseurs, sous certaines conditions, dans le cadre du bouclier tarifaire mis en place par le Gouvernement, ont fortement limité l?impact de la hausse des prix sur leurs marges. Les différentiels de prix sur les marchés mondiaux ont pu permettre la réalisation de profits substantiels par certains fournisseurs, alors que d?autres, selon leur mode de couverture, ont pu se retrouver en difficulté. Ces opérations ont été conduites sur les marchés internationaux et n?apparaissent pas directement dans les données mobilisées ici. De ce fait, la composante « marge et coûts de commercialisation et écart statistique » n?a pas pu être calculée. Il a donc été décidé de fusionner dans une composante « fourniture » la part « approvisionnement » et la composante « marge de commerce et écart statistique » à partir de 2021 afin d?avoir une vue plus fidèle à la réalité de la décomposition du prix à la consommation du gaz (cf. encadré). Avertissement sur le calcul de la marge Le calcul de la composante « marge de commerce et écart statistique » du prix est habituellement réalisé à partir du bilan monétaire du gaz. Ce chiffre apparaît exceptionnellement négatif en 2022 et 2023 et ne reflète pas la réalité du marché de détail du gaz. En effet, le contexte exceptionnel en cours depuis 2022 a conduit les fournisseurs à adopter des stratégies de protection face à la hausse des prix sur le marché de gros et à modifier leurs sources d?approvisionnement. Ces opérations, souvent réalisées sur les marchés internationaux, n?ont pu être directement observées et n?apparaissent pas dans les chiffres publiés ici. Ainsi, certains fournisseurs commercialisant des offres à prix fixe ou des prix révisables selon une périodicité prédéfinie ont pu être contraints de vendre du gaz à un prix très inférieur au prix auquel ils s?approvisionnaient s?ils ne s?étaient préalablement pas couverts correctement lors de la commercialisation de leurs offres. Ils ont pu prévenir ce risque avec des couvertures financières les protégeant des hausses de prix sur le marché de gros. Ce mécanisme assurantiel n?est pas pris en compte et a pu être important en 2022 et en 2023. De plus, des acteurs du marché du gaz ont pu réaliser des bénéfices en profitant de différentiels de prix, très élevés sur le GNL, entre différents pays, notamment au sein de l?Union européenne. Là encore, ces bénéfices ne sont pas pris en compte dans cette publication. Enfin, il est possible que des prix de transfert entre filiales d?une même firme aient pu être appliqués sans que cela apparaisse dans le bilan monétaire présenté ici. Par ailleurs, du point de vue de la demande, le calcul n?inclut pas les compensations aux fournisseurs prévues dans le cadre du bouclier tarifaire. Enfin, il est possible que l?évolution positive et soudaine des prix à la consommation soit observée avec retard, augmentant artificiellement l?écart statistique. Tous ces éléments entraînent une très forte sous-évaluation de la marge de commerce dans le bilan monétaire du gaz, rendant impossible le calcul de la part qu?elle représente dans le prix final payé par le consommateur. Les composantes « marge de commerce et écart statistique » et « approvisionnement » sont donc fusionnées de 2021 à 2023 dans une composante « fourniture ». Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 21 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.3.2.1 : décomposition du prix moyen du gaz naturel 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 - 10 En ¤/MWh PCS* Marges de commerce et écart statistique Approvisionnement Coût des infrastructures Taxes hors TVA nettes des subventions TVA 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Note:laTVAestinclusepourlerésidentieluniquementcarelleestdéductiblepourlesentreprises. Leremboursementdesdépensesparl?Étatauxfournisseursautitreduboucliertarifairen?estpasprisencompte. Source :SDES,Bilandel?énergie La hausse du prix en 2023 s?explique par l?augmentation de la composante « fourniture » de 9 % sur un an, à 60 ¤/MWh PCS. Elle reste donc à un niveau historiquement élevé, à la suite de la hausse de 92 % constatée entre 2021 et 2022 dans le contexte de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Le reflux des prix sur les marchés de gros ne s?est pas encore matérialisé sur les marchés de détail en 2023. Le coût relatif à l?utilisation des infrastructures s?élève à 17 ¤/MWh, soit 20 % du prix total. Il progresse de 19 % en 2023 malgré une évolution limitée à 4,3 % en moyenne des tarifs fixés par la Commission de régulation de l?énergie (CRE) au 1er juillet 2023. Ces derniers comportant des parts fixes, une partie de la hausse observée s?explique par la forte baisse de la consommation de gaz en 2023, pour la deuxième année consécutive. Le coût global d?utilisation des infrastructures gazières est imputable en 2023 pour 49 % à la distribution, 32 % au transport, 12 % au stockage et 8 % aux terminaux méthaniers. Les taxes hors TVA nettes des subventions s?élèvent en moyenne à 3,8 ¤/MWh en 2023, se décomposant en 4,9 ¤/MWh pour l?accise sur le gaz (nouvelle appellation de la taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel (TICGN) depuis le 1er janvier 2022), 1 ¤/MWh pour la contribution tarifaire d?acheminement (CTA) et - 2,1 ¤/MWh pour les subventions liées aux volumes de biométhane injectés dans le réseau. La TICGN a fortement augmenté entre 2014 et 2018 ; elle ne représentait jusqu?en 2013 que 0,5 ¤/MWh en moyenne. Cette hausse sur la période s?explique, d?une part, par la suppression de l?exonération dont bénéficiaient les ménages et, d?autre part, par l?adoption d?une trajectoire de hausse entre 2014 et 2018 sur l?ensemble des accises énergétiques. Le tarif normal de TICGN, devenue accise sur le gaz naturel au 1er janvier 2022, est en revanche resté stable entre 2019 et 2023. Jusqu?en 2020, les opérateurs bénéficiaient d?une exonération de TICGN sur le gaz naturel combustible à raison des volumes injectés avec une garantie d?origine biométhane. Cette exonération a été remplacée par une réduction générale du taux plein, en fonction du taux d?incorporation de biométhane. Ce taux d?incorporation s?étant accru sur les dernières années, le taux plein de TICGN est ainsi passé de 8,45 à 8,43 ¤/MWh en 2021, à 8,41 ¤/MWh en 2022 et à 8,37 ¤/MWh en 2023. Le tarif normal de l?accise sur le gaz naturel carburant demeure à 5,23 ¤/MWh. Du fait de l?augmentation du prix du gaz, le montant de la TVA rapporté à la consommation totale de gaz naturel progresse de 25 % en 2023 par rapport à l?année 2022 et s?établit à 4,7 ¤/MWh, contre 3,8 ¤/MWh en 2022. Les subventions représentent 2,1 ¤/MWh en 2023, contre 0,2 ¤/MWh en 2022. Elles sont exclusivement liées aux subventions au biométhane. La très forte augmentation de ces subventions est liée à une modification de l?indexation des tarifs pour les obligations d?achat à la suite de l?arrêté du 10 juin 2023 « fixant les conditions d?achat du biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel ». En 2023, le coût d?achat du biométhane, selon la CRE, est en moyenne de 127 ¤/MWh pour une production totale de 9 TWh. 22 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.3.2.2 : prix moyens du gaz naturel par secteur En ¤/MWh PCS* 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Branche énergie 26,7 27,0 30,5 26,2 23,6 19,0 18,9 27,6 20,7 16,4 37,9 72,0 63,9 Production d?électricité ou chaleur 26,4 26,9 30,3 26,2 23,5 18,9 18,8 27,9 21,1 16,9 38,1 72,0 64,2 Branche énergie hors transformation 29,8 28,3 31,9 26,4 24,1 19,8 19,7 24,5 16,5 11,6 35,6 71,7 59,7 Consommation finale à usage énergétique TTC** 42,7 47,7 49,8 48,3 48,1 44,5 44,9 49,3 50,8 47,7 53,7 79,6 80,6 Agriculture-pêche 39,2 42,8 43,8 44,4 42,1 37,5 36,0 38,2 38,3 35,5 41,2 67,8 85,3 Industrie 27,9 30,5 32,2 30,5 29,7 25,9 25,7 29,3 27,5 22,8 36,5 69,5 68,8 Tertiaire et transports 39,0 42,8 44,0 42,7 40,3 38,0 37,3 43,2 44,1 41,8 45,6 70,1 96,0 Résidentiel HTVA 49,4 54,6 56,9 59,3 58,9 54,8 55,7 61,9 66,5 63,1 62,4 81,7 97,7 Résidentiel TTC 58,1 64,1 67,1 69,9 69,3 64,2 65,4 71,9 77,3 73,0 72,9 95,2 113,7 Consommation finale à usage non énergétique 27,4 27,2 31,1 25,9 23,0 19,8 19,4 24,1 15,8 11,0 40,9 98,6 41,1 Tous secteurs HTVA 36,5 40,6 43,0 41,5 40,2 35,9 35,7 41,6 40,3 37,2 46,6 74,4 80,3 Tous secteurs TTC** 39,4 44,0 46,8 45,1 43,7 39,0 38,8 44,7 43,6 40,3 49,9 78,2 85,0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. **LaTVAestinclusepourlerésidentieluniquementcarelleestdéductiblepourlesentreprises. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteTransparencedesprixsurlegaz,donnéeslocalesdugaz En 2023, les prix du gaz pour les consommateurs finaux augmentent pour les usages énergétiques mais diminuent très fortement pour les usages non énergétiques. Ils diminuent également dans la branche énergie (figure 1.3.2.2). Les prix du gaz sont hétérogènes entre catégories de clients et les écarts de prix entre « gros » et « petits » consommateurs en faveur des premiers, qui avaient été nettement réduits en 2022, sont de retour en 2023 (cf. encadré). Le prix moyen TTC dans le secteur résidentiel s?élève à 114 ¤/MWh PCS, en hausse de 19 % par rapport à 2022. En raison de la baisse des prix sur les marchés de gros, les mesures prises dans le cadre du bouclier tarifaire ont cessé le 1er juillet 2023. À cette date, les tarifs réglementés de vente du gaz naturel (TRVg) ont également été supprimés. Cependant, un prix de référence est publié mensuellement par la CRE. La baisse de la consommation de gaz naturel par les ménages (- 14 %) entre 2022 et 2023 explique en partie la hausse du prix. En effet, lorsque la consommation diminue, le prix par MWh augmente mécaniquement en raison des coûts fixes (part de l?abonnement dans le prix). Dans le secteur de l?industrie, le prix HTVA est quasi stable, à 69 ¤/MWh PCS (- 1 %), après avoir presque doublé entre 2021 et 2022. En revanche, le prix HTVA augmente de 37 % sur un an dans le secteur tertiaire, à 96 ¤/MWh PCS. Ces évolutions différenciées sont liées, d?une part, à des différences de volumes de consommation et, d?autre part, à une plus grande sensibilité des « gros » consommateurs à la volatilité des prix de marché. Alors que la différence de prix entre les « gros » et « petits » consommateurs professionnels avait été gommée lors de la crise, les « gros » consommateurs de l?industrie retrouvent cet avantage en 2023. De même, la branche énergie bénéficie de cet avantage lié aux volumes consommés avec une baisse de 11 % du prix sur un an. L?évolution est plus spectaculaire pour les usages non énergétiques, qui concernent quelques très gros consommateurs très sensibles aux prix de gros. Pour ces derniers, les prix diminuent de 58 % sur un an. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 23 partie 1 : les prix de l?énergie Prix du gaz : les « gros » consommateurs retrouvent leur avantage sur les « petits » Les plus gros consommateurs de gaz sont concentrés dans certaines branches du secteur industriel (métallurgie, chimie, agroalimentaire) et dans la branche énergie. Habituellement, ces derniers bénéficient d?un prix du gaz plus faible grâce à une fiscalité favorable aux entreprises grandes consommatrices d?énergie et à des prix plus souvent indexés sur le marché de gros que les petites consommatrices. Cependant, entre 2019 et 2022, le prix du gaz a quadruplé pour les entreprises consommant plus de 1,1 TWh, atteignant 68 ¤/MWh, alors que les prix pour les entreprises consommant entre 0,3 et 2,8 GWh augmentaient de 50 %, pour s?établir à 70 ¤/MWh, créant une convergence de prix entre « petits » et « gros » consommateurs (voir Les entreprises en France ? Édition 2023 ? Impact de la hausse des prix de l?énergie en 2022 sur l?activité des entreprises et leur consommation d?énergie ? Insee Références). L?année 2023 marque une forme de retour à une structure de prix plus courante, les prix ayant baissé fortement pour les « gros » consommateurs (53 ¤/MWh), alors que les « petits » ont continué à subir des augmentations (97 ¤/MWh) - (figure 1.3.2.3). Les « gros » consommateurs, plus sensibles au prix du marché, à la hausse comme à la baisse, ont directement bénéficié de la détente des prix sur le marché de gros. À l?inverse, la proportion de contrats à prix fixe est plus importante chez les « petits » consommateurs. Ces derniers subissent donc la hausse des prix avec retard. Figure 1.3.2.3 : évolution du prix hors TVA du gaz naturel pour les entreprises par niveau de consommation De 278 à 2 778 MWh PCS De 277 778 à 1 111 112 MWh PCS Ensemble De 27 778 à 277 778 MWh PCS Plus de 1 111 112 MWh PCS 120 100 80 60 40 20 0 En ¤/MWh PCS* 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,enquêteTransparencedesprixdugazetdel?électricité https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078 https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078 https://www.insee.fr/fr/statistiques/7678588?sommaire=7681078 24 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 1.4.1 PRIX DE GROS DU CHARBON Comme les autres produits énergétiques, le charbon fait l?objet d?échanges internationaux, soit de gré à gré, soit sur des marchés organisés, au comptant ou à terme. Deux marchés doivent être distingués : celui du charbon-vapeur et celui du charbon à coke. Le premier, aux exigences de qualité moindres que le second, s?échange en général à des prix inférieurs. Le cours du charbon-vapeur a chuté fortement en janvier 2023 (- 32 %, à 157 ¤/t), puis a reculé à un rythme moins rapide tout au long du premier semestre, jusqu?à un point bas de 100 ¤/t en juillet (figure 1.4.1.1). Il progresse de nouveau modérément par la suite et s?élève à 108 ¤/t en décembre. Figure 1.4.1.1 : prix à terme à un mois du charbon-vapeur sur le marché Anvers-Rotterdam-Amsterdam (ARA) 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 En dollars et en euros courants janv.-1 1 janv.-1 3 janv.-1 7 janv.-1 8 janv.-1 2 janv.-1 4 janv.-1 6 janv.-1 5 janv.-1 9 janv.-2 1 janv.-2 2 janv.-2 3 janv.-2 4 janv.-2 0 En $US/t En ¤/t Note:leprixducharbon-vapeurestunprixcoût,assuranceetfretinclus(CAF). Source :ICE(IntercontinentalExchange) Le prix moyen du charbon importé en France, principalement sous forme primaire, s?élève à 38 ¤/MWh en 2023 (figure 1.4.1.2). Il chute de 19 % sur un an, après avoir augmenté de manière inédite en 2022 en raison de la hausse du prix des énergies fossiles liée à la guerre en Ukraine. Il est en 2023 à un niveau équivalent au double de sa valeur en 2019. Des quantités plus faibles de charbon dérivé, essentiellement du coke, ont été importées à un prix moyen de 62 ¤/MWh, également en forte baisse sur un an (- 11 %) et supérieur de 55 % à celui de 2019. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 25 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.4.1.2 : prix moyens du charbon primaire et du charbon dérivé à l?importation En ¤/MWh 2019 2020 2021 2022 2023 Importations 19 14 19 46 38 Charbon primaire 18 13 16 42 35 Charbon dérivé 40 31 36 70 62 Source :DGDDI 1.4.2 PRIX DU CHARBON POUR LES CONSOMMATEURS La filière fonte (i.e. les cokeries, les hauts-fourneaux et les installations en aval de ces derniers dans les sites intégrés) a payé le charbon primaire qu?elle a consommé 35 ¤/MWh en moyenne en 2023 (figure 1.4.2.1). Ce prix moyen diminue de 13 % sur un an, tout en restant bien supérieur au prix de 2021 (+ 80 %). Les producteurs d?électricité ou de chaleur, exclusivement consommateurs de charbon-vapeur, ont payé ce dernier 33 ¤/MWh en moyenne en 2023, un prix orienté à la baisse comme le prix des autres énergies fossiles, gaz et pétrole, auxquelles le charbon peut partiellement se substituer. Les prix des autres segments de consommation (industrie hors sidérurgie, résidentiel et tertiaire) se sont élevés en moyenne à 38 ¤/MWh pour le charbon primaire (- 2,5 % sur un an et + 99 % par rapport à 2019) et 54 ¤/MWh pour le charbon dérivé (en décroissance de 9 % sur un an, mais + 32 % depuis 2019). Les prix sont un peu moins volatils sur ces segments : ils avaient moins augmenté en 2022 et diminuent moins fortement en 2023. Figure 1.4.2.1 : prix moyens à la consommation du charbon primaire et du charbon dérivé par secteur En ¤/MWh 2019 2020 2021 2022 2023 Consommation filière fonte 27 21 25 55 47 Charbon primaire 20 14 17 40 35 Charbon dérivé 42 35 37 80 65 Énergie (hors filière fonte) 14 10 17 38 33 Charbon primaire 14 10 17 38 33 Consommation finale totale 25 21 26 44 43 Charbon primaire 19 16 21 39 38 Charbon dérivé 41 35 39 60 54 Source :SDES,Bilandel?énergie 26 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 1.5.1 PRIX DES IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS En 2023, les prix moyens à l?importation et à l?exportation du bois-énergie diminuent respectivement de 12 % et de 20 %, à 61 ¤/MWh et 28 ¤/MWh. L?écart entre les prix moyens à l?importation et à l?exportation résulte notamment d?une part plus importante de granulés de bois dans les importations, plus coûteux que les autres catégories de bois-énergie (cf. 2.3.4). Un an après la crise énergétique qui avait entraîné une importante augmentation de la demande en bois de chauffage (relativement moins cher que les autres énergies), les prix refluent mais ne reviennent pas pour autant à leurs niveaux d?avant-crise. Le prix moyen d?importation du bois-énergie diminue de 12 % sur un an et s?établit à 61 ¤ (contre 45 ¤ en 2019), avec une baisse du prix d?importation pour toutes les catégories de bois-énergie (figure 1.5.1.1). Le prix moyen d?exportation reflue pour sa part de 20 %, pour s?établir à 28 ¤, malgré la hausse de 9 % des prix d?exportation du bois de chauffage. Figure 1.5.1.1 : prix moyens du bois-énergie par combustible à l?importation et à l?exportation Bois de chauffage Granulés, sciures, déchets de bois et briquettes Bois de chauffage Granulés, sciures, déchets de bois et briquettes 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En ¤/MWh Importations Exportations Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI 1.5.2 PRIX POUR LE RÉSIDENTIEL Le prix du bois-énergie consommé par les ménages présente une forte hétérogénéité, avec différents types de bois utilisés sous différentes formes. Leur observation est par ailleurs difficile compte tenu de l?importance du marché informel. Les bûches représentent encore l?essentiel des achats des particuliers en bois de chauffage. Au sein des circuits commerciaux, le prix moyen TTC de la bûche de 50 cm (humidité < 20 % et livraison non comprise), qui est la plus courante, s?élève à 41 ¤/MWh en 2023, en hausse de 8 % par rapport à 2022 (figure 1.5.2.1). Les granulés de bois sont, quant à eux, de plus en plus consommés. D?utilisation plus aisée que les bûches, ils sont néanmoins plus chers que ces dernières. En moyenne sur l?année 2023, le prix des granulés en vrac (livraison comprise) s?élève ainsi à 102 ¤/MWh (+ 0,5 % par rapport à 2022), et celui des granulés en sac (prix d?une palette départ fournisseur) à 106 ¤/MWh (- 1 % en moyenne annuelle). Le prix, notamment celui des granulés, diminue tout au long de l?année 2023 : le maximum est atteint lors du premier trimestre, à 117 ¤/MWh. Les prix continuent de baisser lors des deux premiers trimestres de 2024 pour revenir à des niveaux proches de ceux d?avant la crise énergétique, diminuant à environ 76 ¤/MWh. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 27 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.5.2.1 : prix TTC du bois-énergie : circuits commerciaux 160 140 120 100 80 60 40 20 En ¤/MWh Granulés en sac : prix palette départ fournisseur pour 1 MWh Granulés en vrac : prix pour 1 MWh pour une livraison de 5 tonnes jusqu?à 50 km Bois-bûche en vrac 50 cm H1 : prix hors livraison pour 1 MWh 2011 T1 2012 T1 2013 T1 2014 T1 2015 T1 2016 T1 2017 T1 2018 T1 2019 T1 2020 T1 2021 T1 2022 T1 2023 T1 2024 T1 Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteCEEB-Insee-Agreste Beaucoup de ménages s?approvisionnent en bois sur le marché informel, à des prix pouvant être inférieurs à ceux des circuits commerciaux, voire parfois gratuitement1. Le prix moyen du bois-énergie acheté par les ménages qui achètent la totalité de leur consommation de bois, tous marchés confondus (formel et informel), s?élèverait à 61 ¤/MWh en 2023, contre 47 ¤/MWh en 2022 (soit une hausse de plus de 30 %). Plus généralement, la dépense moyenne des ménages en bois-énergie (tous types d?approvisionnement confondus) est de 36 ¤/MWh en 2023, contre 28 ¤/MWh en 2022. 1.5.3 PRIX POUR LES PROFESSIONNELS Le prix moyen des combustibles bois pour les professionnels, livraison comprise, atteint 30 ¤/MWh en 2023 (figure 1.5.3.1). Généralement stable, il augmente encore d?environ 4 % après avoir augmenté de 25 % en 2022. Ce prix moyen masque toutefois une forte hétérogénéité. En effet, différents types de combustibles bois (produits forestiers, produits connexes de l?industrie du bois, bois de récupération) avec des caractéristiques très différentes sont utilisés dans les chaufferies industrielles et collectives. De façon générale, plus le combustible est calibré et sec, plus son prix est élevé. Figure 1.5.3.1 : prix HTVA des combustibles bois avec livraison pour les chaufferies professionnelles Plaquettes forestières ou bocagères Écorces Broyats de DIB* Total pondéré Sciures 35 30 25 20 15 10 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En ¤/MWh *DIB=déchetsindustrielsbanals. Note:indicepondérécalculésurlabasedelacontributiondesdifférentscombustiblesàlaproductionthermique(projetsFondschaleur):plaquettes71,5%, broyats11,4%,sciures11,3%,écorces5,8%. Source :Ademe,enquêteBasic2000pour2012,estimationCODAStratégiesàpartirduCEEBpour2013-2023 1 Source : enquête Logement Insee (2020) : les logements déclarant une consommation de bois sont répartis en 3 catégories en fonction de leur source d?approvisionnement en bois : acheté en totalité / acheté partiellement / obtenu gratuitement. 28 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie Les disparités entre secteurs d?activité sont également marquées, notamment au sein de l?industrie manufacturière. Le prix moyen des achats de bois à usage énergétique dans le secteur des produits alimentaires, boissons et tabac est ainsi supérieur de 61 % (29 ¤/MWh en 2023) à celui du bois et ouvrages en bois (18 ¤/MWh en 2023) - (figure 1.5.3.2). Le prix moyen dans l?ensemble de l?industrie manufacturière s?élève à 21 ¤/MWh en 2023. Figure 1.5.3.2 : prix HTVA des combustibles bois pour les établissements industriels de plus de 20 salariés en 2023 En ¤/MWh 35 30 25 20 15 10 5 0 Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Chimie et pétrochimie Produits alimentaires, boissons et tabac Ensemble de l?industrie manufacturière Note:lesquatresecteursreprésentéssurcegraphiquereprésententprèsde90%delaconsommationetdesdépensesdesétablissementsindustrielsenbois-énergieen2023. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsInsee-EACEI Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 29 partie 1 : les prix de l?énergie 1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 En 2023, les prix à l?importation et à l?exportation du biodiesel diminuent respectivement de 14 % et de 29 % par rapport à 2022, pour atteindre 1 735 ¤/tep et 1 416 ¤/tep en 2023. À l?inverse, celui des bioessences continue d?augmenter pour les importations, atteignant 2 052 ¤/tep (+ 7 % par rapport à 2022), et diminue de 22 % pour les exportations, redescendant à 1 561 ¤/tep (figure 1.6.1). Figure 1.6.1 : prix moyens des biocarburants à l?importation et à l?exportation En euros par tep 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Importations 1 233 1 110 946 822 845 862 934 887 811 1 280 2 014 1 804 Bioessences 1 403 1 239 1 217 1 016 873 944 1 005 1 027 1 017 1 262 1 925 2 052 Biodiesel 1 193 1 096 926 799 843 858 930 872 781 1 283 2 011 1 735 Exportations 1 310 1 257 1 095 1 066 1 055 1 066 972 989 1 055 1 478 1 989 1 441 Bioessences 1 324 1 282 1 116 1 141 1 135 1 125 1 081 1 182 1 243 1 740 2 013 1 561 Biodiesel 1 172 1 105 1 015 895 965 1 040 939 945 1 008 1 439 1 986 1 416 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Une fiscalité spécifique pour encourager le recours aux biocarburants Comme les prix des biocarburants sont supérieurs à ceux des produits pétroliers auxquels ils sont mélangés (le gazole pour le biodiesel et les supercarburants pour le bioéthanol), leur incorporation, qui vise à diminuer les émissions de CO2 du transport routier, engendre un coût pour la collectivité. Le partage de ce coût entre les consommateurs et l?État dépend de la fiscalité mise en place. Deux dispositifs fiscaux soutiennent le développement des biocarburants. Le premier est la taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans les transports (Tiruert)2. Ce dispositif incitatif fixe des objectifs d?incorporation de biocarburants au-delà desquels le montant dû au titre de cette taxe est nul pour le redevable. La seconde est l?accise sur les produits énergétiques autres que les gaz naturels et les charbons3 qui possède un tarif réduit pour les carburants à haute teneur en biocarburants (ED95, B100 et E85 notamment). 2 La Tiruert est la nouvelle dénomination, applicable depuis le 1er janvier 2022, de l?ancienne taxe incitative relative à l?incorporation de biocarburants (Tirib). 3 Anciennement TICPE, taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. 30 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie En 2023, le prix moyen d?approvisionnement du biodiesel (figure 1.6.3) est supérieur de 70 % à celui du gazole fossile (1 692 ¤/tep contre 996 ¤/tep) tandis que celui des bioessences est supérieur de 127 % à celui de l?essence fossile (1 730 ¤/tep contre 759 ¤/tep). L?écart de prix entre les biocarburants et les carburants fossiles augmente significativement sur un an pour les bioessences et reste stable pour le biodiesel. En effet, si les prix d?approvisionnement des carburants fossiles restent à des niveaux supérieurs à la période antérieure à la crise énergétique, ils ont diminué par rapport à l?année précédente. De même, le prix du biodiesel accuse une forte baisse, contrairement à celui des bioessences qui se maintient à un niveau particulièrement élevé. Cette différence de dynamique explique en partie la différence d?évolution du surcoût effectif associé pour les deux types de biocarburants (cf. encadré). Il continue d?augmenter jusqu?à dépasser le seuil de 6 c¤/l pour les bioessences, alors qu?il redescend à 4,6 c¤/l pour les biodiesels (figure 1.6.2). Figure 1.6.2 : surcoût effectif dû à l?incorporation des biocarburants par litre de carburant 6,50 6,00 5,50 5,00 4,50 4,00 3,50 3,00 2,50 2,00 1,50 1,00 0,50 0,00 Bioessences Biodiesel En centimes d?euros par litre de carburant 2012 2016 2014 2018 2021 2013 2017 2020 2015 2019 2022 2023 Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 31 partie 1 : les prix de l?énergie Méthodologie de calcul du surcoût effectif d?incorporation des biocarburants Le surcoût effectif d?incorporation des biocarburants est le rapport entre le coût total d?incorporation des biocarburants et la consommation de carburants routiers. Il représente, pour un litre de carburant routier, le surcoût moyen en euros que doit payer le consommateur. Il est calculé pour chaque type de carburant (essence et gazole). Le surcoût d?incorporation se calcule comme la différence entre le prix d?approvisionnement des biocarburants et des carburants fossiles, multipliée par la part de biocarburant dans la consommation totale de carburant (fossile et bio) en France métropolitaine. surcoût¤/L = x (prix approvisionnement bio¤/Mtep ? prix approvisionnement fossile¤/Mtep Conso bioMtep Conso totale (bio et non bio)Mtep ) Le prix d?approvisionnement est un prix implicite qui rapporte la valeur de l?approvisionnement à la quantité correspondante (figure 1.6.2). L?approvisionnement est calculé en quantité et en valeur monétaire comme la somme de la production, du solde du commerce extérieur et du déstockage net. Il est exprimé en euros par tep (figure 1.6.3). Figure 1.6.3 : approvisionnement des carburants fossiles et des biocarburants par type de carburant (en euros courants) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Gazole fossile En Mtep 40,1 40,9 42,4 42,7 42,6 41,0 40,2 37,1 36,1 32,6 34,1 33,6 32,8 En M¤ 26 949 31 096 30 125 27 651 19 730 15 613 18 323 21 568 21 050 14 719 19 833 42 718 32 677 En ¤/tep 672 759 710 648 463 381 456 581 583 451 582 1 270 996 Essence fossile En Mtep 9,2 8,6 8,1 8,4 8,6 8,4 9,1 9,3 8,9 7,3 8,6 9,5 9,7 En M¤ 6 277 6 771 5 963 5 725 4 603 3 724 4 713 5 309 5 007 2 624 3 322 8 870 7 360 En ¤/tep 681 788 737 683 535 442 516 569 560 358 388 934 759 Biodiesel En Mtep 2,0 2,3 2,3 2,5 2,6 2,6 2,8 2,8 2,8 2,4 2,5 2,5 2,6 En M¤ 2 451 2 651 2 477 2 317 2 242 2 448 2 589 2 604 2 459 2 013 3 355 5 252 4 423 En ¤/tep 1 202 1 165 1 080 912 875 927 926 926 877 854 1 362 2 120 1 692 Bioessences En Mtep 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,5 0,5 0,6 0,7 0,6 0,7 0,8 0,8 En M¤ 496 494 481 363 472 492 565 542 752 656 864 1 476 1 461 En ¤/tep 1 269 1 227 1 222 876 1 089 1 038 1 048 924 1 151 1 161 1 207 1 737 1 730 Note:lemontantmonétairedelaproductionestcalculéàpartirdesprixmoyensàlaproductiondansl?Unioneuropéennepubliésdans les Perspectives agricoles de l?OCDE et de la FAOpourlebiodieseletlebioéthanol.Leprixdeproductiondesbioessencesestsupposéégal àceluidubioéthanol. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéesDouanes,Perspectivesagricolesdel?OCDEetdelaFAO,prixdemarchédeRotterdam 32 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie À partir de ces prix d?approvisionnement, il est possible d?estimer le coût de la tonne de CO2 évitée par l?incorporation de biocarburants. L?utilisation de biocarburant plutôt que de carburant classique est censée diminuer les émissions de CO2 entre 50 % (seuil de durabilité fixé par la législation européenne) et 100 %. Si l?on rapporte le surcoût du biocarburant par rapport au carburant classique aux émissions ainsi évitées, le coût de la tonne de CO2 évitée s?élèverait ainsi en 2023 entre 222 ¤/tCO2 et 443 ¤/tCO2 pour le biodiesel, et entre 317 ¤/tCO2 et 635 ¤/tCO2 pour les bioessences (figure 1.6.4). Ce coût augmente pour les bioessences du fait de l?augmentation de l?écart de prix entre le carburant fossile et le carburant renouvelable. À l?inverse, il diminue pour le biodiesel du fait de la baisse plus importante dans l?absolu du prix du biodiesel par rapport à celui du diesel fossile. Les coûts estimés ici ne prennent pas en compte les émissions indirectes liées au changement d?affectation des sols ou à l?exploitation des produits agricoles et seraient supérieurs si c?était le cas. Figure 1.6.4 : coût de la tonne de CO2 évitée par l?incorporation des biocarburants Biodiesel Bioessences Borne basse Borne haute Borne basse Borne haute 600 500 400 300 200 100 0 700 600 500 400 300 200 100 0 En euros courants par tonne de CO2 évitée 2011 2011 2015 2015 2019 2019 2013 2013 2017 2017 2021 2021 2012 2012 2016 2016 2020 2020 2014 2014 2018 2018 2022 2023 2022 2023 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsCPDP,DGDDI Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 33 partie 1 : les prix de l?énergie 1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux progressent encore en 2023 1.7.1 PRIX DE GROS DE L?ÉLECTRICITÉ L?électricité peut s?échanger de gré à gré ou sur des bourses. Deux bourses opèrent sur le marché français : European PowerExchange (Epex) Spot et NordPoolSpot, depuis mi-2019. Les produits à terme peuvent, quant à eux, s?échanger sur la bourse EuropeanEnergyExchange (EEX) PowerDerivatives. Le prix spot de l?électricité livrable en France atteint 97,4 ¤/MWh en moyenne en 2023. Il est divisé par 2,9 par rapport à son niveau record enregistré en 2022. Le reflux du prix de l?électricité en 2023 s?explique d?abord par celui du prix du gaz naturel, combustible utilisé généralement par la dernière centrale électrique européenne appelée en cas de pic de demande d?électricité. L?amélioration de la disponibilité du parc nucléaire (cf. 2.2.2) et la forte croissance de la production d?électricité renouvelable, notamment en fin d?année, ont accru l?offre d?électricité disponible avec en outre un recours moindre aux centrales à gaz. Dans le même temps, la consommation d?électricité est restée modérée. Le prix spot a particulièrement diminué en début d?année 2023, de janvier à mai, avant de se stabiliser et de décroître à nouveau en fin d?année (figure 1.7.1.1). En 2024, les prix de gros de l?électricité continuent de diminuer jusqu?en mai, en raison notamment d?une offre d?électricité nucléaire et renouvelable abondante, et repartent à la hausse en juin et juillet (cf. 1.3.1). Les prix à terme de l?électricité, qui reflètent les anticipations des acteurs du secteur, se sont également fortement repliés en 2023. Le prix à terme pour l?année suivante (« Y+1 ») de l?électricité en base est ainsi passé de 367 ¤/MWh en 2022 en moyenne à 162 ¤/MWh en 2023. Figure 1.7.1.1 : prix Baseload moyen mensuel sur le marché European Power Exchange (Epex) Spot France janv.-1 1 janv.-1 7 janv.-1 3 janv.-1 9 janv.-1 5 janv.-2 1 janv.-2 3 janv.-1 2 janv.-1 8 janv.-1 4 janv.-2 0 janv.-1 6 janv.-2 2 janv.-2 4 juil.-2 4 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 En ¤/MWh Source :EpexSpot 34 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie La France exporte l?électricité à un prix en moyenne moins élevé que celui auquel elle l?importe. En 2023, ceux- ci s?élèvent respectivement à 90 ¤/MWh et 113 ¤/MWh (figure 1.7.1.2). D?une part, le prix à l?importation peut comprendre un coût d?interconnexion (correspondant à une rémunération des gestionnaires de transport de part et d?autre de la frontière). D?autre part, le chauffage électrique étant particulièrement développé, la France importe en général en hiver durant les périodes de forte consommation (matinée et début de soirée), lorsque l?électricité est la plus chère. Les prix de l?électricité importée et exportée diminuent très nettement par rapport à 2022 (ils sont respectivement divisés par 2,7 et 2,6). Figure 1.7.1.2 : prix moyens de l?électricité à l?importation et à l?exportation En ¤/MWh 2019 2020 2021 2022 2023 Exportations 38 30 89 233 90 Importations 47 39 144 308 113 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI En dehors des marchés de gros et des transactions de gré à gré, certaines productions d?électricité sont vendues à des prix régulés à des fournisseurs ou des intermédiaires. D?une part, certaines filières, que l?État souhaite développer, bénéficient d?obligations d?achat leur garantissant un tarif défini sur une période de 10 à 20 ans ou de compléments de rémunération. Ces soutiens, établis dans une logique de couverture de coûts, sont très différenciés selon les filières (figure 1.7.1.3). La production photovoltaïque, qui représente 41 % des subventions, bénéficie d?une rémunération moyenne élevée, à 205 ¤/MWh en 2023. Celle- ci diminue globalement depuis 2018 sous l?effet de l?afflux de nouvelles installations raccordées, qui bénéficient d?aides moins substantielles qu?au démarrage de la filière, et de l?arrivée à échéance des contrats historiques à prix très élevés. Ce moindre soutien reflète la baisse des coûts des installations. La filière biogaz bénéficie de la rémunération la plus élevée en 2023, à 212 ¤/MWh. À l?opposé, les rémunérations les plus basses concernent la filière d?incinération des déchets ménagers, suivie par l?éolien et la petite hydraulique (les grandes installations hydrauliques ne bénéficiant pas de soutien public). L?augmentation de la rémunération moyenne des filières biogaz, biomasse et petite hydraulique en 2023 est principalement due à la revalorisation des tarifs d?achat des installations déjà sous contrat, selon la Commission de régulation de l?énergie. En effet, les indices utilisés répercutent la hausse du coût horaire du travail et de prix de production de l?industrie, plus importante en 2023 qu?en 2022. Figure 1.7.1.3 : rémunérations moyennes des installations en activité bénéficiant d?obligations d?achat ou de compléments de rémunération En ¤/MWh 2019 2020 2021 2022 2023 Photovoltaïque 296 276 253 246 205 Éolien 90 91 79 103 105 Hydraulique 83 82 79 91 106 Biogaz 163 170 167 186 212 Incinération 60 60 59 61 66 Biomasse 146 147 132 152 187 Toutes installations 148 141 147 182 169 Note:pourlesinstallationssousobligationd?achat,larémunérationestégaleautarifd?achat.Pourcellesbénéficiantd?uncomplémentderémunération,elleest égaleàlasommedececomplément(positifounégatif)etduprixdegrosmoyendel?électricitéproduitepourlesinstallations.Elleestcalculéesurl?ensembledu territoirefrançaispourlesfilièresphotovoltaïque,éolienneethydraulique,etsurlaFrancecontinentalepourlesautresfilières. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsEAPE,CRE D?autre part, dans le but de permettre une concurrence équitable entre fournisseurs historiques (EDF et les ELD sur leur zone de desserte) et fournisseurs alternatifs, ces derniers bénéficient depuis juillet 2011 du dispositif de « l?accès régulé à l?électricité nucléaire historique » (Arenh), mis en place pour une durée de 15 ans. Ce dispositif permet aux fournisseurs alternatifs d?acheter une partie de la production nucléaire au prix de 42 ¤/MWh, pour un volume global qui ne peut excéder 100 TWh. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 35 partie 1 : les prix de l?énergie 1.7.2 PRIX À LA CONSOMMATION DE L?ÉLECTRICITÉ En 2023, les prix de l?électricité payés par les consommateurs finaux restent nettement orientés à la hausse malgré la baisse des prix sur les marchés de gros. Les prix aux consommateurs finaux sont en partie déterminés par les prix sur les marchés de gros à terme, par exemple au travers des volumes d?électricité couverts par les fournisseurs l?année précédant la livraison (produit Y+1 sur les marchés à terme), qui ont atteint un pic en 2022 (680 ¤/MWh en août 2022). L?électricité est payée en moyenne 214 ¤/MWh, tous consommateurs (à l?exception de la branche électricité) et tous types d?offres (tarifs réglementés ou offres de marché) confondus, contre 158 ¤/MWh en 2022, soit une augmentation de 35 % sur un an (ce prix inclut la TVA uniquement pour les ménages). Figure 1.7.2.1 : décomposition du prix moyen de l?électricité En ¤/MWh Fourniture Acheminement Taxes hors TVA TVA 250 200 150 100 50 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:labrancheélectricitéetl?autoconsommationsontexcluesduchamp. Lacomposanteacheminementinclutlecoûtdespertessurlesréseauxdetransportetdedistribution. LaTVAn?estcomptabiliséequepourlerésidentiel,étantdéductiblepourlesentreprises.Leschèquesénergieetlesguichetsd?aidenesontpasinclus. Source :SDES,Bilandel?énergie Le prix comprend une composante « fourniture », une composante « acheminement » et les taxes (figure 1.7.2.1). La composante « fourniture » correspond aux coûts de l?activité de fourniture, soit la somme des coûts d?approvisionnement en électricité et en garanties de capacité, des coûts de commercialisation (incluant les certificats d?économie d?énergie) et de la rémunération du fournisseur (marge). En 2023, elle s?élève en moyenne à 157 ¤/MWh. C?est la composante qui augmente le plus sur un an (+ 57 %) en raison de la transmission des prix à terme (Y+1) de l?année précédente sur les marchés de gros, qui étaient à leur maximum en 2022 dans le contexte de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. L?augmentation des prix de la fourniture d?électricité en 2023 est comparable à celle de 2022, après deux années de hausse plus modérée en 2020 et 2021. Au total, cette composante a presque triplé depuis 2019, passant de 55 ¤/MWh à 157 ¤/MWh. La composante « acheminement » correspond au tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité (Turpe). Ce tarif s?applique à tous les utilisateurs raccordés aux réseaux de transport et de distribution en haute et basse tension, quel que soit leur fournisseur d?énergie. Il vise à couvrir les coûts des activités des gestionnaires de réseau de transport (RTE) et de distribution (Enedis, entreprises locales de distribution?), c?est-à-dire les charges du système électrique (dont les pertes réseau) mais aussi les coûts de développement, d?exploitation et d?adaptation à la transition énergétique des réseaux. Le barème du Turpe est réglementé et fixé par la Commission de régulation de l?énergie (CRE). Le Turpe s?élève à 40 ¤/MWh en moyenne en 2023 et augmente de 10,1 % par rapport à 2022, après une hausse de 1,2 % entre 2021 et 2022. Deux facteurs expliquent cette hausse. D?une part, le barème du Turpe a augmenté de 6,5 % au 1er août 2023, essentiellement en raison de l?inflation. D?autre part, les consommations d?électricité ont diminué en 2023 (- 4,0 % entre 2022 et 2023), ce qui se traduit par un renchérissement du Turpe par MWh, le tarif étant dégressif selon la quantité d?électricité consommée. 36 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie Les taxes comprennent, outre la TVA, l?accise sur l?électricité, anciennement dénommée TICFE4, et la contribution tarifaire d?acheminement (CTA). L?accise sur l?électricité intègre la taxe départementale sur la consommation finale d?électricité (TDCFE) depuis le 1er janvier 2022 et la taxe communale sur la consommation finale d?électricité (TCCFE) depuis le 1er janvier 2023. La suppression de ces taxes locales est compensée par une majoration de l?accise qui est ensuite reversée aux départements et aux communes. Cependant, une des mesures du bouclier tarifaire mis en oeuvre à partir du 1er février 2022 pour contenir la hausse des prix de l?électricité pendant la crise de l?énergie a consisté en l?application d?une minoration de l?accise. Ces mesures ont été prolongées sur l?ensemble de l?année 2023. Les taux d?accise sur l?électricité passent ainsi de 26 ¤/MWh en moyenne en 2021 à 0,50 ¤/MWh pour les professionnels et 1 ¤/MWh pour les ménages et assimilés en 2023. Cette mesure se traduit par une diminution de 60 % des taxes hors TVA par rapport à 2022 et de 85 % par rapport à 2021, à un niveau moyen de 3,7 ¤/MWh en 2023. En incluant la TVA (pour le secteur résidentiel uniquement), les taxes s?élèvent, au total, à 16,9 ¤/MWh. Figure 1.7.2.2 : prix moyen de l?électricité par secteur En ¤/MWh 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Énergie (hors électricité) 72 74 76 77 78 71 69 74 80 86 96 123 178 Consommation finale TTC* 100 104 110 114 119 116 117 120 126 135 141 159 215 Agriculture-pêche 90 90 92 105 109 112 114 122 128 133 138 154 257 Industrie 66 68 71 72 72 66 64 67 71 74 83 113 162 Transports 54 55 54 54 54 49 47 52 53 66 71 110 136 Tertiaire 95 97 103 108 112 105 107 108 115 120 126 145 236 Résidentiel HTVA 114 118 125 133 138 140 141 146 152 161 165 177 202 Résidentiel TTC 134 138 147 157 162 165 166 171 178 189 193 207 236 Tous secteurs HTVA 92 96 101 105 109 106 107 110 115 123 129 148 200 Tous secteurs TTC* 99 103 109 114 118 115 116 119 125 134 140 159 214 *LaTVAestincluseuniquementpourlesecteurrésidentiel,étantdéductiblepourlesentreprises.Leschèquesénergieetlesguichetsd?aidenesontpasinclus. Note:labrancheélectricitéetl?autoconsommationsontexcluesduchamp. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, les prix de l?électricité augmentent dans tous les secteurs, avec un prix moyen HTVA de 200 ¤/MWh, en hausse de 36 % par rapport à 2022 (figure 1.7.2.2). Les prix de l?électricité varient fortement selon le type de client et le type de contrats de fourniture souscrits. Alors que l?année 2022 est marquée par une réduction des écarts entre « gros » et « petits » consommateurs, l?écart se creuse à nouveau en fonction du niveau de consommation, principalement en raison d?une très forte augmentation pour les « petits » consommateurs. Ainsi, le prix HTVA pour la tranche de consommation de 20 à 500 MWh progresse de 72 % sur un an, à 260 ¤/MWh ; celui de la tranche de 2 à 20 GWh croît de 77 %, à 213 ¤/MWh (figure 1.7.2.3). À l?inverse les prix pour les « gros » consommateurs diminuent de 4 %, à 124 ¤/MWh pour la tranche de 70 à 150 GWh et 87 ¤/MWh pour ceux dépassant 150 GWh. En effet, les « gros » consommateurs sont plus exposés aux fluctuations des prix sur les marchés de gros, que ce soit à la hausse ou à la baisse. Le prix moyen de l?électricité dans le secteur tertiaire progresse de 63 % entre 2022 et 2023, à 236 ¤/MWh, contre 44 % de hausse dans le secteur de l?industrie, à 162 ¤/MWh. L?augmentation est moins forte dans le secteur industriel en raison de l?existence de très gros consommateurs qui ont vu leurs prix diminuer légèrement entre 2022 et 2023 alors que les hausses étaient très fortes pour les « petits » consommateurs. En ce qui concerne le secteur résidentiel, les mesures de soutien au pouvoir d?achat mises en place en 2022 ont été prolongées en 2023. Le bouclier tarifaire a limité la hausse des tarifs réglementés de vente d?électricité (TRVE) et des prix des offres de marché en moyenne à 15 % TTC au 1er février 2023 puis à 10 % TTC au 1er août, ce qui a permis de contenir la hausse des prix à 14,4 %, soit à un niveau total de 236 ¤/MWh TTC en 2023. De plus, les chèques énergie ont allégé la facture pour les ménages les plus modestes. Les autres secteurs ne sont pas épargnés par les hausses des prix avec une augmentation du prix payé sur un an de 67 % dans l?agriculture, à 257 ¤/MWh, et de 23 % dans les transports, à 136 ¤/MWh, la hausse des prix étant limitée dans ce secteur en raison des couvertures prises sur les marchés de gros à terme par les entreprises de transport ferroviaire et les transports en commun urbains et interurbains. 4 Depuis 2016, la taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité (TICFE) a fusionné avec la contribution au service public de l?électricité (CSPE). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 37 partie 1 : les prix de l?énergie Figure 1.7.2.3 : évolution du prix hors TVA de l?électricité pour les entreprises en France par niveau de consommation annuel En ¤/MWh 300 250 200 150 100 50 0 2011 2007 2014 2010 2019 2012 2008 2017 2015 2020 2013 2009 2018 2016 2021 2022 2023 (0,02 ? 0,5 GWh) (2 ? 20 GWh) (70 ? 150 GWh) ( ? 150 GWh) Ensemble Source :SDES,enquêteTransparencedesprixdugazetdel?électricité 38 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 1 : les prix de l?énergie 1.8 Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs Le prix de la chaleur achetée par les consommateurs industriels s?élève à 56 ¤HTVA/MWh en 2023 (figure 1.8.1), en baisse de 20 % par rapport à 2022, après une augmentation de 76 % entre 2021 et 2022. Malgré cette baisse, le prix de la chaleur achetée par les consommateurs industriels reste 2,4 fois plus élevé qu?en 2020. Cette chaleur peut être distribuée soit via un réseau, soit dans la cadre d?une relation exclusive entre un producteur et un acheteur unique. Figure 1.8.1 : évolution du prix de la chaleur commercialisée En ¤/MWh Industrie HTVA Autres secteurs TTC Autres secteurs HTVA 140 120 100 80 60 40 20 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsEARCFetEACEI Le prix de la chaleur achetée par les autres secteurs hors énergie (résidentiel, tertiaire et, plus marginalement, agriculture), qu?on suppose intégralement distribuée via des réseaux, s?élève, quant à lui, en moyenne, à 119 ¤TTC/MWh en 2023 (112 ¤HTVA/MWh). Ce prix a augmenté de 33 % entre 2021 et 2023. Le taux de TVA moyen sur la chaleur distribuée par les réseaux diminue très légèrement en 2023 et retrouve son niveau de 2020, à 6,3 %. Les réseaux utilisant une part majoritaire d?énergies renouvelables et de récupération bénéficient d?un taux de TVA réduit. Depuis 2019, le taux de TVA moyen oscille dans une fourchette allant de 6,3 à 6,7 %. partie 2 L?approvisionnement énergétique ? Le taux d?indépendance énergétique de la France s?établit à 56,3 % en 2023 et gagne 5,6 points par rapport à 2022 : la production primaire rebondit et progresse davantage que la demande d?énergie. L?amélioration de la disponibilité des centrales nucléaires et la forte croissance des énergies renouvelables électriques, favorisées par l?augmentation du parc et des conditions météorologiques plus favorables que l?année précédente, expliquent cette nette hausse. En conséquence, le déficit des échanges extérieurs physiques diminue nettement (- 12 %). La facture énergétique de la France reflue après avoir atteint un niveau historique en 2022. Toutes énergies confondues, elle s?élève à 71 Md¤. 40 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire En 2023, la production d?énergie primaire s?élève à 1 421 TWh en France entière (cf. méthodologie), en hausse de 13,0 % par rapport à 2022 (figure 2.1.1). Elle reste néanmoins nettement en retrait par rapport à son niveau de 2021. En 2023, la croissance de la production primaire s?explique principalement par le rebond de la production nucléaire (+ 14,7 %, à 1 025 TWh). Du fait des mesures mises en place par EDF pour traiter le phénomène non prévu de corrosion sous contrainte identifié en 2021 sur certains réacteurs, la disponibilité du parc nucléaire s?améliore nettement en 2023 par rapport à 2022. Elle reste toutefois inférieure à celle observée en 2021 et en 2020. La production primaire d?électricité renouvelable progresse fortement en 2023 (+ 24,6 %, à 129 TWh). Sa croissance d?une ampleur inédite résulte d?une très forte augmentation des capacités installées et de conditions météorologiques nettement plus favorables qu?en 2022. La production éolienne est particulièrement dynamique (+ 32,1 % en 2023, à 50 TWh) en raison de la progression du parc (+ 20 % de puissance installée en deux ans), avec notamment le raccordement de plusieurs parcs en mer de grande capacité en 2022 et 2023. Les conditions de vent ont également été très propices, notamment en fin d?année 2023. Sans retrouver son niveau de 2021, la production d?électricité hydraulique (57 TWh) progresse de 24,5 % en 2023, après avoir atteint un point bas en 2022 en raison de la sécheresse. Grâce au développement des installations (+ 15 % de capacités installées en 2023), la production de la filière photovoltaïque s?accroît également (+ 11,2 %, à 22 TWh) en dépit d?un ensoleillement moins généreux qu?en 2022. La production primaire d?énergies renouvelables thermiques et issues de la valorisation des déchets repart à la hausse (+ 2,2 %), pour atteindre 257 TWh. La production des pompes à chaleur augmente nettement (+ 11,4 %, à 50 TWh) en raison d?une progression toujours soutenue des équipements malgré une légère inflexion dans les ventes. La production de biogaz (+ 16,4 %, à 22 TWh) ralentit légèrement mais reste très dynamique. En raison d?un automne légèrement plus rigoureux, la production de biomasse solide progresse légèrement (+ 0,8 %, à 123 TWh). À l?inverse, la production de biocarburants continue de diminuer (- 2,7 %, à 21 TWh), tirée à la baisse par le biodiesel (- 4,3 %). En croissance depuis 2021, la production d?énergie à partir de déchets industriels et ménagers, dont une partie est renouvelable, recule en 2023 (- 9,3 %). La production primaire d?énergie fossile, pétrole brut extrait des bassins aquitain et parisien pour l?essentiel, est marginale (10 TWh). Figure 2.1.1 : production primaire d?énergie En TWh 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 Nucléaire Pétrole Charbon Hydraulique* (hors pompages), éolien et photovoltaïque Gaz naturel (hors biométhane) Énergies renouvelables thermiques et déchets 2023 *Ycomprisénergiesmarines. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 41 partie 2 : l?approvisionnement énergétique La production primaire augmentant plus vite que la consommation primaire, le taux d?indépendance énergétique de la France, rapport de ces deux grandeurs, gagne 5,6 points, pour s?établir à 56,3 % (figure 2.1.2). L?approvisionnement pour satisfaire la demande d?énergie repose moins en 2023 qu?en 2022 sur les importations, hors uranium, l?énergie nucléaire étant produite sur le territoire par convention statistique internationale (cf. encadrés). Le déficit des échanges physiques d?énergie, à 1 175 TWh, diminue en effet de 12,0 %. En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité (50 TWh, contre - 15 TWh en 2022). Les entrées nettes5 de gaz naturel sur le territoire se replient (- 19,6 %, à 339 TWh) du fait de la diminution de la consommation et, dans une moindre mesure, du niveau relativement élevé des stocks en début d?année. Les importations de gaz gazeux nettes du transit diminuent (- 18,2 %), tout comme celles de gaz liquéfié (- 15,7 %). Le GNL représente désormais 59 % des importations, une part équivalente à 2022 (58 %) et nettement supérieure à celle des années antérieures (35 % en 2021). La Norvège est le premier fournisseur (un tiers du gaz naturel importé) devant les États-Unis (un quart) et la Russie (environ un huitième). Les exportations de gaz naturel restent à un niveau élevé en 2023 (140 TWh), en lien avec la forte croissance des importations de GNL qui sont en partie réexportées, sous forme de gaz gazeux, vers les autres pays européens. Les achats de pétrole brut augmentent (+ 10,5 %, à 540 TWh) tandis que les importations nettes de produits raffinés diminuent (- 15,2 %, à 271 TWh). L?embargo sur le pétrole russe conduit à une modification des approvisionnements : la Russie, qui fournissait 5,2 % des importations de pétrole brut et 16,2 % du pétrole raffiné en 2022, ne représente plus que 0,2 % des importations de pétrole raffiné en 2023 (0 pour le pétrole brut). Les importations nettes de biocarburants, essentiellement du biodiesel, s?élèvent à 20 TWh (+ 13,4 %). Le déficit des échanges extérieurs de bois à des fins énergétiques augmente nettement en 2023 (+ 24 %) mais reste marginal (3 TWh) par rapport à sa consommation. Figure 2.1.2 : taux d?indépendance énergétique, production et consommation primaires En % En TWh 60 50 40 30 20 10 0 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Taux d?indépendance énergétique Consommation primaire Production primaire Source :SDES,Bilandel?énergie La facture énergétique de la France s?élève à 71,4 milliards d?euros (Md¤) en 2023, après avoir atteint un niveau record à 123,9 Md¤2023 en 2022 (figure 2.1.3). Elle reste néanmoins élevée et se situe, en euros constants, quasiment à son niveau de 2014, avant la forte décrue du prix du pétrole des années 2014-2016. La quasi-division par deux de la facture par rapport à 2022 (- 52,5 Md¤2023) s?explique par le reflux du prix des énergies fossiles sur les marchés, qui avait brutalement augmenté fin 2021 et en 2022 en raison des tensions géopolitiques liées à la guerre en Ukraine. Le prix de gros du gaz naturel, qui avait atteint des sommets en 2022, diminue très nettement en 2023 mais reste supérieur à son niveau d?avant-crise, à 39 euros le MWh PCS (pouvoir calorifique supérieur). La facture gazière est divisée par deux : elle passe de 50,0 Md¤2023 en 2022 à 26,3 Md¤ en 2023. 5 Il s?agit des importations de gaz sur le territoire français (y compris du gaz naturel liquéfié porté), nettes des exportations et du transit. 42 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique La facture pétrolière et en biocarburants, qui pèse pour les deux tiers de la facture énergétique totale en 2023, diminue de 24,8 %. Le montant des importations nettes en produits raffinés et biocarburants s?allège de 9,5 Md¤2023, à 19,8 Md¤ en 2023, tandis que les dépenses en pétrole brut diminuent de 6,0 Md¤2023, pour s?établir à 27,1 Md¤. Le charbon contribue également à la baisse de la facture énergétique, à hauteur de - 1,5 Md¤2023. L?électricité allège la facture de 4,0 Md¤ alors qu?elle contribuait à son alourdissement à hauteur de 7,8 Md¤2023 en 2022. Figure 2.1.3 : facture énergétique de la France En milliards d?euros 2023 2019 2020 2021 2022 2023 Facture énergétique 50,0 27,3 49,4 123,9 71,4 Pétrole brut 24,0 10,7 17,0 33,1 27,1 Pétrole raffiné 15,3 10,6 16,2 26,0 16,6 Gaz naturel 9,8 5,6 15,9 50,0 26,3 Charbon 1,9 1,0 1,5 3,4 2,0 Biocarburants 1,3 0,6 1,7 3,3 3,3 Bois-énergie 0,1 0,1 0,1 0,2 0,2 Électricité - 2,3 - 1,3 - 2,9 7,8 - 4,0 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI,CRE,enquêteauprèsderaffineurs Le taux d?indépendance énergétique est sensible aux règles de comptabilité L?énergie primaire correspond à l?énergie tirée directement de la nature ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature. Elle se distingue de l?énergie secondaire, obtenue à partir d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire. Ainsi, par exemple, l?électricité thermique est une énergie secondaire issue d?un combustible naturel, comme le charbon ou le gaz naturel, considéré comme énergie primaire. Dans le cas de l?énergie nucléaire, issue de la réaction de fission de l?uranium ou du plutonium, les conventions internationales sur les statistiques de l?énergie considèrent comme énergie primaire la chaleur issue de la réaction et non le combustible nucléaire lui-même. Cela a pour conséquence de comptabiliser comme production primaire (i.e. comme ressource nationale) la quantité de chaleur produite par les centrales nucléaires (qui est estimée à partir de l?électricité effectivement produite par celles-ci et d?un rendement théorique de 33 %). Le manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence internationale de l?énergie et par Eurostat souligne que, si l?origine du combustible nucléaire était prise en considération, « la dépendance de l?approvisionnement à l?égard d?autres pays serait accrue ». Dans le cas de la France, le taux d?indépendance énergétique perdrait 36 points de pourcentage, pour s?établir à 16 % en 2023, si l?on considérait comme énergie primaire le combustible nucléaire plutôt que la chaleur issue de sa réaction. En outre, le taux d?indépendance ne suffit pas à donner une vision complète en matière énergétique en rapportant consommation et production primaire. Pour compléter cette approche, on peut également s?intéresser à la transformation d?énergie primaire en énergie finale. La France produit sur son sol les deux tiers des produits raffinés consommés par les utilisateurs finaux (même si elle recourt à du pétrole brut quasi intégralement importé pour cette production). La consommation finale en chaleur commercialisée, en électricité et en énergies renouvelables thermiques et déchets est aussi intégralement ou quasi intégralement produite sur le territoire français (cf. partie 3 sur la transformation). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 43 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Échanges extérieurs d?uranium Même si les combustibles utilisés par les centrales nucléaires ne sont pas retracés dans le bilan de l?énergie (cf. encadré supra), ils sont nécessaires pour amorcer la réaction nucléaire. Les échanges extérieurs d?uranium retracent les achats et ventes des entreprises nucléaires françaises, y compris pour la transformation de l?uranium et la production de combustibles nucléaires au profit de clients étrangers. Les quantités et origines destinées au fonctionnement du parc nucléaire français ne sont pas isolées. En 2023, la France importe des matières nucléaires, à hauteur de 1,4 milliard d?euros, essentiellement de l?uranium naturel et de l?uranium enrichi, et en exporte à hauteur de 1,7 milliard d?euros (essentiellement de l?uranium enrichi). En 2023, du fait de la hausse des prix de ce combustible, la facture en uranium naturel est multipliée par 2,7 après s?être repliée en 2022. L?approvisionnement en uranium naturel est diversifié avec des importations en provenance principalement du Kazakhstan, de la Namibie, du Niger et d?Australie en 2023 (figure 2.1.4). L?origine des importations varie selon les années. La France est exportatrice nette d?uranium enrichi (figure 2.1.5). Ses principaux clients sont les États- Unis, la Corée du Sud, la Suède, le Japon et le Royaume-Uni. L?uranium appauvri, sous-produit de l?enrichissement de l?uranium, est principalement importé auprès de pays européens (Allemagne, Suède, Suisse). La production de combustibles nucléaires sur le territoire diminue nettement en 2023 (- 19,9 % par rapport à 2022). Cette production est réalisée par Framatome (site de Romans-sur-Isère) en assemblant l?uranium enrichi par Orano sur le site de Pierrelatte avec des composants métalliques fabriqués en interne. Des assemblages combustibles sont également importés de Suède, du Royaume-Uni et d?Espagne. Figure 2.1.4 : répartition des importations d?uranium en valeur par pays en 2023 En % Australie Kazakhstan Namibie Niger Afrique du Sud Canada Autres 0 11 26 30 13 29 Source :DGDDI 44 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.1.5 : facture d?uranium En millions d?euros 800 600 400 200 0 - 200 - 400 - 600 - 800 - 1 000 - 1 200 Uranium naturel et ses composés Uranium enrichi ; plutonium Uranium appauvri ; thorium 2020 2021 2022 2023 Source :DGDDI Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 45 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.2 La production primaire rebondit en 2023 2.2.1 COMBUSTIBLES FOSSILES La production primaire d?énergie fossile en France est désormais marginale (figure 2.2.1.1). Elle s?élève à 10 TWh en 2023. Elle est composée quasi intégralement de produits à destination des raffineries. Pour près des trois quarts, il s?agit de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain, pour un quart d?une production d?additifs oxygénés (non issus de biomasse) destinés à améliorer la qualité des carburants et des autres produits raffinés et pour moins de 2 % de gaz naturel. En 2023, la production de pétrole brut sur le territoire français, hors additifs, s?élève à 584 500 tonnes, soit 0,6 Mtep (7 TWh) ; elle a été divisée par plus de cinq depuis la fin des années 1980. Cette production ne satisfait désormais qu?un peu moins de 1 % de la consommation nationale. Au 1er janvier 2024, les réserves souterraines de pétrole brut (10,1 Mtep, soit 118 TWh) et d?hydrocarbures extraits du gaz naturel représentent environ 17 ans d?exploitation au rythme actuel (production hors additifs). Les additifs non bio représentent, ces dernières années, entre un sixième et un quart de la production primaire de pétrole (2,7 TWh en 2023). Depuis l?arrêt définitif de l?injection du gaz du gisement de Lacq dans le réseau en octobre 2013, la production nationale de gaz naturel, hors biométhane, se limite à l?extraction de gaz de mine (grisou) du bassin du Nord-Pas- de-Calais. Celle-ci s?élève à 205 GWh PCS (pouvoir calorifique supérieur) en 2023, soit 184 GWh PCI (pouvoir calorifique inférieur). L?approvisionnement de la France en charbon repose désormais exclusivement sur le commerce extérieur et, dans une moindre mesure, sur le recours aux stocks. En effet, la collecte de produits de récupération présents sur les anciens sites d?extraction, qui subsistait depuis la fermeture de la dernière mine de charbon en 2004, s?est arrêtée en 2015. Figure 2.2.1.1 : production primaire d?énergie fossile En TWh 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1978 2002 1972 1970 1980 2004 2008 1974 1988 1996 1998 1982 1990 2006 2010 2012 1976 2000 1984 1992 1986 1994 2016 2014 2018 2020 2023 Pétrole* Charbon Gaz naturel *Ycomprisdesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller, à partir de 2011. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGEC,CharbonnagesdeFrance,SNET(Uniper),GRTgaz,TIGF(Teréga) 46 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.1.2 : production primaire et valeur associée d?énergie fossile 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production toutes énergies fossiles 11,76 585 9,98 291 10,03 509 9,79 868 9,86 608 Production de pétrole* 11,59 581 9,80 288 9,80 500 9,59 846 9,68 594 Production de charbon 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 Production de gaz naturel (grisou) 0,17 4 0,18 3 0,23 9 0,21 22 0,18 14 *Laproductiondepétrolecomprendlaproductiond?additifsoxygénésnonissusdebiomasse. Source :SDES,Bilandel?énergie La production primaire totale française d?énergie fossile représente en 2023 une valeur économique de 608 millions d?euros, soit 30 % de moins qu?un an auparavant (figure 2.2.1.2). Les prix des énergies fossiles, qui avaient nettement augmenté en 2022, en raison notamment de la guerre en Ukraine, refluent en effet en 2023 (cf. 1.2.1). 2.2.2 NUCLÉAIRE En 2023, la France compte 56 réacteurs en service répartis sur 18 sites. La production d?énergie primaire du parc s?élève à 1 025 TWh en 2023. Elle correspond à la quantité totale de chaleur dégagée lors de la réaction de fission du combustible nucléaire. La production brute d?électricité des centrales nucléaires françaises s?élève, quant à elle, à 338 TWh en 2023 (figure 2.2.2.1). En effet, il faut en moyenne 3 unités de chaleur pour produire une unité d?électricité dans une centrale nucléaire, le solde constituant les pertes calorifiques liées à cette transformation. Après avoir nettement diminué en 2022, la production nucléaire rebondit en 2023 (+ 14,7 %) en raison du redémarrage de plusieurs réacteurs affectés par le phénomène de corrosion sous contrainte. La détection de ce phénomène affectant les circuits auxiliaires de refroidissement de la centrale de Civaux en fin d?année 2021 a en effet conduit à l?arrêt non prévu et prolongé de plusieurs réacteurs pour contrôle approfondi et réparations. Ces opérations ont été réalisées pour l?essentiel en 2022 et 2023 et se poursuivent, pour une part résiduelle, jusqu?en 2025. Malgré son rebond en 2023, la production nucléaire demeure inférieure à son niveau de 2021 et même de 2020, année durant laquelle le calendrier des opérations de maintenance avait pourtant été très perturbé par la crise sanitaire. En moyenne, les centrales ont été disponibles à hauteur de 67,3 % de leur capacité théorique en 2023 (figure 2.2.2.2). La disponibilité du parc nucléaire s?améliore nettement en 2023 par rapport à l?année précédente : les arrêts pour contrôler et traiter le phénomène de corrosion sous contrainte ont été moins nombreux et plus courts que l?année précédente, grâce notamment à l?optimisation des contrôles et au retour d?expérience des précédentes réparations. Les centrales ont été utilisées, lorsqu?elles étaient disponibles, à hauteur de 88,8 %. Les mouvements sociaux contre la réforme des retraites ont temporairement réduit la production nucléaire au printemps 2023. Figure 2.2.2.1 : production brute d?électricité des centrales nucléaires En TWh 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1978 2002 1972 1970 1980 2004 2008 1974 1988 1996 1998 1982 1990 2006 2010 2012 1976 2000 1984 1992 1986 1994 2016 2014 2018 2020 2023 Source :EDF Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 47 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.2.2 : disponibilité et utilisation du parc nucléaire Coefficients exprimés en % 2019 2020 2021 2022 2023 Coefficient de disponibilité Kd 74,0 71,9 72,9 58,1 67,3 Coefficient d?utilisation Ku 92,7 85,7 92,2 89,6 88,8 Note:lecoefficientKdestcalculésurlabasedesindisponibilitésduesauxarrêtsfortuits,auxarrêtspourentretienourechargementetauxprolongationsd?arrêt. Àladifférencedel?indicateurEnergy Availibility Factorpubliéparl?Agenceinternationaledel?énergieatomique(AIEA),ilnetientenrevanchepascomptedes indisponibilitésduesàdescausesenvironnementales,auxmouvementssociauxouauxattentesd?autorisationdesautorités.LecoefficientKureflètel?optimisation delaproductionettientcomptedescontraintesenvironnementales,règlementairesetsociales. Source :EDF,documentd?enregistrementuniversel. 2.2.3 ÉNERGIES RENOUVELABLES ET VALORISATION DES DÉCHETS La production primaire d?énergie issue de ressources renouvelables s?établit à 366 TWh en 2023, en augmentation de 9,8 % par rapport à 2022 (figures 2.2.3.1 et 2.2.3.2). Cette augmentation est portée par la filière hydraulique (+ 24,5 %), du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par la filière éolienne (+ 32,1 %), du fait du développement du parc et de conditions de vent favorables. De manière générale, la production augmente pour toutes les filières, à l?exception des biocarburants dont la production diminue de 2,7 %. Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans l?industrie papetière) demeure la première énergie renouvelable produite en France (32 % de la production nationale d?énergie renouvelable). Viennent ensuite l?électricité hydraulique (15 %), les pompes à chaleur (14 %), l?éolien (14 %), les biocarburants (6 %), le solaire photovoltaïque (6 %), le biogaz (6 %), la valorisation des déchets renouvelables (4 %), la valorisation des résidus de l?agriculture et de l?industrie agroalimentaire (1 %), la géothermie (1 %), le solaire thermique et les énergies marines (moins de 1 % pour chacune de ces deux filières). En incluant par ailleurs les 20 TWh d?énergie produite à partir de la valorisation des déchets non renouvelables (cf. infra), la production primaire d?énergie issue de ressources renouvelables ou de déchets s?élève à 386 TWh en 2023. Figure 2.2.3.1 : part de chaque filière dans la production primaire d?énergies renouvelables en 2023 (366 TWh) En % Bois-énergie* Hydraulique (hors pompages) Pompes à chaleur Éolien Biocarburants Solaire photovoltaïque Biogaz Déchets renouvelables Résidus de l?agriculture et des IAA** Géothermie Solaire thermique Énergies marines 0 32 6 15 14 14 6 6 4 111 *Ycomprisliqueurnoire. **Industriesagroalimentaires. Source :SDES,Bilandel?énergie 48 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.3.2 : évolution de la production primaire d?énergies renouvelables En TWh Bois-énergie* Biogaz Solaire thermique et géothermie Hydraulique (hors pompages) Solaire photovoltaïque Résidus de l?agriculture et des IAA** Éolien Biocarburants Énergies marines Pompes à chaleur Déchets renouvelables 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2023 2020 1994 *Ycomprisliqueurnoire. **Industriesagroalimentaires. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Les énergies renouvelables électriques correspondent aux filières renouvelables de production primaire d?électricité (129 TWh en 2023). Par convention, la production primaire de ces filières est égale à leur production d?électricité. Elles regroupent l?hydraulique (hors stations de transfert d?énergie par pompage), l?éolien, le solaire photovoltaïque et les énergies marines. Hydraulique (hors pompages) La production hydraulique dépend fortement du débit des cours d?eau et du niveau des réservoirs et, par conséquent, de la pluviométrie contemporaine et passée. L?essentiel de la production provient de grandes installations, situées le long du Rhin et du Rhône ainsi que dans les zones montagneuses. Après une forte baisse en 2022 en raison de la sécheresse, la production hydraulique augmente en 2023 (+ 24,5 %) et atteint 57 TWh, ce qui est très proche de la moyenne de production (58 TWh de 2011 à 2022). La puissance installée du parc reste, quant à elle, quasiment constante depuis plusieurs années. Énergies marines Les énergies marines regroupent les différentes filières de production d?électricité tirant parti de l?énergie mécanique issue des mouvements de l?eau créée par les marées (énergie marémotrice), les vagues (énergie houlomotrice) et les courants marins (énergie hydrolienne). L?usine marémotrice de la Rance, construite dans les années 60, est, à ce jour, la principale unité de production en service commercial exploitant l?énergie issue du milieu marin en France. D?une capacité électrique de 240 MW, sa production (hors pompages) s?élève à 0,5 TWh depuis 2014. Éolien En 2023, la capacité installée sur le territoire continue d?augmenter (+ 11 %) avec la mise en service de deux nouveaux parcs en mer, l?un à Fécamp et l?autre à Saint-Brieuc (en plus de Saint-Nazaire en 2022). La production augmente encore davantage (+ 32 % entre 2022 et 2023) en raison de conditions de vent favorables. Elle s?établit à 50 TWh en 2023, dont 1,9 TWh en mer. La filière éolienne connaît un développement particulièrement rapide ces dernières années avec une augmentation de la puissance installée de 71 % depuis 2017, pour atteindre 23 GW en 2023, dont 1,5 GW d?éolien en mer. Solaire photovoltaïque La filière solaire photovoltaïque s?est développée particulièrement rapidement au cours de la décennie : la capacité installée sur le territoire, qui était inférieure à 9 GW en 2017, a plus que doublé et atteint 20 GW en 2023 (+ 15 % sur un an). Soutenue par la croissance du parc, la production progresse de 11,2 % par rapport à 2022, pour atteindre 21,8 TWh, alors que l?ensoleillement a été un peu moins généreux en 2023 qu?en 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 49 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les énergies renouvelables thermiques et les déchets (257 TWh en 2023) regroupent les filières pour lesquelles l?énergie est produite sous forme de chaleur, avant d?être éventuellement convertie sous une autre forme (en électricité ou en force motrice notamment) - (figure 2.2.3.3). On distingue les filières de production d?énergie par combustion de celles de production primaire de chaleur. Les premières regroupent d?une part la biomasse, qu?elle soit solide (bois-énergie, résidus agricoles et agroalimentaires), liquide (biocarburants) ou gazeuse (biogaz), d?autre part les déchets incinérés (urbains et industriels). Les secondes regroupent la géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur. Biomasse solide En 2023, la production d?énergie primaire issue de biomasse solide augmente de 0,8 % (123 TWh). Néanmoins, cette légère augmentation ne permet pas d?atteindre le niveau de production de la seconde moitié des années 2010. Le bois-énergie constitue plus de 96 % de la biomasse et est consacré à 58 % à l?usage résidentiel (cf. 4.5). Malgré une hausse de 0,4 % en 2023, liée à des températures légèrement plus froides, la consommation résidentielle est tendanciellement orientée à la baisse depuis 2010. La consommation par ménage diminue en effet régulièrement grâce à la performance croissante des appareils de chauffage au bois. À l?inverse, dans le secteur de la transformation d?énergie, la consommation de biomasse progresse continuellement depuis 2005 (+ 1,6 % par rapport à 2022) ; elle est en effet de plus en plus utilisée dans les installations de cogénération et de production de chaleur. Biogaz Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone produit par digestion anaérobie de matières organiques. La filière biogaz peut être décomposée en trois grandes sous-filières, segmentées selon l?origine des intrants : le biogaz issu de la méthanisation de déchets organiques ou végétaux bruts, le biogaz fabriqué à partir de boues de stations d?épuration des eaux usées (STEP) et le biogaz issu d?installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND). En 2023, la production primaire de biogaz s?élève à 22 TWh, en augmentation par rapport à 2022 (+ 16,4 %). Cette évolution s?inscrit dans une tendance continue à la hausse, amorcée en 2011. De 2011 à 2023, la production primaire de biogaz a en effet été multipliée par 4,2. 33 % de la production de biogaz (7,2 TWh) est valorisée pour produire de l?électricité. La puissance des installations raccordées au réseau électrique représente 0,6 GW en fin d?année 2023, en augmentation de 1,9 % par rapport à 2022. Par ailleurs, 30 % de la production de biogaz est dédiée à la production de chaleur (6,5 TWh). Enfin, l?épuration de biogaz en biométhane, afin d?être ensuite injecté dans les réseaux de gaz naturel, constitue un débouché en forte croissance depuis quelques années. Ce mode de valorisation concerne en effet plus de 37 % de la production totale de biogaz en 2023, soit 8,2 TWh, en progression de 31 % par rapport à 2022 (cf. 3.2). Biocarburants et autres bioliquides La biomasse liquide, aussi appelée biocarburants ou bioliquides, est utilisée essentiellement pour la force motrice des véhicules (y compris les véhicules de chantier, agricoles, etc.). La France produit principalement du biodiesel (66,7 %) mais également des bioessences (32,9 %) et un peu de biokérosène (0,4 %). En 2023, la production nationale de biocarburants s?élève à 21 TWh, en baisse de 2,7 % par rapport à 2022. La production de biodiesel baisse en particulier de 4 % dans un contexte de hausse des coûts de production. La production de bioessences reste stable. Encouragée par une fiscalité incitative à l?incorporation de biocarburants, la production a connu une forte croissance au cours des années 2000, passant de 4 TWh en 2000 à 26 TWh en 2010. Depuis, la production a stagné, voire diminué, malgré la hausse progressive des objectifs d?incorporation. Déchets La production d?énergie primaire à partir de l?ensemble des déchets diminue de 9 % en 2023, pour s?établir à 33 TWh. 50 % de cette production est valorisée sous forme de chaleur. Seule la partie biodégradable des déchets est considérée comme relevant des énergies renouvelables. Par convention internationale, cette part est fixée à la moitié des déchets ménagers, soit 13,5 TWh en 2023. Les déchets non renouvelables recouvrent l?autre moitié des déchets ménagers ainsi que les déchets industriels ; ils s?élèvent à 19,5 TWh en 2023. 50 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.3.3 : les différents types de valorisation de la biomasse et des déchets en 2023 0,2 Biomasse solide pour production électrique Biomasse solide pour production de charbon de bois Biomasse solide pour production de chaleur Déchets pour production électrique Déchets pour production de chaleur Biogaz pour production électrique Biogaz pour production de chaleur Biogaz pour injection dans le réseau de gaz Biocarburants pour le transport Biocarburants utilisés par les engins agricoles et de chantier Bioliquides pour la production d?électricité et de chaleur En % 11 1 88 37 34 29 50 50 92 8 Biomasse solide Biogaz Déchets Bioliquides Note:laproductiondechaleurs?entendiciausenslargedeproductionayantunusagefinalsousformedechaleuretnonpasseulement,commedansla partie3.5,deproductiondechaleurcommercialisée. Source :SDES,Bilandel?énergie Solaire thermique La production du parc des installations solaires thermiques est de 2,8 TWh en 2023, en hausse de 3,7 % sur un an. 43 % de cette production est réalisée dans les DROM en raison du fort ensoleillement de ces territoires, propice à l?installation de chauffe-eaux solaires. Le développement de la filière, très dynamique jusqu?au début des années 2010, a depuis ralenti. En métropole, ce sont essentiellement des projets de « grandes surfaces » solaires thermiques qui ont permis le développement de la filière ces dernières années, même si les installations individuelles sont de plus en plus demandées par les particuliers. Le marché du solaire hybride, combinant des panneaux solaires photovoltaïques avec du solaire thermique, s?est fortement développé entre 2015 et 2018 mais reste de niche depuis la fin du soutien de la filière par les aides à la rénovation énergétique. Géothermie De manière générale, la géothermie vise à exploiter l?énergie thermique contenue dans le sous-sol. La chaleur géothermique produite à partir de pompes à chaleur (dite de « très basse énergie ») est toutefois comptabilisée à part (cf. rubrique suivante). La production primaire géothermique s?élève à 5,3 TWh en 2023, en augmentation de 4 % sur un an. La géothermie dite de « basse énergie » exploite des aquifères d?une profondeur de plusieurs centaines de mètres (entre 30 °C et 90 °C) à des fins de production de chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire). Elle est généralement mobilisée comme source de production par les réseaux de chaleur en raison du montant élevé des investissements nécessaires. Ces réseaux, dont la plupart sont situés en Île-de-France, alimentent principalement des bâtiments à usage résidentiel ou tertiaire. La géothermie de « basse énergie » est également exploitée par quelques installations isolées, telles des piscines, des serres ou encore des bassins de pisciculture. La production primaire de cette filière s?élève à 4,1 TWh en 2023. À l?inverse, la géothermie dite de « haute énergie » (ou « haute température ») est principalement utilisée pour produire de l?électricité. Elle exploite des aquifères ou des gisements rocheux situés entre 1 500 et 5 000 mètres de profondeur, atteignant une température supérieure à 150 °C. Elle concerne un site en métropole, à Soultz-sous-Forêts (Alsace), et un autre à Bouillante, en Guadeloupe. Les sites exploitant cette technologie ont produit 0,12 TWh d?électricité en 2023. Leur production primaire, valant par convention dix fois la production d?électricité, atteint 1,2 TWh en 2023. Pompes à chaleur Les pompes à chaleur (PAC) produisent de la chaleur en puisant des calories dans le sol ou les eaux souterraines (géothermie dite de « très basse énergie », températures inférieures à 30 °C) ou dans l?air (aérothermie). Seule la chaleur renouvelable estimée à partir de la puissance et de la performance des équipements est retracée en production primaire d?énergie pour ne pas comptabiliser l?électricité utile au fonctionnement de ces équipements. Le parc de pompes à chaleur installées en France continue de croître en 2023 (+ 9,4 %). Son développement est notamment stimulé par les aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov et certificats d?économie d?énergie notamment). La production de chaleur renouvelable à partir de pompes à chaleur s?établit à 50 TWh en 2023, en augmentation de 11,4 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 51 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 2.3.1 PÉTROLE BRUT ET RAFFINÉ Commerce extérieur de pétrole brut L?activité de raffinage, qui utilise la quasi-totalité de pétrole brut importé ou produit pour une quantité marginale sur le territoire, continue de progresser en 2023 (cf. 3.1). Les importations de pétrole brut augmentent ainsi par rapport à 2022, à 46,5 Mtep (+ 10,7 %, figure 2.3.1.1). Après avoir chuté en 2020 en raison de la crise sanitaire, elles progressent depuis 2021 avec le redémarrage des installations, la crise énergétique et l?embargo sur le pétrole russe. En effet, les menaces sur l?approvisionnement puis l?embargo sur les produits pétroliers raffinés russes, et en particulier le gazole, ont stimulé l?activité des sites de raffinage pour répondre à la demande intérieure. Malgré ce regain, l?activité de raffinage en France est nettement moindre qu?il y a une quinzaine d?années. Les importations de pétrole brut ont ainsi baissé de 45 % depuis 2008 et de 21 % depuis 2012. La facture correspondante de la France s?établit à 27,3 Md¤ en 2023 (cf. 1.2). Elle recule de 18,0 %, mais reste au-dessus de son niveau de 2019 (24,1 Md¤2023). Elle avait quasiment doublé en 2022, en raison principalement du renchérissement marqué des produits lié à la guerre en Ukraine, et avait atteint sa valeur la plus haute depuis la baisse mondiale des prix pétroliers en 2014. Figure 2.3.1.1 : importations de pétrole brut* 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Importations 49,7 24 120 33,9 10 749 34,7 17 106 42,1 33 246 46,5 27 266 *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà distiller. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, la France achète plus de la moitié de son pétrole brut auprès des membres de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avec 53,7 %, contre 48,5 % en 2022 (figure 2.3.1.2). Les États-Unis restent le premier fournisseur de la France avec 7,8 Mtep, soit 16,7 % du total. Ils devancent ainsi le Nigeria, puis le Kazakhstan, qui représentent chacun 12 % du total. Les importations depuis la Russie, en troisième position en 2019 (2,2 Mtep), ont cessé en 2023. En effet, un embargo sur le pétrole brut russe importé par voie maritime est entré en vigueur le 5 décembre 2022. Globalement, la part de l?Europe orientale dans les importations de pétrole brut diminue nettement : - 6 points en un an et - 17 points par rapport à 2019. Celle de la mer du Nord baisse également (- 2 points). À l?inverse, la part des importations en provenance d?Afrique (+ 3 points), du Moyen-Orient (+ 2 points) et d?Amérique du Nord (+ 2 points) progresse. 52 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.1.2 : origine des importations de pétrole brut* En Mtep 1973 1979 1990 2000 2010 2019 2020 2021 2022 2023 En % En % Grandes zones Moyen-Orient 98,5 71,4 96,6 32,4 32,3 11,4 10,4 5,3 5,1 6,4 8,0 17,2 Afrique du Nord 18,7 13,5 9,7 7,3 6,4 12,4 8,6 4,4 7,5 6,3 8,6 18,4 Afrique subsaharienne 15,3 11,1 11,2 14,1 7,7 8,7 8,0 5,9 5,4 8,9 9,6 20,6 Mer du Nord** 0,2 0,1 4,3 10,7 32,6 10,9 3,8 4,4 3,6 4,6 4,3 9,3 Europe orientale*** 3,4 2,5 5,1 6,4 8,2 21,5 14,6 8,9 7,9 8,1 5,9 12,8 Amérique du Nord - - - 2,5 - - 3,8 4,3 4,9 6,6 8,1 17,3 Autres 1,8 1,3 1,7 1,6 0,3 0,9 0,6 0,7 0,4 1,1 2,1 4,5 Total 137,9 100,0 128,6 75,0 87,6 65,7 49,7 33,9 34,7 42,1 46,5 100,0 dontOpep**** 130,5 94,7 114,3 43,9 40,7 28,2 25,8 14,3 17,3 20,4 25,0 53,7 OpephorsIrak 111,5 80,8 91,1 40,8 33,4 25,7 23,0 13,3 14,9 18,1 21,5 46,1 Principaux fournisseurs États-Unis - - - 3,8 4,3 4,5 6,2 7,8 16,7 Nigeria 12,9 9,3 9,8 3,2 4,9 2,9 6,1 3,3 4,0 4,2 5,8 12,4 Kazakhstan - - - - 2,1 7,0 6,9 5,5 4,6 5,7 5,6 12,0 Algérie 11,3 8,2 5,2 3,1 3,5 0,9 5,8 3,5 4,0 3,7 4,5 9,6 Libye 6,6 4,8 4,1 3,0 2,5 10,5 2,6 0,9 3,4 2,6 4,1 8,7 Irak 19,1 13,8 23,2 3,1 7,4 2,4 2,8 1,0 2,4 2,3 3,5 7,6 Arabie saoudite 30,8 22,4 45,3 15,5 15,6 6,1 7,4 4,0 2,7 3,4 3,5 7,5 Norvège 0,2 0,1 1,6 6,0 21,6 7,2 3,2 3,6 2,4 3,4 3,4 7,2 Angola - - - 2,8 1,9 3,5 0,9 1,4 0,4 3,0 2,2 4,8 Brésil - - - - 0,1 0,7 0,4 0,3 0,1 0,8 1,0 2,2 Royaume-Uni - - 2,7 4,8 10,1 3,4 0,6 0,8 1,2 1,2 1,0 2,1 Azerbaïdjan - - - - 0,6 3,2 1,4 0,5 0,2 0,2 0,4 0,8 Guinée équatoriale - - - - - 0,6 - - 0,3 0,3 0,2 0,4 Ghana - - - - - - 0,4 0,1 - - 0,1 0,3 Russie - - - - 5,1 11,3 6,3 3,0 3,1 2,2 - - Iran 11,1 8,0 8,0 9,2 5,3 1,8 - - - - - - Congo 1,0 0,7 - 0,9 0,0 1,3 - - - - - - Mexique - - - 2,5 - - - - - - - - *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller. **Danemark,Norvège,Pays-BasetRoyaume-Uni. ***Azerbaïdjan,Géorgie,Kazakhstan,Russie,Turkménistan,Ukraine. ****Opep:en2023:Algérie,Angola,Arabiesaoudite,Congo,Émiratsarabesunis,Gabon,Guinéeéquatoriale,Irak,Iran,Koweït,Libye,Nigeria,Venezuela. Note:lepétroleestclassédanscetableauselonlepaysoùilaétéextrait.Jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine. Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs Commerce extérieur de produits raffinés Les importations de produits raffinés reculent fortement pour la deuxième année consécutive (- 8,1 %, après - 9,9 % en 2022), pour s?établir à 38,0 Mtep en 2023, en lien avec la croissance de l?activité de raffinage (figure 2.3.1.3). La hausse de l?activité de raffinage entraîne une augmentation des exportations en 2023 (+ 6,1 % par rapport à 2022), à 14,7 Mtep. Les quantités exportées demeurent toutefois très inférieures à leur niveau de 2019 (- 15,7 % sur quatre ans). Ainsi, le solde importateur de la France en produits raffinés se réduit, à 23,3 Mtep, le niveau le plus faible enregistré depuis 2018. Après son record historique de 2022 dû à la très forte hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés, la valeur monétaire des importations de produits raffinés s?élève à 29,3 Md¤ en 2023. Elle diminue de 28,7 %. En euros constants, elle reste supérieure de 6,9 % à son niveau de 2019. La valeur des exportations s?est aussi nettement réduite, à 12,7 Md¤ (- 15,2 % en un an et + 5,0 % par rapport à 2019 en euros constants). Ainsi, les échanges extérieurs de produits raffinés contribuent à hauteur de 16,6 Md¤ au déficit commercial de la France, contre 26,1 Md¤ en 2022. La facture s?est fortement allégée en 2023 (- 36,4 %) sous l?effet de la baisse des prix. Elle reste néanmoins supérieure à celle de 2019 (+ 1,3 Md¤, soit + 8,4 %). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 53 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.1.3 : solde importateur des produits raffinés 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Importations 45,6 27 408 43,7 18 035 45,8 26 272 41,3 41 078 38,0 29 298 Gazole routier 20,1 12 602 20,0 8 137 21,1 11 516 19,4 20 109 17,1 13 400 Fioul domestique et autres gazoles 4,6 2 724 4,9 1 909 3,9 2 057 2,6 2 589 3,0 2 344 Supercarburants* 1,6 1 021 1,4 637 2,7 1 716 3,1 3 256 2,7 2 191 Jet kérosène 6,2 3 906 4,1 1 590 5,1 2 882 5,7 6 124 5,7 4 611 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 3,7 1 316 3,3 1 048 3,6 1 745 3,4 1 994 3,2 1 447 Fioul lourd 2,8 1 351 1,9 718 1,5 728 1,6 1 113 1,3 848 Produits non énergétiques** 5,3 3 286 6,7 2 992 6,7 4 461 4,4 4 396 3,8 3 304 Autres*** 1,4 1 202 1,1 1 005 1,4 1 168 1,1 1 497 1,1 1 154 Exportations 17,4 12 096 12,8 7 393 12,6 10 108 13,8 14 973 14,7 12 702 Gazole routier 0,3 247 0,4 307 0,6 587 0,6 1 009 0,8 899 Fioul domestique et autres gazoles 2,3 1 246 1,2 426 0,9 497 0,8 787 1,3 909 Supercarburants* 2,8 1 575 2,3 774 2,2 1 286 1,8 1 590 1,6 1 139 Jet kérosène 1,8 1 066 1,5 538 1,7 945 1,1 1 419 1,2 1 023 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1,0 472 1,0 372 1,0 574 1,2 832 0,9 491 Fioul lourd 3,7 1 544 2,5 706 2,6 1 147 3,5 2 312 3,4 1 705 Produits non énergétiques** 4,6 3 508 2,9 2 169 2,5 2 766 3,7 4 287 4,6 4 290 Autres*** 1,0 2 440 1,1 2 101 1,0 2 305 1,1 2 739 0,8 2 246 Solde importateur 28,2 15 311 30,9 10 642 33,2 16 164 27,5 26 104 23,3 16 596 Gazole routier 19,8 12 355 19,7 7 831 20,4 10 928 18,8 19 100 16,3 12 501 Fioul domestique et autres gazoles 2,4 1 479 3,7 1 483 3,0 1 559 1,9 1 802 1,7 1 435 Supercarburants* - 1,2 - 554 - 0,9 - 137 0,5 430 1,3 1 667 1,1 1 052 Jet kérosène 4,4 2 840 2,6 1 052 3,4 1 937 4,5 4 706 4,5 3 588 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 2,7 845 2,4 676 2,6 1 171 2,2 1 162 2,4 956 Fioul lourd - 0,9 - 193 - 0,6 12 - 1,1 - 419 - 1,9 - 1 199 - 2,1 - 857 Produits non énergétiques** 0,7 - 222 3,9 823 4,1 1 695 0,7 109 - 0,9 - 987 Autres*** 0,4 - 1 238 0,1 - 1 097 0,4 - 1 137 0,0 - 1 242 0,3 - 1 092 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres. Note:lesvaleursmonétairessontdonnéescoût,assuranceetfretinclus(CAF)pourlesimportations,etfrancoàbord(FAB)pourlesexportations. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI La France achète principalement du gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier, ce dernier produit étant utilisé pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole routier, excepté sa coloration. Les importations de ce produit, déduction faite des volumes exportés, représentent 16,3 Mtep en 2023, pour une dépense nette correspondante de 12,5 Md¤. La France est également importatrice nette de kérosène (4,5 Mtep), de gaz de pétrole liquéfié (GPL, 2,4 Mtep), de fioul domestique et autres gazoles (1,7 Mtep) et, depuis 2021, de supercarburants (1,1 Mtep). À l?inverse, elle est devenue depuis quelques années exportatrice nette de fioul lourd car la demande intérieure pour ce produit décline régulièrement. Ce combustible permet d?alléger sa facture de 0,9 Md¤. Les évolutions par produit sont assez contrastées : les importations de gazole et de naphta chutent de 11,7 %, celles de GPL de 5,0 %. Les achats de supercarburants reculent de 14 % pour revenir à leur niveau de 2021 (2,7 Mtep), tandis que ceux de fioul lourd se replient de 17 %, à 1,3 Mtep. Les achats de carburéacteurs augmentent légèrement, de 0,6 % sur un an, sans toutefois retrouver leur niveau de 2019 (- 8,2 %). À l?inverse, les livraisons de fioul domestique et autres gazoles progressent fortement, à 3,0 Mtep (+ 14,9 %). En 2023, la part de la Russie dans les importations de produits pétroliers raffinés (16 % en 2022) est devenue quasi nulle (figure 2.3.1.4) en application des sanctions économiques liées à la guerre en Ukraine. Ainsi, la répartition des provenances géographiques des produits pétroliers est nettement modifiée en 2023. Les produits raffinés importés par la France proviennent pour près de la moitié d?Europe (47 %, soit 10 points de plus qu?en 2022). Les parts de l?Arabie saoudite (11 %) et des États-Unis (8 %) sont stables. 54 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Le gazole routier provient en 2023 pour 43 % d?Europe (+ 16 points). La Russie, premier fournisseur de ce produit en 2022, avec 6,2 Mtep, soit 32 % du marché, ne représente plus que 0,3 % des importations. Le Moyen-Orient fournit 38 % du total (+ 9 points), dont 22 % depuis l?Arabie saoudite, tandis que l?Inde en représente 7 %. Depuis plusieurs années, le kérosène est acheminé en grande partie depuis le Moyen-Orient, avec 40 % des importations en 2023, comme en 2022. 18 % proviennent d?Inde alors que 10 % proviennent d?Europe. Le GPL est, quant à lui, importé principalement des États-Unis (1,2 Mtep, 38 %), d?Algérie (30 %), du Royaume-Uni (16 %) et de Norvège (9 %). L?essentiel des quantités de supercarburants importées provient d?Europe (85 % en 2023). Enfin, le naphta est d?abord livré depuis l?Europe (50 % du total), puis d?Algérie (33 %, + 22 points sur un an) et des États-Unis (8 %). Figure 2.3.1.4 : importations de produits pétroliers raffinés par pays de 2019 à 2023 En Mtep Europe Russie Arabie saoudite États-Unis Algérie Autres 50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2019 2021 2022 20232020 3,5 3,7 2,6 3,0 3,1 5,4 3,8 4,1 4,6 4,26,0 7,4 8,7 6,8 0,1 18,0 18,7 19,3 15,4 17,7 2,1 2,5 2,1 1,5 1,7 10,6 7,5 9,1 10,0 11,2 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Les exportations continuent de croître à un rythme soutenu en 2023 (+ 6,1 %, après + 9,9 % en 2022). Leur dynamisme s?explique surtout par les ventes de naphta (+ 36,8 %, à 3,2 Mtep). Les livraisons de gazole et de fioul domestique ont également fortement augmenté (+ 56,8 %, à 2,2 Mtep). Les exportations de kérosène ont crû de 6,0 %, à 1,2 Mtep. À l?inverse, les ventes de supercarburants continuent de chuter en 2023 (- 13,0 %, après - 17,7 % en 2022). Les exportations de GPL passent de 1,2 Mtep en 2022 à 0,9 Mtep en 2023 (- 28,2 %). Celles de fioul lourd, revenues en 2022 à leur niveau de 2019, se replient aussi en 2023 mais à un rythme moins élevé (- 2,7 %). Près des trois quarts des exportations françaises de produits raffinés sont à destination de l?Europe en 2023. Le fioul lourd en particulier est acheminé pour l?essentiel dans l?Union européenne (76 %). C?est également le cas du naphta (79 % vers l?Europe et 19 % vers les États-Unis). Les produits livrés vers les États-Unis représentent 9 % des quantités exportées en 2023 (7 % en 2022). En particulier, 41 % des quantités de supercarburants y sont exportées. Stocks pétroliers Entre fin 2022 et fin 2023, les stocks français de pétrole brut et d?autres intrants du raffinage augmentent de 0,2 Mtep, pour s?établir à 7,2 Mtep en fin d?année (6,4 Mtep de pétrole brut et 0,8 Mtep de charges de raffinage). Les stocks de produits raffinés diminuent légèrement en 2023, à 12,7 Mtep (- 1,8 %, - 7,7 % sur quatre ans). L?essentiel de ces stocks correspond aux obligations de stockage stratégique de produits pétroliers devant couvrir au minimum 90 jours d?importations nettes. 2.3.2 GAZ NATUREL Les importations de gaz naturel arrivent en France métropolitaine essentiellement sous forme gazeuse par un réseau de gazoducs, terrestres ou sous-marins, ou sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier. Les importations, hors transit via gazoduc, de gaz naturel sur le territoire s?élèvent à 532 TWh PCS en 2023, un niveau comparable à celui de 2021 et en diminution de 17 % par rapport à 2022 (figure 2.3.2.1). La baisse des prix (cf. 1.3.1) entraîne une forte diminution du coût des importations, qui s?établit à 36,3 Md¤ en 2023 (- 40,9 % en euros constants par rapport à 2022). En raison de la modération de la demande de gaz naturel en 2023 et du haut remplissage des stocks en début d?année, les importations de gaz naturel reculent en 2023. Les importations par gazoduc diminuent ainsi de 18,2 %, à 217 TWh. Elles sont réalisées aux points d?interconnexion du réseau (PIR) de gazoducs de France métropolitaine avec les réseaux étrangers : Dunkerque depuis la Norvège (69 % des entrées brutes), Taisnières (L) depuis les Pays-Bas (10 %), Virtualys depuis la Belgique (7 %), Pirineos depuis l?Espagne (14 %) et autres (0,6 %). Les importations de GNL diminuent aussi nettement (- 16 %) et s?élèvent à 315 TWh en 2023. Le GNL regazéifié représente 59 % des entrées de gaz naturel, en hausse de 0,7 point par rapport à l?année précédente. Le terminal méthanier de Dunkerque réceptionne 39 % des importations de GNL, les deux terminaux de Fos- sur-Mer en reçoivent 32 % et celui de Montoir-de-Bretagne 27 %. Mis en fonction en octobre 2023, le terminal flottant du Havre réceptionne 1 % des importations de GNL en 2023. Enfin, outre les injections de GNL regazéifié dans le réseau depuis les terminaux méthaniers, du GNL est également directement acheminé par camion-citerne jusqu?à certains industriels ou des stations-service (il s?agit de GNL dit « porté » ou de détail). Les volumes correspondants sont relativement faibles et restent stables par rapport à 2022 (2,1 TWh). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 55 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les sorties du territoire, sous forme gazeuse, s?effectuent aux points d?interconnexion avec les réseaux des pays voisins, principalement suisse (PIR Oltingue et Jura), espagnol (PIR Pirineos) et belge (PIR Virtualys). Les exportations diminuent par rapport à l?année précédente (- 9,0 % en 2023), mais restent à un niveau historiquement élevé. En effet, les quantités entrées sous forme de GNL et regazéifiées sont comptabilisées en exportation lorsqu?elles sont destinées à un autre pays alors qu?elles seraient exclues des importations si elles transitaient par le réseau sous forme gazeuse (transit). Ce sont ainsi 156 TWh de gaz qui ont été réexportés en 2023, hors transit, pour une recette correspondante s?élevant à 10,0 Md¤. Le solde importateur de la France en gaz naturel, net des exportations, diminue de 19,6 % en 2023, pour atteindre 377 TWh. En lien avec la nette baisse des prix du gaz, la facture correspondante diminue fortement, de moitié, pour s?établir à 26,3 Md¤ en 2023. Figure 2.3.2.1 : solde importateur de gaz naturel 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Importations 612,2 11 803 521,0 6 704 521,8 17 775 639,5 61 379 532,4 36 281 Selon la forme de gaz Gaz sous forme gazeuse 376,5 7 423 324,2 4 105 337,2 12 215 265,3 27 554 217,0 21 051 GNL** regazéifié 233,6 4 342 194,8 2 573 182,4 5 498 371,8 33 609 313,3 15 126 GNL** porté 2,1 38 2,0 27 2,1 63 2,4 215 2,1 103 Selon le type de contrat Court terme 182,8 n.d. 149,6 n.d. 131,5 n.d. 215,5 n.d. 160,8 n.d. Moyen et long terme 429,4 n.d. 371,4 n.d. 390,2 n.d. 424,0 n.d. 371,7 n.d. Exportations 105,4 2 038 93,9 1 071 62,0 1 861 171,3 11 334 155,9 10 006 Solde échanges extérieurs 506,8 9 765 427,1 5 633 459,7 15 914 468,2 50 045 376,5 26 274 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. **GNL=gaznaturelliquéfié.Ilestsoitregazéifiépourêtreensuiteinjectédanslesréseauxdegaz,soitdirectementacheminéparcamion-citerneàdesindustriels oudesstations-service. n.d.=nondisponible. Note:lesdonnéesrelativesauximportationsetauxexportationsn?incluentpaslegaztransitantsurleterritoirenational.Letransitdegazgazeuxdéclarépar lesfournisseursaétéexcluconformémentauxconventionsinternationalespourlesdonnéesannuelles;lesimportationsetexportationsontétéréviséesàla baisse;lesoldeestinchangé.Parailleurs,lesimportationsdeGNLdiffèrentdesinjectionsdansleréseaudeGNLregazéifié,l?écartcorrespondantàlavariation desstocksdesterminauxméthaniers(-1,2TWhen2023). Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseursdegaz,DGDDI Les exportations de gaz russe à travers le gazoduc Nordstream ont été arrêtées dès août 2022. Cela a profondément modifié l?origine des importations depuis 2022 (figure 2.3.2.2). La Norvège est le principal fournisseur de la France en 2023 (33 % du total des importations), suivie par les États-Unis (26 %). Les autres pays fournisseurs sont la Russie (13 %), l?Algérie (9 %), les autres pays (8 %), les Pays-Bas (5 %), le Qatar (5 %) et le Nigeria (1 %). Pour 0,4 % des entrées brutes, correspondant essentiellement à du GNL vendu sur les marchés, l?origine du gaz est indéterminée. La France a nettement diversifié ses approvisionnements à travers l?augmentation des importations de GNL. Grâce à ces ports méthaniers, la France dispose d?un accès au marché mondial du GNL. La forte diminution des importations françaises de gaz naturel en 2023 est portée par la baisse des importations en provenance de la Norvège (- 15 %, - 4,9 points sur l?évolution des importations), de la Russie (- 26 %, - 3,9 points), des États-Unis (- 9 %, - 2,2 points), du Nigeria (- 63 %, - 1,3 point), d?Algérie (- 8 %, - 0,6 point) et des Pays-Bas (- 7 %, - 0,3 point). À l?inverse, les importations en provenance du Qatar progressent (+ 8 %, + 0,3 point). Signe d?une diversification accrue des approvisionnements, la part des achats auprès d?autres pays augmentent (+ 81 %, + 3,1 points sur l?évolution du solde global). La part relative du GNL pour lequel le lieu de production ne peut pas être tracé diminue très nettement pour devenir très faible (- 95 %, - 6,1 points). 56 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.2.2 : origine des importations de gaz naturel En TWh PCS* 700 600 500 400 300 200 100 0 Norvège Russie Pays-Bas Algérie Nigeria (yc swaps) Qatar États-Unis Autres pays Indéterminés 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 20201973 2023 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière Si l?approvisionnement français en gaz naturel est assuré, pour l?essentiel, par les importations, la gestion des stocks permet d?ajuster l?offre à la demande intérieure. Celle-ci varie fortement en cours d?année avec les besoins en chauffage (figure 2.3.2.3). En général, les stocks sont sollicités de novembre à mars, période communément appelée « hiver gazier », avant d?être progressivement reconstitués d?avril à octobre. Les stocks utiles s?élèvent à 121 TWh fin 2023, en baisse de 2 TWh par rapport à la fin 2022. Un remplissage complet des infrastructures de stockage de gaz naturel a été observé fin octobre 2023. Figure 2.3.2.3 : niveau des stocks utiles de gaz naturel (y compris GNL) en fin de mois En TWh PCS* Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 2018 2019 2020 2021 2022 2023 160 140 120 100 80 60 40 20 0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 57 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.2.4 : variations de stocks de gaz naturel 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Variations de stocks - 21,8 - 429,9 23,6 299,0 18,3 659,6 - 39,0 - 4 034,4 1,6 101,0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Note:lesvariationsdestockssontcomptéespositivementencasdedéstockage,négativementencasdestockage.Ladépenseassociéecorrespondà lavalorisationdelaquantitéphysiquedevariationdesstocks(+1,6TWhentrefindécembre2022etfindécembre2023)avecunprixdérivédesimportationsdeGNL. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière 2.3.3 CHARBON Tous produits confondus, les importations de charbon, nettes des (faibles) volumes exportés, s?élèvent à 52,1 TWh en 2023 (figure 2.3.3.1). Elles diminuent de 26 % par rapport à 2022 et de 39 % par rapport à 2019, et atteignent ainsi leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies. L?approvisionnement de la France en charbon primaire repose presque exclusivement sur ses importations, qui s?élèvent à 6,0 millions de tonnes (Mt), soit 46,5 TWh, en 2023. La majeure partie de ces importations vise à répondre aux besoins d?un nombre limité de consommateurs, notamment des établissements de la filière sidérurgique et des centrales électriques à charbon qui, dans un contexte de décarbonation de la production électrique, sont de moins en moins sollicitées. La France importe par ailleurs de faibles volumes de charbon dérivé. Il s?agit, pour l?essentiel, de coke venant compléter la production nationale destinée aux hauts- fourneaux et, dans une moindre mesure, de briquettes de lignite et de produits agglomérés. Les importations de coke ont de nouveau chuté en 2023, à 5,6 TWh. Elles avaient triplé en 2021 puis avaient peu diminué en 2022 afin de compenser la chute de production intérieure de coke due à la fermeture ou l?indisponibilité de fours à coke dans les usines sidérurgiques (cf. 3.3). La facture charbonnière de la France chute nettement (- 40 % en un an) du fait de la forte diminution des prix (cf. 1.4), et s?établit ainsi à 2,0 Md¤ en 2023. Si le charbon dérivé ne représente que 11 % des quantités importées, il pèse davantage dans la facture (18 %) en raison de prix bien plus élevés que ceux du charbon primaire. Figure 2.3.3.1 : solde importateur de produits charbonniers 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 84,8 1 855 59,3 937 72,2 1 497 70,7 3 270 52,1 1 962 Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613 Charbon dérivé 5,2 237 4,0 135 12,0 471 10,0 696 5,6 349 Exportations 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1 Charbon dérivé 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1 Solde importateur 84,7 1 854 59,2 934 72,1 1 496 70,6 3 267 52,1 1 961 Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613 Charbon dérivé 5,2 236 3,9 132 11,9 470 9,9 693 5,6 349 Note:conformémentàlaméthodologiedel?AIE,lesimportationsdecharbonprimairesontnettesdesréexportations. Source :SDES,Bilandel?énergie 58 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les principaux fournisseurs de charbon de la France demeurent les mêmes depuis plusieurs années (figure 2.3.3.2). L?Australie reste au premier rang en 2023, avec 20,4 TWh (2,6 Mt), suivie par les États-Unis (12,1 TWh). Les parts de ces pays ont augmenté respectivement de 8 % et 6 %. L?Afrique du Sud gagne de nouveau un rang en fournissant 6,2 TWh. Enfin, la Colombie produit 11 % du charbon livré en France, avec 5,7 TWh. Les importations depuis la Russie ont fortement diminué en 2022 en raison de l?embargo européen consécutif à l?invasion de l?Ukraine et sont devenues quasiment nulles en 2023. Elles s?élèvent à 0,12 TWh en 2023, contre 10,5 TWh en 2022 et 21,2 TWh en 2021. Figure 2.3.3.2 : origine des importations de charbon En Mt 35 30 25 20 15 10 5 0 1982 1996 2014 2008 1976 1990 1984 1998 1978 1992 2016 2010 1986 2000 1980 1994 1988 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Afrique du Sud Allemagne Australie Colombie États-Unis Russie Autres pays Note:l?Allemagnecomprendl?ex-RDAdepuis1991. Àpartirde2011,ils?agitdesimportationsnettesdesréexportationspourlecharbonprimaire. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source : SDES,Bilandel?énergie Fin 2023, les opérateurs ont globalement puisé dans les stocks de produits charbonniers, à hauteur de 0,2 TWh (figure 2.3.3.3). Le charbon est entreposé soit dans les ports où sont réceptionnées les importations, soit directement sur les principaux sites consommateurs : centrales électriques, sites sidérurgiques ou autres sites industriels (sucreries, papeteries...). La consommation des centrales électriques ayant diminué (cf. 4.4), l?autonomie correspondant à leurs stocks a augmenté par rapport à fin décembre 2022 (27 mois au rythme actuel annualisé de la consommation, soit 17 mois de plus qu?en 2022, et 13 mois de moins qu?en 2019). Figure 2.3.3.3 : variations de stocks de produits charbonniers 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Variations de stocks 0,4 - 11 2,3 25 7,9 113 - 2,7 - 148 0,2 - 16 Charbon primaire 0,7 3 2,4 33 7,8 109 - 2,1 - 110 0,6 4 Charbon dérivé - 0,3 - 13 - 0,2 - 8 0,1 5 - 0,7 - 38 - 0,4 - 19 Note:lavariationdesstocksphysiquesestpositiveencasdedéstockage,négativedanslecascontraire.Savalorisationmonétairepeutêtredesigneopposéen raisondeprixdifférenciésentreproduitsou,pourunmêmeproduit,entrepériodesdel?annéeoùlesstocksaugmententetpériodesoùceux-cidiminuent. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 59 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.3.4 BOIS-ÉNERGIE Exportatrice nette de bois-énergie jusqu?en 2015, la France enregistre depuis plusieurs années un déficit commercial pour ce combustible. Ainsi, en 2023, les achats français, nets des quantités exportées, ont augmenté de 35 % en volume (2,6 TWh), et de 11 % en valeur, après avoir doublé en 2022. Ils atteignent 250 M¤ en 2023 (figure 2.3.4.1). La France exporte en majorité du bois de chauffage (45 % des exportations en quantité) et des sciures et déchets de bois (43 % des exportations) - (figure 2.3.4.2). À l?inverse, elle importe majoritairement des granulés de bois (87 % des importations en quantité, soit 5 points de plus qu?en 2022). Ces derniers, du fait de leur pouvoir calorifique élevé et de leur facilité d?utilisation, sont vendus en général à des prix plus élevés que le bois de chauffage. Malgré une baisse générale des prix des combustibles bois-énergie en 2023, la forte croissance des importations de granulés creuse le solde importateur (cf. 1.5). Les échanges extérieurs de bois-énergie demeurent néanmoins très faibles au regard de la production intérieure. Les importations de bois-énergie représentent en effet 5 % de la consommation primaire de bois-énergie. Les exportations représentent, quant à elles, 3 % de la production primaire de bois-énergie. Figure 2.3.4.1 : échanges extérieurs de bois-énergie 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 2,7 141 2,7 124 3,9 168 4,4 315 5,3 325 Bois de chauffage 0,4 17 0,4 15 0,4 14 0,4 20 0,4 16 Sciures, déchets de bois et briquettes 0,5 16 0,4 15 0,4 17 0,4 24 0,3 21 Granulés 1,9 107 1,9 95 3,0 138 3,6 271 4,6 289 Exportations 2,3 61 1,9 45 2,1 57 2,5 91 2,7 75 Bois de chauffage 1,1 22 1,0 17 1,0 19 1,4 37 1,2 34 Sciures, déchets de bois et briquettes 0,7 7 0,5 5 0,6 9 0,7 18 1,2 16 Granulés 0,6 32 0,4 23 0,6 28 0,4 36 0,3 25 Solde importateur 0,5 80 0,7 79 1,7 111 1,9 225 2,6 250 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Figure 2.3.4.2 : échanges extérieurs de bois-énergie par combustible en 2023 En % des quantités échangées Bois de chauffage Sciures, déchets de bois et briquettes Granulés 45 43 12 Exportations Granulés Bois de chauffage Sciures, déchets de bois et briquettes 87 6 7 Importations Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Les pays frontaliers sont les principaux destinataires des exportations françaises de bois-énergie (figure 2.3.4.3), en particulier la Belgique qui, en 2023, totalise plus de la moitié des exportations. À l?inverse, les importations proviennent de pays plus éloignés : les importations en provenance de l?Amérique du Nord augmentent fortement depuis quelques années en raison du développement du commerce de granulés. En particulier, les importations en provenance des États-Unis, marginales jusqu?en 2020, doublent entre 2022 et 2023 et représentent le quart des importations totales de bois-énergie. 60 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.4.3 : échanges extérieurs de bois-énergie par pays en 2023 En % des quantités échangées Belgique Italie Espagne Luxembourg Suède Autres 53 12 11 7 5 12 États-Unis Belgique Allemagne Espagne Canada Autres 25 24 10 24 7 10 Exportations Importations Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI 2.3.5 BIOCARBURANTS La France est importatrice nette de biocarburants destinés à être incorporés au gazole (biodiesel) ou à l?essence (bioéthanol ou bioessences). Les achats français de biocarburants, nets des volumes exportés, augmentent de 12,5 % en 2023 (figure 2.3.5.1), pour s?élever à 20 TWh (soit près de la moitié des biocarburants consommés en France, hors biokérosène). Ce déficit des échanges extérieurs est très majoritairement imputable au biodiesel : les importations nettes équivalent à 31 % des quantités de bioessences et à 55 % des quantités de biodiesel consommées sur le territoire. La facture correspondante stagne en euros constants et s?élève à 3,2 Md¤ en 2023, après avoir fortement augmenté en 2022 du fait de la crise énergétique. L?origine des matières premières utilisées dans les biocarburants Dans le bilan de l?énergie, suivant les conventions statistiques internationales, les biocarburants sont considérés comme une ressource énergétique nationale dès lors que la transformation de matières premières est réalisée sur le sol national. On peut toutefois également s?intéresser au lieu de production des matières premières elles-mêmes : de ce point de vue, 49 % des volumes de biocarburants et 74 % des volumes de biodiesel essence consommés en France sont d?origine étrangère en 2023. Cette part reste stable par rapport à 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 61 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.5.1 : échanges extérieurs de biocarburants 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 24,0 2 073 16,9 1 298 21,7 2 594 23,5 4 251 24,3 3 727 Bioessences 2,3 232 2,1 203 3,0 350 3,9 687 3,8 668 Biodiesel 21,7 1 840 14,8 1 094 18,7 2 244 19,6 3 564 20,5 3 059 Exportations 8,2 788 7,1 713 6,6 905 6,0 1 088 4,6 575 Bioessences 1,5 173 1,4 169 0,8 136 0,8 153 0,8 110 Biodiesel 6,7 614 5,7 543 5,7 769 5,2 935 3,8 465 Solde importateur 15,8 1 285 9,8 585 15,2 1 689 17,5 3 163 19,6 3 152 Bioessences 0,8 59 0,7 34 2,1 214 3,1 534 3,0 558 Biodiesel 15,0 1 226 9,1 551 13,0 1 475 14,4 2 629 16,7 2 594 Note:lecommerceextérieurdebiodieselcouvredésormais,ensusdesestersméthyliquesd?acidegras(EMAG),lebiodieseldesynthèse.Lecommerceextérieur debioessencescouvredésormais,ensusdel?éthanol,lesbioessencesdesynthèse. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetDGEC Les pays frontaliers concentrent la plupart du commerce extérieur de biocarburants. S?agissant des esters méthyliques d?acides gras (EMAG), qui représentent 91 % des importations de biodiesel en volume, ils proviennent essentiellement de Belgique (45 %), des Pays-Bas (32 %) et d?Espagne (17 %). Quant aux exportations, elles sont majoritairement dirigées vers la Belgique (39 %), l?Espagne (24 %) et la Suède (17 %). Dans le cas de l?éthanol pur, qui représente 93 % des importations de bioessences en volume, soit 14 % des importations de biocarburants, il provient pour 29 % d?Espagne, pour 12 % du Brésil et pour 10 % des Pays-Bas. Les pays vers lesquels l?éthanol pur est exporté ne sont pas connus dans les déclarations de durabilité (cf. méthodologie) et ce produit n?est pas isolé dans les données de la DGDDI. 2.3.6 ÉLECTRICITÉ En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité après avoir enregistré un déficit en 2022, en raison de la moindre disponibilité des centrales nucléaires et du faible niveau de la production hydraulique dû à la sécheresse. Sur l?ensemble de l?année 2023, la France a importé 25 TWh et a exporté 76 TWh (figure 2.3.6.1), et enregistre donc un solde exportateur d?électricité de 50 TWh après un solde exportateur négatif de 15 TWh en 2022. Le solde des échanges extérieurs est positif à toutes les interconnexions frontalières (figure 2.3.6.2), sauf vis-à-vis de l?Espagne (- 1,6 TWh). Le solde vis-à-vis de la Grande- Bretagne, négatif en 2022, augmente de 23 TWh, pour atteindre 14 TWh en 2023. Le solde exportateur d?électricité progresse aussi nettement avec l?Allemagne (+ 15 TWh par rapport à 2022), la Belgique (+ 13 TWh) et, dans une moindre mesure, avec l?Italie (+ 5 TWh, à 18 TWh) et la Suisse (+ 3 TWh). Il était resté excédentaire en 2022 avec ces deux pays. Le solde vis-à-vis de l?Espagne est moins déficitaire qu?en 2022 : il progresse de 7 TWh en 2023. Les importations sont restées élevées au premier semestre à la frontière avec l?Espagne et ont nettement diminué au second semestre, en lien avec la hausse de la production intérieure. Les recettes tirées des exportations d?électricité s?élèvent en 2023 à 6,8 Md¤. Déduction faite des dépenses d?importation (2,9 Md¤), le solde net s?établit à 4,0 Md¤ et augmente de 12 Md¤ par rapport à l?année précédente en euros constants. Cette nette hausse s?explique par la croissance des exportations physiques d?électricité et la baisse des quantités importées, alors que les prix diminuent nettement. Figure 2.3.6.1 : échanges extérieurs d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 16 830 20 849 24 3 802 52 17 006 25 2 885 Exportations 73 3 115 65 2 135 69 6 709 37 9 192 76 6 847 Solde exportateur 58 2 285 45 1 286 45 2 906 - 15 - 7 814 50 3 961 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE,DGDDI,Emosson 62 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.6.2 : contribution au solde exportateur d?électricité 60 50 40 30 20 10 0 - 10 - 20 - 30 - 40 En TWh 2020 2021 2022 2023 Espagne Grande-Bretagne Belgique Allemagne Autres Italie 13 10 10 5 1 6 14 13 18 6 - 9 9 - 3 - 5 - 2 15 - 8 3 7 4 7 6 - 10 14 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE partie 3 Transformation, transport et distribution d?énergie ? Les pertes liées à la transformation, au transport et à la distribution d?énergie augmentent de 13,0 % en 2023 et s?élèvent à 909 TWh. Cette hausse s?explique essentiellement par l?augmentation de la production d?électricité des centrales nucléaires, à travers les pertes de chaleur induites. À l?inverse, la consommation des combustibles pour la production d?électricité et de chaleur diminue. La consommation de gaz dans les centrales électriques de cogénération et les réseaux de chaleur chute de 23,6 %. L?activité des raffineries reste dynamique en 2023 alors que celle de la filière fonte se replie nettement. Les achats en énergie de la branche énergie diminuent de 9 % en 2023, pour atteindre 41,6 Md¤. Ils sont composés à 76 % de pétrole brut utilisé dans les raffineries. 64 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 Le raffinage consiste à transformer le pétrole brut en différents produits finis, énergétiques (carburants, combustibles) ou non (lubrifiants, bitume et produits destinés à la pétrochimie entre autres). Le pétrole brut est, dans un premier temps, séparé par distillation en plusieurs coupes pétrolières, les plus lourdes pouvant, dans un deuxième temps, être craquées en molécules plus légères et mieux valorisables. Les produits ainsi obtenus font ensuite l?objet de procédés d?amélioration, visant notamment à en réduire la teneur en soufre ou, pour les supercarburants, à en augmenter l?indice d?octane. Les biocarburants produits ou importés en France sont incorporés en raffinerie ou en dépôt aux carburants non issus de biomasse. Les informations fournies ci-dessous portent sur les produits raffinés, biocarburants exclus. En 2023, la production nationale de produits raffinés, nette de la consommation propre des raffineries, s?élève à 46,1 Mtep (535,6 TWh), pour une consommation de matière première de 48,0 Mtep (figure 3.1.1). La production nette progresse de 10,7 % sur un an, après une hausse de 15,6 % en 2022. L?activité a été dynamique en dépit des mouvements sociaux et des blocages, notamment au printemps. Compte tenu des difficultés d?approvisionnements extérieurs, en particulier pour le gazole, les installations de raffinage ont été davantage sollicitées en 2023 après avoir redémarré en 2022. En 2021, la production nette du raffinage était restée atone, après une chute de plus d?un quart en 2020 en raison de la crise sanitaire. Certaines installations étaient restées fermées en 2021 pour maintenance et défaut de rentabilité. Les raffineurs ont dépensé 29,1 Md¤ en pétrole brut et autres charges de raffinage pour fournir des produits finis valorisés à 38,4 Md¤. En euros constants 2023, la valeur de cette production diminue de 17,3 % par rapport à 2022, en raison principalement de la baisse des prix (cf. 1.2). Elle reste très supérieure à celle de 2019 (+ 33,5 %). En 2023, les raffineries ont dégagé un excédent de 9,3 Md¤, soit 194 ¤ pour chaque tonne équivalent pétrole de produit à distiller utilisée, contre 245 ¤2023 l?année précédente et 48 ¤2023 en 2019. Après le record de 2022, ce solde a la deuxième plus haute valeur jamais observée depuis le début du calcul de cet indicateur en 2011. Figure 3.1.1 : consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage et production nette de produits finis des raffineries 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage 52,3 25 916 37,9 13 355 37,3 19 608 43,6 35 215 48,0 29 111 Production nette des raffineries 50,4 28 789 36,6 15 368 36,0 20 897 41,6 46 474 46,1 38 423 Solde - 2 872 - 2 012 - 1 289 - 11 259 - 9 312 Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Lerapportentrelesoldecalculéicietlaconsommationpeutprésenterdesécartsavec lamargederaffinagecalculéeetdiffuséeparlaDGEC,carcettedernières?appuienonsurdesdonnéesréellesmaissurunmodèlethéoriquederaffinerieen prenantencompteenoutreunensembleplusvastedecharges(dépensesdegaznaturelnotamment). Source :SDES,Bilandel?énergie Les raffineries françaises produisent principalement du gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier. Ce dernier produit est utilisé pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole routier, excepté sa coloration. Ces gazoles utilisés comme carburant représentent 36 % du total de la production en 2023. Les supercarburants comptent pour 19 %, les produits non énergétiques pour 16 % et le fioul lourd pour 13 % (figure 3.1.2). Le kérosène représente 7 % du total de la production nationale de produits raffinés, en augmentation depuis la reprise progressive du trafic aérien à la suite de la crise sanitaire. Enfin, la part du fioul domestique et autres gazoles est de 6 %, et celle du gaz de pétrole liquéfié de 2 %. La production de gazole, qui a augmenté de 13 % en un an, retrouve son niveau de 2019. À 3,4 Mtep, celle de jet kérosène progresse fortement par rapport à 2022 (+ 31 %, après + 133 % en 2022), en lien avec la croissance du trafic aérien international ; la production de kérosène s?établit à 85 % de son niveau de 2019. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 65 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.1.2 : production nette de produits finis des raffineries En Mtep 2018 2019 2020 2021 2022 2023 60 50 40 30 20 10 0 Gazole Fioul lourd GPL Supercarburants* Fioul domestique et autres gazoles Autres*** Produits non énergétiques** Jet kérosène 18,1 10,9 8,1 5,5 5,3 4,3 1,51,2 16,4 9,8 6,9 5,9 4,7 4,0 1,51,3 13,1 8,0 5,4 3,9 2,6 1,0 1,5 1,2 13,5 7,7 5,7 3,9 2,0 1,1 1,1 1,0 14,4 7,7 6,3 5,9 2,7 2,6 1,1 0,9 16,4 8,6 7,3 5,8 2,6 3,4 1,1 0,9 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autresproduits. Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Àpartirde2018,laquantitécorrespondantàdugazolepêcheestinclusedanslepostedu fiouldomestiqueetautresgazoles,commel?estcelledudieselmarineléger(DML),etnonplusdansceluidugazole.Celledegazolenonroutier,utilisédans l?agricultureetlaconstructionnotamment,estregroupéeaveclegazoleroutierdanslepostegazole,carils?agitdefaitdumêmeproduitsurleplanchimique. Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs Après la fermeture de plusieurs installations au début des années 2010, puis de celle de Grandpuits en 2021, il ne reste en France en 2023 plus que sept raffineries de pétrole brut (figure 3.1.3). Figure 3.1.3 : raffineries de pétrole brut en 2023 0 50 km Raffinerie Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Gonfreville- l?Orcher (TotalEnergies) Port Jérôme- Gravenchon (Esso) Donges (TotalEnergies) Feyzin (TotalEnergies) Fos-sur-Mer (Esso) Martigues-Lavéra (Petroineos) Lamentin (SARA) Source :DGEC 66 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 3.2.1 INJECTIONS DE BIOMÉTHANE Depuis 2012, du biométhane, obtenu par épuration de biogaz, est injecté dans les réseaux de gaz naturel (figure 3.2.1.1). Si les volumes concernés demeurent relativement faibles, ils progressent néanmoins rapidement avec le développement de la filière. En 2023, 9 136 GWh ont ainsi été injectés dans les réseaux, soit près d?un tiers de plus que l?année précédente, pour un montant estimé de 1 162,7 M¤. Par rapport à l?achat de gaz naturel, cela entraîne un surcoût pour les opérateurs (sous la forme d?une obligation d?achat) qui est compensé par l?État au titre des charges de service public de l?énergie. En 2023, cette compensation s?élève à 811 M¤. En fin d?année 2023, 652 installations d?une capacité d?injection de 11,8 TWh/an sont raccordées aux réseaux de gaz naturel, tandis que 580 projets supplémentaires, représentant une capacité de 13,0 TWh/an, sont en attente de raccordement. Figure 3.2.1.1 : injections de biométhane 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Injections de biométhane 1,2 144,4 2,2 250,6 4,3 486,7 7,0 803,8 9,1 1 162,7 dontsubvention - 125,9 - 227,1 - 247,9 - 93,8 - 811,5 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,CRE 3.2.2 TRANSPORT, DISTRIBUTION ET STOCKAGE DE GAZ NATUREL La rémunération des gestionnaires d?infrastructures pour leur mission d?acheminement du gaz aux consommateurs finaux sur le territoire français s?élève à 6,6 Md¤ en 2023, en baisse de 4,3 % en euros constants par rapport à 2022 (figure 3.2.2.1). La rémunération correspond au coût des infrastructures gazières, répercuté sur le consommateur final via deux mécanismes : d?une part, les tarifs d?accès des tiers aux réseaux (de transport : ATRT, et de distribution : ATRD) et aux terminaux régulés (terminaux méthaniers, ATTM) qui sont fixés par la Commission de régulation de l?énergie ; d?autre part, les tarifs liés aux sites de stockage qui sont déterminés lors d?enchères dans des conditions définies par la CRE depuis la réforme de l?accès des tiers aux stockages de gaz naturel du 1er janvier 2018. Cette rémunération exclut donc les prestations facturées entre les différents gestionnaires d?infrastructures ainsi que les recettes liées au transport du gaz transitant par le territoire national (sauf indirectement à travers les pertes liées au transport). En revanche, elle comprend la valeur des pertes physiques de gaz sur les réseaux. Ces pertes s?élèvent à 4,1 TWh en 2023, en baisse de 8,7 % par rapport à 2022 (figure 3.2.2.2). Ces pertes représentent une charge de 160 M¤ pour les gestionnaires, soit près de trois fois moins qu?en 2022 (- 64 %). Cette charge diminue nettement en raison du repli des prix du gaz en 2023 par rapport au niveau inédit atteint en 2022. Les gestionnaires ont ainsi perçu une rémunération, nette de la valeur de ces pertes, d?environ 6,4 Md¤ en 2023, en légère hausse, de 0,2 % en euros constants par rapport à 2022. Cette rémunération permet de financer le développement, la maintenance et l?exploitation des infrastructures gazières ainsi que les missions associées (figure 3.2.2.3). Elle a crû de 0,1 % en moyenne annuelle en euros constants depuis 2011. Le réseau de transport et ceux de distribution perçoivent respectivement 32 % et 49 % de cette rémunération en 2023, contre 12 % pour les sites de stockage souterrain et 8 % pour les terminaux méthaniers. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 67 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.2.2.1 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières En M¤2023 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Réseau de transport 1 727 1 786 1 888 2 036 2 021 2 110 2 084 2 064 2 053 2 047 1 989 2 159 2 111 dont pertes 85 64 116 87 83 52 66 77 47 22 72 233 82 Réseaux de distribution 3 315 3 452 3 848 3 572 3 746 3 999 3 925 3 902 3 891 3 633 3 811 3 481 3 177 dont pertes 59 72 80 50 50 37 44 56 31 19 103 187 64 Sites de stockage souterrain 1 042 936 728 795 818 747 622 787 774 725 682 736 759 dont pertes 12 16 16 10 8 7 4 12 7 4 22 43 13 Accès aux terminaux méthaniers 371 380 384 382 378 376 498 517 534 505 450 470 507 Total 6 455 6 554 6 849 6 785 6 963 7 232 7 128 7 271 7 251 6 911 6 933 6 847 6 554 dont pertes 156 152 213 147 140 96 115 145 85 44 197 463 160 Total hors pertes 6 299 6 402 6 636 6 638 6 823 7 136 7 013 7 126 7 166 6 866 6 736 6 383 6 395 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE Figure 3.2.2.2 : pertes sur les réseaux de gaz naturel (y compris pertes de stockage) 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Réseau de transport 3,1 47 2,1 22 1,5 72 2,2 233 2,1 82 Réseaux de distribution 2,0 31 1,9 19 2,1 103 1,8 187 1,6 64 Sites de stockage souterrain 0,4 7 0,4 4 0,4 22 0,4 43 0,3 13 Total 5,5 85 4,3 44 4,0 197 4,5 463 4,1 160 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE Figure 3.2.2.3 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières (hors valeur des pertes physiques) En M¤2023 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 Réseaux de distribution Réseau de transport Sites de stockage souterrain Accès aux terminaux méthaniers Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE 68 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie En 2023, 41 % du gaz naturel consommé en France est importé par gazoduc, en nette baisse par rapport en 2022 en raison de la forte réduction des livraisons de gaz russe sous forme gazeuse à l?Union européenne (cf. 2.3.2). Le système gazier est aujourd?hui doté de sept points d?interconnexion principaux, pour une capacité d?importation cumulée d?environ 2 600 GWh/jour en 2023 (figure 3.2.2.4). Fin 2022, au titre de la solidarité européenne, des sorties vers l?Allemagne ont été rendues possible au point d?Obergailbach (ce point ne permettait jusque-là que des entrées de gaz sur le territoire). Les terminaux méthaniers permettent d?accueillir les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), importées par voie maritime, puis de regazéifier le GNL pour pouvoir l?injecter dans le réseau. Ils sont au nombre de cinq, répartis sur quatre sites distincts : Fos Cavaou, Fos Tonkin, tous deux situés à Fos-sur-Mer, Montoir-de-Bretagne, Loon-Plage (Dunkerque) et Le Havre. La société Elengy gère les terminaux de Fos Tonkin et Montoir-de-Bretagne, tandis que Fosmax LNG (filiale à 100 % d?Elengy) est propriétaire de celui de Fos Cavaou. L?accès à ces trois terminaux et la tarification sont régulés par la CRE en vertu des articles 452-3 et 452-4 du Code de l?énergie. Les capacités de ces terminaux sont souscrites par les importateurs de gaz naturel dans le cadre d?un marché. Le terminal de Loon-Plage, dont la mise en service commercial a eu lieu en janvier 2017, est géré par Dunkerque LNG et bénéficie pour une durée de vingt ans d?un régime dérogatoire en matière d?accès et de tarification. Un nouveau terminal flottant (FSRU, floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification) a été mis en service au Havre en octobre 2023. Les entrées de GNL diminuent par rapport à 2022 (- 16 %), mais restent à un niveau nettement supérieur à celui de 2021. Ces entrées sous forme liquide permettent de limiter les soutirages dans les stockages et de compenser la baisse des entrées par gazoduc par rapport à la situation d?avant-crise. Lors de la période estivale, la constitution de stocks de gaz naturel à proximité des zones de consommation permet de réduire les risques de saturation des réseaux et de répondre aux fortes consommations de gaz lors des périodes hivernales (cf. 2.3.2). Les 15 sites de stockage souterrain français sont exploités par deux opérateurs : Storengy (neuf sites en nappes aquifères, trois en cavités salines, un en gisement épuisé) et Teréga (deux sites en nappes aquifères). Le réseau de gaz naturel permet l?acheminement du gaz jusqu?aux points de livraison. Il se compose de deux niveaux. Le réseau de transport est constitué de gazoducs de grande capacité, connectés à ceux des pays limitrophes ainsi qu?aux sites de stockage et aux terminaux méthaniers. Il permet, en le comprimant à haute pression, de transporter le gaz naturel sur des distances élevées afin de l?acheminer aux réseaux de distribution et à quelques très gros consommateurs. Deux entreprises se partagent la gestion du réseau de transport : Teréga dans le sud-ouest de la France (5 100 km de réseau), GRTgaz pour le reste du territoire (32 600 km de réseau). Depuis novembre 2018, une place de marché unique assure l?équilibrage du réseau. Les réseaux de distribution permettent, quant à eux, d?acheminer le gaz naturel du réseau de transport jusqu?à la très grande majorité des consommateurs finaux. Environ 11 millions de consommateurs sont ainsi raccordés aux quelque 206 000 km de canalisations de distribution. GRDF assure la distribution de 96 % du marché, des entreprises locales de distribution (ELD), ainsi que quelques autres sociétés, se répartissant le reste. Figure 3.2.2.4 : infrastructures gazières françaises en 2023 (hors réseaux de distribution) Stations de compression Terminaux méthaniers Communes desservies en gaz naturel Points d?interconnexion Stockage de gaz naturel Réseau principal de transport 50 100 km0 Sources : GRTgaz;Storengy;Teréga Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 69 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte La consommation d?énergie de la filière fonte atteint 35 TWh en 2023 (- 15,7 % par rapport à 2022). La dépense correspondante s?élève à 1,3 Md¤ (- 38,8 % par rapport à 2022 en euros constants 2023). La filière est composée de deux types d?installations : les cokeries et les hauts-fourneaux. Les cokeries sont des usines constituées de batteries de fours à coke, parfois plusieurs dizaines, dans lesquels le coke est obtenu par pyrolyse d?une variété de charbon primaire. Les cokeries françaises transforment du charbon primaire en charbon dérivé (du coke, mais aussi de petites quantités de goudron de houille). Le processus de fabrication du coke débouche également sur la production de gaz fatals, dont une partie est réutilisée pour chauffer les fours à coke. Les cokeries peuvent être regroupées avec d?autres installations de la chaîne de fabrication, de traitement et de finition de produits en acier (hauts-fourneaux, aciéries et laminoirs) dans des sites sidérurgiques dits intégrés, comme c?est le cas en France où, en 2023, deux cokeries sont encore en activité, à Dunkerque et Fos-sur-Mer. La consommation nette des cokeries diminue en 2023, pour la deuxième année consécutive. La production de coke et de gaz a diminué à un rythme légèrement moins élevé que la consommation de charbon primaire. La marge de cokéfaction est la différence entre la valeur du coke, du goudron de houille et des gaz dérivés produits et celle du charbon primaire et des gaz dérivés consommés. Elle augmente par rapport à 2022, le prix du charbon primaire consommé ayant diminué à un rythme plus élevé que celui du charbon dérivé produit (cf. 1.4). Un haut-fourneau est une installation industrielle destinée à simultanément désoxyder et fondre les métaux contenus dans un minerai par la combustion de coke, riche en carbone. En général, le haut-fourneau transforme du minerai de fer en fonte liquide, et le coke sert à la fois de combustible et d?agent réducteur. Même si la fonte produite peut être utilisée directement, cet alliage est généralement destiné à être affiné dans des aciéries. Les hauts-fourneaux, bien qu?ayant pour finalité la production de fonte, sont considérés dans ce bilan comme faisant partie du secteur de la transformation d?énergie, conformément à la méthodologie de l?Agence internationale de l?énergie. À la fin de l?année 2023, cinq hauts-fourneaux sont encore en activité en France : deux se situent à Dunkerque, deux à Fos-sur-Mer et un à Pont-à-Mousson. En 2023, les hauts-fourneaux ont consommé un peu moins de 40 TWh de produits charbonniers, dont un peu plus de la moitié de charbon dérivé, principalement du coke. Nette des gaz fatals produits lors du processus de production, la consommation totale des hauts-fourneaux s?élève à 30 TWh. Cette consommation diminue d?un sixième par rapport à 2022 et de près d?un tiers par rapport à 2019 dans le sillage de la production de fonte (figure 3.3.1). En 2023, l?activité a été particulièrement affectée dans le contexte du ralentissement de la demande d?acier, de prix de l?énergie encore élevés et d?une concurrence accrue de pays tels que les États-Unis et la Chine. Ainsi, un des deux hauts-fourneaux de l?usine de Fos-sur-Mer a été temporairement mis à l?arrêt durant le premier trimestre, puis une nouvelle fois en fin d?année. Par ailleurs, deux autres installations ont subi des difficultés opérationnelles et ont dû être arrêtées durant plusieurs mois. Figure 3.3.1 : production de fonte et d?acier à l?oxygène pur Production de fonte brute Production d?acier à l?oxygène pur 12 11 10 9 8 7 6 5 4 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En Mt Source :SDES,Bilandel?énergie 70 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 3.4.1 PRODUCTION NETTE D?ÉLECTRICITÉ La production d?électricité, nette de la consommation des auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des centrales, s?établit à 503 TWh en 2023 (figures 3.4.1.1 et 3.4.1.2). Elle augmente de 10,7 % par rapport à 2022 et atteint un niveau proche de celui de 2020. Cette hausse s?explique surtout par celle de la production nucléaire (+ 14,7 %, à 320 TWh) en raison de la plus grande disponibilité du parc (cf. 2.2.2). La production d?électricité nucléaire représente 63,7 % de la production d?électricité en France en 2023. De plus, la production hydraulique augmente sensiblement (+ 18,9 %, à 61 TWh), après une année 2022 marquée par une sécheresse historique. Les précipitations nettement plus abondantes en 2023 ont augmenté le débit des cours d?eau et alimenté davantage les stocks hydrauliques. La production éolienne est également très dynamique en 2023 (+ 32,1 %) en raison de la forte augmentation des capacités installées et des conditions de vent très favorables, notamment en fin d?année. Enfin, le photovoltaïque continue de se développer : + 11,2 % en 2023. En conséquence, la production thermique classique, qui permet de faire face à une baisse de la production renouvelable et nucléaire ou de répondre à un pic de demande, diminue de 25,0 % en 2023, pour s?établir à 50 TWh. Figure 3.4.1.1 : production nette d?électricité En TWh 600 500 400 300 200 100 0 Nucléaire Thermique classique Hydraulique* Éolien Photovoltaïque Autres sources 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 *Ycomprisénergiemarémotrice. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,EDFetproducteursd?électricité Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 71 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.2 : production nette d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production nucléaire 379 335 361 279 320 dontArenh 120 5 729 126 5 832 126 5 766 126 5 590 127 5 317 Production hydraulique* 61 67 64 51 61 donthydrauliquesousOA 6 556 7 600 6 541 4 430 3 346 dontsubventionsOA 255 308 4 - 405 - 316 Production éolienne 35 40 37 38 50 dontéoliensousOA 32 3 235 39 3 907 35 2 963 32 3 534 36 3 844 dontsubventionsOA 1 720 2 174 150 - 2 348 - 3 448 Production photovoltaïque 12 13 15 20 22 dontphotovoltaïquesousOA 12 4 084 13 3 979 15 4 173 19 4 952 23 4 650 dontsubventionsOA 3 513 3 507 2 940 1 500 43 Production thermique renouvelable et géothermie 10 10 11 11 12 dontsousOA 8 1 241 8 1 288 9 1 431 8 1 463 7 1 820 dontsubventionsOA 829 880 737 24 494 Production thermique non renouvelable 49 44 45 56 38 dontsousOA 12 2 650 12 2 461 12 3 182 11 3 976 10 2 650 dontsubventionsOA 1 890 1 724 1 829 1 898 584 Autre (Interconnexion**) 49 36 90 198 86 dontsubventions 8 - 6 48 145 20 Production subventionnée hors OA en ZNI*** 2 1 003 3 923 2 932 3 984 4 1 088 dontsubventions 717 646 574 581 580 Total production France entière 547 510 532 455 503 Subventions totales (y compris interconnexions et charges de péréquation dans les ZNI) 8 931 9 234 6 282 1 394 - 2 042 *Ycomprisénergiesmarines. **Interconnexion:correspondàl?électricitéachetéevialaliaisonàcourantcontinuItalie-Corse-Sardaigne. ***ZNI=zonesnoninterconnectéesauréseaud?électricitémétropolitaincontinental.EllesincluentlaCorse,lesDROMainsiquelesîlesduPonantetChausey. Note:nesontvaloriséesmonétairementdanscetableauquelesproductionssousobligationd?achat(OA)oubénéficiantdecomplémentsderémunération,ainsi quelaproductiond?originenucléairevenduedanslecadredumécanismedel?Arenh. Source :SDES,Bilandel?énergie Nucléaire En raison d?une plus grande disponibilité du parc nucléaire, la production nette d?électricité nucléaire augmente de 14,7 % en 2023, à 320 TWh (cf. 2.2.2). La disponibilité du parc s?est améliorée par rapport à l?année 2022, marquée par les multiples arrêts pour maintenance et contrôles à la suite de la découverte d?un problème de corrosion dans les circuits de refroidissement de la centrale de Civaux à l?automne 2021. Cependant, la production nucléaire reste à un niveau bas (- 15,6 % par rapport à 2019). Dans le cadre du dispositif d?accès régulé à l?électricité nucléaire historique (Arenh), un peu plus d?un tiers de la production nucléaire, soit 127 TWh, a été rachetée à EDF par les fournisseurs alternatifs ainsi que par les gestionnaires de réseaux pour la couverture de leurs pertes, pour un montant de 5,3 Md¤. Un cinquième, soit 27 TWh, ont été cédés pour compenser les pertes liées au transport d?électricité, dont la plus grande partie vient de la dissipation de chaleur par effet Joule. Hydraulique La production hydraulique nette (y compris énergies marines et pompages) progresse nettement en 2023 (+ 18,9 %) et s?établit à 61 TWh (cf. 2.2.3) du fait de conditions hydrologiques plus favorables après une année 2022 de production historiquement basse. La production hydraulique en 2023 constitue ainsi plutôt un retour à une situation moyenne qu?à une année de forte production hydraulique. 72 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Un peu moins de 4,2 TWh (6,9 % de la production) sont produits par des stations de transfert d?énergie par pompage (Step) qui permettent de stocker de l?électricité en pompant l?eau d?une retenue inférieure à une retenue supérieure pour la turbiner en sens inverse ultérieurement. En 2023, 3 TWh sont produits dans le cadre de contrats d?obligation d?achat ou compléments de rémunération. Auparavant, le tarif d?achat concernait les installations de moins de 12 MW. Depuis le 30 mai 2016, et au 31 décembre 2023, ne sont éligibles à de nouveaux contrats d?obligation d?achat que les installations de moins de 500 kW. Un complément de rémunération en guichet ouvert est possible pour les installations de moins de 1 MW et sur appel d?offres pour les installations de puissance comprise entre 1 et 4,5 MW. Comme en 2022, les charges de l?État pour cette filière sont négatives en 2023 (- 316 M¤). Les prix garantis par les contrats d?obligation d?achat sont devenus inférieurs aux prix de gros en 2022 et 2023, ce qui a entraîné des résiliations anticipées de contrat. Le nombre de résiliations est moindre en 2023. Éolien Grâce à la progression des capacités installées, la production éolienne progresse de 32,1 % en 2023 et s?établit à 50 TWh (cf. 2.2.3). Après s?être envolés en 2022, les prix de gros de l?électricité restent en 2023 à un niveau nettement supérieur à celui des années précédentes. En conséquence, les subventions à la filière éolienne dans le cadre du dispositif des obligations d?achat et des compléments de rémunération sont négatives, à - 3,4 Md¤. En effet, les compensations aux opérateurs se fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé le tarif en 2023, les producteurs éoliens concernés ont vendu leur production en dessous du prix de marché. Solaire photovoltaïque La production solaire photovoltaïque progresse en 2023 (+ 11,2 %) et s?établit à 22 TWh en raison de l?augmentation de la puissance du parc consécutive à un rythme d?installation nettement accéléré (cf. 2.2.3). Le champ couvert par cette production inclut la production photovoltaïque autoconsommée qui s?élève à 0,9 TWh en 2023. L?État, via les dispositifs d?obligation d?achat et de compléments de rémunération soutient particulièrement les différentes formes de production photovoltaïques (autoconsommation et vente en totalité). Cependant, en 2023, les montants des subventions attribués à la filière solaire tombent à leur niveau le plus bas depuis 2012, soit 43 M¤. Cela s?explique, comme pour l?éolien, par le différentiel entre le prix de marché et le tarif fixé à l?avance. Thermique classique L?ajustement de l?offre à la demande d?électricité est, pour l?essentiel, assuré par la filière thermique classique à partir de combustibles fossiles ou renouvelables, dont les moyens de production peuvent être démarrés ou stoppés très rapidement selon les besoins. En 2023, la production thermique diminue de 25 % et s?établit à 50 TWh (figure 3.4.1.3). En effet, dans un contexte de hausse des productions d?origine nucléaire et hydraulique, les installations thermiques classiques, utilisées comme moyens de pointe pour ajuster l?offre à la demande, ont été davantage sollicitées que l?année précédente. Le rendement électrique moyen des centrales, qui rapporte la production d?électricité à la consommation de combustibles nécessaire à cette production, est très différencié selon le combustible utilisé. En 2023, il s?élève à 64 % pour le gaz naturel, 43 % pour la biomasse, 41 % pour le biogaz, 42 % pour les produits pétroliers, 32 % pour les déchets ménagers. Ces derniers sont consommés principalement par des incinérateurs dont le but premier est la destruction des déchets et non la conversion énergétique. À l?inverse, les centrales fonctionnant au gaz naturel, en particulier celles qui sont dédiées à la production d?électricité seule, affichent en moyenne le meilleur rendement, convertissant plus de la moitié de l?énergie contenue dans le combustible en électricité. En effet, la transformation de gaz en électricité est aujourd?hui essentiellement assurée (hors cogénération) par des centrales à cycle combiné, plus efficaces d?un point de vue énergétique que les centrales thermiques traditionnelles. Les centrales de cogénération qui produisent à la fois de la chaleur et de l?électricité à partir de la biomasse ou des déchets tirent les rendements électriques de ces combustibles à la baisse. Leur efficacité globale reste néanmoins plus importante car le rendement de la production de chaleur y est conventionnellement fixé à 85 %. Les rendements énergétiques apparents sont dispersés, en particulier dans le cas du biogaz, dont la teneur en méthane peut être très variable, et de la biomasse, dont la composition et le taux d?humidité ne sont pas très homogènes (figure 3.4.1.4). Le pouvoir calorifique de ces combustibles est estimé avec beaucoup plus d?imprécision et les différences de rendements apparents témoignent vraisemblablement des différences de pouvoirs calorifiques non pris en compte. Pour le gaz naturel et le pétrole, les faibles rendements sont principalement observés lorsque ces combustibles sont mélangés avec des déchets ou des gaz de raffineries (qui sont classés parmi les produits pétroliers mais peuvent contenir d?autres gaz). Les centrales thermiques utilisant des énergies renouvelables et de récupération (biomasse, biogaz, déchets) ainsi que celles de cogénération peuvent bénéficier, sous conditions, du mécanisme d?obligation d?achat ou de celui des compléments de rémunération. La production électrique dans le cadre de ces dispositifs s?est élevée à 16 TWh en 2023, et a été subventionnée à hauteur de 1,1 Md¤. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 73 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.3 : production thermique classique nette par type de combustibles 70 60 50 40 30 20 10 0 En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Gaz naturel (élec. seule) Produits pétroliers (élec. seule) Gaz naturel (cogé.) Produits pétroliers (cogé.) Charbon (élec. seule) EnRt* et déchets (élec. seule) Charbon (cogé.) EnRt* et déchets (cogé.) *EnRt=énergiesrenouvelablesthermiques. Lecture:en2023,28TWhd?électricitéontétéproduitsparcombustiondegaznaturel,dont11TWhàl?aided?unprocédédecogénération. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité Figure 3.4.1.4 : répartition des combustibles par tranche de rendement en 2023 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Biogaz Biomasse Déchets ménagers Gaz naturel Produits pétroliers Autre (dont charbon) Tranche de rendement (en %) 34 % 27 % 17 % 23 % 11 % 40 % 13 % 56 % 30 % 45 % 20 % 17 % 15 % 25 % 63 % 4 % 19 % 23 % 12 % 18 % 18 % Lecture:en2023,45%delaconsommationdeproduitspétrolierspourproduiredel?électricitéaétéréaliséedansdescentralesavecunrendementénergétique comprisentre40et50%. Note:latailledesrondsestproportionnelleaupoidsducombustiblepartranchederendementdanslaconsommationtotaledececombustiblepourproduirede l?électricité.Encasd?utilisationdeplusieurscombustiblesparunecentrale,laproductionestrépartieentrecesderniersenproportion:unecentraleconsommant plusieurscombustiblesapparaîtainsidansplusieursrondssurlamêmetranche. Champ:centralesthermiques. Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité Sur l?ensemble des filières de production, ce sont, au total, 79 TWh d?électricité qui sont vendus pour un montant de 13,3 Md¤ aux acheteurs obligés. Les subventions de l?État dans le cadre des mécanismes d?obligation d?achat et de compléments de rémunération sont négatives en 2023 (- 2 Md¤). En effet, les compensations aux opérateurs se fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé les tarifs fixés en 2023, les producteurs éoliens et hydrauliques concernés ont reversé à l?État la différence entre le prix du marché et le prix prévu à l?avance dans leur contrat. 74 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Par ailleurs, des compensations, de l?ordre de 2,2 Md¤ en 2023, sont accordées par l?État aux producteurs situés dans les zones non interconnectées (les îles françaises dont l?éloignement géographique empêche ou limite une connexion au réseau électrique continental) dans le cadre de la péréquation géographique tarifaire6. Ces compensations visent à ne pas répercuter les surcoûts de production (liés aux contraintes plus fortes pour assurer l?équilibre entre offre et demande du fait du caractère insulaire du territoire) sur le tarif moyen de vente au client final, et ainsi à garantir que celui-ci soit similaire à celui de la France continentale. Principales installations de production d?électricité en France par filière Figure 3.4.1.5 : sites nucléaires, situation au 31 décembre 2023 2 1 4 2 6 2 4 2 2 2 4 4 2 4 2 4 4 2 22 0 50 km Golfech Le Blayais Civaux Chinon Saint Laurent Belleville Dampierre Nogent-sur-Seine Bugey*** Saint-Alban Romans- sur-Isère Narbonne Cattenom Chooz Gravelines Morvilliers Soulaines Penly PaluelLa Hague Flamanville Cruas Marcoule Tricastin Palier REP* standardisé Puissance électrique nette Nombre de tranches Année de mise en service commercial Mode de refroidissement 900 MW 1 300 MW 1 500 MW 1 650 MW (EPR**) 32 20 4 1 1978 - 1988 1985 - 1994 2000 - 2002 Mi-2024(en construction) Circuit ouvert avec prélèvement et rejet d?eau dans les cours d?eau et la mer Circuit fermé avec prélèvements réduits et rejet de vapeur dans l?atmosphère via des tours aéroréfrigérantes Usine de l?amont du cycle du combustible (enrichissement...) Usine de l?aval du cycle du combustible (retraitement...) Centre de stockage des déchets 4 Nombre de réacteurs *REP:réacteuràeaupressurisée. **EPR:réacteurpressuriséeuropéen. ***LacentraleduBugeyestencircuitmixte. Source :DGEC 6 Il est fait l?hypothèse, dans le compte présenté ici, que la totalité du surcoût est liée à la production alors qu?en réalité une partie provient de la gestion du réseau. Les activités de production, distribution et fourniture d?électricité étant, par dérogation au droit européen, intégrées dans les zones non interconnectées, il n?est en effet pas possible d?identifier séparément les deux composantes. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 75 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.6 : puissance hydraulique (hors pompages, y compris énergies marines) raccordée au réseau au 31 décembre 2023 ? Part de la puissance des installations de 10 MW ou plus (en %) Entre 97 et 100 Entre 85 et 97 Entre 70 et 85 Entre 0 et 70 Égale à 0 Puissance installée (en MW) 3 910 242 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Source : SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuelleauprèsdesproducteurs d?électricité Figure 3.4.1.7 : puissance éolienne raccordée au réseau au 31 décembre 2023 En MW 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Puissance installée (en MW) 2 148 232 Puissance installée terrestre Puissance installée en mer Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF- SEI,CREetlesprincipalesELD Figure 3.4.1.8 : puissance photovoltaïque raccordée au réseau au 31 décembre 2023 En MW ? Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe 0 50 km Puissance installée (en MW) 198 1 046 Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF- SEI,CREetlesprincipalesELD Figure 3.4.1.9 : centrales au gaz naturel, situation au 31 décembre 2023 0 50 km Cycle combiné gaz (CCG) Turbine à combustion (TAC) DK6 (2) Bouchain (1)Bouchain (1) Pont-sur- Sambre (1) Emile Huchet (2) Blénod (1)Blénod (1) Croix de Metz (1) Croix de Metz (1) Bayet (1)Bayet (1) Montoir (1) Martigues (2) Combigolfe (1) Cycofos (1) Martigues (2) Combigolfe (1) Cycofos (1) Gonfreville (2) Montereau (2)Montereau (2) Vitry (1)Vitry (1) Gennevilliers (1)Gennevilliers (1) St Ouen (1)St Ouen (1) Landivisiau (1) Source : RTE 76 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.10 : centrales à charbon et au fioul, situation au 31 décembre 2023 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Arrighi (2) Vaires-sur- Marne (3) Emile Huchet (1) Brennilis (3) Dirinon (2) Cordemais (2) Lucciana Vazzio Arrighi (2) Vaires-sur- Marne (3) Emile Huchet (1) Brennilis (3) Dirinon (2) Cordemais (2) Lucciana Vazzio Jarry Galion Pointe des Carrières Belle- fontaine Kourou Dégrad des cannes La Baie Badamiers LongoniLe Moule Le Gol Jarry Galion Pointe des Carrières Belle- fontaine Kourou Dégrad des cannes La Baie Badamiers LongoniLe Moule Le Gol Fioul Charbon Source : RTE 3.4.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉLECTRICITÉ Le réseau d?électricité, qui permet son acheminement depuis les lieux de production jusqu?à ceux de consommation, se compose de deux niveaux : le réseau de transport et le réseau de distribution. Le réseau de transport, géré par RTE sur le territoire continental, comprend les lignes à très haute tension (« HTB »). En 2023, il atteint une longueur totale d?environ 106 000 km. Le réseau de transport permet d?acheminer la très grande majorité de l?électricité produite au réseau de distribution et à quelques très gros consommateurs. Les réseaux de distribution, auxquels sont raccordés la grande majorité des consommateurs et la quasi- totalité des petits producteurs, comprennent les lignes à moyenne et basse tension (« HTA » et « BT »), d?une longueur cumulée de plus de 1,4 million de kilomètres. Enedis est le gestionnaire d?un réseau couvrant 95 % des clients du territoire continental, une centaine d?entreprises locales de distribution se répartissant le reste. EDF SEI, acteur intégré (également producteur et fournisseur), gère les réseaux des zones non interconnectées, sauf à Mayotte où la gestion est assurée par Électricité de Mayotte. Transport et distribution confondus, la rémunération des gestionnaires de réseaux pour leurs missions s?élève à 16,3 Md¤ en 2023 (figure 3.4.2.1). Cette somme, payée par les consommateurs via le tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité (Turpe), comprend notamment la valeur des pertes physiques d?électricité sur les réseaux, qui doivent être achetées sur le marché par les gestionnaires (cf. 1.7.2). Ces pertes se sont élevées à 37 TWh en France en 2023, entraînant une charge de 5,3 Md¤ pour les gestionnaires. Nette de la valeur de ces pertes (qui, in fine, constitue une rémunération des producteurs), une rémunération de 11,0 Md¤ en 2023 a donc été perçue par les gestionnaires de réseaux afin de financer le développement, la maintenance et l?exploitation des réseaux ainsi que les missions associées (relève/comptage, mise en service, dépannage, mise à disposition de données, etc.). Le coût du réseau pour les consommateurs, y compris les pertes, augmente très légèrement, de 0,1 % en 2023, en lien avec la baisse des volumes de consommation (- 3,0 %). Les réseaux de distribution et le réseau de transport contribuent respectivement à hauteur de 75 % et 25 % au coût total d?acheminement de l?électricité en 2023. Les coûts unitaires en 2023 sont supérieurs aux valeurs de 2022 sur les réseaux de transport. Le coût unitaire de l?usage des réseaux de distribution diminue (- 9 %) alors que le coût unitaire des pertes associées augmente (+ 59 %) sur la même période. Figure 3.4.2.1 : utilisation des réseaux d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Réseau de transport 436 4 847 418 4 480 438 4 715 420 2 305 406 4 035 dont pertes 11 521 11 550 11 598 10 516 11 1 201 Réseaux de distribution 399 11 831 385 11 857 404 12 491 387 13 980 373 12 264 dont pertes 27 1 359 25 1 347 28 1 776 25 2 571 25 4 131 Utilisation des réseaux 472 16 678 452 16 337 475 17 206 454 16 284 440 16 299 dont pertes 38 1 880 36 1 897 39 2 373 35 3 087 37 5 332 Lecture:leréseaudetransportaacheminé406TWhd?électricitéen2023etaperçupourcelaunerémunérationde4035M¤,dont1201M¤correspondentà l?achatde11TWhdissipéslorsdecetransport. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesgestionnairesderéseaux Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 77 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions climatiques analogues à 2022 En 2023, 48 TWh de chaleur destinée à la vente ont été produits en France. Nets des pertes de distribution, ce sont in fine 42 TWh qui ont été livrés aux consommateurs, dont plus de 62 % proviennent des réseaux de chaleur. 3.5.1 RÉSEAUX DE CHALEUR Les réseaux de chaleur sont généralement mis en place par des collectivités locales afin de chauffer, à partir d?une chaufferie collective, des bâtiments publics ou privés situés sur leur territoire. Des réseaux peuvent également être d?initiative privée. Leur taille varie fortement, allant du petit réseau de chaleur biomasse situé en zone rurale jusqu?à celui de Paris, de taille très importante et alimenté par de multiples centrales de production (figure 3.5.1.1). Les réseaux de chaleur sont particulièrement adaptés aux zones urbaines denses. Ils permettent également d?exploiter une ressource locale, difficile d?accès ou à mobiliser, comme la géothermie profonde, ou la récupération de chaleur auprès d?une unité d?incinération d?ordures ménagères ou d?un site industriel par exemple. En 2023, 1 000 réseaux de chaleur en France métropolitaine disposent d?une puissance thermique totale d?environ 24 GW, dont près de 10 GW sont concentrés dans la seule région Île-de-France. Figure 3.5.1.1 : puissance thermique et chaleur livrée par les réseaux de chaleur en 2023 ? 0 50 km Puissance des réseaux (en MW) Max. 9 675 Moy. 1 985!(!( Chaleur livrée (en GWh) Entre 5 000 et 10 000 Entre 2 000 et 5 000 Entre 1 000 et 2 000 Entre 500 et 1 000 Entre 0 et 500 Entre 10 000 et 13 000 Source : SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid En 2023, les réseaux ont livré aux consommateurs 26 TWh de chaleur (nette des pertes de distribution), soit autant qu?en 2022. À cette fin, il a été produit environ 35 TWh d?énergie (la différence avec la quantité livrée comprenant les pertes de transformation et celles de distribution). Le bouquet énergétique des réseaux est dominé par les énergies renouvelables (EnR) (48 % de la consommation des réseaux en 2023) et le gaz naturel (33 %), y compris le biométhane injecté sur le réseau (figures 3.5.1.2 et 3.5.1.3). Au sein des énergies renouvelables, la biomasse est le premier combustible utilisé ; elle représente 25 % de la consommation des réseaux. Le fioul et le charbon, autrefois prépondérants, déclinent et ne représentent plus que 1 % du bouquet énergétique des réseaux (contre 60 % en 1990). À l?inverse, la part des énergies renouvelables a plus que doublé depuis 2010. En incluant les énergies de récupération telles que la partie non renouvelable des déchets ménagers ou la chaleur industrielle récupérée, la part d?énergies renouvelables et de récupération atteint 63 %7 en 2023. 7 Ce taux diffère de celui publié par la Fedene (Fédération des services énergie environnement) dans son rapport annuel en raison de différences méthodologiques. En particulier, contrairement au calcul de la Fedene, les garanties d?origine biométhane ne sont pas comptabilisées ici comme énergies renouvelables, la logique du bilan de l?énergie étant de retracer des flux physiques. 78 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Près d?un cinquième des réseaux de chaleur (19 %) possèdent un équipement de cogénération et sont donc également producteurs d?électricité. En 2023, la chaleur produite par cogénération dans les réseaux de chaleur, puis livrée aux consommateurs, représente environ 3,9 TWh (soit 11 % du total des livraisons des réseaux). Figure 3.5.1.2 : répartition par source d?énergie de la consommation d?énergie des réseaux de chaleur en 2023 Autre - Gaz naturel Autre - Chaudières électriques Autre - Fioul, GPL et autres énergies non renouvelables Autre - Charbon EnR - Biomasse EnR - Déchets renouvelables EnR - Géothermie EnR - Autres énergies renouvelables Récupération - Déchets non renouvelables Récupération - Chaleur industrielle En % 33 2 1 25 13 5 5 13 2 1 Autres 38 % Énergies de récupération 14 % Énergies renouvelables (EnR) 48 % Note:«Chaudièresélectriques»:dontconsommationannexed?électricité. «Fioul,GPL(gazdepétroleliquéfié)etautresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante... «Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique. Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Figure 3.5.1.3 : consommation d?énergie pour la production de chaleur par source d?énergie dans les réseaux de chaleur En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Énergies renouvelables Charbon Énergies de récupération Fioul et GPL Gaz naturel Autres énergies non renouvelables Chaleur commercialisée (nette des pertes) GPL=gazdepétroleliquéfié. Note:«Autresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante... «Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique. Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 79 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.5.2 CHALEUR COGÉNÉRÉE VENDUE HORS DES RÉSEAUX DE CHALEUR En 2023, les installations de production d?électricité avec procédé thermique de cogénération (hors réseaux de chaleur munis d?un tel équipement) ont produit 45 TWh de chaleur, soit autant qu?en 2022 (figure 3.5.2.1). Un peu plus de la moitié de cette chaleur (22 TWh nets des pertes de distribution) a été livrée à des utilisateurs tiers. Tout le reste, soit 52 % de la chaleur produite par cogénération, correspond, outre les pertes, à de la chaleur autoconsommée, c?est-à-dire utilisée par le producteur lui-même. En effet, une très large part de la chaleur produite par cogénération est générée par des autoproducteurs, c?est-à-dire des entreprises qui produisent électricité et chaleur pour les besoins propres de leur activité et peuvent en revendre le surplus à titre secondaire. En 2023, la chaleur produite par cogénération l?a principalement été en brûlant du gaz naturel (37 %), des déchets ménagers (18 %) et du bois (11 %). Figure 3.5.2.1 : production de chaleur par cogénération en 2023 (hors réseaux de chaleur) En TWh (données non corrigées des variations climatiques) Électricité issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur Chaleur issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur Total chaleur Chaleur commercialisée Pertes et chaleur autoconsommée Production totale 18,9 45,5 21,6 23,8 Produits charbonniers 0,9 1,2 0,2 1,1 Produits pétroliers 0,5 3,9 2,2 1,7 Gaz naturel 8,3 16,8 6,5 10,3 Déchets 2,7 8,6 6,4 2,2 dontdéchetsurbains 2,6 8,3 6,2 2,1 Bois et résidus agricoles 2,0 5,2 3,8 1,4 Résidus de papeterie, liqueur noire 0,6 3,1 1,0 2,1 Biogaz 2,5 3,6 0,2 3,4 Autres combustibles 1,5 3,1 1,3 1,8 Note:lescolonnes«Totalchaleur»et«Pertesetchaleurautoconsommée»incluentlachaleurautoconsommée,notammentcelledesautoproducteurs. Toutefois,cettedernière,n?étantpasvendueàdestiersmaisconsomméedirectementparleproducteur,n?estin finepascomptabiliséedanslebilandelachaleur (dontlepérimètreestceluidelachaleurcommercialiséeouautoconsomméeparlesproducteursprincipaux);cesontlescombustiblesutiliséspourproduire lachaleurautoconsomméequisontcomptabiliséscommeconsommationsfinalesdanslebilandesautresformesd?énergie. Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique L?hydrogène pur (à 98 % ou plus) sera pris en compte dans les statistiques de l?énergie à partir de l?année 2024, conformément au règlement européen sur les statistiques de l?énergie révisé en janvier 2022 (introduction de ce vecteur) puis en janvier 2024 (prise en compte dans le bilan des autres énergies). Il n?apparaît donc pas encore dans le bilan énergétique, sauf indirectement en tant que combustible pour la production d?électricité. Néanmoins, une évaluation des ressources et des usages de ce vecteur en 2022 et 2023 a été réalisée. Cette synthèse s?appuie sur plusieurs sources administratives, sur des enquêtes8 existantes et sur une nouvelle enquête auprès des sites producteurs d?hydrogène qui permet de connaître les quantités par mode de production, les capacités des sites producteurs et enfin d?estimer la consommation d?énergie pour sa production. L?hydrogène (dihydrogène) pur est un vecteur énergétique encore peu produit et utilisé. Mais il suscite un intérêt croissant pour la décarbonation de plusieurs usages et secteurs à condition d?être produit à partir de procédés faiblement émetteurs en gaz à effet de serre, tels que l?électrolyse de l?eau en utilisant de l?électricité à faible contenu carbone. Très léger et présent en faibles quantités à l?état naturel, l?hydrogène utilisé est obtenu principalement à partir de combustibles fossiles. Il est considéré comme un vecteur énergétique secondaire, comme l?électricité ou la chaleur vendue. Les ordres de grandeur présentés ici diffèrent des évaluations réalisées par France Hydrogène et l?Institut français du pétrole et énergies nouvelles (Ifpen) car seul l?hydrogène pur est ici retracé (il est exclu quand il fait partie de mélanges de gaz même s?il est majoritaire dans leur composition). PRODUCTION D?HYDROGÈNE En 2023, la production totale d?hydrogène pur en France est estimée à 245 000 tonnes, soit 8,2 TWh (figure 1). Elle augmente de 18 % par rapport à 2022. L?hydrogène est commercialisé par une dizaine d?unités légales en France. En 2023, la production vendue d?hydrogène pur s?élève à 64 000 tonnes (soit 2,1 TWh). L?hydrogène peut aussi être produit par des entreprises (énergétiques ou non) pour leur usage propre ? et ne fait pas alors l?objet d?une vente ? ou être produit de manière fatale dans des processus industriels, c?est-à-dire sans être réutilisé directement, ni à des fins énergétiques ni à des fins non énergétiques. Cela concerne 181 000 tonnes (6 TWh) en 2023. Figure 1 : ressources et usages d?hydrogène pur en 2022 et 2023 En TWh 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 Ressources Usages Ressources Usages 2022 2023 Production vendue Autoconsommation industrie hors raffineries Consommation pour le processus de raffinage Consommation de chaleur des raffineries Autoconsommation des raffineries Importations-exportations Mélanges ou pertes Consommation énergétique industrie Mobilité Consommation pour la production d?électricité Consommation non énergétique industrie Écart statistique Ressources Usages 2,7 2,2 3,3 0,3 1,4 1,9 0,7 1,5 0,8 0,3 1,3 3,6 1,7 2,4 2,5 2,1 Source :calculsSDES,àpartirdeEAPH,enquêteauprèsdesraffineurs,EACEI 8 Enquête annuelle de production de l?Insee, données douanières, enquête sur la consommation d?énergie de l?industrie. 80 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 81 Les sites de raffinage de pétrole produisent des gaz qui contiennent de l?hydrogène. S?ils ne sont pas épurés, ces gaz sont déjà pris en compte dans les statistiques de l?énergie en tant que produits pétroliers (gaz de raffineries). Selon les raffineurs, seules 73 000 tonnes d?hydrogène pur sont produites en 2023 par les sites de raffinage. Seules 29 000 tonnes (1 TWh) sont ensuite utilisées pures9 pour le processus de raffinage et la production de chaleur. Les cokeries déclarent, quant à elles, ne produire que des mélanges de gaz contenant de l?hydrogène (des gaz de cokeries, classés comme produits du charbon dans le bilan) qu?elles n?épurent pas. Les industriels hors branche énergie, dans la chimie essentiellement, produisent également de l?hydrogène (pour 108 000 tonnes en 2023, soit 3,6 TWh) qu?ils utilisent pour leurs besoins propres (autoconsommation). Malgré le développement de projets de production d?hydrogène bas-carbone, l?hydrogène pur produit en 2023 provient très majoritairement de procédés émetteurs en CO2. L?essentiel des quantités (70 %) est obtenu à partir du gaz naturel (méthane) à travers le vaporeformage (SMR pour steam methane reforming) et l?oxydation partielle sans capture de carbone (figure 2). Le vaporeformage ou l?oxydation partielle à partir de méthane avec un procédé de capture et de stockage du carbone est utilisé pour 10 % de l?hydrogène produit. L?électrolyse est encore très peu utilisée (9 %) pour la production de quantités significatives. Au sein de l?électrolyse, le procédé chlore-soude, qui génère les plus grandes quantités, concerne un nombre très restreint de producteurs. La production d?hydrogène à partir de produits pétroliers et d?autres procédés (à partir de méthanol principalement) est faible (moins de 10 % des quantités produites). Figure 2 : hydrogène pur par mode de production en 2022 et 2023 0,1 En TWh 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 2022 2023 SMR ou oxydation partielle sans capture Production à partir de produits pétroliers Autre mode (principalement à partir de méthanol) SMR ou oxydation partielle avec capture Électrolyse 0,6 0,7 1 4,5 0,5 0,7 0,3 0,9 5,7 Sources :SDES,EAPHetenquêteauprèsdesraffineursetInsee,EACEI STOCKAGE, TRANSPORT ET ÉCHANGES EXTÉRIEURS Le stockage et le transport de l?hydrogène sont encore très peu développés en raison de l?absence d?infrastructures conséquentes (sites de stockages et réseaux de transport) et d?enjeux spécifiques pour ce vecteur (faible densité, risques d?explosion ou de fuites). Les sites de production sont implantés à proximité des sites de consommation. Les importations d?hydrogène sont par conséquent encore très limitées (1 200 tonnes en 2023) tout comme les exportations (1 400 tonnes en 2023) mais elles augmentent par rapport à l?année précédente. En 2022, les quantités échangées étaient en effet encore plus faibles : 1 100 tonnes ont été importées et 700 tonnes ont été exportées. CONSOMMATION Les usages de l?hydrogène (acheté ou autoconsommé) sont principalement la désulfurisation des produits pétroliers (dans le processus de raffinage) pour 21 000 tonnes en 2023 (0,7 TWh), la production de chaleur des bâtiments industriels et des sites de raffinage pour 49 000 tonnes (1,6 TWh) et les usages non énergétiques pour 100 000 tonnes (3,3 TWh), concentrés pour 95 % dans le secteur de la chimie (dont chimie organique) - (figure 3). L?hydrogène est notamment utilisé pour la fabrication d?engrais. 9 Les quantités produites non utilisées pures et non vendues sont considérées alors comme mélangées. 82 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 La production d?électricité et la mobilité sont encore très peu concernées en 2023 par ce vecteur. Utilisé sous forme liquide depuis plusieurs décennies pour propulser Ariane, l?hydrogène fait toutefois l?objet d?investissements pour la mobilité lourde, en particulier sous la forme de carburants de synthèse dans l?aviation et le transport maritime. L?hydrogène est actuellement utilisé de manière très marginale dans le transport fluvial et le transport routier (50 bus, moins de 10 poids lourds, un peu moins de 200 camionnettes, un peu plus de 50 fourgons ou véhicules aménagés et près de 900 véhicules particuliers avec des piles à hydrogène au 1er janvier 2024 selon le répertoire statistique des véhicules routiers RSVERO). Les stations de recharge sont principalement implantées en Normandie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et près de Nantes, à proximité des sites de production. Les pertes et mélanges s?élèvent à près de 57 000 tonnes, soit 1,9 TWh. L?essentiel provient des quantités produites par les raffineries qui ne sont pas utilisées pures et sont donc considérées comme mélangées à d?autres gaz. Figure 3 : consommation d?hydrogène pur dans l?industrie hors branche énergie (raffinage et transformation en électricité par secteur) en 2023 Répartition en % Usages énergétiques - Industries chimique et pétrochimique Usages non énergétiques - Industries chimique et pétrochimique Autres secteurs industriels 5 28 67 Source :Insee,EACEI partie 4 La consommation d?énergie par forme d?énergie ? La consommation d?énergie primaire de la France s?établit à 2 525 TWh en 2023, en hausse de 1,6 % par rapport à 2022. Cette légère progression s?explique par l?augmentation des pertes de chaleur induites par la production nucléaire, alors que la consommation finale diminue. Les températures ayant été similaires en 2022 et 2023, la hausse de la consommation primaire après correction des variations climatiques (CVC) s?établit également à 1,6 %. Dans un contexte de prix élevés et de la mise en place de mesures de sobriété, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 % à climat corrigé. Tous les secteurs sont concernés par la baisse de consommation. La consommation à usage non énergétique, majoritairement concentrée dans la pétrochimie, diminue également mais dans une moindre proportion (- 1,9 % sur un an). Au total, la baisse de consommation finale compensant la hausse des prix, la dépense des ménages, entreprises et administrations pour satisfaire leurs besoins en énergie est quasi stable, à 230 Md¤. Elle se maintient à un niveau élevé, près de 20 % au-dessus de son niveau de 2021 en euros constants. Les produits pétroliers représentent 45 % de cette dépense nationale en énergie et l?électricité 37 %, loin devant les autres énergies. 84 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte de hausse des prix de l?énergie La consommation d?énergie primaire de la France progresse de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh (figure 4.1.1). La reprise de la production nucléaire et donc la plus forte consommation de chaleur nucléaire expliquent cette progression alors même que la consommation finale d?énergie diminue notamment sous l?effet des prix élevés de l?énergie et des appels à la sobriété. Corrigée des variations climatiques, la hausse est également de 1,6 %. Les températures pendant la période de chauffe, mesurées par le nombre de degrés- jours unifiés (DJU), ont en effet été très similaires à celles de 2022 (figure 4.1.2). Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de consommation d?énergie (voir encadré), la consommation primaire a baissé de 16,3 % à climat corrigé. Figure 4.1.1 : consommation primaire totale et par usage En TWh 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Pertes de transformation, de transport et de distribution CVC Consommation finale énergétique CVC Consommation primaire réelle Consommation finale non énergétique CVC 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Note:lespertesdetransformation,detransportetdedistributionintègrentlaconsommationd?énergiedesentreprisesdusecteurdelatransformationpour leurusagepropreainsiqu?unécartstatistique. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 85 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.1.2 : nombre de degrés-jours unifiés de la période de chauffe 2 000 1 900 1 800 1 700 1 600 1 500 1 400 1 300 1 200 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Nombre de DJU de référence Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsMétéo-France La hausse de la consommation primaire en 2023 provient de celle des pertes de transformation, de transport et de distribution d?énergie. Ces dernières (qui correspondent à la différence entre la consommation primaire et la consommation finale, à l?écart statistique près) augmentent de 13,2 % à climat corrigé, en raison principalement de la reprise de la production nucléaire et des pertes de chaleur induites (cf. 2.2.2). Celles- ci sont particulièrement importantes puisque seul un tiers de la chaleur produite par l?énergie nucléaire est convertie en électricité. La consommation finale d?énergie s?établit à 1 615 TWh en données réelles, dont 119 TWh pour les usages non énergétiques. Ceux-ci, majoritairement concentrés dans l?industrie et la pétrochimie, diminuent de 1,9 % en 2023. La consommation finale à usage énergétique diminue de 4,1 % et s?établit à 1 496 TWh en données réelles (cf. 5.1). La consommation primaire évolue différemment selon les formes d?énergie (figure 4.1.3). Les énergies renouvelables électriques (hydraulique, éolien, photovoltaïque) voient leur consommation progresser de 24,6 % sur un an, sous l?effet de la croissance des capacités installées et de conditions météorologiques plus favorables (la production hydraulique avait été fortement affectée par la sécheresse en 2022). La consommation de chaleur nucléaire progresse de 7,3 % avec le redémarrage des réacteurs qui avaient été mis à l?arrêt pour maintenance en 2022. La consommation d?énergies renouvelables (EnR) thermiques et déchets progresse également (+ 3,1 %), portée par les pompes à chaleur et le biogaz. À l?inverse, les consommations primaires de gaz naturel et de charbon diminuent fortement (respectivement - 11,9 % et - 22,9 %). La consommation primaire de pétrole est quasi stable (+ 0,3 %), la croissance de l?activité des raffineries compensant la baisse de consommation finale dans le transport. Le bouquet énergétique primaire se compose de 39 % de nucléaire (+ 2 points par rapport à 2021), 30 % de pétrole, 13 % de gaz (- 3 points en un an), 11 % d?EnR thermiques et déchets, 5 % d?EnR électriques et 2 % de charbon. Figure 4.1.3 : consommation primaire par forme d?énergie 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Hydraulique, éolien et photovoltaïque Énergies renouvelables thermiques et déchets Nucléaire Gaz naturel Pétrole Charbon Note:laconsommationd?énergienucléairecorrespondàlaquantitédechaleurdégagéeparlaréactionnucléaire(quiestensuiteconvertieenélectricité), déductionfaitedusoldeexportateurd?électricité. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 86 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Le bouquet énergétique final reste, quant à lui, dominé par le pétrole (figure 4.1.4). En 2023, les produits pétroliers représentent ainsi 39 % de la consommation finale à usage énergétique, devant l?électricité (27 %), le gaz (18 %), les énergies renouvelables et les déchets (13 %), la chaleur (3 %) et le charbon (0,4 %). Sur le long terme, la part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique tend à diminuer depuis 1990 au profit de l?électricité et, depuis le milieu des années 2000, également au profit des énergies renouvelables. Figure 4.1.4 : consommation finale à usage énergétique par forme d?énergie En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 Pétrole Gaz naturel Charbon Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2023 2020 Note:lachaleurn?estisoléequedepuis2000. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Dans un contexte de prix élevés de l?énergie, et malgré la baisse de consommation finale, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie, soit un niveau similaire à celui de 2022 (figure 4.1.5). Elle se maintient donc à un niveau élevé, supérieur de près de 20 % à celui de 2021. Les produits pétroliers représentent toujours la part la plus importante de la dépense, mais celle-ci diminue de 5 points, à 45 %, entre 2022 et 2023. Ils sont suivis par l?électricité qui voit sa part dans la dépense progresser de 7 points, pour atteindre 37 %. Ces proportions sont supérieures aux parts respectives de ces deux formes d?énergie dans la consommation finale en raison de prix moyens plus élevés que les autres formes d?énergie. Figure 4.1.5 : consommation finale en énergie, tous usages confondus (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 Charbon (hors hauts-fourneaux) 14 0,4 13 0,3 14 0,4 11 0,5 10 0,4 Produits pétroliers 773 98,7 686 72,4 749 92,2 720 114,6 693 102,2 Gaz naturel 341 21,3 319 18,2 347 22,1 297 27,9 273 27,4 Énergies renouvelables et déchets 185 5,7 171 4,9 196 7,2 192 9,4 200 8,6 Électricité 432 61,1 411 60,7 433 65,5 415 69,2 398 85,3 Chaleur 43 2,9 42 2,6 48 3,5 46 4,4 42 3,8 Consommation finale (hors charbon des hauts-fourneaux) 1 787 190 1 641 159 1 787 191 1 681 226 1 615 228 Dépense nationale en énergie (y compris charbon des hauts-fourneaux) 192 160 192 228 230 Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 87 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Au sein de la dépense nationale en énergie, le coût des importations nettes et des variations de stocks de produits énergétiques représente 67 Md¤ (figure 4.1.6). Il diminue de 41 % par rapport à 2022 sous l?effet des baisses de prix sur les marchés internationaux. Les taxes énergétiques (nettes des subventions aux EnR) s?établissent à 39 Md¤. Elles progressent de 20 % sur un an en raison de la baisse des subventions aux EnR qui deviennent négatives, les prix sur les marchés ayant été plus élevés que les prix fixés dans le cadre des obligations d?achat (cf. 3.4). La TVA non déductible est quasi stable, à 18 Md¤, la hausse des prix compensant la baisse de la consommation finale. Le solde, soit 106 Md¤, correspond à la rémunération d?activités réalisées sur le territoire national, principalement la production d?électricité et d?EnR, la gestion des réseaux de gaz et d?électricité, la distribution des carburants et le raffinage de pétrole. Elle progresse de 65 % sur un an, en lien avec la reprise de l?activité des centrales nucléaires et des raffineries. Figure 4.1.6 : décomposition de la dépense nationale en énergie En Md¤2023 2015 2011 2012 2016 2017 2019 2021 2022 2023 2020 2018 2014 2013 250 200 150 100 50 0 Taxes énergétiques nettes des subventions TVA non déductible Rémunération d?activités nationales Importations nettes de produits énergétiques et variations de stocks Source : SDES,Bilandel?énergie Les objectifs de réduction de la consommation d?énergie de la France La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et celle relative à l?énergie et au climat de 2019 ont fixé comme objectifs de diviser par deux la consommation finale d?énergie à horizon 2050 et de réduire la consommation primaire d?énergies fossiles de 40 % en 2030 par rapport à 2012. La programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) relative à la France continentale, dans sa deuxième version adoptée en avril 2020, donne des cibles intermédiaires de réduction de la consommation d?énergie par rapport à 2012, et les décline par forme d?énergie (figure 4.1.7) : ? consommation finale d?énergie : - 7,5 % en 2023 et - 16,5 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 8,5 % en 2023 ; ? consommation primaire de gaz naturel : - 10 % en 2023 et - 22 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,9 % en 2023 ; ? consommation primaire de pétrole : - 19 % en 2023 et - 34 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,8 % en 2023 ; ? consommation primaire de charbon : - 66 % en 2023 et - 80 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 63,1 % en 2023. La 3e PPE qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période 2025-2035 est en cours de finalisation. La consultation du public s'est achevée le 5 avril 2025. Figure 4.1.7 : baisses de consommations réalisées et attendues dans la PPE Consommation primaire de gaz naturel Consommation énergétique finale Consommation primaire de pétrole Consommation primaire de charbon Baisse attendue 2012-2028 Baisse attendue 2012-2023 Baisse réalisée 2012-2023 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 En % (données corrigées des variations climatiques) Champ:Francecontinentale.Laconsommationd?énergieàusagenonénergétiqueestexclue. Sources :SDES,Bilandel?énergie;décretdu21avril2020relatifàlaprogrammationpluriannuelledel?énergie 88 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 4.2.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES La consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants diminue de 3,5 % en 2023 et s?élève à 64,4 Mtep, soit 749,5 TWh (figure 4.2.1.1). Elle poursuit sa dynamique de baisse des années récentes (- 9,7 % par rapport à 2019). Les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) visent une réduction de 7,6 % de la consommation finale, toutes énergies confondues, et de 20 % de la consommation primaire d?énergie fossile entre 2012 et 2023. Par rapport à 2012, la consommation finale de produits pétroliers baisse de 15,5 %. Le secteur des transports reste le poste de consommation principal de produits raffinés et biocarburants (66 % de la consommation totale de produits pétroliers). Après une hausse en 2022, sa consommation recule en 2023 (- 2,7 %), pour se placer à un niveau proche de celui de 2021. Dans le résidentiel et le tertiaire, la baisse atteint 13,8 %. Seuls les secteurs de l?industrie et l?agriculture voient leur consommation augmenter (+ 1,5 % et + 1,2 % respectivement). Corrigée des variations climatiques, la consommation de produits pétroliers et biocarburants connaît une baisse annuelle similaire à celle des données réelles (- 3,4 %) en raison de températures hivernales comparables à 2022. En excluant les carburants routiers, cette diminution est de 5,1 % relativement à 2022. Par rapport à 2012, les consommations à climat corrigé sont en nette baisse, en particulier hors carburants routiers (- 14,5 % pour la consommation totale, - 27,9 % en excluant les carburants routiers). La dépense totale en produits pétroliers et biocarburants s?établit en 2023 à 109,1 Md¤, en baisse de 11,3 % par rapport à l?année 2022 du fait d?une baisse de la consommation et des prix. En 2022, la dépense totale avait bondi de 25,8 %, en raison notamment de la très forte hausse des prix de l?énergie dans le contexte de tensions sur les produits pétroliers et gaziers à la suite du conflit entre l?Ukraine et la Russie. La dépense en 2023 reste à une valeur relativement haute par rapport aux années récentes, et s?établit toujours au-dessus du niveau précédent la crise sanitaire (+ 5,7 % comparativement à 2019). Figure 4.2.1.1 : consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants par secteur et dépense totale associée En Mtep (données non corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Production d?électricité et de chaleur Autres transports (navigation et aviation domestique, ferroviaire, fluvial) Résidentiel Transports routiers (ménages) Industrie Agriculture-pêche Transports routiers (autres) Tertiaire Consommation finale à usage non énergétique Dépense totale (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:lesecteurdestransportsn?inclutpaslessoutesmaritimesetaériennesinternationales. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 89 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Après deux années de hausse consécutives, le coût des importations nettes (des exportations) de pétrole brut, de produits raffinés et de biocarburants diminue (- 25,2 % en euros constants) et s?élève à 42,1 Md¤ en 2023 (figure 4.2.1.2). Ils restent supérieurs à ceux de 2019 (+ 17,2 %) et représentent 39 % de la dépense (taxes incluses) en 2023. La situation de tension géopolitique, en particulier en Ukraine et au Moyen- Orient, est responsable d?une crise énergétique qui a tiré à la hausse les prix du pétrole en 2022. La dépense servant à rémunérer des activités (de production, raffinage et transport- distribution) réalisées sur le sol national s?élève à 25,1 Md¤ (à l?écart statistique près), soit 23 % du total, en baisse par rapport à l?année précédente (- 13,2 %). Les 38 % de la dépense restants correspondent à la fiscalité. Celle-ci inclut la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE), la taxe incitative relative à l?incorporation de biocarburants (Tirib), la redevance affectée au stockage des produits pétroliers (CPSSP) ainsi que, dans les DROM, la taxe spéciale de consommation (TSC, qui remplace la TICPE) et l?octroi de mer. La fiscalité sur les produits pétroliers comprend également la TVA, qui s?applique aux prix incluant les autres taxations. La TICPE, qui compte pour la plus grande partie des taxes, a procuré 30,9 Md¤ de recettes (nette des remboursements) en 2023. En euros constants, ce montant est en recul (- 7,4 %) par rapport à 2022. Avec l?introduction de la composante carbone dès 2014, les montants perçus de TICPE avaient fortement augmenté entre 2014 et 2018 (+ 26,1 %). Ils se sont ensuite stabilisés entre 2018 et 2022 (en dehors d?une chute ponctuelle en 2020). En baisse de 1,4 %, la TSC a rapporté 0,55 Md¤ en 2023. La TVA sur les produits pétroliers (hors part déductible pour les entreprises) s?élève à 10,4 Md¤ en 2023, en baisse de 7,6 % par rapport à 2022 (en euros constants). Figure 4.2.1.2 : décomposition de la dépense totale en pétrole brut, produits raffinés et biocarburants Importations nettes Production primaire, marges et écart statistique Taxes hors TVA (nettes des subventions) TVA 140 120 100 80 60 40 20 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En Md¤2023 Note:lessoutesmaritimesetaériennesinternationalessontdéduitesdesimportationsnettes,quiintègrentaussilesvariationsdestocks.Lesmarges comprennentcellesderaffinageetcellesdetransport-distribution. Source :SDES,Bilandel?énergie 90 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation totale peut se décomposer comme la somme de la consommation à usage de production d?électricité et de chaleur (1,4 Mtep en 2023, dont plus de la moitié dans les DROM), de la consommation finale à usage énergétique (54,0 Mtep biocarburants inclus) et de la consommation finale à usage non énergétique (9,1 Mtep) - (figure 4.2.1.3). Figure 4.2.1.3 : consommation de produits pétroliers raffinés par usage et par secteur (y compris biocarburants, données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Production d?électricité et de chaleur 1,4 808 1,4 587 1,4 798 1,5 1 312 1,4 1 001 Consommation finale à usage énergétique 57,9 94 118 50,5 68 887 55,6 87 378 56,0 110 727 54,0 99 708 Industrie 2,6 1 968 2,5 1 540 2,5 1 908 2,5 2 714 2,5 2 425 Transports* 44,6 79 604 37,5 57 440 42,5 73 718 43,8 92 857 42,7 85 550 donttransportsroutiers(ménages) 26,3 52 539 22,1 37 990 24,8 47 981 25,8 59 927 25,7 57 087 donttransportsroutiers(autres) 16,1 25 357 13,9 18 506 15,9 24 296 15,8 30 476 14,8 26 445 dont autres transports 2,2 1 709 1,5 945 1,8 1 441 2,2 2 454 2,1 2 018 Résidentiel 4,7 6 712 4,2 5 044 4,7 6 385 3,5 6 830 3,1 5 099 Tertiaire** 2,7 2 895 2,8 2 404 2,4 2 299 2,7 4 065 2,3 2 830 Agriculture-pêche 3,2 2 938 3,6 2 459 3,5 3 067 3,4 4 262 3,4 3 804 Consommation finale à usage non énergétique 12,0 8 272 11,4 6 354 12,0 9 640 9,3 10 999 9,1 8 402 Industrie 11,8 6 747 11,1 4 920 11,7 7 692 9,0 8 435 8,8 6 208 Pétrochimie 8,7 4 171 8,3 2 722 8,6 4 702 6,4 4 775 6,6 3 488 Construction 2,5 1 201 2,3 906 2,5 1 232 2,1 1 438 1,8 1 008 Autresindustries 0,6 1 375 0,5 1 293 0,6 1 759 0,5 2 223 0,5 1 712 Autres (dont agriculture, transports) 0,3 1 525 0,3 1 434 0,3 1 948 0,3 2 564 0,3 2 194 *Horssoutesmaritimesetaériennesinternationales. **Ycomprislesarmées. Note:laconsommationpourletraficaérienentrelamétropoleetlesDROMestinclusedanslesecteurdestransports(autrestransports). Source :SDES,Bilandel?énergie 4.2.2 PRODUCTION D?ÉLECTRICITÉ ET DE CHALEUR La consommation destinée à la production d?électricité et de chaleur représente 2 % de la consommation totale de produits pétroliers raffinés. Elle diminue sensiblement en 2023 (- 8,8 % par rapport à 2022), à 1,4 Mtep (16,1 TWh) - (figure 4.2.1.3). En France métropolitaine, les centrales au fioul, utilisées en pointe lors des pics de demande en période hivernale, ont progressivement fermé, d?autres énergies se substituant à ce combustible, notamment pour des raisons environnementales. La consommation de fioul dans les réseaux de chaleur est également devenue marginale. Ainsi, la consommation de produits pétroliers pour la production d?électricité et de chaleur a chuté de 24,8 % par rapport à 2012. En revanche, la consommation de fioul pour la production d?électricité n?est pas négligeable en outre-mer. La facture associée s?établit en 2023 à 1,0 Md¤, en repli de 23,7 % en euros constants en un an, du fait du recul de la demande mais aussi de la nette baisse des prix. 4.2.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE ÉNERGÉTIQUE En données réelles, la consommation finale à usage énergétique de produits pétroliers (y compris biocarburants) s?élève à 54,0 Mtep en 2023 (soit 628,0 TWh), en recul de 3,5 % par rapport à l?année précédente (figure 4.2.1.3). Elle est également en retrait par rapport au niveau précédent la crise sanitaire (- 6,7 % comparativement à l?année 2019). L?usage des transports concentre 66 % de la consommation totale de produits pétroliers (y compris biocarburants) en France, soit 42,7 Mtep en 2023 (hors soutes maritimes et aériennes internationales). Relativement stable entre 2012 et 2019, cette consommation avait chuté en 2020 au cours de la crise sanitaire, puis était repartie à la hausse en 2021 et 2022, sans retrouver son niveau de 2019. En 2023, elle diminue de nouveau (- 2,7 %, cf. 5.5). Le transport routier des ménages absorbe la plus grande part de cette consommation (25,7 Mtep en 2023) et reste stable par rapport à 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 91 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La baisse de consommation touche majoritairement le transport routier hors ménages, qui recule de 6,3 % en 2023, sous l?effet notamment d?une diminution du transport de marchandises et de voyageurs. Les autres modes de transport (aérien, ferroviaire, maritime et fluvial) consomment, quant à eux, 2,1 Mtep (hors soutes internationales). Leur consommation baisse également au cours de l?année (- 6,9 %) et se positionne en dessous du niveau de 2019 (- 6,3 %). Les 66 % de produits pétroliers utilisés dans les transports étant davantage taxés, ils représentent 78 % de la dépense totale en produits pétroliers. La dépense totale dans les transports s?établit ainsi à 85,6 Md¤ en 2023. Elle est en baisse de 7,9 % par rapport au niveau record atteint en 2022, en conséquence de la hausse des prix des carburants liée à l?évolution générale des prix de l?énergie en 2022. Les entreprises contribuent moins à cette dépense qu?à la consommation physique des transports car, outre le fait qu?une partie de la TVA est déductible, certains secteurs d?activité bénéficient d?exonérations fiscales. La dépense de produits pétroliers hors ménages dans les transports est de 26,4 Md¤ en 2023, en baisse de 13,2 % par rapport à l?année précédente. Quant aux ménages, ils dépensent plus du double avec 57,1 Md¤, en baisse plus mesurée que celle des entreprises (- 4,7 % en 2023). Les consommations dans le résidentiel et le tertiaire diminuent nettement (- 13,8 %), à 5,4 Mtep en 2023. Cette évolution s?inscrit dans une tendance de baisse des consommations de produits pétroliers dans le résidentiel- tertiaire sur les dernières années. À climat corrigé, elles ont ainsi été divisées par deux depuis 2012 dans le résidentiel en raison de la chute progressive des habitations chauffées au fioul. Celles du secteur tertiaire s?inscrivent dans une dynamique de baisse plus mesurée depuis 2012 (- 28,8 % sur la période, à climat corrigé). Les dépenses respectives du résidentiel et du tertiaire s?élèvent à 5,1 Md¤ et 2,8 Md¤, en nette baisse (respectivement - 25,3 % et - 30,4 %) par rapport à l?année 2022. La consommation de produits pétroliers (y compris biocarburants) à usage énergétique dans l?industrie croît très légèrement en 2023 (+ 1,5 %), pour s?établir à 2,5 Mtep. Elle a connu une baisse progressive entre 2012 et 2017 (- 19,9 %), justifiée à la fois par le recours à d?autres énergies, par des gains d?efficacité énergétique et par la relative désindustrialisation de l?économie. Elle se maintient à un niveau stable depuis (- 2,0 % entre 2017 et 2023). À l?image des dépenses de produits pétroliers dans tous les secteurs, la facture associée chute nettement en 2023 (- 10,7 %), pour s?établir à 2,4 Md¤. Le secteur de l?agriculture et de la pêche consomme essentiellement du gazole non routier (avec une fiscalité différente depuis 2011 du fioul domestique). Sa consommation s?établit à 3,4 Mtep en 2023, très stable depuis 2012 (oscillant en données corrigées des variations climatiques entre 3,2 et 3,6 Mtep au cours de la période 2012-2023). La dépense du secteur connaît, quant à elle, une baisse de 10,7 % en 2023 et s?établit à 3,8 Md ¤. 4.2.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON ÉNERGÉTIQUE Les usages non énergétiques de produits pétroliers se concentrent essentiellement dans l?industrie pétrochimique de premier niveau, dont les produits entrent dans la fabrication de produits synthétiques (matières plastiques, cosmétiques, etc.). La consommation finale non énergétique de produits pétroliers recule légèrement en 2023, à 9,1 Mtep (105,4 TWh), soit un repli de 2,2 % sur un an (figure 4.2.1.3). Elle avait chuté en 2022, principalement en raison de plusieurs arrêts d?installations pétrochimiques pour maintenance ou incidents. En 2023, la consommation de ce secteur repart modérément, tout en restant faible. Environ 2 Mtep de bitumes sont consommées chaque année dans le secteur de la construction. En 2023, cette consommation s?est fortement repliée (- 15,9 %) alors que l?activité du secteur est restée relativement stable. Les autres produits correspondent essentiellement à des lubrifiants, utilisés dans les transports, l?agriculture et l?industrie, ainsi qu?à des quantités limitées de coke de pétrole, à usage industriel. La facture associée à cette consommation non énergétique s?élève à 8,4 Md¤ en 2023. Après avoir augmenté fortement en 2022 en raison de la hausse des prix, elle diminue nettement en 2023, de 23,6 % par rapport à 2022, en euros constants, à la suite de la baisse des prix, et se rapproche ainsi de son niveau de 2019 (8,3 Md¤2023). 4.2.5 CONSOMMATION ET DÉPENSE PAR PRODUIT Malgré une baisse de consommation en 2023 (- 5,1 %), le gazole routier (y compris biodiesel) représente près de la moitié de la consommation réelle de produits pétroliers et biocarburants en 2023 (47 %) et plus de la moitié de la dépense (52 %) - (figures 4.2.5.1 et 4.2.5.2). Il précède les supercarburants (17 % de la consommation pour 25 % de la dépense), qui représentent les seuls produits pétroliers en hausse au cours de l?année (+ 5,8 % de consommation par rapport à 2022). Cette augmentation est liée à l?évolution du parc automobile, dans lequel le nombre de motorisations essence progresse au détriment des véhicules diesel. Par rapport à 2012, année de référence choisie dans la PPE, la consommation de carburants routiers baisse de 4,3 % avec des évolutions très différentes selon les produits : le gazole routier diminue de 15,8 % alors que les supercarburants progressent de 36,9 % et les biocarburants de 29,5 %. Ces derniers représentent 5 % de la consommation de produits pétroliers en 2023. En cumulé, le gazole routier et les supercarburants (biocarburants inclus) correspondent à 64 % de la consommation pour 77 % de la dépense. 92 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Cette différence s?explique par une fiscalité plus lourde sur ces carburants que sur d?autres produits pétroliers. Pour une raison inverse, la part de fioul domestique et des autres gazoles dans la consommation (15 %) est plus importante que cette même part dans la dépense (11 %). Leur consommation poursuit une tendance à la baisse (- 6,4 % sur l?année, - 32,2 % par rapport à 2012). Ensuite, les consommations les plus importantes sont celles de produits non énergétiques (10 % de la consommation et 7 % de la dépense) et de GPL (5 % de la consommation pour 3 % de la dépense). Bien que minoritaire dans la consommation de produits pétroliers (3 %), le jet kérosène est l?un des produits qui diminuent le moins depuis 2012 (- 7 %, contre - 15 % tous produits confondus). Par rapport à 2022, sa consommation est en baisse de 8,0 % tandis que la dépense associée au produit chute de 31,4 % en 2023 par rapport à 2022. Le fioul lourd a quant à lui vu sa consommation divisée par trois depuis 2012 et représente en 2023 seulement 1 % de la consommation finale de produits pétroliers et moins d?1 % de la dépense. Figure 4.2.5.1 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023 En Mtep (données corrigées des variations climatiques) Gazole routier Biocarburants (depuis 2011) Gazole non routier (depuis 2011) GPL* Coke de pétrole, brais et autres produits lourds Supercarburants routiers Carburéacteurs Fioul lourd pour la production d?électricité et de chaleur Naphta Autres** GPL carburant Fioul domestique Fioul lourd hors production d?électricité et de chaleur Bitumes *Gazdepétroleliquéfié(butane,propane),horsGPLcarburant. **Autres:lubrifiants,paraffinesetcires,white-spiritetessencesspéciales,pétrolelampant,essenceaviation,gazderaffinerie,éthane,autresproduits. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source : SDES,Bilandel?énergie Figure 4.2.5.2 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit (y compris biocarburants, données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Gazole routier 33,9 58 046 28,6 41 449 31,9 51 827 31,8 65 053 30,2 56 916 Fioul domestique et autres gazoles 11,5 11 729 11,3 8 807 11,1 10 717 10,2 15 254 9,6 11 808 Supercarburants* 9,0 20 557 7,7 15 592 9,3 21 198 10,3 26 250 10,9 27 475 Jet kérosène 1,9 924 1,2 325 1,6 694 2,0 1 650 1,8 1 132 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 4,6 4 250 3,8 3 451 3,9 4 072 3,4 3 963 3,1 3 179 Fioul lourd 0,9 490 0,8 347 0,9 463 0,9 668 0,7 433 Produits non énergétiques** 7,1 5 920 7,6 5 100 8,5 7 813 6,5 8 855 6,5 7 127 Autres*** 2,4 1 280 2,1 757 1,8 1 030 1,6 1 346 1,7 1 041 Total 71,3 103 197 63,3 75 828 69,0 97 815 66,7 123 038 64,4 109 111 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 93 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 4.3.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES En 2023, la consommation totale de gaz naturel en France s?établit à 383 TWh PCS (soit 425 TWh PCI). Elle diminue fortement pour la deuxième année consécutive : baisse de 42 TWh PCS (- 8,8 %) en 2022 et de 50 TWh PCS (- 11,6 %) en 2023, soit 92 TWh PCS (- 19,3 %) entre 2021 et 2023. Ce niveau est le plus bas atteint depuis la fin des années 90. Par rapport à 2012, année de référence de la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE), la diminution est de 23,5 % (- 118 TWh PCS) ; cette baisse est un bon signal pour le respect de la PPE (cf. 4.1). Pour mémoire, la PPE prévoit une baisse de 10 % pour la période 2012-2023 de la consommation primaire de gaz naturel corrigée des variations climatiques10. Les températures de 2023 et 2022 ayant été proches, la consommation totale corrigée des variations climatiques diminue dans les mêmes proportions : - 11 %, à 414 TWh PCS en 2023 (figure 4.3.1.1). Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur En TWh PCS* (données corrigées des variations climatiques) 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2020 2023 1994 600 500 400 300 200 100 0 Usage non énergétique Tertiaire Production d?électricité et de chaleur Transports Résidentiel Usages internes de la branche énergie Agriculture-pêche Industrie *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationdegaz,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité,enquêteannuelle surlesréseauxdechaleuretdefroid,donnéesduCitepa Les dépenses pour l?achat de gaz diminuent aussi en 2023, passant de 33,9 à 32,6 milliards, soit une diminution de 3,9 % (figure 4.3.1.2). Cette diminution est beaucoup moins forte que celle de la consommation. L?évolution du prix sur le maché de gros est répercutée avec retard sur le prix de vente (cf. 1.3). Le délai de répercussion diffère suivant la quantité consommée (les plus gros consommateurs étant plus sensibles aux variations des prix de marché), le type d?offre souscrite (prix fixe, indexation marché, autre indexation?) et son échéance. Par conséquent, en 2023 le prix de vente pour les « petits » consommateurs a continué de croître malgré une baisse du prix sur le marché de gros. Cela explique que la diminution de la dépense est moindre que la diminution de la consommation. 10 Par rapport à la consommation totale, la consommation primaire de la PPE exclut les injections de biogaz et les consommations pour matière première et inclut les pertes du réseau de transport. 94 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.3.1.2 : consommation de gaz naturel et dépense associée En TWh PCS* (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023 600 550 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 36 000 33 000 30 000 27 000 24 000 21 000 18 000 15 000 12 000 9 000 6 000 3 000 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Consommation totale (TWh PCS) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite) *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie 4.3.2 BRANCHE ÉNERGIE En 2023, avec la reprise des productions d?électricité nucléaire et hydraulique, les centrales à gaz ont été moins sollicitées qu?en 2022 et la consommation de gaz naturel du secteur est redescendue à 80 TWh PCS (figure 4.3.2.1). En 2022, la consommation de gaz naturel de la branche énergie avait connu le niveau record de 104 TWh PCS. Avec une diminution de 20 % entre 2022 et 2023, la consommation de gaz de la branche énergie passe en un an d?un point historiquement haut à un point historiquement bas. Les dépenses en gaz de la branche énergie diminuent, passant de 405 à 329 millions d?euros, soit une baisse de 31 % en un an, liée non seulement à la baisse de la consommation mais aussi à celle des prix pour ces acteurs. En effet, la branche énergie étant une « grosse » consommatrice de gaz naturel, les prix de ses contrats de fourniture de gaz naturel suivent avec moins de retard l?évolution à la baisse des prix sur les marchés de gros. Figure 4.3.2.1 : consommation de gaz naturel de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Transformation en électricité ou chaleur 93 1 963 85 1 434 82 3 122 98 7 050 75 4 803 Branche énergie hors transformation 9 146 8 97 8 293 6 405 6 329 Branche énergie 102 2 108 93 1 531 90 3 415 104 7 455 80 5 132 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 95 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE ÉNERGÉTIQUE Dans l?ensemble, la consommation finale de gaz naturel à usage énergétique diminue de 8,4 % en 2023, passant de 318 à 291 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Malgré cette baisse, les dépenses associées augmentent de 6,7 %, pour atteindre 27 milliards d?euros en 2023. Cette situation nationale masque en fait de grandes disparités entre les secteurs. Le secteur résidentiel est le plus gros consommateur avec 38,7 % de la consommation finale de gaz naturel. En 2023, le secteur consomme 113 TWh PCS et dépense 12,8 milliards d?euros. Par rapport à 2022, il diminue sa consommation de 7,3 % et voit ses dépenses augmenter de 10,7 %. Le secteur de l?industrie représente 37,7 % de la consommation finale de gaz naturel. Les dépenses pour le secteur industriel diminuent plus vite que la consommation. En effet, en 2023, la consommation de gaz naturel du secteur diminue de 9,5 % alors que les dépenses associées diminuent de 11,4 %. La diminution du prix payé par les industriels s?explique par la présence de « gros » consommateurs dans ce secteur plus sensible à la baisse des prix sur le marché de gros. Avec 63 TWh en 2023, la part de la consommation finale du secteur tertiaire est de 21,7 %. Le tertiaire diminue sa consommation de 9,8 % mais voit ses dépenses augmenter de 27,1 %, à 6,1 milliards d?euros. C?est le secteur le plus impacté par la hausse des prix du gaz. Les transports sont le seul secteur d?activité dont la consommation de gaz naturel augmente. Celle-ci passe de 4,1 à 4,7 TWh PCS, soit une augmentation de 14,6 %. La consommation de gaz de ce secteur accélère sa progression, notamment grâce au développement du parc de poids lourds alimentés au gaz. La part du secteur dans la consommation finale reste modeste, puisqu?elle est de 1,5 % en 2023, mais elle a plus que doublé depuis 2019. Les dépenses du secteur pour l?achat de gaz naturel augmentent de 30,7 % entre 2022 et 2023. Le secteur agricole a consommé 2 TWh PCS, en baisse de 8,2 % par rapport à 2022. Il représente 0,7 % de la consommation finale de gaz. La dépense en gaz naturel du secteur est de 167 millions d?euros en 2023, soit une hausse de 15,5 % par rapport à 2022. Figure 4.3.3.1 : consommation finale de gaz naturel à usage énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Industrie 135 3 748 121 2 771 134 4 959 120 8 455 109 7 491 Transports 2,1 74,9 2,5 78,4 3,5 137,2 4,1 301,1 4,7 393,7 Tertiaire 81 3504 73 3 066 84 3 763 70 4 809 63 6 114 Résidentiel 144 11 146 142 10 365 148 10 798 121 11 561 113 12 801 Agriculture-pêche 2,6 99,0 2,5 88,2 2,6 107,0 2,1 145,0 2,0 167,5 Total 364 18 572 341 16 369 372 19 764 318 25 272 291 26 967 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie 96 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON ÉNERGÉTIQUE La consommation non énergétique de gaz naturel est essentiellement une consommation comme matière première dans le secteur de la chimie. Le gaz naturel entre notamment dans la production d?hydrogène (voir focushydrogène) ou de méthanol. En 2023, cette consommation s?élève à 12 TWh PCS, soit une consommation comparable à celle de 2022. Les dépenses ont, quant à elles, nettement diminué, passant de 1,2 milliard d?euros à 479 millions, soit une baisse de 59 %. Figure 4.3.4.1 : consommation finale de gaz naturel à usage non énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Chimie 14 225 13 140 13 532 12 1 178 12 479 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 97 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement En 2023, la consommation primaire de charbon, corrigée des variations climatiques, s?établit à 55 TWh. Elle recule de 22 % par rapport à 2022, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis le début des observations, en dessous même de son niveau de 2020 (66 TWh) - (figure 4.4.1). La consommation de charbon est orientée à la baisse depuis une trentaine d?années, même si elle peut augmenter ponctuellement, comme en 2017 ou 2021. En effet, les autres formes d?énergie se substituent progressivement au charbon dans la plupart des secteurs consommateurs. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation primaire de charbon baisse de 61 % à climat corrigé. Depuis 2015, la filière fonte constitue le principal consommateur de charbon en France avec, en 2023, 64 % de la consommation totale. Elle est suivie par celle de la production d?électricité et de chaleur, qui ne représente plus que 23 % de la consommation (contre 48 % en 2012). La consommation finale (essentiellement celle de l?industrie manufacturière hors hauts-fourneaux) compte, quant à elle, pour 18 % de l?ensemble des ressources primaires consommées en 2023 (le solde entre les ressources et la somme des consommations des différents secteurs correspondant à l?écart statistique). Après avoir atteint un niveau inédit à 3,6 Md¤2023 en 2022, la dépense totale en charbon chute de nouveau nettement en 2023, à 2,5 Md¤ (- 33 %), en raison de la baisse importante de la consommation et de la chute des prix (cf. 1.4). Elle reste élevée, un peu supérieure à son niveau de 2019 (2,3 Md¤2023). Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement du coke, issu de la transformation d?un type de charbon plus onéreux que celui utilisé pour la production d?électricité et de chaleur, concentrent à eux seuls près de 70 % de la dépense totale, contre 53 % en 2012. Figure 4.4.1 : consommation primaire de charbon (hors écart statistique) et dépense totale associée En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 250 200 150 100 50 0 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Usages non énergétiques Consommation nette filière fonte Industrie hors filière fonte Autres usages énergétiques Branche énergie hors filière fonte Dépense totale en Md¤2023 (2011-2023) - (axe de droite) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Note:unopérateuraréviséfortementàlahaussesesproductionsdegazdérivés,entraînantunerupturedesérieentre2016et2017. Parailleurs,àpartirde2017,lespertes,auparavantinclusesdansl?écartstatistique,sontintégréesàlaconsommationdelafilièrefonte. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 98 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Outre la filière fonte, dont la consommation totale nette s?élève à 35 TWh en 2023, 10 TWh de produits charbonniers ont été consommés par la branche énergie à des fins de production électrique ou, de façon plus marginale, de production de chaleur vendue ensuite à des tiers (figure 4.4.2). Cette quantité correspond, pour l?essentiel, à du charbon- vapeur utilisé comme combustible par des centrales thermiques à flamme. Par ailleurs, du gaz fatal issu des installations sidérurgiques est brûlé pour produire de l?électricité sur le site industriel lui-même ou dans une centrale thermique voisine, comme c?est notamment le cas à Dunkerque. La consommation des centrales a diminué de près de 81 % depuis 2012. Cette baisse reflète la réduction progressive du parc pour des raisons environnementales et d?obsolescence. Avec l?arrêt de nombreuses tranches de production, la capacité électrique installée des centrales à charbon s?est en effet réduite de plus de trois quarts sur le territoire métropolitain sur la période. Fin décembre 2023, seules cinq unités de production, réparties sur quatre sites, à Cordemais (Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle) restent en activité. Fin 2023, les départements et régions d?outre-mer comptent deux installations de production thermique au charbon, dont certaines tranches de production utilisent également un combustible renouvelable issu de la canne à sucre, la bagasse, durant la campagne sucrière. Ces installations sont les centrales du Moule (Guadeloupe) et du Gol (La Réunion). Les unités ultramarines sont en cours de conversion en unités 100 % renouvelable (bagasse- biomasse). La centrale de Bois-Rouge, à Saint-André (La Réunion), a été convertie totalement à la biomasse en mars 2023 et a ainsi abandonné le combustible charbonnier. À son tour, la centrale du Gol a été convertie en février 2024 et ne consomme plus de charbon. Avec la chute importante de la production d?électricité à partir de charbon en métropole, les centrales ultramarines représentent plus de la moitié des consommations de charbon des producteurs d?électricité ou de chaleur cogénérée dont c?est l?activité principale. Cette part était temporairement passée à environ 30 % en 2021 et 2022 dans un contexte de moindre disponibilité des centrales nucléaires et de tensions sur l?approvisionnement en gaz. Au-delà de cette tendance de long terme, la consommation des centrales thermiques à charbon en France métropolitaine est très sensible à la rigueur des températures, celles-ci étant principalement utilisées comme moyens de pointe lors des vagues de froid hivernales. En 2022, les tensions sur l?approvisionnement en gaz ont entraîné la réouverture provisoire de la centrale de Saint-Avold, qui devait être définitivement arrêtée. La consommation de charbon des centrales, corrigée des variations climatiques, diminue d?un tiers en 2023, à 13 TWh, son niveau le plus faible depuis le début des mesures. En effet, les centrales à charbon métropolitaines ont été nettement moins sollicitées qu?en 2022 grâce au rebond du nucléaire, à la forte augmentation de la production renouvelable et à la baisse de la consommation (cf. 3.4). Par ailleurs, la centrale de Bois-Rouge à La Réunion n?utilise plus de charbon. La dépense pour produire de l?électricité ou de la chaleur s?élève en 2023 à 0,4 Md¤. Hors inflation, la facture a diminué de 44 % en un an, en lien avec la chute de la demande et le recul des prix de l?énergie. Figure 4.4.2 : consommation pour la production d?électricité et de chaleur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production d?électricité et de chaleur 17,9 327 15,1 228 22,1 455 17,4 634 9,7 357 Charbon primaire 12,2 188 10,4 117 16,8 309 13,1 520 6,6 214 Gaz dérivés 5,7 139 4,7 111 5,3 147 4,2 113 3,1 143 Source :SDES,Bilandel?énergie La consommation finale de charbon en France s?élève à 10 TWh en 2023 (figure 4.4.3), un minimum historique. Elle fléchit nettement en un an (- 9 %). Par rapport à 2019, cette consommation recule aussi sensiblement (- 29 %). Depuis 2012, la consommation finale de charbon a chuté de 45 %. La dépense correspondante s?établit à 0,4 Md¤ en 2023. Mesurée en euros constants, elle recule de 17 % par rapport à 2022, du fait de la baisse importante des prix, mais reste supérieure à celle de 2021 et 2019 (+ 8 %). Les usages non énergétiques du charbon représentent 33 % de la consommation finale en 2023. Cette part augmente de 5 points en un an en raison de la baisse de la consommation finale énergétique, en particulier dans l?industrie. Elle était restée stable depuis près de dix ans jusqu?en 2021. Ces usages non énergétiques concernent en premier lieu les secteurs industriels de la sidérurgie, de la chimie puis, dans une moindre mesure, celui des produits minéraux non métalliques. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 99 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Les usages énergétiques se concentrent, quant à eux, en quasi-totalité dans l?industrie, principalement dans les secteurs de la chimie, des produits minéraux non métalliques (notamment la fabrication de ciments, plâtres et chaux) et de l?agroalimentaire (par exemple les sucreries). Le charbon est très marginalement utilisé comme combustible, en général pour le chauffage, dans le résidentiel et le tertiaire, notamment dans les Hauts-de-France. Figure 4.4.3 : consommation finale de charbon (données non corrigées des variations climatiques) En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Industrie 10,3 9,1 10,5 7,4 6,2 Charbon primaire 8,5 7,7 8,9 6,1 4,9 Charbon dérivé 1,8 1,4 1,6 1,3 1,3 Autres usages énergétiques 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6 Charbon primaire 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 Charbon dérivé 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0 Usages non énergétiques 3,1 2,8 3,2 3,0 3,4 Charbon primaire 1,2 1,4 1,4 1,4 1,5 Charbon dérivé 1,9 1,5 1,8 1,7 1,9 Total 14,1 12,5 14,5 11,1 10,1 Charbon primaire 10,4 9,6 11,0 8,0 6,9 Charbon dérivé 3,8 2,9 3,5 3,1 3,2 Source :SDES,Bilandel?énergie 100 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 4.5.1 CONSOMMATION TOTALE La consommation primaire d?énergies renouvelables (EnR) et de déchets s?élève à 409 TWh en 2023. Elle se répartit en 209 TWh consommés par la branche énergie (pour la production d?électricité ou de chaleur) et 200 TWh consommés directement par les utilisateurs finaux, principalement pour les besoins de chauffage. Au sein de la branche énergie, la consommation d?EnR et déchets sert majoritairement à produire de l?électricité : 129 TWh pour la production d?électricité issue des filières hydraulique, éolienne et photovoltaïque et 15 TWh de combustibles (principalement de la biomasse et des déchets) brûlés pour produire de l?électricité. 41 TWh de combustibles sont également consommés pour produire simultanément de la chaleur et de l?électricité par cogénération, et 15 TWh pour produire de la chaleur. 8 TWh de biométhane sont par ailleurs injectés dans les réseaux. Tous usages confondus, la consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 9,1 % sur un an. Cette augmentation est portée par la filière hydraulique, du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par la filière éolienne, du fait du développement du parc et de conditions de vent favorables (cf. 2.2.3). D?autre part, des températures automnales légèrement plus basses par rapport à 2022 ont entraîné un besoin accru de chauffage des ménages qui s?est traduit notamment par l?augmentation de la consommation de bois-énergie et de chaleur renouvelable des pompes à chaleur dans le résidentiel. Les énergies renouvelables continuent de se développer. À climat corrigé, la consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 8,7 % en 2023. Elle a doublé depuis le milieu des années 2000 et a augmenté de 36,9 % depuis 2013 (figure 4.5.1.1). En enlevant la consommation des énergies renouvelables électriques11 (qui ne sont pas corrigées des variations de la pluviométrie, du vent ou du soleil), la consommation primaire d?énergies renouvelables thermiques et de déchets corrigée des variations climatiques augmente de 2,8 % en 2023. Figure 4.5.1.1 : consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets par secteur En TWh (données corrigées des variations climatiques) 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2020 2023 1994 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Production de chaleur seule Production d?électricité et de chaleur par cogénération Production d?électricité seule à partir de combustibles Production d?électricité hydraulique*, éolienne et photovoltaïque Injections de biométhane dans les réseaux de gaz naturel Branche énergie Secteurs de consommation finale Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Transports Industrie *Ycomprisénergiesmarines. Note:laconsommationdedéchetsurbainspourlaproductiond?électricitéetdechaleurparcogénérationn?estpasisolablejusqu?en1994etestinclusejusqu?à cettedatedansleposte«Productiondechaleurseule». Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 11 Hydraulique, éolien, photovoltaïque et énergies marines. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 101 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation finale d?énergies renouvelables et déchets (200 TWh en 2023, en données non corrigées des variations climatiques) correspond aux consommations de combustibles, carburants et chaleur primaire provenant de sources renouvelables ainsi que de déchets, destinées à tout usage autre que la production électrique et la production de chaleur commercialisée à des tiers. Le secteur résidentiel en représente à lui seul 60 %, suivi des transports (19 %), de l?industrie (13 %), du tertiaire (6 %) et de l?agriculture (2 %). 119 TWh d?énergies renouvelables thermiques ou issues des déchets sont consommés pour le chauffage ou l?eau chaude sanitaire dans le secteur résidentiel. Cette consommation augmente de 4,2 % sur un an du fait notamment d?un automne plus froid, après une baisse de 2,2 % en 2022, avec des températures hivernales et automnales supérieures à celles de 2021. Corrigée des variations climatiques, elle augmente toujours de 3,8 %. Sur ces 119 TWh, 59 % sont issus de la combustion de bois, 39 % sont extraits par les pompes à chaleur et 2 % sont produits par les capteurs solaires thermiques installés chez les particuliers. Après avoir progressé dans les années 2000, la consommation de bois de chauffage est plus atone ces dernières années. À climat corrigé, elle diminue de 0,3 % en 2023. Le recul des ventes d?appareils de chauffage au bois entre 2013 et 2020 (à l?exception des poêles à granulés et à bûches) et la diminution régulière de la consommation de bois par ménage équipé d?un appareil de chauffage au bois, du fait notamment de l?amélioration de l?efficacité de ces derniers, expliquent cette tendance (cf. 2.2.3). À l?inverse, les pompes à chaleur, en particulier celles aérothermiques, qui nécessitent un moindre investissement, continuent de se développer fortement dans le résidentiel, grâce notamment aux mesures incitatives pour remplacer les appareils de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. Leur consommation renouvelable corrigée des variations climatiques augmente à un taux moyen de 12 % sur les cinq dernières années. La consommation finale d?énergies renouvelables thermiques dans les transports, composée de biocarburants (cf. 4.5.3), atteint 38 TWh en 2023 en données réelles. Elle augmente de 4,6 %. La consommation finale dans l?industrie est composée pour 76 % de biomasse solide, 16 % de déchets industriels, 5 % de biogaz et 3 % de biocarburants (principalement incorporés au gazole non routier). Elle s?élève à 26 TWh en 2023 en données réelles, en hausse de 3,5 %. Le secteur de l?imprimerie et de la production de papier et de carton est le principal utilisateur d?énergies renouvelables thermiques et de déchets avec 17 TWh consommés en 2023. Ce secteur consomme en particulier de la biomasse (8 TWh), notamment de liqueur noire, résidu issu de la fabrication du papier kraft et constituant une source d?énergie facilement mobilisable et peu onéreuse. La consommation finale d?énergies renouvelables thermiques ou issues des déchets par le secteur tertiaire demeure modeste, à 12 TWh en 2023. Elle est quasiment constante sur un an en données réelles et diminue de 0,9 % à climat corrigé. Cette consommation, principalement à des fins de chauffage, se répartit entre les filières biomasse solide (28 %), pompes à chaleur (26 %), incinération de déchets (25 %), biogaz (14 %), biocarburants (4 %, correspondant à la part renouvelable du gazole non routier utilisé marginalement par le secteur tertiaire), géothermie (2 %) et solaire thermique (1 %). 4.5.2 BOIS-ÉNERGIE En 2023, la consommation primaire de bois-énergie s?élève à 111 TWh en données réelles (figure 4.5.2.1). Elle augmente de 1,8 % par rapport à 2022 en raison de températures automnales plus basses que l?année précédente. La dépense associée s?élève à 3,5 Md¤ et augmente de 20 % sur un an. Elle se répartit en 2,5 Md¤ dans le résidentiel (soit 72 % du total), 0,7 Md¤ dans le secteur énergétique pour la production d?électricité et de chaleur et 0,3 Md¤ dans les autres secteurs (tertiaire et industriel). Si la hausse du prix du bois-énergie est particulièrement importante dans l?industrie (+ 48 % en un an), la hausse globale de la dépense est tirée par l?évolution du prix du bois acheté par les ménages (+ 30 % en moyenne annuelle (cf. 1.5.2) du fait de la part importante de ce secteur dans la consommation primaire totale. Cette dépense prend en compte l?achat de bois hors des circuits commerciaux mais n?inclut pas l?auto-approvisionnement en bois (entre 30 et 40 % de la consommation de bois-bûche des ménages). Figure 4.5.2.1 : consommation primaire de bois-énergie par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Consommation primaire totale 110 2 538 100 2 531 114 2 878 109 2 897 111 3 486 Production d?électricité et de chaleur 20 539 19 491 22 547 23 686 24 722 Industrie 9 80 9 81 9 90 12 123 12 176 Résidentiel 77 1 837 68 1 886 78 2 154 69 1 996 69 2 495 Tertiaire 3 82 3 73 3 87 3 92 3 93 Agriculture-pêche 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0 Lecture:laconsommationprimairedebois-énergie(horsliqueurnoire)s?élèveà111TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3,5Md¤. Source :SDES,Bilandel?énergie 102 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.5.3 BIOCARBURANTS La consommation de biocarburants s?établit à 3,5 Mtep (soit 41 TWh) en 2023, dont 2,6 Mtep de biodiesel, 0,8 Mtep de bioéthanol et 0,05 Mtep de biokérosène (figure 4.5.3.1). Elle augmente (+ 4,6 %) en raison de la progression de la consommation de biodiesel (+ 5,6 %). Du fait de la baisse des prix, la dépense associée diminue fortement en euros constants (- 13,5 %), pour s?établir à 5,9 Md¤ en 202312. Hors coûts de distribution et des taxes (affectés par convention dans le bilan aux produits pétroliers avec lesquels ils sont mélangés), les dépenses de biodiesel s?élèvent à 4,4 Md¤ (- 16,1 % par rapport à 2022 en euros constants, malgré une hausse de la consommation), et celles de bioéthanol à 1,5 Md¤ (- 4,6 %). La consommation de biocarburants est concentrée à 92 % dans le secteur des transports, le reste étant essentiellement lié à l?utilisation d?engins agricoles et de chantier. Figure 4.5.3.1 : consommation de biocarburants et dépense totale associée 6,0 5,0 4,0 3,0 2,0 1,0 0,0 En Mtep En Md¤2023 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Bioessence Biodiesel Biokérosène Dépense en bioéthanol (axe de droite) Dépense en biodiesel (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetFAO 12 La dépense n?inclut pas celle en biokérosène, qui s?élève à 0,1 Md¤. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 103 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 4.6.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES À climat réel, la consommation totale d?électricité diminue de 4,0 % en 2023 (après - 3,8 % en 2022 et + 5,1 % en 2021), pour s?établir à 408 TWh (figure 4.6.1.1). À climat corrigé, la consommation d?électricité diminue dans les mêmes proportions par rapport à 2022 (- 3,9 %), soit un rythme plus soutenu que la moyenne annuelle observée depuis 2012 (- 0,74 %). En 2023, le climat a en effet été doux et comparable à celui de 2022. Les prix élevés ainsi que la poursuite des appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication de cette baisse. La forte hausse des prix de détail sur un an (+ 35,7 %) entraîne une très forte augmentation de la dépense en électricité, qui s?établit à 87 Md¤ (+ 23,7 % par rapport à l?année précédente en euros constants). En 2023, la hausse des dépenses en électricité s?explique par la persistance des effets de la crise énergétique amorcée fin 2021. Les prix élevés observés sur le marché de gros en 2022 ont continué d?influencer les factures payées par les consommateurs en 2023 en raison de la structure des contrats d?approvisionnement et des pratiques de couvertures des fournisseurs sur les marchés à terme. Ainsi, même si les prix sur les marchés de gros ont fortement décru en 2023 (cf. 1.7), la répercussion de cette baisse sur les contrats de fourniture en cours n?intervient pas au même rythme pour tous les contrats. Selon la structure des contrats de fourniture souscrits, les évolutions de prix pour les consommateurs finaux interviennent souvent lors des renouvellements de contrat, ce qui explique également le retard dans la transmission des prix des marchés de gros vers le marché de détail. Cette inertie tarifaire a conduit à des factures plus élevées pour les consommateurs, malgré une baisse de la consommation. Figure 4.6.1.1 : consommation physique d?électricité et dépense associée En TWh (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023 Consommation totale (TWh) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 470 460 450 440 430 420 410 400 390 380 100 000 90 000 80 000 70 000 60 000 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 Source :SDES,Bilandel?énergie 104 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.6.2 CONSOMMATION ET DÉPENSE DE LA BRANCHE ÉNERGIE Au-delà des pertes sur le réseau (37 TWh) et de l?électricité utilisée pour le pompage (3,6 TWh), la branche produisant de l?énergie (raffineries, enrichissement de l?uranium?) est elle- même consommatrice d?électricité à hauteur de 10 TWh, représentant un coût de 1,8 Md¤ (figure 4.6.2.1). Figure 4.6.2.1 : usages internes de la branche énergie en électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Branche électricité 9 716 9 781 9 862 10 1 228 10 1 752 Note:horspertes,consommationpropredescentraleseténergieabsorbéeparlepompage. Source : SDES,Bilandel?énergie 4.6.3 CONSOMMATION FINALE ET DÉPENSE ASSOCIÉE Corrigée des variations climatiques, la consommation finale d?électricité s?était stabilisée entre 2012 et 2018. En 2023, elle diminue de 4,0 % par rapport à 2022, avec des évolutions contractées selon les secteurs. Non corrigée du climat, la consommation finale d?électricité diminue de 4,2 % en 2023, à 398 TWh, dans un contexte de prix élevés et d?appels à la sobriété (figure 4.6.3.1). La dépense associée progresse de 23,3 %, atteignant 85,3 Md¤. Le secteur résidentiel représente 38 % de la consommation finale d?électricité, ce qui en fait le plus grand consommateur. La consommation finale d?électricité corrigée du climat du secteur s?élève à 156 TWh (figure 4.6.3.2), en baisse de 4,6 TWh par rapport à 2022 (- 2,8 %). L?électricité a de nombreux usages (chauffage, fonctionnement des divers équipements électroménagers ou autres, éclairage?). Plusieurs facteurs influent sur la consommation d?électricité du résidentiel : la météo, le taux d?équipement, l?amélioration de la performance énergétique des bâtiments, les prix, mais aussi les comportements de consommation (sobriété). Alors que la part du résidentiel dans la consommation d?électricité reste sensiblement la même, autour de 38 %, sa part dans la dépense diminue fortement. Elle était de 53 % en 2019, de 49 % en 2022 et de 42 % en 2023. En effet, le secteur résidentiel reste relativement épargné par l?augmentation globale des prix. Le bouclier tarifaire a limité les hausses des tarifs réglementés de vente (TRV) pour les ménages (et les petites entreprises). Ces derniers ont connu tout de même des hausses significatives en 2023 : + 15 % TTC en moyenne au 1er février et + 10 % TTC en moyenne au 1er août. Malgré la baisse de la consommation, la dépense progresse de 5,5 %. Le secteur tertiaire consomme 126 TWh d?électricité (à climat corrigé), soit 31 % de l?électricité finale totale, et se place ainsi en deuxième position. Sa consommation diminue de 6,1 % (- 8,3 TWh) après correction des variations climatiques. La part du tertiaire dans la dépense globale d?électricité est de 35 %, ce qui représente une augmentation importante par rapport à l?année précédente où elle était de 29 %. La dépense du secteur tertiaire augmente de 46,6 % malgré une baisse de 6,5 % de la consommation. Ce secteur est celui qui a été le plus impacté par la hausse des prix de l?électricité. Avec 103 TWh, l?industrie représente 26 % de la consommation d?électricité, se classant en troisième position. La dépense est en hausse de 31 %, pour une consommation baissant de 4,9 % (- 5,3 TWh). La part de l?industrie dans la dépense globale est de 19 %. La hausse des prix a été très disparate selon les consommateurs. Ainsi, par exemple, le prix de l?électricité pour les acteurs consommant plus de 150 GWh a baissé de 4 % en 2023, contrairement à la moyenne du secteur (+ 44 %, cf. 1.7). La consommation d?électricité dans les transports (13 TWh), très majoritairement liée au réseau ferré, est la seule consommation sectorielle à augmenter en 2023 (+ 16 %). Au sein des transports, la consommation des véhicules électriques routiers est de 2,3 TWh et a fortement progressé en 2023 (+ 46 %, après + 77 % en 2022), les immatriculations de voitures électriques étant en hausse de 47 % par rapport à 2022. La dépense en électricité pour le transport s?élève à 1,7 Md¤ (+ 33 %). La consommation d?électricité de l?agriculture (7 TWh) diminue de 9,4 % en 2023, pour une dépense de 1,8 Md¤, en hausse de 37 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 105 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.6.3.1 : consommation finale d?électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Industrie 116 9 229 106 8 550 112 10 077 107 12 628 102 16 562 Transports 10 605 8 606 10 767 11 1 313 13 1 747 Résidentiel 160 32 188 161 33 512 170 35 573 155 33 772 151 35 645 Tertiaire 138 17 806 128 16 860 134 17 827 134 20 141 125 29 531 Agriculture-pêche 8 1 228 8 1 176 8 1 207 8 1 341 7 1 835 Total 432 61 055 411 60 703 433 65 451 415 69 194 398 85 319 Source : SDES,Bilandel?énergie Figure 4.6.3.2 : évolution de la consommation finale d?électricité En TWh (données corrigées des variations climatiques) 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Industrie Transports Résidentiel Tertiaire Agriculture-pêche 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationd?électricité La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un objectif de baisse de la consommation finale de l?énergie pour 2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France continentale. Cette baisse globale de la consommation finale d?énergie passe par la réduction de la part des énergies fossiles dans notre bouquet énergétique, au profit de l?électricité et des énergies renouvelables. Si l?on considère le périmètre France entière, la consommation d?électricité corrigée des variations climatiques baisse de 8,1 % (- 35 TWh) depuis 2012. En 2023, sa part s?élève à 26 % de la consommation finale à usage énergétique comme en 2012. Cette baisse est concentrée sur la période récente. En effet, entre 2019 et 2023, elle atteint - 30 TWh. L?industrie et le tertiaire baissent de 17 TWh chacun. Ce sont les secteurs qui contribuent le plus à la baisse globale. Le transport est le seul secteur connaissant une hausse (+ 2 TWh) avec le développement des véhicules électriques. 106 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement La consommation (hors pertes) de chaleur commercialisée s?élève à 42 TWh en 2023. Elle baisse de 10 % par rapport à 2022 malgré des conditions climatiques et des besoins de chauffage équivalents. Corrigée des variations climatiques, elle diminue également de 10 % sur un an. Sur longue période, elle a fortement progressé (+ 23 % depuis 2013). En 2023, les ventes de chaleur, corrigées des variations climatiques, diminuent particulièrement dans le secteur de l?industrie (- 19 %) et le secteur tertiaire (- 7 %) dans un contexte de diminution de l?offre (figure 4.7.1). Les centrales thermiques, parmi lesquelles figurent les centrales en cogénération qui vendent la chaleur produite, ont été beaucoup moins sollicitées en 2023 qu?en 2022, dans un contexte de production d?électricité nucléaire et renouvelable en nette croissance, et ont, de ce fait, moins produit et vendu de la chaleur à leurs clients à proximité (plutôt des sites industriels). À l?inverse, la livraison au secteur résidentiel augmente de 1 %. Au total, le secteur industriel représente 40 % des quantités de chaleur achetée, le résidentiel 37 % et le tertiaire 23 %, la consommation de chaleur dans le secteur agricole restant très marginale. Figure 4.7.1 : consommation totale de chaleur commercialisée (nette des pertes de distribution) et dépense associée 60 50 40 30 20 10 0 2008 2007 2000 2002 2001 2017 2010 2009 2012 2011 2006 2005 2014 2013 2016 2015 2019 2021 2020 2022 2023 2018 2004 2003 Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Industrie Total (hors pertes) non ventilé Dépense totale en Md¤2023 (axe de droite) En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Note:laventilationsectorielledelaconsommationn?estdisponiblequ?àpartirde2007. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 107 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie En 2023, la dépense de consommation totale de chaleur commercialisée s?élève à 3 774 M¤ (figure 4.7.2). Elle diminue de 11 % sur un an, tirée à la baisse par le secteur industriel (cf. 1.8). Le secteur résidentiel représente 47 % de cette dépense, le secteur industriel 26 % et le secteur tertiaire 27 %, avec des montants respectifs de 1 757 M¤, 976 M¤ et 1 012 M¤. Le secteur industriel pèse en général nettement moins dans la dépense que dans la quantité consommée en raison de prix traditionnellement plus bas que dans les autres secteurs. En 2023, l?industrie bénéficie d?une baisse importante des prix de la chaleur. Ses dépenses refluent de 37 % par rapport à 2022 (pour une consommation en baisse de 20 %) mais restent plus élevées qu?avant la crise énergétique (+ 20 % par rapport à 2021). À l?inverse, dans le résidentiel et le tertiaire, les prix de la chaleur réagissent avec retard aux fluctuations des prix des énergies consommées et continuent d?augmenter en 2023. La dépense de chaleur du résidentiel augmente ainsi de 8 % alors que sa consommation n?augmente que de 3 %. La dépense du tertiaire est quasi stable (- 1 %) alors que sa consommation baisse de 6 %. Figure 4.7.2 : consommation de chaleur commercialisée (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Consommation finale totale 43 2 630 42 2 377 48 3 246 46 4 217 42 3 774 Industrie 19 507 18 422 20 813 22 1 541 17 976 Résidentiel 15 1 330 14 1 199 17 1 521 15 1 630 15 1 757 Tertiaire 9 775 10 742 11 889 10 1 022 9 1 012 Agriculture-pêche 0 18 0 15 0 22 0 25 0 27 Note:laconsommationtotaledechaleurcommercialisées?élèveà42TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3774M¤. Source :SDES,Bilandel?énergie 108 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 109 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie partie 5 La consommation d?énergie par secteur ou usage ? La consommation finale d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux) diminue de 3,8 % en 2023 à climat corrigé. En données réelles, elle baisse de 3,9 %, pour atteindre 1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Tous les secteurs sont concernés : le tertiaire (- 8,2 %), l?industrie (- 6,6 %), le résidentiel (- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). La consommation finale à usage non énergétique diminue également (- 1,9 %). En 2023, les consommateurs finaux d?énergie (hors hauts-fourneaux) ont dépensé 227,9 Md¤, soit 0,9 % de plus qu?en 2022 en euros constants. 110 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités entre les secteurs La consommation finale réelle d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux) diminue de 3,9 % en 2023, pour s?établir à 1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Le climat ayant été proche de celui de 2022, la diminution de la consommation finale d?énergie corrigée des variations climatiques est quasiment la même (- 3,8 %). La consommation finale à usage énergétique, corrigée des variations climatiques, baisse de 4,0 % en 2023, pour s?établir à 1 545 TWh (figure 5.1.1). La consommation baisse dans le tertiaire (- 7,8 %), l?industrie (- 6,5 %), le résidentiel (- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). Après une baisse importante en raison d?un ralentissement de l?activité dans la pétrochimie en 2022 (- 21,7 %, cf. 4.2.4), la consommation non énergétique diminue légèrement (- 1,9 %), pour s?établir à 119 TWh (figure 5.1.2), un niveau historiquement bas depuis plus de 50 ans. Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2019, la consommation finale énergétique a baissé de 0,4 % en moyenne annuelle à climat corrigé. Entre 2019 et 2023, cette baisse est de 2,1 % en moyenne annuelle. Sur la période complète, la baisse est supérieure à l?objectif (- 8,9 % pour un objectif de - 7,6 %). Figure 5.1.1 : consommation finale énergétique par secteur En TWh (données corrigées des variations climatiques) 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 Résidentiel Tertiaire Transports Industrie Agriculture-pêche Non affecté* 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 *Larépartitiondelachaleurparsecteurconsommateurn?estpasdisponibleentre2000et2006. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie La dépense nationale en énergie (hors hauts-fourneaux) s?élève à 227,9 Md¤ en 2023. Après une augmentation importante en 2022 (+ 18,4 % en euros constants) causée par la flambée des prix de l?énergie, elle est quasi stable en 2023 (+ 0,9 %) mais avec des résultats très contrastés selon les secteurs. Les dépenses augmentent particulièrement dans le tertiaire (+ 30,1 % pour une baisse de la consommation de 8,2 %) et l?industrie (+ 6,0 % pour - 6,6 % de consommation) à cause d?une forte augmentation des prix de l?électricité et du gaz (cf. 1.3 et 1.7). Elles augmentent également dans le résidentiel (+ 2,3 % pour - 2,7 % de consommation) et l?agriculture-pêche (+ 0,9 % pour - 0,7 % de consommation). À l?inverse, elles diminuent davantage que la consommation dans les transports (- 7,2 % pour - 2,2 % de consommation) grâce à la baisse du prix des produits raffinés. La dépense pour des usages non énergétiques diminue fortement (- 27,1 % pour - 1,9 % de consommation). Le transport concentre 38 % de la dépense nationale (hors charbon des hauts-fourneaux) pour 32 % de la consommation. À l?inverse, le poids de l?industrie (y compris Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 111 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage consommation non énergétique) est plus faible dans la dépense totale que dans la consommation. Cela s?explique par le fait que les industriels bénéficient généralement de prix inférieurs à la moyenne grâce à leurs volumes de consommation souvent élevés et à une taxation globalement moindre que celle des ménages. Ils sont toutefois plus sensibles aux variations des prix sur les marchés internationaux. Le poids de l?industrie dans la dépense totale a ainsi augmenté de 4 points entre 2020 et 2023 (12 % en 2023) alors que sa part de la consommation a diminué d?un demi-point sur la même période (17 % en 2023). Figure 5.1.2 : consommation finale par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Industrie (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881 Transports 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691 Résidentiel 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 Tertiaire 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604 Agriculture-pêche 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835 Consommation finale énergétique (hors charbon hauts-fourneaux) 1 631,2 181 347 1 494,8 152 414 1 632,9 180 468 1 559,3 213 532 1 495,9 218 834 Consommation finale non énergétique 156,0 8 654 146,5 6 599 154,3 10 326 121,6 12 411 119,3 9 050 Consommation finale (hors charbon hauts-fourneaux) 1 787,2 190 001 1 641,4 159 013 1 787,2 190 794 1 680,9 225 943 1 615,1 227 883 Source :SDES,Bilandel?énergie 112 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation Les ménages français ont consommé, au total, 722 TWh d?énergie en 2023, soit une baisse de 1,6 % par rapport à 2022 (figure 5.2.1). Cette consommation d?énergie se répartit en 422 TWh (- 2,7 %) dans leurs logements (cf. 5.3) et 299 TWh (- 0,1 %) pour leurs déplacements (cf. 5.5). Leur dépense énergétique atteint 114,9 Md¤ (- 1,3 %), dont 57,8 Md¤ pour le logement (+ 2,3 %) et 57,1 Md¤ pour le transport (- 4,7 %). En 2023, la dépense énergétique moyenne d?un ménage s?élève à 3 678 ¤, dont 1 851 ¤ imputables à l?énergie dans le logement et 1 827 ¤ aux achats de carburant (figure 5.2.2). En euros courants, la dépense moyenne d?un ménage augmente de 3,0 % (+ 6,8 % pour le logement et - 0,6 % pour les carburants). Toutefois, corrigée de l?évolution globale des prix, la facture moyenne en énergie diminue de 2,2 % par rapport à 2022. Cette diminution est portée par la baisse des dépenses en carburant (- 5,6 %) alors que les dépenses énergétiques moyennes liées au logement augmentent de 1,4 %. Figure 5.2.1 : consommation d?énergie des ménages (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Logement 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 Transport 306,1 52 539 256,7 37 990 288,8 47 981 299,6 59 927 299,3 57 087 Total 776,3 107 363 712,4 91 144 786,56 105 497 733,6 116 431 721,6 114 910 Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergiepourlelogement. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Figure 5.2.2 : dépense en énergie par ménage entre 2019 et 2023 48 43 54 55 57 61 62 70 64 80 En euros constants 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Électricité Gaz naturel Combustibles pétroliers Bois Chaleur commercialisée Carburants 2019 2020 2021 2022 2023 3 561 2 996 3 437 3 760 3 678 1 068 1 102 1 159 1 090 1 141 419 375 382 393 410 223 166 208 221 163 1 743 1 249 1 563 1 935 1 827 Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergieparménagepourlelogement. Lesdépensesencharbon,quireprésententpourl?ensembledesménagesmoinsde10M¤paran,nesontpasreprésentéesici,maissontbieninclusesdansletotal. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 113 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage L?augmentation des dépenses pour le logement résulte de celle des prix. Elle est toutefois limitée par la diminution de la consommation d?énergie pour le logement, liée à des prix élevés en 2023 (cf. 5.3) et aux appels à la sobriété, dans un contexte de crise énergétique. La prolongation en 2023 du bouclier tarifaire (plafonnement ou limitation des hausses des tarifs réglementés, cf. 1.3 et 1.7) a permis de limiter la hausse des prix du gaz et de l?électricité. Le dispositif de chèque énergie, dont le montant moyen, toutes campagnes confondues, s?élève à 138 ¤ en 202313, permet également de soutenir les ménages les plus modestes face aux hausses de prix. Cette aide n?est pas prise en compte dans les dépenses présentées dans cette publication. En euros constants, les dépenses moyennes en électricité, qui représentent environ les deux tiers de la facture énergétique dans les logements, sont en hausse de 4,6 % par rapport à 2022. Les dépenses en gaz naturel, en chaleur et en bois augmentent respectivement de 4,2 %, 2,5 % et de 24 %. Les dépenses en produits pétroliers diminuent de 26 %, liées non seulement à une baisse de la consommation mais aussi des prix (voir partie 1). Les accises sur l?énergie (ex-TICPE, TICGN, TICFE et TICC) ainsi que la contribution tarifaire d?acheminement pour l?électricité et le gaz (CTA) représentent 4,7 % de la dépense d?énergie du logement. En euros constants, le taux moyen de ces taxes est de 6,4 ¤/MWh et diminue de 43,2 % par rapport à 2022, toutes énergies confondues. Avec la diminution des taxes et la baisse de la consommation énergétique, le montant total de ces taxes s?élève à 87 ¤ par ménage et diminue de 45,2 % (figure 5.2.3). Figure 5.2.3 : décomposition de la dépense moyenne des ménages en énergie pour le logement En euros constants 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Taxes énergétiques TVA Dépense HTT 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie La dépense en carburants diminue de 5,6 % en euros constants en 2023. Elle résulte d?une baisse des prix (cf. 1.2), la consommation moyenne par ménage étant stable entre 2022 et 2023. Les taxes énergétiques (composées de l?accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) en métropole, de la taxe spéciale de consommation (TSC) et de l?octroi de mer dans les DROM) représentent 34,4 % de la dépense (figure 5.2.4). Le taux moyen des taxes est de 65 ¤/MWh, tous carburants confondus. En euros constants, le montant des taxes collectées auprès des ménages pour les carburants reste stable. 13 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023. 114 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Figure 5.2.4 : décomposition de la dépense moyenne de carburant par ménage En euros constants 2 000 1 500 1 000 500 0 Taxes énergétiques TVA Dépense HTT 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Au total, en 2023, l?énergie représente 9,4 % des dépenses des ménages et 5,8 % de leur consommation effective, incluant notamment les loyers imputés et services d?intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) - (figure 5.2.5). La part dans les dépenses des ménages baisse de 0,2 point par rapport à 2022, sa diminution étant essentiellement due aux dépenses en carburants. En effet, la part des carburants diminue de 0,3 point alors que celle des énergies pour le logement augmente de 0,1 point. La part de l?énergie dans les dépenses des ménages demeure sensiblement éloignée de son pic atteint en 1985, à 11,7 %. Figure 5.2.5 : part de l?énergie dans le budget des ménages En % 14 12 10 8 6 4 2 0 Part de l?énergie dans la consommation effective des ménages Part de l?énergie dans le budget des ménages (hors Sifim et loyers imputés) 1968 1995 2010 1986 1971 1998 2013 1989 2004 1974 1965 1977 1992 2007 1980 1983 2001 2016 2019 2023 Note:lebudgetdesménagesestcalculécommelesdépensesdesménagesausensdelaComptabiliténationale,horsloyersimputésetservices d?intermédiationfinancièreindirectementmesurés(Sifim). Laconsommationeffectiveintègrecesdeuxélémentsainsiquelesconsommationscorrespondantàdesdépensesindividualisablesfaitesparlesinstitutionssans butlucratifauservicedesménages(ISBLSM)etparlesadministrationspubliques(APU)enmatièredesanté,d?enseignement,d?actionsociale. Lebudgetestprochedecequedéboursentlesménagespourleurconsommationcourante,tandisquelaconsommationeffectiveapprochecedontilsbénéficient, ycompriscequiestpayéparl?ensembledelacollectivité. Lechèqueénergie,introduiten2018àlaplacedestarifssociauxdugazetdel?électricité,n?estpasdéduitdeladépensed?énergiepourlelogement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :Insee,Comptesnationaux;SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 115 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur résidentiel diminue de 2,7 % par rapport à 2022 et atteint 422 TWh. Corrigée des variations climatiques, la baisse est presque équivalente (- 2,7 %). Les températures en 2023 ont en effet été douces et comparables à celles de 2022. Les prix élevés de l?électricité et du gaz ainsi que les appels à la sobriété peuvent avoir incité les ménages à diminuer leur consommation énergétique pour leur logement. À climat corrigé, la consommation d?électricité du résidentiel diminue en 2023 (- 2,8 %), à 156 TWh (figure 5.3.1). Demeurant l?énergie principale employée par les ménages, elle représente 34 % de la consommation totale d?énergie dans les logements. Deuxième énergie utilisée par les ménages et représentant plus d?un quart de la consommation énergétique dans le résidentiel, la consommation d?énergie renouvelable (EnR) augmente à climat corrigé de 4,0 % par rapport à 2022, portée par la chaleur issue des pompes à chaleur (PAC, + 10,4 %). En 2023, les énergies renouvelables consommées dans le résidentiel sont composées à 59 % de bois, 38 % de chaleur issue des PAC (cf. 2.2.3) et 3 % d?énergie solaire thermique. Troisième énergie utilisée par les ménages, le gaz représente 25 % de la consommation d?énergie du logement. Sa consommation diminue de 6,8 %, en lien sans doute avec des prix en forte hausse. La consommation de chaleur commercialisée (i.e. distribuée via des réseaux) corrigée des variations climatiques augmente de 2,3 %, pour s?établir à 16 TWh. Enfin, la consommation de produits pétroliers diminue de 11,7 % et représente dorénavant 8,3 % de la consommation totale. Figure 5.3.1 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel En TWh (données corrigées des variations climatiques) 600 500 400 300 200 100 0 Électricité Gaz naturel Énergies renouvelables et déchets Produits pétroliers Charbon Chaleur commercalisée* 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesdonnéesduCeren 116 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Ainsi, après correction des variations climatiques, seules les consommations d?énergies renouvelables et de chaleur commercialisée progressent en 2023 dans le secteur résidentiel. L?augmentation des prix, les appels à la sobriété et, dans une moindre mesure, la transition vers des formes d?énergie plus propres expliquent en partie la baisse de la consommation des énergies traditionnelles. La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un objectif de baisse de la consommation finale d?énergie pour 2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France continentale. Pour le périmètre France entière, dans le secteur résidentiel, la baisse corrigée du climat est de 9,9 % depuis cette année de référence, soit - 50 TWh. Elle s?est fortement accélérée depuis la crise énergétique puisqu?entre 2019 et 2023 elle atteint 6,2 %. Depuis 2012, le bouquet énergétique a été profondément modifié. Avec - 45 TWh, le gaz naturel est l?énergie qui contribue le plus à la baisse. Les produits pétroliers viennent en second avec - 41 TWh. Cela s?explique notamment par la diminution du parc de logements équipés de chaudières au fioul. En hausse de 35 TWh, les énergies renouvelables se sont en partie substituées aux énergies carbonées. Avec 312 TWh, le chauffage concentre plus des deux tiers de la consommation du résidentiel en France métropolitaine, à climat corrigé (figure 5.3.2). Les EnR représentent 41 % de la consommation de chauffage, le gaz 30 % et l?électricité 16 %. L?électricité spécifique (qui comprend la consommation d?électroménager, d?éclairage, d?appareils audiovisuels et informatique, etc.) représente 16,1 % de la consommation d?énergie. Le reste de la consommation est réparti entre l?eau chaude sanitaire (9,1 %) et la cuisson (5,1 %), tandis que la climatisation ne représente encore qu?une faible part de la consommation d?énergie (0,5 %). Sur un an, les consommations à usage de climatisation augmentent à climat corrigé (+ 4,7 %) alors que la consommation des autres usages diminue. Figure 5.3.2 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel par usage En TWh (données corrigées des variations climatiques) 550 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Chauffage Eau chaude sanitaire Usages spécifiques de l?électricité Cuisson Climatisation 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:laconsommationenclimatisation,quireprésente2TWhen2023,n?estpasvisiblesurcegraphiquemaisestbieninclusedansletotal. Champ:Francemétropolitaine. Sources :Ceren;SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 117 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Les dépenses énergétiques totales du secteur résidentiel s?élèvent à 57,8 milliards d?euros en 2023 (figure 5.3.3). Elles augmentent en euros constants par rapport à 2022 (+ 2,3 %). Cette évolution s?explique principalement par la hausse des prix de l?électricité (cf. 1.1,1.3et1.7). Toutefois, les boucliers tarifaires permettent de limiter la hausse des dépenses et les chèques énergie réduisent la charge pour les ménages les plus modestes, avec un montant moyen de 138 ¤ en 202314. La dépense en électricité (35,6 milliards d?euros) représente en 2023 la plus forte dépense en énergie du résidentiel (61,6 %). Elle augmente de 5,5 % en euros constants par rapport à 2022. Les factures de gaz naturel s?établissent à 12,8 milliards et sont en hausse en euros constants (+ 5,1 %). Pour ces deux énergies, la baisse de la consommation n?a pas compensé la hausse des prix. Pour les produits pétroliers, la baisse des prix et de la consommation ont entraîné une forte baisse de la dépense (- 25,3 %). Elle s?établit à 5,1 milliards d?euros. Quant aux dépenses d?énergies renouvelables (2,5 milliards d?euros), elles augmentent de 25,1 %. Celles de chaleur (1,8 milliard d?euros) augmentent de 3,4 %. Figure 5.3.3 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 55,1 6 712 48,5 5 044 54,8 6 385 40,7 6 830 35,7 5 099 Gaz naturel 129,8 12 628 127,8 11 404 133,4 11 737 109,3 12 174 101,3 12 801 Charbon 0,3 9 0,2 7 0,3 9 0,3 17 0,2 9 Énergies renouvelables et déchets* 110,5 1 840 103,2 1 886 122,7 2 158 114,0 1 995 119,4 2 495 Électricité 159,7 32 188 161,5 33 512 169,5 35 573 155,2 33 772 150,7 35 645 Chaleur commercialisée 14,8 1 447 14,5 1 302 17,0 1 653 14,5 1 716 14,9 1 775 Total 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 *Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesthermiquesetdéchets,seulleboisdechauffagecommercialiséestprisencompte. Note:lesdépensesdesménagesneprennentpasencompteleversementdeschèquesénergie. Champ:Franceentière(ycomprisDROM) Source :SDES,Bilandel?énergie 14 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023. 118 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur tertiaire s?établit à 229 TWh, en baisse de 8,2 % par rapport à 2022, et atteint son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans. Le climat a été doux et comparable à celui de 2022. Corrigée des variations climatiques (CVC), l?évolution de la consommation est donc similaire (- 7,8 %) - (figure 5.4.1). Le prix élevé de l?électricité et du gaz et la poursuite des appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication de cette baisse de la consommation. Le tertiaire est le secteur qui a connu les plus fortes hausses de prix en 2023 (cf. partie 1). Ainsi, en 2023, la persistance des effets de la crise énergétique amorcée en 2021 explique la hausse de la dépense (+ 9,2 Md¤), portée par celles en électricité (+ 9,4 Md¤) et en gaz (+ 1,1 Md¤). Figure 5.4.1 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire En TWh (données corrigées des variations climatiques) 300 250 200 150 100 50 0 Électricité Gaz naturel Produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Charbon Chaleur commercalisée* 2003 2012 2017 2009 2000 2004 2001 2013 2018 2010 2015 2005 2002 2006 2011 2016 2007 2008 2014 2019 2020 2021 2022 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, corrigée du climat, la consommation d?électricité, qui représente plus de la moitié du bouquet énergétique du tertiaire, diminue de 6,1 % tandis que la valeur ajoutée des services marchands augmente de 1,2 %. Depuis 2012, la consommation d?électricité du tertiaire diminue en moyenne de 1,2 % par an. La consommation de gaz naturel (un quart du bouquet) diminue encore plus fortement (- 9,1 %), une baisse bien supérieure au rythme des dernières années (- 0,6 % en moyenne annuelle depuis 2012). La consommation de produits pétroliers diminue à un rythme annuel de - 3,2 % depuis 2012 et représente 11,4 % de la consommation corrigée du climat en 2023. Même la consommation d?énergies renouvelables (EnR) décroît en 2023 (- 0,9 %), alors qu?elle progressait à un rythme annuel de + 5,8 % en moyenne depuis 2012. La consommation des EnR dans le tertiaire couvre la consommation renouvelable des pompes à chaleur (25,5 %), de la biomasse (28 %), des déchets (25,5 %) et du biogaz (13,9 %). Enfin, la consommation de chaleur commercialisée via des réseaux baisse de 5,7 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 119 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage La valeur ajoutée du tertiaire augmente de 1,7 % en moyenne par an depuis 2000, à un rythme supérieur à celle du reste de l?économie. Malgré une très légère baisse, de 0,1 point en 2023, la part du tertiaire dans la valeur ajoutée de l?économie progresse globalement régulièrement, passant de 53 % en 2000 à 59 % en 2023. Entre 2000 et 2010, la consommation d?énergie du tertiaire progresse au même rythme (+ 1,8 % par an), soutenue par l?évolution de la consommation de l?électricité (+ 2,8 % par an). Par la suite, la consommation se stabilise jusqu?en 2018, année à partir de laquelle la consommation d?énergie commence à décroître (- 3 % en moyenne par an), sans doute sous l?impulsion de l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments (cf. 6.1). La reprise d?activité après les crises sanitaire et énergétique n?a pas conduit à une augmentation de la consommation d?énergie. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux, la consommation d?énergie finale dans le tertiaire baisse de 25,3 TWh (- 9,6 %) en données corrigées du climat. L?intégralité de la baisse a été réalisée entre 2019 et 2023. Au-delà des objectifs de la programmation pluriannuelle de l?énergie, le décret tertiaire (article 175 de la loi Élan de 2018) impose une réduction progressive de la consommation d?énergie dans les bâtiments à usage tertiaire. Celle-ci doit ainsi se réduire de 40 % en 2030 par rapport à 2010. En 2023, le secteur tertiaire a dépensé 39,6 milliards d?euros pour sa consommation finale d?énergie, soit une hausse de 30,1 % en euros constants par rapport à 2022 (figure 5.4.2), malgré la baisse de la consommation de toutes les énergies. L?augmentation de la facture s?explique par la hausse des prix de l?électricité et du gaz entraînée par la crise énergétique. Figure 5.4.2 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 EnTWh EnM¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 30,9 2 861 32,4 2 372 27,5 2 274 31,5 4 026 26,6 2 766 Gaz naturel 72,6 3 969 66,1 3 374 75,3 4 090 63,1 5 064 56,9 6 114 Charbon 0,4 10 0,4 8 0,4 10 0,4 15 0,3 13 Énergies renouvelables et déchets 9,2 117 9,4 104 10,6 112 11,3 131 11,3 158 Électricité 137,8 17 806 127,6 16 860 133,5 17 827 133,6 20 141 124,9 29 531 Chaleur commercialisée 9,3 843 9,5 805 10,6 966 9,7 1 076 9,1 1 022 Total 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604 Note:lebilanmonétaireneprendpasencomptelesaidesattribuéesvialeguichetd?aide. Source :SDES,Bilandel?énergie Plus précisément, la dépense en électricité progresse de 46,6 % et celle en gaz naturel de 20,7 %. La dépense d?EnR, qui n?inclut que la dépense en biomasse et en biocarburants, augmente, quant à elle, de 20 %. La dépense de produits pétroliers diminue de 31,3 %. C?est l?unique énergie dont le prix moyen baisse en 2023. En 2023, l?électricité concentre près des trois quarts de la dépense, contre un peu plus de la moitié de la consommation finale, du fait d?un prix relativement élevé au MWh par rapport aux autres énergies. À l?inverse, le poids du gaz naturel est plus faible dans la dépense totale que dans la consommation (respectivement 15,4 % et 24,8 %). Troisième énergie du secteur, les produits pétroliers représentent 7 % de la dépense et 11,6 % de la consommation, devant la chaleur commercialisée via des réseaux (2,6 % de la dépense totale et 4 % de la consommation). https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/eco-energie-tertiaire-eet 120 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire En 2023, l?usage des transports représente 34 % de la consommation énergétique finale, soit 513 TWh, dont 299 TWh sont liés aux déplacements des ménages (cf. 5.2) et 214 TWh relèvent des entreprises et administrations. Par convention statistique internationale, cette consommation exclut les soutes internationales aériennes (62 TWh) et maritimes (12 TWh). Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2023, la consommation finale énergétique des transports a diminué de 3,6 %. Avec l?agriculture, c?est le seul secteur à ne pas atteindre l?objectif de - 7,6 % (tous secteurs confondus) sur la période. 5.5.1 CONSOMMATION PAR USAGE ET PAR MODE Après deux années marquées par une forte reprise post-Covid (+ 13,6 % en 2021 et + 3,4 % en 2022), la consommation énergétique finale pour les transports diminue de 2,2 % en 2023. Le transport intérieur de voyageur, moteur de la reprise en 2021 et 2022, diminue de 0,3 %. Le trafic national de marchandises (hors oléoducs) diminue fortement après avoir stagné (- 4,0 %, après - 0,9 % en 2022) - (Bilanannueldes transports en 2023, SDES). Les consommations du secteur (figure 5.5.1.1) sont dominées par le mode routier (93,2 %, soit 478 TWh), en relation avec ses parts modales dans le transport de passagers (87 % du trafic en métropole en voyageurs-kilomètres) comme de marchandises (86 % en métropole en tonnes-kilomètres). Le transport routier des ménages représente à lui seul plus de la moitié (57,7 %) de la consommation finale énergétique des transports en France. La part des transports ferrés dans la consommation finale (2,1 %, à 10,7 TWh en 2023) est bien inférieure à ses parts modales (11 % pour les passagers et 9 % pour le fret). Les vols domestiques (y compris les liaisons entre métropole et outre-mer) représentent 3,2 % de la consommation énergétique finale des transports, en baisse de 0,3 point par rapport à 2022. Les vols internationaux (non comptabilisés dans le total), particulièrement touchés par la crise sanitaire, continuent leur reprise, pour atteindre 62,3 TWh en 2023 (+ 9,6 %). La consommation du transport maritime et fluvial (y compris plaisance) national représente 1,4 % de la consommation énergétique finale des transports. Figure 5.5.1.1 : part de chaque mode dans la consommation finale énergétique des transports et dans le transport de voyageurs et de marchandises en 2023 En % Routier ménages Routier entreprises Aviation domestique Ferré Autres 3,2 2,1 1,4 57,7 35,4 Transport intérieur Voyageurs Marchandises voyageurs- kilomètres tonnes- kilomètres Routier 87 % 86 % Ferré 11 % 9 % Aviation domestique 1 % - Navigation - 2 % Oléoducs - 3 % Note:legraphiquedonnelapartdechaquemodedanslaconsommationfinaleénergétiquedestransports(horssoutesinternationales)enFranceentière. LetableaupermetdevoirlapartdechaquemodedansletransportintérieurdevoyageursetletransportdemarchandisesenFrancemétropolitaine. Sources :SDES,Bilandel?énergie;SDES,Bilandestransports,2023 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 121 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.5.2 CONSOMMATION PAR ÉNERGIE Le bouquet énergétique, hors soutes internationales, est largement dominé par les produits pétroliers (89,3 %), principalement à destination des transports routiers (figure 5.5.2.1). Il est complété par les biocarburants (7,3 %), l?électricité (2,5 %) et le gaz naturel, qui reste marginal (0,8 %). Les consommations de carburants routiers (biocarburants inclus) diminuent de 2,5 % en 2023 après deux années de hausse post-crise sanitaire (+ 13,2 % en 2021 et + 2,1 % en 2022). Auparavant, elles avaient été quasi stables entre 2011 et 2019 (- 1,7 % sur l?ensemble de la période), avec une progression des parts de l?essence (+ 1,1 point) et des biocarburants (+ 1,7 point) au détriment du diesel (- 3,0 points). Figure 5.5.2.1 : consommation finale énergétique des transports En TWh 600 500 400 300 200 100 0 Gazole route (hors biocarburants) Énergies renouvelables et déchets (biocarburants) Essence route (hors biocarburants) Électricité Carburéacteurs et autres produits pétroliers (hors biocarburants) Gaz naturel 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Les ventes d?essence (en excluant les biocarburants incorporés) retrouvent leurs niveaux d?avant-crise dès 2021 et continuent leur croissance en 2022 (+ 9,4 %) et en 2023 (+ 6,6 %). Cette croissance s?explique essentiellement par celle de la circulation de voitures particulières à motorisation essence, dont le parc croît au détriment de celui des motorisations diesel. La circulation en France métropolitaine de voitures particulières, utilitaires légers et motocycles (pavillons français et étranger) à essence augmente de 3,3 % en 2023 (en véhicules-kilomètres, hybrides incluses). Les ventes de gazole routier (hors biocarburants incorporés) baissent de 6 % en 2023. Elles représentent 62,7 % de la consommation finale pour le transport, à 321,7 TWh. La circulation de véhicules diesel, qui était légèrement repartie en 2021 et 2022 (respectivement + 6,0 % et + 3,9 %), diminue de 4,8 %. La décomposition par type de véhicules montre une évolution contrastée : - 5,1 % pour les voitures et utilitaires légers, - 1,1 % pour les véhicules lourds (poids lourds, bus et cars), qui repassent légèrement sous leur niveau d?avant-crise. 122 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Après une baisse importante liée à la crise sanitaire en 2020, la consommation de biocarburants routiers continue sa reprise (+ 4,1 %) en 2023, alimentée par la hausse du taux d?incorporation dans le gazole. En 2023, au niveau métropolitain, ces taux en contenu énergétique atteignent 8 % pour le gazole (7,1 % en 2022) et 8,4 % pour l?essence (9 % en 2022). Un objectif de taux d?incorporation est fixé pour l?essence et le gazole dans le cadre de la taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport (Tiruert). En 2023, il passe de 9,2 à 9,5 % pour l?essence et de 8,4 à 8,6 % pour le gazole. Depuis 2022, un taux est également fixé pour le biokérosène (1 %). En incluant les soutes internationales, la consommation de carburéacteurs augmente de 4,9 % en 2023, après une hausse de 58,9 % en 2022. Malgré cette progression, elle reste largement en dessous de son niveau de 2019 (86,7 % du volume). La consommation d?énergie du trafic intérieur diminue de 9,7 %, alors que celle due au trafic international poursuit sa croissance (+ 9,6 %). Les livraisons à destination des soutes maritimes internationales, principalement sous forme de fioul lourd, diminuent de 10,3 % après deux années de reprise (+ 13,5 % en 2021, + 5,6 % en 2022), atteignant un niveau inférieur de 38,4 % à celui de 2019. La consommation d?électricité, majoritairement liée au mode ferré, s?élève à 12,9 TWh en 2023, en hausse de 16 % par rapport à 2022. Cette croissance est portée par celle de la consommation du ferré (+ 12,7 %) et par celle des véhicules routiers à motorisation alternative (électriques et hybrides rechargeables). La consommation d?électricité pour le routier poursuit sa forte croissance (+ 29,5 % en 2020, + 109,1 % en 2021, + 77,4 % en 2022 et + 46,7 % en 2023), pour atteindre 2,3 TWh. Avec 25,7 % des immatriculations en 2023, les voitures particulières électriques et hybrides rechargeables continuent leur croissance, passant de 2,2 % du parc en 2022 à 3,1 % en 2023 (Bilanannueldestransportsen2023, SDES). La consommation de gaz naturel pour le mode routier (y compris le gaz naturel porté par camion sous forme de gaz naturel liquéfié depuis les terminaux méthaniers) continue sa progression (+ 14,6 % en 2023), notamment grâce au développement du parc de poids lourds alimentés au gaz. À un niveau de 4,2 TWh, elle représente 0,8 % de la consommation finale énergétique des transports. 5.5.3 CONSOMMATION, DÉPENSES ET TAXES La dépense énergétique du secteur des transports s?élève en 2023 à 88 Md¤ (figure 5.5.3.1). Comme la consommation finale, la facture énergétique des transports est dominée par les produits pétroliers (91 %), en particulier à destination du transport routier. Elle décroît plus rapidement que la consommation (- 7 %, contre - 2 % pour la consommation) en raison d?une baisse des prix après la flambée de 2022 (cf. 1.2). Les taxes énergétiques représentent, comme en 2022, 34 % de la dépense dans les transports en 2023. Figure 5.5.3.1 : consommation finale énergétique des transports (hors soutes internationales) par énergie et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 481,7 76 205 405,0 54 808 460,5 69 287 473,9 86 286 458,6 80 134 Gaz naturel 1,9 85 2,2 86 3,1 149 3,7 317 4,2 394 Biocarburants 37,2 3 399 30,9 2 632 34,0 4 431 36,0 6 571 37,7 5 416 Électricité 10,1 605 8,3 606 9,7 767 11,1 1 313 12,9 1 747 Total 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691 Source :SDES,Bilandel?énergie https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 123 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 5.6.1 CONSOMMATION FINALE PAR ÉNERGIE ET DÉPENSE ASSOCIÉE Le secteur de l?industrie inclut ici l?industrie manufacturière, y compris agroalimentaire, et la construction. La consommation de charbon des hauts-fourneaux, considérée comme faisant partie du secteur de la transformation d?énergie par convention statistique internationale, est exclue de la consommation d?énergie physique de l?industrie (et traitée en conséquence dans la partie 3). On distingue les usages énergétiques de l?énergie de ses usages non énergétiques, c?est-à-dire de l?utilisation des molécules comme matière première. Les usages non énergétiques sont traités en détail, énergie par énergie, dans la partie 4 du bilan. La consommation à usage non énergétique s?établit à 119,3 TWh en 2023. La grande majorité de ces consommations à usage non énergétique est constituée par les produits pétroliers (105,4 TWh), en particulier dans l?industrie pétrochimique (76,6 TWh). Le gaz naturel est également utilisé pour des usages non énergétiques (10,5 TWh, principalement pour la synthèse d?engrais et pour la production d?hydrogène). La consommation finale à usage énergétique réelle de l?industrie s?établit, quant à elle, à 278,6 TWh en 2023. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie, elle a baissé de 64,9 TWh (18,9 %) en données réelles, soit - 1,9 % en moyenne par an (- 17,1 % en données corrigées des variations climatiques). Les deux tiers de la baisse ont été réalisés entre 2019 et 2023. La consommation recule par rapport à 2022, de 6,6 % en données réelles (- 6,5 % à climat corrigé en raison de températures comparables entre les deux années). Dans le même temps, la production dans l?industrie manufacturière diminue également sur l?année 2023 (- 5,0 %). La baisse de consommation en 2023 concerne l?ensemble des énergies, à l?exception des produits pétroliers et des énergies renouvelables, qui connaissent une légère hausse (respectivement + 1,3 % et + 3,5 %). En 2023, le bouquet énergétique final de l?industrie est toujours dominé par le gaz et l?électricité (respectivement 35 % et 37 % du total) - (figure 5.6.1.1). Viennent ensuite les produits pétroliers (10 %), les énergies renouvelables et les déchets (10 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (2 %, hors hauts-fourneaux) - (cf. 3.3). Figure 5.6.1.1 : consommation finale énergétique de l?industrie En TWh (données corrigées des variations climatiques) 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Gaz naturel Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur commercialisée* Produits pétroliers Charbon (hors hauts-fourneaux) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 124 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage La dépense énergétique totale de l?industrie (hors charbon dans les hauts-fourneaux) s?élève en 2023 à 27,9 milliards d?euros, en hausse de 6,0 % en euros constants sur un an, pour une consommation qui baisse dans le même temps de 6,6 % (figure 5.6.1.2). Cette augmentation des dépenses s?inscrit dans la continuité de la hausse importante constatée en 2022, liée à l?impact du contexte géopolitique sur les prix de l?énergie. Par rapport au niveau d?avant la crise sanitaire (2019), l?augmentation est significative (+ 70,8 %). La hausse de la dépense est surtout imputable à celle de l?électricité (+ 31,2 % en euros constants sur l?année), qui représente 59,4 % de la dépense énergétique de l?industrie. Le gaz naturel (26,9 % de la dépense totale) connaît à la fois une baisse de consommation (- 9,5 % en 2023) et de dépense (- 15,9 %) notables, après une explosion de la facture en 2022. De même, les dépenses industrielles liées aux produits pétroliers (8,2 % du montant total), du charbon et dérivés hors hauts-fourneaux (0,9 %) et de la chaleur commercialisée (3,5 %) se réduisent en 2023 (respectivement - 9,8 %, - 23,5 % et - 39,2 %). Enfin, couplée à une légère hausse de la consommation (+ 3,5 %), les dépenses dans les énergies renouvelables thermiques et déchets augmentent par rapport à 2022 (+ 4,5 % en euros constants). Figure 5.6.1.2 : consommation finale énergétique de l?industrie par énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 29,1 1 898 28,2 1 476 27,7 1 798 28,1 2 549 28,5 2 300 Gaz naturel 121,1 4 247 108,8 3 049 120,8 5 390 108,3 8 904 98,0 7 491 Charbon et dérivés hors hauts-fourneaux 10,3 250 9,1 179 10,5 274 7,4 315 6,2 241 Énergies renouvelables thermiques et déchets* 23,8 150 23,4 146 24,0 200 25,6 288 26,5 301 Électricité 115,7 9 229 105,8 8 550 112,5 10 077 107,2 12 628 102,0 16 562 Chaleur commercialisée 18,8 551 17,6 458 20,1 884 21,6 1 623 17,5 986 Total (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881 *Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesetdéchets,seulslebois-énergieetlesbiocarburantssontprisencompte. Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,laconsommationdecharbonetsesdérivés dansleshauts-fourneauxestexcluedelaconsommationfinale.Lebilanmonétairedel?industriedanscetteficheestréaliséencohérenceaveclebilanphysique excluantlecharbondeshauts-fourneaux. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 125 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6.2 CONSOMMATION FINALE PAR SECTEUR Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente à lui seul 21,9 % de l?énergie consommée dans l?industrie (figure 5.6.2.1), voit sa consommation énergétique diminuer de 4,5 %, tandis que l?indice brut de production de l?industrie chimique est relativement stable sur un an (- 0,6 % par rapport à l?année précédente). Le gaz naturel représente près de la moitié (43 %) de sa consommation énergétique et augmente de nouveau (+ 1,8 % en 2023) après une chute en 2022. L?industrie agroalimentaire pèse pour 19,1 % des consommations énergétiques dans l?industrie. Elle enregistre une baisse de 8,0 % sur l?année 2023 (- 4,6 TWh), pour atteindre son plus bas niveau depuis 2017. Cette diminution est portée notamment par celle du gaz naturel (- 3,3 TWh), tandis que les produits pétroliers et les énergies renouvelables progressent dans le même temps (+ 0,4 TWh chacun). L?activité des industries alimentaires diminue aussi au cours de l?année (- 6,1 % selon l?indice brut de production). Après avoir été davantage épargnée que d?autres secteurs par les baisses d?activité pendant la crise sanitaire en 2020, elle subit la baisse de la consommation de produits alimentaires liée à l?inflation générale de ces produits depuis 2022. En baisse de 10,8 % en 2023, la consommation énergétique du secteur des produits minéraux non métalliques représente 13,8 % de la consommation de l?industrie. Il regroupe les industries ayant vocation à transformer des minéraux présents à l?état naturel pour la production de ciment, de céramiques, de verre et de chaux. Les processus consomment du gaz naturel en grande partie (42 % de la consommation du secteur). Ensuite, les secteurs industriels faisant l?objet de la plus importante consommation d?énergie sont les imprimeries et papeteries (9,2 % du total) et la sidérurgie (6,8 %, dont plus de la moitié correspondant à de la consommation d?électricité). Les consommations énergétiques de ces deux secteurs sont en baisse en 2023 (respectivement - 12,8 % et - 4,3 % par rapport à 2022). Le secteur des métaux non ferreux, incluant entre autres les entreprises électro-intensives de la production d?aluminium, a quant à lui une consommation énergétique stable en 2023. Il représente 3,7 % de la consommation de l?industrie et 7 % de la consommation de l?électricité. Seul le secteur du matériel de transport voit sa consommation d?énergie augmenter par rapport à 2022 (+ 18,9 %). Il correspond à 4,4 % des consommations énergétiques dans l?industrie. Figure 5.6.2.1 : évolution de la consommation finale énergétique (données non corrigées des variations climatiques) par secteur de l?industrie En TWh 2023 2022 2021 2020 2019 Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir Non spécifié ci-dessus 0 50 100 150 200 250 300 350 19 20 20 24 24 10 10 11 12 12 17 19 17 20 20 12 10 9 11 11 26 29 29 30 30 7 8 6 7 8 18 18 17 18 19 3 1053 58 57 58 61 5 5 5 5 5 38 43 41 44 44 61 64 68 73 67 3 2 3 3 12 11 14 12 Note:lessecteursprésentéssontdesagrégatsdelaclassificationNAF.Toutefois,lecharbonetsesproduitsdérivésdeshauts-fourneauxontétéexclusdela sidérurgie,conformémentauxconventionsinternationalessurlesstatistiquesdel?énergie. Source :SDES,Bilandel?énergie 126 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6.3 DÉCOMPOSITION SECTORIELLE DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE En données réelles, la consommation finale de gaz naturel à usage énergétique diminue en 2023 et s?établit à 98,0 TWh (soit - 9,5 %), après une baisse du même ordre de grandeur entre 2021 et 2022 (figure 5.6.3.1). Depuis 2012, elle se réduit en moyenne de 3,0 % par an. Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente 27 % de la consommation de gaz de l?industrie, est cependant en hausse de 1,8 % en 2023. La consommation finale d?électricité diminue de 4,9 % au cours de l?année, pour s?établir à 102,0 TWh, se situant 11,8 % en dessous de la consommation de 2019. Cette baisse ne touche pas tous les secteurs de manière uniforme. Elle est principalement forte sur les secteurs de la papeterie et imprimerie (- 14,0 %) et de la sidérurgie (- 9,0 %). Les pôles industriels les plus consommateurs d?électricité restent les produits alimentaires (21 % de la consommation totale) ainsi que la chimie et pétrochimie (17 %). La consommation finale de produits pétroliers dans l?industrie connaît une légère augmentation en 2023, de 1,3 % en données réelles. Depuis 2012, elle baisse néanmoins de 2,4 % en moyenne annuelle. Elle provient pour plus de 60 % des secteurs de la construction et des produits minéraux non métalliques, malgré un léger recul de ces secteurs en 2023 (respectivement - 0,6 % et - 4,4 %). La légère augmentation en 2023 provient majoritairement de l?industrie agroalimentaire, en progression de 14,3 % au cours de l?année. La chaleur commercialisée connaît la plus forte chute de consommation finale annuelle (- 19,0 %). La consommation de chaleur vendue dans l?industrie se répartit presque intégralement entre les secteurs de la chimie et pétrochimie (61 % de la consommation totale), la papeterie et imprimerie (19 %) et les produits alimentaires (15 %). Chacun de ces domaines connaît une baisse supérieure à 15 % en 2023. La consommation finale d?énergies renouvelables et de déchets est, quant à elle, en légère hausse (+ 3,5 %). Elle augmente de 1,8 % en moyenne par année depuis 2012. La majorité de ses consommations sectorielles (70 %) provient du papier et de l?imprimerie, des produits minéraux non métalliques et du bois. Ces domaines sont cependant en léger recul en 2023. La hausse de consommation d?énergies renouvelables et de déchets provient surtout de l?industrie agroalimentaire et de la sidérurgie, dont les consommations augmentent significativement par rapport à 2022. En 2023, la consommation finale de charbon (hors hauts- fourneaux) diminue de 16,6 %. Malgré un rebond en 2021, la consommation nette de charbon dans l?industrie est inférieure de 41,4 % à son niveau de 2019 et se situe dans une dynamique globale de baisse depuis 2012 (- 57,0 %). Plus de 90 % de la consommation industrielle de charbon se répartit entre les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et des produits minéraux non métalliques. Figure 5.6.3.1 : décomposition sectorielle de la consommation finale énergétique de l?industrie en 2023 Non spécifié ci-dessus En % Gaz naturel Électricité Produits pétroliers Chaleur commercialisée Charbon (hors hauts-fourneaux) Énergies renouvelables thermiques et déchets Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Note:lapartdechacunedesénergiesestcalculéeàpartirdesdonnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 127 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables Avec 52,6 TWh, la consommation finale d?énergie de l?agriculture et de la pêche diminue très légèrement, de 0,7 % en 2023, après une baisse de 2,5 % en 2022 (figure 5.7.1). Peu sensible aux fluctuations de la production agricole, elle ne varie guère depuis une dizaine d?années. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation de l?agriculture et de la pêche est en légère croissance (+ 2,8 % sur la période). Dans l?agriculture, les produits pétroliers, comprenant essentiellement du gazole non routier (GNR), constituent 72,9 % du bouquet énergétique en 2023, avec une consommation en hausse de 0,9 %. Le GNR est destiné aux tracteurs et engins mobiles non routiers. La consommation d?électricité, qui représente la deuxième source d?énergie du secteur (13,6 %), baisse de 9,4 %. Viennent ensuite les énergies renouvelables et déchets, qui représentent 9,6 % du bouquet énergétique, et dont la consommation progresse de 3,8 % sur un an. Depuis 2012, elle augmente en moyenne de 9,5 % par an. Le gaz naturel enregistre, quant à lui, une baisse de 8,2 % et correspond en 2023 à 3,4 % de la consommation dans l?agriculture. Quant à la chaleur commercialisée, qui ne représente que 0,5 % de la consommation, elle réalise une hausse de 6,2 %. Dans le secteur de l?agriculture, l?électricité, le gaz de pétrole liquéfié et le gaz naturel sont utilisés principalement pour les bâtiments d?élevage, les serres et l?irrigation. La pêche représente 8,5 % des consommations d?énergie de l?ensemble agriculture-pêche. Sa consommation finale d?énergie, composée pour l?essentiel du gazole consommé par les bateaux de pêche, diminue légèrement en 2023 (- 1,3 %) après quatre années de hausse consécutives. Figure 5.7.1 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche En TWh 60 50 40 30 20 10 0 2007 2016 2021 2022 2023 2013 2004 2008 2005 2017 2014 2019 2009 2006 2010 2015 2020 2011 2012 2018 Produits pétroliers Gaz naturel Électricité Charbon Énergies renouvelables et déchets Chaleur commercialisée* *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 128 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage En 2023, la dépense totale en énergie du secteur de l?agriculture et de la pêche s?élève à 5,8 milliards d?euros (figure 5.7.2). En euros constants, elle est en légère hausse par rapport à l?année précédente (+ 0,9 %), après une hausse majeure en 2022 (+ 31,0 %) liée à l?explosion des prix de l?énergie. La dépense en produits pétroliers baisse de 9,0 % en 2023, malgré une légère hausse de consommation, et correspond à 60,4 % de la dépense dans le secteur agriculture-pêche. À l?inverse, la dépense en électricité explose (+ 36,9 % par rapport à 2022), tandis que sa consommation diminue, sous l?effet des hausses de prix. Ainsi, elle représente 31,5 % de la dépense en 2023. Troisième énergie du secteur, les énergies renouvelables et déchets représentent 4,8 % de la dépense (en baisse de 28,2 %), contre 9,6 % de la consommation. Le gaz est le quatrième poste de dépense (2,9 % du total), en progression de 9,7 % en 2023. Figure 5.7.2 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 35,9 2 777 39,5 2 306 39,3 2 804 38,0 3 872 38,3 3 524 Gaz naturel 2,3 112 2,2 97 2,3 116 1,9 153 1,8 167 Charbon 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,8 0,01 0,6 Énergies renouvelables et déchets 4,3 161 4,4 153 4,7 263 4,9 389 5,0 279 Électricité 8,5 1 228 8,1 1 176 7,6 1 207 7,9 1 341 7,1 1 835 Chaleur commercialisée 0,2 19,6 0,2 16,0 0,3 24,3 0,2 25,8 0,2 27,7 Total 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835 Source : SDES,Bilandel?énergie partie 6 Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie ? En 2023, l?intensité énergétique finale atteint 0,6 TWh par milliard d?euros de PIB. Elle décroît de 3,5 % par an en moyenne depuis 2020. La consommation d?énergie finale par habitant s?établit à 22,6 MWh, en baisse de 4,3 % par rapport à 2022. La baisse des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie est estimée à 6,8 %. Elle concerne tous les secteurs et, en particulier, le secteur de l?énergie. 130 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse Après un rebond en 2020 (+ 1,5 % sur un an) lié à la crise sanitaire, l?intensité énergétique finale (consommation finale à usage énergétique par unité de PIB) reprend sa tendance à la baisse, à un rythme annuel moyen de - 3,5 % entre 2020 et 2023, pour atteindre 0,60 TWh par milliard d?euros en 2023 (figure 6.1.1). La consommation finale à usage énergétique annuelle, corrigée des variations climatiques, continue à diminuer (- 4,0 % en 2023), alors que l?activité connaît une croissance faible (+ 0,9 %). Sur le long terme, l?intensité énergétique finale diminue de manière quasiment continue depuis 1990, à un rythme annuel moyen de - 1,4 %. Entre 1990 et 2001, cette baisse s?explique par une croissance moins rapide de la consommation énergétique finale (+ 16,7 %) que du PIB (+ 26,4 %). À partir de 2001, la consommation énergétique finale diminue alors que le PIB continue à augmenter, bien que moins rapidement. Ce découplage partiel entre PIB et consommation d?énergie s?explique par des gains d?efficacité énergétique dans l?ensemble des secteurs, par la tertiarisation de l?économie et par une croissance de la demande des ménages moins rapide que celle du PIB. En 2023, la consommation finale énergétique par habitant diminue de 4,3 % par rapport à 2022, pour s?établir à 22,6 MWh par habitant, poursuivant la baisse temporairement mise en pause en 2020. Sur le long terme, après une croissance annuelle moyenne de 1 %, qui culmine en 2001 à 29,2 MWh par habitant, la consommation par habitant diminue à un rythme annuel moyen de - 1,2 % de 2001 à 2023. De 1990 à 2001, à climat corrigé, la consommation finale énergétique totale augmente de 16,7 %, notamment du fait de la hausse de consommation du tertiaire (+ 26,9 %) et des transports (+ 17,9 %). De 2001 à 2023, la tendance s?inverse, principalement du fait de la baisse de la consommation de l?industrie (- 27,4 %) et, dans une moindre mesure, du résidentiel (- 7,6 %). Figure 6.1.1 : intensité énergétique finale (données corrigées des variations climatiques) En MWh/hab et TWh/Md¤ (données corrigées des variations climatiques) 30 29 28 27 26 25 24 23 22 21 20 1,10 1,00 0,90 0,80 0,70 0,60 0,50 uche) Consommation finale énergétique par habitant (MWh/hab, axe de gauche) Consommation finale énergétique par unité de PIB (TWh/Md¤, axe de droite) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance;Insee Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 131 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie Depuis 1990, l?intensité énergétique finale a diminué pour l?ensemble des activités (figure 6.1.2). Dans les transports, premier secteur consommateur en 2023 (33 % de la consommation énergétique finale), l?amélioration de la performance énergétique des véhicules légers se poursuit de manière continue depuis 1990, avec une baisse de 26 % de la consommation d?énergie par kilomètre parcouru. Cette baisse s?accélère à partir de 2010, passant d?un rythme annuel moyen de - 0,7 % de 1990 à 2010 à - 1,2 % de 2010 à 2023. La réduction de la consommation unitaire des poids lourds apparaît moins forte (- 13 % depuis 1990). Elle stagne jusqu?au milieu des années 2000 puis décroît à un rythme annuel moyen de - 0,8 % entre 2005 et 2023. Malgré un léger rebond en 2020, en lien avec une présence accrue des ménages dans leur domicile, la baisse la consommation d?énergie par m2 est particulièrement forte dans le résidentiel (- 37 % depuis 1990), traduisant les meilleures performances énergétiques des logements neufs ainsi que des efforts de rénovation dans les logements anciens. En 2023, le secteur résidentiel représente 29,5 % de la consommation énergétique finale. Dans l?industrie (18,3 % de la consommation énergétique finale en 2023), l?adoption de procédés moins consommateurs a contribué à la baisse de long terme de l?intensité énergétique (- 35 % depuis 1990). Le tertiaire (15,5 % de la consommation énergétique finale en 2023) connaît une chute de son intensité énergétique de 28 % depuis 1990. La baisse ne commence qu?à partir de la fin des années 2000, à un rythme annuel moyen soutenu de - 2,6 % entre 2009 et 2023. Comme dans le résidentiel, cette tendance s?explique notamment par l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments du secteur. Dans l?agriculture (3,4 % de la consommation énergétique finale en 2023), l?intensité énergétique est beaucoup plus volatile, en raison notamment des aléas climatiques qui pèsent sur les récoltes et affectent les rendements sans modifier la consommation d?énergie. Toutefois, elle baisse tendanciellement depuis 1990 (- 11 %). Figure 6.1.2 : évolution des intensités énergétiques finales par secteur (données corrigées des variations climatiques) En indice base 100 en 1990 (données corrigées des variations climatiques) 120 110 100 90 80 70 60 50 Tertiaire Résidentiel Industrie Agriculture Poids lourds Véhicules légers 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2023 Note:l?intensitéénergétiquefinaleestdéfiniecommeleratiodelaconsommationénergétiquefinaledusecteuràsavaleurajoutée,saufpourlerésidentiel, oùledénominateurestlasurfacetotaledeslogementshabités,etdanslestransports,oùl?indicateurmesurelaconsommationunitairedesvéhicules. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance,Bilanannueldestransports,Rapportducomptedulogement;Insee 132 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent une baisse des émissions de gaz à effet de serre La combustion d?énergie est la première source d?émissions de gaz à effet de serre. En France, en 2022, ces émissions représentent 70 % du total, hors UTCATF (Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie) et soutes internationales. Le reste provient des procédés industriels, de l?agriculture, de l?élevage et de la gestion des déchets. Les émissions liées à la combustion d?énergie s?établissent à 276 Mt CO2 éq en 2022 (figure 6.2.1). Pour 2023, ces émissions sont estimées à 258 Mt CO2 éq, soit une baisse de 6,8 %. Entre 1990 et 2022, les émissions de GES liées à la combustion d?énergie ont diminué de 24,8 %. Après une période de relative stabilité entre 1990 et 2005, elles diminuent depuis à un rythme annuel moyen de - 2,0 %. Sur la période, les émissions de tous les secteurs diminuent, à l?exception du transport (+ 5 %). Figure 6.2.1 : émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie par secteur entre 1990 et 2023 En Mt CO2 éq 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Transports Industrie manufacturière et consctruction Résidentiel Tertiaire Agriculture Industrie de l?énergie Émissions fugitives Non spécifié 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2023 (e ) (e)=estimation. Note:lesdonnéesd?émissionsutiliséesdanscettepartiesontlesémissionsdedioxydedecarbone(CO2),deméthane(CH4),deprotoxyded?azote(N2O)etde gazfluorésduesàlacombustiond?énergie(CRF1)rapportéesàlaCCNUCCsurlepérimètreFranceetDROMappartenantàl?Unioneuropéenne.L?année2023 est estimée. Source :InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 133 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie En 2022, les transports représentent 46 % des émissions liées à la combustion d?énergie, l?industrie manufacturière et la construction 15 %, l?industrie de l?énergie 14 %, le résidentiel 13 %, le tertiaire 6 %, l?agriculture 4 %. Les émissions involontaires lors des activités d?extraction, de traitement et de distribution de combustibles fossiles, appelées émissions fugitives, représentent 1 % du total. La répartition sectorielle de ces émissions a fortement évolué depuis 1990. Les émissions directes15 du transport, qui représentaient 33 % des émissions dues à la combustion d?énergie en 1990, ont vu leur part progresser de 13 points. Celle des émissions de l?agriculture augmente également de 1 point. À l?inverse, la part des émissions des autres secteurs a diminué : industrie manufacturière et construction (- 3 points), industrie de l?énergie (- 4 points), résidentiel (- 4 points), tertiaire (- 1 point). Ces disparités entre secteurs s?expliquent par l?évolution de leur consommation d?énergie et de leur bouquet énergétique. Par exemple, les transports ont vu leur consommation d?énergie finale augmenter de 17,2 % et leur bouquet énergétique rester très largement dominé par les produits pétroliers. À l?inverse, d?autres secteurs ont connu une décarbonation partielle de leur bouquet énergétique : baisse de la part de combustibles fossiles fortement émetteurs (charbon, pétrole et, dans une moindre mesure, gaz) et hausse de la part des énergies renouvelables et de l?électricité et de la chaleur commercialisée. En 2023, la baisse des émissions liées à la combustion d?énergie est estimée à 6,8 % et touche tous les secteurs, en particulier l?industrie de l?énergie (- 18 %) et y compris les transports (- 3 %). 6.2.1 ÉMISSIONS DU RÉSIDENTIEL On peut distinguer deux phases dans l?évolution de émissions de GES liées à l?énergie du secteur résidentiel (figure 6.2.1.1). De 1990 à 2006, les émissions directes du secteur résidentiel augmentent de 9,6 % et suivent l?augmentation de la consommation finale d?énergie (+ 11,3 %). Sur cette période, la consommation de produits pétroliers et de charbon, fortement émetteurs, diminue de 24,4 %, mais celle de gaz augmente de 52,6 %. De 2006 à 2022, les émissions diminuent plus rapidement que la consommation d?énergie finale (respectivement - 46,9 % et - 12,0 %), notamment grâce à l?évolution du bouquet énergétique. La consommation d?électricité et de chaleur augmente de 18,4 %, tout comme celle d?énergies renouvelables et de déchets (+ 52,8 %). Dans le même temps, la consommation de produits pétroliers et de charbon continue à baisser fortement (- 61,0 %) et la consommation de gaz diminue de 35,7 %. Figure 6.2.1.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 En TWh Indice base 100 en 1990 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 120 100 80 60 40 20 0 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa 15 Les émissions indirectes liées à la production d?électricité et de chaleur commercialisée ne sont pas comptabilisées dans les secteurs de consommation finale mais dans l?industrie de l?énergie. La substitution d?énergies fossiles par de l?électricité dans le bouquet énergétique d?un secteur explique donc une baisse de ses émissions directes. Toutefois, même en comptabilisant les émissions indirectes, c?est-à-dire en réaffectant les émissions de l?industrie de l?énergie aux secteurs de consommation finale, l?électrification du bouquet énergétique permet une baisse des émissions, la production d?électricité étant peu émettrice en France (nucléaire, hydraulique). 134 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie En 2023, la baisse des émissions du résidentiel est estimée à - 6,8 %, alors que la consommation finale diminue de 2,7 %, en lien avec la réduction importante des consommations d?énergies fossiles : la consommation finale de charbon et de produits pétroliers diminue de 12,4 %, celle de gaz de 7,3 %. 6.2.2 ÉMISSIONS DU TERTIAIRE Dans le secteur tertiaire, le découplage entre les émissions de GES et la consommation d?énergie est intervenu plus tôt que dans le résidentiel, grâce à une importante électrification du secteur. Ainsi, entre 1990 et 2010, les émissions directes du tertiaire augmentent seulement de 6,7 % alors que la consommation finale d?énergie croît de 57,7 % (figure 6.2.2.1). Sur cette période, la part des produits pétroliers et du charbon diminue de 19 points, pour atteindre 17 % en 2010. Le gaz augmente fortement et passe devant les produits pétroliers dans le bouquet du secteur (+ 7 points, pour atteindre 27 % du total). L?électricité et la chaleur conservent leur première place grâce à un forte croissance (+ 10 points), atteignant une part de 53 %. Les énergies renouvelables font leur apparition, passant de 0,6 TWh à 7,2 TWh en 2010, soit une part de 2,4 %. Figure 6.2.2.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) Indice base 100 en 1990En TWh 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 160 140 120 100 80 60 40 20 0 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa L?année 2010 marque un pic de consommation d?énergie, notamment du fait d?un climat particulièrement rigoureux. L?année suivante se distingue à l?inverse par des températures douces, provoquant une baisse importante de la consommation d?énergie finale (- 13,7 %) et des émissions (- 25,5 %). À partir de 2011, les émissions de gaz à effet de serre du tertiaire se stabilisent (+ 2,9 % entre 2011 et 2021), comme la consommation d?énergie finale du secteur (+ 2,4 %). Le bouquet énergétique évolue légèrement au profit du gaz (+ 5 points) et des énergies renouvelables (+ 2 points), alors que l?électricité et la chaleur diminuent de 2 points et le charbon et les produits pétroliers de 5 points. L?année 2022 est marquée par une baisse de la consommation finale d?énergie du secteur (- 3,2 %). Les émissions diminuent encore plus rapidement (- 20,4 %), principalement du fait d?une baisse plus rapide de la consommation de gaz (- 4 points dans le bouquet énergétique final). En 2023, la baisse des émissions du secteur se poursuit et est estimée à - 4,6 %, alors que la consommation finale d?énergie diminue de 8,2 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 135 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.2.3 ÉMISSIONS DE L?INDUSTRIE ET DE LA CONSTRUCTION Comme pour les deux secteurs précédents, on distingue deux phases pour l?évolution des émissions de GES liées à l?énergie de l?industrie depuis 1990 (figure 6.2.3.1). Entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie de l?industrie manufacturière et de la construction augmentent plus vite que la consommation finale d?énergie du secteur (+ 16,1 %, contre 4,0 % pour la consommation d?énergie). Cela s?explique par la forte croissance de la consommation de gaz (+ 32,2 %), dont les émissions ne sont pas compensées par la moindre consommation de charbon et de produits pétroliers (- 37,9 %). Entre 2004 et 2022, les émissions et la consommation finale d?énergie baissent fortement (respectivement - 49,9 % et - 19,0 %). La baisse de la consommation de produits pétroliers et de charbon se poursuit (- 50,3 %). La tendance s?inverse pour la consommation de gaz qui diminue (- 23,4 %), comme, dans une moindre mesure, pour la consommation d?électricité et de chaleur (- 5,7 %). Les énergies renouvelables et les déchets sont les seules énergies à augmenter (+ 35,6 %). En 2023, la baisse des émissions du secteur est estimée à - 8,7 %, alors que la consommation finale d?énergie baisse de 6,6 %, notamment grâce à la baisse plus rapide du gaz (- 9,5 %) que de l?électricité et de la chaleur (- 7,3 %). Figure 6.2.3.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre de l?industrie manufacturière et de la construction Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) Indice base 100 en 1990En TWh 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 120 100 80 60 40 20 0 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Laconsommationdes autoproducteursd?électricitéetdechaleurestcomptabiliséedansl?industriedanslesinventairesdegazàeffetdeserre,alorsqu?ellel?estdanslabrancheénergie danslebilandel?énergie. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa 136 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Annexes ? Bilans énergétiques de la France ? Annexes méthodologiques ? Sigles et abréviations ? Pour en savoir plus 138 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilans énergétiques de la France Notes ?EnRélectriques:hydraulique(horspompages),énergiesmarines,éolien,solairephotovoltaïque. ?EnRthermiquesetdéchets:biomassesolide,biogaz,biocarburants,déchets,solairethermique,géothermie,pompesàchaleur. ?Pétrolebrut:inclutégalementdefaiblesquantitésdecondensats(liquidesdegaznaturel),d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduits à distiller. ?Industrie:inclutégalementlaconstruction.Leshauts-fourneauxsontexclusdel?industriedanslebilanphysique(carclassésdanslabrancheénergie) maisinclusdanslebilanmonétaire. ?Transfertsetretoursenraffineries(produitspétroliers):cepostecorrespondauxéchangescomptablesexistantsentrelebilandupétrolebrutetcelui desproduitsraffinés.Desproduitsbrutspeuventêtreutiliséssansavoirétéraffinés(notammentlescondensatsutiliséspourlapétrochimie).Àl?inverse, desproduitssemi-finispeuventêtreretournésenraffineriespourêtreretraités(issusducommerceextérieuroudel?industriepétrochimique). ?Autoconsommationdesraffineries(produitsraffinés):cepostecorrespondàlaconsommationpropredesraffineriesenproduitsraffinés,horsproduction d?électricitéoudechaleurcommercialisée. ?Donnéesréelles:donnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques. ?DonnéesCVC:donnéescorrigéesdesvariationsclimatiques. Bilans physiques, toutes énergies confondues (données réelles) Bilan énergétique physique 2023 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,86 0,00 0,18 1 024,86 129,41 256,53 0,00 0,00 1 420,84 Importations 52,11 541,30 441,73 479,18 0,00 0,00 30,70 25,43 0,00 1 570,45 Exportations - 0,02 - 1,47 - 170,53 - 140,29 0,00 0,00 - 7,51 - 75,90 0,00 - 395,73 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 12,32 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 12,32 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 62,41 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 62,41 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 0,22 - 0,92 3,59 1,48 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,36 Consommation primaire 52,31 548,76 200,06 340,56 1 024,86 129,41 279,72 - 50,47 0,00 2 525,20 Écart statistique - 2,87 9,09 10,33 0,15 0,00 0,00 0,00 2,02 0,00 18,72 Production d?électricité 8,68 0,00 13,23 47,18 1 024,86 129,41 39,28 - 520,46 0,00 742,17 Production de chaleur 0,99 0,00 2,89 20,16 0,00 0,00 31,68 0,00 - 47,54 8,18 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 8,22 0,00 0,00 8,22 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 558,22 - 553,65 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,57 Autres transformations, transferts 23,46 - 18,55 17,17 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 22,07 Usages internes de la branche énergie 11,94 0,00 17,03 4,97 0,00 0,00 0,66 33,77 0,00 68,37 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,66 0,00 0,00 0,00 36,58 5,73 45,98 Consommation nette de la branche énergie 42,20 548,76 - 493,01 67,90 1 024,86 129,41 79,84 - 448,09 - 41,81 910,06 Industrie 6,15 0,00 28,51 97,96 0,00 0,00 26,49 101,98 17,49 278,59 Transports 0,00 0,00 458,56 4,19 0,00 0,00 37,68 12,86 0,00 513,29 Résidentiel 0,22 0,00 35,70 101,33 0,00 0,00 119,40 150,74 14,92 422,32 Tertiaire 0,33 0,00 26,58 56,92 0,00 0,00 11,27 124,88 9,14 229,12 Agriculture-pêche 0,01 0,00 38,34 1,77 0,00 0,00 5,04 7,15 0,25 52,56 Consommation finale énergétique 6,73 0,00 587,69 262,16 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 495,88 Consommation finale non énergétique 3,39 0,00 105,38 10,50 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 119,26 Consommation finale 10,11 0,00 693,07 272,66 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 615,14 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 139 annexes Bilan énergétique physique 2022 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,77 0,00 0,21 893,12 103,84 250,96 0,00 0,00 1 257,89 Importations 70,70 489,11 480,45 575,55 0,00 0,00 28,81 52,44 0,00 1 697,04 Exportations - 0,08 - 0,59 - 160,69 - 154,17 0,00 0,00 - 8,59 - 37,49 0,00 - 361,62 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,74 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,74 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 56,95 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 56,95 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 2,74 - 2,61 2,17 - 35,14 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 38,31 Consommation primaire 67,87 495,68 251,24 386,44 893,12 103,84 271,18 14,94 0,00 2 484,32 Écart statistique - 2,58 2,81 - 14,92 - 1,51 0,00 0,00 0,00 1,62 0,00 - 14,58 Production d?électricité 15,73 0,00 15,09 67,47 893,12 103,84 37,61 - 469,12 0,00 663,74 Production de chaleur 1,64 0,00 2,58 20,62 0,00 0,00 34,88 0,00 - 50,93 8,80 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 6,28 0,00 0,00 6,28 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 506,72 - 500,22 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,50 Autres transformations, transferts 27,65 - 13,85 12,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 26,26 Usages internes de la branche énergie 14,34 0,00 16,29 5,08 0,00 0,00 0,66 32,23 0,00 68,59 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,01 0,00 0,00 0,00 35,23 4,84 44,08 Consommation nette de la branche énergie 56,78 495,68 - 468,72 89,40 893,12 103,84 79,43 - 400,04 - 46,09 803,40 Industrie 7,37 0,00 28,14 108,29 0,00 0,00 25,59 107,24 21,61 298,25 Transports 0,00 0,00 473,88 3,65 0,00 0,00 35,99 11,09 0,00 524,61 Résidentiel 0,31 0,00 40,68 109,31 0,00 0,00 113,98 155,19 14,53 434,00 Tertiaire 0,38 0,00 31,46 63,11 0,00 0,00 11,34 133,57 9,72 249,57 Agriculture-pêche 0,02 0,00 37,98 1,93 0,00 0,00 4,86 7,89 0,23 52,91 Consommation finale énergétique 8,08 0,00 612,14 286,29 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 559,34 Consommation finale non énergétique 3,01 0,00 107,81 10,75 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 121,57 Consommation finale 11,09 0,00 719,96 297,04 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 680,92 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 140 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique physique 2021 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 10,38 0,00 0,23 1 149,58 112,35 253,51 0,00 0,00 1 526,06 Importations 72,19 404,09 533,06 469,59 0,00 0,00 26,19 24,33 0,00 1 529,46 Exportations - 0,05 - 1,28 - 146,70 - 55,83 0,00 0,00 - 8,79 - 69,23 0,00 - 281,88 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,01 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 33,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 33,46 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 7,88 2,89 9,03 16,43 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 36,24 Consommation primaire 80,03 416,09 348,92 430,41 1 149,58 112,35 270,91 - 44,89 0,00 2 763,40 Écart statistique - 3,59 8,61 - 23,39 3,03 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 - 15,29 Production d?électricité 20,39 0,00 13,92 51,34 1 149,58 112,35 35,40 - 550,57 0,00 832,41 Production de chaleur 1,72 0,00 2,77 22,37 0,00 0,00 34,94 0,00 - 53,14 8,67 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 3,90 0,00 0,00 3,90 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 433,82 - 428,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,01 Autres transformations, transferts 32,15 - 26,34 24,88 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 30,69 Usages internes de la branche énergie 14,90 0,00 10,27 7,43 0,00 0,00 0,66 33,60 0,00 66,85 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,58 0,00 0,00 0,00 39,19 5,10 47,87 Consommation nette de la branche énergie 65,58 416,09 - 400,35 83,84 1 149,58 112,35 74,90 - 477,73 - 48,04 976,20 Industrie 10,50 0,00 27,74 120,79 0,00 0,00 24,04 112,50 20,12 315,70 Transports 0,00 0,00 460,52 3,12 0,00 0,00 33,99 9,65 0,00 507,28 Résidentiel 0,30 0,00 54,84 133,35 0,00 0,00 122,69 169,52 17,05 497,75 Tertiaire 0,42 0,00 27,51 75,27 0,00 0,00 10,60 133,52 10,60 257,93 Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,30 2,34 0,00 0,00 4,68 7,65 0,27 54,25 Consommation finale énergétique 11,24 0,00 609,91 334,87 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 632,91 Consommation finale non énergétique 3,21 0,00 139,36 11,71 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 154,28 Consommation finale 14,45 0,00 749,27 346,58 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 787,19 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 141 annexes Bilan énergétique physique 2020 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,82 0,00 0,18 1 072,22 116,13 229,61 0,00 0,00 1 427,96 Importations 59,35 394,74 507,92 468,92 0,00 0,00 20,27 19,54 0,00 1 470,73 Exportations - 0,10 - 1,45 - 148,57 - 84,52 0,00 0,00 - 9,22 - 64,58 0,00 - 308,43 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 11,46 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 30,79 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 30,79 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 2,28 2,54 - 1,68 21,25 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 24,38 Consommation primaire 61,53 405,65 315,41 405,83 1 072,22 116,13 240,66 - 45,04 0,00 2 572,38 Écart statistique - 3,69 7,29 - 2,30 1,26 0,00 0,00 0,00 1,96 0,00 4,52 Production d?électricité 13,56 0,00 13,39 55,42 1 072,22 116,13 35,78 - 527,59 0,00 778,91 Production de chaleur 1,57 0,00 3,02 21,00 0,00 0,00 31,04 0,00 - 48,46 8,17 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,99 0,00 0,00 1,99 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 440,89 - 437,64 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,25 Autres transformations, transferts 24,86 - 42,53 41,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 23,94 Usages internes de la branche énergie 12,69 0,00 11,54 7,53 0,00 0,00 0,66 33,33 0,00 65,75 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,91 0,00 0,00 0,00 35,90 6,69 46,49 Consommation nette de la branche énergie 48,99 405,65 - 370,39 87,13 1 072,22 116,13 69,46 - 456,40 - 41,77 931,03 Industrie 9,10 0,00 28,19 108,78 0,00 0,00 23,36 105,80 17,56 292,80 Transports 0,00 0,00 405,02 2,22 0,00 0,00 30,88 8,34 0,00 446,46 Résidentiel 0,24 0,00 48,45 127,85 0,00 0,00 103,15 161,50 14,49 455,69 Tertiaire 0,36 0,00 32,39 66,15 0,00 0,00 9,36 127,64 9,53 245,43 Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,51 2,23 0,00 0,00 4,43 8,08 0,19 54,46 Consommation finale énergétique 9,71 0,00 553,56 307,23 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 494,83 Consommation finale non énergétique 2,82 0,00 132,23 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 146,52 Consommation finale 12,54 0,00 685,80 318,70 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 641,35 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 142 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique physique 2019 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 11,59 0,00 0,17 1 209,13 104,28 238,30 0,00 0,00 1 563,47 Importations 84,77 578,29 530,31 550,96 0,00 0,00 27,22 15,63 0,00 1 787,18 Exportations - 0,05 - 1,60 - 202,34 - 94,84 0,00 0,00 - 10,59 - 73,30 0,00 - 382,72 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 20,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 20,01 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 72,33 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 72,33 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 0,37 1,26 1,15 - 19,66 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 16,88 Consommation primaire 85,09 589,54 236,78 436,62 1 209,13 104,28 254,93 - 57,67 0,00 2 858,71 Écart statistique 3,31 10,75 5,66 0,77 0,00 0,00 0,00 4,14 0,00 24,62 Production d?électricité 15,92 0,00 13,66 62,57 1 209,13 104,28 36,41 - 566,06 0,00 875,91 Production de chaleur 1,95 0,00 3,09 20,95 0,00 0,00 32,00 0,00 - 49,01 8,98 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,11 0,00 0,00 1,11 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 607,99 - 602,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,37 Autres transformations, transferts 32,75 - 29,19 28,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 31,66 Usages internes de la branche énergie 17,02 0,00 16,10 7,95 0,00 0,00 0,52 34,46 0,00 76,06 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,98 0,00 0,00 0,00 38,09 5,88 48,95 Consommation nette de la branche énergie 70,95 589,54 - 536,00 96,11 1 209,13 104,28 70,05 - 489,37 - 43,13 1 071,55 Industrie 10,32 0,00 29,12 121,13 0,00 0,00 23,75 115,66 18,75 318,73 Transports 0,00 0,00 481,73 1,86 0,00 0,00 37,18 10,08 0,00 530,85 Résidentiel 0,28 0,00 55,06 129,80 0,00 0,00 110,52 159,72 14,81 470,20 Tertiaire 0,40 0,00 30,94 72,58 0,00 0,00 9,17 137,77 9,32 260,17 Agriculture-pêche 0,02 0,00 35,88 2,33 0,00 0,00 4,26 8,48 0,25 51,21 Consommation finale énergétique 11,02 0,00 632,72 327,70 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 631,16 Consommation finale non énergétique 3,12 0,00 140,06 12,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 156,00 Consommation finale 14,14 0,00 772,78 340,51 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 787,16 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 143 annexes Bilans physiques par énergie (données réelles et données CVC) Bilan physique du charbon de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11 Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02 Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22 Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31 Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87 Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39 Production d?électricité 15,92 13,56 20,39 15,73 8,68 Production de chaleur 1,95 1,57 1,72 1,64 0,99 Consommation nette de la branche énergie 70,95 48,99 65,58 56,78 42,20 Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22 Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33 Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01 Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73 Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39 Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 144 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique du charbon de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11 Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02 Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22 Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31 Correction climatique 1,82 4,29 - 0,82 2,98 2,90 Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87 Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39 Production d?électricité 17,54 17,41 19,63 18,42 11,28 Production de chaleur 2,15 2,02 1,66 1,93 1,29 Consommation nette de la branche énergie 72,77 53,28 64,75 59,76 45,10 Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22 Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33 Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01 Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73 Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39 Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 145 annexes Bilan physique du pétrole brut de 2019 à 2023 Données réelles En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 1,00 0,84 0,89 0,84 0,85 Importations 49,72 33,94 34,75 42,06 46,54 Exportations - 0,14 - 0,12 - 0,11 - 0,05 - 0,13 Variations de stocks 0,11 0,22 0,25 - 0,22 - 0,08 Autres charges de raffinage, retours de pétrochimie 2,51 3,66 2,26 1,19 1,60 Total approvisionnement des raffineries 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78 Écart statistique 0,92 0,63 0,74 0,24 0,78 Transformation de pétrole brut en raffinerie 52,28 37,91 37,30 43,57 48,00 Consommation brute de la branche énergie 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 146 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données réelles En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14 Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98 Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66 Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06 Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37 Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31 Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48 Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87 Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89 Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14 Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25 Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27 Industrie 2,50 2,42 2,39 2,42 2,45 Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43 Résidentiel 4,73 4,17 4,72 3,50 3,07 Tertiaire 2,66 2,79 2,37 2,71 2,29 Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30 Consommation finale énergétique 54,40 47,60 52,44 52,63 50,53 Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06 Consommation finale 66,45 58,97 64,43 61,91 59,59 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 147 annexes Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14 Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98 Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66 Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06 Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37 Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31 Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48 Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87 Correction climatique 0,16 0,37 - 0,07 0,26 0,26 Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89 Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14 Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25 Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27 Industrie 2,51 2,43 2,39 2,42 2,45 Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43 Résidentiel 4,85 4,44 4,66 3,70 3,26 Tertiaire 2,70 2,88 2,35 2,77 2,35 Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30 Consommation finale énergétique 54,56 47,97 52,37 52,90 50,79 Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06 Consommation finale 66,61 59,34 64,35 62,17 59,85 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 148 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023 Données réelles En TWh PCS 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20 Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14 Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43 Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88 Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64 Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53 Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17 Production d?électricité 69,52 61,58 57,05 74,97 52,42 Production de chaleur 23,28 23,33 24,86 22,91 22,40 Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52 Pertes de transport et de distribution 5,53 4,34 3,98 4,46 4,07 Consommation brute de la branche énergie 108,02 99,02 97,49 106,31 84,58 Industrie 134,59 120,87 134,22 120,33 108,84 Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65 Résidentiel 144,22 142,05 148,17 121,46 112,59 Tertiaire 80,65 73,50 83,63 70,12 63,24 Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97 Consommation finale énergétique 364,11 341,37 372,08 318,10 291,29 Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66 Consommation finale 378,35 354,11 385,08 330,05 302,95 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 149 annexes Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh PCS 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20 Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14 Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43 Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88 Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64 Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53 Correction climatique 14,41 39,02 - 8,84 32,03 31,24 Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17 Production d?électricité 71,36 66,79 55,83 79,40 56,74 Production de chaleur 24,27 25,96 24,28 24,98 24,42 Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52 Pertes de transport et de distribution 5,67 4,63 3,92 4,67 4,27 Consommation brute de la branche énergie 110,99 107,15 95,64 113,01 91,12 Industrie 136,48 126,00 133,06 124,51 112,93 Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65 Résidentiel 150,65 159,43 144,24 135,69 126,47 Tertiaire 83,77 81,92 81,72 77,03 69,98 Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97 Consommation finale énergétique 375,55 372,29 365,08 343,43 316,00 Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66 Consommation finale 389,79 385,03 378,09 355,37 327,66 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 150 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53 Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70 Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51 Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Total approvisionnement en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72 Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28 Production de chaleur 0,00 32,00 0,00 31,04 0,00 34,94 0,00 34,88 0,00 31,68 Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22 Usages internes de la branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 Consommation brute de la branche énergie 104,28 70,05 116,13 69,46 112,35 74,90 103,84 79,43 129,41 79,84 Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49 Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68 Résidentiel 0,00 110,52 0,00 103,15 0,00 122,69 0,00 113,98 0,00 119,40 Tertiaire 0,00 9,17 0,00 9,36 0,00 10,60 0,00 11,34 0,00 11,27 Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04 Consommation finale énergétique 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 151 annexes Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53 Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70 Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51 Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Total approvisionnement en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72 Correction climatique 0,00 6,12 0,00 14,93 0,00 - 2,19 0,00 14,22 0,00 13,76 Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28 Production de chaleur 0,00 32,30 0,00 31,72 0,00 34,83 0,00 35,56 0,00 32,31 Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22 Usages internes de la branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 Consommation brute de la branche énergie 104,28 70,34 116,13 70,14 112,35 74,79 103,84 80,11 129,41 80,47 Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49 Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68 Résidentiel 0,00 115,95 0,00 116,41 0,00 120,76 0,00 126,61 0,00 131,66 Tertiaire 0,00 9,57 0,00 10,36 0,00 10,46 0,00 12,25 0,00 12,14 Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04 Consommation finale énergétique 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 152 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41 Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83 Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15 Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90 Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46 Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11 Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48 Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82 Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96 Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12 Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09 Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43 Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90 Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55 Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02 Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34 Pertes de transport et de distribution 38,09 35,90 39,19 35,23 36,58 Total branche énergie 50,98 46,86 48,33 46,82 48,93 Industrie 115,66 105,80 112,50 107,24 101,98 Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86 Résidentiel 159,72 161,50 169,52 155,19 150,74 Tertiaire 137,77 127,64 133,52 133,57 124,88 Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15 Consommation finale énergétique 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62 *Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries). **Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 153 annexes Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41 Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83 Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15 Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90 Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46 Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11 Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48 Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82 Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96 Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12 Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09 Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43 Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90 Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55 Correction climatique 3,72 11,58 - 2,60 8,61 8,87 Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02 Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34 Pertes de transport et de distribution 38,65 37,43 38,84 36,52 37,84 Total branche énergie 51,54 48,38 47,98 48,11 50,19 Industrie 116,05 106,88 112,26 108,11 102,83 Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86 Résidentiel 162,12 167,97 168,05 160,48 155,91 Tertiaire 138,15 130,15 132,98 134,73 126,48 Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15 Consommation finale énergétique 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23 *Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries). **Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 154 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30 Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19 Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57 Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24 Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78 Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76 Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70 Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54 Pertes de transport et de distribution 5,88 6,69 5,10 4,84 5,73 Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 14,81 14,49 17,05 14,53 14,92 Tertiaire 9,32 9,53 10,60 9,72 9,14 Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25 Consommation finale énergétique 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30 Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19 Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57 Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24 Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78 Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76 Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70 Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54 Correction climatique 1,06 2,93 - 0,64 2,32 2,26 Pertes de transport et de distribution 5,99 7,05 5,04 5,05 5,94 Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 15,40 16,08 16,69 15,85 16,21 Tertiaire 9,67 10,51 10,38 10,51 9,91 Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25 Consommation finale énergétique 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 155 annexes Bilans monétaires, toutes énergies confondues (données réelles) Bilan énergétique monétaire 2023 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 500 612 24 044 n.d. (*) 3 036 74 966 1 670 - 1 332 107 762 Importations 2 010 27 266 33 091 36 281 325 2 885 0 0 101 859 Exportations - 48 - 209 - 13 242 - 10 006 - 75 - 6 847 0 0 - 30 428 Soutes maritimes internationales 0 0 - 661 0 0 0 0 0 - 661 Soutes aériennes internationales 0 0 - 4 333 0 0 0 0 0 - 4 333 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 16 - 68 223 101 0 0 0 0 241 Taxes 10 0 41 954 4 080 200 6 849 106 0 53 198 dontTVA 3 0 10 364 1 820 200 5 164 106 0 17 657 Subventions 0 0 0 - 811 0 4 307 0 0 3 495 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 506 29 688 0 0 4 797 2 036 1 332 38 027 Total des ressources 2 456 29 108 110 765 32 578 3 486 86 957 3 812 0 269 161 Production d?électricité 309 0 866 3 330 292 0 0 0 4 797 Production de chaleur 31 0 135 1 472 398 0 0 0 2 036 Production d?autres formes d?énergie 0 29 108 1 506 329 0 1 638 0 0 32 581 Branche énergie 340 29 108 2 507 5 132 690 1 638 0 0 39 415 Industrie 1 924 0 2 425 7 491 176 16 562 986 0 29 564 Transports 0 0 85 550 394 0 1 747 0 0 87 691 Résidentiel 9 0 5 099 12 801 2 495 35 645 1 775 0 57 824 Tertiaire 13 0 2 830 6 114 93 29 531 1 022 0 39 604 Agriculture-pêche 1 0 3 804 167 0 1 835 28 0 5 835 Consommation finale énergétique 1 947 0 99 708 26 967 2 765 85 319 3 812 0 220 517 Consommation finale non énergétique 168 0 8 402 479 0 0 0 0 9 050 Consommation finale 2 116 0 108 110 27 446 2 765 85 319 3 812 0 229 567 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 156 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique monétaire 2022 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 312 804 26 137 n.d. (*) 2 396 44 296 1 882 - 813 61 954 Importations 3 319 31 571 43 074 58 287 300 16 149 0 0 152 700 Exportations - 52 - 133 - 15 246 - 10 763 - 86 - 8 729 0 0 - 35 009 Soutes maritimes internationales 0 0 - 889 0 0 0 0 0 - 889 Soutes aériennes internationales 0 0 - 5 059 0 0 0 0 0 - 5 059 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 141 - 156 262 - 3 831 0 0 0 0 - 3 866 Taxes 18 0 43 587 4 173 140 8 951 102 0 56 971 dontTVA 3 0 10 648 1649 140 4 648 102 0 17190 Subventions 0 0 - 7 612 - 89 0 - 1 278 0 0 - 8 979 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 356 34 052 0 0 7 373 2 233 813 45 014 Total des ressources 3 457 33 441 118 306 33 904 2 750 66 761 4 217 0 262 837 Production d?électricité 622 0 1 117 5 396 238 0 0 0 7 373 Production de chaleur 67 0 129 1 655 383 0 0 0 2 233 Production d?autres formes d?énergie 0 33 441 1 356 405 0 1 052 0 0 36 254 Branche énergie 689 33 441 2 601 7 455 621 1 052 0 0 45 860 Industrie 2 573 0 2 577 8 455 116 11 992 1 541 0 27 256 Transports 0 0 88 180 301 0 1 246 0 0 89 728 Résidentiel 16 0 6 486 11 561 1 894 32 071 1 630 0 53 658 Tertiaire 15 0 3 860 4 809 87 19 127 1 022 0 28 919 Agriculture-pêche 1 0 4 047 145 0 1 273 25 0 5 491 Consommation finale énergétique 2 604 0 105 151 25 272 2 098 65 709 4 217 0 205 052 Consommation finale non énergétique 163 0 10 445 1 178 0 0 0 0 11 786 Consommation finale 2 767 0 115 596 26 450 2 098 65 709 4 217 0 216 838 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 157 annexes Bilan énergétique monétaire 2021 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 538 460 18 728 n.d. (*) 2 417 49 863 1 768 - 553 78 249 Importations 1 482 15 738 26 554 16 353 155 3 498 0 0 63 781 Exportations - 105 - 130 - 10 131 - 1 712 - 52 - 6 172 0 0 - 18 302 Soutes maritimes internationales 0 0 - 573 0 0 0 0 0 - 573 Soutes aériennes internationales 0 0 - 1 455 0 0 0 0 0 - 1 455 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 88 121 337 607 0 0 0 0 1 153 Taxes 16 0 39 903 4 216 133 15 838 91 0 60 198 dontTVA 2 0 8 480 1 527 133 4 738 91 0 14972 Subventions 0 0 0 - 228 0 - 5 469 0 0 - 5 697 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 849 18 477 0 0 3 379 1 387 553 25 092 Total des ressources 2 019 18 039 91 840 23 712 2 653 60 938 3 246 0 202 446 Production d?électricité 390 0 644 2 167 178 0 0 0 3 379 Production de chaleur 30 0 89 954 313 0 0 0 1 387 Production d?autres formes d?énergie 0 18 039 1 849 293 0 722 0 0 20 904 Branche énergie 419 18 039 2 583 3 415 491 722 0 0 25 670 Industrie 1 483 0 1 756 4 959 83 9 271 813 0 18 364 Transports 0 0 67 821 137 0 706 0 0 68 664 Résidentiel 8 0 5 874 10 798 1 986 32 727 1 521 0 52 915 Tertiaire 9 0 2 115 3 763 80 16 401 889 0 23 258 Agriculture-pêche 0 0 2 821 107 0 1 110 22 0 4 062 Consommation finale énergétique 1 501 0 80 388 19 764 2 149 60 215 3 246 0 167 263 Consommation finale non énergétique 99 0 8 869 532 0 0 0 0 9 500 Consommation finale 1 600 0 89 257 20 296 2 149 60 215 3 246 0 176 763 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 158 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique monétaire 2020 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 412 262 15 538 8 851 2 116 48 095 1 498 - 480 76 772 Importations 890 9 769 17 566 6 093 113 772 0 0 35 204 Exportations - 23 - 61 - 7 356 - 973 - 41 - 1 941 0 0 - 10 394 Soutes maritimes internationales 0 0 - 362 0 0 0 0 0 - 362 Soutes aériennes internationales 0 0 - 826 0 0 0 0 0 - 826 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 23 58 - 42 272 0 0 0 0 311 Taxes 15 0 34 117 4 003 113 15 397 71 0 53 716 dontTVA 2 0 6 613 1 432 113 4489 71 0 12 718 Subventions 0 0 0 - 206 0 - 8 344 0 0 - 8 550 Consommation d?autres formes d?énergie 0 2 110 12 393 0 0 1 831 777 480 17 111 Total des ressources 1 318 12 139 71 030 18 040 2 301 55 810 2 345 0 162 983 Production d?électricité 190 0 462 1 015 163 0 0 0 1 831 Production de chaleur 17 0 72 418 270 0 0 0 777 Production d?autres formes d?énergie 0 12 139 2 110 97 0 637 0 0 14 983 Branche énergie 207 12 139 2 643 1 531 433 637 0 0 17 591 Industrie 1 015 0 1 400 2 771 74 7 771 416 0 13 446 Transports 0 0 52 207 78 0 551 0 0 52 837 Résidentiel 6 0 4 585 10 365 1 714 30 459 1 183 0 48 312 Tertiaire 7 0 2 185 3 066 66 15 324 732 0 21 379 Agriculture-pêche 0 0 2 235 88 0 1 069 15 0 3 407 Consommation finale énergétique 1 028 0 62 611 16 369 1 854 55 173 2 345 0 139 381 Consommation finale non énergétique 82 0 5 775 140 0 0 0 0 5 998 Consommation finale 1 110 0 68 387 16 509 1 854 55 173 2 345 0 145 379 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 159 annexes Bilan énergétique monétaire 2019 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 424 513 17 598 8 376 2 062 46 266 1 502 - 396 76 742 Importations 1 667 21 289 26 015 10 418 124 732 0 0 60 245 Exportations - 30 - 127 - 11 350 - 1 799 - 54 - 2 749 0 0 - 16 109 Soutes maritimes internationales 0 0 - 817 0 0 0 0 0 - 817 Soutes aériennes internationales 0 0 - 3 457 0 0 0 0 0 - 3 457 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 9 43 82 - 379 0 0 0 0 - 264 Taxes 20 0 40 987 4 400 111 15 560 80 0 61 158 dontTVA 2 0 8932 1 588 111 4 205 80 0 14918 Subventions 0 0 0 - 111 0 - 7 847 0 0 - 7 958 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 156 23 182 0 0 2 484 942 396 27 764 Total des ressources 2 071 22 874 92 239 20 905 2 243 54 446 2 525 0 197 304 Production d?électricité 261 0 616 1 439 169 0 0 0 2 484 Production de chaleur 28 0 97 524 293 0 0 0 942 Production d?autres formes d?énergie 0 22 874 1 156 146 0 557 0 0 24 733 Branche énergie 289 22 874 1 869 2 108 462 557 0 0 28 160 Industrie 1 653 0 1 737 3 748 70 8 146 487 0 15 841 Transports 0 0 70 260 75 0 534 0 0 70 869 Résidentiel 8 0 5 924 11 146 1 624 28 410 1 277 0 48 389 Tertiaire 9 0 2 555 3 504 73 15 716 744 0 22 600 Agriculture-pêche 0 0 2 593 99 0 1 083 17 0 3 794 Consommation finale énergétique 1 670 0 83 070 18 572 1 767 53 889 2 525 0 161 492 Consommation finale non énergétique 112 0 7 301 225 0 0 0 0 7 638 Consommation finale 1 782 0 90 371 18 797 1 767 53 889 2 525 0 169 130 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 160 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilans monétaires par énergie (données réelles) Bilan monétaire du charbon de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0 0 0 0 0 Importations 1 667 890 1 482 3 319 2 010 Exportations - 30 - 23 - 105 - 52 - 48 Variations de stocks - 9 23 88 - 141 - 16 Marges de cokéfaction 424 412 538 312 500 TVA 2 2 2 3 3 TICC* et octroi de mer 18 13 14 16 6 Total ressources 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456 Production d?électricité 261 190 390 622 309 Production de chaleur 28 17 30 67 31 Industrie (donthauts-fourneaux) 1 653 1 015 1 483 2 573 1 924 Résidentiel 8 6 8 16 9 Tertiaire 9 7 9 15 13 Agriculture-pêche 0 0 0 1 1 Consommation finale énergétique 1 670 1 028 1 501 2 604 1 947 Consommation finale non énergétique 112 82 99 163 168 Total emplois 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456 *Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçuesurlecharbon). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire du pétrole brut de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 513 262 460 804 612 Importations 21 289 9 769 15 738 31 571 27 266 Exportations - 127 - 61 - 130 - 133 - 209 Variations de stocks 43 58 121 - 156 - 68 Transferts et retours en raffinerie 1 156 2 110 1 849 1 356 1 506 Total approvisionnement des raffineries 22 874 12 139 18 039 33 441 29 108 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 161 annexes Bilan monétaire des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 25 409 13 968 19 225 44 133 38 479 Importations 24 183 16 386 24 162 38 943 29 236 Exportations - 10 654 - 6 708 - 9 296 - 14 213 - 12 667 Soutes maritimes internationales - 817 - 362 - 573 - 889 - 661 Soutes aériennes internationales - 3 457 - 826 - 1 455 - 5 059 - 4 333 Variations de stocks 82 - 42 337 262 223 Transferts et retours en raffinerie - 1 156 - 2 110 - 1 849 - 1 356 - 1 506 Coût de l?approvisionnement en produits raffinés 33 591 20 307 30 552 61 821 48 771 Marges de transport et de commerce, écart statistique 13 271 11 876 15 093 12 241 12 501 Taxes 40 987 34 117 39 903 43 587 41 954 dontTICPE*(+TSCetoctroidemer pour les DROM) 32019 27 468 31 411 32 383 31 578 dontTVA 8932 6 613 8 480 10 648 10 364 dontTiruert(exTGAP,exTirib)etCPSSP 36 37 12 556 12 Subventions 0 0 0 - 7 612 0 Dépense en produits raffinés 87 849 66 301 85 548 110 037 103 227 Production d?électricité 616 462 644 1 117 866 Production de chaleur 97 72 89 129 135 Consommation nette de la branche énergie 713 533 734 1 246 1 001 Industrie 1 675 1 341 1 654 2 420 2 300 Transports 67 260 49 815 63 745 81 940 80 134 Résidentiel 5 924 4 585 5 874 6 486 5 099 Tertiaire 2 525 2 156 2 092 3 823 2 766 Agriculture-pêche 2 451 2 096 2 580 3 677 3 524 Consommation finale énergétique 79 836 59 992 75 945 98 346 93 824 Consommation finale non énergétique 7 301 5 775 8 869 10 445 8 402 Consommation finale 87 137 65 767 84 814 108 792 102 226 *Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçue). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire des biocarburants de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production 2 098 2 088 2 886 3 815 2 752 Importations 1 832 1 179 2 392 4 131 3 855 Exportations - 696 - 648 - 835 - 1 033 - 575 Total approvisionnement en biocarburants 3 234 2 619 4 443 6 913 6 031 Industrie 62 59 101 157 125 Transports 3 000 2 393 4 077 6 240 5 416 donttransportroutier(biodieseletbioessence) 2989 2 384 4 060 6 208 5392 Résidentiel 0 0 0 0 0 Tertiaire 30 29 23 37 64 Agriculture-pêche 142 139 242 370 279 Consommation finale 3 234 2 619 4 443 6 804 5 884 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 162 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan monétaire du gaz naturel de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 3 2 8 21 14 Injections de biométhane 127 228 448 763 1 163 Importations 10 418 6 093 16 353 58 287 36 281 Exportations - 1 799 - 973 - 1 712 - 10 763 - 10 006 Variations de stocks - 379 272 607 - 3 831 101 Utilisation des infrastructures (hors pertes) 6 325 6 241 6 197 6 062 6 395 Marges de commerce et écart statistique 1 921 2 380 n.d. (*) n.d. (*) n.d. (*) Taxes 4 400 4 003 4 216 4 173 4 080 Subventions - 111 - 206 - 228 - 89 - 811 Total ressources 20 905 18 040 23 712 33 904 32 578 Production d?électricité 1 439 1 015 2 167 5 396 3 330 Production de chaleur 524 418 954 1 655 1 472 Branche énergie hors transformation 146 97 293 405 329 Branche énergie 2 108 1 531 3 415 7 455 5 132 Industrie 3 748 2 771 4 959 8 455 7 491 Résidentiel 11 146 10 365 10 798 11 561 12 801 Tertiaire et transports 3 578 3 145 3 900 5 110 6 508 Agriculture-pêche 99 88 107 145 167 Consommation finale énergétique 18 572 16 369 19 764 25 272 26 967 Consommation finale non énergétique 225 140 532 1 178 479 Consommation finale 18 797 16 509 20 296 26 450 27 446 (*)Avertissement:lecalculdelamargeestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire du bois-énergie de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 2 062 2 116 2 417 2 396 3 036 Importations 124 113 155 300 325 Exportations - 54 - 41 - 52 - 86 - 75 Taxes (TVA) 111 113 133 140 200 Subventions 0 0 0 0 0 Total ressources 2 243 2 301 2 653 2 750 3 486 Production d?électricité 169 163 178 238 292 Production de chaleur 293 270 313 383 398 Industrie 70 74 83 116 176 Transports 0 0 0 0 0 Résidentiel 1 624 1 714 1 986 1 894 2 495 Tertiaire 73 66 80 87 93 Agriculture-pêche 0 0 0 0 0 Consommation finale totale 1 767 1 854 2 149 2 098 2 765 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 163 annexes Bilan monétaire de l?électricité de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 35 690 36 801 39 560 39 179 68 795 Importations 732 772 3 498 16 149 2 885 Exportations - 2 749 - 1 941 - 6 172 - 8 729 - 6 847 Utilisation du réseau (hors pertes) 13 061 13 125 13 682 12 490 10 967 Taxes 15 560 15 397 15 838 8 951 6 849 Subventions - 7 847 - 8 344 - 5 469 - 1 278 4 307 Total ressources 54 446 55 810 60 938 66 761 86 957 Branche énergie (hors électricité) 557 637 722 1 052 1 638 Industrie 8 146 7 771 9 271 11 992 16 562 Transports 534 551 706 1 246 1 747 Résidentiel 28 410 30 459 32 727 32 071 35 645 Tertiaire 15 716 15 324 16 401 19 127 29 531 Agriculture-pêche 1 083 1 069 1 110 1 273 1 835 Consommation finale énergétique 53 889 55 173 60 215 65 709 85 319 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 2 445 2 275 3 154 4 115 3 706 Taxes (TVA) 80 71 91 102 106 Total ressources 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812 Industrie 487 416 813 1 541 986 Transports 0 0 0 0 0 Résidentiel 1 277 1 183 1 521 1 630 1 775 Tertiaire 744 732 889 1 022 1 022 Agriculture-pêche 17 15 22 25 28 Consommation finale énergétique 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 164 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Annexes méthodologiques ANNEXE 1 : PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES ET SOURCES Le bilan de l?énergie comprend un bilan physique et un bilan monétaire, établis de manière cohérente entre eux. Une méthodologie détaillée d?élaboration du bilan est publiée sur le site internet du SDES. En sont rappelés ici les principaux éléments. Bilan physique Le bilan physique retrace un équilibre comptable entre les approvisionnements d?une part et les emplois de l?énergie d?autre part. Les approvisionnements sont : ? la production primaire ; ? les importations, nettes des exportations ; ? les variations de stocks (positives pour un déstockage ou négatives pour un stockage) ; ? les soutes maritimes et aériennes internationales, qui apparaissent avec un signe négatif, n?étant pas considérées comme une consommation d?énergie primaire de la France. Le total des approvisionnements correspond à la consommation primaire. À l?écart statistique près, il est égal à la somme des emplois, qui comprennent : ? les pertes de transformation d?énergie ; ? les pertes de transport, distribution et stockage d?énergie ; ? la consommation propre d?énergie de la branche énergie (hors l?énergie qu?elle transforme) ; ? la consommation finale à usage énergétique ; ? la consommation finale à usage non énergétique. Les formes d?énergie suivantes sont distinguées : charbon, pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel, énergies renouvelables et déchets, chaleur nucléaire, électricité, chaleur commercialisée. Des informations peuvent en outre être données à un niveau de détail plus fin pour des sous- catégories du charbon, des produits pétroliers ou des énergies renouvelables. La méthodologie du bilan obéit aux recommandations du manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence internationale de l?énergie (AIE) et Eurostat (dont la dernière édition date de 2005). Sa présentation est alignée sur celle de l?AIE. À noter toutefois que certaines consommations finales, notamment celles à usage militaire, sont considérées ici comme relevant du secteur tertiaire alors qu?elles devraient être « non affectées » suivant les recommandations internationales. Par ailleurs, la chaleur extraite de l?environnement par les pompes à chaleur est prise en compte ici, comme c?est le cas également dans les bilans élaborés par Eurostat mais pas dans ceux réalisés par l?AIE. Le périmètre géographique couvre, à partir de l?année 2011, la France métropolitaine et les cinq DROM. Les données relatives aux années antérieures sont limitées à la France métropolitaine. Les données relatives à des agrégats de différentes formes d?énergie sont désormais exprimées en térawattheures (TWh) et non plus en millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), comme c?était le cas des éditions précédentes. L?unité est également le TWh pour les données relatives à l?électricité, aux énergies renouvelables, aux déchets, à la chaleur et au charbon. Les données relatives au pétrole (brut et raffiné) restent en revanche exprimées en Mtep et celles relatives au gaz naturel en TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur), alors que les quantités des autres combustibles et des agrégats sont exprimées en pouvoir calorifique inférieur. L?élaboration du bilan physique de l?énergie repose principalement sur l?exploitation de données recueillies par le SDES. Celles-ci sont recueillies d?une part dans le cadre d?enquêtes statistiques, au sens de la loi de 1951 relative à la statistique publique : ? enquête sur les produits du charbon dans l?industrie sidérurgique ; ? enquête annuelle sur la production d?électricité ; ? enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid, dont la maîtrise d?oeuvre est assurée par le Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine ; ? enquête sur la consommation d?énergie dans la construction en 2015. Les données sont recueillies d?autre part dans le cadre de collectes prévues par des textes réglementaires du Code de l?énergie (art. L.142-1). En particulier, les statistiques de consommation de gaz, d?électricité et de produits pétroliers sont construites principalement à partir des données locales annuelles de consommation d?énergie, collectées en application de l?article 179 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 (par l?intermédiaire du Comité professionnel du pétrole en ce qui concerne les produits pétroliers). Sont en outre exploitées des données annuelles sur la pétrochimie ainsi que des données mensuelles recueillies auprès de divers acteurs de l?énergie (raffineurs, importateurs, réseaux de transport et de distribution, etc.). Ces sources internes au SDES sont complétées par des sources externes. Plusieurs, parmi les plus significatives, sont issues du service statistique public, notamment l?enquête Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 165 annexes annuelle sur la consommation d?énergie dans l?industrie (EACEI) de l?Insee, l?enquête Logement de l?Insee (pour la consommation de bois des ménages), les statistiques de commerce extérieur du service statistique de la direction générale des douanes et des droits indirects et le réseau d?information comptable agricole du service statistique du ministère de l?Agriculture. D?autres proviennent d?organismes extérieurs à la statistique publique, comprenant notamment l?Ademe (pour les déchets), Observ?er (pour certaines énergies renouvelables thermiques), la CRE (pour le photovoltaïque), la DGEC (pour les biocarburants), FranceAgriMer (pour la production de bioéthanol), le Citepa (pour la consommation non énergétique de gaz) et des observatoires de l?énergie ultramarins. Le partage de la consommation de produits pétroliers entre résidentiel et tertiaire est réalisé à partir de données du Ceren. Bilan monétaire Le bilan monétaire décrit les flux en euros associés aux flux énergétiques présentés dans le bilan physique. Il prend la forme, comme ce dernier, d?un équilibre ressources-emplois. Les ressources monétaires comprennent : ? la production et les marges de transport, distribution et commercialisation ; ? les importations, nettes des exportations ; ? les variations de stocks ; ? les taxes, nettes des subventions. À l?écart statistique près, ces ressources sont égales à la somme des emplois, i.e. des consommations des différents secteurs (à usage énergétique ou non). Le bilan monétaire est établi à partir de l?année 2011 et couvre l?ensemble des principales formes d?énergie faisant l?objet d?échanges marchands (charbon, pétrole, gaz, électricité, chaleur, biocarburants, biométhane, bois). Son champ inclut en particulier l?autoconsommation d?électricité, valorisée au prix moyen d?achat dans le secteur considéré, ainsi que les achats informels de bois mais exclut en revanche l?autoconsommation de bois. Les investissements des consommateurs finaux visant à transformer l?énergie pour leur usage propre (par exemple, chaudières individuelles, pompes à chaleur, chauffe-eau solaires, etc.) sont hors champ. La dépense nationale associée à une forme d?énergie correspond à la somme de la valeur de la consommation de cette forme d?énergie à usage final et à usage de production d?autres formes d?énergie. La dépense nationale d?énergie correspond à la somme des valeurs des consommations à usage final seulement des différentes formes d?énergie. Elle est inférieure par construction à la somme des dépenses nationales des différentes formes d?énergie, afin d?éviter des doubles comptes liés aux échanges internes de la branche énergie. Par exemple, le gaz consommé pour produire de l?électricité est comptabilisé dans la dépense nationale de gaz, mais est exclu du calcul de la dépense nationale d?énergie : en effet, infine, le coût correspondant est supporté par les consommateurs d?électricité ; il est donc déjà implicitement pris en compte dans la dépense nationale d?électricité. Par exception au principe de cohérence entre les bilans physique et monétaire, la dépense des hauts-fourneaux en énergie (nette de la rémunération qu?ils tirent de la revente de gaz de hauts-fourneaux) est considérée dans le bilan monétaire comme une dépense finale, alors que, conformément aux recommandations internationales, la consommation correspondante est considérée comme une consommation de la branche énergie dans le bilan physique. Du côté des ressources et pour chaque forme d?énergie, le solde entre, d?une part, la dépense totale et, d?autre part, la somme des taxes (nettes des subventions), du solde importateur et des variations de stocks représente la valeur de la production primaire et de marges diverses (de transformation, de transport, de distribution ou de commercialisation suivant les cas). Suivant les sources disponibles par énergie, une désagrégation plus ou moins fine de ces différents éléments est disponible. Concernant les carburants contenant une part bio et une part non-bio (issue de produits pétroliers), il est fait le choix, par convention, d?affecter la totalité des taxes et des marges de distribution aux carburants pétroliers. Dans le contexte exceptionnel de l?année 2022, marquée par la crise énergétique liée au contexte géopolitique, il n?a pas été possible de calculer les marges dans le compte monétaire du gaz. L?élaboration du bilan monétaire s?appuie notamment sur les sources suivantes, outre celles mobilisées pour établir le bilan physique : ? l?enquête semestrielle sur la transparence des prix du gaz et de l?électricité du SDES ; ? l?enquête sectorielle annuelle de l?Insee sur le champ du transport ; ? diverses informations issues de documents budgétaires de RTE, d?Enedis, de GRTgaz, de Teréga, de Storengy et de la Commission de régulation de l?énergie ; ? les prix de marché de gros du gaz observés aux PEG ; ? l?enquête mensuelle sur les prix des produits pétroliers de l?Insee ; ? la base sur les prix de vente de produits pétroliers de la DGEC ; ? l?enquête trimestrielle réalisée par le CEEB sur les prix du bois-énergie ; ? l?enquête annuelle sur les prix des combustibles bois réalisée par CODA Stratégies pour le compte de l?Ademe. 166 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 2 : DÉFINITIONS Chaleur : transfert thermique, au sens physique du terme. Les flux de chaleur considérés dans le présent bilan sont toutefois restreints aux quantités de chaleur vendues (lorsqu?un acteur met en oeuvre une combustion pour en utiliser lui-même la chaleur, les flux correspondants sont reportés dans le bilan du combustible brûlé, pas dans celui de la chaleur). La chaleur primaire, d?origine géothermique, aérothermique ou solaire, s?oppose à la chaleur secondaire obtenue en brûlant des combustibles tels que le charbon, le gaz naturel, le pétrole, la biomasse et les déchets. Charbon : sous sa forme primaire, combustible fossile qui revêt généralement l?aspect physique d?un roc brun ou noir et qui est constitué de matière végétale carbonisée. On distingue le lignite, le charbon sous-bitumineux et la houille, classés par pouvoir calorifique croissant. La houille pouvant être transformée en coke est dénommée « charbon à coke », par opposition au « charbon-vapeur » utilisé pour produire de la chaleur sous forme de vapeur (elle-même pouvant être éventuellement transformée en électricité). Dans le bilan, le terme de charbon couvre aussi les produits secondaires, tels que les agglomérés, les briquettes, le coke de cokerie, le goudron de houille, mais aussi les gaz sidérurgiques (gaz de cokerie, de haut-fourneau et de convertisseur à l?oxygène). Combustible : toute substance pouvant être brûlée pour produire de la chaleur, par réaction du carbone et de l?hydrogène contenus dans la substance combustible avec l?oxygène. Consommation finale énergétique : consommation d?énergie à toutes fins autres que la transformation, le transport, la distribution et le stockage d?énergie et hors utilisation comme matière première ou pour certaines propriétés physiques (voir consommation finale non énergétique). Consommation finale non énergétique : consommation de combustibles à d?autres fins que la production de chaleur, soit comme matières premières (par exemple pour la fabrication de plastique), soit en vue d?exploiter certaines de leurs propriétés physiques (comme, par exemple, les lubrifiants, le bitume ou les solvants). Déchets : combustibles composés de matériaux divers issus des déchets urbains (dont la moitié est supposée renouvelable) et industriels (considérés en totalité comme non renouvelables). Électricité : vecteur d?énergie ayant de multiples usages. L?électricité peut être produite à partir de diverses sources primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables, géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque, etc.). La production brute d?électricité est mesurée aux bornes des groupes des centrales et comprend, par conséquent, la consommation des services auxiliaires et les pertes dans les transformateurs des centrales, par opposition à la production nette d?électricité, mesurée à la sortie des centrales. Énergie primaire : énergie non transformée, i.e. tirée de la nature (soleil, fleuves ou vent) ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature (comme les combustibles fossiles ou le bois), et chaleur issue de la réaction nucléaire. Par convention, l?énergie primaire d?origine hydraulique, éolienne, marémotrice et solaire photovoltaïque est comptabilisée à hauteur de la production d?électricité correspondante. La chaleur issue de la réaction nucléaire est mesurée à travers un rendement de la production électrique nucléaire de 0,33. La consommation d?énergie primaire est la somme de la consommation finale, des pertes et de la consommation des producteurs et des transformateurs d?énergie. Énergie renouvelable : énergie dérivée de processus naturels en perpétuel renouvellement, notamment l?énergie générée par le soleil, le vent, la chaleur terrestre, l?eau des fleuves, des lacs, des mers et des océans, la biomasse solide (bois et déchets d?origine biologique), le biogaz et les biocarburants liquides. Énergie secondaire : énergie obtenue par la transformation d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire (production d?électricité à partir de gaz, de coke à partir de charbon à coke, de produits pétroliers à partir de pétrole brut, etc.). Gaz naturel : il est extrait de réserves naturelles souterraines et se compose principalement de méthane (CH4). Intensité énergétique finale : consommation énergétique finale rapportée à un indicateur d?activité. Nucléaire : énergie dégagée, sous forme de chaleur, par la fission de noyaux d?uranium dans des réacteurs. Cette énergie, considérée comme primaire, est transformée secondairement en électricité (avec un rendement supposé de 33 %). Pétrole : mélange complexe d?hydrocarbures liquides, des éléments chimiques contenant de l?hydrogène et du carbone, qui se forme naturellement dans des nappes souterraines présentes dans les roches sédimentaires. Au sens large, il inclut les produits tant primaires (pétrole brut) que secondaires (raffinés). Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d?une unité de combustible. On oppose le pouvoir calorifiquesupérieur (PCS), qui désigne le Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 167 annexes dégagement maximal théorique de chaleur lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d?eau produite, au pouvoircalorifiqueinférieur (PCI), qui exclut cette chaleur de condensation. Soutes maritimes ou aériennes internationales : quantités de pétrole utilisées comme combustibles par les navires ou les avions à des fins de transport international. Taux d?indépendance énergétique : rapport entre la production et la consommation d?énergie primaire. ANNEXE 3 : ÉQUIVALENCES ÉNERGÉTIQUES Les équivalences énergétiques utilisées sont celles que recommandent les organisations internationales (Agence internationale de l?énergie, Eurostat). Le tableau ci-après précise les coefficients d?équivalence entre unités propres, gigajoules (GJ), mégawattheures (MWh) et tonnes équivalent pétrole (tep). Ces coefficients sont systématiquement utilisés dans les publications officielles françaises. Énergie Unité propre gigajoules (GJ) (PCI) mégawattheure MWh (PCI) tep (PCI) Charbon Charbon à vapeur 1 t 26 7,2222 0,619 Charbon à coke 1 t 29,5 8,1944 0,705 Coke de cokerie 1 t 28 7,7778 0,667 Agglomérés 1 t 32 8,8889 0,762 Briquettes de lignite 1 t 18 4,7112 0,404 Lignite et produits de récupération 1 t 17 4,7222 0,405 Anthracite 1 t 32,3 8,9722 0,772 Goudron de houille 1 t 38 10,5556 0,905 Pétrole brut et produits pétroliers Produits primaires et autres produits à distiller Pétrole brut 1 t 42,78 11,8833 1,0218 Liquides de gaz naturels 1 t 42 11,6667 1,0032 Produits d?alimentation des raffineries 1 t 41,86 11,6278 0,9997 Additifs oxygénés 1 t 25,12 6,9778 1,0693 Produits raffinés Gazole, fioul domestique 1 t 42,6 11,8333 1,0175 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1 t 46 12,7778 1,0987 Essence moteur 1 t 44 12,2222 1,0509 Kérosène 1 t 43 11,9444 1,0270 Fioul lourd 1 t 40 11,1111 0,9554 Coke de pétrole 1 t 32 8,8889 0,7643 Naphta 1 t 44 12,2222 1,0509 Lubrifiants 1 t 42 11,6667 1,0032 Whitespirit 1 t 43,6 12,1111 1,0414 Bitumes 1 t 39 10,8333 0,9315 Électricité 1 MWh 3,6 1 0,086 Bois à usage résidentiel 1 stère 6,17 1,7139 0,147 Bois à usage professionnel 1 tonne 10,76 2,9889 0,257 Gaz naturel et industriel 1 MWh PCS 3,24 0,9 0,077 Le coefficient de conversion pour le gaz repose sur une hypothèse d?écart de 10 % entre PCS et PCI. Pour les autres combustibles, les écarts entre PCS et PCI sont de l?ordre de : ? 9 % pour le gaz de pétrole liquéfié ; ? 7-8 % pour les autres produits pétroliers ; ? 2-5 % pour les combustibles solides. 168 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 4 : MÉTHODE DE CORRECTION DES VARIATIONS CLIMATIQUES La consommation d?énergie, dont une part importante est dédiée au chauffage, est sensible aux températures extérieures. Afin de permettre des comparaisons dans le temps à climat constant, des statistiques de consommation corrigée des variations climatiques (CVC) sont présentées dans le bilan. L?indicateur de climat usuellement utilisé pour corriger des besoins de chauffage est le nombre de degrés-jours unifiés (DJU). Il est fondé sur la comparaison, pour chaque jour de l?année, de la température observée avec un seuil, fixé à 15 °C. La température prise en compte est la moyenne des extrema des températures sur une journée : T = (Tmin + Tmax) / 2 Le nombre de degrés-jours de cette journée est égal à 15 - T si T < 15 °C, à 0 sinon. La somme des degrés-jours de tous les jours de la saison de chauffe, période de l?année qui va de janvier à mai et d?octobre à décembre inclus, donne ensuite le nombre annuel de DJU. En pratique, ce calcul est réalisé pour 539 stations météorologiques. Les résultats de chaque station sont pondérés par la population des communes les plus proches de chaque station. La consommation CVC est par définition celle qui aurait été constatée si le nombre de degrés-jours avait été égal à la moyenne de ceux observés sur une période de référence donnée. Cette moyenne (notée DJU0 dans la suite) s?établit à 1 523 degrés-jours sur la période de référence, couvrant les années 1991 à 2020. La série des DJU est présentée dans la partie 4 du bilan. Pour chaque secteur et chaque forme d?énergie, l?écart entre la consommation CVC et la consommation réelle (Créelle) est supposé dépendre linéairement du nombre de degrés-jours, à travers un coefficient de thermosensibilité b : CCVC = Créelle ? b.(DJU ? DJU0) La détermination du jeu de coefficients repose sur des estimations économétriques. La méthode et le jeu de coefficients complet sont présentés dans la méthodologie détaillée jointe au bilan de l?énergie sur le site internet du SDES. Toutes énergies confondues, un écart de 10 % par rapport au nombre de degrés-jours de référence (soit de 153 degrés-jours) entraînerait une variation de la consommation annuelle finale (resp. primaire) de 31,6 TWh (resp. 33,5 TWh) en 2023. En outre, la thermosensibilité de la consommation d?électricité du secteur tertiaire pour la climatisation est prise en compte à partir de l?année d?observation 2011. La méthode est analogue à celle employée pour les besoins de chauffage, en définissant des degrés-jours unifiés de climatisation (DJUc) à partir d?une température de référence de 21 °C (voir méthodologiedubilandel?énergie). Un écart de 10 % par rapport au nombre de degrés-jours de climatisation de référence (soit de 11 degrés-jours) entraînerait une variation de la consommation annuelle d?électricité du secteur tertiaire de 0,13 TWh en 2023. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 169 annexes ANNEXE 5 : PRINCIPALES RÉVISIONS PAR RAPPORT À LA PRÉCÉDENTE ÉDITION L?objectif d?amélioration continue des méthodes employées ainsi que la disponibilité de nouvelles sources se substituant à d?anciennes peut se traduire par des révisions dans les bilans des années antérieures. Les principales modifications apportées cette année sont recensées ci-après. Produits pétroliers Les consommations énergétiques totales par produit sont désormais calées de manière uniforme sur les données de ventes de produits pétroliers fournies par le CPDP, induisant une révision globale des séries depuis 2011. De plus, la méthode de partage du fioul domestique entre résidentiel et tertiaire a été modifiée : dorénavant, la consommation du secteur résidentiel pour la métropole est alignée avec les données du Ceren ; la consommation du tertiaire apparaît comme un solde. Gaz naturel La ventilation des origines de gaz a été revue, en éliminant les achats de gaz gazeux sur les marchés déclarés par les fournisseurs et en étendant la couverture de l?enquête sur les approvisionnements aux importateurs de gaz qui ne sont pas des fournisseurs (intermédiaires). La part des origines inconnues dans l?approvisionnement en gaz gazeux est révisée à la baisse depuis 2014 ; les importations en provenance de Norvège notamment sont à l?inverse révisées à la hausse. Énergies renouvelables et déchets La production de chaleur et la consommation primaire de biomasse sont révisées à la hausse en tenant compte d?une installation dans l?imprimerie qui produit de la chaleur à partir de biomasse (résidus de papeterie). Électricité La série de consommation des véhicules routiers électriques depuis 2011 a été révisée. On considérait jusqu?alors que la recharge des véhicules était réalisée uniquement dans le secteur tertiaire. Elle est maintenant répartie entre le secteur résidentiel (recharge à domicile) et certains secteurs du tertiaire (bornes de recharge dans les stations-essence, les parkings de commerce, sur la voie publique ou encore dans les entreprises). 170 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 6 : RÉVISION DES PRINCIPAUX AGRÉGATS DE L?ANNÉE 2023 PAR RAPPORT AU BILAN DE L?ÉNERGIE PROVISOIRE Sont présentés ci-dessous les écarts relatifs entre les résultats définitifs figurant dans cette publication et ceux de la version provisoire du bilan de l?énergie publiée en mai 2024 pour tous les agrégats non nuls du tableau de synthèse du bilan physique. Ainsi, les estimations définitives de la production primaire et de la consommation finale d?énergie en 2023 sont respectivement 0,3 % et 0,4 % supérieures à leurs estimations provisoires de mai 2024. En % Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 1,9 0,0 0,0 - 2,0 1,3 0,1 Importations 0,0 0,0 - 0,1 0,0 0,0 - 0,1 0,0 Exportations - 94,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 - 0,1 Soutes maritimes internationales 4,4 4,4 Soutes aériennes internationales - 1,6 - 1,6 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 9,7 0,0 30,4 0,0 22,9 Consommation primaire 0,6 0,0 0,6 0,0 0,0 - 2,0 1,2 0,3 0,1 Production d?électricité 7,6 - 5,8 2,3 0,0 - 2,0 4,5 - 0,4 0,3 Production de chaleur - 12,7 24,8 11,4 - 14,7 - 9,3 30,4 Injections de biométhane 0,0 0,0 Raffinage de pétrole 0,0 0,0 0,0 Autres transformations, transferts 5,3 - 1,0 - 8,4 - 0,9 Usages internes de la branche énergie - 5,8 - 5,8 6,4 467,3 0,3 - 1,2 Pertes de transport et de distribution - 0,1 2,3 19,1 3,9 Consommation nette de la branche énergie 0,4 0,0 0,5 9,3 0,0 - 2,0 - 3,9 - 1,2 - 12,2 1,0 Industrie - 8,9 5,7 - 1,9 29,6 - 1,1 - 20,0 - 0,2 Transports 1,4 12,9 - 0,1 22,0 1,8 Résidentiel - 2,2 0,9 - 2,2 1,9 - 0,4 - 4,5 - 0,3 Tertiaire - 2,5 10,9 - 4,0 - 13,6 - 4,1 - 7,3 - 3,2 Agriculture-pêche - 2,4 1,7 - 9,4 1,2 - 6,4 - 7,2 0,0 Consommation finale énergétique - 8,4 2,0 - 2,3 3,3 - 1,3 - 12,2 0,0 Consommation finale non énergétique 30,5 - 6,8 4,8 - 5,1 Consommation finale 1,8 0,5 - 2,1 3,3 - 1,3 - 12,2 - 0,4 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 171 annexes Sigles et abréviations SIGLES Ademe Agence de la transition écologique AIE Agence internationale de l?énergie AIEA Agence internationale de l?énergie atomique APU administrations publiques ARA Anvers, Rotterdam, Amsterdam Arenh accès régulé à l?électricité nucléaire historique ATRT accès des tiers au réseau de transport ATRD accès des tiers au réseau de distribution ATTM accès des tiers aux terminaux méthaniers CAF coût, assurance, fret CART contrat d?accès au réseau de transport CCCG centrales à cycle combiné au gaz CCG cycle combiné au gaz CEEB Centre d?études de l?économie du bois Ceren Centre d?études et de recherches économiques sur l?énergie CFBP Comité français du butane et du propane Citepa Centre interprofessionnel technique d?études de la pollution atmosphérique CPDP Comité professionnel du pétrole CPSSP taxe affectée au stockage des produits pétroliers CRE Commission de régulation de l?énergie CSPE contribution au service public de l?électricité CTA contribution tarifaire d?acheminement CVC corrigé des variations climatiques DGDDI Direction générale des douanes et des droits indirects DGEC Direction générale de l?énergie et du climat DJU degrés-jours unifiés DROM Départements et régions d?outre-mer EACEI enquête annuelle sur les consommations d?énergie dans l?industrie EAPE enquête annuelle sur la production d?électricité EAPH enquête annuelle sur la production d?hydrogène EARCF enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid EDF Électricité de France ELD entreprises locales de distribution EMAG esters méthyliques d?acides gras EnR énergie renouvelable ENTSOG EuropeanNetworkofTransmissionSystemOperatorsforGas ETBE éther éthyle tertiobutyle FAB franco à bord Fedene Fédération des services énergie environnement FFA Fédération française de l?acier FOD fioul domestique FSRU floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification GNL gaz naturel liquéfié GNV gaz naturel pour véhicules 172 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes GPL gaz de pétrole liquéfié GRTgaz Gestionnaire de réseau de transport du gaz HVHTE huiles végétales hydro-traitées essence HVHTG huiles végétales hydro-traitées gazole ICE IntercontinentalExchange Ifpen Institut français du pétrole et énergies nouvelles Insee Institut national de la statistique et des études économiques ISBLSM institution sans but lucratif au service des ménages ISDND installations de stockage de déchets non dangereux NAF nomenclature d?activités française NBP NationalBalancingPoint OA obligation d?achat OCDE Organisation de coopération et de développement économiques ONRE Observatoire national de la rénovation énergétique Opep Organisation des pays exportateurs de pétrole OREC Observatoire régional de l?énergie et du climat de la Guadeloupe PAC pompes à chaleur PEG point d?échange de gaz PCI pouvoir calorifique inférieur PCS pouvoir calorifique supérieur PIB produit intérieur brut PIR point d?interconnexion du réseau Rica Réseau d?information comptable agricole RTE Réseau de transport d?électricité SARA Société anonyme de la raffinerie des Antilles SEI systèmes énergétiques insulaires Sifim services d?intermédiation financière indirectement mesurés SNCU Syndicat national de chauffage urbain et de la climatisation urbaine SNET Société nationale d?électricité et de thermique Step stations de transfert d?énergie par pompage STEP stations d?épuration des eaux usées TBTS très basse teneur en soufre TCCFE taxe communale sur la consommation finale d?électricité TDCFE taxe départementale sur la consommation finale d?électricité TGAP taxe générale sur les activités polluantes TICPE taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques TICFE taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité TICGN taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel TIGF Transport et infrastructures gaz France Tirib taxe intérieure relative à l?incorporation de biocarburants Tiruert taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport TLCFE taxes locales sur la consommation finale d?électricité TRS TradingRegionSouth TRV tarifs réglementés de vente TSC taxe spéciale de consommation TTF TitleTransferFacility Turpe tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité UIOM unité d?incinération des ordures ménagères UTCATF utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie ZNI zones non interconnectées au réseau d?électricité métropolitain continental Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 173 annexes ABRÉVIATIONS n.d. non disponible Md¤ milliard d?euros M¤ million d?euros Mt million de tonnes Mtep million de tonnes équivalent pétrole SP95-E10 sans plomb 95 - éthanol 10 % GW gigawatt TWh térawattheure 174 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Pour en savoir plus Le bilan énergétique de la France est l?une des publications statistiques nationales majeures dans le domaine de l?énergie. D?autres sont disponibles sur le site du service des données et études statistiques, rubrique « Énergie » (www. statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie). Elles comprennent des publications annuelles et des publications conjoncturelles (i.e. infra-annuelles) ainsi que des publications plus ponctuelles. Des données et études sur la performance énergétique et la rénovation énergétique du parc de logements sont par ailleurs disponibles sur le site de l?Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) : www.ecologie.gouv.fr/ observatoire-national-renovation-energetique. Publications annuelles ? Bilanénergétiquede laFranceen2023?Données provisoires, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en mai 2024 ; ? BilanénergétiquedelaFranceen2023?Synthèse, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en janvier 2025 ; ? L?activitédelapétrochimieenFranceen2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? Lesprixdesproduitspétroliersen2023:lesprixbaissent mais restent à un niveau élevé, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? Prixdel?électricitéenFranceetdansl?Unioneuropéenne en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? PrixdugaznaturelenFranceetdansl?Unioneuropéenne en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? LesinvestissementspublicsdanslaR&Denénergieen 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en février 2025 ; ? Lesfacteursd?évolutiondesémissionsdeCO2 liées à l?énergieenFrancede1990à2020, Datalab, dernière édition relative aux données 2020 parue en septembre 2022 ; ? LesénergiesrenouvelablesenFranceen2023?Suivi deladirective(UE)2018/2001relativeàlapromotionde l?utilisationdesénergies renouvelables?Données définitives, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en mars 2025 ; ? Chiffresclésdel?énergie?Édition2024, Datalab, dernière édition parue en septembre 2024 ; ? Chiffresclésdesénergiesrenouvelables?Édition2024, Datalab, dernière édition parue en août 2024 ; ? Chiffresclésduclimat?France,EuropeetMonde? Édition 2024, Datalab, dernière édition parue en novembre 2024. ? L?hydrogènepur:premièreévaluationdesressourceset desusagesenFranceen2023, article web, décembre 2024. Publications conjoncturelles ? la note de conjoncture énergétique, qui paraît à un rythme trimestriel dans la collection Datalab Essentiel ; ? quatre tableaux de bord trimestriels, relatifs respectivement à l?éolien, au photovoltaïque, au biogaz utilisé pour la production d?électricité et au biométhane injecté. Ils paraissent deux mois après la fin du trimestre considéré dans la collection STATINFO. https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique Table des matières 176 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 table des matières Avant-propos 4 Synthèse et données clés 5 PARTIE 1 : LES PRIX DE L?ÉNERGIE 11 1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 12 1.1.1 Prix finaux de l?énergie à usage énergétique 12 1.1.2 Prix de l?énergie payés par les ménages 12 1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 14 1.2.1 Prix du pétrole brut 14 1.2.2 Prix des produits pétroliers raffinés 15 1.2.3 Prix à la consommation 16 1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 18 1.3.1 Prix de gros du gaz naturel 18 1.3.2 Prix à la consommation du gaz naturel 20 1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 24 1.4.1 Prix de gros du charbon 24 1.4.2 Prix du charbon pour les consommateurs 25 1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 26 1.5.1 Prix des importations et exportations 26 1.5.2 Prix pour le résidentiel 26 1.5.3 Prix pour les professionnels 27 1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 29 1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux progressent encore en 2023 33 1.7.1 Prix de gros de l?électricité 33 1.7.2 Prix à la consommation de l?électricité 35 1.8. Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs 38 PARTIE 2 : L?APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE 39 2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire 40 2.2 La production primaire rebondit en 2023 45 2.2.1 Combustibles fossiles 45 2.2.2 Nucléaire 46 2.2.3 Énergies renouvelables et valorisation des déchets 47 2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 51 2.3.1 Pétrole brut et raffiné 51 2.3.2 Gaz naturel 54 2.3.3 Charbon 57 2.3.4 Bois-énergie 59 2.3.5 Biocarburants 60 2.3.6 Électricité 61 PARTIE 3 : TRANSFORMATION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉNERGIE 63 3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 64 3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 66 3.2.1 Injections de biométhane 66 3.2.2 Transport, distribution et stockage de gaz naturel 68 3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte 69 3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 70 3.4.1 Production nette d?électricité 70 3.4.2 Transport et distribution d?électricité 76 3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions climatiques analogues à 2022 77 3.5.1 Réseaux de chaleur 77 3.5.2 Chaleur cogénérée vendue hors des réseaux de chaleur 79 Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique 80 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 177 table des matières PARTIE 4 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR FORME D?ÉNERGIE 83 4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte de hausse des prix de l?énergie 84 4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 88 4.2.1 Consommation et dépense totales 88 4.2.2 Production d?électricité et de chaleur 90 4.2.3 Consommation finale à usage énergétique 90 4.2.4 Consommation finale à usage non énergétique 91 4.2.5 Consommation et dépense par produit 91 4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 93 4.3.1 Consommation et dépense totales 93 4.3.2 Branche énergie 94 4.3.3 Consommation finale à usage énergétique 95 4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique 96 4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement 97 4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 100 4.5.1 Consommation totale 100 4.5.2 Bois-énergie 101 4.5.3 Biocarburants 102 4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 103 4.6.1 Consommation et dépense totales 103 4.6.2 Consommation et dépense de la branche énergie 104 4.6.3 Consommation finale et dépense associée 104 4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement 106 PARTIE 5 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR SECTEUR OU USAGE 109 5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités entre les secteurs 110 5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation 112 5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense 115 5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité 118 5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire 120 5.5.1 Consommation par usage et par mode 120 5.5.2 Consommation par énergie 121 5.5.3 Consommation, dépenses et taxes 122 5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 123 5.6.1 Consommation finale par énergie et dépense associée 123 5.6.2 Consommation finale par secteur 125 5.6.3 Décomposition sectorielle de la consommation énergétique 126 5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables 127 PARTIE 6 : INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE FINALE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DUES À LA COMBUSTION D?ÉNERGIE 129 6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse 130 6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent une baisse des émissions de gaz à effet de serre 132 ANNEXES 137 Bilans énergétiques de la France 138 Annexes méthodologiques 164 Sigles et abréviations 171 Pour en savoir plus 174 178 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Conditions générales d?utilisation Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 179 Conditions générales d?utilisation Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425). Dépôt légal: avril 2025 ISSN: 2555-7580 (imprimé) 2557-8138 (en ligne) Directrice de publication: Béatrice Sédillot Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet Infographie : Bertrand Gaillet Cartographie: Antea Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours Commissariat général au développement durable Bilan énergétique de la France pour 2023 En 2023, la production d?énergie primaire française progresse de13,0%, portée par la reprise de la production nucléaire. Laproduction primaire d?énergies renouvelables électriques progresse fortement elle aussi du fait de conditions météorologiques, en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022 et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques. Laconsommation primaire réelle progresse faiblement (+1,6%). Letaux d?indépendance énergétique, ratio delaconsommation et de la production primaires, s?accroît de5,6points, pour s?établir à 56,3%. Le déficit des échanges physiques d?énergie diminue de 12%. LaFrance redevient exportatrice nette d?électricité. Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0%. Elle décroît dans tous les secteurs, enparticulierdans le tertiaire (-7,8%) et l?industrie (-6,5%), notamment sousl?effet des prix élevés. En effet, malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix pour les consommateurs finaux continuent à croître. Tous secteurs confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique progressent de 12,5% sur un an. La hausse est particulièrement forte dans le tertiaire(+49,2% sur un an) et dans l?industrie (+19,5%). Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie. Cettedépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc àun niveau élevé malgré la baisse de consommation. La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3678¤ en2023, soit une hausse de 6,6% portée par la dépense enénergiedu logement. Service des données et études statistiques Sous-direction des statistiques de l?énergie Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr  Sommaire  Avant-propos  Synthèse et données clés  Les prix de l?énergie  L?approvisionnement énergétique  Transformation, transport et distribution d?énergie  La consommation d?énergie par forme d?énergie  La consommation d?énergie par secteur ou usage  Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie  Annexes  Table des matières (ATTENTION: OPTION ramatome (site de Romans-sur-Isère) en assemblant l?uranium enrichi par Orano sur le site de Pierrelatte avec des composants métalliques fabriqués en interne. Des assemblages combustibles sont également importés de Suède, du Royaume-Uni et d?Espagne. Figure 2.1.4 : répartition des importations d?uranium en valeur par pays en 2023 En % Australie Kazakhstan Namibie Niger Afrique du Sud Canada Autres 0 11 26 30 13 29 Source :DGDDI 44 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.1.5 : facture d?uranium En millions d?euros 800 600 400 200 0 - 200 - 400 - 600 - 800 - 1 000 - 1 200 Uranium naturel et ses composés Uranium enrichi ; plutonium Uranium appauvri ; thorium 2020 2021 2022 2023 Source :DGDDI Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 45 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.2 La production primaire rebondit en 2023 2.2.1 COMBUSTIBLES FOSSILES La production primaire d?énergie fossile en France est désormais marginale (figure 2.2.1.1). Elle s?élève à 10 TWh en 2023. Elle est composée quasi intégralement de produits à destination des raffineries. Pour près des trois quarts, il s?agit de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain, pour un quart d?une production d?additifs oxygénés (non issus de biomasse) destinés à améliorer la qualité des carburants et des autres produits raffinés et pour moins de 2 % de gaz naturel. En 2023, la production de pétrole brut sur le territoire français, hors additifs, s?élève à 584 500 tonnes, soit 0,6 Mtep (7 TWh) ; elle a été divisée par plus de cinq depuis la fin des années 1980. Cette production ne satisfait désormais qu?un peu moins de 1 % de la consommation nationale. Au 1er janvier 2024, les réserves souterraines de pétrole brut (10,1 Mtep, soit 118 TWh) et d?hydrocarbures extraits du gaz naturel représentent environ 17 ans d?exploitation au rythme actuel (production hors additifs). Les additifs non bio représentent, ces dernières années, entre un sixième et un quart de la production primaire de pétrole (2,7 TWh en 2023). Depuis l?arrêt définitif de l?injection du gaz du gisement de Lacq dans le réseau en octobre 2013, la production nationale de gaz naturel, hors biométhane, se limite à l?extraction de gaz de mine (grisou) du bassin du Nord-Pas- de-Calais. Celle-ci s?élève à 205 GWh PCS (pouvoir calorifique supérieur) en 2023, soit 184 GWh PCI (pouvoir calorifique inférieur). L?approvisionnement de la France en charbon repose désormais exclusivement sur le commerce extérieur et, dans une moindre mesure, sur le recours aux stocks. En effet, la collecte de produits de récupération présents sur les anciens sites d?extraction, qui subsistait depuis la fermeture de la dernière mine de charbon en 2004, s?est arrêtée en 2015. Figure 2.2.1.1 : production primaire d?énergie fossile En TWh 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1978 2002 1972 1970 1980 2004 2008 1974 1988 1996 1998 1982 1990 2006 2010 2012 1976 2000 1984 1992 1986 1994 2016 2014 2018 2020 2023 Pétrole* Charbon Gaz naturel *Ycomprisdesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller, à partir de 2011. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGEC,CharbonnagesdeFrance,SNET(Uniper),GRTgaz,TIGF(Teréga) 46 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.1.2 : production primaire et valeur associée d?énergie fossile 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production toutes énergies fossiles 11,76 585 9,98 291 10,03 509 9,79 868 9,86 608 Production de pétrole* 11,59 581 9,80 288 9,80 500 9,59 846 9,68 594 Production de charbon 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 Production de gaz naturel (grisou) 0,17 4 0,18 3 0,23 9 0,21 22 0,18 14 *Laproductiondepétrolecomprendlaproductiond?additifsoxygénésnonissusdebiomasse. Source :SDES,Bilandel?énergie La production primaire totale française d?énergie fossile représente en 2023 une valeur économique de 608 millions d?euros, soit 30 % de moins qu?un an auparavant (figure 2.2.1.2). Les prix des énergies fossiles, qui avaient nettement augmenté en 2022, en raison notamment de la guerre en Ukraine, refluent en effet en 2023 (cf. 1.2.1). 2.2.2 NUCLÉAIRE En 2023, la France compte 56 réacteurs en service répartis sur 18 sites. La production d?énergie primaire du parc s?élève à 1 025 TWh en 2023. Elle correspond à la quantité totale de chaleur dégagée lors de la réaction de fission du combustible nucléaire. La production brute d?électricité des centrales nucléaires françaises s?élève, quant à elle, à 338 TWh en 2023 (figure 2.2.2.1). En effet, il faut en moyenne 3 unités de chaleur pour produire une unité d?électricité dans une centrale nucléaire, le solde constituant les pertes calorifiques liées à cette transformation. Après avoir nettement diminué en 2022, la production nucléaire rebondit en 2023 (+ 14,7 %) en raison du redémarrage de plusieurs réacteurs affectés par le phénomène de corrosion sous contrainte. La détection de ce phénomène affectant les circuits auxiliaires de refroidissement de la centrale de Civaux en fin d?année 2021 a en effet conduit à l?arrêt non prévu et prolongé de plusieurs réacteurs pour contrôle approfondi et réparations. Ces opérations ont été réalisées pour l?essentiel en 2022 et 2023 et se poursuivent, pour une part résiduelle, jusqu?en 2025. Malgré son rebond en 2023, la production nucléaire demeure inférieure à son niveau de 2021 et même de 2020, année durant laquelle le calendrier des opérations de maintenance avait pourtant été très perturbé par la crise sanitaire. En moyenne, les centrales ont été disponibles à hauteur de 67,3 % de leur capacité théorique en 2023 (figure 2.2.2.2). La disponibilité du parc nucléaire s?améliore nettement en 2023 par rapport à l?année précédente : les arrêts pour contrôler et traiter le phénomène de corrosion sous contrainte ont été moins nombreux et plus courts que l?année précédente, grâce notamment à l?optimisation des contrôles et au retour d?expérience des précédentes réparations. Les centrales ont été utilisées, lorsqu?elles étaient disponibles, à hauteur de 88,8 %. Les mouvements sociaux contre la réforme des retraites ont temporairement réduit la production nucléaire au printemps 2023. Figure 2.2.2.1 : production brute d?électricité des centrales nucléaires En TWh 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1978 2002 1972 1970 1980 2004 2008 1974 1988 1996 1998 1982 1990 2006 2010 2012 1976 2000 1984 1992 1986 1994 2016 2014 2018 2020 2023 Source :EDF Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 47 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.2.2 : disponibilité et utilisation du parc nucléaire Coefficients exprimés en % 2019 2020 2021 2022 2023 Coefficient de disponibilité Kd 74,0 71,9 72,9 58,1 67,3 Coefficient d?utilisation Ku 92,7 85,7 92,2 89,6 88,8 Note:lecoefficientKdestcalculésurlabasedesindisponibilitésduesauxarrêtsfortuits,auxarrêtspourentretienourechargementetauxprolongationsd?arrêt. Àladifférencedel?indicateurEnergy Availibility Factorpubliéparl?Agenceinternationaledel?énergieatomique(AIEA),ilnetientenrevanchepascomptedes indisponibilitésduesàdescausesenvironnementales,auxmouvementssociauxouauxattentesd?autorisationdesautorités.LecoefficientKureflètel?optimisation delaproductionettientcomptedescontraintesenvironnementales,règlementairesetsociales. Source :EDF,documentd?enregistrementuniversel. 2.2.3 ÉNERGIES RENOUVELABLES ET VALORISATION DES DÉCHETS La production primaire d?énergie issue de ressources renouvelables s?établit à 366 TWh en 2023, en augmentation de 9,8 % par rapport à 2022 (figures 2.2.3.1 et 2.2.3.2). Cette augmentation est portée par la filière hydraulique (+ 24,5 %), du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par la filière éolienne (+ 32,1 %), du fait du développement du parc et de conditions de vent favorables. De manière générale, la production augmente pour toutes les filières, à l?exception des biocarburants dont la production diminue de 2,7 %. Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans l?industrie papetière) demeure la première énergie renouvelable produite en France (32 % de la production nationale d?énergie renouvelable). Viennent ensuite l?électricité hydraulique (15 %), les pompes à chaleur (14 %), l?éolien (14 %), les biocarburants (6 %), le solaire photovoltaïque (6 %), le biogaz (6 %), la valorisation des déchets renouvelables (4 %), la valorisation des résidus de l?agriculture et de l?industrie agroalimentaire (1 %), la géothermie (1 %), le solaire thermique et les énergies marines (moins de 1 % pour chacune de ces deux filières). En incluant par ailleurs les 20 TWh d?énergie produite à partir de la valorisation des déchets non renouvelables (cf. infra), la production primaire d?énergie issue de ressources renouvelables ou de déchets s?élève à 386 TWh en 2023. Figure 2.2.3.1 : part de chaque filière dans la production primaire d?énergies renouvelables en 2023 (366 TWh) En % Bois-énergie* Hydraulique (hors pompages) Pompes à chaleur Éolien Biocarburants Solaire photovoltaïque Biogaz Déchets renouvelables Résidus de l?agriculture et des IAA** Géothermie Solaire thermique Énergies marines 0 32 6 15 14 14 6 6 4 111 *Ycomprisliqueurnoire. **Industriesagroalimentaires. Source :SDES,Bilandel?énergie 48 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.3.2 : évolution de la production primaire d?énergies renouvelables En TWh Bois-énergie* Biogaz Solaire thermique et géothermie Hydraulique (hors pompages) Solaire photovoltaïque Résidus de l?agriculture et des IAA** Éolien Biocarburants Énergies marines Pompes à chaleur Déchets renouvelables 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2023 2020 1994 *Ycomprisliqueurnoire. **Industriesagroalimentaires. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Les énergies renouvelables électriques correspondent aux filières renouvelables de production primaire d?électricité (129 TWh en 2023). Par convention, la production primaire de ces filières est égale à leur production d?électricité. Elles regroupent l?hydraulique (hors stations de transfert d?énergie par pompage), l?éolien, le solaire photovoltaïque et les énergies marines. Hydraulique (hors pompages) La production hydraulique dépend fortement du débit des cours d?eau et du niveau des réservoirs et, par conséquent, de la pluviométrie contemporaine et passée. L?essentiel de la production provient de grandes installations, situées le long du Rhin et du Rhône ainsi que dans les zones montagneuses. Après une forte baisse en 2022 en raison de la sécheresse, la production hydraulique augmente en 2023 (+ 24,5 %) et atteint 57 TWh, ce qui est très proche de la moyenne de production (58 TWh de 2011 à 2022). La puissance installée du parc reste, quant à elle, quasiment constante depuis plusieurs années. Énergies marines Les énergies marines regroupent les différentes filières de production d?électricité tirant parti de l?énergie mécanique issue des mouvements de l?eau créée par les marées (énergie marémotrice), les vagues (énergie houlomotrice) et les courants marins (énergie hydrolienne). L?usine marémotrice de la Rance, construite dans les années 60, est, à ce jour, la principale unité de production en service commercial exploitant l?énergie issue du milieu marin en France. D?une capacité électrique de 240 MW, sa production (hors pompages) s?élève à 0,5 TWh depuis 2014. Éolien En 2023, la capacité installée sur le territoire continue d?augmenter (+ 11 %) avec la mise en service de deux nouveaux parcs en mer, l?un à Fécamp et l?autre à Saint-Brieuc (en plus de Saint-Nazaire en 2022). La production augmente encore davantage (+ 32 % entre 2022 et 2023) en raison de conditions de vent favorables. Elle s?établit à 50 TWh en 2023, dont 1,9 TWh en mer. La filière éolienne connaît un développement particulièrement rapide ces dernières années avec une augmentation de la puissance installée de 71 % depuis 2017, pour atteindre 23 GW en 2023, dont 1,5 GW d?éolien en mer. Solaire photovoltaïque La filière solaire photovoltaïque s?est développée particulièrement rapidement au cours de la décennie : la capacité installée sur le territoire, qui était inférieure à 9 GW en 2017, a plus que doublé et atteint 20 GW en 2023 (+ 15 % sur un an). Soutenue par la croissance du parc, la production progresse de 11,2 % par rapport à 2022, pour atteindre 21,8 TWh, alors que l?ensoleillement a été un peu moins généreux en 2023 qu?en 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 49 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les énergies renouvelables thermiques et les déchets (257 TWh en 2023) regroupent les filières pour lesquelles l?énergie est produite sous forme de chaleur, avant d?être éventuellement convertie sous une autre forme (en électricité ou en force motrice notamment) - (figure 2.2.3.3). On distingue les filières de production d?énergie par combustion de celles de production primaire de chaleur. Les premières regroupent d?une part la biomasse, qu?elle soit solide (bois-énergie, résidus agricoles et agroalimentaires), liquide (biocarburants) ou gazeuse (biogaz), d?autre part les déchets incinérés (urbains et industriels). Les secondes regroupent la géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur. Biomasse solide En 2023, la production d?énergie primaire issue de biomasse solide augmente de 0,8 % (123 TWh). Néanmoins, cette légère augmentation ne permet pas d?atteindre le niveau de production de la seconde moitié des années 2010. Le bois-énergie constitue plus de 96 % de la biomasse et est consacré à 58 % à l?usage résidentiel (cf. 4.5). Malgré une hausse de 0,4 % en 2023, liée à des températures légèrement plus froides, la consommation résidentielle est tendanciellement orientée à la baisse depuis 2010. La consommation par ménage diminue en effet régulièrement grâce à la performance croissante des appareils de chauffage au bois. À l?inverse, dans le secteur de la transformation d?énergie, la consommation de biomasse progresse continuellement depuis 2005 (+ 1,6 % par rapport à 2022) ; elle est en effet de plus en plus utilisée dans les installations de cogénération et de production de chaleur. Biogaz Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone produit par digestion anaérobie de matières organiques. La filière biogaz peut être décomposée en trois grandes sous-filières, segmentées selon l?origine des intrants : le biogaz issu de la méthanisation de déchets organiques ou végétaux bruts, le biogaz fabriqué à partir de boues de stations d?épuration des eaux usées (STEP) et le biogaz issu d?installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND). En 2023, la production primaire de biogaz s?élève à 22 TWh, en augmentation par rapport à 2022 (+ 16,4 %). Cette évolution s?inscrit dans une tendance continue à la hausse, amorcée en 2011. De 2011 à 2023, la production primaire de biogaz a en effet été multipliée par 4,2. 33 % de la production de biogaz (7,2 TWh) est valorisée pour produire de l?électricité. La puissance des installations raccordées au réseau électrique représente 0,6 GW en fin d?année 2023, en augmentation de 1,9 % par rapport à 2022. Par ailleurs, 30 % de la production de biogaz est dédiée à la production de chaleur (6,5 TWh). Enfin, l?épuration de biogaz en biométhane, afin d?être ensuite injecté dans les réseaux de gaz naturel, constitue un débouché en forte croissance depuis quelques années. Ce mode de valorisation concerne en effet plus de 37 % de la production totale de biogaz en 2023, soit 8,2 TWh, en progression de 31 % par rapport à 2022 (cf. 3.2). Biocarburants et autres bioliquides La biomasse liquide, aussi appelée biocarburants ou bioliquides, est utilisée essentiellement pour la force motrice des véhicules (y compris les véhicules de chantier, agricoles, etc.). La France produit principalement du biodiesel (66,7 %) mais également des bioessences (32,9 %) et un peu de biokérosène (0,4 %). En 2023, la production nationale de biocarburants s?élève à 21 TWh, en baisse de 2,7 % par rapport à 2022. La production de biodiesel baisse en particulier de 4 % dans un contexte de hausse des coûts de production. La production de bioessences reste stable. Encouragée par une fiscalité incitative à l?incorporation de biocarburants, la production a connu une forte croissance au cours des années 2000, passant de 4 TWh en 2000 à 26 TWh en 2010. Depuis, la production a stagné, voire diminué, malgré la hausse progressive des objectifs d?incorporation. Déchets La production d?énergie primaire à partir de l?ensemble des déchets diminue de 9 % en 2023, pour s?établir à 33 TWh. 50 % de cette production est valorisée sous forme de chaleur. Seule la partie biodégradable des déchets est considérée comme relevant des énergies renouvelables. Par convention internationale, cette part est fixée à la moitié des déchets ménagers, soit 13,5 TWh en 2023. Les déchets non renouvelables recouvrent l?autre moitié des déchets ménagers ainsi que les déchets industriels ; ils s?élèvent à 19,5 TWh en 2023. 50 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.3.3 : les différents types de valorisation de la biomasse et des déchets en 2023 0,2 Biomasse solide pour production électrique Biomasse solide pour production de charbon de bois Biomasse solide pour production de chaleur Déchets pour production électrique Déchets pour production de chaleur Biogaz pour production électrique Biogaz pour production de chaleur Biogaz pour injection dans le réseau de gaz Biocarburants pour le transport Biocarburants utilisés par les engins agricoles et de chantier Bioliquides pour la production d?électricité et de chaleur En % 11 1 88 37 34 29 50 50 92 8 Biomasse solide Biogaz Déchets Bioliquides Note:laproductiondechaleurs?entendiciausenslargedeproductionayantunusagefinalsousformedechaleuretnonpasseulement,commedansla partie3.5,deproductiondechaleurcommercialisée. Source :SDES,Bilandel?énergie Solaire thermique La production du parc des installations solaires thermiques est de 2,8 TWh en 2023, en hausse de 3,7 % sur un an. 43 % de cette production est réalisée dans les DROM en raison du fort ensoleillement de ces territoires, propice à l?installation de chauffe-eaux solaires. Le développement de la filière, très dynamique jusqu?au début des années 2010, a depuis ralenti. En métropole, ce sont essentiellement des projets de « grandes surfaces » solaires thermiques qui ont permis le développement de la filière ces dernières années, même si les installations individuelles sont de plus en plus demandées par les particuliers. Le marché du solaire hybride, combinant des panneaux solaires photovoltaïques avec du solaire thermique, s?est fortement développé entre 2015 et 2018 mais reste de niche depuis la fin du soutien de la filière par les aides à la rénovation énergétique. Géothermie De manière générale, la géothermie vise à exploiter l?énergie thermique contenue dans le sous-sol. La chaleur géothermique produite à partir de pompes à chaleur (dite de « très basse énergie ») est toutefois comptabilisée à part (cf. rubrique suivante). La production primaire géothermique s?élève à 5,3 TWh en 2023, en augmentation de 4 % sur un an. La géothermie dite de « basse énergie » exploite des aquifères d?une profondeur de plusieurs centaines de mètres (entre 30 °C et 90 °C) à des fins de production de chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire). Elle est généralement mobilisée comme source de production par les réseaux de chaleur en raison du montant élevé des investissements nécessaires. Ces réseaux, dont la plupart sont situés en Île-de-France, alimentent principalement des bâtiments à usage résidentiel ou tertiaire. La géothermie de « basse énergie » est également exploitée par quelques installations isolées, telles des piscines, des serres ou encore des bassins de pisciculture. La production primaire de cette filière s?élève à 4,1 TWh en 2023. À l?inverse, la géothermie dite de « haute énergie » (ou « haute température ») est principalement utilisée pour produire de l?électricité. Elle exploite des aquifères ou des gisements rocheux situés entre 1 500 et 5 000 mètres de profondeur, atteignant une température supérieure à 150 °C. Elle concerne un site en métropole, à Soultz-sous-Forêts (Alsace), et un autre à Bouillante, en Guadeloupe. Les sites exploitant cette technologie ont produit 0,12 TWh d?électricité en 2023. Leur production primaire, valant par convention dix fois la production d?électricité, atteint 1,2 TWh en 2023. Pompes à chaleur Les pompes à chaleur (PAC) produisent de la chaleur en puisant des calories dans le sol ou les eaux souterraines (géothermie dite de « très basse énergie », températures inférieures à 30 °C) ou dans l?air (aérothermie). Seule la chaleur renouvelable estimée à partir de la puissance et de la performance des équipements est retracée en production primaire d?énergie pour ne pas comptabiliser l?électricité utile au fonctionnement de ces équipements. Le parc de pompes à chaleur installées en France continue de croître en 2023 (+ 9,4 %). Son développement est notamment stimulé par les aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov et certificats d?économie d?énergie notamment). La production de chaleur renouvelable à partir de pompes à chaleur s?établit à 50 TWh en 2023, en augmentation de 11,4 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 51 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 2.3.1 PÉTROLE BRUT ET RAFFINÉ Commerce extérieur de pétrole brut L?activité de raffinage, qui utilise la quasi-totalité de pétrole brut importé ou produit pour une quantité marginale sur le territoire, continue de progresser en 2023 (cf. 3.1). Les importations de pétrole brut augmentent ainsi par rapport à 2022, à 46,5 Mtep (+ 10,7 %, figure 2.3.1.1). Après avoir chuté en 2020 en raison de la crise sanitaire, elles progressent depuis 2021 avec le redémarrage des installations, la crise énergétique et l?embargo sur le pétrole russe. En effet, les menaces sur l?approvisionnement puis l?embargo sur les produits pétroliers raffinés russes, et en particulier le gazole, ont stimulé l?activité des sites de raffinage pour répondre à la demande intérieure. Malgré ce regain, l?activité de raffinage en France est nettement moindre qu?il y a une quinzaine d?années. Les importations de pétrole brut ont ainsi baissé de 45 % depuis 2008 et de 21 % depuis 2012. La facture correspondante de la France s?établit à 27,3 Md¤ en 2023 (cf. 1.2). Elle recule de 18,0 %, mais reste au-dessus de son niveau de 2019 (24,1 Md¤2023). Elle avait quasiment doublé en 2022, en raison principalement du renchérissement marqué des produits lié à la guerre en Ukraine, et avait atteint sa valeur la plus haute depuis la baisse mondiale des prix pétroliers en 2014. Figure 2.3.1.1 : importations de pétrole brut* 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Importations 49,7 24 120 33,9 10 749 34,7 17 106 42,1 33 246 46,5 27 266 *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà distiller. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, la France achète plus de la moitié de son pétrole brut auprès des membres de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avec 53,7 %, contre 48,5 % en 2022 (figure 2.3.1.2). Les États-Unis restent le premier fournisseur de la France avec 7,8 Mtep, soit 16,7 % du total. Ils devancent ainsi le Nigeria, puis le Kazakhstan, qui représentent chacun 12 % du total. Les importations depuis la Russie, en troisième position en 2019 (2,2 Mtep), ont cessé en 2023. En effet, un embargo sur le pétrole brut russe importé par voie maritime est entré en vigueur le 5 décembre 2022. Globalement, la part de l?Europe orientale dans les importations de pétrole brut diminue nettement : - 6 points en un an et - 17 points par rapport à 2019. Celle de la mer du Nord baisse également (- 2 points). À l?inverse, la part des importations en provenance d?Afrique (+ 3 points), du Moyen-Orient (+ 2 points) et d?Amérique du Nord (+ 2 points) progresse. 52 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.1.2 : origine des importations de pétrole brut* En Mtep 1973 1979 1990 2000 2010 2019 2020 2021 2022 2023 En % En % Grandes zones Moyen-Orient 98,5 71,4 96,6 32,4 32,3 11,4 10,4 5,3 5,1 6,4 8,0 17,2 Afrique du Nord 18,7 13,5 9,7 7,3 6,4 12,4 8,6 4,4 7,5 6,3 8,6 18,4 Afrique subsaharienne 15,3 11,1 11,2 14,1 7,7 8,7 8,0 5,9 5,4 8,9 9,6 20,6 Mer du Nord** 0,2 0,1 4,3 10,7 32,6 10,9 3,8 4,4 3,6 4,6 4,3 9,3 Europe orientale*** 3,4 2,5 5,1 6,4 8,2 21,5 14,6 8,9 7,9 8,1 5,9 12,8 Amérique du Nord - - - 2,5 - - 3,8 4,3 4,9 6,6 8,1 17,3 Autres 1,8 1,3 1,7 1,6 0,3 0,9 0,6 0,7 0,4 1,1 2,1 4,5 Total 137,9 100,0 128,6 75,0 87,6 65,7 49,7 33,9 34,7 42,1 46,5 100,0 dontOpep**** 130,5 94,7 114,3 43,9 40,7 28,2 25,8 14,3 17,3 20,4 25,0 53,7 OpephorsIrak 111,5 80,8 91,1 40,8 33,4 25,7 23,0 13,3 14,9 18,1 21,5 46,1 Principaux fournisseurs États-Unis - - - 3,8 4,3 4,5 6,2 7,8 16,7 Nigeria 12,9 9,3 9,8 3,2 4,9 2,9 6,1 3,3 4,0 4,2 5,8 12,4 Kazakhstan - - - - 2,1 7,0 6,9 5,5 4,6 5,7 5,6 12,0 Algérie 11,3 8,2 5,2 3,1 3,5 0,9 5,8 3,5 4,0 3,7 4,5 9,6 Libye 6,6 4,8 4,1 3,0 2,5 10,5 2,6 0,9 3,4 2,6 4,1 8,7 Irak 19,1 13,8 23,2 3,1 7,4 2,4 2,8 1,0 2,4 2,3 3,5 7,6 Arabie saoudite 30,8 22,4 45,3 15,5 15,6 6,1 7,4 4,0 2,7 3,4 3,5 7,5 Norvège 0,2 0,1 1,6 6,0 21,6 7,2 3,2 3,6 2,4 3,4 3,4 7,2 Angola - - - 2,8 1,9 3,5 0,9 1,4 0,4 3,0 2,2 4,8 Brésil - - - - 0,1 0,7 0,4 0,3 0,1 0,8 1,0 2,2 Royaume-Uni - - 2,7 4,8 10,1 3,4 0,6 0,8 1,2 1,2 1,0 2,1 Azerbaïdjan - - - - 0,6 3,2 1,4 0,5 0,2 0,2 0,4 0,8 Guinée équatoriale - - - - - 0,6 - - 0,3 0,3 0,2 0,4 Ghana - - - - - - 0,4 0,1 - - 0,1 0,3 Russie - - - - 5,1 11,3 6,3 3,0 3,1 2,2 - - Iran 11,1 8,0 8,0 9,2 5,3 1,8 - - - - - - Congo 1,0 0,7 - 0,9 0,0 1,3 - - - - - - Mexique - - - 2,5 - - - - - - - - *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller. **Danemark,Norvège,Pays-BasetRoyaume-Uni. ***Azerbaïdjan,Géorgie,Kazakhstan,Russie,Turkménistan,Ukraine. ****Opep:en2023:Algérie,Angola,Arabiesaoudite,Congo,Émiratsarabesunis,Gabon,Guinéeéquatoriale,Irak,Iran,Koweït,Libye,Nigeria,Venezuela. Note:lepétroleestclassédanscetableauselonlepaysoùilaétéextrait.Jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine. Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs Commerce extérieur de produits raffinés Les importations de produits raffinés reculent fortement pour la deuxième année consécutive (- 8,1 %, après - 9,9 % en 2022), pour s?établir à 38,0 Mtep en 2023, en lien avec la croissance de l?activité de raffinage (figure 2.3.1.3). La hausse de l?activité de raffinage entraîne une augmentation des exportations en 2023 (+ 6,1 % par rapport à 2022), à 14,7 Mtep. Les quantités exportées demeurent toutefois très inférieures à leur niveau de 2019 (- 15,7 % sur quatre ans). Ainsi, le solde importateur de la France en produits raffinés se réduit, à 23,3 Mtep, le niveau le plus faible enregistré depuis 2018. Après son record historique de 2022 dû à la très forte hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés, la valeur monétaire des importations de produits raffinés s?élève à 29,3 Md¤ en 2023. Elle diminue de 28,7 %. En euros constants, elle reste supérieure de 6,9 % à son niveau de 2019. La valeur des exportations s?est aussi nettement réduite, à 12,7 Md¤ (- 15,2 % en un an et + 5,0 % par rapport à 2019 en euros constants). Ainsi, les échanges extérieurs de produits raffinés contribuent à hauteur de 16,6 Md¤ au déficit commercial de la France, contre 26,1 Md¤ en 2022. La facture s?est fortement allégée en 2023 (- 36,4 %) sous l?effet de la baisse des prix. Elle reste néanmoins supérieure à celle de 2019 (+ 1,3 Md¤, soit + 8,4 %). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 53 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.1.3 : solde importateur des produits raffinés 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Importations 45,6 27 408 43,7 18 035 45,8 26 272 41,3 41 078 38,0 29 298 Gazole routier 20,1 12 602 20,0 8 137 21,1 11 516 19,4 20 109 17,1 13 400 Fioul domestique et autres gazoles 4,6 2 724 4,9 1 909 3,9 2 057 2,6 2 589 3,0 2 344 Supercarburants* 1,6 1 021 1,4 637 2,7 1 716 3,1 3 256 2,7 2 191 Jet kérosène 6,2 3 906 4,1 1 590 5,1 2 882 5,7 6 124 5,7 4 611 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 3,7 1 316 3,3 1 048 3,6 1 745 3,4 1 994 3,2 1 447 Fioul lourd 2,8 1 351 1,9 718 1,5 728 1,6 1 113 1,3 848 Produits non énergétiques** 5,3 3 286 6,7 2 992 6,7 4 461 4,4 4 396 3,8 3 304 Autres*** 1,4 1 202 1,1 1 005 1,4 1 168 1,1 1 497 1,1 1 154 Exportations 17,4 12 096 12,8 7 393 12,6 10 108 13,8 14 973 14,7 12 702 Gazole routier 0,3 247 0,4 307 0,6 587 0,6 1 009 0,8 899 Fioul domestique et autres gazoles 2,3 1 246 1,2 426 0,9 497 0,8 787 1,3 909 Supercarburants* 2,8 1 575 2,3 774 2,2 1 286 1,8 1 590 1,6 1 139 Jet kérosène 1,8 1 066 1,5 538 1,7 945 1,1 1 419 1,2 1 023 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1,0 472 1,0 372 1,0 574 1,2 832 0,9 491 Fioul lourd 3,7 1 544 2,5 706 2,6 1 147 3,5 2 312 3,4 1 705 Produits non énergétiques** 4,6 3 508 2,9 2 169 2,5 2 766 3,7 4 287 4,6 4 290 Autres*** 1,0 2 440 1,1 2 101 1,0 2 305 1,1 2 739 0,8 2 246 Solde importateur 28,2 15 311 30,9 10 642 33,2 16 164 27,5 26 104 23,3 16 596 Gazole routier 19,8 12 355 19,7 7 831 20,4 10 928 18,8 19 100 16,3 12 501 Fioul domestique et autres gazoles 2,4 1 479 3,7 1 483 3,0 1 559 1,9 1 802 1,7 1 435 Supercarburants* - 1,2 - 554 - 0,9 - 137 0,5 430 1,3 1 667 1,1 1 052 Jet kérosène 4,4 2 840 2,6 1 052 3,4 1 937 4,5 4 706 4,5 3 588 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 2,7 845 2,4 676 2,6 1 171 2,2 1 162 2,4 956 Fioul lourd - 0,9 - 193 - 0,6 12 - 1,1 - 419 - 1,9 - 1 199 - 2,1 - 857 Produits non énergétiques** 0,7 - 222 3,9 823 4,1 1 695 0,7 109 - 0,9 - 987 Autres*** 0,4 - 1 238 0,1 - 1 097 0,4 - 1 137 0,0 - 1 242 0,3 - 1 092 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres. Note:lesvaleursmonétairessontdonnéescoût,assuranceetfretinclus(CAF)pourlesimportations,etfrancoàbord(FAB)pourlesexportations. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI La France achète principalement du gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier, ce dernier produit étant utilisé pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole routier, excepté sa coloration. Les importations de ce produit, déduction faite des volumes exportés, représentent 16,3 Mtep en 2023, pour une dépense nette correspondante de 12,5 Md¤. La France est également importatrice nette de kérosène (4,5 Mtep), de gaz de pétrole liquéfié (GPL, 2,4 Mtep), de fioul domestique et autres gazoles (1,7 Mtep) et, depuis 2021, de supercarburants (1,1 Mtep). À l?inverse, elle est devenue depuis quelques années exportatrice nette de fioul lourd car la demande intérieure pour ce produit décline régulièrement. Ce combustible permet d?alléger sa facture de 0,9 Md¤. Les évolutions par produit sont assez contrastées : les importations de gazole et de naphta chutent de 11,7 %, celles de GPL de 5,0 %. Les achats de supercarburants reculent de 14 % pour revenir à leur niveau de 2021 (2,7 Mtep), tandis que ceux de fioul lourd se replient de 17 %, à 1,3 Mtep. Les achats de carburéacteurs augmentent légèrement, de 0,6 % sur un an, sans toutefois retrouver leur niveau de 2019 (- 8,2 %). À l?inverse, les livraisons de fioul domestique et autres gazoles progressent fortement, à 3,0 Mtep (+ 14,9 %). En 2023, la part de la Russie dans les importations de produits pétroliers raffinés (16 % en 2022) est devenue quasi nulle (figure 2.3.1.4) en application des sanctions économiques liées à la guerre en Ukraine. Ainsi, la répartition des provenances géographiques des produits pétroliers est nettement modifiée en 2023. Les produits raffinés importés par la France proviennent pour près de la moitié d?Europe (47 %, soit 10 points de plus qu?en 2022). Les parts de l?Arabie saoudite (11 %) et des États-Unis (8 %) sont stables. 54 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Le gazole routier provient en 2023 pour 43 % d?Europe (+ 16 points). La Russie, premier fournisseur de ce produit en 2022, avec 6,2 Mtep, soit 32 % du marché, ne représente plus que 0,3 % des importations. Le Moyen-Orient fournit 38 % du total (+ 9 points), dont 22 % depuis l?Arabie saoudite, tandis que l?Inde en représente 7 %. Depuis plusieurs années, le kérosène est acheminé en grande partie depuis le Moyen-Orient, avec 40 % des importations en 2023, comme en 2022. 18 % proviennent d?Inde alors que 10 % proviennent d?Europe. Le GPL est, quant à lui, importé principalement des États-Unis (1,2 Mtep, 38 %), d?Algérie (30 %), du Royaume-Uni (16 %) et de Norvège (9 %). L?essentiel des quantités de supercarburants importées provient d?Europe (85 % en 2023). Enfin, le naphta est d?abord livré depuis l?Europe (50 % du total), puis d?Algérie (33 %, + 22 points sur un an) et des États-Unis (8 %). Figure 2.3.1.4 : importations de produits pétroliers raffinés par pays de 2019 à 2023 En Mtep Europe Russie Arabie saoudite États-Unis Algérie Autres 50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2019 2021 2022 20232020 3,5 3,7 2,6 3,0 3,1 5,4 3,8 4,1 4,6 4,26,0 7,4 8,7 6,8 0,1 18,0 18,7 19,3 15,4 17,7 2,1 2,5 2,1 1,5 1,7 10,6 7,5 9,1 10,0 11,2 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Les exportations continuent de croître à un rythme soutenu en 2023 (+ 6,1 %, après + 9,9 % en 2022). Leur dynamisme s?explique surtout par les ventes de naphta (+ 36,8 %, à 3,2 Mtep). Les livraisons de gazole et de fioul domestique ont également fortement augmenté (+ 56,8 %, à 2,2 Mtep). Les exportations de kérosène ont crû de 6,0 %, à 1,2 Mtep. À l?inverse, les ventes de supercarburants continuent de chuter en 2023 (- 13,0 %, après - 17,7 % en 2022). Les exportations de GPL passent de 1,2 Mtep en 2022 à 0,9 Mtep en 2023 (- 28,2 %). Celles de fioul lourd, revenues en 2022 à leur niveau de 2019, se replient aussi en 2023 mais à un rythme moins élevé (- 2,7 %). Près des trois quarts des exportations françaises de produits raffinés sont à destination de l?Europe en 2023. Le fioul lourd en particulier est acheminé pour l?essentiel dans l?Union européenne (76 %). C?est également le cas du naphta (79 % vers l?Europe et 19 % vers les États-Unis). Les produits livrés vers les États-Unis représentent 9 % des quantités exportées en 2023 (7 % en 2022). En particulier, 41 % des quantités de supercarburants y sont exportées. Stocks pétroliers Entre fin 2022 et fin 2023, les stocks français de pétrole brut et d?autres intrants du raffinage augmentent de 0,2 Mtep, pour s?établir à 7,2 Mtep en fin d?année (6,4 Mtep de pétrole brut et 0,8 Mtep de charges de raffinage). Les stocks de produits raffinés diminuent légèrement en 2023, à 12,7 Mtep (- 1,8 %, - 7,7 % sur quatre ans). L?essentiel de ces stocks correspond aux obligations de stockage stratégique de produits pétroliers devant couvrir au minimum 90 jours d?importations nettes. 2.3.2 GAZ NATUREL Les importations de gaz naturel arrivent en France métropolitaine essentiellement sous forme gazeuse par un réseau de gazoducs, terrestres ou sous-marins, ou sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier. Les importations, hors transit via gazoduc, de gaz naturel sur le territoire s?élèvent à 532 TWh PCS en 2023, un niveau comparable à celui de 2021 et en diminution de 17 % par rapport à 2022 (figure 2.3.2.1). La baisse des prix (cf. 1.3.1) entraîne une forte diminution du coût des importations, qui s?établit à 36,3 Md¤ en 2023 (- 40,9 % en euros constants par rapport à 2022). En raison de la modération de la demande de gaz naturel en 2023 et du haut remplissage des stocks en début d?année, les importations de gaz naturel reculent en 2023. Les importations par gazoduc diminuent ainsi de 18,2 %, à 217 TWh. Elles sont réalisées aux points d?interconnexion du réseau (PIR) de gazoducs de France métropolitaine avec les réseaux étrangers : Dunkerque depuis la Norvège (69 % des entrées brutes), Taisnières (L) depuis les Pays-Bas (10 %), Virtualys depuis la Belgique (7 %), Pirineos depuis l?Espagne (14 %) et autres (0,6 %). Les importations de GNL diminuent aussi nettement (- 16 %) et s?élèvent à 315 TWh en 2023. Le GNL regazéifié représente 59 % des entrées de gaz naturel, en hausse de 0,7 point par rapport à l?année précédente. Le terminal méthanier de Dunkerque réceptionne 39 % des importations de GNL, les deux terminaux de Fos- sur-Mer en reçoivent 32 % et celui de Montoir-de-Bretagne 27 %. Mis en fonction en octobre 2023, le terminal flottant du Havre réceptionne 1 % des importations de GNL en 2023. Enfin, outre les injections de GNL regazéifié dans le réseau depuis les terminaux méthaniers, du GNL est également directement acheminé par camion-citerne jusqu?à certains industriels ou des stations-service (il s?agit de GNL dit « porté » ou de détail). Les volumes correspondants sont relativement faibles et restent stables par rapport à 2022 (2,1 TWh). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 55 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les sorties du territoire, sous forme gazeuse, s?effectuent aux points d?interconnexion avec les réseaux des pays voisins, principalement suisse (PIR Oltingue et Jura), espagnol (PIR Pirineos) et belge (PIR Virtualys). Les exportations diminuent par rapport à l?année précédente (- 9,0 % en 2023), mais restent à un niveau historiquement élevé. En effet, les quantités entrées sous forme de GNL et regazéifiées sont comptabilisées en exportation lorsqu?elles sont destinées à un autre pays alors qu?elles seraient exclues des importations si elles transitaient par le réseau sous forme gazeuse (transit). Ce sont ainsi 156 TWh de gaz qui ont été réexportés en 2023, hors transit, pour une recette correspondante s?élevant à 10,0 Md¤. Le solde importateur de la France en gaz naturel, net des exportations, diminue de 19,6 % en 2023, pour atteindre 377 TWh. En lien avec la nette baisse des prix du gaz, la facture correspondante diminue fortement, de moitié, pour s?établir à 26,3 Md¤ en 2023. Figure 2.3.2.1 : solde importateur de gaz naturel 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Importations 612,2 11 803 521,0 6 704 521,8 17 775 639,5 61 379 532,4 36 281 Selon la forme de gaz Gaz sous forme gazeuse 376,5 7 423 324,2 4 105 337,2 12 215 265,3 27 554 217,0 21 051 GNL** regazéifié 233,6 4 342 194,8 2 573 182,4 5 498 371,8 33 609 313,3 15 126 GNL** porté 2,1 38 2,0 27 2,1 63 2,4 215 2,1 103 Selon le type de contrat Court terme 182,8 n.d. 149,6 n.d. 131,5 n.d. 215,5 n.d. 160,8 n.d. Moyen et long terme 429,4 n.d. 371,4 n.d. 390,2 n.d. 424,0 n.d. 371,7 n.d. Exportations 105,4 2 038 93,9 1 071 62,0 1 861 171,3 11 334 155,9 10 006 Solde échanges extérieurs 506,8 9 765 427,1 5 633 459,7 15 914 468,2 50 045 376,5 26 274 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. **GNL=gaznaturelliquéfié.Ilestsoitregazéifiépourêtreensuiteinjectédanslesréseauxdegaz,soitdirectementacheminéparcamion-citerneàdesindustriels oudesstations-service. n.d.=nondisponible. Note:lesdonnéesrelativesauximportationsetauxexportationsn?incluentpaslegaztransitantsurleterritoirenational.Letransitdegazgazeuxdéclarépar lesfournisseursaétéexcluconformémentauxconventionsinternationalespourlesdonnéesannuelles;lesimportationsetexportationsontétéréviséesàla baisse;lesoldeestinchangé.Parailleurs,lesimportationsdeGNLdiffèrentdesinjectionsdansleréseaudeGNLregazéifié,l?écartcorrespondantàlavariation desstocksdesterminauxméthaniers(-1,2TWhen2023). Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseursdegaz,DGDDI Les exportations de gaz russe à travers le gazoduc Nordstream ont été arrêtées dès août 2022. Cela a profondément modifié l?origine des importations depuis 2022 (figure 2.3.2.2). La Norvège est le principal fournisseur de la France en 2023 (33 % du total des importations), suivie par les États-Unis (26 %). Les autres pays fournisseurs sont la Russie (13 %), l?Algérie (9 %), les autres pays (8 %), les Pays-Bas (5 %), le Qatar (5 %) et le Nigeria (1 %). Pour 0,4 % des entrées brutes, correspondant essentiellement à du GNL vendu sur les marchés, l?origine du gaz est indéterminée. La France a nettement diversifié ses approvisionnements à travers l?augmentation des importations de GNL. Grâce à ces ports méthaniers, la France dispose d?un accès au marché mondial du GNL. La forte diminution des importations françaises de gaz naturel en 2023 est portée par la baisse des importations en provenance de la Norvège (- 15 %, - 4,9 points sur l?évolution des importations), de la Russie (- 26 %, - 3,9 points), des États-Unis (- 9 %, - 2,2 points), du Nigeria (- 63 %, - 1,3 point), d?Algérie (- 8 %, - 0,6 point) et des Pays-Bas (- 7 %, - 0,3 point). À l?inverse, les importations en provenance du Qatar progressent (+ 8 %, + 0,3 point). Signe d?une diversification accrue des approvisionnements, la part des achats auprès d?autres pays augmentent (+ 81 %, + 3,1 points sur l?évolution du solde global). La part relative du GNL pour lequel le lieu de production ne peut pas être tracé diminue très nettement pour devenir très faible (- 95 %, - 6,1 points). 56 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.2.2 : origine des importations de gaz naturel En TWh PCS* 700 600 500 400 300 200 100 0 Norvège Russie Pays-Bas Algérie Nigeria (yc swaps) Qatar États-Unis Autres pays Indéterminés 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 20201973 2023 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière Si l?approvisionnement français en gaz naturel est assuré, pour l?essentiel, par les importations, la gestion des stocks permet d?ajuster l?offre à la demande intérieure. Celle-ci varie fortement en cours d?année avec les besoins en chauffage (figure 2.3.2.3). En général, les stocks sont sollicités de novembre à mars, période communément appelée « hiver gazier », avant d?être progressivement reconstitués d?avril à octobre. Les stocks utiles s?élèvent à 121 TWh fin 2023, en baisse de 2 TWh par rapport à la fin 2022. Un remplissage complet des infrastructures de stockage de gaz naturel a été observé fin octobre 2023. Figure 2.3.2.3 : niveau des stocks utiles de gaz naturel (y compris GNL) en fin de mois En TWh PCS* Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 2018 2019 2020 2021 2022 2023 160 140 120 100 80 60 40 20 0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 57 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.2.4 : variations de stocks de gaz naturel 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Variations de stocks - 21,8 - 429,9 23,6 299,0 18,3 659,6 - 39,0 - 4 034,4 1,6 101,0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Note:lesvariationsdestockssontcomptéespositivementencasdedéstockage,négativementencasdestockage.Ladépenseassociéecorrespondà lavalorisationdelaquantitéphysiquedevariationdesstocks(+1,6TWhentrefindécembre2022etfindécembre2023)avecunprixdérivédesimportationsdeGNL. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière 2.3.3 CHARBON Tous produits confondus, les importations de charbon, nettes des (faibles) volumes exportés, s?élèvent à 52,1 TWh en 2023 (figure 2.3.3.1). Elles diminuent de 26 % par rapport à 2022 et de 39 % par rapport à 2019, et atteignent ainsi leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies. L?approvisionnement de la France en charbon primaire repose presque exclusivement sur ses importations, qui s?élèvent à 6,0 millions de tonnes (Mt), soit 46,5 TWh, en 2023. La majeure partie de ces importations vise à répondre aux besoins d?un nombre limité de consommateurs, notamment des établissements de la filière sidérurgique et des centrales électriques à charbon qui, dans un contexte de décarbonation de la production électrique, sont de moins en moins sollicitées. La France importe par ailleurs de faibles volumes de charbon dérivé. Il s?agit, pour l?essentiel, de coke venant compléter la production nationale destinée aux hauts- fourneaux et, dans une moindre mesure, de briquettes de lignite et de produits agglomérés. Les importations de coke ont de nouveau chuté en 2023, à 5,6 TWh. Elles avaient triplé en 2021 puis avaient peu diminué en 2022 afin de compenser la chute de production intérieure de coke due à la fermeture ou l?indisponibilité de fours à coke dans les usines sidérurgiques (cf. 3.3). La facture charbonnière de la France chute nettement (- 40 % en un an) du fait de la forte diminution des prix (cf. 1.4), et s?établit ainsi à 2,0 Md¤ en 2023. Si le charbon dérivé ne représente que 11 % des quantités importées, il pèse davantage dans la facture (18 %) en raison de prix bien plus élevés que ceux du charbon primaire. Figure 2.3.3.1 : solde importateur de produits charbonniers 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 84,8 1 855 59,3 937 72,2 1 497 70,7 3 270 52,1 1 962 Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613 Charbon dérivé 5,2 237 4,0 135 12,0 471 10,0 696 5,6 349 Exportations 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1 Charbon dérivé 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1 Solde importateur 84,7 1 854 59,2 934 72,1 1 496 70,6 3 267 52,1 1 961 Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613 Charbon dérivé 5,2 236 3,9 132 11,9 470 9,9 693 5,6 349 Note:conformémentàlaméthodologiedel?AIE,lesimportationsdecharbonprimairesontnettesdesréexportations. Source :SDES,Bilandel?énergie 58 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les principaux fournisseurs de charbon de la France demeurent les mêmes depuis plusieurs années (figure 2.3.3.2). L?Australie reste au premier rang en 2023, avec 20,4 TWh (2,6 Mt), suivie par les États-Unis (12,1 TWh). Les parts de ces pays ont augmenté respectivement de 8 % et 6 %. L?Afrique du Sud gagne de nouveau un rang en fournissant 6,2 TWh. Enfin, la Colombie produit 11 % du charbon livré en France, avec 5,7 TWh. Les importations depuis la Russie ont fortement diminué en 2022 en raison de l?embargo européen consécutif à l?invasion de l?Ukraine et sont devenues quasiment nulles en 2023. Elles s?élèvent à 0,12 TWh en 2023, contre 10,5 TWh en 2022 et 21,2 TWh en 2021. Figure 2.3.3.2 : origine des importations de charbon En Mt 35 30 25 20 15 10 5 0 1982 1996 2014 2008 1976 1990 1984 1998 1978 1992 2016 2010 1986 2000 1980 1994 1988 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Afrique du Sud Allemagne Australie Colombie États-Unis Russie Autres pays Note:l?Allemagnecomprendl?ex-RDAdepuis1991. Àpartirde2011,ils?agitdesimportationsnettesdesréexportationspourlecharbonprimaire. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source : SDES,Bilandel?énergie Fin 2023, les opérateurs ont globalement puisé dans les stocks de produits charbonniers, à hauteur de 0,2 TWh (figure 2.3.3.3). Le charbon est entreposé soit dans les ports où sont réceptionnées les importations, soit directement sur les principaux sites consommateurs : centrales électriques, sites sidérurgiques ou autres sites industriels (sucreries, papeteries...). La consommation des centrales électriques ayant diminué (cf. 4.4), l?autonomie correspondant à leurs stocks a augmenté par rapport à fin décembre 2022 (27 mois au rythme actuel annualisé de la consommation, soit 17 mois de plus qu?en 2022, et 13 mois de moins qu?en 2019). Figure 2.3.3.3 : variations de stocks de produits charbonniers 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Variations de stocks 0,4 - 11 2,3 25 7,9 113 - 2,7 - 148 0,2 - 16 Charbon primaire 0,7 3 2,4 33 7,8 109 - 2,1 - 110 0,6 4 Charbon dérivé - 0,3 - 13 - 0,2 - 8 0,1 5 - 0,7 - 38 - 0,4 - 19 Note:lavariationdesstocksphysiquesestpositiveencasdedéstockage,négativedanslecascontraire.Savalorisationmonétairepeutêtredesigneopposéen raisondeprixdifférenciésentreproduitsou,pourunmêmeproduit,entrepériodesdel?annéeoùlesstocksaugmententetpériodesoùceux-cidiminuent. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 59 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.3.4 BOIS-ÉNERGIE Exportatrice nette de bois-énergie jusqu?en 2015, la France enregistre depuis plusieurs années un déficit commercial pour ce combustible. Ainsi, en 2023, les achats français, nets des quantités exportées, ont augmenté de 35 % en volume (2,6 TWh), et de 11 % en valeur, après avoir doublé en 2022. Ils atteignent 250 M¤ en 2023 (figure 2.3.4.1). La France exporte en majorité du bois de chauffage (45 % des exportations en quantité) et des sciures et déchets de bois (43 % des exportations) - (figure 2.3.4.2). À l?inverse, elle importe majoritairement des granulés de bois (87 % des importations en quantité, soit 5 points de plus qu?en 2022). Ces derniers, du fait de leur pouvoir calorifique élevé et de leur facilité d?utilisation, sont vendus en général à des prix plus élevés que le bois de chauffage. Malgré une baisse générale des prix des combustibles bois-énergie en 2023, la forte croissance des importations de granulés creuse le solde importateur (cf. 1.5). Les échanges extérieurs de bois-énergie demeurent néanmoins très faibles au regard de la production intérieure. Les importations de bois-énergie représentent en effet 5 % de la consommation primaire de bois-énergie. Les exportations représentent, quant à elles, 3 % de la production primaire de bois-énergie. Figure 2.3.4.1 : échanges extérieurs de bois-énergie 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 2,7 141 2,7 124 3,9 168 4,4 315 5,3 325 Bois de chauffage 0,4 17 0,4 15 0,4 14 0,4 20 0,4 16 Sciures, déchets de bois et briquettes 0,5 16 0,4 15 0,4 17 0,4 24 0,3 21 Granulés 1,9 107 1,9 95 3,0 138 3,6 271 4,6 289 Exportations 2,3 61 1,9 45 2,1 57 2,5 91 2,7 75 Bois de chauffage 1,1 22 1,0 17 1,0 19 1,4 37 1,2 34 Sciures, déchets de bois et briquettes 0,7 7 0,5 5 0,6 9 0,7 18 1,2 16 Granulés 0,6 32 0,4 23 0,6 28 0,4 36 0,3 25 Solde importateur 0,5 80 0,7 79 1,7 111 1,9 225 2,6 250 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Figure 2.3.4.2 : échanges extérieurs de bois-énergie par combustible en 2023 En % des quantités échangées Bois de chauffage Sciures, déchets de bois et briquettes Granulés 45 43 12 Exportations Granulés Bois de chauffage Sciures, déchets de bois et briquettes 87 6 7 Importations Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Les pays frontaliers sont les principaux destinataires des exportations françaises de bois-énergie (figure 2.3.4.3), en particulier la Belgique qui, en 2023, totalise plus de la moitié des exportations. À l?inverse, les importations proviennent de pays plus éloignés : les importations en provenance de l?Amérique du Nord augmentent fortement depuis quelques années en raison du développement du commerce de granulés. En particulier, les importations en provenance des États-Unis, marginales jusqu?en 2020, doublent entre 2022 et 2023 et représentent le quart des importations totales de bois-énergie. 60 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.4.3 : échanges extérieurs de bois-énergie par pays en 2023 En % des quantités échangées Belgique Italie Espagne Luxembourg Suède Autres 53 12 11 7 5 12 États-Unis Belgique Allemagne Espagne Canada Autres 25 24 10 24 7 10 Exportations Importations Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI 2.3.5 BIOCARBURANTS La France est importatrice nette de biocarburants destinés à être incorporés au gazole (biodiesel) ou à l?essence (bioéthanol ou bioessences). Les achats français de biocarburants, nets des volumes exportés, augmentent de 12,5 % en 2023 (figure 2.3.5.1), pour s?élever à 20 TWh (soit près de la moitié des biocarburants consommés en France, hors biokérosène). Ce déficit des échanges extérieurs est très majoritairement imputable au biodiesel : les importations nettes équivalent à 31 % des quantités de bioessences et à 55 % des quantités de biodiesel consommées sur le territoire. La facture correspondante stagne en euros constants et s?élève à 3,2 Md¤ en 2023, après avoir fortement augmenté en 2022 du fait de la crise énergétique. L?origine des matières premières utilisées dans les biocarburants Dans le bilan de l?énergie, suivant les conventions statistiques internationales, les biocarburants sont considérés comme une ressource énergétique nationale dès lors que la transformation de matières premières est réalisée sur le sol national. On peut toutefois également s?intéresser au lieu de production des matières premières elles-mêmes : de ce point de vue, 49 % des volumes de biocarburants et 74 % des volumes de biodiesel essence consommés en France sont d?origine étrangère en 2023. Cette part reste stable par rapport à 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 61 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.5.1 : échanges extérieurs de biocarburants 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 24,0 2 073 16,9 1 298 21,7 2 594 23,5 4 251 24,3 3 727 Bioessences 2,3 232 2,1 203 3,0 350 3,9 687 3,8 668 Biodiesel 21,7 1 840 14,8 1 094 18,7 2 244 19,6 3 564 20,5 3 059 Exportations 8,2 788 7,1 713 6,6 905 6,0 1 088 4,6 575 Bioessences 1,5 173 1,4 169 0,8 136 0,8 153 0,8 110 Biodiesel 6,7 614 5,7 543 5,7 769 5,2 935 3,8 465 Solde importateur 15,8 1 285 9,8 585 15,2 1 689 17,5 3 163 19,6 3 152 Bioessences 0,8 59 0,7 34 2,1 214 3,1 534 3,0 558 Biodiesel 15,0 1 226 9,1 551 13,0 1 475 14,4 2 629 16,7 2 594 Note:lecommerceextérieurdebiodieselcouvredésormais,ensusdesestersméthyliquesd?acidegras(EMAG),lebiodieseldesynthèse.Lecommerceextérieur debioessencescouvredésormais,ensusdel?éthanol,lesbioessencesdesynthèse. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetDGEC Les pays frontaliers concentrent la plupart du commerce extérieur de biocarburants. S?agissant des esters méthyliques d?acides gras (EMAG), qui représentent 91 % des importations de biodiesel en volume, ils proviennent essentiellement de Belgique (45 %), des Pays-Bas (32 %) et d?Espagne (17 %). Quant aux exportations, elles sont majoritairement dirigées vers la Belgique (39 %), l?Espagne (24 %) et la Suède (17 %). Dans le cas de l?éthanol pur, qui représente 93 % des importations de bioessences en volume, soit 14 % des importations de biocarburants, il provient pour 29 % d?Espagne, pour 12 % du Brésil et pour 10 % des Pays-Bas. Les pays vers lesquels l?éthanol pur est exporté ne sont pas connus dans les déclarations de durabilité (cf. méthodologie) et ce produit n?est pas isolé dans les données de la DGDDI. 2.3.6 ÉLECTRICITÉ En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité après avoir enregistré un déficit en 2022, en raison de la moindre disponibilité des centrales nucléaires et du faible niveau de la production hydraulique dû à la sécheresse. Sur l?ensemble de l?année 2023, la France a importé 25 TWh et a exporté 76 TWh (figure 2.3.6.1), et enregistre donc un solde exportateur d?électricité de 50 TWh après un solde exportateur négatif de 15 TWh en 2022. Le solde des échanges extérieurs est positif à toutes les interconnexions frontalières (figure 2.3.6.2), sauf vis-à-vis de l?Espagne (- 1,6 TWh). Le solde vis-à-vis de la Grande- Bretagne, négatif en 2022, augmente de 23 TWh, pour atteindre 14 TWh en 2023. Le solde exportateur d?électricité progresse aussi nettement avec l?Allemagne (+ 15 TWh par rapport à 2022), la Belgique (+ 13 TWh) et, dans une moindre mesure, avec l?Italie (+ 5 TWh, à 18 TWh) et la Suisse (+ 3 TWh). Il était resté excédentaire en 2022 avec ces deux pays. Le solde vis-à-vis de l?Espagne est moins déficitaire qu?en 2022 : il progresse de 7 TWh en 2023. Les importations sont restées élevées au premier semestre à la frontière avec l?Espagne et ont nettement diminué au second semestre, en lien avec la hausse de la production intérieure. Les recettes tirées des exportations d?électricité s?élèvent en 2023 à 6,8 Md¤. Déduction faite des dépenses d?importation (2,9 Md¤), le solde net s?établit à 4,0 Md¤ et augmente de 12 Md¤ par rapport à l?année précédente en euros constants. Cette nette hausse s?explique par la croissance des exportations physiques d?électricité et la baisse des quantités importées, alors que les prix diminuent nettement. Figure 2.3.6.1 : échanges extérieurs d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 16 830 20 849 24 3 802 52 17 006 25 2 885 Exportations 73 3 115 65 2 135 69 6 709 37 9 192 76 6 847 Solde exportateur 58 2 285 45 1 286 45 2 906 - 15 - 7 814 50 3 961 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE,DGDDI,Emosson 62 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.6.2 : contribution au solde exportateur d?électricité 60 50 40 30 20 10 0 - 10 - 20 - 30 - 40 En TWh 2020 2021 2022 2023 Espagne Grande-Bretagne Belgique Allemagne Autres Italie 13 10 10 5 1 6 14 13 18 6 - 9 9 - 3 - 5 - 2 15 - 8 3 7 4 7 6 - 10 14 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE partie 3 Transformation, transport et distribution d?énergie ? Les pertes liées à la transformation, au transport et à la distribution d?énergie augmentent de 13,0 % en 2023 et s?élèvent à 909 TWh. Cette hausse s?explique essentiellement par l?augmentation de la production d?électricité des centrales nucléaires, à travers les pertes de chaleur induites. À l?inverse, la consommation des combustibles pour la production d?électricité et de chaleur diminue. La consommation de gaz dans les centrales électriques de cogénération et les réseaux de chaleur chute de 23,6 %. L?activité des raffineries reste dynamique en 2023 alors que celle de la filière fonte se replie nettement. Les achats en énergie de la branche énergie diminuent de 9 % en 2023, pour atteindre 41,6 Md¤. Ils sont composés à 76 % de pétrole brut utilisé dans les raffineries. 64 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 Le raffinage consiste à transformer le pétrole brut en différents produits finis, énergétiques (carburants, combustibles) ou non (lubrifiants, bitume et produits destinés à la pétrochimie entre autres). Le pétrole brut est, dans un premier temps, séparé par distillation en plusieurs coupes pétrolières, les plus lourdes pouvant, dans un deuxième temps, être craquées en molécules plus légères et mieux valorisables. Les produits ainsi obtenus font ensuite l?objet de procédés d?amélioration, visant notamment à en réduire la teneur en soufre ou, pour les supercarburants, à en augmenter l?indice d?octane. Les biocarburants produits ou importés en France sont incorporés en raffinerie ou en dépôt aux carburants non issus de biomasse. Les informations fournies ci-dessous portent sur les produits raffinés, biocarburants exclus. En 2023, la production nationale de produits raffinés, nette de la consommation propre des raffineries, s?élève à 46,1 Mtep (535,6 TWh), pour une consommation de matière première de 48,0 Mtep (figure 3.1.1). La production nette progresse de 10,7 % sur un an, après une hausse de 15,6 % en 2022. L?activité a été dynamique en dépit des mouvements sociaux et des blocages, notamment au printemps. Compte tenu des difficultés d?approvisionnements extérieurs, en particulier pour le gazole, les installations de raffinage ont été davantage sollicitées en 2023 après avoir redémarré en 2022. En 2021, la production nette du raffinage était restée atone, après une chute de plus d?un quart en 2020 en raison de la crise sanitaire. Certaines installations étaient restées fermées en 2021 pour maintenance et défaut de rentabilité. Les raffineurs ont dépensé 29,1 Md¤ en pétrole brut et autres charges de raffinage pour fournir des produits finis valorisés à 38,4 Md¤. En euros constants 2023, la valeur de cette production diminue de 17,3 % par rapport à 2022, en raison principalement de la baisse des prix (cf. 1.2). Elle reste très supérieure à celle de 2019 (+ 33,5 %). En 2023, les raffineries ont dégagé un excédent de 9,3 Md¤, soit 194 ¤ pour chaque tonne équivalent pétrole de produit à distiller utilisée, contre 245 ¤2023 l?année précédente et 48 ¤2023 en 2019. Après le record de 2022, ce solde a la deuxième plus haute valeur jamais observée depuis le début du calcul de cet indicateur en 2011. Figure 3.1.1 : consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage et production nette de produits finis des raffineries 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage 52,3 25 916 37,9 13 355 37,3 19 608 43,6 35 215 48,0 29 111 Production nette des raffineries 50,4 28 789 36,6 15 368 36,0 20 897 41,6 46 474 46,1 38 423 Solde - 2 872 - 2 012 - 1 289 - 11 259 - 9 312 Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Lerapportentrelesoldecalculéicietlaconsommationpeutprésenterdesécartsavec lamargederaffinagecalculéeetdiffuséeparlaDGEC,carcettedernières?appuienonsurdesdonnéesréellesmaissurunmodèlethéoriquederaffinerieen prenantencompteenoutreunensembleplusvastedecharges(dépensesdegaznaturelnotamment). Source :SDES,Bilandel?énergie Les raffineries françaises produisent principalement du gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier. Ce dernier produit est utilisé pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole routier, excepté sa coloration. Ces gazoles utilisés comme carburant représentent 36 % du total de la production en 2023. Les supercarburants comptent pour 19 %, les produits non énergétiques pour 16 % et le fioul lourd pour 13 % (figure 3.1.2). Le kérosène représente 7 % du total de la production nationale de produits raffinés, en augmentation depuis la reprise progressive du trafic aérien à la suite de la crise sanitaire. Enfin, la part du fioul domestique et autres gazoles est de 6 %, et celle du gaz de pétrole liquéfié de 2 %. La production de gazole, qui a augmenté de 13 % en un an, retrouve son niveau de 2019. À 3,4 Mtep, celle de jet kérosène progresse fortement par rapport à 2022 (+ 31 %, après + 133 % en 2022), en lien avec la croissance du trafic aérien international ; la production de kérosène s?établit à 85 % de son niveau de 2019. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 65 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.1.2 : production nette de produits finis des raffineries En Mtep 2018 2019 2020 2021 2022 2023 60 50 40 30 20 10 0 Gazole Fioul lourd GPL Supercarburants* Fioul domestique et autres gazoles Autres*** Produits non énergétiques** Jet kérosène 18,1 10,9 8,1 5,5 5,3 4,3 1,51,2 16,4 9,8 6,9 5,9 4,7 4,0 1,51,3 13,1 8,0 5,4 3,9 2,6 1,0 1,5 1,2 13,5 7,7 5,7 3,9 2,0 1,1 1,1 1,0 14,4 7,7 6,3 5,9 2,7 2,6 1,1 0,9 16,4 8,6 7,3 5,8 2,6 3,4 1,1 0,9 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autresproduits. Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Àpartirde2018,laquantitécorrespondantàdugazolepêcheestinclusedanslepostedu fiouldomestiqueetautresgazoles,commel?estcelledudieselmarineléger(DML),etnonplusdansceluidugazole.Celledegazolenonroutier,utilisédans l?agricultureetlaconstructionnotamment,estregroupéeaveclegazoleroutierdanslepostegazole,carils?agitdefaitdumêmeproduitsurleplanchimique. Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs Après la fermeture de plusieurs installations au début des années 2010, puis de celle de Grandpuits en 2021, il ne reste en France en 2023 plus que sept raffineries de pétrole brut (figure 3.1.3). Figure 3.1.3 : raffineries de pétrole brut en 2023 0 50 km Raffinerie Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Gonfreville- l?Orcher (TotalEnergies) Port Jérôme- Gravenchon (Esso) Donges (TotalEnergies) Feyzin (TotalEnergies) Fos-sur-Mer (Esso) Martigues-Lavéra (Petroineos) Lamentin (SARA) Source :DGEC 66 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 3.2.1 INJECTIONS DE BIOMÉTHANE Depuis 2012, du biométhane, obtenu par épuration de biogaz, est injecté dans les réseaux de gaz naturel (figure 3.2.1.1). Si les volumes concernés demeurent relativement faibles, ils progressent néanmoins rapidement avec le développement de la filière. En 2023, 9 136 GWh ont ainsi été injectés dans les réseaux, soit près d?un tiers de plus que l?année précédente, pour un montant estimé de 1 162,7 M¤. Par rapport à l?achat de gaz naturel, cela entraîne un surcoût pour les opérateurs (sous la forme d?une obligation d?achat) qui est compensé par l?État au titre des charges de service public de l?énergie. En 2023, cette compensation s?élève à 811 M¤. En fin d?année 2023, 652 installations d?une capacité d?injection de 11,8 TWh/an sont raccordées aux réseaux de gaz naturel, tandis que 580 projets supplémentaires, représentant une capacité de 13,0 TWh/an, sont en attente de raccordement. Figure 3.2.1.1 : injections de biométhane 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Injections de biométhane 1,2 144,4 2,2 250,6 4,3 486,7 7,0 803,8 9,1 1 162,7 dontsubvention - 125,9 - 227,1 - 247,9 - 93,8 - 811,5 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,CRE 3.2.2 TRANSPORT, DISTRIBUTION ET STOCKAGE DE GAZ NATUREL La rémunération des gestionnaires d?infrastructures pour leur mission d?acheminement du gaz aux consommateurs finaux sur le territoire français s?élève à 6,6 Md¤ en 2023, en baisse de 4,3 % en euros constants par rapport à 2022 (figure 3.2.2.1). La rémunération correspond au coût des infrastructures gazières, répercuté sur le consommateur final via deux mécanismes : d?une part, les tarifs d?accès des tiers aux réseaux (de transport : ATRT, et de distribution : ATRD) et aux terminaux régulés (terminaux méthaniers, ATTM) qui sont fixés par la Commission de régulation de l?énergie ; d?autre part, les tarifs liés aux sites de stockage qui sont déterminés lors d?enchères dans des conditions définies par la CRE depuis la réforme de l?accès des tiers aux stockages de gaz naturel du 1er janvier 2018. Cette rémunération exclut donc les prestations facturées entre les différents gestionnaires d?infrastructures ainsi que les recettes liées au transport du gaz transitant par le territoire national (sauf indirectement à travers les pertes liées au transport). En revanche, elle comprend la valeur des pertes physiques de gaz sur les réseaux. Ces pertes s?élèvent à 4,1 TWh en 2023, en baisse de 8,7 % par rapport à 2022 (figure 3.2.2.2). Ces pertes représentent une charge de 160 M¤ pour les gestionnaires, soit près de trois fois moins qu?en 2022 (- 64 %). Cette charge diminue nettement en raison du repli des prix du gaz en 2023 par rapport au niveau inédit atteint en 2022. Les gestionnaires ont ainsi perçu une rémunération, nette de la valeur de ces pertes, d?environ 6,4 Md¤ en 2023, en légère hausse, de 0,2 % en euros constants par rapport à 2022. Cette rémunération permet de financer le développement, la maintenance et l?exploitation des infrastructures gazières ainsi que les missions associées (figure 3.2.2.3). Elle a crû de 0,1 % en moyenne annuelle en euros constants depuis 2011. Le réseau de transport et ceux de distribution perçoivent respectivement 32 % et 49 % de cette rémunération en 2023, contre 12 % pour les sites de stockage souterrain et 8 % pour les terminaux méthaniers. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 67 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.2.2.1 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières En M¤2023 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Réseau de transport 1 727 1 786 1 888 2 036 2 021 2 110 2 084 2 064 2 053 2 047 1 989 2 159 2 111 dont pertes 85 64 116 87 83 52 66 77 47 22 72 233 82 Réseaux de distribution 3 315 3 452 3 848 3 572 3 746 3 999 3 925 3 902 3 891 3 633 3 811 3 481 3 177 dont pertes 59 72 80 50 50 37 44 56 31 19 103 187 64 Sites de stockage souterrain 1 042 936 728 795 818 747 622 787 774 725 682 736 759 dont pertes 12 16 16 10 8 7 4 12 7 4 22 43 13 Accès aux terminaux méthaniers 371 380 384 382 378 376 498 517 534 505 450 470 507 Total 6 455 6 554 6 849 6 785 6 963 7 232 7 128 7 271 7 251 6 911 6 933 6 847 6 554 dont pertes 156 152 213 147 140 96 115 145 85 44 197 463 160 Total hors pertes 6 299 6 402 6 636 6 638 6 823 7 136 7 013 7 126 7 166 6 866 6 736 6 383 6 395 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE Figure 3.2.2.2 : pertes sur les réseaux de gaz naturel (y compris pertes de stockage) 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Réseau de transport 3,1 47 2,1 22 1,5 72 2,2 233 2,1 82 Réseaux de distribution 2,0 31 1,9 19 2,1 103 1,8 187 1,6 64 Sites de stockage souterrain 0,4 7 0,4 4 0,4 22 0,4 43 0,3 13 Total 5,5 85 4,3 44 4,0 197 4,5 463 4,1 160 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE Figure 3.2.2.3 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières (hors valeur des pertes physiques) En M¤2023 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 Réseaux de distribution Réseau de transport Sites de stockage souterrain Accès aux terminaux méthaniers Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE 68 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie En 2023, 41 % du gaz naturel consommé en France est importé par gazoduc, en nette baisse par rapport en 2022 en raison de la forte réduction des livraisons de gaz russe sous forme gazeuse à l?Union européenne (cf. 2.3.2). Le système gazier est aujourd?hui doté de sept points d?interconnexion principaux, pour une capacité d?importation cumulée d?environ 2 600 GWh/jour en 2023 (figure 3.2.2.4). Fin 2022, au titre de la solidarité européenne, des sorties vers l?Allemagne ont été rendues possible au point d?Obergailbach (ce point ne permettait jusque-là que des entrées de gaz sur le territoire). Les terminaux méthaniers permettent d?accueillir les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), importées par voie maritime, puis de regazéifier le GNL pour pouvoir l?injecter dans le réseau. Ils sont au nombre de cinq, répartis sur quatre sites distincts : Fos Cavaou, Fos Tonkin, tous deux situés à Fos-sur-Mer, Montoir-de-Bretagne, Loon-Plage (Dunkerque) et Le Havre. La société Elengy gère les terminaux de Fos Tonkin et Montoir-de-Bretagne, tandis que Fosmax LNG (filiale à 100 % d?Elengy) est propriétaire de celui de Fos Cavaou. L?accès à ces trois terminaux et la tarification sont régulés par la CRE en vertu des articles 452-3 et 452-4 du Code de l?énergie. Les capacités de ces terminaux sont souscrites par les importateurs de gaz naturel dans le cadre d?un marché. Le terminal de Loon-Plage, dont la mise en service commercial a eu lieu en janvier 2017, est géré par Dunkerque LNG et bénéficie pour une durée de vingt ans d?un régime dérogatoire en matière d?accès et de tarification. Un nouveau terminal flottant (FSRU, floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification) a été mis en service au Havre en octobre 2023. Les entrées de GNL diminuent par rapport à 2022 (- 16 %), mais restent à un niveau nettement supérieur à celui de 2021. Ces entrées sous forme liquide permettent de limiter les soutirages dans les stockages et de compenser la baisse des entrées par gazoduc par rapport à la situation d?avant-crise. Lors de la période estivale, la constitution de stocks de gaz naturel à proximité des zones de consommation permet de réduire les risques de saturation des réseaux et de répondre aux fortes consommations de gaz lors des périodes hivernales (cf. 2.3.2). Les 15 sites de stockage souterrain français sont exploités par deux opérateurs : Storengy (neuf sites en nappes aquifères, trois en cavités salines, un en gisement épuisé) et Teréga (deux sites en nappes aquifères). Le réseau de gaz naturel permet l?acheminement du gaz jusqu?aux points de livraison. Il se compose de deux niveaux. Le réseau de transport est constitué de gazoducs de grande capacité, connectés à ceux des pays limitrophes ainsi qu?aux sites de stockage et aux terminaux méthaniers. Il permet, en le comprimant à haute pression, de transporter le gaz naturel sur des distances élevées afin de l?acheminer aux réseaux de distribution et à quelques très gros consommateurs. Deux entreprises se partagent la gestion du réseau de transport : Teréga dans le sud-ouest de la France (5 100 km de réseau), GRTgaz pour le reste du territoire (32 600 km de réseau). Depuis novembre 2018, une place de marché unique assure l?équilibrage du réseau. Les réseaux de distribution permettent, quant à eux, d?acheminer le gaz naturel du réseau de transport jusqu?à la très grande majorité des consommateurs finaux. Environ 11 millions de consommateurs sont ainsi raccordés aux quelque 206 000 km de canalisations de distribution. GRDF assure la distribution de 96 % du marché, des entreprises locales de distribution (ELD), ainsi que quelques autres sociétés, se répartissant le reste. Figure 3.2.2.4 : infrastructures gazières françaises en 2023 (hors réseaux de distribution) Stations de compression Terminaux méthaniers Communes desservies en gaz naturel Points d?interconnexion Stockage de gaz naturel Réseau principal de transport 50 100 km0 Sources : GRTgaz;Storengy;Teréga Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 69 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte La consommation d?énergie de la filière fonte atteint 35 TWh en 2023 (- 15,7 % par rapport à 2022). La dépense correspondante s?élève à 1,3 Md¤ (- 38,8 % par rapport à 2022 en euros constants 2023). La filière est composée de deux types d?installations : les cokeries et les hauts-fourneaux. Les cokeries sont des usines constituées de batteries de fours à coke, parfois plusieurs dizaines, dans lesquels le coke est obtenu par pyrolyse d?une variété de charbon primaire. Les cokeries françaises transforment du charbon primaire en charbon dérivé (du coke, mais aussi de petites quantités de goudron de houille). Le processus de fabrication du coke débouche également sur la production de gaz fatals, dont une partie est réutilisée pour chauffer les fours à coke. Les cokeries peuvent être regroupées avec d?autres installations de la chaîne de fabrication, de traitement et de finition de produits en acier (hauts-fourneaux, aciéries et laminoirs) dans des sites sidérurgiques dits intégrés, comme c?est le cas en France où, en 2023, deux cokeries sont encore en activité, à Dunkerque et Fos-sur-Mer. La consommation nette des cokeries diminue en 2023, pour la deuxième année consécutive. La production de coke et de gaz a diminué à un rythme légèrement moins élevé que la consommation de charbon primaire. La marge de cokéfaction est la différence entre la valeur du coke, du goudron de houille et des gaz dérivés produits et celle du charbon primaire et des gaz dérivés consommés. Elle augmente par rapport à 2022, le prix du charbon primaire consommé ayant diminué à un rythme plus élevé que celui du charbon dérivé produit (cf. 1.4). Un haut-fourneau est une installation industrielle destinée à simultanément désoxyder et fondre les métaux contenus dans un minerai par la combustion de coke, riche en carbone. En général, le haut-fourneau transforme du minerai de fer en fonte liquide, et le coke sert à la fois de combustible et d?agent réducteur. Même si la fonte produite peut être utilisée directement, cet alliage est généralement destiné à être affiné dans des aciéries. Les hauts-fourneaux, bien qu?ayant pour finalité la production de fonte, sont considérés dans ce bilan comme faisant partie du secteur de la transformation d?énergie, conformément à la méthodologie de l?Agence internationale de l?énergie. À la fin de l?année 2023, cinq hauts-fourneaux sont encore en activité en France : deux se situent à Dunkerque, deux à Fos-sur-Mer et un à Pont-à-Mousson. En 2023, les hauts-fourneaux ont consommé un peu moins de 40 TWh de produits charbonniers, dont un peu plus de la moitié de charbon dérivé, principalement du coke. Nette des gaz fatals produits lors du processus de production, la consommation totale des hauts-fourneaux s?élève à 30 TWh. Cette consommation diminue d?un sixième par rapport à 2022 et de près d?un tiers par rapport à 2019 dans le sillage de la production de fonte (figure 3.3.1). En 2023, l?activité a été particulièrement affectée dans le contexte du ralentissement de la demande d?acier, de prix de l?énergie encore élevés et d?une concurrence accrue de pays tels que les États-Unis et la Chine. Ainsi, un des deux hauts-fourneaux de l?usine de Fos-sur-Mer a été temporairement mis à l?arrêt durant le premier trimestre, puis une nouvelle fois en fin d?année. Par ailleurs, deux autres installations ont subi des difficultés opérationnelles et ont dû être arrêtées durant plusieurs mois. Figure 3.3.1 : production de fonte et d?acier à l?oxygène pur Production de fonte brute Production d?acier à l?oxygène pur 12 11 10 9 8 7 6 5 4 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En Mt Source :SDES,Bilandel?énergie 70 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 3.4.1 PRODUCTION NETTE D?ÉLECTRICITÉ La production d?électricité, nette de la consommation des auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des centrales, s?établit à 503 TWh en 2023 (figures 3.4.1.1 et 3.4.1.2). Elle augmente de 10,7 % par rapport à 2022 et atteint un niveau proche de celui de 2020. Cette hausse s?explique surtout par celle de la production nucléaire (+ 14,7 %, à 320 TWh) en raison de la plus grande disponibilité du parc (cf. 2.2.2). La production d?électricité nucléaire représente 63,7 % de la production d?électricité en France en 2023. De plus, la production hydraulique augmente sensiblement (+ 18,9 %, à 61 TWh), après une année 2022 marquée par une sécheresse historique. Les précipitations nettement plus abondantes en 2023 ont augmenté le débit des cours d?eau et alimenté davantage les stocks hydrauliques. La production éolienne est également très dynamique en 2023 (+ 32,1 %) en raison de la forte augmentation des capacités installées et des conditions de vent très favorables, notamment en fin d?année. Enfin, le photovoltaïque continue de se développer : + 11,2 % en 2023. En conséquence, la production thermique classique, qui permet de faire face à une baisse de la production renouvelable et nucléaire ou de répondre à un pic de demande, diminue de 25,0 % en 2023, pour s?établir à 50 TWh. Figure 3.4.1.1 : production nette d?électricité En TWh 600 500 400 300 200 100 0 Nucléaire Thermique classique Hydraulique* Éolien Photovoltaïque Autres sources 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 *Ycomprisénergiemarémotrice. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,EDFetproducteursd?électricité Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 71 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.2 : production nette d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production nucléaire 379 335 361 279 320 dontArenh 120 5 729 126 5 832 126 5 766 126 5 590 127 5 317 Production hydraulique* 61 67 64 51 61 donthydrauliquesousOA 6 556 7 600 6 541 4 430 3 346 dontsubventionsOA 255 308 4 - 405 - 316 Production éolienne 35 40 37 38 50 dontéoliensousOA 32 3 235 39 3 907 35 2 963 32 3 534 36 3 844 dontsubventionsOA 1 720 2 174 150 - 2 348 - 3 448 Production photovoltaïque 12 13 15 20 22 dontphotovoltaïquesousOA 12 4 084 13 3 979 15 4 173 19 4 952 23 4 650 dontsubventionsOA 3 513 3 507 2 940 1 500 43 Production thermique renouvelable et géothermie 10 10 11 11 12 dontsousOA 8 1 241 8 1 288 9 1 431 8 1 463 7 1 820 dontsubventionsOA 829 880 737 24 494 Production thermique non renouvelable 49 44 45 56 38 dontsousOA 12 2 650 12 2 461 12 3 182 11 3 976 10 2 650 dontsubventionsOA 1 890 1 724 1 829 1 898 584 Autre (Interconnexion**) 49 36 90 198 86 dontsubventions 8 - 6 48 145 20 Production subventionnée hors OA en ZNI*** 2 1 003 3 923 2 932 3 984 4 1 088 dontsubventions 717 646 574 581 580 Total production France entière 547 510 532 455 503 Subventions totales (y compris interconnexions et charges de péréquation dans les ZNI) 8 931 9 234 6 282 1 394 - 2 042 *Ycomprisénergiesmarines. **Interconnexion:correspondàl?électricitéachetéevialaliaisonàcourantcontinuItalie-Corse-Sardaigne. ***ZNI=zonesnoninterconnectéesauréseaud?électricitémétropolitaincontinental.EllesincluentlaCorse,lesDROMainsiquelesîlesduPonantetChausey. Note:nesontvaloriséesmonétairementdanscetableauquelesproductionssousobligationd?achat(OA)oubénéficiantdecomplémentsderémunération,ainsi quelaproductiond?originenucléairevenduedanslecadredumécanismedel?Arenh. Source :SDES,Bilandel?énergie Nucléaire En raison d?une plus grande disponibilité du parc nucléaire, la production nette d?électricité nucléaire augmente de 14,7 % en 2023, à 320 TWh (cf. 2.2.2). La disponibilité du parc s?est améliorée par rapport à l?année 2022, marquée par les multiples arrêts pour maintenance et contrôles à la suite de la découverte d?un problème de corrosion dans les circuits de refroidissement de la centrale de Civaux à l?automne 2021. Cependant, la production nucléaire reste à un niveau bas (- 15,6 % par rapport à 2019). Dans le cadre du dispositif d?accès régulé à l?électricité nucléaire historique (Arenh), un peu plus d?un tiers de la production nucléaire, soit 127 TWh, a été rachetée à EDF par les fournisseurs alternatifs ainsi que par les gestionnaires de réseaux pour la couverture de leurs pertes, pour un montant de 5,3 Md¤. Un cinquième, soit 27 TWh, ont été cédés pour compenser les pertes liées au transport d?électricité, dont la plus grande partie vient de la dissipation de chaleur par effet Joule. Hydraulique La production hydraulique nette (y compris énergies marines et pompages) progresse nettement en 2023 (+ 18,9 %) et s?établit à 61 TWh (cf. 2.2.3) du fait de conditions hydrologiques plus favorables après une année 2022 de production historiquement basse. La production hydraulique en 2023 constitue ainsi plutôt un retour à une situation moyenne qu?à une année de forte production hydraulique. 72 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Un peu moins de 4,2 TWh (6,9 % de la production) sont produits par des stations de transfert d?énergie par pompage (Step) qui permettent de stocker de l?électricité en pompant l?eau d?une retenue inférieure à une retenue supérieure pour la turbiner en sens inverse ultérieurement. En 2023, 3 TWh sont produits dans le cadre de contrats d?obligation d?achat ou compléments de rémunération. Auparavant, le tarif d?achat concernait les installations de moins de 12 MW. Depuis le 30 mai 2016, et au 31 décembre 2023, ne sont éligibles à de nouveaux contrats d?obligation d?achat que les installations de moins de 500 kW. Un complément de rémunération en guichet ouvert est possible pour les installations de moins de 1 MW et sur appel d?offres pour les installations de puissance comprise entre 1 et 4,5 MW. Comme en 2022, les charges de l?État pour cette filière sont négatives en 2023 (- 316 M¤). Les prix garantis par les contrats d?obligation d?achat sont devenus inférieurs aux prix de gros en 2022 et 2023, ce qui a entraîné des résiliations anticipées de contrat. Le nombre de résiliations est moindre en 2023. Éolien Grâce à la progression des capacités installées, la production éolienne progresse de 32,1 % en 2023 et s?établit à 50 TWh (cf. 2.2.3). Après s?être envolés en 2022, les prix de gros de l?électricité restent en 2023 à un niveau nettement supérieur à celui des années précédentes. En conséquence, les subventions à la filière éolienne dans le cadre du dispositif des obligations d?achat et des compléments de rémunération sont négatives, à - 3,4 Md¤. En effet, les compensations aux opérateurs se fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé le tarif en 2023, les producteurs éoliens concernés ont vendu leur production en dessous du prix de marché. Solaire photovoltaïque La production solaire photovoltaïque progresse en 2023 (+ 11,2 %) et s?établit à 22 TWh en raison de l?augmentation de la puissance du parc consécutive à un rythme d?installation nettement accéléré (cf. 2.2.3). Le champ couvert par cette production inclut la production photovoltaïque autoconsommée qui s?élève à 0,9 TWh en 2023. L?État, via les dispositifs d?obligation d?achat et de compléments de rémunération soutient particulièrement les différentes formes de production photovoltaïques (autoconsommation et vente en totalité). Cependant, en 2023, les montants des subventions attribués à la filière solaire tombent à leur niveau le plus bas depuis 2012, soit 43 M¤. Cela s?explique, comme pour l?éolien, par le différentiel entre le prix de marché et le tarif fixé à l?avance. Thermique classique L?ajustement de l?offre à la demande d?électricité est, pour l?essentiel, assuré par la filière thermique classique à partir de combustibles fossiles ou renouvelables, dont les moyens de production peuvent être démarrés ou stoppés très rapidement selon les besoins. En 2023, la production thermique diminue de 25 % et s?établit à 50 TWh (figure 3.4.1.3). En effet, dans un contexte de hausse des productions d?origine nucléaire et hydraulique, les installations thermiques classiques, utilisées comme moyens de pointe pour ajuster l?offre à la demande, ont été davantage sollicitées que l?année précédente. Le rendement électrique moyen des centrales, qui rapporte la production d?électricité à la consommation de combustibles nécessaire à cette production, est très différencié selon le combustible utilisé. En 2023, il s?élève à 64 % pour le gaz naturel, 43 % pour la biomasse, 41 % pour le biogaz, 42 % pour les produits pétroliers, 32 % pour les déchets ménagers. Ces derniers sont consommés principalement par des incinérateurs dont le but premier est la destruction des déchets et non la conversion énergétique. À l?inverse, les centrales fonctionnant au gaz naturel, en particulier celles qui sont dédiées à la production d?électricité seule, affichent en moyenne le meilleur rendement, convertissant plus de la moitié de l?énergie contenue dans le combustible en électricité. En effet, la transformation de gaz en électricité est aujourd?hui essentiellement assurée (hors cogénération) par des centrales à cycle combiné, plus efficaces d?un point de vue énergétique que les centrales thermiques traditionnelles. Les centrales de cogénération qui produisent à la fois de la chaleur et de l?électricité à partir de la biomasse ou des déchets tirent les rendements électriques de ces combustibles à la baisse. Leur efficacité globale reste néanmoins plus importante car le rendement de la production de chaleur y est conventionnellement fixé à 85 %. Les rendements énergétiques apparents sont dispersés, en particulier dans le cas du biogaz, dont la teneur en méthane peut être très variable, et de la biomasse, dont la composition et le taux d?humidité ne sont pas très homogènes (figure 3.4.1.4). Le pouvoir calorifique de ces combustibles est estimé avec beaucoup plus d?imprécision et les différences de rendements apparents témoignent vraisemblablement des différences de pouvoirs calorifiques non pris en compte. Pour le gaz naturel et le pétrole, les faibles rendements sont principalement observés lorsque ces combustibles sont mélangés avec des déchets ou des gaz de raffineries (qui sont classés parmi les produits pétroliers mais peuvent contenir d?autres gaz). Les centrales thermiques utilisant des énergies renouvelables et de récupération (biomasse, biogaz, déchets) ainsi que celles de cogénération peuvent bénéficier, sous conditions, du mécanisme d?obligation d?achat ou de celui des compléments de rémunération. La production électrique dans le cadre de ces dispositifs s?est élevée à 16 TWh en 2023, et a été subventionnée à hauteur de 1,1 Md¤. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 73 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.3 : production thermique classique nette par type de combustibles 70 60 50 40 30 20 10 0 En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Gaz naturel (élec. seule) Produits pétroliers (élec. seule) Gaz naturel (cogé.) Produits pétroliers (cogé.) Charbon (élec. seule) EnRt* et déchets (élec. seule) Charbon (cogé.) EnRt* et déchets (cogé.) *EnRt=énergiesrenouvelablesthermiques. Lecture:en2023,28TWhd?électricitéontétéproduitsparcombustiondegaznaturel,dont11TWhàl?aided?unprocédédecogénération. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité Figure 3.4.1.4 : répartition des combustibles par tranche de rendement en 2023 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Biogaz Biomasse Déchets ménagers Gaz naturel Produits pétroliers Autre (dont charbon) Tranche de rendement (en %) 34 % 27 % 17 % 23 % 11 % 40 % 13 % 56 % 30 % 45 % 20 % 17 % 15 % 25 % 63 % 4 % 19 % 23 % 12 % 18 % 18 % Lecture:en2023,45%delaconsommationdeproduitspétrolierspourproduiredel?électricitéaétéréaliséedansdescentralesavecunrendementénergétique comprisentre40et50%. Note:latailledesrondsestproportionnelleaupoidsducombustiblepartranchederendementdanslaconsommationtotaledececombustiblepourproduirede l?électricité.Encasd?utilisationdeplusieurscombustiblesparunecentrale,laproductionestrépartieentrecesderniersenproportion:unecentraleconsommant plusieurscombustiblesapparaîtainsidansplusieursrondssurlamêmetranche. Champ:centralesthermiques. Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité Sur l?ensemble des filières de production, ce sont, au total, 79 TWh d?électricité qui sont vendus pour un montant de 13,3 Md¤ aux acheteurs obligés. Les subventions de l?État dans le cadre des mécanismes d?obligation d?achat et de compléments de rémunération sont négatives en 2023 (- 2 Md¤). En effet, les compensations aux opérateurs se fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé les tarifs fixés en 2023, les producteurs éoliens et hydrauliques concernés ont reversé à l?État la différence entre le prix du marché et le prix prévu à l?avance dans leur contrat. 74 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Par ailleurs, des compensations, de l?ordre de 2,2 Md¤ en 2023, sont accordées par l?État aux producteurs situés dans les zones non interconnectées (les îles françaises dont l?éloignement géographique empêche ou limite une connexion au réseau électrique continental) dans le cadre de la péréquation géographique tarifaire6. Ces compensations visent à ne pas répercuter les surcoûts de production (liés aux contraintes plus fortes pour assurer l?équilibre entre offre et demande du fait du caractère insulaire du territoire) sur le tarif moyen de vente au client final, et ainsi à garantir que celui-ci soit similaire à celui de la France continentale. Principales installations de production d?électricité en France par filière Figure 3.4.1.5 : sites nucléaires, situation au 31 décembre 2023 2 1 4 2 6 2 4 2 2 2 4 4 2 4 2 4 4 2 22 0 50 km Golfech Le Blayais Civaux Chinon Saint Laurent Belleville Dampierre Nogent-sur-Seine Bugey*** Saint-Alban Romans- sur-Isère Narbonne Cattenom Chooz Gravelines Morvilliers Soulaines Penly PaluelLa Hague Flamanville Cruas Marcoule Tricastin Palier REP* standardisé Puissance électrique nette Nombre de tranches Année de mise en service commercial Mode de refroidissement 900 MW 1 300 MW 1 500 MW 1 650 MW (EPR**) 32 20 4 1 1978 - 1988 1985 - 1994 2000 - 2002 Mi-2024(en construction) Circuit ouvert avec prélèvement et rejet d?eau dans les cours d?eau et la mer Circuit fermé avec prélèvements réduits et rejet de vapeur dans l?atmosphère via des tours aéroréfrigérantes Usine de l?amont du cycle du combustible (enrichissement...) Usine de l?aval du cycle du combustible (retraitement...) Centre de stockage des déchets 4 Nombre de réacteurs *REP:réacteuràeaupressurisée. **EPR:réacteurpressuriséeuropéen. ***LacentraleduBugeyestencircuitmixte. Source :DGEC 6 Il est fait l?hypothèse, dans le compte présenté ici, que la totalité du surcoût est liée à la production alors qu?en réalité une partie provient de la gestion du réseau. Les activités de production, distribution et fourniture d?électricité étant, par dérogation au droit européen, intégrées dans les zones non interconnectées, il n?est en effet pas possible d?identifier séparément les deux composantes. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 75 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.6 : puissance hydraulique (hors pompages, y compris énergies marines) raccordée au réseau au 31 décembre 2023 ? Part de la puissance des installations de 10 MW ou plus (en %) Entre 97 et 100 Entre 85 et 97 Entre 70 et 85 Entre 0 et 70 Égale à 0 Puissance installée (en MW) 3 910 242 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Source : SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuelleauprèsdesproducteurs d?électricité Figure 3.4.1.7 : puissance éolienne raccordée au réseau au 31 décembre 2023 En MW 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Puissance installée (en MW) 2 148 232 Puissance installée terrestre Puissance installée en mer Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF- SEI,CREetlesprincipalesELD Figure 3.4.1.8 : puissance photovoltaïque raccordée au réseau au 31 décembre 2023 En MW ? Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe 0 50 km Puissance installée (en MW) 198 1 046 Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF- SEI,CREetlesprincipalesELD Figure 3.4.1.9 : centrales au gaz naturel, situation au 31 décembre 2023 0 50 km Cycle combiné gaz (CCG) Turbine à combustion (TAC) DK6 (2) Bouchain (1)Bouchain (1) Pont-sur- Sambre (1) Emile Huchet (2) Blénod (1)Blénod (1) Croix de Metz (1) Croix de Metz (1) Bayet (1)Bayet (1) Montoir (1) Martigues (2) Combigolfe (1) Cycofos (1) Martigues (2) Combigolfe (1) Cycofos (1) Gonfreville (2) Montereau (2)Montereau (2) Vitry (1)Vitry (1) Gennevilliers (1)Gennevilliers (1) St Ouen (1)St Ouen (1) Landivisiau (1) Source : RTE 76 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.10 : centrales à charbon et au fioul, situation au 31 décembre 2023 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Arrighi (2) Vaires-sur- Marne (3) Emile Huchet (1) Brennilis (3) Dirinon (2) Cordemais (2) Lucciana Vazzio Arrighi (2) Vaires-sur- Marne (3) Emile Huchet (1) Brennilis (3) Dirinon (2) Cordemais (2) Lucciana Vazzio Jarry Galion Pointe des Carrières Belle- fontaine Kourou Dégrad des cannes La Baie Badamiers LongoniLe Moule Le Gol Jarry Galion Pointe des Carrières Belle- fontaine Kourou Dégrad des cannes La Baie Badamiers LongoniLe Moule Le Gol Fioul Charbon Source : RTE 3.4.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉLECTRICITÉ Le réseau d?électricité, qui permet son acheminement depuis les lieux de production jusqu?à ceux de consommation, se compose de deux niveaux : le réseau de transport et le réseau de distribution. Le réseau de transport, géré par RTE sur le territoire continental, comprend les lignes à très haute tension (« HTB »). En 2023, il atteint une longueur totale d?environ 106 000 km. Le réseau de transport permet d?acheminer la très grande majorité de l?électricité produite au réseau de distribution et à quelques très gros consommateurs. Les réseaux de distribution, auxquels sont raccordés la grande majorité des consommateurs et la quasi- totalité des petits producteurs, comprennent les lignes à moyenne et basse tension (« HTA » et « BT »), d?une longueur cumulée de plus de 1,4 million de kilomètres. Enedis est le gestionnaire d?un réseau couvrant 95 % des clients du territoire continental, une centaine d?entreprises locales de distribution se répartissant le reste. EDF SEI, acteur intégré (également producteur et fournisseur), gère les réseaux des zones non interconnectées, sauf à Mayotte où la gestion est assurée par Électricité de Mayotte. Transport et distribution confondus, la rémunération des gestionnaires de réseaux pour leurs missions s?élève à 16,3 Md¤ en 2023 (figure 3.4.2.1). Cette somme, payée par les consommateurs via le tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité (Turpe), comprend notamment la valeur des pertes physiques d?électricité sur les réseaux, qui doivent être achetées sur le marché par les gestionnaires (cf. 1.7.2). Ces pertes se sont élevées à 37 TWh en France en 2023, entraînant une charge de 5,3 Md¤ pour les gestionnaires. Nette de la valeur de ces pertes (qui, in fine, constitue une rémunération des producteurs), une rémunération de 11,0 Md¤ en 2023 a donc été perçue par les gestionnaires de réseaux afin de financer le développement, la maintenance et l?exploitation des réseaux ainsi que les missions associées (relève/comptage, mise en service, dépannage, mise à disposition de données, etc.). Le coût du réseau pour les consommateurs, y compris les pertes, augmente très légèrement, de 0,1 % en 2023, en lien avec la baisse des volumes de consommation (- 3,0 %). Les réseaux de distribution et le réseau de transport contribuent respectivement à hauteur de 75 % et 25 % au coût total d?acheminement de l?électricité en 2023. Les coûts unitaires en 2023 sont supérieurs aux valeurs de 2022 sur les réseaux de transport. Le coût unitaire de l?usage des réseaux de distribution diminue (- 9 %) alors que le coût unitaire des pertes associées augmente (+ 59 %) sur la même période. Figure 3.4.2.1 : utilisation des réseaux d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Réseau de transport 436 4 847 418 4 480 438 4 715 420 2 305 406 4 035 dont pertes 11 521 11 550 11 598 10 516 11 1 201 Réseaux de distribution 399 11 831 385 11 857 404 12 491 387 13 980 373 12 264 dont pertes 27 1 359 25 1 347 28 1 776 25 2 571 25 4 131 Utilisation des réseaux 472 16 678 452 16 337 475 17 206 454 16 284 440 16 299 dont pertes 38 1 880 36 1 897 39 2 373 35 3 087 37 5 332 Lecture:leréseaudetransportaacheminé406TWhd?électricitéen2023etaperçupourcelaunerémunérationde4035M¤,dont1201M¤correspondentà l?achatde11TWhdissipéslorsdecetransport. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesgestionnairesderéseaux Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 77 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions climatiques analogues à 2022 En 2023, 48 TWh de chaleur destinée à la vente ont été produits en France. Nets des pertes de distribution, ce sont in fine 42 TWh qui ont été livrés aux consommateurs, dont plus de 62 % proviennent des réseaux de chaleur. 3.5.1 RÉSEAUX DE CHALEUR Les réseaux de chaleur sont généralement mis en place par des collectivités locales afin de chauffer, à partir d?une chaufferie collective, des bâtiments publics ou privés situés sur leur territoire. Des réseaux peuvent également être d?initiative privée. Leur taille varie fortement, allant du petit réseau de chaleur biomasse situé en zone rurale jusqu?à celui de Paris, de taille très importante et alimenté par de multiples centrales de production (figure 3.5.1.1). Les réseaux de chaleur sont particulièrement adaptés aux zones urbaines denses. Ils permettent également d?exploiter une ressource locale, difficile d?accès ou à mobiliser, comme la géothermie profonde, ou la récupération de chaleur auprès d?une unité d?incinération d?ordures ménagères ou d?un site industriel par exemple. En 2023, 1 000 réseaux de chaleur en France métropolitaine disposent d?une puissance thermique totale d?environ 24 GW, dont près de 10 GW sont concentrés dans la seule région Île-de-France. Figure 3.5.1.1 : puissance thermique et chaleur livrée par les réseaux de chaleur en 2023 ? 0 50 km Puissance des réseaux (en MW) Max. 9 675 Moy. 1 985!(!( Chaleur livrée (en GWh) Entre 5 000 et 10 000 Entre 2 000 et 5 000 Entre 1 000 et 2 000 Entre 500 et 1 000 Entre 0 et 500 Entre 10 000 et 13 000 Source : SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid En 2023, les réseaux ont livré aux consommateurs 26 TWh de chaleur (nette des pertes de distribution), soit autant qu?en 2022. À cette fin, il a été produit environ 35 TWh d?énergie (la différence avec la quantité livrée comprenant les pertes de transformation et celles de distribution). Le bouquet énergétique des réseaux est dominé par les énergies renouvelables (EnR) (48 % de la consommation des réseaux en 2023) et le gaz naturel (33 %), y compris le biométhane injecté sur le réseau (figures 3.5.1.2 et 3.5.1.3). Au sein des énergies renouvelables, la biomasse est le premier combustible utilisé ; elle représente 25 % de la consommation des réseaux. Le fioul et le charbon, autrefois prépondérants, déclinent et ne représentent plus que 1 % du bouquet énergétique des réseaux (contre 60 % en 1990). À l?inverse, la part des énergies renouvelables a plus que doublé depuis 2010. En incluant les énergies de récupération telles que la partie non renouvelable des déchets ménagers ou la chaleur industrielle récupérée, la part d?énergies renouvelables et de récupération atteint 63 %7 en 2023. 7 Ce taux diffère de celui publié par la Fedene (Fédération des services énergie environnement) dans son rapport annuel en raison de différences méthodologiques. En particulier, contrairement au calcul de la Fedene, les garanties d?origine biométhane ne sont pas comptabilisées ici comme énergies renouvelables, la logique du bilan de l?énergie étant de retracer des flux physiques. 78 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Près d?un cinquième des réseaux de chaleur (19 %) possèdent un équipement de cogénération et sont donc également producteurs d?électricité. En 2023, la chaleur produite par cogénération dans les réseaux de chaleur, puis livrée aux consommateurs, représente environ 3,9 TWh (soit 11 % du total des livraisons des réseaux). Figure 3.5.1.2 : répartition par source d?énergie de la consommation d?énergie des réseaux de chaleur en 2023 Autre - Gaz naturel Autre - Chaudières électriques Autre - Fioul, GPL et autres énergies non renouvelables Autre - Charbon EnR - Biomasse EnR - Déchets renouvelables EnR - Géothermie EnR - Autres énergies renouvelables Récupération - Déchets non renouvelables Récupération - Chaleur industrielle En % 33 2 1 25 13 5 5 13 2 1 Autres 38 % Énergies de récupération 14 % Énergies renouvelables (EnR) 48 % Note:«Chaudièresélectriques»:dontconsommationannexed?électricité. «Fioul,GPL(gazdepétroleliquéfié)etautresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante... «Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique. Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Figure 3.5.1.3 : consommation d?énergie pour la production de chaleur par source d?énergie dans les réseaux de chaleur En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Énergies renouvelables Charbon Énergies de récupération Fioul et GPL Gaz naturel Autres énergies non renouvelables Chaleur commercialisée (nette des pertes) GPL=gazdepétroleliquéfié. Note:«Autresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante... «Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique. Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 79 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.5.2 CHALEUR COGÉNÉRÉE VENDUE HORS DES RÉSEAUX DE CHALEUR En 2023, les installations de production d?électricité avec procédé thermique de cogénération (hors réseaux de chaleur munis d?un tel équipement) ont produit 45 TWh de chaleur, soit autant qu?en 2022 (figure 3.5.2.1). Un peu plus de la moitié de cette chaleur (22 TWh nets des pertes de distribution) a été livrée à des utilisateurs tiers. Tout le reste, soit 52 % de la chaleur produite par cogénération, correspond, outre les pertes, à de la chaleur autoconsommée, c?est-à-dire utilisée par le producteur lui-même. En effet, une très large part de la chaleur produite par cogénération est générée par des autoproducteurs, c?est-à-dire des entreprises qui produisent électricité et chaleur pour les besoins propres de leur activité et peuvent en revendre le surplus à titre secondaire. En 2023, la chaleur produite par cogénération l?a principalement été en brûlant du gaz naturel (37 %), des déchets ménagers (18 %) et du bois (11 %). Figure 3.5.2.1 : production de chaleur par cogénération en 2023 (hors réseaux de chaleur) En TWh (données non corrigées des variations climatiques) Électricité issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur Chaleur issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur Total chaleur Chaleur commercialisée Pertes et chaleur autoconsommée Production totale 18,9 45,5 21,6 23,8 Produits charbonniers 0,9 1,2 0,2 1,1 Produits pétroliers 0,5 3,9 2,2 1,7 Gaz naturel 8,3 16,8 6,5 10,3 Déchets 2,7 8,6 6,4 2,2 dontdéchetsurbains 2,6 8,3 6,2 2,1 Bois et résidus agricoles 2,0 5,2 3,8 1,4 Résidus de papeterie, liqueur noire 0,6 3,1 1,0 2,1 Biogaz 2,5 3,6 0,2 3,4 Autres combustibles 1,5 3,1 1,3 1,8 Note:lescolonnes«Totalchaleur»et«Pertesetchaleurautoconsommée»incluentlachaleurautoconsommée,notammentcelledesautoproducteurs. Toutefois,cettedernière,n?étantpasvendueàdestiersmaisconsomméedirectementparleproducteur,n?estin finepascomptabiliséedanslebilandelachaleur (dontlepérimètreestceluidelachaleurcommercialiséeouautoconsomméeparlesproducteursprincipaux);cesontlescombustiblesutiliséspourproduire lachaleurautoconsomméequisontcomptabiliséscommeconsommationsfinalesdanslebilandesautresformesd?énergie. Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique L?hydrogène pur (à 98 % ou plus) sera pris en compte dans les statistiques de l?énergie à partir de l?année 2024, conformément au règlement européen sur les statistiques de l?énergie révisé en janvier 2022 (introduction de ce vecteur) puis en janvier 2024 (prise en compte dans le bilan des autres énergies). Il n?apparaît donc pas encore dans le bilan énergétique, sauf indirectement en tant que combustible pour la production d?électricité. Néanmoins, une évaluation des ressources et des usages de ce vecteur en 2022 et 2023 a été réalisée. Cette synthèse s?appuie sur plusieurs sources administratives, sur des enquêtes8 existantes et sur une nouvelle enquête auprès des sites producteurs d?hydrogène qui permet de connaître les quantités par mode de production, les capacités des sites producteurs et enfin d?estimer la consommation d?énergie pour sa production. L?hydrogène (dihydrogène) pur est un vecteur énergétique encore peu produit et utilisé. Mais il suscite un intérêt croissant pour la décarbonation de plusieurs usages et secteurs à condition d?être produit à partir de procédés faiblement émetteurs en gaz à effet de serre, tels que l?électrolyse de l?eau en utilisant de l?électricité à faible contenu carbone. Très léger et présent en faibles quantités à l?état naturel, l?hydrogène utilisé est obtenu principalement à partir de combustibles fossiles. Il est considéré comme un vecteur énergétique secondaire, comme l?électricité ou la chaleur vendue. Les ordres de grandeur présentés ici diffèrent des évaluations réalisées par France Hydrogène et l?Institut français du pétrole et énergies nouvelles (Ifpen) car seul l?hydrogène pur est ici retracé (il est exclu quand il fait partie de mélanges de gaz même s?il est majoritaire dans leur composition). PRODUCTION D?HYDROGÈNE En 2023, la production totale d?hydrogène pur en France est estimée à 245 000 tonnes, soit 8,2 TWh (figure 1). Elle augmente de 18 % par rapport à 2022. L?hydrogène est commercialisé par une dizaine d?unités légales en France. En 2023, la production vendue d?hydrogène pur s?élève à 64 000 tonnes (soit 2,1 TWh). L?hydrogène peut aussi être produit par des entreprises (énergétiques ou non) pour leur usage propre ? et ne fait pas alors l?objet d?une vente ? ou être produit de manière fatale dans des processus industriels, c?est-à-dire sans être réutilisé directement, ni à des fins énergétiques ni à des fins non énergétiques. Cela concerne 181 000 tonnes (6 TWh) en 2023. Figure 1 : ressources et usages d?hydrogène pur en 2022 et 2023 En TWh 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 Ressources Usages Ressources Usages 2022 2023 Production vendue Autoconsommation industrie hors raffineries Consommation pour le processus de raffinage Consommation de chaleur des raffineries Autoconsommation des raffineries Importations-exportations Mélanges ou pertes Consommation énergétique industrie Mobilité Consommation pour la production d?électricité Consommation non énergétique industrie Écart statistique Ressources Usages 2,7 2,2 3,3 0,3 1,4 1,9 0,7 1,5 0,8 0,3 1,3 3,6 1,7 2,4 2,5 2,1 Source :calculsSDES,àpartirdeEAPH,enquêteauprèsdesraffineurs,EACEI 8 Enquête annuelle de production de l?Insee, données douanières, enquête sur la consommation d?énergie de l?industrie. 80 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 81 Les sites de raffinage de pétrole produisent des gaz qui contiennent de l?hydrogène. S?ils ne sont pas épurés, ces gaz sont déjà pris en compte dans les statistiques de l?énergie en tant que produits pétroliers (gaz de raffineries). Selon les raffineurs, seules 73 000 tonnes d?hydrogène pur sont produites en 2023 par les sites de raffinage. Seules 29 000 tonnes (1 TWh) sont ensuite utilisées pures9 pour le processus de raffinage et la production de chaleur. Les cokeries déclarent, quant à elles, ne produire que des mélanges de gaz contenant de l?hydrogène (des gaz de cokeries, classés comme produits du charbon dans le bilan) qu?elles n?épurent pas. Les industriels hors branche énergie, dans la chimie essentiellement, produisent également de l?hydrogène (pour 108 000 tonnes en 2023, soit 3,6 TWh) qu?ils utilisent pour leurs besoins propres (autoconsommation). Malgré le développement de projets de production d?hydrogène bas-carbone, l?hydrogène pur produit en 2023 provient très majoritairement de procédés émetteurs en CO2. L?essentiel des quantités (70 %) est obtenu à partir du gaz naturel (méthane) à travers le vaporeformage (SMR pour steam methane reforming) et l?oxydation partielle sans capture de carbone (figure 2). Le vaporeformage ou l?oxydation partielle à partir de méthane avec un procédé de capture et de stockage du carbone est utilisé pour 10 % de l?hydrogène produit. L?électrolyse est encore très peu utilisée (9 %) pour la production de quantités significatives. Au sein de l?électrolyse, le procédé chlore-soude, qui génère les plus grandes quantités, concerne un nombre très restreint de producteurs. La production d?hydrogène à partir de produits pétroliers et d?autres procédés (à partir de méthanol principalement) est faible (moins de 10 % des quantités produites). Figure 2 : hydrogène pur par mode de production en 2022 et 2023 0,1 En TWh 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 2022 2023 SMR ou oxydation partielle sans capture Production à partir de produits pétroliers Autre mode (principalement à partir de méthanol) SMR ou oxydation partielle avec capture Électrolyse 0,6 0,7 1 4,5 0,5 0,7 0,3 0,9 5,7 Sources :SDES,EAPHetenquêteauprèsdesraffineursetInsee,EACEI STOCKAGE, TRANSPORT ET ÉCHANGES EXTÉRIEURS Le stockage et le transport de l?hydrogène sont encore très peu développés en raison de l?absence d?infrastructures conséquentes (sites de stockages et réseaux de transport) et d?enjeux spécifiques pour ce vecteur (faible densité, risques d?explosion ou de fuites). Les sites de production sont implantés à proximité des sites de consommation. Les importations d?hydrogène sont par conséquent encore très limitées (1 200 tonnes en 2023) tout comme les exportations (1 400 tonnes en 2023) mais elles augmentent par rapport à l?année précédente. En 2022, les quantités échangées étaient en effet encore plus faibles : 1 100 tonnes ont été importées et 700 tonnes ont été exportées. CONSOMMATION Les usages de l?hydrogène (acheté ou autoconsommé) sont principalement la désulfurisation des produits pétroliers (dans le processus de raffinage) pour 21 000 tonnes en 2023 (0,7 TWh), la production de chaleur des bâtiments industriels et des sites de raffinage pour 49 000 tonnes (1,6 TWh) et les usages non énergétiques pour 100 000 tonnes (3,3 TWh), concentrés pour 95 % dans le secteur de la chimie (dont chimie organique) - (figure 3). L?hydrogène est notamment utilisé pour la fabrication d?engrais. 9 Les quantités produites non utilisées pures et non vendues sont considérées alors comme mélangées. 82 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 La production d?électricité et la mobilité sont encore très peu concernées en 2023 par ce vecteur. Utilisé sous forme liquide depuis plusieurs décennies pour propulser Ariane, l?hydrogène fait toutefois l?objet d?investissements pour la mobilité lourde, en particulier sous la forme de carburants de synthèse dans l?aviation et le transport maritime. L?hydrogène est actuellement utilisé de manière très marginale dans le transport fluvial et le transport routier (50 bus, moins de 10 poids lourds, un peu moins de 200 camionnettes, un peu plus de 50 fourgons ou véhicules aménagés et près de 900 véhicules particuliers avec des piles à hydrogène au 1er janvier 2024 selon le répertoire statistique des véhicules routiers RSVERO). Les stations de recharge sont principalement implantées en Normandie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et près de Nantes, à proximité des sites de production. Les pertes et mélanges s?élèvent à près de 57 000 tonnes, soit 1,9 TWh. L?essentiel provient des quantités produites par les raffineries qui ne sont pas utilisées pures et sont donc considérées comme mélangées à d?autres gaz. Figure 3 : consommation d?hydrogène pur dans l?industrie hors branche énergie (raffinage et transformation en électricité par secteur) en 2023 Répartition en % Usages énergétiques - Industries chimique et pétrochimique Usages non énergétiques - Industries chimique et pétrochimique Autres secteurs industriels 5 28 67 Source :Insee,EACEI partie 4 La consommation d?énergie par forme d?énergie ? La consommation d?énergie primaire de la France s?établit à 2 525 TWh en 2023, en hausse de 1,6 % par rapport à 2022. Cette légère progression s?explique par l?augmentation des pertes de chaleur induites par la production nucléaire, alors que la consommation finale diminue. Les températures ayant été similaires en 2022 et 2023, la hausse de la consommation primaire après correction des variations climatiques (CVC) s?établit également à 1,6 %. Dans un contexte de prix élevés et de la mise en place de mesures de sobriété, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 % à climat corrigé. Tous les secteurs sont concernés par la baisse de consommation. La consommation à usage non énergétique, majoritairement concentrée dans la pétrochimie, diminue également mais dans une moindre proportion (- 1,9 % sur un an). Au total, la baisse de consommation finale compensant la hausse des prix, la dépense des ménages, entreprises et administrations pour satisfaire leurs besoins en énergie est quasi stable, à 230 Md¤. Elle se maintient à un niveau élevé, près de 20 % au-dessus de son niveau de 2021 en euros constants. Les produits pétroliers représentent 45 % de cette dépense nationale en énergie et l?électricité 37 %, loin devant les autres énergies. 84 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte de hausse des prix de l?énergie La consommation d?énergie primaire de la France progresse de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh (figure 4.1.1). La reprise de la production nucléaire et donc la plus forte consommation de chaleur nucléaire expliquent cette progression alors même que la consommation finale d?énergie diminue notamment sous l?effet des prix élevés de l?énergie et des appels à la sobriété. Corrigée des variations climatiques, la hausse est également de 1,6 %. Les températures pendant la période de chauffe, mesurées par le nombre de degrés- jours unifiés (DJU), ont en effet été très similaires à celles de 2022 (figure 4.1.2). Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de consommation d?énergie (voir encadré), la consommation primaire a baissé de 16,3 % à climat corrigé. Figure 4.1.1 : consommation primaire totale et par usage En TWh 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Pertes de transformation, de transport et de distribution CVC Consommation finale énergétique CVC Consommation primaire réelle Consommation finale non énergétique CVC 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Note:lespertesdetransformation,detransportetdedistributionintègrentlaconsommationd?énergiedesentreprisesdusecteurdelatransformationpour leurusagepropreainsiqu?unécartstatistique. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 85 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.1.2 : nombre de degrés-jours unifiés de la période de chauffe 2 000 1 900 1 800 1 700 1 600 1 500 1 400 1 300 1 200 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Nombre de DJU de référence Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsMétéo-France La hausse de la consommation primaire en 2023 provient de celle des pertes de transformation, de transport et de distribution d?énergie. Ces dernières (qui correspondent à la différence entre la consommation primaire et la consommation finale, à l?écart statistique près) augmentent de 13,2 % à climat corrigé, en raison principalement de la reprise de la production nucléaire et des pertes de chaleur induites (cf. 2.2.2). Celles- ci sont particulièrement importantes puisque seul un tiers de la chaleur produite par l?énergie nucléaire est convertie en électricité. La consommation finale d?énergie s?établit à 1 615 TWh en données réelles, dont 119 TWh pour les usages non énergétiques. Ceux-ci, majoritairement concentrés dans l?industrie et la pétrochimie, diminuent de 1,9 % en 2023. La consommation finale à usage énergétique diminue de 4,1 % et s?établit à 1 496 TWh en données réelles (cf. 5.1). La consommation primaire évolue différemment selon les formes d?énergie (figure 4.1.3). Les énergies renouvelables électriques (hydraulique, éolien, photovoltaïque) voient leur consommation progresser de 24,6 % sur un an, sous l?effet de la croissance des capacités installées et de conditions météorologiques plus favorables (la production hydraulique avait été fortement affectée par la sécheresse en 2022). La consommation de chaleur nucléaire progresse de 7,3 % avec le redémarrage des réacteurs qui avaient été mis à l?arrêt pour maintenance en 2022. La consommation d?énergies renouvelables (EnR) thermiques et déchets progresse également (+ 3,1 %), portée par les pompes à chaleur et le biogaz. À l?inverse, les consommations primaires de gaz naturel et de charbon diminuent fortement (respectivement - 11,9 % et - 22,9 %). La consommation primaire de pétrole est quasi stable (+ 0,3 %), la croissance de l?activité des raffineries compensant la baisse de consommation finale dans le transport. Le bouquet énergétique primaire se compose de 39 % de nucléaire (+ 2 points par rapport à 2021), 30 % de pétrole, 13 % de gaz (- 3 points en un an), 11 % d?EnR thermiques et déchets, 5 % d?EnR électriques et 2 % de charbon. Figure 4.1.3 : consommation primaire par forme d?énergie 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Hydraulique, éolien et photovoltaïque Énergies renouvelables thermiques et déchets Nucléaire Gaz naturel Pétrole Charbon Note:laconsommationd?énergienucléairecorrespondàlaquantitédechaleurdégagéeparlaréactionnucléaire(quiestensuiteconvertieenélectricité), déductionfaitedusoldeexportateurd?électricité. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 86 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Le bouquet énergétique final reste, quant à lui, dominé par le pétrole (figure 4.1.4). En 2023, les produits pétroliers représentent ainsi 39 % de la consommation finale à usage énergétique, devant l?électricité (27 %), le gaz (18 %), les énergies renouvelables et les déchets (13 %), la chaleur (3 %) et le charbon (0,4 %). Sur le long terme, la part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique tend à diminuer depuis 1990 au profit de l?électricité et, depuis le milieu des années 2000, également au profit des énergies renouvelables. Figure 4.1.4 : consommation finale à usage énergétique par forme d?énergie En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 Pétrole Gaz naturel Charbon Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2023 2020 Note:lachaleurn?estisoléequedepuis2000. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Dans un contexte de prix élevés de l?énergie, et malgré la baisse de consommation finale, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie, soit un niveau similaire à celui de 2022 (figure 4.1.5). Elle se maintient donc à un niveau élevé, supérieur de près de 20 % à celui de 2021. Les produits pétroliers représentent toujours la part la plus importante de la dépense, mais celle-ci diminue de 5 points, à 45 %, entre 2022 et 2023. Ils sont suivis par l?électricité qui voit sa part dans la dépense progresser de 7 points, pour atteindre 37 %. Ces proportions sont supérieures aux parts respectives de ces deux formes d?énergie dans la consommation finale en raison de prix moyens plus élevés que les autres formes d?énergie. Figure 4.1.5 : consommation finale en énergie, tous usages confondus (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 Charbon (hors hauts-fourneaux) 14 0,4 13 0,3 14 0,4 11 0,5 10 0,4 Produits pétroliers 773 98,7 686 72,4 749 92,2 720 114,6 693 102,2 Gaz naturel 341 21,3 319 18,2 347 22,1 297 27,9 273 27,4 Énergies renouvelables et déchets 185 5,7 171 4,9 196 7,2 192 9,4 200 8,6 Électricité 432 61,1 411 60,7 433 65,5 415 69,2 398 85,3 Chaleur 43 2,9 42 2,6 48 3,5 46 4,4 42 3,8 Consommation finale (hors charbon des hauts-fourneaux) 1 787 190 1 641 159 1 787 191 1 681 226 1 615 228 Dépense nationale en énergie (y compris charbon des hauts-fourneaux) 192 160 192 228 230 Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 87 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Au sein de la dépense nationale en énergie, le coût des importations nettes et des variations de stocks de produits énergétiques représente 67 Md¤ (figure 4.1.6). Il diminue de 41 % par rapport à 2022 sous l?effet des baisses de prix sur les marchés internationaux. Les taxes énergétiques (nettes des subventions aux EnR) s?établissent à 39 Md¤. Elles progressent de 20 % sur un an en raison de la baisse des subventions aux EnR qui deviennent négatives, les prix sur les marchés ayant été plus élevés que les prix fixés dans le cadre des obligations d?achat (cf. 3.4). La TVA non déductible est quasi stable, à 18 Md¤, la hausse des prix compensant la baisse de la consommation finale. Le solde, soit 106 Md¤, correspond à la rémunération d?activités réalisées sur le territoire national, principalement la production d?électricité et d?EnR, la gestion des réseaux de gaz et d?électricité, la distribution des carburants et le raffinage de pétrole. Elle progresse de 65 % sur un an, en lien avec la reprise de l?activité des centrales nucléaires et des raffineries. Figure 4.1.6 : décomposition de la dépense nationale en énergie En Md¤2023 2015 2011 2012 2016 2017 2019 2021 2022 2023 2020 2018 2014 2013 250 200 150 100 50 0 Taxes énergétiques nettes des subventions TVA non déductible Rémunération d?activités nationales Importations nettes de produits énergétiques et variations de stocks Source : SDES,Bilandel?énergie Les objectifs de réduction de la consommation d?énergie de la France La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et celle relative à l?énergie et au climat de 2019 ont fixé comme objectifs de diviser par deux la consommation finale d?énergie à horizon 2050 et de réduire la consommation primaire d?énergies fossiles de 40 % en 2030 par rapport à 2012. La programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) relative à la France continentale, dans sa deuxième version adoptée en avril 2020, donne des cibles intermédiaires de réduction de la consommation d?énergie par rapport à 2012, et les décline par forme d?énergie (figure 4.1.7) : ? consommation finale d?énergie : - 7,5 % en 2023 et - 16,5 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 8,5 % en 2023 ; ? consommation primaire de gaz naturel : - 10 % en 2023 et - 22 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,9 % en 2023 ; ? consommation primaire de pétrole : - 19 % en 2023 et - 34 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,8 % en 2023 ; ? consommation primaire de charbon : - 66 % en 2023 et - 80 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 63,1 % en 2023. La 3e PPE qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période 2025-2035 est en cours de finalisation. La consultation du public s'est achevée le 5 avril 2025. Figure 4.1.7 : baisses de consommations réalisées et attendues dans la PPE Consommation primaire de gaz naturel Consommation énergétique finale Consommation primaire de pétrole Consommation primaire de charbon Baisse attendue 2012-2028 Baisse attendue 2012-2023 Baisse réalisée 2012-2023 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 En % (données corrigées des variations climatiques) Champ:Francecontinentale.Laconsommationd?énergieàusagenonénergétiqueestexclue. Sources :SDES,Bilandel?énergie;décretdu21avril2020relatifàlaprogrammationpluriannuelledel?énergie 88 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 4.2.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES La consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants diminue de 3,5 % en 2023 et s?élève à 64,4 Mtep, soit 749,5 TWh (figure 4.2.1.1). Elle poursuit sa dynamique de baisse des années récentes (- 9,7 % par rapport à 2019). Les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) visent une réduction de 7,6 % de la consommation finale, toutes énergies confondues, et de 20 % de la consommation primaire d?énergie fossile entre 2012 et 2023. Par rapport à 2012, la consommation finale de produits pétroliers baisse de 15,5 %. Le secteur des transports reste le poste de consommation principal de produits raffinés et biocarburants (66 % de la consommation totale de produits pétroliers). Après une hausse en 2022, sa consommation recule en 2023 (- 2,7 %), pour se placer à un niveau proche de celui de 2021. Dans le résidentiel et le tertiaire, la baisse atteint 13,8 %. Seuls les secteurs de l?industrie et l?agriculture voient leur consommation augmenter (+ 1,5 % et + 1,2 % respectivement). Corrigée des variations climatiques, la consommation de produits pétroliers et biocarburants connaît une baisse annuelle similaire à celle des données réelles (- 3,4 %) en raison de températures hivernales comparables à 2022. En excluant les carburants routiers, cette diminution est de 5,1 % relativement à 2022. Par rapport à 2012, les consommations à climat corrigé sont en nette baisse, en particulier hors carburants routiers (- 14,5 % pour la consommation totale, - 27,9 % en excluant les carburants routiers). La dépense totale en produits pétroliers et biocarburants s?établit en 2023 à 109,1 Md¤, en baisse de 11,3 % par rapport à l?année 2022 du fait d?une baisse de la consommation et des prix. En 2022, la dépense totale avait bondi de 25,8 %, en raison notamment de la très forte hausse des prix de l?énergie dans le contexte de tensions sur les produits pétroliers et gaziers à la suite du conflit entre l?Ukraine et la Russie. La dépense en 2023 reste à une valeur relativement haute par rapport aux années récentes, et s?établit toujours au-dessus du niveau précédent la crise sanitaire (+ 5,7 % comparativement à 2019). Figure 4.2.1.1 : consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants par secteur et dépense totale associée En Mtep (données non corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Production d?électricité et de chaleur Autres transports (navigation et aviation domestique, ferroviaire, fluvial) Résidentiel Transports routiers (ménages) Industrie Agriculture-pêche Transports routiers (autres) Tertiaire Consommation finale à usage non énergétique Dépense totale (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:lesecteurdestransportsn?inclutpaslessoutesmaritimesetaériennesinternationales. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 89 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Après deux années de hausse consécutives, le coût des importations nettes (des exportations) de pétrole brut, de produits raffinés et de biocarburants diminue (- 25,2 % en euros constants) et s?élève à 42,1 Md¤ en 2023 (figure 4.2.1.2). Ils restent supérieurs à ceux de 2019 (+ 17,2 %) et représentent 39 % de la dépense (taxes incluses) en 2023. La situation de tension géopolitique, en particulier en Ukraine et au Moyen- Orient, est responsable d?une crise énergétique qui a tiré à la hausse les prix du pétrole en 2022. La dépense servant à rémunérer des activités (de production, raffinage et transport- distribution) réalisées sur le sol national s?élève à 25,1 Md¤ (à l?écart statistique près), soit 23 % du total, en baisse par rapport à l?année précédente (- 13,2 %). Les 38 % de la dépense restants correspondent à la fiscalité. Celle-ci inclut la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE), la taxe incitative relative à l?incorporation de biocarburants (Tirib), la redevance affectée au stockage des produits pétroliers (CPSSP) ainsi que, dans les DROM, la taxe spéciale de consommation (TSC, qui remplace la TICPE) et l?octroi de mer. La fiscalité sur les produits pétroliers comprend également la TVA, qui s?applique aux prix incluant les autres taxations. La TICPE, qui compte pour la plus grande partie des taxes, a procuré 30,9 Md¤ de recettes (nette des remboursements) en 2023. En euros constants, ce montant est en recul (- 7,4 %) par rapport à 2022. Avec l?introduction de la composante carbone dès 2014, les montants perçus de TICPE avaient fortement augmenté entre 2014 et 2018 (+ 26,1 %). Ils se sont ensuite stabilisés entre 2018 et 2022 (en dehors d?une chute ponctuelle en 2020). En baisse de 1,4 %, la TSC a rapporté 0,55 Md¤ en 2023. La TVA sur les produits pétroliers (hors part déductible pour les entreprises) s?élève à 10,4 Md¤ en 2023, en baisse de 7,6 % par rapport à 2022 (en euros constants). Figure 4.2.1.2 : décomposition de la dépense totale en pétrole brut, produits raffinés et biocarburants Importations nettes Production primaire, marges et écart statistique Taxes hors TVA (nettes des subventions) TVA 140 120 100 80 60 40 20 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En Md¤2023 Note:lessoutesmaritimesetaériennesinternationalessontdéduitesdesimportationsnettes,quiintègrentaussilesvariationsdestocks.Lesmarges comprennentcellesderaffinageetcellesdetransport-distribution. Source :SDES,Bilandel?énergie 90 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation totale peut se décomposer comme la somme de la consommation à usage de production d?électricité et de chaleur (1,4 Mtep en 2023, dont plus de la moitié dans les DROM), de la consommation finale à usage énergétique (54,0 Mtep biocarburants inclus) et de la consommation finale à usage non énergétique (9,1 Mtep) - (figure 4.2.1.3). Figure 4.2.1.3 : consommation de produits pétroliers raffinés par usage et par secteur (y compris biocarburants, données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Production d?électricité et de chaleur 1,4 808 1,4 587 1,4 798 1,5 1 312 1,4 1 001 Consommation finale à usage énergétique 57,9 94 118 50,5 68 887 55,6 87 378 56,0 110 727 54,0 99 708 Industrie 2,6 1 968 2,5 1 540 2,5 1 908 2,5 2 714 2,5 2 425 Transports* 44,6 79 604 37,5 57 440 42,5 73 718 43,8 92 857 42,7 85 550 donttransportsroutiers(ménages) 26,3 52 539 22,1 37 990 24,8 47 981 25,8 59 927 25,7 57 087 donttransportsroutiers(autres) 16,1 25 357 13,9 18 506 15,9 24 296 15,8 30 476 14,8 26 445 dont autres transports 2,2 1 709 1,5 945 1,8 1 441 2,2 2 454 2,1 2 018 Résidentiel 4,7 6 712 4,2 5 044 4,7 6 385 3,5 6 830 3,1 5 099 Tertiaire** 2,7 2 895 2,8 2 404 2,4 2 299 2,7 4 065 2,3 2 830 Agriculture-pêche 3,2 2 938 3,6 2 459 3,5 3 067 3,4 4 262 3,4 3 804 Consommation finale à usage non énergétique 12,0 8 272 11,4 6 354 12,0 9 640 9,3 10 999 9,1 8 402 Industrie 11,8 6 747 11,1 4 920 11,7 7 692 9,0 8 435 8,8 6 208 Pétrochimie 8,7 4 171 8,3 2 722 8,6 4 702 6,4 4 775 6,6 3 488 Construction 2,5 1 201 2,3 906 2,5 1 232 2,1 1 438 1,8 1 008 Autresindustries 0,6 1 375 0,5 1 293 0,6 1 759 0,5 2 223 0,5 1 712 Autres (dont agriculture, transports) 0,3 1 525 0,3 1 434 0,3 1 948 0,3 2 564 0,3 2 194 *Horssoutesmaritimesetaériennesinternationales. **Ycomprislesarmées. Note:laconsommationpourletraficaérienentrelamétropoleetlesDROMestinclusedanslesecteurdestransports(autrestransports). Source :SDES,Bilandel?énergie 4.2.2 PRODUCTION D?ÉLECTRICITÉ ET DE CHALEUR La consommation destinée à la production d?électricité et de chaleur représente 2 % de la consommation totale de produits pétroliers raffinés. Elle diminue sensiblement en 2023 (- 8,8 % par rapport à 2022), à 1,4 Mtep (16,1 TWh) - (figure 4.2.1.3). En France métropolitaine, les centrales au fioul, utilisées en pointe lors des pics de demande en période hivernale, ont progressivement fermé, d?autres énergies se substituant à ce combustible, notamment pour des raisons environnementales. La consommation de fioul dans les réseaux de chaleur est également devenue marginale. Ainsi, la consommation de produits pétroliers pour la production d?électricité et de chaleur a chuté de 24,8 % par rapport à 2012. En revanche, la consommation de fioul pour la production d?électricité n?est pas négligeable en outre-mer. La facture associée s?établit en 2023 à 1,0 Md¤, en repli de 23,7 % en euros constants en un an, du fait du recul de la demande mais aussi de la nette baisse des prix. 4.2.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE ÉNERGÉTIQUE En données réelles, la consommation finale à usage énergétique de produits pétroliers (y compris biocarburants) s?élève à 54,0 Mtep en 2023 (soit 628,0 TWh), en recul de 3,5 % par rapport à l?année précédente (figure 4.2.1.3). Elle est également en retrait par rapport au niveau précédent la crise sanitaire (- 6,7 % comparativement à l?année 2019). L?usage des transports concentre 66 % de la consommation totale de produits pétroliers (y compris biocarburants) en France, soit 42,7 Mtep en 2023 (hors soutes maritimes et aériennes internationales). Relativement stable entre 2012 et 2019, cette consommation avait chuté en 2020 au cours de la crise sanitaire, puis était repartie à la hausse en 2021 et 2022, sans retrouver son niveau de 2019. En 2023, elle diminue de nouveau (- 2,7 %, cf. 5.5). Le transport routier des ménages absorbe la plus grande part de cette consommation (25,7 Mtep en 2023) et reste stable par rapport à 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 91 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La baisse de consommation touche majoritairement le transport routier hors ménages, qui recule de 6,3 % en 2023, sous l?effet notamment d?une diminution du transport de marchandises et de voyageurs. Les autres modes de transport (aérien, ferroviaire, maritime et fluvial) consomment, quant à eux, 2,1 Mtep (hors soutes internationales). Leur consommation baisse également au cours de l?année (- 6,9 %) et se positionne en dessous du niveau de 2019 (- 6,3 %). Les 66 % de produits pétroliers utilisés dans les transports étant davantage taxés, ils représentent 78 % de la dépense totale en produits pétroliers. La dépense totale dans les transports s?établit ainsi à 85,6 Md¤ en 2023. Elle est en baisse de 7,9 % par rapport au niveau record atteint en 2022, en conséquence de la hausse des prix des carburants liée à l?évolution générale des prix de l?énergie en 2022. Les entreprises contribuent moins à cette dépense qu?à la consommation physique des transports car, outre le fait qu?une partie de la TVA est déductible, certains secteurs d?activité bénéficient d?exonérations fiscales. La dépense de produits pétroliers hors ménages dans les transports est de 26,4 Md¤ en 2023, en baisse de 13,2 % par rapport à l?année précédente. Quant aux ménages, ils dépensent plus du double avec 57,1 Md¤, en baisse plus mesurée que celle des entreprises (- 4,7 % en 2023). Les consommations dans le résidentiel et le tertiaire diminuent nettement (- 13,8 %), à 5,4 Mtep en 2023. Cette évolution s?inscrit dans une tendance de baisse des consommations de produits pétroliers dans le résidentiel- tertiaire sur les dernières années. À climat corrigé, elles ont ainsi été divisées par deux depuis 2012 dans le résidentiel en raison de la chute progressive des habitations chauffées au fioul. Celles du secteur tertiaire s?inscrivent dans une dynamique de baisse plus mesurée depuis 2012 (- 28,8 % sur la période, à climat corrigé). Les dépenses respectives du résidentiel et du tertiaire s?élèvent à 5,1 Md¤ et 2,8 Md¤, en nette baisse (respectivement - 25,3 % et - 30,4 %) par rapport à l?année 2022. La consommation de produits pétroliers (y compris biocarburants) à usage énergétique dans l?industrie croît très légèrement en 2023 (+ 1,5 %), pour s?établir à 2,5 Mtep. Elle a connu une baisse progressive entre 2012 et 2017 (- 19,9 %), justifiée à la fois par le recours à d?autres énergies, par des gains d?efficacité énergétique et par la relative désindustrialisation de l?économie. Elle se maintient à un niveau stable depuis (- 2,0 % entre 2017 et 2023). À l?image des dépenses de produits pétroliers dans tous les secteurs, la facture associée chute nettement en 2023 (- 10,7 %), pour s?établir à 2,4 Md¤. Le secteur de l?agriculture et de la pêche consomme essentiellement du gazole non routier (avec une fiscalité différente depuis 2011 du fioul domestique). Sa consommation s?établit à 3,4 Mtep en 2023, très stable depuis 2012 (oscillant en données corrigées des variations climatiques entre 3,2 et 3,6 Mtep au cours de la période 2012-2023). La dépense du secteur connaît, quant à elle, une baisse de 10,7 % en 2023 et s?établit à 3,8 Md ¤. 4.2.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON ÉNERGÉTIQUE Les usages non énergétiques de produits pétroliers se concentrent essentiellement dans l?industrie pétrochimique de premier niveau, dont les produits entrent dans la fabrication de produits synthétiques (matières plastiques, cosmétiques, etc.). La consommation finale non énergétique de produits pétroliers recule légèrement en 2023, à 9,1 Mtep (105,4 TWh), soit un repli de 2,2 % sur un an (figure 4.2.1.3). Elle avait chuté en 2022, principalement en raison de plusieurs arrêts d?installations pétrochimiques pour maintenance ou incidents. En 2023, la consommation de ce secteur repart modérément, tout en restant faible. Environ 2 Mtep de bitumes sont consommées chaque année dans le secteur de la construction. En 2023, cette consommation s?est fortement repliée (- 15,9 %) alors que l?activité du secteur est restée relativement stable. Les autres produits correspondent essentiellement à des lubrifiants, utilisés dans les transports, l?agriculture et l?industrie, ainsi qu?à des quantités limitées de coke de pétrole, à usage industriel. La facture associée à cette consommation non énergétique s?élève à 8,4 Md¤ en 2023. Après avoir augmenté fortement en 2022 en raison de la hausse des prix, elle diminue nettement en 2023, de 23,6 % par rapport à 2022, en euros constants, à la suite de la baisse des prix, et se rapproche ainsi de son niveau de 2019 (8,3 Md¤2023). 4.2.5 CONSOMMATION ET DÉPENSE PAR PRODUIT Malgré une baisse de consommation en 2023 (- 5,1 %), le gazole routier (y compris biodiesel) représente près de la moitié de la consommation réelle de produits pétroliers et biocarburants en 2023 (47 %) et plus de la moitié de la dépense (52 %) - (figures 4.2.5.1 et 4.2.5.2). Il précède les supercarburants (17 % de la consommation pour 25 % de la dépense), qui représentent les seuls produits pétroliers en hausse au cours de l?année (+ 5,8 % de consommation par rapport à 2022). Cette augmentation est liée à l?évolution du parc automobile, dans lequel le nombre de motorisations essence progresse au détriment des véhicules diesel. Par rapport à 2012, année de référence choisie dans la PPE, la consommation de carburants routiers baisse de 4,3 % avec des évolutions très différentes selon les produits : le gazole routier diminue de 15,8 % alors que les supercarburants progressent de 36,9 % et les biocarburants de 29,5 %. Ces derniers représentent 5 % de la consommation de produits pétroliers en 2023. En cumulé, le gazole routier et les supercarburants (biocarburants inclus) correspondent à 64 % de la consommation pour 77 % de la dépense. 92 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Cette différence s?explique par une fiscalité plus lourde sur ces carburants que sur d?autres produits pétroliers. Pour une raison inverse, la part de fioul domestique et des autres gazoles dans la consommation (15 %) est plus importante que cette même part dans la dépense (11 %). Leur consommation poursuit une tendance à la baisse (- 6,4 % sur l?année, - 32,2 % par rapport à 2012). Ensuite, les consommations les plus importantes sont celles de produits non énergétiques (10 % de la consommation et 7 % de la dépense) et de GPL (5 % de la consommation pour 3 % de la dépense). Bien que minoritaire dans la consommation de produits pétroliers (3 %), le jet kérosène est l?un des produits qui diminuent le moins depuis 2012 (- 7 %, contre - 15 % tous produits confondus). Par rapport à 2022, sa consommation est en baisse de 8,0 % tandis que la dépense associée au produit chute de 31,4 % en 2023 par rapport à 2022. Le fioul lourd a quant à lui vu sa consommation divisée par trois depuis 2012 et représente en 2023 seulement 1 % de la consommation finale de produits pétroliers et moins d?1 % de la dépense. Figure 4.2.5.1 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023 En Mtep (données corrigées des variations climatiques) Gazole routier Biocarburants (depuis 2011) Gazole non routier (depuis 2011) GPL* Coke de pétrole, brais et autres produits lourds Supercarburants routiers Carburéacteurs Fioul lourd pour la production d?électricité et de chaleur Naphta Autres** GPL carburant Fioul domestique Fioul lourd hors production d?électricité et de chaleur Bitumes *Gazdepétroleliquéfié(butane,propane),horsGPLcarburant. **Autres:lubrifiants,paraffinesetcires,white-spiritetessencesspéciales,pétrolelampant,essenceaviation,gazderaffinerie,éthane,autresproduits. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source : SDES,Bilandel?énergie Figure 4.2.5.2 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit (y compris biocarburants, données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Gazole routier 33,9 58 046 28,6 41 449 31,9 51 827 31,8 65 053 30,2 56 916 Fioul domestique et autres gazoles 11,5 11 729 11,3 8 807 11,1 10 717 10,2 15 254 9,6 11 808 Supercarburants* 9,0 20 557 7,7 15 592 9,3 21 198 10,3 26 250 10,9 27 475 Jet kérosène 1,9 924 1,2 325 1,6 694 2,0 1 650 1,8 1 132 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 4,6 4 250 3,8 3 451 3,9 4 072 3,4 3 963 3,1 3 179 Fioul lourd 0,9 490 0,8 347 0,9 463 0,9 668 0,7 433 Produits non énergétiques** 7,1 5 920 7,6 5 100 8,5 7 813 6,5 8 855 6,5 7 127 Autres*** 2,4 1 280 2,1 757 1,8 1 030 1,6 1 346 1,7 1 041 Total 71,3 103 197 63,3 75 828 69,0 97 815 66,7 123 038 64,4 109 111 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 93 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 4.3.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES En 2023, la consommation totale de gaz naturel en France s?établit à 383 TWh PCS (soit 425 TWh PCI). Elle diminue fortement pour la deuxième année consécutive : baisse de 42 TWh PCS (- 8,8 %) en 2022 et de 50 TWh PCS (- 11,6 %) en 2023, soit 92 TWh PCS (- 19,3 %) entre 2021 et 2023. Ce niveau est le plus bas atteint depuis la fin des années 90. Par rapport à 2012, année de référence de la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE), la diminution est de 23,5 % (- 118 TWh PCS) ; cette baisse est un bon signal pour le respect de la PPE (cf. 4.1). Pour mémoire, la PPE prévoit une baisse de 10 % pour la période 2012-2023 de la consommation primaire de gaz naturel corrigée des variations climatiques10. Les températures de 2023 et 2022 ayant été proches, la consommation totale corrigée des variations climatiques diminue dans les mêmes proportions : - 11 %, à 414 TWh PCS en 2023 (figure 4.3.1.1). Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur En TWh PCS* (données corrigées des variations climatiques) 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2020 2023 1994 600 500 400 300 200 100 0 Usage non énergétique Tertiaire Production d?électricité et de chaleur Transports Résidentiel Usages internes de la branche énergie Agriculture-pêche Industrie *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationdegaz,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité,enquêteannuelle surlesréseauxdechaleuretdefroid,donnéesduCitepa Les dépenses pour l?achat de gaz diminuent aussi en 2023, passant de 33,9 à 32,6 milliards, soit une diminution de 3,9 % (figure 4.3.1.2). Cette diminution est beaucoup moins forte que celle de la consommation. L?évolution du prix sur le maché de gros est répercutée avec retard sur le prix de vente (cf. 1.3). Le délai de répercussion diffère suivant la quantité consommée (les plus gros consommateurs étant plus sensibles aux variations des prix de marché), le type d?offre souscrite (prix fixe, indexation marché, autre indexation?) et son échéance. Par conséquent, en 2023 le prix de vente pour les « petits » consommateurs a continué de croître malgré une baisse du prix sur le marché de gros. Cela explique que la diminution de la dépense est moindre que la diminution de la consommation. 10 Par rapport à la consommation totale, la consommation primaire de la PPE exclut les injections de biogaz et les consommations pour matière première et inclut les pertes du réseau de transport. 94 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.3.1.2 : consommation de gaz naturel et dépense associée En TWh PCS* (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023 600 550 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 36 000 33 000 30 000 27 000 24 000 21 000 18 000 15 000 12 000 9 000 6 000 3 000 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Consommation totale (TWh PCS) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite) *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie 4.3.2 BRANCHE ÉNERGIE En 2023, avec la reprise des productions d?électricité nucléaire et hydraulique, les centrales à gaz ont été moins sollicitées qu?en 2022 et la consommation de gaz naturel du secteur est redescendue à 80 TWh PCS (figure 4.3.2.1). En 2022, la consommation de gaz naturel de la branche énergie avait connu le niveau record de 104 TWh PCS. Avec une diminution de 20 % entre 2022 et 2023, la consommation de gaz de la branche énergie passe en un an d?un point historiquement haut à un point historiquement bas. Les dépenses en gaz de la branche énergie diminuent, passant de 405 à 329 millions d?euros, soit une baisse de 31 % en un an, liée non seulement à la baisse de la consommation mais aussi à celle des prix pour ces acteurs. En effet, la branche énergie étant une « grosse » consommatrice de gaz naturel, les prix de ses contrats de fourniture de gaz naturel suivent avec moins de retard l?évolution à la baisse des prix sur les marchés de gros. Figure 4.3.2.1 : consommation de gaz naturel de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Transformation en électricité ou chaleur 93 1 963 85 1 434 82 3 122 98 7 050 75 4 803 Branche énergie hors transformation 9 146 8 97 8 293 6 405 6 329 Branche énergie 102 2 108 93 1 531 90 3 415 104 7 455 80 5 132 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 95 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE ÉNERGÉTIQUE Dans l?ensemble, la consommation finale de gaz naturel à usage énergétique diminue de 8,4 % en 2023, passant de 318 à 291 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Malgré cette baisse, les dépenses associées augmentent de 6,7 %, pour atteindre 27 milliards d?euros en 2023. Cette situation nationale masque en fait de grandes disparités entre les secteurs. Le secteur résidentiel est le plus gros consommateur avec 38,7 % de la consommation finale de gaz naturel. En 2023, le secteur consomme 113 TWh PCS et dépense 12,8 milliards d?euros. Par rapport à 2022, il diminue sa consommation de 7,3 % et voit ses dépenses augmenter de 10,7 %. Le secteur de l?industrie représente 37,7 % de la consommation finale de gaz naturel. Les dépenses pour le secteur industriel diminuent plus vite que la consommation. En effet, en 2023, la consommation de gaz naturel du secteur diminue de 9,5 % alors que les dépenses associées diminuent de 11,4 %. La diminution du prix payé par les industriels s?explique par la présence de « gros » consommateurs dans ce secteur plus sensible à la baisse des prix sur le marché de gros. Avec 63 TWh en 2023, la part de la consommation finale du secteur tertiaire est de 21,7 %. Le tertiaire diminue sa consommation de 9,8 % mais voit ses dépenses augmenter de 27,1 %, à 6,1 milliards d?euros. C?est le secteur le plus impacté par la hausse des prix du gaz. Les transports sont le seul secteur d?activité dont la consommation de gaz naturel augmente. Celle-ci passe de 4,1 à 4,7 TWh PCS, soit une augmentation de 14,6 %. La consommation de gaz de ce secteur accélère sa progression, notamment grâce au développement du parc de poids lourds alimentés au gaz. La part du secteur dans la consommation finale reste modeste, puisqu?elle est de 1,5 % en 2023, mais elle a plus que doublé depuis 2019. Les dépenses du secteur pour l?achat de gaz naturel augmentent de 30,7 % entre 2022 et 2023. Le secteur agricole a consommé 2 TWh PCS, en baisse de 8,2 % par rapport à 2022. Il représente 0,7 % de la consommation finale de gaz. La dépense en gaz naturel du secteur est de 167 millions d?euros en 2023, soit une hausse de 15,5 % par rapport à 2022. Figure 4.3.3.1 : consommation finale de gaz naturel à usage énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Industrie 135 3 748 121 2 771 134 4 959 120 8 455 109 7 491 Transports 2,1 74,9 2,5 78,4 3,5 137,2 4,1 301,1 4,7 393,7 Tertiaire 81 3504 73 3 066 84 3 763 70 4 809 63 6 114 Résidentiel 144 11 146 142 10 365 148 10 798 121 11 561 113 12 801 Agriculture-pêche 2,6 99,0 2,5 88,2 2,6 107,0 2,1 145,0 2,0 167,5 Total 364 18 572 341 16 369 372 19 764 318 25 272 291 26 967 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie 96 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON ÉNERGÉTIQUE La consommation non énergétique de gaz naturel est essentiellement une consommation comme matière première dans le secteur de la chimie. Le gaz naturel entre notamment dans la production d?hydrogène (voir focushydrogène) ou de méthanol. En 2023, cette consommation s?élève à 12 TWh PCS, soit une consommation comparable à celle de 2022. Les dépenses ont, quant à elles, nettement diminué, passant de 1,2 milliard d?euros à 479 millions, soit une baisse de 59 %. Figure 4.3.4.1 : consommation finale de gaz naturel à usage non énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Chimie 14 225 13 140 13 532 12 1 178 12 479 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 97 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement En 2023, la consommation primaire de charbon, corrigée des variations climatiques, s?établit à 55 TWh. Elle recule de 22 % par rapport à 2022, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis le début des observations, en dessous même de son niveau de 2020 (66 TWh) - (figure 4.4.1). La consommation de charbon est orientée à la baisse depuis une trentaine d?années, même si elle peut augmenter ponctuellement, comme en 2017 ou 2021. En effet, les autres formes d?énergie se substituent progressivement au charbon dans la plupart des secteurs consommateurs. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation primaire de charbon baisse de 61 % à climat corrigé. Depuis 2015, la filière fonte constitue le principal consommateur de charbon en France avec, en 2023, 64 % de la consommation totale. Elle est suivie par celle de la production d?électricité et de chaleur, qui ne représente plus que 23 % de la consommation (contre 48 % en 2012). La consommation finale (essentiellement celle de l?industrie manufacturière hors hauts-fourneaux) compte, quant à elle, pour 18 % de l?ensemble des ressources primaires consommées en 2023 (le solde entre les ressources et la somme des consommations des différents secteurs correspondant à l?écart statistique). Après avoir atteint un niveau inédit à 3,6 Md¤2023 en 2022, la dépense totale en charbon chute de nouveau nettement en 2023, à 2,5 Md¤ (- 33 %), en raison de la baisse importante de la consommation et de la chute des prix (cf. 1.4). Elle reste élevée, un peu supérieure à son niveau de 2019 (2,3 Md¤2023). Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement du coke, issu de la transformation d?un type de charbon plus onéreux que celui utilisé pour la production d?électricité et de chaleur, concentrent à eux seuls près de 70 % de la dépense totale, contre 53 % en 2012. Figure 4.4.1 : consommation primaire de charbon (hors écart statistique) et dépense totale associée En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 250 200 150 100 50 0 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Usages non énergétiques Consommation nette filière fonte Industrie hors filière fonte Autres usages énergétiques Branche énergie hors filière fonte Dépense totale en Md¤2023 (2011-2023) - (axe de droite) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Note:unopérateuraréviséfortementàlahaussesesproductionsdegazdérivés,entraînantunerupturedesérieentre2016et2017. Parailleurs,àpartirde2017,lespertes,auparavantinclusesdansl?écartstatistique,sontintégréesàlaconsommationdelafilièrefonte. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 98 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Outre la filière fonte, dont la consommation totale nette s?élève à 35 TWh en 2023, 10 TWh de produits charbonniers ont été consommés par la branche énergie à des fins de production électrique ou, de façon plus marginale, de production de chaleur vendue ensuite à des tiers (figure 4.4.2). Cette quantité correspond, pour l?essentiel, à du charbon- vapeur utilisé comme combustible par des centrales thermiques à flamme. Par ailleurs, du gaz fatal issu des installations sidérurgiques est brûlé pour produire de l?électricité sur le site industriel lui-même ou dans une centrale thermique voisine, comme c?est notamment le cas à Dunkerque. La consommation des centrales a diminué de près de 81 % depuis 2012. Cette baisse reflète la réduction progressive du parc pour des raisons environnementales et d?obsolescence. Avec l?arrêt de nombreuses tranches de production, la capacité électrique installée des centrales à charbon s?est en effet réduite de plus de trois quarts sur le territoire métropolitain sur la période. Fin décembre 2023, seules cinq unités de production, réparties sur quatre sites, à Cordemais (Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle) restent en activité. Fin 2023, les départements et régions d?outre-mer comptent deux installations de production thermique au charbon, dont certaines tranches de production utilisent également un combustible renouvelable issu de la canne à sucre, la bagasse, durant la campagne sucrière. Ces installations sont les centrales du Moule (Guadeloupe) et du Gol (La Réunion). Les unités ultramarines sont en cours de conversion en unités 100 % renouvelable (bagasse- biomasse). La centrale de Bois-Rouge, à Saint-André (La Réunion), a été convertie totalement à la biomasse en mars 2023 et a ainsi abandonné le combustible charbonnier. À son tour, la centrale du Gol a été convertie en février 2024 et ne consomme plus de charbon. Avec la chute importante de la production d?électricité à partir de charbon en métropole, les centrales ultramarines représentent plus de la moitié des consommations de charbon des producteurs d?électricité ou de chaleur cogénérée dont c?est l?activité principale. Cette part était temporairement passée à environ 30 % en 2021 et 2022 dans un contexte de moindre disponibilité des centrales nucléaires et de tensions sur l?approvisionnement en gaz. Au-delà de cette tendance de long terme, la consommation des centrales thermiques à charbon en France métropolitaine est très sensible à la rigueur des températures, celles-ci étant principalement utilisées comme moyens de pointe lors des vagues de froid hivernales. En 2022, les tensions sur l?approvisionnement en gaz ont entraîné la réouverture provisoire de la centrale de Saint-Avold, qui devait être définitivement arrêtée. La consommation de charbon des centrales, corrigée des variations climatiques, diminue d?un tiers en 2023, à 13 TWh, son niveau le plus faible depuis le début des mesures. En effet, les centrales à charbon métropolitaines ont été nettement moins sollicitées qu?en 2022 grâce au rebond du nucléaire, à la forte augmentation de la production renouvelable et à la baisse de la consommation (cf. 3.4). Par ailleurs, la centrale de Bois-Rouge à La Réunion n?utilise plus de charbon. La dépense pour produire de l?électricité ou de la chaleur s?élève en 2023 à 0,4 Md¤. Hors inflation, la facture a diminué de 44 % en un an, en lien avec la chute de la demande et le recul des prix de l?énergie. Figure 4.4.2 : consommation pour la production d?électricité et de chaleur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production d?électricité et de chaleur 17,9 327 15,1 228 22,1 455 17,4 634 9,7 357 Charbon primaire 12,2 188 10,4 117 16,8 309 13,1 520 6,6 214 Gaz dérivés 5,7 139 4,7 111 5,3 147 4,2 113 3,1 143 Source :SDES,Bilandel?énergie La consommation finale de charbon en France s?élève à 10 TWh en 2023 (figure 4.4.3), un minimum historique. Elle fléchit nettement en un an (- 9 %). Par rapport à 2019, cette consommation recule aussi sensiblement (- 29 %). Depuis 2012, la consommation finale de charbon a chuté de 45 %. La dépense correspondante s?établit à 0,4 Md¤ en 2023. Mesurée en euros constants, elle recule de 17 % par rapport à 2022, du fait de la baisse importante des prix, mais reste supérieure à celle de 2021 et 2019 (+ 8 %). Les usages non énergétiques du charbon représentent 33 % de la consommation finale en 2023. Cette part augmente de 5 points en un an en raison de la baisse de la consommation finale énergétique, en particulier dans l?industrie. Elle était restée stable depuis près de dix ans jusqu?en 2021. Ces usages non énergétiques concernent en premier lieu les secteurs industriels de la sidérurgie, de la chimie puis, dans une moindre mesure, celui des produits minéraux non métalliques. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 99 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Les usages énergétiques se concentrent, quant à eux, en quasi-totalité dans l?industrie, principalement dans les secteurs de la chimie, des produits minéraux non métalliques (notamment la fabrication de ciments, plâtres et chaux) et de l?agroalimentaire (par exemple les sucreries). Le charbon est très marginalement utilisé comme combustible, en général pour le chauffage, dans le résidentiel et le tertiaire, notamment dans les Hauts-de-France. Figure 4.4.3 : consommation finale de charbon (données non corrigées des variations climatiques) En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Industrie 10,3 9,1 10,5 7,4 6,2 Charbon primaire 8,5 7,7 8,9 6,1 4,9 Charbon dérivé 1,8 1,4 1,6 1,3 1,3 Autres usages énergétiques 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6 Charbon primaire 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 Charbon dérivé 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0 Usages non énergétiques 3,1 2,8 3,2 3,0 3,4 Charbon primaire 1,2 1,4 1,4 1,4 1,5 Charbon dérivé 1,9 1,5 1,8 1,7 1,9 Total 14,1 12,5 14,5 11,1 10,1 Charbon primaire 10,4 9,6 11,0 8,0 6,9 Charbon dérivé 3,8 2,9 3,5 3,1 3,2 Source :SDES,Bilandel?énergie 100 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 4.5.1 CONSOMMATION TOTALE La consommation primaire d?énergies renouvelables (EnR) et de déchets s?élève à 409 TWh en 2023. Elle se répartit en 209 TWh consommés par la branche énergie (pour la production d?électricité ou de chaleur) et 200 TWh consommés directement par les utilisateurs finaux, principalement pour les besoins de chauffage. Au sein de la branche énergie, la consommation d?EnR et déchets sert majoritairement à produire de l?électricité : 129 TWh pour la production d?électricité issue des filières hydraulique, éolienne et photovoltaïque et 15 TWh de combustibles (principalement de la biomasse et des déchets) brûlés pour produire de l?électricité. 41 TWh de combustibles sont également consommés pour produire simultanément de la chaleur et de l?électricité par cogénération, et 15 TWh pour produire de la chaleur. 8 TWh de biométhane sont par ailleurs injectés dans les réseaux. Tous usages confondus, la consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 9,1 % sur un an. Cette augmentation est portée par la filière hydraulique, du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par la filière éolienne, du fait du développement du parc et de conditions de vent favorables (cf. 2.2.3). D?autre part, des températures automnales légèrement plus basses par rapport à 2022 ont entraîné un besoin accru de chauffage des ménages qui s?est traduit notamment par l?augmentation de la consommation de bois-énergie et de chaleur renouvelable des pompes à chaleur dans le résidentiel. Les énergies renouvelables continuent de se développer. À climat corrigé, la consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 8,7 % en 2023. Elle a doublé depuis le milieu des années 2000 et a augmenté de 36,9 % depuis 2013 (figure 4.5.1.1). En enlevant la consommation des énergies renouvelables électriques11 (qui ne sont pas corrigées des variations de la pluviométrie, du vent ou du soleil), la consommation primaire d?énergies renouvelables thermiques et de déchets corrigée des variations climatiques augmente de 2,8 % en 2023. Figure 4.5.1.1 : consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets par secteur En TWh (données corrigées des variations climatiques) 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2020 2023 1994 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Production de chaleur seule Production d?électricité et de chaleur par cogénération Production d?électricité seule à partir de combustibles Production d?électricité hydraulique*, éolienne et photovoltaïque Injections de biométhane dans les réseaux de gaz naturel Branche énergie Secteurs de consommation finale Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Transports Industrie *Ycomprisénergiesmarines. Note:laconsommationdedéchetsurbainspourlaproductiond?électricitéetdechaleurparcogénérationn?estpasisolablejusqu?en1994etestinclusejusqu?à cettedatedansleposte«Productiondechaleurseule». Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 11 Hydraulique, éolien, photovoltaïque et énergies marines. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 101 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation finale d?énergies renouvelables et déchets (200 TWh en 2023, en données non corrigées des variations climatiques) correspond aux consommations de combustibles, carburants et chaleur primaire provenant de sources renouvelables ainsi que de déchets, destinées à tout usage autre que la production électrique et la production de chaleur commercialisée à des tiers. Le secteur résidentiel en représente à lui seul 60 %, suivi des transports (19 %), de l?industrie (13 %), du tertiaire (6 %) et de l?agriculture (2 %). 119 TWh d?énergies renouvelables thermiques ou issues des déchets sont consommés pour le chauffage ou l?eau chaude sanitaire dans le secteur résidentiel. Cette consommation augmente de 4,2 % sur un an du fait notamment d?un automne plus froid, après une baisse de 2,2 % en 2022, avec des températures hivernales et automnales supérieures à celles de 2021. Corrigée des variations climatiques, elle augmente toujours de 3,8 %. Sur ces 119 TWh, 59 % sont issus de la combustion de bois, 39 % sont extraits par les pompes à chaleur et 2 % sont produits par les capteurs solaires thermiques installés chez les particuliers. Après avoir progressé dans les années 2000, la consommation de bois de chauffage est plus atone ces dernières années. À climat corrigé, elle diminue de 0,3 % en 2023. Le recul des ventes d?appareils de chauffage au bois entre 2013 et 2020 (à l?exception des poêles à granulés et à bûches) et la diminution régulière de la consommation de bois par ménage équipé d?un appareil de chauffage au bois, du fait notamment de l?amélioration de l?efficacité de ces derniers, expliquent cette tendance (cf. 2.2.3). À l?inverse, les pompes à chaleur, en particulier celles aérothermiques, qui nécessitent un moindre investissement, continuent de se développer fortement dans le résidentiel, grâce notamment aux mesures incitatives pour remplacer les appareils de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. Leur consommation renouvelable corrigée des variations climatiques augmente à un taux moyen de 12 % sur les cinq dernières années. La consommation finale d?énergies renouvelables thermiques dans les transports, composée de biocarburants (cf. 4.5.3), atteint 38 TWh en 2023 en données réelles. Elle augmente de 4,6 %. La consommation finale dans l?industrie est composée pour 76 % de biomasse solide, 16 % de déchets industriels, 5 % de biogaz et 3 % de biocarburants (principalement incorporés au gazole non routier). Elle s?élève à 26 TWh en 2023 en données réelles, en hausse de 3,5 %. Le secteur de l?imprimerie et de la production de papier et de carton est le principal utilisateur d?énergies renouvelables thermiques et de déchets avec 17 TWh consommés en 2023. Ce secteur consomme en particulier de la biomasse (8 TWh), notamment de liqueur noire, résidu issu de la fabrication du papier kraft et constituant une source d?énergie facilement mobilisable et peu onéreuse. La consommation finale d?énergies renouvelables thermiques ou issues des déchets par le secteur tertiaire demeure modeste, à 12 TWh en 2023. Elle est quasiment constante sur un an en données réelles et diminue de 0,9 % à climat corrigé. Cette consommation, principalement à des fins de chauffage, se répartit entre les filières biomasse solide (28 %), pompes à chaleur (26 %), incinération de déchets (25 %), biogaz (14 %), biocarburants (4 %, correspondant à la part renouvelable du gazole non routier utilisé marginalement par le secteur tertiaire), géothermie (2 %) et solaire thermique (1 %). 4.5.2 BOIS-ÉNERGIE En 2023, la consommation primaire de bois-énergie s?élève à 111 TWh en données réelles (figure 4.5.2.1). Elle augmente de 1,8 % par rapport à 2022 en raison de températures automnales plus basses que l?année précédente. La dépense associée s?élève à 3,5 Md¤ et augmente de 20 % sur un an. Elle se répartit en 2,5 Md¤ dans le résidentiel (soit 72 % du total), 0,7 Md¤ dans le secteur énergétique pour la production d?électricité et de chaleur et 0,3 Md¤ dans les autres secteurs (tertiaire et industriel). Si la hausse du prix du bois-énergie est particulièrement importante dans l?industrie (+ 48 % en un an), la hausse globale de la dépense est tirée par l?évolution du prix du bois acheté par les ménages (+ 30 % en moyenne annuelle (cf. 1.5.2) du fait de la part importante de ce secteur dans la consommation primaire totale. Cette dépense prend en compte l?achat de bois hors des circuits commerciaux mais n?inclut pas l?auto-approvisionnement en bois (entre 30 et 40 % de la consommation de bois-bûche des ménages). Figure 4.5.2.1 : consommation primaire de bois-énergie par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Consommation primaire totale 110 2 538 100 2 531 114 2 878 109 2 897 111 3 486 Production d?électricité et de chaleur 20 539 19 491 22 547 23 686 24 722 Industrie 9 80 9 81 9 90 12 123 12 176 Résidentiel 77 1 837 68 1 886 78 2 154 69 1 996 69 2 495 Tertiaire 3 82 3 73 3 87 3 92 3 93 Agriculture-pêche 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0 Lecture:laconsommationprimairedebois-énergie(horsliqueurnoire)s?élèveà111TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3,5Md¤. Source :SDES,Bilandel?énergie 102 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.5.3 BIOCARBURANTS La consommation de biocarburants s?établit à 3,5 Mtep (soit 41 TWh) en 2023, dont 2,6 Mtep de biodiesel, 0,8 Mtep de bioéthanol et 0,05 Mtep de biokérosène (figure 4.5.3.1). Elle augmente (+ 4,6 %) en raison de la progression de la consommation de biodiesel (+ 5,6 %). Du fait de la baisse des prix, la dépense associée diminue fortement en euros constants (- 13,5 %), pour s?établir à 5,9 Md¤ en 202312. Hors coûts de distribution et des taxes (affectés par convention dans le bilan aux produits pétroliers avec lesquels ils sont mélangés), les dépenses de biodiesel s?élèvent à 4,4 Md¤ (- 16,1 % par rapport à 2022 en euros constants, malgré une hausse de la consommation), et celles de bioéthanol à 1,5 Md¤ (- 4,6 %). La consommation de biocarburants est concentrée à 92 % dans le secteur des transports, le reste étant essentiellement lié à l?utilisation d?engins agricoles et de chantier. Figure 4.5.3.1 : consommation de biocarburants et dépense totale associée 6,0 5,0 4,0 3,0 2,0 1,0 0,0 En Mtep En Md¤2023 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Bioessence Biodiesel Biokérosène Dépense en bioéthanol (axe de droite) Dépense en biodiesel (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetFAO 12 La dépense n?inclut pas celle en biokérosène, qui s?élève à 0,1 Md¤. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 103 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 4.6.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES À climat réel, la consommation totale d?électricité diminue de 4,0 % en 2023 (après - 3,8 % en 2022 et + 5,1 % en 2021), pour s?établir à 408 TWh (figure 4.6.1.1). À climat corrigé, la consommation d?électricité diminue dans les mêmes proportions par rapport à 2022 (- 3,9 %), soit un rythme plus soutenu que la moyenne annuelle observée depuis 2012 (- 0,74 %). En 2023, le climat a en effet été doux et comparable à celui de 2022. Les prix élevés ainsi que la poursuite des appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication de cette baisse. La forte hausse des prix de détail sur un an (+ 35,7 %) entraîne une très forte augmentation de la dépense en électricité, qui s?établit à 87 Md¤ (+ 23,7 % par rapport à l?année précédente en euros constants). En 2023, la hausse des dépenses en électricité s?explique par la persistance des effets de la crise énergétique amorcée fin 2021. Les prix élevés observés sur le marché de gros en 2022 ont continué d?influencer les factures payées par les consommateurs en 2023 en raison de la structure des contrats d?approvisionnement et des pratiques de couvertures des fournisseurs sur les marchés à terme. Ainsi, même si les prix sur les marchés de gros ont fortement décru en 2023 (cf. 1.7), la répercussion de cette baisse sur les contrats de fourniture en cours n?intervient pas au même rythme pour tous les contrats. Selon la structure des contrats de fourniture souscrits, les évolutions de prix pour les consommateurs finaux interviennent souvent lors des renouvellements de contrat, ce qui explique également le retard dans la transmission des prix des marchés de gros vers le marché de détail. Cette inertie tarifaire a conduit à des factures plus élevées pour les consommateurs, malgré une baisse de la consommation. Figure 4.6.1.1 : consommation physique d?électricité et dépense associée En TWh (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023 Consommation totale (TWh) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 470 460 450 440 430 420 410 400 390 380 100 000 90 000 80 000 70 000 60 000 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 Source :SDES,Bilandel?énergie 104 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.6.2 CONSOMMATION ET DÉPENSE DE LA BRANCHE ÉNERGIE Au-delà des pertes sur le réseau (37 TWh) et de l?électricité utilisée pour le pompage (3,6 TWh), la branche produisant de l?énergie (raffineries, enrichissement de l?uranium?) est elle- même consommatrice d?électricité à hauteur de 10 TWh, représentant un coût de 1,8 Md¤ (figure 4.6.2.1). Figure 4.6.2.1 : usages internes de la branche énergie en électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Branche électricité 9 716 9 781 9 862 10 1 228 10 1 752 Note:horspertes,consommationpropredescentraleseténergieabsorbéeparlepompage. Source : SDES,Bilandel?énergie 4.6.3 CONSOMMATION FINALE ET DÉPENSE ASSOCIÉE Corrigée des variations climatiques, la consommation finale d?électricité s?était stabilisée entre 2012 et 2018. En 2023, elle diminue de 4,0 % par rapport à 2022, avec des évolutions contractées selon les secteurs. Non corrigée du climat, la consommation finale d?électricité diminue de 4,2 % en 2023, à 398 TWh, dans un contexte de prix élevés et d?appels à la sobriété (figure 4.6.3.1). La dépense associée progresse de 23,3 %, atteignant 85,3 Md¤. Le secteur résidentiel représente 38 % de la consommation finale d?électricité, ce qui en fait le plus grand consommateur. La consommation finale d?électricité corrigée du climat du secteur s?élève à 156 TWh (figure 4.6.3.2), en baisse de 4,6 TWh par rapport à 2022 (- 2,8 %). L?électricité a de nombreux usages (chauffage, fonctionnement des divers équipements électroménagers ou autres, éclairage?). Plusieurs facteurs influent sur la consommation d?électricité du résidentiel : la météo, le taux d?équipement, l?amélioration de la performance énergétique des bâtiments, les prix, mais aussi les comportements de consommation (sobriété). Alors que la part du résidentiel dans la consommation d?électricité reste sensiblement la même, autour de 38 %, sa part dans la dépense diminue fortement. Elle était de 53 % en 2019, de 49 % en 2022 et de 42 % en 2023. En effet, le secteur résidentiel reste relativement épargné par l?augmentation globale des prix. Le bouclier tarifaire a limité les hausses des tarifs réglementés de vente (TRV) pour les ménages (et les petites entreprises). Ces derniers ont connu tout de même des hausses significatives en 2023 : + 15 % TTC en moyenne au 1er février et + 10 % TTC en moyenne au 1er août. Malgré la baisse de la consommation, la dépense progresse de 5,5 %. Le secteur tertiaire consomme 126 TWh d?électricité (à climat corrigé), soit 31 % de l?électricité finale totale, et se place ainsi en deuxième position. Sa consommation diminue de 6,1 % (- 8,3 TWh) après correction des variations climatiques. La part du tertiaire dans la dépense globale d?électricité est de 35 %, ce qui représente une augmentation importante par rapport à l?année précédente où elle était de 29 %. La dépense du secteur tertiaire augmente de 46,6 % malgré une baisse de 6,5 % de la consommation. Ce secteur est celui qui a été le plus impacté par la hausse des prix de l?électricité. Avec 103 TWh, l?industrie représente 26 % de la consommation d?électricité, se classant en troisième position. La dépense est en hausse de 31 %, pour une consommation baissant de 4,9 % (- 5,3 TWh). La part de l?industrie dans la dépense globale est de 19 %. La hausse des prix a été très disparate selon les consommateurs. Ainsi, par exemple, le prix de l?électricité pour les acteurs consommant plus de 150 GWh a baissé de 4 % en 2023, contrairement à la moyenne du secteur (+ 44 %, cf. 1.7). La consommation d?électricité dans les transports (13 TWh), très majoritairement liée au réseau ferré, est la seule consommation sectorielle à augmenter en 2023 (+ 16 %). Au sein des transports, la consommation des véhicules électriques routiers est de 2,3 TWh et a fortement progressé en 2023 (+ 46 %, après + 77 % en 2022), les immatriculations de voitures électriques étant en hausse de 47 % par rapport à 2022. La dépense en électricité pour le transport s?élève à 1,7 Md¤ (+ 33 %). La consommation d?électricité de l?agriculture (7 TWh) diminue de 9,4 % en 2023, pour une dépense de 1,8 Md¤, en hausse de 37 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 105 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.6.3.1 : consommation finale d?électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Industrie 116 9 229 106 8 550 112 10 077 107 12 628 102 16 562 Transports 10 605 8 606 10 767 11 1 313 13 1 747 Résidentiel 160 32 188 161 33 512 170 35 573 155 33 772 151 35 645 Tertiaire 138 17 806 128 16 860 134 17 827 134 20 141 125 29 531 Agriculture-pêche 8 1 228 8 1 176 8 1 207 8 1 341 7 1 835 Total 432 61 055 411 60 703 433 65 451 415 69 194 398 85 319 Source : SDES,Bilandel?énergie Figure 4.6.3.2 : évolution de la consommation finale d?électricité En TWh (données corrigées des variations climatiques) 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Industrie Transports Résidentiel Tertiaire Agriculture-pêche 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationd?électricité La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un objectif de baisse de la consommation finale de l?énergie pour 2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France continentale. Cette baisse globale de la consommation finale d?énergie passe par la réduction de la part des énergies fossiles dans notre bouquet énergétique, au profit de l?électricité et des énergies renouvelables. Si l?on considère le périmètre France entière, la consommation d?électricité corrigée des variations climatiques baisse de 8,1 % (- 35 TWh) depuis 2012. En 2023, sa part s?élève à 26 % de la consommation finale à usage énergétique comme en 2012. Cette baisse est concentrée sur la période récente. En effet, entre 2019 et 2023, elle atteint - 30 TWh. L?industrie et le tertiaire baissent de 17 TWh chacun. Ce sont les secteurs qui contribuent le plus à la baisse globale. Le transport est le seul secteur connaissant une hausse (+ 2 TWh) avec le développement des véhicules électriques. 106 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement La consommation (hors pertes) de chaleur commercialisée s?élève à 42 TWh en 2023. Elle baisse de 10 % par rapport à 2022 malgré des conditions climatiques et des besoins de chauffage équivalents. Corrigée des variations climatiques, elle diminue également de 10 % sur un an. Sur longue période, elle a fortement progressé (+ 23 % depuis 2013). En 2023, les ventes de chaleur, corrigées des variations climatiques, diminuent particulièrement dans le secteur de l?industrie (- 19 %) et le secteur tertiaire (- 7 %) dans un contexte de diminution de l?offre (figure 4.7.1). Les centrales thermiques, parmi lesquelles figurent les centrales en cogénération qui vendent la chaleur produite, ont été beaucoup moins sollicitées en 2023 qu?en 2022, dans un contexte de production d?électricité nucléaire et renouvelable en nette croissance, et ont, de ce fait, moins produit et vendu de la chaleur à leurs clients à proximité (plutôt des sites industriels). À l?inverse, la livraison au secteur résidentiel augmente de 1 %. Au total, le secteur industriel représente 40 % des quantités de chaleur achetée, le résidentiel 37 % et le tertiaire 23 %, la consommation de chaleur dans le secteur agricole restant très marginale. Figure 4.7.1 : consommation totale de chaleur commercialisée (nette des pertes de distribution) et dépense associée 60 50 40 30 20 10 0 2008 2007 2000 2002 2001 2017 2010 2009 2012 2011 2006 2005 2014 2013 2016 2015 2019 2021 2020 2022 2023 2018 2004 2003 Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Industrie Total (hors pertes) non ventilé Dépense totale en Md¤2023 (axe de droite) En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Note:laventilationsectorielledelaconsommationn?estdisponiblequ?àpartirde2007. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 107 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie En 2023, la dépense de consommation totale de chaleur commercialisée s?élève à 3 774 M¤ (figure 4.7.2). Elle diminue de 11 % sur un an, tirée à la baisse par le secteur industriel (cf. 1.8). Le secteur résidentiel représente 47 % de cette dépense, le secteur industriel 26 % et le secteur tertiaire 27 %, avec des montants respectifs de 1 757 M¤, 976 M¤ et 1 012 M¤. Le secteur industriel pèse en général nettement moins dans la dépense que dans la quantité consommée en raison de prix traditionnellement plus bas que dans les autres secteurs. En 2023, l?industrie bénéficie d?une baisse importante des prix de la chaleur. Ses dépenses refluent de 37 % par rapport à 2022 (pour une consommation en baisse de 20 %) mais restent plus élevées qu?avant la crise énergétique (+ 20 % par rapport à 2021). À l?inverse, dans le résidentiel et le tertiaire, les prix de la chaleur réagissent avec retard aux fluctuations des prix des énergies consommées et continuent d?augmenter en 2023. La dépense de chaleur du résidentiel augmente ainsi de 8 % alors que sa consommation n?augmente que de 3 %. La dépense du tertiaire est quasi stable (- 1 %) alors que sa consommation baisse de 6 %. Figure 4.7.2 : consommation de chaleur commercialisée (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Consommation finale totale 43 2 630 42 2 377 48 3 246 46 4 217 42 3 774 Industrie 19 507 18 422 20 813 22 1 541 17 976 Résidentiel 15 1 330 14 1 199 17 1 521 15 1 630 15 1 757 Tertiaire 9 775 10 742 11 889 10 1 022 9 1 012 Agriculture-pêche 0 18 0 15 0 22 0 25 0 27 Note:laconsommationtotaledechaleurcommercialisées?élèveà42TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3774M¤. Source :SDES,Bilandel?énergie 108 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 109 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie partie 5 La consommation d?énergie par secteur ou usage ? La consommation finale d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux) diminue de 3,8 % en 2023 à climat corrigé. En données réelles, elle baisse de 3,9 %, pour atteindre 1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Tous les secteurs sont concernés : le tertiaire (- 8,2 %), l?industrie (- 6,6 %), le résidentiel (- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). La consommation finale à usage non énergétique diminue également (- 1,9 %). En 2023, les consommateurs finaux d?énergie (hors hauts-fourneaux) ont dépensé 227,9 Md¤, soit 0,9 % de plus qu?en 2022 en euros constants. 110 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités entre les secteurs La consommation finale réelle d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux) diminue de 3,9 % en 2023, pour s?établir à 1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Le climat ayant été proche de celui de 2022, la diminution de la consommation finale d?énergie corrigée des variations climatiques est quasiment la même (- 3,8 %). La consommation finale à usage énergétique, corrigée des variations climatiques, baisse de 4,0 % en 2023, pour s?établir à 1 545 TWh (figure 5.1.1). La consommation baisse dans le tertiaire (- 7,8 %), l?industrie (- 6,5 %), le résidentiel (- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). Après une baisse importante en raison d?un ralentissement de l?activité dans la pétrochimie en 2022 (- 21,7 %, cf. 4.2.4), la consommation non énergétique diminue légèrement (- 1,9 %), pour s?établir à 119 TWh (figure 5.1.2), un niveau historiquement bas depuis plus de 50 ans. Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2019, la consommation finale énergétique a baissé de 0,4 % en moyenne annuelle à climat corrigé. Entre 2019 et 2023, cette baisse est de 2,1 % en moyenne annuelle. Sur la période complète, la baisse est supérieure à l?objectif (- 8,9 % pour un objectif de - 7,6 %). Figure 5.1.1 : consommation finale énergétique par secteur En TWh (données corrigées des variations climatiques) 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 Résidentiel Tertiaire Transports Industrie Agriculture-pêche Non affecté* 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 *Larépartitiondelachaleurparsecteurconsommateurn?estpasdisponibleentre2000et2006. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie La dépense nationale en énergie (hors hauts-fourneaux) s?élève à 227,9 Md¤ en 2023. Après une augmentation importante en 2022 (+ 18,4 % en euros constants) causée par la flambée des prix de l?énergie, elle est quasi stable en 2023 (+ 0,9 %) mais avec des résultats très contrastés selon les secteurs. Les dépenses augmentent particulièrement dans le tertiaire (+ 30,1 % pour une baisse de la consommation de 8,2 %) et l?industrie (+ 6,0 % pour - 6,6 % de consommation) à cause d?une forte augmentation des prix de l?électricité et du gaz (cf. 1.3 et 1.7). Elles augmentent également dans le résidentiel (+ 2,3 % pour - 2,7 % de consommation) et l?agriculture-pêche (+ 0,9 % pour - 0,7 % de consommation). À l?inverse, elles diminuent davantage que la consommation dans les transports (- 7,2 % pour - 2,2 % de consommation) grâce à la baisse du prix des produits raffinés. La dépense pour des usages non énergétiques diminue fortement (- 27,1 % pour - 1,9 % de consommation). Le transport concentre 38 % de la dépense nationale (hors charbon des hauts-fourneaux) pour 32 % de la consommation. À l?inverse, le poids de l?industrie (y compris Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 111 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage consommation non énergétique) est plus faible dans la dépense totale que dans la consommation. Cela s?explique par le fait que les industriels bénéficient généralement de prix inférieurs à la moyenne grâce à leurs volumes de consommation souvent élevés et à une taxation globalement moindre que celle des ménages. Ils sont toutefois plus sensibles aux variations des prix sur les marchés internationaux. Le poids de l?industrie dans la dépense totale a ainsi augmenté de 4 points entre 2020 et 2023 (12 % en 2023) alors que sa part de la consommation a diminué d?un demi-point sur la même période (17 % en 2023). Figure 5.1.2 : consommation finale par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Industrie (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881 Transports 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691 Résidentiel 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 Tertiaire 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604 Agriculture-pêche 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835 Consommation finale énergétique (hors charbon hauts-fourneaux) 1 631,2 181 347 1 494,8 152 414 1 632,9 180 468 1 559,3 213 532 1 495,9 218 834 Consommation finale non énergétique 156,0 8 654 146,5 6 599 154,3 10 326 121,6 12 411 119,3 9 050 Consommation finale (hors charbon hauts-fourneaux) 1 787,2 190 001 1 641,4 159 013 1 787,2 190 794 1 680,9 225 943 1 615,1 227 883 Source :SDES,Bilandel?énergie 112 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation Les ménages français ont consommé, au total, 722 TWh d?énergie en 2023, soit une baisse de 1,6 % par rapport à 2022 (figure 5.2.1). Cette consommation d?énergie se répartit en 422 TWh (- 2,7 %) dans leurs logements (cf. 5.3) et 299 TWh (- 0,1 %) pour leurs déplacements (cf. 5.5). Leur dépense énergétique atteint 114,9 Md¤ (- 1,3 %), dont 57,8 Md¤ pour le logement (+ 2,3 %) et 57,1 Md¤ pour le transport (- 4,7 %). En 2023, la dépense énergétique moyenne d?un ménage s?élève à 3 678 ¤, dont 1 851 ¤ imputables à l?énergie dans le logement et 1 827 ¤ aux achats de carburant (figure 5.2.2). En euros courants, la dépense moyenne d?un ménage augmente de 3,0 % (+ 6,8 % pour le logement et - 0,6 % pour les carburants). Toutefois, corrigée de l?évolution globale des prix, la facture moyenne en énergie diminue de 2,2 % par rapport à 2022. Cette diminution est portée par la baisse des dépenses en carburant (- 5,6 %) alors que les dépenses énergétiques moyennes liées au logement augmentent de 1,4 %. Figure 5.2.1 : consommation d?énergie des ménages (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Logement 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 Transport 306,1 52 539 256,7 37 990 288,8 47 981 299,6 59 927 299,3 57 087 Total 776,3 107 363 712,4 91 144 786,56 105 497 733,6 116 431 721,6 114 910 Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergiepourlelogement. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Figure 5.2.2 : dépense en énergie par ménage entre 2019 et 2023 48 43 54 55 57 61 62 70 64 80 En euros constants 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Électricité Gaz naturel Combustibles pétroliers Bois Chaleur commercialisée Carburants 2019 2020 2021 2022 2023 3 561 2 996 3 437 3 760 3 678 1 068 1 102 1 159 1 090 1 141 419 375 382 393 410 223 166 208 221 163 1 743 1 249 1 563 1 935 1 827 Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergieparménagepourlelogement. Lesdépensesencharbon,quireprésententpourl?ensembledesménagesmoinsde10M¤paran,nesontpasreprésentéesici,maissontbieninclusesdansletotal. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 113 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage L?augmentation des dépenses pour le logement résulte de celle des prix. Elle est toutefois limitée par la diminution de la consommation d?énergie pour le logement, liée à des prix élevés en 2023 (cf. 5.3) et aux appels à la sobriété, dans un contexte de crise énergétique. La prolongation en 2023 du bouclier tarifaire (plafonnement ou limitation des hausses des tarifs réglementés, cf. 1.3 et 1.7) a permis de limiter la hausse des prix du gaz et de l?électricité. Le dispositif de chèque énergie, dont le montant moyen, toutes campagnes confondues, s?élève à 138 ¤ en 202313, permet également de soutenir les ménages les plus modestes face aux hausses de prix. Cette aide n?est pas prise en compte dans les dépenses présentées dans cette publication. En euros constants, les dépenses moyennes en électricité, qui représentent environ les deux tiers de la facture énergétique dans les logements, sont en hausse de 4,6 % par rapport à 2022. Les dépenses en gaz naturel, en chaleur et en bois augmentent respectivement de 4,2 %, 2,5 % et de 24 %. Les dépenses en produits pétroliers diminuent de 26 %, liées non seulement à une baisse de la consommation mais aussi des prix (voir partie 1). Les accises sur l?énergie (ex-TICPE, TICGN, TICFE et TICC) ainsi que la contribution tarifaire d?acheminement pour l?électricité et le gaz (CTA) représentent 4,7 % de la dépense d?énergie du logement. En euros constants, le taux moyen de ces taxes est de 6,4 ¤/MWh et diminue de 43,2 % par rapport à 2022, toutes énergies confondues. Avec la diminution des taxes et la baisse de la consommation énergétique, le montant total de ces taxes s?élève à 87 ¤ par ménage et diminue de 45,2 % (figure 5.2.3). Figure 5.2.3 : décomposition de la dépense moyenne des ménages en énergie pour le logement En euros constants 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Taxes énergétiques TVA Dépense HTT 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie La dépense en carburants diminue de 5,6 % en euros constants en 2023. Elle résulte d?une baisse des prix (cf. 1.2), la consommation moyenne par ménage étant stable entre 2022 et 2023. Les taxes énergétiques (composées de l?accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) en métropole, de la taxe spéciale de consommation (TSC) et de l?octroi de mer dans les DROM) représentent 34,4 % de la dépense (figure 5.2.4). Le taux moyen des taxes est de 65 ¤/MWh, tous carburants confondus. En euros constants, le montant des taxes collectées auprès des ménages pour les carburants reste stable. 13 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023. 114 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Figure 5.2.4 : décomposition de la dépense moyenne de carburant par ménage En euros constants 2 000 1 500 1 000 500 0 Taxes énergétiques TVA Dépense HTT 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Au total, en 2023, l?énergie représente 9,4 % des dépenses des ménages et 5,8 % de leur consommation effective, incluant notamment les loyers imputés et services d?intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) - (figure 5.2.5). La part dans les dépenses des ménages baisse de 0,2 point par rapport à 2022, sa diminution étant essentiellement due aux dépenses en carburants. En effet, la part des carburants diminue de 0,3 point alors que celle des énergies pour le logement augmente de 0,1 point. La part de l?énergie dans les dépenses des ménages demeure sensiblement éloignée de son pic atteint en 1985, à 11,7 %. Figure 5.2.5 : part de l?énergie dans le budget des ménages En % 14 12 10 8 6 4 2 0 Part de l?énergie dans la consommation effective des ménages Part de l?énergie dans le budget des ménages (hors Sifim et loyers imputés) 1968 1995 2010 1986 1971 1998 2013 1989 2004 1974 1965 1977 1992 2007 1980 1983 2001 2016 2019 2023 Note:lebudgetdesménagesestcalculécommelesdépensesdesménagesausensdelaComptabiliténationale,horsloyersimputésetservices d?intermédiationfinancièreindirectementmesurés(Sifim). Laconsommationeffectiveintègrecesdeuxélémentsainsiquelesconsommationscorrespondantàdesdépensesindividualisablesfaitesparlesinstitutionssans butlucratifauservicedesménages(ISBLSM)etparlesadministrationspubliques(APU)enmatièredesanté,d?enseignement,d?actionsociale. Lebudgetestprochedecequedéboursentlesménagespourleurconsommationcourante,tandisquelaconsommationeffectiveapprochecedontilsbénéficient, ycompriscequiestpayéparl?ensembledelacollectivité. Lechèqueénergie,introduiten2018àlaplacedestarifssociauxdugazetdel?électricité,n?estpasdéduitdeladépensed?énergiepourlelogement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :Insee,Comptesnationaux;SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 115 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur résidentiel diminue de 2,7 % par rapport à 2022 et atteint 422 TWh. Corrigée des variations climatiques, la baisse est presque équivalente (- 2,7 %). Les températures en 2023 ont en effet été douces et comparables à celles de 2022. Les prix élevés de l?électricité et du gaz ainsi que les appels à la sobriété peuvent avoir incité les ménages à diminuer leur consommation énergétique pour leur logement. À climat corrigé, la consommation d?électricité du résidentiel diminue en 2023 (- 2,8 %), à 156 TWh (figure 5.3.1). Demeurant l?énergie principale employée par les ménages, elle représente 34 % de la consommation totale d?énergie dans les logements. Deuxième énergie utilisée par les ménages et représentant plus d?un quart de la consommation énergétique dans le résidentiel, la consommation d?énergie renouvelable (EnR) augmente à climat corrigé de 4,0 % par rapport à 2022, portée par la chaleur issue des pompes à chaleur (PAC, + 10,4 %). En 2023, les énergies renouvelables consommées dans le résidentiel sont composées à 59 % de bois, 38 % de chaleur issue des PAC (cf. 2.2.3) et 3 % d?énergie solaire thermique. Troisième énergie utilisée par les ménages, le gaz représente 25 % de la consommation d?énergie du logement. Sa consommation diminue de 6,8 %, en lien sans doute avec des prix en forte hausse. La consommation de chaleur commercialisée (i.e. distribuée via des réseaux) corrigée des variations climatiques augmente de 2,3 %, pour s?établir à 16 TWh. Enfin, la consommation de produits pétroliers diminue de 11,7 % et représente dorénavant 8,3 % de la consommation totale. Figure 5.3.1 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel En TWh (données corrigées des variations climatiques) 600 500 400 300 200 100 0 Électricité Gaz naturel Énergies renouvelables et déchets Produits pétroliers Charbon Chaleur commercalisée* 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesdonnéesduCeren 116 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Ainsi, après correction des variations climatiques, seules les consommations d?énergies renouvelables et de chaleur commercialisée progressent en 2023 dans le secteur résidentiel. L?augmentation des prix, les appels à la sobriété et, dans une moindre mesure, la transition vers des formes d?énergie plus propres expliquent en partie la baisse de la consommation des énergies traditionnelles. La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un objectif de baisse de la consommation finale d?énergie pour 2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France continentale. Pour le périmètre France entière, dans le secteur résidentiel, la baisse corrigée du climat est de 9,9 % depuis cette année de référence, soit - 50 TWh. Elle s?est fortement accélérée depuis la crise énergétique puisqu?entre 2019 et 2023 elle atteint 6,2 %. Depuis 2012, le bouquet énergétique a été profondément modifié. Avec - 45 TWh, le gaz naturel est l?énergie qui contribue le plus à la baisse. Les produits pétroliers viennent en second avec - 41 TWh. Cela s?explique notamment par la diminution du parc de logements équipés de chaudières au fioul. En hausse de 35 TWh, les énergies renouvelables se sont en partie substituées aux énergies carbonées. Avec 312 TWh, le chauffage concentre plus des deux tiers de la consommation du résidentiel en France métropolitaine, à climat corrigé (figure 5.3.2). Les EnR représentent 41 % de la consommation de chauffage, le gaz 30 % et l?électricité 16 %. L?électricité spécifique (qui comprend la consommation d?électroménager, d?éclairage, d?appareils audiovisuels et informatique, etc.) représente 16,1 % de la consommation d?énergie. Le reste de la consommation est réparti entre l?eau chaude sanitaire (9,1 %) et la cuisson (5,1 %), tandis que la climatisation ne représente encore qu?une faible part de la consommation d?énergie (0,5 %). Sur un an, les consommations à usage de climatisation augmentent à climat corrigé (+ 4,7 %) alors que la consommation des autres usages diminue. Figure 5.3.2 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel par usage En TWh (données corrigées des variations climatiques) 550 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Chauffage Eau chaude sanitaire Usages spécifiques de l?électricité Cuisson Climatisation 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:laconsommationenclimatisation,quireprésente2TWhen2023,n?estpasvisiblesurcegraphiquemaisestbieninclusedansletotal. Champ:Francemétropolitaine. Sources :Ceren;SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 117 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Les dépenses énergétiques totales du secteur résidentiel s?élèvent à 57,8 milliards d?euros en 2023 (figure 5.3.3). Elles augmentent en euros constants par rapport à 2022 (+ 2,3 %). Cette évolution s?explique principalement par la hausse des prix de l?électricité (cf. 1.1,1.3et1.7). Toutefois, les boucliers tarifaires permettent de limiter la hausse des dépenses et les chèques énergie réduisent la charge pour les ménages les plus modestes, avec un montant moyen de 138 ¤ en 202314. La dépense en électricité (35,6 milliards d?euros) représente en 2023 la plus forte dépense en énergie du résidentiel (61,6 %). Elle augmente de 5,5 % en euros constants par rapport à 2022. Les factures de gaz naturel s?établissent à 12,8 milliards et sont en hausse en euros constants (+ 5,1 %). Pour ces deux énergies, la baisse de la consommation n?a pas compensé la hausse des prix. Pour les produits pétroliers, la baisse des prix et de la consommation ont entraîné une forte baisse de la dépense (- 25,3 %). Elle s?établit à 5,1 milliards d?euros. Quant aux dépenses d?énergies renouvelables (2,5 milliards d?euros), elles augmentent de 25,1 %. Celles de chaleur (1,8 milliard d?euros) augmentent de 3,4 %. Figure 5.3.3 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 55,1 6 712 48,5 5 044 54,8 6 385 40,7 6 830 35,7 5 099 Gaz naturel 129,8 12 628 127,8 11 404 133,4 11 737 109,3 12 174 101,3 12 801 Charbon 0,3 9 0,2 7 0,3 9 0,3 17 0,2 9 Énergies renouvelables et déchets* 110,5 1 840 103,2 1 886 122,7 2 158 114,0 1 995 119,4 2 495 Électricité 159,7 32 188 161,5 33 512 169,5 35 573 155,2 33 772 150,7 35 645 Chaleur commercialisée 14,8 1 447 14,5 1 302 17,0 1 653 14,5 1 716 14,9 1 775 Total 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 *Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesthermiquesetdéchets,seulleboisdechauffagecommercialiséestprisencompte. Note:lesdépensesdesménagesneprennentpasencompteleversementdeschèquesénergie. Champ:Franceentière(ycomprisDROM) Source :SDES,Bilandel?énergie 14 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023. 118 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur tertiaire s?établit à 229 TWh, en baisse de 8,2 % par rapport à 2022, et atteint son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans. Le climat a été doux et comparable à celui de 2022. Corrigée des variations climatiques (CVC), l?évolution de la consommation est donc similaire (- 7,8 %) - (figure 5.4.1). Le prix élevé de l?électricité et du gaz et la poursuite des appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication de cette baisse de la consommation. Le tertiaire est le secteur qui a connu les plus fortes hausses de prix en 2023 (cf. partie 1). Ainsi, en 2023, la persistance des effets de la crise énergétique amorcée en 2021 explique la hausse de la dépense (+ 9,2 Md¤), portée par celles en électricité (+ 9,4 Md¤) et en gaz (+ 1,1 Md¤). Figure 5.4.1 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire En TWh (données corrigées des variations climatiques) 300 250 200 150 100 50 0 Électricité Gaz naturel Produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Charbon Chaleur commercalisée* 2003 2012 2017 2009 2000 2004 2001 2013 2018 2010 2015 2005 2002 2006 2011 2016 2007 2008 2014 2019 2020 2021 2022 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, corrigée du climat, la consommation d?électricité, qui représente plus de la moitié du bouquet énergétique du tertiaire, diminue de 6,1 % tandis que la valeur ajoutée des services marchands augmente de 1,2 %. Depuis 2012, la consommation d?électricité du tertiaire diminue en moyenne de 1,2 % par an. La consommation de gaz naturel (un quart du bouquet) diminue encore plus fortement (- 9,1 %), une baisse bien supérieure au rythme des dernières années (- 0,6 % en moyenne annuelle depuis 2012). La consommation de produits pétroliers diminue à un rythme annuel de - 3,2 % depuis 2012 et représente 11,4 % de la consommation corrigée du climat en 2023. Même la consommation d?énergies renouvelables (EnR) décroît en 2023 (- 0,9 %), alors qu?elle progressait à un rythme annuel de + 5,8 % en moyenne depuis 2012. La consommation des EnR dans le tertiaire couvre la consommation renouvelable des pompes à chaleur (25,5 %), de la biomasse (28 %), des déchets (25,5 %) et du biogaz (13,9 %). Enfin, la consommation de chaleur commercialisée via des réseaux baisse de 5,7 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 119 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage La valeur ajoutée du tertiaire augmente de 1,7 % en moyenne par an depuis 2000, à un rythme supérieur à celle du reste de l?économie. Malgré une très légère baisse, de 0,1 point en 2023, la part du tertiaire dans la valeur ajoutée de l?économie progresse globalement régulièrement, passant de 53 % en 2000 à 59 % en 2023. Entre 2000 et 2010, la consommation d?énergie du tertiaire progresse au même rythme (+ 1,8 % par an), soutenue par l?évolution de la consommation de l?électricité (+ 2,8 % par an). Par la suite, la consommation se stabilise jusqu?en 2018, année à partir de laquelle la consommation d?énergie commence à décroître (- 3 % en moyenne par an), sans doute sous l?impulsion de l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments (cf. 6.1). La reprise d?activité après les crises sanitaire et énergétique n?a pas conduit à une augmentation de la consommation d?énergie. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux, la consommation d?énergie finale dans le tertiaire baisse de 25,3 TWh (- 9,6 %) en données corrigées du climat. L?intégralité de la baisse a été réalisée entre 2019 et 2023. Au-delà des objectifs de la programmation pluriannuelle de l?énergie, le décret tertiaire (article 175 de la loi Élan de 2018) impose une réduction progressive de la consommation d?énergie dans les bâtiments à usage tertiaire. Celle-ci doit ainsi se réduire de 40 % en 2030 par rapport à 2010. En 2023, le secteur tertiaire a dépensé 39,6 milliards d?euros pour sa consommation finale d?énergie, soit une hausse de 30,1 % en euros constants par rapport à 2022 (figure 5.4.2), malgré la baisse de la consommation de toutes les énergies. L?augmentation de la facture s?explique par la hausse des prix de l?électricité et du gaz entraînée par la crise énergétique. Figure 5.4.2 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 EnTWh EnM¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 30,9 2 861 32,4 2 372 27,5 2 274 31,5 4 026 26,6 2 766 Gaz naturel 72,6 3 969 66,1 3 374 75,3 4 090 63,1 5 064 56,9 6 114 Charbon 0,4 10 0,4 8 0,4 10 0,4 15 0,3 13 Énergies renouvelables et déchets 9,2 117 9,4 104 10,6 112 11,3 131 11,3 158 Électricité 137,8 17 806 127,6 16 860 133,5 17 827 133,6 20 141 124,9 29 531 Chaleur commercialisée 9,3 843 9,5 805 10,6 966 9,7 1 076 9,1 1 022 Total 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604 Note:lebilanmonétaireneprendpasencomptelesaidesattribuéesvialeguichetd?aide. Source :SDES,Bilandel?énergie Plus précisément, la dépense en électricité progresse de 46,6 % et celle en gaz naturel de 20,7 %. La dépense d?EnR, qui n?inclut que la dépense en biomasse et en biocarburants, augmente, quant à elle, de 20 %. La dépense de produits pétroliers diminue de 31,3 %. C?est l?unique énergie dont le prix moyen baisse en 2023. En 2023, l?électricité concentre près des trois quarts de la dépense, contre un peu plus de la moitié de la consommation finale, du fait d?un prix relativement élevé au MWh par rapport aux autres énergies. À l?inverse, le poids du gaz naturel est plus faible dans la dépense totale que dans la consommation (respectivement 15,4 % et 24,8 %). Troisième énergie du secteur, les produits pétroliers représentent 7 % de la dépense et 11,6 % de la consommation, devant la chaleur commercialisée via des réseaux (2,6 % de la dépense totale et 4 % de la consommation). https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/eco-energie-tertiaire-eet 120 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire En 2023, l?usage des transports représente 34 % de la consommation énergétique finale, soit 513 TWh, dont 299 TWh sont liés aux déplacements des ménages (cf. 5.2) et 214 TWh relèvent des entreprises et administrations. Par convention statistique internationale, cette consommation exclut les soutes internationales aériennes (62 TWh) et maritimes (12 TWh). Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2023, la consommation finale énergétique des transports a diminué de 3,6 %. Avec l?agriculture, c?est le seul secteur à ne pas atteindre l?objectif de - 7,6 % (tous secteurs confondus) sur la période. 5.5.1 CONSOMMATION PAR USAGE ET PAR MODE Après deux années marquées par une forte reprise post-Covid (+ 13,6 % en 2021 et + 3,4 % en 2022), la consommation énergétique finale pour les transports diminue de 2,2 % en 2023. Le transport intérieur de voyageur, moteur de la reprise en 2021 et 2022, diminue de 0,3 %. Le trafic national de marchandises (hors oléoducs) diminue fortement après avoir stagné (- 4,0 %, après - 0,9 % en 2022) - (Bilanannueldes transports en 2023, SDES). Les consommations du secteur (figure 5.5.1.1) sont dominées par le mode routier (93,2 %, soit 478 TWh), en relation avec ses parts modales dans le transport de passagers (87 % du trafic en métropole en voyageurs-kilomètres) comme de marchandises (86 % en métropole en tonnes-kilomètres). Le transport routier des ménages représente à lui seul plus de la moitié (57,7 %) de la consommation finale énergétique des transports en France. La part des transports ferrés dans la consommation finale (2,1 %, à 10,7 TWh en 2023) est bien inférieure à ses parts modales (11 % pour les passagers et 9 % pour le fret). Les vols domestiques (y compris les liaisons entre métropole et outre-mer) représentent 3,2 % de la consommation énergétique finale des transports, en baisse de 0,3 point par rapport à 2022. Les vols internationaux (non comptabilisés dans le total), particulièrement touchés par la crise sanitaire, continuent leur reprise, pour atteindre 62,3 TWh en 2023 (+ 9,6 %). La consommation du transport maritime et fluvial (y compris plaisance) national représente 1,4 % de la consommation énergétique finale des transports. Figure 5.5.1.1 : part de chaque mode dans la consommation finale énergétique des transports et dans le transport de voyageurs et de marchandises en 2023 En % Routier ménages Routier entreprises Aviation domestique Ferré Autres 3,2 2,1 1,4 57,7 35,4 Transport intérieur Voyageurs Marchandises voyageurs- kilomètres tonnes- kilomètres Routier 87 % 86 % Ferré 11 % 9 % Aviation domestique 1 % - Navigation - 2 % Oléoducs - 3 % Note:legraphiquedonnelapartdechaquemodedanslaconsommationfinaleénergétiquedestransports(horssoutesinternationales)enFranceentière. LetableaupermetdevoirlapartdechaquemodedansletransportintérieurdevoyageursetletransportdemarchandisesenFrancemétropolitaine. Sources :SDES,Bilandel?énergie;SDES,Bilandestransports,2023 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 121 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.5.2 CONSOMMATION PAR ÉNERGIE Le bouquet énergétique, hors soutes internationales, est largement dominé par les produits pétroliers (89,3 %), principalement à destination des transports routiers (figure 5.5.2.1). Il est complété par les biocarburants (7,3 %), l?électricité (2,5 %) et le gaz naturel, qui reste marginal (0,8 %). Les consommations de carburants routiers (biocarburants inclus) diminuent de 2,5 % en 2023 après deux années de hausse post-crise sanitaire (+ 13,2 % en 2021 et + 2,1 % en 2022). Auparavant, elles avaient été quasi stables entre 2011 et 2019 (- 1,7 % sur l?ensemble de la période), avec une progression des parts de l?essence (+ 1,1 point) et des biocarburants (+ 1,7 point) au détriment du diesel (- 3,0 points). Figure 5.5.2.1 : consommation finale énergétique des transports En TWh 600 500 400 300 200 100 0 Gazole route (hors biocarburants) Énergies renouvelables et déchets (biocarburants) Essence route (hors biocarburants) Électricité Carburéacteurs et autres produits pétroliers (hors biocarburants) Gaz naturel 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Les ventes d?essence (en excluant les biocarburants incorporés) retrouvent leurs niveaux d?avant-crise dès 2021 et continuent leur croissance en 2022 (+ 9,4 %) et en 2023 (+ 6,6 %). Cette croissance s?explique essentiellement par celle de la circulation de voitures particulières à motorisation essence, dont le parc croît au détriment de celui des motorisations diesel. La circulation en France métropolitaine de voitures particulières, utilitaires légers et motocycles (pavillons français et étranger) à essence augmente de 3,3 % en 2023 (en véhicules-kilomètres, hybrides incluses). Les ventes de gazole routier (hors biocarburants incorporés) baissent de 6 % en 2023. Elles représentent 62,7 % de la consommation finale pour le transport, à 321,7 TWh. La circulation de véhicules diesel, qui était légèrement repartie en 2021 et 2022 (respectivement + 6,0 % et + 3,9 %), diminue de 4,8 %. La décomposition par type de véhicules montre une évolution contrastée : - 5,1 % pour les voitures et utilitaires légers, - 1,1 % pour les véhicules lourds (poids lourds, bus et cars), qui repassent légèrement sous leur niveau d?avant-crise. 122 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Après une baisse importante liée à la crise sanitaire en 2020, la consommation de biocarburants routiers continue sa reprise (+ 4,1 %) en 2023, alimentée par la hausse du taux d?incorporation dans le gazole. En 2023, au niveau métropolitain, ces taux en contenu énergétique atteignent 8 % pour le gazole (7,1 % en 2022) et 8,4 % pour l?essence (9 % en 2022). Un objectif de taux d?incorporation est fixé pour l?essence et le gazole dans le cadre de la taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport (Tiruert). En 2023, il passe de 9,2 à 9,5 % pour l?essence et de 8,4 à 8,6 % pour le gazole. Depuis 2022, un taux est également fixé pour le biokérosène (1 %). En incluant les soutes internationales, la consommation de carburéacteurs augmente de 4,9 % en 2023, après une hausse de 58,9 % en 2022. Malgré cette progression, elle reste largement en dessous de son niveau de 2019 (86,7 % du volume). La consommation d?énergie du trafic intérieur diminue de 9,7 %, alors que celle due au trafic international poursuit sa croissance (+ 9,6 %). Les livraisons à destination des soutes maritimes internationales, principalement sous forme de fioul lourd, diminuent de 10,3 % après deux années de reprise (+ 13,5 % en 2021, + 5,6 % en 2022), atteignant un niveau inférieur de 38,4 % à celui de 2019. La consommation d?électricité, majoritairement liée au mode ferré, s?élève à 12,9 TWh en 2023, en hausse de 16 % par rapport à 2022. Cette croissance est portée par celle de la consommation du ferré (+ 12,7 %) et par celle des véhicules routiers à motorisation alternative (électriques et hybrides rechargeables). La consommation d?électricité pour le routier poursuit sa forte croissance (+ 29,5 % en 2020, + 109,1 % en 2021, + 77,4 % en 2022 et + 46,7 % en 2023), pour atteindre 2,3 TWh. Avec 25,7 % des immatriculations en 2023, les voitures particulières électriques et hybrides rechargeables continuent leur croissance, passant de 2,2 % du parc en 2022 à 3,1 % en 2023 (Bilanannueldestransportsen2023, SDES). La consommation de gaz naturel pour le mode routier (y compris le gaz naturel porté par camion sous forme de gaz naturel liquéfié depuis les terminaux méthaniers) continue sa progression (+ 14,6 % en 2023), notamment grâce au développement du parc de poids lourds alimentés au gaz. À un niveau de 4,2 TWh, elle représente 0,8 % de la consommation finale énergétique des transports. 5.5.3 CONSOMMATION, DÉPENSES ET TAXES La dépense énergétique du secteur des transports s?élève en 2023 à 88 Md¤ (figure 5.5.3.1). Comme la consommation finale, la facture énergétique des transports est dominée par les produits pétroliers (91 %), en particulier à destination du transport routier. Elle décroît plus rapidement que la consommation (- 7 %, contre - 2 % pour la consommation) en raison d?une baisse des prix après la flambée de 2022 (cf. 1.2). Les taxes énergétiques représentent, comme en 2022, 34 % de la dépense dans les transports en 2023. Figure 5.5.3.1 : consommation finale énergétique des transports (hors soutes internationales) par énergie et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 481,7 76 205 405,0 54 808 460,5 69 287 473,9 86 286 458,6 80 134 Gaz naturel 1,9 85 2,2 86 3,1 149 3,7 317 4,2 394 Biocarburants 37,2 3 399 30,9 2 632 34,0 4 431 36,0 6 571 37,7 5 416 Électricité 10,1 605 8,3 606 9,7 767 11,1 1 313 12,9 1 747 Total 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691 Source :SDES,Bilandel?énergie https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 123 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 5.6.1 CONSOMMATION FINALE PAR ÉNERGIE ET DÉPENSE ASSOCIÉE Le secteur de l?industrie inclut ici l?industrie manufacturière, y compris agroalimentaire, et la construction. La consommation de charbon des hauts-fourneaux, considérée comme faisant partie du secteur de la transformation d?énergie par convention statistique internationale, est exclue de la consommation d?énergie physique de l?industrie (et traitée en conséquence dans la partie 3). On distingue les usages énergétiques de l?énergie de ses usages non énergétiques, c?est-à-dire de l?utilisation des molécules comme matière première. Les usages non énergétiques sont traités en détail, énergie par énergie, dans la partie 4 du bilan. La consommation à usage non énergétique s?établit à 119,3 TWh en 2023. La grande majorité de ces consommations à usage non énergétique est constituée par les produits pétroliers (105,4 TWh), en particulier dans l?industrie pétrochimique (76,6 TWh). Le gaz naturel est également utilisé pour des usages non énergétiques (10,5 TWh, principalement pour la synthèse d?engrais et pour la production d?hydrogène). La consommation finale à usage énergétique réelle de l?industrie s?établit, quant à elle, à 278,6 TWh en 2023. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie, elle a baissé de 64,9 TWh (18,9 %) en données réelles, soit - 1,9 % en moyenne par an (- 17,1 % en données corrigées des variations climatiques). Les deux tiers de la baisse ont été réalisés entre 2019 et 2023. La consommation recule par rapport à 2022, de 6,6 % en données réelles (- 6,5 % à climat corrigé en raison de températures comparables entre les deux années). Dans le même temps, la production dans l?industrie manufacturière diminue également sur l?année 2023 (- 5,0 %). La baisse de consommation en 2023 concerne l?ensemble des énergies, à l?exception des produits pétroliers et des énergies renouvelables, qui connaissent une légère hausse (respectivement + 1,3 % et + 3,5 %). En 2023, le bouquet énergétique final de l?industrie est toujours dominé par le gaz et l?électricité (respectivement 35 % et 37 % du total) - (figure 5.6.1.1). Viennent ensuite les produits pétroliers (10 %), les énergies renouvelables et les déchets (10 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (2 %, hors hauts-fourneaux) - (cf. 3.3). Figure 5.6.1.1 : consommation finale énergétique de l?industrie En TWh (données corrigées des variations climatiques) 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Gaz naturel Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur commercialisée* Produits pétroliers Charbon (hors hauts-fourneaux) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 124 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage La dépense énergétique totale de l?industrie (hors charbon dans les hauts-fourneaux) s?élève en 2023 à 27,9 milliards d?euros, en hausse de 6,0 % en euros constants sur un an, pour une consommation qui baisse dans le même temps de 6,6 % (figure 5.6.1.2). Cette augmentation des dépenses s?inscrit dans la continuité de la hausse importante constatée en 2022, liée à l?impact du contexte géopolitique sur les prix de l?énergie. Par rapport au niveau d?avant la crise sanitaire (2019), l?augmentation est significative (+ 70,8 %). La hausse de la dépense est surtout imputable à celle de l?électricité (+ 31,2 % en euros constants sur l?année), qui représente 59,4 % de la dépense énergétique de l?industrie. Le gaz naturel (26,9 % de la dépense totale) connaît à la fois une baisse de consommation (- 9,5 % en 2023) et de dépense (- 15,9 %) notables, après une explosion de la facture en 2022. De même, les dépenses industrielles liées aux produits pétroliers (8,2 % du montant total), du charbon et dérivés hors hauts-fourneaux (0,9 %) et de la chaleur commercialisée (3,5 %) se réduisent en 2023 (respectivement - 9,8 %, - 23,5 % et - 39,2 %). Enfin, couplée à une légère hausse de la consommation (+ 3,5 %), les dépenses dans les énergies renouvelables thermiques et déchets augmentent par rapport à 2022 (+ 4,5 % en euros constants). Figure 5.6.1.2 : consommation finale énergétique de l?industrie par énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 29,1 1 898 28,2 1 476 27,7 1 798 28,1 2 549 28,5 2 300 Gaz naturel 121,1 4 247 108,8 3 049 120,8 5 390 108,3 8 904 98,0 7 491 Charbon et dérivés hors hauts-fourneaux 10,3 250 9,1 179 10,5 274 7,4 315 6,2 241 Énergies renouvelables thermiques et déchets* 23,8 150 23,4 146 24,0 200 25,6 288 26,5 301 Électricité 115,7 9 229 105,8 8 550 112,5 10 077 107,2 12 628 102,0 16 562 Chaleur commercialisée 18,8 551 17,6 458 20,1 884 21,6 1 623 17,5 986 Total (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881 *Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesetdéchets,seulslebois-énergieetlesbiocarburantssontprisencompte. Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,laconsommationdecharbonetsesdérivés dansleshauts-fourneauxestexcluedelaconsommationfinale.Lebilanmonétairedel?industriedanscetteficheestréaliséencohérenceaveclebilanphysique excluantlecharbondeshauts-fourneaux. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 125 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6.2 CONSOMMATION FINALE PAR SECTEUR Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente à lui seul 21,9 % de l?énergie consommée dans l?industrie (figure 5.6.2.1), voit sa consommation énergétique diminuer de 4,5 %, tandis que l?indice brut de production de l?industrie chimique est relativement stable sur un an (- 0,6 % par rapport à l?année précédente). Le gaz naturel représente près de la moitié (43 %) de sa consommation énergétique et augmente de nouveau (+ 1,8 % en 2023) après une chute en 2022. L?industrie agroalimentaire pèse pour 19,1 % des consommations énergétiques dans l?industrie. Elle enregistre une baisse de 8,0 % sur l?année 2023 (- 4,6 TWh), pour atteindre son plus bas niveau depuis 2017. Cette diminution est portée notamment par celle du gaz naturel (- 3,3 TWh), tandis que les produits pétroliers et les énergies renouvelables progressent dans le même temps (+ 0,4 TWh chacun). L?activité des industries alimentaires diminue aussi au cours de l?année (- 6,1 % selon l?indice brut de production). Après avoir été davantage épargnée que d?autres secteurs par les baisses d?activité pendant la crise sanitaire en 2020, elle subit la baisse de la consommation de produits alimentaires liée à l?inflation générale de ces produits depuis 2022. En baisse de 10,8 % en 2023, la consommation énergétique du secteur des produits minéraux non métalliques représente 13,8 % de la consommation de l?industrie. Il regroupe les industries ayant vocation à transformer des minéraux présents à l?état naturel pour la production de ciment, de céramiques, de verre et de chaux. Les processus consomment du gaz naturel en grande partie (42 % de la consommation du secteur). Ensuite, les secteurs industriels faisant l?objet de la plus importante consommation d?énergie sont les imprimeries et papeteries (9,2 % du total) et la sidérurgie (6,8 %, dont plus de la moitié correspondant à de la consommation d?électricité). Les consommations énergétiques de ces deux secteurs sont en baisse en 2023 (respectivement - 12,8 % et - 4,3 % par rapport à 2022). Le secteur des métaux non ferreux, incluant entre autres les entreprises électro-intensives de la production d?aluminium, a quant à lui une consommation énergétique stable en 2023. Il représente 3,7 % de la consommation de l?industrie et 7 % de la consommation de l?électricité. Seul le secteur du matériel de transport voit sa consommation d?énergie augmenter par rapport à 2022 (+ 18,9 %). Il correspond à 4,4 % des consommations énergétiques dans l?industrie. Figure 5.6.2.1 : évolution de la consommation finale énergétique (données non corrigées des variations climatiques) par secteur de l?industrie En TWh 2023 2022 2021 2020 2019 Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir Non spécifié ci-dessus 0 50 100 150 200 250 300 350 19 20 20 24 24 10 10 11 12 12 17 19 17 20 20 12 10 9 11 11 26 29 29 30 30 7 8 6 7 8 18 18 17 18 19 3 1053 58 57 58 61 5 5 5 5 5 38 43 41 44 44 61 64 68 73 67 3 2 3 3 12 11 14 12 Note:lessecteursprésentéssontdesagrégatsdelaclassificationNAF.Toutefois,lecharbonetsesproduitsdérivésdeshauts-fourneauxontétéexclusdela sidérurgie,conformémentauxconventionsinternationalessurlesstatistiquesdel?énergie. Source :SDES,Bilandel?énergie 126 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6.3 DÉCOMPOSITION SECTORIELLE DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE En données réelles, la consommation finale de gaz naturel à usage énergétique diminue en 2023 et s?établit à 98,0 TWh (soit - 9,5 %), après une baisse du même ordre de grandeur entre 2021 et 2022 (figure 5.6.3.1). Depuis 2012, elle se réduit en moyenne de 3,0 % par an. Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente 27 % de la consommation de gaz de l?industrie, est cependant en hausse de 1,8 % en 2023. La consommation finale d?électricité diminue de 4,9 % au cours de l?année, pour s?établir à 102,0 TWh, se situant 11,8 % en dessous de la consommation de 2019. Cette baisse ne touche pas tous les secteurs de manière uniforme. Elle est principalement forte sur les secteurs de la papeterie et imprimerie (- 14,0 %) et de la sidérurgie (- 9,0 %). Les pôles industriels les plus consommateurs d?électricité restent les produits alimentaires (21 % de la consommation totale) ainsi que la chimie et pétrochimie (17 %). La consommation finale de produits pétroliers dans l?industrie connaît une légère augmentation en 2023, de 1,3 % en données réelles. Depuis 2012, elle baisse néanmoins de 2,4 % en moyenne annuelle. Elle provient pour plus de 60 % des secteurs de la construction et des produits minéraux non métalliques, malgré un léger recul de ces secteurs en 2023 (respectivement - 0,6 % et - 4,4 %). La légère augmentation en 2023 provient majoritairement de l?industrie agroalimentaire, en progression de 14,3 % au cours de l?année. La chaleur commercialisée connaît la plus forte chute de consommation finale annuelle (- 19,0 %). La consommation de chaleur vendue dans l?industrie se répartit presque intégralement entre les secteurs de la chimie et pétrochimie (61 % de la consommation totale), la papeterie et imprimerie (19 %) et les produits alimentaires (15 %). Chacun de ces domaines connaît une baisse supérieure à 15 % en 2023. La consommation finale d?énergies renouvelables et de déchets est, quant à elle, en légère hausse (+ 3,5 %). Elle augmente de 1,8 % en moyenne par année depuis 2012. La majorité de ses consommations sectorielles (70 %) provient du papier et de l?imprimerie, des produits minéraux non métalliques et du bois. Ces domaines sont cependant en léger recul en 2023. La hausse de consommation d?énergies renouvelables et de déchets provient surtout de l?industrie agroalimentaire et de la sidérurgie, dont les consommations augmentent significativement par rapport à 2022. En 2023, la consommation finale de charbon (hors hauts- fourneaux) diminue de 16,6 %. Malgré un rebond en 2021, la consommation nette de charbon dans l?industrie est inférieure de 41,4 % à son niveau de 2019 et se situe dans une dynamique globale de baisse depuis 2012 (- 57,0 %). Plus de 90 % de la consommation industrielle de charbon se répartit entre les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et des produits minéraux non métalliques. Figure 5.6.3.1 : décomposition sectorielle de la consommation finale énergétique de l?industrie en 2023 Non spécifié ci-dessus En % Gaz naturel Électricité Produits pétroliers Chaleur commercialisée Charbon (hors hauts-fourneaux) Énergies renouvelables thermiques et déchets Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Note:lapartdechacunedesénergiesestcalculéeàpartirdesdonnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 127 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables Avec 52,6 TWh, la consommation finale d?énergie de l?agriculture et de la pêche diminue très légèrement, de 0,7 % en 2023, après une baisse de 2,5 % en 2022 (figure 5.7.1). Peu sensible aux fluctuations de la production agricole, elle ne varie guère depuis une dizaine d?années. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation de l?agriculture et de la pêche est en légère croissance (+ 2,8 % sur la période). Dans l?agriculture, les produits pétroliers, comprenant essentiellement du gazole non routier (GNR), constituent 72,9 % du bouquet énergétique en 2023, avec une consommation en hausse de 0,9 %. Le GNR est destiné aux tracteurs et engins mobiles non routiers. La consommation d?électricité, qui représente la deuxième source d?énergie du secteur (13,6 %), baisse de 9,4 %. Viennent ensuite les énergies renouvelables et déchets, qui représentent 9,6 % du bouquet énergétique, et dont la consommation progresse de 3,8 % sur un an. Depuis 2012, elle augmente en moyenne de 9,5 % par an. Le gaz naturel enregistre, quant à lui, une baisse de 8,2 % et correspond en 2023 à 3,4 % de la consommation dans l?agriculture. Quant à la chaleur commercialisée, qui ne représente que 0,5 % de la consommation, elle réalise une hausse de 6,2 %. Dans le secteur de l?agriculture, l?électricité, le gaz de pétrole liquéfié et le gaz naturel sont utilisés principalement pour les bâtiments d?élevage, les serres et l?irrigation. La pêche représente 8,5 % des consommations d?énergie de l?ensemble agriculture-pêche. Sa consommation finale d?énergie, composée pour l?essentiel du gazole consommé par les bateaux de pêche, diminue légèrement en 2023 (- 1,3 %) après quatre années de hausse consécutives. Figure 5.7.1 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche En TWh 60 50 40 30 20 10 0 2007 2016 2021 2022 2023 2013 2004 2008 2005 2017 2014 2019 2009 2006 2010 2015 2020 2011 2012 2018 Produits pétroliers Gaz naturel Électricité Charbon Énergies renouvelables et déchets Chaleur commercialisée* *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 128 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage En 2023, la dépense totale en énergie du secteur de l?agriculture et de la pêche s?élève à 5,8 milliards d?euros (figure 5.7.2). En euros constants, elle est en légère hausse par rapport à l?année précédente (+ 0,9 %), après une hausse majeure en 2022 (+ 31,0 %) liée à l?explosion des prix de l?énergie. La dépense en produits pétroliers baisse de 9,0 % en 2023, malgré une légère hausse de consommation, et correspond à 60,4 % de la dépense dans le secteur agriculture-pêche. À l?inverse, la dépense en électricité explose (+ 36,9 % par rapport à 2022), tandis que sa consommation diminue, sous l?effet des hausses de prix. Ainsi, elle représente 31,5 % de la dépense en 2023. Troisième énergie du secteur, les énergies renouvelables et déchets représentent 4,8 % de la dépense (en baisse de 28,2 %), contre 9,6 % de la consommation. Le gaz est le quatrième poste de dépense (2,9 % du total), en progression de 9,7 % en 2023. Figure 5.7.2 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 35,9 2 777 39,5 2 306 39,3 2 804 38,0 3 872 38,3 3 524 Gaz naturel 2,3 112 2,2 97 2,3 116 1,9 153 1,8 167 Charbon 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,8 0,01 0,6 Énergies renouvelables et déchets 4,3 161 4,4 153 4,7 263 4,9 389 5,0 279 Électricité 8,5 1 228 8,1 1 176 7,6 1 207 7,9 1 341 7,1 1 835 Chaleur commercialisée 0,2 19,6 0,2 16,0 0,3 24,3 0,2 25,8 0,2 27,7 Total 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835 Source : SDES,Bilandel?énergie partie 6 Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie ? En 2023, l?intensité énergétique finale atteint 0,6 TWh par milliard d?euros de PIB. Elle décroît de 3,5 % par an en moyenne depuis 2020. La consommation d?énergie finale par habitant s?établit à 22,6 MWh, en baisse de 4,3 % par rapport à 2022. La baisse des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie est estimée à 6,8 %. Elle concerne tous les secteurs et, en particulier, le secteur de l?énergie. 130 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse Après un rebond en 2020 (+ 1,5 % sur un an) lié à la crise sanitaire, l?intensité énergétique finale (consommation finale à usage énergétique par unité de PIB) reprend sa tendance à la baisse, à un rythme annuel moyen de - 3,5 % entre 2020 et 2023, pour atteindre 0,60 TWh par milliard d?euros en 2023 (figure 6.1.1). La consommation finale à usage énergétique annuelle, corrigée des variations climatiques, continue à diminuer (- 4,0 % en 2023), alors que l?activité connaît une croissance faible (+ 0,9 %). Sur le long terme, l?intensité énergétique finale diminue de manière quasiment continue depuis 1990, à un rythme annuel moyen de - 1,4 %. Entre 1990 et 2001, cette baisse s?explique par une croissance moins rapide de la consommation énergétique finale (+ 16,7 %) que du PIB (+ 26,4 %). À partir de 2001, la consommation énergétique finale diminue alors que le PIB continue à augmenter, bien que moins rapidement. Ce découplage partiel entre PIB et consommation d?énergie s?explique par des gains d?efficacité énergétique dans l?ensemble des secteurs, par la tertiarisation de l?économie et par une croissance de la demande des ménages moins rapide que celle du PIB. En 2023, la consommation finale énergétique par habitant diminue de 4,3 % par rapport à 2022, pour s?établir à 22,6 MWh par habitant, poursuivant la baisse temporairement mise en pause en 2020. Sur le long terme, après une croissance annuelle moyenne de 1 %, qui culmine en 2001 à 29,2 MWh par habitant, la consommation par habitant diminue à un rythme annuel moyen de - 1,2 % de 2001 à 2023. De 1990 à 2001, à climat corrigé, la consommation finale énergétique totale augmente de 16,7 %, notamment du fait de la hausse de consommation du tertiaire (+ 26,9 %) et des transports (+ 17,9 %). De 2001 à 2023, la tendance s?inverse, principalement du fait de la baisse de la consommation de l?industrie (- 27,4 %) et, dans une moindre mesure, du résidentiel (- 7,6 %). Figure 6.1.1 : intensité énergétique finale (données corrigées des variations climatiques) En MWh/hab et TWh/Md¤ (données corrigées des variations climatiques) 30 29 28 27 26 25 24 23 22 21 20 1,10 1,00 0,90 0,80 0,70 0,60 0,50 uche) Consommation finale énergétique par habitant (MWh/hab, axe de gauche) Consommation finale énergétique par unité de PIB (TWh/Md¤, axe de droite) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance;Insee Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 131 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie Depuis 1990, l?intensité énergétique finale a diminué pour l?ensemble des activités (figure 6.1.2). Dans les transports, premier secteur consommateur en 2023 (33 % de la consommation énergétique finale), l?amélioration de la performance énergétique des véhicules légers se poursuit de manière continue depuis 1990, avec une baisse de 26 % de la consommation d?énergie par kilomètre parcouru. Cette baisse s?accélère à partir de 2010, passant d?un rythme annuel moyen de - 0,7 % de 1990 à 2010 à - 1,2 % de 2010 à 2023. La réduction de la consommation unitaire des poids lourds apparaît moins forte (- 13 % depuis 1990). Elle stagne jusqu?au milieu des années 2000 puis décroît à un rythme annuel moyen de - 0,8 % entre 2005 et 2023. Malgré un léger rebond en 2020, en lien avec une présence accrue des ménages dans leur domicile, la baisse la consommation d?énergie par m2 est particulièrement forte dans le résidentiel (- 37 % depuis 1990), traduisant les meilleures performances énergétiques des logements neufs ainsi que des efforts de rénovation dans les logements anciens. En 2023, le secteur résidentiel représente 29,5 % de la consommation énergétique finale. Dans l?industrie (18,3 % de la consommation énergétique finale en 2023), l?adoption de procédés moins consommateurs a contribué à la baisse de long terme de l?intensité énergétique (- 35 % depuis 1990). Le tertiaire (15,5 % de la consommation énergétique finale en 2023) connaît une chute de son intensité énergétique de 28 % depuis 1990. La baisse ne commence qu?à partir de la fin des années 2000, à un rythme annuel moyen soutenu de - 2,6 % entre 2009 et 2023. Comme dans le résidentiel, cette tendance s?explique notamment par l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments du secteur. Dans l?agriculture (3,4 % de la consommation énergétique finale en 2023), l?intensité énergétique est beaucoup plus volatile, en raison notamment des aléas climatiques qui pèsent sur les récoltes et affectent les rendements sans modifier la consommation d?énergie. Toutefois, elle baisse tendanciellement depuis 1990 (- 11 %). Figure 6.1.2 : évolution des intensités énergétiques finales par secteur (données corrigées des variations climatiques) En indice base 100 en 1990 (données corrigées des variations climatiques) 120 110 100 90 80 70 60 50 Tertiaire Résidentiel Industrie Agriculture Poids lourds Véhicules légers 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2023 Note:l?intensitéénergétiquefinaleestdéfiniecommeleratiodelaconsommationénergétiquefinaledusecteuràsavaleurajoutée,saufpourlerésidentiel, oùledénominateurestlasurfacetotaledeslogementshabités,etdanslestransports,oùl?indicateurmesurelaconsommationunitairedesvéhicules. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance,Bilanannueldestransports,Rapportducomptedulogement;Insee 132 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent une baisse des émissions de gaz à effet de serre La combustion d?énergie est la première source d?émissions de gaz à effet de serre. En France, en 2022, ces émissions représentent 70 % du total, hors UTCATF (Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie) et soutes internationales. Le reste provient des procédés industriels, de l?agriculture, de l?élevage et de la gestion des déchets. Les émissions liées à la combustion d?énergie s?établissent à 276 Mt CO2 éq en 2022 (figure 6.2.1). Pour 2023, ces émissions sont estimées à 258 Mt CO2 éq, soit une baisse de 6,8 %. Entre 1990 et 2022, les émissions de GES liées à la combustion d?énergie ont diminué de 24,8 %. Après une période de relative stabilité entre 1990 et 2005, elles diminuent depuis à un rythme annuel moyen de - 2,0 %. Sur la période, les émissions de tous les secteurs diminuent, à l?exception du transport (+ 5 %). Figure 6.2.1 : émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie par secteur entre 1990 et 2023 En Mt CO2 éq 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Transports Industrie manufacturière et consctruction Résidentiel Tertiaire Agriculture Industrie de l?énergie Émissions fugitives Non spécifié 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2023 (e ) (e)=estimation. Note:lesdonnéesd?émissionsutiliséesdanscettepartiesontlesémissionsdedioxydedecarbone(CO2),deméthane(CH4),deprotoxyded?azote(N2O)etde gazfluorésduesàlacombustiond?énergie(CRF1)rapportéesàlaCCNUCCsurlepérimètreFranceetDROMappartenantàl?Unioneuropéenne.L?année2023 est estimée. Source :InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 133 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie En 2022, les transports représentent 46 % des émissions liées à la combustion d?énergie, l?industrie manufacturière et la construction 15 %, l?industrie de l?énergie 14 %, le résidentiel 13 %, le tertiaire 6 %, l?agriculture 4 %. Les émissions involontaires lors des activités d?extraction, de traitement et de distribution de combustibles fossiles, appelées émissions fugitives, représentent 1 % du total. La répartition sectorielle de ces émissions a fortement évolué depuis 1990. Les émissions directes15 du transport, qui représentaient 33 % des émissions dues à la combustion d?énergie en 1990, ont vu leur part progresser de 13 points. Celle des émissions de l?agriculture augmente également de 1 point. À l?inverse, la part des émissions des autres secteurs a diminué : industrie manufacturière et construction (- 3 points), industrie de l?énergie (- 4 points), résidentiel (- 4 points), tertiaire (- 1 point). Ces disparités entre secteurs s?expliquent par l?évolution de leur consommation d?énergie et de leur bouquet énergétique. Par exemple, les transports ont vu leur consommation d?énergie finale augmenter de 17,2 % et leur bouquet énergétique rester très largement dominé par les produits pétroliers. À l?inverse, d?autres secteurs ont connu une décarbonation partielle de leur bouquet énergétique : baisse de la part de combustibles fossiles fortement émetteurs (charbon, pétrole et, dans une moindre mesure, gaz) et hausse de la part des énergies renouvelables et de l?électricité et de la chaleur commercialisée. En 2023, la baisse des émissions liées à la combustion d?énergie est estimée à 6,8 % et touche tous les secteurs, en particulier l?industrie de l?énergie (- 18 %) et y compris les transports (- 3 %). 6.2.1 ÉMISSIONS DU RÉSIDENTIEL On peut distinguer deux phases dans l?évolution de émissions de GES liées à l?énergie du secteur résidentiel (figure 6.2.1.1). De 1990 à 2006, les émissions directes du secteur résidentiel augmentent de 9,6 % et suivent l?augmentation de la consommation finale d?énergie (+ 11,3 %). Sur cette période, la consommation de produits pétroliers et de charbon, fortement émetteurs, diminue de 24,4 %, mais celle de gaz augmente de 52,6 %. De 2006 à 2022, les émissions diminuent plus rapidement que la consommation d?énergie finale (respectivement - 46,9 % et - 12,0 %), notamment grâce à l?évolution du bouquet énergétique. La consommation d?électricité et de chaleur augmente de 18,4 %, tout comme celle d?énergies renouvelables et de déchets (+ 52,8 %). Dans le même temps, la consommation de produits pétroliers et de charbon continue à baisser fortement (- 61,0 %) et la consommation de gaz diminue de 35,7 %. Figure 6.2.1.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 En TWh Indice base 100 en 1990 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 120 100 80 60 40 20 0 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa 15 Les émissions indirectes liées à la production d?électricité et de chaleur commercialisée ne sont pas comptabilisées dans les secteurs de consommation finale mais dans l?industrie de l?énergie. La substitution d?énergies fossiles par de l?électricité dans le bouquet énergétique d?un secteur explique donc une baisse de ses émissions directes. Toutefois, même en comptabilisant les émissions indirectes, c?est-à-dire en réaffectant les émissions de l?industrie de l?énergie aux secteurs de consommation finale, l?électrification du bouquet énergétique permet une baisse des émissions, la production d?électricité étant peu émettrice en France (nucléaire, hydraulique). 134 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie En 2023, la baisse des émissions du résidentiel est estimée à - 6,8 %, alors que la consommation finale diminue de 2,7 %, en lien avec la réduction importante des consommations d?énergies fossiles : la consommation finale de charbon et de produits pétroliers diminue de 12,4 %, celle de gaz de 7,3 %. 6.2.2 ÉMISSIONS DU TERTIAIRE Dans le secteur tertiaire, le découplage entre les émissions de GES et la consommation d?énergie est intervenu plus tôt que dans le résidentiel, grâce à une importante électrification du secteur. Ainsi, entre 1990 et 2010, les émissions directes du tertiaire augmentent seulement de 6,7 % alors que la consommation finale d?énergie croît de 57,7 % (figure 6.2.2.1). Sur cette période, la part des produits pétroliers et du charbon diminue de 19 points, pour atteindre 17 % en 2010. Le gaz augmente fortement et passe devant les produits pétroliers dans le bouquet du secteur (+ 7 points, pour atteindre 27 % du total). L?électricité et la chaleur conservent leur première place grâce à un forte croissance (+ 10 points), atteignant une part de 53 %. Les énergies renouvelables font leur apparition, passant de 0,6 TWh à 7,2 TWh en 2010, soit une part de 2,4 %. Figure 6.2.2.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) Indice base 100 en 1990En TWh 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 160 140 120 100 80 60 40 20 0 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa L?année 2010 marque un pic de consommation d?énergie, notamment du fait d?un climat particulièrement rigoureux. L?année suivante se distingue à l?inverse par des températures douces, provoquant une baisse importante de la consommation d?énergie finale (- 13,7 %) et des émissions (- 25,5 %). À partir de 2011, les émissions de gaz à effet de serre du tertiaire se stabilisent (+ 2,9 % entre 2011 et 2021), comme la consommation d?énergie finale du secteur (+ 2,4 %). Le bouquet énergétique évolue légèrement au profit du gaz (+ 5 points) et des énergies renouvelables (+ 2 points), alors que l?électricité et la chaleur diminuent de 2 points et le charbon et les produits pétroliers de 5 points. L?année 2022 est marquée par une baisse de la consommation finale d?énergie du secteur (- 3,2 %). Les émissions diminuent encore plus rapidement (- 20,4 %), principalement du fait d?une baisse plus rapide de la consommation de gaz (- 4 points dans le bouquet énergétique final). En 2023, la baisse des émissions du secteur se poursuit et est estimée à - 4,6 %, alors que la consommation finale d?énergie diminue de 8,2 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 135 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.2.3 ÉMISSIONS DE L?INDUSTRIE ET DE LA CONSTRUCTION Comme pour les deux secteurs précédents, on distingue deux phases pour l?évolution des émissions de GES liées à l?énergie de l?industrie depuis 1990 (figure 6.2.3.1). Entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie de l?industrie manufacturière et de la construction augmentent plus vite que la consommation finale d?énergie du secteur (+ 16,1 %, contre 4,0 % pour la consommation d?énergie). Cela s?explique par la forte croissance de la consommation de gaz (+ 32,2 %), dont les émissions ne sont pas compensées par la moindre consommation de charbon et de produits pétroliers (- 37,9 %). Entre 2004 et 2022, les émissions et la consommation finale d?énergie baissent fortement (respectivement - 49,9 % et - 19,0 %). La baisse de la consommation de produits pétroliers et de charbon se poursuit (- 50,3 %). La tendance s?inverse pour la consommation de gaz qui diminue (- 23,4 %), comme, dans une moindre mesure, pour la consommation d?électricité et de chaleur (- 5,7 %). Les énergies renouvelables et les déchets sont les seules énergies à augmenter (+ 35,6 %). En 2023, la baisse des émissions du secteur est estimée à - 8,7 %, alors que la consommation finale d?énergie baisse de 6,6 %, notamment grâce à la baisse plus rapide du gaz (- 9,5 %) que de l?électricité et de la chaleur (- 7,3 %). Figure 6.2.3.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre de l?industrie manufacturière et de la construction Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) Indice base 100 en 1990En TWh 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 120 100 80 60 40 20 0 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Laconsommationdes autoproducteursd?électricitéetdechaleurestcomptabiliséedansl?industriedanslesinventairesdegazàeffetdeserre,alorsqu?ellel?estdanslabrancheénergie danslebilandel?énergie. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa 136 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Annexes ? Bilans énergétiques de la France ? Annexes méthodologiques ? Sigles et abréviations ? Pour en savoir plus 138 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilans énergétiques de la France Notes ?EnRélectriques:hydraulique(horspompages),énergiesmarines,éolien,solairephotovoltaïque. ?EnRthermiquesetdéchets:biomassesolide,biogaz,biocarburants,déchets,solairethermique,géothermie,pompesàchaleur. ?Pétrolebrut:inclutégalementdefaiblesquantitésdecondensats(liquidesdegaznaturel),d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduits à distiller. ?Industrie:inclutégalementlaconstruction.Leshauts-fourneauxsontexclusdel?industriedanslebilanphysique(carclassésdanslabrancheénergie) maisinclusdanslebilanmonétaire. ?Transfertsetretoursenraffineries(produitspétroliers):cepostecorrespondauxéchangescomptablesexistantsentrelebilandupétrolebrutetcelui desproduitsraffinés.Desproduitsbrutspeuventêtreutiliséssansavoirétéraffinés(notammentlescondensatsutiliséspourlapétrochimie).Àl?inverse, desproduitssemi-finispeuventêtreretournésenraffineriespourêtreretraités(issusducommerceextérieuroudel?industriepétrochimique). ?Autoconsommationdesraffineries(produitsraffinés):cepostecorrespondàlaconsommationpropredesraffineriesenproduitsraffinés,horsproduction d?électricitéoudechaleurcommercialisée. ?Donnéesréelles:donnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques. ?DonnéesCVC:donnéescorrigéesdesvariationsclimatiques. Bilans physiques, toutes énergies confondues (données réelles) Bilan énergétique physique 2023 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,86 0,00 0,18 1 024,86 129,41 256,53 0,00 0,00 1 420,84 Importations 52,11 541,30 441,73 479,18 0,00 0,00 30,70 25,43 0,00 1 570,45 Exportations - 0,02 - 1,47 - 170,53 - 140,29 0,00 0,00 - 7,51 - 75,90 0,00 - 395,73 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 12,32 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 12,32 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 62,41 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 62,41 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 0,22 - 0,92 3,59 1,48 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,36 Consommation primaire 52,31 548,76 200,06 340,56 1 024,86 129,41 279,72 - 50,47 0,00 2 525,20 Écart statistique - 2,87 9,09 10,33 0,15 0,00 0,00 0,00 2,02 0,00 18,72 Production d?électricité 8,68 0,00 13,23 47,18 1 024,86 129,41 39,28 - 520,46 0,00 742,17 Production de chaleur 0,99 0,00 2,89 20,16 0,00 0,00 31,68 0,00 - 47,54 8,18 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 8,22 0,00 0,00 8,22 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 558,22 - 553,65 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,57 Autres transformations, transferts 23,46 - 18,55 17,17 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 22,07 Usages internes de la branche énergie 11,94 0,00 17,03 4,97 0,00 0,00 0,66 33,77 0,00 68,37 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,66 0,00 0,00 0,00 36,58 5,73 45,98 Consommation nette de la branche énergie 42,20 548,76 - 493,01 67,90 1 024,86 129,41 79,84 - 448,09 - 41,81 910,06 Industrie 6,15 0,00 28,51 97,96 0,00 0,00 26,49 101,98 17,49 278,59 Transports 0,00 0,00 458,56 4,19 0,00 0,00 37,68 12,86 0,00 513,29 Résidentiel 0,22 0,00 35,70 101,33 0,00 0,00 119,40 150,74 14,92 422,32 Tertiaire 0,33 0,00 26,58 56,92 0,00 0,00 11,27 124,88 9,14 229,12 Agriculture-pêche 0,01 0,00 38,34 1,77 0,00 0,00 5,04 7,15 0,25 52,56 Consommation finale énergétique 6,73 0,00 587,69 262,16 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 495,88 Consommation finale non énergétique 3,39 0,00 105,38 10,50 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 119,26 Consommation finale 10,11 0,00 693,07 272,66 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 615,14 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 139 annexes Bilan énergétique physique 2022 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,77 0,00 0,21 893,12 103,84 250,96 0,00 0,00 1 257,89 Importations 70,70 489,11 480,45 575,55 0,00 0,00 28,81 52,44 0,00 1 697,04 Exportations - 0,08 - 0,59 - 160,69 - 154,17 0,00 0,00 - 8,59 - 37,49 0,00 - 361,62 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,74 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,74 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 56,95 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 56,95 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 2,74 - 2,61 2,17 - 35,14 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 38,31 Consommation primaire 67,87 495,68 251,24 386,44 893,12 103,84 271,18 14,94 0,00 2 484,32 Écart statistique - 2,58 2,81 - 14,92 - 1,51 0,00 0,00 0,00 1,62 0,00 - 14,58 Production d?électricité 15,73 0,00 15,09 67,47 893,12 103,84 37,61 - 469,12 0,00 663,74 Production de chaleur 1,64 0,00 2,58 20,62 0,00 0,00 34,88 0,00 - 50,93 8,80 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 6,28 0,00 0,00 6,28 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 506,72 - 500,22 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,50 Autres transformations, transferts 27,65 - 13,85 12,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 26,26 Usages internes de la branche énergie 14,34 0,00 16,29 5,08 0,00 0,00 0,66 32,23 0,00 68,59 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,01 0,00 0,00 0,00 35,23 4,84 44,08 Consommation nette de la branche énergie 56,78 495,68 - 468,72 89,40 893,12 103,84 79,43 - 400,04 - 46,09 803,40 Industrie 7,37 0,00 28,14 108,29 0,00 0,00 25,59 107,24 21,61 298,25 Transports 0,00 0,00 473,88 3,65 0,00 0,00 35,99 11,09 0,00 524,61 Résidentiel 0,31 0,00 40,68 109,31 0,00 0,00 113,98 155,19 14,53 434,00 Tertiaire 0,38 0,00 31,46 63,11 0,00 0,00 11,34 133,57 9,72 249,57 Agriculture-pêche 0,02 0,00 37,98 1,93 0,00 0,00 4,86 7,89 0,23 52,91 Consommation finale énergétique 8,08 0,00 612,14 286,29 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 559,34 Consommation finale non énergétique 3,01 0,00 107,81 10,75 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 121,57 Consommation finale 11,09 0,00 719,96 297,04 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 680,92 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 140 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique physique 2021 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 10,38 0,00 0,23 1 149,58 112,35 253,51 0,00 0,00 1 526,06 Importations 72,19 404,09 533,06 469,59 0,00 0,00 26,19 24,33 0,00 1 529,46 Exportations - 0,05 - 1,28 - 146,70 - 55,83 0,00 0,00 - 8,79 - 69,23 0,00 - 281,88 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,01 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 33,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 33,46 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 7,88 2,89 9,03 16,43 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 36,24 Consommation primaire 80,03 416,09 348,92 430,41 1 149,58 112,35 270,91 - 44,89 0,00 2 763,40 Écart statistique - 3,59 8,61 - 23,39 3,03 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 - 15,29 Production d?électricité 20,39 0,00 13,92 51,34 1 149,58 112,35 35,40 - 550,57 0,00 832,41 Production de chaleur 1,72 0,00 2,77 22,37 0,00 0,00 34,94 0,00 - 53,14 8,67 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 3,90 0,00 0,00 3,90 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 433,82 - 428,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,01 Autres transformations, transferts 32,15 - 26,34 24,88 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 30,69 Usages internes de la branche énergie 14,90 0,00 10,27 7,43 0,00 0,00 0,66 33,60 0,00 66,85 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,58 0,00 0,00 0,00 39,19 5,10 47,87 Consommation nette de la branche énergie 65,58 416,09 - 400,35 83,84 1 149,58 112,35 74,90 - 477,73 - 48,04 976,20 Industrie 10,50 0,00 27,74 120,79 0,00 0,00 24,04 112,50 20,12 315,70 Transports 0,00 0,00 460,52 3,12 0,00 0,00 33,99 9,65 0,00 507,28 Résidentiel 0,30 0,00 54,84 133,35 0,00 0,00 122,69 169,52 17,05 497,75 Tertiaire 0,42 0,00 27,51 75,27 0,00 0,00 10,60 133,52 10,60 257,93 Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,30 2,34 0,00 0,00 4,68 7,65 0,27 54,25 Consommation finale énergétique 11,24 0,00 609,91 334,87 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 632,91 Consommation finale non énergétique 3,21 0,00 139,36 11,71 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 154,28 Consommation finale 14,45 0,00 749,27 346,58 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 787,19 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 141 annexes Bilan énergétique physique 2020 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,82 0,00 0,18 1 072,22 116,13 229,61 0,00 0,00 1 427,96 Importations 59,35 394,74 507,92 468,92 0,00 0,00 20,27 19,54 0,00 1 470,73 Exportations - 0,10 - 1,45 - 148,57 - 84,52 0,00 0,00 - 9,22 - 64,58 0,00 - 308,43 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 11,46 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 30,79 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 30,79 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 2,28 2,54 - 1,68 21,25 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 24,38 Consommation primaire 61,53 405,65 315,41 405,83 1 072,22 116,13 240,66 - 45,04 0,00 2 572,38 Écart statistique - 3,69 7,29 - 2,30 1,26 0,00 0,00 0,00 1,96 0,00 4,52 Production d?électricité 13,56 0,00 13,39 55,42 1 072,22 116,13 35,78 - 527,59 0,00 778,91 Production de chaleur 1,57 0,00 3,02 21,00 0,00 0,00 31,04 0,00 - 48,46 8,17 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,99 0,00 0,00 1,99 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 440,89 - 437,64 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,25 Autres transformations, transferts 24,86 - 42,53 41,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 23,94 Usages internes de la branche énergie 12,69 0,00 11,54 7,53 0,00 0,00 0,66 33,33 0,00 65,75 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,91 0,00 0,00 0,00 35,90 6,69 46,49 Consommation nette de la branche énergie 48,99 405,65 - 370,39 87,13 1 072,22 116,13 69,46 - 456,40 - 41,77 931,03 Industrie 9,10 0,00 28,19 108,78 0,00 0,00 23,36 105,80 17,56 292,80 Transports 0,00 0,00 405,02 2,22 0,00 0,00 30,88 8,34 0,00 446,46 Résidentiel 0,24 0,00 48,45 127,85 0,00 0,00 103,15 161,50 14,49 455,69 Tertiaire 0,36 0,00 32,39 66,15 0,00 0,00 9,36 127,64 9,53 245,43 Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,51 2,23 0,00 0,00 4,43 8,08 0,19 54,46 Consommation finale énergétique 9,71 0,00 553,56 307,23 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 494,83 Consommation finale non énergétique 2,82 0,00 132,23 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 146,52 Consommation finale 12,54 0,00 685,80 318,70 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 641,35 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 142 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique physique 2019 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 11,59 0,00 0,17 1 209,13 104,28 238,30 0,00 0,00 1 563,47 Importations 84,77 578,29 530,31 550,96 0,00 0,00 27,22 15,63 0,00 1 787,18 Exportations - 0,05 - 1,60 - 202,34 - 94,84 0,00 0,00 - 10,59 - 73,30 0,00 - 382,72 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 20,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 20,01 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 72,33 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 72,33 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 0,37 1,26 1,15 - 19,66 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 16,88 Consommation primaire 85,09 589,54 236,78 436,62 1 209,13 104,28 254,93 - 57,67 0,00 2 858,71 Écart statistique 3,31 10,75 5,66 0,77 0,00 0,00 0,00 4,14 0,00 24,62 Production d?électricité 15,92 0,00 13,66 62,57 1 209,13 104,28 36,41 - 566,06 0,00 875,91 Production de chaleur 1,95 0,00 3,09 20,95 0,00 0,00 32,00 0,00 - 49,01 8,98 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,11 0,00 0,00 1,11 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 607,99 - 602,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,37 Autres transformations, transferts 32,75 - 29,19 28,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 31,66 Usages internes de la branche énergie 17,02 0,00 16,10 7,95 0,00 0,00 0,52 34,46 0,00 76,06 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,98 0,00 0,00 0,00 38,09 5,88 48,95 Consommation nette de la branche énergie 70,95 589,54 - 536,00 96,11 1 209,13 104,28 70,05 - 489,37 - 43,13 1 071,55 Industrie 10,32 0,00 29,12 121,13 0,00 0,00 23,75 115,66 18,75 318,73 Transports 0,00 0,00 481,73 1,86 0,00 0,00 37,18 10,08 0,00 530,85 Résidentiel 0,28 0,00 55,06 129,80 0,00 0,00 110,52 159,72 14,81 470,20 Tertiaire 0,40 0,00 30,94 72,58 0,00 0,00 9,17 137,77 9,32 260,17 Agriculture-pêche 0,02 0,00 35,88 2,33 0,00 0,00 4,26 8,48 0,25 51,21 Consommation finale énergétique 11,02 0,00 632,72 327,70 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 631,16 Consommation finale non énergétique 3,12 0,00 140,06 12,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 156,00 Consommation finale 14,14 0,00 772,78 340,51 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 787,16 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 143 annexes Bilans physiques par énergie (données réelles et données CVC) Bilan physique du charbon de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11 Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02 Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22 Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31 Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87 Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39 Production d?électricité 15,92 13,56 20,39 15,73 8,68 Production de chaleur 1,95 1,57 1,72 1,64 0,99 Consommation nette de la branche énergie 70,95 48,99 65,58 56,78 42,20 Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22 Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33 Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01 Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73 Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39 Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 144 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique du charbon de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11 Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02 Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22 Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31 Correction climatique 1,82 4,29 - 0,82 2,98 2,90 Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87 Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39 Production d?électricité 17,54 17,41 19,63 18,42 11,28 Production de chaleur 2,15 2,02 1,66 1,93 1,29 Consommation nette de la branche énergie 72,77 53,28 64,75 59,76 45,10 Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22 Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33 Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01 Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73 Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39 Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 145 annexes Bilan physique du pétrole brut de 2019 à 2023 Données réelles En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 1,00 0,84 0,89 0,84 0,85 Importations 49,72 33,94 34,75 42,06 46,54 Exportations - 0,14 - 0,12 - 0,11 - 0,05 - 0,13 Variations de stocks 0,11 0,22 0,25 - 0,22 - 0,08 Autres charges de raffinage, retours de pétrochimie 2,51 3,66 2,26 1,19 1,60 Total approvisionnement des raffineries 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78 Écart statistique 0,92 0,63 0,74 0,24 0,78 Transformation de pétrole brut en raffinerie 52,28 37,91 37,30 43,57 48,00 Consommation brute de la branche énergie 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 146 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données réelles En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14 Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98 Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66 Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06 Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37 Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31 Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48 Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87 Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89 Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14 Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25 Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27 Industrie 2,50 2,42 2,39 2,42 2,45 Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43 Résidentiel 4,73 4,17 4,72 3,50 3,07 Tertiaire 2,66 2,79 2,37 2,71 2,29 Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30 Consommation finale énergétique 54,40 47,60 52,44 52,63 50,53 Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06 Consommation finale 66,45 58,97 64,43 61,91 59,59 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 147 annexes Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14 Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98 Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66 Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06 Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37 Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31 Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48 Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87 Correction climatique 0,16 0,37 - 0,07 0,26 0,26 Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89 Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14 Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25 Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27 Industrie 2,51 2,43 2,39 2,42 2,45 Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43 Résidentiel 4,85 4,44 4,66 3,70 3,26 Tertiaire 2,70 2,88 2,35 2,77 2,35 Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30 Consommation finale énergétique 54,56 47,97 52,37 52,90 50,79 Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06 Consommation finale 66,61 59,34 64,35 62,17 59,85 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 148 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023 Données réelles En TWh PCS 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20 Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14 Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43 Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88 Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64 Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53 Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17 Production d?électricité 69,52 61,58 57,05 74,97 52,42 Production de chaleur 23,28 23,33 24,86 22,91 22,40 Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52 Pertes de transport et de distribution 5,53 4,34 3,98 4,46 4,07 Consommation brute de la branche énergie 108,02 99,02 97,49 106,31 84,58 Industrie 134,59 120,87 134,22 120,33 108,84 Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65 Résidentiel 144,22 142,05 148,17 121,46 112,59 Tertiaire 80,65 73,50 83,63 70,12 63,24 Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97 Consommation finale énergétique 364,11 341,37 372,08 318,10 291,29 Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66 Consommation finale 378,35 354,11 385,08 330,05 302,95 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 149 annexes Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh PCS 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20 Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14 Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43 Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88 Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64 Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53 Correction climatique 14,41 39,02 - 8,84 32,03 31,24 Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17 Production d?électricité 71,36 66,79 55,83 79,40 56,74 Production de chaleur 24,27 25,96 24,28 24,98 24,42 Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52 Pertes de transport et de distribution 5,67 4,63 3,92 4,67 4,27 Consommation brute de la branche énergie 110,99 107,15 95,64 113,01 91,12 Industrie 136,48 126,00 133,06 124,51 112,93 Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65 Résidentiel 150,65 159,43 144,24 135,69 126,47 Tertiaire 83,77 81,92 81,72 77,03 69,98 Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97 Consommation finale énergétique 375,55 372,29 365,08 343,43 316,00 Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66 Consommation finale 389,79 385,03 378,09 355,37 327,66 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 150 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53 Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70 Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51 Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Total approvisionnement en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72 Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28 Production de chaleur 0,00 32,00 0,00 31,04 0,00 34,94 0,00 34,88 0,00 31,68 Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22 Usages internes de la branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 Consommation brute de la branche énergie 104,28 70,05 116,13 69,46 112,35 74,90 103,84 79,43 129,41 79,84 Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49 Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68 Résidentiel 0,00 110,52 0,00 103,15 0,00 122,69 0,00 113,98 0,00 119,40 Tertiaire 0,00 9,17 0,00 9,36 0,00 10,60 0,00 11,34 0,00 11,27 Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04 Consommation finale énergétique 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 151 annexes Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53 Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70 Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51 Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Total approvisionnement en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72 Correction climatique 0,00 6,12 0,00 14,93 0,00 - 2,19 0,00 14,22 0,00 13,76 Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28 Production de chaleur 0,00 32,30 0,00 31,72 0,00 34,83 0,00 35,56 0,00 32,31 Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22 Usages internes de la branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 Consommation brute de la branche énergie 104,28 70,34 116,13 70,14 112,35 74,79 103,84 80,11 129,41 80,47 Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49 Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68 Résidentiel 0,00 115,95 0,00 116,41 0,00 120,76 0,00 126,61 0,00 131,66 Tertiaire 0,00 9,57 0,00 10,36 0,00 10,46 0,00 12,25 0,00 12,14 Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04 Consommation finale énergétique 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 152 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41 Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83 Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15 Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90 Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46 Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11 Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48 Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82 Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96 Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12 Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09 Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43 Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90 Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55 Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02 Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34 Pertes de transport et de distribution 38,09 35,90 39,19 35,23 36,58 Total branche énergie 50,98 46,86 48,33 46,82 48,93 Industrie 115,66 105,80 112,50 107,24 101,98 Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86 Résidentiel 159,72 161,50 169,52 155,19 150,74 Tertiaire 137,77 127,64 133,52 133,57 124,88 Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15 Consommation finale énergétique 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62 *Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries). **Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 153 annexes Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41 Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83 Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15 Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90 Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46 Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11 Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48 Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82 Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96 Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12 Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09 Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43 Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90 Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55 Correction climatique 3,72 11,58 - 2,60 8,61 8,87 Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02 Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34 Pertes de transport et de distribution 38,65 37,43 38,84 36,52 37,84 Total branche énergie 51,54 48,38 47,98 48,11 50,19 Industrie 116,05 106,88 112,26 108,11 102,83 Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86 Résidentiel 162,12 167,97 168,05 160,48 155,91 Tertiaire 138,15 130,15 132,98 134,73 126,48 Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15 Consommation finale énergétique 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23 *Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries). **Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 154 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30 Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19 Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57 Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24 Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78 Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76 Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70 Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54 Pertes de transport et de distribution 5,88 6,69 5,10 4,84 5,73 Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 14,81 14,49 17,05 14,53 14,92 Tertiaire 9,32 9,53 10,60 9,72 9,14 Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25 Consommation finale énergétique 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30 Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19 Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57 Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24 Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78 Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76 Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70 Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54 Correction climatique 1,06 2,93 - 0,64 2,32 2,26 Pertes de transport et de distribution 5,99 7,05 5,04 5,05 5,94 Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 15,40 16,08 16,69 15,85 16,21 Tertiaire 9,67 10,51 10,38 10,51 9,91 Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25 Consommation finale énergétique 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 155 annexes Bilans monétaires, toutes énergies confondues (données réelles) Bilan énergétique monétaire 2023 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 500 612 24 044 n.d. (*) 3 036 74 966 1 670 - 1 332 107 762 Importations 2 010 27 266 33 091 36 281 325 2 885 0 0 101 859 Exportations - 48 - 209 - 13 242 - 10 006 - 75 - 6 847 0 0 - 30 428 Soutes maritimes internationales 0 0 - 661 0 0 0 0 0 - 661 Soutes aériennes internationales 0 0 - 4 333 0 0 0 0 0 - 4 333 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 16 - 68 223 101 0 0 0 0 241 Taxes 10 0 41 954 4 080 200 6 849 106 0 53 198 dontTVA 3 0 10 364 1 820 200 5 164 106 0 17 657 Subventions 0 0 0 - 811 0 4 307 0 0 3 495 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 506 29 688 0 0 4 797 2 036 1 332 38 027 Total des ressources 2 456 29 108 110 765 32 578 3 486 86 957 3 812 0 269 161 Production d?électricité 309 0 866 3 330 292 0 0 0 4 797 Production de chaleur 31 0 135 1 472 398 0 0 0 2 036 Production d?autres formes d?énergie 0 29 108 1 506 329 0 1 638 0 0 32 581 Branche énergie 340 29 108 2 507 5 132 690 1 638 0 0 39 415 Industrie 1 924 0 2 425 7 491 176 16 562 986 0 29 564 Transports 0 0 85 550 394 0 1 747 0 0 87 691 Résidentiel 9 0 5 099 12 801 2 495 35 645 1 775 0 57 824 Tertiaire 13 0 2 830 6 114 93 29 531 1 022 0 39 604 Agriculture-pêche 1 0 3 804 167 0 1 835 28 0 5 835 Consommation finale énergétique 1 947 0 99 708 26 967 2 765 85 319 3 812 0 220 517 Consommation finale non énergétique 168 0 8 402 479 0 0 0 0 9 050 Consommation finale 2 116 0 108 110 27 446 2 765 85 319 3 812 0 229 567 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 156 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique monétaire 2022 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 312 804 26 137 n.d. (*) 2 396 44 296 1 882 - 813 61 954 Importations 3 319 31 571 43 074 58 287 300 16 149 0 0 152 700 Exportations - 52 - 133 - 15 246 - 10 763 - 86 - 8 729 0 0 - 35 009 Soutes maritimes internationales 0 0 - 889 0 0 0 0 0 - 889 Soutes aériennes internationales 0 0 - 5 059 0 0 0 0 0 - 5 059 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 141 - 156 262 - 3 831 0 0 0 0 - 3 866 Taxes 18 0 43 587 4 173 140 8 951 102 0 56 971 dontTVA 3 0 10 648 1649 140 4 648 102 0 17190 Subventions 0 0 - 7 612 - 89 0 - 1 278 0 0 - 8 979 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 356 34 052 0 0 7 373 2 233 813 45 014 Total des ressources 3 457 33 441 118 306 33 904 2 750 66 761 4 217 0 262 837 Production d?électricité 622 0 1 117 5 396 238 0 0 0 7 373 Production de chaleur 67 0 129 1 655 383 0 0 0 2 233 Production d?autres formes d?énergie 0 33 441 1 356 405 0 1 052 0 0 36 254 Branche énergie 689 33 441 2 601 7 455 621 1 052 0 0 45 860 Industrie 2 573 0 2 577 8 455 116 11 992 1 541 0 27 256 Transports 0 0 88 180 301 0 1 246 0 0 89 728 Résidentiel 16 0 6 486 11 561 1 894 32 071 1 630 0 53 658 Tertiaire 15 0 3 860 4 809 87 19 127 1 022 0 28 919 Agriculture-pêche 1 0 4 047 145 0 1 273 25 0 5 491 Consommation finale énergétique 2 604 0 105 151 25 272 2 098 65 709 4 217 0 205 052 Consommation finale non énergétique 163 0 10 445 1 178 0 0 0 0 11 786 Consommation finale 2 767 0 115 596 26 450 2 098 65 709 4 217 0 216 838 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 157 annexes Bilan énergétique monétaire 2021 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 538 460 18 728 n.d. (*) 2 417 49 863 1 768 - 553 78 249 Importations 1 482 15 738 26 554 16 353 155 3 498 0 0 63 781 Exportations - 105 - 130 - 10 131 - 1 712 - 52 - 6 172 0 0 - 18 302 Soutes maritimes internationales 0 0 - 573 0 0 0 0 0 - 573 Soutes aériennes internationales 0 0 - 1 455 0 0 0 0 0 - 1 455 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 88 121 337 607 0 0 0 0 1 153 Taxes 16 0 39 903 4 216 133 15 838 91 0 60 198 dontTVA 2 0 8 480 1 527 133 4 738 91 0 14972 Subventions 0 0 0 - 228 0 - 5 469 0 0 - 5 697 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 849 18 477 0 0 3 379 1 387 553 25 092 Total des ressources 2 019 18 039 91 840 23 712 2 653 60 938 3 246 0 202 446 Production d?électricité 390 0 644 2 167 178 0 0 0 3 379 Production de chaleur 30 0 89 954 313 0 0 0 1 387 Production d?autres formes d?énergie 0 18 039 1 849 293 0 722 0 0 20 904 Branche énergie 419 18 039 2 583 3 415 491 722 0 0 25 670 Industrie 1 483 0 1 756 4 959 83 9 271 813 0 18 364 Transports 0 0 67 821 137 0 706 0 0 68 664 Résidentiel 8 0 5 874 10 798 1 986 32 727 1 521 0 52 915 Tertiaire 9 0 2 115 3 763 80 16 401 889 0 23 258 Agriculture-pêche 0 0 2 821 107 0 1 110 22 0 4 062 Consommation finale énergétique 1 501 0 80 388 19 764 2 149 60 215 3 246 0 167 263 Consommation finale non énergétique 99 0 8 869 532 0 0 0 0 9 500 Consommation finale 1 600 0 89 257 20 296 2 149 60 215 3 246 0 176 763 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 158 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique monétaire 2020 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 412 262 15 538 8 851 2 116 48 095 1 498 - 480 76 772 Importations 890 9 769 17 566 6 093 113 772 0 0 35 204 Exportations - 23 - 61 - 7 356 - 973 - 41 - 1 941 0 0 - 10 394 Soutes maritimes internationales 0 0 - 362 0 0 0 0 0 - 362 Soutes aériennes internationales 0 0 - 826 0 0 0 0 0 - 826 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 23 58 - 42 272 0 0 0 0 311 Taxes 15 0 34 117 4 003 113 15 397 71 0 53 716 dontTVA 2 0 6 613 1 432 113 4489 71 0 12 718 Subventions 0 0 0 - 206 0 - 8 344 0 0 - 8 550 Consommation d?autres formes d?énergie 0 2 110 12 393 0 0 1 831 777 480 17 111 Total des ressources 1 318 12 139 71 030 18 040 2 301 55 810 2 345 0 162 983 Production d?électricité 190 0 462 1 015 163 0 0 0 1 831 Production de chaleur 17 0 72 418 270 0 0 0 777 Production d?autres formes d?énergie 0 12 139 2 110 97 0 637 0 0 14 983 Branche énergie 207 12 139 2 643 1 531 433 637 0 0 17 591 Industrie 1 015 0 1 400 2 771 74 7 771 416 0 13 446 Transports 0 0 52 207 78 0 551 0 0 52 837 Résidentiel 6 0 4 585 10 365 1 714 30 459 1 183 0 48 312 Tertiaire 7 0 2 185 3 066 66 15 324 732 0 21 379 Agriculture-pêche 0 0 2 235 88 0 1 069 15 0 3 407 Consommation finale énergétique 1 028 0 62 611 16 369 1 854 55 173 2 345 0 139 381 Consommation finale non énergétique 82 0 5 775 140 0 0 0 0 5 998 Consommation finale 1 110 0 68 387 16 509 1 854 55 173 2 345 0 145 379 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 159 annexes Bilan énergétique monétaire 2019 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 424 513 17 598 8 376 2 062 46 266 1 502 - 396 76 742 Importations 1 667 21 289 26 015 10 418 124 732 0 0 60 245 Exportations - 30 - 127 - 11 350 - 1 799 - 54 - 2 749 0 0 - 16 109 Soutes maritimes internationales 0 0 - 817 0 0 0 0 0 - 817 Soutes aériennes internationales 0 0 - 3 457 0 0 0 0 0 - 3 457 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 9 43 82 - 379 0 0 0 0 - 264 Taxes 20 0 40 987 4 400 111 15 560 80 0 61 158 dontTVA 2 0 8932 1 588 111 4 205 80 0 14918 Subventions 0 0 0 - 111 0 - 7 847 0 0 - 7 958 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 156 23 182 0 0 2 484 942 396 27 764 Total des ressources 2 071 22 874 92 239 20 905 2 243 54 446 2 525 0 197 304 Production d?électricité 261 0 616 1 439 169 0 0 0 2 484 Production de chaleur 28 0 97 524 293 0 0 0 942 Production d?autres formes d?énergie 0 22 874 1 156 146 0 557 0 0 24 733 Branche énergie 289 22 874 1 869 2 108 462 557 0 0 28 160 Industrie 1 653 0 1 737 3 748 70 8 146 487 0 15 841 Transports 0 0 70 260 75 0 534 0 0 70 869 Résidentiel 8 0 5 924 11 146 1 624 28 410 1 277 0 48 389 Tertiaire 9 0 2 555 3 504 73 15 716 744 0 22 600 Agriculture-pêche 0 0 2 593 99 0 1 083 17 0 3 794 Consommation finale énergétique 1 670 0 83 070 18 572 1 767 53 889 2 525 0 161 492 Consommation finale non énergétique 112 0 7 301 225 0 0 0 0 7 638 Consommation finale 1 782 0 90 371 18 797 1 767 53 889 2 525 0 169 130 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 160 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilans monétaires par énergie (données réelles) Bilan monétaire du charbon de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0 0 0 0 0 Importations 1 667 890 1 482 3 319 2 010 Exportations - 30 - 23 - 105 - 52 - 48 Variations de stocks - 9 23 88 - 141 - 16 Marges de cokéfaction 424 412 538 312 500 TVA 2 2 2 3 3 TICC* et octroi de mer 18 13 14 16 6 Total ressources 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456 Production d?électricité 261 190 390 622 309 Production de chaleur 28 17 30 67 31 Industrie (donthauts-fourneaux) 1 653 1 015 1 483 2 573 1 924 Résidentiel 8 6 8 16 9 Tertiaire 9 7 9 15 13 Agriculture-pêche 0 0 0 1 1 Consommation finale énergétique 1 670 1 028 1 501 2 604 1 947 Consommation finale non énergétique 112 82 99 163 168 Total emplois 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456 *Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçuesurlecharbon). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire du pétrole brut de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 513 262 460 804 612 Importations 21 289 9 769 15 738 31 571 27 266 Exportations - 127 - 61 - 130 - 133 - 209 Variations de stocks 43 58 121 - 156 - 68 Transferts et retours en raffinerie 1 156 2 110 1 849 1 356 1 506 Total approvisionnement des raffineries 22 874 12 139 18 039 33 441 29 108 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 161 annexes Bilan monétaire des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 25 409 13 968 19 225 44 133 38 479 Importations 24 183 16 386 24 162 38 943 29 236 Exportations - 10 654 - 6 708 - 9 296 - 14 213 - 12 667 Soutes maritimes internationales - 817 - 362 - 573 - 889 - 661 Soutes aériennes internationales - 3 457 - 826 - 1 455 - 5 059 - 4 333 Variations de stocks 82 - 42 337 262 223 Transferts et retours en raffinerie - 1 156 - 2 110 - 1 849 - 1 356 - 1 506 Coût de l?approvisionnement en produits raffinés 33 591 20 307 30 552 61 821 48 771 Marges de transport et de commerce, écart statistique 13 271 11 876 15 093 12 241 12 501 Taxes 40 987 34 117 39 903 43 587 41 954 dontTICPE*(+TSCetoctroidemer pour les DROM) 32019 27 468 31 411 32 383 31 578 dontTVA 8932 6 613 8 480 10 648 10 364 dontTiruert(exTGAP,exTirib)etCPSSP 36 37 12 556 12 Subventions 0 0 0 - 7 612 0 Dépense en produits raffinés 87 849 66 301 85 548 110 037 103 227 Production d?électricité 616 462 644 1 117 866 Production de chaleur 97 72 89 129 135 Consommation nette de la branche énergie 713 533 734 1 246 1 001 Industrie 1 675 1 341 1 654 2 420 2 300 Transports 67 260 49 815 63 745 81 940 80 134 Résidentiel 5 924 4 585 5 874 6 486 5 099 Tertiaire 2 525 2 156 2 092 3 823 2 766 Agriculture-pêche 2 451 2 096 2 580 3 677 3 524 Consommation finale énergétique 79 836 59 992 75 945 98 346 93 824 Consommation finale non énergétique 7 301 5 775 8 869 10 445 8 402 Consommation finale 87 137 65 767 84 814 108 792 102 226 *Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçue). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire des biocarburants de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production 2 098 2 088 2 886 3 815 2 752 Importations 1 832 1 179 2 392 4 131 3 855 Exportations - 696 - 648 - 835 - 1 033 - 575 Total approvisionnement en biocarburants 3 234 2 619 4 443 6 913 6 031 Industrie 62 59 101 157 125 Transports 3 000 2 393 4 077 6 240 5 416 donttransportroutier(biodieseletbioessence) 2989 2 384 4 060 6 208 5392 Résidentiel 0 0 0 0 0 Tertiaire 30 29 23 37 64 Agriculture-pêche 142 139 242 370 279 Consommation finale 3 234 2 619 4 443 6 804 5 884 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 162 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan monétaire du gaz naturel de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 3 2 8 21 14 Injections de biométhane 127 228 448 763 1 163 Importations 10 418 6 093 16 353 58 287 36 281 Exportations - 1 799 - 973 - 1 712 - 10 763 - 10 006 Variations de stocks - 379 272 607 - 3 831 101 Utilisation des infrastructures (hors pertes) 6 325 6 241 6 197 6 062 6 395 Marges de commerce et écart statistique 1 921 2 380 n.d. (*) n.d. (*) n.d. (*) Taxes 4 400 4 003 4 216 4 173 4 080 Subventions - 111 - 206 - 228 - 89 - 811 Total ressources 20 905 18 040 23 712 33 904 32 578 Production d?électricité 1 439 1 015 2 167 5 396 3 330 Production de chaleur 524 418 954 1 655 1 472 Branche énergie hors transformation 146 97 293 405 329 Branche énergie 2 108 1 531 3 415 7 455 5 132 Industrie 3 748 2 771 4 959 8 455 7 491 Résidentiel 11 146 10 365 10 798 11 561 12 801 Tertiaire et transports 3 578 3 145 3 900 5 110 6 508 Agriculture-pêche 99 88 107 145 167 Consommation finale énergétique 18 572 16 369 19 764 25 272 26 967 Consommation finale non énergétique 225 140 532 1 178 479 Consommation finale 18 797 16 509 20 296 26 450 27 446 (*)Avertissement:lecalculdelamargeestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire du bois-énergie de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 2 062 2 116 2 417 2 396 3 036 Importations 124 113 155 300 325 Exportations - 54 - 41 - 52 - 86 - 75 Taxes (TVA) 111 113 133 140 200 Subventions 0 0 0 0 0 Total ressources 2 243 2 301 2 653 2 750 3 486 Production d?électricité 169 163 178 238 292 Production de chaleur 293 270 313 383 398 Industrie 70 74 83 116 176 Transports 0 0 0 0 0 Résidentiel 1 624 1 714 1 986 1 894 2 495 Tertiaire 73 66 80 87 93 Agriculture-pêche 0 0 0 0 0 Consommation finale totale 1 767 1 854 2 149 2 098 2 765 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 163 annexes Bilan monétaire de l?électricité de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 35 690 36 801 39 560 39 179 68 795 Importations 732 772 3 498 16 149 2 885 Exportations - 2 749 - 1 941 - 6 172 - 8 729 - 6 847 Utilisation du réseau (hors pertes) 13 061 13 125 13 682 12 490 10 967 Taxes 15 560 15 397 15 838 8 951 6 849 Subventions - 7 847 - 8 344 - 5 469 - 1 278 4 307 Total ressources 54 446 55 810 60 938 66 761 86 957 Branche énergie (hors électricité) 557 637 722 1 052 1 638 Industrie 8 146 7 771 9 271 11 992 16 562 Transports 534 551 706 1 246 1 747 Résidentiel 28 410 30 459 32 727 32 071 35 645 Tertiaire 15 716 15 324 16 401 19 127 29 531 Agriculture-pêche 1 083 1 069 1 110 1 273 1 835 Consommation finale énergétique 53 889 55 173 60 215 65 709 85 319 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 2 445 2 275 3 154 4 115 3 706 Taxes (TVA) 80 71 91 102 106 Total ressources 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812 Industrie 487 416 813 1 541 986 Transports 0 0 0 0 0 Résidentiel 1 277 1 183 1 521 1 630 1 775 Tertiaire 744 732 889 1 022 1 022 Agriculture-pêche 17 15 22 25 28 Consommation finale énergétique 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 164 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Annexes méthodologiques ANNEXE 1 : PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES ET SOURCES Le bilan de l?énergie comprend un bilan physique et un bilan monétaire, établis de manière cohérente entre eux. Une méthodologie détaillée d?élaboration du bilan est publiée sur le site internet du SDES. En sont rappelés ici les principaux éléments. Bilan physique Le bilan physique retrace un équilibre comptable entre les approvisionnements d?une part et les emplois de l?énergie d?autre part. Les approvisionnements sont : ? la production primaire ; ? les importations, nettes des exportations ; ? les variations de stocks (positives pour un déstockage ou négatives pour un stockage) ; ? les soutes maritimes et aériennes internationales, qui apparaissent avec un signe négatif, n?étant pas considérées comme une consommation d?énergie primaire de la France. Le total des approvisionnements correspond à la consommation primaire. À l?écart statistique près, il est égal à la somme des emplois, qui comprennent : ? les pertes de transformation d?énergie ; ? les pertes de transport, distribution et stockage d?énergie ; ? la consommation propre d?énergie de la branche énergie (hors l?énergie qu?elle transforme) ; ? la consommation finale à usage énergétique ; ? la consommation finale à usage non énergétique. Les formes d?énergie suivantes sont distinguées : charbon, pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel, énergies renouvelables et déchets, chaleur nucléaire, électricité, chaleur commercialisée. Des informations peuvent en outre être données à un niveau de détail plus fin pour des sous- catégories du charbon, des produits pétroliers ou des énergies renouvelables. La méthodologie du bilan obéit aux recommandations du manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence internationale de l?énergie (AIE) et Eurostat (dont la dernière édition date de 2005). Sa présentation est alignée sur celle de l?AIE. À noter toutefois que certaines consommations finales, notamment celles à usage militaire, sont considérées ici comme relevant du secteur tertiaire alors qu?elles devraient être « non affectées » suivant les recommandations internationales. Par ailleurs, la chaleur extraite de l?environnement par les pompes à chaleur est prise en compte ici, comme c?est le cas également dans les bilans élaborés par Eurostat mais pas dans ceux réalisés par l?AIE. Le périmètre géographique couvre, à partir de l?année 2011, la France métropolitaine et les cinq DROM. Les données relatives aux années antérieures sont limitées à la France métropolitaine. Les données relatives à des agrégats de différentes formes d?énergie sont désormais exprimées en térawattheures (TWh) et non plus en millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), comme c?était le cas des éditions précédentes. L?unité est également le TWh pour les données relatives à l?électricité, aux énergies renouvelables, aux déchets, à la chaleur et au charbon. Les données relatives au pétrole (brut et raffiné) restent en revanche exprimées en Mtep et celles relatives au gaz naturel en TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur), alors que les quantités des autres combustibles et des agrégats sont exprimées en pouvoir calorifique inférieur. L?élaboration du bilan physique de l?énergie repose principalement sur l?exploitation de données recueillies par le SDES. Celles-ci sont recueillies d?une part dans le cadre d?enquêtes statistiques, au sens de la loi de 1951 relative à la statistique publique : ? enquête sur les produits du charbon dans l?industrie sidérurgique ; ? enquête annuelle sur la production d?électricité ; ? enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid, dont la maîtrise d?oeuvre est assurée par le Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine ; ? enquête sur la consommation d?énergie dans la construction en 2015. Les données sont recueillies d?autre part dans le cadre de collectes prévues par des textes réglementaires du Code de l?énergie (art. L.142-1). En particulier, les statistiques de consommation de gaz, d?électricité et de produits pétroliers sont construites principalement à partir des données locales annuelles de consommation d?énergie, collectées en application de l?article 179 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 (par l?intermédiaire du Comité professionnel du pétrole en ce qui concerne les produits pétroliers). Sont en outre exploitées des données annuelles sur la pétrochimie ainsi que des données mensuelles recueillies auprès de divers acteurs de l?énergie (raffineurs, importateurs, réseaux de transport et de distribution, etc.). Ces sources internes au SDES sont complétées par des sources externes. Plusieurs, parmi les plus significatives, sont issues du service statistique public, notamment l?enquête Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 165 annexes annuelle sur la consommation d?énergie dans l?industrie (EACEI) de l?Insee, l?enquête Logement de l?Insee (pour la consommation de bois des ménages), les statistiques de commerce extérieur du service statistique de la direction générale des douanes et des droits indirects et le réseau d?information comptable agricole du service statistique du ministère de l?Agriculture. D?autres proviennent d?organismes extérieurs à la statistique publique, comprenant notamment l?Ademe (pour les déchets), Observ?er (pour certaines énergies renouvelables thermiques), la CRE (pour le photovoltaïque), la DGEC (pour les biocarburants), FranceAgriMer (pour la production de bioéthanol), le Citepa (pour la consommation non énergétique de gaz) et des observatoires de l?énergie ultramarins. Le partage de la consommation de produits pétroliers entre résidentiel et tertiaire est réalisé à partir de données du Ceren. Bilan monétaire Le bilan monétaire décrit les flux en euros associés aux flux énergétiques présentés dans le bilan physique. Il prend la forme, comme ce dernier, d?un équilibre ressources-emplois. Les ressources monétaires comprennent : ? la production et les marges de transport, distribution et commercialisation ; ? les importations, nettes des exportations ; ? les variations de stocks ; ? les taxes, nettes des subventions. À l?écart statistique près, ces ressources sont égales à la somme des emplois, i.e. des consommations des différents secteurs (à usage énergétique ou non). Le bilan monétaire est établi à partir de l?année 2011 et couvre l?ensemble des principales formes d?énergie faisant l?objet d?échanges marchands (charbon, pétrole, gaz, électricité, chaleur, biocarburants, biométhane, bois). Son champ inclut en particulier l?autoconsommation d?électricité, valorisée au prix moyen d?achat dans le secteur considéré, ainsi que les achats informels de bois mais exclut en revanche l?autoconsommation de bois. Les investissements des consommateurs finaux visant à transformer l?énergie pour leur usage propre (par exemple, chaudières individuelles, pompes à chaleur, chauffe-eau solaires, etc.) sont hors champ. La dépense nationale associée à une forme d?énergie correspond à la somme de la valeur de la consommation de cette forme d?énergie à usage final et à usage de production d?autres formes d?énergie. La dépense nationale d?énergie correspond à la somme des valeurs des consommations à usage final seulement des différentes formes d?énergie. Elle est inférieure par construction à la somme des dépenses nationales des différentes formes d?énergie, afin d?éviter des doubles comptes liés aux échanges internes de la branche énergie. Par exemple, le gaz consommé pour produire de l?électricité est comptabilisé dans la dépense nationale de gaz, mais est exclu du calcul de la dépense nationale d?énergie : en effet, infine, le coût correspondant est supporté par les consommateurs d?électricité ; il est donc déjà implicitement pris en compte dans la dépense nationale d?électricité. Par exception au principe de cohérence entre les bilans physique et monétaire, la dépense des hauts-fourneaux en énergie (nette de la rémunération qu?ils tirent de la revente de gaz de hauts-fourneaux) est considérée dans le bilan monétaire comme une dépense finale, alors que, conformément aux recommandations internationales, la consommation correspondante est considérée comme une consommation de la branche énergie dans le bilan physique. Du côté des ressources et pour chaque forme d?énergie, le solde entre, d?une part, la dépense totale et, d?autre part, la somme des taxes (nettes des subventions), du solde importateur et des variations de stocks représente la valeur de la production primaire et de marges diverses (de transformation, de transport, de distribution ou de commercialisation suivant les cas). Suivant les sources disponibles par énergie, une désagrégation plus ou moins fine de ces différents éléments est disponible. Concernant les carburants contenant une part bio et une part non-bio (issue de produits pétroliers), il est fait le choix, par convention, d?affecter la totalité des taxes et des marges de distribution aux carburants pétroliers. Dans le contexte exceptionnel de l?année 2022, marquée par la crise énergétique liée au contexte géopolitique, il n?a pas été possible de calculer les marges dans le compte monétaire du gaz. L?élaboration du bilan monétaire s?appuie notamment sur les sources suivantes, outre celles mobilisées pour établir le bilan physique : ? l?enquête semestrielle sur la transparence des prix du gaz et de l?électricité du SDES ; ? l?enquête sectorielle annuelle de l?Insee sur le champ du transport ; ? diverses informations issues de documents budgétaires de RTE, d?Enedis, de GRTgaz, de Teréga, de Storengy et de la Commission de régulation de l?énergie ; ? les prix de marché de gros du gaz observés aux PEG ; ? l?enquête mensuelle sur les prix des produits pétroliers de l?Insee ; ? la base sur les prix de vente de produits pétroliers de la DGEC ; ? l?enquête trimestrielle réalisée par le CEEB sur les prix du bois-énergie ; ? l?enquête annuelle sur les prix des combustibles bois réalisée par CODA Stratégies pour le compte de l?Ademe. 166 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 2 : DÉFINITIONS Chaleur : transfert thermique, au sens physique du terme. Les flux de chaleur considérés dans le présent bilan sont toutefois restreints aux quantités de chaleur vendues (lorsqu?un acteur met en oeuvre une combustion pour en utiliser lui-même la chaleur, les flux correspondants sont reportés dans le bilan du combustible brûlé, pas dans celui de la chaleur). La chaleur primaire, d?origine géothermique, aérothermique ou solaire, s?oppose à la chaleur secondaire obtenue en brûlant des combustibles tels que le charbon, le gaz naturel, le pétrole, la biomasse et les déchets. Charbon : sous sa forme primaire, combustible fossile qui revêt généralement l?aspect physique d?un roc brun ou noir et qui est constitué de matière végétale carbonisée. On distingue le lignite, le charbon sous-bitumineux et la houille, classés par pouvoir calorifique croissant. La houille pouvant être transformée en coke est dénommée « charbon à coke », par opposition au « charbon-vapeur » utilisé pour produire de la chaleur sous forme de vapeur (elle-même pouvant être éventuellement transformée en électricité). Dans le bilan, le terme de charbon couvre aussi les produits secondaires, tels que les agglomérés, les briquettes, le coke de cokerie, le goudron de houille, mais aussi les gaz sidérurgiques (gaz de cokerie, de haut-fourneau et de convertisseur à l?oxygène). Combustible : toute substance pouvant être brûlée pour produire de la chaleur, par réaction du carbone et de l?hydrogène contenus dans la substance combustible avec l?oxygène. Consommation finale énergétique : consommation d?énergie à toutes fins autres que la transformation, le transport, la distribution et le stockage d?énergie et hors utilisation comme matière première ou pour certaines propriétés physiques (voir consommation finale non énergétique). Consommation finale non énergétique : consommation de combustibles à d?autres fins que la production de chaleur, soit comme matières premières (par exemple pour la fabrication de plastique), soit en vue d?exploiter certaines de leurs propriétés physiques (comme, par exemple, les lubrifiants, le bitume ou les solvants). Déchets : combustibles composés de matériaux divers issus des déchets urbains (dont la moitié est supposée renouvelable) et industriels (considérés en totalité comme non renouvelables). Électricité : vecteur d?énergie ayant de multiples usages. L?électricité peut être produite à partir de diverses sources primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables, géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque, etc.). La production brute d?électricité est mesurée aux bornes des groupes des centrales et comprend, par conséquent, la consommation des services auxiliaires et les pertes dans les transformateurs des centrales, par opposition à la production nette d?électricité, mesurée à la sortie des centrales. Énergie primaire : énergie non transformée, i.e. tirée de la nature (soleil, fleuves ou vent) ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature (comme les combustibles fossiles ou le bois), et chaleur issue de la réaction nucléaire. Par convention, l?énergie primaire d?origine hydraulique, éolienne, marémotrice et solaire photovoltaïque est comptabilisée à hauteur de la production d?électricité correspondante. La chaleur issue de la réaction nucléaire est mesurée à travers un rendement de la production électrique nucléaire de 0,33. La consommation d?énergie primaire est la somme de la consommation finale, des pertes et de la consommation des producteurs et des transformateurs d?énergie. Énergie renouvelable : énergie dérivée de processus naturels en perpétuel renouvellement, notamment l?énergie générée par le soleil, le vent, la chaleur terrestre, l?eau des fleuves, des lacs, des mers et des océans, la biomasse solide (bois et déchets d?origine biologique), le biogaz et les biocarburants liquides. Énergie secondaire : énergie obtenue par la transformation d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire (production d?électricité à partir de gaz, de coke à partir de charbon à coke, de produits pétroliers à partir de pétrole brut, etc.). Gaz naturel : il est extrait de réserves naturelles souterraines et se compose principalement de méthane (CH4). Intensité énergétique finale : consommation énergétique finale rapportée à un indicateur d?activité. Nucléaire : énergie dégagée, sous forme de chaleur, par la fission de noyaux d?uranium dans des réacteurs. Cette énergie, considérée comme primaire, est transformée secondairement en électricité (avec un rendement supposé de 33 %). Pétrole : mélange complexe d?hydrocarbures liquides, des éléments chimiques contenant de l?hydrogène et du carbone, qui se forme naturellement dans des nappes souterraines présentes dans les roches sédimentaires. Au sens large, il inclut les produits tant primaires (pétrole brut) que secondaires (raffinés). Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d?une unité de combustible. On oppose le pouvoir calorifiquesupérieur (PCS), qui désigne le Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 167 annexes dégagement maximal théorique de chaleur lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d?eau produite, au pouvoircalorifiqueinférieur (PCI), qui exclut cette chaleur de condensation. Soutes maritimes ou aériennes internationales : quantités de pétrole utilisées comme combustibles par les navires ou les avions à des fins de transport international. Taux d?indépendance énergétique : rapport entre la production et la consommation d?énergie primaire. ANNEXE 3 : ÉQUIVALENCES ÉNERGÉTIQUES Les équivalences énergétiques utilisées sont celles que recommandent les organisations internationales (Agence internationale de l?énergie, Eurostat). Le tableau ci-après précise les coefficients d?équivalence entre unités propres, gigajoules (GJ), mégawattheures (MWh) et tonnes équivalent pétrole (tep). Ces coefficients sont systématiquement utilisés dans les publications officielles françaises. Énergie Unité propre gigajoules (GJ) (PCI) mégawattheure MWh (PCI) tep (PCI) Charbon Charbon à vapeur 1 t 26 7,2222 0,619 Charbon à coke 1 t 29,5 8,1944 0,705 Coke de cokerie 1 t 28 7,7778 0,667 Agglomérés 1 t 32 8,8889 0,762 Briquettes de lignite 1 t 18 4,7112 0,404 Lignite et produits de récupération 1 t 17 4,7222 0,405 Anthracite 1 t 32,3 8,9722 0,772 Goudron de houille 1 t 38 10,5556 0,905 Pétrole brut et produits pétroliers Produits primaires et autres produits à distiller Pétrole brut 1 t 42,78 11,8833 1,0218 Liquides de gaz naturels 1 t 42 11,6667 1,0032 Produits d?alimentation des raffineries 1 t 41,86 11,6278 0,9997 Additifs oxygénés 1 t 25,12 6,9778 1,0693 Produits raffinés Gazole, fioul domestique 1 t 42,6 11,8333 1,0175 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1 t 46 12,7778 1,0987 Essence moteur 1 t 44 12,2222 1,0509 Kérosène 1 t 43 11,9444 1,0270 Fioul lourd 1 t 40 11,1111 0,9554 Coke de pétrole 1 t 32 8,8889 0,7643 Naphta 1 t 44 12,2222 1,0509 Lubrifiants 1 t 42 11,6667 1,0032 Whitespirit 1 t 43,6 12,1111 1,0414 Bitumes 1 t 39 10,8333 0,9315 Électricité 1 MWh 3,6 1 0,086 Bois à usage résidentiel 1 stère 6,17 1,7139 0,147 Bois à usage professionnel 1 tonne 10,76 2,9889 0,257 Gaz naturel et industriel 1 MWh PCS 3,24 0,9 0,077 Le coefficient de conversion pour le gaz repose sur une hypothèse d?écart de 10 % entre PCS et PCI. Pour les autres combustibles, les écarts entre PCS et PCI sont de l?ordre de : ? 9 % pour le gaz de pétrole liquéfié ; ? 7-8 % pour les autres produits pétroliers ; ? 2-5 % pour les combustibles solides. 168 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 4 : MÉTHODE DE CORRECTION DES VARIATIONS CLIMATIQUES La consommation d?énergie, dont une part importante est dédiée au chauffage, est sensible aux températures extérieures. Afin de permettre des comparaisons dans le temps à climat constant, des statistiques de consommation corrigée des variations climatiques (CVC) sont présentées dans le bilan. L?indicateur de climat usuellement utilisé pour corriger des besoins de chauffage est le nombre de degrés-jours unifiés (DJU). Il est fondé sur la comparaison, pour chaque jour de l?année, de la température observée avec un seuil, fixé à 15 °C. La température prise en compte est la moyenne des extrema des températures sur une journée : T = (Tmin + Tmax) / 2 Le nombre de degrés-jours de cette journée est égal à 15 - T si T < 15 °C, à 0 sinon. La somme des degrés-jours de tous les jours de la saison de chauffe, période de l?année qui va de janvier à mai et d?octobre à décembre inclus, donne ensuite le nombre annuel de DJU. En pratique, ce calcul est réalisé pour 539 stations météorologiques. Les résultats de chaque station sont pondérés par la population des communes les plus proches de chaque station. La consommation CVC est par définition celle qui aurait été constatée si le nombre de degrés-jours avait été égal à la moyenne de ceux observés sur une période de référence donnée. Cette moyenne (notée DJU0 dans la suite) s?établit à 1 523 degrés-jours sur la période de référence, couvrant les années 1991 à 2020. La série des DJU est présentée dans la partie 4 du bilan. Pour chaque secteur et chaque forme d?énergie, l?écart entre la consommation CVC et la consommation réelle (Créelle) est supposé dépendre linéairement du nombre de degrés-jours, à travers un coefficient de thermosensibilité b : CCVC = Créelle ? b.(DJU ? DJU0) La détermination du jeu de coefficients repose sur des estimations économétriques. La méthode et le jeu de coefficients complet sont présentés dans la méthodologie détaillée jointe au bilan de l?énergie sur le site internet du SDES. Toutes énergies confondues, un écart de 10 % par rapport au nombre de degrés-jours de référence (soit de 153 degrés-jours) entraînerait une variation de la consommation annuelle finale (resp. primaire) de 31,6 TWh (resp. 33,5 TWh) en 2023. En outre, la thermosensibilité de la consommation d?électricité du secteur tertiaire pour la climatisation est prise en compte à partir de l?année d?observation 2011. La méthode est analogue à celle employée pour les besoins de chauffage, en définissant des degrés-jours unifiés de climatisation (DJUc) à partir d?une température de référence de 21 °C (voir méthodologiedubilandel?énergie). Un écart de 10 % par rapport au nombre de degrés-jours de climatisation de référence (soit de 11 degrés-jours) entraînerait une variation de la consommation annuelle d?électricité du secteur tertiaire de 0,13 TWh en 2023. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 169 annexes ANNEXE 5 : PRINCIPALES RÉVISIONS PAR RAPPORT À LA PRÉCÉDENTE ÉDITION L?objectif d?amélioration continue des méthodes employées ainsi que la disponibilité de nouvelles sources se substituant à d?anciennes peut se traduire par des révisions dans les bilans des années antérieures. Les principales modifications apportées cette année sont recensées ci-après. Produits pétroliers Les consommations énergétiques totales par produit sont désormais calées de manière uniforme sur les données de ventes de produits pétroliers fournies par le CPDP, induisant une révision globale des séries depuis 2011. De plus, la méthode de partage du fioul domestique entre résidentiel et tertiaire a été modifiée : dorénavant, la consommation du secteur résidentiel pour la métropole est alignée avec les données du Ceren ; la consommation du tertiaire apparaît comme un solde. Gaz naturel La ventilation des origines de gaz a été revue, en éliminant les achats de gaz gazeux sur les marchés déclarés par les fournisseurs et en étendant la couverture de l?enquête sur les approvisionnements aux importateurs de gaz qui ne sont pas des fournisseurs (intermédiaires). La part des origines inconnues dans l?approvisionnement en gaz gazeux est révisée à la baisse depuis 2014 ; les importations en provenance de Norvège notamment sont à l?inverse révisées à la hausse. Énergies renouvelables et déchets La production de chaleur et la consommation primaire de biomasse sont révisées à la hausse en tenant compte d?une installation dans l?imprimerie qui produit de la chaleur à partir de biomasse (résidus de papeterie). Électricité La série de consommation des véhicules routiers électriques depuis 2011 a été révisée. On considérait jusqu?alors que la recharge des véhicules était réalisée uniquement dans le secteur tertiaire. Elle est maintenant répartie entre le secteur résidentiel (recharge à domicile) et certains secteurs du tertiaire (bornes de recharge dans les stations-essence, les parkings de commerce, sur la voie publique ou encore dans les entreprises). 170 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 6 : RÉVISION DES PRINCIPAUX AGRÉGATS DE L?ANNÉE 2023 PAR RAPPORT AU BILAN DE L?ÉNERGIE PROVISOIRE Sont présentés ci-dessous les écarts relatifs entre les résultats définitifs figurant dans cette publication et ceux de la version provisoire du bilan de l?énergie publiée en mai 2024 pour tous les agrégats non nuls du tableau de synthèse du bilan physique. Ainsi, les estimations définitives de la production primaire et de la consommation finale d?énergie en 2023 sont respectivement 0,3 % et 0,4 % supérieures à leurs estimations provisoires de mai 2024. En % Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 1,9 0,0 0,0 - 2,0 1,3 0,1 Importations 0,0 0,0 - 0,1 0,0 0,0 - 0,1 0,0 Exportations - 94,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 - 0,1 Soutes maritimes internationales 4,4 4,4 Soutes aériennes internationales - 1,6 - 1,6 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 9,7 0,0 30,4 0,0 22,9 Consommation primaire 0,6 0,0 0,6 0,0 0,0 - 2,0 1,2 0,3 0,1 Production d?électricité 7,6 - 5,8 2,3 0,0 - 2,0 4,5 - 0,4 0,3 Production de chaleur - 12,7 24,8 11,4 - 14,7 - 9,3 30,4 Injections de biométhane 0,0 0,0 Raffinage de pétrole 0,0 0,0 0,0 Autres transformations, transferts 5,3 - 1,0 - 8,4 - 0,9 Usages internes de la branche énergie - 5,8 - 5,8 6,4 467,3 0,3 - 1,2 Pertes de transport et de distribution - 0,1 2,3 19,1 3,9 Consommation nette de la branche énergie 0,4 0,0 0,5 9,3 0,0 - 2,0 - 3,9 - 1,2 - 12,2 1,0 Industrie - 8,9 5,7 - 1,9 29,6 - 1,1 - 20,0 - 0,2 Transports 1,4 12,9 - 0,1 22,0 1,8 Résidentiel - 2,2 0,9 - 2,2 1,9 - 0,4 - 4,5 - 0,3 Tertiaire - 2,5 10,9 - 4,0 - 13,6 - 4,1 - 7,3 - 3,2 Agriculture-pêche - 2,4 1,7 - 9,4 1,2 - 6,4 - 7,2 0,0 Consommation finale énergétique - 8,4 2,0 - 2,3 3,3 - 1,3 - 12,2 0,0 Consommation finale non énergétique 30,5 - 6,8 4,8 - 5,1 Consommation finale 1,8 0,5 - 2,1 3,3 - 1,3 - 12,2 - 0,4 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 171 annexes Sigles et abréviations SIGLES Ademe Agence de la transition écologique AIE Agence internationale de l?énergie AIEA Agence internationale de l?énergie atomique APU administrations publiques ARA Anvers, Rotterdam, Amsterdam Arenh accès régulé à l?électricité nucléaire historique ATRT accès des tiers au réseau de transport ATRD accès des tiers au réseau de distribution ATTM accès des tiers aux terminaux méthaniers CAF coût, assurance, fret CART contrat d?accès au réseau de transport CCCG centrales à cycle combiné au gaz CCG cycle combiné au gaz CEEB Centre d?études de l?économie du bois Ceren Centre d?études et de recherches économiques sur l?énergie CFBP Comité français du butane et du propane Citepa Centre interprofessionnel technique d?études de la pollution atmosphérique CPDP Comité professionnel du pétrole CPSSP taxe affectée au stockage des produits pétroliers CRE Commission de régulation de l?énergie CSPE contribution au service public de l?électricité CTA contribution tarifaire d?acheminement CVC corrigé des variations climatiques DGDDI Direction générale des douanes et des droits indirects DGEC Direction générale de l?énergie et du climat DJU degrés-jours unifiés DROM Départements et régions d?outre-mer EACEI enquête annuelle sur les consommations d?énergie dans l?industrie EAPE enquête annuelle sur la production d?électricité EAPH enquête annuelle sur la production d?hydrogène EARCF enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid EDF Électricité de France ELD entreprises locales de distribution EMAG esters méthyliques d?acides gras EnR énergie renouvelable ENTSOG EuropeanNetworkofTransmissionSystemOperatorsforGas ETBE éther éthyle tertiobutyle FAB franco à bord Fedene Fédération des services énergie environnement FFA Fédération française de l?acier FOD fioul domestique FSRU floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification GNL gaz naturel liquéfié GNV gaz naturel pour véhicules 172 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes GPL gaz de pétrole liquéfié GRTgaz Gestionnaire de réseau de transport du gaz HVHTE huiles végétales hydro-traitées essence HVHTG huiles végétales hydro-traitées gazole ICE IntercontinentalExchange Ifpen Institut français du pétrole et énergies nouvelles Insee Institut national de la statistique et des études économiques ISBLSM institution sans but lucratif au service des ménages ISDND installations de stockage de déchets non dangereux NAF nomenclature d?activités française NBP NationalBalancingPoint OA obligation d?achat OCDE Organisation de coopération et de développement économiques ONRE Observatoire national de la rénovation énergétique Opep Organisation des pays exportateurs de pétrole OREC Observatoire régional de l?énergie et du climat de la Guadeloupe PAC pompes à chaleur PEG point d?échange de gaz PCI pouvoir calorifique inférieur PCS pouvoir calorifique supérieur PIB produit intérieur brut PIR point d?interconnexion du réseau Rica Réseau d?information comptable agricole RTE Réseau de transport d?électricité SARA Société anonyme de la raffinerie des Antilles SEI systèmes énergétiques insulaires Sifim services d?intermédiation financière indirectement mesurés SNCU Syndicat national de chauffage urbain et de la climatisation urbaine SNET Société nationale d?électricité et de thermique Step stations de transfert d?énergie par pompage STEP stations d?épuration des eaux usées TBTS très basse teneur en soufre TCCFE taxe communale sur la consommation finale d?électricité TDCFE taxe départementale sur la consommation finale d?électricité TGAP taxe générale sur les activités polluantes TICPE taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques TICFE taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité TICGN taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel TIGF Transport et infrastructures gaz France Tirib taxe intérieure relative à l?incorporation de biocarburants Tiruert taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport TLCFE taxes locales sur la consommation finale d?électricité TRS TradingRegionSouth TRV tarifs réglementés de vente TSC taxe spéciale de consommation TTF TitleTransferFacility Turpe tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité UIOM unité d?incinération des ordures ménagères UTCATF utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie ZNI zones non interconnectées au réseau d?électricité métropolitain continental Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 173 annexes ABRÉVIATIONS n.d. non disponible Md¤ milliard d?euros M¤ million d?euros Mt million de tonnes Mtep million de tonnes équivalent pétrole SP95-E10 sans plomb 95 - éthanol 10 % GW gigawatt TWh térawattheure 174 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Pour en savoir plus Le bilan énergétique de la France est l?une des publications statistiques nationales majeures dans le domaine de l?énergie. D?autres sont disponibles sur le site du service des données et études statistiques, rubrique « Énergie » (www. statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie). Elles comprennent des publications annuelles et des publications conjoncturelles (i.e. infra-annuelles) ainsi que des publications plus ponctuelles. Des données et études sur la performance énergétique et la rénovation énergétique du parc de logements sont par ailleurs disponibles sur le site de l?Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) : www.ecologie.gouv.fr/ observatoire-national-renovation-energetique. Publications annuelles ? Bilanénergétiquede laFranceen2023?Données provisoires, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en mai 2024 ; ? BilanénergétiquedelaFranceen2023?Synthèse, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en janvier 2025 ; ? L?activitédelapétrochimieenFranceen2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? Lesprixdesproduitspétroliersen2023:lesprixbaissent mais restent à un niveau élevé, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? Prixdel?électricitéenFranceetdansl?Unioneuropéenne en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? PrixdugaznaturelenFranceetdansl?Unioneuropéenne en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? LesinvestissementspublicsdanslaR&Denénergieen 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en février 2025 ; ? Lesfacteursd?évolutiondesémissionsdeCO2 liées à l?énergieenFrancede1990à2020, Datalab, dernière édition relative aux données 2020 parue en septembre 2022 ; ? LesénergiesrenouvelablesenFranceen2023?Suivi deladirective(UE)2018/2001relativeàlapromotionde l?utilisationdesénergies renouvelables?Données définitives, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en mars 2025 ; ? Chiffresclésdel?énergie?Édition2024, Datalab, dernière édition parue en septembre 2024 ; ? Chiffresclésdesénergiesrenouvelables?Édition2024, Datalab, dernière édition parue en août 2024 ; ? Chiffresclésduclimat?France,EuropeetMonde? Édition 2024, Datalab, dernière édition parue en novembre 2024. ? L?hydrogènepur:premièreévaluationdesressourceset desusagesenFranceen2023, article web, décembre 2024. Publications conjoncturelles ? la note de conjoncture énergétique, qui paraît à un rythme trimestriel dans la collection Datalab Essentiel ; ? quatre tableaux de bord trimestriels, relatifs respectivement à l?éolien, au photovoltaïque, au biogaz utilisé pour la production d?électricité et au biométhane injecté. Ils paraissent deux mois après la fin du trimestre considéré dans la collection STATINFO. https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique Table des matières 176 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 table des matières Avant-propos 4 Synthèse et données clés 5 PARTIE 1 : LES PRIX DE L?ÉNERGIE 11 1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 12 1.1.1 Prix finaux de l?énergie à usage énergétique 12 1.1.2 Prix de l?énergie payés par les ménages 12 1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 14 1.2.1 Prix du pétrole brut 14 1.2.2 Prix des produits pétroliers raffinés 15 1.2.3 Prix à la consommation 16 1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 18 1.3.1 Prix de gros du gaz naturel 18 1.3.2 Prix à la consommation du gaz naturel 20 1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 24 1.4.1 Prix de gros du charbon 24 1.4.2 Prix du charbon pour les consommateurs 25 1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 26 1.5.1 Prix des importations et exportations 26 1.5.2 Prix pour le résidentiel 26 1.5.3 Prix pour les professionnels 27 1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 29 1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux progressent encore en 2023 33 1.7.1 Prix de gros de l?électricité 33 1.7.2 Prix à la consommation de l?électricité 35 1.8. Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs 38 PARTIE 2 : L?APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE 39 2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire 40 2.2 La production primaire rebondit en 2023 45 2.2.1 Combustibles fossiles 45 2.2.2 Nucléaire 46 2.2.3 Énergies renouvelables et valorisation des déchets 47 2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 51 2.3.1 Pétrole brut et raffiné 51 2.3.2 Gaz naturel 54 2.3.3 Charbon 57 2.3.4 Bois-énergie 59 2.3.5 Biocarburants 60 2.3.6 Électricité 61 PARTIE 3 : TRANSFORMATION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉNERGIE 63 3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 64 3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 66 3.2.1 Injections de biométhane 66 3.2.2 Transport, distribution et stockage de gaz naturel 68 3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte 69 3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 70 3.4.1 Production nette d?électricité 70 3.4.2 Transport et distribution d?électricité 76 3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions climatiques analogues à 2022 77 3.5.1 Réseaux de chaleur 77 3.5.2 Chaleur cogénérée vendue hors des réseaux de chaleur 79 Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique 80 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 177 table des matières PARTIE 4 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR FORME D?ÉNERGIE 83 4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte de hausse des prix de l?énergie 84 4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 88 4.2.1 Consommation et dépense totales 88 4.2.2 Production d?électricité et de chaleur 90 4.2.3 Consommation finale à usage énergétique 90 4.2.4 Consommation finale à usage non énergétique 91 4.2.5 Consommation et dépense par produit 91 4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 93 4.3.1 Consommation et dépense totales 93 4.3.2 Branche énergie 94 4.3.3 Consommation finale à usage énergétique 95 4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique 96 4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement 97 4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 100 4.5.1 Consommation totale 100 4.5.2 Bois-énergie 101 4.5.3 Biocarburants 102 4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 103 4.6.1 Consommation et dépense totales 103 4.6.2 Consommation et dépense de la branche énergie 104 4.6.3 Consommation finale et dépense associée 104 4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement 106 PARTIE 5 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR SECTEUR OU USAGE 109 5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités entre les secteurs 110 5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation 112 5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense 115 5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité 118 5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire 120 5.5.1 Consommation par usage et par mode 120 5.5.2 Consommation par énergie 121 5.5.3 Consommation, dépenses et taxes 122 5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 123 5.6.1 Consommation finale par énergie et dépense associée 123 5.6.2 Consommation finale par secteur 125 5.6.3 Décomposition sectorielle de la consommation énergétique 126 5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables 127 PARTIE 6 : INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE FINALE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DUES À LA COMBUSTION D?ÉNERGIE 129 6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse 130 6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent une baisse des émissions de gaz à effet de serre 132 ANNEXES 137 Bilans énergétiques de la France 138 Annexes méthodologiques 164 Sigles et abréviations 171 Pour en savoir plus 174 178 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Conditions générales d?utilisation Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 179 Conditions générales d?utilisation Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425). Dépôt légal: avril 2025 ISSN: 2555-7580 (imprimé) 2557-8138 (en ligne) Directrice de publication: Béatrice Sédillot Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet Infographie : Bertrand Gaillet Cartographie: Antea Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours Commissariat général au développement durable Bilan énergétique de la France pour 2023 En 2023, la production d?énergie primaire française progresse de13,0%, portée par la reprise de la production nucléaire. Laproduction primaire d?énergies renouvelables électriques progresse fortement elle aussi du fait de conditions météorologiques, en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022 et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques. Laconsommation primaire réelle progresse faiblement (+1,6%). Letaux d?indépendance énergétique, ratio delaconsommation et de la production primaires, s?accroît de5,6points, pour s?établir à 56,3%. Le déficit des échanges physiques d?énergie diminue de 12%. LaFrance redevient exportatrice nette d?électricité. Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0%. Elle décroît dans tous les secteurs, enparticulierdans le tertiaire (-7,8%) et l?industrie (-6,5%), notamment sousl?effet des prix élevés. En effet, malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix pour les consommateurs finaux continuent à croître. Tous secteurs confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique progressent de 12,5% sur un an. La hausse est particulièrement forte dans le tertiaire(+49,2% sur un an) et dans l?industrie (+19,5%). Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie. Cettedépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc àun niveau élevé malgré la baisse de consommation. La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3678¤ en2023, soit une hausse de 6,6% portée par la dépense enénergiedu logement. Service des données et études statistiques Sous-direction des statistiques de l?énergie Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr Sommaire Avant-propos Synthèse et données clés Les prix de l?énergie L?approvisionnement énergétique Transformation, transport et distribution d?énergie La consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation d?énergie par secteur ou usage Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie Annexes Table des matières INVALIDE) (ATTENTION: OPTION galement importés de Suède, du Royaume-Uni et d?Espagne. Figure 2.1.4 : répartition des importations d?uranium en valeur par pays en 2023 En % Australie Kazakhstan Namibie Niger Afrique du Sud Canada Autres 0 11 26 30 13 29 Source :DGDDI 44 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.1.5 : facture d?uranium En millions d?euros 800 600 400 200 0 - 200 - 400 - 600 - 800 - 1 000 - 1 200 Uranium naturel et ses composés Uranium enrichi ; plutonium Uranium appauvri ; thorium 2020 2021 2022 2023 Source :DGDDI Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 45 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.2 La production primaire rebondit en 2023 2.2.1 COMBUSTIBLES FOSSILES La production primaire d?énergie fossile en France est désormais marginale (figure 2.2.1.1). Elle s?élève à 10 TWh en 2023. Elle est composée quasi intégralement de produits à destination des raffineries. Pour près des trois quarts, il s?agit de pétrole brut extrait des bassins parisien et aquitain, pour un quart d?une production d?additifs oxygénés (non issus de biomasse) destinés à améliorer la qualité des carburants et des autres produits raffinés et pour moins de 2 % de gaz naturel. En 2023, la production de pétrole brut sur le territoire français, hors additifs, s?élève à 584 500 tonnes, soit 0,6 Mtep (7 TWh) ; elle a été divisée par plus de cinq depuis la fin des années 1980. Cette production ne satisfait désormais qu?un peu moins de 1 % de la consommation nationale. Au 1er janvier 2024, les réserves souterraines de pétrole brut (10,1 Mtep, soit 118 TWh) et d?hydrocarbures extraits du gaz naturel représentent environ 17 ans d?exploitation au rythme actuel (production hors additifs). Les additifs non bio représentent, ces dernières années, entre un sixième et un quart de la production primaire de pétrole (2,7 TWh en 2023). Depuis l?arrêt définitif de l?injection du gaz du gisement de Lacq dans le réseau en octobre 2013, la production nationale de gaz naturel, hors biométhane, se limite à l?extraction de gaz de mine (grisou) du bassin du Nord-Pas- de-Calais. Celle-ci s?élève à 205 GWh PCS (pouvoir calorifique supérieur) en 2023, soit 184 GWh PCI (pouvoir calorifique inférieur). L?approvisionnement de la France en charbon repose désormais exclusivement sur le commerce extérieur et, dans une moindre mesure, sur le recours aux stocks. En effet, la collecte de produits de récupération présents sur les anciens sites d?extraction, qui subsistait depuis la fermeture de la dernière mine de charbon en 2004, s?est arrêtée en 2015. Figure 2.2.1.1 : production primaire d?énergie fossile En TWh 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1978 2002 1972 1970 1980 2004 2008 1974 1988 1996 1998 1982 1990 2006 2010 2012 1976 2000 1984 1992 1986 1994 2016 2014 2018 2020 2023 Pétrole* Charbon Gaz naturel *Ycomprisdesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller, à partir de 2011. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGEC,CharbonnagesdeFrance,SNET(Uniper),GRTgaz,TIGF(Teréga) 46 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.1.2 : production primaire et valeur associée d?énergie fossile 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production toutes énergies fossiles 11,76 585 9,98 291 10,03 509 9,79 868 9,86 608 Production de pétrole* 11,59 581 9,80 288 9,80 500 9,59 846 9,68 594 Production de charbon 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 0,00 0 Production de gaz naturel (grisou) 0,17 4 0,18 3 0,23 9 0,21 22 0,18 14 *Laproductiondepétrolecomprendlaproductiond?additifsoxygénésnonissusdebiomasse. Source :SDES,Bilandel?énergie La production primaire totale française d?énergie fossile représente en 2023 une valeur économique de 608 millions d?euros, soit 30 % de moins qu?un an auparavant (figure 2.2.1.2). Les prix des énergies fossiles, qui avaient nettement augmenté en 2022, en raison notamment de la guerre en Ukraine, refluent en effet en 2023 (cf. 1.2.1). 2.2.2 NUCLÉAIRE En 2023, la France compte 56 réacteurs en service répartis sur 18 sites. La production d?énergie primaire du parc s?élève à 1 025 TWh en 2023. Elle correspond à la quantité totale de chaleur dégagée lors de la réaction de fission du combustible nucléaire. La production brute d?électricité des centrales nucléaires françaises s?élève, quant à elle, à 338 TWh en 2023 (figure 2.2.2.1). En effet, il faut en moyenne 3 unités de chaleur pour produire une unité d?électricité dans une centrale nucléaire, le solde constituant les pertes calorifiques liées à cette transformation. Après avoir nettement diminué en 2022, la production nucléaire rebondit en 2023 (+ 14,7 %) en raison du redémarrage de plusieurs réacteurs affectés par le phénomène de corrosion sous contrainte. La détection de ce phénomène affectant les circuits auxiliaires de refroidissement de la centrale de Civaux en fin d?année 2021 a en effet conduit à l?arrêt non prévu et prolongé de plusieurs réacteurs pour contrôle approfondi et réparations. Ces opérations ont été réalisées pour l?essentiel en 2022 et 2023 et se poursuivent, pour une part résiduelle, jusqu?en 2025. Malgré son rebond en 2023, la production nucléaire demeure inférieure à son niveau de 2021 et même de 2020, année durant laquelle le calendrier des opérations de maintenance avait pourtant été très perturbé par la crise sanitaire. En moyenne, les centrales ont été disponibles à hauteur de 67,3 % de leur capacité théorique en 2023 (figure 2.2.2.2). La disponibilité du parc nucléaire s?améliore nettement en 2023 par rapport à l?année précédente : les arrêts pour contrôler et traiter le phénomène de corrosion sous contrainte ont été moins nombreux et plus courts que l?année précédente, grâce notamment à l?optimisation des contrôles et au retour d?expérience des précédentes réparations. Les centrales ont été utilisées, lorsqu?elles étaient disponibles, à hauteur de 88,8 %. Les mouvements sociaux contre la réforme des retraites ont temporairement réduit la production nucléaire au printemps 2023. Figure 2.2.2.1 : production brute d?électricité des centrales nucléaires En TWh 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1978 2002 1972 1970 1980 2004 2008 1974 1988 1996 1998 1982 1990 2006 2010 2012 1976 2000 1984 1992 1986 1994 2016 2014 2018 2020 2023 Source :EDF Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 47 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.2.2 : disponibilité et utilisation du parc nucléaire Coefficients exprimés en % 2019 2020 2021 2022 2023 Coefficient de disponibilité Kd 74,0 71,9 72,9 58,1 67,3 Coefficient d?utilisation Ku 92,7 85,7 92,2 89,6 88,8 Note:lecoefficientKdestcalculésurlabasedesindisponibilitésduesauxarrêtsfortuits,auxarrêtspourentretienourechargementetauxprolongationsd?arrêt. Àladifférencedel?indicateurEnergy Availibility Factorpubliéparl?Agenceinternationaledel?énergieatomique(AIEA),ilnetientenrevanchepascomptedes indisponibilitésduesàdescausesenvironnementales,auxmouvementssociauxouauxattentesd?autorisationdesautorités.LecoefficientKureflètel?optimisation delaproductionettientcomptedescontraintesenvironnementales,règlementairesetsociales. Source :EDF,documentd?enregistrementuniversel. 2.2.3 ÉNERGIES RENOUVELABLES ET VALORISATION DES DÉCHETS La production primaire d?énergie issue de ressources renouvelables s?établit à 366 TWh en 2023, en augmentation de 9,8 % par rapport à 2022 (figures 2.2.3.1 et 2.2.3.2). Cette augmentation est portée par la filière hydraulique (+ 24,5 %), du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par la filière éolienne (+ 32,1 %), du fait du développement du parc et de conditions de vent favorables. De manière générale, la production augmente pour toutes les filières, à l?exception des biocarburants dont la production diminue de 2,7 %. Le bois-énergie (y compris la liqueur noire utilisée dans l?industrie papetière) demeure la première énergie renouvelable produite en France (32 % de la production nationale d?énergie renouvelable). Viennent ensuite l?électricité hydraulique (15 %), les pompes à chaleur (14 %), l?éolien (14 %), les biocarburants (6 %), le solaire photovoltaïque (6 %), le biogaz (6 %), la valorisation des déchets renouvelables (4 %), la valorisation des résidus de l?agriculture et de l?industrie agroalimentaire (1 %), la géothermie (1 %), le solaire thermique et les énergies marines (moins de 1 % pour chacune de ces deux filières). En incluant par ailleurs les 20 TWh d?énergie produite à partir de la valorisation des déchets non renouvelables (cf. infra), la production primaire d?énergie issue de ressources renouvelables ou de déchets s?élève à 386 TWh en 2023. Figure 2.2.3.1 : part de chaque filière dans la production primaire d?énergies renouvelables en 2023 (366 TWh) En % Bois-énergie* Hydraulique (hors pompages) Pompes à chaleur Éolien Biocarburants Solaire photovoltaïque Biogaz Déchets renouvelables Résidus de l?agriculture et des IAA** Géothermie Solaire thermique Énergies marines 0 32 6 15 14 14 6 6 4 111 *Ycomprisliqueurnoire. **Industriesagroalimentaires. Source :SDES,Bilandel?énergie 48 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.3.2 : évolution de la production primaire d?énergies renouvelables En TWh Bois-énergie* Biogaz Solaire thermique et géothermie Hydraulique (hors pompages) Solaire photovoltaïque Résidus de l?agriculture et des IAA** Éolien Biocarburants Énergies marines Pompes à chaleur Déchets renouvelables 400 350 300 250 200 150 100 50 0 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2023 2020 1994 *Ycomprisliqueurnoire. **Industriesagroalimentaires. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Les énergies renouvelables électriques correspondent aux filières renouvelables de production primaire d?électricité (129 TWh en 2023). Par convention, la production primaire de ces filières est égale à leur production d?électricité. Elles regroupent l?hydraulique (hors stations de transfert d?énergie par pompage), l?éolien, le solaire photovoltaïque et les énergies marines. Hydraulique (hors pompages) La production hydraulique dépend fortement du débit des cours d?eau et du niveau des réservoirs et, par conséquent, de la pluviométrie contemporaine et passée. L?essentiel de la production provient de grandes installations, situées le long du Rhin et du Rhône ainsi que dans les zones montagneuses. Après une forte baisse en 2022 en raison de la sécheresse, la production hydraulique augmente en 2023 (+ 24,5 %) et atteint 57 TWh, ce qui est très proche de la moyenne de production (58 TWh de 2011 à 2022). La puissance installée du parc reste, quant à elle, quasiment constante depuis plusieurs années. Énergies marines Les énergies marines regroupent les différentes filières de production d?électricité tirant parti de l?énergie mécanique issue des mouvements de l?eau créée par les marées (énergie marémotrice), les vagues (énergie houlomotrice) et les courants marins (énergie hydrolienne). L?usine marémotrice de la Rance, construite dans les années 60, est, à ce jour, la principale unité de production en service commercial exploitant l?énergie issue du milieu marin en France. D?une capacité électrique de 240 MW, sa production (hors pompages) s?élève à 0,5 TWh depuis 2014. Éolien En 2023, la capacité installée sur le territoire continue d?augmenter (+ 11 %) avec la mise en service de deux nouveaux parcs en mer, l?un à Fécamp et l?autre à Saint-Brieuc (en plus de Saint-Nazaire en 2022). La production augmente encore davantage (+ 32 % entre 2022 et 2023) en raison de conditions de vent favorables. Elle s?établit à 50 TWh en 2023, dont 1,9 TWh en mer. La filière éolienne connaît un développement particulièrement rapide ces dernières années avec une augmentation de la puissance installée de 71 % depuis 2017, pour atteindre 23 GW en 2023, dont 1,5 GW d?éolien en mer. Solaire photovoltaïque La filière solaire photovoltaïque s?est développée particulièrement rapidement au cours de la décennie : la capacité installée sur le territoire, qui était inférieure à 9 GW en 2017, a plus que doublé et atteint 20 GW en 2023 (+ 15 % sur un an). Soutenue par la croissance du parc, la production progresse de 11,2 % par rapport à 2022, pour atteindre 21,8 TWh, alors que l?ensoleillement a été un peu moins généreux en 2023 qu?en 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 49 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les énergies renouvelables thermiques et les déchets (257 TWh en 2023) regroupent les filières pour lesquelles l?énergie est produite sous forme de chaleur, avant d?être éventuellement convertie sous une autre forme (en électricité ou en force motrice notamment) - (figure 2.2.3.3). On distingue les filières de production d?énergie par combustion de celles de production primaire de chaleur. Les premières regroupent d?une part la biomasse, qu?elle soit solide (bois-énergie, résidus agricoles et agroalimentaires), liquide (biocarburants) ou gazeuse (biogaz), d?autre part les déchets incinérés (urbains et industriels). Les secondes regroupent la géothermie, le solaire thermique et les pompes à chaleur. Biomasse solide En 2023, la production d?énergie primaire issue de biomasse solide augmente de 0,8 % (123 TWh). Néanmoins, cette légère augmentation ne permet pas d?atteindre le niveau de production de la seconde moitié des années 2010. Le bois-énergie constitue plus de 96 % de la biomasse et est consacré à 58 % à l?usage résidentiel (cf. 4.5). Malgré une hausse de 0,4 % en 2023, liée à des températures légèrement plus froides, la consommation résidentielle est tendanciellement orientée à la baisse depuis 2010. La consommation par ménage diminue en effet régulièrement grâce à la performance croissante des appareils de chauffage au bois. À l?inverse, dans le secteur de la transformation d?énergie, la consommation de biomasse progresse continuellement depuis 2005 (+ 1,6 % par rapport à 2022) ; elle est en effet de plus en plus utilisée dans les installations de cogénération et de production de chaleur. Biogaz Le biogaz est un gaz composé principalement de méthane et de dioxyde de carbone produit par digestion anaérobie de matières organiques. La filière biogaz peut être décomposée en trois grandes sous-filières, segmentées selon l?origine des intrants : le biogaz issu de la méthanisation de déchets organiques ou végétaux bruts, le biogaz fabriqué à partir de boues de stations d?épuration des eaux usées (STEP) et le biogaz issu d?installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND). En 2023, la production primaire de biogaz s?élève à 22 TWh, en augmentation par rapport à 2022 (+ 16,4 %). Cette évolution s?inscrit dans une tendance continue à la hausse, amorcée en 2011. De 2011 à 2023, la production primaire de biogaz a en effet été multipliée par 4,2. 33 % de la production de biogaz (7,2 TWh) est valorisée pour produire de l?électricité. La puissance des installations raccordées au réseau électrique représente 0,6 GW en fin d?année 2023, en augmentation de 1,9 % par rapport à 2022. Par ailleurs, 30 % de la production de biogaz est dédiée à la production de chaleur (6,5 TWh). Enfin, l?épuration de biogaz en biométhane, afin d?être ensuite injecté dans les réseaux de gaz naturel, constitue un débouché en forte croissance depuis quelques années. Ce mode de valorisation concerne en effet plus de 37 % de la production totale de biogaz en 2023, soit 8,2 TWh, en progression de 31 % par rapport à 2022 (cf. 3.2). Biocarburants et autres bioliquides La biomasse liquide, aussi appelée biocarburants ou bioliquides, est utilisée essentiellement pour la force motrice des véhicules (y compris les véhicules de chantier, agricoles, etc.). La France produit principalement du biodiesel (66,7 %) mais également des bioessences (32,9 %) et un peu de biokérosène (0,4 %). En 2023, la production nationale de biocarburants s?élève à 21 TWh, en baisse de 2,7 % par rapport à 2022. La production de biodiesel baisse en particulier de 4 % dans un contexte de hausse des coûts de production. La production de bioessences reste stable. Encouragée par une fiscalité incitative à l?incorporation de biocarburants, la production a connu une forte croissance au cours des années 2000, passant de 4 TWh en 2000 à 26 TWh en 2010. Depuis, la production a stagné, voire diminué, malgré la hausse progressive des objectifs d?incorporation. Déchets La production d?énergie primaire à partir de l?ensemble des déchets diminue de 9 % en 2023, pour s?établir à 33 TWh. 50 % de cette production est valorisée sous forme de chaleur. Seule la partie biodégradable des déchets est considérée comme relevant des énergies renouvelables. Par convention internationale, cette part est fixée à la moitié des déchets ménagers, soit 13,5 TWh en 2023. Les déchets non renouvelables recouvrent l?autre moitié des déchets ménagers ainsi que les déchets industriels ; ils s?élèvent à 19,5 TWh en 2023. 50 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.2.3.3 : les différents types de valorisation de la biomasse et des déchets en 2023 0,2 Biomasse solide pour production électrique Biomasse solide pour production de charbon de bois Biomasse solide pour production de chaleur Déchets pour production électrique Déchets pour production de chaleur Biogaz pour production électrique Biogaz pour production de chaleur Biogaz pour injection dans le réseau de gaz Biocarburants pour le transport Biocarburants utilisés par les engins agricoles et de chantier Bioliquides pour la production d?électricité et de chaleur En % 11 1 88 37 34 29 50 50 92 8 Biomasse solide Biogaz Déchets Bioliquides Note:laproductiondechaleurs?entendiciausenslargedeproductionayantunusagefinalsousformedechaleuretnonpasseulement,commedansla partie3.5,deproductiondechaleurcommercialisée. Source :SDES,Bilandel?énergie Solaire thermique La production du parc des installations solaires thermiques est de 2,8 TWh en 2023, en hausse de 3,7 % sur un an. 43 % de cette production est réalisée dans les DROM en raison du fort ensoleillement de ces territoires, propice à l?installation de chauffe-eaux solaires. Le développement de la filière, très dynamique jusqu?au début des années 2010, a depuis ralenti. En métropole, ce sont essentiellement des projets de « grandes surfaces » solaires thermiques qui ont permis le développement de la filière ces dernières années, même si les installations individuelles sont de plus en plus demandées par les particuliers. Le marché du solaire hybride, combinant des panneaux solaires photovoltaïques avec du solaire thermique, s?est fortement développé entre 2015 et 2018 mais reste de niche depuis la fin du soutien de la filière par les aides à la rénovation énergétique. Géothermie De manière générale, la géothermie vise à exploiter l?énergie thermique contenue dans le sous-sol. La chaleur géothermique produite à partir de pompes à chaleur (dite de « très basse énergie ») est toutefois comptabilisée à part (cf. rubrique suivante). La production primaire géothermique s?élève à 5,3 TWh en 2023, en augmentation de 4 % sur un an. La géothermie dite de « basse énergie » exploite des aquifères d?une profondeur de plusieurs centaines de mètres (entre 30 °C et 90 °C) à des fins de production de chaleur (chauffage et eau chaude sanitaire). Elle est généralement mobilisée comme source de production par les réseaux de chaleur en raison du montant élevé des investissements nécessaires. Ces réseaux, dont la plupart sont situés en Île-de-France, alimentent principalement des bâtiments à usage résidentiel ou tertiaire. La géothermie de « basse énergie » est également exploitée par quelques installations isolées, telles des piscines, des serres ou encore des bassins de pisciculture. La production primaire de cette filière s?élève à 4,1 TWh en 2023. À l?inverse, la géothermie dite de « haute énergie » (ou « haute température ») est principalement utilisée pour produire de l?électricité. Elle exploite des aquifères ou des gisements rocheux situés entre 1 500 et 5 000 mètres de profondeur, atteignant une température supérieure à 150 °C. Elle concerne un site en métropole, à Soultz-sous-Forêts (Alsace), et un autre à Bouillante, en Guadeloupe. Les sites exploitant cette technologie ont produit 0,12 TWh d?électricité en 2023. Leur production primaire, valant par convention dix fois la production d?électricité, atteint 1,2 TWh en 2023. Pompes à chaleur Les pompes à chaleur (PAC) produisent de la chaleur en puisant des calories dans le sol ou les eaux souterraines (géothermie dite de « très basse énergie », températures inférieures à 30 °C) ou dans l?air (aérothermie). Seule la chaleur renouvelable estimée à partir de la puissance et de la performance des équipements est retracée en production primaire d?énergie pour ne pas comptabiliser l?électricité utile au fonctionnement de ces équipements. Le parc de pompes à chaleur installées en France continue de croître en 2023 (+ 9,4 %). Son développement est notamment stimulé par les aides à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov et certificats d?économie d?énergie notamment). La production de chaleur renouvelable à partir de pompes à chaleur s?établit à 50 TWh en 2023, en augmentation de 11,4 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 51 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 2.3.1 PÉTROLE BRUT ET RAFFINÉ Commerce extérieur de pétrole brut L?activité de raffinage, qui utilise la quasi-totalité de pétrole brut importé ou produit pour une quantité marginale sur le territoire, continue de progresser en 2023 (cf. 3.1). Les importations de pétrole brut augmentent ainsi par rapport à 2022, à 46,5 Mtep (+ 10,7 %, figure 2.3.1.1). Après avoir chuté en 2020 en raison de la crise sanitaire, elles progressent depuis 2021 avec le redémarrage des installations, la crise énergétique et l?embargo sur le pétrole russe. En effet, les menaces sur l?approvisionnement puis l?embargo sur les produits pétroliers raffinés russes, et en particulier le gazole, ont stimulé l?activité des sites de raffinage pour répondre à la demande intérieure. Malgré ce regain, l?activité de raffinage en France est nettement moindre qu?il y a une quinzaine d?années. Les importations de pétrole brut ont ainsi baissé de 45 % depuis 2008 et de 21 % depuis 2012. La facture correspondante de la France s?établit à 27,3 Md¤ en 2023 (cf. 1.2). Elle recule de 18,0 %, mais reste au-dessus de son niveau de 2019 (24,1 Md¤2023). Elle avait quasiment doublé en 2022, en raison principalement du renchérissement marqué des produits lié à la guerre en Ukraine, et avait atteint sa valeur la plus haute depuis la baisse mondiale des prix pétroliers en 2014. Figure 2.3.1.1 : importations de pétrole brut* 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Importations 49,7 24 120 33,9 10 749 34,7 17 106 42,1 33 246 46,5 27 266 *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsà distiller. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, la France achète plus de la moitié de son pétrole brut auprès des membres de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) avec 53,7 %, contre 48,5 % en 2022 (figure 2.3.1.2). Les États-Unis restent le premier fournisseur de la France avec 7,8 Mtep, soit 16,7 % du total. Ils devancent ainsi le Nigeria, puis le Kazakhstan, qui représentent chacun 12 % du total. Les importations depuis la Russie, en troisième position en 2019 (2,2 Mtep), ont cessé en 2023. En effet, un embargo sur le pétrole brut russe importé par voie maritime est entré en vigueur le 5 décembre 2022. Globalement, la part de l?Europe orientale dans les importations de pétrole brut diminue nettement : - 6 points en un an et - 17 points par rapport à 2019. Celle de la mer du Nord baisse également (- 2 points). À l?inverse, la part des importations en provenance d?Afrique (+ 3 points), du Moyen-Orient (+ 2 points) et d?Amérique du Nord (+ 2 points) progresse. 52 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.1.2 : origine des importations de pétrole brut* En Mtep 1973 1979 1990 2000 2010 2019 2020 2021 2022 2023 En % En % Grandes zones Moyen-Orient 98,5 71,4 96,6 32,4 32,3 11,4 10,4 5,3 5,1 6,4 8,0 17,2 Afrique du Nord 18,7 13,5 9,7 7,3 6,4 12,4 8,6 4,4 7,5 6,3 8,6 18,4 Afrique subsaharienne 15,3 11,1 11,2 14,1 7,7 8,7 8,0 5,9 5,4 8,9 9,6 20,6 Mer du Nord** 0,2 0,1 4,3 10,7 32,6 10,9 3,8 4,4 3,6 4,6 4,3 9,3 Europe orientale*** 3,4 2,5 5,1 6,4 8,2 21,5 14,6 8,9 7,9 8,1 5,9 12,8 Amérique du Nord - - - 2,5 - - 3,8 4,3 4,9 6,6 8,1 17,3 Autres 1,8 1,3 1,7 1,6 0,3 0,9 0,6 0,7 0,4 1,1 2,1 4,5 Total 137,9 100,0 128,6 75,0 87,6 65,7 49,7 33,9 34,7 42,1 46,5 100,0 dontOpep**** 130,5 94,7 114,3 43,9 40,7 28,2 25,8 14,3 17,3 20,4 25,0 53,7 OpephorsIrak 111,5 80,8 91,1 40,8 33,4 25,7 23,0 13,3 14,9 18,1 21,5 46,1 Principaux fournisseurs États-Unis - - - 3,8 4,3 4,5 6,2 7,8 16,7 Nigeria 12,9 9,3 9,8 3,2 4,9 2,9 6,1 3,3 4,0 4,2 5,8 12,4 Kazakhstan - - - - 2,1 7,0 6,9 5,5 4,6 5,7 5,6 12,0 Algérie 11,3 8,2 5,2 3,1 3,5 0,9 5,8 3,5 4,0 3,7 4,5 9,6 Libye 6,6 4,8 4,1 3,0 2,5 10,5 2,6 0,9 3,4 2,6 4,1 8,7 Irak 19,1 13,8 23,2 3,1 7,4 2,4 2,8 1,0 2,4 2,3 3,5 7,6 Arabie saoudite 30,8 22,4 45,3 15,5 15,6 6,1 7,4 4,0 2,7 3,4 3,5 7,5 Norvège 0,2 0,1 1,6 6,0 21,6 7,2 3,2 3,6 2,4 3,4 3,4 7,2 Angola - - - 2,8 1,9 3,5 0,9 1,4 0,4 3,0 2,2 4,8 Brésil - - - - 0,1 0,7 0,4 0,3 0,1 0,8 1,0 2,2 Royaume-Uni - - 2,7 4,8 10,1 3,4 0,6 0,8 1,2 1,2 1,0 2,1 Azerbaïdjan - - - - 0,6 3,2 1,4 0,5 0,2 0,2 0,4 0,8 Guinée équatoriale - - - - - 0,6 - - 0,3 0,3 0,2 0,4 Ghana - - - - - - 0,4 0,1 - - 0,1 0,3 Russie - - - - 5,1 11,3 6,3 3,0 3,1 2,2 - - Iran 11,1 8,0 8,0 9,2 5,3 1,8 - - - - - - Congo 1,0 0,7 - 0,9 0,0 1,3 - - - - - - Mexique - - - 2,5 - - - - - - - - *Ycomprisdefaiblesquantitésdecondensatsàdestinationduraffinageetdelapétrochimie,d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduitsàdistiller. **Danemark,Norvège,Pays-BasetRoyaume-Uni. ***Azerbaïdjan,Géorgie,Kazakhstan,Russie,Turkménistan,Ukraine. ****Opep:en2023:Algérie,Angola,Arabiesaoudite,Congo,Émiratsarabesunis,Gabon,Guinéeéquatoriale,Irak,Iran,Koweït,Libye,Nigeria,Venezuela. Note:lepétroleestclassédanscetableauselonlepaysoùilaétéextrait.Jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine. Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs Commerce extérieur de produits raffinés Les importations de produits raffinés reculent fortement pour la deuxième année consécutive (- 8,1 %, après - 9,9 % en 2022), pour s?établir à 38,0 Mtep en 2023, en lien avec la croissance de l?activité de raffinage (figure 2.3.1.3). La hausse de l?activité de raffinage entraîne une augmentation des exportations en 2023 (+ 6,1 % par rapport à 2022), à 14,7 Mtep. Les quantités exportées demeurent toutefois très inférieures à leur niveau de 2019 (- 15,7 % sur quatre ans). Ainsi, le solde importateur de la France en produits raffinés se réduit, à 23,3 Mtep, le niveau le plus faible enregistré depuis 2018. Après son record historique de 2022 dû à la très forte hausse des prix des produits pétroliers sur les marchés, la valeur monétaire des importations de produits raffinés s?élève à 29,3 Md¤ en 2023. Elle diminue de 28,7 %. En euros constants, elle reste supérieure de 6,9 % à son niveau de 2019. La valeur des exportations s?est aussi nettement réduite, à 12,7 Md¤ (- 15,2 % en un an et + 5,0 % par rapport à 2019 en euros constants). Ainsi, les échanges extérieurs de produits raffinés contribuent à hauteur de 16,6 Md¤ au déficit commercial de la France, contre 26,1 Md¤ en 2022. La facture s?est fortement allégée en 2023 (- 36,4 %) sous l?effet de la baisse des prix. Elle reste néanmoins supérieure à celle de 2019 (+ 1,3 Md¤, soit + 8,4 %). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 53 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.1.3 : solde importateur des produits raffinés 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Importations 45,6 27 408 43,7 18 035 45,8 26 272 41,3 41 078 38,0 29 298 Gazole routier 20,1 12 602 20,0 8 137 21,1 11 516 19,4 20 109 17,1 13 400 Fioul domestique et autres gazoles 4,6 2 724 4,9 1 909 3,9 2 057 2,6 2 589 3,0 2 344 Supercarburants* 1,6 1 021 1,4 637 2,7 1 716 3,1 3 256 2,7 2 191 Jet kérosène 6,2 3 906 4,1 1 590 5,1 2 882 5,7 6 124 5,7 4 611 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 3,7 1 316 3,3 1 048 3,6 1 745 3,4 1 994 3,2 1 447 Fioul lourd 2,8 1 351 1,9 718 1,5 728 1,6 1 113 1,3 848 Produits non énergétiques** 5,3 3 286 6,7 2 992 6,7 4 461 4,4 4 396 3,8 3 304 Autres*** 1,4 1 202 1,1 1 005 1,4 1 168 1,1 1 497 1,1 1 154 Exportations 17,4 12 096 12,8 7 393 12,6 10 108 13,8 14 973 14,7 12 702 Gazole routier 0,3 247 0,4 307 0,6 587 0,6 1 009 0,8 899 Fioul domestique et autres gazoles 2,3 1 246 1,2 426 0,9 497 0,8 787 1,3 909 Supercarburants* 2,8 1 575 2,3 774 2,2 1 286 1,8 1 590 1,6 1 139 Jet kérosène 1,8 1 066 1,5 538 1,7 945 1,1 1 419 1,2 1 023 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1,0 472 1,0 372 1,0 574 1,2 832 0,9 491 Fioul lourd 3,7 1 544 2,5 706 2,6 1 147 3,5 2 312 3,4 1 705 Produits non énergétiques** 4,6 3 508 2,9 2 169 2,5 2 766 3,7 4 287 4,6 4 290 Autres*** 1,0 2 440 1,1 2 101 1,0 2 305 1,1 2 739 0,8 2 246 Solde importateur 28,2 15 311 30,9 10 642 33,2 16 164 27,5 26 104 23,3 16 596 Gazole routier 19,8 12 355 19,7 7 831 20,4 10 928 18,8 19 100 16,3 12 501 Fioul domestique et autres gazoles 2,4 1 479 3,7 1 483 3,0 1 559 1,9 1 802 1,7 1 435 Supercarburants* - 1,2 - 554 - 0,9 - 137 0,5 430 1,3 1 667 1,1 1 052 Jet kérosène 4,4 2 840 2,6 1 052 3,4 1 937 4,5 4 706 4,5 3 588 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 2,7 845 2,4 676 2,6 1 171 2,2 1 162 2,4 956 Fioul lourd - 0,9 - 193 - 0,6 12 - 1,1 - 419 - 1,9 - 1 199 - 2,1 - 857 Produits non énergétiques** 0,7 - 222 3,9 823 4,1 1 695 0,7 109 - 0,9 - 987 Autres*** 0,4 - 1 238 0,1 - 1 097 0,4 - 1 137 0,0 - 1 242 0,3 - 1 092 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres. Note:lesvaleursmonétairessontdonnéescoût,assuranceetfretinclus(CAF)pourlesimportations,etfrancoàbord(FAB)pourlesexportations. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI La France achète principalement du gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier, ce dernier produit étant utilisé pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole routier, excepté sa coloration. Les importations de ce produit, déduction faite des volumes exportés, représentent 16,3 Mtep en 2023, pour une dépense nette correspondante de 12,5 Md¤. La France est également importatrice nette de kérosène (4,5 Mtep), de gaz de pétrole liquéfié (GPL, 2,4 Mtep), de fioul domestique et autres gazoles (1,7 Mtep) et, depuis 2021, de supercarburants (1,1 Mtep). À l?inverse, elle est devenue depuis quelques années exportatrice nette de fioul lourd car la demande intérieure pour ce produit décline régulièrement. Ce combustible permet d?alléger sa facture de 0,9 Md¤. Les évolutions par produit sont assez contrastées : les importations de gazole et de naphta chutent de 11,7 %, celles de GPL de 5,0 %. Les achats de supercarburants reculent de 14 % pour revenir à leur niveau de 2021 (2,7 Mtep), tandis que ceux de fioul lourd se replient de 17 %, à 1,3 Mtep. Les achats de carburéacteurs augmentent légèrement, de 0,6 % sur un an, sans toutefois retrouver leur niveau de 2019 (- 8,2 %). À l?inverse, les livraisons de fioul domestique et autres gazoles progressent fortement, à 3,0 Mtep (+ 14,9 %). En 2023, la part de la Russie dans les importations de produits pétroliers raffinés (16 % en 2022) est devenue quasi nulle (figure 2.3.1.4) en application des sanctions économiques liées à la guerre en Ukraine. Ainsi, la répartition des provenances géographiques des produits pétroliers est nettement modifiée en 2023. Les produits raffinés importés par la France proviennent pour près de la moitié d?Europe (47 %, soit 10 points de plus qu?en 2022). Les parts de l?Arabie saoudite (11 %) et des États-Unis (8 %) sont stables. 54 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Le gazole routier provient en 2023 pour 43 % d?Europe (+ 16 points). La Russie, premier fournisseur de ce produit en 2022, avec 6,2 Mtep, soit 32 % du marché, ne représente plus que 0,3 % des importations. Le Moyen-Orient fournit 38 % du total (+ 9 points), dont 22 % depuis l?Arabie saoudite, tandis que l?Inde en représente 7 %. Depuis plusieurs années, le kérosène est acheminé en grande partie depuis le Moyen-Orient, avec 40 % des importations en 2023, comme en 2022. 18 % proviennent d?Inde alors que 10 % proviennent d?Europe. Le GPL est, quant à lui, importé principalement des États-Unis (1,2 Mtep, 38 %), d?Algérie (30 %), du Royaume-Uni (16 %) et de Norvège (9 %). L?essentiel des quantités de supercarburants importées provient d?Europe (85 % en 2023). Enfin, le naphta est d?abord livré depuis l?Europe (50 % du total), puis d?Algérie (33 %, + 22 points sur un an) et des États-Unis (8 %). Figure 2.3.1.4 : importations de produits pétroliers raffinés par pays de 2019 à 2023 En Mtep Europe Russie Arabie saoudite États-Unis Algérie Autres 50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2019 2021 2022 20232020 3,5 3,7 2,6 3,0 3,1 5,4 3,8 4,1 4,6 4,26,0 7,4 8,7 6,8 0,1 18,0 18,7 19,3 15,4 17,7 2,1 2,5 2,1 1,5 1,7 10,6 7,5 9,1 10,0 11,2 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Les exportations continuent de croître à un rythme soutenu en 2023 (+ 6,1 %, après + 9,9 % en 2022). Leur dynamisme s?explique surtout par les ventes de naphta (+ 36,8 %, à 3,2 Mtep). Les livraisons de gazole et de fioul domestique ont également fortement augmenté (+ 56,8 %, à 2,2 Mtep). Les exportations de kérosène ont crû de 6,0 %, à 1,2 Mtep. À l?inverse, les ventes de supercarburants continuent de chuter en 2023 (- 13,0 %, après - 17,7 % en 2022). Les exportations de GPL passent de 1,2 Mtep en 2022 à 0,9 Mtep en 2023 (- 28,2 %). Celles de fioul lourd, revenues en 2022 à leur niveau de 2019, se replient aussi en 2023 mais à un rythme moins élevé (- 2,7 %). Près des trois quarts des exportations françaises de produits raffinés sont à destination de l?Europe en 2023. Le fioul lourd en particulier est acheminé pour l?essentiel dans l?Union européenne (76 %). C?est également le cas du naphta (79 % vers l?Europe et 19 % vers les États-Unis). Les produits livrés vers les États-Unis représentent 9 % des quantités exportées en 2023 (7 % en 2022). En particulier, 41 % des quantités de supercarburants y sont exportées. Stocks pétroliers Entre fin 2022 et fin 2023, les stocks français de pétrole brut et d?autres intrants du raffinage augmentent de 0,2 Mtep, pour s?établir à 7,2 Mtep en fin d?année (6,4 Mtep de pétrole brut et 0,8 Mtep de charges de raffinage). Les stocks de produits raffinés diminuent légèrement en 2023, à 12,7 Mtep (- 1,8 %, - 7,7 % sur quatre ans). L?essentiel de ces stocks correspond aux obligations de stockage stratégique de produits pétroliers devant couvrir au minimum 90 jours d?importations nettes. 2.3.2 GAZ NATUREL Les importations de gaz naturel arrivent en France métropolitaine essentiellement sous forme gazeuse par un réseau de gazoducs, terrestres ou sous-marins, ou sous forme de gaz naturel liquéfié (GNL) par méthanier. Les importations, hors transit via gazoduc, de gaz naturel sur le territoire s?élèvent à 532 TWh PCS en 2023, un niveau comparable à celui de 2021 et en diminution de 17 % par rapport à 2022 (figure 2.3.2.1). La baisse des prix (cf. 1.3.1) entraîne une forte diminution du coût des importations, qui s?établit à 36,3 Md¤ en 2023 (- 40,9 % en euros constants par rapport à 2022). En raison de la modération de la demande de gaz naturel en 2023 et du haut remplissage des stocks en début d?année, les importations de gaz naturel reculent en 2023. Les importations par gazoduc diminuent ainsi de 18,2 %, à 217 TWh. Elles sont réalisées aux points d?interconnexion du réseau (PIR) de gazoducs de France métropolitaine avec les réseaux étrangers : Dunkerque depuis la Norvège (69 % des entrées brutes), Taisnières (L) depuis les Pays-Bas (10 %), Virtualys depuis la Belgique (7 %), Pirineos depuis l?Espagne (14 %) et autres (0,6 %). Les importations de GNL diminuent aussi nettement (- 16 %) et s?élèvent à 315 TWh en 2023. Le GNL regazéifié représente 59 % des entrées de gaz naturel, en hausse de 0,7 point par rapport à l?année précédente. Le terminal méthanier de Dunkerque réceptionne 39 % des importations de GNL, les deux terminaux de Fos- sur-Mer en reçoivent 32 % et celui de Montoir-de-Bretagne 27 %. Mis en fonction en octobre 2023, le terminal flottant du Havre réceptionne 1 % des importations de GNL en 2023. Enfin, outre les injections de GNL regazéifié dans le réseau depuis les terminaux méthaniers, du GNL est également directement acheminé par camion-citerne jusqu?à certains industriels ou des stations-service (il s?agit de GNL dit « porté » ou de détail). Les volumes correspondants sont relativement faibles et restent stables par rapport à 2022 (2,1 TWh). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 55 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les sorties du territoire, sous forme gazeuse, s?effectuent aux points d?interconnexion avec les réseaux des pays voisins, principalement suisse (PIR Oltingue et Jura), espagnol (PIR Pirineos) et belge (PIR Virtualys). Les exportations diminuent par rapport à l?année précédente (- 9,0 % en 2023), mais restent à un niveau historiquement élevé. En effet, les quantités entrées sous forme de GNL et regazéifiées sont comptabilisées en exportation lorsqu?elles sont destinées à un autre pays alors qu?elles seraient exclues des importations si elles transitaient par le réseau sous forme gazeuse (transit). Ce sont ainsi 156 TWh de gaz qui ont été réexportés en 2023, hors transit, pour une recette correspondante s?élevant à 10,0 Md¤. Le solde importateur de la France en gaz naturel, net des exportations, diminue de 19,6 % en 2023, pour atteindre 377 TWh. En lien avec la nette baisse des prix du gaz, la facture correspondante diminue fortement, de moitié, pour s?établir à 26,3 Md¤ en 2023. Figure 2.3.2.1 : solde importateur de gaz naturel 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Importations 612,2 11 803 521,0 6 704 521,8 17 775 639,5 61 379 532,4 36 281 Selon la forme de gaz Gaz sous forme gazeuse 376,5 7 423 324,2 4 105 337,2 12 215 265,3 27 554 217,0 21 051 GNL** regazéifié 233,6 4 342 194,8 2 573 182,4 5 498 371,8 33 609 313,3 15 126 GNL** porté 2,1 38 2,0 27 2,1 63 2,4 215 2,1 103 Selon le type de contrat Court terme 182,8 n.d. 149,6 n.d. 131,5 n.d. 215,5 n.d. 160,8 n.d. Moyen et long terme 429,4 n.d. 371,4 n.d. 390,2 n.d. 424,0 n.d. 371,7 n.d. Exportations 105,4 2 038 93,9 1 071 62,0 1 861 171,3 11 334 155,9 10 006 Solde échanges extérieurs 506,8 9 765 427,1 5 633 459,7 15 914 468,2 50 045 376,5 26 274 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. **GNL=gaznaturelliquéfié.Ilestsoitregazéifiépourêtreensuiteinjectédanslesréseauxdegaz,soitdirectementacheminéparcamion-citerneàdesindustriels oudesstations-service. n.d.=nondisponible. Note:lesdonnéesrelativesauximportationsetauxexportationsn?incluentpaslegaztransitantsurleterritoirenational.Letransitdegazgazeuxdéclarépar lesfournisseursaétéexcluconformémentauxconventionsinternationalespourlesdonnéesannuelles;lesimportationsetexportationsontétéréviséesàla baisse;lesoldeestinchangé.Parailleurs,lesimportationsdeGNLdiffèrentdesinjectionsdansleréseaudeGNLregazéifié,l?écartcorrespondantàlavariation desstocksdesterminauxméthaniers(-1,2TWhen2023). Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,Teréga,lesfournisseursdegaz,DGDDI Les exportations de gaz russe à travers le gazoduc Nordstream ont été arrêtées dès août 2022. Cela a profondément modifié l?origine des importations depuis 2022 (figure 2.3.2.2). La Norvège est le principal fournisseur de la France en 2023 (33 % du total des importations), suivie par les États-Unis (26 %). Les autres pays fournisseurs sont la Russie (13 %), l?Algérie (9 %), les autres pays (8 %), les Pays-Bas (5 %), le Qatar (5 %) et le Nigeria (1 %). Pour 0,4 % des entrées brutes, correspondant essentiellement à du GNL vendu sur les marchés, l?origine du gaz est indéterminée. La France a nettement diversifié ses approvisionnements à travers l?augmentation des importations de GNL. Grâce à ces ports méthaniers, la France dispose d?un accès au marché mondial du GNL. La forte diminution des importations françaises de gaz naturel en 2023 est portée par la baisse des importations en provenance de la Norvège (- 15 %, - 4,9 points sur l?évolution des importations), de la Russie (- 26 %, - 3,9 points), des États-Unis (- 9 %, - 2,2 points), du Nigeria (- 63 %, - 1,3 point), d?Algérie (- 8 %, - 0,6 point) et des Pays-Bas (- 7 %, - 0,3 point). À l?inverse, les importations en provenance du Qatar progressent (+ 8 %, + 0,3 point). Signe d?une diversification accrue des approvisionnements, la part des achats auprès d?autres pays augmentent (+ 81 %, + 3,1 points sur l?évolution du solde global). La part relative du GNL pour lequel le lieu de production ne peut pas être tracé diminue très nettement pour devenir très faible (- 95 %, - 6,1 points). 56 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.2.2 : origine des importations de gaz naturel En TWh PCS* 700 600 500 400 300 200 100 0 Norvège Russie Pays-Bas Algérie Nigeria (yc swaps) Qatar États-Unis Autres pays Indéterminés 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 20201973 2023 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière Si l?approvisionnement français en gaz naturel est assuré, pour l?essentiel, par les importations, la gestion des stocks permet d?ajuster l?offre à la demande intérieure. Celle-ci varie fortement en cours d?année avec les besoins en chauffage (figure 2.3.2.3). En général, les stocks sont sollicités de novembre à mars, période communément appelée « hiver gazier », avant d?être progressivement reconstitués d?avril à octobre. Les stocks utiles s?élèvent à 121 TWh fin 2023, en baisse de 2 TWh par rapport à la fin 2022. Un remplissage complet des infrastructures de stockage de gaz naturel a été observé fin octobre 2023. Figure 2.3.2.3 : niveau des stocks utiles de gaz naturel (y compris GNL) en fin de mois En TWh PCS* Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 2018 2019 2020 2021 2022 2023 160 140 120 100 80 60 40 20 0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 57 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.2.4 : variations de stocks de gaz naturel 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Variations de stocks - 21,8 - 429,9 23,6 299,0 18,3 659,6 - 39,0 - 4 034,4 1,6 101,0 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Note:lesvariationsdestockssontcomptéespositivementencasdedéstockage,négativementencasdestockage.Ladépenseassociéecorrespondà lavalorisationdelaquantitéphysiquedevariationdesstocks(+1,6TWhentrefindécembre2022etfindécembre2023)avecunprixdérivédesimportationsdeGNL. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêtemensuellesurlastatistiquegazière 2.3.3 CHARBON Tous produits confondus, les importations de charbon, nettes des (faibles) volumes exportés, s?élèvent à 52,1 TWh en 2023 (figure 2.3.3.1). Elles diminuent de 26 % par rapport à 2022 et de 39 % par rapport à 2019, et atteignent ainsi leur plus bas niveau depuis plusieurs décennies. L?approvisionnement de la France en charbon primaire repose presque exclusivement sur ses importations, qui s?élèvent à 6,0 millions de tonnes (Mt), soit 46,5 TWh, en 2023. La majeure partie de ces importations vise à répondre aux besoins d?un nombre limité de consommateurs, notamment des établissements de la filière sidérurgique et des centrales électriques à charbon qui, dans un contexte de décarbonation de la production électrique, sont de moins en moins sollicitées. La France importe par ailleurs de faibles volumes de charbon dérivé. Il s?agit, pour l?essentiel, de coke venant compléter la production nationale destinée aux hauts- fourneaux et, dans une moindre mesure, de briquettes de lignite et de produits agglomérés. Les importations de coke ont de nouveau chuté en 2023, à 5,6 TWh. Elles avaient triplé en 2021 puis avaient peu diminué en 2022 afin de compenser la chute de production intérieure de coke due à la fermeture ou l?indisponibilité de fours à coke dans les usines sidérurgiques (cf. 3.3). La facture charbonnière de la France chute nettement (- 40 % en un an) du fait de la forte diminution des prix (cf. 1.4), et s?établit ainsi à 2,0 Md¤ en 2023. Si le charbon dérivé ne représente que 11 % des quantités importées, il pèse davantage dans la facture (18 %) en raison de prix bien plus élevés que ceux du charbon primaire. Figure 2.3.3.1 : solde importateur de produits charbonniers 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 84,8 1 855 59,3 937 72,2 1 497 70,7 3 270 52,1 1 962 Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613 Charbon dérivé 5,2 237 4,0 135 12,0 471 10,0 696 5,6 349 Exportations 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1 Charbon dérivé 0,0 1 0,1 3 0,0 1 0,1 3 0,0 1 Solde importateur 84,7 1 854 59,2 934 72,1 1 496 70,6 3 267 52,1 1 961 Charbon primaire 79,6 1 619 55,4 802 60,2 1 026 60,7 2 574 46,5 1 613 Charbon dérivé 5,2 236 3,9 132 11,9 470 9,9 693 5,6 349 Note:conformémentàlaméthodologiedel?AIE,lesimportationsdecharbonprimairesontnettesdesréexportations. Source :SDES,Bilandel?énergie 58 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Les principaux fournisseurs de charbon de la France demeurent les mêmes depuis plusieurs années (figure 2.3.3.2). L?Australie reste au premier rang en 2023, avec 20,4 TWh (2,6 Mt), suivie par les États-Unis (12,1 TWh). Les parts de ces pays ont augmenté respectivement de 8 % et 6 %. L?Afrique du Sud gagne de nouveau un rang en fournissant 6,2 TWh. Enfin, la Colombie produit 11 % du charbon livré en France, avec 5,7 TWh. Les importations depuis la Russie ont fortement diminué en 2022 en raison de l?embargo européen consécutif à l?invasion de l?Ukraine et sont devenues quasiment nulles en 2023. Elles s?élèvent à 0,12 TWh en 2023, contre 10,5 TWh en 2022 et 21,2 TWh en 2021. Figure 2.3.3.2 : origine des importations de charbon En Mt 35 30 25 20 15 10 5 0 1982 1996 2014 2008 1976 1990 1984 1998 1978 1992 2016 2010 1986 2000 1980 1994 1988 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Afrique du Sud Allemagne Australie Colombie États-Unis Russie Autres pays Note:l?Allemagnecomprendl?ex-RDAdepuis1991. Àpartirde2011,ils?agitdesimportationsnettesdesréexportationspourlecharbonprimaire. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source : SDES,Bilandel?énergie Fin 2023, les opérateurs ont globalement puisé dans les stocks de produits charbonniers, à hauteur de 0,2 TWh (figure 2.3.3.3). Le charbon est entreposé soit dans les ports où sont réceptionnées les importations, soit directement sur les principaux sites consommateurs : centrales électriques, sites sidérurgiques ou autres sites industriels (sucreries, papeteries...). La consommation des centrales électriques ayant diminué (cf. 4.4), l?autonomie correspondant à leurs stocks a augmenté par rapport à fin décembre 2022 (27 mois au rythme actuel annualisé de la consommation, soit 17 mois de plus qu?en 2022, et 13 mois de moins qu?en 2019). Figure 2.3.3.3 : variations de stocks de produits charbonniers 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Variations de stocks 0,4 - 11 2,3 25 7,9 113 - 2,7 - 148 0,2 - 16 Charbon primaire 0,7 3 2,4 33 7,8 109 - 2,1 - 110 0,6 4 Charbon dérivé - 0,3 - 13 - 0,2 - 8 0,1 5 - 0,7 - 38 - 0,4 - 19 Note:lavariationdesstocksphysiquesestpositiveencasdedéstockage,négativedanslecascontraire.Savalorisationmonétairepeutêtredesigneopposéen raisondeprixdifférenciésentreproduitsou,pourunmêmeproduit,entrepériodesdel?annéeoùlesstocksaugmententetpériodesoùceux-cidiminuent. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 59 partie 2 : l?approvisionnement énergétique 2.3.4 BOIS-ÉNERGIE Exportatrice nette de bois-énergie jusqu?en 2015, la France enregistre depuis plusieurs années un déficit commercial pour ce combustible. Ainsi, en 2023, les achats français, nets des quantités exportées, ont augmenté de 35 % en volume (2,6 TWh), et de 11 % en valeur, après avoir doublé en 2022. Ils atteignent 250 M¤ en 2023 (figure 2.3.4.1). La France exporte en majorité du bois de chauffage (45 % des exportations en quantité) et des sciures et déchets de bois (43 % des exportations) - (figure 2.3.4.2). À l?inverse, elle importe majoritairement des granulés de bois (87 % des importations en quantité, soit 5 points de plus qu?en 2022). Ces derniers, du fait de leur pouvoir calorifique élevé et de leur facilité d?utilisation, sont vendus en général à des prix plus élevés que le bois de chauffage. Malgré une baisse générale des prix des combustibles bois-énergie en 2023, la forte croissance des importations de granulés creuse le solde importateur (cf. 1.5). Les échanges extérieurs de bois-énergie demeurent néanmoins très faibles au regard de la production intérieure. Les importations de bois-énergie représentent en effet 5 % de la consommation primaire de bois-énergie. Les exportations représentent, quant à elles, 3 % de la production primaire de bois-énergie. Figure 2.3.4.1 : échanges extérieurs de bois-énergie 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 2,7 141 2,7 124 3,9 168 4,4 315 5,3 325 Bois de chauffage 0,4 17 0,4 15 0,4 14 0,4 20 0,4 16 Sciures, déchets de bois et briquettes 0,5 16 0,4 15 0,4 17 0,4 24 0,3 21 Granulés 1,9 107 1,9 95 3,0 138 3,6 271 4,6 289 Exportations 2,3 61 1,9 45 2,1 57 2,5 91 2,7 75 Bois de chauffage 1,1 22 1,0 17 1,0 19 1,4 37 1,2 34 Sciures, déchets de bois et briquettes 0,7 7 0,5 5 0,6 9 0,7 18 1,2 16 Granulés 0,6 32 0,4 23 0,6 28 0,4 36 0,3 25 Solde importateur 0,5 80 0,7 79 1,7 111 1,9 225 2,6 250 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Figure 2.3.4.2 : échanges extérieurs de bois-énergie par combustible en 2023 En % des quantités échangées Bois de chauffage Sciures, déchets de bois et briquettes Granulés 45 43 12 Exportations Granulés Bois de chauffage Sciures, déchets de bois et briquettes 87 6 7 Importations Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI Les pays frontaliers sont les principaux destinataires des exportations françaises de bois-énergie (figure 2.3.4.3), en particulier la Belgique qui, en 2023, totalise plus de la moitié des exportations. À l?inverse, les importations proviennent de pays plus éloignés : les importations en provenance de l?Amérique du Nord augmentent fortement depuis quelques années en raison du développement du commerce de granulés. En particulier, les importations en provenance des États-Unis, marginales jusqu?en 2020, doublent entre 2022 et 2023 et représentent le quart des importations totales de bois-énergie. 60 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.4.3 : échanges extérieurs de bois-énergie par pays en 2023 En % des quantités échangées Belgique Italie Espagne Luxembourg Suède Autres 53 12 11 7 5 12 États-Unis Belgique Allemagne Espagne Canada Autres 25 24 10 24 7 10 Exportations Importations Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDI 2.3.5 BIOCARBURANTS La France est importatrice nette de biocarburants destinés à être incorporés au gazole (biodiesel) ou à l?essence (bioéthanol ou bioessences). Les achats français de biocarburants, nets des volumes exportés, augmentent de 12,5 % en 2023 (figure 2.3.5.1), pour s?élever à 20 TWh (soit près de la moitié des biocarburants consommés en France, hors biokérosène). Ce déficit des échanges extérieurs est très majoritairement imputable au biodiesel : les importations nettes équivalent à 31 % des quantités de bioessences et à 55 % des quantités de biodiesel consommées sur le territoire. La facture correspondante stagne en euros constants et s?élève à 3,2 Md¤ en 2023, après avoir fortement augmenté en 2022 du fait de la crise énergétique. L?origine des matières premières utilisées dans les biocarburants Dans le bilan de l?énergie, suivant les conventions statistiques internationales, les biocarburants sont considérés comme une ressource énergétique nationale dès lors que la transformation de matières premières est réalisée sur le sol national. On peut toutefois également s?intéresser au lieu de production des matières premières elles-mêmes : de ce point de vue, 49 % des volumes de biocarburants et 74 % des volumes de biodiesel essence consommés en France sont d?origine étrangère en 2023. Cette part reste stable par rapport à 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 61 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.5.1 : échanges extérieurs de biocarburants 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 24,0 2 073 16,9 1 298 21,7 2 594 23,5 4 251 24,3 3 727 Bioessences 2,3 232 2,1 203 3,0 350 3,9 687 3,8 668 Biodiesel 21,7 1 840 14,8 1 094 18,7 2 244 19,6 3 564 20,5 3 059 Exportations 8,2 788 7,1 713 6,6 905 6,0 1 088 4,6 575 Bioessences 1,5 173 1,4 169 0,8 136 0,8 153 0,8 110 Biodiesel 6,7 614 5,7 543 5,7 769 5,2 935 3,8 465 Solde importateur 15,8 1 285 9,8 585 15,2 1 689 17,5 3 163 19,6 3 152 Bioessences 0,8 59 0,7 34 2,1 214 3,1 534 3,0 558 Biodiesel 15,0 1 226 9,1 551 13,0 1 475 14,4 2 629 16,7 2 594 Note:lecommerceextérieurdebiodieselcouvredésormais,ensusdesestersméthyliquesd?acidegras(EMAG),lebiodieseldesynthèse.Lecommerceextérieur debioessencescouvredésormais,ensusdel?éthanol,lesbioessencesdesynthèse. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetDGEC Les pays frontaliers concentrent la plupart du commerce extérieur de biocarburants. S?agissant des esters méthyliques d?acides gras (EMAG), qui représentent 91 % des importations de biodiesel en volume, ils proviennent essentiellement de Belgique (45 %), des Pays-Bas (32 %) et d?Espagne (17 %). Quant aux exportations, elles sont majoritairement dirigées vers la Belgique (39 %), l?Espagne (24 %) et la Suède (17 %). Dans le cas de l?éthanol pur, qui représente 93 % des importations de bioessences en volume, soit 14 % des importations de biocarburants, il provient pour 29 % d?Espagne, pour 12 % du Brésil et pour 10 % des Pays-Bas. Les pays vers lesquels l?éthanol pur est exporté ne sont pas connus dans les déclarations de durabilité (cf. méthodologie) et ce produit n?est pas isolé dans les données de la DGDDI. 2.3.6 ÉLECTRICITÉ En 2023, la France redevient exportatrice nette d?électricité après avoir enregistré un déficit en 2022, en raison de la moindre disponibilité des centrales nucléaires et du faible niveau de la production hydraulique dû à la sécheresse. Sur l?ensemble de l?année 2023, la France a importé 25 TWh et a exporté 76 TWh (figure 2.3.6.1), et enregistre donc un solde exportateur d?électricité de 50 TWh après un solde exportateur négatif de 15 TWh en 2022. Le solde des échanges extérieurs est positif à toutes les interconnexions frontalières (figure 2.3.6.2), sauf vis-à-vis de l?Espagne (- 1,6 TWh). Le solde vis-à-vis de la Grande- Bretagne, négatif en 2022, augmente de 23 TWh, pour atteindre 14 TWh en 2023. Le solde exportateur d?électricité progresse aussi nettement avec l?Allemagne (+ 15 TWh par rapport à 2022), la Belgique (+ 13 TWh) et, dans une moindre mesure, avec l?Italie (+ 5 TWh, à 18 TWh) et la Suisse (+ 3 TWh). Il était resté excédentaire en 2022 avec ces deux pays. Le solde vis-à-vis de l?Espagne est moins déficitaire qu?en 2022 : il progresse de 7 TWh en 2023. Les importations sont restées élevées au premier semestre à la frontière avec l?Espagne et ont nettement diminué au second semestre, en lien avec la hausse de la production intérieure. Les recettes tirées des exportations d?électricité s?élèvent en 2023 à 6,8 Md¤. Déduction faite des dépenses d?importation (2,9 Md¤), le solde net s?établit à 4,0 Md¤ et augmente de 12 Md¤ par rapport à l?année précédente en euros constants. Cette nette hausse s?explique par la croissance des exportations physiques d?électricité et la baisse des quantités importées, alors que les prix diminuent nettement. Figure 2.3.6.1 : échanges extérieurs d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Importations 16 830 20 849 24 3 802 52 17 006 25 2 885 Exportations 73 3 115 65 2 135 69 6 709 37 9 192 76 6 847 Solde exportateur 58 2 285 45 1 286 45 2 906 - 15 - 7 814 50 3 961 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE,DGDDI,Emosson 62 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 2 : l?approvisionnement énergétique Figure 2.3.6.2 : contribution au solde exportateur d?électricité 60 50 40 30 20 10 0 - 10 - 20 - 30 - 40 En TWh 2020 2021 2022 2023 Espagne Grande-Bretagne Belgique Allemagne Autres Italie 13 10 10 5 1 6 14 13 18 6 - 9 9 - 3 - 5 - 2 15 - 8 3 7 4 7 6 - 10 14 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,CRE partie 3 Transformation, transport et distribution d?énergie ? Les pertes liées à la transformation, au transport et à la distribution d?énergie augmentent de 13,0 % en 2023 et s?élèvent à 909 TWh. Cette hausse s?explique essentiellement par l?augmentation de la production d?électricité des centrales nucléaires, à travers les pertes de chaleur induites. À l?inverse, la consommation des combustibles pour la production d?électricité et de chaleur diminue. La consommation de gaz dans les centrales électriques de cogénération et les réseaux de chaleur chute de 23,6 %. L?activité des raffineries reste dynamique en 2023 alors que celle de la filière fonte se replie nettement. Les achats en énergie de la branche énergie diminuent de 9 % en 2023, pour atteindre 41,6 Md¤. Ils sont composés à 76 % de pétrole brut utilisé dans les raffineries. 64 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 Le raffinage consiste à transformer le pétrole brut en différents produits finis, énergétiques (carburants, combustibles) ou non (lubrifiants, bitume et produits destinés à la pétrochimie entre autres). Le pétrole brut est, dans un premier temps, séparé par distillation en plusieurs coupes pétrolières, les plus lourdes pouvant, dans un deuxième temps, être craquées en molécules plus légères et mieux valorisables. Les produits ainsi obtenus font ensuite l?objet de procédés d?amélioration, visant notamment à en réduire la teneur en soufre ou, pour les supercarburants, à en augmenter l?indice d?octane. Les biocarburants produits ou importés en France sont incorporés en raffinerie ou en dépôt aux carburants non issus de biomasse. Les informations fournies ci-dessous portent sur les produits raffinés, biocarburants exclus. En 2023, la production nationale de produits raffinés, nette de la consommation propre des raffineries, s?élève à 46,1 Mtep (535,6 TWh), pour une consommation de matière première de 48,0 Mtep (figure 3.1.1). La production nette progresse de 10,7 % sur un an, après une hausse de 15,6 % en 2022. L?activité a été dynamique en dépit des mouvements sociaux et des blocages, notamment au printemps. Compte tenu des difficultés d?approvisionnements extérieurs, en particulier pour le gazole, les installations de raffinage ont été davantage sollicitées en 2023 après avoir redémarré en 2022. En 2021, la production nette du raffinage était restée atone, après une chute de plus d?un quart en 2020 en raison de la crise sanitaire. Certaines installations étaient restées fermées en 2021 pour maintenance et défaut de rentabilité. Les raffineurs ont dépensé 29,1 Md¤ en pétrole brut et autres charges de raffinage pour fournir des produits finis valorisés à 38,4 Md¤. En euros constants 2023, la valeur de cette production diminue de 17,3 % par rapport à 2022, en raison principalement de la baisse des prix (cf. 1.2). Elle reste très supérieure à celle de 2019 (+ 33,5 %). En 2023, les raffineries ont dégagé un excédent de 9,3 Md¤, soit 194 ¤ pour chaque tonne équivalent pétrole de produit à distiller utilisée, contre 245 ¤2023 l?année précédente et 48 ¤2023 en 2019. Après le record de 2022, ce solde a la deuxième plus haute valeur jamais observée depuis le début du calcul de cet indicateur en 2011. Figure 3.1.1 : consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage et production nette de produits finis des raffineries 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Consommation de pétrole brut et autres charges de raffinage 52,3 25 916 37,9 13 355 37,3 19 608 43,6 35 215 48,0 29 111 Production nette des raffineries 50,4 28 789 36,6 15 368 36,0 20 897 41,6 46 474 46,1 38 423 Solde - 2 872 - 2 012 - 1 289 - 11 259 - 9 312 Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Lerapportentrelesoldecalculéicietlaconsommationpeutprésenterdesécartsavec lamargederaffinagecalculéeetdiffuséeparlaDGEC,carcettedernières?appuienonsurdesdonnéesréellesmaissurunmodèlethéoriquederaffinerieen prenantencompteenoutreunensembleplusvastedecharges(dépensesdegaznaturelnotamment). Source :SDES,Bilandel?énergie Les raffineries françaises produisent principalement du gazole, qui regroupe le gazole routier et non routier. Ce dernier produit est utilisé pour certains engins mobiles non routiers et pour les tracteurs agricoles, avec les mêmes spécifications que celles du gazole routier, excepté sa coloration. Ces gazoles utilisés comme carburant représentent 36 % du total de la production en 2023. Les supercarburants comptent pour 19 %, les produits non énergétiques pour 16 % et le fioul lourd pour 13 % (figure 3.1.2). Le kérosène représente 7 % du total de la production nationale de produits raffinés, en augmentation depuis la reprise progressive du trafic aérien à la suite de la crise sanitaire. Enfin, la part du fioul domestique et autres gazoles est de 6 %, et celle du gaz de pétrole liquéfié de 2 %. La production de gazole, qui a augmenté de 13 % en un an, retrouve son niveau de 2019. À 3,4 Mtep, celle de jet kérosène progresse fortement par rapport à 2022 (+ 31 %, après + 133 % en 2022), en lien avec la croissance du trafic aérien international ; la production de kérosène s?établit à 85 % de son niveau de 2019. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 65 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.1.2 : production nette de produits finis des raffineries En Mtep 2018 2019 2020 2021 2022 2023 60 50 40 30 20 10 0 Gazole Fioul lourd GPL Supercarburants* Fioul domestique et autres gazoles Autres*** Produits non énergétiques** Jet kérosène 18,1 10,9 8,1 5,5 5,3 4,3 1,51,2 16,4 9,8 6,9 5,9 4,7 4,0 1,51,3 13,1 8,0 5,4 3,9 2,6 1,0 1,5 1,2 13,5 7,7 5,7 3,9 2,0 1,1 1,1 1,0 14,4 7,7 6,3 5,9 2,7 2,6 1,1 0,9 16,4 8,6 7,3 5,8 2,6 3,4 1,1 0,9 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autresproduits. Note:laproductionestnettedel?autoconsommationdesraffineries.Àpartirde2018,laquantitécorrespondantàdugazolepêcheestinclusedanslepostedu fiouldomestiqueetautresgazoles,commel?estcelledudieselmarineléger(DML),etnonplusdansceluidugazole.Celledegazolenonroutier,utilisédans l?agricultureetlaconstructionnotamment,estregroupéeaveclegazoleroutierdanslepostegazole,carils?agitdefaitdumêmeproduitsurleplanchimique. Source :SDES,enquêteauprèsdesraffineurs Après la fermeture de plusieurs installations au début des années 2010, puis de celle de Grandpuits en 2021, il ne reste en France en 2023 plus que sept raffineries de pétrole brut (figure 3.1.3). Figure 3.1.3 : raffineries de pétrole brut en 2023 0 50 km Raffinerie Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Gonfreville- l?Orcher (TotalEnergies) Port Jérôme- Gravenchon (Esso) Donges (TotalEnergies) Feyzin (TotalEnergies) Fos-sur-Mer (Esso) Martigues-Lavéra (Petroineos) Lamentin (SARA) Source :DGEC 66 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 3.2.1 INJECTIONS DE BIOMÉTHANE Depuis 2012, du biométhane, obtenu par épuration de biogaz, est injecté dans les réseaux de gaz naturel (figure 3.2.1.1). Si les volumes concernés demeurent relativement faibles, ils progressent néanmoins rapidement avec le développement de la filière. En 2023, 9 136 GWh ont ainsi été injectés dans les réseaux, soit près d?un tiers de plus que l?année précédente, pour un montant estimé de 1 162,7 M¤. Par rapport à l?achat de gaz naturel, cela entraîne un surcoût pour les opérateurs (sous la forme d?une obligation d?achat) qui est compensé par l?État au titre des charges de service public de l?énergie. En 2023, cette compensation s?élève à 811 M¤. En fin d?année 2023, 652 installations d?une capacité d?injection de 11,8 TWh/an sont raccordées aux réseaux de gaz naturel, tandis que 580 projets supplémentaires, représentant une capacité de 13,0 TWh/an, sont en attente de raccordement. Figure 3.2.1.1 : injections de biométhane 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Injections de biométhane 1,2 144,4 2,2 250,6 4,3 486,7 7,0 803,8 9,1 1 162,7 dontsubvention - 125,9 - 227,1 - 247,9 - 93,8 - 811,5 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,CRE 3.2.2 TRANSPORT, DISTRIBUTION ET STOCKAGE DE GAZ NATUREL La rémunération des gestionnaires d?infrastructures pour leur mission d?acheminement du gaz aux consommateurs finaux sur le territoire français s?élève à 6,6 Md¤ en 2023, en baisse de 4,3 % en euros constants par rapport à 2022 (figure 3.2.2.1). La rémunération correspond au coût des infrastructures gazières, répercuté sur le consommateur final via deux mécanismes : d?une part, les tarifs d?accès des tiers aux réseaux (de transport : ATRT, et de distribution : ATRD) et aux terminaux régulés (terminaux méthaniers, ATTM) qui sont fixés par la Commission de régulation de l?énergie ; d?autre part, les tarifs liés aux sites de stockage qui sont déterminés lors d?enchères dans des conditions définies par la CRE depuis la réforme de l?accès des tiers aux stockages de gaz naturel du 1er janvier 2018. Cette rémunération exclut donc les prestations facturées entre les différents gestionnaires d?infrastructures ainsi que les recettes liées au transport du gaz transitant par le territoire national (sauf indirectement à travers les pertes liées au transport). En revanche, elle comprend la valeur des pertes physiques de gaz sur les réseaux. Ces pertes s?élèvent à 4,1 TWh en 2023, en baisse de 8,7 % par rapport à 2022 (figure 3.2.2.2). Ces pertes représentent une charge de 160 M¤ pour les gestionnaires, soit près de trois fois moins qu?en 2022 (- 64 %). Cette charge diminue nettement en raison du repli des prix du gaz en 2023 par rapport au niveau inédit atteint en 2022. Les gestionnaires ont ainsi perçu une rémunération, nette de la valeur de ces pertes, d?environ 6,4 Md¤ en 2023, en légère hausse, de 0,2 % en euros constants par rapport à 2022. Cette rémunération permet de financer le développement, la maintenance et l?exploitation des infrastructures gazières ainsi que les missions associées (figure 3.2.2.3). Elle a crû de 0,1 % en moyenne annuelle en euros constants depuis 2011. Le réseau de transport et ceux de distribution perçoivent respectivement 32 % et 49 % de cette rémunération en 2023, contre 12 % pour les sites de stockage souterrain et 8 % pour les terminaux méthaniers. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 67 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.2.2.1 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières En M¤2023 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Réseau de transport 1 727 1 786 1 888 2 036 2 021 2 110 2 084 2 064 2 053 2 047 1 989 2 159 2 111 dont pertes 85 64 116 87 83 52 66 77 47 22 72 233 82 Réseaux de distribution 3 315 3 452 3 848 3 572 3 746 3 999 3 925 3 902 3 891 3 633 3 811 3 481 3 177 dont pertes 59 72 80 50 50 37 44 56 31 19 103 187 64 Sites de stockage souterrain 1 042 936 728 795 818 747 622 787 774 725 682 736 759 dont pertes 12 16 16 10 8 7 4 12 7 4 22 43 13 Accès aux terminaux méthaniers 371 380 384 382 378 376 498 517 534 505 450 470 507 Total 6 455 6 554 6 849 6 785 6 963 7 232 7 128 7 271 7 251 6 911 6 933 6 847 6 554 dont pertes 156 152 213 147 140 96 115 145 85 44 197 463 160 Total hors pertes 6 299 6 402 6 636 6 638 6 823 7 136 7 013 7 126 7 166 6 866 6 736 6 383 6 395 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE Figure 3.2.2.2 : pertes sur les réseaux de gaz naturel (y compris pertes de stockage) 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Réseau de transport 3,1 47 2,1 22 1,5 72 2,2 233 2,1 82 Réseaux de distribution 2,0 31 1,9 19 2,1 103 1,8 187 1,6 64 Sites de stockage souterrain 0,4 7 0,4 4 0,4 22 0,4 43 0,3 13 Total 5,5 85 4,3 44 4,0 197 4,5 463 4,1 160 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE Figure 3.2.2.3 : rémunération des gestionnaires d?infrastructures gazières (hors valeur des pertes physiques) En M¤2023 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 0 Réseaux de distribution Réseau de transport Sites de stockage souterrain Accès aux terminaux méthaniers Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsGRTgaz,GRDF,Teréga,Storengy,CRE 68 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie En 2023, 41 % du gaz naturel consommé en France est importé par gazoduc, en nette baisse par rapport en 2022 en raison de la forte réduction des livraisons de gaz russe sous forme gazeuse à l?Union européenne (cf. 2.3.2). Le système gazier est aujourd?hui doté de sept points d?interconnexion principaux, pour une capacité d?importation cumulée d?environ 2 600 GWh/jour en 2023 (figure 3.2.2.4). Fin 2022, au titre de la solidarité européenne, des sorties vers l?Allemagne ont été rendues possible au point d?Obergailbach (ce point ne permettait jusque-là que des entrées de gaz sur le territoire). Les terminaux méthaniers permettent d?accueillir les cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), importées par voie maritime, puis de regazéifier le GNL pour pouvoir l?injecter dans le réseau. Ils sont au nombre de cinq, répartis sur quatre sites distincts : Fos Cavaou, Fos Tonkin, tous deux situés à Fos-sur-Mer, Montoir-de-Bretagne, Loon-Plage (Dunkerque) et Le Havre. La société Elengy gère les terminaux de Fos Tonkin et Montoir-de-Bretagne, tandis que Fosmax LNG (filiale à 100 % d?Elengy) est propriétaire de celui de Fos Cavaou. L?accès à ces trois terminaux et la tarification sont régulés par la CRE en vertu des articles 452-3 et 452-4 du Code de l?énergie. Les capacités de ces terminaux sont souscrites par les importateurs de gaz naturel dans le cadre d?un marché. Le terminal de Loon-Plage, dont la mise en service commercial a eu lieu en janvier 2017, est géré par Dunkerque LNG et bénéficie pour une durée de vingt ans d?un régime dérogatoire en matière d?accès et de tarification. Un nouveau terminal flottant (FSRU, floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification) a été mis en service au Havre en octobre 2023. Les entrées de GNL diminuent par rapport à 2022 (- 16 %), mais restent à un niveau nettement supérieur à celui de 2021. Ces entrées sous forme liquide permettent de limiter les soutirages dans les stockages et de compenser la baisse des entrées par gazoduc par rapport à la situation d?avant-crise. Lors de la période estivale, la constitution de stocks de gaz naturel à proximité des zones de consommation permet de réduire les risques de saturation des réseaux et de répondre aux fortes consommations de gaz lors des périodes hivernales (cf. 2.3.2). Les 15 sites de stockage souterrain français sont exploités par deux opérateurs : Storengy (neuf sites en nappes aquifères, trois en cavités salines, un en gisement épuisé) et Teréga (deux sites en nappes aquifères). Le réseau de gaz naturel permet l?acheminement du gaz jusqu?aux points de livraison. Il se compose de deux niveaux. Le réseau de transport est constitué de gazoducs de grande capacité, connectés à ceux des pays limitrophes ainsi qu?aux sites de stockage et aux terminaux méthaniers. Il permet, en le comprimant à haute pression, de transporter le gaz naturel sur des distances élevées afin de l?acheminer aux réseaux de distribution et à quelques très gros consommateurs. Deux entreprises se partagent la gestion du réseau de transport : Teréga dans le sud-ouest de la France (5 100 km de réseau), GRTgaz pour le reste du territoire (32 600 km de réseau). Depuis novembre 2018, une place de marché unique assure l?équilibrage du réseau. Les réseaux de distribution permettent, quant à eux, d?acheminer le gaz naturel du réseau de transport jusqu?à la très grande majorité des consommateurs finaux. Environ 11 millions de consommateurs sont ainsi raccordés aux quelque 206 000 km de canalisations de distribution. GRDF assure la distribution de 96 % du marché, des entreprises locales de distribution (ELD), ainsi que quelques autres sociétés, se répartissant le reste. Figure 3.2.2.4 : infrastructures gazières françaises en 2023 (hors réseaux de distribution) Stations de compression Terminaux méthaniers Communes desservies en gaz naturel Points d?interconnexion Stockage de gaz naturel Réseau principal de transport 50 100 km0 Sources : GRTgaz;Storengy;Teréga Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 69 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte La consommation d?énergie de la filière fonte atteint 35 TWh en 2023 (- 15,7 % par rapport à 2022). La dépense correspondante s?élève à 1,3 Md¤ (- 38,8 % par rapport à 2022 en euros constants 2023). La filière est composée de deux types d?installations : les cokeries et les hauts-fourneaux. Les cokeries sont des usines constituées de batteries de fours à coke, parfois plusieurs dizaines, dans lesquels le coke est obtenu par pyrolyse d?une variété de charbon primaire. Les cokeries françaises transforment du charbon primaire en charbon dérivé (du coke, mais aussi de petites quantités de goudron de houille). Le processus de fabrication du coke débouche également sur la production de gaz fatals, dont une partie est réutilisée pour chauffer les fours à coke. Les cokeries peuvent être regroupées avec d?autres installations de la chaîne de fabrication, de traitement et de finition de produits en acier (hauts-fourneaux, aciéries et laminoirs) dans des sites sidérurgiques dits intégrés, comme c?est le cas en France où, en 2023, deux cokeries sont encore en activité, à Dunkerque et Fos-sur-Mer. La consommation nette des cokeries diminue en 2023, pour la deuxième année consécutive. La production de coke et de gaz a diminué à un rythme légèrement moins élevé que la consommation de charbon primaire. La marge de cokéfaction est la différence entre la valeur du coke, du goudron de houille et des gaz dérivés produits et celle du charbon primaire et des gaz dérivés consommés. Elle augmente par rapport à 2022, le prix du charbon primaire consommé ayant diminué à un rythme plus élevé que celui du charbon dérivé produit (cf. 1.4). Un haut-fourneau est une installation industrielle destinée à simultanément désoxyder et fondre les métaux contenus dans un minerai par la combustion de coke, riche en carbone. En général, le haut-fourneau transforme du minerai de fer en fonte liquide, et le coke sert à la fois de combustible et d?agent réducteur. Même si la fonte produite peut être utilisée directement, cet alliage est généralement destiné à être affiné dans des aciéries. Les hauts-fourneaux, bien qu?ayant pour finalité la production de fonte, sont considérés dans ce bilan comme faisant partie du secteur de la transformation d?énergie, conformément à la méthodologie de l?Agence internationale de l?énergie. À la fin de l?année 2023, cinq hauts-fourneaux sont encore en activité en France : deux se situent à Dunkerque, deux à Fos-sur-Mer et un à Pont-à-Mousson. En 2023, les hauts-fourneaux ont consommé un peu moins de 40 TWh de produits charbonniers, dont un peu plus de la moitié de charbon dérivé, principalement du coke. Nette des gaz fatals produits lors du processus de production, la consommation totale des hauts-fourneaux s?élève à 30 TWh. Cette consommation diminue d?un sixième par rapport à 2022 et de près d?un tiers par rapport à 2019 dans le sillage de la production de fonte (figure 3.3.1). En 2023, l?activité a été particulièrement affectée dans le contexte du ralentissement de la demande d?acier, de prix de l?énergie encore élevés et d?une concurrence accrue de pays tels que les États-Unis et la Chine. Ainsi, un des deux hauts-fourneaux de l?usine de Fos-sur-Mer a été temporairement mis à l?arrêt durant le premier trimestre, puis une nouvelle fois en fin d?année. Par ailleurs, deux autres installations ont subi des difficultés opérationnelles et ont dû être arrêtées durant plusieurs mois. Figure 3.3.1 : production de fonte et d?acier à l?oxygène pur Production de fonte brute Production d?acier à l?oxygène pur 12 11 10 9 8 7 6 5 4 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En Mt Source :SDES,Bilandel?énergie 70 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 3.4.1 PRODUCTION NETTE D?ÉLECTRICITÉ La production d?électricité, nette de la consommation des auxiliaires et des pertes dans les transformateurs des centrales, s?établit à 503 TWh en 2023 (figures 3.4.1.1 et 3.4.1.2). Elle augmente de 10,7 % par rapport à 2022 et atteint un niveau proche de celui de 2020. Cette hausse s?explique surtout par celle de la production nucléaire (+ 14,7 %, à 320 TWh) en raison de la plus grande disponibilité du parc (cf. 2.2.2). La production d?électricité nucléaire représente 63,7 % de la production d?électricité en France en 2023. De plus, la production hydraulique augmente sensiblement (+ 18,9 %, à 61 TWh), après une année 2022 marquée par une sécheresse historique. Les précipitations nettement plus abondantes en 2023 ont augmenté le débit des cours d?eau et alimenté davantage les stocks hydrauliques. La production éolienne est également très dynamique en 2023 (+ 32,1 %) en raison de la forte augmentation des capacités installées et des conditions de vent très favorables, notamment en fin d?année. Enfin, le photovoltaïque continue de se développer : + 11,2 % en 2023. En conséquence, la production thermique classique, qui permet de faire face à une baisse de la production renouvelable et nucléaire ou de répondre à un pic de demande, diminue de 25,0 % en 2023, pour s?établir à 50 TWh. Figure 3.4.1.1 : production nette d?électricité En TWh 600 500 400 300 200 100 0 Nucléaire Thermique classique Hydraulique* Éolien Photovoltaïque Autres sources 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 *Ycomprisénergiemarémotrice. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsRTE,EDFetproducteursd?électricité Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 71 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.2 : production nette d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production nucléaire 379 335 361 279 320 dontArenh 120 5 729 126 5 832 126 5 766 126 5 590 127 5 317 Production hydraulique* 61 67 64 51 61 donthydrauliquesousOA 6 556 7 600 6 541 4 430 3 346 dontsubventionsOA 255 308 4 - 405 - 316 Production éolienne 35 40 37 38 50 dontéoliensousOA 32 3 235 39 3 907 35 2 963 32 3 534 36 3 844 dontsubventionsOA 1 720 2 174 150 - 2 348 - 3 448 Production photovoltaïque 12 13 15 20 22 dontphotovoltaïquesousOA 12 4 084 13 3 979 15 4 173 19 4 952 23 4 650 dontsubventionsOA 3 513 3 507 2 940 1 500 43 Production thermique renouvelable et géothermie 10 10 11 11 12 dontsousOA 8 1 241 8 1 288 9 1 431 8 1 463 7 1 820 dontsubventionsOA 829 880 737 24 494 Production thermique non renouvelable 49 44 45 56 38 dontsousOA 12 2 650 12 2 461 12 3 182 11 3 976 10 2 650 dontsubventionsOA 1 890 1 724 1 829 1 898 584 Autre (Interconnexion**) 49 36 90 198 86 dontsubventions 8 - 6 48 145 20 Production subventionnée hors OA en ZNI*** 2 1 003 3 923 2 932 3 984 4 1 088 dontsubventions 717 646 574 581 580 Total production France entière 547 510 532 455 503 Subventions totales (y compris interconnexions et charges de péréquation dans les ZNI) 8 931 9 234 6 282 1 394 - 2 042 *Ycomprisénergiesmarines. **Interconnexion:correspondàl?électricitéachetéevialaliaisonàcourantcontinuItalie-Corse-Sardaigne. ***ZNI=zonesnoninterconnectéesauréseaud?électricitémétropolitaincontinental.EllesincluentlaCorse,lesDROMainsiquelesîlesduPonantetChausey. Note:nesontvaloriséesmonétairementdanscetableauquelesproductionssousobligationd?achat(OA)oubénéficiantdecomplémentsderémunération,ainsi quelaproductiond?originenucléairevenduedanslecadredumécanismedel?Arenh. Source :SDES,Bilandel?énergie Nucléaire En raison d?une plus grande disponibilité du parc nucléaire, la production nette d?électricité nucléaire augmente de 14,7 % en 2023, à 320 TWh (cf. 2.2.2). La disponibilité du parc s?est améliorée par rapport à l?année 2022, marquée par les multiples arrêts pour maintenance et contrôles à la suite de la découverte d?un problème de corrosion dans les circuits de refroidissement de la centrale de Civaux à l?automne 2021. Cependant, la production nucléaire reste à un niveau bas (- 15,6 % par rapport à 2019). Dans le cadre du dispositif d?accès régulé à l?électricité nucléaire historique (Arenh), un peu plus d?un tiers de la production nucléaire, soit 127 TWh, a été rachetée à EDF par les fournisseurs alternatifs ainsi que par les gestionnaires de réseaux pour la couverture de leurs pertes, pour un montant de 5,3 Md¤. Un cinquième, soit 27 TWh, ont été cédés pour compenser les pertes liées au transport d?électricité, dont la plus grande partie vient de la dissipation de chaleur par effet Joule. Hydraulique La production hydraulique nette (y compris énergies marines et pompages) progresse nettement en 2023 (+ 18,9 %) et s?établit à 61 TWh (cf. 2.2.3) du fait de conditions hydrologiques plus favorables après une année 2022 de production historiquement basse. La production hydraulique en 2023 constitue ainsi plutôt un retour à une situation moyenne qu?à une année de forte production hydraulique. 72 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Un peu moins de 4,2 TWh (6,9 % de la production) sont produits par des stations de transfert d?énergie par pompage (Step) qui permettent de stocker de l?électricité en pompant l?eau d?une retenue inférieure à une retenue supérieure pour la turbiner en sens inverse ultérieurement. En 2023, 3 TWh sont produits dans le cadre de contrats d?obligation d?achat ou compléments de rémunération. Auparavant, le tarif d?achat concernait les installations de moins de 12 MW. Depuis le 30 mai 2016, et au 31 décembre 2023, ne sont éligibles à de nouveaux contrats d?obligation d?achat que les installations de moins de 500 kW. Un complément de rémunération en guichet ouvert est possible pour les installations de moins de 1 MW et sur appel d?offres pour les installations de puissance comprise entre 1 et 4,5 MW. Comme en 2022, les charges de l?État pour cette filière sont négatives en 2023 (- 316 M¤). Les prix garantis par les contrats d?obligation d?achat sont devenus inférieurs aux prix de gros en 2022 et 2023, ce qui a entraîné des résiliations anticipées de contrat. Le nombre de résiliations est moindre en 2023. Éolien Grâce à la progression des capacités installées, la production éolienne progresse de 32,1 % en 2023 et s?établit à 50 TWh (cf. 2.2.3). Après s?être envolés en 2022, les prix de gros de l?électricité restent en 2023 à un niveau nettement supérieur à celui des années précédentes. En conséquence, les subventions à la filière éolienne dans le cadre du dispositif des obligations d?achat et des compléments de rémunération sont négatives, à - 3,4 Md¤. En effet, les compensations aux opérateurs se fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé le tarif en 2023, les producteurs éoliens concernés ont vendu leur production en dessous du prix de marché. Solaire photovoltaïque La production solaire photovoltaïque progresse en 2023 (+ 11,2 %) et s?établit à 22 TWh en raison de l?augmentation de la puissance du parc consécutive à un rythme d?installation nettement accéléré (cf. 2.2.3). Le champ couvert par cette production inclut la production photovoltaïque autoconsommée qui s?élève à 0,9 TWh en 2023. L?État, via les dispositifs d?obligation d?achat et de compléments de rémunération soutient particulièrement les différentes formes de production photovoltaïques (autoconsommation et vente en totalité). Cependant, en 2023, les montants des subventions attribués à la filière solaire tombent à leur niveau le plus bas depuis 2012, soit 43 M¤. Cela s?explique, comme pour l?éolien, par le différentiel entre le prix de marché et le tarif fixé à l?avance. Thermique classique L?ajustement de l?offre à la demande d?électricité est, pour l?essentiel, assuré par la filière thermique classique à partir de combustibles fossiles ou renouvelables, dont les moyens de production peuvent être démarrés ou stoppés très rapidement selon les besoins. En 2023, la production thermique diminue de 25 % et s?établit à 50 TWh (figure 3.4.1.3). En effet, dans un contexte de hausse des productions d?origine nucléaire et hydraulique, les installations thermiques classiques, utilisées comme moyens de pointe pour ajuster l?offre à la demande, ont été davantage sollicitées que l?année précédente. Le rendement électrique moyen des centrales, qui rapporte la production d?électricité à la consommation de combustibles nécessaire à cette production, est très différencié selon le combustible utilisé. En 2023, il s?élève à 64 % pour le gaz naturel, 43 % pour la biomasse, 41 % pour le biogaz, 42 % pour les produits pétroliers, 32 % pour les déchets ménagers. Ces derniers sont consommés principalement par des incinérateurs dont le but premier est la destruction des déchets et non la conversion énergétique. À l?inverse, les centrales fonctionnant au gaz naturel, en particulier celles qui sont dédiées à la production d?électricité seule, affichent en moyenne le meilleur rendement, convertissant plus de la moitié de l?énergie contenue dans le combustible en électricité. En effet, la transformation de gaz en électricité est aujourd?hui essentiellement assurée (hors cogénération) par des centrales à cycle combiné, plus efficaces d?un point de vue énergétique que les centrales thermiques traditionnelles. Les centrales de cogénération qui produisent à la fois de la chaleur et de l?électricité à partir de la biomasse ou des déchets tirent les rendements électriques de ces combustibles à la baisse. Leur efficacité globale reste néanmoins plus importante car le rendement de la production de chaleur y est conventionnellement fixé à 85 %. Les rendements énergétiques apparents sont dispersés, en particulier dans le cas du biogaz, dont la teneur en méthane peut être très variable, et de la biomasse, dont la composition et le taux d?humidité ne sont pas très homogènes (figure 3.4.1.4). Le pouvoir calorifique de ces combustibles est estimé avec beaucoup plus d?imprécision et les différences de rendements apparents témoignent vraisemblablement des différences de pouvoirs calorifiques non pris en compte. Pour le gaz naturel et le pétrole, les faibles rendements sont principalement observés lorsque ces combustibles sont mélangés avec des déchets ou des gaz de raffineries (qui sont classés parmi les produits pétroliers mais peuvent contenir d?autres gaz). Les centrales thermiques utilisant des énergies renouvelables et de récupération (biomasse, biogaz, déchets) ainsi que celles de cogénération peuvent bénéficier, sous conditions, du mécanisme d?obligation d?achat ou de celui des compléments de rémunération. La production électrique dans le cadre de ces dispositifs s?est élevée à 16 TWh en 2023, et a été subventionnée à hauteur de 1,1 Md¤. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 73 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.3 : production thermique classique nette par type de combustibles 70 60 50 40 30 20 10 0 En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Gaz naturel (élec. seule) Produits pétroliers (élec. seule) Gaz naturel (cogé.) Produits pétroliers (cogé.) Charbon (élec. seule) EnRt* et déchets (élec. seule) Charbon (cogé.) EnRt* et déchets (cogé.) *EnRt=énergiesrenouvelablesthermiques. Lecture:en2023,28TWhd?électricitéontétéproduitsparcombustiondegaznaturel,dont11TWhàl?aided?unprocédédecogénération. Source :SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité Figure 3.4.1.4 : répartition des combustibles par tranche de rendement en 2023 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Biogaz Biomasse Déchets ménagers Gaz naturel Produits pétroliers Autre (dont charbon) Tranche de rendement (en %) 34 % 27 % 17 % 23 % 11 % 40 % 13 % 56 % 30 % 45 % 20 % 17 % 15 % 25 % 63 % 4 % 19 % 23 % 12 % 18 % 18 % Lecture:en2023,45%delaconsommationdeproduitspétrolierspourproduiredel?électricitéaétéréaliséedansdescentralesavecunrendementénergétique comprisentre40et50%. Note:latailledesrondsestproportionnelleaupoidsducombustiblepartranchederendementdanslaconsommationtotaledececombustiblepourproduirede l?électricité.Encasd?utilisationdeplusieurscombustiblesparunecentrale,laproductionestrépartieentrecesderniersenproportion:unecentraleconsommant plusieurscombustiblesapparaîtainsidansplusieursrondssurlamêmetranche. Champ:centralesthermiques. Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité Sur l?ensemble des filières de production, ce sont, au total, 79 TWh d?électricité qui sont vendus pour un montant de 13,3 Md¤ aux acheteurs obligés. Les subventions de l?État dans le cadre des mécanismes d?obligation d?achat et de compléments de rémunération sont négatives en 2023 (- 2 Md¤). En effet, les compensations aux opérateurs se fondent sur la différence entre un tarif fixé à l?avance et le prix de marché. Les prix de gros de l?électricité ayant dépassé les tarifs fixés en 2023, les producteurs éoliens et hydrauliques concernés ont reversé à l?État la différence entre le prix du marché et le prix prévu à l?avance dans leur contrat. 74 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Par ailleurs, des compensations, de l?ordre de 2,2 Md¤ en 2023, sont accordées par l?État aux producteurs situés dans les zones non interconnectées (les îles françaises dont l?éloignement géographique empêche ou limite une connexion au réseau électrique continental) dans le cadre de la péréquation géographique tarifaire6. Ces compensations visent à ne pas répercuter les surcoûts de production (liés aux contraintes plus fortes pour assurer l?équilibre entre offre et demande du fait du caractère insulaire du territoire) sur le tarif moyen de vente au client final, et ainsi à garantir que celui-ci soit similaire à celui de la France continentale. Principales installations de production d?électricité en France par filière Figure 3.4.1.5 : sites nucléaires, situation au 31 décembre 2023 2 1 4 2 6 2 4 2 2 2 4 4 2 4 2 4 4 2 22 0 50 km Golfech Le Blayais Civaux Chinon Saint Laurent Belleville Dampierre Nogent-sur-Seine Bugey*** Saint-Alban Romans- sur-Isère Narbonne Cattenom Chooz Gravelines Morvilliers Soulaines Penly PaluelLa Hague Flamanville Cruas Marcoule Tricastin Palier REP* standardisé Puissance électrique nette Nombre de tranches Année de mise en service commercial Mode de refroidissement 900 MW 1 300 MW 1 500 MW 1 650 MW (EPR**) 32 20 4 1 1978 - 1988 1985 - 1994 2000 - 2002 Mi-2024(en construction) Circuit ouvert avec prélèvement et rejet d?eau dans les cours d?eau et la mer Circuit fermé avec prélèvements réduits et rejet de vapeur dans l?atmosphère via des tours aéroréfrigérantes Usine de l?amont du cycle du combustible (enrichissement...) Usine de l?aval du cycle du combustible (retraitement...) Centre de stockage des déchets 4 Nombre de réacteurs *REP:réacteuràeaupressurisée. **EPR:réacteurpressuriséeuropéen. ***LacentraleduBugeyestencircuitmixte. Source :DGEC 6 Il est fait l?hypothèse, dans le compte présenté ici, que la totalité du surcoût est liée à la production alors qu?en réalité une partie provient de la gestion du réseau. Les activités de production, distribution et fourniture d?électricité étant, par dérogation au droit européen, intégrées dans les zones non interconnectées, il n?est en effet pas possible d?identifier séparément les deux composantes. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 75 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.6 : puissance hydraulique (hors pompages, y compris énergies marines) raccordée au réseau au 31 décembre 2023 ? Part de la puissance des installations de 10 MW ou plus (en %) Entre 97 et 100 Entre 85 et 97 Entre 70 et 85 Entre 0 et 70 Égale à 0 Puissance installée (en MW) 3 910 242 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Source : SDES,Bilandel?énergie,enquêteannuelleauprèsdesproducteurs d?électricité Figure 3.4.1.7 : puissance éolienne raccordée au réseau au 31 décembre 2023 En MW 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Puissance installée (en MW) 2 148 232 Puissance installée terrestre Puissance installée en mer Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF- SEI,CREetlesprincipalesELD Figure 3.4.1.8 : puissance photovoltaïque raccordée au réseau au 31 décembre 2023 En MW ? Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe 0 50 km Puissance installée (en MW) 198 1 046 Source : SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsraccordementsEnedis,RTE,EDF- SEI,CREetlesprincipalesELD Figure 3.4.1.9 : centrales au gaz naturel, situation au 31 décembre 2023 0 50 km Cycle combiné gaz (CCG) Turbine à combustion (TAC) DK6 (2) Bouchain (1)Bouchain (1) Pont-sur- Sambre (1) Emile Huchet (2) Blénod (1)Blénod (1) Croix de Metz (1) Croix de Metz (1) Bayet (1)Bayet (1) Montoir (1) Martigues (2) Combigolfe (1) Cycofos (1) Martigues (2) Combigolfe (1) Cycofos (1) Gonfreville (2) Montereau (2)Montereau (2) Vitry (1)Vitry (1) Gennevilliers (1)Gennevilliers (1) St Ouen (1)St Ouen (1) Landivisiau (1) Source : RTE 76 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Figure 3.4.1.10 : centrales à charbon et au fioul, situation au 31 décembre 2023 0 50 km Guyane MayotteLa RéunionMartiniqueGuadeloupe Arrighi (2) Vaires-sur- Marne (3) Emile Huchet (1) Brennilis (3) Dirinon (2) Cordemais (2) Lucciana Vazzio Arrighi (2) Vaires-sur- Marne (3) Emile Huchet (1) Brennilis (3) Dirinon (2) Cordemais (2) Lucciana Vazzio Jarry Galion Pointe des Carrières Belle- fontaine Kourou Dégrad des cannes La Baie Badamiers LongoniLe Moule Le Gol Jarry Galion Pointe des Carrières Belle- fontaine Kourou Dégrad des cannes La Baie Badamiers LongoniLe Moule Le Gol Fioul Charbon Source : RTE 3.4.2 TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉLECTRICITÉ Le réseau d?électricité, qui permet son acheminement depuis les lieux de production jusqu?à ceux de consommation, se compose de deux niveaux : le réseau de transport et le réseau de distribution. Le réseau de transport, géré par RTE sur le territoire continental, comprend les lignes à très haute tension (« HTB »). En 2023, il atteint une longueur totale d?environ 106 000 km. Le réseau de transport permet d?acheminer la très grande majorité de l?électricité produite au réseau de distribution et à quelques très gros consommateurs. Les réseaux de distribution, auxquels sont raccordés la grande majorité des consommateurs et la quasi- totalité des petits producteurs, comprennent les lignes à moyenne et basse tension (« HTA » et « BT »), d?une longueur cumulée de plus de 1,4 million de kilomètres. Enedis est le gestionnaire d?un réseau couvrant 95 % des clients du territoire continental, une centaine d?entreprises locales de distribution se répartissant le reste. EDF SEI, acteur intégré (également producteur et fournisseur), gère les réseaux des zones non interconnectées, sauf à Mayotte où la gestion est assurée par Électricité de Mayotte. Transport et distribution confondus, la rémunération des gestionnaires de réseaux pour leurs missions s?élève à 16,3 Md¤ en 2023 (figure 3.4.2.1). Cette somme, payée par les consommateurs via le tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité (Turpe), comprend notamment la valeur des pertes physiques d?électricité sur les réseaux, qui doivent être achetées sur le marché par les gestionnaires (cf. 1.7.2). Ces pertes se sont élevées à 37 TWh en France en 2023, entraînant une charge de 5,3 Md¤ pour les gestionnaires. Nette de la valeur de ces pertes (qui, in fine, constitue une rémunération des producteurs), une rémunération de 11,0 Md¤ en 2023 a donc été perçue par les gestionnaires de réseaux afin de financer le développement, la maintenance et l?exploitation des réseaux ainsi que les missions associées (relève/comptage, mise en service, dépannage, mise à disposition de données, etc.). Le coût du réseau pour les consommateurs, y compris les pertes, augmente très légèrement, de 0,1 % en 2023, en lien avec la baisse des volumes de consommation (- 3,0 %). Les réseaux de distribution et le réseau de transport contribuent respectivement à hauteur de 75 % et 25 % au coût total d?acheminement de l?électricité en 2023. Les coûts unitaires en 2023 sont supérieurs aux valeurs de 2022 sur les réseaux de transport. Le coût unitaire de l?usage des réseaux de distribution diminue (- 9 %) alors que le coût unitaire des pertes associées augmente (+ 59 %) sur la même période. Figure 3.4.2.1 : utilisation des réseaux d?électricité 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Réseau de transport 436 4 847 418 4 480 438 4 715 420 2 305 406 4 035 dont pertes 11 521 11 550 11 598 10 516 11 1 201 Réseaux de distribution 399 11 831 385 11 857 404 12 491 387 13 980 373 12 264 dont pertes 27 1 359 25 1 347 28 1 776 25 2 571 25 4 131 Utilisation des réseaux 472 16 678 452 16 337 475 17 206 454 16 284 440 16 299 dont pertes 38 1 880 36 1 897 39 2 373 35 3 087 37 5 332 Lecture:leréseaudetransportaacheminé406TWhd?électricitéen2023etaperçupourcelaunerémunérationde4035M¤,dont1201M¤correspondentà l?achatde11TWhdissipéslorsdecetransport. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesgestionnairesderéseaux Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 77 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions climatiques analogues à 2022 En 2023, 48 TWh de chaleur destinée à la vente ont été produits en France. Nets des pertes de distribution, ce sont in fine 42 TWh qui ont été livrés aux consommateurs, dont plus de 62 % proviennent des réseaux de chaleur. 3.5.1 RÉSEAUX DE CHALEUR Les réseaux de chaleur sont généralement mis en place par des collectivités locales afin de chauffer, à partir d?une chaufferie collective, des bâtiments publics ou privés situés sur leur territoire. Des réseaux peuvent également être d?initiative privée. Leur taille varie fortement, allant du petit réseau de chaleur biomasse situé en zone rurale jusqu?à celui de Paris, de taille très importante et alimenté par de multiples centrales de production (figure 3.5.1.1). Les réseaux de chaleur sont particulièrement adaptés aux zones urbaines denses. Ils permettent également d?exploiter une ressource locale, difficile d?accès ou à mobiliser, comme la géothermie profonde, ou la récupération de chaleur auprès d?une unité d?incinération d?ordures ménagères ou d?un site industriel par exemple. En 2023, 1 000 réseaux de chaleur en France métropolitaine disposent d?une puissance thermique totale d?environ 24 GW, dont près de 10 GW sont concentrés dans la seule région Île-de-France. Figure 3.5.1.1 : puissance thermique et chaleur livrée par les réseaux de chaleur en 2023 ? 0 50 km Puissance des réseaux (en MW) Max. 9 675 Moy. 1 985!(!( Chaleur livrée (en GWh) Entre 5 000 et 10 000 Entre 2 000 et 5 000 Entre 1 000 et 2 000 Entre 500 et 1 000 Entre 0 et 500 Entre 10 000 et 13 000 Source : SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid En 2023, les réseaux ont livré aux consommateurs 26 TWh de chaleur (nette des pertes de distribution), soit autant qu?en 2022. À cette fin, il a été produit environ 35 TWh d?énergie (la différence avec la quantité livrée comprenant les pertes de transformation et celles de distribution). Le bouquet énergétique des réseaux est dominé par les énergies renouvelables (EnR) (48 % de la consommation des réseaux en 2023) et le gaz naturel (33 %), y compris le biométhane injecté sur le réseau (figures 3.5.1.2 et 3.5.1.3). Au sein des énergies renouvelables, la biomasse est le premier combustible utilisé ; elle représente 25 % de la consommation des réseaux. Le fioul et le charbon, autrefois prépondérants, déclinent et ne représentent plus que 1 % du bouquet énergétique des réseaux (contre 60 % en 1990). À l?inverse, la part des énergies renouvelables a plus que doublé depuis 2010. En incluant les énergies de récupération telles que la partie non renouvelable des déchets ménagers ou la chaleur industrielle récupérée, la part d?énergies renouvelables et de récupération atteint 63 %7 en 2023. 7 Ce taux diffère de celui publié par la Fedene (Fédération des services énergie environnement) dans son rapport annuel en raison de différences méthodologiques. En particulier, contrairement au calcul de la Fedene, les garanties d?origine biométhane ne sont pas comptabilisées ici comme énergies renouvelables, la logique du bilan de l?énergie étant de retracer des flux physiques. 78 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie Près d?un cinquième des réseaux de chaleur (19 %) possèdent un équipement de cogénération et sont donc également producteurs d?électricité. En 2023, la chaleur produite par cogénération dans les réseaux de chaleur, puis livrée aux consommateurs, représente environ 3,9 TWh (soit 11 % du total des livraisons des réseaux). Figure 3.5.1.2 : répartition par source d?énergie de la consommation d?énergie des réseaux de chaleur en 2023 Autre - Gaz naturel Autre - Chaudières électriques Autre - Fioul, GPL et autres énergies non renouvelables Autre - Charbon EnR - Biomasse EnR - Déchets renouvelables EnR - Géothermie EnR - Autres énergies renouvelables Récupération - Déchets non renouvelables Récupération - Chaleur industrielle En % 33 2 1 25 13 5 5 13 2 1 Autres 38 % Énergies de récupération 14 % Énergies renouvelables (EnR) 48 % Note:«Chaudièresélectriques»:dontconsommationannexed?électricité. «Fioul,GPL(gazdepétroleliquéfié)etautresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante... «Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique. Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Figure 3.5.1.3 : consommation d?énergie pour la production de chaleur par source d?énergie dans les réseaux de chaleur En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 40 35 30 25 20 15 10 5 0 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Énergies renouvelables Charbon Énergies de récupération Fioul et GPL Gaz naturel Autres énergies non renouvelables Chaleur commercialisée (nette des pertes) GPL=gazdepétroleliquéfié. Note:«Autresénergiesnonrenouvelables»:dontcogénération,autreconsommationd?électricité,chaleurambiante... «Autresénergiesrenouvelables»:dontcogénérationrenouvelable,chaleurambianterenouvelable,biogazetsolairethermique. Source :SDES,enquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 79 partie 3 : transformation, transport et distribution d?énergie 3.5.2 CHALEUR COGÉNÉRÉE VENDUE HORS DES RÉSEAUX DE CHALEUR En 2023, les installations de production d?électricité avec procédé thermique de cogénération (hors réseaux de chaleur munis d?un tel équipement) ont produit 45 TWh de chaleur, soit autant qu?en 2022 (figure 3.5.2.1). Un peu plus de la moitié de cette chaleur (22 TWh nets des pertes de distribution) a été livrée à des utilisateurs tiers. Tout le reste, soit 52 % de la chaleur produite par cogénération, correspond, outre les pertes, à de la chaleur autoconsommée, c?est-à-dire utilisée par le producteur lui-même. En effet, une très large part de la chaleur produite par cogénération est générée par des autoproducteurs, c?est-à-dire des entreprises qui produisent électricité et chaleur pour les besoins propres de leur activité et peuvent en revendre le surplus à titre secondaire. En 2023, la chaleur produite par cogénération l?a principalement été en brûlant du gaz naturel (37 %), des déchets ménagers (18 %) et du bois (11 %). Figure 3.5.2.1 : production de chaleur par cogénération en 2023 (hors réseaux de chaleur) En TWh (données non corrigées des variations climatiques) Électricité issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur Chaleur issue de la cogénération, hors réseaux de chaleur Total chaleur Chaleur commercialisée Pertes et chaleur autoconsommée Production totale 18,9 45,5 21,6 23,8 Produits charbonniers 0,9 1,2 0,2 1,1 Produits pétroliers 0,5 3,9 2,2 1,7 Gaz naturel 8,3 16,8 6,5 10,3 Déchets 2,7 8,6 6,4 2,2 dontdéchetsurbains 2,6 8,3 6,2 2,1 Bois et résidus agricoles 2,0 5,2 3,8 1,4 Résidus de papeterie, liqueur noire 0,6 3,1 1,0 2,1 Biogaz 2,5 3,6 0,2 3,4 Autres combustibles 1,5 3,1 1,3 1,8 Note:lescolonnes«Totalchaleur»et«Pertesetchaleurautoconsommée»incluentlachaleurautoconsommée,notammentcelledesautoproducteurs. Toutefois,cettedernière,n?étantpasvendueàdestiersmaisconsomméedirectementparleproducteur,n?estin finepascomptabiliséedanslebilandelachaleur (dontlepérimètreestceluidelachaleurcommercialiséeouautoconsomméeparlesproducteursprincipaux);cesontlescombustiblesutiliséspourproduire lachaleurautoconsomméequisontcomptabiliséscommeconsommationsfinalesdanslebilandesautresformesd?énergie. Source :SDES,enquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique L?hydrogène pur (à 98 % ou plus) sera pris en compte dans les statistiques de l?énergie à partir de l?année 2024, conformément au règlement européen sur les statistiques de l?énergie révisé en janvier 2022 (introduction de ce vecteur) puis en janvier 2024 (prise en compte dans le bilan des autres énergies). Il n?apparaît donc pas encore dans le bilan énergétique, sauf indirectement en tant que combustible pour la production d?électricité. Néanmoins, une évaluation des ressources et des usages de ce vecteur en 2022 et 2023 a été réalisée. Cette synthèse s?appuie sur plusieurs sources administratives, sur des enquêtes8 existantes et sur une nouvelle enquête auprès des sites producteurs d?hydrogène qui permet de connaître les quantités par mode de production, les capacités des sites producteurs et enfin d?estimer la consommation d?énergie pour sa production. L?hydrogène (dihydrogène) pur est un vecteur énergétique encore peu produit et utilisé. Mais il suscite un intérêt croissant pour la décarbonation de plusieurs usages et secteurs à condition d?être produit à partir de procédés faiblement émetteurs en gaz à effet de serre, tels que l?électrolyse de l?eau en utilisant de l?électricité à faible contenu carbone. Très léger et présent en faibles quantités à l?état naturel, l?hydrogène utilisé est obtenu principalement à partir de combustibles fossiles. Il est considéré comme un vecteur énergétique secondaire, comme l?électricité ou la chaleur vendue. Les ordres de grandeur présentés ici diffèrent des évaluations réalisées par France Hydrogène et l?Institut français du pétrole et énergies nouvelles (Ifpen) car seul l?hydrogène pur est ici retracé (il est exclu quand il fait partie de mélanges de gaz même s?il est majoritaire dans leur composition). PRODUCTION D?HYDROGÈNE En 2023, la production totale d?hydrogène pur en France est estimée à 245 000 tonnes, soit 8,2 TWh (figure 1). Elle augmente de 18 % par rapport à 2022. L?hydrogène est commercialisé par une dizaine d?unités légales en France. En 2023, la production vendue d?hydrogène pur s?élève à 64 000 tonnes (soit 2,1 TWh). L?hydrogène peut aussi être produit par des entreprises (énergétiques ou non) pour leur usage propre ? et ne fait pas alors l?objet d?une vente ? ou être produit de manière fatale dans des processus industriels, c?est-à-dire sans être réutilisé directement, ni à des fins énergétiques ni à des fins non énergétiques. Cela concerne 181 000 tonnes (6 TWh) en 2023. Figure 1 : ressources et usages d?hydrogène pur en 2022 et 2023 En TWh 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 Ressources Usages Ressources Usages 2022 2023 Production vendue Autoconsommation industrie hors raffineries Consommation pour le processus de raffinage Consommation de chaleur des raffineries Autoconsommation des raffineries Importations-exportations Mélanges ou pertes Consommation énergétique industrie Mobilité Consommation pour la production d?électricité Consommation non énergétique industrie Écart statistique Ressources Usages 2,7 2,2 3,3 0,3 1,4 1,9 0,7 1,5 0,8 0,3 1,3 3,6 1,7 2,4 2,5 2,1 Source :calculsSDES,àpartirdeEAPH,enquêteauprèsdesraffineurs,EACEI 8 Enquête annuelle de production de l?Insee, données douanières, enquête sur la consommation d?énergie de l?industrie. 80 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 81 Les sites de raffinage de pétrole produisent des gaz qui contiennent de l?hydrogène. S?ils ne sont pas épurés, ces gaz sont déjà pris en compte dans les statistiques de l?énergie en tant que produits pétroliers (gaz de raffineries). Selon les raffineurs, seules 73 000 tonnes d?hydrogène pur sont produites en 2023 par les sites de raffinage. Seules 29 000 tonnes (1 TWh) sont ensuite utilisées pures9 pour le processus de raffinage et la production de chaleur. Les cokeries déclarent, quant à elles, ne produire que des mélanges de gaz contenant de l?hydrogène (des gaz de cokeries, classés comme produits du charbon dans le bilan) qu?elles n?épurent pas. Les industriels hors branche énergie, dans la chimie essentiellement, produisent également de l?hydrogène (pour 108 000 tonnes en 2023, soit 3,6 TWh) qu?ils utilisent pour leurs besoins propres (autoconsommation). Malgré le développement de projets de production d?hydrogène bas-carbone, l?hydrogène pur produit en 2023 provient très majoritairement de procédés émetteurs en CO2. L?essentiel des quantités (70 %) est obtenu à partir du gaz naturel (méthane) à travers le vaporeformage (SMR pour steam methane reforming) et l?oxydation partielle sans capture de carbone (figure 2). Le vaporeformage ou l?oxydation partielle à partir de méthane avec un procédé de capture et de stockage du carbone est utilisé pour 10 % de l?hydrogène produit. L?électrolyse est encore très peu utilisée (9 %) pour la production de quantités significatives. Au sein de l?électrolyse, le procédé chlore-soude, qui génère les plus grandes quantités, concerne un nombre très restreint de producteurs. La production d?hydrogène à partir de produits pétroliers et d?autres procédés (à partir de méthanol principalement) est faible (moins de 10 % des quantités produites). Figure 2 : hydrogène pur par mode de production en 2022 et 2023 0,1 En TWh 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 2022 2023 SMR ou oxydation partielle sans capture Production à partir de produits pétroliers Autre mode (principalement à partir de méthanol) SMR ou oxydation partielle avec capture Électrolyse 0,6 0,7 1 4,5 0,5 0,7 0,3 0,9 5,7 Sources :SDES,EAPHetenquêteauprèsdesraffineursetInsee,EACEI STOCKAGE, TRANSPORT ET ÉCHANGES EXTÉRIEURS Le stockage et le transport de l?hydrogène sont encore très peu développés en raison de l?absence d?infrastructures conséquentes (sites de stockages et réseaux de transport) et d?enjeux spécifiques pour ce vecteur (faible densité, risques d?explosion ou de fuites). Les sites de production sont implantés à proximité des sites de consommation. Les importations d?hydrogène sont par conséquent encore très limitées (1 200 tonnes en 2023) tout comme les exportations (1 400 tonnes en 2023) mais elles augmentent par rapport à l?année précédente. En 2022, les quantités échangées étaient en effet encore plus faibles : 1 100 tonnes ont été importées et 700 tonnes ont été exportées. CONSOMMATION Les usages de l?hydrogène (acheté ou autoconsommé) sont principalement la désulfurisation des produits pétroliers (dans le processus de raffinage) pour 21 000 tonnes en 2023 (0,7 TWh), la production de chaleur des bâtiments industriels et des sites de raffinage pour 49 000 tonnes (1,6 TWh) et les usages non énergétiques pour 100 000 tonnes (3,3 TWh), concentrés pour 95 % dans le secteur de la chimie (dont chimie organique) - (figure 3). L?hydrogène est notamment utilisé pour la fabrication d?engrais. 9 Les quantités produites non utilisées pures et non vendues sont considérées alors comme mélangées. 82 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 La production d?électricité et la mobilité sont encore très peu concernées en 2023 par ce vecteur. Utilisé sous forme liquide depuis plusieurs décennies pour propulser Ariane, l?hydrogène fait toutefois l?objet d?investissements pour la mobilité lourde, en particulier sous la forme de carburants de synthèse dans l?aviation et le transport maritime. L?hydrogène est actuellement utilisé de manière très marginale dans le transport fluvial et le transport routier (50 bus, moins de 10 poids lourds, un peu moins de 200 camionnettes, un peu plus de 50 fourgons ou véhicules aménagés et près de 900 véhicules particuliers avec des piles à hydrogène au 1er janvier 2024 selon le répertoire statistique des véhicules routiers RSVERO). Les stations de recharge sont principalement implantées en Normandie, Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et près de Nantes, à proximité des sites de production. Les pertes et mélanges s?élèvent à près de 57 000 tonnes, soit 1,9 TWh. L?essentiel provient des quantités produites par les raffineries qui ne sont pas utilisées pures et sont donc considérées comme mélangées à d?autres gaz. Figure 3 : consommation d?hydrogène pur dans l?industrie hors branche énergie (raffinage et transformation en électricité par secteur) en 2023 Répartition en % Usages énergétiques - Industries chimique et pétrochimique Usages non énergétiques - Industries chimique et pétrochimique Autres secteurs industriels 5 28 67 Source :Insee,EACEI partie 4 La consommation d?énergie par forme d?énergie ? La consommation d?énergie primaire de la France s?établit à 2 525 TWh en 2023, en hausse de 1,6 % par rapport à 2022. Cette légère progression s?explique par l?augmentation des pertes de chaleur induites par la production nucléaire, alors que la consommation finale diminue. Les températures ayant été similaires en 2022 et 2023, la hausse de la consommation primaire après correction des variations climatiques (CVC) s?établit également à 1,6 %. Dans un contexte de prix élevés et de la mise en place de mesures de sobriété, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0 % à climat corrigé. Tous les secteurs sont concernés par la baisse de consommation. La consommation à usage non énergétique, majoritairement concentrée dans la pétrochimie, diminue également mais dans une moindre proportion (- 1,9 % sur un an). Au total, la baisse de consommation finale compensant la hausse des prix, la dépense des ménages, entreprises et administrations pour satisfaire leurs besoins en énergie est quasi stable, à 230 Md¤. Elle se maintient à un niveau élevé, près de 20 % au-dessus de son niveau de 2021 en euros constants. Les produits pétroliers représentent 45 % de cette dépense nationale en énergie et l?électricité 37 %, loin devant les autres énergies. 84 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte de hausse des prix de l?énergie La consommation d?énergie primaire de la France progresse de 1,6 % en 2023 et s?établit à 2 525 TWh (figure 4.1.1). La reprise de la production nucléaire et donc la plus forte consommation de chaleur nucléaire expliquent cette progression alors même que la consommation finale d?énergie diminue notamment sous l?effet des prix élevés de l?énergie et des appels à la sobriété. Corrigée des variations climatiques, la hausse est également de 1,6 %. Les températures pendant la période de chauffe, mesurées par le nombre de degrés- jours unifiés (DJU), ont en effet été très similaires à celles de 2022 (figure 4.1.2). Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de consommation d?énergie (voir encadré), la consommation primaire a baissé de 16,3 % à climat corrigé. Figure 4.1.1 : consommation primaire totale et par usage En TWh 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Pertes de transformation, de transport et de distribution CVC Consommation finale énergétique CVC Consommation primaire réelle Consommation finale non énergétique CVC 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Note:lespertesdetransformation,detransportetdedistributionintègrentlaconsommationd?énergiedesentreprisesdusecteurdelatransformationpour leurusagepropreainsiqu?unécartstatistique. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 85 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.1.2 : nombre de degrés-jours unifiés de la période de chauffe 2 000 1 900 1 800 1 700 1 600 1 500 1 400 1 300 1 200 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Nombre de DJU de référence Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsMétéo-France La hausse de la consommation primaire en 2023 provient de celle des pertes de transformation, de transport et de distribution d?énergie. Ces dernières (qui correspondent à la différence entre la consommation primaire et la consommation finale, à l?écart statistique près) augmentent de 13,2 % à climat corrigé, en raison principalement de la reprise de la production nucléaire et des pertes de chaleur induites (cf. 2.2.2). Celles- ci sont particulièrement importantes puisque seul un tiers de la chaleur produite par l?énergie nucléaire est convertie en électricité. La consommation finale d?énergie s?établit à 1 615 TWh en données réelles, dont 119 TWh pour les usages non énergétiques. Ceux-ci, majoritairement concentrés dans l?industrie et la pétrochimie, diminuent de 1,9 % en 2023. La consommation finale à usage énergétique diminue de 4,1 % et s?établit à 1 496 TWh en données réelles (cf. 5.1). La consommation primaire évolue différemment selon les formes d?énergie (figure 4.1.3). Les énergies renouvelables électriques (hydraulique, éolien, photovoltaïque) voient leur consommation progresser de 24,6 % sur un an, sous l?effet de la croissance des capacités installées et de conditions météorologiques plus favorables (la production hydraulique avait été fortement affectée par la sécheresse en 2022). La consommation de chaleur nucléaire progresse de 7,3 % avec le redémarrage des réacteurs qui avaient été mis à l?arrêt pour maintenance en 2022. La consommation d?énergies renouvelables (EnR) thermiques et déchets progresse également (+ 3,1 %), portée par les pompes à chaleur et le biogaz. À l?inverse, les consommations primaires de gaz naturel et de charbon diminuent fortement (respectivement - 11,9 % et - 22,9 %). La consommation primaire de pétrole est quasi stable (+ 0,3 %), la croissance de l?activité des raffineries compensant la baisse de consommation finale dans le transport. Le bouquet énergétique primaire se compose de 39 % de nucléaire (+ 2 points par rapport à 2021), 30 % de pétrole, 13 % de gaz (- 3 points en un an), 11 % d?EnR thermiques et déchets, 5 % d?EnR électriques et 2 % de charbon. Figure 4.1.3 : consommation primaire par forme d?énergie 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Hydraulique, éolien et photovoltaïque Énergies renouvelables thermiques et déchets Nucléaire Gaz naturel Pétrole Charbon Note:laconsommationd?énergienucléairecorrespondàlaquantitédechaleurdégagéeparlaréactionnucléaire(quiestensuiteconvertieenélectricité), déductionfaitedusoldeexportateurd?électricité. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 86 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Le bouquet énergétique final reste, quant à lui, dominé par le pétrole (figure 4.1.4). En 2023, les produits pétroliers représentent ainsi 39 % de la consommation finale à usage énergétique, devant l?électricité (27 %), le gaz (18 %), les énergies renouvelables et les déchets (13 %), la chaleur (3 %) et le charbon (0,4 %). Sur le long terme, la part des énergies fossiles dans le bouquet énergétique tend à diminuer depuis 1990 au profit de l?électricité et, depuis le milieu des années 2000, également au profit des énergies renouvelables. Figure 4.1.4 : consommation finale à usage énergétique par forme d?énergie En TWh (données non corrigées des variations climatiques) 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 Pétrole Gaz naturel Charbon Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2023 2020 Note:lachaleurn?estisoléequedepuis2000. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Dans un contexte de prix élevés de l?énergie, et malgré la baisse de consommation finale, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230 Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie, soit un niveau similaire à celui de 2022 (figure 4.1.5). Elle se maintient donc à un niveau élevé, supérieur de près de 20 % à celui de 2021. Les produits pétroliers représentent toujours la part la plus importante de la dépense, mais celle-ci diminue de 5 points, à 45 %, entre 2022 et 2023. Ils sont suivis par l?électricité qui voit sa part dans la dépense progresser de 7 points, pour atteindre 37 %. Ces proportions sont supérieures aux parts respectives de ces deux formes d?énergie dans la consommation finale en raison de prix moyens plus élevés que les autres formes d?énergie. Figure 4.1.5 : consommation finale en énergie, tous usages confondus (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 En TWh En Md¤2023 Charbon (hors hauts-fourneaux) 14 0,4 13 0,3 14 0,4 11 0,5 10 0,4 Produits pétroliers 773 98,7 686 72,4 749 92,2 720 114,6 693 102,2 Gaz naturel 341 21,3 319 18,2 347 22,1 297 27,9 273 27,4 Énergies renouvelables et déchets 185 5,7 171 4,9 196 7,2 192 9,4 200 8,6 Électricité 432 61,1 411 60,7 433 65,5 415 69,2 398 85,3 Chaleur 43 2,9 42 2,6 48 3,5 46 4,4 42 3,8 Consommation finale (hors charbon des hauts-fourneaux) 1 787 190 1 641 159 1 787 191 1 681 226 1 615 228 Dépense nationale en énergie (y compris charbon des hauts-fourneaux) 192 160 192 228 230 Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 87 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Au sein de la dépense nationale en énergie, le coût des importations nettes et des variations de stocks de produits énergétiques représente 67 Md¤ (figure 4.1.6). Il diminue de 41 % par rapport à 2022 sous l?effet des baisses de prix sur les marchés internationaux. Les taxes énergétiques (nettes des subventions aux EnR) s?établissent à 39 Md¤. Elles progressent de 20 % sur un an en raison de la baisse des subventions aux EnR qui deviennent négatives, les prix sur les marchés ayant été plus élevés que les prix fixés dans le cadre des obligations d?achat (cf. 3.4). La TVA non déductible est quasi stable, à 18 Md¤, la hausse des prix compensant la baisse de la consommation finale. Le solde, soit 106 Md¤, correspond à la rémunération d?activités réalisées sur le territoire national, principalement la production d?électricité et d?EnR, la gestion des réseaux de gaz et d?électricité, la distribution des carburants et le raffinage de pétrole. Elle progresse de 65 % sur un an, en lien avec la reprise de l?activité des centrales nucléaires et des raffineries. Figure 4.1.6 : décomposition de la dépense nationale en énergie En Md¤2023 2015 2011 2012 2016 2017 2019 2021 2022 2023 2020 2018 2014 2013 250 200 150 100 50 0 Taxes énergétiques nettes des subventions TVA non déductible Rémunération d?activités nationales Importations nettes de produits énergétiques et variations de stocks Source : SDES,Bilandel?énergie Les objectifs de réduction de la consommation d?énergie de la France La loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et celle relative à l?énergie et au climat de 2019 ont fixé comme objectifs de diviser par deux la consommation finale d?énergie à horizon 2050 et de réduire la consommation primaire d?énergies fossiles de 40 % en 2030 par rapport à 2012. La programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) relative à la France continentale, dans sa deuxième version adoptée en avril 2020, donne des cibles intermédiaires de réduction de la consommation d?énergie par rapport à 2012, et les décline par forme d?énergie (figure 4.1.7) : ? consommation finale d?énergie : - 7,5 % en 2023 et - 16,5 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 8,5 % en 2023 ; ? consommation primaire de gaz naturel : - 10 % en 2023 et - 22 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,9 % en 2023 ; ? consommation primaire de pétrole : - 19 % en 2023 et - 34 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 15,8 % en 2023 ; ? consommation primaire de charbon : - 66 % en 2023 et - 80 % en 2028 ; la baisse réalisée atteint 63,1 % en 2023. La 3e PPE qui fixe des objectifs en matière de production et de consommation d'énergie sur la période 2025-2035 est en cours de finalisation. La consultation du public s'est achevée le 5 avril 2025. Figure 4.1.7 : baisses de consommations réalisées et attendues dans la PPE Consommation primaire de gaz naturel Consommation énergétique finale Consommation primaire de pétrole Consommation primaire de charbon Baisse attendue 2012-2028 Baisse attendue 2012-2023 Baisse réalisée 2012-2023 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 En % (données corrigées des variations climatiques) Champ:Francecontinentale.Laconsommationd?énergieàusagenonénergétiqueestexclue. Sources :SDES,Bilandel?énergie;décretdu21avril2020relatifàlaprogrammationpluriannuelledel?énergie 88 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 4.2.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES La consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants diminue de 3,5 % en 2023 et s?élève à 64,4 Mtep, soit 749,5 TWh (figure 4.2.1.1). Elle poursuit sa dynamique de baisse des années récentes (- 9,7 % par rapport à 2019). Les objectifs fixés par la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) visent une réduction de 7,6 % de la consommation finale, toutes énergies confondues, et de 20 % de la consommation primaire d?énergie fossile entre 2012 et 2023. Par rapport à 2012, la consommation finale de produits pétroliers baisse de 15,5 %. Le secteur des transports reste le poste de consommation principal de produits raffinés et biocarburants (66 % de la consommation totale de produits pétroliers). Après une hausse en 2022, sa consommation recule en 2023 (- 2,7 %), pour se placer à un niveau proche de celui de 2021. Dans le résidentiel et le tertiaire, la baisse atteint 13,8 %. Seuls les secteurs de l?industrie et l?agriculture voient leur consommation augmenter (+ 1,5 % et + 1,2 % respectivement). Corrigée des variations climatiques, la consommation de produits pétroliers et biocarburants connaît une baisse annuelle similaire à celle des données réelles (- 3,4 %) en raison de températures hivernales comparables à 2022. En excluant les carburants routiers, cette diminution est de 5,1 % relativement à 2022. Par rapport à 2012, les consommations à climat corrigé sont en nette baisse, en particulier hors carburants routiers (- 14,5 % pour la consommation totale, - 27,9 % en excluant les carburants routiers). La dépense totale en produits pétroliers et biocarburants s?établit en 2023 à 109,1 Md¤, en baisse de 11,3 % par rapport à l?année 2022 du fait d?une baisse de la consommation et des prix. En 2022, la dépense totale avait bondi de 25,8 %, en raison notamment de la très forte hausse des prix de l?énergie dans le contexte de tensions sur les produits pétroliers et gaziers à la suite du conflit entre l?Ukraine et la Russie. La dépense en 2023 reste à une valeur relativement haute par rapport aux années récentes, et s?établit toujours au-dessus du niveau précédent la crise sanitaire (+ 5,7 % comparativement à 2019). Figure 4.2.1.1 : consommation totale de produits pétroliers raffinés et biocarburants par secteur et dépense totale associée En Mtep (données non corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Production d?électricité et de chaleur Autres transports (navigation et aviation domestique, ferroviaire, fluvial) Résidentiel Transports routiers (ménages) Industrie Agriculture-pêche Transports routiers (autres) Tertiaire Consommation finale à usage non énergétique Dépense totale (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:lesecteurdestransportsn?inclutpaslessoutesmaritimesetaériennesinternationales. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 89 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Après deux années de hausse consécutives, le coût des importations nettes (des exportations) de pétrole brut, de produits raffinés et de biocarburants diminue (- 25,2 % en euros constants) et s?élève à 42,1 Md¤ en 2023 (figure 4.2.1.2). Ils restent supérieurs à ceux de 2019 (+ 17,2 %) et représentent 39 % de la dépense (taxes incluses) en 2023. La situation de tension géopolitique, en particulier en Ukraine et au Moyen- Orient, est responsable d?une crise énergétique qui a tiré à la hausse les prix du pétrole en 2022. La dépense servant à rémunérer des activités (de production, raffinage et transport- distribution) réalisées sur le sol national s?élève à 25,1 Md¤ (à l?écart statistique près), soit 23 % du total, en baisse par rapport à l?année précédente (- 13,2 %). Les 38 % de la dépense restants correspondent à la fiscalité. Celle-ci inclut la taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques (TICPE), la taxe incitative relative à l?incorporation de biocarburants (Tirib), la redevance affectée au stockage des produits pétroliers (CPSSP) ainsi que, dans les DROM, la taxe spéciale de consommation (TSC, qui remplace la TICPE) et l?octroi de mer. La fiscalité sur les produits pétroliers comprend également la TVA, qui s?applique aux prix incluant les autres taxations. La TICPE, qui compte pour la plus grande partie des taxes, a procuré 30,9 Md¤ de recettes (nette des remboursements) en 2023. En euros constants, ce montant est en recul (- 7,4 %) par rapport à 2022. Avec l?introduction de la composante carbone dès 2014, les montants perçus de TICPE avaient fortement augmenté entre 2014 et 2018 (+ 26,1 %). Ils se sont ensuite stabilisés entre 2018 et 2022 (en dehors d?une chute ponctuelle en 2020). En baisse de 1,4 %, la TSC a rapporté 0,55 Md¤ en 2023. La TVA sur les produits pétroliers (hors part déductible pour les entreprises) s?élève à 10,4 Md¤ en 2023, en baisse de 7,6 % par rapport à 2022 (en euros constants). Figure 4.2.1.2 : décomposition de la dépense totale en pétrole brut, produits raffinés et biocarburants Importations nettes Production primaire, marges et écart statistique Taxes hors TVA (nettes des subventions) TVA 140 120 100 80 60 40 20 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 En Md¤2023 Note:lessoutesmaritimesetaériennesinternationalessontdéduitesdesimportationsnettes,quiintègrentaussilesvariationsdestocks.Lesmarges comprennentcellesderaffinageetcellesdetransport-distribution. Source :SDES,Bilandel?énergie 90 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation totale peut se décomposer comme la somme de la consommation à usage de production d?électricité et de chaleur (1,4 Mtep en 2023, dont plus de la moitié dans les DROM), de la consommation finale à usage énergétique (54,0 Mtep biocarburants inclus) et de la consommation finale à usage non énergétique (9,1 Mtep) - (figure 4.2.1.3). Figure 4.2.1.3 : consommation de produits pétroliers raffinés par usage et par secteur (y compris biocarburants, données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Production d?électricité et de chaleur 1,4 808 1,4 587 1,4 798 1,5 1 312 1,4 1 001 Consommation finale à usage énergétique 57,9 94 118 50,5 68 887 55,6 87 378 56,0 110 727 54,0 99 708 Industrie 2,6 1 968 2,5 1 540 2,5 1 908 2,5 2 714 2,5 2 425 Transports* 44,6 79 604 37,5 57 440 42,5 73 718 43,8 92 857 42,7 85 550 donttransportsroutiers(ménages) 26,3 52 539 22,1 37 990 24,8 47 981 25,8 59 927 25,7 57 087 donttransportsroutiers(autres) 16,1 25 357 13,9 18 506 15,9 24 296 15,8 30 476 14,8 26 445 dont autres transports 2,2 1 709 1,5 945 1,8 1 441 2,2 2 454 2,1 2 018 Résidentiel 4,7 6 712 4,2 5 044 4,7 6 385 3,5 6 830 3,1 5 099 Tertiaire** 2,7 2 895 2,8 2 404 2,4 2 299 2,7 4 065 2,3 2 830 Agriculture-pêche 3,2 2 938 3,6 2 459 3,5 3 067 3,4 4 262 3,4 3 804 Consommation finale à usage non énergétique 12,0 8 272 11,4 6 354 12,0 9 640 9,3 10 999 9,1 8 402 Industrie 11,8 6 747 11,1 4 920 11,7 7 692 9,0 8 435 8,8 6 208 Pétrochimie 8,7 4 171 8,3 2 722 8,6 4 702 6,4 4 775 6,6 3 488 Construction 2,5 1 201 2,3 906 2,5 1 232 2,1 1 438 1,8 1 008 Autresindustries 0,6 1 375 0,5 1 293 0,6 1 759 0,5 2 223 0,5 1 712 Autres (dont agriculture, transports) 0,3 1 525 0,3 1 434 0,3 1 948 0,3 2 564 0,3 2 194 *Horssoutesmaritimesetaériennesinternationales. **Ycomprislesarmées. Note:laconsommationpourletraficaérienentrelamétropoleetlesDROMestinclusedanslesecteurdestransports(autrestransports). Source :SDES,Bilandel?énergie 4.2.2 PRODUCTION D?ÉLECTRICITÉ ET DE CHALEUR La consommation destinée à la production d?électricité et de chaleur représente 2 % de la consommation totale de produits pétroliers raffinés. Elle diminue sensiblement en 2023 (- 8,8 % par rapport à 2022), à 1,4 Mtep (16,1 TWh) - (figure 4.2.1.3). En France métropolitaine, les centrales au fioul, utilisées en pointe lors des pics de demande en période hivernale, ont progressivement fermé, d?autres énergies se substituant à ce combustible, notamment pour des raisons environnementales. La consommation de fioul dans les réseaux de chaleur est également devenue marginale. Ainsi, la consommation de produits pétroliers pour la production d?électricité et de chaleur a chuté de 24,8 % par rapport à 2012. En revanche, la consommation de fioul pour la production d?électricité n?est pas négligeable en outre-mer. La facture associée s?établit en 2023 à 1,0 Md¤, en repli de 23,7 % en euros constants en un an, du fait du recul de la demande mais aussi de la nette baisse des prix. 4.2.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE ÉNERGÉTIQUE En données réelles, la consommation finale à usage énergétique de produits pétroliers (y compris biocarburants) s?élève à 54,0 Mtep en 2023 (soit 628,0 TWh), en recul de 3,5 % par rapport à l?année précédente (figure 4.2.1.3). Elle est également en retrait par rapport au niveau précédent la crise sanitaire (- 6,7 % comparativement à l?année 2019). L?usage des transports concentre 66 % de la consommation totale de produits pétroliers (y compris biocarburants) en France, soit 42,7 Mtep en 2023 (hors soutes maritimes et aériennes internationales). Relativement stable entre 2012 et 2019, cette consommation avait chuté en 2020 au cours de la crise sanitaire, puis était repartie à la hausse en 2021 et 2022, sans retrouver son niveau de 2019. En 2023, elle diminue de nouveau (- 2,7 %, cf. 5.5). Le transport routier des ménages absorbe la plus grande part de cette consommation (25,7 Mtep en 2023) et reste stable par rapport à 2022. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 91 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La baisse de consommation touche majoritairement le transport routier hors ménages, qui recule de 6,3 % en 2023, sous l?effet notamment d?une diminution du transport de marchandises et de voyageurs. Les autres modes de transport (aérien, ferroviaire, maritime et fluvial) consomment, quant à eux, 2,1 Mtep (hors soutes internationales). Leur consommation baisse également au cours de l?année (- 6,9 %) et se positionne en dessous du niveau de 2019 (- 6,3 %). Les 66 % de produits pétroliers utilisés dans les transports étant davantage taxés, ils représentent 78 % de la dépense totale en produits pétroliers. La dépense totale dans les transports s?établit ainsi à 85,6 Md¤ en 2023. Elle est en baisse de 7,9 % par rapport au niveau record atteint en 2022, en conséquence de la hausse des prix des carburants liée à l?évolution générale des prix de l?énergie en 2022. Les entreprises contribuent moins à cette dépense qu?à la consommation physique des transports car, outre le fait qu?une partie de la TVA est déductible, certains secteurs d?activité bénéficient d?exonérations fiscales. La dépense de produits pétroliers hors ménages dans les transports est de 26,4 Md¤ en 2023, en baisse de 13,2 % par rapport à l?année précédente. Quant aux ménages, ils dépensent plus du double avec 57,1 Md¤, en baisse plus mesurée que celle des entreprises (- 4,7 % en 2023). Les consommations dans le résidentiel et le tertiaire diminuent nettement (- 13,8 %), à 5,4 Mtep en 2023. Cette évolution s?inscrit dans une tendance de baisse des consommations de produits pétroliers dans le résidentiel- tertiaire sur les dernières années. À climat corrigé, elles ont ainsi été divisées par deux depuis 2012 dans le résidentiel en raison de la chute progressive des habitations chauffées au fioul. Celles du secteur tertiaire s?inscrivent dans une dynamique de baisse plus mesurée depuis 2012 (- 28,8 % sur la période, à climat corrigé). Les dépenses respectives du résidentiel et du tertiaire s?élèvent à 5,1 Md¤ et 2,8 Md¤, en nette baisse (respectivement - 25,3 % et - 30,4 %) par rapport à l?année 2022. La consommation de produits pétroliers (y compris biocarburants) à usage énergétique dans l?industrie croît très légèrement en 2023 (+ 1,5 %), pour s?établir à 2,5 Mtep. Elle a connu une baisse progressive entre 2012 et 2017 (- 19,9 %), justifiée à la fois par le recours à d?autres énergies, par des gains d?efficacité énergétique et par la relative désindustrialisation de l?économie. Elle se maintient à un niveau stable depuis (- 2,0 % entre 2017 et 2023). À l?image des dépenses de produits pétroliers dans tous les secteurs, la facture associée chute nettement en 2023 (- 10,7 %), pour s?établir à 2,4 Md¤. Le secteur de l?agriculture et de la pêche consomme essentiellement du gazole non routier (avec une fiscalité différente depuis 2011 du fioul domestique). Sa consommation s?établit à 3,4 Mtep en 2023, très stable depuis 2012 (oscillant en données corrigées des variations climatiques entre 3,2 et 3,6 Mtep au cours de la période 2012-2023). La dépense du secteur connaît, quant à elle, une baisse de 10,7 % en 2023 et s?établit à 3,8 Md ¤. 4.2.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON ÉNERGÉTIQUE Les usages non énergétiques de produits pétroliers se concentrent essentiellement dans l?industrie pétrochimique de premier niveau, dont les produits entrent dans la fabrication de produits synthétiques (matières plastiques, cosmétiques, etc.). La consommation finale non énergétique de produits pétroliers recule légèrement en 2023, à 9,1 Mtep (105,4 TWh), soit un repli de 2,2 % sur un an (figure 4.2.1.3). Elle avait chuté en 2022, principalement en raison de plusieurs arrêts d?installations pétrochimiques pour maintenance ou incidents. En 2023, la consommation de ce secteur repart modérément, tout en restant faible. Environ 2 Mtep de bitumes sont consommées chaque année dans le secteur de la construction. En 2023, cette consommation s?est fortement repliée (- 15,9 %) alors que l?activité du secteur est restée relativement stable. Les autres produits correspondent essentiellement à des lubrifiants, utilisés dans les transports, l?agriculture et l?industrie, ainsi qu?à des quantités limitées de coke de pétrole, à usage industriel. La facture associée à cette consommation non énergétique s?élève à 8,4 Md¤ en 2023. Après avoir augmenté fortement en 2022 en raison de la hausse des prix, elle diminue nettement en 2023, de 23,6 % par rapport à 2022, en euros constants, à la suite de la baisse des prix, et se rapproche ainsi de son niveau de 2019 (8,3 Md¤2023). 4.2.5 CONSOMMATION ET DÉPENSE PAR PRODUIT Malgré une baisse de consommation en 2023 (- 5,1 %), le gazole routier (y compris biodiesel) représente près de la moitié de la consommation réelle de produits pétroliers et biocarburants en 2023 (47 %) et plus de la moitié de la dépense (52 %) - (figures 4.2.5.1 et 4.2.5.2). Il précède les supercarburants (17 % de la consommation pour 25 % de la dépense), qui représentent les seuls produits pétroliers en hausse au cours de l?année (+ 5,8 % de consommation par rapport à 2022). Cette augmentation est liée à l?évolution du parc automobile, dans lequel le nombre de motorisations essence progresse au détriment des véhicules diesel. Par rapport à 2012, année de référence choisie dans la PPE, la consommation de carburants routiers baisse de 4,3 % avec des évolutions très différentes selon les produits : le gazole routier diminue de 15,8 % alors que les supercarburants progressent de 36,9 % et les biocarburants de 29,5 %. Ces derniers représentent 5 % de la consommation de produits pétroliers en 2023. En cumulé, le gazole routier et les supercarburants (biocarburants inclus) correspondent à 64 % de la consommation pour 77 % de la dépense. 92 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Cette différence s?explique par une fiscalité plus lourde sur ces carburants que sur d?autres produits pétroliers. Pour une raison inverse, la part de fioul domestique et des autres gazoles dans la consommation (15 %) est plus importante que cette même part dans la dépense (11 %). Leur consommation poursuit une tendance à la baisse (- 6,4 % sur l?année, - 32,2 % par rapport à 2012). Ensuite, les consommations les plus importantes sont celles de produits non énergétiques (10 % de la consommation et 7 % de la dépense) et de GPL (5 % de la consommation pour 3 % de la dépense). Bien que minoritaire dans la consommation de produits pétroliers (3 %), le jet kérosène est l?un des produits qui diminuent le moins depuis 2012 (- 7 %, contre - 15 % tous produits confondus). Par rapport à 2022, sa consommation est en baisse de 8,0 % tandis que la dépense associée au produit chute de 31,4 % en 2023 par rapport à 2022. Le fioul lourd a quant à lui vu sa consommation divisée par trois depuis 2012 et représente en 2023 seulement 1 % de la consommation finale de produits pétroliers et moins d?1 % de la dépense. Figure 4.2.5.1 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2020 2023 En Mtep (données corrigées des variations climatiques) Gazole routier Biocarburants (depuis 2011) Gazole non routier (depuis 2011) GPL* Coke de pétrole, brais et autres produits lourds Supercarburants routiers Carburéacteurs Fioul lourd pour la production d?électricité et de chaleur Naphta Autres** GPL carburant Fioul domestique Fioul lourd hors production d?électricité et de chaleur Bitumes *Gazdepétroleliquéfié(butane,propane),horsGPLcarburant. **Autres:lubrifiants,paraffinesetcires,white-spiritetessencesspéciales,pétrolelampant,essenceaviation,gazderaffinerie,éthane,autresproduits. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source : SDES,Bilandel?énergie Figure 4.2.5.2 : consommation de produits pétroliers raffinés par type de produit (y compris biocarburants, données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 En Mtep En M¤2023 Gazole routier 33,9 58 046 28,6 41 449 31,9 51 827 31,8 65 053 30,2 56 916 Fioul domestique et autres gazoles 11,5 11 729 11,3 8 807 11,1 10 717 10,2 15 254 9,6 11 808 Supercarburants* 9,0 20 557 7,7 15 592 9,3 21 198 10,3 26 250 10,9 27 475 Jet kérosène 1,9 924 1,2 325 1,6 694 2,0 1 650 1,8 1 132 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 4,6 4 250 3,8 3 451 3,9 4 072 3,4 3 963 3,1 3 179 Fioul lourd 0,9 490 0,8 347 0,9 463 0,9 668 0,7 433 Produits non énergétiques** 7,1 5 920 7,6 5 100 8,5 7 813 6,5 8 855 6,5 7 127 Autres*** 2,4 1 280 2,1 757 1,8 1 030 1,6 1 346 1,7 1 041 Total 71,3 103 197 63,3 75 828 69,0 97 815 66,7 123 038 64,4 109 111 *Ycomprisessenceaviation. **Naphta,bitumes,lubrifiants. ***Cokedepétrole,pétrolelampant,autres. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 93 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 4.3.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES En 2023, la consommation totale de gaz naturel en France s?établit à 383 TWh PCS (soit 425 TWh PCI). Elle diminue fortement pour la deuxième année consécutive : baisse de 42 TWh PCS (- 8,8 %) en 2022 et de 50 TWh PCS (- 11,6 %) en 2023, soit 92 TWh PCS (- 19,3 %) entre 2021 et 2023. Ce niveau est le plus bas atteint depuis la fin des années 90. Par rapport à 2012, année de référence de la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE), la diminution est de 23,5 % (- 118 TWh PCS) ; cette baisse est un bon signal pour le respect de la PPE (cf. 4.1). Pour mémoire, la PPE prévoit une baisse de 10 % pour la période 2012-2023 de la consommation primaire de gaz naturel corrigée des variations climatiques10. Les températures de 2023 et 2022 ayant été proches, la consommation totale corrigée des variations climatiques diminue dans les mêmes proportions : - 11 %, à 414 TWh PCS en 2023 (figure 4.3.1.1). Figure 4.3.1.1 : consommation totale (hors pertes) de gaz naturel par secteur En TWh PCS* (données corrigées des variations climatiques) 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2020 2023 1994 600 500 400 300 200 100 0 Usage non énergétique Tertiaire Production d?électricité et de chaleur Transports Résidentiel Usages internes de la branche énergie Agriculture-pêche Industrie *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationdegaz,enquêteannuellesurlaproductiond?électricité,enquêteannuelle surlesréseauxdechaleuretdefroid,donnéesduCitepa Les dépenses pour l?achat de gaz diminuent aussi en 2023, passant de 33,9 à 32,6 milliards, soit une diminution de 3,9 % (figure 4.3.1.2). Cette diminution est beaucoup moins forte que celle de la consommation. L?évolution du prix sur le maché de gros est répercutée avec retard sur le prix de vente (cf. 1.3). Le délai de répercussion diffère suivant la quantité consommée (les plus gros consommateurs étant plus sensibles aux variations des prix de marché), le type d?offre souscrite (prix fixe, indexation marché, autre indexation?) et son échéance. Par conséquent, en 2023 le prix de vente pour les « petits » consommateurs a continué de croître malgré une baisse du prix sur le marché de gros. Cela explique que la diminution de la dépense est moindre que la diminution de la consommation. 10 Par rapport à la consommation totale, la consommation primaire de la PPE exclut les injections de biogaz et les consommations pour matière première et inclut les pertes du réseau de transport. 94 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.3.1.2 : consommation de gaz naturel et dépense associée En TWh PCS* (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023 600 550 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 36 000 33 000 30 000 27 000 24 000 21 000 18 000 15 000 12 000 9 000 6 000 3 000 0 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Consommation totale (TWh PCS) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite) *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie 4.3.2 BRANCHE ÉNERGIE En 2023, avec la reprise des productions d?électricité nucléaire et hydraulique, les centrales à gaz ont été moins sollicitées qu?en 2022 et la consommation de gaz naturel du secteur est redescendue à 80 TWh PCS (figure 4.3.2.1). En 2022, la consommation de gaz naturel de la branche énergie avait connu le niveau record de 104 TWh PCS. Avec une diminution de 20 % entre 2022 et 2023, la consommation de gaz de la branche énergie passe en un an d?un point historiquement haut à un point historiquement bas. Les dépenses en gaz de la branche énergie diminuent, passant de 405 à 329 millions d?euros, soit une baisse de 31 % en un an, liée non seulement à la baisse de la consommation mais aussi à celle des prix pour ces acteurs. En effet, la branche énergie étant une « grosse » consommatrice de gaz naturel, les prix de ses contrats de fourniture de gaz naturel suivent avec moins de retard l?évolution à la baisse des prix sur les marchés de gros. Figure 4.3.2.1 : consommation de gaz naturel de la branche énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Transformation en électricité ou chaleur 93 1 963 85 1 434 82 3 122 98 7 050 75 4 803 Branche énergie hors transformation 9 146 8 97 8 293 6 405 6 329 Branche énergie 102 2 108 93 1 531 90 3 415 104 7 455 80 5 132 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 95 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3.3 CONSOMMATION FINALE À USAGE ÉNERGÉTIQUE Dans l?ensemble, la consommation finale de gaz naturel à usage énergétique diminue de 8,4 % en 2023, passant de 318 à 291 TWh PCS (figure 4.3.3.1). Malgré cette baisse, les dépenses associées augmentent de 6,7 %, pour atteindre 27 milliards d?euros en 2023. Cette situation nationale masque en fait de grandes disparités entre les secteurs. Le secteur résidentiel est le plus gros consommateur avec 38,7 % de la consommation finale de gaz naturel. En 2023, le secteur consomme 113 TWh PCS et dépense 12,8 milliards d?euros. Par rapport à 2022, il diminue sa consommation de 7,3 % et voit ses dépenses augmenter de 10,7 %. Le secteur de l?industrie représente 37,7 % de la consommation finale de gaz naturel. Les dépenses pour le secteur industriel diminuent plus vite que la consommation. En effet, en 2023, la consommation de gaz naturel du secteur diminue de 9,5 % alors que les dépenses associées diminuent de 11,4 %. La diminution du prix payé par les industriels s?explique par la présence de « gros » consommateurs dans ce secteur plus sensible à la baisse des prix sur le marché de gros. Avec 63 TWh en 2023, la part de la consommation finale du secteur tertiaire est de 21,7 %. Le tertiaire diminue sa consommation de 9,8 % mais voit ses dépenses augmenter de 27,1 %, à 6,1 milliards d?euros. C?est le secteur le plus impacté par la hausse des prix du gaz. Les transports sont le seul secteur d?activité dont la consommation de gaz naturel augmente. Celle-ci passe de 4,1 à 4,7 TWh PCS, soit une augmentation de 14,6 %. La consommation de gaz de ce secteur accélère sa progression, notamment grâce au développement du parc de poids lourds alimentés au gaz. La part du secteur dans la consommation finale reste modeste, puisqu?elle est de 1,5 % en 2023, mais elle a plus que doublé depuis 2019. Les dépenses du secteur pour l?achat de gaz naturel augmentent de 30,7 % entre 2022 et 2023. Le secteur agricole a consommé 2 TWh PCS, en baisse de 8,2 % par rapport à 2022. Il représente 0,7 % de la consommation finale de gaz. La dépense en gaz naturel du secteur est de 167 millions d?euros en 2023, soit une hausse de 15,5 % par rapport à 2022. Figure 4.3.3.1 : consommation finale de gaz naturel à usage énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Industrie 135 3 748 121 2 771 134 4 959 120 8 455 109 7 491 Transports 2,1 74,9 2,5 78,4 3,5 137,2 4,1 301,1 4,7 393,7 Tertiaire 81 3504 73 3 066 84 3 763 70 4 809 63 6 114 Résidentiel 144 11 146 142 10 365 148 10 798 121 11 561 113 12 801 Agriculture-pêche 2,6 99,0 2,5 88,2 2,6 107,0 2,1 145,0 2,0 167,5 Total 364 18 572 341 16 369 372 19 764 318 25 272 291 26 967 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie 96 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.3.4 CONSOMMATION FINALE À USAGE NON ÉNERGÉTIQUE La consommation non énergétique de gaz naturel est essentiellement une consommation comme matière première dans le secteur de la chimie. Le gaz naturel entre notamment dans la production d?hydrogène (voir focushydrogène) ou de méthanol. En 2023, cette consommation s?élève à 12 TWh PCS, soit une consommation comparable à celle de 2022. Les dépenses ont, quant à elles, nettement diminué, passant de 1,2 milliard d?euros à 479 millions, soit une baisse de 59 %. Figure 4.3.4.1 : consommation finale de gaz naturel à usage non énergétique (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 En TWh PCS* En M¤2023 Chimie 14 225 13 140 13 532 12 1 178 12 479 *PCS=pouvoircalorifiquesupérieur. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 97 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement En 2023, la consommation primaire de charbon, corrigée des variations climatiques, s?établit à 55 TWh. Elle recule de 22 % par rapport à 2022, et atteint ainsi son plus bas niveau depuis le début des observations, en dessous même de son niveau de 2020 (66 TWh) - (figure 4.4.1). La consommation de charbon est orientée à la baisse depuis une trentaine d?années, même si elle peut augmenter ponctuellement, comme en 2017 ou 2021. En effet, les autres formes d?énergie se substituent progressivement au charbon dans la plupart des secteurs consommateurs. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation primaire de charbon baisse de 61 % à climat corrigé. Depuis 2015, la filière fonte constitue le principal consommateur de charbon en France avec, en 2023, 64 % de la consommation totale. Elle est suivie par celle de la production d?électricité et de chaleur, qui ne représente plus que 23 % de la consommation (contre 48 % en 2012). La consommation finale (essentiellement celle de l?industrie manufacturière hors hauts-fourneaux) compte, quant à elle, pour 18 % de l?ensemble des ressources primaires consommées en 2023 (le solde entre les ressources et la somme des consommations des différents secteurs correspondant à l?écart statistique). Après avoir atteint un niveau inédit à 3,6 Md¤2023 en 2022, la dépense totale en charbon chute de nouveau nettement en 2023, à 2,5 Md¤ (- 33 %), en raison de la baisse importante de la consommation et de la chute des prix (cf. 1.4). Elle reste élevée, un peu supérieure à son niveau de 2019 (2,3 Md¤2023). Les hauts-fourneaux, qui consomment majoritairement du coke, issu de la transformation d?un type de charbon plus onéreux que celui utilisé pour la production d?électricité et de chaleur, concentrent à eux seuls près de 70 % de la dépense totale, contre 53 % en 2012. Figure 4.4.1 : consommation primaire de charbon (hors écart statistique) et dépense totale associée En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 250 200 150 100 50 0 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Usages non énergétiques Consommation nette filière fonte Industrie hors filière fonte Autres usages énergétiques Branche énergie hors filière fonte Dépense totale en Md¤2023 (2011-2023) - (axe de droite) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Note:unopérateuraréviséfortementàlahaussesesproductionsdegazdérivés,entraînantunerupturedesérieentre2016et2017. Parailleurs,àpartirde2017,lespertes,auparavantinclusesdansl?écartstatistique,sontintégréesàlaconsommationdelafilièrefonte. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 98 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Outre la filière fonte, dont la consommation totale nette s?élève à 35 TWh en 2023, 10 TWh de produits charbonniers ont été consommés par la branche énergie à des fins de production électrique ou, de façon plus marginale, de production de chaleur vendue ensuite à des tiers (figure 4.4.2). Cette quantité correspond, pour l?essentiel, à du charbon- vapeur utilisé comme combustible par des centrales thermiques à flamme. Par ailleurs, du gaz fatal issu des installations sidérurgiques est brûlé pour produire de l?électricité sur le site industriel lui-même ou dans une centrale thermique voisine, comme c?est notamment le cas à Dunkerque. La consommation des centrales a diminué de près de 81 % depuis 2012. Cette baisse reflète la réduction progressive du parc pour des raisons environnementales et d?obsolescence. Avec l?arrêt de nombreuses tranches de production, la capacité électrique installée des centrales à charbon s?est en effet réduite de plus de trois quarts sur le territoire métropolitain sur la période. Fin décembre 2023, seules cinq unités de production, réparties sur quatre sites, à Cordemais (Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle) restent en activité. Fin 2023, les départements et régions d?outre-mer comptent deux installations de production thermique au charbon, dont certaines tranches de production utilisent également un combustible renouvelable issu de la canne à sucre, la bagasse, durant la campagne sucrière. Ces installations sont les centrales du Moule (Guadeloupe) et du Gol (La Réunion). Les unités ultramarines sont en cours de conversion en unités 100 % renouvelable (bagasse- biomasse). La centrale de Bois-Rouge, à Saint-André (La Réunion), a été convertie totalement à la biomasse en mars 2023 et a ainsi abandonné le combustible charbonnier. À son tour, la centrale du Gol a été convertie en février 2024 et ne consomme plus de charbon. Avec la chute importante de la production d?électricité à partir de charbon en métropole, les centrales ultramarines représentent plus de la moitié des consommations de charbon des producteurs d?électricité ou de chaleur cogénérée dont c?est l?activité principale. Cette part était temporairement passée à environ 30 % en 2021 et 2022 dans un contexte de moindre disponibilité des centrales nucléaires et de tensions sur l?approvisionnement en gaz. Au-delà de cette tendance de long terme, la consommation des centrales thermiques à charbon en France métropolitaine est très sensible à la rigueur des températures, celles-ci étant principalement utilisées comme moyens de pointe lors des vagues de froid hivernales. En 2022, les tensions sur l?approvisionnement en gaz ont entraîné la réouverture provisoire de la centrale de Saint-Avold, qui devait être définitivement arrêtée. La consommation de charbon des centrales, corrigée des variations climatiques, diminue d?un tiers en 2023, à 13 TWh, son niveau le plus faible depuis le début des mesures. En effet, les centrales à charbon métropolitaines ont été nettement moins sollicitées qu?en 2022 grâce au rebond du nucléaire, à la forte augmentation de la production renouvelable et à la baisse de la consommation (cf. 3.4). Par ailleurs, la centrale de Bois-Rouge à La Réunion n?utilise plus de charbon. La dépense pour produire de l?électricité ou de la chaleur s?élève en 2023 à 0,4 Md¤. Hors inflation, la facture a diminué de 44 % en un an, en lien avec la chute de la demande et le recul des prix de l?énergie. Figure 4.4.2 : consommation pour la production d?électricité et de chaleur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Production d?électricité et de chaleur 17,9 327 15,1 228 22,1 455 17,4 634 9,7 357 Charbon primaire 12,2 188 10,4 117 16,8 309 13,1 520 6,6 214 Gaz dérivés 5,7 139 4,7 111 5,3 147 4,2 113 3,1 143 Source :SDES,Bilandel?énergie La consommation finale de charbon en France s?élève à 10 TWh en 2023 (figure 4.4.3), un minimum historique. Elle fléchit nettement en un an (- 9 %). Par rapport à 2019, cette consommation recule aussi sensiblement (- 29 %). Depuis 2012, la consommation finale de charbon a chuté de 45 %. La dépense correspondante s?établit à 0,4 Md¤ en 2023. Mesurée en euros constants, elle recule de 17 % par rapport à 2022, du fait de la baisse importante des prix, mais reste supérieure à celle de 2021 et 2019 (+ 8 %). Les usages non énergétiques du charbon représentent 33 % de la consommation finale en 2023. Cette part augmente de 5 points en un an en raison de la baisse de la consommation finale énergétique, en particulier dans l?industrie. Elle était restée stable depuis près de dix ans jusqu?en 2021. Ces usages non énergétiques concernent en premier lieu les secteurs industriels de la sidérurgie, de la chimie puis, dans une moindre mesure, celui des produits minéraux non métalliques. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 99 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Les usages énergétiques se concentrent, quant à eux, en quasi-totalité dans l?industrie, principalement dans les secteurs de la chimie, des produits minéraux non métalliques (notamment la fabrication de ciments, plâtres et chaux) et de l?agroalimentaire (par exemple les sucreries). Le charbon est très marginalement utilisé comme combustible, en général pour le chauffage, dans le résidentiel et le tertiaire, notamment dans les Hauts-de-France. Figure 4.4.3 : consommation finale de charbon (données non corrigées des variations climatiques) En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Industrie 10,3 9,1 10,5 7,4 6,2 Charbon primaire 8,5 7,7 8,9 6,1 4,9 Charbon dérivé 1,8 1,4 1,6 1,3 1,3 Autres usages énergétiques 0,7 0,6 0,7 0,7 0,6 Charbon primaire 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 Charbon dérivé 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0 Usages non énergétiques 3,1 2,8 3,2 3,0 3,4 Charbon primaire 1,2 1,4 1,4 1,4 1,5 Charbon dérivé 1,9 1,5 1,8 1,7 1,9 Total 14,1 12,5 14,5 11,1 10,1 Charbon primaire 10,4 9,6 11,0 8,0 6,9 Charbon dérivé 3,8 2,9 3,5 3,1 3,2 Source :SDES,Bilandel?énergie 100 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 4.5.1 CONSOMMATION TOTALE La consommation primaire d?énergies renouvelables (EnR) et de déchets s?élève à 409 TWh en 2023. Elle se répartit en 209 TWh consommés par la branche énergie (pour la production d?électricité ou de chaleur) et 200 TWh consommés directement par les utilisateurs finaux, principalement pour les besoins de chauffage. Au sein de la branche énergie, la consommation d?EnR et déchets sert majoritairement à produire de l?électricité : 129 TWh pour la production d?électricité issue des filières hydraulique, éolienne et photovoltaïque et 15 TWh de combustibles (principalement de la biomasse et des déchets) brûlés pour produire de l?électricité. 41 TWh de combustibles sont également consommés pour produire simultanément de la chaleur et de l?électricité par cogénération, et 15 TWh pour produire de la chaleur. 8 TWh de biométhane sont par ailleurs injectés dans les réseaux. Tous usages confondus, la consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 9,1 % sur un an. Cette augmentation est portée par la filière hydraulique, du fait des conditions pluviométriques de 2023 proches de la moyenne après une année 2022 chaude et très sèche, et par la filière éolienne, du fait du développement du parc et de conditions de vent favorables (cf. 2.2.3). D?autre part, des températures automnales légèrement plus basses par rapport à 2022 ont entraîné un besoin accru de chauffage des ménages qui s?est traduit notamment par l?augmentation de la consommation de bois-énergie et de chaleur renouvelable des pompes à chaleur dans le résidentiel. Les énergies renouvelables continuent de se développer. À climat corrigé, la consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets augmente de 8,7 % en 2023. Elle a doublé depuis le milieu des années 2000 et a augmenté de 36,9 % depuis 2013 (figure 4.5.1.1). En enlevant la consommation des énergies renouvelables électriques11 (qui ne sont pas corrigées des variations de la pluviométrie, du vent ou du soleil), la consommation primaire d?énergies renouvelables thermiques et de déchets corrigée des variations climatiques augmente de 2,8 % en 2023. Figure 4.5.1.1 : consommation primaire d?énergies renouvelables et de déchets par secteur En TWh (données corrigées des variations climatiques) 1998 1990 1992 2000 2010 2002 2012 1996 2004 2014 2006 2016 2008 2018 2020 2023 1994 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Production de chaleur seule Production d?électricité et de chaleur par cogénération Production d?électricité seule à partir de combustibles Production d?électricité hydraulique*, éolienne et photovoltaïque Injections de biométhane dans les réseaux de gaz naturel Branche énergie Secteurs de consommation finale Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Transports Industrie *Ycomprisénergiesmarines. Note:laconsommationdedéchetsurbainspourlaproductiond?électricitéetdechaleurparcogénérationn?estpasisolablejusqu?en1994etestinclusejusqu?à cettedatedansleposte«Productiondechaleurseule». Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 11 Hydraulique, éolien, photovoltaïque et énergies marines. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 101 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation finale d?énergies renouvelables et déchets (200 TWh en 2023, en données non corrigées des variations climatiques) correspond aux consommations de combustibles, carburants et chaleur primaire provenant de sources renouvelables ainsi que de déchets, destinées à tout usage autre que la production électrique et la production de chaleur commercialisée à des tiers. Le secteur résidentiel en représente à lui seul 60 %, suivi des transports (19 %), de l?industrie (13 %), du tertiaire (6 %) et de l?agriculture (2 %). 119 TWh d?énergies renouvelables thermiques ou issues des déchets sont consommés pour le chauffage ou l?eau chaude sanitaire dans le secteur résidentiel. Cette consommation augmente de 4,2 % sur un an du fait notamment d?un automne plus froid, après une baisse de 2,2 % en 2022, avec des températures hivernales et automnales supérieures à celles de 2021. Corrigée des variations climatiques, elle augmente toujours de 3,8 %. Sur ces 119 TWh, 59 % sont issus de la combustion de bois, 39 % sont extraits par les pompes à chaleur et 2 % sont produits par les capteurs solaires thermiques installés chez les particuliers. Après avoir progressé dans les années 2000, la consommation de bois de chauffage est plus atone ces dernières années. À climat corrigé, elle diminue de 0,3 % en 2023. Le recul des ventes d?appareils de chauffage au bois entre 2013 et 2020 (à l?exception des poêles à granulés et à bûches) et la diminution régulière de la consommation de bois par ménage équipé d?un appareil de chauffage au bois, du fait notamment de l?amélioration de l?efficacité de ces derniers, expliquent cette tendance (cf. 2.2.3). À l?inverse, les pompes à chaleur, en particulier celles aérothermiques, qui nécessitent un moindre investissement, continuent de se développer fortement dans le résidentiel, grâce notamment aux mesures incitatives pour remplacer les appareils de chauffage fonctionnant aux énergies fossiles. Leur consommation renouvelable corrigée des variations climatiques augmente à un taux moyen de 12 % sur les cinq dernières années. La consommation finale d?énergies renouvelables thermiques dans les transports, composée de biocarburants (cf. 4.5.3), atteint 38 TWh en 2023 en données réelles. Elle augmente de 4,6 %. La consommation finale dans l?industrie est composée pour 76 % de biomasse solide, 16 % de déchets industriels, 5 % de biogaz et 3 % de biocarburants (principalement incorporés au gazole non routier). Elle s?élève à 26 TWh en 2023 en données réelles, en hausse de 3,5 %. Le secteur de l?imprimerie et de la production de papier et de carton est le principal utilisateur d?énergies renouvelables thermiques et de déchets avec 17 TWh consommés en 2023. Ce secteur consomme en particulier de la biomasse (8 TWh), notamment de liqueur noire, résidu issu de la fabrication du papier kraft et constituant une source d?énergie facilement mobilisable et peu onéreuse. La consommation finale d?énergies renouvelables thermiques ou issues des déchets par le secteur tertiaire demeure modeste, à 12 TWh en 2023. Elle est quasiment constante sur un an en données réelles et diminue de 0,9 % à climat corrigé. Cette consommation, principalement à des fins de chauffage, se répartit entre les filières biomasse solide (28 %), pompes à chaleur (26 %), incinération de déchets (25 %), biogaz (14 %), biocarburants (4 %, correspondant à la part renouvelable du gazole non routier utilisé marginalement par le secteur tertiaire), géothermie (2 %) et solaire thermique (1 %). 4.5.2 BOIS-ÉNERGIE En 2023, la consommation primaire de bois-énergie s?élève à 111 TWh en données réelles (figure 4.5.2.1). Elle augmente de 1,8 % par rapport à 2022 en raison de températures automnales plus basses que l?année précédente. La dépense associée s?élève à 3,5 Md¤ et augmente de 20 % sur un an. Elle se répartit en 2,5 Md¤ dans le résidentiel (soit 72 % du total), 0,7 Md¤ dans le secteur énergétique pour la production d?électricité et de chaleur et 0,3 Md¤ dans les autres secteurs (tertiaire et industriel). Si la hausse du prix du bois-énergie est particulièrement importante dans l?industrie (+ 48 % en un an), la hausse globale de la dépense est tirée par l?évolution du prix du bois acheté par les ménages (+ 30 % en moyenne annuelle (cf. 1.5.2) du fait de la part importante de ce secteur dans la consommation primaire totale. Cette dépense prend en compte l?achat de bois hors des circuits commerciaux mais n?inclut pas l?auto-approvisionnement en bois (entre 30 et 40 % de la consommation de bois-bûche des ménages). Figure 4.5.2.1 : consommation primaire de bois-énergie par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Consommation primaire totale 110 2 538 100 2 531 114 2 878 109 2 897 111 3 486 Production d?électricité et de chaleur 20 539 19 491 22 547 23 686 24 722 Industrie 9 80 9 81 9 90 12 123 12 176 Résidentiel 77 1 837 68 1 886 78 2 154 69 1 996 69 2 495 Tertiaire 3 82 3 73 3 87 3 92 3 93 Agriculture-pêche 2 0 2 0 2 0 2 0 2 0 Lecture:laconsommationprimairedebois-énergie(horsliqueurnoire)s?élèveà111TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3,5Md¤. Source :SDES,Bilandel?énergie 102 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.5.3 BIOCARBURANTS La consommation de biocarburants s?établit à 3,5 Mtep (soit 41 TWh) en 2023, dont 2,6 Mtep de biodiesel, 0,8 Mtep de bioéthanol et 0,05 Mtep de biokérosène (figure 4.5.3.1). Elle augmente (+ 4,6 %) en raison de la progression de la consommation de biodiesel (+ 5,6 %). Du fait de la baisse des prix, la dépense associée diminue fortement en euros constants (- 13,5 %), pour s?établir à 5,9 Md¤ en 202312. Hors coûts de distribution et des taxes (affectés par convention dans le bilan aux produits pétroliers avec lesquels ils sont mélangés), les dépenses de biodiesel s?élèvent à 4,4 Md¤ (- 16,1 % par rapport à 2022 en euros constants, malgré une hausse de la consommation), et celles de bioéthanol à 1,5 Md¤ (- 4,6 %). La consommation de biocarburants est concentrée à 92 % dans le secteur des transports, le reste étant essentiellement lié à l?utilisation d?engins agricoles et de chantier. Figure 4.5.3.1 : consommation de biocarburants et dépense totale associée 6,0 5,0 4,0 3,0 2,0 1,0 0,0 En Mtep En Md¤2023 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Bioessence Biodiesel Biokérosène Dépense en bioéthanol (axe de droite) Dépense en biodiesel (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsDGDDIetFAO 12 La dépense n?inclut pas celle en biokérosène, qui s?élève à 0,1 Md¤. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 103 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 4.6.1 CONSOMMATION ET DÉPENSE TOTALES À climat réel, la consommation totale d?électricité diminue de 4,0 % en 2023 (après - 3,8 % en 2022 et + 5,1 % en 2021), pour s?établir à 408 TWh (figure 4.6.1.1). À climat corrigé, la consommation d?électricité diminue dans les mêmes proportions par rapport à 2022 (- 3,9 %), soit un rythme plus soutenu que la moyenne annuelle observée depuis 2012 (- 0,74 %). En 2023, le climat a en effet été doux et comparable à celui de 2022. Les prix élevés ainsi que la poursuite des appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication de cette baisse. La forte hausse des prix de détail sur un an (+ 35,7 %) entraîne une très forte augmentation de la dépense en électricité, qui s?établit à 87 Md¤ (+ 23,7 % par rapport à l?année précédente en euros constants). En 2023, la hausse des dépenses en électricité s?explique par la persistance des effets de la crise énergétique amorcée fin 2021. Les prix élevés observés sur le marché de gros en 2022 ont continué d?influencer les factures payées par les consommateurs en 2023 en raison de la structure des contrats d?approvisionnement et des pratiques de couvertures des fournisseurs sur les marchés à terme. Ainsi, même si les prix sur les marchés de gros ont fortement décru en 2023 (cf. 1.7), la répercussion de cette baisse sur les contrats de fourniture en cours n?intervient pas au même rythme pour tous les contrats. Selon la structure des contrats de fourniture souscrits, les évolutions de prix pour les consommateurs finaux interviennent souvent lors des renouvellements de contrat, ce qui explique également le retard dans la transmission des prix des marchés de gros vers le marché de détail. Cette inertie tarifaire a conduit à des factures plus élevées pour les consommateurs, malgré une baisse de la consommation. Figure 4.6.1.1 : consommation physique d?électricité et dépense associée En TWh (données non corrigées des variations climatiques) En M¤2023 Consommation totale (TWh) Dépense totale (M¤2023) - (axe de droite) 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 470 460 450 440 430 420 410 400 390 380 100 000 90 000 80 000 70 000 60 000 50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0 Source :SDES,Bilandel?énergie 104 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.6.2 CONSOMMATION ET DÉPENSE DE LA BRANCHE ÉNERGIE Au-delà des pertes sur le réseau (37 TWh) et de l?électricité utilisée pour le pompage (3,6 TWh), la branche produisant de l?énergie (raffineries, enrichissement de l?uranium?) est elle- même consommatrice d?électricité à hauteur de 10 TWh, représentant un coût de 1,8 Md¤ (figure 4.6.2.1). Figure 4.6.2.1 : usages internes de la branche énergie en électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Branche électricité 9 716 9 781 9 862 10 1 228 10 1 752 Note:horspertes,consommationpropredescentraleseténergieabsorbéeparlepompage. Source : SDES,Bilandel?énergie 4.6.3 CONSOMMATION FINALE ET DÉPENSE ASSOCIÉE Corrigée des variations climatiques, la consommation finale d?électricité s?était stabilisée entre 2012 et 2018. En 2023, elle diminue de 4,0 % par rapport à 2022, avec des évolutions contractées selon les secteurs. Non corrigée du climat, la consommation finale d?électricité diminue de 4,2 % en 2023, à 398 TWh, dans un contexte de prix élevés et d?appels à la sobriété (figure 4.6.3.1). La dépense associée progresse de 23,3 %, atteignant 85,3 Md¤. Le secteur résidentiel représente 38 % de la consommation finale d?électricité, ce qui en fait le plus grand consommateur. La consommation finale d?électricité corrigée du climat du secteur s?élève à 156 TWh (figure 4.6.3.2), en baisse de 4,6 TWh par rapport à 2022 (- 2,8 %). L?électricité a de nombreux usages (chauffage, fonctionnement des divers équipements électroménagers ou autres, éclairage?). Plusieurs facteurs influent sur la consommation d?électricité du résidentiel : la météo, le taux d?équipement, l?amélioration de la performance énergétique des bâtiments, les prix, mais aussi les comportements de consommation (sobriété). Alors que la part du résidentiel dans la consommation d?électricité reste sensiblement la même, autour de 38 %, sa part dans la dépense diminue fortement. Elle était de 53 % en 2019, de 49 % en 2022 et de 42 % en 2023. En effet, le secteur résidentiel reste relativement épargné par l?augmentation globale des prix. Le bouclier tarifaire a limité les hausses des tarifs réglementés de vente (TRV) pour les ménages (et les petites entreprises). Ces derniers ont connu tout de même des hausses significatives en 2023 : + 15 % TTC en moyenne au 1er février et + 10 % TTC en moyenne au 1er août. Malgré la baisse de la consommation, la dépense progresse de 5,5 %. Le secteur tertiaire consomme 126 TWh d?électricité (à climat corrigé), soit 31 % de l?électricité finale totale, et se place ainsi en deuxième position. Sa consommation diminue de 6,1 % (- 8,3 TWh) après correction des variations climatiques. La part du tertiaire dans la dépense globale d?électricité est de 35 %, ce qui représente une augmentation importante par rapport à l?année précédente où elle était de 29 %. La dépense du secteur tertiaire augmente de 46,6 % malgré une baisse de 6,5 % de la consommation. Ce secteur est celui qui a été le plus impacté par la hausse des prix de l?électricité. Avec 103 TWh, l?industrie représente 26 % de la consommation d?électricité, se classant en troisième position. La dépense est en hausse de 31 %, pour une consommation baissant de 4,9 % (- 5,3 TWh). La part de l?industrie dans la dépense globale est de 19 %. La hausse des prix a été très disparate selon les consommateurs. Ainsi, par exemple, le prix de l?électricité pour les acteurs consommant plus de 150 GWh a baissé de 4 % en 2023, contrairement à la moyenne du secteur (+ 44 %, cf. 1.7). La consommation d?électricité dans les transports (13 TWh), très majoritairement liée au réseau ferré, est la seule consommation sectorielle à augmenter en 2023 (+ 16 %). Au sein des transports, la consommation des véhicules électriques routiers est de 2,3 TWh et a fortement progressé en 2023 (+ 46 %, après + 77 % en 2022), les immatriculations de voitures électriques étant en hausse de 47 % par rapport à 2022. La dépense en électricité pour le transport s?élève à 1,7 Md¤ (+ 33 %). La consommation d?électricité de l?agriculture (7 TWh) diminue de 9,4 % en 2023, pour une dépense de 1,8 Md¤, en hausse de 37 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 105 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie Figure 4.6.3.1 : consommation finale d?électricité (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Industrie 116 9 229 106 8 550 112 10 077 107 12 628 102 16 562 Transports 10 605 8 606 10 767 11 1 313 13 1 747 Résidentiel 160 32 188 161 33 512 170 35 573 155 33 772 151 35 645 Tertiaire 138 17 806 128 16 860 134 17 827 134 20 141 125 29 531 Agriculture-pêche 8 1 228 8 1 176 8 1 207 8 1 341 7 1 835 Total 432 61 055 411 60 703 433 65 451 415 69 194 398 85 319 Source : SDES,Bilandel?énergie Figure 4.6.3.2 : évolution de la consommation finale d?électricité En TWh (données corrigées des variations climatiques) 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Industrie Transports Résidentiel Tertiaire Agriculture-pêche 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsdonnéeslocalesdeconsommationd?électricité La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un objectif de baisse de la consommation finale de l?énergie pour 2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France continentale. Cette baisse globale de la consommation finale d?énergie passe par la réduction de la part des énergies fossiles dans notre bouquet énergétique, au profit de l?électricité et des énergies renouvelables. Si l?on considère le périmètre France entière, la consommation d?électricité corrigée des variations climatiques baisse de 8,1 % (- 35 TWh) depuis 2012. En 2023, sa part s?élève à 26 % de la consommation finale à usage énergétique comme en 2012. Cette baisse est concentrée sur la période récente. En effet, entre 2019 et 2023, elle atteint - 30 TWh. L?industrie et le tertiaire baissent de 17 TWh chacun. Ce sont les secteurs qui contribuent le plus à la baisse globale. Le transport est le seul secteur connaissant une hausse (+ 2 TWh) avec le développement des véhicules électriques. 106 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie 4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement La consommation (hors pertes) de chaleur commercialisée s?élève à 42 TWh en 2023. Elle baisse de 10 % par rapport à 2022 malgré des conditions climatiques et des besoins de chauffage équivalents. Corrigée des variations climatiques, elle diminue également de 10 % sur un an. Sur longue période, elle a fortement progressé (+ 23 % depuis 2013). En 2023, les ventes de chaleur, corrigées des variations climatiques, diminuent particulièrement dans le secteur de l?industrie (- 19 %) et le secteur tertiaire (- 7 %) dans un contexte de diminution de l?offre (figure 4.7.1). Les centrales thermiques, parmi lesquelles figurent les centrales en cogénération qui vendent la chaleur produite, ont été beaucoup moins sollicitées en 2023 qu?en 2022, dans un contexte de production d?électricité nucléaire et renouvelable en nette croissance, et ont, de ce fait, moins produit et vendu de la chaleur à leurs clients à proximité (plutôt des sites industriels). À l?inverse, la livraison au secteur résidentiel augmente de 1 %. Au total, le secteur industriel représente 40 % des quantités de chaleur achetée, le résidentiel 37 % et le tertiaire 23 %, la consommation de chaleur dans le secteur agricole restant très marginale. Figure 4.7.1 : consommation totale de chaleur commercialisée (nette des pertes de distribution) et dépense associée 60 50 40 30 20 10 0 2008 2007 2000 2002 2001 2017 2010 2009 2012 2011 2006 2005 2014 2013 2016 2015 2019 2021 2020 2022 2023 2018 2004 2003 Agriculture-pêche Résidentiel Tertiaire Industrie Total (hors pertes) non ventilé Dépense totale en Md¤2023 (axe de droite) En TWh (données corrigées des variations climatiques) En Md¤2023 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Note:laventilationsectorielledelaconsommationn?estdisponiblequ?àpartirde2007. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèsenquêteannuellesurlaproductiond?électricitéetenquêteannuellesurlesréseauxdechaleuretdefroid Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 107 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie En 2023, la dépense de consommation totale de chaleur commercialisée s?élève à 3 774 M¤ (figure 4.7.2). Elle diminue de 11 % sur un an, tirée à la baisse par le secteur industriel (cf. 1.8). Le secteur résidentiel représente 47 % de cette dépense, le secteur industriel 26 % et le secteur tertiaire 27 %, avec des montants respectifs de 1 757 M¤, 976 M¤ et 1 012 M¤. Le secteur industriel pèse en général nettement moins dans la dépense que dans la quantité consommée en raison de prix traditionnellement plus bas que dans les autres secteurs. En 2023, l?industrie bénéficie d?une baisse importante des prix de la chaleur. Ses dépenses refluent de 37 % par rapport à 2022 (pour une consommation en baisse de 20 %) mais restent plus élevées qu?avant la crise énergétique (+ 20 % par rapport à 2021). À l?inverse, dans le résidentiel et le tertiaire, les prix de la chaleur réagissent avec retard aux fluctuations des prix des énergies consommées et continuent d?augmenter en 2023. La dépense de chaleur du résidentiel augmente ainsi de 8 % alors que sa consommation n?augmente que de 3 %. La dépense du tertiaire est quasi stable (- 1 %) alors que sa consommation baisse de 6 %. Figure 4.7.2 : consommation de chaleur commercialisée (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Consommation finale totale 43 2 630 42 2 377 48 3 246 46 4 217 42 3 774 Industrie 19 507 18 422 20 813 22 1 541 17 976 Résidentiel 15 1 330 14 1 199 17 1 521 15 1 630 15 1 757 Tertiaire 9 775 10 742 11 889 10 1 022 9 1 012 Agriculture-pêche 0 18 0 15 0 22 0 25 0 27 Note:laconsommationtotaledechaleurcommercialisées?élèveà42TWhen2023,pourunedépensecorrespondantede3774M¤. Source :SDES,Bilandel?énergie 108 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 109 partie 4 : la consommation d?énergie par forme d?énergie partie 5 La consommation d?énergie par secteur ou usage ? La consommation finale d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux) diminue de 3,8 % en 2023 à climat corrigé. En données réelles, elle baisse de 3,9 %, pour atteindre 1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Tous les secteurs sont concernés : le tertiaire (- 8,2 %), l?industrie (- 6,6 %), le résidentiel (- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). La consommation finale à usage non énergétique diminue également (- 1,9 %). En 2023, les consommateurs finaux d?énergie (hors hauts-fourneaux) ont dépensé 227,9 Md¤, soit 0,9 % de plus qu?en 2022 en euros constants. 110 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités entre les secteurs La consommation finale réelle d?énergie (hors charbon des hauts-fourneaux) diminue de 3,9 % en 2023, pour s?établir à 1 615 TWh, dans un contexte de croissance faible du PIB (+ 0,9 %). Le climat ayant été proche de celui de 2022, la diminution de la consommation finale d?énergie corrigée des variations climatiques est quasiment la même (- 3,8 %). La consommation finale à usage énergétique, corrigée des variations climatiques, baisse de 4,0 % en 2023, pour s?établir à 1 545 TWh (figure 5.1.1). La consommation baisse dans le tertiaire (- 7,8 %), l?industrie (- 6,5 %), le résidentiel (- 2,7 %), les transports (- 2,2 %) et l?agriculture-pêche (- 0,7 %). Après une baisse importante en raison d?un ralentissement de l?activité dans la pétrochimie en 2022 (- 21,7 %, cf. 4.2.4), la consommation non énergétique diminue légèrement (- 1,9 %), pour s?établir à 119 TWh (figure 5.1.2), un niveau historiquement bas depuis plus de 50 ans. Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2019, la consommation finale énergétique a baissé de 0,4 % en moyenne annuelle à climat corrigé. Entre 2019 et 2023, cette baisse est de 2,1 % en moyenne annuelle. Sur la période complète, la baisse est supérieure à l?objectif (- 8,9 % pour un objectif de - 7,6 %). Figure 5.1.1 : consommation finale énergétique par secteur En TWh (données corrigées des variations climatiques) 2 000 1 800 1 600 1 400 1 200 1 000 800 600 400 200 0 Résidentiel Tertiaire Transports Industrie Agriculture-pêche Non affecté* 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 *Larépartitiondelachaleurparsecteurconsommateurn?estpasdisponibleentre2000et2006. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie La dépense nationale en énergie (hors hauts-fourneaux) s?élève à 227,9 Md¤ en 2023. Après une augmentation importante en 2022 (+ 18,4 % en euros constants) causée par la flambée des prix de l?énergie, elle est quasi stable en 2023 (+ 0,9 %) mais avec des résultats très contrastés selon les secteurs. Les dépenses augmentent particulièrement dans le tertiaire (+ 30,1 % pour une baisse de la consommation de 8,2 %) et l?industrie (+ 6,0 % pour - 6,6 % de consommation) à cause d?une forte augmentation des prix de l?électricité et du gaz (cf. 1.3 et 1.7). Elles augmentent également dans le résidentiel (+ 2,3 % pour - 2,7 % de consommation) et l?agriculture-pêche (+ 0,9 % pour - 0,7 % de consommation). À l?inverse, elles diminuent davantage que la consommation dans les transports (- 7,2 % pour - 2,2 % de consommation) grâce à la baisse du prix des produits raffinés. La dépense pour des usages non énergétiques diminue fortement (- 27,1 % pour - 1,9 % de consommation). Le transport concentre 38 % de la dépense nationale (hors charbon des hauts-fourneaux) pour 32 % de la consommation. À l?inverse, le poids de l?industrie (y compris Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 111 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage consommation non énergétique) est plus faible dans la dépense totale que dans la consommation. Cela s?explique par le fait que les industriels bénéficient généralement de prix inférieurs à la moyenne grâce à leurs volumes de consommation souvent élevés et à une taxation globalement moindre que celle des ménages. Ils sont toutefois plus sensibles aux variations des prix sur les marchés internationaux. Le poids de l?industrie dans la dépense totale a ainsi augmenté de 4 points entre 2020 et 2023 (12 % en 2023) alors que sa part de la consommation a diminué d?un demi-point sur la même période (17 % en 2023). Figure 5.1.2 : consommation finale par secteur (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Industrie (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881 Transports 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691 Résidentiel 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 Tertiaire 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604 Agriculture-pêche 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835 Consommation finale énergétique (hors charbon hauts-fourneaux) 1 631,2 181 347 1 494,8 152 414 1 632,9 180 468 1 559,3 213 532 1 495,9 218 834 Consommation finale non énergétique 156,0 8 654 146,5 6 599 154,3 10 326 121,6 12 411 119,3 9 050 Consommation finale (hors charbon hauts-fourneaux) 1 787,2 190 001 1 641,4 159 013 1 787,2 190 794 1 680,9 225 943 1 615,1 227 883 Source :SDES,Bilandel?énergie 112 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation Les ménages français ont consommé, au total, 722 TWh d?énergie en 2023, soit une baisse de 1,6 % par rapport à 2022 (figure 5.2.1). Cette consommation d?énergie se répartit en 422 TWh (- 2,7 %) dans leurs logements (cf. 5.3) et 299 TWh (- 0,1 %) pour leurs déplacements (cf. 5.5). Leur dépense énergétique atteint 114,9 Md¤ (- 1,3 %), dont 57,8 Md¤ pour le logement (+ 2,3 %) et 57,1 Md¤ pour le transport (- 4,7 %). En 2023, la dépense énergétique moyenne d?un ménage s?élève à 3 678 ¤, dont 1 851 ¤ imputables à l?énergie dans le logement et 1 827 ¤ aux achats de carburant (figure 5.2.2). En euros courants, la dépense moyenne d?un ménage augmente de 3,0 % (+ 6,8 % pour le logement et - 0,6 % pour les carburants). Toutefois, corrigée de l?évolution globale des prix, la facture moyenne en énergie diminue de 2,2 % par rapport à 2022. Cette diminution est portée par la baisse des dépenses en carburant (- 5,6 %) alors que les dépenses énergétiques moyennes liées au logement augmentent de 1,4 %. Figure 5.2.1 : consommation d?énergie des ménages (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Logement 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 Transport 306,1 52 539 256,7 37 990 288,8 47 981 299,6 59 927 299,3 57 087 Total 776,3 107 363 712,4 91 144 786,56 105 497 733,6 116 431 721,6 114 910 Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergiepourlelogement. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Figure 5.2.2 : dépense en énergie par ménage entre 2019 et 2023 48 43 54 55 57 61 62 70 64 80 En euros constants 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Électricité Gaz naturel Combustibles pétroliers Bois Chaleur commercialisée Carburants 2019 2020 2021 2022 2023 3 561 2 996 3 437 3 760 3 678 1 068 1 102 1 159 1 090 1 141 419 375 382 393 410 223 166 208 221 163 1 743 1 249 1 563 1 935 1 827 Note:chèqueénergienondéduitdesdépensesd?énergieparménagepourlelogement. Lesdépensesencharbon,quireprésententpourl?ensembledesménagesmoinsde10M¤paran,nesontpasreprésentéesici,maissontbieninclusesdansletotal. Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 113 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage L?augmentation des dépenses pour le logement résulte de celle des prix. Elle est toutefois limitée par la diminution de la consommation d?énergie pour le logement, liée à des prix élevés en 2023 (cf. 5.3) et aux appels à la sobriété, dans un contexte de crise énergétique. La prolongation en 2023 du bouclier tarifaire (plafonnement ou limitation des hausses des tarifs réglementés, cf. 1.3 et 1.7) a permis de limiter la hausse des prix du gaz et de l?électricité. Le dispositif de chèque énergie, dont le montant moyen, toutes campagnes confondues, s?élève à 138 ¤ en 202313, permet également de soutenir les ménages les plus modestes face aux hausses de prix. Cette aide n?est pas prise en compte dans les dépenses présentées dans cette publication. En euros constants, les dépenses moyennes en électricité, qui représentent environ les deux tiers de la facture énergétique dans les logements, sont en hausse de 4,6 % par rapport à 2022. Les dépenses en gaz naturel, en chaleur et en bois augmentent respectivement de 4,2 %, 2,5 % et de 24 %. Les dépenses en produits pétroliers diminuent de 26 %, liées non seulement à une baisse de la consommation mais aussi des prix (voir partie 1). Les accises sur l?énergie (ex-TICPE, TICGN, TICFE et TICC) ainsi que la contribution tarifaire d?acheminement pour l?électricité et le gaz (CTA) représentent 4,7 % de la dépense d?énergie du logement. En euros constants, le taux moyen de ces taxes est de 6,4 ¤/MWh et diminue de 43,2 % par rapport à 2022, toutes énergies confondues. Avec la diminution des taxes et la baisse de la consommation énergétique, le montant total de ces taxes s?élève à 87 ¤ par ménage et diminue de 45,2 % (figure 5.2.3). Figure 5.2.3 : décomposition de la dépense moyenne des ménages en énergie pour le logement En euros constants 2 500 2 000 1 500 1 000 500 0 Taxes énergétiques TVA Dépense HTT 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie La dépense en carburants diminue de 5,6 % en euros constants en 2023. Elle résulte d?une baisse des prix (cf. 1.2), la consommation moyenne par ménage étant stable entre 2022 et 2023. Les taxes énergétiques (composées de l?accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) en métropole, de la taxe spéciale de consommation (TSC) et de l?octroi de mer dans les DROM) représentent 34,4 % de la dépense (figure 5.2.4). Le taux moyen des taxes est de 65 ¤/MWh, tous carburants confondus. En euros constants, le montant des taxes collectées auprès des ménages pour les carburants reste stable. 13 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023. 114 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Figure 5.2.4 : décomposition de la dépense moyenne de carburant par ménage En euros constants 2 000 1 500 1 000 500 0 Taxes énergétiques TVA Dépense HTT 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Champ:Franceentière(ycomprisDROM). Source :SDES,Bilandel?énergie Au total, en 2023, l?énergie représente 9,4 % des dépenses des ménages et 5,8 % de leur consommation effective, incluant notamment les loyers imputés et services d?intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim) - (figure 5.2.5). La part dans les dépenses des ménages baisse de 0,2 point par rapport à 2022, sa diminution étant essentiellement due aux dépenses en carburants. En effet, la part des carburants diminue de 0,3 point alors que celle des énergies pour le logement augmente de 0,1 point. La part de l?énergie dans les dépenses des ménages demeure sensiblement éloignée de son pic atteint en 1985, à 11,7 %. Figure 5.2.5 : part de l?énergie dans le budget des ménages En % 14 12 10 8 6 4 2 0 Part de l?énergie dans la consommation effective des ménages Part de l?énergie dans le budget des ménages (hors Sifim et loyers imputés) 1968 1995 2010 1986 1971 1998 2013 1989 2004 1974 1965 1977 1992 2007 1980 1983 2001 2016 2019 2023 Note:lebudgetdesménagesestcalculécommelesdépensesdesménagesausensdelaComptabiliténationale,horsloyersimputésetservices d?intermédiationfinancièreindirectementmesurés(Sifim). Laconsommationeffectiveintègrecesdeuxélémentsainsiquelesconsommationscorrespondantàdesdépensesindividualisablesfaitesparlesinstitutionssans butlucratifauservicedesménages(ISBLSM)etparlesadministrationspubliques(APU)enmatièredesanté,d?enseignement,d?actionsociale. Lebudgetestprochedecequedéboursentlesménagespourleurconsommationcourante,tandisquelaconsommationeffectiveapprochecedontilsbénéficient, ycompriscequiestpayéparl?ensembledelacollectivité. Lechèqueénergie,introduiten2018àlaplacedestarifssociauxdugazetdel?électricité,n?estpasdéduitdeladépensed?énergiepourlelogement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :Insee,Comptesnationaux;SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 115 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur résidentiel diminue de 2,7 % par rapport à 2022 et atteint 422 TWh. Corrigée des variations climatiques, la baisse est presque équivalente (- 2,7 %). Les températures en 2023 ont en effet été douces et comparables à celles de 2022. Les prix élevés de l?électricité et du gaz ainsi que les appels à la sobriété peuvent avoir incité les ménages à diminuer leur consommation énergétique pour leur logement. À climat corrigé, la consommation d?électricité du résidentiel diminue en 2023 (- 2,8 %), à 156 TWh (figure 5.3.1). Demeurant l?énergie principale employée par les ménages, elle représente 34 % de la consommation totale d?énergie dans les logements. Deuxième énergie utilisée par les ménages et représentant plus d?un quart de la consommation énergétique dans le résidentiel, la consommation d?énergie renouvelable (EnR) augmente à climat corrigé de 4,0 % par rapport à 2022, portée par la chaleur issue des pompes à chaleur (PAC, + 10,4 %). En 2023, les énergies renouvelables consommées dans le résidentiel sont composées à 59 % de bois, 38 % de chaleur issue des PAC (cf. 2.2.3) et 3 % d?énergie solaire thermique. Troisième énergie utilisée par les ménages, le gaz représente 25 % de la consommation d?énergie du logement. Sa consommation diminue de 6,8 %, en lien sans doute avec des prix en forte hausse. La consommation de chaleur commercialisée (i.e. distribuée via des réseaux) corrigée des variations climatiques augmente de 2,3 %, pour s?établir à 16 TWh. Enfin, la consommation de produits pétroliers diminue de 11,7 % et représente dorénavant 8,3 % de la consommation totale. Figure 5.3.1 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel En TWh (données corrigées des variations climatiques) 600 500 400 300 200 100 0 Électricité Gaz naturel Énergies renouvelables et déchets Produits pétroliers Charbon Chaleur commercalisée* 1996 2014 2008 1990 1998 1992 2016 2010 2000 1994 2002 2012 2004 2006 2018 2020 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie,d?aprèslesdonnéesduCeren 116 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Ainsi, après correction des variations climatiques, seules les consommations d?énergies renouvelables et de chaleur commercialisée progressent en 2023 dans le secteur résidentiel. L?augmentation des prix, les appels à la sobriété et, dans une moindre mesure, la transition vers des formes d?énergie plus propres expliquent en partie la baisse de la consommation des énergies traditionnelles. La programmation pluriannuelle de l?énergie fixe un objectif de baisse de la consommation finale d?énergie pour 2023 de 7,6 % par rapport à l?année 2012 en France continentale. Pour le périmètre France entière, dans le secteur résidentiel, la baisse corrigée du climat est de 9,9 % depuis cette année de référence, soit - 50 TWh. Elle s?est fortement accélérée depuis la crise énergétique puisqu?entre 2019 et 2023 elle atteint 6,2 %. Depuis 2012, le bouquet énergétique a été profondément modifié. Avec - 45 TWh, le gaz naturel est l?énergie qui contribue le plus à la baisse. Les produits pétroliers viennent en second avec - 41 TWh. Cela s?explique notamment par la diminution du parc de logements équipés de chaudières au fioul. En hausse de 35 TWh, les énergies renouvelables se sont en partie substituées aux énergies carbonées. Avec 312 TWh, le chauffage concentre plus des deux tiers de la consommation du résidentiel en France métropolitaine, à climat corrigé (figure 5.3.2). Les EnR représentent 41 % de la consommation de chauffage, le gaz 30 % et l?électricité 16 %. L?électricité spécifique (qui comprend la consommation d?électroménager, d?éclairage, d?appareils audiovisuels et informatique, etc.) représente 16,1 % de la consommation d?énergie. Le reste de la consommation est réparti entre l?eau chaude sanitaire (9,1 %) et la cuisson (5,1 %), tandis que la climatisation ne représente encore qu?une faible part de la consommation d?énergie (0,5 %). Sur un an, les consommations à usage de climatisation augmentent à climat corrigé (+ 4,7 %) alors que la consommation des autres usages diminue. Figure 5.3.2 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel par usage En TWh (données corrigées des variations climatiques) 550 500 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Chauffage Eau chaude sanitaire Usages spécifiques de l?électricité Cuisson Climatisation 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 Note:laconsommationenclimatisation,quireprésente2TWhen2023,n?estpasvisiblesurcegraphiquemaisestbieninclusedansletotal. Champ:Francemétropolitaine. Sources :Ceren;SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 117 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Les dépenses énergétiques totales du secteur résidentiel s?élèvent à 57,8 milliards d?euros en 2023 (figure 5.3.3). Elles augmentent en euros constants par rapport à 2022 (+ 2,3 %). Cette évolution s?explique principalement par la hausse des prix de l?électricité (cf. 1.1,1.3et1.7). Toutefois, les boucliers tarifaires permettent de limiter la hausse des dépenses et les chèques énergie réduisent la charge pour les ménages les plus modestes, avec un montant moyen de 138 ¤ en 202314. La dépense en électricité (35,6 milliards d?euros) représente en 2023 la plus forte dépense en énergie du résidentiel (61,6 %). Elle augmente de 5,5 % en euros constants par rapport à 2022. Les factures de gaz naturel s?établissent à 12,8 milliards et sont en hausse en euros constants (+ 5,1 %). Pour ces deux énergies, la baisse de la consommation n?a pas compensé la hausse des prix. Pour les produits pétroliers, la baisse des prix et de la consommation ont entraîné une forte baisse de la dépense (- 25,3 %). Elle s?établit à 5,1 milliards d?euros. Quant aux dépenses d?énergies renouvelables (2,5 milliards d?euros), elles augmentent de 25,1 %. Celles de chaleur (1,8 milliard d?euros) augmentent de 3,4 %. Figure 5.3.3 : consommation finale énergétique dans le secteur résidentiel (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 55,1 6 712 48,5 5 044 54,8 6 385 40,7 6 830 35,7 5 099 Gaz naturel 129,8 12 628 127,8 11 404 133,4 11 737 109,3 12 174 101,3 12 801 Charbon 0,3 9 0,2 7 0,3 9 0,3 17 0,2 9 Énergies renouvelables et déchets* 110,5 1 840 103,2 1 886 122,7 2 158 114,0 1 995 119,4 2 495 Électricité 159,7 32 188 161,5 33 512 169,5 35 573 155,2 33 772 150,7 35 645 Chaleur commercialisée 14,8 1 447 14,5 1 302 17,0 1 653 14,5 1 716 14,9 1 775 Total 470,2 54 825 455,7 53 155 497,8 57 516 434,0 56 504 422,3 57 824 *Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesthermiquesetdéchets,seulleboisdechauffagecommercialiséestprisencompte. Note:lesdépensesdesménagesneprennentpasencompteleversementdeschèquesénergie. Champ:Franceentière(ycomprisDROM) Source :SDES,Bilandel?énergie 14 Ce montant inclut le chèque de la campagne 2023, qui s?élève à 150 euros, mais aussi tous les chèques énergie des années précédentes délivrés en 2023. 118 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité En 2023, la consommation énergétique réelle du secteur tertiaire s?établit à 229 TWh, en baisse de 8,2 % par rapport à 2022, et atteint son niveau le plus bas depuis plus de 20 ans. Le climat a été doux et comparable à celui de 2022. Corrigée des variations climatiques (CVC), l?évolution de la consommation est donc similaire (- 7,8 %) - (figure 5.4.1). Le prix élevé de l?électricité et du gaz et la poursuite des appels à la sobriété peuvent être des éléments d?explication de cette baisse de la consommation. Le tertiaire est le secteur qui a connu les plus fortes hausses de prix en 2023 (cf. partie 1). Ainsi, en 2023, la persistance des effets de la crise énergétique amorcée en 2021 explique la hausse de la dépense (+ 9,2 Md¤), portée par celles en électricité (+ 9,4 Md¤) et en gaz (+ 1,1 Md¤). Figure 5.4.1 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire En TWh (données corrigées des variations climatiques) 300 250 200 150 100 50 0 Électricité Gaz naturel Produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Charbon Chaleur commercalisée* 2003 2012 2017 2009 2000 2004 2001 2013 2018 2010 2015 2005 2002 2006 2011 2016 2007 2008 2014 2019 2020 2021 2022 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie En 2023, corrigée du climat, la consommation d?électricité, qui représente plus de la moitié du bouquet énergétique du tertiaire, diminue de 6,1 % tandis que la valeur ajoutée des services marchands augmente de 1,2 %. Depuis 2012, la consommation d?électricité du tertiaire diminue en moyenne de 1,2 % par an. La consommation de gaz naturel (un quart du bouquet) diminue encore plus fortement (- 9,1 %), une baisse bien supérieure au rythme des dernières années (- 0,6 % en moyenne annuelle depuis 2012). La consommation de produits pétroliers diminue à un rythme annuel de - 3,2 % depuis 2012 et représente 11,4 % de la consommation corrigée du climat en 2023. Même la consommation d?énergies renouvelables (EnR) décroît en 2023 (- 0,9 %), alors qu?elle progressait à un rythme annuel de + 5,8 % en moyenne depuis 2012. La consommation des EnR dans le tertiaire couvre la consommation renouvelable des pompes à chaleur (25,5 %), de la biomasse (28 %), des déchets (25,5 %) et du biogaz (13,9 %). Enfin, la consommation de chaleur commercialisée via des réseaux baisse de 5,7 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 119 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage La valeur ajoutée du tertiaire augmente de 1,7 % en moyenne par an depuis 2000, à un rythme supérieur à celle du reste de l?économie. Malgré une très légère baisse, de 0,1 point en 2023, la part du tertiaire dans la valeur ajoutée de l?économie progresse globalement régulièrement, passant de 53 % en 2000 à 59 % en 2023. Entre 2000 et 2010, la consommation d?énergie du tertiaire progresse au même rythme (+ 1,8 % par an), soutenue par l?évolution de la consommation de l?électricité (+ 2,8 % par an). Par la suite, la consommation se stabilise jusqu?en 2018, année à partir de laquelle la consommation d?énergie commence à décroître (- 3 % en moyenne par an), sans doute sous l?impulsion de l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments (cf. 6.1). La reprise d?activité après les crises sanitaire et énergétique n?a pas conduit à une augmentation de la consommation d?énergie. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux, la consommation d?énergie finale dans le tertiaire baisse de 25,3 TWh (- 9,6 %) en données corrigées du climat. L?intégralité de la baisse a été réalisée entre 2019 et 2023. Au-delà des objectifs de la programmation pluriannuelle de l?énergie, le décret tertiaire (article 175 de la loi Élan de 2018) impose une réduction progressive de la consommation d?énergie dans les bâtiments à usage tertiaire. Celle-ci doit ainsi se réduire de 40 % en 2030 par rapport à 2010. En 2023, le secteur tertiaire a dépensé 39,6 milliards d?euros pour sa consommation finale d?énergie, soit une hausse de 30,1 % en euros constants par rapport à 2022 (figure 5.4.2), malgré la baisse de la consommation de toutes les énergies. L?augmentation de la facture s?explique par la hausse des prix de l?électricité et du gaz entraînée par la crise énergétique. Figure 5.4.2 : consommation finale énergétique du secteur tertiaire (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 EnTWh EnM¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 30,9 2 861 32,4 2 372 27,5 2 274 31,5 4 026 26,6 2 766 Gaz naturel 72,6 3 969 66,1 3 374 75,3 4 090 63,1 5 064 56,9 6 114 Charbon 0,4 10 0,4 8 0,4 10 0,4 15 0,3 13 Énergies renouvelables et déchets 9,2 117 9,4 104 10,6 112 11,3 131 11,3 158 Électricité 137,8 17 806 127,6 16 860 133,5 17 827 133,6 20 141 124,9 29 531 Chaleur commercialisée 9,3 843 9,5 805 10,6 966 9,7 1 076 9,1 1 022 Total 260,2 25 605 245,4 23 522 257,9 25 280 249,6 30 453 229,1 39 604 Note:lebilanmonétaireneprendpasencomptelesaidesattribuéesvialeguichetd?aide. Source :SDES,Bilandel?énergie Plus précisément, la dépense en électricité progresse de 46,6 % et celle en gaz naturel de 20,7 %. La dépense d?EnR, qui n?inclut que la dépense en biomasse et en biocarburants, augmente, quant à elle, de 20 %. La dépense de produits pétroliers diminue de 31,3 %. C?est l?unique énergie dont le prix moyen baisse en 2023. En 2023, l?électricité concentre près des trois quarts de la dépense, contre un peu plus de la moitié de la consommation finale, du fait d?un prix relativement élevé au MWh par rapport aux autres énergies. À l?inverse, le poids du gaz naturel est plus faible dans la dépense totale que dans la consommation (respectivement 15,4 % et 24,8 %). Troisième énergie du secteur, les produits pétroliers représentent 7 % de la dépense et 11,6 % de la consommation, devant la chaleur commercialisée via des réseaux (2,6 % de la dépense totale et 4 % de la consommation). https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/eco-energie-tertiaire-eet 120 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire En 2023, l?usage des transports représente 34 % de la consommation énergétique finale, soit 513 TWh, dont 299 TWh sont liés aux déplacements des ménages (cf. 5.2) et 214 TWh relèvent des entreprises et administrations. Par convention statistique internationale, cette consommation exclut les soutes internationales aériennes (62 TWh) et maritimes (12 TWh). Entre 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), et 2023, la consommation finale énergétique des transports a diminué de 3,6 %. Avec l?agriculture, c?est le seul secteur à ne pas atteindre l?objectif de - 7,6 % (tous secteurs confondus) sur la période. 5.5.1 CONSOMMATION PAR USAGE ET PAR MODE Après deux années marquées par une forte reprise post-Covid (+ 13,6 % en 2021 et + 3,4 % en 2022), la consommation énergétique finale pour les transports diminue de 2,2 % en 2023. Le transport intérieur de voyageur, moteur de la reprise en 2021 et 2022, diminue de 0,3 %. Le trafic national de marchandises (hors oléoducs) diminue fortement après avoir stagné (- 4,0 %, après - 0,9 % en 2022) - (Bilanannueldes transports en 2023, SDES). Les consommations du secteur (figure 5.5.1.1) sont dominées par le mode routier (93,2 %, soit 478 TWh), en relation avec ses parts modales dans le transport de passagers (87 % du trafic en métropole en voyageurs-kilomètres) comme de marchandises (86 % en métropole en tonnes-kilomètres). Le transport routier des ménages représente à lui seul plus de la moitié (57,7 %) de la consommation finale énergétique des transports en France. La part des transports ferrés dans la consommation finale (2,1 %, à 10,7 TWh en 2023) est bien inférieure à ses parts modales (11 % pour les passagers et 9 % pour le fret). Les vols domestiques (y compris les liaisons entre métropole et outre-mer) représentent 3,2 % de la consommation énergétique finale des transports, en baisse de 0,3 point par rapport à 2022. Les vols internationaux (non comptabilisés dans le total), particulièrement touchés par la crise sanitaire, continuent leur reprise, pour atteindre 62,3 TWh en 2023 (+ 9,6 %). La consommation du transport maritime et fluvial (y compris plaisance) national représente 1,4 % de la consommation énergétique finale des transports. Figure 5.5.1.1 : part de chaque mode dans la consommation finale énergétique des transports et dans le transport de voyageurs et de marchandises en 2023 En % Routier ménages Routier entreprises Aviation domestique Ferré Autres 3,2 2,1 1,4 57,7 35,4 Transport intérieur Voyageurs Marchandises voyageurs- kilomètres tonnes- kilomètres Routier 87 % 86 % Ferré 11 % 9 % Aviation domestique 1 % - Navigation - 2 % Oléoducs - 3 % Note:legraphiquedonnelapartdechaquemodedanslaconsommationfinaleénergétiquedestransports(horssoutesinternationales)enFranceentière. LetableaupermetdevoirlapartdechaquemodedansletransportintérieurdevoyageursetletransportdemarchandisesenFrancemétropolitaine. Sources :SDES,Bilandel?énergie;SDES,Bilandestransports,2023 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 121 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.5.2 CONSOMMATION PAR ÉNERGIE Le bouquet énergétique, hors soutes internationales, est largement dominé par les produits pétroliers (89,3 %), principalement à destination des transports routiers (figure 5.5.2.1). Il est complété par les biocarburants (7,3 %), l?électricité (2,5 %) et le gaz naturel, qui reste marginal (0,8 %). Les consommations de carburants routiers (biocarburants inclus) diminuent de 2,5 % en 2023 après deux années de hausse post-crise sanitaire (+ 13,2 % en 2021 et + 2,1 % en 2022). Auparavant, elles avaient été quasi stables entre 2011 et 2019 (- 1,7 % sur l?ensemble de la période), avec une progression des parts de l?essence (+ 1,1 point) et des biocarburants (+ 1,7 point) au détriment du diesel (- 3,0 points). Figure 5.5.2.1 : consommation finale énergétique des transports En TWh 600 500 400 300 200 100 0 Gazole route (hors biocarburants) Énergies renouvelables et déchets (biocarburants) Essence route (hors biocarburants) Électricité Carburéacteurs et autres produits pétroliers (hors biocarburants) Gaz naturel 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie Les ventes d?essence (en excluant les biocarburants incorporés) retrouvent leurs niveaux d?avant-crise dès 2021 et continuent leur croissance en 2022 (+ 9,4 %) et en 2023 (+ 6,6 %). Cette croissance s?explique essentiellement par celle de la circulation de voitures particulières à motorisation essence, dont le parc croît au détriment de celui des motorisations diesel. La circulation en France métropolitaine de voitures particulières, utilitaires légers et motocycles (pavillons français et étranger) à essence augmente de 3,3 % en 2023 (en véhicules-kilomètres, hybrides incluses). Les ventes de gazole routier (hors biocarburants incorporés) baissent de 6 % en 2023. Elles représentent 62,7 % de la consommation finale pour le transport, à 321,7 TWh. La circulation de véhicules diesel, qui était légèrement repartie en 2021 et 2022 (respectivement + 6,0 % et + 3,9 %), diminue de 4,8 %. La décomposition par type de véhicules montre une évolution contrastée : - 5,1 % pour les voitures et utilitaires légers, - 1,1 % pour les véhicules lourds (poids lourds, bus et cars), qui repassent légèrement sous leur niveau d?avant-crise. 122 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage Après une baisse importante liée à la crise sanitaire en 2020, la consommation de biocarburants routiers continue sa reprise (+ 4,1 %) en 2023, alimentée par la hausse du taux d?incorporation dans le gazole. En 2023, au niveau métropolitain, ces taux en contenu énergétique atteignent 8 % pour le gazole (7,1 % en 2022) et 8,4 % pour l?essence (9 % en 2022). Un objectif de taux d?incorporation est fixé pour l?essence et le gazole dans le cadre de la taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport (Tiruert). En 2023, il passe de 9,2 à 9,5 % pour l?essence et de 8,4 à 8,6 % pour le gazole. Depuis 2022, un taux est également fixé pour le biokérosène (1 %). En incluant les soutes internationales, la consommation de carburéacteurs augmente de 4,9 % en 2023, après une hausse de 58,9 % en 2022. Malgré cette progression, elle reste largement en dessous de son niveau de 2019 (86,7 % du volume). La consommation d?énergie du trafic intérieur diminue de 9,7 %, alors que celle due au trafic international poursuit sa croissance (+ 9,6 %). Les livraisons à destination des soutes maritimes internationales, principalement sous forme de fioul lourd, diminuent de 10,3 % après deux années de reprise (+ 13,5 % en 2021, + 5,6 % en 2022), atteignant un niveau inférieur de 38,4 % à celui de 2019. La consommation d?électricité, majoritairement liée au mode ferré, s?élève à 12,9 TWh en 2023, en hausse de 16 % par rapport à 2022. Cette croissance est portée par celle de la consommation du ferré (+ 12,7 %) et par celle des véhicules routiers à motorisation alternative (électriques et hybrides rechargeables). La consommation d?électricité pour le routier poursuit sa forte croissance (+ 29,5 % en 2020, + 109,1 % en 2021, + 77,4 % en 2022 et + 46,7 % en 2023), pour atteindre 2,3 TWh. Avec 25,7 % des immatriculations en 2023, les voitures particulières électriques et hybrides rechargeables continuent leur croissance, passant de 2,2 % du parc en 2022 à 3,1 % en 2023 (Bilanannueldestransportsen2023, SDES). La consommation de gaz naturel pour le mode routier (y compris le gaz naturel porté par camion sous forme de gaz naturel liquéfié depuis les terminaux méthaniers) continue sa progression (+ 14,6 % en 2023), notamment grâce au développement du parc de poids lourds alimentés au gaz. À un niveau de 4,2 TWh, elle représente 0,8 % de la consommation finale énergétique des transports. 5.5.3 CONSOMMATION, DÉPENSES ET TAXES La dépense énergétique du secteur des transports s?élève en 2023 à 88 Md¤ (figure 5.5.3.1). Comme la consommation finale, la facture énergétique des transports est dominée par les produits pétroliers (91 %), en particulier à destination du transport routier. Elle décroît plus rapidement que la consommation (- 7 %, contre - 2 % pour la consommation) en raison d?une baisse des prix après la flambée de 2022 (cf. 1.2). Les taxes énergétiques représentent, comme en 2022, 34 % de la dépense dans les transports en 2023. Figure 5.5.3.1 : consommation finale énergétique des transports (hors soutes internationales) par énergie et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 481,7 76 205 405,0 54 808 460,5 69 287 473,9 86 286 458,6 80 134 Gaz naturel 1,9 85 2,2 86 3,1 149 3,7 317 4,2 394 Biocarburants 37,2 3 399 30,9 2 632 34,0 4 431 36,0 6 571 37,7 5 416 Électricité 10,1 605 8,3 606 9,7 767 11,1 1 313 12,9 1 747 Total 530,9 80 294 446,5 58 132 507,3 74 635 524,6 94 487 513,3 87 691 Source :SDES,Bilandel?énergie https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/bilan-annuel-des-transports-en-2023?rubrique=56&dossier=1337 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 123 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 5.6.1 CONSOMMATION FINALE PAR ÉNERGIE ET DÉPENSE ASSOCIÉE Le secteur de l?industrie inclut ici l?industrie manufacturière, y compris agroalimentaire, et la construction. La consommation de charbon des hauts-fourneaux, considérée comme faisant partie du secteur de la transformation d?énergie par convention statistique internationale, est exclue de la consommation d?énergie physique de l?industrie (et traitée en conséquence dans la partie 3). On distingue les usages énergétiques de l?énergie de ses usages non énergétiques, c?est-à-dire de l?utilisation des molécules comme matière première. Les usages non énergétiques sont traités en détail, énergie par énergie, dans la partie 4 du bilan. La consommation à usage non énergétique s?établit à 119,3 TWh en 2023. La grande majorité de ces consommations à usage non énergétique est constituée par les produits pétroliers (105,4 TWh), en particulier dans l?industrie pétrochimique (76,6 TWh). Le gaz naturel est également utilisé pour des usages non énergétiques (10,5 TWh, principalement pour la synthèse d?engrais et pour la production d?hydrogène). La consommation finale à usage énergétique réelle de l?industrie s?établit, quant à elle, à 278,6 TWh en 2023. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie, elle a baissé de 64,9 TWh (18,9 %) en données réelles, soit - 1,9 % en moyenne par an (- 17,1 % en données corrigées des variations climatiques). Les deux tiers de la baisse ont été réalisés entre 2019 et 2023. La consommation recule par rapport à 2022, de 6,6 % en données réelles (- 6,5 % à climat corrigé en raison de températures comparables entre les deux années). Dans le même temps, la production dans l?industrie manufacturière diminue également sur l?année 2023 (- 5,0 %). La baisse de consommation en 2023 concerne l?ensemble des énergies, à l?exception des produits pétroliers et des énergies renouvelables, qui connaissent une légère hausse (respectivement + 1,3 % et + 3,5 %). En 2023, le bouquet énergétique final de l?industrie est toujours dominé par le gaz et l?électricité (respectivement 35 % et 37 % du total) - (figure 5.6.1.1). Viennent ensuite les produits pétroliers (10 %), les énergies renouvelables et les déchets (10 %), la chaleur commercialisée (6 %) et le charbon (2 %, hors hauts-fourneaux) - (cf. 3.3). Figure 5.6.1.1 : consommation finale énergétique de l?industrie En TWh (données corrigées des variations climatiques) 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Gaz naturel Énergies renouvelables thermiques et déchets Électricité Chaleur commercialisée* Produits pétroliers Charbon (hors hauts-fourneaux) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 124 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage La dépense énergétique totale de l?industrie (hors charbon dans les hauts-fourneaux) s?élève en 2023 à 27,9 milliards d?euros, en hausse de 6,0 % en euros constants sur un an, pour une consommation qui baisse dans le même temps de 6,6 % (figure 5.6.1.2). Cette augmentation des dépenses s?inscrit dans la continuité de la hausse importante constatée en 2022, liée à l?impact du contexte géopolitique sur les prix de l?énergie. Par rapport au niveau d?avant la crise sanitaire (2019), l?augmentation est significative (+ 70,8 %). La hausse de la dépense est surtout imputable à celle de l?électricité (+ 31,2 % en euros constants sur l?année), qui représente 59,4 % de la dépense énergétique de l?industrie. Le gaz naturel (26,9 % de la dépense totale) connaît à la fois une baisse de consommation (- 9,5 % en 2023) et de dépense (- 15,9 %) notables, après une explosion de la facture en 2022. De même, les dépenses industrielles liées aux produits pétroliers (8,2 % du montant total), du charbon et dérivés hors hauts-fourneaux (0,9 %) et de la chaleur commercialisée (3,5 %) se réduisent en 2023 (respectivement - 9,8 %, - 23,5 % et - 39,2 %). Enfin, couplée à une légère hausse de la consommation (+ 3,5 %), les dépenses dans les énergies renouvelables thermiques et déchets augmentent par rapport à 2022 (+ 4,5 % en euros constants). Figure 5.6.1.2 : consommation finale énergétique de l?industrie par énergie (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 29,1 1 898 28,2 1 476 27,7 1 798 28,1 2 549 28,5 2 300 Gaz naturel 121,1 4 247 108,8 3 049 120,8 5 390 108,3 8 904 98,0 7 491 Charbon et dérivés hors hauts-fourneaux 10,3 250 9,1 179 10,5 274 7,4 315 6,2 241 Énergies renouvelables thermiques et déchets* 23,8 150 23,4 146 24,0 200 25,6 288 26,5 301 Électricité 115,7 9 229 105,8 8 550 112,5 10 077 107,2 12 628 102,0 16 562 Chaleur commercialisée 18,8 551 17,6 458 20,1 884 21,6 1 623 17,5 986 Total (hors charbon hauts-fourneaux) 318,7 16 325 292,8 13 857 315,7 18 623 298,2 26 306 278,6 27 881 *Pourlavalorisationmonétairedesénergiesrenouvelablesetdéchets,seulslebois-énergieetlesbiocarburantssontprisencompte. Note:conformémentauxconventionsstatistiquesinternationalesrelativesàlacomptabilitéphysiquedel?énergie,laconsommationdecharbonetsesdérivés dansleshauts-fourneauxestexcluedelaconsommationfinale.Lebilanmonétairedel?industriedanscetteficheestréaliséencohérenceaveclebilanphysique excluantlecharbondeshauts-fourneaux. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 125 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6.2 CONSOMMATION FINALE PAR SECTEUR Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente à lui seul 21,9 % de l?énergie consommée dans l?industrie (figure 5.6.2.1), voit sa consommation énergétique diminuer de 4,5 %, tandis que l?indice brut de production de l?industrie chimique est relativement stable sur un an (- 0,6 % par rapport à l?année précédente). Le gaz naturel représente près de la moitié (43 %) de sa consommation énergétique et augmente de nouveau (+ 1,8 % en 2023) après une chute en 2022. L?industrie agroalimentaire pèse pour 19,1 % des consommations énergétiques dans l?industrie. Elle enregistre une baisse de 8,0 % sur l?année 2023 (- 4,6 TWh), pour atteindre son plus bas niveau depuis 2017. Cette diminution est portée notamment par celle du gaz naturel (- 3,3 TWh), tandis que les produits pétroliers et les énergies renouvelables progressent dans le même temps (+ 0,4 TWh chacun). L?activité des industries alimentaires diminue aussi au cours de l?année (- 6,1 % selon l?indice brut de production). Après avoir été davantage épargnée que d?autres secteurs par les baisses d?activité pendant la crise sanitaire en 2020, elle subit la baisse de la consommation de produits alimentaires liée à l?inflation générale de ces produits depuis 2022. En baisse de 10,8 % en 2023, la consommation énergétique du secteur des produits minéraux non métalliques représente 13,8 % de la consommation de l?industrie. Il regroupe les industries ayant vocation à transformer des minéraux présents à l?état naturel pour la production de ciment, de céramiques, de verre et de chaux. Les processus consomment du gaz naturel en grande partie (42 % de la consommation du secteur). Ensuite, les secteurs industriels faisant l?objet de la plus importante consommation d?énergie sont les imprimeries et papeteries (9,2 % du total) et la sidérurgie (6,8 %, dont plus de la moitié correspondant à de la consommation d?électricité). Les consommations énergétiques de ces deux secteurs sont en baisse en 2023 (respectivement - 12,8 % et - 4,3 % par rapport à 2022). Le secteur des métaux non ferreux, incluant entre autres les entreprises électro-intensives de la production d?aluminium, a quant à lui une consommation énergétique stable en 2023. Il représente 3,7 % de la consommation de l?industrie et 7 % de la consommation de l?électricité. Seul le secteur du matériel de transport voit sa consommation d?énergie augmenter par rapport à 2022 (+ 18,9 %). Il correspond à 4,4 % des consommations énergétiques dans l?industrie. Figure 5.6.2.1 : évolution de la consommation finale énergétique (données non corrigées des variations climatiques) par secteur de l?industrie En TWh 2023 2022 2021 2020 2019 Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir Non spécifié ci-dessus 0 50 100 150 200 250 300 350 19 20 20 24 24 10 10 11 12 12 17 19 17 20 20 12 10 9 11 11 26 29 29 30 30 7 8 6 7 8 18 18 17 18 19 3 1053 58 57 58 61 5 5 5 5 5 38 43 41 44 44 61 64 68 73 67 3 2 3 3 12 11 14 12 Note:lessecteursprésentéssontdesagrégatsdelaclassificationNAF.Toutefois,lecharbonetsesproduitsdérivésdeshauts-fourneauxontétéexclusdela sidérurgie,conformémentauxconventionsinternationalessurlesstatistiquesdel?énergie. Source :SDES,Bilandel?énergie 126 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.6.3 DÉCOMPOSITION SECTORIELLE DE LA CONSOMMATION ÉNERGÉTIQUE En données réelles, la consommation finale de gaz naturel à usage énergétique diminue en 2023 et s?établit à 98,0 TWh (soit - 9,5 %), après une baisse du même ordre de grandeur entre 2021 et 2022 (figure 5.6.3.1). Depuis 2012, elle se réduit en moyenne de 3,0 % par an. Le secteur de la chimie et pétrochimie, qui représente 27 % de la consommation de gaz de l?industrie, est cependant en hausse de 1,8 % en 2023. La consommation finale d?électricité diminue de 4,9 % au cours de l?année, pour s?établir à 102,0 TWh, se situant 11,8 % en dessous de la consommation de 2019. Cette baisse ne touche pas tous les secteurs de manière uniforme. Elle est principalement forte sur les secteurs de la papeterie et imprimerie (- 14,0 %) et de la sidérurgie (- 9,0 %). Les pôles industriels les plus consommateurs d?électricité restent les produits alimentaires (21 % de la consommation totale) ainsi que la chimie et pétrochimie (17 %). La consommation finale de produits pétroliers dans l?industrie connaît une légère augmentation en 2023, de 1,3 % en données réelles. Depuis 2012, elle baisse néanmoins de 2,4 % en moyenne annuelle. Elle provient pour plus de 60 % des secteurs de la construction et des produits minéraux non métalliques, malgré un léger recul de ces secteurs en 2023 (respectivement - 0,6 % et - 4,4 %). La légère augmentation en 2023 provient majoritairement de l?industrie agroalimentaire, en progression de 14,3 % au cours de l?année. La chaleur commercialisée connaît la plus forte chute de consommation finale annuelle (- 19,0 %). La consommation de chaleur vendue dans l?industrie se répartit presque intégralement entre les secteurs de la chimie et pétrochimie (61 % de la consommation totale), la papeterie et imprimerie (19 %) et les produits alimentaires (15 %). Chacun de ces domaines connaît une baisse supérieure à 15 % en 2023. La consommation finale d?énergies renouvelables et de déchets est, quant à elle, en légère hausse (+ 3,5 %). Elle augmente de 1,8 % en moyenne par année depuis 2012. La majorité de ses consommations sectorielles (70 %) provient du papier et de l?imprimerie, des produits minéraux non métalliques et du bois. Ces domaines sont cependant en léger recul en 2023. La hausse de consommation d?énergies renouvelables et de déchets provient surtout de l?industrie agroalimentaire et de la sidérurgie, dont les consommations augmentent significativement par rapport à 2022. En 2023, la consommation finale de charbon (hors hauts- fourneaux) diminue de 16,6 %. Malgré un rebond en 2021, la consommation nette de charbon dans l?industrie est inférieure de 41,4 % à son niveau de 2019 et se situe dans une dynamique globale de baisse depuis 2012 (- 57,0 %). Plus de 90 % de la consommation industrielle de charbon se répartit entre les secteurs de la chimie, de la sidérurgie et des produits minéraux non métalliques. Figure 5.6.3.1 : décomposition sectorielle de la consommation finale énergétique de l?industrie en 2023 Non spécifié ci-dessus En % Gaz naturel Électricité Produits pétroliers Chaleur commercialisée Charbon (hors hauts-fourneaux) Énergies renouvelables thermiques et déchets Sidérurgie Chimie et pétrochimie Métaux non ferreux Produits minéraux non métalliques Matériels de transport Machines Industries extractives (sauf combustibles) Produits alimentaires, boissons et tabac Imprimerie, pâtes et papiers Bois et ouvrages en bois Construction Textiles et cuir 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Note:lapartdechacunedesénergiesestcalculéeàpartirdesdonnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques. Source :SDES,Bilandel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 127 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage 5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables Avec 52,6 TWh, la consommation finale d?énergie de l?agriculture et de la pêche diminue très légèrement, de 0,7 % en 2023, après une baisse de 2,5 % en 2022 (figure 5.7.1). Peu sensible aux fluctuations de la production agricole, elle ne varie guère depuis une dizaine d?années. Par rapport à 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de la consommation d?énergie (cf. 4.1), la consommation de l?agriculture et de la pêche est en légère croissance (+ 2,8 % sur la période). Dans l?agriculture, les produits pétroliers, comprenant essentiellement du gazole non routier (GNR), constituent 72,9 % du bouquet énergétique en 2023, avec une consommation en hausse de 0,9 %. Le GNR est destiné aux tracteurs et engins mobiles non routiers. La consommation d?électricité, qui représente la deuxième source d?énergie du secteur (13,6 %), baisse de 9,4 %. Viennent ensuite les énergies renouvelables et déchets, qui représentent 9,6 % du bouquet énergétique, et dont la consommation progresse de 3,8 % sur un an. Depuis 2012, elle augmente en moyenne de 9,5 % par an. Le gaz naturel enregistre, quant à lui, une baisse de 8,2 % et correspond en 2023 à 3,4 % de la consommation dans l?agriculture. Quant à la chaleur commercialisée, qui ne représente que 0,5 % de la consommation, elle réalise une hausse de 6,2 %. Dans le secteur de l?agriculture, l?électricité, le gaz de pétrole liquéfié et le gaz naturel sont utilisés principalement pour les bâtiments d?élevage, les serres et l?irrigation. La pêche représente 8,5 % des consommations d?énergie de l?ensemble agriculture-pêche. Sa consommation finale d?énergie, composée pour l?essentiel du gazole consommé par les bateaux de pêche, diminue légèrement en 2023 (- 1,3 %) après quatre années de hausse consécutives. Figure 5.7.1 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche En TWh 60 50 40 30 20 10 0 2007 2016 2021 2022 2023 2013 2004 2008 2005 2017 2014 2019 2009 2006 2010 2015 2020 2011 2012 2018 Produits pétroliers Gaz naturel Électricité Charbon Énergies renouvelables et déchets Chaleur commercialisée* *Donnéesdisponiblesàpartirde2007uniquement. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Source :SDES,Bilandel?énergie 128 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 5 : la consommation d?énergie par secteur ou usage En 2023, la dépense totale en énergie du secteur de l?agriculture et de la pêche s?élève à 5,8 milliards d?euros (figure 5.7.2). En euros constants, elle est en légère hausse par rapport à l?année précédente (+ 0,9 %), après une hausse majeure en 2022 (+ 31,0 %) liée à l?explosion des prix de l?énergie. La dépense en produits pétroliers baisse de 9,0 % en 2023, malgré une légère hausse de consommation, et correspond à 60,4 % de la dépense dans le secteur agriculture-pêche. À l?inverse, la dépense en électricité explose (+ 36,9 % par rapport à 2022), tandis que sa consommation diminue, sous l?effet des hausses de prix. Ainsi, elle représente 31,5 % de la dépense en 2023. Troisième énergie du secteur, les énergies renouvelables et déchets représentent 4,8 % de la dépense (en baisse de 28,2 %), contre 9,6 % de la consommation. Le gaz est le quatrième poste de dépense (2,9 % du total), en progression de 9,7 % en 2023. Figure 5.7.2 : consommation finale énergétique du secteur agriculture-pêche (données non corrigées des variations climatiques) et dépense associée 2019 2020 2021 2022 2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 En TWh En M¤2023 Produits pétroliers 35,9 2 777 39,5 2 306 39,3 2 804 38,0 3 872 38,3 3 524 Gaz naturel 2,3 112 2,2 97 2,3 116 1,9 153 1,8 167 Charbon 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,4 0,02 0,8 0,01 0,6 Énergies renouvelables et déchets 4,3 161 4,4 153 4,7 263 4,9 389 5,0 279 Électricité 8,5 1 228 8,1 1 176 7,6 1 207 7,9 1 341 7,1 1 835 Chaleur commercialisée 0,2 19,6 0,2 16,0 0,3 24,3 0,2 25,8 0,2 27,7 Total 51,2 4 298 54,5 3 748 54,3 4 415 52,9 5 782 52,6 5 835 Source : SDES,Bilandel?énergie partie 6 Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie ? En 2023, l?intensité énergétique finale atteint 0,6 TWh par milliard d?euros de PIB. Elle décroît de 3,5 % par an en moyenne depuis 2020. La consommation d?énergie finale par habitant s?établit à 22,6 MWh, en baisse de 4,3 % par rapport à 2022. La baisse des émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie est estimée à 6,8 %. Elle concerne tous les secteurs et, en particulier, le secteur de l?énergie. 130 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse Après un rebond en 2020 (+ 1,5 % sur un an) lié à la crise sanitaire, l?intensité énergétique finale (consommation finale à usage énergétique par unité de PIB) reprend sa tendance à la baisse, à un rythme annuel moyen de - 3,5 % entre 2020 et 2023, pour atteindre 0,60 TWh par milliard d?euros en 2023 (figure 6.1.1). La consommation finale à usage énergétique annuelle, corrigée des variations climatiques, continue à diminuer (- 4,0 % en 2023), alors que l?activité connaît une croissance faible (+ 0,9 %). Sur le long terme, l?intensité énergétique finale diminue de manière quasiment continue depuis 1990, à un rythme annuel moyen de - 1,4 %. Entre 1990 et 2001, cette baisse s?explique par une croissance moins rapide de la consommation énergétique finale (+ 16,7 %) que du PIB (+ 26,4 %). À partir de 2001, la consommation énergétique finale diminue alors que le PIB continue à augmenter, bien que moins rapidement. Ce découplage partiel entre PIB et consommation d?énergie s?explique par des gains d?efficacité énergétique dans l?ensemble des secteurs, par la tertiarisation de l?économie et par une croissance de la demande des ménages moins rapide que celle du PIB. En 2023, la consommation finale énergétique par habitant diminue de 4,3 % par rapport à 2022, pour s?établir à 22,6 MWh par habitant, poursuivant la baisse temporairement mise en pause en 2020. Sur le long terme, après une croissance annuelle moyenne de 1 %, qui culmine en 2001 à 29,2 MWh par habitant, la consommation par habitant diminue à un rythme annuel moyen de - 1,2 % de 2001 à 2023. De 1990 à 2001, à climat corrigé, la consommation finale énergétique totale augmente de 16,7 %, notamment du fait de la hausse de consommation du tertiaire (+ 26,9 %) et des transports (+ 17,9 %). De 2001 à 2023, la tendance s?inverse, principalement du fait de la baisse de la consommation de l?industrie (- 27,4 %) et, dans une moindre mesure, du résidentiel (- 7,6 %). Figure 6.1.1 : intensité énergétique finale (données corrigées des variations climatiques) En MWh/hab et TWh/Md¤ (données corrigées des variations climatiques) 30 29 28 27 26 25 24 23 22 21 20 1,10 1,00 0,90 0,80 0,70 0,60 0,50 uche) Consommation finale énergétique par habitant (MWh/hab, axe de gauche) Consommation finale énergétique par unité de PIB (TWh/Md¤, axe de droite) 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020 2023 Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance;Insee Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 131 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie Depuis 1990, l?intensité énergétique finale a diminué pour l?ensemble des activités (figure 6.1.2). Dans les transports, premier secteur consommateur en 2023 (33 % de la consommation énergétique finale), l?amélioration de la performance énergétique des véhicules légers se poursuit de manière continue depuis 1990, avec une baisse de 26 % de la consommation d?énergie par kilomètre parcouru. Cette baisse s?accélère à partir de 2010, passant d?un rythme annuel moyen de - 0,7 % de 1990 à 2010 à - 1,2 % de 2010 à 2023. La réduction de la consommation unitaire des poids lourds apparaît moins forte (- 13 % depuis 1990). Elle stagne jusqu?au milieu des années 2000 puis décroît à un rythme annuel moyen de - 0,8 % entre 2005 et 2023. Malgré un léger rebond en 2020, en lien avec une présence accrue des ménages dans leur domicile, la baisse la consommation d?énergie par m2 est particulièrement forte dans le résidentiel (- 37 % depuis 1990), traduisant les meilleures performances énergétiques des logements neufs ainsi que des efforts de rénovation dans les logements anciens. En 2023, le secteur résidentiel représente 29,5 % de la consommation énergétique finale. Dans l?industrie (18,3 % de la consommation énergétique finale en 2023), l?adoption de procédés moins consommateurs a contribué à la baisse de long terme de l?intensité énergétique (- 35 % depuis 1990). Le tertiaire (15,5 % de la consommation énergétique finale en 2023) connaît une chute de son intensité énergétique de 28 % depuis 1990. La baisse ne commence qu?à partir de la fin des années 2000, à un rythme annuel moyen soutenu de - 2,6 % entre 2009 et 2023. Comme dans le résidentiel, cette tendance s?explique notamment par l?amélioration des performances énergétiques des bâtiments du secteur. Dans l?agriculture (3,4 % de la consommation énergétique finale en 2023), l?intensité énergétique est beaucoup plus volatile, en raison notamment des aléas climatiques qui pèsent sur les récoltes et affectent les rendements sans modifier la consommation d?énergie. Toutefois, elle baisse tendanciellement depuis 1990 (- 11 %). Figure 6.1.2 : évolution des intensités énergétiques finales par secteur (données corrigées des variations climatiques) En indice base 100 en 1990 (données corrigées des variations climatiques) 120 110 100 90 80 70 60 50 Tertiaire Résidentiel Industrie Agriculture Poids lourds Véhicules légers 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2023 Note:l?intensitéénergétiquefinaleestdéfiniecommeleratiodelaconsommationénergétiquefinaledusecteuràsavaleurajoutée,saufpourlerésidentiel, oùledénominateurestlasurfacetotaledeslogementshabités,etdanslestransports,oùl?indicateurmesurelaconsommationunitairedesvéhicules. Champ:jusqu?àl?année2010incluse,lepérimètregéographiqueestlaFrancemétropolitaine.Àpartirde2011,ilinclutenoutrelescinqDROM. Sources :SDES,BilanénergétiquedelaFrance,Bilanannueldestransports,Rapportducomptedulogement;Insee 132 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent une baisse des émissions de gaz à effet de serre La combustion d?énergie est la première source d?émissions de gaz à effet de serre. En France, en 2022, ces émissions représentent 70 % du total, hors UTCATF (Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie) et soutes internationales. Le reste provient des procédés industriels, de l?agriculture, de l?élevage et de la gestion des déchets. Les émissions liées à la combustion d?énergie s?établissent à 276 Mt CO2 éq en 2022 (figure 6.2.1). Pour 2023, ces émissions sont estimées à 258 Mt CO2 éq, soit une baisse de 6,8 %. Entre 1990 et 2022, les émissions de GES liées à la combustion d?énergie ont diminué de 24,8 %. Après une période de relative stabilité entre 1990 et 2005, elles diminuent depuis à un rythme annuel moyen de - 2,0 %. Sur la période, les émissions de tous les secteurs diminuent, à l?exception du transport (+ 5 %). Figure 6.2.1 : émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie par secteur entre 1990 et 2023 En Mt CO2 éq 450 400 350 300 250 200 150 100 50 0 Transports Industrie manufacturière et consctruction Résidentiel Tertiaire Agriculture Industrie de l?énergie Émissions fugitives Non spécifié 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2023 (e ) (e)=estimation. Note:lesdonnéesd?émissionsutiliséesdanscettepartiesontlesémissionsdedioxydedecarbone(CO2),deméthane(CH4),deprotoxyded?azote(N2O)etde gazfluorésduesàlacombustiond?énergie(CRF1)rapportéesàlaCCNUCCsurlepérimètreFranceetDROMappartenantàl?Unioneuropéenne.L?année2023 est estimée. Source :InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 133 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie En 2022, les transports représentent 46 % des émissions liées à la combustion d?énergie, l?industrie manufacturière et la construction 15 %, l?industrie de l?énergie 14 %, le résidentiel 13 %, le tertiaire 6 %, l?agriculture 4 %. Les émissions involontaires lors des activités d?extraction, de traitement et de distribution de combustibles fossiles, appelées émissions fugitives, représentent 1 % du total. La répartition sectorielle de ces émissions a fortement évolué depuis 1990. Les émissions directes15 du transport, qui représentaient 33 % des émissions dues à la combustion d?énergie en 1990, ont vu leur part progresser de 13 points. Celle des émissions de l?agriculture augmente également de 1 point. À l?inverse, la part des émissions des autres secteurs a diminué : industrie manufacturière et construction (- 3 points), industrie de l?énergie (- 4 points), résidentiel (- 4 points), tertiaire (- 1 point). Ces disparités entre secteurs s?expliquent par l?évolution de leur consommation d?énergie et de leur bouquet énergétique. Par exemple, les transports ont vu leur consommation d?énergie finale augmenter de 17,2 % et leur bouquet énergétique rester très largement dominé par les produits pétroliers. À l?inverse, d?autres secteurs ont connu une décarbonation partielle de leur bouquet énergétique : baisse de la part de combustibles fossiles fortement émetteurs (charbon, pétrole et, dans une moindre mesure, gaz) et hausse de la part des énergies renouvelables et de l?électricité et de la chaleur commercialisée. En 2023, la baisse des émissions liées à la combustion d?énergie est estimée à 6,8 % et touche tous les secteurs, en particulier l?industrie de l?énergie (- 18 %) et y compris les transports (- 3 %). 6.2.1 ÉMISSIONS DU RÉSIDENTIEL On peut distinguer deux phases dans l?évolution de émissions de GES liées à l?énergie du secteur résidentiel (figure 6.2.1.1). De 1990 à 2006, les émissions directes du secteur résidentiel augmentent de 9,6 % et suivent l?augmentation de la consommation finale d?énergie (+ 11,3 %). Sur cette période, la consommation de produits pétroliers et de charbon, fortement émetteurs, diminue de 24,4 %, mais celle de gaz augmente de 52,6 %. De 2006 à 2022, les émissions diminuent plus rapidement que la consommation d?énergie finale (respectivement - 46,9 % et - 12,0 %), notamment grâce à l?évolution du bouquet énergétique. La consommation d?électricité et de chaleur augmente de 18,4 %, tout comme celle d?énergies renouvelables et de déchets (+ 52,8 %). Dans le même temps, la consommation de produits pétroliers et de charbon continue à baisser fortement (- 61,0 %) et la consommation de gaz diminue de 35,7 %. Figure 6.2.1.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur résidentiel Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 En TWh Indice base 100 en 1990 200 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 120 100 80 60 40 20 0 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa 15 Les émissions indirectes liées à la production d?électricité et de chaleur commercialisée ne sont pas comptabilisées dans les secteurs de consommation finale mais dans l?industrie de l?énergie. La substitution d?énergies fossiles par de l?électricité dans le bouquet énergétique d?un secteur explique donc une baisse de ses émissions directes. Toutefois, même en comptabilisant les émissions indirectes, c?est-à-dire en réaffectant les émissions de l?industrie de l?énergie aux secteurs de consommation finale, l?électrification du bouquet énergétique permet une baisse des émissions, la production d?électricité étant peu émettrice en France (nucléaire, hydraulique). 134 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie En 2023, la baisse des émissions du résidentiel est estimée à - 6,8 %, alors que la consommation finale diminue de 2,7 %, en lien avec la réduction importante des consommations d?énergies fossiles : la consommation finale de charbon et de produits pétroliers diminue de 12,4 %, celle de gaz de 7,3 %. 6.2.2 ÉMISSIONS DU TERTIAIRE Dans le secteur tertiaire, le découplage entre les émissions de GES et la consommation d?énergie est intervenu plus tôt que dans le résidentiel, grâce à une importante électrification du secteur. Ainsi, entre 1990 et 2010, les émissions directes du tertiaire augmentent seulement de 6,7 % alors que la consommation finale d?énergie croît de 57,7 % (figure 6.2.2.1). Sur cette période, la part des produits pétroliers et du charbon diminue de 19 points, pour atteindre 17 % en 2010. Le gaz augmente fortement et passe devant les produits pétroliers dans le bouquet du secteur (+ 7 points, pour atteindre 27 % du total). L?électricité et la chaleur conservent leur première place grâce à un forte croissance (+ 10 points), atteignant une part de 53 %. Les énergies renouvelables font leur apparition, passant de 0,6 TWh à 7,2 TWh en 2010, soit une part de 2,4 %. Figure 6.2.2.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre du secteur tertiaire Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) Indice base 100 en 1990En TWh 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 160 140 120 100 80 60 40 20 0 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Lechauffagereprésente unepartimportantedesconsommations.Lesvariationsannuellesdesémissionssontdoncfortementcorréléesàcellesdelarigueurclimatique. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa L?année 2010 marque un pic de consommation d?énergie, notamment du fait d?un climat particulièrement rigoureux. L?année suivante se distingue à l?inverse par des températures douces, provoquant une baisse importante de la consommation d?énergie finale (- 13,7 %) et des émissions (- 25,5 %). À partir de 2011, les émissions de gaz à effet de serre du tertiaire se stabilisent (+ 2,9 % entre 2011 et 2021), comme la consommation d?énergie finale du secteur (+ 2,4 %). Le bouquet énergétique évolue légèrement au profit du gaz (+ 5 points) et des énergies renouvelables (+ 2 points), alors que l?électricité et la chaleur diminuent de 2 points et le charbon et les produits pétroliers de 5 points. L?année 2022 est marquée par une baisse de la consommation finale d?énergie du secteur (- 3,2 %). Les émissions diminuent encore plus rapidement (- 20,4 %), principalement du fait d?une baisse plus rapide de la consommation de gaz (- 4 points dans le bouquet énergétique final). En 2023, la baisse des émissions du secteur se poursuit et est estimée à - 4,6 %, alors que la consommation finale d?énergie diminue de 8,2 %. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 135 partie 6 : intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie 6.2.3 ÉMISSIONS DE L?INDUSTRIE ET DE LA CONSTRUCTION Comme pour les deux secteurs précédents, on distingue deux phases pour l?évolution des émissions de GES liées à l?énergie de l?industrie depuis 1990 (figure 6.2.3.1). Entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie de l?industrie manufacturière et de la construction augmentent plus vite que la consommation finale d?énergie du secteur (+ 16,1 %, contre 4,0 % pour la consommation d?énergie). Cela s?explique par la forte croissance de la consommation de gaz (+ 32,2 %), dont les émissions ne sont pas compensées par la moindre consommation de charbon et de produits pétroliers (- 37,9 %). Entre 2004 et 2022, les émissions et la consommation finale d?énergie baissent fortement (respectivement - 49,9 % et - 19,0 %). La baisse de la consommation de produits pétroliers et de charbon se poursuit (- 50,3 %). La tendance s?inverse pour la consommation de gaz qui diminue (- 23,4 %), comme, dans une moindre mesure, pour la consommation d?électricité et de chaleur (- 5,7 %). Les énergies renouvelables et les déchets sont les seules énergies à augmenter (+ 35,6 %). En 2023, la baisse des émissions du secteur est estimée à - 8,7 %, alors que la consommation finale d?énergie baisse de 6,6 %, notamment grâce à la baisse plus rapide du gaz (- 9,5 %) que de l?électricité et de la chaleur (- 7,3 %). Figure 6.2.3.1 : consommation d?énergie finale et émissions directes de gaz à effet de serre de l?industrie manufacturière et de la construction Gaz Électricité et chaleur Charbon et produits pétroliers Énergies renouvelables et déchets Émissions de GES (axe de droite) Consommation finale d?énergie (axe de droite) Indice base 100 en 1990En TWh 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 120 100 80 60 40 20 0 1990 2002 1996 2008 2016 1992 2004 1998 2010 2018 1994 2006 2014 2000 2012 2020 2022 2023 Note:laconsommationd?énergiefinaledesDROMn?estcomptabiliséequ?àpartirde2011alorsqueleursémissionslesontdès1990.Laconsommationdes autoproducteursd?électricitéetdechaleurestcomptabiliséedansl?industriedanslesinventairesdegazàeffetdeserre,alorsqu?ellel?estdanslabrancheénergie danslebilandel?énergie. Sources :SDES,Bilandel?énergie;InventaireformatCCNUCC(PérimètreUE)?Citepa 136 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Annexes ? Bilans énergétiques de la France ? Annexes méthodologiques ? Sigles et abréviations ? Pour en savoir plus 138 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilans énergétiques de la France Notes ?EnRélectriques:hydraulique(horspompages),énergiesmarines,éolien,solairephotovoltaïque. ?EnRthermiquesetdéchets:biomassesolide,biogaz,biocarburants,déchets,solairethermique,géothermie,pompesàchaleur. ?Pétrolebrut:inclutégalementdefaiblesquantitésdecondensats(liquidesdegaznaturel),d?additifsoxygénés(nonissusdebiomasse)etd?autresproduits à distiller. ?Industrie:inclutégalementlaconstruction.Leshauts-fourneauxsontexclusdel?industriedanslebilanphysique(carclassésdanslabrancheénergie) maisinclusdanslebilanmonétaire. ?Transfertsetretoursenraffineries(produitspétroliers):cepostecorrespondauxéchangescomptablesexistantsentrelebilandupétrolebrutetcelui desproduitsraffinés.Desproduitsbrutspeuventêtreutiliséssansavoirétéraffinés(notammentlescondensatsutiliséspourlapétrochimie).Àl?inverse, desproduitssemi-finispeuventêtreretournésenraffineriespourêtreretraités(issusducommerceextérieuroudel?industriepétrochimique). ?Autoconsommationdesraffineries(produitsraffinés):cepostecorrespondàlaconsommationpropredesraffineriesenproduitsraffinés,horsproduction d?électricitéoudechaleurcommercialisée. ?Donnéesréelles:donnéesnoncorrigéesdesvariationsclimatiques. ?DonnéesCVC:donnéescorrigéesdesvariationsclimatiques. Bilans physiques, toutes énergies confondues (données réelles) Bilan énergétique physique 2023 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,86 0,00 0,18 1 024,86 129,41 256,53 0,00 0,00 1 420,84 Importations 52,11 541,30 441,73 479,18 0,00 0,00 30,70 25,43 0,00 1 570,45 Exportations - 0,02 - 1,47 - 170,53 - 140,29 0,00 0,00 - 7,51 - 75,90 0,00 - 395,73 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 12,32 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 12,32 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 62,41 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 62,41 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 0,22 - 0,92 3,59 1,48 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,36 Consommation primaire 52,31 548,76 200,06 340,56 1 024,86 129,41 279,72 - 50,47 0,00 2 525,20 Écart statistique - 2,87 9,09 10,33 0,15 0,00 0,00 0,00 2,02 0,00 18,72 Production d?électricité 8,68 0,00 13,23 47,18 1 024,86 129,41 39,28 - 520,46 0,00 742,17 Production de chaleur 0,99 0,00 2,89 20,16 0,00 0,00 31,68 0,00 - 47,54 8,18 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 8,22 0,00 0,00 8,22 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 558,22 - 553,65 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 4,57 Autres transformations, transferts 23,46 - 18,55 17,17 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 22,07 Usages internes de la branche énergie 11,94 0,00 17,03 4,97 0,00 0,00 0,66 33,77 0,00 68,37 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,66 0,00 0,00 0,00 36,58 5,73 45,98 Consommation nette de la branche énergie 42,20 548,76 - 493,01 67,90 1 024,86 129,41 79,84 - 448,09 - 41,81 910,06 Industrie 6,15 0,00 28,51 97,96 0,00 0,00 26,49 101,98 17,49 278,59 Transports 0,00 0,00 458,56 4,19 0,00 0,00 37,68 12,86 0,00 513,29 Résidentiel 0,22 0,00 35,70 101,33 0,00 0,00 119,40 150,74 14,92 422,32 Tertiaire 0,33 0,00 26,58 56,92 0,00 0,00 11,27 124,88 9,14 229,12 Agriculture-pêche 0,01 0,00 38,34 1,77 0,00 0,00 5,04 7,15 0,25 52,56 Consommation finale énergétique 6,73 0,00 587,69 262,16 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 495,88 Consommation finale non énergétique 3,39 0,00 105,38 10,50 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 119,26 Consommation finale 10,11 0,00 693,07 272,66 0,00 0,00 199,88 397,62 41,81 1 615,14 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 139 annexes Bilan énergétique physique 2022 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,77 0,00 0,21 893,12 103,84 250,96 0,00 0,00 1 257,89 Importations 70,70 489,11 480,45 575,55 0,00 0,00 28,81 52,44 0,00 1 697,04 Exportations - 0,08 - 0,59 - 160,69 - 154,17 0,00 0,00 - 8,59 - 37,49 0,00 - 361,62 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,74 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,74 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 56,95 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 56,95 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 2,74 - 2,61 2,17 - 35,14 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 38,31 Consommation primaire 67,87 495,68 251,24 386,44 893,12 103,84 271,18 14,94 0,00 2 484,32 Écart statistique - 2,58 2,81 - 14,92 - 1,51 0,00 0,00 0,00 1,62 0,00 - 14,58 Production d?électricité 15,73 0,00 15,09 67,47 893,12 103,84 37,61 - 469,12 0,00 663,74 Production de chaleur 1,64 0,00 2,58 20,62 0,00 0,00 34,88 0,00 - 50,93 8,80 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 6,28 0,00 0,00 6,28 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 506,72 - 500,22 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 6,50 Autres transformations, transferts 27,65 - 13,85 12,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 26,26 Usages internes de la branche énergie 14,34 0,00 16,29 5,08 0,00 0,00 0,66 32,23 0,00 68,59 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,01 0,00 0,00 0,00 35,23 4,84 44,08 Consommation nette de la branche énergie 56,78 495,68 - 468,72 89,40 893,12 103,84 79,43 - 400,04 - 46,09 803,40 Industrie 7,37 0,00 28,14 108,29 0,00 0,00 25,59 107,24 21,61 298,25 Transports 0,00 0,00 473,88 3,65 0,00 0,00 35,99 11,09 0,00 524,61 Résidentiel 0,31 0,00 40,68 109,31 0,00 0,00 113,98 155,19 14,53 434,00 Tertiaire 0,38 0,00 31,46 63,11 0,00 0,00 11,34 133,57 9,72 249,57 Agriculture-pêche 0,02 0,00 37,98 1,93 0,00 0,00 4,86 7,89 0,23 52,91 Consommation finale énergétique 8,08 0,00 612,14 286,29 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 559,34 Consommation finale non énergétique 3,01 0,00 107,81 10,75 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 121,57 Consommation finale 11,09 0,00 719,96 297,04 0,00 0,00 191,75 414,98 46,09 1 680,92 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 140 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique physique 2021 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 10,38 0,00 0,23 1 149,58 112,35 253,51 0,00 0,00 1 526,06 Importations 72,19 404,09 533,06 469,59 0,00 0,00 26,19 24,33 0,00 1 529,46 Exportations - 0,05 - 1,28 - 146,70 - 55,83 0,00 0,00 - 8,79 - 69,23 0,00 - 281,88 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 13,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 13,01 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 33,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 33,46 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 7,88 2,89 9,03 16,43 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 36,24 Consommation primaire 80,03 416,09 348,92 430,41 1 149,58 112,35 270,91 - 44,89 0,00 2 763,40 Écart statistique - 3,59 8,61 - 23,39 3,03 0,00 0,00 0,00 0,05 0,00 - 15,29 Production d?électricité 20,39 0,00 13,92 51,34 1 149,58 112,35 35,40 - 550,57 0,00 832,41 Production de chaleur 1,72 0,00 2,77 22,37 0,00 0,00 34,94 0,00 - 53,14 8,67 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 3,90 0,00 0,00 3,90 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 433,82 - 428,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,01 Autres transformations, transferts 32,15 - 26,34 24,88 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 30,69 Usages internes de la branche énergie 14,90 0,00 10,27 7,43 0,00 0,00 0,66 33,60 0,00 66,85 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,58 0,00 0,00 0,00 39,19 5,10 47,87 Consommation nette de la branche énergie 65,58 416,09 - 400,35 83,84 1 149,58 112,35 74,90 - 477,73 - 48,04 976,20 Industrie 10,50 0,00 27,74 120,79 0,00 0,00 24,04 112,50 20,12 315,70 Transports 0,00 0,00 460,52 3,12 0,00 0,00 33,99 9,65 0,00 507,28 Résidentiel 0,30 0,00 54,84 133,35 0,00 0,00 122,69 169,52 17,05 497,75 Tertiaire 0,42 0,00 27,51 75,27 0,00 0,00 10,60 133,52 10,60 257,93 Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,30 2,34 0,00 0,00 4,68 7,65 0,27 54,25 Consommation finale énergétique 11,24 0,00 609,91 334,87 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 632,91 Consommation finale non énergétique 3,21 0,00 139,36 11,71 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 154,28 Consommation finale 14,45 0,00 749,27 346,58 0,00 0,00 196,01 432,84 48,04 1 787,19 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 141 annexes Bilan énergétique physique 2020 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 9,82 0,00 0,18 1 072,22 116,13 229,61 0,00 0,00 1 427,96 Importations 59,35 394,74 507,92 468,92 0,00 0,00 20,27 19,54 0,00 1 470,73 Exportations - 0,10 - 1,45 - 148,57 - 84,52 0,00 0,00 - 9,22 - 64,58 0,00 - 308,43 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 11,46 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 30,79 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 30,79 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 2,28 2,54 - 1,68 21,25 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 24,38 Consommation primaire 61,53 405,65 315,41 405,83 1 072,22 116,13 240,66 - 45,04 0,00 2 572,38 Écart statistique - 3,69 7,29 - 2,30 1,26 0,00 0,00 0,00 1,96 0,00 4,52 Production d?électricité 13,56 0,00 13,39 55,42 1 072,22 116,13 35,78 - 527,59 0,00 778,91 Production de chaleur 1,57 0,00 3,02 21,00 0,00 0,00 31,04 0,00 - 48,46 8,17 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,99 0,00 0,00 1,99 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 440,89 - 437,64 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 3,25 Autres transformations, transferts 24,86 - 42,53 41,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 23,94 Usages internes de la branche énergie 12,69 0,00 11,54 7,53 0,00 0,00 0,66 33,33 0,00 65,75 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 3,91 0,00 0,00 0,00 35,90 6,69 46,49 Consommation nette de la branche énergie 48,99 405,65 - 370,39 87,13 1 072,22 116,13 69,46 - 456,40 - 41,77 931,03 Industrie 9,10 0,00 28,19 108,78 0,00 0,00 23,36 105,80 17,56 292,80 Transports 0,00 0,00 405,02 2,22 0,00 0,00 30,88 8,34 0,00 446,46 Résidentiel 0,24 0,00 48,45 127,85 0,00 0,00 103,15 161,50 14,49 455,69 Tertiaire 0,36 0,00 32,39 66,15 0,00 0,00 9,36 127,64 9,53 245,43 Agriculture-pêche 0,02 0,00 39,51 2,23 0,00 0,00 4,43 8,08 0,19 54,46 Consommation finale énergétique 9,71 0,00 553,56 307,23 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 494,83 Consommation finale non énergétique 2,82 0,00 132,23 11,46 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 146,52 Consommation finale 12,54 0,00 685,80 318,70 0,00 0,00 171,19 411,36 41,77 1 641,35 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 142 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique physique 2019 Données réelles En TWh Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 0,00 11,59 0,00 0,17 1 209,13 104,28 238,30 0,00 0,00 1 563,47 Importations 84,77 578,29 530,31 550,96 0,00 0,00 27,22 15,63 0,00 1 787,18 Exportations - 0,05 - 1,60 - 202,34 - 94,84 0,00 0,00 - 10,59 - 73,30 0,00 - 382,72 Soutes maritimes internationales 0,00 0,00 - 20,01 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 20,01 Soutes aériennes internationales 0,00 0,00 - 72,33 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 72,33 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 0,37 1,26 1,15 - 19,66 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 16,88 Consommation primaire 85,09 589,54 236,78 436,62 1 209,13 104,28 254,93 - 57,67 0,00 2 858,71 Écart statistique 3,31 10,75 5,66 0,77 0,00 0,00 0,00 4,14 0,00 24,62 Production d?électricité 15,92 0,00 13,66 62,57 1 209,13 104,28 36,41 - 566,06 0,00 875,91 Production de chaleur 1,95 0,00 3,09 20,95 0,00 0,00 32,00 0,00 - 49,01 8,98 Injections de biométhane 0,00 0,00 0,00 - 1,11 0,00 0,00 1,11 0,00 0,00 0,00 Raffinage de pétrole 0,00 607,99 - 602,61 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 5,37 Autres transformations, transferts 32,75 - 29,19 28,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 31,66 Usages internes de la branche énergie 17,02 0,00 16,10 7,95 0,00 0,00 0,52 34,46 0,00 76,06 Pertes de transport et de distribution 0,00 0,00 0,00 4,98 0,00 0,00 0,00 38,09 5,88 48,95 Consommation nette de la branche énergie 70,95 589,54 - 536,00 96,11 1 209,13 104,28 70,05 - 489,37 - 43,13 1 071,55 Industrie 10,32 0,00 29,12 121,13 0,00 0,00 23,75 115,66 18,75 318,73 Transports 0,00 0,00 481,73 1,86 0,00 0,00 37,18 10,08 0,00 530,85 Résidentiel 0,28 0,00 55,06 129,80 0,00 0,00 110,52 159,72 14,81 470,20 Tertiaire 0,40 0,00 30,94 72,58 0,00 0,00 9,17 137,77 9,32 260,17 Agriculture-pêche 0,02 0,00 35,88 2,33 0,00 0,00 4,26 8,48 0,25 51,21 Consommation finale énergétique 11,02 0,00 632,72 327,70 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 631,16 Consommation finale non énergétique 3,12 0,00 140,06 12,81 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 156,00 Consommation finale 14,14 0,00 772,78 340,51 0,00 0,00 184,88 431,70 43,13 1 787,16 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 143 annexes Bilans physiques par énergie (données réelles et données CVC) Bilan physique du charbon de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11 Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02 Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22 Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31 Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87 Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39 Production d?électricité 15,92 13,56 20,39 15,73 8,68 Production de chaleur 1,95 1,57 1,72 1,64 0,99 Consommation nette de la branche énergie 70,95 48,99 65,58 56,78 42,20 Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22 Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33 Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01 Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73 Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39 Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 144 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique du charbon de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Importations 84,77 59,35 72,19 70,70 52,11 Exportations - 0,05 - 0,10 - 0,05 - 0,08 - 0,02 Variations de stocks 0,37 2,28 7,88 - 2,74 0,22 Total approvisionnement 85,09 61,53 80,03 67,87 52,31 Correction climatique 1,82 4,29 - 0,82 2,98 2,90 Écart statistique 3,31 - 3,69 - 3,59 - 2,58 - 2,87 Consommation nette filière fonte 49,77 37,54 47,05 41,99 35,39 Production d?électricité 17,54 17,41 19,63 18,42 11,28 Production de chaleur 2,15 2,02 1,66 1,93 1,29 Consommation nette de la branche énergie 72,77 53,28 64,75 59,76 45,10 Industrie 10,32 9,10 10,50 7,37 6,15 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 0,28 0,24 0,30 0,31 0,22 Tertiaire 0,40 0,36 0,42 0,38 0,33 Agriculture-pêche 0,02 0,02 0,02 0,02 0,01 Consommation finale énergétique 11,02 9,71 11,24 8,08 6,73 Consommation finale non énergétique 3,12 2,82 3,21 3,01 3,39 Consommation finale 14,14 12,54 14,45 11,09 10,11 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 145 annexes Bilan physique du pétrole brut de 2019 à 2023 Données réelles En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 1,00 0,84 0,89 0,84 0,85 Importations 49,72 33,94 34,75 42,06 46,54 Exportations - 0,14 - 0,12 - 0,11 - 0,05 - 0,13 Variations de stocks 0,11 0,22 0,25 - 0,22 - 0,08 Autres charges de raffinage, retours de pétrochimie 2,51 3,66 2,26 1,19 1,60 Total approvisionnement des raffineries 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78 Écart statistique 0,92 0,63 0,74 0,24 0,78 Transformation de pétrole brut en raffinerie 52,28 37,91 37,30 43,57 48,00 Consommation brute de la branche énergie 53,20 38,54 38,04 43,81 48,78 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 146 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données réelles En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14 Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98 Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66 Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06 Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37 Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31 Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48 Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87 Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89 Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14 Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25 Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27 Industrie 2,50 2,42 2,39 2,42 2,45 Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43 Résidentiel 4,73 4,17 4,72 3,50 3,07 Tertiaire 2,66 2,79 2,37 2,71 2,29 Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30 Consommation finale énergétique 54,40 47,60 52,44 52,63 50,53 Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06 Consommation finale 66,45 58,97 64,43 61,91 59,59 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 147 annexes Bilan physique des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En Mtep 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 50,43 36,64 35,99 41,61 46,14 Importations 45,60 43,67 45,83 41,31 37,98 Exportations - 17,40 - 12,77 - 12,61 - 13,82 - 14,66 Soutes maritimes internationales - 1,72 - 0,99 - 1,12 - 1,18 - 1,06 Soutes aériennes internationales - 6,22 - 2,65 - 2,88 - 4,90 - 5,37 Variations de stocks 0,10 - 0,14 0,78 0,19 0,31 Transferts et retours en raffinerie - 2,42 - 3,58 - 2,14 - 1,07 - 1,48 Total approvisionnement en produits raffinés 68,37 60,18 63,85 62,14 61,87 Correction climatique 0,16 0,37 - 0,07 0,26 0,26 Écart statistique 0,49 - 0,20 - 2,01 - 1,28 0,89 Production d?électricité 1,17 1,15 1,20 1,30 1,14 Production de chaleur 0,27 0,26 0,24 0,22 0,25 Consommation nette de la branche énergie 1,93 1,21 - 0,58 0,24 2,27 Industrie 2,51 2,43 2,39 2,42 2,45 Transports 41,42 34,83 39,60 40,75 39,43 Résidentiel 4,85 4,44 4,66 3,70 3,26 Tertiaire 2,70 2,88 2,35 2,77 2,35 Agriculture-pêche 3,08 3,40 3,38 3,27 3,30 Consommation finale énergétique 54,56 47,97 52,37 52,90 50,79 Consommation finale non énergétique 12,04 11,37 11,98 9,27 9,06 Consommation finale 66,61 59,34 64,35 62,17 59,85 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 148 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023 Données réelles En TWh PCS 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20 Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14 Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43 Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88 Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64 Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53 Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17 Production d?électricité 69,52 61,58 57,05 74,97 52,42 Production de chaleur 23,28 23,33 24,86 22,91 22,40 Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52 Pertes de transport et de distribution 5,53 4,34 3,98 4,46 4,07 Consommation brute de la branche énergie 108,02 99,02 97,49 106,31 84,58 Industrie 134,59 120,87 134,22 120,33 108,84 Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65 Résidentiel 144,22 142,05 148,17 121,46 112,59 Tertiaire 80,65 73,50 83,63 70,12 63,24 Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97 Consommation finale énergétique 364,11 341,37 372,08 318,10 291,29 Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66 Consommation finale 378,35 354,11 385,08 330,05 302,95 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 149 annexes Bilan physique du gaz naturel de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh PCS 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 0,19 0,20 0,26 0,23 0,20 Injections de biométhane 1,23 2,21 4,34 6,98 9,14 Importations 612,18 521,02 521,77 639,49 532,43 Exportations - 105,38 - 93,91 - 62,04 - 171,30 - 155,88 Variations de stocks - 21,85 23,61 18,25 - 39,04 1,64 Total approvisionnement en gaz naturel 486,37 453,13 482,58 436,35 387,53 Correction climatique 14,41 39,02 - 8,84 32,03 31,24 Écart statistique 0,85 1,40 3,36 - 1,68 0,17 Production d?électricité 71,36 66,79 55,83 79,40 56,74 Production de chaleur 24,27 25,96 24,28 24,98 24,42 Usages internes de la branche énergie 8,84 8,37 8,25 5,64 5,52 Pertes de transport et de distribution 5,67 4,63 3,92 4,67 4,27 Consommation brute de la branche énergie 110,99 107,15 95,64 113,01 91,12 Industrie 136,48 126,00 133,06 124,51 112,93 Transports 2,07 2,46 3,46 4,06 4,65 Résidentiel 150,65 159,43 144,24 135,69 126,47 Tertiaire 83,77 81,92 81,72 77,03 69,98 Agriculture-pêche 2,59 2,48 2,60 2,14 1,97 Consommation finale énergétique 375,55 372,29 365,08 343,43 316,00 Consommation finale non énergétique 14,24 12,74 13,01 11,94 11,66 Consommation finale 389,79 385,03 378,09 355,37 327,66 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 150 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53 Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70 Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51 Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Total approvisionnement en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72 Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28 Production de chaleur 0,00 32,00 0,00 31,04 0,00 34,94 0,00 34,88 0,00 31,68 Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22 Usages internes de la branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 Consommation brute de la branche énergie 104,28 70,05 116,13 69,46 112,35 74,90 103,84 79,43 129,41 79,84 Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49 Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68 Résidentiel 0,00 110,52 0,00 103,15 0,00 122,69 0,00 113,98 0,00 119,40 Tertiaire 0,00 9,17 0,00 9,36 0,00 10,60 0,00 11,34 0,00 11,27 Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04 Consommation finale énergétique 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 0,00 184,88 0,00 171,19 0,00 196,01 0,00 191,75 0,00 199,88 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 151 annexes Bilan physique des énergies renouvelables et des déchets de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets EnR électriques EnR thermiques et déchets Production d?énergie primaire 104,28 238,30 116,13 229,61 112,35 253,51 103,84 250,96 129,41 256,53 Importations 0,00 27,22 0,00 20,27 0,00 26,19 0,00 28,81 0,00 30,70 Exportations 0,00 - 10,59 0,00 - 9,22 0,00 - 8,79 0,00 - 8,59 0,00 - 7,51 Variations de stocks 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Total approvisionnement en énergie primaire 104,28 254,93 116,13 240,66 112,35 270,91 103,84 271,18 129,41 279,72 Correction climatique 0,00 6,12 0,00 14,93 0,00 - 2,19 0,00 14,22 0,00 13,76 Écart statistique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Production d?électricité 104,28 36,41 116,13 35,78 112,35 35,40 103,84 37,61 129,41 39,28 Production de chaleur 0,00 32,30 0,00 31,72 0,00 34,83 0,00 35,56 0,00 32,31 Injections de biométhane 0,00 1,11 0,00 1,99 0,00 3,90 0,00 6,28 0,00 8,22 Usages internes de la branche énergie 0,00 0,52 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 0,00 0,66 Consommation brute de la branche énergie 104,28 70,34 116,13 70,14 112,35 74,79 103,84 80,11 129,41 80,47 Industrie 0,00 23,75 0,00 23,36 0,00 24,04 0,00 25,59 0,00 26,49 Transports 0,00 37,18 0,00 30,88 0,00 33,99 0,00 35,99 0,00 37,68 Résidentiel 0,00 115,95 0,00 116,41 0,00 120,76 0,00 126,61 0,00 131,66 Tertiaire 0,00 9,57 0,00 10,36 0,00 10,46 0,00 12,25 0,00 12,14 Agriculture-pêche 0,00 4,26 0,00 4,43 0,00 4,68 0,00 4,86 0,00 5,04 Consommation finale énergétique 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 0,00 190,71 0,00 185,45 0,00 193,94 0,00 205,29 0,00 213,01 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 152 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41 Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83 Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15 Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90 Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46 Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11 Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48 Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82 Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96 Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12 Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09 Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43 Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90 Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55 Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02 Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34 Pertes de transport et de distribution 38,09 35,90 39,19 35,23 36,58 Total branche énergie 50,98 46,86 48,33 46,82 48,93 Industrie 115,66 105,80 112,50 107,24 101,98 Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86 Résidentiel 159,72 161,50 169,52 155,19 150,74 Tertiaire 137,77 127,64 133,52 133,57 124,88 Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15 Consommation finale énergétique 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 431,70 411,36 432,84 414,98 397,62 *Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries). **Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 153 annexes Bilan physique de l?électricité de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Nucléaire 379,46 335,41 360,70 279,27 320,41 Pétrole 5,58 5,28 5,40 5,99 5,83 Gaz naturel 37,02 33,25 31,42 43,15 28,15 Charbon 5,54 4,66 6,92 5,54 2,90 Autre thermique 10,42 10,45 11,13 11,24 11,46 Hydraulique 60,82 66,27 63,16 50,42 60,11 Éolien 34,72 39,86 36,89 38,20 50,48 Photovoltaïque 12,17 13,19 15,36 19,63 21,82 Autres* 1,13 1,20 1,13 1,12 1,96 Production nette d?électricité 546,85 509,58 532,12 454,56 503,12 Énergie absorbée par le pompage-turbinage** - 6,50 - 6,32 - 6,06 - 7,71 - 6,09 Importations 15,63 19,54 24,33 52,44 25,43 Exportations - 73,30 - 64,58 - 69,23 - 37,49 - 75,90 Total approvisionnement 482,68 458,22 481,17 461,80 446,55 Correction climatique 3,72 11,58 - 2,60 8,61 8,87 Écart statistique 4,14 1,96 0,05 1,62 2,02 Branche énergie 8,75 9,00 9,09 9,96 10,34 Pertes de transport et de distribution 38,65 37,43 38,84 36,52 37,84 Total branche énergie 51,54 48,38 47,98 48,11 50,19 Industrie 116,05 106,88 112,26 108,11 102,83 Transports 10,08 8,34 9,65 11,09 12,86 Résidentiel 162,12 167,97 168,05 160,48 155,91 Tertiaire 138,15 130,15 132,98 134,73 126,48 Agriculture-pêche 8,48 8,08 7,65 7,89 7,15 Consommation finale énergétique 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 434,88 421,41 430,59 422,30 405,23 *Ycomprisélectricitédélivréeparlesinstallationsdestockage(grossesbatteries). **Etparl?alimentationdesautresinstallationsdestockage(grossesbatteries). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 154 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données réelles En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30 Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19 Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57 Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24 Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78 Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76 Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70 Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54 Pertes de transport et de distribution 5,88 6,69 5,10 4,84 5,73 Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 14,81 14,49 17,05 14,53 14,92 Tertiaire 9,32 9,53 10,60 9,72 9,14 Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25 Consommation finale énergétique 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 43,13 41,77 48,04 46,09 41,81 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan physique de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données corrigées des variations climatiques En TWh 2019 2020 2021 2022 2023 Pétrole 2,53 2,76 2,52 2,40 2,30 Gaz naturel 18,11 18,52 19,51 17,68 17,19 Charbon 1,43 1,19 1,23 1,04 0,57 Autre thermique 23,55 22,67 25,98 26,00 23,24 Géothermie 1,80 1,88 1,97 1,75 1,78 Pompes à chaleur 0,36 0,37 0,46 0,68 0,76 Autres 1,24 1,08 1,47 1,39 1,70 Production de chaleur (commercialisée) 49,01 48,46 53,14 50,93 47,54 Correction climatique 1,06 2,93 - 0,64 2,32 2,26 Pertes de transport et de distribution 5,99 7,05 5,04 5,05 5,94 Industrie 18,75 17,56 20,12 21,61 17,49 Transports 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Résidentiel 15,40 16,08 16,69 15,85 16,21 Tertiaire 9,67 10,51 10,38 10,51 9,91 Agriculture-pêche 0,25 0,19 0,27 0,23 0,25 Consommation finale énergétique 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86 Consommation finale non énergétique 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 Consommation finale 44,07 44,34 47,46 48,20 43,86 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 155 annexes Bilans monétaires, toutes énergies confondues (données réelles) Bilan énergétique monétaire 2023 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 500 612 24 044 n.d. (*) 3 036 74 966 1 670 - 1 332 107 762 Importations 2 010 27 266 33 091 36 281 325 2 885 0 0 101 859 Exportations - 48 - 209 - 13 242 - 10 006 - 75 - 6 847 0 0 - 30 428 Soutes maritimes internationales 0 0 - 661 0 0 0 0 0 - 661 Soutes aériennes internationales 0 0 - 4 333 0 0 0 0 0 - 4 333 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 16 - 68 223 101 0 0 0 0 241 Taxes 10 0 41 954 4 080 200 6 849 106 0 53 198 dontTVA 3 0 10 364 1 820 200 5 164 106 0 17 657 Subventions 0 0 0 - 811 0 4 307 0 0 3 495 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 506 29 688 0 0 4 797 2 036 1 332 38 027 Total des ressources 2 456 29 108 110 765 32 578 3 486 86 957 3 812 0 269 161 Production d?électricité 309 0 866 3 330 292 0 0 0 4 797 Production de chaleur 31 0 135 1 472 398 0 0 0 2 036 Production d?autres formes d?énergie 0 29 108 1 506 329 0 1 638 0 0 32 581 Branche énergie 340 29 108 2 507 5 132 690 1 638 0 0 39 415 Industrie 1 924 0 2 425 7 491 176 16 562 986 0 29 564 Transports 0 0 85 550 394 0 1 747 0 0 87 691 Résidentiel 9 0 5 099 12 801 2 495 35 645 1 775 0 57 824 Tertiaire 13 0 2 830 6 114 93 29 531 1 022 0 39 604 Agriculture-pêche 1 0 3 804 167 0 1 835 28 0 5 835 Consommation finale énergétique 1 947 0 99 708 26 967 2 765 85 319 3 812 0 220 517 Consommation finale non énergétique 168 0 8 402 479 0 0 0 0 9 050 Consommation finale 2 116 0 108 110 27 446 2 765 85 319 3 812 0 229 567 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 156 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique monétaire 2022 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 312 804 26 137 n.d. (*) 2 396 44 296 1 882 - 813 61 954 Importations 3 319 31 571 43 074 58 287 300 16 149 0 0 152 700 Exportations - 52 - 133 - 15 246 - 10 763 - 86 - 8 729 0 0 - 35 009 Soutes maritimes internationales 0 0 - 889 0 0 0 0 0 - 889 Soutes aériennes internationales 0 0 - 5 059 0 0 0 0 0 - 5 059 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 141 - 156 262 - 3 831 0 0 0 0 - 3 866 Taxes 18 0 43 587 4 173 140 8 951 102 0 56 971 dontTVA 3 0 10 648 1649 140 4 648 102 0 17190 Subventions 0 0 - 7 612 - 89 0 - 1 278 0 0 - 8 979 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 356 34 052 0 0 7 373 2 233 813 45 014 Total des ressources 3 457 33 441 118 306 33 904 2 750 66 761 4 217 0 262 837 Production d?électricité 622 0 1 117 5 396 238 0 0 0 7 373 Production de chaleur 67 0 129 1 655 383 0 0 0 2 233 Production d?autres formes d?énergie 0 33 441 1 356 405 0 1 052 0 0 36 254 Branche énergie 689 33 441 2 601 7 455 621 1 052 0 0 45 860 Industrie 2 573 0 2 577 8 455 116 11 992 1 541 0 27 256 Transports 0 0 88 180 301 0 1 246 0 0 89 728 Résidentiel 16 0 6 486 11 561 1 894 32 071 1 630 0 53 658 Tertiaire 15 0 3 860 4 809 87 19 127 1 022 0 28 919 Agriculture-pêche 1 0 4 047 145 0 1 273 25 0 5 491 Consommation finale énergétique 2 604 0 105 151 25 272 2 098 65 709 4 217 0 205 052 Consommation finale non énergétique 163 0 10 445 1 178 0 0 0 0 11 786 Consommation finale 2 767 0 115 596 26 450 2 098 65 709 4 217 0 216 838 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 157 annexes Bilan énergétique monétaire 2021 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 538 460 18 728 n.d. (*) 2 417 49 863 1 768 - 553 78 249 Importations 1 482 15 738 26 554 16 353 155 3 498 0 0 63 781 Exportations - 105 - 130 - 10 131 - 1 712 - 52 - 6 172 0 0 - 18 302 Soutes maritimes internationales 0 0 - 573 0 0 0 0 0 - 573 Soutes aériennes internationales 0 0 - 1 455 0 0 0 0 0 - 1 455 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 88 121 337 607 0 0 0 0 1 153 Taxes 16 0 39 903 4 216 133 15 838 91 0 60 198 dontTVA 2 0 8 480 1 527 133 4 738 91 0 14972 Subventions 0 0 0 - 228 0 - 5 469 0 0 - 5 697 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 849 18 477 0 0 3 379 1 387 553 25 092 Total des ressources 2 019 18 039 91 840 23 712 2 653 60 938 3 246 0 202 446 Production d?électricité 390 0 644 2 167 178 0 0 0 3 379 Production de chaleur 30 0 89 954 313 0 0 0 1 387 Production d?autres formes d?énergie 0 18 039 1 849 293 0 722 0 0 20 904 Branche énergie 419 18 039 2 583 3 415 491 722 0 0 25 670 Industrie 1 483 0 1 756 4 959 83 9 271 813 0 18 364 Transports 0 0 67 821 137 0 706 0 0 68 664 Résidentiel 8 0 5 874 10 798 1 986 32 727 1 521 0 52 915 Tertiaire 9 0 2 115 3 763 80 16 401 889 0 23 258 Agriculture-pêche 0 0 2 821 107 0 1 110 22 0 4 062 Consommation finale énergétique 1 501 0 80 388 19 764 2 149 60 215 3 246 0 167 263 Consommation finale non énergétique 99 0 8 869 532 0 0 0 0 9 500 Consommation finale 1 600 0 89 257 20 296 2 149 60 215 3 246 0 176 763 (*)Avertissement:lecalculdelaproductionestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie 158 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan énergétique monétaire 2020 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 412 262 15 538 8 851 2 116 48 095 1 498 - 480 76 772 Importations 890 9 769 17 566 6 093 113 772 0 0 35 204 Exportations - 23 - 61 - 7 356 - 973 - 41 - 1 941 0 0 - 10 394 Soutes maritimes internationales 0 0 - 362 0 0 0 0 0 - 362 Soutes aériennes internationales 0 0 - 826 0 0 0 0 0 - 826 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) 23 58 - 42 272 0 0 0 0 311 Taxes 15 0 34 117 4 003 113 15 397 71 0 53 716 dontTVA 2 0 6 613 1 432 113 4489 71 0 12 718 Subventions 0 0 0 - 206 0 - 8 344 0 0 - 8 550 Consommation d?autres formes d?énergie 0 2 110 12 393 0 0 1 831 777 480 17 111 Total des ressources 1 318 12 139 71 030 18 040 2 301 55 810 2 345 0 162 983 Production d?électricité 190 0 462 1 015 163 0 0 0 1 831 Production de chaleur 17 0 72 418 270 0 0 0 777 Production d?autres formes d?énergie 0 12 139 2 110 97 0 637 0 0 14 983 Branche énergie 207 12 139 2 643 1 531 433 637 0 0 17 591 Industrie 1 015 0 1 400 2 771 74 7 771 416 0 13 446 Transports 0 0 52 207 78 0 551 0 0 52 837 Résidentiel 6 0 4 585 10 365 1 714 30 459 1 183 0 48 312 Tertiaire 7 0 2 185 3 066 66 15 324 732 0 21 379 Agriculture-pêche 0 0 2 235 88 0 1 069 15 0 3 407 Consommation finale énergétique 1 028 0 62 611 16 369 1 854 55 173 2 345 0 139 381 Consommation finale non énergétique 82 0 5 775 140 0 0 0 0 5 998 Consommation finale 1 110 0 68 387 16 509 1 854 55 173 2 345 0 145 379 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 159 annexes Bilan énergétique monétaire 2019 Données réelles En M¤ Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés et biocarburants Gaz naturel Bois- énergie Électricité Chaleur commercia- lisée Non affecté Total Production primaire et marges 424 513 17 598 8 376 2 062 46 266 1 502 - 396 76 742 Importations 1 667 21 289 26 015 10 418 124 732 0 0 60 245 Exportations - 30 - 127 - 11 350 - 1 799 - 54 - 2 749 0 0 - 16 109 Soutes maritimes internationales 0 0 - 817 0 0 0 0 0 - 817 Soutes aériennes internationales 0 0 - 3 457 0 0 0 0 0 - 3 457 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 9 43 82 - 379 0 0 0 0 - 264 Taxes 20 0 40 987 4 400 111 15 560 80 0 61 158 dontTVA 2 0 8932 1 588 111 4 205 80 0 14918 Subventions 0 0 0 - 111 0 - 7 847 0 0 - 7 958 Consommation d?autres formes d?énergie 0 1 156 23 182 0 0 2 484 942 396 27 764 Total des ressources 2 071 22 874 92 239 20 905 2 243 54 446 2 525 0 197 304 Production d?électricité 261 0 616 1 439 169 0 0 0 2 484 Production de chaleur 28 0 97 524 293 0 0 0 942 Production d?autres formes d?énergie 0 22 874 1 156 146 0 557 0 0 24 733 Branche énergie 289 22 874 1 869 2 108 462 557 0 0 28 160 Industrie 1 653 0 1 737 3 748 70 8 146 487 0 15 841 Transports 0 0 70 260 75 0 534 0 0 70 869 Résidentiel 8 0 5 924 11 146 1 624 28 410 1 277 0 48 389 Tertiaire 9 0 2 555 3 504 73 15 716 744 0 22 600 Agriculture-pêche 0 0 2 593 99 0 1 083 17 0 3 794 Consommation finale énergétique 1 670 0 83 070 18 572 1 767 53 889 2 525 0 161 492 Consommation finale non énergétique 112 0 7 301 225 0 0 0 0 7 638 Consommation finale 1 782 0 90 371 18 797 1 767 53 889 2 525 0 169 130 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 160 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilans monétaires par énergie (données réelles) Bilan monétaire du charbon de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 0 0 0 0 0 Importations 1 667 890 1 482 3 319 2 010 Exportations - 30 - 23 - 105 - 52 - 48 Variations de stocks - 9 23 88 - 141 - 16 Marges de cokéfaction 424 412 538 312 500 TVA 2 2 2 3 3 TICC* et octroi de mer 18 13 14 16 6 Total ressources 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456 Production d?électricité 261 190 390 622 309 Production de chaleur 28 17 30 67 31 Industrie (donthauts-fourneaux) 1 653 1 015 1 483 2 573 1 924 Résidentiel 8 6 8 16 9 Tertiaire 9 7 9 15 13 Agriculture-pêche 0 0 0 1 1 Consommation finale énergétique 1 670 1 028 1 501 2 604 1 947 Consommation finale non énergétique 112 82 99 163 168 Total emplois 2 071 1 318 2 019 3 457 2 456 *Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçuesurlecharbon). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire du pétrole brut de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production d?énergie primaire 513 262 460 804 612 Importations 21 289 9 769 15 738 31 571 27 266 Exportations - 127 - 61 - 130 - 133 - 209 Variations de stocks 43 58 121 - 156 - 68 Transferts et retours en raffinerie 1 156 2 110 1 849 1 356 1 506 Total approvisionnement des raffineries 22 874 12 139 18 039 33 441 29 108 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 161 annexes Bilan monétaire des produits pétroliers raffinés de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production nette des raffineries 25 409 13 968 19 225 44 133 38 479 Importations 24 183 16 386 24 162 38 943 29 236 Exportations - 10 654 - 6 708 - 9 296 - 14 213 - 12 667 Soutes maritimes internationales - 817 - 362 - 573 - 889 - 661 Soutes aériennes internationales - 3 457 - 826 - 1 455 - 5 059 - 4 333 Variations de stocks 82 - 42 337 262 223 Transferts et retours en raffinerie - 1 156 - 2 110 - 1 849 - 1 356 - 1 506 Coût de l?approvisionnement en produits raffinés 33 591 20 307 30 552 61 821 48 771 Marges de transport et de commerce, écart statistique 13 271 11 876 15 093 12 241 12 501 Taxes 40 987 34 117 39 903 43 587 41 954 dontTICPE*(+TSCetoctroidemer pour les DROM) 32019 27 468 31 411 32 383 31 578 dontTVA 8932 6 613 8 480 10 648 10 364 dontTiruert(exTGAP,exTirib)etCPSSP 36 37 12 556 12 Subventions 0 0 0 - 7 612 0 Dépense en produits raffinés 87 849 66 301 85 548 110 037 103 227 Production d?électricité 616 462 644 1 117 866 Production de chaleur 97 72 89 129 135 Consommation nette de la branche énergie 713 533 734 1 246 1 001 Industrie 1 675 1 341 1 654 2 420 2 300 Transports 67 260 49 815 63 745 81 940 80 134 Résidentiel 5 924 4 585 5 874 6 486 5 099 Tertiaire 2 525 2 156 2 092 3 823 2 766 Agriculture-pêche 2 451 2 096 2 580 3 677 3 524 Consommation finale énergétique 79 836 59 992 75 945 98 346 93 824 Consommation finale non énergétique 7 301 5 775 8 869 10 445 8 402 Consommation finale 87 137 65 767 84 814 108 792 102 226 *Depuis2022,ladénominationestaccisesurlesénergies(oufractionperçue). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire des biocarburants de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production 2 098 2 088 2 886 3 815 2 752 Importations 1 832 1 179 2 392 4 131 3 855 Exportations - 696 - 648 - 835 - 1 033 - 575 Total approvisionnement en biocarburants 3 234 2 619 4 443 6 913 6 031 Industrie 62 59 101 157 125 Transports 3 000 2 393 4 077 6 240 5 416 donttransportroutier(biodieseletbioessence) 2989 2 384 4 060 6 208 5392 Résidentiel 0 0 0 0 0 Tertiaire 30 29 23 37 64 Agriculture-pêche 142 139 242 370 279 Consommation finale 3 234 2 619 4 443 6 804 5 884 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 162 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Bilan monétaire du gaz naturel de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production de gaz naturel 3 2 8 21 14 Injections de biométhane 127 228 448 763 1 163 Importations 10 418 6 093 16 353 58 287 36 281 Exportations - 1 799 - 973 - 1 712 - 10 763 - 10 006 Variations de stocks - 379 272 607 - 3 831 101 Utilisation des infrastructures (hors pertes) 6 325 6 241 6 197 6 062 6 395 Marges de commerce et écart statistique 1 921 2 380 n.d. (*) n.d. (*) n.d. (*) Taxes 4 400 4 003 4 216 4 173 4 080 Subventions - 111 - 206 - 228 - 89 - 811 Total ressources 20 905 18 040 23 712 33 904 32 578 Production d?électricité 1 439 1 015 2 167 5 396 3 330 Production de chaleur 524 418 954 1 655 1 472 Branche énergie hors transformation 146 97 293 405 329 Branche énergie 2 108 1 531 3 415 7 455 5 132 Industrie 3 748 2 771 4 959 8 455 7 491 Résidentiel 11 146 10 365 10 798 11 561 12 801 Tertiaire et transports 3 578 3 145 3 900 5 110 6 508 Agriculture-pêche 99 88 107 145 167 Consommation finale énergétique 18 572 16 369 19 764 25 272 26 967 Consommation finale non énergétique 225 140 532 1 178 479 Consommation finale 18 797 16 509 20 296 26 450 27 446 (*)Avertissement:lecalculdelamargeestcomplexeen2021,2022et2023etn?apaspuêtreréalisé(voirencadré1.3). Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire du bois-énergie de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 2 062 2 116 2 417 2 396 3 036 Importations 124 113 155 300 325 Exportations - 54 - 41 - 52 - 86 - 75 Taxes (TVA) 111 113 133 140 200 Subventions 0 0 0 0 0 Total ressources 2 243 2 301 2 653 2 750 3 486 Production d?électricité 169 163 178 238 292 Production de chaleur 293 270 313 383 398 Industrie 70 74 83 116 176 Transports 0 0 0 0 0 Résidentiel 1 624 1 714 1 986 1 894 2 495 Tertiaire 73 66 80 87 93 Agriculture-pêche 0 0 0 0 0 Consommation finale totale 1 767 1 854 2 149 2 098 2 765 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 163 annexes Bilan monétaire de l?électricité de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 35 690 36 801 39 560 39 179 68 795 Importations 732 772 3 498 16 149 2 885 Exportations - 2 749 - 1 941 - 6 172 - 8 729 - 6 847 Utilisation du réseau (hors pertes) 13 061 13 125 13 682 12 490 10 967 Taxes 15 560 15 397 15 838 8 951 6 849 Subventions - 7 847 - 8 344 - 5 469 - 1 278 4 307 Total ressources 54 446 55 810 60 938 66 761 86 957 Branche énergie (hors électricité) 557 637 722 1 052 1 638 Industrie 8 146 7 771 9 271 11 992 16 562 Transports 534 551 706 1 246 1 747 Résidentiel 28 410 30 459 32 727 32 071 35 645 Tertiaire 15 716 15 324 16 401 19 127 29 531 Agriculture-pêche 1 083 1 069 1 110 1 273 1 835 Consommation finale énergétique 53 889 55 173 60 215 65 709 85 319 Source :SDES,bilanannueldel?énergie Bilan monétaire de la chaleur commercialisée de 2019 à 2023 Données réelles En M¤ 2019 2020 2021 2022 2023 Production et marges 2 445 2 275 3 154 4 115 3 706 Taxes (TVA) 80 71 91 102 106 Total ressources 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812 Industrie 487 416 813 1 541 986 Transports 0 0 0 0 0 Résidentiel 1 277 1 183 1 521 1 630 1 775 Tertiaire 744 732 889 1 022 1 022 Agriculture-pêche 17 15 22 25 28 Consommation finale énergétique 2 525 2 345 3 246 4 217 3 812 Source :SDES,bilanannueldel?énergie 164 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Annexes méthodologiques ANNEXE 1 : PRINCIPES MÉTHODOLOGIQUES ET SOURCES Le bilan de l?énergie comprend un bilan physique et un bilan monétaire, établis de manière cohérente entre eux. Une méthodologie détaillée d?élaboration du bilan est publiée sur le site internet du SDES. En sont rappelés ici les principaux éléments. Bilan physique Le bilan physique retrace un équilibre comptable entre les approvisionnements d?une part et les emplois de l?énergie d?autre part. Les approvisionnements sont : ? la production primaire ; ? les importations, nettes des exportations ; ? les variations de stocks (positives pour un déstockage ou négatives pour un stockage) ; ? les soutes maritimes et aériennes internationales, qui apparaissent avec un signe négatif, n?étant pas considérées comme une consommation d?énergie primaire de la France. Le total des approvisionnements correspond à la consommation primaire. À l?écart statistique près, il est égal à la somme des emplois, qui comprennent : ? les pertes de transformation d?énergie ; ? les pertes de transport, distribution et stockage d?énergie ; ? la consommation propre d?énergie de la branche énergie (hors l?énergie qu?elle transforme) ; ? la consommation finale à usage énergétique ; ? la consommation finale à usage non énergétique. Les formes d?énergie suivantes sont distinguées : charbon, pétrole brut, produits raffinés, gaz naturel, énergies renouvelables et déchets, chaleur nucléaire, électricité, chaleur commercialisée. Des informations peuvent en outre être données à un niveau de détail plus fin pour des sous- catégories du charbon, des produits pétroliers ou des énergies renouvelables. La méthodologie du bilan obéit aux recommandations du manuel sur les statistiques de l?énergie coédité par l?Agence internationale de l?énergie (AIE) et Eurostat (dont la dernière édition date de 2005). Sa présentation est alignée sur celle de l?AIE. À noter toutefois que certaines consommations finales, notamment celles à usage militaire, sont considérées ici comme relevant du secteur tertiaire alors qu?elles devraient être « non affectées » suivant les recommandations internationales. Par ailleurs, la chaleur extraite de l?environnement par les pompes à chaleur est prise en compte ici, comme c?est le cas également dans les bilans élaborés par Eurostat mais pas dans ceux réalisés par l?AIE. Le périmètre géographique couvre, à partir de l?année 2011, la France métropolitaine et les cinq DROM. Les données relatives aux années antérieures sont limitées à la France métropolitaine. Les données relatives à des agrégats de différentes formes d?énergie sont désormais exprimées en térawattheures (TWh) et non plus en millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), comme c?était le cas des éditions précédentes. L?unité est également le TWh pour les données relatives à l?électricité, aux énergies renouvelables, aux déchets, à la chaleur et au charbon. Les données relatives au pétrole (brut et raffiné) restent en revanche exprimées en Mtep et celles relatives au gaz naturel en TWh PCS (pouvoir calorifique supérieur), alors que les quantités des autres combustibles et des agrégats sont exprimées en pouvoir calorifique inférieur. L?élaboration du bilan physique de l?énergie repose principalement sur l?exploitation de données recueillies par le SDES. Celles-ci sont recueillies d?une part dans le cadre d?enquêtes statistiques, au sens de la loi de 1951 relative à la statistique publique : ? enquête sur les produits du charbon dans l?industrie sidérurgique ; ? enquête annuelle sur la production d?électricité ; ? enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid, dont la maîtrise d?oeuvre est assurée par le Syndicat national du chauffage urbain et de la climatisation urbaine ; ? enquête sur la consommation d?énergie dans la construction en 2015. Les données sont recueillies d?autre part dans le cadre de collectes prévues par des textes réglementaires du Code de l?énergie (art. L.142-1). En particulier, les statistiques de consommation de gaz, d?électricité et de produits pétroliers sont construites principalement à partir des données locales annuelles de consommation d?énergie, collectées en application de l?article 179 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 (par l?intermédiaire du Comité professionnel du pétrole en ce qui concerne les produits pétroliers). Sont en outre exploitées des données annuelles sur la pétrochimie ainsi que des données mensuelles recueillies auprès de divers acteurs de l?énergie (raffineurs, importateurs, réseaux de transport et de distribution, etc.). Ces sources internes au SDES sont complétées par des sources externes. Plusieurs, parmi les plus significatives, sont issues du service statistique public, notamment l?enquête Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 165 annexes annuelle sur la consommation d?énergie dans l?industrie (EACEI) de l?Insee, l?enquête Logement de l?Insee (pour la consommation de bois des ménages), les statistiques de commerce extérieur du service statistique de la direction générale des douanes et des droits indirects et le réseau d?information comptable agricole du service statistique du ministère de l?Agriculture. D?autres proviennent d?organismes extérieurs à la statistique publique, comprenant notamment l?Ademe (pour les déchets), Observ?er (pour certaines énergies renouvelables thermiques), la CRE (pour le photovoltaïque), la DGEC (pour les biocarburants), FranceAgriMer (pour la production de bioéthanol), le Citepa (pour la consommation non énergétique de gaz) et des observatoires de l?énergie ultramarins. Le partage de la consommation de produits pétroliers entre résidentiel et tertiaire est réalisé à partir de données du Ceren. Bilan monétaire Le bilan monétaire décrit les flux en euros associés aux flux énergétiques présentés dans le bilan physique. Il prend la forme, comme ce dernier, d?un équilibre ressources-emplois. Les ressources monétaires comprennent : ? la production et les marges de transport, distribution et commercialisation ; ? les importations, nettes des exportations ; ? les variations de stocks ; ? les taxes, nettes des subventions. À l?écart statistique près, ces ressources sont égales à la somme des emplois, i.e. des consommations des différents secteurs (à usage énergétique ou non). Le bilan monétaire est établi à partir de l?année 2011 et couvre l?ensemble des principales formes d?énergie faisant l?objet d?échanges marchands (charbon, pétrole, gaz, électricité, chaleur, biocarburants, biométhane, bois). Son champ inclut en particulier l?autoconsommation d?électricité, valorisée au prix moyen d?achat dans le secteur considéré, ainsi que les achats informels de bois mais exclut en revanche l?autoconsommation de bois. Les investissements des consommateurs finaux visant à transformer l?énergie pour leur usage propre (par exemple, chaudières individuelles, pompes à chaleur, chauffe-eau solaires, etc.) sont hors champ. La dépense nationale associée à une forme d?énergie correspond à la somme de la valeur de la consommation de cette forme d?énergie à usage final et à usage de production d?autres formes d?énergie. La dépense nationale d?énergie correspond à la somme des valeurs des consommations à usage final seulement des différentes formes d?énergie. Elle est inférieure par construction à la somme des dépenses nationales des différentes formes d?énergie, afin d?éviter des doubles comptes liés aux échanges internes de la branche énergie. Par exemple, le gaz consommé pour produire de l?électricité est comptabilisé dans la dépense nationale de gaz, mais est exclu du calcul de la dépense nationale d?énergie : en effet, infine, le coût correspondant est supporté par les consommateurs d?électricité ; il est donc déjà implicitement pris en compte dans la dépense nationale d?électricité. Par exception au principe de cohérence entre les bilans physique et monétaire, la dépense des hauts-fourneaux en énergie (nette de la rémunération qu?ils tirent de la revente de gaz de hauts-fourneaux) est considérée dans le bilan monétaire comme une dépense finale, alors que, conformément aux recommandations internationales, la consommation correspondante est considérée comme une consommation de la branche énergie dans le bilan physique. Du côté des ressources et pour chaque forme d?énergie, le solde entre, d?une part, la dépense totale et, d?autre part, la somme des taxes (nettes des subventions), du solde importateur et des variations de stocks représente la valeur de la production primaire et de marges diverses (de transformation, de transport, de distribution ou de commercialisation suivant les cas). Suivant les sources disponibles par énergie, une désagrégation plus ou moins fine de ces différents éléments est disponible. Concernant les carburants contenant une part bio et une part non-bio (issue de produits pétroliers), il est fait le choix, par convention, d?affecter la totalité des taxes et des marges de distribution aux carburants pétroliers. Dans le contexte exceptionnel de l?année 2022, marquée par la crise énergétique liée au contexte géopolitique, il n?a pas été possible de calculer les marges dans le compte monétaire du gaz. L?élaboration du bilan monétaire s?appuie notamment sur les sources suivantes, outre celles mobilisées pour établir le bilan physique : ? l?enquête semestrielle sur la transparence des prix du gaz et de l?électricité du SDES ; ? l?enquête sectorielle annuelle de l?Insee sur le champ du transport ; ? diverses informations issues de documents budgétaires de RTE, d?Enedis, de GRTgaz, de Teréga, de Storengy et de la Commission de régulation de l?énergie ; ? les prix de marché de gros du gaz observés aux PEG ; ? l?enquête mensuelle sur les prix des produits pétroliers de l?Insee ; ? la base sur les prix de vente de produits pétroliers de la DGEC ; ? l?enquête trimestrielle réalisée par le CEEB sur les prix du bois-énergie ; ? l?enquête annuelle sur les prix des combustibles bois réalisée par CODA Stratégies pour le compte de l?Ademe. 166 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 2 : DÉFINITIONS Chaleur : transfert thermique, au sens physique du terme. Les flux de chaleur considérés dans le présent bilan sont toutefois restreints aux quantités de chaleur vendues (lorsqu?un acteur met en oeuvre une combustion pour en utiliser lui-même la chaleur, les flux correspondants sont reportés dans le bilan du combustible brûlé, pas dans celui de la chaleur). La chaleur primaire, d?origine géothermique, aérothermique ou solaire, s?oppose à la chaleur secondaire obtenue en brûlant des combustibles tels que le charbon, le gaz naturel, le pétrole, la biomasse et les déchets. Charbon : sous sa forme primaire, combustible fossile qui revêt généralement l?aspect physique d?un roc brun ou noir et qui est constitué de matière végétale carbonisée. On distingue le lignite, le charbon sous-bitumineux et la houille, classés par pouvoir calorifique croissant. La houille pouvant être transformée en coke est dénommée « charbon à coke », par opposition au « charbon-vapeur » utilisé pour produire de la chaleur sous forme de vapeur (elle-même pouvant être éventuellement transformée en électricité). Dans le bilan, le terme de charbon couvre aussi les produits secondaires, tels que les agglomérés, les briquettes, le coke de cokerie, le goudron de houille, mais aussi les gaz sidérurgiques (gaz de cokerie, de haut-fourneau et de convertisseur à l?oxygène). Combustible : toute substance pouvant être brûlée pour produire de la chaleur, par réaction du carbone et de l?hydrogène contenus dans la substance combustible avec l?oxygène. Consommation finale énergétique : consommation d?énergie à toutes fins autres que la transformation, le transport, la distribution et le stockage d?énergie et hors utilisation comme matière première ou pour certaines propriétés physiques (voir consommation finale non énergétique). Consommation finale non énergétique : consommation de combustibles à d?autres fins que la production de chaleur, soit comme matières premières (par exemple pour la fabrication de plastique), soit en vue d?exploiter certaines de leurs propriétés physiques (comme, par exemple, les lubrifiants, le bitume ou les solvants). Déchets : combustibles composés de matériaux divers issus des déchets urbains (dont la moitié est supposée renouvelable) et industriels (considérés en totalité comme non renouvelables). Électricité : vecteur d?énergie ayant de multiples usages. L?électricité peut être produite à partir de diverses sources primaires (nucléaire, combustibles fossiles ou renouvelables, géothermie, hydraulique, énergie éolienne, photovoltaïque, etc.). La production brute d?électricité est mesurée aux bornes des groupes des centrales et comprend, par conséquent, la consommation des services auxiliaires et les pertes dans les transformateurs des centrales, par opposition à la production nette d?électricité, mesurée à la sortie des centrales. Énergie primaire : énergie non transformée, i.e. tirée de la nature (soleil, fleuves ou vent) ou contenue dans les produits énergétiques tirés de la nature (comme les combustibles fossiles ou le bois), et chaleur issue de la réaction nucléaire. Par convention, l?énergie primaire d?origine hydraulique, éolienne, marémotrice et solaire photovoltaïque est comptabilisée à hauteur de la production d?électricité correspondante. La chaleur issue de la réaction nucléaire est mesurée à travers un rendement de la production électrique nucléaire de 0,33. La consommation d?énergie primaire est la somme de la consommation finale, des pertes et de la consommation des producteurs et des transformateurs d?énergie. Énergie renouvelable : énergie dérivée de processus naturels en perpétuel renouvellement, notamment l?énergie générée par le soleil, le vent, la chaleur terrestre, l?eau des fleuves, des lacs, des mers et des océans, la biomasse solide (bois et déchets d?origine biologique), le biogaz et les biocarburants liquides. Énergie secondaire : énergie obtenue par la transformation d?une énergie primaire ou d?une autre énergie secondaire (production d?électricité à partir de gaz, de coke à partir de charbon à coke, de produits pétroliers à partir de pétrole brut, etc.). Gaz naturel : il est extrait de réserves naturelles souterraines et se compose principalement de méthane (CH4). Intensité énergétique finale : consommation énergétique finale rapportée à un indicateur d?activité. Nucléaire : énergie dégagée, sous forme de chaleur, par la fission de noyaux d?uranium dans des réacteurs. Cette énergie, considérée comme primaire, est transformée secondairement en électricité (avec un rendement supposé de 33 %). Pétrole : mélange complexe d?hydrocarbures liquides, des éléments chimiques contenant de l?hydrogène et du carbone, qui se forme naturellement dans des nappes souterraines présentes dans les roches sédimentaires. Au sens large, il inclut les produits tant primaires (pétrole brut) que secondaires (raffinés). Pouvoir calorifique : quantité de chaleur dégagée par la combustion complète d?une unité de combustible. On oppose le pouvoir calorifiquesupérieur (PCS), qui désigne le Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 167 annexes dégagement maximal théorique de chaleur lors de la combustion, y compris la chaleur de condensation de la vapeur d?eau produite, au pouvoircalorifiqueinférieur (PCI), qui exclut cette chaleur de condensation. Soutes maritimes ou aériennes internationales : quantités de pétrole utilisées comme combustibles par les navires ou les avions à des fins de transport international. Taux d?indépendance énergétique : rapport entre la production et la consommation d?énergie primaire. ANNEXE 3 : ÉQUIVALENCES ÉNERGÉTIQUES Les équivalences énergétiques utilisées sont celles que recommandent les organisations internationales (Agence internationale de l?énergie, Eurostat). Le tableau ci-après précise les coefficients d?équivalence entre unités propres, gigajoules (GJ), mégawattheures (MWh) et tonnes équivalent pétrole (tep). Ces coefficients sont systématiquement utilisés dans les publications officielles françaises. Énergie Unité propre gigajoules (GJ) (PCI) mégawattheure MWh (PCI) tep (PCI) Charbon Charbon à vapeur 1 t 26 7,2222 0,619 Charbon à coke 1 t 29,5 8,1944 0,705 Coke de cokerie 1 t 28 7,7778 0,667 Agglomérés 1 t 32 8,8889 0,762 Briquettes de lignite 1 t 18 4,7112 0,404 Lignite et produits de récupération 1 t 17 4,7222 0,405 Anthracite 1 t 32,3 8,9722 0,772 Goudron de houille 1 t 38 10,5556 0,905 Pétrole brut et produits pétroliers Produits primaires et autres produits à distiller Pétrole brut 1 t 42,78 11,8833 1,0218 Liquides de gaz naturels 1 t 42 11,6667 1,0032 Produits d?alimentation des raffineries 1 t 41,86 11,6278 0,9997 Additifs oxygénés 1 t 25,12 6,9778 1,0693 Produits raffinés Gazole, fioul domestique 1 t 42,6 11,8333 1,0175 Gaz de pétrole liquéfié (GPL) 1 t 46 12,7778 1,0987 Essence moteur 1 t 44 12,2222 1,0509 Kérosène 1 t 43 11,9444 1,0270 Fioul lourd 1 t 40 11,1111 0,9554 Coke de pétrole 1 t 32 8,8889 0,7643 Naphta 1 t 44 12,2222 1,0509 Lubrifiants 1 t 42 11,6667 1,0032 Whitespirit 1 t 43,6 12,1111 1,0414 Bitumes 1 t 39 10,8333 0,9315 Électricité 1 MWh 3,6 1 0,086 Bois à usage résidentiel 1 stère 6,17 1,7139 0,147 Bois à usage professionnel 1 tonne 10,76 2,9889 0,257 Gaz naturel et industriel 1 MWh PCS 3,24 0,9 0,077 Le coefficient de conversion pour le gaz repose sur une hypothèse d?écart de 10 % entre PCS et PCI. Pour les autres combustibles, les écarts entre PCS et PCI sont de l?ordre de : ? 9 % pour le gaz de pétrole liquéfié ; ? 7-8 % pour les autres produits pétroliers ; ? 2-5 % pour les combustibles solides. 168 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 4 : MÉTHODE DE CORRECTION DES VARIATIONS CLIMATIQUES La consommation d?énergie, dont une part importante est dédiée au chauffage, est sensible aux températures extérieures. Afin de permettre des comparaisons dans le temps à climat constant, des statistiques de consommation corrigée des variations climatiques (CVC) sont présentées dans le bilan. L?indicateur de climat usuellement utilisé pour corriger des besoins de chauffage est le nombre de degrés-jours unifiés (DJU). Il est fondé sur la comparaison, pour chaque jour de l?année, de la température observée avec un seuil, fixé à 15 °C. La température prise en compte est la moyenne des extrema des températures sur une journée : T = (Tmin + Tmax) / 2 Le nombre de degrés-jours de cette journée est égal à 15 - T si T < 15 °C, à 0 sinon. La somme des degrés-jours de tous les jours de la saison de chauffe, période de l?année qui va de janvier à mai et d?octobre à décembre inclus, donne ensuite le nombre annuel de DJU. En pratique, ce calcul est réalisé pour 539 stations météorologiques. Les résultats de chaque station sont pondérés par la population des communes les plus proches de chaque station. La consommation CVC est par définition celle qui aurait été constatée si le nombre de degrés-jours avait été égal à la moyenne de ceux observés sur une période de référence donnée. Cette moyenne (notée DJU0 dans la suite) s?établit à 1 523 degrés-jours sur la période de référence, couvrant les années 1991 à 2020. La série des DJU est présentée dans la partie 4 du bilan. Pour chaque secteur et chaque forme d?énergie, l?écart entre la consommation CVC et la consommation réelle (Créelle) est supposé dépendre linéairement du nombre de degrés-jours, à travers un coefficient de thermosensibilité b : CCVC = Créelle ? b.(DJU ? DJU0) La détermination du jeu de coefficients repose sur des estimations économétriques. La méthode et le jeu de coefficients complet sont présentés dans la méthodologie détaillée jointe au bilan de l?énergie sur le site internet du SDES. Toutes énergies confondues, un écart de 10 % par rapport au nombre de degrés-jours de référence (soit de 153 degrés-jours) entraînerait une variation de la consommation annuelle finale (resp. primaire) de 31,6 TWh (resp. 33,5 TWh) en 2023. En outre, la thermosensibilité de la consommation d?électricité du secteur tertiaire pour la climatisation est prise en compte à partir de l?année d?observation 2011. La méthode est analogue à celle employée pour les besoins de chauffage, en définissant des degrés-jours unifiés de climatisation (DJUc) à partir d?une température de référence de 21 °C (voir méthodologiedubilandel?énergie). Un écart de 10 % par rapport au nombre de degrés-jours de climatisation de référence (soit de 11 degrés-jours) entraînerait une variation de la consommation annuelle d?électricité du secteur tertiaire de 0,13 TWh en 2023. Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 169 annexes ANNEXE 5 : PRINCIPALES RÉVISIONS PAR RAPPORT À LA PRÉCÉDENTE ÉDITION L?objectif d?amélioration continue des méthodes employées ainsi que la disponibilité de nouvelles sources se substituant à d?anciennes peut se traduire par des révisions dans les bilans des années antérieures. Les principales modifications apportées cette année sont recensées ci-après. Produits pétroliers Les consommations énergétiques totales par produit sont désormais calées de manière uniforme sur les données de ventes de produits pétroliers fournies par le CPDP, induisant une révision globale des séries depuis 2011. De plus, la méthode de partage du fioul domestique entre résidentiel et tertiaire a été modifiée : dorénavant, la consommation du secteur résidentiel pour la métropole est alignée avec les données du Ceren ; la consommation du tertiaire apparaît comme un solde. Gaz naturel La ventilation des origines de gaz a été revue, en éliminant les achats de gaz gazeux sur les marchés déclarés par les fournisseurs et en étendant la couverture de l?enquête sur les approvisionnements aux importateurs de gaz qui ne sont pas des fournisseurs (intermédiaires). La part des origines inconnues dans l?approvisionnement en gaz gazeux est révisée à la baisse depuis 2014 ; les importations en provenance de Norvège notamment sont à l?inverse révisées à la hausse. Énergies renouvelables et déchets La production de chaleur et la consommation primaire de biomasse sont révisées à la hausse en tenant compte d?une installation dans l?imprimerie qui produit de la chaleur à partir de biomasse (résidus de papeterie). Électricité La série de consommation des véhicules routiers électriques depuis 2011 a été révisée. On considérait jusqu?alors que la recharge des véhicules était réalisée uniquement dans le secteur tertiaire. Elle est maintenant répartie entre le secteur résidentiel (recharge à domicile) et certains secteurs du tertiaire (bornes de recharge dans les stations-essence, les parkings de commerce, sur la voie publique ou encore dans les entreprises). 170 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes ANNEXE 6 : RÉVISION DES PRINCIPAUX AGRÉGATS DE L?ANNÉE 2023 PAR RAPPORT AU BILAN DE L?ÉNERGIE PROVISOIRE Sont présentés ci-dessous les écarts relatifs entre les résultats définitifs figurant dans cette publication et ceux de la version provisoire du bilan de l?énergie publiée en mai 2024 pour tous les agrégats non nuls du tableau de synthèse du bilan physique. Ainsi, les estimations définitives de la production primaire et de la consommation finale d?énergie en 2023 sont respectivement 0,3 % et 0,4 % supérieures à leurs estimations provisoires de mai 2024. En % Charbon Pétrole brut Produits pétroliers raffinés Gaz naturel Nucléaire EnR élec- triques EnR ther- miques et déchets Électricité Chaleur commer- cialisée Total Production d?énergie primaire 1,9 0,0 0,0 - 2,0 1,3 0,1 Importations 0,0 0,0 - 0,1 0,0 0,0 - 0,1 0,0 Exportations - 94,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 - 0,1 Soutes maritimes internationales 4,4 4,4 Soutes aériennes internationales - 1,6 - 1,6 Variations de stocks (+ = déstockage, - = stockage) - 9,7 0,0 30,4 0,0 22,9 Consommation primaire 0,6 0,0 0,6 0,0 0,0 - 2,0 1,2 0,3 0,1 Production d?électricité 7,6 - 5,8 2,3 0,0 - 2,0 4,5 - 0,4 0,3 Production de chaleur - 12,7 24,8 11,4 - 14,7 - 9,3 30,4 Injections de biométhane 0,0 0,0 Raffinage de pétrole 0,0 0,0 0,0 Autres transformations, transferts 5,3 - 1,0 - 8,4 - 0,9 Usages internes de la branche énergie - 5,8 - 5,8 6,4 467,3 0,3 - 1,2 Pertes de transport et de distribution - 0,1 2,3 19,1 3,9 Consommation nette de la branche énergie 0,4 0,0 0,5 9,3 0,0 - 2,0 - 3,9 - 1,2 - 12,2 1,0 Industrie - 8,9 5,7 - 1,9 29,6 - 1,1 - 20,0 - 0,2 Transports 1,4 12,9 - 0,1 22,0 1,8 Résidentiel - 2,2 0,9 - 2,2 1,9 - 0,4 - 4,5 - 0,3 Tertiaire - 2,5 10,9 - 4,0 - 13,6 - 4,1 - 7,3 - 3,2 Agriculture-pêche - 2,4 1,7 - 9,4 1,2 - 6,4 - 7,2 0,0 Consommation finale énergétique - 8,4 2,0 - 2,3 3,3 - 1,3 - 12,2 0,0 Consommation finale non énergétique 30,5 - 6,8 4,8 - 5,1 Consommation finale 1,8 0,5 - 2,1 3,3 - 1,3 - 12,2 - 0,4 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 171 annexes Sigles et abréviations SIGLES Ademe Agence de la transition écologique AIE Agence internationale de l?énergie AIEA Agence internationale de l?énergie atomique APU administrations publiques ARA Anvers, Rotterdam, Amsterdam Arenh accès régulé à l?électricité nucléaire historique ATRT accès des tiers au réseau de transport ATRD accès des tiers au réseau de distribution ATTM accès des tiers aux terminaux méthaniers CAF coût, assurance, fret CART contrat d?accès au réseau de transport CCCG centrales à cycle combiné au gaz CCG cycle combiné au gaz CEEB Centre d?études de l?économie du bois Ceren Centre d?études et de recherches économiques sur l?énergie CFBP Comité français du butane et du propane Citepa Centre interprofessionnel technique d?études de la pollution atmosphérique CPDP Comité professionnel du pétrole CPSSP taxe affectée au stockage des produits pétroliers CRE Commission de régulation de l?énergie CSPE contribution au service public de l?électricité CTA contribution tarifaire d?acheminement CVC corrigé des variations climatiques DGDDI Direction générale des douanes et des droits indirects DGEC Direction générale de l?énergie et du climat DJU degrés-jours unifiés DROM Départements et régions d?outre-mer EACEI enquête annuelle sur les consommations d?énergie dans l?industrie EAPE enquête annuelle sur la production d?électricité EAPH enquête annuelle sur la production d?hydrogène EARCF enquête annuelle sur les réseaux de chaleur et de froid EDF Électricité de France ELD entreprises locales de distribution EMAG esters méthyliques d?acides gras EnR énergie renouvelable ENTSOG EuropeanNetworkofTransmissionSystemOperatorsforGas ETBE éther éthyle tertiobutyle FAB franco à bord Fedene Fédération des services énergie environnement FFA Fédération française de l?acier FOD fioul domestique FSRU floatingstorageregasificationunit ou unité flottante de stockage et de regazéification GNL gaz naturel liquéfié GNV gaz naturel pour véhicules 172 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes GPL gaz de pétrole liquéfié GRTgaz Gestionnaire de réseau de transport du gaz HVHTE huiles végétales hydro-traitées essence HVHTG huiles végétales hydro-traitées gazole ICE IntercontinentalExchange Ifpen Institut français du pétrole et énergies nouvelles Insee Institut national de la statistique et des études économiques ISBLSM institution sans but lucratif au service des ménages ISDND installations de stockage de déchets non dangereux NAF nomenclature d?activités française NBP NationalBalancingPoint OA obligation d?achat OCDE Organisation de coopération et de développement économiques ONRE Observatoire national de la rénovation énergétique Opep Organisation des pays exportateurs de pétrole OREC Observatoire régional de l?énergie et du climat de la Guadeloupe PAC pompes à chaleur PEG point d?échange de gaz PCI pouvoir calorifique inférieur PCS pouvoir calorifique supérieur PIB produit intérieur brut PIR point d?interconnexion du réseau Rica Réseau d?information comptable agricole RTE Réseau de transport d?électricité SARA Société anonyme de la raffinerie des Antilles SEI systèmes énergétiques insulaires Sifim services d?intermédiation financière indirectement mesurés SNCU Syndicat national de chauffage urbain et de la climatisation urbaine SNET Société nationale d?électricité et de thermique Step stations de transfert d?énergie par pompage STEP stations d?épuration des eaux usées TBTS très basse teneur en soufre TCCFE taxe communale sur la consommation finale d?électricité TDCFE taxe départementale sur la consommation finale d?électricité TGAP taxe générale sur les activités polluantes TICPE taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques TICFE taxe intérieure sur la consommation finale d?électricité TICGN taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel TIGF Transport et infrastructures gaz France Tirib taxe intérieure relative à l?incorporation de biocarburants Tiruert taxe incitative relative à l?utilisation d?énergie renouvelable dans le transport TLCFE taxes locales sur la consommation finale d?électricité TRS TradingRegionSouth TRV tarifs réglementés de vente TSC taxe spéciale de consommation TTF TitleTransferFacility Turpe tarif d?utilisation des réseaux publics d?électricité UIOM unité d?incinération des ordures ménagères UTCATF utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie ZNI zones non interconnectées au réseau d?électricité métropolitain continental Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 173 annexes ABRÉVIATIONS n.d. non disponible Md¤ milliard d?euros M¤ million d?euros Mt million de tonnes Mtep million de tonnes équivalent pétrole SP95-E10 sans plomb 95 - éthanol 10 % GW gigawatt TWh térawattheure 174 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 annexes Pour en savoir plus Le bilan énergétique de la France est l?une des publications statistiques nationales majeures dans le domaine de l?énergie. D?autres sont disponibles sur le site du service des données et études statistiques, rubrique « Énergie » (www. statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie). Elles comprennent des publications annuelles et des publications conjoncturelles (i.e. infra-annuelles) ainsi que des publications plus ponctuelles. Des données et études sur la performance énergétique et la rénovation énergétique du parc de logements sont par ailleurs disponibles sur le site de l?Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) : www.ecologie.gouv.fr/ observatoire-national-renovation-energetique. Publications annuelles ? Bilanénergétiquede laFranceen2023?Données provisoires, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en mai 2024 ; ? BilanénergétiquedelaFranceen2023?Synthèse, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en janvier 2025 ; ? L?activitédelapétrochimieenFranceen2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? Lesprixdesproduitspétroliersen2023:lesprixbaissent mais restent à un niveau élevé, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? Prixdel?électricitéenFranceetdansl?Unioneuropéenne en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? PrixdugaznaturelenFranceetdansl?Unioneuropéenne en 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en juillet 2024 ; ? LesinvestissementspublicsdanslaR&Denénergieen 2023, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en février 2025 ; ? Lesfacteursd?évolutiondesémissionsdeCO2 liées à l?énergieenFrancede1990à2020, Datalab, dernière édition relative aux données 2020 parue en septembre 2022 ; ? LesénergiesrenouvelablesenFranceen2023?Suivi deladirective(UE)2018/2001relativeàlapromotionde l?utilisationdesénergies renouvelables?Données définitives, Datalab Essentiel, dernière édition relative aux données 2023 parue en mars 2025 ; ? Chiffresclésdel?énergie?Édition2024, Datalab, dernière édition parue en septembre 2024 ; ? Chiffresclésdesénergiesrenouvelables?Édition2024, Datalab, dernière édition parue en août 2024 ; ? Chiffresclésduclimat?France,EuropeetMonde? Édition 2024, Datalab, dernière édition parue en novembre 2024. ? L?hydrogènepur:premièreévaluationdesressourceset desusagesenFranceen2023, article web, décembre 2024. Publications conjoncturelles ? la note de conjoncture énergétique, qui paraît à un rythme trimestriel dans la collection Datalab Essentiel ; ? quatre tableaux de bord trimestriels, relatifs respectivement à l?éolien, au photovoltaïque, au biogaz utilisé pour la production d?électricité et au biométhane injecté. Ils paraissent deux mois après la fin du trimestre considéré dans la collection STATINFO. https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique https://www.ecologie.gouv.fr/observatoire-national-renovation-energetique Table des matières 176 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 table des matières Avant-propos 4 Synthèse et données clés 5 PARTIE 1 : LES PRIX DE L?ÉNERGIE 11 1.1 Les prix de l?énergie moyens payés par les consommateurs finaux continuent leur progression en 2023 12 1.1.1 Prix finaux de l?énergie à usage énergétique 12 1.1.2 Prix de l?énergie payés par les ménages 12 1.2 Les prix des produits pétroliers diminuent 14 1.2.1 Prix du pétrole brut 14 1.2.2 Prix des produits pétroliers raffinés 15 1.2.3 Prix à la consommation 16 1.3 Le prix de gros du gaz naturel se replie en 2023 après avoir atteint un niveau inédit en 2022 18 1.3.1 Prix de gros du gaz naturel 18 1.3.2 Prix à la consommation du gaz naturel 20 1.4 Les prix du charbon à l?importation et à la consommation baissent sensiblement mais restent élevés 24 1.4.1 Prix de gros du charbon 24 1.4.2 Prix du charbon pour les consommateurs 25 1.5 Le prix du bois reste élevé en 2023 26 1.5.1 Prix des importations et exportations 26 1.5.2 Prix pour le résidentiel 26 1.5.3 Prix pour les professionnels 27 1.6 Nette baisse du prix du biodiesel en 2023 29 1.7 Malgré la baisse observée sur les marchés de gros, les prix de l?électricité aux consommateurs finaux progressent encore en 2023 33 1.7.1 Prix de gros de l?électricité 33 1.7.2 Prix à la consommation de l?électricité 35 1.8. Le prix de la chaleur baisse dans l?industrie mais augmente dans les autres secteurs 38 PARTIE 2 : L?APPROVISIONNEMENT ÉNERGÉTIQUE 39 2.1 Le taux d?indépendance énergétique augmente en raison du rebond de la production primaire 40 2.2 La production primaire rebondit en 2023 45 2.2.1 Combustibles fossiles 45 2.2.2 Nucléaire 46 2.2.3 Énergies renouvelables et valorisation des déchets 47 2.3 La facture énergétique de la France est divisée par deux 51 2.3.1 Pétrole brut et raffiné 51 2.3.2 Gaz naturel 54 2.3.3 Charbon 57 2.3.4 Bois-énergie 59 2.3.5 Biocarburants 60 2.3.6 Électricité 61 PARTIE 3 : TRANSFORMATION, TRANSPORT ET DISTRIBUTION D?ÉNERGIE 63 3.1 L?activité du raffinage continue sa progression en 2023 64 3.2 Baisse modérée du coût d?acheminement du gaz 66 3.2.1 Injections de biométhane 66 3.2.2 Transport, distribution et stockage de gaz naturel 68 3.3 La transformation de charbon : chute de l?activité de la filière fonte 69 3.4 Hausse prononcée de la production d?électricité, tirée par le nucléaire et l?hydraulique 70 3.4.1 Production nette d?électricité 70 3.4.2 Transport et distribution d?électricité 76 3.5 Production de chaleur commercialisée : stabilité des quantités produites en raison de conditions climatiques analogues à 2022 77 3.5.1 Réseaux de chaleur 77 3.5.2 Chaleur cogénérée vendue hors des réseaux de chaleur 79 Focus sur l?hydrogène, vecteur prochainement retracé dans le bilan énergétique 80 Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 177 table des matières PARTIE 4 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR FORME D?ÉNERGIE 83 4.1 La consommation finale diminue mais la dépense se maintient à un niveau élevé dans un contexte de hausse des prix de l?énergie 84 4.2 Produits pétroliers et biocarburants : recul de la consommation et de la dépense 88 4.2.1 Consommation et dépense totales 88 4.2.2 Production d?électricité et de chaleur 90 4.2.3 Consommation finale à usage énergétique 90 4.2.4 Consommation finale à usage non énergétique 91 4.2.5 Consommation et dépense par produit 91 4.3 Gaz naturel : baisse générale de la consommation et diminutions ponctuelles des dépenses 93 4.3.1 Consommation et dépense totales 93 4.3.2 Branche énergie 94 4.3.3 Consommation finale à usage énergétique 95 4.3.4 Consommation finale à usage non énergétique 96 4.4 La consommation de charbon est historiquement faible et la dépense associée chute nettement 97 4.5 La consommation d?énergies renouvelables et de déchets augmente en 2023 100 4.5.1 Consommation totale 100 4.5.2 Bois-énergie 101 4.5.3 Biocarburants 102 4.6 Électricité : la consommation recule, la dépense est en hausse 103 4.6.1 Consommation et dépense totales 103 4.6.2 Consommation et dépense de la branche énergie 104 4.6.3 Consommation finale et dépense associée 104 4.7 La consommation de chaleur commercialisée diminue nettement 106 PARTIE 5 : LA CONSOMMATION D?ÉNERGIE PAR SECTEUR OU USAGE 109 5.1 Dépense quasi stable malgré une baisse de la consommation finale d?énergie et de fortes disparités entre les secteurs 110 5.2 Légère diminution de la facture énergétique des ménages et baisse de la consommation 112 5.3 Résidentiel : baisse de la consommation et augmentation de la dépense 115 5.4 Tertiaire : consommation d?énergie en baisse et augmentation des dépenses en électricité 118 5.5 Transports : une baisse de la consommation qui marque la fin de la reprise après la crise sanitaire 120 5.5.1 Consommation par usage et par mode 120 5.5.2 Consommation par énergie 121 5.5.3 Consommation, dépenses et taxes 122 5.6 Industrie : baisse de la consommation énergétique et hausse de la dépense en électricité 123 5.6.1 Consommation finale par énergie et dépense associée 123 5.6.2 Consommation finale par secteur 125 5.6.3 Décomposition sectorielle de la consommation énergétique 126 5.7 Agriculture-pêche : consommation et dépense quasi stables 127 PARTIE 6 : INTENSITÉ ÉNERGÉTIQUE FINALE ET ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DUES À LA COMBUSTION D?ÉNERGIE 129 6.1 Intensité énergétique finale : poursuite de la baisse 130 6.2 La baisse de la consommation d?énergie et l?évolution du bouquet énergétique favorisent une baisse des émissions de gaz à effet de serre 132 ANNEXES 137 Bilans énergétiques de la France 138 Annexes méthodologiques 164 Sigles et abréviations 171 Pour en savoir plus 174 178 ? Bilan énergétique de la France pour 2023 Conditions générales d?utilisation Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425). Bilan énergétique de la France pour 2023 ? 179 Conditions générales d?utilisation Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l?autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1er juillet 1992 - art. L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art. 425). Dépôt légal: avril 2025 ISSN: 2555-7580 (imprimé) 2557-8138 (en ligne) Directrice de publication: Béatrice Sédillot Coordination éditoriale: Amélie Glorieux-Freminet Infographie : Bertrand Gaillet Cartographie: Antea Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours Commissariat général au développement durable Bilan énergétique de la France pour 2023 En 2023, la production d?énergie primaire française progresse de13,0%, portée par la reprise de la production nucléaire. Laproduction primaire d?énergies renouvelables électriques progresse fortement elle aussi du fait de conditions météorologiques, en particulier pluviométriques, nettement plus favorables qu?en 2022 et du développement des capacités éoliennes et photovoltaïques. Laconsommation primaire réelle progresse faiblement (+1,6%). Letaux d?indépendance énergétique, ratio delaconsommation et de la production primaires, s?accroît de5,6points, pour s?établir à 56,3%. Le déficit des échanges physiques d?énergie diminue de 12%. LaFrance redevient exportatrice nette d?électricité. Corrigée du climat, la consommation finale à usage énergétique diminue de 4,0%. Elle décroît dans tous les secteurs, enparticulierdans le tertiaire (-7,8%) et l?industrie (-6,5%), notamment sousl?effet des prix élevés. En effet, malgré la détente observée sur les marchés de gros, les prix pour les consommateurs finaux continuent à croître. Tous secteurs confondus, les prix de l?énergie pour un usage énergétique progressent de 12,5% sur un an. La hausse est particulièrement forte dans le tertiaire(+49,2% sur un an) et dans l?industrie (+19,5%). Au total, les ménages, entreprises et administrations ont dépensé 230Md¤ en 2023 pour satisfaire leurs besoins en énergie. Cettedépense est stable par rapport à 2022 et se maintient donc àun niveau élevé malgré la baisse de consommation. La facture moyenne d?énergie des ménages s?élève à 3678¤ en2023, soit une hausse de 6,6% portée par la dépense enénergiedu logement. Service des données et études statistiques Sous-direction des statistiques de l?énergie Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr Sommaire Avant-propos Synthèse et données clés Les prix de l?énergie L?approvisionnement énergétique Transformation, transport et distribution d?énergie La consommation d?énergie par forme d?énergie La consommation d?énergie par secteur ou usage Intensité énergétique finale et émissions de gaz à effet de serre dues à la combustion d?énergie Annexes Table des matières INVALIDE)

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