Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer d'origine anthropique sur la faune marine
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">Ce guide s'adresse principalement aux services centraux et déconcentrés de l'État. Il a pour objectif d'accompagner ces services dans l'instruction des dossiers relatifs aux activités et aux projets d'aménagements côtiers ou offshore. Il peut cependant apporter des éléments utiles à tous les acteurs concernés par l'évaluation des impacts environnementaux (gestionnaires d'aires marines protégées, industriels, bureaux d'études, etc.). Ce guide n'a toutefois pas vocation à proposer des protocoles de suivis, qui doivent s'adapter aux projets, aux zones considérées et aux objectifs de chaque étude. Ce guide n'aborde que les sources de bruit anthropique et impacts liés aux activités civiles et exclut de son périmètre les émissions acoustiques liées aux activités militaires.<o:p></o:p></p>
Descripteur Urbamet
pollution
;faune
Descripteur écoplanete
Thème
Risques
;Ressources - Nuisances
Texte intégral
Préconisations pour
limiter les impacts des
émissions acoustiques en
mer d?origine anthropique
sur la faune marine
Juin 2020
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
1
Coordination éditoriale
Direction de l?eau et de la biodiversité/Sous-direction de la protection et de la restauration des
écosystèmes littoraux et marins/ Bureau ELM3 (Isabelle Terrier, Magali Naviner, Florian Expert)
Affaire suivie par
Florian Expert (bureau ELM3)
Rédacteurs
Cécile Persohn, Loïc Helloco, Estelle Baudinière (Nereis Environnement) ;
Ludivine Martinez (Cohabys)
Comité de pilotage
La Direction de l?eau et de la biodiversité remercie tout particulièrement les membres du
comité de pilotage qui ont veillé au bon déroulement de la réalisation de ce guide : Nadia
Deckert (ministère de l?Europe et des Affaires étrangères) ; Françoise Delaby (Direction
régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement des Pays de la Loire) ;
Mélina Laurent (Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement de la
Guadeloupe) ; Christelle Guyon (Direction de l'environnement, de l'aménagement et du
logement de la Guyane) ; Benjamin Guichard et Sylvain Michel (Office français de la
biodiversité) ; Yves Le Gall et Cécile Ducatel (Institut français de recherche pour
l'exploitation de la mer) ; Florent Le Courtois et Bazile Kinda (Service hydrographique et
océanographique de la marine) ; Flore Samaran (École nationale supérieure de techniques
avancées de Bretagne).
Mise en page
www.laboiteaverbe.fr
http://www.laboiteaverbe.fr/
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
1
Avant-propos
introduction d?énergie sonore dans le milieu marin et son impact sur la faune
marine sont aujourd?hui considérés comme une problématique importante.
Ainsi, la pollution sonore est désormais intégrée dans les études d?impact
environnemental au même titre que la pollution chimique. Cependant, cette
problématique est parfois difficile à appréhender, du fait de sa technicité et du manque
d?informations disponibles.
À ce titre, ce guide se veut être un outil permettant de faciliter la compréhension et la prise
en charge de cette problématique. La réalisation de ce guide fait partie des mesures prises
dans le cadre de la DCSMM au titre des Documents stratégiques de façade (DSF).
Il s?inscrit dans la mesure M021-NAT2 des plans d?action pour le milieu marin de juin 2016.
Le présent guide se focalise sur les émissions acoustiques d?origine anthropique en milieu
marin, leurs impacts sur la faune marine et les méthodes ou techniques disponibles pour
limiter ces impacts. Il inclut des éléments théoriques sur l?acoustique en général et les
particularités liées à l?acoustique sous-marine. Il fait l?inventaire des différentes activités
anthropiques générant du bruit en milieu marin et recense les informations disponibles et
les caractéristiques des émissions sonores liées à ces activités (niveaux de bruit attendus,
gammes de fréquences, etc.). Il fournit également des informations permettant de
comprendre les impacts potentiels de ces activités sur la faune marine. Enfin, ce guide
établit, le cas échéant, des préconisations visant à mieux évaluer et maîtriser ces impacts,
en présentant les moyens disponibles pour éviter, réduire, voire compenser, les impacts de
chaque activité.
Ce guide s?adresse principalement aux services centraux et déconcentrés de l?État. Il a pour
objectif d?accompagner ces services dans l?instruction des dossiers relatifs aux activités et
aux projets d?aménagements côtiers ou offshore. Il peut cependant apporter des éléments
utiles à tous les acteurs concernés par l?évaluation des impacts environnementaux
(gestionnaires d?aires marines protégées, industriels, bureaux d?études, etc.).
Ce guide n?a toutefois pas vocation à proposer des protocoles de suivis, qui doivent
s?adapter aux projets, aux zones considérées et aux objectifs de chaque étude.
Ce guide n?aborde que les sources de bruit anthropique et impacts liés aux activités
civiles et exclut de son périmètre les émissions acoustiques liées aux activités
militaires.
L?
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
2
Glossaire
ACCOBAMS Agreement on the Conservation of Cetaceans of the Black Sea,
Mediterranean Sea and contiguous Atlantic Area
ASCOBANS Agreement on the Conservation of Small Cetaceans of the Baltic,
North East Atlantic, Irish and North Seas
BEE Bon état écologique
CMS Convention on the Conservation of Migratory Species of Wild Animals
CDB Convention sur la diversité biologique
DCSMM Directive-cadre Stratégie pour le milieu marin
DSF/DSB Document stratégique de façade/de bassin
EMR Énergie marine renouvelable
ERC Éviter/Réduire/Compenser
IFREMER Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
JNCC Joint Nature Conservation Committee
MMO Marine Mammal Observer
OMI Organisation Maritime Internationale
PAM Passive Acoustic Monitoring
PAMM Plan d?action pour le milieu marin
SNML Stratégie nationale de la mer et du littoral
TTS Temporary Threshold Shift
PTS Permanent Threshold Shift
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
3
Résumé
L?introduction de sources sonores d?origine
anthropique dans le milieu marin constitue
une problématique de plus en plus préoc-
cupante ces dernières décennies. En effet,
l?essor croissant des usages maritimes
contribue à l?augmentation du bruit ambiant
sous-marin, ce qui impacte directement et
indirectement la faune sous-marine.
L?introduction de bruit anthropique en milieu
marin est donc aujourd?hui considérée
comme une pollution au même titre que
d?autres types de pollutions (chimique,
microbiologique, etc.) et doit être intégrée
aux études d?impact environnemental par
les porteurs de projets.
Le son est généré par des ondes acous-
tiques. Il peut être perçu comme une
variation de pression ou un mouvement de
particules. Un son se caractérise par une
fréquence (en Hz), un niveau (en dB) et une
durée d?apparition (en s). Sa propagation
dans l?eau est environ quatre fois plus rapide
que dans l?air (~1 500 m/s). Cette propa-
gation dépend toutefois des conditions
environnementales, et notamment de la
bathymétrie, la nature du fond, la tempé-
rature et la salinité de la colonne d?eau.
Un bruit peut être de nature impulsionnelle
ou continue. Il existe différents indicateurs
pour mesurer le niveau de bruit sous-marin,
le choix de l?indicateur le plus pertinent est
fonction de la nature et des caractéristiques
de ce bruit. Un modèle de propagation des
ondes sonores permet de cartographier son
empreinte spatiale.
De nombreuses sources sonores d?origine
anthropique sont susceptibles d?avoir un
impact sur la faune sous-marine. Ces
sources sont émises par différentes
activités : industrie du pétrole et du gaz,
énergies marines renouvelables, pêche
professionnelle et aquaculture, activités
portuaires, aménagements côtiers, ex-
traction de granulats, installation de câbles
et de canalisations, trafic maritime, activités
de recherche scientifique et activités de
plaisance motorisée. Chacune de ces
activités produit un ou des bruits
caractéristiques, de par leur nature
(impulsionnelle ou continue), leurs
fréquences et leurs niveaux d?émission.
Chez les espèces marines, les capacités
auditives diffèrent d?un taxon à l?autre. Chez
les mammifères marins, l?audition est un
sens important et ces capacités sont bien
développées. D?une manière générale, les
mammifères marins perçoivent les sons
compris entre 10 Hz et 200 kHz, avec des
seuils d?audition minimums proches de
60 dB re 1 µPa. Cependant, six groupes
d?audition ont été définis (Cétacés basse,
haute et très haute fréquence, Siréniens,
Phocidés et autres Carnivores) et chaque
groupe se caractérise par une plage et un
seuil minimum d?audition qui diffèrent
sensiblement.
Chez les tortues marines, l?audition est
moins développée, mais il est établi que
celles-ci peuvent percevoir les sons sous-
marins compris entre 30 et 2 000 Hz. Le
seuil d?audition minimum varie cependant
d?une espèce à l?autre.
Chez les poissons, plusieurs organes
permettent de percevoir les sons : les
otolithes, la ligne latérale et la vessie
natatoire. D?une manière générale, les
poissons sont capables de percevoir les
sons inférieurs à 100 dB re 1 µPa entre
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
4
50 et 300 Hz. Leurs capacités auditives sont
toutefois très variables d?une espèce à
l?autre, certaines espèces étant capables de
percevoir des sons de 80 à 100 dB re 1 µPa
jusqu?à plusieurs milliers de Hz.
Les crustacés et les mollusques sont
également capables de percevoir les sons
grâce à des organes et cellules sensoriels.
Ils détectent les sons basse fréquence
(< 3 000 Hz) mais à des niveaux élevés
(> 100 dB re 1 µPa).
L?audition sous-marine des oiseaux
plongeurs est encore très mal connue. Seul
le grand cormoran a fait l?objet d?études.
Cette espèce est capable de percevoir les
sons entre 1,5 et 6 kHz avec un seuil
d?audition inférieur à 80 dB re 1 µPa.
De par la physiologie et le mode de vie de
certaines espèces, l?exposition au bruit peut
avoir des impacts plus ou moins importants.
À court terme, ces impacts incluent les
réactions comportementales (fuite, plongée
ou remontée en surface, modification de la
vitesse de nage, arrêt de l?alimentation,
etc.), le masquage acoustique (qui entraîne
une modification des modes de
communication), les lésions physiologiques
non-létales permanentes ou temporaires
(barotraumatismes, altération des organes,
stress métabolique, etc.) et les lésions
létales directes (altération des organes
vitaux) ou indirectes (échouage, prédation).
À long terme, le bruit sous-marin peut
occasionner des perturbations compor-
tementales (habituation, adaptation et
déplacement) et influer sur la démographie
des espèces.
Il est important d?évaluer l?impact du bruit
généré par une activité en mer sur la faune
marine. Cette étude d?impact acoustique
doit évaluer a priori le niveau de bruit
attendu par modélisation de la propagation
des ondes sonores. Cette modélisation doit
s?appuyer sur la connaissance des espèces
présentes, de leurs capacités auditives et
des conditions environnementales (bathy-
métrie, nature du fond, température et
salinité notamment).
Des études récentes ont permis d?établir des
seuils à partir desquels les espèces
(mammifères marins, poissons et tortues)
sont susceptibles de subir des pertes
temporaires ou permanentes d?audition. En
fonction de ces seuils et des prédictions du
modèle de propagation des ondes sonores,
il est alors possible de mettre en oeuvre des
mesures visant à réduire l?impact du bruit
anthropique sur ces espèces.
Il est prioritaire d?éviter et de réduire ces
impacts d?autant plus qu?il n?existe pas de
mesures pour compenser l?impact du bruit
sur la faune marine. Les mesures
d?évitement consistent principalement à
dimensionner le projet et/ou à adapter le
calendrier des travaux et leur emprise
spatiale à des périodes ou zones où aucune
espèce sensible n?est présente, ou à utiliser
des techniques non impactantes pour les
espèces présentes.
Les mesures de réduction s?appliquent à
trois niveaux. Il peut s?agir de planifier les
travaux pour éviter d?interférer avec une
période biologiquement sensible ou une
zone fonctionnelle. Il est également possible
d?adopter des techniques moins bruyantes
ou des technologies permettant de réduire le
bruit à la source (rideaux de bulles, blocs
isolants, batardeaux) afin de réduire les
émissions. Enfin, des mesures ayant pour
objectif de contrôler la présence et
d?éloigner les espèces de la zone de travaux
peuvent également être mises en place.
Pour aller plus loin, des mesures d?accom-
pagnement peuvent s?ajouter à ces mesures
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
5
d?évitement et de réduction. Ceci se traduit
par l?acquisition de connaissances com-
plémentaires sur les espèces (impacts ou
biologie), sur les émissions sonores
générées (niveaux et fréquences), par la
mise à disposition de ces connaissances ou
encore la participation à des programmes de
recherche. Il est également possible de res-
taurer des habitats dégradés ou promouvoir
des actions de sensibilisation autour du bruit
sous-marin et de l?amélioration des techniques.
Afin de consolider les connaissances sur les
impacts du bruit sur la faune marine, il est
nécessaire d?encourager l?acquisition de
connaissances et la recherche fonda-
mentale. Ces éléments permettront aux
porteurs de projets d?avoir une meilleure
approche de leur étude d?impact et de
proposer des projets mieux dimensionnés,
des alternatives techniques et des mesures
d?évitement/réduction adaptées.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
6
Abstract
The introduction of noise from anthro-
pogenic sources into the marine
environment has been an increasingly
worrying issue in recent decades. Indeed,
the growth of maritime uses contributes to
the increase of underwater ambient noise,
which directly and indirectly impacts marine
fauna. The introduction of anthropogenic
noise into the ocean is now considered as a
pollution, in the same way as other types of
pollution (chemical, microbiological, etc.)
and must be included in environmental
impact assessment (EIA) by project
developers.
Sound is generated by acoustic waves. It
can be perceived as a pressure variation or
particle motion. A sound is characterized by
a frequency (in Hz), a level (in dB) and a
duration of occurrence (in s). Its propagation
in water is about four times faster than in air
(~1 500 m/s). However, this propagation
depends on environmental conditions,
including mainly bathymetry, nature of the
bottom, temperature and salinity of the water
column.
A sound can be impulsive or continuous.
Different indicators exist to measure
underwater sound level. The choice of the
most relevant indicator depends on the
nature and characteristics of the sound. A
sound wave propagation model is used to
map its spatial footprint.
Many anthropogenic noise sources are likely
to have an impact on marine fauna. These
sources are emitted by various activities:
oil & gas industry, marine renewable energy,
professional fishing and aquaculture, port
activities, coastal development, marine
aggregates extraction, cables and pipes
installation, shipping, scientific research
activities and recreational motorboat
activities. Each of these activities produces
one or more types of noise, characterised by
their nature (impulsive or continuous), their
frequencies and their emission levels.
Auditory abilities of marine species differ
between taxa. Hearing is an important sense
for marine mammals and these abilities are
well developed. In general, marine
mammals perceive sounds between 10 Hz
and 200 kHz, with minimum hearing
thresholds close to 60 dB re 1 ?Pa.
However, six hearing groups have been
defined (low, high and very high frequency
cetaceans, sirenians, phocids and other
carnivores) and each group is characterized
by an hearing range and a minimum hearing
threshold that differ significantly.
In marine turtles, hearing is less developed
but they can perceive underwater sounds
between 30 and 2 000 Hz. However, the
minimum hearing threshold varies amongst
species.
In fish, several organs can perceive sounds:
otoliths, lateral line and swim bladder. In
general, fish are able to perceive sounds
less than 100 dB re 1 ?Pa between 50 and
300 Hz. However, their hearing abilities vary
widely from one species to another with
some species being able to perceive sounds
from 80 to 100 dB re 1 ?Pa up to several
thousand Hz.
Crustaceans and molluscs are also able to
perceive sounds through sensory organs
and cells. They detect low frequency sounds
(< 3000 Hz) but at high levels (> 100 dB re 1 ?Pa).
The underwater hearing of diving birds is still
very poorly known. Only the great cormorant
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
7
has been studied. This species is able to
perceive sounds between 1.5 and 6 kHz with
a hearing threshold below 80 dB re 1 ?Pa.
Due to the physiology and lifestyle of some
species, exposure to noise may have more
or less significant impacts. At short term,
these impacts include behavioral reactions
(avoidance, diving or surfacing, changes in
swimming speed, foraging interruption, etc.),
acoustic masking (which leads to a change
in communication patterns), permanent or
temporary non-lethal physiological lesions
(barotrauma, organ damage, metabolic
stress, etc.) and direct lethal lesions
(alteration of vital organs) or indirect lesions
(stranding, predation). At long term,
underwater noise can cause behavioral
disturbances (habituation, adaptation and
displacement) and affect the demography of
species.
Assessing the impact of anthropogenic
noise on marine life is essential but
challenging. The acoustic impact
assessment must evaluate the noise level
expected by modelling the propagation of
sound waves. This modelling must be based
on knowledge about the species of the area,
their auditory abilities and environmental
conditions (bathymetry, nature of the bottom,
temperature and salinity in particular).
Recent studies have established thresholds
at which species (marine mammals, fish and
turtles) are likely to experience temporary or
permanent loss of hearing. Based on these
thresholds and predictions of the sound
wave propagation model, it is then possible
to implement measures to reduce
anthropogenic noise impact on these species.
If no measure are currently available to
compensate the impact of noise on marine
life, it is possible to avoid and reduce these
impacts. Avoidance measures consist
mainly of sizing the project and/or adapting
the work schedule and its spatial extent to
periods or zones where no sensitive species
are present, or by using non-impacting
techniques.
The reduction measures apply at three
levels. This may involve planning the work to
avoid interfering with a biologically sensitive
period or a functional area. It is also possible
to adopt quieter techniques or technologies
that reduce noise at the source (bubble
curtains, insulating blocks, cofferdams) to
reduce emissions. Finally, measures aimed
at controlling the presence and keeping the
species away from the work area can also
be implemented.
To go further, accompanying measures can
be added to these avoidance and reduction
measures. This may concern the acquisition
of additional knowledge about the species
(impacts or biology), the noise emissions
generated (levels and frequencies), the
dissemination of this knowledge or
participation to research programs. It is also
possible to restore degraded habitats or
promote awareness-raising actions around
underwater noise and improved techniques.
In order to consolidate knowledge about the
impacts of noise on marine life, it is
necessary to encourage the acquisition of
knowledge and fundamental research.
These elements will enable stakeholders to
have a better approach to their impact
assessment and to propose better sized
projects, technical alternatives and
appropriated mitigation measures.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
8
Sommaire
Avant-propos ....................................................................................................................................... 1
Glossaire ............................................................................................................................................. 2
Résumé ............................................................................................................................................... 3
Abstract ............................................................................................................................................... 6
Sommaire ............................................................................................................................................ 8
Lexique .............................................................................................................................................. 11
Introduction ........................................................................................................................................ 23
Préambule : Notions basiques d?acoustique sous-marine ................................................................ 29
1) Caractérisation du bruit en fonction du type de signal ............................................................ 35
2) Bruit émis, bruit reçu et bruit perçu ......................................................................................... 36
3) Différents indicateurs pour évaluer le niveau de bruit ............................................................. 37
a) Indicateurs du niveau de bruit émis .................................................................................. 37
b) Indicateurs du niveau de bruit reçu ................................................................................... 38
c) Indicateurs du niveau de bruit perçu ................................................................................. 39
4) La mesure du son dans l?eau .................................................................................................. 43
5) Modéliser la propagation des ondes acoustiques ................................................................... 45
PARTIE 1 : Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et
les différents types d?émissions qu?elles génèrent ............................................................................ 49
1) Prospection et recherche de gisements .................................................................................. 49
a) Sondeurs et sonars ........................................................................................................... 49
b) Prospection sismique ........................................................................................................ 51
2) Exploration et production ........................................................................................................ 53
a) Battage de pieux ............................................................................................................... 53
b) Forage ............................................................................................................................... 53
c) Production ......................................................................................................................... 54
3) Démantèlement ....................................................................................................................... 55
1) Étude de terrain ....................................................................................................................... 56
2) Phase de construction............................................................................................................. 56
a) Battage de pieux ............................................................................................................... 56
b) Autres activités liées à la construction .............................................................................. 58
c) Pose des câbles sous-marins ........................................................................................... 59
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
9
3) Phase opérationnelle .............................................................................................................. 59
a) Bruit lié au fonctionnement des structures ........................................................................ 59
b) Bruit lié à la maintenance .................................................................................................. 61
4) Phase de démantèlement ....................................................................................................... 61
1) Pêche ...................................................................................................................................... 62
a) Bruit généré par les navires de pêche .................................................................................. 62
b) Bruit des engins de pêche ................................................................................................ 62
c) Répulsifs acoustiques (pingers) ........................................................................................ 63
2) Aquaculture ............................................................................................................................. 63
a) Bruit généré par les embarcations .................................................................................... 63
b) Répulsifs acoustiques (pingers) ........................................................................................ 63
1) Signature acoustique des navires de service ........................................................................ 64
2) Dragage .................................................................................................................................. 64
1) Fonçage de palplanches ......................................................................................................... 66
2) Déroctage ................................................................................................................................ 67
3) Enrochement ........................................................................................................................... 68
1) Phase de prospection ............................................................................................................. 69
2) Phase d?installation ................................................................................................................. 69
3) Phase d?entretien et de démantèlement ................................................................................. 70
1) Contribution au bruit ambiant en champ lointain .................................................................... 71
2) Signatures individuelles de navire en champ proche ............................................................. 71
PARTIE 2 : Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine ...................................... 79
1) Les mammifères marins .......................................................................................................... 79
2) Les tortues marines ................................................................................................................. 82
3) Les poissons ........................................................................................................................... 84
4) Les crustacés et mollusques ................................................................................................... 87
5) Oiseaux plongeurs .................................................................................................................. 88
1) Impacts à court terme ............................................................................................................. 91
a) Réactions comportementales, fuite, changements migratoires ........................................ 91
b) Masquage acoustique ....................................................................................................... 92
c) Dommages physiologiques non létaux, permanents ou temporaires ............................... 93
d) Lésions létales .................................................................................................................. 95
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
10
2) Impacts à long terme ............................................................................................................... 98
a) Habituation, adaptation, déplacements ............................................................................ 98
b) Conséquences énergétiques et démographiques ............................................................ 98
3) Effets cumulés ....................................................................................................................... 100
1) Évaluer le niveau de bruit et la propagation des ondes acoustiques ................................... 102
a) Évaluer le niveau de bruit ............................................................................................... 102
b) Évaluer la propagation des ondes acoustiques .............................................................. 102
2) Connaître les espèces présentes ......................................................................................... 104
a) Distribution, saisonnalité et fréquentation ....................................................................... 104
b) Sensibilité auditive .......................................................................................................... 105
3) Fixer des seuils de tolérance et définir des périmètres d?exclusion ..................................... 106
4) Modèles existants de prédiction des impacts biologiques .................................................... 110
5) Limites et axes à développer ................................................................................................ 113
PARTIE 3 : Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser
les impacts des émissions sonores sur la faune marine ................................................................. 117
1) Planification spatiale et temporelle ....................................................................................... 117
2) Dimensionnement/caractéristiques du projet ........................................................................ 119
3) Suspension des travaux lors des périodes écologiquement importantes ............................. 119
4) Utilisation de techniques d?exploitation/fonctionnement non impactantes............................ 119
1) Planification ........................................................................................................................... 122
2) Réduire le bruit à sa source .................................................................................................. 123
a) Utiliser des techniques moins bruyantes ........................................................................ 123
b) Techniques visant à isoler/confiner la source de bruit .................................................... 128
3) Procédures de suivis de présence et d?éloignement ............................................................ 130
a) Définition et calcul d?une zone d?exclusion ..................................................................... 130
b) Pre-watch ........................................................................................................................ 131
c) Soft-start et ramp-up ....................................................................................................... 132
d) Surveillance visuelle pendant les émissions................................................................... 132
e) Surveillance acoustique .................................................................................................. 134
f) Arrêt des travaux en cas de présence d?animaux............................................................ 135
g) Répulsifs acoustiques ..................................................................................................... 135
1) Acquisition de connaissances complémentaires et diffusion ................................................ 140
2) Restauration/réhabilitation d?habitats .................................................................................... 140
3) Actions de sensibilisation ...................................................................................................... 140
PARTIE 4 : Fiches synthèse ........................................................................................................... 145
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
11
Lexique
A
Abondance :
L?abondance absolue d?une espèce/d?un groupe correspond au nombre d?individus de cette
espèce/ce groupe dans une zone géographique définie, ou composant une population
donnée.
L?abondance relative correspond au nombre d?individus d?une espèce par unité de surface
(ou de volume) par rapport au nombre total d?individus toutes espèces confondues (au sens
de composition spécifique d?un peuplement). On peut également qualifier l?abondance de
relative lorsque l?estimation d?abondance n?est pas corrigée pour les biais de détection et de
disponibilité.
Absorption :
Phénomène physique de transformation de l?énergie acoustique en une autre forme
d?énergie (énergie mécanique, chaleur, etc.). Ce phénomène est responsable de la perte
d?une partie de l?énergie de l?onde acoustique au contact d?une interface (par exemple
eau/air) ou dans le milieu de propagation.
Acuité auditive :
Capacité à percevoir les sons. L?acuité auditive varie en fonction de la fréquence. Elle peut
être très différente d?une espèce à l?autre. Elle peut être représentée par un audiogramme.
Amplitude :
L?amplitude correspond à l?intensité des variations de pression générées par l?onde sonore.
Comme le niveau sonore, elle témoigne de la « force » d?un son.
Anthropophonie :
L?anthropophonie fait référence à l?ensemble des sons émis par les activités humaines. Il
s?agit d?une des trois composantes du bruit ambiant, avec la géophonie et la biophonie.
Audiogramme :
Représentation graphique de l?acuité auditive. Il représente le plus bas niveau (en déciBel)
de perception d?un son en fonction de la fréquence.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
12
B
Biophonie :
Composante biologique du bruit ambiant, la biophonie fait référence à l?ensemble des sons
d?origine biologique non humaine, émis volontairement (vocalises, clics, etc.) ou involon-
tairement (déplacement).
Barotraumatisme :
Blessure causée par une variation trop rapide de la pression extérieure (air ou eau) au
niveau d'organes contenant des cavités remplies de gaz.
Bruit ambiant :
Le bruit ambiant correspond au bruit global perçu en un point donné pour un intervalle de
temps considéré en dehors de toute perturbation ou bruit particulier. Il comprend l?ensemble
des sources sonores présentes dans l?environnement. Le bruit ambiant possède donc trois
composantes : l?anthropophonie, la biophonie et la géophonie.
Bruit large bande :
Bruit global mesuré sur une large gamme de fréquences.
Bruit propre :
Bruit existant au niveau d?un récepteur (par ex. au niveau d?une antenne de réception d?un
sonar).
Bruit rayonné :
Tout ou partie du bruit généré par une source, qui se propage dans le milieu et peut être
intercepté par un récepteur (hydrophone ou individu). Ce bruit rayonné représente ainsi la
signature acoustique de cette source.
C
Cavitation :
Phénomène de vaporisation d?un fluide soumis à de faibles niveaux de pression. Il se forme
alors des cavités gazeuses (bulles). Ce phénomène est couramment observé autour des
pales d?hélice.
Célérité :
Vitesse de propagation, en m/s, d?un phénomène ondulatoire comme une onde acoustique.
La célérité d?un son est fonction des propriétés du milieu dans lequel il se propage : elle est
de 340 m/s dans l?air à 15°C et varie entre 1 450 et 1 550 m/s dans l?eau de mer (en fonction
de la température, de la salinité et de la pression).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
13
Champ proche/champ lointain :
Le champ proche constitue l?environnement immédiat de la source sonore, à l?intérieur d?une
zone où l?intensité sonore est rapidement oscillante, passant par des maxima et des minima,
avec une valeur moyenne constante. À l?inverse, le champ lointain correspond à une
distance au-delà de laquelle l?intensité sonore décroît proportionnellement avec
l?éloignement.
D
DéciBel (dB) :
Unité logarithmique de quantification du niveau sonore (notée dB). Elle peut quantifier
l?intensité sonore ou la pression acoustique. Le déciBel est une approximation de la
sensation auditive.
Densité :
Abondance d?une population exprimée en nombre d?individus par unité de surface (ex. : par
km²). Elle repose sur l?analyse des comptages directs, les méthodes de capture et de
recapture, les échantillonnages, ou les méthodes indirectes (ex. : analyse des traces
laissées par les animaux).
Diffraction :
Modification de la direction de propagation d?une onde sonore par un obstacle ou des reliefs
de surface :
Diffusion :
Modification de la direction de propagation d?une onde sonore du fait de l?effet cumulé des
phénomènes de réflexion, réfraction et diffraction.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
14
E
Effet Doppler :
Décalage de fréquence observé entre les mesures à l?émission et à la réception d?une onde
acoustique. Ce décalage est dû au déplacement de la source émettrice ou du récepteur : le
son devient plus aigu lorsque la source et le récepteur se rapprochent et plus grave lorsqu?ils
s?éloignent.
Émergence sonore :
Correspond à la différence entre le niveau de bruit dans le milieu lorsque la source sonore
que l?on cherche à caractériser émet et le niveau de bruit ambiant lorsque la source n?émet
pas : Émergence (dB) = Niveau de bruit perçu (source en fonction) ? bruit ambiant (source stoppée)
Empreinte sonore :
Lors d?une étude d?impact, l?empreinte sonore d?un projet représente la zone géographique
(ou périmètre) à l?intérieur de laquelle le niveau de bruit va être modifié par le projet.
F
Filtre passe-haut/filtre passe-bas :
Filtre fréquentiel ne laissant passer que les sons supérieurs (filtre passe-haut) ou inférieurs
(filtre passe-bas) à une certaine fréquence appelée fréquence de coupure.
Fitness ou valeur sélective :
Capacité d?un individu à produire des descendants matures (viables et reproducteurs),
relativement aux autres individus de la même population et au même moment. La fitness
d?un individu (et donc d?une population) se définit donc par sa propriété à survivre ainsi que
par sa fréquence de reproduction (taux moyen de descendants par unité de temps ou en
termes absolus).
Peut aussi qualifier la contribution d?un gène ou d?un génotype à la génération suivante,
relativement à la contribution des autres gènes ou génotypes de la même population et au
même moment.
La fitness est souvent difficile à évaluer ; on utilisera alors des mesures indirectes de celles-
ci (succès reproducteur, survie des jeunes, etc.).
Fondamental :
Dans le cas d?un son pur, le fondamental désigne la fréquence f de ce son. Dans le cas d?un
spectre de sons complexes, qui fait apparaître plusieurs harmoniques, la fréquence
fondamentale, ou fondamental, désigne l?harmonique de premier rang, soit le plus petit
intervalle fréquentiel entre les harmoniques de même origine. Les harmoniques désignent
donc des signaux sinusoïdes de fréquences :
fn = f x n
Où n est un entier positif appelé rang de l?harmonique, et f le fondamental.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
15
Fréquence :
Notée f et exprimée en Hertz (Hz), la fréquence correspond au nombre d?ondes acoustiques
qui passent par seconde en un point donné :
La fréquence correspond à la « hauteur » d?un son : plus la fréquence est élevée, plus le
son est aigu.
Fréquence de coupure :
Fréquence (en Hz) critique en dessous de laquelle la colonne d?eau cesse d?agir comme un
guide d?onde et engendre de ce fait une forte atténuation de la propagation des ondes
sonores. Le milieu agit alors comme un filtre passe-haut.
G
Gabarit acoustique :
Un gabarit acoustique, ou gabarit de référence, représente la signature spectrale (niveaux
en fonction de la fréquence) représentative d?une source de bruit dans une configuration
donnée.
Géophonie :
Composante du bruit ambiant relative aux sons d?origine naturelle mais non biologique :
bruit des vagues et du vent, tonnerre, glissements sédimentaires, tremblements de terre, etc.
H
Harmonique :
Composante spectrale d?un son dont la fréquence est un multiple entier d?une fréquence
dite fondamentale.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
16
I
Intensité sonore (I) :
Une onde sonore émet un son avec une certaine puissance acoustique, exprimée en watts.
L?intensité sonore correspond à la puissance moyenne reçue par unité de temps à travers
une unité de surface (perpendiculairement à l?axe de la propagation). Notée I, elle s?exprime
en Watt/m2.
Impédance acoustique :
L?impédance acoustique correspond au rapport entre la pression acoustique et la vitesse
particulaire (vitesse d?oscillation des particules du milieu). En pratique, l?impédance
correspond à la résistance du milieu au passage d?une onde acoustique. Pour une onde
acoustique plane progressive, elle est égale au produit de la masse volumique du milieu par
la célérité de l?onde dans le milieu :
Zac = ?m x c
L
Longueur d?onde :
La longueur d?onde, notée ?, représente la distance en mètre parcourue par une onde en
un seul cycle (ou pendant une période). Elle correspond donc à la distance la plus courte
entre deux points semblables de deux cycles successifs d?une onde acoustique (ex. : deux
points d?amplitude maximale). La longueur d?onde est fonction de la fréquence (et donc de
la période) et de la célérité de l?onde dans le milieu :
? = c/f = c x T
M
Masquage :
Le masquage, ou « effet de masque », correspond au procédé par lequel la perception d?un
son est rendue plus difficile du fait d?un bruit parasite (souvent de mêmes fréquences), ou
d?un important bruit ambiant. Le seuil d?audition pour ce son est alors augmenté.
Mysticètes :
Cétacés à fanons. Ce groupe taxonomique (sous-ordre des cétacés) regroupe les baleines
et rorquals.
Mitigation :
Opération destinée à atténuer ou à modérer un événement ou une action de forte emprise.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
17
N
Niveau sonore (L) :
Le niveau sonore, noté L pour level et exprimé en dB, est lié à l?intensité sonore ou à la
pression acoustique par la relation :
Avec I : intensité sonore de l?onde acoustique exprimée en W/m2, P : pression acoustique
en Pa, I0 : Intensité sonore de référence et P0 : pression acoustique de référence. Pour une
pression acoustique de référence de 1 µPa, I0 = 6,5.10-19 W/m².
Le niveau sonore permet d?exprimer l?intensité d?un son sur une échelle logarithmique, et
donc plus restreinte et plus facile à représenter.
Niveau de pression sonore :
Le niveau de pression sonore, noté Lp ou SPL pour Sound Pressure Level, exprime la
quantité d?énergie reçue par un récepteur (hydrophone, individu) à une distance donnée de
la source émettrice.
Niveau d?exposition sonore :
Le niveau d?exposition sonore, noté LE,p ou SEL pour Sound Exposure Level, est un
indicateur du bruit reçu qui intègre à la fois le niveau de bruit et la durée d?exposition à ce
bruit. Il correspond au niveau de pression généré par une impulsion sonore (émission sonar,
battage de pieux) de durée t ramené sur une seconde.
O
Octave :
Intervalle de fréquences dont la limite supérieure correspond au double de la limite
inférieure.
Odontocètes :
Cétacés à dents. Ce groupe taxonomique (sous-ordre des cétacés) regroupe les dauphins,
marsouins, cachalots, orques, globicéphales, narvals et bélugas.
??(????) = 10 ? log10
??
??0
??(????) = 20 ? log10
??
??0
ou
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
18
Onde acoustique (ou onde sonore)
Perturbation mécanique (due à une compression-dilatation du milieu) qui se propage dans
un milieu matériel par transfert d?énergie mais sans transfert de matière. Une onde
acoustique est une onde périodique dont la perturbation se répète à intervalle régulier et qui
se caractérise donc par une amplitude, une longueur d?onde (distance parcourue lors d?un
cycle) et une période (durée d?un cycle) :
P
Pascal (Pa) :
Unité de pression, notée Pa, correspondant à 1 Newton par mètre carré (1 Pa = 10-5 bar).
Période :
La période, notée T, correspond à la durée en seconde d?un cycle d?une onde acoustique
(voir onde acoustique). Elle correspond à l?inverse de la fréquence f :
T = 1/f
Pertes par propagation :
Pertes d?énergie acoustique (et donc d?intensité) liées à la distance entre la source et le
récepteur. Également appelées « pertes par transmission », elles sont liées aux
caractéristiques du milieu.
Pinnipèdes :
Mammifères semi-aquatiques de l?ordre des Carnivores. Ce groupe taxonomique regroupe
les Phocidés (phoques et éléphants de mer), les Otariidés (otaries à fourrure et lions de mer)
et les Odobénidés (morses).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
19
Population :
Groupe d?individus ayant des ancêtres communs qui sont plus susceptibles de se reproduire
entre eux qu?avec des individus d?une autre population. Ces individus appartenant à la
même espèce vivent sur un territoire dont les limites sont généralement celles de la
biocénose dont cette espèce fait partie. Une population est une entité réelle qui possède sa
propre organisation, ses propres paramètres de répartition spatiale, de densité de structure,
de natalité ou de mortalité.
Pression acoustique :
Un son se propage dans le milieu sous la forme d?une oscillation de pression périodique
autour d?une valeur de référence. La valeur de cette oscillation constitue la pression
acoustique. Cette pression acoustique décrit l?amplitude du son perçu. Elle se mesure en
Pascal (Pa). En milieu marin, la pression acoustique de référence est égale à 1 µPa.
Puissance acoustique :
La puissance acoustique correspond à la quantité d?énergie qui génère l?onde sonore par unité
de temps. Elle se mesure en Watt (W).
R
Réflexion :
Lorsqu?une onde sonore rencontre un obstacle, ou change de milieu (à l?interface eau/air
par exemple), une partie de l?onde est réfléchie et repart avec un angle de réflexion égal à
l?angle d?incidence (cf. figure).
Réfraction :
Lorsqu?une onde sonore rencontre un obstacle, ou change de milieu (à l?interface eau/air
par exemple), une partie de l?onde est réfractée et traverse l?interface en étant déviée (cf.
figure).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
20
S
Seuil d?audition :
Niveau de bruit minimum qui peut être perçu par un individu, pour une fréquence donnée,
en l?absence de bruit de fond significatif.
Signature acoustique :
La signature acoustique est la représentation temporelle de la pression acoustique. Elle
intègre l'ensemble des fréquences générées par une source sonore et permet de
caractériser cette source.
Siréniens :
Ordre de mammifères aquatiques regroupant les Dugongidés (dugongs) et les Trichéchidés
(lamantins).
Son :
Variation de pression provoquée par une onde acoustique (vibration).
Son complexe :
Un son complexe est composé de plusieurs sons purs de fréquences et d'amplitudes
différentes.
Son pur :
Un son pur correspond à une onde sinusoïdale dont la fréquence et l?amplitude sont
constantes durant toute la durée d?émission. Son spectre ne présente qu?une seule
harmonique : le fondamental.
Sonar :
Acronyme du terme anglais SOund NAvigation and Ranging. Système de détection et de
localisation d?un repère sous-marin grâce à l?émission/réception (sonar actif) ou à la
réception (sonar passif) d?un signal sonore.
Spectre acoustique :
Le spectre acoustique d?un son représente la distribution du niveau de bruit généré en
fonction des fréquences produites.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
21
T
Tiers d?octave :
En analyse spectrale, le tiers d?octave, qui représente une subdivision de la bande d?octave,
est utilisé pour affiner les analyses. Compte tenu de la spécificité de perception sensorielle
des fréquences, ces bandes d?analyse sont normalisées et sont centrées sur certaines
fréquences :
Tonalité marquée :
Une tonalité marquée est détectée dans un spectre en tiers d?octave quand la différence de
niveau entre la bande de tiers d?octave et les quatre bandes de tiers d?octave les plus
proches (les deux bandes immédiatement inférieures et les deux bandes immédiatement
supérieures) atteint ou dépasse un certain niveau. Cela se traduit par des pics sur le spectre
acoustique.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
22
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
23
Introduction
Depuis plusieurs dizaines d?années, la
communauté scientifique tire la sonnette
d?alarme concernant l?introduction de
sources sonores d?origine anthropique en
milieu marin [8, 16, 116, 158]. Durant les
dernières décennies, le développement des
usages maritimes (trafic commercial,
énergies marines, constructions offshore,
usages récréatifs, etc.) a conduit à
augmenter le niveau de bruit ambiant sous-
marin d?origine anthropique, notamment en
moyennes et basses fréquences [30, 78, 79,
127]. De nombreuses sources de bruit
d?origine anthropique viennent s?ajouter à un
environnement sonore déjà riche de sons
d?origine physique, telles que la houle, la
pluie ou les mouvements tectoniques, et de
sons d?origine biologique (communications
des mammifères marins, sons générés par
les pinces des crustacés, etc.).
Ainsi, le son est une composante importante
des habitats marins. En effet, le milieu marin
est très propice à la propagation des ondes
sonores, et de nombreuses espèces ont
évolué en tirant profit de cette propriété. Les
mammifères marins, notamment, ont une
ouïe particulièrement développée. Ils
utilisent le son pour interagir, se déplacer et
s?orienter ou détecter leurs proies et
prédateurs. Certains cétacés ont développé
un sonar biologique très performant qui leur
permet de s?orienter dans un espace en trois
dimensions et de localiser leurs proies [61,
183]. Pour ces animaux, une modification de
l?environnement sonore peut donc avoir un
impact conséquent. Le bruit sous-marin
d?origine anthropique peut en effet interférer
avec les signaux acoustiques émis par un
effet de masquage et ainsi limiter les
informations perçues par les mammifères
marins [41, 61], mais les conséquences
peuvent également être plus dramatiques,
et certaines études ont par exemple
souligné le lien entre l?utilisation de sonars
militaires et les échouages massifs de
cétacés [68, 165, 88]. De ce fait, il est
aujourd?hui établi que la préservation des
espèces de mammifères marins doit intégrer
les perturbations liées au bruit sous-marin
d?origine anthropique [10, 16].
Les mammifères marins ne sont pas le seul
groupe d?espèces à être impacté par le bruit
sous-marin. Même si les effets sont moins
bien connus et peu documentés, plusieurs
études ont démontré la sensibilité des
poissons aux ondes sonores. Chez les
poissons comme chez les mammifères
marins, la communication entre individus
peut être masquée dans les zones où le
trafic maritime est important et le bruit
ambiant élevé [33]. Les sources de bruit
impulsionnel, qui introduisent ponctuel-
lement une importante quantité d?énergie
acoustique dans le milieu, peuvent altérer
les fonctions vitales de certains poissons et
causer leur mort [151].
Les tortues marines n?utilisent pas le son
pour communiquer, mais l?acoustique leur
sert à se déplacer, localiser leurs proies,
éviter leurs prédateurs et tirer des
informations de leur environnement [45]. Si
les capacités auditives des tortues marines
sont encore mal connues, leur statut de
conservation (6 des 7 espèces de tortues
marines sont considérées comme
menacées, avec un statut UICN vulnérable,
en danger ou en danger critique d?extinction)
a conduit à intensifier les recherches
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
24
concernant les pressions qui les menacent.
Les résultats de ces recherches montrent,
entre autres, que la gamme d?audition des
tortues marines intersecte notamment avec
la gamme de fréquences du bruit généré par
les canons à air utilisés lors de campagnes
de prospection sismique [40, 134]. Les effets
de ce type de bruit sur les tortues marines
vont du dérangement à la perte d?audition.
L?évaluation des effets des émissions
acoustiques en mer sur ces espèces ne doit
donc pas être négligée.
D?autres espèces marines peuvent
également être affectées par les émissions
sonores d?origines anthropiques en milieu
marin. Le bruit basse fréquence peut par
exemple causer des réactions compor-
tementales chez les céphalopodes [7, 24, 122]
et chez les crustacés décapodes ; chez ces
derniers, des dommages physiologiques ont
également été observés lorsqu?ils sont sou-
mis à des sons de fortes amplitudes [52, 173].
Enfin, certaines sources sonores d?origine
anthropique peuvent également affecter le
développement des oeufs et larves et donc
affecter l?équilibre et la pérennité des popu-
lations et des écosystèmes [3, 148, 152].
Les effets des émissions sonores d?origine
anthropique sur la faune marine concernent
donc un large panel d?espèces et peuvent
être très divers, allant de la gêne susceptible
de provoquer la fuite et l?abandon d?habitat
aux dommages physiologiques pouvant
conduire indirectement à la mort de
l?individu, en passant par le masquage de
signaux de communication. Ces effets sont
donc susceptibles de toucher une espèce à
l?échelle de l?individu ou d?un groupe
d?individus, mais également à l?échelle des
populations. En conséquence, les études
réalisées ces dernières années ont permis
de mieux comprendre et appréhender ces
effets, et la pollution sonore est aujourd?hui
reconnue comme une menace pour l?envi-
ronnement marin au même titre que la
pollution chimique [2].
Réglementation
S?il n?existe pas à l?heure actuelle de
réglementation encadrant les émissions
sonores en mer à l?échelle mondiale,
plusieurs conventions internationales, dont
la France est signataire, intègrent désormais
le risque d?impact sur la faune marine lié à
l?introduction de bruit dans le milieu marin.
? La Commission baleinière internationale
s?intéresse au sujet depuis 2008 et a
adopté une résolution spécifique en 2018
encourageant les États parties à mettre en
place des mesures pour réduire l?impact
sur les cétacés.
? L?OMI a publié en 2014 des lignes
directrices pour la réduction du bruit sous-
marin provenant de la navigation com-
merciale afin de remédier aux effets
néfastes sur la vie marine.
? La Conférence des Parties de la CDB a
adopté en 2016 une résolution sur les
impacts des débris marins et du bruit
sous-marin anthropogénique sur la
biodiversité marine et côtière.
? La Conférence des Parties à la CMS a
approuvé en 2017 des lignes directrices
sur l?évaluation de l?impact environ-
nemental du bruit sous-marin généré par
les activités humaines.
? La Convention pour la protection du milieu
marin de l'Atlantique du Nord-Est, ou con-
vention OSPAR, intègre depuis 2015 une
stratégie de surveillance du bruit ambiant
(Ambiant Noise Monitoring Strategy) ; en
2017, une évaluation de la pression liée
au bruit impulsionnel a été incluse dans
l?évaluation intermédiaire de l?état de
l?Atlantique du Nord-Est (Intermediate
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
25
Assessment of the state of the North-East
Atlantic).
? La Convention pour la protection de la mer
Méditerranée contre les pollutions, ou
convention de Barcelone, a fixé 11 objectifs
écologiques (OE) pour les parties contrac-
tantes. L?OE 11 concerne l?introduction
d?énergie, y compris l?énergie acoustique.
? L?accord intergouvernemental ACCOBAMS
(Agreement on the Conservation of
Cetaceans in the Black Sea, Mediter-
ranean Sea and contiguous Atlantic area),
mis en place sous l?égide de la Convention
de Bonn, a pris dès 2004 et jusqu?à la plus
récente réunion des Parties de novembre
2019, des résolutions visant à inciter les
Parties à réduire leurs émissions sonores
en mer. L?ACCOBAMS conduit également
des projets d?étude du bruit sous-marin qui
visent à protéger les cétacés contre le
bruit d?origine anthropique, et anime un
groupe de travail « bruit sous-marin »
conjointement avec l?ASCOBANS
(Agreement on the Conservation of Small
Cetaceans of the Baltic and North Seas)
et la CMS (Convention on the Conser-
vation of Migratory Species of Wild
Animals). Il organise des formations pour
les observateurs embarqués et pour les
opérateurs de surveillance par acoustique
passive concernant la mise en oeuvre de
mesures de réduction de l?impact sur les
mammifères marins du bruit émis lors des
opérations en mer.
Au sein de l?Union européenne, la
directive-cadre Stratégie pour le milieu
marin (DCSMM)1, adoptée en 2008, a pour
1 Directive 2008/56/CE du Parlement européen et du Conseil du 17 juin 2008 établissant un cadre d?action communautaire
dans le domaine de la politique pour le milieu marin (directive-cadre Stratégie pour le milieu marin).
2 Définition du descripteur D11 selon la Décision (UE) 2017/848 de la Commission du 17 mai 2017 établissant les critères de
normes méthodologiques applicables au bon état écologique des eaux marines ainsi que des spécifications et des méthodes
normalisées de surveillance et d?évaluation, et abrogeant la directive 2010/477/UE.
objectif principal de « maintenir la diversité
biolo-gique et de préserver la diversité et le
dynamisme des océans et des mers et d?en
garantir la propreté, le bon état sanitaire et
la productivité ». Cette directive requiert que
les États membres de l?Union européenne
définissent chacun une stratégie marine
ayant pour but de ramener les pressions
exercées par les activités humaines sur le
milieu marin à des niveaux compatibles avec
l?atteinte ou le maintien d?un bon état
écologique (BEE) des eaux marines sous
leur juridiction.
Les stratégies marines des États membres
comprennent :
? une définition nationale du bon état éco-
logique des eaux marines ;
? un diagnostic de l?état écologique des eaux
marines et des pressions qui s?y exercent ;
? un programme de surveillance de
l?évolution de l?état du milieu marin ;
? des objectifs environnementaux expri-
mant l?ambition de l?État membre en
termes de limitation et de réduction des
pressions nécessaires à l?atteinte ou au
maintien du bon état écologique ;
? un programme de mesures ayant pour but
d?atteindre les objectifs environnementaux
et donc d?atteindre ou maintenir le bon état
écologique des eaux marines.
L?atteinte du bon état écologique est estimée
à travers onze descripteurs, parmi lesquels
figure l?introduction d?énergie, y compris de
sources sonores sous-marines, qui doit
s?effectuer à des niveaux qui ne nuisent pas
au milieu marin2.
Dans le cadre du descripteur D11, le BEE
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
26
est évalué sur la base de deux critères
portant exclusivement sur les émissions
sonores dans les eaux marines en matière
de bruit impulsif (D11C1) et de bruit
continu à basse fréquence (D11C2).
Le critère D11C1 relatif au bruit impulsif
anthropique est défini comme suit : « la
répartition spatiale, l'étendue temporelle et
les niveaux des sources de sons impulsifs
anthropiques ne dépassent pas les niveaux
nuisibles aux populations d'animaux
marins ». Deux indicateurs sont utilisés pour
le mesurer : le risque de dérangement et le
risque de surmortalité. Ils correspondent à la
distribution temporelle et spatiale des
émissions impulsives (plus ou moins fortes
selon qu?il s?agisse de dérangement ou de
surmortalité), exprimée en nombre de jours
comportant des sources d'émissions
impulsives par trimestre (ou par mois), et à
la distribution spatiale du cumul de jours par
trimestre (ou par mois) par maille.
Le critère D11C2 relatif au bruit continu
anthropique à basse fréquence est défini
comme suit : « la répartition spatiale,
l'étendue temporelle et le niveau des sons
continus anthropiques ne dépassent pas les
niveaux nuisibles aux populations d'animaux
marins ». Il est mesuré selon le risque de
masquage, c?est-à-dire la distribution
spatiale du niveau de bruit ambiant selon les
maximums annuels atteint par maille dans la
colonne d'eau.
Pour définir les valeurs seuils de ces deux
critères, les États membres coopèrent au
niveau de l'Union européenne, en tenant
compte des particularités régionales ou
sous-régionales.
3 Surveillance visuelle préalable obligatoire, périmètre d?exclusion de 1 000 m, procédure de soft-start/ramp-up obligatoire si
les niveaux sonores sont susceptibles de dépasser un niveau Lp,pk de 170 dB re 1 ?Pa @ 1 m.
4 Seuils de 160 dB (LE,p) et 190 dB (Lp,pk) à 750 m de la source de bruit. Seuils fixés dans le cadre du « Noise Mitigation
Concept ».
5 Seuil Lp,pk de 185 dB à 750 m de la source de bruit.
Plusieurs pays ont pris des initiatives
nationales afin de réduire les impacts liés
aux émissions sonores en milieu marin dans
leurs eaux territoriales. Ainsi, l?Irlande a mis
en place depuis 2014 des protocoles stricts
pour encadrer les émissions sonores en
milieu marin3. En Allemagne, le BSH
(Bundesamt für Seeschifffahrt und
Hydrographie), agence fédérale responsable
de l?approbation des installations en mer, a
publié des recommandations techniques
devant être mises en place a minima lors de
l?évaluation des impacts liés à l?installation
de parcs éoliens en mer. Ces recomman-
dations incluent un protocole d?évaluation du
bruit sous-marin [21]. L?Allemagne a
également fixé en 2013 des seuils
acoustiques à ne pas dépasser dans le
cadre des opérations de battage de pieux4.
La Belgique a mis en place ce type de
mesure depuis 20125. D?autres pays
européens, à l?instar du Danemark ou des
Pays-Bas, ont également émis des
recommandations. Enfin, au Royaume-Uni,
le JNCC (Joint Nature Conservation
Committee), conseiller statutaire auprès du
gouvernement britannique et des admi-
nistrations décentralisées, a rédigé
plusieurs directives afin de minimiser les
impacts sonores liés au battage de pieux, à
l?utilisation d?explosifs ou à la prospection
géophysique [89-91].
En France, la DCSMM est transposée par
les articles L. 219-7 à L. 219-18 et R. 219-2
à R. 219-10 du Code de l?environnement.
Elle ne s?applique qu?en métropole.
Les stratégies marines dont l?adoption est
requise par la DCSMM ont été définies en
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
27
2012 sous le terme de plans d?action pour le
milieu marin. Un plan d?actions a été adopté
pour chacune des quatre sous-régions
marines de métropole (Manche-mer du
Nord, mers celtiques, golfe de Gascogne,
Méditerranée occidentale) entre 2012 et
2016. Pour le deuxième cycle de mise en
oeuvre de la directive, ce sont les plans
d?actions des documents stratégiques de
façade (DSF) qui garantissent la mise en
oeuvre de la DCSMM. Dans ce cadre,
l?évaluation des eaux marines DCSMM ainsi
que les objectifs environnementaux adoptés
en 2012 ont été mis à jour à l?automne 2019.
Le programme de surveillance et le
programme de mesures DCSMM adoptés
respectivement en 2015 et 2016 au titre du
premier cycle seront révisés en 2021.
En 2019, des objectifs environnementaux
ont été adoptés par les préfets pour
encadrer le bruit sous-marin. Ils
correspondent aux deux critères d?atteinte
du bon état écologique en matière de bruit
sous-marin impulsif et continu.
Afin de mesurer l?atteinte de l?objectif D11-
OE1 : « Réduire le niveau de bruit lié aux
émissions impulsives au regard des risques
de dérangement et de mortalité des
mammifères marins », deux indicateurs
seront utilisés :
? l?emprise spatiale des événements
recensés de niveau « fort » à « très fort »6
en pourcentage sur la façade. Cette
emprise sera définie, concertée et
adoptée en façade simultanément aux
plans d'action des DSF.
6 Aux fins de l?arrêté relatif au bon état écologique, et au titre du critère D11C1, les émissions impulsives sont qualifiées comme
fortes à très fortes si elles dépassent les seuils suivants :
- 22 kg TNT eq. pour les explosions sous-marines ;
- 28 Mj pour les battements de pieux ;
- 253 N0-p dB re 1 µPa @ 1 m pour les émissions des canons à air ;
- 230 Ne dB re 1 µPa2 m2 s @ 1 m pour les autres sources impulsives ;
- 220 N0-p dB re 1 µPa @ 1 m pour les autres sources.
7 Fonction du critère D11C2 de l?arrêté BEE : la distribution spatiale du niveau de bruit ambiant (63 et 125 Hz), correspondant
au niveau de bruit continu exprimé en dB re 1 µPa2 sur la bande de tiers d'octave centré sur 63 Hz, respectivement sur 125 Hz.
? le taux de projets générant des émissions
impulsives présentant un risque de
dérangement et de mortalité des
mammifères marins (suite à l'évaluation
environnementale) et ayant mis en place
des mesures de réduction de l?impact
acoustique, avec une cible de 100 % des
projets autorisés à compter de l'adoption
de la stratégie de façade maritime.
Afin de mesurer l?atteinte de l?objectif D11
OE2 : « Maintenir ou réduire le niveau de
bruit continu produit par les activités
anthropiques, notamment le trafic maritime »,
l?indicateur utilisé sera le bruit anthropique à
basse fréquence dans l'eau (niveau
maximum et étendue spatiale)7, avec une
cible de diminution.
Dans l?ensemble des eaux territoriales
françaises, les mammifères marins et les
tortues sont protégés par des arrêtés
interministériels qui interdisent notamment
la perturbation intentionnelle des individus et
l?altération de leurs habitats, entre autres
dispositions prévues à l?article L. 411-1 du
Code de l?environnement. Le Code de
l?environnement dispose également, au titre
de son article L. 122-1, que « les projets de
travaux, d?ouvrages ou d?aménagements
publics et privés, qui par leur nature, leurs
dimensions ou leur localisation, sont
susceptibles d?avoir des incidences notables
sur l?environnement ou la santé humaine
sont précédés d?une étude d?impact », ce qui
inclut l?évaluation des impacts sonores. Le
présent guide a donc pour vocation de
fournir au niveau national des éléments
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
28
techniques et scientifiques aux services
instructeurs de l?État pour la prise en compte
des perturbations liées à l?introduction de
sources sonores dans l?instruction des
dossiers d?autorisation. La publication de ce
guide s?inscrit comme action de l?axe 2.3
« Réduire l?impact des émissions sonores
sous-marines d?origine anthropique sur les
cétacés » du plan d?actions pour la
protection des cétacés adopté en
décembre 2019.
Contenu du guide
Dans ce contexte, il est donc important de
pouvoir identifier les différentes sources de
bruit d?origine anthropique, de connaître leur
impact potentiel sur l?environnement et la
faune marine, ainsi que les outils disponibles
pour limiter ces impacts. Le bruit sous-marin
d?origine anthropique peut être introduit
intentionnellement ou accidentellement et
les sources sont multiples. Ce guide a pour
but de les lister de manière exhaustive, de
les décrire et d?en expliciter les effets sur la
faune marine. Il présente également les
mesures permettant d?évaluer in situ, de
prédire, d?éviter et/ou réduire les impacts liés
à l?introduction de sources sonores d?origine
anthropique sur la faune marine.
Ce guide présente en préambule quelques
notions basiques d?acoustique et les
particularités de l?acoustique sous-marine.
Une première partie recense les activités
anthropiques civiles susceptibles de générer
du bruit sous-marin, et présente pour
chacune de ces activités les niveaux de bruit
attendus. Une deuxième partie décrit
l?impact de ces activités sur la faune marine.
La troisième partie de ce guide liste les
procédures ou technologies disponibles
pour évaluer, éviter et réduire ces impacts,
et, en complément, les mesures
d?accompagnement qui peuvent être
pertinentes. Enfin, dans une quatrième
partie, des fiches synthétiques sont
proposées par activité ; elles présentent une
description du bruit généré par cette activité
(gamme de fréquences, niveaux attendus,
etc.), listent les espèces marines qui y sont
les plus sensibles et les mesures
disponibles pour limiter leur impact.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
29
Préambule :
Notions basiques d?acoustique
sous-marine
Les ondes acoustiques
Le son est un phénomène physique généré par des vibrations ou ondes acoustiques. Ces
ondes résultent d?un mouvement mécanique de compression-dilatation du milieu, qui crée
une variation de pression qui se propage ensuite de proche en proche. Au passage de
l?onde, chaque molécule transmet une quantité d?énergie aux molécules voisines.
Une onde acoustique est donc une suite périodique de compressions et de dilatations du
milieu qui se propagent sans transfert de matière mais uniquement par transfert d?énergie.
Ainsi, il est possible de caractériser l?onde acoustique par la variation de pression qu?elle
génère par rapport à la pression statique moyenne environnante. Cette variation de pression
est appelée « pression acoustique ». Elle se mesure en pascal (Pa). Outre cette
composante « variation de pression », une onde sonore peut également être caractérisée
par le mouvement des particules (molécules d?eau, de gaz, etc. en fonction du milieu
traversé) qu?elle génère. Cette composante « mouvement de particules » renseigne sur
l?intensité du son, mais également sur sa direction. Le mouvement de particules induit par
une onde sonore peut se mesurer en termes de déplacement (en m), de vitesse (en m/s),
ou plus communément d?accélération (en m/s²).
Un son se caractérise par :
? sa fréquence (en Hz), qui correspond au nombre de cycles (ou ondes) par seconde et
qui définit la « hauteur » du son : plus la fréquence est élevée, plus le son est aigu
(figure 1). La fréquence f correspond à l?inverse de la période T (durée en seconde d?un
cycle) : f = 1/T ;
? son niveau, déterminé par l?amplitude de la variation de pression maximum par rapport
à une pression de référence, qui correspond au « volume » (ou intensité) du son ;
? sa durée d?apparition, qui correspond au temps pendant lequel le son est émis.
Compte tenu des fortes variations de pression mesurables, de quelques µPa à 1012 µPa
[109], une échelle logarithmique est utilisée pour quantifier le niveau d?énergie acoustique
mesuré et ainsi approximer la sensation d?audition. Cette unité, le déciBel (dB), est une unité
relative, fonction du logarithme décimal du rapport quadratique entre la pression acoustique
mesurée P et une pression de référence P0 :
Niveau sonore en dB = 20 log10 x (P/P0)
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
30
En milieu marin la pression acoustique de référence P0 est de 1 µPa. Le niveau de
pression acoustique absolu en milieu marin est donc exprimé en dB par rapport à
1 µPa ou dB re 1 µP8.
Le déciBel étant une grandeur logarithmique, les niveaux sonores ne s?additionnent pas, et
le doublement de la pression acoustique mesurée ne se traduit pas par un doublement du
niveau sonore mais par une augmentation de 6 dB. Ainsi, pour une pression acoustique P
mesurée de 1 Pa, le niveau sonore associé est de 120 dB re 1 µPa tandis que pour une
pression acoustique mesurée de 2 Pa le niveau sonore associé est de 126 dB re 1 µPa.
Le niveau sonore peut également se calculer à partir de l?intensité sonore mesurée I,
comparée à une intensité de référence I0 :
Niveau sonore en dB = 10 log10 x (I/I0)
Pour une pression acoustique de référence de 1 µPa, I0 = 6,5.10-19 W/m². Dans ce cas, un
doublement de l?intensité sonore se traduit par une augmentation du niveau sonore de 3 dB.
La propagation des ondes sonores en milieu marin
L?eau de mer est un milieu propice à la propagation des ondes acoustiques. Dans l?eau, le
son se propage environ 4 fois plus vite que dans l?air. Cette vitesse de propagation, ou
célérité, ne dépend pas des caractéristiques de l?onde acoustique ; elle dépend uniquement
des caractéristiques du milieu, et principalement de la température, de la salinité et de la
pression (elle varie dans le même sens que ces trois paramètres). La célérité diffère donc
spatialement, temporellement, et n?est pas homogène sur toute la colonne d?eau (figure 2).
D?une manière générale, la célérité du son dans l?eau de mer est comprise entre 1 450
et 1 550 m/s (contre 330 à 350 m/s dans l?air).
8 Dans l?air, la pression acoustique de référence est de 20 µPa.
Figure 1 : La fréquence d?un son définit sa « hauteur » : plus la fréquence est élevée, plus le son est aigu.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
31
Si l?eau de mer est un milieu favorable à la propagation des sons, une onde acoustique ne
se propage pas dans l?océan de façon linéaire d?un point A (source) à un point B (récepteur).
Les conditions environnementales du milieu de propagation jouent un rôle important, et
notamment les paramètres suivants :
? la bathymétrie. La propagation des ondes sonores est très différente par grands fonds
et par petits fonds. En milieu
? côtier, lorsque la hauteur d?eau est faible, le milieu agit comme un « filtre passe-haut » :
en dessous d?une certaine fréquence (appelée fréquence de coupure), les ondes sonores
subissent des pertes très importantes ;
? la nature du fond. Les sédiments ont, en fonction de leur nature, la capacité de réfléchir
(ex. : roche) ou d?absorber (ex. : vase) les ondes sonores ;
? le profil de température et de salinité de la colonne d?eau. Les variations de
température et de salinité créent des chenaux de propagation (figure 2), qui influent sur
la célérité de l?onde sonore.
Selon la fréquence du signal, ces paramètres ont plus ou moins d?influence.
Figure 2 : Profil type de célérité du son en milieu marin ouvert (d?après [87]).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
32
En conséquence, la propagation de l?onde sonore peut être perturbée par de nombreux
phénomènes. On peut notamment citer :
? les variations de célérité. Comme évoqué précédemment, la célérité dépend des
caractéristiques du milieu. Elle varie avec la profondeur et les modifications locales de
température et salinité ;
? les phénomènes de réflexion, dus à la présence des interfaces eau/air et eau/sédiment,
aux obstacles présents sur le trajet de l?onde, ou à la stratification de la colonne d?eau
(thermocline, intrusion d?eau douce, etc.), et qui modifie la direction de propagation de
l?onde ;
? les phénomènes d?absorption et de réfraction, qui vont induire une perte d?énergie ;
? les phénomènes de diffraction et diffusion, qui provoquent un changement de direction
de l?onde acoustique.
Ces phénomènes conduisent à modifier la direction et à atténuer l?intensité du signal
transmis entre la source et le récepteur et à induire des interférences dues aux multiples
trajets que peuvent prendre les ondes acoustiques générées par une source de bruit. Ces
phénomènes sont d?autant plus importants et complexes en milieu côtier (par petit fond), où
la propagation des ondes sonores est soumise à de nombreuses réflexions surface/fond.
Le milieu physique de propagation, l?eau de mer, va lui aussi contribuer à atténuer l?intensité
de l?onde acoustique, d?une part par divergence sphérique (l?énergie de l?onde acoustique
va « s?étaler » au fur et à mesure de sa progression et donc se diluer dans le milieu) et
d?autre part par amortissement (absorption de l?énergie acoustique dissipée du fait de la
viscosité du milieu et des interactions chimiques).
La transmission des sons dans le milieu marin est également liée à leur fréquence. En effet,
les sons basse fréquence (plus graves) se propagent mieux que les sons haute fréquence
(plus aigus). Un son de 100 Hz peut par exemple se propager sur des centaines, voire des
milliers de kilomètres tandis qu?un son de 100 kHz se propagera sur une distance beaucoup
plus faible [194].
La perte d?intensité d?un son entre le point d?émission et le point de réception est qualifiée
de perte de transmission ou perte de propagation. Ces pertes dépendent des
caractéristiques du milieu traversé et des caractéristiques de l?onde sonore (fréquence).
Les pertes de propagation peuvent être estimées, soit en réalisant des mesures in situ en
effectuant une série d?émissions calibrées (de fréquences et niveaux connus) et en
mesurant les niveaux reçus à une distance connue, soit par un modèle théorique de pertes
par propagation (voir partie 2 - III - 1.b) - Évaluer la propagation des ondes acoustiques).
Tous ces phénomènes contribuent à expliquer les différences de niveaux mesurés entre le
son émis par une source et le son reçu par un récepteur (figure 3).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
33
Le bruit ambiant sous-marin
Le bruit ambiant est le bruit global mesuré en un point donné. Il est défini par la somme des
contributions acoustiques d?une myriade de sources impossible à distinguer les unes des
autres. Il exclut les bruits qui pourraient être liés aux conditions d?enregistrement (bruits liés
à l?électronique, au mouillage, aux courants, etc.)
Lors d?une étude d?impact acoustique, le bruit ambiant correspond à l?ambiance sonore
sous-marine avant travaux, en dehors de l?activité génératrice de bruit dont on cherche à
évaluer l?impact.
Le bruit ambiant est composé par l'ensemble des sons émis par les sources sonores qui
influent au point de mesure. En milieu marin, plusieurs sources contribuent au bruit
ambiant :
? les sources liées aux phénomènes naturels, ou géophonie (pluie, houle, vent, etc.) ;
? les sources biologiques, ou biophonie (macrofaune benthique et mammifères marins
notamment) ;
? les sources anthropiques, ou anthropophonie (trafic maritime et activités générant un bruit
permanent).
D?une manière générale, le trafic maritime en champ lointain et le vent (par des phénomènes
de turbulences, frottements, vaporisation, etc.) sont les principales sources qui contribuent
au bruit ambiant global [179].
Le modèle de Wenz, établi en 1962 [188], synthétise la contribution des différentes sources
sonores au bruit ambiant sous-marin en milieu ouvert par grand fond (figure 4).
Figure 3 : Phénomènes contribuant à atténuer l?intensité d?une onde acoustique entre la source et le récepteur.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
34
Ni
ve
au
d
e b
ru
it
(d
B
re
1
µP
a²
/H
z)
Figure 4 : Caractéristiques et composantes du bruit ambiant sous-marin par grand fond (d?après [188]).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
35
D?après le modèle de Wenz (figure 4), le niveau de bruit ambiant sous-marin est
particulièrement élevé en très basse fréquence (< 10 Hz). Ceci est dû principalement à la
contribution de sources géophoniques (activité sismique, fluctuation de pression, vagues).
Entre 10 et 1 000 Hz, le trafic maritime contribue majoritairement au bruit ambiant sous-
marin. Au-delà de 100 Hz, la contribution de l?état de mer est importante et le niveau de bruit
est corrélé aux conditions météorologiques.
Le bruit ambiant sous-marin est donc très variable, en niveau et en fréquence,
temporellement et spatialement. Cette variabilité est principalement liée à l?intensité du trafic
maritime et à l?influence des conditions météorologiques. La variabilité des conditions de
propagation des ondes sonores (liées aux propriétés physiques du milieu de propagation et
à la profondeur) influe également sur le bruit ambiant [158]).
Lorsque l?on cherche à évaluer l?effet d?un bruit d?origine anthropique sur la faune marine, il
est important de prendre en compte le bruit ambiant sur la zone d?étude. En effet, le niveau
de bruit ambiant a une influence directe sur la perception des ondes sonores. Plus ce niveau
est important, plus il sera susceptible de masquer un bruit particulier. En effet, l?émergence
sonore dépend directement du niveau de bruit ambiant et le niveau d?émission d?une source
sonore pourrait être surestimé sans prise en compte de celui-ci.
Évaluer le bruit sous-marin
1) Caractérisation du bruit en fonction du type de signal
L?évaluation du bruit sous-marin nécessite dans un premier temps de caractériser le type
de bruit que l?on veut évaluer. On distingue deux types de bruit : le bruit impulsionnel et le
bruit continu.
Bruit impulsionnel
Un bruit impulsionnel consiste en une impulsion sonore transitoire, de courte durée
d?apparition, et qui correspond à une augmentation brutale de pression acoustique [136]. Il
s?applique par exemple au bruit généré par le choc d?un marteau sur un pieu.
Pour caractériser un bruit impulsionnel, il est possible de déterminer :
? ses paramètres fréquentiels : fréquence centrale de l?émission, largeur de bande
(différence entre les fréquences minimale et maximale) ;
? ses paramètres temporels : durée d?impulsion, durée d?émission, intervalle entre deux
émissions, nombre d?émissions ;
? le niveau d?émission.
Bruit continu
Un bruit continu ne peut pas être défini par sa durée (il est parfois impossible de définir le
début et la fin de l?émission). Il ne correspond pas à une brutale variation de pression
acoustique [136]. L?exemple de bruit sous-marin continu le plus communément cité est celui
du trafic maritime, mais il peut aussi s?appliquer au bruit généré par une colonne de forage
par exemple.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
36
Pour caractériser un bruit continu, il est possible de déterminer :
? son niveau spectral (densité spectrale de puissance) ;
? la fréquence (ou bande de fréquence) correspondant au niveau maximal.
2) Bruit émis, bruit reçu et bruit perçu
Pour évaluer le niveau de bruit, il est nécessaire de différencier le niveau de bruit émis, qui
correspond au bruit généré par une source sonore, et le niveau de bruit reçu, qui correspond
à ce même bruit arrivant au niveau d?un récepteur après avoir subi tous les phénomènes
physiques qui contribuent à atténuer le signal. Le niveau de bruit reçu est donc
généralement inférieur au niveau de bruit émis.
Le bruit reçu est également différent du bruit effectivement perçu par le récepteur. En effet,
celui-ci possède des capacités d?intégration du signal qui lui sont propres, et qui modifient
ce signal, notamment en ne conservant que certaines fréquences. Par exemple, l?oreille
humaine ne capte que les fréquences comprises entre 20 Hz et 20 kHz en moyenne, avec
une plus grande sensibilité pour la gamme 200-5 000 Hz. La différence entre bruit émis,
bruit reçu et bruit perçu est schématisée sur la figure 5.
Figure 5 : Différence entre bruit émis, bruit reçu et bruit perçu. À chaque étape, le niveau de bruit (en dB)
et son spectre fréquentiel est susceptible d?être modifié.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
37
3) Différents indicateurs pour évaluer le niveau de bruit
a) Indicateurs du niveau de bruit émis
Niveau d?émission de la source : LS (ou SL pour Source Level)
Mesurer le bruit émis revient à quantifier le niveau sonore qui serait mesuré à une distance
de 1 mètre de la source (noté @ 1 m). Noté Ls ou SL, le niveau d?émission de la source se
mesure en dB re 1 µPa @ 1 m.
Densité spectrale de puissance : DSP ou PSD (Power Spectral Density)
La densité spectrale de puissance du bruit émis représente la répartition de la puissance
acoustique émise en fonction de la fréquence, dans une bande de 1 Hz (figure 6). Cette
puissance s?exprime en dB re 1 µPa2/Hz.
La terminologie des indicateurs de bruit
La norme ISO 18405:2017 Acoustique sous-marine ? Terminologie définit des
standards de notation pour les indicateurs acoustiques. Ces standards étant
relativement récents, ils ne sont pas systématiquement utilisés et d?autres notations
peuvent être employées dans les rapports d?études ou la littérature. Ce paragraphe liste
donc toutes les notations couramment observées pour chaque indicateur, en plus de la
notation normée (ISO) indiquée en gras dans ce paragraphe (jusqu?au tableau 1 inclus).
Il est néanmoins nécessaire, dans la mesure du possible, d?avoir recours aux standards
afin de tendre vers une harmonisation de la terminologie en acoustique sous-marine.
Figure 6 : Exemple de densité spectrale de puissance (DSP).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
38
b) Indicateurs du niveau de bruit reçu
Niveau de pression sonore : Lp (ou SPL pour Sound Pressure Level)
Le niveau de pression sonore exprime la quantité d?énergie reçue par un récepteur à une
distance donnée de la source émettrice. Noté Lp ou SPL, le niveau de pression sonore de
bruit reçu s?exprime en dB re 1 µPa, en spécifiant la distance à la source (par exemple
@ 750 m).
Le niveau de pression sonore Lp peut être mesuré de différentes façons (figure 7) :
? en mesurant la valeur absolue maximale (différence de pression maximale ou minimale
par rapport à la pression de référence). On note alors Lp,pk, Lp,0-pk, SPL peak, SPL pic,
SPL p, SPL crête, SPL zero to peak ou SPL z-p ;
? en mesurant la différence entre la valeur maximale et la valeur minimale de pression. On
note alors Lp,pk-pk, SPL peak-peak, SPL pic-pic, ou SPL crête-crête ; Il est possible
d?estimer le SPL peak-peak grâce à la relation :
Lp,pk-pk = Lp,pk + 6 dB ;
? En calculant la valeur efficace, qui correspond à la racine carrée de la moyenne des carrés
du signal sur une période donnée. Cette valeur efficace, notée Lp,rms, ou SPL RMS pour
« Root Mean Square », traduit la valeur équivalente d?énergie d?une onde acoustique. Cet
indicateur est privilégié pour le bruit continu.
Le niveau de pression sonore Lp peut également s?exprimer en niveau de bruit spectral. Il
correspond alors à l?énergie contenue dans une bande de fréquence donnée, mesurée sur
une période de temps t. Dans ce cas, il s?exprime en dB re 1 µPa/?Hz. Cette notation est
privilégiée dans le cas de bruit continu.
Figure 7 : Les différents indicateurs de mesure du niveau de pression sonore (Lp).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
39
Densité spectrale de puissance : DSP ou PSD (Power Spectral Density)
La densité spectrale de puissance du bruit reçu représente la répartition de la puissance
acoustique reçue par un hydrophone en fonction de la fréquence, dans une bande de 1 Hz.
Cette puissance s?exprime en dB re 1 µPa2/Hz.
Niveau équivalent continu : Leq,T (Equivalent continuous sound pressure level)
Le Leq,T correspond au niveau large bande moyenné sur toute la période d?enregistrement.
Cet indicateur s?exprime en dB re 1 µPa.
Niveau d?exposition sonore : LE,p (ou SEL pour Sound Exposure Level)
Pour les sons impulsionnels, il est nécessaire de prendre en compte le niveau d?émission
d?une impulsion, mais également sa durée (en général moins d?une seconde). Le niveau
d?exposition sonore, noté LE,p ou SEL, permet de prendre en compte ces paramètres en
intégrant toute l?énergie reçue pendant la durée t d?une impulsion et en la ramenant sur une
seconde :
LE,p = Lp + 10 log10 t
Le LE,p exprime donc le niveau de pression généré par une impulsion ramené sur une
seconde. Le niveau d?exposition sonore s?exprime en dB re 1µPa2.s.
Le LE,p peut être calculé pour une impulsion, on note alors LE,p,ss ou SELss pour « Single
Strike », ou pour plusieurs, on parle alors de SEL cumulé, noté LE,p,cum ou SELcum. Il est
possible de lier les deux indicateurs par la formule :
LE,p,cum = LE,p,ss + 10 log10 n
Avec n : nombre d?impulsions.
c) Indicateurs du niveau de bruit perçu
Le bruit perçu par un récepteur (mammifère marin, poissons, etc.) correspond au bruit reçu
pondéré par la capacité auditive de ce récepteur. Pour estimer le bruit perçu, deux
indicateurs ont été développés.
Le dBht
Le dBht est un indicateur développé par Nedwell et al. [132] qui permet de filtrer le spectre
du bruit reçu en fonction de l?audiogramme de l?espèce considérée. Cette méthode applique
une correction au niveau sonore reçu, pour une fréquence donnée, en fonction de la
capacité de l?espèce à percevoir cette fréquence. Par exemple, pour une espèce
considérée, si le niveau sonore reçu par l?animal est de 100 dB à 2 000 Hz, et que cet animal
perçoit les sons pour cette fréquence à partir de 30 dB, le niveau perçu sera de 70 dBht pour
cette espèce (figure 8).
Cette méthode permet d?estimer le bruit perçu par n?importe quelle espèce marine, à la
condition qu?un audiogramme fiable pour cette espèce ait été établi.
Des seuils sont ensuite proposés, en dBht, au-delà desquels les niveaux perçus peuvent
avoir des effets (faible réaction, évitement, blessure) sur l?espèce considérée.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
40
Les niveaux d?exposition sonore pondérés
Une autre méthode pour prendre en compte la capacité auditive du récepteur a été mise au
point par Southall et al. en 2007 [167], puis développée et corrigée par la suite [136, 168].
À l?instar des fonctions de pondération développées pour l?audition chez l?humain9, Southall
et al. ont développé des fonctions de pondération adaptées à l?audition des mammifères
marins (Auditory Weighting Functions). Ces fonctions de pondération intègrent les capacités
auditives des mammifères marins (audiogrammes), ainsi que d?autres paramètres
audiométriques propres à chaque groupe d?espèces. Elles permettent d?évaluer le bruit
perçu, en donnant moins de poids aux très basses et très hautes fréquences
comparativement aux fréquences auxquelles l?animal est plus sensible. Il existe donc
plusieurs fonctions de pondération adaptées aux différents groupes de mammifères marins.
Ces fonctions de pondération sont décrites en détail en annexe 1.
En intégrant ces fonctions de pondération, Southall et al. ont ensuite calculé des niveaux
9 Fonctions de pondération A, B ou C établies pour tenir compte de la sensibilité moyenne de l?oreille humaine au bruit reçu
pour chaque bande de fréquences.
Figure 8 : Bruit d?un navire de ravitaillement perçu, en dBht, par un grand dauphin (Tursiops truncatus)
en fonction de sa capacité auditive (audiogramme d?après [93] ;
crédit photo : James D. Paterson/Marine Traffic et COHABYS).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
41
d?exposition sonores pondérés à partir desquels un mammifère marin est susceptible de
subir une perte d?audition temporaire (TTS) ou permanente (PTS) (voir partie 2 - III- 3 - Fixer
des seuils de tolérance et définir des périmètres d?exclusion).
Le tableau 1 ci-après synthétise les principaux indicateurs disponibles pour évaluer le
niveau de bruit sous-marin.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
42
Tableau 1 : Indicateurs quantitatifs permettant d?évaluer le niveau de bruit sous-marin.
Indicateur Notation
ISO Notation courante Unité Utilisation
B
ru
it
ém
is
Niveau d?émission Ls SL dB re 1 µPa @ 1 m Établit le niveau d?émission d?une source sonore
Densité spectrale de
puissance - DSP (ou PSD) dB re 1 µPa2/Hz Établit le spectre acoustique d?une source de bruit (distribution du niveau
de bruit en fonction de la fréquence)
B
ru
it
re
çu
Niveau de pression
sonore (niveau peak)
Lp,pk ou
Lp,0-pk SPL peak dB re 1µPa @ X m
Quantifie le niveau de pression reçu par un récepteur à une distance
donnée de la source émettrice (différence de pression maximale ou
minimale par rapport à la pression de référence)
Niveau de pression
sonore (niveau peak-
peak)
Lp,pk-pk SPL peak-peak dB re 1µPa @ X m
Quantifie le niveau de pression reçu par un récepteur à une distance
donnée de la source émettrice (différence entre la valeur maximale et la
valeur minimale de pression)
Niveau de pression
sonore (niveau « root
mean square »)
Lp,rms SPL RMS dB re 1µPa @ X m
Quantifie le niveau de pression reçu par un récepteur à une distance
donnée de la source émettrice (racine carrée de la moyenne des carrés du
signal sur une période donnée), équivalent à la valeur efficace. Il est plutôt
utilisé pour du bruit continu
Densité spectrale de
puissance - DSP (ou PSD) dB re 1µPa/?Hz @ X m
Quantifie le niveau de pression reçu par un récepteur à une distance
donnée de la source émettrice par bande de fréquence et sur une période
donnée
Densité spectrale de
puissance - DSP (ou PSD) dB re 1 µPa2/Hz Établit le spectre acoustique du bruit reçu par un hydrophone (distribution
du niveau de bruit en fonction de la fréquence)
Niveau équivalent
continu Leq,T Leq dB re 1µPa Quantifie le niveau large bande moyenné sur toute la période
d?enregistrement
Niveau d?exposition
sonore LE,p SELss dB re 1µPa2.s Évalue la quantité d?énergie reçue lors d?une impulsion sonore en intégrant
également sa durée
Niveau d?exposition
sonore cumulée10 LE,p SELcum dB re 1µPa2.s Évalue la quantité d?énergie cumulée reçue lors de plusieurs impulsions en
intégrant également leur durée
B
ru
it
pe
rç
u dBht - dBht dBht Évalue le niveau de bruit effectivement perçu par un animal en fonction de
son audiogramme et l?effet inhérent (fuite, blessure)
Niveaux d?exposition
sonore pondérés LE,p,HG,24h12 TTS ou PTS SEL dB re 1µPa2.s
Définit les niveaux d?exposition sonore à partir desquels les groupes
d?espèces considérés sont susceptibles de subir des pertes d?audition
temporaires (TTS) ou permanentes (PTS)
10 HG pour ?Hearing Group? : dépend du groupe d?audition auquel appartient l?animal considéré ; 24 h car le niveau est calculé pour une exposition sur 24 h.
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
43
4) La mesure du son dans l?eau
Dans l?eau, le son se mesure à l?aide d?un enregistreur acoustique équipé d?un hydrophone.
Un hydrophone est un capteur de pression qui mesure la pression acoustique générée par
l?onde sonore. L?hydrophone est un transducteur qui transforme la variation de pression
mesurée en variation de tension électrique. Le signal électrique ainsi produit est converti
en signal numérique (par un convertisseur analogique-numérique ou CAN) qui est ensuite
analysé par le système d?acquisition et de traitement des données intégré dans
l?enregistreur.
Un enregistreur acoustique sous-marin se compose de plusieurs parties :
? la partie acquisition de données, qui comprend l?électronique d?acquisition : hydrophone,
préampli puis système de conversion analogique/numérique du signal acoustique ;
? la partie stockage des données, constituée d?un ou plusieurs disques durs ou de cartes
SD sur lesquels les données acoustiques collectées sont stockées. La capacité de
stockage constitue un des facteurs conditionnant la durée de déploiement de
l?enregistreur et la stratégie d?acquisition des données, en continu ou selon un cycle
d?enregistrement préétabli (duty-cycle) ;
? la partie alimentation qui fournit l?énergie électrique nécessaire au fonctionnement de
l?enregistreur. En fonction des technologies déployées et du type d?enregistreur, cette
alimentation peut être soit conditionnée dans la partie électronique du corps de
l?enregistreur ou en position déportée (par l?intermédiaire de panneaux solaires ou de
container spécifique) ;
? la partie traitement de données acoustiques. Certains traitements acoustiques, dits
traitements embarqués, peuvent être réalisés directement par l?enregistreur ;
? la partie transmission des données. En fonction des configurations de l?enregistreur, des
technologies de transfert de données brutes ou traitées peuvent être réalisées. Ces
technologies permettent, par le biais de
communication radio ou wifi de
transmettre tout ou partie des données
brutes ou traitées vers un récepteur.
En fonction des configurations choisies, il
est possible de distinguer deux principales
catégories d?enregistreur :
? les enregistreurs acoustiques auto-
nomes, déployés sur un mouillage et
positionnés sur le fond ou dans la colonne
d?eau (figure 9). Ce type d?enregistreur
est capable de stocker une quantité
limitée de données et est alimenté par des
batteries. Dans le cas d?un suivi à long
terme, il est nécessaire d?intervenir
Figure 9 : Enregistreur acoustique autonome
(OSEAN) équipé d?un hydrophone et positionné
sur un corps mort avant immersion
(crédit photo : NEREIS Environnement).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
44
régulièrement sur ce type d?enregistreur
afin de collecter les données, libérer la
mémoire et changer les batteries ;
? les bouées acoustiques flottantes
(figure 10). Alimentées par batteries ou
panneaux solaires, elles permettent une
transmission radio ou wifi des données
acoustiques enregistrées et peuvent de
ce fait réaliser un suivi en temps réel du
bruit sous-marin. En fonction des configu-
rations choisies, l?hydrophone peut être
déployé à proximité ou non de la bouée.
La qualité des enregistrements acoustiques dépend directement des caractéristiques de
l?hydrophone. Ces caractéristiques sont, principalement :
? sa sensibilité. Cette sensibilité est un élément déterminant et caractéristique des
performances acoustiques de l?hydrophone. Elle correspond au rapport entre la tension U
(exprimée en volt) mesurée aux bornes de l?hydrophone et une pression P (exprimée en
Pa) : Sh= (U/P). Cette sensibilité peut être exprimée en dB re V/µPa et dans ce cas
Sh = 20log(U/U0 / P/P0), avec U0 = 1 V et P0 = 1 µPa ;
? sa bande passante. Elle correspond à l?ensemble des fréquences qui pourront être
interceptées par l?hydrophone et traitées par l?électronique d?acquisition de l?enregistreur.
Cependant, la sensibilité d?un hydrophone n?est pas constante sur toute sa bande
passante (figure 11). La bande de fréquences pour laquelle la sensibilité est quasi
constante est appelée « bande des fréquences utiles ». C?est cette bande des fréquences
utiles qui sera privilégiée
pour l?interception des
signaux sonores. La
bande passante de
l?hydrophone constitue
donc un critère déter-
minant dans le choix de
l?enregistreur qui ciblera,
en fonction de celle-ci, une
certaine catégorie de
sources sonores (émis-
sions de cétacés, trafic
maritime, etc.) ;
Figure 10 : Bouée acoustique flottante autonome
(RTSys - crédit photo : NEREIS Environnement).
Figure 11 : Exemple de courbe de sensibilité d?un hydrophone (d?après [96]).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
45
? sa directivité. Cette propriété caractérise la capacité du transducteur à intercepter les
signaux dans différentes directions. Dans le cadre d?une étude d?impact acoustique, il est
préférable de privilégier une écoute identique dans toutes les directions ; les hydrophones
utilisés sont donc généralement omnidirectionnels.
Un autre paramètre important pour optimiser la qualité des enregistrements est lié à
l?utilisation de préamplificateurs à gains variables qui va permettre d?adapter la dynamique
du signal d?acquisition aux caractéristiques de l?enregistreur.
Le choix d?un enregistreur acoustique sous-marin dépend donc des objectifs préalablement
déterminés et notamment :
? du type d?étude à réaliser (monitoring du bruit ambiant sur du long terme, étude des
populations de cétacés, surveillance d?un chantier, etc.) ;
? du type de données à collecter (sources d?origine anthropique, sources biologiques, bruit
ambiant large bande, etc.) ;
? de l?adéquation entre les paramètres de l?enregistreur et de la source sonore afin
d?optimiser les enregistrements et éviter les phénomènes de saturation de l?enregistreur
ou l?inverse ;
? de la stratégie d?échantillonnage : nécessité d?obtenir des informations acoustiques en
temps réel ou a posteriori, durée d?acquisition des données et type d?enregistrement (en
continu ou non), nombre d?enregistreurs déployés en fonction des enjeux et de la surface
de l?aire d?étude.
5) Modéliser la propagation des ondes acoustiques
Afin d?évaluer l?impact sonore d?une activité en mer, il est possible de réaliser une
cartographie de l?empreinte sonore de cette activité autour d?une ou plusieurs source(s)
émettrice(s). Cette cartographie s?effectue à l?aide d?un logiciel (ou code) de modélisation
de la propagation des ondes sonores.
Cette modélisation est complexe, en particulier dans les zones où l?on observe de fortes
variations de bathymétrie. À l?inverse, en milieu ouvert (par grand fond), la propagation des
ondes sonores est moins complexe et donc plus facilement prévisible. La propagation du
son dépend des caractéristiques de l?onde sonore, mais également de l?environnement. Le
logiciel de modélisation, pour fournir une représentation fiable, doit donc pouvoir intégrer un
certain nombre de paramètres afin d?adapter ses prévisions au cas d?étude. Ces paramètres
sont décrits dans la partie 2 III- Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine.
La propagation des ondes sonores ainsi modélisée est représentée en deux dimensions. Il
est cependant possible de modéliser cette propagation à plusieurs profondeurs afin
d?intégrer la composante verticale. La profondeur avec le niveau maximal prédit est alors
conservée pour la représentation en 2D.
Modéliser la propagation des ondes acoustiques et cartographier l?empreinte sonore d?une
activité permet ensuite de définir des périmètres à l?intérieur desquels une espèce est
susceptible de subir des dommages (pertes d?audition temporaires ou permanentes). En
intégrant les capacités auditives de l?espèce dans le modèle de propagation ainsi que des
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
46
seuils de tolérance au bruit, il est possible de réaliser, pour cette espèce, une carte des
impacts potentiels, et ainsi de définir des zones d?exclusion à l?intérieur desquelles il
convient de s?assurer de l?absence d?individus de cette espèce (figure 12).
Figure 12 : Modélisation de l?empreinte sonore de différentes opérations liées aux phases de construction et
d?exploitation du parc éolien en mer de Yeu-Noirmoutier pour le marsouin commun (Phocoena phocoena)
(source : Quiet Ocean, 2016).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
47
Ce qu?il faut retenir
? Le son est généré par des ondes acoustiques. Il peut être perçu selon ses deux
composantes : « variation de pression » (succession de compressions-dilatations du
milieu) ou « mouvement de particules » (agitation des molécules du milieu).
? Un son se caractérise par :
- sa fréquence (en Hz), qui définit sa hauteur (basse fréquence : son grave, haute
fréquence : son aigu) ;
- son niveau (en dB), qui correspond au volume du son (ou intensité) ;
- sa durée d?apparition (en s).
? Dans l?eau, la pression de référence est de 1 µPa (microPascal). Le niveau de bruit est
donc exprimé en dB re 1 µPa. Dans l?air, cette pression de référence est de 20 µPa.
? La célérité du son dans l?eau de mer est d?environ 1 500 m/s (contre environ 340 m/s
dans l?air).
? La propagation du son dans l?eau de mer dépend des conditions environnementales et
principalement :
- de la bathymétrie ;
- de la nature du fond ;
- du profil de température et salinité de la colonne d?eau.
? Le bruit ambiant sous-marin se compose d?un ensemble de sources sonores, incluant
les sources liées aux phénomènes naturels (géophonie), les sources d?origine biologique
(biophonie) et les sources d?origine anthropique (anthropophonie).
? Le trafic maritime et le vent sont les principales sources contribuant au bruit ambiant
sous-marin.
? Il existe différents indicateurs pour mesurer le niveau de bruit. La pertinence de ces
indicateurs dépend du type de bruit que l?on cherche à évaluer (bruit impulsionnel ou
continu, bruit émis, bruit reçu ou bruit perçu).
? La mesure du son dans l?eau se fait à l?aide d?un hydrophone, dont les caractéristiques
(sensibilité, bande passante, directivité) doivent être adaptées au bruit que l?on cherche
à mesurer.
? Il est possible de cartographier l?empreinte spatiale d?une source sonore, en fonction de
la profondeur, à l?aide d?un logiciel de modélisation de la propagation des ondes sonores.
La calibration du modèle et le choix des données d?entrée sont primordiaux pour obtenir
des résultats cohérents.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
48
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
49
Cette partie présente de manière exhaustive et synthétique les différentes activités
anthropiques génératrices de bruit sous-marin. Une synthèse de ces activités, ainsi que le
numéro de la fiche descriptive correspondante (voir PARTIE 4. Fiches synthèse) sont
présentés dans le tableau 8 page 77.
I. Industrie du pétrole et du gaz
La production offshore de pétrole et de gaz
représente 30 % de la production mondiale.
Environ 6 000 unités d?extraction de pétrole
et de gaz sont réparties en mer à travers le
monde [164]. Cette industrie contribue
localement au bruit ambiant sous-marin, en
milieu côtier et jusqu?à des profondeurs de
l?ordre de 3 000 m.
L?exploitation des ressources pétrolières et
gazière en mer comporte plusieurs phases :
la phase de prospection, l?exploration et
l?exploitation et le démantèlement des
structures.
1) Prospection et recherche de
gisements
La phase de prospection inclut les études
géologiques, géophysiques et géotech-
niques nécessaires pour repérer et localiser
les gisements. Certaines technologies
utilisées lors de cette phase de prospection
utilisent les ondes sonores. C?est le cas des
prospections par sondeurs, sonars et
sismiques.
a) Sondeurs et sonars
Les sondeurs et sonars émettent des sons
haute fréquence (de 10 à 1 000 kHz) per-
mettant à la fois de mesurer la profondeur
(bathymétrie), de visualiser la morphologie
des fonds marins (topographie), mais
également de caractériser la nature des
couches superficielles des fonds marins
(imagerie).
Les sondeurs et sonars émettent des impul-
sions sonores monochromatiques (CW) ou
modulées en fréquence (FM) de quelques
millisecondes à intervalles d?émission
répétés (typiquement de 0,1 à 10 s [112]).
Plus la profondeur est grande, plus
l?intervalle entre les impulsions sera
important afin de laisser à l?onde sonore le
temps d?atteindre le fond et de revenir au
récepteur. Le choix de la fréquence
d?émission dépend du type de donnée que
l?on cherche à acquérir et de la résolution
recherchée. La qualité des informations
recueillies dépend en effet directement des
propriétés des ondes acoustiques émises :
des ondes hautes fréquences de basse
amplitude permettront d?obtenir des informa-
tions à haute résolution mais sur une échelle
réduite, tandis que les ondes de plus faible
fréquence et de plus forte amplitude se
propageront plus loin mais les informations
recueillies seront de plus faible définition.
Partie 1
Les différentes activités anthropiques
génératrices de bruit sous-marin et les
différents types d?émissions qu?elles génèrent
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
50
Il existe plusieurs types de sondeurs :
? Les sondeurs monofaisceaux émettent
une impulsion sonore au travers d?un
faisceau d?angle réduit (5 à 30°) à la
verticale du bateau. Ces sondeurs
représentent une source impulsion-
nelle de fréquence comprise entre 1 et
500 kHz (les valeurs les plus commu-
nément utilisées étant 3,5, 12, 24, 30, 38,
50, 100, 120, ou 200 kHz) et d?un niveau
maximum d?émission à la source (Lp,pk)
de l?ordre de 210 à 240 dB re 1 µPa @ 1 m
[1, 112] et sont plutôt directifs.
? Les sondeurs multifaisceaux émettent
dans plusieurs directions, avec une
ouverture angulaire plus importante dans
le plan transversal au porteur
(environ 150°), et qui permet de balayer
une plus large surface. Ils sont par contre
très directifs (environ 1°) dans le plan
longitudinal au porteur (figure 13).
Ces sondeurs génèrent une émission
impulsionnelle à des fréquences
comprises entre 10 et 500 kHz
(typiquement 12, 24 ou 32 kHz en eau
profonde, 70 à 150 kHz sur le plateau
continental et 200 à 400 kHz par très petits
fonds). Les niveaux d?émission (LS) sont
de l?ordre de 210 à 220 dB re 1 µPa @ 1 m
pour les plus hautes fréquences et de
240 dB re 1 µPa @ 1 m à 12 kHz [1, 112].
Les sonars, et notamment les sonars à
balayage latéral, peuvent disposer d?une
ouverture angulaire transversale plus
importante (180°) et d?une ouverture
Figure 13 : Principe de fonctionnement du sondeur multifaisceaux (d?après [1]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
51
longitudinale très faible. Ils utilisent des
fréquences plus élevées, ce qui leur confère
une résolution très fine. Le niveau d?émis-
sion d?un sonar à balayage latéral est du
même ordre que celui émis par un sondeur
multifaisceaux.
La forte directivité des sondeurs et sonars et
l?atténuation rapide de l?onde acoustique à
ces fréquences limitent considérablement
l?impact que peuvent avoir ces outils sur les
espèces pélagiques (mammifères marins et
poissons présents dans la colonne d?eau).
En effet, du fait de l?importante directivité de
l?émission sonore générée et des très
courtes durées d?émission, il faudrait que
l?animal passe sous le navire ou à proximité
immédiate pour être impacté.
Les sondeurs multifaisceaux basse
fréquence (10 à 40 kHz) sont potentiel-
lement les plus impactants, mais l?étendue
du faisceau reste très limitée. Les sondeurs
de sédiments fonctionnent dans des
gammes de fréquences plus basses (2 à
10 kHz), et avec des signaux plus longs
(jusqu?à quelques dizaines de ms) mais
leurs niveaux d?émission sont plus faibles.
Les sondeurs monofaisceaux sont fortement
directifs et donc peu impactants. Enfin les
systèmes sondeurs et sonars haute
fréquence (> 100 kHz) sortent de la gamme
fréquentielle d?audition des mammifères
marins (à l?exception des cétacés très haute
fréquence comme les marsouins (voir
partie 2), et ont une portée réduite du fait de
la forte absorption des signaux haute
fréquence dans l?eau de mer [110].
Il est également probable que le bruit généré
par la propulsion du navire agisse déjà comme
un répulsif sur ces espèces. Ceci ne s?appli-
que toutefois pas aux espèces benthiques et
démersales (qui vivent sur ou près du fond).
b) Prospection sismique
La prospection sismique en mer est une
technique d?étude visant à caractériser la
structure géologique des fonds marins en
étudiant les différentes strates qui les
composent, afin d?identifier la présence
Figure 14 : Principe de fonctionnement d?une campagne de prospection sismique [143].
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
52
d?hydrocarbure ou de gaz. Chaque strate
réfléchit et réfracte les ondes différemment
en fonction de ses propriétés physiques. La
prospection sismique consiste à envoyer
vers les fonds marins, à partir d?un navire,
des ondes acoustiques basses fréquences
de forte intensité. Contrairement aux
sondeurs et sonars, les ondes générées par
la sismique ont pour objectif de pénétrer en
profondeur dans le sédiment. Il est alors
possible d?étudier les phénomènes de
réflexion et/ou réfraction rencontrés par ces
ondes avant leur réception par des
hydrophones intégrés sur une ou plusieurs
« flutes » (ou streamer) remorquées par le
navire (figure 14). L?analyse des signaux
reçus permet ensuite d?identifier la nature des
différentes strates traversées par les ondes.
Aujourd?hui, la sismique utilise principa-
lement des canons à air comprimé
(« airguns ») pour générer des ondes acous-
tiques. Ces canons libèrent brusquement
dans la colonne d?eau un volume variable
d?air sous pression, créant ainsi une source
sonore de type impulsionnel et à large
bande fréquentielle (de 5 Hz à 15 kHz)
avec un maximum d?énergie entre 10 et
100 Hz [24, 170]. Le niveau de bruit
généré est de forte intensité et de courte
durée (quelques millisecondes).
Le niveau émis dépend de la capacité du
canon (volume d?air libéré), de la pression
exercée sur ce volume et du nombre de
canons mis en oeuvre. Pour un unique ca-
non à air de faible volume de 20 cu in GI11
(soit 0,328 L), le niveau d?émission
maximum (Lp,pk) est de l?ordre de 230 dB
re 1 µPa @ 1 m.
Lors d?une campagne de prospection
sismique haute résolution, 1 à 2 canons sont
mis en oeuvre. Pour la prospection à grande
échelle, plusieurs dizaines de canons
peuvent être utilisés. Le niveau maximum
d?émission (Lp,pk) généré par un réseau
de canons à air peut ainsi atteindre 250 à
260 dB re 1 µPa @ 1 m [40, 127, 158]. Les
émissions sont générées de façon répétée à
intervalles d?émission réguliers (toutes les
10 à 60 s environ, en fonction du volume
d?air total) et peuvent durer plusieurs heures.
Bien qu?ils soient dirigés vers le fond, le bruit
généré par les canons à air est généra-
lement peu directif. Le bruit basse fréquence
généré peut se propager sur des distances
importantes, de plusieurs centaines de
kilomètres, voire plusieurs milliers par
grands fonds [106, 158].
Les autres méthodes de sismiques, par
boomer ou sparker12, permettent de
caractériser les couches supérieures de
sédiments (sur quelques dizaines de mètres
pour le boomer ou quelques centaines pour
le sparker). Les ondes sonores générées
par ces méthodes ont des fréquences plus
élevées, entre 500 Hz et 12 kHz, des
niveaux d?émission (LS) de l?ordre de 215 à
230 dB re 1 µPa @ 1 m et une durée d?impul-
sion de l?ordre de la milliseconde [29, 130].
11 cu in GI = cubic inch Generator injected. Indique la quantité d?air injectée dans la chambre de compression.
12 Le boomer génère du bruit grâce au rapprochement brutal de deux plaques de métal ; ce rapprochement forme une bulle
d?air qui, en implosant, génère une onde acoustique. Avec le sparker des bulles d?air sont produites sous l?impulsion d?une
onde de choc générée par une décharge électrique.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
53
2) Exploration et production
Lorsqu?un gisement est détecté, une
plateforme est mise en place afin de forer le
plancher océanique pour, dans un premier
temps, explorer le réservoir et évaluer sa
rentabilité, puis commencer l?extraction si le
gisement est considéré comme exploitable.
Ces phases d?exploration et de production
génèrent du bruit sous-marin à travers plu-
sieurs activités, parmi lesquelles le battage
de pieux et le forage sont certainement les
plus bruyantes. Les niveaux de bruit géné-
rés par ces activités sont cependant inférieurs
à ceux observés en phase de prospection.
a) Battage de pieux
L?installation d?une plateforme de forage
nécessite la pose de pieux pour maintenir la
structure. Dans la mesure où le bruit généré
par le battage de pieux est plus largement
documenté dans le cadre des travaux de
construction des parcs éoliens en mer,
l?aspect acoustique de cette activité est
décrit en détail dans la partie 1 - II - Énergies
marines renouvelables.
b) Forage
Le forage du plancher océanique est une
activité temporaire qui précède la phase de
production. Les sources sonores générées
par le forage sont de type continu à large
bande fréquentielle avec un maximum
d?énergie en basse fréquence (< 1 000 Hz),
principalement dues à l?équipement mis en
oeuvre pour le forage (générateurs, colonne
de forage, pompes, compresseurs, etc.).
Les bruits générés par le frottement de la
tête de forage sur le substrat et par le
cisaillement de la roche contribuent égale-
ment au spectre global mais dans une moin-
dre mesure. Cette contribution serait limitée
aux fréquences inférieures à 600 Hz [170, 194].
La transmission du bruit dans le milieu marin
dépend donc fortement de la structure qui
supporte l?équipement de forage et de la
surface d?échange avec le milieu marin [4].
Le forage du plancher océanique s?effectue
à partir d?une plateforme en surface. Il existe
trois types de plateforme :
? les plateformes fixes, qui reposent sur le
fond marin, sont utilisées lorsque la
profondeur est inférieure à 300 m ;
? les plateformes flottantes, reliées au fond
à l?aide de câbles, sont privilégiées par
grands fonds ;
? les plateformes mobiles, de type
plateforme autoélévatrice (« jack-up rig »)
ou navire de forage (figure 15), servent
surtout pour l?exploration des gisements.
Le bruit sous-marin généré par le forage
dépend du type de plateforme, les
plateformes fixes et auto-élévatrices étant
les moins bruyantes, tandis que les
plateformes flottantes et les navires de
forage émettent les plus forts niveaux de
bruit [78, 158]. En effet, la principale source
de bruit étant l?équipement de forage situé
sur la plateforme, le bruit transmis dans le
milieu marin dépend fortement de la surface
d?échange. Dans le cas de plateformes
flottantes ou de navire de forage, cette
surface est beaucoup plus vaste. La
transmission via la coque d?un navire de
forage est particulièrement importante. À ce
bruit transmis s?ajoute également celui
généré par le navire lui-même, et notam-
ment le bruit des hélices et des propulseurs
permettant au navire de maintenir sa
position pendant les opérations de forage.
Le bruit généré par les navires de forage est
donc globalement plus élevé que celui
généré par les autres structures.
Le bruit généré par le forage à partir de
navire est un bruit large bande (10 Hz -
10 kHz) avec des niveaux Lp,rms de l?ordre de
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
54
190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [158, 194]. Le
bruit généré par une plateforme flottante de
type FPSO (Floating Production Storage
and Offloading) est de l?ordre de 170 à 190
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur la bande 20-
2 500 Hz, avec les plus forts niveaux
(> 170 dB) mesurés à des fréquences
inférieures à 80 Hz [60]. Enfin, les
plateformes fixes sont les moins bruyantes,
avec des niveaux Lp,rms de l?ordre de 120-130
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [158, 194]. Le bruit
basse fréquence lié aux activités de forage
peut se propager sur plusieurs dizaines de
kilomètres, voire plusieurs centaines pour
les forages à grande profondeur (plus de
1 000 m).
c) Production
La phase de production consiste à extraire
le pétrole ou le gaz et à l?acheminer à terre.
Au cours de cette phase, de nombreuses
activités sont susceptibles d?induire du bruit
sous-marin, parmi lesquelles le pompage, la
pose de pipelines, le trafic maritime lié à
l?acheminement des ressources, de
l?équipement et du personnel, etc. Si ces
sources peuvent ponctuellement générer
des niveaux de bruit importants (de l?ordre
de 195 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m), la phase
de production est globalement moins
bruyante que la phase d?exploration
puisqu?elle ne fait plus intervenir d?engin de
forage et qu?elle est principalement réalisée
Figure 15 : Plateforme mobile Cossack Pioneer de type FPSO (Floating Production Storage and Offloading [60]),
plateforme auto-élévatrice Astra (crédit photo : EDC Ldt.) et navire de forage West Gemini
(crédit photo : Thierry Gonzalez/TOTAL).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
55
à partir de plateformes fixes ou auto-
élévatrices, ayant une faible surface
d?échange avec le milieu marin [158]. Hors
bruit impulsionnel lié à des activités
ponctuelles, le bruit moyen généré par une
plateforme pétrolière en phase de
production est inférieur à celui émis en
phase de forage de 10-20 dB dans la bande
20-500 Hz, voire de 30 dB dans les
fréquences comprises entre 100 et 600 Hz
[129, 170].
Le bruit généré par les navires gravitant
autour des plateformes pétrolières (tankers,
navires de soutien, navires poseurs de
pipeline, etc.) est détaillé dans la partie 1 -
VIII - Trafic maritime (navires marchands et
transport de passagers).
Les explosions accidentelles dans les puits
de pétrole, liées à la production d?hydro-
carbure, représentent également une
potentielle source de bruit. S?il n?existe pas
d?information concernant le niveau de bruit
généré par ce type d?explosion, le bruit
généré par les explosions volontaires en mer
(déroctage) est décrit dans la partie 1 - V -
Travaux et aménagements côtiers.
3) Démantèlement
Le démantèlement des plateformes
pétrolières nécessite l?utilisation d?explosifs
et/ou de techniques mécaniques (jets d?eau
abrasifs, scie diamantée, lames en carbure,
cisailles guillotines, etc.) pour sectionner la
structure, qui peut ensuite être enlevée pour
être démantelée à terre.
À l?heure actuelle, les techniques méca-
niques représentent environ 35 % des
opérations de démantèlement, mais aucune
donnée publiée ne permet de connaître les
niveaux de bruit générés par ces
techniques. Le bruit généré par l?usage
d?explosif en mer est par contre connu. Cette
activité est décrite en détail dans la partie 1 - V
- Travaux et aménagements côtiers.
II. Énergies marines renouvelables
Les énergies marines renouvelables (EMR)
incluent l?ensemble des technologies
permettant de produire de l?électricité à partir
de l?énergie récupérable en milieu marin : le
vent, les courants de marée, la houle, le
gradient de température entre la surface et
le fond.
De nombreux projets liés aux EMR sont
actuellement en cours de développement
aux larges des côtes françaises. Les projets
les plus avancés concernent l?éolien en mer,
posé ou flottant, et dans une moindre
mesure l?hydrolien. D?autres projets sont
actuellement au stade de démonstrateurs
(houlomoteur, énergie thermique des mers,
Sea Water Air Conditionning ou SWAC).
Les énergies marines renouvelables, de par
leur diversité, sont susceptibles de générer
différents types de bruits sous-marins.
Cependant, certaines activités génératrices
de bruit peuvent être communes à plusieurs
types d?EMR durant les différentes phases
du projet : étude de terrain, phase de
construction, phase opérationnelle ou phase
de démantèlement.
Ici, nous traiterons particulièrement de
l?éolien en mer, pour lequel de nombreuses
études ont été réalisées (les premières
installations en Europe datent de 1991). Il
existe en effet très peu de données et de
retours d?expériences concernant le bruit
généré par les autres technologies EMR.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
56
1) Étude de terrain
Avant la phase de construction, il est
nécessaire de connaître en détails la
morphologie du sol et la nature du fond sur
la zone d?étude. Pour cela, des études
géologiques, géophysiques et géotech-
niques sont réalisées. Parmi les
technologies mises en oeuvre pour ces
études, certaines utilisent l?acoustique et
génèrent du bruit sous-marin. Ces
techniques sont les mêmes que celles
utilisées pour la prospection pétrolière
(sondeurs et canons à air notamment) et
sont décrites en détails dans la partie 1 - I -
Industrie du pétrole et du gaz.
Avant le début de la phase de construction,
un mât de mesure est installé sur la zone
retenue. Les conditions et les techniques
d?installation de ce mât sont généralement les
mêmes que pour l?installation des éoliennes.
Durant cette phase d?étude, le trafic
maritime sur la zone du futur parc est
susceptible d?augmenter, ce qui conduira à
élever le niveau de bruit ambiant sur la zone
(voir partie 1 - VIII - Trafic maritime (navires
marchands et transport de passagers)).
2) Phase de construction
La phase de construction d?un projet EMR
fait intervenir de nombreuses activités géné-
ratrices de bruit sous-marin, que ce soit pour
préparer le substrat ou installer les machines.
Le niveau de bruit généré lors de la phase
de construction dépend fortement du type de
fondation choisi (figure 16). La mise en place
de fondations de type monopieu est la plus
bruyante car ces dernières font intervenir
des activités telles que le battage de pieux
et le forage. L?installation de fondations
tripodes ou « jacket », qui utilisent des pieux
de diamètre plus modeste, génère des
niveaux de bruit moins élevés. Enfin, la mise
en place de fondations de type gravitaire est
la moins bruyante [138].
a) Battage de pieux
Le battage de pieux consiste à enfoncer un
pieu en acier dans le substrat à l?aide d?un
marteau (hydraulique dans la plupart des
cas). Cette activité génère de forts niveaux
de bruit sous-marin. Cependant, ces
niveaux dépendent de nombreux para-
mètres dont les plus notables sont :
Figure 16 : Exemples de fondations d?éoliennes offshore posées (source : Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
57
? le diamètre du pieu ;
? la nature du sol ;
? la bathymétrie ;
? la profondeur à laquelle le pieu doit être
enfoncé dans le sol ;
? l?énergie transmise par le marteau (et
donc le type de marteau) ;
? la vitesse d?enfoncement.
Le diamètre du pieu semble toutefois être le
facteur le plus important [131], et la relation
entre niveau de bruit et diamètre du pieu a
été établie à plusieurs reprises13 : plus le
diamètre du pieu est important, plus le
niveau de bruit généré lors du battage est
élevé. Ceci est directement lié au fait qu?un
pieu de diamètre important nécessite plus
d?énergie mécanique, et donc un marteau
plus puissant, afin d?être mis en place. Le
diamètre du pieu est donc ici un indicateur
de la puissance du marteau.
Les facteurs tels que la profondeur et la
nature du substrat semblent eux avoir un
impact direct sur la propagation du bruit
généré. La propagation des ondes sonores
est en effet plus complexe en milieu côtier,
par petit fond, du fait des phénomènes de
13 Par exemple : LS,pk-pk = 24,3 D + 179 avec D le diamètre du pieu [133]
réflexion, et la nature du substrat peut
encourager (fond rocheux) ou limiter (fonds
vaseux) ces phénomènes. Ces paramètres
devront donc être pris en compte dans les
modèles de prédiction du bruit généré.
Du fait de ces nombreux facteurs, il est
difficile de donner une valeur moyenne du
niveau de bruit généré par le battage de
pieux. Cependant, cette activité fait partie
des plus bruyantes, avec une intensité
acoustique comparable à celle des canons à
air comprimé [138]. Le battage de pieux
génère de forts niveaux de bruit
impulsionnel large bande (10 Hz-20 kHz)
avec un maximum d?énergie mesuré
entre 100 Hz et 1 kHz [6, 10]. Ce bruit est
susceptible de se propager sur plusieurs
dizaines de kilomètres [10, 138].
Les niveaux émis (LS) par le battage de
pieux sont en général de l?ordre de
250 dB re 1 µPa @ 1 m pour des pieux
d?environ 4 m de diamètre [130]. Le
tableau 2 ci-dessous donne quelques
exemples publiés dans la littérature de
niveaux de bruit Lp,pk (ou Lp,0-pk) reçus à
750 m en fonction du type de pieu et des
paramètres environnementaux.
Lieu Diamètre
(m)
Type de
fondation
Puissance
(MW)
Profondeur
(m)
Niveau Lp,pk
(dB re 1 µPa @ 750 m)
Niveau LE,p,ss
(dB re 1 µPa².s @ 750 m)
Thorntonbank
(Belgique) 1,8 Jacket 5 ~ 15 189 178
Alpha Ventus
(Allemagne) 2,7 Tripode 5 ~ 30 199 174
Horns Rev II
(Danemark) 3,9 Monopieu 2,3 9-17 195 176
Barrow
(Royaume-Uni) 4,7 Monopieu 3 15-20 195 -
Belwind
(Belgique) 5 Monopieu 3 15-37 194 166
Tableau 2 : Niveau de bruit généré à 750 m par le battage de pieu de différents diamètres (d?après [138] et [6]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
58
Le niveau de bruit généré par le battage
d?une fondation « jacket » est inférieur à
celui d?une fondation monopieu (diamètre
des pieux inférieur). Cependant, le temps de
battage (et donc le nombre de coups) est
plus important. De ce fait, les niveaux Lp sont
plus faibles mais les niveaux exprimés en
LE,p sont plus élevés [138].
Il existe des méthodes alternatives au
battage de pieux par marteau hydraulique :
? le vibrofonçage consiste à enfoncer le
pieu en le faisant vibrer. Le vibrofonçage
est en général moins bruyant que le
battage par impact, avec des niveaux de
bruit inférieur de 15 à 20 dB en moyenne [6].
Cependant le bruit généré par le
vibrofonçage, qui se compose d?émis-
sions continues (vibrations) et impulsion-
nelles (oscillations du vibrateur) n?est pas
directement comparable avec le bruit
impulsionnel du battage de pieu ;
? le battage « HiLo » est une méthode de
battage de pieux à une fréquence plus
élevée (nombre de coups par minute plus
important), ce qui permet de frapper moins
fort et de transmettre moins d?énergie au
pieu. Les niveaux de bruit généré par cette
méthode sont donc inférieurs à ceux du
battage conventionnel ;
? le forage est réservé aux fonds rocheux ou
hétérogènes et peut être utilisé comme
alternative au battage pour des pieux de
moins de 5 m de diamètre. Le bruit généré
est un bruit continu de niveau inférieur à
celui du battage (voir partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz).
Le choix de la méthode mise en oeuvre pour
l?installation d?un pieu dépend directement
du type de pieu et de la nature du sol. Il est
souvent nécessaire de cumuler ces
différentes méthodes (battage, vibro-
fonçage, forage) lors de la mise en place de
fondations d?éolienne.
b) Autres activités liées à la construction
Les autres techniques mises en oeuvre pour
la construction des EMR sont en général
moins bruyantes que le battage de pieux. La
pose de fondations gravitaires pour les
éoliennes, comme l?installation d?hydro-
liennes, génèrent des niveaux de bruit bien
inférieurs. Ce bruit, principalement lié à
l?augmentation du trafic maritime engen-
drée, a un niveau Lp,rms de l?ordre de 115 dB
re 1 µPa/?Hz, soit quelques dB de plus que
le bruit ambiant [138]. Cependant, la pose
de fondations gravitaires nécessite une
préparation du fond, faisant intervenir des
activités bruyantes, comme le dragage (voir
partie 1 - IV - Activités portuaires).
Le bruit généré par la pose des ancrages
des éoliennes flottantes est fortement lié au
bruit émis par le navire qui réalise
l?opération. En effet, ces navires sont dans
la plupart des cas équipés d?un système de
positionnement dynamique (navire DP pour
Dynamic positioning) qui utilise le système
de propulsion du navire (hélice, propulseurs)
pour maintenir une position. Ce système
génère du bruit continu à un niveau parfois
important mais de courte durée [196].
L?installation de systèmes houlomoteurs ne
nécessite pas non plus d?opération de
battage de pieux. Cette installation se fait,
soit par ancrage à l?instar des éoliennes
flottantes, soit par forage. De même, les sys-
tèmes de climatisation SWAC (Sea Water
Air Conditioning) nécessitent souvent la
mise en oeuvre d?opérations de forage (voir
partie 1- I - Industrie du pétrole et du gaz).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
59
c) Pose des câbles sous-marins
Les câbles électriques d?un parc éolien en
mer peuvent soit être enfouis dans le
substrat (ou ensouillés), soit posés sur le
substrat et recouvert de dispositifs de
protection (enrochements, matelas).
La pose de câbles sous-marins est décrite
dans la partie 1 - VII - Installation de câbles
et canalisations.
3) Phase opérationnelle
a) Bruit lié au fonctionnement des
structures
Pour la plupart des technologies EMR, la
phase opérationnelle est beaucoup moins
bruyante que les phases de construction et
démantèlement. Le bruit lié, par exemple, à
la rotation d?une éolienne est beaucoup
moins élevé que le bruit généré par son
installation. Cependant, ce bruit est
continu et, dans la mesure où les parcs
éoliens en mer sont prévus pour avoir une
durée de vie de 20 à 30 ans, ce bruit va
contribuer sur le long terme au bruit ambiant
local. Son effet n?est donc potentiellement
pas négligeable.
Le bruit sous-marin généré par une éolienne
est essentiellement lié à la turbine (le bruit
généré par les pales ne se transmet pas au
milieu marin [177]). Les vibrations créées au
niveau de la nacelle se propagent via le mât
et les fondations jusque dans la colonne
d?eau et les sédiments [113].
Les retours d?expériences sur les parcs
éoliens du nord de l?Europe (au Danemark,
en Suède, Belgique, Allemagne et Écosse
notamment) démontrent que le bruit généré
par une éolienne en opération dépend de
plusieurs paramètres, et notamment :
? du type de fondation ;
? de la vitesse du vent ;
? de la puissance unitaire des turbines.
Ainsi, le bruit généré en basse fréquence par
une éolienne de 3 MW à fondation monopieu
est globalement plus élevé que celui généré
par une éolienne de 6,15 MW à fondation
« jacket » [138] (figure 17).
Sur les parcs en Belgique, une relation liné-
aire a pu être établie entre le niveau de bruit
et la vitesse du vent, en fonction du type de
fondation [139] :
Figure 17 : Spectre en tiers d?octave du bruit ambiant sur le site de Bligh Bank (Belgique) avant construction
du parc éolien offshore (en noir), et bruit généré par la pose et le fonctionnement d?une turbine de 6,15 MW
sur fondation « jacket » et d?une turbine de 3 MW sur fondation monopieu (d?après [138]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
60
? Pour des fondations « jacket », Lp = 1,1 x
vitesse du vent (en m/s) + 122,5 et Lp,pk =
0,96 x vitesse du vent (en m/s) + 144,3
? Pour les fondations monopieu, Lp = 1,9 x
vitesse du vent (en m/s) + 120,3
Cependant, ces relations se basent sur un
nombre limité d?observations.
De plus, si la vitesse du vent influe sur le
bruit émis par les éoliennes en opération,
elle influe également sur le bruit ambiant
alentour. De ce fait, l?émergence sonore
(bruit audible par-dessus le bruit ambiant) ne
sera pas nécessairement plus importante si
la vitesse du vent augmente. Ceci est égale-
ment vrai pour les autres technologies EMR.
D?une manière générale, le bruit généré par
une éolienne en fonction est un bruit continu
large bande avec un maximum d?énergie en
basse fréquence. Le niveau Lp,rms est de
l?ordre de 120 à 150 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
et n?est audible au-dessus du bruit de fond
qu?en basse fréquence (< 500 Hz) [181, 17,
177, 138]. Ce bruit pourrait être audible sur
une vingtaine de kilomètres pour une turbine
de 6 MW sur fondation monopieu [114].
Certaines études font état de pics de l?ordre
de 125 dB re 1 µPa/?Hz (Lp,rms) en dessous
de 500 Hz à une centaine de mètres de la
source [17, 177].
Il existe très peu de données publiées
concernant le bruit généré par les autres
technologies EMR en opération. Le
tableau 3 ci-dessous donne quelques
exemples des informations disponibles pour
une éolienne flottante, une hydrolienne et
des systèmes houlomoteurs.
Ces dispositifs ont en commun le fait de
générer un bruit continu large bande
avec un maximum d?énergie émis en
basse fréquence. Il faut cependant noter
que, dans le cas d?une hydrolienne, le bruit
est directement émis dans le milieu marin
par la turbine, alors que pour les autres
dispositifs la principale source de bruit
(turbines, flotteurs, pompes, etc.) est
émergée ; le bruit généré est transmis dans
le milieu marin via la partie immergée de la
structure. Dans les cas des éoliennes
flottantes et de certains dispositifs
houlomoteurs, le bruit généré par le système
d?ancrage (vibrations, chocs métalliques)
est également non négligeable. Ces
systèmes d?ancrage sont constitués de
chaînes métalliques et/ou de matériaux
polymères. En fonction notamment de l?état
de mer, les chaînes des lignes d?ancrage
peuvent générer du bruit de type
impulsionnel.
Technologie Lieu Puissance
(MW)
Niveau de bruit Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences
de maximum
d?énergie
Réf. biblio-
graphique
Éolienne
flottante
Hywind
(Norvège) 2,3 162 25-100 Hz 196
Hydrolienne
Paimpol-
Bréhat
(France)
2,2 157?(dans la bande
40-8 192 Hz) 40-400 Hz 107
Houlomoteur Synthèse de 7 études 125-174 125-250 Hz 160
Tableau 3 : Niveaux de bruit généré par les différentes technologies EMR.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
61
b) Bruit lié à la maintenance
Lors des phases de fonctionnement des
EMR, les opérations de maintenance vont
conduire à l?augmentation du trafic maritime
aux abords de la zone. D?après les retours
d?expérience, les navires de maintenance
sont susceptibles de générer des niveaux
Lp,rms de 150-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur
la bande 20 Hz ? 20 kHz avec un maximum
d?énergie dans les fréquences inférieures à
1 kHz [142].
4) Phase de démantèlement
À ce jour, hors démonstrateurs ou proto-
types, la phase de démantèlement des
projets EMR ne concerne que l?éolien en
mer. Quatre parcs éoliens ont été
démantelés entre 2016 et 2018 (parcs de
Yttre Stengrund et Utgrunden en Suède,
Vindeby au Danemark et Lely aux Pays-
Bas). Très peu de retours d?expérience sont
à l?heure actuelle disponibles concernant
ces démantèlements, et aucun d?entre eux
ne fait état de mesures de bruit réalisées lors
de cette phase.
Pour les parcs éoliens, le démantèlement
inclut le démontage des turbines, des mâts
et de la sous-station électrique, l?enlèvement
des câbles, des fondations et des
protections anti-affouillement, le rapatrie-
ment à terre du matériel démantelé et la
remise en état du site. Le démantèlement peut
être total ou partiel : selon le type de fondation,
il peut être choisi, soit d?enlever la structure
dans sa globalité, soit de laisser sur place la
base des éoliennes (si elles sont enterrées ou
colonisées) ; de même pour les câbles
ensouillés qui pourraient être laissés en place.
Le bruit généré par la phase de déman-
tèlement est donc principalement lié :
? à la présence des navires techniques en
charge du démantèlement et du rapatrie-
ment des éléments à terre ;
? au procédé d?enlèvement des câbles ;
? au(x) procédé(s) d?enlèvement des fondations ;
? à la remise en état du site.
Pour les deux premières sources de bruit, le
niveau attendu est équivalent aux niveaux
de bruit observés lors de la phase de cons-
truction, dans la mesure où le même type de
navire et le même procédé devraient être
utilisés pour la pose et l?enlèvement des éo-
liennes (turbines et mât) et des câbles [130].
L?enlèvement des fondations peut faire
intervenir plusieurs procédés [175] :
? coupe par câble diamanté ;
? coupe par « water-jetting » (projection d?eau
et de substance abrasive sous-pression) ;
? minage/déroctage par explosifs.
Il n?existe actuellement pas de données
publiées permettant d?évaluer le niveau de
bruit généré lors de coupes par câble
diamanté ou par « water-jetting ». Le bruit
sous-marin généré par les explosifs a par
contre déjà été mesuré à de nombreuses
occasions. Le bruit généré par les activités
de minage/déroctage par explosif est décrit
à la partie 1 - V - Travaux et aménagements
côtiers.
Enfin, la remise en état du site consiste
principalement à combler les cavités
éventuellement formées par l?enlèvement
total des fondations. Ce comblement
pourrait faire intervenir des navires
techniques de type dragues. Le bruit généré
par ce type de navire est décrit à la partie 1 -
IV - Activités portuaires.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
62
III. Activités halieutiques
Les activités halieutiques (pêche et aqua-
culture) génèrent du bruit sous-marin de
façon involontaire, du fait de l?utilisation
d?embarcations à moteur et d?engin traînant
(chaluts de fond et dragues). Ces activités
introduisent également volontairement du
bruit dans le milieu marin en utilisant l?acous-
tique sous-marine, soit pour détecter les
bancs de poissons, soit pour éloigner les
prédateurs.
1) Pêche
a) Bruit généré par les navires de pêche
Le bruit généré par les navires de pêche
dépend de nombreux paramètres : taille du
navire, type de coque, caractéristiques du
moteur et de la propulsion, vitesse de
déplacement, etc., et il n?est pas possible de
comparer un petit navire de pêche côtière
avec un navire hauturier de pêche profonde.
Cependant, certaines caractéristiques
acoustiques notables sont communes à tous
les navires de pêche [83] :
? le bruit généré par les navires de pêche
est un bruit continu large bande avec un
maximum d?énergie émis en basse
fréquence, entre 100 Hz et 2 kHz ;
? les plus fortes contributions en basse
fréquence sont dues à la machinerie
(moteur, génératrice, auxiliaires), tandis
que la propulsion influence l?ensemble du
spectre. Les interférences électriques et
les échosondeurs influent sur la signature
en haute fréquence ;
? à l?instar des autres types de navire, le
niveau de bruit généré par les navires de
pêche est positivement corrélé à la vitesse
de navigation.
À titre d?exemple, un navire de pêche côtière
de 12 m de long navigant à 7 nd génère un
bruit continu de niveau Lp,rms de l?ordre de
150 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur la bande 250-
1 000 Hz, avec un maximum d?énergie autour
de 300 Hz [78].
Les navires de pêche utilisent des
échosondeurs pour contrôler la bathymétrie
et repérer les bancs de poissons. Ces
sondeurs émettent à la verticale du navire
un signal impulsionnel à des fréquences
supérieures à 10 kHz. Les navires de pêche
peuvent également être équipés de sonars
qui émettent à l?horizontal et permettent de
localiser les bancs de poissons autour du
navire. Les sondeurs émettant à 38 et
200 kHz sont fréquents sur les navires de
pêche, mais les navires sont de plus en plus
communément équipés de sondeurs et
sonars multifréquences (de 20 à 200 kHz,
certains dispositifs 3D émettant jusqu?à
450 kHz, voire 800 kHz pour les plus
récents). Le niveau d?émission (LS) des
sondeurs et sonars de pêche est de
l?ordre de 220-230 dB re 1 µPa @ 1 m et la
durée d?émission est généralement de
l?ordre de la milliseconde [109, 111].
b) Bruit des engins de pêche
Les engins de pêche, et notamment les
engins traînants (chaluts de fond et dragues)
génèrent également du bruit sous-marin.
Les chaînes génèrent du bruit haute
fréquence tandis que le bourrelet, en
contact avec le fond, génère du bruit basse
fréquence. Le frottement de l?engin sur le
substrat engendre également des
émissions, en moyennes et hautes
fréquences.
Les chaluts peuvent également être équipés
de dispositifs acoustiques netsondes. Il
s?agit de capteurs qui permettent de
contrôler l?ouverture de l?engin, l?écartement
des panneaux, la profondeur et de détecter
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
63
les prises entrant dans le filet (figure 18).
Ces dispositifs émettent en haute fréquence
(entre 40 et 200 kHz typiquement) à des
niveaux modérés.
c) Répulsifs acoustiques (pingers)
Afin d?éviter les captures accidentelles de
mammifères marins, certains engins de
pêche sont équipés de répulsifs acous-
tiques, ou pingers. Ces pingers sont de
petits dispositifs (figure 19) émettant un
signal impulsionnel haute fréquence, dans la
plage d?audition des mammifères marins. Il
existe plusieurs types de pingers ; ils
peuvent émettre à une ou plusieurs
fréquences comprises typiquement entre 20
et 160 kHz. Le niveau d?émission (LS) est de
l?ordre de 130 à 180 dB re 1 µPa @1 m [104].
2) Aquaculture
a) Bruit généré par les embarcations
Les embarcations utilisées dans les
exploitations aquacoles sont généralement
des barges à fond plat en aluminium
équipées de puissants moteurs hors-bords.
La signature acoustique de ces embar-
cations est conditionnée essentiellement par
le type de motorisation : avec un moteur
hors-bord (à deux ou quatre temps) ou une
propulsion Z-drive (moteur in-board avec
embase et propulsion hors-bord), la
signature acoustique est proche de celle
d?un navire de plaisance de type pêche-
promenade ; avec un moteur in-board
« classique », la signature acoustique est
proche d?un petit navire technique ou d?un
petit navire de pêche (< 12 m).
b) Répulsifs acoustiques (pingers)
De même que pour la pêche, les répulsifs
acoustiques peuvent être utilisés en
Figure 18 : Dispositifs acoustiques utilisés par les navires de pêche (d?après [120]).
Figure 19 : Répulsif acoustique AQUAmark® 210
(AQUATEC) utilisé sur les engins de pêche
(crédit photo : NEREIS Environnement).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
64
aquaculture, pour éviter la prédation sur les
cultures en mer. Les répulsifs utilisés en
aquaculture sont généralement plus
puissants que ceux utilisés pour la pêche,
avec des niveaux d?émission (LS) de l?ordre
de 180 à 200 dB re 1 µPa @ 1 m et des fré-
quences plus basses, autour de 10-15 kHz,
pour cibler principalement les pinnipèdes.
La durée d?émission est de l?ordre de la
seconde [142].
D?autres répulsifs acoustiques ont été
développés pour limiter la prédation des
parcs conchylicoles par certaines espèces
de poissons, comme des daurades royales.
Les signaux émis sont très basse fréquence
(inférieure à 1 kHz) et les niveaux d?émission
sont modérés (inférieurs à 170 dB re 1 µPa
@ 1 m). La durée d?émission peut atteindre
quelques secondes.
IV. Activités portuaires
Les activités portuaires susceptibles de
générer du bruit sous-marin comprennent
principalement les mouvements des navires
de services et le dragage des bassins et des
chenaux d?accès.
1) Signature acoustique des navires
de service
Les navires de services (remorqueurs,
bateaux de lamanage et pilotines qui aident
les navires de grande taille à entrer et sortir
des ports, vedettes de sauvetage en mer et
baliseurs principalement) participent au bon
fonctionnement d?un port de commerce :
départ et arrivée des navires de commerce
et de transport de passagers, entretiens du
balisage, sécurité, etc.
Le bruit généré par les navires de service, à
l?instar des autres navires (voir partie 1 -
VIII - Trafic maritime (navires marchands et
transport de passagers)), dépend de
nombreux facteurs dont les plus importants
sont la taille du navire et sa vitesse de
déplacement. En effet, les navires de grande
taille ont tendance à générer des niveaux de
bruit plus importants avec un maximum
d?énergie en basse fréquence, tandis que
les bateaux de petite taille génèrent des
niveaux de bruit moins élevés avec un
spectre décalé vers les moyennes
fréquences (autour de 5 kHz). De même, le
niveau de bruit est fortement corrélé à la
vitesse du navire [158].
Hormis les remorqueurs de haute mer, les
navires de service portuaires sont
majoritairement de taille inférieure à 50 m, et
leur vitesse dans l?enceinte portuaire est en
principe limitée à 5 nd. Le bruit sous-marin
généré par ces navires est donc
globalement moins élevé que celui généré
par les navires de commerce ou de transport
de passagers.
D?une manière générale, les navires de
service génèrent un bruit continu large
bande d?un niveau de l?ordre de 150 à
170 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec un
maximum d?énergie entre 100 et 1 000 Hz.
À titre d?exemple, un remorqueur de 25 m en
opération génère un niveau de l?ordre de
170-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [23, 158].
2) Dragage
Le dragage des chenaux de navigation est
une activité courante en milieu portuaire.
Elle est nécessaire pour garantir l?accès des
ports aux navires à fort tirant d?eau. Le
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
65
dragage consiste à prélever le sédiment qui
se dépose régulièrement sur le fond des
chenaux de navigation et à les déposer (ou
claper) au large, sur une zone dite de
clapage.
Il existe 4 principaux types de drague :
? Les dragues aspiratrices autoporteuses,
ou dragues aspiratrices en marche, à
élinde traînante (TSHD pour Trailer
Suction Hopper Dredger - figure 20). Il
s?agit d?un navire autopropulsé capable
d?aspirer les sédiments tandis qu?il avance
à vitesse réduite (1 à 4 nd). L?aspiration
des sédiments est assurée par un tube,
appelé élinde traînante, équipé d?une
pompe. Les sédiments aspirés remplis-
sent la cale du navire et sont ensuite
déposés sur la zone de clapage, soit en
ouvrant les vannes situées sous la cale,
soit par pompage.
? Les dragues suceuses à désagrégateur
(CSD pour Cutter Suction Dredger).
Celles-ci sont équipées d?une tête de
désagrégation rotative qui fragmente les
fonds durs (calcaire, graviers, etc.). Les
fragments sont ensuite aspirés au moyen
de pompes de dragage alors que la
drague est ancrée. Les sédiments
collectés sont ensuite refoulés sur une
zone de clapage ou déposés sur des
barges spéciales.
? Les dragues à pelle mécanique ou
dragues à pelle rétrocaveuse (BHD pour
Backhoe Dredger). Il s?agit d?un ponton
équipé d?une pelleteuse mécanique ou
hydraulique. Le positionnement du ponton
est assuré par 3 pieux. Un deuxième
navire peut être présent pour faire office
notamment de remorqueur ou pour
transporter les sédiments prélevés.
? Les dragues mécaniques à benne
preneuse (GD pour Grab Dredger). Le
principe de fonctionnement est le même
Figure 20 : La drague aspiratrice en marche Samuel
de Champlain (GIE Dragages-Ports,
crédit photo : Fabien Montreuil).
Type de
drague Bruit généré Niveau Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
maximum
d?énergie
Réf.
bibliographique(s)
TSHD Continu
omnidirectionnel 150-190 100-500 Hz 29, 95, 118, 156
CSD Continu
omnidirectionnel 170-185 100-500 Hz 29, 161
BHD Transitoire et
répétitif 160-180 20-300 Hz 155
GD Transitoire et
répétitif 150-165 < 300 Hz 118, 158
Tableau 4 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés au dragage
des sédiments en fonction du type de drague utilisée.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
66
que pour la drague à pelle mais l?outil
utilisé pour creuser est une benne
déposée sur le fond en position ouverte et
qui prélève le sédiment au moment de sa
fermeture. Les sédiments prélevés sont
souvent déposés sur une barge annexe.
Le bruit généré par les dragues diffère en
fonction du type de drague, du type de
sédiment dragué et en fonction des phases
opérationnelles : phase de dragage, phase
de transit (transit à vide ou chargé) et phase
de clapage.
La phase de dragage est généralement la
plus bruyante. Durant cette phase, le bruit
est principalement lié aux mécanismes de
prélèvement (choc du bec d?élinde ou de la
pelle sur le fond, pompes d?aspiration,
fermeture de la benne, passage du sédiment
dans l?élinde, remontée de la benne, etc.).
Le tableau 4 présente les niveaux de bruit
généré par les différents types de drague
durant cette phase de dragage.
Le bruit généré lors du dragage est un bruit
large bande (30 Hz-20 kHz) omni-
directionnel avec un maximum d?énergie en
basse fréquence (< 500 Hz). Ce bruit peut
se propager sur de grandes distances et être
audible au-dessus du bruit ambiant jusqu?à
25 km dans le cas des navires les plus
bruyants [158].
En phase de transit, une drague aspiratrice
en marche génère un bruit dont le niveau
Lp,rms est comparable à celui d?un navire de
commerce de type cargo navigant à vitesse
moyenne (8-16 nd), soit environ 170 dB re
1 µPa/?Hz @ 1 m [95, 161]. Le bruit émis en
transit lège (à vide) ou chargé est équivalent
car une drague chargée adopte
généralement une vitesse plus faible. Lors
de cette phase de transit le bruit généré
provient principalement de l?appareil de
propulsion.
La phase de clapage est moins bruyante
que la phase de dragage, avec des niveaux
Lp,rms compris entre 154 et 175 dB
re 1 µPa/?Hz @ 1 m, et un maximum
d?énergie dans les fréquences
inférieures à 500 Hz [95].
Il faut également noter que les barges et
remorqueurs qui accompagnent les dragues
peuvent générer des niveaux de bruit non
négligeable, parfois supérieurs à ceux de la
drague elle-même [158].
V. Travaux et aménagements côtiers
Les travaux et aménagements côtiers
(aménagement portuaire, construction de
digues ou de ponts, creusage de puits, etc.)
mettent en oeuvre de nombreuses activités
susceptibles de générer du bruit sous-marin.
Parmi les principales activités, on peut citer
le forage, le battage de pieux, le fonçage ou
vibrofonçage de palplanches, le déroctage
et le dépôt d?enrochements. Les deux
premières activités ayant été décrites dans
les sections précédentes (partie 1 - I -
Industrie du pétrole et du gaz et 1 - II -
Énergies marines renouvelables), nous
nous focaliserons ici sur le fonçage de
palplanches, le déroctage et l?enrochement.
1) Fonçage de palplanches
Les palplanches sont des pieux profilés,
aplatis, servant à renforcer les berges des
cours d?eau ou à construire des digues,
brise-lames ou pontons. Elles possèdent
des nervures latérales qui leur permettent de
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
67
s?enclencher les unes dans les autres.
L?enfoncement des palplanches dans le sol
se fait soit à l?aide d?un marteau (fonçage)
soit à l?aide d?un vibrateur ou mouton
(vibrofonçage).
Le fonçage de palplanches génère un bruit
impulsionnel large bande (10 Hz - 100 kHz)
d?intensité moindre que celui généré par le
battage de pieux car il nécessite moins
d?énergie (environ 4 fois moins [51]). Les
niveaux d?émission (LS) sont de l?ordre de
200-210 dB re 1 µPa @ 1 m avec un
maximum d?énergie en basse fréquence,
entre 50 et 1 000 Hz. Cependant, comme
pour le battage de pieux, le niveau de bruit
dépend de la nature du substrat et de la
profondeur.
Le vibrofonçage génère un bruit continu (qui
inclut cependant des impulsions liées aux
oscillations du vibrateur) et de niveau
beaucoup moins élevé. Il est toutefois
difficile de comparer directement un bruit
continu et un bruit impulsionnel. Des études
réalisées dans le cadre d?aménagement
portuaire font état de niveau de bruit de
l?ordre de 165 à 185 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
avec un maximum d?énergie entre 25 et
2 000 Hz [193].
2) Déroctage
Le déroctage consiste à fragmenter puis à
déblayer les débris d?un substrat rocheux. Il
peut être réalisé à l?aide d?explosifs, d?un
brise-roche hydraulique (BRH), ou d?une
dent de déroctage (figure 21).
Le déroctage à l?explosif (ou minage), est de
loin la méthode la plus bruyante. Les
explosions sous-marines constituent une
des sources de bruit anthropique les plus
14 L?enfouissement des charges peut conduire à une réduction de l?énergie libérée par l?explosion de l?ordre de 20 %, mais
celui-ci peut nécessiter la mise en oeuvre d?opérations elles-mêmes bruyantes (ex. : forage) [50].
impactantes et le bruit généré peut se
propager sur de très grandes distances
(jusqu?à plusieurs milliers de kilomètres). De
façon simplifiée, l?explosion génère deux
types d?ondes : les ondes de choc et les
ondes sonores, toutes deux de fortes
intensités. Dans un premier temps, suite à
l?explosion, une onde de choc est générée.
De brutales fluctuations de pression
apparaissent, causées par les bulles de gaz
produites par l?explosion. L?onde de choc est
alors rattrapée par une onde acoustique
formée par ces fluctuations de pression. Un
bruit de type impulsionnel est ainsi généré
[158].
L?estimation du niveau de bruit causé par ce
type d?opération est complexe car elle
dépend de nombreux facteurs, et
notamment de la charge explosive, du
nombre de charges, de l?enfouissement ou
non des charges14 (et de la profondeur
d?enfouissement le cas échéant) et de la
nature de la roche à fracturer.
Dans tous les cas, les explosions sous-
marines engendrent de très importants pics
de pression. Des charges de moins d?un kg
Figure 21 : Dent de déroctage sur ponton dipper
(crédit photo : NEREIS Environnement).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
68
équivalent TNT peuvent générer des
niveaux d?émission Lp,pk de plus de 260 dB
re 1 µPa @ 1 m [158], tandis que des
charges de plusieurs milliers de kg
équivalent TNT pourront engendrer des
niveaux supérieurs à 300 dB re 1 µPa @
1 m. Il s?agit d?un bruit impulsionnel et
omnidirectionnel basse fréquence (de 2 Hz
à 1 kHz) avec un maximum d?énergie dans
les fréquences inférieures à 500 Hz [79, 174]
et une durée d?impulsion de l?ordre de la
milliseconde.
À l?heure actuelle, le niveau de bruit généré
par le déroctage par brise-roche hydraulique
n?a fait l?objet d?aucune étude publiée.
Cependant, ce niveau de bruit serait
similaire à celui généré par le battage d?un
pieu de petit diamètre (environ 50 cm) par
marteau hydraulique, dans la mesure où
l?énergie fournie et la cadence de battage
des deux types d?engin sont quasiment
identiques [12]. Ce niveau serait donc de
l?ordre de 200 dB re 1 µPa @ 1 m.
De même, le niveau de bruit généré par une
dent de déroctage (figure 21) pourrait être
assimilé à celui généré par une drague de
type CSD [12], soit environ 170 dB re
1 µPa/?Hz @ 1 m.
3) Enrochement
L?enrochement consiste à déposer des
matériaux sur le fond marin à partir d?un
navire équipé d?un tube métallique. La
longueur du tube s?adapte à la hauteur
d?eau afin de contrôler la localisation des
dépôts.
La principale source de bruit lors des
opérations d?enrochement serait la propul-
sion du navire qui réalise l?opération (et
notamment le système de positionnement
dynamique), tandis que le bruit du dépôt de
matériaux serait masqué [128]. Une étude
comparant le niveau de bruit généré par un
navire de dépôt d?enrochements en phase
de dépôt et en phase de positionnement
(sans dépôt) a également montré que le
dépôt des roches sur le fond ne contribue
pas au bruit généré [129].
VI. Extraction de granulats
L?extraction de granulats marins consiste à
prélever en mer, à l?aide de cargos sabliers,
des sédiments et à les ramener à terre, où
ils seront traités pour être utilisés dans les
travaux de construction ou le traitement des
sols ou de l?eau.
L?extraction de granulats en mer génère du
bruit sous-marin au moment de la phase de
prospection et de recherche de gisements,
puis au moment de l?extraction. Lors de la
phase de prospection, les techniques
d?acoustique active mise en oeuvre sont
celles décrites dans la partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz.
Lors de la phase d?extraction l?activité est
similaire à celle mise en oeuvre pour le
dragage des chenaux de navigation, à ceci
près que les sédiments prélevés sont
ramenés à terre et non clapés au large.
Cette activité est décrite dans la partie 1 -
IV - Activités portuaires.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
69
VII. Installation de câbles et canalisations
Les câbles sous-marins assurent les
connexions électriques et de télécom-
munications entre les pays du globe.
L?installation de câbles sur les fonds marins
génère du bruit avant (durant la phase de
prospection) et pendant la pose. L?instal-
lation de canalisations sous-marines suit
globalement le même procédé et génère
donc le même type de bruit.
1) Phase de prospection
La phase de prospection consiste à définir le
tracé du câble ou de la canalisation en
fonction des contraintes environnementales.
Un certain nombre de techniques utilisées
durant cette phase sont susceptibles de
générer du bruit :
? les échosondeurs qui évaluent la bathy-
métrie et définissent la topographie du
fond. Dans la majorité des cas il s?agit de
sondeurs multifaisceaux ;
? les sonars à balayage latéral qui permet-
tent d?obtenir une représentation précise
du fond, à l?image d?une photographie ;
? la sismique (en général en version légère
haute résolution) qui permet de déter-
miner la nature et l?épaisseur des couches
sédimentaires.
L?ensemble de ces techniques sont décrites
en détails dans la partie 1 - I - Industrie du
pétrole et du gaz.
2) Phase d?installation
La pose du câble ou de la canalisation est
réalisée à partir d?un navire câblier ou d?un
navire poseur de pipeline. Les câbles sous-
marins sont soit ensouillés dans le sédiment,
soit déposé sur le fond et, si besoin,
recouvert d?un dispositif de protection
(enrochement, « matelas » de béton,
protection en acier, etc.). De même, les
canalisations sont posées sur le fond et
ensouillées à l?approche des zones côtières.
La pose du câble ou de la canalisation peut
se faire à l?aide d?une charrue à soc qui
permet la pose et l?ensouillage simultanés,
par water-jetting (un jet d?eau sous pression
permet de creuser une tranchée), par
tranchage, par dragage ou par forage dirigé.
Il existe peu d?études faisant état des
niveaux de bruit généré par la pose de
câbles ou de canalisations en mer. L?étude
d?impact acoustique du raccordement du
parc éolien de North Hoyle, pour lequel une
trancheuse a été utilisé, fait état d?un bruit
large bande avec un maximum d?énergie
entre 100 et 600 Hz. Le niveau de bruit était
de l?ordre de 178 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m
[129]. Ce bruit apparaît comme très variable,
du fait notamment de la nature de la roche
dans laquelle la tranchée est creusée.
L?utilisation de jetting conduirait à des
niveaux de bruit du même ordre, mais à plus
haute fréquence, entre 1 et 15 kHz [71]. Lors
de l?utilisation d?une charrue à soc, le bruit
du navire apparaît comme prédominant,
notamment du fait de l?utilisation de système
de positionnement dynamique (utilisation
intensive du système de propulsion pour
maintenir une position). Le bruit généré par
ce type de navire est de l?ordre de 170-185
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [194].
Le bruit généré lors des opérations de
forage et de dragage est décrit dans les
sections précédentes (partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz et 1 - IV - Activités
portuaires). Le recours à du forage dirigé
peut être nécessaire pour l?atterrage des
câbles sous-marins (arrivée du câble en
milieu terrestre) ou le passage de canyons
rocheux. Le forage dirigé nécessite la mise
en place d?une plateforme de forage, et donc
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
70
parfois la mise en place de pieu par battage.
Le bruit généré par cette activité est décrit à
la partie 1 - II - Énergies marines renou-
velables.
Lorsque l?ensouillage est impossible (ou non
nécessaire), le câble ou la canalisation peut
être simplement posé sur le fond marin et
éventuellement recouvert d?enrochements
ou de matelas de béton. Le bruit généré par
la mise en place de ce type de protection est
décrit dans la partie 1 - V - Travaux et
aménagements côtiers.
Le tableau 5 présente les niveaux de bruit
généré par les différentes méthodes ou
outils utilisés durant cette phase de
d?installation de câbles ou de canalisations.
3) Phase d?entretien et de
démantèlement
L?entretien et la dépose des câbles et
canalisations sous-marins fait intervenir le
même type de navire et de procédés que
ceux utilisés pour l?installation. Les niveaux
de bruit générés sont donc du même ordre
que ceux cités précédemment, soit
170-185 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m.
Méthode/outil Type de
substrat
Niveau Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
max. d?énergie
Réf.
bibliographique(s)
Charrue à soc Meuble
(vase, sable)
170-185
(bruit du navire) < 1 kHz 158
Water-jetting
Meuble
(vase, sable) ~ 170 à 180 1-15 kHz 71
Tranchage Rocheux ~ 180 100 et 600 Hz 129
Dragage
Meuble
(vase, sable,
graviers)
De 150 à 190 selon le
type de drague
20-500 Hz
29, 95, 118, 156,
158, 161
Forage dirigé Rocheux 120-130 dB < 1 kHz 158, 194
Tableau 5 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés à la pose de câbles et canalisations
en fonction du type de méthode ou outils utilisés.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
71
VIII. Trafic maritime (navires marchands et transport de
passagers)
Le trafic maritime global contribue de façon
permanente au bruit ambiant en champ
lointain. Chaque navire contribue également
de façon ponctuelle au bruit ambiant en champ
proche. Il s?agit de deux approches bien
distinctes que nous traiterons séparément.
1) Contribution au bruit ambiant en
champ lointain
Le trafic maritime contribue de façon
significative au bruit ambiant sous-marin. À
basse fréquence (5-500 Hz), la navigation
motorisée est la principale source de bruit
anthropique dans les océans [4].
De nombreuses études font état d?une
corrélation entre l?augmentation du bruit
ambiant sous-marin dans certaines régions
(jusqu?à + 3 dB par décade, ce qui cor-
respond à un doublement de l?intensité
sonore tous les 10 ans) et l?augmentation du
nombre de navires commerciaux dans ces
régions [8, 116, 169].
Entre 1965 et 2003 la taille moyenne des
navires marchands a été multipliée par 2, et
leur tonnage brut par 4. À l?échelle mondiale,
plus de 100 000 navires de commerce
naviguent en permanence15, dont plus de
10 % de navires de gros tonnage (super-
tankers, porte-conteneurs, etc.), considérés
comme les plus bruyants. À l?heure actuelle,
le nombre de navires marchands, leur taille
et leur puissance (et donc leur vitesse) est
en augmentation [111, 117].
Il est difficile de quantifier la contribution du
trafic maritime au bruit ambiant sous-marin
global car il s?agit d?une contribution à
15 Sans compter plus de 2 millions de navires de pêche.
16 D?autres facteurs comme le mode de propulsion et de motorisation et l?âge et la potentielle dégradation des machines
tournantes influent également de façon non négligeable sur le bruit généré.
grande échelle, avec une forte variabilité
spatiale. Il est nécessaire de réaliser des
suivis sur le long terme pour comprendre
l?impact du bruit généré par le trafic maritime
sur l?environnement et la faune marine. Ce
paramètre est suivi dans le cadre de la
DCSMM par l?indicateur D11a.2 (Son
continu basse fréquence).
2) Signatures individuelles de navire
en champ proche
Le bruit généré par les navires commerciaux
dépend de nombreux paramètres, dont les
principaux sont la taille et la vitesse de
navigation16. Chaque navire possède une
signature acoustique qui lui est propre, et qui
va évoluer en fonction de sa vitesse. Cette
signature est une combinaison de bruits
large bande et de tonalités marquées
(pics d?énergie à des fréquences
spécifiques).
Le bruit généré par les navires motorisés est
principalement dû au système de propulsion
du navire (moteur + hélice). Une part
importante de ce bruit provient des
phénomènes de cavitations autour de
l?hélice. Il s?agit généralement de la source
dominante de bruit. La cavitation produit un
bruit large bande qui influence la signature
sur l?ensemble des fréquences (jusqu?à
100 kHz). Les autres composants de
l?appareil propulsif (moteur, réducteur, etc.)
génèrent également du bruit transmis au
milieu marin à travers la coque. D?autre
sources, comme les auxiliaires (pompes,
générateurs, etc.) contribuent également à
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
72
la signature acoustique. Ces deux dernières
sources peuvent conduire à la formation de
tonalités marquées qui caractérisent la
signature acoustique des navires [158].
La taille du navire a un impact significatif sur
le bruit généré. Les navires de taille
moyenne (de 50 à 100 m) sont géné-
ralement dotés de propulsion diesel à
2 hélices. Ils sont également souvent
équipés de propulseurs d?étrave qui influent
ponctuellement sur la signature acoustique
(lors des manoeuvres portuaires). Ces navires
de taille moyenne représentent une source
de bruit continu avec des niveaux de l?ordre
de 165-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec un
maximum d?énergie émis en basse
fréquence (< 1 kHz) et des tonalités
marquées jusqu?à 50 Hz [142, 158].
Les navires de grande taille (> 100 m : super-
tankers, porte-conteneurs, navires de
croisière, etc.) possèdent des moteurs plus
puissants et de plus grosses hélices ayant
une vitesse de rotation moins élevée. Ceci
génère des niveaux de bruit plus élevés
avec un maximum d?énergie en basse voire
très basse fréquence (< 500 Hz). De par leur
taille, ils possèdent également une surface
d?échange plus importante qui contribue à
transmettre, via la coque, les bruits de
machine au milieu marin. Ces navires de
grande taille représentent une source de
bruit continu avec des niveaux de l?ordre
de 180-190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec
un maximum d?énergie en très basse
fréquence, inférieure à 500 Hz. Par exem-
ple, un supertanker de 340 m de long
représente une source de bruit large bande
de niveau de 190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
avec un maximum d?énergie entre 40 et
70 Hz et des tonalités marquées dont le
fondamental de 6,8 Hz est audible à près de
500 km [117, 142, 158].
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
73
IX. Activités récréatives
À l?instar des navires marchands, les
bateaux de plaisance motorisés présentent
une signature acoustique caractéristique qui
varie fortement en fonction de plusieurs
paramètres, dont les principaux sont la taille
et la vitesse. Généralement, les bateaux
équipés de moteurs hors-bords sont
également plus bruyants [142].
Comme pour les navires marchands, le bruit
généré par les navires de plaisance est
principalement lié à l?appareil propulsif et
aux phénomènes de cavitation autour de
l?hélice. Les navires de plaisance sont
principalement des navires de petite taille,
équipés de petites hélices ayant une
importante vitesse de rotation. Ceci conduit
à produire un bruit de niveau plus faible et
plus aigu (énergie décalée vers les hautes
fréquences) que les navires décrits dans le
paragraphe précédent.
D?une manière générale les bateaux de
plaisance constituent une source sonore
continue dont les niveaux sont de l?ordre
de 150-175 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec
un maximum d?énergie entre 100 et 1 000 Hz.
Quelques exemples de niveau de bruit
généré par des bateaux de plaisance sont
présentés dans le tableau 6 ci-dessous.
Le bruit sous-marin émis par les
motomarines (jet-skis et scooters des mers)
provient principalement des bulles générées
par le système de propulsion par hydrojet et
à la rotation des pales de la turbine. Il s?agit
d?un bruit continu large bande, dont la
fréquence et le niveau varie fortement en
fonction de la vitesse. Les études font état
d?émissions comprises entre 100 Hz et
10 kHz et de niveaux compris entre 120 et
190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [58, 119], avec
d?importantes variations car les motomarines
changent régulièrement d?allure et de direction.
Type
d?engin Taille Motorisation Vitesse Niveau Lp,rms
(en dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
max. d?énergie
Réf.
bibliographique
Zodiac 5 m 25 CV - 152 100 et 1 000 Hz 158
Zodiac - 2 x 175 CV 30 nd 169 100 et 1 000 Hz 57
Zodiac - 2 x 175 CV 5 nd 147 100 et 1 000 Hz 57
Hors-
bord 7 m 2 x 80 CV - 156 100 et 1 000 Hz 158
Jet-ski - 1 235 cm3 35 nd 185 < 2 000 Hz 119
Tableau 6 : Exemple de niveaux de bruit générés par des embarcations motorisées à usage récréatif.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
74
X. Activités scientifiques/Recherche
Les activités scientifiques en mer utilisent
l?acoustique active pour réaliser des levés
bathymétriques, cartographier les fonds
marins, caractériser la nature des
sédiments, étudier les paramètres
physiques des masses d?eau et évaluer la
ressource halieutique. L?utilisation d?engins
sous-marins motorisés (ROV, AUV et
drones sous-marins) pour l?exploration des
fonds génère également du bruit. Enfin, les
navires océanographiques sont également
par eux-mêmes une source de bruit.
L?utilisation des sondeurs, sonars et de la
sismique pour l?étude des fonds marins est
détaillée dans les sections précédentes
(partie 1 - I - Industrie du pétrole et du gaz et
1 - III - Activités halieutiques). Le tableau 7
présente quelques caractéristiques de
sondeurs, sonars et systèmes sismiques
utilisées par la flotte océanographique de
l?IFREMER. Les propriétés de la
propagation des sons dans l?eau de mer ont
été exploitées par les scientifiques afin
d?évaluer les paramètres physiques des
masses d?eau. L?étude du temps de
propagation des ondes acoustiques permet
en effet de repérer les anomalies locales de
températures et salinité ou un courant. La
tomographie utilise ainsi l?émission de sons
basse fréquence, entre 20 et 200 Hz, pour
étudier la propagation des ondes sonores et
évaluer la salinité et la température des
masses d?eau à mésoéchelle (plusieurs
dizaines de kilomètres). Les émissions
sonores (LS) sont élevées, de l?ordre de 165
à 220 dB re 1 µPa @ 1 m. Cette technologie
est toutefois très peu utilisée de nos jours.
Les ADCP (Acoustic Doppler Current
Profiler) utilisent l?effet Doppler pour évaluer
la vitesse de déplacement des particules en
suspension, et donc la vitesse des courants.
Une impulsion sonore est émise avec une
fréquence f1 ; en rencontrant une particule
en mouvement, sa fréquence est modifiée,
l?onde réfléchie arrivera donc au récepteur
avec une fréquence f2. La différence entre f1
et f2 permet de calculer la vitesse de
déplacement de la particule et donc la
vitesse du courant. Les ADCP génèrent des
signaux impulsionnels haute fréquence. Les
ADCP équipant les navires de l?IFREMER
par exemple émettent à 38, 75, 150 et
300 kHz. Les niveaux d?émission des ADCP
sont compris entre 220 et 225 dB re 1 µPa
@ 1 m (mesures IFREMER).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
75
Source
Fréquence
de max.
d?énergie
(Hz)
Niveau LS
(dB re 1 µPa @ 1 m)
Durées
d?impulsion
(ms)
Cadence
(s) Directivité
Si
sm
iq
ue
Sismique réflexion
2 570 in3
(14 canons à air)
45 251 (LS peak) 20 20 -
Sismique réfraction
4 990 in3
(16 canons à air)
27 254,5 (LS peak) 20 60 -
Sismique rapide
300 in3
(2 canons à air)
40 236 (LS peak) 20 12 -
Sismique haute
résolution
(1 canon à air)
100 224 (LS peak) 4 6 -
So
nd
eu
r
Sondeurs de
sédiments 1 500-6 500 209-212 50 1 45-20°
Sondeur
multifaisceaux 13 000 237 2 à 20 1 à 20 2° x 150°
Sondeur
multifaisceaux 95 000 226 0,2 à 2 0,1 à 1 3° x 150°
Sondeur
monofaisceau 12 000 223 1-16 16°
Sondeur
monofaisceau 200 000 228 0,06-1 > 0,05 7°
So
na
r
Sonar panoramique
de pêche 24 000 223 100 > 0,5 12° x 360°
Sonar à balayage
latéral
100 000
400 000 220 0,1 à 1 0,1
1
2° x 170°
1° x 170°
Tableau 7 : Caractéristiques de quelques-uns des sondeurs, sonars et systèmes sismiques utilisés
par l?IFREMER pour la recherche océanographique (source : Y. Le Gall, communication personnelle, 2019).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
76
XI. Synthèse
Le tableau 8 ci-après synthétise, pour
chaque activité présentée précédemment,
les niveaux de bruit généré et les fréquences
d?émission.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
77
1917
17 Niveaux ramenés à 1 m par calcul, et non mesuré à 1 m.
Type
de
signal
Source Niveau d?émission19
(dB re 1 µPa @ 1 m)
Bande de
fréquence
Fréquences
de maximum
d?énergie
Durée Directivité Description
(Partie 1)
Fiche synthèse
(Partie 4)
Im
pu
ls
io
nn
el
Déroctage par
explosif/minage 250-300 2 Hz-1 kHz < 50 Hz Qq ms à
100 s Omnidir. p. 67 - 68 p. 159
Sismique
(canon à air) 225-260 5 Hz-15 kHz 10-300 Hz
(max<100 Hz) 10-100 ms Faible
(verticale) p. 51 - 52 p. 153 et 155
Sismique
(boomer et sparker) 200-230 500 Hz-12 kHz Variable < 1 ms Faible p. 52 -
Battage de pieux 200-250 10 Hz-20 kHz 100-1 000 Hz Qq ms Omnidir. p. 56 à 58 p. 157
Sondeurs
monofaisceaux 210-240 1-500 kHz Variable < 2 ms Oui, verticale p. 49 à 51 p. 147
Sondeurs
multifaisceaux 210-240 10-500 kHz Variable Qq ms Oui, verticale p. 49 - 51 p.149
ADCP 220-225 38-300 kHz Variable Qq ms 20° p. 74 -
Sonars civils 200-240 > 10 kHz Variable < 1 s Variable p. 49 - 51 -
Pingers 130-200 5-160 kHz Variable < 2 s Variable p. 63 - 64 p. 161
Type
de
signal
Source
Niveau de bruit
spectral19
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Bande de
fréquence
Fréquences
de maximum
d?énergie
Durée Directivité Description
(Partie 1)
Fiche synthèse
(Partie 4)
C
on
tin
u
Supertanker ~ 190 1-10 kHz 40-70 Hz - Omnidir. p. 71 - 72 p. 177
Dragage 150-190 30 Hz-20 kHz 100-500 Hz - Omnidir. p. 64 à 66 p. 171
Forage 120-190 10 Hz-10 kHz 10-1 000 Hz - Omnidir. p. 53 - 54 p. 163
Navire de pêche
(12 m de long, à 7 nd) ~ 150 10 Hz-20 kHz 100-2 000 Hz - Omnidir. p. 62 p. 173
Petit hors-bord
(7 m de long) ~ 156 10 Hz-20 kHz 100-1 000 Hz - Omnidir. p. 73 p. 181
Tableau 8 : Synthèse des niveaux à la source et des fréquences associées des principales sources de bruit anthropique.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
78
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
79
I. L?audition des espèces marines
1) Les mammifères marins
Les mammifères marins, et notamment les
cétacés, sont particulièrement dépendants
de l?acoustique puisqu?ils utilisent le son
dans tous les aspects de leur vie : lors de la
reproduction, pour chasser, s?alimenter,
éviter les prédateurs, communiquer ou
s?orienter. En milieu marin, la visibilité n?est
que de quelques dizaines de mètres au
maximum alors que le son peut se propager
sur des centaines voire milliers de
kilomètres [184]. Chez les cétacés, l?émis-
sion et la réception de signaux sonores
permet de caractériser l?environnement et
de communiquer sur plusieurs dizaines,
voire centaines de kilomètres [178].
Deux types de systèmes auditifs existent
chez les mammifères marins : un système
auditif exclusivement aquatique pour les
espèces inféodées au milieu marin (cétacés,
siréniens) et un système auditif amphibie
pour celles qui vivent partiellement à terre
(pinnipèdes).
À l?exception de certains pinnipèdes, les
mammifères marins sont dépourvus d?oreille
externe. Le système auditif est donc
constitué d?une oreille moyenne contenant
le tympan et les osselets et qui dirige le son
vers l?oreille interne, comprenant la cochlée
et la membrane basilaire. Les tissus
graisseux, notamment ceux de la mâchoire
inférieure, jouent un rôle dans l?audition en
assurant la transmission des sons vers
l?oreille moyenne [123].
Dans l?eau, les mammifères marins
perçoivent les sons compris entre 10 Hz et
Partie 2
Impact des activités génératrices de bruit
sur la faune marine
La mesure des capacités auditives chez les animaux marins
Les informations relatives aux capacités auditives des animaux marins sont relativement
peu nombreuses, et celles-ci ne sont pas toujours robustes. Tester l?audition d?un animal
en conditions expérimentales génère un stress qui peut affecter les résultats. La mesure
du son dans un milieu confiné (cuve, aquarium) peut également s?avérer problématique.
Le faible nombre d?individus testés (souvent un ou deux) pose également question du fait
de la variabilité interindividuelle.
Les valeurs citées ici (niveaux et fréquences d?audition) sont donc à considérer avec
précaution et n?ont pour objectif que de donner une idée des capacités relatives d?un
groupe d?espèces à percevoir les sons sous-marins.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
80
200 kHz, avec des seuils de sensibilité
minimum avoisinant les 50 dB re 1 µPa pour
les espèces les plus sensibles. En fonction
de leurs capacités auditives, il est possible
de distinguer six groupes [136, 168] :
? les Cétacés basse fréquence : ce
groupe inclut l?ensemble des mysticètes
(baleines à fanons). Il est sujet à caution
car les espèces de ce groupe n?ont jamais
fait l?objet d?évaluation directe de leur
capacité auditive. Cependant, l?étude de
leurs vocalises, de leurs réactions
comportementales aux stimuli sonores et
de leurs appareils auditifs tendent à
montrer que les cétacés basse fréquence
seraient capables de percevoir des sons
de 10 Hz à 30 kHz, avec une sensibilité
maximale entre 1 et 8 kHz. Dans cette
plage de fréquence, leur seuil d?audition
est estimé à environ 60 dB re 1 µPa ;
? les Cétacés haute fréquence : ce groupe
contient la plupart des Delphinidés
(dauphins, orques et globicéphales), les
baleines à bec (Ziphiidés), le béluga et le
narval (Monodontidés) et le cachalot. Des
évaluations directes de la capacité
auditive (mesures comportementales ou
neurophysiologiques) ont été réalisées
sur environ 1/3 des espèces de ce groupe.
Celles-ci sont capables de percevoir les
sons entre 100 Hz et 180 kHz, avec une
sensibilité maximale entre 10 et 100 kHz.
Dans cette plage de fréquence leur seuil
d?audition est inférieur à 60 dB re 1 µPa ;
? les Cétacés très haute fréquence : ce
groupe inclut les marsouins, quelques
petits Delphinidés, la plupart des dauphins
d?eau douce et les cachalots nain et
pygmée (Kogiidés). Chez les espèces de
ce groupe, la gamme de fréquences audi-
bles est équivalente à celle des cétacés
haute fréquence, mais la sensibilité
maximale se situe autour de 100 kHz,
avec des seuils d?audition inférieurs à
50 dB re 1 µPa. Chez ces espèces, les
signaux émis (et notamment les clics
d?écholocation) sont également plus hauts
en fréquence que chez les autres cétacés ;
? les Siréniens : ce groupe contient les
lamantins (Trichechidés) et le dugong
(Dugong dugon). Leurs capacités audi-
tives sont proches de celles des cétacés
haute fréquence, mais leurs différences
anatomiques et les particularités de leurs
émissions sonores les distinguent. Des
mesures réalisées sur des lamantins
montrent qu?ils sont capables de percevoir
des sons entre 250 Hz et 60 kHz, avec
une sensibilité maximale entre 10 et
20 kHz et des seuils d?audition de 60 dB
re 1 µPa en moyenne à ces fréquences ;
? les Phocidés : ce groupe comprend les
phoques et les éléphants de mer. Leur
appareil auditif est amphibie, puisqu?ils
peuvent entendre dans l?air comme dans
l?eau. Ici, seules les capacités auditives
des phocidés dans l?eau seront abordées.
Dans l?eau, les phocidés sont capables de
percevoir les sons entre 100 Hz et
100 kHz, avec une sensibilité maximale
entre 2 et 30 kHz. À ces fréquences le seuil
d?audition est inférieur à 60 dB re 1 µPa ;
? les autres Carnivores : ce groupe inclut
les autres pinnipèdes (qui ne sont pas des
phocidés : otaries, lions de mer et morse),
les loutres et l?ours polaire (Ursus
maritimus). Ici, seules les capacités audi-
tives des autres Carnivores dans l?eau
seront abordées. Les espèces de ce groupe
diffèrent des phocidés de par l?anatomie de
leur appareil auditif (présence d?une oreille
externe notamment, sauf chez le morse)
et leur sensibilité auditive. En effet, si les
plages d?audition (100 Hz-60 kHz) et de
sensibilité maximale (2-30 kHz) sont
proches, le seuil d?audition de ces
espèces est plus élevé, avec un minimum
de 70 dB re 1 µPa en moyenne.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
81
La figure 22 présente, pour chacun de ces
groupes, un audiogramme médian (repré-
sentation du niveau de bruit perceptible en
fonction de la fréquence).
À partir de ces audiogrammes, des seuils de
bruit à partir desquels les mammifères
marins sont susceptibles de subir des pertes
d?audition ont été calculés. Ces seuils sont
présentés dans le tableau 9 et le tableau 10.
Figure 22 : Audiogrammes médians pour les Cétacés basse fréquence,
les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence, les Siréniens,
les Pinnipèdes dans l?eau et les autres Carnivores dans l?eau (d?après [136] et [168]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
82
2) Les tortues marines
Les tortues marines possèdent un système
auditif développé, comprenant une oreille
moyenne (avec un tympan) et une oreille
interne [180]. L?oreille moyenne conduit le
son via la columelle (petit os équivalent à
l?étrier chez les mammifères), tandis que
l?oreille interne le réceptionne et détecte la
position et l?accélération [195].
Même si son fonctionnement est encore mal
connu, les études suggèrent que l?appareil
auditif des tortues marines est adapté à la
détection des sons aériens et sous-marins.
Le tympan est renforcé par une épaisse
couche de graisse, ce qui est propre aux
reptiles aquatiques. Les tortues marines
sont capables de capter les stimuli
acoustiques, mais également les vibrations
via le squelette (os de la tête et colonne
vertébrale notamment) et la carapace de
l?animal qui joueraient le rôle de récepteurs
des ondes sonores à terre comme en mer
[45, 180]. Cependant, ce processus de
perception des vibrations n?est pas encore
très bien connu. La présence d?une oreille
moyenne (cavité remplie d?air) suggère que
les tortues marines sont également
capables de percevoir les variations de
pression.
Les tortues marines seraient capables de
percevoir des sons sous-marins basse
fréquence, entre 30 et 2 000 Hz, avec une
sensibilité maximale située entre 200 et
600 Hz (figure 23), cette sensibilité
maximale étant toutefois variable d?une
espèce à l?autre, et d?un individu à l?autre,
notamment en fonction de son âge [98, 134,
152]. L?appareil auditif des tortues marines
est également impliqué dans les dépla-
cements et l?équilibre.
L?audition des mammifères marins, en bref
? Chez les mammifères marins, l?utilisation du son est primordiale pour assurer certaines
fonctions vitales (reproduction, alimentation, orientation, etc.).
? L?audition est conditionnée par la morphologie du système auditif dont l?étude, couplée à
celle de la perception des sons sous-marins, a permis d?établir 6 groupes distincts : les
Cétacés basse fréquence, les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence,
les Siréniens, les Phocidés et les autres Carnivores.
? Chaque groupe se caractérise par des capacités auditives sensiblement différentes, avec
une plage d?audition (en Hz) et un seuil minimum d?audition (en dB re 1µPa)
caractéristique. Des audiogrammes ont été définis pour chacun de ces 6 groupes.
? D?une manière générale, les mammifères marins perçoivent les sons sous-marins compris
entre 10 Hz et 200 kHz, avec des seuils de sensibilité minimum proches de 60 dB re 1 µPa
en moyenne (mais cette valeur varie d?un groupe à l?autre).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
83
L?audition des tortues marines, en bref
? Les tortues marines possèdent un système auditif développé, typique des reptiles
aquatiques, leur permettant de percevoir les sons sous-marins et aériens. Leur squelette
et leur carapace leur permettraient également de percevoir les vibrations.
? Bien que la plage d?audition soit équivalente chez les différentes espèces de tortues
marines (30 à 2 000 Hz), leur sensibilité maximale varie d?une espèce à l?autre, voire même
d?un individu à l?autre en fonction de son âge.
Figure 23 : À gauche, audiogrammes de quatre espèces de tortues marines : la tortue de Kemp
Lepidochelys kempii, la tortue luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata
et la tortue verte, ou tortue franche, Chelonia mydas. À droite, audiogramme de la tortue
caouanne (Caretta caretta) à différents stades du cycle de vie (d?après [98] et [44]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
84
3) Les poissons
Ici, le terme « poissons » fait référence à
l?ensemble des espèces de poissons osseux
(Ostéichthyens), de poissons cartilagineux
(Chondrichthyens) et d?Agnathes. Bien que
ce terme n?ait plus de sens aujourd?hui d?un
point de vue taxinomique, il est utilisé ici
pour faciliter la lecture.
Tous les poissons sont a priori capables de
percevoir les sons. Cependant, la détection
des ondes sonores chez les poissons diffère
d?une espèce à l?autre. La détection se fait
via différents « récepteurs » [76, 152] :
Les organes otolithiques
? Au niveau de l?oreille interne, les
poissons osseux (par opposition aux
poissons cartilagineux comme les raies et
les requins) possèdent trois cavités
tapissées de cellules sensorielles,
remplies d?un fluide et dans lesquelles se
trouve une petite pièce calcaire appelée
otolithe (figure 24). Chaque individu
possède donc trois otolithes de chaque
côté soit six otolithes au total. Lors d?un
mouvement, l?inertie de cette pièce
calcaire, très dense par rapport au fluide
qui l?entoure, est perçue par les cellules
sensorielles qui transmettent l?information
au cerveau sous la forme d?impulsions
électriques, via les nerfs. Les organes
otolithiques détectent donc les
mouvements de particules induits par une
onde sonore, à la manière d?un
accéléromètre.
? Chez les poissons cartilagineux et chez
les lamproies, les otolithes sont
remplacés par des cristaux calcaires,
appelés otoconies. Les poissons
cartilagineux possèdent également un
quatrième récepteur au niveau de l?oreille
interne, la macula neglecta, qui ne contient
pas de pièces calcaires mais seulement
des cellules sensorielles. Ce récepteur
jouerait également un rôle dans la
perception du son.
La ligne latérale
Chez les poissons osseux et cartilagineux,
la ligne latérale est composée de centaines
de cellules sensorielles (neuromastes)
réparties sur toute la longueur du corps. Ces
cellules sont sensibles aux mouvements de
particules et vont donc pouvoir percevoir les
Figure 24 : Schéma de l?oreille interne gauche et des organes otolithiques d?un
poisson osseux, avec ces trois otolithes : saccule, utricule et lagena (d?après [76]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
85
ondes sonores. Cependant, les
récepteurs sensoriels de la ligne
latérale ne détectent que les
mouvements en champ proche et
ne fonctionnent qu?à proximité de
la source sonore.
La vessie natatoire et les autres
cavités gazeuses
Certains poissons osseux
possèdent un organe rempli de
gaz appelé vessie natatoire. Cet
organe joue un rôle dans le
contrôle de la flottabilité des
poissons. Il est de fait sensible aux
variations de pression. Au contact
d?une onde sonore, le volume du
gaz contenu dans la vessie
natatoire va varier, entraînant un
mouvement de particules qui
pourra être transmis aux organes
otolithiques. La proximité entre la vessie
natatoire, lorsqu?elle est présente, et l?oreille
interne a donc une forte influence sur la
capacité à percevoir les sons. Chez
certaines espèces la vessie natatoire est
reliée à l?oreille interne via des connexions
osseuses ou via d?autres cavités gazeuses
(bulles d?air situées derrière l?oreille interne).
Pour l?ensemble de ces espèces, les
capacités auditives sont d?autant plus
importantes : la plage de fréquences
audibles est plus étendue et/ou le seuil de
perception est plus bas.
Ainsi, si tous les poissons ont la capacité de
percevoir les sons, les capacités auditives
varient grandement d?une espèce à l?autre,
en fonction des particularités physiologiques
de chaque espèce (sensibilité de la ligne
latérale, présence ou non d?une vessie
natatoire, proximité de celle-ci et connexion
avec l?oreille interne, etc.). D?une façon
générale, on considère trois catégories de
poissons :
? les poissons dépourvus de cavité
gazeuse. Ces poissons détectent
uniquement la composante « mouvement
de particules » de l?onde sonore, et pas la
composante « variation de pression ». Il
s?agit par exemple des poissons cartila-
gineux et des poissons plats ;
? les poissons possédant une vessie
natatoire non connectée à l?oreille interne.
Ces poissons sont capables de percevoir
les variations de pression mais leur
perception du son repose uniquement sur
la détection des mouvements de
particules. Ces poissons sont sus-
ceptibles de subir néanmoins des
barotraumatismes s?ils sont exposés à des
sons de forte intensité. Le saumon
atlantique (Salmo salar) appartient par
exemple à cette catégorie ;
? les poissons possédant une vessie
natatoire connectée, via des connexions
osseuses ou des cavités gazeuses, à
Figure 25 : Audiogrammes du requin nourrice Ginglymostoma
cirratum, du saumon atlantique Salmo salar et du hareng de
l?Atlantique Clupea harengus (d?après [26], [55] et [72]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
86
l?oreille interne. Chez ces poissons les
capacités auditives sont davantage liées à
la perception des variations de pression,
même s?ils sont également capables de
détecter les mouvements de particules. Ils
risquent également des barotraumatismes
en cas d?exposition à des sons de forte
intensité. Cette catégorie comprend par
exemple la morue de l?Atlantique (Gadus
morhua), certains Clupéidés (hareng,
sprat, aloses, etc.) ou les carpes.
La figure 25 ci-après présente les
audiogrammes de quelques espèces de
poissons appartenant à ces trois
catégories : le requin nourrice Ginglymos-
toma cirratum qui ne possède pas de vessie
natatoire, le saumon atlantique Salmo salar
dont la vessie natatoire n?est pas connectée
à l?oreille interne, et le hareng Clupea
harengus dont la vessie natatoire est reliée
à l?oreille interne par un canal.
D?une manière générale, il est admis que la
grande majorité des poissons perçoit les
sons entre 50 et 300 Hz à des niveaux
inférieurs à 100 dB re 1 µPa. Chez les
poissons possédant une vessie natatoire
connectée à l?oreille interne la perception
des sons s?étend jusqu?à plusieurs milliers
de Hz [76, 152].
L?audition des poissons, en bref
? Tous les poissons (poissons osseux, cartilagineux et Agnathes) sont capables de
percevoir la composante « mouvement de particules » du son sous-marin, grâce à leurs
otolithes et leur ligne latérale.
? Les capacités auditives des poissons sont toutefois très variables d?une espèce à l?autre,
en fonction de leur physiologie. Certaines espèces possèdent une vessie natatoire
capable de capter également la composante « variation de pression » des ondes
acoustiques. Lorsque la vessie natatoire est connectée à l?oreille interne (otolithes),
l?espèce présente de meilleures capacités auditives (seuil d?audition plus faible et/ou plage
d?audition plus étendue).
? Les espèces possédant une vessie natatoire peuvent également subir des barotrau-
matismes en cas d?exposition à des sons de forte intensité.
? D?une manière générale, la plupart des poissons sont capables de percevoir des sons
inférieurs à 100 dB re 1 µPa entre 50 et 300 Hz. Pour certaines espèces (Clupéidés,
Cyprinidés) cette perception s?étend à plusieurs milliers de Hz.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
87
4) Les crustacés et mollusques
Il est communément admis que les
crustacés, sont capables d?émettre
activement des sons (ex. : [52]). Cependant,
il existe très peu d?informations quant à leur
capacité à percevoir et à réagir aux
émissions sonores. Comme les poissons
cartilagineux, les crustacés et les
mollusques sont dépourvus de cavités
gazeuses et sont donc incapables de
détecter la composante « variation de
pression » des ondes sonores. Toutefois,
certains d?entre eux sont pourvus, comme
les poissons, d?organes et cellules
sensorielles qui leur permettent de détecter
les mouvements des particules. Ils
possèdent en effet des statocystes, un
ensemble de cellules ciliées sur lesquelles
reposent une ou plusieurs pièces minérales
(statolithes) agissant, à l?instar de l?otolithe
chez les poissons osseux, comme un
accéléromètre. Les statocystes chez les
mollusques céphalopodes (seiches, calmars
et poulpes) sont d?ailleurs très semblables
aux organes otolithiques des poissons
osseux.
Chez les céphalopodes, des études ont
démontré la capacité à détecter les
émissions sonores basse fréquence (50 à
1 500 Hz) grâce à leurs statocystes [82, 97,
121, 122]. Les seuils sont relativement
élevés, de l?ordre de 125-130 dB re 1 µPa
pour la plage de meilleure sensibilité (autour
de 600 Hz). Ces mollusques sont également
capables de ressentir les mouvements de
particules en champ proche à l?aide de
récepteurs sensoriels épidermiques,
comparables aux lignes latérales chez les
poissons. La sensibilité acoustique des
céphalopodes serait liée principalement aux
interactions proies-prédateurs (mécanisme
de défense), mais pourrait également avoir
un lien avec les mouvements migratoires. À
l?instar de certains poissons, les
céphalopodes pourraient en effet utiliser les
infrasons pour se repérer dans l?espace [97].
Chez les crustacés, la présence de
statocystes permet également de percevoir
les sons. Les crustacés possèdent
également des cellules sensorielles au
niveau des antennes et des pattes qui
seraient capables de détecter les
mouvements de particules. Les crustacés
utiliseraient l?acoustique principalement
comme indicateur de la présence de
prédateurs. Les sons basse fréquence
seraient également utilisés par certains
stades larvaires comme indicateur pour
s?orienter (bruit du ressac en zone côtière
notamment [86]). Des études réalisées sur
certains crustacés montrent que ceux-ci
sont capables de percevoir les sons basse
fréquence, de 50 à quelques centaines de
Hertz [52]. Certaines crevettes seraient
capables de percevoir les sons entre 100 et
3 000 Hz, avec une sensibilité maximale
inférieure à 110 dB re 1 µPa entre 100 et
300 Hz [108].
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
88
5) Oiseaux plongeurs
Si la sensibilité auditive des oiseaux dans
l?air est assez bien documentée, il existe très
peu d?informations sur les capacités
auditives sous-marines des oiseaux
plongeurs. Pourtant, certains oiseaux
comme le manchot empereur peuvent rester
immergés plus de 30 minutes et plonger à
plus de 500 m de profondeur [5].
Quelques études réalisées notamment sur
le grand cormoran Phalacrocorax carbo
sinensis tendent cependant à montrer que
les oiseaux plongeurs sont capables de
détecter les sons dans l?air comme dans
l?eau. Sous l?eau, le son pourrait être utilisé
pour localiser les proies, éviter les
prédateurs et s?orienter [92]. Le grand
cormoran a d?ailleurs développé des
adaptations du système auditif au milieu
marin. Ces adaptations sont beaucoup
moins importantes que celles observées
chez les mammifères marins, mais se
rapprochent de celles observées chez les
reptiles (tortues, crocodiles).
Chez cette espèce, la gamme d?audition
s?étendrait de 1,5 à 6 kHz, avec une
sensibilité maximale à 2 kHz. À cette
fréquence, le seuil d?audition serait inférieur
à 80 dB re 1 µPa [5, 92]. Ces résultats étant
toutefois issus d?études préliminaires
réalisées sur un nombre très limité
d?individus (un individu par espèce dans la
plupart des cas), ils sont sujets à caution.
L?audition des crustacés et mollusques, en bref
? Les crustacés et mollusques ne sont pas sensibles aux variations de pression mais sont
capables de percevoir les mouvements de particules grâce à des cellules sensorielles
appelées statocystes, semblables aux otolithes chez les poissons osseux.
? Chez les crustacés, les statocystes sont complétés par d?autres cellules sensorielles
disposées au niveau des pattes et des antennes.
? Les mollusques possèdent quant à eux des récepteurs sensoriels épidermiques comparables
la ligne latérale des poissons.
? Ces deux groupes semblent être capables de détecter les émissions sonores situées dans
les basses fréquences (< 3 000 Hz), mais à des niveaux relativement élevés (> 100 dB re 1 µPa).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
89
L?audition des oiseaux plongeurs, en bref
? Le grand cormoran est le seul oiseau plongeur ayant fait l?objet d?étude quant à ses capacités
à percevoir les sons sous l?eau.
? Pour cette espèce, une adaptation du système auditif, proche de celui des reptiles aquatiques,
a été observée.
? Le grand cormoran serait capable de percevoir les sons sous-marins situés dans les
moyennes et hautes fréquences (1,5 à 6 kHz), avec une sensibilité maximale autour de 2 kHz
(seuil inférieur à 80 dB re 1 µPa), mais ces premiers résultats nécessitent d?être confirmés.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
90
II. Impacts des émissions sonores sur la faune marine
Les réactions des organismes marins face
aux émissions sonores sont de différents
types et dépendent de l?espèce concernée,
de l?intensité du bruit et de la durée
d?émission. On distingue plusieurs niveaux
de dérangement (figure 26 [158]) :
? tolérance : les animaux perçoivent le bruit
mais ne réagissent pas lors de l?émission
sonore (zone d?audibilité) ;
? changements comportementaux :
réactions d?évitement ou de fuite,
interruption de l?activité en cours,
modifications du profil de plongée et/ou du
rythme respiratoire ;
? masquage : les émissions nécessaires
aux individus pour leur communication ou
leur perception de l?environnement sont
masquées par les bruits d?origine
anthropique ;
? baisse du niveau d?audition : la
sensibilité auditive des animaux diminue.
Cette baisse peut être temporaire (TTS :
Temporary Threshold Shift) ou
permanente (PTS : Permanent Threshold
Shift) ;
? lésions létales : la puissance du bruit
émis provoque des lésions souvent
mortelles pour les animaux. Elles concer-
nent surtout les organes de l?audition,
mais peuvent également toucher d?autres
organes (poumons, vessie natatoire, etc.).
Les impacts peuvent être divisés en deux
catégories : les impacts à court terme et les
impacts à long terme.
Figure 26 : Diagramme des impacts potentiels des émissions sonores
selon leur degré de sévérité (d'après [158]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
91
1) Impacts à court terme
a) Réactions comportementales, fuite,
changements migratoires
Les réactions comportementales peuvent
être définies comme le changement
remarquable de l?activité en cours chez un
animal en réponse à un son. Les exemples
d?effets comportementaux incluent l?aban-
don d?une activité importante comme
l?alimentation ou la fuite de la zone [141].
Ces réactions comportementales sont toute-
fois très difficiles à relier à une cause en
particulier.
? Des exemples de changement de
distribution ou d?abondance en réaction à
des activités bruyantes ont été étudiés sur
les mammifères marins lors de différents
chantiers. Les chantiers éoliens d?Europe
du Nord notamment ont fait l?objet de
nombreux suivis. Lors des épisodes de
battage de pieux, une diminution
drastique de la présence de marsouins et
de phoques à proximité des chantiers a
été observée, mais une augmentation de
l?abondance a été constatée à une
distance de 20 à 50 km des parcs. Cela
indique que les animaux ont fui les zones
bruyantes mais sont néanmoins restés à
proximité [19, 37, 75, 176].
Si les réactions de fuite peuvent
s?observer assez facilement, les réactions
comportementales de dérangement
n?impliquant pas forcément une fuite des
animaux sont plus difficiles à mettre en
évidence [67]. Des études sur les baleines
et les rorquals ont néanmoins démontré
que leurs réactions au trafic maritime et
aux prospections sismiques pouvaient se
manifester par une modification des
comportements de plongée et des
activités d?alimentation [18].
Les différents groupes de cétacés
peuvent manifester des réactions diffé-
rentes en réponse aux perturbations
sonores : les petits cétacés, plus rapides,
ont tendance à nager très vite loin de la
source, tandis que les grands cétacés ont
plutôt tendance à regagner la surface [141,
158, 172].
? Chez les tortues, les réactions compor-
tementales liées aux perturbations
sonores ont très peu été étudiées. Des
études ont toutefois pu montrer que des
tortues remontent en surface lorsqu?elles
sont exposées aux basses fréquences, de
même qu?elles augmentent leur vitesse de
nage en réponse à des émissions de
canons à air [134]. Une autre étude fait
état de l?arrêt de l?activité et de plongées
en réponse à des niveaux Lp,pk reçus de
l?ordre de 191 dB re 1 µPa générés par
des canons à air également [40].
? Chez les poissons osseux, des modifi-
cations comportementales en réaction au
bruit ont également été observées,
notamment suite à l?exposition à des
émissions sismiques. Ces réactions se
manifestent par des changements de
position dans la colonne d?eau, une
modification de la vitesse de nage ou des
variations dans la structure des bancs de
poissons [24].
? Chez les crustacés et les mollusques,
des réactions comportementales ont pu
être observées en corrélation avec des
perturbations acoustiques (ex. : mouve-
ments de valves chez les moules, des
antennes chez le bernard-l?hermite). Ces
réactions interviennent lorsque les
vibrations induites sont de l?ordre de celles
générées par le battage de pieux ou
l?utilisation d?explosifs [159]. Chez les
crustacés, de nombreux exemples de
réactions comportementales ont été
observés en réponse à des stimuli
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
92
acoustiques : arrêt de l?alimentation chez
le homard et le crabe vert, enfouissement
et déplacements limités chez la
langoustine par exemple [52].
? Le comportement des oiseaux marins
peut également être affecté par le bruit,
mais peu d?études se sont à l?heure
actuelle penchées sur la question. Des
travaux ont montré un changement de
zone d?alimentation chez les manchots du
Cap lors d?une campagne sismique en
Afrique du Sud, à une centaine de km de
la colonie [149]. S?il est difficile de définir
si l?effet a été direct ou indirect (fuite des
proies ou des prédateurs ?), ces travaux
constituent une première investigation des
impacts potentiels des émissions sonores
sur les oiseaux plongeurs.
Le déplacement des individus est le
changement comportemental le plus lar-
gement observé en réponse au bruit [140].
Si ces effets semblent moins sévères que
des mortalités directes par lésions, cap-
tures accidentelles ou collisions, ils
concernent en réalité un nombre beau-
coup plus important d?individus et une
échelle spatio-temporelle plus étendue.
Les effets indirects de ces déplacements
(perte d?habitat, augmentation de la
dépense énergétique, etc.) sont actuelle-
ment peu étudiés, et quasiment absents
des mesures de mitigation existantes car
non quantifiés [69].
b) Masquage acoustique
Le masquage acoustique intervient
lorsqu?un son extérieur couvre un signal
bioacoustique ou le rend plus difficile à
détecter. Le signal en question peut
concerner la communication entre individus,
l?orientation, la détection des proies ou des
prédateurs (Nowacek et al., 2007 ; Clark et
18 Voir description des différentes méthodes de prospection sismique à la partie 1 - I - 1 - b - Prospection sismique
al., 2009). Les sons basse fréquence (plus
graves) se propagent sur des distances plus
importantes. Les animaux, et notamment les
baleines, les utilisent afin de communiquer
entre eux, parfois sur de larges distances.
Le masquage des émissions basse
fréquence (par le trafic maritime par
exemple) est a priori plus impactant que le
masquage des émissions haute fréquence.
Le masquage est démontré chez les
cétacés, mais il est très difficile de déter-
miner à partir de quel niveau ce masquage
est susceptible de se produire. Les éléments
démontrant le masquage sont des
adaptations comportementales ou vocales.
Des études sur les baleines à bosse ont
montré que ces dernières avaient tendance
à privilégier les signaux de surface (sauts,
frappes de nageoires) plutôt que les signaux
vocaux pour communiquer lorsque le niveau
sonore augmente [48]. D?autres espèces
comme les baleines franches (Eubalaena
australis et E. glacialis) modifient la gamme
de fréquences de leurs vocalises : elles
émettent des sons à des fréquences plus
élevées et plus longtemps dans les zones où
le bruit ambiant est plus élevé [145] ; certai-
nes communautés d?orques (Orcinus orca)
augmentent l?amplitude de leurs signaux de
communication en présence de bruit de
navire [81]. Il a également été démontré que
la baleine bleue (Balaenoptera musculus)
avait tendance à produire plus de vocalises
en réponse au bruit généré lors de pros-
pection sismique par sparkers18 [41].
Ces modifications comportementales sont
globalement connues sous le nom d?effet
Lombard et ont pour objectif de maintenir un
certain seuil de détectabilité des signaux de
communication au sein des individus d?une
population [48]. Mais la compréhension du
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
93
phénomène et surtout la prédictibilité des
niveaux de masquage pour les différentes
espèces reste émergente [61].
c) Dommages physiologiques non
létaux, permanents ou temporaires
Les dommages physiologiques non létaux
peuvent intervenir à plusieurs niveaux :
? au niveau des organes/tissus liés à
l?audition. Ces dommages peuvent se
manifester par une perte d?audition
temporaire ou permanente ;
? au niveau des organes/tissus non liés à
l?audition. Les variations de pression
engendrées par une onde sonore peuvent
provoquer des lésions létales ou non au
niveau de certains organes (reins, foie,
gonades, etc.).
? Au niveau métabolique. La perturbation
liée à l?exposition au bruit conduit à une
augmentation des niveaux d?hormones de
stress, du rythme respiratoire ou du
rythme cardiaque. Ces différentes
réponses physiologiques ont souvent pour
conséquences des impacts à long terme
(affaiblissement, ralentissement de la
croissance, etc. - voir la partie 2 - II - 2 -
Impacts à long terme).
Les pertes temporaires (TTS) ou perma-
nentes (PTS) d?audition consistent en une
altération de la capacité d?un animal à
entendre, à une fréquence donnée ou sur sa
gamme d?audition complète, suite à une
exposition au bruit [141].
La fréquence à laquelle le bruit est émis
influe sur son potentiel à générer un TTS ou
un PTS, mais la nature du signal
également : un bruit impulsionnel est ainsi
plus propice à générer une perte d?audition
qu?un bruit continu [64]. Les expositions
multiples et/ou longues sont également plus
à même d?impacter les animaux qu?une
exposition unique de courte durée, mais il
existe encore peu de modèles d?exposition
simples permettant de prédire de façon
précise les effets potentiels de telles
expositions. Après un TTS, le retour au seuil
d?audition antérieur sera plus ou moins long,
en fonction de l?intensité du son, de sa durée
d?émission et de l?état physiologique de
l?animal.
Dans le cadre de projets en mer, des
estimations de périmètres TTS ou PTS sont
ainsi régulièrement réalisées, reposant sur
les seuils auditifs pondérés, les niveaux
sonores générés et la propagation du bruit.
Des modélisations sont ainsi effectuées en
amont pour estimer la taille des zones
d?impacts physiologiques (permanents ou
temporaires) pour les espèces marines.
? Chez les mammifères marins, les seuils
de perte temporaire d?audition ont fait
l?objet de mesures directes sur des
animaux captifs (chez les Delphinidés et
le marsouin commun principalement) ; les
estimations de seuils de perte
permanente d?audition sont effectuées en
dérivant les TTS ou en extrapolant des
mesures. L?importance de la perte
d?audition (augmentation du seuil de
perception d?un son) et sa durée
dépendent également de l?intensité du
bruit perçu et de sa durée.
Au niveau métabolique, des études ont
démontré qu?une exposition au bruit chez
les cétacés avait une influence sur la
sécrétion d?hormones (adrénaline, gluco-
corticoïdes) et sur les fonctions
cardiovasculaires [162, 167].
? Chez les tortues marines, les seuils TTS
et PTS sont encore mal connus. Une perte
d?audition temporaire a été observée chez
une tortue caouanne exposée à des tirs
de canons à air à des niveaux d?exposition
LE,p supérieurs à 175 dB re 1?Pa².s
(Lenhardt, 2002). Cette observation n?est
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
94
toutefois pas suffisante pour extrapoler à
l?ensemble des tortues marines, voire
même à tous les individus de l?espèce
Caretta caretta.
? Chez les poissons, les TTS sont dus à
l?endommagement des cellules senso-
rielles ou des nerfs qui transmettent les
signaux sensoriels. Des expériences ont
montré que les émissions sismiques
peuvent générer des dommages aux cils
des cellules sensorielles de l?oreille inter-
ne de certaines espèces de poissons [24].
Cependant, les cellules se renouvellent
régulièrement, et les cellules sensorielles
endommagées pourront donc être
remplacées, conduisant à un retour au
niveau de sensibilité antérieur [152]. En
fonction de l?intensité du bruit et de la
durée d?exposition, plusieurs mois peu-
vent parfois être nécessaires pour qu?un
individu se remette complètement d?un
TTS [166]. Aucun cas de PTS n?est à
l?heure actuelle documenté chez les
poissons.
Les poissons osseux pourvus d?une
vessie natatoire (ou autre cavité gazeuse)
sont plus exposés aux risques de
dommages physiologiques, d?une part car
leur seuil d?audition est généralement plus
bas (surtout si la vessie natatoire est reliée
à l?oreille interne) et qu?ils sont de fait plus
sujets aux TTS, et d?autre part car la
présence de cavités gazeuses induit un
risque de lésion des parois de cette cavité
sous l?effet des variations de pression
générées par une onde sonore
(barotraumatisme). Cependant, les
poissons dépourvus de cavités gazeuses
sont également susceptibles, à un
moindre niveau, de subir des dommages
physiologiques, notamment au niveau des
organes tels que le foie, la rate, les
intestins et les gonades. Le manque
d?études rend toutefois difficile l?évaluation
les effets physiologiques potentiels de
l?exposition au bruit sur ces espèces.
? Des expériences en bassin ont également
montré que l?exposition à des sources
sismiques entraîne une sécrétion
d?hormones de stress chez le saumon
atlantique (Salmo salar) et le bar
européen (Dicentrarchus labrax), ainsi
qu?une augmentation de la fréquence
respiratoire. En revanche, l?exposition à
des sources de bruit continu n?a entraîné
aucune modification de ce type [24].
D?autres espèces de poissons ont
cependant montré une forte augmentation
de leur taux de cortisol sanguin lorsqu?on
les exposait à un bruit équivalent à celui
du trafic maritime [186].
? Chez les crustacés, il n?a été fait état à
l?heure actuelle d?aucune observation de
TTS ou PTS, mais une étude témoigne de
blessures à l?hépatopancréas et aux
ovaires chez le crabe des neiges
(Chionoecetes opilo) liées à la
prospection sismique [52]. Cependant,
une étude réalisée dans des conditions
similaires sur la même espèce n?avait
abouti à l?observation d?aucune blessure.
Les crustacés semblent assez peu
susceptibles de subir des dommages
physiologiques liés aux ondes sonores,
probablement parce qu?ils ne possèdent
pas de cavité gazeuse et sont uniquement
sensibles aux mouvements de particules.
Cependant, ces organismes utilisant
l?acoustique comme un indicateur de la
présence de prédateurs, le bruit peut
engendrer chez eux un stress pouvant
affecter le métabolisme. Ainsi, une
augmentation de la fréquence respi-
ratoire, un ralentissement de la croissance
et du taux de reproduction a été observé
chez la crevette grise (Crangon crangon)
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
95
exposée à des ondes sonores de forte
intensité [154]. Chez le crabe vert
(Carcinus maenas) exposé à un bruit
continu (équivalent à celui du trafic
maritime) une augmentation de la
fréquence respiratoire a également été
observée [182].
? L?exposition au bruit peut également avoir
un effet sur le développement des oeufs
et des larves. En effet, il semble que,
chez les poissons osseux tout du moins,
la perception du son par les larves soit
équivalente à celles des adultes. De plus,
chez certaines espèces, la vessie
natatoire apparaît dès les premiers stades
larvaires. Celles-ci sont donc poten-
tiellement susceptibles de subir des
barotraumatismes. Les larves de poissons
soumises à des niveaux de bruit
importants montrent également des
retards de développement, et les oeufs un
taux de mortalité plus élevé [186].
Concernant les mollusques, l?exposition, à
proximité immédiate (5 à 10 cm), de larves
de pétoncles de Nouvelle-Zélande (Pecten
novaezelandiae) à des émissions sonores
identiques à celles produites par la
prospection sismique conduit à des
retards de développement et à des mal-
formations chez les adultes [3]. Le même
type de bruit peut retarder l?éclosion des
oeufs chez le crabe des neiges. L?impact
du bruit sur le développement des larves
a également été observé chez de nom-
breuses espèces de crustacés [52].
Comme les réactions comportementales,
les dommages physiologiques entraînent
également des effets indirects. Une perte
d?audition temporaire ou permanente,
comme n?importe quel autre dommage
physiologique, va avoir des conséquences
sur les chances de survie d?un individu (voir
partie 2 - II - 2 - Impacts à long terme). Une
perte d?audition va en effet altérer la
communication entre individus, ainsi que la
capacité à détecter les prédateurs et proies
et à évaluer l?environnement. Les dom-
mages physiologiques ont donc des
conséquences plus ou moins importantes
sur l?ensemble des populations concernées.
d) Lésions létales
Les bruits impulsionnels de très forte
intensité sont capables de causer des
lésions létales aux organismes marins.
? Les implications directes d?activités
anthropiques bruyantes sur des mortalités
de mammifères marins sont difficiles à
mettre en évidence. Les activités les plus
souvent mises en cause concernent les
opérations militaires et l?utilisation de
sonars basse et moyenne fréquences.
Mais la concomitance des évènements ne
suffit pas à mettre en évidence un lien de
cause à effet [68, 88, 137, 147]. En effet,
les nécropsies, qui permettraient d?établir
un lien entre échouages et bruits de forte
intensité, ne sont pas systématiquement
réalisées, ou pas dans un laps de temps
permettant de tirer des conclusions fiables.
Cependant, les observations réalisées
lors d?échouages en masse font souvent
état d?animaux en bonnes conditions
physiques, dont certains venaient de
s?alimenter, présentant des hémorragies
des lobes temporaux et de la cochlée, des
hémorragies des poumons et des reins,
des hémorragies de la mâchoire ou
encore des accidents cardiovasculaires
[35, 62, 88]. La présence de bulles d?air
dans le parenchyme cérébral, les
poumons, les reins et le foie laissent
penser que la mort des animaux peut
provenir d?embolie gazeuse liée à une
remontée trop rapide [35, 88].
Si des échouages en masse ont eu lieu à
différents endroits du globe, les
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
96
corrélations avec des activités
anthropiques restent souvent incertaines.
Filadelfo et al. [63] ont donc entrepris en
2009 un travail d?inventaire des
évènements d?échouages en masse de
baleines à bec et d?activités militaires sur
3 zones et ont déterminé si les
corrélations étaient statistiquement
significatives. La réponse est positive pour
des évènements survenus en Méditer-
ranée (14 évènements d?échouages en
masse entre 1992 et 2004) et en mer des
Caraïbes (7 évènements d?échouages en
masse entre 1991 et 2000), mais négative
pour le Japon (18 évènements d?échouages
en masse entre 1978 et 1999) où d?autres
facteurs peuvent expliquer ces échouages.
? Chez les poissons osseux, les baro-
traumatismes peuvent entraîner la mort,
immédiatement après l?exposition à une
forte variation de pression ou jusqu?à
plusieurs jours plus tard. Les poissons ne
possédant pas de vessie natatoire sont
peu susceptibles de subir des lésions
létales. Chez les poissons qui en
possèdent une, les lésions interviennent
directement au niveau de la vessie
natatoire ou au niveau des organes
adjacents (foie, reins, rate, gonades [36]).
Des études réalisées sur différentes
espèces de poissons exposés au bruit
généré par du battage de pieux ont
montré que ce type de bruit pouvait
causer des lésions létales aux poissons
présents dans un proche périmètre [56,
150], à un niveau variable selon l?espèce.
? André et al., en 2011 [7], ont exposé
quatre espèces de mollusques cépha-
lopodes (deux espèces de calmars, la
seiche Sepia officinalis et le poulpe
Octopus vulgaris) à des sons dont le
niveau Lp,pk reçu était de 175 dB re 1 ?Pa
sur une bande de fréquence comprise
entre 50 et 400 Hz. Tous les individus
exposés ont montré de sévères lésions
cellulaires ainsi que des dégéné-
rescences neuronales non compatibles
avec la survie de l?animal. Ces résultats
ont par la suite été confirmés par d?autres
études [186]. Les auteurs soulignent
l?importance des dommages physio-
logiques observés à des niveaux
d?émissions considérés comme bas et
confirment la nécessité de poursuivre les
recherches sur ces espèces.
Au début des années 2000, plusieurs
échouages en masse de calmars géants
ont eu lieu en Espagne. Les individus
montraient tous d?importantes lésions
internes, au niveau des statocystes et de
certains organes internes. Ces échouages
ont eu lieu alors que des campagnes de
prospections sismiques (canons à air)
étaient en cours à proximité, et il est
probable que les lésions constatées sur
ces mollusques soient liées à l?exposition
à des ondes sonores de forte intensité [70].
? Les ondes sonores de forte intensité
peuvent également impacter mortellement
les oeufs et larves de nombreuses
espèces. Ainsi, les oeufs du crabe des
neiges, exposés à proximité immédiate
(2 m) d?un son équivalent à celui généré
lors de prospection sismique augmente
significativement le taux de mortalité [52].
Une étude montre également que les
canons à air peuvent multiplier par deux,
voire par trois selon les taxons, le taux de
mortalité du zooplancton sur un périmètre
de plus d?un kilomètre autour de la source.
Les larves de krill semblent être
particulièrement sensibles à ce type
d?émission [115].
La mortalité due à l?exposition des ondes
sonores peut être directe, du fait d?une
blessure létale, mais également indirecte
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
97
lorsqu?une blessure mineure ou une
perturbation affecte la capacité à survivre
d?un organisme. Ainsi, un TTS, même de
faible intensité peut conduire à la
désorientation et la mort d?un animal. De
même, une réaction brutale, comme une
remontée trop rapide vers la surface, peut
causer une embolie gazeuse et avoir des
conséquences mortelles.
Les impacts à court terme, en bref
? Les impacts à court terme correspondent aux effets observables en réponse directe à
l?exposition au bruit. Ils englobent les réactions comportementales, le masquage
acoustique, les lésions physiologiques, létales ou non, qui peuvent être de nature
permanente ou temporaire.
? Les réactions comportementales les plus communément observées correspondent à la
fuite (déplacement, enfouissement) et, selon les espèces, à des changements de position
dans la colonne d?eau, de la vitesse de nage ou encore dans l?alimentation. Cependant,
les conséquences (effets indirects) de ces réactions restent peu étudiées.
? Les connaissances sur les phénomènes de masquage n?en sont qu?à leurs balbutiements.
La compréhension et la prédictibilité des niveaux de masquage restent émergentes et la
poursuite des recherches est nécessaire. Cependant, il existe certaines études
démontrant que les cétacés (groupe le plus étudié), en réponse au masquage acoustique,
ont développé une adaptation comportementale vocale également appelée « effet
Lombard ». En effet, l?acoustique étant primordiale pour assurer la communication entre
individus d?une même population, les cétacés doivent maintenir un certain seuil de
détectabilité des signaux.
? Les lésions physiologiques non létales, permanentes ou temporaires, influencent les
chances de survie des individus et peuvent avoir des conséquences plus ou moins
importantes sur les populations concernées, à la fois pour les différents stades larvaires
(retard d?éclosion et de développement, malformations) comme pour les adultes
(barotraumatisme, organe lésé, stress métabolique, altération des communications). En
fonction des espèces, ce type de lésion dépend de l?intensité sonore, de la durée
d?exposition, ainsi que de l?état physiologique de l?animal.
? Les lésions létales peuvent être causées par une exposition, même brève, aux bruits
impulsionnels de très forte intensité. La mortalité des individus peut être immédiate
(hémorragie, lésion des organes vitaux) ou indirecte (échouage, prédation).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
98
2) Impacts à long terme
a) Habituation, adaptation,
déplacements
L?exposition préalable des animaux au bruit
et leur habituation ou non peut expliquer
qu?ils réagissent différemment aux pertur-
bations. Des études menées dans les
années 1980 ont montré que les populations
de baleines résidentes d?Arctique étaient
beaucoup plus sensibles que les autres au
bruit occasionné par les brise-glaces. Ces
populations non migrantes ayant été peu ou
pas exposées aux nuisances sonores (po-
pulations dites « naïves ») montraient des
comportements de fuite alors que le navire
était à plus de 50 km, et des perturbations
comportementales à plus de 80 km [125].
En parallèle, d?autres populations s?adaptent
à ces modifications de leur environnement.
Dans différentes zones anthropisées à
travers le monde, des études ont montré une
modification durable des signaux émis par
plusieurs espèces de cétacés. Comme
exposé précédemment, avec l?augmentation
du bruit de fond dans certaines régions, des
espèces ont « adapté » leur communication
en modifiant la fréquence de leurs
émissions, leur intensité ou en diminuant
l?intervalle entre chaque signal [31, 145].
Cependant, une apparente tolérance aux
perturbations peut avoir des effets à l?échelle
de la population qui sont plus difficiles à
évaluer, en particulier pour les animaux avec
une forte propension à être fidèles à un site
[13, 14]. Certaines zones ont un rôle
important dans la survie d?une population
animale (reproduction, alimentation, etc.), et
la quitter en raison d?un dérangement peut
avoir des conséquences significatives sur la
19 Organisme fédéral des États-Unis, dépendant de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), elle-même
appartenant au U.S. Department of Commerce.
fitness de la population (succès reproductif,
augmentation du risque de prédation,
exposition à d?autres pressions, etc.).
Certaines populations vont donc préférer
rester dans la zone malgré le risque d?impact
plutôt que la quitter [162]. Le manque de
réaction peut alors être interprété comme
une absence d?impact, tandis qu?il s?agit
plutôt d?une absence d?alternative face aux
contraintes [13].
Une potentielle habituation à des signaux
répétitifs a été démontrée chez certains
poissons. Durant des expositions répétées à
des émissions sismiques, des sébastes ont
montré un retour à leur comportement pré-
exposition durant les tirs, suggérant ainsi
une habituation. Des poissons de récifs ont
quant à eux montré une diminution de
l?intensité de leur réponse au bruit au fur et
à mesure de leur exposition à une même
source. Ce type de comportement d?habi-
tuation a également été observé chez les
calmars, les crabes et les seiches [24].
b) Conséquences énergétiques et
démographiques
Pour certaines organisations comme le
National Marine Fisheries Service (NMFS)19,
les perturbations comportementales ne sont
pas considérées comme un dommage. Or si
elles n?occasionnent pas de lésions à pro-
prement parler, elles peuvent être à l?origine
de conséquences importantes pour l?indi-
vidu et la population à plus long terme, du
fait des risques liés aux difficultés d?accès
aux ressources, à la diminution des taux de
reproduction ou de survie des jeunes par
exemple. Il est toutefois très complexe de
relier directement la perturbation individuelle
à l?effet sur la population.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
99
Certaines études ont montré que les
émissions sonores répétées, selon leur
intensité et leur fréquence, peuvent
engendrer un état de stress chronique chez
les mammifères marins, et plus
spécifiquement les baleines à bec. Cet état
de stress impliquerait des effets sur
l?alimentation et la reproduction des
animaux [190].
Un changement de comportement ou un
stress chronique peuvent induire l?abandon
d?une activité importante (nourrissage,
reproduction ou élevage des jeunes) ou d?un
site d?importance écologique en réaction au
bruit émis. L?abandon répété ou prolongé
d?activités vitales pourrait mener à des
conséquences dommageables pour l?animal
affecté [141] et à terme pour la population
[74]. L?impossibilité d?accéder à une zone
fonctionnelle comme une zone d?ali-
mentation ou de reproduction peut affecter
les réserves énergétiques d?un animal et par
conséquent sa survie ou sa fertilité [135].
Les impacts à long terme, en bref
? Les impacts à long terme peuvent occasionner des perturbations comportementales et influer
sur la démographie des espèces.
? Certaines espèces ne s?adaptent pas aux émissions sonores qui les affectent et les fuient.
Leur comportement peut s?en trouver modifié, même loin de la source sonore. Un stress,
parfois chronique, peut apparaître, allant jusqu?à l?arrêt d?une activité primordiale pour la
survie de la population (alimentation, reproduction, élevage des jeunes).
? D?autre espèces s?habituent aux émissions sonores, avec parfois un retour à un
comportement antérieur, ou bien développent des adaptations. Cette absence de fuite ne
présage en rien d?une absence d?impact sur la population, mais peut témoigner d?une absence
d?alternative face aux contraintes. Les impacts à long terme, notamment s?ils se prolongent
ou sont répétés individuellement, peuvent avoir des conséquences importantes sur le
maintien et la démographie de la population.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
100
3) Effets cumulés
Les activités anthropiques génèrent
différentes pressions qui vont s?appliquer
sur les individus, les populations et les
écosystèmes. Les pressions interagissent
entre elles et peuvent modifier la magnitude
d?un effet en l?augmentant (synergie) ou en
le diminuant (antagonisme). L?évaluation
des effets de ces pressions requiert l?accès
à des données physiologiques, démo-
graphiques et comportementales expéri-
mentales et de terrain à une échelle spatio-
temporelle très large, depuis l?individu
jusqu?à l?écosystème. En milieu marin, ces
données sont quasiment inexistantes [32].
La question des effets cumulés du bruit se
pose à différents niveaux. Le bruit est une
pression venant se cumuler à d?autres
(destruction d?habitat, capture accidentelle,
collision, pêche, mais aussi acidification des
océans, changement climatique, etc.). Une
seule activité anthropique génère à elle
seule des pressions de différentes natures.
L?évaluation des pressions cumulées
concernant le bruit est déjà un défi, mais ne
reste qu?une évaluation partielle des effets
cumulés de l?ensemble des activités
anthropiques. Il faut notamment prendre en
compte :
? Le cumul des impacts du même
chantier sur toute sa durée. Les
méthodes de calculs des périmètres et
des niveaux d?impacts pour les
mammifères marins sont souvent basées
sur des durées bien inférieures à la durée
totale des chantiers. Il est difficile de
prédire le comportement d?espèces
hautement mobiles comme les mam-
mifères, les poissons ou les tortues face
aux nuisances sonores. Prédire le cumul
des impacts générés par des travaux sur
l?ensemble de leur durée implique de
connaître le comportement (éloignement
ou non) des animaux, ce qui est
impossible. Toutefois, en présence d?acti-
vités très bruyantes comme la sismique ou
le battage de pieux, il est très peu probable
que les animaux restent à proximité de la
source de bruit sans réagir [65, 168].
? Le cumul spatial des impacts de
plusieurs chantiers ou activités
bruyantes. Prédire l?impact acoustique
de plusieurs chantiers proches
nécessite d?avoir accès aux informations
sur le bruit généré par chacune des
activités, ce qui peut être compliqué
dans le cadre de projets industriels pour
des raisons de confidentialité. Le
recours à des modèles robustes
permettant de définir la propagation et
les niveaux d?exposition de plusieurs
chantiers simultanés est indispensable
dans ces cas de figures. L?effet de
barrière acoustique est souvent
mentionné comme un impact probable
des chantiers spatialement proches, en
particulier si les travaux sont con-
comitants. Celui-ci doit être confirmé par
la modélisation.
? Le cumul dans le temps des impacts de
plusieurs chantiers ou activités
bruyantes. Même s?ils n?ont pas lieu en
même temps, l?exposition répétée des
organismes marins aux nuisances
engendrées par des chantiers proches ou
avec des activités de routine (trafic
maritime notamment) peut avoir des
impacts et notamment créer un état de
stress chronique [190]. L?impact de cette
situation de stress sur la fitness des
individus, et in fine sur la population, est
difficile à estimer avec les méthodes
actuelles. Il s?agit donc d?un axe de
recherche à développer.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
101
Les impacts cumulés, en bref
? Les impacts cumulés des activités anthropiques génératrices de bruits nécessitent
l?acquisition de connaissances robustes à différentes échelles géographiques et saisonnières,
à la fois sur les pressions sonores existantes et sur les populations présentes et
potentiellement impactées. L?évaluation des impacts cumulés nécessite donc d?aller au-delà
d?une simple étude d?impact pour un projet donné.
? Les travaux de recherche fondamentaux sur cette problématique sont à encourager, ainsi que
le rapprochement des différents acteurs impliqués (scientifiques, industriels, services de
l?état, etc.).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
102
III. Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine
1) Évaluer le niveau de bruit et la
propagation des ondes acoustiques
Pour évaluer les impacts d?un projet sur la
faune marine, la première étape consiste à
quantifier le niveau de bruit attendu et à
modéliser la propagation des ondes acous-
tiques, en fonction des caractéristiques du
bruit et de la zone d?étude.
a) Évaluer le niveau de bruit
Pour obtenir une représentation fiable de
l?impact sonore d?un projet, il est tout d?abord
nécessaire d?évaluer le plus précisément
possible les caractéristiques spectrales du
bruit dont on cherche à modéliser la
propagation. Ces caractéristiques acous-
tiques seront ensuite intégrées au modèle
de propagation des ondes sonores sous la
forme d?un gabarit acoustique (représen-
tation des niveaux d?émission en fonction de
la fréquence) représentatif de la source
sonore étudiée.
Ce gabarit doit être représentatif des
conditions d?émission à évaluer. Par
exemple, dans le cas d?un battage de pieux,
le gabarit doit être établi pour le même
diamètre de pieu, le même matériau, la
même récurrence de battage, la même
méthode d?enfoncement, etc.
En l?absence de données collectées in situ,
il convient de rechercher dans la
bibliographie les données les plus
représentatives possibles du bruit que l?on
cherche à évaluer. S?il n?existe pas de
données sur la source de bruit à caracté-
riser, il est possible d?utiliser un gabarit d?une
source ayant des caractéristiques similaires.
Par exemple, l?impact sonore d?un brise-
roche hydraulique, pour lequel aucune
donnée acoustique n?est disponible à l?heure
actuelle, peut être assimilé à celui généré
par le battage d?un pieu de 50 cm de
diamètre, dans la mesure ou la cadence de
battage est similaire à celle du brise-roche,
que le diamètre du pieu correspond à celui
du marteau et que l?énergie transmise par le
moteur est du même ordre pour les deux
engins [12].
Pour vérifier la pertinence du gabarit, un
recalage du modèle pourra éventuellement
être fait a posteriori avec des données
mesurées in situ afin de vérifier la cohérence
des prédictions du modèle.
b) Évaluer la propagation des ondes
acoustiques
La propagation des ondes acoustiques est
un phénomène complexe, et son évaluation
nécessite parfois d?avoir recours à des
logiciels de modélisation spécifiques. La
modélisation de la propagation des ondes
acoustiques est indispensable pour évaluer
l?impact sonore d?un projet, notamment par
petit fond où les phénomènes de
réflexion/réfraction sont particulièrement
importants et où la propagation des ondes
basse fréquence est fortement atténuée.
Avant de modéliser l?empreinte sonore
d?une source de bruit, il est nécessaire de
réaliser une carte de l?ambiance sonore
préexistante, c?est-à-dire de modéliser le
bruit ambiant sur la zone d?étude sans la
source de bruit dont on cherche à évaluer
l?impact. Cette estimation du bruit ambiant
doit être représentative des conditions envi-
ronnementales attendues au moment où la
source sonore sera introduite dans le milieu
(même température, même état de mer, etc.).
Le logiciel de modélisation doit prendre en
compte le bruit ambiant sur la zone d?étude.
Si le bruit ambiant n?est pas pris en compte
dans le modèle, l?émergence sera plus
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
103
importante et le bruit propre de la source
émettrice à évaluer sera alors surestimé.
La précision des prédictions d?un modèle
dépend du choix des algorithmes qui doivent
être adaptés à la situation à modéliser, mais
également de la qualité des données
d?entrée fournies au modèle. La propagation
du son étant dépendante des caractéris-
tiques du milieu, un logiciel de modélisation
de la propagation des ondes acoustiques
doit prendre en compte les paramètres environ-
nementaux de la zone d?étude, et a minima :
? la bathymétrie. Les algorithmes doivent
être adaptés à la bathymétrie de la zone
d?étude. La bathymétrie a une forte
influence sur la propagation des ondes
acoustiques. La propagation par petit fond
est en effet très différente de la
propagation par grand fond, du fait des
phénomènes de réflexions notamment, et
certains algorithmes (comme ceux basés
sur la théorie des rayons sonores) n?y sont
pas adaptés [158] ;
? la nature du fond. La composition des
sédiments influe fortement sur le compor-
tement des ondes acoustiques : le sable
aura tendance à favoriser la réflexion des
ondes, la vase est propice aux phéno-
mènes d?absorption et les substrats
rocheux aux phénomènes de diffusion. La
nature du fond doit donc être prise en
compte afin d?intégrer dans le modèle les
propriétés géoacoustiques de la zone
d?étude ;
? un profil bathycélérimétrique, établi sur
la base de profils de température et
salinité en fonction de la profondeur
(profils CTD), afin que le modèle puisse
calculer la célérité des ondes acoustiques
et intégrer l?éventuelle stratification de la
colonne d?eau. Ce profil doit être
représentatif des conditions environ-
nementales de la zone d?étude au moment
où les émissions sonores vont être
générées (même lieu, même saison).
Le logiciel doit également intégrer un
modèle de pertes par propagation adaptée à
la zone d?étude afin de prendre en compte
l?atténuation du signal entre la source et le
récepteur. Ce modèle peut être établi grâce
à des mesures in situ. Cette option est à
privilégier afin de garantir un modèle
représentatif des conditions environ-
nementales de la zone d?étude et donc une
estimation plus précise des pertes. À défaut,
un modèle théorique peut être utilisé.
Il existe plusieurs modèles théoriques de
pertes par propagation ; le plus simple est le
modèle de propagation sphérique, qui
considère que l?onde acoustique se propage
de la même façon dans toutes les directions.
Les pertes se calculent alors de la façon
suivante :
Pertes (en dB) = 20 log10 X + ?X/1000
Où X est la distance (en m) entre la source et
le récepteur, et ? est le coefficient
d?atténuation par amortissement (en dB/km).
Ce modèle de propagation sphérique donne
une représentation très simplifiée des
phénomènes de pertes par propagation et
son utilisation ne doit pas être systématique.
Enfin, le modèle de propagation des ondes
acoustiques doit intégrer, sous la forme d?un
gabarit acoustique détaillant les niveaux par
fréquence, le bruit généré par la source
émettrice qui aura été évalué préalablement.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
104
2) Connaître les espèces présentes
a) Distribution, saisonnalité et
fréquentation
Pour évaluer les impacts potentiels d?une
activité anthropique, des connaissances de
base sur les peuplements marins du secteur
sont nécessaires. Il convient donc de rensei-
gner a minima les informations suivantes :
? La diversité spécifique : Quelles sont les
espèces présentes ou potentiellement
présentes sur le site d?étude ?
? La distribution spatio-temporelle : Quelles
sont les zones les plus fréquentées ?
Quelles espèces sont présentes sur ces
zones ? Ont-elles une saisonnalité de
présence ?
? La fréquentation et l?utilisation du site : Les
espèces sont-elles résidentes sur le site
ou de passage ? Quelle est l?importance
de ce site par rapport aux environs ? La
zone est-elle connue pour une utilisation
particulière (alimentation, reproduction,
nurserie) ?
? La sensibilité des espèces présentes :
L?espèce est-elle particulièrement sensible
au bruit ? Qu?elle est son statut de conser-
vation ? L?espèce subit-elle d?autres
pressions au sein de la zone d?étude
(pêche, pollution, diminution des
ressources, etc.) ?
L?ensemble de ces informations permet de
définir les enjeux et d?évaluer les effets
potentiels du projet sur les communautés
marines.
Un certain nombre de données existent pour
la France métropolitaine et l?outre-mer, mais
elles sont rarement suffisantes pour évaluer
les impacts d?un projet. Si elles apportent
des données précieuses sur le fonction-
nement général d?un secteur (à l?échelle
d?une façade maritime), les données
L?évaluation et la modélisation de la propagation des ondes sonores, en bref
? L?étude d?impact acoustique d?un projet doit évaluer a priori le niveau de bruit attendu au sein
de la zone d?étude et anticiper la propagation des ondes sonores. Cette évaluation se fait
lorsque le contexte l?exige à l?aide d?un logiciel de modélisation.
? Le modèle doit être calibré grâce à des données d?entrée représentatives de la zone et de la
période d?étude. Ces données incluent a minima la bathymétrie, la nature du fond et le profil
bathycélérimétrique de la colonne d?eau. Le modèle doit également intégrer les pertes subies
par les ondes sonores lors de leur propagation dans le milieu, ainsi que le bruit ambiant sur
la zone considérée.
? Le bruit dont l?impact est à évaluer est intégré au modèle sous la forme d?un gabarit
acoustique (représentation des niveaux d?émission en fonction de la fréquence) qui doit être
représentatif des conditions d?émissions.
? Bien que la calibration du modèle puisse s?appuyer sur des sources bibliographiques, les
mesures in situ sont à privilégier pour se rapprocher des conditions réelles et assurer la
robustesse des prédictions.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
105
publiques existantes sont généralement
acquises selon une échelle spatiale et
temporelle non compatibles avec une étude
fine de la fréquentation et de l?utilisation de
la zone par les espèces marines. Des acqui-
sitions de données dédiées, par suivi in situ,
sont donc nécessaires dans la plupart des cas.
Pour tout suivi environnemental, il convient
d?identifier clairement la question à laquelle
on souhaite répondre, en cohérence avec
l?ampleur et le niveau d?impact attendu du
chantier. Les types de suivis et les échelles
spatio-temporelles adaptées varient en
fonction des objectifs recherchés : identifier
un changement de distribution ou d?abon-
dance dans le cadre d?un projet éolien n?est
pas la même chose que d?identifier un
changement de comportement lors d?une
campagne sismique.
b) Sensibilité auditive
Il convient dans un premier temps de
recenser les espèces sensibles potentiel-
lement présentes sur la zone d?étude et
d?évaluer leur sensibilité auditive en fonction
des données disponibles. Une étude
bibliographique préalable est indispensable,
pour disposer d?un audiogramme pour
chaque espèce (ou groupe d?espèces), ou, à
défaut, de celui d?une espèce taxino-
miquement proche.
Les mammifères marins peuvent être
répartis en 6 groupes d?audition en fonction
de leur utilisation de l?acoustique [167, 168]
(voir la partie 2 - I - 1 - Les mammifères
marins pour plus de détails) :
? les cétacés basse fréquence, qui
regroupent les grandes baleines ;
? les cétacés haute fréquence, comme les
grands plongeurs et la plupart des
Delphinidés ;
? les cétacés très haute fréquence, comme
certains delphinidés et les marsouins ;
? les siréniens ;
? les phocidés ;
? les autres carnivores.
Pour chaque groupe, la sensibilité au bruit
est différente en fonction des gammes de
fréquence de meilleure audition.
De même, chez les poissons, la sensibilité
auditive peut être très différente d?une
espèce à l?autre (voir partie 2 - I - L?audition
des espèces marines).
Certaines réglementations, mesures de
mitigation et guides de bonnes pratiques
préconisent de ne considérer impactantes
que les émissions acoustiques situées dans
les gammes d?audition des espèces consi-
dérées. Si cette mesure semble logique, elle
n?est pas unanime en raison des variabilités
interspécifiques et inter-individuelles qui
peuvent être observées.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
106
3) Fixer des seuils de tolérance et
définir des périmètres d?exclusion
Afin de limiter l?impact sonore d?un projet,
certains pays ont défini des seuils de
tolérance, sous forme d?un niveau maximal
à ne pas dépasser à une distance donnée
de la source. L?Allemagne a, depuis 2013,
fixé ce seuil à 160 dB re 1 µPa².s (LE,p) et
190 dB re 1 µPa (Lp,pk) à 750 m de la source
de bruit dans le cadre d?opération de battage
de pieux ; la Belgique a également fixé un
seuil Lp,pk de 185 dB re 1 µPa à 750 m.
En France, il n?existe pas de critères
réglementaires concernant les seuils
d?exposition au bruit sous-marin. L?arrêté
ministériel du 9 septembre 2019 relatif à la
définition du bon état écologique des eaux
marines et aux normes méthodologiques
d?évaluation (NOR : TREL1923380A) fixe
les critères pour évaluer l?état écologique et
les pressions sur le milieu marin à l?échelle
des sous-régions marines. Il ne fixe pas de
seuil réglementaire à ne pas dépasser dans
le cadre de projets en mer, mais des travaux
en ce sens sont néanmoins en cours à
l?échelle nationale et européenne.
Les travaux de Southall et al. en 2007 [167],
qui ont défini des seuils TTS et PTS pour les
mammifères marins, ont fait référence
pendant plus de 10 ans en s?imposant
comme les seuils à respecter. Cependant,
depuis 2007 les connaissances en matière
de bioacoustique ont progressé [59, 64, 66,
168]. La National Oceanic and Atmospheric
Administration (NOAA ? U.S. Department of
Commerce) met à jour les calculs de
pondération auditifs et les seuils sur la base
des avancées scientifiques, tout en
essayant de garantir une robustesse
statistique au regard des données rares et
des revues par les pairs. Les nouveaux
seuils proposés intègrent les nouvelles
connaissances sur les capacités auditives
des mammifères marins et les
caractéristiques des différentes sources de
bruit. De nouvelles fonctions de pondération
ont été développées (voir annexe 1),
notamment dans le cadre des travaux de
l?U.S. Navy [65]. Ces nouveaux seuils et
fonctions de pondération ont fait l?objet d?une
récente publication [168].
Nous considérerons ces résultats comme
Déterminer les espèces présentes, en bref
? Le porteur de projet doit recenser les espèces présentes dans la zone de travaux, s?informer
de leur statut de protection, de leur utilisation spatio-temporelle du site et de leur sensibilité
aux pressions, et notamment au bruit. En effet, selon les taxons, les capacités auditives et la
sensibilité au bruit diffèrent.
? Ces éléments permettront au porteur de projet d?appréhender les enjeux et les effets
potentiels du projet sur les espèces présentes et de formuler les bonnes questions pour
adapter l?étude d?impact à la sensibilité de la zone d?étude.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
107
l?état de connaissance le plus avancé et le
plus opérationnel dans le domaine à ce jour.
Comme décrit précédemment, six groupes
de mammifères marins sont distingués : les
cétacés basse fréquence (grandes
baleines), les cétacés haute fréquence (la
plupart des Delphinidés, les cachalots et
baleines à bec notamment), les cétacés très
haute fréquence (marsouins, Kogiidés,
dauphins d?eau douce), les siréniens, les
phocidés et les autres carnivores (Otariidés,
Ursidés et Mustélidés).
Deux types de sons sont considérés : les
sons impulsionnels et les sons non-
impulsionnels ou continus. En effet, une
exposition à des sons impulsionnels peut
générer un risque plus élevé de fatigue
mécanique de l?oreille interne que ne le ferait
une exposition à des sons non-
impulsionnels [77]. La durée de l?exposition
sonore n?est donc pas le seul critère pouvant
entraîner un dommage physiologique. Dans
ce cas, le niveau d?exposition sonore (LE,p)
n?est pas la métrique la plus appropriée pour
décrire les effets des sons impulsionnels.
Une approche duale est donc proposée en
exprimant les seuils TTS et PTS à la fois en
niveaux d?exposition sonore (LE,p) et en
niveaux de pression sonore (Lp,pk) pour
chaque groupe d?audition.
De nouveaux seuils TTS ont ainsi été
déterminés, extrapolés ensuite aux PTS.
Des seuils différents ont été établis pour les
bruits de type impulsionnel (tableau 9) ou
continu (tableau 10). Pour les bruits de type
impulsionnel, les seuils sont déclinés en
deux versions : les seuils LE,p pondérés
(incluant les fonctions de pondération par
groupe d?espèces), c'est-à-dire fonction des
fréquences auxquelles les différents
groupes sont les plus sensibles, et les seuils
Lp,pk non-pondérés (seuils de niveaux reçus
indépendant de la capacité auditive du
récepteur).
Son impulsionnel
TTS PTS
LE,p,24h
(pondéré)
Lp,pk
(non pondéré)
LE,p,24h
(pondéré)
Lp,pk
(non pondéré)
Cétacés basse fréquence 168 213 183 219
Cétacés haute fréquence 170 224 185 230
Cétacés très haute fréquence 140 196 155 202
Siréniens 175 220 190 226
Phocidés dans l?eau 170 212 185 218
Autres carnivores dans l?eau 188 226 203 232
Tableau 9 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins exposés à un son
impulsionnel. Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re 1 µPa².s.
Les niveaux de pression sonore (Lp,pk) sont exprimés en dB re 1 µPa (d?après [136] et [168]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
108
Il n?existe pas à l?heure actuelle de seuils de
réaction d?évitement définis pour les
différents groupes d?espèces. Quelques
valeurs issues d?expériences en bassin ou
découlant d?extrapolation existent et sont
parfois utilisées. Mais seules les valeurs de
TTS et PTS font l?objet d?un relatif
consensus.
Pour les tortues et les poissons, les travaux
de Popper et al. en 2014 [152] ont
également permis d?établir des seuils de
TTS et de PTS pour différentes sources de
sons impulsionnels. Comme pour les
mammifères marins, les seuils sont
proposés en niveaux d?exposition sonore ou
niveaux de pression sonore. Concernant les
réactions comportementales, aucune valeur
ne fait aujourd?hui consensus au sein de la
communauté scientifique.
Ce travail est toujours en évolution et devrait
faire l?objet d?une mise à jour
prochainement. Les valeurs données dans
le tableau 11 sont donc appelées à être
modifiées.
Son continu TTS
LE,p,24h (pondéré)
PTS
LE,p,24h (pondéré)
Cétacés basse fréquence 179 199
Cétacés haute fréquence 178 198
Cétacés très haute fréquence 153 173
Siréniens 186 206
Phocidés dans l?eau 181 201
Autres carnivores dans l?eau 199 219
Tableau 10 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins exposés à un son continu.
Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re1µPa².s (d?après [136] et [168]).
Groupe
TTS PTS
LE,p LE,p Lp,pk
Tortues Non disponible 210 207
Poisson (sans vessie natatoire) 186 219 213
Poisson (vessie natatoire non reliée à l?oreille interne) 186 210 207
Poisson (vessie natatoire reliée à l?oreille interne) 186 207 207
OEufs et larves Non disponible 210 207
Tableau 11 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de poissons et les tortues à un son impulsionnel
de type battage de pieux. Les niveaux d'exposition sonore (LE,p) sont exprimés en dB re1µPa².s.
Les niveaux de pression sonore (Lp,pk) sont exprimés en en dB re 1µPa (d?après [152]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
109
Les seuils de tolérance, en bref
? Certains pays ont fixé des niveaux de bruit à ne pas dépasser, à une certaine distance, dans
le cadre de travaux sous-marins (battage de pieux notamment). En France, aucun seuil n?a
été établi à l?heure actuelle.
? De récents travaux bibliographiques (2019) proposent cependant des seuils limites, au-delà
desquels des pertes d?audition (TTS ou PTS) peuvent être observées. Ces seuils constituent
à l?heure actuelle les valeurs de référence à prendre en compte dans le cadre des études
d?impact acoustique.
? Concernant les seuils de réactions comportementales, il n?existe pas aujourd?hui de
consensus scientifique.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
110
4) Modèles existants de prédiction des
impacts biologiques
Les impacts potentiels du bruit sur la faune
peuvent être appréhendés à deux échelles
distinctes :
? À l?échelle de l?individu, les impacts
s?appliquent au niveau de sa capacité à
communiquer avec ses congénères, à
chasser et détecter les prédateurs et in
fine, à sa survie.
? À l?échelle de la population, les impacts
s?appliquent au niveau de la capacité des
individus à se reproduire, au taux de
survie et à la mortalité.
Les méthodes existantes de modélisation
du bruit et d?estimation des impacts à
partir des seuils acoustiques et des
fonctions de pondération des différents
groupes d?espèces peuvent permettre de
définir statistiquement le nombre
d?animaux impactés au moment de
l?activité bruyante. Mais cela ne présume
pas des conséquences à moyen ou long
terme sur les animaux. Des modèles
prédictifs de conséquences à long terme
sont donc en développement. Ces
modèles sont très dépendants des
données d?entrées et reposent souvent,
au moins en partie, sur du dire d?expert.
La part d?incertitude autour des résultats
qu?ils produisent est donc importante.
Néanmoins, ils offrent des approches
nouvelles en prenant en compte les
aspects démographiques et énergétiques.
La recherche avançant, ces modèles sont
amenés à évoluer rapidement, voire à être
remplacés par de nouveaux outils.
? Le modèle SAFESIMM (Statistical
Algorithms For Estimating the Sonar
Influence on Marine Megafauna) est un
modèle basé sur les agents (individus)
pour quantifier l?impact d?une activité
bruyante sur les mammifères marins.
Initialement développé dans le cadre de
l?utilisation du sonar, le modèle a depuis
été élargi à d?autres sources de bruit
comme la construction de parcs EMR [43].
À partir des niveaux de bruit générés par
l?activité et des niveaux reçus par les
agents, la probabilité de subir un PTS,
TTS ou une réaction comportementale est
estimée pour chacun des agents à partir
d?une relation dose-réponse. Les résultats
sont ensuite intégrés sur la totalité de la
période de travaux sous forme d?un
historique du nombre de dommages
(lésions permanentes ou temporaires)
et/ou perturbations (dérangements) subis
par chacun des agents.
La modélisation de différents scénarios
via cet outil permet de quantifier les
impacts de différentes méthodes de
construction ou de différentes sources de
bruit et constitue ainsi un outil d?aide à la
décision pour le porteur de projet.
? L?Interim PCoD (IPCoD) a été développé
par le Sea Mammal Research Unit
(SMRU) de l?Université de St Andrews en
2014 afin de produire une première
estimation quantitative des effets
potentiels sur les populations de mam-
mifères marins de la construction et
l?exploitation de tous types de dispositifs
d?énergies marines renouvelables dans
les eaux britanniques [73, 99]. Il est une
version simplifiée du PCoD, qui ne pouvait
pas être appliquée aux espèces à enjeux
de la région, en raison de l?absence
d?information empirique pour de
nombreux paramètres. L?objectif de ce
modèle est de prédire sur des pas de
temps plus ou moins longs les impacts
démographiques potentiels de travaux de
construction de parcs éoliens sur une
population de mammifères marins
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
111
donnée. Si ce type de modèle dépend
beaucoup des données d?entrée et du dire
d?expert, et malgré toutes les incertitudes
associées à chacun des paramètres
d?entrée, il n?en reste pas moins un outil
intérimaire pour commencer à quantifier
les impacts à long terme des nuisances
acoustiques.
? Le modèle DEPONS vise à prédire les
impacts à long terme du bruit sur les
mammifères marins [126]. Il utilise des
modèles existants de déplacements et de
balance énergétique (apports/pertes
d?énergie) basés sur le fait que les
domaines vitaux et la dynamique des
populations reposent sur la compétition
alimentaire. Le modèle DEPONS est
proche de l?IPCoD mais diffère au niveau
des informations de base et du traitement
des aspects démographiques. Si l?IPCoD
utilise des moyennes de taux de survie
pour les espèces considérées, le modèle
DEPONS est plus axé sur l?énergétique et
considère la survie à travers la capacité
des individus à trouver de la nourriture. Ce
modèle nécessite donc des connais-
sances sur la disponibilité de proies. Il
permet de simuler les effets sur les
populations selon différents scénarios,
distances à la source et sur un laps de
temps plus ou moins long. Aujourd?hui, le
modèle DEPONS s?applique uniquement
au marsouin commun.
Le tableau 12 ci-après synthétise les
modèles de prédiction des impacts
biologiques existants.
Les modèles de prédiction des impacts biologiques, en bref
? Différents modèles permettant de prédire les conséquences à long terme des perturbations
sur les mammifères marins ont été développés.
? Dans tous les cas, ces modèles reposent sur des hypothèses, que cela soit sur la propagation
du son, sur les paramètres démographiques, sur les seuils ou encore les comportements.
? Si leurs résultats sont toujours à relativiser, ces outils apportent néanmoins les premières
quantifications des impacts du bruit sur la faune marine. La plupart n?est aujourd?hui disponible
que pour quelques espèces, faute de données suffisantes, mais ces modèles offrent des pers-
pectives prometteuses pour l?évaluation des impacts et la simulation de différentes solutions.
Ils sont donc appelés à devenir des outils d?aide à la décision pour les chantiers en mer.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
112
Outil Éléments d?entrée Développé pour Indiqué pour Moins indiqué pour
SAFESIMM
- Niveau de bruit généré par
l?activité
- Niveau de bruit reçu par les
agents (individus)
- Durée des travaux
- Nombre d?individus concernés
Impact des émissions sonar sur
les mammifères marins, étendu
depuis à d?autres activités
- Définir le nombre de PTS, TTS
ou perturbations
comportementales subis par les
mammifères marins dans le
cadre d?une exposition à de forts
niveaux sonores
- Explorer des scénarios de
calendrier de travaux
- Définir les effets sur la fitness ou
réaliser des projections à long
terme
IPCoD
- Nombre d?individus affectés par
jour
- Paramètres démographiques de
la population concernée
- Nombre de jours de
dérangement
Impact du dérangement
acoustique sur les populations de
mammifères marins
- Prédire les trajectoires de
populations (impactées vs non
impactées) en réponse aux
travaux
- Explorer des scénarios,
notamment sur les effets
cumulés
- Travailler sur des espèces pour
lesquelles peu de données
existent
- Travailler sur des zones avec de
grandes variations saisonnières
de densité
DEPONS
- Paramètres démographiques de
la population
- Carte de disponibilité de proies
- Mouvements de la population
- Distance de réaction à bruit
Impact du bruit sur les marsouins
communs de Mer du Nord
- Évaluer les effets cumulés sur le
marsouin
- Explorer des scénarios spatio-
temporels de construction
- Travailler sur d?autres espèces
que le marsouin commun
Tableau 12 : Tableau récapitulatif des différents modèles prédictifs existants.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
113
5) Limites et axes à développer
Le bruit agit à différents niveaux sur les
espèces marines et peut donc générer des
impacts de différentes natures. Si la
compréhension et la quantification des
impacts directs sont déjà difficiles à
appréhender et sont loin de faire l?unanimité
dans la communauté scientifique, les
impacts indirects sont très peu connus et/ou
documentés. Les connaissances actuelles
sur la faune marine restent lacunaires. Notre
capacité à détecter un déclin avant qu?il ne
prenne des proportions dramatiques pose
question [184, 192]. L?amélioration des
connaissances fondamentales sur la
distribution, les cycles biologiques et les
schémas migratoires reste un point essentiel
pour appréhender les impacts et définir des
mesures de mitigation efficaces.
L?évaluation de l?impact sonore d?un projet
sur l?environnement repose sur la
robustesse des logiciels de modélisation de
propagation des ondes sonores. Le choix
des algorithmes est donc déterminant et
ceux-ci doivent être adaptés aux conditions
environnementales de la zone d?étude, et
notamment à la bathymétrie. La modé-
lisation par petit fond est particulièrement
complexe et requiert des adaptations,
notamment liées aux fréquences de
coupure. La calibration du modèle apparaît
également comme un facteur déterminant
pour la qualité des prédictions. La qualité et
la fiabilité des données d?entrée sont donc
primordiales. Le recours à des données
collectées in situ, notamment pour
l?évaluation des pertes par propagation, est
à privilégier dans la mesure du possible afin
de limiter les biais dans les estimations.
Le but premier des méthodes de mitigation
classiquement mises en place pour réduire
les impacts directs (soft-start/ramp-up, arrêt
des activités quand les animaux sont
observés à proximité, etc.) repose sur
l?hypothèse que les animaux sont capables
de fuir pour ne pas être impactés. Cela
présume également que le déplacement des
animaux a des effets moins néfastes que les
impacts directs. Cela peut être faux pour
certaines espèces, en particulier celles
inféodées à des zones restreintes ou rési-
dentes. Un déplacement peut alors avoir des
conséquences sur la survie des individus et
donc de la population [67] (figure 27). La
capacité de la population à trouver des
zones alternatives adaptées doit donc être
considérée dans l?évaluation des impacts.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
114
Figure 27 : Trame suggérée pour évaluer les impacts des activités anthropiques sur les mammifères marins.
Pour les populations avec une fidélité importante au site, le déplacement peut avoir des conséquences
significatives et aboutir aux mêmes conséquences qu'un dommage direct (d?après [67]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
115
L?extrapolation des impacts individuels au
niveau populationnel est un axe de
recherche en développement qu?il faut
encourager pour pouvoir réduire les
incertitudes et marges d?erreurs, encore
nombreuses. Les études sur les réactions au
bruit des autres taxons que les mammifères
marins sont encore plus limitées, ce qui
restreint la compréhension du phénomène.
Les réponses indirectes des animaux, les
conséquences énergétiques et les impacts à
long terme ainsi que le mécanisme de cumul
des pressions nouvelles et existantes
apparaissent aussi comme des axes de
recherche essentiels à développer pour que
les mesures de mitigation deviennent réel-
lement adaptées aux impacts et aux
échelles spatio-temporelles et non plus seu-
lement régies par un principe de précaution.
Enfin, la détermination de seuils à partir
desquels la mise en place d?évaluation des
distances d?impact et, le cas échéant, de
mesures de mitigation est obligatoire est à
encourager. Bien que cela suppose un
travail de fond sur les connaissances
existantes et requiert le développement
d?indicateurs et de méthodologies adaptées,
cela permettrait une standardisation dans le
traitement des impacts et une harmonisation
des pratiques.
Limites et axes à développer, en bref
? Une bonne connaissance des espèces potentiellement impactées, de leur biologie et de leurs
capacités auditives, ainsi qu?un modèle de propagation du bruit bien calibré sont essentiels
pour évaluer les impacts et proposer des mesures de mitigation adaptées.
? En cas de perturbation, certaines espèces résidentes ou inféodées à une zone voient leur
capacité de survie sérieusement affectée alors que d?autres ont la capacité de fuir. Dans ce
cas, il est nécessaire d?évaluer leur capacité à trouver des zones alternatives fonctionnelles
pertinentes.
? Les propositions des mesures de mitigation aux impacts doivent être établies sur des échelles
spatiales et temporelles adaptées afin de s?affranchir du principe de précaution.
? La détermination de seuils règlementaires est encouragée.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
116
Crédit photo : Cohabys
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
117
I. Éviter
Une mesure d?évitement est définie comme
une mesure modifiant un projet afin de
supprimer un impact négatif que le projet
aurait sur l?environnement. Cela signifie que
pour une espèce ou un groupe d?espèces,
l?évitement garantit l?absence totale
d?impact, direct ou indirect, sur l?ensemble
des individus de la population et sur les
composantes physiques et biologiques
nécessaires à l?accomplissement de
l?ensemble de son cycle de vie [124].
Une même mesure peut, selon son
efficacité, être rattachée à de l?évitement ou
de la réduction : on parlera d?évitement
lorsque la solution retenue garantit la
suppression totale d?un impact. Si la mesure
n?apporte pas ces garanties, il s'agira d'une
mesure de réduction [124]. Certaines
mesures décrites ici seront donc également
mentionnées dans le chapitre sur la
réduction.
1) Planification spatiale et temporelle
La plupart des guides de bonnes pratiques
et recommandations internationales s?ac-
cordent sur l?utilité de définir des zones
et/ou des périodes sensibles pour les
espèces marines, dans ou durant les-
quelles les activités bruyantes seraient
interdites. Mais seuls quelques pays ont
défini clairement des zones et/ou des
périodes fermées à des activités comme les
campagnes sismiques en raison de leur
intérêt écologique (Brésil, Australie, Russie
et pays signataires de l?ACCOBAMS
notamment). Ces zones et/ou périodes
concernent la reproduction, l?alimentation,
l?élevage de jeunes ou encore la migration.
Cette mesure apparaît comme un moyen de
mitigation simple et efficace pour s?assurer
de ne pas nuire aux espèces sensibles dans
les périodes où elles sont les plus
vulnérables [146, 185, 187, 191]. Pour ce
faire, deux prérequis sont nécessaires : (i)
avoir une connaissance suffisante des
zones écologiquement importantes pour les
espèces sensibles, et connaître leur
distribution, leur abondance, leurs
mouvements, leur saisonnalité et leur
sensibilité au bruit ; (ii) avoir une
réglementation officielle qui fixe ces
périodes et/ou zones de fermeture.
Il serait donc judicieux que plus de pays
suivent cette mesure lorsque les
connaissances sont suffisantes ou lorsque
des zones propices ont déjà été identifiées.
La mise en commun de données de
distribution et l?utilisation de techniques de
modélisation ou d?extrapolation des
données existantes pour fournir des
informations sur les secteurs où les connais-
sances sont limitées voire inexistantes sont
à encourager.
Des zones « tampon » autour de ces zones
Partie 3
Procédures ou technologies disponibles pour
éviter, réduire ou compenser les impacts des
émissions sonores sur la faune marine
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
118
protégées et fermées aux activités
bruyantes peuvent également permettre de
s?assurer que les risques de dommages aux
animaux sont minimisés [42, 187, 192].
Le cas des cétacés grands plongeurs en
général, et des baleines à bec en particulier,
mérite une attention spécifique dans la
mesure où ces espèces sont difficiles à
détecter visuellement, étant donné leur
discrétion et le temps très important passé
en plongée. Il convient de rappeler qu?il
s?agit d?espèces vivant constamment en
limite de leurs capacités physiologiques
(longues apnées, fortes pressions, etc.) et
qui sont d?autant plus sensibles au stress,
que celui-ci soit chronique ou résultant d?un
cumul d?impacts [192]. Les zones connues
pour être les habitats préférentiels des
baleines à bec (tête de canyons, pente du
talus continental) sont donc à éviter ou à
monitorer de façon très attentive, en
particulier lorsque ces zones sont
situées non loin des côtes [42, 190]. À titre
d?exemple, la carte ci-dessous (figure 28)
matérialise les zones définies comme
d?intérêt particulier pour les baleines à bec
de Cuvier (Ziphius cavirostris). À l?intérieur
de ces zones, il est préconisé d?éviter les
émissions de sons impulsionnels de forte
intensité [2].
L?évitement de zones de concentration de
proies (et notamment les frayères) est
également conseillé afin d?éviter d?impacter
leur disponibilité pour les mammifères
marins [42].
Les zones d?intérêt écologique (frayères,
nourriceries) peuvent différer en fonction
des taxons considérés. La valeur patrimo-
niale des espèces et leur sensibilité aux
émissions sonores doivent être prises en
Figure 28 : Localisation des zones d'intérêt spécial pour
les baleines à bec de Cuvier en zone ACCOBAMS (d?après [2]).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
119
compte. Dans le cas où une mesure
permettant d?éviter un impact sur un
taxon sensible provoquerait des impacts
majeurs sur d?autres taxons, une solu-
tion de compromis doit être trouvée, et la
solution redéfinie en mesure de réduction.
2) Dimensionnement/caractéristiques
du projet
L?adaptation du projet au regard des enjeux
environnementaux peut être une solution
pour éviter des impacts identifiés en amont.
L?adaptation peut concerner le dimen-
sionnement du projet, son emplacement,
ou les techniques pressenties pour sa
réalisation.
Une analyse des impacts potentiels en
fonction du tracé du projet, des routes
envisagées, du nombre de fondations et de
leurs types, des types d?ancrages ou des
sources acoustiques utilisées doit être
effectuée systématiquement pour chaque
projet. L?analyse de méthodes et/ou de
secteurs alternatifs et l?examen des gains
potentiellement obtenus en termes de
réduction sonore doivent également être
pris en compte. Cela requiert d?avoir une
connaissance fine des niveaux sonores
générés par chacun des scénarios
envisagés et des impacts sur les espèces en
présence.
L?orientation vers les pratiques les moins
bruyantes et les zones de moindre
impact est à encourager.
3) Suspension des travaux lors des
périodes écologiquement importantes
Dans les zones pour lesquelles des périodes
particulières de cycles biologiques ont été
identifiées, la suspension des travaux
bruyants peut être envisagée. Cela peut
concerner des zones de frayères, des zones
de reproduction ou de mise bas durant
lesquelles les nuisances acoustiques
peuvent interférer et causer des effets à long
terme sur l?équilibre et la pérennité des
populations. Lorsque ces zones et périodes
sont connues, les travaux doivent être
aménagés de façon à en tenir compte.
Le caractère saisonnier de l?activité
n?empêche pas le déroulé du projet, mais
le calendrier doit tenir compte de ces
périodes de façon à les éviter.
4) Utilisation de techniques
d?exploitation/fonctionnement
non impactantes
L?utilisation de techniques émettant dans
des fréquences, selon des cadences et/ou
des durées non impactantes pour les
espèces en présence peut constituer une
mesure d?évitement des impacts. Si la
mesure ne permet pas d?exclure totalement
la probabilité d?impact pour les espèces
considérées, il s?agira alors d?une mesure de
réduction et non plus d?évitement.
Le tableau 13 synthétise les principales
mesures d?évitement des impacts pouvant
être mises en oeuvre lors de travaux en mer.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
120
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Planification spatiale et
temporelle Toutes
Interdire les activités bruyantes dans des zones ou à des
périodes reconnues comme sensibles pour les espèces
marines (ex. : habitat des baleines à bec, zone de
reproduction ou mise bas pour les baleines à bosse,
frayères pour les poissons, etc.)
Bonne
Connaissances de ces
zones/périodes souvent
lacunaires
Adapter le
dimensionnement ou les
caractéristiques du projet
Toutes
Définir le secteur, les routes empruntées, les méthodes de
construction et/ou le dimensionnement du projet de façon
à choisir les scénarios de moindre impact
Bonne
Connaissances fines des
niveaux sonores générés par
chacun des
scénarios envisagés
Suspension des travaux
lors des périodes
écologiquement
importantes
Toutes
Aménager le calendrier des travaux de façon à tenir
compte des cycles biologiques des espèces en évitant
des périodes les plus sensibles
(reproduction, mise bas, etc.)
Bonne Connaissance des cycles
biologiques des espèces
Utilisation de techniques
non impactantes
Sonars, sondeurs
mono ou
multifaisceaux,
utilisation de
répulsifs
acoustiques
Choisir autant que possible des techniques qui permettent
d?éviter les impacts sur un groupe d?espèces donné en
jouant sur les fréquences, les cadences, les durées
Variable selon
la technique
Non applicable à tous les
groupes d?espèces
en même temps
Tableau 13 : Récapitulatif des principales méthodes d?évitement des impacts (en vert : mesures à mettre en place en amont, en orange : mesures à mettre
en place lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
121
Les mesures d?évitement, en bref
Il existe différentes mesures d'évitement permettant d'écarter un impact négatif lié au bruit sous-
marin d'un projet. Pour ce faire, le porteur de projet peut :
? Adapter l'emprise spatiale de son projet et/ou le calendrier des travaux (en évitant les
zones/périodes à risque, en dimensionnant au mieux le projet et/ou en stoppant les travaux
lors d?observations de mammifères marins/tortues ;
? Adapter son projet (en termes de dimensions et caractéristiques) aux enjeux
environnementaux ;
? Suspendre les travaux lors des périodes écologiquement importantes ;
? Utiliser des techniques non impactantes (fréquences et/ou niveaux d?émission en dehors des
capacités auditives des espèces potentiellement impactées).
Un compromis devra être trouvé si ces mesures impactaient d'autres taxons. Le porteur peut
également définir précisément ses besoins pour affiner l'emplacement de ses travaux ou les
techniques utilisées. L'orientation vers l'utilisation de techniques les moins bruyantes est
vivement encouragée.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
122
II. Réduire
Les mesures de réduction sont des mesures
visant à réduire les impacts négatifs
permanents ou temporaires d?un projet sur
l?environnement, en phase de construction,
d?exploitation ou de démantèlement. Elles
peuvent agir en diminuant la durée ou en ajus-
tant l?emprise saisonnière, en réduisant l?inten-
sité ou l?emprise spatiale de l?impact [124].
La mise en place de mesures de réduction
n?est pas systématique. Elle fait suite à une
évaluation des impacts et est définie au cas
par cas. Les mesures doivent être
proportionnées à l?impact, lui-même étant
directement lié aux espèces présentes, à
l?intérêt écologique de la zone et aux
incidences attendues de l?activité.
Les seuils à partir desquels des mesures de
réduction sont à mettre en place ne sont
aujourd?hui pas définis. Concernant la
prospection sismique par canons à air,
quelques initiatives ont défini des volumes
de sources (en cubic inch ou in3) à partir
desquels des mesures sont à mettre en
place. En Nouvelle Zélande, le Department
of Conservation a défini sur cette base
3 catégories de campagnes sismiques en
fonction des volumes concernés (< 150 in3,
entre 151 et 426 in3 et > 427 in3). En
dessous de 150 in3, aucune mesure de
réduction n?est nécessaire. Pour les
volumes supérieurs, des mesures sont
requises mais varient en fonction de la
catégorie [39]. En France, l?IFREMER s?est
auto-réglementé sur la question et a mené
des travaux internes visant à définir
également un volume seuil. Ainsi, lors de
campagnes utilisant des sources de moins
de 500 in3, aucune mesure de réduction
n?est mise en oeuvre. Pour toute campagne
supérieure à 500 in3, un protocole de
mitigation est appliqué [46].
L?élargissement de ces travaux aux autres
sources de bruit est primordial. Définir les
volumes des sources sismiques ou le
diamètre des pieux à partir desquels des
mesures de réduction sont à mettre en place
dépasse le périmètre de ce guide. Il s?agit
toutefois d?un prérequis essentiel pour la
mise en place de mesures de réduction
efficaces et dimensionnées au projet. Le
développement de ces travaux de définition
de seuils est donc vivement encouragé.
1) Planification
À l?instar des solutions d?évitement, la
première solution de réduction des impacts
consiste à aménager le calendrier des
travaux en fonction des périodes
propices aux espèces marines. Si
l?utilisation de l?habitat de certaines espèces
est difficile à appréhender, certains secteurs
sont connus pour être des lieux de
reproduction ou d?alimentation pour les
mammifères marins, tortues, poissons péla-
giques, etc. Lors de leur présence
saisonnière sur ces secteurs, ils sont
particulièrement vulnérables aux nuisances.
En minimisant les dérangements lors de ces
périodes, on diminue la probabilité
d?impacter ces espèces.
Il est également important de considérer lors
de l?étude d?impact la présence de zones
alternatives où les espèces potentiellement
impactées pourront trouver refuge, et
d?intégrer la capacité des individus à
rejoindre ces zones.
De même, il est nécessaire d?envisager en
amont du projet les méthodes ou
technologies qui pourraient permettre de
limiter l?impact sonore. Pour cela, le choix
des techniques et des matériaux de
construction est prépondérant.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
123
La prise en compte des activités déjà
existantes et des projets en cours sur le
secteur peut également permettre
d?aménager les calendriers de façon à
réduire les dérangements. En fonction des
projets et des intensités, cela peut prendre
différentes formes : un projet peu bruyant,
ou de plus faible ampleur spatiale, peut avoir
intérêt à se dérouler en même temps qu?un
projet plus gros/bruyant si celui-ci masque
son empreinte sonore ; deux projets
d?ampleurs similaires pourront s?étaler dans
le temps ou se faire simultanément en
fonction des prédictions d?impacts cumulés
qui auront été modélisées en amont.
Pour les projets de type EMR, il est
préconisé de penser l?implantation du
parc de façon à éviter un éventuel effet
barrière généré par les différents dispositifs.
Cela signifie par exemple de veiller à ne pas
« fermer » une baie ou un passage restreint,
de laisser suffisamment d?espace entre deux
éoliennes ou hydroliennes ou de ne pas
juxtaposer des parcs.
2) Réduire le bruit à sa source
a) Utiliser des techniques moins
bruyantes
Il existe plusieurs solutions pour limiter le
bruit généré par des travaux ou activités en
mer. Celles consistant à utiliser des
techniques moins bruyantes peuvent être
classées en trois catégories :
Mesures consistant à aménager ou
modifier les techniques ou outils
employés
? Il est possible d?augmenter la durée de
la frappe lors de la mise en place de pieux
par battage. En allongeant la durée de
frappe lors de battage de pieux, on
diminue l?amplitude de la contrainte dans
le pieu. Cela modifie le spectre du bruit
émis en le décalant vers les basses
fréquences [54]. Mais cela peut aussi
potentiellement augmenter le niveau
d?exposition sonore (LE,p). Pour l?instant,
cette mesure est limitée à des pieux de
petits diamètres (moins de 2 m). Cette
mesure est donc à analyser au cas par
cas lorsque proposée dans des projets.
? L?utilisation d?un autre matériau que
l?acier est parfois proposée lors d?activités
comme le battage de pieux. En utilisant un
matériau alternatif comme les fibres
composites, il est possible de réduire le
rayonnement des surfaces latérales et
donc de réduire le bruit. Une réduction de
l?ordre de 20 dB (Lp,pk) est annoncée par
certains auteurs [157] mais la viabilité éco-
nomique de telles solutions pose question.
? Pour les travaux de prospection par
sismique ou sondeur, la préconisation
principale consiste à restreindre les
émissions aux zones d?études, c?est-à-
dire d?éteindre les sources lorsque les
acquisitions ne sont pas nécessaires
(changement de ligne, transit sur zones,
etc.). Pour la sismique, Il est également
recommandé d?utiliser la source de plus
petit volume (pour les canons à air) pour
atteindre les objectifs du levé et de réduire
autant que possible la proportion d?éner-
gie qui se propage horizontalement [42, 185].
? La réduction des niveaux sonores
générés par les navires passe par
l?adaptation du design du navire,
notamment en adaptant le profil de la
coque et de l?hélice. Cette mesure devant
intervenir en amont de la construction, elle
concerne peu les navires déjà existants.
Des adaptations peuvent tout de même
leur être appliquées sous réserve qu?elles
soient viables économiquement. Il est
donc recommandé que les États et les
armateurs passent en revue leur flotte
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
124
marchande afin de définir quels navires
seraient les plus à même de bénéficier
d?aménagements pour réduire effica-
cement leurs niveaux sonores [84]. Des
outils existent pour cela comme l?EEDI
(Energy Efficiency Design Index)
développé par l?Organisation maritime
internationale (OMI).
D?après une étude datant de 2014 [102],
rendre plus silencieux les navires les plus
bruyants est le meilleur moyen de réduire
le bruit lié au trafic maritime. La cavitation
est la source majeure de bruit rayonné.
La cavitation excessive générée par ces
navires est souvent due à une mauvaise
conception des pièces immergées. Des
solutions de réajustement pour les navires
déjà construits existent ou se déve-
loppent20. Les hélices doivent ainsi être
conçues de manière à réduire les
phénomènes de cavitation. Le design de
la coque, via l?écoulement de l?eau vers
l?hélice, joue également un rôle dans la
réduction de la cavitation.
? Le choix de la machinerie et l?optimisation
de son emplacement dans la coque
peuvent également contribuer à réduire le
bruit rayonné. La propulsion diesel-
électrique a été identifiée comme une
configuration intéressante pour réduire le
bruit et les vibrations et doit être
encouragée lorsqu?elle est envisageable.
20 Voir Leaper et al., 2014 [102] pour plus de détails.
Des mesures in situ doivent parallèlement
être réalisées pour évaluer les gains
obtenus par les nouveaux designs de
coque, d?hélice et de propulsion [102].
? Outre le design spécifique, la
maintenance régulière de certains
équipements comme les hélices et la
coque permet de réduire le bruit. En ôtant
le biofouling et les rugosités de ces
surfaces, on limite la résistance et les
frottements qui contribuent aux
phénomènes de cavitation.
? Enfin la réduction de la vitesse en
dessous de la vitesse de création de
phénomènes de cavitation permet
également de diminuer les niveaux
sonores et constitue une mesure simple et
largement applicable [9, 85]. De récents
travaux ont ainsi montré qu?une diminution
de 10 % de la vitesse de la flotte mondiale
réduirait de 40 % l?énergie acoustique
produite par le trafic maritime dans le
monde [101]. Les gains sont d?autant plus
importants que cette mesure permet
également de baisser les émissions de
gaz à effet de serre et le risque de collision
avec les grands cétacés. La réduction de
la vitesse des navires apparaît donc
comme une mesure adaptée, facile à
appliquer et efficace et dont la mise en
place à grande échelle est vivement
préconisée.
La norme ISO 17208-1:2016
Le développement de standards et de normes pour mesurer le bruit rayonné par les navires et
la réduction de leurs émissions acoustiques est à encourager pour fixer des références et
harmoniser les pratiques. Dans cette optique, la norme ISO 17208-1:2016 décrit les procédures
à mettre en place et les grandeurs à utiliser pour mesurer le bruit sous-marin généré par les
navires, notamment en eaux profondes.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
125
Mesures consistant à choisir d?autres
techniques que celles classiquement
utilisées afin de réduire les émissions
acoustiques
? La technique de vibrofonçage consiste à
installer des pieux en combinant
enfoncement par oscillation et
enfoncement par battage. Pour cela, le
pieu est soumis à un mouvement
oscillatoire à une fréquence de 20 Hz au
moyen de poids en rotation. Ces
mouvements vibratoires permettent la
pénétration dans le substrat. Le battage
n?est alors utilisé que pour finir d?enfoncer
le pieu dans sa position finale. Cette
technique permet ainsi de réduire le temps
de battage et donc le niveau d?exposition
sonore. Les gains d?utilisation de cette
technique sont de l?ordre de 15 à 20 dB
LE,p. Toutefois, le bruit généré par le
vibrofonçage est un bruit continu, difficile
à comparer directement aux bruits
impulsionnels du battage de pieux [100].
L?utilisation du forage en remplacement
ou en complément du battage de pieux
est également une piste développée par
plusieurs sociétés proposant des
technologies adaptées aux différents
types de pieu et de sédiment. Le forage
est déjà utilisé pour un certain nombre de
substrats pour lesquels le battage est
difficile (roche dure ou calcaire par
exemple).
? Pour les parcs éoliens, le choix de
fondation gravitaire plutôt que monopieu
peut également représenter une solution
pour réduire le bruit. Elle consiste à placer
au fond de l?eau des structures en béton
directement sur le sol ou sur une couche
de nivellement, qui est ensuite remplie de
matériaux de ballastage. Elle ne nécessite
donc pas de forage ou de battage de
pieux, et induit donc en principe des
niveaux sonores beaucoup plus faibles.
Cependant, les fondations gravitaires
nécessitent de préparer le sol
(aplanissement, nivellement, etc.), ce qui
peut également engendrer des nuisances
sonores [25] liées aux techniques utilisées
(dragage notamment).
? Pour la prospection sismique, l?utilisation
de technologies alternatives comme
Marine Vibroseis est émergente [47].
Avec cette technique, des fréquences plus
basses et des signaux modulés sont
utilisés, permettant d?abaisser le niveau
de pression sonore (Lp,pk) par rapport à
une source classique, pour un niveau
d?exposition sonore (LE,p) équivalent.
Cependant, l?utilisation de signaux
impulsionnels très basse fréquence et
d?une durée beaucoup plus longue qu?une
source classique peut générer des
impacts plus importants pour la faune
marine. La source sismique devient alors
comparable à un sonar militaire très basse
fréquence. Des études sont encouragées
pour étudier les impacts de ces nouvelles
méthodes.
Mesures consistant à mettre en place des
actions incitatives
Ces mesures ne constituent pas elles-
mêmes une solution pour réduire le bruit
mais elles encouragent les compagnies
industrielles à chercher et adopter de telles
solutions. L?initiative du port de Vancouver
au Canada (programme ECHO, visant à
mieux comprendre et gérer les impacts du
trafic maritime sur les mammifères marins)
est un exemple de projet transdisciplinaire et
collaboratif pour réduire le bruit généré par
les navires. Certaines compagnies de
certification ont développé des indicateurs
de performance sur la base du volontariat
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
126
pour les ports, les armateurs ou les
terminaux incluant la réduction du bruit
(Green Marine aux USA). De telles
initiatives, volontaristes mais conseillées et
économiquement intéressantes (bonus, ré-
duction de la consommation de carburant,
etc.), apparaissent comme une bonne
méthode pour rallier les différents acteurs
autrement que par une réglementation stricte.
D?une façon générale, une analyse des
différentes techniques utilisables et des
niveaux de bruit qu?elles génèrent doit être
menée pour chaque projet. Le choix de la
méthode doit se faire à la lumière de ses
impacts attendus. L?orientation vers la
pratique la moins bruyante est encou-
ragée, sous réserve qu?elle ne soit pas
plus impactante sur d?autres plans (des-
truction des fonds, pollution, etc.).
Les mesures de réduction de bruit liées à
des adaptations ou à des modifications de
techniques sont récapitulées dans le
tableau 14 ci-après.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
127
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Augmenter la durée de la
frappe Battage de pieux Augmenter la durée de la frappe lors du
battage de pieux Inconnue Abaisse la fréquence des émissions, et
augmente potentiellement le niveau LE,p
Changer de matériaux Battage de pieux Utiliser un autre matériau que l?acier
(fibres composites) Inconnue Viabilité économique et résistance du
matériau alternatif à moyen/long terme
Restreindre les
émissions Sismique
Restreindre les émissions aux zones
étudiées, utiliser la plus petite source
nécessaire pour réaliser l?étude
Bonne Procédure de démarrage à reprendre à
chaque début de ligne
Design des navires et de
la propulsion Transport maritime
Conception des coques et hélices de façon
à réduire la cavitation, choix de la
propulsion
Bonne S?adresse peu aux navires déjà construits
Maintenance des navires Transport maritime Entretenir les coques et hélices pour
réduire les frottements Inconnue -
Réduction de la vitesse
des navires Transport maritime Réduire la vitesse des navires en dessous
de la vitesse de cavitation Bonne Augmentation des délais
Vibrofonçage, forage Battage de pieux
Utilisation de la technique de vibrofonçage
ou de forage en complément ou
remplacement du battage de pieux
Bonne Connaissances manquantes sur l?impact du
bruit continu
Fondation gravitaire Battage de pieux Choix de fondations de type gravitaire en
remplacement de fondation monopieu Bonne Impact de la préparation des sols
Marine Vibroseis Sismique Technologie alternative Marine Vibroseis
au lieu des canons à air classique Inconnue Son très basse fréquence comparable aux
signaux des sonars militaires
Normes, standardisations Toutes Mise en place de normes pour la
mesure du bruit Bonne Nécessité d?un consensus scientifique ;
cadre d?application
Actions incitatives Toutes
Mise en place d?actions incitatives pour
pousser les compagnies à développer ou
adopter des mesures de réductions du bruit
Bonne Contreparties financières
Tableau 14 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou modifications de techniques
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
128
b) Techniques visant à isoler/confiner
la source de bruit
Les rideaux de bulles représentent la
méthode de réduction du bruit à la source la
plus largement répandue pour les sources
sonores fixes (battage de pieux et
vibrofonçage, forage, usage d?explosifs
principalement). Le principe est simple : de
l?air comprimé est injecté dans des tuyaux
perforés, l?air ainsi évacué forme un nuage
de bulles. Le contraste d?impédance
acoustique causée par l?interface air/eau
entraîne la diffusion des ondes sonores à
travers les bulles d?air, et la réflexion des
ondes au niveau du rideau ainsi formé
permet de réduire le bruit généré [100].
Plusieurs technologies existent, dont
certaines déjà commercialisées. Globale-
ment, on distingue deux familles : les grands
rideaux de bulles disposés autour d?un
chantier et les petits rideaux de bulles
disposés autour d?un point précis (d?un pieu
à battre par exemple). Le dispositif est
parfois doublé, voire triplé, pour augmenter
la réduction.
L?utilisation de rideaux de bulles a été
largement testée lors de différents chantiers.
Si la maturité de la technique est bonne et
les réductions obtenues sont intéressantes
(jusqu?à 18 dB), la contrainte principale reste
le courant de marée. L?efficacité de cette
méthode est de fait liée aux conditions
environnementales (bathymétrie, état de
mer, courant, etc.).
Le système de bulles encapsulées (Hydro
Sound Damper ou HSD) est une variante du
rideau de bulles dans laquelle un filet
parsemé de ballons remplis d?air et
d?éléments polymères est déployé autour de
la source de bruit. L?objectif de ce système
est d?éviter la dérive des bulles avec le
courant de marée. De plus, la fréquence
d?absorption maximale est modifiable en
changeant la taille des ballons et leur
composition. Ce système reste toutefois
tributaire des conditions météorologiques, et
ne peut être déployé en présence de courant
fort ou de houle trop importante.
D?autres variantes existent, comme le
rideau de bulles confiné, qui consiste à
enfermer le rideau de bulles dans une enve-
loppe cylindrique. Ces dispositifs sont proches
du concept de blocs isolants (voir ci-après).
Le concept des blocs isolants consiste à
confiner la source de bruit (pieu à battre
dans la plupart des cas) dans des
enveloppes cylindriques en acier ou en
plastique recouvertes de matériaux isolants
pour réduire le bruit. Certaines technologies
incluent un rideau de bulles à l?intérieur des
enveloppes.
Les batardeaux sont des blocs isolants
visant à créer un espace sans eau autour du
pieu. Le pieu est placé à l?intérieur d?une
coque en acier plus grande que son propre
diamètre et des pompes évacuent l?eau
entre les 2 structures. L?onde reste alors
confinée dans la coque de par la différence
d?impédance entre l?air et l?eau.
Ces techniques ont été déployées sur
plusieurs parcs éoliens en mer du Nord
(Riffgat et Aarhus Bight par exemple) et
affichent des réductions de bruit
intéressantes (jusqu?à 23 dB LE,p [100]).
Ces deux dernières techniques (blocs
isolants et batardeaux), plus récentes et
moins répandues que les rideaux de bulles,
ont l?avantage d?être moins influencées par
le courant que les rideaux de bulles, et
peuvent donc être des alternatives intéres-
santes.
Les caractéristiques de l?ensemble de ces
techniques sont résumées dans le tableau 15.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
129
Technologies
Capacité de
réduction
du bruit
Applications
possibles Maturité Réf. biblio-
graphiques
Grand rideau de bulles
Rideau de bulles
simple :
10 à 15 dB LE,p
Rideau double :
15 à 18 dB LE,p
Battage de pieux
Forage
Dragage
Explosion
Commercialisé,
nombreuses
utilisations à
travers le monde
15, 100
Petit rideau de bulles
4 à 14 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Technologie
éprouvée sur
différents
chantiers
15, 100
Bulles encapsulées
4-13 dB LE,p
Battage de pieux
Forage
Dragage
Explosion
Technologie
testée sur
plusieurs parcs
éoliens
15, 100
Bloc isolant
Sans rideau de
bulles :
10 à 14 dB LE,p
Avec rideau :
17 à 23 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Commercialisé,
tests dans
différents parcs
éoliens
15, 100
Batardeau (Cofferdam)
10 à 23 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Technologie
éprouvée sur
quelques
chantiers
15, 100
Tableau 15 : Récapitulatif des principales technologies de rideaux de bulles et blocs isolants existantes (d?après [2]).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
130
3) Procédures de suivis de présence
et d?éloignement
Des procédures standardisées nationales
ou internationales ont été initiées par un
certain nombre de pays à travers le monde
pour proposer des mesures de mitigation
lors d?activités bruyantes. Ces guides sont
généralistes ou focalisés sur une activité en
particulier (sismique, éolien, sonar, etc.).
En 1995, le guide du JNCC au Royaume-Uni
a été le premier guide national fixant des
lignes directrices et les mesures de
mitigation à mettre en oeuvre pour la
sismique. Bien que des variations soient
notables entre les guides édités par la suite
par d?autres régions et pour d?autres
activités, la plupart des mesures sont
inspirées de ce guide. De nombreuses
mesures ont donc été empruntées à ce
guide « pionnier » sans pour autant être
applicables ou adaptées à d?autres zones
[146, 187, 191]. De plus, en tant que
« pionnier », ce guide repose essen-
tiellement sur des mesures de bon sens plus
que sur des bases scientifiques établies
[146]. Il a néanmoins fixé les bases de la
plupart des procédures actuelles de par le
monde.
a) Définition et calcul d?une zone
d?exclusion
Une zone d?exclusion est une zone d?un
rayon prédéfini autour de la source de bruit.
Il s?agit de la zone considérée comme
dangereuse pour les espèces marines
concernées.
De nombreux guides recommandent une
zone d?exclusion fixe de 500 m de rayon
autour de la source sonore. Si cette zone
peut être suffisante (voire même supérieure
selon les sources mises en oeuvre) pour
éviter les lésions, des perturbations
comportementales et du masquage acous-
tique sont possibles dans une zone plus
étendue [158]. Des études rapportent ainsi
des réactions significatives observées au-
delà de la zone arbitrairement définie des
500 m [11, 27, 69, 172].
Certains guides/recommandations proposent
donc un calcul de la zone d?exclusion à partir
des seuils auditifs de perturbation
comportementale, ce qui semble beaucoup
plus protecteur. Or cela pose deux
problèmes majeurs : d?une part, cela impli-
que que ces valeurs de seuils existent et
qu?elles soient fiables ; d?autre part, les
zones de mitigation ainsi définies seront plus
larges que celles définies à partir des seuils
de lésions. La question de la possibilité
d?assurer une surveillance visuelle d?une
zone de plusieurs km peut alors se poser [34].
D?autres schémas d?organisation sont alors
à envisager comme de placer des obser-
vateurs sur d?autres navires ou le recours à
des suivis aériens pour localiser les animaux
sur une plus large échelle [94, 140, 146]. Les
suivis aériens sont notamment utilisés dans
certaines régions (Hawaii, Californie,
Australie) lors d?exercices navals incluant
l?utilisation de sonars [42].
En conclusion, il est prématuré, en l?état
actuel des connaissances et des tech-
niques, de définir des zones d?exclusion
basées sur les impacts comportementaux.
Pour les projets susceptibles de causer des
dommages permanents ou temporaires aux
espèces marines, il est donc recommandé
d?appliquer une zone d?exclusion adaptée
aux enjeux et aux caractéristiques du site et
du projet, correspondant a minima à la zone
de risque de dommages physiologiques
(périmètre PTS) des espèces présentes,
assortie d?un facteur de précaution à définir
en fonction des conditions environ-
nementales (zones, périodes, rôle écolo-
gique, etc.), sous réserve que le rayon
minimal soit de 500 m.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
131
L?initiative prise par la Nouvelle-Zélande,
consistant à augmenter la taille de la zone
d?exclusion en présence de jeunes semble
pertinente au vu de leur sensibilité plus
élevée [34]. Il est donc recommandé
d?augmenter ce facteur de précaution dans
les zones/périodes propices à la présence
de jeunes individus et de définir une zone
tampon. Une zone d?alerte peut également
être définie autour de la zone d?exclusion, et
constituer une zone dans laquelle un animal
vu est susceptible de pénétrer dans la zone
d?exclusion (figure 29).
b) Pre-watch
Le pre-watch, ou surveillance pré-travaux,
est une surveillance minutieuse de la
zone entourant le chantier visant à
s?assurer qu?aucune espèce potentiel-
lement impactée par le bruit (en général
mammifères marins et/ou tortues) ne s?y
trouve avant le début des émissions
sonores. Il s?agit d?une surveillance visuelle
à 360° et/ou acoustique menée par des
observateurs de faune marine (MMO pour
Marine Mammal Observer) et/ou des
opérateurs en acoustique passive (PAM
pour Passive Acoustic Monitoring). Cette
mesure est proposée par l?ensemble des
guides de bonnes pratiques. La zone à
surveiller peut correspondre à la zone
d?exclusion précédemment définie ou être
plus large et englober également une « zone
d?alerte ». La durée du pre-watch va géné-
ralement de 30 min (profondeur < 200 m) à
60 min (profondeur > 200 m), durant
lesquelles aucune observation/détection ne
doit être effectuée pour que les travaux
puissent commencer. Dans les zones où
peuvent potentiellement être rencontrés des
cétacés grands plongeurs (cachalots,
baleines à bec), une durée de 60 min est
Figure 29 : Zones définies autour de la source sonore.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
132
fortement conseillée par la plupart des
recommandations (voire 120 min pour
ACCOBAMS). En cas de présence
d?animaux dans ce laps de temps, le début
des émissions sonores est reporté.
Le pre-watch implique que les conditions
météorologiques permettent de surveiller
visuellement la zone d?exclusion et ses
alentours. Cela signifie que les MMOs
doivent être suffisamment haut, avoir une
vue dégagée et qu?ils peuvent observer au
moins dans un rayon de 1 km autour de la
plateforme d?observation. De la même
façon, il convient de s?assurer de la portée
du ou des hydrophones afin de s?assurer de
couvrir la zone à surveiller.
Il est donc recommandé de mettre en
place un pre-watch visuel et/ou
acoustique pour les activités bruyantes21
de l?ordre de 60 min pour les zones de
profondeur supérieure à 200 m et/ou
susceptibles d?abriter des cétacés
grands plongeurs et de 30 min pour les
zones de moins de 200 m de profondeur.
c) Soft-start et ramp-up
Le soft-start et le ramp-up sont des
procédures d?augmentation progressive
du niveau sonore qui visent à éloigner les
espèces marines se trouvant au voisinage
des sources émettrices de façon à éviter tout
risque de dommage physiologique. Le soft-
start consiste à démarrer progressivement
l?activité (mise en route graduelle des
canons à airs en cas de sismique,
augmentation progressive de la vitesse du
rotor en cas de forage ou de la cadence de
frappe pour le battage de pieux par
exemple) jusqu?à atteindre le niveau
maximum d?émission. Lorsque cela n?est
21 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
pas possible (dans le cas d?utilisation
d?explosifs, ou de machines dont il est
impossible de régler l?intensité), la technique
ramp-up est utilisée : du bruit va être émis
dans le milieu par un autre moyen, avec un
niveau d?émission croissant, jusqu?à
atteindre le niveau sonore attendu. Ce n?est
qu?une fois ce niveau atteint que la source
sonore sera mise en oeuvre.
La durée de la procédure doit être suffisam-
ment longue pour provoquer un éloignement
significatif, mais pas pour provoquer une
habituation. Si l?efficacité, la durée et la
marche à suivre de ces procédures font
l?objet de débats [48, 191], elles restent
néanmoins une mesure de référence dans
la plupart des chantiers et sont
recommandées par l?ensemble des guides
ou préconisations de bonnes pratiques. La
durée préconisée est généralement de 20 à
40 min pendant laquelle le niveau de bruit va
augmenter progressivement. Pour obtenir
l?effet répulsif escompté, certains guides
préconisent une augmentation par pas de
6 dB jusqu?à atteindre la puissance maximale
attendue [28].
La mise en place d?une procédure de
soft-start ou ramp-up d?une durée de 20 à
40 min est recommandée dès lors que
celle-ci peut être techniquement mise en
place.
d) Surveillance visuelle pendant les
émissions
La surveillance visuelle est la méthode
d?atténuation la plus commune, présente
dans tous les guides, recommandations ou
protocoles généralement appliqués en cas
d?activités bruyantes (figure 30). Cependant,
les modalités varient largement, que cela
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
133
soit en nombre d?observateurs ou
concernant le caractère continu ou non de la
surveillance.
Si son efficacité dépend fortement des
observateurs et des conditions météo-
rologiques, la surveillance visuelle reste une
mesure pertinente. On considère
généralement qu?au-delà de 4 Beaufort
(vent supérieur à 16 nd), les conditions ne
permettent plus d?assurer une surveillance
efficace. La hauteur de houle et la visibilité
sont également des éléments à prendre en
compte. De plus, l?observation visuelle ne
peut être assurée que de jour. La complé-
mentarité d?un système de surveillance par
acoustique passive permet de palier en
partie ces limitations.
L?utilisation d?imagerie thermique ou infra-
rouge peut permettre de prolonger la
surveillance de nuit. Si cette technologie
n?est aujourd?hui efficiente que dans le cas
d?animaux de grande taille et en zone polaire
ou subpolaire, il est probable que cela
deviendra un outil prometteur dans les
années à venir.
Le recours à des observateurs expérimentés
et indépendants est primordial pour assurer
22 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
une surveillance et des prises de décision
impartiales, efficaces et rapides [144, 187].
Il convient donc d?être vigilant sur les
compétences et expériences des obser-
vateurs. Certaines régions imposent des
certifications obligatoires pour pouvoir
travailler dans les eaux sous leur juridiction
de façon à s?assurer de la qualité des
observateurs. Le Royaume-Uni impose ainsi
la certification MMO JNCC pour travailler
dans ses eaux ; dans le golfe du Mexique, la
formation PSO du BOEM est nécessaire. La
Nouvelle-Zélande impose la formation du
Département de la Conservation (NZ) et cer-
tains pays méditerranéens la formation MMO
dispensée sous l?égide d?ACCOBAMS.
Pour assurer une surveillance attentive,
les observateurs doivent pouvoir avoir
des temps de pause. Il est donc
recommandé d?avoir recours à au moins
trois personnes. Deux observateurs sont
ainsi en poste simultanément et peuvent
organiser des rotations.
Trois personnes sont ainsi recom-
mandées pour réaliser un suivi de la
faune marine pendant les opérations
bruyantes22. Une standardisation des
protocoles issus des travaux de
références (JNCC, ACCOBAMS, etc.) est
encouragée. Le recours à des obser-
vateurs qualifiés, expérimentés voire
certifiés est également essentiel.
Outre leur rôle de mitigation, les obser-
vations visuelles peuvent également jouer
un rôle important dans le suivi des impacts
du chantier. Sans suffire à constituer un
suivi, elles peuvent permettre d?apporter des
éléments sur la fréquentation de la méga-
faune marine à proximité immédiate du
chantier.
Figure 30 : Observateur de faune marine en poste
(crédit photo : Cohabys).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
134
e) Surveillance acoustique
La surveillance acoustique en temps réel
doit être considérée comme un outil
complémentaire aux observations visuelles,
dans la mesure où elle permet de détecter
des mammifères marins lorsque les
conditions d?observations sont mauvaises
pour les observateurs (de nuit ou lorsque les
conditions météo sont mauvaises).
Différents systèmes existent, depuis des
systèmes PAM tractés derrière les navires
sismiques aux réseaux de bouées munies
d?enregistreurs autonomes. Les systèmes
PAM permettent via des algorithmes de
détections et/ou l?écoute par un opérateur
PAM de détecter en temps réel les signaux
de cétacés émis à proximité des
hydrophones. Des logiciels comme
PAMGuard, Ishmael ou les logiciels propres
aux différents fournisseurs de solutions
permettent de visualiser les détections.
Cependant, la méthode a encore ses limites.
Il est ainsi difficile de discriminer certaines
espèces sur la seule base de leurs signaux
et de localiser précisément la position de
l?animal détecté. Si certaines espèces
émettent des signaux dont la portée est
faible (moins de 200 m pour les marsouins
par exemple), d?autres comme les baleines
ou les cachalots peuvent être audibles sur
des kilomètres. La fiabilité des algorithmes
de détections et de classification
automatique manque aujourd?hui de
robustesse. Il convient également de vérifier
que les algorithmes utilisés soient adaptés à
la zone d?étude.
Contrairement aux observations visuelles, il
existe très peu de protocoles détaillés sur
l?utilisation du PAM comme outil de
monitoring dans le cadre de chantiers
offshore. Son utilisation est souvent
encouragée (JNCC, ACCOBAMS) sans
qu?une procédure ne soit réellement détaillée.
À l?instar des observations, la qualification
des opérateurs PAM est cruciale. Il est
impératif que ces derniers soient des spécia-
listes, formés et forts de nombreuses
expériences dans l?utilisation de tels systèmes.
Pour monitorer en continu une zone d?ex-
clusion, il est nécessaire que le nombre
d?opérateurs PAM et le nombre d?hydropho-
nes soient cohérents avec la tâche à accom-
plir et le nombre de MMOs présents à bord.
De nombreuses innovations technologiques
sont en cours dans ce domaine que cela soit
pour la localisation des animaux ou la
détection automatique des signaux
bioacoustiques. Cet outil est donc amené à
évoluer très rapidement.
De même que pour les observations
La surveillance visuelle et acoustique
La surveillance visuelle de la zone d?étude est communément préconisée en cas de recours à
des activités particulièrement bruyantes (prospection sismique, forage, battage de pieux,
utilisation d?explosifs, etc.). Elle peut efficacement être complétée par une surveillance
acoustique, la nuit ou en cas de mauvaises conditions météorologiques.
Ces surveillances doivent être réalisées par des opérateurs qualifiés, expérimentés voire
certifiés (Marine Mammal Observers ou MMOs pour la surveillance visuelle et Passive Acoustic
Monitoring operators ou PAM pour la surveillance acoustique). Certains organismes comme
l?ACCOBAMS proposent des certifications pour ces opérateurs.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
135
visuelles, le monitoring acoustique peut
contribuer au suivi des impacts du chantier
en renseignant sur la fréquentation des
cétacés à proximité immédiate du chantier et
sur les niveaux d?émission en temps réel.
L?utilisation d?un système PAM lors des
opérations bruyantes23 est recom-
mandée en complément d?observations
visuelles. Le recours à des opérateurs
qualifiés, expérimentés voire certifiés est
essentiel.
f) Arrêt des travaux en cas de
présence d?animaux
Les guides et procédures de bonnes
pratiques ne sont pas unanimes sur l?arrêt
des travaux en cas de présence d?animaux
dans la zone d?exclusion : (i) certains guides
préconisent d?arrêter les travaux et de ne les
reprendre que lorsque les animaux seront
sortis de la zone d?exclusion (après avoir
effectué à nouveau un pre-watch et un soft-
start) ; (ii) d?autres recommandent de ne les
arrêter que si les animaux entrant dans la
zone d?exclusion sont des espèces
sensibles (définies au préalable) ; (iii)
d?autres enfin considèrent que le fait que des
animaux entrent dans la zone d?exclusion
alors que les activités sont en cours signifie
que le bruit généré ne les dérange pas.
Aucun arrêt n?est donc nécessaire [42, 191].
Étant donné que la définition de la zone
d?exclusion est généralement basée sur les
seuils connus de tolérance (seuils de
dommage physiologique, augmentés d?une
marge de précaution), que les animaux
peuvent être désorientés lors de l?exposition
au bruit et que l?efficacité des mesures
d?éloignement comme le soft-start n?est pas
connue, il est recommandé d?arrêter les
23 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
travaux en cas d?intrusion d?animaux
dans la zone d?exclusion. Cela implique
qu?une zone d?exclusion soit définie en
amont pour les différentes espèces
désignées comme sensibles au bruit
généré. La détection des animaux est
alors effectuée par les observations
visuelles et le monitoring acoustique.
Ce type de mesure peut ralentir le projet et
allonger les délais. Mais cela permet de
réduire le risque d?impact temporaire ou
permanent sur les animaux s?aventurant en
zone potentiellement dangereuse. Cette
contrainte devrait donc être intégrée en
amont du projet de façon à en tenir compte
dans la planification et la budgétisation du
projet.
Le logigramme présenté sur la figure 31
détaille un exemple de protocole pouvant
être mis en place pour réduire les impacts
sur la faune marine dans le cadre de
réalisation de travaux en mer.
g) Répulsifs acoustiques
Il n?est évoqué ici que l?utilisation des
répulsifs acoustiques comme mesure de
réduction du risque d?impact du bruit dans le
cadre de chantiers bruyants. Leur utilisation
dans le cadre des pêcheries n?est pas
abordée.
Deux principaux types de répulsifs
acoustiques peuvent être utilisés pour faire
fuir des animaux de zones potentiellement
dangereuses : les pingers, qui émettent
généralement entre 2,5 et 100 kHz, et les
effaroucheurs à phoques (seal scarer) qui
émettent entre 8 et 17 kHz. Les deux types
d?instruments, initialement destinés à
éloigner les animaux des pêcheries et à
réduire les captures accidentelles, sont de
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
136
plus en plus utilisés lors de constructions de
parcs éoliens en mer [20] ou d?amé-
nagements portuaires. Les effaroucheurs à
phoques sont ainsi fréquemment recom-
mandés comme mesure d?éloignement pour
les marsouins communs car jugés par
certains auteurs moins impactants que les
pingers pour l?espèce du fait de leurs
fréquences d?émissions [20]. Si leur
efficacité a été prouvée, certains auteurs
estiment que ces dispositifs éloigneraient
les mammifères marins sur des distances
beaucoup plus importantes que ce qui était
attendu [22] et pourraient participer à
l?exclusion des animaux de leurs habitats
favorables en augmentant voire dépassant
l?impact du chantier [38, 189].
Si les répulsifs acoustiques ont montré
leur efficacité sur certains chantiers, ils
ne peuvent toutefois pas être recom-
mandés sur tous les chantiers et leur
utilisation ne peut pas être généralisée.
Comme pour les autres sources
acoustiques, il convient de ne pas
émettre à des niveaux supérieurs aux
besoins. Pour les espèces très haute
fréquences en particulier, la prudence est
de mise. La conduite d?un soft-start et
d?une surveillance minutieuse de la zone
de chantier suffit généralement à
éloigner les animaux des zones
potentiellement impactées.
Les procédures de suivis de présence et
d?éloignement sont synthétisées dans le
tableau 16 ci-après.
Les mesures de réduction du bruit, en bref
Pour réduire les impacts du bruit lors d?activités bruyantes, on distingue 3 catégories de mesures :
? Des mesures visant à planifier les travaux hors des périodes ou zones écologiquement
critiques ;
? Des mesures visant à réduire le bruit à sa source ;
? Des mesures visant à éloigner les espèces sensibles des zones potentiellement dangereuses
pour elles.
Les deux premières catégories sont à privilégier. Il est en effet plus conservateur de chercher à
réduire le bruit avant qu?il ne soit impactant plutôt que d?éloigner les animaux de zones
potentiellement importantes pour leurs cycles biologiques. Ce type de mesures est également
quantifiable en mesurant le son généré, alors qu?il est plus difficile d?évaluer les techniques
d?éloignement.
La surveillance de la présence d?animaux vient ensuite compléter ces mesures. Cette
surveillance peut être visuelle et acoustique et doit être assurée par des opérateurs
qualifiés et expérimentés, voire certifiés.
Le choix des mesures à mettre en oeuvre doit être cohérent au regard des impacts attendus. Le
porteur de projet se doit d?analyser les différentes mesures disponibles et de les intégrer dans la
planification et le budget du projet.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
137
Définition d?une zone
d?exclusion (Zex)
Mise en place
d?un pre-watch
30 min : secteurs côtiers, moins de 200 m de profondeur
60 min : secteurs de plus de 200 m de profondeur
Absence d?espèce
sensible dans la Zex
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Mise en place
d?un soft-start
20 à 40 min
Absence d?espèce
sensible dans la Zex
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Démarrage des
travaux
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Arrêt/report des
travaux
Surveillance
visuelle et
acoustique
Figure 31 : Exemple de protocole à mettre en place pour réduire les impacts sur
la faune marine dans le cadre de réalisation de travaux en mer.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
138
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Définition d?une zone
d?exclusion
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Définir une zone dans laquelle aucune
espèce sensible ne doit se trouver (zone
d?impact physiologique)
Bonne Disponibilité de mesures ou outil de
monitoring pour des zones de plus d?un km
Pre-watch
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Surveillance visuelle/acoustique de la zone
d?exclusion et de ses alentours pour vérifier
l?absence d?espèces sensibles. Durée de
30 à 60 min en fonction de la zone.
Bonne Disponibilité de mesures ou outil de
monitoring pour des zones de plus d?un km
Soft-start/ramp-up
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Augmentation progressive des niveaux
sonores pour éloigner les espèces
sensibles. Durée de 20 à 40 min.
Inconnue
Connaissance limitée sur la séquence
d?augmentation efficiente en fonction des
espèces/groupe d?espèces
Surveillance visuelle Toutes
Présence d?observateurs de faune marine
qualifiés et expérimentés pour surveiller la
zone d?exclusion et ses abords.
2 à 3 personnes nécessaires
Bonne Tributaire des conditions d?observation,
impossible pendant la nuit
Surveillance acoustique Toutes
Déploiement d?un dispositif acoustique
passif de détection et de localisation des
signaux émis par les cétacés
Bonne
Identification jusqu?à l?espèce compliquée,
distance de détection variable selon
l?espèce
Arrêt des travaux
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Arrêt des travaux en cours en cas de
présence d?espèces sensibles dans la zone
d?exclusion, reprise quand ils en sont sortis
selon une procédure à définir
Bonne Coût économique pour le chantier,
acceptation par le donneur d?ordre
Utilisation de répulsifs
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Utilisation de dispositifs type pingers ou
effaroucheurs à phoques pour éloigner les
animaux
Non unanime
dans la
communauté
scientifique
Éloignement de zones écologiquement
importantes, habituation des animaux
Tableau 16 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou modifications de techniques
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
139
III. Compenser
Les mesures compensatoires ont pour but
d?apporter une contrepartie aux effets
négatifs directs ou indirects qui n?ont pu être
évités ou suffisamment réduits. Ces
mesures doivent compenser dans le respect
de l?équivalence écologique et avec pour
objectif l?absence de perte nette de
biodiversité [124].
Face au bruit sous-marin d?origine
anthropique, il n?existe pas à l?heure
actuelle de mesure compensatoire pour
la faune marine. À défaut, toute action ins-
crite dans un Plan national d?action (tortues,
mammifères marins par exemple) contribue à
la conservation des espèces concernées, et
ces actions sont donc encouragées.
IV. Suivre
Toute mesure ERC doit faire l?objet d?un
suivi, imposé par la réglementation, afin de
justifier de la mise en place des mesures et
de leur efficacité. Ce suivi doit donc
répondre à un objectif précis, et permettre
d?évaluer les résultats obtenus vis-à-vis de
ceux attendus. En d?autres termes, le suivi
doit permettre d?appréhender l?évolution du
milieu et des espèces durant le chantier, et
de définir si les mesures ERC planifiées ont
eu l?effet escompté.
Le type de suivi, sa fréquence, son emprise,
ses modalités de mise en oeuvre mais
également le type d?analyse effectué,
dépendent du projet lui-même, des espèces
présentes et de l?intérêt écologique du
secteur.
Les suivis doivent donc permettre de vérifier
si un impact a été observé ou non,
généralement en réponse à un état initial
réalisé en amont des travaux. Pour les
projets ayant une poursuite après la phase
travaux, tels que les parcs EMR, cela induit
un suivi du projet en fonctionnement et au
cours de la vie du parc et un suivi de la
fréquentation par les espèces marines selon
des méthodes à définir en fonction du projet
et de la zone.
Pour les autres projets (sismique, dragage,
déroctage, explosion), une attention
particulière devra être portée aux
échouages d?animaux dans les secteurs
concernés via les réseaux d?intervention
existants. Un suivi post-travaux peut être
envisagé pour ces projets également.
Pour des activités continues, comme le
trafic maritime, il est difficile de mettre en
place des mesures de suivi. Les mesures
ERC proposées étant essentiellement
basées sur l?adaptation du design, la
maintenance et la réduction de la vitesse,
des mesures techniques sur le gain obtenu
en termes de réduction sonore doivent être
réalisées in situ. Des mesures d?accom-
pagnement peuvent être proposées pour
aller plus loin.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
140
V. Accompagner
Aux mesures ERC peuvent également
s?ajouter des mesures d?accompagnement.
Contrairement aux mesures ERC, les
mesures d?accompagnement ne répondent
pas à une obligation réglementaire mais
sont une proposition du porteur de projet
pour améliorer les connaissances ou
augmenter l?efficacité de mesures ERC.
Elles ne se substituent pas à des mesures
ERC mais traduisent plutôt un engagement
vis-à-vis des espèces ou des habitats
concernés par le projet [124].
1) Acquisition de connaissances
complémentaires et diffusion
L?acquisition de connaissances complé-
mentaires sur des zones ou des espèces
concernées par les projets ou travaux
constitue une mesure d?accompagnement.
Cela peut se traduire par la conduite de
suivis environnementaux complémentaires
de plus grande ampleur (spatialement et/ou
thématiquement par rapport à ce qui est
requis pour l?état initial), la mise à disposition
de données collectées, l?approfondissement
des connaissances relatives aux impacts ou
à la biologie des espèces, la participation à
des programmes de recherche, etc.
Ces nouvelles connaissances peuvent par
ailleurs profiter à la définition des zones et
périodes écologiquement importantes.
L?acquisition de connaissances sur les
niveaux sonores générés par les différentes
activités anthropiques est également
encouragée, puisqu?aujourd?hui encore les
données restent parcellaires voire inexis-
tantes pour certaines sources. L?amélio-
ration des connaissances sur les impacts
des émissions sonores sur la faune marine
est également à poursuivre et à accom-
pagner. La diffusion et la valorisation des
données collectées lors des suivis ou dans
le cadre des mesures d?accompagnement
est également un point essentiel.
2) Restauration/réhabilitation
d?habitats
La restauration d?habitats dégradés ou la
réhabilitation de secteurs en vue d?y
favoriser ou accroître la biomasse ou la
biodiversité constituent des mesures
d?accompagnement. Cela implique que ces
habitats présentent des caractéristiques
propices au développement de la faune et
de la flore locales.
Ces mesures de restauration peuvent ainsi
participer à l?amélioration de l?état éco-
logique d?un secteur et le faire évoluer vers
un état plus favorable à son fonctionnement
ou à sa biodiversité.
La création d?aires marines protégées est
une prérogative de l?État qui ne peut
constituer une mesure de compensation ou
d?accompagnement de la part du porteur de
projet. En revanche la participation à
l?amélioration des habitats ou à la restau-
ration d?écosystèmes peuvent constituer
une mesure d?accompagnement tout en
s?inscrivant dans les objectifs d?une aire
marine protégée.
3) Actions de sensibilisation
Le maître d?ouvrage peut accompagner son
projet d?actions de sensibilisation auprès
des usagers et du grand public autour des
thématiques clés. Des actions autour du
bruit sous-marin et des méthodes pour le
réduire, la maîtrise des impacts et des
incidences sur la faune marine peuvent donc
être envisagées par les porteurs de projet.
La communication et la transparence autour
des méthodes utilisées sur ledit chantier
sont également encouragées.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
141
VI. Synthèse
Le tableau 17 ci-après synthétise l?ensemble
des mesures disponibles pour éviter et
réduire les impacts sonores sur la faune
marine.
Les autres mesures, en bref
? Il n?existe pas de mesure compensatoire pour les impacts liés aux émissions sonores.
? Des mesures d?accompagnement peuvent cependant être mises en place. Celles-ci
consistent à acquérir des connaissances complémentaires sur les zones ou les espèces
impactées, sur les niveaux sonores générés, à mettre en place des programmes de
restauration d?habitats, ou à mener des actions de sensibilisation.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
142
Type de mesure Activité concernée Efficacité Mise en oeuvre Niveau de
maturité Coût de mise en oeuvre Difficulté
Éviter
Définir des
zones/périodes
sensibles
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Analyse de données,
connaissances
fondamentales
Dépend des
secteurs
Aucun, mais impact
possible sur le calendrier
du chantier
Limitation des
connaissances
Dimensionnement
du projet
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Dimensionner le
projet en regard des
enjeux
environnementaux
?
Potentiellement significatif,
à considérer le plus en
amont possible
Viabilité
économique,
connaissances
existantes
Suspension des
travaux
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Suspendre les
travaux lors des
périodes clés
?
Potentiellement important, à
considérer le plus amont
possible
Connaissances
existantes,
viabilité
économique
Réduire
Aménagement des
techniques,
techniques moins
bruyantes
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Variable
Adaptation/modificati
on des techniques,
du calendrier
Variable
Potentiellement significatif,
à considérer le plus amont
possible
Connaissances
existantes,
viabilité
économique
Définition d'une zone
d'exclusion
Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Bonne
Suivi visuel et
acoustique,
modélisation
Couramment
mis en place Aucun Limites
techniques
Pre-watch Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Bonne
Suivi visuel et
acoustique,
modélisation
Couramment
mis en place
Observateurs et opérateurs
acoustiques
(3 à 5 personnes, soit 1 200
à 2 200 ¤ HT/jour)
Limites
techniques
Soft-start/ramp-up Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Inconnue
Augmentation
graduelle des
niveaux sonores
Couramment
mis en place
Observateurs et opérateurs
acoustiques
(3 à 5 personnes, soit 1 200
à 2 200 ¤ HT/jour)
Limitation des
connaissances
Tableau 17 : Tableau récapitulatif des mesures pour éviter et réduire l?impact des émissions sonores sur la faune marine
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont, en orange : mesures à mettre en oeuvre en phase de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
143
Type de mesure Activité concernée Efficacité Mise en oeuvre Niveau de
maturité Coût de mise en oeuvre Difficulté
Surveillance visuelle
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Présence
d'observateurs à
bord
Couramment
mis en place
3 observateurs de faune
marine
(environ 1 200 ¤ HT/jour)
Tributaire de
la météo
Surveillance
acoustique
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne Matériel acoustique,
opérateur PAM
Couramment
mis en place
2 opérateurs en acoustique
passive
(environ 1 000 ¤ HT/jour)
Limites
techniques
Arrêt des travaux en
cas de présence
d'animaux
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Présumée
bonne
Surveillance
visuelle/acoustique
temps réel
Couramment
mis en place
Potentiellement important, à
considérer le plus en amont
possible
Acceptation,
conséquences
économiques
Répulsifs
acoustiques
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Discutée
Mise en place de
dispositifs
d'effarouchement
Souvent utilisé De 200 à 500 ¤ par unité Perte
d'habitat
Rideaux de bulles
(air ou HSD)
Battage de pieux, forage,
utilisation d?explosifs Bonne
Rideaux déployés
autour du chantier ou
de l'atelier
Commercialisé De 10 000 à 100 000 ¤ en
fonction du type de chantier
Tributaire du
courant
Matériaux tampons,
batardeaux, blocs
isolants
Battage de pieux, forage Bonne
Déploiement autour
du chantier ou de
l?atelier
Commercialisé
ou en test ?
Moins mature
que les
rideaux de
bulles
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
144
PARTIE 4 :
Fiches synthèse
145
Les fiches présentées dans cette partie
synthétisent, pour certaines sources
sonores :
? les niveaux attendus et les plages de fré-
quences concernées par les émissions ;
? les espèces potentiellement exposées ;
? les impacts potentiels ;
? les mesures à envisager pour éviter ou
réduire ces impacts, et la ou les
éventuelle(s) mesure(s) d?accompagne-
ment à mettre en place.
Chaque fiche présente également un
exemple concret d?observation pour
chacune des sources présentées, avec les
niveaux large bande mesurés (niveau
calculé sur l?ensemble de la bande de
fréquences d?enregistrement).
Ces fiches permettent d?illustrer des
catégories d?activités, mais des différences
majeures existent au sein de chacune de
ces catégories. Les niveaux sonores
générés peuvent varier grandement au sein
d?une même activité en fonction des
caractéristiques des projets. Les impacts
potentiels sont également variables en
fonction des opérations (techniques
utilisées, durée des émissions, niveaux
sonores générés, etc.) et des enjeux du site
(présence des espèces dans la zone, intérêt
écologique de la zone, récurrence des
activités bruyantes, etc.).
Les mesures d?évitement, de réduction ou
d?accompagnement à mettre en place
doivent ainsi être proportionnées aux
impacts attendus. Dans ces fiches
synthèse, un certain nombre de mesures
sont proposées pour chaque activité,
mais cela ne signifie pas qu?elles doivent
systématiquement être mises en oeuvre.
En conséquence, une étude au cas par
cas est nécessaire afin d?établir si des
mesures doivent être mises en place. Il
est nécessaire d?évaluer des distances
d?impact (périmètres PTS a minima),
notamment en modélisant la propagation du
bruit et en réalisant l?inventaire des espèces
potentiellement présentes afin de quantifier
le niveau d?impact. Les mesures d?évite-
ment, de réduction et d?accompagnement
sont alors à adapter en fonction de ce
niveau.
Ces fiches sont classées en fonction de la
nature du bruit généré par l?activité
présentée : bruit impulsionnel (fiches
bleues) ou bruit continu (fiches vertes).
Sur chaque fiche, à côté de la liste des
espèces exposées, une échelle de couleur
Partie 4
Fiches synthèse
PARTIE 4 :
Fiches synthèse
146
permet d?évaluer le risque pour chaque
groupe d?espèce en cas d?exposition
directe. Ces flèches permettent d?appré-
hender l?exposition de chaque groupe
d?espèce à la source de bruit en question en
fonction de ses capacités auditives, en
particulier des fréquences qu?elles sont
capables de percevoir (et de l?étendue de la
gamme de fréquences en question) et du
niveau de bruit à partir duquel elles vont
entendre le son.
Ainsi, les couleurs (rouge, orange, jaune et
beige) témoignent de la capacité des
espèces à percevoir les fréquences émises
(le rouge signifie que le groupe d?espèce
correspondant est susceptible d?être
fortement exposée au bruit émis par la
source, car les fréquences émises
correspondent à la gamme de fréquences
perçue, tandis que le beige signifie que le
groupe d?espèce est peu exposé).
L?intensité de la couleur (vif ou pastel) reflète
l?intensité du bruit perçu : plus la couleur est
vive et plus le niveau émis par la source de
bruit est susceptible d?être fortement perçu
par le groupe d?espèces considéré.
Index des fiches :
Activité Numéro
de fiche Page
B
ru
it
im
pu
ls
io
nn
el
Sondeur monofaisceau 1 147
Sondeur multifaisceaux 2 149
Sondeur de sédiments 3 151
Prospection sismique par canon à air
(sismique « lourde ») 4 153
Prospection sismique haute résolution 5 155
Battage de pieux par marteau hydraulique 6 157
Déroctage à l?explosif 7 159
Répulsifs acoustiques (pingers) 8 161
B
ru
it
co
nt
in
u
Forage 9 163
Éolienne (posée) en fonctionnement 10 165
Hydrolienne en fonctionnement 11 167
Vibrofonçage 12 169
Dragage par drague aspiratrice en marche (TSHD) 13 171
Navire de pêche côtière (< 12 m) 14 173
Navire technique 15 175
Navire de commerce de plus de 100 m 16 178
Navire à grande vitesse 17 179
Navire de plaisance à moteur hors-bord (< 12 m) 18 181
Motomarine 19 183
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
147
Bruit impulsionnel 1. SONDEUR MONOFAISCEAU
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur
Sondeur monofaisceau
halieutique
Simrad EK60-38
Navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Fréquence nominale 38 kHz
Niveau d?émission maximal
(LS @ 1 m) 231 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion 0,25 ? 4 ms
Directivité émission 7°
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Outil émettant des ondes sonores dans le milieu marin dont la
réflexion sur le fond permet de mesurer la hauteur d?eau, d?observer
la colonne d?eau, de visualiser la morphologie des fonds marins et
de caractériser superficiellement la nature du substrat.
Les sondeurs monofaisceaux émettent au travers d?un faisceau
d?angle réduit à la verticale du bateau.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
12-500 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 210 à 240 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion < 2 ms
Directivité Verticale
Importante (quelques degrés)
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie (plus la fréquence est faible, plus
l?onde sonore se propage sur de grandes distances)
? Directivité
1 - SO
N
D
EU
R
M
O
N
O
FA
ISC
EA
U
© IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
148
Bruit impulsionnel 1. SONDEUR MONOFAISCEAU
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence (émissions < à 30 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission et des durées d?impulsion réduites : risques limités à la
zone située à la verticale du sondeur, à proximité de l?antenne.
Les sondeurs haute fréquence (> 100 kHz) ne sont perceptibles que
par les cétacés haute fréquence et très haute fréquence. Les
sondeurs dont les émissions sont supérieures à 180 kHz ne sont plus
audibles par la faune marine.
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
1 - SO
N
D
EU
R
M
O
N
O
FA
ISC
EA
U
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
149
Bruit impulsionnel 2. SONDEUR MULTIFAISCEAU
EK 60
DESCRIPTION
Outil émettant des ondes sonores dans le milieu marin dont la
réflexion sur le fond permet de mesurer la hauteur d?eau, de
visualiser la morphologie des fonds marins et de caractériser
superficiellement la nature du substrat.
Les sondeurs multifaisceaux émettent dans plusieurs directions,
avec une ouverture angulaire importante dans le plan transversal au
porteur.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur Sondeur multifaisceau
Kongsberg EM304
Navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Fréquence nominale 30 kHz
Bande passante 26-34 kHz
Niveau d?émission maximal
(LS @ 1 m) 234 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité émission 0.5° x 140°
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
10-500 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 210 à 240 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité Importante (plan longitudinal au
porteur)
© IFREMER
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie (plus la
fréquence est faible, plus l?onde sonore se
propage sur de grandes distances)
? Directivité
2 - SO
N
D
EU
R
M
U
LTIFA
ISC
EA
U
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
150
Bruit impulsionnel 2. SONDEUR MULTIFAISCEAU
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence (émissions < à 30 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission et des durées d?impulsion réduites : risques limités à la
zone située à la verticale du sondeur, à proximité de l?antenne.
Les sondeurs haute fréquence (> 100 kHz) ne sont perceptibles que
par les cétacés haute fréquence et très haute fréquence. Les
sondeurs dont les émissions sont supérieures à 180 kHz ne sont plus
audibles par la faune marine.
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
2 - SO
N
D
EU
R
M
U
LTIFA
ISC
EA
U
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
151
Bruit impulsionnel 3. SONDEUR DE SÉDIMENTS
EK 60
DESCRIPTION
Équipement acoustique émettant des ondes sonores qui permettent
de caractériser les couches sédimentaires sur plusieurs dizaines de
mètres de profondeur.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
? Activités scientifiques/Recherche
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur Sondeur de sédiments
IxBlue Echoes 3500
Type de navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante 1,5-6,5 kHz
Fréquence de max. d?énergie 3,1 kHz
Niveau d?émission maximal (LS @ 1 m) 212 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion 10 - 100 ms
Directivité émission 20 - 50°
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
1-10 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 190 à 230 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques dizaines de ms
Directivité Importante (verticale)
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie
(plus la fréquence est faible, plus
l?onde sonore se propage sur de
grandes distances)
? Directivité
3 - SO
N
D
EU
R
D
E SÉD
IM
EN
TS
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
152
Bruit impulsionnel 3. SONDEUR DE SÉDIMENTS
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence
Cétacés très haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Oiseaux plongeurs (émissions < à 6 kHz)
Poissons (émissions < à 3 kHz)
Tortues (émissions < à 3 kHz)
Crustacés et mollusques (émissions < à 3 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission, des durées d?impulsion réduites et du niveau d?émission
modéré : risques limités à la zone située à la verticale du bateau, à
proximité de l?antenne du sondeur.
Les sondeurs de sédiments émettant à plus de 3 kHz ne sont audibles
que par les mammifères marins et, dans une moindre mesure, par les
oiseaux plongeurs (jusqu?à 6 kHz).
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
3 - SO
N
D
EU
R
D
E SÉD
IM
EN
TS
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
153
Bruit impulsionnel 4. PROSPECTION SISMIQUE PAR CANON À AIR
EK 60
DESCRIPTION
Technique visant à émettre une onde sonore de forte intensité
(grâce à un ou plusieurs canons à air) et à étudier sa réflexion et sa
réfraction par les différentes strates du fond marin afin d?en
caractériser la structure géologique.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5 Hz-15 kHz
(10-100 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 240 à 260 dB re 1 µPa (LS,pk)
Durée d?impulsion 10-100 ms
Directivité Faible
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE (SISMIQUE LOURDE)
Conditions d?observation :
Contexte Sismique Multi-traces IFREMER
Type de canon Canons à air (GGUN)
Volume 2 570 in3
Nombre de canons 14
Observations :
Fréquences de max. d?énergie < 100 Hz
Pression crête 36,4 bar @ 1 m
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 251 dB re 1 µPa
LE,p : 229 dB re 1 µPa2s
Cadence de tirs 20 s
Principaux paramètres influents :
? Volume d?air contenu dans le
canon
? Nombre de canons à air
? Pression exercée sur le volume
d?air
4 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E PA
R
C
A
N
O
N
À
A
IR
© IFREMER Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
154
Bruit impulsionnel 4. PROSPECTION SISMIQUE PAR CANON À AIR
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés et autres carnivores
Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction de la puissance de la source
? PTS (dizaines voire centaines de m)
? TTS (dizaines à centaines de m)
? Masquage (distance inconnue)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en
cas de présence dans la zone
d?exclusion
++ p.132 à 135
Procédure
de pre-
watch et
soft-start
Observation avant le démarrage
des émissions et augmentation
progressive du niveau sonore
des opérations
+ p.131-132
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite source pour
l?objectif envisagé, restreindre
les émissions aux zones
étudiées
+ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
4 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E PA
R
C
A
N
O
N
À
A
IR
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
155
Bruit impulsionnel 5. PROSPECTION SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION
EK 60
DESCRIPTION
Technique visant à émettre une onde sonore de forte intensité
(grâce à un faible nombre de canons à air) et à étudier sa réflexion
et sa réfraction par les différentes strates du fond marin afin d?en
caractériser la structure géologique.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles
et canalisations
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5 Hz-15 kHz
(10-100 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 225 à 240 dB re 1 µPa (LS,pk)
Durée d?impulsion 10-100 ms
Directivité Faible
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE (SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION)
Conditions d?observation :
Contexte Sismique HR IFREMER
Type de canon Canons à air (mini-GI)
Volume 96 in3
Nombre de canons 2
Observations :
Fréquences de max. d?énergie < 100 Hz
Pression crête 4,3 bar @ 1 m
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 233 dB re 1 µPa
LE,p : 206 dB re 1 µPa2s
Cadence de tirs 6 s
©
Principaux paramètres influents :
? Volume d?air contenu dans le
canon
? Nombre de canons à air
? Pression exercée sur le
volume d?air
5 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E H
A
U
TE RESO
LU
TIO
N © IFREMER
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
156
Bruit impulsionnel 5. PROSPECTION SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION
IMPACTS POTENTIELS
Impacts plus limités que pour la sismique lourde et variables en
fonction de la puissance de la source.
? PTS (de quelques m à quelques dizaines de m)
? TTS (< 50 m)
? Masquage (distance inconnue)
? Dérangement (quelques km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
+ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés et autres carnivores
Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
5 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E H
A
U
TE RESO
LU
TIO
N
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
157
Bruit impulsionnel 6. BATTAGE DE PIEUX PAR MARTEAU HYDRAULIQUE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Procédé consistant à enfoncer un pieu,
souvent métallique, dans le substrat à l?aide
d?un marteau hydraulique simple.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Travaux et aménagements côtiers
? Installation de câbles et canalisations
(installation de plateforme de forage)
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz-20 kHz
(100-1 000 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 200-250 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques millisecondes
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Diamètre du pieu 1,22 mètre
Nature du fond Vase + roche
Bathymétrie 10 m en moyenne
Profondeur d?enfouissement 6 m
Type de marteau et énergie
transmise
Marteau hydraulique IHC-S70
Energie nette max./coup : 70 kJ
Poids masse frappante : 3,5 t
Poids du marteau : 8,3 t
Cadence d?enfouissement 50 coups/min max.
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 400 Hz
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 207 dB re 1 µPa
LE,p : 192 dB re 1 µPa².s
Durée d?impulsion observée 80 ms
Principaux paramètres influents :
? Diamètre du pieu
? Nature du fond
? Bathymétrie
? Profondeur d?enfouissement
? Type de marteau et énergie
transmise
? Cadence d?enfouissement
© NEREIS Environnement
6 - B
A
TTA
G
E D
E PIEU
X PA
R
M
A
R
TEA
U
H
YD
R
A
U
LIQ
U
E
D?après [6]
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
158
Bruit impulsionnel 6. BATTAGE DE PIEUX PAR MARTEAU HYDRAULIQUE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (dizaines voire centaines de m)
? TTS (plusieurs dizaines à centaines de m)
? Masquage (plusieurs km)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à la source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
soft-start
Augmentation progressive du
niveau sonore d?une opération de
travaux
+ p. 132
Méthodes
alternatives
Utilisation de méthodes alternatives
(vibrofonçage, forage)
Choix d?autres fondations (EMR),
réduction du diamètre du pieu
/ p. 125
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
6 - B
A
TTA
G
E D
E PIEU
X PA
R
M
A
R
TEA
U
H
YD
R
A
U
LIQ
U
E
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
159
Bruit impulsionnel 7. DEROCTAGE À L?EXPLOSIF
EK 60
DESCRIPTION
Procédé consistant à fragmenter, à l?aide d?explosifs, un substrat
rocheux puis à déblayer les débris
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
(démantèlement)
? Travaux et aménagements côtiers
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
2 Hz-1 kHz
(< 500 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 250 à + de 300 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?explosif TovexTM
Charge explosive 1 510 kg
Nature du fond Rocheux
Profondeur d?enfouissement Entre 3 et 10 m
Bathymétrie Environ 15 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 456 Hz
Niveau max. @ 1 835 m LS,pk : 149 dB re 1 µPa
Niveau max. ramené @ 1 m LS,pk : 214 dB re 1 µPa
Principaux paramètres influents :
? Charge explosive
? Nombre de charges
? Enfouissement/ profondeur
d?enfouissement
? Nature de la roche
? Bathymétrie
D?après [158]
En pleine
7 - D
ER
O
C
TA
G
E À
L?EXPLO
SIF
D?après [174]
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
160
Bruit impulsionnel 7. DEROCTAGE À L?EXPLOSIF
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (de quelques dizaines de m à plusieurs km)
? TTS (de quelques dizaines de m à plusieurs km)
? Masquage (?)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à la source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = report en
cas de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
pre-watch et
ramp-up
Observation avant le démarrage
des travaux et augmentation
progressive du niveau sonore
+ p. 131-132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
7 - D
ER
O
C
TA
G
E À
L?EXPLO
SIF
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
161
Bruit impulsionnel 8. RÉPULSIFS ACOUSTIQUES (PINGERS)
EK 60
DESCRIPTION
Les répulsifs acoustiques (ou pingers) sont de petits dispositifs
émettant un signal impulsionnel haute fréquence permettant de
garder les mammifères marins à distance des engins de pêche, des
sites aquacoles ou des activités potentiellement dangereuses.
APPLICATIONS
? Activités halieutiques
? Énergies marines renouvelables
? Industrie du pétrole et du gaz
? Travaux et aménagements côtiers
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5-160 kHz
(variable selon l?espèce ciblée)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 130 à 200 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion < 2 s
Directivité Variable
Principaux paramètres influents :
Le choix de la (des) fréquence(s) et du niveau d?émission dépend de
l?usage du répulsif et des espèces de mammifères marins que l?on
cherche à éloigner.
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de répulsif Répulsif à dauphins/marsouins
Marque et modèle AQUATEC Aquamark 210
Profondeur d?immersion 2 m
Bathymétrie 10 m
Type d?émission
Aléatoire avec modulations de
fréquence (5 à 160 kHz) et durée
d?impulsion variable (50-300 ms)
Observations :
Fréquences de max. d?énergie Variable
Niveaux d?émission maximum
ramenés @ 1 m
LS,pk : 148 dB re 1 µPa
LE,p : 143 dB re 1 µPa².s
Durée d?impulsion observée 300 ms
8 - R
ÉPU
LSIFS A
C
O
U
STIQ
U
ES (PIN
G
ERS)
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
162
Bruit impulsionnel 8. RÉPULSIFS ACOUSTIQUES (PINGERS)
ESPÈCES EXPOSÉES
Variable en fonction des espèces ciblées
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence
Oiseaux plongeurs
IMPACTS POTENTIELS
? TTS
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, attraction, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Les répulsifs acoustiques étant mis en place délibérément pour faire
fuir certaines espèces, leur utilisation ne s?accompagne généralement
pas d?évaluation préalable.
Dans le cas où ces répulsifs sont utilisés pour sécuriser un périmètre
(dans le cadre de travaux impactants), il est cependant important
d?évaluer leur efficacité (modélisation de l?empreinte sonore,
évaluation du nombre de répulsifs nécessaires, etc.).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Restreindre
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
++ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
8 - R
ÉPU
LSIFS A
C
O
U
STIQ
U
ES (PIN
G
ERS)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
163
Bruit continu 9. FORAGE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Technique permettant de réaliser un puits
dans le plancher océanique, soit pour
accéder à un réservoir d?hydrocarbures, soit
pour y placer un pieu.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Travaux et aménagements côtiers
? Installation de câbles et canalisations
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 10 kHz
(10-1 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120 à 190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Système de forage
Système Symmetrix
(permet de forer dans les sédiments
meubles et/ou instables)
Nature du fond Vase + roche
Type de support Plateforme à terre
Diamètre de la colonne de
forage 0,9 m
Vitesse de rotation 15 tr/min en moyenne
Profondeur de forage 5 m
Bathymétrie 13 m
Observations :
Fréquence de maximum d?énergie 200 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 168 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de support : plateforme
fixe, flottante ou mobile
? Type de roche
? Diamètre de la colonne de
forage
? Profondeur
9 - FO
R
A
G
E
© NEREIS Environnement
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
164
Bruit continu 9. FORAGE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (quelques mètres)
? TTS (quelques dizaines de mètres)
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de
la zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque
groupe d?espèce : détermination a minima de périmètres de
dommages physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à sa source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
pre-watch et
soft-start
Observation avant le démarrage
des travaux et augmentation
progressive du niveau sonore des
opérations de travaux
+ p. 131-132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
9 - FO
R
A
G
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
165
Bruit continu 10. ÉOLIENNE (POSÉE) EN FONCTIONNEMENT
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Une éolienne offshore (fixée) transmet du
bruit dans le milieu marin : les vibrations
créées par la turbine au niveau de la
nacelle se propagent via le mât et les
fondations jusque dans la colonne d?eau
et les sédiments.
APPLICATIONS
? EMR
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
50 Hz - 2 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120-150 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Localisation Parc éolien offshore C-Power
(Thorntonbank, Belgique)
Type de fondation Jacket (4 pieux)
Puissance unitaire des turbines 5 et 6 MW
Nombre d?éoliennes 54 (325 MW au total)
Bathymétrie 30 m en moyenne
Vitesse du vent 10 m/s
État de mer 1 à 2-3
Observations (moyenne des 5 enregistrements) :
Fréquence de max. d?énergie 20-500 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 133 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de fondation
(gravitaire < jacket
< monopieu)
? Vitesse du vent
? Puissance unitaire des
turbines
© C-Power Fréquence (Hz)
N
iv
ea
u
(d
B
r
e
1
µP
a/
?H
z)
D?après [139]
10 - ÉO
LIEN
N
E (PO
SÉE) EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
EN
T
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
166
Bruit continu 10. ÉOLIENNE (POSÉE) EN FONCTIONNEMENT
IMPACTS POTENTIELS
Impacts encore mal connus
? Masquage ?
? Dérangement ?
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, effet barrière)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter les
vibrations
Choisir des matériaux et des
fondations permettant de réduire
les vibrations lors du
fonctionnement
+ p. 122-123
Favoriser la
circulation
des animaux
Penser l?implantation du parc de
façon à éviter de créer un effet
barrière
/ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
Favoriser la colonisation des fondations (effet récif) et encadrer
les activités de pêche dans le parc (effet réserve)
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
10 - ÉO
LIEN
N
E (PO
SÉE) EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
EN
T
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
167
Bruit continu 11. HYDROLIENNE EN FONCTIONNEMENT
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
L?hydrolienne est une
turbine immergée qui
produit du courant grâce
aux courants marins.
L?ensemble de la
structure va donc
directement émettre du
bruit dans le milieu marin.
APPLICATIONS
? EMRC
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 3 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-165 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?hydrolienne Hydrolienne ?Arcouest?
(OpenHydro)
Puissance de la turbine 2,2 MW
Bathymétrie Entre 40 et 50 m
Substrat Rocheux
Conditions météorologiques Vent : 6 à 8 nd
État de mer < 2 Beaufort
Courant mesuré Entre 0,69 et 1,66 m/s
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 128 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 152 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Vitesse du courant
? Puissance unitaire des turbines
© EDF
D?après [107]
11 - H
YD
R
O
LIEN
N
E EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
ENT
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
168
Bruit continu 11. HYDROLIENNE EN FONCTIONNEMENT
IMPACTS POTENTIELS
Impacts encore mal connus
? Masquage ?
? Dérangement ?
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, effet barrière)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Technique et
maintenance
Réduction du bruit généré par les
pales : biofouling, cavitation, vitesse
de rotation, etc.
++ p. 124
Favoriser la
circulation
des animaux
Penser l?implantation du parc de
façon à éviter de créer un effet
barrière
/ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p.140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs 11 - H
YD
R
O
LIEN
N
E EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
ENT
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
169
Bruit continu 12. VIBROFONÇAGE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Technique permettant d?enfoncer un pieu
ou une palplanche dans le substrat par
oscillation à l?aide d?un vibrateur (ou
mouton).
APPLICATIONS
? Travaux et aménagements côtiers
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue et impulsionnelle
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 50 kHz
(25-2 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 165-185 dB re 1 µPa/?Hz
Durée d?impulsion Quelques dizaines de ms
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Diamètre du pieu 1,22 m
Nature du fond Vase + roche
Bathymétrie Environ 10 m
Type de vibrateur et
caractéristiques
Vibrateur ICE modèle 416 L
Puissance hydraulique = 209 kW
Force centrifuge max. = 646 kN
Poids dynamique = 2 350-2 840 kg
Fréquence de vibration 1 080 t/min (max = 1 600 t/min)
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 63 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 182 dB re 1 µPa/?Hz
Durée d?impulsion observée 30 ms
Principaux paramètres influents :
? Type de substrat
? Diamètre/taille du
pieu/palplanche
? Profondeur d?enfouissement
? Bathymétrie
? Type de vibrateur et énergie
transmise
? Fréquence de vibration
© NEREIS Environnement
12 - VIB
R
O
FO
N
Ç
A
G
E
ptc.fayat.com
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
170
Bruit continu 12. VIBROFONÇAGE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS et TTS possible pour certaines catégories d?espèces (cétacés
basse fréquence, phocidés, certains poissons)
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque
groupe d?espèce : détermination a minima de périmètres de
dommages physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
soft-start
Augmentation progressive du
niveau sonore d?une opération de
travaux
+ p. 132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
12 - VIB
R
O
FO
N
Ç
A
G
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
171
Bruit continu 13. DRAGAGE PAR DRAGUE ASPIRATRICE EN MARCHE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Le dragage par drague aspiratrice en marche (Trailer Suction
Hopper Dredger ou TSHD) consiste à prélever des sédiments
superficiels à partir d?un navire à l?aide d?une élinde équipée
d?une pompe, qui aspire le sédiment.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante (max. d?énergie) 30 Hz - 20 kHz (100-500 Hz)
Niveaux attendus (@ 1 m) :
- Phase de dragage
- Phase de clapage
- En transit
150-190 dB re 1 µPa/?Hz
154-175 dB re 1 µPa/?Hz
~ 170 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de drague Drague aspiratrice en marche à
élinde trainante
Taille du navire 117 m
Type de motorisation Diesel-électrique
Type de substrat Vase
Phase enregistrée Dragage
Vitesse de déplacement 2 à 4 nd
Bathymétrie Supérieure à 15 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 200 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 153 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de motorisation
? Type de substrat
? Vitesse de déplacement
APPLICATIONS
? Activités portuaires
? Extraction de granulats
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
© NEREIS Environnement
13 - D
R
A
G
A
G
E PA
R
D
R
A
G
U
E A
SPIR
A
TR
IC
E EN
M
A
R
C
H
E
www.indiamart.com
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
172
Bruit continu 13. DRAGAGE PAR DRAGUE ASPIRATRICE EN MARCHE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des navires, des techniques et des phases
opérationnelles
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite/destruction des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse des navires en
transit
++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence et Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
13 - D
R
A
G
A
G
E PA
R
D
R
A
G
U
E A
SPIR
A
TR
IC
E EN
M
A
R
C
H
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
173
Bruit continu 14. NAVIRE DE PÊCHE CÔTIÈRE (< 12 M)
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires de pêche génèrent du bruit sous-marin, principalement
du fait de la machinerie (moteur, génératrice, auxiliaires) et de la
propulsion (hélice notamment). Les interférences électriques et
l?utilisation d?échosondeur(s) contribuent également à la signature
acoustique des navires de pêche.
Leur vitesse de croisière se situe généralement autour de 10 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 20 kHz
(100 Hz - 2 kHz)
Niveau attendu (@ 1 m) 130-160 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire de pêche Chalutier
Puissance moteur 242 kW
Taille du navire 11,98 m
Vitesse de déplacement Environ 7 nd
Type de coque Polyester
Année de construction 1989
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 125, 160 et 250 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 133 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du moteur et
de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Âge du navire et entretien
? Type de coque
APPLICATIONS
? Activités halieutiques
? Activités scientifiques/Recherche
© NEREIS Environnement
14 - N
A
VIR
E D
E PÊCH
E C
Ô
TIÈR
E (< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
174
Bruit continu 14. NAVIRE DE PÊCHE CÔTIÈRE (< 12 M)
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p.123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p.124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
14 - N
A
VIR
E D
E PÊCH
E C
Ô
TIÈR
E (< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
175
Bruit continu 15. NAVIRE TECHNIQUE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires techniques regroupent l?ensemble des navires de petite
taille (< 50 m) susceptibles d?intervenir pour le fonctionnement des
ports, la sécurité en mer, le transport d?équipe sur des chantiers
offshore, le contrôle des installations EMR, etc.
Ces navires sont équipés de moteurs in-board. Leur vitesse de
croisière varie entre 8 et 25 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz à 20 kHz
(< 1 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-180 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Navire de travaux polyvalent
Type de propulsion 2 x 1 140 kW
Taille du navire 34 m
Vitesse de déplacement 4 nd
Année de construction 2015
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 63 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 158 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du
moteur et de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Type de coque
APPLICATIONS
? Activités portuaires
? EMR
? Trafic maritime
© Yves Le Rousseau
www.marinetraffic.com
15 - N
A
VIR
E TEC
H
N
IQ
U
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
176
Bruit continu 15. NAVIRE TECHNIQUE
IMPACTS POTENTIELS
Variable en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt écologique
(aires marines protégées, zones de frayère, d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
15 - N
A
VIR
E TEC
H
N
IQ
U
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
177
Bruit continu 16. NAVIRE DE COMMERCE DE PLUS DE 100 M
EK 60
Source : IFREMER
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Oil Tanker
Taille du navire 228 m
Puissance moteur 13 500 kW
Tonnage 42 514 t
Vitesse de déplacement 15 nd
Année de construction 2007
Distance/enregistreur (CPA*) 3 100 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie < 100 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 183 dB re 1 µPa2/Hz
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz à 10 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 170-190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du
moteur et de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Âge du navire et entretien
? Poids du chargement
DESCRIPTION
Les navires de commerce de grande taille (> 100 m) incluent les porte-
conteneurs, les tankers et supertankers, les vraquiers et les
paquebots. Ce type de navire contribue significativement au bruit
ambiant sous-marin global.
Ces navires se caractérisent
par des émissions sonores
basse et très basse fréquence
et une vitesse de croisière située
entre 10 et 20 nd.
APPLICATIONS
? Trafic maritime
? Activités portuaires
*CPA : Closest Point of Approach (point où la distance entre l?enregistreur et le navire est minimale)
© calgaryherald.com
D?après [117]
16 - N
A
VIR
E D
E C
O
M
M
ER
C
E D
E PLU
S D
E 100 M
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
178
Bruit continu 16. NAVIRE DE COMMERCE DE PLUS DE 100 M
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
16 - N
A
VIR
E D
E C
O
M
M
ER
C
E D
E PLU
S D
E 100 M
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
179
Bruit continu 17. NAVIRE À GRANDE VITESSE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires à grande vitesse (NGV) sont généralement affectés au
transport de passagers sur de courtes distances (traversée de la
Manche, du Pas-de-Calais, liaisons Corse-continent, etc.).
Leur vitesse maximale est généralement comprise entre 30 et 40 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz - 25 kHz
(< 200 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-200 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Transport de passagers et véhicules
Type de propulsion Hydrojets (4 x 8 200 kW)
Taille du navire 110 m
Vitesses observées 12, 24 et 37 nd
Type de coque Aluminium
Année de construction 2007
Observations :
Fréquence de max. d?énergie < 100 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 197 dB re 1 µPa/?Hz à 37 nd
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du moteur et
de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Type de coque
APPLICATIONS
? Trafic maritime
(transport de passagers)
N
iv
ea
u
(d
B
r
e
1
µP
a/
?H
z
Vitesse
D?après [163]
17 - N
A
VIR
E À
G
R
A
ND
E VITESSE
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
180
Bruit continu 17. NAVIRE À GRANDE VITESSE
IMPACTS POTENTIELS
? TTS
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
17 - N
A
VIR
E À
G
R
A
ND
E VITESSE
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
181
Bruit continu 18. NAVIRE DE PLAISANCE À MOTEUR HORS-BORD (< 12 M)
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires de plaisance dotés de
moteurs hors-bord génèrent du
bruit sous-marin, principalement lié
aux phénomènes de cavitation
(bulles) au niveau de leur appareil
propulsif.
APPLICATIONS
? Activités récréatives
? Activités
scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 20 kHz
(100 Hz - 1 kHz)
Niveau attendu (@ 1 m) 135-175 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Bateau de club de plongée
Puissance de la motorisation Moteur Yamaha 150 cv
Taille du navire 8 m
Vitesse de déplacement Environ 10 nd
Type de coque Aluminium
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 125 et 400 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 139 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Vitesse de déplacement
? Caractéristiques du moteur
et de la propulsion
? Type de coque
© NEREIS Environnement
18 - N
A
VIR
E D
E PLA
ISA
N
C
E À
M
O
TEU
R
HO
R
S-B
O
R
D
(< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
182
Bruit continu 18. NAVIRE DE PLAISANCE À MOTEUR HORS-BORD (< 12 M)
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
18 - N
A
VIR
E D
E PLA
ISA
N
C
E À
M
O
TEU
R
HO
R
S-B
O
R
D
(< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
183
Bruit continu 19. MOTOMARINE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les motomarines (jet-skis et scooters des mers) génèrent du bruit
sous-marin qui provient principalement des bulles formées par le
système de propulsion par hydrojet et par la rotation des pales de
la turbine (phénomènes de cavitation).
Leur vitesse maximale se situe
généralement autour de 40 nd
(jusqu?à 70 nd pour les engins
de compétition).
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
100 Hz - 10 kHz
(< 2 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120-190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?engin Jet-ski
Type de moteur 4 temps
Puissance de la motorisation 110 cv
Vitesse de déplacement Variable, 10 nd en moyenne
Observations :
Fréquence de max.d?énergie 160 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 136 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Type d?engin
? Motorisation
? Vitesse de déplacement
APPLICATIONS
? Activités récréatives
© NEREIS Environnement
19 - M
O
TO
M
A
R
IN
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
184
Bruit continu 19. MOTOMARINE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du type d?engin et de sa vitesse
? TTS ?
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
19 - M
O
TO
M
A
R
IN
E
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Wyneken, J., 2001. The Anatomy of Sea Turtles. U.S. Department of Commerce,
NOAA Technical Memorandum NMFS-SEFSC-470, 172 p.
Xodus Group Ltd, 2015. Hywind Scotland Pilot Park Project - Marine Noise Desk
Study. Technical note to Statoil ASA, Doc. n°A-100142-S00-TECH-003, 17 p.
Liste des figures
201
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : La fréquence d?un son définit sa « hauteur » : plus la fréquence est élevée,
plus le son est aigu. ................................................................................................................................. 30
Figure 2 : Profil type de célérité du son en milieu marin ouvert (d?après [87]). ................................... 31
Figure 3 : Phénomènes contribuant à atténuer l?intensité d?une onde acoustique
entre la source et le récepteur. ............................................................................................................... 33
Figure 4 : Caractéristiques et composantes du bruit ambiant sous-marin par
grand fond (d?après [188]). ...................................................................................................................... 34
Figure 5 : Différence entre bruit émis, bruit reçu et bruit perçu. À chaque étape,
le niveau de bruit (en dB) et son spectre fréquentiel est susceptible d?être modifié. .......................... 36
Figure 6 : Exemple de densité spectrale de puissance (DSP). ............................................................ 37
Figure 7 : Les différents indicateurs de mesure du niveau de pression sonore (Lp). ......................... 38
Figure 8 : Bruit d?un navire de ravitaillement perçu, en dBht, par un grand dauphin (Tursiops
truncatus) en fonction de sa capacité auditive (audiogramme d?après [93] ;
crédit photo : James D. Paterson/Marine Traffic et COHABYS). ......................................................... 40
Figure 9 : Enregistreur acoustique autonome (OSEAN) équipé d?un hydrophone et
positionné sur un corps mort avant immersion (crédit photo : NEREIS Environnement). .................. 43
Figure 10 : Bouée acoustique flottante autonome
(RTSys - crédit photo : NEREIS Environnement). ................................................................................. 44
Figure 11 : Exemple de courbe de sensibilité d?un hydrophone (d?après [96]). .................................. 44
Figure 12 : Modélisation de l?empreinte sonore de différentes opérations liées aux phases
de construction et d?exploitation du parc éolien en mer de Yeu-Noirmoutier pour le marsouin
commun (Phocoena phocoena) (source : Quiet Ocean, 2016). ........................................................... 46
Figure 13 : Principe de fonctionnement du sondeur multifaisceaux (d?après [1]). .............................. 50
Figure 14 : Principe de fonctionnement d?une campagne de prospection
sismique [143]. ......................................................................................................................................... 51
Figure 15 : : Plateforme mobile Cossack Pioneer de type FPSO (Floating Production
Storage and Offloading [60]), plateforme auto-élévatrice Astra (crédit photo :
EDC Ldt.) et navire de forage West Gemini (crédit photo : Thierry Gonzalez/TOTAL). ..................... 54
Figure 16 : Exemples de fondations d?éoliennes offshore posées
(source : Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport). ................................................................................... 56
Figure 17 : Spectre en tiers d?octave du bruit ambiant sur le site de Bligh Bank
(Belgique) avant construction du parc éolien offshore (en noir), et bruit généré par
la pose et le fonctionnement d?une turbine de 6,15 MW sur fondation «jacket » et
d?une turbine de 3 MW sur fondation monopieu (d?après [138]) .......................................................... 59
Figure 18 : Dispositifs acoustiques utilisés par les navires de pêche (d?après [120]). ....................... 63
Figure 19 : Répulsif acoustique AQUAmark® 210 (AQUATEC) utilisé sur
les engins de pêche (crédit photo : NEREIS Environnement). ............................................................. 63
Figure 20 : La drague aspiratrice en marche Samuel de Champlain
(GIE Dragages-Ports, crédit photo : Fabien Montreuil). ........................................................................ 65
Figure 21 : Dent de déroctage sur ponton dipper
(crédit photo : NEREIS Environnement). ............................................................................................... 67
Liste des figures
202
Figure 22 : Audiogrammes médians pour les Cétacés basse fréquence,
les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence, les Siréniens,
les Pinnipèdes dans l?eau et les autres Carnivores dans l?eau (d?après [136] et [168]). .................... 81
Figure 23 : A gauche, audiogrammes de quatre espèces de tortues marines : la tortue
de Kemp Lepidochelys kempii, la tortue luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée
Eretmochelys imbricata et la tortue verte, ou tortue franche, Chelonia mydas. A droite,
audiogramme de la tortue caouanne (Caretta caretta) à différents stades du
cycle de vie (d?après [98] et [44]). ........................................................................................................... 83
Figure 24 : Schéma de l?oreille interne gauche et des organes otolithiques d?un
poisson osseux, avec ces trois otolithes : saccule, utricule et lagena (d?après [76]). ......................... 84
Figure 25 : Audiogrammes du requin nourrice Ginglymostoma cirratum, du saumon
atlantique Salmo salar et du hareng de l?Atlantique Clupea harengus (d?après [26],
[55] et [72]). .............................................................................................................................................. 85
Figure 26 : Diagramme des impacts potentiels des émissions sonores selon leur
degré de sévérité (d'après [158]). ........................................................................................................... 90
Figure 27 : Trame suggérée pour évaluer les impacts des activités anthropiques sur
les mammifères marins. Pour les populations avec une fidélité importante au site, le
déplacement peut avoir des conséquences significatives et aboutir aux mêmes
conséquences qu'un dommage direct (d?après [67]). ......................................................................... 114
Figure 28 : Localisation des zones d'intérêt spécial pour les baleines à bec de
Cuvier en zone ACCOBAMS (d?après [2]). .......................................................................................... 118
Figure 29 : Zones définies autour de la source sonore. .................................................................... 131
Figure 30 : Observateur de faune marine en poste............................................................................. 133
Figure 31 : Exemple de protocole à mettre en place pour réduire les impacts
sur la faune marine dans le cadre de réalisation de travaux en mer. ................................................ 137
Figure 32 : Fonctions de pondération des cétacés basse fréquence (LF), haute
fréquence (HF), très haute fréquence (VHF), les siréniens (SI), les phocidés
dans l?eau (PCW) et les autres Carnivores dans l?eau (OCW) (d'après [168]) ................................. 205
Liste des tableaux
203
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Indicateurs quantitatifs permettant d?évaluer le niveau de bruit sous-marin .................. 42
Tableau 2 : Niveau de bruit généré à 750 m par le battage de pieu de différents diamètres
(d?après [138] et [6]) .......................................................................................................................... 57
Tableau 3 : Niveaux de bruit généré par les différentes technologies EMR ..................................... 60
Tableau 4 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés au dragage des sédiments
en fonction du type de drague utilisée ............................................................................................... 65
Tableau 5 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés à la pose de câbles et
canalisations en fonction du type de méthode ou outils utilisés ...................................................... 70
Tableau 6 : Exemple de niveaux de bruit générés par des embarcations motorisées
à usage récréatif ................................................................................................................................ 73
Tableau 7 : Caractéristiques de quelques-uns des sondeurs, sonars et systèmes sismiques
utilisés par l?IFREMER pour la recherche océanographique
(source : Y. Le Gall, communication personnelle, 2019) .................................................................. 75
Tableau 8 : Synthèse des niveaux à la source et des fréquences associées des
principales sources de bruit anthropique ........................................................................................... 77
Tableau 9 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins
exposés à un son impulsionnel. Les niveaux d'exposition sonore cumulée
sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re 1 µPa².s. Les niveaux de pression
sonore (Lp,pk) sont exprimés en dB re 1 µPa (d?après [136] et [168]) .............................................. 107
Tableau 10 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins
exposés à un son continu. Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h)
sont exprimés en dB re1µPa².s (d?après [136] et [168]) ................................................................. 108
Tableau 11 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de poissons et
les tortues à un son impulsionnel de type battage de pieux. Les niveaux d'exposition
sonore (LE,p) sont exprimés en dB re1µPa².s. Les niveaux de pression sonore (Lp,pk)
sont exprimés en en dB re 1µPa (d?après [152]) ............................................................................ 108
Tableau 12 : Tableau récapitulatif des différents modèles prédictifs existants ............................... 112
Tableau 13 : Récapitulatif des principales méthodes d?évitement des impacts
(en vert : mesures à mettre en place en amont, en orange : mesures à mettre en
place lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ........................................... 120
Tableau 14 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou
modifications de techniques (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange :
mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ....... 127
Tableau 15 : Récapitulatif des principales technologies de rideaux de bulles et
blocs isolants existantes (d?après [2]) ............................................................................................. 129
Tableau 16 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou
modifications de techniques (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ;
en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux,
exploitation et/ou démantèlement) .................................................................................................. 138
Tableau 17 : Tableau récapitulatif des mesures pour éviter et réduire l?impact des émissions
sonores sur la faune marine (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont, en
orange : mesures à mettre en oeuvre en phase de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ... 142
Tableau 18 : Classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives
(d?après [168]) ................................................................................................................................. 204
Tableau 19 : Paramètres associés aux fonctions de pondération auditives des
différents groupes de mammifères marins (d'après [168]). ............................................................ 205
Annexes
204
ANNEXES
ANNEXE 1. Informations complémentaires concernant les seuils acoustiques
TTS et PTS et les fonctions de pondération pour les mammifères marins
Groupes d?audition
Les mammifères marins ne possèdent pas tous la même sensibilité auditive, et ne sont donc
pas tous affectés de la même façon par le bruit sous-marin. Afin de tenir compte de cette
différence de sensibilité, et notamment de leur capacité à percevoir certaines fréquences
mieux que d?autres, les mammifères marins ont donc été répartis en plusieurs « groupes
d?audition » [136, 168]. Pour chacun de ces groupes d?audition, un audiogramme « moyen »
a été développé (voir figure 22 page 81).
La classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives est
présentée dans le tableau 18 ci-dessous :
Groupe
d?audition Abréviation Genres (ou espèces) inclus
Cétacés
basse
fréquence
LF
Balaenidae (Balaena, Eubalaenidae spp.) ; Balaenopteridae
(Balaenoptera physalus, B. musculus)
Balaenopteridae (Balaenoptera acutorostrata, B. bonaerensis, B.
borealis, B. edeni, B. omurai ; Megaptera novaeangliae) ;
Neobalenidae (Caperea) ; Eschrichtiidae (Eschrichtius)
Cétacés haute
fréquence HF
Physeteridae (Physeter) ; Ziphiidae (Berardius spp., Hyperoodon spp.,
Indopacetus, Mesoplodon spp., Tasmacetus, Ziphius)
Delphinidae (Orcinus) ; Delphinidae (Delphinus, Feresa, Globicephala
spp., Grampus, Lagenodelphis, Lagenorhynchus acutus, L. albirostris,
L. obliquidens, L. obscurus, Lissodelphis spp., Orcaella spp.,
Peponocephala, Pseudorca, Sotalia spp., Sousa spp., Stenella spp.,
Steno, Tursiops spp.) ; Montodontidae (Delphinapterus, Monodon) ;
Plantanistidae (Plantanista)
Cétacés très
haute
fréquence
VHF
Delphinidae (Cephalorhynchus spp. ; Lagenorhynchus cruciger,
L. austrailis) ; Phocoenidae (Neophocaena spp., Phocoena spp.,
Phocoenoides) ; Iniidae (Inia) ; Kogiidae (Kogia) ; Lipotidae (Lipotes) ;
Pontoporiidae (Pontoporia)
Siréniens SI Trichechidae (Trichechus spp.) ; Dugongidae (Dugong)
Phocidés dans
l?eau PCW
Phocidae (Cystophora, Erignathus, Halichoerus, Histriophoca,
Hydrurga, Leptonychotes, Lobodon, Mirounga spp., Monachus,
Neomonachus, Ommatophoca, Pagophilus, Phoca spp., Pusa spp.)
Autres
Carnivores
dans l?eau
OCW
Odobenidae (Odobenus) ; Otariidae (Arctocephalus spp., Callorhinus,
Eumetopias, Neophoca, Otaria, Phocarctos, Zalophus spp.) ; Ursidae
(Ursus maritimus) ; Mustelidae (Enhydra, Lontra feline)
Tableau 18 : Classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives (d?après [168]).
Annexes
205
Fonctions de pondération
Pour chacun des groupes d?audition précédemment défini, une fonction de pondération a
été développée. Ces fonctions de pondération se justifient par le fait qu?un animal est plus
susceptible d?être affecté par une exposition sonore aux fréquences pour lesquelles cet
animal présente la plus grande sensibilité (fréquences pour lesquelles le seuil d?audition est
le plus bas) qu?aux fréquences auxquelles il est peu sensible. De ce fait, les informations
disponibles quant aux capacités auditives des mammifères marins (i.e. les observations
ayant permis de réaliser les audiogrammes de chaque groupe d?audition), combinées à
d?autres paramètres audiométriques (courbes isosoniques, seuils de pertes d?auditions,
etc.24), ont été utilisées pour établir des fonctions de pondération. Il s?agit d?une fonction
mathématique qui agit comme un filtre passe-bande, permettant de donner plus de poids
pour le calcul des seuils TTS et PTS aux fréquences auxquelles les animaux sont les plus
sensibles qu?aux fréquences pour lesquelles l?audition est plus faible (ou nulle). Ces
fonctions de pondération contribuent à déterminer des seuils auditifs pondérés pour chaque
groupe d?audition (figure 32).
Les fonctions de pondération se calculent en appliquant l?équation suivante :
Où :
? W(f) est l?amplitude de pondération (en dB) en fonction de la fréquence ;
? f est la fréquence (en kHz) ;
? C définit la position verticale de la courbe, cette constante est souvent fixée de telle sorte
que W soit égal à 0 dB ;
? f1 définit la limite inférieure de la bande passante, c?est-à-dire la fréquence inférieure à
laquelle l?amplitude de la fonction de pondération commence à décliner ;
? f2 définit la limite supérieure de la bande passante, c?est-à-dire la fréquence supérieure à
laquelle l?amplitude de la fonction de pondération commence à décliner ;
? ?? définit la pente de la fonction de pondération pour les basses fréquences (i.e. à quelle
vitesse décroît l?amplitude W en fonction de la fréquence dans les basses fréquences) ;
? ?? définit la pente de la fonction de pondération pour les hautes fréquences (i.e. à quelle
vitesse décroît l?amplitude W en fonction de la fréquence dans les hautes fréquences).
Pour chacun des groupes précédemment définis, les valeurs de ces paramètres sont
décrites dans le tableau 19 ci-dessous. Les fonctions de pondération ainsi établies pour
chaque groupe d?audition sont présentées sur la figure 32.
24 Pour plus de détails, voir Southall et al., 2019 [168].
W(f)= C+10 log10 {
( f f1)? 2a
[1+( f f1)? 2 ]
a
[1+( f f2)? 2 ]
b }
Annexes
206
Fonctions d?exposition sonore
La fonction d?exposition sonore découle de la fonction de pondération et des seuils auditifs.
Elle est définie comme la différence entre la valeur du seuil auditif et la valeur de la fonction
de pondération pour chaque fréquence.
Cette fonction permet de visualiser l?exposition sonore nécessaire pour engendrer une perte
d?audition temporaire ou permanente en fonction de la fréquence et déterminer ainsi des
seuils TTS et PTS pondérés pour chaque groupe d?audition.
Figure 32 : Fonctions de pondération des cétacés basse fréquence (LF), haute fréquence (HF), très haute
fréquence (VHF), les siréniens (SI), les phocidés dans l?eau (PCW)
et les autres Carnivores dans l?eau (OCW) (d'après [168])
Fonction de
pondération f1 (kHz) f2 (kHz) a B K (dB) R² C (dB)
LF 0,20 19 1 2 179 0,13
HF 8,8 110 1,6 2 177 0,825 1,20
VHF 12 140 1,8 2 152 0,864 1,36
SI 4,3 25 1,8 2 183 2,62
PCW 1,9 30 1 2 180 0,75
OCW 0,94 25 2 2 198 0,557 0,64
Tableau 19 : Paramètres associés aux fonctions de pondération auditives des différents
groupes de mammifères marins (d'après [168]).
Annexes
207
ANNEXE 2. Documentation utile et informations complémentaires
Concernant l?acoustique sous-marine :
? Site internet Discovery of Sound in the Sea : www.dosits.org
? Les travaux de la NOAA sur les seuils et les sensibilités acoustiques :
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-
acoustic-technical-guidance
Textes adoptés dans le cadre de certaines conventions internationales :
? OMI (2014) : ?Guidelines for the reduction of underwater noise from commercial shipping
to address adverse impacts on marine life? :
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-
underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
? CDB (2016) : Décision XIII/10 : « Addressing impacts of marine debris and
anthropogenic underwater noise on marine and coastal biodiversity » :
https://www.cbd.int/decisions/cop/?m=cop-13
? CMS (2017) : « Lignes directrices de la Famille CMS pour les évaluations de l?impact sur
l?environnement des activités génératrices de bruit en milieu marin » :
https://www.cms.int/fr/lignes-directrices/lignes-directrices-famille-cms-impact-bruit-milieu-marin
? Convention OSPAR (2017) Intermediate Assessment of the state of the North-East
Atlantic / impulsive noise : https://oap.ospar.org/en/ospar-assessments/intermediate-
assessment-2017/pressures-human-activities/distribution-reported-impulsive-sounds-sea/
? Convention de Barcelone / Programme de surveillance et d'évaluation intégrées de la mer
et des côtes méditerranéennes / Liste des Objectifs écologiques (OE) et indicateurs :
https://www.medqsr.org/fr/node/227
? ACCOBAMS (2019) : résolution 7.13 : « Bruit d?origine anthropique » :
https://www.accobams.org/fr/meetings/7eme-reunion-des-parties-a-laccobams/
Concernant les retours d?expérience de l?impact des EMR :
? Site internet TETHYS : https://tethys.pnnl.gov/
Concernant les mesures ERC :
? MTES (2018). Guide d?aide à la définition des mesures ERC. Théma Balise. CGDD et
CEREMA. Disponible sur :
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-
%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%2
0mesures%20ERC.pdf
Concernant la distribution des mammifères marins :
? Observatoire PELAGIS :
http://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/catalogueSI/#/search?from=1&to=20
? Site OBIS-SEAMAP : http://seamap.env.duke.edu/
? ObsEnMer : https://www.obsenmer.org/
? OFB : https://www.afbiodiversite.fr/
? L?INPN : https://inpn.mnhn.fr/
? La liste rouge de l?UICN : https://www.iucnredlist.org/
http://www.dosits.org/
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-acoustic-technical-guidance
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-acoustic-technical-guidance
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
https://www.cbd.int/decisions/cop/?m=cop-13
https://www.cms.int/fr/lignes-directrices/lignes-directrices-famille-cms-impact-bruit-milieu-marin
https://www.accobams.org/fr/meetings/7eme-reunion-des-parties-a-laccobams/
https://tethys.pnnl.gov/
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
http://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/catalogueSI/#/search?from=1&to=20
http://seamap.env.duke.edu/
https://www.obsenmer.org/
https://www.afbiodiversite.fr/
https://inpn.mnhn.fr/
https://www.iucnredlist.org/
Annexes
208
ANNEXE 3. Liste des contributeurs
Outre l?apport du comité de pilotage, souligné en page II, certaines personnes ont été
contactées en amont de la rédaction de ce guide. Leurs conseils et propositions ont été
d?une grande aide dans l?élaboration de ce document. Nous tenons donc à remercier pour
leur collaboration :
Nom Institution
ABAD OLIVA Núria ScottishPower Renewables
BOUGANT Julie Port Atlantique La Rochelle
BRARD Pierre Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Seine-Maritime
BROWN Carrie Port de Vancouver
CAURANT Florence Observatoire Pelagis (UMS 3462)
CHAINEAU Claude-Henri TOTAL
DAVID Alexandra Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Manche
DELABY Françoise Direction Régional de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement
des Pays de la Loire
DUCATEL Cécile Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
DUTHION Pierre EDF Renouvelables
FAVILLI Costanza Sanctuaire PELAGOS
FISSEAU Charline Sanctuaire AGOA ? Office français de la biodiversité
GICQUEL Cécile Parc Naturel Marin d?Iroise
GUELLEC Jean-Pierre GIE-Dragages Ports
GUESDON Romain ENGIE GREEN France
GUIDEZ Bertrand Ailes Marines
GUYON Christelle Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de la
Guyane
JEWELL Rebecca MMO/PAM Operator
LAMBERT Isabelle CGG
LAURENT Mélina Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de la
Guadeloupe
LELABOUSSE Clément Parcs Naturels Marins de Mayotte et des Glorieuses - Office français de la
biodiversité
LE COURTOIS Florent Service Hydrographique et Océanographique de la Marine
LE GALL Yves Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
L?HER Christophe SERCEL
MAGLIO Alessio SINAY
MICHEL Sylvain Office français de la biodiversité
NOLET Véronique Alliance Verte
Annexes
209
Nom Institution
NOTO Stéphane Association Nationale des Plaisanciers Motonautiques
RECUERO VIRTO Laura Université de Brest
REMAUD Morgane Office français de la biodiversité
ROITEL Olivier Préfecture Maritime de l?Atlantique
SAMARAN Flore École Nationale Supérieure de Techniques Avancées de Bretagne
SOUTHALL Brandon Université de Californie, Southall Environmental Associates, Inc.
TROUSSARD Corentin RTsys
VICTOR François Direction Interrégionale de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest
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o
uf
fl
eu
rs
d
?é
cu
m
e
- D
R
Avant-propos
Glossaire
Résumé
Abstract
Sommaire
Lexique
Introduction
Réglementation
Contenu du guide
Préambule :
Notions basiques d?acoustique sous-marine
Les ondes acoustiques
La propagation des ondes sonores en milieu marin
Le bruit ambiant sous-marin
Évaluer le bruit sous-marin
I. Industrie du pétrole et du gaz
II. Énergies marines renouvelables
III. Activités halieutiques
IV. Activités portuaires
V. Travaux et aménagements côtiers
VI. Extraction de granulats
VII. Installation de câbles et canalisations
VIII. Trafic maritime (navires marchands et transport de passagers)
IX. Activités récréatives
X. Activités scientifiques/Recherche
XI. Synthèse
I. L?audition des espèces marines
II. Impacts des émissions sonores sur la faune marine
III. Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine
I. Éviter
II. Réduire
III. Compenser
IV. Suivre
V. Accompagner
VI. Synthèse
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
ANNEXES
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
Fiches synthèse
<<
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(ATTENTION: OPTION es de l?enregistreur.
Le choix d?un enregistreur acoustique sous-marin dépend donc des objectifs préalablement
déterminés et notamment :
? du type d?étude à réaliser (monitoring du bruit ambiant sur du long terme, étude des
populations de cétacés, surveillance d?un chantier, etc.) ;
? du type de données à collecter (sources d?origine anthropique, sources biologiques, bruit
ambiant large bande, etc.) ;
? de l?adéquation entre les paramètres de l?enregistreur et de la source sonore afin
d?optimiser les enregistrements et éviter les phénomènes de saturation de l?enregistreur
ou l?inverse ;
? de la stratégie d?échantillonnage : nécessité d?obtenir des informations acoustiques en
temps réel ou a posteriori, durée d?acquisition des données et type d?enregistrement (en
continu ou non), nombre d?enregistreurs déployés en fonction des enjeux et de la surface
de l?aire d?étude.
5) Modéliser la propagation des ondes acoustiques
Afin d?évaluer l?impact sonore d?une activité en mer, il est possible de réaliser une
cartographie de l?empreinte sonore de cette activité autour d?une ou plusieurs source(s)
émettrice(s). Cette cartographie s?effectue à l?aide d?un logiciel (ou code) de modélisation
de la propagation des ondes sonores.
Cette modélisation est complexe, en particulier dans les zones où l?on observe de fortes
variations de bathymétrie. À l?inverse, en milieu ouvert (par grand fond), la propagation des
ondes sonores est moins complexe et donc plus facilement prévisible. La propagation du
son dépend des caractéristiques de l?onde sonore, mais également de l?environnement. Le
logiciel de modélisation, pour fournir une représentation fiable, doit donc pouvoir intégrer un
certain nombre de paramètres afin d?adapter ses prévisions au cas d?étude. Ces paramètres
sont décrits dans la partie 2 III- Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine.
La propagation des ondes sonores ainsi modélisée est représentée en deux dimensions. Il
est cependant possible de modéliser cette propagation à plusieurs profondeurs afin
d?intégrer la composante verticale. La profondeur avec le niveau maximal prédit est alors
conservée pour la représentation en 2D.
Modéliser la propagation des ondes acoustiques et cartographier l?empreinte sonore d?une
activité permet ensuite de définir des périmètres à l?intérieur desquels une espèce est
susceptible de subir des dommages (pertes d?audition temporaires ou permanentes). En
intégrant les capacités auditives de l?espèce dans le modèle de propagation ainsi que des
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
46
seuils de tolérance au bruit, il est possible de réaliser, pour cette espèce, une carte des
impacts potentiels, et ainsi de définir des zones d?exclusion à l?intérieur desquelles il
convient de s?assurer de l?absence d?individus de cette espèce (figure 12).
Figure 12 : Modélisation de l?empreinte sonore de différentes opérations liées aux phases de construction et
d?exploitation du parc éolien en mer de Yeu-Noirmoutier pour le marsouin commun (Phocoena phocoena)
(source : Quiet Ocean, 2016).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
47
Ce qu?il faut retenir
? Le son est généré par des ondes acoustiques. Il peut être perçu selon ses deux
composantes : « variation de pression » (succession de compressions-dilatations du
milieu) ou « mouvement de particules » (agitation des molécules du milieu).
? Un son se caractérise par :
- sa fréquence (en Hz), qui définit sa hauteur (basse fréquence : son grave, haute
fréquence : son aigu) ;
- son niveau (en dB), qui correspond au volume du son (ou intensité) ;
- sa durée d?apparition (en s).
? Dans l?eau, la pression de référence est de 1 µPa (microPascal). Le niveau de bruit est
donc exprimé en dB re 1 µPa. Dans l?air, cette pression de référence est de 20 µPa.
? La célérité du son dans l?eau de mer est d?environ 1 500 m/s (contre environ 340 m/s
dans l?air).
? La propagation du son dans l?eau de mer dépend des conditions environnementales et
principalement :
- de la bathymétrie ;
- de la nature du fond ;
- du profil de température et salinité de la colonne d?eau.
? Le bruit ambiant sous-marin se compose d?un ensemble de sources sonores, incluant
les sources liées aux phénomènes naturels (géophonie), les sources d?origine biologique
(biophonie) et les sources d?origine anthropique (anthropophonie).
? Le trafic maritime et le vent sont les principales sources contribuant au bruit ambiant
sous-marin.
? Il existe différents indicateurs pour mesurer le niveau de bruit. La pertinence de ces
indicateurs dépend du type de bruit que l?on cherche à évaluer (bruit impulsionnel ou
continu, bruit émis, bruit reçu ou bruit perçu).
? La mesure du son dans l?eau se fait à l?aide d?un hydrophone, dont les caractéristiques
(sensibilité, bande passante, directivité) doivent être adaptées au bruit que l?on cherche
à mesurer.
? Il est possible de cartographier l?empreinte spatiale d?une source sonore, en fonction de
la profondeur, à l?aide d?un logiciel de modélisation de la propagation des ondes sonores.
La calibration du modèle et le choix des données d?entrée sont primordiaux pour obtenir
des résultats cohérents.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
48
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
49
Cette partie présente de manière exhaustive et synthétique les différentes activités
anthropiques génératrices de bruit sous-marin. Une synthèse de ces activités, ainsi que le
numéro de la fiche descriptive correspondante (voir PARTIE 4. Fiches synthèse) sont
présentés dans le tableau 8 page 77.
I. Industrie du pétrole et du gaz
La production offshore de pétrole et de gaz
représente 30 % de la production mondiale.
Environ 6 000 unités d?extraction de pétrole
et de gaz sont réparties en mer à travers le
monde [164]. Cette industrie contribue
localement au bruit ambiant sous-marin, en
milieu côtier et jusqu?à des profondeurs de
l?ordre de 3 000 m.
L?exploitation des ressources pétrolières et
gazière en mer comporte plusieurs phases :
la phase de prospection, l?exploration et
l?exploitation et le démantèlement des
structures.
1) Prospection et recherche de
gisements
La phase de prospection inclut les études
géologiques, géophysiques et géotech-
niques nécessaires pour repérer et localiser
les gisements. Certaines technologies
utilisées lors de cette phase de prospection
utilisent les ondes sonores. C?est le cas des
prospections par sondeurs, sonars et
sismiques.
a) Sondeurs et sonars
Les sondeurs et sonars émettent des sons
haute fréquence (de 10 à 1 000 kHz) per-
mettant à la fois de mesurer la profondeur
(bathymétrie), de visualiser la morphologie
des fonds marins (topographie), mais
également de caractériser la nature des
couches superficielles des fonds marins
(imagerie).
Les sondeurs et sonars émettent des impul-
sions sonores monochromatiques (CW) ou
modulées en fréquence (FM) de quelques
millisecondes à intervalles d?émission
répétés (typiquement de 0,1 à 10 s [112]).
Plus la profondeur est grande, plus
l?intervalle entre les impulsions sera
important afin de laisser à l?onde sonore le
temps d?atteindre le fond et de revenir au
récepteur. Le choix de la fréquence
d?émission dépend du type de donnée que
l?on cherche à acquérir et de la résolution
recherchée. La qualité des informations
recueillies dépend en effet directement des
propriétés des ondes acoustiques émises :
des ondes hautes fréquences de basse
amplitude permettront d?obtenir des informa-
tions à haute résolution mais sur une échelle
réduite, tandis que les ondes de plus faible
fréquence et de plus forte amplitude se
propageront plus loin mais les informations
recueillies seront de plus faible définition.
Partie 1
Les différentes activités anthropiques
génératrices de bruit sous-marin et les
différents types d?émissions qu?elles génèrent
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
50
Il existe plusieurs types de sondeurs :
? Les sondeurs monofaisceaux émettent
une impulsion sonore au travers d?un
faisceau d?angle réduit (5 à 30°) à la
verticale du bateau. Ces sondeurs
représentent une source impulsion-
nelle de fréquence comprise entre 1 et
500 kHz (les valeurs les plus commu-
nément utilisées étant 3,5, 12, 24, 30, 38,
50, 100, 120, ou 200 kHz) et d?un niveau
maximum d?émission à la source (Lp,pk)
de l?ordre de 210 à 240 dB re 1 µPa @ 1 m
[1, 112] et sont plutôt directifs.
? Les sondeurs multifaisceaux émettent
dans plusieurs directions, avec une
ouverture angulaire plus importante dans
le plan transversal au porteur
(environ 150°), et qui permet de balayer
une plus large surface. Ils sont par contre
très directifs (environ 1°) dans le plan
longitudinal au porteur (figure 13).
Ces sondeurs génèrent une émission
impulsionnelle à des fréquences
comprises entre 10 et 500 kHz
(typiquement 12, 24 ou 32 kHz en eau
profonde, 70 à 150 kHz sur le plateau
continental et 200 à 400 kHz par très petits
fonds). Les niveaux d?émission (LS) sont
de l?ordre de 210 à 220 dB re 1 µPa @ 1 m
pour les plus hautes fréquences et de
240 dB re 1 µPa @ 1 m à 12 kHz [1, 112].
Les sonars, et notamment les sonars à
balayage latéral, peuvent disposer d?une
ouverture angulaire transversale plus
importante (180°) et d?une ouverture
Figure 13 : Principe de fonctionnement du sondeur multifaisceaux (d?après [1]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
51
longitudinale très faible. Ils utilisent des
fréquences plus élevées, ce qui leur confère
une résolution très fine. Le niveau d?émis-
sion d?un sonar à balayage latéral est du
même ordre que celui émis par un sondeur
multifaisceaux.
La forte directivité des sondeurs et sonars et
l?atténuation rapide de l?onde acoustique à
ces fréquences limitent considérablement
l?impact que peuvent avoir ces outils sur les
espèces pélagiques (mammifères marins et
poissons présents dans la colonne d?eau).
En effet, du fait de l?importante directivité de
l?émission sonore générée et des très
courtes durées d?émission, il faudrait que
l?animal passe sous le navire ou à proximité
immédiate pour être impacté.
Les sondeurs multifaisceaux basse
fréquence (10 à 40 kHz) sont potentiel-
lement les plus impactants, mais l?étendue
du faisceau reste très limitée. Les sondeurs
de sédiments fonctionnent dans des
gammes de fréquences plus basses (2 à
10 kHz), et avec des signaux plus longs
(jusqu?à quelques dizaines de ms) mais
leurs niveaux d?émission sont plus faibles.
Les sondeurs monofaisceaux sont fortement
directifs et donc peu impactants. Enfin les
systèmes sondeurs et sonars haute
fréquence (> 100 kHz) sortent de la gamme
fréquentielle d?audition des mammifères
marins (à l?exception des cétacés très haute
fréquence comme les marsouins (voir
partie 2), et ont une portée réduite du fait de
la forte absorption des signaux haute
fréquence dans l?eau de mer [110].
Il est également probable que le bruit généré
par la propulsion du navire agisse déjà comme
un répulsif sur ces espèces. Ceci ne s?appli-
que toutefois pas aux espèces benthiques et
démersales (qui vivent sur ou près du fond).
b) Prospection sismique
La prospection sismique en mer est une
technique d?étude visant à caractériser la
structure géologique des fonds marins en
étudiant les différentes strates qui les
composent, afin d?identifier la présence
Figure 14 : Principe de fonctionnement d?une campagne de prospection sismique [143].
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
52
d?hydrocarbure ou de gaz. Chaque strate
réfléchit et réfracte les ondes différemment
en fonction de ses propriétés physiques. La
prospection sismique consiste à envoyer
vers les fonds marins, à partir d?un navire,
des ondes acoustiques basses fréquences
de forte intensité. Contrairement aux
sondeurs et sonars, les ondes générées par
la sismique ont pour objectif de pénétrer en
profondeur dans le sédiment. Il est alors
possible d?étudier les phénomènes de
réflexion et/ou réfraction rencontrés par ces
ondes avant leur réception par des
hydrophones intégrés sur une ou plusieurs
« flutes » (ou streamer) remorquées par le
navire (figure 14). L?analyse des signaux
reçus permet ensuite d?identifier la nature des
différentes strates traversées par les ondes.
Aujourd?hui, la sismique utilise principa-
lement des canons à air comprimé
(« airguns ») pour générer des ondes acous-
tiques. Ces canons libèrent brusquement
dans la colonne d?eau un volume variable
d?air sous pression, créant ainsi une source
sonore de type impulsionnel et à large
bande fréquentielle (de 5 Hz à 15 kHz)
avec un maximum d?énergie entre 10 et
100 Hz [24, 170]. Le niveau de bruit
généré est de forte intensité et de courte
durée (quelques millisecondes).
Le niveau émis dépend de la capacité du
canon (volume d?air libéré), de la pression
exercée sur ce volume et du nombre de
canons mis en oeuvre. Pour un unique ca-
non à air de faible volume de 20 cu in GI11
(soit 0,328 L), le niveau d?émission
maximum (Lp,pk) est de l?ordre de 230 dB
re 1 µPa @ 1 m.
Lors d?une campagne de prospection
sismique haute résolution, 1 à 2 canons sont
mis en oeuvre. Pour la prospection à grande
échelle, plusieurs dizaines de canons
peuvent être utilisés. Le niveau maximum
d?émission (Lp,pk) généré par un réseau
de canons à air peut ainsi atteindre 250 à
260 dB re 1 µPa @ 1 m [40, 127, 158]. Les
émissions sont générées de façon répétée à
intervalles d?émission réguliers (toutes les
10 à 60 s environ, en fonction du volume
d?air total) et peuvent durer plusieurs heures.
Bien qu?ils soient dirigés vers le fond, le bruit
généré par les canons à air est généra-
lement peu directif. Le bruit basse fréquence
généré peut se propager sur des distances
importantes, de plusieurs centaines de
kilomètres, voire plusieurs milliers par
grands fonds [106, 158].
Les autres méthodes de sismiques, par
boomer ou sparker12, permettent de
caractériser les couches supérieures de
sédiments (sur quelques dizaines de mètres
pour le boomer ou quelques centaines pour
le sparker). Les ondes sonores générées
par ces méthodes ont des fréquences plus
élevées, entre 500 Hz et 12 kHz, des
niveaux d?émission (LS) de l?ordre de 215 à
230 dB re 1 µPa @ 1 m et une durée d?impul-
sion de l?ordre de la milliseconde [29, 130].
11 cu in GI = cubic inch Generator injected. Indique la quantité d?air injectée dans la chambre de compression.
12 Le boomer génère du bruit grâce au rapprochement brutal de deux plaques de métal ; ce rapprochement forme une bulle
d?air qui, en implosant, génère une onde acoustique. Avec le sparker des bulles d?air sont produites sous l?impulsion d?une
onde de choc générée par une décharge électrique.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
53
2) Exploration et production
Lorsqu?un gisement est détecté, une
plateforme est mise en place afin de forer le
plancher océanique pour, dans un premier
temps, explorer le réservoir et évaluer sa
rentabilité, puis commencer l?extraction si le
gisement est considéré comme exploitable.
Ces phases d?exploration et de production
génèrent du bruit sous-marin à travers plu-
sieurs activités, parmi lesquelles le battage
de pieux et le forage sont certainement les
plus bruyantes. Les niveaux de bruit géné-
rés par ces activités sont cependant inférieurs
à ceux observés en phase de prospection.
a) Battage de pieux
L?installation d?une plateforme de forage
nécessite la pose de pieux pour maintenir la
structure. Dans la mesure où le bruit généré
par le battage de pieux est plus largement
documenté dans le cadre des travaux de
construction des parcs éoliens en mer,
l?aspect acoustique de cette activité est
décrit en détail dans la partie 1 - II - Énergies
marines renouvelables.
b) Forage
Le forage du plancher océanique est une
activité temporaire qui précède la phase de
production. Les sources sonores générées
par le forage sont de type continu à large
bande fréquentielle avec un maximum
d?énergie en basse fréquence (< 1 000 Hz),
principalement dues à l?équipement mis en
oeuvre pour le forage (générateurs, colonne
de forage, pompes, compresseurs, etc.).
Les bruits générés par le frottement de la
tête de forage sur le substrat et par le
cisaillement de la roche contribuent égale-
ment au spectre global mais dans une moin-
dre mesure. Cette contribution serait limitée
aux fréquences inférieures à 600 Hz [170, 194].
La transmission du bruit dans le milieu marin
dépend donc fortement de la structure qui
supporte l?équipement de forage et de la
surface d?échange avec le milieu marin [4].
Le forage du plancher océanique s?effectue
à partir d?une plateforme en surface. Il existe
trois types de plateforme :
? les plateformes fixes, qui reposent sur le
fond marin, sont utilisées lorsque la
profondeur est inférieure à 300 m ;
? les plateformes flottantes, reliées au fond
à l?aide de câbles, sont privilégiées par
grands fonds ;
? les plateformes mobiles, de type
plateforme autoélévatrice (« jack-up rig »)
ou navire de forage (figure 15), servent
surtout pour l?exploration des gisements.
Le bruit sous-marin généré par le forage
dépend du type de plateforme, les
plateformes fixes et auto-élévatrices étant
les moins bruyantes, tandis que les
plateformes flottantes et les navires de
forage émettent les plus forts niveaux de
bruit [78, 158]. En effet, la principale source
de bruit étant l?équipement de forage situé
sur la plateforme, le bruit transmis dans le
milieu marin dépend fortement de la surface
d?échange. Dans le cas de plateformes
flottantes ou de navire de forage, cette
surface est beaucoup plus vaste. La
transmission via la coque d?un navire de
forage est particulièrement importante. À ce
bruit transmis s?ajoute également celui
généré par le navire lui-même, et notam-
ment le bruit des hélices et des propulseurs
permettant au navire de maintenir sa
position pendant les opérations de forage.
Le bruit généré par les navires de forage est
donc globalement plus élevé que celui
généré par les autres structures.
Le bruit généré par le forage à partir de
navire est un bruit large bande (10 Hz -
10 kHz) avec des niveaux Lp,rms de l?ordre de
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
54
190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [158, 194]. Le
bruit généré par une plateforme flottante de
type FPSO (Floating Production Storage
and Offloading) est de l?ordre de 170 à 190
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur la bande 20-
2 500 Hz, avec les plus forts niveaux
(> 170 dB) mesurés à des fréquences
inférieures à 80 Hz [60]. Enfin, les
plateformes fixes sont les moins bruyantes,
avec des niveaux Lp,rms de l?ordre de 120-130
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [158, 194]. Le bruit
basse fréquence lié aux activités de forage
peut se propager sur plusieurs dizaines de
kilomètres, voire plusieurs centaines pour
les forages à grande profondeur (plus de
1 000 m).
c) Production
La phase de production consiste à extraire
le pétrole ou le gaz et à l?acheminer à terre.
Au cours de cette phase, de nombreuses
activités sont susceptibles d?induire du bruit
sous-marin, parmi lesquelles le pompage, la
pose de pipelines, le trafic maritime lié à
l?acheminement des ressources, de
l?équipement et du personnel, etc. Si ces
sources peuvent ponctuellement générer
des niveaux de bruit importants (de l?ordre
de 195 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m), la phase
de production est globalement moins
bruyante que la phase d?exploration
puisqu?elle ne fait plus intervenir d?engin de
forage et qu?elle est principalement réalisée
Figure 15 : Plateforme mobile Cossack Pioneer de type FPSO (Floating Production Storage and Offloading [60]),
plateforme auto-élévatrice Astra (crédit photo : EDC Ldt.) et navire de forage West Gemini
(crédit photo : Thierry Gonzalez/TOTAL).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
55
à partir de plateformes fixes ou auto-
élévatrices, ayant une faible surface
d?échange avec le milieu marin [158]. Hors
bruit impulsionnel lié à des activités
ponctuelles, le bruit moyen généré par une
plateforme pétrolière en phase de
production est inférieur à celui émis en
phase de forage de 10-20 dB dans la bande
20-500 Hz, voire de 30 dB dans les
fréquences comprises entre 100 et 600 Hz
[129, 170].
Le bruit généré par les navires gravitant
autour des plateformes pétrolières (tankers,
navires de soutien, navires poseurs de
pipeline, etc.) est détaillé dans la partie 1 -
VIII - Trafic maritime (navires marchands et
transport de passagers).
Les explosions accidentelles dans les puits
de pétrole, liées à la production d?hydro-
carbure, représentent également une
potentielle source de bruit. S?il n?existe pas
d?information concernant le niveau de bruit
généré par ce type d?explosion, le bruit
généré par les explosions volontaires en mer
(déroctage) est décrit dans la partie 1 - V -
Travaux et aménagements côtiers.
3) Démantèlement
Le démantèlement des plateformes
pétrolières nécessite l?utilisation d?explosifs
et/ou de techniques mécaniques (jets d?eau
abrasifs, scie diamantée, lames en carbure,
cisailles guillotines, etc.) pour sectionner la
structure, qui peut ensuite être enlevée pour
être démantelée à terre.
À l?heure actuelle, les techniques méca-
niques représentent environ 35 % des
opérations de démantèlement, mais aucune
donnée publiée ne permet de connaître les
niveaux de bruit générés par ces
techniques. Le bruit généré par l?usage
d?explosif en mer est par contre connu. Cette
activité est décrite en détail dans la partie 1 - V
- Travaux et aménagements côtiers.
II. Énergies marines renouvelables
Les énergies marines renouvelables (EMR)
incluent l?ensemble des technologies
permettant de produire de l?électricité à partir
de l?énergie récupérable en milieu marin : le
vent, les courants de marée, la houle, le
gradient de température entre la surface et
le fond.
De nombreux projets liés aux EMR sont
actuellement en cours de développement
aux larges des côtes françaises. Les projets
les plus avancés concernent l?éolien en mer,
posé ou flottant, et dans une moindre
mesure l?hydrolien. D?autres projets sont
actuellement au stade de démonstrateurs
(houlomoteur, énergie thermique des mers,
Sea Water Air Conditionning ou SWAC).
Les énergies marines renouvelables, de par
leur diversité, sont susceptibles de générer
différents types de bruits sous-marins.
Cependant, certaines activités génératrices
de bruit peuvent être communes à plusieurs
types d?EMR durant les différentes phases
du projet : étude de terrain, phase de
construction, phase opérationnelle ou phase
de démantèlement.
Ici, nous traiterons particulièrement de
l?éolien en mer, pour lequel de nombreuses
études ont été réalisées (les premières
installations en Europe datent de 1991). Il
existe en effet très peu de données et de
retours d?expériences concernant le bruit
généré par les autres technologies EMR.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
56
1) Étude de terrain
Avant la phase de construction, il est
nécessaire de connaître en détails la
morphologie du sol et la nature du fond sur
la zone d?étude. Pour cela, des études
géologiques, géophysiques et géotech-
niques sont réalisées. Parmi les
technologies mises en oeuvre pour ces
études, certaines utilisent l?acoustique et
génèrent du bruit sous-marin. Ces
techniques sont les mêmes que celles
utilisées pour la prospection pétrolière
(sondeurs et canons à air notamment) et
sont décrites en détails dans la partie 1 - I -
Industrie du pétrole et du gaz.
Avant le début de la phase de construction,
un mât de mesure est installé sur la zone
retenue. Les conditions et les techniques
d?installation de ce mât sont généralement les
mêmes que pour l?installation des éoliennes.
Durant cette phase d?étude, le trafic
maritime sur la zone du futur parc est
susceptible d?augmenter, ce qui conduira à
élever le niveau de bruit ambiant sur la zone
(voir partie 1 - VIII - Trafic maritime (navires
marchands et transport de passagers)).
2) Phase de construction
La phase de construction d?un projet EMR
fait intervenir de nombreuses activités géné-
ratrices de bruit sous-marin, que ce soit pour
préparer le substrat ou installer les machines.
Le niveau de bruit généré lors de la phase
de construction dépend fortement du type de
fondation choisi (figure 16). La mise en place
de fondations de type monopieu est la plus
bruyante car ces dernières font intervenir
des activités telles que le battage de pieux
et le forage. L?installation de fondations
tripodes ou « jacket », qui utilisent des pieux
de diamètre plus modeste, génère des
niveaux de bruit moins élevés. Enfin, la mise
en place de fondations de type gravitaire est
la moins bruyante [138].
a) Battage de pieux
Le battage de pieux consiste à enfoncer un
pieu en acier dans le substrat à l?aide d?un
marteau (hydraulique dans la plupart des
cas). Cette activité génère de forts niveaux
de bruit sous-marin. Cependant, ces
niveaux dépendent de nombreux para-
mètres dont les plus notables sont :
Figure 16 : Exemples de fondations d?éoliennes offshore posées (source : Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
57
? le diamètre du pieu ;
? la nature du sol ;
? la bathymétrie ;
? la profondeur à laquelle le pieu doit être
enfoncé dans le sol ;
? l?énergie transmise par le marteau (et
donc le type de marteau) ;
? la vitesse d?enfoncement.
Le diamètre du pieu semble toutefois être le
facteur le plus important [131], et la relation
entre niveau de bruit et diamètre du pieu a
été établie à plusieurs reprises13 : plus le
diamètre du pieu est important, plus le
niveau de bruit généré lors du battage est
élevé. Ceci est directement lié au fait qu?un
pieu de diamètre important nécessite plus
d?énergie mécanique, et donc un marteau
plus puissant, afin d?être mis en place. Le
diamètre du pieu est donc ici un indicateur
de la puissance du marteau.
Les facteurs tels que la profondeur et la
nature du substrat semblent eux avoir un
impact direct sur la propagation du bruit
généré. La propagation des ondes sonores
est en effet plus complexe en milieu côtier,
par petit fond, du fait des phénomènes de
13 Par exemple : LS,pk-pk = 24,3 D + 179 avec D le diamètre du pieu [133]
réflexion, et la nature du substrat peut
encourager (fond rocheux) ou limiter (fonds
vaseux) ces phénomènes. Ces paramètres
devront donc être pris en compte dans les
modèles de prédiction du bruit généré.
Du fait de ces nombreux facteurs, il est
difficile de donner une valeur moyenne du
niveau de bruit généré par le battage de
pieux. Cependant, cette activité fait partie
des plus bruyantes, avec une intensité
acoustique comparable à celle des canons à
air comprimé [138]. Le battage de pieux
génère de forts niveaux de bruit
impulsionnel large bande (10 Hz-20 kHz)
avec un maximum d?énergie mesuré
entre 100 Hz et 1 kHz [6, 10]. Ce bruit est
susceptible de se propager sur plusieurs
dizaines de kilomètres [10, 138].
Les niveaux émis (LS) par le battage de
pieux sont en général de l?ordre de
250 dB re 1 µPa @ 1 m pour des pieux
d?environ 4 m de diamètre [130]. Le
tableau 2 ci-dessous donne quelques
exemples publiés dans la littérature de
niveaux de bruit Lp,pk (ou Lp,0-pk) reçus à
750 m en fonction du type de pieu et des
paramètres environnementaux.
Lieu Diamètre
(m)
Type de
fondation
Puissance
(MW)
Profondeur
(m)
Niveau Lp,pk
(dB re 1 µPa @ 750 m)
Niveau LE,p,ss
(dB re 1 µPa².s @ 750 m)
Thorntonbank
(Belgique) 1,8 Jacket 5 ~ 15 189 178
Alpha Ventus
(Allemagne) 2,7 Tripode 5 ~ 30 199 174
Horns Rev II
(Danemark) 3,9 Monopieu 2,3 9-17 195 176
Barrow
(Royaume-Uni) 4,7 Monopieu 3 15-20 195 -
Belwind
(Belgique) 5 Monopieu 3 15-37 194 166
Tableau 2 : Niveau de bruit généré à 750 m par le battage de pieu de différents diamètres (d?après [138] et [6]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
58
Le niveau de bruit généré par le battage
d?une fondation « jacket » est inférieur à
celui d?une fondation monopieu (diamètre
des pieux inférieur). Cependant, le temps de
battage (et donc le nombre de coups) est
plus important. De ce fait, les niveaux Lp sont
plus faibles mais les niveaux exprimés en
LE,p sont plus élevés [138].
Il existe des méthodes alternatives au
battage de pieux par marteau hydraulique :
? le vibrofonçage consiste à enfoncer le
pieu en le faisant vibrer. Le vibrofonçage
est en général moins bruyant que le
battage par impact, avec des niveaux de
bruit inférieur de 15 à 20 dB en moyenne [6].
Cependant le bruit généré par le
vibrofonçage, qui se compose d?émis-
sions continues (vibrations) et impulsion-
nelles (oscillations du vibrateur) n?est pas
directement comparable avec le bruit
impulsionnel du battage de pieu ;
? le battage « HiLo » est une méthode de
battage de pieux à une fréquence plus
élevée (nombre de coups par minute plus
important), ce qui permet de frapper moins
fort et de transmettre moins d?énergie au
pieu. Les niveaux de bruit généré par cette
méthode sont donc inférieurs à ceux du
battage conventionnel ;
? le forage est réservé aux fonds rocheux ou
hétérogènes et peut être utilisé comme
alternative au battage pour des pieux de
moins de 5 m de diamètre. Le bruit généré
est un bruit continu de niveau inférieur à
celui du battage (voir partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz).
Le choix de la méthode mise en oeuvre pour
l?installation d?un pieu dépend directement
du type de pieu et de la nature du sol. Il est
souvent nécessaire de cumuler ces
différentes méthodes (battage, vibro-
fonçage, forage) lors de la mise en place de
fondations d?éolienne.
b) Autres activités liées à la construction
Les autres techniques mises en oeuvre pour
la construction des EMR sont en général
moins bruyantes que le battage de pieux. La
pose de fondations gravitaires pour les
éoliennes, comme l?installation d?hydro-
liennes, génèrent des niveaux de bruit bien
inférieurs. Ce bruit, principalement lié à
l?augmentation du trafic maritime engen-
drée, a un niveau Lp,rms de l?ordre de 115 dB
re 1 µPa/?Hz, soit quelques dB de plus que
le bruit ambiant [138]. Cependant, la pose
de fondations gravitaires nécessite une
préparation du fond, faisant intervenir des
activités bruyantes, comme le dragage (voir
partie 1 - IV - Activités portuaires).
Le bruit généré par la pose des ancrages
des éoliennes flottantes est fortement lié au
bruit émis par le navire qui réalise
l?opération. En effet, ces navires sont dans
la plupart des cas équipés d?un système de
positionnement dynamique (navire DP pour
Dynamic positioning) qui utilise le système
de propulsion du navire (hélice, propulseurs)
pour maintenir une position. Ce système
génère du bruit continu à un niveau parfois
important mais de courte durée [196].
L?installation de systèmes houlomoteurs ne
nécessite pas non plus d?opération de
battage de pieux. Cette installation se fait,
soit par ancrage à l?instar des éoliennes
flottantes, soit par forage. De même, les sys-
tèmes de climatisation SWAC (Sea Water
Air Conditioning) nécessitent souvent la
mise en oeuvre d?opérations de forage (voir
partie 1- I - Industrie du pétrole et du gaz).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
59
c) Pose des câbles sous-marins
Les câbles électriques d?un parc éolien en
mer peuvent soit être enfouis dans le
substrat (ou ensouillés), soit posés sur le
substrat et recouvert de dispositifs de
protection (enrochements, matelas).
La pose de câbles sous-marins est décrite
dans la partie 1 - VII - Installation de câbles
et canalisations.
3) Phase opérationnelle
a) Bruit lié au fonctionnement des
structures
Pour la plupart des technologies EMR, la
phase opérationnelle est beaucoup moins
bruyante que les phases de construction et
démantèlement. Le bruit lié, par exemple, à
la rotation d?une éolienne est beaucoup
moins élevé que le bruit généré par son
installation. Cependant, ce bruit est
continu et, dans la mesure où les parcs
éoliens en mer sont prévus pour avoir une
durée de vie de 20 à 30 ans, ce bruit va
contribuer sur le long terme au bruit ambiant
local. Son effet n?est donc potentiellement
pas négligeable.
Le bruit sous-marin généré par une éolienne
est essentiellement lié à la turbine (le bruit
généré par les pales ne se transmet pas au
milieu marin [177]). Les vibrations créées au
niveau de la nacelle se propagent via le mât
et les fondations jusque dans la colonne
d?eau et les sédiments [113].
Les retours d?expériences sur les parcs
éoliens du nord de l?Europe (au Danemark,
en Suède, Belgique, Allemagne et Écosse
notamment) démontrent que le bruit généré
par une éolienne en opération dépend de
plusieurs paramètres, et notamment :
? du type de fondation ;
? de la vitesse du vent ;
? de la puissance unitaire des turbines.
Ainsi, le bruit généré en basse fréquence par
une éolienne de 3 MW à fondation monopieu
est globalement plus élevé que celui généré
par une éolienne de 6,15 MW à fondation
« jacket » [138] (figure 17).
Sur les parcs en Belgique, une relation liné-
aire a pu être établie entre le niveau de bruit
et la vitesse du vent, en fonction du type de
fondation [139] :
Figure 17 : Spectre en tiers d?octave du bruit ambiant sur le site de Bligh Bank (Belgique) avant construction
du parc éolien offshore (en noir), et bruit généré par la pose et le fonctionnement d?une turbine de 6,15 MW
sur fondation « jacket » et d?une turbine de 3 MW sur fondation monopieu (d?après [138]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
60
? Pour des fondations « jacket », Lp = 1,1 x
vitesse du vent (en m/s) + 122,5 et Lp,pk =
0,96 x vitesse du vent (en m/s) + 144,3
? Pour les fondations monopieu, Lp = 1,9 x
vitesse du vent (en m/s) + 120,3
Cependant, ces relations se basent sur un
nombre limité d?observations.
De plus, si la vitesse du vent influe sur le
bruit émis par les éoliennes en opération,
elle influe également sur le bruit ambiant
alentour. De ce fait, l?émergence sonore
(bruit audible par-dessus le bruit ambiant) ne
sera pas nécessairement plus importante si
la vitesse du vent augmente. Ceci est égale-
ment vrai pour les autres technologies EMR.
D?une manière générale, le bruit généré par
une éolienne en fonction est un bruit continu
large bande avec un maximum d?énergie en
basse fréquence. Le niveau Lp,rms est de
l?ordre de 120 à 150 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
et n?est audible au-dessus du bruit de fond
qu?en basse fréquence (< 500 Hz) [181, 17,
177, 138]. Ce bruit pourrait être audible sur
une vingtaine de kilomètres pour une turbine
de 6 MW sur fondation monopieu [114].
Certaines études font état de pics de l?ordre
de 125 dB re 1 µPa/?Hz (Lp,rms) en dessous
de 500 Hz à une centaine de mètres de la
source [17, 177].
Il existe très peu de données publiées
concernant le bruit généré par les autres
technologies EMR en opération. Le
tableau 3 ci-dessous donne quelques
exemples des informations disponibles pour
une éolienne flottante, une hydrolienne et
des systèmes houlomoteurs.
Ces dispositifs ont en commun le fait de
générer un bruit continu large bande
avec un maximum d?énergie émis en
basse fréquence. Il faut cependant noter
que, dans le cas d?une hydrolienne, le bruit
est directement émis dans le milieu marin
par la turbine, alors que pour les autres
dispositifs la principale source de bruit
(turbines, flotteurs, pompes, etc.) est
émergée ; le bruit généré est transmis dans
le milieu marin via la partie immergée de la
structure. Dans les cas des éoliennes
flottantes et de certains dispositifs
houlomoteurs, le bruit généré par le système
d?ancrage (vibrations, chocs métalliques)
est également non négligeable. Ces
systèmes d?ancrage sont constitués de
chaînes métalliques et/ou de matériaux
polymères. En fonction notamment de l?état
de mer, les chaînes des lignes d?ancrage
peuvent générer du bruit de type
impulsionnel.
Technologie Lieu Puissance
(MW)
Niveau de bruit Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences
de maximum
d?énergie
Réf. biblio-
graphique
Éolienne
flottante
Hywind
(Norvège) 2,3 162 25-100 Hz 196
Hydrolienne
Paimpol-
Bréhat
(France)
2,2 157?(dans la bande
40-8 192 Hz) 40-400 Hz 107
Houlomoteur Synthèse de 7 études 125-174 125-250 Hz 160
Tableau 3 : Niveaux de bruit généré par les différentes technologies EMR.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
61
b) Bruit lié à la maintenance
Lors des phases de fonctionnement des
EMR, les opérations de maintenance vont
conduire à l?augmentation du trafic maritime
aux abords de la zone. D?après les retours
d?expérience, les navires de maintenance
sont susceptibles de générer des niveaux
Lp,rms de 150-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur
la bande 20 Hz ? 20 kHz avec un maximum
d?énergie dans les fréquences inférieures à
1 kHz [142].
4) Phase de démantèlement
À ce jour, hors démonstrateurs ou proto-
types, la phase de démantèlement des
projets EMR ne concerne que l?éolien en
mer. Quatre parcs éoliens ont été
démantelés entre 2016 et 2018 (parcs de
Yttre Stengrund et Utgrunden en Suède,
Vindeby au Danemark et Lely aux Pays-
Bas). Très peu de retours d?expérience sont
à l?heure actuelle disponibles concernant
ces démantèlements, et aucun d?entre eux
ne fait état de mesures de bruit réalisées lors
de cette phase.
Pour les parcs éoliens, le démantèlement
inclut le démontage des turbines, des mâts
et de la sous-station électrique, l?enlèvement
des câbles, des fondations et des
protections anti-affouillement, le rapatrie-
ment à terre du matériel démantelé et la
remise en état du site. Le démantèlement peut
être total ou partiel : selon le type de fondation,
il peut être choisi, soit d?enlever la structure
dans sa globalité, soit de laisser sur place la
base des éoliennes (si elles sont enterrées ou
colonisées) ; de même pour les câbles
ensouillés qui pourraient être laissés en place.
Le bruit généré par la phase de déman-
tèlement est donc principalement lié :
? à la présence des navires techniques en
charge du démantèlement et du rapatrie-
ment des éléments à terre ;
? au procédé d?enlèvement des câbles ;
? au(x) procédé(s) d?enlèvement des fondations ;
? à la remise en état du site.
Pour les deux premières sources de bruit, le
niveau attendu est équivalent aux niveaux
de bruit observés lors de la phase de cons-
truction, dans la mesure où le même type de
navire et le même procédé devraient être
utilisés pour la pose et l?enlèvement des éo-
liennes (turbines et mât) et des câbles [130].
L?enlèvement des fondations peut faire
intervenir plusieurs procédés [175] :
? coupe par câble diamanté ;
? coupe par « water-jetting » (projection d?eau
et de substance abrasive sous-pression) ;
? minage/déroctage par explosifs.
Il n?existe actuellement pas de données
publiées permettant d?évaluer le niveau de
bruit généré lors de coupes par câble
diamanté ou par « water-jetting ». Le bruit
sous-marin généré par les explosifs a par
contre déjà été mesuré à de nombreuses
occasions. Le bruit généré par les activités
de minage/déroctage par explosif est décrit
à la partie 1 - V - Travaux et aménagements
côtiers.
Enfin, la remise en état du site consiste
principalement à combler les cavités
éventuellement formées par l?enlèvement
total des fondations. Ce comblement
pourrait faire intervenir des navires
techniques de type dragues. Le bruit généré
par ce type de navire est décrit à la partie 1 -
IV - Activités portuaires.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
62
III. Activités halieutiques
Les activités halieutiques (pêche et aqua-
culture) génèrent du bruit sous-marin de
façon involontaire, du fait de l?utilisation
d?embarcations à moteur et d?engin traînant
(chaluts de fond et dragues). Ces activités
introduisent également volontairement du
bruit dans le milieu marin en utilisant l?acous-
tique sous-marine, soit pour détecter les
bancs de poissons, soit pour éloigner les
prédateurs.
1) Pêche
a) Bruit généré par les navires de pêche
Le bruit généré par les navires de pêche
dépend de nombreux paramètres : taille du
navire, type de coque, caractéristiques du
moteur et de la propulsion, vitesse de
déplacement, etc., et il n?est pas possible de
comparer un petit navire de pêche côtière
avec un navire hauturier de pêche profonde.
Cependant, certaines caractéristiques
acoustiques notables sont communes à tous
les navires de pêche [83] :
? le bruit généré par les navires de pêche
est un bruit continu large bande avec un
maximum d?énergie émis en basse
fréquence, entre 100 Hz et 2 kHz ;
? les plus fortes contributions en basse
fréquence sont dues à la machinerie
(moteur, génératrice, auxiliaires), tandis
que la propulsion influence l?ensemble du
spectre. Les interférences électriques et
les échosondeurs influent sur la signature
en haute fréquence ;
? à l?instar des autres types de navire, le
niveau de bruit généré par les navires de
pêche est positivement corrélé à la vitesse
de navigation.
À titre d?exemple, un navire de pêche côtière
de 12 m de long navigant à 7 nd génère un
bruit continu de niveau Lp,rms de l?ordre de
150 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur la bande 250-
1 000 Hz, avec un maximum d?énergie autour
de 300 Hz [78].
Les navires de pêche utilisent des
échosondeurs pour contrôler la bathymétrie
et repérer les bancs de poissons. Ces
sondeurs émettent à la verticale du navire
un signal impulsionnel à des fréquences
supérieures à 10 kHz. Les navires de pêche
peuvent également être équipés de sonars
qui émettent à l?horizontal et permettent de
localiser les bancs de poissons autour du
navire. Les sondeurs émettant à 38 et
200 kHz sont fréquents sur les navires de
pêche, mais les navires sont de plus en plus
communément équipés de sondeurs et
sonars multifréquences (de 20 à 200 kHz,
certains dispositifs 3D émettant jusqu?à
450 kHz, voire 800 kHz pour les plus
récents). Le niveau d?émission (LS) des
sondeurs et sonars de pêche est de
l?ordre de 220-230 dB re 1 µPa @ 1 m et la
durée d?émission est généralement de
l?ordre de la milliseconde [109, 111].
b) Bruit des engins de pêche
Les engins de pêche, et notamment les
engins traînants (chaluts de fond et dragues)
génèrent également du bruit sous-marin.
Les chaînes génèrent du bruit haute
fréquence tandis que le bourrelet, en
contact avec le fond, génère du bruit basse
fréquence. Le frottement de l?engin sur le
substrat engendre également des
émissions, en moyennes et hautes
fréquences.
Les chaluts peuvent également être équipés
de dispositifs acoustiques netsondes. Il
s?agit de capteurs qui permettent de
contrôler l?ouverture de l?engin, l?écartement
des panneaux, la profondeur et de détecter
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
63
les prises entrant dans le filet (figure 18).
Ces dispositifs émettent en haute fréquence
(entre 40 et 200 kHz typiquement) à des
niveaux modérés.
c) Répulsifs acoustiques (pingers)
Afin d?éviter les captures accidentelles de
mammifères marins, certains engins de
pêche sont équipés de répulsifs acous-
tiques, ou pingers. Ces pingers sont de
petits dispositifs (figure 19) émettant un
signal impulsionnel haute fréquence, dans la
plage d?audition des mammifères marins. Il
existe plusieurs types de pingers ; ils
peuvent émettre à une ou plusieurs
fréquences comprises typiquement entre 20
et 160 kHz. Le niveau d?émission (LS) est de
l?ordre de 130 à 180 dB re 1 µPa @1 m [104].
2) Aquaculture
a) Bruit généré par les embarcations
Les embarcations utilisées dans les
exploitations aquacoles sont généralement
des barges à fond plat en aluminium
équipées de puissants moteurs hors-bords.
La signature acoustique de ces embar-
cations est conditionnée essentiellement par
le type de motorisation : avec un moteur
hors-bord (à deux ou quatre temps) ou une
propulsion Z-drive (moteur in-board avec
embase et propulsion hors-bord), la
signature acoustique est proche de celle
d?un navire de plaisance de type pêche-
promenade ; avec un moteur in-board
« classique », la signature acoustique est
proche d?un petit navire technique ou d?un
petit navire de pêche (< 12 m).
b) Répulsifs acoustiques (pingers)
De même que pour la pêche, les répulsifs
acoustiques peuvent être utilisés en
Figure 18 : Dispositifs acoustiques utilisés par les navires de pêche (d?après [120]).
Figure 19 : Répulsif acoustique AQUAmark® 210
(AQUATEC) utilisé sur les engins de pêche
(crédit photo : NEREIS Environnement).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
64
aquaculture, pour éviter la prédation sur les
cultures en mer. Les répulsifs utilisés en
aquaculture sont généralement plus
puissants que ceux utilisés pour la pêche,
avec des niveaux d?émission (LS) de l?ordre
de 180 à 200 dB re 1 µPa @ 1 m et des fré-
quences plus basses, autour de 10-15 kHz,
pour cibler principalement les pinnipèdes.
La durée d?émission est de l?ordre de la
seconde [142].
D?autres répulsifs acoustiques ont été
développés pour limiter la prédation des
parcs conchylicoles par certaines espèces
de poissons, comme des daurades royales.
Les signaux émis sont très basse fréquence
(inférieure à 1 kHz) et les niveaux d?émission
sont modérés (inférieurs à 170 dB re 1 µPa
@ 1 m). La durée d?émission peut atteindre
quelques secondes.
IV. Activités portuaires
Les activités portuaires susceptibles de
générer du bruit sous-marin comprennent
principalement les mouvements des navires
de services et le dragage des bassins et des
chenaux d?accès.
1) Signature acoustique des navires
de service
Les navires de services (remorqueurs,
bateaux de lamanage et pilotines qui aident
les navires de grande taille à entrer et sortir
des ports, vedettes de sauvetage en mer et
baliseurs principalement) participent au bon
fonctionnement d?un port de commerce :
départ et arrivée des navires de commerce
et de transport de passagers, entretiens du
balisage, sécurité, etc.
Le bruit généré par les navires de service, à
l?instar des autres navires (voir partie 1 -
VIII - Trafic maritime (navires marchands et
transport de passagers)), dépend de
nombreux facteurs dont les plus importants
sont la taille du navire et sa vitesse de
déplacement. En effet, les navires de grande
taille ont tendance à générer des niveaux de
bruit plus importants avec un maximum
d?énergie en basse fréquence, tandis que
les bateaux de petite taille génèrent des
niveaux de bruit moins élevés avec un
spectre décalé vers les moyennes
fréquences (autour de 5 kHz). De même, le
niveau de bruit est fortement corrélé à la
vitesse du navire [158].
Hormis les remorqueurs de haute mer, les
navires de service portuaires sont
majoritairement de taille inférieure à 50 m, et
leur vitesse dans l?enceinte portuaire est en
principe limitée à 5 nd. Le bruit sous-marin
généré par ces navires est donc
globalement moins élevé que celui généré
par les navires de commerce ou de transport
de passagers.
D?une manière générale, les navires de
service génèrent un bruit continu large
bande d?un niveau de l?ordre de 150 à
170 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec un
maximum d?énergie entre 100 et 1 000 Hz.
À titre d?exemple, un remorqueur de 25 m en
opération génère un niveau de l?ordre de
170-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [23, 158].
2) Dragage
Le dragage des chenaux de navigation est
une activité courante en milieu portuaire.
Elle est nécessaire pour garantir l?accès des
ports aux navires à fort tirant d?eau. Le
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
65
dragage consiste à prélever le sédiment qui
se dépose régulièrement sur le fond des
chenaux de navigation et à les déposer (ou
claper) au large, sur une zone dite de
clapage.
Il existe 4 principaux types de drague :
? Les dragues aspiratrices autoporteuses,
ou dragues aspiratrices en marche, à
élinde traînante (TSHD pour Trailer
Suction Hopper Dredger - figure 20). Il
s?agit d?un navire autopropulsé capable
d?aspirer les sédiments tandis qu?il avance
à vitesse réduite (1 à 4 nd). L?aspiration
des sédiments est assurée par un tube,
appelé élinde traînante, équipé d?une
pompe. Les sédiments aspirés remplis-
sent la cale du navire et sont ensuite
déposés sur la zone de clapage, soit en
ouvrant les vannes situées sous la cale,
soit par pompage.
? Les dragues suceuses à désagrégateur
(CSD pour Cutter Suction Dredger).
Celles-ci sont équipées d?une tête de
désagrégation rotative qui fragmente les
fonds durs (calcaire, graviers, etc.). Les
fragments sont ensuite aspirés au moyen
de pompes de dragage alors que la
drague est ancrée. Les sédiments
collectés sont ensuite refoulés sur une
zone de clapage ou déposés sur des
barges spéciales.
? Les dragues à pelle mécanique ou
dragues à pelle rétrocaveuse (BHD pour
Backhoe Dredger). Il s?agit d?un ponton
équipé d?une pelleteuse mécanique ou
hydraulique. Le positionnement du ponton
est assuré par 3 pieux. Un deuxième
navire peut être présent pour faire office
notamment de remorqueur ou pour
transporter les sédiments prélevés.
? Les dragues mécaniques à benne
preneuse (GD pour Grab Dredger). Le
principe de fonctionnement est le même
Figure 20 : La drague aspiratrice en marche Samuel
de Champlain (GIE Dragages-Ports,
crédit photo : Fabien Montreuil).
Type de
drague Bruit généré Niveau Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
maximum
d?énergie
Réf.
bibliographique(s)
TSHD Continu
omnidirectionnel 150-190 100-500 Hz 29, 95, 118, 156
CSD Continu
omnidirectionnel 170-185 100-500 Hz 29, 161
BHD Transitoire et
répétitif 160-180 20-300 Hz 155
GD Transitoire et
répétitif 150-165 < 300 Hz 118, 158
Tableau 4 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés au dragage
des sédiments en fonction du type de drague utilisée.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
66
que pour la drague à pelle mais l?outil
utilisé pour creuser est une benne
déposée sur le fond en position ouverte et
qui prélève le sédiment au moment de sa
fermeture. Les sédiments prélevés sont
souvent déposés sur une barge annexe.
Le bruit généré par les dragues diffère en
fonction du type de drague, du type de
sédiment dragué et en fonction des phases
opérationnelles : phase de dragage, phase
de transit (transit à vide ou chargé) et phase
de clapage.
La phase de dragage est généralement la
plus bruyante. Durant cette phase, le bruit
est principalement lié aux mécanismes de
prélèvement (choc du bec d?élinde ou de la
pelle sur le fond, pompes d?aspiration,
fermeture de la benne, passage du sédiment
dans l?élinde, remontée de la benne, etc.).
Le tableau 4 présente les niveaux de bruit
généré par les différents types de drague
durant cette phase de dragage.
Le bruit généré lors du dragage est un bruit
large bande (30 Hz-20 kHz) omni-
directionnel avec un maximum d?énergie en
basse fréquence (< 500 Hz). Ce bruit peut
se propager sur de grandes distances et être
audible au-dessus du bruit ambiant jusqu?à
25 km dans le cas des navires les plus
bruyants [158].
En phase de transit, une drague aspiratrice
en marche génère un bruit dont le niveau
Lp,rms est comparable à celui d?un navire de
commerce de type cargo navigant à vitesse
moyenne (8-16 nd), soit environ 170 dB re
1 µPa/?Hz @ 1 m [95, 161]. Le bruit émis en
transit lège (à vide) ou chargé est équivalent
car une drague chargée adopte
généralement une vitesse plus faible. Lors
de cette phase de transit le bruit généré
provient principalement de l?appareil de
propulsion.
La phase de clapage est moins bruyante
que la phase de dragage, avec des niveaux
Lp,rms compris entre 154 et 175 dB
re 1 µPa/?Hz @ 1 m, et un maximum
d?énergie dans les fréquences
inférieures à 500 Hz [95].
Il faut également noter que les barges et
remorqueurs qui accompagnent les dragues
peuvent générer des niveaux de bruit non
négligeable, parfois supérieurs à ceux de la
drague elle-même [158].
V. Travaux et aménagements côtiers
Les travaux et aménagements côtiers
(aménagement portuaire, construction de
digues ou de ponts, creusage de puits, etc.)
mettent en oeuvre de nombreuses activités
susceptibles de générer du bruit sous-marin.
Parmi les principales activités, on peut citer
le forage, le battage de pieux, le fonçage ou
vibrofonçage de palplanches, le déroctage
et le dépôt d?enrochements. Les deux
premières activités ayant été décrites dans
les sections précédentes (partie 1 - I -
Industrie du pétrole et du gaz et 1 - II -
Énergies marines renouvelables), nous
nous focaliserons ici sur le fonçage de
palplanches, le déroctage et l?enrochement.
1) Fonçage de palplanches
Les palplanches sont des pieux profilés,
aplatis, servant à renforcer les berges des
cours d?eau ou à construire des digues,
brise-lames ou pontons. Elles possèdent
des nervures latérales qui leur permettent de
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
67
s?enclencher les unes dans les autres.
L?enfoncement des palplanches dans le sol
se fait soit à l?aide d?un marteau (fonçage)
soit à l?aide d?un vibrateur ou mouton
(vibrofonçage).
Le fonçage de palplanches génère un bruit
impulsionnel large bande (10 Hz - 100 kHz)
d?intensité moindre que celui généré par le
battage de pieux car il nécessite moins
d?énergie (environ 4 fois moins [51]). Les
niveaux d?émission (LS) sont de l?ordre de
200-210 dB re 1 µPa @ 1 m avec un
maximum d?énergie en basse fréquence,
entre 50 et 1 000 Hz. Cependant, comme
pour le battage de pieux, le niveau de bruit
dépend de la nature du substrat et de la
profondeur.
Le vibrofonçage génère un bruit continu (qui
inclut cependant des impulsions liées aux
oscillations du vibrateur) et de niveau
beaucoup moins élevé. Il est toutefois
difficile de comparer directement un bruit
continu et un bruit impulsionnel. Des études
réalisées dans le cadre d?aménagement
portuaire font état de niveau de bruit de
l?ordre de 165 à 185 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
avec un maximum d?énergie entre 25 et
2 000 Hz [193].
2) Déroctage
Le déroctage consiste à fragmenter puis à
déblayer les débris d?un substrat rocheux. Il
peut être réalisé à l?aide d?explosifs, d?un
brise-roche hydraulique (BRH), ou d?une
dent de déroctage (figure 21).
Le déroctage à l?explosif (ou minage), est de
loin la méthode la plus bruyante. Les
explosions sous-marines constituent une
des sources de bruit anthropique les plus
14 L?enfouissement des charges peut conduire à une réduction de l?énergie libérée par l?explosion de l?ordre de 20 %, mais
celui-ci peut nécessiter la mise en oeuvre d?opérations elles-mêmes bruyantes (ex. : forage) [50].
impactantes et le bruit généré peut se
propager sur de très grandes distances
(jusqu?à plusieurs milliers de kilomètres). De
façon simplifiée, l?explosion génère deux
types d?ondes : les ondes de choc et les
ondes sonores, toutes deux de fortes
intensités. Dans un premier temps, suite à
l?explosion, une onde de choc est générée.
De brutales fluctuations de pression
apparaissent, causées par les bulles de gaz
produites par l?explosion. L?onde de choc est
alors rattrapée par une onde acoustique
formée par ces fluctuations de pression. Un
bruit de type impulsionnel est ainsi généré
[158].
L?estimation du niveau de bruit causé par ce
type d?opération est complexe car elle
dépend de nombreux facteurs, et
notamment de la charge explosive, du
nombre de charges, de l?enfouissement ou
non des charges14 (et de la profondeur
d?enfouissement le cas échéant) et de la
nature de la roche à fracturer.
Dans tous les cas, les explosions sous-
marines engendrent de très importants pics
de pression. Des charges de moins d?un kg
Figure 21 : Dent de déroctage sur ponton dipper
(crédit photo : NEREIS Environnement).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
68
équivalent TNT peuvent générer des
niveaux d?émission Lp,pk de plus de 260 dB
re 1 µPa @ 1 m [158], tandis que des
charges de plusieurs milliers de kg
équivalent TNT pourront engendrer des
niveaux supérieurs à 300 dB re 1 µPa @
1 m. Il s?agit d?un bruit impulsionnel et
omnidirectionnel basse fréquence (de 2 Hz
à 1 kHz) avec un maximum d?énergie dans
les fréquences inférieures à 500 Hz [79, 174]
et une durée d?impulsion de l?ordre de la
milliseconde.
À l?heure actuelle, le niveau de bruit généré
par le déroctage par brise-roche hydraulique
n?a fait l?objet d?aucune étude publiée.
Cependant, ce niveau de bruit serait
similaire à celui généré par le battage d?un
pieu de petit diamètre (environ 50 cm) par
marteau hydraulique, dans la mesure où
l?énergie fournie et la cadence de battage
des deux types d?engin sont quasiment
identiques [12]. Ce niveau serait donc de
l?ordre de 200 dB re 1 µPa @ 1 m.
De même, le niveau de bruit généré par une
dent de déroctage (figure 21) pourrait être
assimilé à celui généré par une drague de
type CSD [12], soit environ 170 dB re
1 µPa/?Hz @ 1 m.
3) Enrochement
L?enrochement consiste à déposer des
matériaux sur le fond marin à partir d?un
navire équipé d?un tube métallique. La
longueur du tube s?adapte à la hauteur
d?eau afin de contrôler la localisation des
dépôts.
La principale source de bruit lors des
opérations d?enrochement serait la propul-
sion du navire qui réalise l?opération (et
notamment le système de positionnement
dynamique), tandis que le bruit du dépôt de
matériaux serait masqué [128]. Une étude
comparant le niveau de bruit généré par un
navire de dépôt d?enrochements en phase
de dépôt et en phase de positionnement
(sans dépôt) a également montré que le
dépôt des roches sur le fond ne contribue
pas au bruit généré [129].
VI. Extraction de granulats
L?extraction de granulats marins consiste à
prélever en mer, à l?aide de cargos sabliers,
des sédiments et à les ramener à terre, où
ils seront traités pour être utilisés dans les
travaux de construction ou le traitement des
sols ou de l?eau.
L?extraction de granulats en mer génère du
bruit sous-marin au moment de la phase de
prospection et de recherche de gisements,
puis au moment de l?extraction. Lors de la
phase de prospection, les techniques
d?acoustique active mise en oeuvre sont
celles décrites dans la partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz.
Lors de la phase d?extraction l?activité est
similaire à celle mise en oeuvre pour le
dragage des chenaux de navigation, à ceci
près que les sédiments prélevés sont
ramenés à terre et non clapés au large.
Cette activité est décrite dans la partie 1 -
IV - Activités portuaires.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
69
VII. Installation de câbles et canalisations
Les câbles sous-marins assurent les
connexions électriques et de télécom-
munications entre les pays du globe.
L?installation de câbles sur les fonds marins
génère du bruit avant (durant la phase de
prospection) et pendant la pose. L?instal-
lation de canalisations sous-marines suit
globalement le même procédé et génère
donc le même type de bruit.
1) Phase de prospection
La phase de prospection consiste à définir le
tracé du câble ou de la canalisation en
fonction des contraintes environnementales.
Un certain nombre de techniques utilisées
durant cette phase sont susceptibles de
générer du bruit :
? les échosondeurs qui évaluent la bathy-
métrie et définissent la topographie du
fond. Dans la majorité des cas il s?agit de
sondeurs multifaisceaux ;
? les sonars à balayage latéral qui permet-
tent d?obtenir une représentation précise
du fond, à l?image d?une photographie ;
? la sismique (en général en version légère
haute résolution) qui permet de déter-
miner la nature et l?épaisseur des couches
sédimentaires.
L?ensemble de ces techniques sont décrites
en détails dans la partie 1 - I - Industrie du
pétrole et du gaz.
2) Phase d?installation
La pose du câble ou de la canalisation est
réalisée à partir d?un navire câblier ou d?un
navire poseur de pipeline. Les câbles sous-
marins sont soit ensouillés dans le sédiment,
soit déposé sur le fond et, si besoin,
recouvert d?un dispositif de protection
(enrochement, « matelas » de béton,
protection en acier, etc.). De même, les
canalisations sont posées sur le fond et
ensouillées à l?approche des zones côtières.
La pose du câble ou de la canalisation peut
se faire à l?aide d?une charrue à soc qui
permet la pose et l?ensouillage simultanés,
par water-jetting (un jet d?eau sous pression
permet de creuser une tranchée), par
tranchage, par dragage ou par forage dirigé.
Il existe peu d?études faisant état des
niveaux de bruit généré par la pose de
câbles ou de canalisations en mer. L?étude
d?impact acoustique du raccordement du
parc éolien de North Hoyle, pour lequel une
trancheuse a été utilisé, fait état d?un bruit
large bande avec un maximum d?énergie
entre 100 et 600 Hz. Le niveau de bruit était
de l?ordre de 178 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m
[129]. Ce bruit apparaît comme très variable,
du fait notamment de la nature de la roche
dans laquelle la tranchée est creusée.
L?utilisation de jetting conduirait à des
niveaux de bruit du même ordre, mais à plus
haute fréquence, entre 1 et 15 kHz [71]. Lors
de l?utilisation d?une charrue à soc, le bruit
du navire apparaît comme prédominant,
notamment du fait de l?utilisation de système
de positionnement dynamique (utilisation
intensive du système de propulsion pour
maintenir une position). Le bruit généré par
ce type de navire est de l?ordre de 170-185
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [194].
Le bruit généré lors des opérations de
forage et de dragage est décrit dans les
sections précédentes (partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz et 1 - IV - Activités
portuaires). Le recours à du forage dirigé
peut être nécessaire pour l?atterrage des
câbles sous-marins (arrivée du câble en
milieu terrestre) ou le passage de canyons
rocheux. Le forage dirigé nécessite la mise
en place d?une plateforme de forage, et donc
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
70
parfois la mise en place de pieu par battage.
Le bruit généré par cette activité est décrit à
la partie 1 - II - Énergies marines renou-
velables.
Lorsque l?ensouillage est impossible (ou non
nécessaire), le câble ou la canalisation peut
être simplement posé sur le fond marin et
éventuellement recouvert d?enrochements
ou de matelas de béton. Le bruit généré par
la mise en place de ce type de protection est
décrit dans la partie 1 - V - Travaux et
aménagements côtiers.
Le tableau 5 présente les niveaux de bruit
généré par les différentes méthodes ou
outils utilisés durant cette phase de
d?installation de câbles ou de canalisations.
3) Phase d?entretien et de
démantèlement
L?entretien et la dépose des câbles et
canalisations sous-marins fait intervenir le
même type de navire et de procédés que
ceux utilisés pour l?installation. Les niveaux
de bruit générés sont donc du même ordre
que ceux cités précédemment, soit
170-185 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m.
Méthode/outil Type de
substrat
Niveau Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
max. d?énergie
Réf.
bibliographique(s)
Charrue à soc Meuble
(vase, sable)
170-185
(bruit du navire) < 1 kHz 158
Water-jetting
Meuble
(vase, sable) ~ 170 à 180 1-15 kHz 71
Tranchage Rocheux ~ 180 100 et 600 Hz 129
Dragage
Meuble
(vase, sable,
graviers)
De 150 à 190 selon le
type de drague
20-500 Hz
29, 95, 118, 156,
158, 161
Forage dirigé Rocheux 120-130 dB < 1 kHz 158, 194
Tableau 5 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés à la pose de câbles et canalisations
en fonction du type de méthode ou outils utilisés.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
71
VIII. Trafic maritime (navires marchands et transport de
passagers)
Le trafic maritime global contribue de façon
permanente au bruit ambiant en champ
lointain. Chaque navire contribue également
de façon ponctuelle au bruit ambiant en champ
proche. Il s?agit de deux approches bien
distinctes que nous traiterons séparément.
1) Contribution au bruit ambiant en
champ lointain
Le trafic maritime contribue de façon
significative au bruit ambiant sous-marin. À
basse fréquence (5-500 Hz), la navigation
motorisée est la principale source de bruit
anthropique dans les océans [4].
De nombreuses études font état d?une
corrélation entre l?augmentation du bruit
ambiant sous-marin dans certaines régions
(jusqu?à + 3 dB par décade, ce qui cor-
respond à un doublement de l?intensité
sonore tous les 10 ans) et l?augmentation du
nombre de navires commerciaux dans ces
régions [8, 116, 169].
Entre 1965 et 2003 la taille moyenne des
navires marchands a été multipliée par 2, et
leur tonnage brut par 4. À l?échelle mondiale,
plus de 100 000 navires de commerce
naviguent en permanence15, dont plus de
10 % de navires de gros tonnage (super-
tankers, porte-conteneurs, etc.), considérés
comme les plus bruyants. À l?heure actuelle,
le nombre de navires marchands, leur taille
et leur puissance (et donc leur vitesse) est
en augmentation [111, 117].
Il est difficile de quantifier la contribution du
trafic maritime au bruit ambiant sous-marin
global car il s?agit d?une contribution à
15 Sans compter plus de 2 millions de navires de pêche.
16 D?autres facteurs comme le mode de propulsion et de motorisation et l?âge et la potentielle dégradation des machines
tournantes influent également de façon non négligeable sur le bruit généré.
grande échelle, avec une forte variabilité
spatiale. Il est nécessaire de réaliser des
suivis sur le long terme pour comprendre
l?impact du bruit généré par le trafic maritime
sur l?environnement et la faune marine. Ce
paramètre est suivi dans le cadre de la
DCSMM par l?indicateur D11a.2 (Son
continu basse fréquence).
2) Signatures individuelles de navire
en champ proche
Le bruit généré par les navires commerciaux
dépend de nombreux paramètres, dont les
principaux sont la taille et la vitesse de
navigation16. Chaque navire possède une
signature acoustique qui lui est propre, et qui
va évoluer en fonction de sa vitesse. Cette
signature est une combinaison de bruits
large bande et de tonalités marquées
(pics d?énergie à des fréquences
spécifiques).
Le bruit généré par les navires motorisés est
principalement dû au système de propulsion
du navire (moteur + hélice). Une part
importante de ce bruit provient des
phénomènes de cavitations autour de
l?hélice. Il s?agit généralement de la source
dominante de bruit. La cavitation produit un
bruit large bande qui influence la signature
sur l?ensemble des fréquences (jusqu?à
100 kHz). Les autres composants de
l?appareil propulsif (moteur, réducteur, etc.)
génèrent également du bruit transmis au
milieu marin à travers la coque. D?autre
sources, comme les auxiliaires (pompes,
générateurs, etc.) contribuent également à
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
72
la signature acoustique. Ces deux dernières
sources peuvent conduire à la formation de
tonalités marquées qui caractérisent la
signature acoustique des navires [158].
La taille du navire a un impact significatif sur
le bruit généré. Les navires de taille
moyenne (de 50 à 100 m) sont géné-
ralement dotés de propulsion diesel à
2 hélices. Ils sont également souvent
équipés de propulseurs d?étrave qui influent
ponctuellement sur la signature acoustique
(lors des manoeuvres portuaires). Ces navires
de taille moyenne représentent une source
de bruit continu avec des niveaux de l?ordre
de 165-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec un
maximum d?énergie émis en basse
fréquence (< 1 kHz) et des tonalités
marquées jusqu?à 50 Hz [142, 158].
Les navires de grande taille (> 100 m : super-
tankers, porte-conteneurs, navires de
croisière, etc.) possèdent des moteurs plus
puissants et de plus grosses hélices ayant
une vitesse de rotation moins élevée. Ceci
génère des niveaux de bruit plus élevés
avec un maximum d?énergie en basse voire
très basse fréquence (< 500 Hz). De par leur
taille, ils possèdent également une surface
d?échange plus importante qui contribue à
transmettre, via la coque, les bruits de
machine au milieu marin. Ces navires de
grande taille représentent une source de
bruit continu avec des niveaux de l?ordre
de 180-190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec
un maximum d?énergie en très basse
fréquence, inférieure à 500 Hz. Par exem-
ple, un supertanker de 340 m de long
représente une source de bruit large bande
de niveau de 190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
avec un maximum d?énergie entre 40 et
70 Hz et des tonalités marquées dont le
fondamental de 6,8 Hz est audible à près de
500 km [117, 142, 158].
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
73
IX. Activités récréatives
À l?instar des navires marchands, les
bateaux de plaisance motorisés présentent
une signature acoustique caractéristique qui
varie fortement en fonction de plusieurs
paramètres, dont les principaux sont la taille
et la vitesse. Généralement, les bateaux
équipés de moteurs hors-bords sont
également plus bruyants [142].
Comme pour les navires marchands, le bruit
généré par les navires de plaisance est
principalement lié à l?appareil propulsif et
aux phénomènes de cavitation autour de
l?hélice. Les navires de plaisance sont
principalement des navires de petite taille,
équipés de petites hélices ayant une
importante vitesse de rotation. Ceci conduit
à produire un bruit de niveau plus faible et
plus aigu (énergie décalée vers les hautes
fréquences) que les navires décrits dans le
paragraphe précédent.
D?une manière générale les bateaux de
plaisance constituent une source sonore
continue dont les niveaux sont de l?ordre
de 150-175 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec
un maximum d?énergie entre 100 et 1 000 Hz.
Quelques exemples de niveau de bruit
généré par des bateaux de plaisance sont
présentés dans le tableau 6 ci-dessous.
Le bruit sous-marin émis par les
motomarines (jet-skis et scooters des mers)
provient principalement des bulles générées
par le système de propulsion par hydrojet et
à la rotation des pales de la turbine. Il s?agit
d?un bruit continu large bande, dont la
fréquence et le niveau varie fortement en
fonction de la vitesse. Les études font état
d?émissions comprises entre 100 Hz et
10 kHz et de niveaux compris entre 120 et
190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [58, 119], avec
d?importantes variations car les motomarines
changent régulièrement d?allure et de direction.
Type
d?engin Taille Motorisation Vitesse Niveau Lp,rms
(en dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
max. d?énergie
Réf.
bibliographique
Zodiac 5 m 25 CV - 152 100 et 1 000 Hz 158
Zodiac - 2 x 175 CV 30 nd 169 100 et 1 000 Hz 57
Zodiac - 2 x 175 CV 5 nd 147 100 et 1 000 Hz 57
Hors-
bord 7 m 2 x 80 CV - 156 100 et 1 000 Hz 158
Jet-ski - 1 235 cm3 35 nd 185 < 2 000 Hz 119
Tableau 6 : Exemple de niveaux de bruit générés par des embarcations motorisées à usage récréatif.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
74
X. Activités scientifiques/Recherche
Les activités scientifiques en mer utilisent
l?acoustique active pour réaliser des levés
bathymétriques, cartographier les fonds
marins, caractériser la nature des
sédiments, étudier les paramètres
physiques des masses d?eau et évaluer la
ressource halieutique. L?utilisation d?engins
sous-marins motorisés (ROV, AUV et
drones sous-marins) pour l?exploration des
fonds génère également du bruit. Enfin, les
navires océanographiques sont également
par eux-mêmes une source de bruit.
L?utilisation des sondeurs, sonars et de la
sismique pour l?étude des fonds marins est
détaillée dans les sections précédentes
(partie 1 - I - Industrie du pétrole et du gaz et
1 - III - Activités halieutiques). Le tableau 7
présente quelques caractéristiques de
sondeurs, sonars et systèmes sismiques
utilisées par la flotte océanographique de
l?IFREMER. Les propriétés de la
propagation des sons dans l?eau de mer ont
été exploitées par les scientifiques afin
d?évaluer les paramètres physiques des
masses d?eau. L?étude du temps de
propagation des ondes acoustiques permet
en effet de repérer les anomalies locales de
températures et salinité ou un courant. La
tomographie utilise ainsi l?émission de sons
basse fréquence, entre 20 et 200 Hz, pour
étudier la propagation des ondes sonores et
évaluer la salinité et la température des
masses d?eau à mésoéchelle (plusieurs
dizaines de kilomètres). Les émissions
sonores (LS) sont élevées, de l?ordre de 165
à 220 dB re 1 µPa @ 1 m. Cette technologie
est toutefois très peu utilisée de nos jours.
Les ADCP (Acoustic Doppler Current
Profiler) utilisent l?effet Doppler pour évaluer
la vitesse de déplacement des particules en
suspension, et donc la vitesse des courants.
Une impulsion sonore est émise avec une
fréquence f1 ; en rencontrant une particule
en mouvement, sa fréquence est modifiée,
l?onde réfléchie arrivera donc au récepteur
avec une fréquence f2. La différence entre f1
et f2 permet de calculer la vitesse de
déplacement de la particule et donc la
vitesse du courant. Les ADCP génèrent des
signaux impulsionnels haute fréquence. Les
ADCP équipant les navires de l?IFREMER
par exemple émettent à 38, 75, 150 et
300 kHz. Les niveaux d?émission des ADCP
sont compris entre 220 et 225 dB re 1 µPa
@ 1 m (mesures IFREMER).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
75
Source
Fréquence
de max.
d?énergie
(Hz)
Niveau LS
(dB re 1 µPa @ 1 m)
Durées
d?impulsion
(ms)
Cadence
(s) Directivité
Si
sm
iq
ue
Sismique réflexion
2 570 in3
(14 canons à air)
45 251 (LS peak) 20 20 -
Sismique réfraction
4 990 in3
(16 canons à air)
27 254,5 (LS peak) 20 60 -
Sismique rapide
300 in3
(2 canons à air)
40 236 (LS peak) 20 12 -
Sismique haute
résolution
(1 canon à air)
100 224 (LS peak) 4 6 -
So
nd
eu
r
Sondeurs de
sédiments 1 500-6 500 209-212 50 1 45-20°
Sondeur
multifaisceaux 13 000 237 2 à 20 1 à 20 2° x 150°
Sondeur
multifaisceaux 95 000 226 0,2 à 2 0,1 à 1 3° x 150°
Sondeur
monofaisceau 12 000 223 1-16 16°
Sondeur
monofaisceau 200 000 228 0,06-1 > 0,05 7°
So
na
r
Sonar panoramique
de pêche 24 000 223 100 > 0,5 12° x 360°
Sonar à balayage
latéral
100 000
400 000 220 0,1 à 1 0,1
1
2° x 170°
1° x 170°
Tableau 7 : Caractéristiques de quelques-uns des sondeurs, sonars et systèmes sismiques utilisés
par l?IFREMER pour la recherche océanographique (source : Y. Le Gall, communication personnelle, 2019).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
76
XI. Synthèse
Le tableau 8 ci-après synthétise, pour
chaque activité présentée précédemment,
les niveaux de bruit généré et les fréquences
d?émission.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
77
1917
17 Niveaux ramenés à 1 m par calcul, et non mesuré à 1 m.
Type
de
signal
Source Niveau d?émission19
(dB re 1 µPa @ 1 m)
Bande de
fréquence
Fréquences
de maximum
d?énergie
Durée Directivité Description
(Partie 1)
Fiche synthèse
(Partie 4)
Im
pu
ls
io
nn
el
Déroctage par
explosif/minage 250-300 2 Hz-1 kHz < 50 Hz Qq ms à
100 s Omnidir. p. 67 - 68 p. 159
Sismique
(canon à air) 225-260 5 Hz-15 kHz 10-300 Hz
(max<100 Hz) 10-100 ms Faible
(verticale) p. 51 - 52 p. 153 et 155
Sismique
(boomer et sparker) 200-230 500 Hz-12 kHz Variable < 1 ms Faible p. 52 -
Battage de pieux 200-250 10 Hz-20 kHz 100-1 000 Hz Qq ms Omnidir. p. 56 à 58 p. 157
Sondeurs
monofaisceaux 210-240 1-500 kHz Variable < 2 ms Oui, verticale p. 49 à 51 p. 147
Sondeurs
multifaisceaux 210-240 10-500 kHz Variable Qq ms Oui, verticale p. 49 - 51 p.149
ADCP 220-225 38-300 kHz Variable Qq ms 20° p. 74 -
Sonars civils 200-240 > 10 kHz Variable < 1 s Variable p. 49 - 51 -
Pingers 130-200 5-160 kHz Variable < 2 s Variable p. 63 - 64 p. 161
Type
de
signal
Source
Niveau de bruit
spectral19
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Bande de
fréquence
Fréquences
de maximum
d?énergie
Durée Directivité Description
(Partie 1)
Fiche synthèse
(Partie 4)
C
on
tin
u
Supertanker ~ 190 1-10 kHz 40-70 Hz - Omnidir. p. 71 - 72 p. 177
Dragage 150-190 30 Hz-20 kHz 100-500 Hz - Omnidir. p. 64 à 66 p. 171
Forage 120-190 10 Hz-10 kHz 10-1 000 Hz - Omnidir. p. 53 - 54 p. 163
Navire de pêche
(12 m de long, à 7 nd) ~ 150 10 Hz-20 kHz 100-2 000 Hz - Omnidir. p. 62 p. 173
Petit hors-bord
(7 m de long) ~ 156 10 Hz-20 kHz 100-1 000 Hz - Omnidir. p. 73 p. 181
Tableau 8 : Synthèse des niveaux à la source et des fréquences associées des principales sources de bruit anthropique.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
78
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
79
I. L?audition des espèces marines
1) Les mammifères marins
Les mammifères marins, et notamment les
cétacés, sont particulièrement dépendants
de l?acoustique puisqu?ils utilisent le son
dans tous les aspects de leur vie : lors de la
reproduction, pour chasser, s?alimenter,
éviter les prédateurs, communiquer ou
s?orienter. En milieu marin, la visibilité n?est
que de quelques dizaines de mètres au
maximum alors que le son peut se propager
sur des centaines voire milliers de
kilomètres [184]. Chez les cétacés, l?émis-
sion et la réception de signaux sonores
permet de caractériser l?environnement et
de communiquer sur plusieurs dizaines,
voire centaines de kilomètres [178].
Deux types de systèmes auditifs existent
chez les mammifères marins : un système
auditif exclusivement aquatique pour les
espèces inféodées au milieu marin (cétacés,
siréniens) et un système auditif amphibie
pour celles qui vivent partiellement à terre
(pinnipèdes).
À l?exception de certains pinnipèdes, les
mammifères marins sont dépourvus d?oreille
externe. Le système auditif est donc
constitué d?une oreille moyenne contenant
le tympan et les osselets et qui dirige le son
vers l?oreille interne, comprenant la cochlée
et la membrane basilaire. Les tissus
graisseux, notamment ceux de la mâchoire
inférieure, jouent un rôle dans l?audition en
assurant la transmission des sons vers
l?oreille moyenne [123].
Dans l?eau, les mammifères marins
perçoivent les sons compris entre 10 Hz et
Partie 2
Impact des activités génératrices de bruit
sur la faune marine
La mesure des capacités auditives chez les animaux marins
Les informations relatives aux capacités auditives des animaux marins sont relativement
peu nombreuses, et celles-ci ne sont pas toujours robustes. Tester l?audition d?un animal
en conditions expérimentales génère un stress qui peut affecter les résultats. La mesure
du son dans un milieu confiné (cuve, aquarium) peut également s?avérer problématique.
Le faible nombre d?individus testés (souvent un ou deux) pose également question du fait
de la variabilité interindividuelle.
Les valeurs citées ici (niveaux et fréquences d?audition) sont donc à considérer avec
précaution et n?ont pour objectif que de donner une idée des capacités relatives d?un
groupe d?espèces à percevoir les sons sous-marins.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
80
200 kHz, avec des seuils de sensibilité
minimum avoisinant les 50 dB re 1 µPa pour
les espèces les plus sensibles. En fonction
de leurs capacités auditives, il est possible
de distinguer six groupes [136, 168] :
? les Cétacés basse fréquence : ce
groupe inclut l?ensemble des mysticètes
(baleines à fanons). Il est sujet à caution
car les espèces de ce groupe n?ont jamais
fait l?objet d?évaluation directe de leur
capacité auditive. Cependant, l?étude de
leurs vocalises, de leurs réactions
comportementales aux stimuli sonores et
de leurs appareils auditifs tendent à
montrer que les cétacés basse fréquence
seraient capables de percevoir des sons
de 10 Hz à 30 kHz, avec une sensibilité
maximale entre 1 et 8 kHz. Dans cette
plage de fréquence, leur seuil d?audition
est estimé à environ 60 dB re 1 µPa ;
? les Cétacés haute fréquence : ce groupe
contient la plupart des Delphinidés
(dauphins, orques et globicéphales), les
baleines à bec (Ziphiidés), le béluga et le
narval (Monodontidés) et le cachalot. Des
évaluations directes de la capacité
auditive (mesures comportementales ou
neurophysiologiques) ont été réalisées
sur environ 1/3 des espèces de ce groupe.
Celles-ci sont capables de percevoir les
sons entre 100 Hz et 180 kHz, avec une
sensibilité maximale entre 10 et 100 kHz.
Dans cette plage de fréquence leur seuil
d?audition est inférieur à 60 dB re 1 µPa ;
? les Cétacés très haute fréquence : ce
groupe inclut les marsouins, quelques
petits Delphinidés, la plupart des dauphins
d?eau douce et les cachalots nain et
pygmée (Kogiidés). Chez les espèces de
ce groupe, la gamme de fréquences audi-
bles est équivalente à celle des cétacés
haute fréquence, mais la sensibilité
maximale se situe autour de 100 kHz,
avec des seuils d?audition inférieurs à
50 dB re 1 µPa. Chez ces espèces, les
signaux émis (et notamment les clics
d?écholocation) sont également plus hauts
en fréquence que chez les autres cétacés ;
? les Siréniens : ce groupe contient les
lamantins (Trichechidés) et le dugong
(Dugong dugon). Leurs capacités audi-
tives sont proches de celles des cétacés
haute fréquence, mais leurs différences
anatomiques et les particularités de leurs
émissions sonores les distinguent. Des
mesures réalisées sur des lamantins
montrent qu?ils sont capables de percevoir
des sons entre 250 Hz et 60 kHz, avec
une sensibilité maximale entre 10 et
20 kHz et des seuils d?audition de 60 dB
re 1 µPa en moyenne à ces fréquences ;
? les Phocidés : ce groupe comprend les
phoques et les éléphants de mer. Leur
appareil auditif est amphibie, puisqu?ils
peuvent entendre dans l?air comme dans
l?eau. Ici, seules les capacités auditives
des phocidés dans l?eau seront abordées.
Dans l?eau, les phocidés sont capables de
percevoir les sons entre 100 Hz et
100 kHz, avec une sensibilité maximale
entre 2 et 30 kHz. À ces fréquences le seuil
d?audition est inférieur à 60 dB re 1 µPa ;
? les autres Carnivores : ce groupe inclut
les autres pinnipèdes (qui ne sont pas des
phocidés : otaries, lions de mer et morse),
les loutres et l?ours polaire (Ursus
maritimus). Ici, seules les capacités audi-
tives des autres Carnivores dans l?eau
seront abordées. Les espèces de ce groupe
diffèrent des phocidés de par l?anatomie de
leur appareil auditif (présence d?une oreille
externe notamment, sauf chez le morse)
et leur sensibilité auditive. En effet, si les
plages d?audition (100 Hz-60 kHz) et de
sensibilité maximale (2-30 kHz) sont
proches, le seuil d?audition de ces
espèces est plus élevé, avec un minimum
de 70 dB re 1 µPa en moyenne.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
81
La figure 22 présente, pour chacun de ces
groupes, un audiogramme médian (repré-
sentation du niveau de bruit perceptible en
fonction de la fréquence).
À partir de ces audiogrammes, des seuils de
bruit à partir desquels les mammifères
marins sont susceptibles de subir des pertes
d?audition ont été calculés. Ces seuils sont
présentés dans le tableau 9 et le tableau 10.
Figure 22 : Audiogrammes médians pour les Cétacés basse fréquence,
les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence, les Siréniens,
les Pinnipèdes dans l?eau et les autres Carnivores dans l?eau (d?après [136] et [168]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
82
2) Les tortues marines
Les tortues marines possèdent un système
auditif développé, comprenant une oreille
moyenne (avec un tympan) et une oreille
interne [180]. L?oreille moyenne conduit le
son via la columelle (petit os équivalent à
l?étrier chez les mammifères), tandis que
l?oreille interne le réceptionne et détecte la
position et l?accélération [195].
Même si son fonctionnement est encore mal
connu, les études suggèrent que l?appareil
auditif des tortues marines est adapté à la
détection des sons aériens et sous-marins.
Le tympan est renforcé par une épaisse
couche de graisse, ce qui est propre aux
reptiles aquatiques. Les tortues marines
sont capables de capter les stimuli
acoustiques, mais également les vibrations
via le squelette (os de la tête et colonne
vertébrale notamment) et la carapace de
l?animal qui joueraient le rôle de récepteurs
des ondes sonores à terre comme en mer
[45, 180]. Cependant, ce processus de
perception des vibrations n?est pas encore
très bien connu. La présence d?une oreille
moyenne (cavité remplie d?air) suggère que
les tortues marines sont également
capables de percevoir les variations de
pression.
Les tortues marines seraient capables de
percevoir des sons sous-marins basse
fréquence, entre 30 et 2 000 Hz, avec une
sensibilité maximale située entre 200 et
600 Hz (figure 23), cette sensibilité
maximale étant toutefois variable d?une
espèce à l?autre, et d?un individu à l?autre,
notamment en fonction de son âge [98, 134,
152]. L?appareil auditif des tortues marines
est également impliqué dans les dépla-
cements et l?équilibre.
L?audition des mammifères marins, en bref
? Chez les mammifères marins, l?utilisation du son est primordiale pour assurer certaines
fonctions vitales (reproduction, alimentation, orientation, etc.).
? L?audition est conditionnée par la morphologie du système auditif dont l?étude, couplée à
celle de la perception des sons sous-marins, a permis d?établir 6 groupes distincts : les
Cétacés basse fréquence, les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence,
les Siréniens, les Phocidés et les autres Carnivores.
? Chaque groupe se caractérise par des capacités auditives sensiblement différentes, avec
une plage d?audition (en Hz) et un seuil minimum d?audition (en dB re 1µPa)
caractéristique. Des audiogrammes ont été définis pour chacun de ces 6 groupes.
? D?une manière générale, les mammifères marins perçoivent les sons sous-marins compris
entre 10 Hz et 200 kHz, avec des seuils de sensibilité minimum proches de 60 dB re 1 µPa
en moyenne (mais cette valeur varie d?un groupe à l?autre).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
83
L?audition des tortues marines, en bref
? Les tortues marines possèdent un système auditif développé, typique des reptiles
aquatiques, leur permettant de percevoir les sons sous-marins et aériens. Leur squelette
et leur carapace leur permettraient également de percevoir les vibrations.
? Bien que la plage d?audition soit équivalente chez les différentes espèces de tortues
marines (30 à 2 000 Hz), leur sensibilité maximale varie d?une espèce à l?autre, voire même
d?un individu à l?autre en fonction de son âge.
Figure 23 : À gauche, audiogrammes de quatre espèces de tortues marines : la tortue de Kemp
Lepidochelys kempii, la tortue luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata
et la tortue verte, ou tortue franche, Chelonia mydas. À droite, audiogramme de la tortue
caouanne (Caretta caretta) à différents stades du cycle de vie (d?après [98] et [44]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
84
3) Les poissons
Ici, le terme « poissons » fait référence à
l?ensemble des espèces de poissons osseux
(Ostéichthyens), de poissons cartilagineux
(Chondrichthyens) et d?Agnathes. Bien que
ce terme n?ait plus de sens aujourd?hui d?un
point de vue taxinomique, il est utilisé ici
pour faciliter la lecture.
Tous les poissons sont a priori capables de
percevoir les sons. Cependant, la détection
des ondes sonores chez les poissons diffère
d?une espèce à l?autre. La détection se fait
via différents « récepteurs » [76, 152] :
Les organes otolithiques
? Au niveau de l?oreille interne, les
poissons osseux (par opposition aux
poissons cartilagineux comme les raies et
les requins) possèdent trois cavités
tapissées de cellules sensorielles,
remplies d?un fluide et dans lesquelles se
trouve une petite pièce calcaire appelée
otolithe (figure 24). Chaque individu
possède donc trois otolithes de chaque
côté soit six otolithes au total. Lors d?un
mouvement, l?inertie de cette pièce
calcaire, très dense par rapport au fluide
qui l?entoure, est perçue par les cellules
sensorielles qui transmettent l?information
au cerveau sous la forme d?impulsions
électriques, via les nerfs. Les organes
otolithiques détectent donc les
mouvements de particules induits par une
onde sonore, à la manière d?un
accéléromètre.
? Chez les poissons cartilagineux et chez
les lamproies, les otolithes sont
remplacés par des cristaux calcaires,
appelés otoconies. Les poissons
cartilagineux possèdent également un
quatrième récepteur au niveau de l?oreille
interne, la macula neglecta, qui ne contient
pas de pièces calcaires mais seulement
des cellules sensorielles. Ce récepteur
jouerait également un rôle dans la
perception du son.
La ligne latérale
Chez les poissons osseux et cartilagineux,
la ligne latérale est composée de centaines
de cellules sensorielles (neuromastes)
réparties sur toute la longueur du corps. Ces
cellules sont sensibles aux mouvements de
particules et vont donc pouvoir percevoir les
Figure 24 : Schéma de l?oreille interne gauche et des organes otolithiques d?un
poisson osseux, avec ces trois otolithes : saccule, utricule et lagena (d?après [76]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
85
ondes sonores. Cependant, les
récepteurs sensoriels de la ligne
latérale ne détectent que les
mouvements en champ proche et
ne fonctionnent qu?à proximité de
la source sonore.
La vessie natatoire et les autres
cavités gazeuses
Certains poissons osseux
possèdent un organe rempli de
gaz appelé vessie natatoire. Cet
organe joue un rôle dans le
contrôle de la flottabilité des
poissons. Il est de fait sensible aux
variations de pression. Au contact
d?une onde sonore, le volume du
gaz contenu dans la vessie
natatoire va varier, entraînant un
mouvement de particules qui
pourra être transmis aux organes
otolithiques. La proximité entre la vessie
natatoire, lorsqu?elle est présente, et l?oreille
interne a donc une forte influence sur la
capacité à percevoir les sons. Chez
certaines espèces la vessie natatoire est
reliée à l?oreille interne via des connexions
osseuses ou via d?autres cavités gazeuses
(bulles d?air situées derrière l?oreille interne).
Pour l?ensemble de ces espèces, les
capacités auditives sont d?autant plus
importantes : la plage de fréquences
audibles est plus étendue et/ou le seuil de
perception est plus bas.
Ainsi, si tous les poissons ont la capacité de
percevoir les sons, les capacités auditives
varient grandement d?une espèce à l?autre,
en fonction des particularités physiologiques
de chaque espèce (sensibilité de la ligne
latérale, présence ou non d?une vessie
natatoire, proximité de celle-ci et connexion
avec l?oreille interne, etc.). D?une façon
générale, on considère trois catégories de
poissons :
? les poissons dépourvus de cavité
gazeuse. Ces poissons détectent
uniquement la composante « mouvement
de particules » de l?onde sonore, et pas la
composante « variation de pression ». Il
s?agit par exemple des poissons cartila-
gineux et des poissons plats ;
? les poissons possédant une vessie
natatoire non connectée à l?oreille interne.
Ces poissons sont capables de percevoir
les variations de pression mais leur
perception du son repose uniquement sur
la détection des mouvements de
particules. Ces poissons sont sus-
ceptibles de subir néanmoins des
barotraumatismes s?ils sont exposés à des
sons de forte intensité. Le saumon
atlantique (Salmo salar) appartient par
exemple à cette catégorie ;
? les poissons possédant une vessie
natatoire connectée, via des connexions
osseuses ou des cavités gazeuses, à
Figure 25 : Audiogrammes du requin nourrice Ginglymostoma
cirratum, du saumon atlantique Salmo salar et du hareng de
l?Atlantique Clupea harengus (d?après [26], [55] et [72]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
86
l?oreille interne. Chez ces poissons les
capacités auditives sont davantage liées à
la perception des variations de pression,
même s?ils sont également capables de
détecter les mouvements de particules. Ils
risquent également des barotraumatismes
en cas d?exposition à des sons de forte
intensité. Cette catégorie comprend par
exemple la morue de l?Atlantique (Gadus
morhua), certains Clupéidés (hareng,
sprat, aloses, etc.) ou les carpes.
La figure 25 ci-après présente les
audiogrammes de quelques espèces de
poissons appartenant à ces trois
catégories : le requin nourrice Ginglymos-
toma cirratum qui ne possède pas de vessie
natatoire, le saumon atlantique Salmo salar
dont la vessie natatoire n?est pas connectée
à l?oreille interne, et le hareng Clupea
harengus dont la vessie natatoire est reliée
à l?oreille interne par un canal.
D?une manière générale, il est admis que la
grande majorité des poissons perçoit les
sons entre 50 et 300 Hz à des niveaux
inférieurs à 100 dB re 1 µPa. Chez les
poissons possédant une vessie natatoire
connectée à l?oreille interne la perception
des sons s?étend jusqu?à plusieurs milliers
de Hz [76, 152].
L?audition des poissons, en bref
? Tous les poissons (poissons osseux, cartilagineux et Agnathes) sont capables de
percevoir la composante « mouvement de particules » du son sous-marin, grâce à leurs
otolithes et leur ligne latérale.
? Les capacités auditives des poissons sont toutefois très variables d?une espèce à l?autre,
en fonction de leur physiologie. Certaines espèces possèdent une vessie natatoire
capable de capter également la composante « variation de pression » des ondes
acoustiques. Lorsque la vessie natatoire est connectée à l?oreille interne (otolithes),
l?espèce présente de meilleures capacités auditives (seuil d?audition plus faible et/ou plage
d?audition plus étendue).
? Les espèces possédant une vessie natatoire peuvent également subir des barotrau-
matismes en cas d?exposition à des sons de forte intensité.
? D?une manière générale, la plupart des poissons sont capables de percevoir des sons
inférieurs à 100 dB re 1 µPa entre 50 et 300 Hz. Pour certaines espèces (Clupéidés,
Cyprinidés) cette perception s?étend à plusieurs milliers de Hz.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
87
4) Les crustacés et mollusques
Il est communément admis que les
crustacés, sont capables d?émettre
activement des sons (ex. : [52]). Cependant,
il existe très peu d?informations quant à leur
capacité à percevoir et à réagir aux
émissions sonores. Comme les poissons
cartilagineux, les crustacés et les
mollusques sont dépourvus de cavités
gazeuses et sont donc incapables de
détecter la composante « variation de
pression » des ondes sonores. Toutefois,
certains d?entre eux sont pourvus, comme
les poissons, d?organes et cellules
sensorielles qui leur permettent de détecter
les mouvements des particules. Ils
possèdent en effet des statocystes, un
ensemble de cellules ciliées sur lesquelles
reposent une ou plusieurs pièces minérales
(statolithes) agissant, à l?instar de l?otolithe
chez les poissons osseux, comme un
accéléromètre. Les statocystes chez les
mollusques céphalopodes (seiches, calmars
et poulpes) sont d?ailleurs très semblables
aux organes otolithiques des poissons
osseux.
Chez les céphalopodes, des études ont
démontré la capacité à détecter les
émissions sonores basse fréquence (50 à
1 500 Hz) grâce à leurs statocystes [82, 97,
121, 122]. Les seuils sont relativement
élevés, de l?ordre de 125-130 dB re 1 µPa
pour la plage de meilleure sensibilité (autour
de 600 Hz). Ces mollusques sont également
capables de ressentir les mouvements de
particules en champ proche à l?aide de
récepteurs sensoriels épidermiques,
comparables aux lignes latérales chez les
poissons. La sensibilité acoustique des
céphalopodes serait liée principalement aux
interactions proies-prédateurs (mécanisme
de défense), mais pourrait également avoir
un lien avec les mouvements migratoires. À
l?instar de certains poissons, les
céphalopodes pourraient en effet utiliser les
infrasons pour se repérer dans l?espace [97].
Chez les crustacés, la présence de
statocystes permet également de percevoir
les sons. Les crustacés possèdent
également des cellules sensorielles au
niveau des antennes et des pattes qui
seraient capables de détecter les
mouvements de particules. Les crustacés
utiliseraient l?acoustique principalement
comme indicateur de la présence de
prédateurs. Les sons basse fréquence
seraient également utilisés par certains
stades larvaires comme indicateur pour
s?orienter (bruit du ressac en zone côtière
notamment [86]). Des études réalisées sur
certains crustacés montrent que ceux-ci
sont capables de percevoir les sons basse
fréquence, de 50 à quelques centaines de
Hertz [52]. Certaines crevettes seraient
capables de percevoir les sons entre 100 et
3 000 Hz, avec une sensibilité maximale
inférieure à 110 dB re 1 µPa entre 100 et
300 Hz [108].
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
88
5) Oiseaux plongeurs
Si la sensibilité auditive des oiseaux dans
l?air est assez bien documentée, il existe très
peu d?informations sur les capacités
auditives sous-marines des oiseaux
plongeurs. Pourtant, certains oiseaux
comme le manchot empereur peuvent rester
immergés plus de 30 minutes et plonger à
plus de 500 m de profondeur [5].
Quelques études réalisées notamment sur
le grand cormoran Phalacrocorax carbo
sinensis tendent cependant à montrer que
les oiseaux plongeurs sont capables de
détecter les sons dans l?air comme dans
l?eau. Sous l?eau, le son pourrait être utilisé
pour localiser les proies, éviter les
prédateurs et s?orienter [92]. Le grand
cormoran a d?ailleurs développé des
adaptations du système auditif au milieu
marin. Ces adaptations sont beaucoup
moins importantes que celles observées
chez les mammifères marins, mais se
rapprochent de celles observées chez les
reptiles (tortues, crocodiles).
Chez cette espèce, la gamme d?audition
s?étendrait de 1,5 à 6 kHz, avec une
sensibilité maximale à 2 kHz. À cette
fréquence, le seuil d?audition serait inférieur
à 80 dB re 1 µPa [5, 92]. Ces résultats étant
toutefois issus d?études préliminaires
réalisées sur un nombre très limité
d?individus (un individu par espèce dans la
plupart des cas), ils sont sujets à caution.
L?audition des crustacés et mollusques, en bref
? Les crustacés et mollusques ne sont pas sensibles aux variations de pression mais sont
capables de percevoir les mouvements de particules grâce à des cellules sensorielles
appelées statocystes, semblables aux otolithes chez les poissons osseux.
? Chez les crustacés, les statocystes sont complétés par d?autres cellules sensorielles
disposées au niveau des pattes et des antennes.
? Les mollusques possèdent quant à eux des récepteurs sensoriels épidermiques comparables
la ligne latérale des poissons.
? Ces deux groupes semblent être capables de détecter les émissions sonores situées dans
les basses fréquences (< 3 000 Hz), mais à des niveaux relativement élevés (> 100 dB re 1 µPa).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
89
L?audition des oiseaux plongeurs, en bref
? Le grand cormoran est le seul oiseau plongeur ayant fait l?objet d?étude quant à ses capacités
à percevoir les sons sous l?eau.
? Pour cette espèce, une adaptation du système auditif, proche de celui des reptiles aquatiques,
a été observée.
? Le grand cormoran serait capable de percevoir les sons sous-marins situés dans les
moyennes et hautes fréquences (1,5 à 6 kHz), avec une sensibilité maximale autour de 2 kHz
(seuil inférieur à 80 dB re 1 µPa), mais ces premiers résultats nécessitent d?être confirmés.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
90
II. Impacts des émissions sonores sur la faune marine
Les réactions des organismes marins face
aux émissions sonores sont de différents
types et dépendent de l?espèce concernée,
de l?intensité du bruit et de la durée
d?émission. On distingue plusieurs niveaux
de dérangement (figure 26 [158]) :
? tolérance : les animaux perçoivent le bruit
mais ne réagissent pas lors de l?émission
sonore (zone d?audibilité) ;
? changements comportementaux :
réactions d?évitement ou de fuite,
interruption de l?activité en cours,
modifications du profil de plongée et/ou du
rythme respiratoire ;
? masquage : les émissions nécessaires
aux individus pour leur communication ou
leur perception de l?environnement sont
masquées par les bruits d?origine
anthropique ;
? baisse du niveau d?audition : la
sensibilité auditive des animaux diminue.
Cette baisse peut être temporaire (TTS :
Temporary Threshold Shift) ou
permanente (PTS : Permanent Threshold
Shift) ;
? lésions létales : la puissance du bruit
émis provoque des lésions souvent
mortelles pour les animaux. Elles concer-
nent surtout les organes de l?audition,
mais peuvent également toucher d?autres
organes (poumons, vessie natatoire, etc.).
Les impacts peuvent être divisés en deux
catégories : les impacts à court terme et les
impacts à long terme.
Figure 26 : Diagramme des impacts potentiels des émissions sonores
selon leur degré de sévérité (d'après [158]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
91
1) Impacts à court terme
a) Réactions comportementales, fuite,
changements migratoires
Les réactions comportementales peuvent
être définies comme le changement
remarquable de l?activité en cours chez un
animal en réponse à un son. Les exemples
d?effets comportementaux incluent l?aban-
don d?une activité importante comme
l?alimentation ou la fuite de la zone [141].
Ces réactions comportementales sont toute-
fois très difficiles à relier à une cause en
particulier.
? Des exemples de changement de
distribution ou d?abondance en réaction à
des activités bruyantes ont été étudiés sur
les mammifères marins lors de différents
chantiers. Les chantiers éoliens d?Europe
du Nord notamment ont fait l?objet de
nombreux suivis. Lors des épisodes de
battage de pieux, une diminution
drastique de la présence de marsouins et
de phoques à proximité des chantiers a
été observée, mais une augmentation de
l?abondance a été constatée à une
distance de 20 à 50 km des parcs. Cela
indique que les animaux ont fui les zones
bruyantes mais sont néanmoins restés à
proximité [19, 37, 75, 176].
Si les réactions de fuite peuvent
s?observer assez facilement, les réactions
comportementales de dérangement
n?impliquant pas forcément une fuite des
animaux sont plus difficiles à mettre en
évidence [67]. Des études sur les baleines
et les rorquals ont néanmoins démontré
que leurs réactions au trafic maritime et
aux prospections sismiques pouvaient se
manifester par une modification des
comportements de plongée et des
activités d?alimentation [18].
Les différents groupes de cétacés
peuvent manifester des réactions diffé-
rentes en réponse aux perturbations
sonores : les petits cétacés, plus rapides,
ont tendance à nager très vite loin de la
source, tandis que les grands cétacés ont
plutôt tendance à regagner la surface [141,
158, 172].
? Chez les tortues, les réactions compor-
tementales liées aux perturbations
sonores ont très peu été étudiées. Des
études ont toutefois pu montrer que des
tortues remontent en surface lorsqu?elles
sont exposées aux basses fréquences, de
même qu?elles augmentent leur vitesse de
nage en réponse à des émissions de
canons à air [134]. Une autre étude fait
état de l?arrêt de l?activité et de plongées
en réponse à des niveaux Lp,pk reçus de
l?ordre de 191 dB re 1 µPa générés par
des canons à air également [40].
? Chez les poissons osseux, des modifi-
cations comportementales en réaction au
bruit ont également été observées,
notamment suite à l?exposition à des
émissions sismiques. Ces réactions se
manifestent par des changements de
position dans la colonne d?eau, une
modification de la vitesse de nage ou des
variations dans la structure des bancs de
poissons [24].
? Chez les crustacés et les mollusques,
des réactions comportementales ont pu
être observées en corrélation avec des
perturbations acoustiques (ex. : mouve-
ments de valves chez les moules, des
antennes chez le bernard-l?hermite). Ces
réactions interviennent lorsque les
vibrations induites sont de l?ordre de celles
générées par le battage de pieux ou
l?utilisation d?explosifs [159]. Chez les
crustacés, de nombreux exemples de
réactions comportementales ont été
observés en réponse à des stimuli
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
92
acoustiques : arrêt de l?alimentation chez
le homard et le crabe vert, enfouissement
et déplacements limités chez la
langoustine par exemple [52].
? Le comportement des oiseaux marins
peut également être affecté par le bruit,
mais peu d?études se sont à l?heure
actuelle penchées sur la question. Des
travaux ont montré un changement de
zone d?alimentation chez les manchots du
Cap lors d?une campagne sismique en
Afrique du Sud, à une centaine de km de
la colonie [149]. S?il est difficile de définir
si l?effet a été direct ou indirect (fuite des
proies ou des prédateurs ?), ces travaux
constituent une première investigation des
impacts potentiels des émissions sonores
sur les oiseaux plongeurs.
Le déplacement des individus est le
changement comportemental le plus lar-
gement observé en réponse au bruit [140].
Si ces effets semblent moins sévères que
des mortalités directes par lésions, cap-
tures accidentelles ou collisions, ils
concernent en réalité un nombre beau-
coup plus important d?individus et une
échelle spatio-temporelle plus étendue.
Les effets indirects de ces déplacements
(perte d?habitat, augmentation de la
dépense énergétique, etc.) sont actuelle-
ment peu étudiés, et quasiment absents
des mesures de mitigation existantes car
non quantifiés [69].
b) Masquage acoustique
Le masquage acoustique intervient
lorsqu?un son extérieur couvre un signal
bioacoustique ou le rend plus difficile à
détecter. Le signal en question peut
concerner la communication entre individus,
l?orientation, la détection des proies ou des
prédateurs (Nowacek et al., 2007 ; Clark et
18 Voir description des différentes méthodes de prospection sismique à la partie 1 - I - 1 - b - Prospection sismique
al., 2009). Les sons basse fréquence (plus
graves) se propagent sur des distances plus
importantes. Les animaux, et notamment les
baleines, les utilisent afin de communiquer
entre eux, parfois sur de larges distances.
Le masquage des émissions basse
fréquence (par le trafic maritime par
exemple) est a priori plus impactant que le
masquage des émissions haute fréquence.
Le masquage est démontré chez les
cétacés, mais il est très difficile de déter-
miner à partir de quel niveau ce masquage
est susceptible de se produire. Les éléments
démontrant le masquage sont des
adaptations comportementales ou vocales.
Des études sur les baleines à bosse ont
montré que ces dernières avaient tendance
à privilégier les signaux de surface (sauts,
frappes de nageoires) plutôt que les signaux
vocaux pour communiquer lorsque le niveau
sonore augmente [48]. D?autres espèces
comme les baleines franches (Eubalaena
australis et E. glacialis) modifient la gamme
de fréquences de leurs vocalises : elles
émettent des sons à des fréquences plus
élevées et plus longtemps dans les zones où
le bruit ambiant est plus élevé [145] ; certai-
nes communautés d?orques (Orcinus orca)
augmentent l?amplitude de leurs signaux de
communication en présence de bruit de
navire [81]. Il a également été démontré que
la baleine bleue (Balaenoptera musculus)
avait tendance à produire plus de vocalises
en réponse au bruit généré lors de pros-
pection sismique par sparkers18 [41].
Ces modifications comportementales sont
globalement connues sous le nom d?effet
Lombard et ont pour objectif de maintenir un
certain seuil de détectabilité des signaux de
communication au sein des individus d?une
population [48]. Mais la compréhension du
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
93
phénomène et surtout la prédictibilité des
niveaux de masquage pour les différentes
espèces reste émergente [61].
c) Dommages physiologiques non
létaux, permanents ou temporaires
Les dommages physiologiques non létaux
peuvent intervenir à plusieurs niveaux :
? au niveau des organes/tissus liés à
l?audition. Ces dommages peuvent se
manifester par une perte d?audition
temporaire ou permanente ;
? au niveau des organes/tissus non liés à
l?audition. Les variations de pression
engendrées par une onde sonore peuvent
provoquer des lésions létales ou non au
niveau de certains organes (reins, foie,
gonades, etc.).
? Au niveau métabolique. La perturbation
liée à l?exposition au bruit conduit à une
augmentation des niveaux d?hormones de
stress, du rythme respiratoire ou du
rythme cardiaque. Ces différentes
réponses physiologiques ont souvent pour
conséquences des impacts à long terme
(affaiblissement, ralentissement de la
croissance, etc. - voir la partie 2 - II - 2 -
Impacts à long terme).
Les pertes temporaires (TTS) ou perma-
nentes (PTS) d?audition consistent en une
altération de la capacité d?un animal à
entendre, à une fréquence donnée ou sur sa
gamme d?audition complète, suite à une
exposition au bruit [141].
La fréquence à laquelle le bruit est émis
influe sur son potentiel à générer un TTS ou
un PTS, mais la nature du signal
également : un bruit impulsionnel est ainsi
plus propice à générer une perte d?audition
qu?un bruit continu [64]. Les expositions
multiples et/ou longues sont également plus
à même d?impacter les animaux qu?une
exposition unique de courte durée, mais il
existe encore peu de modèles d?exposition
simples permettant de prédire de façon
précise les effets potentiels de telles
expositions. Après un TTS, le retour au seuil
d?audition antérieur sera plus ou moins long,
en fonction de l?intensité du son, de sa durée
d?émission et de l?état physiologique de
l?animal.
Dans le cadre de projets en mer, des
estimations de périmètres TTS ou PTS sont
ainsi régulièrement réalisées, reposant sur
les seuils auditifs pondérés, les niveaux
sonores générés et la propagation du bruit.
Des modélisations sont ainsi effectuées en
amont pour estimer la taille des zones
d?impacts physiologiques (permanents ou
temporaires) pour les espèces marines.
? Chez les mammifères marins, les seuils
de perte temporaire d?audition ont fait
l?objet de mesures directes sur des
animaux captifs (chez les Delphinidés et
le marsouin commun principalement) ; les
estimations de seuils de perte
permanente d?audition sont effectuées en
dérivant les TTS ou en extrapolant des
mesures. L?importance de la perte
d?audition (augmentation du seuil de
perception d?un son) et sa durée
dépendent également de l?intensité du
bruit perçu et de sa durée.
Au niveau métabolique, des études ont
démontré qu?une exposition au bruit chez
les cétacés avait une influence sur la
sécrétion d?hormones (adrénaline, gluco-
corticoïdes) et sur les fonctions
cardiovasculaires [162, 167].
? Chez les tortues marines, les seuils TTS
et PTS sont encore mal connus. Une perte
d?audition temporaire a été observée chez
une tortue caouanne exposée à des tirs
de canons à air à des niveaux d?exposition
LE,p supérieurs à 175 dB re 1?Pa².s
(Lenhardt, 2002). Cette observation n?est
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
94
toutefois pas suffisante pour extrapoler à
l?ensemble des tortues marines, voire
même à tous les individus de l?espèce
Caretta caretta.
? Chez les poissons, les TTS sont dus à
l?endommagement des cellules senso-
rielles ou des nerfs qui transmettent les
signaux sensoriels. Des expériences ont
montré que les émissions sismiques
peuvent générer des dommages aux cils
des cellules sensorielles de l?oreille inter-
ne de certaines espèces de poissons [24].
Cependant, les cellules se renouvellent
régulièrement, et les cellules sensorielles
endommagées pourront donc être
remplacées, conduisant à un retour au
niveau de sensibilité antérieur [152]. En
fonction de l?intensité du bruit et de la
durée d?exposition, plusieurs mois peu-
vent parfois être nécessaires pour qu?un
individu se remette complètement d?un
TTS [166]. Aucun cas de PTS n?est à
l?heure actuelle documenté chez les
poissons.
Les poissons osseux pourvus d?une
vessie natatoire (ou autre cavité gazeuse)
sont plus exposés aux risques de
dommages physiologiques, d?une part car
leur seuil d?audition est généralement plus
bas (surtout si la vessie natatoire est reliée
à l?oreille interne) et qu?ils sont de fait plus
sujets aux TTS, et d?autre part car la
présence de cavités gazeuses induit un
risque de lésion des parois de cette cavité
sous l?effet des variations de pression
générées par une onde sonore
(barotraumatisme). Cependant, les
poissons dépourvus de cavités gazeuses
sont également susceptibles, à un
moindre niveau, de subir des dommages
physiologiques, notamment au niveau des
organes tels que le foie, la rate, les
intestins et les gonades. Le manque
d?études rend toutefois difficile l?évaluation
les effets physiologiques potentiels de
l?exposition au bruit sur ces espèces.
? Des expériences en bassin ont également
montré que l?exposition à des sources
sismiques entraîne une sécrétion
d?hormones de stress chez le saumon
atlantique (Salmo salar) et le bar
européen (Dicentrarchus labrax), ainsi
qu?une augmentation de la fréquence
respiratoire. En revanche, l?exposition à
des sources de bruit continu n?a entraîné
aucune modification de ce type [24].
D?autres espèces de poissons ont
cependant montré une forte augmentation
de leur taux de cortisol sanguin lorsqu?on
les exposait à un bruit équivalent à celui
du trafic maritime [186].
? Chez les crustacés, il n?a été fait état à
l?heure actuelle d?aucune observation de
TTS ou PTS, mais une étude témoigne de
blessures à l?hépatopancréas et aux
ovaires chez le crabe des neiges
(Chionoecetes opilo) liées à la
prospection sismique [52]. Cependant,
une étude réalisée dans des conditions
similaires sur la même espèce n?avait
abouti à l?observation d?aucune blessure.
Les crustacés semblent assez peu
susceptibles de subir des dommages
physiologiques liés aux ondes sonores,
probablement parce qu?ils ne possèdent
pas de cavité gazeuse et sont uniquement
sensibles aux mouvements de particules.
Cependant, ces organismes utilisant
l?acoustique comme un indicateur de la
présence de prédateurs, le bruit peut
engendrer chez eux un stress pouvant
affecter le métabolisme. Ainsi, une
augmentation de la fréquence respi-
ratoire, un ralentissement de la croissance
et du taux de reproduction a été observé
chez la crevette grise (Crangon crangon)
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
95
exposée à des ondes sonores de forte
intensité [154]. Chez le crabe vert
(Carcinus maenas) exposé à un bruit
continu (équivalent à celui du trafic
maritime) une augmentation de la
fréquence respiratoire a également été
observée [182].
? L?exposition au bruit peut également avoir
un effet sur le développement des oeufs
et des larves. En effet, il semble que,
chez les poissons osseux tout du moins,
la perception du son par les larves soit
équivalente à celles des adultes. De plus,
chez certaines espèces, la vessie
natatoire apparaît dès les premiers stades
larvaires. Celles-ci sont donc poten-
tiellement susceptibles de subir des
barotraumatismes. Les larves de poissons
soumises à des niveaux de bruit
importants montrent également des
retards de développement, et les oeufs un
taux de mortalité plus élevé [186].
Concernant les mollusques, l?exposition, à
proximité immédiate (5 à 10 cm), de larves
de pétoncles de Nouvelle-Zélande (Pecten
novaezelandiae) à des émissions sonores
identiques à celles produites par la
prospection sismique conduit à des
retards de développement et à des mal-
formations chez les adultes [3]. Le même
type de bruit peut retarder l?éclosion des
oeufs chez le crabe des neiges. L?impact
du bruit sur le développement des larves
a également été observé chez de nom-
breuses espèces de crustacés [52].
Comme les réactions comportementales,
les dommages physiologiques entraînent
également des effets indirects. Une perte
d?audition temporaire ou permanente,
comme n?importe quel autre dommage
physiologique, va avoir des conséquences
sur les chances de survie d?un individu (voir
partie 2 - II - 2 - Impacts à long terme). Une
perte d?audition va en effet altérer la
communication entre individus, ainsi que la
capacité à détecter les prédateurs et proies
et à évaluer l?environnement. Les dom-
mages physiologiques ont donc des
conséquences plus ou moins importantes
sur l?ensemble des populations concernées.
d) Lésions létales
Les bruits impulsionnels de très forte
intensité sont capables de causer des
lésions létales aux organismes marins.
? Les implications directes d?activités
anthropiques bruyantes sur des mortalités
de mammifères marins sont difficiles à
mettre en évidence. Les activités les plus
souvent mises en cause concernent les
opérations militaires et l?utilisation de
sonars basse et moyenne fréquences.
Mais la concomitance des évènements ne
suffit pas à mettre en évidence un lien de
cause à effet [68, 88, 137, 147]. En effet,
les nécropsies, qui permettraient d?établir
un lien entre échouages et bruits de forte
intensité, ne sont pas systématiquement
réalisées, ou pas dans un laps de temps
permettant de tirer des conclusions fiables.
Cependant, les observations réalisées
lors d?échouages en masse font souvent
état d?animaux en bonnes conditions
physiques, dont certains venaient de
s?alimenter, présentant des hémorragies
des lobes temporaux et de la cochlée, des
hémorragies des poumons et des reins,
des hémorragies de la mâchoire ou
encore des accidents cardiovasculaires
[35, 62, 88]. La présence de bulles d?air
dans le parenchyme cérébral, les
poumons, les reins et le foie laissent
penser que la mort des animaux peut
provenir d?embolie gazeuse liée à une
remontée trop rapide [35, 88].
Si des échouages en masse ont eu lieu à
différents endroits du globe, les
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
96
corrélations avec des activités
anthropiques restent souvent incertaines.
Filadelfo et al. [63] ont donc entrepris en
2009 un travail d?inventaire des
évènements d?échouages en masse de
baleines à bec et d?activités militaires sur
3 zones et ont déterminé si les
corrélations étaient statistiquement
significatives. La réponse est positive pour
des évènements survenus en Méditer-
ranée (14 évènements d?échouages en
masse entre 1992 et 2004) et en mer des
Caraïbes (7 évènements d?échouages en
masse entre 1991 et 2000), mais négative
pour le Japon (18 évènements d?échouages
en masse entre 1978 et 1999) où d?autres
facteurs peuvent expliquer ces échouages.
? Chez les poissons osseux, les baro-
traumatismes peuvent entraîner la mort,
immédiatement après l?exposition à une
forte variation de pression ou jusqu?à
plusieurs jours plus tard. Les poissons ne
possédant pas de vessie natatoire sont
peu susceptibles de subir des lésions
létales. Chez les poissons qui en
possèdent une, les lésions interviennent
directement au niveau de la vessie
natatoire ou au niveau des organes
adjacents (foie, reins, rate, gonades [36]).
Des études réalisées sur différentes
espèces de poissons exposés au bruit
généré par du battage de pieux ont
montré que ce type de bruit pouvait
causer des lésions létales aux poissons
présents dans un proche périmètre [56,
150], à un niveau variable selon l?espèce.
? André et al., en 2011 [7], ont exposé
quatre espèces de mollusques cépha-
lopodes (deux espèces de calmars, la
seiche Sepia officinalis et le poulpe
Octopus vulgaris) à des sons dont le
niveau Lp,pk reçu était de 175 dB re 1 ?Pa
sur une bande de fréquence comprise
entre 50 et 400 Hz. Tous les individus
exposés ont montré de sévères lésions
cellulaires ainsi que des dégéné-
rescences neuronales non compatibles
avec la survie de l?animal. Ces résultats
ont par la suite été confirmés par d?autres
études [186]. Les auteurs soulignent
l?importance des dommages physio-
logiques observés à des niveaux
d?émissions considérés comme bas et
confirment la nécessité de poursuivre les
recherches sur ces espèces.
Au début des années 2000, plusieurs
échouages en masse de calmars géants
ont eu lieu en Espagne. Les individus
montraient tous d?importantes lésions
internes, au niveau des statocystes et de
certains organes internes. Ces échouages
ont eu lieu alors que des campagnes de
prospections sismiques (canons à air)
étaient en cours à proximité, et il est
probable que les lésions constatées sur
ces mollusques soient liées à l?exposition
à des ondes sonores de forte intensité [70].
? Les ondes sonores de forte intensité
peuvent également impacter mortellement
les oeufs et larves de nombreuses
espèces. Ainsi, les oeufs du crabe des
neiges, exposés à proximité immédiate
(2 m) d?un son équivalent à celui généré
lors de prospection sismique augmente
significativement le taux de mortalité [52].
Une étude montre également que les
canons à air peuvent multiplier par deux,
voire par trois selon les taxons, le taux de
mortalité du zooplancton sur un périmètre
de plus d?un kilomètre autour de la source.
Les larves de krill semblent être
particulièrement sensibles à ce type
d?émission [115].
La mortalité due à l?exposition des ondes
sonores peut être directe, du fait d?une
blessure létale, mais également indirecte
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
97
lorsqu?une blessure mineure ou une
perturbation affecte la capacité à survivre
d?un organisme. Ainsi, un TTS, même de
faible intensité peut conduire à la
désorientation et la mort d?un animal. De
même, une réaction brutale, comme une
remontée trop rapide vers la surface, peut
causer une embolie gazeuse et avoir des
conséquences mortelles.
Les impacts à court terme, en bref
? Les impacts à court terme correspondent aux effets observables en réponse directe à
l?exposition au bruit. Ils englobent les réactions comportementales, le masquage
acoustique, les lésions physiologiques, létales ou non, qui peuvent être de nature
permanente ou temporaire.
? Les réactions comportementales les plus communément observées correspondent à la
fuite (déplacement, enfouissement) et, selon les espèces, à des changements de position
dans la colonne d?eau, de la vitesse de nage ou encore dans l?alimentation. Cependant,
les conséquences (effets indirects) de ces réactions restent peu étudiées.
? Les connaissances sur les phénomènes de masquage n?en sont qu?à leurs balbutiements.
La compréhension et la prédictibilité des niveaux de masquage restent émergentes et la
poursuite des recherches est nécessaire. Cependant, il existe certaines études
démontrant que les cétacés (groupe le plus étudié), en réponse au masquage acoustique,
ont développé une adaptation comportementale vocale également appelée « effet
Lombard ». En effet, l?acoustique étant primordiale pour assurer la communication entre
individus d?une même population, les cétacés doivent maintenir un certain seuil de
détectabilité des signaux.
? Les lésions physiologiques non létales, permanentes ou temporaires, influencent les
chances de survie des individus et peuvent avoir des conséquences plus ou moins
importantes sur les populations concernées, à la fois pour les différents stades larvaires
(retard d?éclosion et de développement, malformations) comme pour les adultes
(barotraumatisme, organe lésé, stress métabolique, altération des communications). En
fonction des espèces, ce type de lésion dépend de l?intensité sonore, de la durée
d?exposition, ainsi que de l?état physiologique de l?animal.
? Les lésions létales peuvent être causées par une exposition, même brève, aux bruits
impulsionnels de très forte intensité. La mortalité des individus peut être immédiate
(hémorragie, lésion des organes vitaux) ou indirecte (échouage, prédation).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
98
2) Impacts à long terme
a) Habituation, adaptation,
déplacements
L?exposition préalable des animaux au bruit
et leur habituation ou non peut expliquer
qu?ils réagissent différemment aux pertur-
bations. Des études menées dans les
années 1980 ont montré que les populations
de baleines résidentes d?Arctique étaient
beaucoup plus sensibles que les autres au
bruit occasionné par les brise-glaces. Ces
populations non migrantes ayant été peu ou
pas exposées aux nuisances sonores (po-
pulations dites « naïves ») montraient des
comportements de fuite alors que le navire
était à plus de 50 km, et des perturbations
comportementales à plus de 80 km [125].
En parallèle, d?autres populations s?adaptent
à ces modifications de leur environnement.
Dans différentes zones anthropisées à
travers le monde, des études ont montré une
modification durable des signaux émis par
plusieurs espèces de cétacés. Comme
exposé précédemment, avec l?augmentation
du bruit de fond dans certaines régions, des
espèces ont « adapté » leur communication
en modifiant la fréquence de leurs
émissions, leur intensité ou en diminuant
l?intervalle entre chaque signal [31, 145].
Cependant, une apparente tolérance aux
perturbations peut avoir des effets à l?échelle
de la population qui sont plus difficiles à
évaluer, en particulier pour les animaux avec
une forte propension à être fidèles à un site
[13, 14]. Certaines zones ont un rôle
important dans la survie d?une population
animale (reproduction, alimentation, etc.), et
la quitter en raison d?un dérangement peut
avoir des conséquences significatives sur la
19 Organisme fédéral des États-Unis, dépendant de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), elle-même
appartenant au U.S. Department of Commerce.
fitness de la population (succès reproductif,
augmentation du risque de prédation,
exposition à d?autres pressions, etc.).
Certaines populations vont donc préférer
rester dans la zone malgré le risque d?impact
plutôt que la quitter [162]. Le manque de
réaction peut alors être interprété comme
une absence d?impact, tandis qu?il s?agit
plutôt d?une absence d?alternative face aux
contraintes [13].
Une potentielle habituation à des signaux
répétitifs a été démontrée chez certains
poissons. Durant des expositions répétées à
des émissions sismiques, des sébastes ont
montré un retour à leur comportement pré-
exposition durant les tirs, suggérant ainsi
une habituation. Des poissons de récifs ont
quant à eux montré une diminution de
l?intensité de leur réponse au bruit au fur et
à mesure de leur exposition à une même
source. Ce type de comportement d?habi-
tuation a également été observé chez les
calmars, les crabes et les seiches [24].
b) Conséquences énergétiques et
démographiques
Pour certaines organisations comme le
National Marine Fisheries Service (NMFS)19,
les perturbations comportementales ne sont
pas considérées comme un dommage. Or si
elles n?occasionnent pas de lésions à pro-
prement parler, elles peuvent être à l?origine
de conséquences importantes pour l?indi-
vidu et la population à plus long terme, du
fait des risques liés aux difficultés d?accès
aux ressources, à la diminution des taux de
reproduction ou de survie des jeunes par
exemple. Il est toutefois très complexe de
relier directement la perturbation individuelle
à l?effet sur la population.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
99
Certaines études ont montré que les
émissions sonores répétées, selon leur
intensité et leur fréquence, peuvent
engendrer un état de stress chronique chez
les mammifères marins, et plus
spécifiquement les baleines à bec. Cet état
de stress impliquerait des effets sur
l?alimentation et la reproduction des
animaux [190].
Un changement de comportement ou un
stress chronique peuvent induire l?abandon
d?une activité importante (nourrissage,
reproduction ou élevage des jeunes) ou d?un
site d?importance écologique en réaction au
bruit émis. L?abandon répété ou prolongé
d?activités vitales pourrait mener à des
conséquences dommageables pour l?animal
affecté [141] et à terme pour la population
[74]. L?impossibilité d?accéder à une zone
fonctionnelle comme une zone d?ali-
mentation ou de reproduction peut affecter
les réserves énergétiques d?un animal et par
conséquent sa survie ou sa fertilité [135].
Les impacts à long terme, en bref
? Les impacts à long terme peuvent occasionner des perturbations comportementales et influer
sur la démographie des espèces.
? Certaines espèces ne s?adaptent pas aux émissions sonores qui les affectent et les fuient.
Leur comportement peut s?en trouver modifié, même loin de la source sonore. Un stress,
parfois chronique, peut apparaître, allant jusqu?à l?arrêt d?une activité primordiale pour la
survie de la population (alimentation, reproduction, élevage des jeunes).
? D?autre espèces s?habituent aux émissions sonores, avec parfois un retour à un
comportement antérieur, ou bien développent des adaptations. Cette absence de fuite ne
présage en rien d?une absence d?impact sur la population, mais peut témoigner d?une absence
d?alternative face aux contraintes. Les impacts à long terme, notamment s?ils se prolongent
ou sont répétés individuellement, peuvent avoir des conséquences importantes sur le
maintien et la démographie de la population.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
100
3) Effets cumulés
Les activités anthropiques génèrent
différentes pressions qui vont s?appliquer
sur les individus, les populations et les
écosystèmes. Les pressions interagissent
entre elles et peuvent modifier la magnitude
d?un effet en l?augmentant (synergie) ou en
le diminuant (antagonisme). L?évaluation
des effets de ces pressions requiert l?accès
à des données physiologiques, démo-
graphiques et comportementales expéri-
mentales et de terrain à une échelle spatio-
temporelle très large, depuis l?individu
jusqu?à l?écosystème. En milieu marin, ces
données sont quasiment inexistantes [32].
La question des effets cumulés du bruit se
pose à différents niveaux. Le bruit est une
pression venant se cumuler à d?autres
(destruction d?habitat, capture accidentelle,
collision, pêche, mais aussi acidification des
océans, changement climatique, etc.). Une
seule activité anthropique génère à elle
seule des pressions de différentes natures.
L?évaluation des pressions cumulées
concernant le bruit est déjà un défi, mais ne
reste qu?une évaluation partielle des effets
cumulés de l?ensemble des activités
anthropiques. Il faut notamment prendre en
compte :
? Le cumul des impacts du même
chantier sur toute sa durée. Les
méthodes de calculs des périmètres et
des niveaux d?impacts pour les
mammifères marins sont souvent basées
sur des durées bien inférieures à la durée
totale des chantiers. Il est difficile de
prédire le comportement d?espèces
hautement mobiles comme les mam-
mifères, les poissons ou les tortues face
aux nuisances sonores. Prédire le cumul
des impacts générés par des travaux sur
l?ensemble de leur durée implique de
connaître le comportement (éloignement
ou non) des animaux, ce qui est
impossible. Toutefois, en présence d?acti-
vités très bruyantes comme la sismique ou
le battage de pieux, il est très peu probable
que les animaux restent à proximité de la
source de bruit sans réagir [65, 168].
? Le cumul spatial des impacts de
plusieurs chantiers ou activités
bruyantes. Prédire l?impact acoustique
de plusieurs chantiers proches
nécessite d?avoir accès aux informations
sur le bruit généré par chacune des
activités, ce qui peut être compliqué
dans le cadre de projets industriels pour
des raisons de confidentialité. Le
recours à des modèles robustes
permettant de définir la propagation et
les niveaux d?exposition de plusieurs
chantiers simultanés est indispensable
dans ces cas de figures. L?effet de
barrière acoustique est souvent
mentionné comme un impact probable
des chantiers spatialement proches, en
particulier si les travaux sont con-
comitants. Celui-ci doit être confirmé par
la modélisation.
? Le cumul dans le temps des impacts de
plusieurs chantiers ou activités
bruyantes. Même s?ils n?ont pas lieu en
même temps, l?exposition répétée des
organismes marins aux nuisances
engendrées par des chantiers proches ou
avec des activités de routine (trafic
maritime notamment) peut avoir des
impacts et notamment créer un état de
stress chronique [190]. L?impact de cette
situation de stress sur la fitness des
individus, et in fine sur la population, est
difficile à estimer avec les méthodes
actuelles. Il s?agit donc d?un axe de
recherche à développer.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
101
Les impacts cumulés, en bref
? Les impacts cumulés des activités anthropiques génératrices de bruits nécessitent
l?acquisition de connaissances robustes à différentes échelles géographiques et saisonnières,
à la fois sur les pressions sonores existantes et sur les populations présentes et
potentiellement impactées. L?évaluation des impacts cumulés nécessite donc d?aller au-delà
d?une simple étude d?impact pour un projet donné.
? Les travaux de recherche fondamentaux sur cette problématique sont à encourager, ainsi que
le rapprochement des différents acteurs impliqués (scientifiques, industriels, services de
l?état, etc.).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
102
III. Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine
1) Évaluer le niveau de bruit et la
propagation des ondes acoustiques
Pour évaluer les impacts d?un projet sur la
faune marine, la première étape consiste à
quantifier le niveau de bruit attendu et à
modéliser la propagation des ondes acous-
tiques, en fonction des caractéristiques du
bruit et de la zone d?étude.
a) Évaluer le niveau de bruit
Pour obtenir une représentation fiable de
l?impact sonore d?un projet, il est tout d?abord
nécessaire d?évaluer le plus précisément
possible les caractéristiques spectrales du
bruit dont on cherche à modéliser la
propagation. Ces caractéristiques acous-
tiques seront ensuite intégrées au modèle
de propagation des ondes sonores sous la
forme d?un gabarit acoustique (représen-
tation des niveaux d?émission en fonction de
la fréquence) représentatif de la source
sonore étudiée.
Ce gabarit doit être représentatif des
conditions d?émission à évaluer. Par
exemple, dans le cas d?un battage de pieux,
le gabarit doit être établi pour le même
diamètre de pieu, le même matériau, la
même récurrence de battage, la même
méthode d?enfoncement, etc.
En l?absence de données collectées in situ,
il convient de rechercher dans la
bibliographie les données les plus
représentatives possibles du bruit que l?on
cherche à évaluer. S?il n?existe pas de
données sur la source de bruit à caracté-
riser, il est possible d?utiliser un gabarit d?une
source ayant des caractéristiques similaires.
Par exemple, l?impact sonore d?un brise-
roche hydraulique, pour lequel aucune
donnée acoustique n?est disponible à l?heure
actuelle, peut être assimilé à celui généré
par le battage d?un pieu de 50 cm de
diamètre, dans la mesure ou la cadence de
battage est similaire à celle du brise-roche,
que le diamètre du pieu correspond à celui
du marteau et que l?énergie transmise par le
moteur est du même ordre pour les deux
engins [12].
Pour vérifier la pertinence du gabarit, un
recalage du modèle pourra éventuellement
être fait a posteriori avec des données
mesurées in situ afin de vérifier la cohérence
des prédictions du modèle.
b) Évaluer la propagation des ondes
acoustiques
La propagation des ondes acoustiques est
un phénomène complexe, et son évaluation
nécessite parfois d?avoir recours à des
logiciels de modélisation spécifiques. La
modélisation de la propagation des ondes
acoustiques est indispensable pour évaluer
l?impact sonore d?un projet, notamment par
petit fond où les phénomènes de
réflexion/réfraction sont particulièrement
importants et où la propagation des ondes
basse fréquence est fortement atténuée.
Avant de modéliser l?empreinte sonore
d?une source de bruit, il est nécessaire de
réaliser une carte de l?ambiance sonore
préexistante, c?est-à-dire de modéliser le
bruit ambiant sur la zone d?étude sans la
source de bruit dont on cherche à évaluer
l?impact. Cette estimation du bruit ambiant
doit être représentative des conditions envi-
ronnementales attendues au moment où la
source sonore sera introduite dans le milieu
(même température, même état de mer, etc.).
Le logiciel de modélisation doit prendre en
compte le bruit ambiant sur la zone d?étude.
Si le bruit ambiant n?est pas pris en compte
dans le modèle, l?émergence sera plus
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
103
importante et le bruit propre de la source
émettrice à évaluer sera alors surestimé.
La précision des prédictions d?un modèle
dépend du choix des algorithmes qui doivent
être adaptés à la situation à modéliser, mais
également de la qualité des données
d?entrée fournies au modèle. La propagation
du son étant dépendante des caractéris-
tiques du milieu, un logiciel de modélisation
de la propagation des ondes acoustiques
doit prendre en compte les paramètres environ-
nementaux de la zone d?étude, et a minima :
? la bathymétrie. Les algorithmes doivent
être adaptés à la bathymétrie de la zone
d?étude. La bathymétrie a une forte
influence sur la propagation des ondes
acoustiques. La propagation par petit fond
est en effet très différente de la
propagation par grand fond, du fait des
phénomènes de réflexions notamment, et
certains algorithmes (comme ceux basés
sur la théorie des rayons sonores) n?y sont
pas adaptés [158] ;
? la nature du fond. La composition des
sédiments influe fortement sur le compor-
tement des ondes acoustiques : le sable
aura tendance à favoriser la réflexion des
ondes, la vase est propice aux phéno-
mènes d?absorption et les substrats
rocheux aux phénomènes de diffusion. La
nature du fond doit donc être prise en
compte afin d?intégrer dans le modèle les
propriétés géoacoustiques de la zone
d?étude ;
? un profil bathycélérimétrique, établi sur
la base de profils de température et
salinité en fonction de la profondeur
(profils CTD), afin que le modèle puisse
calculer la célérité des ondes acoustiques
et intégrer l?éventuelle stratification de la
colonne d?eau. Ce profil doit être
représentatif des conditions environ-
nementales de la zone d?étude au moment
où les émissions sonores vont être
générées (même lieu, même saison).
Le logiciel doit également intégrer un
modèle de pertes par propagation adaptée à
la zone d?étude afin de prendre en compte
l?atténuation du signal entre la source et le
récepteur. Ce modèle peut être établi grâce
à des mesures in situ. Cette option est à
privilégier afin de garantir un modèle
représentatif des conditions environ-
nementales de la zone d?étude et donc une
estimation plus précise des pertes. À défaut,
un modèle théorique peut être utilisé.
Il existe plusieurs modèles théoriques de
pertes par propagation ; le plus simple est le
modèle de propagation sphérique, qui
considère que l?onde acoustique se propage
de la même façon dans toutes les directions.
Les pertes se calculent alors de la façon
suivante :
Pertes (en dB) = 20 log10 X + ?X/1000
Où X est la distance (en m) entre la source et
le récepteur, et ? est le coefficient
d?atténuation par amortissement (en dB/km).
Ce modèle de propagation sphérique donne
une représentation très simplifiée des
phénomènes de pertes par propagation et
son utilisation ne doit pas être systématique.
Enfin, le modèle de propagation des ondes
acoustiques doit intégrer, sous la forme d?un
gabarit acoustique détaillant les niveaux par
fréquence, le bruit généré par la source
émettrice qui aura été évalué préalablement.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
104
2) Connaître les espèces présentes
a) Distribution, saisonnalité et
fréquentation
Pour évaluer les impacts potentiels d?une
activité anthropique, des connaissances de
base sur les peuplements marins du secteur
sont nécessaires. Il convient donc de rensei-
gner a minima les informations suivantes :
? La diversité spécifique : Quelles sont les
espèces présentes ou potentiellement
présentes sur le site d?étude ?
? La distribution spatio-temporelle : Quelles
sont les zones les plus fréquentées ?
Quelles espèces sont présentes sur ces
zones ? Ont-elles une saisonnalité de
présence ?
? La fréquentation et l?utilisation du site : Les
espèces sont-elles résidentes sur le site
ou de passage ? Quelle est l?importance
de ce site par rapport aux environs ? La
zone est-elle connue pour une utilisation
particulière (alimentation, reproduction,
nurserie) ?
? La sensibilité des espèces présentes :
L?espèce est-elle particulièrement sensible
au bruit ? Qu?elle est son statut de conser-
vation ? L?espèce subit-elle d?autres
pressions au sein de la zone d?étude
(pêche, pollution, diminution des
ressources, etc.) ?
L?ensemble de ces informations permet de
définir les enjeux et d?évaluer les effets
potentiels du projet sur les communautés
marines.
Un certain nombre de données existent pour
la France métropolitaine et l?outre-mer, mais
elles sont rarement suffisantes pour évaluer
les impacts d?un projet. Si elles apportent
des données précieuses sur le fonction-
nement général d?un secteur (à l?échelle
d?une façade maritime), les données
L?évaluation et la modélisation de la propagation des ondes sonores, en bref
? L?étude d?impact acoustique d?un projet doit évaluer a priori le niveau de bruit attendu au sein
de la zone d?étude et anticiper la propagation des ondes sonores. Cette évaluation se fait
lorsque le contexte l?exige à l?aide d?un logiciel de modélisation.
? Le modèle doit être calibré grâce à des données d?entrée représentatives de la zone et de la
période d?étude. Ces données incluent a minima la bathymétrie, la nature du fond et le profil
bathycélérimétrique de la colonne d?eau. Le modèle doit également intégrer les pertes subies
par les ondes sonores lors de leur propagation dans le milieu, ainsi que le bruit ambiant sur
la zone considérée.
? Le bruit dont l?impact est à évaluer est intégré au modèle sous la forme d?un gabarit
acoustique (représentation des niveaux d?émission en fonction de la fréquence) qui doit être
représentatif des conditions d?émissions.
? Bien que la calibration du modèle puisse s?appuyer sur des sources bibliographiques, les
mesures in situ sont à privilégier pour se rapprocher des conditions réelles et assurer la
robustesse des prédictions.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
105
publiques existantes sont généralement
acquises selon une échelle spatiale et
temporelle non compatibles avec une étude
fine de la fréquentation et de l?utilisation de
la zone par les espèces marines. Des acqui-
sitions de données dédiées, par suivi in situ,
sont donc nécessaires dans la plupart des cas.
Pour tout suivi environnemental, il convient
d?identifier clairement la question à laquelle
on souhaite répondre, en cohérence avec
l?ampleur et le niveau d?impact attendu du
chantier. Les types de suivis et les échelles
spatio-temporelles adaptées varient en
fonction des objectifs recherchés : identifier
un changement de distribution ou d?abon-
dance dans le cadre d?un projet éolien n?est
pas la même chose que d?identifier un
changement de comportement lors d?une
campagne sismique.
b) Sensibilité auditive
Il convient dans un premier temps de
recenser les espèces sensibles potentiel-
lement présentes sur la zone d?étude et
d?évaluer leur sensibilité auditive en fonction
des données disponibles. Une étude
bibliographique préalable est indispensable,
pour disposer d?un audiogramme pour
chaque espèce (ou groupe d?espèces), ou, à
défaut, de celui d?une espèce taxino-
miquement proche.
Les mammifères marins peuvent être
répartis en 6 groupes d?audition en fonction
de leur utilisation de l?acoustique [167, 168]
(voir la partie 2 - I - 1 - Les mammifères
marins pour plus de détails) :
? les cétacés basse fréquence, qui
regroupent les grandes baleines ;
? les cétacés haute fréquence, comme les
grands plongeurs et la plupart des
Delphinidés ;
? les cétacés très haute fréquence, comme
certains delphinidés et les marsouins ;
? les siréniens ;
? les phocidés ;
? les autres carnivores.
Pour chaque groupe, la sensibilité au bruit
est différente en fonction des gammes de
fréquence de meilleure audition.
De même, chez les poissons, la sensibilité
auditive peut être très différente d?une
espèce à l?autre (voir partie 2 - I - L?audition
des espèces marines).
Certaines réglementations, mesures de
mitigation et guides de bonnes pratiques
préconisent de ne considérer impactantes
que les émissions acoustiques situées dans
les gammes d?audition des espèces consi-
dérées. Si cette mesure semble logique, elle
n?est pas unanime en raison des variabilités
interspécifiques et inter-individuelles qui
peuvent être observées.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
106
3) Fixer des seuils de tolérance et
définir des périmètres d?exclusion
Afin de limiter l?impact sonore d?un projet,
certains pays ont défini des seuils de
tolérance, sous forme d?un niveau maximal
à ne pas dépasser à une distance donnée
de la source. L?Allemagne a, depuis 2013,
fixé ce seuil à 160 dB re 1 µPa².s (LE,p) et
190 dB re 1 µPa (Lp,pk) à 750 m de la source
de bruit dans le cadre d?opération de battage
de pieux ; la Belgique a également fixé un
seuil Lp,pk de 185 dB re 1 µPa à 750 m.
En France, il n?existe pas de critères
réglementaires concernant les seuils
d?exposition au bruit sous-marin. L?arrêté
ministériel du 9 septembre 2019 relatif à la
définition du bon état écologique des eaux
marines et aux normes méthodologiques
d?évaluation (NOR : TREL1923380A) fixe
les critères pour évaluer l?état écologique et
les pressions sur le milieu marin à l?échelle
des sous-régions marines. Il ne fixe pas de
seuil réglementaire à ne pas dépasser dans
le cadre de projets en mer, mais des travaux
en ce sens sont néanmoins en cours à
l?échelle nationale et européenne.
Les travaux de Southall et al. en 2007 [167],
qui ont défini des seuils TTS et PTS pour les
mammifères marins, ont fait référence
pendant plus de 10 ans en s?imposant
comme les seuils à respecter. Cependant,
depuis 2007 les connaissances en matière
de bioacoustique ont progressé [59, 64, 66,
168]. La National Oceanic and Atmospheric
Administration (NOAA ? U.S. Department of
Commerce) met à jour les calculs de
pondération auditifs et les seuils sur la base
des avancées scientifiques, tout en
essayant de garantir une robustesse
statistique au regard des données rares et
des revues par les pairs. Les nouveaux
seuils proposés intègrent les nouvelles
connaissances sur les capacités auditives
des mammifères marins et les
caractéristiques des différentes sources de
bruit. De nouvelles fonctions de pondération
ont été développées (voir annexe 1),
notamment dans le cadre des travaux de
l?U.S. Navy [65]. Ces nouveaux seuils et
fonctions de pondération ont fait l?objet d?une
récente publication [168].
Nous considérerons ces résultats comme
Déterminer les espèces présentes, en bref
? Le porteur de projet doit recenser les espèces présentes dans la zone de travaux, s?informer
de leur statut de protection, de leur utilisation spatio-temporelle du site et de leur sensibilité
aux pressions, et notamment au bruit. En effet, selon les taxons, les capacités auditives et la
sensibilité au bruit diffèrent.
? Ces éléments permettront au porteur de projet d?appréhender les enjeux et les effets
potentiels du projet sur les espèces présentes et de formuler les bonnes questions pour
adapter l?étude d?impact à la sensibilité de la zone d?étude.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
107
l?état de connaissance le plus avancé et le
plus opérationnel dans le domaine à ce jour.
Comme décrit précédemment, six groupes
de mammifères marins sont distingués : les
cétacés basse fréquence (grandes
baleines), les cétacés haute fréquence (la
plupart des Delphinidés, les cachalots et
baleines à bec notamment), les cétacés très
haute fréquence (marsouins, Kogiidés,
dauphins d?eau douce), les siréniens, les
phocidés et les autres carnivores (Otariidés,
Ursidés et Mustélidés).
Deux types de sons sont considérés : les
sons impulsionnels et les sons non-
impulsionnels ou continus. En effet, une
exposition à des sons impulsionnels peut
générer un risque plus élevé de fatigue
mécanique de l?oreille interne que ne le ferait
une exposition à des sons non-
impulsionnels [77]. La durée de l?exposition
sonore n?est donc pas le seul critère pouvant
entraîner un dommage physiologique. Dans
ce cas, le niveau d?exposition sonore (LE,p)
n?est pas la métrique la plus appropriée pour
décrire les effets des sons impulsionnels.
Une approche duale est donc proposée en
exprimant les seuils TTS et PTS à la fois en
niveaux d?exposition sonore (LE,p) et en
niveaux de pression sonore (Lp,pk) pour
chaque groupe d?audition.
De nouveaux seuils TTS ont ainsi été
déterminés, extrapolés ensuite aux PTS.
Des seuils différents ont été établis pour les
bruits de type impulsionnel (tableau 9) ou
continu (tableau 10). Pour les bruits de type
impulsionnel, les seuils sont déclinés en
deux versions : les seuils LE,p pondérés
(incluant les fonctions de pondération par
groupe d?espèces), c'est-à-dire fonction des
fréquences auxquelles les différents
groupes sont les plus sensibles, et les seuils
Lp,pk non-pondérés (seuils de niveaux reçus
indépendant de la capacité auditive du
récepteur).
Son impulsionnel
TTS PTS
LE,p,24h
(pondéré)
Lp,pk
(non pondéré)
LE,p,24h
(pondéré)
Lp,pk
(non pondéré)
Cétacés basse fréquence 168 213 183 219
Cétacés haute fréquence 170 224 185 230
Cétacés très haute fréquence 140 196 155 202
Siréniens 175 220 190 226
Phocidés dans l?eau 170 212 185 218
Autres carnivores dans l?eau 188 226 203 232
Tableau 9 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins exposés à un son
impulsionnel. Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re 1 µPa².s.
Les niveaux de pression sonore (Lp,pk) sont exprimés en dB re 1 µPa (d?après [136] et [168]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
108
Il n?existe pas à l?heure actuelle de seuils de
réaction d?évitement définis pour les
différents groupes d?espèces. Quelques
valeurs issues d?expériences en bassin ou
découlant d?extrapolation existent et sont
parfois utilisées. Mais seules les valeurs de
TTS et PTS font l?objet d?un relatif
consensus.
Pour les tortues et les poissons, les travaux
de Popper et al. en 2014 [152] ont
également permis d?établir des seuils de
TTS et de PTS pour différentes sources de
sons impulsionnels. Comme pour les
mammifères marins, les seuils sont
proposés en niveaux d?exposition sonore ou
niveaux de pression sonore. Concernant les
réactions comportementales, aucune valeur
ne fait aujourd?hui consensus au sein de la
communauté scientifique.
Ce travail est toujours en évolution et devrait
faire l?objet d?une mise à jour
prochainement. Les valeurs données dans
le tableau 11 sont donc appelées à être
modifiées.
Son continu TTS
LE,p,24h (pondéré)
PTS
LE,p,24h (pondéré)
Cétacés basse fréquence 179 199
Cétacés haute fréquence 178 198
Cétacés très haute fréquence 153 173
Siréniens 186 206
Phocidés dans l?eau 181 201
Autres carnivores dans l?eau 199 219
Tableau 10 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins exposés à un son continu.
Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re1µPa².s (d?après [136] et [168]).
Groupe
TTS PTS
LE,p LE,p Lp,pk
Tortues Non disponible 210 207
Poisson (sans vessie natatoire) 186 219 213
Poisson (vessie natatoire non reliée à l?oreille interne) 186 210 207
Poisson (vessie natatoire reliée à l?oreille interne) 186 207 207
OEufs et larves Non disponible 210 207
Tableau 11 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de poissons et les tortues à un son impulsionnel
de type battage de pieux. Les niveaux d'exposition sonore (LE,p) sont exprimés en dB re1µPa².s.
Les niveaux de pression sonore (Lp,pk) sont exprimés en en dB re 1µPa (d?après [152]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
109
Les seuils de tolérance, en bref
? Certains pays ont fixé des niveaux de bruit à ne pas dépasser, à une certaine distance, dans
le cadre de travaux sous-marins (battage de pieux notamment). En France, aucun seuil n?a
été établi à l?heure actuelle.
? De récents travaux bibliographiques (2019) proposent cependant des seuils limites, au-delà
desquels des pertes d?audition (TTS ou PTS) peuvent être observées. Ces seuils constituent
à l?heure actuelle les valeurs de référence à prendre en compte dans le cadre des études
d?impact acoustique.
? Concernant les seuils de réactions comportementales, il n?existe pas aujourd?hui de
consensus scientifique.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
110
4) Modèles existants de prédiction des
impacts biologiques
Les impacts potentiels du bruit sur la faune
peuvent être appréhendés à deux échelles
distinctes :
? À l?échelle de l?individu, les impacts
s?appliquent au niveau de sa capacité à
communiquer avec ses congénères, à
chasser et détecter les prédateurs et in
fine, à sa survie.
? À l?échelle de la population, les impacts
s?appliquent au niveau de la capacité des
individus à se reproduire, au taux de
survie et à la mortalité.
Les méthodes existantes de modélisation
du bruit et d?estimation des impacts à
partir des seuils acoustiques et des
fonctions de pondération des différents
groupes d?espèces peuvent permettre de
définir statistiquement le nombre
d?animaux impactés au moment de
l?activité bruyante. Mais cela ne présume
pas des conséquences à moyen ou long
terme sur les animaux. Des modèles
prédictifs de conséquences à long terme
sont donc en développement. Ces
modèles sont très dépendants des
données d?entrées et reposent souvent,
au moins en partie, sur du dire d?expert.
La part d?incertitude autour des résultats
qu?ils produisent est donc importante.
Néanmoins, ils offrent des approches
nouvelles en prenant en compte les
aspects démographiques et énergétiques.
La recherche avançant, ces modèles sont
amenés à évoluer rapidement, voire à être
remplacés par de nouveaux outils.
? Le modèle SAFESIMM (Statistical
Algorithms For Estimating the Sonar
Influence on Marine Megafauna) est un
modèle basé sur les agents (individus)
pour quantifier l?impact d?une activité
bruyante sur les mammifères marins.
Initialement développé dans le cadre de
l?utilisation du sonar, le modèle a depuis
été élargi à d?autres sources de bruit
comme la construction de parcs EMR [43].
À partir des niveaux de bruit générés par
l?activité et des niveaux reçus par les
agents, la probabilité de subir un PTS,
TTS ou une réaction comportementale est
estimée pour chacun des agents à partir
d?une relation dose-réponse. Les résultats
sont ensuite intégrés sur la totalité de la
période de travaux sous forme d?un
historique du nombre de dommages
(lésions permanentes ou temporaires)
et/ou perturbations (dérangements) subis
par chacun des agents.
La modélisation de différents scénarios
via cet outil permet de quantifier les
impacts de différentes méthodes de
construction ou de différentes sources de
bruit et constitue ainsi un outil d?aide à la
décision pour le porteur de projet.
? L?Interim PCoD (IPCoD) a été développé
par le Sea Mammal Research Unit
(SMRU) de l?Université de St Andrews en
2014 afin de produire une première
estimation quantitative des effets
potentiels sur les populations de mam-
mifères marins de la construction et
l?exploitation de tous types de dispositifs
d?énergies marines renouvelables dans
les eaux britanniques [73, 99]. Il est une
version simplifiée du PCoD, qui ne pouvait
pas être appliquée aux espèces à enjeux
de la région, en raison de l?absence
d?information empirique pour de
nombreux paramètres. L?objectif de ce
modèle est de prédire sur des pas de
temps plus ou moins longs les impacts
démographiques potentiels de travaux de
construction de parcs éoliens sur une
population de mammifères marins
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
111
donnée. Si ce type de modèle dépend
beaucoup des données d?entrée et du dire
d?expert, et malgré toutes les incertitudes
associées à chacun des paramètres
d?entrée, il n?en reste pas moins un outil
intérimaire pour commencer à quantifier
les impacts à long terme des nuisances
acoustiques.
? Le modèle DEPONS vise à prédire les
impacts à long terme du bruit sur les
mammifères marins [126]. Il utilise des
modèles existants de déplacements et de
balance énergétique (apports/pertes
d?énergie) basés sur le fait que les
domaines vitaux et la dynamique des
populations reposent sur la compétition
alimentaire. Le modèle DEPONS est
proche de l?IPCoD mais diffère au niveau
des informations de base et du traitement
des aspects démographiques. Si l?IPCoD
utilise des moyennes de taux de survie
pour les espèces considérées, le modèle
DEPONS est plus axé sur l?énergétique et
considère la survie à travers la capacité
des individus à trouver de la nourriture. Ce
modèle nécessite donc des connais-
sances sur la disponibilité de proies. Il
permet de simuler les effets sur les
populations selon différents scénarios,
distances à la source et sur un laps de
temps plus ou moins long. Aujourd?hui, le
modèle DEPONS s?applique uniquement
au marsouin commun.
Le tableau 12 ci-après synthétise les
modèles de prédiction des impacts
biologiques existants.
Les modèles de prédiction des impacts biologiques, en bref
? Différents modèles permettant de prédire les conséquences à long terme des perturbations
sur les mammifères marins ont été développés.
? Dans tous les cas, ces modèles reposent sur des hypothèses, que cela soit sur la propagation
du son, sur les paramètres démographiques, sur les seuils ou encore les comportements.
? Si leurs résultats sont toujours à relativiser, ces outils apportent néanmoins les premières
quantifications des impacts du bruit sur la faune marine. La plupart n?est aujourd?hui disponible
que pour quelques espèces, faute de données suffisantes, mais ces modèles offrent des pers-
pectives prometteuses pour l?évaluation des impacts et la simulation de différentes solutions.
Ils sont donc appelés à devenir des outils d?aide à la décision pour les chantiers en mer.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
112
Outil Éléments d?entrée Développé pour Indiqué pour Moins indiqué pour
SAFESIMM
- Niveau de bruit généré par
l?activité
- Niveau de bruit reçu par les
agents (individus)
- Durée des travaux
- Nombre d?individus concernés
Impact des émissions sonar sur
les mammifères marins, étendu
depuis à d?autres activités
- Définir le nombre de PTS, TTS
ou perturbations
comportementales subis par les
mammifères marins dans le
cadre d?une exposition à de forts
niveaux sonores
- Explorer des scénarios de
calendrier de travaux
- Définir les effets sur la fitness ou
réaliser des projections à long
terme
IPCoD
- Nombre d?individus affectés par
jour
- Paramètres démographiques de
la population concernée
- Nombre de jours de
dérangement
Impact du dérangement
acoustique sur les populations de
mammifères marins
- Prédire les trajectoires de
populations (impactées vs non
impactées) en réponse aux
travaux
- Explorer des scénarios,
notamment sur les effets
cumulés
- Travailler sur des espèces pour
lesquelles peu de données
existent
- Travailler sur des zones avec de
grandes variations saisonnières
de densité
DEPONS
- Paramètres démographiques de
la population
- Carte de disponibilité de proies
- Mouvements de la population
- Distance de réaction à bruit
Impact du bruit sur les marsouins
communs de Mer du Nord
- Évaluer les effets cumulés sur le
marsouin
- Explorer des scénarios spatio-
temporels de construction
- Travailler sur d?autres espèces
que le marsouin commun
Tableau 12 : Tableau récapitulatif des différents modèles prédictifs existants.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
113
5) Limites et axes à développer
Le bruit agit à différents niveaux sur les
espèces marines et peut donc générer des
impacts de différentes natures. Si la
compréhension et la quantification des
impacts directs sont déjà difficiles à
appréhender et sont loin de faire l?unanimité
dans la communauté scientifique, les
impacts indirects sont très peu connus et/ou
documentés. Les connaissances actuelles
sur la faune marine restent lacunaires. Notre
capacité à détecter un déclin avant qu?il ne
prenne des proportions dramatiques pose
question [184, 192]. L?amélioration des
connaissances fondamentales sur la
distribution, les cycles biologiques et les
schémas migratoires reste un point essentiel
pour appréhender les impacts et définir des
mesures de mitigation efficaces.
L?évaluation de l?impact sonore d?un projet
sur l?environnement repose sur la
robustesse des logiciels de modélisation de
propagation des ondes sonores. Le choix
des algorithmes est donc déterminant et
ceux-ci doivent être adaptés aux conditions
environnementales de la zone d?étude, et
notamment à la bathymétrie. La modé-
lisation par petit fond est particulièrement
complexe et requiert des adaptations,
notamment liées aux fréquences de
coupure. La calibration du modèle apparaît
également comme un facteur déterminant
pour la qualité des prédictions. La qualité et
la fiabilité des données d?entrée sont donc
primordiales. Le recours à des données
collectées in situ, notamment pour
l?évaluation des pertes par propagation, est
à privilégier dans la mesure du possible afin
de limiter les biais dans les estimations.
Le but premier des méthodes de mitigation
classiquement mises en place pour réduire
les impacts directs (soft-start/ramp-up, arrêt
des activités quand les animaux sont
observés à proximité, etc.) repose sur
l?hypothèse que les animaux sont capables
de fuir pour ne pas être impactés. Cela
présume également que le déplacement des
animaux a des effets moins néfastes que les
impacts directs. Cela peut être faux pour
certaines espèces, en particulier celles
inféodées à des zones restreintes ou rési-
dentes. Un déplacement peut alors avoir des
conséquences sur la survie des individus et
donc de la population [67] (figure 27). La
capacité de la population à trouver des
zones alternatives adaptées doit donc être
considérée dans l?évaluation des impacts.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
114
Figure 27 : Trame suggérée pour évaluer les impacts des activités anthropiques sur les mammifères marins.
Pour les populations avec une fidélité importante au site, le déplacement peut avoir des conséquences
significatives et aboutir aux mêmes conséquences qu'un dommage direct (d?après [67]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
115
L?extrapolation des impacts individuels au
niveau populationnel est un axe de
recherche en développement qu?il faut
encourager pour pouvoir réduire les
incertitudes et marges d?erreurs, encore
nombreuses. Les études sur les réactions au
bruit des autres taxons que les mammifères
marins sont encore plus limitées, ce qui
restreint la compréhension du phénomène.
Les réponses indirectes des animaux, les
conséquences énergétiques et les impacts à
long terme ainsi que le mécanisme de cumul
des pressions nouvelles et existantes
apparaissent aussi comme des axes de
recherche essentiels à développer pour que
les mesures de mitigation deviennent réel-
lement adaptées aux impacts et aux
échelles spatio-temporelles et non plus seu-
lement régies par un principe de précaution.
Enfin, la détermination de seuils à partir
desquels la mise en place d?évaluation des
distances d?impact et, le cas échéant, de
mesures de mitigation est obligatoire est à
encourager. Bien que cela suppose un
travail de fond sur les connaissances
existantes et requiert le développement
d?indicateurs et de méthodologies adaptées,
cela permettrait une standardisation dans le
traitement des impacts et une harmonisation
des pratiques.
Limites et axes à développer, en bref
? Une bonne connaissance des espèces potentiellement impactées, de leur biologie et de leurs
capacités auditives, ainsi qu?un modèle de propagation du bruit bien calibré sont essentiels
pour évaluer les impacts et proposer des mesures de mitigation adaptées.
? En cas de perturbation, certaines espèces résidentes ou inféodées à une zone voient leur
capacité de survie sérieusement affectée alors que d?autres ont la capacité de fuir. Dans ce
cas, il est nécessaire d?évaluer leur capacité à trouver des zones alternatives fonctionnelles
pertinentes.
? Les propositions des mesures de mitigation aux impacts doivent être établies sur des échelles
spatiales et temporelles adaptées afin de s?affranchir du principe de précaution.
? La détermination de seuils règlementaires est encouragée.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
116
Crédit photo : Cohabys
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
117
I. Éviter
Une mesure d?évitement est définie comme
une mesure modifiant un projet afin de
supprimer un impact négatif que le projet
aurait sur l?environnement. Cela signifie que
pour une espèce ou un groupe d?espèces,
l?évitement garantit l?absence totale
d?impact, direct ou indirect, sur l?ensemble
des individus de la population et sur les
composantes physiques et biologiques
nécessaires à l?accomplissement de
l?ensemble de son cycle de vie [124].
Une même mesure peut, selon son
efficacité, être rattachée à de l?évitement ou
de la réduction : on parlera d?évitement
lorsque la solution retenue garantit la
suppression totale d?un impact. Si la mesure
n?apporte pas ces garanties, il s'agira d'une
mesure de réduction [124]. Certaines
mesures décrites ici seront donc également
mentionnées dans le chapitre sur la
réduction.
1) Planification spatiale et temporelle
La plupart des guides de bonnes pratiques
et recommandations internationales s?ac-
cordent sur l?utilité de définir des zones
et/ou des périodes sensibles pour les
espèces marines, dans ou durant les-
quelles les activités bruyantes seraient
interdites. Mais seuls quelques pays ont
défini clairement des zones et/ou des
périodes fermées à des activités comme les
campagnes sismiques en raison de leur
intérêt écologique (Brésil, Australie, Russie
et pays signataires de l?ACCOBAMS
notamment). Ces zones et/ou périodes
concernent la reproduction, l?alimentation,
l?élevage de jeunes ou encore la migration.
Cette mesure apparaît comme un moyen de
mitigation simple et efficace pour s?assurer
de ne pas nuire aux espèces sensibles dans
les périodes où elles sont les plus
vulnérables [146, 185, 187, 191]. Pour ce
faire, deux prérequis sont nécessaires : (i)
avoir une connaissance suffisante des
zones écologiquement importantes pour les
espèces sensibles, et connaître leur
distribution, leur abondance, leurs
mouvements, leur saisonnalité et leur
sensibilité au bruit ; (ii) avoir une
réglementation officielle qui fixe ces
périodes et/ou zones de fermeture.
Il serait donc judicieux que plus de pays
suivent cette mesure lorsque les
connaissances sont suffisantes ou lorsque
des zones propices ont déjà été identifiées.
La mise en commun de données de
distribution et l?utilisation de techniques de
modélisation ou d?extrapolation des
données existantes pour fournir des
informations sur les secteurs où les connais-
sances sont limitées voire inexistantes sont
à encourager.
Des zones « tampon » autour de ces zones
Partie 3
Procédures ou technologies disponibles pour
éviter, réduire ou compenser les impacts des
émissions sonores sur la faune marine
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
118
protégées et fermées aux activités
bruyantes peuvent également permettre de
s?assurer que les risques de dommages aux
animaux sont minimisés [42, 187, 192].
Le cas des cétacés grands plongeurs en
général, et des baleines à bec en particulier,
mérite une attention spécifique dans la
mesure où ces espèces sont difficiles à
détecter visuellement, étant donné leur
discrétion et le temps très important passé
en plongée. Il convient de rappeler qu?il
s?agit d?espèces vivant constamment en
limite de leurs capacités physiologiques
(longues apnées, fortes pressions, etc.) et
qui sont d?autant plus sensibles au stress,
que celui-ci soit chronique ou résultant d?un
cumul d?impacts [192]. Les zones connues
pour être les habitats préférentiels des
baleines à bec (tête de canyons, pente du
talus continental) sont donc à éviter ou à
monitorer de façon très attentive, en
particulier lorsque ces zones sont
situées non loin des côtes [42, 190]. À titre
d?exemple, la carte ci-dessous (figure 28)
matérialise les zones définies comme
d?intérêt particulier pour les baleines à bec
de Cuvier (Ziphius cavirostris). À l?intérieur
de ces zones, il est préconisé d?éviter les
émissions de sons impulsionnels de forte
intensité [2].
L?évitement de zones de concentration de
proies (et notamment les frayères) est
également conseillé afin d?éviter d?impacter
leur disponibilité pour les mammifères
marins [42].
Les zones d?intérêt écologique (frayères,
nourriceries) peuvent différer en fonction
des taxons considérés. La valeur patrimo-
niale des espèces et leur sensibilité aux
émissions sonores doivent être prises en
Figure 28 : Localisation des zones d'intérêt spécial pour
les baleines à bec de Cuvier en zone ACCOBAMS (d?après [2]).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
119
compte. Dans le cas où une mesure
permettant d?éviter un impact sur un
taxon sensible provoquerait des impacts
majeurs sur d?autres taxons, une solu-
tion de compromis doit être trouvée, et la
solution redéfinie en mesure de réduction.
2) Dimensionnement/caractéristiques
du projet
L?adaptation du projet au regard des enjeux
environnementaux peut être une solution
pour éviter des impacts identifiés en amont.
L?adaptation peut concerner le dimen-
sionnement du projet, son emplacement,
ou les techniques pressenties pour sa
réalisation.
Une analyse des impacts potentiels en
fonction du tracé du projet, des routes
envisagées, du nombre de fondations et de
leurs types, des types d?ancrages ou des
sources acoustiques utilisées doit être
effectuée systématiquement pour chaque
projet. L?analyse de méthodes et/ou de
secteurs alternatifs et l?examen des gains
potentiellement obtenus en termes de
réduction sonore doivent également être
pris en compte. Cela requiert d?avoir une
connaissance fine des niveaux sonores
générés par chacun des scénarios
envisagés et des impacts sur les espèces en
présence.
L?orientation vers les pratiques les moins
bruyantes et les zones de moindre
impact est à encourager.
3) Suspension des travaux lors des
périodes écologiquement importantes
Dans les zones pour lesquelles des périodes
particulières de cycles biologiques ont été
identifiées, la suspension des travaux
bruyants peut être envisagée. Cela peut
concerner des zones de frayères, des zones
de reproduction ou de mise bas durant
lesquelles les nuisances acoustiques
peuvent interférer et causer des effets à long
terme sur l?équilibre et la pérennité des
populations. Lorsque ces zones et périodes
sont connues, les travaux doivent être
aménagés de façon à en tenir compte.
Le caractère saisonnier de l?activité
n?empêche pas le déroulé du projet, mais
le calendrier doit tenir compte de ces
périodes de façon à les éviter.
4) Utilisation de techniques
d?exploitation/fonctionnement
non impactantes
L?utilisation de techniques émettant dans
des fréquences, selon des cadences et/ou
des durées non impactantes pour les
espèces en présence peut constituer une
mesure d?évitement des impacts. Si la
mesure ne permet pas d?exclure totalement
la probabilité d?impact pour les espèces
considérées, il s?agira alors d?une mesure de
réduction et non plus d?évitement.
Le tableau 13 synthétise les principales
mesures d?évitement des impacts pouvant
être mises en oeuvre lors de travaux en mer.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
120
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Planification spatiale et
temporelle Toutes
Interdire les activités bruyantes dans des zones ou à des
périodes reconnues comme sensibles pour les espèces
marines (ex. : habitat des baleines à bec, zone de
reproduction ou mise bas pour les baleines à bosse,
frayères pour les poissons, etc.)
Bonne
Connaissances de ces
zones/périodes souvent
lacunaires
Adapter le
dimensionnement ou les
caractéristiques du projet
Toutes
Définir le secteur, les routes empruntées, les méthodes de
construction et/ou le dimensionnement du projet de façon
à choisir les scénarios de moindre impact
Bonne
Connaissances fines des
niveaux sonores générés par
chacun des
scénarios envisagés
Suspension des travaux
lors des périodes
écologiquement
importantes
Toutes
Aménager le calendrier des travaux de façon à tenir
compte des cycles biologiques des espèces en évitant
des périodes les plus sensibles
(reproduction, mise bas, etc.)
Bonne Connaissance des cycles
biologiques des espèces
Utilisation de techniques
non impactantes
Sonars, sondeurs
mono ou
multifaisceaux,
utilisation de
répulsifs
acoustiques
Choisir autant que possible des techniques qui permettent
d?éviter les impacts sur un groupe d?espèces donné en
jouant sur les fréquences, les cadences, les durées
Variable selon
la technique
Non applicable à tous les
groupes d?espèces
en même temps
Tableau 13 : Récapitulatif des principales méthodes d?évitement des impacts (en vert : mesures à mettre en place en amont, en orange : mesures à mettre
en place lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
121
Les mesures d?évitement, en bref
Il existe différentes mesures d'évitement permettant d'écarter un impact négatif lié au bruit sous-
marin d'un projet. Pour ce faire, le porteur de projet peut :
? Adapter l'emprise spatiale de son projet et/ou le calendrier des travaux (en évitant les
zones/périodes à risque, en dimensionnant au mieux le projet et/ou en stoppant les travaux
lors d?observations de mammifères marins/tortues ;
? Adapter son projet (en termes de dimensions et caractéristiques) aux enjeux
environnementaux ;
? Suspendre les travaux lors des périodes écologiquement importantes ;
? Utiliser des techniques non impactantes (fréquences et/ou niveaux d?émission en dehors des
capacités auditives des espèces potentiellement impactées).
Un compromis devra être trouvé si ces mesures impactaient d'autres taxons. Le porteur peut
également définir précisément ses besoins pour affiner l'emplacement de ses travaux ou les
techniques utilisées. L'orientation vers l'utilisation de techniques les moins bruyantes est
vivement encouragée.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
122
II. Réduire
Les mesures de réduction sont des mesures
visant à réduire les impacts négatifs
permanents ou temporaires d?un projet sur
l?environnement, en phase de construction,
d?exploitation ou de démantèlement. Elles
peuvent agir en diminuant la durée ou en ajus-
tant l?emprise saisonnière, en réduisant l?inten-
sité ou l?emprise spatiale de l?impact [124].
La mise en place de mesures de réduction
n?est pas systématique. Elle fait suite à une
évaluation des impacts et est définie au cas
par cas. Les mesures doivent être
proportionnées à l?impact, lui-même étant
directement lié aux espèces présentes, à
l?intérêt écologique de la zone et aux
incidences attendues de l?activité.
Les seuils à partir desquels des mesures de
réduction sont à mettre en place ne sont
aujourd?hui pas définis. Concernant la
prospection sismique par canons à air,
quelques initiatives ont défini des volumes
de sources (en cubic inch ou in3) à partir
desquels des mesures sont à mettre en
place. En Nouvelle Zélande, le Department
of Conservation a défini sur cette base
3 catégories de campagnes sismiques en
fonction des volumes concernés (< 150 in3,
entre 151 et 426 in3 et > 427 in3). En
dessous de 150 in3, aucune mesure de
réduction n?est nécessaire. Pour les
volumes supérieurs, des mesures sont
requises mais varient en fonction de la
catégorie [39]. En France, l?IFREMER s?est
auto-réglementé sur la question et a mené
des travaux internes visant à définir
également un volume seuil. Ainsi, lors de
campagnes utilisant des sources de moins
de 500 in3, aucune mesure de réduction
n?est mise en oeuvre. Pour toute campagne
supérieure à 500 in3, un protocole de
mitigation est appliqué [46].
L?élargissement de ces travaux aux autres
sources de bruit est primordial. Définir les
volumes des sources sismiques ou le
diamètre des pieux à partir desquels des
mesures de réduction sont à mettre en place
dépasse le périmètre de ce guide. Il s?agit
toutefois d?un prérequis essentiel pour la
mise en place de mesures de réduction
efficaces et dimensionnées au projet. Le
développement de ces travaux de définition
de seuils est donc vivement encouragé.
1) Planification
À l?instar des solutions d?évitement, la
première solution de réduction des impacts
consiste à aménager le calendrier des
travaux en fonction des périodes
propices aux espèces marines. Si
l?utilisation de l?habitat de certaines espèces
est difficile à appréhender, certains secteurs
sont connus pour être des lieux de
reproduction ou d?alimentation pour les
mammifères marins, tortues, poissons péla-
giques, etc. Lors de leur présence
saisonnière sur ces secteurs, ils sont
particulièrement vulnérables aux nuisances.
En minimisant les dérangements lors de ces
périodes, on diminue la probabilité
d?impacter ces espèces.
Il est également important de considérer lors
de l?étude d?impact la présence de zones
alternatives où les espèces potentiellement
impactées pourront trouver refuge, et
d?intégrer la capacité des individus à
rejoindre ces zones.
De même, il est nécessaire d?envisager en
amont du projet les méthodes ou
technologies qui pourraient permettre de
limiter l?impact sonore. Pour cela, le choix
des techniques et des matériaux de
construction est prépondérant.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
123
La prise en compte des activités déjà
existantes et des projets en cours sur le
secteur peut également permettre
d?aménager les calendriers de façon à
réduire les dérangements. En fonction des
projets et des intensités, cela peut prendre
différentes formes : un projet peu bruyant,
ou de plus faible ampleur spatiale, peut avoir
intérêt à se dérouler en même temps qu?un
projet plus gros/bruyant si celui-ci masque
son empreinte sonore ; deux projets
d?ampleurs similaires pourront s?étaler dans
le temps ou se faire simultanément en
fonction des prédictions d?impacts cumulés
qui auront été modélisées en amont.
Pour les projets de type EMR, il est
préconisé de penser l?implantation du
parc de façon à éviter un éventuel effet
barrière généré par les différents dispositifs.
Cela signifie par exemple de veiller à ne pas
« fermer » une baie ou un passage restreint,
de laisser suffisamment d?espace entre deux
éoliennes ou hydroliennes ou de ne pas
juxtaposer des parcs.
2) Réduire le bruit à sa source
a) Utiliser des techniques moins
bruyantes
Il existe plusieurs solutions pour limiter le
bruit généré par des travaux ou activités en
mer. Celles consistant à utiliser des
techniques moins bruyantes peuvent être
classées en trois catégories :
Mesures consistant à aménager ou
modifier les techniques ou outils
employés
? Il est possible d?augmenter la durée de
la frappe lors de la mise en place de pieux
par battage. En allongeant la durée de
frappe lors de battage de pieux, on
diminue l?amplitude de la contrainte dans
le pieu. Cela modifie le spectre du bruit
émis en le décalant vers les basses
fréquences [54]. Mais cela peut aussi
potentiellement augmenter le niveau
d?exposition sonore (LE,p). Pour l?instant,
cette mesure est limitée à des pieux de
petits diamètres (moins de 2 m). Cette
mesure est donc à analyser au cas par
cas lorsque proposée dans des projets.
? L?utilisation d?un autre matériau que
l?acier est parfois proposée lors d?activités
comme le battage de pieux. En utilisant un
matériau alternatif comme les fibres
composites, il est possible de réduire le
rayonnement des surfaces latérales et
donc de réduire le bruit. Une réduction de
l?ordre de 20 dB (Lp,pk) est annoncée par
certains auteurs [157] mais la viabilité éco-
nomique de telles solutions pose question.
? Pour les travaux de prospection par
sismique ou sondeur, la préconisation
principale consiste à restreindre les
émissions aux zones d?études, c?est-à-
dire d?éteindre les sources lorsque les
acquisitions ne sont pas nécessaires
(changement de ligne, transit sur zones,
etc.). Pour la sismique, Il est également
recommandé d?utiliser la source de plus
petit volume (pour les canons à air) pour
atteindre les objectifs du levé et de réduire
autant que possible la proportion d?éner-
gie qui se propage horizontalement [42, 185].
? La réduction des niveaux sonores
générés par les navires passe par
l?adaptation du design du navire,
notamment en adaptant le profil de la
coque et de l?hélice. Cette mesure devant
intervenir en amont de la construction, elle
concerne peu les navires déjà existants.
Des adaptations peuvent tout de même
leur être appliquées sous réserve qu?elles
soient viables économiquement. Il est
donc recommandé que les États et les
armateurs passent en revue leur flotte
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
124
marchande afin de définir quels navires
seraient les plus à même de bénéficier
d?aménagements pour réduire effica-
cement leurs niveaux sonores [84]. Des
outils existent pour cela comme l?EEDI
(Energy Efficiency Design Index)
développé par l?Organisation maritime
internationale (OMI).
D?après une étude datant de 2014 [102],
rendre plus silencieux les navires les plus
bruyants est le meilleur moyen de réduire
le bruit lié au trafic maritime. La cavitation
est la source majeure de bruit rayonné.
La cavitation excessive générée par ces
navires est souvent due à une mauvaise
conception des pièces immergées. Des
solutions de réajustement pour les navires
déjà construits existent ou se déve-
loppent20. Les hélices doivent ainsi être
conçues de manière à réduire les
phénomènes de cavitation. Le design de
la coque, via l?écoulement de l?eau vers
l?hélice, joue également un rôle dans la
réduction de la cavitation.
? Le choix de la machinerie et l?optimisation
de son emplacement dans la coque
peuvent également contribuer à réduire le
bruit rayonné. La propulsion diesel-
électrique a été identifiée comme une
configuration intéressante pour réduire le
bruit et les vibrations et doit être
encouragée lorsqu?elle est envisageable.
20 Voir Leaper et al., 2014 [102] pour plus de détails.
Des mesures in situ doivent parallèlement
être réalisées pour évaluer les gains
obtenus par les nouveaux designs de
coque, d?hélice et de propulsion [102].
? Outre le design spécifique, la
maintenance régulière de certains
équipements comme les hélices et la
coque permet de réduire le bruit. En ôtant
le biofouling et les rugosités de ces
surfaces, on limite la résistance et les
frottements qui contribuent aux
phénomènes de cavitation.
? Enfin la réduction de la vitesse en
dessous de la vitesse de création de
phénomènes de cavitation permet
également de diminuer les niveaux
sonores et constitue une mesure simple et
largement applicable [9, 85]. De récents
travaux ont ainsi montré qu?une diminution
de 10 % de la vitesse de la flotte mondiale
réduirait de 40 % l?énergie acoustique
produite par le trafic maritime dans le
monde [101]. Les gains sont d?autant plus
importants que cette mesure permet
également de baisser les émissions de
gaz à effet de serre et le risque de collision
avec les grands cétacés. La réduction de
la vitesse des navires apparaît donc
comme une mesure adaptée, facile à
appliquer et efficace et dont la mise en
place à grande échelle est vivement
préconisée.
La norme ISO 17208-1:2016
Le développement de standards et de normes pour mesurer le bruit rayonné par les navires et
la réduction de leurs émissions acoustiques est à encourager pour fixer des références et
harmoniser les pratiques. Dans cette optique, la norme ISO 17208-1:2016 décrit les procédures
à mettre en place et les grandeurs à utiliser pour mesurer le bruit sous-marin généré par les
navires, notamment en eaux profondes.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
125
Mesures consistant à choisir d?autres
techniques que celles classiquement
utilisées afin de réduire les émissions
acoustiques
? La technique de vibrofonçage consiste à
installer des pieux en combinant
enfoncement par oscillation et
enfoncement par battage. Pour cela, le
pieu est soumis à un mouvement
oscillatoire à une fréquence de 20 Hz au
moyen de poids en rotation. Ces
mouvements vibratoires permettent la
pénétration dans le substrat. Le battage
n?est alors utilisé que pour finir d?enfoncer
le pieu dans sa position finale. Cette
technique permet ainsi de réduire le temps
de battage et donc le niveau d?exposition
sonore. Les gains d?utilisation de cette
technique sont de l?ordre de 15 à 20 dB
LE,p. Toutefois, le bruit généré par le
vibrofonçage est un bruit continu, difficile
à comparer directement aux bruits
impulsionnels du battage de pieux [100].
L?utilisation du forage en remplacement
ou en complément du battage de pieux
est également une piste développée par
plusieurs sociétés proposant des
technologies adaptées aux différents
types de pieu et de sédiment. Le forage
est déjà utilisé pour un certain nombre de
substrats pour lesquels le battage est
difficile (roche dure ou calcaire par
exemple).
? Pour les parcs éoliens, le choix de
fondation gravitaire plutôt que monopieu
peut également représenter une solution
pour réduire le bruit. Elle consiste à placer
au fond de l?eau des structures en béton
directement sur le sol ou sur une couche
de nivellement, qui est ensuite remplie de
matériaux de ballastage. Elle ne nécessite
donc pas de forage ou de battage de
pieux, et induit donc en principe des
niveaux sonores beaucoup plus faibles.
Cependant, les fondations gravitaires
nécessitent de préparer le sol
(aplanissement, nivellement, etc.), ce qui
peut également engendrer des nuisances
sonores [25] liées aux techniques utilisées
(dragage notamment).
? Pour la prospection sismique, l?utilisation
de technologies alternatives comme
Marine Vibroseis est émergente [47].
Avec cette technique, des fréquences plus
basses et des signaux modulés sont
utilisés, permettant d?abaisser le niveau
de pression sonore (Lp,pk) par rapport à
une source classique, pour un niveau
d?exposition sonore (LE,p) équivalent.
Cependant, l?utilisation de signaux
impulsionnels très basse fréquence et
d?une durée beaucoup plus longue qu?une
source classique peut générer des
impacts plus importants pour la faune
marine. La source sismique devient alors
comparable à un sonar militaire très basse
fréquence. Des études sont encouragées
pour étudier les impacts de ces nouvelles
méthodes.
Mesures consistant à mettre en place des
actions incitatives
Ces mesures ne constituent pas elles-
mêmes une solution pour réduire le bruit
mais elles encouragent les compagnies
industrielles à chercher et adopter de telles
solutions. L?initiative du port de Vancouver
au Canada (programme ECHO, visant à
mieux comprendre et gérer les impacts du
trafic maritime sur les mammifères marins)
est un exemple de projet transdisciplinaire et
collaboratif pour réduire le bruit généré par
les navires. Certaines compagnies de
certification ont développé des indicateurs
de performance sur la base du volontariat
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
126
pour les ports, les armateurs ou les
terminaux incluant la réduction du bruit
(Green Marine aux USA). De telles
initiatives, volontaristes mais conseillées et
économiquement intéressantes (bonus, ré-
duction de la consommation de carburant,
etc.), apparaissent comme une bonne
méthode pour rallier les différents acteurs
autrement que par une réglementation stricte.
D?une façon générale, une analyse des
différentes techniques utilisables et des
niveaux de bruit qu?elles génèrent doit être
menée pour chaque projet. Le choix de la
méthode doit se faire à la lumière de ses
impacts attendus. L?orientation vers la
pratique la moins bruyante est encou-
ragée, sous réserve qu?elle ne soit pas
plus impactante sur d?autres plans (des-
truction des fonds, pollution, etc.).
Les mesures de réduction de bruit liées à
des adaptations ou à des modifications de
techniques sont récapitulées dans le
tableau 14 ci-après.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
127
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Augmenter la durée de la
frappe Battage de pieux Augmenter la durée de la frappe lors du
battage de pieux Inconnue Abaisse la fréquence des émissions, et
augmente potentiellement le niveau LE,p
Changer de matériaux Battage de pieux Utiliser un autre matériau que l?acier
(fibres composites) Inconnue Viabilité économique et résistance du
matériau alternatif à moyen/long terme
Restreindre les
émissions Sismique
Restreindre les émissions aux zones
étudiées, utiliser la plus petite source
nécessaire pour réaliser l?étude
Bonne Procédure de démarrage à reprendre à
chaque début de ligne
Design des navires et de
la propulsion Transport maritime
Conception des coques et hélices de façon
à réduire la cavitation, choix de la
propulsion
Bonne S?adresse peu aux navires déjà construits
Maintenance des navires Transport maritime Entretenir les coques et hélices pour
réduire les frottements Inconnue -
Réduction de la vitesse
des navires Transport maritime Réduire la vitesse des navires en dessous
de la vitesse de cavitation Bonne Augmentation des délais
Vibrofonçage, forage Battage de pieux
Utilisation de la technique de vibrofonçage
ou de forage en complément ou
remplacement du battage de pieux
Bonne Connaissances manquantes sur l?impact du
bruit continu
Fondation gravitaire Battage de pieux Choix de fondations de type gravitaire en
remplacement de fondation monopieu Bonne Impact de la préparation des sols
Marine Vibroseis Sismique Technologie alternative Marine Vibroseis
au lieu des canons à air classique Inconnue Son très basse fréquence comparable aux
signaux des sonars militaires
Normes, standardisations Toutes Mise en place de normes pour la
mesure du bruit Bonne Nécessité d?un consensus scientifique ;
cadre d?application
Actions incitatives Toutes
Mise en place d?actions incitatives pour
pousser les compagnies à développer ou
adopter des mesures de réductions du bruit
Bonne Contreparties financières
Tableau 14 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou modifications de techniques
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
128
b) Techniques visant à isoler/confiner
la source de bruit
Les rideaux de bulles représentent la
méthode de réduction du bruit à la source la
plus largement répandue pour les sources
sonores fixes (battage de pieux et
vibrofonçage, forage, usage d?explosifs
principalement). Le principe est simple : de
l?air comprimé est injecté dans des tuyaux
perforés, l?air ainsi évacué forme un nuage
de bulles. Le contraste d?impédance
acoustique causée par l?interface air/eau
entraîne la diffusion des ondes sonores à
travers les bulles d?air, et la réflexion des
ondes au niveau du rideau ainsi formé
permet de réduire le bruit généré [100].
Plusieurs technologies existent, dont
certaines déjà commercialisées. Globale-
ment, on distingue deux familles : les grands
rideaux de bulles disposés autour d?un
chantier et les petits rideaux de bulles
disposés autour d?un point précis (d?un pieu
à battre par exemple). Le dispositif est
parfois doublé, voire triplé, pour augmenter
la réduction.
L?utilisation de rideaux de bulles a été
largement testée lors de différents chantiers.
Si la maturité de la technique est bonne et
les réductions obtenues sont intéressantes
(jusqu?à 18 dB), la contrainte principale reste
le courant de marée. L?efficacité de cette
méthode est de fait liée aux conditions
environnementales (bathymétrie, état de
mer, courant, etc.).
Le système de bulles encapsulées (Hydro
Sound Damper ou HSD) est une variante du
rideau de bulles dans laquelle un filet
parsemé de ballons remplis d?air et
d?éléments polymères est déployé autour de
la source de bruit. L?objectif de ce système
est d?éviter la dérive des bulles avec le
courant de marée. De plus, la fréquence
d?absorption maximale est modifiable en
changeant la taille des ballons et leur
composition. Ce système reste toutefois
tributaire des conditions météorologiques, et
ne peut être déployé en présence de courant
fort ou de houle trop importante.
D?autres variantes existent, comme le
rideau de bulles confiné, qui consiste à
enfermer le rideau de bulles dans une enve-
loppe cylindrique. Ces dispositifs sont proches
du concept de blocs isolants (voir ci-après).
Le concept des blocs isolants consiste à
confiner la source de bruit (pieu à battre
dans la plupart des cas) dans des
enveloppes cylindriques en acier ou en
plastique recouvertes de matériaux isolants
pour réduire le bruit. Certaines technologies
incluent un rideau de bulles à l?intérieur des
enveloppes.
Les batardeaux sont des blocs isolants
visant à créer un espace sans eau autour du
pieu. Le pieu est placé à l?intérieur d?une
coque en acier plus grande que son propre
diamètre et des pompes évacuent l?eau
entre les 2 structures. L?onde reste alors
confinée dans la coque de par la différence
d?impédance entre l?air et l?eau.
Ces techniques ont été déployées sur
plusieurs parcs éoliens en mer du Nord
(Riffgat et Aarhus Bight par exemple) et
affichent des réductions de bruit
intéressantes (jusqu?à 23 dB LE,p [100]).
Ces deux dernières techniques (blocs
isolants et batardeaux), plus récentes et
moins répandues que les rideaux de bulles,
ont l?avantage d?être moins influencées par
le courant que les rideaux de bulles, et
peuvent donc être des alternatives intéres-
santes.
Les caractéristiques de l?ensemble de ces
techniques sont résumées dans le tableau 15.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
129
Technologies
Capacité de
réduction
du bruit
Applications
possibles Maturité Réf. biblio-
graphiques
Grand rideau de bulles
Rideau de bulles
simple :
10 à 15 dB LE,p
Rideau double :
15 à 18 dB LE,p
Battage de pieux
Forage
Dragage
Explosion
Commercialisé,
nombreuses
utilisations à
travers le monde
15, 100
Petit rideau de bulles
4 à 14 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Technologie
éprouvée sur
différents
chantiers
15, 100
Bulles encapsulées
4-13 dB LE,p
Battage de pieux
Forage
Dragage
Explosion
Technologie
testée sur
plusieurs parcs
éoliens
15, 100
Bloc isolant
Sans rideau de
bulles :
10 à 14 dB LE,p
Avec rideau :
17 à 23 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Commercialisé,
tests dans
différents parcs
éoliens
15, 100
Batardeau (Cofferdam)
10 à 23 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Technologie
éprouvée sur
quelques
chantiers
15, 100
Tableau 15 : Récapitulatif des principales technologies de rideaux de bulles et blocs isolants existantes (d?après [2]).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
130
3) Procédures de suivis de présence
et d?éloignement
Des procédures standardisées nationales
ou internationales ont été initiées par un
certain nombre de pays à travers le monde
pour proposer des mesures de mitigation
lors d?activités bruyantes. Ces guides sont
généralistes ou focalisés sur une activité en
particulier (sismique, éolien, sonar, etc.).
En 1995, le guide du JNCC au Royaume-Uni
a été le premier guide national fixant des
lignes directrices et les mesures de
mitigation à mettre en oeuvre pour la
sismique. Bien que des variations soient
notables entre les guides édités par la suite
par d?autres régions et pour d?autres
activités, la plupart des mesures sont
inspirées de ce guide. De nombreuses
mesures ont donc été empruntées à ce
guide « pionnier » sans pour autant être
applicables ou adaptées à d?autres zones
[146, 187, 191]. De plus, en tant que
« pionnier », ce guide repose essen-
tiellement sur des mesures de bon sens plus
que sur des bases scientifiques établies
[146]. Il a néanmoins fixé les bases de la
plupart des procédures actuelles de par le
monde.
a) Définition et calcul d?une zone
d?exclusion
Une zone d?exclusion est une zone d?un
rayon prédéfini autour de la source de bruit.
Il s?agit de la zone considérée comme
dangereuse pour les espèces marines
concernées.
De nombreux guides recommandent une
zone d?exclusion fixe de 500 m de rayon
autour de la source sonore. Si cette zone
peut être suffisante (voire même supérieure
selon les sources mises en oeuvre) pour
éviter les lésions, des perturbations
comportementales et du masquage acous-
tique sont possibles dans une zone plus
étendue [158]. Des études rapportent ainsi
des réactions significatives observées au-
delà de la zone arbitrairement définie des
500 m [11, 27, 69, 172].
Certains guides/recommandations proposent
donc un calcul de la zone d?exclusion à partir
des seuils auditifs de perturbation
comportementale, ce qui semble beaucoup
plus protecteur. Or cela pose deux
problèmes majeurs : d?une part, cela impli-
que que ces valeurs de seuils existent et
qu?elles soient fiables ; d?autre part, les
zones de mitigation ainsi définies seront plus
larges que celles définies à partir des seuils
de lésions. La question de la possibilité
d?assurer une surveillance visuelle d?une
zone de plusieurs km peut alors se poser [34].
D?autres schémas d?organisation sont alors
à envisager comme de placer des obser-
vateurs sur d?autres navires ou le recours à
des suivis aériens pour localiser les animaux
sur une plus large échelle [94, 140, 146]. Les
suivis aériens sont notamment utilisés dans
certaines régions (Hawaii, Californie,
Australie) lors d?exercices navals incluant
l?utilisation de sonars [42].
En conclusion, il est prématuré, en l?état
actuel des connaissances et des tech-
niques, de définir des zones d?exclusion
basées sur les impacts comportementaux.
Pour les projets susceptibles de causer des
dommages permanents ou temporaires aux
espèces marines, il est donc recommandé
d?appliquer une zone d?exclusion adaptée
aux enjeux et aux caractéristiques du site et
du projet, correspondant a minima à la zone
de risque de dommages physiologiques
(périmètre PTS) des espèces présentes,
assortie d?un facteur de précaution à définir
en fonction des conditions environ-
nementales (zones, périodes, rôle écolo-
gique, etc.), sous réserve que le rayon
minimal soit de 500 m.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
131
L?initiative prise par la Nouvelle-Zélande,
consistant à augmenter la taille de la zone
d?exclusion en présence de jeunes semble
pertinente au vu de leur sensibilité plus
élevée [34]. Il est donc recommandé
d?augmenter ce facteur de précaution dans
les zones/périodes propices à la présence
de jeunes individus et de définir une zone
tampon. Une zone d?alerte peut également
être définie autour de la zone d?exclusion, et
constituer une zone dans laquelle un animal
vu est susceptible de pénétrer dans la zone
d?exclusion (figure 29).
b) Pre-watch
Le pre-watch, ou surveillance pré-travaux,
est une surveillance minutieuse de la
zone entourant le chantier visant à
s?assurer qu?aucune espèce potentiel-
lement impactée par le bruit (en général
mammifères marins et/ou tortues) ne s?y
trouve avant le début des émissions
sonores. Il s?agit d?une surveillance visuelle
à 360° et/ou acoustique menée par des
observateurs de faune marine (MMO pour
Marine Mammal Observer) et/ou des
opérateurs en acoustique passive (PAM
pour Passive Acoustic Monitoring). Cette
mesure est proposée par l?ensemble des
guides de bonnes pratiques. La zone à
surveiller peut correspondre à la zone
d?exclusion précédemment définie ou être
plus large et englober également une « zone
d?alerte ». La durée du pre-watch va géné-
ralement de 30 min (profondeur < 200 m) à
60 min (profondeur > 200 m), durant
lesquelles aucune observation/détection ne
doit être effectuée pour que les travaux
puissent commencer. Dans les zones où
peuvent potentiellement être rencontrés des
cétacés grands plongeurs (cachalots,
baleines à bec), une durée de 60 min est
Figure 29 : Zones définies autour de la source sonore.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
132
fortement conseillée par la plupart des
recommandations (voire 120 min pour
ACCOBAMS). En cas de présence
d?animaux dans ce laps de temps, le début
des émissions sonores est reporté.
Le pre-watch implique que les conditions
météorologiques permettent de surveiller
visuellement la zone d?exclusion et ses
alentours. Cela signifie que les MMOs
doivent être suffisamment haut, avoir une
vue dégagée et qu?ils peuvent observer au
moins dans un rayon de 1 km autour de la
plateforme d?observation. De la même
façon, il convient de s?assurer de la portée
du ou des hydrophones afin de s?assurer de
couvrir la zone à surveiller.
Il est donc recommandé de mettre en
place un pre-watch visuel et/ou
acoustique pour les activités bruyantes21
de l?ordre de 60 min pour les zones de
profondeur supérieure à 200 m et/ou
susceptibles d?abriter des cétacés
grands plongeurs et de 30 min pour les
zones de moins de 200 m de profondeur.
c) Soft-start et ramp-up
Le soft-start et le ramp-up sont des
procédures d?augmentation progressive
du niveau sonore qui visent à éloigner les
espèces marines se trouvant au voisinage
des sources émettrices de façon à éviter tout
risque de dommage physiologique. Le soft-
start consiste à démarrer progressivement
l?activité (mise en route graduelle des
canons à airs en cas de sismique,
augmentation progressive de la vitesse du
rotor en cas de forage ou de la cadence de
frappe pour le battage de pieux par
exemple) jusqu?à atteindre le niveau
maximum d?émission. Lorsque cela n?est
21 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
pas possible (dans le cas d?utilisation
d?explosifs, ou de machines dont il est
impossible de régler l?intensité), la technique
ramp-up est utilisée : du bruit va être émis
dans le milieu par un autre moyen, avec un
niveau d?émission croissant, jusqu?à
atteindre le niveau sonore attendu. Ce n?est
qu?une fois ce niveau atteint que la source
sonore sera mise en oeuvre.
La durée de la procédure doit être suffisam-
ment longue pour provoquer un éloignement
significatif, mais pas pour provoquer une
habituation. Si l?efficacité, la durée et la
marche à suivre de ces procédures font
l?objet de débats [48, 191], elles restent
néanmoins une mesure de référence dans
la plupart des chantiers et sont
recommandées par l?ensemble des guides
ou préconisations de bonnes pratiques. La
durée préconisée est généralement de 20 à
40 min pendant laquelle le niveau de bruit va
augmenter progressivement. Pour obtenir
l?effet répulsif escompté, certains guides
préconisent une augmentation par pas de
6 dB jusqu?à atteindre la puissance maximale
attendue [28].
La mise en place d?une procédure de
soft-start ou ramp-up d?une durée de 20 à
40 min est recommandée dès lors que
celle-ci peut être techniquement mise en
place.
d) Surveillance visuelle pendant les
émissions
La surveillance visuelle est la méthode
d?atténuation la plus commune, présente
dans tous les guides, recommandations ou
protocoles généralement appliqués en cas
d?activités bruyantes (figure 30). Cependant,
les modalités varient largement, que cela
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
133
soit en nombre d?observateurs ou
concernant le caractère continu ou non de la
surveillance.
Si son efficacité dépend fortement des
observateurs et des conditions météo-
rologiques, la surveillance visuelle reste une
mesure pertinente. On considère
généralement qu?au-delà de 4 Beaufort
(vent supérieur à 16 nd), les conditions ne
permettent plus d?assurer une surveillance
efficace. La hauteur de houle et la visibilité
sont également des éléments à prendre en
compte. De plus, l?observation visuelle ne
peut être assurée que de jour. La complé-
mentarité d?un système de surveillance par
acoustique passive permet de palier en
partie ces limitations.
L?utilisation d?imagerie thermique ou infra-
rouge peut permettre de prolonger la
surveillance de nuit. Si cette technologie
n?est aujourd?hui efficiente que dans le cas
d?animaux de grande taille et en zone polaire
ou subpolaire, il est probable que cela
deviendra un outil prometteur dans les
années à venir.
Le recours à des observateurs expérimentés
et indépendants est primordial pour assurer
22 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
une surveillance et des prises de décision
impartiales, efficaces et rapides [144, 187].
Il convient donc d?être vigilant sur les
compétences et expériences des obser-
vateurs. Certaines régions imposent des
certifications obligatoires pour pouvoir
travailler dans les eaux sous leur juridiction
de façon à s?assurer de la qualité des
observateurs. Le Royaume-Uni impose ainsi
la certification MMO JNCC pour travailler
dans ses eaux ; dans le golfe du Mexique, la
formation PSO du BOEM est nécessaire. La
Nouvelle-Zélande impose la formation du
Département de la Conservation (NZ) et cer-
tains pays méditerranéens la formation MMO
dispensée sous l?égide d?ACCOBAMS.
Pour assurer une surveillance attentive,
les observateurs doivent pouvoir avoir
des temps de pause. Il est donc
recommandé d?avoir recours à au moins
trois personnes. Deux observateurs sont
ainsi en poste simultanément et peuvent
organiser des rotations.
Trois personnes sont ainsi recom-
mandées pour réaliser un suivi de la
faune marine pendant les opérations
bruyantes22. Une standardisation des
protocoles issus des travaux de
références (JNCC, ACCOBAMS, etc.) est
encouragée. Le recours à des obser-
vateurs qualifiés, expérimentés voire
certifiés est également essentiel.
Outre leur rôle de mitigation, les obser-
vations visuelles peuvent également jouer
un rôle important dans le suivi des impacts
du chantier. Sans suffire à constituer un
suivi, elles peuvent permettre d?apporter des
éléments sur la fréquentation de la méga-
faune marine à proximité immédiate du
chantier.
Figure 30 : Observateur de faune marine en poste
(crédit photo : Cohabys).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
134
e) Surveillance acoustique
La surveillance acoustique en temps réel
doit être considérée comme un outil
complémentaire aux observations visuelles,
dans la mesure où elle permet de détecter
des mammifères marins lorsque les
conditions d?observations sont mauvaises
pour les observateurs (de nuit ou lorsque les
conditions météo sont mauvaises).
Différents systèmes existent, depuis des
systèmes PAM tractés derrière les navires
sismiques aux réseaux de bouées munies
d?enregistreurs autonomes. Les systèmes
PAM permettent via des algorithmes de
détections et/ou l?écoute par un opérateur
PAM de détecter en temps réel les signaux
de cétacés émis à proximité des
hydrophones. Des logiciels comme
PAMGuard, Ishmael ou les logiciels propres
aux différents fournisseurs de solutions
permettent de visualiser les détections.
Cependant, la méthode a encore ses limites.
Il est ainsi difficile de discriminer certaines
espèces sur la seule base de leurs signaux
et de localiser précisément la position de
l?animal détecté. Si certaines espèces
émettent des signaux dont la portée est
faible (moins de 200 m pour les marsouins
par exemple), d?autres comme les baleines
ou les cachalots peuvent être audibles sur
des kilomètres. La fiabilité des algorithmes
de détections et de classification
automatique manque aujourd?hui de
robustesse. Il convient également de vérifier
que les algorithmes utilisés soient adaptés à
la zone d?étude.
Contrairement aux observations visuelles, il
existe très peu de protocoles détaillés sur
l?utilisation du PAM comme outil de
monitoring dans le cadre de chantiers
offshore. Son utilisation est souvent
encouragée (JNCC, ACCOBAMS) sans
qu?une procédure ne soit réellement détaillée.
À l?instar des observations, la qualification
des opérateurs PAM est cruciale. Il est
impératif que ces derniers soient des spécia-
listes, formés et forts de nombreuses
expériences dans l?utilisation de tels systèmes.
Pour monitorer en continu une zone d?ex-
clusion, il est nécessaire que le nombre
d?opérateurs PAM et le nombre d?hydropho-
nes soient cohérents avec la tâche à accom-
plir et le nombre de MMOs présents à bord.
De nombreuses innovations technologiques
sont en cours dans ce domaine que cela soit
pour la localisation des animaux ou la
détection automatique des signaux
bioacoustiques. Cet outil est donc amené à
évoluer très rapidement.
De même que pour les observations
La surveillance visuelle et acoustique
La surveillance visuelle de la zone d?étude est communément préconisée en cas de recours à
des activités particulièrement bruyantes (prospection sismique, forage, battage de pieux,
utilisation d?explosifs, etc.). Elle peut efficacement être complétée par une surveillance
acoustique, la nuit ou en cas de mauvaises conditions météorologiques.
Ces surveillances doivent être réalisées par des opérateurs qualifiés, expérimentés voire
certifiés (Marine Mammal Observers ou MMOs pour la surveillance visuelle et Passive Acoustic
Monitoring operators ou PAM pour la surveillance acoustique). Certains organismes comme
l?ACCOBAMS proposent des certifications pour ces opérateurs.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
135
visuelles, le monitoring acoustique peut
contribuer au suivi des impacts du chantier
en renseignant sur la fréquentation des
cétacés à proximité immédiate du chantier et
sur les niveaux d?émission en temps réel.
L?utilisation d?un système PAM lors des
opérations bruyantes23 est recom-
mandée en complément d?observations
visuelles. Le recours à des opérateurs
qualifiés, expérimentés voire certifiés est
essentiel.
f) Arrêt des travaux en cas de
présence d?animaux
Les guides et procédures de bonnes
pratiques ne sont pas unanimes sur l?arrêt
des travaux en cas de présence d?animaux
dans la zone d?exclusion : (i) certains guides
préconisent d?arrêter les travaux et de ne les
reprendre que lorsque les animaux seront
sortis de la zone d?exclusion (après avoir
effectué à nouveau un pre-watch et un soft-
start) ; (ii) d?autres recommandent de ne les
arrêter que si les animaux entrant dans la
zone d?exclusion sont des espèces
sensibles (définies au préalable) ; (iii)
d?autres enfin considèrent que le fait que des
animaux entrent dans la zone d?exclusion
alors que les activités sont en cours signifie
que le bruit généré ne les dérange pas.
Aucun arrêt n?est donc nécessaire [42, 191].
Étant donné que la définition de la zone
d?exclusion est généralement basée sur les
seuils connus de tolérance (seuils de
dommage physiologique, augmentés d?une
marge de précaution), que les animaux
peuvent être désorientés lors de l?exposition
au bruit et que l?efficacité des mesures
d?éloignement comme le soft-start n?est pas
connue, il est recommandé d?arrêter les
23 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
travaux en cas d?intrusion d?animaux
dans la zone d?exclusion. Cela implique
qu?une zone d?exclusion soit définie en
amont pour les différentes espèces
désignées comme sensibles au bruit
généré. La détection des animaux est
alors effectuée par les observations
visuelles et le monitoring acoustique.
Ce type de mesure peut ralentir le projet et
allonger les délais. Mais cela permet de
réduire le risque d?impact temporaire ou
permanent sur les animaux s?aventurant en
zone potentiellement dangereuse. Cette
contrainte devrait donc être intégrée en
amont du projet de façon à en tenir compte
dans la planification et la budgétisation du
projet.
Le logigramme présenté sur la figure 31
détaille un exemple de protocole pouvant
être mis en place pour réduire les impacts
sur la faune marine dans le cadre de
réalisation de travaux en mer.
g) Répulsifs acoustiques
Il n?est évoqué ici que l?utilisation des
répulsifs acoustiques comme mesure de
réduction du risque d?impact du bruit dans le
cadre de chantiers bruyants. Leur utilisation
dans le cadre des pêcheries n?est pas
abordée.
Deux principaux types de répulsifs
acoustiques peuvent être utilisés pour faire
fuir des animaux de zones potentiellement
dangereuses : les pingers, qui émettent
généralement entre 2,5 et 100 kHz, et les
effaroucheurs à phoques (seal scarer) qui
émettent entre 8 et 17 kHz. Les deux types
d?instruments, initialement destinés à
éloigner les animaux des pêcheries et à
réduire les captures accidentelles, sont de
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
136
plus en plus utilisés lors de constructions de
parcs éoliens en mer [20] ou d?amé-
nagements portuaires. Les effaroucheurs à
phoques sont ainsi fréquemment recom-
mandés comme mesure d?éloignement pour
les marsouins communs car jugés par
certains auteurs moins impactants que les
pingers pour l?espèce du fait de leurs
fréquences d?émissions [20]. Si leur
efficacité a été prouvée, certains auteurs
estiment que ces dispositifs éloigneraient
les mammifères marins sur des distances
beaucoup plus importantes que ce qui était
attendu [22] et pourraient participer à
l?exclusion des animaux de leurs habitats
favorables en augmentant voire dépassant
l?impact du chantier [38, 189].
Si les répulsifs acoustiques ont montré
leur efficacité sur certains chantiers, ils
ne peuvent toutefois pas être recom-
mandés sur tous les chantiers et leur
utilisation ne peut pas être généralisée.
Comme pour les autres sources
acoustiques, il convient de ne pas
émettre à des niveaux supérieurs aux
besoins. Pour les espèces très haute
fréquences en particulier, la prudence est
de mise. La conduite d?un soft-start et
d?une surveillance minutieuse de la zone
de chantier suffit généralement à
éloigner les animaux des zones
potentiellement impactées.
Les procédures de suivis de présence et
d?éloignement sont synthétisées dans le
tableau 16 ci-après.
Les mesures de réduction du bruit, en bref
Pour réduire les impacts du bruit lors d?activités bruyantes, on distingue 3 catégories de mesures :
? Des mesures visant à planifier les travaux hors des périodes ou zones écologiquement
critiques ;
? Des mesures visant à réduire le bruit à sa source ;
? Des mesures visant à éloigner les espèces sensibles des zones potentiellement dangereuses
pour elles.
Les deux premières catégories sont à privilégier. Il est en effet plus conservateur de chercher à
réduire le bruit avant qu?il ne soit impactant plutôt que d?éloigner les animaux de zones
potentiellement importantes pour leurs cycles biologiques. Ce type de mesures est également
quantifiable en mesurant le son généré, alors qu?il est plus difficile d?évaluer les techniques
d?éloignement.
La surveillance de la présence d?animaux vient ensuite compléter ces mesures. Cette
surveillance peut être visuelle et acoustique et doit être assurée par des opérateurs
qualifiés et expérimentés, voire certifiés.
Le choix des mesures à mettre en oeuvre doit être cohérent au regard des impacts attendus. Le
porteur de projet se doit d?analyser les différentes mesures disponibles et de les intégrer dans la
planification et le budget du projet.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
137
Définition d?une zone
d?exclusion (Zex)
Mise en place
d?un pre-watch
30 min : secteurs côtiers, moins de 200 m de profondeur
60 min : secteurs de plus de 200 m de profondeur
Absence d?espèce
sensible dans la Zex
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Mise en place
d?un soft-start
20 à 40 min
Absence d?espèce
sensible dans la Zex
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Démarrage des
travaux
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Arrêt/report des
travaux
Surveillance
visuelle et
acoustique
Figure 31 : Exemple de protocole à mettre en place pour réduire les impacts sur
la faune marine dans le cadre de réalisation de travaux en mer.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
138
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Définition d?une zone
d?exclusion
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Définir une zone dans laquelle aucune
espèce sensible ne doit se trouver (zone
d?impact physiologique)
Bonne Disponibilité de mesures ou outil de
monitoring pour des zones de plus d?un km
Pre-watch
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Surveillance visuelle/acoustique de la zone
d?exclusion et de ses alentours pour vérifier
l?absence d?espèces sensibles. Durée de
30 à 60 min en fonction de la zone.
Bonne Disponibilité de mesures ou outil de
monitoring pour des zones de plus d?un km
Soft-start/ramp-up
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Augmentation progressive des niveaux
sonores pour éloigner les espèces
sensibles. Durée de 20 à 40 min.
Inconnue
Connaissance limitée sur la séquence
d?augmentation efficiente en fonction des
espèces/groupe d?espèces
Surveillance visuelle Toutes
Présence d?observateurs de faune marine
qualifiés et expérimentés pour surveiller la
zone d?exclusion et ses abords.
2 à 3 personnes nécessaires
Bonne Tributaire des conditions d?observation,
impossible pendant la nuit
Surveillance acoustique Toutes
Déploiement d?un dispositif acoustique
passif de détection et de localisation des
signaux émis par les cétacés
Bonne
Identification jusqu?à l?espèce compliquée,
distance de détection variable selon
l?espèce
Arrêt des travaux
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Arrêt des travaux en cours en cas de
présence d?espèces sensibles dans la zone
d?exclusion, reprise quand ils en sont sortis
selon une procédure à définir
Bonne Coût économique pour le chantier,
acceptation par le donneur d?ordre
Utilisation de répulsifs
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Utilisation de dispositifs type pingers ou
effaroucheurs à phoques pour éloigner les
animaux
Non unanime
dans la
communauté
scientifique
Éloignement de zones écologiquement
importantes, habituation des animaux
Tableau 16 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou modifications de techniques
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
139
III. Compenser
Les mesures compensatoires ont pour but
d?apporter une contrepartie aux effets
négatifs directs ou indirects qui n?ont pu être
évités ou suffisamment réduits. Ces
mesures doivent compenser dans le respect
de l?équivalence écologique et avec pour
objectif l?absence de perte nette de
biodiversité [124].
Face au bruit sous-marin d?origine
anthropique, il n?existe pas à l?heure
actuelle de mesure compensatoire pour
la faune marine. À défaut, toute action ins-
crite dans un Plan national d?action (tortues,
mammifères marins par exemple) contribue à
la conservation des espèces concernées, et
ces actions sont donc encouragées.
IV. Suivre
Toute mesure ERC doit faire l?objet d?un
suivi, imposé par la réglementation, afin de
justifier de la mise en place des mesures et
de leur efficacité. Ce suivi doit donc
répondre à un objectif précis, et permettre
d?évaluer les résultats obtenus vis-à-vis de
ceux attendus. En d?autres termes, le suivi
doit permettre d?appréhender l?évolution du
milieu et des espèces durant le chantier, et
de définir si les mesures ERC planifiées ont
eu l?effet escompté.
Le type de suivi, sa fréquence, son emprise,
ses modalités de mise en oeuvre mais
également le type d?analyse effectué,
dépendent du projet lui-même, des espèces
présentes et de l?intérêt écologique du
secteur.
Les suivis doivent donc permettre de vérifier
si un impact a été observé ou non,
généralement en réponse à un état initial
réalisé en amont des travaux. Pour les
projets ayant une poursuite après la phase
travaux, tels que les parcs EMR, cela induit
un suivi du projet en fonctionnement et au
cours de la vie du parc et un suivi de la
fréquentation par les espèces marines selon
des méthodes à définir en fonction du projet
et de la zone.
Pour les autres projets (sismique, dragage,
déroctage, explosion), une attention
particulière devra être portée aux
échouages d?animaux dans les secteurs
concernés via les réseaux d?intervention
existants. Un suivi post-travaux peut être
envisagé pour ces projets également.
Pour des activités continues, comme le
trafic maritime, il est difficile de mettre en
place des mesures de suivi. Les mesures
ERC proposées étant essentiellement
basées sur l?adaptation du design, la
maintenance et la réduction de la vitesse,
des mesures techniques sur le gain obtenu
en termes de réduction sonore doivent être
réalisées in situ. Des mesures d?accom-
pagnement peuvent être proposées pour
aller plus loin.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
140
V. Accompagner
Aux mesures ERC peuvent également
s?ajouter des mesures d?accompagnement.
Contrairement aux mesures ERC, les
mesures d?accompagnement ne répondent
pas à une obligation réglementaire mais
sont une proposition du porteur de projet
pour améliorer les connaissances ou
augmenter l?efficacité de mesures ERC.
Elles ne se substituent pas à des mesures
ERC mais traduisent plutôt un engagement
vis-à-vis des espèces ou des habitats
concernés par le projet [124].
1) Acquisition de connaissances
complémentaires et diffusion
L?acquisition de connaissances complé-
mentaires sur des zones ou des espèces
concernées par les projets ou travaux
constitue une mesure d?accompagnement.
Cela peut se traduire par la conduite de
suivis environnementaux complémentaires
de plus grande ampleur (spatialement et/ou
thématiquement par rapport à ce qui est
requis pour l?état initial), la mise à disposition
de données collectées, l?approfondissement
des connaissances relatives aux impacts ou
à la biologie des espèces, la participation à
des programmes de recherche, etc.
Ces nouvelles connaissances peuvent par
ailleurs profiter à la définition des zones et
périodes écologiquement importantes.
L?acquisition de connaissances sur les
niveaux sonores générés par les différentes
activités anthropiques est également
encouragée, puisqu?aujourd?hui encore les
données restent parcellaires voire inexis-
tantes pour certaines sources. L?amélio-
ration des connaissances sur les impacts
des émissions sonores sur la faune marine
est également à poursuivre et à accom-
pagner. La diffusion et la valorisation des
données collectées lors des suivis ou dans
le cadre des mesures d?accompagnement
est également un point essentiel.
2) Restauration/réhabilitation
d?habitats
La restauration d?habitats dégradés ou la
réhabilitation de secteurs en vue d?y
favoriser ou accroître la biomasse ou la
biodiversité constituent des mesures
d?accompagnement. Cela implique que ces
habitats présentent des caractéristiques
propices au développement de la faune et
de la flore locales.
Ces mesures de restauration peuvent ainsi
participer à l?amélioration de l?état éco-
logique d?un secteur et le faire évoluer vers
un état plus favorable à son fonctionnement
ou à sa biodiversité.
La création d?aires marines protégées est
une prérogative de l?État qui ne peut
constituer une mesure de compensation ou
d?accompagnement de la part du porteur de
projet. En revanche la participation à
l?amélioration des habitats ou à la restau-
ration d?écosystèmes peuvent constituer
une mesure d?accompagnement tout en
s?inscrivant dans les objectifs d?une aire
marine protégée.
3) Actions de sensibilisation
Le maître d?ouvrage peut accompagner son
projet d?actions de sensibilisation auprès
des usagers et du grand public autour des
thématiques clés. Des actions autour du
bruit sous-marin et des méthodes pour le
réduire, la maîtrise des impacts et des
incidences sur la faune marine peuvent donc
être envisagées par les porteurs de projet.
La communication et la transparence autour
des méthodes utilisées sur ledit chantier
sont également encouragées.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
141
VI. Synthèse
Le tableau 17 ci-après synthétise l?ensemble
des mesures disponibles pour éviter et
réduire les impacts sonores sur la faune
marine.
Les autres mesures, en bref
? Il n?existe pas de mesure compensatoire pour les impacts liés aux émissions sonores.
? Des mesures d?accompagnement peuvent cependant être mises en place. Celles-ci
consistent à acquérir des connaissances complémentaires sur les zones ou les espèces
impactées, sur les niveaux sonores générés, à mettre en place des programmes de
restauration d?habitats, ou à mener des actions de sensibilisation.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
142
Type de mesure Activité concernée Efficacité Mise en oeuvre Niveau de
maturité Coût de mise en oeuvre Difficulté
Éviter
Définir des
zones/périodes
sensibles
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Analyse de données,
connaissances
fondamentales
Dépend des
secteurs
Aucun, mais impact
possible sur le calendrier
du chantier
Limitation des
connaissances
Dimensionnement
du projet
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Dimensionner le
projet en regard des
enjeux
environnementaux
?
Potentiellement significatif,
à considérer le plus en
amont possible
Viabilité
économique,
connaissances
existantes
Suspension des
travaux
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Suspendre les
travaux lors des
périodes clés
?
Potentiellement important, à
considérer le plus amont
possible
Connaissances
existantes,
viabilité
économique
Réduire
Aménagement des
techniques,
techniques moins
bruyantes
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Variable
Adaptation/modificati
on des techniques,
du calendrier
Variable
Potentiellement significatif,
à considérer le plus amont
possible
Connaissances
existantes,
viabilité
économique
Définition d'une zone
d'exclusion
Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Bonne
Suivi visuel et
acoustique,
modélisation
Couramment
mis en place Aucun Limites
techniques
Pre-watch Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Bonne
Suivi visuel et
acoustique,
modélisation
Couramment
mis en place
Observateurs et opérateurs
acoustiques
(3 à 5 personnes, soit 1 200
à 2 200 ¤ HT/jour)
Limites
techniques
Soft-start/ramp-up Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Inconnue
Augmentation
graduelle des
niveaux sonores
Couramment
mis en place
Observateurs et opérateurs
acoustiques
(3 à 5 personnes, soit 1 200
à 2 200 ¤ HT/jour)
Limitation des
connaissances
Tableau 17 : Tableau récapitulatif des mesures pour éviter et réduire l?impact des émissions sonores sur la faune marine
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont, en orange : mesures à mettre en oeuvre en phase de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
143
Type de mesure Activité concernée Efficacité Mise en oeuvre Niveau de
maturité Coût de mise en oeuvre Difficulté
Surveillance visuelle
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Présence
d'observateurs à
bord
Couramment
mis en place
3 observateurs de faune
marine
(environ 1 200 ¤ HT/jour)
Tributaire de
la météo
Surveillance
acoustique
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne Matériel acoustique,
opérateur PAM
Couramment
mis en place
2 opérateurs en acoustique
passive
(environ 1 000 ¤ HT/jour)
Limites
techniques
Arrêt des travaux en
cas de présence
d'animaux
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Présumée
bonne
Surveillance
visuelle/acoustique
temps réel
Couramment
mis en place
Potentiellement important, à
considérer le plus en amont
possible
Acceptation,
conséquences
économiques
Répulsifs
acoustiques
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Discutée
Mise en place de
dispositifs
d'effarouchement
Souvent utilisé De 200 à 500 ¤ par unité Perte
d'habitat
Rideaux de bulles
(air ou HSD)
Battage de pieux, forage,
utilisation d?explosifs Bonne
Rideaux déployés
autour du chantier ou
de l'atelier
Commercialisé De 10 000 à 100 000 ¤ en
fonction du type de chantier
Tributaire du
courant
Matériaux tampons,
batardeaux, blocs
isolants
Battage de pieux, forage Bonne
Déploiement autour
du chantier ou de
l?atelier
Commercialisé
ou en test ?
Moins mature
que les
rideaux de
bulles
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
144
PARTIE 4 :
Fiches synthèse
145
Les fiches présentées dans cette partie
synthétisent, pour certaines sources
sonores :
? les niveaux attendus et les plages de fré-
quences concernées par les émissions ;
? les espèces potentiellement exposées ;
? les impacts potentiels ;
? les mesures à envisager pour éviter ou
réduire ces impacts, et la ou les
éventuelle(s) mesure(s) d?accompagne-
ment à mettre en place.
Chaque fiche présente également un
exemple concret d?observation pour
chacune des sources présentées, avec les
niveaux large bande mesurés (niveau
calculé sur l?ensemble de la bande de
fréquences d?enregistrement).
Ces fiches permettent d?illustrer des
catégories d?activités, mais des différences
majeures existent au sein de chacune de
ces catégories. Les niveaux sonores
générés peuvent varier grandement au sein
d?une même activité en fonction des
caractéristiques des projets. Les impacts
potentiels sont également variables en
fonction des opérations (techniques
utilisées, durée des émissions, niveaux
sonores générés, etc.) et des enjeux du site
(présence des espèces dans la zone, intérêt
écologique de la zone, récurrence des
activités bruyantes, etc.).
Les mesures d?évitement, de réduction ou
d?accompagnement à mettre en place
doivent ainsi être proportionnées aux
impacts attendus. Dans ces fiches
synthèse, un certain nombre de mesures
sont proposées pour chaque activité,
mais cela ne signifie pas qu?elles doivent
systématiquement être mises en oeuvre.
En conséquence, une étude au cas par
cas est nécessaire afin d?établir si des
mesures doivent être mises en place. Il
est nécessaire d?évaluer des distances
d?impact (périmètres PTS a minima),
notamment en modélisant la propagation du
bruit et en réalisant l?inventaire des espèces
potentiellement présentes afin de quantifier
le niveau d?impact. Les mesures d?évite-
ment, de réduction et d?accompagnement
sont alors à adapter en fonction de ce
niveau.
Ces fiches sont classées en fonction de la
nature du bruit généré par l?activité
présentée : bruit impulsionnel (fiches
bleues) ou bruit continu (fiches vertes).
Sur chaque fiche, à côté de la liste des
espèces exposées, une échelle de couleur
Partie 4
Fiches synthèse
PARTIE 4 :
Fiches synthèse
146
permet d?évaluer le risque pour chaque
groupe d?espèce en cas d?exposition
directe. Ces flèches permettent d?appré-
hender l?exposition de chaque groupe
d?espèce à la source de bruit en question en
fonction de ses capacités auditives, en
particulier des fréquences qu?elles sont
capables de percevoir (et de l?étendue de la
gamme de fréquences en question) et du
niveau de bruit à partir duquel elles vont
entendre le son.
Ainsi, les couleurs (rouge, orange, jaune et
beige) témoignent de la capacité des
espèces à percevoir les fréquences émises
(le rouge signifie que le groupe d?espèce
correspondant est susceptible d?être
fortement exposée au bruit émis par la
source, car les fréquences émises
correspondent à la gamme de fréquences
perçue, tandis que le beige signifie que le
groupe d?espèce est peu exposé).
L?intensité de la couleur (vif ou pastel) reflète
l?intensité du bruit perçu : plus la couleur est
vive et plus le niveau émis par la source de
bruit est susceptible d?être fortement perçu
par le groupe d?espèces considéré.
Index des fiches :
Activité Numéro
de fiche Page
B
ru
it
im
pu
ls
io
nn
el
Sondeur monofaisceau 1 147
Sondeur multifaisceaux 2 149
Sondeur de sédiments 3 151
Prospection sismique par canon à air
(sismique « lourde ») 4 153
Prospection sismique haute résolution 5 155
Battage de pieux par marteau hydraulique 6 157
Déroctage à l?explosif 7 159
Répulsifs acoustiques (pingers) 8 161
B
ru
it
co
nt
in
u
Forage 9 163
Éolienne (posée) en fonctionnement 10 165
Hydrolienne en fonctionnement 11 167
Vibrofonçage 12 169
Dragage par drague aspiratrice en marche (TSHD) 13 171
Navire de pêche côtière (< 12 m) 14 173
Navire technique 15 175
Navire de commerce de plus de 100 m 16 178
Navire à grande vitesse 17 179
Navire de plaisance à moteur hors-bord (< 12 m) 18 181
Motomarine 19 183
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
147
Bruit impulsionnel 1. SONDEUR MONOFAISCEAU
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur
Sondeur monofaisceau
halieutique
Simrad EK60-38
Navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Fréquence nominale 38 kHz
Niveau d?émission maximal
(LS @ 1 m) 231 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion 0,25 ? 4 ms
Directivité émission 7°
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Outil émettant des ondes sonores dans le milieu marin dont la
réflexion sur le fond permet de mesurer la hauteur d?eau, d?observer
la colonne d?eau, de visualiser la morphologie des fonds marins et
de caractériser superficiellement la nature du substrat.
Les sondeurs monofaisceaux émettent au travers d?un faisceau
d?angle réduit à la verticale du bateau.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
12-500 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 210 à 240 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion < 2 ms
Directivité Verticale
Importante (quelques degrés)
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie (plus la fréquence est faible, plus
l?onde sonore se propage sur de grandes distances)
? Directivité
1 - SO
N
D
EU
R
M
O
N
O
FA
ISC
EA
U
© IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
148
Bruit impulsionnel 1. SONDEUR MONOFAISCEAU
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence (émissions < à 30 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission et des durées d?impulsion réduites : risques limités à la
zone située à la verticale du sondeur, à proximité de l?antenne.
Les sondeurs haute fréquence (> 100 kHz) ne sont perceptibles que
par les cétacés haute fréquence et très haute fréquence. Les
sondeurs dont les émissions sont supérieures à 180 kHz ne sont plus
audibles par la faune marine.
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
1 - SO
N
D
EU
R
M
O
N
O
FA
ISC
EA
U
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
149
Bruit impulsionnel 2. SONDEUR MULTIFAISCEAU
EK 60
DESCRIPTION
Outil émettant des ondes sonores dans le milieu marin dont la
réflexion sur le fond permet de mesurer la hauteur d?eau, de
visualiser la morphologie des fonds marins et de caractériser
superficiellement la nature du substrat.
Les sondeurs multifaisceaux émettent dans plusieurs directions,
avec une ouverture angulaire importante dans le plan transversal au
porteur.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur Sondeur multifaisceau
Kongsberg EM304
Navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Fréquence nominale 30 kHz
Bande passante 26-34 kHz
Niveau d?émission maximal
(LS @ 1 m) 234 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité émission 0.5° x 140°
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
10-500 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 210 à 240 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité Importante (plan longitudinal au
porteur)
© IFREMER
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie (plus la
fréquence est faible, plus l?onde sonore se
propage sur de grandes distances)
? Directivité
2 - SO
N
D
EU
R
M
U
LTIFA
ISC
EA
U
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
150
Bruit impulsionnel 2. SONDEUR MULTIFAISCEAU
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence (émissions < à 30 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission et des durées d?impulsion réduites : risques limités à la
zone située à la verticale du sondeur, à proximité de l?antenne.
Les sondeurs haute fréquence (> 100 kHz) ne sont perceptibles que
par les cétacés haute fréquence et très haute fréquence. Les
sondeurs dont les émissions sont supérieures à 180 kHz ne sont plus
audibles par la faune marine.
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
2 - SO
N
D
EU
R
M
U
LTIFA
ISC
EA
U
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
151
Bruit impulsionnel 3. SONDEUR DE SÉDIMENTS
EK 60
DESCRIPTION
Équipement acoustique émettant des ondes sonores qui permettent
de caractériser les couches sédimentaires sur plusieurs dizaines de
mètres de profondeur.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
? Activités scientifiques/Recherche
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur Sondeur de sédiments
IxBlue Echoes 3500
Type de navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante 1,5-6,5 kHz
Fréquence de max. d?énergie 3,1 kHz
Niveau d?émission maximal (LS @ 1 m) 212 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion 10 - 100 ms
Directivité émission 20 - 50°
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
1-10 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 190 à 230 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques dizaines de ms
Directivité Importante (verticale)
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie
(plus la fréquence est faible, plus
l?onde sonore se propage sur de
grandes distances)
? Directivité
3 - SO
N
D
EU
R
D
E SÉD
IM
EN
TS
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
152
Bruit impulsionnel 3. SONDEUR DE SÉDIMENTS
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence
Cétacés très haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Oiseaux plongeurs (émissions < à 6 kHz)
Poissons (émissions < à 3 kHz)
Tortues (émissions < à 3 kHz)
Crustacés et mollusques (émissions < à 3 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission, des durées d?impulsion réduites et du niveau d?émission
modéré : risques limités à la zone située à la verticale du bateau, à
proximité de l?antenne du sondeur.
Les sondeurs de sédiments émettant à plus de 3 kHz ne sont audibles
que par les mammifères marins et, dans une moindre mesure, par les
oiseaux plongeurs (jusqu?à 6 kHz).
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
3 - SO
N
D
EU
R
D
E SÉD
IM
EN
TS
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
153
Bruit impulsionnel 4. PROSPECTION SISMIQUE PAR CANON À AIR
EK 60
DESCRIPTION
Technique visant à émettre une onde sonore de forte intensité
(grâce à un ou plusieurs canons à air) et à étudier sa réflexion et sa
réfraction par les différentes strates du fond marin afin d?en
caractériser la structure géologique.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5 Hz-15 kHz
(10-100 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 240 à 260 dB re 1 µPa (LS,pk)
Durée d?impulsion 10-100 ms
Directivité Faible
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE (SISMIQUE LOURDE)
Conditions d?observation :
Contexte Sismique Multi-traces IFREMER
Type de canon Canons à air (GGUN)
Volume 2 570 in3
Nombre de canons 14
Observations :
Fréquences de max. d?énergie < 100 Hz
Pression crête 36,4 bar @ 1 m
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 251 dB re 1 µPa
LE,p : 229 dB re 1 µPa2s
Cadence de tirs 20 s
Principaux paramètres influents :
? Volume d?air contenu dans le
canon
? Nombre de canons à air
? Pression exercée sur le volume
d?air
4 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E PA
R
C
A
N
O
N
À
A
IR
© IFREMER Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
154
Bruit impulsionnel 4. PROSPECTION SISMIQUE PAR CANON À AIR
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés et autres carnivores
Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction de la puissance de la source
? PTS (dizaines voire centaines de m)
? TTS (dizaines à centaines de m)
? Masquage (distance inconnue)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en
cas de présence dans la zone
d?exclusion
++ p.132 à 135
Procédure
de pre-
watch et
soft-start
Observation avant le démarrage
des émissions et augmentation
progressive du niveau sonore
des opérations
+ p.131-132
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite source pour
l?objectif envisagé, restreindre
les émissions aux zones
étudiées
+ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
4 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E PA
R
C
A
N
O
N
À
A
IR
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
155
Bruit impulsionnel 5. PROSPECTION SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION
EK 60
DESCRIPTION
Technique visant à émettre une onde sonore de forte intensité
(grâce à un faible nombre de canons à air) et à étudier sa réflexion
et sa réfraction par les différentes strates du fond marin afin d?en
caractériser la structure géologique.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles
et canalisations
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5 Hz-15 kHz
(10-100 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 225 à 240 dB re 1 µPa (LS,pk)
Durée d?impulsion 10-100 ms
Directivité Faible
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE (SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION)
Conditions d?observation :
Contexte Sismique HR IFREMER
Type de canon Canons à air (mini-GI)
Volume 96 in3
Nombre de canons 2
Observations :
Fréquences de max. d?énergie < 100 Hz
Pression crête 4,3 bar @ 1 m
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 233 dB re 1 µPa
LE,p : 206 dB re 1 µPa2s
Cadence de tirs 6 s
©
Principaux paramètres influents :
? Volume d?air contenu dans le
canon
? Nombre de canons à air
? Pression exercée sur le
volume d?air
5 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E H
A
U
TE RESO
LU
TIO
N © IFREMER
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
156
Bruit impulsionnel 5. PROSPECTION SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION
IMPACTS POTENTIELS
Impacts plus limités que pour la sismique lourde et variables en
fonction de la puissance de la source.
? PTS (de quelques m à quelques dizaines de m)
? TTS (< 50 m)
? Masquage (distance inconnue)
? Dérangement (quelques km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
+ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés et autres carnivores
Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
5 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E H
A
U
TE RESO
LU
TIO
N
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
157
Bruit impulsionnel 6. BATTAGE DE PIEUX PAR MARTEAU HYDRAULIQUE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Procédé consistant à enfoncer un pieu,
souvent métallique, dans le substrat à l?aide
d?un marteau hydraulique simple.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Travaux et aménagements côtiers
? Installation de câbles et canalisations
(installation de plateforme de forage)
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz-20 kHz
(100-1 000 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 200-250 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques millisecondes
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Diamètre du pieu 1,22 mètre
Nature du fond Vase + roche
Bathymétrie 10 m en moyenne
Profondeur d?enfouissement 6 m
Type de marteau et énergie
transmise
Marteau hydraulique IHC-S70
Energie nette max./coup : 70 kJ
Poids masse frappante : 3,5 t
Poids du marteau : 8,3 t
Cadence d?enfouissement 50 coups/min max.
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 400 Hz
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 207 dB re 1 µPa
LE,p : 192 dB re 1 µPa².s
Durée d?impulsion observée 80 ms
Principaux paramètres influents :
? Diamètre du pieu
? Nature du fond
? Bathymétrie
? Profondeur d?enfouissement
? Type de marteau et énergie
transmise
? Cadence d?enfouissement
© NEREIS Environnement
6 - B
A
TTA
G
E D
E PIEU
X PA
R
M
A
R
TEA
U
H
YD
R
A
U
LIQ
U
E
D?après [6]
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
158
Bruit impulsionnel 6. BATTAGE DE PIEUX PAR MARTEAU HYDRAULIQUE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (dizaines voire centaines de m)
? TTS (plusieurs dizaines à centaines de m)
? Masquage (plusieurs km)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à la source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
soft-start
Augmentation progressive du
niveau sonore d?une opération de
travaux
+ p. 132
Méthodes
alternatives
Utilisation de méthodes alternatives
(vibrofonçage, forage)
Choix d?autres fondations (EMR),
réduction du diamètre du pieu
/ p. 125
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
6 - B
A
TTA
G
E D
E PIEU
X PA
R
M
A
R
TEA
U
H
YD
R
A
U
LIQ
U
E
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
159
Bruit impulsionnel 7. DEROCTAGE À L?EXPLOSIF
EK 60
DESCRIPTION
Procédé consistant à fragmenter, à l?aide d?explosifs, un substrat
rocheux puis à déblayer les débris
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
(démantèlement)
? Travaux et aménagements côtiers
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
2 Hz-1 kHz
(< 500 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 250 à + de 300 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?explosif TovexTM
Charge explosive 1 510 kg
Nature du fond Rocheux
Profondeur d?enfouissement Entre 3 et 10 m
Bathymétrie Environ 15 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 456 Hz
Niveau max. @ 1 835 m LS,pk : 149 dB re 1 µPa
Niveau max. ramené @ 1 m LS,pk : 214 dB re 1 µPa
Principaux paramètres influents :
? Charge explosive
? Nombre de charges
? Enfouissement/ profondeur
d?enfouissement
? Nature de la roche
? Bathymétrie
D?après [158]
En pleine
7 - D
ER
O
C
TA
G
E À
L?EXPLO
SIF
D?après [174]
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
160
Bruit impulsionnel 7. DEROCTAGE À L?EXPLOSIF
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (de quelques dizaines de m à plusieurs km)
? TTS (de quelques dizaines de m à plusieurs km)
? Masquage (?)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à la source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = report en
cas de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
pre-watch et
ramp-up
Observation avant le démarrage
des travaux et augmentation
progressive du niveau sonore
+ p. 131-132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
7 - D
ER
O
C
TA
G
E À
L?EXPLO
SIF
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
161
Bruit impulsionnel 8. RÉPULSIFS ACOUSTIQUES (PINGERS)
EK 60
DESCRIPTION
Les répulsifs acoustiques (ou pingers) sont de petits dispositifs
émettant un signal impulsionnel haute fréquence permettant de
garder les mammifères marins à distance des engins de pêche, des
sites aquacoles ou des activités potentiellement dangereuses.
APPLICATIONS
? Activités halieutiques
? Énergies marines renouvelables
? Industrie du pétrole et du gaz
? Travaux et aménagements côtiers
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5-160 kHz
(variable selon l?espèce ciblée)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 130 à 200 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion < 2 s
Directivité Variable
Principaux paramètres influents :
Le choix de la (des) fréquence(s) et du niveau d?émission dépend de
l?usage du répulsif et des espèces de mammifères marins que l?on
cherche à éloigner.
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de répulsif Répulsif à dauphins/marsouins
Marque et modèle AQUATEC Aquamark 210
Profondeur d?immersion 2 m
Bathymétrie 10 m
Type d?émission
Aléatoire avec modulations de
fréquence (5 à 160 kHz) et durée
d?impulsion variable (50-300 ms)
Observations :
Fréquences de max. d?énergie Variable
Niveaux d?émission maximum
ramenés @ 1 m
LS,pk : 148 dB re 1 µPa
LE,p : 143 dB re 1 µPa².s
Durée d?impulsion observée 300 ms
8 - R
ÉPU
LSIFS A
C
O
U
STIQ
U
ES (PIN
G
ERS)
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
162
Bruit impulsionnel 8. RÉPULSIFS ACOUSTIQUES (PINGERS)
ESPÈCES EXPOSÉES
Variable en fonction des espèces ciblées
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence
Oiseaux plongeurs
IMPACTS POTENTIELS
? TTS
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, attraction, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Les répulsifs acoustiques étant mis en place délibérément pour faire
fuir certaines espèces, leur utilisation ne s?accompagne généralement
pas d?évaluation préalable.
Dans le cas où ces répulsifs sont utilisés pour sécuriser un périmètre
(dans le cadre de travaux impactants), il est cependant important
d?évaluer leur efficacité (modélisation de l?empreinte sonore,
évaluation du nombre de répulsifs nécessaires, etc.).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Restreindre
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
++ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
8 - R
ÉPU
LSIFS A
C
O
U
STIQ
U
ES (PIN
G
ERS)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
163
Bruit continu 9. FORAGE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Technique permettant de réaliser un puits
dans le plancher océanique, soit pour
accéder à un réservoir d?hydrocarbures, soit
pour y placer un pieu.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Travaux et aménagements côtiers
? Installation de câbles et canalisations
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 10 kHz
(10-1 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120 à 190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Système de forage
Système Symmetrix
(permet de forer dans les sédiments
meubles et/ou instables)
Nature du fond Vase + roche
Type de support Plateforme à terre
Diamètre de la colonne de
forage 0,9 m
Vitesse de rotation 15 tr/min en moyenne
Profondeur de forage 5 m
Bathymétrie 13 m
Observations :
Fréquence de maximum d?énergie 200 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 168 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de support : plateforme
fixe, flottante ou mobile
? Type de roche
? Diamètre de la colonne de
forage
? Profondeur
9 - FO
R
A
G
E
© NEREIS Environnement
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
164
Bruit continu 9. FORAGE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (quelques mètres)
? TTS (quelques dizaines de mètres)
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de
la zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque
groupe d?espèce : détermination a minima de périmètres de
dommages physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à sa source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
pre-watch et
soft-start
Observation avant le démarrage
des travaux et augmentation
progressive du niveau sonore des
opérations de travaux
+ p. 131-132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
9 - FO
R
A
G
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
165
Bruit continu 10. ÉOLIENNE (POSÉE) EN FONCTIONNEMENT
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Une éolienne offshore (fixée) transmet du
bruit dans le milieu marin : les vibrations
créées par la turbine au niveau de la
nacelle se propagent via le mât et les
fondations jusque dans la colonne d?eau
et les sédiments.
APPLICATIONS
? EMR
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
50 Hz - 2 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120-150 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Localisation Parc éolien offshore C-Power
(Thorntonbank, Belgique)
Type de fondation Jacket (4 pieux)
Puissance unitaire des turbines 5 et 6 MW
Nombre d?éoliennes 54 (325 MW au total)
Bathymétrie 30 m en moyenne
Vitesse du vent 10 m/s
État de mer 1 à 2-3
Observations (moyenne des 5 enregistrements) :
Fréquence de max. d?énergie 20-500 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 133 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de fondation
(gravitaire < jacket
< monopieu)
? Vitesse du vent
? Puissance unitaire des
turbines
© C-Power Fréquence (Hz)
N
iv
ea
u
(d
B
r
e
1
µP
a/
?H
z)
D?après [139]
10 - ÉO
LIEN
N
E (PO
SÉE) EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
EN
T
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
166
Bruit continu 10. ÉOLIENNE (POSÉE) EN FONCTIONNEMENT
IMPACTS POTENTIELS
Impacts encore mal connus
? Masquage ?
? Dérangement ?
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, effet barrière)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter les
vibrations
Choisir des matériaux et des
fondations permettant de réduire
les vibrations lors du
fonctionnement
+ p. 122-123
Favoriser la
circulation
des animaux
Penser l?implantation du parc de
façon à éviter de créer un effet
barrière
/ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
Favoriser la colonisation des fondations (effet récif) et encadrer
les activités de pêche dans le parc (effet réserve)
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
10 - ÉO
LIEN
N
E (PO
SÉE) EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
EN
T
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
167
Bruit continu 11. HYDROLIENNE EN FONCTIONNEMENT
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
L?hydrolienne est une
turbine immergée qui
produit du courant grâce
aux courants marins.
L?ensemble de la
structure va donc
directement émettre du
bruit dans le milieu marin.
APPLICATIONS
? EMRC
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 3 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-165 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?hydrolienne Hydrolienne ?Arcouest?
(OpenHydro)
Puissance de la turbine 2,2 MW
Bathymétrie Entre 40 et 50 m
Substrat Rocheux
Conditions météorologiques Vent : 6 à 8 nd
État de mer < 2 Beaufort
Courant mesuré Entre 0,69 et 1,66 m/s
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 128 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 152 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Vitesse du courant
? Puissance unitaire des turbines
© EDF
D?après [107]
11 - H
YD
R
O
LIEN
N
E EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
ENT
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
168
Bruit continu 11. HYDROLIENNE EN FONCTIONNEMENT
IMPACTS POTENTIELS
Impacts encore mal connus
? Masquage ?
? Dérangement ?
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, effet barrière)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Technique et
maintenance
Réduction du bruit généré par les
pales : biofouling, cavitation, vitesse
de rotation, etc.
++ p. 124
Favoriser la
circulation
des animaux
Penser l?implantation du parc de
façon à éviter de créer un effet
barrière
/ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p.140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs 11 - H
YD
R
O
LIEN
N
E EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
ENT
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
169
Bruit continu 12. VIBROFONÇAGE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Technique permettant d?enfoncer un pieu
ou une palplanche dans le substrat par
oscillation à l?aide d?un vibrateur (ou
mouton).
APPLICATIONS
? Travaux et aménagements côtiers
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue et impulsionnelle
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 50 kHz
(25-2 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 165-185 dB re 1 µPa/?Hz
Durée d?impulsion Quelques dizaines de ms
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Diamètre du pieu 1,22 m
Nature du fond Vase + roche
Bathymétrie Environ 10 m
Type de vibrateur et
caractéristiques
Vibrateur ICE modèle 416 L
Puissance hydraulique = 209 kW
Force centrifuge max. = 646 kN
Poids dynamique = 2 350-2 840 kg
Fréquence de vibration 1 080 t/min (max = 1 600 t/min)
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 63 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 182 dB re 1 µPa/?Hz
Durée d?impulsion observée 30 ms
Principaux paramètres influents :
? Type de substrat
? Diamètre/taille du
pieu/palplanche
? Profondeur d?enfouissement
? Bathymétrie
? Type de vibrateur et énergie
transmise
? Fréquence de vibration
© NEREIS Environnement
12 - VIB
R
O
FO
N
Ç
A
G
E
ptc.fayat.com
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
170
Bruit continu 12. VIBROFONÇAGE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS et TTS possible pour certaines catégories d?espèces (cétacés
basse fréquence, phocidés, certains poissons)
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque
groupe d?espèce : détermination a minima de périmètres de
dommages physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
soft-start
Augmentation progressive du
niveau sonore d?une opération de
travaux
+ p. 132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
12 - VIB
R
O
FO
N
Ç
A
G
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
171
Bruit continu 13. DRAGAGE PAR DRAGUE ASPIRATRICE EN MARCHE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Le dragage par drague aspiratrice en marche (Trailer Suction
Hopper Dredger ou TSHD) consiste à prélever des sédiments
superficiels à partir d?un navire à l?aide d?une élinde équipée
d?une pompe, qui aspire le sédiment.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante (max. d?énergie) 30 Hz - 20 kHz (100-500 Hz)
Niveaux attendus (@ 1 m) :
- Phase de dragage
- Phase de clapage
- En transit
150-190 dB re 1 µPa/?Hz
154-175 dB re 1 µPa/?Hz
~ 170 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de drague Drague aspiratrice en marche à
élinde trainante
Taille du navire 117 m
Type de motorisation Diesel-électrique
Type de substrat Vase
Phase enregistrée Dragage
Vitesse de déplacement 2 à 4 nd
Bathymétrie Supérieure à 15 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 200 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 153 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de motorisation
? Type de substrat
? Vitesse de déplacement
APPLICATIONS
? Activités portuaires
? Extraction de granulats
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
© NEREIS Environnement
13 - D
R
A
G
A
G
E PA
R
D
R
A
G
U
E A
SPIR
A
TR
IC
E EN
M
A
R
C
H
E
www.indiamart.com
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
172
Bruit continu 13. DRAGAGE PAR DRAGUE ASPIRATRICE EN MARCHE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des navires, des techniques et des phases
opérationnelles
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite/destruction des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse des navires en
transit
++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence et Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
13 - D
R
A
G
A
G
E PA
R
D
R
A
G
U
E A
SPIR
A
TR
IC
E EN
M
A
R
C
H
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
173
Bruit continu 14. NAVIRE DE PÊCHE CÔTIÈRE (< 12 M)
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires de pêche génèrent du bruit sous-marin, principalement
du fait de la machinerie (moteur, génératrice, auxiliaires) et de la
propulsion (hélice notamment). Les interférences électriques et
l?utilisation d?échosondeur(s) contribuent également à la signature
acoustique des navires de pêche.
Leur vitesse de croisière se situe généralement autour de 10 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 20 kHz
(100 Hz - 2 kHz)
Niveau attendu (@ 1 m) 130-160 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire de pêche Chalutier
Puissance moteur 242 kW
Taille du navire 11,98 m
Vitesse de déplacement Environ 7 nd
Type de coque Polyester
Année de construction 1989
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 125, 160 et 250 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 133 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du moteur et
de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Âge du navire et entretien
? Type de coque
APPLICATIONS
? Activités halieutiques
? Activités scientifiques/Recherche
© NEREIS Environnement
14 - N
A
VIR
E D
E PÊCH
E C
Ô
TIÈR
E (< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
174
Bruit continu 14. NAVIRE DE PÊCHE CÔTIÈRE (< 12 M)
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p.123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p.124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
14 - N
A
VIR
E D
E PÊCH
E C
Ô
TIÈR
E (< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
175
Bruit continu 15. NAVIRE TECHNIQUE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires techniques regroupent l?ensemble des navires de petite
taille (< 50 m) susceptibles d?intervenir pour le fonctionnement des
ports, la sécurité en mer, le transport d?équipe sur des chantiers
offshore, le contrôle des installations EMR, etc.
Ces navires sont équipés de moteurs in-board. Leur vitesse de
croisière varie entre 8 et 25 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz à 20 kHz
(< 1 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-180 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Navire de travaux polyvalent
Type de propulsion 2 x 1 140 kW
Taille du navire 34 m
Vitesse de déplacement 4 nd
Année de construction 2015
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 63 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 158 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du
moteur et de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Type de coque
APPLICATIONS
? Activités portuaires
? EMR
? Trafic maritime
© Yves Le Rousseau
www.marinetraffic.com
15 - N
A
VIR
E TEC
H
N
IQ
U
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
176
Bruit continu 15. NAVIRE TECHNIQUE
IMPACTS POTENTIELS
Variable en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt écologique
(aires marines protégées, zones de frayère, d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
15 - N
A
VIR
E TEC
H
N
IQ
U
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
177
Bruit continu 16. NAVIRE DE COMMERCE DE PLUS DE 100 M
EK 60
Source : IFREMER
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Oil Tanker
Taille du navire 228 m
Puissance moteur 13 500 kW
Tonnage 42 514 t
Vitesse de déplacement 15 nd
Année de construction 2007
Distance/enregistreur (CPA*) 3 100 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie < 100 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 183 dB re 1 µPa2/Hz
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz à 10 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 170-190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du
moteur et de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Âge du navire et entretien
? Poids du chargement
DESCRIPTION
Les navires de commerce de grande taille (> 100 m) incluent les porte-
conteneurs, les tankers et supertankers, les vraquiers et les
paquebots. Ce type de navire contribue significativement au bruit
ambiant sous-marin global.
Ces navires se caractérisent
par des émissions sonores
basse et très basse fréquence
et une vitesse de croisière située
entre 10 et 20 nd.
APPLICATIONS
? Trafic maritime
? Activités portuaires
*CPA : Closest Point of Approach (point où la distance entre l?enregistreur et le navire est minimale)
© calgaryherald.com
D?après [117]
16 - N
A
VIR
E D
E C
O
M
M
ER
C
E D
E PLU
S D
E 100 M
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
178
Bruit continu 16. NAVIRE DE COMMERCE DE PLUS DE 100 M
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
16 - N
A
VIR
E D
E C
O
M
M
ER
C
E D
E PLU
S D
E 100 M
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
179
Bruit continu 17. NAVIRE À GRANDE VITESSE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires à grande vitesse (NGV) sont généralement affectés au
transport de passagers sur de courtes distances (traversée de la
Manche, du Pas-de-Calais, liaisons Corse-continent, etc.).
Leur vitesse maximale est généralement comprise entre 30 et 40 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz - 25 kHz
(< 200 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-200 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Transport de passagers et véhicules
Type de propulsion Hydrojets (4 x 8 200 kW)
Taille du navire 110 m
Vitesses observées 12, 24 et 37 nd
Type de coque Aluminium
Année de construction 2007
Observations :
Fréquence de max. d?énergie < 100 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 197 dB re 1 µPa/?Hz à 37 nd
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du moteur et
de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Type de coque
APPLICATIONS
? Trafic maritime
(transport de passagers)
N
iv
ea
u
(d
B
r
e
1
µP
a/
?H
z
Vitesse
D?après [163]
17 - N
A
VIR
E À
G
R
A
ND
E VITESSE
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
180
Bruit continu 17. NAVIRE À GRANDE VITESSE
IMPACTS POTENTIELS
? TTS
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
17 - N
A
VIR
E À
G
R
A
ND
E VITESSE
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
181
Bruit continu 18. NAVIRE DE PLAISANCE À MOTEUR HORS-BORD (< 12 M)
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires de plaisance dotés de
moteurs hors-bord génèrent du
bruit sous-marin, principalement lié
aux phénomènes de cavitation
(bulles) au niveau de leur appareil
propulsif.
APPLICATIONS
? Activités récréatives
? Activités
scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 20 kHz
(100 Hz - 1 kHz)
Niveau attendu (@ 1 m) 135-175 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Bateau de club de plongée
Puissance de la motorisation Moteur Yamaha 150 cv
Taille du navire 8 m
Vitesse de déplacement Environ 10 nd
Type de coque Aluminium
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 125 et 400 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 139 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Vitesse de déplacement
? Caractéristiques du moteur
et de la propulsion
? Type de coque
© NEREIS Environnement
18 - N
A
VIR
E D
E PLA
ISA
N
C
E À
M
O
TEU
R
HO
R
S-B
O
R
D
(< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
182
Bruit continu 18. NAVIRE DE PLAISANCE À MOTEUR HORS-BORD (< 12 M)
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
18 - N
A
VIR
E D
E PLA
ISA
N
C
E À
M
O
TEU
R
HO
R
S-B
O
R
D
(< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
183
Bruit continu 19. MOTOMARINE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les motomarines (jet-skis et scooters des mers) génèrent du bruit
sous-marin qui provient principalement des bulles formées par le
système de propulsion par hydrojet et par la rotation des pales de
la turbine (phénomènes de cavitation).
Leur vitesse maximale se situe
généralement autour de 40 nd
(jusqu?à 70 nd pour les engins
de compétition).
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
100 Hz - 10 kHz
(< 2 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120-190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?engin Jet-ski
Type de moteur 4 temps
Puissance de la motorisation 110 cv
Vitesse de déplacement Variable, 10 nd en moyenne
Observations :
Fréquence de max.d?énergie 160 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 136 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Type d?engin
? Motorisation
? Vitesse de déplacement
APPLICATIONS
? Activités récréatives
© NEREIS Environnement
19 - M
O
TO
M
A
R
IN
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
184
Bruit continu 19. MOTOMARINE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du type d?engin et de sa vitesse
? TTS ?
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
19 - M
O
TO
M
A
R
IN
E
Bibliographie
185
BIBLIOGRAPHIE
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Liste des figures
201
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : La fréquence d?un son définit sa « hauteur » : plus la fréquence est élevée,
plus le son est aigu. ................................................................................................................................. 30
Figure 2 : Profil type de célérité du son en milieu marin ouvert (d?après [87]). ................................... 31
Figure 3 : Phénomènes contribuant à atténuer l?intensité d?une onde acoustique
entre la source et le récepteur. ............................................................................................................... 33
Figure 4 : Caractéristiques et composantes du bruit ambiant sous-marin par
grand fond (d?après [188]). ...................................................................................................................... 34
Figure 5 : Différence entre bruit émis, bruit reçu et bruit perçu. À chaque étape,
le niveau de bruit (en dB) et son spectre fréquentiel est susceptible d?être modifié. .......................... 36
Figure 6 : Exemple de densité spectrale de puissance (DSP). ............................................................ 37
Figure 7 : Les différents indicateurs de mesure du niveau de pression sonore (Lp). ......................... 38
Figure 8 : Bruit d?un navire de ravitaillement perçu, en dBht, par un grand dauphin (Tursiops
truncatus) en fonction de sa capacité auditive (audiogramme d?après [93] ;
crédit photo : James D. Paterson/Marine Traffic et COHABYS). ......................................................... 40
Figure 9 : Enregistreur acoustique autonome (OSEAN) équipé d?un hydrophone et
positionné sur un corps mort avant immersion (crédit photo : NEREIS Environnement). .................. 43
Figure 10 : Bouée acoustique flottante autonome
(RTSys - crédit photo : NEREIS Environnement). ................................................................................. 44
Figure 11 : Exemple de courbe de sensibilité d?un hydrophone (d?après [96]). .................................. 44
Figure 12 : Modélisation de l?empreinte sonore de différentes opérations liées aux phases
de construction et d?exploitation du parc éolien en mer de Yeu-Noirmoutier pour le marsouin
commun (Phocoena phocoena) (source : Quiet Ocean, 2016). ........................................................... 46
Figure 13 : Principe de fonctionnement du sondeur multifaisceaux (d?après [1]). .............................. 50
Figure 14 : Principe de fonctionnement d?une campagne de prospection
sismique [143]. ......................................................................................................................................... 51
Figure 15 : : Plateforme mobile Cossack Pioneer de type FPSO (Floating Production
Storage and Offloading [60]), plateforme auto-élévatrice Astra (crédit photo :
EDC Ldt.) et navire de forage West Gemini (crédit photo : Thierry Gonzalez/TOTAL). ..................... 54
Figure 16 : Exemples de fondations d?éoliennes offshore posées
(source : Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport). ................................................................................... 56
Figure 17 : Spectre en tiers d?octave du bruit ambiant sur le site de Bligh Bank
(Belgique) avant construction du parc éolien offshore (en noir), et bruit généré par
la pose et le fonctionnement d?une turbine de 6,15 MW sur fondation «jacket » et
d?une turbine de 3 MW sur fondation monopieu (d?après [138]) .......................................................... 59
Figure 18 : Dispositifs acoustiques utilisés par les navires de pêche (d?après [120]). ....................... 63
Figure 19 : Répulsif acoustique AQUAmark® 210 (AQUATEC) utilisé sur
les engins de pêche (crédit photo : NEREIS Environnement). ............................................................. 63
Figure 20 : La drague aspiratrice en marche Samuel de Champlain
(GIE Dragages-Ports, crédit photo : Fabien Montreuil). ........................................................................ 65
Figure 21 : Dent de déroctage sur ponton dipper
(crédit photo : NEREIS Environnement). ............................................................................................... 67
Liste des figures
202
Figure 22 : Audiogrammes médians pour les Cétacés basse fréquence,
les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence, les Siréniens,
les Pinnipèdes dans l?eau et les autres Carnivores dans l?eau (d?après [136] et [168]). .................... 81
Figure 23 : A gauche, audiogrammes de quatre espèces de tortues marines : la tortue
de Kemp Lepidochelys kempii, la tortue luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée
Eretmochelys imbricata et la tortue verte, ou tortue franche, Chelonia mydas. A droite,
audiogramme de la tortue caouanne (Caretta caretta) à différents stades du
cycle de vie (d?après [98] et [44]). ........................................................................................................... 83
Figure 24 : Schéma de l?oreille interne gauche et des organes otolithiques d?un
poisson osseux, avec ces trois otolithes : saccule, utricule et lagena (d?après [76]). ......................... 84
Figure 25 : Audiogrammes du requin nourrice Ginglymostoma cirratum, du saumon
atlantique Salmo salar et du hareng de l?Atlantique Clupea harengus (d?après [26],
[55] et [72]). .............................................................................................................................................. 85
Figure 26 : Diagramme des impacts potentiels des émissions sonores selon leur
degré de sévérité (d'après [158]). ........................................................................................................... 90
Figure 27 : Trame suggérée pour évaluer les impacts des activités anthropiques sur
les mammifères marins. Pour les populations avec une fidélité importante au site, le
déplacement peut avoir des conséquences significatives et aboutir aux mêmes
conséquences qu'un dommage direct (d?après [67]). ......................................................................... 114
Figure 28 : Localisation des zones d'intérêt spécial pour les baleines à bec de
Cuvier en zone ACCOBAMS (d?après [2]). .......................................................................................... 118
Figure 29 : Zones définies autour de la source sonore. .................................................................... 131
Figure 30 : Observateur de faune marine en poste............................................................................. 133
Figure 31 : Exemple de protocole à mettre en place pour réduire les impacts
sur la faune marine dans le cadre de réalisation de travaux en mer. ................................................ 137
Figure 32 : Fonctions de pondération des cétacés basse fréquence (LF), haute
fréquence (HF), très haute fréquence (VHF), les siréniens (SI), les phocidés
dans l?eau (PCW) et les autres Carnivores dans l?eau (OCW) (d'après [168]) ................................. 205
Liste des tableaux
203
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Indicateurs quantitatifs permettant d?évaluer le niveau de bruit sous-marin .................. 42
Tableau 2 : Niveau de bruit généré à 750 m par le battage de pieu de différents diamètres
(d?après [138] et [6]) .......................................................................................................................... 57
Tableau 3 : Niveaux de bruit généré par les différentes technologies EMR ..................................... 60
Tableau 4 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés au dragage des sédiments
en fonction du type de drague utilisée ............................................................................................... 65
Tableau 5 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés à la pose de câbles et
canalisations en fonction du type de méthode ou outils utilisés ...................................................... 70
Tableau 6 : Exemple de niveaux de bruit générés par des embarcations motorisées
à usage récréatif ................................................................................................................................ 73
Tableau 7 : Caractéristiques de quelques-uns des sondeurs, sonars et systèmes sismiques
utilisés par l?IFREMER pour la recherche océanographique
(source : Y. Le Gall, communication personnelle, 2019) .................................................................. 75
Tableau 8 : Synthèse des niveaux à la source et des fréquences associées des
principales sources de bruit anthropique ........................................................................................... 77
Tableau 9 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins
exposés à un son impulsionnel. Les niveaux d'exposition sonore cumulée
sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re 1 µPa².s. Les niveaux de pression
sonore (Lp,pk) sont exprimés en dB re 1 µPa (d?après [136] et [168]) .............................................. 107
Tableau 10 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins
exposés à un son continu. Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h)
sont exprimés en dB re1µPa².s (d?après [136] et [168]) ................................................................. 108
Tableau 11 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de poissons et
les tortues à un son impulsionnel de type battage de pieux. Les niveaux d'exposition
sonore (LE,p) sont exprimés en dB re1µPa².s. Les niveaux de pression sonore (Lp,pk)
sont exprimés en en dB re 1µPa (d?après [152]) ............................................................................ 108
Tableau 12 : Tableau récapitulatif des différents modèles prédictifs existants ............................... 112
Tableau 13 : Récapitulatif des principales méthodes d?évitement des impacts
(en vert : mesures à mettre en place en amont, en orange : mesures à mettre en
place lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ........................................... 120
Tableau 14 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou
modifications de techniques (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange :
mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ....... 127
Tableau 15 : Récapitulatif des principales technologies de rideaux de bulles et
blocs isolants existantes (d?après [2]) ............................................................................................. 129
Tableau 16 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou
modifications de techniques (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ;
en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux,
exploitation et/ou démantèlement) .................................................................................................. 138
Tableau 17 : Tableau récapitulatif des mesures pour éviter et réduire l?impact des émissions
sonores sur la faune marine (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont, en
orange : mesures à mettre en oeuvre en phase de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ... 142
Tableau 18 : Classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives
(d?après [168]) ................................................................................................................................. 204
Tableau 19 : Paramètres associés aux fonctions de pondération auditives des
différents groupes de mammifères marins (d'après [168]). ............................................................ 205
Annexes
204
ANNEXES
ANNEXE 1. Informations complémentaires concernant les seuils acoustiques
TTS et PTS et les fonctions de pondération pour les mammifères marins
Groupes d?audition
Les mammifères marins ne possèdent pas tous la même sensibilité auditive, et ne sont donc
pas tous affectés de la même façon par le bruit sous-marin. Afin de tenir compte de cette
différence de sensibilité, et notamment de leur capacité à percevoir certaines fréquences
mieux que d?autres, les mammifères marins ont donc été répartis en plusieurs « groupes
d?audition » [136, 168]. Pour chacun de ces groupes d?audition, un audiogramme « moyen »
a été développé (voir figure 22 page 81).
La classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives est
présentée dans le tableau 18 ci-dessous :
Groupe
d?audition Abréviation Genres (ou espèces) inclus
Cétacés
basse
fréquence
LF
Balaenidae (Balaena, Eubalaenidae spp.) ; Balaenopteridae
(Balaenoptera physalus, B. musculus)
Balaenopteridae (Balaenoptera acutorostrata, B. bonaerensis, B.
borealis, B. edeni, B. omurai ; Megaptera novaeangliae) ;
Neobalenidae (Caperea) ; Eschrichtiidae (Eschrichtius)
Cétacés haute
fréquence HF
Physeteridae (Physeter) ; Ziphiidae (Berardius spp., Hyperoodon spp.,
Indopacetus, Mesoplodon spp., Tasmacetus, Ziphius)
Delphinidae (Orcinus) ; Delphinidae (Delphinus, Feresa, Globicephala
spp., Grampus, Lagenodelphis, Lagenorhynchus acutus, L. albirostris,
L. obliquidens, L. obscurus, Lissodelphis spp., Orcaella spp.,
Peponocephala, Pseudorca, Sotalia spp., Sousa spp., Stenella spp.,
Steno, Tursiops spp.) ; Montodontidae (Delphinapterus, Monodon) ;
Plantanistidae (Plantanista)
Cétacés très
haute
fréquence
VHF
Delphinidae (Cephalorhynchus spp. ; Lagenorhynchus cruciger,
L. austrailis) ; Phocoenidae (Neophocaena spp., Phocoena spp.,
Phocoenoides) ; Iniidae (Inia) ; Kogiidae (Kogia) ; Lipotidae (Lipotes) ;
Pontoporiidae (Pontoporia)
Siréniens SI Trichechidae (Trichechus spp.) ; Dugongidae (Dugong)
Phocidés dans
l?eau PCW
Phocidae (Cystophora, Erignathus, Halichoerus, Histriophoca,
Hydrurga, Leptonychotes, Lobodon, Mirounga spp., Monachus,
Neomonachus, Ommatophoca, Pagophilus, Phoca spp., Pusa spp.)
Autres
Carnivores
dans l?eau
OCW
Odobenidae (Odobenus) ; Otariidae (Arctocephalus spp., Callorhinus,
Eumetopias, Neophoca, Otaria, Phocarctos, Zalophus spp.) ; Ursidae
(Ursus maritimus) ; Mustelidae (Enhydra, Lontra feline)
Tableau 18 : Classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives (d?après [168]).
Annexes
205
Fonctions de pondération
Pour chacun des groupes d?audition précédemment défini, une fonction de pondération a
été développée. Ces fonctions de pondération se justifient par le fait qu?un animal est plus
susceptible d?être affecté par une exposition sonore aux fréquences pour lesquelles cet
animal présente la plus grande sensibilité (fréquences pour lesquelles le seuil d?audition est
le plus bas) qu?aux fréquences auxquelles il est peu sensible. De ce fait, les informations
disponibles quant aux capacités auditives des mammifères marins (i.e. les observations
ayant permis de réaliser les audiogrammes de chaque groupe d?audition), combinées à
d?autres paramètres audiométriques (courbes isosoniques, seuils de pertes d?auditions,
etc.24), ont été utilisées pour établir des fonctions de pondération. Il s?agit d?une fonction
mathématique qui agit comme un filtre passe-bande, permettant de donner plus de poids
pour le calcul des seuils TTS et PTS aux fréquences auxquelles les animaux sont les plus
sensibles qu?aux fréquences pour lesquelles l?audition est plus faible (ou nulle). Ces
fonctions de pondération contribuent à déterminer des seuils auditifs pondérés pour chaque
groupe d?audition (figure 32).
Les fonctions de pondération se calculent en appliquant l?équation suivante :
Où :
? W(f) est l?amplitude de pondération (en dB) en fonction de la fréquence ;
? f est la fréquence (en kHz) ;
? C définit la position verticale de la courbe, cette constante est souvent fixée de telle sorte
que W soit égal à 0 dB ;
? f1 définit la limite inférieure de la bande passante, c?est-à-dire la fréquence inférieure à
laquelle l?amplitude de la fonction de pondération commence à décliner ;
? f2 définit la limite supérieure de la bande passante, c?est-à-dire la fréquence supérieure à
laquelle l?amplitude de la fonction de pondération commence à décliner ;
? ?? définit la pente de la fonction de pondération pour les basses fréquences (i.e. à quelle
vitesse décroît l?amplitude W en fonction de la fréquence dans les basses fréquences) ;
? ?? définit la pente de la fonction de pondération pour les hautes fréquences (i.e. à quelle
vitesse décroît l?amplitude W en fonction de la fréquence dans les hautes fréquences).
Pour chacun des groupes précédemment définis, les valeurs de ces paramètres sont
décrites dans le tableau 19 ci-dessous. Les fonctions de pondération ainsi établies pour
chaque groupe d?audition sont présentées sur la figure 32.
24 Pour plus de détails, voir Southall et al., 2019 [168].
W(f)= C+10 log10 {
( f f1)? 2a
[1+( f f1)? 2 ]
a
[1+( f f2)? 2 ]
b }
Annexes
206
Fonctions d?exposition sonore
La fonction d?exposition sonore découle de la fonction de pondération et des seuils auditifs.
Elle est définie comme la différence entre la valeur du seuil auditif et la valeur de la fonction
de pondération pour chaque fréquence.
Cette fonction permet de visualiser l?exposition sonore nécessaire pour engendrer une perte
d?audition temporaire ou permanente en fonction de la fréquence et déterminer ainsi des
seuils TTS et PTS pondérés pour chaque groupe d?audition.
Figure 32 : Fonctions de pondération des cétacés basse fréquence (LF), haute fréquence (HF), très haute
fréquence (VHF), les siréniens (SI), les phocidés dans l?eau (PCW)
et les autres Carnivores dans l?eau (OCW) (d'après [168])
Fonction de
pondération f1 (kHz) f2 (kHz) a B K (dB) R² C (dB)
LF 0,20 19 1 2 179 0,13
HF 8,8 110 1,6 2 177 0,825 1,20
VHF 12 140 1,8 2 152 0,864 1,36
SI 4,3 25 1,8 2 183 2,62
PCW 1,9 30 1 2 180 0,75
OCW 0,94 25 2 2 198 0,557 0,64
Tableau 19 : Paramètres associés aux fonctions de pondération auditives des différents
groupes de mammifères marins (d'après [168]).
Annexes
207
ANNEXE 2. Documentation utile et informations complémentaires
Concernant l?acoustique sous-marine :
? Site internet Discovery of Sound in the Sea : www.dosits.org
? Les travaux de la NOAA sur les seuils et les sensibilités acoustiques :
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-
acoustic-technical-guidance
Textes adoptés dans le cadre de certaines conventions internationales :
? OMI (2014) : ?Guidelines for the reduction of underwater noise from commercial shipping
to address adverse impacts on marine life? :
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-
underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
? CDB (2016) : Décision XIII/10 : « Addressing impacts of marine debris and
anthropogenic underwater noise on marine and coastal biodiversity » :
https://www.cbd.int/decisions/cop/?m=cop-13
? CMS (2017) : « Lignes directrices de la Famille CMS pour les évaluations de l?impact sur
l?environnement des activités génératrices de bruit en milieu marin » :
https://www.cms.int/fr/lignes-directrices/lignes-directrices-famille-cms-impact-bruit-milieu-marin
? Convention OSPAR (2017) Intermediate Assessment of the state of the North-East
Atlantic / impulsive noise : https://oap.ospar.org/en/ospar-assessments/intermediate-
assessment-2017/pressures-human-activities/distribution-reported-impulsive-sounds-sea/
? Convention de Barcelone / Programme de surveillance et d'évaluation intégrées de la mer
et des côtes méditerranéennes / Liste des Objectifs écologiques (OE) et indicateurs :
https://www.medqsr.org/fr/node/227
? ACCOBAMS (2019) : résolution 7.13 : « Bruit d?origine anthropique » :
https://www.accobams.org/fr/meetings/7eme-reunion-des-parties-a-laccobams/
Concernant les retours d?expérience de l?impact des EMR :
? Site internet TETHYS : https://tethys.pnnl.gov/
Concernant les mesures ERC :
? MTES (2018). Guide d?aide à la définition des mesures ERC. Théma Balise. CGDD et
CEREMA. Disponible sur :
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-
%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%2
0mesures%20ERC.pdf
Concernant la distribution des mammifères marins :
? Observatoire PELAGIS :
http://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/catalogueSI/#/search?from=1&to=20
? Site OBIS-SEAMAP : http://seamap.env.duke.edu/
? ObsEnMer : https://www.obsenmer.org/
? OFB : https://www.afbiodiversite.fr/
? L?INPN : https://inpn.mnhn.fr/
? La liste rouge de l?UICN : https://www.iucnredlist.org/
http://www.dosits.org/
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-acoustic-technical-guidance
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-acoustic-technical-guidance
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
https://www.cbd.int/decisions/cop/?m=cop-13
https://www.cms.int/fr/lignes-directrices/lignes-directrices-famille-cms-impact-bruit-milieu-marin
https://www.accobams.org/fr/meetings/7eme-reunion-des-parties-a-laccobams/
https://tethys.pnnl.gov/
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
http://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/catalogueSI/#/search?from=1&to=20
http://seamap.env.duke.edu/
https://www.obsenmer.org/
https://www.afbiodiversite.fr/
https://inpn.mnhn.fr/
https://www.iucnredlist.org/
Annexes
208
ANNEXE 3. Liste des contributeurs
Outre l?apport du comité de pilotage, souligné en page II, certaines personnes ont été
contactées en amont de la rédaction de ce guide. Leurs conseils et propositions ont été
d?une grande aide dans l?élaboration de ce document. Nous tenons donc à remercier pour
leur collaboration :
Nom Institution
ABAD OLIVA Núria ScottishPower Renewables
BOUGANT Julie Port Atlantique La Rochelle
BRARD Pierre Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Seine-Maritime
BROWN Carrie Port de Vancouver
CAURANT Florence Observatoire Pelagis (UMS 3462)
CHAINEAU Claude-Henri TOTAL
DAVID Alexandra Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Manche
DELABY Françoise Direction Régional de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement
des Pays de la Loire
DUCATEL Cécile Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
DUTHION Pierre EDF Renouvelables
FAVILLI Costanza Sanctuaire PELAGOS
FISSEAU Charline Sanctuaire AGOA ? Office français de la biodiversité
GICQUEL Cécile Parc Naturel Marin d?Iroise
GUELLEC Jean-Pierre GIE-Dragages Ports
GUESDON Romain ENGIE GREEN France
GUIDEZ Bertrand Ailes Marines
GUYON Christelle Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de la
Guyane
JEWELL Rebecca MMO/PAM Operator
LAMBERT Isabelle CGG
LAURENT Mélina Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de la
Guadeloupe
LELABOUSSE Clément Parcs Naturels Marins de Mayotte et des Glorieuses - Office français de la
biodiversité
LE COURTOIS Florent Service Hydrographique et Océanographique de la Marine
LE GALL Yves Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
L?HER Christophe SERCEL
MAGLIO Alessio SINAY
MICHEL Sylvain Office français de la biodiversité
NOLET Véronique Alliance Verte
Annexes
209
Nom Institution
NOTO Stéphane Association Nationale des Plaisanciers Motonautiques
RECUERO VIRTO Laura Université de Brest
REMAUD Morgane Office français de la biodiversité
ROITEL Olivier Préfecture Maritime de l?Atlantique
SAMARAN Flore École Nationale Supérieure de Techniques Avancées de Bretagne
SOUTHALL Brandon Université de Californie, Southall Environmental Associates, Inc.
TROUSSARD Corentin RTsys
VICTOR François Direction Interrégionale de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest
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uf
fl
eu
rs
d
?é
cu
m
e
- D
R
Avant-propos
Glossaire
Résumé
Abstract
Sommaire
Lexique
Introduction
Réglementation
Contenu du guide
Préambule :
Notions basiques d?acoustique sous-marine
Les ondes acoustiques
La propagation des ondes sonores en milieu marin
Le bruit ambiant sous-marin
Évaluer le bruit sous-marin
I. Industrie du pétrole et du gaz
II. Énergies marines renouvelables
III. Activités halieutiques
IV. Activités portuaires
V. Travaux et aménagements côtiers
VI. Extraction de granulats
VII. Installation de câbles et canalisations
VIII. Trafic maritime (navires marchands et transport de passagers)
IX. Activités récréatives
X. Activités scientifiques/Recherche
XI. Synthèse
I. L?audition des espèces marines
II. Impacts des émissions sonores sur la faune marine
III. Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine
I. Éviter
II. Réduire
III. Compenser
IV. Suivre
V. Accompagner
VI. Synthèse
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
ANNEXES
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
Fiches synthèse
<<
/ASCII85EncodePages false
/AllowTransparency false
/AutoPositionEPSFiles true
/AutoRotatePages /None
/Binding /Left
/CalGrayProfile (Dot Gain 20%)
/CalRGBProfile (sRGB IEC61966-2.1)
/CalCMYKProfile (U.S. Web Coated (SWOP) v2)
/sRGBProfile (sRGB IEC61966-2.1)
/CannotEmbedFontPolicy /Error
/CompatibilityLevel 1.4
/CompressObjects /Tags
/CompressPages true
/ConvertImagesToIndexed true
/PassThroughJPEGImages true
/CreateJobTicket false
/DefaultRenderingIntent /Default
/DetectBlends true
/DetectCurves 0.0000
/ColorConversionStrategy /CMYK
/DoThumbnails false
/EmbedAllFonts true
/EmbedOpenType false
/ParseICCProfilesInComments true
/EmbedJobOptions true
/DSCReportingLevel 0
/EmitDSCWarnings false
/EndPage -1
/ImageMemory 1048576
/LockDistillerParams false
/MaxSubsetPct 100
/Optimize true
/OPM 1
/ParseDSCComments true
/ParseDSCCommentsForDocInfo true
/PreserveCopyPage true
/PreserveDICMYKValues true
/PreserveEPSInfo true
/PreserveFlatness true
/PreserveHalftoneInfo false
/PreserveOPIComments true
/PreserveOverprintSettings true
/StartPage 1
/SubsetFonts true
/TransferFunctionInfo /Apply
/UCRandBGInfo /Preserve
/UsePrologue false
/ColorSettingsFile ()
/AlwaysEmbed [ true
]
/NeverEmbed [ true
]
/AntiAliasColorImages false
/CropColorImages true
/ColorImageMinResolution 300
/ColorImageMinResolutionPolicy /OK
/DownsampleColorImages true
/ColorImageDownsampleType /Bicubic
/ColorImageResolution 300
/ColorImageDepth -1
/ColorImageMinDownsampleDepth 1
/ColorImageDownsampleThreshold 1.50000
/EncodeColorImages true
/ColorImageFilter /DCTEncode
/AutoFilterColorImages true
/ColorImageAutoFilterStrategy /JPEG
/ColorACSImageDict <<
/QFactor 0.15
/HSamples [1 1 1 1] /VSamples [1 1 1 1]
>>
/ColorImageDict <<
/QFactor 0.15
/HSamples [1 1 1 1] /VSamples [1 1 1 1]
>>
/JPEG2000ColorACSImageDict <<
/TileWidth 256
/TileHeight 256
/Quality 30
>>
/JPEG2000ColorImageDict <<
/TileWidth 256
/TileHeight 256
/Quality 30
>>
/AntiAliasGrayImages false
/CropGrayImages true
/GrayImageMinResolution 300
/GrayImageMinResolutionPolicy /OK
/DownsampleGrayImages true
/GrayImageDownsampleType /Bicubic
/GrayImageResolution 300
/GrayImageDepth -1
/GrayImageMinDownsampleDepth 2
/GrayImageDownsampleThreshold 1.50000
/EncodeGrayImages true
/GrayImageFilter /DCTEncode
/AutoFilterGrayImages true
/GrayImageAutoFilterStrategy /JPEG
/GrayACSImageDict <<
/QFactor 0.15
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>>
/GrayImageDict <<
/QFactor 0.15
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>>
/JPEG2000GrayACSImageDict <<
/TileWidth 256
/TileHeight 256
/Quality 30
>>
/JPEG2000GrayImageDict <<
/TileWidth 256
/TileHeight 256
/Quality 30
>>
/AntiAliasMonoImages false
/CropMonoImages true
/MonoImageMinResolution 1200
/MonoImageMinResolutionPolicy /OK
/DownsampleMonoImages true
/MonoImageDownsampleType /Bicubic
/MonoImageResolution 1200
/MonoImageDepth -1
/MonoImageDownsampleThreshold 1.50000
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/MonoImageFilter /CCITTFaxEncode
/MonoImageDict <<
/K -1
>>
/AllowPSXObjects false
/CheckCompliance [
/None
]
/PDFX1aCheck false
/PDFX3Check false
/PDFXCompliantPDFOnly false
/PDFXNoTrimBoxError true
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0.00000
0.00000
0.00000
0.00000
]
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0.00000
0.00000
0.00000
0.00000
]
/PDFXOutputIntentProfile ()
/PDFXOutputConditionIdentifier ()
/PDFXOutputCondition ()
/PDFXRegistryName ()
/PDFXTrapped /False
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/Description <<
/ARA <FEFF06270633062A062E062F0645002006470630064700200627064406250639062F0627062F0627062A002006440625064606340627062100200648062B062706260642002000410064006F00620065002000500044004600200645062A064806270641064206290020064406440637062806270639062900200641064A00200627064406450637062706280639002006300627062A0020062F0631062C0627062A002006270644062C0648062F0629002006270644063906270644064A0629061B0020064A06450643064600200641062A062D00200648062B0627062606420020005000440046002006270644064506460634062306290020062806270633062A062E062F062706450020004100630072006F0062006100740020064800410064006F006200650020005200650061006400650072002006250635062F0627063100200035002E0030002006480627064406250635062F062706310627062A0020062706440623062D062F062B002E0635062F0627063100200035002E0030002006480627064406250635062F062706310627062A0020062706440623062D062F062B002E>
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INVALIDE) (ATTENTION: OPTION iant sur du long terme, étude des
populations de cétacés, surveillance d?un chantier, etc.) ;
? du type de données à collecter (sources d?origine anthropique, sources biologiques, bruit
ambiant large bande, etc.) ;
? de l?adéquation entre les paramètres de l?enregistreur et de la source sonore afin
d?optimiser les enregistrements et éviter les phénomènes de saturation de l?enregistreur
ou l?inverse ;
? de la stratégie d?échantillonnage : nécessité d?obtenir des informations acoustiques en
temps réel ou a posteriori, durée d?acquisition des données et type d?enregistrement (en
continu ou non), nombre d?enregistreurs déployés en fonction des enjeux et de la surface
de l?aire d?étude.
5) Modéliser la propagation des ondes acoustiques
Afin d?évaluer l?impact sonore d?une activité en mer, il est possible de réaliser une
cartographie de l?empreinte sonore de cette activité autour d?une ou plusieurs source(s)
émettrice(s). Cette cartographie s?effectue à l?aide d?un logiciel (ou code) de modélisation
de la propagation des ondes sonores.
Cette modélisation est complexe, en particulier dans les zones où l?on observe de fortes
variations de bathymétrie. À l?inverse, en milieu ouvert (par grand fond), la propagation des
ondes sonores est moins complexe et donc plus facilement prévisible. La propagation du
son dépend des caractéristiques de l?onde sonore, mais également de l?environnement. Le
logiciel de modélisation, pour fournir une représentation fiable, doit donc pouvoir intégrer un
certain nombre de paramètres afin d?adapter ses prévisions au cas d?étude. Ces paramètres
sont décrits dans la partie 2 III- Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine.
La propagation des ondes sonores ainsi modélisée est représentée en deux dimensions. Il
est cependant possible de modéliser cette propagation à plusieurs profondeurs afin
d?intégrer la composante verticale. La profondeur avec le niveau maximal prédit est alors
conservée pour la représentation en 2D.
Modéliser la propagation des ondes acoustiques et cartographier l?empreinte sonore d?une
activité permet ensuite de définir des périmètres à l?intérieur desquels une espèce est
susceptible de subir des dommages (pertes d?audition temporaires ou permanentes). En
intégrant les capacités auditives de l?espèce dans le modèle de propagation ainsi que des
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
46
seuils de tolérance au bruit, il est possible de réaliser, pour cette espèce, une carte des
impacts potentiels, et ainsi de définir des zones d?exclusion à l?intérieur desquelles il
convient de s?assurer de l?absence d?individus de cette espèce (figure 12).
Figure 12 : Modélisation de l?empreinte sonore de différentes opérations liées aux phases de construction et
d?exploitation du parc éolien en mer de Yeu-Noirmoutier pour le marsouin commun (Phocoena phocoena)
(source : Quiet Ocean, 2016).
Préconisations pour limiter les impacts des émissions acoustiques en mer
47
Ce qu?il faut retenir
? Le son est généré par des ondes acoustiques. Il peut être perçu selon ses deux
composantes : « variation de pression » (succession de compressions-dilatations du
milieu) ou « mouvement de particules » (agitation des molécules du milieu).
? Un son se caractérise par :
- sa fréquence (en Hz), qui définit sa hauteur (basse fréquence : son grave, haute
fréquence : son aigu) ;
- son niveau (en dB), qui correspond au volume du son (ou intensité) ;
- sa durée d?apparition (en s).
? Dans l?eau, la pression de référence est de 1 µPa (microPascal). Le niveau de bruit est
donc exprimé en dB re 1 µPa. Dans l?air, cette pression de référence est de 20 µPa.
? La célérité du son dans l?eau de mer est d?environ 1 500 m/s (contre environ 340 m/s
dans l?air).
? La propagation du son dans l?eau de mer dépend des conditions environnementales et
principalement :
- de la bathymétrie ;
- de la nature du fond ;
- du profil de température et salinité de la colonne d?eau.
? Le bruit ambiant sous-marin se compose d?un ensemble de sources sonores, incluant
les sources liées aux phénomènes naturels (géophonie), les sources d?origine biologique
(biophonie) et les sources d?origine anthropique (anthropophonie).
? Le trafic maritime et le vent sont les principales sources contribuant au bruit ambiant
sous-marin.
? Il existe différents indicateurs pour mesurer le niveau de bruit. La pertinence de ces
indicateurs dépend du type de bruit que l?on cherche à évaluer (bruit impulsionnel ou
continu, bruit émis, bruit reçu ou bruit perçu).
? La mesure du son dans l?eau se fait à l?aide d?un hydrophone, dont les caractéristiques
(sensibilité, bande passante, directivité) doivent être adaptées au bruit que l?on cherche
à mesurer.
? Il est possible de cartographier l?empreinte spatiale d?une source sonore, en fonction de
la profondeur, à l?aide d?un logiciel de modélisation de la propagation des ondes sonores.
La calibration du modèle et le choix des données d?entrée sont primordiaux pour obtenir
des résultats cohérents.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
48
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
49
Cette partie présente de manière exhaustive et synthétique les différentes activités
anthropiques génératrices de bruit sous-marin. Une synthèse de ces activités, ainsi que le
numéro de la fiche descriptive correspondante (voir PARTIE 4. Fiches synthèse) sont
présentés dans le tableau 8 page 77.
I. Industrie du pétrole et du gaz
La production offshore de pétrole et de gaz
représente 30 % de la production mondiale.
Environ 6 000 unités d?extraction de pétrole
et de gaz sont réparties en mer à travers le
monde [164]. Cette industrie contribue
localement au bruit ambiant sous-marin, en
milieu côtier et jusqu?à des profondeurs de
l?ordre de 3 000 m.
L?exploitation des ressources pétrolières et
gazière en mer comporte plusieurs phases :
la phase de prospection, l?exploration et
l?exploitation et le démantèlement des
structures.
1) Prospection et recherche de
gisements
La phase de prospection inclut les études
géologiques, géophysiques et géotech-
niques nécessaires pour repérer et localiser
les gisements. Certaines technologies
utilisées lors de cette phase de prospection
utilisent les ondes sonores. C?est le cas des
prospections par sondeurs, sonars et
sismiques.
a) Sondeurs et sonars
Les sondeurs et sonars émettent des sons
haute fréquence (de 10 à 1 000 kHz) per-
mettant à la fois de mesurer la profondeur
(bathymétrie), de visualiser la morphologie
des fonds marins (topographie), mais
également de caractériser la nature des
couches superficielles des fonds marins
(imagerie).
Les sondeurs et sonars émettent des impul-
sions sonores monochromatiques (CW) ou
modulées en fréquence (FM) de quelques
millisecondes à intervalles d?émission
répétés (typiquement de 0,1 à 10 s [112]).
Plus la profondeur est grande, plus
l?intervalle entre les impulsions sera
important afin de laisser à l?onde sonore le
temps d?atteindre le fond et de revenir au
récepteur. Le choix de la fréquence
d?émission dépend du type de donnée que
l?on cherche à acquérir et de la résolution
recherchée. La qualité des informations
recueillies dépend en effet directement des
propriétés des ondes acoustiques émises :
des ondes hautes fréquences de basse
amplitude permettront d?obtenir des informa-
tions à haute résolution mais sur une échelle
réduite, tandis que les ondes de plus faible
fréquence et de plus forte amplitude se
propageront plus loin mais les informations
recueillies seront de plus faible définition.
Partie 1
Les différentes activités anthropiques
génératrices de bruit sous-marin et les
différents types d?émissions qu?elles génèrent
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
50
Il existe plusieurs types de sondeurs :
? Les sondeurs monofaisceaux émettent
une impulsion sonore au travers d?un
faisceau d?angle réduit (5 à 30°) à la
verticale du bateau. Ces sondeurs
représentent une source impulsion-
nelle de fréquence comprise entre 1 et
500 kHz (les valeurs les plus commu-
nément utilisées étant 3,5, 12, 24, 30, 38,
50, 100, 120, ou 200 kHz) et d?un niveau
maximum d?émission à la source (Lp,pk)
de l?ordre de 210 à 240 dB re 1 µPa @ 1 m
[1, 112] et sont plutôt directifs.
? Les sondeurs multifaisceaux émettent
dans plusieurs directions, avec une
ouverture angulaire plus importante dans
le plan transversal au porteur
(environ 150°), et qui permet de balayer
une plus large surface. Ils sont par contre
très directifs (environ 1°) dans le plan
longitudinal au porteur (figure 13).
Ces sondeurs génèrent une émission
impulsionnelle à des fréquences
comprises entre 10 et 500 kHz
(typiquement 12, 24 ou 32 kHz en eau
profonde, 70 à 150 kHz sur le plateau
continental et 200 à 400 kHz par très petits
fonds). Les niveaux d?émission (LS) sont
de l?ordre de 210 à 220 dB re 1 µPa @ 1 m
pour les plus hautes fréquences et de
240 dB re 1 µPa @ 1 m à 12 kHz [1, 112].
Les sonars, et notamment les sonars à
balayage latéral, peuvent disposer d?une
ouverture angulaire transversale plus
importante (180°) et d?une ouverture
Figure 13 : Principe de fonctionnement du sondeur multifaisceaux (d?après [1]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
51
longitudinale très faible. Ils utilisent des
fréquences plus élevées, ce qui leur confère
une résolution très fine. Le niveau d?émis-
sion d?un sonar à balayage latéral est du
même ordre que celui émis par un sondeur
multifaisceaux.
La forte directivité des sondeurs et sonars et
l?atténuation rapide de l?onde acoustique à
ces fréquences limitent considérablement
l?impact que peuvent avoir ces outils sur les
espèces pélagiques (mammifères marins et
poissons présents dans la colonne d?eau).
En effet, du fait de l?importante directivité de
l?émission sonore générée et des très
courtes durées d?émission, il faudrait que
l?animal passe sous le navire ou à proximité
immédiate pour être impacté.
Les sondeurs multifaisceaux basse
fréquence (10 à 40 kHz) sont potentiel-
lement les plus impactants, mais l?étendue
du faisceau reste très limitée. Les sondeurs
de sédiments fonctionnent dans des
gammes de fréquences plus basses (2 à
10 kHz), et avec des signaux plus longs
(jusqu?à quelques dizaines de ms) mais
leurs niveaux d?émission sont plus faibles.
Les sondeurs monofaisceaux sont fortement
directifs et donc peu impactants. Enfin les
systèmes sondeurs et sonars haute
fréquence (> 100 kHz) sortent de la gamme
fréquentielle d?audition des mammifères
marins (à l?exception des cétacés très haute
fréquence comme les marsouins (voir
partie 2), et ont une portée réduite du fait de
la forte absorption des signaux haute
fréquence dans l?eau de mer [110].
Il est également probable que le bruit généré
par la propulsion du navire agisse déjà comme
un répulsif sur ces espèces. Ceci ne s?appli-
que toutefois pas aux espèces benthiques et
démersales (qui vivent sur ou près du fond).
b) Prospection sismique
La prospection sismique en mer est une
technique d?étude visant à caractériser la
structure géologique des fonds marins en
étudiant les différentes strates qui les
composent, afin d?identifier la présence
Figure 14 : Principe de fonctionnement d?une campagne de prospection sismique [143].
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
52
d?hydrocarbure ou de gaz. Chaque strate
réfléchit et réfracte les ondes différemment
en fonction de ses propriétés physiques. La
prospection sismique consiste à envoyer
vers les fonds marins, à partir d?un navire,
des ondes acoustiques basses fréquences
de forte intensité. Contrairement aux
sondeurs et sonars, les ondes générées par
la sismique ont pour objectif de pénétrer en
profondeur dans le sédiment. Il est alors
possible d?étudier les phénomènes de
réflexion et/ou réfraction rencontrés par ces
ondes avant leur réception par des
hydrophones intégrés sur une ou plusieurs
« flutes » (ou streamer) remorquées par le
navire (figure 14). L?analyse des signaux
reçus permet ensuite d?identifier la nature des
différentes strates traversées par les ondes.
Aujourd?hui, la sismique utilise principa-
lement des canons à air comprimé
(« airguns ») pour générer des ondes acous-
tiques. Ces canons libèrent brusquement
dans la colonne d?eau un volume variable
d?air sous pression, créant ainsi une source
sonore de type impulsionnel et à large
bande fréquentielle (de 5 Hz à 15 kHz)
avec un maximum d?énergie entre 10 et
100 Hz [24, 170]. Le niveau de bruit
généré est de forte intensité et de courte
durée (quelques millisecondes).
Le niveau émis dépend de la capacité du
canon (volume d?air libéré), de la pression
exercée sur ce volume et du nombre de
canons mis en oeuvre. Pour un unique ca-
non à air de faible volume de 20 cu in GI11
(soit 0,328 L), le niveau d?émission
maximum (Lp,pk) est de l?ordre de 230 dB
re 1 µPa @ 1 m.
Lors d?une campagne de prospection
sismique haute résolution, 1 à 2 canons sont
mis en oeuvre. Pour la prospection à grande
échelle, plusieurs dizaines de canons
peuvent être utilisés. Le niveau maximum
d?émission (Lp,pk) généré par un réseau
de canons à air peut ainsi atteindre 250 à
260 dB re 1 µPa @ 1 m [40, 127, 158]. Les
émissions sont générées de façon répétée à
intervalles d?émission réguliers (toutes les
10 à 60 s environ, en fonction du volume
d?air total) et peuvent durer plusieurs heures.
Bien qu?ils soient dirigés vers le fond, le bruit
généré par les canons à air est généra-
lement peu directif. Le bruit basse fréquence
généré peut se propager sur des distances
importantes, de plusieurs centaines de
kilomètres, voire plusieurs milliers par
grands fonds [106, 158].
Les autres méthodes de sismiques, par
boomer ou sparker12, permettent de
caractériser les couches supérieures de
sédiments (sur quelques dizaines de mètres
pour le boomer ou quelques centaines pour
le sparker). Les ondes sonores générées
par ces méthodes ont des fréquences plus
élevées, entre 500 Hz et 12 kHz, des
niveaux d?émission (LS) de l?ordre de 215 à
230 dB re 1 µPa @ 1 m et une durée d?impul-
sion de l?ordre de la milliseconde [29, 130].
11 cu in GI = cubic inch Generator injected. Indique la quantité d?air injectée dans la chambre de compression.
12 Le boomer génère du bruit grâce au rapprochement brutal de deux plaques de métal ; ce rapprochement forme une bulle
d?air qui, en implosant, génère une onde acoustique. Avec le sparker des bulles d?air sont produites sous l?impulsion d?une
onde de choc générée par une décharge électrique.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
53
2) Exploration et production
Lorsqu?un gisement est détecté, une
plateforme est mise en place afin de forer le
plancher océanique pour, dans un premier
temps, explorer le réservoir et évaluer sa
rentabilité, puis commencer l?extraction si le
gisement est considéré comme exploitable.
Ces phases d?exploration et de production
génèrent du bruit sous-marin à travers plu-
sieurs activités, parmi lesquelles le battage
de pieux et le forage sont certainement les
plus bruyantes. Les niveaux de bruit géné-
rés par ces activités sont cependant inférieurs
à ceux observés en phase de prospection.
a) Battage de pieux
L?installation d?une plateforme de forage
nécessite la pose de pieux pour maintenir la
structure. Dans la mesure où le bruit généré
par le battage de pieux est plus largement
documenté dans le cadre des travaux de
construction des parcs éoliens en mer,
l?aspect acoustique de cette activité est
décrit en détail dans la partie 1 - II - Énergies
marines renouvelables.
b) Forage
Le forage du plancher océanique est une
activité temporaire qui précède la phase de
production. Les sources sonores générées
par le forage sont de type continu à large
bande fréquentielle avec un maximum
d?énergie en basse fréquence (< 1 000 Hz),
principalement dues à l?équipement mis en
oeuvre pour le forage (générateurs, colonne
de forage, pompes, compresseurs, etc.).
Les bruits générés par le frottement de la
tête de forage sur le substrat et par le
cisaillement de la roche contribuent égale-
ment au spectre global mais dans une moin-
dre mesure. Cette contribution serait limitée
aux fréquences inférieures à 600 Hz [170, 194].
La transmission du bruit dans le milieu marin
dépend donc fortement de la structure qui
supporte l?équipement de forage et de la
surface d?échange avec le milieu marin [4].
Le forage du plancher océanique s?effectue
à partir d?une plateforme en surface. Il existe
trois types de plateforme :
? les plateformes fixes, qui reposent sur le
fond marin, sont utilisées lorsque la
profondeur est inférieure à 300 m ;
? les plateformes flottantes, reliées au fond
à l?aide de câbles, sont privilégiées par
grands fonds ;
? les plateformes mobiles, de type
plateforme autoélévatrice (« jack-up rig »)
ou navire de forage (figure 15), servent
surtout pour l?exploration des gisements.
Le bruit sous-marin généré par le forage
dépend du type de plateforme, les
plateformes fixes et auto-élévatrices étant
les moins bruyantes, tandis que les
plateformes flottantes et les navires de
forage émettent les plus forts niveaux de
bruit [78, 158]. En effet, la principale source
de bruit étant l?équipement de forage situé
sur la plateforme, le bruit transmis dans le
milieu marin dépend fortement de la surface
d?échange. Dans le cas de plateformes
flottantes ou de navire de forage, cette
surface est beaucoup plus vaste. La
transmission via la coque d?un navire de
forage est particulièrement importante. À ce
bruit transmis s?ajoute également celui
généré par le navire lui-même, et notam-
ment le bruit des hélices et des propulseurs
permettant au navire de maintenir sa
position pendant les opérations de forage.
Le bruit généré par les navires de forage est
donc globalement plus élevé que celui
généré par les autres structures.
Le bruit généré par le forage à partir de
navire est un bruit large bande (10 Hz -
10 kHz) avec des niveaux Lp,rms de l?ordre de
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
54
190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [158, 194]. Le
bruit généré par une plateforme flottante de
type FPSO (Floating Production Storage
and Offloading) est de l?ordre de 170 à 190
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur la bande 20-
2 500 Hz, avec les plus forts niveaux
(> 170 dB) mesurés à des fréquences
inférieures à 80 Hz [60]. Enfin, les
plateformes fixes sont les moins bruyantes,
avec des niveaux Lp,rms de l?ordre de 120-130
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [158, 194]. Le bruit
basse fréquence lié aux activités de forage
peut se propager sur plusieurs dizaines de
kilomètres, voire plusieurs centaines pour
les forages à grande profondeur (plus de
1 000 m).
c) Production
La phase de production consiste à extraire
le pétrole ou le gaz et à l?acheminer à terre.
Au cours de cette phase, de nombreuses
activités sont susceptibles d?induire du bruit
sous-marin, parmi lesquelles le pompage, la
pose de pipelines, le trafic maritime lié à
l?acheminement des ressources, de
l?équipement et du personnel, etc. Si ces
sources peuvent ponctuellement générer
des niveaux de bruit importants (de l?ordre
de 195 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m), la phase
de production est globalement moins
bruyante que la phase d?exploration
puisqu?elle ne fait plus intervenir d?engin de
forage et qu?elle est principalement réalisée
Figure 15 : Plateforme mobile Cossack Pioneer de type FPSO (Floating Production Storage and Offloading [60]),
plateforme auto-élévatrice Astra (crédit photo : EDC Ldt.) et navire de forage West Gemini
(crédit photo : Thierry Gonzalez/TOTAL).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
55
à partir de plateformes fixes ou auto-
élévatrices, ayant une faible surface
d?échange avec le milieu marin [158]. Hors
bruit impulsionnel lié à des activités
ponctuelles, le bruit moyen généré par une
plateforme pétrolière en phase de
production est inférieur à celui émis en
phase de forage de 10-20 dB dans la bande
20-500 Hz, voire de 30 dB dans les
fréquences comprises entre 100 et 600 Hz
[129, 170].
Le bruit généré par les navires gravitant
autour des plateformes pétrolières (tankers,
navires de soutien, navires poseurs de
pipeline, etc.) est détaillé dans la partie 1 -
VIII - Trafic maritime (navires marchands et
transport de passagers).
Les explosions accidentelles dans les puits
de pétrole, liées à la production d?hydro-
carbure, représentent également une
potentielle source de bruit. S?il n?existe pas
d?information concernant le niveau de bruit
généré par ce type d?explosion, le bruit
généré par les explosions volontaires en mer
(déroctage) est décrit dans la partie 1 - V -
Travaux et aménagements côtiers.
3) Démantèlement
Le démantèlement des plateformes
pétrolières nécessite l?utilisation d?explosifs
et/ou de techniques mécaniques (jets d?eau
abrasifs, scie diamantée, lames en carbure,
cisailles guillotines, etc.) pour sectionner la
structure, qui peut ensuite être enlevée pour
être démantelée à terre.
À l?heure actuelle, les techniques méca-
niques représentent environ 35 % des
opérations de démantèlement, mais aucune
donnée publiée ne permet de connaître les
niveaux de bruit générés par ces
techniques. Le bruit généré par l?usage
d?explosif en mer est par contre connu. Cette
activité est décrite en détail dans la partie 1 - V
- Travaux et aménagements côtiers.
II. Énergies marines renouvelables
Les énergies marines renouvelables (EMR)
incluent l?ensemble des technologies
permettant de produire de l?électricité à partir
de l?énergie récupérable en milieu marin : le
vent, les courants de marée, la houle, le
gradient de température entre la surface et
le fond.
De nombreux projets liés aux EMR sont
actuellement en cours de développement
aux larges des côtes françaises. Les projets
les plus avancés concernent l?éolien en mer,
posé ou flottant, et dans une moindre
mesure l?hydrolien. D?autres projets sont
actuellement au stade de démonstrateurs
(houlomoteur, énergie thermique des mers,
Sea Water Air Conditionning ou SWAC).
Les énergies marines renouvelables, de par
leur diversité, sont susceptibles de générer
différents types de bruits sous-marins.
Cependant, certaines activités génératrices
de bruit peuvent être communes à plusieurs
types d?EMR durant les différentes phases
du projet : étude de terrain, phase de
construction, phase opérationnelle ou phase
de démantèlement.
Ici, nous traiterons particulièrement de
l?éolien en mer, pour lequel de nombreuses
études ont été réalisées (les premières
installations en Europe datent de 1991). Il
existe en effet très peu de données et de
retours d?expériences concernant le bruit
généré par les autres technologies EMR.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
56
1) Étude de terrain
Avant la phase de construction, il est
nécessaire de connaître en détails la
morphologie du sol et la nature du fond sur
la zone d?étude. Pour cela, des études
géologiques, géophysiques et géotech-
niques sont réalisées. Parmi les
technologies mises en oeuvre pour ces
études, certaines utilisent l?acoustique et
génèrent du bruit sous-marin. Ces
techniques sont les mêmes que celles
utilisées pour la prospection pétrolière
(sondeurs et canons à air notamment) et
sont décrites en détails dans la partie 1 - I -
Industrie du pétrole et du gaz.
Avant le début de la phase de construction,
un mât de mesure est installé sur la zone
retenue. Les conditions et les techniques
d?installation de ce mât sont généralement les
mêmes que pour l?installation des éoliennes.
Durant cette phase d?étude, le trafic
maritime sur la zone du futur parc est
susceptible d?augmenter, ce qui conduira à
élever le niveau de bruit ambiant sur la zone
(voir partie 1 - VIII - Trafic maritime (navires
marchands et transport de passagers)).
2) Phase de construction
La phase de construction d?un projet EMR
fait intervenir de nombreuses activités géné-
ratrices de bruit sous-marin, que ce soit pour
préparer le substrat ou installer les machines.
Le niveau de bruit généré lors de la phase
de construction dépend fortement du type de
fondation choisi (figure 16). La mise en place
de fondations de type monopieu est la plus
bruyante car ces dernières font intervenir
des activités telles que le battage de pieux
et le forage. L?installation de fondations
tripodes ou « jacket », qui utilisent des pieux
de diamètre plus modeste, génère des
niveaux de bruit moins élevés. Enfin, la mise
en place de fondations de type gravitaire est
la moins bruyante [138].
a) Battage de pieux
Le battage de pieux consiste à enfoncer un
pieu en acier dans le substrat à l?aide d?un
marteau (hydraulique dans la plupart des
cas). Cette activité génère de forts niveaux
de bruit sous-marin. Cependant, ces
niveaux dépendent de nombreux para-
mètres dont les plus notables sont :
Figure 16 : Exemples de fondations d?éoliennes offshore posées (source : Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
57
? le diamètre du pieu ;
? la nature du sol ;
? la bathymétrie ;
? la profondeur à laquelle le pieu doit être
enfoncé dans le sol ;
? l?énergie transmise par le marteau (et
donc le type de marteau) ;
? la vitesse d?enfoncement.
Le diamètre du pieu semble toutefois être le
facteur le plus important [131], et la relation
entre niveau de bruit et diamètre du pieu a
été établie à plusieurs reprises13 : plus le
diamètre du pieu est important, plus le
niveau de bruit généré lors du battage est
élevé. Ceci est directement lié au fait qu?un
pieu de diamètre important nécessite plus
d?énergie mécanique, et donc un marteau
plus puissant, afin d?être mis en place. Le
diamètre du pieu est donc ici un indicateur
de la puissance du marteau.
Les facteurs tels que la profondeur et la
nature du substrat semblent eux avoir un
impact direct sur la propagation du bruit
généré. La propagation des ondes sonores
est en effet plus complexe en milieu côtier,
par petit fond, du fait des phénomènes de
13 Par exemple : LS,pk-pk = 24,3 D + 179 avec D le diamètre du pieu [133]
réflexion, et la nature du substrat peut
encourager (fond rocheux) ou limiter (fonds
vaseux) ces phénomènes. Ces paramètres
devront donc être pris en compte dans les
modèles de prédiction du bruit généré.
Du fait de ces nombreux facteurs, il est
difficile de donner une valeur moyenne du
niveau de bruit généré par le battage de
pieux. Cependant, cette activité fait partie
des plus bruyantes, avec une intensité
acoustique comparable à celle des canons à
air comprimé [138]. Le battage de pieux
génère de forts niveaux de bruit
impulsionnel large bande (10 Hz-20 kHz)
avec un maximum d?énergie mesuré
entre 100 Hz et 1 kHz [6, 10]. Ce bruit est
susceptible de se propager sur plusieurs
dizaines de kilomètres [10, 138].
Les niveaux émis (LS) par le battage de
pieux sont en général de l?ordre de
250 dB re 1 µPa @ 1 m pour des pieux
d?environ 4 m de diamètre [130]. Le
tableau 2 ci-dessous donne quelques
exemples publiés dans la littérature de
niveaux de bruit Lp,pk (ou Lp,0-pk) reçus à
750 m en fonction du type de pieu et des
paramètres environnementaux.
Lieu Diamètre
(m)
Type de
fondation
Puissance
(MW)
Profondeur
(m)
Niveau Lp,pk
(dB re 1 µPa @ 750 m)
Niveau LE,p,ss
(dB re 1 µPa².s @ 750 m)
Thorntonbank
(Belgique) 1,8 Jacket 5 ~ 15 189 178
Alpha Ventus
(Allemagne) 2,7 Tripode 5 ~ 30 199 174
Horns Rev II
(Danemark) 3,9 Monopieu 2,3 9-17 195 176
Barrow
(Royaume-Uni) 4,7 Monopieu 3 15-20 195 -
Belwind
(Belgique) 5 Monopieu 3 15-37 194 166
Tableau 2 : Niveau de bruit généré à 750 m par le battage de pieu de différents diamètres (d?après [138] et [6]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
58
Le niveau de bruit généré par le battage
d?une fondation « jacket » est inférieur à
celui d?une fondation monopieu (diamètre
des pieux inférieur). Cependant, le temps de
battage (et donc le nombre de coups) est
plus important. De ce fait, les niveaux Lp sont
plus faibles mais les niveaux exprimés en
LE,p sont plus élevés [138].
Il existe des méthodes alternatives au
battage de pieux par marteau hydraulique :
? le vibrofonçage consiste à enfoncer le
pieu en le faisant vibrer. Le vibrofonçage
est en général moins bruyant que le
battage par impact, avec des niveaux de
bruit inférieur de 15 à 20 dB en moyenne [6].
Cependant le bruit généré par le
vibrofonçage, qui se compose d?émis-
sions continues (vibrations) et impulsion-
nelles (oscillations du vibrateur) n?est pas
directement comparable avec le bruit
impulsionnel du battage de pieu ;
? le battage « HiLo » est une méthode de
battage de pieux à une fréquence plus
élevée (nombre de coups par minute plus
important), ce qui permet de frapper moins
fort et de transmettre moins d?énergie au
pieu. Les niveaux de bruit généré par cette
méthode sont donc inférieurs à ceux du
battage conventionnel ;
? le forage est réservé aux fonds rocheux ou
hétérogènes et peut être utilisé comme
alternative au battage pour des pieux de
moins de 5 m de diamètre. Le bruit généré
est un bruit continu de niveau inférieur à
celui du battage (voir partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz).
Le choix de la méthode mise en oeuvre pour
l?installation d?un pieu dépend directement
du type de pieu et de la nature du sol. Il est
souvent nécessaire de cumuler ces
différentes méthodes (battage, vibro-
fonçage, forage) lors de la mise en place de
fondations d?éolienne.
b) Autres activités liées à la construction
Les autres techniques mises en oeuvre pour
la construction des EMR sont en général
moins bruyantes que le battage de pieux. La
pose de fondations gravitaires pour les
éoliennes, comme l?installation d?hydro-
liennes, génèrent des niveaux de bruit bien
inférieurs. Ce bruit, principalement lié à
l?augmentation du trafic maritime engen-
drée, a un niveau Lp,rms de l?ordre de 115 dB
re 1 µPa/?Hz, soit quelques dB de plus que
le bruit ambiant [138]. Cependant, la pose
de fondations gravitaires nécessite une
préparation du fond, faisant intervenir des
activités bruyantes, comme le dragage (voir
partie 1 - IV - Activités portuaires).
Le bruit généré par la pose des ancrages
des éoliennes flottantes est fortement lié au
bruit émis par le navire qui réalise
l?opération. En effet, ces navires sont dans
la plupart des cas équipés d?un système de
positionnement dynamique (navire DP pour
Dynamic positioning) qui utilise le système
de propulsion du navire (hélice, propulseurs)
pour maintenir une position. Ce système
génère du bruit continu à un niveau parfois
important mais de courte durée [196].
L?installation de systèmes houlomoteurs ne
nécessite pas non plus d?opération de
battage de pieux. Cette installation se fait,
soit par ancrage à l?instar des éoliennes
flottantes, soit par forage. De même, les sys-
tèmes de climatisation SWAC (Sea Water
Air Conditioning) nécessitent souvent la
mise en oeuvre d?opérations de forage (voir
partie 1- I - Industrie du pétrole et du gaz).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
59
c) Pose des câbles sous-marins
Les câbles électriques d?un parc éolien en
mer peuvent soit être enfouis dans le
substrat (ou ensouillés), soit posés sur le
substrat et recouvert de dispositifs de
protection (enrochements, matelas).
La pose de câbles sous-marins est décrite
dans la partie 1 - VII - Installation de câbles
et canalisations.
3) Phase opérationnelle
a) Bruit lié au fonctionnement des
structures
Pour la plupart des technologies EMR, la
phase opérationnelle est beaucoup moins
bruyante que les phases de construction et
démantèlement. Le bruit lié, par exemple, à
la rotation d?une éolienne est beaucoup
moins élevé que le bruit généré par son
installation. Cependant, ce bruit est
continu et, dans la mesure où les parcs
éoliens en mer sont prévus pour avoir une
durée de vie de 20 à 30 ans, ce bruit va
contribuer sur le long terme au bruit ambiant
local. Son effet n?est donc potentiellement
pas négligeable.
Le bruit sous-marin généré par une éolienne
est essentiellement lié à la turbine (le bruit
généré par les pales ne se transmet pas au
milieu marin [177]). Les vibrations créées au
niveau de la nacelle se propagent via le mât
et les fondations jusque dans la colonne
d?eau et les sédiments [113].
Les retours d?expériences sur les parcs
éoliens du nord de l?Europe (au Danemark,
en Suède, Belgique, Allemagne et Écosse
notamment) démontrent que le bruit généré
par une éolienne en opération dépend de
plusieurs paramètres, et notamment :
? du type de fondation ;
? de la vitesse du vent ;
? de la puissance unitaire des turbines.
Ainsi, le bruit généré en basse fréquence par
une éolienne de 3 MW à fondation monopieu
est globalement plus élevé que celui généré
par une éolienne de 6,15 MW à fondation
« jacket » [138] (figure 17).
Sur les parcs en Belgique, une relation liné-
aire a pu être établie entre le niveau de bruit
et la vitesse du vent, en fonction du type de
fondation [139] :
Figure 17 : Spectre en tiers d?octave du bruit ambiant sur le site de Bligh Bank (Belgique) avant construction
du parc éolien offshore (en noir), et bruit généré par la pose et le fonctionnement d?une turbine de 6,15 MW
sur fondation « jacket » et d?une turbine de 3 MW sur fondation monopieu (d?après [138]).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
60
? Pour des fondations « jacket », Lp = 1,1 x
vitesse du vent (en m/s) + 122,5 et Lp,pk =
0,96 x vitesse du vent (en m/s) + 144,3
? Pour les fondations monopieu, Lp = 1,9 x
vitesse du vent (en m/s) + 120,3
Cependant, ces relations se basent sur un
nombre limité d?observations.
De plus, si la vitesse du vent influe sur le
bruit émis par les éoliennes en opération,
elle influe également sur le bruit ambiant
alentour. De ce fait, l?émergence sonore
(bruit audible par-dessus le bruit ambiant) ne
sera pas nécessairement plus importante si
la vitesse du vent augmente. Ceci est égale-
ment vrai pour les autres technologies EMR.
D?une manière générale, le bruit généré par
une éolienne en fonction est un bruit continu
large bande avec un maximum d?énergie en
basse fréquence. Le niveau Lp,rms est de
l?ordre de 120 à 150 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
et n?est audible au-dessus du bruit de fond
qu?en basse fréquence (< 500 Hz) [181, 17,
177, 138]. Ce bruit pourrait être audible sur
une vingtaine de kilomètres pour une turbine
de 6 MW sur fondation monopieu [114].
Certaines études font état de pics de l?ordre
de 125 dB re 1 µPa/?Hz (Lp,rms) en dessous
de 500 Hz à une centaine de mètres de la
source [17, 177].
Il existe très peu de données publiées
concernant le bruit généré par les autres
technologies EMR en opération. Le
tableau 3 ci-dessous donne quelques
exemples des informations disponibles pour
une éolienne flottante, une hydrolienne et
des systèmes houlomoteurs.
Ces dispositifs ont en commun le fait de
générer un bruit continu large bande
avec un maximum d?énergie émis en
basse fréquence. Il faut cependant noter
que, dans le cas d?une hydrolienne, le bruit
est directement émis dans le milieu marin
par la turbine, alors que pour les autres
dispositifs la principale source de bruit
(turbines, flotteurs, pompes, etc.) est
émergée ; le bruit généré est transmis dans
le milieu marin via la partie immergée de la
structure. Dans les cas des éoliennes
flottantes et de certains dispositifs
houlomoteurs, le bruit généré par le système
d?ancrage (vibrations, chocs métalliques)
est également non négligeable. Ces
systèmes d?ancrage sont constitués de
chaînes métalliques et/ou de matériaux
polymères. En fonction notamment de l?état
de mer, les chaînes des lignes d?ancrage
peuvent générer du bruit de type
impulsionnel.
Technologie Lieu Puissance
(MW)
Niveau de bruit Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences
de maximum
d?énergie
Réf. biblio-
graphique
Éolienne
flottante
Hywind
(Norvège) 2,3 162 25-100 Hz 196
Hydrolienne
Paimpol-
Bréhat
(France)
2,2 157?(dans la bande
40-8 192 Hz) 40-400 Hz 107
Houlomoteur Synthèse de 7 études 125-174 125-250 Hz 160
Tableau 3 : Niveaux de bruit généré par les différentes technologies EMR.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
61
b) Bruit lié à la maintenance
Lors des phases de fonctionnement des
EMR, les opérations de maintenance vont
conduire à l?augmentation du trafic maritime
aux abords de la zone. D?après les retours
d?expérience, les navires de maintenance
sont susceptibles de générer des niveaux
Lp,rms de 150-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur
la bande 20 Hz ? 20 kHz avec un maximum
d?énergie dans les fréquences inférieures à
1 kHz [142].
4) Phase de démantèlement
À ce jour, hors démonstrateurs ou proto-
types, la phase de démantèlement des
projets EMR ne concerne que l?éolien en
mer. Quatre parcs éoliens ont été
démantelés entre 2016 et 2018 (parcs de
Yttre Stengrund et Utgrunden en Suède,
Vindeby au Danemark et Lely aux Pays-
Bas). Très peu de retours d?expérience sont
à l?heure actuelle disponibles concernant
ces démantèlements, et aucun d?entre eux
ne fait état de mesures de bruit réalisées lors
de cette phase.
Pour les parcs éoliens, le démantèlement
inclut le démontage des turbines, des mâts
et de la sous-station électrique, l?enlèvement
des câbles, des fondations et des
protections anti-affouillement, le rapatrie-
ment à terre du matériel démantelé et la
remise en état du site. Le démantèlement peut
être total ou partiel : selon le type de fondation,
il peut être choisi, soit d?enlever la structure
dans sa globalité, soit de laisser sur place la
base des éoliennes (si elles sont enterrées ou
colonisées) ; de même pour les câbles
ensouillés qui pourraient être laissés en place.
Le bruit généré par la phase de déman-
tèlement est donc principalement lié :
? à la présence des navires techniques en
charge du démantèlement et du rapatrie-
ment des éléments à terre ;
? au procédé d?enlèvement des câbles ;
? au(x) procédé(s) d?enlèvement des fondations ;
? à la remise en état du site.
Pour les deux premières sources de bruit, le
niveau attendu est équivalent aux niveaux
de bruit observés lors de la phase de cons-
truction, dans la mesure où le même type de
navire et le même procédé devraient être
utilisés pour la pose et l?enlèvement des éo-
liennes (turbines et mât) et des câbles [130].
L?enlèvement des fondations peut faire
intervenir plusieurs procédés [175] :
? coupe par câble diamanté ;
? coupe par « water-jetting » (projection d?eau
et de substance abrasive sous-pression) ;
? minage/déroctage par explosifs.
Il n?existe actuellement pas de données
publiées permettant d?évaluer le niveau de
bruit généré lors de coupes par câble
diamanté ou par « water-jetting ». Le bruit
sous-marin généré par les explosifs a par
contre déjà été mesuré à de nombreuses
occasions. Le bruit généré par les activités
de minage/déroctage par explosif est décrit
à la partie 1 - V - Travaux et aménagements
côtiers.
Enfin, la remise en état du site consiste
principalement à combler les cavités
éventuellement formées par l?enlèvement
total des fondations. Ce comblement
pourrait faire intervenir des navires
techniques de type dragues. Le bruit généré
par ce type de navire est décrit à la partie 1 -
IV - Activités portuaires.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
62
III. Activités halieutiques
Les activités halieutiques (pêche et aqua-
culture) génèrent du bruit sous-marin de
façon involontaire, du fait de l?utilisation
d?embarcations à moteur et d?engin traînant
(chaluts de fond et dragues). Ces activités
introduisent également volontairement du
bruit dans le milieu marin en utilisant l?acous-
tique sous-marine, soit pour détecter les
bancs de poissons, soit pour éloigner les
prédateurs.
1) Pêche
a) Bruit généré par les navires de pêche
Le bruit généré par les navires de pêche
dépend de nombreux paramètres : taille du
navire, type de coque, caractéristiques du
moteur et de la propulsion, vitesse de
déplacement, etc., et il n?est pas possible de
comparer un petit navire de pêche côtière
avec un navire hauturier de pêche profonde.
Cependant, certaines caractéristiques
acoustiques notables sont communes à tous
les navires de pêche [83] :
? le bruit généré par les navires de pêche
est un bruit continu large bande avec un
maximum d?énergie émis en basse
fréquence, entre 100 Hz et 2 kHz ;
? les plus fortes contributions en basse
fréquence sont dues à la machinerie
(moteur, génératrice, auxiliaires), tandis
que la propulsion influence l?ensemble du
spectre. Les interférences électriques et
les échosondeurs influent sur la signature
en haute fréquence ;
? à l?instar des autres types de navire, le
niveau de bruit généré par les navires de
pêche est positivement corrélé à la vitesse
de navigation.
À titre d?exemple, un navire de pêche côtière
de 12 m de long navigant à 7 nd génère un
bruit continu de niveau Lp,rms de l?ordre de
150 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m sur la bande 250-
1 000 Hz, avec un maximum d?énergie autour
de 300 Hz [78].
Les navires de pêche utilisent des
échosondeurs pour contrôler la bathymétrie
et repérer les bancs de poissons. Ces
sondeurs émettent à la verticale du navire
un signal impulsionnel à des fréquences
supérieures à 10 kHz. Les navires de pêche
peuvent également être équipés de sonars
qui émettent à l?horizontal et permettent de
localiser les bancs de poissons autour du
navire. Les sondeurs émettant à 38 et
200 kHz sont fréquents sur les navires de
pêche, mais les navires sont de plus en plus
communément équipés de sondeurs et
sonars multifréquences (de 20 à 200 kHz,
certains dispositifs 3D émettant jusqu?à
450 kHz, voire 800 kHz pour les plus
récents). Le niveau d?émission (LS) des
sondeurs et sonars de pêche est de
l?ordre de 220-230 dB re 1 µPa @ 1 m et la
durée d?émission est généralement de
l?ordre de la milliseconde [109, 111].
b) Bruit des engins de pêche
Les engins de pêche, et notamment les
engins traînants (chaluts de fond et dragues)
génèrent également du bruit sous-marin.
Les chaînes génèrent du bruit haute
fréquence tandis que le bourrelet, en
contact avec le fond, génère du bruit basse
fréquence. Le frottement de l?engin sur le
substrat engendre également des
émissions, en moyennes et hautes
fréquences.
Les chaluts peuvent également être équipés
de dispositifs acoustiques netsondes. Il
s?agit de capteurs qui permettent de
contrôler l?ouverture de l?engin, l?écartement
des panneaux, la profondeur et de détecter
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
63
les prises entrant dans le filet (figure 18).
Ces dispositifs émettent en haute fréquence
(entre 40 et 200 kHz typiquement) à des
niveaux modérés.
c) Répulsifs acoustiques (pingers)
Afin d?éviter les captures accidentelles de
mammifères marins, certains engins de
pêche sont équipés de répulsifs acous-
tiques, ou pingers. Ces pingers sont de
petits dispositifs (figure 19) émettant un
signal impulsionnel haute fréquence, dans la
plage d?audition des mammifères marins. Il
existe plusieurs types de pingers ; ils
peuvent émettre à une ou plusieurs
fréquences comprises typiquement entre 20
et 160 kHz. Le niveau d?émission (LS) est de
l?ordre de 130 à 180 dB re 1 µPa @1 m [104].
2) Aquaculture
a) Bruit généré par les embarcations
Les embarcations utilisées dans les
exploitations aquacoles sont généralement
des barges à fond plat en aluminium
équipées de puissants moteurs hors-bords.
La signature acoustique de ces embar-
cations est conditionnée essentiellement par
le type de motorisation : avec un moteur
hors-bord (à deux ou quatre temps) ou une
propulsion Z-drive (moteur in-board avec
embase et propulsion hors-bord), la
signature acoustique est proche de celle
d?un navire de plaisance de type pêche-
promenade ; avec un moteur in-board
« classique », la signature acoustique est
proche d?un petit navire technique ou d?un
petit navire de pêche (< 12 m).
b) Répulsifs acoustiques (pingers)
De même que pour la pêche, les répulsifs
acoustiques peuvent être utilisés en
Figure 18 : Dispositifs acoustiques utilisés par les navires de pêche (d?après [120]).
Figure 19 : Répulsif acoustique AQUAmark® 210
(AQUATEC) utilisé sur les engins de pêche
(crédit photo : NEREIS Environnement).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
64
aquaculture, pour éviter la prédation sur les
cultures en mer. Les répulsifs utilisés en
aquaculture sont généralement plus
puissants que ceux utilisés pour la pêche,
avec des niveaux d?émission (LS) de l?ordre
de 180 à 200 dB re 1 µPa @ 1 m et des fré-
quences plus basses, autour de 10-15 kHz,
pour cibler principalement les pinnipèdes.
La durée d?émission est de l?ordre de la
seconde [142].
D?autres répulsifs acoustiques ont été
développés pour limiter la prédation des
parcs conchylicoles par certaines espèces
de poissons, comme des daurades royales.
Les signaux émis sont très basse fréquence
(inférieure à 1 kHz) et les niveaux d?émission
sont modérés (inférieurs à 170 dB re 1 µPa
@ 1 m). La durée d?émission peut atteindre
quelques secondes.
IV. Activités portuaires
Les activités portuaires susceptibles de
générer du bruit sous-marin comprennent
principalement les mouvements des navires
de services et le dragage des bassins et des
chenaux d?accès.
1) Signature acoustique des navires
de service
Les navires de services (remorqueurs,
bateaux de lamanage et pilotines qui aident
les navires de grande taille à entrer et sortir
des ports, vedettes de sauvetage en mer et
baliseurs principalement) participent au bon
fonctionnement d?un port de commerce :
départ et arrivée des navires de commerce
et de transport de passagers, entretiens du
balisage, sécurité, etc.
Le bruit généré par les navires de service, à
l?instar des autres navires (voir partie 1 -
VIII - Trafic maritime (navires marchands et
transport de passagers)), dépend de
nombreux facteurs dont les plus importants
sont la taille du navire et sa vitesse de
déplacement. En effet, les navires de grande
taille ont tendance à générer des niveaux de
bruit plus importants avec un maximum
d?énergie en basse fréquence, tandis que
les bateaux de petite taille génèrent des
niveaux de bruit moins élevés avec un
spectre décalé vers les moyennes
fréquences (autour de 5 kHz). De même, le
niveau de bruit est fortement corrélé à la
vitesse du navire [158].
Hormis les remorqueurs de haute mer, les
navires de service portuaires sont
majoritairement de taille inférieure à 50 m, et
leur vitesse dans l?enceinte portuaire est en
principe limitée à 5 nd. Le bruit sous-marin
généré par ces navires est donc
globalement moins élevé que celui généré
par les navires de commerce ou de transport
de passagers.
D?une manière générale, les navires de
service génèrent un bruit continu large
bande d?un niveau de l?ordre de 150 à
170 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec un
maximum d?énergie entre 100 et 1 000 Hz.
À titre d?exemple, un remorqueur de 25 m en
opération génère un niveau de l?ordre de
170-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [23, 158].
2) Dragage
Le dragage des chenaux de navigation est
une activité courante en milieu portuaire.
Elle est nécessaire pour garantir l?accès des
ports aux navires à fort tirant d?eau. Le
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
65
dragage consiste à prélever le sédiment qui
se dépose régulièrement sur le fond des
chenaux de navigation et à les déposer (ou
claper) au large, sur une zone dite de
clapage.
Il existe 4 principaux types de drague :
? Les dragues aspiratrices autoporteuses,
ou dragues aspiratrices en marche, à
élinde traînante (TSHD pour Trailer
Suction Hopper Dredger - figure 20). Il
s?agit d?un navire autopropulsé capable
d?aspirer les sédiments tandis qu?il avance
à vitesse réduite (1 à 4 nd). L?aspiration
des sédiments est assurée par un tube,
appelé élinde traînante, équipé d?une
pompe. Les sédiments aspirés remplis-
sent la cale du navire et sont ensuite
déposés sur la zone de clapage, soit en
ouvrant les vannes situées sous la cale,
soit par pompage.
? Les dragues suceuses à désagrégateur
(CSD pour Cutter Suction Dredger).
Celles-ci sont équipées d?une tête de
désagrégation rotative qui fragmente les
fonds durs (calcaire, graviers, etc.). Les
fragments sont ensuite aspirés au moyen
de pompes de dragage alors que la
drague est ancrée. Les sédiments
collectés sont ensuite refoulés sur une
zone de clapage ou déposés sur des
barges spéciales.
? Les dragues à pelle mécanique ou
dragues à pelle rétrocaveuse (BHD pour
Backhoe Dredger). Il s?agit d?un ponton
équipé d?une pelleteuse mécanique ou
hydraulique. Le positionnement du ponton
est assuré par 3 pieux. Un deuxième
navire peut être présent pour faire office
notamment de remorqueur ou pour
transporter les sédiments prélevés.
? Les dragues mécaniques à benne
preneuse (GD pour Grab Dredger). Le
principe de fonctionnement est le même
Figure 20 : La drague aspiratrice en marche Samuel
de Champlain (GIE Dragages-Ports,
crédit photo : Fabien Montreuil).
Type de
drague Bruit généré Niveau Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
maximum
d?énergie
Réf.
bibliographique(s)
TSHD Continu
omnidirectionnel 150-190 100-500 Hz 29, 95, 118, 156
CSD Continu
omnidirectionnel 170-185 100-500 Hz 29, 161
BHD Transitoire et
répétitif 160-180 20-300 Hz 155
GD Transitoire et
répétitif 150-165 < 300 Hz 118, 158
Tableau 4 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés au dragage
des sédiments en fonction du type de drague utilisée.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
66
que pour la drague à pelle mais l?outil
utilisé pour creuser est une benne
déposée sur le fond en position ouverte et
qui prélève le sédiment au moment de sa
fermeture. Les sédiments prélevés sont
souvent déposés sur une barge annexe.
Le bruit généré par les dragues diffère en
fonction du type de drague, du type de
sédiment dragué et en fonction des phases
opérationnelles : phase de dragage, phase
de transit (transit à vide ou chargé) et phase
de clapage.
La phase de dragage est généralement la
plus bruyante. Durant cette phase, le bruit
est principalement lié aux mécanismes de
prélèvement (choc du bec d?élinde ou de la
pelle sur le fond, pompes d?aspiration,
fermeture de la benne, passage du sédiment
dans l?élinde, remontée de la benne, etc.).
Le tableau 4 présente les niveaux de bruit
généré par les différents types de drague
durant cette phase de dragage.
Le bruit généré lors du dragage est un bruit
large bande (30 Hz-20 kHz) omni-
directionnel avec un maximum d?énergie en
basse fréquence (< 500 Hz). Ce bruit peut
se propager sur de grandes distances et être
audible au-dessus du bruit ambiant jusqu?à
25 km dans le cas des navires les plus
bruyants [158].
En phase de transit, une drague aspiratrice
en marche génère un bruit dont le niveau
Lp,rms est comparable à celui d?un navire de
commerce de type cargo navigant à vitesse
moyenne (8-16 nd), soit environ 170 dB re
1 µPa/?Hz @ 1 m [95, 161]. Le bruit émis en
transit lège (à vide) ou chargé est équivalent
car une drague chargée adopte
généralement une vitesse plus faible. Lors
de cette phase de transit le bruit généré
provient principalement de l?appareil de
propulsion.
La phase de clapage est moins bruyante
que la phase de dragage, avec des niveaux
Lp,rms compris entre 154 et 175 dB
re 1 µPa/?Hz @ 1 m, et un maximum
d?énergie dans les fréquences
inférieures à 500 Hz [95].
Il faut également noter que les barges et
remorqueurs qui accompagnent les dragues
peuvent générer des niveaux de bruit non
négligeable, parfois supérieurs à ceux de la
drague elle-même [158].
V. Travaux et aménagements côtiers
Les travaux et aménagements côtiers
(aménagement portuaire, construction de
digues ou de ponts, creusage de puits, etc.)
mettent en oeuvre de nombreuses activités
susceptibles de générer du bruit sous-marin.
Parmi les principales activités, on peut citer
le forage, le battage de pieux, le fonçage ou
vibrofonçage de palplanches, le déroctage
et le dépôt d?enrochements. Les deux
premières activités ayant été décrites dans
les sections précédentes (partie 1 - I -
Industrie du pétrole et du gaz et 1 - II -
Énergies marines renouvelables), nous
nous focaliserons ici sur le fonçage de
palplanches, le déroctage et l?enrochement.
1) Fonçage de palplanches
Les palplanches sont des pieux profilés,
aplatis, servant à renforcer les berges des
cours d?eau ou à construire des digues,
brise-lames ou pontons. Elles possèdent
des nervures latérales qui leur permettent de
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
67
s?enclencher les unes dans les autres.
L?enfoncement des palplanches dans le sol
se fait soit à l?aide d?un marteau (fonçage)
soit à l?aide d?un vibrateur ou mouton
(vibrofonçage).
Le fonçage de palplanches génère un bruit
impulsionnel large bande (10 Hz - 100 kHz)
d?intensité moindre que celui généré par le
battage de pieux car il nécessite moins
d?énergie (environ 4 fois moins [51]). Les
niveaux d?émission (LS) sont de l?ordre de
200-210 dB re 1 µPa @ 1 m avec un
maximum d?énergie en basse fréquence,
entre 50 et 1 000 Hz. Cependant, comme
pour le battage de pieux, le niveau de bruit
dépend de la nature du substrat et de la
profondeur.
Le vibrofonçage génère un bruit continu (qui
inclut cependant des impulsions liées aux
oscillations du vibrateur) et de niveau
beaucoup moins élevé. Il est toutefois
difficile de comparer directement un bruit
continu et un bruit impulsionnel. Des études
réalisées dans le cadre d?aménagement
portuaire font état de niveau de bruit de
l?ordre de 165 à 185 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
avec un maximum d?énergie entre 25 et
2 000 Hz [193].
2) Déroctage
Le déroctage consiste à fragmenter puis à
déblayer les débris d?un substrat rocheux. Il
peut être réalisé à l?aide d?explosifs, d?un
brise-roche hydraulique (BRH), ou d?une
dent de déroctage (figure 21).
Le déroctage à l?explosif (ou minage), est de
loin la méthode la plus bruyante. Les
explosions sous-marines constituent une
des sources de bruit anthropique les plus
14 L?enfouissement des charges peut conduire à une réduction de l?énergie libérée par l?explosion de l?ordre de 20 %, mais
celui-ci peut nécessiter la mise en oeuvre d?opérations elles-mêmes bruyantes (ex. : forage) [50].
impactantes et le bruit généré peut se
propager sur de très grandes distances
(jusqu?à plusieurs milliers de kilomètres). De
façon simplifiée, l?explosion génère deux
types d?ondes : les ondes de choc et les
ondes sonores, toutes deux de fortes
intensités. Dans un premier temps, suite à
l?explosion, une onde de choc est générée.
De brutales fluctuations de pression
apparaissent, causées par les bulles de gaz
produites par l?explosion. L?onde de choc est
alors rattrapée par une onde acoustique
formée par ces fluctuations de pression. Un
bruit de type impulsionnel est ainsi généré
[158].
L?estimation du niveau de bruit causé par ce
type d?opération est complexe car elle
dépend de nombreux facteurs, et
notamment de la charge explosive, du
nombre de charges, de l?enfouissement ou
non des charges14 (et de la profondeur
d?enfouissement le cas échéant) et de la
nature de la roche à fracturer.
Dans tous les cas, les explosions sous-
marines engendrent de très importants pics
de pression. Des charges de moins d?un kg
Figure 21 : Dent de déroctage sur ponton dipper
(crédit photo : NEREIS Environnement).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
68
équivalent TNT peuvent générer des
niveaux d?émission Lp,pk de plus de 260 dB
re 1 µPa @ 1 m [158], tandis que des
charges de plusieurs milliers de kg
équivalent TNT pourront engendrer des
niveaux supérieurs à 300 dB re 1 µPa @
1 m. Il s?agit d?un bruit impulsionnel et
omnidirectionnel basse fréquence (de 2 Hz
à 1 kHz) avec un maximum d?énergie dans
les fréquences inférieures à 500 Hz [79, 174]
et une durée d?impulsion de l?ordre de la
milliseconde.
À l?heure actuelle, le niveau de bruit généré
par le déroctage par brise-roche hydraulique
n?a fait l?objet d?aucune étude publiée.
Cependant, ce niveau de bruit serait
similaire à celui généré par le battage d?un
pieu de petit diamètre (environ 50 cm) par
marteau hydraulique, dans la mesure où
l?énergie fournie et la cadence de battage
des deux types d?engin sont quasiment
identiques [12]. Ce niveau serait donc de
l?ordre de 200 dB re 1 µPa @ 1 m.
De même, le niveau de bruit généré par une
dent de déroctage (figure 21) pourrait être
assimilé à celui généré par une drague de
type CSD [12], soit environ 170 dB re
1 µPa/?Hz @ 1 m.
3) Enrochement
L?enrochement consiste à déposer des
matériaux sur le fond marin à partir d?un
navire équipé d?un tube métallique. La
longueur du tube s?adapte à la hauteur
d?eau afin de contrôler la localisation des
dépôts.
La principale source de bruit lors des
opérations d?enrochement serait la propul-
sion du navire qui réalise l?opération (et
notamment le système de positionnement
dynamique), tandis que le bruit du dépôt de
matériaux serait masqué [128]. Une étude
comparant le niveau de bruit généré par un
navire de dépôt d?enrochements en phase
de dépôt et en phase de positionnement
(sans dépôt) a également montré que le
dépôt des roches sur le fond ne contribue
pas au bruit généré [129].
VI. Extraction de granulats
L?extraction de granulats marins consiste à
prélever en mer, à l?aide de cargos sabliers,
des sédiments et à les ramener à terre, où
ils seront traités pour être utilisés dans les
travaux de construction ou le traitement des
sols ou de l?eau.
L?extraction de granulats en mer génère du
bruit sous-marin au moment de la phase de
prospection et de recherche de gisements,
puis au moment de l?extraction. Lors de la
phase de prospection, les techniques
d?acoustique active mise en oeuvre sont
celles décrites dans la partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz.
Lors de la phase d?extraction l?activité est
similaire à celle mise en oeuvre pour le
dragage des chenaux de navigation, à ceci
près que les sédiments prélevés sont
ramenés à terre et non clapés au large.
Cette activité est décrite dans la partie 1 -
IV - Activités portuaires.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
69
VII. Installation de câbles et canalisations
Les câbles sous-marins assurent les
connexions électriques et de télécom-
munications entre les pays du globe.
L?installation de câbles sur les fonds marins
génère du bruit avant (durant la phase de
prospection) et pendant la pose. L?instal-
lation de canalisations sous-marines suit
globalement le même procédé et génère
donc le même type de bruit.
1) Phase de prospection
La phase de prospection consiste à définir le
tracé du câble ou de la canalisation en
fonction des contraintes environnementales.
Un certain nombre de techniques utilisées
durant cette phase sont susceptibles de
générer du bruit :
? les échosondeurs qui évaluent la bathy-
métrie et définissent la topographie du
fond. Dans la majorité des cas il s?agit de
sondeurs multifaisceaux ;
? les sonars à balayage latéral qui permet-
tent d?obtenir une représentation précise
du fond, à l?image d?une photographie ;
? la sismique (en général en version légère
haute résolution) qui permet de déter-
miner la nature et l?épaisseur des couches
sédimentaires.
L?ensemble de ces techniques sont décrites
en détails dans la partie 1 - I - Industrie du
pétrole et du gaz.
2) Phase d?installation
La pose du câble ou de la canalisation est
réalisée à partir d?un navire câblier ou d?un
navire poseur de pipeline. Les câbles sous-
marins sont soit ensouillés dans le sédiment,
soit déposé sur le fond et, si besoin,
recouvert d?un dispositif de protection
(enrochement, « matelas » de béton,
protection en acier, etc.). De même, les
canalisations sont posées sur le fond et
ensouillées à l?approche des zones côtières.
La pose du câble ou de la canalisation peut
se faire à l?aide d?une charrue à soc qui
permet la pose et l?ensouillage simultanés,
par water-jetting (un jet d?eau sous pression
permet de creuser une tranchée), par
tranchage, par dragage ou par forage dirigé.
Il existe peu d?études faisant état des
niveaux de bruit généré par la pose de
câbles ou de canalisations en mer. L?étude
d?impact acoustique du raccordement du
parc éolien de North Hoyle, pour lequel une
trancheuse a été utilisé, fait état d?un bruit
large bande avec un maximum d?énergie
entre 100 et 600 Hz. Le niveau de bruit était
de l?ordre de 178 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m
[129]. Ce bruit apparaît comme très variable,
du fait notamment de la nature de la roche
dans laquelle la tranchée est creusée.
L?utilisation de jetting conduirait à des
niveaux de bruit du même ordre, mais à plus
haute fréquence, entre 1 et 15 kHz [71]. Lors
de l?utilisation d?une charrue à soc, le bruit
du navire apparaît comme prédominant,
notamment du fait de l?utilisation de système
de positionnement dynamique (utilisation
intensive du système de propulsion pour
maintenir une position). Le bruit généré par
ce type de navire est de l?ordre de 170-185
dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [194].
Le bruit généré lors des opérations de
forage et de dragage est décrit dans les
sections précédentes (partie 1 - I - Industrie
du pétrole et du gaz et 1 - IV - Activités
portuaires). Le recours à du forage dirigé
peut être nécessaire pour l?atterrage des
câbles sous-marins (arrivée du câble en
milieu terrestre) ou le passage de canyons
rocheux. Le forage dirigé nécessite la mise
en place d?une plateforme de forage, et donc
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
70
parfois la mise en place de pieu par battage.
Le bruit généré par cette activité est décrit à
la partie 1 - II - Énergies marines renou-
velables.
Lorsque l?ensouillage est impossible (ou non
nécessaire), le câble ou la canalisation peut
être simplement posé sur le fond marin et
éventuellement recouvert d?enrochements
ou de matelas de béton. Le bruit généré par
la mise en place de ce type de protection est
décrit dans la partie 1 - V - Travaux et
aménagements côtiers.
Le tableau 5 présente les niveaux de bruit
généré par les différentes méthodes ou
outils utilisés durant cette phase de
d?installation de câbles ou de canalisations.
3) Phase d?entretien et de
démantèlement
L?entretien et la dépose des câbles et
canalisations sous-marins fait intervenir le
même type de navire et de procédés que
ceux utilisés pour l?installation. Les niveaux
de bruit générés sont donc du même ordre
que ceux cités précédemment, soit
170-185 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m.
Méthode/outil Type de
substrat
Niveau Lp,rms
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
max. d?énergie
Réf.
bibliographique(s)
Charrue à soc Meuble
(vase, sable)
170-185
(bruit du navire) < 1 kHz 158
Water-jetting
Meuble
(vase, sable) ~ 170 à 180 1-15 kHz 71
Tranchage Rocheux ~ 180 100 et 600 Hz 129
Dragage
Meuble
(vase, sable,
graviers)
De 150 à 190 selon le
type de drague
20-500 Hz
29, 95, 118, 156,
158, 161
Forage dirigé Rocheux 120-130 dB < 1 kHz 158, 194
Tableau 5 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés à la pose de câbles et canalisations
en fonction du type de méthode ou outils utilisés.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
71
VIII. Trafic maritime (navires marchands et transport de
passagers)
Le trafic maritime global contribue de façon
permanente au bruit ambiant en champ
lointain. Chaque navire contribue également
de façon ponctuelle au bruit ambiant en champ
proche. Il s?agit de deux approches bien
distinctes que nous traiterons séparément.
1) Contribution au bruit ambiant en
champ lointain
Le trafic maritime contribue de façon
significative au bruit ambiant sous-marin. À
basse fréquence (5-500 Hz), la navigation
motorisée est la principale source de bruit
anthropique dans les océans [4].
De nombreuses études font état d?une
corrélation entre l?augmentation du bruit
ambiant sous-marin dans certaines régions
(jusqu?à + 3 dB par décade, ce qui cor-
respond à un doublement de l?intensité
sonore tous les 10 ans) et l?augmentation du
nombre de navires commerciaux dans ces
régions [8, 116, 169].
Entre 1965 et 2003 la taille moyenne des
navires marchands a été multipliée par 2, et
leur tonnage brut par 4. À l?échelle mondiale,
plus de 100 000 navires de commerce
naviguent en permanence15, dont plus de
10 % de navires de gros tonnage (super-
tankers, porte-conteneurs, etc.), considérés
comme les plus bruyants. À l?heure actuelle,
le nombre de navires marchands, leur taille
et leur puissance (et donc leur vitesse) est
en augmentation [111, 117].
Il est difficile de quantifier la contribution du
trafic maritime au bruit ambiant sous-marin
global car il s?agit d?une contribution à
15 Sans compter plus de 2 millions de navires de pêche.
16 D?autres facteurs comme le mode de propulsion et de motorisation et l?âge et la potentielle dégradation des machines
tournantes influent également de façon non négligeable sur le bruit généré.
grande échelle, avec une forte variabilité
spatiale. Il est nécessaire de réaliser des
suivis sur le long terme pour comprendre
l?impact du bruit généré par le trafic maritime
sur l?environnement et la faune marine. Ce
paramètre est suivi dans le cadre de la
DCSMM par l?indicateur D11a.2 (Son
continu basse fréquence).
2) Signatures individuelles de navire
en champ proche
Le bruit généré par les navires commerciaux
dépend de nombreux paramètres, dont les
principaux sont la taille et la vitesse de
navigation16. Chaque navire possède une
signature acoustique qui lui est propre, et qui
va évoluer en fonction de sa vitesse. Cette
signature est une combinaison de bruits
large bande et de tonalités marquées
(pics d?énergie à des fréquences
spécifiques).
Le bruit généré par les navires motorisés est
principalement dû au système de propulsion
du navire (moteur + hélice). Une part
importante de ce bruit provient des
phénomènes de cavitations autour de
l?hélice. Il s?agit généralement de la source
dominante de bruit. La cavitation produit un
bruit large bande qui influence la signature
sur l?ensemble des fréquences (jusqu?à
100 kHz). Les autres composants de
l?appareil propulsif (moteur, réducteur, etc.)
génèrent également du bruit transmis au
milieu marin à travers la coque. D?autre
sources, comme les auxiliaires (pompes,
générateurs, etc.) contribuent également à
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
72
la signature acoustique. Ces deux dernières
sources peuvent conduire à la formation de
tonalités marquées qui caractérisent la
signature acoustique des navires [158].
La taille du navire a un impact significatif sur
le bruit généré. Les navires de taille
moyenne (de 50 à 100 m) sont géné-
ralement dotés de propulsion diesel à
2 hélices. Ils sont également souvent
équipés de propulseurs d?étrave qui influent
ponctuellement sur la signature acoustique
(lors des manoeuvres portuaires). Ces navires
de taille moyenne représentent une source
de bruit continu avec des niveaux de l?ordre
de 165-180 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec un
maximum d?énergie émis en basse
fréquence (< 1 kHz) et des tonalités
marquées jusqu?à 50 Hz [142, 158].
Les navires de grande taille (> 100 m : super-
tankers, porte-conteneurs, navires de
croisière, etc.) possèdent des moteurs plus
puissants et de plus grosses hélices ayant
une vitesse de rotation moins élevée. Ceci
génère des niveaux de bruit plus élevés
avec un maximum d?énergie en basse voire
très basse fréquence (< 500 Hz). De par leur
taille, ils possèdent également une surface
d?échange plus importante qui contribue à
transmettre, via la coque, les bruits de
machine au milieu marin. Ces navires de
grande taille représentent une source de
bruit continu avec des niveaux de l?ordre
de 180-190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec
un maximum d?énergie en très basse
fréquence, inférieure à 500 Hz. Par exem-
ple, un supertanker de 340 m de long
représente une source de bruit large bande
de niveau de 190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m,
avec un maximum d?énergie entre 40 et
70 Hz et des tonalités marquées dont le
fondamental de 6,8 Hz est audible à près de
500 km [117, 142, 158].
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
73
IX. Activités récréatives
À l?instar des navires marchands, les
bateaux de plaisance motorisés présentent
une signature acoustique caractéristique qui
varie fortement en fonction de plusieurs
paramètres, dont les principaux sont la taille
et la vitesse. Généralement, les bateaux
équipés de moteurs hors-bords sont
également plus bruyants [142].
Comme pour les navires marchands, le bruit
généré par les navires de plaisance est
principalement lié à l?appareil propulsif et
aux phénomènes de cavitation autour de
l?hélice. Les navires de plaisance sont
principalement des navires de petite taille,
équipés de petites hélices ayant une
importante vitesse de rotation. Ceci conduit
à produire un bruit de niveau plus faible et
plus aigu (énergie décalée vers les hautes
fréquences) que les navires décrits dans le
paragraphe précédent.
D?une manière générale les bateaux de
plaisance constituent une source sonore
continue dont les niveaux sont de l?ordre
de 150-175 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m, avec
un maximum d?énergie entre 100 et 1 000 Hz.
Quelques exemples de niveau de bruit
généré par des bateaux de plaisance sont
présentés dans le tableau 6 ci-dessous.
Le bruit sous-marin émis par les
motomarines (jet-skis et scooters des mers)
provient principalement des bulles générées
par le système de propulsion par hydrojet et
à la rotation des pales de la turbine. Il s?agit
d?un bruit continu large bande, dont la
fréquence et le niveau varie fortement en
fonction de la vitesse. Les études font état
d?émissions comprises entre 100 Hz et
10 kHz et de niveaux compris entre 120 et
190 dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m [58, 119], avec
d?importantes variations car les motomarines
changent régulièrement d?allure et de direction.
Type
d?engin Taille Motorisation Vitesse Niveau Lp,rms
(en dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Fréquences de
max. d?énergie
Réf.
bibliographique
Zodiac 5 m 25 CV - 152 100 et 1 000 Hz 158
Zodiac - 2 x 175 CV 30 nd 169 100 et 1 000 Hz 57
Zodiac - 2 x 175 CV 5 nd 147 100 et 1 000 Hz 57
Hors-
bord 7 m 2 x 80 CV - 156 100 et 1 000 Hz 158
Jet-ski - 1 235 cm3 35 nd 185 < 2 000 Hz 119
Tableau 6 : Exemple de niveaux de bruit générés par des embarcations motorisées à usage récréatif.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
74
X. Activités scientifiques/Recherche
Les activités scientifiques en mer utilisent
l?acoustique active pour réaliser des levés
bathymétriques, cartographier les fonds
marins, caractériser la nature des
sédiments, étudier les paramètres
physiques des masses d?eau et évaluer la
ressource halieutique. L?utilisation d?engins
sous-marins motorisés (ROV, AUV et
drones sous-marins) pour l?exploration des
fonds génère également du bruit. Enfin, les
navires océanographiques sont également
par eux-mêmes une source de bruit.
L?utilisation des sondeurs, sonars et de la
sismique pour l?étude des fonds marins est
détaillée dans les sections précédentes
(partie 1 - I - Industrie du pétrole et du gaz et
1 - III - Activités halieutiques). Le tableau 7
présente quelques caractéristiques de
sondeurs, sonars et systèmes sismiques
utilisées par la flotte océanographique de
l?IFREMER. Les propriétés de la
propagation des sons dans l?eau de mer ont
été exploitées par les scientifiques afin
d?évaluer les paramètres physiques des
masses d?eau. L?étude du temps de
propagation des ondes acoustiques permet
en effet de repérer les anomalies locales de
températures et salinité ou un courant. La
tomographie utilise ainsi l?émission de sons
basse fréquence, entre 20 et 200 Hz, pour
étudier la propagation des ondes sonores et
évaluer la salinité et la température des
masses d?eau à mésoéchelle (plusieurs
dizaines de kilomètres). Les émissions
sonores (LS) sont élevées, de l?ordre de 165
à 220 dB re 1 µPa @ 1 m. Cette technologie
est toutefois très peu utilisée de nos jours.
Les ADCP (Acoustic Doppler Current
Profiler) utilisent l?effet Doppler pour évaluer
la vitesse de déplacement des particules en
suspension, et donc la vitesse des courants.
Une impulsion sonore est émise avec une
fréquence f1 ; en rencontrant une particule
en mouvement, sa fréquence est modifiée,
l?onde réfléchie arrivera donc au récepteur
avec une fréquence f2. La différence entre f1
et f2 permet de calculer la vitesse de
déplacement de la particule et donc la
vitesse du courant. Les ADCP génèrent des
signaux impulsionnels haute fréquence. Les
ADCP équipant les navires de l?IFREMER
par exemple émettent à 38, 75, 150 et
300 kHz. Les niveaux d?émission des ADCP
sont compris entre 220 et 225 dB re 1 µPa
@ 1 m (mesures IFREMER).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
75
Source
Fréquence
de max.
d?énergie
(Hz)
Niveau LS
(dB re 1 µPa @ 1 m)
Durées
d?impulsion
(ms)
Cadence
(s) Directivité
Si
sm
iq
ue
Sismique réflexion
2 570 in3
(14 canons à air)
45 251 (LS peak) 20 20 -
Sismique réfraction
4 990 in3
(16 canons à air)
27 254,5 (LS peak) 20 60 -
Sismique rapide
300 in3
(2 canons à air)
40 236 (LS peak) 20 12 -
Sismique haute
résolution
(1 canon à air)
100 224 (LS peak) 4 6 -
So
nd
eu
r
Sondeurs de
sédiments 1 500-6 500 209-212 50 1 45-20°
Sondeur
multifaisceaux 13 000 237 2 à 20 1 à 20 2° x 150°
Sondeur
multifaisceaux 95 000 226 0,2 à 2 0,1 à 1 3° x 150°
Sondeur
monofaisceau 12 000 223 1-16 16°
Sondeur
monofaisceau 200 000 228 0,06-1 > 0,05 7°
So
na
r
Sonar panoramique
de pêche 24 000 223 100 > 0,5 12° x 360°
Sonar à balayage
latéral
100 000
400 000 220 0,1 à 1 0,1
1
2° x 170°
1° x 170°
Tableau 7 : Caractéristiques de quelques-uns des sondeurs, sonars et systèmes sismiques utilisés
par l?IFREMER pour la recherche océanographique (source : Y. Le Gall, communication personnelle, 2019).
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
76
XI. Synthèse
Le tableau 8 ci-après synthétise, pour
chaque activité présentée précédemment,
les niveaux de bruit généré et les fréquences
d?émission.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
77
1917
17 Niveaux ramenés à 1 m par calcul, et non mesuré à 1 m.
Type
de
signal
Source Niveau d?émission19
(dB re 1 µPa @ 1 m)
Bande de
fréquence
Fréquences
de maximum
d?énergie
Durée Directivité Description
(Partie 1)
Fiche synthèse
(Partie 4)
Im
pu
ls
io
nn
el
Déroctage par
explosif/minage 250-300 2 Hz-1 kHz < 50 Hz Qq ms à
100 s Omnidir. p. 67 - 68 p. 159
Sismique
(canon à air) 225-260 5 Hz-15 kHz 10-300 Hz
(max<100 Hz) 10-100 ms Faible
(verticale) p. 51 - 52 p. 153 et 155
Sismique
(boomer et sparker) 200-230 500 Hz-12 kHz Variable < 1 ms Faible p. 52 -
Battage de pieux 200-250 10 Hz-20 kHz 100-1 000 Hz Qq ms Omnidir. p. 56 à 58 p. 157
Sondeurs
monofaisceaux 210-240 1-500 kHz Variable < 2 ms Oui, verticale p. 49 à 51 p. 147
Sondeurs
multifaisceaux 210-240 10-500 kHz Variable Qq ms Oui, verticale p. 49 - 51 p.149
ADCP 220-225 38-300 kHz Variable Qq ms 20° p. 74 -
Sonars civils 200-240 > 10 kHz Variable < 1 s Variable p. 49 - 51 -
Pingers 130-200 5-160 kHz Variable < 2 s Variable p. 63 - 64 p. 161
Type
de
signal
Source
Niveau de bruit
spectral19
(dB re 1 µPa/?Hz @ 1 m)
Bande de
fréquence
Fréquences
de maximum
d?énergie
Durée Directivité Description
(Partie 1)
Fiche synthèse
(Partie 4)
C
on
tin
u
Supertanker ~ 190 1-10 kHz 40-70 Hz - Omnidir. p. 71 - 72 p. 177
Dragage 150-190 30 Hz-20 kHz 100-500 Hz - Omnidir. p. 64 à 66 p. 171
Forage 120-190 10 Hz-10 kHz 10-1 000 Hz - Omnidir. p. 53 - 54 p. 163
Navire de pêche
(12 m de long, à 7 nd) ~ 150 10 Hz-20 kHz 100-2 000 Hz - Omnidir. p. 62 p. 173
Petit hors-bord
(7 m de long) ~ 156 10 Hz-20 kHz 100-1 000 Hz - Omnidir. p. 73 p. 181
Tableau 8 : Synthèse des niveaux à la source et des fréquences associées des principales sources de bruit anthropique.
PARTIE 1 :
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
78
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
79
I. L?audition des espèces marines
1) Les mammifères marins
Les mammifères marins, et notamment les
cétacés, sont particulièrement dépendants
de l?acoustique puisqu?ils utilisent le son
dans tous les aspects de leur vie : lors de la
reproduction, pour chasser, s?alimenter,
éviter les prédateurs, communiquer ou
s?orienter. En milieu marin, la visibilité n?est
que de quelques dizaines de mètres au
maximum alors que le son peut se propager
sur des centaines voire milliers de
kilomètres [184]. Chez les cétacés, l?émis-
sion et la réception de signaux sonores
permet de caractériser l?environnement et
de communiquer sur plusieurs dizaines,
voire centaines de kilomètres [178].
Deux types de systèmes auditifs existent
chez les mammifères marins : un système
auditif exclusivement aquatique pour les
espèces inféodées au milieu marin (cétacés,
siréniens) et un système auditif amphibie
pour celles qui vivent partiellement à terre
(pinnipèdes).
À l?exception de certains pinnipèdes, les
mammifères marins sont dépourvus d?oreille
externe. Le système auditif est donc
constitué d?une oreille moyenne contenant
le tympan et les osselets et qui dirige le son
vers l?oreille interne, comprenant la cochlée
et la membrane basilaire. Les tissus
graisseux, notamment ceux de la mâchoire
inférieure, jouent un rôle dans l?audition en
assurant la transmission des sons vers
l?oreille moyenne [123].
Dans l?eau, les mammifères marins
perçoivent les sons compris entre 10 Hz et
Partie 2
Impact des activités génératrices de bruit
sur la faune marine
La mesure des capacités auditives chez les animaux marins
Les informations relatives aux capacités auditives des animaux marins sont relativement
peu nombreuses, et celles-ci ne sont pas toujours robustes. Tester l?audition d?un animal
en conditions expérimentales génère un stress qui peut affecter les résultats. La mesure
du son dans un milieu confiné (cuve, aquarium) peut également s?avérer problématique.
Le faible nombre d?individus testés (souvent un ou deux) pose également question du fait
de la variabilité interindividuelle.
Les valeurs citées ici (niveaux et fréquences d?audition) sont donc à considérer avec
précaution et n?ont pour objectif que de donner une idée des capacités relatives d?un
groupe d?espèces à percevoir les sons sous-marins.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
80
200 kHz, avec des seuils de sensibilité
minimum avoisinant les 50 dB re 1 µPa pour
les espèces les plus sensibles. En fonction
de leurs capacités auditives, il est possible
de distinguer six groupes [136, 168] :
? les Cétacés basse fréquence : ce
groupe inclut l?ensemble des mysticètes
(baleines à fanons). Il est sujet à caution
car les espèces de ce groupe n?ont jamais
fait l?objet d?évaluation directe de leur
capacité auditive. Cependant, l?étude de
leurs vocalises, de leurs réactions
comportementales aux stimuli sonores et
de leurs appareils auditifs tendent à
montrer que les cétacés basse fréquence
seraient capables de percevoir des sons
de 10 Hz à 30 kHz, avec une sensibilité
maximale entre 1 et 8 kHz. Dans cette
plage de fréquence, leur seuil d?audition
est estimé à environ 60 dB re 1 µPa ;
? les Cétacés haute fréquence : ce groupe
contient la plupart des Delphinidés
(dauphins, orques et globicéphales), les
baleines à bec (Ziphiidés), le béluga et le
narval (Monodontidés) et le cachalot. Des
évaluations directes de la capacité
auditive (mesures comportementales ou
neurophysiologiques) ont été réalisées
sur environ 1/3 des espèces de ce groupe.
Celles-ci sont capables de percevoir les
sons entre 100 Hz et 180 kHz, avec une
sensibilité maximale entre 10 et 100 kHz.
Dans cette plage de fréquence leur seuil
d?audition est inférieur à 60 dB re 1 µPa ;
? les Cétacés très haute fréquence : ce
groupe inclut les marsouins, quelques
petits Delphinidés, la plupart des dauphins
d?eau douce et les cachalots nain et
pygmée (Kogiidés). Chez les espèces de
ce groupe, la gamme de fréquences audi-
bles est équivalente à celle des cétacés
haute fréquence, mais la sensibilité
maximale se situe autour de 100 kHz,
avec des seuils d?audition inférieurs à
50 dB re 1 µPa. Chez ces espèces, les
signaux émis (et notamment les clics
d?écholocation) sont également plus hauts
en fréquence que chez les autres cétacés ;
? les Siréniens : ce groupe contient les
lamantins (Trichechidés) et le dugong
(Dugong dugon). Leurs capacités audi-
tives sont proches de celles des cétacés
haute fréquence, mais leurs différences
anatomiques et les particularités de leurs
émissions sonores les distinguent. Des
mesures réalisées sur des lamantins
montrent qu?ils sont capables de percevoir
des sons entre 250 Hz et 60 kHz, avec
une sensibilité maximale entre 10 et
20 kHz et des seuils d?audition de 60 dB
re 1 µPa en moyenne à ces fréquences ;
? les Phocidés : ce groupe comprend les
phoques et les éléphants de mer. Leur
appareil auditif est amphibie, puisqu?ils
peuvent entendre dans l?air comme dans
l?eau. Ici, seules les capacités auditives
des phocidés dans l?eau seront abordées.
Dans l?eau, les phocidés sont capables de
percevoir les sons entre 100 Hz et
100 kHz, avec une sensibilité maximale
entre 2 et 30 kHz. À ces fréquences le seuil
d?audition est inférieur à 60 dB re 1 µPa ;
? les autres Carnivores : ce groupe inclut
les autres pinnipèdes (qui ne sont pas des
phocidés : otaries, lions de mer et morse),
les loutres et l?ours polaire (Ursus
maritimus). Ici, seules les capacités audi-
tives des autres Carnivores dans l?eau
seront abordées. Les espèces de ce groupe
diffèrent des phocidés de par l?anatomie de
leur appareil auditif (présence d?une oreille
externe notamment, sauf chez le morse)
et leur sensibilité auditive. En effet, si les
plages d?audition (100 Hz-60 kHz) et de
sensibilité maximale (2-30 kHz) sont
proches, le seuil d?audition de ces
espèces est plus élevé, avec un minimum
de 70 dB re 1 µPa en moyenne.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
81
La figure 22 présente, pour chacun de ces
groupes, un audiogramme médian (repré-
sentation du niveau de bruit perceptible en
fonction de la fréquence).
À partir de ces audiogrammes, des seuils de
bruit à partir desquels les mammifères
marins sont susceptibles de subir des pertes
d?audition ont été calculés. Ces seuils sont
présentés dans le tableau 9 et le tableau 10.
Figure 22 : Audiogrammes médians pour les Cétacés basse fréquence,
les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence, les Siréniens,
les Pinnipèdes dans l?eau et les autres Carnivores dans l?eau (d?après [136] et [168]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
82
2) Les tortues marines
Les tortues marines possèdent un système
auditif développé, comprenant une oreille
moyenne (avec un tympan) et une oreille
interne [180]. L?oreille moyenne conduit le
son via la columelle (petit os équivalent à
l?étrier chez les mammifères), tandis que
l?oreille interne le réceptionne et détecte la
position et l?accélération [195].
Même si son fonctionnement est encore mal
connu, les études suggèrent que l?appareil
auditif des tortues marines est adapté à la
détection des sons aériens et sous-marins.
Le tympan est renforcé par une épaisse
couche de graisse, ce qui est propre aux
reptiles aquatiques. Les tortues marines
sont capables de capter les stimuli
acoustiques, mais également les vibrations
via le squelette (os de la tête et colonne
vertébrale notamment) et la carapace de
l?animal qui joueraient le rôle de récepteurs
des ondes sonores à terre comme en mer
[45, 180]. Cependant, ce processus de
perception des vibrations n?est pas encore
très bien connu. La présence d?une oreille
moyenne (cavité remplie d?air) suggère que
les tortues marines sont également
capables de percevoir les variations de
pression.
Les tortues marines seraient capables de
percevoir des sons sous-marins basse
fréquence, entre 30 et 2 000 Hz, avec une
sensibilité maximale située entre 200 et
600 Hz (figure 23), cette sensibilité
maximale étant toutefois variable d?une
espèce à l?autre, et d?un individu à l?autre,
notamment en fonction de son âge [98, 134,
152]. L?appareil auditif des tortues marines
est également impliqué dans les dépla-
cements et l?équilibre.
L?audition des mammifères marins, en bref
? Chez les mammifères marins, l?utilisation du son est primordiale pour assurer certaines
fonctions vitales (reproduction, alimentation, orientation, etc.).
? L?audition est conditionnée par la morphologie du système auditif dont l?étude, couplée à
celle de la perception des sons sous-marins, a permis d?établir 6 groupes distincts : les
Cétacés basse fréquence, les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence,
les Siréniens, les Phocidés et les autres Carnivores.
? Chaque groupe se caractérise par des capacités auditives sensiblement différentes, avec
une plage d?audition (en Hz) et un seuil minimum d?audition (en dB re 1µPa)
caractéristique. Des audiogrammes ont été définis pour chacun de ces 6 groupes.
? D?une manière générale, les mammifères marins perçoivent les sons sous-marins compris
entre 10 Hz et 200 kHz, avec des seuils de sensibilité minimum proches de 60 dB re 1 µPa
en moyenne (mais cette valeur varie d?un groupe à l?autre).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
83
L?audition des tortues marines, en bref
? Les tortues marines possèdent un système auditif développé, typique des reptiles
aquatiques, leur permettant de percevoir les sons sous-marins et aériens. Leur squelette
et leur carapace leur permettraient également de percevoir les vibrations.
? Bien que la plage d?audition soit équivalente chez les différentes espèces de tortues
marines (30 à 2 000 Hz), leur sensibilité maximale varie d?une espèce à l?autre, voire même
d?un individu à l?autre en fonction de son âge.
Figure 23 : À gauche, audiogrammes de quatre espèces de tortues marines : la tortue de Kemp
Lepidochelys kempii, la tortue luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée Eretmochelys imbricata
et la tortue verte, ou tortue franche, Chelonia mydas. À droite, audiogramme de la tortue
caouanne (Caretta caretta) à différents stades du cycle de vie (d?après [98] et [44]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
84
3) Les poissons
Ici, le terme « poissons » fait référence à
l?ensemble des espèces de poissons osseux
(Ostéichthyens), de poissons cartilagineux
(Chondrichthyens) et d?Agnathes. Bien que
ce terme n?ait plus de sens aujourd?hui d?un
point de vue taxinomique, il est utilisé ici
pour faciliter la lecture.
Tous les poissons sont a priori capables de
percevoir les sons. Cependant, la détection
des ondes sonores chez les poissons diffère
d?une espèce à l?autre. La détection se fait
via différents « récepteurs » [76, 152] :
Les organes otolithiques
? Au niveau de l?oreille interne, les
poissons osseux (par opposition aux
poissons cartilagineux comme les raies et
les requins) possèdent trois cavités
tapissées de cellules sensorielles,
remplies d?un fluide et dans lesquelles se
trouve une petite pièce calcaire appelée
otolithe (figure 24). Chaque individu
possède donc trois otolithes de chaque
côté soit six otolithes au total. Lors d?un
mouvement, l?inertie de cette pièce
calcaire, très dense par rapport au fluide
qui l?entoure, est perçue par les cellules
sensorielles qui transmettent l?information
au cerveau sous la forme d?impulsions
électriques, via les nerfs. Les organes
otolithiques détectent donc les
mouvements de particules induits par une
onde sonore, à la manière d?un
accéléromètre.
? Chez les poissons cartilagineux et chez
les lamproies, les otolithes sont
remplacés par des cristaux calcaires,
appelés otoconies. Les poissons
cartilagineux possèdent également un
quatrième récepteur au niveau de l?oreille
interne, la macula neglecta, qui ne contient
pas de pièces calcaires mais seulement
des cellules sensorielles. Ce récepteur
jouerait également un rôle dans la
perception du son.
La ligne latérale
Chez les poissons osseux et cartilagineux,
la ligne latérale est composée de centaines
de cellules sensorielles (neuromastes)
réparties sur toute la longueur du corps. Ces
cellules sont sensibles aux mouvements de
particules et vont donc pouvoir percevoir les
Figure 24 : Schéma de l?oreille interne gauche et des organes otolithiques d?un
poisson osseux, avec ces trois otolithes : saccule, utricule et lagena (d?après [76]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
85
ondes sonores. Cependant, les
récepteurs sensoriels de la ligne
latérale ne détectent que les
mouvements en champ proche et
ne fonctionnent qu?à proximité de
la source sonore.
La vessie natatoire et les autres
cavités gazeuses
Certains poissons osseux
possèdent un organe rempli de
gaz appelé vessie natatoire. Cet
organe joue un rôle dans le
contrôle de la flottabilité des
poissons. Il est de fait sensible aux
variations de pression. Au contact
d?une onde sonore, le volume du
gaz contenu dans la vessie
natatoire va varier, entraînant un
mouvement de particules qui
pourra être transmis aux organes
otolithiques. La proximité entre la vessie
natatoire, lorsqu?elle est présente, et l?oreille
interne a donc une forte influence sur la
capacité à percevoir les sons. Chez
certaines espèces la vessie natatoire est
reliée à l?oreille interne via des connexions
osseuses ou via d?autres cavités gazeuses
(bulles d?air situées derrière l?oreille interne).
Pour l?ensemble de ces espèces, les
capacités auditives sont d?autant plus
importantes : la plage de fréquences
audibles est plus étendue et/ou le seuil de
perception est plus bas.
Ainsi, si tous les poissons ont la capacité de
percevoir les sons, les capacités auditives
varient grandement d?une espèce à l?autre,
en fonction des particularités physiologiques
de chaque espèce (sensibilité de la ligne
latérale, présence ou non d?une vessie
natatoire, proximité de celle-ci et connexion
avec l?oreille interne, etc.). D?une façon
générale, on considère trois catégories de
poissons :
? les poissons dépourvus de cavité
gazeuse. Ces poissons détectent
uniquement la composante « mouvement
de particules » de l?onde sonore, et pas la
composante « variation de pression ». Il
s?agit par exemple des poissons cartila-
gineux et des poissons plats ;
? les poissons possédant une vessie
natatoire non connectée à l?oreille interne.
Ces poissons sont capables de percevoir
les variations de pression mais leur
perception du son repose uniquement sur
la détection des mouvements de
particules. Ces poissons sont sus-
ceptibles de subir néanmoins des
barotraumatismes s?ils sont exposés à des
sons de forte intensité. Le saumon
atlantique (Salmo salar) appartient par
exemple à cette catégorie ;
? les poissons possédant une vessie
natatoire connectée, via des connexions
osseuses ou des cavités gazeuses, à
Figure 25 : Audiogrammes du requin nourrice Ginglymostoma
cirratum, du saumon atlantique Salmo salar et du hareng de
l?Atlantique Clupea harengus (d?après [26], [55] et [72]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
86
l?oreille interne. Chez ces poissons les
capacités auditives sont davantage liées à
la perception des variations de pression,
même s?ils sont également capables de
détecter les mouvements de particules. Ils
risquent également des barotraumatismes
en cas d?exposition à des sons de forte
intensité. Cette catégorie comprend par
exemple la morue de l?Atlantique (Gadus
morhua), certains Clupéidés (hareng,
sprat, aloses, etc.) ou les carpes.
La figure 25 ci-après présente les
audiogrammes de quelques espèces de
poissons appartenant à ces trois
catégories : le requin nourrice Ginglymos-
toma cirratum qui ne possède pas de vessie
natatoire, le saumon atlantique Salmo salar
dont la vessie natatoire n?est pas connectée
à l?oreille interne, et le hareng Clupea
harengus dont la vessie natatoire est reliée
à l?oreille interne par un canal.
D?une manière générale, il est admis que la
grande majorité des poissons perçoit les
sons entre 50 et 300 Hz à des niveaux
inférieurs à 100 dB re 1 µPa. Chez les
poissons possédant une vessie natatoire
connectée à l?oreille interne la perception
des sons s?étend jusqu?à plusieurs milliers
de Hz [76, 152].
L?audition des poissons, en bref
? Tous les poissons (poissons osseux, cartilagineux et Agnathes) sont capables de
percevoir la composante « mouvement de particules » du son sous-marin, grâce à leurs
otolithes et leur ligne latérale.
? Les capacités auditives des poissons sont toutefois très variables d?une espèce à l?autre,
en fonction de leur physiologie. Certaines espèces possèdent une vessie natatoire
capable de capter également la composante « variation de pression » des ondes
acoustiques. Lorsque la vessie natatoire est connectée à l?oreille interne (otolithes),
l?espèce présente de meilleures capacités auditives (seuil d?audition plus faible et/ou plage
d?audition plus étendue).
? Les espèces possédant une vessie natatoire peuvent également subir des barotrau-
matismes en cas d?exposition à des sons de forte intensité.
? D?une manière générale, la plupart des poissons sont capables de percevoir des sons
inférieurs à 100 dB re 1 µPa entre 50 et 300 Hz. Pour certaines espèces (Clupéidés,
Cyprinidés) cette perception s?étend à plusieurs milliers de Hz.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
87
4) Les crustacés et mollusques
Il est communément admis que les
crustacés, sont capables d?émettre
activement des sons (ex. : [52]). Cependant,
il existe très peu d?informations quant à leur
capacité à percevoir et à réagir aux
émissions sonores. Comme les poissons
cartilagineux, les crustacés et les
mollusques sont dépourvus de cavités
gazeuses et sont donc incapables de
détecter la composante « variation de
pression » des ondes sonores. Toutefois,
certains d?entre eux sont pourvus, comme
les poissons, d?organes et cellules
sensorielles qui leur permettent de détecter
les mouvements des particules. Ils
possèdent en effet des statocystes, un
ensemble de cellules ciliées sur lesquelles
reposent une ou plusieurs pièces minérales
(statolithes) agissant, à l?instar de l?otolithe
chez les poissons osseux, comme un
accéléromètre. Les statocystes chez les
mollusques céphalopodes (seiches, calmars
et poulpes) sont d?ailleurs très semblables
aux organes otolithiques des poissons
osseux.
Chez les céphalopodes, des études ont
démontré la capacité à détecter les
émissions sonores basse fréquence (50 à
1 500 Hz) grâce à leurs statocystes [82, 97,
121, 122]. Les seuils sont relativement
élevés, de l?ordre de 125-130 dB re 1 µPa
pour la plage de meilleure sensibilité (autour
de 600 Hz). Ces mollusques sont également
capables de ressentir les mouvements de
particules en champ proche à l?aide de
récepteurs sensoriels épidermiques,
comparables aux lignes latérales chez les
poissons. La sensibilité acoustique des
céphalopodes serait liée principalement aux
interactions proies-prédateurs (mécanisme
de défense), mais pourrait également avoir
un lien avec les mouvements migratoires. À
l?instar de certains poissons, les
céphalopodes pourraient en effet utiliser les
infrasons pour se repérer dans l?espace [97].
Chez les crustacés, la présence de
statocystes permet également de percevoir
les sons. Les crustacés possèdent
également des cellules sensorielles au
niveau des antennes et des pattes qui
seraient capables de détecter les
mouvements de particules. Les crustacés
utiliseraient l?acoustique principalement
comme indicateur de la présence de
prédateurs. Les sons basse fréquence
seraient également utilisés par certains
stades larvaires comme indicateur pour
s?orienter (bruit du ressac en zone côtière
notamment [86]). Des études réalisées sur
certains crustacés montrent que ceux-ci
sont capables de percevoir les sons basse
fréquence, de 50 à quelques centaines de
Hertz [52]. Certaines crevettes seraient
capables de percevoir les sons entre 100 et
3 000 Hz, avec une sensibilité maximale
inférieure à 110 dB re 1 µPa entre 100 et
300 Hz [108].
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
88
5) Oiseaux plongeurs
Si la sensibilité auditive des oiseaux dans
l?air est assez bien documentée, il existe très
peu d?informations sur les capacités
auditives sous-marines des oiseaux
plongeurs. Pourtant, certains oiseaux
comme le manchot empereur peuvent rester
immergés plus de 30 minutes et plonger à
plus de 500 m de profondeur [5].
Quelques études réalisées notamment sur
le grand cormoran Phalacrocorax carbo
sinensis tendent cependant à montrer que
les oiseaux plongeurs sont capables de
détecter les sons dans l?air comme dans
l?eau. Sous l?eau, le son pourrait être utilisé
pour localiser les proies, éviter les
prédateurs et s?orienter [92]. Le grand
cormoran a d?ailleurs développé des
adaptations du système auditif au milieu
marin. Ces adaptations sont beaucoup
moins importantes que celles observées
chez les mammifères marins, mais se
rapprochent de celles observées chez les
reptiles (tortues, crocodiles).
Chez cette espèce, la gamme d?audition
s?étendrait de 1,5 à 6 kHz, avec une
sensibilité maximale à 2 kHz. À cette
fréquence, le seuil d?audition serait inférieur
à 80 dB re 1 µPa [5, 92]. Ces résultats étant
toutefois issus d?études préliminaires
réalisées sur un nombre très limité
d?individus (un individu par espèce dans la
plupart des cas), ils sont sujets à caution.
L?audition des crustacés et mollusques, en bref
? Les crustacés et mollusques ne sont pas sensibles aux variations de pression mais sont
capables de percevoir les mouvements de particules grâce à des cellules sensorielles
appelées statocystes, semblables aux otolithes chez les poissons osseux.
? Chez les crustacés, les statocystes sont complétés par d?autres cellules sensorielles
disposées au niveau des pattes et des antennes.
? Les mollusques possèdent quant à eux des récepteurs sensoriels épidermiques comparables
la ligne latérale des poissons.
? Ces deux groupes semblent être capables de détecter les émissions sonores situées dans
les basses fréquences (< 3 000 Hz), mais à des niveaux relativement élevés (> 100 dB re 1 µPa).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
89
L?audition des oiseaux plongeurs, en bref
? Le grand cormoran est le seul oiseau plongeur ayant fait l?objet d?étude quant à ses capacités
à percevoir les sons sous l?eau.
? Pour cette espèce, une adaptation du système auditif, proche de celui des reptiles aquatiques,
a été observée.
? Le grand cormoran serait capable de percevoir les sons sous-marins situés dans les
moyennes et hautes fréquences (1,5 à 6 kHz), avec une sensibilité maximale autour de 2 kHz
(seuil inférieur à 80 dB re 1 µPa), mais ces premiers résultats nécessitent d?être confirmés.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
90
II. Impacts des émissions sonores sur la faune marine
Les réactions des organismes marins face
aux émissions sonores sont de différents
types et dépendent de l?espèce concernée,
de l?intensité du bruit et de la durée
d?émission. On distingue plusieurs niveaux
de dérangement (figure 26 [158]) :
? tolérance : les animaux perçoivent le bruit
mais ne réagissent pas lors de l?émission
sonore (zone d?audibilité) ;
? changements comportementaux :
réactions d?évitement ou de fuite,
interruption de l?activité en cours,
modifications du profil de plongée et/ou du
rythme respiratoire ;
? masquage : les émissions nécessaires
aux individus pour leur communication ou
leur perception de l?environnement sont
masquées par les bruits d?origine
anthropique ;
? baisse du niveau d?audition : la
sensibilité auditive des animaux diminue.
Cette baisse peut être temporaire (TTS :
Temporary Threshold Shift) ou
permanente (PTS : Permanent Threshold
Shift) ;
? lésions létales : la puissance du bruit
émis provoque des lésions souvent
mortelles pour les animaux. Elles concer-
nent surtout les organes de l?audition,
mais peuvent également toucher d?autres
organes (poumons, vessie natatoire, etc.).
Les impacts peuvent être divisés en deux
catégories : les impacts à court terme et les
impacts à long terme.
Figure 26 : Diagramme des impacts potentiels des émissions sonores
selon leur degré de sévérité (d'après [158]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
91
1) Impacts à court terme
a) Réactions comportementales, fuite,
changements migratoires
Les réactions comportementales peuvent
être définies comme le changement
remarquable de l?activité en cours chez un
animal en réponse à un son. Les exemples
d?effets comportementaux incluent l?aban-
don d?une activité importante comme
l?alimentation ou la fuite de la zone [141].
Ces réactions comportementales sont toute-
fois très difficiles à relier à une cause en
particulier.
? Des exemples de changement de
distribution ou d?abondance en réaction à
des activités bruyantes ont été étudiés sur
les mammifères marins lors de différents
chantiers. Les chantiers éoliens d?Europe
du Nord notamment ont fait l?objet de
nombreux suivis. Lors des épisodes de
battage de pieux, une diminution
drastique de la présence de marsouins et
de phoques à proximité des chantiers a
été observée, mais une augmentation de
l?abondance a été constatée à une
distance de 20 à 50 km des parcs. Cela
indique que les animaux ont fui les zones
bruyantes mais sont néanmoins restés à
proximité [19, 37, 75, 176].
Si les réactions de fuite peuvent
s?observer assez facilement, les réactions
comportementales de dérangement
n?impliquant pas forcément une fuite des
animaux sont plus difficiles à mettre en
évidence [67]. Des études sur les baleines
et les rorquals ont néanmoins démontré
que leurs réactions au trafic maritime et
aux prospections sismiques pouvaient se
manifester par une modification des
comportements de plongée et des
activités d?alimentation [18].
Les différents groupes de cétacés
peuvent manifester des réactions diffé-
rentes en réponse aux perturbations
sonores : les petits cétacés, plus rapides,
ont tendance à nager très vite loin de la
source, tandis que les grands cétacés ont
plutôt tendance à regagner la surface [141,
158, 172].
? Chez les tortues, les réactions compor-
tementales liées aux perturbations
sonores ont très peu été étudiées. Des
études ont toutefois pu montrer que des
tortues remontent en surface lorsqu?elles
sont exposées aux basses fréquences, de
même qu?elles augmentent leur vitesse de
nage en réponse à des émissions de
canons à air [134]. Une autre étude fait
état de l?arrêt de l?activité et de plongées
en réponse à des niveaux Lp,pk reçus de
l?ordre de 191 dB re 1 µPa générés par
des canons à air également [40].
? Chez les poissons osseux, des modifi-
cations comportementales en réaction au
bruit ont également été observées,
notamment suite à l?exposition à des
émissions sismiques. Ces réactions se
manifestent par des changements de
position dans la colonne d?eau, une
modification de la vitesse de nage ou des
variations dans la structure des bancs de
poissons [24].
? Chez les crustacés et les mollusques,
des réactions comportementales ont pu
être observées en corrélation avec des
perturbations acoustiques (ex. : mouve-
ments de valves chez les moules, des
antennes chez le bernard-l?hermite). Ces
réactions interviennent lorsque les
vibrations induites sont de l?ordre de celles
générées par le battage de pieux ou
l?utilisation d?explosifs [159]. Chez les
crustacés, de nombreux exemples de
réactions comportementales ont été
observés en réponse à des stimuli
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
92
acoustiques : arrêt de l?alimentation chez
le homard et le crabe vert, enfouissement
et déplacements limités chez la
langoustine par exemple [52].
? Le comportement des oiseaux marins
peut également être affecté par le bruit,
mais peu d?études se sont à l?heure
actuelle penchées sur la question. Des
travaux ont montré un changement de
zone d?alimentation chez les manchots du
Cap lors d?une campagne sismique en
Afrique du Sud, à une centaine de km de
la colonie [149]. S?il est difficile de définir
si l?effet a été direct ou indirect (fuite des
proies ou des prédateurs ?), ces travaux
constituent une première investigation des
impacts potentiels des émissions sonores
sur les oiseaux plongeurs.
Le déplacement des individus est le
changement comportemental le plus lar-
gement observé en réponse au bruit [140].
Si ces effets semblent moins sévères que
des mortalités directes par lésions, cap-
tures accidentelles ou collisions, ils
concernent en réalité un nombre beau-
coup plus important d?individus et une
échelle spatio-temporelle plus étendue.
Les effets indirects de ces déplacements
(perte d?habitat, augmentation de la
dépense énergétique, etc.) sont actuelle-
ment peu étudiés, et quasiment absents
des mesures de mitigation existantes car
non quantifiés [69].
b) Masquage acoustique
Le masquage acoustique intervient
lorsqu?un son extérieur couvre un signal
bioacoustique ou le rend plus difficile à
détecter. Le signal en question peut
concerner la communication entre individus,
l?orientation, la détection des proies ou des
prédateurs (Nowacek et al., 2007 ; Clark et
18 Voir description des différentes méthodes de prospection sismique à la partie 1 - I - 1 - b - Prospection sismique
al., 2009). Les sons basse fréquence (plus
graves) se propagent sur des distances plus
importantes. Les animaux, et notamment les
baleines, les utilisent afin de communiquer
entre eux, parfois sur de larges distances.
Le masquage des émissions basse
fréquence (par le trafic maritime par
exemple) est a priori plus impactant que le
masquage des émissions haute fréquence.
Le masquage est démontré chez les
cétacés, mais il est très difficile de déter-
miner à partir de quel niveau ce masquage
est susceptible de se produire. Les éléments
démontrant le masquage sont des
adaptations comportementales ou vocales.
Des études sur les baleines à bosse ont
montré que ces dernières avaient tendance
à privilégier les signaux de surface (sauts,
frappes de nageoires) plutôt que les signaux
vocaux pour communiquer lorsque le niveau
sonore augmente [48]. D?autres espèces
comme les baleines franches (Eubalaena
australis et E. glacialis) modifient la gamme
de fréquences de leurs vocalises : elles
émettent des sons à des fréquences plus
élevées et plus longtemps dans les zones où
le bruit ambiant est plus élevé [145] ; certai-
nes communautés d?orques (Orcinus orca)
augmentent l?amplitude de leurs signaux de
communication en présence de bruit de
navire [81]. Il a également été démontré que
la baleine bleue (Balaenoptera musculus)
avait tendance à produire plus de vocalises
en réponse au bruit généré lors de pros-
pection sismique par sparkers18 [41].
Ces modifications comportementales sont
globalement connues sous le nom d?effet
Lombard et ont pour objectif de maintenir un
certain seuil de détectabilité des signaux de
communication au sein des individus d?une
population [48]. Mais la compréhension du
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
93
phénomène et surtout la prédictibilité des
niveaux de masquage pour les différentes
espèces reste émergente [61].
c) Dommages physiologiques non
létaux, permanents ou temporaires
Les dommages physiologiques non létaux
peuvent intervenir à plusieurs niveaux :
? au niveau des organes/tissus liés à
l?audition. Ces dommages peuvent se
manifester par une perte d?audition
temporaire ou permanente ;
? au niveau des organes/tissus non liés à
l?audition. Les variations de pression
engendrées par une onde sonore peuvent
provoquer des lésions létales ou non au
niveau de certains organes (reins, foie,
gonades, etc.).
? Au niveau métabolique. La perturbation
liée à l?exposition au bruit conduit à une
augmentation des niveaux d?hormones de
stress, du rythme respiratoire ou du
rythme cardiaque. Ces différentes
réponses physiologiques ont souvent pour
conséquences des impacts à long terme
(affaiblissement, ralentissement de la
croissance, etc. - voir la partie 2 - II - 2 -
Impacts à long terme).
Les pertes temporaires (TTS) ou perma-
nentes (PTS) d?audition consistent en une
altération de la capacité d?un animal à
entendre, à une fréquence donnée ou sur sa
gamme d?audition complète, suite à une
exposition au bruit [141].
La fréquence à laquelle le bruit est émis
influe sur son potentiel à générer un TTS ou
un PTS, mais la nature du signal
également : un bruit impulsionnel est ainsi
plus propice à générer une perte d?audition
qu?un bruit continu [64]. Les expositions
multiples et/ou longues sont également plus
à même d?impacter les animaux qu?une
exposition unique de courte durée, mais il
existe encore peu de modèles d?exposition
simples permettant de prédire de façon
précise les effets potentiels de telles
expositions. Après un TTS, le retour au seuil
d?audition antérieur sera plus ou moins long,
en fonction de l?intensité du son, de sa durée
d?émission et de l?état physiologique de
l?animal.
Dans le cadre de projets en mer, des
estimations de périmètres TTS ou PTS sont
ainsi régulièrement réalisées, reposant sur
les seuils auditifs pondérés, les niveaux
sonores générés et la propagation du bruit.
Des modélisations sont ainsi effectuées en
amont pour estimer la taille des zones
d?impacts physiologiques (permanents ou
temporaires) pour les espèces marines.
? Chez les mammifères marins, les seuils
de perte temporaire d?audition ont fait
l?objet de mesures directes sur des
animaux captifs (chez les Delphinidés et
le marsouin commun principalement) ; les
estimations de seuils de perte
permanente d?audition sont effectuées en
dérivant les TTS ou en extrapolant des
mesures. L?importance de la perte
d?audition (augmentation du seuil de
perception d?un son) et sa durée
dépendent également de l?intensité du
bruit perçu et de sa durée.
Au niveau métabolique, des études ont
démontré qu?une exposition au bruit chez
les cétacés avait une influence sur la
sécrétion d?hormones (adrénaline, gluco-
corticoïdes) et sur les fonctions
cardiovasculaires [162, 167].
? Chez les tortues marines, les seuils TTS
et PTS sont encore mal connus. Une perte
d?audition temporaire a été observée chez
une tortue caouanne exposée à des tirs
de canons à air à des niveaux d?exposition
LE,p supérieurs à 175 dB re 1?Pa².s
(Lenhardt, 2002). Cette observation n?est
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
94
toutefois pas suffisante pour extrapoler à
l?ensemble des tortues marines, voire
même à tous les individus de l?espèce
Caretta caretta.
? Chez les poissons, les TTS sont dus à
l?endommagement des cellules senso-
rielles ou des nerfs qui transmettent les
signaux sensoriels. Des expériences ont
montré que les émissions sismiques
peuvent générer des dommages aux cils
des cellules sensorielles de l?oreille inter-
ne de certaines espèces de poissons [24].
Cependant, les cellules se renouvellent
régulièrement, et les cellules sensorielles
endommagées pourront donc être
remplacées, conduisant à un retour au
niveau de sensibilité antérieur [152]. En
fonction de l?intensité du bruit et de la
durée d?exposition, plusieurs mois peu-
vent parfois être nécessaires pour qu?un
individu se remette complètement d?un
TTS [166]. Aucun cas de PTS n?est à
l?heure actuelle documenté chez les
poissons.
Les poissons osseux pourvus d?une
vessie natatoire (ou autre cavité gazeuse)
sont plus exposés aux risques de
dommages physiologiques, d?une part car
leur seuil d?audition est généralement plus
bas (surtout si la vessie natatoire est reliée
à l?oreille interne) et qu?ils sont de fait plus
sujets aux TTS, et d?autre part car la
présence de cavités gazeuses induit un
risque de lésion des parois de cette cavité
sous l?effet des variations de pression
générées par une onde sonore
(barotraumatisme). Cependant, les
poissons dépourvus de cavités gazeuses
sont également susceptibles, à un
moindre niveau, de subir des dommages
physiologiques, notamment au niveau des
organes tels que le foie, la rate, les
intestins et les gonades. Le manque
d?études rend toutefois difficile l?évaluation
les effets physiologiques potentiels de
l?exposition au bruit sur ces espèces.
? Des expériences en bassin ont également
montré que l?exposition à des sources
sismiques entraîne une sécrétion
d?hormones de stress chez le saumon
atlantique (Salmo salar) et le bar
européen (Dicentrarchus labrax), ainsi
qu?une augmentation de la fréquence
respiratoire. En revanche, l?exposition à
des sources de bruit continu n?a entraîné
aucune modification de ce type [24].
D?autres espèces de poissons ont
cependant montré une forte augmentation
de leur taux de cortisol sanguin lorsqu?on
les exposait à un bruit équivalent à celui
du trafic maritime [186].
? Chez les crustacés, il n?a été fait état à
l?heure actuelle d?aucune observation de
TTS ou PTS, mais une étude témoigne de
blessures à l?hépatopancréas et aux
ovaires chez le crabe des neiges
(Chionoecetes opilo) liées à la
prospection sismique [52]. Cependant,
une étude réalisée dans des conditions
similaires sur la même espèce n?avait
abouti à l?observation d?aucune blessure.
Les crustacés semblent assez peu
susceptibles de subir des dommages
physiologiques liés aux ondes sonores,
probablement parce qu?ils ne possèdent
pas de cavité gazeuse et sont uniquement
sensibles aux mouvements de particules.
Cependant, ces organismes utilisant
l?acoustique comme un indicateur de la
présence de prédateurs, le bruit peut
engendrer chez eux un stress pouvant
affecter le métabolisme. Ainsi, une
augmentation de la fréquence respi-
ratoire, un ralentissement de la croissance
et du taux de reproduction a été observé
chez la crevette grise (Crangon crangon)
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
95
exposée à des ondes sonores de forte
intensité [154]. Chez le crabe vert
(Carcinus maenas) exposé à un bruit
continu (équivalent à celui du trafic
maritime) une augmentation de la
fréquence respiratoire a également été
observée [182].
? L?exposition au bruit peut également avoir
un effet sur le développement des oeufs
et des larves. En effet, il semble que,
chez les poissons osseux tout du moins,
la perception du son par les larves soit
équivalente à celles des adultes. De plus,
chez certaines espèces, la vessie
natatoire apparaît dès les premiers stades
larvaires. Celles-ci sont donc poten-
tiellement susceptibles de subir des
barotraumatismes. Les larves de poissons
soumises à des niveaux de bruit
importants montrent également des
retards de développement, et les oeufs un
taux de mortalité plus élevé [186].
Concernant les mollusques, l?exposition, à
proximité immédiate (5 à 10 cm), de larves
de pétoncles de Nouvelle-Zélande (Pecten
novaezelandiae) à des émissions sonores
identiques à celles produites par la
prospection sismique conduit à des
retards de développement et à des mal-
formations chez les adultes [3]. Le même
type de bruit peut retarder l?éclosion des
oeufs chez le crabe des neiges. L?impact
du bruit sur le développement des larves
a également été observé chez de nom-
breuses espèces de crustacés [52].
Comme les réactions comportementales,
les dommages physiologiques entraînent
également des effets indirects. Une perte
d?audition temporaire ou permanente,
comme n?importe quel autre dommage
physiologique, va avoir des conséquences
sur les chances de survie d?un individu (voir
partie 2 - II - 2 - Impacts à long terme). Une
perte d?audition va en effet altérer la
communication entre individus, ainsi que la
capacité à détecter les prédateurs et proies
et à évaluer l?environnement. Les dom-
mages physiologiques ont donc des
conséquences plus ou moins importantes
sur l?ensemble des populations concernées.
d) Lésions létales
Les bruits impulsionnels de très forte
intensité sont capables de causer des
lésions létales aux organismes marins.
? Les implications directes d?activités
anthropiques bruyantes sur des mortalités
de mammifères marins sont difficiles à
mettre en évidence. Les activités les plus
souvent mises en cause concernent les
opérations militaires et l?utilisation de
sonars basse et moyenne fréquences.
Mais la concomitance des évènements ne
suffit pas à mettre en évidence un lien de
cause à effet [68, 88, 137, 147]. En effet,
les nécropsies, qui permettraient d?établir
un lien entre échouages et bruits de forte
intensité, ne sont pas systématiquement
réalisées, ou pas dans un laps de temps
permettant de tirer des conclusions fiables.
Cependant, les observations réalisées
lors d?échouages en masse font souvent
état d?animaux en bonnes conditions
physiques, dont certains venaient de
s?alimenter, présentant des hémorragies
des lobes temporaux et de la cochlée, des
hémorragies des poumons et des reins,
des hémorragies de la mâchoire ou
encore des accidents cardiovasculaires
[35, 62, 88]. La présence de bulles d?air
dans le parenchyme cérébral, les
poumons, les reins et le foie laissent
penser que la mort des animaux peut
provenir d?embolie gazeuse liée à une
remontée trop rapide [35, 88].
Si des échouages en masse ont eu lieu à
différents endroits du globe, les
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
96
corrélations avec des activités
anthropiques restent souvent incertaines.
Filadelfo et al. [63] ont donc entrepris en
2009 un travail d?inventaire des
évènements d?échouages en masse de
baleines à bec et d?activités militaires sur
3 zones et ont déterminé si les
corrélations étaient statistiquement
significatives. La réponse est positive pour
des évènements survenus en Méditer-
ranée (14 évènements d?échouages en
masse entre 1992 et 2004) et en mer des
Caraïbes (7 évènements d?échouages en
masse entre 1991 et 2000), mais négative
pour le Japon (18 évènements d?échouages
en masse entre 1978 et 1999) où d?autres
facteurs peuvent expliquer ces échouages.
? Chez les poissons osseux, les baro-
traumatismes peuvent entraîner la mort,
immédiatement après l?exposition à une
forte variation de pression ou jusqu?à
plusieurs jours plus tard. Les poissons ne
possédant pas de vessie natatoire sont
peu susceptibles de subir des lésions
létales. Chez les poissons qui en
possèdent une, les lésions interviennent
directement au niveau de la vessie
natatoire ou au niveau des organes
adjacents (foie, reins, rate, gonades [36]).
Des études réalisées sur différentes
espèces de poissons exposés au bruit
généré par du battage de pieux ont
montré que ce type de bruit pouvait
causer des lésions létales aux poissons
présents dans un proche périmètre [56,
150], à un niveau variable selon l?espèce.
? André et al., en 2011 [7], ont exposé
quatre espèces de mollusques cépha-
lopodes (deux espèces de calmars, la
seiche Sepia officinalis et le poulpe
Octopus vulgaris) à des sons dont le
niveau Lp,pk reçu était de 175 dB re 1 ?Pa
sur une bande de fréquence comprise
entre 50 et 400 Hz. Tous les individus
exposés ont montré de sévères lésions
cellulaires ainsi que des dégéné-
rescences neuronales non compatibles
avec la survie de l?animal. Ces résultats
ont par la suite été confirmés par d?autres
études [186]. Les auteurs soulignent
l?importance des dommages physio-
logiques observés à des niveaux
d?émissions considérés comme bas et
confirment la nécessité de poursuivre les
recherches sur ces espèces.
Au début des années 2000, plusieurs
échouages en masse de calmars géants
ont eu lieu en Espagne. Les individus
montraient tous d?importantes lésions
internes, au niveau des statocystes et de
certains organes internes. Ces échouages
ont eu lieu alors que des campagnes de
prospections sismiques (canons à air)
étaient en cours à proximité, et il est
probable que les lésions constatées sur
ces mollusques soient liées à l?exposition
à des ondes sonores de forte intensité [70].
? Les ondes sonores de forte intensité
peuvent également impacter mortellement
les oeufs et larves de nombreuses
espèces. Ainsi, les oeufs du crabe des
neiges, exposés à proximité immédiate
(2 m) d?un son équivalent à celui généré
lors de prospection sismique augmente
significativement le taux de mortalité [52].
Une étude montre également que les
canons à air peuvent multiplier par deux,
voire par trois selon les taxons, le taux de
mortalité du zooplancton sur un périmètre
de plus d?un kilomètre autour de la source.
Les larves de krill semblent être
particulièrement sensibles à ce type
d?émission [115].
La mortalité due à l?exposition des ondes
sonores peut être directe, du fait d?une
blessure létale, mais également indirecte
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
97
lorsqu?une blessure mineure ou une
perturbation affecte la capacité à survivre
d?un organisme. Ainsi, un TTS, même de
faible intensité peut conduire à la
désorientation et la mort d?un animal. De
même, une réaction brutale, comme une
remontée trop rapide vers la surface, peut
causer une embolie gazeuse et avoir des
conséquences mortelles.
Les impacts à court terme, en bref
? Les impacts à court terme correspondent aux effets observables en réponse directe à
l?exposition au bruit. Ils englobent les réactions comportementales, le masquage
acoustique, les lésions physiologiques, létales ou non, qui peuvent être de nature
permanente ou temporaire.
? Les réactions comportementales les plus communément observées correspondent à la
fuite (déplacement, enfouissement) et, selon les espèces, à des changements de position
dans la colonne d?eau, de la vitesse de nage ou encore dans l?alimentation. Cependant,
les conséquences (effets indirects) de ces réactions restent peu étudiées.
? Les connaissances sur les phénomènes de masquage n?en sont qu?à leurs balbutiements.
La compréhension et la prédictibilité des niveaux de masquage restent émergentes et la
poursuite des recherches est nécessaire. Cependant, il existe certaines études
démontrant que les cétacés (groupe le plus étudié), en réponse au masquage acoustique,
ont développé une adaptation comportementale vocale également appelée « effet
Lombard ». En effet, l?acoustique étant primordiale pour assurer la communication entre
individus d?une même population, les cétacés doivent maintenir un certain seuil de
détectabilité des signaux.
? Les lésions physiologiques non létales, permanentes ou temporaires, influencent les
chances de survie des individus et peuvent avoir des conséquences plus ou moins
importantes sur les populations concernées, à la fois pour les différents stades larvaires
(retard d?éclosion et de développement, malformations) comme pour les adultes
(barotraumatisme, organe lésé, stress métabolique, altération des communications). En
fonction des espèces, ce type de lésion dépend de l?intensité sonore, de la durée
d?exposition, ainsi que de l?état physiologique de l?animal.
? Les lésions létales peuvent être causées par une exposition, même brève, aux bruits
impulsionnels de très forte intensité. La mortalité des individus peut être immédiate
(hémorragie, lésion des organes vitaux) ou indirecte (échouage, prédation).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
98
2) Impacts à long terme
a) Habituation, adaptation,
déplacements
L?exposition préalable des animaux au bruit
et leur habituation ou non peut expliquer
qu?ils réagissent différemment aux pertur-
bations. Des études menées dans les
années 1980 ont montré que les populations
de baleines résidentes d?Arctique étaient
beaucoup plus sensibles que les autres au
bruit occasionné par les brise-glaces. Ces
populations non migrantes ayant été peu ou
pas exposées aux nuisances sonores (po-
pulations dites « naïves ») montraient des
comportements de fuite alors que le navire
était à plus de 50 km, et des perturbations
comportementales à plus de 80 km [125].
En parallèle, d?autres populations s?adaptent
à ces modifications de leur environnement.
Dans différentes zones anthropisées à
travers le monde, des études ont montré une
modification durable des signaux émis par
plusieurs espèces de cétacés. Comme
exposé précédemment, avec l?augmentation
du bruit de fond dans certaines régions, des
espèces ont « adapté » leur communication
en modifiant la fréquence de leurs
émissions, leur intensité ou en diminuant
l?intervalle entre chaque signal [31, 145].
Cependant, une apparente tolérance aux
perturbations peut avoir des effets à l?échelle
de la population qui sont plus difficiles à
évaluer, en particulier pour les animaux avec
une forte propension à être fidèles à un site
[13, 14]. Certaines zones ont un rôle
important dans la survie d?une population
animale (reproduction, alimentation, etc.), et
la quitter en raison d?un dérangement peut
avoir des conséquences significatives sur la
19 Organisme fédéral des États-Unis, dépendant de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), elle-même
appartenant au U.S. Department of Commerce.
fitness de la population (succès reproductif,
augmentation du risque de prédation,
exposition à d?autres pressions, etc.).
Certaines populations vont donc préférer
rester dans la zone malgré le risque d?impact
plutôt que la quitter [162]. Le manque de
réaction peut alors être interprété comme
une absence d?impact, tandis qu?il s?agit
plutôt d?une absence d?alternative face aux
contraintes [13].
Une potentielle habituation à des signaux
répétitifs a été démontrée chez certains
poissons. Durant des expositions répétées à
des émissions sismiques, des sébastes ont
montré un retour à leur comportement pré-
exposition durant les tirs, suggérant ainsi
une habituation. Des poissons de récifs ont
quant à eux montré une diminution de
l?intensité de leur réponse au bruit au fur et
à mesure de leur exposition à une même
source. Ce type de comportement d?habi-
tuation a également été observé chez les
calmars, les crabes et les seiches [24].
b) Conséquences énergétiques et
démographiques
Pour certaines organisations comme le
National Marine Fisheries Service (NMFS)19,
les perturbations comportementales ne sont
pas considérées comme un dommage. Or si
elles n?occasionnent pas de lésions à pro-
prement parler, elles peuvent être à l?origine
de conséquences importantes pour l?indi-
vidu et la population à plus long terme, du
fait des risques liés aux difficultés d?accès
aux ressources, à la diminution des taux de
reproduction ou de survie des jeunes par
exemple. Il est toutefois très complexe de
relier directement la perturbation individuelle
à l?effet sur la population.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
99
Certaines études ont montré que les
émissions sonores répétées, selon leur
intensité et leur fréquence, peuvent
engendrer un état de stress chronique chez
les mammifères marins, et plus
spécifiquement les baleines à bec. Cet état
de stress impliquerait des effets sur
l?alimentation et la reproduction des
animaux [190].
Un changement de comportement ou un
stress chronique peuvent induire l?abandon
d?une activité importante (nourrissage,
reproduction ou élevage des jeunes) ou d?un
site d?importance écologique en réaction au
bruit émis. L?abandon répété ou prolongé
d?activités vitales pourrait mener à des
conséquences dommageables pour l?animal
affecté [141] et à terme pour la population
[74]. L?impossibilité d?accéder à une zone
fonctionnelle comme une zone d?ali-
mentation ou de reproduction peut affecter
les réserves énergétiques d?un animal et par
conséquent sa survie ou sa fertilité [135].
Les impacts à long terme, en bref
? Les impacts à long terme peuvent occasionner des perturbations comportementales et influer
sur la démographie des espèces.
? Certaines espèces ne s?adaptent pas aux émissions sonores qui les affectent et les fuient.
Leur comportement peut s?en trouver modifié, même loin de la source sonore. Un stress,
parfois chronique, peut apparaître, allant jusqu?à l?arrêt d?une activité primordiale pour la
survie de la population (alimentation, reproduction, élevage des jeunes).
? D?autre espèces s?habituent aux émissions sonores, avec parfois un retour à un
comportement antérieur, ou bien développent des adaptations. Cette absence de fuite ne
présage en rien d?une absence d?impact sur la population, mais peut témoigner d?une absence
d?alternative face aux contraintes. Les impacts à long terme, notamment s?ils se prolongent
ou sont répétés individuellement, peuvent avoir des conséquences importantes sur le
maintien et la démographie de la population.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
100
3) Effets cumulés
Les activités anthropiques génèrent
différentes pressions qui vont s?appliquer
sur les individus, les populations et les
écosystèmes. Les pressions interagissent
entre elles et peuvent modifier la magnitude
d?un effet en l?augmentant (synergie) ou en
le diminuant (antagonisme). L?évaluation
des effets de ces pressions requiert l?accès
à des données physiologiques, démo-
graphiques et comportementales expéri-
mentales et de terrain à une échelle spatio-
temporelle très large, depuis l?individu
jusqu?à l?écosystème. En milieu marin, ces
données sont quasiment inexistantes [32].
La question des effets cumulés du bruit se
pose à différents niveaux. Le bruit est une
pression venant se cumuler à d?autres
(destruction d?habitat, capture accidentelle,
collision, pêche, mais aussi acidification des
océans, changement climatique, etc.). Une
seule activité anthropique génère à elle
seule des pressions de différentes natures.
L?évaluation des pressions cumulées
concernant le bruit est déjà un défi, mais ne
reste qu?une évaluation partielle des effets
cumulés de l?ensemble des activités
anthropiques. Il faut notamment prendre en
compte :
? Le cumul des impacts du même
chantier sur toute sa durée. Les
méthodes de calculs des périmètres et
des niveaux d?impacts pour les
mammifères marins sont souvent basées
sur des durées bien inférieures à la durée
totale des chantiers. Il est difficile de
prédire le comportement d?espèces
hautement mobiles comme les mam-
mifères, les poissons ou les tortues face
aux nuisances sonores. Prédire le cumul
des impacts générés par des travaux sur
l?ensemble de leur durée implique de
connaître le comportement (éloignement
ou non) des animaux, ce qui est
impossible. Toutefois, en présence d?acti-
vités très bruyantes comme la sismique ou
le battage de pieux, il est très peu probable
que les animaux restent à proximité de la
source de bruit sans réagir [65, 168].
? Le cumul spatial des impacts de
plusieurs chantiers ou activités
bruyantes. Prédire l?impact acoustique
de plusieurs chantiers proches
nécessite d?avoir accès aux informations
sur le bruit généré par chacune des
activités, ce qui peut être compliqué
dans le cadre de projets industriels pour
des raisons de confidentialité. Le
recours à des modèles robustes
permettant de définir la propagation et
les niveaux d?exposition de plusieurs
chantiers simultanés est indispensable
dans ces cas de figures. L?effet de
barrière acoustique est souvent
mentionné comme un impact probable
des chantiers spatialement proches, en
particulier si les travaux sont con-
comitants. Celui-ci doit être confirmé par
la modélisation.
? Le cumul dans le temps des impacts de
plusieurs chantiers ou activités
bruyantes. Même s?ils n?ont pas lieu en
même temps, l?exposition répétée des
organismes marins aux nuisances
engendrées par des chantiers proches ou
avec des activités de routine (trafic
maritime notamment) peut avoir des
impacts et notamment créer un état de
stress chronique [190]. L?impact de cette
situation de stress sur la fitness des
individus, et in fine sur la population, est
difficile à estimer avec les méthodes
actuelles. Il s?agit donc d?un axe de
recherche à développer.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
101
Les impacts cumulés, en bref
? Les impacts cumulés des activités anthropiques génératrices de bruits nécessitent
l?acquisition de connaissances robustes à différentes échelles géographiques et saisonnières,
à la fois sur les pressions sonores existantes et sur les populations présentes et
potentiellement impactées. L?évaluation des impacts cumulés nécessite donc d?aller au-delà
d?une simple étude d?impact pour un projet donné.
? Les travaux de recherche fondamentaux sur cette problématique sont à encourager, ainsi que
le rapprochement des différents acteurs impliqués (scientifiques, industriels, services de
l?état, etc.).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
102
III. Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine
1) Évaluer le niveau de bruit et la
propagation des ondes acoustiques
Pour évaluer les impacts d?un projet sur la
faune marine, la première étape consiste à
quantifier le niveau de bruit attendu et à
modéliser la propagation des ondes acous-
tiques, en fonction des caractéristiques du
bruit et de la zone d?étude.
a) Évaluer le niveau de bruit
Pour obtenir une représentation fiable de
l?impact sonore d?un projet, il est tout d?abord
nécessaire d?évaluer le plus précisément
possible les caractéristiques spectrales du
bruit dont on cherche à modéliser la
propagation. Ces caractéristiques acous-
tiques seront ensuite intégrées au modèle
de propagation des ondes sonores sous la
forme d?un gabarit acoustique (représen-
tation des niveaux d?émission en fonction de
la fréquence) représentatif de la source
sonore étudiée.
Ce gabarit doit être représentatif des
conditions d?émission à évaluer. Par
exemple, dans le cas d?un battage de pieux,
le gabarit doit être établi pour le même
diamètre de pieu, le même matériau, la
même récurrence de battage, la même
méthode d?enfoncement, etc.
En l?absence de données collectées in situ,
il convient de rechercher dans la
bibliographie les données les plus
représentatives possibles du bruit que l?on
cherche à évaluer. S?il n?existe pas de
données sur la source de bruit à caracté-
riser, il est possible d?utiliser un gabarit d?une
source ayant des caractéristiques similaires.
Par exemple, l?impact sonore d?un brise-
roche hydraulique, pour lequel aucune
donnée acoustique n?est disponible à l?heure
actuelle, peut être assimilé à celui généré
par le battage d?un pieu de 50 cm de
diamètre, dans la mesure ou la cadence de
battage est similaire à celle du brise-roche,
que le diamètre du pieu correspond à celui
du marteau et que l?énergie transmise par le
moteur est du même ordre pour les deux
engins [12].
Pour vérifier la pertinence du gabarit, un
recalage du modèle pourra éventuellement
être fait a posteriori avec des données
mesurées in situ afin de vérifier la cohérence
des prédictions du modèle.
b) Évaluer la propagation des ondes
acoustiques
La propagation des ondes acoustiques est
un phénomène complexe, et son évaluation
nécessite parfois d?avoir recours à des
logiciels de modélisation spécifiques. La
modélisation de la propagation des ondes
acoustiques est indispensable pour évaluer
l?impact sonore d?un projet, notamment par
petit fond où les phénomènes de
réflexion/réfraction sont particulièrement
importants et où la propagation des ondes
basse fréquence est fortement atténuée.
Avant de modéliser l?empreinte sonore
d?une source de bruit, il est nécessaire de
réaliser une carte de l?ambiance sonore
préexistante, c?est-à-dire de modéliser le
bruit ambiant sur la zone d?étude sans la
source de bruit dont on cherche à évaluer
l?impact. Cette estimation du bruit ambiant
doit être représentative des conditions envi-
ronnementales attendues au moment où la
source sonore sera introduite dans le milieu
(même température, même état de mer, etc.).
Le logiciel de modélisation doit prendre en
compte le bruit ambiant sur la zone d?étude.
Si le bruit ambiant n?est pas pris en compte
dans le modèle, l?émergence sera plus
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
103
importante et le bruit propre de la source
émettrice à évaluer sera alors surestimé.
La précision des prédictions d?un modèle
dépend du choix des algorithmes qui doivent
être adaptés à la situation à modéliser, mais
également de la qualité des données
d?entrée fournies au modèle. La propagation
du son étant dépendante des caractéris-
tiques du milieu, un logiciel de modélisation
de la propagation des ondes acoustiques
doit prendre en compte les paramètres environ-
nementaux de la zone d?étude, et a minima :
? la bathymétrie. Les algorithmes doivent
être adaptés à la bathymétrie de la zone
d?étude. La bathymétrie a une forte
influence sur la propagation des ondes
acoustiques. La propagation par petit fond
est en effet très différente de la
propagation par grand fond, du fait des
phénomènes de réflexions notamment, et
certains algorithmes (comme ceux basés
sur la théorie des rayons sonores) n?y sont
pas adaptés [158] ;
? la nature du fond. La composition des
sédiments influe fortement sur le compor-
tement des ondes acoustiques : le sable
aura tendance à favoriser la réflexion des
ondes, la vase est propice aux phéno-
mènes d?absorption et les substrats
rocheux aux phénomènes de diffusion. La
nature du fond doit donc être prise en
compte afin d?intégrer dans le modèle les
propriétés géoacoustiques de la zone
d?étude ;
? un profil bathycélérimétrique, établi sur
la base de profils de température et
salinité en fonction de la profondeur
(profils CTD), afin que le modèle puisse
calculer la célérité des ondes acoustiques
et intégrer l?éventuelle stratification de la
colonne d?eau. Ce profil doit être
représentatif des conditions environ-
nementales de la zone d?étude au moment
où les émissions sonores vont être
générées (même lieu, même saison).
Le logiciel doit également intégrer un
modèle de pertes par propagation adaptée à
la zone d?étude afin de prendre en compte
l?atténuation du signal entre la source et le
récepteur. Ce modèle peut être établi grâce
à des mesures in situ. Cette option est à
privilégier afin de garantir un modèle
représentatif des conditions environ-
nementales de la zone d?étude et donc une
estimation plus précise des pertes. À défaut,
un modèle théorique peut être utilisé.
Il existe plusieurs modèles théoriques de
pertes par propagation ; le plus simple est le
modèle de propagation sphérique, qui
considère que l?onde acoustique se propage
de la même façon dans toutes les directions.
Les pertes se calculent alors de la façon
suivante :
Pertes (en dB) = 20 log10 X + ?X/1000
Où X est la distance (en m) entre la source et
le récepteur, et ? est le coefficient
d?atténuation par amortissement (en dB/km).
Ce modèle de propagation sphérique donne
une représentation très simplifiée des
phénomènes de pertes par propagation et
son utilisation ne doit pas être systématique.
Enfin, le modèle de propagation des ondes
acoustiques doit intégrer, sous la forme d?un
gabarit acoustique détaillant les niveaux par
fréquence, le bruit généré par la source
émettrice qui aura été évalué préalablement.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
104
2) Connaître les espèces présentes
a) Distribution, saisonnalité et
fréquentation
Pour évaluer les impacts potentiels d?une
activité anthropique, des connaissances de
base sur les peuplements marins du secteur
sont nécessaires. Il convient donc de rensei-
gner a minima les informations suivantes :
? La diversité spécifique : Quelles sont les
espèces présentes ou potentiellement
présentes sur le site d?étude ?
? La distribution spatio-temporelle : Quelles
sont les zones les plus fréquentées ?
Quelles espèces sont présentes sur ces
zones ? Ont-elles une saisonnalité de
présence ?
? La fréquentation et l?utilisation du site : Les
espèces sont-elles résidentes sur le site
ou de passage ? Quelle est l?importance
de ce site par rapport aux environs ? La
zone est-elle connue pour une utilisation
particulière (alimentation, reproduction,
nurserie) ?
? La sensibilité des espèces présentes :
L?espèce est-elle particulièrement sensible
au bruit ? Qu?elle est son statut de conser-
vation ? L?espèce subit-elle d?autres
pressions au sein de la zone d?étude
(pêche, pollution, diminution des
ressources, etc.) ?
L?ensemble de ces informations permet de
définir les enjeux et d?évaluer les effets
potentiels du projet sur les communautés
marines.
Un certain nombre de données existent pour
la France métropolitaine et l?outre-mer, mais
elles sont rarement suffisantes pour évaluer
les impacts d?un projet. Si elles apportent
des données précieuses sur le fonction-
nement général d?un secteur (à l?échelle
d?une façade maritime), les données
L?évaluation et la modélisation de la propagation des ondes sonores, en bref
? L?étude d?impact acoustique d?un projet doit évaluer a priori le niveau de bruit attendu au sein
de la zone d?étude et anticiper la propagation des ondes sonores. Cette évaluation se fait
lorsque le contexte l?exige à l?aide d?un logiciel de modélisation.
? Le modèle doit être calibré grâce à des données d?entrée représentatives de la zone et de la
période d?étude. Ces données incluent a minima la bathymétrie, la nature du fond et le profil
bathycélérimétrique de la colonne d?eau. Le modèle doit également intégrer les pertes subies
par les ondes sonores lors de leur propagation dans le milieu, ainsi que le bruit ambiant sur
la zone considérée.
? Le bruit dont l?impact est à évaluer est intégré au modèle sous la forme d?un gabarit
acoustique (représentation des niveaux d?émission en fonction de la fréquence) qui doit être
représentatif des conditions d?émissions.
? Bien que la calibration du modèle puisse s?appuyer sur des sources bibliographiques, les
mesures in situ sont à privilégier pour se rapprocher des conditions réelles et assurer la
robustesse des prédictions.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
105
publiques existantes sont généralement
acquises selon une échelle spatiale et
temporelle non compatibles avec une étude
fine de la fréquentation et de l?utilisation de
la zone par les espèces marines. Des acqui-
sitions de données dédiées, par suivi in situ,
sont donc nécessaires dans la plupart des cas.
Pour tout suivi environnemental, il convient
d?identifier clairement la question à laquelle
on souhaite répondre, en cohérence avec
l?ampleur et le niveau d?impact attendu du
chantier. Les types de suivis et les échelles
spatio-temporelles adaptées varient en
fonction des objectifs recherchés : identifier
un changement de distribution ou d?abon-
dance dans le cadre d?un projet éolien n?est
pas la même chose que d?identifier un
changement de comportement lors d?une
campagne sismique.
b) Sensibilité auditive
Il convient dans un premier temps de
recenser les espèces sensibles potentiel-
lement présentes sur la zone d?étude et
d?évaluer leur sensibilité auditive en fonction
des données disponibles. Une étude
bibliographique préalable est indispensable,
pour disposer d?un audiogramme pour
chaque espèce (ou groupe d?espèces), ou, à
défaut, de celui d?une espèce taxino-
miquement proche.
Les mammifères marins peuvent être
répartis en 6 groupes d?audition en fonction
de leur utilisation de l?acoustique [167, 168]
(voir la partie 2 - I - 1 - Les mammifères
marins pour plus de détails) :
? les cétacés basse fréquence, qui
regroupent les grandes baleines ;
? les cétacés haute fréquence, comme les
grands plongeurs et la plupart des
Delphinidés ;
? les cétacés très haute fréquence, comme
certains delphinidés et les marsouins ;
? les siréniens ;
? les phocidés ;
? les autres carnivores.
Pour chaque groupe, la sensibilité au bruit
est différente en fonction des gammes de
fréquence de meilleure audition.
De même, chez les poissons, la sensibilité
auditive peut être très différente d?une
espèce à l?autre (voir partie 2 - I - L?audition
des espèces marines).
Certaines réglementations, mesures de
mitigation et guides de bonnes pratiques
préconisent de ne considérer impactantes
que les émissions acoustiques situées dans
les gammes d?audition des espèces consi-
dérées. Si cette mesure semble logique, elle
n?est pas unanime en raison des variabilités
interspécifiques et inter-individuelles qui
peuvent être observées.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
106
3) Fixer des seuils de tolérance et
définir des périmètres d?exclusion
Afin de limiter l?impact sonore d?un projet,
certains pays ont défini des seuils de
tolérance, sous forme d?un niveau maximal
à ne pas dépasser à une distance donnée
de la source. L?Allemagne a, depuis 2013,
fixé ce seuil à 160 dB re 1 µPa².s (LE,p) et
190 dB re 1 µPa (Lp,pk) à 750 m de la source
de bruit dans le cadre d?opération de battage
de pieux ; la Belgique a également fixé un
seuil Lp,pk de 185 dB re 1 µPa à 750 m.
En France, il n?existe pas de critères
réglementaires concernant les seuils
d?exposition au bruit sous-marin. L?arrêté
ministériel du 9 septembre 2019 relatif à la
définition du bon état écologique des eaux
marines et aux normes méthodologiques
d?évaluation (NOR : TREL1923380A) fixe
les critères pour évaluer l?état écologique et
les pressions sur le milieu marin à l?échelle
des sous-régions marines. Il ne fixe pas de
seuil réglementaire à ne pas dépasser dans
le cadre de projets en mer, mais des travaux
en ce sens sont néanmoins en cours à
l?échelle nationale et européenne.
Les travaux de Southall et al. en 2007 [167],
qui ont défini des seuils TTS et PTS pour les
mammifères marins, ont fait référence
pendant plus de 10 ans en s?imposant
comme les seuils à respecter. Cependant,
depuis 2007 les connaissances en matière
de bioacoustique ont progressé [59, 64, 66,
168]. La National Oceanic and Atmospheric
Administration (NOAA ? U.S. Department of
Commerce) met à jour les calculs de
pondération auditifs et les seuils sur la base
des avancées scientifiques, tout en
essayant de garantir une robustesse
statistique au regard des données rares et
des revues par les pairs. Les nouveaux
seuils proposés intègrent les nouvelles
connaissances sur les capacités auditives
des mammifères marins et les
caractéristiques des différentes sources de
bruit. De nouvelles fonctions de pondération
ont été développées (voir annexe 1),
notamment dans le cadre des travaux de
l?U.S. Navy [65]. Ces nouveaux seuils et
fonctions de pondération ont fait l?objet d?une
récente publication [168].
Nous considérerons ces résultats comme
Déterminer les espèces présentes, en bref
? Le porteur de projet doit recenser les espèces présentes dans la zone de travaux, s?informer
de leur statut de protection, de leur utilisation spatio-temporelle du site et de leur sensibilité
aux pressions, et notamment au bruit. En effet, selon les taxons, les capacités auditives et la
sensibilité au bruit diffèrent.
? Ces éléments permettront au porteur de projet d?appréhender les enjeux et les effets
potentiels du projet sur les espèces présentes et de formuler les bonnes questions pour
adapter l?étude d?impact à la sensibilité de la zone d?étude.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
107
l?état de connaissance le plus avancé et le
plus opérationnel dans le domaine à ce jour.
Comme décrit précédemment, six groupes
de mammifères marins sont distingués : les
cétacés basse fréquence (grandes
baleines), les cétacés haute fréquence (la
plupart des Delphinidés, les cachalots et
baleines à bec notamment), les cétacés très
haute fréquence (marsouins, Kogiidés,
dauphins d?eau douce), les siréniens, les
phocidés et les autres carnivores (Otariidés,
Ursidés et Mustélidés).
Deux types de sons sont considérés : les
sons impulsionnels et les sons non-
impulsionnels ou continus. En effet, une
exposition à des sons impulsionnels peut
générer un risque plus élevé de fatigue
mécanique de l?oreille interne que ne le ferait
une exposition à des sons non-
impulsionnels [77]. La durée de l?exposition
sonore n?est donc pas le seul critère pouvant
entraîner un dommage physiologique. Dans
ce cas, le niveau d?exposition sonore (LE,p)
n?est pas la métrique la plus appropriée pour
décrire les effets des sons impulsionnels.
Une approche duale est donc proposée en
exprimant les seuils TTS et PTS à la fois en
niveaux d?exposition sonore (LE,p) et en
niveaux de pression sonore (Lp,pk) pour
chaque groupe d?audition.
De nouveaux seuils TTS ont ainsi été
déterminés, extrapolés ensuite aux PTS.
Des seuils différents ont été établis pour les
bruits de type impulsionnel (tableau 9) ou
continu (tableau 10). Pour les bruits de type
impulsionnel, les seuils sont déclinés en
deux versions : les seuils LE,p pondérés
(incluant les fonctions de pondération par
groupe d?espèces), c'est-à-dire fonction des
fréquences auxquelles les différents
groupes sont les plus sensibles, et les seuils
Lp,pk non-pondérés (seuils de niveaux reçus
indépendant de la capacité auditive du
récepteur).
Son impulsionnel
TTS PTS
LE,p,24h
(pondéré)
Lp,pk
(non pondéré)
LE,p,24h
(pondéré)
Lp,pk
(non pondéré)
Cétacés basse fréquence 168 213 183 219
Cétacés haute fréquence 170 224 185 230
Cétacés très haute fréquence 140 196 155 202
Siréniens 175 220 190 226
Phocidés dans l?eau 170 212 185 218
Autres carnivores dans l?eau 188 226 203 232
Tableau 9 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins exposés à un son
impulsionnel. Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re 1 µPa².s.
Les niveaux de pression sonore (Lp,pk) sont exprimés en dB re 1 µPa (d?après [136] et [168]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
108
Il n?existe pas à l?heure actuelle de seuils de
réaction d?évitement définis pour les
différents groupes d?espèces. Quelques
valeurs issues d?expériences en bassin ou
découlant d?extrapolation existent et sont
parfois utilisées. Mais seules les valeurs de
TTS et PTS font l?objet d?un relatif
consensus.
Pour les tortues et les poissons, les travaux
de Popper et al. en 2014 [152] ont
également permis d?établir des seuils de
TTS et de PTS pour différentes sources de
sons impulsionnels. Comme pour les
mammifères marins, les seuils sont
proposés en niveaux d?exposition sonore ou
niveaux de pression sonore. Concernant les
réactions comportementales, aucune valeur
ne fait aujourd?hui consensus au sein de la
communauté scientifique.
Ce travail est toujours en évolution et devrait
faire l?objet d?une mise à jour
prochainement. Les valeurs données dans
le tableau 11 sont donc appelées à être
modifiées.
Son continu TTS
LE,p,24h (pondéré)
PTS
LE,p,24h (pondéré)
Cétacés basse fréquence 179 199
Cétacés haute fréquence 178 198
Cétacés très haute fréquence 153 173
Siréniens 186 206
Phocidés dans l?eau 181 201
Autres carnivores dans l?eau 199 219
Tableau 10 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins exposés à un son continu.
Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re1µPa².s (d?après [136] et [168]).
Groupe
TTS PTS
LE,p LE,p Lp,pk
Tortues Non disponible 210 207
Poisson (sans vessie natatoire) 186 219 213
Poisson (vessie natatoire non reliée à l?oreille interne) 186 210 207
Poisson (vessie natatoire reliée à l?oreille interne) 186 207 207
OEufs et larves Non disponible 210 207
Tableau 11 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de poissons et les tortues à un son impulsionnel
de type battage de pieux. Les niveaux d'exposition sonore (LE,p) sont exprimés en dB re1µPa².s.
Les niveaux de pression sonore (Lp,pk) sont exprimés en en dB re 1µPa (d?après [152]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
109
Les seuils de tolérance, en bref
? Certains pays ont fixé des niveaux de bruit à ne pas dépasser, à une certaine distance, dans
le cadre de travaux sous-marins (battage de pieux notamment). En France, aucun seuil n?a
été établi à l?heure actuelle.
? De récents travaux bibliographiques (2019) proposent cependant des seuils limites, au-delà
desquels des pertes d?audition (TTS ou PTS) peuvent être observées. Ces seuils constituent
à l?heure actuelle les valeurs de référence à prendre en compte dans le cadre des études
d?impact acoustique.
? Concernant les seuils de réactions comportementales, il n?existe pas aujourd?hui de
consensus scientifique.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
110
4) Modèles existants de prédiction des
impacts biologiques
Les impacts potentiels du bruit sur la faune
peuvent être appréhendés à deux échelles
distinctes :
? À l?échelle de l?individu, les impacts
s?appliquent au niveau de sa capacité à
communiquer avec ses congénères, à
chasser et détecter les prédateurs et in
fine, à sa survie.
? À l?échelle de la population, les impacts
s?appliquent au niveau de la capacité des
individus à se reproduire, au taux de
survie et à la mortalité.
Les méthodes existantes de modélisation
du bruit et d?estimation des impacts à
partir des seuils acoustiques et des
fonctions de pondération des différents
groupes d?espèces peuvent permettre de
définir statistiquement le nombre
d?animaux impactés au moment de
l?activité bruyante. Mais cela ne présume
pas des conséquences à moyen ou long
terme sur les animaux. Des modèles
prédictifs de conséquences à long terme
sont donc en développement. Ces
modèles sont très dépendants des
données d?entrées et reposent souvent,
au moins en partie, sur du dire d?expert.
La part d?incertitude autour des résultats
qu?ils produisent est donc importante.
Néanmoins, ils offrent des approches
nouvelles en prenant en compte les
aspects démographiques et énergétiques.
La recherche avançant, ces modèles sont
amenés à évoluer rapidement, voire à être
remplacés par de nouveaux outils.
? Le modèle SAFESIMM (Statistical
Algorithms For Estimating the Sonar
Influence on Marine Megafauna) est un
modèle basé sur les agents (individus)
pour quantifier l?impact d?une activité
bruyante sur les mammifères marins.
Initialement développé dans le cadre de
l?utilisation du sonar, le modèle a depuis
été élargi à d?autres sources de bruit
comme la construction de parcs EMR [43].
À partir des niveaux de bruit générés par
l?activité et des niveaux reçus par les
agents, la probabilité de subir un PTS,
TTS ou une réaction comportementale est
estimée pour chacun des agents à partir
d?une relation dose-réponse. Les résultats
sont ensuite intégrés sur la totalité de la
période de travaux sous forme d?un
historique du nombre de dommages
(lésions permanentes ou temporaires)
et/ou perturbations (dérangements) subis
par chacun des agents.
La modélisation de différents scénarios
via cet outil permet de quantifier les
impacts de différentes méthodes de
construction ou de différentes sources de
bruit et constitue ainsi un outil d?aide à la
décision pour le porteur de projet.
? L?Interim PCoD (IPCoD) a été développé
par le Sea Mammal Research Unit
(SMRU) de l?Université de St Andrews en
2014 afin de produire une première
estimation quantitative des effets
potentiels sur les populations de mam-
mifères marins de la construction et
l?exploitation de tous types de dispositifs
d?énergies marines renouvelables dans
les eaux britanniques [73, 99]. Il est une
version simplifiée du PCoD, qui ne pouvait
pas être appliquée aux espèces à enjeux
de la région, en raison de l?absence
d?information empirique pour de
nombreux paramètres. L?objectif de ce
modèle est de prédire sur des pas de
temps plus ou moins longs les impacts
démographiques potentiels de travaux de
construction de parcs éoliens sur une
population de mammifères marins
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
111
donnée. Si ce type de modèle dépend
beaucoup des données d?entrée et du dire
d?expert, et malgré toutes les incertitudes
associées à chacun des paramètres
d?entrée, il n?en reste pas moins un outil
intérimaire pour commencer à quantifier
les impacts à long terme des nuisances
acoustiques.
? Le modèle DEPONS vise à prédire les
impacts à long terme du bruit sur les
mammifères marins [126]. Il utilise des
modèles existants de déplacements et de
balance énergétique (apports/pertes
d?énergie) basés sur le fait que les
domaines vitaux et la dynamique des
populations reposent sur la compétition
alimentaire. Le modèle DEPONS est
proche de l?IPCoD mais diffère au niveau
des informations de base et du traitement
des aspects démographiques. Si l?IPCoD
utilise des moyennes de taux de survie
pour les espèces considérées, le modèle
DEPONS est plus axé sur l?énergétique et
considère la survie à travers la capacité
des individus à trouver de la nourriture. Ce
modèle nécessite donc des connais-
sances sur la disponibilité de proies. Il
permet de simuler les effets sur les
populations selon différents scénarios,
distances à la source et sur un laps de
temps plus ou moins long. Aujourd?hui, le
modèle DEPONS s?applique uniquement
au marsouin commun.
Le tableau 12 ci-après synthétise les
modèles de prédiction des impacts
biologiques existants.
Les modèles de prédiction des impacts biologiques, en bref
? Différents modèles permettant de prédire les conséquences à long terme des perturbations
sur les mammifères marins ont été développés.
? Dans tous les cas, ces modèles reposent sur des hypothèses, que cela soit sur la propagation
du son, sur les paramètres démographiques, sur les seuils ou encore les comportements.
? Si leurs résultats sont toujours à relativiser, ces outils apportent néanmoins les premières
quantifications des impacts du bruit sur la faune marine. La plupart n?est aujourd?hui disponible
que pour quelques espèces, faute de données suffisantes, mais ces modèles offrent des pers-
pectives prometteuses pour l?évaluation des impacts et la simulation de différentes solutions.
Ils sont donc appelés à devenir des outils d?aide à la décision pour les chantiers en mer.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
112
Outil Éléments d?entrée Développé pour Indiqué pour Moins indiqué pour
SAFESIMM
- Niveau de bruit généré par
l?activité
- Niveau de bruit reçu par les
agents (individus)
- Durée des travaux
- Nombre d?individus concernés
Impact des émissions sonar sur
les mammifères marins, étendu
depuis à d?autres activités
- Définir le nombre de PTS, TTS
ou perturbations
comportementales subis par les
mammifères marins dans le
cadre d?une exposition à de forts
niveaux sonores
- Explorer des scénarios de
calendrier de travaux
- Définir les effets sur la fitness ou
réaliser des projections à long
terme
IPCoD
- Nombre d?individus affectés par
jour
- Paramètres démographiques de
la population concernée
- Nombre de jours de
dérangement
Impact du dérangement
acoustique sur les populations de
mammifères marins
- Prédire les trajectoires de
populations (impactées vs non
impactées) en réponse aux
travaux
- Explorer des scénarios,
notamment sur les effets
cumulés
- Travailler sur des espèces pour
lesquelles peu de données
existent
- Travailler sur des zones avec de
grandes variations saisonnières
de densité
DEPONS
- Paramètres démographiques de
la population
- Carte de disponibilité de proies
- Mouvements de la population
- Distance de réaction à bruit
Impact du bruit sur les marsouins
communs de Mer du Nord
- Évaluer les effets cumulés sur le
marsouin
- Explorer des scénarios spatio-
temporels de construction
- Travailler sur d?autres espèces
que le marsouin commun
Tableau 12 : Tableau récapitulatif des différents modèles prédictifs existants.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
113
5) Limites et axes à développer
Le bruit agit à différents niveaux sur les
espèces marines et peut donc générer des
impacts de différentes natures. Si la
compréhension et la quantification des
impacts directs sont déjà difficiles à
appréhender et sont loin de faire l?unanimité
dans la communauté scientifique, les
impacts indirects sont très peu connus et/ou
documentés. Les connaissances actuelles
sur la faune marine restent lacunaires. Notre
capacité à détecter un déclin avant qu?il ne
prenne des proportions dramatiques pose
question [184, 192]. L?amélioration des
connaissances fondamentales sur la
distribution, les cycles biologiques et les
schémas migratoires reste un point essentiel
pour appréhender les impacts et définir des
mesures de mitigation efficaces.
L?évaluation de l?impact sonore d?un projet
sur l?environnement repose sur la
robustesse des logiciels de modélisation de
propagation des ondes sonores. Le choix
des algorithmes est donc déterminant et
ceux-ci doivent être adaptés aux conditions
environnementales de la zone d?étude, et
notamment à la bathymétrie. La modé-
lisation par petit fond est particulièrement
complexe et requiert des adaptations,
notamment liées aux fréquences de
coupure. La calibration du modèle apparaît
également comme un facteur déterminant
pour la qualité des prédictions. La qualité et
la fiabilité des données d?entrée sont donc
primordiales. Le recours à des données
collectées in situ, notamment pour
l?évaluation des pertes par propagation, est
à privilégier dans la mesure du possible afin
de limiter les biais dans les estimations.
Le but premier des méthodes de mitigation
classiquement mises en place pour réduire
les impacts directs (soft-start/ramp-up, arrêt
des activités quand les animaux sont
observés à proximité, etc.) repose sur
l?hypothèse que les animaux sont capables
de fuir pour ne pas être impactés. Cela
présume également que le déplacement des
animaux a des effets moins néfastes que les
impacts directs. Cela peut être faux pour
certaines espèces, en particulier celles
inféodées à des zones restreintes ou rési-
dentes. Un déplacement peut alors avoir des
conséquences sur la survie des individus et
donc de la population [67] (figure 27). La
capacité de la population à trouver des
zones alternatives adaptées doit donc être
considérée dans l?évaluation des impacts.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
114
Figure 27 : Trame suggérée pour évaluer les impacts des activités anthropiques sur les mammifères marins.
Pour les populations avec une fidélité importante au site, le déplacement peut avoir des conséquences
significatives et aboutir aux mêmes conséquences qu'un dommage direct (d?après [67]).
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
115
L?extrapolation des impacts individuels au
niveau populationnel est un axe de
recherche en développement qu?il faut
encourager pour pouvoir réduire les
incertitudes et marges d?erreurs, encore
nombreuses. Les études sur les réactions au
bruit des autres taxons que les mammifères
marins sont encore plus limitées, ce qui
restreint la compréhension du phénomène.
Les réponses indirectes des animaux, les
conséquences énergétiques et les impacts à
long terme ainsi que le mécanisme de cumul
des pressions nouvelles et existantes
apparaissent aussi comme des axes de
recherche essentiels à développer pour que
les mesures de mitigation deviennent réel-
lement adaptées aux impacts et aux
échelles spatio-temporelles et non plus seu-
lement régies par un principe de précaution.
Enfin, la détermination de seuils à partir
desquels la mise en place d?évaluation des
distances d?impact et, le cas échéant, de
mesures de mitigation est obligatoire est à
encourager. Bien que cela suppose un
travail de fond sur les connaissances
existantes et requiert le développement
d?indicateurs et de méthodologies adaptées,
cela permettrait une standardisation dans le
traitement des impacts et une harmonisation
des pratiques.
Limites et axes à développer, en bref
? Une bonne connaissance des espèces potentiellement impactées, de leur biologie et de leurs
capacités auditives, ainsi qu?un modèle de propagation du bruit bien calibré sont essentiels
pour évaluer les impacts et proposer des mesures de mitigation adaptées.
? En cas de perturbation, certaines espèces résidentes ou inféodées à une zone voient leur
capacité de survie sérieusement affectée alors que d?autres ont la capacité de fuir. Dans ce
cas, il est nécessaire d?évaluer leur capacité à trouver des zones alternatives fonctionnelles
pertinentes.
? Les propositions des mesures de mitigation aux impacts doivent être établies sur des échelles
spatiales et temporelles adaptées afin de s?affranchir du principe de précaution.
? La détermination de seuils règlementaires est encouragée.
PARTIE 2 :
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
116
Crédit photo : Cohabys
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
117
I. Éviter
Une mesure d?évitement est définie comme
une mesure modifiant un projet afin de
supprimer un impact négatif que le projet
aurait sur l?environnement. Cela signifie que
pour une espèce ou un groupe d?espèces,
l?évitement garantit l?absence totale
d?impact, direct ou indirect, sur l?ensemble
des individus de la population et sur les
composantes physiques et biologiques
nécessaires à l?accomplissement de
l?ensemble de son cycle de vie [124].
Une même mesure peut, selon son
efficacité, être rattachée à de l?évitement ou
de la réduction : on parlera d?évitement
lorsque la solution retenue garantit la
suppression totale d?un impact. Si la mesure
n?apporte pas ces garanties, il s'agira d'une
mesure de réduction [124]. Certaines
mesures décrites ici seront donc également
mentionnées dans le chapitre sur la
réduction.
1) Planification spatiale et temporelle
La plupart des guides de bonnes pratiques
et recommandations internationales s?ac-
cordent sur l?utilité de définir des zones
et/ou des périodes sensibles pour les
espèces marines, dans ou durant les-
quelles les activités bruyantes seraient
interdites. Mais seuls quelques pays ont
défini clairement des zones et/ou des
périodes fermées à des activités comme les
campagnes sismiques en raison de leur
intérêt écologique (Brésil, Australie, Russie
et pays signataires de l?ACCOBAMS
notamment). Ces zones et/ou périodes
concernent la reproduction, l?alimentation,
l?élevage de jeunes ou encore la migration.
Cette mesure apparaît comme un moyen de
mitigation simple et efficace pour s?assurer
de ne pas nuire aux espèces sensibles dans
les périodes où elles sont les plus
vulnérables [146, 185, 187, 191]. Pour ce
faire, deux prérequis sont nécessaires : (i)
avoir une connaissance suffisante des
zones écologiquement importantes pour les
espèces sensibles, et connaître leur
distribution, leur abondance, leurs
mouvements, leur saisonnalité et leur
sensibilité au bruit ; (ii) avoir une
réglementation officielle qui fixe ces
périodes et/ou zones de fermeture.
Il serait donc judicieux que plus de pays
suivent cette mesure lorsque les
connaissances sont suffisantes ou lorsque
des zones propices ont déjà été identifiées.
La mise en commun de données de
distribution et l?utilisation de techniques de
modélisation ou d?extrapolation des
données existantes pour fournir des
informations sur les secteurs où les connais-
sances sont limitées voire inexistantes sont
à encourager.
Des zones « tampon » autour de ces zones
Partie 3
Procédures ou technologies disponibles pour
éviter, réduire ou compenser les impacts des
émissions sonores sur la faune marine
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
118
protégées et fermées aux activités
bruyantes peuvent également permettre de
s?assurer que les risques de dommages aux
animaux sont minimisés [42, 187, 192].
Le cas des cétacés grands plongeurs en
général, et des baleines à bec en particulier,
mérite une attention spécifique dans la
mesure où ces espèces sont difficiles à
détecter visuellement, étant donné leur
discrétion et le temps très important passé
en plongée. Il convient de rappeler qu?il
s?agit d?espèces vivant constamment en
limite de leurs capacités physiologiques
(longues apnées, fortes pressions, etc.) et
qui sont d?autant plus sensibles au stress,
que celui-ci soit chronique ou résultant d?un
cumul d?impacts [192]. Les zones connues
pour être les habitats préférentiels des
baleines à bec (tête de canyons, pente du
talus continental) sont donc à éviter ou à
monitorer de façon très attentive, en
particulier lorsque ces zones sont
situées non loin des côtes [42, 190]. À titre
d?exemple, la carte ci-dessous (figure 28)
matérialise les zones définies comme
d?intérêt particulier pour les baleines à bec
de Cuvier (Ziphius cavirostris). À l?intérieur
de ces zones, il est préconisé d?éviter les
émissions de sons impulsionnels de forte
intensité [2].
L?évitement de zones de concentration de
proies (et notamment les frayères) est
également conseillé afin d?éviter d?impacter
leur disponibilité pour les mammifères
marins [42].
Les zones d?intérêt écologique (frayères,
nourriceries) peuvent différer en fonction
des taxons considérés. La valeur patrimo-
niale des espèces et leur sensibilité aux
émissions sonores doivent être prises en
Figure 28 : Localisation des zones d'intérêt spécial pour
les baleines à bec de Cuvier en zone ACCOBAMS (d?après [2]).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
119
compte. Dans le cas où une mesure
permettant d?éviter un impact sur un
taxon sensible provoquerait des impacts
majeurs sur d?autres taxons, une solu-
tion de compromis doit être trouvée, et la
solution redéfinie en mesure de réduction.
2) Dimensionnement/caractéristiques
du projet
L?adaptation du projet au regard des enjeux
environnementaux peut être une solution
pour éviter des impacts identifiés en amont.
L?adaptation peut concerner le dimen-
sionnement du projet, son emplacement,
ou les techniques pressenties pour sa
réalisation.
Une analyse des impacts potentiels en
fonction du tracé du projet, des routes
envisagées, du nombre de fondations et de
leurs types, des types d?ancrages ou des
sources acoustiques utilisées doit être
effectuée systématiquement pour chaque
projet. L?analyse de méthodes et/ou de
secteurs alternatifs et l?examen des gains
potentiellement obtenus en termes de
réduction sonore doivent également être
pris en compte. Cela requiert d?avoir une
connaissance fine des niveaux sonores
générés par chacun des scénarios
envisagés et des impacts sur les espèces en
présence.
L?orientation vers les pratiques les moins
bruyantes et les zones de moindre
impact est à encourager.
3) Suspension des travaux lors des
périodes écologiquement importantes
Dans les zones pour lesquelles des périodes
particulières de cycles biologiques ont été
identifiées, la suspension des travaux
bruyants peut être envisagée. Cela peut
concerner des zones de frayères, des zones
de reproduction ou de mise bas durant
lesquelles les nuisances acoustiques
peuvent interférer et causer des effets à long
terme sur l?équilibre et la pérennité des
populations. Lorsque ces zones et périodes
sont connues, les travaux doivent être
aménagés de façon à en tenir compte.
Le caractère saisonnier de l?activité
n?empêche pas le déroulé du projet, mais
le calendrier doit tenir compte de ces
périodes de façon à les éviter.
4) Utilisation de techniques
d?exploitation/fonctionnement
non impactantes
L?utilisation de techniques émettant dans
des fréquences, selon des cadences et/ou
des durées non impactantes pour les
espèces en présence peut constituer une
mesure d?évitement des impacts. Si la
mesure ne permet pas d?exclure totalement
la probabilité d?impact pour les espèces
considérées, il s?agira alors d?une mesure de
réduction et non plus d?évitement.
Le tableau 13 synthétise les principales
mesures d?évitement des impacts pouvant
être mises en oeuvre lors de travaux en mer.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
120
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Planification spatiale et
temporelle Toutes
Interdire les activités bruyantes dans des zones ou à des
périodes reconnues comme sensibles pour les espèces
marines (ex. : habitat des baleines à bec, zone de
reproduction ou mise bas pour les baleines à bosse,
frayères pour les poissons, etc.)
Bonne
Connaissances de ces
zones/périodes souvent
lacunaires
Adapter le
dimensionnement ou les
caractéristiques du projet
Toutes
Définir le secteur, les routes empruntées, les méthodes de
construction et/ou le dimensionnement du projet de façon
à choisir les scénarios de moindre impact
Bonne
Connaissances fines des
niveaux sonores générés par
chacun des
scénarios envisagés
Suspension des travaux
lors des périodes
écologiquement
importantes
Toutes
Aménager le calendrier des travaux de façon à tenir
compte des cycles biologiques des espèces en évitant
des périodes les plus sensibles
(reproduction, mise bas, etc.)
Bonne Connaissance des cycles
biologiques des espèces
Utilisation de techniques
non impactantes
Sonars, sondeurs
mono ou
multifaisceaux,
utilisation de
répulsifs
acoustiques
Choisir autant que possible des techniques qui permettent
d?éviter les impacts sur un groupe d?espèces donné en
jouant sur les fréquences, les cadences, les durées
Variable selon
la technique
Non applicable à tous les
groupes d?espèces
en même temps
Tableau 13 : Récapitulatif des principales méthodes d?évitement des impacts (en vert : mesures à mettre en place en amont, en orange : mesures à mettre
en place lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
121
Les mesures d?évitement, en bref
Il existe différentes mesures d'évitement permettant d'écarter un impact négatif lié au bruit sous-
marin d'un projet. Pour ce faire, le porteur de projet peut :
? Adapter l'emprise spatiale de son projet et/ou le calendrier des travaux (en évitant les
zones/périodes à risque, en dimensionnant au mieux le projet et/ou en stoppant les travaux
lors d?observations de mammifères marins/tortues ;
? Adapter son projet (en termes de dimensions et caractéristiques) aux enjeux
environnementaux ;
? Suspendre les travaux lors des périodes écologiquement importantes ;
? Utiliser des techniques non impactantes (fréquences et/ou niveaux d?émission en dehors des
capacités auditives des espèces potentiellement impactées).
Un compromis devra être trouvé si ces mesures impactaient d'autres taxons. Le porteur peut
également définir précisément ses besoins pour affiner l'emplacement de ses travaux ou les
techniques utilisées. L'orientation vers l'utilisation de techniques les moins bruyantes est
vivement encouragée.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
122
II. Réduire
Les mesures de réduction sont des mesures
visant à réduire les impacts négatifs
permanents ou temporaires d?un projet sur
l?environnement, en phase de construction,
d?exploitation ou de démantèlement. Elles
peuvent agir en diminuant la durée ou en ajus-
tant l?emprise saisonnière, en réduisant l?inten-
sité ou l?emprise spatiale de l?impact [124].
La mise en place de mesures de réduction
n?est pas systématique. Elle fait suite à une
évaluation des impacts et est définie au cas
par cas. Les mesures doivent être
proportionnées à l?impact, lui-même étant
directement lié aux espèces présentes, à
l?intérêt écologique de la zone et aux
incidences attendues de l?activité.
Les seuils à partir desquels des mesures de
réduction sont à mettre en place ne sont
aujourd?hui pas définis. Concernant la
prospection sismique par canons à air,
quelques initiatives ont défini des volumes
de sources (en cubic inch ou in3) à partir
desquels des mesures sont à mettre en
place. En Nouvelle Zélande, le Department
of Conservation a défini sur cette base
3 catégories de campagnes sismiques en
fonction des volumes concernés (< 150 in3,
entre 151 et 426 in3 et > 427 in3). En
dessous de 150 in3, aucune mesure de
réduction n?est nécessaire. Pour les
volumes supérieurs, des mesures sont
requises mais varient en fonction de la
catégorie [39]. En France, l?IFREMER s?est
auto-réglementé sur la question et a mené
des travaux internes visant à définir
également un volume seuil. Ainsi, lors de
campagnes utilisant des sources de moins
de 500 in3, aucune mesure de réduction
n?est mise en oeuvre. Pour toute campagne
supérieure à 500 in3, un protocole de
mitigation est appliqué [46].
L?élargissement de ces travaux aux autres
sources de bruit est primordial. Définir les
volumes des sources sismiques ou le
diamètre des pieux à partir desquels des
mesures de réduction sont à mettre en place
dépasse le périmètre de ce guide. Il s?agit
toutefois d?un prérequis essentiel pour la
mise en place de mesures de réduction
efficaces et dimensionnées au projet. Le
développement de ces travaux de définition
de seuils est donc vivement encouragé.
1) Planification
À l?instar des solutions d?évitement, la
première solution de réduction des impacts
consiste à aménager le calendrier des
travaux en fonction des périodes
propices aux espèces marines. Si
l?utilisation de l?habitat de certaines espèces
est difficile à appréhender, certains secteurs
sont connus pour être des lieux de
reproduction ou d?alimentation pour les
mammifères marins, tortues, poissons péla-
giques, etc. Lors de leur présence
saisonnière sur ces secteurs, ils sont
particulièrement vulnérables aux nuisances.
En minimisant les dérangements lors de ces
périodes, on diminue la probabilité
d?impacter ces espèces.
Il est également important de considérer lors
de l?étude d?impact la présence de zones
alternatives où les espèces potentiellement
impactées pourront trouver refuge, et
d?intégrer la capacité des individus à
rejoindre ces zones.
De même, il est nécessaire d?envisager en
amont du projet les méthodes ou
technologies qui pourraient permettre de
limiter l?impact sonore. Pour cela, le choix
des techniques et des matériaux de
construction est prépondérant.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
123
La prise en compte des activités déjà
existantes et des projets en cours sur le
secteur peut également permettre
d?aménager les calendriers de façon à
réduire les dérangements. En fonction des
projets et des intensités, cela peut prendre
différentes formes : un projet peu bruyant,
ou de plus faible ampleur spatiale, peut avoir
intérêt à se dérouler en même temps qu?un
projet plus gros/bruyant si celui-ci masque
son empreinte sonore ; deux projets
d?ampleurs similaires pourront s?étaler dans
le temps ou se faire simultanément en
fonction des prédictions d?impacts cumulés
qui auront été modélisées en amont.
Pour les projets de type EMR, il est
préconisé de penser l?implantation du
parc de façon à éviter un éventuel effet
barrière généré par les différents dispositifs.
Cela signifie par exemple de veiller à ne pas
« fermer » une baie ou un passage restreint,
de laisser suffisamment d?espace entre deux
éoliennes ou hydroliennes ou de ne pas
juxtaposer des parcs.
2) Réduire le bruit à sa source
a) Utiliser des techniques moins
bruyantes
Il existe plusieurs solutions pour limiter le
bruit généré par des travaux ou activités en
mer. Celles consistant à utiliser des
techniques moins bruyantes peuvent être
classées en trois catégories :
Mesures consistant à aménager ou
modifier les techniques ou outils
employés
? Il est possible d?augmenter la durée de
la frappe lors de la mise en place de pieux
par battage. En allongeant la durée de
frappe lors de battage de pieux, on
diminue l?amplitude de la contrainte dans
le pieu. Cela modifie le spectre du bruit
émis en le décalant vers les basses
fréquences [54]. Mais cela peut aussi
potentiellement augmenter le niveau
d?exposition sonore (LE,p). Pour l?instant,
cette mesure est limitée à des pieux de
petits diamètres (moins de 2 m). Cette
mesure est donc à analyser au cas par
cas lorsque proposée dans des projets.
? L?utilisation d?un autre matériau que
l?acier est parfois proposée lors d?activités
comme le battage de pieux. En utilisant un
matériau alternatif comme les fibres
composites, il est possible de réduire le
rayonnement des surfaces latérales et
donc de réduire le bruit. Une réduction de
l?ordre de 20 dB (Lp,pk) est annoncée par
certains auteurs [157] mais la viabilité éco-
nomique de telles solutions pose question.
? Pour les travaux de prospection par
sismique ou sondeur, la préconisation
principale consiste à restreindre les
émissions aux zones d?études, c?est-à-
dire d?éteindre les sources lorsque les
acquisitions ne sont pas nécessaires
(changement de ligne, transit sur zones,
etc.). Pour la sismique, Il est également
recommandé d?utiliser la source de plus
petit volume (pour les canons à air) pour
atteindre les objectifs du levé et de réduire
autant que possible la proportion d?éner-
gie qui se propage horizontalement [42, 185].
? La réduction des niveaux sonores
générés par les navires passe par
l?adaptation du design du navire,
notamment en adaptant le profil de la
coque et de l?hélice. Cette mesure devant
intervenir en amont de la construction, elle
concerne peu les navires déjà existants.
Des adaptations peuvent tout de même
leur être appliquées sous réserve qu?elles
soient viables économiquement. Il est
donc recommandé que les États et les
armateurs passent en revue leur flotte
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
124
marchande afin de définir quels navires
seraient les plus à même de bénéficier
d?aménagements pour réduire effica-
cement leurs niveaux sonores [84]. Des
outils existent pour cela comme l?EEDI
(Energy Efficiency Design Index)
développé par l?Organisation maritime
internationale (OMI).
D?après une étude datant de 2014 [102],
rendre plus silencieux les navires les plus
bruyants est le meilleur moyen de réduire
le bruit lié au trafic maritime. La cavitation
est la source majeure de bruit rayonné.
La cavitation excessive générée par ces
navires est souvent due à une mauvaise
conception des pièces immergées. Des
solutions de réajustement pour les navires
déjà construits existent ou se déve-
loppent20. Les hélices doivent ainsi être
conçues de manière à réduire les
phénomènes de cavitation. Le design de
la coque, via l?écoulement de l?eau vers
l?hélice, joue également un rôle dans la
réduction de la cavitation.
? Le choix de la machinerie et l?optimisation
de son emplacement dans la coque
peuvent également contribuer à réduire le
bruit rayonné. La propulsion diesel-
électrique a été identifiée comme une
configuration intéressante pour réduire le
bruit et les vibrations et doit être
encouragée lorsqu?elle est envisageable.
20 Voir Leaper et al., 2014 [102] pour plus de détails.
Des mesures in situ doivent parallèlement
être réalisées pour évaluer les gains
obtenus par les nouveaux designs de
coque, d?hélice et de propulsion [102].
? Outre le design spécifique, la
maintenance régulière de certains
équipements comme les hélices et la
coque permet de réduire le bruit. En ôtant
le biofouling et les rugosités de ces
surfaces, on limite la résistance et les
frottements qui contribuent aux
phénomènes de cavitation.
? Enfin la réduction de la vitesse en
dessous de la vitesse de création de
phénomènes de cavitation permet
également de diminuer les niveaux
sonores et constitue une mesure simple et
largement applicable [9, 85]. De récents
travaux ont ainsi montré qu?une diminution
de 10 % de la vitesse de la flotte mondiale
réduirait de 40 % l?énergie acoustique
produite par le trafic maritime dans le
monde [101]. Les gains sont d?autant plus
importants que cette mesure permet
également de baisser les émissions de
gaz à effet de serre et le risque de collision
avec les grands cétacés. La réduction de
la vitesse des navires apparaît donc
comme une mesure adaptée, facile à
appliquer et efficace et dont la mise en
place à grande échelle est vivement
préconisée.
La norme ISO 17208-1:2016
Le développement de standards et de normes pour mesurer le bruit rayonné par les navires et
la réduction de leurs émissions acoustiques est à encourager pour fixer des références et
harmoniser les pratiques. Dans cette optique, la norme ISO 17208-1:2016 décrit les procédures
à mettre en place et les grandeurs à utiliser pour mesurer le bruit sous-marin généré par les
navires, notamment en eaux profondes.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
125
Mesures consistant à choisir d?autres
techniques que celles classiquement
utilisées afin de réduire les émissions
acoustiques
? La technique de vibrofonçage consiste à
installer des pieux en combinant
enfoncement par oscillation et
enfoncement par battage. Pour cela, le
pieu est soumis à un mouvement
oscillatoire à une fréquence de 20 Hz au
moyen de poids en rotation. Ces
mouvements vibratoires permettent la
pénétration dans le substrat. Le battage
n?est alors utilisé que pour finir d?enfoncer
le pieu dans sa position finale. Cette
technique permet ainsi de réduire le temps
de battage et donc le niveau d?exposition
sonore. Les gains d?utilisation de cette
technique sont de l?ordre de 15 à 20 dB
LE,p. Toutefois, le bruit généré par le
vibrofonçage est un bruit continu, difficile
à comparer directement aux bruits
impulsionnels du battage de pieux [100].
L?utilisation du forage en remplacement
ou en complément du battage de pieux
est également une piste développée par
plusieurs sociétés proposant des
technologies adaptées aux différents
types de pieu et de sédiment. Le forage
est déjà utilisé pour un certain nombre de
substrats pour lesquels le battage est
difficile (roche dure ou calcaire par
exemple).
? Pour les parcs éoliens, le choix de
fondation gravitaire plutôt que monopieu
peut également représenter une solution
pour réduire le bruit. Elle consiste à placer
au fond de l?eau des structures en béton
directement sur le sol ou sur une couche
de nivellement, qui est ensuite remplie de
matériaux de ballastage. Elle ne nécessite
donc pas de forage ou de battage de
pieux, et induit donc en principe des
niveaux sonores beaucoup plus faibles.
Cependant, les fondations gravitaires
nécessitent de préparer le sol
(aplanissement, nivellement, etc.), ce qui
peut également engendrer des nuisances
sonores [25] liées aux techniques utilisées
(dragage notamment).
? Pour la prospection sismique, l?utilisation
de technologies alternatives comme
Marine Vibroseis est émergente [47].
Avec cette technique, des fréquences plus
basses et des signaux modulés sont
utilisés, permettant d?abaisser le niveau
de pression sonore (Lp,pk) par rapport à
une source classique, pour un niveau
d?exposition sonore (LE,p) équivalent.
Cependant, l?utilisation de signaux
impulsionnels très basse fréquence et
d?une durée beaucoup plus longue qu?une
source classique peut générer des
impacts plus importants pour la faune
marine. La source sismique devient alors
comparable à un sonar militaire très basse
fréquence. Des études sont encouragées
pour étudier les impacts de ces nouvelles
méthodes.
Mesures consistant à mettre en place des
actions incitatives
Ces mesures ne constituent pas elles-
mêmes une solution pour réduire le bruit
mais elles encouragent les compagnies
industrielles à chercher et adopter de telles
solutions. L?initiative du port de Vancouver
au Canada (programme ECHO, visant à
mieux comprendre et gérer les impacts du
trafic maritime sur les mammifères marins)
est un exemple de projet transdisciplinaire et
collaboratif pour réduire le bruit généré par
les navires. Certaines compagnies de
certification ont développé des indicateurs
de performance sur la base du volontariat
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
126
pour les ports, les armateurs ou les
terminaux incluant la réduction du bruit
(Green Marine aux USA). De telles
initiatives, volontaristes mais conseillées et
économiquement intéressantes (bonus, ré-
duction de la consommation de carburant,
etc.), apparaissent comme une bonne
méthode pour rallier les différents acteurs
autrement que par une réglementation stricte.
D?une façon générale, une analyse des
différentes techniques utilisables et des
niveaux de bruit qu?elles génèrent doit être
menée pour chaque projet. Le choix de la
méthode doit se faire à la lumière de ses
impacts attendus. L?orientation vers la
pratique la moins bruyante est encou-
ragée, sous réserve qu?elle ne soit pas
plus impactante sur d?autres plans (des-
truction des fonds, pollution, etc.).
Les mesures de réduction de bruit liées à
des adaptations ou à des modifications de
techniques sont récapitulées dans le
tableau 14 ci-après.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
127
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Augmenter la durée de la
frappe Battage de pieux Augmenter la durée de la frappe lors du
battage de pieux Inconnue Abaisse la fréquence des émissions, et
augmente potentiellement le niveau LE,p
Changer de matériaux Battage de pieux Utiliser un autre matériau que l?acier
(fibres composites) Inconnue Viabilité économique et résistance du
matériau alternatif à moyen/long terme
Restreindre les
émissions Sismique
Restreindre les émissions aux zones
étudiées, utiliser la plus petite source
nécessaire pour réaliser l?étude
Bonne Procédure de démarrage à reprendre à
chaque début de ligne
Design des navires et de
la propulsion Transport maritime
Conception des coques et hélices de façon
à réduire la cavitation, choix de la
propulsion
Bonne S?adresse peu aux navires déjà construits
Maintenance des navires Transport maritime Entretenir les coques et hélices pour
réduire les frottements Inconnue -
Réduction de la vitesse
des navires Transport maritime Réduire la vitesse des navires en dessous
de la vitesse de cavitation Bonne Augmentation des délais
Vibrofonçage, forage Battage de pieux
Utilisation de la technique de vibrofonçage
ou de forage en complément ou
remplacement du battage de pieux
Bonne Connaissances manquantes sur l?impact du
bruit continu
Fondation gravitaire Battage de pieux Choix de fondations de type gravitaire en
remplacement de fondation monopieu Bonne Impact de la préparation des sols
Marine Vibroseis Sismique Technologie alternative Marine Vibroseis
au lieu des canons à air classique Inconnue Son très basse fréquence comparable aux
signaux des sonars militaires
Normes, standardisations Toutes Mise en place de normes pour la
mesure du bruit Bonne Nécessité d?un consensus scientifique ;
cadre d?application
Actions incitatives Toutes
Mise en place d?actions incitatives pour
pousser les compagnies à développer ou
adopter des mesures de réductions du bruit
Bonne Contreparties financières
Tableau 14 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou modifications de techniques
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
128
b) Techniques visant à isoler/confiner
la source de bruit
Les rideaux de bulles représentent la
méthode de réduction du bruit à la source la
plus largement répandue pour les sources
sonores fixes (battage de pieux et
vibrofonçage, forage, usage d?explosifs
principalement). Le principe est simple : de
l?air comprimé est injecté dans des tuyaux
perforés, l?air ainsi évacué forme un nuage
de bulles. Le contraste d?impédance
acoustique causée par l?interface air/eau
entraîne la diffusion des ondes sonores à
travers les bulles d?air, et la réflexion des
ondes au niveau du rideau ainsi formé
permet de réduire le bruit généré [100].
Plusieurs technologies existent, dont
certaines déjà commercialisées. Globale-
ment, on distingue deux familles : les grands
rideaux de bulles disposés autour d?un
chantier et les petits rideaux de bulles
disposés autour d?un point précis (d?un pieu
à battre par exemple). Le dispositif est
parfois doublé, voire triplé, pour augmenter
la réduction.
L?utilisation de rideaux de bulles a été
largement testée lors de différents chantiers.
Si la maturité de la technique est bonne et
les réductions obtenues sont intéressantes
(jusqu?à 18 dB), la contrainte principale reste
le courant de marée. L?efficacité de cette
méthode est de fait liée aux conditions
environnementales (bathymétrie, état de
mer, courant, etc.).
Le système de bulles encapsulées (Hydro
Sound Damper ou HSD) est une variante du
rideau de bulles dans laquelle un filet
parsemé de ballons remplis d?air et
d?éléments polymères est déployé autour de
la source de bruit. L?objectif de ce système
est d?éviter la dérive des bulles avec le
courant de marée. De plus, la fréquence
d?absorption maximale est modifiable en
changeant la taille des ballons et leur
composition. Ce système reste toutefois
tributaire des conditions météorologiques, et
ne peut être déployé en présence de courant
fort ou de houle trop importante.
D?autres variantes existent, comme le
rideau de bulles confiné, qui consiste à
enfermer le rideau de bulles dans une enve-
loppe cylindrique. Ces dispositifs sont proches
du concept de blocs isolants (voir ci-après).
Le concept des blocs isolants consiste à
confiner la source de bruit (pieu à battre
dans la plupart des cas) dans des
enveloppes cylindriques en acier ou en
plastique recouvertes de matériaux isolants
pour réduire le bruit. Certaines technologies
incluent un rideau de bulles à l?intérieur des
enveloppes.
Les batardeaux sont des blocs isolants
visant à créer un espace sans eau autour du
pieu. Le pieu est placé à l?intérieur d?une
coque en acier plus grande que son propre
diamètre et des pompes évacuent l?eau
entre les 2 structures. L?onde reste alors
confinée dans la coque de par la différence
d?impédance entre l?air et l?eau.
Ces techniques ont été déployées sur
plusieurs parcs éoliens en mer du Nord
(Riffgat et Aarhus Bight par exemple) et
affichent des réductions de bruit
intéressantes (jusqu?à 23 dB LE,p [100]).
Ces deux dernières techniques (blocs
isolants et batardeaux), plus récentes et
moins répandues que les rideaux de bulles,
ont l?avantage d?être moins influencées par
le courant que les rideaux de bulles, et
peuvent donc être des alternatives intéres-
santes.
Les caractéristiques de l?ensemble de ces
techniques sont résumées dans le tableau 15.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
129
Technologies
Capacité de
réduction
du bruit
Applications
possibles Maturité Réf. biblio-
graphiques
Grand rideau de bulles
Rideau de bulles
simple :
10 à 15 dB LE,p
Rideau double :
15 à 18 dB LE,p
Battage de pieux
Forage
Dragage
Explosion
Commercialisé,
nombreuses
utilisations à
travers le monde
15, 100
Petit rideau de bulles
4 à 14 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Technologie
éprouvée sur
différents
chantiers
15, 100
Bulles encapsulées
4-13 dB LE,p
Battage de pieux
Forage
Dragage
Explosion
Technologie
testée sur
plusieurs parcs
éoliens
15, 100
Bloc isolant
Sans rideau de
bulles :
10 à 14 dB LE,p
Avec rideau :
17 à 23 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Commercialisé,
tests dans
différents parcs
éoliens
15, 100
Batardeau (Cofferdam)
10 à 23 dB LE,p
Battage de
pieux
Forage
Technologie
éprouvée sur
quelques
chantiers
15, 100
Tableau 15 : Récapitulatif des principales technologies de rideaux de bulles et blocs isolants existantes (d?après [2]).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
130
3) Procédures de suivis de présence
et d?éloignement
Des procédures standardisées nationales
ou internationales ont été initiées par un
certain nombre de pays à travers le monde
pour proposer des mesures de mitigation
lors d?activités bruyantes. Ces guides sont
généralistes ou focalisés sur une activité en
particulier (sismique, éolien, sonar, etc.).
En 1995, le guide du JNCC au Royaume-Uni
a été le premier guide national fixant des
lignes directrices et les mesures de
mitigation à mettre en oeuvre pour la
sismique. Bien que des variations soient
notables entre les guides édités par la suite
par d?autres régions et pour d?autres
activités, la plupart des mesures sont
inspirées de ce guide. De nombreuses
mesures ont donc été empruntées à ce
guide « pionnier » sans pour autant être
applicables ou adaptées à d?autres zones
[146, 187, 191]. De plus, en tant que
« pionnier », ce guide repose essen-
tiellement sur des mesures de bon sens plus
que sur des bases scientifiques établies
[146]. Il a néanmoins fixé les bases de la
plupart des procédures actuelles de par le
monde.
a) Définition et calcul d?une zone
d?exclusion
Une zone d?exclusion est une zone d?un
rayon prédéfini autour de la source de bruit.
Il s?agit de la zone considérée comme
dangereuse pour les espèces marines
concernées.
De nombreux guides recommandent une
zone d?exclusion fixe de 500 m de rayon
autour de la source sonore. Si cette zone
peut être suffisante (voire même supérieure
selon les sources mises en oeuvre) pour
éviter les lésions, des perturbations
comportementales et du masquage acous-
tique sont possibles dans une zone plus
étendue [158]. Des études rapportent ainsi
des réactions significatives observées au-
delà de la zone arbitrairement définie des
500 m [11, 27, 69, 172].
Certains guides/recommandations proposent
donc un calcul de la zone d?exclusion à partir
des seuils auditifs de perturbation
comportementale, ce qui semble beaucoup
plus protecteur. Or cela pose deux
problèmes majeurs : d?une part, cela impli-
que que ces valeurs de seuils existent et
qu?elles soient fiables ; d?autre part, les
zones de mitigation ainsi définies seront plus
larges que celles définies à partir des seuils
de lésions. La question de la possibilité
d?assurer une surveillance visuelle d?une
zone de plusieurs km peut alors se poser [34].
D?autres schémas d?organisation sont alors
à envisager comme de placer des obser-
vateurs sur d?autres navires ou le recours à
des suivis aériens pour localiser les animaux
sur une plus large échelle [94, 140, 146]. Les
suivis aériens sont notamment utilisés dans
certaines régions (Hawaii, Californie,
Australie) lors d?exercices navals incluant
l?utilisation de sonars [42].
En conclusion, il est prématuré, en l?état
actuel des connaissances et des tech-
niques, de définir des zones d?exclusion
basées sur les impacts comportementaux.
Pour les projets susceptibles de causer des
dommages permanents ou temporaires aux
espèces marines, il est donc recommandé
d?appliquer une zone d?exclusion adaptée
aux enjeux et aux caractéristiques du site et
du projet, correspondant a minima à la zone
de risque de dommages physiologiques
(périmètre PTS) des espèces présentes,
assortie d?un facteur de précaution à définir
en fonction des conditions environ-
nementales (zones, périodes, rôle écolo-
gique, etc.), sous réserve que le rayon
minimal soit de 500 m.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
131
L?initiative prise par la Nouvelle-Zélande,
consistant à augmenter la taille de la zone
d?exclusion en présence de jeunes semble
pertinente au vu de leur sensibilité plus
élevée [34]. Il est donc recommandé
d?augmenter ce facteur de précaution dans
les zones/périodes propices à la présence
de jeunes individus et de définir une zone
tampon. Une zone d?alerte peut également
être définie autour de la zone d?exclusion, et
constituer une zone dans laquelle un animal
vu est susceptible de pénétrer dans la zone
d?exclusion (figure 29).
b) Pre-watch
Le pre-watch, ou surveillance pré-travaux,
est une surveillance minutieuse de la
zone entourant le chantier visant à
s?assurer qu?aucune espèce potentiel-
lement impactée par le bruit (en général
mammifères marins et/ou tortues) ne s?y
trouve avant le début des émissions
sonores. Il s?agit d?une surveillance visuelle
à 360° et/ou acoustique menée par des
observateurs de faune marine (MMO pour
Marine Mammal Observer) et/ou des
opérateurs en acoustique passive (PAM
pour Passive Acoustic Monitoring). Cette
mesure est proposée par l?ensemble des
guides de bonnes pratiques. La zone à
surveiller peut correspondre à la zone
d?exclusion précédemment définie ou être
plus large et englober également une « zone
d?alerte ». La durée du pre-watch va géné-
ralement de 30 min (profondeur < 200 m) à
60 min (profondeur > 200 m), durant
lesquelles aucune observation/détection ne
doit être effectuée pour que les travaux
puissent commencer. Dans les zones où
peuvent potentiellement être rencontrés des
cétacés grands plongeurs (cachalots,
baleines à bec), une durée de 60 min est
Figure 29 : Zones définies autour de la source sonore.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
132
fortement conseillée par la plupart des
recommandations (voire 120 min pour
ACCOBAMS). En cas de présence
d?animaux dans ce laps de temps, le début
des émissions sonores est reporté.
Le pre-watch implique que les conditions
météorologiques permettent de surveiller
visuellement la zone d?exclusion et ses
alentours. Cela signifie que les MMOs
doivent être suffisamment haut, avoir une
vue dégagée et qu?ils peuvent observer au
moins dans un rayon de 1 km autour de la
plateforme d?observation. De la même
façon, il convient de s?assurer de la portée
du ou des hydrophones afin de s?assurer de
couvrir la zone à surveiller.
Il est donc recommandé de mettre en
place un pre-watch visuel et/ou
acoustique pour les activités bruyantes21
de l?ordre de 60 min pour les zones de
profondeur supérieure à 200 m et/ou
susceptibles d?abriter des cétacés
grands plongeurs et de 30 min pour les
zones de moins de 200 m de profondeur.
c) Soft-start et ramp-up
Le soft-start et le ramp-up sont des
procédures d?augmentation progressive
du niveau sonore qui visent à éloigner les
espèces marines se trouvant au voisinage
des sources émettrices de façon à éviter tout
risque de dommage physiologique. Le soft-
start consiste à démarrer progressivement
l?activité (mise en route graduelle des
canons à airs en cas de sismique,
augmentation progressive de la vitesse du
rotor en cas de forage ou de la cadence de
frappe pour le battage de pieux par
exemple) jusqu?à atteindre le niveau
maximum d?émission. Lorsque cela n?est
21 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
pas possible (dans le cas d?utilisation
d?explosifs, ou de machines dont il est
impossible de régler l?intensité), la technique
ramp-up est utilisée : du bruit va être émis
dans le milieu par un autre moyen, avec un
niveau d?émission croissant, jusqu?à
atteindre le niveau sonore attendu. Ce n?est
qu?une fois ce niveau atteint que la source
sonore sera mise en oeuvre.
La durée de la procédure doit être suffisam-
ment longue pour provoquer un éloignement
significatif, mais pas pour provoquer une
habituation. Si l?efficacité, la durée et la
marche à suivre de ces procédures font
l?objet de débats [48, 191], elles restent
néanmoins une mesure de référence dans
la plupart des chantiers et sont
recommandées par l?ensemble des guides
ou préconisations de bonnes pratiques. La
durée préconisée est généralement de 20 à
40 min pendant laquelle le niveau de bruit va
augmenter progressivement. Pour obtenir
l?effet répulsif escompté, certains guides
préconisent une augmentation par pas de
6 dB jusqu?à atteindre la puissance maximale
attendue [28].
La mise en place d?une procédure de
soft-start ou ramp-up d?une durée de 20 à
40 min est recommandée dès lors que
celle-ci peut être techniquement mise en
place.
d) Surveillance visuelle pendant les
émissions
La surveillance visuelle est la méthode
d?atténuation la plus commune, présente
dans tous les guides, recommandations ou
protocoles généralement appliqués en cas
d?activités bruyantes (figure 30). Cependant,
les modalités varient largement, que cela
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
133
soit en nombre d?observateurs ou
concernant le caractère continu ou non de la
surveillance.
Si son efficacité dépend fortement des
observateurs et des conditions météo-
rologiques, la surveillance visuelle reste une
mesure pertinente. On considère
généralement qu?au-delà de 4 Beaufort
(vent supérieur à 16 nd), les conditions ne
permettent plus d?assurer une surveillance
efficace. La hauteur de houle et la visibilité
sont également des éléments à prendre en
compte. De plus, l?observation visuelle ne
peut être assurée que de jour. La complé-
mentarité d?un système de surveillance par
acoustique passive permet de palier en
partie ces limitations.
L?utilisation d?imagerie thermique ou infra-
rouge peut permettre de prolonger la
surveillance de nuit. Si cette technologie
n?est aujourd?hui efficiente que dans le cas
d?animaux de grande taille et en zone polaire
ou subpolaire, il est probable que cela
deviendra un outil prometteur dans les
années à venir.
Le recours à des observateurs expérimentés
et indépendants est primordial pour assurer
22 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
une surveillance et des prises de décision
impartiales, efficaces et rapides [144, 187].
Il convient donc d?être vigilant sur les
compétences et expériences des obser-
vateurs. Certaines régions imposent des
certifications obligatoires pour pouvoir
travailler dans les eaux sous leur juridiction
de façon à s?assurer de la qualité des
observateurs. Le Royaume-Uni impose ainsi
la certification MMO JNCC pour travailler
dans ses eaux ; dans le golfe du Mexique, la
formation PSO du BOEM est nécessaire. La
Nouvelle-Zélande impose la formation du
Département de la Conservation (NZ) et cer-
tains pays méditerranéens la formation MMO
dispensée sous l?égide d?ACCOBAMS.
Pour assurer une surveillance attentive,
les observateurs doivent pouvoir avoir
des temps de pause. Il est donc
recommandé d?avoir recours à au moins
trois personnes. Deux observateurs sont
ainsi en poste simultanément et peuvent
organiser des rotations.
Trois personnes sont ainsi recom-
mandées pour réaliser un suivi de la
faune marine pendant les opérations
bruyantes22. Une standardisation des
protocoles issus des travaux de
références (JNCC, ACCOBAMS, etc.) est
encouragée. Le recours à des obser-
vateurs qualifiés, expérimentés voire
certifiés est également essentiel.
Outre leur rôle de mitigation, les obser-
vations visuelles peuvent également jouer
un rôle important dans le suivi des impacts
du chantier. Sans suffire à constituer un
suivi, elles peuvent permettre d?apporter des
éléments sur la fréquentation de la méga-
faune marine à proximité immédiate du
chantier.
Figure 30 : Observateur de faune marine en poste
(crédit photo : Cohabys).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
134
e) Surveillance acoustique
La surveillance acoustique en temps réel
doit être considérée comme un outil
complémentaire aux observations visuelles,
dans la mesure où elle permet de détecter
des mammifères marins lorsque les
conditions d?observations sont mauvaises
pour les observateurs (de nuit ou lorsque les
conditions météo sont mauvaises).
Différents systèmes existent, depuis des
systèmes PAM tractés derrière les navires
sismiques aux réseaux de bouées munies
d?enregistreurs autonomes. Les systèmes
PAM permettent via des algorithmes de
détections et/ou l?écoute par un opérateur
PAM de détecter en temps réel les signaux
de cétacés émis à proximité des
hydrophones. Des logiciels comme
PAMGuard, Ishmael ou les logiciels propres
aux différents fournisseurs de solutions
permettent de visualiser les détections.
Cependant, la méthode a encore ses limites.
Il est ainsi difficile de discriminer certaines
espèces sur la seule base de leurs signaux
et de localiser précisément la position de
l?animal détecté. Si certaines espèces
émettent des signaux dont la portée est
faible (moins de 200 m pour les marsouins
par exemple), d?autres comme les baleines
ou les cachalots peuvent être audibles sur
des kilomètres. La fiabilité des algorithmes
de détections et de classification
automatique manque aujourd?hui de
robustesse. Il convient également de vérifier
que les algorithmes utilisés soient adaptés à
la zone d?étude.
Contrairement aux observations visuelles, il
existe très peu de protocoles détaillés sur
l?utilisation du PAM comme outil de
monitoring dans le cadre de chantiers
offshore. Son utilisation est souvent
encouragée (JNCC, ACCOBAMS) sans
qu?une procédure ne soit réellement détaillée.
À l?instar des observations, la qualification
des opérateurs PAM est cruciale. Il est
impératif que ces derniers soient des spécia-
listes, formés et forts de nombreuses
expériences dans l?utilisation de tels systèmes.
Pour monitorer en continu une zone d?ex-
clusion, il est nécessaire que le nombre
d?opérateurs PAM et le nombre d?hydropho-
nes soient cohérents avec la tâche à accom-
plir et le nombre de MMOs présents à bord.
De nombreuses innovations technologiques
sont en cours dans ce domaine que cela soit
pour la localisation des animaux ou la
détection automatique des signaux
bioacoustiques. Cet outil est donc amené à
évoluer très rapidement.
De même que pour les observations
La surveillance visuelle et acoustique
La surveillance visuelle de la zone d?étude est communément préconisée en cas de recours à
des activités particulièrement bruyantes (prospection sismique, forage, battage de pieux,
utilisation d?explosifs, etc.). Elle peut efficacement être complétée par une surveillance
acoustique, la nuit ou en cas de mauvaises conditions météorologiques.
Ces surveillances doivent être réalisées par des opérateurs qualifiés, expérimentés voire
certifiés (Marine Mammal Observers ou MMOs pour la surveillance visuelle et Passive Acoustic
Monitoring operators ou PAM pour la surveillance acoustique). Certains organismes comme
l?ACCOBAMS proposent des certifications pour ces opérateurs.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
135
visuelles, le monitoring acoustique peut
contribuer au suivi des impacts du chantier
en renseignant sur la fréquentation des
cétacés à proximité immédiate du chantier et
sur les niveaux d?émission en temps réel.
L?utilisation d?un système PAM lors des
opérations bruyantes23 est recom-
mandée en complément d?observations
visuelles. Le recours à des opérateurs
qualifiés, expérimentés voire certifiés est
essentiel.
f) Arrêt des travaux en cas de
présence d?animaux
Les guides et procédures de bonnes
pratiques ne sont pas unanimes sur l?arrêt
des travaux en cas de présence d?animaux
dans la zone d?exclusion : (i) certains guides
préconisent d?arrêter les travaux et de ne les
reprendre que lorsque les animaux seront
sortis de la zone d?exclusion (après avoir
effectué à nouveau un pre-watch et un soft-
start) ; (ii) d?autres recommandent de ne les
arrêter que si les animaux entrant dans la
zone d?exclusion sont des espèces
sensibles (définies au préalable) ; (iii)
d?autres enfin considèrent que le fait que des
animaux entrent dans la zone d?exclusion
alors que les activités sont en cours signifie
que le bruit généré ne les dérange pas.
Aucun arrêt n?est donc nécessaire [42, 191].
Étant donné que la définition de la zone
d?exclusion est généralement basée sur les
seuils connus de tolérance (seuils de
dommage physiologique, augmentés d?une
marge de précaution), que les animaux
peuvent être désorientés lors de l?exposition
au bruit et que l?efficacité des mesures
d?éloignement comme le soft-start n?est pas
connue, il est recommandé d?arrêter les
23 Le seuil à partir duquel une activité bruyante requiert la mise en place de mesure de mitigation n?est pas défini ici. Pour
rappel, pour la prospection sismique par canons à air, l?IFREMER a défini le seuil de 500 in3 comme volume d?air à partir
duquel des mesures sont mises en oeuvre.
travaux en cas d?intrusion d?animaux
dans la zone d?exclusion. Cela implique
qu?une zone d?exclusion soit définie en
amont pour les différentes espèces
désignées comme sensibles au bruit
généré. La détection des animaux est
alors effectuée par les observations
visuelles et le monitoring acoustique.
Ce type de mesure peut ralentir le projet et
allonger les délais. Mais cela permet de
réduire le risque d?impact temporaire ou
permanent sur les animaux s?aventurant en
zone potentiellement dangereuse. Cette
contrainte devrait donc être intégrée en
amont du projet de façon à en tenir compte
dans la planification et la budgétisation du
projet.
Le logigramme présenté sur la figure 31
détaille un exemple de protocole pouvant
être mis en place pour réduire les impacts
sur la faune marine dans le cadre de
réalisation de travaux en mer.
g) Répulsifs acoustiques
Il n?est évoqué ici que l?utilisation des
répulsifs acoustiques comme mesure de
réduction du risque d?impact du bruit dans le
cadre de chantiers bruyants. Leur utilisation
dans le cadre des pêcheries n?est pas
abordée.
Deux principaux types de répulsifs
acoustiques peuvent être utilisés pour faire
fuir des animaux de zones potentiellement
dangereuses : les pingers, qui émettent
généralement entre 2,5 et 100 kHz, et les
effaroucheurs à phoques (seal scarer) qui
émettent entre 8 et 17 kHz. Les deux types
d?instruments, initialement destinés à
éloigner les animaux des pêcheries et à
réduire les captures accidentelles, sont de
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
136
plus en plus utilisés lors de constructions de
parcs éoliens en mer [20] ou d?amé-
nagements portuaires. Les effaroucheurs à
phoques sont ainsi fréquemment recom-
mandés comme mesure d?éloignement pour
les marsouins communs car jugés par
certains auteurs moins impactants que les
pingers pour l?espèce du fait de leurs
fréquences d?émissions [20]. Si leur
efficacité a été prouvée, certains auteurs
estiment que ces dispositifs éloigneraient
les mammifères marins sur des distances
beaucoup plus importantes que ce qui était
attendu [22] et pourraient participer à
l?exclusion des animaux de leurs habitats
favorables en augmentant voire dépassant
l?impact du chantier [38, 189].
Si les répulsifs acoustiques ont montré
leur efficacité sur certains chantiers, ils
ne peuvent toutefois pas être recom-
mandés sur tous les chantiers et leur
utilisation ne peut pas être généralisée.
Comme pour les autres sources
acoustiques, il convient de ne pas
émettre à des niveaux supérieurs aux
besoins. Pour les espèces très haute
fréquences en particulier, la prudence est
de mise. La conduite d?un soft-start et
d?une surveillance minutieuse de la zone
de chantier suffit généralement à
éloigner les animaux des zones
potentiellement impactées.
Les procédures de suivis de présence et
d?éloignement sont synthétisées dans le
tableau 16 ci-après.
Les mesures de réduction du bruit, en bref
Pour réduire les impacts du bruit lors d?activités bruyantes, on distingue 3 catégories de mesures :
? Des mesures visant à planifier les travaux hors des périodes ou zones écologiquement
critiques ;
? Des mesures visant à réduire le bruit à sa source ;
? Des mesures visant à éloigner les espèces sensibles des zones potentiellement dangereuses
pour elles.
Les deux premières catégories sont à privilégier. Il est en effet plus conservateur de chercher à
réduire le bruit avant qu?il ne soit impactant plutôt que d?éloigner les animaux de zones
potentiellement importantes pour leurs cycles biologiques. Ce type de mesures est également
quantifiable en mesurant le son généré, alors qu?il est plus difficile d?évaluer les techniques
d?éloignement.
La surveillance de la présence d?animaux vient ensuite compléter ces mesures. Cette
surveillance peut être visuelle et acoustique et doit être assurée par des opérateurs
qualifiés et expérimentés, voire certifiés.
Le choix des mesures à mettre en oeuvre doit être cohérent au regard des impacts attendus. Le
porteur de projet se doit d?analyser les différentes mesures disponibles et de les intégrer dans la
planification et le budget du projet.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
137
Définition d?une zone
d?exclusion (Zex)
Mise en place
d?un pre-watch
30 min : secteurs côtiers, moins de 200 m de profondeur
60 min : secteurs de plus de 200 m de profondeur
Absence d?espèce
sensible dans la Zex
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Mise en place
d?un soft-start
20 à 40 min
Absence d?espèce
sensible dans la Zex
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Démarrage des
travaux
Présence d?espèces
sensibles dans la
Zex
Arrêt/report des
travaux
Surveillance
visuelle et
acoustique
Figure 31 : Exemple de protocole à mettre en place pour réduire les impacts sur
la faune marine dans le cadre de réalisation de travaux en mer.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
138
Mesure Activité concernée Mise en oeuvre Efficacité Limite
Définition d?une zone
d?exclusion
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Définir une zone dans laquelle aucune
espèce sensible ne doit se trouver (zone
d?impact physiologique)
Bonne Disponibilité de mesures ou outil de
monitoring pour des zones de plus d?un km
Pre-watch
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Surveillance visuelle/acoustique de la zone
d?exclusion et de ses alentours pour vérifier
l?absence d?espèces sensibles. Durée de
30 à 60 min en fonction de la zone.
Bonne Disponibilité de mesures ou outil de
monitoring pour des zones de plus d?un km
Soft-start/ramp-up
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Augmentation progressive des niveaux
sonores pour éloigner les espèces
sensibles. Durée de 20 à 40 min.
Inconnue
Connaissance limitée sur la séquence
d?augmentation efficiente en fonction des
espèces/groupe d?espèces
Surveillance visuelle Toutes
Présence d?observateurs de faune marine
qualifiés et expérimentés pour surveiller la
zone d?exclusion et ses abords.
2 à 3 personnes nécessaires
Bonne Tributaire des conditions d?observation,
impossible pendant la nuit
Surveillance acoustique Toutes
Déploiement d?un dispositif acoustique
passif de détection et de localisation des
signaux émis par les cétacés
Bonne
Identification jusqu?à l?espèce compliquée,
distance de détection variable selon
l?espèce
Arrêt des travaux
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Arrêt des travaux en cours en cas de
présence d?espèces sensibles dans la zone
d?exclusion, reprise quand ils en sont sortis
selon une procédure à définir
Bonne Coût économique pour le chantier,
acceptation par le donneur d?ordre
Utilisation de répulsifs
Chantiers en mer,
forage, battage de
pieux, sismique,
dragage, explosion
Utilisation de dispositifs type pingers ou
effaroucheurs à phoques pour éloigner les
animaux
Non unanime
dans la
communauté
scientifique
Éloignement de zones écologiquement
importantes, habituation des animaux
Tableau 16 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou modifications de techniques
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
139
III. Compenser
Les mesures compensatoires ont pour but
d?apporter une contrepartie aux effets
négatifs directs ou indirects qui n?ont pu être
évités ou suffisamment réduits. Ces
mesures doivent compenser dans le respect
de l?équivalence écologique et avec pour
objectif l?absence de perte nette de
biodiversité [124].
Face au bruit sous-marin d?origine
anthropique, il n?existe pas à l?heure
actuelle de mesure compensatoire pour
la faune marine. À défaut, toute action ins-
crite dans un Plan national d?action (tortues,
mammifères marins par exemple) contribue à
la conservation des espèces concernées, et
ces actions sont donc encouragées.
IV. Suivre
Toute mesure ERC doit faire l?objet d?un
suivi, imposé par la réglementation, afin de
justifier de la mise en place des mesures et
de leur efficacité. Ce suivi doit donc
répondre à un objectif précis, et permettre
d?évaluer les résultats obtenus vis-à-vis de
ceux attendus. En d?autres termes, le suivi
doit permettre d?appréhender l?évolution du
milieu et des espèces durant le chantier, et
de définir si les mesures ERC planifiées ont
eu l?effet escompté.
Le type de suivi, sa fréquence, son emprise,
ses modalités de mise en oeuvre mais
également le type d?analyse effectué,
dépendent du projet lui-même, des espèces
présentes et de l?intérêt écologique du
secteur.
Les suivis doivent donc permettre de vérifier
si un impact a été observé ou non,
généralement en réponse à un état initial
réalisé en amont des travaux. Pour les
projets ayant une poursuite après la phase
travaux, tels que les parcs EMR, cela induit
un suivi du projet en fonctionnement et au
cours de la vie du parc et un suivi de la
fréquentation par les espèces marines selon
des méthodes à définir en fonction du projet
et de la zone.
Pour les autres projets (sismique, dragage,
déroctage, explosion), une attention
particulière devra être portée aux
échouages d?animaux dans les secteurs
concernés via les réseaux d?intervention
existants. Un suivi post-travaux peut être
envisagé pour ces projets également.
Pour des activités continues, comme le
trafic maritime, il est difficile de mettre en
place des mesures de suivi. Les mesures
ERC proposées étant essentiellement
basées sur l?adaptation du design, la
maintenance et la réduction de la vitesse,
des mesures techniques sur le gain obtenu
en termes de réduction sonore doivent être
réalisées in situ. Des mesures d?accom-
pagnement peuvent être proposées pour
aller plus loin.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
140
V. Accompagner
Aux mesures ERC peuvent également
s?ajouter des mesures d?accompagnement.
Contrairement aux mesures ERC, les
mesures d?accompagnement ne répondent
pas à une obligation réglementaire mais
sont une proposition du porteur de projet
pour améliorer les connaissances ou
augmenter l?efficacité de mesures ERC.
Elles ne se substituent pas à des mesures
ERC mais traduisent plutôt un engagement
vis-à-vis des espèces ou des habitats
concernés par le projet [124].
1) Acquisition de connaissances
complémentaires et diffusion
L?acquisition de connaissances complé-
mentaires sur des zones ou des espèces
concernées par les projets ou travaux
constitue une mesure d?accompagnement.
Cela peut se traduire par la conduite de
suivis environnementaux complémentaires
de plus grande ampleur (spatialement et/ou
thématiquement par rapport à ce qui est
requis pour l?état initial), la mise à disposition
de données collectées, l?approfondissement
des connaissances relatives aux impacts ou
à la biologie des espèces, la participation à
des programmes de recherche, etc.
Ces nouvelles connaissances peuvent par
ailleurs profiter à la définition des zones et
périodes écologiquement importantes.
L?acquisition de connaissances sur les
niveaux sonores générés par les différentes
activités anthropiques est également
encouragée, puisqu?aujourd?hui encore les
données restent parcellaires voire inexis-
tantes pour certaines sources. L?amélio-
ration des connaissances sur les impacts
des émissions sonores sur la faune marine
est également à poursuivre et à accom-
pagner. La diffusion et la valorisation des
données collectées lors des suivis ou dans
le cadre des mesures d?accompagnement
est également un point essentiel.
2) Restauration/réhabilitation
d?habitats
La restauration d?habitats dégradés ou la
réhabilitation de secteurs en vue d?y
favoriser ou accroître la biomasse ou la
biodiversité constituent des mesures
d?accompagnement. Cela implique que ces
habitats présentent des caractéristiques
propices au développement de la faune et
de la flore locales.
Ces mesures de restauration peuvent ainsi
participer à l?amélioration de l?état éco-
logique d?un secteur et le faire évoluer vers
un état plus favorable à son fonctionnement
ou à sa biodiversité.
La création d?aires marines protégées est
une prérogative de l?État qui ne peut
constituer une mesure de compensation ou
d?accompagnement de la part du porteur de
projet. En revanche la participation à
l?amélioration des habitats ou à la restau-
ration d?écosystèmes peuvent constituer
une mesure d?accompagnement tout en
s?inscrivant dans les objectifs d?une aire
marine protégée.
3) Actions de sensibilisation
Le maître d?ouvrage peut accompagner son
projet d?actions de sensibilisation auprès
des usagers et du grand public autour des
thématiques clés. Des actions autour du
bruit sous-marin et des méthodes pour le
réduire, la maîtrise des impacts et des
incidences sur la faune marine peuvent donc
être envisagées par les porteurs de projet.
La communication et la transparence autour
des méthodes utilisées sur ledit chantier
sont également encouragées.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
141
VI. Synthèse
Le tableau 17 ci-après synthétise l?ensemble
des mesures disponibles pour éviter et
réduire les impacts sonores sur la faune
marine.
Les autres mesures, en bref
? Il n?existe pas de mesure compensatoire pour les impacts liés aux émissions sonores.
? Des mesures d?accompagnement peuvent cependant être mises en place. Celles-ci
consistent à acquérir des connaissances complémentaires sur les zones ou les espèces
impactées, sur les niveaux sonores générés, à mettre en place des programmes de
restauration d?habitats, ou à mener des actions de sensibilisation.
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
142
Type de mesure Activité concernée Efficacité Mise en oeuvre Niveau de
maturité Coût de mise en oeuvre Difficulté
Éviter
Définir des
zones/périodes
sensibles
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Analyse de données,
connaissances
fondamentales
Dépend des
secteurs
Aucun, mais impact
possible sur le calendrier
du chantier
Limitation des
connaissances
Dimensionnement
du projet
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Dimensionner le
projet en regard des
enjeux
environnementaux
?
Potentiellement significatif,
à considérer le plus en
amont possible
Viabilité
économique,
connaissances
existantes
Suspension des
travaux
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Suspendre les
travaux lors des
périodes clés
?
Potentiellement important, à
considérer le plus amont
possible
Connaissances
existantes,
viabilité
économique
Réduire
Aménagement des
techniques,
techniques moins
bruyantes
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Variable
Adaptation/modificati
on des techniques,
du calendrier
Variable
Potentiellement significatif,
à considérer le plus amont
possible
Connaissances
existantes,
viabilité
économique
Définition d'une zone
d'exclusion
Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Bonne
Suivi visuel et
acoustique,
modélisation
Couramment
mis en place Aucun Limites
techniques
Pre-watch Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Bonne
Suivi visuel et
acoustique,
modélisation
Couramment
mis en place
Observateurs et opérateurs
acoustiques
(3 à 5 personnes, soit 1 200
à 2 200 ¤ HT/jour)
Limites
techniques
Soft-start/ramp-up Battage de pieux, sismique,
forage, dragage Inconnue
Augmentation
graduelle des
niveaux sonores
Couramment
mis en place
Observateurs et opérateurs
acoustiques
(3 à 5 personnes, soit 1 200
à 2 200 ¤ HT/jour)
Limitation des
connaissances
Tableau 17 : Tableau récapitulatif des mesures pour éviter et réduire l?impact des émissions sonores sur la faune marine
(en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont, en orange : mesures à mettre en oeuvre en phase de travaux, exploitation et/ou démantèlement).
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
143
Type de mesure Activité concernée Efficacité Mise en oeuvre Niveau de
maturité Coût de mise en oeuvre Difficulté
Surveillance visuelle
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne
Présence
d'observateurs à
bord
Couramment
mis en place
3 observateurs de faune
marine
(environ 1 200 ¤ HT/jour)
Tributaire de
la météo
Surveillance
acoustique
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Bonne Matériel acoustique,
opérateur PAM
Couramment
mis en place
2 opérateurs en acoustique
passive
(environ 1 000 ¤ HT/jour)
Limites
techniques
Arrêt des travaux en
cas de présence
d'animaux
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Présumée
bonne
Surveillance
visuelle/acoustique
temps réel
Couramment
mis en place
Potentiellement important, à
considérer le plus en amont
possible
Acceptation,
conséquences
économiques
Répulsifs
acoustiques
Battage de pieux, sismiques,
forages, dragages, explosions,
trafic maritime, pose de câbles
Discutée
Mise en place de
dispositifs
d'effarouchement
Souvent utilisé De 200 à 500 ¤ par unité Perte
d'habitat
Rideaux de bulles
(air ou HSD)
Battage de pieux, forage,
utilisation d?explosifs Bonne
Rideaux déployés
autour du chantier ou
de l'atelier
Commercialisé De 10 000 à 100 000 ¤ en
fonction du type de chantier
Tributaire du
courant
Matériaux tampons,
batardeaux, blocs
isolants
Battage de pieux, forage Bonne
Déploiement autour
du chantier ou de
l?atelier
Commercialisé
ou en test ?
Moins mature
que les
rideaux de
bulles
PARTIE 3 :
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
144
PARTIE 4 :
Fiches synthèse
145
Les fiches présentées dans cette partie
synthétisent, pour certaines sources
sonores :
? les niveaux attendus et les plages de fré-
quences concernées par les émissions ;
? les espèces potentiellement exposées ;
? les impacts potentiels ;
? les mesures à envisager pour éviter ou
réduire ces impacts, et la ou les
éventuelle(s) mesure(s) d?accompagne-
ment à mettre en place.
Chaque fiche présente également un
exemple concret d?observation pour
chacune des sources présentées, avec les
niveaux large bande mesurés (niveau
calculé sur l?ensemble de la bande de
fréquences d?enregistrement).
Ces fiches permettent d?illustrer des
catégories d?activités, mais des différences
majeures existent au sein de chacune de
ces catégories. Les niveaux sonores
générés peuvent varier grandement au sein
d?une même activité en fonction des
caractéristiques des projets. Les impacts
potentiels sont également variables en
fonction des opérations (techniques
utilisées, durée des émissions, niveaux
sonores générés, etc.) et des enjeux du site
(présence des espèces dans la zone, intérêt
écologique de la zone, récurrence des
activités bruyantes, etc.).
Les mesures d?évitement, de réduction ou
d?accompagnement à mettre en place
doivent ainsi être proportionnées aux
impacts attendus. Dans ces fiches
synthèse, un certain nombre de mesures
sont proposées pour chaque activité,
mais cela ne signifie pas qu?elles doivent
systématiquement être mises en oeuvre.
En conséquence, une étude au cas par
cas est nécessaire afin d?établir si des
mesures doivent être mises en place. Il
est nécessaire d?évaluer des distances
d?impact (périmètres PTS a minima),
notamment en modélisant la propagation du
bruit et en réalisant l?inventaire des espèces
potentiellement présentes afin de quantifier
le niveau d?impact. Les mesures d?évite-
ment, de réduction et d?accompagnement
sont alors à adapter en fonction de ce
niveau.
Ces fiches sont classées en fonction de la
nature du bruit généré par l?activité
présentée : bruit impulsionnel (fiches
bleues) ou bruit continu (fiches vertes).
Sur chaque fiche, à côté de la liste des
espèces exposées, une échelle de couleur
Partie 4
Fiches synthèse
PARTIE 4 :
Fiches synthèse
146
permet d?évaluer le risque pour chaque
groupe d?espèce en cas d?exposition
directe. Ces flèches permettent d?appré-
hender l?exposition de chaque groupe
d?espèce à la source de bruit en question en
fonction de ses capacités auditives, en
particulier des fréquences qu?elles sont
capables de percevoir (et de l?étendue de la
gamme de fréquences en question) et du
niveau de bruit à partir duquel elles vont
entendre le son.
Ainsi, les couleurs (rouge, orange, jaune et
beige) témoignent de la capacité des
espèces à percevoir les fréquences émises
(le rouge signifie que le groupe d?espèce
correspondant est susceptible d?être
fortement exposée au bruit émis par la
source, car les fréquences émises
correspondent à la gamme de fréquences
perçue, tandis que le beige signifie que le
groupe d?espèce est peu exposé).
L?intensité de la couleur (vif ou pastel) reflète
l?intensité du bruit perçu : plus la couleur est
vive et plus le niveau émis par la source de
bruit est susceptible d?être fortement perçu
par le groupe d?espèces considéré.
Index des fiches :
Activité Numéro
de fiche Page
B
ru
it
im
pu
ls
io
nn
el
Sondeur monofaisceau 1 147
Sondeur multifaisceaux 2 149
Sondeur de sédiments 3 151
Prospection sismique par canon à air
(sismique « lourde ») 4 153
Prospection sismique haute résolution 5 155
Battage de pieux par marteau hydraulique 6 157
Déroctage à l?explosif 7 159
Répulsifs acoustiques (pingers) 8 161
B
ru
it
co
nt
in
u
Forage 9 163
Éolienne (posée) en fonctionnement 10 165
Hydrolienne en fonctionnement 11 167
Vibrofonçage 12 169
Dragage par drague aspiratrice en marche (TSHD) 13 171
Navire de pêche côtière (< 12 m) 14 173
Navire technique 15 175
Navire de commerce de plus de 100 m 16 178
Navire à grande vitesse 17 179
Navire de plaisance à moteur hors-bord (< 12 m) 18 181
Motomarine 19 183
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
147
Bruit impulsionnel 1. SONDEUR MONOFAISCEAU
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur
Sondeur monofaisceau
halieutique
Simrad EK60-38
Navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Fréquence nominale 38 kHz
Niveau d?émission maximal
(LS @ 1 m) 231 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion 0,25 ? 4 ms
Directivité émission 7°
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Outil émettant des ondes sonores dans le milieu marin dont la
réflexion sur le fond permet de mesurer la hauteur d?eau, d?observer
la colonne d?eau, de visualiser la morphologie des fonds marins et
de caractériser superficiellement la nature du substrat.
Les sondeurs monofaisceaux émettent au travers d?un faisceau
d?angle réduit à la verticale du bateau.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
12-500 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 210 à 240 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion < 2 ms
Directivité Verticale
Importante (quelques degrés)
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie (plus la fréquence est faible, plus
l?onde sonore se propage sur de grandes distances)
? Directivité
1 - SO
N
D
EU
R
M
O
N
O
FA
ISC
EA
U
© IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
148
Bruit impulsionnel 1. SONDEUR MONOFAISCEAU
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence (émissions < à 30 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission et des durées d?impulsion réduites : risques limités à la
zone située à la verticale du sondeur, à proximité de l?antenne.
Les sondeurs haute fréquence (> 100 kHz) ne sont perceptibles que
par les cétacés haute fréquence et très haute fréquence. Les
sondeurs dont les émissions sont supérieures à 180 kHz ne sont plus
audibles par la faune marine.
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
1 - SO
N
D
EU
R
M
O
N
O
FA
ISC
EA
U
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
149
Bruit impulsionnel 2. SONDEUR MULTIFAISCEAU
EK 60
DESCRIPTION
Outil émettant des ondes sonores dans le milieu marin dont la
réflexion sur le fond permet de mesurer la hauteur d?eau, de
visualiser la morphologie des fonds marins et de caractériser
superficiellement la nature du substrat.
Les sondeurs multifaisceaux émettent dans plusieurs directions,
avec une ouverture angulaire importante dans le plan transversal au
porteur.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur Sondeur multifaisceau
Kongsberg EM304
Navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Fréquence nominale 30 kHz
Bande passante 26-34 kHz
Niveau d?émission maximal
(LS @ 1 m) 234 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité émission 0.5° x 140°
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
10-500 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 210 à 240 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité Importante (plan longitudinal au
porteur)
© IFREMER
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie (plus la
fréquence est faible, plus l?onde sonore se
propage sur de grandes distances)
? Directivité
2 - SO
N
D
EU
R
M
U
LTIFA
ISC
EA
U
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
150
Bruit impulsionnel 2. SONDEUR MULTIFAISCEAU
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence (émissions < à 30 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission et des durées d?impulsion réduites : risques limités à la
zone située à la verticale du sondeur, à proximité de l?antenne.
Les sondeurs haute fréquence (> 100 kHz) ne sont perceptibles que
par les cétacés haute fréquence et très haute fréquence. Les
sondeurs dont les émissions sont supérieures à 180 kHz ne sont plus
audibles par la faune marine.
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
2 - SO
N
D
EU
R
M
U
LTIFA
ISC
EA
U
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
151
Bruit impulsionnel 3. SONDEUR DE SÉDIMENTS
EK 60
DESCRIPTION
Équipement acoustique émettant des ondes sonores qui permettent
de caractériser les couches sédimentaires sur plusieurs dizaines de
mètres de profondeur.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
? Activités scientifiques/Recherche
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de sondeur Sondeur de sédiments
IxBlue Echoes 3500
Type de navire Navire océanographique
Observations :
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante 1,5-6,5 kHz
Fréquence de max. d?énergie 3,1 kHz
Niveau d?émission maximal (LS @ 1 m) 212 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion 10 - 100 ms
Directivité émission 20 - 50°
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
1-10 kHz
(variable)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 190 à 230 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques dizaines de ms
Directivité Importante (verticale)
Principaux paramètres influents :
? Fréquence de maximum d?énergie
(plus la fréquence est faible, plus
l?onde sonore se propage sur de
grandes distances)
? Directivité
3 - SO
N
D
EU
R
D
E SÉD
IM
EN
TS
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
152
Bruit impulsionnel 3. SONDEUR DE SÉDIMENTS
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence
Cétacés très haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Oiseaux plongeurs (émissions < à 6 kHz)
Poissons (émissions < à 3 kHz)
Tortues (émissions < à 3 kHz)
Crustacés et mollusques (émissions < à 3 kHz)
IMPACTS POTENTIELS
Faible probabilité d?impact du fait de la forte directivité du faisceau
d?émission, des durées d?impulsion réduites et du niveau d?émission
modéré : risques limités à la zone située à la verticale du bateau, à
proximité de l?antenne du sondeur.
Les sondeurs de sédiments émettant à plus de 3 kHz ne sont audibles
que par les mammifères marins et, dans une moindre mesure, par les
oiseaux plongeurs (jusqu?à 6 kHz).
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
++ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
3 - SO
N
D
EU
R
D
E SÉD
IM
EN
TS
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
153
Bruit impulsionnel 4. PROSPECTION SISMIQUE PAR CANON À AIR
EK 60
DESCRIPTION
Technique visant à émettre une onde sonore de forte intensité
(grâce à un ou plusieurs canons à air) et à étudier sa réflexion et sa
réfraction par les différentes strates du fond marin afin d?en
caractériser la structure géologique.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
? Activités halieutiques (pêche)
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5 Hz-15 kHz
(10-100 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 240 à 260 dB re 1 µPa (LS,pk)
Durée d?impulsion 10-100 ms
Directivité Faible
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE (SISMIQUE LOURDE)
Conditions d?observation :
Contexte Sismique Multi-traces IFREMER
Type de canon Canons à air (GGUN)
Volume 2 570 in3
Nombre de canons 14
Observations :
Fréquences de max. d?énergie < 100 Hz
Pression crête 36,4 bar @ 1 m
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 251 dB re 1 µPa
LE,p : 229 dB re 1 µPa2s
Cadence de tirs 20 s
Principaux paramètres influents :
? Volume d?air contenu dans le
canon
? Nombre de canons à air
? Pression exercée sur le volume
d?air
4 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E PA
R
C
A
N
O
N
À
A
IR
© IFREMER Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
154
Bruit impulsionnel 4. PROSPECTION SISMIQUE PAR CANON À AIR
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés et autres carnivores
Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction de la puissance de la source
? PTS (dizaines voire centaines de m)
? TTS (dizaines à centaines de m)
? Masquage (distance inconnue)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en
cas de présence dans la zone
d?exclusion
++ p.132 à 135
Procédure
de pre-
watch et
soft-start
Observation avant le démarrage
des émissions et augmentation
progressive du niveau sonore
des opérations
+ p.131-132
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite source pour
l?objectif envisagé, restreindre
les émissions aux zones
étudiées
+ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
4 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E PA
R
C
A
N
O
N
À
A
IR
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
155
Bruit impulsionnel 5. PROSPECTION SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION
EK 60
DESCRIPTION
Technique visant à émettre une onde sonore de forte intensité
(grâce à un faible nombre de canons à air) et à étudier sa réflexion
et sa réfraction par les différentes strates du fond marin afin d?en
caractériser la structure géologique.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles
et canalisations
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5 Hz-15 kHz
(10-100 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 225 à 240 dB re 1 µPa (LS,pk)
Durée d?impulsion 10-100 ms
Directivité Faible
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE (SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION)
Conditions d?observation :
Contexte Sismique HR IFREMER
Type de canon Canons à air (mini-GI)
Volume 96 in3
Nombre de canons 2
Observations :
Fréquences de max. d?énergie < 100 Hz
Pression crête 4,3 bar @ 1 m
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 233 dB re 1 µPa
LE,p : 206 dB re 1 µPa2s
Cadence de tirs 6 s
©
Principaux paramètres influents :
? Volume d?air contenu dans le
canon
? Nombre de canons à air
? Pression exercée sur le
volume d?air
5 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E H
A
U
TE RESO
LU
TIO
N © IFREMER
Source : IFREMER
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
156
Bruit impulsionnel 5. PROSPECTION SISMIQUE HAUTE RÉSOLUTION
IMPACTS POTENTIELS
Impacts plus limités que pour la sismique lourde et variables en
fonction de la puissance de la source.
? PTS (de quelques m à quelques dizaines de m)
? TTS (< 50 m)
? Masquage (distance inconnue)
? Dérangement (quelques km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
aux zones étudiées
+ p. 123
Limiter les
émissions
Utiliser la plus petite puissance pour
l?objectif envisagé
++ p. 123
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés et autres carnivores
Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
5 - PR
O
SPEC
TIO
N
SISM
IQ
U
E H
A
U
TE RESO
LU
TIO
N
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
157
Bruit impulsionnel 6. BATTAGE DE PIEUX PAR MARTEAU HYDRAULIQUE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Procédé consistant à enfoncer un pieu,
souvent métallique, dans le substrat à l?aide
d?un marteau hydraulique simple.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Travaux et aménagements côtiers
? Installation de câbles et canalisations
(installation de plateforme de forage)
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz-20 kHz
(100-1 000 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 200-250 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques millisecondes
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Diamètre du pieu 1,22 mètre
Nature du fond Vase + roche
Bathymétrie 10 m en moyenne
Profondeur d?enfouissement 6 m
Type de marteau et énergie
transmise
Marteau hydraulique IHC-S70
Energie nette max./coup : 70 kJ
Poids masse frappante : 3,5 t
Poids du marteau : 8,3 t
Cadence d?enfouissement 50 coups/min max.
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 400 Hz
Niveaux max. ramenés @ 1 m
LS,pk : 207 dB re 1 µPa
LE,p : 192 dB re 1 µPa².s
Durée d?impulsion observée 80 ms
Principaux paramètres influents :
? Diamètre du pieu
? Nature du fond
? Bathymétrie
? Profondeur d?enfouissement
? Type de marteau et énergie
transmise
? Cadence d?enfouissement
© NEREIS Environnement
6 - B
A
TTA
G
E D
E PIEU
X PA
R
M
A
R
TEA
U
H
YD
R
A
U
LIQ
U
E
D?après [6]
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
158
Bruit impulsionnel 6. BATTAGE DE PIEUX PAR MARTEAU HYDRAULIQUE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (dizaines voire centaines de m)
? TTS (plusieurs dizaines à centaines de m)
? Masquage (plusieurs km)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à la source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
soft-start
Augmentation progressive du
niveau sonore d?une opération de
travaux
+ p. 132
Méthodes
alternatives
Utilisation de méthodes alternatives
(vibrofonçage, forage)
Choix d?autres fondations (EMR),
réduction du diamètre du pieu
/ p. 125
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
6 - B
A
TTA
G
E D
E PIEU
X PA
R
M
A
R
TEA
U
H
YD
R
A
U
LIQ
U
E
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
159
Bruit impulsionnel 7. DEROCTAGE À L?EXPLOSIF
EK 60
DESCRIPTION
Procédé consistant à fragmenter, à l?aide d?explosifs, un substrat
rocheux puis à déblayer les débris
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
(démantèlement)
? Travaux et aménagements côtiers
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
2 Hz-1 kHz
(< 500 Hz)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 250 à + de 300 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion Quelques ms
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?explosif TovexTM
Charge explosive 1 510 kg
Nature du fond Rocheux
Profondeur d?enfouissement Entre 3 et 10 m
Bathymétrie Environ 15 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 456 Hz
Niveau max. @ 1 835 m LS,pk : 149 dB re 1 µPa
Niveau max. ramené @ 1 m LS,pk : 214 dB re 1 µPa
Principaux paramètres influents :
? Charge explosive
? Nombre de charges
? Enfouissement/ profondeur
d?enfouissement
? Nature de la roche
? Bathymétrie
D?après [158]
En pleine
7 - D
ER
O
C
TA
G
E À
L?EXPLO
SIF
D?après [174]
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
160
Bruit impulsionnel 7. DEROCTAGE À L?EXPLOSIF
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (de quelques dizaines de m à plusieurs km)
? TTS (de quelques dizaines de m à plusieurs km)
? Masquage (?)
? Dérangement (plusieurs km)
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque groupe
d?espèce : détermination a minima de périmètres de dommages
physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
+++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
+++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à la source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = report en
cas de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
pre-watch et
ramp-up
Observation avant le démarrage
des travaux et augmentation
progressive du niveau sonore
+ p. 131-132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
7 - D
ER
O
C
TA
G
E À
L?EXPLO
SIF
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
161
Bruit impulsionnel 8. RÉPULSIFS ACOUSTIQUES (PINGERS)
EK 60
DESCRIPTION
Les répulsifs acoustiques (ou pingers) sont de petits dispositifs
émettant un signal impulsionnel haute fréquence permettant de
garder les mammifères marins à distance des engins de pêche, des
sites aquacoles ou des activités potentiellement dangereuses.
APPLICATIONS
? Activités halieutiques
? Énergies marines renouvelables
? Industrie du pétrole et du gaz
? Travaux et aménagements côtiers
? Activités scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Impulsionnel
Bande passante
(max. d?énergie)
5-160 kHz
(variable selon l?espèce ciblée)
Niveau LS attendu (@ 1 m) 130 à 200 dB re 1 µPa
Durée d?impulsion < 2 s
Directivité Variable
Principaux paramètres influents :
Le choix de la (des) fréquence(s) et du niveau d?émission dépend de
l?usage du répulsif et des espèces de mammifères marins que l?on
cherche à éloigner.
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de répulsif Répulsif à dauphins/marsouins
Marque et modèle AQUATEC Aquamark 210
Profondeur d?immersion 2 m
Bathymétrie 10 m
Type d?émission
Aléatoire avec modulations de
fréquence (5 à 160 kHz) et durée
d?impulsion variable (50-300 ms)
Observations :
Fréquences de max. d?énergie Variable
Niveaux d?émission maximum
ramenés @ 1 m
LS,pk : 148 dB re 1 µPa
LE,p : 143 dB re 1 µPa².s
Durée d?impulsion observée 300 ms
8 - R
ÉPU
LSIFS A
C
O
U
STIQ
U
ES (PIN
G
ERS)
B
ruit im
pulsionnel
Partie 4 : fiches synthèse
162
Bruit impulsionnel 8. RÉPULSIFS ACOUSTIQUES (PINGERS)
ESPÈCES EXPOSÉES
Variable en fonction des espèces ciblées
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Phocidés
Siréniens
Autres carnivores
Cétacés basse fréquence
Oiseaux plongeurs
IMPACTS POTENTIELS
? TTS
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, attraction, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Les répulsifs acoustiques étant mis en place délibérément pour faire
fuir certaines espèces, leur utilisation ne s?accompagne généralement
pas d?évaluation préalable.
Dans le cas où ces répulsifs sont utilisés pour sécuriser un périmètre
(dans le cadre de travaux impactants), il est cependant important
d?évaluer leur efficacité (modélisation de l?empreinte sonore,
évaluation du nombre de répulsifs nécessaires, etc.).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes
écologiquement importantes
(mise bas, reproduction,
alimentation, migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Restreindre
l?utilisation
Utiliser le dispositif le plus adapté à
l?objectif, restreindre l?étendue
spatiale et temporelle d?utilisation
++ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
8 - R
ÉPU
LSIFS A
C
O
U
STIQ
U
ES (PIN
G
ERS)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
163
Bruit continu 9. FORAGE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Technique permettant de réaliser un puits
dans le plancher océanique, soit pour
accéder à un réservoir d?hydrocarbures, soit
pour y placer un pieu.
APPLICATIONS
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Travaux et aménagements côtiers
? Installation de câbles et canalisations
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 10 kHz
(10-1 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120 à 190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Système de forage
Système Symmetrix
(permet de forer dans les sédiments
meubles et/ou instables)
Nature du fond Vase + roche
Type de support Plateforme à terre
Diamètre de la colonne de
forage 0,9 m
Vitesse de rotation 15 tr/min en moyenne
Profondeur de forage 5 m
Bathymétrie 13 m
Observations :
Fréquence de maximum d?énergie 200 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 168 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de support : plateforme
fixe, flottante ou mobile
? Type de roche
? Diamètre de la colonne de
forage
? Profondeur
9 - FO
R
A
G
E
© NEREIS Environnement
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
164
Bruit continu 9. FORAGE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS (quelques mètres)
? TTS (quelques dizaines de mètres)
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de
la zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque
groupe d?espèce : détermination a minima de périmètres de
dommages physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Rideau de
bulles, bloc
isolant, etc.
Utiliser un dispositif permettant de
réduire le bruit à sa source
+++ p. 128-129
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
pre-watch et
soft-start
Observation avant le démarrage
des travaux et augmentation
progressive du niveau sonore des
opérations de travaux
+ p. 131-132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
9 - FO
R
A
G
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
165
Bruit continu 10. ÉOLIENNE (POSÉE) EN FONCTIONNEMENT
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Une éolienne offshore (fixée) transmet du
bruit dans le milieu marin : les vibrations
créées par la turbine au niveau de la
nacelle se propagent via le mât et les
fondations jusque dans la colonne d?eau
et les sédiments.
APPLICATIONS
? EMR
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
50 Hz - 2 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120-150 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Localisation Parc éolien offshore C-Power
(Thorntonbank, Belgique)
Type de fondation Jacket (4 pieux)
Puissance unitaire des turbines 5 et 6 MW
Nombre d?éoliennes 54 (325 MW au total)
Bathymétrie 30 m en moyenne
Vitesse du vent 10 m/s
État de mer 1 à 2-3
Observations (moyenne des 5 enregistrements) :
Fréquence de max. d?énergie 20-500 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 133 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de fondation
(gravitaire < jacket
< monopieu)
? Vitesse du vent
? Puissance unitaire des
turbines
© C-Power Fréquence (Hz)
N
iv
ea
u
(d
B
r
e
1
µP
a/
?H
z)
D?après [139]
10 - ÉO
LIEN
N
E (PO
SÉE) EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
EN
T
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
166
Bruit continu 10. ÉOLIENNE (POSÉE) EN FONCTIONNEMENT
IMPACTS POTENTIELS
Impacts encore mal connus
? Masquage ?
? Dérangement ?
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, effet barrière)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Limiter les
vibrations
Choisir des matériaux et des
fondations permettant de réduire
les vibrations lors du
fonctionnement
+ p. 122-123
Favoriser la
circulation
des animaux
Penser l?implantation du parc de
façon à éviter de créer un effet
barrière
/ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
Favoriser la colonisation des fondations (effet récif) et encadrer
les activités de pêche dans le parc (effet réserve)
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
10 - ÉO
LIEN
N
E (PO
SÉE) EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
EN
T
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
167
Bruit continu 11. HYDROLIENNE EN FONCTIONNEMENT
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
L?hydrolienne est une
turbine immergée qui
produit du courant grâce
aux courants marins.
L?ensemble de la
structure va donc
directement émettre du
bruit dans le milieu marin.
APPLICATIONS
? EMRC
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 3 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-165 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?hydrolienne Hydrolienne ?Arcouest?
(OpenHydro)
Puissance de la turbine 2,2 MW
Bathymétrie Entre 40 et 50 m
Substrat Rocheux
Conditions météorologiques Vent : 6 à 8 nd
État de mer < 2 Beaufort
Courant mesuré Entre 0,69 et 1,66 m/s
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 128 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 152 dB re 1 µPa/?Hz
Principaux paramètres influents :
? Vitesse du courant
? Puissance unitaire des turbines
© EDF
D?après [107]
11 - H
YD
R
O
LIEN
N
E EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
ENT
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
168
Bruit continu 11. HYDROLIENNE EN FONCTIONNEMENT
IMPACTS POTENTIELS
Impacts encore mal connus
? Masquage ?
? Dérangement ?
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, effet barrière)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Technique et
maintenance
Réduction du bruit généré par les
pales : biofouling, cavitation, vitesse
de rotation, etc.
++ p. 124
Favoriser la
circulation
des animaux
Penser l?implantation du parc de
façon à éviter de créer un effet
barrière
/ p. 123
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p.140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs 11 - H
YD
R
O
LIEN
N
E EN
FO
N
C
TIO
N
N
EM
ENT
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
169
Bruit continu 12. VIBROFONÇAGE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Technique permettant d?enfoncer un pieu
ou une palplanche dans le substrat par
oscillation à l?aide d?un vibrateur (ou
mouton).
APPLICATIONS
? Travaux et aménagements côtiers
? Industrie du pétrole et du gaz
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et canalisations
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue et impulsionnelle
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 50 kHz
(25-2 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 165-185 dB re 1 µPa/?Hz
Durée d?impulsion Quelques dizaines de ms
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Diamètre du pieu 1,22 m
Nature du fond Vase + roche
Bathymétrie Environ 10 m
Type de vibrateur et
caractéristiques
Vibrateur ICE modèle 416 L
Puissance hydraulique = 209 kW
Force centrifuge max. = 646 kN
Poids dynamique = 2 350-2 840 kg
Fréquence de vibration 1 080 t/min (max = 1 600 t/min)
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 63 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 182 dB re 1 µPa/?Hz
Durée d?impulsion observée 30 ms
Principaux paramètres influents :
? Type de substrat
? Diamètre/taille du
pieu/palplanche
? Profondeur d?enfouissement
? Bathymétrie
? Type de vibrateur et énergie
transmise
? Fréquence de vibration
© NEREIS Environnement
12 - VIB
R
O
FO
N
Ç
A
G
E
ptc.fayat.com
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
170
Bruit continu 12. VIBROFONÇAGE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des niveaux de bruits attendus
? PTS et TTS possible pour certaines catégories d?espèces (cétacés
basse fréquence, phocidés, certains poissons)
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Modélisation pour évaluer la distance d?impact pour chaque
groupe d?espèce : détermination a minima de périmètres de
dommages physiologiques (PTS)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Surveillance
MMO ? PAM
+ mitigation
Établissement d?un périmètre de
sécurité surveillé en permanence
par des MMOs + système
d?acoustique passive = arrêt en cas
de présence dans la zone
d?exclusion
++ p. 132 à 135
Procédure de
soft-start
Augmentation progressive du
niveau sonore d?une opération de
travaux
+ p. 132
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
12 - VIB
R
O
FO
N
Ç
A
G
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
171
Bruit continu 13. DRAGAGE PAR DRAGUE ASPIRATRICE EN MARCHE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Le dragage par drague aspiratrice en marche (Trailer Suction
Hopper Dredger ou TSHD) consiste à prélever des sédiments
superficiels à partir d?un navire à l?aide d?une élinde équipée
d?une pompe, qui aspire le sédiment.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante (max. d?énergie) 30 Hz - 20 kHz (100-500 Hz)
Niveaux attendus (@ 1 m) :
- Phase de dragage
- Phase de clapage
- En transit
150-190 dB re 1 µPa/?Hz
154-175 dB re 1 µPa/?Hz
~ 170 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de drague Drague aspiratrice en marche à
élinde trainante
Taille du navire 117 m
Type de motorisation Diesel-électrique
Type de substrat Vase
Phase enregistrée Dragage
Vitesse de déplacement 2 à 4 nd
Bathymétrie Supérieure à 15 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 200 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 153 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Type de motorisation
? Type de substrat
? Vitesse de déplacement
APPLICATIONS
? Activités portuaires
? Extraction de granulats
? Énergies marines renouvelables
? Installation de câbles et
canalisations
© NEREIS Environnement
13 - D
R
A
G
A
G
E PA
R
D
R
A
G
U
E A
SPIR
A
TR
IC
E EN
M
A
R
C
H
E
www.indiamart.com
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
172
Bruit continu 13. DRAGAGE PAR DRAGUE ASPIRATRICE EN MARCHE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction des navires, des techniques et des phases
opérationnelles
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite/destruction des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
? Liste des espèces potentiellement impactées et fréquentation de la
zone d?étude (saisonnalité)
? Intérêt de la zone pour les espèces/groupes d?espèces
? Présence de zones alternatives ?
? Cumul avec d?autres pressions
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse des navires en
transit
++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires, restauration
d?habitats, actions de sensibilisation, etc.
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés très haute fréquence
Cétacés haute fréquence et Siréniens
Poissons
Tortues
Oiseaux plongeurs
Crustacés et mollusques
13 - D
R
A
G
A
G
E PA
R
D
R
A
G
U
E A
SPIR
A
TR
IC
E EN
M
A
R
C
H
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
173
Bruit continu 14. NAVIRE DE PÊCHE CÔTIÈRE (< 12 M)
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires de pêche génèrent du bruit sous-marin, principalement
du fait de la machinerie (moteur, génératrice, auxiliaires) et de la
propulsion (hélice notamment). Les interférences électriques et
l?utilisation d?échosondeur(s) contribuent également à la signature
acoustique des navires de pêche.
Leur vitesse de croisière se situe généralement autour de 10 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 20 kHz
(100 Hz - 2 kHz)
Niveau attendu (@ 1 m) 130-160 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire de pêche Chalutier
Puissance moteur 242 kW
Taille du navire 11,98 m
Vitesse de déplacement Environ 7 nd
Type de coque Polyester
Année de construction 1989
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 125, 160 et 250 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 133 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du moteur et
de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Âge du navire et entretien
? Type de coque
APPLICATIONS
? Activités halieutiques
? Activités scientifiques/Recherche
© NEREIS Environnement
14 - N
A
VIR
E D
E PÊCH
E C
Ô
TIÈR
E (< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
174
Bruit continu 14. NAVIRE DE PÊCHE CÔTIÈRE (< 12 M)
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p.123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p.124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
14 - N
A
VIR
E D
E PÊCH
E C
Ô
TIÈR
E (< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
175
Bruit continu 15. NAVIRE TECHNIQUE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires techniques regroupent l?ensemble des navires de petite
taille (< 50 m) susceptibles d?intervenir pour le fonctionnement des
ports, la sécurité en mer, le transport d?équipe sur des chantiers
offshore, le contrôle des installations EMR, etc.
Ces navires sont équipés de moteurs in-board. Leur vitesse de
croisière varie entre 8 et 25 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz à 20 kHz
(< 1 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-180 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Navire de travaux polyvalent
Type de propulsion 2 x 1 140 kW
Taille du navire 34 m
Vitesse de déplacement 4 nd
Année de construction 2015
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 63 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 158 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du
moteur et de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Type de coque
APPLICATIONS
? Activités portuaires
? EMR
? Trafic maritime
© Yves Le Rousseau
www.marinetraffic.com
15 - N
A
VIR
E TEC
H
N
IQ
U
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
176
Bruit continu 15. NAVIRE TECHNIQUE
IMPACTS POTENTIELS
Variable en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt écologique
(aires marines protégées, zones de frayère, d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés et Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
15 - N
A
VIR
E TEC
H
N
IQ
U
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
177
Bruit continu 16. NAVIRE DE COMMERCE DE PLUS DE 100 M
EK 60
Source : IFREMER
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Oil Tanker
Taille du navire 228 m
Puissance moteur 13 500 kW
Tonnage 42 514 t
Vitesse de déplacement 15 nd
Année de construction 2007
Distance/enregistreur (CPA*) 3 100 m
Observations :
Fréquence de max. d?énergie < 100 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 183 dB re 1 µPa2/Hz
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz à 10 kHz
(< 500 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 170-190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du
moteur et de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Âge du navire et entretien
? Poids du chargement
DESCRIPTION
Les navires de commerce de grande taille (> 100 m) incluent les porte-
conteneurs, les tankers et supertankers, les vraquiers et les
paquebots. Ce type de navire contribue significativement au bruit
ambiant sous-marin global.
Ces navires se caractérisent
par des émissions sonores
basse et très basse fréquence
et une vitesse de croisière située
entre 10 et 20 nd.
APPLICATIONS
? Trafic maritime
? Activités portuaires
*CPA : Closest Point of Approach (point où la distance entre l?enregistreur et le navire est minimale)
© calgaryherald.com
D?après [117]
16 - N
A
VIR
E D
E C
O
M
M
ER
C
E D
E PLU
S D
E 100 M
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
178
Bruit continu 16. NAVIRE DE COMMERCE DE PLUS DE 100 M
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
16 - N
A
VIR
E D
E C
O
M
M
ER
C
E D
E PLU
S D
E 100 M
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
179
Bruit continu 17. NAVIRE À GRANDE VITESSE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires à grande vitesse (NGV) sont généralement affectés au
transport de passagers sur de courtes distances (traversée de la
Manche, du Pas-de-Calais, liaisons Corse-continent, etc.).
Leur vitesse maximale est généralement comprise entre 30 et 40 nd.
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
1 Hz - 25 kHz
(< 200 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 150-200 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Transport de passagers et véhicules
Type de propulsion Hydrojets (4 x 8 200 kW)
Taille du navire 110 m
Vitesses observées 12, 24 et 37 nd
Type de coque Aluminium
Année de construction 2007
Observations :
Fréquence de max. d?énergie < 100 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 197 dB re 1 µPa/?Hz à 37 nd
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Caractéristiques du moteur et
de la propulsion
? Vitesse de déplacement
? Type de coque
APPLICATIONS
? Trafic maritime
(transport de passagers)
N
iv
ea
u
(d
B
r
e
1
µP
a/
?H
z
Vitesse
D?après [163]
17 - N
A
VIR
E À
G
R
A
ND
E VITESSE
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
180
Bruit continu 17. NAVIRE À GRANDE VITESSE
IMPACTS POTENTIELS
? TTS
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
developpement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
17 - N
A
VIR
E À
G
R
A
ND
E VITESSE
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
181
Bruit continu 18. NAVIRE DE PLAISANCE À MOTEUR HORS-BORD (< 12 M)
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les navires de plaisance dotés de
moteurs hors-bord génèrent du
bruit sous-marin, principalement lié
aux phénomènes de cavitation
(bulles) au niveau de leur appareil
propulsif.
APPLICATIONS
? Activités récréatives
? Activités
scientifiques/Recherche
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
10 Hz - 20 kHz
(100 Hz - 1 kHz)
Niveau attendu (@ 1 m) 135-175 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type de navire Bateau de club de plongée
Puissance de la motorisation Moteur Yamaha 150 cv
Taille du navire 8 m
Vitesse de déplacement Environ 10 nd
Type de coque Aluminium
Observations :
Fréquence de max. d?énergie 125 et 400 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 139 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Taille du navire
? Vitesse de déplacement
? Caractéristiques du moteur
et de la propulsion
? Type de coque
© NEREIS Environnement
18 - N
A
VIR
E D
E PLA
ISA
N
C
E À
M
O
TEU
R
HO
R
S-B
O
R
D
(< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
182
Bruit continu 18. NAVIRE DE PLAISANCE À MOTEUR HORS-BORD (< 12 M)
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du navire et de sa vitesse
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
18 - N
A
VIR
E D
E PLA
ISA
N
C
E À
M
O
TEU
R
HO
R
S-B
O
R
D
(< 12 M
)
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
183
Bruit continu 19. MOTOMARINE
EK 60
Source : IFREMER
DESCRIPTION
Les motomarines (jet-skis et scooters des mers) génèrent du bruit
sous-marin qui provient principalement des bulles formées par le
système de propulsion par hydrojet et par la rotation des pales de
la turbine (phénomènes de cavitation).
Leur vitesse maximale se situe
généralement autour de 40 nd
(jusqu?à 70 nd pour les engins
de compétition).
CAS GÉNÉRAL
Type d?émission Continue
Bande passante
(max. d?énergie)
100 Hz - 10 kHz
(< 2 000 Hz)
Niveau attendu (@ 1 m) 120-190 dB re 1 µPa/?Hz
Directivité Omnidirectionnel
EXEMPLE D?UN CAS D?ÉTUDE
Conditions d?observation :
Type d?engin Jet-ski
Type de moteur 4 temps
Puissance de la motorisation 110 cv
Vitesse de déplacement Variable, 10 nd en moyenne
Observations :
Fréquence de max.d?énergie 160 Hz
Niveau max. ramené @ 1 m 136 dB re 1 µPa2/Hz
Principaux paramètres influents :
? Type d?engin
? Motorisation
? Vitesse de déplacement
APPLICATIONS
? Activités récréatives
© NEREIS Environnement
19 - M
O
TO
M
A
R
IN
E
B
ruit continu
Partie 4 : fiches synthèse
184
Bruit continu 19. MOTOMARINE
IMPACTS POTENTIELS
Variables en fonction du type d?engin et de sa vitesse
? TTS ?
? Masquage
? Dérangement
? Effets indirects (fuite des proies, perte d?habitat, etc.)
? Conséquences énergétiques / valeur sélective
ÉVALUATION
Aucune recommandation à l?heure actuelle. Cependant, une
évaluation des impacts potentiels (liste des espèces présentes,
fréquentation de la zone, modélisation des périmètres d?impact)
pourrait être recommandée dans les zones de fort intérêt
écologique (aires marines protégées, zones de frayère,
d?alimentation, nurseries).
ÉVITER
Mesure Description Efficacité Page
Éviter
certaines
zones
Éviter les zones d?importance
écologique connues (nurseries,
zones de reproduction,
d?alimentation)
++ p. 117-118
Éviter
certaines
périodes
Éviter les périodes écologiquement
importantes (mise bas,
reproduction, alimentation,
migration)
++ p. 117 à 119
RÉDUIRE
Mesure Description Efficacité Page
Améliorations
techniques
Conception : coque, hélice,
propulsion, etc.
Réduction des phénomènes de
cavitation et des vibrations
++ p. 123-124
Adaptations Réduire la vitesse de navigation ++ p. 124
ACCOMPAGNER
Mesure Page
Acquisition de connaissances complémentaires et
développement de nouvelles pratiques
p. 125-126
p. 140
ESPÈCES EXPOSÉES
Cétacés basse fréquence
Phocidés
Autres carnivores
Cétacés haute fréquence et très haute fréquence
Siréniens
Poissons
Tortues
Crustacés et mollusques
Oiseaux plongeurs
19 - M
O
TO
M
A
R
IN
E
Bibliographie
185
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Liste des figures
201
LISTE DES FIGURES
Figure 1 : La fréquence d?un son définit sa « hauteur » : plus la fréquence est élevée,
plus le son est aigu. ................................................................................................................................. 30
Figure 2 : Profil type de célérité du son en milieu marin ouvert (d?après [87]). ................................... 31
Figure 3 : Phénomènes contribuant à atténuer l?intensité d?une onde acoustique
entre la source et le récepteur. ............................................................................................................... 33
Figure 4 : Caractéristiques et composantes du bruit ambiant sous-marin par
grand fond (d?après [188]). ...................................................................................................................... 34
Figure 5 : Différence entre bruit émis, bruit reçu et bruit perçu. À chaque étape,
le niveau de bruit (en dB) et son spectre fréquentiel est susceptible d?être modifié. .......................... 36
Figure 6 : Exemple de densité spectrale de puissance (DSP). ............................................................ 37
Figure 7 : Les différents indicateurs de mesure du niveau de pression sonore (Lp). ......................... 38
Figure 8 : Bruit d?un navire de ravitaillement perçu, en dBht, par un grand dauphin (Tursiops
truncatus) en fonction de sa capacité auditive (audiogramme d?après [93] ;
crédit photo : James D. Paterson/Marine Traffic et COHABYS). ......................................................... 40
Figure 9 : Enregistreur acoustique autonome (OSEAN) équipé d?un hydrophone et
positionné sur un corps mort avant immersion (crédit photo : NEREIS Environnement). .................. 43
Figure 10 : Bouée acoustique flottante autonome
(RTSys - crédit photo : NEREIS Environnement). ................................................................................. 44
Figure 11 : Exemple de courbe de sensibilité d?un hydrophone (d?après [96]). .................................. 44
Figure 12 : Modélisation de l?empreinte sonore de différentes opérations liées aux phases
de construction et d?exploitation du parc éolien en mer de Yeu-Noirmoutier pour le marsouin
commun (Phocoena phocoena) (source : Quiet Ocean, 2016). ........................................................... 46
Figure 13 : Principe de fonctionnement du sondeur multifaisceaux (d?après [1]). .............................. 50
Figure 14 : Principe de fonctionnement d?une campagne de prospection
sismique [143]. ......................................................................................................................................... 51
Figure 15 : : Plateforme mobile Cossack Pioneer de type FPSO (Floating Production
Storage and Offloading [60]), plateforme auto-élévatrice Astra (crédit photo :
EDC Ldt.) et navire de forage West Gemini (crédit photo : Thierry Gonzalez/TOTAL). ..................... 54
Figure 16 : Exemples de fondations d?éoliennes offshore posées
(source : Éoliennes en Mer Dieppe Le Tréport). ................................................................................... 56
Figure 17 : Spectre en tiers d?octave du bruit ambiant sur le site de Bligh Bank
(Belgique) avant construction du parc éolien offshore (en noir), et bruit généré par
la pose et le fonctionnement d?une turbine de 6,15 MW sur fondation «jacket » et
d?une turbine de 3 MW sur fondation monopieu (d?après [138]) .......................................................... 59
Figure 18 : Dispositifs acoustiques utilisés par les navires de pêche (d?après [120]). ....................... 63
Figure 19 : Répulsif acoustique AQUAmark® 210 (AQUATEC) utilisé sur
les engins de pêche (crédit photo : NEREIS Environnement). ............................................................. 63
Figure 20 : La drague aspiratrice en marche Samuel de Champlain
(GIE Dragages-Ports, crédit photo : Fabien Montreuil). ........................................................................ 65
Figure 21 : Dent de déroctage sur ponton dipper
(crédit photo : NEREIS Environnement). ............................................................................................... 67
Liste des figures
202
Figure 22 : Audiogrammes médians pour les Cétacés basse fréquence,
les Cétacés haute fréquence, les Cétacés très haute fréquence, les Siréniens,
les Pinnipèdes dans l?eau et les autres Carnivores dans l?eau (d?après [136] et [168]). .................... 81
Figure 23 : A gauche, audiogrammes de quatre espèces de tortues marines : la tortue
de Kemp Lepidochelys kempii, la tortue luth Dermochelys coriacea, la tortue imbriquée
Eretmochelys imbricata et la tortue verte, ou tortue franche, Chelonia mydas. A droite,
audiogramme de la tortue caouanne (Caretta caretta) à différents stades du
cycle de vie (d?après [98] et [44]). ........................................................................................................... 83
Figure 24 : Schéma de l?oreille interne gauche et des organes otolithiques d?un
poisson osseux, avec ces trois otolithes : saccule, utricule et lagena (d?après [76]). ......................... 84
Figure 25 : Audiogrammes du requin nourrice Ginglymostoma cirratum, du saumon
atlantique Salmo salar et du hareng de l?Atlantique Clupea harengus (d?après [26],
[55] et [72]). .............................................................................................................................................. 85
Figure 26 : Diagramme des impacts potentiels des émissions sonores selon leur
degré de sévérité (d'après [158]). ........................................................................................................... 90
Figure 27 : Trame suggérée pour évaluer les impacts des activités anthropiques sur
les mammifères marins. Pour les populations avec une fidélité importante au site, le
déplacement peut avoir des conséquences significatives et aboutir aux mêmes
conséquences qu'un dommage direct (d?après [67]). ......................................................................... 114
Figure 28 : Localisation des zones d'intérêt spécial pour les baleines à bec de
Cuvier en zone ACCOBAMS (d?après [2]). .......................................................................................... 118
Figure 29 : Zones définies autour de la source sonore. .................................................................... 131
Figure 30 : Observateur de faune marine en poste............................................................................. 133
Figure 31 : Exemple de protocole à mettre en place pour réduire les impacts
sur la faune marine dans le cadre de réalisation de travaux en mer. ................................................ 137
Figure 32 : Fonctions de pondération des cétacés basse fréquence (LF), haute
fréquence (HF), très haute fréquence (VHF), les siréniens (SI), les phocidés
dans l?eau (PCW) et les autres Carnivores dans l?eau (OCW) (d'après [168]) ................................. 205
Liste des tableaux
203
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Indicateurs quantitatifs permettant d?évaluer le niveau de bruit sous-marin .................. 42
Tableau 2 : Niveau de bruit généré à 750 m par le battage de pieu de différents diamètres
(d?après [138] et [6]) .......................................................................................................................... 57
Tableau 3 : Niveaux de bruit généré par les différentes technologies EMR ..................................... 60
Tableau 4 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés au dragage des sédiments
en fonction du type de drague utilisée ............................................................................................... 65
Tableau 5 : Gamme de fréquences et niveaux de bruit liés à la pose de câbles et
canalisations en fonction du type de méthode ou outils utilisés ...................................................... 70
Tableau 6 : Exemple de niveaux de bruit générés par des embarcations motorisées
à usage récréatif ................................................................................................................................ 73
Tableau 7 : Caractéristiques de quelques-uns des sondeurs, sonars et systèmes sismiques
utilisés par l?IFREMER pour la recherche océanographique
(source : Y. Le Gall, communication personnelle, 2019) .................................................................. 75
Tableau 8 : Synthèse des niveaux à la source et des fréquences associées des
principales sources de bruit anthropique ........................................................................................... 77
Tableau 9 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins
exposés à un son impulsionnel. Les niveaux d'exposition sonore cumulée
sur 24 h (LE,p,24h) sont exprimés en dB re 1 µPa².s. Les niveaux de pression
sonore (Lp,pk) sont exprimés en dB re 1 µPa (d?après [136] et [168]) .............................................. 107
Tableau 10 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de mammifères marins
exposés à un son continu. Les niveaux d'exposition sonore cumulée sur 24 h (LE,p,24h)
sont exprimés en dB re1µPa².s (d?après [136] et [168]) ................................................................. 108
Tableau 11 : Seuils TTS et PTS pour les différentes catégories de poissons et
les tortues à un son impulsionnel de type battage de pieux. Les niveaux d'exposition
sonore (LE,p) sont exprimés en dB re1µPa².s. Les niveaux de pression sonore (Lp,pk)
sont exprimés en en dB re 1µPa (d?après [152]) ............................................................................ 108
Tableau 12 : Tableau récapitulatif des différents modèles prédictifs existants ............................... 112
Tableau 13 : Récapitulatif des principales méthodes d?évitement des impacts
(en vert : mesures à mettre en place en amont, en orange : mesures à mettre en
place lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ........................................... 120
Tableau 14 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou
modifications de techniques (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ; en orange :
mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ....... 127
Tableau 15 : Récapitulatif des principales technologies de rideaux de bulles et
blocs isolants existantes (d?après [2]) ............................................................................................. 129
Tableau 16 : Tableau récapitulatif des mesures de réduction liées à des adaptations ou
modifications de techniques (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont ;
en orange : mesures à mettre en oeuvre lors des phases de travaux,
exploitation et/ou démantèlement) .................................................................................................. 138
Tableau 17 : Tableau récapitulatif des mesures pour éviter et réduire l?impact des émissions
sonores sur la faune marine (en vert : mesures à mettre en oeuvre en amont, en
orange : mesures à mettre en oeuvre en phase de travaux, exploitation et/ou démantèlement) ... 142
Tableau 18 : Classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives
(d?après [168]) ................................................................................................................................. 204
Tableau 19 : Paramètres associés aux fonctions de pondération auditives des
différents groupes de mammifères marins (d'après [168]). ............................................................ 205
Annexes
204
ANNEXES
ANNEXE 1. Informations complémentaires concernant les seuils acoustiques
TTS et PTS et les fonctions de pondération pour les mammifères marins
Groupes d?audition
Les mammifères marins ne possèdent pas tous la même sensibilité auditive, et ne sont donc
pas tous affectés de la même façon par le bruit sous-marin. Afin de tenir compte de cette
différence de sensibilité, et notamment de leur capacité à percevoir certaines fréquences
mieux que d?autres, les mammifères marins ont donc été répartis en plusieurs « groupes
d?audition » [136, 168]. Pour chacun de ces groupes d?audition, un audiogramme « moyen »
a été développé (voir figure 22 page 81).
La classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives est
présentée dans le tableau 18 ci-dessous :
Groupe
d?audition Abréviation Genres (ou espèces) inclus
Cétacés
basse
fréquence
LF
Balaenidae (Balaena, Eubalaenidae spp.) ; Balaenopteridae
(Balaenoptera physalus, B. musculus)
Balaenopteridae (Balaenoptera acutorostrata, B. bonaerensis, B.
borealis, B. edeni, B. omurai ; Megaptera novaeangliae) ;
Neobalenidae (Caperea) ; Eschrichtiidae (Eschrichtius)
Cétacés haute
fréquence HF
Physeteridae (Physeter) ; Ziphiidae (Berardius spp., Hyperoodon spp.,
Indopacetus, Mesoplodon spp., Tasmacetus, Ziphius)
Delphinidae (Orcinus) ; Delphinidae (Delphinus, Feresa, Globicephala
spp., Grampus, Lagenodelphis, Lagenorhynchus acutus, L. albirostris,
L. obliquidens, L. obscurus, Lissodelphis spp., Orcaella spp.,
Peponocephala, Pseudorca, Sotalia spp., Sousa spp., Stenella spp.,
Steno, Tursiops spp.) ; Montodontidae (Delphinapterus, Monodon) ;
Plantanistidae (Plantanista)
Cétacés très
haute
fréquence
VHF
Delphinidae (Cephalorhynchus spp. ; Lagenorhynchus cruciger,
L. austrailis) ; Phocoenidae (Neophocaena spp., Phocoena spp.,
Phocoenoides) ; Iniidae (Inia) ; Kogiidae (Kogia) ; Lipotidae (Lipotes) ;
Pontoporiidae (Pontoporia)
Siréniens SI Trichechidae (Trichechus spp.) ; Dugongidae (Dugong)
Phocidés dans
l?eau PCW
Phocidae (Cystophora, Erignathus, Halichoerus, Histriophoca,
Hydrurga, Leptonychotes, Lobodon, Mirounga spp., Monachus,
Neomonachus, Ommatophoca, Pagophilus, Phoca spp., Pusa spp.)
Autres
Carnivores
dans l?eau
OCW
Odobenidae (Odobenus) ; Otariidae (Arctocephalus spp., Callorhinus,
Eumetopias, Neophoca, Otaria, Phocarctos, Zalophus spp.) ; Ursidae
(Ursus maritimus) ; Mustelidae (Enhydra, Lontra feline)
Tableau 18 : Classification des mammifères marins en fonction de leurs capacités auditives (d?après [168]).
Annexes
205
Fonctions de pondération
Pour chacun des groupes d?audition précédemment défini, une fonction de pondération a
été développée. Ces fonctions de pondération se justifient par le fait qu?un animal est plus
susceptible d?être affecté par une exposition sonore aux fréquences pour lesquelles cet
animal présente la plus grande sensibilité (fréquences pour lesquelles le seuil d?audition est
le plus bas) qu?aux fréquences auxquelles il est peu sensible. De ce fait, les informations
disponibles quant aux capacités auditives des mammifères marins (i.e. les observations
ayant permis de réaliser les audiogrammes de chaque groupe d?audition), combinées à
d?autres paramètres audiométriques (courbes isosoniques, seuils de pertes d?auditions,
etc.24), ont été utilisées pour établir des fonctions de pondération. Il s?agit d?une fonction
mathématique qui agit comme un filtre passe-bande, permettant de donner plus de poids
pour le calcul des seuils TTS et PTS aux fréquences auxquelles les animaux sont les plus
sensibles qu?aux fréquences pour lesquelles l?audition est plus faible (ou nulle). Ces
fonctions de pondération contribuent à déterminer des seuils auditifs pondérés pour chaque
groupe d?audition (figure 32).
Les fonctions de pondération se calculent en appliquant l?équation suivante :
Où :
? W(f) est l?amplitude de pondération (en dB) en fonction de la fréquence ;
? f est la fréquence (en kHz) ;
? C définit la position verticale de la courbe, cette constante est souvent fixée de telle sorte
que W soit égal à 0 dB ;
? f1 définit la limite inférieure de la bande passante, c?est-à-dire la fréquence inférieure à
laquelle l?amplitude de la fonction de pondération commence à décliner ;
? f2 définit la limite supérieure de la bande passante, c?est-à-dire la fréquence supérieure à
laquelle l?amplitude de la fonction de pondération commence à décliner ;
? ?? définit la pente de la fonction de pondération pour les basses fréquences (i.e. à quelle
vitesse décroît l?amplitude W en fonction de la fréquence dans les basses fréquences) ;
? ?? définit la pente de la fonction de pondération pour les hautes fréquences (i.e. à quelle
vitesse décroît l?amplitude W en fonction de la fréquence dans les hautes fréquences).
Pour chacun des groupes précédemment définis, les valeurs de ces paramètres sont
décrites dans le tableau 19 ci-dessous. Les fonctions de pondération ainsi établies pour
chaque groupe d?audition sont présentées sur la figure 32.
24 Pour plus de détails, voir Southall et al., 2019 [168].
W(f)= C+10 log10 {
( f f1)? 2a
[1+( f f1)? 2 ]
a
[1+( f f2)? 2 ]
b }
Annexes
206
Fonctions d?exposition sonore
La fonction d?exposition sonore découle de la fonction de pondération et des seuils auditifs.
Elle est définie comme la différence entre la valeur du seuil auditif et la valeur de la fonction
de pondération pour chaque fréquence.
Cette fonction permet de visualiser l?exposition sonore nécessaire pour engendrer une perte
d?audition temporaire ou permanente en fonction de la fréquence et déterminer ainsi des
seuils TTS et PTS pondérés pour chaque groupe d?audition.
Figure 32 : Fonctions de pondération des cétacés basse fréquence (LF), haute fréquence (HF), très haute
fréquence (VHF), les siréniens (SI), les phocidés dans l?eau (PCW)
et les autres Carnivores dans l?eau (OCW) (d'après [168])
Fonction de
pondération f1 (kHz) f2 (kHz) a B K (dB) R² C (dB)
LF 0,20 19 1 2 179 0,13
HF 8,8 110 1,6 2 177 0,825 1,20
VHF 12 140 1,8 2 152 0,864 1,36
SI 4,3 25 1,8 2 183 2,62
PCW 1,9 30 1 2 180 0,75
OCW 0,94 25 2 2 198 0,557 0,64
Tableau 19 : Paramètres associés aux fonctions de pondération auditives des différents
groupes de mammifères marins (d'après [168]).
Annexes
207
ANNEXE 2. Documentation utile et informations complémentaires
Concernant l?acoustique sous-marine :
? Site internet Discovery of Sound in the Sea : www.dosits.org
? Les travaux de la NOAA sur les seuils et les sensibilités acoustiques :
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-
acoustic-technical-guidance
Textes adoptés dans le cadre de certaines conventions internationales :
? OMI (2014) : ?Guidelines for the reduction of underwater noise from commercial shipping
to address adverse impacts on marine life? :
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-
underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
? CDB (2016) : Décision XIII/10 : « Addressing impacts of marine debris and
anthropogenic underwater noise on marine and coastal biodiversity » :
https://www.cbd.int/decisions/cop/?m=cop-13
? CMS (2017) : « Lignes directrices de la Famille CMS pour les évaluations de l?impact sur
l?environnement des activités génératrices de bruit en milieu marin » :
https://www.cms.int/fr/lignes-directrices/lignes-directrices-famille-cms-impact-bruit-milieu-marin
? Convention OSPAR (2017) Intermediate Assessment of the state of the North-East
Atlantic / impulsive noise : https://oap.ospar.org/en/ospar-assessments/intermediate-
assessment-2017/pressures-human-activities/distribution-reported-impulsive-sounds-sea/
? Convention de Barcelone / Programme de surveillance et d'évaluation intégrées de la mer
et des côtes méditerranéennes / Liste des Objectifs écologiques (OE) et indicateurs :
https://www.medqsr.org/fr/node/227
? ACCOBAMS (2019) : résolution 7.13 : « Bruit d?origine anthropique » :
https://www.accobams.org/fr/meetings/7eme-reunion-des-parties-a-laccobams/
Concernant les retours d?expérience de l?impact des EMR :
? Site internet TETHYS : https://tethys.pnnl.gov/
Concernant les mesures ERC :
? MTES (2018). Guide d?aide à la définition des mesures ERC. Théma Balise. CGDD et
CEREMA. Disponible sur :
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-
%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%2
0mesures%20ERC.pdf
Concernant la distribution des mammifères marins :
? Observatoire PELAGIS :
http://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/catalogueSI/#/search?from=1&to=20
? Site OBIS-SEAMAP : http://seamap.env.duke.edu/
? ObsEnMer : https://www.obsenmer.org/
? OFB : https://www.afbiodiversite.fr/
? L?INPN : https://inpn.mnhn.fr/
? La liste rouge de l?UICN : https://www.iucnredlist.org/
http://www.dosits.org/
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-acoustic-technical-guidance
https://www.fisheries.noaa.gov/national/marine-mammal-protection/marine-mammal-acoustic-technical-guidance
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
https://www.ascobans.org/en/document/imo-mepc1circ833-guidelines-reduction-underwater-noise-commercial-shipping-address-adverse
https://www.cbd.int/decisions/cop/?m=cop-13
https://www.cms.int/fr/lignes-directrices/lignes-directrices-famille-cms-impact-bruit-milieu-marin
https://www.accobams.org/fr/meetings/7eme-reunion-des-parties-a-laccobams/
https://tethys.pnnl.gov/
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/Th%C3%A9ma%20-%20Guide%20d%E2%80%99aide%20%C3%A0%20la%20d%C3%A9finition%20des%20mesures%20ERC.pdf
http://www.observatoire-pelagis.cnrs.fr/catalogueSI/#/search?from=1&to=20
http://seamap.env.duke.edu/
https://www.obsenmer.org/
https://www.afbiodiversite.fr/
https://inpn.mnhn.fr/
https://www.iucnredlist.org/
Annexes
208
ANNEXE 3. Liste des contributeurs
Outre l?apport du comité de pilotage, souligné en page II, certaines personnes ont été
contactées en amont de la rédaction de ce guide. Leurs conseils et propositions ont été
d?une grande aide dans l?élaboration de ce document. Nous tenons donc à remercier pour
leur collaboration :
Nom Institution
ABAD OLIVA Núria ScottishPower Renewables
BOUGANT Julie Port Atlantique La Rochelle
BRARD Pierre Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Seine-Maritime
BROWN Carrie Port de Vancouver
CAURANT Florence Observatoire Pelagis (UMS 3462)
CHAINEAU Claude-Henri TOTAL
DAVID Alexandra Direction Départementale des Territoires et de la Mer de la Manche
DELABY Françoise Direction Régional de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement
des Pays de la Loire
DUCATEL Cécile Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
DUTHION Pierre EDF Renouvelables
FAVILLI Costanza Sanctuaire PELAGOS
FISSEAU Charline Sanctuaire AGOA ? Office français de la biodiversité
GICQUEL Cécile Parc Naturel Marin d?Iroise
GUELLEC Jean-Pierre GIE-Dragages Ports
GUESDON Romain ENGIE GREEN France
GUIDEZ Bertrand Ailes Marines
GUYON Christelle Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de la
Guyane
JEWELL Rebecca MMO/PAM Operator
LAMBERT Isabelle CGG
LAURENT Mélina Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement de la
Guadeloupe
LELABOUSSE Clément Parcs Naturels Marins de Mayotte et des Glorieuses - Office français de la
biodiversité
LE COURTOIS Florent Service Hydrographique et Océanographique de la Marine
LE GALL Yves Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer
L?HER Christophe SERCEL
MAGLIO Alessio SINAY
MICHEL Sylvain Office français de la biodiversité
NOLET Véronique Alliance Verte
Annexes
209
Nom Institution
NOTO Stéphane Association Nationale des Plaisanciers Motonautiques
RECUERO VIRTO Laura Université de Brest
REMAUD Morgane Office français de la biodiversité
ROITEL Olivier Préfecture Maritime de l?Atlantique
SAMARAN Flore École Nationale Supérieure de Techniques Avancées de Bretagne
SOUTHALL Brandon Université de Californie, Southall Environmental Associates, Inc.
TROUSSARD Corentin RTsys
VICTOR François Direction Interrégionale de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest
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R
Avant-propos
Glossaire
Résumé
Abstract
Sommaire
Lexique
Introduction
Réglementation
Contenu du guide
Préambule :
Notions basiques d?acoustique sous-marine
Les ondes acoustiques
La propagation des ondes sonores en milieu marin
Le bruit ambiant sous-marin
Évaluer le bruit sous-marin
I. Industrie du pétrole et du gaz
II. Énergies marines renouvelables
III. Activités halieutiques
IV. Activités portuaires
V. Travaux et aménagements côtiers
VI. Extraction de granulats
VII. Installation de câbles et canalisations
VIII. Trafic maritime (navires marchands et transport de passagers)
IX. Activités récréatives
X. Activités scientifiques/Recherche
XI. Synthèse
I. L?audition des espèces marines
II. Impacts des émissions sonores sur la faune marine
III. Évaluer les impacts d?un projet sur la faune marine
I. Éviter
II. Réduire
III. Compenser
IV. Suivre
V. Accompagner
VI. Synthèse
BIBLIOGRAPHIE
LISTE DES FIGURES
LISTE DES TABLEAUX
ANNEXES
Les différentes activités anthropiques génératrices de bruit sous-marin et les différents types d?émissions qu?elles génèrent
Impact des activités génératrices de bruit sur la faune marine
Procédures ou technologies disponibles pour éviter, réduire ou compenser les impacts des émissions sonores sur la faune marine
Fiches synthèse
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