Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique : construction, réhabilitation, exploitation, maintenance

Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire ; France. ministère de la cohésion des territoires
Auteur secondaire
Résumé
Ce guide explique comment intégrer les matériaux biosourcés dans les marchés publics, en soulignant leurs avantages environnementaux et économiques. Il couvre les aspects juridiques, techniques et pratiques de l'utilisation de ces matériaux pour la construction et la réhabilitation, tout en fournissant des exemples et des recommandations pour favoriser leur adoption dans les projets publics.
Descripteur Urbamet
matériau de construction
Descripteur écoplanete
Thème
Administration publique ; Construction
Texte intégral
LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION BIOSOURCÉS DANS LA COMMANDE PUBLIQUE Avril 2020 CO NS TR UCTION, RÉHABILITATION ET EXPLOITATION-MAINTENAN CE Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique2 Avril 2020 Edition?:   Direction générale de l?aménagement,  du logement et de la nature (DGALN) /  Direction de l?urbanisme, de l?habitat  et des paysages (DHUP) Tour Séquoia - 92055 La Défense Cedex Réalisation?:  Nomadéis Nicolas DUTREIX, Directeur associé Cédric BAECHER, Directeur associé Guillaume LAULAN, Chef de projet Théo LACOSTE, Consultant sénior Alice GANDARA, Analyste   LexCity avocats Olivier ORTEGA, Associé Alice TRIPOT, Collaborateur Création graphique?: Julien RÉMY Droits de copyright Le texte de la présente publication peut être reproduit en tout ou en partie à des fins pédagogiques et non lucratives sans autorisation spéciale de la part du détenteur du copyright, à condition de faire mention de la source. Nomadéis serait reconnaissant de recevoir un exemplaire de toutes les publications qui ont utilisé ce matériel comme source. Il n?est pas possible d?utiliser la présente publication pour la revente ou à toute autre fin commerciale sans demander au préalable par écrit l?autorisation de ses auteurs. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 3 LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION BIOSOURCÉS DANS LA COMMANDE PUBLIQUE CONSTRUCTION, RÉHABILITATION ET EXPLOITATION-MAINTENANCE REMERCIEMENTS ...................................................................................................................................................... 5 1. LE GUIDE, OBJECTIFS ET MODE D?EMPLOI ................................................................................................... 7 Objectifs?: pourquoi réaliser un guide?? .................................................................................................................... 7 Audience?: à qui est destiné ce guide?? ..................................................................................................................... 7 Le guide, mode d?emploi ........................................................................................................................................... 7 2. LE RECOURS AUX MATÉRIAUX BIOSOURCÉS DANS LA COMMANDE PUBLIQUE, QUELS ENJEUX ET QUELLES APPLICATIONS?? ............................................................................................... 8 Pourquoi développer le recours aux matériaux de construction biosourcés dans la commande publique?? ......... 8 Les applications des matériaux biosourcés dans le secteur du bâtiment ................................................................ 9 3. LES MATÉRIAUX BIOSOURCÉS, PANORAMA NON EXHAUSTIF DE L?OFFRE ....................................... 10 4.    LE CADRE JURIDIQUE DES MARCHÉS SOUMIS AU CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE?:  FONDAMENTAUX ET DÉFINITIONS ? ............................................................................................................ 11 Les fondamentaux juridiques .................................................................................................................................. 11 Les différents types de marchés et procédures de passation ................................................................................. 12 Les différentes phases d?un projet de construction ou de rénovation ................................................................... 13 Les opérations de rénovation à neuf ....................................................................................................................... 13 5. BILAN TECHNIQUE ET JURIDIQUE, SCHÉMA DE SYNTHÈSE ................................................................... 14 6.    BILAN TECHNIQUE ET JURIDIQUE, QUESTIONS-RÉPONSES................................................................... 16 I.    Questions techniques et économiques ........................................................................................................ 16 1. Les matériaux biosourcés sont-ils adaptés à tous types et toutes tailles de projets?? ....................................... 16 2. L?usage des matériaux biosourcés a-t-il un impact sur le coût final d?un projet?? .............................................. 16 3. Est-il possible de garantir l?assurabilité d?un bâtiment intégrant des matériaux biosourcés?? .......................... 17 4. Comment les bureaux de contrôle technique et les services incendie abordent-ils les projets intégrant des matériaux biosourcés?? ............................................................................................... 17 SOMMAIRE Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique4 II.    La détermination des besoins de l?acheteur et des types et procédures de marché en amont des consultations ............................................................................ 18 5. Comment répondre à ses besoins grâce au «?sourcing?» (sourçage) en matière de matériaux biosourcés?? ................................................................................................................ 18 6. Quel est l?intérêt de recourir à un assistant à maîtrise d?ouvrage (AMO) familier des matériaux biosourcés??.................................................................................................................... 20 7. La phase de programmation est-elle importante pour l?intégration de matériaux biosourcés et faut-il se faire accompagner?? ................................................... 21 8. Est-il important de prévoir un budget ambitieux pour les prestations intellectuelles?? .................................... 22 9. Les marchés de fournitures conclus séparément par l?acheteur sont-ils un levier pour mettre en oeuvre des matériaux biosourcés?? ........................................................................................... 22 10. L?allotissement favorise-t-il le recours aux matériaux biosourcés?? .................................................................. 23 11. Les marchés pour les achats innovants peuvent-ils favoriser l?intégration des matériaux biosourcés?? ......... 23   III.     L?intégration des matériaux de construction biosourcés dans les documents de consultation ...... 24 12. L?objet du marché peut-il mentionner les matériaux biosourcés?? .................................................................. 24 13. Dans quelle mesure les spécifications techniques peuvent-elles favoriser le recours aux matériaux biosourcés?? ........................................................................ 25 14. Comment faire appel aux labels pour maximiser l?emploi de matériaux biosourcés?? .................................... 26 15. Comment exploiter les conditions d?exécution pour favoriser les matériaux biosourcés?? ............................. 28 16. Le recours aux variantes est-il favorable à l?intégration des matériaux biosourcés?? ...................................... 28 17. Comment favoriser le recours aux matériaux biosourcés lors de l?analyse des candidatures des opérateurs économiques?? .................................................................. 29 18. Comment favoriser le recours aux matériaux biosourcés lors de l?analyse des offres des opérateurs économiques?? .............................................................................. 30 19. Le critère du coût du cycle de vie (CCV) ou du coût global peut-il être aisément mis en oeuvre?? .................. 31 20. Comment utiliser les critères qualitatifs de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés?? ....................................................................................... 32 21. Zoom?: comment mobiliser les critères environnementaux?? .......................................................................... 33 22. Zoom?: comment mobiliser le critère du caractère innovant?? ......................................................................... 33 23. Quels sont les enjeux liés à la diffusion et à la visibilité des consultations publiques?? ................................... 33 BIBLIOGRAPHIE ........................................................................................................................................................ 34 Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 5 Les auteurs tiennent à remercier l?ensemble des institutions, maîtres d?ouvrages et acteurs des filières vertes ayant contribué à la réalisation de ce guide, et en particulier?: Les membres du Comité de pilotage?: David DELCROS, Véronique GONTHIER, Laure TRANNOY Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) / Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales (MCTRCT), Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature (DGALN), Direction de l?habitat, de l?urbanisme et des paysages (DHUP) Florian LANCHANTIN, Frédérique SIMEON Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES), Commissariat général au développement durable (CGDD) Malika KESSOUS Ministère de l?Économie et des Finances (MINEFI), Direction des achats de l?État (DAE) Florence MILLET Ministère des Solidarité et de la Santé, Direction générale de l?offre de soins (DGOS) François BOURGEOIS Direction régionale et interdépartementale de l?équipement et de l?aménagement d?Ile-de-France (DRIEA) Stéphane GUIDAT  Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement (DREAL) Grand-Est Céline MENDEZ Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement (DREAL) Centre-Val de Loire Flora VIGREUX Direction des affaires juridiques (DAJ), Observatoire économique de la commande publique (OECP) Laurent COGERINO Auvergne Rhône-Alpes Énergie Environnement Elisabeth BARDET SOPREMA Les participants à l?atelier de travail du 18 novembre 2019?: Marie-Laure AMAURY, Mathilde CAPPY Ministère des Armées (MINARM), Secrétariat général pour l?administration (SGA), Service d?infrastructure de la défense (SID) Julie BOULET Ministère de l?Economie et des Finances (MINEFI), Direction des achats de l?Etat (DAE) Ludovic ULAN Ministère de l?Action et des comptes publics, Direction générale des finances publiques (DGFIP), Direction de l?Immobilier de l?Etat (DIE) Cécile VARACHE Région Nouvelle-Aquitaine, Direction de la Construction et de l?Immobilier, Service Performance Environnementale Amel SEGARD Union des caisses nationales de Sécurité sociale (UCANSS), Département immobilier Aïssatou THIAM Universcience, Délégation aux grands projets d?aménagement et de développement durable (DGPADD) Cedissia ABOUT Ville de Paris, Direction des Constructions Publiques et de l?Architecture (DCPA), Service Pilotage Innovation Méthodes REMERCIEMENTS Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique6 Les interlocuteurs rencontrés lors d?entretiens?:  Sébastien FAUCON, Robin ANDRE Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement (DREAL) Normandie Pilar LESAGE Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement (CEREMA), Unité Eco-construction et Acoustique Samuel VIRFOLET Centre Hospitalier du Mans, Direction des Operations et des Services Techniques Jean-François HESRY Communauté d?Agglomération de Châlons-en-Champagne, mission Contrat de Redynamisation du Site de Défense (CRSD) Anne-Claire SAMSON Communauté de communes Provence Verdon Ann CARER Département Seine et Marne Pierre THEPOT Groupe Hospitalier de la Rochelle, Direction Emmanuelle GUILMAULT Parc Naturel Régional du Gâtinais Français Emmanuel PUYFAUD Région Nouvelle-Aquitaine, Direction de la Construction / Service Performance Environnementale Virginie THOMAS Région Nouvelle-Aquitaine, Direction Pilotage stratégique Filières Jean-Baptiste THEVARD, Sébastien FENEUIL ACCORT-Paille Christian HACKEL Agence Méandre Cub Architecte Laurent GOUDET Akta BVP Nathalie SAMSON Alteramazones Olivier JOREAU Association des Industriels de la Construction Biosourcée (AICB) Jean-Pol CAROFF Cellaouate Nicolas RABUEL Cluster ODÉYS Christine LECONTE Conseil régional de l?Ordre des Architectes d?Île-de-France Philippe LAMARQUE Construire en Chanvre Ile-de-France Van Yan TRUONG D2X International Laurent BOUYER ECHOBAT Moïse BOUCHERIE TRACKS-Architectes Guy CAPPÉ Société Publique Locale (SPL) SIGAL Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 7 1. LE GUIDE OBJECTIFS ET MODE D?EMPLOI  Objectifs?: pourquoi réaliser un guide?? Les matériaux de construction biosourcés sont des matériaux partiellement ou totalement issus de la biomasse?1 tels que le chanvre, la paille, la ouate de cellulose, etc. Ces produits trouvent de nombreuses applications dans les opérations de construction et de réhabilitation, ou d?entretien et de maintenance. Ils présentent généralement une faible empreinte environnementale et, dans certains cas, s?inscrivent dans une logique d?économie circulaire. De nombreuses entreprises se déclarent aujourd?hui prêtes à se positionner sur une consultation publique qui prescrirait le recours aux matériaux biosourcés. Pourtant, la part des marchés publics?2 intégrant des matériaux biosourcés reste en proportion relativement faible. Les acheteurs sont de plus en plus amenés à s?interroger sur l?intégration des matériaux biosourcés. L?objectif de ce guide est de leur montrer qu?il existe des outils à leur disposition, prévus par le code de la commande publique, leur permettant de prescrire simplement le recours aux matériaux biosourcés dans leurs marchés. Le guide propose ainsi des conseils pratiques précis facilitant la compréhension et la prise de décision des acheteurs. Les matériaux biosourcés sont entendus dans ce guide comme hors bois d?oeuvre. Audience?: à qui est destiné ce guide?? Le guide s?adresse à l?ensemble des acheteurs publics ou privés, soumis au code la commande publique, passant des marchés de construction, de rénovation ou d?exploitation et de maintenance, quels que soient leur taille et leur champ d?action?: l?État, les collectivités territoriales (de la commune à la région), les établissements publics (sociaux  et médico-sociaux, de santé, d?enseignement, d?aménagement, pour le logement social, etc.), mais aussi les acteurs  privés (organismes d?habitations à loyer modéré, etc.). Le guide leur propose ainsi des conseils pratiques en prenant en compte les différents types de procédures de marchés  prévus par le code de la commande publique et en identifiant des solutions pour la majorité des freins rencontrés par les acheteurs dans le cadre de la passation de leurs marchés. Les acteurs concernés par ce guide sont autant ceux qui ont une volonté avérée d?intégrer des matériaux de construction biosourcés dans leurs achats que ceux pour qui les matériaux biosourcés seront une option. Le guide est structuré selon les 3 parties suivantes?:  1. Présentation des enjeux et définition des notions clés (enjeux et applications des matériaux biosourcés, panorama de l?offre et cadre juridique des marchés)?; 2. Présentation synthétique du cycle de vie d?un projet sous la forme d?un schéma?; 3. Réponse à une série de questions pratiques pour favoriser la compréhension et la mise en oeuvre des leviers techniques et juridiques facilitant le recours aux matériaux biosourcés. Les symboles suivants sont également disposés tout au long du guide pour en faciliter la lecture?: 1. La définition est proposée d?après la norme EN 16575. Bien qu?à l?heure actuelle il n?existe pas de teneur minimale en biomasse permettant de qualifier un matériau de «?biosourcé?», le label «?bâtiment biosourcé?» définit des taux minimaux d?incorporation de biomasse (en kilogramme de biomasse par mètre carré de surface de plancher - kg/m² sdp) dans les constructions qui bénéficient de cette certification. 2. Incluant également ici les marchés privés soumis au code de la commande publique. Conseil pratique Texte de loi Point de vigilance En quelques mots Conseil adapté aux grandes opérations Conseil adapté aux petites opérations Conseil valable pour des opérations de construction Conseil valable pour des opérations de réhabilitation et réutilisation Conseil valable pour des opérations de rénovation à neuf Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique8 Pourquoi développer le recours  aux matériaux de construction  biosourcés dans la commande  publique?? Le recours aux matériaux biosourcés représente une  alternative pertinente pour répondre au défi de la réduction de l?empreinte environnementale et sociale du bâtiment, dans la mesure où ils possèdent une valeur ajoutée forte dans de nombreuses thématiques?: ?  CONFORT  ET  PERFORMANCE?: les matériaux biosourcés présentent d?excellentes performances favorisant le confort  en  hiver  comme  en  été,  une  bonne  régulation  de  l?hygrométrie et une insonorisation renforcée des bâtiments. A travers la biophilie?3 et leur dimension esthétique, les matériaux biosourcés apportent également un sentiment de  bien-être aux habitants et utilisateurs des bâtiments?; ?  ENVIRONNEMENT ET CLIMAT?: les matériaux biosourcés constituent une réponse à l?urgence climatique grâce au stockage du carbone atmosphérique durant le cycle de vie du bâtiment. Le recours à des matières premières issues de la biomasse s?inscrit ainsi dans la démarche de la Stratégie Nationale Bas-Carbone de la France, adoptée pour la première fois en 2015. Le caractère biodégradable de ces matériaux limite  également la production de déchets et permet, en fin de vie des bâtiments, d?envisager un retour au sol  de la matière organique?; ?  GÉNÉRATIONS FUTURES?: la mobilisation de matériaux biosourcés, correspondant à des matières premières renouvelables, favorise la préservation des ressources  menacées d?épuisement telles que les granulats ou les sables?; ?  TERRITOIRES?: les matériaux biosourcés, majoritaire- ment issus de co-produits agricoles ou de la sylvicul- ture, sont disponibles en grandes quantités sans  présenter de conflits d?usage avec d?autres filières. La valorisation de ces produits représente donc une opportunité de créer des revenus supplémentaires  pour les acteurs des filières agricole et sylvicole?; 3. La biophilie est le lien émotionnel que l?être humain entretient avec le vivant 4. Environ 4 000 emplois directs ou indirects générés dans les filières biosourcées entre 2011 et 2016 (source : ministère de la Cohésion des territoires). 5. Ces deux derniers articles sont codifiés à l?article L. 228-4 du code de l?environnement qui dispose : ?La commande publique tient compte notamment de la performance environnementale des produits, en particulier de leur caractère biosourcé. Dans le domaine de la construction ou de la rénovation de bâtiments, elle prend en compte les exigences de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et de stockage du carbone et veille au recours à des matériaux issus des ressources renouvelables.? ?  EMPLOI?: les filières de matériaux biosourcés cor- respondent à un gisement d?emplois locaux depuis la production des ressources jusqu?à la construction en passant par la fabrication des produits?4. Ces fil- ières concourent également à la préservation des  savoir-faire des territoires tout en favorisant la re- cherche et l?innovation. L?article 14.VI. de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (dite «?LTECV?»), du 17 août 2015, précise que?: «?L?utilisation des matériaux biosourcés concourt significativement au stockage de carbone atmosphérique et à la préservation des ressources naturelles. Elle est encouragée par les pouvoirs publics lors de la construction ou de la rénovation des bâtiments?». L?article 144 de cette même loi affirme que la commande publique tient compte de la performance environnementale des produits, en particulier de leur caractère biosourcé. L?article 180 de la loi portant évolution du logement, de l?aménagement  et du numérique du 23 novembre 2018 précise ce qui est entendu comme performance environnementale pour le bâtiment?5. ? 2. LE RECOURS AUX MATÉRIAUX BIOSOURCÉS DANS LA COMMANDE PUBLIQUE, QUELS ENJEUX ET QUELLES APPLICATIONS?? Développer le recours aux matériaux biosourcés dans la commande publique représente ainsi un enjeu pour  la  réduction de  l?impact  environnemental et climatique du secteur du  bâtiment mais également pour le développement  économique des territoires et le bien-être des  populations. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 9 Les applications des matériaux biosourcés dans le secteur du bâtiment  Les matériaux biosourcés présentent de nombreuses applications en construction notamment pour la réalisation de travaux d?isolation et d?étanchéité mais également des finitions et de l?aménagement. Le tableau présenté, ci-après, expose les principaux usages des matériaux biosourcés dans le bâtiment?6. ? 6. Notamment d?après des informations du guide «?Des produits biosourcés durables pour les acheteurs publics et privés?», 2019, ADEME. Usage Typologie de produits Biomasses mobilisées * Matériaux du bâtiment pour la structure Structure Poutres, caissons? Bois d?oeuvre Bottes Paille Matériaux du bâtiment pour l?enveloppe Isolation rapportée (intérieure et/ou extérieure) Vrac (fibres, granulats) Produits connexes du bois, ouate de cellulose, coton issu de textiles recyclés, chanvre, paille (hors vrac), laine de mouton, paille de riz, liège, lin? Panneaux (rigides, semi- rigides) et rouleaux Bottes Paille Isolation répartie (remplissage et insufflation) Vrac Produits connexes du bois, ouate de cellulose, coton issu de textiles recyclés, chanvre, paille, liège, lin? Béton, mortier et blocs Chanvre, produits connexes du bois Bottes Paille Finition des façades Enduits Chanvre, terre-paille Bardage et panneaux de façade composites Produits connexes du bois, chaume Étanchéité de toitures terrasses Membranes Colza (huile) Matériaux du bâtiment pour le second oeuvre et l?aménagement Cloisons, dalles de faux plafond,  panneaux acoustiques Panneaux Laine de bois, coton issu de textiles recyclés, lin? Revêtement de sols Sous-couches acoustiques Fibre de bois, lin fibres, ouate de cellulose? Linoleum, dalles et lames, moquettes Huiles végétales, farines de bois, liège? Lames de terrasse Produits connexes du bois Revêtement mural Résine, peinture, lasure, colle Huiles végétales, amidon de maïs, algues? * Liste non exhaustive des principaux produits biosourcés concernés. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique10 Les matériaux de construction biosourcés présentent une offre significative, tant en termes de diversité de produits et d?applications que de volumes disponibles. Seules quatre filières sont présentées ci-dessous (liste non exhaustive et hors bois d?oeuvre). Des ressources documentaires présentant plus en détail les matériaux de construction biosourcés sont présentées ci-après dans la bibliographie. La ouate de cellulose La ouate de cellulose est un matériau isolant pouvant être conditionné sous forme de panneaux, de rouleaux ou de vrac pour un usage en construction. Elle est composée à 85?%  de produits biosourcés (journaux ou cartons recyclés défibrés)?7. À ces matières s?ajoutent, pour 5 à 10?%, des adjuvants. En 2016, en France, la ouate de cellulose représentait 40?% du marché des matériaux isolants  biosourcés?8. La ouate de cellulose possède ainsi une reconnaissance importante de la maîtrise d?ouvrage et se trouve donc facile à incorporer dans les marchés de travaux ou de rénovation. La paille La paille est principalement valorisée dans l?isolation des bâtiments, sous la forme de bottes  de paille (remplissage d?ossatures porteuses), panneaux ou d?un enduit terre/paille. La paille  peut également être utilisée comme structure porteuse. Il convient de noter que les gisements de paille en France sont suffisants pour que son utilisation en construction n?entre pas en concurrence avec les besoins des filières agricoles et de l?élevage. En France, le nombre de bâtiments en bottes de paille est estimé à 5 000 (maisons individuelles, logements collectifs, établissements recevant du public (ERP), etc.), pour 500 bâtiments construits par année d?après le Réseau français de la construction paille (RFCP)?9. La construction paille est régie par des règles professionnelles depuis 2012. Le chanvre Le chanvre peut être utilisé sous différents conditionnements?: la chènevotte pour le vrac, la  laine de chanvre pour les panneaux, le béton préfabriqué, le béton projeté et les enduits. Ce matériau est aujourd?hui principalement utilisé pour des travaux d?isolation ou le revêtement intérieur ou extérieur de façades. Aujourd?hui, le secteur de la construction constitue le débouché de 29?% des fibres et de 14?%  de la chènevotte produites correspondant respectivement à 6 200 tonnes et 5 200 tonnes de chanvre valorisées chaque année. Le béton de chanvre est régi par des règles professionnelles depuis 2012. Les produits connexes du bois (hors bois d?oeuvre) La fibre de bois, faisant partie des produits connexes du bois, peut être utilisée en laine ou  en vrac en tant que produit d?isolation ou mélangée à des ciments pour former des bétons.  L?utilisation du bois, notamment en combinaison avec d?autres matériaux pour former des  produits composites se développe fortement. Depuis 2016, la France est devenue quasiment autonome en panneaux semi-rigides à base de fibre de bois, les importations représentant moins de 20?% du volume commercialisé (Ministère de l?Environnement et Nomadéis, 2017, ibid.). 7. Analyses - Recensement des produits biosourcés disponibles sur le marché et identification des marchés publics cibles, ADEME et DGE, 2016 8. Mise à jour de l?étude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction, ministère de la Transition Écologique et Solidaire, 2017 9. RFCP - https://rfcp.fr/ 3. LES MATÉRIAUX BIOSOURCÉS PANORAMA NON EXHAUSTIF DE L?OFFRE  © ECIMA ? Ouate de cellulose © CF2B ? Botte de paille © CF2B ? Echantillon terre-chanvre © Nomadéis ? Echantillon de fibre de bois Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 11 Le champ de la commande publique couvre les marchés par lesquels les personnes publiques et les personnes privées soumises au code de la commande publique (CCP) ? appelées pouvoirs adjudicateurs ou entités adjudicatrices, ou plus généralement les acheteurs ?, demandent et initient la réalisation d?une prestation de service, de travaux ou la fourniture d?un bien pour répondre à leurs propres besoins, en contrepartie d?un prix ou de tout équivalent?10. Les fondamentaux juridiques  Depuis le 1er avril 2019, le CCP regroupe et organise les règles relatives aux différents marchés de la commande publique au sein d?un texte unique. Les acheteurs doivent respecter TROIS PRINCIPES FONDAMENTAUX?:  ?  Liberté d?accès à la commande publique (garantie par la publicité)?; ?   Égalité de traitement des candidats (interdit toute forme de discrimination)?; ?   Transparence des procédures (porter à la connaissance des candidats les critères de sélection des candidatures et des offres). Ces principes permettent d?assurer l?efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics. Lorsqu?ils concluent des marchés, les acheteurs doivent également, conformément à l?article L2111-1 du CCP, prendre en compte « des objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale », c?est-à-dire répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. L?intégration des matériaux biosourcés, bénéfiques pour l?environnement, dans leurs marchés permet ainsi aux acheteurs de respecter cette obligation. La réalisation de certains ouvrages de bâtiments ou d?infrastructures, dans le cadre d?un marché, est régie par les dispositions de la loi n°85-704 du 12 juillet  1985 relative à la maîtrise d?ouvrage publique et à ses  rapports avec la maîtrise d?oeuvre privée (Loi MOP),  désormais intégrées aux articles L.2410-1 et suivants  du CCP?11 (loi MOP). Ce champ très large concerne la plupart des ouvrages de nature immobilière réalisés par les maîtres d?ouvrages publics, tels que des constructions  neuves, des travaux de réhabilitation (travaux plus ou 10. Article L. 1111-1 du CCP. 11.Hormis son article 1er selon lequel : « Lorsqu?ils sont destinés à s?intégrer à des constructions relevant d?autres régimes juridiques, les ouvrages édifiés par les organismes énumérés à l?article L. 411-2 du code de la construction et de l?habitation peuvent être dispensés de tout ou partie de l?application de la présente loi. Cette dispense est accordée par décision du représentant de l?État dans le département.» moins lourds d?amélioration de l?existant) et travaux  de réutilisation (changement d?usage d?un ouvrage immobilier). Points de vigilance?: Un aspect important des règles de la loi MOP est le principe de séparation  des  rôles entre  les différents acteurs de  la  construction, notamment entre la maîtrise d?oeuvre et les entreprises de travaux. Dans cette configuration, le maître d?oeuvre et son équipe disposent d?un véritable rôle de conseil auprès de l?acheteur. 4. LE CADRE JURIDIQUE DES MARCHÉS SOUMIS AU CODE DE LA COMMANDE PUBLIQUE?: FONDAMENTAUX ET DÉFINITIONS Quelques définitions clés ? Acheteur?: dans le présent guide, l?acheteur fait référence à tout acheteur public ou privé soumis au code de la commande publique. Dans le cadre des marchés de travaux, il est la personne morale pour laquelle l?ouvrage est construit. Dans la pratique, les termes de maître  d?ouvrage, de pouvoir  adjudicateur (PA) et d?entité adjudicatrice (EA) sont communément usités en référence à l?acheteur. Maître d?oeuvre (MOE)?: ce prestataire a pour mission d?apporter une réponse architecturale, technique et économique à un programme défini par l?acheteur. Pour répondre aux différents aspects du programme, le maître d?oeuvre est constitué, dans la plupart des cas, d?une équipe d?architectes, de bureaux d?études techniques, d?économistes, etc. Assistant à maîtrise d?ouvrage (AMO)?: il apporte à l?acheteur une assistance générale à caractère administratif, financier et technique. L?AMO peut accompagner l?acheteur tout au long du projet. Lorsque cet accompagnement n?a lieu que dans le cadre de la définition du programme, l?AMO prend le nom de programmiste. Contrôleur  technique?: ce prestataire a pour mission de veiller à l?application des règles garantissant la solidité des ouvrages et la sécurité des personnes. Le contrôle technique est obligatoire pour les Établissements recevant du public (ERP) de catégories 1, 2, 3 et 4, ainsi que dans certains autres cas particuliers. Opérateur économique?: personne morale ayant une capacité technique, juridique et financière à réaliser des prestations dans le cadre d?un marché (entrepreneurs, fournisseurs et prestataires de services). Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique12 Les différents types de marchés et procédures de passation Il existe TROIS TYPES DE MARCHÉS?: Marché de fournitures Marché de travaux Marché de services Seuils applicables aux marchés publics -  Appel d?offres ouvert (AOO)?: procédure dans laquelle tout candidat peut remettre une offre?; -  Appel d?offres restreint (AOR)?: procédure dans laquelle seuls les candidats sélectionnés au cours d?une première étape peuvent répondre?; -  Dialogue compétitif?: procédure par laquelle l?acheteur dialogue avec les candidats admis à y participer en vue de définir ou développer les solutions de nature à répondre à ses besoins et sur la base desquelles ces candidats sont invités à remettre une offre?; -  Procédure avec négociation?: procédure par laquelle l?acheteur négocie les conditions du marché avec un ou plusieurs opérateurs économiques. Marché sans publicité ni mise en concurrence préalables?* Marché lancé selon une Procédure Formalisée  Marché à procédure  adaptée (MAPA) < 40 000 ¤ HT Fournitures et services?:  Autorité publique centrale?: ? 139 000 ¤ HT Autre pouvoir adjudicateur?: ? 214 000 ¤ HT Entité adjudicatrice?: ? 428 000 ¤ HT Travaux?: ? 5 350 000 ¤ HT Fournitures et services?:  Autorité publique centrale?: < 139 000 ¤ HT Autre pouvoir adjudicateur?: < 214 000 ¤ HT Entité adjudicatrice?: < 428 000 ¤ HT Travaux?: < 5 350 000 ¤ HT Les différentes procédures de  passation de marchés publics?: * Voir la fiche technique de la DAJ ?Marché sans publicité ni mise en concurrence préalables?, 2020 Dérogation au principe de séparation des rôles entre les différents acteurs de la construction  et de la réhabilitation Différents types de marchés globaux, visés aux articles L. 2171-1 à L. 2171-6 du CCP, dérogent par nature au principe de séparation des rôles entre les différents acteurs de la construction et de la réhabilitation. Il s?agit des marchés de  conception-réalisation, des marchés globaux de performance et des marchés globaux sectoriels. Si le marché de conception-réalisation permet à l?acheteur de confier à un unique opérateur économique des missions de conception (études) et des missions de réalisation (travaux), les marchés globaux de performance ou sectoriels permettent quant à eux de confier à un même opérateur économique une mission globale ayant notamment pour objet la conception, la réalisation, l?aménagement, l?entretien et/ou la maintenance de certains ouvrages construits?12. Points de vigilance?: Dans le cas d?un marché de conception-réalisation, une seule consultation est effectuée pour désigner la personne morale en charge de la conception et de l?exécution des travaux. Dans le cas d?un marché global de performance ou sectoriel, le titulaire est également en charge de l?exploitation et/ou de la maintenance. Il convient de noter que ces marchés peuvent s?avérer défavorables à l?intégration de matériaux de biosourcés pour les raisons suivantes?: ? Le cahier des charges peut éventuellement être moins détaillé, laissant une marge de manoeuvre accrue aux entreprises qui tendent à se démarquer sur des critères économiques et non environnementaux ; ? Le maître d?oeuvre, qui n?est alors pas mandataire, se retrouve en équipe avec l?entreprise et ne peut donc pas jouer pleinement son rôle de conseil à l?acheteur, à la différence d?un marché classique régi par les règles de la loi MOP. Toutefois, les marchés confiant plusieurs missions à un seul titulaire (entreprise unique ou groupement d?entreprises) peuvent présenter des intérêts significatifs, en particulier dans le cadre de projets d?envergure. Le recours à un assistant à maîtrise d?ouvrage et/ou à un programmiste s?avère alors crucial. 12. Voir la Fiche technique de la DAJ « Marchés globaux » : https://www.economie.gouv.fr/daj/marches-globaux-2019 Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 13 Différentes phases d?un projet de MOP (hors marchés globaux)?13 13.Guide de la Maîtrise d?Ouvrage Publique, Construire ou réhabiliter un petit équipement public, mise à jour de juin 2012, Mission interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques (MIQCP) Les différentes phases d?un projet de construction ou de rénovation ÉTUDES PRE-OPÉRATIONNELLES ET PROGRAMME CONCEPTION CHOIX DES ENTREPRISES DE TRAVAUX TRAVAUX Acheteur (éventuellement avec un AMO ou un programmiste) Maître d?oeuvre Contrôleur technique Entreprises de travaux Études et préparation du programme opérationnel Consultation et choix du maître d?oeuvre Consultation et choix des opérateurs économiques Direction de l?exécution des travaux Mise au point des marchés de travaux Exécution des travaux Analyse des offres Contrôle Conception du projet Participation aux études Les opérations de rénovation à neuf Les matériaux de construction biosourcés peuvent trouver de nombreuses applications dans les opérations de rénovation à neuf (rénovation des peintures, des sols, etc. ? voir la section Les applications des matériaux biosourcés dans le secteur du bâtiment ci-avant). Ces achats correspondront simplement à des marchés de travaux ou de fournitures au sens du CCP, éventuellement régis par un accord-cadre. Pour rappel, les recommandations émises ci-après dans le présent guide et s?appliquant à ces opérations sont précisées par le pictogramme suivant?: © Nicolas Waltefaugle ? Etablissement scolaire - Amancey (25) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique14 5. BILAN TECHNIQUE ET JURIDIQUE, SCHÉMA DE SYNTHÈSE Si n éc es sa ire , r ec he rc he d ?u n as sis ta nt à m aî tr ise d ?o uv ra ge (A M O ) e t/ ou d ?u n pr og ra m m ist e Définition des  besoins et  des attentes fonctionnels et architecturaux Besoin initial de construction et/ou de réhabillitation Marchés  séparés (MOP) Sélection de  prestataires qualifiés sur la thématique des matériaux biosourcés?: maître d?oeuvre  (MOE) et  bureau de contrôle  technique Sélection de  prestataires qualifiés sur la thématique des matériaux biosourcés : prestataire unique (ou d?un groupement) pour la conception et la réalisation, et bureau de contrôle  technique Marchés globaux Détermination du type de  marché requis Évaluation préalable des besoins et des attentes fonctionnels et architecturaux Phase de PROGRAMMATION Phase de CONCEPTION Phase de CONCEPTION Réalisation d?un sourcing, éventuellement avec l?aide d?organismes publics (DREAL,?), parapublics (CAUE,...) ou privés (inter- professions,?) Section 5 (page 18) Intégration des matériaux biosourcés dans les documents de  consultation du  marché Sections 12 à 23 (pages 24 à 33) Sélection d?un assistant à  maîtrise d?ouvrage  (AMO) et/ou d?un programmiste  qualifié(s) sur la thématique des matériaux biosourcés Sections 6 et 7 (pages 20-21) Rédaction du programme de l?opération, incluant si possible des matériaux biosourcés Section 7 (page 21) Réalisation d?un  sourcing pour  l?acquisition  d?informations sur les matér- iaux biosourcés et les filières correspondan- tes?; étude de l?intensité con- currentielle Section 5 (page 18) Réalisation d?un sourcing, avec l?aide de l?AMO et/ou du programmiste, ou éventuellement d?organismes publics, parapublics ou privés Section 5 (page 18) Réalisation d?un sourcing, avec l?aide de l?AMO et/ou du programmiste, ou éventuellement d?organismes publics, parapublics ou privés Section 5 (page 18) Intégration des matériaux biosourcés dans les documents  de consultation  des marchés Sections 12 à 23 (pages 24 à 33) Intégration des matériaux biosourcés dans les documents  de consultation  des marchés Sections 12 à 23 (pages 24 à 33) Durant les phases de conception et/ou de travaux, implication du  contrôleur technique et des services de sécurité incendie. Le cas échéant, démarche d?expérimentation (ATEx ou avis de chantier). Section 4 (page 17) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 15 LEGENDE  DANS TOUS LES CAS DE FIGURE?: - Outre les obligations légales de publicité, s?assurer de la bonne visibilité de l?objet ou des ambitions du marché par une publicité adaptée - Rémunérer les prestations intellectuelles en adéquation avec la qualité attendue - Raisonner en coût global Début ou fin du processus Démarche de sourcing Passation d?un marché Sélection de prestataires Phase de choix / réflexion Rédaction d?un livrable Réalisation de travaux Livraison d?un bâtiment Renvoi à une ou plusieurs sections du guide Étape Choix AMO?: Assistant à maîtrise d?ouvrage MOE?: Maître d?oeuvre ATEx?: Appréciation Technique d?Expérimentation Opérations de construction Opérations de réhabilitation et réutilisation Opérations de rénovation à neuf Opérations d?envergure Opérations de taille limitée Besoin initial de rénovation à neuf Sélection d?entreprises  de travaux en capacité de mettre en oeuvre les matériaux biosourcés Rédaction du projet de l?opération, incluant des matériaux biosourcés Rédaction du projet de l?opération, incluant des matériaux biosourcés Réalisation des  travaux par les entreprises, supervision par le MOE et contrôle par le bureau de  contrôle technique Réception d?un bâtiment intégrant des matériaux biosourcés Réception d?un bâtiment intégrant des matériaux biosourcés Réalisation des  travaux par le prestataire unique (ou groupement), supervision par  l?AMO, et contrôle par le bureau de  contrôle technique Phase de SELECTION DES ENTREPRISES DE TRAVAUX Phase de TRAVAUX Phase de TRAVAUX Réalisation d?un sourcing, généralement par le MOE Section 5 (page 18) Intégration des matériaux biosourcés dans les documents de  consultation des  marchés Sections 12 à 23 (pages 24 à 33) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique16 I. Questions techniques et  économiques 1. Les matériaux biosourcés  sont-ils adaptés à tous types  et toutes tailles de projets??  Oui, dans la majorité des cas. Les matériaux biosourcés peuvent être mis en oeuvre dans tous types de projets de construction, de réhabilitation ou de rénovation à neuf, quelle que soit leur taille, à l?exception des opérations de construction d?immeubles de grande hauteur (IGH), qui présentent des spécificités. Il existe aujourd?hui une grande diversité de matériaux et d?applications qui rendent l?usage des matériaux biosourcés possible même pour des constructions particulièrement exigeantes, par exemple dans le cas d?établissements hospitaliers. Points  de  vigilance?: Il convient cependant de noter que plus un projet est de grande  envergure, plus l?intégration des matériaux biosourcés doit être pensée en amont du projet et être effectuée avec précaution. Cette attention supplémentaire est justifiée par plusieurs raisons?: tout d?abord, les effets d?échelle sont plutôt  favorables aux méthodes conventionnelles (impliquant des matériaux d?origine minérale et pétrosourcés), mettant fréquemment les filières biosourcées dans l?incapacité de proposer des offres compétitives. Intégrer des matériaux biosourcés à des projets de grande envergure demande donc une attention accrue de la part de l?acheteur pour garantir la compétitivité des soumissionnaires présentant des propositions innovantes d?un point de vue environnemental. Pour des projets de ce type, il convient également de mobiliser des maîtres d?oeuvre et des entreprises de  travaux à la fois compétents sur le sujet des matériaux  biosourcés et disposant d?une structure adaptée aux  projets de grande envergure ou pouvant se réunir en  groupements.  Cet enjeu peut être facilement appréhendé grâce à la démarche de sourcing décrite ci- après en Section 5. 14. Ce sujet est abordé plus en détail ci-après dans la section 9. 2. L?usage des matériaux  biosourcés a-t-il un impact  sur le coût final d?un projet?? Non, les matériaux de construction biosourcés ont  généralement un impact réduit sur le coût final d?un  projet, notamment parce qu?ils n?en représentent qu?une faible part. A titre d?exemple, l?isolation au sein d?un projet de construction correspond en moyenne à 1?% du coût final. Par ailleurs, établir des comparaisons entre bâtiments dits conventionnels et biosourcés apparaît délicat compte- tenu du grand nombre de paramètres indépendants ou seulement partiellement liés au choix des matériaux (conception bioclimatique ou non, niveau de complexité du bâtiment dans une perspective esthétique, etc.). Une grande variabilité est ainsi observée dans les coûts à  l?investissement. En fin de compte, il importe de raisonner en coût global?14 pour une opération, en intégrant les coûts directs liés à l?investissement, mais aussi les frais engendrés lors de l?exploitation et de la maintenance, ainsi que ceux relatifs à la déconstruction. En particulier, et notamment dans le cadre d?un projet de construction, les matériaux biosourcés offriront un confort en hiver comme en été (isolation, déphasage thermique, régulation de l?hygrométrie?) qui permettra de réaliser des  économies  de  chauffage  et  de  climatisation durant la phase d?exploitation. Par ailleurs, des subventions pour des opérations d?éco-construction, dont l?intégration de matériaux biosourcés et la rénovation énergétique, peuvent être proposées par certains acteurs, tels que des Régions et/ou l?ADEME. ? 6. BILAN TECHNIQUE ET JURIDIQUE, QUESTIONS-RÉPONSES Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 17 3. Est-il possible de garantir  l?assurabilité d?un bâtiment  intégrant des matériaux  biosourcés?? Oui, dans la majorité des cas. Pour assurer un bâtiment, les compagnies d?assurance se fondent très largement sur des évaluations et documents techniques qui permettent de garantir un niveau de qualité aux ouvrages et de sécuriser toute la chaîne d?acteurs impliqués dans l?acte de construire. Les méthodes de construction couvertes par de tels documents relèvent généralement de deux catégories?: ? Les techniques courantes, normalement garanties de base dans le contrat d?assurance des maîtres d?oeuvre couvrant la responsabilité décennale?: Documents Techniques Unifiés (DTU), normes éditées par l?AFNOR, ainsi que règles professionnelles et avis techniques approuvés par la Commission Prévention Produit (C2P) de l?Agence Qualité Construction (AQC), etc. ? Les techniques non courantes, pour lesquelles les conditions d?assurance varient selon les assureurs?: règles professionnelles et avis techniques non approuvés par la C2P. Les matériaux biosourcés disposent de normes (bois, ouate de cellulose?), d?avis techniques (lin?), DTU (bois?), ainsi que de règles professionnelles (paille, chanvre?), qui permettent de sécuriser  l?accès  à  l?assurance. Dans certains cas particuliers, la réalisation d?une Appréciation Technique  d?Expérimentation (ATEx) ou d?un avis de chantier?15 peut également appuyer l?obtention d?une assurance. Le cas échéant, le maître d?oeuvre et l?assistant  à maître d?ouvrage pourront accompagner l?acheteur dans le choix des matériaux et les démarches associées.? 15. Un avis de chantier peut être requis lorsque, par exemple, pour un ouvrage donné, les performances de résistance au feu ne peuvent pas être directement justifiées, demandant ainsi l?appréciation d?un laboratoire agréé. Cette appréciation prend alors la forme d?un avis de chantier, valable pour cette construction particulière. La demande d?avis de chantier doit intervenir le plus tôt possible avant la phase de construction. Si l?avis fait mention d?un classement, celui-ci est exprimé sous la forme où il figure dans la réglementation de sécurité contre l?incendie concernée. 4. Comment les bureaux de  contrôle technique et les services  incendie abordent-ils les projets  intégrant des matériaux  biosourcés??  L?intégration de matériaux biosourcés dans un bâtiment peut impliquer l?utilisation de techniques constructives qui dérogent aux habitudes des acteurs du secteur de la construction, et sont susceptibles d?être contestées par certains bureaux de contrôle ou des services de sécurité incendie. Afin d?éviter le blocage de son projet, l?acheteur peut donc recruter un bureau de contrôle ayant une certaine  expérience des matériaux de construction biosourcés, ou a minima présentant une sensibilité aux enjeux environnementaux. Le recrutement d?un tel prestataire peut être facilité par la démarche de sourcing et grâce à l?intégration des matériaux biosourcés dans les documents de consultation, comme décrit ci-après en Sections 5, ainsi que 12 à 23, respectivement. Pour conclure un marché public de contrôle technique, l?acheteur peut se référer ou s?inspirer du cahier des clauses techniques générales (CCTG) applicables aux marchés publics de contrôle technique approuvé par le décret n°99-443 du 28 mai 1999 ou de la norme NF P 03-100 de septembre 1995. D?autres leviers peuvent également être mis en oeuvre afin d?assurer la validation technique du projet?: ?  Préparer  à  l?avance, à destination du bureau de contrôle, des éléments de précision sur le projet. Par la  suite des tests complémentaires peuvent être réalisés  sur des échantillons pour répondre à des demandes spécifiques de la part du bureau de contrôle?; ?  Impliquer  le  bureau  de  contrôle  et  les  services  incendie (par exemple?: les services départementaux d?incendie et de secours - SDIS) tout au long des phases du projet (éventuellement dès la conception, pour le bureau de contrôle), par exemple via la réalisation de  tests techniques, de visites de terrain, de bâtiments  démonstrateurs?; © nOOrs ? Julien Borie - 2016 Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique18 ? Avoir recours à des services qui proposent le contrôle  qualité des projets en validant la mise en oeuvre des  matériaux biosourcés. À titre d?exemple, la marque Certipaille® atteste de la conformité de la mise en oeuvre des bottes de paille dans un bâtiment. En outre, dans certains cas, des démarches  d?expérimentation peuvent être envisagées, via la réalisation d?une Appréciation  Technique d?Expérimentation (ATEx) ou d?un avis de chantier (le lecteur est invité à se référer à la note de bas de page n°12 en page 17). Si ces dispositifs peuvent se révéler utiles et concluants, ils peuvent toutefois engendrer  des  coûts  et  des  délais  supplémentaires. II. La détermination des besoins  de l?acheteur et des types et  procédures de marché en amont des  consultations Après avoir identifié et évaluer préalablement ses besoins, l?acheteur peut se faire accompagner par différents acteurs publics et/ou privés pour l?aider à intégrer les matériaux biosourcés dans son marché. 5. Comment répondre à ses besoins grâce au  «?sourcing?» (sourçage)  en matière de matériaux  biosourcés?? Le sourcing est une démarche essentielle pour faciliter le recours aux matériaux biosourcés dans un projet de construction ou de réhabilitation, comme dans un marché d?exploitation-maintenance. Grâce au sourcing, l?acheteur recherche, identifie et  évalue les opérateurs économiques ainsi que les biens présents sur le marché et capables de répondre à ses besoins en matière de qualité environnementale, de délais et de coûts pour un futur projet. Le sourcing, dont la pratique existait déjà depuis quelques années, a été consolidé par les articles R. 2111-1 et R. 2111-2 du CCP. Le sourcing permet ainsi à l?acheteur de mettre en oeuvre les actions suivantes?: ?  Identifier des prestataires potentiels expérimentés sur le sujet de la construction/réhabilitation intégrant des matériaux biosourcés?; ?   Évaluer  l?intensité  concurrentielle du marché et  déterminer  les  offres  en  termes  de  matériaux  biosourcés?; ?   Acquérir  une meilleure  connaissance  de  l?offre  technologique et des produits biosourcés existants?; ? Afin d?éviter les marchés infructueux, préparer  les  opérateurs économiques en amont, par exemple en les invitant à faire des regroupements d?entreprises, etc.?; ?  Mobiliser et convaincre ses différents décideurs (élus,  Directions?) et services techniques en interne. Cette procédure permet d?identifier, en amont, les solutions adaptées au besoin de l?acheteur et de rédiger le dossier de consultation en conséquence. Concernant la sécurité incendie? Le respect des normes de sécurité incendie des  bâtiments, et notamment des établissements  recevant  du  public (ERP), constitue un sujet de préoccupation pour les maîtres d?ouvrages. La plupart des matériaux biosourcés, comme la paille et le béton de chanvre, ont fait l?objet d?essais afin de connaître leur réaction/résistance au feu. À titre d?exemple, le CERIB (Centre de recherche sur le béton) a conduit des études sur l?inflammabilité du béton de chanvre, au cours desquelles la très bonne résistance au feu de ce matériau a été démontrée. Les murs en béton de chanvre sont ainsi classés comme incombustibles dans les normes françaises. De manière similaire, en plus d?être protégée du feu par des parements et des enduits, la paille utilisée en bottes est compressée et contient peu d?air : les bottes de paille ne s?enflamment pas mais se consument lentement en dégageant peu de fumée (facteur important pour la sécurité des personnes). Ainsi, l?enjeu relatif au respect des normes de sécurité incendie ne relève pas d?un défaut spécifique des matériaux biosourcés, mais plutôt de la diffusion des informations relatives  à leurs performances auprès des acteurs de la construction. © C. Desmichelle ? École Victor Schoelcher ? Epinay-sur-Seine (93) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 19 Comment réalise-t-on une démarche de sourcing ??: Concrètement, l?acheteur peut mettre en oeuvre une démarche de sourcing à travers les actions suivantes : 1. Solliciter des avis et mobiliser les compétences en interne (échanges entre services, retours d?expériences de précédents marchés, retours des utilisateurs, etc.) ou de son réseau (au niveau intercommunal, départemental, régional ou au niveau de l?inter-réseau commande publique et Développement Durable, etc.) ; 2. Réaliser ou faire réaliser des études de marché, dont par exemple des démarches de parangonnage (benchmark)  pour identifier les bonnes pratiques, bénéficier de retours d?expérience d?autres acheteurs? ; 3. Procéder à des visites de terrain : chantiers en cours mettant en oeuvre des matériaux biosourcés pour réaliser les bénéfices en termes de réduction de nuisances de chantier ; bâtiments démonstrateurs achevés permettant de ressentir le confort d?été et d?hiver ; usines de production de matériaux biosourcés ; etc. ; 4. Solliciter des avis ou informer les opérateurs économiques de son projet et de ses exigences : cabinets de conseil en développement durable, architectes, entreprises de production de matériaux biosourcés, organismes publics, parapublics ou privés en charge de la promotion de la construction durable, etc. Plus spécifiquement, les échanges avec des opérateurs économiques peuvent suivre les étapes suivantes : a) Les acheteurs publics peuvent identifier les opérateurs économiques pertinents via, par exemple, des rencontres à l?occasion de forums, de salons, de conférences, ou de visites de terrain, des recherches internet, la consultation  d?études ou de documents de référence, l?identification de projets exemplaires, la sollicitation d?organismes clés en lien avec la construction durable, etc. ; b) L?acheteur organise ensuite avec les opérateurs économiques pertinents des entretiens physiques, téléphoniques ou par courriel. Tous les échanges qui ont lieu à cette occasion doivent faire l?objet d?une traçabilité rigoureuse, afin de sécuriser les parties et de prouver, si nécessaire, leur bonne foi (par exemple?: un courriel indiquant la date, l?heure et le sujet de l?entretien doit être conservé). L?acheteur peut également rédiger un questionnaire unique à envoyer aux différents opérateurs économiques afin de recueillir les informations propres à chacun et de mieux cerner l?état du marché, les technologies existantes, leur politique en matière environnementale, sociale, de facturation, d?innovation, etc. Dans ce cadre, l?égalité de traitement entre les entreprises doit être effective sur tous les plans?: l?acheteur doit veiller à leur donner les mêmes informations mais aussi à leur consacrer le même temps ; c) Une fois la phase de sourcing clôturée, l?acheteur doit laisser un temps raisonnable avant le lancement des  consultations, afin d?exploiter pleinement les informations recueillies et d?être en mesure de les traduire dans le cahier des charges. Si ces différentes étapes ont été suivies et que l?égalité et la transparence ont été correctement respectées, les entreprises approchées lors de la phase de préparation pourront se porter candidates au marché. Qui peut mettre en oeuvre la démarche de sourcing ? En amont des marchés, la démarche de sourcing en vue d?identifier des prestataires qualifiés sur la thématique des matériaux biosourcés peut être menée par : ? L?acheteur lui-même ; ? Un prestataire spécialisé dans l?assistance à maîtrise d?ouvrage ou un programmiste (lorsque ce type de prestataire est mobilisé sur un projet) ; ? Une autre entité publique ou privée pouvant conseiller l?acheteur, principalement dans le cadre de  projets d?ampleur limitée, telles que : Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement (DREAL), Conseil d?architecture, d?urbanisme et de l?environnement (CAUE), Parc naturel régional (PNR), Direction départementale des territoires (DDT), antennes régionales de l?ADEME, organisations professionnelles (Association des Industriels de la Construction Biosourcée (AICB), Collectif des filières biosourcées du bâtiment (CF2B), l?Interprofession Forêt-Bois, Construire en Chanvre, Interchanvre, Réseau Française de la Construction Paille - RFCP, etc.) ou encore, pour les communes de moins de 10 000 habitants, conseillers en énergie partagés ; ? Dans le cadre d?un marché de travaux, le maître d?oeuvre sera le principal acteur du sourcing permettant d?identifier des entreprises. Il importe ainsi que celui-ci dispose d?une bonne connaissance du tissu économique  des entreprises à même de mettre en oeuvre des matériaux biosourcés. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique20 Points de vigilance?: Les résultats des études et échanges préalables peuvent être utilisés par l?acheteur, à condition que leur utilisation n?ait pas pour effet de fausser  la  concurrence  ou  de  méconnaître les grands principes de la commande  publique (égalité de traitement des candidats, liberté d?accès et transparence des procédures, et la bonne utilisation des deniers publics). La question est donc de savoir jusqu?où l?acheteur peut aller dans l?échange d?information. Pendant les  échanges, seules les informations qui permettront  de mieux  cerner  le  besoin  de  l?acheteur  peuvent  être diffusées (par exemple?: informations relatives à l?estimation du budget de l?acheteur pour le projet, le calendrier prévisionnel, la durée du marché ou encore son périmètre géographique). De manière plus générale, tout élément qui ne donne pas un  avantage aux opérateurs économiques présent au sourcing par rapport à ceux qui n?y participent pas et souhaiteraient répondre à la procédure d?attribution par la suite, peut être transmis. Les détails qui feront le  futur cahier des charges ne doivent pas être abordés,  car cela reviendrait à discriminer les entreprises non  participantes. Pour plus d?information, le lecteur peut se référer au Guide de l?achat public, le sourcing opérationnel publié par la Direction des Achats de l?Etat (DAE). 6. Quel est l?intérêt de recourir à  un assistant à maîtrise d?ouvrage  (AMO) familier des matériaux  biosourcés?? L?assistant à maîtrise d?ouvrage (AMO) est le prestataire qui procure à l?acheteur une assistance générale à caractère administratif,  financier et technique. Le recours à un AMO expérimenté en construction  biosourcée, dans le cas d?un projet de construction ou de réhabilitation, facilite grandement la bonne exécution du projet de l?acheteur. En effet, l?AMO, intervenant en amont puis tout au long du projet, peut conseiller l?acheteur (notamment sur les procédures de marchés et la viabilité du projet), mettre en oeuvre les démarches de sourcing, l?assister lors de la rédaction du cahier des charges, l?aider dans la phase de sélection des prestataires et accompagner la mise en oeuvre. L?assistant à maîtrise d?ouvrage joue notamment un rôle d?interface entre l?acheteur et les acteurs du projet. Il apparaît ainsi important de recourir à un AMO expérimenté dans la  construction biosourcée ou le bâti durable. Il est aussi important que l?AMO retenu présente des compétences juridiques ou que son accompagnement soit complété avec un juriste, notamment afin de rassurer l?ensemble des acteurs internes de l?acheteur (Direction?/ élus, services techniques, services achats, pôles juridiques, pôles développement durable, etc.) qui pourraient être réticents à l?intégration de matériaux de construction biosourcés du fait d?une mauvaise compréhension des règles de la commande publique. © Bâtir en Balles ? Balles de riz Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 21 En pratique, le rôle d?AMO peut être tenu par une diversité d?acteurs?: ? Un prestataire  spécialisé dans l?assistance à maîtrise d?ouvrage?; ou ?   Une  entité  publique  ou  privée,  qui  peut  conseiller l?acheteur (principalement dans le cadre de projets d?ampleur limitée), parmi celles décrites ci-avant dans la section 5 relative au sourcing. Pour des projets d?envergure, un accompagne- ment par une équipe pluridisciplinaire com- prenant typiquement un juriste, un bureau d?étude spécialisé et un programmiste (se référer à la section ci-après) peut être recherché. En particulier dans le cadre de marchés de conception-réalisation ou de marchés globaux de performance (marchés globaux), l?architecte, qui n?est alors pas le mandataire, se retrouve en équipe avec l?entreprise et donc ne peut jouer pleine- ment son rôle de conseil au maître d?ouvrage, à la dif- férence d?un marché classique suivant les règles de la MOP. Points de vigilance?: Dans ce cas de figure, la présence d?un AMO indépendant se révèle alors d?autant plus nécessaire. 7. La phase de programmation est- elle importante pour l?intégration de  matériaux biosourcés et faut-il se faire  accompagner??  Oui. En amont du marché de maîtrise d?oeuvre, le maître de l?ouvrage doit établir un programme de l?opération qu?il projette de mener. Ce document permet notamment à l?acheteur d?exprimer clairement ses attentes  en matière  de  performance  environnementale  et  énergétique, rendant ainsi la phase de programmation cruciale pour la définition de l?ambition environnementale du projet, et en particulier pour l?intégration des matériaux de construction biosourcés. A ce stade, il importe d?aborder le sujet des matériaux biosourcés afin d?anticiper une exploitation optimale des qualités techniques des  matériaux, le recours éventuel au sourcing, ainsi que leur bonne prise en compte dans l?enveloppe budgétaire du projet. En effet, bien que la phase de programmation ne représente qu?un très faible pourcentage du coût global des projets de construction, elle peut déterminer jusqu?à 80?% de l?engagement de ce coût. Points de vigilance?: Il importe toutefois de ne pas figer excessivement la commande de l?acheteur en amont lors de la phase de programmation afin de laisser de la liberté de conception au maître d?oeuvre. En phase de programmation, l?acheteur peut soit établir lui-même le programme soit le faire réaliser par un AMO. Les prestataires spécialisés dans ce domaine sont appelés programmistes. De manière générale, le recours à un programmiste a lieu lors d?opérations  de  grande  envergure (notamment pour les marchés globaux). Dans le cadre d?opérations de tailles plus modérées, l?acheteur peut toutefois solliciter l?appui d?un prestataire spécialisé dans l?assistance à maîtrise d?ouvrage ou d?organismes pouvant le conseiller (par exemple parmi ceux décrits ci-avant dans la section 5 relative au sourcing). En pratique, le programme détaille notamment le contexte territorial et les objectifs à atteindre, par exemple en matière de sobriété énergétique, d?intégration de la biodiversité, etc., et permet de fixer des  seuils minimaux  en matière  de  performance énergétique et environnementale (exemples?: un objectif de baisse de 40?% minimum des consommations énergétiques réelles de l?ensemble des postes consommateurs d?énergie des bâtiments / ou un objectif de baisse de 50?% minimum des émissions de CO2 de l?ensemble des postes consommateurs d?énergie de l?ensemble des bâtiments). © Nomadéis ? Andains de lin Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique22 8. Est-il important de prévoir  un budget adapté pour les  prestations intellectuelles?? Oui. L?intégration des matériaux de construction biosourcés dans une opération de construction ou de réhabilitation peut soulever certains enjeux, qui nécessiteront une implication pleine et entière de l?ensemble des acteurs réalisant une prestation intellectuelle au service du projet (assistant à maîtrise d?ouvrage, programmiste, maître d?oeuvre et bureau de contrôle). De manière générale, une attention particulière portée aux phases de programmation et de conception permet de réduire significativement le risque d?imprévus et de surcoûts en phase de réalisation. Afin de permettre un niveau d?implication approprié, il apparaît ainsi important, dès le stade de la consultation, de prévoir un budget  pour les prestations intellectuelles qui soit  en adéquation avec la qualité attendue des réponses  des soumissionnaires. L?allocation de moyens financiers suffisants permettra en effet aux candidats de mobiliser plus de ressources humaines et d?investir plus d?efforts et de temps afin de prendre en compte les éventuels  enjeux supplémentaires qui pourraient être potentiellement générés par l?intégration de matériaux de construction biosourcés dans le projet. 16. Cette spécificité concernant le cas particulier du bois n?est pas détaillée dans le présent guide, d?autres ouvrages étant dédiés à ce matériau. 9. L?achat de matériaux  biosourcés par des marchés  de fournitures distincts des  marchés de travaux présente-t-il  un avantage ? Oui et non. Dans le cas d?une opération de construction ou de réhabilitation, les marchés de fournitures conclus  séparément  des  marchés  de  travaux permettent l?achat, directement par l?acheteur, du matériau qu?il souhaite mettre en oeuvre pour son projet de construction ou de réhabilitation. Cette démarche, qui se rapproche dans une certaine mesure de la possibilité qu?ont les Communes forestières (COFOR), ou les intercommunalités comprenant une COFOR, de mobiliser du bois dont la commune est propriétaire?16, peut s?avérer favorable à l?intégration des matériaux  biosourcés. Points de vigilance?: Cependant, il est important de noter qu?une majorité  d?entrepreneurs  seront susceptibles de refuser de mettre en  oeuvre des matériaux qu?ils n?ont pas eux-mêmes  achetés, notamment pour des raisons de responsabilité. Gaujard technologie SCOP ? Salle de spectacle La Boiserie ? Mazan (84) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 23 10. L?allotissement  favorise-t-il le recours  aux matériaux biosourcés?? Oui. Une partie des entreprises mettant en oeuvre les matériaux de construction biosourcés sont des structures de petite taille. L?allotissement des marchés  de  travaux  peut  ainsi  favoriser  l?intégration  des  matériaux biosourcés. Depuis 2006, les marchés publics doivent, conformément à l?article L. 2113-10 du CCP, être passés en lots séparés. En pratique, ce principe  de  l?allotissement implique le fractionnement d?un marché en plusieurs sous-ensembles techniques ou géographiques appelés « lots » susceptibles d?être attribués séparément et de donner lieu, chacun, à l?établissement d?un marché distinct. L?allotissement permet ainsi d?ouvrir l?accès à la commande publique à des entreprises de toutes tailles et aux compétences variées, et favorise la concurrence. Il est possible de déroger à ce principe lorsque l?objet du marché ne permet pas l?identification de prestations distinctes ou dans un des cas prévus à l?article L. 2113-11 du même code : « 1° [L?acheteur] n?est pas en mesure d?assurer par lui- même les missions d?organisation, de pilotage et de coordination ; 2° La dévolution en lots séparés est de nature à restreindre la concurrence ou risque de rendre techniquement difficile ou financièrement plus coûteuse l?exécution des prestations. » 11. Les achats publics  innovants peuvent-ils  favoriser l?intégration  des matériaux biosourcés?? Oui et non. Pour favoriser l?innovation dans la commande publique, le décret n°2018-1225 du 24 décembre 2018 portant sur des mesures diverses relatives à la commande publique expérimente, sur une durée de  trois ans, un nouveau cadre pour les achats publics  innovants. Ainsi, les acheteurs sont autorisés à passer  des marchés sans publicité ou mise en concurrence  préalable pour les achats innovants d?un montant inférieur à 100 000 ¤. Pour recourir à cette procédure, les prestations demandées par l?acheteur doivent être des «?travaux, fournitures ou services nouveaux ou  sensiblement améliorés?» (R. 2124-3, 2° du CCP). Il est également précisé que le caractère innovant «?peut consister dans la mise en oeuvre de nouveaux procédés de production ou de construction, d?une nouvelle méthode de commercialisation ou d?une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l?organisation du lieu de travail ou les relations extérieures de l?entreprise?». Si la définition de l?achat innovant est relativement large pour laisser une certaine souplesse d?appréciation aux acheteurs, un faisceau d?indices a été élaboré par la DAJ dans un « Guide pratique - Achat innovant » en 2019, pour aider les acheteurs à qualifier l?achat innovant. Dans certains cas et sous certaines conditions, l?achat de matériaux biosourcés peut ainsi être considéré comme un achat innovant et la dérogation aux obligations de publicité et  de mise en concurrence peut s?appliquer en l?espèce, dès lors que le montant du besoin de l?acheteur est inférieur à 100 000 euros HT. Le recours aux achats innovants peut donc conférer une plus grande marge de manoeuvre financière aux acheteurs qui souhaitent réaliser un projet ambitieux sur le plan environnemental puisqu?ils peuvent engager des démarches de gré à gré avec des prestataires ayant  l?habitude de travailler avec des matériaux biosourcés  dans le cadre de seuils de marchés largement réhaussés. Points de vigilance?: Il est possible que les matériaux relevant de techniques courantes ne puissent pas toujours bénéficier de ce régime dérogatoire. Ainsi, dans les cas où ce dispositif nécessiterait le recours aux appréciations techniques  d?expérimentation (ATEx) ou aux avis de chantier pour  justifier  d?un  caractère  innovant,  ces  démarches  seraient susceptibles de représenter un frein compte- tenu des délais et surcoûts associés. À titre d?exemple, l?allotissement peut prendre la forme suivante : « Lot 1. Gros oeuvre, lot 2. Bardage extérieur, lot 3. Menuiseries intérieures, lot 4. Isolation ? Cloisonnement ? Faux-plafonds, etc. ». Dans le cas de marchés de travaux allotis, et tout en respectant les conditions relatives à l?intensité concurrentielle du secteur évoquées, ci-après, en Section 12 L?objet du marché, il est ainsi plus  aisé de mentionner des matériaux biosourcés  directement : par exemple « travaux d?isolation  en béton de chanvre » ou « travaux de charpente  en bois ». Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique24 III. L?intégration des matériaux  de construction biosourcés? dans  le dossier de consultation Pour chacun de ses achats, l?acheteur doit s?interroger sur la possibilité d?intégrer, dans les documents de la consultation et lors de l?attribution de son marché, des exigences en termes de matériaux biosourcés. Pour ce faire, il dispose de plusieurs outils juridiques. 12. L?objet du marché peut-il  mentionner les matériaux  biosourcés?? Oui. La détermination de l?objet du marché constitue une étape importante pour l?intégration des matériaux de construction biosourcés dans le marché. Avant le lancement de la consultation, la nature  et l?étendue des besoins de l?acheteur doivent être déterminées avec précision, notamment  en termes de matériaux biosourcés. Grâce, par exemple au sourcing ou encore lors des phases de programmation ou de conception, l?acheteur doit identifier, dans la mesure du possible, les matériaux biosourcés répondant le mieux aux caractéristiques de son projet mais aussi aux bienfaits de ces matériaux qu?il souhaite mettre en avant (réduction de l?impact environnemental, bien-être des utilisateurs, etc.). Ces éléments vont lui permettre de bien définir l?objet  du marché. La détermination de l?objet du marché revêt une importance particulière car l?ensemble des caractéristiques du marché (prévues au sein des spécifications techniques, des conditions d?exécution, de l?exigence de labels ou ouvertes par le biais des variantes) doivent être liées à l?objet du marché?: celui- ci doit, par conséquent, être suffisamment précis et intégrer les préoccupations de développement durable. ? Comment formuler l?objet du marché ? Pour recourir aux matériaux biosourcés, l?acheteur doit intégrer dans l?objet du marché des mentions spécifiques dont la nature dépend de l?intensité  concurrentielle  du  secteur. L?acheteur doit donc anticiper l?intensité concurrentielle de son marché, via un sourcing préalable par exemple (tel que décrit à la Section 5. Comment répondre à ses besoins grâce au «?sourcing?» (sourçage) ?) afin d?assurer le respect des principes d?égalité  et de non-discrimination lors de la définition de l?objet du marché. Les deux cas de figure suivants peuvent ainsi être rencontrés?: ? Dans le cas d?une forte intensité concurrentielle (dans le cas d?un produit facilement identifiable ou bien d?une famille de produit présentant une offre large), l?acheteur peut mentionner directement dans l?objet du marché le ou les matériaux biosourcés souhaités ; ? Au contraire, dans le cas d?une intensité  concurrentielle  plus  faible (lorsque peu de produits sont disponibles ou que seul un nombre restreint d?opérateurs économiques les propose), des mentions plus générales sont préférables. Des exemples sont présentés dans le tableau ci- dessous. Type de marché Exemples d?objets de marché Forte intensité concurrentielle Faible intensité concurrentielle Assistance à  maîtrise d?ouvrage,  programmation ou  maîtrise d?oeuvre «?Marché d?assistance à maîtrise d?ouvrage / de programmation / de maîtrise d?oeuvre pour la conception d?un bâtiment bois-paille?». «?Marché d?assistance à maîtrise d?ouvrage / de programmation / de maîtrise d?oeuvre pour la conception d?un bâtiment intégrant des matériaux biosourcés?», ou à défaut «?? d?un bâtiment écologique / en éco-construction / à faible impact environnemental / à faibles incidences environnementales?». Marché de travaux «?Marché de travaux pour la mise en oeuvre d?une isolation à base de chanvre / pour la mise en oeuvre d?une peinture biosourcée?». «?Marché de travaux pour la construction d?un bâtiment intégrant des matériaux biosourcés / d?un bâtiment écologique?», etc. Marché de fournitures «?Marché de fournitures de lames de terrasse à base de bois?». «?Marché de fournitures de lames de terrasse à base de matériaux biosourcés / écologiques?». Contrôle technique «?Marché de contrôle technique en vue de la construction d?un bâtiment intégrant de la ouate de cellulose?». «?Marché de contrôle technique en vue de la construction d?un bâtiment intégrant des matériaux biosourcés / d?un bâtiment écologique?», etc. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 25 13. Dans quelle mesure  les spécifications techniques  peuvent-elles favoriser  le recours aux matériaux  biosourcés?? Les spécifications techniques définissent les caractéristiques requises des travaux, des fournitures ou des services qui font l?objet du marché. Celles-ci permettent donc l?intégration de matériaux biosourcés directement dans les documents de la consultation. Conformément à l?article R. 2111-4 du CCP, ces caractéristiques peuvent se référer au processus ou à  la méthode spécifique de production ou de fourniture des travaux, des produits ou des services demandés ou à un processus propre à un autre stade de leur cycle  de vie même lorsque ces facteurs ne font pas partie de leur contenu matériel. L?acheteur formule les spécifications techniques?:  ?   Par référence à des normes (ou à d?autres documents préétablis équivalents), approuvées par des organismes reconnus, notamment par des instances professionnelles en concertation avec les autorités publiques nationales ou européennes (par exemple?: règles professionnelles, recommandations professionnelles RAGE, avis techniques?)?; et/ou ?   En termes de performance ou d?exigences fonctionnelles.  Leur rédaction doit être suffisamment précise mais ne doit pas être trop fermée pour laisser la place à l?innovation (par exemple?: caractéristiques environnementales définies par référence à tout ou partie d?un éco-label et/ou d?un label). Points  de  vigilance?: Les spécifications techniques doivent être objectives et neutres. Ainsi, elles ne peuvent pas faire mention d?un mode ou procédé de fabrication particulier ou d?une provenance ou origine déterminée, ni faire référence à une marque, à un brevet ou à un type, dès lors qu?une telle mention ou référence aurait pour effet de favoriser ou d?éliminer certains opérateurs économiques ou certains produits. Toutefois, une telle mention ou référence est possible si elle est justifiée par l?objet du marché ou, à titre exceptionnel, dans le cas où une description suffisamment précise et intelligible de l?objet du marché n?est pas possible sans elle et à la condition qu?elle soit accompagnée des termes?: «?ou équivalent?». Type de marché Intensité concurrentielle forte ou faible Forte intensité  concurrentielle Faible intensité  concurrentielle Assistance à  maîtrise d?ouvrage,  programmation ou maîtrise d?oeuvre    Référence à un pourcentage minimal  de  matériaux biosourcés au sein du bâtiment  et/ou au niveau de performance d?un label  (des exemples de labels sont présentés dans la section suivante) et/ou à un niveau de  performance environnementale / énergétique (par exemple en faisant référence à des seuils?: stockage carbone ou « meilleurs standards de la règlementation en vigueur »). Référence  explicite  à  un  ou  plusieurs  matériaux  biosourcés. Cependant, compte-tenu des principes d?égalité de traitement des opérateurs économiques et de non-discrimination, le maître d?ouvrage ne peut pas cibler directement une technique constructive. Référence à des notions de recours aux matériaux  biosourcés, de stockage carbone, de coût global (pour les marchés d?assistance à maîtrise d?ouvrage, de programmation et/ ou de maître d?oeuvre, d?exigences  sociales  et  environnementales, de performance énergétique, etc. (ces notions ne sont ni exhaustives, ni excluantes). Travaux Référence à l?atteinte du niveau de performance  d?un  label  relatif  aux  matériaux, d?un pourcentage minimal de matériaux biosourcés  ou de biomasse et/ou de stockage carbone. Fournitures Contrôle technique  Dans le cadre de l?élaboration d?un marché de contrôle technique, l?acheteur peut intégrer aux spécifications techniques, qui précisent les missions du bureau de contrôle (vérification de la solidité des ouvrages, des conditions de sécurité des personnes, etc.), des tâches relatives à l?isolation thermique, aux économies  d?énergie, à l?environnement, ou directement aux matériaux biosourcés. Comment déterminer les spécifications techniques ? Afin de favoriser l?intégration de matériaux de construction biosourcés dans son projet, l?acheteur peut inclure les éléments suivants dans les spécifications techniques de ses marchés d?assistance à maîtrise d?ouvrage, programmation et maîtrise d?oeuvre : ? Par référence à des normes, l?acheteur peut demander dans les objectifs qualité du projet, l?atteinte du niveau  de performance d?un label (des exemples de labels sont présentés dans la section suivante) ; ? En terme de performance ou d?exigences fonctionnelles, l?acheteur peut demander l?atteinte d?un pourcentage  minimal de matériaux biosourcés au sein du bâtiment et/ou d?un niveau de performance énergétique et/ou  environnementale (par exemple en termes de stockage carbone, ou en faisant référence à des seuils : «?meilleurs standards de la règlementation en vigueur?», «?performance énergétique de 20?% supérieure à la règlementation en vigueur?», «?atteinte d?une performance énergétique inférieure à 30?kWhep/m²/an?», etc.). Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique26 14. Comment faire appel  aux labels pour maximiser  l?emploi de matériaux  biosourcés?? L?acheteur qui souhaite passer un marché peut exiger des candidats la détention d?un label impliquant un  recours aux matériaux biosourcés, de manière directe  ou indirecte. Le label est défini comme tout document, certificat ou  attestation qui prouve que les ouvrages, les produits,  les  services,  les  procédés  ou  les  procédures  en  rapport avec l?objet du marché remplissent certaines  caractéristiques?17. Les écolabels sont quant à eux des déclarations de conformité des prestations labellisées à des critères préétablis d?usage et de qualité écologique, qui tiennent compte du cycle de vie et des impacts environnementaux des produits. L?acheteur peut, par exemple, poser des exigences particulières en termes de consommation d?énergie des produits qu?il achète. Les conditions tenant au label (article R. 2111- 12 et suivants du CCP) sont?:  ? Le label est établi par une procédure ouverte et  transparente?; ?   Les exigences en matière de label sont fixées par un  tiers sur lequel l?opérateur économique qui demande l?obtention du label ne peut exercer d?influence décisive et sont accessibles à toute personne intéressée?; ? Le label repose sur des critères  objectivement  vérifiables et non discriminatoires. Ce dernier critère implique qu?un  marché  doit  être ouvert aux réponses présentant un niveau de  performance équivalent au label (ce qui implique la formulation de «?label ou équivalent?» dans le dossier de la consultation). Un fournisseur pourra alors proposer un produit ne bénéficiant pas forcément du label, mais répondant aux spécifications du cahier des charges dudit label. Il incombera alors au fournisseur d?apporter la preuve de l?équivalence. L?acheteur qui entend imposer aux opérateurs économiques le recours à un label, doit également s?assurer que  les  caractéristiques prouvées par  ce  label?: 1. présentent un lien avec l?objet du marché ou à ses conditions d?exécution et 2. permettent de définir  les travaux, fournitures ou services qui font l?objet du marché. 17. Article R. 2111-12 CCP. Points de vigilance?: Il convient de noter qu?il existe différents types de labels, publics ou  privés, ciblant les produits mis en oeuvre, la gestion du chantier, les caractéristiques du bâtiment livré, ou les qualifications des opérateurs économiques, etc. Les labels privés sont moins utilisés dans la commande publique car ils peuvent poser des problèmes de neutralité et d?égalité d?accès. © Dominique Gauzin-Müller - Terre crue Où faire mention du niveau de performance  d?un label / d?une certification ? ? Au niveau des spécifications techniques : le produit doit alors correspondre obligatoirement à tout ou partie des critères du label ; ? Dans les critères d?attribution : la détention du label constitue un critère préférentiel de sélection ; ? Au niveau des conditions d?exécution du marché?: les fournisseurs s?engagent sur la fourniture ou l?utilisation de produits porteurs du label au fur et à mesure de l?exécution du marché. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 27 À quels labels / certifications faire référence  pour favoriser les matériaux biosourcés?? (listes non exhaustives) Dans le cadre d?un marché d?assistance à maîtrise d?ouvrage, programmation ou maîtrise  d?oeuvre, il est possible de faire référence aux labels suivants, relatifs au bâtiment livré, dans les spécifications techniques : ?   Label Bâtiment Biosourcé : institué par l?arrêté du 19 décembre 2012 relatif au contenu et aux conditions d?attribution du label « bâtiment biosourcé?», il définit notamment des taux d?incorporation de matière biosourcée dans les bâtiments neufs ; ?   Label Bâtiment Bas Carbone (BBCA) : applicable aux bâtiments neufs et rénovés, il atteste de l?exemplarité d?un bâtiment en termes d?empreinte carbone ; ?   Label allemand Passivhaus : il garantit la performance énergétique d?un bâtiment. Il est également possible de faire référence à des labels / certifications ciblant les qualifications  des professionnels dans les critères de sélection des candidatures, tels que par exemple la formation Pro-Paille, dispensée par le RFCP. Dans le cadre d?un marché de travaux ou de fournitures, il est possible de faire référence aux labels suivants, relatifs aux matériaux de construction mis en oeuvre, dans les spécifications  techniques : ?   Label Produit Biosourcé : label attestant de l?intégration d?un pourcentage massique minimum de matière première issue de la biomasse ; ?   OK biobased (TUV Austria) et Biobased products (DIN Certco) : labels caractérisant le pourcentage de matières premières renouvelables d?un produit ; ?   Biobased content  : système de certification qui évalue la biomasse contenue dans un produit, et non seulement le carbone biosourcé ; ?   Natureplus : label valorisant les matériaux de construction offrant les meilleures performances d?un point de vue santé et environnement ; ?   Écolabel européen : seul label écologique officiel européen utilisable et reconnu par tous les pays membres de l?Union Européenne ; ?   Nordic Swan : écolabel nordique prenant en considération l?impact d?un produit durant sa vie entière, depuis les matières premières jusqu?au recyclage du produit ; ?   Ange Bleu : label allemand certifiant tous types de bien (hors alimentation et industrie pharmaceutique) et également des services ; ?   Forest Stewardship Council  (FSC) et Programme de reconnaissance des certifications  forestières (PEFC), certifiant la gestion durable des ressources forestières. Dans le cadre d?un marché de travaux, il est possible de faire référence aux labels / certifications suivants ciblant les qualifications  des  professionnels dans les critères  de  sélection  des  candidatures?: ?   Label ECO Artisan?: il certifie les professionnels indépendants possédant la qualification 8611 «?Efficacité Energétique ECO Artisan?» délivrée par Qualibat?; ?   Formation Pro-Paille?: dispensée par le RFCP, cette formation atteste de la capacité d?un opérateur économique à concevoir ou construire un bâtiment en paille respectant les règles professionnelles de la construction paille?; ?   Mention Reconnu Garant de l?Environnement (RGE)?: cette mention identifie les professionnels compétents pour des travaux de rénovation énergétique et porteurs des aides de l?Etat. Il est également possible de faire référence à des labels / certifications ciblant le chantier dans les conditions d?exécution, tels que par exemple Chantier Vert. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique28 15. Comment exploiter  les conditions d?exécution  pour favoriser les matériaux  biosourcés?? Les conditions d?exécution d?un marché peuvent être un levier pour intégrer des matériaux biosourcés. Elles constituent des stipulations contractuelles définissant les modalités d?exécution du marché, justifiées par son objet. Elles sont distinctes des critères d?attribution qui permettent à l?acheteur de choisir l?offre la plus avantageuse économiquement. Conformément à l?article L. 2112-2 du CCP, les acheteurs peuvent intégrer des considérations sociales ou environnementales dans les conditions d?exécution du marché. Le titulaire est tenu de respecter toutes les clauses d?exécution du marché. Celles-ci doivent être prévues dans l?avis d?appel public à la concurrence, ou dans les documents de la consultation, être liées à l?objet du  marché et être évaluables en toute objectivité. Ces conditions ne doivent pas avoir d?effet discriminatoire?: il s?agit donc d?imposer des obligations pouvant être respectées par tout titulaire du marché, quel qu?il soit. ? 16. Le recours aux variantes  est-il favorable à l?intégration  des matériaux biosourcés?? Oui et non. Les variantes peuvent parfois représenter un levier pour l?intégration des matériaux de construction biosourcés dans les marchés. Toutefois, dans certains cas, le recours aux variantes sera déconseillé. À titre de rappel, les variantes prévues aux articles R. 2151-8 et suivants du CCP constituent des modifications, à l?initiative des candidats,  de spécifications prévues dans la solution de base et décrites dans les documents de consultation. Elles peuvent être autorisées (mais doivent l?être dans certains cas explicitement) ou exigées par l?acheteur. L?acheteur peut ainsi imposer, par exemple, la présentation de variantes prenant en compte des objectifs de développement durable, ce qui laisse toute latitude aux candidats d?imaginer la nature et la consistance de ces solutions, dans le respect toutefois des exigences minimales prévues dans les documents de la consultation. La ou les variantes sont analysées parmi les autres offres et font l?objet du même classement. Les modifications qu?elles apportent peuvent porter aussi bien sur l?ensemble de la solution que sur quelques aspects  uniquement. A titre d?exemple, un soumissionnaire peut proposer, sous forme de variante, l?utilisation d?un matériau biosourcé autre que celui proposé par l?acheteur. L?acheteur a également la possibilité de ne pas exiger d?offre de base, afin de permettre aux entreprises de proposer des produits biosourcés, même si le besoin exprimé dans le cahier des charges ne prend pas en compte ce type de produit. Il est recommandé de recourir aux variantes lorsque  le  segment  de  marché  est  peu  concurrentiel et qu?il existe peu de produits  ou d?opérateurs économiques les proposant. En effet, dans cette situation, l?acheteur doit rationnaliser ses exigences afin de maximiser le nombre d?offres. © Arnaud Bouissou ? Terra ? Cartons en cours de recyclage Concrètement, l?acheteur peut prendre en compte, à titre d?exemples (non exhaustifs) : ? La fourniture et l?emballage de biens en vrac plutôt que par pièce ; ? La collecte, reprise, recyclage ou réutilisation par le fournisseur des déchets occasionnés pendant ou après l?utilisation ou la consommation d?un produit, etc. ; ? L?acheteur peut également demander l?obtention  d?un label / d?une certification (par exemple Chantier Vert) ou le respect de chartes de type « chantiers propres », « chantier zéro déchet », etc., éditées par ses services ou ceux du maître d?oeuvre et annexées au Cahier des Clauses Techniques Particulières (CCTP). Toutefois, il est important de noter que certaines  dispositions  seront  favorables  à  des  types  de matériaux précis mais pas à d?autres : par exemple, des délais d?exécution et des nuisances de chantier limités (bruit, empiètement) pourront favoriser les éléments préfabriqués en bois, bois-paille, béton de chanvre, etc., tandis que la préférence pour la fourniture de biens en vrac et/ou la réutilisation de chutes de produits sera propice aux matériaux conditionnés en vrac, tels que certains produits à base de produits connexes du bois, ouate de cellulose, coton issu de textiles recyclés, chanvre, lin? Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 29 Avantages d?ouvrir aux variantes?:  ? Faire valoir le savoir-faire et la capacité d?innovation  des opérateurs économiques. Ces derniers peuvent en effet faire connaître leurs innovations et se démarquer de leurs concurrents grâce à une solution différente?; ? Faire valoir une solution alternative, innovante, et/ ou durable qui n?est pas connue de l?acheteur et qui peut être plus ambitieuse que ses attentes initiales. Elle peut permettre de proposer des spécifications techniques plus adaptées au besoin?; les acheteurs peuvent ainsi optimiser la réponse à leurs besoins par des procédés alternatifs plus performants ou moins coûteux, qu?ils n?avaient pas nécessairement envisagés au départ. Points de vigilance?: ? Prévoir en amont le budget et les délais nécessaire à l?examen des différentes offres de base et des variantes?; ? Utiliser les variantes pour des marchés dont l?objet s?y prête, car les offres étant soumises aux mêmes critères, elles doivent pouvoir rester comparables en pratique?; ? Dans le cas où un secteur présente une intensité concurrentielle suffisante?18, l?ouverture aux variantes peut ne pas être justifiée et risque éventuellement de diminuer l?ambition environnementale d?un projet et de complexifier le recours aux matériaux biosourcés?:  les variantes moins-disantes, excluant généralement les matériaux biosourcés, auront tendance à être retenues par les acheteurs. 18; L?intensité concurrentielle est jugée suffisante (ou forte) dans le cas d?un produit facilement identifiable ou bien d?une famille de produit avec une offre large. A l?inverse, l?intensité concurrentielle est insuffisante (ou faible) lorsque peu de produits sont disponibles ou qu?un nombre restreint d?opérateurs économiques les proposent. 17. Comment favoriser  le recours aux matériaux  biosourcés lors de l?analyse  des candidatures des  opérateurs économiques??  La sélection des candidatures peut représenter un levier facilitant l?intégration des matériaux biosourcés. Cette sélection, s?effectue en deux temps?: premièrement lors de la définition des critères de sélection au cours de la préparation des documents de consultation, puis lors de l?analyse des candidatures reçues. La définition des critères de sélection des candidatures?: La définition adéquate des critères de sélection des candidatures permet la sélection d?un  candidat  possédant  l?expérience  et  les  compétences nécessaires à la mise en oeuvre réussie  des matériaux biosourcés. L?acheteur peut évaluer, lors de cette analyse, le savoir-faire des candidats en matière de gestion environnementale ou de matériaux biosourcés. L?objectif est alors de sélectionner les candidats qui seront aptes à exécuter le marché dans les meilleures conditions. Dans les documents de la consultation, l?acheteur peut exiger des candidats des niveaux minimaux de capacités techniques  et financières liés et proportionnés à l?objet du marché et devra éliminer les candidats qui, au vu des informations fournies, n?apparaissent pas atteindre ces niveaux minimaux. Si l?acheteur n?a pas fixé de niveaux minimaux, il peut toutefois éliminer les candidats qui ne disposent manifestement pas des capacités suffisantes pour exécuter le marché. © Chanvriers en Circuits Courts ? Enduit chanvre Recourir aux matériaux biosourcés via les critères de sélection des candidatures : Les critères de sélection mobilisables par l?acheteur dans les marchés d?assistance à maîtrise d?ouvrage, de programmation ou de maîtrise d?oeuvre sont les suivants : ?  Les références : l?acheteur peut demander au candidat un certain nombre de références sur la thématique des matériaux biosourcés ; ?  Les labels : la possession d?un label ou l?atteinte d?un niveau de qualification équivalent (par exemple la formation Pro-Paille) peut être un critère de sélection des candidatures. À titre d?exemple, les références et labels peuvent être demandés de la manière suivante par l?acheteur dans le règlement de consultation?: «?Certification  Pro-Paille  et  expérience  significative  sur  des  opérations de même nature?». Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique30 L?analyse des candidatures?: Lors de l?analyse des candidatures, l?acheteur vérifie que les candidatures ne sont pas irrecevables et sélectionne les candidats qui seront invités à participer à la suite de la procédure. Cette analyse s?opère en trois étapes?: ? En premier lieu, l?acheteur vérifie que les candidatures ont été reçues dans les délais prescrits?; ? Dans un second temps, il vérifie que les candidats satisfont aux conditions de participation indiquées dans l?AAPC ou les documents de la consultation?; ? L?acheteur s?assure, enfin, que les candidats ne font pas l?objet d?un motif d?exclusion de la procédure de passation (tel que la condamnation pénale définitive, l?irrégularité de la situation fiscale ou sociale, ou l?existence d?un conflit d?intérêt dû à la participation à la préparation de la procédure). Ces contrôles s?effectuent à des moments et selon des modalités qui peuvent être différents selon la procédure suivie. En pratique, et en accord avec les critères de sélection établis dans les documents de la consultation, l?acheteur peut se demander, par exemple, si le candidat emploie des ingénieurs et techniciens disposant des connaissances et de l?expérience requise pour traiter des questions environnementales?? Le candidat possède-t-il les équipements techniques nécessaires à la protection de l?environnement, des structures de recherche et techniques propres à couvrir les aspects environnementaux?? Le candidat dispose-t-il d?une connaissance particulière lui permettant d?intégrer des matériaux de construction biosourcés dans le marché?? Il est à noter que, l?absence de  références  relatives à l?exécution de marchés de même  nature ne peut justifier, à elle seule, l?élimination  du candidat. Cette disposition (article R. 2142-14 du CCP) vise à ne pas pénaliser les entreprises nouvellement créées et les petites et moyennes entreprises. L?acheteur procède donc à l?examen des capacités de ces entreprises, sur la base des renseignements fournis. 18. Comment favoriser  le recours aux matériaux  biosourcés lors de l?analyse  des offres des opérateurs  économiques?? La sélection des offres peut représenter un levier facilitant l?intégration des matériaux biosourcés. Cette sélection s?effectue en deux temps?: premièrement lors de la définition des critères de sélection au cours de la préparation des documents de consultation, puis au cours de l?analyse des offres reçues. La définition des critères de sélection des offres?: Conformément à l?article R. 2152-7 du CCP, l?acheteur peut choisir d?attribuer le marché en se fondant sur un critère unique ou une pluralité de critères. Dans le cas d?un critère unique, celui-ci peut être?: ?   Le  critère du prix, à condition que le marché ait pour seul objet l?achat de services ou de fournitures standardisés dont la qualité est non susceptible de varier d?un opérateur économique à l?autre?; ou ?   Le critère du coût, abordé, ci-après, en section 19 Le critère du coût du cycle de vie (CCV) ou du coût global. Dans le cas d?une pluralité de critères, ceux-ci compren- dront?: ?   Le critère du prix ou du coût?; et ?   D?autre critères comprenant des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux, abordés ci-après en sections 20 Comment utiliser les critères qualitatifs de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés?? et 21 Zoom?: comment mobiliser les critères environnementaux?? et 22 Zoom?: comment mobiliser le critère du caractère innovant?? Points  de  vigilance?: À titre de rappel et conformément au droit de la commande publique, les critères choisis doivent être non- discriminatoires, liés aux besoins de l?acheteur (et donc  à l?objet du marché), et ils doivent être objectivement  quantifiables. L?ensemble des critères pris en compte  doit être explicitement mentionné dans les documents  de la consultation.  ? Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 31 L?analyse des offres?: L?analyse s?opère en deux étapes?: 1) L?analyse de la recevabilité des offres À titre de rappel, lors de son analyse de la recevabilité des offres, l?acheteur évalue leur conformité et vérifie qu?elles sont?: ?   Régulières?: est irrégulière une offre qui est incomplète, qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale?; ?   Acceptables?: est inacceptable une offre dont le prix excède les crédits budgétaires alloués au marché tels qu?ils ont été déterminés et établis avant le lancement de la procédure?; ?   Appropriées?: est inappropriée une offre sans rapport avec le marché. En pratique, l?acheteur peut juger l?offre d?un opérateur économique irrégulière, si ce dernier n?a pas fourni les informations  demandées par le règlement de la consultation relatives, par exemple, au type de matériaux utilisés  pour la réalisation des travaux et leurs fiches techniques. 2) L?évaluation de l?offre au regard des critères de sélection établis dans les documents de la consultation (cf. supra) 19. Article 68 de la directive 2014/24/UE du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics, transposée par l?article 63 du décret du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics. 19. Le critère du coût du  cycle de vie (CCV) ou du coût  global peut-il être aisément  mis en oeuvre?? Conformément aux articles R 2152-9 et R 2152- 10 du CCP, l?acheteur peut prendre en compte le coût du cycle de vie (CCV) pour l?attribution d?un marché. Le CCV couvre, dans la mesure où ils sont pertinents, tout ou partie des coûts suivants du cycle de vie d?un produit, d?un service ou d?un ouvrage?: ?   Le coût global, qui comprend les coûts directement  supportés par  l?acheteur ou d?autres utilisateurs (tels que les coûts liés à l?acquisition, à l?utilisation du matériau biosourcé comme la consommation d?énergie et d?autres ressources, les frais de maintenance, les coûts liés à la fin de vie comme les coûts de collecte et de recyclage du matériau biosourcé)?; ?   Les  coûts  «?indirects?»  imputés  aux  externalités  environnementales et  liés au produit, au service  ou à l?ouvrage pendant son cycle de vie, à condition que leur valeur monétaire puisse être déterminée et vérifiée. Ces coûts peuvent inclure le coût des émissions de gaz à effet de serre et d?autres émissions polluantes ainsi que d?autres coûts d?atténuation du changement climatique. Le coût du cycle de vie (CCV) correspond ainsi à la  somme du coût global et des coûts des externalités. Le CCV a été renforcé par les textes réglementaires récents?19 et recouvre une importance particulière dans le cadre de l?atténuation des émissions de GES, car les principales émissions de GES ne sont pas nécessairement générées lors de la phase d?utilisation ou d?élimination de l?achat. Cette perspective peut donc s?avérer favorable aux matériaux de construction biosourcés, qui stockent du carbone dans leur biomasse. Points de vigilance?: En pratique les méthodes de monétarisation des externalités environnementales sont peu développées. La Commission européenne travaille sur des outils par famille d?achats, mais il apparait qu?une méthode  universelle et globale pour l?ensemble des produits et  des externalités n?est pas encore d?actualité. Pour le coût global spécifiquement, une méthodologie relativement partagée repose sur la norme ISO 15686-5. Toutefois, certains aspects représentant une forte part de la valeur ajoutée des matériaux biosourcés (notamment déphasage thermique, hygrothermie et confort d?été) ne sont pas pris en compte par les méthodologies d?évaluation du coût global. © ECIMA ? Ouate de cellulose Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique32 20. Comment utiliser les critères qualitatifs de sélection d?une offre  pour intégrer les matériaux biosourcés?? Comment utiliser les critères de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés ? Afin de favoriser le recours aux matériaux biosourcés, il est récommandé d?utiliser une pluralité de critères non- discriminatoires pour attribuer le marché. Ces critères peuvent concerner des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux, tels que décrits dans le tableau ci-dessous (liste non exhaustive). Type de marché Exemples de critères Qualité Conditions  d?exécution Equipe mobilisée Assistance à  maîtrise d?ouvrage,  programmation ou  maîtrise d?oeuvre   La valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, les conditions de production et de commercialisation, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l?environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l?agriculture, la biodiversité. - Les qualifications et l?expérience du personnel assigné à l?exécution du marché (lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d?exécution du marché). Marché de travaux  Les délais d?exécution, les conditions de livraison, la sécurité des approvisionnements. Marché de  fournitures   Les conditions de livraison, la sécurité des approvisionnements. - Contrôle technique   - - Les qualifications et l?expérience du personnel assigné à l?exécution du marché (lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d?exécution du marché). En particulier, les critères techniques mettant l?accent sur les performances en termes d?hygrothermie et de déphasage  thermique favoriseront l?intégration de matériaux biosourcés. Par ailleurs, les critères liés aux performances en matière de protection de l?environnement et au caractère innovant sont détaillés dans les sections 21 et 22 ci-après. Il est également important de noter que d?autres critères peuvent être pris en compte s?ils sont justifiés par l?objet  du marché ou ses conditions d?exécution. En vue de valoriser les offres ambitieuses sur les plans environnemental et énergétique, l?acheteur devra également adapter la pondération des critères d?attribution. De manière générale, privilégier les critères autres que le prix ou le coût permet d?éviter la sélection d?offres moins-disantes. À titre d?exemple, les critères d?attribution d?un marché d?assistance à maîtrise d?ouvrage, de programmation ou de  maîtrise d?oeuvre peuvent être construits de la manière suivante : 70 % de la note concernant la qualité technique de l?offre (incluant la qualité environnementale ou le caractère innovant par exemple) et l?équipe, et seulement 30?% son prix. Dans tous les cas, il conviendra d?accorder a minima une valeur minimale de 10 % aux enjeux relatifs à l?environnement. Bien entendu, les critères d?attribution doivent être adapté aux besoins de l?acheteur et au projet. Dans le cas d?un marché de travaux, les critères de sélection peuvent être pondérés de la manière suivante : 40?% pour le prix, 25?% de la note concernant la qualité technique de l?offre (incluant la méthodologie, la sécurité, etc.), 20?% pour les produits employés et les procédés d?exécution, 10?% pour l?équipe et 5?% pour les mesures d?hygiène et de réduction des nuisances. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 33 21. Zoom?: comment  mobiliser les critères  environnementaux?? Les critères environnementaux permettent la valorisation, au moment de la sélection des offres, de propositions commerciales ambitieuses en termes  d?intégration de matériaux biosourcés. L?acheteur peut recourir aux critères environnementaux s?il se fonde sur une pluralité de critères. Ces critères doivent être établis en fonction des exigences environnementales spécifiées lors de la définition des besoins et visent à valoriser les offres dont les performances environnementales vont au-delà du respect de ces exigences environnementales. Il est essentiel que ces critères, leur méthode d?évaluation ainsi que leur pondération soient expressément mentionnés et clairement définis dans les documents de la consultation. Ainsi, la mise en place de ces critères nécessite une rédaction précise de la part de l?acheteur, les critères devant être, conformément au droit de la commande publique, objectifs et liés à l?objet du marché. Ils peuvent notamment correspondre au critère de performance  en matière de protection de  l?environnement,  de  biodiversité, et d?intégration de matériaux biosourcés.   Points de vigilance?: L?analyse du cycle de vie  (ACV) est une méthode d?identification et de  quantification des impacts environnementaux  (consommation des matières, rejets des émissions, etc.) des produits, ouvrages ou services sur l?ensemble des  étapes de leur cycle de vie (de l?extraction des matières  premières nécessaires à leur fabrication jusqu?à leur  élimination en fin de vie, en passant par toutes les  étapes  intermédiaires). Il apparait cependant que contrairement au CCV, l?ACV  ne  peut  pas  encore  constituer  un  critère  d?attribution  des  offres. En particulier, il n?existe pas actuellement de référentiel suffisamment partagé pour permettre une sécurisation des marchés y faisant appel, si ce n?est le recours aux fiches de déclaration environnementale et sanitaire  (FDES). Ces dernières sont établies sous la responsabilité des fabricants de produits et présentent les résultats de l?ACV ainsi que des informations sanitaires et parfois le taux de biomasse incorporée. Elles bénéficient d?une méthodologie normée et sont intéressantes, mais seul un certain nombre de produits biosourcés disposent de FDES. Ces fiches sont répertoriées et accessibles au sein de la base de données INIES. 22. Zoom?: comment  mobiliser le critère  du caractère innovant?? Les matériaux, produits et procédés de construction favorables à l?environnement, et notamment les matériaux biosourcés, peuvent présenter un caractère innovant. L?article R. 2152-7 du CCP permet de tenir compte de ce caractère dans les critères d?attribution des marchés. Par conséquent, les acheteurs désireux de promouvoir des solutions innovantes dans leurs constructions, par exemple, peuvent utiliser ce critère et préciser, dans les documents de la consultation, qu?il  recouvre  les  solutions en faveur d?une meilleure protection et mise  en valeur de l?environnement.   23. Quels sont les enjeux liés  à la diffusion et à la visibilité  des consultations publiques?? Les seuils des obligations de publicité des consultations publiques sont déterminés par la valeur des montants estimés, la nature des prestations (travaux, fournitures ou services), et le statut de l?acheteur. En complément de la conformité aux obligations de publicité, l?acheteur doit également s?assurer de la bonne visibilité de l?objet ou des ambitions du marché  par  les supports de presse adaptés, en particulier  en ce qui concerne les matériaux biosourcés. Cette démarche permettra aux professionnels pertinents sur la thématique des matériaux biosourcés d?être informés et de répondre aux consultations publiques. © V. Rigassi ? Logements sociaux et commerces ? Montseveroux (38) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique34 BIBLIOGRAPHIE Matériaux de construction biosourcés MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2019). Les matériaux de construction biosourcés et géosourcés (plaquette de communication). MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2017). Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l?exception du bois), Etat des lieux économique du secteur et des filières. Mise à jour 2017. MTES ? MCTRCT. (2015). Matériaux de construction biosourcés. Enquête sur les perceptions, pratiques et attentes des entreprises artisanales en région. MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2012). Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l?exception du bois). Construire en Chanvre, Construire en Chanvre IDF, InterChanvre. (2018). Rapport sur les capacités de la filière chanvre construction. Construire solidaire.  (2019). Isolation thermique et matériaux biosourcés (fiches techniques). Matériaux biosourcés et commande publique Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie  (ADEME). (2019). Des produits biosourcés durables pour les acheteurs publics et privés (clés pour agir). Agence  de  l?Environnement  et  de  la Maîtrise  de  l?Energie (ADEME). (2019). Produits biosourcés?: l?heure de la maturité?? Le Mag n°125. Centre de ressources du développement territorial.  (2010). Recourir au bois local dans la commande publique (dossier), Guide de recommandations. Réseau Rural Français. 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Le soutien apporté aux produits biosourcés dans le cadre des marchés publics, Analyse comparative dans 8 pays. Ministère des Finances et des Comptes Publics et Ministère de l?Economie, de l?Industrie et du Numérique.? © Design & Architecture ? Ecole ? Veyrins-Thuellin (38) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 35 Construction durable et commande publique Direction Département des Territoires du Doubs (DDT  25), Service Urbanisme, Habitat et Ville. (2012). Le coût global d?un bâtiment (Fiche technique), Connaître les différents frais de fonctionnement pour estimer la rentabilité d?un investissement. J.-Y. Le Déaut, député, et M. Deneux, sénateur. (2013). Les freins réglementaires à l?innovation en matière d?économies d?énergie dans le bâtiment?: le besoin d?une thérapie de choc (synthèse). Office parlementaire d?évaluation des choix scientifiques et technologiques. Mission  interministérielle  pour  la  qualité  des  constructions publiques (MIQCP). (2012). 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Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 31 L?analyse des offres?: L?analyse s?opère en deux étapes?: 1) L?analyse de la recevabilité des offres À titre de rappel, lors de son analyse de la recevabilité des offres, l?acheteur évalue leur conformité et vérifie qu?elles sont?: ? Régulières?: est irrégulière une offre qui est incomplète, qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale?; ? Acceptables?: est inacceptable une offre dont le prix excède les crédits budgétaires alloués au marché tels qu?ils ont été déterminés et établis avant le lancement de la procédure?; ? Appropriées?: est inappropriée une offre sans rapport avec le marché. En pratique, l?acheteur peut juger l?offre d?un opérateur économique irrégulière, si ce dernier n?a pas fourni les informations demandées par le règlement de la consultation relatives, par exemple, au type de matériaux utilisés pour la réalisation des travaux et leurs fiches techniques. 2) L?évaluation de l?offre au regard des critères de sélection établis dans les documents de la consultation (cf. supra) 19. Article 68 de la directive 2014/24/UE du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics, transposée par l?article 63 du décret du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics. 19. Le critère du coût du cycle de vie (CCV) ou du coût global peut-il être aisément mis en oeuvre?? Conformément aux articles R 2152-9 et R 2152- 10 du CCP, l?acheteur peut prendre en compte le coût du cycle de vie (CCV) pour l?attribution d?un marché. Le CCV couvre, dans la mesure où ils sont pertinents, tout ou partie des coûts suivants du cycle de vie d?un produit, d?un service ou d?un ouvrage?: ? Le coût global, qui comprend les coûts directement supportés par l?acheteur ou d?autres utilisateurs (tels que les coûts liés à l?acquisition, à l?utilisation du matériau biosourcé comme la consommation d?énergie et d?autres ressources, les frais de maintenance, les coûts liés à la fin de vie comme les coûts de collecte et de recyclage du matériau biosourcé)?; ? Les coûts «?indirects?» imputés aux externalités environnementales et liés au produit, au service ou à l?ouvrage pendant son cycle de vie, à condition que leur valeur monétaire puisse être déterminée et vérifiée. Ces coûts peuvent inclure le coût des émissions de gaz à effet de serre et d?autres émissions polluantes ainsi que d?autres coûts d?atténuation du changement climatique. Le coût du cycle de vie (CCV) correspond ainsi à la somme du coût global et des coûts des externalités. Le CCV a été renforcé par les textes réglementaires récents?19 et recouvre une importance particulière dans le cadre de l?atténuation des émissions de GES, car les principales émissions de GES ne sont pas nécessairement générées lors de la phase d?utilisation ou d?élimination de l?achat. Cette perspective peut donc s?avérer favorable aux matériaux de construction biosourcés, qui stockent du carbone dans leur biomasse. Points de vigilance?: En pratique les méthodes de monétarisation des externalités environnementales sont peu développées. La Commission européenne travaille sur des outils par famille d?achats, mais il apparait qu?une méthode universelle et globale pour l?ensemble des produits et des externalités n?est pas encore d?actualité. Pour le coût global spécifiquement, une méthodologie relativement partagée repose sur la norme ISO 15686-5. Toutefois, certains aspects représentant une forte part de la valeur ajoutée des matériaux biosourcés (notamment déphasage thermique, hygrothermie et confort d?été) ne sont pas pris en compte par les méthodologies d?évaluation du coût global. © ECIMA ? Ouate de cellulose Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique32 20. Comment utiliser les critères qualitatifs de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés?? Comment utiliser les critères de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés ? Afin de favoriser le recours aux matériaux biosourcés, il est récommandé d?utiliser une pluralité de critères non- discriminatoires pour attribuer le marché. Ces critères peuvent concerner des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux, tels que décrits dans le tableau ci-dessous (liste non exhaustive). Type de marché Exemples de critères Qualité Conditions d?exécution Equipe mobilisée Assistance à maîtrise d?ouvrage, programmation ou maîtrise d?oeuvre La valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, les conditions de production et de commercialisation, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l?environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l?agriculture, la biodiversité. - Les qualifications et l?expérience du personnel assigné à l?exécution du marché (lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d?exécution du marché). Marché de travaux Les délais d?exécution, les conditions de livraison, la sécurité des approvisionnements. Marché de fournitures Les conditions de livraison, la sécurité des approvisionnements. - Contrôle technique - - Les qualifications et l?expérience du personnel assigné à l?exécution du marché (lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d?exécution du marché). En particulier, les critères techniques mettant l?accent sur les performances en termes d?hygrothermie et de déphasage thermique favoriseront l?intégration de matériaux biosourcés. Par ailleurs, les critères liés aux performances en matière de protection de l?environnement et au caractère innovant sont détaillés dans les sections 21 et 22 ci-après. Il est également important de noter que d?autres critères peuvent être pris en compte s?ils sont justifiés par l?objet du marché ou ses conditions d?exécution. En vue de valoriser les offres ambitieuses sur les plans environnemental et énergétique, l?acheteur devra également adapter la pondération des critères d?attribution. De manière générale, privilégier les critères autres que le prix ou le coût permet d?éviter la sélection d?offres moins-disantes. À titre d?exemple, les critères d?attribution d?un marché d?assistance à maîtrise d?ouvrage, de programmation ou de maîtrise d?oeuvre peuvent être construits de la manière suivante : 70 % de la note concernant la qualité technique de l?offre (incluant la qualité environnementale ou le caractère innovant par exemple) et l?équipe, et seulement 30?% son prix. Dans tous les cas, il conviendra d?accorder a minima une valeur minimale de 10 % aux enjeux relatifs à l?environnement. Bien entendu, les critères d?attribution doivent être adapté aux besoins de l?acheteur et au projet. Dans le cas d?un marché de travaux, les critères de sélection peuvent être pondérés de la manière suivante : 40?% pour le prix, 25?% de la note concernant la qualité technique de l?offre (incluant la méthodologie, la sécurité, etc.), 20?% pour les produits employés et les procédés d?exécution, 10?% pour l?équipe et 5?% pour les mesures d?hygiène et de réduction des nuisances. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 33 21. Zoom?: comment mobiliser les critères environnementaux?? Les critères environnementaux permettent la valorisation, au moment de la sélection des offres, de propositions commerciales ambitieuses en termes d?intégration de matériaux biosourcés. L?acheteur peut recourir aux critères environnementaux s?il se fonde sur une pluralité de critères. Ces critères doivent être établis en fonction des exigences environnementales spécifiées lors de la définition des besoins et visent à valoriser les offres dont les performances environnementales vont au-delà du respect de ces exigences environnementales. Il est essentiel que ces critères, leur méthode d?évaluation ainsi que leur pondération soient expressément mentionnés et clairement définis dans les documents de la consultation. Ainsi, la mise en place de ces critères nécessite une rédaction précise de la part de l?acheteur, les critères devant être, conformément au droit de la commande publique, objectifs et liés à l?objet du marché. Ils peuvent notamment correspondre au critère de performance en matière de protection de l?environnement, de biodiversité, et d?intégration de matériaux biosourcés. Points de vigilance?: L?analyse du cycle de vie (ACV) est une méthode d?identification et de quantification des impacts environnementaux (consommation des matières, rejets des émissions, etc.) des produits, ouvrages ou services sur l?ensemble des étapes de leur cycle de vie (de l?extraction des matières premières nécessaires à leur fabrication jusqu?à leur élimination en fin de vie, en passant par toutes les étapes intermédiaires). Il apparait cependant que contrairement au CCV, l?ACV ne peut pas encore constituer un critère d?attribution des offres. En particulier, il n?existe pas actuellement de référentiel suffisamment partagé pour permettre une sécurisation des marchés y faisant appel, si ce n?est le recours aux fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES). Ces dernières sont établies sous la responsabilité des fabricants de produits et présentent les résultats de l?ACV ainsi que des informations sanitaires et parfois le taux de biomasse incorporée. Elles bénéficient d?une méthodologie normée et sont intéressantes, mais seul un certain nombre de produits biosourcés disposent de FDES. Ces fiches sont répertoriées et accessibles au sein de la base de données INIES. 22. Zoom?: comment mobiliser le critère du caractère innovant?? Les matériaux, produits et procédés de construction favorables à l?environnement, et notamment les matériaux biosourcés, peuvent présenter un caractère innovant. L?article R. 2152-7 du CCP permet de tenir compte de ce caractère dans les critères d?attribution des marchés. Par conséquent, les acheteurs désireux de promouvoir des solutions innovantes dans leurs constructions, par exemple, peuvent utiliser ce critère et préciser, dans les documents de la consultation, qu?il recouvre les solutions en faveur d?une meilleure protection et mise en valeur de l?environnement. 23. Quels sont les enjeux liés à la diffusion et à la visibilité des consultations publiques?? Les seuils des obligations de publicité des consultations publiques sont déterminés par la valeur des montants estimés, la nature des prestations (travaux, fournitures ou services), et le statut de l?acheteur. En complément de la conformité aux obligations de publicité, l?acheteur doit également s?assurer de la bonne visibilité de l?objet ou des ambitions du marché par les supports de presse adaptés, en particulier en ce qui concerne les matériaux biosourcés. Cette démarche permettra aux professionnels pertinents sur la thématique des matériaux biosourcés d?être informés et de répondre aux consultations publiques. © V. Rigassi ? Logements sociaux et commerces ? Montseveroux (38) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique34 BIBLIOGRAPHIE Matériaux de construction biosourcés MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2019). Les matériaux de construction biosourcés et géosourcés (plaquette de communication). MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2017). Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l?exception du bois), Etat des lieux économique du secteur et des filières. Mise à jour 2017. MTES ? MCTRCT. (2015). Matériaux de construction biosourcés. Enquête sur les perceptions, pratiques et attentes des entreprises artisanales en région. MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2012). Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l?exception du bois). Construire en Chanvre, Construire en Chanvre IDF, InterChanvre. (2018). Rapport sur les capacités de la filière chanvre construction. Construire solidaire. (2019). Isolation thermique et matériaux biosourcés (fiches techniques). Matériaux biosourcés et commande publique Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie (ADEME). (2019). Des produits biosourcés durables pour les acheteurs publics et privés (clés pour agir). Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie (ADEME). (2019). Produits biosourcés?: l?heure de la maturité?? Le Mag n°125. Centre de ressources du développement territorial. (2010). Recourir au bois local dans la commande publique (dossier), Guide de recommandations. Réseau Rural Français. Comité national pour le Développement du Bois (CNDB). (2008). B.A. bois, le B.A-ba de la construction bois publique et collective. Commission européenne. (2018). Des marchés publics pour une économie circulaire, Bonnes pratiques et orientations. Office des publications. Direction Générale des Entreprises (DGE) et Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie (ADEME). (2016). Etudes Economiques?: Recensement des produits biosourcés disponibles sur le marché et identification des marchés publics cibles (Analyses). Macéo. (2018). Intégrer les écomatériaux locaux dans la commande publique. Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement (Cerema). Réseau Breton Bâtiment Durable. (2018). Prescrire les éco-matériaux dans les marchés publics (lettre d?information n°1). Réseau Breton Bâtiment Durable. (2019). Prescrire les éco-matériaux dans les marchés publics (lettre d?information n°2). Direction Générale du Trésor. (2014). Le soutien apporté aux produits biosourcés dans le cadre des marchés publics, Analyse comparative dans 8 pays. Ministère des Finances et des Comptes Publics et Ministère de l?Economie, de l?Industrie et du Numérique.? © Design & Architecture ? Ecole ? Veyrins-Thuellin (38) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 35 Construction durable et commande publique Direction Département des Territoires du Doubs (DDT 25), Service Urbanisme, Habitat et Ville. (2012). Le coût global d?un bâtiment (Fiche technique), Connaître les différents frais de fonctionnement pour estimer la rentabilité d?un investissement. J.-Y. Le Déaut, député, et M. Deneux, sénateur. (2013). Les freins réglementaires à l?innovation en matière d?économies d?énergie dans le bâtiment?: le besoin d?une thérapie de choc (synthèse). Office parlementaire d?évaluation des choix scientifiques et technologiques. Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP). (2012). Guide de la Maîtrise d?Ouvrage Publique. Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP). (2008). Guide de sensibilisation à la Programmation, Découvrir l?intérêt de la programmation et s?engager dans la démarche. Ministère de la Culture et de la Communication. Parc naturel régional du Gâtinais français. (2006). Prévenir les risques d?une opération de construction, 130 fiches d?aide à la décision. Broché, Edition Le Moniteur. Région Nouvelle-Aquitaine. (2017). Le Guide Environnemental de construction et de rénovation durables. Commande publique Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2019) Marchés globaux (Fiche technique). Direction des Achats de l?Etat (DAE). (2019). Guide de l?achat public, le sourcing opérationnel. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2020). Les marchés sans publicité ni mise en concurrence préalables. Direction des Affaires Juridiques (DAJ), Observatoire économique de la commande publique (OECP). (2019). Guide pratique, achat public innovant. Ministère de l?Economie et des Finances. Groupe d?étude des marchés développement durable (GEM-DD). (2016). Notice Introductive : Prise en compte du coût du cycle de vie dans une consultation. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2020). Marchés globaux. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2019). Guide « très pratique » de la dématérialisation des marchés publics. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2019). Guide pratique pour faciliter l?accès des TPE/PME à la commande publique. Direction des Affaires Juridiques (ADJ). (2019). Guide pratique -Achat innovant. © Nomadéis ? Botte de lin LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION BIOSOURCÉS DANS LA COMMANDE PUBLIQUE Avril 2020 INVALIDE) (ATTENTION: OPTION osourcés dans la commande publique 31 L?analyse des offres?: L?analyse s?opère en deux étapes?: 1) L?analyse de la recevabilité des offres À titre de rappel, lors de son analyse de la recevabilité des offres, l?acheteur évalue leur conformité et vérifie qu?elles sont?: ? Régulières?: est irrégulière une offre qui est incomplète, qui ne respecte pas les exigences formulées dans les documents de la consultation ou qui méconnaît la législation applicable notamment en matière sociale et environnementale?; ? Acceptables?: est inacceptable une offre dont le prix excède les crédits budgétaires alloués au marché tels qu?ils ont été déterminés et établis avant le lancement de la procédure?; ? Appropriées?: est inappropriée une offre sans rapport avec le marché. En pratique, l?acheteur peut juger l?offre d?un opérateur économique irrégulière, si ce dernier n?a pas fourni les informations demandées par le règlement de la consultation relatives, par exemple, au type de matériaux utilisés pour la réalisation des travaux et leurs fiches techniques. 2) L?évaluation de l?offre au regard des critères de sélection établis dans les documents de la consultation (cf. supra) 19. Article 68 de la directive 2014/24/UE du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics, transposée par l?article 63 du décret du 25 mars 2016 relatif aux marchés publics. 19. Le critère du coût du cycle de vie (CCV) ou du coût global peut-il être aisément mis en oeuvre?? Conformément aux articles R 2152-9 et R 2152- 10 du CCP, l?acheteur peut prendre en compte le coût du cycle de vie (CCV) pour l?attribution d?un marché. Le CCV couvre, dans la mesure où ils sont pertinents, tout ou partie des coûts suivants du cycle de vie d?un produit, d?un service ou d?un ouvrage?: ? Le coût global, qui comprend les coûts directement supportés par l?acheteur ou d?autres utilisateurs (tels que les coûts liés à l?acquisition, à l?utilisation du matériau biosourcé comme la consommation d?énergie et d?autres ressources, les frais de maintenance, les coûts liés à la fin de vie comme les coûts de collecte et de recyclage du matériau biosourcé)?; ? Les coûts «?indirects?» imputés aux externalités environnementales et liés au produit, au service ou à l?ouvrage pendant son cycle de vie, à condition que leur valeur monétaire puisse être déterminée et vérifiée. Ces coûts peuvent inclure le coût des émissions de gaz à effet de serre et d?autres émissions polluantes ainsi que d?autres coûts d?atténuation du changement climatique. Le coût du cycle de vie (CCV) correspond ainsi à la somme du coût global et des coûts des externalités. Le CCV a été renforcé par les textes réglementaires récents?19 et recouvre une importance particulière dans le cadre de l?atténuation des émissions de GES, car les principales émissions de GES ne sont pas nécessairement générées lors de la phase d?utilisation ou d?élimination de l?achat. Cette perspective peut donc s?avérer favorable aux matériaux de construction biosourcés, qui stockent du carbone dans leur biomasse. Points de vigilance?: En pratique les méthodes de monétarisation des externalités environnementales sont peu développées. La Commission européenne travaille sur des outils par famille d?achats, mais il apparait qu?une méthode universelle et globale pour l?ensemble des produits et des externalités n?est pas encore d?actualité. Pour le coût global spécifiquement, une méthodologie relativement partagée repose sur la norme ISO 15686-5. Toutefois, certains aspects représentant une forte part de la valeur ajoutée des matériaux biosourcés (notamment déphasage thermique, hygrothermie et confort d?été) ne sont pas pris en compte par les méthodologies d?évaluation du coût global. © ECIMA ? Ouate de cellulose Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique32 20. Comment utiliser les critères qualitatifs de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés?? Comment utiliser les critères de sélection d?une offre pour intégrer les matériaux biosourcés ? Afin de favoriser le recours aux matériaux biosourcés, il est récommandé d?utiliser une pluralité de critères non- discriminatoires pour attribuer le marché. Ces critères peuvent concerner des aspects qualitatifs, environnementaux ou sociaux, tels que décrits dans le tableau ci-dessous (liste non exhaustive). Type de marché Exemples de critères Qualité Conditions d?exécution Equipe mobilisée Assistance à maîtrise d?ouvrage, programmation ou maîtrise d?oeuvre La valeur technique et les caractéristiques esthétiques ou fonctionnelles, les conditions de production et de commercialisation, le caractère innovant, les performances en matière de protection de l?environnement, de développement des approvisionnements directs de produits de l?agriculture, la biodiversité. - Les qualifications et l?expérience du personnel assigné à l?exécution du marché (lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d?exécution du marché). Marché de travaux Les délais d?exécution, les conditions de livraison, la sécurité des approvisionnements. Marché de fournitures Les conditions de livraison, la sécurité des approvisionnements. - Contrôle technique - - Les qualifications et l?expérience du personnel assigné à l?exécution du marché (lorsque la qualité du personnel assigné peut avoir une influence significative sur le niveau d?exécution du marché). En particulier, les critères techniques mettant l?accent sur les performances en termes d?hygrothermie et de déphasage thermique favoriseront l?intégration de matériaux biosourcés. Par ailleurs, les critères liés aux performances en matière de protection de l?environnement et au caractère innovant sont détaillés dans les sections 21 et 22 ci-après. Il est également important de noter que d?autres critères peuvent être pris en compte s?ils sont justifiés par l?objet du marché ou ses conditions d?exécution. En vue de valoriser les offres ambitieuses sur les plans environnemental et énergétique, l?acheteur devra également adapter la pondération des critères d?attribution. De manière générale, privilégier les critères autres que le prix ou le coût permet d?éviter la sélection d?offres moins-disantes. À titre d?exemple, les critères d?attribution d?un marché d?assistance à maîtrise d?ouvrage, de programmation ou de maîtrise d?oeuvre peuvent être construits de la manière suivante : 70 % de la note concernant la qualité technique de l?offre (incluant la qualité environnementale ou le caractère innovant par exemple) et l?équipe, et seulement 30?% son prix. Dans tous les cas, il conviendra d?accorder a minima une valeur minimale de 10 % aux enjeux relatifs à l?environnement. Bien entendu, les critères d?attribution doivent être adapté aux besoins de l?acheteur et au projet. Dans le cas d?un marché de travaux, les critères de sélection peuvent être pondérés de la manière suivante : 40?% pour le prix, 25?% de la note concernant la qualité technique de l?offre (incluant la méthodologie, la sécurité, etc.), 20?% pour les produits employés et les procédés d?exécution, 10?% pour l?équipe et 5?% pour les mesures d?hygiène et de réduction des nuisances. Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 33 21. Zoom?: comment mobiliser les critères environnementaux?? Les critères environnementaux permettent la valorisation, au moment de la sélection des offres, de propositions commerciales ambitieuses en termes d?intégration de matériaux biosourcés. L?acheteur peut recourir aux critères environnementaux s?il se fonde sur une pluralité de critères. Ces critères doivent être établis en fonction des exigences environnementales spécifiées lors de la définition des besoins et visent à valoriser les offres dont les performances environnementales vont au-delà du respect de ces exigences environnementales. Il est essentiel que ces critères, leur méthode d?évaluation ainsi que leur pondération soient expressément mentionnés et clairement définis dans les documents de la consultation. Ainsi, la mise en place de ces critères nécessite une rédaction précise de la part de l?acheteur, les critères devant être, conformément au droit de la commande publique, objectifs et liés à l?objet du marché. Ils peuvent notamment correspondre au critère de performance en matière de protection de l?environnement, de biodiversité, et d?intégration de matériaux biosourcés. Points de vigilance?: L?analyse du cycle de vie (ACV) est une méthode d?identification et de quantification des impacts environnementaux (consommation des matières, rejets des émissions, etc.) des produits, ouvrages ou services sur l?ensemble des étapes de leur cycle de vie (de l?extraction des matières premières nécessaires à leur fabrication jusqu?à leur élimination en fin de vie, en passant par toutes les étapes intermédiaires). Il apparait cependant que contrairement au CCV, l?ACV ne peut pas encore constituer un critère d?attribution des offres. En particulier, il n?existe pas actuellement de référentiel suffisamment partagé pour permettre une sécurisation des marchés y faisant appel, si ce n?est le recours aux fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES). Ces dernières sont établies sous la responsabilité des fabricants de produits et présentent les résultats de l?ACV ainsi que des informations sanitaires et parfois le taux de biomasse incorporée. Elles bénéficient d?une méthodologie normée et sont intéressantes, mais seul un certain nombre de produits biosourcés disposent de FDES. Ces fiches sont répertoriées et accessibles au sein de la base de données INIES. 22. Zoom?: comment mobiliser le critère du caractère innovant?? Les matériaux, produits et procédés de construction favorables à l?environnement, et notamment les matériaux biosourcés, peuvent présenter un caractère innovant. L?article R. 2152-7 du CCP permet de tenir compte de ce caractère dans les critères d?attribution des marchés. Par conséquent, les acheteurs désireux de promouvoir des solutions innovantes dans leurs constructions, par exemple, peuvent utiliser ce critère et préciser, dans les documents de la consultation, qu?il recouvre les solutions en faveur d?une meilleure protection et mise en valeur de l?environnement. 23. Quels sont les enjeux liés à la diffusion et à la visibilité des consultations publiques?? Les seuils des obligations de publicité des consultations publiques sont déterminés par la valeur des montants estimés, la nature des prestations (travaux, fournitures ou services), et le statut de l?acheteur. En complément de la conformité aux obligations de publicité, l?acheteur doit également s?assurer de la bonne visibilité de l?objet ou des ambitions du marché par les supports de presse adaptés, en particulier en ce qui concerne les matériaux biosourcés. Cette démarche permettra aux professionnels pertinents sur la thématique des matériaux biosourcés d?être informés et de répondre aux consultations publiques. © V. Rigassi ? Logements sociaux et commerces ? Montseveroux (38) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique34 BIBLIOGRAPHIE Matériaux de construction biosourcés MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2019). Les matériaux de construction biosourcés et géosourcés (plaquette de communication). MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2017). Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l?exception du bois), Etat des lieux économique du secteur et des filières. Mise à jour 2017. MTES ? MCTRCT. (2015). Matériaux de construction biosourcés. Enquête sur les perceptions, pratiques et attentes des entreprises artisanales en région. MTES ? MCTRCT, Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. (2012). Etude sur le secteur et les filières de production des matériaux et produits biosourcés utilisés dans la construction (à l?exception du bois). Construire en Chanvre, Construire en Chanvre IDF, InterChanvre. (2018). Rapport sur les capacités de la filière chanvre construction. Construire solidaire. (2019). Isolation thermique et matériaux biosourcés (fiches techniques). Matériaux biosourcés et commande publique Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie (ADEME). (2019). Des produits biosourcés durables pour les acheteurs publics et privés (clés pour agir). Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie (ADEME). (2019). Produits biosourcés?: l?heure de la maturité?? Le Mag n°125. Centre de ressources du développement territorial. (2010). Recourir au bois local dans la commande publique (dossier), Guide de recommandations. Réseau Rural Français. Comité national pour le Développement du Bois (CNDB). (2008). B.A. bois, le B.A-ba de la construction bois publique et collective. Commission européenne. (2018). Des marchés publics pour une économie circulaire, Bonnes pratiques et orientations. Office des publications. Direction Générale des Entreprises (DGE) et Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Energie (ADEME). (2016). Etudes Economiques?: Recensement des produits biosourcés disponibles sur le marché et identification des marchés publics cibles (Analyses). Macéo. (2018). Intégrer les écomatériaux locaux dans la commande publique. Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement (Cerema). Réseau Breton Bâtiment Durable. (2018). Prescrire les éco-matériaux dans les marchés publics (lettre d?information n°1). Réseau Breton Bâtiment Durable. (2019). Prescrire les éco-matériaux dans les marchés publics (lettre d?information n°2). Direction Générale du Trésor. (2014). Le soutien apporté aux produits biosourcés dans le cadre des marchés publics, Analyse comparative dans 8 pays. Ministère des Finances et des Comptes Publics et Ministère de l?Economie, de l?Industrie et du Numérique.? © Design & Architecture ? Ecole ? Veyrins-Thuellin (38) Les matériaux de construction biosourcés dans la commande publique 35 Construction durable et commande publique Direction Département des Territoires du Doubs (DDT 25), Service Urbanisme, Habitat et Ville. (2012). Le coût global d?un bâtiment (Fiche technique), Connaître les différents frais de fonctionnement pour estimer la rentabilité d?un investissement. J.-Y. Le Déaut, député, et M. Deneux, sénateur. (2013). Les freins réglementaires à l?innovation en matière d?économies d?énergie dans le bâtiment?: le besoin d?une thérapie de choc (synthèse). Office parlementaire d?évaluation des choix scientifiques et technologiques. Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP). (2012). Guide de la Maîtrise d?Ouvrage Publique. Mission interministérielle pour la qualité des constructions publiques (MIQCP). (2008). Guide de sensibilisation à la Programmation, Découvrir l?intérêt de la programmation et s?engager dans la démarche. Ministère de la Culture et de la Communication. Parc naturel régional du Gâtinais français. (2006). Prévenir les risques d?une opération de construction, 130 fiches d?aide à la décision. Broché, Edition Le Moniteur. Région Nouvelle-Aquitaine. (2017). Le Guide Environnemental de construction et de rénovation durables. Commande publique Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2019) Marchés globaux (Fiche technique). Direction des Achats de l?Etat (DAE). (2019). Guide de l?achat public, le sourcing opérationnel. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2020). Les marchés sans publicité ni mise en concurrence préalables. Direction des Affaires Juridiques (DAJ), Observatoire économique de la commande publique (OECP). (2019). Guide pratique, achat public innovant. Ministère de l?Economie et des Finances. Groupe d?étude des marchés développement durable (GEM-DD). (2016). Notice Introductive : Prise en compte du coût du cycle de vie dans une consultation. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2020). Marchés globaux. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2019). Guide « très pratique » de la dématérialisation des marchés publics. Direction des Affaires Juridiques (DAJ). (2019). Guide pratique pour faciliter l?accès des TPE/PME à la commande publique. Direction des Affaires Juridiques (ADJ). (2019). Guide pratique -Achat innovant. © Nomadéis ? Botte de lin LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION BIOSOURCÉS DANS LA COMMANDE PUBLIQUE Avril 2020 INVALIDE)

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