Espaces naturels, espaces protecteurs : le rôle des écosystèmes dans la prévention des risques naturels
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
Le document explique comment les espaces naturels, tels que les marais, forêts et dunes, jouent un rôle crucial dans la prévention des risques naturels comme les inondations et l'érosion côtière. Il met en avant l'importance de la gestion et de la restauration de ces écosystèmes pour protéger les populations et les biens, tout en soulignant les bénéfices écologiques et économiques de ces actions.
Descripteur Urbamet
risques naturels
;écosystème
;inondation
;érosion
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Espaces naturels, espaces protecteurs - 01
Le rôle des écosystèmes
dans la prévention des risques naturels
Espaces naturels,
espaces protecteurs
- Espaces naturels, espaces protecteurs 02
QU?EST-CE QU?UN RISQUE NATUREL ?
Un risque naturel résulte de l?articulation
d?un phénomène naturel intense ? cet
événement en soi incertain est désigné sous le
terme d?aléa ? et de la présence d?enjeux, qui
représentent l?ensemble des personnes, biens et
activités pouvant être affectés par ce phénomène.
La prévention des risques vise à réduire
les conséquences dommageables de ces aléas
dans la durée, en agissant sur différents leviers :
culture du risque, aménagement du territoire,
construction d?ouvrages de protection, maintien
ou restauration d?espaces naturels, etc.
Le changement climatique modifie la fréquence
et l?intensité de certains aléas. La hausse
attendue du niveau de la mer aggravera par
exemple les risques littoraux.
UNE PROTECTION EFFICACE
Les espaces naturels, par les fonctions
qu?ils assurent, apportent de nombreux bénéfices
aux sociétés humaines. En particulier, ils jouent
un rôle primordial dans la régulation
des crues, dans la réduction de l?érosion des sols
ou dans l?atténuation de l?impact d?événements
météorologiques, hydrologiques ou marins.
Le maintien de ces espaces, dans toute leur
diversité (marais, prairies, forêts, dunes, etc.),
est donc nécessaire pour la prévention des
risques d?inondation fluviale, de
submersion marine ou d?érosion côtière.
PLUS QU?UNE SOLUTION, UN ATOUT
Pour les gestionnaires et collectivités
engagés dans la prévention de ces risques
naturels, notamment à travers la compétence
GEMAPI (voir ci-contre), la protection
et la gestion d?espaces naturels sont
des solutions pertinentes, complémentaires
ou alternatives aux ouvrages dits « en dur »
tels que les digues ou les enrochements. Outre le
rôle de ces espaces dans la prévention des risques
naturels, ils génèrent de nombreuses retombées
positives, source d?une véritable richesse pour
les territoires.
LA GEMAPI, UN CADRE FACILITATEUR
POUR LES COLLECTIVITÉS
Depuis le 1er janvier 2018, la compétence
« Gestion des milieux aquatiques et prévention
des inondations », dite GEMAPI est confiée
aux intercommunalités : métropoles, communautés
urbaines, communautés d?agglomération,
communautés de communes. L?ambition de la
GEMAPI : mieux articuler risque d?inondation,
bon état des milieux naturels et urbanisme.
Les intercommunalités peuvent se regrouper pour
exercer cette compétence à une échelle pertinente
(par exemple, le bassin-versant).
Dunes, plages
Falaises
Mangroves, récifs coralliens
et écosystèmes associés
Marais, lagunes
Mares,
tourbières
Forêts humides
Prairies
humides,
landes
Qu?il s?agisse des espaces côtiers, maritimes
ou continentaux, les écosystèmes jouent
un rôle essentiel dans la protection
des personnes et des biens installés le long
des cours d?eau ou des côtes. À l?intérieur
des terres, les marais, prairies et forêts
humides contribuent à l?atténuation
des crues et au ralentissement des eaux
de ruissellement. Ces espaces assurent
également une fonction de rétention
et d?épuration des eaux. Sur les zones
littorales et en mer, les falaises, les dunes
et les écosystèmes sous-marins constituent
des barrières naturelles face aux tempêtes
et aux submersions marines. Ils protègent
de l?érosion et participent à la résilience
du littoral. Partout les espaces naturels
constituent des zones tampons, réduisant
la force des éléments.
Les espaces
naturels,
des alliés face
aux risques
LES BÉNÉFICES APPORTÉS PAR
LES ESPACES NATURELS
Espaces naturels, espaces protecteurs - 03
- Espaces naturels, espaces protecteurs Espaces naturels, espaces protecteurs -04 05
À chaque territoire
ses solutions
DES SOLUTIONS POUR RÉDUIRE
LA VULNÉRABILITÉ DES TERRITOIRES
Face aux risques (inondation, submersion marine
et érosion côtière), la protection et la restauration
des espaces naturels apparaissent comme des solutions
complémentaires aux ouvrages dits « en dur ».
En renforçant l?articulation entre gestion des milieux
aquatiques (GEMA) et prévention des inondations (PI),
la GEMAPI vient conforter et faciliter la manière
dont certaines collectivités apportent déjà une réponse
coordonnée et adaptée aux spécificités de leur territoire.
Une démarche qui ne consiste plus seulement à lutter
contre les risques naturels, mais à mieux s?adapter
pour protéger les populations et les biens.
La perturbation des écosystèmes peut contribuer à augmenter
les risques naturels. À l?inverse, préserver, restaurer et gérer
ces espaces, c?est valoriser un patrimoine précieux.
C?est aussi réduire la vulnérabilité au risque des personnes et des biens.
Partout en France, des collectivités ont mis en place, avec l?appui
de l?État, des dispositifs qui ont fait leurs preuves. Pensées
à des échelles croisant bassin de risque et bassin-versant,
ces initiatives conjuguent protection de l?environnement,
des hommes et des activités économiques.
>> CONFLUENCE DOUBS-LOUE
Une dynamique fluviale restaurée
Voir p. 6
DES SOLUTIONS FACTEURS
DE RÉSILIENCE ET D?ATTRACTIVITÉ
DES TERRITOIRES
Préserver les espaces naturels, c?est aussi contribuer à
une meilleure gestion de la ressource en eau, au maintien
de la biodiversité, à la qualité du cadre de vie et à l?attrait
touristique et paysager. En choisissant de mettre en place
des solutions fondées sur la nature, les collectivités
améliorent également la résilience de leur territoire face
aux conséquences du changement climatique.
UN INVESTISSEMENT DANS
DES SOLUTIONS DURABLES
En contrepartie d?un investissement initial parfois
important (restauration de berges ou de cordons dunaires,
effacement d?ouvrages, etc.), la préservation ou la
restauration d?espaces naturels s?avère économiquement
rentable sur le long terme. Ne nécessitant souvent qu?une
gestion limitée mais régulière, les espaces naturels
présentent l?avantage d?une plus grande adaptabilité face
aux effets du changement climatique.
DES SOLUTIONS PARTENARIALES
La gestion des espaces naturels offre l?opportunité
de mettre en relation les acteurs d?un territoire autour
de problématiques et d?enjeux communs pour définir
des solutions partagées, sources d?une meilleure adaptation
aux évolutions des territoires. Par une démarche
de coconstruction et une gouvernance associant toutes
les parties prenantes, il s?agit d?identifier les échelles
d?intervention pertinentes et de définir des solutions
cohérentes et pérennes. Les programmes d?actions
de prévention des inondations (PAPI) constituent des cadres
opérationnels pour mettre en oeuvre cette démarche
et définir des projets de territoire concertés, intégrateurs
des espaces naturels.
>> GRAND CUL-DE-SAC MARIN
Entre lagon et mangrove, un joyau à protéger
Voir p. 8
>> LIDO DE SÈTE
Un espace littoral réorganisé
Voir p. 9
>> BRIVES-CHARENSAC (HAUTE-LOIRE)
Une relation plus apaisée avec la Loire
Voir p. 11
>> ISÈRE AMONT
Quand la rivière revient à l?équilibre
Voir p. 7
>> VALLÉE ET BAIE DE SOMME
Le choix d?une gestion intégrée
Voir p. 10
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- Espaces naturels, espaces protecteurs Espaces naturels, espaces protecteurs -06 07
D ans les années 1960,
la confluence du Doubs
et de la Loue a fait l?objet
d?importants travaux
d?aménagement
(méandres recoupés, berges enrochées,
endiguement, création d?un nouveau
lit?). Ces aménagements ont conduit à
une amélioration de la protection des
zones agricoles et urbaines. Cependant,
ils ont aussi modifié le fonctionnement
naturel de ces deux rivières, provoquant
au fil des années le creusement de leur
lit et l?enfoncement de la nappe
alluviale, mettant en péril la richesse
écologique du lieu.
En réponse, des travaux ont été lancés
en 2017, sous maîtrise d?ouvrage du
Syndicat mixte Doubs-Loue. Objectif :
restaurer la dynamique fluviale,
en retirant les enrochements installés
sur les berges, en démantelant
ou en reculant une partie des digues,
en restaurant une roselière et en
réinjectant des matériaux alluvionnaires
sous la forme d?un banc massif.
RÉDUIRE L?IMPACT
DES INONDATIONS
SUR LES ZONES HABITÉES
ET CULTIVÉES
Très concernés par le risque inondation,
les villages aux alentours de
la confluence étaient par le passé
protégés par un réseau de digues,
localisées parfois au plus près
des rivières. Les ouvrages pouvaient
donc être fortement sollicités.
En complément d?importants travaux
de confortement de digues, le chantier
de restauration de la dynamique fluviale
a contribué à améliorer la prévention
des risques. En janvier 2018, lors d?une
crue importante, le désenrochement
a ainsi permis aux berges d?absorber
une partie de l?énergie de l?eau,
réduisant d?autant son impact sur
les zones habitées ou cultivées.
Une dynamique fluviale
restaurée
? Confluence Doubs-Loue (Jura) ?
?Des zones naturelles
pour absorber l?énergie
de la rivière?
La confluence du Doubs et de la Loue
est un site emblématique, ancré dans
le patrimoine local pour sa richesse
écologique. Le chantier mené
depuis octobre 2017 doit permettre
la sauvegarde de milieux naturels
uniques. Ce projet, qui passe
par le démantèlement de digues
et d?enrochements, a naturellement
amené la question de la protection
contre les risques naturels. Les deux
problématiques s?articulent
parfaitement. En créant des zones
naturelles capables d?absorber
l?énergie de la rivière, la restauration
de la dynamique fluviale a permis
d?atténuer les conséquences des crues
les plus importantes pour l?homme.
FRANCK DAVID
-
Vice-président du Syndicat
mixte Doubs-Loue, en
charge du projet Confluence
L a vallée du Grésivaudan,
située entre Pontcharra
et Grenoble, était soumise
à un risque important
d?inondation : si la crue
bicentennale de 1859 se reproduisait,
elle entraînerait 1 milliard d?euros
de dommages. Conçu dès 2004 et lancé
en 2012 pour prévenir ce risque,
le projet Isère amont vise à restaurer
l?équilibre de la rivière en s?appuyant
sur la gestion des espaces naturels :
aménagement de champs d?inondation
contrôlée ; arasement de bancs
de sable ; reconnexion des bras morts
à la rivière ; restauration des forêts
alluviales par le rétablissement
de la communication des espaces boisés
avec la rivière en reculant les digues.
Ce projet a fait l?objet de deux PAPI
(voir p. 10) : un premier d?un montant
de 52 millions d?euros (dont 22 millions
d?euros issus du Fonds de prévention
des risques naturels majeurs, FPRNM)
et un deuxième de 83 millions d?euros
(dont 33 millions d?euros de FPRNM).
LE CHOIX DE LA
COCONSTRUCTION
En charge des travaux, le Symbhi
(Syndicat mixte des bassins hydrauliques
de l?Isère), créé en 2004 par le
Département de l?Isère, fait le choix de
la concertation et de la coconstruction,
dès la conception du projet.
Le syndicat met ainsi en place un
comité consultatif, réunissant les élus
locaux, les représentants des
communes, les associations et les
administrations concernées à chaque
étape clé. En complément, des réunions
d?information et de médiation sont
organisées tout au long du chantier.
Associées à un effort important de
communication, ces différentes actions
portées par le Symbhi permettent
la définition et la mise en oeuvre d?un
projet partagé, facilitant l?acceptation
des travaux, et plaçant l?intérêt collectif
au coeur de la démarche.
Quand la rivière
revient à l?équilibre
? Projet Isère amont (Isère) ?
?Un plan de protection
collective?
Isère amont est un projet de
territoire, dont la réalisation a révélé
une vraie solidarité entre l?amont
et l?aval, les zones rurales et urbaines.
Chaque commune a contribué
à ce plan de protection collective.
Mais la réussite du projet est
également due à la présence d?un
organe de gouvernance porteur de
l?intérêt public, qui a su rassembler,
animer et arbitrer.
FABIEN MULYK
-
Président du Symbhi
36
réunions
publiques
et 11 réunions du comité
consultatif ont été
organisées depuis
le début du projet.
55?000
habitants
de 4 communautés de
communes vont bénéficier
des aménagements réalisés
par le Syndicat mixte
Doubs-Loue.
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- Espaces naturels, espaces protecteurs Espaces naturels, espaces protecteurs -08 09
S ur la façade nord de
la Guadeloupe, le Grand Cul-
de-sac marin est une vaste
baie de 15 000 hectares
ceinte d?une barrière de
corail et dont une partie est classée en
coeur de parc national. Elle regroupe
7 communes et abrite des écosystèmes
d?une grande richesse, des mangroves,
des herbiers, des récifs et des îlets
(de petits îlots inhabités). Un site
exceptionnel, qui attire chaque année
de nombreux touristes, mais qui est
soumis à d?importantes pressions
humaines et naturelles.
LIMITER LES RISQUES
DE SUBMERSION
Accélérée par le changement
climatique, la montée du niveau marin
accentue les risques littoraux dans des
zones parfois densément peuplées.
Dans ces conditions, la préservation de
la mangrove n?est plus seulement un
impératif écologique, mais aussi un
moyen de limiter les risques de
submersion. En concertation avec les
communes du territoire et le Parc
national de Guadeloupe, le
Conservatoire du littoral agit pour
protéger ces espaces, notamment en
intervenant sur le foncier du littoral
maritime, dont la gestion est confiée
aux communes concernées. Objectif :
Éviter l?urbanisation des zones à
l?arrière des mangroves, pour permettre
à celles-ci de se déplacer en cas
d?augmentation du niveau de la mer.
Entre lagon et mangrove,
un joyau à protéger
? Grand Cul-de-sac marin (Guadeloupe) ?
L ong de 11 kilomètres, le
lido de Sète est un mince
cordon dunaire qui s?étire
entre la Méditerranée au
sud, et l?étang de Thau au
nord. Emprunté par une voie ferrée
et une route nationale indispensables
à l?économie du bassin, il relie les
communes de Marseillan et de Sète,
hauts lieux de villégiature en période
estivale. Le lido accueille de
nombreuses activités : tourisme
balnéaire, camping, viticulture?
La préservation de ce lieu menacé
par une forte érosion côtière,
notamment lors des tempêtes,
est donc une priorité.
En 2004, la décision est prise de
reculer la route nationale et de mettre
en place des protections douces. Une
voie verte cyclable est aménagée, des
dunes sont recréées et végétalisées, la
plage est élargie afin de pérenniser cet
écosystème. En mer, des géotubes
sont disposés à 350 mètres du bord,
afin de limiter les effets de la houle. Un
plan ambitieux de 55 millions d?euros,
qui montre aujourd?hui ses fruits.
DES AVANTAGES EN
CASCADE
Le projet donne un nouveau souffle au
site. Avec sa plage agrandie par l?apport
de plusieurs tonnes de sable, le lido a
acquis une popularité accrue chez les
touristes. Protégée de l?érosion, la route
nationale peut désormais assurer de
façon pérenne son rôle d?artère
économique. Menée par le bureau
d?études Vertigo Lab pour le
Conservatoire du littoral, une étude
parue en 2015 s?est attachée à estimer
les retombées économiques des
mesures de protection des espaces
naturels dans le secteur de l?étang de
Thau. Ses conclusions ? Le patrimoine
naturel des sites du Conservatoire
?dont le lido de Sète fait partie ?
confère une attractivité forte à ce
secteur de la côte occitane. Il contribue à
hauteur de plusieurs millions d?euros par
an au dynamisme économique de la
région par son impact positif sur le
tourisme et la conchyliculture (en
favorisant l?équilibre de l?écosystème
lagunaire).
Un espace littoral
réorganisé
? Lido de Sète (Hérault) ?
?Un projet exemplaire?
Pour résoudre le problème d?érosion,
nous avons choisi de nous adapter à
l?évolution naturelle, en déplaçant
notamment les structures menacées.
Aujourd?hui, le blason du lido est
redoré. Plus largement, l?ensemble de
l?activité du bassin profite de la bonne
santé de cet espace naturel. C?est un
projet exemplaire, dont nous sommes
très fiers.
FRANÇOIS COMMEINHES
-
Maire de Sète et président
de Sète Agglopôle
Méditerranée
37
millions d?euros
C?est le chiffre d?affaires touristique
annuel lié à la préservation du
patrimoine naturel dans le secteur
de l?étang de Thau, selon une
étude de Vertigo Lab.
25 km
de récifs
coralliens ferment le Grand
Cul-de-sac Marin, un
espace naturel classé
réserve mondiale de la
biosphère par l?Unesco
LA BIODIVERSITÉ
COMME ENJEU ET
LEVIER DE
DÉVELOPPEMENT
Située sur le littoral du Grand
Cul-de-sac, la commune de
Morne-à-l?Eau s?est vu décerner
en 2018 le prix de la « meilleure
petite ville pour la biodiversité ».
Dans son rapport de visite,
le jury des Capitales françaises
de la biodiversité expliquait ainsi
sa décision : « Consciente de son
potentiel comme des dégradations
de son territoire, la commune
souhaite orienter sa politique
vers une gestion durable et
écologique des espaces. Le projet
politique a très largement intégré
cette approche de la biodiversité
comme enjeux et leviers de
développement du territoire. »
La ville a été reconnue à plusieurs
reprises pour ses engagements
en faveur du développement
durable : Prix Outremer durable
en 2014, lauréate de l?appel à
projet Territoires à énergie positive
pour la croissance verte en 2016
et Trophée Éco-Actions en 2017.
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- Espaces naturels, espaces protecteurs Espaces naturels, espaces protecteurs -10 11
L ors des inondations de
2001 (crues par remontées
de nappe) dans le bassin-
versant de la Somme,
173 communes et
3 400 habitations sont touchées, pour
un total estimé à 200 millions d?euros
de dommages. Un premier programme
de reconstruction est lancé pour parer
au plus urgent : réfection des ouvrages,
confortement des berges. Il est suivi
en 2007 par le Plan Somme 1, puis
le Plan Somme 2 en 2015, supervisés
par l?EPTB Somme-Ameva. L?objectif :
avoir une gestion intégrée des espaces
naturels et du risque d?inondation
grâce à des Programmes d?actions
de prévention des inondations (PAPI,
voir encadré) couvrant l?ensemble
du périmètre de la vallée et du littoral
de la Somme.
DE LA PROTECTION
À LA GESTION INTÉGRÉE
Pour faire suite aux inondations du
bassin de la Somme, un rapport
sénatorial étudie en 2001 les moyens
de prévenir ces risques. Sa conclusion ?
Le bassin-versant est un territoire plat,
sur lequel l?eau peine parfois à
s?écouler ; recréer les conditions
d?écoulement de l?hydrosystème est
nécessaire pour limiter les
conséquences des crues. C?est pourquoi
le Plan Somme s?articule autour
de deux axes complémentaires :
la prévention des risques d?inondation
et la gestion des milieux aquatiques.
Au travers du PAPI, une réflexion
globale a ainsi été menée.
Le choix d?une gestion
intégrée
? Vallée et baie de Somme (Somme) ?
?Avoir une vision
d?ensemble?
Le PAPI a été intégré dans une
approche globale de la gestion des
eaux, le Plan Somme. Celui-ci traite à
la fois le risque, l?entretien des cours
d?eau et la continuité écologique.
Mettre ainsi en cohérence la
prévention des risques et l?aspect
environnemental n?a pas toujours été
évident. Les gens sont tentés d?agir
dans l?urgence, en bousculant les
espaces naturels?! C?est pourquoi il est
important d?expliquer et d?apporter
une vision d?ensemble.
BERNARD LENGLET
-
Président de l?EPTB
Somme-Ameva
E n 1980, une terrible crue
entraîne la mort de huit
personnes à Brives-
Charensac. Un traumatisme
à l?origine d?une prise de
conscience : il faut agir pour mieux
prévenir le risque d?inondation. L?option
retenue est celle d?un aménagement de
la Loire, qui se concrétise en 1996 par
le creusement du lit du fleuve et
surtout la renaturation de ses berges.
Une vingtaine d?années plus tard, la
restauration des espaces naturels en
bord de Loire a fait ses preuves : en
offrant à la fois une zone d?absorption
de l?énergie des crues et un espace
récréatif pour ses habitants, elle permet
à la ville de vivre en harmonie avec le
fleuve.
QUAND LA VILLE RENOUE
AVEC SON FLEUVE
Retenue à la place de travaux lourds de
protection comme une digue ou un
barrage, la renaturation des berges a
démontré une efficacité qui ne s?est pas
démentie au fil des années, en
particulier lors des crues de 2008. Ces
nouveaux espaces, qui font le bonheur
des Brivois, ne requièrent par ailleurs
qu?un effort d?entretien modéré et
écologique (fauchage une à deux fois
par an). Cette démarche constitue un
précieux retour d?expérience, illustrant
l?intérêt sur le long terme de ce type de
solution. Elle a également permis
d?identifier des actions qui ne seraient
sans doute plus réalisées aujourd?hui.
C?est notamment le cas du
surcreusement du lit mineur du fleuve,
qui a exigé l?installation de seuils
hydrauliques pour remonter la ligne
d?eau en été, seuils dont la gestion reste
coûteuse. Le projet a néanmoins
positivement bouleversé la physionomie
de la ville, qui a cessé de tourner le dos
à la Loire pour engager une relation
plus apaisée avec le fleuve.
Une relation plus apaisée
avec la Loire
? Brives-Charensac (Haute-Loire) ?
?Un équilibre pérenne?
« Avec le recul, il est clair que ces
travaux ont permis un très bel
aménagement, dont nous pouvons
être fiers. Les Brivois ont su se
réapproprier les berges. La
déconstruction du bâti a permis au
fleuve de respirer et a recentré la ville
autour de la Loire, en proposant de
nouveaux lieux ouverts à tous et
adaptés à de nombreux usages. Un
équilibre pérenne, conciliant la lutte
contre le risque inondation et la
préservation de l?environnement?! »
GILLES DELABRE
-
Maire de Brives-Charensac
20
hectares
ont été réaménagés
au bord de la Loire.
70?000
habitants
de la Somme sont
concernés par la stratégie
de prévention des
inondations mise en oeuvre
dans le cadre du PAPI.
QU?EST-CE QU?UN
PAPI ?
Créés en 2002, les Programmes
d?actions de prévention des
inondations (PAPI) ont vocation
à réduire les conséquences
dommageables des inondations
sur la santé humaine, les biens,
les activités économiques
et l?environnement. Menés
par les collectivités avec l?appui
de l?État, les PAPI favorisent
une approche globale du risque.
Ils constituent des outils adaptés
pour la mise en oeuvre d?une
politique pensée à l?échelle
du bassin de risque, intégratrice
des espaces naturels.
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- Espaces naturels, espaces protecteurs 012
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POUR EN SAVOIR PLUS
Guide de recommandations pour la prise en compte
des fonctionnalités des milieux humides dans une
approche intégrée de la prévention des inondations.
Cerema (2017). Ministère de la Transition
écologique et solidaire, 189 p.
Guide de gestion des dunes et des plages associées.
Loïc Gouguet (2018). Quæ, Guide pratique, 224 p.
Des solutions fondées sur la nature pour lutter contre
les changements climatiques. UICN France (2016).
Paris, France.
Les Solutions fondées sur la Nature pour lutter contre
les changements climatiques et réduire les risques
naturels en France. UICN France (2018). Paris,
France.
Valeur économique des écosystèmes coralliens des
outre-mer français. Plaquette de présentation.
Nicolas Pascal (2016). Documentation Ifrecor.
Digues du littoral et paysages, Guide méthodologique
appliqué aux sites classés. Nicolas Forray et Denis
Clément (2017). Ministère de la Transition
écologique et solidaire.
Plaquette sur la mangrove - Pôles-relais zones
humides, Pôles-relais zones humides des outre-mer
(2016) Documentation Ifrecor.
Efese, les milieux marins et littoraux.
Ministère de la transition écologique et solidaire
(2018).
Efese, les milieux humides et aquatiques
continentaux. Ministère de la Transition écologique
et solidaire, Irstea (2018).
DICOM-DGALN/BRO/19133 - Février 2019
Conception et réalisation : Citizen Press
Photos de couverture : Jon Ingall 2016;
Photec Production Guillaume Drouault;
travelview; S. Moraud