Incendie, suivi de l'échouement du navire de pêche ALEXIS IV à proximité de Cayeux-sur-Mer, le 12 février 2024
Auteur moral
France. Bureau d'enquêtes sur les événements de mer
Auteur secondaire
Résumé
<p align="justify" style="font-weight: normal; line-height: 100%; margin-bottom: 0cm"><font color="#000000"><font face="Marianne Light, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">Le lundi 12 février 2024 le navire ALEXIS IV est en pêche au large du Tréport, </span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">alors qu'il engage un</span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">e</span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal"> </span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">manoeuvre</span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">, un incendie se déclare dans le compartiment moteur. </span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">Devant l'impossibilité d'éteindre l'incendie, l'équipage est évacué. </span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">L'enquête n'a pu déterminer avec certitude la cause de l'incendie (électrique, fuite de liquide hydraulique ou de combustible). </span></font></font></span><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">Le bateau détruit par les flammes, viendra s'échouer sur une plage de Cayeux-sur-Mer, à l'entrée de la Baie de </span></font></font></span><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">Somme. À l'issue de son enquête le BeaMer émettait </span></font></font></span></font><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">4</span></font></font></span></font><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal"> enseignement</span></font></font></span></font><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">s</span></font></font></span></font><font color="#000000"><span style="text-decoration: none"><font face="Liberation Serif, serif"><font size="3" style="font-size: 12pt"><span style="font-style: normal">. </span></font></font></span></font></font></font></font></p>
Descripteur Urbamet
accident
;navigation maritime
;pêche (secteur d'activité)
;incendie
Descripteur écoplanete
échouage
Thème
Transports
Texte intégral
RAPPORT
D?ENQUÊTE
Bureau d?enquête sur les événements de mer
Incendie, suivi de l?échouement du navire de pêche
ALEXIS IV
à proximité de Cayeux-sur-Mer, le 12 février 2024
Rapport Publié : novembre 2024
Image BEAmer
2 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
AVERTISSEMENT
Le présent rapport a été établi conformément aux dispositions du Code des transports,
notamment ses articles L.1621-1 à L.1622-2 et R.1621-1 à R.1621-38 relatifs aux enquêtes tech-
niques et aux enquêtes de sécurité après un événement de mer, un accident ou un incident
de transport terrestre et portant les mesures de transposition de la directive 2009/18/CE
établissant les principes fondamentaux régissant les enquêtes sur les accidents dans le
secteur des transports maritimes ainsi qu?à celles du « Code pour la conduite des enquêtes
sur les accidents » de l?Organisation Maritime Internationale (OMI), et du décret n° 2010-
1577 du 16 décembre 2010 portant publication de la résolution MSC 255(84) adoptée le 16
mai 2008.
Il exprime les conclusions auxquelles sont parvenus les enquêteurs du BEAmer sur les
circonstances et les causes de l?événement analysé et propose des recommandations de
sécurité.
Ce rapport n?a pas été rédigé, en ce qui concerne son contenu et son style, en vue d?être
utilisé dans le cadre d?actions en justice.
Conformément aux dispositions susvisées, l?analyse de cet événement n?a pas été conduite
de façon à établir ou attribuer des fautes à caractère pénal ou encore à évaluer des res-
ponsabilités individuelles ou collectives à caractère civil. Son seul objectif est d?améliorer
la sécurité maritime et la prévention de la pollution par les navires et d?en tirer des
enseignements susceptibles de prévenir de futurs sinistres du même type. En
conséquence, l?utilisation de ce rapport à d?autres fins que la prévention pourrait
conduire à des interprétations erronées.
3 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
SO
M
M
A
IR
E
RÉSUMÉ ......................................... 4
INFORMATIONS
FACTUELLES ................................. 5
CONTEXTE ........................................................... 5
NAVIRE ................................................................. 6
ÉQUIPAGE ............................................................ 7
ACCIDENT ........................................................... 8
INTERVENTION ................................................... 8
EXPOSÉ ......................................... 9
ANALYSE ...................................... 11
CONCLUSIONS ........................... 16
ENSEIGNEMENTS ........................ 17
RECOMMANDATION ................. 18
ANNEXE ........................................ 19
LISTE DES ABRÉVIATIONS ..................................................................... 19
DÉCISION D?ENQUÊTE .......................................................................... 20
4 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
RÉSUMÉ
Le lundi 12 février 2024 le navire ALEXIS IV est en pêche au large du Tréport lorsque, vers
01h15, la propulsion et les alimentations en énergie électrique et hydraulique stoppent,
sans alarme ni signe avant-coureur, alors que le virage du chalut est en cours.
Le patron remplaçant descend de la timonerie vers le compartiment moteur pour une
première investigation. Voyant de la fumée et des flammes, il se munit d?un extincteur à
poudre et, accompagné d?un matelot, tente sans succès de pénétrer plus avant dans le
compartiment moteur.
Le patron remplaçant décide de mettre l?équipage en sécurité et de déclencher
l?extinction fixe de CO2. Peu après il alerte les secours.
L?équipage abandonne le navire à 02h15 et embarque sain et sauf à bord du navire de
pêche LE CROTELLOIS. Les moyens nautiques mobilisés ne parviendront pas à lutter contre
l?incendie.
Détruit par les flammes, le navire s?échoue le lendemain sur une plage de Cayeux-sur-Mer,
à l?entrée de la Baie de Somme.
Le BEAmer émet quatre enseignements.
5 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
INFORMATIONS
FACTUELLES
CONTEXTE
Le navire a été acheté en août 2020 par l?actuel patron-armateur. Pendant six mois, des
travaux de transformation ont été effectués dans un chantier belge pour la pratique, en
plus du chalut, des arts dormants.
Le moteur et le réducteur ont été refaits à neuf.
En cette saison, le navire pêche principalement l?encornet au chalut ; les traits (six par jour)
durent deux à trois heures, suivis d?une trentaine de minutes pour le virage du chalut.
Le rythme des embarquements est de 2 semaines à bord pour 1 ou 2 semaines de congés.
L?équipage affecté au navire est constitué de dix hommes dont sept au maximum sont à
bord pour chaque marée.
A la fin du mois de janvier 2024, le navire a effectué un arrêt technique d?une semaine dans
un chantier proche de Dieppe. Il n?y a pas eu d?intervention dans le compartiment moteur.
6 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
NAVIRE
? Nom du navire : ALEXIS IV
? Type : Chalutier pêche AR
sans rampe. 3
enrouleurs
? Immatriculation : DK 759027
? Longueur hors-tout (L) : 22,82 m
? Jauge brute (UMD) : 158
? Propulsion : 368 kW
? Energie électrique : génératrice attelée ou
moteur auxiliaire
? Coque : Acier
? Année de construction : 1991
? Genre de navigation : Pêche côtière
? Catégorie de navigation : 2ème (200 milles d?un port /
voyage de 600 milles).
? Détecteurs de fumée : 1 sur Bd AV (au-dessus du moteur),
1 sur Td AR
Image transmise par l?armateur
7 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ÉQUIPAGE
Le patron - armateur est âgé de 27 ans. Il est titulaire des brevets de capitaine 200 pêche
(déc. 2023) et de mécanicien 250 kW (déc. 2023) et des certificats nécessaires aux fonctions
de patron ou de mécanicien à bord des navires de moins de 24 mètres ou de moins de
250 kW.
Le second pont (ou patron remplaçant) est âgé de 38 ans. Il est titulaire des brevets de
capitaine 200 pêche (déc. 2021) et de mécanicien 250 kW (août 2021) et des certificats
nécessaires aux fonctions de patron ou de mécanicien à bord des navires de moins de 24
mètres ou de moins de 250 kW.
En 2021, formation spécifique aux navires à passagers (sécurité, gestion de crise, situations
d?urgence).
Il embarque à bord d?ALEXIS IV depuis le 1er décembre 2023.
Cinq matelots (quatre de nationalité sénégalaise et un de nationalité malienne) embarquent
régulièrement depuis deux à trois ans à bord d?ALEXIS IV. Trois d?entre eux effectuent du
quart passerelle.
Ces cinq marins n?ont pas de titres STCW ou STCW-F.
Le patron-armateur, le second pont et les cinq matelots ont leur certificat d?aptitude
médicale à jour.
Un équipage de sept marins est prévu par le permis d?armement du navire (un patron, un
second, un chef mécanicien et quatre matelots).
Compte tenu de la puissance de propulsion du navire (368 kW) et de sa catégorie
de navigation (2ème), le mécanicien embarqué devrait être titulaire d?un brevet
de mécanicien 750 kW.
8 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ACCIDENT
Heures locales TU+1
Le vendredi 12 février 2024
Vers 01h15, virage du chalut sur l?enrouleur bâbord. Les cinq matelots sont sur le pont, parés
pour la récupération du chalut qui est proche de l?arrière, le patron remplaçant est aux
commandes à la passerelle.
Alors qu?aucune alarme n?a retenti, le navire se retrouve en black-out. Lorsque le patron
remplaçant ouvre la porte de la machine, il découvre un local en feu : l?incendie qui se
propage rapidement s?avère non maîtrisable. Il faut évacuer le navire.
INTERVENTION
Le patron remplaçant tente tout d?abord d?appeler sans succès par téléphone le patron-
armateur du navire. Il appelle ensuite le patron du navire de pêche DANIEL AUGUSTE qui
alerte le CROSS Gris-Nez à 01h38.
À 01h39 diffusion par le CROSS d?un message MAYDAY RELAY sur le canal 16 de la VHF.
À 01h42 le CROSS entre en contact avec l?équipage d?ALEXIS IV qui s?est réfugié à l?avant
du navire.
À partir de 01h43, engagement des moyens nautiques et aérien de l?État par le CROSS.
À 01h48 engagement du navire de pêche LE CROTELLOIS qui est à proximité. Du fait de
l?incendie, il ne peut pas accoster l?ALEXIS IV.
À 02h15 le radeau de sauvetage situé sur bâbord avant du pont principal d?ALEXIS IV est
mis à l?eau ; les hommes d?équipage sautent à bord un par un.
À 02h30 les naufragés sont à bord du LE CROTELLOIS, puis évacués en deux bordées
par l?hélicoptère de la Marine nationale Guépard Whiskey pour prise en charge médicale
à terre.
9 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
EXPOSÉ
Heures locales TU+1
Météo sur zone le 12 février (source Météo France)
Vent de sud-ouest force 4. Mer agitée (1,25 m à 2,5 m).
Températures : mer 9°C, air 8°C.
Trois jours avant l?accident, le 9 février, le patron-armateur débarque à Cherbourg pour
raison de santé. Le second prend alors la fonction de patron.
Le 12 février, vers 00h45 le patron remplaçant effectue une ronde dans le compartiment
moteur et complète le niveau de la caisse journalière de gasoil (opération qu?il effectue
toutes les trois heures). Aucune anomalie n?est constatée.
À ce moment, il reste deux traits de pêche à faire avant le retour à Dunkerque.
Vers 01h15, la propulsion et les alimentations électrique et hydraulique stoppent.
Le patron remplaçant quitte la passerelle pour investiguer le compartiment moteur. Arrivé à
l?entrepont, il voit des flammes sortir par les quatre tapes de ventilation. En s?approchant
de l?entrée du compartiment moteur il voit de la fumée et des flammes.
Ne pouvant prendre le risque de pénétrer plus avant dans le compartiment moteur, il se
dirige vers la cuisine pour se saisir d?un extincteur à poudre. Assisté d?un matelot, il tente
une seconde investigation. Ne disposant pas d?équipement de pompier, ils renoncent tous
deux rapidement.
L?équipage est provisoirement mis en sécurité sur le pont principal en grimpant par le vire-
filet (via sa porte d?accès située sur bâbord de l?entrepont). Le patron remplaçant actionne
la commande de la bouteille de CO2, mais les flammes et la fumée qui gagnent l?entrepont
ne lui ont pas permis de fermer les tapes de ventilation avant l?envoi du gaz. La porte du
vire-filet est également laissée ouverte et crée un courant d?air.
Le CO2 est diffusé dans le compartiment moteur ; malgré cela, le feu se propage jusqu?aux
enrouleurs et la timonerie est envahie de fumée.
Le patron remplaçant parvient à pénétrer dans la timonerie en se protégeant de la fumée
pour récupérer son téléphone portable et donner l?alerte.
Avant de se réfugier sur l?avant du navire, les cinq matelots se rendent dans le poste
équipage afin de récupérer certains effets personnels et leurs papiers d?identité.
À 02h30 l?équipage est recueilli à bord du navire de pêche LE CROTELLOIS.
La timonerie en aluminium d?ALEXIS IV est détruite par les flammes et s?effondre.
10 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
Dans l?après-midi le feu est toujours très actif, rendant toute tentative d?intervention à
bord par les secours et de remorquage impossibles.
À 20h00 le navire est détruit par les flammes, toujours à flot à proximité directe de la côte.
La passerelle a totalement fondu.
13 février.
À 03h00 l?épave se pose sur les galets de la plage de Brighton, à Cayeux- sur-Mer. Aucune
pollution ne sera constatée par la suite sur la plage.
11 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ANALYSE
La méthode retenue pour cette analyse est celle qui est préconisée par la Résolution
A28 / Res 1075 de l?OMI « directives destinées à aider les enquêteurs à appliquer le code
pour les enquêtes sur les accidents (Résolution MSC 255 (84)) » :
Le BEAmer a établi la séquence des événements ayant entraîné les accidents, à savoir :
? Incendie machine
? Échouement du navire
Dans cette séquence, les événements dits perturbateurs (événements déterminants ayant
entraîné les accidents et jugés significatifs) ont été identifiés.
Ceux-ci ont été analysés en considérant les éléments naturels, matériels, humains et
procéduraux afin d?identifier les facteurs ayant contribué à leur apparition ou ayant
contribué à aggraver leurs conséquences (facteurs contributifs). Parmi ces facteurs, ceux
qui faisaient apparaître des problèmes de sécurité présentant des risques pour lesquels les
défenses existantes étaient jugées inadéquates ou manquantes ont été mis en évidence
(lacunes de sécurité).
Les facteurs sans influence sur le cours des événements ont été écartés, et seuls ceux qui
pourraient, avec un degré appréciable, avoir pesé sur le déroulement des faits ont été
retenus.
12 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
INCENDIE MACHINE
Le 19 février 2024, lors de la visite du navire échoué sur la plage de Brighton, organisée et
sécurisée par les autorités locales, aucune preuve matérielle évidente n?a permis de
déterminer avec certitude la cause de l?incendie survenu dans le compartiment moteur.
L?absence d?alarme et de signe avant-coureur paraît confirmée par l?absence d?anomalie
constatée par le patron remplaçant, lorsqu?il effectue une ronde dans le compartiment
moteur et un transfert de gasoil, une quinzaine de minutes avant le black-out.
L?origine de l?incendie peut donc être électrique, ou provoquée par une fuite de liquide
hydraulique ou de combustible sur des éléments moteur à haute température.
Schéma de disposition du compartiment moteur (échelle non respectée)
Hypothèse d?un incendie d?origine électrique :
Le tableau électrique principal, situé sur bâbord avant, est l?élément le plus endommagé
du compartiment moteur.
Le black-out est la première anomalie qui a alerté le patron remplaçant. Lors de
sa tentative d?investigation, il a vu des flammes dans la zone du tableau électrique
AV
Feu vu par
le patron
Moteur
de
propulsion
Vannes de
combustible
Centrale
hydraulique
Tableau
électrique
Moteur
Auxiliaire
AR
Feu vu par le
matelot en
investigation
13 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
Image BEAmer
Hypothèse d?une fuite de liquide hydraulique :
Au moment de l?accident, le circuit hydraulique d?alimentation des enrouleurs est sous
haute pression (400 bars) et il n?y a pas de carter de protection de la pompe. En cas de
fuite sous forme de brouillard d?huile, l?échappement moteur peut donc être atteint.
Le matelot qui accompagnait le patron remplaçant dans sa tentative d?investigation a
aperçu des flammes sur tribord arrière, à proximité de la centrale hydraulique.
Sécurité des fluides hydrauliques1 :
? Les systèmes hydrauliques fonctionnent entre 120 et 180°F (49 et 82°C).
? Les fuites hydrauliques peuvent créer un effet d?aérosol qui libère des vapeurs
toxiques dans l?air ou crée des conditions idéales pour la combustion.
? Les sources d?inflammation peuvent être des flammes, des températures élevées, des
décharges électriques ou des étincelles.
1 Source : TAMESON.fr
14 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
Hypothèse d?une fuite de gasoil :
Lorsque le navire fait route, l?énergie électrique est fournie par la génératrice attelée, la
génératrice auxiliaire étant stoppée.
Il n?y a pas eu de variation du régime moteur ni de perte de puissance électrique avant le
black-out.
Le moteur de propulsion étant peu endommagé, notamment au niveau des culasses et
de la tuyauterie d?alimentation en combustible, l?hypothèse d?une fuite de gasoil n?est pas
privilégiée.
Sécurité du navire :
La centrale d?alarme incendie, normalement en service, n?a pas fonctionné. En l?absence de
signe avant-coureur (baisse de régime moteur ou de puissance électrique, voire explosion
d?un gaz inflammable?), le patron remplaçant aurait ainsi été alerté par une alarme dès les
premières flammes et dégagements de fumée, ce qui lui aurait permis d?attaquer le début
d?incendie à l?aide d?un ou plusieurs extincteurs, puis du CO2 (à condition de confiner le
compartiment moteur en fermant les tapes de ventilation ? bloquées en position ouverte
- et la porte d?accès).
La défaillance de la centrale d?alarme incendie est le facteur contributif de l?absence
d?alerte d?un départ de feu dans le compartiment moteur.
Le CO2 a été déclenché dans un compartiment non confiné, ce qui a limité son efficacité.
Le circuit de vidéosurveillance était réglé sur les enrouleurs de chalut lors de cette marée.
Un code d?accès, que le patron remplaçant en fonction ne connaissait pas, permet de
visualiser le compartiment moteur.
La visualisation du compartiment moteur par vidéo aurait vraisemblablement permis au
patron remplaçant d?identifier la zone de départ du feu (à condition que le système soit
alimenté par batterie après un black-out).
Avant le black-out, le patron remplaçant, occupé par le virage du chalut, n?avait pas de
raison opérationnelle de surveiller le compartiment moteur par vidéo.
15 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ECHOUEMENT DU NAVIRE
L?alerte a été donnée lorsque le navire était à 7 milles dans le nord-ouest du Tréport ; il a
été évacué et abandonné à la dérive 38 minutes plus tard.
La lutte contre le feu et le remorquage s?avérant impossibles, sa dérive a été évaluée par
le CROSS Gris-Nez et surveillée par les moyens nautiques déployés, alors qu?il se trouvait
à 3 milles au large de Cayeux-sur-Mer.
L?ALEXIS IV s?est finalement échoué dans la journée du 13 février sur une plage de Cayeux-
sur-Mer (plage de Brighton) où il a été mis en sécurité au moyen d?un amarrage renforcé.
Image BEAmer
16 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
CONCLUSIONS
Le BEAmer et les experts présents à bord le jour de la visite du 19 février 2024 (seule visite
organisée et encadrée par des pompiers pour des raisons de sécurité), n?ont pas identifié
de preuve matérielle certaine sur la cause première de l?incendie.
Les deux hypothèses les plus probables de l?accident sont un départ de feu d?origine élec-
trique, provenant du tableau situé sur bâbord avant du compartiment moteur, ou une
inflammation d?un brouillard d?huile provenant d?une fuite de la centrale hydraulique vers
l?échappement du moteur de propulsion.
Le dysfonctionnement de la centrale d?alarme incendie n?a pas permis au patron
remplaçant d?inter- venir suffisamment tôt, lorsqu?il était encore possible de pénétrer
dans le compartiment moteur sans équipement de pompier.
Le CO2 n?a pas été diffusé dans le compartiment moteur dans les conditions optimales
d?efficacité (appels d?air provoqués par les tapes de ventilation et portes d?accès du
compartiment moteur et du vire-filet ouvertes).
17 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ENSEIGNEMENTS
1. 2024-E-23 : Un armateur doit s?assurer que son navire est armé en nombre suffisant
et que l?équipage est titulaire des brevets adéquats.
2. 2024-E-24 : Les installations fonctionnant sous haute pression devraient être
protégées par des carters suffisamment enveloppants, afin de prévenir tout risque de
propagation d?un brouillard inflammable en cas de fuite.
3. 2024-E-25 : La facilité de manoeuvre des tapes de ventilation garantit le confinement
rapide du compartiment moteur en cas d?incendie.
4. 2024-E-26 : À défaut de pouvoir atteindre l?équipement radioélectrique fixe pour
donner l?alerte, la récupération de la VHF portative SMDSM, réglementairement facile
d?accès, est à privilégier en cas de situation de détresse.
18 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
RECOMMANDATION
Le navire ayant été détruit, le BEAmer n?émet pas de recommandation destinée au patron-
armateur.
19 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ANNEXE A LISTE DES ABRÉVIATIONS
BEAmer : Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
CROSS : Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
MAYDAY RELAY : Message de détresse
SMDSM : Système mondial de détresse et de sécurité en mer
STCW-F : Standard of training, certification and watchkeeping for
seafarers ? Fishing
VHF : Very high frequency
Jauge UMS : Volume des espaces fermés du navire en mètres cubes
20 Bureau d?enquêtes sur les événements de mer
ANNEXE B DÉCISION D?ENQUÊTE
Bureau d?enquêtes sur les événements de mer (BEAmer) Arche
sud
92055 LA DEFENSE CEDEX
Téléphone : +33 (0)1 40 81 38 24
Adresse électronique : bea-mer@developpement-durable.gouv.fr
Site web : www.bea-mer.developpement-durable.gouv.fr
Crédit Photo : ©BEAmer
mailto:bea-mer@developpement-durable.gouv.fr
http://www.bea-mer.developpement-durable.gouv.fr/
Bureau d?enquête sur les événements de mer
AVERTISSEMENT
RÉSUMÉ
INFORMATIONS FACTUELLES
CONTEXTE
NAVIRE
ÉQUIPAGE
ACCIDENT
INTERVENTION
EXPOSÉ
ANALYSE
INCENDIE MACHINE
ECHOUEMENT DU NAVIRE
CONCLUSIONS
ENSEIGNEMENTS
RECOMMANDATION
ANNEXE A
LISTE DES ABRÉVIATIONS
ANNEXE B
DÉCISION D?ENQUÊTE