Bilan de l'action de l'inspection des installations classées sur l'année 2023 et perspectives pour l'année 2024
Auteur moral
France.Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
<span style="color: rgb(17, 17, 17); font-family: -apple-system, Roboto, SegoeUI, "Segoe UI", "Helvetica Neue", Helvetica, "Microsoft YaHei", "Meiryo UI", Meiryo, "Arial Unicode MS", sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; background-color: rgb(243, 243, 243); text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial; display: inline !important; float: none;">Le bilan de l'inspection des installations classées pour 2023 met en avant la prévention des risques industriels, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et la promotion des énergies renouvelables. Les priorités pour 2024 incluent la gestion des déchets, la sécurité des installations, et l'adaptation au changement climatique, avec un accent sur la modernisation et la numérisation des procédures.</span>
Descripteur Urbamet
risques industriels
;GAZ A EFFET DE SERRE
;ENERGIE RENOUVELABLE
;CHANGEMENT CLIMATIQUE
Descripteur écoplanete
déchet dangereux
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Bilan de l'action
de l'inspection des
installations classées
sur l'année 2023
et perspectives
pour l'année 2024
Préambule
L?inspection des installations classées pour la pro-
tection de l?environnement (ICPE) joue un rôle pré-
pondérant dans la prévention du risque industriel, la
préservation de notre écosystème et de notre envi-
ronnement. Maillons majeurs de la déclinaison de
nos politiques publiques au sein de notre ministère,
les services chargés de l?inspection des installations
classées (en administration centrale ou en services
déconcentrés) oeuvrent au quotidien pour:
4 Protéger notre santé;
4 Eviter les accidents et les risques de pollution;
4 Favoriser la mise en place de mesures pour
l?atténuation et l?adaptation au changement
climatique comme la baisse des émissions de
gaz à effet de serre, le développement de la
sobriété hydrique, la lutte contre la séche-
resse, ou encore la transition énergétique?;
4 Préserver les ressources naturelleset limiter
les impacts sur la biodiversité;
4 Déployer nos actions de planification écolo-
gique au sein de nos territoires en coordonnant,
animant ou incitant les exploitants dans leur
mise en oeuvre.
Pour ce faire, les inspecteurs des installations
classées contribue à la réussite des enjeux et
des défis d?aujourd?hui et de demain, grâce à
l?accompagnement des exploitants et à son
interaction avec les parties prenantes.
L?année 2023 a été une année riche et dense
concernant les ICPE. La loi n°2023-973 rela-
tive à l?industrie verte a été promulguée le
23 octobre 2023. El le vise à accélérer et
à simplif ier les démarches d?autorisation
environnementale des nouveaux projets liés
notamment à la réindustrialisation. La mise
en oeuvre pratique de cette loi sera effective
dans les prochains mois. La loi n°2023-175
relative à l?accélération de la production
d?énergies renouvelables (dite loi «APER»),
promulguée le 10 mars 2023, vise à simplifier
et à encourager la production d?énergies
renouvelables en France (énergie solaire,
thermique, photovoltaïque et agrivoltaïque,
et énergie en mer).
Au travers des orientations stratégiques
(OSPIIC), de nouvelles actions ont été impul-
sées pour la période 2023-2027. Véritable
feuille de route, elles permettent de fixer
un cap et de décliner de nouveaux outils
ou dispositifs en vue de mieux protéger nos
concitoyens et notre environnement.
Le Directeur Général
de la Prévention des Risques
Cédric Bourillet
Bilan de l?action de l?inspection
des installations classées sur l?année 2023
et perspectives pour l?année 2024
Table des matières
I. Chapitre 1- Bilan chiffré de l?année 2023
I. 1. Panorama des installations classées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I. 2. Impacts chiffrés sur les installations classées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I. 2. 1. Emissions de gaz à effet de serre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I. 2. 2. Autres polluants atmosphériques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I. 3. Bilan de l?accidentologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I. 4. Actions de contrôle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
I. 5. Instructions des demandes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I. 6. Effectifs pour réaliser ces missions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
II. Chapitre 2 ? Les priorités d?inspection des installations classées . . . . . . 10
II. 1. Sécheresse et sobriété hydrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
II. 2. Canalisations et Equipements sous pression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
II. 2. 1. Plans de sécurité et d?intervention dans les canalisations de transport
et de distribution à risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
II. 2. 2. Le secteur de l?hydrogène. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11
II. 3. Déchets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
II. 3. 1. Les actualités à propos des déchets . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
II. 3. 2. Obligation de tri dans les enseignes de restauration et utilisation de
vaisselle réemployble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
II. 4. Santé et environnement. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
II. 4. 1. Surveillance des rejets d?activités endocriniennes dans les effluents
de sites industriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
II. 4. 2. Contrôle des obligations relatives aux fluides frigorigènes et aux fiches
de données de sécurité (FDS). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
II. 4. 3. Contrôles des biocides dans les entreprises 3D: désinfection,
dératisation,désinsectisation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
II. 4. 4. Contrôle des rejets atmosphériques des industries. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
II. 4. 5. Substances chimiques soumises à autorisation au titre du règlement REACH . . . . . . 15
II. 4. 6. Substances per- et polyfluoroalkylées « PFAS». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
II. 4. 7. Prévention des pertes de granulés de plastiques industriels (GPI) . . . . . . . . . . 16
II. 4. 8. Incinérateurs et mise en conformité vis-à-vis de la directive IED . . . . . . . . . . . 17
II. 5. Risques accidentels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
II. 5. 1. Actions générales pour la maîtrise des risques accidentels . . . . . . . . . . . . . . 17
II. 5. 2. Sites placés sous vigilance renforcée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
II. 5. 3. Action nationale de l?inspection des installations classées à la suite
de l?accident du 26 septembre 2019 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
4
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II. 5. 4. Gestion des accidents et incidents au sein des sites SEVESO. . . . . . . . . . . . . 19
II. 5. 5. Conservation de la mémoire des pollutions de sols . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
II. 5. 6. Fin de l?approbation des PPRT civils et prolongation du crédit d?impôt . . . . . . . 21
II. 5. 7. Effets NaTech: retour d?expérience de la tempête Ciaran et des
inondations dans les Hauts-de-France . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
II. 6. Sécurité des installations agricoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
III. Chapitre 3 - Actions de progrès et modernisation de l?inspection . . . . . 23
III. 1. Orientations stratégiques pluriannuelles pour les années 2023 à 2027 . . . . . . . . . 23
III. 2. Loi «industrie verte» et loi «APER» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
III. 2. 1. La réforme «industrie verte» . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
III. 2. 2. Loi sur l?accélération de la production d?énergies renouvelables
(dite loi «APER») . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
III. 3. Vers un Etat 100?% numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
III. 4. Amplification du recrutement d?inspecteurs des ICPE . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
III. 4. 1. Actions de communication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
III. 5. Programmation des Mardis de la DGPR pour comprendre et mettre
en oeuvre la réglementation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
IV.Annexe. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
IV. 1. Une classification de chaque installation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
IV. 2. L?inspection des installations classées au coeur de la transition écologique
de l?industrie et des activités agricoles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
IV. 3. L?organisation de l?inspection des installations classées en France . . . . . . . . . . . 31
V. Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
5
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5
Bilan chiffré de l?année 2023
I. 1. Panorama des installations
classées
L?encadrement des installations classées pour
la protection de l?environnement (ICPE) repose
sur une nomenclature répertoriant différentes
typologies d?activités et d?exploitations (comme
par exemple des installations de stockage de
déchets, des cimenteries, des entrepôts, des
installations de méthanisation, des parcs éoliens,
des élevages de bovins ou de volailles, des pis-
cicultures, etc.).
En France, en 2023, 42 488 sites sont soumis au
régime de l?autorisation et de l?enregistrement au
titre de la nomenclature des installations classées
pour la protection de l?environnement (ICPE):
4 19 521 sites relevant du régime de l?autori-
sation (A);
4 22 967 établissements relevant du régime de
l?enregistrement (E - autorisation simplifiée).
Au regard de la législation européenne et parmi
les installations françaises exploitées relevant du
régime autorisé:
4 6 511 sites sont soumis à la directive
n°2010/75/UE du 24 novembre 2010 relative
aux émissions industrielles (dite «directive
IED»)dont notamment 3 038 élevages;
4 1 267 établissements sont soumis à la direc-
tive n°2012/18/UE du Parlement européen et
du Conseil du 4 juillet 2012 (dite «directive
SEVESO III»).
Concernant ces derniers établissements, le droit
français répertoriedeux catégories de sites en
fonction des dangers présents. Ainsi, à l?échelle
du territoire national, sont identifiés:
4 678 sites classés SEVESO seuil haut?;
4 589 sites classés SEVESO seuil bas.
Au-delà des deux régimes de l?autorisation et de
l?enregistrement, près de 450000 installations
sont soumises au régime de la déclaration. Il s?agit
essentiellement des installations présentant un
potentiel de risques et de nuisances environne-
mentales plus faible que celles soumises à l?auto-
risation ou à l?enregistrement.
1 Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et foresterie
4%
5 %
91 %
Nombre d'ICPE en 2023
Autorisation
Enregistrement
Déclaration
? Les inspecteurs des installations classées
sont chargés du suivi de ces établissements.
Ils assurent:
? un accompagnement et une incitation des
exploitants à s?engager vers une démarche de
progrès et d?amélioration continue de leurs
procédés industriels et agricoles, face aux
enjeux des risques engendrés pour nos conci-
toyens (sécurité, santé et salubrité publiques),
du changement climatique, de la transition
énergétique et, d?une manière générale, de
la préservation de notre environnement et
de nos ressources;
? des instructions aux différentes étapes de la
vie de l?installation (projet initial dans le cadre
de son implantation et de son exploitation,
modification des conditions d?exploiter, etc.)
dans le but d?encadrer de manière appropriée
son fonctionnement;
? des contrôles des installations exploitées, en
examinant le respect de ces règles.
I. 2. Impacts chiffrés sur les
installations classées
I. 2. 1 Emissions de gaz à effet de serre
Selon l?association CITEPA, qui a actualisé ses
estimations pour 2023, les émissions de gaz à
effet de serre en France ont baissé de 5,8?% (-22,8
Mt CO2) entre 2022 et 2023, en excluant les puits
de carbone. Le budget carbone, hors prise en
compte de l?UTCATF1, a été respecté sur la période
2019-2023. Tous les grands secteurs émetteurs
ont contribué à cette diminution notamment
-7,7 Mt pour l?industrie de l?énergie et -6,1 Mt pour
l?industrie manufacturière.
Chapitre 1
6
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I. 2. 2 Autres polluants atmosphériques
Selon les dernières données de l?association
CITEPA, les émissions annuelles de polluants
atmosphériques sont à la baisse sur l?ensemble
du territoire.
Plus précisément, les émissions de NOx en 2023
en France ont continué leur trajectoire de baisse
observée depuis les années 1990 pour atteindre
un niveau total pré-estimé à 701 kt, soit une baisse
de 3,5?% par rapport à 2022. Les émissions de
particules fines (PM2,5), elles, ont été réduites
(-13,2?%) entre 2019 et 2023, et pour les secteurs
du transport et de l?industrie, les émissions de
PM2,5 sont en baisse entre 2022 et 2023.
I. 3 Bilan de l?accidentologie
En 2023, le nombre total d?incidents et accidents
recensés par la DGPR dans les installations clas-
sées pour la protection de l?environnement (ICPE)
est resté relativement stable: 1 242 événements
recensés dans la base de données Aria (Analyse,
recherche et information sur les accidents) pour
l?année 2023 (données au 31 mars 2024) dont
401 accidents, pour toutes les ICPE. Il y a eu 389
accidents recensés en 2022.
En ce qui concerne les sites Seveso, 290 événe-
ments ont été recensés, dont 81 accidents (75
en 2022).
Les secteurs les plus accidentogènes identifiés en
2023 sont les suivants:
? Les déchets?;
? L?industrie chimique et pharmaceutique?;
? Les élevages?;
? L?industrie agroalimentaire.
I. 4. Actions de contrôle
L?inspection des installations classées a réalisé de
nombreux contrôles au cours de l?année 2023: au
total, 24232 inspections. Ces inspections sontsoit
programmées soit réactives. Elles peuvent être
décidées pour les motifs suivants:
? pour s?adapter aux enjeux de protection des
personnes, de leur santé et de leur environne-
ment, le plan pluriannuel de contrôle (PPC),
fixe la fréquence minimale d?inspection au
sein des différents types d?établissement
(imposant un contrôle soit tous les ans, soit
tous les trois ans, soit tous les sept ans);
? la vérification et le respect des suites et sanc-
tions administratives, arrivant à échéance
(notamment pour les mises en demeure, les
astreintes administratives, les consignations
de sommes, les suspensions temporaires,
etc.);
? l?intervention sur site et la gestion des situa-
tions rencontrées lors des éventuels accidents
et pollutions impliquant des installations
industrielles ou agricoles?;
? la conduite d?opérations «coup de poing»
régionales ou départementales, sur une thé-
matique ou un secteur d?activité donné;
? la découverte de situations illégales, par
exemple des établissements fonctionnant
sans le titre d?exploitation requis;
? des inspections menées à la suite de signale-
ments environnementaux?;
? l?examen de thématiques relevant des actions
nationales prioritaires définies par le minis-
tère;
? etc.
Figure 1: CITEPA, le 23/05/2024
7
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7
Action phare en région Auvergne-
Rhône-Alpes
Action coup de poing ? Risques d?explosion
dans les silos
Dans le cadre des priorités nationales définies
par le ministère chargé de l?environnement,
une action de contrôle des silos de stockage de
céréales a été réalisée en 2023, portant notam-
ment sur la prévention des risques d?incendie et
d?explosion. Dans la région, 46 silos de stockage
de céréales ont été inspectés. L?inspection des
installations classées a constaté des situations
de non-conformité et proposé de mettre en
demeure 21 établissements. Afin de vérifier
la mise en conformité des installations, des
contrôles sont réalisés en 2024, qui pourront
conduire, le cas échéant, à proposer de nou-
velles suites administratives et pénales.
? Suites et sanctions administratives
établies à l?issue des contrôles
Au regard des situations les plus préoccupantes
constatées en inspection, des actions de coerci-
tion ou de sanction ont été prises:
4 3 677 arrêtés préfectoraux de mise en
demeure (par exemple, dans les cas de
non-respect d?une prescription ou d?une
demande de régularisation administrative
pour défaut du titre d?exploitation requis);
4 674 arrêtés préfectoraux de sanctions admi-
nistratives avec par exemple (par ordre de
volumétrie):
? 272 astreintes administratives;
? 161 amendes administratives;
? 80 consignations de sommes;
? 75 suspensions temporaires;
? 63 fermetures et suppressions d?installa-
tions;
? 13 exécutions d?office de travaux;
? 10 appositions de scellés.
I. 5. Instructions des demandes
? Instructions des nouveaux projets
Lorsqu?un exploitant souhaite implanter un nou-
veau projet industriel ou agricole, il est recom-
mandé qu?il prenne l?attache de l?administration
pour des échanges qualifiés de «Phase Amont».
Ces échanges permettant d?identifier les enjeux
techniques et environnementaux du projet, ainsi
que les procédures administratives à mettre en
oeuvre. Les dossiers déposés par les pétitionnaires
font ensuite l?objet d?un examen par l?inspection
des installations classées.
En 2023, ont été déposés:
4 971 dossiers d?enregistrement?;
4 665 demandes d?autorisation environnementale.
(Voir l?annexe pour la présentation des régimes
d?enregistrement ou d?autorisation).
Véritable enjeu pour la réindustrialisation de
nos territoires, le déploiement des énergies
renouvelables et la gestion équilibrée de nos
ressources, les dossiers liés aux nouveaux pro-
jets font l?objet d?une instruction approfondie
avec la collaboration des différents services
de l?État et les organismes associés.
Il s?agit d?analyser si le projet est bien compa-
tible avec l?ensemble des enjeux environne-
mentaux (espèces protégées, défrichement,
etc.) et ainsi de fixer les règles de fonction-
nement et d?exploitation des installations au
travers les arrêtés préfectoraux d?enregistre-
ment ou d?autorisation environnementale.
Ainsi, pour l?exploitation de ces nouveaux pro-
jets, 1 160 actes préfectoraux ont été signés
en 2023:
4 654 arrêtés préfectoraux d?enregistre-
ment;
4 506 arrêtés préfectoraux d?autorisation
environnementale.
Certaines instructions concluent que le projet
n?est pas acceptable en l?état. En 2023, 168
arrêtés préfectoraux ont prononcé le rejet
ou le refus du projet.
? Instructions durant la vie
des installations
Outre les projets initiaux, l?inspection des ins-
tallations classées est amenée à examiner des
demandes d?extensions ou de modifications
des conditions d?exploiter ainsi que des mises
à jour d?études portant sur les risques ou nui-
sances. Elle peut être amenée à proposer des
mesures d?encadrement supplémentaires pour
améliorer la protection des personnes et de
l?environnement. 2 376 arrêtés préfectoraux
complémentaires ont ainsi été signés.
Instruction d?un dossier par l?inspection des ICPE
8
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Signature d?un arrêté préfectoral par le préfet
de département
Action phare en région Auvergne-Rhône-Alpes
Maxibrome, procédé unique au monde de TREDI pour la régénération du brome
Le 8 juin 2023, Maxibrome, un procédé innovant de régénération du brome, a été inauguré sur le site
TREDI au sein du Parc industriel de la plaine de l?Ain à Saint-Vulbas (01150).
TREDI est une société de traitement des déchets industriels dangereux, qui exploite, sur le site de
Saint-Vulbas trois fours d?incinération. Le projet Maxibrome consiste à étendre de 70?% la capacité du four
statique qui traite des déchets de saumures bromées afin de récupérer jusqu?à 99?% du brome contenu
dans ces déchets considérés comme dangereux et qui étaient auparavant éliminés par incinération.
Ces déchets sont ainsi transformés en brome directement réutilisable par l?industrie chimique ou
pharmaceutique.
? Le rôle de la DREAL
L?unité départementale de l?Ain a instruit ce dossier de demande d?extension en s?attachant à concilier
la prise en compte des enjeux environnementaux et les contraintes de délais des opérateurs écono-
miques. L?instruction administrative et technique menée par la DREAL a permis de s?assurer que ce projet,
autorisé en mars 2023, n?augmente pas les risques de manière significative pour cet établissement déjà
classé SEVESO seuil haut. Par ailleurs, l?augmentation de la capacité du four s?est accompagnée d?une
diminution de sa consommation énergétique et d?une diminution des valeurs limites de rejets autorisées.
? Économie circulaire, décarbonation et souveraineté industrielle
Le brome est une ressource naturelle rare. Le procédé de régénération du brome à partir de déchets,
développé par la société TREDI, permet:
4 d?éviter la consommation de ressource naturelle rare,
4 de réduire la consommation d?eau liée à la production de brome (Maxibrome consomme en moyenne
jusqu?à 3 000 fois moins d?eau que la production de brome vierge),
4 de participer à la décarbonation de cette industrie puisque la production de brome régénéré à partir
de déchets génère en moyenne 20 fois moins de CO2 que l?extraction de brome vierge.
Ce savoir-faire unique en Europe permet à la société TREDI de couvrir près d?un tiers de la demande
nationale de brome, participant ainsi à la souveraineté économique de la France.
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9
Echange autour d?un projet industriel entre exploitant
et inspecteurs
Visite d?inspection au sein d?un complexe industriel
I. 6. Effectifs pour réaliser ces
missions
L?inspection des installations classées est structu-
rée en une organisation solidaire et complémen-
taire. Les principaux effectifs de l?inspection des
installations classées se retrouvent au sein des
services déconcentrés, au service des préfets de
département (en DREAL / DRIEAT et DD(ETS)PP en
métropole; en DEAL(M), DGTM, DTAM et DAAF
en outre-mer).
Au 31 décembre 2023, l?État comptait 1 568 ins-
pecteurs des installations classées.
10
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II. 1. Sécheresse et sobriété hydrique
En 2023, l?action de l?inspection des installations
classées sur la thématique «Sécheresse» consis-
tait:
4 d?une part, à compléter ou à renforcer les
mesures liées à la sécheresse au sein des arrê-
tés préfectoraux des ICPE fortement consom-
matrices d?eau;
4 d?autre part, à inspecter des installations afin
de vérifier qu?elles respectent les mesures de
restrictions d?eau.
Ainsi, ce sont près de 900 établissements qui ont
été inspectés. Les principales difficultés rencon-
trées par les exploitants étaient de respecter de
forts niveaux de restrictions (> 50?%) en période
de grande tension sur la ressource. En effet, pour
près de 2/3 des installations, ces mesures de ges-
tion de l?eau ont fait peser des contraintes sur
leur activité, qui pouvaient se matérialiser par
des baisses de la production.
Par ailleurs, l?inspection des installations classées
a agi spécifiquement auprès de 250 établisse-
ments en intégrant des prescriptions dédiées à
la sécheresse au sein des arrêtés préfectoraux,
afin de définir les mesures les plus adaptées
aux besoins et aux spécificités de chacune de
ces installations et de leur environnement. Pour
certains exploitants, des études technico-éco-
nomiques ont été prescrites afin d?étudier et
d?identifier les leviers de réductions possibles
pour renforcer la sobriété hydrique de leur ins-
tallation et les préparer aux périodes de séche-
resse à venir.
Les actions se poursuivent en 2024
En 2024, particulièrement dans les régions sen-
sibles à la sécheresse, l?inspection des installa-
tions classées agit pour vérifier le respect des
éventuelles mesures de restriction de consom-
mation d?eau.
En parallèle, pour la mise en oeuvre du plan
d?action « Eau » du Gouvernement, l?inspection
des installations classées est engagée auprès de
50 sites industriels pour définir et mettre en
oeuvre des plans d?actions de sobriété hydrique.
L?objectif, pour ces 50 sites, est de limiter leur
consommation d?eau et d?augmenter la rési-
lience de leur exploitation face à la raréfaction
de la ressource en eau, notamment en période
estivale.
Action phare en région Provence Alpes
Côte d?Azur
Réduction des prélèvements en eau pour les
industriels
Le plan de sobriété hydrique a été généralisé
à tous les industriels en région Provence Alpes
Côte d?Azur en 2023. Cet outil leur permet de
se questionner sur leur prélèvement en eau
pendant une période de stress hydrique mais
aussi de manière pérenne.L?inspection des ins-
tallations classées accompagne les industriels
dans cette démarche avec pédagogie, qu?elle
a fait intégrer dans l?arrêté préfectoral cadre
interdépartemental Durance - Verdon sur la
gestion de l?eau.
En outre et dans la continuité de ces actions,
une action «coup de poing» a été réalisée
en février 2024, où 132 inspections ont été
menées (soit 10?% du programme de contrôle
annuel) pour informer les industriels sur la
nécessité de bien connaître leur prélèvement
et leur consommation ainsi que l?origine de la
ressource,en les incitant notamment à la mise
en place de compteurs.
La DREAL Provence Alpes Côte d?Azur a égale-
ment communiqué auprès des fédérations pro-
fessionnelles (qui représentent les industriels),
des exploitants en direct et aussi du public
(via un communiqué de presse préfectoral et
l?utilisation des réseaux sociaux (notamment
LinkedIn).
En termes de résultats quantifiés, les engage-
ments des industriels à horizon 2030 prévoient
une réduction de l?ordre de 5 millions de m3/
an de la ressource en eau pour les sites liés au
plan «eau».
Action phare en région Auvergne-
Rhône-Alpes
Passage en «zéro rejet» de l?usine Safran à
Domérat
L?action de l?inspection des installations classées
dans l?Allier, sur la thématique de la qualité des
rejets puis sur celle des prélèvements et de la
consommation de l?eau, a conduit à l?aboutis-
sement, en 2023, d?un projet de traitement à
rejet nul pour le site Safran à Domérat (03410).
Dès 2012, l?objectif de réduction de la quantité
de certaines substances dans les rejets de cet
industriel a été soulevé. En outre, dans l?arrêté
Les priorités d?inspection
des installations classées
Chapitre 2
11
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préfectoral d?autorisation environnementale
de 2017, il a été demandé à l?exploitant de
rationaliser les prélèvements d?eau par l?éla-
boration d?un plan d?utilisation rationnel de
l?eau, et une problématique de consommation
d?eaux de rinçage a été identifiée. L?exploitant
a été mis en contact avec les industriels locaux
du département, dont certains développent
des installations de filtration et de réutilisation
d?eau similaires. Par ailleurs, en ce qui concerne
l?aspect économique du projet, l?inspection
des installations classées a eu un rôle de facili-
tateur pour permettre à l?exploitant de réaliser
son projet de passage en «zéro rejet» malgré
l?augmentation des coûts des énergies et des
matières premières, grâce à un financement de
l?agence de l?eau - le budget de 2,3 M¤ annoncé
à l?hiver 2022 étant finalement passé à 3,8 M¤.
Une station de traitement «zéro rejet» per-
mettant la réutilisation de l?eau en interne a
ainsi été installée en 2023. Elle est aujourd?hui
en phase de test de fonctionnement.
II. 2. Canalisations et Equipements
sous pression
II. 2. 1. Plans de sécurité et d?intervention
dans les canalisations de transport et de
distribution à risques
Les plans de sécurité et d?intervention (PSI), éta-
blis par les exploitants de canalisation qui pré-
sentent des risques, définissent l?organisation et
les moyens qu?ils prévoient de mettre en oeuvre
en cas d?accident, ainsi que les relations avec les
services de secours (pour l?alerte notamment).
Ces plans sont mis à jour et testés à des intervalles
n?excédant pas cinq ans.
L?action nationale 2023 visant à vérifier l?efficacité
des PSI pour les canalisations dites «à risques2»
fait suite à plusieurs événements durant lesquels
des défauts de mise en oeuvre avaient été iden-
tifiés.
Afin de faire le point sur la pertinence et l?effica-
cité des PSI en place, les services déconcentrés)
ont réalisé:
? 11 inspections pour 8 transporteurs de gaz et
de produits chimiques;
? 8 inspections pour 5 exploitants différents
de réseaux de distribution de gaz naturel ou
de gaz de pétrole liquéfié.
Ces inspections se sont principalement déroulées
sous la forme d?exercices inopinés.
2 Canalisations de transport de gaz naturel ou assimilé, d?hydrocarbures ou de produits chimiques et canalisations de distributions
de gaz telles que définies à l?article L. 554-5 du code de l?environnement
3 Arrêté ministériel du 22/10/2018 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées pour la protection de
l?environnement soumises à déclaration sous la rubrique n°1416 (station de distribution d?hydrogène gazeux) de la nomenclature des
installations classées.
4 Directive n°2010/75/UE du 24 novembre 2010 relative aux émissions industrielles (dite «directive IED»)
Cette action a permis de constater que des plans
de sécurité et d?intervention existaient pour chacun
des exploitants contrôlés. Les exercices menés ont
également permis de mettre en relation les diffé-
rents acteurs de la gestion de crise, que ce soit lors
de leur préparation ou de leur réalisation, ce qui ne
peut que contribuer à améliorer le bon déroulement
des opérations en cas d?incident ou accident réel.
II. 2. 2 Le secteur de l?hydrogène
L?hydrogène, du fait de ses caractéristiques physiques,
présente un risque de fuite et d?explosion important,
nécessitant de définir des barrières de sécurité adap-
tées. Une feuille de route, signée conjointement par la
DGPR et France Hydrogène en octobre 2021, a permis
de poser un diagnostic concernant la réglementation
existante et d?identifier les besoins d?évolution pour
accompagner le fort développement du secteur.
Dans ce cadre, des travaux sont conduits depuis
2022 avec la profession afin de mettre à jour les pres-
criptions de l?arrêté ministériel relatif aux stations de
distribution d?hydrogène pour les véhicules terrestres.
Les travaux relatifs à la rubrique dédiée à l?hydrogène
(rubrique n°4715 de la nomenclature des ICPE) ont
également été engagés en 2023, pour réglementer
de manière adaptée le développement des activités
de production et stockage d?hydrogène.
Les actions se poursuivent en 2024
Les travaux se poursuivent en 2024 avec la
profession afin de finaliser la mise à jour des
prescriptions de l?arrêté ministériel relatif aux
stations de distribution d?hydrogène pour
les véhicules terrestres3 et afin de proposer
la création d?un régime d?enregistrement et
des prescriptions adaptées en ce qui concerne
la rubrique n°4715 permettant d?encadrer le
développement des activités de production et
de stockage d?hydrogène.
Dans la même lignée, des travaux sont égale-
ment menés pour veiller au respect de la régle-
mentation relative aux appareils à pression (AP)
contenant de l?hydrogène.
Enfin, la version révisée de la directive sur les
émissions industrielles (IED)4 introduit une
rubrique spécifique pour la production de
l?hydrogène par électrolyse de l?eau. Le seuil
de classement est fixé à 50 tonnes par jour,
afin de distinguer cette activité de la rubrique
actuelle de « fabrication en quantité industrielle
par transformation chimique ou biologique
de produits chimiques inorganiques ». Les tra-
vaux visant à transposer cette évolution dans la
réglementation française seront engagés cette
année.
12
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II. 3. Déchets
II. 3. 1 Les actualités à propos des déchets
? Une accidentologie marquée dans le
secteur des déchets
L?année 2023 a été à nouveau marquée par la pré-
pondérance de l?accidentologie dans le secteur
de déchets. Le nombre d?événements de ce sec-
teur connaît une tendance à la hausse sur 10ans,
avec néanmoins une stabilisation observée ces 5
dernières années. Ils représentent plus de 20?% des
événements enregistrés dans la base de données
ARIA sur les installations industrielles françaises pour
cette période, proportion qui se confirme en 2023.
Malgré un secteur très varié, que ce soit par la nature
des procédés rencontrés ou la typologie des déchets
traités, les événements répertoriés dans la base de
données ARIA sont marqués par une spécificité:
la prépondérance de l?incendie, phénomène par
ailleurs accentué par les fortes chaleurs.
Le développement de l?utilisation de piles et de
batteries au lithium cause une accidentologie jusqu?à
présent croissante, en particulier dans les installa-
tions de gestion de déchets. En 2023, il a été recensé
plus de 40 événements au sein d?installations clas-
sées qui concernent des incendies impliquant des
batteries: elles sont, dans la grande majorité des
cas, à l?origine ou suspectées d?être à l?origine des
incendies.
Ce secteur doit, en outre, faire face à la présence
de déchets non conformes arrivant dans les ins-
tallations, notamment lorsque le tri en amont est
réalisé par des particuliers. Cela peut être la cause
des accidents ou incidents rencontrés sur les sites,
avec le cas notamment des batteries orientées vers
des filières non appropriées. De plus, certains sites
se distinguent par une récurrence d?événements
similaires, et d?autres par une détection du sinistre
et un appel des secours effectués par une personne
extérieure au site. Dans ce cas, la maîtrise de l?incen-
die est souvent plus longue et nécessite des moyens
plus importants.
Une attention particulière des exploitants de cette
branche industrielle demeure donc nécessaire afin
de prévenir les risques d?incendie mais également
pour assurer la détection et l?extinction rapides de
ceux ne pouvant être évités.
Pour faire face à cette situation, quatre arrêtés minis-
tériels visant à réduire l?accidentologie dans le sec-
teur des déchets ont été publiés fin 2023. Ces textes
modifient les prescriptions générales s?appliquant à
neuf rubriques (n°2711, 2713, 2714, 2716, 2718, 2790,
2791, 2710, 2712) de la nomenclature des ICPE, afin
de réduire en particulier l?occurrence d?incendies
5 Bureau de recherches géologiques et minières
dans les installations de tri ou de traitement de
déchets. A cet effet, les mesures de prévention et
de gestion du risque d?incendie dans les installations
accueillant ou susceptibles de stocker des piles ou
des batteries ont été renforcées.
Les actions se poursuivent en 2024
Ces mesures sont en cours de déploiement et de
mise en oeuvre. Elles ont été présentées le mardi
27 février 2024 dans le cadre d?un Mardi de la
DGPR, qui a réuni plus de 300 personnes. Elles
doivent permettre de préserver l?environnement
et la santé, mais aussi d?accompagner le déve-
loppement de capacités industrielles françaises
visant à améliorer la souveraineté en termes de
matières premières, selon les principes de l?éco-
nomie circulaire.
? Limitation des fuites de gaz dans les
installations de méthanisation
Dans le contexte de la recherche d?alternatives au
gaz naturel et afin de concourir aux actions de lutte
contre le changement climatique, l?inspection des
installations classées a mené en 2023 une action
visant à la limitation des fuites de gaz des installa-
tions de méthanisation.
Cette action a donné lieu à 319 inspections. Ces
visites peuvent, en fonction des constats, déboucher
sur des contrôles complémentaires concernant les
exigences relatives aux équipements sous pression,
voire aux canalisations de transport ou de distribu-
tion de gaz auxquelles les méthaniseurs peuvent
être raccordés. Plus de 4 000 points de contrôle
ont été vérifiés. Les différents points de contrôles
ont donné lieu à 712 suites, tous actes confondus.
A titre d?exemple, 91 arrêtés préfectoraux de mise
en demeure ont été pris.
A titre d?exemple, la diffusion des consignes concer-
nant les mesures à prendre lorsqu?une fuite est
détectée peut être améliorée. L?utilisation des outils
de destruction du biogaz, notamment la torchère,
ainsi que la gestion des soupapes et du stockage de
biogaz apparaissent nécessiter un suivi plus attentif.
Enfin, les obligations relatives à la composition du
biogaz et aux mesures de prévention de son rejet
ne sont pas toujours respectées.
? Contrôle des obligations numériques de
traçabilité des déchets
Afin d?assurer une bonne traçabilité, notamment
pour les déchets les plus dangereux, et de lutter
contre les trafics illégaux dans le domaine des
déchets, des outils numériques spécifiques ont
été développés et mis en place par le ministère et
le BRGM5. Le bon déploiement de ces outils a fait
l?objet de contrôles en 2022 et en 2023.
13
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En matière de traçabilité des déchets, l?action natio-
nale 2023 visait à vérifier la bonne application des
obligations réglementaires dématérialisées interve-
nues en 2022 à savoir:
4 Depuis 2022, la saisie via l?application Trackdé-
chets des mouvements de déchets dangereux
(et/ou avec des polluants organiques persistants)
est obligatoire. Elle concerne tous les acteurs,
sauf les ménages, du producteur initial jusqu?à
l?incinérateur ou la décharge, en passant par
les collecteurs et transporteurs.
4 Certains acteurs du secteur des déchets et tous
les gestionnaires de terres excavées enregistrés
doivent transmettre leurs registres chronolo-
giques (entrants/sortants) via le Registre national
électronique (dit RNDTS6).
Après une période de tolérance en 2022 concernant
l?utilisation de ces deux applications, l?action natio-
nale 2023 a ainsi conduit à 527 inspections, réalisées
dans l?ensemble des régions métropolitaines, dépar-
tements et régions d?outre-mer. La vérification de
l?utilisation et des bonnes déclarations faite dans ces
outils de traçabilité a pu être couplés avec les visites
plus complètes des installations, correspondant à
plus de 4500 points de contrôles, dont 20?% ont
donné lieu à des suites, dont des mises en demeure
des exploitants de remédier aux non-conformités
relevées.
Les actions se poursuivent en 2024
Outre les économies engendrées, à terme, en
temps et en argent pour les acteurs, la dématéria-
lisation des procédures concernant la traçabilité
des déchets permet une meilleure connaissance,
diffusion et application de la réglementation.
Cette action se poursuit en 2024, avec une atten-
tion particulière sur l?obligation de transmettre
les registres au RNDTS pour les exploitants de
décharges et d?incinérateurs.
? Lutte contre les trafics illégaux de déchets
d?équipements électriques et électroniques
(DEEE)
En 2023, 90 actions de contrôles en lien avec la lutte
contre les trafics illégaux de déchets d?équipements
électriques et électroniques (DEEE) ont été réalisées
afin de s?assurer du respect de la règlementation
ICPE, de la contractualisation des sites gestionnaires
avec un éco-organisme agréé et du respect des exi-
gences minimales en matière de traitement et de
transferts transfrontaliers de DEEE usagés.
Dans le cadre de ces contrôles, 25 non-conformités
relatives à la règlementation ICPE ont été relevées,
19 non-conformités relatives à l?absence de contrat
avec un éco-organisme et 11 non-conformités rela-
6 Registre national des déchets, terres excavées et sédiments
7 Décret n°2020-1724 du 28 décembre 2020 relatif à l?interdiction d?élimination des invendus non alimentaires et à diverses disposi-
tions de lutte contre le gaspillage
tives aux non-respects des exigences de traitement
des EEE (équipements électriques et électroniques)
ont été relevées. Six mises en demeure ont été pro-
posées et signées. Une quinzaine de lettres de suite
préfectorales ont été envoyées aux exploitants.
Les actions se poursuivent en 2024
En 2024, des inspections sont menées sur les tra-
fics illégaux de DEEE, en lien avec le déploiement
de la filière à responsabilité élargie des produc-
teurs (REP), le plan d?inspection sur les transferts
transfrontaliers de déchets et les résultats de la
mission relative à l?accidentologie dans les ins-
tallations de traitement de déchets (mettant en
avant le rôle des piles au lithium).
II. 3. 2. Obligation de tri dans les enseignes
de restauration et utilisation de vaisselle
réemployable
La lutte contre le gaspillage et le renforcement de
l?économie circulaire sont des actions importantes
pour la préservation de l?environnement. En 2019,
l?Agence de l?environnement et de la maitrise de
l?énergie (ADEME) avait évalué que le secteur de la
restauration utilisait 13 milliards d?unités d?embal-
lages par an en France. Ces emballages, qu?ils soient
en plastique ou en carton, représentaient 180 000
tonnes qui sont jetés aussitôt le repas terminé.
Depuis le 1er janvier 2023, les établissements de res-
tauration sont tenus de servir les repas et boissons
dans de la vaisselle réemployable ainsi qu?avec des
couverts réemployables7.
En 2023, 289 inspections ont été réalisées dans des
enseignes de restauration, des non-conformités ont
été relevées dans 38?% des établissements. Comme il
s?agissait de la première année de mise en oeuvre de
cette disposition, de nombreux rappels à la loi ont
été effectués par les services et 25 procès-verbaux
ont été dressés.
Les actions se poursuivent en 2024
En 2024, les contrôles se poursuivent sur l?en-
semble du territoire afin de confirmer la bonne
mise en oeuvre de ces dispositions.
II. 4. Santé et environnement
II. 4. 1. Surveillance des rejets d?activités
endocriniennes dans les effluents de sites
industriels
En 2023, l?inspection des installations classées a
poursuivi l?action nationale lancée en 2022 relative
à l?identification d?éventuelles activités endocri-
niennes par une approche bio-analytique dans
les effluents de sites industriels du secteur phar-
14
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maceutique, en lançant ces mêmes investigations
auprès d?établissement relevant d?autres secteurs
industriels. Il s?agit d?établir un diagnostic visant
à caractériser plus finement les rejets d?activi-
tés industrielles et d?affiner la méthodologie de
caractérisation des activités endocriniennes par
des outils bio-analytiques développés par l?Ineris8,
à qui ont été confiées les analyses.
Au total, en 2022 et 2023, 21 établissements d?ac-
tivités pharmaceutiques et 12 établissements de
secteurs d?activités diverses (production de piles,
composants électroniques, pâtes à papier, engrais,
verres, colorants et installations de traitement
d?hydrocarbures) ont fait l?objet d?un prélèvement
d?effluents aqueux réalisé sur 24 heures.
Les bioessais réalisés par l?Ineris sont des proces-
sus longs. Ils reposent sur l?utilisation de modèles
cellulaires in vitro permettant de rechercher des
composés capables d?interagir avec des récepteurs
des oestrogènes (ER), des androgènes (AR), de la
progestérone (PR), des glucocorticoïdes (GR), des
minéralo-corticoïdes (MR), des proliférateurs des
peroxysomes (PPAR), des pregnanes (PXR) et des
rétinoïdes (RAR?/RXR).
Les actions se poursuivent en 2024
Les résultats des essais doivent permettre de
conclure quant à la présence d?activités endocri-
niennes associées à la fraction organique dissoute
dans le prélèvement, sans toutefois conclure
quant à la nature chimique et l?origine des subs-
tances détectées dans les prélèvements. Ils ne
permettront donc pas d?identifier des pertur-
bateurs endocriniens, au sens réglementaire du
terme. En effet, il faut, pour cela, réunir l?ensemble
des trois critères suivants:
- Une activité endocrinienne (mode d?action);
- Un effet néfaste sur un organisme intact ou sa
descendance ou les générations futures, généré
par la substance;
- Un lien biologique plausible entre l?activité endo-
crinienne de la substance et l?effet néfaste généré.
Les résultats des bioessais sont en cours de
consolidation par l?Ineris pour ce qui concerne
les premiers prélèvements effectués en sortie
des établissements d?activités pharmaceutiques.
II. 4. 2. Contrôle des obligations relatives aux
fluides frigorigènes et aux fiches de données
de sécurité (FDS)
Afin de prévenir les émissions de gaz à effet de serre
fluorés, qui contribuent au réchauffement de la
planète lorsqu?ils sont rejetés dans l?atmosphère,
l?inspection des installations classées a ciblé en 2023
ses contrôles auprès des détenteurs d?importants
équipements de réfrigération et de conditionne-
8 Ineris: Institut national de l?environnement industriel et des risques
ment d?air contenant de tels fluides et auprès des
opérateurs amenés à manipuler ces fluides lors des
opérations d?entretien et de maintenance de tels
équipements.
Près de 470 inspections ont ainsi été réalisées, les-
quelles ont mis en exergue des non-conformités, en
particulier: suivi insuffisant des opérations d?entre-
tien réglementaire des équipements, lacunes dans la
traçabilité associée et méconnaissance de la régle-
mentation relative aux gaz à effet de serre fluorés
par les détenteurs des équipements en contenant.
Près de 20?% des inspections ont donné lieu à des
mises en demeure des exploitants de remédier aux
non-conformités relevées sous des délais contraints.
Les actions se poursuivent en 2024
Ces constats ont conduit l?inspection des ins-
tallations classées à renforcer les contrôles du
secteur en 2024, en les ciblant, d?une part, sur
la traçabilité des déchets de fluides frigorigènes
issus des opérations d?entretien et de mise à l?arrêt
d?équipements et, d?autre part, sur la traçabilité
des flux de ces gaz à effet de serre sur le terri-
toire national, afin de lutter également contre le
trafic illicite de ces fluides et des équipements
en contenant.
L?inspection des installations classées et l?inspection
du travail ont été par ailleurs mobilisées en 2023
pour la mise en oeuvre de contrôles sur les fiches de
données de sécurité (FDS) des produits chimiques
dans le cadre d?une campagne européenne sur le
respect du règlement REACH.
Cette action européenne avait pour objectif de véri-
fier la conformité des fiches de données de sécurité
à la suite de la dernière évolution réglementaire du
règlement REACH, visant notamment à partager
de nouvelles informations sur les risques liés aux
perturbateurs endocriniens et aux nanoformes.
Ces contrôles ont permis de sensibiliser les four-
nisseurs de fiches de données de sécurité et les
utilisateurs en aval de produits chimiques aux nou-
velles exigences en matière de fiches de données
de sécurité, pour une meilleure connaissance des
risques liés aux produits chimiques.
L?ensemble des données collectées au niveau euro-
péen va être analysé pour permettre la rédaction
d?un rapport qui proposera des recommandations
aux différents acteurs, industriels et étatiques, pour
une meilleure application de la réglementation liée
aux produits chimiques.
15
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II. 4. 3. Contrôles des biocides dans
les entreprises 3D: désinfection,
dératisation,désinsectisation
Les professionnels du secteur des activités de désin-
fection, dératisation et désinsectisation (3D) sont
soumis à des obligations relatives à l?utilisation de
produits biocides. Ces professionnels sont, en effet,
amenés à intervenir dans le cadre de prestations
auprès de tiers (particuliers, établissements publics,
collectivités), et peuvent, en cas d?utilisation abusive
ou de mauvaise utilisation des produits, exposer ces
tiers et l?environnement à des produits dangereux
qui ont une action intrinsèque sur le vivant.
L?action de contrôle avait pour objectif de contrôler
ses entreprises afin de s?assurer que:
4 les professionnels utilisant des produits concer-
nés par le certibiocide étaient bien en posses-
sion d?un certibiocide en cours de validité?;
4 l?entreprise avait bien déclaré auprès du minis-
tère chargé de l?environnement son activité
d?utilisateur?;
4 les produits utilisés par l?entreprise étaient bien
autorisés et utilisés conformément au règle-
ment européen relatif aux produits biocides
pour ce qui concerne les produits soumis à
autorisation de mise sur le marché et aux dis-
positions nationales prévues par le code de
l?environnement (articles L. 522-1 et suivants
du code de l?environnement) concernant les
produits biocides en régime transitoire?;
4 les entreprises labellisées « punaises de lit »
respectaient bien les engagements relatifs à
ce label.
En 2023, 69 inspections ont été réalisées.
Il ressort de ces inspections le constat d?une
connaissance insuffisante de la réglementation,
en particulier de l?arrêté ministériel «certibiocide»,
notamment sur les dispositions relatives à la gestion
des nouveaux arrivants dans une entreprise et sur
l?obligation, pour toutes les entreprises 3D, de décla-
rer annuellement leur activité auprès du MTECT. Par
ailleurs, les prescriptions des fiches de données de
sécurité ou des Autorisations de Mise sur le Marché
des produits biocides ne sont pas toujours respec-
tées (stockage, gestion des déchets). Enfin, certaines
étiquettes de produits biocides contrôlés n?étaient
pas conformes à la réglementation.
Les actions se poursuivent en 2024
Ces constats ont conduit à renouveler cette
action nationale en 2024. Les contrôles
sont orientés, plus particulièrement, sur le
respect des obligations liées au certibiocide
(certificat individuel pour l'activité d?utilisation
professionnelle et de distribution de certains
types de produits biocides) et ciblent les entre-
prises utilisant les produits de lutte contre les
nuisibles (rodenticides TP14 et insecticides TP18),
dont les mésusages peuvent entraîner des effets
néfastes sur la biodiversité via des empoisonne-
ments primaires et secondaires.
Cette action s?inscrit dans le cadre du quatrième
Plan national santé-environnement (PNSE4) et des
actions du gouvernement pour la protection de
la biodiversité.
II. 4. 4. Contrôle des rejets atmosphériques des
industries
L?action nationale 2023 portant sur le contrôle des
rejets atmosphériques des industries avait pour but de
vérifier le captage à la source des effluents atmosphé-
riques des sites industriels, la cohérence entre les points
de rejets du site et les points effectivement connus de
l?administration ainsi que les conditions de réalisation,
par l?exploitant, du contrôle réglementaire des rejets
et le respect des valeurs limites d?émission (VLE).
Environ 325 inspections ont été menées dans le
cadre de cette action nationale sur des secteurs
d?activités très variés, tels que la chimie, la pharma-
cie, les cimenteries, les imprimeries, les incinérateurs
de déchets, etc. Les différents constats ont mis
en évidence des émissaires non réglementés dans
l?arrêté préfectoral des installations contrôlées et
donc la nécessité de remettre à jour ces arrêtés
préfectoraux d?autorisation environnementale
pour tenir compte des évolutions des activités. Les
conditions de fonctionnement de l?installation au
moment du contrôle réglementaire des rejets par
un organisme agréé ne sont pas toujours fournies
par l?exploitant, ne permettant donc pas de s?assu-
rer de la représentativité du contrôle. Lorsque des
dépassements des valeurs limites d?émission sont
constatés, la recherche des causes d?un dépasse-
ment de ces valeurs n?est pas toujours effectuée
à l?initiative de l?exploitant. Ainsi, environ 15?% des
inspections menées dans le cadre de cette action
nationale ont abouti à des mises en demeure des
exploitants concernés.
Les actions se poursuivent en 2024
En 2024, l?action nationale de 2023 est poursuivie,
en focalisant les inspections sur les sites émet-
teurs de composés organiques volatils (COV). Il est
notamment demandé d?inspecter les systèmes
de traitement des fumées et de vérifier leur dis-
ponibilité en tout temps.
II. 4. 5. Substances chimiques soumises à
autorisation au titre du règlement REACH
Cette action vise les entreprises bénéficiaires d?une
autorisation d?utilisation de substances listées à
l?annexe XIV au règlement européen n°1907/2006
(REACH), qu?elles soient elles-mêmes titulaire
d?une décision ou utilisatrice sous couvert d?une
décision.
16
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L?annexe XIV compte, à ce jour, 13 substances pré-
sentant un danger pour l?environnement et les orga-
nismes vivants. 17 décisions d?autorisation ont été
publiées entre janvier 2016 et juin 2023 pour l?utili-
sation de 4 de ces substances (dont principalement
des OPE (Octylphénols éthoxylés) et NPE (Nonyl-
phénols ethoxylés)) par des entreprises françaises.
Les actions se poursuivent en 2024
L?action 2024 vise à vérifier que ces entreprises
respectent les prescriptions des décisions en
matière de protection de l?environnement et
de la biodiversité.
Action phare en région Auvergne-
Rhône-Alpes
Stockage de produits chimiques
Une vaste campagne de contrôles ciblés sur les
produits chimiques a été menée, en mars 2023, à
la demande de la préfète de la région Auvergne-
Rhône-Alpes par les inspecteurs de l?environne-
ment de la DREAL et des DD(ETS)PP.
Dans ce cadre, les conditions de stockage et
de mise en oeuvre des produits chimiques des
établissements industriels en région Auvergne-
Rhône-Alpes ont été contrôlées au titre de la
réglementation des installations classées pour la
protection de l?environnement (ICPE).
Au total, 296 établissements industriels ont été
inspectés sur l?ensemble de la région. Il s?agissait
majoritairement des sites utilisateurs ou produc-
teurs de produits chimiques. Des non-conformi-
tés, relatives à au moins l?une de ces thématiques
ont été relevées sur 216 établissements (soit 73?%)
Pour 13 d?entre eux (soit 4?% des contrôles), des
arrêtés préfectoraux ont mis en demeure les
industriels de se conformer aux dispositions
réglementaires dans des délais brefs, ces mises
en demeure se justifiant par le risque avéré de
pollution en cas d?écoulement, notamment du
fait de l?absence de dispositifs de rétention.
Plus précisément, le bilan établi à l?issue de ces
contrôles révèle des non-conformités fréquentes
vis-à-vis des dispositions visant à prévenir la pol-
lution de l?environnement par les produits dan-
gereux déversés accidentellement. En effet, dans
près de la moitié des établissements inspectés,
les prescriptions relatives au bon dimensionne-
ment des dispositifs de rétention associés aux
stockages de produits chimiques et à leur charge-
ment ou déchargement ne sont pas totalement
respectées.
Mais, pour les deux tiers des établissements ins-
pectés, les contrôles relatifs à l?entretien et l?étan-
chéité de l?ensemble du dispositif de rétention
se sont révélés conformes.
Enfin, concernant les règles d?étiquetage des
produits chimiques et de gestion des incompa-
tibilités, les contrôles réalisés montrent le respect
des exigences réglementaires par trois quarts des
exploitants.
II. 4. 6. Substances per- et polyfluoroalkylées «
PFAS»
La mise en oeuvre du plan d?actions « PFAS » du
Gouvernement demande à plusieurs milliers d?ICPE,
faisant partie des secteurs industriels les plus sus-
ceptibles de rejeter des PFAS, de mener une série de
trois campagnes d?analyses de leurs rejets aqueux.
La majorité de ces campagnes d?analyses se sont
déroulées dans le courant du premier semestre 2024.
Pour les établissements qui s?avéreraient rejeter des
PFAS, l?inspection des installations classées veillera à
ce qu?un plan d?actions soit défini et mis en oeuvre
pour supprimer ou, à défaut, réduire la présence de
PFAS dans leurs rejets.
Les actions se poursuivent en 2024
Le plan d?action interministériel sur les PFAS d?avril
2024 intègre et se substitue aux actions prévues
dans le plan du ministère de la transition écolo-
gique et de la cohésion des territoires. Il prévoit,
notamment, d?acquérir des connaissances sur
les méthodes de mesures des émissions de PFAS
en identifiant et développant des méthodes de
mesures, en renforçant et encourageant l?accré-
ditation des laboratoires pour la mesure des PFAS
pour garantir la fiabilité des analyses rendues,
et en poursuivant la surveillance des PFAS dans
les rejets aqueux des ICPE. Les modalités régle-
mentaires d?une surveillance pérenne des PFAS
dans les rejets aqueux de sites industriels seront
notamment établies progressivement, au regard
des résultats des analyses obtenues dans le cadre
de l?arrêté ministériel du 20 juin 2023.
Afin de règlementer et réduire les rejets de PFAS
dans l?environnement, le plan prévoit également
de fixer des valeurs limites d?émission (VLE) dont
le respect peut être attesté par des mesures. Ces
valeurs seront fixées en fonction des campagnes
de mesures effectuées en 2023 et 2024 et des
valeurs de référence dans les milieux.
Un arrêté ministériel est en cours de prépara-
tion, répondant au plan interministériel, pour
imposer aux installations d?incinération et de
co-incinération, une campagne de mesures des
substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans
leurs émissions atmosphériques.
II. 4. 7. Prévention des pertes de granulés de
plastiques industriels (GPI)
Les granulés de plastiques industriels (GPI) sont
des matières plastiques commercialisées sous
différentes formes, dont les dimensions externes
sont supérieures à 0,01 mm et inférieures à 1 cm.
Ils sont aussi communément appelés « larmes de
17
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sirènes » ou « pellets » et représentent la matière
première dans la fabrication des produits en plas-
tique. Jusqu?à 180000 tonnes de ces granulés sont
estimés se répandre chaque année dans l?environ-
nement, en Europe.
Depuis le 1er janvier 2023, tous les sites qui pro-
duisent, manipulent, utilisent ou transportent ces
granulés doivent être dotés d?équipements et de
procédures pour prévenir les pertes et fuites de
ces granulés. Ces mesures concernent aussi les
plateformes logistiques et les ports (fluviaux et
maritimes).
Les actions se poursuivent en 2024
Une des actions nationales 2024 porte sur le
contrôle de la mise en oeuvre de ces nouvelles
obligations pour l?ensemble des opérateurs
concernés afin de limiter la dispersion de ces
microplastiques dans l?environnement. Plus de
130 contrôles sont prévus.
II. 4. 8. Incinérateurs et mise en conformité
vis-à-vis de la directive IED
Conformément à la hiérarchie des modes de
traitement des déchets, une partie des déchets
ne pouvant pas être réutilisés ou recyclés sont
envoyés dans la filière incinération, majori-
tairement pour faire l?objet d?une valorisation
énergétique. Les installations d?incinération et
de co-incinération de déchets sont des installa-
tions classées qui font l?objet d?un encadrement
règlementaire, notamment concernant les per-
formances environnementales, les conditions
de combustion et les valeurs limites d?émission
de polluants.
Les prescriptions qui s?appliquent aux instal-
lations d?incinération soumises à la directive
n°2010/75/UE du 24 novembre 2010 relative aux
émissions industrielles (dite «directive IED»)ont
été renforcéespar l?arrêté ministériel du 12 jan-
vier 2021, qui transpose les meilleures techniques
disponibles (MTD) applicables aux installations
d?incinération et de co-incinération de déchets.
Ces prescriptions sont devenues opposables en
décembre 2023, et comprennent notamment des
valeurs limites d?émission plus contraignantes,
un renforcement de la surveillance de certaines
substances ou dans certaines conditions d?exploi-
tation, et des nouvelles exigences en termes de
rendement énergétique des installations.
Les actions se poursuivent en 2024
En 2024, l?inspection des installations classées
sera donc amenée à vérifier la conformité de
certaines installations d?incinération et de
co-incinération vis-à-vis de ces prescriptions
renforcées.
II. 5. Risques accidentels
Action phare en région Occitanie
Test sur la simulation d?un accident au sein d?un
site industriel et du déclenchement du plan
d?opération interne (POI)
Le 24 novembre 2023, à l?aube, l?unité inter-dé-
partementale (UiD 65-32) de la DREAL Occitanie
a testé de manière inopinée, en lien avec les
services d?incendie et de secours (SDIS), la mise
en oeuvre du plan d?opération interne (POI)
du site Arkema à Lannemezan (65300). Cet
établissement est spécialisé dans la produc-
tion d?hydrate d?hydrazine et de ses dérivés,
utilisés dans des secteurs variés (agrochimie,
pharmacie, traitement des eaux, etc.).
L?objectif de l?exercice s?inscrit dans le cadre
d?une action régionale visant à tester les POI
des sites Seveso haut. Il a débuté à 05h00, par
la simulation de la détection d?un départ de
feu au niveau de la cimenterie de l?usine, par
un témoin extérieur.
L?exercice a permis de vérifier les temps d?arrivée
des agents d?astreinte, de mise en oeuvre des
procédures d?urgence et de déploiement des
moyens d?intervention. Le POI a été correcte-
ment mis en application par la société Arkema
pour le scénario testé. Quelques axes d?amélio-
ration ont été relevés. Ils ont donné lieu à des
observations qui seront à prendre en compte par
l?exploitant pour la révision en cours de son POI.
II. 5. 1. Actions générales pour la maîtrise des
risques accidentels
Dans la continuité des actions de contrôles
menées en 2021 et 2022, a été demandé à l?ins-
pection des installations classées de maintenir la
vigilance vis-à-vis des installations de stockages
d?ammonitrates en menant de nouveaux contrôles
au cours de l?année 2024.
A ce sujet, signalons également la parution en
2023 de l?arrêté portant modification de l?ar-
rêté ministériel du 29 mai 2009 relatif aux trans-
ports de marchandises dangereuses par voies
terrestres (dit «arrêté TMD») visant à définir les
prescriptions applicables aux lieux de chargement,
déchargement, transbordement de marchandises
dangereuses transportées par voies de navigation
intérieures (Règlement pour le transport et la manu-
tention des marchandises dangereuses dans les lieux
de chargement, de déchargement et de transborde-
ment situés dans les eaux intérieures - dit «RPF»).
Par ailleurs, l?inspection des installations classées
poursuit l?action engagée, dans le cadre du plan
d?action gouvernemental faisant suite à l?incendie
du 26 septembre 2019 impliquant l?usine Lubrizol
et les entrepôts exploités par la société Norman-
die Logistique (dont le bilan est exposé ci-dessous).
18
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au sommaire
Action phare en région Nouvelle-
Aquitaine
Conditions d?entreposage des ammonitrates à
usage agricole hors site SEVESO
L?explosion catastrophique survenue sur le port
de Beyrouth le 4 août 2020 a remis en lumière
l?extrême sensibilité des conditions de stockage
des engrais à base de nitrate d?ammonium.
En 2023, 34 inspections ont été réalisées, en
Nouvelle Aquitaine, entre janvier et mars 2023
pour identifier les éventuels stockages d?engrais
non conformes ou illégaux.
Pratiquement toutes les inspections ont été
réalisées de manière inopinée afin de vérifier
si les stocks d?engrais ne dépassaient pas les
limites déclarées. Les contrôles réalisés n?ont
pas montré de dépassement des quantités stoc-
kées autorisées ou déclarées. 3 inspections ont
conduit à des arrêtés préfectoraux de mise en
demeure en raison d?absence de détection
incendie ou pour des non-conformités sur les
règles de sécurité sur les conditions de stoc-
kage.
Concernant les perspectives pour l?année 2024:
l?action sera reconduite en ciblant les lieux de
stockage non classés ou relevant du régime de
la déclaration.
Concernant la prévention des risques acciden-
tels, d?autres actions régionales ont été réalisées,
comme par exemple:
Action phare en région Normandie
«Détection gaz»
Les détecteurs fixes de gaz (inflammables et/
ou toxiques), permettant de détecter une
fuite, sont très répandus dans l?industrie et
constituent généralement le premier mail-
lon d?une chaîne qui assure une fonction de
sécurité. En cas de défaillance de ce premier
élément, c?est toute la chaîne, et donc la
fonction de sécurité, qui est défaillante.
L?action régionale normande visait à contrôler
que les détecteurs sont efficaces, maintenus,
testés, calibrés et placés de manière adaptée
aux événements accidentels à maîtriser. La
présence du prestataire chargé de la mainte-
nance a systématiquement été demandée au
préalable, afin de contrôler la mise en oeuvre
de la procédure de test.
Cette action a permis de révéler plusieurs
non-conformités, telles que:
? l?absence d?études d?implantation des
détecteurs;
? un maillage insuffisant de certains réseaux
de détecteurs;
? de mauvais paramétrages des seuils de
détection;
? l?absence de procédure de test des détec-
teurs;
? de mauvaises pratiques de test (gaz étalon
pas adapté, absence de mesure du temps
de réponse, non-respect des fréquences
de tests, etc.);
? l?absence de critères précis permettant
de valider le test;
? l?absence de test complet de la chaîne
de sécurité ou la défaillance de certains
asservissements.
Au total, quarante-huit inspections ont été
menées sur cette thématique. Elles ont
entrainé onze arrêtés préfectoraux de mise
en demeure et un arrêté préfectoral de sanc-
tion administrative.
Les études d?implantation, à la suite de cette
action, ont trop souvent démontré un mail-
lage insuffisant de la détection.
Cette action régionale a donc permis d?amé-
liorer la maîtrise des risques des sites contrô-
lés. Toutefois, les exploitants doivent encore
progressés dans la gestion des sous-traitants
chargés des tests.
En 2024, une action de communication auprès
des industriels et des sous-traitants mettant
en oeuvre de tels dispositifs sera réalisée afin
de partager les principales anomalies consta-
tées et de guider les exploitants dans la ges-
tion et le suivi de leur réseau de détection
de gaz. Elle sera accompagnée d?un docu-
ment «support», qui repose sur les guides de
bonnes pratiques existants et qui comportera
des recommandations.
II. 5. 2. Sites placés sous vigilance renforcée
Si le ministre de la transition écologique et de la
cohésion des territoires constate que la sécurité
des sites industriels à risques est globalement
satisfaisante sur l?ensemble du territoire natio-
nal, plusieurs sites font encore l?objet d?incidents
réguliers ou de non-conformités récurrentes.
Ce constat avait conduit, en juillet 2021, à la
mise en place d?un dispositif dénommé «vigi-
lance renforcée». Treize sites industriels appar-
tenant à six exploitants avaient ainsi été placés
sous vigilance renforcée. Il avait été demandé
à ces exploitants d?élaborer et de remettre un
plan de mise en conformité.
A l?issue du bilan 2021-2022 de la mise en oeuvre
du dispositif, les sites placés en vigilance renfor-
cée pour l?année 2023 sont les suivants:
? le groupe PENA, pour les établissements
du département de la Gironde à Mérignac
(33700) et à Saint-Jean d?Illac (33127)?;
? le syndicat interdépartemental pour l?as-
19
Retour
au sommaire
sainissement de l?agglomération parisienne
(SIAAP) pour le site localisé à Achères
(78260)?;
? le groupe YARA, pour le site de Mon-
toir-de-Bretagne (44550)?;
? le groupe Lactalis, pour le site de Lons-le-
Saulnier (39000)?;
? le groupe GXO pour ses entrepôts de Poupry
(28140), Artenay (45410) et Le Malesherbois
(45330).
Le ministre de la transition écologique et de
la cohésion des territoires a demandé à ces
exploitants d?élaborer et de remettre un plan de
mise en conformité. Ces plans comportent des
mesures concrètes, quantifiables et vérifiables.
Ils définissent, pour chaque site concerné,
une trajectoire de progrès qui fait l?objet de
contrôles spécifiques de la part de l?inspection
des installations classées afin de vérifier le res-
pect des échéances sur lesquelles les exploitants
se sont engagés. Un bilan de la mise en oeuvre
de ces plans de mise en conformité est dressé
périodiquement par le ministère de la transition
écologique et de la cohésion des territoires et
mis en ligne.
Les sites DPC et Lactalis à Riom-es-Montagnes
(15400), qui ont achevé la mise en oeuvre de
leur plan d?actions, sont sortis du dispositif au
1eroctobre 2023.
Cette démarche progressive, transparente et
responsable doit permettre d?accompagner les
exploitants concernés dans l?amélioration de la
sécurité industrielle de leurs installations et la
réduction de leur empreinte environnementale,
au bénéfice de la sécurité de tous.
II. 5. 3. Action nationale de l?inspection
des installations classées à la suite de
l?accident du 26 septembre 2019
Dans le cadre du plan d?action gouvernemen-
tal faisant suite à l?incendie du 26 septembre
2019 impliquant l?usine Lubrizol et les entrepôts
exploités par la société Normandie Logistique,
un ensemble d?évolutions réglementaires a été
mené en 2020 et 2021, concernant les installa-
tions de stockage de liquides inflammables et
de matières combustibles (entrepôts couverts).
Afin de poursuivre la déclinaison de ce plan
d?actions, il a été demandé à l?inspection des
installations classées de vérifier la situation
administrative des installations au regard des
évolutions réglementaires récentes. L?inspection
des installations classées s?est également atta-
chée à contrôler la bonne mise en oeuvre des
premières échéances réglementaires. En 2023,
cette action a particulièrement ciblé les entre-
pôts stockant des matières combustibles et les
installations stockant des liquides inflammables
soumises à autorisation ou à déclaration.
Sur l?ensemble des volets de cette action, plus
de 650 contrôles ont ainsi été menés par l?ins-
pection des installations classées sur l?ensemble
du territoire. Ces inspections ont conduit à iden-
tifier des prescriptions faisant l?objet d?écarts,
telles que les obligations relatives à l?état des
matières stockées ou encore à la détection
et aux moyens de lutte contre l?incendie. Ces
écarts ont conduit l?inspection des installations
classées à demander la mise en conformité et,
le cas échéant, proposer, au cas par cas, les
suites nécessaires. Le constat important sur les
entrepôts couverts, où plus de 30?% des instal-
lations contrôlées ont fait l?objet d?un arrêté
préfectoral de mise en demeure.
En octobre2023, un premier bilan de cette
action a été présenté aux industriels au travers
d?un «Mardi de la DGPR» afin de cibler les prin-
cipaux écarts et contribuer à la bonne appro-
priation des progrès attendus par l?ensemble
des industriels concernés.
Les actions se poursuivent en 2024
Pour l?année 2024, les contrôles visent en
particulier les installations de stockage de
liquides inflammables relevant du régime de
l?enregistrement ainsi que, de manière plus
transverse, les dispositifs de rétention et de
confinement des eaux d?extinction au sein
des installations sousmises à autorisation.
II. 5. 4. Gestion des accidents et incidents
au sein des sites SEVESO
L?analyse des causes des accidents et incidents
industriels est une des principales composantes
de la prévention des risques. Les enseignements
qui en sont tirés, une fois diffusés, bénéficient
au plus grand nombre, et alimentent ainsi le
processus d?amélioration continue de la sécu-
rité. Les connaissances acquises participent, par
ailleurs, à l?identification des axes d?évolution
de la réglementation encadrant les installations
classées pour la protection de l?environnement.
C?est pourquoi les exploitants sont soumis à des
obligations en matière d?information de l?admi-
nistration en cas d?incident ou d?accident, et
de transmission d?un rapport d?analyse. La base
de recueil des évènements du Bureau d?analyse
des risques et des pollutions industriels (BARPI)
montre cependant que, pour environ 50?% des
événements déclarés, le BARPI ne dispose pas
d?un rapport d?analyse détaillé des accidents
déclarés par ces sites.
L?analyse des accidents et incidents ne doit
20
Retour
au sommaire
pas s?arrêter aux causes dites «premières», qui
peuvent se limiter à un défaut matériel ou à une
erreur d?un opérateur. Seule l?identification des
«causes profondes», majoritairement consti-
tuées de composantes organisationnelles ou
humaines, permet de définir des mesures cor-
rectives efficaces pour éviter la récurrence d?un
évènement. L?inventaire 2021 de l?accidentologie
industrielle réalisé par le BARPI montrait que, si
le taux de connaissance des causes premières
à l?origine d?accidents est proche de 90?% pour
les établissements SEVESO, le taux de connais-
sance des causes profondes est, quant à lui,
d?environ 40?%.
Au regard de ces éléments, il a été décidé de
mener en 2023 une action nationale d?inspec-
tion au sein d?établissements SEVESO. Une atten-
tion particulière a été portée à l?organisation
assurant la collecte, l?analyse des évènements et
la mise en oeuvre d?actions correctives et enfin
à la déclaration des incidents et accidents, ainsi
qu?à l?établissement d?un rapport pour chaque
accident.
Ce sont ainsi plus de 100 contrôles qui ont été
menés sur cette thématique par l?inspection
des installations classées. Ils ont montré que les
exploitants disposent de systèmes de gestion
de la sécurité (SGS) et d?organisations assurant
la collecte des signaux faibles, incidents et acci-
dents. L?analyse de ces évènements est, dans la
majorité des cas, assurée et les enseignements
tirés débouchent sur la définition d?actions cor-
rectives, dont le suivi doit parfois être amélioré.
La cotation de la gravité des évènements s?ap-
puie sur des critères propres à chaque exploitant
ou groupe industriel; l?existence de l?échelle
européenne des accidents, utilisée par l?inspec-
tion des installations classées, reste peu connue.
Enfin, il a été constaté, dans près d?un tiers des
cas, des écarts concernant l?information de
l?inspection des installations classées à la suite
d?évènements ou la transmission systématique
de rapports d?analyse après accident.
II. 5. 5 Conservation de la mémoire des
pollutions de sols
La conservation de la mémoire des pollutions
des sols participe à l?information du public sur
les pollutions mais, surtout, à la sécurisation
des futurs projets d?urbanisme, en permettant
d?anticiper et de prendre en compte la pollution
dans la conception des projets de construc-
tion ou d?aménagement. La conservation de
la mémoire des pollutions concourt donc à la
protection de la santé des populations.
Les sites pollués, qu?ils soient le résultat d?une
installation ayant cessé son activité et dont la
réhabilitation n?a pas permis de rendre le site
compatible avec tous les usages, d?une installa-
tion qui n?a pas pu être réhabilitée du fait de la
défaillance de son exploitant ou d?un accident
industriel ayant pu entrainer des pollutions, sont
répertoriés et rendus public sur le site Internet
Géorisques.
En mai 2024, ce sont plus de 5 300 secteurs d?in-
formation sur les sols (SIS) qui sont recensés sur
le site Géorisques. Il s?agit de terrains où l?État a
connaissance d?une pollution des sols justifiant,
notamment en cas de changement d?usage du
terrain, la réalisation d?études de sols et la mise
en place de mesures de gestion de la pollution
pour préserver la santé et l?environnement.
Les actions se poursuivent en 2024
Pour l?année 2024, la création des secteurs
d?information sur les sols (SIS) se poursuit,
avec deux axes prioritaires:
- rendre obligatoire, au travers du décret pris
en application de la loi n°2023-973 du 23
octobre 2023 relative à l?industrie verte, la
proposition par l?exploitant d?un projet de SIS
en fin de réhabilitation, si l?exploitant n?a pas
démontré que son site réhabilité était com-
patible avec les usages résidentiel et d?accueil
de population sensible?;
- accélérer la création des SIS après-mines
afin d?informer le public sur l?étendue des
pollutions et les parcelles impactées, de
transmettre les éventuelles recommandations
sanitaires permettant de prévenir certaines
expositions, et surtout de sécuriser les futurs
projets d?urbanisme.
Par ailleurs, toujours dans un but d?informa-
tion du public et des parties prenantes, une
action visant à automatiser l?inscription, sur la
carte des anciens sites industriels et activités
de services (CASIAS), des installations dont
l?activité a définitivement cessé sera mise en
oeuvre en 2024.
Retour
au sommaire
21
Action phare en région Occitanie
Réhabilitation de l?ancienne raffinerie de
Frontignan dans l?Hérault (34110)
Depuis début 2023,l?un des plus importants
chantiers de réhabilitation d?un site industriel
en France a débuté à Frontignan (34110) dans
le département de l?Hérault. Au-delà de sa
dimension (11 ha, 165 000 m3 de terres à exca-
ver), c?est un défi technique inédit: traiter au
coeur de la ville des sols présentant de fortes
teneurs en hydrocarbures, sources de nuisances
olfactives, intégrer le risque pyrotechnique lié
au bombardement du site pendant la deuxième
guerre mondiale, gérer les eaux et préserver au
maximum la quiétude des habitants riverains
du site.
Pour y répondre, les travaux de terrassement
sont réalisés sous une immense tente gonflable
mobile, qui a été spécialement conçue pour
l?opération! Plus grande qu?un terrain de foot,
elle peut accueillir les pelleteuses et camions,
permettant ainsi d?excaver les sols sous confi-
nement.
Cinquante personnes seront mobilisées pen-
dant près de trois années pour analyser, trier,
cribler les terres excavées, de façon à en réu-
tiliser le plus possible pour remblayer le site,
dans une logique d?économie circulaire. Les
matériaux les plus pollués seront évacués vers
les filières de traitement adaptées.
Ce chantier fait l?objet:
- d?une part, d?échanges mensuels entre l?ins-
pection des installations classées et la société
concernée;
- d?autre part, de contrôles sur site réguliers
notamment pour s?assurer de la qualité des
rejets aqueux et atmosphériques.
II. 5. 6. Fin de l?approbation des PPRT civils et
prolongation du crédit d?impôt
Le 24 octobre 2023, le dernier plan de préven-
tion des risques technologiques (PPRT) civil a été
approuvé, le PPRT d?Antargaz à Ajaccio, marquant
ainsi la fin d?un long processus mis en place par
la loi n°2003-699 du 30 juillet 2003 relative à la
prévention des risques technologiques et naturels
et à la réparation des dommages, conséquence de
l?accident d?AZF à Toulouse. C?est ainsi que, depuis
cette date, 410 PPRT civils ont été approuvés.
Afin d?assurer la protection des populations
exposées à des risques technologiques, les PPRT
prescrivent, pour les logements, des travaux de
renforcement du bâti face aux risques. Ces tra-
vaux bénéficient de plusieurs financements, dont
un financement à hauteur de 40?% du montant
des travaux par un dispositif de crédit d?impôt.
Compte tenu du fort impact budgétaire pour les
ménages concernés par les obligations de travaux
au titre des PPRT, le gouvernement a prolongé de
trois ans, soit jusqu?au 31 décembre 2026, le crédit
d?impôt associé à ces travaux. En complément,
compte tenu, d?une part, de la difficulté à trouver
des entreprises compétentes pour la réalisation
de ces travaux (cette difficulté ayant été amplifiée
par la crise sanitaire) et, d?autre part, du nombre
importants de logements pour certains PPRT, le
délai prévu à l?article L. 515-16-2 du code de l?en-
vironnement pour la réalisation de ces travaux
a également été prolongé de trois ans, le faisant
passer de 8 à 11 ans et en prolongeant l?échéance
du 1er janvier 2024 au 1er janvier 2027 pour les PPRT
approuvés avant le 1er janvier 2016.
Les actions se poursuivent en 2024
Si la phase d?approbation des PPRT est achevée,
il est essentiel de poursuivre la mobilisation
concernant la mise en oeuvre de ces plans.
Celle-ci nécessite une action constante de
l?État et des collectivités afin d?accompagner
les riverains dans la mise en oeuvre des travaux
de renforcement du bâtiment, et d?assurer ainsi
la protection des populations exposées à des
risques technologiques.
II. 5. 7. Effets NaTech: retour d?expérience
de la tempête Ciaran et des inondations
dans les Hauts-de-France
Le terme NaTech, contraction de « NAturel » et
de « TECHnologique », est employé pour dési-
gner l?impact qu?une catastrophe naturelle peut
engendrer sur tout ou partie d?une installation
industrielle, avec des conséquences sur les per-
sonnes, les biens ou l?environnement.
En France métropolitaine, l?année 2023 a notam-
ment été marquée par son classement au rang de
22
Retour
au sommaire
deuxième année la plus chaude depuis le début du
vingtième siècle9. L?été a été classé au quatrième
rang des étés les plus chauds, avec des tempéra-
tures élevées jusqu?au milieu du mois d?octobre.
Les vagues de chaleur ont cependant été moins
nombreuses et de moindre ampleur géographique
qu?en 2022:
? en juillet: elles ont touché plus particulière-
ment l?arc méditerranéen;
? en août: une vague tardive a débuté sur
le sud du pays, s?est étendue par la suite à
une grande partie du territoire durant une
semaine, n?épargnant que le quart nord-
ouest;
? en septembre: une vague de chaleur a touché
un large quart nord-ouest de la France avec
des températures parfois supérieures à celles
observées les deux mois précédents.
L?intensité et le nombre de vagues de chaleur ont
des effets sur l?accidentologie industrielle, où le
nombre d?événements recensés est largement
inférieur à celui de l?année 2022 qui, rappelons-le,
avait connu un été très chaud (classé au deuxième
rang) et surtout 33 vagues de chaleur.
L?année 2023 a également été marquée, dans
l?hexagone, par une succession de perturbations
en fin d?année, qui n?a épargné que le pourtour
méditerranéen et le nord-est de la Corse. Au-delà
des épisodes de pluie en continu dans certains
secteurs, trois tempêtes se sont enchaînées
(Ciarán, Domingos, Frederico), accompagnées
de rafales de vent parfois très importantes, suivies
d?une dépression, Elisa, générant un fort cumul de
précipitations. Les conséquences ont été visibles
sur les installations industrielles, avec une aug-
mentation notable du nombre d?événements
liés à ces agressions climatiques enregistrés dans
la base de données ARIA. Bien que sans consé-
quence humaine dans le domaine industriel (ni
mort, ni blessé recensé au sein des entreprises), ces
événements climatiques ont eu de nombreuses
conséquences matérielles. Elles ont par ailleurs
montré les difficultés pouvant être rencontrées
par les industriels à la suite de la perte de l?alimen-
tation électrique, avec des systèmes de secours
internes parfois limités, dont l?autonomie n?était
manifestement pas suffisante.
Les actions se poursuivent en 2024
Les installations classées prennent en considé-
ration depuis de nombreuses années les événe-
ments naturels atypiques. Néanmoins, la réalité
du changement climatique va impacter ces
évènements, les phénomènes d?inondations
et incendies vont gagner en fréquence et/ou
en intensité dans les prochaines années. Afin
de tirer le retour d?expérience des événements
récents et anticiper ces évolutions inévitables,
9 Les données météorologiques sont issues de Météo France.
différentes actions sont engagées. En particu-
lier, une mission d?inspection générale est en
cours pour consolider les bonnes pratiques et
formuler les actions à mettre en oeuvre par les
industriels pour anticiper et mieux se préparer
face à ces évènements.
II. 6. Sécurité des installations
agricoles
L?action de l?inspection des installations classées
dans le domaine agricole concerne principale-
ment les élevages, en particulier les élevages por-
cins, bovins et de volailles. En 2023, près de 2800
inspections ont été réalisées au sein d?élevages
porcins, bovins et de volailles (sur environ 80600
élevages relevant de la réglementation relative
aux installations classées pour la protection de
l?environnement) et une quarantaine d?inspec-
tions a concerné des piscicultures. La majorité
des suites liées à ces inspections ont été de nature
pédagogique afin d?accompagner les agriculteurs
dans le retour à la conformité.
Les actions se poursuivent en 2024
En 2024, les actions de l?inspection des instal-
lations classées dans le domaine agricole sont
orientées sur des mesures de prévention de
risques, à savoir:
? Les émissions d?ammoniac dans les élevages
porcins et de volailles relevant de la directive
n°2010/75/UE du 24 novembre 2010 relative
aux émissions industrielles - dite « directive
IED » (mise en place des meilleures techniques
disponibles (MTD) en la matière)?;
? Les risques accidentels dans les élevages por-
cins, bovins et de volailles (particulièrement les
incendies ou explosions).
Ces actions comportent une dimension péda-
gogique afin notamment d?accompagner les
exploitants de ces élevages dans la mise en
oeuvre de leurs nouvelles obligations ayant trait
à la déclaration des rejets de polluants et à la
prévention des risques accidentels.
23
Retour
au sommaire
III. 1. Orientations stratégiques
pluriannuelles pour les années 2023 à
2027
Par instruction ministérielle du 27 janvier 2023, le
ministère s?est doté d?orientations stratégiques
pluriannuelles concernant l?inspection des ins-
tallations classées (OSPIIC) pour les années 2023
à 2027.
Véritable feuille de route des actions à décliner
à l?échelle nationale et locale, les orientations
stratégiques couvrent 9 chapitres principaux:
1. Pour des projets de qualité, instruits dans des
délais maîtrisés;
2. Une action plus résolue contre les filières illé-
gales et les exploitants en non-conformité
importante;
3. Accroître l?efficience et l?impact des actions
menées;
4. La transparence, la communication, la concer-
tation;
5. Des outils numériques;
6. Une gestion des accidents plus performante;
7. Un travail collectif avec les autres servicesde
l?État et une coopération internationale;
8. Les compétences;
9. L?organisation et le pilotage.
Plusieurs actions pérennes sont déjà développées,
par exemple:
? l?augmentation des visites d?inspection,
? la mise en place de nouvelles téléprocédures
(la téléprocédure de l?autorisation environ-
nementale intégrant les travaux miniers, l?ex-
périmentation de la téléprocédure dédiée à
la modification des conditions d?exploitation
des autorisations environnementales, etc.),
? la communication en matière d?actions réali-
sées par l?inspection des installations classées
(la réalisation de points réguliers concernant
les actions de l?inspection au travers du bilan
de l?année et des objectifs de l?année en cours,
etc.),
? la consolidation des connaissances pour les
inspecteurs (la révision du programme de
formation initiale pour les inspecteurs des
installations classées afin de parfaire leur
connaissance, la mise en place de modules
sur les évolutions réglementaires à destination
du réseau de l?inspection, etc.),
? etc.
La feuille de route prévoit la déclinaison d?actions
de manière pluriannuelle. Le déploiement des
différents dispositifs et outils va se poursuivre sur
les prochaines années.
III. 2. Loi «industrie verte» et loi
«APER»
III. 2. 1. La réforme «industrie verte»
La loi n°2023-973 du 23 octobre 2023 relative
à l?industrie verte vise notamment à faire de la
France le leader de l?industrie verte en Europe,
avec un double objectif, d?une part, environne-
mental pour faire face à l?urgence climatique et,
d?autre part, économique pour la réindustrialisa-
tion du pays et la création d?emplois.
Instruction d'un dossier
Concernant le champ des installations classées,
cette loi permet:
? L?accélération des procédures administratives
d?instruction (en parallélisant la phase d?exa-
men et de consultation) pour les autorisa-
tions environnementales. Cette procédure
révisée vise à réduire les délais d?octroi des
autorisations (6 mois au lieu de 9 mois). Cette
mesure trouvera du sens notamment pour
les dossiers bien préparés et suffisamment
matures (ce qui peut nécessiter de recourir à
une phase « amont » préalablement au dépôt
de la demande d?autorisation environnemen-
Actions de progrès et modernisation
de l?inspection
Chapitre 3
Retour
au sommaire
24
tale, faisant suite aux recommandations du
rapport Guillot). Cette réforme a également
modernisé la participation du public
(conduite par un commissaire enquêteur),
avec davantage d?échanges entre le porteur
de projet et le public, au travers de deux
réunions publiques d?ouverture et de clôture
de la consultation du public. Les avis rendus
dans le cadre de la phase d?examen et de
consultation seront mis à la disposition du
public. Cette consultation sera applicable à
tous les projets soumis à autorisation envi-
ronnementale, avec ou sans étude d?im-
pact. La phase de décision, de deux mois,
sera amorcée à l?issue de la consultation du
public et de la remise du rapport du com-
missaire enquêteur, conduisant à l?autori-
sation ou au refus du projet par le préfet.
? La mutualisation des débats publics et des
concertations préalables lorsque plusieurs
projets d?aménagement sont susceptibles de
relever de la CNDP (Commission nationale
du débat public) sont envisagés;
? L?accélération de l?installation des projets
favorables au développement durable et des
projets d?intérêt national majeur;
? L?encouragement à recourir aux principes de
l?économie circulaire, en favorisant par exemple
l?usage des matières premières recyclées entre
les entreprises et au sein des plateformes indus-
trielles, et en encadrant mieux les transferts
transfrontaliers de déchets (introduction dans
la loi, par modification de l?article L. 541-4-3 du
code de l?environnement, d?une sortie de statut
de déchet simplifiée sous conditions dans une
installation de production)?;
? La création d?une amende administrative
pour sanctionner le transfert illicite de
déchets hors de France ou vers la France
(jusqu?à cinq fois le coût de traitement des
déchets, prononçable jusqu?à trois ans après
le transfert) et le renforcement des sanctions
pénales applicables en cas de non-respect de
la réglementation;
10 PCB signifie les polychlorobiphényles
? L?amélioration de la gestion des cessations
d?activité et l?incitation à la libération de fon-
cier industriel;
? Le renforcement de l?action de l?État en cas
de défaillance d?un exploitant;
? Le durcissement des sanctions administratives
pourles sites illégaux.
En 2024, la DGPR a piloté l?élaboration puis l?adop-
tion des décrets d?application nécessaires.
Action phare en région
Nouvelle-Aquitaine
Deux exemples de reconversion de friches
industrielles:
Ancienne usine à gaz d?Angoulême (16000)
Cette ancienne usine à gaz, située 9 avenue
de Bordeaux à Angoulême, a cessé son acti-
vité en 1959. Une société s?est portée « tiers
demandeur » pour se substituer à la société
exploitante, afin de réhabiliter ces terrains
pour un usage mixte (logements, commerces,
résidence senior, maison médicale, résidence
étudiante, foyers de jeunes actifs). L?arrêté
préfectoral du 8 février 2022 encadre la subs-
titution à l?ancien exploitant et les travaux
de réhabilitation. Le projet est situé à 400 m
de la gare permettra de faire un lien entre
la ville haute et la ville basse. Environ 2 100
tonnes de matériaux ont été évacuées en
filières dédiées, afin de gérer les points de
pollution concentrée, indépendamment des 4
050 tonnes de béton concassé. Les travaux de
réhabilitation se sont déroulés de septembre
2022 à décembre 2022.
La fin des travaux a été actée en mai 2023. Le
dossier de servitudes d?utilité publique (SUP)
est en cours de finalisation d?instruction. Cet
ancien terrain pollué est dorénavant compa-
tible avec l?usage d?habitation prévu.
Ancienne fonderie à Fumel (47500)
Cette ancienne fonderie est une friche indus-
trielle de 11 ha que la communauté de com-
munes, aujourd?hui propriétaire des parcelles,
souhaite réhabiliter. Sur proposition de la
DREAL, le préfet a confié en 2020 à l?ADEME
les travaux de mise en sécurité de cet ancien
site. Une première phase achevée en avril 2021
a permis d?éliminer plus de 100 tonnes des
déchets les plus dangereux (PCB10, carbure
de calcium, produits chimiques toxiques).
Au regard des déchets encore présents, la
DREAL et le ministère ont décidé d?engager
une seconde phase de travaux. Ainsi, le préfet
a confié à l?ADEME, en juillet 2021, la poursuite
de la mise en sécurité du site en procédant
à l?évacuation de plus de 2 000 tonnes de
déchets (huiles, emballages souillés, poussières
1ère phase: examen
et consultation
2e phase:
décision
Dépôt du dossier
Remise du rapport
du commissaire
enquêteur
Retour
au sommaire
25
fines chargées en métaux lourds) et à la réalisa-
tion d?une étude pour vérifier la compatibilité
des usages existants hors site avec l?état de
la pollution constatée. Les travaux ont été
achevés à l?été 2023.
4 Focus sur les projets de transition énergétique
(implantation de parcs éoliens terrestres et
d?installations de méthanisation)
L?activité d?instruction sur les dossiers dédiés aux
énergies renouvelables est restée soutenue en
2023,avec une accélération notable du nombre
de décisions en matière d?éoliennes terrestres:
? Parcs éoliens terrestres
Année 2020 2021 2022 2023
Rejets / refus 61 74 70 91
Autorisations 76 81 97 123
Action phare en région Occitanie
Mise en place du dispositif RIET (réduction
de l?impact de l?éolien terrestre)
En région Occitanie, une majorité des parcs
éoliens en service est située dans des zones à
enjeux forts pour les chiroptères ou pour l?avi-
faune: des mortalités de plusieurs espèces
peuvent être constatées.
Des mesures techniques permettent aujourd?hui
de réduire drastiquement les risques d?atteinte
à la biodiversité, en particulier le bridage des
pâles d?éoliennes à certains moments de la
journée pour les chiroptères, et l?installation
de système de détection et de régulation pour
l?avifaune, qui identifient des espèces à partir
de caméras et freinent la rotation des pâles
pour atteindre une vitesse ralentie, non létale.
Toutefois, les parcs éoliens en service, autori-
sés de longue date, en sont rarement équipés.
Après concertation avec les professionnels puis
un échange avec les associations, des mesures
ont été proposées aux préfets de département
afin d?équiper les parcs éoliens, dont l?exploi-
tation est ancienne, avec des systèmes de pro-
tection de la biodiversité modernes et ayant
fait preuve de leur efficacité.
A ce stade, 53 arrêtés préfectoraux ont ainsi
été signés dans le Tarn, l?Aveyron, la Lozère,
l?Hérault et l?Aude, et 24 sont encore en prépa-
ration. Les parcs éoliens concernés sont contrô-
lés dans l?année suivant la mise en place des
mesures prescrites.
La baisse de la mortalité de l?avifaune et des
chiroptères est visible et sera confirmée préci-
sément en 2024 par une action régionale visant
à chiffrer la réduction de l?impact via l?analyse
des suivis environnementaux.
? Méthaniseurs
Afin de permettre l?application des dispositions
introduites par la loi n°2023-175 du 10 mars 2023
relative à l?accélération de la production d?éner-
gies renouvelables (dite loi «APER»), un arrêté
modifiant l?arrêté ministériel applicable à ces
installations a été publié le 11 juillet 2023, qui:
? Introduit des dispositions pour rendre appli-
cable la possibilité permettant aux porteurs
de projets de fournir des données d?obser-
vation à Météo France pour compenser la
gêne induite sur les radars de Météo France
par l?implantation d?un radar compensatoire?;
une décision du 5 décembre 2023, prise après
avis conforme de Météo France, définit les
critères techniques applicables aux radars
compensatoires;
? Réévalue le montant des garanties financières.
Concernant la méthanisation, après un pic en
2021 et 2022, l?implantation d?installations de
méthanisation sur le territoire se stabilise en 2023.
Le secteur de la méthanisation va progressivement
bénéficier d?un nouveau gisement d?intrants en
raison de l?obligation pour les collectivités et l?en-
semble des professionnels de mettre en place le tri
à la source des biodéchets depuis le 31 décembre
2023.
En revanche, en 2023, le nombre de conten-
tieux concernant la méthanisation s?est par-
ticulièrement accru par rapport aux années
précédentes.
III. 2. 2. Loi sur l?accélération de la
production d?énergies renouvelables (dite loi
«APER»)
L?année 2023 a été marquée également par
26
Retour
au sommaire
l?élaboration de la loi n°2023-175 du 10 mars 2023
relative à l?accélération de la production d?énergies
renouvelables (dite loi «APER»).
Plusieurs mesures concernant les ICPE:
? Des aménagements de procédures comme par
exemple:
4L?obligation, dans le cadre d?un contentieux
portant sur une autorisation environnementale,
que l?auteur du recours le notifie à l?autorité
décisionnaire et au porteur de projet sous peine
de nullité;
4La suppression du certificat de projet;
4Les architectes des bâtiments de France (ABF)
doivent tenir compte dans leur avis des objec-
tifs en matière de développement des énergies
renouvelables (ENR) et de rénovation ther-
mique des bâtiments;
? Des actions de planification des énergies renou-
velables (ENR):
4La mise en place de zones d?accélération des
ENR et des zones d?exclusion (sous certaines
conditions, notamment d?avoir défini suffisam-
ment de zones d?accélération pour atteindre
les objectifs régionaux de la programmation
pluriannuelle de l?énergie ? PPE);
4Les zones d?accélération sont identifiées,
en prenant en compte les intérêts protégés
(biodiversité, paysage, patrimoine, voisinage,
etc.), par les communes et les établissements
publics de coopération intercommunale
(EPCI) en lien avec les référents préfectoraux
(sous-préfets dans les départements chargés
du développement des énergies renouve-
lables);
? Une expérimentation pour améliorer la qualité des
dossiers de parcs éoliens et de méthanisation:
4Le lancement d?une expérimentation centrée
sur ces secteurs d?activité, dans le but de recon-
naitre la compétence des bureaux d?études
rédigeant des dossiers de demande d?autori-
sation environnementale;
? Des évolutions concernant les éoliennes ter-
restres:
4La possibilité de financement d?un radar de
compensation pour les armées, la sécurité civile
et Météo France;
4Les garanties financières sont réévaluées pério-
diquement en tenant compte de l?inflation;
4Les porteurs de projet éolien peuvent adhérer
et cotiser à un fonds de garantie destiné à les
indemniser d?une partie de leurs coûts perdus
en cas d?annulation de leur autorisation envi-
ronnementale au contentieux;
? Des actions favorisant le développement de l?hy-
drogène, de la géothermie et le déploiement de
panneaux photovoltaïques sur les parkings et les
bâtiments.
11 Installations, ouvrages, travaux, activités (IOTA) concernés par la loi sur l?eau
III. 3. Vers un Etat 100?% numérique
A ce jour, quatre téléprocédures sont opérationnelles pour
les pétitionnaires ou les bureaux d?études (effectuant les
télédémarches pour le compte des exploitants):
? Les demandes d?autorisation environnementale, avec
l?intégration des travaux miniers. Depuis le 1er juillet
2023, les travaux miniers ont été intégrés au sein de
la téléprocédure déjà existante dédiée à l?autorisa-
tion environnementale (cf. décret n°2023-13 du 11
janvier 2023 relatif à l?autorisation environnementale
des travaux miniers). Ainsi, l?ensemble des démarches
associées aux travaux miniers (par exemple, des travaux
de géothermie, l?exploitation de mine de lithium ou de
stockage souterrain d?hydrogène, etc.) est intégré à la
téléprocédure disponible sur le site Internet (https://
en treprendre.service-public.fr/).
? Les demandes d?enregistrement (spécifiquement pour
les dossiers ICPE);
? Les déclarations d?IOTA11 au titre de la loi sur l?eau?;
? Les déclarations d?ICPE (avec principalement cinq
téléservices: projet initial, modification des conditions
d?exploitation, changement d?exploitant, bénéfice des
droits acquis et cessation d?activité).
De nouvelles téléprocédures sont en cours de dévelop-
pement, afin d?offrir de nouveaux services aux usagers.
4 Télédéclarations des incidents et accidents
Les exploitants d?ICPE ont l?obligation règlementaire (article
R. 512-69 du code de l?environnement) de déclarer à l?ins-
pection des installations classées les accidents ou incidents
qui ont eu lieu sur leur site. Pour rappel, les accidents ont
(ou ont eu) des conséquences sur la santé ou l?environne-
ment?; les incidents sont des événements qui auraient pu
en avoir. Le code de l?environnement impose également
que l?exploitant transmette un rapport d?analyse au préfet
et à l?inspection des installations classées pour tous les
accidents, et sur demande de l?inspection des installations
classées pour les incidents. Ces démarches sont actuelle-
ment réalisées sur la base de formulaires «papier».
Dans une démarche de progression continue de la sécurité
des installations, il revient aux exploitants en premier lieu de
détecter, analyser et donner suite au retour d?expérience
des événements sur leur site.
Dans un objectif de simplification et de meilleure capitalisa-
tion et diffusion du retour d?expérience, une téléprocédure
est élaborée en 2024, pour une mise en place effective en
2025. Cette téléprocédure permettra:
? de faciliter les modalités de transmission d?informa-
tions entre l?exploitant et l?inspection des installations
classées (rapidité, traçabilité, format clarifié, etc.);
? de simplifier le respect de cette obligation par les
entreprises;
? d?améliorer la collecte et l?analyse des données sur les
accidents, permettant une meilleure prise en compte
du retour d?expérience dans la prévention des risques.
https://entreprendre.service-public.fr/
https://entreprendre.service-public.fr/
27
Retour
au sommaire
4 Télédéclaration des modifications des conditions
d?exploitation des installations soumises à autorisation
environnementale
Des travaux préparatoires sont en cours pour intégrer
prochainement une nouvelle téléprocédure au sein du site
Internet (https://entreprendre.service-public.fr/). Il s?agit
d?une téléprocédure dédiée aux modifications des condi-
tions d?exploitation d?une autorisation environnementale,
afin de permettre le dépôt par voie informatique des
«porter à connaissance» des exploitants à l?attention du
préfet. Actuellement les «porter à connaissance» se font
sous format papier.
La téléprocédure aura pour objectif des gains d?efficacité
aussi bien pour:
? Les porteurs de projet / bureaux d?études lors de la
constitution des PAC («Porter à Connaissance»);
? L?inspection des installations classées et les autres
services de l?État lors des instructions de ces PAC.
Une expérimentation a été menée de la mi-décembre 2023
à la mi-mars 2024 avec des pétitionnaires et des bureaux
d?études. Un retour d?expérience tiré au printemps 2024
permettra d?élaborer cette nouvelle téléprocédure, pour
l?année 2025.
III. 4. Amplification du recrutement
d?inspecteurs des ICPE
III. 4. 1. Actions de communication
Une importante campagne de communication a été lancée
fin 2023 afin de promouvoir le métier d?inspecteur des
installations classées.
III. 5. Programmation des Mardis de la DGPR
pour comprendre et mettre en oeuvre la
réglementation
Le ministère organise périodiquement des points d?in-
formations thématiques concernant une évolution
législative / réglementaire ou un dispositif particu-
lier ou une actualité à destination des professionnels
(exploitants, porteurs de projets, bureaux d?études,
fédérations professionnelles) ou des autres parties
prenantes.
Organisés les mardis après-midi à échéance régulière
(environ 6 à 8 rendez-vous dans l?année), ces moments
d?échanges avec l?administration sont ouverts à tous les
professionnels concernés, sur inscriptions.
Le programme de 2024 est le suivant:
? Mardi 26 mars 2024: Collecte des données liées au
quotas de C02
? Mardi 30 avril 2024: Règlement sur le transport et la
manutention des marchandises dangereuses dans les
ports fluviaux (dit «RPF»)
? Mardi 28 mai 2024: Sécheresse et sobriété hydrique
? Mardi 17 septembre 2024: Dispositions applicables
dans le cadre de la loi n°2023-973 du 23 octobre 2023
relative à l?industrie verte
Pour plus d?informations, vous pouvez consulter la page
Internet du ministère dédiée aux Mardis de la DGPR:
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-preven-
tion-des-risques-dgpr
Action phare en région
Auvergne-Rhône-Alpes
Campagne d?information «Les Bons Réflexes»
La campagne d?information «Les Bons Réflexes» est une
démarche d?information préventive des populations sur
les risques industriels majeurs, coordonnée à l?échelle
de l?ensemble de la région en Auvergne-Rhône-Alpes,
qui a ses origines dans les années 1990. Il s?agit de porter
à la connaissance des populations les risques auxquels
elles sont exposées, les moyens d?alerte en cas d?ac-
cident et les consignes «réflexes» à appliquer en cas
d?alerte. Avec l?intégration du risque nucléaire à partir
de 2008, cette campagne constitue une démarche
d?une ampleur sans égale en France, ce qui se justifie
aussi par la forte concentration d?industries à risques sur
plusieurs secteurs de la région (sud-lyonnais, Roussillon,
sud-grenoblois, plaine de l?Ain, etc.). Elle est pilotée par
les deux Secrétariats Permanents pour la Prévention des
Pollutions Industrielles (S3PI) de la région, l?association
régionale des entreprises en environnement (APORA)
et la DREAL, avec une implication forte des inspecteurs
des installations classées pour l?élaboration des fiches
spécifiques à chaque site industriel concerné.
La campagne «Les Bons Réflexes» se déroule sur cinq ans
et a été reconduite pour 2023-2028 avec un lancement
en conférence de presse par la préfète de région juste
avant la journée nationale de la résilience du 13 octobre
2023. Elle concerne 123 établissements à risques sur
l?ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des
supports ont été diffusés dans les communes concer-
nées, avec un contenu qui peut être retrouvé sur le site
Internet: https://www.lesbonsreflexes.com. Une commu-
nication spécifique est déployée sur les réseaux sociaux,
des événements de sensibilisation labellisés «Les bons
réflexes» sont organisés par des partenaires, à l?image
du village forum Risk?Indus à Pont-de-Claix dans l?Isère
(ateliers interactifs, présentation du matériel avec les
pompiers, pièces de théâtre pédagogique, escape game),
etc. Enfin, une journée annuelle «Les bons réflexes» est
organisée chaque année pour maintenir la dynamique
et enrichir les travaux.
Cette campagne contribue à promouvoir la culture
du risque et la préparation à la gestion de crise dans la
région Auvergne-Rhône-Alpes.
https://entreprendre.service-public.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-prevention-des-risques-dgpr
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-prevention-des-risques-dgpr
https://www.lesbonsreflexes.com
28
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IV. 1. Une classification de chaque
installation
Une installation classée pour la protection de l?envi-
ronnement (dénommée «ICPE») est une exploitation
industrielle ou agricole susceptible de créer des dan-
gers ou de provoquer des pollutions ou nuisances
significatives du fait de ses activités, notamment
vis-à-vis de la sécurité, de la santé et de la salubrité
publiques (protection des riverains et des tiers) et
de la préservation de notre environnement.
Article L. 511-1 du code de l?environnement: «Les usines,
ateliers, dépôts, chantiers et, d?une manière générale,
les installations exploitées ou détenues par toute per-
sonne physique ou morale, publique ou privée, qui
peuvent présenter des dangers ou des inconvénients
soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé,
la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l?agriculture,
soit pour la protection de la nature, de l?environnement
et des paysages, soit pour l?utilisation économe des sols
naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l?utilisation
rationnelle de l?énergie, soit pour la conservation des
sites et des monuments ainsi que des éléments du
patrimoine archéologique.»
La réglementation dédiée aux ICPE et l?action de
l?inspection des installations visent notamment à:
? Protéger notre santé?;
? Eviter les accidents et les risques de pollution?;
? Favoriser la mise en place de mesures pour l?atté-
nuation et l?adaptation au changement climatique
comme la baisse des émissions de gaz à effet de
serre, le développement de la sobriété hydrique,
la lutte contre la sécheresse, ou encore la transition
énergétique?;
? Préserver les ressources naturelles et limiter les
impacts sur la biodiversité?;
? Déployer nos actions de planification écologique
au sein de nos territoires en coordonnant, animant
ou incitant les exploitants dans leur mise en oeuvre.
Les activités relevant de la législation des ICPE sont
énumérées dans une nomenclature thématique
structurée en trois régimes administratifs (déclara-
tion, enregistrement ou autorisation) compte tenu
de l?importance des risques ou des inconvénients
qui peuvent être induits par l?installation concer-
née. Pour chaque activité, la nomenclature prévoit
donc des seuils de classement dans ces régimes.
IV. Annexe
Les installations classées pour la protection
de l?environnement (ICPE)
Pour en savoir plus sur les ICPE:
? Qu?est-ce qu?une installation classée pour la protection de l?environnement?
? Quelles sont les missions de l?inspection des installations classées?
Exploitation d?un silo
(Rubrique n° 2160 de la nomenclature ICPE)
29
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Illustrations de quelques exemples d?établissements répertoriés ICPE:
Exploitation d?un parc éolien Unité pétrochimique
Stockage au sein d?un entrepôt Complexe industriel
Installation de méthanisation Exploitation de carrière
Activité d?élevage de volailles Activité d?élevage de bovins
30
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Ces installations ne présentent pas toutes les
mêmes risques ni le même degré de dangerosité.
C?est pourquoi, trois régimes procéduraux peuvent
s?appliquer:
? Le régime de déclaration
Pour les activités les moins polluantes et les
moins dangereuses, une simple déclaration (avec
un dossier relativement simple à constituer par
le pétitionnaire) est nécessaire. Le processus est
dématérialisé par l?intermédiaire d?un site Internet
(https://entreprendre.service-public.fr/).
Après cette déclaration en ligne, l?exploitant doit
attendre un délai de 15 jours pour exploiter son
installation. Il doit respecter des mesures préven-
tives prévues pour l?activité concernée.
Certaines activités liées à ce régime de classement
«déclaration» sont soumises à un contrôle pério-
dique, qui doit être réalisé par un organisme agréé
(par le ministère chargé de l?environnement).
? Le régime d?enregistrement
Pour les secteurs où les mesures techniques pour
prévenir les risques et inconvénients sont bien
connues (stations-service, entrepôts, filière avicole,
etc.), un régime d?autorisation simplifiée (niveau
intermédiaire entre la simple déclaration et l?au-
torisation environnementale) s?applique.
Pour exploiter les installations relevant du régime
de l?enregistrement, le pétitionnaire doit trans-
mettre un dossier de demande:
Soit de manière dématérialisée en saisissant
les données par l?intermédiaire du site Internet
(https://entreprendre.service-public.fr/);
Soit de manière physique en déposant le dossier
en Préfecture.
L?instruction par les services de l?inspection
des ICPE, pour une durée de 5 mois en général
(possiblement 7 mois en cas de complexité
particulière), aboutit à une décision du préfet
(arrêté préfectoral) autorisant l?exploitation
de l?installation ou la refusant. En cours d?ins-
truction, le dossier est mis en consultation du
public (de manière dématérialisée) et peut être
présenté devant l?instance départementale
consultative (CODERST ? conseil départemental
de l?environnement et des risques sanitaires et
technologiques) dont l?avis permet d?éclairer
le préfet.
Si le dossier d?enregistrement est jugé à impact fort
sur l?environnement, le dossier peut être basculé de
la procédure d?enregistrement vers l?autorisation
environnementale. Un nouveau dossier d?autori-
sation devra alors être constitué et instruit.
Une fois enregistré, l?exploitant doit notamment
respecter les prescriptions réglementaires édictées
par l?arrêté ministériel propre au secteur d?activité
concerné. Le pétitionnaire peut solliciter éventuel-
lement un aménagement ponctuel des règles si
cela apparait pertinent au regard des circonstances
locales et de la prévention des risques.
? Le régime d?autorisation
Pour les installations présentant les risques et les
impacts les plus importants, l?exploitant doit faire
une demande d?autorisation environnementale
comportant des études approfondies; comme
par exemple:
d?une part, une étude de dangers visant à évaluer
les risques technologiques;
d?autre part, une étude d?incidence ou une étude
d?impact, en vue de réduire les nuisances environ-
nementales et les risques de pollutions associées.
Cette démarche doit être réalisée avant toute mise
en service. Elle doit permettre de démontrer l?ac-
ceptabilité du risque vis-à-vis des tiers, des autres
installations et de l?environnement. Le préfet peut
autoriser l?installation sous des conditions spécifiques
ou refuser la mise en exploitation de l?installation.
En cours d?instruction, le dossier est soumis à
l?avis du public (par exemple une consultation par
enquête publique sous la coordination d?un com-
missaire enquêteur). Le dossier peut être présenté
devant l?instance départementale consultative
(CODERST ? conseil départemental de l?environne-
ment et des risques sanitaires et technologiques ou
CDNPS ? commission départementale de la nature,
des paysages et des sites ? dans ses compositions
«éolienne» ou «carrière»).
Le délai global d?instruction est de l?ordre de 10 à
12 mois, avec trois phases:
? Phase d?examen: le dossier est instruit par
les services de l?État, et des compléments
peuvent être demandés. Il est également pos-
sible de rejeter le dossier si les circonstances
l?exigent (par exemple, en cas d?avis défavo-
rable d?un service de l?État consulté pour «avis
conforme»);
? Phase de consultation du public et des
conseils municipaux: après nomination d?un
éventuel commissaire enquêteur, le public
peut apporter des remarques sur le dossier au
travers d?une enquête publique (à défaut, le
public est consulté par voie électronique), le
conseil municipal ou les conseils municipaux
concerné(s) par l?installation émet(tent) un avis
consultatif. En cas d?enquête publique, le com-
missaire enquêteur rend un avis consultatif?;
? Phase de décision : après réception des
différents avis émis durant la procédure,
https://entreprendre.service-public.fr/
https://entreprendre.service-public.fr/
31
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au sommaire
le service instructeur propose un projet
de décision (autorisation ou refus de
l?installation) au préfet de département.
L?autorité préfectorale décide d?accorder
l?autorisation ou de refuser l?installation par
un arrêté préfectoral.
Nota: la procédure d?autorisation environne-
mentale révisée
Avec la loi n°2023-973 du 23 octobre 2023
relative à l?industrie verte, la procédure d?auto-
risation environnementale est réformée, avec
deux phases principales après le dépôt de la
demande: une phase d?examen et de consulta-
tion (3 mois) et une phase de décision (2 mois
+ 1 mois en cas de sollicitation d?un avis du
CODERST ou de la CDNPS). Cette réforme doit
entrer en vigueur en octobre 2024.
Si l?autorisation environnementale est délivrée,
le pétitionnaire doit respecter les prescriptions
réglementaires applicables à l?installation (arrêté
préfectoral) et l?ensemble des règles générales
émanant de la législation / règlementation euro-
péenne (directives, règlements, etc.) et nationale
(code de l?environnement, lois, décrets, arrêtés
ministériels transversaux et sectoriels, etc.).
Basculement du régime de l?autorisation vers
l?enregistrement:
De plus en plus de rubriques passent du régime
de l?autorisation vers le régime de l?enregistre-
ment, sans dégrader le niveau d?exigence de
protection des populations et de l?environne-
ment.
Ces simplifications permettent ainsi un gain de
temps aux porteurs de projet, tout en main-
tenant un haut niveau de protection des per-
sonnes et de l?environnement.
IV. 2. L?inspection des installations
classées au coeur de la transition
écologique de l?industrie et des
activités agricoles
L?inspection des ICPE exerce une mission de police
environnementale auprès des établissements
industriels et agricoles. Celle-ci consiste à pré-
venir mais aussi à réduire les nuisances ainsi que
les dangers liés aux installations, afin de protéger
les personnes (riverains, tiers) et l?environnement.
L?exploitant reste néanmoins responsable de l?ex-
ploitation de ses installations, depuis sa création
jusqu?à la remise en état du site, selon les dispo-
sitions réglementaires en vigueur.
L?action de l?inspection des installations classées
s?organise autour de trois axes et prend en compte
le principe de proportionnalité par rapport aux
enjeux:
1. L?encadrement réglementaire:
? Au niveau national
? L?élaboration de la réglementation à par-
tir des projets de textes (comme les arrê-
tés ministériels transversaux ou propres à
chaque secteur d?activité) en échange avec
les parties prenantes (notamment les fédé-
rations professionnelles, les associations
environnementales, les administrations, le
public);
? Au niveau local
? L?instruction de dossiers de demande d?au-
torisation environnementale, d?enregis-
trement, de modification des conditions
d?exploitation, de cessation d?activité et
des études ou expertises;
? La proposition au préfet de prescriptions
encadrant le fonctionnement de l?installa-
tion, en fonction des évolutions techniques
et des exigences de protection de l?environ-
nement;
? Le dialogue avec les industriels et les
agriculteurs pour les inciter au progrès
écologique compte tenu des bouleverse-
ments climatiques que nous vivons (réduc-
tion de la consommation d?eau, sobriété
énergétique, décarbonation des procédés
industriels, développement de nouvelles
énergies, lutte contre l?érosion de la bio-
diversité, prise en compte des risques
NaTech : phénomènes naturels (crues,
feux de forêt, etc. pouvant entrainer un
accident technologique sur site), etc.). Ces
échanges permettent de faire progresser
les exploitants sur la voie d?une transition
écologique concertée et de pouvoir fixer
un cadre prescriptifapproprié?;
2. Le contrôle des installations classées sur le
terrain:
? La réalisation de visites d?inspection, program-
mées ou non, inopinées ou non;
? La proposition au préfet de département de
suites (mise en demeure rappelant la pres-
cription enfreinte en associant un délai de
réalisation impératif des mesures correctives)
et sanctions administratives (amende ou
astreinte, consignation de sommes, exécu-
tion d?office de travaux, suspension d?activité,
fermeture ou suppression de l?installation);
? La proposition au procureur de la République
de suites pénales en cas d?infraction(s) en
transmettant les informations par procès-ver-
bal. Le parquet juge ensuite de l?opportunité
des suites;
3. La concertation et l?information au sein des
différents territoires: plusieurs actions sont
réalisées à destination des parties prenantes:
? La mise à disposition du public des rapports
de contrôle dans le cadre de la transparence
32
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des actions de l?inspection des installations
classées?;
? L?accompagnement des pétitionnaires tout
au long du développement de leur projet
(phase initiale de mise en service, lors des
modifications des conditions d?exploitation,
lors des éventuelles étapes d?une cessation
d?activité partielle ou totale, etc.) et en cas
d?évolutions réglementaires;
? L?échange régulier avec les associations de
protection de l?environnement aux niveaux
local et national;
? L?adoption récente des dispositions législa-
tives et réglementaires pour faciliter l?im-
plantation et la mutualisation des outils au
sein des plateformes industrielles. Des pre-
mières plateformes ont ainsi été reconnues;
la démarche se poursuit.
Une activité de l?État vis-à-vis des installations
classées qui s?est consolidée depuis plus de
deux siècles:
L?encadrement réglementaire des installations
classées a plus de deux siècles. C?est sous l?Em-
pire, avec le décret impérial du 15 octobre
1810, que le risque industriel est réellement
intégré dans la loi. Au fil des décennies et de
la prise en compte des accidents industriels
passés, le risque industriel a été mieux enca-
dré, avec la loi du 19 décembre 1917 portant
réglementation des établissements dangereux,
insalubres ou incommodes puis notamment
avec la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 relative
aux installations classées pour la protection
de l?environnement.
De nos jours, le code de l?environnement évo-
lue régulièrement, afin de s?adapter aux enjeux
et attentes.
Les sites relevant de la directive Seveso III
La directive, dite «Seveso III» et référencée
n°2012/18/UE du Parlement européen et du
Conseil du 4 juillet 2012 concernant la maîtrise
des dangers liés aux accidents majeurs impliquant
des substances dangereuses, impose des exi-
gences fortes en matière de prévention et de
maîtrise des risques accidentels.
Les sites relevant de la directive IED
La directive, dite «IED» et référencée n°2010/75/
UE du 24 novembre 2010 relative aux émissions
industrielles (prévention et réduction intégrées
de la pollution), s?applique pour les établisse-
ments les plus polluants en termes d?émissions
(atmosphériques, aqueuses, sonores, etc.) et de
consommation de matières premières, d?énergie
et d?eau.
IV. 3. L?organisation de l?inspection
des installations classées en France
Des structures au sein du paysage
administratif de l?État
L?inspection des installations classées est orga-
nisée en trois niveaux complémentaires, et les
synergies entre les échelons sont très fortes:
? en administration centrale, la Direction
générale de la prévention des risques (DGPR)
rattachée au Ministère de la transition éco-
logique et de la cohésion des territoires est
chargée de l?élaboration de la réglementa-
tion, de la conduite des politiques publiques
gouvernementales et du pilotage national de
l?ensemble des inspecteurs des ICPE;
? en administration déconcentrée régionale,
pour l?hexagone, les directions régionales
(DREAL, DRIEAT en Ile de France) sont char-
gées de l?animation et de la conduite des
politiques publiques en lien avec l?adminis-
tration centrale et les structures départe-
mentales;
? en structures déconcentrées départemen-
tales:
? les unités départementales (UD) ou
inter-départementales (UiD), rattachées
aux DREAL / DRIEAT sont au contact
direct des exploitants pour la gestion des
établissements industriels, des carrières et
des parcs éoliens;
? les DD(ETS)PP assurent le suivi des établis-
sements agricoles (élevage, méthanisation
à la ferme, etc.) exploités par les agricul-
teurs.
Pour l?outre-mer: les directions ultramarines réa-
lisent des missions à double niveaux, à la fois pour
le niveau régional et départemental. Il s?agit de
la DEAL pour la Guadeloupe, la Martinique et la
Réunion, la DEALM pour Mayotte, la DGTM pour
la Guyane ainsi que la DTAM pour Saint-Pierre
et Miquelon. Les DAAF (ou DGTM en Guyane)
réalisent les missions de terrain pour le suivi des
établissements agricoles.
33
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ARIA . . . . . . . . Analyse, Recherche et Information sur les Accidents
BARPI . . . . . . . Bureau d?analyse des risques et pollutions industriels
CGAAER . . . . . Conseil général de l?alimentation, de l?agriculture et des espaces ruraux
CODERST . . . . Conseil départemental de l?environnement et des risques sanitaires et technologiques
CDNPS . . . . . . Commission départementale de la nature, des sites et des paysages
COV . . . . . . . . Composés organiques volatils
DAAF . . . . . . . Direction de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (outre-mer)
DD(ETS)PP . . . Direction départementale (de l?emploi, du travail, des solidarités et) de la protection
des populations
DEAL . . . . . . . . Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement (pour la Guadeloupe,
la Martinique et la Réunion en outre-mer)
DEALM . . . . . . Direction de l?environnement de l?aménagement, du logement et de la mer (pour
Mayotte en outre-mer)
DEEE . . . . . . . . Déchets d?équipements électriques et électroniques
DGPR . . . . . . . Direction générale de la prévention des risques
DGTM . . . . . . . Direction générale des territoires et de la mer (pour la Guyane en outre-mer)
DREAL . . . . . . . Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DREETS . . . . . . Direction régionale de l?économie, de l?emploi, du travail et des solidarités
DRIEAT . . . . . Direction régionale et interdépartementale de l?environnement, de l?aménagement et
des transports (pour l?Ile-de-France)
DTAM . . . . . . . Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer (Saint-Pierre et Miquelon)
ENR . . . . . . . . . Energies renouvelables
GUNenv . . . . . Guichet unique numérique de l?environnement
ICPE . . . . . . . . Installation classée pour la protection de l?environnement
IIC . . . . . . . . . . Inspection des installations classées
INERIS . . . . . . . Institut national de l?environnement industriel et des risques
MTECT . . . . . . Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
MTD . . . . . . . . Meilleures techniques disponibles
OSPIIC . . . . . . Orientations stratégiques pluriannuelles pour l?inspection des installations classées
REP . . . . . . . . . Responsabilité élargie des producteurs
RNDTS . . . . . . Registre national des déchets, terres excavées et sédiments
SGS . . . . . . . . . Système de gestion de la sécurité
UD . . . . . . . . . Unité départementale (en DREAL et DRIEAT)
UiD . . . . . . . . . Unité inter-départementale (en DREAL)
VLE . . . . . . . . . Valeur limite d?émission
V. Glossaire
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(ATTENTION: OPTION etc.) est intégré à la
téléprocédure disponible sur le site Internet (https://
en treprendre.service-public.fr/).
? Les demandes d?enregistrement (spécifiquement pour
les dossiers ICPE);
? Les déclarations d?IOTA11 au titre de la loi sur l?eau?;
? Les déclarations d?ICPE (avec principalement cinq
téléservices: projet initial, modification des conditions
d?exploitation, changement d?exploitant, bénéfice des
droits acquis et cessation d?activité).
De nouvelles téléprocédures sont en cours de dévelop-
pement, afin d?offrir de nouveaux services aux usagers.
4 Télédéclarations des incidents et accidents
Les exploitants d?ICPE ont l?obligation règlementaire (article
R. 512-69 du code de l?environnement) de déclarer à l?ins-
pection des installations classées les accidents ou incidents
qui ont eu lieu sur leur site. Pour rappel, les accidents ont
(ou ont eu) des conséquences sur la santé ou l?environne-
ment?; les incidents sont des événements qui auraient pu
en avoir. Le code de l?environnement impose également
que l?exploitant transmette un rapport d?analyse au préfet
et à l?inspection des installations classées pour tous les
accidents, et sur demande de l?inspection des installations
classées pour les incidents. Ces démarches sont actuelle-
ment réalisées sur la base de formulaires «papier».
Dans une démarche de progression continue de la sécurité
des installations, il revient aux exploitants en premier lieu de
détecter, analyser et donner suite au retour d?expérience
des événements sur leur site.
Dans un objectif de simplification et de meilleure capitalisa-
tion et diffusion du retour d?expérience, une téléprocédure
est élaborée en 2024, pour une mise en place effective en
2025. Cette téléprocédure permettra:
? de faciliter les modalités de transmission d?informa-
tions entre l?exploitant et l?inspection des installations
classées (rapidité, traçabilité, format clarifié, etc.);
? de simplifier le respect de cette obligation par les
entreprises;
? d?améliorer la collecte et l?analyse des données sur les
accidents, permettant une meilleure prise en compte
du retour d?expérience dans la prévention des risques.
https://entreprendre.service-public.fr/
https://entreprendre.service-public.fr/
27
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4 Télédéclaration des modifications des conditions
d?exploitation des installations soumises à autorisation
environnementale
Des travaux préparatoires sont en cours pour intégrer
prochainement une nouvelle téléprocédure au sein du site
Internet (https://entreprendre.service-public.fr/). Il s?agit
d?une téléprocédure dédiée aux modifications des condi-
tions d?exploitation d?une autorisation environnementale,
afin de permettre le dépôt par voie informatique des
«porter à connaissance» des exploitants à l?attention du
préfet. Actuellement les «porter à connaissance» se font
sous format papier.
La téléprocédure aura pour objectif des gains d?efficacité
aussi bien pour:
? Les porteurs de projet / bureaux d?études lors de la
constitution des PAC («Porter à Connaissance»);
? L?inspection des installations classées et les autres
services de l?État lors des instructions de ces PAC.
Une expérimentation a été menée de la mi-décembre 2023
à la mi-mars 2024 avec des pétitionnaires et des bureaux
d?études. Un retour d?expérience tiré au printemps 2024
permettra d?élaborer cette nouvelle téléprocédure, pour
l?année 2025.
III. 4. Amplification du recrutement
d?inspecteurs des ICPE
III. 4. 1. Actions de communication
Une importante campagne de communication a été lancée
fin 2023 afin de promouvoir le métier d?inspecteur des
installations classées.
III. 5. Programmation des Mardis de la DGPR
pour comprendre et mettre en oeuvre la
réglementation
Le ministère organise périodiquement des points d?in-
formations thématiques concernant une évolution
législative / réglementaire ou un dispositif particu-
lier ou une actualité à destination des professionnels
(exploitants, porteurs de projets, bureaux d?études,
fédérations professionnelles) ou des autres parties
prenantes.
Organisés les mardis après-midi à échéance régulière
(environ 6 à 8 rendez-vous dans l?année), ces moments
d?échanges avec l?administration sont ouverts à tous les
professionnels concernés, sur inscriptions.
Le programme de 2024 est le suivant:
? Mardi 26 mars 2024: Collecte des données liées au
quotas de C02
? Mardi 30 avril 2024: Règlement sur le transport et la
manutention des marchandises dangereuses dans les
ports fluviaux (dit «RPF»)
? Mardi 28 mai 2024: Sécheresse et sobriété hydrique
? Mardi 17 septembre 2024: Dispositions applicables
dans le cadre de la loi n°2023-973 du 23 octobre 2023
relative à l?industrie verte
Pour plus d?informations, vous pouvez consulter la page
Internet du ministère dédiée aux Mardis de la DGPR:
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-preven-
tion-des-risques-dgpr
Action phare en région
Auvergne-Rhône-Alpes
Campagne d?information «Les Bons Réflexes»
La campagne d?information «Les Bons Réflexes» est une
démarche d?information préventive des populations sur
les risques industriels majeurs, coordonnée à l?échelle
de l?ensemble de la région en Auvergne-Rhône-Alpes,
qui a ses origines dans les années 1990. Il s?agit de porter
à la connaissance des populations les risques auxquels
elles sont exposées, les moyens d?alerte en cas d?ac-
cident et les consignes «réflexes» à appliquer en cas
d?alerte. Avec l?intégration du risque nucléaire à partir
de 2008, cette campagne constitue une démarche
d?une ampleur sans égale en France, ce qui se justifie
aussi par la forte concentration d?industries à risques sur
plusieurs secteurs de la région (sud-lyonnais, Roussillon,
sud-grenoblois, plaine de l?Ain, etc.). Elle est pilotée par
les deux Secrétariats Permanents pour la Prévention des
Pollutions Industrielles (S3PI) de la région, l?association
régionale des entreprises en environnement (APORA)
et la DREAL, avec une implication forte des inspecteurs
des installations classées pour l?élaboration des fiches
spécifiques à chaque site industriel concerné.
La campagne «Les Bons Réflexes» se déroule sur cinq ans
et a été reconduite pour 2023-2028 avec un lancement
en conférence de presse par la préfète de région juste
avant la journée nationale de la résilience du 13 octobre
2023. Elle concerne 123 établissements à risques sur
l?ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des
supports ont été diffusés dans les communes concer-
nées, avec un contenu qui peut être retrouvé sur le site
Internet: https://www.lesbonsreflexes.com. Une commu-
nication spécifique est déployée sur les réseaux sociaux,
des événements de sensibilisation labellisés «Les bons
réflexes» sont organisés par des partenaires, à l?image
du village forum Risk?Indus à Pont-de-Claix dans l?Isère
(ateliers interactifs, présentation du matériel avec les
pompiers, pièces de théâtre pédagogique, escape game),
etc. Enfin, une journée annuelle «Les bons réflexes» est
organisée chaque année pour maintenir la dynamique
et enrichir les travaux.
Cette campagne contribue à promouvoir la culture
du risque et la préparation à la gestion de crise dans la
région Auvergne-Rhône-Alpes.
https://entreprendre.service-public.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-prevention-des-risques-dgpr
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-prevention-des-risques-dgpr
https://www.lesbonsreflexes.com
28
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IV. 1. Une classification de chaque
installation
Une installation classée pour la protection de l?envi-
ronnement (dénommée «ICPE») est une exploitation
industrielle ou agricole susceptible de créer des dan-
gers ou de provoquer des pollutions ou nuisances
significatives du fait de ses activités, notamment
vis-à-vis de la sécurité, de la santé et de la salubrité
publiques (protection des riverains et des tiers) et
de la préservation de notre environnement.
Article L. 511-1 du code de l?environnement: «Les usines,
ateliers, dépôts, chantiers et, d?une manière générale,
les installations exploitées ou détenues par toute per-
sonne physique ou morale, publique ou privée, qui
peuvent présenter des dangers ou des inconvénients
soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé,
la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l?agriculture,
soit pour la protection de la nature, de l?environnement
et des paysages, soit pour l?utilisation économe des sols
naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l?utilisation
rationnelle de l?énergie, soit pour la conservation des
sites et des monuments ainsi que des éléments du
patrimoine archéologique.»
La réglementation dédiée aux ICPE et l?action de
l?inspection des installations visent notamment à:
? Protéger notre santé?;
? Eviter les accidents et les risques de pollution?;
? Favoriser la mise en place de mesures pour l?atté-
nuation et l?adaptation au changement climatique
comme la baisse des émissions de gaz à effet de
serre, le développement de la sobriété hydrique,
la lutte contre la sécheresse, ou encore la transition
énergétique?;
? Préserver les ressources naturelles et limiter les
impacts sur la biodiversité?;
? Déployer nos actions de planification écologique
au sein de nos territoires en coordonnant, animant
ou incitant les exploitants dans leur mise en oeuvre.
Les activités relevant de la législation des ICPE sont
énumérées dans une nomenclature thématique
structurée en trois régimes administratifs (déclara-
tion, enregistrement ou autorisation) compte tenu
de l?importance des risques ou des inconvénients
qui peuvent être induits par l?installation concer-
née. Pour chaque activité, la nomenclature prévoit
donc des seuils de classement dans ces régimes.
IV. Annexe
Les installations classées pour la protection
de l?environnement (ICPE)
Pour en savoir plus sur les ICPE:
? Qu?est-ce qu?une installation classée pour la protection de l?environnement?
? Quelles sont les missions de l?inspection des installations classées?
Exploitation d?un silo
(Rubrique n° 2160 de la nomenclature ICPE)
29
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Illustrations de quelques exemples d?établissements répertoriés ICPE:
Exploitation d?un parc éolien Unité pétrochimique
Stockage au sein d?un entrepôt Complexe industriel
Installation de méthanisation Exploitation de carrière
Activité d?élevage de volailles Activité d?élevage de bovins
30
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Ces installations ne présentent pas toutes les
mêmes risques ni le même degré de dangerosité.
C?est pourquoi, trois régimes procéduraux peuvent
s?appliquer:
? Le régime de déclaration
Pour les activités les moins polluantes et les
moins dangereuses, une simple déclaration (avec
un dossier relativement simple à constituer par
le pétitionnaire) est nécessaire. Le processus est
dématérialisé par l?intermédiaire d?un site Internet
(https://entreprendre.service-public.fr/).
Après cette déclaration en ligne, l?exploitant doit
attendre un délai de 15 jours pour exploiter son
installation. Il doit respecter des mesures préven-
tives prévues pour l?activité concernée.
Certaines activités liées à ce régime de classement
«déclaration» sont soumises à un contrôle pério-
dique, qui doit être réalisé par un organisme agréé
(par le ministère chargé de l?environnement).
? Le régime d?enregistrement
Pour les secteurs où les mesures techniques pour
prévenir les risques et inconvénients sont bien
connues (stations-service, entrepôts, filière avicole,
etc.), un régime d?autorisation simplifiée (niveau
intermédiaire entre la simple déclaration et l?au-
torisation environnementale) s?applique.
Pour exploiter les installations relevant du régime
de l?enregistrement, le pétitionnaire doit trans-
mettre un dossier de demande:
Soit de manière dématérialisée en saisissant
les données par l?intermédiaire du site Internet
(https://entreprendre.service-public.fr/);
Soit de manière physique en déposant le dossier
en Préfecture.
L?instruction par les services de l?inspection
des ICPE, pour une durée de 5 mois en général
(possiblement 7 mois en cas de complexité
particulière), aboutit à une décision du préfet
(arrêté préfectoral) autorisant l?exploitation
de l?installation ou la refusant. En cours d?ins-
truction, le dossier est mis en consultation du
public (de manière dématérialisée) et peut être
présenté devant l?instance départementale
consultative (CODERST ? conseil départemental
de l?environnement et des risques sanitaires et
technologiques) dont l?avis permet d?éclairer
le préfet.
Si le dossier d?enregistrement est jugé à impact fort
sur l?environnement, le dossier peut être basculé de
la procédure d?enregistrement vers l?autorisation
environnementale. Un nouveau dossier d?autori-
sation devra alors être constitué et instruit.
Une fois enregistré, l?exploitant doit notamment
respecter les prescriptions réglementaires édictées
par l?arrêté ministériel propre au secteur d?activité
concerné. Le pétitionnaire peut solliciter éventuel-
lement un aménagement ponctuel des règles si
cela apparait pertinent au regard des circonstances
locales et de la prévention des risques.
? Le régime d?autorisation
Pour les installations présentant les risques et les
impacts les plus importants, l?exploitant doit faire
une demande d?autorisation environnementale
comportant des études approfondies; comme
par exemple:
d?une part, une étude de dangers visant à évaluer
les risques technologiques;
d?autre part, une étude d?incidence ou une étude
d?impact, en vue de réduire les nuisances environ-
nementales et les risques de pollutions associées.
Cette démarche doit être réalisée avant toute mise
en service. Elle doit permettre de démontrer l?ac-
ceptabilité du risque vis-à-vis des tiers, des autres
installations et de l?environnement. Le préfet peut
autoriser l?installation sous des conditions spécifiques
ou refuser la mise en exploitation de l?installation.
En cours d?instruction, le dossier est soumis à
l?avis du public (par exemple une consultation par
enquête publique sous la coordination d?un com-
missaire enquêteur). Le dossier peut être présenté
devant l?instance départementale consultative
(CODERST ? conseil départemental de l?environne-
ment et des risques sanitaires et technologiques ou
CDNPS ? commission départementale de la nature,
des paysages et des sites ? dans ses compositions
«éolienne» ou «carrière»).
Le délai global d?instruction est de l?ordre de 10 à
12 mois, avec trois phases:
? Phase d?examen: le dossier est instruit par
les services de l?État, et des compléments
peuvent être demandés. Il est également pos-
sible de rejeter le dossier si les circonstances
l?exigent (par exemple, en cas d?avis défavo-
rable d?un service de l?État consulté pour «avis
conforme»);
? Phase de consultation du public et des
conseils municipaux: après nomination d?un
éventuel commissaire enquêteur, le public
peut apporter des remarques sur le dossier au
travers d?une enquête publique (à défaut, le
public est consulté par voie électronique), le
conseil municipal ou les conseils municipaux
concerné(s) par l?installation émet(tent) un avis
consultatif. En cas d?enquête publique, le com-
missaire enquêteur rend un avis consultatif?;
? Phase de décision : après réception des
différents avis émis durant la procédure,
https://entreprendre.service-public.fr/
https://entreprendre.service-public.fr/
31
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au sommaire
le service instructeur propose un projet
de décision (autorisation ou refus de
l?installation) au préfet de département.
L?autorité préfectorale décide d?accorder
l?autorisation ou de refuser l?installation par
un arrêté préfectoral.
Nota: la procédure d?autorisation environne-
mentale révisée
Avec la loi n°2023-973 du 23 octobre 2023
relative à l?industrie verte, la procédure d?auto-
risation environnementale est réformée, avec
deux phases principales après le dépôt de la
demande: une phase d?examen et de consulta-
tion (3 mois) et une phase de décision (2 mois
+ 1 mois en cas de sollicitation d?un avis du
CODERST ou de la CDNPS). Cette réforme doit
entrer en vigueur en octobre 2024.
Si l?autorisation environnementale est délivrée,
le pétitionnaire doit respecter les prescriptions
réglementaires applicables à l?installation (arrêté
préfectoral) et l?ensemble des règles générales
émanant de la législation / règlementation euro-
péenne (directives, règlements, etc.) et nationale
(code de l?environnement, lois, décrets, arrêtés
ministériels transversaux et sectoriels, etc.).
Basculement du régime de l?autorisation vers
l?enregistrement:
De plus en plus de rubriques passent du régime
de l?autorisation vers le régime de l?enregistre-
ment, sans dégrader le niveau d?exigence de
protection des populations et de l?environne-
ment.
Ces simplifications permettent ainsi un gain de
temps aux porteurs de projet, tout en main-
tenant un haut niveau de protection des per-
sonnes et de l?environnement.
IV. 2. L?inspection des installations
classées au coeur de la transition
écologique de l?industrie et des
activités agricoles
L?inspection des ICPE exerce une mission de police
environnementale auprès des établissements
industriels et agricoles. Celle-ci consiste à pré-
venir mais aussi à réduire les nuisances ainsi que
les dangers liés aux installations, afin de protéger
les personnes (riverains, tiers) et l?environnement.
L?exploitant reste néanmoins responsable de l?ex-
ploitation de ses installations, depuis sa création
jusqu?à la remise en état du site, selon les dispo-
sitions réglementaires en vigueur.
L?action de l?inspection des installations classées
s?organise autour de trois axes et prend en compte
le principe de proportionnalité par rapport aux
enjeux:
1. L?encadrement réglementaire:
? Au niveau national
? L?élaboration de la réglementation à par-
tir des projets de textes (comme les arrê-
tés ministériels transversaux ou propres à
chaque secteur d?activité) en échange avec
les parties prenantes (notamment les fédé-
rations professionnelles, les associations
environnementales, les administrations, le
public);
? Au niveau local
? L?instruction de dossiers de demande d?au-
torisation environnementale, d?enregis-
trement, de modification des conditions
d?exploitation, de cessation d?activité et
des études ou expertises;
? La proposition au préfet de prescriptions
encadrant le fonctionnement de l?installa-
tion, en fonction des évolutions techniques
et des exigences de protection de l?environ-
nement;
? Le dialogue avec les industriels et les
agriculteurs pour les inciter au progrès
écologique compte tenu des bouleverse-
ments climatiques que nous vivons (réduc-
tion de la consommation d?eau, sobriété
énergétique, décarbonation des procédés
industriels, développement de nouvelles
énergies, lutte contre l?érosion de la bio-
diversité, prise en compte des risques
NaTech : phénomènes naturels (crues,
feux de forêt, etc. pouvant entrainer un
accident technologique sur site), etc.). Ces
échanges permettent de faire progresser
les exploitants sur la voie d?une transition
écologique concertée et de pouvoir fixer
un cadre prescriptifapproprié?;
2. Le contrôle des installations classées sur le
terrain:
? La réalisation de visites d?inspection, program-
mées ou non, inopinées ou non;
? La proposition au préfet de département de
suites (mise en demeure rappelant la pres-
cription enfreinte en associant un délai de
réalisation impératif des mesures correctives)
et sanctions administratives (amende ou
astreinte, consignation de sommes, exécu-
tion d?office de travaux, suspension d?activité,
fermeture ou suppression de l?installation);
? La proposition au procureur de la République
de suites pénales en cas d?infraction(s) en
transmettant les informations par procès-ver-
bal. Le parquet juge ensuite de l?opportunité
des suites;
3. La concertation et l?information au sein des
différents territoires: plusieurs actions sont
réalisées à destination des parties prenantes:
? La mise à disposition du public des rapports
de contrôle dans le cadre de la transparence
32
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des actions de l?inspection des installations
classées?;
? L?accompagnement des pétitionnaires tout
au long du développement de leur projet
(phase initiale de mise en service, lors des
modifications des conditions d?exploitation,
lors des éventuelles étapes d?une cessation
d?activité partielle ou totale, etc.) et en cas
d?évolutions réglementaires;
? L?échange régulier avec les associations de
protection de l?environnement aux niveaux
local et national;
? L?adoption récente des dispositions législa-
tives et réglementaires pour faciliter l?im-
plantation et la mutualisation des outils au
sein des plateformes industrielles. Des pre-
mières plateformes ont ainsi été reconnues;
la démarche se poursuit.
Une activité de l?État vis-à-vis des installations
classées qui s?est consolidée depuis plus de
deux siècles:
L?encadrement réglementaire des installations
classées a plus de deux siècles. C?est sous l?Em-
pire, avec le décret impérial du 15 octobre
1810, que le risque industriel est réellement
intégré dans la loi. Au fil des décennies et de
la prise en compte des accidents industriels
passés, le risque industriel a été mieux enca-
dré, avec la loi du 19 décembre 1917 portant
réglementation des établissements dangereux,
insalubres ou incommodes puis notamment
avec la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 relative
aux installations classées pour la protection
de l?environnement.
De nos jours, le code de l?environnement évo-
lue régulièrement, afin de s?adapter aux enjeux
et attentes.
Les sites relevant de la directive Seveso III
La directive, dite «Seveso III» et référencée
n°2012/18/UE du Parlement européen et du
Conseil du 4 juillet 2012 concernant la maîtrise
des dangers liés aux accidents majeurs impliquant
des substances dangereuses, impose des exi-
gences fortes en matière de prévention et de
maîtrise des risques accidentels.
Les sites relevant de la directive IED
La directive, dite «IED» et référencée n°2010/75/
UE du 24 novembre 2010 relative aux émissions
industrielles (prévention et réduction intégrées
de la pollution), s?applique pour les établisse-
ments les plus polluants en termes d?émissions
(atmosphériques, aqueuses, sonores, etc.) et de
consommation de matières premières, d?énergie
et d?eau.
IV. 3. L?organisation de l?inspection
des installations classées en France
Des structures au sein du paysage
administratif de l?État
L?inspection des installations classées est orga-
nisée en trois niveaux complémentaires, et les
synergies entre les échelons sont très fortes:
? en administration centrale, la Direction
générale de la prévention des risques (DGPR)
rattachée au Ministère de la transition éco-
logique et de la cohésion des territoires est
chargée de l?élaboration de la réglementa-
tion, de la conduite des politiques publiques
gouvernementales et du pilotage national de
l?ensemble des inspecteurs des ICPE;
? en administration déconcentrée régionale,
pour l?hexagone, les directions régionales
(DREAL, DRIEAT en Ile de France) sont char-
gées de l?animation et de la conduite des
politiques publiques en lien avec l?adminis-
tration centrale et les structures départe-
mentales;
? en structures déconcentrées départemen-
tales:
? les unités départementales (UD) ou
inter-départementales (UiD), rattachées
aux DREAL / DRIEAT sont au contact
direct des exploitants pour la gestion des
établissements industriels, des carrières et
des parcs éoliens;
? les DD(ETS)PP assurent le suivi des établis-
sements agricoles (élevage, méthanisation
à la ferme, etc.) exploités par les agricul-
teurs.
Pour l?outre-mer: les directions ultramarines réa-
lisent des missions à double niveaux, à la fois pour
le niveau régional et départemental. Il s?agit de
la DEAL pour la Guadeloupe, la Martinique et la
Réunion, la DEALM pour Mayotte, la DGTM pour
la Guyane ainsi que la DTAM pour Saint-Pierre
et Miquelon. Les DAAF (ou DGTM en Guyane)
réalisent les missions de terrain pour le suivi des
établissements agricoles.
33
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ARIA . . . . . . . . Analyse, Recherche et Information sur les Accidents
BARPI . . . . . . . Bureau d?analyse des risques et pollutions industriels
CGAAER . . . . . Conseil général de l?alimentation, de l?agriculture et des espaces ruraux
CODERST . . . . Conseil départemental de l?environnement et des risques sanitaires et technologiques
CDNPS . . . . . . Commission départementale de la nature, des sites et des paysages
COV . . . . . . . . Composés organiques volatils
DAAF . . . . . . . Direction de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (outre-mer)
DD(ETS)PP . . . Direction départementale (de l?emploi, du travail, des solidarités et) de la protection
des populations
DEAL . . . . . . . . Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement (pour la Guadeloupe,
la Martinique et la Réunion en outre-mer)
DEALM . . . . . . Direction de l?environnement de l?aménagement, du logement et de la mer (pour
Mayotte en outre-mer)
DEEE . . . . . . . . Déchets d?équipements électriques et électroniques
DGPR . . . . . . . Direction générale de la prévention des risques
DGTM . . . . . . . Direction générale des territoires et de la mer (pour la Guyane en outre-mer)
DREAL . . . . . . . Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DREETS . . . . . . Direction régionale de l?économie, de l?emploi, du travail et des solidarités
DRIEAT . . . . . Direction régionale et interdépartementale de l?environnement, de l?aménagement et
des transports (pour l?Ile-de-France)
DTAM . . . . . . . Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer (Saint-Pierre et Miquelon)
ENR . . . . . . . . . Energies renouvelables
GUNenv . . . . . Guichet unique numérique de l?environnement
ICPE . . . . . . . . Installation classée pour la protection de l?environnement
IIC . . . . . . . . . . Inspection des installations classées
INERIS . . . . . . . Institut national de l?environnement industriel et des risques
MTECT . . . . . . Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
MTD . . . . . . . . Meilleures techniques disponibles
OSPIIC . . . . . . Orientations stratégiques pluriannuelles pour l?inspection des installations classées
REP . . . . . . . . . Responsabilité élargie des producteurs
RNDTS . . . . . . Registre national des déchets, terres excavées et sédiments
SGS . . . . . . . . . Système de gestion de la sécurité
UD . . . . . . . . . Unité départementale (en DREAL et DRIEAT)
UiD . . . . . . . . . Unité inter-départementale (en DREAL)
VLE . . . . . . . . . Valeur limite d?émission
V. Glossaire
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INVALIDE) (ATTENTION: OPTION Les déclarations d?IOTA11 au titre de la loi sur l?eau?;
? Les déclarations d?ICPE (avec principalement cinq
téléservices: projet initial, modification des conditions
d?exploitation, changement d?exploitant, bénéfice des
droits acquis et cessation d?activité).
De nouvelles téléprocédures sont en cours de dévelop-
pement, afin d?offrir de nouveaux services aux usagers.
4 Télédéclarations des incidents et accidents
Les exploitants d?ICPE ont l?obligation règlementaire (article
R. 512-69 du code de l?environnement) de déclarer à l?ins-
pection des installations classées les accidents ou incidents
qui ont eu lieu sur leur site. Pour rappel, les accidents ont
(ou ont eu) des conséquences sur la santé ou l?environne-
ment?; les incidents sont des événements qui auraient pu
en avoir. Le code de l?environnement impose également
que l?exploitant transmette un rapport d?analyse au préfet
et à l?inspection des installations classées pour tous les
accidents, et sur demande de l?inspection des installations
classées pour les incidents. Ces démarches sont actuelle-
ment réalisées sur la base de formulaires «papier».
Dans une démarche de progression continue de la sécurité
des installations, il revient aux exploitants en premier lieu de
détecter, analyser et donner suite au retour d?expérience
des événements sur leur site.
Dans un objectif de simplification et de meilleure capitalisa-
tion et diffusion du retour d?expérience, une téléprocédure
est élaborée en 2024, pour une mise en place effective en
2025. Cette téléprocédure permettra:
? de faciliter les modalités de transmission d?informa-
tions entre l?exploitant et l?inspection des installations
classées (rapidité, traçabilité, format clarifié, etc.);
? de simplifier le respect de cette obligation par les
entreprises;
? d?améliorer la collecte et l?analyse des données sur les
accidents, permettant une meilleure prise en compte
du retour d?expérience dans la prévention des risques.
https://entreprendre.service-public.fr/
https://entreprendre.service-public.fr/
27
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4 Télédéclaration des modifications des conditions
d?exploitation des installations soumises à autorisation
environnementale
Des travaux préparatoires sont en cours pour intégrer
prochainement une nouvelle téléprocédure au sein du site
Internet (https://entreprendre.service-public.fr/). Il s?agit
d?une téléprocédure dédiée aux modifications des condi-
tions d?exploitation d?une autorisation environnementale,
afin de permettre le dépôt par voie informatique des
«porter à connaissance» des exploitants à l?attention du
préfet. Actuellement les «porter à connaissance» se font
sous format papier.
La téléprocédure aura pour objectif des gains d?efficacité
aussi bien pour:
? Les porteurs de projet / bureaux d?études lors de la
constitution des PAC («Porter à Connaissance»);
? L?inspection des installations classées et les autres
services de l?État lors des instructions de ces PAC.
Une expérimentation a été menée de la mi-décembre 2023
à la mi-mars 2024 avec des pétitionnaires et des bureaux
d?études. Un retour d?expérience tiré au printemps 2024
permettra d?élaborer cette nouvelle téléprocédure, pour
l?année 2025.
III. 4. Amplification du recrutement
d?inspecteurs des ICPE
III. 4. 1. Actions de communication
Une importante campagne de communication a été lancée
fin 2023 afin de promouvoir le métier d?inspecteur des
installations classées.
III. 5. Programmation des Mardis de la DGPR
pour comprendre et mettre en oeuvre la
réglementation
Le ministère organise périodiquement des points d?in-
formations thématiques concernant une évolution
législative / réglementaire ou un dispositif particu-
lier ou une actualité à destination des professionnels
(exploitants, porteurs de projets, bureaux d?études,
fédérations professionnelles) ou des autres parties
prenantes.
Organisés les mardis après-midi à échéance régulière
(environ 6 à 8 rendez-vous dans l?année), ces moments
d?échanges avec l?administration sont ouverts à tous les
professionnels concernés, sur inscriptions.
Le programme de 2024 est le suivant:
? Mardi 26 mars 2024: Collecte des données liées au
quotas de C02
? Mardi 30 avril 2024: Règlement sur le transport et la
manutention des marchandises dangereuses dans les
ports fluviaux (dit «RPF»)
? Mardi 28 mai 2024: Sécheresse et sobriété hydrique
? Mardi 17 septembre 2024: Dispositions applicables
dans le cadre de la loi n°2023-973 du 23 octobre 2023
relative à l?industrie verte
Pour plus d?informations, vous pouvez consulter la page
Internet du ministère dédiée aux Mardis de la DGPR:
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-preven-
tion-des-risques-dgpr
Action phare en région
Auvergne-Rhône-Alpes
Campagne d?information «Les Bons Réflexes»
La campagne d?information «Les Bons Réflexes» est une
démarche d?information préventive des populations sur
les risques industriels majeurs, coordonnée à l?échelle
de l?ensemble de la région en Auvergne-Rhône-Alpes,
qui a ses origines dans les années 1990. Il s?agit de porter
à la connaissance des populations les risques auxquels
elles sont exposées, les moyens d?alerte en cas d?ac-
cident et les consignes «réflexes» à appliquer en cas
d?alerte. Avec l?intégration du risque nucléaire à partir
de 2008, cette campagne constitue une démarche
d?une ampleur sans égale en France, ce qui se justifie
aussi par la forte concentration d?industries à risques sur
plusieurs secteurs de la région (sud-lyonnais, Roussillon,
sud-grenoblois, plaine de l?Ain, etc.). Elle est pilotée par
les deux Secrétariats Permanents pour la Prévention des
Pollutions Industrielles (S3PI) de la région, l?association
régionale des entreprises en environnement (APORA)
et la DREAL, avec une implication forte des inspecteurs
des installations classées pour l?élaboration des fiches
spécifiques à chaque site industriel concerné.
La campagne «Les Bons Réflexes» se déroule sur cinq ans
et a été reconduite pour 2023-2028 avec un lancement
en conférence de presse par la préfète de région juste
avant la journée nationale de la résilience du 13 octobre
2023. Elle concerne 123 établissements à risques sur
l?ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Des
supports ont été diffusés dans les communes concer-
nées, avec un contenu qui peut être retrouvé sur le site
Internet: https://www.lesbonsreflexes.com. Une commu-
nication spécifique est déployée sur les réseaux sociaux,
des événements de sensibilisation labellisés «Les bons
réflexes» sont organisés par des partenaires, à l?image
du village forum Risk?Indus à Pont-de-Claix dans l?Isère
(ateliers interactifs, présentation du matériel avec les
pompiers, pièces de théâtre pédagogique, escape game),
etc. Enfin, une journée annuelle «Les bons réflexes» est
organisée chaque année pour maintenir la dynamique
et enrichir les travaux.
Cette campagne contribue à promouvoir la culture
du risque et la préparation à la gestion de crise dans la
région Auvergne-Rhône-Alpes.
https://entreprendre.service-public.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-prevention-des-risques-dgpr
https://www.ecologie.gouv.fr/direction-generale-prevention-des-risques-dgpr
https://www.lesbonsreflexes.com
28
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IV. 1. Une classification de chaque
installation
Une installation classée pour la protection de l?envi-
ronnement (dénommée «ICPE») est une exploitation
industrielle ou agricole susceptible de créer des dan-
gers ou de provoquer des pollutions ou nuisances
significatives du fait de ses activités, notamment
vis-à-vis de la sécurité, de la santé et de la salubrité
publiques (protection des riverains et des tiers) et
de la préservation de notre environnement.
Article L. 511-1 du code de l?environnement: «Les usines,
ateliers, dépôts, chantiers et, d?une manière générale,
les installations exploitées ou détenues par toute per-
sonne physique ou morale, publique ou privée, qui
peuvent présenter des dangers ou des inconvénients
soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé,
la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l?agriculture,
soit pour la protection de la nature, de l?environnement
et des paysages, soit pour l?utilisation économe des sols
naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l?utilisation
rationnelle de l?énergie, soit pour la conservation des
sites et des monuments ainsi que des éléments du
patrimoine archéologique.»
La réglementation dédiée aux ICPE et l?action de
l?inspection des installations visent notamment à:
? Protéger notre santé?;
? Eviter les accidents et les risques de pollution?;
? Favoriser la mise en place de mesures pour l?atté-
nuation et l?adaptation au changement climatique
comme la baisse des émissions de gaz à effet de
serre, le développement de la sobriété hydrique,
la lutte contre la sécheresse, ou encore la transition
énergétique?;
? Préserver les ressources naturelles et limiter les
impacts sur la biodiversité?;
? Déployer nos actions de planification écologique
au sein de nos territoires en coordonnant, animant
ou incitant les exploitants dans leur mise en oeuvre.
Les activités relevant de la législation des ICPE sont
énumérées dans une nomenclature thématique
structurée en trois régimes administratifs (déclara-
tion, enregistrement ou autorisation) compte tenu
de l?importance des risques ou des inconvénients
qui peuvent être induits par l?installation concer-
née. Pour chaque activité, la nomenclature prévoit
donc des seuils de classement dans ces régimes.
IV. Annexe
Les installations classées pour la protection
de l?environnement (ICPE)
Pour en savoir plus sur les ICPE:
? Qu?est-ce qu?une installation classée pour la protection de l?environnement?
? Quelles sont les missions de l?inspection des installations classées?
Exploitation d?un silo
(Rubrique n° 2160 de la nomenclature ICPE)
29
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Illustrations de quelques exemples d?établissements répertoriés ICPE:
Exploitation d?un parc éolien Unité pétrochimique
Stockage au sein d?un entrepôt Complexe industriel
Installation de méthanisation Exploitation de carrière
Activité d?élevage de volailles Activité d?élevage de bovins
30
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Ces installations ne présentent pas toutes les
mêmes risques ni le même degré de dangerosité.
C?est pourquoi, trois régimes procéduraux peuvent
s?appliquer:
? Le régime de déclaration
Pour les activités les moins polluantes et les
moins dangereuses, une simple déclaration (avec
un dossier relativement simple à constituer par
le pétitionnaire) est nécessaire. Le processus est
dématérialisé par l?intermédiaire d?un site Internet
(https://entreprendre.service-public.fr/).
Après cette déclaration en ligne, l?exploitant doit
attendre un délai de 15 jours pour exploiter son
installation. Il doit respecter des mesures préven-
tives prévues pour l?activité concernée.
Certaines activités liées à ce régime de classement
«déclaration» sont soumises à un contrôle pério-
dique, qui doit être réalisé par un organisme agréé
(par le ministère chargé de l?environnement).
? Le régime d?enregistrement
Pour les secteurs où les mesures techniques pour
prévenir les risques et inconvénients sont bien
connues (stations-service, entrepôts, filière avicole,
etc.), un régime d?autorisation simplifiée (niveau
intermédiaire entre la simple déclaration et l?au-
torisation environnementale) s?applique.
Pour exploiter les installations relevant du régime
de l?enregistrement, le pétitionnaire doit trans-
mettre un dossier de demande:
Soit de manière dématérialisée en saisissant
les données par l?intermédiaire du site Internet
(https://entreprendre.service-public.fr/);
Soit de manière physique en déposant le dossier
en Préfecture.
L?instruction par les services de l?inspection
des ICPE, pour une durée de 5 mois en général
(possiblement 7 mois en cas de complexité
particulière), aboutit à une décision du préfet
(arrêté préfectoral) autorisant l?exploitation
de l?installation ou la refusant. En cours d?ins-
truction, le dossier est mis en consultation du
public (de manière dématérialisée) et peut être
présenté devant l?instance départementale
consultative (CODERST ? conseil départemental
de l?environnement et des risques sanitaires et
technologiques) dont l?avis permet d?éclairer
le préfet.
Si le dossier d?enregistrement est jugé à impact fort
sur l?environnement, le dossier peut être basculé de
la procédure d?enregistrement vers l?autorisation
environnementale. Un nouveau dossier d?autori-
sation devra alors être constitué et instruit.
Une fois enregistré, l?exploitant doit notamment
respecter les prescriptions réglementaires édictées
par l?arrêté ministériel propre au secteur d?activité
concerné. Le pétitionnaire peut solliciter éventuel-
lement un aménagement ponctuel des règles si
cela apparait pertinent au regard des circonstances
locales et de la prévention des risques.
? Le régime d?autorisation
Pour les installations présentant les risques et les
impacts les plus importants, l?exploitant doit faire
une demande d?autorisation environnementale
comportant des études approfondies; comme
par exemple:
d?une part, une étude de dangers visant à évaluer
les risques technologiques;
d?autre part, une étude d?incidence ou une étude
d?impact, en vue de réduire les nuisances environ-
nementales et les risques de pollutions associées.
Cette démarche doit être réalisée avant toute mise
en service. Elle doit permettre de démontrer l?ac-
ceptabilité du risque vis-à-vis des tiers, des autres
installations et de l?environnement. Le préfet peut
autoriser l?installation sous des conditions spécifiques
ou refuser la mise en exploitation de l?installation.
En cours d?instruction, le dossier est soumis à
l?avis du public (par exemple une consultation par
enquête publique sous la coordination d?un com-
missaire enquêteur). Le dossier peut être présenté
devant l?instance départementale consultative
(CODERST ? conseil départemental de l?environne-
ment et des risques sanitaires et technologiques ou
CDNPS ? commission départementale de la nature,
des paysages et des sites ? dans ses compositions
«éolienne» ou «carrière»).
Le délai global d?instruction est de l?ordre de 10 à
12 mois, avec trois phases:
? Phase d?examen: le dossier est instruit par
les services de l?État, et des compléments
peuvent être demandés. Il est également pos-
sible de rejeter le dossier si les circonstances
l?exigent (par exemple, en cas d?avis défavo-
rable d?un service de l?État consulté pour «avis
conforme»);
? Phase de consultation du public et des
conseils municipaux: après nomination d?un
éventuel commissaire enquêteur, le public
peut apporter des remarques sur le dossier au
travers d?une enquête publique (à défaut, le
public est consulté par voie électronique), le
conseil municipal ou les conseils municipaux
concerné(s) par l?installation émet(tent) un avis
consultatif. En cas d?enquête publique, le com-
missaire enquêteur rend un avis consultatif?;
? Phase de décision : après réception des
différents avis émis durant la procédure,
https://entreprendre.service-public.fr/
https://entreprendre.service-public.fr/
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le service instructeur propose un projet
de décision (autorisation ou refus de
l?installation) au préfet de département.
L?autorité préfectorale décide d?accorder
l?autorisation ou de refuser l?installation par
un arrêté préfectoral.
Nota: la procédure d?autorisation environne-
mentale révisée
Avec la loi n°2023-973 du 23 octobre 2023
relative à l?industrie verte, la procédure d?auto-
risation environnementale est réformée, avec
deux phases principales après le dépôt de la
demande: une phase d?examen et de consulta-
tion (3 mois) et une phase de décision (2 mois
+ 1 mois en cas de sollicitation d?un avis du
CODERST ou de la CDNPS). Cette réforme doit
entrer en vigueur en octobre 2024.
Si l?autorisation environnementale est délivrée,
le pétitionnaire doit respecter les prescriptions
réglementaires applicables à l?installation (arrêté
préfectoral) et l?ensemble des règles générales
émanant de la législation / règlementation euro-
péenne (directives, règlements, etc.) et nationale
(code de l?environnement, lois, décrets, arrêtés
ministériels transversaux et sectoriels, etc.).
Basculement du régime de l?autorisation vers
l?enregistrement:
De plus en plus de rubriques passent du régime
de l?autorisation vers le régime de l?enregistre-
ment, sans dégrader le niveau d?exigence de
protection des populations et de l?environne-
ment.
Ces simplifications permettent ainsi un gain de
temps aux porteurs de projet, tout en main-
tenant un haut niveau de protection des per-
sonnes et de l?environnement.
IV. 2. L?inspection des installations
classées au coeur de la transition
écologique de l?industrie et des
activités agricoles
L?inspection des ICPE exerce une mission de police
environnementale auprès des établissements
industriels et agricoles. Celle-ci consiste à pré-
venir mais aussi à réduire les nuisances ainsi que
les dangers liés aux installations, afin de protéger
les personnes (riverains, tiers) et l?environnement.
L?exploitant reste néanmoins responsable de l?ex-
ploitation de ses installations, depuis sa création
jusqu?à la remise en état du site, selon les dispo-
sitions réglementaires en vigueur.
L?action de l?inspection des installations classées
s?organise autour de trois axes et prend en compte
le principe de proportionnalité par rapport aux
enjeux:
1. L?encadrement réglementaire:
? Au niveau national
? L?élaboration de la réglementation à par-
tir des projets de textes (comme les arrê-
tés ministériels transversaux ou propres à
chaque secteur d?activité) en échange avec
les parties prenantes (notamment les fédé-
rations professionnelles, les associations
environnementales, les administrations, le
public);
? Au niveau local
? L?instruction de dossiers de demande d?au-
torisation environnementale, d?enregis-
trement, de modification des conditions
d?exploitation, de cessation d?activité et
des études ou expertises;
? La proposition au préfet de prescriptions
encadrant le fonctionnement de l?installa-
tion, en fonction des évolutions techniques
et des exigences de protection de l?environ-
nement;
? Le dialogue avec les industriels et les
agriculteurs pour les inciter au progrès
écologique compte tenu des bouleverse-
ments climatiques que nous vivons (réduc-
tion de la consommation d?eau, sobriété
énergétique, décarbonation des procédés
industriels, développement de nouvelles
énergies, lutte contre l?érosion de la bio-
diversité, prise en compte des risques
NaTech : phénomènes naturels (crues,
feux de forêt, etc. pouvant entrainer un
accident technologique sur site), etc.). Ces
échanges permettent de faire progresser
les exploitants sur la voie d?une transition
écologique concertée et de pouvoir fixer
un cadre prescriptifapproprié?;
2. Le contrôle des installations classées sur le
terrain:
? La réalisation de visites d?inspection, program-
mées ou non, inopinées ou non;
? La proposition au préfet de département de
suites (mise en demeure rappelant la pres-
cription enfreinte en associant un délai de
réalisation impératif des mesures correctives)
et sanctions administratives (amende ou
astreinte, consignation de sommes, exécu-
tion d?office de travaux, suspension d?activité,
fermeture ou suppression de l?installation);
? La proposition au procureur de la République
de suites pénales en cas d?infraction(s) en
transmettant les informations par procès-ver-
bal. Le parquet juge ensuite de l?opportunité
des suites;
3. La concertation et l?information au sein des
différents territoires: plusieurs actions sont
réalisées à destination des parties prenantes:
? La mise à disposition du public des rapports
de contrôle dans le cadre de la transparence
32
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des actions de l?inspection des installations
classées?;
? L?accompagnement des pétitionnaires tout
au long du développement de leur projet
(phase initiale de mise en service, lors des
modifications des conditions d?exploitation,
lors des éventuelles étapes d?une cessation
d?activité partielle ou totale, etc.) et en cas
d?évolutions réglementaires;
? L?échange régulier avec les associations de
protection de l?environnement aux niveaux
local et national;
? L?adoption récente des dispositions législa-
tives et réglementaires pour faciliter l?im-
plantation et la mutualisation des outils au
sein des plateformes industrielles. Des pre-
mières plateformes ont ainsi été reconnues;
la démarche se poursuit.
Une activité de l?État vis-à-vis des installations
classées qui s?est consolidée depuis plus de
deux siècles:
L?encadrement réglementaire des installations
classées a plus de deux siècles. C?est sous l?Em-
pire, avec le décret impérial du 15 octobre
1810, que le risque industriel est réellement
intégré dans la loi. Au fil des décennies et de
la prise en compte des accidents industriels
passés, le risque industriel a été mieux enca-
dré, avec la loi du 19 décembre 1917 portant
réglementation des établissements dangereux,
insalubres ou incommodes puis notamment
avec la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 relative
aux installations classées pour la protection
de l?environnement.
De nos jours, le code de l?environnement évo-
lue régulièrement, afin de s?adapter aux enjeux
et attentes.
Les sites relevant de la directive Seveso III
La directive, dite «Seveso III» et référencée
n°2012/18/UE du Parlement européen et du
Conseil du 4 juillet 2012 concernant la maîtrise
des dangers liés aux accidents majeurs impliquant
des substances dangereuses, impose des exi-
gences fortes en matière de prévention et de
maîtrise des risques accidentels.
Les sites relevant de la directive IED
La directive, dite «IED» et référencée n°2010/75/
UE du 24 novembre 2010 relative aux émissions
industrielles (prévention et réduction intégrées
de la pollution), s?applique pour les établisse-
ments les plus polluants en termes d?émissions
(atmosphériques, aqueuses, sonores, etc.) et de
consommation de matières premières, d?énergie
et d?eau.
IV. 3. L?organisation de l?inspection
des installations classées en France
Des structures au sein du paysage
administratif de l?État
L?inspection des installations classées est orga-
nisée en trois niveaux complémentaires, et les
synergies entre les échelons sont très fortes:
? en administration centrale, la Direction
générale de la prévention des risques (DGPR)
rattachée au Ministère de la transition éco-
logique et de la cohésion des territoires est
chargée de l?élaboration de la réglementa-
tion, de la conduite des politiques publiques
gouvernementales et du pilotage national de
l?ensemble des inspecteurs des ICPE;
? en administration déconcentrée régionale,
pour l?hexagone, les directions régionales
(DREAL, DRIEAT en Ile de France) sont char-
gées de l?animation et de la conduite des
politiques publiques en lien avec l?adminis-
tration centrale et les structures départe-
mentales;
? en structures déconcentrées départemen-
tales:
? les unités départementales (UD) ou
inter-départementales (UiD), rattachées
aux DREAL / DRIEAT sont au contact
direct des exploitants pour la gestion des
établissements industriels, des carrières et
des parcs éoliens;
? les DD(ETS)PP assurent le suivi des établis-
sements agricoles (élevage, méthanisation
à la ferme, etc.) exploités par les agricul-
teurs.
Pour l?outre-mer: les directions ultramarines réa-
lisent des missions à double niveaux, à la fois pour
le niveau régional et départemental. Il s?agit de
la DEAL pour la Guadeloupe, la Martinique et la
Réunion, la DEALM pour Mayotte, la DGTM pour
la Guyane ainsi que la DTAM pour Saint-Pierre
et Miquelon. Les DAAF (ou DGTM en Guyane)
réalisent les missions de terrain pour le suivi des
établissements agricoles.
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ARIA . . . . . . . . Analyse, Recherche et Information sur les Accidents
BARPI . . . . . . . Bureau d?analyse des risques et pollutions industriels
CGAAER . . . . . Conseil général de l?alimentation, de l?agriculture et des espaces ruraux
CODERST . . . . Conseil départemental de l?environnement et des risques sanitaires et technologiques
CDNPS . . . . . . Commission départementale de la nature, des sites et des paysages
COV . . . . . . . . Composés organiques volatils
DAAF . . . . . . . Direction de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (outre-mer)
DD(ETS)PP . . . Direction départementale (de l?emploi, du travail, des solidarités et) de la protection
des populations
DEAL . . . . . . . . Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement (pour la Guadeloupe,
la Martinique et la Réunion en outre-mer)
DEALM . . . . . . Direction de l?environnement de l?aménagement, du logement et de la mer (pour
Mayotte en outre-mer)
DEEE . . . . . . . . Déchets d?équipements électriques et électroniques
DGPR . . . . . . . Direction générale de la prévention des risques
DGTM . . . . . . . Direction générale des territoires et de la mer (pour la Guyane en outre-mer)
DREAL . . . . . . . Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DREETS . . . . . . Direction régionale de l?économie, de l?emploi, du travail et des solidarités
DRIEAT . . . . . Direction régionale et interdépartementale de l?environnement, de l?aménagement et
des transports (pour l?Ile-de-France)
DTAM . . . . . . . Direction des territoires, de l?alimentation et de la mer (Saint-Pierre et Miquelon)
ENR . . . . . . . . . Energies renouvelables
GUNenv . . . . . Guichet unique numérique de l?environnement
ICPE . . . . . . . . Installation classée pour la protection de l?environnement
IIC . . . . . . . . . . Inspection des installations classées
INERIS . . . . . . . Institut national de l?environnement industriel et des risques
MTECT . . . . . . Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
MTD . . . . . . . . Meilleures techniques disponibles
OSPIIC . . . . . . Orientations stratégiques pluriannuelles pour l?inspection des installations classées
REP . . . . . . . . . Responsabilité élargie des producteurs
RNDTS . . . . . . Registre national des déchets, terres excavées et sédiments
SGS . . . . . . . . . Système de gestion de la sécurité
UD . . . . . . . . . Unité départementale (en DREAL et DRIEAT)
UiD . . . . . . . . . Unité inter-départementale (en DREAL)
VLE . . . . . . . . . Valeur limite d?émission
V. Glossaire
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INVALIDE)