Diffuser les pratiques de bioclimatisme et assurer un aménagement résilient dans un contexte de raréfaction et de tension sur les ressources
Auteur moral
France. Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
;France. Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">Le rapport d'incubation 2024 du Lab2051 explore les pratiques de bioclimatisme pour un aménagement durable en France. Il vise à lever les obstacles à l'innovation urbaine, en réunissant divers acteurs pour des projets résilients et économes en ressources. Les ateliers de 2023 ont identifié des freins et leviers pour intégrer le bioclimatisme à toutes les échelles de l'aménagement.<o:p></o:p></p>
Descripteur Urbamet
aménagement urbain
;transition écologique
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement urbain
Texte intégral
Modèle(s)
économique(s) d?un
aménagement durable
RAPPORT
D?INCUBATION
2024
Diffuser les pratiques de
bioclimatisme et assurer
un aménagement résilient
dans un contexte de
raréfaction et de tension
sur les ressources
RAPPORT
D?INCUBATION
2024
Le Lab2051
2050 représente l?horizon de nos politiques publiques pour atteindre nos
ambitions en faveur de la transition écologique des territoires, pour une France
sobre, résiliente, inclusive et créatrice de valeurs. Le Lab2051 nous projette dans
le monde d?après. Il s?adresse aux collectivités et aux aménageurs et vise à lever
les obstacles à l?innovation urbaine et favoriser le passage à l?échelle. Piloté
par la sous-direction de l?aménagement durable du Ministère de la Transition
écologique et de la Cohésion des territoires, le Lab2051 réunit tous les acteurs
nécessaires à la résolution d?une problématique donnée : les services de l?État
concernés par les réglementations, les différents niveaux de collectivités, les
établissements publics locaux, les aménageurs publics et privés, les opérateurs
de l?État, le monde académique, les entreprises... Depuis 2023, il accompagne en
particulier, au travers d?incubations de 6 à 12 mois, les programmes d?innovation
Démonstrateurs de la ville durable (DVD) de France 2030 et Engagés pour la
Qualité du Logement de Demain (EQLD).
Dispositif apprenant, le Lab2051 se déploie de manière à la fois agile et
structurée, dans une posture ! think tank - do tank ", en apportant une expertise
ciblée au service des composantes innovantes de chaque projet et sur une
mise en réseau des acteurs publics, privés et des usagers à toutes les échelles :
bâtiment, quartier, ville et territoire.
7 thématiques déjà incubées entre 2018 et 2022 : autoconsommation collective,
construction bois, habitat modulaire et transitoire, BIM-CIM, utilisation du
standard international, ISO 37101, IBA en France, rénovation énergétique
bâtiment basse consommation.
6 thématiques incubées entre 2023 et 2024 : bioclimatisme, nature en ville,
communs et aménagement, mixité et réversibilité, économie circulaire dans
l?aménagement, économie d?un aménagement durable, répondant ainsi aux
besoins prioritaires identifiés dans les projets DVD et EQLD.
Le lancement d?une nouvelle vague d?incubations du Lab2051 est prévue à
l?automne 2024.
L?intégralité des travaux du Lab2051 est disponible sur le site du ministère :
www.ecologie.gouv.fr/lab2051
Juin 2024
Publié par la Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature (DGALN), la Direction de l?habitat, de
l?urbanisme et des paysages (DHUP), la sous-direction de l?aménagement durable (AD), le bureau des opérations d?aménagement
(AD5), Tour Séquoia - 92055 Paris La Défense CEDEX
Directeur de la publication : Philippe Mazenc, Directeur général de l?aménagement, du logement et de la nature
Rédaction et coordination éditoriale : Membres du groupement IULAB : Dominique RENAUDET ? Neoclide, François-Laurent
TOUZAIN ? 360
Merci à l?ensemble des participants aux ateliers qui ont contribué à la réalisation de ce rapport.
Sous la direction d?Isabelle MORITZ, adjointe à la cheffe du bureau villes et territoires durables
Contact : Lab2051@developpement-durable.gouv.fr
TABLE DES MATIÈRES
1 Introduction : enjeux et cadrage de l?incubation .................................................. 6
2 Modalités de l?incubation Bioclimatisme ................................................................. 9
2.1 Participants ....................................................................................................................... 9
2.2 Déroulé .............................................................................................................................. 9
2.3 Enjeux ................................................................................................................................. 11
2.4 Poursuite des travaux ....................................................................................................... 11
3 Focus sur les freins et leviers aux différentes étapes de l?aménagement ......... 13
3.1 Phase amont (planification / programmation) ........................................................... 13
3.2 Phase amont (études préalable / ingénierie) ............................................................... 19
3.3 Phase de réalisation ....................................................................................................... 24
3.4 Phase appropriation / suivi / exploitation ................................................................... 27
3.5 Phase d?évaluation ......................................................................................................... 29
3.6 Exercice de classement des freins ............................................................................... 31
4 Perspectives ? suites à donner ................................................................................. 33
5 Annexe 1 ? bibliographie .......................................................................................... 34
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 4
Préambule
Ce document revient sur les enseignements de la séquence des quatre ateliers du cycle
du Lab2051 dédié aux enjeux du bioclimatisme dans l?aménagement qui se sont
déroulés au 1er semestre 2023. Cette première production permet de faire état des
échanges, des premiers freins et leviers identifiés à chaque étape de l?aménagement
ainsi que des perspectives envisagées par les membres du groupe de travail dans la
perspective d?une poursuite du cycle d?ateliers en 2024.
Quelle problématique associer à la notion d?aménagement bioclimatique ?
Au cours des différents ateliers, la notion même de bioclimatisme a fait l?objet de
débats. En effet, la définition communément admise de la conception bioclimatique
est centrée sur l?adaptation de la conception au climat afin d?optimiser le confort
thermique. En effet, selon le Larousse, le terme bioclimatique ! se dit d?un habitat dans
lequel la climatisation est réalisée en tirant le meilleur parti du rayonnement solaire et
de la circulation naturelle de l?air afin de réduire la consommation d?énergie ".
Les échanges du cycle d?ateliers ont amené également à ouvrir la problématique sur
une acception plus large de la notion de bioclimatisme, se rapprochant davantage de
la notion d?aménagement durable et intégrant notamment les enjeux du recours aux
matériaux locaux, géosourcés et biosourcés.
Le présent livrable se veut être le reflet de ces discussions et propose, à ce stade, une
présentation large de la problématique.
Pour quel territoire ?
Le bioclimatisme concerne tous les territoires, tant métropolitains qu?ultramarins.
De nombreux acteurs de l?aménagement et de la construction, aménageurs,
collectivités de l?hexagone se penchent en effet sur le sujet (ex : PLU bioclimatique de la
ville de Paris). Toutefois, le cycle des ateliers de 2024 a pris un angle particulièrement
ultramarin, pour deux raisons principales :
d?une part parce ce que les territoires ultramarins sont particulièrement
pionniers sur les questions de construction bioclimatique, au regard des
conditions climatiques extrêmes auxquelles ils sont confrontés ; à ce titre,
ils sont particulièrement scrutés par les territoires métropolitains qui
n?hésitent pas à venir s?inspirer régulièrement des projets exemplaires
portés dans les Outre-Mer.
d?autres part, la question du bioclimatisme se conjugue dans les Outre-Mer à
d?autres problématiques spécifiques qu?il convient d?intégrer à la réflexion,
notamment l?insularité et la vulnérabilité dans l?approvisionnement en
ressources, les représentations locales et leurs impacts dans les modes
d?habiter...
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 5
A quelle échelle ?
Au cours de ce premier cycle de 4 ateliers, il s?est agi d?aborder la problématique de
manière très transversale, et en essayant de la qualifier à toutes les échelles : celle du
bâti, de l?îlot, du quartier, de la ville.
Il est assez vite apparu que les questions de bioclimatisme étaient déjà relativement
bien documentées dans le monde de la construction, beaucoup moins dans celui de
l?urbanisme et de l?aménagement. Le livrable suivant a pour ambition de faire état de
ces constats et des enseignements soulevés au fil des ateliers. Les
questionnements, freins et leviers dans les pages suivantes sont donc non exhaustifs.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 6
1 INTRODUCTION : ENJEUX ET
CADRAGE DE L?INCUBATION
Pourquoi s?intéresser au bioclimatisme ?
Dans le contexte du dérèglement climatique et de la raréfaction des ressources, la
filière de l?aménagement doit mener des efforts conséquents :
d?atténuation - voir notamment ce qu?en dit la Feuille de route de
décarbonation de l?aménagement1 publiée en mars 2023 à l?issue d?une large
concertation des acteurs de la filière,
et d?adaptation, en favorisant notamment une approche de l?aménagement et
de la construction qui intègre les conséquences des évolutions climatiques
dans la conception des projets.
Aménagement avec le climat local
Les principes du bioclimatisme consistent à aménager et bâtir en alliant prise en
compte du climat local, respect de l?environnement et confort de l?habitant. Ils
répondent ainsi à l?enjeu d?atténuation dans la mesure où ils visent à limiter le recours
à des sources d?énergie en s?appuyant sur des méthodes et savoir-faire adaptés aux
conditions climatiques locales. On observe que par extension, cette approche
bioclimatique s?accompagne en général de la volonté de recourir à de ressources
biosourcées moins émettrices et/ou des ressources locales.
Mieux anticiper les risques climatiques
D?une certaine manière, ces principes répondent également à l?enjeu d?adaptation car
la conception bioclimatique entend prendre en compte de manière précise les
conditions climatiques locales et favorise ainsi une meilleure anticipation de
l?accentuation des impacts des événements extrêmes.
Une réponse à la vulnérabilité des villes tropicales et équatoriales
Ces enjeux ont une résonnance particulière dans les villes tropicales et équatoriales
françaises : ces villes sont effectivement marquées par des climats spécifiques, une
hygrométrie élevée, un fort ensoleillement? qui se traduisent, entre autres, par un
1 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Feuille_de_route_decarbonation_amenagement.pdf
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 7
usage important de la climatisation et de systèmes de ventilation inadaptés,
entrainant surconsommation énergétique et désagrément d?usage. Pour ces villes, il
s?agit donc de repenser les méthodes de conception, tant dans le neuf qu?en
rénovation urbaine, dans un contexte de forte demande de logements, notamment
pour la Guyane et Mayotte qui connaissent une importante croissance
démographique. Situées également en Zone Non Interconnectée (ZNI), ces villes
souffrent de tensions sur l?approvisionnement en ressources (énergie, matériaux) ;
elles peuvent néanmoins compter sur l?existence de nombreuses opportunités en
termes de matières locales, en particulier biosourcées, propices au développement
des pratiques du bioclimatisme (voir plus).
Et un intérêt grandissant de la part des villes métropolitaines
De nombreux acteurs de l?aménagement et de la construction, aménageurs,
collectivités de l?hexagone se penchent en effet sur le sujet (ex : PLU bioclimatique de
la ville de Paris). Les initiatives pionnières menées dans les territoires ultramarins sont
à ce titre une source d?exemples et d?inspirations pour ces acteurs.
Pourquoi lancer un cycle d?ateliers sur le bioclimatisme dans le cadre du
Lab2051 ?
Si le bioclimatisme dans la construction est relativement bien documenté sur le plan
technique et architectural et est illustré par un certain nombre de réalisations-
références réussies, notamment sur des bâtiments publics (Aéroport Roland Garros à
la Réunion, Siège du Parc National de Guadeloupe?), de nombreux projets sont encore
réalisés selon des règles de conception ! standard ", par souci de simplicité,
méconnaissance ou présomption d?une meilleure acceptation des projets.
Lorsqu?on élargit la focale au ! périmètre de l?aménagement " (échelle ilot, espaces
publics, quartier, voire documents d?urbanisme), l?approche bioclimatique reste
encore balbutiante et bute souvent sur la capacité des projets à intégrer dès l?amont,
et avec les différents acteurs de la chaine de l?aménagement, une réflexion sur
l?ensemble des usages, sur les questions de confort, mais aussi sur les bénéfices et
exigences du recours au végétal.
C?est dans ce contexte qu?un cycle d?ateliers a été lancé dans le cadre du Lab2051 au
début de l?année 2023, dans un premier temps autour des problématiques suivantes :
La question de l?évolution des pratiques : comment accompagner les acteurs
opérationnels dans la transformation de leurs pratiques (souvent héritées de
méthodes s'appliquant en France métropolitaine) vers des savoir-faire
bioclimatiques locaux ?
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 8
L?enjeu de l?acceptabilité : comment dépasser les réticences des usagers au
bioclimatisme relatives au confort, à l?intimité et la sécurité ? Comment
garantir un niveau de confort satisfaisant entre les aspects olfactifs, visuels,
acoustiques, et hygrothermiques ? Comment faire face à une perception par
les habitants de moindre qualité ?
La question de la faisabilité et du modèle économique : comment assurer la
rentabilité économique des projets bioclimatiques face à un cadre normatif et
réglementaire étant parfois perçu comme peu adapté, à des difficultés
d?approvisionnement en matériaux et au haut niveau de connaissance requis ?
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 9
2 MODALITES DE L?INCUBATION
BIOCLIMATISME
2.1 PARTICIPANTS
Le cycle 2023 du Lab2051 s?est déroulé de février à juin 2023 sous la forme de 4 ateliers
collectifs en visioconférence et des entretiens ciblés avec certains participants.
Aux côtés du Ministère de la Transition écologique (DGALN/DHUP/sous-direction de
l?aménagement durable et sous-direction de la construction/AD4) et de son AMO
(Neoclide/groupement 360), ont participé aux ateliers de 2023 :
collectivités : Communauté d?agglomération du Centre Littoral de Guyane,
Communauté d?agglomération du Grand Nord (Mayotte), GIP Ecocité La
Réunion, Territoire Côte Ouest, Métropole Aix Marseille Provence
aménageurs : EPFA Guyane, SPL Grand Ouest ;
experts : Aquaa, Agence Qualité de la Construction, Building For Climate,
CAUE Guadeloupe, Colab Studio, Ensam Marseille, Keran, Koz Architectes ;
opérateurs, services de l?Etat : DEAL Réunion, GIP EPAU, Ministère de l?intérieur
et des Outre-Mer, PUCA.
Notons la participation dans ce panel de représentants de lauréats du programme
! Démonstrateurs de la Ville Durable " (EPFA Guyane, SPL Grand Ouest, Territoire
de la Côte Ouest) et du programme ! Engagés pour la Qualité du Logement de
Demain " (Communauté d'agglomération du Centre Littoral). Il est en effet
important que des passerelles soient faites entre les réflexions du Lab2051 et celles
développées dans ces deux programmes structurants en matière d?innovation
dans le logement et l?aménagement.
2.2 DEROULE
La réunion de lancement du 2 février 2023 a permis de revenir sur les principes et
objectifs de l?incubation, ainsi que d?évoquer les axes de problématique retenus,
centrés en priorité sur ceux des villes tropicales et équatoriales (voir préambule). Les
participants ont ainsi confirmé les difficultés rencontrées pour la mise en oeuvre
effective du bioclimatisme, tels qu?énoncés dans la note de cadrage initiale (voir plus
haut). D?autres considérations sont ressorties comme :
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 10
la diversité des microclimats rencontrés, y compris sur un même territoire, ce
qui nécessite une approche adaptée pour chaque projet,
la nécessité de bien prendre en compte les modes d?habiter locaux, dans toute
leurs diversités sociales et culturelles,
ou encore l?intérêt de se pencher sur les architectures vernaculaires, conçues
avec les ressources locales et qui présentent une forte capacité d?adaptation
aux contextes climatiques locaux.
Les ateliers ont été illustrés de témoignages, de différentes natures :
retour d?expérience sur une opération d?aménagement :
Mise en oeuvre des principes du bioclimatisme sur le projet de la ZAC
Tigre-Maringouins en Guyane - Romain Pinaud (EPFNA Guyane)
Conception urbaine bioclimatique s?appuyant sur des études
d?aéraulique au sein de l?ÉcoQuartier Coeur de Ville sur le territoire de
La Possession à la Réunion - Audrey Meynier (GIP Ecocité)
projet de recherche :
Approche théorique de l?architecture vernaculaire rurale, ses
enseignements dans un contexte d?adaptation au changement
climatique au sein de la Région Sud - Gianluca Cadoni (ENSA-Marseille)
présentation de dispositifs pilotés par des têtes de réseaux :
Programme OMBREE, programme inter-outremer pour des bâtiments
résilients et économes en énergie, valorisant les expertises ultramarines
et donnant lieu à la création de PERGOLA, plateforme collaborative et
centre de ressources partagé pour la construction durable ultramarine -
Aurélien Lopes (AQC)
Programme TOTEM, piloté par le PUCA et faisant suite à un appel à
projets destiné aux territoires de Guyane et de Mayotte ? présentation
avec un focus particulier sur les enjeux d?acceptabilité et sur les
matériaux biosourcés/géosourcés - Gaëlle Faguet (PUCA)
Initiative Cerema/TCO (Territoire de la Côte Ouest) de constitution
d?une communauté d?acteurs réunionnais autour des enjeux de
bioclimatisme dans la commande publique - Jonathan Priester (Cerema
Agence Océan Indien)
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 11
2.3 ENJEUX
Les débats ont permis de faire émerger les questions / enseignements suivants :
1. Le besoin de s?accorder sur une définition du bioclimatisme en aménagement
2. L?existence de problématiques transversales, communes à l?ensemble des
territoires, des acteurs et des projets, et ce, malgré des conditions d?application
spécifiques à chacun des territoires (conditions climatiques différentes d?un
territoire à l?autre et même au sein d?une même région, différences dans la
culture d?habiter?). Ces problématiques transversales concernent en priorité :
les enjeux de communication et de sensibilisation sur le bioclimatisme, auprès
des différents acteurs (élus, techniciens, entreprises, usagers et habitants) ; des
efforts de pédagogie sont à mener autour des sujets du coût du bioclimatisme
(il s?agit de ne pas éluder les surcoûts en phase amont, mais plutôt montrer
l?effet dans une approche optimisée en coût global), de ses bénéfices, de son
appropriation et son acceptation par les parties prenantes (on note un
décalage entre la conception du bioclimatisme et la réalité des usages
impliquant de mieux accompagner les phases d?exploitation, de vie des
aménagements et des constructions)
les enjeux de formation des acteurs de la filière, alors même que les principes
et pratiques du bioclimatisme sont relativement bien documentés.
3. Une quinzaine de questions et freins identifiés aux différentes étapes de
l?aménagement, avec en miroir des solutions à développer ou à faire mieux
connaître (voir chapitre suivant).
2.4 POURSUITE DES TRAVAUX
Vers un référentiel de l?urbanisme bioclimatisme ou du bioclimatisme en
aménagement ?
Au final, amener des réponses, illustrations et éléments de méthodes sur l?ensemble
de ces sujets permettrait de produire un référentiel du bioclimatisme en
aménagement, à une autre échelle que celle du bâtiment et de la construction. Il
n?existe en effet pas de tel référentiel aujourd?hui, et cela pourrait constituer un
objectif pour de futurs travaux collectifs.
Vers la constitution d?une communauté pérenne d?échanges entre les acteurs
ultramarins de l?aménagement ?
Les échanges ont également permis d?exprimer la volonté collective de mieux partager
les pratiques et les cas d?usage du bioclimatisme dans la durée.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 12
Au-delà de la question du bioclimatisme, les participants ont regretté l?absence,
jusqu?à présent, de canaux d?échanges constitués et formalisés entre les acteurs de
l?aménagement des différents territoires ultramarins, qui permettraient pourtant le
partage de réflexions communes, la fertilisation croisée, la réplication et
l?enrichissement des méthodes et des outils utilisés en aménagement, etc. La poursuite
d?un dispositif comme le Lab2051 et son inscription dans le temps permettrait de
répondre à ce besoin, sous réserve d?en préciser et valider les modalités d?animation
et de gouvernance.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 13
3 FOCUS SUR LES FREINS ET
LEVIERS AUX DIFFERENTES
ETAPES DE L?AMENAGEMENT
L?analyse menée durant les ateliers du Lab a été organisée en considérant que les
questions du bioclimatisme se posaient de manière différente selon les étapes de
l?aménagement.
Les freins rencontrées et questions posées ont ainsi été abordés selon logique de ! pas
à pas " tel que décrit ci-dessous. Ils sont précisés dans les paragraphes qui suivent.
? Les éléments proposés (freins et pistes de solutions) sont le fruit d?une réflexion
collective préliminaire qui méritera d?être précisée et approfondie ; à cet égard, ils ne
peuvent donc pas être considérés comme exhaustifs et stabilisés, mais constituent
une base de travail solide pour la suite des réflexions.
3.1 PHASE AMONT (PLANIFICATION / PROGRAMMATION)
Freins
Frein n°1 : les règles d?urbanisme ne sont pas toujours favorables au bioclimatisme en
matière de densité, de limitation des hauteurs?
A titre d?exemple, les études aérauliques réalisées sur une opération à la Possession
(Réunion) montrent qu?une conception aéraulique optimisée conduirait à concevoir
des bâtiments sur pilotis, à définir une densité d?occupation au sol réfléchie, à avoir
un épannelage des bâtiments varié, à prévoir des circulations d?air avec des brèches
urbaines et des ouvertures avec une orientation de façade orthogonale au vent
dominant? ce qu?un règlement de PLU ! classique " ne permet pas en intégralité. La
prise en compte de ces différentes orientations au sein d?un PLU pourrait permettre
aux conceptions urbaines futures de favoriser des quartiers bioclimatiques.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 14
Frein n°2 : Envisager l?aménagement bioclimatique couplé à l?utilisation de matériaux
géosourcés, biosourcés ne va pas toujours de soi
Les techniques associées à l?utilisation de matériaux géosourcés ou biosourcés n?ont
pas toujours bonne presse (low tech, perçues comme moindre qualité confort,
intimité). C?est le cas par exemple à Mayotte. Ning Liu (Building For Climate) cite à cet
effet les récents travaux de l?Atelier d?urbanisme international qui constatent que les
logements en matériaux locaux, géosourcés et biosourcés ne correspondent pas aux
aspirations des mahorais et leurs manières de vivre actuelle. Mourad Amadi
(Communauté d?agglomération du Grand Nord) évoque également l?exemple du pisé
ayant une connotation rétrograde pour les habitants mahorais.
Frein n°3 : La programmation ! classique " n?offre pas toujours les conditions
favorables au bioclimatisme
Cela sous-entend par exemple que les programmations n?arrivent pas toujours à
envisager le bioclimatisme a une plus grande échelle que celle du bâtiment, en
particulier en secteur résidentiel.
Pistes de solutions à développer
Solution n°1 : Développer des OAP ! bioclimatiques ",
C?est ce qui a été proposé dans le cas de l?ÉcoQuartier Coeur de ville, sur le territoire
de La Possession, engagé depuis 2012 dans une démarche d?urbanisme bioclimatique.
L?OAP permet des prescriptions à l?échelle de l?îlot urbain. Plusieurs OAP ont été ainsi
présentées pour chaque îlot urbain en reprenant les différentes règles en termes
d?implantation, d?orientation. Un référentiel urbanisme bioclimatique est d?ailleurs
annexé au PLU de La Possession.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 15
! FOCUS PROJET : Référentiel urbanisme bioclimatique annexé au
PLU de La Possession
La Possession a annexé à son PLU un référentiel ! développement durable et
changement climatique ". Comme en témoigne l?extrait ci-dessous, ce référentiel est
un outil d?aide à la conception, mettant l?accent sur l?approche bioclimatique, à la
croisée des préoccupations de confort (thermique, visuel, aéraulique), d?énergie et de
maîtrise des impacts sur le changement climatique. Les annexes comportant le
référentiel sont disponibles via le lien suivant : Annexes PLU La Possession.
La présence de ce référentiel au sein du PLU témoigne d?une évolution dans la manière
dont le bioclimatisme est abordé. Celui-ci, comme évoqué précédemment, était
principalement associé à la conception de bâtiments ! individuels ". Cependant,
l?émergence de ce type de référentiel suggère que le bioclimatisme est désormais
envisagé à une échelle plus large, ses principes étant intégrés dès la phase de
planification urbaine.
Extrait du référentiel ! développement durable et changement climatique " annexé au PLU de La Possession
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 16
Solution n°2 : Analyser les modes d?habitat locaux
Il s?agit de mieux retranscrire les modes d?habiter créole dans un contexte urbain
dense et prendre en compte la diversité des contextes sociologiques sur un même
territoire.
A La Réunion par exemple, ce mode d?habiter créole s?organise autour de trois lieux
de vie : ce que l?on montre (le jardin ou la véranda où on accueille les invités), la maison
(qui permet plus de proximité, de familiarité) et enfin l?arrière-cour (espace le plus
intime). Pour répondre à ce mode de vie et mieux intégrer le mode d?habiter créole,
Audrey Meynier évoque la nécessité d?avoir des ! espaces tampons " entre les
appartements et l?espace public.
Solution n°3 : Sensibiliser et associer les parties prenantes
Cela passe en premier lieu par une sensibilisation auprès des décideurs et de la chaine
d?acteurs de l?aménagement (élus, aménageurs, promoteurs?), mais également auprès
des usagers. Parmi les axes à développer, il s?agit de mettre en avant les bénéfices du
bioclimatisme (en insistant notamment sur l?exposition des territoires ultramarins au
dérèglement climatique) et de montrer que le bioclimatisme n?est pas contradictoire
avec confort de vie et qualité architecturale et urbaine.
Solution n°4 : Proposer une programmation audacieuse par la mixité d?usage
Celle-ci peut prendre la forme d?une programmation plus ! fine " intégrant une mixité
d?usage permettant un confort d?usage compatible avec les contraintes du
bioclimatisme. A ce titre, le projet sur la ZAC Tigre-Maringouins porté par l?EPFNA
(Guyane) propose une programmation développant la mixité d?usage qui, par une
approche fine des modes d?occupation des différents espaces, permet la ventilation
naturelle sans renoncer au confort, en limitant l?effet des nuisances sonores
notamment.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 17
! FOCUS PROJET : La programmation audacieuse de la ZAC Tigre
Maringouins
Le projet de la ZAC Tigre Maringouins se situe sur un secteur qui cumule plusieurs
contraintes de site (ancienne carrière, présence d?une décharge et de terrains
militaires). Le schéma directeur vise à valoriser les espaces naturels (mise en place de
trames vertes et bleues) et à créer un nouveau maillage de quartier.
Le plan guide d?aménagement propose une vision d?ensemble à 2050, avec plusieurs
quartiers créés autour d?un lac central, dont le quartier de la ZAC Tigre créée en 2021
(40 ha, 1000 logements, une programmation développant la mixité d?usage), qui en est
au stade projet sur le plan technique (travaux prévus pour la saison sèche 2024). Les
grands principes sont les suivants : respect du relief naturel, gestion des eaux pluviales
au niveau le plus superficiel possible, courtes distances, espaces cessibles adaptés aux
opérateurs économiques.
Le cahier des préconisations urbaines, architecturales et paysagères propose des
principes de bioclimatisme favorisant une implantation des bâtiments en fonction des
vents dominants.
Il n?est pas toujours possible de réaliser ce type d?implantation sur l?ensemble du
plan masse ; il s?agit alors de proposer également des dispositifs techniques
créant de l?ombrage supplémentaire (débords de toitures, couvertures des
coursives et des cages d?escalier au-delà du R+2, utilisation de palettes végétales
pour augmenter les protections solaires en coeur d?îlot ou pour les haies).
Le bioclimatisme consiste aussi à favoriser la porosité de l?architecture (25%
minimum par façade selon la RTAA-DOM), à assurer une transversalité de la
ventilation, y compris dans les espaces collectifs qui servent de percée visuelle
et de ventilation.
Concernant l?isolation, il s?agit d?éviter les matériaux inadaptés au climat
équatorial (métaux, plastiques) et d?encourager l?usage de matériaux locaux : le
bois, mais aussi la brique de latérite (brique de terre compressée stabilisée ?
BTCS) qui bénéficie depuis peu d?une ATEX notamment sur les murs porteurs
jusqu?au R+1.
L?enjeu est également de favoriser l?appropriation par les usagers et d?anticiper
les éventuels conflits d?usage, principalement sur le bruit (activités nocturnes).
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 18
Récapitulatif
FREINS SOLUTIONS PROJET EXEMPLAIRE INNOVANT
Règles d?urbanisme pas toujours
favorables au bioclimatisme
Développement d?OAP
bioclimatiques // Sensibilisation
de la chaîne d?acteur
ÉcoQuartier La Possession à La
Réunion
Techniques qui n?ont pas toujours
bonne presse
Analyser les modes d?habitat
locaux / Sensibiliser les habitants
Programmation classique
Programmation plus
! audacieuse "
ZAC Tigre-Maringouins (EPFNA)
alliant bioclimatisme et mixité
d?usage
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 19
3.2 PHASE AMONT (ETUDES PREALABLE / INGENIERIE)
L?absence d?études adaptées, ou a contrario, la nécessité de renforcer la conduite
d?études préalables, sont ressorties au cours des échanges comme étant des freins
dans la conception bioclimatique, notamment à cause des surcoûts que de telles
études impliquent. Pourtant, les échanges ont confirmé que pour réaliser des
aménagements bioclimatiques efficaces, la réalisation d?un certain nombre d?études
est indispensable.
Freins
Frein n°4 : Une commande publique pas toujours ambitieuse
La commande publique ne se donne pas toujours les moyens nécessaires pour réaliser
des études permettant un bioclimatisme efficace ; alors que la conception
bioclimatique nécessite des analyses spécifiques amont des besoins et des contraintes
(acoustiques, sociologiques, aérauliques?), la rédaction de cahier des charges ad hoc,
et la capacité à identifier les prestataires en mesure de réaliser ces études. Il en va de
même pour le recours aux matériaux locaux, biosourcés/géosourcés qui nécessite une
approche qui sort des standards de la commande publique.
Frein n°5 : Des surcoûts liés aux différentes études (études aérauliques, modes
d?habiter, sociologiques?).
La réalisation d?études supplémentaires, pour mieux appréhender les enjeux du
bioclimatisme, est en effet susceptible d?entraîner des surcoûts, dans les phases
amont (prestations intellectuelles, capteurs, modélisations et simulations, enquêtes de
terrains, etc.). Au-delà des surcoûts d?études, on peut également relever un impact
potentiel sur les calendriers des projets. Mais il est important que ces surcoûts et délais
supplémentaires soient abordés dans une approche en coût global (voir plus loin).
Frein n°6 : Des phases de conception qui doivent mieux appréhender la réalité des
usages (notamment les questions sociologiques, culturelles, patrimoniales?),
C?est le cas en prenant en compte par exemple le mode de vie créole (cf. freins
identifiés pour les phases de programmation), avec des choix de conception qui ne
correspondent pas toujours aux aspirations de la population et leur manière de vivre.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 20
Frein n°7 : Des concepteurs qui doivent être mieux formés
Par exemple, il y a un important travail de pédagogie à mener auprès de certains
techniciens, maitres d?oeuvre, etc. qui sont peu sensibilisés et formés aux pratiques du
bioclimatisme et exercent des pratiques standardisées parfois peu adaptées aux
contextes climatiques, urbanistique et architecturaux locaux.
Il s?agit notamment de mieux porter à connaissance des documents de référence, des
exemples probants?
Frein n°8 : Des freins règlementaires persistants
A titre d?exemple, Anziz Ahmed Abdou évoque des programmes de production de
terres fertiles locales contraints par des règlementations, des stratégies cadres qui
sont d?ordre national et européen et qui ne sont pas adaptées aux enjeux des Outre-
Mer. Tout l?enjeu est donc de pouvoir disposer de solutions opérationnelles, pouvant
par exemple bénéficier de dérogations ou d?une règlementation locale adaptée, qui
pourront s?appliquer au contexte des DOM.
Pistes de solutions à développer
Solution n°5 : Innover et expérimenter dans la commande publique.
L?initiative du TCO et du Cerema de constitution d?une communauté d?acteurs de
l?aménagement sur la question de l?innovation de l?aménagement bioclimatique dans
la commande publique à La Réunion tente de répondre au frein d?une commande
publique peu ambitieuse.
Les outils existent mais sont soit peu connus, soit considérés difficiles à mettre en
oeuvre.
Solution n°6 : Prévoir les études techniques et sociologiques nécessaires
Il apparaît comme nécessaire de revoir la mission de MOE et d?identifier les études
nécessaires en amont. Il semble primordial de documenter le fait que les surcoûts
d?études n?amènent pas de surcoût global. Les surcouts peuvent certes peser dans les
phases de conception, mais avec une approche en coût global, ces surcoûts peuvent
être absorbés dans un bilan d?opération.
A titre d?exemple, l?ensemble des participants est d?accord sur le besoin de réaliser
des études de vents dès la phase de conception pour favoriser des trames urbaines
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 21
ventilés, prenant en compte des effets de sites différents en fonction de l?orientation
des vents. Romain Pinaud (EPFNA) précise que cette prise en compte des vents peut
s?appuyer sur des études de Météo France.
Solution n°7 : Réaliser des enquêtes sociologiques en amont du projet pour
s?intéresser au profil des futurs habitants.
Il s?agit de s?assurer que la conception bioclimatique (espaces publics, espaces privés)
prenne en compte la grande variété de contextes sociologiques qui peuvent être
présents sur un même territoire et qui auront un impact sur la manière dont les
habitants, usagers s?approprieront les principes du bioclimatisme.
Solution n°8 : Documenter les RetEx sur le volet économique
Il est important de pouvoir disposer d?éléments concrets et vérifiables sur la réalité
des surcoûts perçus du bioclimatisme, dans une approche en coût global qui prenne
en compte la durée de vie des constructions, aménagements, équipements, qui
intègrent les aménités ainsi que les coûts évités (surcoûts d?entretien, d?exploitation,
de remplacement en cours de vie).
Solution n°9 : S?appuyer sur les référentiels existants
Une base de connaissance fournie, traduite dans des référentiels existants tels que
ECODOM +, le guide de végétalisation des abords des bâtiments (réalisé par AQUAA)
? sont à disposition des concepteurs ; ceux-ci doivent être mieux connus et utilisés
dans la conception.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 22
! FOCUS PROJET : La conception urbaine bioclimatique et la
définition d?une trame urbaine aéraulique au sein de
l?ÉcoQuartier Coeur de Ville (La Possession)
L?ÉcoQuartier Coeur de Ville est un quartier pilote sur le territoire de La Possession,
engagé depuis 2012 dans une démarche d?urbanisme bioclimatique qui s?appuie
sur une démarche d?aide à la conception urbaine, architecturale, paysagère et
d?aide à l?évaluation. L?ÉcoQuartier, dont l?aménagement est en cours, se
développe sur 37 ha de friches agricoles et propose une programmation urbaine
qui projette 1800 logements ainsi que des équipements, des commerces, des
bureaux?
Il y a eu plusieurs étapes dans la conception bioclimatique, notamment en ce qui
concerne la création d?une trame urbaine aéraulique prenant en compte les vents
dominants.
ÉcoQuartier Coeur de ville, La Possession
?! 1re étape : une station météorologique a été installée sur le site pendant
plusieurs mois afin de définir l?intensité et les orientations dominantes des vents.
A La Réunion, les vents dominants sont les alizés, mais il convient également de
prendre en compte les effets très locaux des brises thermiques.
?! 2ème étape : à partir du plan masse, une maquette urbaine reproduisant
l?ensemble des bâtiments et la topographie du site a été réalisée. Cette maquette
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 23
a été soumise à des tests en soufflerie au sein du laboratoire Eiffel à Paris (Société
Aérodynamique Eiffel, filiale du CSTB) afin d?étudier les performances aérauliques
et d?analyser toutes les conditions pour la meilleure ventilation naturelle possible,
favorisant au maximum les champs de pression et permettant les circulations d?air
suffisantes à l?échelle du bâtiment pour créer une sensation de rafraîchissement
sur la peau (débit d?air qui doit être d?au moins 1 m/s).
Les enseignements à l?échelle urbaine sont les suivants :
Pour s?assurer la bonne prise en compte de la ventilation naturelle dans la
conception, il est indispensable de disposer de données météorologiques
ainsi que d?informations relatives à l?environnement, à l?urbanisation
périphérique, à la topographie du site et à l?organisation interne des
bâtiments.
Pour une conception aéraulique optimisée, divers enseignements sur
l?interaction entre les bâtiments avec les effets de sillage ont été obtenus.
Dans le cas de l?ÉcoQuartier Coeur de Ville, les choix de conception ont été
les suivants : mise sur pilotis les bâtiments, réflexion poussée sur la densité
d?occupation au sol, variation de l?épannelage des bâtiments, création de
circulations d?airs à travers des brèches urbaines et des ouvertures orientées
orthogonalement au vent dominant sur les façades.
Pour garantir le droit de construire tout en assurant le confort thermique, il
est indispensable d?établir des règles opposables. Cela implique la
traduction de ces règles, souvent empiriques et/ou issues de la recherche-
action et des tests en soufflerie, dans les documents d?urbanisme (PLU,
OAP). L?OAP est un outil particulièrement adapté, permettant des
prescriptions à des échelles pertinentes, notamment à celle de l?îlot urbain.
Dans le cas de l?ÉcoQuartier Coeur de Ville, plusieurs OAP ont ainsi été
élaborées pour chaque îlot urbain, reprenant ces règles en termes
d?implantation, d?orientation, etc. Cette traduction doit aussi se faire dans
les outils d?aide à la conception.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 24
Récapitulatif
FREINS SOLUTIONS
PROJET EXEMPLAIRE
INNOVANT
Commande publique pas
toujours ambitieuse ne se
donnant pas toujours les moyens
de réaliser les différentes études
Pousser l?innovation dans la
commande publique
Initiative du Cerema et du TCO
de constituer une communauté
d?acteurs de l?aménagement
Surcoûts liés aux études
Une partie de ce surcoût peut
être absorbée dans un bilan
d?opération
Mauvaise appréhension des
usages
Réalisation d?enquêtes
sociologiques
3.3 PHASE DE REALISATION
Les échanges du groupe de travail ont permis de convenir que l?aménagement et la
construction bioclimatique étaient difficilement dissociables d?une recherche de
recours aux matériaux biosourcés/géosourcés et/ou locaux ? y compris dans la filière
végétale (même si dans l?absolu il est possible de réaliser un bâtiment bioclimatique
avec le recours de matériaux de construction classiques). En effet, dans le contexte de
tension sur l?approvisionnement des ressources, les matériaux biosourcés sont
renouvelables, et participent souvent au développement économique local.
NB : compte tenu de la diversité des territoires ultramarins et de leurs ressources, et
donc de la nature et de la disponibilité des matériaux biosourcés et les matériaux
locaux, il conviendra d?adapter la réflexion à chaque situation.
Freins
Frein n°9 : Des surcoûts sont identifiés quant à l?utilisation de matériaux locaux ou
géosourcés/biosourcés, avec néanmoins des disparités locales.
Ces surcoûts sont bien souvent liés à la disponibilité des ressources (ex : rareté de
certaines ressources comme le bois dans certains territoires ultramarin, structuration
d?approvisionnement ou compétition avec d?autres usages) et à des techniques de
transformation et de mise en oeuvre de ces matériaux qui nécessitent des savoir-faire
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 25
et process rares et/ou oubliés, ou encore plus chronophages, sans parler des
problématiques de certification et d?agrément (voir ci-après).
Frein n°10 : Des problématiques de normalisation et de référentiel sont également été
évoquées
Tous ces matériaux ne bénéficient pas encore d?ATEX. Par exemple, le torchis, une
technique vernaculaire à Mayotte vise actuellement une ATEX expérimentale pouvant
potentiellement ouvrir à la normalisation.
Frein n°11 : L?approvisionnement local n?est pas toujours assuré, de nombreuses filières
sont encore à organiser.
D?après Elsa Masse, si déjà les certifications ne suivent pas, alors les producteurs non
plus, et l?offre n?est donc pas présente. L?exemple précis de la bagasse montre que la
filière est organisée majoritairement pour une valorisation en biomasse, ce qui ne
permet pas de répondre aux besoins de la construction.
D?après l?ensemble des membres du groupe de travail, les matériaux
biosourcés/géosourcés sont souvent connotés négativement en ne correspondant pas
aux aspirations de la population. Mourad Amadi prend à ce titre l?exemple du pisé, qui
a une connotation rétrograde pour les habitants mahorais, ce qui n?incite pas les
acteurs économiques à développer des solutions avec ces matériaux.
Frein n°12 : Les filières d?approvisionnement en végétaux ne sont toujours pas prêtes
à répondre aux besoins du bioclimatisme
Les végétaux participent au bioclimatisme des aménagements en permettant le
rafraîchissement. Mais leur utilisation se retrouve également confrontée à certains
obstacles comme une maturation parfois insuffisante et une résistance qui nuisent à
leur tenue et empêchent un bon rafraîchissement. Ainsi, des végétaux encore chétifs
aux abords d?un bâtiment ne participent pas au bon fonctionnement bioclimatique
du bâtiment.
Pistes de solutions à développer
Concernant les freins identifiés relatifs aux matériaux locaux et/ou biosourcés,
plusieurs pistes de solutions ont été envisagées par les participants :
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 26
Solution n°10 : Développer des certifications adaptées aux outre-mer.
A titre d?exemple le projet de la ZAC Tigre-Maringouins a prévu d?utiliser un matériau
local pour l?isolation, la brique de latérite (brique de terre compressée stabilisée ?
BTCS) qui bénéficie depuis peu d?une ATEX.
En parallèle, il pourrait être proposé une présence du CSTB en Outre-mer, présence
qui permettrait de lever les problèmes de normalisation et de référentiel des
matériaux. C?est en effet le CSTB qui délivre les certifications et permet d?évaluer si
un bâtiment est aux normes. Ainsi, sa présence en outre-mer permettrait de faciliter
la délivrance d?ATEX et de certification, grâce à connaissance plus fine des contextes
locaux.
Solution n°11 : Renforcer les filières locales de matériaux géosourcés/biosourcés
Voir plus haut.
Cela passe par une meilleure connaissance des ressources locales, des pratiques
vernaculaires, et un travail de concertation avec les acteurs de ces filières
(producteurs, distributeurs, transformateurs, artisans).
Solution n°12 : Associer/sensibiliser les habitants à la conception/réalisation/finition
des projets et mettre en avant des projets de bâtiments et espaces remarquables et
attractifs conçus avec des matériaux connotés négativement.
A titre d?exemple, Gaëlle Faguet évoque que depuis 2017 il existe à Mayotte un
programme de bâtiments scolaires recourant aux matériaux géosourcés et
développant des filières locales.
Solution n°13 : renforcer et préparer les filières locales du végétal
On constate l?emploi des végétaux qui peuvent s?avérer inefficaces dès les premiers
temps s?ils ne sont pas suffisamment matures. La mise en place de dispositifs tels que
des contrats de culture devrait se généraliser. À titre d?exemple, l?EPFA a mis en place
un dispositif de contrat de culture (prenant la forme d?un marché avec les
pépiniéristes) avec pour objectif de ne plus avoir d?arbres chétifs et d?anticiper ainsi
leur phase de croissance, afin qu?ils puissent être à taille adulte lors de leur plantation,
et ainsi, pouvoir contribuer au rafraîchissement.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 27
Récapitulatif
FREINS SOLUTIONS
PROJET EXEMPLAIRE
INNOVANT
Problématiques de certifications
et de référentiels
Développement de certifications
adaptées et présence du CSTB en
Outre-mer
BTC en Guyane bénéficiant d?une
ATEX
Problématique autour de
l?acceptabilité de certains
matériaux connotés
Sensibiliser les habitants et
réaliser des bâtiments
remarquables avec ces matériaux
Programme de bâtiments
scolaires à Mayotte recourant aux
matériaux géosourcés
Maturation insuffisante des
végétaux
Mise en place de contrats de
culture
EPFA Guyane qui a mis en place
un contrat de culture permettant
aux végétaux de contribuer dès le
départ au rafraîchissement
3.4 PHASE APPROPRIATION / SUIVI / EXPLOITATION
Le bioclimatisme peine à convaincre car il existe de nombreux contre-exemples où les
bâtiments ou aménagements n?ont pas répondu aux attentes, et ont parfois conduit
ultérieurement à des modifications (structurelles, d?usage?) ou au recours à des
équipements en contradiction avec les principes initiaux de bioclimatisme.
Pour que le bioclimatisme puisse être efficace dans la durée, il est nécessaire d?une
part que les usagers en connaissent les principes, et d?autres part que des règles de
suivi et d?exploitation soient adoptées, dans la durée, par l?ensemble des acteurs
concernés (occupants, syndics, entreprises chargées de l?entretien des espaces privés,
exploitants des espaces publics, etc.).
Freins
Frein n°13 : Une méconnaissance du bioclimatisme par les usagers est souvent
constatée et génère des pratiques contreproductives tout comme des préjugés sur un
moindre confort.
A titre d?exemple, comme l?indiquait Audrey Meynier (GIP Ecocité), les habitants ne
savent pas toujours utiliser un logement avec des persiennes et des brasseurs d?air ce
qui peut entraîner des dysfonctionnements dans les échanges thermiques et
hygrothermiques, d?où des sensations d?inconfort.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 28
Frein n°14 : Les règles de gestion des espaces végétalisés sont mal connues et
n?intègrent pas suffisamment les besoins du bioclimatisme
Cela peut conduire par exemple à des coupes qui ne garantissent plus les ombrages
requis pour le rafraîchissement. La modification de la palette végétale dans le temps
peut également conduire au même effet.
Pistes de solutions à développer
Solution n°14 : Développer l?accompagnement des usages.
Un meilleur accompagnement des usages permettrait de garantir l?efficience de la
conception. Une bonne appropriation entraîne des gains en termes d?économie
d?énergie, le bon entretien de ces espaces par les habitants entraîne également pour
la communauté des coûts de gestion minimisés. Frédéric Adolphe propose de relancer
la présence d?équipes de maîtrises d?oeuvre urbaines et sociales qui accompagneraient
les bénéficiaires à intégrer leurs nouveaux espaces de vie, comme ce fut le cas des
équipes MOUS pour les opérations de RHI (lutte contre l?habitat indigne et dégradé).
Il apparaît également nécessaire comme l?indique Audrey Meynier (GIP Ecocité)
d?associer les futurs habitants le plus en amont possible et les sensibiliser aux bons
réflexes d?usage des espaces bioclimatiques.
Solution n°15 : Se doter d?un référentiel d?exploitation et de gestion (bâtiments,
communs, espaces publics).
Le retour d?expérience de La Possession réalisé par Audrey Meynier montre qu?il est
nécessaire de mettre en place un référentiel exploitation/gestion y compris pour
l?entretien des jardins. En effet, si l?on veut que cette végétation participe au confort
thermique, il faut un accompagnement à travers un référentiel gestion pour pérenniser
les démarches innovantes en conception.
Ce référentiel, qui énoncerait des recommandations, voire des règles de gestion,
pourrait prendre la forme d?une charte et/ou de cahier des charges à destination des
gestionnaires.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 29
3.5 PHASE D?EVALUATION
Freins
Frein n°15 : Les pratiques d?évaluation des projets bioclimatiques ne sont pas
suffisamment développées
La conséquence est qu?il est difficile de rendre tangible les bénéfices du bioclimatisme
(économique, environnemental, sur la santé, etc.), et dans certains cas, d?expliquer
pourquoi certaines opérations n?ont pas bien fonctionné.
Pistes de solutions
Solution n°16 : La réalisation d?enquêtes de satisfaction à destination des usagers et le
monitoring du confort
A titre d?exemple, quand la première tranche du site ÉcoQuartier La Possession est
sortie de terre, il a été convenu de faire un retour d?expérience sur le confort
hygrothermique. Des capteurs ont donc été posés dans les pièces de vie accompagnés
d?une enquête de satisfaction à destination des usagers (problèmes de nuisance
sonore, olfactives, intimités etc.).
Solution n°17 : Le développement d?un cadre d?évaluation performancielle et la
relation entre performance technique, performance économique et confort.
L?évaluation performancielle est complémentaire de la mise en place d?un référentiel
d?exploitation/gestion (voir plus haut), qui nécessite un d?avoir un suivi sur le long
terme et la vie du quartier. En complément de cette évaluation performancielle, une
évaluation plus qualitative permettrait d?évaluer la mise en oeuvre des projets, leur
opérabilité, leur efficacité, mais également la réplicabilité au niveau des territoires.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 30
! FOCUS PROJET : L?évaluation du confort thermique au sein de
l?ÉcoQuartier Coeur de Ville (La Possession)
Le projet présenté auparavant - cf. partie ! Phase amont (étude préalable/ingénierie)
- étant une démarche expérimentale, la nécessité de questionner l?efficience des
outils mis en place est donc apparue.
Ainsi, quand la première tranche de l?ÉcoQuartier a été livrée, il a été convenu de
faire un retour d?expérience sur le confort hygrothermique, organisé en deux
temps :
une pose de capteurs dans les pièces de vie ;
une enquête de satisfaction (problème de nuisances sonores, olfactives,
d?intimité) à destination des habitants.
L?objectif de cette évaluation, menée entre novembre 2020 et mai 2022, était de
connaître de façon fine les potentiels d?amélioration pour la conception des
bâtiments et les outils d?accompagnement. Les résultats ont démontré qu?il était
nécessaire s?intéresser davantage à l?usage effectif des bâtiments, et qu?une
conception bien pensée sur le volet bioclimatique n?était pas suffisante. En effet,
les habitants ne savent pas toujours comment utiliser un logement équipé de
persiennes ou de brasseurs d?air, ce qui peut entraîner des dysfonctionnements
dans les échanges thermiques et hygrométriques, provoquant ainsi des sensations
d?inconfort.
Ce retour d?expérience montre qu?au-delà d?outils d?aide à la conception, il est
nécessaire de mettre en place un référentiel exploitation/gestion. Cela vaut
également pour les espaces extérieurs (entretien des jardins). Il faut donc assurer
un suivi sur le long terme tout au long de la vie du quartier.
Cela confirme également l?importance de la gouvernance autour d?un projet
comme celui de l?ÉcoQuartier Coeur de ville. Ce projet bénéficie effectivement de
la coopération entre la commune de La Possession, son aménageur, la DEAL et
l?ADEME. Tous les partenaires publics et parapublics contribuent à la bonne
avancée du projet. Dans cette gouvernance, il est essentiel de ne pas oublier les
habitants et les usagers, et de les associer le plus en amont possible pour garantir
le plus grand niveau d?acceptabilité.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 31
Version papier de l?enquête de satisfaction utilisée
© Retour d?expérience sur le confort hygrothermique
Récapitulatif
FREINS SOLUTIONS PROJET EXEMPLAIRE INNOVANT
Manque d?évaluation des
performances
Réalisation d?enquêtes de
satisfaction
ÉcoQuartier de La Possession :
pose de capteurs
hygrothermiques + enquête de
satisfaction
IDEM
Développement de l?évaluation
performancielle
ÉcoQuartier de La Possession :
Référentiel de gestion de la
végétation
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 32
3.6 EXERCICE DE CLASSEMENT DES FREINS
Un exercice réalisé en séance lors du dernier atelier a consisté à tenter de classer les
freins sur une échelle de 1 à 5 (1 = frein peu critique, 5 = frein très critique). Cette
notation qualitative est à prendre avec prudence car le nombre de votants reste peu
élevé (faible représentativité) et les questions étaient à ce stade posées de manière
assez vague pour certaines, amenant des doutes dans la manière de répondre.
Néanmoins, ces votes fournissement quelques indications dans la ! hiérarchies " des
freins : par exemple, les questions de surcoût de matériaux, les problématiques de
normalisation ou la question des usages sont qualifiés comme étant très critiques,
tandis que les questions de commande publique ou le sujet des règles d?urbanisme le
semblent moins.
Les résultats sont présentés ci-dessous. Tout ceci sera à confirmer ou préciser avec
une étude plus posée.
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 33
4 PERSPECTIVES ? SUITES A DONNER
Les membres du groupe de travail du Lab bioclimatisme et les échanges de ces
quatre ateliers ont mis en lumière le besoin de :
Maintenir une communauté d?échanges sur les pratiques du
bioclimatisme en aménagement ultramarin.
Bien définir le bioclimatisme, en particulier le bioclimatisme ultramarin.
De disposer d?un référentiel sur l?urbanisme bioclimatique axé sur
l?échelle du quartier voire de la ville.
D?intégrer au sein du groupe de travail de nouveaux acteurs, en
particulier martiniquais et guadeloupéens, qui n?ont pas participé aux
échanges de ce premier cycle.
Tous ces éléments sont les témoins d?une dynamique qui doit être poursuivie.
La démarche du Lab Bioclimatisme intervient parallèlement à l?initiative récente
du Cerema et du TCO de constituer une communauté d?acteurs de
l?aménagement sur la question de l?innovation de l?aménagement climatique dans
la commande publique à La Réunion. Une suite de ce cycle d?ateliers permettrait
à ces deux démarches de pouvoir s?enrichir mutuellement.
Axes de travail pour la suite :
5 ANNEXE 1 ? BIBLIOGRAPHIE
NB : les éléments présentés ci-dessous ne visent pas l?exhaustivité et ne sont pas le fruit
d?une étude approfondie de la problématique. Ils sont donnés à titre de repères et
pourront être complétés au cours de l?incubation.
Articles en ligne :
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https://www.caue-martinique.com/un-urbanisme-adapte-au-climat-tropical/)
FAATU J-T. (2016), ! Villes tropicales en métamorphose : ! Ma Ville tropicale de
demain sait rester belle dans le temps ", Outre mers 360 (Accès :
https://outremers360.com/planete/villes-tropicales-en-metamorphose-ma-ville-
tropicale-de-demain-sait-rester-belle-dans-le-temps)
FAATU J-T. (2016), ! Villes tropicales en métamorphose : ! Répondre aux besoins
des populations locales " ", Jessy Rosillette, Outre mers 360 (Accès :
https://outremers360.com/planete/villes-tropicales-en-metamorphose-repondre-
aux-besoins-des-populations-locales-jessy-rosillette)
FAATU J-T. (2016), ! Profil de la Ville tropicale ultramarine ", Outre mers 360
(Accès : https://outremers360.com/societe/profil-de-la-ville-tropicale-ultramarine)
FAATU J-T. (2016), ! Villes tropicales en métamorphose : ! Je l?ai vu évoluer, se
transformer, s?effriter, être délaissée ", Outre mers 360 (Accès :
https://outremers360.com/societe/villes-tropicales-en-metamorphose-je-lai-vu-
evoluer-se-transformer-seffriter-etre-delaissee)
FAATU J-T (2016), ! Villes tropicales en métamorphose : ! Une ville où je me sens à
l?aise, en sécurité et où il fait bon vivre ", Outre mers 360 (Accès :
https://outremers360.com/planete/villes-tropicales-en-metamorphose-une-ville-
ou-je-me-sens-a-laise-en-securite-et-ou-il-fait-bon-vivre)
FAATU J-T (2016), ! EXPERTISE. Urbanisme : Quelques clés pour appréhender la
créolisation urbaine à la Martinique ", Outre mers 360 (Accès :
https://outremers360.com/bassin-atlantique-appli/expertise-urbanisme-quelques-
cles-pour-apprehender-la-creolisation-urbaine-a-la-martinique)GROLLIER B.
(2022), ! L'Ecocité de La Réunion lance une vaste consultation d'urbanisme
tropical ", Les Echos (Accès : https://www.lesechos.fr/pme-regions/outre-
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1779004)
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 34
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 35
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villes-tropicales-eoliennes-vent-aeraulique-experimentation-la-possession-ile-
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Ouvrages :
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(Accès :
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énergétique des bâtiments amazonien : Ecodom + " (Accès :
https://www.guyane.developpement-
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(Accès : http://www.aquaa.fr/wp-content/uploads/2021/10/Guide-construction-
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Bardoux E (2021), ! La conception bioclimatique des bâtiments du rectorat de
Mayotte, un équilibre entre confort et respect de l?environnement ", Sciences de
l'ingénieur (Accès : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03619610/document)
DGTM (2020), ! Guide pour une meilleure prise en compte de l?environnement
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https://side.developpement-durable.gouv.fr/GUYA/doc/SYRACUSE/788607/guide-
RAPPORT DU LAB2051 ? Restitution du cycle d?ateliers page 36
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