Palmarès étudiants pour inspirer les territoires
Auteur moral
France.Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
<span style="color: rgb(17, 17, 17); font-family: -apple-system, Roboto, SegoeUI, "Segoe UI", "Helvetica Neue", Helvetica, "Microsoft YaHei", "Meiryo UI", Meiryo, "Arial Unicode MS", sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; background-color: rgb(243, 243, 243); text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial; display: inline !important; float: none;">Le<span> </span></span><strong style="font-size: 14px; line-height: var(--cib-type-body1-stronger-line-height); font-weight: bold; font-variation-settings: var(--cib-type-body1-stronger-font-variation-settings); color: rgb(17, 17, 17); font-family: -apple-system, Roboto, SegoeUI, "Segoe UI", "Helvetica Neue", Helvetica, "Microsoft YaHei", "Meiryo UI", Meiryo, "Arial Unicode MS", sans-serif; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; background-color: rgb(243, 243, 243); text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial;">Palmarès Palpite</strong><span style="color: rgb(17, 17, 17); font-family: -apple-system, Roboto, SegoeUI, "Segoe UI", "Helvetica Neue", Helvetica, "Microsoft YaHei", "Meiryo UI", Meiryo, "Arial Unicode MS", sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; background-color: rgb(243, 243, 243); text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial; display: inline !important; float: none;"><span> </span>valorise les travaux étudiants sur les ruralités, encourageant l'innovation et la créativité pour répondre aux défis écologiques, démographiques et numériques. Il rassemble une diversité de projets, récompensant les meilleures initiatives avec des prix et des bourses, et vise à renforcer le lien entre les jeunes et les territoires ruraux à travers une plateforme nationale.</span>
Descripteur Urbamet
aménagement du territoire
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement rural
Texte intégral
PRÉSENTATION DES LAURÉATS
Palmarès
étudiants
pour inspirer
les territoires
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Un Palmarès pour soutenir
et valoriser les travaux étudiants
dans les ruralités
ÉDITO
Étudiants, vous constituez aujourd?hui la
force vive du pays et de nos territoires :
demain, professionnels et chercheurs,
c?est avec vous que s?inventeront les récits
et projets qui constituent les piliers des
solutions futures. Vous faites en effet
rayonner une certaine idée de la ruralité,
qui se défait des préjugés : une ruralité
innovante, créative, où il fait bon vivre,
qui réinvente ses liens avec la biodiversité.
Une ruralité au coeur des enjeux de
demain.
Ces enjeux sont nombreux : aux premières
loges des changements climatiques et
face aux transitions démographiques,
numériques, écologiques, énergétiques,
les ruralités cherchent une trajectoire loin
des sentiers battus, des idées préconçues
ou des récits déjà trop entendus. Je suis
convaincue que vous, étudiants de tous
horizons, êtes des atouts pour contribuer
à accompagner les évolutions de nos
campagnes, petites villes et villages, et
ainsi renforcer l?action des programmes
à destination des ruralités, en particulier
France Ruralités ou Petites villes de demain.
J?ai souhaité, à travers la mise en place du
Palmarès Palpite, encourager les étudiants
et professionnels de demain à se saisir
des territoires ruraux pour y mener vos
travaux de fin d?études.
Ce Palmarès, c?est d?abord une formidable
invitation faite à l?ensemble des étudiants
de France : découvrir les mondes ruraux
qui constituent leur pays, faits de petites
villes dynamiques, campagnes agricoles
ou industrielles et de villages en pleine
transformation. Vous avez là des terrains
d?une immense diversité, et où se posent
avec une acuité incomparable tous les
grands défis contemporains.
Palpite est, aussi, l?occasion de mettre en
lumière la diversité et la qualité des
travaux des étudiants portés sur les
ruralités. Il vise à rassembler une matière
immense, issue des travaux des jeunes sur
nos territoires, jusque-là sous-exploités
et pourtant porteurs d?une richesse
créative qu?il convient de faire connaître
à sa juste valeur. J?ai souhaité faire de ce
palmarès une voie de diffusion et de
valorisation de l?ensemble des travaux,
afin de les rendre accessibles à toutes les
personnes qui travaillent sur nos ruralités.
Ce sera aussi un lieu de dialogue partagé
entre toutes les disciplines qui s?inté-
ressent à un objet commun ? les ruralités,
et autour d?une envie partagée ? celle de
mieux les connaître et d?agir ensemble en
leur faveur.
Dominique Faure, Ministre déléguée
chargée des Collectivités territoriales
et de la Ruralité
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Le palmarès des étudiants pour inspirer les
territoires ? Palpite ? est une initiative nationale
à destination des étudiants travaillant sur
et dans les ruralités.
Organisé par la Ministre déléguée, chargée des
Collectivités territoriales et de la Ruralité, il valorise
des travaux des étudiants qui s'engagent dans
les ruralités et contribuent à y faire émerger
des idées nouvelles.
Dans ce contexte, Palpite propose de rassembler la communauté des étudiants et
des futurs professionnels qui s?engagent pour documenter et imaginer les ruralités,
et contribuent à y faire émerger des idées nouvelles. Loin de constituer un ensemble
unique et uniforme, les ruralités sont fruits d?une pluralité des modes de vie, des
paysages, des géographies et des économies locales, qui en font la richesse et la
complexité. Agroécologie, bifurcation économique, réduction des inégalités sociales,
habitat, services publics, commerce, mobilités, artisanat, patrimoine, les champs à
investir sont multiples, au service de la qualité de vie des habitants et de la transition
écologique des territoires ruraux.
Opéré par le GIP Europe des projets architecturaux et urbains, Palpite est développé
en partenariat avec le ministère de la Culture, le ministère de la Transition écologique,
l?Agence nationale de la cohésion des territoires, notamment en écho aux grands
programmes Petites villes de demain et Villages d'Avenir, les associations d?élus (APVF,
AMRF, AMF), ainsi que les associations étudiantes et les fédérations d?universités et
écoles.
Palpite se construit sur deux partis-pris fondamentaux :
? Il s?adresse à l?ensemble de la communauté étudiante, quelle que soit la discipline ;
? Il vise à constituer une base de données inédite et un espace de dialogue
interdisciplinaire pour les étudiants intéressés par les Ruralités.
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01
Plusieurs travaux pourront être accompagnés par
l?octroi d?une ou plusieurs bourses doctorales afin
de poursuivre les recherches amorcées dans le
cadre d?un mémoire, ou par le financement d?un
prototype.
RASSEMBLER
UNE PLATEFORME
NATIONALE
02DIFFUSER
LE PALMARÈS DES PLUS
BEAUX TRAVAUX
03METTRE EN RÉSEAU
LA «COMPAGNIE»
DES JEUNES
04ACCOMPAGNER
DE L?IDÉE AU PROJET
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À la fois plateforme de diffusion, levier de valorisation des approches les plus innovantes et voie
d?accompagnement des étudiants, Palpite est un dispositif ambitieux pour renforcer le lien entre les
jeunes et la recherche-action dans les territoires ruraux et petites villes.
L?ensemble des travaux reçus est rendu public sur
une plateforme accessible à tous. L?objectif est de
faciliter le lien entre jeunes professionnels et
collectivités territoriales.
Palpite propose une valorisation nationale des
travaux sélectionnés à travers cinq prix: le Grand
Prix du jury (2 500 ¤), deux Prix spéciaux (1 000 ¤),
un Prix d'honneur, décerné par la marraine de
l'édition 2023 (1 000 ¤), un Prix du public (1 000
¤) et une mise en valeur importante : exposition,
publication et diffusion sur les réseaux sociaux
institutionnels etc.
Palpite est l?occasion de fédérer ses participants
autour d?initiatives construites pour les étudiants
dans les petites villes et territoires ruraux :
hackathon, rencontres, etc. Ces évènements
pourront mobiliser des équipes d?étudiants autour
d?une problématique au coeur du débat local et
national.
Découvrez l?ensemble des dossiers en ligne sur la plateforme suivante :
https://bit.ly/plateforme-palpite
https://palmares-palpite.wiin.io/fr
https://bit.ly/plateforme-palpite
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La première édition du Palmarès Palpite a rassemblé 104 dossiers, répartis sur
l?ensemble du territoire français (49 départements, 13 régions). Architectes, paysagistes,
designer, urbanistes, géographes, sociologues, journalistes, les étudiants de toutes
disciplines ont fait montre de la richesse de leurs travaux dans les petites villes et
les campagnes.
À travers ces travaux de réflexion, de conception et d?analyse, les ruralités apparaissent
comme des fers de lance de la transition écologique, à la fois lieux premiers de la
relocalisation des systèmes agricoles et alimentaires, creusets de l?invention de
nouveaux modes de gestion des ressources en eau et d?utilisation des ressources
locales, territoires accueillant pour le patrimoine vivant et la culture.
Dans ce portrait sensible et incarné de la France par les étudiants qui la sillonnent,
ce sont aussi des approches innovantes pour répondre aux vulnérabilités des territoires
ruraux qui émergent: des propositions pour accompagner le changement de modèles
économiques et touristiques, pour trouver des voies de mobilités collectives et
accessibles pour tous, ou encore pour donner une seconde vie aux patrimoines
remarquables nichés dans les coeurs de bourgs.
Les ruralités, fers de lance
de la transition écologique
ÉDITION 2023
Parmi tous ces dossiers, le palmarès 2023 récompense cinq lauréats, remarquables
par le déploiement d?une réflexion forte sur les grandes transitions contemporaines,
qu?elles soient écologiques, démographiques et numériques, une attention réelle
portée aux spécificités des territoires ruraux, à leurs récits, mais aussi par leur capacité
à monter en généralité, ou à inspirer d?autres démarches à travers leurs résultats.
Dorothée Barba,
productrice de
l?émission Carnets
de Campagne sur
France inter,
marraine de
l?édition 2023 du
Palmarès Palpite
« Je suis très fière d?être la marraine de la première promotion de Palpite.
Parce que mon émission, Carnets de Campagne, a un point commun
essentiel avec ce palmarès : l?inspiration. Tous les jours ou presque, des
auditeurs et auditrices nous écrivent pour nous dire que l?émission leur a
donné envie de se lancer. Leur a donné envie de se demander : et si je faisais
la même chose chez moi, dans mon coin ? Une épicerie associative pour
dynamiser le centre bourg. Un éco-lieu pour sensibiliser à la biodiversité.
En écoutant des gens qui se remontent les manches, quelque part en
France, on a envie de se lancer aussi, chez soi. »
Retrouvez l'émission « Carnets de campagne » sur France Inter le 12 avril 2024,
consacrée aux lauréats du Palmarès Palpite.
https://bit.ly/plateforme-palpite
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UN PORTRAIT SENSIBLE
DE LA FRANCE DES RURALITÉS
PAR 104 PROJETS ÉTUDIANTS 104
Projets déposés
pour la première édition
5
Projets lauréats
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L?agriculture, l?agroforesterie
et la souveraineté alimentaire
CHIFFRES CLÉS
de candidatures
en équipe
d'étudiants en architecture,
paysage, design
d'étudiants en urbanisme,
géographie, sociologie,
anthropologie
d?étudiants en journalisme
25 %
LES FORMATS
DES PROJETS REÇUS
78 %
20 %
de projets
de fin d'études
de mémoires
de travaux video-
photographiques
2 %
LES PROGRAMMES DE L'ANCT
CONCERNÉS PAR
LES CANDIDATURES
43 6
Petites villes
de demain
Territoires
d'industrie
Action coeur
de ville
4
16 15 14
9
8 7 4
814
La gestion de l?eau
comme ressource vitale
et énergétique, mais aussi
en tant que risque
La culture, la valorisation
du patrimoine local
matériel et immatériel
Le cadre de vile, la
revitalisation et l'habitat
Les coopérations territoriales
et la planification
Les mobilités douces et
partagées dans territoires
peu denses
La reconversion
et la transformation
Le tourisme, les territoires
post-touristiques
et les flux migratoires
L?utilisation des ressources
locales biosources, géosourcés
et les filières de réemploi
LES CARACTÉRISTIQUES
DES ÉTUDIANTS CANDIDATS
80 %
19 %
1 %
LES THÉMATIQUES LES PLUS ABORDÉES
sur 104 projets reçus
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LES PROJETS
LAURÉATS
GRAND PRIX
LES PAYSAGES DE L?APRÈS-SKI
Quel devenir pour la station de ski de Ventron ?
CAMILLE OPPÉ, MARIE DZIECHCIARZ, ENSA Nancy (Projet de fin d?études)
Ventron (Meurthe et Moselle, Grand Est)
PRIX DU PUBLIC
LES PIERRES D?IRANCY
Un réseau de maisons vacantes réinvesties
ELENA CADOUIN, ENSA Paris Val de Seine (projet de fin d?études)
Irancy (Vienne, Bourgogne, Programme Villages d?Avenir)
PRIX DE LA MARRAINE
L?EAU ET SES USAGES DANS LE PÉRIGORD NONTRONNAIS
Circulations des savoirs et gestion collective
CLARA SOLEIHAVOUP, ENSAD (projet de fin d?études)
Nontron (Dordogne, Nouvelle-Aquitaine, Programme Petites villes de demain)
PRIX SPÉCIAL ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
LES PIEDS DANS L?EAU
Architecture palliative pour territoire menacé
PAUL BLOTIN, ENSA Clermont-Ferrand (projet de fin d?études)
Bouin (Vendée, Nouvelle-Aquitaine)
PRIX SPÉCIAL « NOUVELLE APPROCHE »
DES VULNÉRABILITÉS AUX STRATÉGIES D'ADAPTATION
Penser autrement les villes petites et moyennes
MATHILDE CASSAGNE, CAMILLE DUHAMEL, INÈS FILLONEAU, GABRIEL POULAIN,
SARAH VERDUN, Université Paris 1 ? Panthéon Sorbonne (atelier professionnel)
Ruffec (Charente, Nouvelle-Aquitaine, Programme Petites villes de demain)
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GRAND PRIX
LE PAYSAGES DE L'APRÈS-SKI
Quel devenir pour la station de ski de Ventron ?
CAMILLE OPPÉ ET MARIE DZIECHCIARZ, ENSA Nancy (projet de fin d?études)
Ventron (Meurthe-et-Moselle, Grand Est)
LA STATION FRÈRE-JOSEPH,
UN CAS D?ÉTUDE PRIVILÉGIÉ
Imaginez un lieu paisible, enveloppé par une
épaisse brume, laissant à peine entrevoir le toit
d?un hôtel, les sommets des épicéas en second-
plan et deviner, au loin, les contours de quelques
lignes de télésièges. Avec ces indices, nous pouvons
aisément deviner que nous sommes dans une
station de ski. Pourtant, les pistes de ski sont vides :
l?endroit est calme et les remontées demeurent
immobiles. En réalité, nous sommes dans les
Vosges, à Ventron et plus précisément dans la
station de ski Frère-Joseph, fermée à l?hiver 2020,
en partie à cause du manque de neige de plus en
plus accru. Cette situation, est également le reflet
de ce que connaissent de plus en plus de stations
vosgiennes et plus largement françaises. Ainsi,
symbole de l?histoire du ski dans les Vosges, la
station Frère-Joseph s?est imposée comme un cas
d?étude privilégié pour ce projet de fin d?études
s?intéressant aux possibilités d?adaptation des
territoires de montagnes face aux changements
climatiques.
01
Schéma directeur des intentions de
projet autour de la station et du
village de Ventron.
Carte, visites sur le terrain, entretiens,
ressources rassemblées, Qgis, C. Oppé
et M. Dziechciarz
Esquisse de la station Frère-Joseph avec sa chapelle, son hôtel et ses pistes de ski.
Dessin d?après visite, C. Oppé et M. Dziechciarz
Ce projet propose de considérer
l'effacement progressif de
l'activité de ski, non pas comme
une fatalité, mais comme une
opportunité pour les territoires.
Dans ce sens,
le territoire
autrefois vivrier
ne dépendrait
plus uniquement
du tourisme,
mais le tourisme
lui, dépendrait
du territoire.
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AU COEUR DES VOSGES,
LE DÉCLIN DES STATIONS DE SKI
41 % des stations de ski présentes au début du
siècle dernier ont désormais disparu dans les
Vosges. Pourtant, si le poids économique du ski
paraît être sur toutes les lèvres, il semblerait, en
réalité que le tourisme, tel qu?il est pensé
aujourd?hui, ait des retombées économiques
limitées et partielles sur les territoires. Ainsi, ce
projet propose de considérer l?effacement
progressif du ski, décrit par beaucoup comme un
coup de massue, comme une opportunité pour
les territoires de montagnes. Ainsi, la disparition
progressive de l?or blanc pourrait s?avérer être un
rebond afin de repenser le tourisme comme une
ressource à l?origine d?une économie vertueuse.
Dans ce sens, le territoire autrefois vivrier ne
dépendrait plus uniquement du tourisme, mais le
tourisme lui, dépendrait du territoire.
02
LA SINGULARITÉ DES
TERRITOIRES COMME
OUTIL D?ADAPTATION
AUX CHANGEMENTS
La proposition de ce projet vise, non pas à stopper
le tourisme, mais à en repenser les logiques en se
basant sur la mise en valeur des ressources du
territoire. Ainsi, la reconversion d?une station serait
forcément différente d?une autre, chacune d?entre
elle mettant en avant une ressource particulière
du territoire. C'est à partir de ce constat, que la
problématique de ce projet s?est dégagée, à savoir :
En quoi les spécificités d?un territoire peuvent-
elles constituer un socle solide pour l?adaptation
des stations de ski de moyennes montagnes face
aux changements sociétaux, climatiques et
économiques ?
Ainsi, dernière image de la mutation vers les
paysages de l?après-ski, le tremplin en contrebas
du village se transforme dans ce projet en témoin
de l?histoire des sports d?hiver. Et la station,
ancienne ferme-auberge, s'esquisse à nouveau
comme un lieu de mutualisation au service du
territoire. Un espace de production fromagère se
dessine d?une part et une vitrine des savoir-faire
de l?autre. L?ensemble s?articule autour d?une pièce
majeure : le paysage, dont la valorisation consti-
tuait une part majeure du projet.
03
L?INTERCONNEXION DES TERRITOIRES
Ce projet propose de décentrer le regard, en observant Ventron,
non plus comme un cas isolé mais comme maillon d?un écosystème.
Convaincues que le particulier ne prend de sens que par le commun,
nous avons changé notre manière de penser en regardant Ventron
non plus comme un cas isolé mais comme étant le maillon d?un
écosystème. La station de ski, ayant joué un rôle majeur dans le
développement du massif et du village, doit pour nous rester une
pièce centrale dans l?organisation du territoire.
Mobilisant des connaissances spécifiques, nous avons rencontré :
paysagistes, élus locaux, agriculteurs, météorologue, ... À la manière
des cairns, ces édicules de pierres le long des chemins de randonnée,
le projet s?est adapté, jusqu?à devenir le fruit d?une réflexion
collective.
04
LA FERMETURE DES STATIONS,
UNE OPPORTUNITÉ POUR LA VALORISATION
DU TERROIR
Beaucoup nous dépeignaient, avec un certain pessimisme, l?urgence
de l?instabilité climatique dans laquelle était plongé le massif vosgien.
La même phrase nous était souvent rappelée comme un vieil adage :
une augmentation globale de la température de 1° Celsius
engendrerait la perte d?un mois d?enneigement. Au-delà de la
tristesse de voir les pistes de la station Frère-Joseph se vider de ses
skieurs, c?est l?inquiétude pour le devenir du village et de l?ensemble
du massif qui préoccupent les habitants de ces territoires. C?est
ainsi que notre réflexion de projet à l?échelle architecturale s?est
ouverte au-delà de la station elle-même, à l'ensemble du territoire.
Finalement, comme nous l?a rappelé Pierre-Alexandre METRAL,
doctorant en géographie, « La fermeture des stations, ce n?est pas
un coup de massue mais un coup de fouet pour les territoires de
montagne. »
05
Esquisse du possible futur de la station de ski Frère-Joseph.
Dessin d?après visite, C. Oppé et M. Dziechciarz
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PRIX DU PUBLIC
LES PIERRES D'IRANCY
Un réseau de maisons vacantes réinvesties
ELENA CADOUIN, ENSA Paris Val-de-Seine
Irancy (Yonne, Bourgogne-Franche-Comté, Village d'avenir)
IRANCY, TERRE DE VIGNES
En Bourgogne, dans le département de l?Yonne, à
quelques kilomètres au sud d?Auxerre, se trouvent
le village d?Irancy et ses 400 habitants. Le village
ne peut être mentionné sans évoquer les vignes
qui l?entourent, tant son histoire y est étroitement
liée. Présentes dans la région depuis l?an 300, elles
sont au fondement de sa création. L?économie du
bourg ainsi que son identité culturelle se sont
construites autour de son vignoble et de l?export
de son vin. Encore aujourd?hui, la culture de la
vigne continue d?être sa source principale
d?économie. Les vignes prennent place sur des
terres vallonnées et forment un amphithéâtre
majestueux venant encercler le village. Nichées
au creux de cette vallée, les maisons vigneronnes
du bourg semblent entrer en résonance avec le
paysage.
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Carte des maisons vacantes révinvesties dans le village. Elena Cadouin
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UN PARC DE LOGEMENTS
VACANTS ET INADAPTÉS
En dialogue avec leur environnement et en
réponse au métier de ses habitants, les maisons
du village se sont développées selon une typologie
spécifique: la maison vigneronne à cave. Datant
du XVIe siècle, leur morphologie et leur
organisation spatiale découlent d?une manière
d?habiter et de pratiquer le métier de vigneron
vieux de 400 ans. Par leur architecture, les maisons
vigneronnes du village sont restées figées dans
des usages d?un mode de vie passé. Elles sont
aujourd?hui considérées comme inadaptées aux
usages actuels.
En conséquence, le village, connaît un fort taux
de logements vacants, celui-ci s?élevant à 20 %.
D?autant plus que ce bâti, souvent inhabité depuis
de longues périodes, voit son état de vétusté
s?accentuer de plus en plus intensément au cours
du temps. Les maisons vigneronnes vacantes
constituent un patrimoine architectural et culturel
en péril. À l?image des commerces de proximité
qui ont un à un fermé leurs portes, le village se
vide.
02
RÉINVESTIR POUR RÉANIMER:
LE DÉFI D?IRANCY
Face à l?ampleur de la situation, ce projet se
présente comme l?expérimentation d?une
démarche à suivre pour réanimer un village et
cherche à développer une méthodologie d?action.
Appliquée dans le cadre de ce projet de fin
d?études à Irancy, volonté est faite d?imaginer
qu?elle puisse s?appliquer ailleurs. Nourri par
l?analyse de ce patrimoine et de son histoire ainsi
que de rencontres avec les acteurs locaux et les
habitants, ce projet cherche à dévier les
perspectives d?avenir du bourg vers un horizon
plus optimiste en se demandant :
Comment réanimer le village d?Irancy par le biais
du réinvestissement de ces maisons vacantes ?
03
EXPÉRIMENTER L?URBANISME CIRCULAIRE
DANS UN COEUR DE VILLAGE
Le projet prend la forme d?interventions menées sur sept maisons
du village, allant de la réhabilitation légère à la démolition/
reconstruction. Transformées, cinq de ces maisons viennent former
un réseau de micro-équipements. Les deux autres sont des exemples
d?habitations réhabilitées afin d?y intégrer des usages contemporains.
Tel un travail d?acupuncture urbaine, ces points animés se
développent dans le village et sont reliés par un parcours traversant
les ruelles d?Irancy. Par une attention toute particulière, ce patrimoine
est accompagné au sein d?une mutation lui permettant de s?adapter
à ces nouveaux usages sans perdre sa lisibilité patrimoniale ni ses
qualités esthétiques. La conservation de l?intelligence bioclimatique
de ces maisons vernaculaires, l?utilisation de matériaux locaux ainsi
que le réemploi des moellons issus des démolitions furent au coeur
du processus de réhabilitation. C?est en s?appuyant sur ce qui fait
la valeur et la singularité d?Irancy, que ce projet espère offrir un
souffle nouveau au village.
04
PENSER LA REVITALISATION:
UNE DÉMARCHE MULTI-SCALAIRE
Si la dévitalisation des villages est un phénomène complexe, leur
revitalisation l?est d?autant plus, car ce terme unique recouvre en
réalité une multitude de problématiques à l?origine du mal-être des
bourgs. L?analyse d?Irancy nous a montré, qu?au-delà du nombre
préoccupant de maisons vigneronnes vacantes et vétustes, viennent
se joindre d?autres enjeux majeurs comme l?absence de commerce
et d?équipement de proximité entrainant la disparition d?une vie
de village ou encore l?absence de traitement de l?espace public et
la pollution de celui-ci par un stationnement automobile aléatoire.
Toute stratégie d?action mise en place, aussi aboutie qu?elle soit,
gardera toujours une part d?incertitude et ne pourra jamais garantir
que les résultats escomptés seront obtenus. Néanmoins, un grand
principe est toujours revenu : pour se donner une chance de réussir,
une stratégie de revitalisation doit se présenter comme une action
globale prenant en compte l?ensemble des maux qui touchent le
village, les considérants comme indissociables.
05
Les toits d'Irancy au coeur des vignes.
Photographie, Aurélien IBANEZ, BIVB, Office de Tourisme d?Auxerre
L?économie du bourg ainsi
que son identité culturelle
se sont construites autour
de son vignoble et
de l?export de son vin.
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PRIX DE LA MARRAINE
L'EAU ET SES USAGES DANS LE PÉRIGORD NONTRONNAIS
Circulations des savoirs et gestion collective
CLARA SOLEIHAVOUP, ENSAD
Nontron (Dordogne, Nouvelle-Aquitaine, Petites villes de demain)
LA DORDOGNE, UNE ZONE
STRATÉGIQUE
Le point de départ de ce projet est en Dordogne,
dans le Périgord Vert, au coeur de la Communauté
de Communes du Périgord Nontronnais. La région
du Nontronnais coïncide à l?est avec les reliefs du
Massif Central, à l'ouest avec le Bassin Aquitain et
se trouve en tête de deux bassins versants: celui
de la Charente et celui de la Dordogne. À cheval
sur la ligne de partage des eaux, ce territoire est
stratégique dans l?organisation de la gestion des
eaux pour toute cette région.
Ce travail a été produit au cours du programme
« Design des Mondes Ruraux » implanté à Nontron,
une résidence post-master portée par l?École
Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. Le projet
porte sur les usages de l?eau, il s?intègre dans le
cadre du « Contrat de relance et de transition
écologique », avec comme objectifs particuliers :
la sensibilisation de la population concernant la
question de la protection de cette ressource et
l?incitation des collectivités à mener des initiatives
et des projets locaux en lien avec ces enjeux.
01
« Dans le sens de l'écoulement, les acteurs et actrices en perspective entre la
Charente et la Dordogne ». Carte des acteurs de la gestion de l'eau interprétée
selon l'écoulement des eaux en direction de l'estuaire de la Gironde,
Clara Soleilhavoup
« Un cheval dans un trou », bande dessinée explicitant le cas des eaux
souterraines sur la commune de Sceau-Saint-Angel. Crayon sur papier,
impression papier, Clara Soleilhavoup en collaboration avec le Comité de
Spéléologie de Dordogne (CDS24)
Festival de la Chevêche, participant à un
jeu de sensibilisation sur les thématiques
des risques de sécheresse et d'inondation.
Installation, Clara Soleilhavoup,
photographie, Julie Eymery
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LA GESTION DE L?EAU, ENTRE
LOCAL ET GLOBAL
Le cadre législatif autour de la gestion de l'eau
incite, dès les années 1960, à la concertation des
usagers, élus, habitants dans les actions de
protection, de planification et d'utilisation de la
ressource. Pourtant, face à la mutation des paysages
et du climat, des imaginaires très contrastés, entre
abondance et absence, creusent un sentiment de
dépossession chez les usagers et usagères. La gestion
des eaux est affaire de socle, de particularités
biophysiques régionales, d?usages et de pratiques
locales. Dans le Périgord Nontronnais, l?eau porte
une histoire culturelle et industrielle riche. Ce sujet
retrace la complexité d?un territoire qui a le devoir
de se raccorder à des politiques publiques globales,
tout en composant avec ses spécificités locales.
À partir d?un double constat, mêlant inquiétudes
et difficultés de lecture du paysage, ce travail
entend favoriser la compréhension du paysage par
les habitants et les usagers, afin defaciliter leur
implication.
02
CARTOGRAPHIER LE PAYSAGE
DE L?EAU, UN ENJEU MAJEUR
L?enquête sur les usages de l?eau nous a
progressivement menés vers une cartographie
sensible de la multitude d?acteurs de la gestion de
l?eau. Comment rendre compte de toutes ces
personnes, représenter non seulement les
interactions, mais également l?organisation géo-
graphique et la gouvernance qui les unissent ?
Comment circule localement cette ressource ?
Quels enjeux sous-tendent l?écoulement des eaux
sur ce territoire ?
De l?imaginaire aux communs, comment les repré-
sentations paysagères participent à la gestion des
eaux ? En quoi la compréhension du paysage
engage la mobilisation collective autour de cette
ressource ?
03
IDENTIFIER, ÉCOUTER ET RASSEMBLER
LES USAGERS ET ACTEURS DE LA GESTION
DE L?EAU
Ce travail combine enquête, narration et installations. Je suis partie
à la rencontre de celles et ceux qui, de près ou de loin, participent
à la gestion des eaux. J?ai tenté de collecter, à travers le dessin,
chacune des histoires et connaissances émanant de leurs pratiques.
Cette collecte avait pour but de créer un espace commun où faire
circuler leurs savoirs. Grâce à la production de cartes, nous avons
pu ensemble appréhender la circulation des eaux et situer les
différentes entités gestionnaires. Pour engager les discussions, des
installations de sensibilisation conviviales ont été élaborées. Parmi
elles, un jeu de quilles revisité visant à mieux comprendre les enjeux
des risques, ou encore un bar à « eaux de vie » regroupant diverses
eaux du territoire, qu'elles proviennent des souterrains, des
canalisations ou d'autres sources, afin d?interroger le parlement
local de l'eau et la prise en compte de leurs voix. Je me suis attachée
à rendre compte de toutes ces rencontres dans une série de dépliants,
une documentation sensible qui incarne le coeur de l?engagement :
l?activation des pratiques de gestion par le partage et la transmission
des savoirs du territoire.
04
L?INTELLIGENCE COLLECTIVE AU SERVICE
DE PROJETS INNOVANTS
À l?issue de ce travail, nous remarquons que la représentation et
l?imaginaire sont décisifs dans la compréhension d?un territoire.
Plus encore, ces représentations permettent la mise en lumière de
l'intelligence collective en place sur ce territoire. En mobilisant le
dialogue et l?échange, le dessin permet d?ouvrir un espace commun.
Les documents produits ont vocation à transmettre les savoirs
collectés tout au long de l?enquête, ces connaissances qui émanent
de la rencontre entre différents acteurs et actrices. À travers ce
projet, il apparaît que la compréhension du paysage de l'eau et des
relations qui le façonne, permet l'engagement dès aujourd'hui de
projets communs.
05
Carte des acteurs de la gestion de l'eau, annotée après un entretien avec Gérard
Savoye, président de la Communauté de Commune du Périgord Nontronnais.
Scans et impressions papier, Clara Soleilhavoup
En mobilisant le dialogue et
l?échange, le dessin permet
d?ouvrir un espace commun.
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PRIX SPÉCIAL ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
LES PIEDS DANS L?EAU
Architecture palliative pour territoire menacé
PAUL BLOTIN, ENSA Clermont-Ferrand (projet de fin d?études)
Bouin (Vendée, Nouvelle-Aquitaine)
BOUIN, UN VILLAGE
SUBMERSIBLE
Bouin, petit village vendéen, résiste aux assauts
de la mer depuis 15 siècles déjà, notamment à
travers une digue édifiée au XVIIIe siècle, qui a
transformé en marais les alentours de l'île
historique. Si le caractère insulaire de l'île perdure
dans les traditions et la culture locale, et ressurgit
dans certaines figures vernaculaires, le danger que
peut représenter la mer semble lui bien oublié. Le
consensus scientifique actuel, représenté dans ce
travail par le rapport du GIEC, témoigne d'une
réalité toute autre. La montée du niveau de la mer
pourrait atteindre 2 m d'ici à 2100, 15 m en 2300
selon les pires scénarii. Le village de Bouin va donc
subir des phénomènes climatiques de grandes
ampleurs et de plus en plus récurrents, susceptibles
de causer sinistres matériels et pertes humaines
durant le siècle prochain. En parallèle, la montée
progressive du niveau de la mer pourra menacer
jusqu'au lien même avec le continent, transformant
le site en presqu'île puis en île, avant ? peut-être ??
de le submerger complétement.
01
Carte territoriale du marais breton vendéen. Carte, Paul Blotin
Grange fourragère, logements d'urgence et embarcadère. Collage, Paul BlotinAire de pleine nature et citerne enterrée.
Collage, Paul Blotin
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S'ADAPTER POUR HABITER
Face à ce constat, que faire ? L'hypothèse, sur le
papier logique, d'un départ progressif de ce
territoire menacé et menaçant, afin de migrer les
peuplements humains vers des zones côtières plus
reculées, va à l'encontre d'un attachement fort et
historique des habitants du marais breton vendéen
à leur territoire. Entre la présence de la mer, la
richesse de la biodiversité locale et l'histoire des
activités humaines qui ont contribué à le rendre
habitable, l'enjeu est alors de trouver des voies
d'adaptation du marais face à la renaissance du
risque de submersion marine.
Le point de départ de ce projet est donc un
constat, celui de la conciliation nécessaire entre
les conséquences de la montée du niveau de la
mer, et le souhait des habitants de continuer à
vivre sur leur territoire. Dans ce contexte, les
démarches de sensibilisations aux risques et aux
enjeux du réchauffement climatique auprès des
habitants se doublent d'une démarche d'adapta-
tion du territoire.
02
ANTICIPER LES SUBMERSIONS
Le marais breton vendéen est un rétro-littoral
menacé par la montée du niveau de la mer, mais
aussi une ruralité caractérisée par une multitude
d'acteurs économiques, agricoles, publics voire
politiques locaux, qui défendent des intérêts
souvent divergents et parfois concurrents. Dans
ce contexte, ce projet propose la mise en place
de trois interventions pour entamer un processus
d'adaptation du village-île face aux enjeux
climatiques, en se développant sur des situations
et des temporalités multiples. Chaque édifice
prend place dans un lieu et un temps différent
afin d?explorer différents rapports à la mer : la
crue soudaine, la prairie retro-littorale et la
nouvelle ligne de côte.
03
DES SITUATIONS CONTRASTÉES
Le premier programme, des logements et une auberge en centre
bourg, est une réponse apportée au manque d?habitations du village
qui engendre une décroissance démographique et une mise en péril
de l?école et des commerces. Le classement en zone inondable
inconstructible du marais ne laisse d?autre choix que de densifier
le centre bourg, c?est pourquoi l?édifice remplit une dent creuse au
coeur même de Bouin.
Dans un second temps, le projet propose la mise en place d'une
aire de pleine nature, avec pour objectif de développer une filière
économique touristique aujourd?hui sous développée à Bouin,
pourtant située sur un itinéraire cyclotouristique européen majeur.
Dans un troisième temps, l?embarcadère permettra de préserver
une liaison avec le continent tout en proposant des logements
d?urgence à l?étage afin de faire face aux crues. Ce dernier bâtiment
est évolutif, l?embarcadère succédant à une grange fourragère qui
encouragerait aujourd?hui le développement de la filière locale de
d'élevage bovin.
04
PENSER UNE ARCHITECTURE RÉSILIENTE
Quelles sont les traces que fabrique l'architecture dans ce contexte
si particulier de submersion marine? Si la force des crues est capable
de franchir des digues de plusieurs mètres d'épaisseur, comment
concevoir des édifices qui perdurent dans le temps long ?
Toute stratégie défensive lourde face à la mer apparaît relativement
limitée. Alors, le projet défend une approche reconstructible des
édifices. Plus qu'une simple réponse constructive, c'est l'idée même
de persistance formelle qui est avancée ici.
05
Plans, coupes, axonométrie des projets. Paul Blotin
Chaque édifice prend place
dans un lieu et un temps
différent afin d?explorer
différents rapports à la mer:
la crue soudaine,
la prairie retro-littorale
et la nouvelle ligne de côte.
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PRIX SPÉCIAL « NOUVELLE APPROCHE »
DES VULNÉRABILITÉS AUX STRATÉGIES D'ADAPTATION
Penser autrement les villes petites et moyennes
MATHILDE CASSAGNE, CAMILLE DUHAMEL, INÈS FILLONNEAU, GABRIEL POULAIN, SARAH VERDUN,
Paris 1 - Panthéon Sorbonne / Ruffec (Charente, Nouvelle-Aquitaine, Petites villes de demain)
«FAIRE AVEC» LA DÉVITALISATION
DES VILLES PETITES ET MOYENNES
Dans le cadre de notre master 2 en Urbanisme et
Aménagement à l?Université Paris 1 Panthéon
Sorbonne, nous sommes 5 étudiantes et étudiants
à avoir travaillé, de novembre 2022 à mars 2023,
sur les vulnérabilités sociales et territoriales des
villes petites et moyennes.
Ce travail s?inscrit dans le cadre d?une commande
passée par le programme de recherche collective
PAVIM (Penser Autrement les Villes Petites et
Moyennes) qui est dirigé par des chercheurs et
chercheuses de l?Université Gustave Eiffel. Lancé
en janvier 2021, il vise trois objectifs : mesurer la
rétraction des services et commerces dans les
villes petites et moyennes ; appréhender son
impact sur les habitants et habitantes et analyser
les stratégies publiques comme associatives mises
en oeuvre pour y faire face.
En proposant d?inverser le regard, nous avons
étudié la manière dont les acteurs déploient des
stratégies non pas pour « faire contre » la
dévitalisation mais pour « faire avec », avec pour
terrains d?enquête les communes de Ruffec et
d?Angoulême.
01
Un logement dégradé : illustration des « taudis ruffecois »
(expression d'une personne enquêtée, habitante de Ruffec).
Photographie des étudiantes
8h ? Arrivée à l'espace socio-culturel de Ruffec, La Chrysalide
Nous avons rendez-vous avec Alain, chauffeur du Rurabus, un système
associatif de transport à la demande. Il nous explique comment il
prépare son trajet et organise sa tournée. 48h à l?avance, les usagers
et usagères l?appellent et laissent un message sur son répondeur
téléphonique en indiquant leur lieu de départ ainsi que le lieu et
l?heure de leur rendez-vous. En fonction des demandes, Alain imagine,
de tête, le parcours du jour : les trajets les plus importants comme
les rendez-vous pour des services de santé sont priorisés. La
connaissance du territoire est indispensable pour estimer non
seulement la distance mais également le temps nécessaire pour
parcourir chaque trajet. Mais c?est aussi la connaissance des
habitudes de ses passagers, pour la plupart réguliers, qui est
déterminante pour le bon fonctionnement du service et la satisfaction
de tous.tes.
9h? Départ de la Chrysalide pour la première course de la journée
C'est, en effet, un jeudi : le Rurabus roulera toute la journée. On
récupère en premier une femme d?une cinquantaine d?années qui se rend
chez sa soeur à Verteuil. Le soir, sa soeur la ramènera chez elle.
Sur le trajet, Alain s?arrête pour récupérer un homme d?une
soixantaine d?années. Celui-ci nous explique qu?il utilise le Rurabus
pour aller faire ses courses au Leclerc en périphérie mais qu?il aime
avant tout rester auprès d?Alain dans le Rurabus pendant toute la
tournée. Cela lui permet de rencontrer des personnes et de discuter.
Joyeux et bavard, il entame d?ailleurs tout de suite la conversation
avec la passagère déjà présente. Au fil des montées et des déposes,
la communication entre tous les usager.ères et le chauffeur se fait
naturellement. La plupart sont des habitués et se connaissent bien.
Le Rurabus n?est pas seulement un moyen de transport mais constitue
pour beaucoup un vrai moyen de socialisation. Une petite dizaine de
personnes se succèdent ainsi pour se rendre, pour leur majorité,
du centre-ville de Ruffec au Leclerc située dans sa périphérie.
Si certaines personnes parlent facilement entre elles, d'autres sont
plus timides, notre présence pouvant également apparaître comme
inhabituelle.
11h30? Arrêt à Ruffec
Le Rurabus récupère Christophe, retraité, hébergé chez un proche.
Christophe est contraint d'utiliser le Rurabus en raison du vol récent
de sa moto. Ce dernier nous confie qu'il n'a pas les moyens financiers
d'en acheter une nouvelle.
12h? Une pause s'impose
Après avoir alterné toute la matinée entre conduite pour déposer
les usagers et usagères et attente dans le Rurabus (...) en attendant
de récupérer des personnes, Alain et son acolyte passent un appel à un
restaurant situé dans le centre-ville de Ruffec. Le déjeuner va être
rapide, Alain reprend sa tournée à 14h.
Ces tournées au sein du Rurabus nous ont permis de saisir finement et
localement les différentes vulnérabilités de chacun concernant la
mobilité dans un territoire à dominance rurale. Elles nous ont aussi
permis de rencontrer des usagers et usagères avec lesquels nous avons
pu mener des entretiens et ainsi comprendre, de manière individuelle
et sensible, leurs parcours.
Carnet de route : une demi-journée à bord du Rurabus avec Alain.
Écrit par M. Cassagne, C. Duhamel, I. Fillonneau, G. Poulain, S.Verdun
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RUFFEC,UNE VILLE FRAGILISÉE
La petite ville de Ruffec, bénéficiaire du
programme Petites villes de demain, a constitué
l?un de nos terrains d?étude privilégiés, dans la
mesure où ce territoire présente des signes socio-
économiques de fragilité et fait l?objet d?une action
publique volontaire. Avec ses 3 300 habitants en
2019, Ruffec constitue une centralité urbaine locale
située entre Poitiers et Angoulême. À l?intersection
des trois départements de la Charente, des Deux-
Sèvres et de la Vienne, elle joue ainsi le rôle de
carrefour et de bourg structurant. Son offre
commerciale et de services est importante, aussi
bien dans le centre-ville autour de la place de la
mairie que dans sa zone périphérique. Cependant,
Ruffec est marquée par des fragilités au sein de
son aire urbaine : la commune-centre est
concernée par une baisse et un vieillissement de
la population depuis 1968, une hausse du taux de
chômage chez les jeunes, un taux de pauvreté
élevé ou encore une hausse de la part des familles
monoparentales et une dégradation du bâti en
centre-ville, propice au mal-logement.
02
TERRITOIRES FRAGILES,
HABITANTS ET HABITANTES
VULNÉRABLES ?
Nous nous sommes demandé dans quelle mesure
les fragilités identifiées à Ruffec et à Angoulême
se traduisent par des vulnérabilités dans les modes
d?habiter, de consommer et de se déplacer au
quotidien. Jusqu?à quel point ces vulnérabilités
peuvent-elles trouver des réponses à travers
l?action publique et associative ? Deux facteurs
de vulnérabilités été ciblés en particulier : le genre
et le vieillissement. Notre travail s?est articulé
autour de trois thématiques : être commerçant,
se déplacer au quotidien et se loger.
Avec au total presque 150 personnes interrogées,
ce travail de terrain nous a permis de mieux saisir
la manière dont les vulnérabilités spécifiques au
territoire rural de Ruffec sont vécues, contournées
voire affrontées par les acteurs et actrices qui y
vivent, travaillent, se déplacent, se retrouvent,
consomment. Pour ces trois thèmes, nous avons
analysé les politiques publiques et associatives
menées localement.
03
LES VULNÉRABILITÉS, PHÉNOMÈNES
CUMULATIFS
Notre travail invite à penser les vulnérabilités comme cumulatives et
faisant système. Par exemple, sur les enjeux du logement, les relations
entre fragilités du territoire (notamment dégradation et vacance
des logements en centres-bourgs) et vulnérabilités sont particuliè-
rement évidentes : le mal-logement, souvent étroitement lié à la
vacance et à l'ancienneté du bâti, touche les plus précaires, qui
n?ont pas d?autre choix sur ces territoires que de louer des logements
vétustes. Le mal-logement touche en particulier les ménages de
petite taille, et notamment les femmes dans le cadre des familles
monoparentales en raison du manque de petits logements. Les
personnes âgées, et parmi elles les femmes, sont aussi plus sujettes
aux situations de mal-logement dans la mesure où leurs habitations
peuvent devenir inadaptées à leurs besoins : superficie trop grande,
dégradation progressive du bâti, ou encore manque d'équipements
adaptés.
Ainsi, et au-delà de l'origine géographique et sociale, le genre
apparaît comme un facteur de vulnérabilités d'autant plus fort
lorsqu'il est associé à des vulnérabilités en matière de mobilités
quotidiennes et de logement ?
04
L?action associative apparaît ici,
tant pour Ruffec que pour
Angoulême, comme la béquille
de l?action publique dont le
principal défaut réside dans
l?absence de politiques vraiment
ciblées sur les publics
vulnérables.
L?ACTION ASSOCIATIVE ET SOLIDAIRE:
UNE RÉPONSE AUX VULNÉRABILITÉS
DES VILLES PETITES ET MOYENNES
Ce projet met en avant l?importance des tissus associatifs ainsi que
des solidarités locales et des réseaux, formels et informels, dans les
stratégies d?adaptation des habitants et habitantes de territoires
ruraux. Dans les villes petites et moyennes, vulnérabilités vont
souvent de paire avec solidarités. L?action associative apparaît ici,
tant pour Ruffec que pour Angoulême, comme la béquille de l?action
publique dont le principal défaut réside dans l?absence de politiques
directement ciblées pour lutter contre les vulnérabilités.
05
Directeur de la publication: Jean-Baptiste Marie | Rédacteurs: Florentin Cornée, Hélène Milet, Alix Brodin
Création graphique sur logiciels libres : Figures Libres | Avril 2024
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