Télétravailler davantage : quel effet sur les émissions de CO2 des déplacements domicile-travail ?
GODZINSKI, Alexandre ;TASZKA, Stéphane
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie verte et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">En 2022, 28 % des actifs en emploi ont recours au télétravail. Cette pratique serait plus importante si elle était à leur discrétion : 49 % d'entre eux souhaiteraient télétravailler (ou souhaiteraient continuer) et 38 % jugent que leur poste s'y prêterait. Ce potentiel de télétravail supplémentaire permettrait de réduire les déplacements domicile-travail et donc les émissions de CO2 associées. Cette piste est d'autant plus pertinente que les déplacements domicile-travail se font très majoritairement en voiture, qui est le mode de transport le plus émetteur. Une journée de télétravail permet ainsi d'éviter en moyenne près de 4,5 kgCO2 d'émissions liées aux trajets domicile-travail. <o:p></o:p><br />
Editeur
Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Descripteur Urbamet
changement climatique
;émission atmosphérique
;pollution
;télétravail
;déplacement
Descripteur écoplanete
gaz à effet de serre
;CO2
Thème
Sciences de la terre
Texte intégral
AÉ MT H
En 2022, 28% des actifs en emploi ont recours au
télétravail. Cette pratique serait plus importante si elle
était à leur discrétion: 49% d?entre eux souhaiteraient
télétravailler (ou souhaiteraient continuer) et 38%
jugent que leur poste s?y prêterait. Ce potentiel de
télétravail supplémentaire permettrait de réduire les
déplacements domicile-travail et donc les émissions
de CO2 associées. Cette piste est d?autant plus
pertinente que les déplacements domicile-travail se
font très majoritairement en voiture, qui est le mode
de transport le plus émetteur. Une journée de
télétravail permet ainsi d?éviter en moyenne près de
4,5kgCO2 d?émissions liées aux trajets domicile-
travail.
Deux scénarios d?accroissement du télétravail sont
considérés dans cette analyse. Les réductions
d?émissions de CO2 liées aux déplacements domicile-
travail seraient comprises entre 2% et 10%. Ces
résultats mettent en évidence le caractère vertueux du
télétravail pour l?environnement. Ils ne sont toutefois
qu?illustratifs, dans la mesure où ils ne prennent pas
en compte d?autres effets possibles du télétravail
(émissions du logement, déplacements autres que
domicile-travail, relocalisation du domicile).
Les déplacements domicile-travail représentent en France
4% des émissions de de gaz à effet de serre (GES) [1]. Le
télétravail permet de réduire ces déplacements et les
externalités négatives associées (émissions de CO2,
pollution de l?air, temps, bruit, accidentologie, usure des
infrastructures?).
Le potentiel de réduction des émissions de CO2 des
déplacements domicile-travail permis par un accroissement
du télétravail dépend de deux éléments. Le premier est le
gain d?émissions de CO2, au niveau individuel, lorsque le
télétravail se substitue à une journée sur site. Le second est
la part des actifs ayant recours au télétravail, avec une
ampleur liée aux missions réalisables en télétravail et aux
préférences individuelles en la matière. Ce potentiel a fait
l?objet d?une étude réalisée en collaboration avec le Crédoc
(voir méthodologie).
Télétravailler davantage : queleffet
sur les émissions de CO2 des
déplacements domicile-travail ?
JUILLET 2024
Essentiel
MINISTÈRE
ÉCOLOGIQUE
ET DE LA COHÉSION
DES TERRITOIRES
DE LA TRANSITION
28% DES ACTIFS EN EMPLOI PRATIQUENT
LETÉLÉTRAVAIL EN FRANCE
En 2022, 28% des actifs en emploi déclarent pratiquer le
télétravail (graphique 1). 8% le pratiquent totalement (c?est-
à-dire chaque jour travaillé), 16% le pratiquent régulièrement
(au moins une fois par semaine), et 4% le pratiquent de
manière plus occasionnelle (moins d?une fois par semaine).
Ces proportions confirment les résultats obtenus à partir
d?autres sources [2]. Troisans après la crise sanitaire, le
télétravail reste bien plus pratiqué qu?avant: en 2019, seuls
4% des salariés pratiquaient le télétravail [3]. Lerecours au
télétravail est toutefois plutôt moins répandu en France que
dans les autres pays européens (voir encadré).
Graphique 1: pratique du télétravail en 2022
En%
Lecture: 72% des actifs en emploi de 15ans et plus ne pratiquent pas
letélétravail.
Note: les regroupements sur la pratique du télétravail sont réalisés à partir des
réponses aux questions portant sur le nombre de jours travaillés et lenombre de
jours télétravaillés par semaine en moyenne. La pratique du télétravail est définie
par «totalement» si le nombre de jours travaillés est égal au nombre de jour
télétravaillés, par «régulièrement» si le télétravail est pratiqué au moins un jour par
semaine, par «occasionnellement» sile télétravail est pratiqué moins d?un jour par
semaine et par «non» si le répondant a indiqué ne jamais pratiquer le télétravail.
Champ: actifs en emploi de 15ans et plus, France métropolitaine.
Source: enquête télétravail Crédoc-CGDD, 2022. Calculs réalisés par le Crédoc
Non Occasionnellement Régulièrement Totalement
72
16
8
4
Télétravailler davantage : queleffet sur les émissions de CO2 des déplacements domicile-travail ?
ENCADRÉ
La pratique du télétravail au sein des pays développés
L?Institut allemand IFO [4] a publié une étude menée en avrilet mai 2023 dans 34 pays développés sur la pratique du télétravail.
En moyenne, dans ces 34 pays, le nombre de jours télétravaillés par semaine s?élève à 0,9. En Europe, la France et
leDanemark apparaissent en avant-dernière position, avec une moyenne de 0,6 jour par semaine, devant la Grèce (0,5jour).
Lespays européens qui le pratiquent le plus sont le Royaume-Uni (1,5 jour), puis l?Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande
(1jour). Dans le monde, l?étude montre que les pays anglo-saxons ont davantage recours à cette pratique que la moyenne,
avec 1,7jour pour le Canada et 1,4 jour pour les États-Unis. Les pays d?Amérique latine et d?Amérique du Sud sont dans
lamoyenne, tandis que la pratique est plus faible en Asie.
LES TÉLÉTRAVAILLEURSSONT PLUTÔT JEUNES,
DIPLÔMÉS ET VIVENT DANS LES PÔLES URBAINS
Les taux de télétravail observés par caractéristiques
sociodémographiques sont corrélés aux possibilités et aux
souhaits de télétravailler, dans la mesure où la pratique du
télétravail dépend de ces deux facteurs (graphique2). Pour
tous les groupes sociodémographiques étudiés, les souhaits
de télétravail sont supérieurs aux pratiques, ce qui invite à
considérer des scénarios d?augmentation du télétravail, étudiés
dans la suite de l?analyse.
La pratique du télétravail est quasi identique entre les
hommes et les femmes. La population des télétravailleurs
est plutôt jeune, avec un taux de recours au télétravail
décroissant avec la classe d?âge. Ce taux est de plus 40%
chez les moins de 34ans, contre moins de 25% chez les
plus de 35ans. Le taux de télétravail est plus élevé dans les
pôles urbains, où les populations sont plus jeunes que dans
le reste du territoire [5] et où les emplois sont davantage
propices au télétravail.
Plus le niveau de diplôme est élevé, plus le recours au
télétravail est élevé. Ainsi, parmi les actifs en emploi ayant
un diplôme au moins égal à la licence, un sur deux pratique
le télétravail, contre un sur six pour ceux n?ayant pas le
Lecture: parmi les actifs en emploi de 15 à 24ans, 42% pratiquent le télétravail, 52% estiment qu?il est possible d?exercer leur activité professionnelle
entélétravail, indépendamment de la politique de leur employeur et de leurs préférences, et 64% aimeraient, dans l?idéal, télétravailler.
Note: les pratiques, possibilités et souhaits de télétravail regroupent ensemble toutes les intensités de télétravail (occasionnelle, régulière et quotidienne).
Champ: actifs en emploi de 15ans et plus, France métropolitaine.
Source: enquête télétravail Crédoc-CGDD, 2022. Calculs réalisés par le Crédoc
Graphique 2: pratique, possibilité et souhait de télétravail selon différentes caractéristiques
sociodémographiques en 2022
En%
Ense
mble
Fem
me
De 2
5 à
34 an
s
De 4
5 à
54 an
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Homme
De 1
5 à
24 an
s
De 3
5 à
44 an
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21 21
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51
49
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38
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49
46
22
33
22
24
27
32
ÂgeSexe
Catégorie
socioprofessionnelle Revenus
Catégorie d?aire
d?attraction des villes Niveau de diplôme
Pratique du télétravail Possibilité de télétravail Souhait de télétravail
Télétravailler davantage : queleffet sur les émissions de CO2 des déplacements domicile-travail ?
baccalauréat. Le phénomène est similaire selon la catégorie
socioprofessionnelle: plus d?un cadre sur deux pratique le
télétravail, contre moins d?un ouvrier sur sept. Cette
disparité est également visible par tranche de salaire: plus
il est élevé, plus le recours au télétravail est important. Ces
résultats sont à mettre en regard du caractère télétravaillable
du poste, plus prononcé pour les catégories
socioprofessionnelles élevées. Ainsi, 71% des cadres et
professions intellectuelles supérieures considèrent que leur
poste est télétravaillable, contre 15% des ouvriers.
LES DÉPLACEMENTS DOMICILE-TRAVAIL SONT
RÉALISÉS ESSENTIELLEMENT EN VOITURE
La voiture est de loin le mode principal de déplacement le
plus utilisé pour les déplacements domicile-travail (ce qui
confirme les résultats mis en évidence dans d?autres
analyses, voir notamment [6]), et ce, quelle que soit la
pratique du télétravail (graphique 3). Viennent ensuite les
transports en commun, puis les modes doux (principalement
le vélo et la marche). Les actifs pratiquant le télétravail, parce
qu?ils résident et travaillent majoritairement dans les pôles
urbains, ont davantage recours aux transports en commun.
UN GAIN CO2 DU TÉLÉTRAVAIL BIEN PLUS
IMPORTANT QUAND LA VOITURE EST
LE MODE PRINCIPAL DE DÉPLACEMENT
Les niveaux d?émissions de CO2 sont très contrastés selon
le mode principal de transport utilisé, que ce soit pour les
télétravailleurs ou les non-télétravailleurs. Les émissions
sont ainsi près de quatre fois plus élevées pour les actifs en
emploi qui utilisent la voiture que pour ceux qui utilisent les
transports en commun comme mode principal de
déplacement. Le gain à rester en télétravail, et donc à éviter
des déplacements domicile-travail, est ainsi bien plus élevé
lorsque la voiture est le mode principal de transport.
Lors d?une journée sur site, et bien qu?ils aient un peu
moins recours à la voiture, les télétravailleurs émettent en
moyenne légèrement plus de CO2 lié aux déplacements
domicile-travail que les non-télétravailleurs (4,5kgCO2 contre
4,3kgCO2 par journée) - (graphique 4). L?explication est la
distance parcourue, un peu plus grande pour les télétravailleurs
(distance quotidienne liée aux déplacements domicile-travail
de 42km contre 32km pour les non-télétravailleurs).
UN POTENTIEL DE RÉDUCTION DES ÉMISSIONS
DES DÉPLACEMENTS DOMICILE-TRAVAIL
ENTRE 2% ET 10%
Sur la base des éléments précédents, sur les niveaux
d?émissions ainsi que sur les pratiques, possibilités et
souhaits de télétravail, deux scénarios de développement
du télétravail sont considérés pour évaluer l?impact sur les
émissions de CO2 liées aux déplacements domicile-travail.
La situation de référence est celle observée en 2022.
Dans le premier scénario, dit scénario «additionnel», le
télétravail est accru d?un jour par semaine pour les actifs
pratiquant déjà le télétravail, quelles que soient leurs
préférences en la matière et sous réserve que le nombre
jours télétravaillés reste inférieur ou égal au nombre maximal
de jours télétravaillables déclaré par le répondant.
Cescénario aboutirait à une augmentation moyenne du
télétravail d?un jour par semaine pour un actif en emploi sur
dix.
Dans le second scénario, ditscénario «pratique
souhaitée», tous les actifs en emploi, qu?ils soient
actuellement télétravailleurs ou non, télétravaillent au niveau
idéalement souhaité selon eux, également sous réserve que
le nombre de jours télétravaillés reste inférieur ou égal au
nombre maximal de jours télétravaillables déclaré par le
répondant. Selon les déclarations des répondants, ce
rythme «idéal» correspondrait à une augmentation du
télétravail de l?ordre d?un jour par semaine pour un actif en
emploi sur deux.
Graphique 4 : émissions de CO2 des déplacements
domicile-travail lors d?une journée sur site selon
lemode principal de déplacement et la pratique
ou non du télétravail en 2022
En kgCO2
Lecture: les émissions de CO2 liées aux déplacements domicile-travail
pourun actif utilisant la voiture comme mode principal de transport s?élèvent
lors d?une journée sursite à 6,5kgCO2 pour un télétravailleur et à 5,6kgCO2
pour un non-télétravailleur.
Champ: actifs en emploi de 15ans et plus, en France métropolitaine,
pourlesquels les déplacements sont observés à la fois pour une journée
sursite et pour une journée en télétravail (ce qui exclut les actifs ne pratiquant
jamais le télétravail), et quiutilisent comme mode principal de transport
la voiture, les transports en commun ou un mode doux (vélo, y compris
àassistance électrique, trottinettes, y compris électriques, et marche).
Source: enquête télétravail Crédoc-CGDD, 2022. Calculs réalisés par
leCrédoc
Té
lét
rav
ail
leu
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Té
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Té
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6
5
4
3
2
1
0
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5,6
1,5 1,6
0,9
0,1
4,5 4,3
Voiture
Transports
en commun Modes doux Ensemble
Graphique 3 : mode principal de transport utilisé pour
les déplacements domicile-travail selon la pratique
du télétravail en 2022
En%
Lecture: 80% des actifs en emploi qui ne pratiquent jamais le télétravail
utilisent la voiture comme mode principal pour leurs déplacements domicile-
travail.
Note: le mode principal de transport correspond au mode de transport utilisé
pour parcourir la plus longue distance au cours du déplacement considéré.
Champ: actifs en emploi de 15ans et plus, en France métropolitaine, pour
lesquels les déplacements domicile-travail sont observés, et qui utilisent
comme mode principal de transport la voiture, les transports en commun ou
un mode doux (vélo, y compris à assistance électrique, trottinettes, y compris
électriques, et marche).
Source: enquête télétravail Crédoc-CGDD, 2022. Calculs réalisés par
leCrédoc
Télétravailleurs
Non-télétravailleurs
364 34
80 18 2
Voiture Transports en commun Modes doux
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
www.ecologie.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel?: diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal?: juillet 2024
ISSN?: 22558-493X (en ligne)
Directrice de publication?: Amélie Coantic
Rédaction en chef : Florence Abadia
Coordination éditoriale : Laurianne Courtier
Maquettage et réalisation?: Agence Efil, Tours
au télétravail permettrait une nette baisse de l?empreinte
carbone, notamment quand il est pratiqué à forte intensité.
Ce résultat est toutefois très sensible à certains facteurs,
notamment la décision de déménager loin de son lieu de
travail et le bilan énergétique des bâtiments. Les
caractéristiques des États-Unis, sur les plans géographique
et énergétique notamment, ne permettent pas une
transposition directe des résultats à la France.
Enfin, les effets du télétravail sur la productivité sont
également hors du champ de la présente étude.
RÉFÉRENCES
[1] Déplacements domicile-travail : des émissions de GES très
variables selon les territoires, Insee Première n° 1975, 2023
[2] En 2021, en moyenne chaque semaine, un salarié sur cinq
a télétravaillé, Insee Focus n° 263, 2022
[3] Télétravail durant la crise sanitaire. Quelles pratiques en
janvier 2021 ? Quels impacts sur le travail et la santé ? Dares
Analyses n°9, 2022
[4] Working from Home Around the Globe: 2023 Report, Cevat
Giray Aksoy, Jose Maria Barrero, Nicholas Bloom, Steven
JDavis, Mathias Dolls, Pablo Zarate, 2023
[5] Aires d?attraction des villes: plus de 15-29ans et de cadres
dans les pôles et dans les grandes aires, Insee Première
n°1827, 2020
[6] Comment les Français se déplacent-ils pour aller travailler?
SDES, Datalab Essentiel, avril 2024
[7] Rapport d?analyse - Quel effet du télétravail sur les émissions
de CO2 liées aux déplacements quotidiens?, CGDD/Crédoc,
2023
[8] Étude sur la caractérisation des effets rebond induits par le
télétravail, Ademe, 2020
[9] Climate mitigation potentials of teleworking are sensitive to
changes in lifestyle and workplace rather than ICT usage,
Yanqiu Tao, Longqi Yang, Sonia Jaffe, and Fengqi You,
Proceedings of the National Academy of Sciences, 2023
Alexandre GODZINSKI, SEVS
Stéphane TASZKA, SEVS
Publication réalisée à partir des travaux de
MarianneBLÉHAUT, Élodie LEMAIRE et Solène VIGOUROUX,
Crédoc, pour le CGDD.
Dans le scénario «additionnel», les émissions de CO2
liées aux déplacements domicile-travail seraient réduites
de2% (de 18% sur le champ des seuls télétravailleurs).
Dans le scénario «pratique souhaitée», ces émissions
baisseraient de 10%. Cet effet serait porté pour un tiers par
les actuels télétravailleurs et pour deux tiers par les
«nouveaux» télétravailleurs.
Ces estimations sont des ordres de grandeurs. Defutures
études sur le sujet seraient utiles, d?une part pour prendre en
compte les potentiels effets rebond (voir méthodologie), et
d?autre part pour prendre en compte les autres gains liés à
la baisse des déplacements (pollution de l?air, temps, bruit,
accidentologie, usure des infrastructures?).
MÉTHODOLOGIE
Les résultats sont issus d?une étude pilotée par le CGDD et
réalisée par le Centre de recherche pour l?étude et
l?observation des conditions de vie (Crédoc) [7]. Cette étude
s?appuie sur une enquête en ligne réalisée en septembre et
octobre 2022 auprès de 3000actifs en emploi en France
métropolitaine. Les questions ont porté sur le télétravail et
les déplacements.
L?étude est l?une des premières à s?intéresser
simultanément à différents aspects du télétravail (pratique,
possibilité, souhait, avantages et inconvénients perçus...)
et aux chaînes de déplacement domicile-travail. Elle
permet ainsi de mieux cerner les potentiels de télétravail
et les effets du recours à cette pratique sur les émissions
de CO2 associées à ces déplacements. Elle comporte
toutefois plusieurs limites, notamment en ce qui concerne
les effets rebond potentiels de la pratique du télétravail.
Les chaînes de déplacement domicile-travail, lors d?une
journée sur site, sont supposées inchangées. Par ailleurs,
les effets sur les émissions associées aux autres types de
déplacement ainsi que sur celles des bâtiments sont hors
du champ de l?étude.
Une analyse des différents effets rebond pouvant être
induits par le télétravail est présentée dans un rapport de
l?Ademe [8]. Ainsi, des hausses d?émissions, liées notamment
aux bâtiments, aux déplacements supplémentaires ou aux
relocalisations du domicile, peuvent avoir lieu. Un bilan
quantifié des principaux effets à partir de données
américaines est réalisé dans Tao et al. [9]. D?après cette
étude, et après prise en compte des effets rebond, le recours
https://www.insee.fr/fr/statistiques/7718608
https://www.insee.fr/fr/statistiques/7718608
https://www.insee.fr/fr/statistiques/6209490
https://www.insee.fr/fr/statistiques/6209490
https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/teletravail-durant-la-crise-quelles-pratiques-quels-impacts-sur-le-travail-et-sur-la-sante
https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/teletravail-durant-la-crise-quelles-pratiques-quels-impacts-sur-le-travail-et-sur-la-sante
https://wfhresearch.com/wp-content/uploads/2023/06/GSWA-2023.pdf
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4983000
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4983000
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/comment-les-francais-se-deplacent-ils-pour-aller-travailler-0
https://librairie.ademe.fr/mobilite-et-transport/3776-caracterisation-des-effets-rebond-induits-par-le-teletravail.html
https://librairie.ademe.fr/mobilite-et-transport/3776-caracterisation-des-effets-rebond-induits-par-le-teletravail.html
https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2304099120
https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2304099120
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/rapport_credoc_effet_teletravail_emissions_co2_deplacements_quotidiens_juillet2024.pdf