Conjoncture de l'immobilier. Résultats au premier trimestre 2024

MATHIEU, Benoit

Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">Au premier trimestre 2024, malgré une stabilisation des taux d'intérêt et un assouplissement des critères d'octroi de crédits à l'habitat, la production de crédits nouveaux poursuit son recul et la conjoncture de l'immobilier continue de se dégrader. Sur le marché de l'immobilier ancien, la baisse du nombre de transactions se poursuit, et celle des prix se confirme. Dans le neuf, la construction, notamment de logements individuels, et la commercialisation des logements demeurent à des niveaux très bas alors que les prix poursuivent leur repli. L'emploi salarié continue de reculer dans les activités immobilières, la promotion immobilière et le bâtiment. Les perspectives très dégradées de ces deux derniers secteurs se redressent légèrement ce trimestre.<o:p></o:p></p>
Editeur
Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Descripteur Urbamet
logement ; emploi ; financement du logement ; marché immobilier ; conjoncture ; loyer
Descripteur écoplanete
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
Conjoncture de l?immobilier Résultats au premier trimestre 2024 JUILLET 2024 Au premier trimestre 2024, malgré une stabilisation des taux d?intérêt et un assouplissement des critères d?octroi de crédits à l?habitat, la production de crédits nouveaux poursuit son recul et la conjoncture de l?immobilier continue de se dégrader. Sur le marché de l?immobilier ancien, la baisse du nombre de transactions se poursuit, et celle des prix se confirme. Dans le neuf, la construction, notamment de logements individuels, et la commercialisation des logements demeurent à des niveaux très bas alors que les prix poursuivent leur repli. L?emploi salarié continue de reculer dans les activités immobilières, la promotion immobilière et le bâtiment. Les perspectives très dégradées de ces deux derniers secteurs se redressent légèrement ce trimestre. UN DÉBUT D?AMÉLIORATION DES CONDITIONS DE FINANCEMENT ET UNE PRODUCTION DE CRÉDITS NOUVEAUX TOUJOURS EN RETRAIT Les taux d?intérêt des crédits à l?habitat se stabilisent Au premier trimestre 2024, le taux de l?OAT* 10 ans se replie après avoir été stable au trimestre précédent et après quasiment deux années de hausse. Il s?établit en moyenne à 2,80 %, contre 3,10 % au trimestre précédent et 0,00 % entre 2019 et 2021. Le taux fixe moyen des crédits à l?habitat (y compris renégociations) se stabilise à 3,54 % en moyenne trimestrielle, après huit trimestres consécutifs de nette progression (+ 2,42 points en deux ans). En valeurs mensuelles, il est en légère baisse depuis janvier 2024 (3,50 % en mars 2024 après le point haut de 3,62 % en décembre 2023). Graphique 1 : taux d?intérêt effectifs des crédits à l?habitat et de l?OAT* 10 ans En % * OAT = obligation assimilable du Trésor. Source : Banque de France, calcul SDES Dans un contexte d?assouplissement des critères d?octroi, la baisse de la demande de crédits à l?habitat tend à ralentir Au premier trimestre 2024, selon l?enquête de la Banque de France auprès des banques sur la distribution du crédit, les critères d?octroi de crédits à l?habitat vont dans le sens d?un assouplissement pour la première fois depuis trois ans : le solde d?opinion s?établit à - 22 points, après 0 point au trimestre précédent. Graphique 2 : critères d?octroi et demande de crédits à l?habitat Solde d?opinion des banques (en %) Source : Banque de France, enquête sur la distribution du crédit -0,4 0,0 0,4 0,8 1,2 1,6 2,0 2,4 2,8 3,2 3,6 4,0 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Taux fixes OAT 10 ans -100 -80 -60 -40 -20 0 20 40 60 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Critères d'octroi Demande de crédits + resserrement - assouplissement + augmentation - diminution Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 Dans le même temps, les établissements bancaires font état d?un repli moins fort qu?au trimestre précédent de la demande de crédits (y compris renégociations). Le solde d?opinion correspondant s?établit ainsi à - 33 points (contre - 60 points au quatrième trimestre 2023, et - 91 points au quatrième trimestre 2022). Le recul de la production de crédits nouveaux se poursuit En données CVS-CJO et en glissement trimestriel, la production de crédits nouveaux à l?habitat (y compris renégociations) poursuit son recul (- 12,1 %, après - 6,7 %). Elle s?établit à 28,3 milliards d?euros, soit son plus bas niveau depuis près de dix ans. Le flux de crédits nets (apuré des renégociations et diminué des remboursements de capitaux) demeure négatif (- 3,1 milliards d?euros, après - 1,3 milliard d?euros), les montants de remboursements dépassant ceux des crédits nouveaux. Dans ces conditions, le montant de l?encours de crédits à l?habitat des ménages diminue (- 0,4 %, après - 0,1 % au trimestre précédent) et descend à 1 287 milliards d?euros, soit quasiment son niveau d?il y a un an. Graphique 3 : crédits nouveaux et encours de crédits à l?habitat des particuliers Milliards d?euros, CVS-CJO Source : Banque de France Les durées initiales des crédits immobiliers poursuivent leur réduction En glissement trimestriel, la durée initiale moyenne des crédits immobiliers, hors rachats et renégociations, continue de refluer (- 1 mois comme aux deux trimestres précédents), s?établissant à 262 mois. Graphique 4 : durée initiale moyenne des crédits à l?habitat (hors travaux et prêts relais) Nombre de mois Source : Banque de France C?est le cas également pour la durée moyenne des crédits y compris rachats et renégociations (- 1 mois, après - 2 mois aux deux trimestres précédents). À 258 mois, elle retrouve son niveau du quatrième trimestre 2022. LE MARCHÉ IMMOBILIER DANS L?ANCIEN SE DÉGRADE DE NOUVEAU Le nombre de transactions continue de diminuer Au premier trimestre 2024, en glissement trimestriel, le net recul du nombre annuel de transactions de logements anciens se poursuit (- 5,4 %, après - 6,7 % et - 7,1 %). Le volume de transactions (822 000) est inférieur de 23,2 % à celui observé un an plus tôt et descend à son plus bas niveau depuis plus de 7 ans. Graphique 5 : nombre de transactions dans l?ancien Milliers de logements cumulés sur un an Source : IGEDD, d?après DGFiP et Bases notariales La baisse des prix des logements anciens se poursuit Au premier trimestre 2024, en données CVS et en glissement trimestriel, le repli des prix des logements anciens continue (- 1,6 %, après - 1,8 %). Il est plus marqué en Île-de-France qu?en province (- 2,6 %, contre - 1,2 %) mais comparable entre les maisons et les appartements (- 1,5 %, contre - 1,6 %), à l?exception de Île-de-France (- 3,2 % pour les maisons et - 2,3 % pour les appartements). Sur un an, la diminution des prix s?accentue (- 5,1 %, après - 3,9 %), avec un recul qui demeure plus prononcé en Île-de-France (- 8,1 %, après - 6,9 %) qu?en province (- 4,2 %, après - 2,8 %). Graphique 6 : prix des logements anciens Évolution trimestrielle en % (T/T-1), CVS Source : Notaires-Insee, indice des prix des logements anciens 950 1000 1050 1100 1150 1200 1250 1300 1350 10 20 30 40 50 60 70 80 90 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Crédits nouveaux Encours des crédits à l'habitat Crédits nouveaux Encours des crédits à l'habitat 234 238 242 246 250 254 258 262 266 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Prêts yc rachats et renégociations Prêts nc rachats et renégociations 800 840 880 920 960 1000 1040 1080 1120 1160 1200 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Nombre de transactions -3,0 -2,5 -2,0 -1,5 -1,0 -0,5 0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Île-de-France France métropolitaine Province Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 L?emploi salarié dans le secteur des activités immobilières continue de se contracter En données CVS-CJO et en glissement trimestriel, l?indice de chiffre d?affaires dans les activités immobilières se redresse légèrement après cinq trimestres consécutifs de baisse (+ 1,1 %, après - 4,8 % entre le troisième trimestre 2022 et le quatrième trimestre 2023). Son niveau reste proche de celui du troisième trimestre 2021, alors que l?indice de chiffre d?affaires de l?ensemble des services a augmenté de 20,4 % depuis le troisième trimestre 2021. Graphique 7 : chiffre d?affaires dans l?ensemble des services et les activités immobilières Indice base 100 en 2021, CVS-CJO Source : Insee, indice de chiffre d?affaires Le nombre de défaillances d?entreprises dans les activités immobilières continue de croître au premier trimestre 2024, après leur forte hausse au trimestre précédent (+ 8,1 %, après + 37,2 % en données CVS- CJO et en glissement trimestriel). Il atteint un niveau très élevé (près de 700) qu?il n?avait plus connu depuis 15 ans, après la crise financière de 2008. L?emploi salarié dans les activités immobilières continue de se contracter (- 1,1 % en glissement trimestriel, après - 1,0 %). Avec 255 500 salariés, il se situe 4,7 % en dessous de son point haut du troisième trimestre 2022 (avec 12 600 salariés de moins). À l?inverse, le nombre d?emplois non salariés (64 300) continue de progresser (+ 0,8 % en glissement trimestriel, comme au trimestre précédent), à un rythme cependant plus faible que sur la période 2019-2022 (+ 2,2 % de progression trimestrielle en moyenne). Graphique 8 : emploi salarié et non salarié dans les activités immobilières Milliers d?emplois, CVS Sources : Insee ; Dares 75 80 85 90 95 100 105 110 115 120 125 130 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Activités immobilières Ensemble des services 40 50 60 70 80 90 225 230 235 240 245 250 255 260 265 270 275 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Emploi salarié Emploi non salarié Emploi non salarié Emploi salarié Évolution des loyers L?indice de référence des loyers sert à la revalorisation des loyers en cours de bail. Cet indice est normalement calculé sur la base de l?évolution des prix à la consommation. Toutefois, la loi du 16 août 2022 sur le pouvoir d?achat a établi un plafond à la hausse de cet indice à 3,5 % en glissement annuel entre le troisième trimestre 2022 et le premier trimestre 2024. Sans ce plafond, dans le contexte actuel d?inflation importante, l?indice aurait augmenté, au premier trimestre 2024, de 4,1 % (après + 5,0 % et + 5,7 %), alors que cette hausse n?avait été que de 0,9 % en moyenne sur 2019-2021. Dans ce cadre, le rythme de hausse des loyers des résidences principales ? de l?ensemble du parc, à caractéristiques constantes ? reste stable pour le quatrième trimestre consécutif, à + 2,3 % en glissement annuel (après + 2,2 % et + 2,3 % aux deux trimestres précédents). Graphique 9 : prix dans le marché locatif Évolution annuelle en % (T/T-4) Source : Insee, indice des prix à la consommation, indice de référence des loyers, calcul SDES Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 L?ACTIVITÉ DE LA PROMOTION IMMOBILIÈRE CONTINUE DE SE DÉTÉRIORER La baisse des ventes de logements neufs ralentit Au premier trimestre 2024, les mises en vente de logements neufs à destination des particuliers se redressent après six trimestres consécutifs de très fort repli (+ 7,2 %, après - 50,8 % entre le deuxième trimestre 2022 et le quatrième trimestre 2023, en données CVS-CJO et en glissement trimestriel). Le nombre de logements neufs nouvellement commercialisés s?établit ainsi à 15 730 (contre 26 840 en moyenne sur les cinq dernières années). Dans le même temps, le recul des ventes aux particuliers entamé depuis le deuxième trimestre 2022 se poursuit, tout en ralentissant (- 3,6 %, après - 6,5 % et - 10,6 %). Avec 15 130 réservations, elles sont presque deux fois moins nombreuses (- 47 %) que leur niveau trimestriel moyen des cinq dernières années. Graphique 10 : commercialisation des logements neufs aux particuliers Nombre de logements, CVS-CJO Source : SDES, ECLN Les annulations de réservation en proportion des ventes refluent après deux ans de progression, avec un niveau de 20 % (après un point record de 26 % au trimestre précédent). L?encours de logements neufs proposés à la vente diminue très légèrement (- 0,8 % par rapport au trimestre précédent, après - 2,1 %). Il comprend 129 250 logements, soit 13 % de plus que sa moyenne des cinq dernières années. Le délai moyen d?écoulement des logements neufs poursuit sa hausse (+ 1,2 mois, après + 1,5 mois au trimestre précédent et + 7 mois un an plus tôt) et atteint un point haut, à 25 mois. Ce délai moyen d?écoulement des maisons a triplé depuis le premier trimestre 2022 et s?élève à 3 ans. Les ventes de logements aux institutionnels (ou ventes en bloc) s?élèvent à 13 800 réservations au premier trimestre 2024, en données CVS-CJO. Elles reculent légèrement (- 3,6 %, soit environ 500 réservations en moins) après avoir nettement progressé sur l?ensemble de l?année 2023 (+ 27,0 % entre le quatrième trimestre 2023 et le quatrième trimestre 2022). Leur part dans les réservations totales de logements neufs reste stable, à un niveau élevé de 48 % (contre 20,5 % au deuxième trimestre 2018). Le repli des ventes en bloc observé ce trimestre est légèrement moins prononcé chez les bailleurs sociaux (- 3,3 %, soit environ 400 réservations de moins), que chez les autres institutionnels (- 5,3 %). Les réservations des bailleurs sociaux représentent malgré tout 86 % des ventes en bloc ce trimestre, contre 76 % en moyenne sur les cinq dernières années. Graphique 11 : ventes de logements neufs aux institutionnels Nombre de logements CVS-CJO Source : SDES, ECLN En données brutes cumulées sur un an, la bonne tenue des ventes en bloc (+ 16,8 % par rapport au premier trimestre 2023) ne compense pas la chute des ventes aux particuliers (- 33,4 %). Les réservations totales de logements neufs reculent ainsi de 17,6 %, après une baisse de 22,8 % au trimestre précédent. Elles s?établissent à 120 200 ventes, soit 27,8 % de moins que leur moyenne des cinq dernières années (170 700 ventes). Les prix des logements neufs poursuivent leur repli Au premier trimestre 2024, les prix des logements neufs à destination des particuliers poursuivent leur repli (- 1,2 % sur un an, après - 0,9 %). Cette baisse contraste avec la progression, en glissement annuel, des prix de production de la construction neuve à usage d?habitation (prix conclus entre les maîtres d?ouvrage et les entreprises assurant les travaux) qui s?accentue à nouveau (+ 7,2 %, après + 5,4 et + 3,3 %). Graphique 12 : prix de production de la construction neuve à usage d?habitation et des logements neufs Évolution annuelle en % (T/T-4) Source : Insee, indice de prix de production, indice des prix des logements neufs, calcul SDES 20000 40000 60000 80000 100000 120000 140000 14000 18000 22000 26000 30000 34000 38000 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Mises en vente Ventes Encours de logements proposés à la vente EMises en ventes et ventes Encours de logements proposés à la vente 0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Bailleurs sociaux Autres acquéreurs E - 2,0 - 1,0 0,0 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 6,0 7,0 8,0 9,0 10,0 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Prix de production Prix des logements neufs Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 La nette dégradation de l?activité et de l?emploi de la promotion immobilière se poursuit En données CVS-CJO et en glissement trimestriel, l?indice de chiffre d?affaires du secteur de la promotion immobilière continue de fléchir nettement (- 4,8 %, après - 5,5 %), comme depuis le quatrième trimestre 2022. Il recule de 9,7 % par rapport à son niveau d?un an plus tôt. Il diverge depuis le troisième trimestre 2021 de l?indice de chiffre d?affaires de l?ensemble des services (- 13,5 %, contre + 20,4 % sur la période). En données brutes et en glissement annuel, les effectifs salariés dans la promotion immobilière continuent de se contracter (- 9,7 %, après - 7,3 %) à l?inverse de ceux de l?ensemble du secteur privé, en légère progression (+ 0,6 %, après + 0,5 %). Avec 28 400 postes, les effectifs dans la promotion immobilière redescendent à leur niveau d?il y a six ans. Graphique 13 : chiffre d?affaires et effectifs salariés de la promotion immobilière Indice base 100 en 2021, CVS-CJO Effectifs salariés en fin de trimestre Source : Urssaf, calcul SDES, Insee, indice de chiffre d?affaires LES MISES EN CHANTIER DEMEURENT AU PLUS BAS DANS LE RÉSIDENTIEL ET LE NON-RÉSIDENTIEL Les mises en chantier de logement repartent à la baisse Au premier trimestre 2024, le nombre de logements autorisés (89 400, en données CVS-CJO) fléchit légèrement, en glissement trimestriel (- 2,2 %, après + 6,0 % et - 8,6 %), continuant d?osciller autour d?un niveau très inférieur à sa moyenne des cinq dernières années (- 18,0 %). Le fléchissement de ce trimestre est porté par l?accélération de la baisse des autorisations dans l?individuel (- 9,4 %, après - 1,8 %) tandis que le rebond des autorisations de construction de logements collectifs ralentit (+ 1,7 %, après + 10,9 %). Le nombre de mises en chantier diminue (- 4,0 %, après + 0,2 %), suivant l?évolution dans l?individuel (- 8,5 %, après + 1,7 %). Dans le collectif, les mises en chantier poursuivent leur repli à un rythme ralenti (- 0,8 %, après - 0,9 %). Ainsi, avec 65 800 logements commencés, les ouvertures de chantier demeurent à leur plus bas niveau depuis le premier trimestre 2000, et sont notamment inférieures de 18,0 % à celles du deuxième trimestre 2020, période du premier confinement. Graphique 14 : autorisations et mises en chantier de logements trimestrielles Nombre de logements, CVS-CJO, estimations en date réelle Source : SDES, Sitadel En données brutes, le nombre d?autorisations cumulées sur un an demeure en forte baisse par rapport au même cumul sur l?année précédente (- 19,6 %, après - 24,4 %), qui avait été marquée par un niveau élevé d?autorisations dans le collectif avec la fin de la période d?éligibilité du dispositif d?aide à la relance de la construction durable. Ce repli affecte un peu plus l?individuel que le collectif (- 22,5 % et - 17,8 % respectivement), l?Île-de-France que la province (- 23,9 % et - 18,6 %). Avec 359 600 unités, le nombre total d?autorisations descend à son plus bas niveau depuis 1998. Le nombre de logements commencés cumulés sur un an (280 400 unités) est, quant à lui, inférieur de 24,4 % au cumul sur l?année précédente, avec un repli là encore plus marqué dans l?individuel (- 28,8 %, contre - 20,9 % dans le collectif). Les mises en chantier sont ainsi au plus bas depuis 1993. Graphique 15 : autorisations et mises en chantier de logements cumulées sur un an Nombre de logements sur un an, estimations en date réelle Source : SDES, Sitadel Les surfaces de locaux non résidentiels autorisés et commencés continuent de baisser Au premier trimestre 2024, le repli des surfaces de locaux non résidentiels autorisés, en cumul annuel, se poursuit (- 7,3 %, après - 6,3 %, en données brutes et en glissement annuel). Elles s?établissent à 37,2 millions de m², soit 11,6 % en dessous de leur niveau 2019. Les surfaces de locaux commencés continuent de nettement reculer (- 14,2 % en cumul annuel, après - 15,0 %). Avec 21,9 millions de m² mis en chantier, elles descendent à leur plus bas niveau depuis le début de la série au premier trimestre 2000, et sont inférieures de 8,2 % à leur niveau de 2020. 25500 26000 26500 27000 27500 28000 28500 29000 29500 30000 30500 31000 31500 32000 70 75 80 85 90 95 100 105 110 115 120 125 130 135 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Indice de chiffre d'affaires Effectifs salariés Indice de chiffre Effectifs salariés 60000 70000 80000 90000 100000 110000 120000 130000 140000 150000 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Commencés Autorisés 275000 300000 325000 350000 375000 400000 425000 450000 475000 500000 525000 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Commencés Autorisés Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 Graphique 16 : surface de locaux non résidentiels autorisés et commencés Surface sur un an en milliers de m², en date de prise en compte Source : SDES, Sitadel DANS LE BÂTIMENT, LA RÉDUCTION DE L?ACTIVITÉ ET DE L?EMPLOI SE POURSUIT Le rythme de progression des coûts de production dans le bâtiment décélère Au premier trimestre 2024, en glissement annuel, les coûts des matériaux reculent (- 1,9 %, après + 1,6 %) après avoir connu une période de forte progression jusqu?au premier trimestre 2023. La hausse du coût du travail continue de ralentir (+ 2,2 %, après + 3,0 % et + 3,5 % aux deux trimestres précédents). Ainsi, le rythme de progression des coûts de production dans le bâtiment décélère (+ 1,5 %, après + 3,0 % et + 3,2 %). Graphique 17 : coûts de production et des matériaux dans le bâtiment et coût du travail dans la construction Évolution annuelle en % (T/T-4) Source : Insee, indice des coûts des matériaux, indice des coûts de production, indice du coût du travail, calcul SDES La part des entreprises du bâtiment faisant face à des goulots de production continue de diminuer (- 3,6 points, après - 2,5 points aux deux trimestres précédents). Elle redescend ainsi à 41,9 % sur le premier trimestre 2024, contre 48,3 % en moyenne sur la période 2021-2023, et un point haut de 53,6 % au quatrième trimestre 2022. La baisse du nombre d?heures rémunérées et des effectifs salariés continue Au premier trimestre 2024, le repli du nombre d?heures rémunérées des ouvriers du secteur du bâtiment s?accentue, en glissement annuel, (- 4,9 %, après - 0,5 %) particulièrement dans l?intérim (- 8,5 %, après - 2,2 %) et le gros oeuvre (- 7,3 %, après - 2,0 %). Par ailleurs, les heures rémunérées reculent dans les entreprises ayant une activité de travaux de performance énergétique (- 4,3 %, après + 0,9 %, dans les entreprises d?isolation, d?installation d?équipements thermiques et de menuiserie bois-PVC). En données CVS et en glissement trimestriel, la diminution de l?ensemble des effectifs salariés des entreprises du bâtiment, amorcée au deuxième trimestre 2023, se poursuit (- 0,6 %, après - 0,2 %). Sur un an, le repli est de 1,5 %, soit environ 20 000 salariés en moins. Les effectifs descendent à 1 289 900 salariés, un niveau proche de celui du quatrième trimestre 2021. Graphique 18 : effectifs salariés dans le bâtiment Effectifs salariés (en milliers) en fin de trimestre, CVS Source : Urssaf, calcul SDES L?emploi intérimaire dans la construction (y compris promotion immobilière et génie civil) se replie après deux trimestres de stabilité (- 2,8 % en glissement trimestriel et CVS, après + 0,1 % et - 0,1 %). Avec 138 000 emplois, il est inférieur de 6,1 % à son niveau d?il y a un an. Sur l?ensemble de ce secteur, la hausse des défaillances d?entreprises ralentit nettement après la forte progression du trimestre précédent (+ 1,2 %, après + 14,6 %, en données CVS-CJO et en glissement trimestriel). LES PERSPECTIVES SONT UN PEU MOINS DÉFAVORABLES DANS LE BÂTIMENT ET LA PROMOTION IMMOBILIÈRE Les perspectives d?activité dans le bâtiment sont un peu moins dégradées Au premier trimestre 2024, le solde d?opinion des entrepreneurs du bâtiment sur les perspectives d?activité à l?horizon de trois mois est un peu moins négatif qu?au trimestre précédent (- 3 points, après - 7 points et 0 point aux trimestres précédents). Il était de + 9 points en moyenne entre 2021 et 2022. 20000 22000 24000 26000 28000 30000 32000 34000 36000 38000 40000 42000 44000 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Autorisés Commencés -4,0 -2,0 0,0 2,0 4,0 6,0 8,0 10,0 12,0 14,0 16,0 18,0 20,0 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2022 2023 2024 Coûts de production Coût du travail Coûts des matériaux 1160 1180 1200 1220 1240 1260 1280 1300 1320 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Effectifs salariés dans le bâtiment (CVS) Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 Ce solde négatif est porté par les soldes relatifs au logement neuf (- 32 points comme au trimestre précédent) et, dans une moindre mesure, au bâtiment neuf hors logement (- 11 points, après - 13 points). À l?inverse, le solde relatif à l?entretien et amélioration demeure positif (+ 14 points, après + 8 points). Le solde d?opinion sur les effectifs anticipés dans le bâtiment reste positif et stable. Il s?établit à + 4 points comme au trimestre précédent. Il est, toutefois, inférieur de 11 points à son niveau moyen 2021-2022. Graphique 19 : tendance d?évolution prévue des effectifs et de l?activité dans le bâtiment Solde d?opinion des entrepreneurs (en %), CVS Source : Insee, enquête de conjoncture dans l?industrie du bâtiment, calcul SDES Le jugement sur les carnets de commandes dans le bâtiment reste défavorable Au premier trimestre 2024, le solde d?opinion sur les carnets de commandes dans le bâtiment demeure négatif. Il s?établit à - 19 points, en données CVS, après - 20 points au trimestre précédent, proche de son niveau du troisième trimestre 2020 (- 22 points). Compte tenu de leurs effectifs, les entrepreneurs du secteur estiment que leurs carnets de commandes leur assurent 8,2 mois de travail (en données CVS) comme au trimestre précédent, soit un niveau légèrement inférieur à sa moyenne des cinq dernières années (8,4 mois). Graphique 20 : carnets de commandes dans le bâtiment Solde d?opinion des entrepreneurs (en %) Carnets de commandes (en mois), CVS Source : Insee, enquête de conjoncture dans l?industrie du bâtiment, calcul SDES Les perspectives d?activité dans la promotion immobilière sont un peu moins dégradées Dans le secteur de la promotion immobilière, en avril 2024, le solde d?opinion des promoteurs sur la demande de logement se détériore à nouveau, après avoir été un peu moins négatif en janvier 2024 (- 54 points, après - 49 points). Le solde relatif aux perspectives de mises en chantier à l?horizon de trois mois reste très négatif mais se redresse pour le deuxième trimestre consécutif (- 33 points, après - 38 et - 41 points). Celui relatif aux logements destinés à la vente passe de - 57 points à - 55 points alors que celui relatif aux logements destinés à la location redevient positif pour la première fois depuis un an (+ 5 points, après - 8 points). Graphique 21 : perspectives de mises en chantier des promoteurs Solde d?opinion des entrepreneurs (en %), CVS Source : Insee, enquête de conjoncture dans la promotion immobilière, calcul SDES Par ailleurs, le solde d?opinion relatif aux perspectives d?évolution des moyens de financement consacrés aux achats de logements neufs s?améliore pour le deuxième trimestre consécutif, tout en restant négatif (- 19 points, après - 29 et - 47 points). Enfin, la part des promoteurs immobiliers désirant mettre à l?étude de nouveaux projets se redresse. Elle s?établit à 51 %, après 47 % en janvier 2024 et 50 % en octobre 2023. Graphique 22 : part des promoteurs immobiliers désirant mettre à l?étude de nouveaux programmes En %, CVS Source : Insee, enquête de conjoncture dans la promotion immobilière -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Tendance d'évolution prévue des effectifs Tendance d'activité prévue 5,2 5,7 6,2 6,7 7,2 7,7 8,2 8,7 9,2 -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Jugement sur le niveau du carnet de commandes Niveau du carnet de commande en mois de travail Jugement sur le niveau du carnet de commandes Niveau du carnet de commande en mois de travail -70 -65 -60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 JanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Ensemble des logements Destinés à la vente Destinés à la location Abs. de données en avril 2020 car enquête non conduite 46 48 50 52 54 56 58 60 62 64 66 68 JanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr Jul OctJanAvr 2019 2020 2021 2022 2023 2024 Pourcentage d'entreprises désirant mettre à l'étude de? Abs. de données en avril 2020 car enquête non conduite Conjoncture de l?immobilier : résultats au premier trimestre 2024 MÉTHODOLOGIE Champ et sources Les données utilisées pour la constitution de cette note de conjoncture proviennent de l?Insee, de la Banque de France, de la Dares et du service des données et études statistiques (SDES). Certains indicateurs portent sur des champs spécifiques, explicités dans le Bulletin trimestriel des statistiques sur le logement et la construction publié simultanément à la note. Révision des données Certaines données peuvent être révisées sur plusieurs trimestres. C?est le cas notamment des estimations flash de l?emploi par l?Insee, des transactions et des prix dans l?ancien, des résultats de la commercialisation, du volume des crédits à l?habitat ou encore des estimations de la construction neuve issues de Sit@del2. Les indicateurs soumis à révisions sont revus chaque trimestre, avec les dernières données disponibles, afin d?en améliorer la qualité. Au premier trimestre 2022, les estimations trimestrielles d?emploi ont été révisées par l?Insee à la suite de plusieurs changements méthodologiques, dont notamment la prise en compte de la nouvelle source de données que constituent les déclarations sociales nominatives, et l?intégration des alternants. Définitions Secteur de la construction : construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels, promotion immobilière, génie civil, travaux de construction spécialisés. Il s?agit de la section F de la nomenclature d?activités française rév.2 (NAF). Secteur du bâtiment : activités de construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels, de démolition, de travaux notamment d?installation électrique, de chauffage et de conditionnement d?air, de plomberie, d?isolation, de finition (plâtrerie, menuiserie, installation de revêtement de sols et murs, peinture...), de couverture. Ce secteur réunit le groupe 41.2 et une partie de la division 43 de la NAF. Secteur de la promotion immobilière : activité consistant à réunir les moyens juridiques, financiers, techniques et humains nécessaires à la réalisation de projets immobiliers résidentiels et non résidentiels destinés ultérieurement à la vente, qu?il s?agisse de bâtiments neufs ou de réhabilitation. Il s?agit du groupe 41.1 de la NAF. Secteur des activités immobilières : activité des agences immobilières, de location, d?exploitation et d?administration de biens immobiliers et des marchands de biens immobiliers. Il s?agit de la section L de la NAF. Crédits nets à l?habitat : montant des crédits à l?habitat contractés par les ménages, apuré des renégociations et diminué des remboursements d?actif. Crédits nouveaux à l?habitat : montant des crédits à l?habitat enregistré en actif par les banques. Celui-ci inclut donc les nouveaux achats mais également les renégociations de crédits. OAT : obligation assimilable du Trésor. Les OAT sont des emprunts que la République française émet depuis plus de 25 ans pour financer les besoins de l?État à long terme. Glissement annuel : le glissement annuel d?une série à une période P de l?année N correspond au taux d?évolution entre cette même période (P) un an auparavant (année N-1) et la période P de l?année N. Indice de référence des loyers : cet indice fixe le plafond d?augmentation annuelle des loyers que peuvent exiger les propriétaires. Il se déduit de l?indice du même trimestre de l?année précédente en lui appliquant l?évolution entre ces deux périodes de la moyenne sur douze mois consécutifs de l?indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers (IPC). Correction des variations saisonnières et des jours ouvrables et CVS lissée Les séries reflétant une activité socio-économique peuvent être sensibles aux saisons ou au nombre de jours ouvrables contenus dans la période. La série corrigée des variations saisonnières (CVS) et/ou corrigée du nombre de jours ouvrables (CJO), construite à partir de la série initiale dite « série brute », permet de neutraliser l?effet régulier des périodes de l?année pour mieux faire ressortir à la fois les tendances de fond et les évolutions exceptionnelles. Contrairement au glissement annuel, la CVS permet de comparer directement chaque période avec la période précédente. Une série brute ne comportant aucune saisonnalité sera notée comme une série CVS à coefficients nuls. La technique peut être complétée, pour en améliorer encore la lisibilité, par une moyenne mobile qui permet de faire ressortir l?évolution de fond, c?est-à-dire la tendance de la série. Benoit MATHIEU, SDES Directrice de publication : Béatrice Sédillot Dépôt légal : juillet 2024 ISSN : 2557-8510 (en ligne) Commissariat général au développement durable Service des données et études statistiques Sous-direction des statistiques du logement et de la construction Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex Courriel : diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr mailto:diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr

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