activité (L') de la pétrochimie en France en 2023
LAUVERJAT, Jean
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">En France, en 2023, la pétrochimie consomme, en tant que matière première, environ 10 % de l'ensemble des produits pétroliers utilisés sur le territoire. Les consommations nettes de matières premières pétrolières de la pétrochimie rebondissent après avoir atteint un niveau historiquement faible en 2022, année caractérisée par plusieurs arrêts d'installations. Néanmoins, elles restent à un niveau bas, inférieur de 21 % à celui de 2021.<o:p></o:p></p>
Editeur
Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Descripteur Urbamet
énergie
;consommation
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
L A BT AD A Essentiel
L?activité de la pétrochimie
enFrance en 2023
En France, en 2023, la pétrochimie consomme, en tant
que matière première, environ 10% de l?ensemble
desproduits pétroliers utilisés sur le territoire. Les
consommations nettes de matières premières
pétrolières de la pétrochimie rebondissent après avoir
atteint un niveau historiquement faible en 2022, année
caractérisée par plusieurs arrêts d?installations.
Néanmoins, elles restent à un niveau bas, inférieur
de21% à celui de 2021.
CONSOMMATION DE BASES PÉTROLIÈRES
La pétrochimie, sous-secteur de la chimie organique, utilise
des produits pétroliers comme matière première pour produire
des composés chimiques, puis des matériaux notamment
plastiques et fibres synthétiques (polyester, nylon). La
pétrochimie de premier niveau désigne l?activité des unités
qui transforment des produits pétroliers (principalement des
vapocraqueurs, voir glossaire) et exclut la transformation de
produits chimiques issus de cette première transformation.
JUILLET 2024
MINISTÈRE
ÉCOLOGIQUE
ET DE LA COHÉSION
DES TERRITOIRES
DE LA TRANSITION
Source: SDES
Graphique 1: la pétrochimie de premier niveau
Raffineries Pétrochimie
desecond niveauVapocraqueurs
Pétrochimie
depremier niveau
Produits
pétrochimiques
primaires (éthylène,
propylène,
butène, essences
depyrolyse?)
Bases pétrolières
(naphta, propane,
gazole spécifique?)
Retours
enraffinerie
Oléfines, reformat etautres bases pétrolières pour lapétrochimie
ÉNERGIE
Les raffineries peuvent exercer une activité pétrochimique de
premier niveau lorsqu?elles produisent des produits chimiques
destinés à la pétrochimie de second niveau, tels que les
oléfines et les bases aromatiques (graphique1).
D?après les résultats de l?enquête annuelle sur l?activité
de la pétrochimie de premier niveau (voir méthodologie), les
quantités de matières premières pétrolières injectées dans la
pétrochimie, nettes des retours de produits en raffinerie
(bases pétrochimiques), s?établissent à 6,2millions de
tonnes(Mt). Elles progressent de 13% par rapport au niveau
historiquement faible de 2022, mais restent néanmoins à un
niveau bas, inférieur de 21% à celui de 2021 (graphique2).
Courant 2022, les arrêts de service de cinq des six
vapocraqueurs à la suite d?arrêts préprogrammés ou
d?incidents (incendie) avaient conduit à une utilisation très en
dessous des facteurs de service usuels (69% pour les cinq
vapocraqueurs en 2022 contre 98% en moyenne durant les
années précédant 2022). En 2023, le facteur de service de
ces vapocraqueurs ne remonte qu?à 78%, différents incidents
(grèves, problèmes techniques) ayant encore affecté l?activité
et la demande étant orientée à la baisse.
L?activité de la pétrochimie en France en 2023
Les consommations brutes de bases pétrolières par les
vapocraqueurs? recyclage inclus? s?élèvent à 7,0Mt
(tableau1), un niveau inférieur de 20% à celui de 2021, mais
très supérieur à celui de 2022 (6,3Mt).
La coupe pétrolière du naphta reste prépondérante dans
l?ensemble des bases pétrochimiques des vapocraqueurs,
représentant 64% de la consommation totale avec 4,5Mt en
2023. Sa part recule sensiblement (67% en 2022 comme en
2021). À l?inverse, la part du propane dans la consommation
totale, moins développée, se redresse nettement (5% contre
3% en 2021).
La consommation de butane rebondit en 2023 (1,1Mt
contre 1,0Mt en 2022) tout en restant inférieure de 9% à celle
de 2021. Elle représente 17% du total (hors recyclage) en
2023 contre 16% en 2022 et 15% en 2021.
Les consommations de gazole spécifique baissent
nettement pour la sixième année consécutive, pour atteindre,
en 2023, un niveau historiquement bas de 452kilotonnes (kt).
Enfin, les produits recyclés au sein de la pétrochimie se
redressent par rapport à 2022 (326kt? donnée révisée), mais
se replient par rapport à 2021, à 427kt (-9%).
PRODUCTION DES VAPOCRAQUEURS ET RETOURS
DE PRODUITS EN RAFFINERIE
La consommation de bases pétrolières dans les
vapocraqueurs génère deux types de production:
? la production de produits pétrochimiques primaires
(l?éthylène, le propylène, les coupes C4 telles que le butène
et enfin les essences de pyrolyse);
? la production de produits retournés en raffinerie (essences
de pyrolyse, fioul lourd, gaz ou hydrogène) destinés à être
raffinés hormis l?hydrogène.
La production totale des vapocraqueurs (hors pertes)
rebondit de 10% par rapport à 2022 mais reste inférieure
de 21% à 2021.
Les productions d?éthylène et de propylène se redressent
mais restent à un niveau particulièrement bas, inférieur
respectivement de 22% et de 18% par rapport à 2021.
Les quantités produites de coupes pétrolières C4
(nommées ainsi car elles sont composées de 4atomes de
carbone par molécule) s?élèvent à 723kt en 2023, soit 27%
de moins qu?en 2021, mais se redressent par rapport à 2022
(+5%).
La production globale d?essences de pyrolyse (y compris
recyclage) rebondit légèrement en 2023 (1,7Mt contre
1,5Mt en 2022), mais reste inférieure de 20% à son niveau
de 2021 (2,1Mt).
À l?inverse, les volumes de gaz et hydrogène retournés
en raffinerie progressent fortement et atteignent un point
haut de 144kt en 2023 contre 120kt en 2022 (+20%) et
93kt en 2021.
Globalement, les quantités de produits pétroliers
retournées en raffinerie sont relativement stables par rapport
à 2022 et ne diminuent que de 8% par rapport à l?année
2021 (0,9Mt en 2022 et 2023 contre 1,0Mt en 2021), les
besoins des raffineries résistant mieux que les
consommations des vapocraqueurs, excepté celles de
propane et d?éthane.
EXPÉDITIONS AU DÉPART DES RAFFINERIES VERS
LA PÉTROCHIMIE DE SECOND NIVEAU
En 2023, l?activité de raffinage continue de se redresser avec
près de 47Mt produites hors biocarburants, contre 42Mt
en 2022, soit une croissance de 11% en un an et de 29%
en deux ans.
Ainsi, la production d?oléfines des raffineries augmente
nettement en 2023 par rapport à 2021 (+10%, à 346kt
contre 314kt en 2021).
Toutefois, la quantité de reformat pour la pétrochimie
(voir glossaire), produite par le secteur du raffinage, se replie
sur deux ans et atteint un niveau très bas (84kt contre 129kt
en 2021 et 94kt en 2022).
Les autres bases pétrolières pour production
d?aromatiques issues des raffineries diminuent en 2023, à
43kt (contre 53kt en 2022 et 47kt en 2021), un niveau
historiquement bas.
Note : à partir de 2017, les essences de pyrolyse figurent intégralement en retour vers les raffineries pour le vapocraqueur deLavéra. Les bases pétrochimiques
correspondent aux produits desvapocraqueurs ainsi qu?aux oléfines, reformats et autres bases pourlaproduction d?aromatiques.
Source : SDES, enquête annuelle sur l?activité de la pétrochimie
Graphique 2: évolution du solde annuel de bases pétrochimiques injectées
En milliers de tonnes
12000
10000
8 000
6 000
4 000
2 000
0
2005
2006
2009
2010
2011
2012
2007
2008
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2023
2021
2022
2013
2014
L?activité de la pétrochimie en France en 2023
2020 2021 2022 2023
Consommation de bases pétrolières par les vapocraqueurs (A)
Éthane 8 3 0 6
Propane 370 276 130 348
Butane 1 234 1 242 983 1 130
Naphta 5 134 5 844 (r) 4 227 4 492
Gazole spécifique pour vapocraqueur 770 664 519 452
Condensats 13 0 0 0
Divers 329 213 (r) 117 152
Recyclage dont essences de pyrolyse (A1) 497 471 (r) 326 427
Total des consommations 8 355 8 713 6 302 7 007
Production des vapocraqueurs (B)
Éthylène 2 270 2 356 1 626 1 835
Propylène 1 386 1 447 1 016 1 186
Coupes C4 949 995 (r) 690 723
Essences de pyrolyse 1 951 2 065 1 495 1 661
dont essences de pyrolyse pour production d?aromatiques 701 772 457 591
dont essences de pyrolyse vendues en France ou exportées 113 143 (r) 61 94
dont essences de pyrolyse retournées en raffinerie (B1) 837 833 766 699
dont essences de pyrolyse recyclées 300 317 211 277
Fioul lourd recyclé non retourné en raffinerie (solde) 198 191 (r) 213 132
Fioul lourd1 et goudron2 retournés en raffinerie (B2) 61 37 (r) 40 40
Fioul lourd exporté1 39 30 3 25
Fioul lourd pour autres usages (utilities) - - - 26
Gaz non retourné en raffinerie (solde du fuel gas) 1 277 1 401 993 1 063
Gaz et hydrogène retournés en raffinerie (B3) 140 93 120 144
Ratio production/consommation de bases dont recyclage (en %) 99,1 % 98,9 % 98,3 % 97,5 %
Pertes et ajustement 84 98 106 172
Total des productions + pertes et ajustement 8 355 8 713 6 302 7 007
Oléfines produites par les raffineries (C)
Oléfines (C1) 406 314 261 346
dont propylène pur 382 283 239 330
Matières premières pour production d?aromatiques (D)
Essences de pyrolyse des vapocraqueurs 848 772 457 591
Reformat pour pétrochimie en sortie des raffineries (D1) 110 129 94 84
Autres bases pétrolières pour la production d?aromatiques (D2) 86 47 53 43
Total de matières premières pour production d?aromatiques 1 044 948 604 718
Solde de bases pétrochimiques (E) 7 422 7 769 (r) 5 458 6 170
Taux de variation par rapport à l?année précédente (en %) - 4,3 % 4,7 % - 29,7 % 13,0 %
Tableau 1: activité pétrochimique
Première transformation des produits pétroliers (vapocraquage + ressources en oléfines + inventaire des matières pour
production d?aromatiques)
Le tableau ci-après se lit comme un bilan ressources-emplois. Les consommations nettes de bases pétrolières (solde de bases)
sedistinguent des consommations brutes par la déduction des retours d?essence, de fioul et de gaz vers les raffineries. À ce premier
niveau de la pétrochimie, les ressources sont les matières premières pétrolières.
En milliers de tonnes
(r)= données révisées.
1 Le fioul lourd retourné vers une raffinerie à l?étranger est comptabilisé dans le poste «Fioul lourd retourné en raffinerie».
2 Goudron retourné pour la centrale électrique d?une raffinerie.
Description du tableau:
(A) Quantités des différents produits pétroliers utilisés, sachant que des essences de pyrolyse recueillies en sortie des vapocraqueurs peuvent être recyclées
comme matière première.
(B) Description des quantités produites pour les différents produits en sortie.
(C) Production d?oléfines des raffineries.
(D) Constituées pour l?essentiel des essences de pyrolyse des vapocraqueurs, complétées par des sous-produits du raffinage.
(E) Ce solde correspond au montant net de matières premières pétrolières injectées dans la pétrochimie française. Il est donc calculé de la façon suivante:
somme des consommations de bases pétrolières des vapocraqueurs (hors recyclage) (A-A1) + consommation d?oléfines (déterminée par la production
d?oléfines des raffineries (C1)) + reformat pour pétrochimie en sortie des raffineries (D1) + autres bases pétrolières pour production d?aromatiques (D2)
-essence de pyrolyse retournée en raffinerie (B1) - fioul lourd retourné en raffinerie (B2) - gaz et hydrogène retournés en raffinerie (B3).
Note : données arrêtées en mai 2024.
Source : SDES, enquête annuelle sur l?activité de la pétrochimie
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques
Sous-direction des statistiques de l?énergie
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: juillet 2024
ISSN: 2557-8510 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale : Amélie Glorieux-Freminet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
MÉTHODOLOGIE
Deux enquêtes du service des données et études
statistiques (SDES) permettent de décrire l?activité
deconsommation de produits pétroliers à des fins de
production de matières premières servant de base aux
industries du plastique ou du textile:
? L?enquête auprès des sixunités de vapocraquage en
France métropolitaine (il n?y a pas de vapocraqueurs dans
les DROM). Ces installations, rattachées à une raffinerie
ouà un site d?industrie de la chimie, «craquent» les
molécules d?hydrocarbures pour obtenir des molécules
plus petites, non saturées. Il en résulte des oléfines,
principalement de l?éthylène (C2H4) et du propylène
(C3H6), qui serviront ensuite de bases à la fabrication du
polyéthylène, du polypropylène et d?autres dérivés (dans
des installations pétrochimiques «de second niveau»).
Desaromatiques sont également obtenus par extraction
de l?essence qui les contient, à savoir du benzène, du
toluène, du xylène, etc. Les activités de transformation
desaromatiques sont hors du champ de l?enquête.
? L?enquête auprès des raffineries interroge celles disposant
d?un vapocraqueur sur leur production de produits de base
de la pétrochimie comme sous-produits du raffinage.
GLOSSAIRE
Aromatiques: hydrocarbures à structure cyclique analogue
à celle du benzène, du toluène ou des xylènes obtenus par
extraction dans diverses coupes pétrolières (surtout celle
du naphta).
Base pétrochimique: produits alimentant les vapocraqueurs
et produits des raffineries destinés à la pétrochimie de second
niveau (oléfines, reformat, autres bases aromatiques).
Base pétrolière: matière première utilisée par la pétrochimie
de premier niveau.
Condensats: hydrocarbures liquides ultra-légers (proches
de la phase intermédiaire entre le liquide et le gaz).
Coupe pétrolière: produit séparé par distillation des autres
hydrocarbures composant le pétrole brut.
Naphta: produit composé d?huiles de pétrole légères et
moyennes utilisées pour la production d?aromatiques.
Oléfines: hydrocarbures de formule générale CnH2n tels que
le propylène, appelés aussi alcènes ou carbures
éthyléniques.
Reformat pour la pétrochimie: sous-produit du reformage
des raffineries qui consiste à transformer une coupe
pétrolière par isomérisation d?alcanes linéaires en alcanes
ramifiés pour augmenter son indice d?octane (c?est-à-dire
la résistance à l?auto-inflammation).
Vapocraqueurs: installations rattachées soit à une raffinerie,
soit à un site d?industrie de la chimie. Elles «craquent» les
molécules d?hydrocarbures pour obtenir des molécules plus
petites, non saturées. Il en résulte ainsi des oléfines,
principalement de l?éthylène (C2H4) et du propylène (C3H6),
qui serviront ensuite de bases à la fabrication du
polyéthylène, du polypropylène et d?autres dérivés. Des
aromatiques sont également obtenus par extraction de
l?essence qui les contient, à savoir du benzène, du toluène,
du xylène, etc.
Jean LAUVERJAT, SDES