Rapport sur la mise en oeuvre des objectifs de développement durable à l'occasion de la revue nationale de la France au Forum politique de haut niveau sur le développement durable. Juillet 2016 - New York
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<span style="color: rgb(17, 17, 17); font-family: -apple-system, Roboto, SegoeUI, "Segoe UI", "Helvetica Neue", Helvetica, "Microsoft YaHei", "Meiryo UI", Meiryo, "Arial Unicode MS", sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; background-color: rgb(243, 243, 243); text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial; display: inline !important; float: none;">Ce rapport présente la mise en oeuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) en France, soulignant les progrès réalisés et les défis restants. Il aborde la réduction des inégalités, la promotion de l'énergie propre et la lutte contre le changement climatique. La France s'engage également à renforcer la solidarité sociale et à améliorer l'accès à la justice et à l'éducation.</span>
Descripteur Urbamet
développement durable
;CHANGEMENT CLIMATIQUE
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
1
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3
SOMMAIRE
RESUME EXECUTIF..................................................................... P.4
1) LA MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE EN FRANCE : ACQUIS ET DEFIS
2) UNE POLITIQUE INTERNATIONALE ET DE DEVELOPPEMENT AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT DURABLE
3 )LA METHODE DE SUIVI DE LA MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE : LE
CHOIX D?UN CADRE PARTICIPATIF
ETAT DES LIEUX ET BONNES PRATIQUES AU REGARD DES 17 OBJECTIFS
DU DEVELOPPEMENT DURABLE
ODD 1PAS DE PAUVRETE...........................................................
ODD 2 FAIM « ZERO »..............................................................
ODD 3 BONNE SANTE ET BIEN-ETRE.................................................
ODD 4 EDUCATION DE QUALITE....................................................
ODD 5 EGALITE ENTRE LES SEXES...................................................
ODD 6 EAU PROPRE ET ASSAINISSEMENT............................................
ODD 7 ENERGIE PROPRE ET D?UN COUT ABORDABLE................................
ODD 8 TRAVAIL DECENT ET CROISSANCE ECONOMIQUE............................
ODD 9 INDUSTRIE, INNOVATION ET INFRASTRUCTURE................................
ODD 10 INEGALITES REDUITES.....................................................
ODD 11 VILLES ET COMMUNAUTES DURABLES......................................
ODD 12 CONSOMMATION ET PRODUCTION RESPONSABLES........................
ODD 13 MESURES RELATIVES A LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES..
ODD 14 VIE AQUATIQUE..........................................................
ODD 15 VIE TERRESTRE............................................................
ODD 16 PAIX, JUSTICE ET INSTITUTIONS EFFICACES..................................
ODD 17 PARTENARIATS POUR LA REALISATION DES OBJECTIFS.......................
NOUVEAUX INDICATEURS DE RICHESSE.................................
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P.42
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RAPPORT
SUR LA MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE
PRESENTE A L?OCCASION DE LA REVUE NATIONALE VOLONTAIRE DE LA
FRANCE AU FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE DEVELOPPEMENT
DURABLE
(JUILLET 2016, NEW YORK)
RÉSUMÉ EXÉCUTIF
La France a soutenu l?adoption en septembre 2015 par les Nations Unies de « l?Agenda 2030 du
développement durable », qui fixe 17 objectifs de développement durable afin d?éradiquer
l?extrême pauvreté, combattre les inégalités et préserver la planète.
Cette première démarche universelle apporte un cadre inédit aux politiques de développement
pour les quinze prochaines années. Elle s?inscrit dans le prolongement des huit objectifs du
Millénaire pour le développement qui ont été mis en oeuvre depuis 2000. Ces objectifs ont conduit à
de réels progrès en matière de lutte contre la faim, la pauvreté, la mortalité infantile, le recul des
pandémies, ou en faveur de l?accès à l?eau et l?éducation.
A la différence des objectifs du Millénaire pour le développement, les nouveaux objectifs de
développement durable ont une dimension universelle et couvrent l?ensemble des enjeux de
développement dans tous les pays. Adossés aux objectifs de réduction de la pauvreté, figurent de
nouveaux objectifs auxquels la France est attachée, en matière de préservation de l?environnement,
d?égalité entre les sexes, de couverture médicale universelle, de lutte contre les flux financiers
illicites et la corruption, ou encore de bonne gouvernance.
Compte tenu de son engagement ancien et constant en faveur du développement durable, la France
s?est portée candidate pour présenter sa démarche de mise en oeuvre de « l?Agenda 2030 » dès le
premier forum politique de haut niveau organisé depuis l?adoption de cet agenda.
Nourri par des consultations de la société civile, ce rapport dresse un premier état des lieux de la
mise en oeuvre en France de chacun des 17 objectifs de développement durable, en identifiant les
principaux enjeux et défis, les orientations de l?action du gouvernement, ainsi que des bonnes
pratiques ou mesures emblématiques d?ores et déjà mises en oeuvre, dans un esprit de partage
d?expériences.
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1) LA MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE EN FRANCE :
ACQUIS ET DEFIS
? La France a atteint un niveau et une qualité de vie élevés, fondés sur des systèmes inclusifs de
protection sociale (assurance chômage, minima sociaux, politique de redistribution) et d?accès
universel aux soins, aux biens et services fondamentaux (eau, énergie, alimentation de qualité,
éducation). Elle a également développé des infrastructures publiques et privées de pointe :
innovation et recherche, transports, communication, patrimoine culturel.
? Des efforts restent toutefois à réaliser, notamment en matière de réduction des inégalités
sociales, scolaires et entre les sexes, de maintien en bon état des écosystèmes et de gestion
durable des ressources naturelles. Dans un contexte de croissance faible, le niveau de chômage,
malgré une baisse au cours de ces derniers mois, reste durablement trop élevé, notamment
chez les jeunes.
? LA FRANCE MET EN OEUVRE L?ACCORD DE PARIS SUR LE CLIMAT ET PROMEUT LE DEVELOPPEMENT DURABLE.
? Dès le 17 août 2015, avant la COP21, la loi de transition énergétique pour la croissance verte a
traduit juridiquement l?engagement volontaire de la France de réduire de 40% ses émissions de
gaz à effet de serre d?ici 2030 par rapport à 1990.
? La loi fixe comme objectifs de porter la part des énergies renouvelables à plus de 30 % de la
consommation énergétique finale d?énergie en 2030 et de baisser à 50 % la part du nucléaire
dans la production d'électricité à horizon 2025.
? Par ailleurs, le gouvernement a fait adopter par le Parlement une « contribution climat-
énergie » sur les émissions de gaz à effet de serre intégrée aux taxes applicables sur les produits
pétroliers, dont la trajectoire, d?ores et déjà adoptée par le Parlement, est fixée à 56¤/tonne de
CO2 en 2020, puis à 100¤/tonne en 2030. Il proposera au Parlement de mettre en place dès
2017 un prix plancher du carbone dans le secteur de la production électrique d?environ
30¤/tonne.
? En juin 2016, la France a été l?un des premiers pays industrialisés à mener à son terme la
procédure interne pour ratifier l?Accord de Paris et elle travaille avec ses partenaires européens
afin que l?UE dans son ensemble ratifie au plus vite. Afin de contribuer au relèvement de
l?ambition collective, la France s?est engagée à réviser son objectif de réduction des émissions
d?ici 2020.
? LA FRANCE, TERRITOIRE A ENERGIE POSITIVE POUR LA CROISSANTE VERTE
? Le gouvernement français a lancé en 2013 une initiative, la « Nouvelle France Industrielle », qui
vise à positionner les entreprises françaises sur les nouveaux marchés économiques porteurs.
Les projets soutenus dans ce cadre intègrent des objectifs environnementaux.
? Deux solutions industrielles sont plus particulièrement axées sur la transition énergétique : «
nouvelles ressources » et « ville durable ». Par ailleurs, le programme gouvernemental
« Industrie du futur », qui vise à moderniser l?appareil productif français par l?utilisation des
technologies numériques, inclut un objectif d?amélioration de l?efficacité énergétique des
procédés industriels.
? Territoires d?expérimentation de la transition écologique, les collectivités françaises sont
encouragées à mettre en place des solutions visant à développer la rénovation thermique du
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bâti et des réseaux de transports propres, notamment grâce au fonds de transition énergétique
(doté de 750 millions d?euros sur trois ans), à promouvoir la sobriété en carbone et la nature en
ville et à lutter contre la ségrégation socio-spatiale. Les zones rurales sont particulièrement
impliquées dans cette démarche environnementale, à travers la promotion de l?agro-écologie
afin d?assurer une alimentation saine et en quantité suffisante.
? La France figure parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d?espèces menacées,
principalement en raison des pressions qui s?exercent en Outre-mer et dans l?espace
méditerranéen. Elle a pris des mesures pour préserver ses écosystèmes marins et terrestres face
à l'artificialisation des sols, la surexploitation des ressources, le changement climatique ou
encore la pollution.
? Ainsi, le projet de loi de reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages en cours
d?adoption, prévoit la ratification du Protocole de Nagoya, la reconnaissance de la notion de
préjudice écologique, la mise en place de plans d?actions pour toutes les espèces menacées en
France, le renforcement de la protection de la biodiversité marine, l?interdiction des
néonicotinoïdes et l?échange de semences traditionnelles.
? LE GOUVERNEMENT MOBILISE POUR L?EMPLOI
? En décembre 2015, la France affichait un taux de chômage de 10,2%, se situant juste en dessous
de la moyenne de la zone euro (10,4%). En revanche, la part des personnes de moins de 25 ans
recherchant un emploi y était de 25,9%, contre 19,7% dans la zone euro.
? La France a mis en place depuis trois ans un plan de lutte contre le chômage articulé autour de
trois priorités :
o La première repose sur l?allègement des charges sociales à travers, notamment, le plan
d?urgence pour l?emploi, qui devrait conduire à un million d?embauches au cours de l?année
2016.
o La deuxième vise à améliorer la formation professionnelle, à travers la réforme de ce
dispositif national et grâce aux mesures prises en 2016 visant à doubler le nombre de
formations pour les demandeurs d?emploi. Il s?agit de former au total un million de personnes,
soit 20 % des chômeurs.
o Enfin, si d'ici à 2020, 600 000 salariés partiront chaque année en retraite en moyenne, dans
le même temps 700 000 jeunes entreront chaque année sur le marché du travail. Aussi, pour
faciliter l?emploi des jeunes, la loi du 1er mars 2013 a instauré le « contrat de génération ». Ce
dispositif permet l?embauche de jeunes en contrat à durée indéterminée et le maintien en
emploi des seniors, tout en facilitant la transmission des compétences professionnelles. En
septembre 2015, plus de 100 000 jeunes et seniors étaient bénéficiaires du « contrat de
génération ».
? Si cette politique ambitieuse commence à porter ses fruits, le nombre de jeunes entrant chaque
année sur le marché du travail nécessite de poursuivre une politique de l?emploi offensive,
couplée à une politique industrielle rénovée.
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? UN SYSTEME DE SOLIDARITE SOCIALE ELEVE, DONT LA VIABILITE FINANCIERE DOIT ETRE PRESERVEE.
? La France a développé depuis 70 ans un système de sécurité sociale qui permet de protéger les
personnes résidant en France des risques sociaux (maladie, accidents, protection de la famille)
et assure leurs revenus de retraite.
? Toute personne séjournant légalement en France a par ailleurs l?assurance de bénéficier d?un
revenu minimum et de services essentiels (éducation, aide au logement, accès à l?énergie, à la
culture, etc.), qui sont autant de mécanismes d?inclusion sociale et de sortie de la pauvreté. Ils
prennent la forme d?aides sociales, de revenus complémentaires ou de services publics gratuits.
? La France favorise aussi l?accès à la culture et au patrimoine de toutes les catégories de
population, en particulier grâce à des programmes ciblant les jeunes des territoires les moins
aisés.
? Ces dispositifs sont principalement fournis par l?Etat et les collectivités territoriales, mais la
société civile y contribue également de façon significative. Les associations et de nombreuses
entreprises jouent un rôle important en termes de solidarité, par la fourniture de repas gratuits,
par des actions contre l?illettrisme et pour la réinsertion sociale ou professionnelle.
? La France assure également la redistribution des richesses entre ses territoires. Les anciennes
zones industrielles en reconversion profitent ainsi de fonds pour financer leur transition.
? Fruit d?une solidarité sociale et intergénérationnelle, ce système de solidarité devra, pour se
maintenir à un niveau de qualité équivalent, voire renforcé, s?appuyer sur la poursuite des
efforts de rétablissement des comptes sociaux.
? DES EFFORTS RESTENT A FAIRE EN MATIERE DE REDUCTION DES INEGALITES SOCIALES
? Aujourd?hui en France, un ménage sur sept vit en dessous du seuil de pauvreté (revenu
inférieur à 960 euros par mois) et un enfant sur cinq est confronté à la grande précarité. 22%
des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté sont en situation d'insécurité
alimentaire.
? Avec 78,3 % de bacheliers dans une génération en 2015, la France a quasiment atteint son
objectif de 80 %. Toutefois, le poids de l?origine sociale sur la réussite scolaire des élèves reste
fort et on évalue à 20 % la proportion d?élèves en difficulté.
? En matière de rémunération, à temps de travail égal, les hommes gagnent encore en moyenne
23,5 % de plus que les femmes, en particulier chez les cadres.
? Pierre angulaire du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, la lutte contre les inégalités exige
un renouvellement des leviers de mobilité sociale. Le gouvernement français est totalement
engagé dans ce sens. Un effort particulier est mené dans les espaces les plus en difficultés, de
l?échelle du quartier à celle de la région, afin d?identifier les principaux facteurs d?inégalités et
les réduire, en particulier par l?éducation et la formation.
? Inégalités sociales et inégalités environnementales vont de pair. Aussi, les politiques publiques
en France ont également pour objectif de réduire l?exposition aux risques et aux nuisances
(pollution, catastrophes naturelles, etc.), lutter contre la précarité énergétique et faciliter l?accès
aux espaces naturels pour le plus grand nombre.
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? DES ACTIONS POUR RENFORCER LES DROITS FONDAMENTAUX ET LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
? La France est une démocratie établie, reposant sur un système politique et juridique robuste,
offrant des garanties solides aux citoyens français et aux ressortissants étrangers pour faire
effectivement valoir leurs droits. Les droits de l?Homme et l?égalité en droit de tous les citoyens
sans distinction de sexe, d?origine ou de religion sont inscrits dans la constitution ; leur respect
est garanti par le juge.
? Ce cadre a été renforcé ces dernières années par la mise en place d?autorités administratives
indépendantes, par le renforcement du contrôle du juge, notamment quand des libertés
publiques et individuelles sont en cause, et par des mesures législatives telles que la légalisation
du mariage des personnes de même sexe.
? La France a également pris de nouvelles mesures sur le renforcement de la transparence de la
vie politique, la simplification des démarches administratives, l?approfondissement des outils
démocratiques, notamment via les dispositifs numériques (consultations publiques, conférences
de citoyens, organisation de référendums locaux). Ainsi, chaque année, la « conférence
environnementale » mobilise l?ensemble du gouvernement pour apporter des réponses aux
demandes des représentants de la société civile : collectivités locales, syndicats, entreprises,
ONG.
2) UNE POLITIQUE INTERNATIONALE ET DE DEVELOPPEMENT AU SERVICE DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
? LA FRANCE, CINQUIEME BAILLEUR MONDIAL, S?ENGAGE A ACCROITRE SON EFFORT DE SOLIDARITE
INTERNATIONALE
? Entre 2013 et 2015, l?aide bilatérale française a contribué à la scolarisation de 2,6 millions
d?enfants au primaire et au collège, à l?accès de 3,8 millions de personnes à une source pérenne
d?eau potable et appuyé le développement de 150 000 petites entreprises.
? La France a renouvelé son engagement à accroître son aide publique au développement, qui
s?élevait en 2015 à 8,3 milliards d?euros, soit 0,37% du revenu national brut, dont 22% en
faveur des pays les moins avancés.
? L?objectif est d?atteindre d?ici à 2030 la cible collective de l?Union européenne d?un niveau
d?aide publique au développement de 0,7% du revenu national brut, avec un effort spécifique
en faveur des pays les moins avancés (allant de 0,15 à 0,20 % du revenu national brut, objectif à
atteindre à court terme).
? Dans cette perspective, la France s?est engagée à consacrer quatre milliards d'euros
supplémentaires par an au financement du développement d?ici à 2020, dont deux milliards
pour le climat, amenant le volume des concours financiers de l?Agence française de
développement à plus de 12,5 milliards d?euros par an. Dans ce cadre, elle augmentera le
volume des financements alloués à l?adaptation contre le changement climatique pour atteindre
un milliard d?euros par an en 2020. Enfin, la France augmentera la part des dons de près de 400
millions d?euros d?ici 2020, par rapport à leur niveau actuel.
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? LA FRANCE PLAIDE AU PLAN INTERNATIONAL POUR LE DEVELOPPEMENT DURABLE.
? Dès juillet 2014, la loi d'orientation et de programmation relative à la politique de
développement et de solidarité internationale anticipait l?adoption de l?agenda 2030 : elle met
l?accent sur les différentes dimensions du développement durable (la croissance économique, la
lutte contre la pauvreté, ainsi que la préservation de la planète), souligne la nécessité d?une
approche intégrée et associe les acteurs non gouvernementaux à la définition des priorités
d?actions.
? La France a fixé dès 2013 à l?Agence française de développement l?objectif ambitieux de
soutenir au moins 50% de projets ayant un co-bénéfice climat, objectif déjà atteint.
? La France a proposé une réforme de la gouvernance mondiale en matière d?environnement,
qui s?est traduit par le renforcement du Programme des Nations Unies pour l?Environnement.
Sur le plan scientifique, la France s?est fortement engagée pour la création de l?IPBES, la
Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques.
? De même, la France s?est fortement impliquée dans la négociation du nouvel « agenda 2030 du
développement durable » et s?est attachée à promouvoir un certain nombre d?objectifs qui
constituent des priorités de sa politique de développement : la durabilité environnementale et
climatique, l?égalité des genres (notamment les droits et la santé sexuels et reproductifs), la
couverture santé universelle, la transparence, avec un objectif dédié à la gouvernance et à l?Etat
de droit, ou encore les villes durables.
? la France a accueilli et présidé la COP21 qui a conduit au premier accord universel sur le climat
appelant au respect des droits de l?Homme et reconnaissant le rôle particulier des femmes.
Elle plaide depuis pour une ratification rapide par toutes les parties.
? Avec le Pérou, puis le Maroc et les Nations Unies, la France s?attache à mobiliser l?ensemble de
la société civile, dans le cadre du « Plan d?action Lima Paris », qui fédère aujourd?hui 10 000
acteurs de plus de 180 pays rassemblés au sein de 70 coalitions internationales et multi-
partenariales.
? Enfin, elle défend également activement le principe d?une tarification carbone aux plans
européen et international.
? LA FRANCE MET EN OEUVRE UNE APPROCHE NOVATRICE DES OUTILS ET DES FINANCEMENTS DU
DEVELOPPEMENT DURABLE.
? La France a pris l?initiative en 2004, avec le Brésil et le Chili, de proposer la mise en place de
taxes internationales de solidarité reposant sur les activités bénéficiant le plus de la
mondialisation pour fournir des financements innovants du développement, en complément
des ressources budgétaires. Elle a mis en place de telles taxes, sur les billets d?avion et sur les
transactions financières, qui permettent notamment de financer la lutte contre les pandémies et
contre le changement climatique.
? La France soutient pleinement la vision large et modernisée du financement du
développement, mobilisant tous les acteurs et sources de financement disponibles, endossée
dans le programme d?action d?Addis-Abeba, adopté en juillet 2015 par la troisième conférence
internationale sur le financement du développement.
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? A cet égard, l?Agence française de développement dispose d?une palette très large d?outils
financiers (dons, prêts concessionnels et non concessionnels auprès de partenaires publics et
privés, prises de participation, garanties, etc.) et intervient auprès d?acteurs divers. Elle fait
partie des rares institutions de développement pouvant intervenir en appui direct auprès des
collectivités territoriales. L?association du secteur privé aux politiques de développement est
également encouragée.
? La France a adopté en 2016 une stratégie intitulée « Innover ensemble » pour inciter les
entreprises à aller au-delà de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et encourager les
initiatives de l?économie sociale et solidaire. La France a également accru ces dernières années
son soutien aux acteurs non étatiques, avec un objectif de doublement des financements
alloués aux organisations non gouvernementales entre 2012 et 2017.
? La mobilisation des différents outils se fait de façon différenciée selon le niveau de
développement des pays partenaires et les enjeux traités. A titre d?illustration, les deux-tiers
des dons de l?Agence française de développement doivent bénéficier à 16 pays pauvres
prioritaires en Afrique sub-saharienne.
? Début 2016, la France a engagé une réforme du dispositif de coopération au développement
en rapprochant l?Agence française de développement de l?agence de développement national,
la Caisse des dépôts et consignations, tout en renforçant ses moyens financiers, ce qui
permettra d?accroître sa capacité d?intervention, mais aussi sa dimension multi-partenariale. .
3) LA METHODE DE SUIVI DE LA MISE EN OEUVRE DES OBJECTIFS DE
DEVELOPPEMENT DURABLE : LE CHOIX D?UN CADRE PARTICIPATIF
? UNE COORDINATION INTERMINISTERIELLE S?APPUYANT SUR L?AUTORITE DU PREMIER MINISTRE ET SUR
L?ENGAGEMENT PERSONNEL DES MINISTRES
? La déléguée interministérielle au développement durable et commissaire générale au
développement durable, mandatée par le Premier ministre, a piloté la rédaction de ce premier
rapport de mise en oeuvre des objectifs de développement durable. Elle assure l?animation du
réseau des hauts fonctionnaires au développement durable.
? Le 6 juin 2016, Ségolène Royal, ministre de l?Environnement, de l?Energie et de la Mer, en charge
du développement durable, et André Vallini, secrétaire d?Etat au Développement et à la
Francophonie ont ouvert des ateliers de concertation sur la mise en oeuvre des objectifs de
développement durable. Organisés en conclusion de la semaine du développement durable, ces
ateliers ont réuni plus de 180 participants issus de toutes les sphères : solidarité internationale,
environnement, social, éducatif, etc.
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? UN TRAVAIL A ETE ENGAGE POUR DEVELOPPER DES INDICATEURS DE SUIVI DANS LA MISE EN OEUVRE DES
OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DURABLE
? La France s?est fortement investie dans le processus de définition des indicateurs mondiaux de
suivi des objectifs de développement durable qui seront formellement endossés prochainement
par l?Assemblée générale des Nations Unies. D?ores et déjà, l'Institut national de la statistique et
des études économiques (INSEE) réalise auprès de l'ensemble des services statistiques des
ministères une étude de faisabilité de leur production au niveau national. A court ou moyen
terme, le service statistique public devrait être en mesure de produire un peu plus de la moitié
des indicateurs (définition attendue ou approchée). Une transposition nationale des indicateurs
pourra être réalisée.
? En phase avec l?objectif visant à développer de nouveaux indicateurs de richesse, la France s?est
dotée, grâce à la loi du 13 avril 2015, de dix nouveaux indicateurs de richesse. Présentés en
annexe de ce premier rapport, ils doivent être pris en compte dans la définition des politiques
publiques pour assurer une meilleure mesure du progrès, au-delà du simple produit intérieur
brut. Ils portent sur l?emploi, l?investissement, l?endettement du pays, la santé, les inégalités,
l?éducation, la protection de l?environnement, le bien-être ressenti.
? Ces indicateurs, qui s?inscrivent dans la logique de « agenda 2030 », sont cohérents avec le
programme national de réforme, déclinaison nationale de la stratégie de la Commission
européenne « Europe 2020 » en faveur d?une croissance « intelligente », soutenable et
inclusive.
? LE GOUVERNEMENT A FAIT LE CHOIX DE MOBILISER LARGEMENT LA SOCIETE CIVILE DES CETTE PHASE PILOTE.
? La France considère que l?implication de la société civile, du secteur privé et des citoyens est
indispensable au succès de la mise en oeuvre des objectifs de développement durable et, plus
largement, à la définition des politiques publiques. Elle considère que l?approfondissement de la
démocratie constitue l?une des meilleures réponses à la montée de toutes les formes de
radicalisme et d?exclusion.
? Dans le cadre de la préparation de ce rapport, les instances nationales représentatives de la
société civile, telles que le Conseil national de la transition écologique, le Conseil national du
développement et de la solidarité internationale et la Commission nationale consultative des
droits de l'Homme, ont été consultées. Le Conseil économique, social et environnemental a
également été saisi par le Premier ministre et doit rendre un rapport à l?automne afin
d?informer le prochain Comité interministériel de la coopération internationale et du
développement.
? Pour nourrir la réflexion du gouvernement dans l?élaboration du prochain plan d?action national,
un comité d?experts internationaux a été constitué. La pluridisciplinarité de ce comité vise à
garantir la prise en compte des défis qui se posent dans leur ensemble et de mieux appréhender
le caractère systémique des objectifs de développement durable.
? Une consultation publique par internet, accessible à tous, a été lancée afin de garantir
l?inclusivité du processus de consultation.
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? PROCHAINES ETAPES : L?ELABORATION D?UN PLAN D?ACTION NATIONAL POUR LES OBJECTIFS DE
DEVELOPPEMENT DURABLE
? Un plan d?action national sera élaboré en veillant à associer tous les acteurs à chaque étape
(définition, mise en oeuvre, suivi et évaluation, révisions périodiques).
? Sous le mandat d?une mission parlementaire, les inspections générales des ministères
pourraient analyser les politiques sectorielles conduites dans leurs domaines afin de réaliser une
évaluation plus fine des politiques publiques au regard des objectifs de développement durable.
Les résultats de ces évaluations pourraient faire l?objet de recommandations et nourrir le débat
public et citoyen.
? Le plan d?action national reposera sur l?ambition de la mobilisation la plus large possible pour la
réussite des objectifs de développement durable : vision commune, mesures gouvernementales
et orientation des politiques publiques vers un développement durable, accompagnement des
acteurs dans leurs champs d?activités, notamment des acteurs économiques, appropriation par
les citoyens des objectifs de développement durable, déclinaison à toutes les échelles de
territoires (national, régional et local), actions internationales, notamment dans le cadre de
l?Union européenne, de l?Organisation internationale de la Francophonie et des Nations Unies,
mise en synergie et mise en valeur des initiatives et bonnes pratiques de tous les acteurs, etc.
? Des ateliers de concertation pourraient être organisés dans les régions à l?automne 2016 afin
que les acteurs locaux puissent s?approprier les objectifs de développement durable et
contribuer au plan d?action national. Des diagnostics locaux partagés pourraient être réalisés
afin d?identifier les atouts et les défis des régions métropolitaines et ultramarines au regard des
17 objectifs de développement durable. Les Conseils économiques, sociaux et
environnementaux régionaux pourraient être utilement associés à la réalisation de ces
diagnostics.
? Une plateforme internet participative (www.agendafrance2030.gouv.fr) proposera une agora
numérique ouverte à tous les acteurs et citoyens pour diffuser les bonnes pratiques et
recommandations, assurer le suivi, mobiliser les coalitions.
? La prise en compte des objectifs de développement durable pourrait également être inscrite à
l?ordre du jour d?un prochain Comité interministériel de la coopération internationale et du
développement.
? Chaque année, la semaine européenne du développement durable constituera un moment de
mobilisation et de mise en valeur des projets des acteurs de la société.
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ORIENTATIONS
? Lutter contre la pauvreté sous toutes ses formes et contre la précarisation des enfants de moins de 18 ans
? Réduire la proportion de travailleurs pauvres, notamment quand il s?agit de femmes élevant seules leurs enfants
? Assurer l?accès des personnes vulnérables aux services de base
? Promouvoir et encourager à l?international l?approche par les droits pour lutter efficacement contre la pauvreté
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
Assurer l?accès des personnes vulnérables aux droits
fondamentaux est la première étape de leur
accompagnement vers l?autonomie. Avec plus de 2,6
milliards d?euros supplémentaires à l?horizon 2017, le
gouvernement fait de la lutte contre la
pauvreté un axe prioritaire de sa
politique, en veillant à ce que l?accès aux
services de base soit assuré pour tous.
Déjà en 2013, 6,8 millions de personnes
bénéficient de minima sociaux (DREES,
2014).
Par ailleurs, le logement de tous est une priorité en
France. Ainsi, le droit au logement opposable est inscrit
dans la loi, les logements locatifs sociaux représentent
environ 20% des résidences principales et des aides
importantes sont consacrées au logement des ménages
modestes. De même, l?accès des plus démunis à la culture,
au sport et aux vacances ainsi qu?à la nature sont renforcés,
avec l?appui du réseau associatif français.
En France, cependant, un ménage sur sept vit
aujourd?hui en dessous du seuil de pauvreté et
un enfant sur cinq est confronté à la grande
précarité. Les femmes constituent 52,9% des
pauvres en 2013 (Insee) et les jeunes non-
diplômés s?avèrent également plus
vulnérables. De plus, la proportion des
travailleurs pauvres est importante, en particulier pour les
femmes élevant seules leurs enfants qui vivent pour un
tiers d?entre elles en dessous du seuil de pauvreté.
A L?INTERNATIONAL
La France s?est toujours engagée en faveur de la
reconnaissance par les Nations unies des relations entre
droits de l?homme et lutte contre la pauvreté. En
matière d?accès aux services sociaux comme l?éducation
et la santé, elle s?engage dans sa politique de
développement et de solidarité internationale afin de
permettre à tous de vivre dignement. C?est pourquoi
elle a porté, durant l?ensemble de la négociation, une
approche par les droits : sexuels et reproductifs, à
l?alimentation, à l?eau et à l?assainissement, à la santé, à
l?éducation, au logement, etc. Ce sont des droits
fondamentaux universels et les conditions d?un
développement durable. Ils sont à la source d?une vie
décente pour tous. Leur violation est à la fois cause et
conséquence de la pauvreté. La France est déterminée à ce
que les droits de l?Homme bénéficient de la même manière
à tous.
L?exclusion et la précarité sont ainsi à la source de sociétés
instables et de tensions politiques et sociales. La majorité
de la population qui vit sous le seuil de pauvreté étant en
zone rurale, la sécurisation des droits d?accès à la terre et
aux ressources naturelles constitue un pilier pour
l?éradication de la pauvreté. La France s?est ainsi engagée
pour la mise en oeuvre des directives volontaires pour la
gouvernance des régimes fonciers.
ELIMINER LA PAUVRETE SOUS TOUTES SES FORMES ET
PARTOUT DANS LE MONDE
10% de la
population bénéficie
de minima sociaux
DREES (2014)
15
Promouvoir l?inclusion financière constitue une autre dimension de
l?action de la France. En Côte d?Ivoire, elle soutient des femmes
regroupées dans des CAISSES D?EPARGNE VILLAGEOISE, afin de leur
permettre de gagner en indépendance et ainsi de sortir de la pauvreté.
Au Niger, où plus de 85% de la population vit avec moins de 2 $ par jour
et n?a pas accès au secteur bancaire, elle appuie la CREATION D?UNE
INSTITUTION DE MICROFINANCE à Niamey pour les petits entrepreneurs
informels.
LES RENDEZ-VOUS DU DROIT
En moyenne, 50% des ayant-droit au revenu de
solidarité active (RSA) ne recouraient pas aux
aides sociales fin 2011, par manque d?information
ou par peur d?être stigmatisé. Ainsi, les « rendez-
vous du droit » permettent de mieux
accompagner les personnes vulnérables dans
l?accès à leurs droits sociaux. Près de 110 000
rendez-vous du droit ont déjà été organisés par
les caisses d?allocation familiales (2014). L?objectif
à horizon 2025 est de limiter à 20% le non-recours.
.
PLAN PAUVRETE
Le plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour
l?inclusion sociale 2015-2017 innove en accompagnant les
personnes pour un meilleur accès à l?emploi, au logement, aux
droits, ou encore à la scolarité. L?une des mesures phares est la
création de la prime d?activité. 5,6 millions d?actifs y sont
éligibles, dont un million de jeunes, pour une dépense annuelle
estimée à 4 milliards d?euros. Les droits à la retraite des salariés
les plus précaires ont également été améliorés par la réforme
des retraites de 2014.
L?ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE (ESS)
génère plus de deux millions d?emploi, et
représente le premier employeur du secteur
de l?action sociale en 2013. Elle rassemble les
associations, coopératives, mutuelles,
fondations et sociétés commerciales qui
répondent à plusieurs conditions : avoir une
utilité sociale, limiter les écarts de salaire des
employés, assurer une démocratie
d?entreprise et limiter voire supprimer le poids
des actionnaires.
Des collectivités mettent en place des actions innovantes telles
qu?un dispositif de MICROCREDIT SOCIAL afin de lutter contre
l?exclusion bancaire, en prenant à leur charge 50% du montant
des intérêts.
16
ORIENTATIONS
? Assurer une alimentation saine et en quantité suffisante pour tous et lutter contre toute forme de malnutrition
? Renforcer les pratiques agricoles productives préservant les écosystèmes et renforçant les capacités d?adaptation
aux changements climatiques
? Maintenir une diversité génétique des espèces, et assurer le partage des bénéfices de leur exploitation
? Assurer le bon fonctionnement des marchés de denrée alimentaires pour limiter les fluctuations des prix
? Renforcer agriculture familiale dans ses dimensions environnementales et économiques, en tant que vecteur de
lutte contre la malnutrition
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France promeut une agriculture familiale,
productrice de richesses et d'emplois, et respectueuse
des écosystèmes et de la
biodiversité. Elle s?engage dans la
lutte contre le gaspillage alimentaire
(il représente 100 à 160¤ par an et
par personne en 2015 selon
l?ADEME) et le développement d?une
agriculture plus responsable, qui
prend en compte les impacts du changement
climatique. Ainsi, le marché bio français a été multiplié
par deux en cinq ans, et la France compte la troisième
surface bio de l?Union Européenne, avec 4,14% de la
surface agricole utile française en 2014 (Agence Bio),
pour un objectif de 8 % d?ici 2017 (programme Ambition
Bio 2017). Par ailleurs, le déploiement de systèmes
alimentaires territorialisés, basés sur des circuits courts
entre producteurs et consommateurs, est également
favorisé par des collectivités et acteurs
territoriaux innovants : préservation
des terres agricoles, soutien aux
petites exploitations et à l?agriculture
familiale, politiques foncières en
faveur d?un accès équitable à la terre,
création de conseils locaux de
gouvernance alimentaire, augmentation de la part de
produits biologiques en restauration collective? Toutefois,
dans un contexte d?appauvrissement d?une part de la
population, les demandes d?aide alimentaire sont en
constante augmentation. En France, 12% des adultes vivent
dans un foyer en situation d?insécurité alimentaire pour
raisons financières (ONPES, 2010).
A L?INTERNATIONAL
L?objectif est de renforcer la sécurité alimentaire et
nutritionnelle, principalement en Afrique
subsaharienne, par un soutien aux exploitations
agricoles familiales, aux filières vivrières et d?élevage, et
aux politiques agricoles, alimentaires et nutritionnelles.
La France accompagne, avec l?appui de ses organismes
de recherche comme le centre de coopération
internationale en recherche agronomique pour le
développement (CIRAD), les mutations qu?impose le
double défi de la croissance démographique et du
dérèglement climatique. Elle promeut à cet effet les
initiatives visant à restaurer et accroître la fertilité des
sols et l?adoption de pratiques agro-écologiques. Elle
renforce la résilience des populations aux chocs
économiques, politiques ou encore climatiques. La
France, à travers l?action de l?AFD, accompagne
aujourd?hui le développement économique, social et
environnemental de plus de 770 000 exploitations
agricoles familiales dans le monde, et soutient ainsi des
systèmes alimentaires diversifiés et durables.
La lutte contre la sous-nutrition est aussi une des priorités
de la politique de développement et de solidarité
internationale de la France. Elle intervient dans ce domaine
au travers d?une approche multisectorielle qui vise à
améliorer la prise en compte de la nutrition dans les
programmes humanitaires et de développement. La France
agit auprès de ses partenaires pour que les enjeux de la
lutte contre la faim et la malnutrition soient mieux pris en
compte. Elle joue un rôle actif pour améliorer la
gouvernance mondiale sur ces questions au sein de l?Union
européenne, des organisations des Nations unies dont elle
est membre, du comité de la sécurité alimentaire mondiale,
du G20 ou encore du G7.
ELIMINER LA FAIM, ASSURER LA SECURITE ALIMENTAIRE,
AMELIORER LA NUTRITION ET PROMOUVOIR
L?AGRICULTURE DURABLE
14,3% des exploitations sont
comme engagées en agro-écologie
(GIEE, Agriculture biologique,
certification environnementale, MAEC)
Ministère de l?Agriculture
17
Une PLATEFORME DU GROUPE INTERMINISTERIEL DE LA SECURITE ALIMENTAIRE
(GISA), a été mise en place en 2008 afin de contribuer à un dialogue multi-
acteurs renforcé sur les enjeux de sécurité alimentaire et de nutrition dans les
pays en développement. Il a produit une première feuille de route.
ENGAGEMENTS DES DISTRIBUTEURS ALIMENTAIRES
Le Pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire
vise à réduire de moitié le gaspillage entre 2013 et
2025. La grande distribution française a signé en
août 2015 un accord volontaire pour donner ou
transformer les invendus et réduire le gaspillage.
AIDE ALIMENTAIRE
De nombreuses associations (Restos du coeur,
Croix rouge, Secours populaire?), banques
alimentaires et épiceries sociales et solidaires,
collectent et redistribuent les denrées, en partie
grâce aux dons des particuliers, au Fonds
européen d?aide aux plus démunis (FEAD) et aux
crédits nationaux aux épiceries sociales (CNES).
NUTRITION ET SANTE
La qualité et l?équilibre de l?alimentation sont au
coeur des objectifs nutritionnels de santé publique,
fixés par le Haut Conseil de la santé publique
(HCSP) et des actions prévues dans le programme
national nutrition santé.
AGRICULTURE RESPONSABLE
La loi d'avenir du 13 octobre 2014 pour
l?agriculture, l?alimentation et la forêt permet la
mise en oeuvre concrète de l?agro-écologie :
formation des agriculteurs, réglementations
limitant l?usage de pesticides et d?antibiotiques,
plan pour des semences durables, biocontrôle
(méthodes naturelles de protection des
végétaux). De plus, la loi affirme le soutien à la
petite agriculture familiale. Le plan « Agriculture
Innovation 2025 » renforce l?engagement de la
recherche. Par ailleurs, la France interdit la
culture des Organismes génétiquement modifiés
(OGM) sur son territoire depuis 2008.
18
ORIENTATIONS
? Maintenir une espérance de vie et un bien-être élevés par une santé optimale
? Assurer une couverture santé pour tous et un accès aux soins simplifié
? Lutter contre les inégalités face aux risques pour la santé liés à l?environnement
? OEuvrer à l?éradication des grandes pandémies (sida, tuberculose, paludisme)
? Permettre un accès universel et équitable aux soins et aux services de santé
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
Créée en 1945, la Sécurité sociale « est la garantie
donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera
des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et
celle de sa famille dans des conditions décentes ». Par «
moyens nécessaires », il est entendu: assurance
maladie, réparation des accidents du travail et des
maladies professionnelles, retraites et prestations
familiales. Pour assurer la pérennité du système de
santé français, le gouvernement poursuit actuellement
le rétablissement des comptes sociaux par des
économies portant sur l?optimisation de la dépense
hospitalière, sur la baisse du prix des médicaments, ou
encore sur la promotion des médicaments génériques.
Pour l?avenir, la France doit relever deux défis majeurs :
l?égalité de l?accès aux soins dans les territoires et le
vieillissement de la société française dont l?espérance de vie
à la naissance atteint en 2015, en France métropolitaine,
85,1 ans pour les femmes et 79 ans pour les hommes,
(INSEE). Il s?agit d?anticiper les nouveaux besoins et les
nouvelles formes de solidarité intergénérationnelle ainsi
que leurs financements. En outre, la France doit amplifier sa
politique en faveur des personnes handicapées, à la fois en
matière d?accessibilité, de vulnérabilité et d?inclusion dans
la société.
A L?INTERNATIONAL
La France mène une action volontariste en santé
internationale. Elle a fait de la santé sexuelle et
reproductive une de ses priorités. Environ 500 millions ¤
ont été consacrés à l?initiative Muskoka entre 2011 et
2015, qui a permis de réduire la mortalité maternelle,
néonatale et infantile. En 2016, la France a renouvelé
son engagement à hauteur de 10M d?euros.
La France oeuvre également au renforcement des
systèmes de santé nationaux pour accroître leur
résilience aux crises, une défaillance dramatiquement
illustrée par l?épidémie d?Ebola en 2015. C?est
notamment le cas dans dix pays d'Afrique francophones
et en Haïti. La France finance donc de nombreux projets
afin de renforcer la sécurité sanitaire et participe
activement à l?effort de recherche au travers d?Aviesan
et du consortium REACTing. A travers la commission de
haut niveau sur l?emploi en santé et la croissance
économique créée par les Nations unies en mars 2016 et
co-présidée par le Président de la République, elle joue
aussi un rôle moteur dans la réflexion sur les ressources
humaines en santé. . En outre, la couverture santé
universelle, pierre angulaire d?une santé accessible à tous,
est au coeur des priorités françaises. Ainsi, la France porte le
projet UHC 2030 au plus haut niveau au sein des
organisations multilatérales.
La solidarité internationale en santé de la France repose sur
une approche partenariale, en cohérence avec l?ODD 17.
Elle associe une diversité d?acteurs, ses opérateurs comme
l?AFD ou Expertise France tout comme la société civile. Elle
reconnaît en particulier le rôle de premier plan joué par les
ONG dans l?épidémie de maladie à virus Ebola en 2015,
allant de l?alerte de la communauté internationale, à la
prise en charge des patients sur le terrain en passant par la
prévention et le suivi.
PERMETTRE A TOUS DE VIVRE EN BONNE SANTE ET
PROMOUVOIR LE BIEN-ETRE DE TOUS A TOUT AGE
Entre 1995 et 2012, l?espérance de vie en bonne
santé est passée de 62,4 à 63,8 ans (femmes) et de
60 à 62,6 ans (hommes)
Eurostat
19
PACTE TERRITOIRE-SANTE,
Lancé en décembre
2012, le pacte territoire-
santé propose des
mesures d'incitations
pour l'installation des
jeunes médecins dans les
territoires déficitaires. Il
agit aussi sur le
développement des
infrastructures de soin
comme les maisons ou
les pôles de santé.
LE FONDS D?INVESTISSEMENT
INNOVATION EN SANTE, doté de 340
millions d?euros, vise à
accompagner les entrepreneurs
du secteur dans leurs projets et
permettre la diffusion de
l?innovation santé. De plus,
recherche publique et privée
collaborent au sein du conseil
stratégique des industries de santé
(CSIS) : diffusion de l?innovation,
veille sur l?antibiorésistance.
FONDS MONDIAL DE LUTTE
CONTRE LE SIDA, LA
TUBERCULOSE ET LE
PALUDISME
La France est le deuxième
contributeur au fonds
mondial de lutte contre le
sida, la tuberculose et le
paludisme, auquel elle
vient de renouveler son
engagement de 1,08 Mds
d?euros pour les trois
prochaines années. Elle est
le premier à UNITAID, où
elle apporte plus de la
moitié des financements.
Elle soutient l?alliance pour
la vaccination et
l?immunisation (GAVI). Au
total, plus de 500 millions ¤
par an sont consacrés par
la France à ces trois
dispositifs.
LE 3EME PLAN NATIONAL SANTE
ENVIRONNEMENT 2015 ? 2019 vise à
réduire les impacts des facteurs
environnementaux sur la santé et
les inégalités d?exposition à ces
impacts : qualité de l?air et de
l?eau, effets des pesticides sur la
santé, perturbateurs endocriniens,
bruit, ondes, nanomatériaux? La
France a interdit dès 2015 le
bisphenol A dans les contenants
alimentaires et agit pour étendre
les réglementations des produits
phytosanitaires.
LOI SANTE Trois axes
structurent la
modernisation du système
de santé : innover pour
mieux prévenir (éducation
à la santé, campagnes de
sensibilisation, dépistages),
innover pour mieux soigner
en proximité (tiers-payant,
médecine de proximité,
service public hospitalier)
et innover pour renforcer
les droits et la sécurité des
patients (confidentialité,
sécurité des médicaments,
accès à l?IVG et
modernisation numérique).
Enfin, l?Agence nationale
de santé publique a été
créée.
PROTECTION DE TOUS
Désormais, la protection universelle
maladie (PUMA) garantit à toute
personne qui travaille ou réside en
France la prise en charge des frais
de santé, sans démarche
particulière à accomplir.
SECURITE ROUTIERE
La mortalité routière en France métropolitaine est passée de 17 000 à 3500
tués par an entre le début des années 70 et 2015. Pour passer de 3000 à
2000 tués par an d?ici à 2020, des mesures de réduction des vitesses ou
encore d?harmonisation de la législation au niveau européen sont
adoptées.
SANTE ET SOCIETE CIVILE
Pour les cas d?urgence
humanitaire, depuis 30
ans un partenariat
association-entreprise
permet de fédérer les
dons et de mettre à
disposition des kits
d?urgence de produits
de santé neufs adaptés
au terrain.
20
ORIENTATIONS
? Faciliter l?accès de tous à un coût abordable aux études supérieures, formations techniques et professionnelles
? Eliminer les disparités entre les sexes dans le domaine de l?éducation et assurer l?accès à l?éducation des plus
vulnérables
? Généraliser l?éducation au développement durable
? Assurer en France et à l?international un cycle complet d?éducation pour toutes les filles et tous les garçons (petite
enfance, primaire, secondaire)
? Renforcer à l?international la qualité des systèmes éducatifs et de l?enseignement
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La Constitution française précise que « l?organisation de
l?enseignement public obligatoire gratuit et laïque à
tous les degrés est un devoir de l?État ». Le système
d?enseignement est fondé sur la gratuité, la laïcité, la
neutralité et la liberté d?enseignement et l?obligation
scolaire pour tous les enfants de 6 ans à 16 ans français
ou étrangers résidant
en France. La loi
d?orientation et de
programmation
pour la refondation
de l?école de la
République de
juillet 2013 vise à
corriger l?impact des
inégalités sociales et économiques sur la réussite
scolaire par un renforcement de l?action pédagogique et
éducative dans les écoles et établissements des
territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés
sociales et à ramener à moins de 10% les écarts de
réussite scolaire entre les élèves de l?éducation
prioritaire et les autres élèves de France. La recherche
d?une mixité sociale au sein même des établissements doit
être poursuivie. En 2013, ce sont 660 000 étudiants, soit
35% des étudiants, qui bénéficient d?une bourse dans une
formation y ouvrant droit (Ministère de l?Education
nationale, 2015). En outre, l?éducation à l?environnement et
au développement durable est développée pour tous, tout
au long de la vie. Les établissements d?enseignement sont
mobilisés en faveur des objectifs de développement
durable.
Avec 78,3% de bacheliers dans une génération en 2015, la
France a quasiment atteint son objectif de 80%. Toutefois,
le poids de l?origine sociale sur la réussite scolaire des
élèves reste fort : on évalue à 20% la proportion d?élèves en
difficulté.
A L?INTERNATIONAL
L?accès universel à un socle de compétences et
l?accompagnement des parcours de formation
bénéficient d?une action particulière de la France. Grâce
à son soutien depuis 2013, plus de 2,4 millions
d?enfants dans le monde ont été scolarisés au primaire
et au collège, et 370 000 jeunes ont été accueillis dans
des dispositifs de formation professionnelle. En Afrique
subsaharienne, la France renforce l?accès de tous à une
éducation de base de qualité : au Togo et au Bénin,
l?AFD appuie la réforme des collèges ; au Mali, son
action vise à réduire les disparités territoriales et de
genre tout en améliorant la décentralisation et la
déconcentration du système.
En 2016, la France contribue à hauteur de 8 M¤ au
Partenariat mondial pour l?éducation (PME) et elle entend
poursuivre son engagement. Ce fonds représente une
source de stabilisation dans de nombreux pays prioritaires
de la politique française de développement, en améliorant
la structuration du secteur de l?éducation et la coordination
entre acteurs au niveau national.
Le PME a un rôle important à jouer dans le continuum entre
urgence et développement, et c?est pourquoi la France le
soutient comme prochaine structure hôte de la plateforme
« l?éducation ne peut attendre » lancée lors du sommet
humanitaire mondial de 2016.
ASSURER L?ACCES DE TOUS A UNE EDUCATION DE QUALITE,
SUR UN PIED D?EGALITE ET PROMOUVOIR LES POSSIBILITES
D?APPRENTISSAGE TOUT AU LONG DE LA VIE
En 2015, 88,6% de
jeunes réussissent leurs
études secondaires (CAP,
BEP, Bac, etc.)
Les chiffres de l?Education
Nationale 2015
En 2014, 8,8% des jeunes âgés de 18 à 24 ans
résidant en métropole sont des sortants précoces, soit
environ 500 000 jeunes. L?objectif européen étant de
ne pas dépasser 10%
21
FORMATIONS GRATUITES
Pôle Emploi, l?institution d?aide à l?insertion ou la
réinsertion professionnelle, donne droit à une formation
qualifiante gratuite pour les demandeurs d?emplois. En
2016, 500 000 formations ont ainsi été dispensées. Par
ailleurs, les « cours en ligne ouverts et massifs » (Massive
Open Online Courses - MOOC) sont en plein essor en
France pour rendre accessible à tous des cours de
l?enseignement supérieur. Sur la Plateforme publique FUN
(France Université Numérique), plus de 150 cours, sont
déjà disponibles.
La France met en avant
L?ACCES DES FILLES A UNE
EDUCATION DE QUALITE et
libérée des violences liées au
genre. Elle met ainsi en
oeuvre un projet en AFRIQUE
DE L?OUEST afin de lutter
contre les violences de
genre en milieu scolaire et a
porté une résolution allant en
ce sens auprès de
L?UNESCO.
Le CONSEIL NATIONAL EDUCATION
ECONOMIE, associant professionnels des
entreprises et ceux de l?éducation
est chargé d'animer une réflexion
prospective sur l'articulation entre le
système éducatif et les enjeux du monde
économique.
RESERVE CITOYENNE
Elle offre à tous les citoyens la
possibilité de s?engager
bénévolement pour transmettre et
faire vivre les valeurs de la République
à l?école, aux côtés des enseignants.
ENCOURAGER LES ELEVES DES TERRITOIRES
EN DIFFICULTE A POURSUIVRE LEURS
ETUDES
Le ministère de l'Education nationale a
engagé la refondation de la politique
d?éducation prioritaire, développant la
formation et le travail collectif des
personnels autour d?un référentiel
rassemblant des repères solides de
réussite scolaire. De plus, les Cordées de
la réussite et les Parcours d?Excellence
permettent la mise en place de tutorat
entre étudiants d?établissements
supérieurs et collégiens ou lycéens.
Les CAMPUS DES METIERS ET DES QUALIFICATIONS créent
des partenariats renforcés entre établissements
d?enseignement, entreprises, laboratoires de recherche et
associations, afin de former les jeunes à des métiers
adaptés au marché du travail.
INNOVER POUR L?EDUCATION
Le Conseil Economique, Social et Environnemental a
rendu en mai 2015 le rapport « Une école pour la réussite
pour tous », à partir d?un travail collaboratif innovant,
associant des parents qui vivent dans la grande pauvreté.
Trois fondements apparaissent : l?inclusion, la mixité
sociale et scolaire, et l?évaluation et le soutien des
initiatives citoyennes par les pouvoirs publics. Une
plateforme collaborative permet d?accéder à toutes ces
expériences et préconisations : reussitedetous.lecese.fr
22
ORIENTATIONS
? Lutter contre toutes les formes de discrimination
? Lutter contre toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles et garantir leurs libertés et leurs droits
? Renforcer le partage des responsabilités domestiques entre les hommes et les femmes
? Assurer l?accès des femmes à tous les domaines d?activité, garantir une égalité de salaire à travail égal et faciliter
l?accès aux postes de direction
? Favoriser à l?international l?autonomisation économique, politique et sociale des femmes, notamment en assurant
leur accès aux droits et à la santé sexuels et reproductifs
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France consacre dans sa Constitution le droit à
l?égalité de tous les citoyens sans distinction de sexe.
Des mesures législatives ont été prises pour assurer
l?égalité femme-homme dans le travail (loi relative à la
représentation équilibrée des femmes et
des hommes au sein des conseils
d'administration et à l'égalité
professionnelle), en politique (loi sur la
parité en politique de juin 2000).
Toutefois l?application de ce corpus
juridique ne se fait pas de manière
uniforme et des inégalités persistent. En
matière de rémunération, à temps de
travail égal, les hommes gagnent en moyenne 23,5 % de
plus que les femmes, en particulier chez les cadres.
Même si les taux de chômage sont désormais proches,
les femmes occupent plus souvent des emplois
précaires à temps partiel subi, avec de moindres
responsabilités. En matière de tâches domestiques,
elles consacrent 3 heures 26 minutes par jour, contre 2
heures pour les hommes (INSEE ? 2010). Enfin, concernant
la représentation féminine en politique, la loi sur la parité
(juin 2000) a certes contribué à une nette amélioration mais
au rythme actuel de progression, la parité en nombre de
sièges ne devrait être atteinte en France que
dans 25 ans. Si en matière d?éducation, les
inégalités se réduisent puisque les filles
représentent 57% des étudiants à l?université
en 2014 contre 43% en 1961, on observe
cependant des choix d?orientation toujours
différenciés, avec une majorité masculine
pour les domaines scientifiques. Depuis
2013,le Haut Conseil à l?Egalité des Hommes
et des Femmes, instance consultative placée sous l?autorité
du Premier ministre, anime le débat avec les parties
prenantes pour établir et améliorer les orientations des
politiques publiques concernant la lutte contre les
stéréotypes, la parité, les droits reproductifs ou encore les
violences de genre.
A L?INTERNATIONAL
L?égalité entre les sexes est un levier du développement
durable et un accélérateur du changement en faveur de
sociétés plus justes. A travers la stratégie « genre et
développement », la France inscrit la diplomatie des
droits des femmes au coeur de son action extérieure.
Elle ambitionne, d?ici 2017, qu?au moins 50 % des
projets financés ciblent de manière significative ou
globale, la réduction des inégalités femmes-hommes.
La France travaille au renforcement du pouvoir des
femmes, à travers leur autonomisation économique
(Algérie, Egypte, Maroc, Tunisie), leur employabilité (en
lien avec des multinationales françaises), ou leur
leadership (par le biais du programme « femmes
d?avenir en Méditerranée »). La vision française est celle
d?un monde où aucune femme ne doit risquer sa vie
pour éviter une grossesse non désirée, et où toutes et
tous ont un libre accès aux soins de qualité. Elle est
celle d?un monde où toutes et tous ont accès à
l?éducation complète à la sexualité et où les jeunes ne
risquent plus de subir des pratiques néfastes. Permettre
aux femmes de choisir le nombre de leurs enfants, ou le
moment de leur grossesse, c?est leur donner le pouvoir de
choisir leur vie. Les droits sexuels et reproductifs sont
également liés aux dynamiques démographiques qui
continuent de dessiner les principaux enjeux du
développement durable.
La France s?est dotée de sa première stratégie de
coopération internationale sur les enjeux de population, de
santé et droits sexuels et reproductifs pour 2016-2020. Elle
se concentre sur l?Afrique de l?ouest, et s?articule autour
des trois objectifs prioritaires : 1) Améliorer les cadres
normatifs internationaux, régionaux et nationaux en
matière des droits sexuels et reproductifs, 2) Augmenter
l?accès aux méthodes modernes de contraception, et 3)
Faciliter l?accès des adolescentes et des jeunes aux services
de santé sexuelle et reproductive et réduire les pratiques
néfastes.
PARVENIR A L?EGALITE DES SEXES ET AUTONOMISER
TOUTES LES FEMMES ET LES FILLES
A temps de travail égal,
les hommes gagnent
23,5% de plus
que les femmes en
moyenne
INSEE
23
L?accès réel à l?INTERRUPTION VOLONTAIRE DE
GROSSESSE (IVG) et à la CONTRACEPTION a été
facilité, avec la prise en charge à 100% de
tout le parcours (consultations, analyses,
échographies), l?accès gratuit et confidentiel
à la contraception pour les mineures de 15 à
18 ans, la gratuité de la pilule du lendemain à
l?université et le renforcement d'une offre IVG
de proximité sur le territoire. L?information a
également été renforcée avec l'ouverture
d'un site internet de référence (ivg.gouv.fr)
LE CONGE PARENTAL a été réformé pour
raccourcir la durée moyenne d?éloignement du
travail des mères et favoriser l?implication des
pères. Une part du congé parental est désormais
réservée au second parent (6 mois pour une
première naissance, 12 mois pour les suivantes).
LUTTE CONTRE LES VIOLENCES
Avec 66 millions d?euros supplémentaires sur 3
ans, le Gouvernement a doublé les moyens
spécifiques consacrés aux violences faites aux
femmes (plan interministériel 2014-2016). Les lois
contre le harcèlement sexuel (2012) et pour
l?égalité réelle entre les femmes et les hommes
(2014) ont permis la généralisation du
« téléphone grand danger », l?éviction du
domicile du conjoint violent et la mise en place
de stages de responsabilisation pour les auteurs
de violences.
.
La STRATEGIE FRANÇAISE DE COOPERATION INTERNATIONALE
sur les enjeux de population, de santé et droits sexuels et
reproductifs sera mise en oeuvre par les contributions aux
organisations multilatérales, y compris le financement au
fonds français MUSKOKA, les contributions bilatérales gérées
par l?AFD, le financement aux ONG, le plaidoyer politique
de la France ainsi que sa participation continue dans des
PARTENARIATS REGIONAUX TELS QUE CELUI DE
OUAGADOUGOU.
EGALITE PROFESSIONNELLE
La France s?est engagée dans un plan
interministériel pour l?égalité professionnelle entre
les femmes et les hommes, qui sera décliné en
France métropolitaine et en outre-mer. La
féminisation des instances dirigeantes des
sociétés du CAC 40 a de plus progressé (de 5,7
points entre 2012 et 2014): la France se situe au
premier rang européen avec 30,3% de femmes
au sein des conseils d?administration grâce à la
loi relative à la représentation équilibrée des
femmes et des hommes au sein des conseils
d'administration et à l'égalité professionnelle
(2011).
La loi du 13 avril 2016 vise à renforcer la LUTTE
CONTRE LE SYSTEME PROSTITUTIONNEL, à
accompagner les personnes prostituées et à
instaurer une pénalisation des clients.
Le plan national contre le harcèlement
sexiste et les agressions sexuelles dans
les transports a permis le lancement de
la campagne de sensibilisation de 2015.
24
ORIENTATIONS
? Encourager des pratiques de consommation responsable de l?eau et assurer un accès équitable
? Protéger les captages en favorisant les pratiques agro-écologiques
? Mieux évaluer les risques liés à la présence de micropolluants, notamment de perturbateurs endocriniens, et de
nanomatériaux dans l?eau
? Anticiper les impacts du changement climatique sur la ressource en eau
? Améliorer l?accès à l?eau potable et à l?assainissement dans les pays en développement
? Promouvoir à l?international la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE)
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
L'eau est le patrimoine commun de la Nation, chacun
ayant droit à l'usage de l'eau et à l'accès à l'eau potable
de qualité à un coût acceptable (loi sur l?eau, 1992). Le
principe pollueur-payeur (article 4 de la Charte de
l?environnement) doit en partie permettre
de financer l?assainissement de l?eau. En
2013, en France, seule la moitié des eaux
de surface (cours d?eau, lacs et eaux
littorales) et 67% des eaux souterraines
sont en « bon état chimique », c?est-à-
dire qui respecte les normes de qualité
pour les principaux polluants. La gestion de l?eau en
France s?organise selon les principes édictés par la
directive cadre européenne sur l?eau adoptée en 2000.
Elle s?appuie sur la mise en place de schémas directeurs
d?aménagement et de gestion des Eaux (SDAGE). En outre,
chaque bassin hydrographique est rattaché à une agence de
l?eau qui planifie et finance les interventions de gestion, en
favorisant une gestion équilibrée et économe
de la ressource en eau et des milieux
aquatiques, l?alimentation en eau potable, la
régulation des crues et le développement
durable des activités économiques.
Enfin, la recherche s?appuie sur les
techniques de l?observation satellitaire et de
simulation numérique. Au service de l?agriculture, elle
permet de gérer l?évolution des bassins versants et des
nappes phréatiques.
A L?INTERNATIONAL
L?eau est un enjeu transversal : il touche à la santé, à
l?hygiène, à l?alimentation et à l?éducation, à
l?environnement et au climat. La France est engagée en
faveur d?une gestion intégrée des ressources en eau
comme outil de bonne gouvernance, notamment à
travers les conventions d?Helsinki (1992) et de New-
York (1997). Elle est mobilisée en faveur d?un accès
universel à l?eau potable et à l?assainissement. L?AFD a
engagé près de 800 M¤ de nouveaux financements de
projets et programmes au bénéfice du secteur de l?eau
et de l?assainissement en 2015. Ils permettront un accès
pérenne à l?eau potable à 2,3 millions de personnes, et
une amélioration de la qualité du système
d?alimentation en eau potable pour 11,1 millions. Par
ailleurs, ces financements garantiront un accès à
l?assainissement à 400 000 personnes, et l?amélioration
de la qualité du système d?assainissement pour 1,5
million. Ces actions sont aussi une perspective d?emploi et
participent de l?autonomisation des femmes.
La législation française promeut la mobilisation de
financements innovants : elle permet aux collectivités
locales de consacrer 1% de leur budget eau et
assainissement à des projets de développement au
bénéfice de nos partenaires, ou encore l?affectation d?une
partie des fonds de la taxe sur les transactions financières à
l?Initiative pour l?alimentation en eau et l?assainissement en
milieu rural (IAEAR) de la banque africaine de
développement entre 2013 et 2015. Au-delà du volet
opérationnel, la France participe à la réflexion visant à
renforcer la gouvernance mondiale du secteur de l?eau afin
d?être en mesure d?atteindre les objectifs de l?agenda 2030.
GARANTIR L?ACCES DE TOUS A L?EAU ET
A L?ASSAINISSEMENT ET ASSURER UNE GESTION
DURABLE DES RESSOURCES EN EAU
48% des eaux de
surface sont en bon état
chimique
SOeS
25
ACCES DE TOUS A L?EAU
L?Etat et nombre d?associations oeuvrent pour
assurer l?accès à l?eau potable et à
l?assainissement des personnes n?ayant pas un
accès physique à ces services (dans les
territoires d?outre-mer, pour les sans-abri, les
réfugiés etc.).
Collectivités et entreprises testent des
tarifications de l?eau et des nouveaux
systèmes d?aides afin de garantir un accès
équitable à l?eau. Des tarifs dégressifs pour les
consommateurs les plus responsables sont
aussi expérimentés. Enfin, des conventions
avec les agriculteurs sont mises en place pour
préserver l?eau potable et baisser les coûts
d?assainissement.
ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Pendant la COP21, la France signe le Pacte de Paris sur l?eau et
l?adaptation au changement climatique dans les bassins des fleuves, des
lacs et des aquifères. Elle a aussi oeuvré pour une plus grande prise en
compte du rôle de l?eau dans l?adaptation au changement climatique.
13 projets, représentant plus de 450 M¤, ont contribué à l?adaptation aux
effets du dérèglement climatique. Il s?agit de projets d?amélioration des
connaissances du risque climatique sur les ressources en eau (CICOS et
commission du Mékong), de réduction des risques urbains d?inondations
(Dakar et Moundou), de dépollution de zones côtières (DEPOLMED Tunisie)
et de mobilisation de nouvelles ressources (Dacca, Bangladesh).
PROTECTION DE L?EAU
Le 3ème plan national santé environnement (PNSE3) a pour objectif de créer 600
nouveaux captages protégés par an, via une déclaration d?utilité publique. De
plus, il vise à mettre en place des plans d?actions contre les pollutions diffuses sur
1000 captages prioritaires, inscrits dans les schémas directeurs d?aménagement
et de gestion des eaux 2016-2021.
SUIVI SANITAIRE TRANSPARENT
L?eau fait l?objet d?un suivi sanitaire permanent.
Ainsi, chaque citoyen peut à tout moment consulter
la qualité physico-chimique de l?eau de sa
commune sur internet. : http://social-
sante.gouv.fr/sante-et-
environnement/eaux/article/qualite-de-l-eau-
potable
PLAN EAU DOM
Annoncé lors de la conférence
environnementale 2016, le plan d?actions pour
les services d?eau potable et d?assainissement
en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La
Réunion, Mayotte et Saint-Martin vise à
accompagner les collectivités dans
l?amélioration du service rendu à leurs usagers,
vers une gestion durable et soutenable des
services
Concentration moyenne de pesticides dans les
cours d?eau (Agences de l?eau/offices de
l?eau/ONEMA 2012)
26
ORIENTATIONS
? Augmenter la part d?énergie renouvelable grâce à un cadre incitatif et financier stable.
? Lutter contre la précarité énergétique et veiller à une gestion responsable de l?énergie, par une consommation
sobre et une production dont les ressources sont gérées durablement.
? Définir un cadre d?action cohérent (offre et demande) pour la transition énergétique
? Développer l'accès de tous à des services énergétiques performants, dans le cadre de la transition énergétique et
particulièrement dans les zones non interconnectées
? Promouvoir les énergies renouvelables et les solutions intelligentes adaptées aux différentes situations
géographiques
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La transition énergétique doit avoir lieu maintenant, au
travers d?innovations technologiques et techniques
permettant de réduire l?émission de gaz à effet de
serre. La France s?est engagé, en amont de la COP21, à
réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40%
d?ici 2030 par rapport à 1990. La loi
de transition énergétique pour la
croissance verte du 17 août 2015
a fixé en ce sens des objectifs
ambitieux notamment porter la
part des énergies renouvelables
dans la consommation finale brute,
qui est de 15 % en 2014, à 23 % d?ici 2020 (50 % en
outre-mer) et 32 % d?ici 2030 et de baisser à 50 % la
part du nucléaire dans la production d'électricité à
horizon 2025. Allier indépendance énergétique et
énergie renouvelable à un coût raisonnable est un enjeu
majeur. De multiples politiques publiques sont mises en
oeuvre pour encourager la sobriété et l?efficacité
énergétique (bâtiments certifiés basse consommation et
haute qualité environnementale, véhicules propres?) et
l?utilisation d?énergies renouvelables. .La France peut aussi
s?appuyer sur les grandes filières de l?énergie, producteurs
et fournisseurs, réseaux de transport et de distribution
d?énergie, industries
consommatrices, fournisseurs
de solutions dans l?industrie, le
bâtiment, les transports... qui
sont autant d?acteurs clefs et de
références mondiales pour la
transition énergétique. Toutefois,
selon l?Insee-SOeS, plus d?un ménage sur cinq connaît une
situation de vulnérabilité énergétique en 2014, ce qui
justifie qu?une aide publique soit déployée pour les
ménages précaires. Des zones insulaires non
interconnectées au réseau électrique métropolitain existent
et restent un défi pour trouver l?équilibre entre offre et
demande en électricité et coûts de production.
A L?INTERNATIONAL
La France s?est engagée à consacrer plus de 2 Mds¤ au
développement des énergies renouvelables en Afrique
d?ici 2020 où le taux d?électrification régional dans la
partie subsaharienne - 31% - est le plus faible du monde.
C?est une nécessité pour l?accès à l?éducation, à la santé
et au à l?amélioration des conditions de vie mais aussi à
un développement économique durable. Dans le cadre
de la COP 21, la France a soutenu de grandes initiatives
internationales sur l'énergie, comme "SIDS Lighthouse"
pour mobiliser le financement et un déploiement rapide
de l'énergie renouvelable dans les petits Etats insulaires
en développement.
De plus, la France met en oeuvre son expertise technique
dans la décarbonisation du mix énergétique des pays en
voie de développement et des économies émergentes.
Elle a pris l?engagement de ne plus financer de centrales
à charbon depuis 2013. La France accompagne
l?électrification rurale à travers des projets de réseaux
isolés, d?extension et de densification de réseaux.
Enfin, la France investit dans la recherche pour améliorer
la maîtrise de l?énergie et innover dans le renouvelable.
1,8 Md¤ ont été investis en 2013 dans le domaine de
l?énergie dont 440 M¤ sur les nouvelles technologies :
énergies renouvelables, capture et valorisation du CO2,
stockage, réseaux? Les solutions décentralisées « hors
réseau », les réseaux de chaleurs urbains ou encore la
technologie hydraulique font partie des nombreux
moyens d?interventions qu?elle promeut à travers l?AFD,
qui cumule plus de 3 Md¤ d?engagements sur 2013-2015.
GARANTIR L?ACCES DE TOUS A DES SERVICES
ENERGETIQUES FIABLES, DURABLES ET MODERNES
A UN COUT ABORDABLE
15% d?énergie renouvelable en 2014
dans la consommation finale brute
d?énergie (soit + 5,4% depuis 2005)
SOeS
27
CIRCUIT COURT
Des coopératives régionales françaises proposent
une énergie 100% renouvelable en circuit court par
un approvisionnement direct auprès des
producteurs.
CONSOMMATION D?ENERGIE DANS L?HABITAT
Afin d?améliorer l?efficacité énergétique des
bâtiments, la France limite depuis 2012 les
émissions des habitations neuves à
50 kWhep/m2/an et a pour objectif la
rénovation énergétique de 500 000
logements par an à compter de 2017, dont
au moins la moitié est occupée par des
ménages aux revenus modestes, visant ainsi
une baisse de 15 % de la précarité
énergétique d?ici 2020. Des solutions
réglementaires et incitatives sont mises en
place, notamment le crédit d?impôt et l?éco-
prêt à taux zéro.
1000 KM DE ROUTE SOLAIRE
En partenariat avec l?Institut national de l?énergie
solaire, une entreprise française expérimente des
routes à énergie positive via des dalles
photovoltaïques collées sur le revêtement existant.
CHEQUE ENERGIE
D?une valeur de 150¤ en moyenne, le chèque
énergie est testé en Ardèche, en Aveyron, Côtes
d?Armor et Pas-de-Calais afin de lutter contre la
précarité énergétique. De plus, durant la « trêve »
hivernale, la loi prévoit qu?aucune coupure
d?énergie ne puisse être effectuée.
TERRITOIRES A ENERGIE POSITIVE POUR LA
CROISSANCE VERTE
Un territoire à énergie positive pour la
croissance verte (TEP-CV) est un territoire
d?excellence de la transition énergétique et
écologique : réduction des besoins en
énergie des habitants, des constructions, des
activités économiques, ou des transports.
Une enveloppe de 500 000 euros est
attribuée aux collectivités lauréates. De plus,
on compte 212 lauréats de l?appel d?offre
sur les centrales solaires de grande
puissance, 1500 installations de
méthanisation attendues de l?appel à projet
sur trois ans, ou encore des projets de parcs
éoliens offshores.
La France accompagne
le Maroc dans la
diversification de ses
sources d?énergie à
travers le PROGRAMME
D?ENERGIE SOLAIRE
NOOR, qui évitera
l?émission d?environ 3,7
millions de tonnes de
gaz à effet de serre.
Catalysées par l'Agenda de l'action porté
par la présidence française de la COP21,
de grandes initiatives coopératives
internationales sur l'énergie ont vu le jour en
2015. La France participe activement à
plusieurs d'entre elles, soit en ayant
contribué à les lancer (L'ALLIANCE
MONDIALE POUR LES BATIMENTS ET LA
CONSTRUCTION, L'ALLIANCE MONDIALE
POUR LA GEOTHERMIE) soit en apportant son
appui politique et financier (L'INITIATIVE
POUR L'ENERGIE RENOUVELABLE EN AFRIQUE,
ALLIANCE SOLAIRE INTERNATIONALE, "SIDS
LIGHTHOUSE"). Ces initiatives visent à
changer le rythme actuel de déploiement et
donc d'investissement.
28
ORIENTATIONS
? Favoriser la croissance en facilitant les démarches administratives des acteurs économiques
? Soutenir par des mesures d?aide et d?accompagnement les acteurs économiques (entreprises ou entrepreneurs)
qui créent des emplois
? Soutenir les domaines d?activités à fort potentiel d?emploi
? Renforcer l?économie verte qui permet la production des biens et services environnementaux
? Accompagner les pays en développement dans leur politique d?insertion et de formation professionnelle
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France est classée au quatrième rang mondial pour
sa productivité par habitant en 2014. Néanmoins, face à
un taux de chômage qui n?a pas diminué durablement
depuis la crise de 2008 (au premier trimestre 2016, le
chômage représente 10,2 % de la population
active en France) l?emploi est un des défis
majeurs des prochaines années. Le
chômage touche particulièrement les
territoires d?Outre-mer (le taux de
chômage varie entre 21,3 % en Guyane et
29 % à la Réunion), les jeunes (24% des 15-
24 ans) et les migrants (20,7% des immigrés
hors UE). Le pacte national pour la compétitivité et
l'emploi a pour objectif de redonner aux entreprises
des marges de manoeuvres pour investir, prospecter de
nouveaux marchés, innover, favoriser la recherche et
l?innovation, recruter, restaurer leur fonds de
roulement ou accompagner la transition écologique et
énergétique grâce à une baisse du coût du travail.
D?autres mesures complémentaires ciblent certaines
catégories fragilisées (les contrats de génération, les
emplois d?avenir pour les jeunes, l?accompagnement des
chômeurs de longue durée). La réforme de la formation
professionnelle (2013) permet de se doter d'outils mieux
adaptés pour accompagner l?évolution du marché du
travail. Les perspectives de reprise
semblent positives, notamment grâce
aux investissements dans les secteurs
d?avenir tels que l?économie numérique
ou la transition énergétique.
L?entreprenariat, le tourisme durable et
l?économie circulaire sont également des
leviers privilégiés de croissance. Le
gouvernement français a lancé une initiative, la « Nouvelle
France Industrielle », qui vise à positionner les entreprises
françaises sur les nouveaux marchés économiques
porteurs. Par ailleurs, le programme gouvernemental «
Industrie du futur », qui vise à moderniser l?appareil
productif français par l?utilisation des technologies
numériques, inclut un objectif d?amélioration de l?efficacité
énergétique des procédés industriels.
A L?INTERNATIONAL
Agir pour des sociétés plus justes, le plein emploi
productif et un travail décent, est la condition d?une
croissance économique plus durable. L?initiative du Cap,
lancée en 2008 sous impulsion de la France, intègre un
fonds de garantie (ARIZ), doté de 250 M¤, pour faciliter
l?accès des PME africaines au crédit bancaire et au
capital. Les lignes de crédit ouvertes aux banques locales
et le travail de Proparco dans le secteur financier
encouragent cette dynamique visant à soutenir une
croissance riche en emploi. Les printemps arabes ont
confirmé les besoins d?intégrer l?emploi et la formation
dans un continuum d?actions au service du
développement, dans des régions où les jeunes sont à la
fois majoritaires et massivement en proie au chômage.
L?accent mis sur la formation professionnelle en Tunisie
ou les projets dits de travaux à haute intensité de main
d?oeuvre (Thimo) favorisant l?insertion professionnelle en
Côte d?Ivoire et en République centrafricaine, sont des
marqueurs de l?engagement de la France. En 2015, la
France a renouvelé son partenariat avec le bureau
international du travail (BIT). Les différents programmes
qui y sont développés ont pour finalité la promotion des
principes et des droits fondamentaux au travail, la lutte
contre le travail des enfants, la formalisation de
l?économie informelle, les socles de protection sociale et
la valorisation des pratiques de responsabilité sociétale
des entreprises (RSE) plus particulièrement (voir ODD
15). Les « programmes conditionnels de transfert
d?argent liquide » peuvent être une réponse au
développement de dispositifs de protection sociale dans
ce secteur et accompagner la formalisation de
l?économie.
PROMOUVOIR UNE CROISSANCE ECONOMIQUE SOUTENUE,
PARTAGEE ET DURABLE, LE PLEIN EMPLOI PRODUCTIF ET
UN TRAVAIL DECENT POUR TOUS
En 2013, l?économie
sociale et solidaire
représente 10% de
l?effectif salarié
INSEE
29
LA BANQUE PUBLIQUE D?INVESTISSEMENT
rassemble l?ensemble des offres
publiques de financement pour les
entreprises : soutien à l?innovation,
garantie de prêts bancaires,
financements de trésorerie,
investissements en fonds propres
(21,7 milliards d?¤ mobilisés en 2014)
L?EMPLOI DES JEUNES
13 000 contrats
« starters » allègent
les charges des
employeurs dès
l?embauche d?un
jeune de moins de
30 ans, habitant un
des quartiers
prioritaires ou
chômeur de
longue durée.
DISPOSITIF
EMBAUCHE PME
L?employeur d?une
entreprise de moins
de 250 personnes
qui embauche un
salarié reçoit une
prime de 500¤ par
semestre pendant
deux ans.
LE LABEL ISR INVESTISSEURS
SOCIALEMENT RESPONSABLES
valorise les fonds conciliant
performances financière et
extra-financière (critères
environnementaux, sociaux et
gouvernance) et soutenant le
développement de la finance
durable. De la même
manière, le LABEL TRANSITION
ENERGETIQUE ET ECOLOGIQUE
POUR LE CLIMAT valorise les
fonds qui communiquent leur
empreinte environnementale.
RESPONSABILITE TRANSNATIONALE
Elaboré en réponse au drame du Rana Plaza
(Bangladesh, 2013), le projet de loi relative au
devoir de vigilance des sociétés mères et des
entreprises donneuses d'ordre vise à
responsabiliser les sociétés transnationales afin
d'empêcher la survenance de drames en France
et à l'étranger et d'obtenir des réparations pour
les victimes en cas de dommages portant
atteinte aux droits humains et à l'environnement.
LE PROGRAMME INVESTISSEMENT D?AVENIR est
doté de près de 47 milliards d?euros pour
financer des investissements innovants et
prometteurs depuis 2010 : recherche,
formations, économie et projets
industriels, numérique, écologie et
mobilités durables sont autant de
domaines soutenus avec à ce jour 1473
projets suivis.
L?AFD accompagne l?industrie textile cambodgienne, avec un double
objectif : favoriser la compétitivité de la filière, et améliorer les conditions de
travail et de vie de ses employés. Le PROGRAMME BETTER FACTORIES
CAMBODIA s?assure de la qualité des conditions de travail, finance un
mécanisme volontaire d?assurance santé des salariés, et travaille avec
l?association des usines textiles pour améliorer les compétences de la main-
d?oeuvre locale.
30
ORIENTATIONS
? Assurer la modernisation et la durabilité des infrastructures
? Renforcer la performance environnementale des industries
? Encourager l?innovation et soutenir les investissements en Recherche & Développement
? Inciter l?orientation des investissements vers des projets bas-carbone en France et à l?international
? Soutenir à l?international le développement d?infrastructures durables et résilientes intégrant les risques naturels
et liés au changement climatique
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
L?agenda 2030 projette un monde industriel
respectueux de l?environnement et recourant de
manière rationnelle aux ressources naturelles, où la
recherche et l?innovation seront plus
fortement soutenues. Avec près d?un
million de km de routes, 30 000 km de
rails, 8 500 km de voies navigables et 13
grands ports maritimes et ports
autonomes fluviaux, la France dispose
d?un réseau d?infrastructures de
transport particulièrement dense.
L?entretien et la modernisation des
infrastructures est un enjeu majeur :
maintenance, régénération et adaptation
des référentiels techniques pour la
construction, l?entretien et l?exploitation
constituent des priorités pour des
infrastructures durables et résilientes. En outre, les
projets doivent davantage prendre en compte la
performance environnementale (emploi de matériaux
durables, faible empreinte carbone, etc.) et intégrer la
préservation de la biodiversité.
L?innovation permet d?assurer un développement qui
réponde aux grands défis sociétaux : emploi, énergie,
climat, santé. Les dépenses de recherche et développement
s?établissaient en France à 2,24% du PIB en 2013
(INSEE), soit le 10ème rang mondial, mais en deçà
de l?objectif de 3% de la stratégie de l?Europe à
2020. Depuis 2010, le programme des
investissements d?avenir de 47 milliards d?euros a
été mis en oeuvre pour financer des
investissements innovants basés sur l?économie
de la connaissance et le développement durable.
71 pôles de compétitivité, associant partenaires
privés et publics, ont été créés pour mobiliser les
facteurs clefs de la compétitivité et d'innovation.
Le pacte national pour la croissance et pour
l?emploi vise en outre à orienter l?innovation vers
le marché final (projets à valeur ajoutée et
susceptibles d?être industrialisés), en accentuant le
partenariat recherche-entreprise et la diffusion des
technologies numériques. Enfin, la stratégie numérique
française vise à garantir que les progrès liés au numérique
puissent être partagés par tous en assurant une couverture
très haut débit complète du territoire.
A L?INTERNATIONAL
Pour accompagner la transition du continent africain, la
France, à travers l?AFD, développe des infrastructures
essentielles au désenclavement des territoires, à
l?activité économique et à l?amélioration des conditions
de vie des populations : énergies, routes, ports, réseaux
ferrés, aéroports, etc.
Elle participe également au développement des tissus
industriels locaux en favorisant l?essor des petites et
moyennes entreprises. Forte de son expérience en
matière de microfinance, l?AFD contribue au
développement économique et industriel tout en favorisant
l?innovation. Afin d?améliorer la qualité et la pérennité de
ses projets de développement durable, elle a introduit un
avis « développement durable » dans l?examen des projets,
indépendant de l?équipe projet, et indiquant la contribution
de celui-ci aux cinq grandes finalités du développement
durable que sont : le développement économique, la lutte
contre la pauvreté, la lutte contre les inégalités, la
préservation de la biodiversité, la gestion des milieux et des
ressources naturelles, et la lutte contre le changement
climatique et la préservation de l?atmosphère.
BATIR UNE INFRASTRUCTURE RESILIENTE, PROMOUVOIR
UNE INDUSTRIALISATION DURABLE QUI PROFITE A TOUS ET
ENCOURAGER L?INNOVATION
En 2013, la
Recherche et
Développement
(R&D) s?établissait
à 2,24% du
PIB, soit le
10ème
rang
mondial
INSEE
31
DEVELOPPEMENT DES START-UP : FRENCH TECH ET
GREEN TECH VERTE
Le gouvernement a lancé un grand mouvement de
mobilisation pour la croissance et le rayonnement des
start-up numériques françaises. Depuis 2014, neuf
territoires ont été labellisés Métropoles French Tech.
Lancée en 2016, la Green Tech Verte est un incubateur
qui accompagne 50 start-up pour mettre le numérique
au service de la transition énergétique.
INNOVATION DES ENTREPRISES
Le crédit d?impôt recherche permet de soutenir l?effort
des entreprises en matière de recherche et
développement et d?innovation. Le pacte pour la
compétitivité, la croissance et l?emploi de 2012 a
étendu le dispositif aux petites et moyennes entreprises
(PME). En 2013, 5,7 milliards d?euros ont été financés et
23 000 entreprises ont bénéficié du dispositif.
LE PRET VERT POUR UNE MEILLEURE PERFORMANCE
ENVIRONNEMENTALE
Le prêt vert finance essentiellement des investissements
matériels (optimisation des ressources et des process) et
immatériels (démarches d?éco-conception, mise en
oeuvre de certifications ou mise aux normes
environnementales). Il peut représenter jusqu?à 3 millions
d?euros sans caution ni garantie exigées, pour les
entreprises de plus de 3 ans.
L?AFD participe à la
REHABILITATION DE L?AEROPORT
D?ABIDJAN EN COTE D?IVOIRE
et au développement
d?infrastructures connexes,
notamment la viabilisation d?une
zone d?activités tertiaires autour
de l?aéroport, qui permettra de
renforcer l?attractivité régionale
de la ville.
32
ORIENTATIONS
? Lutter contre toutes les formes de discrimination en France et à l?International
? Assurer l?égalité des chances et réduire les inégalités, notamment grâce à la protection sociale
? Améliorer l?accueil et l?intégration des étrangers régulièrement admis au séjour
? Renforcer la réglementation et la surveillance des institutions et marchés financiers mondiaux
? Aborder la transition économique et écologique sous l?angle de la solidarité
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France bénéficie d?un système juridique protecteur des
droits de l?homme et d?un système de redistribution des
richesses reconnu, afin de lutter contre les
inégalités entre les individus. En outre, des
mécanismes de solidarité interterritoriaux
lient les territoires producteurs de richesses
(principalement les grandes villes) aux
territoires en reconversion. Toutefois, la
question des inégalités est un enjeu clé en
France. En matière d?égalité des chances, la
corrélation entre performance scolaire et
milieu socio-économique reste élevée. La
dignité et la représentativité des plus démunis
est également un défi, et le projet de loi sur la
lutte contre la discrimination à raison de la
précarité sociale vise à assurer l?effectivité des droits des
personnes en situation de pauvreté. Avec une
augmentation de 26% des menaces discriminatoires en
2015 (DILCRA, 2016), la lutte contre les discriminations
est toujours d?actualité, comme l?illustre la campagne de
sensibilisation nationale contre le
racisme, le sexisme et l?homophobie.
La légalisation du mariage des
personnes de même sexe en 2013 a
ouvert de nouveaux droits aux
personnes homosexuelles, au nom
des principes d?égalité et de partage
des libertés. Enfin, concernant la
gestion des migrations, la France
participe au soutien des pays hôtes, à
la stabilisation politique des pays en
crise et à la gestion de la crise
migratoire engendrée par l?afflux des
réfugiés en Europe. La prise en charge efficace et
l?intégration des migrants restent un défi pour les années
à venir.
A L?INTERNATIONAL
En 2016, la moitié de la richesse mondiale est détenue
par 1 % de la population. Cet approfondissement des
inégalités à l?échelle du monde s?observe même au sein
des pays.
Les contributions de la migration et des diasporas au
développement des pays d?accueil et d?origine sont
importantes. Ces diasporas sont des sources de
financement de premier ordre, avec plus de 400 Mds
USD envoyés vers les pays en voie de développement
en 2015. La France a mis en place le site envoidargent.fr
qui compare les services de transfert des fonds
financiers, ce qui a permis une baisse de leur coût
moyen de plus de 30% depuis 2009. Elle mobilise aussi
les diasporas au service d?une allocation plus durable de ces
transferts, encourageant l?épargne, l?investissement, et
l?entreprenariat dans leur pays d?origine.
La France est mobilisée dans la lutte contre les
discriminations, les violences et les violations des droits de
l'homme dont sont victimes les lesbiennes, gays et
bisexuel(le)s, transgenres et intersexué(e)s (LGBTI) partout
dans le monde. Dans plus de 70 pays, les relations
homosexuelles sont encore passibles d?emprisonnement,
voire de la peine de mort. C?est inacceptable. La France
poursuit sa mobilisation en vue d?un objectif clair : la
dépénalisation universelle de l?homosexualité.
REDUIRE LES INEGALITES DANS LES PAYS
ET D?UN PAYS A L?AUTRE
Les 10 % de ménages les
plus riches possèdent
48% du patrimoine
alors que les 50 % des
ménages les plus pauvres
détiennent 7% du
patrimoine
INSEE (2010)
33
LUTTER CONTRE LES INEGALITES EN OUTRE-
MER
Les inégalités territoriales sont
particulièrement prégnantes en Outre-mer
notamment en matière d'accès à l?emploi
et à la formation, d'accès au logement et
d'accès aux soins. Elles se mesurent par
rapport à la métropole mais également
entre territoires ultramarins. Une délégation
interministérielle dédiée veille à assurer
l?égalité des chances des Français d?Outre-
mer en matière d?accès au travail, au
logement et aux services bancaires. Elle
mène également des actions de valorisation
et de promotion des ressortissants d?Outre-
mer afin de lutter contre les stéréotypes.
ACCUEIL ET INTEGRATION DES MIGRANTS
La loi portant sur la réforme du droit d?asile a
été votée en juillet 2015 : délais des procédures
raccourcies, meilleure répartition des migrants
dans les territoires.
La loi du 8 mars 2016 relative au droit des
étrangers en France a permis la généralisation
du titre de séjour pluriannuel pour les étrangers
après un an de séjour en France, le
renforcement des outils d?intégration avec la
mise en place d?un parcours d?intégration
républicaine, et la réaffirmation des droits des
étrangers. Cette loi vise également à mieux
accueillir les talents et l?excellence en France.
REDISTRIBUTION FISCALE
Les reformes socio-fiscales des dernières
années ont pour objectif d?accroître la
redistribution en faveur des ménages les plus
modestes, tout en mettant en oeuvre des
mesures d?économie pour rétablir les comptes
publics grâce aux ménages les plus aisés
(réforme des allocations familiales, réforme de
l?imposition des revenus du capital, etc?)
TOUS UNIS CONTRE LA HAINE
Le plan de lutte contre le racisme et
l?antisémitisme 2015-2017 déploie quatre
actions principales : une mobilisation nationale
appuyée par une campagne de sensibilisation,
des sanctions renforcées contre chaque acte
raciste ou antisémite, la protection des
utilisateurs d?internet vis-à-vis de la propagation
de la haine, et la formation des citoyens par
l?éducation et la culture.
L?AFD appuie le solide PARTENARIAT ETABLI
ENTRE L?ETAT DU MINAS GERAIS, AU BRESIL,
ET LA REGION NORD-PAS-DE-CALAIS, sur
l?aménagement des territoires et le
développement des pôles de compétitivité.
34
ORIENTATIONS
? Assurer pour tous un accès au logement et aux services et renforcer la mixité sociale des villes
? Instaurer une gouvernance partagée pour une construction collective de la ville
? Renforcer la durabilité des villes et préserver le patrimoine architectural
? Favoriser la résilience des villes, en développant la prévention des risques
? Favoriser l?émergence d?innovations et développer les « villes intelligentes » (Smart cities)
? Favoriser à l?international un développement urbain inclusif, sain, résilient
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
Alors que la croissance urbaine continue à un rythme
élevé sous la forme d?une expansion vers les périphéries,
le développement de villes plus durables est un enjeu
majeur pour améliorer la qualité de vie des habitants
(logement, mobilité, services), assurer le
dynamisme des activités économiques et
limiter l?artificialisation des sols, la
consommation de ressources, la détérioration
de la qualité de l?air et de l?environnement. La
résolution de ces défis passe par des projets
architecturaux et d?aménagement urbain
innovants et de qualité, élaborés avec la
participation des citoyens et de l?ensemble des parties
prenantes. La croissance des métropoles ne doit pas se
faire en défaveur des petites villes. La lutte contre la
ségrégation socio-spatiale doit également se poursuivre
en développant la mixité urbaine et sociale et en
renforçant l?effort mené auprès des zones défavorisées :
répartition équitable des logements sociaux entre les
communes, rénovation urbaine, reconversion
économique et accès aux services (mobilité, espaces
verts...). Par ailleurs, l?accès au logement
apparaît comme une priorité avec près de 3
millions de personnes vivant dans des
conditions de logement très difficiles
(Fondation Abbé Pierre,2016). Les
métropoles françaises investissent
significativement dans le développement
de transports en communs accessibles et de
la mobilité douce (pistes cyclables, vélos en libre-service,
etc.). Enfin, les territoires doivent veiller à préserver la
richesse de leur patrimoine culturel, architectural et
naturel ainsi qu?à renforcer leur résilience, en particulier
au regard des impacts du changement climatique.
A L?INTERNATIONAL
Plus d?un milliard d?individus vivent dans des quartiers
précaires ; ce chiffre pourrait doubler d?ici à 2030.
L?enjeu est d?intégrer ces quartiers à l?espace urbain en
réduisant l?exclusion de leurs habitants. Lutte contre la
précarité, accès aux services essentiels, durabilité,
opportunités économiques et emplois, les défis à
relever pour construire la ville de demain sont
nombreux. La République dominicaine a fait appel à la
France pour son soutien dans un triple programme :
étendre le métro, mettre en place un transport fluvial
et rationaliser l?urbanisation des berges.
Appelée de ses voeux par la Présidence de la COP, plus
de 7000 villes et régions des cinq continents,
représentant près d'un cinquième de la population
mondiale, ont pris lors de la COP21 des engagements
parfois très ambitieux. Elles ont de plus lancé avec un
groupe d?État une Vision à 5 ans qui intensifiera leurs
réponses aux changements climatiques. Cette dynamique
est amenée à se renforcer, avec la pérennisation d'un
Sommet annuel ("Climate Chance" à Nantes en 2016).
La conférence Habitat III à Quito du 17 au 20 octobre 2016,
dont la France et l?Equateur co-président la préparation,
sera une occasion unique pour structurer un cadre de mise
en oeuvre des ODD à l?échelle des villes Les collectivités
françaises sont actives au sein de « cités et gouvernements
locaux unis », principale organisation mondiale de villes.
Elles contribuent aux positions internationales en vue de
Quito où elles mettent en valeur les initiatives prises lors de
la COP 21, autour du changement climatique et du
développement durable, et oeuvrent pour une ville plus
inclusive, ouverte et accueillante.
FAIRE EN SORTE QUE LES VILLES ET LES ETABLISSEMENTS
HUMAINS SOIENT OUVERTS A TOUS, SURS,
RESILIENTS ET DURABLES
141 500
personnes sont "sans
domicile" en France
métropolitaine
INSEE (2013)
35
VILLES RESPIRABLES
Pendant cinq ans, la France
accompagne 20 collectivités
engagées "Villes respirables en 5 ans"
avec jusqu?à un million d?euros financés
par action et des bonus pour l?achat
de véhicules propres
PERFORMANCE ENERGETIQUE DE L?HABITAT
Le Plan de rénovation énergétique de l?habitat ambitionne
un rythme de rénovation de 500 000 logements par an d?ici
à 2017 et vise une diminution de 38 % des consommations
d?énergie dans le secteur du bâtiment d?ici 2020 (primes
exceptionnelles, crédits d?impôt développement durable),
avec une priorité donnée au traitement de la précarité
énergétique. De même, la diffusion des labels HQE (Haute
qualité environnementale) ou BBC (basse consommation
énergétique) permet de valoriser les bâtiments aux
meilleures performances.
L'HEBERGEMENT DES PERSONNES EN DIFFICULTE
Concernant l?hébergement d?urgence des personnes sans
abri ou mal logées, l?Etat a mis en place un plan doté de
105 millions d?euros visant à offrir un hébergement plus
digne et mieux adapté que les nuitées hôtelières. Par
ailleurs, la prévention des expulsions locatives est renforcée.
RISQUES ET SMARTCITY
Des services d?aide à la décision se développent pour les
collectivités, notamment pour prévenir les risques
hydrométéorologiques : inondation, tempête, fortes chutes
de neige ou submersion marine. Les plans de prévention des
risques naturels (PPRN) et les plans locaux d?urbanisme (PLU)
intègrent les impacts du changement climatique dans la
requalification des zones à risque.
MIXITE SOCIALE
Pour promouvoir la mixité sociale, la loi Solidarité et
Renouvellement Urbain (SRU, 2000) impose 20 à 25% de
logements sociaux pour les communes de plus de 50 000
habitants. De plus, les Zones Urbaines Sensibles (ZUS)
bénéficient d?aides pour dynamiser les activités
économiques (exonérations sociales et fiscales pour les
entreprises afin de favoriser l?emploi).
INNOVATIONS POUR DES VILLES
DURABLES
La France compte 19 écocités, 39
écoquartiers, près de 400 territoires à
énergie positive pour la croissance
verte qui mettent en oeuvre des
solutions exemplaires concrètes,
innovantes et efficaces pour une
nouvelle manière de fabriquer la ville.
16 groupements d?entreprises et de
territoires ont été désignés lauréats
« Démonstrateurs industriels pour une
ville durable » pour développer des
projets urbains exemplaires et
innovants avec le soutien technique
de l?État pendant 5 ans et l?appui du
programme d?investissement d?avenir.
Ces démonstrateurs se caractérisent
par une faible empreinte carbone,
l?autonomie énergétique, l?économie
circulaire, la protection de la ressource
en eau, la reconquête de la
biodiversité, la mixité fonctionnelle et
sociale et la participation citoyenne.
La France s?engage aux côté de 187 autres Etats pour
mettre en oeuvre le CADRE D'ACTION ADOPTE A SENDAÏ
(Japon) en mars 2015 ; elle a contribué à la mise en place
de systèmes de prévision et d?alertes précoces aux
événements climatiques extrêmes, à travers l?initiative
CREWS.
POLITIQUE DE LA VILLE
Une politique de développement social
et urbain permet de financer 40
milliards d?euros pour rénover les
quartiers les plus dégradés.
36
ORIENTATIONS
? Améliorer l?application du triptyque « éviter, réduire, compenser » pour réduire les déchets et optimiser leur
gestion
? Développer une économie circulaire, promouvoir une culture de la sobriété et favoriser les circuits courts
? Renforcer la production et la consommation responsables
? Renforcer la consommation responsable en multipliant les informations relatives aux produits et en sensibilisant
les citoyens
? Encourager à l?international les initiatives d?appui à l?entrepreneuriat social et à la mise en place de programmes
d?économie solidaire par les entreprises
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La consommation de matières en France s?est élevée à 12
tonnes par habitant en 2012 (SOeS). Afin de réduire les
prélèvements en ressources et les pollutions, il est
nécessaire de modifier les modes de production, de
consommation, de tri et de
recyclage. Pour ce faire, la
France qui bénéficie d?atouts
importants en matière
d?innovation, déploie l?éco-
conception des biens et des
services. Cela consiste à utiliser
au maximum les ressources
renouvelables et à valoriser les
déchets par le réemploi, la
réparation et le recyclage. L?Etat encourage ce
mouvement en incitant les acteurs à fournir des
informations sur les impacts environnementaux de leurs
produits. Le consommateur joue également un rôle clé
grâce à ses choix d?achat et à la réduction de sa
consommation. Les établissements et administrations
publics s?engagent quant à eux à l?exemplarité,
notamment par le biais de la commande publique. Enfin,
l?ensemble des acteurs économiques participent à
l?émergence de nouveaux modèles collaboratifs, que ce
soit l?économie du partage ou de la fonctionnalité (vente
de l?usage et non la vente du bien), sans pour autant
mettre en péril les acquis sociaux.
En outre, par un dispositif législatif et un plan national, les
pouvoirs publics soutiennent le commerce équitable qui
respecte les droits de l?Homme et l?environnement.
A L?INTERNATIONAL
Le modèle de production et de consommation qui a
fondé la prospérité des économies développées depuis
le XIXème siècle et qui alimente aujourd?hui la
croissance mondiale accentue les déséquilibres globaux.
La France accorde son attention aux pressions exercées
sur les ressources naturelles, qui constituent le système
de régulation nécessaire à la vie de la planète.
La France participe à la valorisation des déchets et au
renforcement des capacités des autorités publiques,
tant au niveau environnemental qu?économique. L?AFD
a accompagné plus d?une trentaine de projets depuis 15
ans, essentiellement en Afrique et auprès des
collectivités locales. Addis-Abeba bénéficie d?un appui
pour soutenir la création de centres de stockage et de tri.
Le fonds français pour l?environnement mondial (FFEM) est
présent dans le recyclage des matières organiques
(Africompost en 2013 au Bénin), de recyclage de déchets
plastiques et de composants électroniques.
Enfin, en aval, la transformation des modes de
consommation passe par la formation des consommateurs,
mais aussi par leur information. L?AFD mène des recherches
sur la faisabilité, l?efficacité, le mode de gouvernance et
l?équité de tels modèles de certification dans les pays en
développement.
ETABLIR DES MODES DE CONSOMMATION
ET DE PRODUCTION DURABLES
En France, l'apport
du secteur de
l'économie
circulaire serait de
500 000 emplois et
2,5 % du PIB
Club de Rome
En 2014, le taux de valorisation des déchets
ménagers atteint 39 % (recyclage : 22% et
compostage 17%) soit 9 % de plus qu?en 2011
SOeS
37
153 TERRITOIRES « ZERO DECHET ZERO
GASPILLAGE »
L?Etat accompagne les collectivités volontaires
dans une démarche exemplaire et participative
de promotion de l?économie circulaire, pour
réduire les déchets de 1 million de tonnes d'ici 3
ans, et économiser 63 millions d'¤.
RESPONSABILITE SOCIETALE DES ENTREPRISES (RSE)
La France a instauré dès 2012 l?obligation de reporting
environnemental et social pour les entreprises. À cette fin,
la plateforme nationale d?actions globales pour la RSE
regroupe l?ensemble des parties prenantes (acteurs
économiques, syndicats, associations, élus et experts)
pour débattre et faire des propositions.
Par ailleurs, les fédérations professionnelles ont
développé des outils d?accompagnement (études,
guides, formations...) afin de favoriser l?intégration de la
RSE dans les entreprises qu?elles rassemblent.
La France est partie prenante au CADRE DECENNAL
DE PROGRAMMES « CONSOMMATION PRODUCTION
DURABLES » (10YFP) adopté à Rio+20, assurant le
co-pilotage du programme tourisme durable avec
l?Organisation mondiale du tourisme.
L?OBSOLESCENCE PROGRAMMEE,
technique visant à réduire
volontairement la durée de vie d?un
produit pour en augmenter le taux de
remplacement, est reconnue comme
un délit depuis la loi de transition
énergétique pour la croissance verte
de 2015.
AGRO-ECOLOGIE A MADAGASCAR
Dans le domaine rural, l?agro-écologie propose des
modèles respectueux des ressources naturelles, tout
en étant fortement productifs. La France
accompagne à Madagascar un projet où la mise
en valeur de bassins versants et de périmètres
irrigués prend en compte la formation aux
techniques de production agro-écologiques, la
fourniture de matériel approprié, et l?amélioration
de l?aval des filières de production.
ECO-CONCEPTION ET
INFORMATION
L?éco-conception consiste à intégrer
l?environnement lors de la
conception d?un produit en prenant
en compte toutes les étapes du
cycle de vie ; plusieurs labels en sont
garants.
L?AFFICHAGE
ENVIRONNEMENTAL
des produits permet d?apporter
des informations quantifiées,
claires et objectives, sur les
impacts environnementaux des
produits à destination des
consommateurs. Cette
transparence garantit ainsi un
choix plus éclairé, voire plus
responsables, du consommateur.
Elle encourage aussi une
meilleure éco-conception.
38
ORIENTATIONS
? Contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C voire 1,5°C en développant des stratégies
d?émissions de court et long terme réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
? Intégrer l?adaptation au changement climatique dans l?action publique et anticiper les risques (prévention)
? Renforcer les efforts d?efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, et
renforcer les puits de carbone.
? Investir dans la coopération internationale, la recherche et diffuser l?information pour mobiliser les acteurs
? Accompagner les pays en développement dans leur transition vers des économies bas-carbone
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France s?est pleinement mobilisée pour accueillir la
Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations
unies sur les changements climatiques qui a donné lieu au
premier Accord universel sur le climat en décembre 2015.
Elle a notamment adopté la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte qui vise à
développer une économie bas-
carbone avec pour objectif ambitieux
de réduire les émissions de 40% d?ici
2030 par rapport à la quantité émise
en 1990. Pour ce faire, le
développement des énergies
renouvelable est favorisé et le parc
nucléaire français tend à être réduit.
Afin d?inciter tous les acteurs à réduire leurs émissions de
GES, le principe pollueur-payeur s?applique depuis 2014 à
travers la contribution climat énergie, une taxe de toutes
les émissions provoquées par l?utilisation de combustibles
fossiles, dont les recettes contribuent à financer le crédit
d?impôt pour la compétitivité et l?emploi (CICE).
En 2013, la France a produit 0,9% des émissions de gaz à
effet de serre mondiales pour une part du PIB mondial de
3,5%, ce qui la place parmi les pays les
moins intensifs en émissions de gaz à
effet de serre. Ces émissions
proviennent essentiellement des
secteurs du transport, du résidentiel
tertiaire, de l?agriculture et de
l?industrie. Quant aux émissions relatives
à la consommation des ménages, elles
restent élevées compte tenu des GES issus de la
production de biens importés.
A L?INTERNATIONAL
La France contribue depuis
longtemps aux travaux du
groupement intergouvernemental
sur l?évolution du climat (GIEC)
pour sensibiliser et anticiper les
changements climatiques. Elle s?est
engagée à consacrer 2 Mds¤
supplémentaires par an d?ici à 2020
à la lutte contre le changement
climatique. Depuis 2006, 21 Mds ¤
ont été dédiés à des projets en
faveur du développement et du
climat. Cela représente plus de la
moitié (56%) des financements
accordés par l?AFD à ses
partenaires. La part de cet effort
consacrée à l?atténuation entre
2013 et 2015 permettra une
diminution de 11,4 millions de
tonnes de CO2 par an.
En outre, la France reconnaît la
priorité accordée à l?Afrique pour
l?accès à l?énergie et le
développement des énergies
renouvelables dans le cadre de la
lutte contre le dérèglement
climatique afin d?accompagner les
gouvernements africains qui
souhaitent s?engager dans une
trajectoire de développement
sobre en émissions de gaz à effet
de serre et résiliente aux impacts
du dérèglement climatique. Elle
soutient en ce sens l?Initiative sur
les énergies renouvelables en
Afrique lancée par ses chefs d?Etat
à la COP21.
La France a accompagné, par le
biais d?une facilité mise en oeuvre
par l?AFD et Expertise France, des
pays d?Afrique et des petits Etats
insulaires en développement dans
l?élaboration des contributions
prévues déterminées au niveau
national afin qu?ils puissent être
parties prenantes du processus qui
a conduit à l?Accord de Paris lors de
la COP 21.
PRENDRE D?URGENCE DES MESURES POUR LUTTER
CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
ET LEURS REPERCUSSIONS
Les émissions de gaz à effet de
serre (GES) ont baissé de
11% entre 1990 et 2013 sur
le territoire français
SOeS
39
LA CONTRIBUTION CLIMAT ENERGIE a été introduite
dans la fiscalité française pour inviter les
consommateurs à plus de sobriété et décourager
les émissions polluantes en faisant payer les plus
gros émetteurs. Une trajectoire a été définie (de
22¤/tonne en 2016 jusqu?à 100¤/tonne d?ici 2030)
et un « prix plancher » du carbone pour
l?électricité sera imposé dès 2017.
L?INITIATIVE FRANÇAISE POUR LES RECIFS CORALLIENS
(IFRECOR) intègre la question du changement
climatique dans les Outre-mer dans son
programme de travail. Elle a notamment mis en
place un réseau d?observatoires des effets du
changement climatique sur les récifs coralliens,
publié un guide sur les aménagements littoraux
à destination des décideurs et estimé à 515 M¤
par an la valeur des services rendus par les
récifs en matière de protection côtière.
LOI DE TRANSITION ENERGETIQUE POUR LA CROISSANCE VERTE (2015)
Elaborée à l?issue d?un débat national, la loi de transition énergétique impacte tous les secteurs d?activité,
dont notamment le développement de transports bas-carbone, l?isolation des logements, les énergies
renouvelables. Pour sa mise en oeuvre, les territoires disposent d?outils de planification et d?actions tels que
les plans climat air énergie territoriaux. Quant aux entreprises et aux investisseurs, ils sont encouragés à
évaluer leur impact sur le climat et à s?orienter vers des projets bas-carbone.
PLAN D?ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
(2011-2015)
Issue d?une large concertation, ce plan prend en
compte les impacts du climat dans tous les
domaines et émet des recommandations sur la
biodiversité, l?agriculture, l?eau, l?urbanisme, la
santé, les risques naturels, l?énergie, l?industrie, les
infrastructures, etc. La révision du Plan en 2016
permettra d?intégrer les Outre-mer.
ENGAGEMENTS VOLONTAIRES
Des acteurs économiques s?engagent dans la lutte
contre le changement climatique, notamment
dans le domaine des transports via la charte
« Objectif CO2, les transporteurs s?engagent » ou la
convention d?engagement volontaire pour
préserver les ressources non renouvelables et
réduire les émissions de gaz à effet de serre des
constructeurs routiers.
LES LABELS COP21 reconnaissent les projets et les
initiatives qui luttent contre les changements
climatiques, innovent, mobilisent et ont une
dimension internationale. A ce jour, 160
collectivités, 203 associations, 113 acteurs
économiques et 90 organismes d?enseignement
ou de recherche ont été labellisés Cop21.
AGENDA DE L?ACTION
La France, aux côté du Pérou, du Maroc et des Nations unies, a joué un rôle
moteur pour la mobilisation d'une ampleur sans précédent de tous les acteurs
de la société civile - entreprises, collectivités, fondations, ONG - dans le cadre
du Plan d?Action Lima Paris. Aujourd?hui, il fédère plus de 10 000 acteurs de
plus de 180 pays, individuellement ou rassemblés au sein de 70 coalitions
internationales et multi-partenariales. La Décision de Paris salue d?ailleurs ses
résultats et met en valeur cette démarche sans précédent. La France continue
à appuyer activement cette dynamique en 2016 et oeuvre au côté de la
présidence montante Marocaine de la COP22 pour en assurer l'esprit inclusif,
transparent et pérenne.
La lutte contre le changement climatique est
au coeur de la politique française D?AIDE AU
DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL par le soutien à
la géothermie en Ethiopie ou au Kénya, par la
protection des récifs coralliens dans les
Comores, par l?amélioration des transports
durables aux Philippines, ou par la gestion des
déchets en Polynésie.
40
ORIENTATIONS
? Lutter en France et à l?international contre la pollution marine de tous types,
? Protéger la biodiversité marine, encourager à l?international la protection de la biodiversité en haute mer et lutter
contre les espèces invasives
? Assurer une pêche durable et un partage équitable des ressources économiques, lutter contre la surpêche
? Concilier les usages de l?océan et des milieux littoraux
? Limiter les impacts du changement climatique sur les océans, dont l?acidification
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France dispose d?un domaine maritime de 11 millions
de km², dont 97% dans les Outre-mer, soit le deuxième du
monde, ce qui lui confère une responsabilité particulière.
Pour cela, la France applique la Politique Commune de la
Pêche (PCP), texte fondateur
modernisé en 2013, qui lie étroitement
protection environnementale et
activités économiques. Cependant, il
convient de poursuivre les efforts
notamment en matière de lutte contre
la surpêche, de conciliation des usages
et de réduction des pollutions.
Le projet de loi pour la reconquête de
la biodiversité, de la nature et des
paysages permet la création de zones
fonctionnelles halieutiques pour une protection ciblée et
efficace des espèces au regard de toutes les activités. La
France a, en outre, soutenu l?interdiction du chalutage au-
delà de 800 mètres de profondeur devant les institutions
de l?Union européenne ce qui a mené à un accord le 30
juin 2016.
L?action de la Marine française
contribue à la maîtrise des risques liés
à l?activité maritime, à la répression et
à la lutte contre les pollutions, au
contrôle et à la sauvegarde des espaces
protégés et fragiles.
Par ailleurs, les schémas de cohérence
territoriale (SCOT) ambitionnent d?ici
2020-2030 de laisser sauvage un tiers
des rivages.
A L?INTERNATIONAL
Plus de trois milliards de personnes vivent de la
biodiversité marine et côtière. Les océans absorbent
environ 30% du CO2 émis par les activités humaines,
30% des stocks mondiaux de poisson sont surexploités,
et l?acidité des océans a été multipliée par 3 depuis le
début de la révolution industrielle. Et le changement
climatique poursuit la dégradation des milieux naturels
marins et de la biodiversité. La France améliore les
capacités régionales de préservation de la biodiversité
et d?adaptation au changement climatique en
particulier des îles du Pacifique au travers de projets
pilotes aux Fidji, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie
française et à Vanuatu. L?approche inclut une dimension
sociale au travers d?une implication des communautés
locales dans la gestion des risques.
En outre, la convention sur les mesures de contrôle de l?Etat
du port de l?organisation pour l?alimentation et l?agriculture
(FAO) a été ratifiée par 24 parties contractantes, dont la
France. Dès la 25ème ratification, cette convention sera
opérante : elle apporte un volet important à la lutte contre
la pêche illégale, avec la mise en place de mesures de
coordination et de coopération de contrôle entre Etats pour
éradiquer cette pêche, particulièrement nocive.
CONSERVER ET EXPLOITER DE MANIERE DURABLE LES OCEANS,
LES MERS ET LES RESSOURCES MARINES AUX FINS DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
A l?échelle planétaire, la France
héberge environ :
10% des récifs coralliens,
20% des atolls et
6% des monts sous-marins.
IFRECOR
41
AIRES MARINES PROTEGEES
La France compte 7 parcs naturels marins et 3 sont en projets (le
Cap Corse, la Martinique et le Golfe Normand-Breton). Elle
dépassera en 2016 son objectif de protection de 20 % de son
espace marin suite à la création de l?aire marine protégée de
Nouvelle-Calédonie et l?extension de la réserve naturelle des
Terres Australes Françaises d?une surface égale à la France.
BIODIVERSITE
Dans la Stratégie
nationale pour la
biodiversité (2011-
2020), la France
s?engage à ce que
d?ici à 2020 tous les
stocks de poissons,
d?invertébrés et de
plantes aquatiques
soient gérés et récoltés
d?une manière durable
et la pêche illégale soit
maîtrisée.
LUTTE CONTRE LA POLLUTION
Face à la pollution marine liée
aux déchets ou aux nutriments,
la France s?est engagée à
limiter l?impact de ses
activités : réduction des
apports de nitrate aux abords
des côtes, notamment pour
lutter contre la prolifération des
algues vertes, ou encore
interdiction des sacs et de la
vaisselle plastique jetable.
CROISSANCE BLEUE
La recherche et l?investissement
dans les énergies marines
renouvelables sont en plein essor
avec le soutien du programme des
investissements d?avenir. L?initiative
« PME biodiversité 2015 », reconnaît
des projets tels Écocean qui
protège la biodiversité fragilisée
dans les ports ou Saclaf SMF qui
détecte des biotopes sous-marins.
LA STRATEGIE NATIONALE POUR LA MER
ET LE LITTORAL (SNML) constitue un
document stratégique de
référence pour la protection du
milieu, la valorisation des ressources
marines et la gestion intégrée et
concertée des activités liées à la
mer et au littoral,. Elle porte une
vision à long terme de la politique
intégrée de la mer et du littoral.
PROTECTION DE LA MER
Un moratoire immédiat sur la
recherche d?hydrocarbure a été
déclaré par la France en
Méditerranée, à la fois dans ses
eaux territoriales et dans sa zone
économique exclusive. Elle
demandera l?extension de ce
moratoire à l?ensemble de la
Méditerranée dans le cadre de la
convention de Barcelone sur la
protection du milieu marin et du
littoral méditerranéen.
Suite à l'initiative lancée par la France, Monaco et la Tunisie en 2013 en pour
promouvoir les AIRES MARINES PROTEGEES (AMP), l?Association pour le
financement durable des AMP de Méditerranée, présidée par la France,
compte désormais neuf membres. La France s'engage par ailleurs en faveur
de la croissance bleue en Afrique au travers d'un partenariat multi-bailleurs
structurant lancé en 2016 avec la Banque mondiale : ce programme vise à
mobiliser 1 Md de dollars d?ici 2020 et permettra la création d'un observatoire
dédié à la prévention et à la gestion du risque côtier.
La France, via son FONDS POUR L?ENVIRONNEMENT MONDIAL
(FFEM), accompagne le renforcement des capacités en
finançant la participation de post-doctorants de pays en
développement au projet Tara Océans. Cela fera progresser
leur capacité d?intervention en matière de connaissance des
écosystèmes marins, de développer une coopération
internationale dans ce domaine et de soutenir une meilleure
prise en compte de ces écosystèmes dans la gouvernance de
la haute-mer.
42
ORIENTATIONS
? Préserver les écosystèmes terrestres et d?eau douce
? Protéger la biodiversité, lutter contre le trafic d?espèces protégées et lutter contre les espèces invasives
? Lutter contre l?artificialisation des sols et la dégradation des sols et du milieu naturel
? Partager les bénéfices tirés des ressources génétiques de la nature
? Renforcer le lien entre développement économique et protection de la biodiversité
? Promouvoir à l?international la gestion durable des terres et des écosystèmes à travers une approche territoire
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
En 2015, 160 612 espèces (faune, flore, fonge, terrestres
et marines) ont été répertoriées, avec des chiffres en
constante évolution au fil des découvertes (Museum
National d?Histoire Naturelle). Ces chiffres confirment la
richesse de la biodiversité de métropole et d?Outre-mer,
mais aussi sa fragilité. 1 260 espèces éteintes ou
menacées au niveau mondial sont
présentes dans au moins un des
territoires français. Or la fragmentation
croissante du territoire restreint les
possibilités de migration, d?alimentation
et de reproduction de nombreuses
espèces. Adopter une approche
écosystémique et lutter contre la dégradation des milieux
apparaît comme un enjeu central de préservation de la
biodiversité, alors que les sols artificialisés représentent
9,3% du territoire en 2014 (SOeS). Le projet de loi pour la
reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages énonce la création de l?Agence Française de la
Biodiversité, l?interdiction de la brevetabilité des plantes
et des animaux issus de procédés biologiques et les droits
d?échanges de plants et de semences pour tous les
agriculteurs. Elle met ainsi l?accent sur les
services rendus par la biodiversité. En
outre, le Ministère de l?Intérieur, avec
l?Office central de lutte contre les atteintes
à l'environnement et à la santé publique et
l?Office national de la chasse et de la faune
sauvage, lutte contre le trafic d?espèces
protégées ; des enquêtes sont en cours sur les trafics
d?ivoire, de bois tropicaux, de civelles et d?oiseaux.
A L?INTERNATIONAL
Près de 5000 chercheurs sont investis en France dans la
recherche sur la biodiversité dont certains participent à
la plateforme intergouvernementale scientifique et
politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (IPBES).
La France a été la première à inscrire dans la loi
l?obligation de rapportage sur le développement
durable pour les grandes entreprises, dès 2001,
étendue en 2015 aux investisseurs dans le cadre de la
loi sur la transition énergétique. Par ailleurs, la loi du 7
juillet 2014 sur le développement international a inscrit
la nécessité, tant pour les acteurs publics que privés,
d?intégrer des critères de RSE dans l?octroi et la mise en
oeuvre de l?aide. Le groupe AFD reconnaît la
responsabilité sociétale de l?organisation (RSO) comme un
facteur essentiel au développement et à la mise en oeuvre
des projets qu?elle finance et utilise comme référence un
certain nombre de règles et de directives produites par des
organisations internationales et les bonnes pratiques
sectorielles internationales, publiées par exemple par les
grandes associations professionnelles.
La France soutient l?action du Global compact des Nations
unies et en constitue le 2è réseau au monde. Global
compact France est engagé dans la lutte contre le
changement climatique et a oeuvré au succès de la COP21 à
Paris ; il travaille aujourd?hui avec les pouvoirs publics à
contribuer à l?atteinte des ODD.
PRESERVER ET RESTAURER LES ECOSYSTEMES TERRESTRES,
EN VEILLANT A LES EXPLOITER DE FAÇON DURABLE, GERER
DURABLEMENT LES FORETS, LUTTER CONTRE LA DESERTIFICATION,
ENRAYER ET INVERSER LE PROCESSUS DE DEGRADATION DES TERRES
ET METTRE FIN A L?APPAUVRISSEMENT DE LA BIODIVERSITE
En 2014, les sols
artificialisés représentent
9,3% du territoire
INSEE
43
L?AGENCE FRANÇAISE POUR LA BIODIVERSITE doit répondre aux enjeux de protection et de
valorisation de la biodiversité terrestre, aquatique et marine, que ce soit en métropole ou en Outre-
mer. Tous les acteurs, publics et privés, travailleront en partenariat pour assurer la préservation de la
biodiversité et développer les connaissances scientifiques.
PROTECTION DES MILIEUX
La France met en oeuvre des programmes de
protection du patrimoine naturel et
développe des espaces protégés qui
couvrent plus de 34% du territoire (SOeS).
Quant aux trames vertes et bleues, elles
constituent un réseau écologique pour la
circulation des espèces.
La France a signé le PROTOCOLE DE NAGOYA
sur l'accès aux ressources génétiques et le
partage juste et équitable des avantages
découlant de leur utilisation.
FORETS DU CAMEROUN
La France accompagne le
Cameroun dans la protection de son
important couvert forestier (22,5 M ha
dont 16,9 M de forêts denses), en
mettant à sa disposition des images
satellites, ainsi que des formations et
des moyens de leur analyse.
SERVICES ECOSYSTEMIQUES
Afin de mieux connaître la
contribution des écosystèmes à la
création de la richesse nationale, le
Ministère de l?Environnement a
engagé l?évaluation française des
écosystèmes et des services
écosystémiques : EFESE.
DIMINUTION DE L?USAGE DES PESTICIDES
L?utilisation de produits phytosanitaires ayant
progressé de 5% par an en moyenne de 2009
à 2013 (MAAF/SSP), le plan Ecophyto 2
renouvelle l?engagement de réduire leur
usage de 50% d?ici 2025, en encourageant
des pratiques agroécologiques et en diffusant
des certificats d?économie de pesticides pour
aider les distributeurs à agir.
44
ORIENTATIONS
? Assurer un Etat de droit garantissant le respect des libertés fondamentales et l?accès à l?information
? Développer la participation citoyenne et assurer des institutions et des administrations exemplaires
? Lutter contre toutes les formes de violence et assurer une justice efficace
? Lutter contre toute forme de criminalité organisée et contre les flux illicites
? Poursuivre l?engagement en faveur de l?abolition universelle de la peine de mort
? Lutter sur le plan international contre la traite des êtres humains
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
Sur la scène internationale, la France prend toute sa part
aux opérations de maintien ou de rétablissement de la
paix, sous l?égide des Nations Unies dont elle est un
membre permanent du Conseil de sécurité.
En matière d?État de droit, depuis 2010, la
question prioritaire de constitutionnalité
(QPC) permet à tout justiciable de
demander, sous certaines conditions, au
Conseil constitutionnel de vérifier si une
disposition législative ne porte pas atteinte
aux droits et libertés garantis par la
Constitution française. Le Défenseur des
droits, institution indépendante qui a pour
mission de défendre les personnes dont les droits ne sont
pas respectés et de permettre l?égalité de tous dans
l?accès aux droits, s?inscrit dans ce mouvement destiné à
renforcer les droits des citoyens. Le projet de loi relatif à
la transparence, à la lutte contre la corruption et à la
modernisation de la vie économique prévoit la création
de l?Agence nationale de lutte contre la
corruption et le financement de la protection
juridique des lanceurs d?alerte et leur
protection dans le secteur financier.
Enfin, depuis 2015, la menace terroriste s?est
considérablement amplifiée sur le territoire
national entraînant le renforcement du plan
Vigipirate, la déclaration de l?état d?urgence et
la mise en place de l?opération Sentinelle
interarmées avec la protection permanente des
approches maritimes et aériennes et le déploiement de
10 000 soldats en appui des forces de sécurité intérieure.
A L?INTERNATIONAL
Le renforcement de l?Etat de droit et la protection des
populations vulnérables sont au centre de l?action du
MAEDI. La France accompagne par exemple la société
civile et les autorités nationales tunisiennes dans un
processus de renforcement des garanties en matière de
protection des droits de l?homme et des libertés. Elle
s?attache à renforcer les capacités des cadres de
l?administration, des nouvelles instances nationales
indépendantes, des journalistes et des défenseurs des
droits de l?homme ainsi qu?à améliorer leur dialogue et
leurs interactions.
En outre, l?engagement de la France en faveur de
l?abolition universelle de la peine de mort est déterminé
et ne faiblit pas : il demeure une priorité en matière de
droits de l?homme. La France se mobilise dans la lutte
contre la traite des êtres humains. Chaque année, ce
sont plus de 2,5 millions de victimes, principalement
des femmes et des enfants, recrutées et exploitées à
travers le monde. Dans ce contexte, la France collabore
notamment avec l?office des nations unies contre la drogue
et le crime (ONUDC) et s?engage au renforcement des
capacités nationales et à la consolidation des mécanismes
de coopération transfrontalière des pays du Golfe de
Guinée.
La France est mobilisée, sur le terrain et dans les enceintes
internationales, pour assurer le respect du droit
international humanitaire et de la protection des civils.
Alors que les crises accroissent chaque jour les besoins
humanitaires et que plus de 60 millions de personnes dans
le monde ont été contraintes de fuir leur foyer, la France a
réaffirmé lors de la récente conférence d?Istanbul son
engagement en faveur de la protection des civils, et du
renforcement du continuum entre aide humanitaire et
développement.
PROMOUVOIR L?AVENEMENT DE SOCIETES PACIFIQUES ET
OUVERTES A TOUS AUX FINS DU DEVELOPPEMENT DURABLE,
ASSURER L?ACCES DE TOUS A LA JUSTICE ET METTRE EN PLACE,
A TOUS LES NIVEAUX, DES INSTITUTIONS EFFICACES
En 2014, près de
900 000
personnes ont
bénéficié de l?aide
juridictionnelle
Les chiffres clés de la
justice2015
45
ACCES A L?INFORMATION
Selon une étude de l?ONU,
en 2014, la France se
positionne au 1er rang
mondial en matière
d?accessibilité à l?information
en ligne via son site service-
public.fr
JUSTICE
Une réforme dite « Justice du 21ème siècle » est engagée en
France. Elle a pour objectif de faciliter l?accès aux droits en
créant un service d?accueil unique du justiciable et en
simplifiant les démarches. Elle tend aussi à favoriser les
modes alternatifs de règlement des litiges.
La Haute Autorité pour la TRANSPARENCE DE LA VIE
PUBLIQUE vérifie et publie les déclarations de patrimoine et
d?intérêts des responsables publics afin de lutter contre
toutes les fraudes.
SECURITE
La stratégie nationale de
prévention de la
délinquance (2013-2017)
développe des actions à
l?intention des jeunes
exposés à la délinquance,
mais aussi pour améliorer la
prévention des violences
faites aux femmes et
renforcer la tranquillité
publique.
80 zones de sécurité
prioritaires sont établies
avec une collaboration
accrue entre la police, les
parquets, la gendarmerie,
les services administratifs et
fiscaux.
De plus, la loi relative à la
prévention et à la lutte
contre les incivilités, les
atteintes à la sécurité
publique et contre les actes
terroristes dans les transports
collectifs (22 mars 2016), est
venue renforcer les
dispositifs existants.
PREVENTION DES CONFLITS
Les armées françaises contribuent à la prévention des
conflits et optimisent l?interaction entre les forces engagées
et leur environnement civil en matière de sécurité, de
gouvernance, de santé, de justice, de liberté et de
suffisance économique sur les théâtres d?opérations
extérieures.
A ISTANBUL, LA FRANCE A PRIS 10 ENGAGEMENTS pour : i)
renforcer la mobilisation politique pour prévenir et résoudre
les crises ; ii) protéger les populations civiles dans les conflits
armés, en particulier les enfants en renforçant le respect du
droit international humanitaire et des cadres juridiques
existant ; iii) Répondre aux conséquences humanitaires des
catastrophes naturelles et du dérèglement climatique ; et
iv) renforcer l?efficacité de l?action humanitaire en lien avec
les ODD.
46
ORIENTATIONS
? Mobiliser davantage de financements pour le développement durable: améliorer la mobilisation des ressources
domestiques, augmenter l?aide internationale, et aider à la mise en place d?un système de promotion de
l?investissement dans les pays les moins avancés
? Aider au maintien de niveaux de dette soutenables à long terme
? Renforcer l?accès et la diffusion des technologies à travers le mécanisme de facilitation des technologies
? Soutenir les initiatives de renforcement de capacités dans les pays en développement
? Promouvoir la révolution des données pour le suivi de la mise en oeuvre de l?Agenda 2030
ENJEUX ET ACTIONS
L?ODD 17 fait référence aux moyens de mise en oeuvre -
financiers ou non - nécessaires à la réalisation des 16
autres objectifs. Le programme d?action d?Addis-Abeba
(PAAA) décrit le partenariat mondial renouvelé pour le
développement durable et définit le cadre global pour
la mise en oeuvre de l?agenda. Ses 7 champs d?actions
recouvrent les 5 thématiques qui composent l?ODD 17.
Le PAAA est intégré dans l?agenda 2030 dont il
constitue, aux côtés de l?ODD 17, la partie « mise en
oeuvre».
La France s?inscrit dans ce cadre renouvelé et pertinent
des moyens de mise en oeuvre de l?agenda. Sa première
loi sur la politique de développement et de solidarité
internationale anticipait le nouveau cadre international
défini en 2015 en insistant sur la nécessité de prendre
en compte de façon simultanée les composantes
économique, sociale et environnementale du
développement durable et sur le rôle et la
complémentarité de l?ensemble des acteurs publics et
privés. Elle souligne le besoin de différencier les
instruments et les modalités d?intervention en fonction
des besoins des pays, l?aide publique au développement
(APD) ayant notamment un rôle de catalyseur des
multiples sources de financement, là où le potentiel de
mobilisation des ressources fiscales et le recours aux
marchés financiers demeurent encore limités et
insuffisants.
La mobilisation des ressources domestiques : la France
apporte un soutien aux pays en développement dans la
réforme de leur système fiscal. Outre l?initiative fiscale
d?Addis-Abeba, dont l?objectif phare est d?augmenter
l?assistance technique mise à disposition des pays en
développement, la France est particulièrement
impliquée dans des initiatives internationales comme «
Inspecteurs des impôts sans frontières » ou le cadre
inclusif de l?OCDE pour la mise en oeuvre du projet de «
lutte contre l?érosion de la base d'imposition et
transfert de bénéfices » (BEPS).
Les technologies : la France a fortement participé à la
création du Mécanisme de facilitation des technologies et a
poursuivi son plaidoyer dans le cadre du premier forum
multi-acteurs sur les sciences, technologies, innovations en
juin 2016.
Les données : la France s?implique dans le Partenariat
mondial sur les données du développement durable ou
encore le partenariat pour un gouvernement ouvert dont
elle prendra la co-présidence fin 2016. Elle soutient
également un pôle d?excellence dans le domaine des
statistiques en Afrique en contribuant à AFRISTAT
(l?observatoire économique et statistique d?Afrique sub-
saharienne) et en appuyant 3 écoles de statistique
africaines. La France a adopté un nouveau plan d?action «
numérique et développement ».
Le commerce : la France est pleinement engagée sur la
révision de la stratégie d?aide au commerce de l?UE pour
mieux refléter l?évolution du contexte et assurer la mise en
oeuvre des engagements pris en 2015.
ITIE : La France apporte un appui à l?ITIE depuis 2005, en
particulier pour sa mise en oeuvre dans quatorze pays
francophones. En juin 2013, à l?occasion du sommet du G8,
la France s?est engagé à adhérer à l?initiative. Cet
engagement, qui figure dans le premier plan d?action
national de la France pour le partenariat pour un
gouvernement ouvert, accompagne la volonté des autorités
françaises de développer une activité minière responsable
en Guyane et de promouvoir le domaine minier
métropolitain. La préparation de la candidature de la
France à l?ITIE a été engagée en mars 2016.
Stratégie « innover ensemble » : Le MAEDI a approuvé une
stratégie intitulée « innover ensemble » qui valorise et
incite les entreprises à aller au-delà de la RSE. Elle
comprend 16 propositions pour les initiatives de l?économie
et de l?entrepreneuriat social et inclusif dans les politiques
RENFORCER LES MOYENS DE METTRE EN OEUVRE LE
PARTENARIAT MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT
DURABLE ET LE REVITALISER
47
LA TROISIEME CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT s?est déroulée en
juillet 2015 à Addis-Abeba (Ethiopie) en amont de l?adoption de l?Agenda 2030 et de ses 17
ODD. Les membres des Nations unies ont adoptés à l?issue de cette conférence le Programme
d?action d?Addis-Abeba (PAAA), qui décrit le partenariat mondial renouvelé pour le
développement durable. Ce document comprend les engagements, orientations et
recommandations politiques sur le financement du développement durable et définit le cadre
pour la mise en oeuvre des ODD. Il envoie notamment un message fort sur l?importance du
climat et son intégration dans l?ensemble des politiques de développement, et entérine une
vision large, modernisée et diversifiée du financement du développement en l?ancrant dans la
durabilité. Cela a représenté une étape importante sur le chemin de l?adoption de l?Agenda
2030 et de l?Accord de Paris.
PLAN D?ACTION LIMA-PARIS ?COP21:
La France s'attache à renforcer le Partenariat mondial pour le développement
durable, notamment par l'intermédiaire du PLAN D?ACTION LIMA PARIS où, avec le
Pérou puis le Maroc, elle a contribué à fédérer près de 10 000 acteurs de plus
de 180 pays rassemblés au sein de 70 coalitions internationales et multi-
partenariales. La France s?est de plus attachée dans le cadre de la présidence de
la COP21 à favoriser les échanges entre l?ensemble des acteurs, organisant par
exemple 5 business dialogue entre les pouvoirs publics et les PDG de grands
groupes privés.
LE SUIVI DE LA MISE EN OEUVRE DU
PAAA ET DE L?ODD 17
Le suivi de la mise en oeuvre du
PAAA est effectué annuellement à
l?occasion du « forum de suivi du
financement du
développement », sous les
auspices de l?ECOSOC. C?est à
cette occasion que sont suivis les
progrès sur l?ensemble des
moyens de mise en oeuvre de
l?Agenda 2030, soit de l?ODD 17.
Les conclusions et
de développement, et met l?accent sur le besoin de
travailler en coalition d?acteurs.
Cohérence des politiques : La France a inscrit la CPD
parmi les priorités de la politique de développement et
de solidarité internationale dans le cadre de la loi du 7
juillet 2014. Plusieurs principes guident l?action des
opérateurs français de la politique de développement :
la prise en compte du genre, des dimensions sociales et
environnementales mais aussi du commerce équitable.
Finances : la France a intégré la vision plus large et
modernisée du financement du développement promue
par le PAAA, avec un engagement collectif renouvelé en
faveur de l?APD, en particulier pour les PMA. Les
financements publics français pour l?aide au
développement dans les Etats étrangers sous forme de
prêts croîtront de 4 Mds¤ d?ici 2020, dont la moitié soit
2 Mds¤ sera dédiée au climat. L?augmentation des
financements se fera aussi sous forme de dons, de près
de 400 M¤ de plus d?ici à 2020 par rapport à leur niveau
actuel. La France effectue une étude pilote sur le nouvel
indicateur de financement public pour le
développement durable - TOSSD.
Dette : dans le cadre des négociations internationales
sur le financement du développement, la France
promeut le respect de principes de financement
soutenable ainsi qu?une meilleure assistance technique
pour les pays concernés. Elle préside le Club de Paris -
enceinte de coordination des créanciers souverains - et
appuie sa politique de prêt sur les analyses réalisées par
les institutions financières internationales
Mobilisation des ressources domestiques : une
plateforme de réflexion interministérielle a été mise en
place afin de renforcer la coordination et l?efficacité des
actions menées par les acteurs français dans ce domaine.
Commerce : la France est convaincue que le commerce, s?il
est accompagné des politiques adéquates, peut jouer un
rôle moteur en matière de développement. Il est essentiel
de mieux intégrer les pays en développement, et
notamment les PMA, dans le commerce international. C?est
la raison pour laquelle la France attache une grande
importance à l?initiative de l?aide pour le commerce et
entend continuer son soutien en la matière. La France a
ainsi pris 1,96 Mds ¤ d?engagements pour l?Aide au
commerce en 2014.
Renforcement des capacités : La réforme du dispositif de
coopération technique français, avec la création d?Expertise
France, a permis de renforcer les moyens d?action en
matière de renforcement de capacité au profit de nos pays
partenaires en améliorant l?efficacité, la pertinence et la
rapidité de nos interventions. Ainsi, la France peut mieux
répondre à la demande de renforcement de capacités de
nos partenaires. Expertise France s?inscrit pleinement dans
la réalisation de l?agenda 2030 et de ses ODD. Par ailleurs,
la France a décidé de confier à l?AFD la responsabilité de
promouvoir, en partenariat avec Expertise France, le
renforcement des capacités en matière de gouvernance.
Co-bénéfices : Depuis 2014, l?AFD s?est doté d?un objectif
ambitieux de 50% de financements à co-bénéfice climat.
Elle a dépassé cet objectif en 2015.
Questions structurelles : Un rapprochement stratégique
entre l'AFD et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC),
permettra de créer des synergies stratégiques et
opérationnelles entre ces deux institutions en faveur du
développement durable.
48
Les nouveaux indicateurs de richesse
La France s?est fortement investie dans le
processus de définition des indicateurs
mondiaux de suivi des objectifs de
développement durable qui seront
formellement endossés prochainement par
l?Assemblée générale des Nations Unies.
D?ores et déjà, l'Institut national de la
statistique et des études économiques
(INSEE) réalise auprès de l'ensemble des
services statistiques des ministères une
étude de faisabilité de leur production au
niveau national. A court ou moyen terme, le
service statistique public devrait être en
mesure de produire un peu plus de la moitié
des indicateurs (définition attendue ou
approchée). Une transposition nationale des
indicateurs pourra être réalisée.
Parallèlement, en phase avec la cible 19 de
l?ODD 17 visant à développer de nouveaux
indicateurs au-delà du simple produit
intérieur brut, la France s?est dotée, grâce à
la loi du 13 avril 2015, de dix nouveaux
indicateurs de richesse. Ils doivent être pris
en compte dans la définition des politiques
publiques pour assurer une meilleure
mesure du progrès.
Définis au terme d?une consultation
citoyenne conduite par France Stratégie au
printemps 2015, ces indicateurs portent sur
l?emploi, l?investissement, l?endettement du
pays, la santé, les inégalités, l?éducation, la
protection de l?environnement, le bien-être
ressenti.
La loi stipule que « le Gouvernement
remette annuellement au Parlement, le
premier mardi d?octobre, un rapport
présentant l?évolution, sur les années
passées, de nouveaux indicateurs de
richesse, tels que des indicateurs
d?inégalités, de qualité de vie et de
développement durable, ainsi qu?une
évaluation qualitative ou quantitative de
l?impact des principales réformes engagées
l?année précédente et l?année en cours et de
celles envisagées pour l?année suivante (...)
au regard de ces indicateurs et de
l?évolution du produit intérieur brut (...) ».
Ces indicateurs, qui s?inscrivent dans la
logique de «l? agenda 2030 », sont
cohérents avec le programme national de
réforme, déclinaison nationale de la
stratégie de la Commission européenne «
Europe 2020 » en faveur d?une croissance «
intelligente », soutenable et inclusive.
49
TAUX D?EMPLOI
Le taux d?emploi mesure la part des personnes possédant
un emploi au sens du Bureau international du travail (BIT),
sur la population âgée de 15 à 64 ans. En 2014, le taux
d?emploi en France est de 64,3% (INSEE).
« Le taux d?emploi se situe à son plus haut niveau
depuis 30 ans (à l?exception de 2008). [Ce résultat
peut surprendre dans le contexte d?une crise
économique, mais il traduit le fait que de plus en plus
de personnes inactives entrent sur le marché du
travail (augmentation du taux d?activité). Le taux
d?emploi augmente moins vite que le taux d?activité,
donc le chômage augmente.] »
EFFORT DE RECHERCHE
L?effort de recherche est mesuré par la part de dépense
intérieure consacrée à la recherche et développement
(R&D) sur le territoire national, par les administrations
françaises et par les entreprises. Il regroupe la recherche
fondamentale, la recherche appliquée et le développement
expérimental. En 2014, l?effort de recherche représentait
2,3% du PIB. (Ministère de la Recherche : MENESR-SCSESR-
SIES)
« Il comprend les dépenses courantes (masse
salariale des personnels de R&D et dépenses de
fonctionnement) et les dépenses en capital (achat
d?équipements nécessaires à la réalisation des
travaux internes à la R&D et opérations
immobilières).»
ENDETTEMENT
L?endettement de l?ensemble des agents économiques non
financiers, exprimé en pourcentage du PIB, permet de
connaître la somme des crédits contractés à la fois par les
entreprises, les particuliers et l?Etat. (Insee, comptes
nationaux)
« Il permet de prendre la mesure de la dette [de
l?ensemble de l?économie du pays], léguée aux
générations futures. »
50
ESPERANCE DE VIE EN BONNE SANTE
L?espérance de vie en bonne santé prend en compte la
qualité des années vécues en mesurant le nombre
d?années que peut espérer vivre une personne sans
incapacité ni limitations d?activités dans les gestes de la vie
quotidienne. (Eurostat- SILC)
« [Outre une inégalité entre les sexes, les écarts par
catégories socioprofessionnelles montrent que les
catégories les plus défavorisées subissent une
durée de vie plus limitée et plus d?années de vie
avec incapacités que les catégories
socioprofessionnelles plus élevées. »
SATISFACTION A L?EGARD DE LA VIE
L?indicateur de satisfaction à l?égard de la vie donne la
moyenne des réponses à la question suivante : «sur une
échelle allant de 0 (pas du tout satisfait) à 10 (très satisfait),
indiquez votre satisfaction concernant la vie que vous
menez actuellement. » (INSEE-Eurostat/2014 provisoire)
« L?indicateur repose donc sur des déclarations,
intégrant les valeurs, les préférences, le vécu et la
vision de l?avenir des personnes questionnées. Le
bien-être ne saurait être uniquement matériel. Il
englobe des aspects liés aux relations sociales, à la
participation à la vie publique, mais aussi à la
sécurité et à la confiance dans les autres et dans les
institutions. »
INEGALITES DE REVENUS
Le rapport interquintile permet de mesurer l?écart de
revenu entre les 20% des plus riches et les 20% des plus
pauvres. Les revenus prennent en compte l?ensemble des
revenus d?activité et de remplacement, ainsi que les
prestations sociales. En 2013, l?écart de revenu moyen
s?établit à 4,3. (INSEE-DGfip-Cnaf-Cnav-CCMSA)
« L?interprétation [du niveau d?inégalité] peut être
difficile car il est très fortement influencé par les
revenus des quelques centaines de personnes les
plus fortunées, sans traduire réellement l?évolution
du revenu de la majeure partie de la population. »
51
PAUVRETE EN CONDITIONS DE VIE
La pauvreté en conditions de vie désigne une situation de
difficulté économique longue qui caractérise une personne
lorsqu?elle cumule au moins 3 difficultés matérielles parmi
9 (arriérés de paiement, chauffage, dépenses imprévues,
achat de viande, vacances, téléviseur, lave-linge, voiture et
téléphone). En 2014, cela représente 12% des individus de
France métropolitaine (INSEE, SRCV-EPCV)
« Elle correspond à l?image de la pauvreté
communément admise, à savoir l?exclusion de
pratiques et de consommations de base. »
SORTIES PRECOCES DU SYSTEME SCOLAIRE
L?indicateur « sorties précoces » mesure la proportion de
jeunes de 18-24 ans qui n?étudient plus, n?ont pas terminé
avec succès le second cycle de l?enseignement secondaire
et n?ont pas suivi de formation au cours des quatre derniers
mois. En 2015, cela représente 9,3% des Français (18-24
ans) en métropole (INSEE).
« En France, cette catégorie correspond aux
jeunes de cette classe d?âge qui ne poursuivent
plus ni études ni formation et n?ont pas de diplôme
supérieur du brevet. »
EMPREINTE CARBONE
L?empreinte carbone évalue les émissions de gaz à effet de
serre (GES) induites par la consommation de la population
résidant sur le sol national. L?empreinte carbone par
Français est de 10,6 tonnes en 2012, soit un niveau
inférieur de 10% à celui de 1990. (SOeS)
« Elle est égale à la somme des GES émis en
France pour satisfaire la demande intérieure et des
GES contenus dans nos importations. Les GES sont
le CO2, le CH4 et le N2O. »
ARTIFICIALISATION DES SOLS
Les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols
revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings,
chemins?). Elle recouvre également les mines, les carrières,
les décharges, les chantiers, les terrains vagues et les
espaces verts artificiels. En 2014, le taux d?artificialisation
est de 9,3%, soit 51 043 km2 du territoire métropolitain.
(SoeS-SSP, T-L)
« L?artificialisation du territoire engendre une perte
de ressources en sol pour l?usage agricole et pour
les espaces naturels, accélère le ruissellement des
eaux pluviales et la vulnérabilité aux inondations.
Elle a également un impact sur la biodiversité.»
52
53
54
(ATTENTION: OPTION rbains exemplaires et
innovants avec le soutien technique
de l?État pendant 5 ans et l?appui du
programme d?investissement d?avenir.
Ces démonstrateurs se caractérisent
par une faible empreinte carbone,
l?autonomie énergétique, l?économie
circulaire, la protection de la ressource
en eau, la reconquête de la
biodiversité, la mixité fonctionnelle et
sociale et la participation citoyenne.
La France s?engage aux côté de 187 autres Etats pour
mettre en oeuvre le CADRE D'ACTION ADOPTE A SENDAÏ
(Japon) en mars 2015 ; elle a contribué à la mise en place
de systèmes de prévision et d?alertes précoces aux
événements climatiques extrêmes, à travers l?initiative
CREWS.
POLITIQUE DE LA VILLE
Une politique de développement social
et urbain permet de financer 40
milliards d?euros pour rénover les
quartiers les plus dégradés.
36
ORIENTATIONS
? Améliorer l?application du triptyque « éviter, réduire, compenser » pour réduire les déchets et optimiser leur
gestion
? Développer une économie circulaire, promouvoir une culture de la sobriété et favoriser les circuits courts
? Renforcer la production et la consommation responsables
? Renforcer la consommation responsable en multipliant les informations relatives aux produits et en sensibilisant
les citoyens
? Encourager à l?international les initiatives d?appui à l?entrepreneuriat social et à la mise en place de programmes
d?économie solidaire par les entreprises
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La consommation de matières en France s?est élevée à 12
tonnes par habitant en 2012 (SOeS). Afin de réduire les
prélèvements en ressources et les pollutions, il est
nécessaire de modifier les modes de production, de
consommation, de tri et de
recyclage. Pour ce faire, la
France qui bénéficie d?atouts
importants en matière
d?innovation, déploie l?éco-
conception des biens et des
services. Cela consiste à utiliser
au maximum les ressources
renouvelables et à valoriser les
déchets par le réemploi, la
réparation et le recyclage. L?Etat encourage ce
mouvement en incitant les acteurs à fournir des
informations sur les impacts environnementaux de leurs
produits. Le consommateur joue également un rôle clé
grâce à ses choix d?achat et à la réduction de sa
consommation. Les établissements et administrations
publics s?engagent quant à eux à l?exemplarité,
notamment par le biais de la commande publique. Enfin,
l?ensemble des acteurs économiques participent à
l?émergence de nouveaux modèles collaboratifs, que ce
soit l?économie du partage ou de la fonctionnalité (vente
de l?usage et non la vente du bien), sans pour autant
mettre en péril les acquis sociaux.
En outre, par un dispositif législatif et un plan national, les
pouvoirs publics soutiennent le commerce équitable qui
respecte les droits de l?Homme et l?environnement.
A L?INTERNATIONAL
Le modèle de production et de consommation qui a
fondé la prospérité des économies développées depuis
le XIXème siècle et qui alimente aujourd?hui la
croissance mondiale accentue les déséquilibres globaux.
La France accorde son attention aux pressions exercées
sur les ressources naturelles, qui constituent le système
de régulation nécessaire à la vie de la planète.
La France participe à la valorisation des déchets et au
renforcement des capacités des autorités publiques,
tant au niveau environnemental qu?économique. L?AFD
a accompagné plus d?une trentaine de projets depuis 15
ans, essentiellement en Afrique et auprès des
collectivités locales. Addis-Abeba bénéficie d?un appui
pour soutenir la création de centres de stockage et de tri.
Le fonds français pour l?environnement mondial (FFEM) est
présent dans le recyclage des matières organiques
(Africompost en 2013 au Bénin), de recyclage de déchets
plastiques et de composants électroniques.
Enfin, en aval, la transformation des modes de
consommation passe par la formation des consommateurs,
mais aussi par leur information. L?AFD mène des recherches
sur la faisabilité, l?efficacité, le mode de gouvernance et
l?équité de tels modèles de certification dans les pays en
développement.
ETABLIR DES MODES DE CONSOMMATION
ET DE PRODUCTION DURABLES
En France, l'apport
du secteur de
l'économie
circulaire serait de
500 000 emplois et
2,5 % du PIB
Club de Rome
En 2014, le taux de valorisation des déchets
ménagers atteint 39 % (recyclage : 22% et
compostage 17%) soit 9 % de plus qu?en 2011
SOeS
37
153 TERRITOIRES « ZERO DECHET ZERO
GASPILLAGE »
L?Etat accompagne les collectivités volontaires
dans une démarche exemplaire et participative
de promotion de l?économie circulaire, pour
réduire les déchets de 1 million de tonnes d'ici 3
ans, et économiser 63 millions d'¤.
RESPONSABILITE SOCIETALE DES ENTREPRISES (RSE)
La France a instauré dès 2012 l?obligation de reporting
environnemental et social pour les entreprises. À cette fin,
la plateforme nationale d?actions globales pour la RSE
regroupe l?ensemble des parties prenantes (acteurs
économiques, syndicats, associations, élus et experts)
pour débattre et faire des propositions.
Par ailleurs, les fédérations professionnelles ont
développé des outils d?accompagnement (études,
guides, formations...) afin de favoriser l?intégration de la
RSE dans les entreprises qu?elles rassemblent.
La France est partie prenante au CADRE DECENNAL
DE PROGRAMMES « CONSOMMATION PRODUCTION
DURABLES » (10YFP) adopté à Rio+20, assurant le
co-pilotage du programme tourisme durable avec
l?Organisation mondiale du tourisme.
L?OBSOLESCENCE PROGRAMMEE,
technique visant à réduire
volontairement la durée de vie d?un
produit pour en augmenter le taux de
remplacement, est reconnue comme
un délit depuis la loi de transition
énergétique pour la croissance verte
de 2015.
AGRO-ECOLOGIE A MADAGASCAR
Dans le domaine rural, l?agro-écologie propose des
modèles respectueux des ressources naturelles, tout
en étant fortement productifs. La France
accompagne à Madagascar un projet où la mise
en valeur de bassins versants et de périmètres
irrigués prend en compte la formation aux
techniques de production agro-écologiques, la
fourniture de matériel approprié, et l?amélioration
de l?aval des filières de production.
ECO-CONCEPTION ET
INFORMATION
L?éco-conception consiste à intégrer
l?environnement lors de la
conception d?un produit en prenant
en compte toutes les étapes du
cycle de vie ; plusieurs labels en sont
garants.
L?AFFICHAGE
ENVIRONNEMENTAL
des produits permet d?apporter
des informations quantifiées,
claires et objectives, sur les
impacts environnementaux des
produits à destination des
consommateurs. Cette
transparence garantit ainsi un
choix plus éclairé, voire plus
responsables, du consommateur.
Elle encourage aussi une
meilleure éco-conception.
38
ORIENTATIONS
? Contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C voire 1,5°C en développant des stratégies
d?émissions de court et long terme réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
? Intégrer l?adaptation au changement climatique dans l?action publique et anticiper les risques (prévention)
? Renforcer les efforts d?efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, et
renforcer les puits de carbone.
? Investir dans la coopération internationale, la recherche et diffuser l?information pour mobiliser les acteurs
? Accompagner les pays en développement dans leur transition vers des économies bas-carbone
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France s?est pleinement mobilisée pour accueillir la
Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations
unies sur les changements climatiques qui a donné lieu au
premier Accord universel sur le climat en décembre 2015.
Elle a notamment adopté la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte qui vise à
développer une économie bas-
carbone avec pour objectif ambitieux
de réduire les émissions de 40% d?ici
2030 par rapport à la quantité émise
en 1990. Pour ce faire, le
développement des énergies
renouvelable est favorisé et le parc
nucléaire français tend à être réduit.
Afin d?inciter tous les acteurs à réduire leurs émissions de
GES, le principe pollueur-payeur s?applique depuis 2014 à
travers la contribution climat énergie, une taxe de toutes
les émissions provoquées par l?utilisation de combustibles
fossiles, dont les recettes contribuent à financer le crédit
d?impôt pour la compétitivité et l?emploi (CICE).
En 2013, la France a produit 0,9% des émissions de gaz à
effet de serre mondiales pour une part du PIB mondial de
3,5%, ce qui la place parmi les pays les
moins intensifs en émissions de gaz à
effet de serre. Ces émissions
proviennent essentiellement des
secteurs du transport, du résidentiel
tertiaire, de l?agriculture et de
l?industrie. Quant aux émissions relatives
à la consommation des ménages, elles
restent élevées compte tenu des GES issus de la
production de biens importés.
A L?INTERNATIONAL
La France contribue depuis
longtemps aux travaux du
groupement intergouvernemental
sur l?évolution du climat (GIEC)
pour sensibiliser et anticiper les
changements climatiques. Elle s?est
engagée à consacrer 2 Mds¤
supplémentaires par an d?ici à 2020
à la lutte contre le changement
climatique. Depuis 2006, 21 Mds ¤
ont été dédiés à des projets en
faveur du développement et du
climat. Cela représente plus de la
moitié (56%) des financements
accordés par l?AFD à ses
partenaires. La part de cet effort
consacrée à l?atténuation entre
2013 et 2015 permettra une
diminution de 11,4 millions de
tonnes de CO2 par an.
En outre, la France reconnaît la
priorité accordée à l?Afrique pour
l?accès à l?énergie et le
développement des énergies
renouvelables dans le cadre de la
lutte contre le dérèglement
climatique afin d?accompagner les
gouvernements africains qui
souhaitent s?engager dans une
trajectoire de développement
sobre en émissions de gaz à effet
de serre et résiliente aux impacts
du dérèglement climatique. Elle
soutient en ce sens l?Initiative sur
les énergies renouvelables en
Afrique lancée par ses chefs d?Etat
à la COP21.
La France a accompagné, par le
biais d?une facilité mise en oeuvre
par l?AFD et Expertise France, des
pays d?Afrique et des petits Etats
insulaires en développement dans
l?élaboration des contributions
prévues déterminées au niveau
national afin qu?ils puissent être
parties prenantes du processus qui
a conduit à l?Accord de Paris lors de
la COP 21.
PRENDRE D?URGENCE DES MESURES POUR LUTTER
CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
ET LEURS REPERCUSSIONS
Les émissions de gaz à effet de
serre (GES) ont baissé de
11% entre 1990 et 2013 sur
le territoire français
SOeS
39
LA CONTRIBUTION CLIMAT ENERGIE a été introduite
dans la fiscalité française pour inviter les
consommateurs à plus de sobriété et décourager
les émissions polluantes en faisant payer les plus
gros émetteurs. Une trajectoire a été définie (de
22¤/tonne en 2016 jusqu?à 100¤/tonne d?ici 2030)
et un « prix plancher » du carbone pour
l?électricité sera imposé dès 2017.
L?INITIATIVE FRANÇAISE POUR LES RECIFS CORALLIENS
(IFRECOR) intègre la question du changement
climatique dans les Outre-mer dans son
programme de travail. Elle a notamment mis en
place un réseau d?observatoires des effets du
changement climatique sur les récifs coralliens,
publié un guide sur les aménagements littoraux
à destination des décideurs et estimé à 515 M¤
par an la valeur des services rendus par les
récifs en matière de protection côtière.
LOI DE TRANSITION ENERGETIQUE POUR LA CROISSANCE VERTE (2015)
Elaborée à l?issue d?un débat national, la loi de transition énergétique impacte tous les secteurs d?activité,
dont notamment le développement de transports bas-carbone, l?isolation des logements, les énergies
renouvelables. Pour sa mise en oeuvre, les territoires disposent d?outils de planification et d?actions tels que
les plans climat air énergie territoriaux. Quant aux entreprises et aux investisseurs, ils sont encouragés à
évaluer leur impact sur le climat et à s?orienter vers des projets bas-carbone.
PLAN D?ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
(2011-2015)
Issue d?une large concertation, ce plan prend en
compte les impacts du climat dans tous les
domaines et émet des recommandations sur la
biodiversité, l?agriculture, l?eau, l?urbanisme, la
santé, les risques naturels, l?énergie, l?industrie, les
infrastructures, etc. La révision du Plan en 2016
permettra d?intégrer les Outre-mer.
ENGAGEMENTS VOLONTAIRES
Des acteurs économiques s?engagent dans la lutte
contre le changement climatique, notamment
dans le domaine des transports via la charte
« Objectif CO2, les transporteurs s?engagent » ou la
convention d?engagement volontaire pour
préserver les ressources non renouvelables et
réduire les émissions de gaz à effet de serre des
constructeurs routiers.
LES LABELS COP21 reconnaissent les projets et les
initiatives qui luttent contre les changements
climatiques, innovent, mobilisent et ont une
dimension internationale. A ce jour, 160
collectivités, 203 associations, 113 acteurs
économiques et 90 organismes d?enseignement
ou de recherche ont été labellisés Cop21.
AGENDA DE L?ACTION
La France, aux côté du Pérou, du Maroc et des Nations unies, a joué un rôle
moteur pour la mobilisation d'une ampleur sans précédent de tous les acteurs
de la société civile - entreprises, collectivités, fondations, ONG - dans le cadre
du Plan d?Action Lima Paris. Aujourd?hui, il fédère plus de 10 000 acteurs de
plus de 180 pays, individuellement ou rassemblés au sein de 70 coalitions
internationales et multi-partenariales. La Décision de Paris salue d?ailleurs ses
résultats et met en valeur cette démarche sans précédent. La France continue
à appuyer activement cette dynamique en 2016 et oeuvre au côté de la
présidence montante Marocaine de la COP22 pour en assurer l'esprit inclusif,
transparent et pérenne.
La lutte contre le changement climatique est
au coeur de la politique française D?AIDE AU
DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL par le soutien à
la géothermie en Ethiopie ou au Kénya, par la
protection des récifs coralliens dans les
Comores, par l?amélioration des transports
durables aux Philippines, ou par la gestion des
déchets en Polynésie.
40
ORIENTATIONS
? Lutter en France et à l?international contre la pollution marine de tous types,
? Protéger la biodiversité marine, encourager à l?international la protection de la biodiversité en haute mer et lutter
contre les espèces invasives
? Assurer une pêche durable et un partage équitable des ressources économiques, lutter contre la surpêche
? Concilier les usages de l?océan et des milieux littoraux
? Limiter les impacts du changement climatique sur les océans, dont l?acidification
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France dispose d?un domaine maritime de 11 millions
de km², dont 97% dans les Outre-mer, soit le deuxième du
monde, ce qui lui confère une responsabilité particulière.
Pour cela, la France applique la Politique Commune de la
Pêche (PCP), texte fondateur
modernisé en 2013, qui lie étroitement
protection environnementale et
activités économiques. Cependant, il
convient de poursuivre les efforts
notamment en matière de lutte contre
la surpêche, de conciliation des usages
et de réduction des pollutions.
Le projet de loi pour la reconquête de
la biodiversité, de la nature et des
paysages permet la création de zones
fonctionnelles halieutiques pour une protection ciblée et
efficace des espèces au regard de toutes les activités. La
France a, en outre, soutenu l?interdiction du chalutage au-
delà de 800 mètres de profondeur devant les institutions
de l?Union européenne ce qui a mené à un accord le 30
juin 2016.
L?action de la Marine française
contribue à la maîtrise des risques liés
à l?activité maritime, à la répression et
à la lutte contre les pollutions, au
contrôle et à la sauvegarde des espaces
protégés et fragiles.
Par ailleurs, les schémas de cohérence
territoriale (SCOT) ambitionnent d?ici
2020-2030 de laisser sauvage un tiers
des rivages.
A L?INTERNATIONAL
Plus de trois milliards de personnes vivent de la
biodiversité marine et côtière. Les océans absorbent
environ 30% du CO2 émis par les activités humaines,
30% des stocks mondiaux de poisson sont surexploités,
et l?acidité des océans a été multipliée par 3 depuis le
début de la révolution industrielle. Et le changement
climatique poursuit la dégradation des milieux naturels
marins et de la biodiversité. La France améliore les
capacités régionales de préservation de la biodiversité
et d?adaptation au changement climatique en
particulier des îles du Pacifique au travers de projets
pilotes aux Fidji, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie
française et à Vanuatu. L?approche inclut une dimension
sociale au travers d?une implication des communautés
locales dans la gestion des risques.
En outre, la convention sur les mesures de contrôle de l?Etat
du port de l?organisation pour l?alimentation et l?agriculture
(FAO) a été ratifiée par 24 parties contractantes, dont la
France. Dès la 25ème ratification, cette convention sera
opérante : elle apporte un volet important à la lutte contre
la pêche illégale, avec la mise en place de mesures de
coordination et de coopération de contrôle entre Etats pour
éradiquer cette pêche, particulièrement nocive.
CONSERVER ET EXPLOITER DE MANIERE DURABLE LES OCEANS,
LES MERS ET LES RESSOURCES MARINES AUX FINS DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
A l?échelle planétaire, la France
héberge environ :
10% des récifs coralliens,
20% des atolls et
6% des monts sous-marins.
IFRECOR
41
AIRES MARINES PROTEGEES
La France compte 7 parcs naturels marins et 3 sont en projets (le
Cap Corse, la Martinique et le Golfe Normand-Breton). Elle
dépassera en 2016 son objectif de protection de 20 % de son
espace marin suite à la création de l?aire marine protégée de
Nouvelle-Calédonie et l?extension de la réserve naturelle des
Terres Australes Françaises d?une surface égale à la France.
BIODIVERSITE
Dans la Stratégie
nationale pour la
biodiversité (2011-
2020), la France
s?engage à ce que
d?ici à 2020 tous les
stocks de poissons,
d?invertébrés et de
plantes aquatiques
soient gérés et récoltés
d?une manière durable
et la pêche illégale soit
maîtrisée.
LUTTE CONTRE LA POLLUTION
Face à la pollution marine liée
aux déchets ou aux nutriments,
la France s?est engagée à
limiter l?impact de ses
activités : réduction des
apports de nitrate aux abords
des côtes, notamment pour
lutter contre la prolifération des
algues vertes, ou encore
interdiction des sacs et de la
vaisselle plastique jetable.
CROISSANCE BLEUE
La recherche et l?investissement
dans les énergies marines
renouvelables sont en plein essor
avec le soutien du programme des
investissements d?avenir. L?initiative
« PME biodiversité 2015 », reconnaît
des projets tels Écocean qui
protège la biodiversité fragilisée
dans les ports ou Saclaf SMF qui
détecte des biotopes sous-marins.
LA STRATEGIE NATIONALE POUR LA MER
ET LE LITTORAL (SNML) constitue un
document stratégique de
référence pour la protection du
milieu, la valorisation des ressources
marines et la gestion intégrée et
concertée des activités liées à la
mer et au littoral,. Elle porte une
vision à long terme de la politique
intégrée de la mer et du littoral.
PROTECTION DE LA MER
Un moratoire immédiat sur la
recherche d?hydrocarbure a été
déclaré par la France en
Méditerranée, à la fois dans ses
eaux territoriales et dans sa zone
économique exclusive. Elle
demandera l?extension de ce
moratoire à l?ensemble de la
Méditerranée dans le cadre de la
convention de Barcelone sur la
protection du milieu marin et du
littoral méditerranéen.
Suite à l'initiative lancée par la France, Monaco et la Tunisie en 2013 en pour
promouvoir les AIRES MARINES PROTEGEES (AMP), l?Association pour le
financement durable des AMP de Méditerranée, présidée par la France,
compte désormais neuf membres. La France s'engage par ailleurs en faveur
de la croissance bleue en Afrique au travers d'un partenariat multi-bailleurs
structurant lancé en 2016 avec la Banque mondiale : ce programme vise à
mobiliser 1 Md de dollars d?ici 2020 et permettra la création d'un observatoire
dédié à la prévention et à la gestion du risque côtier.
La France, via son FONDS POUR L?ENVIRONNEMENT MONDIAL
(FFEM), accompagne le renforcement des capacités en
finançant la participation de post-doctorants de pays en
développement au projet Tara Océans. Cela fera progresser
leur capacité d?intervention en matière de connaissance des
écosystèmes marins, de développer une coopération
internationale dans ce domaine et de soutenir une meilleure
prise en compte de ces écosystèmes dans la gouvernance de
la haute-mer.
42
ORIENTATIONS
? Préserver les écosystèmes terrestres et d?eau douce
? Protéger la biodiversité, lutter contre le trafic d?espèces protégées et lutter contre les espèces invasives
? Lutter contre l?artificialisation des sols et la dégradation des sols et du milieu naturel
? Partager les bénéfices tirés des ressources génétiques de la nature
? Renforcer le lien entre développement économique et protection de la biodiversité
? Promouvoir à l?international la gestion durable des terres et des écosystèmes à travers une approche territoire
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
En 2015, 160 612 espèces (faune, flore, fonge, terrestres
et marines) ont été répertoriées, avec des chiffres en
constante évolution au fil des découvertes (Museum
National d?Histoire Naturelle). Ces chiffres confirment la
richesse de la biodiversité de métropole et d?Outre-mer,
mais aussi sa fragilité. 1 260 espèces éteintes ou
menacées au niveau mondial sont
présentes dans au moins un des
territoires français. Or la fragmentation
croissante du territoire restreint les
possibilités de migration, d?alimentation
et de reproduction de nombreuses
espèces. Adopter une approche
écosystémique et lutter contre la dégradation des milieux
apparaît comme un enjeu central de préservation de la
biodiversité, alors que les sols artificialisés représentent
9,3% du territoire en 2014 (SOeS). Le projet de loi pour la
reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages énonce la création de l?Agence Française de la
Biodiversité, l?interdiction de la brevetabilité des plantes
et des animaux issus de procédés biologiques et les droits
d?échanges de plants et de semences pour tous les
agriculteurs. Elle met ainsi l?accent sur les
services rendus par la biodiversité. En
outre, le Ministère de l?Intérieur, avec
l?Office central de lutte contre les atteintes
à l'environnement et à la santé publique et
l?Office national de la chasse et de la faune
sauvage, lutte contre le trafic d?espèces
protégées ; des enquêtes sont en cours sur les trafics
d?ivoire, de bois tropicaux, de civelles et d?oiseaux.
A L?INTERNATIONAL
Près de 5000 chercheurs sont investis en France dans la
recherche sur la biodiversité dont certains participent à
la plateforme intergouvernementale scientifique et
politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (IPBES).
La France a été la première à inscrire dans la loi
l?obligation de rapportage sur le développement
durable pour les grandes entreprises, dès 2001,
étendue en 2015 aux investisseurs dans le cadre de la
loi sur la transition énergétique. Par ailleurs, la loi du 7
juillet 2014 sur le développement international a inscrit
la nécessité, tant pour les acteurs publics que privés,
d?intégrer des critères de RSE dans l?octroi et la mise en
oeuvre de l?aide. Le groupe AFD reconnaît la
responsabilité sociétale de l?organisation (RSO) comme un
facteur essentiel au développement et à la mise en oeuvre
des projets qu?elle finance et utilise comme référence un
certain nombre de règles et de directives produites par des
organisations internationales et les bonnes pratiques
sectorielles internationales, publiées par exemple par les
grandes associations professionnelles.
La France soutient l?action du Global compact des Nations
unies et en constitue le 2è réseau au monde. Global
compact France est engagé dans la lutte contre le
changement climatique et a oeuvré au succès de la COP21 à
Paris ; il travaille aujourd?hui avec les pouvoirs publics à
contribuer à l?atteinte des ODD.
PRESERVER ET RESTAURER LES ECOSYSTEMES TERRESTRES,
EN VEILLANT A LES EXPLOITER DE FAÇON DURABLE, GERER
DURABLEMENT LES FORETS, LUTTER CONTRE LA DESERTIFICATION,
ENRAYER ET INVERSER LE PROCESSUS DE DEGRADATION DES TERRES
ET METTRE FIN A L?APPAUVRISSEMENT DE LA BIODIVERSITE
En 2014, les sols
artificialisés représentent
9,3% du territoire
INSEE
43
L?AGENCE FRANÇAISE POUR LA BIODIVERSITE doit répondre aux enjeux de protection et de
valorisation de la biodiversité terrestre, aquatique et marine, que ce soit en métropole ou en Outre-
mer. Tous les acteurs, publics et privés, travailleront en partenariat pour assurer la préservation de la
biodiversité et développer les connaissances scientifiques.
PROTECTION DES MILIEUX
La France met en oeuvre des programmes de
protection du patrimoine naturel et
développe des espaces protégés qui
couvrent plus de 34% du territoire (SOeS).
Quant aux trames vertes et bleues, elles
constituent un réseau écologique pour la
circulation des espèces.
La France a signé le PROTOCOLE DE NAGOYA
sur l'accès aux ressources génétiques et le
partage juste et équitable des avantages
découlant de leur utilisation.
FORETS DU CAMEROUN
La France accompagne le
Cameroun dans la protection de son
important couvert forestier (22,5 M ha
dont 16,9 M de forêts denses), en
mettant à sa disposition des images
satellites, ainsi que des formations et
des moyens de leur analyse.
SERVICES ECOSYSTEMIQUES
Afin de mieux connaître la
contribution des écosystèmes à la
création de la richesse nationale, le
Ministère de l?Environnement a
engagé l?évaluation française des
écosystèmes et des services
écosystémiques : EFESE.
DIMINUTION DE L?USAGE DES PESTICIDES
L?utilisation de produits phytosanitaires ayant
progressé de 5% par an en moyenne de 2009
à 2013 (MAAF/SSP), le plan Ecophyto 2
renouvelle l?engagement de réduire leur
usage de 50% d?ici 2025, en encourageant
des pratiques agroécologiques et en diffusant
des certificats d?économie de pesticides pour
aider les distributeurs à agir.
44
ORIENTATIONS
? Assurer un Etat de droit garantissant le respect des libertés fondamentales et l?accès à l?information
? Développer la participation citoyenne et assurer des institutions et des administrations exemplaires
? Lutter contre toutes les formes de violence et assurer une justice efficace
? Lutter contre toute forme de criminalité organisée et contre les flux illicites
? Poursuivre l?engagement en faveur de l?abolition universelle de la peine de mort
? Lutter sur le plan international contre la traite des êtres humains
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
Sur la scène internationale, la France prend toute sa part
aux opérations de maintien ou de rétablissement de la
paix, sous l?égide des Nations Unies dont elle est un
membre permanent du Conseil de sécurité.
En matière d?État de droit, depuis 2010, la
question prioritaire de constitutionnalité
(QPC) permet à tout justiciable de
demander, sous certaines conditions, au
Conseil constitutionnel de vérifier si une
disposition législative ne porte pas atteinte
aux droits et libertés garantis par la
Constitution française. Le Défenseur des
droits, institution indépendante qui a pour
mission de défendre les personnes dont les droits ne sont
pas respectés et de permettre l?égalité de tous dans
l?accès aux droits, s?inscrit dans ce mouvement destiné à
renforcer les droits des citoyens. Le projet de loi relatif à
la transparence, à la lutte contre la corruption et à la
modernisation de la vie économique prévoit la création
de l?Agence nationale de lutte contre la
corruption et le financement de la protection
juridique des lanceurs d?alerte et leur
protection dans le secteur financier.
Enfin, depuis 2015, la menace terroriste s?est
considérablement amplifiée sur le territoire
national entraînant le renforcement du plan
Vigipirate, la déclaration de l?état d?urgence et
la mise en place de l?opération Sentinelle
interarmées avec la protection permanente des
approches maritimes et aériennes et le déploiement de
10 000 soldats en appui des forces de sécurité intérieure.
A L?INTERNATIONAL
Le renforcement de l?Etat de droit et la protection des
populations vulnérables sont au centre de l?action du
MAEDI. La France accompagne par exemple la société
civile et les autorités nationales tunisiennes dans un
processus de renforcement des garanties en matière de
protection des droits de l?homme et des libertés. Elle
s?attache à renforcer les capacités des cadres de
l?administration, des nouvelles instances nationales
indépendantes, des journalistes et des défenseurs des
droits de l?homme ainsi qu?à améliorer leur dialogue et
leurs interactions.
En outre, l?engagement de la France en faveur de
l?abolition universelle de la peine de mort est déterminé
et ne faiblit pas : il demeure une priorité en matière de
droits de l?homme. La France se mobilise dans la lutte
contre la traite des êtres humains. Chaque année, ce
sont plus de 2,5 millions de victimes, principalement
des femmes et des enfants, recrutées et exploitées à
travers le monde. Dans ce contexte, la France collabore
notamment avec l?office des nations unies contre la drogue
et le crime (ONUDC) et s?engage au renforcement des
capacités nationales et à la consolidation des mécanismes
de coopération transfrontalière des pays du Golfe de
Guinée.
La France est mobilisée, sur le terrain et dans les enceintes
internationales, pour assurer le respect du droit
international humanitaire et de la protection des civils.
Alors que les crises accroissent chaque jour les besoins
humanitaires et que plus de 60 millions de personnes dans
le monde ont été contraintes de fuir leur foyer, la France a
réaffirmé lors de la récente conférence d?Istanbul son
engagement en faveur de la protection des civils, et du
renforcement du continuum entre aide humanitaire et
développement.
PROMOUVOIR L?AVENEMENT DE SOCIETES PACIFIQUES ET
OUVERTES A TOUS AUX FINS DU DEVELOPPEMENT DURABLE,
ASSURER L?ACCES DE TOUS A LA JUSTICE ET METTRE EN PLACE,
A TOUS LES NIVEAUX, DES INSTITUTIONS EFFICACES
En 2014, près de
900 000
personnes ont
bénéficié de l?aide
juridictionnelle
Les chiffres clés de la
justice2015
45
ACCES A L?INFORMATION
Selon une étude de l?ONU,
en 2014, la France se
positionne au 1er rang
mondial en matière
d?accessibilité à l?information
en ligne via son site service-
public.fr
JUSTICE
Une réforme dite « Justice du 21ème siècle » est engagée en
France. Elle a pour objectif de faciliter l?accès aux droits en
créant un service d?accueil unique du justiciable et en
simplifiant les démarches. Elle tend aussi à favoriser les
modes alternatifs de règlement des litiges.
La Haute Autorité pour la TRANSPARENCE DE LA VIE
PUBLIQUE vérifie et publie les déclarations de patrimoine et
d?intérêts des responsables publics afin de lutter contre
toutes les fraudes.
SECURITE
La stratégie nationale de
prévention de la
délinquance (2013-2017)
développe des actions à
l?intention des jeunes
exposés à la délinquance,
mais aussi pour améliorer la
prévention des violences
faites aux femmes et
renforcer la tranquillité
publique.
80 zones de sécurité
prioritaires sont établies
avec une collaboration
accrue entre la police, les
parquets, la gendarmerie,
les services administratifs et
fiscaux.
De plus, la loi relative à la
prévention et à la lutte
contre les incivilités, les
atteintes à la sécurité
publique et contre les actes
terroristes dans les transports
collectifs (22 mars 2016), est
venue renforcer les
dispositifs existants.
PREVENTION DES CONFLITS
Les armées françaises contribuent à la prévention des
conflits et optimisent l?interaction entre les forces engagées
et leur environnement civil en matière de sécurité, de
gouvernance, de santé, de justice, de liberté et de
suffisance économique sur les théâtres d?opérations
extérieures.
A ISTANBUL, LA FRANCE A PRIS 10 ENGAGEMENTS pour : i)
renforcer la mobilisation politique pour prévenir et résoudre
les crises ; ii) protéger les populations civiles dans les conflits
armés, en particulier les enfants en renforçant le respect du
droit international humanitaire et des cadres juridiques
existant ; iii) Répondre aux conséquences humanitaires des
catastrophes naturelles et du dérèglement climatique ; et
iv) renforcer l?efficacité de l?action humanitaire en lien avec
les ODD.
46
ORIENTATIONS
? Mobiliser davantage de financements pour le développement durable: améliorer la mobilisation des ressources
domestiques, augmenter l?aide internationale, et aider à la mise en place d?un système de promotion de
l?investissement dans les pays les moins avancés
? Aider au maintien de niveaux de dette soutenables à long terme
? Renforcer l?accès et la diffusion des technologies à travers le mécanisme de facilitation des technologies
? Soutenir les initiatives de renforcement de capacités dans les pays en développement
? Promouvoir la révolution des données pour le suivi de la mise en oeuvre de l?Agenda 2030
ENJEUX ET ACTIONS
L?ODD 17 fait référence aux moyens de mise en oeuvre -
financiers ou non - nécessaires à la réalisation des 16
autres objectifs. Le programme d?action d?Addis-Abeba
(PAAA) décrit le partenariat mondial renouvelé pour le
développement durable et définit le cadre global pour
la mise en oeuvre de l?agenda. Ses 7 champs d?actions
recouvrent les 5 thématiques qui composent l?ODD 17.
Le PAAA est intégré dans l?agenda 2030 dont il
constitue, aux côtés de l?ODD 17, la partie « mise en
oeuvre».
La France s?inscrit dans ce cadre renouvelé et pertinent
des moyens de mise en oeuvre de l?agenda. Sa première
loi sur la politique de développement et de solidarité
internationale anticipait le nouveau cadre international
défini en 2015 en insistant sur la nécessité de prendre
en compte de façon simultanée les composantes
économique, sociale et environnementale du
développement durable et sur le rôle et la
complémentarité de l?ensemble des acteurs publics et
privés. Elle souligne le besoin de différencier les
instruments et les modalités d?intervention en fonction
des besoins des pays, l?aide publique au développement
(APD) ayant notamment un rôle de catalyseur des
multiples sources de financement, là où le potentiel de
mobilisation des ressources fiscales et le recours aux
marchés financiers demeurent encore limités et
insuffisants.
La mobilisation des ressources domestiques : la France
apporte un soutien aux pays en développement dans la
réforme de leur système fiscal. Outre l?initiative fiscale
d?Addis-Abeba, dont l?objectif phare est d?augmenter
l?assistance technique mise à disposition des pays en
développement, la France est particulièrement
impliquée dans des initiatives internationales comme «
Inspecteurs des impôts sans frontières » ou le cadre
inclusif de l?OCDE pour la mise en oeuvre du projet de «
lutte contre l?érosion de la base d'imposition et
transfert de bénéfices » (BEPS).
Les technologies : la France a fortement participé à la
création du Mécanisme de facilitation des technologies et a
poursuivi son plaidoyer dans le cadre du premier forum
multi-acteurs sur les sciences, technologies, innovations en
juin 2016.
Les données : la France s?implique dans le Partenariat
mondial sur les données du développement durable ou
encore le partenariat pour un gouvernement ouvert dont
elle prendra la co-présidence fin 2016. Elle soutient
également un pôle d?excellence dans le domaine des
statistiques en Afrique en contribuant à AFRISTAT
(l?observatoire économique et statistique d?Afrique sub-
saharienne) et en appuyant 3 écoles de statistique
africaines. La France a adopté un nouveau plan d?action «
numérique et développement ».
Le commerce : la France est pleinement engagée sur la
révision de la stratégie d?aide au commerce de l?UE pour
mieux refléter l?évolution du contexte et assurer la mise en
oeuvre des engagements pris en 2015.
ITIE : La France apporte un appui à l?ITIE depuis 2005, en
particulier pour sa mise en oeuvre dans quatorze pays
francophones. En juin 2013, à l?occasion du sommet du G8,
la France s?est engagé à adhérer à l?initiative. Cet
engagement, qui figure dans le premier plan d?action
national de la France pour le partenariat pour un
gouvernement ouvert, accompagne la volonté des autorités
françaises de développer une activité minière responsable
en Guyane et de promouvoir le domaine minier
métropolitain. La préparation de la candidature de la
France à l?ITIE a été engagée en mars 2016.
Stratégie « innover ensemble » : Le MAEDI a approuvé une
stratégie intitulée « innover ensemble » qui valorise et
incite les entreprises à aller au-delà de la RSE. Elle
comprend 16 propositions pour les initiatives de l?économie
et de l?entrepreneuriat social et inclusif dans les politiques
RENFORCER LES MOYENS DE METTRE EN OEUVRE LE
PARTENARIAT MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT
DURABLE ET LE REVITALISER
47
LA TROISIEME CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT s?est déroulée en
juillet 2015 à Addis-Abeba (Ethiopie) en amont de l?adoption de l?Agenda 2030 et de ses 17
ODD. Les membres des Nations unies ont adoptés à l?issue de cette conférence le Programme
d?action d?Addis-Abeba (PAAA), qui décrit le partenariat mondial renouvelé pour le
développement durable. Ce document comprend les engagements, orientations et
recommandations politiques sur le financement du développement durable et définit le cadre
pour la mise en oeuvre des ODD. Il envoie notamment un message fort sur l?importance du
climat et son intégration dans l?ensemble des politiques de développement, et entérine une
vision large, modernisée et diversifiée du financement du développement en l?ancrant dans la
durabilité. Cela a représenté une étape importante sur le chemin de l?adoption de l?Agenda
2030 et de l?Accord de Paris.
PLAN D?ACTION LIMA-PARIS ?COP21:
La France s'attache à renforcer le Partenariat mondial pour le développement
durable, notamment par l'intermédiaire du PLAN D?ACTION LIMA PARIS où, avec le
Pérou puis le Maroc, elle a contribué à fédérer près de 10 000 acteurs de plus
de 180 pays rassemblés au sein de 70 coalitions internationales et multi-
partenariales. La France s?est de plus attachée dans le cadre de la présidence de
la COP21 à favoriser les échanges entre l?ensemble des acteurs, organisant par
exemple 5 business dialogue entre les pouvoirs publics et les PDG de grands
groupes privés.
LE SUIVI DE LA MISE EN OEUVRE DU
PAAA ET DE L?ODD 17
Le suivi de la mise en oeuvre du
PAAA est effectué annuellement à
l?occasion du « forum de suivi du
financement du
développement », sous les
auspices de l?ECOSOC. C?est à
cette occasion que sont suivis les
progrès sur l?ensemble des
moyens de mise en oeuvre de
l?Agenda 2030, soit de l?ODD 17.
Les conclusions et
de développement, et met l?accent sur le besoin de
travailler en coalition d?acteurs.
Cohérence des politiques : La France a inscrit la CPD
parmi les priorités de la politique de développement et
de solidarité internationale dans le cadre de la loi du 7
juillet 2014. Plusieurs principes guident l?action des
opérateurs français de la politique de développement :
la prise en compte du genre, des dimensions sociales et
environnementales mais aussi du commerce équitable.
Finances : la France a intégré la vision plus large et
modernisée du financement du développement promue
par le PAAA, avec un engagement collectif renouvelé en
faveur de l?APD, en particulier pour les PMA. Les
financements publics français pour l?aide au
développement dans les Etats étrangers sous forme de
prêts croîtront de 4 Mds¤ d?ici 2020, dont la moitié soit
2 Mds¤ sera dédiée au climat. L?augmentation des
financements se fera aussi sous forme de dons, de près
de 400 M¤ de plus d?ici à 2020 par rapport à leur niveau
actuel. La France effectue une étude pilote sur le nouvel
indicateur de financement public pour le
développement durable - TOSSD.
Dette : dans le cadre des négociations internationales
sur le financement du développement, la France
promeut le respect de principes de financement
soutenable ainsi qu?une meilleure assistance technique
pour les pays concernés. Elle préside le Club de Paris -
enceinte de coordination des créanciers souverains - et
appuie sa politique de prêt sur les analyses réalisées par
les institutions financières internationales
Mobilisation des ressources domestiques : une
plateforme de réflexion interministérielle a été mise en
place afin de renforcer la coordination et l?efficacité des
actions menées par les acteurs français dans ce domaine.
Commerce : la France est convaincue que le commerce, s?il
est accompagné des politiques adéquates, peut jouer un
rôle moteur en matière de développement. Il est essentiel
de mieux intégrer les pays en développement, et
notamment les PMA, dans le commerce international. C?est
la raison pour laquelle la France attache une grande
importance à l?initiative de l?aide pour le commerce et
entend continuer son soutien en la matière. La France a
ainsi pris 1,96 Mds ¤ d?engagements pour l?Aide au
commerce en 2014.
Renforcement des capacités : La réforme du dispositif de
coopération technique français, avec la création d?Expertise
France, a permis de renforcer les moyens d?action en
matière de renforcement de capacité au profit de nos pays
partenaires en améliorant l?efficacité, la pertinence et la
rapidité de nos interventions. Ainsi, la France peut mieux
répondre à la demande de renforcement de capacités de
nos partenaires. Expertise France s?inscrit pleinement dans
la réalisation de l?agenda 2030 et de ses ODD. Par ailleurs,
la France a décidé de confier à l?AFD la responsabilité de
promouvoir, en partenariat avec Expertise France, le
renforcement des capacités en matière de gouvernance.
Co-bénéfices : Depuis 2014, l?AFD s?est doté d?un objectif
ambitieux de 50% de financements à co-bénéfice climat.
Elle a dépassé cet objectif en 2015.
Questions structurelles : Un rapprochement stratégique
entre l'AFD et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC),
permettra de créer des synergies stratégiques et
opérationnelles entre ces deux institutions en faveur du
développement durable.
48
Les nouveaux indicateurs de richesse
La France s?est fortement investie dans le
processus de définition des indicateurs
mondiaux de suivi des objectifs de
développement durable qui seront
formellement endossés prochainement par
l?Assemblée générale des Nations Unies.
D?ores et déjà, l'Institut national de la
statistique et des études économiques
(INSEE) réalise auprès de l'ensemble des
services statistiques des ministères une
étude de faisabilité de leur production au
niveau national. A court ou moyen terme, le
service statistique public devrait être en
mesure de produire un peu plus de la moitié
des indicateurs (définition attendue ou
approchée). Une transposition nationale des
indicateurs pourra être réalisée.
Parallèlement, en phase avec la cible 19 de
l?ODD 17 visant à développer de nouveaux
indicateurs au-delà du simple produit
intérieur brut, la France s?est dotée, grâce à
la loi du 13 avril 2015, de dix nouveaux
indicateurs de richesse. Ils doivent être pris
en compte dans la définition des politiques
publiques pour assurer une meilleure
mesure du progrès.
Définis au terme d?une consultation
citoyenne conduite par France Stratégie au
printemps 2015, ces indicateurs portent sur
l?emploi, l?investissement, l?endettement du
pays, la santé, les inégalités, l?éducation, la
protection de l?environnement, le bien-être
ressenti.
La loi stipule que « le Gouvernement
remette annuellement au Parlement, le
premier mardi d?octobre, un rapport
présentant l?évolution, sur les années
passées, de nouveaux indicateurs de
richesse, tels que des indicateurs
d?inégalités, de qualité de vie et de
développement durable, ainsi qu?une
évaluation qualitative ou quantitative de
l?impact des principales réformes engagées
l?année précédente et l?année en cours et de
celles envisagées pour l?année suivante (...)
au regard de ces indicateurs et de
l?évolution du produit intérieur brut (...) ».
Ces indicateurs, qui s?inscrivent dans la
logique de «l? agenda 2030 », sont
cohérents avec le programme national de
réforme, déclinaison nationale de la
stratégie de la Commission européenne «
Europe 2020 » en faveur d?une croissance «
intelligente », soutenable et inclusive.
49
TAUX D?EMPLOI
Le taux d?emploi mesure la part des personnes possédant
un emploi au sens du Bureau international du travail (BIT),
sur la population âgée de 15 à 64 ans. En 2014, le taux
d?emploi en France est de 64,3% (INSEE).
« Le taux d?emploi se situe à son plus haut niveau
depuis 30 ans (à l?exception de 2008). [Ce résultat
peut surprendre dans le contexte d?une crise
économique, mais il traduit le fait que de plus en plus
de personnes inactives entrent sur le marché du
travail (augmentation du taux d?activité). Le taux
d?emploi augmente moins vite que le taux d?activité,
donc le chômage augmente.] »
EFFORT DE RECHERCHE
L?effort de recherche est mesuré par la part de dépense
intérieure consacrée à la recherche et développement
(R&D) sur le territoire national, par les administrations
françaises et par les entreprises. Il regroupe la recherche
fondamentale, la recherche appliquée et le développement
expérimental. En 2014, l?effort de recherche représentait
2,3% du PIB. (Ministère de la Recherche : MENESR-SCSESR-
SIES)
« Il comprend les dépenses courantes (masse
salariale des personnels de R&D et dépenses de
fonctionnement) et les dépenses en capital (achat
d?équipements nécessaires à la réalisation des
travaux internes à la R&D et opérations
immobilières).»
ENDETTEMENT
L?endettement de l?ensemble des agents économiques non
financiers, exprimé en pourcentage du PIB, permet de
connaître la somme des crédits contractés à la fois par les
entreprises, les particuliers et l?Etat. (Insee, comptes
nationaux)
« Il permet de prendre la mesure de la dette [de
l?ensemble de l?économie du pays], léguée aux
générations futures. »
50
ESPERANCE DE VIE EN BONNE SANTE
L?espérance de vie en bonne santé prend en compte la
qualité des années vécues en mesurant le nombre
d?années que peut espérer vivre une personne sans
incapacité ni limitations d?activités dans les gestes de la vie
quotidienne. (Eurostat- SILC)
« [Outre une inégalité entre les sexes, les écarts par
catégories socioprofessionnelles montrent que les
catégories les plus défavorisées subissent une
durée de vie plus limitée et plus d?années de vie
avec incapacités que les catégories
socioprofessionnelles plus élevées. »
SATISFACTION A L?EGARD DE LA VIE
L?indicateur de satisfaction à l?égard de la vie donne la
moyenne des réponses à la question suivante : «sur une
échelle allant de 0 (pas du tout satisfait) à 10 (très satisfait),
indiquez votre satisfaction concernant la vie que vous
menez actuellement. » (INSEE-Eurostat/2014 provisoire)
« L?indicateur repose donc sur des déclarations,
intégrant les valeurs, les préférences, le vécu et la
vision de l?avenir des personnes questionnées. Le
bien-être ne saurait être uniquement matériel. Il
englobe des aspects liés aux relations sociales, à la
participation à la vie publique, mais aussi à la
sécurité et à la confiance dans les autres et dans les
institutions. »
INEGALITES DE REVENUS
Le rapport interquintile permet de mesurer l?écart de
revenu entre les 20% des plus riches et les 20% des plus
pauvres. Les revenus prennent en compte l?ensemble des
revenus d?activité et de remplacement, ainsi que les
prestations sociales. En 2013, l?écart de revenu moyen
s?établit à 4,3. (INSEE-DGfip-Cnaf-Cnav-CCMSA)
« L?interprétation [du niveau d?inégalité] peut être
difficile car il est très fortement influencé par les
revenus des quelques centaines de personnes les
plus fortunées, sans traduire réellement l?évolution
du revenu de la majeure partie de la population. »
51
PAUVRETE EN CONDITIONS DE VIE
La pauvreté en conditions de vie désigne une situation de
difficulté économique longue qui caractérise une personne
lorsqu?elle cumule au moins 3 difficultés matérielles parmi
9 (arriérés de paiement, chauffage, dépenses imprévues,
achat de viande, vacances, téléviseur, lave-linge, voiture et
téléphone). En 2014, cela représente 12% des individus de
France métropolitaine (INSEE, SRCV-EPCV)
« Elle correspond à l?image de la pauvreté
communément admise, à savoir l?exclusion de
pratiques et de consommations de base. »
SORTIES PRECOCES DU SYSTEME SCOLAIRE
L?indicateur « sorties précoces » mesure la proportion de
jeunes de 18-24 ans qui n?étudient plus, n?ont pas terminé
avec succès le second cycle de l?enseignement secondaire
et n?ont pas suivi de formation au cours des quatre derniers
mois. En 2015, cela représente 9,3% des Français (18-24
ans) en métropole (INSEE).
« En France, cette catégorie correspond aux
jeunes de cette classe d?âge qui ne poursuivent
plus ni études ni formation et n?ont pas de diplôme
supérieur du brevet. »
EMPREINTE CARBONE
L?empreinte carbone évalue les émissions de gaz à effet de
serre (GES) induites par la consommation de la population
résidant sur le sol national. L?empreinte carbone par
Français est de 10,6 tonnes en 2012, soit un niveau
inférieur de 10% à celui de 1990. (SOeS)
« Elle est égale à la somme des GES émis en
France pour satisfaire la demande intérieure et des
GES contenus dans nos importations. Les GES sont
le CO2, le CH4 et le N2O. »
ARTIFICIALISATION DES SOLS
Les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols
revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings,
chemins?). Elle recouvre également les mines, les carrières,
les décharges, les chantiers, les terrains vagues et les
espaces verts artificiels. En 2014, le taux d?artificialisation
est de 9,3%, soit 51 043 km2 du territoire métropolitain.
(SoeS-SSP, T-L)
« L?artificialisation du territoire engendre une perte
de ressources en sol pour l?usage agricole et pour
les espaces naturels, accélère le ruissellement des
eaux pluviales et la vulnérabilité aux inondations.
Elle a également un impact sur la biodiversité.»
52
53
54
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION te carbone,
l?autonomie énergétique, l?économie
circulaire, la protection de la ressource
en eau, la reconquête de la
biodiversité, la mixité fonctionnelle et
sociale et la participation citoyenne.
La France s?engage aux côté de 187 autres Etats pour
mettre en oeuvre le CADRE D'ACTION ADOPTE A SENDAÏ
(Japon) en mars 2015 ; elle a contribué à la mise en place
de systèmes de prévision et d?alertes précoces aux
événements climatiques extrêmes, à travers l?initiative
CREWS.
POLITIQUE DE LA VILLE
Une politique de développement social
et urbain permet de financer 40
milliards d?euros pour rénover les
quartiers les plus dégradés.
36
ORIENTATIONS
? Améliorer l?application du triptyque « éviter, réduire, compenser » pour réduire les déchets et optimiser leur
gestion
? Développer une économie circulaire, promouvoir une culture de la sobriété et favoriser les circuits courts
? Renforcer la production et la consommation responsables
? Renforcer la consommation responsable en multipliant les informations relatives aux produits et en sensibilisant
les citoyens
? Encourager à l?international les initiatives d?appui à l?entrepreneuriat social et à la mise en place de programmes
d?économie solidaire par les entreprises
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La consommation de matières en France s?est élevée à 12
tonnes par habitant en 2012 (SOeS). Afin de réduire les
prélèvements en ressources et les pollutions, il est
nécessaire de modifier les modes de production, de
consommation, de tri et de
recyclage. Pour ce faire, la
France qui bénéficie d?atouts
importants en matière
d?innovation, déploie l?éco-
conception des biens et des
services. Cela consiste à utiliser
au maximum les ressources
renouvelables et à valoriser les
déchets par le réemploi, la
réparation et le recyclage. L?Etat encourage ce
mouvement en incitant les acteurs à fournir des
informations sur les impacts environnementaux de leurs
produits. Le consommateur joue également un rôle clé
grâce à ses choix d?achat et à la réduction de sa
consommation. Les établissements et administrations
publics s?engagent quant à eux à l?exemplarité,
notamment par le biais de la commande publique. Enfin,
l?ensemble des acteurs économiques participent à
l?émergence de nouveaux modèles collaboratifs, que ce
soit l?économie du partage ou de la fonctionnalité (vente
de l?usage et non la vente du bien), sans pour autant
mettre en péril les acquis sociaux.
En outre, par un dispositif législatif et un plan national, les
pouvoirs publics soutiennent le commerce équitable qui
respecte les droits de l?Homme et l?environnement.
A L?INTERNATIONAL
Le modèle de production et de consommation qui a
fondé la prospérité des économies développées depuis
le XIXème siècle et qui alimente aujourd?hui la
croissance mondiale accentue les déséquilibres globaux.
La France accorde son attention aux pressions exercées
sur les ressources naturelles, qui constituent le système
de régulation nécessaire à la vie de la planète.
La France participe à la valorisation des déchets et au
renforcement des capacités des autorités publiques,
tant au niveau environnemental qu?économique. L?AFD
a accompagné plus d?une trentaine de projets depuis 15
ans, essentiellement en Afrique et auprès des
collectivités locales. Addis-Abeba bénéficie d?un appui
pour soutenir la création de centres de stockage et de tri.
Le fonds français pour l?environnement mondial (FFEM) est
présent dans le recyclage des matières organiques
(Africompost en 2013 au Bénin), de recyclage de déchets
plastiques et de composants électroniques.
Enfin, en aval, la transformation des modes de
consommation passe par la formation des consommateurs,
mais aussi par leur information. L?AFD mène des recherches
sur la faisabilité, l?efficacité, le mode de gouvernance et
l?équité de tels modèles de certification dans les pays en
développement.
ETABLIR DES MODES DE CONSOMMATION
ET DE PRODUCTION DURABLES
En France, l'apport
du secteur de
l'économie
circulaire serait de
500 000 emplois et
2,5 % du PIB
Club de Rome
En 2014, le taux de valorisation des déchets
ménagers atteint 39 % (recyclage : 22% et
compostage 17%) soit 9 % de plus qu?en 2011
SOeS
37
153 TERRITOIRES « ZERO DECHET ZERO
GASPILLAGE »
L?Etat accompagne les collectivités volontaires
dans une démarche exemplaire et participative
de promotion de l?économie circulaire, pour
réduire les déchets de 1 million de tonnes d'ici 3
ans, et économiser 63 millions d'¤.
RESPONSABILITE SOCIETALE DES ENTREPRISES (RSE)
La France a instauré dès 2012 l?obligation de reporting
environnemental et social pour les entreprises. À cette fin,
la plateforme nationale d?actions globales pour la RSE
regroupe l?ensemble des parties prenantes (acteurs
économiques, syndicats, associations, élus et experts)
pour débattre et faire des propositions.
Par ailleurs, les fédérations professionnelles ont
développé des outils d?accompagnement (études,
guides, formations...) afin de favoriser l?intégration de la
RSE dans les entreprises qu?elles rassemblent.
La France est partie prenante au CADRE DECENNAL
DE PROGRAMMES « CONSOMMATION PRODUCTION
DURABLES » (10YFP) adopté à Rio+20, assurant le
co-pilotage du programme tourisme durable avec
l?Organisation mondiale du tourisme.
L?OBSOLESCENCE PROGRAMMEE,
technique visant à réduire
volontairement la durée de vie d?un
produit pour en augmenter le taux de
remplacement, est reconnue comme
un délit depuis la loi de transition
énergétique pour la croissance verte
de 2015.
AGRO-ECOLOGIE A MADAGASCAR
Dans le domaine rural, l?agro-écologie propose des
modèles respectueux des ressources naturelles, tout
en étant fortement productifs. La France
accompagne à Madagascar un projet où la mise
en valeur de bassins versants et de périmètres
irrigués prend en compte la formation aux
techniques de production agro-écologiques, la
fourniture de matériel approprié, et l?amélioration
de l?aval des filières de production.
ECO-CONCEPTION ET
INFORMATION
L?éco-conception consiste à intégrer
l?environnement lors de la
conception d?un produit en prenant
en compte toutes les étapes du
cycle de vie ; plusieurs labels en sont
garants.
L?AFFICHAGE
ENVIRONNEMENTAL
des produits permet d?apporter
des informations quantifiées,
claires et objectives, sur les
impacts environnementaux des
produits à destination des
consommateurs. Cette
transparence garantit ainsi un
choix plus éclairé, voire plus
responsables, du consommateur.
Elle encourage aussi une
meilleure éco-conception.
38
ORIENTATIONS
? Contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C voire 1,5°C en développant des stratégies
d?émissions de court et long terme réduisant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.
? Intégrer l?adaptation au changement climatique dans l?action publique et anticiper les risques (prévention)
? Renforcer les efforts d?efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, et
renforcer les puits de carbone.
? Investir dans la coopération internationale, la recherche et diffuser l?information pour mobiliser les acteurs
? Accompagner les pays en développement dans leur transition vers des économies bas-carbone
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France s?est pleinement mobilisée pour accueillir la
Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations
unies sur les changements climatiques qui a donné lieu au
premier Accord universel sur le climat en décembre 2015.
Elle a notamment adopté la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte qui vise à
développer une économie bas-
carbone avec pour objectif ambitieux
de réduire les émissions de 40% d?ici
2030 par rapport à la quantité émise
en 1990. Pour ce faire, le
développement des énergies
renouvelable est favorisé et le parc
nucléaire français tend à être réduit.
Afin d?inciter tous les acteurs à réduire leurs émissions de
GES, le principe pollueur-payeur s?applique depuis 2014 à
travers la contribution climat énergie, une taxe de toutes
les émissions provoquées par l?utilisation de combustibles
fossiles, dont les recettes contribuent à financer le crédit
d?impôt pour la compétitivité et l?emploi (CICE).
En 2013, la France a produit 0,9% des émissions de gaz à
effet de serre mondiales pour une part du PIB mondial de
3,5%, ce qui la place parmi les pays les
moins intensifs en émissions de gaz à
effet de serre. Ces émissions
proviennent essentiellement des
secteurs du transport, du résidentiel
tertiaire, de l?agriculture et de
l?industrie. Quant aux émissions relatives
à la consommation des ménages, elles
restent élevées compte tenu des GES issus de la
production de biens importés.
A L?INTERNATIONAL
La France contribue depuis
longtemps aux travaux du
groupement intergouvernemental
sur l?évolution du climat (GIEC)
pour sensibiliser et anticiper les
changements climatiques. Elle s?est
engagée à consacrer 2 Mds¤
supplémentaires par an d?ici à 2020
à la lutte contre le changement
climatique. Depuis 2006, 21 Mds ¤
ont été dédiés à des projets en
faveur du développement et du
climat. Cela représente plus de la
moitié (56%) des financements
accordés par l?AFD à ses
partenaires. La part de cet effort
consacrée à l?atténuation entre
2013 et 2015 permettra une
diminution de 11,4 millions de
tonnes de CO2 par an.
En outre, la France reconnaît la
priorité accordée à l?Afrique pour
l?accès à l?énergie et le
développement des énergies
renouvelables dans le cadre de la
lutte contre le dérèglement
climatique afin d?accompagner les
gouvernements africains qui
souhaitent s?engager dans une
trajectoire de développement
sobre en émissions de gaz à effet
de serre et résiliente aux impacts
du dérèglement climatique. Elle
soutient en ce sens l?Initiative sur
les énergies renouvelables en
Afrique lancée par ses chefs d?Etat
à la COP21.
La France a accompagné, par le
biais d?une facilité mise en oeuvre
par l?AFD et Expertise France, des
pays d?Afrique et des petits Etats
insulaires en développement dans
l?élaboration des contributions
prévues déterminées au niveau
national afin qu?ils puissent être
parties prenantes du processus qui
a conduit à l?Accord de Paris lors de
la COP 21.
PRENDRE D?URGENCE DES MESURES POUR LUTTER
CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
ET LEURS REPERCUSSIONS
Les émissions de gaz à effet de
serre (GES) ont baissé de
11% entre 1990 et 2013 sur
le territoire français
SOeS
39
LA CONTRIBUTION CLIMAT ENERGIE a été introduite
dans la fiscalité française pour inviter les
consommateurs à plus de sobriété et décourager
les émissions polluantes en faisant payer les plus
gros émetteurs. Une trajectoire a été définie (de
22¤/tonne en 2016 jusqu?à 100¤/tonne d?ici 2030)
et un « prix plancher » du carbone pour
l?électricité sera imposé dès 2017.
L?INITIATIVE FRANÇAISE POUR LES RECIFS CORALLIENS
(IFRECOR) intègre la question du changement
climatique dans les Outre-mer dans son
programme de travail. Elle a notamment mis en
place un réseau d?observatoires des effets du
changement climatique sur les récifs coralliens,
publié un guide sur les aménagements littoraux
à destination des décideurs et estimé à 515 M¤
par an la valeur des services rendus par les
récifs en matière de protection côtière.
LOI DE TRANSITION ENERGETIQUE POUR LA CROISSANCE VERTE (2015)
Elaborée à l?issue d?un débat national, la loi de transition énergétique impacte tous les secteurs d?activité,
dont notamment le développement de transports bas-carbone, l?isolation des logements, les énergies
renouvelables. Pour sa mise en oeuvre, les territoires disposent d?outils de planification et d?actions tels que
les plans climat air énergie territoriaux. Quant aux entreprises et aux investisseurs, ils sont encouragés à
évaluer leur impact sur le climat et à s?orienter vers des projets bas-carbone.
PLAN D?ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
(2011-2015)
Issue d?une large concertation, ce plan prend en
compte les impacts du climat dans tous les
domaines et émet des recommandations sur la
biodiversité, l?agriculture, l?eau, l?urbanisme, la
santé, les risques naturels, l?énergie, l?industrie, les
infrastructures, etc. La révision du Plan en 2016
permettra d?intégrer les Outre-mer.
ENGAGEMENTS VOLONTAIRES
Des acteurs économiques s?engagent dans la lutte
contre le changement climatique, notamment
dans le domaine des transports via la charte
« Objectif CO2, les transporteurs s?engagent » ou la
convention d?engagement volontaire pour
préserver les ressources non renouvelables et
réduire les émissions de gaz à effet de serre des
constructeurs routiers.
LES LABELS COP21 reconnaissent les projets et les
initiatives qui luttent contre les changements
climatiques, innovent, mobilisent et ont une
dimension internationale. A ce jour, 160
collectivités, 203 associations, 113 acteurs
économiques et 90 organismes d?enseignement
ou de recherche ont été labellisés Cop21.
AGENDA DE L?ACTION
La France, aux côté du Pérou, du Maroc et des Nations unies, a joué un rôle
moteur pour la mobilisation d'une ampleur sans précédent de tous les acteurs
de la société civile - entreprises, collectivités, fondations, ONG - dans le cadre
du Plan d?Action Lima Paris. Aujourd?hui, il fédère plus de 10 000 acteurs de
plus de 180 pays, individuellement ou rassemblés au sein de 70 coalitions
internationales et multi-partenariales. La Décision de Paris salue d?ailleurs ses
résultats et met en valeur cette démarche sans précédent. La France continue
à appuyer activement cette dynamique en 2016 et oeuvre au côté de la
présidence montante Marocaine de la COP22 pour en assurer l'esprit inclusif,
transparent et pérenne.
La lutte contre le changement climatique est
au coeur de la politique française D?AIDE AU
DEVELOPPEMENT INTERNATIONAL par le soutien à
la géothermie en Ethiopie ou au Kénya, par la
protection des récifs coralliens dans les
Comores, par l?amélioration des transports
durables aux Philippines, ou par la gestion des
déchets en Polynésie.
40
ORIENTATIONS
? Lutter en France et à l?international contre la pollution marine de tous types,
? Protéger la biodiversité marine, encourager à l?international la protection de la biodiversité en haute mer et lutter
contre les espèces invasives
? Assurer une pêche durable et un partage équitable des ressources économiques, lutter contre la surpêche
? Concilier les usages de l?océan et des milieux littoraux
? Limiter les impacts du changement climatique sur les océans, dont l?acidification
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
La France dispose d?un domaine maritime de 11 millions
de km², dont 97% dans les Outre-mer, soit le deuxième du
monde, ce qui lui confère une responsabilité particulière.
Pour cela, la France applique la Politique Commune de la
Pêche (PCP), texte fondateur
modernisé en 2013, qui lie étroitement
protection environnementale et
activités économiques. Cependant, il
convient de poursuivre les efforts
notamment en matière de lutte contre
la surpêche, de conciliation des usages
et de réduction des pollutions.
Le projet de loi pour la reconquête de
la biodiversité, de la nature et des
paysages permet la création de zones
fonctionnelles halieutiques pour une protection ciblée et
efficace des espèces au regard de toutes les activités. La
France a, en outre, soutenu l?interdiction du chalutage au-
delà de 800 mètres de profondeur devant les institutions
de l?Union européenne ce qui a mené à un accord le 30
juin 2016.
L?action de la Marine française
contribue à la maîtrise des risques liés
à l?activité maritime, à la répression et
à la lutte contre les pollutions, au
contrôle et à la sauvegarde des espaces
protégés et fragiles.
Par ailleurs, les schémas de cohérence
territoriale (SCOT) ambitionnent d?ici
2020-2030 de laisser sauvage un tiers
des rivages.
A L?INTERNATIONAL
Plus de trois milliards de personnes vivent de la
biodiversité marine et côtière. Les océans absorbent
environ 30% du CO2 émis par les activités humaines,
30% des stocks mondiaux de poisson sont surexploités,
et l?acidité des océans a été multipliée par 3 depuis le
début de la révolution industrielle. Et le changement
climatique poursuit la dégradation des milieux naturels
marins et de la biodiversité. La France améliore les
capacités régionales de préservation de la biodiversité
et d?adaptation au changement climatique en
particulier des îles du Pacifique au travers de projets
pilotes aux Fidji, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie
française et à Vanuatu. L?approche inclut une dimension
sociale au travers d?une implication des communautés
locales dans la gestion des risques.
En outre, la convention sur les mesures de contrôle de l?Etat
du port de l?organisation pour l?alimentation et l?agriculture
(FAO) a été ratifiée par 24 parties contractantes, dont la
France. Dès la 25ème ratification, cette convention sera
opérante : elle apporte un volet important à la lutte contre
la pêche illégale, avec la mise en place de mesures de
coordination et de coopération de contrôle entre Etats pour
éradiquer cette pêche, particulièrement nocive.
CONSERVER ET EXPLOITER DE MANIERE DURABLE LES OCEANS,
LES MERS ET LES RESSOURCES MARINES AUX FINS DU
DEVELOPPEMENT DURABLE
A l?échelle planétaire, la France
héberge environ :
10% des récifs coralliens,
20% des atolls et
6% des monts sous-marins.
IFRECOR
41
AIRES MARINES PROTEGEES
La France compte 7 parcs naturels marins et 3 sont en projets (le
Cap Corse, la Martinique et le Golfe Normand-Breton). Elle
dépassera en 2016 son objectif de protection de 20 % de son
espace marin suite à la création de l?aire marine protégée de
Nouvelle-Calédonie et l?extension de la réserve naturelle des
Terres Australes Françaises d?une surface égale à la France.
BIODIVERSITE
Dans la Stratégie
nationale pour la
biodiversité (2011-
2020), la France
s?engage à ce que
d?ici à 2020 tous les
stocks de poissons,
d?invertébrés et de
plantes aquatiques
soient gérés et récoltés
d?une manière durable
et la pêche illégale soit
maîtrisée.
LUTTE CONTRE LA POLLUTION
Face à la pollution marine liée
aux déchets ou aux nutriments,
la France s?est engagée à
limiter l?impact de ses
activités : réduction des
apports de nitrate aux abords
des côtes, notamment pour
lutter contre la prolifération des
algues vertes, ou encore
interdiction des sacs et de la
vaisselle plastique jetable.
CROISSANCE BLEUE
La recherche et l?investissement
dans les énergies marines
renouvelables sont en plein essor
avec le soutien du programme des
investissements d?avenir. L?initiative
« PME biodiversité 2015 », reconnaît
des projets tels Écocean qui
protège la biodiversité fragilisée
dans les ports ou Saclaf SMF qui
détecte des biotopes sous-marins.
LA STRATEGIE NATIONALE POUR LA MER
ET LE LITTORAL (SNML) constitue un
document stratégique de
référence pour la protection du
milieu, la valorisation des ressources
marines et la gestion intégrée et
concertée des activités liées à la
mer et au littoral,. Elle porte une
vision à long terme de la politique
intégrée de la mer et du littoral.
PROTECTION DE LA MER
Un moratoire immédiat sur la
recherche d?hydrocarbure a été
déclaré par la France en
Méditerranée, à la fois dans ses
eaux territoriales et dans sa zone
économique exclusive. Elle
demandera l?extension de ce
moratoire à l?ensemble de la
Méditerranée dans le cadre de la
convention de Barcelone sur la
protection du milieu marin et du
littoral méditerranéen.
Suite à l'initiative lancée par la France, Monaco et la Tunisie en 2013 en pour
promouvoir les AIRES MARINES PROTEGEES (AMP), l?Association pour le
financement durable des AMP de Méditerranée, présidée par la France,
compte désormais neuf membres. La France s'engage par ailleurs en faveur
de la croissance bleue en Afrique au travers d'un partenariat multi-bailleurs
structurant lancé en 2016 avec la Banque mondiale : ce programme vise à
mobiliser 1 Md de dollars d?ici 2020 et permettra la création d'un observatoire
dédié à la prévention et à la gestion du risque côtier.
La France, via son FONDS POUR L?ENVIRONNEMENT MONDIAL
(FFEM), accompagne le renforcement des capacités en
finançant la participation de post-doctorants de pays en
développement au projet Tara Océans. Cela fera progresser
leur capacité d?intervention en matière de connaissance des
écosystèmes marins, de développer une coopération
internationale dans ce domaine et de soutenir une meilleure
prise en compte de ces écosystèmes dans la gouvernance de
la haute-mer.
42
ORIENTATIONS
? Préserver les écosystèmes terrestres et d?eau douce
? Protéger la biodiversité, lutter contre le trafic d?espèces protégées et lutter contre les espèces invasives
? Lutter contre l?artificialisation des sols et la dégradation des sols et du milieu naturel
? Partager les bénéfices tirés des ressources génétiques de la nature
? Renforcer le lien entre développement économique et protection de la biodiversité
? Promouvoir à l?international la gestion durable des terres et des écosystèmes à travers une approche territoire
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
En 2015, 160 612 espèces (faune, flore, fonge, terrestres
et marines) ont été répertoriées, avec des chiffres en
constante évolution au fil des découvertes (Museum
National d?Histoire Naturelle). Ces chiffres confirment la
richesse de la biodiversité de métropole et d?Outre-mer,
mais aussi sa fragilité. 1 260 espèces éteintes ou
menacées au niveau mondial sont
présentes dans au moins un des
territoires français. Or la fragmentation
croissante du territoire restreint les
possibilités de migration, d?alimentation
et de reproduction de nombreuses
espèces. Adopter une approche
écosystémique et lutter contre la dégradation des milieux
apparaît comme un enjeu central de préservation de la
biodiversité, alors que les sols artificialisés représentent
9,3% du territoire en 2014 (SOeS). Le projet de loi pour la
reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages énonce la création de l?Agence Française de la
Biodiversité, l?interdiction de la brevetabilité des plantes
et des animaux issus de procédés biologiques et les droits
d?échanges de plants et de semences pour tous les
agriculteurs. Elle met ainsi l?accent sur les
services rendus par la biodiversité. En
outre, le Ministère de l?Intérieur, avec
l?Office central de lutte contre les atteintes
à l'environnement et à la santé publique et
l?Office national de la chasse et de la faune
sauvage, lutte contre le trafic d?espèces
protégées ; des enquêtes sont en cours sur les trafics
d?ivoire, de bois tropicaux, de civelles et d?oiseaux.
A L?INTERNATIONAL
Près de 5000 chercheurs sont investis en France dans la
recherche sur la biodiversité dont certains participent à
la plateforme intergouvernementale scientifique et
politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (IPBES).
La France a été la première à inscrire dans la loi
l?obligation de rapportage sur le développement
durable pour les grandes entreprises, dès 2001,
étendue en 2015 aux investisseurs dans le cadre de la
loi sur la transition énergétique. Par ailleurs, la loi du 7
juillet 2014 sur le développement international a inscrit
la nécessité, tant pour les acteurs publics que privés,
d?intégrer des critères de RSE dans l?octroi et la mise en
oeuvre de l?aide. Le groupe AFD reconnaît la
responsabilité sociétale de l?organisation (RSO) comme un
facteur essentiel au développement et à la mise en oeuvre
des projets qu?elle finance et utilise comme référence un
certain nombre de règles et de directives produites par des
organisations internationales et les bonnes pratiques
sectorielles internationales, publiées par exemple par les
grandes associations professionnelles.
La France soutient l?action du Global compact des Nations
unies et en constitue le 2è réseau au monde. Global
compact France est engagé dans la lutte contre le
changement climatique et a oeuvré au succès de la COP21 à
Paris ; il travaille aujourd?hui avec les pouvoirs publics à
contribuer à l?atteinte des ODD.
PRESERVER ET RESTAURER LES ECOSYSTEMES TERRESTRES,
EN VEILLANT A LES EXPLOITER DE FAÇON DURABLE, GERER
DURABLEMENT LES FORETS, LUTTER CONTRE LA DESERTIFICATION,
ENRAYER ET INVERSER LE PROCESSUS DE DEGRADATION DES TERRES
ET METTRE FIN A L?APPAUVRISSEMENT DE LA BIODIVERSITE
En 2014, les sols
artificialisés représentent
9,3% du territoire
INSEE
43
L?AGENCE FRANÇAISE POUR LA BIODIVERSITE doit répondre aux enjeux de protection et de
valorisation de la biodiversité terrestre, aquatique et marine, que ce soit en métropole ou en Outre-
mer. Tous les acteurs, publics et privés, travailleront en partenariat pour assurer la préservation de la
biodiversité et développer les connaissances scientifiques.
PROTECTION DES MILIEUX
La France met en oeuvre des programmes de
protection du patrimoine naturel et
développe des espaces protégés qui
couvrent plus de 34% du territoire (SOeS).
Quant aux trames vertes et bleues, elles
constituent un réseau écologique pour la
circulation des espèces.
La France a signé le PROTOCOLE DE NAGOYA
sur l'accès aux ressources génétiques et le
partage juste et équitable des avantages
découlant de leur utilisation.
FORETS DU CAMEROUN
La France accompagne le
Cameroun dans la protection de son
important couvert forestier (22,5 M ha
dont 16,9 M de forêts denses), en
mettant à sa disposition des images
satellites, ainsi que des formations et
des moyens de leur analyse.
SERVICES ECOSYSTEMIQUES
Afin de mieux connaître la
contribution des écosystèmes à la
création de la richesse nationale, le
Ministère de l?Environnement a
engagé l?évaluation française des
écosystèmes et des services
écosystémiques : EFESE.
DIMINUTION DE L?USAGE DES PESTICIDES
L?utilisation de produits phytosanitaires ayant
progressé de 5% par an en moyenne de 2009
à 2013 (MAAF/SSP), le plan Ecophyto 2
renouvelle l?engagement de réduire leur
usage de 50% d?ici 2025, en encourageant
des pratiques agroécologiques et en diffusant
des certificats d?économie de pesticides pour
aider les distributeurs à agir.
44
ORIENTATIONS
? Assurer un Etat de droit garantissant le respect des libertés fondamentales et l?accès à l?information
? Développer la participation citoyenne et assurer des institutions et des administrations exemplaires
? Lutter contre toutes les formes de violence et assurer une justice efficace
? Lutter contre toute forme de criminalité organisée et contre les flux illicites
? Poursuivre l?engagement en faveur de l?abolition universelle de la peine de mort
? Lutter sur le plan international contre la traite des êtres humains
ENJEUX ET ACTIONS
EN FRANCE
Sur la scène internationale, la France prend toute sa part
aux opérations de maintien ou de rétablissement de la
paix, sous l?égide des Nations Unies dont elle est un
membre permanent du Conseil de sécurité.
En matière d?État de droit, depuis 2010, la
question prioritaire de constitutionnalité
(QPC) permet à tout justiciable de
demander, sous certaines conditions, au
Conseil constitutionnel de vérifier si une
disposition législative ne porte pas atteinte
aux droits et libertés garantis par la
Constitution française. Le Défenseur des
droits, institution indépendante qui a pour
mission de défendre les personnes dont les droits ne sont
pas respectés et de permettre l?égalité de tous dans
l?accès aux droits, s?inscrit dans ce mouvement destiné à
renforcer les droits des citoyens. Le projet de loi relatif à
la transparence, à la lutte contre la corruption et à la
modernisation de la vie économique prévoit la création
de l?Agence nationale de lutte contre la
corruption et le financement de la protection
juridique des lanceurs d?alerte et leur
protection dans le secteur financier.
Enfin, depuis 2015, la menace terroriste s?est
considérablement amplifiée sur le territoire
national entraînant le renforcement du plan
Vigipirate, la déclaration de l?état d?urgence et
la mise en place de l?opération Sentinelle
interarmées avec la protection permanente des
approches maritimes et aériennes et le déploiement de
10 000 soldats en appui des forces de sécurité intérieure.
A L?INTERNATIONAL
Le renforcement de l?Etat de droit et la protection des
populations vulnérables sont au centre de l?action du
MAEDI. La France accompagne par exemple la société
civile et les autorités nationales tunisiennes dans un
processus de renforcement des garanties en matière de
protection des droits de l?homme et des libertés. Elle
s?attache à renforcer les capacités des cadres de
l?administration, des nouvelles instances nationales
indépendantes, des journalistes et des défenseurs des
droits de l?homme ainsi qu?à améliorer leur dialogue et
leurs interactions.
En outre, l?engagement de la France en faveur de
l?abolition universelle de la peine de mort est déterminé
et ne faiblit pas : il demeure une priorité en matière de
droits de l?homme. La France se mobilise dans la lutte
contre la traite des êtres humains. Chaque année, ce
sont plus de 2,5 millions de victimes, principalement
des femmes et des enfants, recrutées et exploitées à
travers le monde. Dans ce contexte, la France collabore
notamment avec l?office des nations unies contre la drogue
et le crime (ONUDC) et s?engage au renforcement des
capacités nationales et à la consolidation des mécanismes
de coopération transfrontalière des pays du Golfe de
Guinée.
La France est mobilisée, sur le terrain et dans les enceintes
internationales, pour assurer le respect du droit
international humanitaire et de la protection des civils.
Alors que les crises accroissent chaque jour les besoins
humanitaires et que plus de 60 millions de personnes dans
le monde ont été contraintes de fuir leur foyer, la France a
réaffirmé lors de la récente conférence d?Istanbul son
engagement en faveur de la protection des civils, et du
renforcement du continuum entre aide humanitaire et
développement.
PROMOUVOIR L?AVENEMENT DE SOCIETES PACIFIQUES ET
OUVERTES A TOUS AUX FINS DU DEVELOPPEMENT DURABLE,
ASSURER L?ACCES DE TOUS A LA JUSTICE ET METTRE EN PLACE,
A TOUS LES NIVEAUX, DES INSTITUTIONS EFFICACES
En 2014, près de
900 000
personnes ont
bénéficié de l?aide
juridictionnelle
Les chiffres clés de la
justice2015
45
ACCES A L?INFORMATION
Selon une étude de l?ONU,
en 2014, la France se
positionne au 1er rang
mondial en matière
d?accessibilité à l?information
en ligne via son site service-
public.fr
JUSTICE
Une réforme dite « Justice du 21ème siècle » est engagée en
France. Elle a pour objectif de faciliter l?accès aux droits en
créant un service d?accueil unique du justiciable et en
simplifiant les démarches. Elle tend aussi à favoriser les
modes alternatifs de règlement des litiges.
La Haute Autorité pour la TRANSPARENCE DE LA VIE
PUBLIQUE vérifie et publie les déclarations de patrimoine et
d?intérêts des responsables publics afin de lutter contre
toutes les fraudes.
SECURITE
La stratégie nationale de
prévention de la
délinquance (2013-2017)
développe des actions à
l?intention des jeunes
exposés à la délinquance,
mais aussi pour améliorer la
prévention des violences
faites aux femmes et
renforcer la tranquillité
publique.
80 zones de sécurité
prioritaires sont établies
avec une collaboration
accrue entre la police, les
parquets, la gendarmerie,
les services administratifs et
fiscaux.
De plus, la loi relative à la
prévention et à la lutte
contre les incivilités, les
atteintes à la sécurité
publique et contre les actes
terroristes dans les transports
collectifs (22 mars 2016), est
venue renforcer les
dispositifs existants.
PREVENTION DES CONFLITS
Les armées françaises contribuent à la prévention des
conflits et optimisent l?interaction entre les forces engagées
et leur environnement civil en matière de sécurité, de
gouvernance, de santé, de justice, de liberté et de
suffisance économique sur les théâtres d?opérations
extérieures.
A ISTANBUL, LA FRANCE A PRIS 10 ENGAGEMENTS pour : i)
renforcer la mobilisation politique pour prévenir et résoudre
les crises ; ii) protéger les populations civiles dans les conflits
armés, en particulier les enfants en renforçant le respect du
droit international humanitaire et des cadres juridiques
existant ; iii) Répondre aux conséquences humanitaires des
catastrophes naturelles et du dérèglement climatique ; et
iv) renforcer l?efficacité de l?action humanitaire en lien avec
les ODD.
46
ORIENTATIONS
? Mobiliser davantage de financements pour le développement durable: améliorer la mobilisation des ressources
domestiques, augmenter l?aide internationale, et aider à la mise en place d?un système de promotion de
l?investissement dans les pays les moins avancés
? Aider au maintien de niveaux de dette soutenables à long terme
? Renforcer l?accès et la diffusion des technologies à travers le mécanisme de facilitation des technologies
? Soutenir les initiatives de renforcement de capacités dans les pays en développement
? Promouvoir la révolution des données pour le suivi de la mise en oeuvre de l?Agenda 2030
ENJEUX ET ACTIONS
L?ODD 17 fait référence aux moyens de mise en oeuvre -
financiers ou non - nécessaires à la réalisation des 16
autres objectifs. Le programme d?action d?Addis-Abeba
(PAAA) décrit le partenariat mondial renouvelé pour le
développement durable et définit le cadre global pour
la mise en oeuvre de l?agenda. Ses 7 champs d?actions
recouvrent les 5 thématiques qui composent l?ODD 17.
Le PAAA est intégré dans l?agenda 2030 dont il
constitue, aux côtés de l?ODD 17, la partie « mise en
oeuvre».
La France s?inscrit dans ce cadre renouvelé et pertinent
des moyens de mise en oeuvre de l?agenda. Sa première
loi sur la politique de développement et de solidarité
internationale anticipait le nouveau cadre international
défini en 2015 en insistant sur la nécessité de prendre
en compte de façon simultanée les composantes
économique, sociale et environnementale du
développement durable et sur le rôle et la
complémentarité de l?ensemble des acteurs publics et
privés. Elle souligne le besoin de différencier les
instruments et les modalités d?intervention en fonction
des besoins des pays, l?aide publique au développement
(APD) ayant notamment un rôle de catalyseur des
multiples sources de financement, là où le potentiel de
mobilisation des ressources fiscales et le recours aux
marchés financiers demeurent encore limités et
insuffisants.
La mobilisation des ressources domestiques : la France
apporte un soutien aux pays en développement dans la
réforme de leur système fiscal. Outre l?initiative fiscale
d?Addis-Abeba, dont l?objectif phare est d?augmenter
l?assistance technique mise à disposition des pays en
développement, la France est particulièrement
impliquée dans des initiatives internationales comme «
Inspecteurs des impôts sans frontières » ou le cadre
inclusif de l?OCDE pour la mise en oeuvre du projet de «
lutte contre l?érosion de la base d'imposition et
transfert de bénéfices » (BEPS).
Les technologies : la France a fortement participé à la
création du Mécanisme de facilitation des technologies et a
poursuivi son plaidoyer dans le cadre du premier forum
multi-acteurs sur les sciences, technologies, innovations en
juin 2016.
Les données : la France s?implique dans le Partenariat
mondial sur les données du développement durable ou
encore le partenariat pour un gouvernement ouvert dont
elle prendra la co-présidence fin 2016. Elle soutient
également un pôle d?excellence dans le domaine des
statistiques en Afrique en contribuant à AFRISTAT
(l?observatoire économique et statistique d?Afrique sub-
saharienne) et en appuyant 3 écoles de statistique
africaines. La France a adopté un nouveau plan d?action «
numérique et développement ».
Le commerce : la France est pleinement engagée sur la
révision de la stratégie d?aide au commerce de l?UE pour
mieux refléter l?évolution du contexte et assurer la mise en
oeuvre des engagements pris en 2015.
ITIE : La France apporte un appui à l?ITIE depuis 2005, en
particulier pour sa mise en oeuvre dans quatorze pays
francophones. En juin 2013, à l?occasion du sommet du G8,
la France s?est engagé à adhérer à l?initiative. Cet
engagement, qui figure dans le premier plan d?action
national de la France pour le partenariat pour un
gouvernement ouvert, accompagne la volonté des autorités
françaises de développer une activité minière responsable
en Guyane et de promouvoir le domaine minier
métropolitain. La préparation de la candidature de la
France à l?ITIE a été engagée en mars 2016.
Stratégie « innover ensemble » : Le MAEDI a approuvé une
stratégie intitulée « innover ensemble » qui valorise et
incite les entreprises à aller au-delà de la RSE. Elle
comprend 16 propositions pour les initiatives de l?économie
et de l?entrepreneuriat social et inclusif dans les politiques
RENFORCER LES MOYENS DE METTRE EN OEUVRE LE
PARTENARIAT MONDIAL POUR LE DEVELOPPEMENT
DURABLE ET LE REVITALISER
47
LA TROISIEME CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT s?est déroulée en
juillet 2015 à Addis-Abeba (Ethiopie) en amont de l?adoption de l?Agenda 2030 et de ses 17
ODD. Les membres des Nations unies ont adoptés à l?issue de cette conférence le Programme
d?action d?Addis-Abeba (PAAA), qui décrit le partenariat mondial renouvelé pour le
développement durable. Ce document comprend les engagements, orientations et
recommandations politiques sur le financement du développement durable et définit le cadre
pour la mise en oeuvre des ODD. Il envoie notamment un message fort sur l?importance du
climat et son intégration dans l?ensemble des politiques de développement, et entérine une
vision large, modernisée et diversifiée du financement du développement en l?ancrant dans la
durabilité. Cela a représenté une étape importante sur le chemin de l?adoption de l?Agenda
2030 et de l?Accord de Paris.
PLAN D?ACTION LIMA-PARIS ?COP21:
La France s'attache à renforcer le Partenariat mondial pour le développement
durable, notamment par l'intermédiaire du PLAN D?ACTION LIMA PARIS où, avec le
Pérou puis le Maroc, elle a contribué à fédérer près de 10 000 acteurs de plus
de 180 pays rassemblés au sein de 70 coalitions internationales et multi-
partenariales. La France s?est de plus attachée dans le cadre de la présidence de
la COP21 à favoriser les échanges entre l?ensemble des acteurs, organisant par
exemple 5 business dialogue entre les pouvoirs publics et les PDG de grands
groupes privés.
LE SUIVI DE LA MISE EN OEUVRE DU
PAAA ET DE L?ODD 17
Le suivi de la mise en oeuvre du
PAAA est effectué annuellement à
l?occasion du « forum de suivi du
financement du
développement », sous les
auspices de l?ECOSOC. C?est à
cette occasion que sont suivis les
progrès sur l?ensemble des
moyens de mise en oeuvre de
l?Agenda 2030, soit de l?ODD 17.
Les conclusions et
de développement, et met l?accent sur le besoin de
travailler en coalition d?acteurs.
Cohérence des politiques : La France a inscrit la CPD
parmi les priorités de la politique de développement et
de solidarité internationale dans le cadre de la loi du 7
juillet 2014. Plusieurs principes guident l?action des
opérateurs français de la politique de développement :
la prise en compte du genre, des dimensions sociales et
environnementales mais aussi du commerce équitable.
Finances : la France a intégré la vision plus large et
modernisée du financement du développement promue
par le PAAA, avec un engagement collectif renouvelé en
faveur de l?APD, en particulier pour les PMA. Les
financements publics français pour l?aide au
développement dans les Etats étrangers sous forme de
prêts croîtront de 4 Mds¤ d?ici 2020, dont la moitié soit
2 Mds¤ sera dédiée au climat. L?augmentation des
financements se fera aussi sous forme de dons, de près
de 400 M¤ de plus d?ici à 2020 par rapport à leur niveau
actuel. La France effectue une étude pilote sur le nouvel
indicateur de financement public pour le
développement durable - TOSSD.
Dette : dans le cadre des négociations internationales
sur le financement du développement, la France
promeut le respect de principes de financement
soutenable ainsi qu?une meilleure assistance technique
pour les pays concernés. Elle préside le Club de Paris -
enceinte de coordination des créanciers souverains - et
appuie sa politique de prêt sur les analyses réalisées par
les institutions financières internationales
Mobilisation des ressources domestiques : une
plateforme de réflexion interministérielle a été mise en
place afin de renforcer la coordination et l?efficacité des
actions menées par les acteurs français dans ce domaine.
Commerce : la France est convaincue que le commerce, s?il
est accompagné des politiques adéquates, peut jouer un
rôle moteur en matière de développement. Il est essentiel
de mieux intégrer les pays en développement, et
notamment les PMA, dans le commerce international. C?est
la raison pour laquelle la France attache une grande
importance à l?initiative de l?aide pour le commerce et
entend continuer son soutien en la matière. La France a
ainsi pris 1,96 Mds ¤ d?engagements pour l?Aide au
commerce en 2014.
Renforcement des capacités : La réforme du dispositif de
coopération technique français, avec la création d?Expertise
France, a permis de renforcer les moyens d?action en
matière de renforcement de capacité au profit de nos pays
partenaires en améliorant l?efficacité, la pertinence et la
rapidité de nos interventions. Ainsi, la France peut mieux
répondre à la demande de renforcement de capacités de
nos partenaires. Expertise France s?inscrit pleinement dans
la réalisation de l?agenda 2030 et de ses ODD. Par ailleurs,
la France a décidé de confier à l?AFD la responsabilité de
promouvoir, en partenariat avec Expertise France, le
renforcement des capacités en matière de gouvernance.
Co-bénéfices : Depuis 2014, l?AFD s?est doté d?un objectif
ambitieux de 50% de financements à co-bénéfice climat.
Elle a dépassé cet objectif en 2015.
Questions structurelles : Un rapprochement stratégique
entre l'AFD et la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC),
permettra de créer des synergies stratégiques et
opérationnelles entre ces deux institutions en faveur du
développement durable.
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Les nouveaux indicateurs de richesse
La France s?est fortement investie dans le
processus de définition des indicateurs
mondiaux de suivi des objectifs de
développement durable qui seront
formellement endossés prochainement par
l?Assemblée générale des Nations Unies.
D?ores et déjà, l'Institut national de la
statistique et des études économiques
(INSEE) réalise auprès de l'ensemble des
services statistiques des ministères une
étude de faisabilité de leur production au
niveau national. A court ou moyen terme, le
service statistique public devrait être en
mesure de produire un peu plus de la moitié
des indicateurs (définition attendue ou
approchée). Une transposition nationale des
indicateurs pourra être réalisée.
Parallèlement, en phase avec la cible 19 de
l?ODD 17 visant à développer de nouveaux
indicateurs au-delà du simple produit
intérieur brut, la France s?est dotée, grâce à
la loi du 13 avril 2015, de dix nouveaux
indicateurs de richesse. Ils doivent être pris
en compte dans la définition des politiques
publiques pour assurer une meilleure
mesure du progrès.
Définis au terme d?une consultation
citoyenne conduite par France Stratégie au
printemps 2015, ces indicateurs portent sur
l?emploi, l?investissement, l?endettement du
pays, la santé, les inégalités, l?éducation, la
protection de l?environnement, le bien-être
ressenti.
La loi stipule que « le Gouvernement
remette annuellement au Parlement, le
premier mardi d?octobre, un rapport
présentant l?évolution, sur les années
passées, de nouveaux indicateurs de
richesse, tels que des indicateurs
d?inégalités, de qualité de vie et de
développement durable, ainsi qu?une
évaluation qualitative ou quantitative de
l?impact des principales réformes engagées
l?année précédente et l?année en cours et de
celles envisagées pour l?année suivante (...)
au regard de ces indicateurs et de
l?évolution du produit intérieur brut (...) ».
Ces indicateurs, qui s?inscrivent dans la
logique de «l? agenda 2030 », sont
cohérents avec le programme national de
réforme, déclinaison nationale de la
stratégie de la Commission européenne «
Europe 2020 » en faveur d?une croissance «
intelligente », soutenable et inclusive.
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TAUX D?EMPLOI
Le taux d?emploi mesure la part des personnes possédant
un emploi au sens du Bureau international du travail (BIT),
sur la population âgée de 15 à 64 ans. En 2014, le taux
d?emploi en France est de 64,3% (INSEE).
« Le taux d?emploi se situe à son plus haut niveau
depuis 30 ans (à l?exception de 2008). [Ce résultat
peut surprendre dans le contexte d?une crise
économique, mais il traduit le fait que de plus en plus
de personnes inactives entrent sur le marché du
travail (augmentation du taux d?activité). Le taux
d?emploi augmente moins vite que le taux d?activité,
donc le chômage augmente.] »
EFFORT DE RECHERCHE
L?effort de recherche est mesuré par la part de dépense
intérieure consacrée à la recherche et développement
(R&D) sur le territoire national, par les administrations
françaises et par les entreprises. Il regroupe la recherche
fondamentale, la recherche appliquée et le développement
expérimental. En 2014, l?effort de recherche représentait
2,3% du PIB. (Ministère de la Recherche : MENESR-SCSESR-
SIES)
« Il comprend les dépenses courantes (masse
salariale des personnels de R&D et dépenses de
fonctionnement) et les dépenses en capital (achat
d?équipements nécessaires à la réalisation des
travaux internes à la R&D et opérations
immobilières).»
ENDETTEMENT
L?endettement de l?ensemble des agents économiques non
financiers, exprimé en pourcentage du PIB, permet de
connaître la somme des crédits contractés à la fois par les
entreprises, les particuliers et l?Etat. (Insee, comptes
nationaux)
« Il permet de prendre la mesure de la dette [de
l?ensemble de l?économie du pays], léguée aux
générations futures. »
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ESPERANCE DE VIE EN BONNE SANTE
L?espérance de vie en bonne santé prend en compte la
qualité des années vécues en mesurant le nombre
d?années que peut espérer vivre une personne sans
incapacité ni limitations d?activités dans les gestes de la vie
quotidienne. (Eurostat- SILC)
« [Outre une inégalité entre les sexes, les écarts par
catégories socioprofessionnelles montrent que les
catégories les plus défavorisées subissent une
durée de vie plus limitée et plus d?années de vie
avec incapacités que les catégories
socioprofessionnelles plus élevées. »
SATISFACTION A L?EGARD DE LA VIE
L?indicateur de satisfaction à l?égard de la vie donne la
moyenne des réponses à la question suivante : «sur une
échelle allant de 0 (pas du tout satisfait) à 10 (très satisfait),
indiquez votre satisfaction concernant la vie que vous
menez actuellement. » (INSEE-Eurostat/2014 provisoire)
« L?indicateur repose donc sur des déclarations,
intégrant les valeurs, les préférences, le vécu et la
vision de l?avenir des personnes questionnées. Le
bien-être ne saurait être uniquement matériel. Il
englobe des aspects liés aux relations sociales, à la
participation à la vie publique, mais aussi à la
sécurité et à la confiance dans les autres et dans les
institutions. »
INEGALITES DE REVENUS
Le rapport interquintile permet de mesurer l?écart de
revenu entre les 20% des plus riches et les 20% des plus
pauvres. Les revenus prennent en compte l?ensemble des
revenus d?activité et de remplacement, ainsi que les
prestations sociales. En 2013, l?écart de revenu moyen
s?établit à 4,3. (INSEE-DGfip-Cnaf-Cnav-CCMSA)
« L?interprétation [du niveau d?inégalité] peut être
difficile car il est très fortement influencé par les
revenus des quelques centaines de personnes les
plus fortunées, sans traduire réellement l?évolution
du revenu de la majeure partie de la population. »
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PAUVRETE EN CONDITIONS DE VIE
La pauvreté en conditions de vie désigne une situation de
difficulté économique longue qui caractérise une personne
lorsqu?elle cumule au moins 3 difficultés matérielles parmi
9 (arriérés de paiement, chauffage, dépenses imprévues,
achat de viande, vacances, téléviseur, lave-linge, voiture et
téléphone). En 2014, cela représente 12% des individus de
France métropolitaine (INSEE, SRCV-EPCV)
« Elle correspond à l?image de la pauvreté
communément admise, à savoir l?exclusion de
pratiques et de consommations de base. »
SORTIES PRECOCES DU SYSTEME SCOLAIRE
L?indicateur « sorties précoces » mesure la proportion de
jeunes de 18-24 ans qui n?étudient plus, n?ont pas terminé
avec succès le second cycle de l?enseignement secondaire
et n?ont pas suivi de formation au cours des quatre derniers
mois. En 2015, cela représente 9,3% des Français (18-24
ans) en métropole (INSEE).
« En France, cette catégorie correspond aux
jeunes de cette classe d?âge qui ne poursuivent
plus ni études ni formation et n?ont pas de diplôme
supérieur du brevet. »
EMPREINTE CARBONE
L?empreinte carbone évalue les émissions de gaz à effet de
serre (GES) induites par la consommation de la population
résidant sur le sol national. L?empreinte carbone par
Français est de 10,6 tonnes en 2012, soit un niveau
inférieur de 10% à celui de 1990. (SOeS)
« Elle est égale à la somme des GES émis en
France pour satisfaire la demande intérieure et des
GES contenus dans nos importations. Les GES sont
le CO2, le CH4 et le N2O. »
ARTIFICIALISATION DES SOLS
Les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols
revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings,
chemins?). Elle recouvre également les mines, les carrières,
les décharges, les chantiers, les terrains vagues et les
espaces verts artificiels. En 2014, le taux d?artificialisation
est de 9,3%, soit 51 043 km2 du territoire métropolitain.
(SoeS-SSP, T-L)
« L?artificialisation du territoire engendre une perte
de ressources en sol pour l?usage agricole et pour
les espaces naturels, accélère le ruissellement des
eaux pluviales et la vulnérabilité aux inondations.
Elle a également un impact sur la biodiversité.»
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INVALIDE)