Repenser la périphérie commerciale : les enseignements acquis au terme d'un an d'accompagnement des six lauréats de l'appel à projets du réseau commerce, ville & territoire 2018-2019
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<span style="color: rgb(17, 17, 17); font-family: -apple-system, Roboto, SegoeUI, "Segoe UI", "Helvetica Neue", Helvetica, "Microsoft YaHei", "Meiryo UI", Meiryo, "Arial Unicode MS", sans-serif; font-size: 14px; font-style: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-caps: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: left; text-indent: 0px; text-transform: none; widows: 2; word-spacing: 0px; -webkit-text-stroke-width: 0px; white-space: normal; background-color: rgb(243, 243, 243); text-decoration-thickness: initial; text-decoration-style: initial; text-decoration-color: initial; display: inline !important; float: none;">Le document traite de la transformation des périphéries commerciales en France, soulignant l'importance de la mixité urbaine, de l'environnement et de l'équilibre commercial. Il présente les projets innovants et les leçons tirées de l'accompagnement des lauréats de l'appel à projets "Repenser la périphérie commerciale".</span>
Descripteur Urbamet
ville
;zone commerciale
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement urbain
Texte intégral
REPENSER
LA PÉRIPHÉRIE
COMMERCIALE
LES ENSEIGNEMENTS ACQUIS AU TERME
D?UN AN D?ACCOMPAGNEMENT DES
SIX LAURÉATS DE L?APPEL À PROJETS DU
RÉSEAU COMMERCE, VILLE & TERRITOIRE
2018-2019
2 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 3
EDITORIAL
Depuis sa création en 2017, le réseau Commerce, ville & territoire a eu pour
ambition de rapprocher les acteurs de l?aménagement et ceux du commerce pour
construire une vision partagée de la place et du rôle du commerce de demain
dans les territoires.
L?appel à projets Repenser la périphérie commerciale lancé fin 2017 par la Direction
de l?habitat, de l?urbanisme, des paysages (DHUP) du Ministère de la Cohésion des
territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, a constitué l?action
phare de ce réseau pour les années 2018 et 2019.
Cette démarche novatrice s?est appuyée sur la conviction profonde que la
mutation des périphéries commerciales soulevait des problématiques plurielles
qui amenaient des réponses nécessairement combinatoires à étudier à la lumière
d?expériences locales. De plus, le voeu des pilotes du réseau Commerce, ville &
territoire était d?engager des solutions concrètes et de soutenir
l?expérimentation de nouvelles techniques et approches, pour engager la
transformation des périphéries commerciales dans toute leur diversité. Enfin,
dans le contexte des efforts nationaux réalisés en faveur de la revitalisation
urbaine, en particulier avec le programme Action Coeur de Ville, il s?agissait de
rechercher la complémentarité avec les actions menées dans les centres-villes
et, d?une manière générale, de promouvoir une vision élargie de l?aménagement
commercial pratiqué par les collectivités locales.
Pendant plus d?un an, l?Etat s?est mobilisé pour accompagner les six projets
lauréats, portés par la Métropole Aix Marseille Provence, Limoges Métropole,
la ville de Montigny-lès-Cormeilles, la ville de Saint-Pierre, la communauté
d?agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et la communauté de
communes Thiers Dore et Montagne.
Repenser la périphérie commerciale a permis de faire émerger une
véritable communauté de travail, associant élus et techniciens de collectivités
locales très différentes. Au terme de l?aventure, c?est une grande satisfaction de
constater que les projets se sont entre-nourris au travers des expériences et des
expertises des lauréats et de la trentaine d?experts mobilisés, au bénéfice de
tous.
Le document que j?ai ici le plaisir d?introduire restitue la progression des projets
et les premiers enseignements issus de l?accompagnement des six lauréats. Il
constitue une ressource mobilisable pour tous les professionnels, publics
comme privés, impliqués dans l?aménagement commercial. Au nom du réseau
Commerce, ville & territoire, j?espère que vous trouverez dans ces projets une
source d?inspiration pour vos territoires.
L?identification et le partage des conditions de mutation des périphéries
commerciales ne doit pas s?arrêter là. La dynamique est lancée et
plusieurs acteurs engagent à leur tour des réflexions sur le sujet. Le réseau
Commerce ville & territoire ne manquera pas d?en relayer les travaux et d?y
apporter sa contribution. Dans ce contexte, les lauréats continueront de
constituer des territoires d?observation privilégiés. Puisse ce document être
aussi pour vous tous, acteurs de l?aménagement commercial, une invitation à
faire progresser le développement de pratiques novatrices en confiant au
réseau Commerce, ville & territoire, vos réactions, contributions,
expérimentations?
Bonne lecture !
Emmanuel de LANVERSIN,
adjoint au directeur général de l?aménagement,
du logement et de la nature (DGALN)
4 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SOMMAIRE
UN DÉFI NATIONAL 7
L?ENJEU DE LA MUTATION
DES PÉRIPHÉRIES COMMERCIALES 8
LES CONSTATS PARTAGÉS 9
LES RÉFLEXIONS ET INITIATIVES
QUI ONT PRÉCÉDÉ L?APPEL À PROJETS 13
UN APPEL À PROJETS NOVATEUR 17
« REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »,
UN APPEL À PROJET NATIONAL 18
L?ACCOMPAGNEMENT DES LAURÉATS 20
SIX PROJETS PILOTES 25
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 5
LES ENSEIGNEMENTS DE
« REPENSER LA PÉRIPHÉRIE
COMMERCIALE » 39
LES PREMIERS ENSEIGNEMENTS TRANSVERSAUX :
PORTAGE VOLONTARISTE, MISE EN MODE PROJET
ET DIALOGUE PRÉCOCE, TROIS CONDITIONS DE SUCCÈS 40
LES PREMIERS ENSEIGNEMENTS EN MATIÈRE DE STRATÉGIE,
PROGRAMMATION, INSERTION DU PROJET ET FAISABILITÉ 45
CONCLUSION 57
REMERCIEMENTS 59
6 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 7
UN DÉFI NATIONAL
UN DÉFI NATIONAL
8 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN DÉFI NATIONAL
L?ENJEU DE LA MUTATION
DES PÉRIPHÉRIES COMMERCIALES
Le dynamisme commercial des territoires constitue un enjeu majeur sur le plan économique et
urbain, par le développement économique généré, la réponse aux besoins de consommation des
ménages, les équilibres territoriaux entre centres et périphéries, les besoins de mobilité des
personnes ou des marchandises, ou encore la préservation des espaces agricoles et naturels.
Or, pendant les deux dernières décennies, la création de surfaces commerciales n?a cessé
d?augmenter, modifiant largement les paysages des entrées de ville en accompagnant ou précédant
le développement de l?habitat et des infrastructures routières en périphérie.
Par ailleurs, l?environnement commercial est devenu sans cesse plus instable, les acteurs du
commerce ont dû s?adapter à l?arrivée de nouveaux concurrents, mais aussi à l?urbanisation
rattrapant les périphéries commerciales. Certains secteurs et lieux de commerce ont connu des
baisses de fréquentation et de chiffre d?affaire, dans un contexte de forte concurrence entre les
projets, d?évolution des modes de consommation et des pratiques d?achat, avec le renouveau du
commerce de proximité, l?essor de nouveaux concepts et en particulier du e-commerce, qui ont
révolutionné les modes d?achat et de distribution.
Face à ces bouleversements, les acteurs du commerce ont déjà amorcé une diversification des
formats et un mouvement de concentration sur les sites commerciaux les plus attractifs, notamment
dans les métropoles. La priorité des acteurs du commerce et de l?aménagement est également
de poursuivre la modernisation et l?adaptation des implantations et des concepts aux nouvelles
attentes des consommateurs et au développement du e-commerce.
En outre, les enjeux de croissance démographique et économique appellent à « reconstruire la
ville sur la ville ». Ils posent la question d?une meilleure intégration des périphéries commerciales,
souvent rattrapées par la ville, passant parfois du statut de périphéries à celui de centralités. Ils
demandent aussi à optimiser le foncier de ces zones, trop peu sobrement mobilisé depuis
l?origine de leur développement, alors que leur extension en périphérie ne semblait pas devoir
connaître de limite.
Les Clays sous bois - AlphaPark - © D. Desaleux
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 9
Le contexte des derniers mois est venu amplifier l?urgence à transformer ce modèle. La crise sanitaire
et économique liée à l?épidémie de Covid-19 aura des répercussions profondes sur les dynamiques
commerciales et les pratiques des usagers, faisant naître des enjeux nouveaux pour les acteurs de
l?aménagement commercial, et avant tout sur les acteurs du commerce qui devront réussir à passer
la crise puis à s?adapter.
L?intégration équilibrée des fonctions commerciales dans les villes et les bourgs, tant dans les
centralités que dans les polarités secondaires, les franges ou les périphéries, constitue un défi national.
Un défi à la fois pour les collectivités territoriales et pour les professionnels de l?aménagement et du
commerce dont beaucoup reconnaissent la nécessité de faire évoluer le modèle de l?aménagement
commercial, pour répondre aux besoins des habitants et pour contribuer à la construction d?une
ville multifonctionnelle, agréable à vivre et attractive.
LES CONSTATS PARTAGÉS
Un développement accru et une recomposition des centres
commerciaux
Les surfaces commerciales ont connu un développement important dans les pé-
riphéries urbaines et le rythme actuel des créations reste soutenu, ce qui soulève
des enjeux pour l?aménagement durable des territoires.
Le développement commercial périphérique marque
profondément la physionomie des entrées de ville et des
territoires périurbains des agglomérations françaises de toute
taille. Depuis plus de 40 ans, les formes urbaines propres à
la grande distribution et aux satellites qu?elle attire, se sont
multipliées dans les périphéries urbaines, ne cessant de croître
en ampleur et en diversité.
Après les premiers supermarchés dédiés aux produits
alimentaires (400 à 2 500 m² de surface de vente), sont venus
les hypermarchés puis les grandes surfaces spécialisées.
Ces différents formats se sont regroupés et ont participé à
l?émergence de zones d?activités commerciales. Les premiers centres commerciaux de périphérie
sont apparus à la fin des années 1970. Dans les années 1990, de nouveaux formats de vente se sont
développés comme les parcs d?activités commerciales, ou les « retails park » qui sont des parcs
d?activités commerciales à ciel ouvert, réalisés et gérés comme une unité, comprenant au moins 5
unités locatives, avec plus de 3 000 m² de surface de plancher.
A l?exception des centres commerciaux qui sont également présents en centre-ville, ces différents
concepts d?équipements poursuivent une même logique de juxtaposition et d?extension de l?offre
commerciale à la périphérie des villes, laissant peu de place à des espaces publics conviviaux, à la
diversité des usages et des fonctions, ou à des formes d?organisation plus classique du commerce,
par exemple, en pied d?immeuble.
1 « Inscrire les dynamiques du commerce dans la ville durable, les fondements d?une nouvelle politique des périphéries urbaines et commerciales »,
CGEDD, mars 2017
Depuis 50 ans
en France 5 à 6 millions
de m² commerciaux
sont autorisés
chaque année1.
10 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN DÉFI NATIONAL
Parallèlement, l?appareil commercial a subi de profondes mutations avec, notamment, un
mouvement de concentration des entreprises du commerce de détail qui a entraîné la disparition
du commerce indépendant, en particulier en centre-ville. Peu à peu, une déconnexion s?est installée
entre la production immobilière de surfaces commerciales et la consommation des ménages.
Des déséquilibres sur les plans paysager, environnemental
et économique dont les problématiques s?entrecroisent
signant une urgence à agir
Le constat est aujourd?hui celui d?un déséquilibre, résultant d?un modèle d?amé-
nagement commercial en partie dépassé, sur le plan de l?aménagement urbain et
environnemental, sur le plan économique, et au regard de l?animation de la vie
urbaine et du cadre de vie.
On constate une banalisation des entrées de ville, des flux de circulation mal maîtrisés et des
accès privilégiant l?usage de la voiture, une architecture commerciale standardisée, la coexistence
d?espaces privés délaissés avec des sites dynamiques, la constitution de blocs monofonctionnels
mal articulés avec les autres espaces urbains, l?altération des paysages par la publicité, l?absence
d?optimisation foncière, ou encore l?artificialisation et l?imperméabilisation des sols3.
Ces lieux sont associés à une pauvreté paysagère, architecturale et environnementale, l?insertion
paysagère et le développement durable n?étant souvent négociés qu?à la marge. Ce modèle a
permis, un temps, de répondre aux attentes des consommateurs qui ne venaient pas chercher
d?autres aménités qu?un accès pratique à toutes sortes de produits de consommation. Il s?inscrivait
également en cohérence avec un mode de vie recueillant un consensus social : consommation de
masse, déplacement individuel en voiture particulière et achats fondés sur une logique de pression à
la baisse des prix et à une offre en constant développement. Aujourd?hui, cet ordre établi se fissure
au profit d?une diversité des attentes des consommateurs et de nouvelles exigences de qualité envers
les produits (local, bio, circuit court ou juste rémunération des producteurs?) qui doit se refléter
dans la qualité des espaces et celle des projets. De fait, une symétrie des attentes se développe entre
produits et espaces de consommation.
Prendre en considération ces attentes n?est pas qu?un sujet commercial ou d?aménagement. C?est
aussi un enjeu sociétal puisque les périphéries commerciales demeurent des lieux de sociabilité
fortement fréquentés et présents dans la vie des Français. Notamment dans les territoires où l?offre
culturelle et de loisirs est peu diversifiée. Pour l?heure, la grande distribution reste, pour les achats
alimentaires, la destination d?achat privilégiée des Français. Refuser de dévisager les périphéries
commerciales comme des espaces de relégation, notamment sociale, impose d?en améliorer la qualité.
Les surfaces commerciales augmentent
depuis 15 ans de 3 % par an, soit deux fois
plus vite que la consommation des ménages2.
2 Ibid.
3 La croissance de la consommation d?espace est cependant majoritairement liée au développement de l?habitat et des infrastructures routières.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 11
Entrée Ville Annonay - © D. Desaleux
Sur le plan économique, le commerce participe fortement de la vie des territoires, mais la
concentration des zones d?activités a parfois conduit à des situations de suroffre commerciale et de
chevauchement, ou rétrécissement selon les cas, des zones de chalandise, avec un impact sur les
commerces de centre-ville ou de quartier, mais aussi sur les grandes enseignes.
Enfin, les enjeux, notamment écologiques, associés à la consommation des espaces naturels,
agricoles et forestiers sont considérables. Parallèlement, la consommation foncière doit entrer dans
l?aire de la sobriété. Le foncier est désormais reconnu comme une ressource naturelle, raréfiée,
précieuse, et de plus en plus soumise à protection. Autrement dit, demain, de plus en plus chère.
L?impératif d?optimisation foncière (la mobilisation des fonciers sous-utilisés) s?apprête à revêtir
autant d?importance pour les acteurs économiques que pour ceux de l?aménagement du territoire
et de la protection de la nature.
La perte d?attractivité de nombreux centres-villes peut être
reliée à la mono-fonctionnalité des espaces qui concerne
également les périphéries
Quant à eux, les centres-villes sont confrontés à une perte d?attractivité dans de nombreuses villes
petites et moyennes. Certaines centralités des métropoles ne sont pas exemptes de problèmes
de dévitalisation. Les raisons en sont variées et ne peuvent être imputées aux seules dynamiques
commerciales, cependant, le taux de vacance commerciale en est un marqueur important. Il
progresse dans les centres de nombreuses communes, mais aussi, et c?est un phénomène plus
récent, dans les zones commerciales périphériques.
Dans l?ensemble, les villes moyennes sont celles qui sont le plus touchées par le phénomène de
vacance commerciale. Comme le révèle Procos qui établit son classement par zone d?influence,
les villes de moins de 200 000 habitants ont un taux de vacance moyen de 12,2 % en 2018 (+2,71 %
par rapport à 2015), contre 11,6 % pour celles les villes dont la population se situe entre 200 000 et
500 000 habitants (+1,92 %) et 8,7 % pour celles de plus de 500 000 habitants (+1,5 %).
12 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN DÉFI NATIONAL
Ces moyennes cachent toutefois de fortes disparités selon les agglomérations, notamment dans
les petites villes et les moyennes. Sur les 54 zones d?influences étudiées par Procos qui regroupent
entre 200 000 et 500 000 habitants, 17 centres-villes apparaissent aujourd?hui en danger avec plus
de 15 % de vacance commerciale. A l?inverse, certains coeurs marchands parviennent à tirer leur
épingle du jeu, à l?image de ?Biarritz, La Rochelle, Angers qui comptent moins de 4 % de vacance
commerciale, un taux remarquablement bas », note Procos. Les facteurs explicatifs sont à rechercher
dans d?autres composantes de l?attractivité de ces villes, le regroupement des fonctions dans les
centralités permettant souvent de renforcer la vitalité, à la différence de la mono-fonctionnalité
qui a tendance à la fragiliser. Ces villes ont su combiner une politique globale de maintien des
commerces de bouche et d?amélioration de l?habitat, mais aussi l?implantation des équipements et
des services urbains dans les centralités, ce qui a optimisé leur fréquentation.
Le développement du e-commerce fait évoluer les compor-
tements des consommateurs, non sans conséquences sur
l?aménagement commercial
La société de consommation a vu se développer de nombreuses formes de distribution. L?une
des plus récentes et celle du commerce électronique : le e-commerce. L?acheteur est libéré d?une
double contrainte : celle de l?espace et celle du temps. Plutôt que de rejoindre physiquement une
destination commerciale, il lui suffit de se connecter à Internet quel que soit l?endroit où il se trouve,
à la seule condition de disposer d?une interface connectée au réseau. Il fait ainsi l?économie d?un
déplacement motorisé qui implique des efforts et du temps et, de surcroît, il n?est plus assujetti à
des contraintes telles que les horaires d?ouverture propres au commerce physique ou la distanciation
sociale sanitaire. Il peut donc gérer son temps comme il l?entend.
Le nombre de ménages français accédant à internet à haut débit augmente et le e-commerce se
banalise, désormais pour tous types d?achats : le nombre de cyberacheteurs a été multiplié par 3
en 10 ans. En 2018, selon la Fevad et l?Insee, le e-commerce a représenté 9,1 % du chiffre d?affaire du
commerce de détail. Alors qu?il représente environ 92,6 milliards d?euros en 2018, sa croissance est
très forte (13,4 % en 2018) et il devrait atteindre un chiffre d?affaires de 100 milliards d?euros en 2019.
Le commerce physique s?adapte et tente de gagner en efficacité. Changer la physionomie d?une
boutique ne sera jamais aussi rapide que de changer l?habillage d?un site internet, mais les enseignes
font des efforts considérables pour renouveler fréquemment leurs présentations, dans une course
intense à l?attractivité. Les acteurs du commerce sont amenés à revoir sans cesse leurs formats et
leurs concepts pour répondre aux usages émergents et anticiper leur évolution très rapide. Certains
développent des modèles commerciaux s?appuyant sur des surfaces de vente plus importantes, en
vue de favoriser l?expérience client ; d?autres s?efforcent de repenser les lieux de vente de proximité
au coeur des villes, comme des lieux de sociabilité répondant aux différentes attentes des citadins
(Carrefour Market, ou Franprix et ses espaces café) et mettent en avant des marques distributeurs
locales. Enfin, beaucoup tentent de développer des synergies entre commerce physique et
e-commerce, en poussant les atouts des deux modes : plus de sensoriel et de divertissement dans les
espaces physiques, et une inter connectivité recherchée tous azimuts dans les interfaces numériques,
ce qui permet par exemple de feuilleter un magazine et pouvoir se connecter au site du vendeur
d?un article apparaissant dans l?image.
Dès lors, il est difficile d?imaginer ce que seront les commerces dans 10 ans. Même avec une stratégie
numérique à la pointe, les usages évoluent à grande allure ? les impacts du COVID 19 le montrent ? et
il est probable que certains commerces qui apparaissent encore indispensables aux consommateurs
sous forme traditionnelle à l?heure actuelle finissent par disparaître dans les années à venir et que de
nouveaux commerces proposant des produits impensés aujourd?hui apparaissent.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 13
Un modèle d'urbanisme commercial en grande partie dépassé et porteur de déséquilibres sur les territoires
Depuis 50 ans en France, 5 à 6 millions de m² commerciaux sont autorisés chaque année.
Les surfaces commerciales augmentent depuis 15 ans de 3% par an soit deux fois plus vite que la consommation des ménages.
(Rapport CGEDD mars 2017)
Déséquilibres économiques
et territoriaux
Déséquilibres
environnementaux
Déséquilibres paysagers
et architecturaux
Augmentation de la vacance commerciale
en périphérie et dans les centres-villes,
en particulier dans les villes moyennes Dégradation de l?environnement et du paysage des entrées de ville
Impact sur les enseignes dans
les périphéries en perte d?attractivité
Suroffre commerciale et rétrécissement
des zones de chalandise
Forte consommation d?espaces
naturels et agricoles
Des projets peu qualitatifs
sur le plan de l?insertion
architecturale et paysagère
Dégradation des zones existantes
Déconnexion des projets
commerciaux avec le tissu urbain
existant et/ou historique
Évolution des modes
de consommation
Forte croissance du e-commerce
Hausse des entrepôts logistiques
XXL en périphérie
Multiplication des points
de retrait ou « drive »
Augmentation des surfaces de vente
pour améliorer l?expérience client
Développement de zones
monofonctionnelles
Fragmentation des espaces
naturels et agricoles accentuant
les effets de rupture sur la trame
verte
Développement des circuits courts
alimentaires
Obsolescence accélérée des zones
commerciales de périphérie
4 A la fin de la décennie 2010, le France de la crise des Gilets jaunes a sans doute demandé à faire évoluer ce rejet franc, socialement stigmatisant,
car il pouvait conduire à associer le constat de la laideur des lieux à un mépris de classe, ces lieux de consommation étant massivement fréquentés,
notamment par les populations les moins privilégiées.
5 « Du Far West à la ville : l?urbanisme commercial en questions ». Sous la direction de Cristina Garcez et David Mangin, 2014, Eds Parenthèses.
LES RÉFLEXIONS ET INITIATIVES QUI ONT
PRÉCÉDÉ L?APPEL À PROJETS
Dès les années 1990, les entrées de ville ont constitué un sujet de préoccupation en urbanisme.
Puis, avec l?augmentation en nombre et en taille des projets commerciaux, le risque d?une bulle
immobilière dans le commerce de détail a renforcé l?intérêt porté par l?accompagnement public à
ces espaces à l?équilibre économique plus fragile qu?on ne le pensait jusqu?alors. A cette époque, la
relation entre aménagement commercial et préoccupations environnementales n?était pas établie
comme une évidence, en dépit des alertes de quelques experts et médias. On parlait en revanche
déjà beaucoup de leur médiocrité paysagère et les critiques sur la société de consommation les
vouaient aux gémonies. En 2007, Télérama publiait un article au titre insolent sur « la France moche »,
critique franche4 contre les périphéries, qu?il s?agisse des constructions en lotissement ou des
zones commerciales caractérisées par la congestion urbaine, l?affichage publicitaire matraqueur et
l?enlaidissement du paysage causé par un patchwork d?initiatives privées, indifférentes à la cohérence
globale.
14 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN DÉFI NATIONAL
Certains pouvoirs publics et acteurs privés ont alors amorcé une réflexion sur la viabilité du
développement des surfaces commerciales toujours plus nombreuses sur les territoires, alors que la
consommation des ménages s?essoufflait et que la crise économique et sociale de 2008 continuait
de durement résonner.
Dans ce contexte, des initiatives éparses mais visionnaires ont émergé.
L?Atelier national « Territoires économiques », initié en 2011 par le Ministère de l?écologie et du
développement durable, a sélectionné 8 sites pilotes qui ont bénéficié de moyens financiers
et d?ingénierie missionnés par l?État. Les porteurs de projets locaux ont été accompagnés par
des équipes de concepteurs privés, spécialisés en architecture-urbanisme, en développement
économique territorial et en programmation urbaine. Les feuilles de route livrées par ces équipes
aux élus des territoires, devaient permettre à ces derniers d?initier la mutation de leur entrée de ville
commerciale à partir d?esquisses, de schémas de composition urbaine et de pistes pour y refaire la
ville sur la ville. Certaines collectivités se sont lancées, tandis que d?autres ont préféré reporter sine
die ces investissements considérables5.
La seconde initiative, plus modeste, a été le fruit de l?engagement d?un collectif d?acteurs publics et
privés ? l?AdCF, l?Adef, Etd, le cabinet de Conseil Egis, CCI France et le Cerema ? et a pris la forme de
séminaires partenariaux consacrés à la requalification des espaces commerciaux, en 2012. Un état
des lieux des difficultés et des pistes d?actions et a été dressé dans une publication concluant que
la requalification était impossible sans extension des surfaces commerciales (« Pas de requalification
sans extension »), afin d?équilibrer les dépenses d?investissement par des recettes liées à la création de
charges foncières pour l?opérateur public ou l?opérateur privé aux commandes de la requalification.
Les premières opérations de requalification étaient alors envisagées à l?entrée sud de Saint-Etienne,
zone du Pont de l?Ane ? Monthieu, et à Montpellier avec l?opération d?entrée de ville sur la Route de
la mer, rebaptisée ensuite Ode à la Mer.
5 « Du Far West à la ville : l?urbanisme commercial en questions ». Sous la direction de Cristina Garcez et David Mangin, 2014, Eds Parenthèses.
Les Clays sous bois - AlphaPark - © D. Desaleux
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 15
6 http://www.centres-bourgs.logement.gouv.fr/les-laureats-r20.html
En parallèle, Procos lançait les premières alertes sur la suroffre commerciale des périphéries qui
asphyxiait progressivement des centres-villes déjà moribonds : la hausse progressive de la vacance
commerciale dans les villes moyennes passant au-dessus de 10 % en moyenne, a été un déclencheur
et a permis de tirer le signal d?alarme sur l?état du commerce en centre-ville et en centre-bourg.
Pour autant, les périphéries ont continué à accueillir une croissance constante des surfaces de
vente. La combinaison du développement du e-commerce et de la croissance continue des surfaces
commerciales a perturbé le commerce physique et provoqué une érosion du chiffre d?affaire du
commerce. La rapidité de ce mouvement, associée aux fermetures de magasins en périphérie et
aux difficultés des ensembles et parcs commerciaux de périphérie, ont fait prendre conscience
aux enseignes des risques encourus pour leur modèle économique. Ces risques se sont combinés
avec d?autres facteurs d?alerte : les problèmes d?aménagement urbain, la consommation foncière,
ou encore la dégradation de la qualité du paysage et la faiblesse de la réflexion sur la qualité
architecturale et urbaine.
En 2014, les politiques publiques prenaient la mesure de ces déséquilibres et des impacts sur les
territoires, avec le lancement du programme national « Revitalisation des centres-bourgs » pour
lequel 54 lauréats6 ont été désignés pour une durée de six ans. Cette démarche fut conduite par le
commissariat général à l?égalité des territoires (CGET) en collaboration avec les Ministères de l?Egalité
des territoires, de la Transition écologique et énergétique, des Outre-Mer, de la Culture, le Cerema et
l?ANAH. Face à la déprise de nombreux territoires ce programme fut précurseur à l?échelle nationale :
il a coordonné des thématiques et des initiatives a mobilisé de nombreux acteurs. Mais le nombre de
lauréats fut limité compte tenu du nombre de candidatures (276 candidatures sur 302 collectivités
éligibles) et surtout de l?ampleur du sujet.
Sarcelle - © D. Desaleux
16 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN DÉFI NATIONAL
Par la suite, le rapport conjoint de l?Inspection Générale des Finances (IGF) et du Conseil général à
l?environnement et au développement durable (CGEDD) remis en 2016, puis celui sur du CGEDD
remis en mars 20177 aux Ministres compétents, ont repris les principes fondateurs du programme
« Revitalisation des centres-bourgs » tout en les élargissant aux problématiques des villes moyennes
? de 20 000 à 200 000 habitants ? et à la relation entre centre et périphérie : perte d?attractivité du
commerce de centre-ville, perte d?emplois et déprise démographique.
En 2018, le lancement du programme national « Action Coeur de ville8» , la diffusion du rapport
Marcon9, et la promulgation de la loi portant évolution du logement, de l?aménagement et du
numérique, dite loi ELAN, en novembre, abordèrent plus explicitement les indispensables relations
de complémentarité entre l?aménagement commercial en périphérie et en centre-ville.
Le décret d?application de la loi ELAN paru le 28 juillet 2019 permettant la suspension des
autorisations d?exploitation commerciale (AEC), sous condition, par les Préfets, en concertation avec
les élus locaux ou à leur demande, a constitué le point d?orgue de la réflexion sur les périphéries
commerciales.
Ainsi, l?arsenal réglementaire et les programmes nationaux sont montés en puissance pour prendre
en considération les nombreuses recommandations et répondre aux inquiétudes des élus locaux sur
les territoires en difficulté.
Lancé en 2018, l?appel à projets « Repenser la périphérie commerciale » s?inscrit dans la droite ligne
de ces réflexions et initiatives pour s?emparer d?un enjeu auquel un nombre croissant de collectivités
doit faire face.
7 www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/0_slides_duhamel-narring_cle5b2935.pdf
8 https://www.cget.gouv.fr/dossiers/action-coeur-de-ville
9 https://www.economie.gouv.fr/mission-revitalisation-commerciale-villes-moyennes-rapport-andre-marcon
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 17
UN APPEL À
PROJETS NOVATEUR
18 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN APPEL À PROJETS NOVATEUR
« REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »,
UN APPEL À PROJETS NATIONAL
L?appel à projets « Repenser la périphérie commerciale » a été annoncé en novembre 2017 par le
Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, dans le
cadre du réseau Commerce, ville & territoire.
Il s?agissait d?accompagner un panel diversifié de collectivités territoriales porteuses de projets
de mutations de leurs périphéries commerciales pour mettre en évidence les conditions de
cette mutation et les diffuser largement. Par rapport aux initiatives précédentes, les thématiques
étudiées étaient plus vastes et combinaient enjeux commerciaux et d?aménagement.
Les objectifs étaient plus précisément de :
? Favoriser le renouvellement et la mutation de secteurs commerciaux monofonctionnels (ou à
dominante commerciale) en perte d?attractivité, situés en périphérie de centralité urbaine et
en continuité du tissu urbain ;
? Accélérer la définition de projets de renouvellement urbain et commercial, supports d?une
nouvelle urbanité, d?une mixité fonctionnelle et d?une offre de logements complémentaire au
centre-ville.
? Faire émerger des opérations pilotes, pionnières et exemplaires et dégager des enseignements
utiles à l?échelle nationale.
L?appel à projets en quelques chiffres :
candidatures reçues à l?appel
à projets national, provenant
de 12 régions différentes, tant
métropolitaines que d?Outre-Mer.24
6
projets lauréats dont 3 menés par
des collectivités locales également
bénéficiaires du plan « Action Coeur
de Ville ». Les projets ont été
sélectionnés pour constituer un
panel varié de situations territoriales
et de degrés de maturation.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 19
530 hectares
de projets retenus pour repenser la périphérie commerciale et diffuser
les enseignements de la démarche à l?échelle nationale.
Présidé par Laurent Théry, économiste et urbaniste, Grand Prix de l?Urbanisme 2010, le jury a retenu
six dossiers constituant un panel de situations territoriales variées et de stades de maturité de
projets différents. Les projets retenus avaient cependant en commun d?être portés par de fortes
ambitions d?amélioration de la mixité urbaine, de la qualité environnementale et du cadre de vie,
et d?équilibre commercial entre le centre et la périphérie. Les détails du processus de sélection
sont présentés en annexe.
Phase de candidature Phase de sélection Phase d?accompagnement
Novembre
24
CANDIDATURES
6
LAURÉATS
Février Mars Avril Mai Juin 26 Septembre 24-25 Janvier 17 Juin 16 Octobre Premier
semestre
2020
20
18
20
19
20
20
Lancement
de l?appel
à projets
Fin des
candidatures
Analyse
croisée des
candidatures
Commission
d?instruction
technique Jury final
Annonce
des lauréats
Séminaire
de lancement
1er groupe
de travail
national
2ème groupe
de travail
national
Séminaire
de restitution
Publication
des Actes
360 000 ¤
de subventions, destinées à soutenir le financement d?une assistance
à maîtrise d?ouvrage.
Déroulé de l?appel à projets
20 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN APPEL À PROJETS NOVATEUR
L?ACCOMPAGNEMENT DES LAURÉATS
De septembre 2019 à octobre 2020, les six porteurs de projets lauréats ont bénéficié d?un
accompagnement multiforme qui avait pour objectif de soutenir la qualité des projets :
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 21
? Un soutien financier : les collectivités locales concernées ont bénéficié d?une subvention
forfaitaire de 60 000 ¤ pour faciliter le financement d?une prestation d?assistance à maîtrise
d?ouvrage dont les thématiques dépendaient de l?avancement de chaque projet.
? Un soutien technique : d?une durée d?un an, le soutien technique était apporté localement
par les services déconcentrés de l?Etat (DDT.M) et le CEREMA généralement contributeurs dans
le cadre des comités technique ou des comités de pilotage des projets. A l?échelle nationale,
le soutien technique était apporté par des experts publics et privés de l?aménagement et du
commerce mobilisés lors de groupes de travail nationaux réunissant l?ensemble des 6 lauréats.
Cette communauté d?échanges s?est réunie les 24 et 25 janvier 2019 à Toulouse, le 17 juin 2019
à Thiers, le 18 juin 2019 à Roanne et le 16 octobre 2019 à Paris-La Défense. Les détails de ces
journées sont présentés en annexe.
REPENSER LA
PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE
Accompagnement national pour inciter les 6 lauréats
à créer les conditions de mutation de leurs périphéries commerciales
Séminaire
de lancement
1er groupe
de travail
2nd groupe
de travail
Juin 2019Janvier 2019Septembre 2018 Octobre 2019
Roanne et Thiers
16 octobre
ToulouseParis Paris
Séminaire
de restitution
Stratégie
Foncier
Commerce
Insertion
Financement et
programmation
22 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
UN APPEL À PROJETS NOVATEUR
L?appel à projets a donc joué le rôle d?incubateur, permettant de faire mûrir et de mieux définir
chaque projet en le confrontant à l?avis des experts en groupe de travail national et en le partageant
avec les autres lauréats. L?intention de projet formalisée par chaque lauréat au stade de la candidature,
en 2018, a été affermie avec l?accompagnement mis en oeuvre pendant l?année 2019. Les séminaires
et ateliers ont contribué à construire une culture commune et une communauté d?acteurs chez les
lauréats, malgré des contextes territoriaux et des organisations institutionnelles hétéroclites.
Ce parcours d?un an devait permettre d?explorer les différents composantes d?un projet de mutation
de périphérie commerciale et de mettre en évidence ses conditions de réussite, qu?il s?agisse de la
gouvernance, la stratégie de territoire, la programmation et les usages mixtes, l?insertion du projet ou
de la faisabilité du projet. Ces différents volets ont fait l?objet de synthèses thématiques résumées ici
au chapitre IV, présentées en annexe, et disponibles isolément dans des livrets thématiques dédiés,
à retrouver sur les pages « Commerce, ville & territoire » du site du Ministère chargé de la Cohésion
des territoires.
Le dispositif a permis de concentrer les études et la commande
de prestations. Il a permis d?acheter les trois prestataires en même
temps, imposant un rythme de travail. En particulier dans un contexte
de budget investissement inédit où la collectivité aurait sinon
certainement fait des choix pour mieux répartir la charge.
Ville de Montigny-lès-Cormeilles, séminaire de restitution de l?appel à projets, 16 octobre 2019.
2ème groupe de travail de l?appel à projets, Thiers, juin 2019 - © DGALN.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 23
Les temps de séminaire ont permis un retour d?expérience
sur les différents modes opératoires et sur des réalisations concrètes.
Les échanges entre lauréats ont enrichi et parfois réinterrogé notre
propre démarche et les choix à venir. Ils ont encouragé le travail
de proximité que nous menons au sein de l?équipe associant
Saint Quentin en Yvelines et les communes concernés, en facilitant
l?identification d?intérêts communs et complémentaires.
Ville de Saint-Quentin-en-Yvelines, témoignage recueilli à l?occasion du séminaire de restitution
de « Repenser la périphérie commerciale », le 16 octobre 2019.
Séminaire de restitution de l?appel à projets, Paris, octobre 2019 - © DGALN.
24 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 25
SIX PROJETS PILOTES
26 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SIX PROJETS PILOTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 27
28 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SIX PROJETS PILOTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 29
30 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SIX PROJETS PILOTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 31
32 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SIX PROJETS PILOTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 33
34 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SIX PROJETS PILOTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 35
36 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
SIX PROJETS PILOTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 37
Des versions plus détaillées de ces fiches projets sont accessibles en annexe du présent document
38 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 39
LES
ENSEIGNEMENTS
DE « REPENSER
LA PÉRIPHÉRIE
COMMERCIALE »
40 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Au-delà du seul réseau Commerce, ville & territoire, l?attention portée à l?appel à projets témoigne de
l?essoufflement du modèle d?aménagement et d?extension des zones commerciales de périphérie,
ainsi que du besoin des territoires de repenser collectivement ce modèle.
Au terme de l?expérience, les projets lauréats ne sont pas achevés et il était clair dès le lancement
de l?appel à projets qu?un an d?accompagnement n?apporterait pas toutes les réponses possibles. La
restitution des enseignements qui va suivre est donc un arrêt sur image après 12 mois de dialogue
entre porteurs de projets lauréats et professionnels publics et privés de l?aménagement commercial.
La démarche est inédite puisqu?aucune des initiatives mises en oeuvre ces dernières années n?avait
recherché les conditions de mutation des périphéries commerciales en combinant approche
transversale et l?approfondissement d?un spectre large de 5 thèmes : la stratégie de territoire, le
foncier, le montage opérationnel, la programmation et l?insertion architecturale et paysagère. Voici
donc une synthèse des connaissances issues de cette année d?échanges nourris entre les collectivités
lauréates, les équipes d?animation, et un écosystème d?acteurs publics et privés, rythmée par 4
rencontres nationales et groupes de travail.
LES PREMIERS ENSEIGNEMENTS
TRANSVERSAUX : PORTAGE VOLONTARISTE,
MISE EN MODE PROJET ET DIALOGUE
PRÉCOCE, TROIS CONDITIONS DE SUCCÈS
Enseignement n°1 - L?appel à projets a permis de confirmer que les projets de mu-
tation des périphéries commerciales relèvent de questionnements et de leviers
communs, bien qu?ils s?inscrivent dans des réalités multiples.
Les projets lauréats de « Repenser la périphérie commerciale » s?inscrivent tous dans des secteurs à
fort potentiel, mais dans des contextes territoriaux très différents :
? diversité des contextes politiques et territoriaux ;
? diversité des contextes économiques locaux et des marchés immobiliers ;
? diversité des périmètres d?études et des secteurs de projets ;
? diversité des stades de maturation ou état d?avancement des projets ;
? diversité des intentions finales des projets (renaturation, l?intensification commerciale et la
mixité fonctionnelle...).
Il n?y a pas « une périphérie commerciale » mais bien « des périphéries commerciales » et autant de
projets de mutation, mais les échanges ont montré que les registres de questionnement à adopter
ont de fort dénominateurs communs : les mêmes interrogations sur l?équilibre entre les polarités
du territoire, la même recherche d?un équilibre économique, les mêmes besoins de dialogue et de
négociation avec les acteurs du commerce et les propriétaires du foncier. Il est donc raisonnable de
penser que les enseignements engrangés pourront être utiles à bien d?autres collectivités.
De ces questionnements communs, des conditions de succès incontournables ont pu se dégager,
sans pour autant donner lieu à des solutions toutes faites.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 41
Certaines zones commerciales sont situées en entrée
de ville (Limoges Métropole, Communauté de communes
Thiers Dore et Montagne, Communauté d?agglomération
de Saint-Quentin-en-Yvelines, ville de Saint-Pierre) ; d?autres
constituent des linéaires commerciaux plus ou moins étendus
(RD 14 à Montigny-lès-Cormeilles, RD113 dans la métropole
Aix Marseille Provence, Communauté de communes
Thiers Dore et Montagne). Ces zones se sont d?ailleurs
souvent développées sur plusieurs communes. Certaines
sont en déprise et d?autres sont attractives, comme celle
de Montigny-lès-Cormeilles qui constitue une partie
de la zone commerciale de la « Patte d?Oie d?Herblay »,
première zone commerciale en Île-de-France.
Enseignement n°2 - Donner de la visibilité et de la lisibilité au projet permet de
donner confiance aux parties prenantes et d?engager une dynamique positive.
Pour cela, un diagnostic solide et partagé et des intentions de projets tenues par
un portage politique fort, sont des gages de réussite.
En effet, « Repenser la périphérie commerciale » a permis de conclure à 3 incontournables :
? Un diagnostic territorial et commercial précis, multi-scalaire et multicritères, articulant temps court
et temps long et répondant à un double enjeu opérationnel : d?une part, faire émerger les forces et
les faiblesses du site pour définir son positionnement et sa vocation et mettre en récit sa mutation à
long terme autour de nouvelles fonctions et de nouveaux usages ; d?autre part, mettre en exergue les
fonciers mutables et stratégiques, permettant
de définir des secteurs d?intervention
prioritaires, pour engager la mutation pas à
pas.
? Un pilotage public souple mais qui maintienne
un cap politique stable : ces projets
nécessitent un portage politique fort, avec la
définition d?une ligne directrice ferme et bien
comprise de tous ce qui permet de mobiliser
et de sécuriser les partenaires, tout en étant
à l?écoute des opportunités des acteurs en
présence et des opérateurs.
? La planification stratégique comme
prérequis pour aborder la mutation des
périphéries commerciales : elle pose la
question du rééquilibrage et du dépassement
de l?opposition historique entre centre et
périphérie, d?inscrire le projet de mutation
dans un projet de territoire à plus grande
échelle, et de réfléchir à la place de ces espaces
qui sont, bien souvent, des centralités de fait.
L?idée est d?abord de
conforter et de développer
ce qui existe déjà. Mais dès
qu?un investisseur arrivera,
on doit pouvoir lui dire vous
allez plutôt là car on veut
conforter cette polarité.
Abdel Meftah, vice-président de Thiers
Dore et Montagne, témoignage
recueilli à l?occasion du 2nd groupe
de travail de « Repenser la
périphérie commerciale, » juin 2019.
42 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Cet appel à projets, les échanges qu?il a permis, les sites que nous
avons visités nous ont montré, une fois encore, la nécessité d?une
bonne articulation entre les échelles de la planification et entre les
acteurs qui en ont la charge. La réussite de tel projet de reconversion
oblige également, au niveau politique, d?avoir une stratégie claire
et tenable dans le temps en termes de projet.
Ville de Saint-Pierre de la Réunion, témoignage recueilli à l?occasion du séminaire
de restitution de l?appel à projets « Repenser la périphérie commerciale, » 16 octobre 2019.
Dans ces conditions de robustesse, le projet peut faire l?objet d?une communication décomplexée,
personnifiée par des acteurs au discours volontariste et fiers de le porter, ce qui facilite certainement
la confiance des partenaires attendus. Cela ne fait pas tout, mais un projet dont les acteurs
n?osent pas parler ne donne pas envie aux parties prenantes de s?y intéresser. L?appel à projets a
accéléré et amplifié les choses pour les lauréats, puisque dès l?annonce des résultats, les 6 projets
ont bénéficié d?une communication diffusée à l?échelle nationale, ce qui leur a permis d?appuyer
leur positionnement au niveau local, auprès de leurs partenaires publics comme privés. La visibilité
donnée par le soutien de l?Etat aux projets lauréats a sans doute permis d?accélérer les projets, mais
les facteurs de ce bénéfice peuvent être reconstitués en dehors du laboratoire qu?a constitué l?appel
à projet.
2ème groupe de travail de l?appel à projets, Thiers, juin 2019 - © DGALN
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 43
Enseignement n°3 - Un pilotage techniquement solide mobilise les outils du mana-
gement de projet, pour une mise en visibilité optimale des rôles et responsabilités
de chacun dans un calendrier partagé.
Au commencement était la complexité?
Pour engager la mutation des périphéries commerciales, une des premières questions posées
par les 6 lauréats est celle du processus et du montage de projet : « Comment faire ? », « Par où
commencer ? », « Comment basculer dans le pré-opérationnel une fois qu?on a défini des grands
principes d?aménagement ? ». Ces questionnements communs sont inhérents à la double complexité
des projets de mutation des périphéries commerciales :
? Complexité foncière, liée au morcellement de la propriété.
? Complexité des montages, liée à la valeur des actifs commerciaux.
La mise en mode projet permet aux porteurs de projets et à leurs partenaires d?aborder sereinement
cette complexité en donnant les conditions d?une lecture commune de l?implication de chacun.
A l?échelle de l?appel à projet lui-même, la mise en mode projet a favorisé l?accélération des projets
au cours des douze mois d?accompagnement. Dès le début, les instances de pilotage politiques et
techniques ont été mises en place par les lauréats pour lancer les missions d?assistance à maîtrise
d?ouvrage, par la rédaction des cahiers des charges, la sélection des équipes et le lancement des
missions. Des revues de projet réalisées avec les lauréats une fois par trimestre à l?échelle nationale ont
permis de les mobiliser en créant une dynamique collective, en favorisant les échanges, notamment
sur leurs difficultés, mais aussi en servant d?aiguillon par la comparaison de l?avancement des projets.
Les échanges réguliers, organisés avec les services déconcentrés et le Cerema à l?échelle locale et
l?équipe d?animation nationale ont permis de faire remonter les problématiques, les interrogations,
les propositions novatrices pour les territoires et les points de blocages identifiés, en apportant
collectivement des réponses et des solutions sur une grande variété de questions : identification
des parcelles à enjeux et des secteurs d?intervention stratégiques ; modalités de dialogue avec les
acteurs du commerce et les acteurs de l?aménagement ; rôle du plan guide dans la négociation
avec les acteurs du commerce ; articulation avec les projets Action Coeur de Ville pour les villes
concernées, etc.
Enseignement n°4 - La consultation et l?intégration
précoces dans le projet, d?une grande variété d?ac-
teurs, publics comme privés, permet d?éviter de
faire fausse route et améliore la faisabilité.
La question des acteurs faisait elle-aussi figure de dénomi-
nateur commun pour les six porteurs de projets lauréats :
« Comment négocier entre acteurs de l?aménagement et
du commerce ? ». Tous les témoignages entendus sur les
projets menés à bien convergeaient vers l?importance d?une
association précoce d?un spectre large d?acteurs. Tous
n?auront pas vocation à participer au projet jusqu?à son
terme, néanmoins, la variété des acteurs est un facteur positif
d?émulation et de vérification de la faisabilité du projet,
depuis les étapes de stratégie territoriale où les regards
croisés doivent finalement être convergents autour d?enjeux
communs, jusqu?aux étapes pré-opérationnelles. Là encore,
les techniques du management de projet permettent une
orchestration fluide des acteurs.
Un des porteurs de projets lauréats demandait à l?un des experts mobilisés si associer de trop
nombreux voisins institutionnels de son projet n?allait pas le conduire à élargir sans cesse son
périmètre de projet et gêner sa stabilisation. Non, ce sont bien des éléments différents : le dialogue
Cet appel à projets
a permis de mettre autour
de la table l?ensemble
des acteurs qui interviennent
sur le périmètre opérationnel
du projet.
Ville de Saint-Pierre de la Réunion,
séminaire de restitution de l?appel
à projets, 16 octobre 2019.
44 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
L?appel à projets Repenser la périphérie commerciale a permis
de renforcer la dynamique locale et de nouer des partenariats
techniques. Il a favorisé l?échange d?expériences. » ;
« Dans un premier temps, ça a surtout été vécu comme
une reconnaissance.
Ville de Thiers, témoignage recueilli lors du séminaire de restitution du 16 octobre 2019.
ne fait pas le périmètre géographique opérationnel. Il s?agit bien d?une dimension parallèle. Les
niveaux d?engagement des différents acteurs doivent être formalisés, ce qui permettra d?éviter des
contresens sur le rôle de chacun et de donner aux uns l?impression qu?ils participeront aux décisions
sur le devenir des autres.
A l?échelle de l?appel à projets lui-même, la variété d?acteurs engagés a également été un facteur
de succès. Les collectivités ont pu compter sur un écosystème fertile, associant services de l?Etat et
experts publics et privés du réseau Commerce, ville & territoire (la présentation détaillée des experts
mobilisés figure en annexe). Cette mise en réseau a permis non seulement d?élargir le spectre de
réponses et d?expertises sur les problématiques en jeu, mais aussi de créer des synergies entres les
collectivités, leurs partenaires et leurs équipes d?assistances à maîtrise d?ouvrage.
Les échanges, lors des groupes de travail organisés à Toulouse
et à Roanne, ont permis de nouer des contacts utiles avec les acteurs
du commerce et plus spécifiquement leurs foncières. S?ils participent
de l?avancée du projet, ils ne sont néanmoins pas fondateurs
d?évolutions significatives mais contribuent à partager des points de
vue parfois divergents. Ainsi l?appel à projets « Repenser la périphérie
commerciale », est un dispositif qui, promeut la démarche municipale
et crédibilise une volonté urbaine en agrégeant l?ensemble des acteurs
concernés.
Ville de Montigny-lès-Cormeilles, témoignage recueilli à l?occasion du séminaire de restitution
de « Repenser la périphérie commerciale », 16 octobre 2019.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 45
LES PREMIERS ENSEIGNEMENTS EN MATIÈRE
DE STRATÉGIE, PROGRAMMATION, INSERTION
DU PROJET ET FAISABILITÉ
L?ensemble de la démarche d?accompagnement des lauréats et de capitalisation des enseignements
de « Repenser la périphérie commerciale » a été structurée par cinq thèmes qui ont fait l?objet
d?ateliers dédiés durant les séminaires : l?insertion du projet, la programmation et usages mixtes,
la stratégie de territoire, la gouvernance, et enfin la faisabilité du projet à travers la question des
montages et du foncier. Pour précision, les apports sur le pilier gouvernance ont été intégrés de
façon transversale dans chacun des fiches thématiques
STRATÉGIE DE TERRITOIRE ? Adosser le projet de renouvel-
lement de la périphérie commerciale à une stratégie de
territoire à échelle élargie.
Définir un projet d?aménagement articulé à la vision d?agglomération qui définisse les conditions
d?équilibre entre centre et périphérie. La volonté politique est un préalable qui vise à « fixer la règle,
la stratégie » puis à l?intégrer dans les documents d?urbanisme. Le projet de requalification de la
zone commerciale doit être articulé à une vision du développement de l?agglomération, inscrite
dans le SCoT, le PLU(i), le PCAET, ou doit contribuer éventuellement à leur évolution, en déclinant
le projet dans ces documents. Cette stratégie doit notamment définir les orientations spatiales
pour le développement de l?agglomération à moyen terme, et ainsi guider les investissements des
acteurs publics et privés, pour la production de logements, d?équipements, de commerce ou encore
l?implantation des entreprises...
Vue aérienne , Thiers, juin 2019 - © DGALN
46 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Dans les territoires en perte de vitesse, c?est un projet de redynamisation plus global qui implique de
rechercher les conditions d?équilibre entre les polarités, et notamment entre centre et périphérie. La
mise en oeuvre en parallèle du programme national « Action Coeur de ville » en faveur des centres-villes
doit être aussi une opportunité pour interroger les complémentarités entre centres et périphéries.
Cette recherche de complémentarité, bien qu?essentielle, demeure un axe d?approfondissement
incontournable pour les lauréats et plus largement pour tous les territoires concernés par la mutation
de leur périphérie et la revitalisation de leur centre-ville. Le projet porté par Thiers Dore et Montagne
illustre particulièrement bien cette recherche de complémentarité : bénéficiaire d?Action Coeur de
Ville sur la ville-haute (le centre-ville historique) et lauréat de « Repenser la périphérie commerciale »
sur la ville-basse (zone à dominante commerciale), le projet « Thiers 2030 » est fondé sur cet équilibre
à trouver.
Mobiliser les documents d?urbanisme réglementaire pour asseoir le projet. Inscrire ces orientations
stratégiques dans les documents à l?échelle de l?agglomération renforce leur portage politique,
permet qu?elles soient clairement affichées et bien comprises par l?ensemble des acteurs de la
production de la ville, et leur donne une portée réglementaire, imposant leur prise en compte. C?est
notamment ce qu?a fait Limoges Métropole, en s?appuyant sur un PAPAG pour donner du temps à la
collectivité de définir un projet d?aménagement global, évitant ainsi les coups partis sur la zone de
projet.
Les grandes orientations d?aménagement et de développement de la zone commerciale à réinvestir,
inscrites dans un plan guide ou un schéma de référence (DOO ou DAAC du SCoT), peuvent
être également être inscrites dans les PLU(i), à travers les orientations d?aménagement et de
programmation (OAP), les emplacements réservés etc. par voie de modification. Les OAP ont une
valeur prescriptive pour les projets.
Cet emboîtement de la règle dans la stratégie de territoire donne un cadre plus cohérent et plus
stable pour agir et facilite la mise en oeuvre des objectifs d?équilibre commercial à l?échelle du
SCoT et du PLU(i). Ce cadre sécurise également les interventions et les partenariats financiers (SEM,
foncière commerciale?), qui ont besoin de ce cadre d?intervention à l?échelle du territoire.
Insertion du projet
Stratégie de territoire
Faisabilité du projet
Acteurs mobilisés
pour la réalisation
tejorpud
Modalités de
travail avec les
acteurs concernés
Équilibre
territorial global
tejorpud
Articulation
centre-périphérie
Gouvernance
Programmation
et usages mixtes
Insertion urbaine,
paysagère et
architecturale
Insertion
durable
Comment repenser la
périphérie commerciale ?
Animation
urbaine
Pilier :
Pilier :
Pilier :
Pilier :
Pilier :
Programme mixte
adapté aux besoins
des habitants et
usagers
Montage et modèle
économique
Montage juridique et
cadre réglementaire
Montage foncier
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 47
Définir une stratégie commerciale à une échelle élargie et identifier les sites potentiels pour
la relocalisation de certains commerces ou la densification de certaines zones. La définition
d?une stratégie commerciale à une échelle élargie doit permettre d?identifier les habitudes de
consommation des ménages, et d?anticiper les attentes futures des consommateurs, d?intégrer
l?impact des projets commerciaux connus, tant du point de vue environnemental que du point
de vue social et économique, de positionner le devenir de la zone commerciale par rapport aux
polarités commerciales existantes et leurs zones de chalandise respectives et aux grandes évolutions
socio-économiques (population, emploi, équipements?). Les équipes de Saint-Quentin-en-Yvelines
se sont ainsi appuyées sur des éléments de diagnostics socio-économiques très précis pour créer des
bases solides au projet de restructuration de ses zones commerciales.
L?identification de sites potentiels pour la relocalisation de certains commerces peut également
permettre de conduire les négociations avec les acteurs du commerce, pour favoriser leur intérêt à
agir et à libérer des fonciers potentiellement stratégiques pour le projet.
GOUVERNANCE - Un urbanisme négocié et co-produit entre
acteurs publics et privés de l?aménagement et du commerce.
Positionner la collectivité locale en tant qu?interlocuteur de référence. Pour initier leur projet de
requalification de périphérie commerciale, il s?agit tout d?abord pour les collectivités locales de créer
les conditions de la négociation avec les acteurs privés, en définissant ce qui est négociable et ce qui
ne l?est pas pour la collectivité. Montigny-lès-Cormeilles s?est particulièrement démarquée durant
l?accompagnement sur ce point : avec un projet ancien, un maire très impliqué dans l?avancement du
projet et une bonne connaissance des acteurs privés en mesure d?agir sur le projet, la Ville a précisé
les éléments stables et dessiné ses invariants, tout en affichant un cap très clair et une volonté de
changement.
Ce qui est important dans ces projets-là, c?est à la fois
la conception du sujet, savoir ce que l?on veut faire, et c?est le côté
opérationnel. Concevoir et savoir ce qu?on veut faire, on y arrive
à peu près, mais là où ça bute c?est sur la mise en oeuvre. Il faut
prendre des positions, assurer le portage et tenir dans la durée.
Jérôme Le Grelle, CBRE, séminaire de restitution de l?appel à projets, 16 octobre 2019.
La posture de la collectivité locale en tant qu?acteur public pleinement responsable du développement
de son territoire, est un préalable. Si elle n?a pas la maîtrise du foncier, elle dispose de leviers majeurs
pour orienter le devenir des périphéries commerciales, à travers les outils de planification (SCoT,
PLU(i), autres documents sectoriels) et de maîtrise foncière (ZAD, droit de préemption urbain,
acquisition et portage foncier par un EPF). Ces outils s?avèrent fondamentaux dans la conduite du
projet et la négociation avec les acteurs privés.
Une forte volonté publique, la définition d?une vision et d?un projet d?ensemble sont des conditions
préalables et des signaux, pour mobiliser, orienter et sécuriser les investissements des acteurs privés,
et ce, sur le temps long.
48 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Il faut connaître et avoir conscience des différents paramètres
économiques qui font bouger les commerçants et les propriétaires
fonciers. Tant qu?on ne rentre pas dans ce cadre, les lignes
ne bougent pas car ça coûte beaucoup trop cher. Le monsieur
qui a un actif qui lui rapporte 2 à 3 millions d?euros par an, il faut
discuter avec lui, pour savoir s?il a un intérêt ou pas à changer
de stratégie.
Cédric Tel-Boïma, SERM, rencontre du réseau Commerce, ville & territoire, 29 septembre 2017.
Si vous devez discuter avec une enseigne nationale,
ils ne vous considéreront comme crédible que s?ils entendent
la même chose. Il faut être armé pour entrer dans ce sujet,
des élus qui décident et qui ont une ligne directrice jusqu?à
l?aménageur qui met en oeuvre.
Eymeric de Montauzon, EPPC, 2ème groupe de travail de l?appel à projets, 17 juin 2019.
2ème groupe de travail de l?appel à projets, Thiers, juin 2019 - © DGALN
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 49
Activer le partenariat public-privé, condition sine qua non d?élaboration et de réalisation des
projets de mutation des périphéries commerciales. La transformation des zones commerciales
périphériques doit faire l?objet d?un urbanisme négocié et co-produit par les acteurs publics et privés
de l?aménagement et du commerce, tant du fait des ressources financières limitées des collectivités
locales que de leur faible maîtrise foncière dans ces secteurs.
Pour les acteurs du commerce, il apparaît également aujourd?hui indispensable de travailler
étroitement avec les collectivités, pour définir un projet qui réponde aux besoins du territoire et qui
soit compatible avec les orientations des collectivités locales. La complexité de la question foncière,
des usages et de la programmation nécessitent de travailler ensemble, et en bonne intelligence,
durant toute la durée du projet, de son élaboration à sa réalisation.
Quel est l?intérêt de requalifier une friche alors qu?il y a du
foncier disponible ? La requalification génère des coûts, donc il faut
créer de la valeur à partir du projet, et pour en générer, il faut raréfier
le foncier et organiser cette rareté foncière.
Pascal Madry, Institut pour la Ville et le Commerce, 2ème groupe de travail de l?appel à projets,
17 juin 2019.
Partager une vision commune entre les acteurs publics et parler d?une seule voix. C?est un préalable
essentiel pour la collectivité pour engager la négociation avec les acteurs du commerce. Les périmètres
de projet concernent souvent plusieurs communes et peuvent être d?intérêt intercommunal : ils
mobilisent donc autant d?élus, potentiellement porteurs de visions politiques différentes. Pour que
les investisseurs se mobilisent, il faut qu?ils aient la certitude que la stratégie publique soit stable, et
ainsi éviter des initiatives isolées et sans lien avec la vision globale et partagée de la collectivité.
Bien connaître ses interlocuteurs. A travers un diagnostic foncier précis, il s?agit pour la
collectivité d?identifier le bon interlocuteur avec qui négocier, entre le propriétaire,
l?investisseur ou encore l?exploitant, et de comprendre leurs intérêts à agir. Selon le statut
des acteurs du commerce (propriétaire, investisseur, société foncière commerciale,
exploitant de locaux commerciaux, enseignes de la grande distribution etc.) et leur stratégie
globale, leurs intérêts à agir peuvent être variables d?un actif à l?autre, voire pour un même actif.
Les équipes de Saint-Quentin-en-Yvelines ont ainsi mené plusieurs entretiens et concentrations
avec les acteurs du territoire, leur permettant de bien identifier les différents acteurs en présence,
leurs intérêts et leur façon de fonctionner.
On porte une ambition à un instant T. Demain, si on n?est plus
élu, qui va le porter pour nous ? Les autres élus ? Pas certain.
Si on a eu des partenariats privés et avec des acteurs extérieurs,
ce sont les extérieurs qui vont devenir les garants, auprès des
futurs élus, de l?engagement qui a été pris
Vincent Léonie, Limoges Métropole, séminaire de restitution de l?appel à projets, 16 octobre 2019.
50 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Favoriser le partage et la mutualisation : mutualiser des biens, des ressources, des espaces ou des
services, permettant ainsi de réaliser des économies d?échelle et de diminuer certains impacts
environnementaux de l?activité économique. A Carvin par exemple, près de Lille, des entreprises
d?un même parc d?activité se sont réunies pour créer une plateforme de mutualisation des achats,
permettant d?obtenir une réduction des coûts de l?ordre de 30 %.
FONCIER - La mobilisation du foncier et la conception d?un
montage adapté comme garanties de la faisabilité du projet.
L?essoufflement du modèle traditionnel d?aménagement des périphéries commerciales met
en évidence un patrimoine foncier peu valorisé. Souvent constitué de réserves foncières afin de
préserver des opportunités de développement ou d?empêcher un concurrent de s?implanter, ces
terrains sont parfois gelés et pourraient (re)trouver une fonction dans la perspective d?une mutation
de la périphérie commerciale (agriculture urbaine, logements, équipements publics, urbanisme
temporaire, etc.). D?autres fonciers, déjà urbanisés, ont fait l?objet de développement immobilier
devenus obsolètes.
Dans le cadre du projet Pariwest, le diagnostic a permis
d?identifier 183 propriétaires dont 7 propriétaires publics (soit 10 %
du foncier), et 67 % de propriétaires sont des SCI, soit une multitude
d?acteurs aux stratégies, intérêts et temporalités divergentes. L?enjeu
pour la puissance publique est de mettre en oeuvre un espace,
un lieu de dialogue, des modalités d?échanges pour oeuvrer au même
objectif de revalorisation du secteur d?étude et pour définir
et organiser une communauté d?intérêt.
Danielle Gardrat, Saint-Quentin-en-Yvelines, séminaire de restitution de l?appel à projets,
16 octobre 2019.
Maurepas-Porte de Chevreuse - © D. Desaleux
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 51
La maîtrise foncière est un des sujets les plus complexes
dans la faisabilité des projets de transformation des périphéries
commerciales. Il faut faire non seulement face à une multitude
d?acteurs, propriétaires, investisseurs, locataires, aux intérêts
différents parfois divergents, mais également tenter de résoudre
une équation économique difficile liée en particulier à des actifs
immobiliers très rentables.
Sandra Jover, Immo Mousquetaires, 2ème groupe de travail de l?appel à projets, 17 juin 2019.
Évaluer la mutabilité et la dureté foncière par le diagnostic foncier. L?analyse foncière doit permettre
d?analyser la dureté foncière, c?est-à-dire la plus ou moins grande facilité à mobiliser des terrains (la
présente de grandes copropriétés sera par exemple un critère de dureté) et l?opportunité de faire
muter ces parcelles (identification des fonciers stratégiques pour engager le projet ou le faire monter
en puissance), en prenant en compte des critères objectifs (état du bâti, vacance, affectation, régime
de propriété) et des critères subjectifs (opportunité).
Ne pas minimiser la valeur des « boîtes à chaussures ». Le diagnostic de la zone doit permettre de
connaître les besoins de ces locaux et les intentions des occupants et des propriétaires. Un des enjeux
est notamment d?anticiper leurs raisonnements financiers concernant la valeur financière des actifs,
en reconstituant la valeur des revenus locatifs (valeur des coques, taux de rendement), à travers un
état des lieux de la zone et en appréhendant la dynamique globale de la zone commerciale. Même si
certaines zones commerciales périphériques connaissent un déficit d?attractivité et connaissent des
dysfonctionnements, il ne faut pas croire que les « boîtes à chaussure » n?ont pas de valeur : il convient
de distinguer l?état perçu de l?immobilier et sa valeur réelle ou « valeur faciale ». Souvent élevées,
les valeurs des actifs immobiliers commerciaux sont souvent un frein majeur à la requalification de
zones commerciales, du fait de leur poids dans les bilans d?aménagement.
L?analyse foncière et la négociation avec les propriétaires doivent permettre d?identifier un secteur
d?intervention prioritaire pour engager le projet de renouvellement urbain. Tout l?enjeu est de
convaincre les acteurs du commerce de libérer leur foncier ou de le faire évoluer avec la collectivité,
pour engager le renouvellement de la zone.
Définir les outils et identifier les montages possibles en même temps que le programme.
Pour parvenir à résoudre l?équation financière à laquelle se heurtent nombre d?opérations de
renouvellement urbain dans les zones commerciales et les zones industrielles, un travail itératif
entre les différentes parties prenantes du projet est nécessaire, en travaillant plusieurs scénarios qui
croisent la programmation à l?échelle du secteur de projet au regard des opportunités foncières et
des perspectives de mutation. La programmation ne doit pas encore être figée à la parcelle : elle
doit rester souple et évolutive pour s?adapter aux opportunités foncières ou encore aux porteurs de
projet potentiels. Le programme d?aménagements, de constructions et d?équipements publics ne
pourra être stabilisé, avec les opérateurs potentiels, qu?après plusieurs itérations et combinaisons
entre :
? La définition du (ou des) périmètre(s) d?opérations(s) pertinent(s) ;
? L?analyse des montages urbains/fiscaux/fonciers/temporels, publics/privés, tenant compte des
futurs usages ;
? La recherche d?équilibre dans les bilans d?opération.
52 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Les projets de requalification des périphéries commerciales s?inscrivent dans le temps long. S?il faut
des outils robustes, capables d?accompagner le projet dans la durée, le choix du montage et des
outils opérationnels doit s?effectuer au cas par cas, en fonction du projet et au regard d?une analyse
fine de son contexte. Ce choix doit relever d?une véritable stratégie de la collectivité, à adapter en
fonction du projet qu?elle porte.
PROGRAMMATION ET USAGES MIXTES ? Un autre avenir
pour les périphéries commerciales.
Les périphéries commerciales, un patrimoine foncier à valoriser. Après des décennies où
l?aménagement des zones commerciales s?est fait souvent au gré des opportunités foncières, parfois
sans vision ou plan d?ensemble, dans des zones commerciales ou le long des infrastructures routières,
il y aujourd?hui un enjeu à redonner de l?urbanité et à mieux les intégrer à la ville.
Dans un contexte de préservation des ressources agricoles, naturelles et forestières et de la réflexion
sur la sobriété foncière, les collectivités sont de plus en plus amenées à valoriser le patrimoine foncier
existant pour le développement de leurs territoires. C?est en particulier le cas dans les territoires à
forte croissance démographique et économique, où il y a une compétition entre les différentes
fonctions de la ville dans un contexte où l?espace en ville est devenu rare et cher. Les collectivités
doivent accompagner le développement urbain pour produire des logements, des équipements,
des locaux d?activités pour les activité industrielles et artisanales, des espaces verts et de loisirs
etc. en poursuivant le mouvement engagé de renouvellement de la ville sur elle-même. Le projet
porté par la Métropole Aix Marseille Provence illustre cette volonté de transformer le foncier peu
optimisé, pas nécessairement en densifiant mais au contraire en renaturant l?existant et en valorisant
l?environnement paysager autour du site de projet. Ces efforts permettront d?augmenter la valeur
d?usage des lieux en permettant aux futurs habitants et visiteurs de ce secteur de bénéficier d?un
site de qualité.
Les périphéries commerciales, conçues à partir des années 1970 en dehors des villes et aujourd?hui
rattrapées par l?urbanisation, constituent des gisements fonciers importants et stratégiques, à
valoriser tant pour les acteurs du commerce que pour les acteurs de l?aménagement.
On parle souvent de création de commerce, mais il y a
des enjeux colossaux de réhabilitation dans des secteurs urbains
denses, dans des zones péri-urbaines, ex périphérie, qui ont été
rattrapées par l?extension des villes. Ces activités commerciales ont
besoin d?être reconnectées à un système urbain et à des usages
en mutation : Le développement du commerce va se faire de plus
en plus au travers de réhabilitation voire de reconfiguration
d?actifs vieillissants.
Sandra Jover, Immo Mousquetaires, 2ème groupe de travail de l?appel à projets, 17 juin 2019.
Il faut arrêter de considérer que parce que c?est moche,
ça ne vaut rien.
Eymeric de Montauzon, 2ème groupe de travail de l?appel à projets, 17 juin 2019.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 53
Évoluer d?une zone monofonctionnelle à un projet urbain mixte et multifonctionnel.
Dans un contexte de recul des investissements des acteurs du commerce et de recomposition du
paysage commercial, l?intégration de nouvelles fonctions, de nouveaux usages, l?amélioration de la
qualité urbaine et environnementale et des conditions de mobilité constituent une réponse possible
à leur perte d?attractivité et à la recherche d?un nouveau modèle d?aménagement.
Ces nouvelles fonctions répondent à plusieurs objectifs : les besoins de développement de la
collectivité (logements, équipements, locaux, ?), la nécessité de créer de la charge foncière
supplémentaire pour équilibrer le bilan du projet, l?amélioration des liens avec la ville, la nécessité
de faire évoluer, de moderniser et adapter le commerce de masse en passant d?un commerce de flux
à un commerce de destination conçu autour du client, de ses lieux de vie et de destination.
Bien que la mixité fonctionnelle joue un rôle central dans l?équilibre des opérations, notamment au
travers des programmes de logements, elle ne doit pas être seulement un levier pour la mutation des
périphéries commerciales, mais bien attachée à la finalité de produire de l?urbanité et de l?habitat.
Dans le contexte des périphéries commerciales, tout l?enjeu consiste à parvenir à faire muter des
zones monofonctionnelles en morceaux de ville connectés au reste du système urbain ; à créer de
la centralité et de l?urbanité dans des secteurs qui sont initialement des destinations commerciales,
conçues bien souvent autour d?une accessibilité en voiture.
Ainsi, l?implantation de programmes mixtes et la diversification des motifs de présence
(consommation, mais aussi loisirs, habitat, travail, promenade) sont des éléments indispensables à
la reconquête des périphéries commerciales. Pourtant, il ne s?agit pas simplement de positionner
des logements sur des socles de commerce, ou de densifier des poches de parking avec de la
constructibilité.
Un projet mixte, avec du commerce en pied d?immeuble,
est un fabuleux mille-feuille où doivent coexister des usages et
fonctionnalités multiples. En outre il doit épouser intelligemment
l?espace public et s?adapter à son environnement. En d?autres termes
il doit être le résultat d?une mise en cohérence entre les acteurs
privés (promoteurs, investisseurs, preneurs) ainsi qu?entre acteurs
publics et privés. Concrètement le succès d?un projet mixte réside
dans le fait de le bosser ensemble, et surtout dès l?amont pour
1- assurer une faisabilité économique,
2- assurer une faisabilité commerciale
(chaque commerce a ses contraintes),
3- assurer un mariage parfait entre les différents usagers (habitants,
passants, commerçants, clients, ?),
4- assurer une connexion à l?espace public et répondre
aux besoins du territoire et de la collectivité.
Sandra Jover, Immo Mousquetaires, 2ème groupe de travail de l?appel à projets, 17 juin 2019.
54 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
Dans ces projets, il s?agit de retrouver le génie et la vocation
du lieu dans un système urbain. On a besoin de réinventer
des figures pour ces lieux, caractérisés comme des « non-lieux »
ou des lieux de la « France moche. Il faut inventer d?autres figures
et d?autres imaginaires, qui ne sont pas ceux du centre-ville
ou de la périphérie.
Emilie Bajolet, Algoé consultants, séminaire de restitution de l?appel à projets, 16 octobre 2019.
Nous sommes sur une temporalité de projet de 10 à 20 ans. Il faut
une part de rêve, d?utopie pour arriver à croire à ce projet et avoir un
fil conducteur, Nous avons mis en place une maîtrise d?ouvrage assez
forte pour tenir dans la durée. Nous avons phosphoré avec les habitants,
les salariés, les acteurs du commerce, les opérateurs économiques et les
propriétaires. La concertation a permis de toucher 900 personnes qui
sont venues s?exprimer autour de cartographies et de plans, qui ont
raconté leurs usages, ce qu?ils souhaitaient ou pas pour le devenir de la
zone, et nous avons organisé deux ateliers avec les acteurs
économiques
Danielle Gardrat, Saint-Quentin-en-Yvelines, séminaire de restitution de l?appel à projets,
16 octobre 2019.
Il faut créer les conditions de réussite de la mixité fonctionnelle, avec des prérequis indispensables
pour créer l?habitabilité : faire évoluer les pratiques de stationnement et de mobilité, créer les
conditions d?une bonne cohabitation entre la logistique urbaine et les logements, retrouver des
échelles domestiques pour l?habitant et le piéton, fabriquer de l?intimité dans les îlots, récréer un
cadre de vie qualitatif avec notamment la présence d?espaces verts ou d?espaces de pleine terre.
Imaginer ensemble le devenir de la zone commerciale. La mutation des périphéries commerciales
passe aussi par la recherche d?un « concept » et de mots clefs, participant d?un nouveau récit pour
mobiliser l?ensemble des acteurs publics et privés pour ces projets qui s?inscrivent dans le temps
long. La co-construction de ce nouveau récit participe de sa réappropriation et de son acceptabilité
sociale.
Dans le contexte des périphéries commerciales, tout l?enjeu consiste à parvenir à faire muter des
zones monofonctionnelles en morceaux de ville connectés au reste du système urbain ; à créer de
la centralité et de l?urbanité dans des secteurs qui sont initialement des destinations commerciales,
conçues bien souvent autour d?une accessibilité en voiture.
Ainsi, l?implantation de programmes mixtes et la diversification des motifs de présence
(consommation, mais aussi loisirs, habitat, travail, promenade) sont des éléments indispensables à
la reconquête des périphéries commerciales. Pourtant, il ne s?agit pas simplement de positionner
des logements sur des socles de commerce, ou de densifier des poches de parking avec de la
constructibilité.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 55
Il faut créer les conditions de réussite de la mixité fonctionnelle, avec des prérequis indispensables
pour créer l?habitabilité : faire évoluer les pratiques de stationnement et de mobilité, créer les
conditions d?une bonne cohabitation entre la logistique urbaine et les logements, retrouver des
échelles domestiques pour l?habitant et le piéton, fabriquer de l?intimité dans les îlots, récréer un
cadre de vie qualitatif avec notamment la présence d?espaces verts ou d?espaces de pleine terre.
Envisager des usages temporaires pour tester les évolutions possibles. Les projets temporaires
pourraient également être déployés dans les périphéries commerciales, tant pour accompagner le
renouvellement commercial (boutique éphémère) que pour tester de nouveaux services (mobilité,
agriculture urbaine, santé, culture?). L?occupation ou l?aménagement temporaire d?espaces
extérieurs ou vacants peuvent contribuer au projet urbain pour préfigurer et tester un projet, en
développant de nouvelles valeurs d?usages dans des périmètres en transformation, et accompagner
de façon itérative la définition de la programmation. Les projets temporaires permettent également
à la collectivité d?animer et de mobiliser les acteurs locaux, d?informer et de communiquer sur le
projet.
Penser l?économie circulaire en lien avec la diversification des usages : valoriser les externalités
émises par certaines entreprises par d?autres entités voisines. A Épinal par exemple, la ouate de
cellulose rejetée par une papeterie est utilisée dans une autre entreprise pour produire un isolant
pour les bâtiments, créant plus de 10 emplois. Ces échanges de flux s?inscrivent dans une logique
d?économie circulaire pour laquelle les déchets produits par une activité peuvent être réutilisés par
une autre. Les bâtiments commerciaux pourraient à terme être recyclés ou démolis pour permettre
à d?autres fonctions urbaines de s?implanter dans les espaces déjà urbanisés. Il s?agirait alors d?un
urbanisme circulaire pour lequel ce sont des usages qui se substituent à d?autres jugés partiellement
ou totalement obsolètes (les activités commerciales) sur un territoire .
INSERTION ARCHITECTURALE ET PAYSAGERE - Une inser-
tion soignée garante d?un projet qualitatif et créateur de
changement d?image.
Révéler les qualités urbaines et paysagères du site. Les périphéries commerciales sont souvent
perçues comme des espaces banalisés, qui ne valorisent pas le territoire dans lequel elles sont
implantées. Les projets de renouvellement des périphéries commerciales constituent une occasion
de révéler les potentiels urbains et paysagers de ces secteurs, souvent impensés et masqués par les
Les Clayes-sous-bois - ONE NATION - © D. Desaleux
LES ENSEIGNEMENTS DE « REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE »
aménagements des zones commerciales. La révélation ou la transformation des qualités urbaines et
paysagères dans ces projets participent en effet au processus de création de valeur et de changement
d?image, en offrant une qualité et un cadre de vie, propice au développement d?une programmation
mixte et notamment une production de logements.
La valorisation urbaine et paysagère est au coeur des projets portés par les six lauréats de l?appel
à projets « Repenser la périphérie commerciale », que ce soit pour recréer des liens avec les rives
de l?étang de Berre pour le projet Aix-Marseille, reconquérir la trame bleue avec la Durolle à Thiers
ou encore renouer avec le littoral à Saint-Pierre de la Réunion par exemple. Le projet porté par
la Ville de Saint-Pierre est en effet situé sur un secteur donnant directement sur l?Océan Indien :
aujourd?hui bitumé et occupé par un parking, ce secteur a vocation à valoriser l?environnement
paysager exceptionnel de ce site de projet. En ce sens, le paysage peut devenir un élément
fédérateur du projet et créateur de valeur, permettant de valoriser les spécificités locales de la
zone commerciale en projet.
Au terme d?un an d?expérience, les acteurs impliqués se réjouissent des
premiers enseignements et s?accordent pour dire que les efforts méritent
d?être poursuivis dans plusieurs directions :
? la recherche de complémentarité entre les centres-villes et les « périphéries » ;
? l?observation des périphéries commerciales et l?objectivation de leurs fragilités par l?observation
plus large des dynamiques commerciales ;
? l?anticipation et l?intégration des projets de mutation au sein d?une stratégie territoriale à
plusieurs échelles géographiques et temporelle ;
? la connaissance mutuelle des acteurs de l?aménagement du territoire et de ceux du commerce ;
? les outils existants à la disposition de la puissance publique et les leviers qui permettent d?agir ;
? la définition d?un projet à périmètre stable et à surfaces commerciales constantes.
Pour qu?un secteur mute correctement, il faut observer finement le
milieu et recourir très tôt à la retranscription spatiale des idées
avancées, afin d'en évaluer la fiabilité tout en facilitant
l'engagement des différents acteurs."
Aline Hannouz, Architecte-conseil de l?Etat, 2ème groupe de travail de l?appel à projets,
18 juin 2019.
56 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
Il faut être plus inventif pour faire muter les périphéries
commerciales, nous avons peu de références. C?est plus difficile
de réorganiser le lien entre dix boites commerciales et un parking
en esplanade sur la mer et qu?il devienne un lieu fort d?identification
pour les gens par exemple, que de réorganiser la place
du marché dans le village.
Frédéric Bonnet, OBRAS, séminaire de restitution de l?appel à projets, 16 octobre 2019.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 57
CONCLUSION
58 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
CONCLUSION
L?expérience « Repenser la périphérie commerciale » conduite par la Direction de l?Habitat, de
l?Urbanisme et des Paysages (DHUP) du ministère chargé de la Cohésion des Territoires, a permis
d?accompagner des opérations pilotes et de préciser des critères de réussite de la mutation des
périphéries. Au terme de l?accompagnement, il apparaît indispensable de garder le lien et de
poursuivre collectivement le travail engagé dans le temps long des projets. Les collectivités lauréates
pourront compter sur le réseau d?appui constitué tout au long de la démarche avec les services de
l?État11, les experts et les autres collectivités. En retour, l?État pourra trouver dans ces opérations
pilotes des témoignages, des expériences locales et des enseignements sur le long cours.
Cette démarche nationale fondatrice a permis de mobiliser écosystème d?acteurs engagés dans
la recherche d?un nouveau modèle de périphéries commerciales, combinant optimisation de la
consommation d?espace et plus grande valeur d?usage. A l?encontre des idées reçues, ces zones
constituent en effet des territoires d?opportunité pour la production de la ville de demain.
Malgré leurs difficultés, les périphéries commerciales n?ont parfois de périphérique que le nom.
Lieux de sociabilité, de consommation et de loisir, elles sont plébiscitées et présentes dans le
quotidien d?un grand nombre d?habitants pour qui elles sont des lieux de rencontres et de détente,
à qui elles proposent activités marchandes et parfois récréatives facilement accessibles. A cet égard,
les dimensions sociologique et culturelle, ainsi que la place et l?apport de ces espaces dans l?histoire
de la ville restent sans doute à approfondir et réinterroger, ainsi que la place et l?apport de ces
espaces dans l?histoire de la Ville. Que veut-on en faire ? Quel rôle leur donne-t-on ? Pour quels
usages ? Les réponses doivent permettre de mettre en cohérence l?amélioration de la qualité de ces
espaces avec l?histoire et le sens des lieux. Si des tendances communes se dégagent, chaque projet
reste fonction des caractéristiques et enjeux propres à chaque contexte. Une certitude demeure
cependant : ce sont des morceaux de ville, souvent des polarités urbaines voire des centralités
de fait qu?il s?agit dorénavant de relier à la ville, dans une recherche de complémentarité avec les
centres-villes et de mise en cohérence avec les ambitions environnementales, sociétales et urbaines
de demain. La qualité urbaine des aménagements sera également au coeur de la réussite de leurs
transformations.
Territoires d?opportunité, elles le sont également dans le contexte de recherche d?optimisation
foncière. Les périphéries commerciales sont des réservoirs conséquents de foncier sous-utilisé, déjà
reliés aux réseaux et à la ville. L?ambition nationale en matière de limitation de la consommation
d?espace, avec la stratégie de « zéro artificialisation nette », fourniront, dans les prochains mois,
l?occasion de débattre sur le rôle que les acteurs de l?aménagement et du commerce peuvent jouer
dans la gestion sobre et durable de l?espace. Ces contraintes seront des occasions d?innovation au
profit de la durabilité des investissements.
La qualité urbaine des aménagements et la réponse que ces espaces apporteront aux besoins de
habitants seront également au coeur de la réussite de leurs transformations.
Territoires d?opportunité, elles le sont aussi dans certains cas pour la territorialisation des services
liée aux évolutions de l?intercommunalité. Ces périphéries peuvent constituer des centralités à
d?autres échelles et offrir de nouveaux services et de nouvelles aménités urbaines.
De nombreuses collectivités, acteurs de l?aménagement et du commerce sont conscients de ces
opportunités et se mobilisent. Leur participation à « Repenser la périphérie commerciale » a mis en
évidence la nécessité de mieux comprendre les difficultés du commerce dans ces espaces, souvent
évoquées, rarement objectivées. Nous nous réjouissons de constater que le travail collectif sur le
sujet des périphéries commerciales s?intensifie.
L?observation de la vacance commerciale constitue un enjeu de dialogue et de partage entre acteurs
publics et privés de l?aménagement et du commerce, tant les initiatives et les méthodes publiques
et privées foisonnent aujourd?hui. C?est pourquoi une rencontre nationale du réseau Commerce,
ville & territoire sera consacrée à ce thème.
Le Ministère de la Cohésion des Territoires et des Relations avec les collectivités territoriales demeure
mobilisé pour accompagner ces réflexions, prendre part à ces actions, aux côtés de l?ensemble de
ses partenaires.
La mutation des périphéries commerciales est un sujet d?avenir : il nous reste, collectivement et
durablement, beaucoup à partager !
11 L?accompagnement des porteurs de projets au niveau local se poursuit au-delà de l?année d?appel à projets et s?inscrit dans les missions de conseil
et d?accompagnement des services de l?État pour aider à l?émergence de projets et à leur mise en oeuvre.
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 59
REMERCIEMENTS
60 REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES
REMERCIEMENTS
Cet ouvrage résulte d?un travail collectif sur plusieurs années, c?est pourquoi nous adressons nos
plus vifs remerciements aux institutions et aux personnes qui ont apporté leur appui à la réflexion
nationale sur la mutation des zones commerciales dans le cadre de l?appel à projets « Repenser la
périphérie commerciale ».
Avant tout, nous souhaitons féliciter et remercier l?ensemble des collectivités qui sont engagées
dans un projet de mutation de leur zone commerciale. Plus particulièrement, nous félicitons :
Les six collectivités lauréates, élus et techniciens référents de « Repenser la périphérie commerciale » :
elles constituent le coeur de l?aventure. Merci et bravo à Antoine Baray et Fabien Grosjean pour Aix
Marseille Provence, Vincent Léonie, Gaston Chassain et Jacques Chaput pour Limoges Métropole,
Jean-Noël Carpentier, Laurent Borycki et Orianne Carbonnel pour Montigny-lès-Cormeilles, Grégory
Garestier, Danielle Gardrat, Valérie Raffalli et Caroline Zoubiri pour Saint-Quentin-en-Yvelines,
Yassine Mangrolia, Thierry Payet et Patrice Marcel pour Saint-Pierre (de la Réunion), Claude Nowotny,
Abdel Mefthah et Julien Goubely pour Thiers Dore et Montagne.
Les collectivités non-lauréates de « Repenser la périphérie commerciale » qui ont engagé réflexions
et projets sur leurs zones périphériques. Nous tenons à souligner leur engagement dans le travail de
mutation qu?elles ont initié.
Les collectivités et les personnes sans qui les groupes de travail délocalisés n?auraient pu se réunir :
? À Toulouse : Jean-Jacques Bolzan et Annette Laigneau, adjoints au Maire, Daniel Poulou, Sandra
Guerrero et David Caruhel de la Ville de Toulouse et de Toulouse Métropole, Yves Schenfeigel et les
équipes de la direction départementale des territoires de Haute-Garonne, l?établissement public
foncier d?Occitanie, Raphael Catonnet, Cécile Roland et Nathalie Dunac (OPPIDEA).
? À Roanne : Yves Nicolin, président de Roannais Agglomération et maire de la ville de Roanne, Céline
Aurelle-Heduy, Aurelien Garcia pour la ville de Roanne, Nicolas Baume (SEMOP Foch-Sully), Elodie
Haase (Noaho), Yves Mélia (Sud Architectes).
? À Thiers : Claude Nowotny, maire de la ville de Thiers, Tony Bernard, président de Thiers Dore et
Montagne, Abdel Mefthah, vice-président de Thiers Dore et Montagne et Julien Goubely pour la
Communauté de Communes Thiers Dore et Montagne.
Les collectivités lauréates ont bénéficié de l?appui de nombreuses institutions et personnes qu?il
nous serait difficile de nommer ici de façon exhaustive, mais parmi lesquelles on peut citer :
? Les services déconcentrés intervenant sur le territoire des six collectivités lauréates et qui
continueront d?être des appuis précieux dans la mise en oeuvre opérationnelle des projets :
Thomas Morinière (DDT 13) et Déborah Soria (DREAL PACA), Marc Yon (DDT 87) et Guillaume Pacot
(DREAL Nouvelle Aquitaine), Astrid Tanguy (DDT 78), Michel Civino (DDT 95), Jean-André Sully (DDT
63) et Jordi Lopez (DREAL Auvergne-Rhône-Alpes), Olivier Urien (DEAL Réunion).
REPENSER LA PÉRIPHÉRIE COMMERCIALE ACTES 61
? Des experts de tous horizons qui se sont mobilisés pour accompagner les lauréats et apporter
leurs savoir-faire tout à long de la démarche, et particulièrement Pierre Narring (CGEDD) qui a co-
rédigé le rapport qui fut une inspiration pour cet appel à projets12, Emilie Bajolet (Algoé consultants
? intervenante à Sciences Po), Frédéric Bonnet (Obras), Stéphane Bourdier (Carrefour Property),
Valéry Dubois, Gilles Crague (ENPC), Eymeric de Montauzon (EPPC), Arnaud Ernst (AID), Stella Gass
(Fédération nationale des SCoT), Jean-Marc Gaulier (paysagiste conseil de l?Etat), Jean Girardon,
Philippe Schmit et Philippe Grall (CNAC), Aline Hannouz (architecte conseil de l?Etat), Laura Jehl
(Adenda-ORF), Sandra Jover (Immo Mousquetaires), Jérôme Le Grelle (CBRE), Philippe Legris (Caisse
des Dépôts), Marie Krier (Epareca), David Lestoux (Lestoux&Associés), Pascal Madry (Institut pour la
Ville et le Commerce), Francis Palombi (CCF), Christian Pascault (Banque des territoires), Mathilde
Sill (EPF Nouvelle Aquitaine), Laurent Théry, Philippe Schmit (AdCF). Leurs regards croisés ont
permis d?apporter des éclairages multiples tout au long de la démarche « Repenser la périphérie
commerciale ».
? Des équipes d?assistance à maîtrise d?ouvrage des collectivités lauréates, dans le cadre des
missions d?AMO co-financées par l?appel à projets, qui accompagnent les collectivités dans la
mise en oeuvre de leur projet de mutation de zone commerciale. Leur travail d?accompagnement
sera fondamental dans la transformation de ces secteurs et certaines de leurs conclusions seront
publiées prochainement.
? Les co-animateurs du réseau Commerce, ville & territoire. À l?Agence nationale de la Cohésion des
territoires, Rollon Mouchel-Blaisot, Jean Guiony et toute l?équipe en charge d?Action Coeur de Ville,
Sylvie Cabassot pour leur soutien constant et leur souci de lier les questions de centre-ville et celles
de périphérie. A la Direction Générale des Entreprises (Ministère de l?Economie et des Finances),
Brigitte Sica, Hélène Dereux, Maryline Deuxdeniers et Chloé Le Rouvreur, pour leur implication
constante tout au long du dispositif.
? Dans le prolongement de l?appel à projets, nous saluons enfin les travaux exploratoires du Mastère
Spécialisé Aménagement et maîtrise d?ouvrage urbaine (AMUR) de l?École des Ponts : Jacques-
Jo Brac de la Perrière, directeur du MS AMUR de l?Ecole des Ponts et l?équipe d?encadrants du
Mastère, Nicolas Février, Romain Boursier et Alexandre Bouton pour avoir accepté de relever le
défi de bousculer leurs thèmes de travail afin de s?intéresser au complexe sujet des périphéries
commerciales. La synthèse des réflexions des étudiants sur trois des six projets lauréats sera diffusée
ultérieurement, en même temps que les travaux des lauréats.
12 Inscrire les dynamiques du commerce dans la ville durable, les fondements d?une nouvelle politique des périphéries urbaines et commerciales,
CGEDD, mars 2017.
Cet ouvrage a été réalisé sous la direction des services de la direction générale de l?aménagement,
du logement et de la nature (DGALN), plus particulièrement de la sous-direction de la qualité
du cadre de vie et au bureau de la planification urbaine et rurale et du cadre de vie (QV3), qui
ont conduit cet appel à projets. Paul Delduc, Pastèle Soleille, Muriel Bensaid, Laetitia Mantziaras-
Conreaux, Xavier Rousset, Sandrine Dretz, Sylviane Noutai, les sous-directions de l?aménagement
durable et de l?habitat également, particulièrement Lara Tobin, Charline Nenning, David Laborey
Isabel Diaz et Florian Muzard.
Il a été réalisé avec le concours d?Algoé Consultants et particulièrement Bernadette Guyon-Benoite,
Magali Reny, Agathe Roche, Eléonore Jabaud, Cécile Féré, Thibault Castano, Florence de Marignan,
Manon Bouvier et Bernard Badon et du Cerema, plus précisément de Nicolas Gillio et Anne Vial,
Dado Kande, Marion Benoist-Mouton, Aude Peyron et Corinne Creissels.
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