6?? Assises nationales de l'accessibilité 12 et 13 juin 2014 : les actes
Auteur moral
France. Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie
;France. Ministère du logement, de l'égalité des territoires et de la ruralité
Auteur secondaire
Résumé
<p align="justify" style="line-height: 100%; margin-bottom: 0cm">Ce document reprend les interventions, débats, retours d'expériences, tenus par les différents acteurs publics et privés principalement sur l'accessibilité, évoquant entre autres le dispositif AD'AP, les bonnes pratiques, qui ont eu lieu lors des 6?? Assises nationales de l'Accessibilité à la Porte de Versailles, les 12 et 13 juin 2014.</p>
Editeur
MEDDE-MLETR
Descripteur Urbamet
accessibilité
;production du cadre bâti
;cadre juridique
;équipement de la voirie
;logement pour handicapés
;équipement pour handicapés
;établissement public
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement urbain
Texte intégral
Assises nationales
de l?accessibilité6
Les actes
es
Ministère de l?Écologie, du Développement durable et de l?Énergie
Ministère du Logement, de l?Égalité des territoires et de la Ruralité
Délégation ministérielle à l?accessibilité
Tour Pascal A
92 055 La Défense Cedex
Tél. 01 40 81 21 22
www.developpement-durable.gouv.fr ? www.territoires.gouv.fr
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LA DÉLÉGATION MINISTÉRIELLE À L'ACCESSIBILITÉ
Elle veille au respect des règles d'accessibilité, coordonne et assure la cohérence
des actions menées par le ministère dans ce domaine.
Soucieuse d'une meilleure intégration des personnes handicapées, elle veille à
créer les conditions du dialogue, par un travail d'écoute et d'échange avec tous les
acteurs de l'accessibilité, notamment les associations de personnes handicapées,
pour faire émerger les synthèses nécessaires au déploiement
de la politique d'accessibilité
MINISTÈRE DU LOGEMENT,
DE L?ÉGALITÉ DES TERRITOIRES
ET DE LA RURALITÉ
www.territoires.gouv.fr
MINISTÈRE DE L?ÉCOLOGIE,
DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
ET DE L?ÉNERGIE
www.developpement-durable.gouv.fr
14067-couv_acte_colloc_6e assises nationale_montee.indd 1 04/09/2014 10:44:52
6
èmes
Assisesnationalesde
l?accessibilité
12et13juin2014
Sommaire
Ouverture 1
DuComitéinterministérielduhandicap(CIH)àlaConférencenationaleduhandicap
(CNH) 3
L?AD?AP,UNCONTRATPOURL?ACCESSIBILITE 17
Lelaboratoiredel?Ad?AP:lesprécurseurs 17
L?AD?AP,UNCONTRATPOURL?ACCESSIBILITE(SUITE) 27
Proposliminaires 27
Laconceptualisationprogressivedel?Ad?AP 34
Lesacteurss?approprientlesAd?AP 42
Conclusiondelapremièrejournée 60
Lesoutilsmisàdispositiondesacteursdel?Accessibilité 64
Remisedestrophéesaux11lauréatsduRecueildesbellespratiquesetbonsusages
enmatièred?accessibilitédanslaCité20132014 78
Clôturedes6èmesAssisesnationalesdel?Accessibilité 92
Ouverture
MariePROSTCOLETTA
Déléguéeministérielleàl?accessibilité
MmePROSTCOLETTAsalue l?assemblée.Sonsalut
est particulièrement chaleureux pour tous ceux qui ont
réussiàarriverauParcdesexpositionscejourdegrève.
Elle se réjouit d?ouvrir pour la troisième fois consécutive
lesAssisesnationalesdel?accessibilité,quiensontàleur
sixième édition. Cette année restera comme une année
mémorable pour l?accessibilité. Cette année, les
inscriptionsauxAssisesontétémassives,cequiconstitue
unsignalfort,alorsqu?unenouvellephasedelapolitique
d?accessibilité s?ouvre. Ces Assises sont placées sous le signe d?une
mobilisationincontestableautourdel?accessibilité,delapartdetous,etdetous
lessecteursdelasociété.Les750inscriptionsàcesdeuxjournéesensontla
preuveindéniable.
Cette mobilisation, que tous appelaient de leurs voeux, est
malencontreusementdueàladatedu1erjanvier2015.Ilestdommageableque
ce soit ce marqueur qui ait permis de rouvrir le dossier de l?accessibilité. Il
convient toutefois d?utiliser au mieux ce levier, pour construire une cité
accessibleàtous.Chacundevraseplacerenpositiond?expliquerlesactionsà
engager, même si la presse généraliste n?a que trop souvent tronqué et
présenté de façon négative les travaux visant à placer la société en
accessibilité.
Leséchangesontétéfortspendantlaphasedepréparationdudispositifqui
est à l?origine de l?organisation de cesAssises. Les échangesont également
éténombreuxauseindesservicesdel?Etat.Lesdiscussionsontégalementété
denses et constructives au Sénat et à l?Assemblée nationale. ClaireLise
CAMPION et Christophe SIRUGUE évoqueront leurs actions durant cette
journée. Une pétition a par ailleurs recueilli 220000signatures et des
manifestationsontétéorganiséesunpeupartoutenFrance.
Lapolitiqued?accessibilitétouchetouslessecteursettouslesacteurs.Ces
secteurs et acteurs sont multiples, car c?est le quotidien de chacun qui est
concerné, et cette politique ne laisse personne indifférent. Mme PROST
COLETTA souhaite que ces deux jours soient placés sous le signe de
l?échange,de l?écouteet du respectdechacun.LesAssisessuccessivesont
été le lieudecetéchangeetchacundevrapouvoirs?exprimer.MmePROST
COLETTAyveillera.Ceséchangessonteneffetsignedubienvivreensemble,
quirestel?objectifdelapolitiquequisemetenplace.
2
Il avait été question lors des quatrièmes Assises, en 2010, de la
gouvernancedel?accessibilité.Cepointadenouveauétéplacéauprogramme
de ce jour, car il présente cette année une dimension toute particulière. A
l?approche du 1er janvier 2015, et après les travaux importants qui ont été
réalisésdepuis lacommandefaiteà lasénatriceClaireLiseCAMPIONpar le
Premier Ministre, le contexte politique en matière d?accessibilité a
profondément évolué. La première séquence de ce matin y sera donc
consacrée.
Mme PROSTCOLETTA tient en outre à saluer le courage de Jean
MarcAYRAULT d?accepter d?ouvrir ce dossier, qui est longtemps resté lettre
morte. Il a souligné qu?il était urgent de rendre la société plus accessible.
L?ensembledutravailquiaétéconduitreposesurcettevolonté.
Ces 6èmes Assise nationales de l?Accessibilité manqueront
malheureusement de temps pour évoquer les diverses avancées dans le
domaine de l?accessibilité. Elles couvriront essentiellement les sujets
d?actualité,enparticuliercommentetpourquoil?accessibilitéestredevenueun
sujetd?ordrenational. Ilavaitétéquestionen2010et2012de lamobilisation
dans les territoires. De belles dynamiques et de belles évolutions des villes
avaientétéprésentées.Cetteannée,des trophéesseront remisaux lauréats
des récents recueils des belles pratiques. Des films ont été réalisés pour
montrer les avancées sur le terrain, ce qui tentera de compenser l?absence
d?échangessurcesujetdurantlesAssises.
MmePROSTCOLETTAexcuseparailleursl?absencedeJérémieBOROY,
qui ne peut être présent. La nuit a été longue à l?Assemblée nationale pour
préparerlesnouveauxdispositifs.
Lavélotypie installéedans lasallepermettraenoutreà tousdesuivre les
échanges. Une seconde salle est également ouverte au public. Elle aussi
bénéficie de moyens de vélotypie. Une boucle magnétique les équipe
également.
Enfin, les actes des échanges seront rédigés et seront disponibles sur le
site de la Délégationministérielle à l?accessibilité, qui publie de surcroît une
newsletter.
MmePROSTCOLETTAcèdelaparoleàMmeMARIEEGYPTIENNE.
3
DuComité interministérielduhandicap
(CIH) à la Conférence nationale du
handicap(CNH)
AgnèsMARIEEGYPTIENNE
SecrétairegénéraleduComitéinterministérielduhandicap
I) Introduction
MmeMARIEEGYPTIENNE indiqueque cesAssises constituentun cadre
permettantd?échangersurunsujetimportant,unsujetdesociété.Ellepropose
de présenter le Comité interministériel du handicap. Il est la réunion de
l?ensembledesmembresduGouvernement,sousl?animationet lepilotagedu
Premier Ministre. Il a pour mission de définir la politique en faveur des
personneshandicapées. Ilapourorigineundécretde2009eta remplacé la
Délégationinterministérielleauxpersonneshandicapées.
LeComité interministérielduhandicapmetenavant l?idéeque lapolitique
du handicap concerne tous les champs ministériels et qu?il ne relève pas
uniquementdelaSecrétaired?Etatenchargedespersonneshandicapées.De
ce fait, chaquechampministériel sedoit d?intégrerdanssapolitique tous les
besoins,questions, réponsesetattentesdespersonneshandicapées.En tant
4
queSecrétairegénérale,MmeMARIEEGYPTIENNEestchargéedepréparer
lestravauxduComitéinterministérielduhandicapetd?assurerlesuivideleur
miseenoeuvre.
LeComitéinterministérielduhandicaps?estréunile25septembre2013eta
établiunefeuillederouteduGouvernementsurlapolitiqueduhandicap.Cette
feuillede route recouvre tous leschampsde lavied?unepersonneetapour
finalité d?engager les dispositions et actions qui s?imposent pour améliorer la
situation.
Mme MARIEEGYPTIENNE ne travaille pas seule. Les travaux
préparatoiresont impliquéunemobilisationdel?ensembledescabinetsetdes
directionsministériels,etc?estce travailquiaaboutià lafeuillederoute.Elle
collabore notamment avec les référents handicap de chaqueministère, pour
assurerlamiseenoeuvreduComitéinterministérielduhandicap,àlaveillede
laprochaineConférencenationaleduhandicap,quiseréunirad?icià lafinde
l?année.Ellealieutouslestroisans.
Mme PROSTCOLETTA observe que le rythme de travail est soutenu.
Comment un tel rythme s?estil instauré, alors qu?il n?existait pas
antérieurement?
MmeMARIEEGYPTIENNEarejointsonposteen2012etignorecequise
passaitauparavant.IlresteentoutcasquelenouveauGouvernementaaffiché
une réelle volonté de dresser un bilan de l?application de la loi du
11février2005.Ilasoulignéqu?ilétaitindispensabled?amorcerunnouvelélan.
Trèsvite,leGouvernementaposédesactesassezforts.L?undespremiersa
étélacirculaireduPremierMinistredu4septembre2012,quidemandeàtous
les ministres que tout projet de loi comporte désormais un volet handicap.
Ainsi,pourchaqueloienpréparation,laquestiondesdispositionsencoursde
travail doit se poser, tout comme les besoins d?adaptation doivent être
débattus, dans la mesure où il est maintenant question d?une politique
transversale et interministérielle du handicap. La mise en oeuvre de cette
circulairedoitencoreêtreaméliorée,maisellea toutdemêmecrééuncadre
permettantauxministèresdes?interrogersurcetteproblématique.
Cette circulaire a également permis au Conseil national consultatif des
personneshandicapées(CNCPH),quireprésentelespersonneshandicapées,
de lister lespointsd?améliorationpossible.Cecomité interministériel, crééen
2009,nes?étaitpasréuniaudelàdesoninstallation,début2010.Unenouvelle
dynamique a donc vu le jour. La nécessité pour chacun des ministères de
désignerdesréférentsdanslescabinetsetlesdirectionsministérielsattesteen
outredelavolontédefairevivrecetteinterministérialitéetdefaireensorteque
toussoientconcernés.
II) LeComitéinterministérielduhandicap
Mme PROSTCOLETTA demande que Mme MARIEEGYPTIENNE
présentelesgrandesorientationsduComitéinterministérielduhandicap.
Mme MARIEEGYPTIENNE explique que la feuille de route du Comité
interministérielduhandicapaétéconstruitesurcinqaxes,quiconstituentdes
priorités.
5
1) Lajeunesse
La jeunesse constitue l?une des priorités du quinquennat. Ce thème
recouvre des actions allant de la petite enfance à l?adolescence. Il s?agit de
réfléchirauxactionsàmettreenoeuvrepourque lespersonneshandicapées
aientaccèsauxlieuxdevie.
Pourlesenfants,cettenotions?entenddelacrècheetdeshaltesgarderies
auxcentresdeloisirsetàl?école,puisàl?enseignementsupérieur.Desactions
sontparexempleplacéessousl?égidedelaCAF,pourfavoriserl?informationet
l?accèsauxdispositifsdedroitcommun.
Lamobilisation est forte par ailleurs au niveau de l?accompagnement des
enfants handicapés à l?école, et desmesures de pérennisation des contrats
d?auxiliairesdeviescolairesontprévues.
Enfin,mêmesi lenombred?étudiantshandicapéadéjàprogressé, il reste
encoredesactionsàengagerauniveaudel?enseignementsupérieur.
2) L?emploi
Le combat de l?emploi revêt une importance particulière pour le
Gouvernement, tant pour la population générale que pour la population
handicapée. Les indicateurs de l?emploi de la population handicapée sont
éloquents: leur taux de chômage est le double de celui de la population
générale.
Plusieurs leviers d?actions ont été employés, notamment la formation
professionnelle.Uneloidédiéea,deplus,étéadoptéeendébutd?année.Elle
comprendunvolet consacréauhandicap,autourdumaintienetde l?accèsà
l?emploitoutaulongdelavie.
Enfin, unemission a été confiée à une députée, Annie LeHouérou, pour
qu?elle examine les dispositifs d?accompagnement, qui restent parcellaires et
méritentd?êtrerenduspluscohérents.
3) L?accessibilitéausensuniverselduterme
Dans son acception universelle, l?accessibilité renvoie non seulement au
cadrebâti,à lavoirieetaux transports,maisaussià laprestation,autourdu
parcoursdel?usagerauseind?unservicepublic.
L?accessibilité au service électoral doit également progresser. Le citoyen
handicapé doit pouvoir voter, mais aussi avoir accès aux informations des
partispolitiquesoudesdispositifspublics.
Cedomainerenvoieégalementàl?accessibilitéauxsports.Lesfédérations
doivent se posent la question du handicap, pas uniquement dans les
fédérationsadaptéesethandisport.Lesactionsrelativesàl?accèsàlaculture,
latélévisioncommelecinéma,despersonnesdéficientesvisuellesouauditives
enfontpartie.
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4) Le dépistage et l?accompagnement médicosocial des personnes
handicapéesetl?accèsauxsoins
Les ruptures entre le moment du diagnostic et le moment de
l?accompagnement(dans les lieuxdevieordinaireetdans lesecteurmédico
social)restenttroplongues.
Laquestiondel?accèsauxsoinsseposeégalement.Lesinsuffisancesàce
niveauontétésoulignéesdanslerapportJacob.
5) Lagouvernance
C?estdanscetaxequeseplace ladésignationdes référentshandicap, la
préparation de la Conférence nationale du handicap et la saisine duConseil
économique,socialetenvironnemental (Cese).Despropositionssur lanotion
de société accompagnante devront être émises.Cette réflexion alimentera la
Conférencenationaleduhandicap.
III) Lesévolutionsrécentesdel?accessibilité
Après cette présentation des principaux axes de la politique nationale du
handicap,MmePROSTCOLETTAsouhaiteentrerdanslecoeurdudébat.Elle
s?interrogeenparticuliersur l?originede ladynamiquequiadébouchésur les
récentséchangesnocturnesàl?Assembléenationale.
Mme MARIEEGYPTIENNE souligne qu?une interrogation est née de la
fixationdel?échéancedu1erjanvier2015.Ilaétédécidédedresserunbilande
lasituationetdesdonnéesdisponibles.
Le rapport de l?Observatoire interministériel de l?accessibilité et de la
conception universelle (Obiaçu) avait listé divers points d?attention. Un autre
rapport avait été élaboré,mais nonpublié par le précédent gouvernement. Il
s?agissaitd?unrapportdel?IGASetduConseilgénéraldel?environnementetdu
développement durable (CGEDD), qui avait souligné que l?échéance du
1erjanvier2015neseraitprobablementpasrespectée.Cerapportafinalement
étépubliéenseptembre2012.
LePremierMinistreaalorsmandatélasénatriceClaireLiseCAMPION,qui
avaitcollaboréaveclasénatriceIsabelleDEBREsurunrapportd?évaluationde
lamiseenplacedelaloidu11février2005.ClaireLiseCAMPIONadoncété
7
mandatée pour engager de larges consultations de représentants des
handicapésetdessecteursprofessionnels.
Sonrapport«Réussir2015»,quiaétéremisauPremierMinistre,comptait
plusieurspropositions,dontlesagendasd?accessibilitéprogrammée(Ad?AP)et
despropositionsdecommunication.Suiteà ce rapport, lePremierMinistrea
exprimé une volonté politique claire, quand il a demandé que soient placées
dans la feuille de route du Comité interministériel du handicap les suites à
donner aux propositions. Un travail intense d?analyse des propositions de
MadameCAMPIONaalorscommencé.
Uneautreétapeimportanteaconsistéàréclameruneconcertationavecles
acteurs, pour que secroisent les attentes des personneshandicapéeset les
contraintes auxquelles font face les secteurs professionnels pour répondre à
l?accessibilitéuniverselle.
De façon assez inédite, la feuille de route du Comité interministériel du
handicap a prévu d?ouvrir une concertation dans un calendrier très serré. Il
s?agissait en effet de produire un texte dans des échéances permettant de
respecterl?échéancede2015,quin?apasétéremiseencause.Ils?agissaitau
fonddesemobiliserautantavantqu?aprèscettedate.
La concertation a étémenée parMadameCAMPION sous l?animation de
MmePROSTCOLETTAetaaboutiaudébutde l?année2014àune listede
propositions. Il en a découlé un projet de loi, un projet d?ordonnance et des
projetsdetextesréglementaires.
Mme PROSTCOLETTA souhaite inviter Enrique PLA à la rejoindre sur
scène.
EnriquePLArejointlascène.
MmePROSTCOLETTAsouligneque140heuresdetravailet41réunions
ontéténécessairespourtraduireàtraverslacréationdesAd?APlaproposition
delasénatriceClaireLiseCAMPION.Ils?agissaitaussiderendreledispositif
partageable, autour d?une relecture de la réglementation par l?ensemble des
acteurs. Cette relecture affichait deux objectifs: permettre une simplification
afindefaciliterlaconstruction,maisaussiaiderlesentreprisesàsemettreen
accessibilité et offrir de meilleures prestations. Il s?agissait aussi dans ce
deuxièmechantierdeprendreencompte lesdifférentstypesdehandicap.La
loide2005etcellede1975avaientbeaucouptraitélaquestiondespersonnes
à motricité réduite. Il convenait d?étudier d?autres pistes. Elle interroge à ce
sujetM.PLA,quiaparticipéàtouteslesréunionsdesimplificationdesnormes.
Elleluidemanded?expliquerlesecondchantierquiaétélancé.
M.PLAest représentantduSyndicatNationalde laRestaurationPublique
Organisée en chaîne (SNRPO). Il a participé à la concertation en tant que
professionnel.Laconcertations?estbiendérouléeetaréunidesreprésentants
des organisations professionnelles (habitat, restauration, hôtellerie, etc.), des
associations comme l?APF, des médecins, des professions libérales, des
architectesetdesprofessionnelsdelaconstruction.
Mme PROSTCOLETTA indique que quarante à soixante personnes se
sontréunies,entreoctobre2013etfévrier2014.M.PLAaévoquélesdifficultés
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propresàsonsecteur.Toutesontdonnélieuàdeséchanges.L?ensembledes
secteursaprocédédemême.
M.PLAconfirmequ?unéchanges?estouvert,mais lesdifficultésn?ontpas
toutes été résolues. L?échange a toutefois permis de progresser, dans un
compromis.Ilfallaiteneffetparveniràdesconclusions,quiontpudonnerlieuà
deséchangessoutenus.
MmePROSTCOLETTAsouligneeneffetquelapériodedeconcertationet
de réflexion aboutira dans les semaines à venir à la publication de plusieurs
textes. Le secteur de la construction et les commerçants ont notamment
demandé de différencier les bâtiments existants et les bâtiments neufs en
termesd?accessibilité. Le neuf doit être irréprochable et l?existant doit être le
plus accessible possible. Il a de plus été fait en sorte de construire des
réponsesclaires,pourunemiseenplacefacilede l?accessibilité.Quedirede
plussurlaconcertation?
M.PLA suggère d?attendre la rédaction des textes, qui sera scrutée
attentivement.
MmePROSTCOLETTAleremerciepourcesexplicationssur laphasede
concertation.
EnriquePLAquittelatribune.
Mme PROSTCOLETTA demande ensuite à Mme MARIEEGYPTIENNE
d?évoquerlecadencementdesdifférentsvolets,encommençantparl?Ad?AP.
MmeMARIEEGYPTIENNEindiquequeleGouvernementsouhaitequeles
textessoientpubliéspendantl?été,pourquelenouveaucadreréglementaireet
législatif soit construit, et pour que les acteurs s?y inscrivent le plus vite
possible.Letravails?estdoncconcentrésurlapréparationdesprojetsdetexte
d?ordonnanceetdetextesréglementaires,enaccompagnement.
Unecampagnedecommunicationseraparailleurs lancéeprochainement,
pour expliquer le nouveau dispositif. Le Gouvernement souhaite en effet
expliqueretengagerdesactionsdepédagogie.Uneconventionseraenoutre
signée entre la Caisse des dépôts et consignations, Bpifrance, la Secrétaire
d?Etatenchargedespersonneshandicapées,SégolèneNeuville,etleMinistre
des Finances, pour permettre aux acteurs privés et publics de disposer des
moyenssuffisantspourmettreenoeuvrel?accessibilité.
Enfin,milleambassadeursdel?accessibilitéserontdéployéssurleterrain.Il
s?agira de jeunes en service civique, chargés d?expliquer l?ensemble des
dispositifs et de répondre aux interrogations. Leur intervention permettra une
bonneappropriationdudispositifparlesacteurs.Cedispositifestdoncglobal.
Laproductiondestextess?échelonneradansuncalendrierresserré,visant
à un aboutissement aussi rapide que possible, afin que les acteurs puissent
immédiatement s?inscrire dans la démarche.Un dispositif d?accompagnement
complémentaireseraégalementdéfini.
Mme PROSTCOLETTA demande si des dispositions concrètes ont déjà
été listéesdanscertains secteurs.Peutêtre le secteurde l?accessibilitéestil
celui qui concentre le plus d?actions. Elle reconnaît en tout cas que les
9
échangesontétélongspourparveniràuncompromisautourdecertainspoints
précis,bienqueMmePROSTCOLETTApréfèreletermedeconsensus.
Mme MARIEEGYPTIENNE indique que la feuille de route du comité
interministérielduhandicap regroupe260actions.Laplupartd?entreellesont
démarré.Cesactionsnécessitentdes travauxpréparatoires,d?investigationet
de sollicitation, interministériels, au niveau étatique, ou visàvis d?autres
acteurs. Cette feuille de route est en cours de déroulement. Un guide de
bonnes pratiques est par ailleurs en cours de préparation s?agissant du
référentield?accessibilitédeservicespublics.Adéfautd?uneréalisation, il faut
qu?un bilan d?étape soit produit au moment de la Conférence nationale du
handicap. Il convient en tout cas d?attendre que les dynamiques prennent
corps, avant d?y revenir durant la Conférence nationale du handicap. D?ici à
cette date, il faudra étudier lamanièredont leGouvernement s?est approprié
les recommandations de lamission parlementaire. Le calendrier diffère donc
quelque peu par rapport à ce qu?il avait été prévu d?engager visàvis de
l?accessibilité du bâti et des transports publics, mais il demeure que la
dynamiquedel?ensembledelafeuillederouteestbonneetquelamobilisation
desacteursestréelle.Endéfinitive,mêmesilesavancéesrestentinsuffisantes
danscertainscas,laperspectivedelaCNHpermettrad?avancer.
MmePROSTCOLETTAfaitconfianceàMmeMARIEEGYPTIENNEdans
sacapacitéàmobiliserleComitéinterministérielduhandicapetàmeneràbien
lesactionsencours.
Ellenoteensuitequelethèmedel?accessibilitéaététraitéenpremier.Les
acteursdel?accessibilités?investissentauquotidienpourrendrelecadredevie
accessible. Il est agréable de l?entendre, car ces acteurs sont trop souvent
décriés.
IV) Questionsdelasalle
M.Heyrmanrecueille lesquestionsdel?assistanceetendonnelecture,en
lesregroupantparthématique.
M.HEYRMAN indique qu?une question a été posée sur le rôle des
communes dans la mise en oeuvre des Ad?AP. Une autre a porté sur
l?élargissementduconceptd?accessibilitéetsurl?ajoutunvoletnumérique.Un
participantauxassisesdéplorequecesujetnesoitpasinscritauprogramme.
Enoutre,unenettevolontéd?alleraudelàdel?accessibilitéducadrebâtis?est
exprimée,notammentpourdévelopper laformationdupersonnelquiaccueille
lepublic,maisaussilesformateurschargésdeconduirecesformations.
10
Mme MARIEEGYPTIENNE répond tout d?abord à la question sur
l?élargissement de l?accessibilité. Le Comité interministériel du handicap se
concentre sur l?accessibilité universelle, dans tous les domaines de la vie.
L?accessibiliténumériquefaitpartiedesaxesdetravailquisontressortisdela
concertation.Ils?agitdefaireensortequelaréglementationprenneencompte
touslestypesdehandicap.C?estdanscecontextequ?ilestapparunécessaire
de se pencher sur la question du numérique, dans la mesure où les sites
Internetpublicsauraientdûêtreaccessiblesauhandicapdepuis2011.Unplan
d?action du Gouvernement a été lancé pour les passer tous en revue et
accompagnerleséquipes.
L?accessibiliténumériquen?étaitpasinscritedefaçonformelledanslafeuille
deroute,maislecabinetdelaMinistreenchargedespersonneshandicapées
a voulu qu?un groupe de travail dédié s?y consacre. L?objectif visé est
l?accélération de l?accessibilité des sites Internet publics, mais aussi privés.
Certainesassociationsdemandentqu?uneréglementationsoitmiseenplaceà
cesujet,notammentpourrendre laventeàdistanceaccessibleauxdifférents
handicaps.
Mme PROSTCOLETTA remercie Mme MARIEEGYPTIENNE pour cet
éclairage.Elleévoqueensuite lerôledescollectivités localesdanslesAd?AP.
Les collectivités locales sont des acteurs qui se doivent de respecter la loi.
Ellesontdéjàengagédesactionsdansletransportetdoiventpoursuivreleurs
effortsdansledomainedubâti.EllesaussidevrontsepenchersurlesAd?AP.
Laquestiondupublic sur cepoint lui sembleavoir étéposéeaumomentoù
Enrique PLA était présent à la tribune.MmePROSTCOLETTA imagine que
cette interrogation portait sur la mise en cohérence de la chaîne du
déplacementenlienavecl?Ad?AP,lacollectivitéayantlachargedelavoirieet
du trottoir. Au final, il a été retenu dans le dispositif que les communes
devraient prévoir un volet de concertation avec les représentants des
commerçantsdans lesAd?APqu?ellesdéposeront:ellesdevrontexpliquer les
modalités de traitement de l?interface trottoir / entrée des commerces.
Beaucoup de communes ont déjà engagé des démarches. Il convient
maintenantdepasseràl?étapesuivante.
Mme MARIEEGYPTIENNE aborde ensuite le sujet de la formation à
l?accessibilité,quialuiaussirésultédelaconcertation,aussibiensurlesAd?AP
que sur la réglementation. Il est indispensable que ceux qui accueillent les
personneshandicapéesdans lesERPsoient formésauhandicap.C?estpour
cetteraisonqu?uneobligationdeformationàl?accessibilitédanslesmétiersdu
cadrebâti,delavoirieetdutransportaétéintégréedanslaloidefévrier2005.
Le Comité interministériel du handicap prévoit de dresser un bilan de ces
formations.
Unamendementgouvernementalaparailleursétévotéle11juin2014pour
intégrer cetteobligation de formationdesERPqui accueillentdes personnes
handicapées.Cetteformationdoitportersurtouslestypesdehandicap.
Enfin, les travaux préparatoires au référentiel d?accessibilité des services
publicsconfirmentquecetteformationdespersonnelsdesservicespublicsest
déterminante.Leguidedebonnespratiqueset le référentiel réglementairese
montrerontincitatifsàceniveau.
11
Mme PROSTCOLETTA ajoute que le volet Ad?AP a été ajouté au volet
transport. Or il est prévu dans les SDAAd?AP d?inclure une formation des
personnelsd?accueil.Lapriseenchargedesusagerspendantleurstransports
resteeneffetunsujetdélicat. Ilconviendraaussideproduireune information
simple.
Il est en outre prévu de créer un registre d?accessibilité dans les ERP, à
l?instarduregistredesécurité.Levolet formationa làaussiétéétudié. Ilsera
nécessaire dans les ERP importants qui reçoivent plus de 200personnes
d?indiquer les formationsque leurspersonnelsd?accueil auront suivies.Enfin,
unguided?accueildespersonneshandicapéesseraélaborépourtouslesERP
et il sera intégré au registre d?accessibilité, pour s?assurer que les employés
d?accueilontbienaccèsàl?information.
Mme PROSTCOLETTA propose de répondre à d?autres questions de la
salle.
M.HEYRMAN indiquequ?unparticipant s?enquiert de la compositionde la
Conférencenationaleduhandicap:experts, citoyens,élus,professionnelsdu
handicap,représentantsdesministresoureprésentantsdesassociations?
S?agissant de l?élargissement de la notion d?accessibilité, un participant
demande à recevoir une présentation du bilan de la charte signée avec la
Fédération Française des Télécoms. Un autre souhaite obtenir davantage
d?informationssurlesAVSetleurrôledanslaréformedesrythmesscolaires.
Unregretaparailleursétéexprimés?agissantdelacommunicationmenée
sur l?accessibilité. Cette personne préconise une plus grande présence du
Gouvernement dans les médias, afin de mieux promouvoir l?accessibilité
universelle.
Unparticipantdesassisesaposéunequestionsur lesambassadeursde
l?accessibilité.Ilsedemandequeltypedecontratilssignerontetcommentfaire
appelàeux.
Enfin, un intervenant demande comment sensibiliser les élus aux
problématiques de l?accessibilité et comment débloquer des budgets plus
importants.
MmeMARIEEGYPTIENNEexpliqueque la loidu11février2005n?apas
défini de compositionarrêtéepour laConférencenationaleduhandicap.Elle
fait référence à tous les acteurs qui concourent à la politique du handicap,
c?estàdiretouslesacteurscitésdanslaquestion:associationsdepersonnes
handicapées,élusetpouvoirspublics,maispluslargementtouslesacteursqui
contribuent par des actions ou leur mobilisation à répondre aux besoins et
attentesdespersonneshandicapées.LaConférencenationaleduhandicapa
donc pour vocation de rassembler le plus de personnes impliquées et
concernées,ycomprisl?ensembledessecteursprofessionnels.
Quant aux modalités du déroulement de la Conférence nationale du
handicap et ses thématiques, elles sont en cours de préparation. Elles
devraientêtreexposéesavantlesvacancesd?été.
Mme MARIEEGYPTIENNE évoque ensuite la charte signée entre la
FédérationFrançaisedesTélécoms, leMinistredesAffairessocialesetde la
12
Santé et le Secrétaire général du Comité interministériel du handicap. Cette
charte a été signée avant l?évolution de la réglementation. Il s?agissait d?une
charte volontaire, dans laquelle les professionnels de la téléphonie se sont
engagésàrendreaccessiblesleursprestations.Ellefait l?objetd?unsuiviavec
les associations représentant les personnes handicapées. Un troisième bilan
decettecharteseradresséen juillet.LaFédérationFrançaisedesTélécoms
rendra compte des actions qu?elle mène en faveur de l?accessibilité de ses
prestations.Cettecharteestexemplaire.MmeMARIEEGYPTIENNEsouhaite
qu?elle soit développée dans d?autres secteurs. L?accessibilité via la
consommation, domaine assez large, mériterait d?être développée dans des
secteurs comme l?assurance, labanqueou l?immobilier, pour faireprogresser
l?accessibilitédeleursprestations.
Mme MARIEEGYPTIENNE évoque ensuite le lien entre les AVS et la
réforme des rythmes scolaires. Le projet de texte relatif aux AVS sortira
prochainement.Unepérennisationde28000contratsd?assistantsd?éducation
scolaireestprévue.Cetengagementavaitétéprisà la rentréedeseptembre
2013. Il s?agitd?AVSqui interviennentauseinde l?école.Des travauxontété
menés avec Pénélope KOMITES en concertation avec les associations de
personneshandicapées,aussibienpourletempsscolairequ?endehors,etdes
propositions ont été émises dans le cadre du rapport qu?a rendu Pénélope
KOMITES. La question reste en revanche en suspens s?agissant de
l?accompagnement des AVS, notamment compte tenu de la réforme des
rythmesscolaires.
En ce qui concerne la communication et le dispositif Ad?AP, une
communication gouvernementale est en préparation. Il est important de
communiquersurl?accessibilité,pourexpliquerqu?elleneconcernepasqueles
personnes handicapées. Elle doit être perçue au sens générique du terme.
Pour l?heure, l?accessibilité est trop souvent restreinte au cadre bâti ou au
transport.Desactionsdepédagogiesemblentindispensables,pasuniquement
ausujetdesAd?AP.
Mme PROSTCOLETTA confirme que la sénatrice a demandé que la
communication relaie les actions des différents acteurs. Au demeurant, il est
importantderappelerquel?année2014estuneannéed?élections,aucoursde
laquelle l?Etat et le Gouvernement n?ont pas été autorisés à communiquer,
pendantlesphasesditesderéserveélectorale.Deplus,lesdossiersavancent
très vite et nécessitent à chaque fois une révision des éléments de
communication. Il faudra savoir tenir compte de cette difficulté. Une
13
communication est en tout cas prévue s?agissant des Ad?AP, ainsi qu?une
campagneimportanteen2015.
ChristopheSIRUGUEasoulignéquel?Ad?APétaitobligatoire.Unepression
supplémentairevadoncs?exercerpours?assurerdurespectdelaloi.Mêmesi
le respect de l?échéance de 2015 risque d?être difficile, il est important de
reconnaîtrequedenombreuxtravauxonttoutdemêmeétéconduits.
M.HEYRMANfaitensuitepartd?uneremarqued?unmembredel?assistance
concernant l?accessibilité des Assises ellemême. Ce participant regrette
l?absencedetraductionenlanguedessignesfrançaise.Ilsouligneensuiteque
l?écrann?estpasplacéassezhautpourêtrelisibledesderniersrangs.
Lesservicestechniquesdéplacentl?écranverslehaut.
Mme PROSTCOLETTA remercie les services techniques. Elle explique
ensuite qu?aucune demande de traduction en LSF n?a été communiquée au
momentdesinscriptionsmaisqu?elleavaitétéproposée.
M.HEYRMAN donne ensuite lecture d?une question d?actualité qu?un
membre de l?assistance a posée: quelles sont les dernières avancées en
termesderéglementationsurl?accessibilitédeslocauxdetravail?
Mme PROSTCOLETTA indique qu?il s?agit d?un point douloureux. La
concertation avance difficilement et les tensions restent énormes. Cette
question est importante et nécessite beaucoup de coordination et de
cohérence.Une réflexiondevantdurerdeuxansacommencésur lesERPet
MmePROSTCOLETTAsouhaitequ?unemêmedynamiques?observepourles
locauxdetravail.
M.HEYRMANannonceensuitequ?unequestionaétéposéesur lesaides
financières des communes rurales et l?intégration de l?accessibilité dans les
contratsdeplanEtatrégion.
MmePROSTCOLETTAsoulignequelamobilisationdesacteurspublicsà
ce sujet est forte.Une convention doit d?unepart être signée le26juin2014
entrelaCaissedesdépôtsetconsignations,Bpifrance,laSecrétaired?Etaten
charge des personnes handicapées et le Ministre des Finances. Cette
conventionpermettraauxcollectivitéslocalesetausecteurprivédebénéficier
deprêtsbonifiés.
D?autre part, des représentants du secteur bancaire prendront la parole
durant la journée. Ils ont bâti un réseau de diagnostiqueurs, d?artisans et
d?entreprisesformésàl?accessibilitéetuneoffrebancaire.
MmeMARIEEGYPTIENNEproposederépondreensuiteàlaquestionqui
aétéposéesurlesambassadeursdel?accessibilité.Unréférentieldeformation
sera construit, pour que le cadre de leur formation soit partagé. Ces jeunes
seront recrutésdans lecadrede leurservicecivique,par l?Agenceduservice
civique. Ils seront sélectionnés sur l?ensemble du territoire pour conduire des
actionsdepédagogie,autantvisàvisd?acteursprivésquepublics.Certaines
dispositions d?ingénierie devront être mises en oeuvre. De plus, ils seront
rattachésà un service chargéde leur suivi.Ce service les accompagnera et
organisera leur intervention, en cohérenceavec les solutions existant sur les
territoires.
14
M.HEYRMAN a recueilli une demande de précision sur les AVS: les
contratsserontilspérennisésaprèsdeuxannéesconsécutivesd?emploi?
MmeMARIEEGYPTIENNEindiquequelespérennisationsporterontsurles
personnes ayant déjà travaillé six ans. Elle apportera des explications en
dehorsdesAssises.
M.HEYRMAN soumet ensuite une proposition relative aux Ad?AP: il est
suggéré d?en prévoir dans les établissements de santé publique et de les
rendreobligatoiresdanslavoirieetlestransports.
Par ailleurs, sous quelle date les ERP entrerontils dans la démarche
Ad?AP? Quant aux activités qui ne seront pas pérennes dans les trois
prochainesannées,aurontellesobligationsdedéposerunAd?AP?
Quel devra être le contenu détaillé du dossier à déposer avant le
31décembre2014(diagnostic,plans,etc.)?
Enfin,unmembrede l?assistances?interrogesur laduréedesAd?AP.Une
collectivité territoriale qui posséderait 340ERP de catégorie 1 à 4 et
310établissementsdecatégorie5devratelleprévoirunAd?APàneufansou
àsixans?
MmePROSTCOLETTAconfirmeque l?Ad?APseraobligatoire. Il ne s?agit
pasd?unsujet quiavait étéévoquéenconcertation,mais lesparlementaires,
députésetsénateurs,enontdécidéainsi.C?estdonccecadrenationalquisera
appliqué.
L?Ad?AP a été travaillé au regard de l?échéancedu 1erjanvier 2015.Or le
cadredelavoirieestassezspécifique,carelleévolueenfonctiondestravaux
qui y sont conduits. Les acteurs n?ont pas obligation d?élaborer un Ad?AP
«voirie»maispeuvents?eninspirer.
Dans le transport, les SD?AP seront mis en oeuvre par des autorités
organisatrices de transport, souvent de grandes collectivités publiques. Les
rendre obligatoires ne constituerait probablement pas une avancée
significative. Entre 350 et 400autorités organisatrices de transport devront
s?inscriredansladémarche.
S?agissantdeladuréedesAd?AP,ilfautrappelerquetoutERPdoitêtremis
enaccessibilitéau1erjanvier2015.S?ilnel?estpasàcettedateous?iln?apas
contractéunAd?AP,ilrisquedeseretrouversouslejougdujugeetdedevoir
verser des pénalités allant de45000à 225000eurosparERP inaccessible.
L?Ad?AP devra inclure un engagement précis de conduire des travaux. Les
délaisetlesmontantsprévusdevrontêtrespécifiés.
La durée de mise en oeuvre sera de trois ans, autour d?un dépôt de
programmation physicofinancière. Certaines collectivités et acteurs privés
disposant d?un patrimoine important pourront toutefois bénéficier de périodes
complémentaires.Touscespointsserontprécisésdanslaréglementation.
Les grands ERP, c?estàdire ceux qui reçoivent plus de 200personnes
(catégorie1à4),pourraientdeleurcôtébénéficierd?undélaiallantjusqu?àsix
ans.Unpatrimoinecomptantaumoinsunétablissementdecegenrepourrait
aussibénéficierd?unemobilisationallantjusqu?àsixans.Unetroisièmepériode
15
de trois ans au maximum pourrait être accordée pour les patrimoines
complexes.
Laduréeadoncétéfixéeàtroisans,saufexception.
S?agissantducontenududossier,l?Ad?APserauneprogrammationphysico
financière,annéeparannée. Il faudraprévoir les travauxàconduiresur trois
ansetdétaillerleurscoûts.C?estcetengagementquevalideralepréfet,avant
déploiement,mise enoeuvre, contrôle et suivi. L?Ad?AP constitue en fait une
dérogationàl?échéancedu1erjanvier2015.
M.HEYRMANrelaieensuiteunequestionportantsur lanotiond?Ad?APde
patrimoine: qui sera l?interlocuteur des grands patrimoines et comment la
stratégienationaleseratelledéclinéeauniveau local?Quelsera lerôledes
commissions d?accessibilité? Regrouperontelles les commissions
consultativesdépartementalesd?accessibilitéoulescommissionscommunales
pourl?accessibilitéauxpersonneshandicapées?Enfin,commentseronttraités
lesdossiersAd?APdespetitescommunes?
Mme PROSTCOLETTA indique qu?un ERP qui souhaite préparer son
accessibilité en trois ans construira un dossier reposant sur un document
CERFAsimple.LaMinistrel?arépétéauSénatetàl?Assembléenationale.Le
dispositifdoitrestersimple.C?estpourcetteraisonqu?ilaétédécidéderepartir
du document CERFA d?autorisation de travaux, la demande de création,
d?aménagement et de modification un ERP. Ces documents devront être
déposésàlamairie,quitransmettraledossieraupréfet,avantinterventiondes
commissionsCAPHetCCDSA.Pourleurpart,lesERPquis?inscrirontsurune
duréesupérieureàtroisanspasserontparundispositifnouveau.Ledépôtde
l?Ad?APs?effectueraauprèsdupréfet,pourvalidation.
De leur côté, les commissions pour l?accessibilité aux personnes
handicapées (CAPH), communales ou intercommunales, changeront de
mission,denomoudecomposition.Elles recevrontdenouvellesmissionset
intégreront d?autres acteurs, dont les personnes âgées, mais aussi les
représentantsducommerce.Celieudeviendraunlieudeparole,voireunpetit
parlement, chargédesquestionsd?accessibilité. Lesprojetset suivisd?Ad?AP
serontmisàdispositiondecescommissionspourl?accessibilité,maisaussimis
à disposition des préfets, pour que les CCDSA examinent les dossiers et
rendentunavis.
Quant aux petites communes qui ne compteront qu?un, deux ou trois
bâtiments, elles utiliseront le dispositif des autorisations de travaux, qu?elles
connaissentbien,pourmettreenaccessibilité leursERPentroisans.Sielles
en comptent davantage et craignent de rencontrer des difficultés sur le plan
techniqueoufinancier,ellespourrontdépasserledélaidetroisansetdevront
alorsprésenterdesélémentsfinancierspourbénéficierdudispositif.
Enfin, ilest logiqueque l?Ad?APtiennecomptede lastratégiepatrimoniale
pour tout patrimoine important qui dépasserait le département. Il faudra
apporterdesexplicationsavantdepouvoirbénéficierdudélaidesixanssi le
propriétairedupatrimoineneparvientpasàs?inscriredansledispositifentrois
ans. Ce travail de structuration intégrera un préambule stratégique qui sera
16
remis au préfet du siège social du maître d?ouvrage. Le préfet étudiera et
valideraalorslastratégiedecetopérateur.
Mme PROSTCOLETTA précise qu?il faudra préciser quels ERP seront
placés en accessibilité année par année, sur les trois premières années. Le
phasage devra être précis. S?agissant de la période complémentaire, pour
laquelle il est plus difficile de se projeter, il suffira d?indiquer quel patrimoine
seratraitépendantcettepériode.Encasdepatrimoinetrèsimportant,ilfaudra
également expliquer quels bâtiments bénéficieront de travaux pendant la
troisièmepériode.Unestructurationpardépartementseradoncnécessaire,sur
labasedesélémentsphysicofinanciers.Aprèsvalidationdupréambuleparle
préfet,chaquepréfetdedépartementassureralesuividelamiseenoeuvrede
l?Ad?AP.Telleestlaforcedel?Ad?AP:s?appuyersurl?engagementquiauraété
établiaudépart.
M.HEYRMAN soumet ensuite aux intervenants une remarque de la salle
sur la cohérence de publication des différents textes. Le texte sur les
assouplissementsdelaréglementationtechniqueapplicableauxERPexistants
ne devrait être publié qu?en 2015, ce qui semble incohérent au regard de
l?obligationdedépôtdesprojetsd?Ad?APavantlafindel?année2014.
Par ailleurs, sur quels critères seront sélectionnées les gares à rendre
prioritairement accessibles?Comment laSNCFetRFF serontils associés à
l?élaborationdesSDA/Ad?AP?
Enfin,quiestresponsabledelamiseenaccessibilitédespointsd?arrêtdes
transportspublics?
S?agissantde lacohérencedudispositif,MmePROSTCOLETTAsouligne
queMmeMARIEEGYPTIENNEaexpliquéquelestextes indispensablesà la
miseenoeuvredesAd?APallaientêtrepubliés.Lapublicationdel?ordonnance
devrait donc intervenir en même temps que les deux décrets relatifs à la
procédured?Ad?APetSD?AP,ledécretrelatifauxarrêtsprioritairesetledécret
créantuneréglementationspécifiqueauxERPexistants.Ainsi,ledispositifdes
Ad?APpourraêtreutilisédefaçonefficace.MmePROSTCOLETTAprécisepar
ailleurs qu?elle s?engage à exercer ellemême une pression sur le CERFA ?
autorisationdetravauxetleCERFApourAd?APàplusde3ans.
Desconsultationsobligatoiressontnécessairespourqu?untextepuisseêtre
publié.Certainesdatesdesaisineetdeprocéduredoiventêtre respectées. Il
est notamment nécessaire de saisir la Commission consultative d?évaluation
des normes, puis le CNCPH (le conseil national consultatif des personnes
handicapées), leConseild?Etatetenfin leConseildesministres.Ceparcours
de consultations est obligatoire. S?y ajoutent des concertations des différents
acteurs, qui toutefois s?apparenteront plutôt à des échanges. De manière
générale, tout est mis enoeuvre pour que les textes puissent paraître entre
octobre et décembre 2014. Certains textes portant sur les sanctions et qui
apparaissentmoinsindispensablesserontpréparésultérieurement.
17
L?Ad?AP,uncontratpour
l?accessibilité
JeanPierreQUENTIN,DirecteurExploitationdesCollègesdel?Hérault(34)
Patrick LARIBLE, élu en charge du handicap au Conseil régional Poitou
Charentes
ValérieALASSAUNIERE,DirectionSolidarités,VilledeNantes
LaurentSABY,Chefdeprojet«Accessibilité»,CEREMA
La table ronde est animée par Marie PROSTCOLETTA, Déléguée
ministérielleàl?accessibilité.
Le laboratoire de l?Ad?AP: les
précurseurs
Du fait des grèveset de l?indisponibilité decertains invités,MmePROST
COLETTA propose à M.LARIBLE, MmeALASSAUNIERE et M.SABY de la
rejoindre,afind?étudierensemblelaquestiondel?appropriationdeladémarche
I) L?exempledel?Hérault
MmePROSTCOLETTAnoteque l?Héraulta récemmentétémisenavant
commel?undespremiersdépartementsàorganiserlamiseenaccessibilitéde
sescollèges.ElledemandeàM.QUENTINqu?ilprocèdeàuneprésentationde
cequereprésentecepatrimoine.
M. QUENTIN indique que l?Hérault compte 79collèges. Le
80èmecollègeestencoursdeconstruction. Ilseraachevépour
larentréedeseptembre2015.Lamajoritédecescollègesaété
construiterécemment,dontunedizaineentre2000et2006,du
fait de la forte pression démographique. Le collège de
Fabrègues a par exemple bénéficié d?un programme
«accessibilité pour tous» lancé en 2000. Son ouverture a eu
lieu en 2002. L?Observatoire national de la sécurité et de l?accessibilité des
établissementsd?enseignementasaluéceprojet.Lanotiond?accessibilitéaété
intégréeà toutes sesétapes,dès l?élaborationde sonprogramme, jusqu?à la
réception.
MmePROSTCOLETTAs?interrogesurlecalendrierquiaétéretenupourla
montéeenpuissance.
M.QUENTINindiquequ?ungroupeprojetaétéconstitué,auquelleComité
deliaisonetdecoordinationdespersonneshandicapéesdel?Héraultaapporté
son soutien. Un audit du patrimoine a été conduit en 2008 et 2009. Une
18
consultation a également eu lieu en décembre2007 et sa synthèse a été
produiteen2009.L?auditportaitsurl?accessibilitépourtousetl?améliorationde
laperformanceénergétiquedupatrimoine.Ceprojetconcernaitlescollègeset
autresbâtimentsdupatrimoine.
Touslessitesontnécessitédestravauxdemiseenconformité,ycomprisle
collègedeFabrègues.Plusieursniveauxd?accessibilitéontétédéfinis,jusqu?à
l?accessibilité. Les obstacles ont alors pu être dénombrés, par typologie de
bâtiment. Il en a été de même selon les objectifs de réduction de
consommationd?énergie.
La phase la plus compliquée a été celle du passage de l?audit au
programme, ladépensetotaleayantétéestiméeà110millionsd?euros.Cette
sommeétantapparuetropélevéepourlebudgetdelacollectivité,desobjectifs
etcritèresdechoixontdûêtredéfinis.Unerépartitiondubudgetsurplusieurs
exercices a également été décidée, dans le cadre d?un plan pluriannuel
d?investissement.
Toutcequirelevaitdetravauxneufsaétéretirédescritèresdechoix,carils
faisaient partie de l?opération à part entière et affichaient des contraintes
propres.Ilaensuiteétéfaitensortededéfinirunestratégied?interventionpour
l?existant,enlienaveclespartiesprenantes(Rectorat,Comitédeliaison,etc.).
Dans les communesqui disposaientdeplusieurs collèges, il aétédécidéde
rendre au moins la moitié d?entre eux totalement accessibles et les autres
accessiblesà l?ensembledesservices.Enoutre, ilaétédécidéque tous les
collègesquicomportaientuneUlis(Unitélocaliséepourl'inclusionscolaire),ex
UPI(UnitéPédagogiqued'Intégration),deviendraient100%accessibles.Iln?a
enrevanchepasétépossibledeprendreencomptetousleslocauxrelevantdu
Code du travail. Enfin, un travail a également été conduit pour produire un
référentiel, afin de tenir compte des particularités du parc, qui reste un parc
scolaire. Un programme de 30millions d?euros de rénovation des collèges a
alorsétélancé.
Unprogrammequiaétévotédans lecadredubudgetprimitifde2010du
Conseilgénéralprévoyaitunedépensede60millionsd?euros,dont50millions
d?eurosd?autorisationdeprogrammespourlescollèges,répartisàpartségales
entre l?accessibilité et l?énergie. Des crédits de paiement ont été répartis
jusqu?en2017.
La réalisation des travaux d?accessibilité a été prévue durant la première
période,c?estàdirejusqu?àlafin2014.
II) LecasdelarégionPoitouCharentes
Mme PROSTCOLETTA demande si M.LARIBLE a retenu la
mêmeméthode.D?autre part, elle a noté que l?accessibilité a été
prioriséepourquel?échéancedu1erjanvier2015soitrespectée.
M.LARIBLEproposetoutd?aborddeseprésenter.Ilestunélu
enchargeduhandicapenPoitouCharentes.Lehandicapesttrop
souvent renvoyé au gouvernement et limité aux affaires sociales.
AvecMadameRoyal, ilaétédécidédel?aborderdefaçontransversale,aussi
bien dans la formation professionnelle, les transports que les lycées. Une
19
démarcheglobaleadoncétélancéedanslarégion.Elles?appelleAgenda22.
Des forums participatifs ont étémenés et le programmed?actions a été bâti,
autour des 22 règles desNations unies définies en 1993.Ce texte avait été
élaborésuiteausommetdeRio.
CetAgenda22aétédéclinéenrégiongrâceàdesgroupesdetravail.Ila
été voté en 2008, puis un forum de bilan a été organisé à la fin de l?année
2013.Lecaractèreexemplairedelarégionaétésouligné.
Des diagnostics d?accessibilité avaient été produits, pour une dépense
estiméeà35millionsd?eurospourleslycées.Cestravauxnesonttoutefoispas
apparus prioritaires. A la place, il a été décidé de répondre aux besoins des
personnesdefaçonimmédiate.
L?accessibilitéestdésormaisintégréedefaçonévidentedanslesprojetsde
rénovationdes lycées.Ainsi, lestravauxnécessairesdanslesclassesontété
immédiatement lancés, pour que les élèves handicapés puissent suivre leur
cursus.Unlycéepiloteaégalementéténommépardépartement,afind?étudier
lamiseenaccessibilitédefaçonconcrète.
Ilapparaîtdemanièregénéralequeleshandicapssensorielssontsouvent
en retrait. Or, sur le plan strictement statistique, il se trouve en Poitou
Charentesdavantagedepersonnessourdesetmalentendantesquedans les
autres régions. En conséquence, un accent particulier a été accordé au
déploiement de la LSF en milieu scolaire. La région PoitouCharentes est
d?ailleurs précurseur dans le domaine, car elle propose le choix d?un
enseignementavecune traductionen languedessignesouen langageparlé
complété. 300000euros sont affectés annuellement à ce programme
d?accompagnement des jeunes sourds, supporté à 50% par le rectorat. La
région PoitouCharentes est la seule région de France à proposer un tel
programme.
III) L?actionnantaise
Mme PROSTCOLETTA note que les collèges peuvent engager une
programmation conséquente en vue d?intégrer et de prendre en charge les
jeunessouffrantdehandicap.Qu?enestilàNantes?Commentlaquestionde
lamiseenaccessibilitéatelleétéétudiée?
MmeALASSAUNIERE indique que la Direction des Solidarités travaille
auprèsdeNantesetNantesmétropole,oùplusde430ERPdoiventêtremis
enaccessibilité.Unpremiertravailavaitdéjàétéengagéprécédemment,plutôt
aubénéficeduhandicapphysique.LaquestiondesAd?APpermetaujourd?hui
de renforcer l?approche, au bénéfice de tous les handicaps. A Nantes, les
bâtimentsconcernéssonttrèsvariés(écoles,gymnases,servicesdelamairie,
bibliothèques, etc.). Il a donc fallu réfléchir à des principes de priorisation,
d?autant que les fonctionnements restent assez cloisonnés et que les crédits
sont limités. Iladoncétédécidédebâtiruneprogrammationpluriannuellede
miseenaccessibilité.
LeConseilnantaisdespersonneshandicapées,quiexistedepuis2009,a
été contacté,ainsi que lesassociationsdepersonneshandicapées.Ellesont
étéinvitéesàdéfinirleurprincipalepriorité.Tousontmisenavantlesécoles.Il
20
a été décidé de les prioriser de manière géographique, car le manque de
moyens empêchait de les rendre toutes accessibles. Un groupe scolaire par
quartieradoncétéretenu,pourchacundesdouzequartiersdeNantes.Cette
programmation a été validée par les associations, le Conseilnantais des
personnes handicapées (CNPH) et les élus. Ces douze groupes scolaires
deviendrontaccessiblesauhandicap.
La tâche suivante a porté sur les établissements scolaires, les
établissements culturels, lesmairieset lesmairiesannexes.Troisdesquatre
restaurants intergénérationnels qui avaient été repérés ont également été
placésdanscetteprogrammation.Acejour,lenombred?établissementsinclus
danslaprogrammationrestemalheureusementtrèslimité.
Un budget spécifique a ensuite été obtenu avec la Direction du bâti. Ce
budget permet de soumettre directement certains projets emblématiques aux
associationsdepersonneshandicapées.
PourMmePROSTCOLETTA,cetteprésentations?approchedecequedoit
être l?Ad?AP.Elle interroge ensuiteM.QUENTIN, car son département abrite
sansdouteaussid?autresbâtimentsquedescollèges.
M. QUENTIN indique que des actions ont également été conduites en
fonction de la fréquentation et du public accueilli dans les établissements,
notammentàl?Hôteldudépartement,danssesannexesoudanslesbâtiments
culturels. Le PPI, le plan pluriannuel d?investissement, a été conçu jusqu?en
2017etlaquestionduphasagedestravauxs?estposéetrèsvite.Iladoncété
décidé après les travaux de maîtrise d?oeuvre d?engager deux tranches de
travaux, de durée égale. Un petit nombre de sites sera traité de façon
complète.Endéfinitive, ilaétédécidéd?intervenirpartout,quitteàrevenirsur
certainssitesdansunsecondtemps.Cechoixs?estavéréjudicieux.
Mme PROSTCOLETTA s?enquiert de la réaction de M.SABY face aux
approchesquiviennentd?êtreprésentées.
IV) LapositionduCEREMA
M.SABYobservequelesdifférentesdémarchesprésentéescorrespondent
bien à la diversité du territoire. Il reste que cette stratégie est relativement
nouvelle pour les acteurs de l?accessibilité.S?agissant duCERTU, devenu le
CEREMA (Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la
mobilité et l?aménagement), il a été constaté en allant enquêter auprès des
acteurs de terrain que les personnes qui se saisissaient de la question de
l?accessibilité soulignaient la nécessité d?avancer intelligemment, de façon
stratégique. Il faut se prémunir de toute sélection aléatoire ou par ordre
alphabétique.Lanécessitédes?approprier lesdiagnosticsetde lesmettreen
perspective par rapport au patrimoine a été mise en avant de manière très
prononcée. Il est notamment apparu déterminant de définir quels bâtiments
devaientsortirdupérimètre.Unpatrimoineresteeneffetunensemblevivant,
enperpétuelleévolution.Uneréflexioncentréesurlesusagesaégalementété
engagée.Cen?est jamais équivalent d?étudier un patrimoinemonofonctionnel
auniveaud?unConseilrégionaloud?unConseilgénéral(poursescollègesou
21
lycées), ou un patrimoine multifonctionnel, au niveau d?une ville ou d?une
intercommunalité.
MmePROSTCOLETTAs?interrogeensuitesur la réalisation.Comment le
programmeatilétémisenoeuvre?
M.QUENTINrépondquel?organisationdelamaîtrised?oeuvreareposésur
un découpage géographique autour du territoire de l?Hérault. Il a fallu
coordonner les maîtres d?oeuvre, pour que les réponses techniques soient
homogènes.Unphasagedes travauxendeux tranchesaété retenudansun
secondtemps,quitteàrevenirsurcertainssitesencasdebesoin.C?estalors
que les travaux ont été lancés en 2011. La tranche en cours s?achève cette
année.
Il a par ailleurs fallu tenir compte des évolutions budgétaires. Le
département a été affecté par d?importantes baisses de ressources et une
haussedesesfraisdansledomainesocial.Laquestiondelaréalisationdela
seconde tranchedes travaux s?est alors posée avec une certaine insistance.
De même, les élus se sont interrogés sur la poursuite du programme. Il
demeurequelapremièrepartieestdésormaisachevéeetquedenombreuses
personnesenbénéficieront.Ilestimportantdeleconserveràl?esprit.
Occuper une position de précurseur présente des avantages comme des
inconvénients. Les normes et solutions techniques n?existaient pas toutes au
départ. Iladoncété faitensortede trouverdessolutionsavec leComitéde
liaison.Certainessolutionsontété testéespuis retenues, tandisqued?autres
serévèlentdésormaispeuopérationnelles.
Uneévolutiondelanotiond?accessibilités?estégalementobservée.Elleest
désormaisbienintégrée.Decefait,certainesdesdifficultésauxquellesilafallu
fairefacedevraientneplusseposeràl?avenir.
Iladesurcroîtétéutiledeconduiredesopérationsdesensibilisationavecle
Comité de liaison, auprès de tous les acteurs du projet, lesmaîtres d?oeuvre
tout d?abord, puis lesentreprises.Cesdernières ont bien apprécié ce travail,
notamment les entreprises de maintenance. Le personnel d?accueil des
collègess?estégalementmontrétrèsintéressé.
MmePROSTCOLETTAnote que des difficultés demise enoeuvre de la
concertationontétéobservées.L?importancedel?informationaégalementété
rappelée.Quelleaétél?expériencenantaise?
MmeALASSAUNIERE indique qu?il est question à Nantes d?accessibilité
raisonnée. Une approche strictement normative ne peut tout simplement pas
êtreappliquéedanscertainessituations.Ilfaudraiteneffetdémolirentièrement
lebâtimentpour la respecter. Ils?agitalorsdechercherdessolutionsavec le
Conseilnantaisdespersonneshandicapées (CNPH), lesbureauxdecontrôle
et les techniciens,afindeconserverdeséquipementset des installationsqui
auraient été remisesenquestion si la normeavait été appliquée strictement.
Ces sujets ont fait l?objet d?unegrande concertation avec lesassociations de
personnes handicapées et les bureaux de contrôle, et le résultat est apparu
satisfaisant. Ilaétédéterminant s?agissantdesprojetsemblématiquesde les
présenterd?abordauxassociations. Ilafalluenoutreengagerdesactionsde
sensibilisationeninterne,carilestencoretropsouventquestiondecontraintes
22
techniquesetnonderecherched?accessibilitéuniverselle,ycomprisavec les
architectes.
Lamissionhandicapexerceenoutreunefonctionimportantedepilotagedu
projet. Comme la direction du projet se situe à la Direction générale, il est
apparu importantdemettreenplaceunedémarcheprojet,afinderéunir tous
lesacteursetpourbienvérifierl?applicationdesconsignes.
Enfin,desgroupesdetravailontétéconstitués.Ungroupeaportésur les
ERP, un autre sur les abords (le cheminement de l?ERP aux transports en
communétantfondamental),etuntroisièmesurlasignalétique.
Ilest importantparailleursdeciterleguidedel?accessibilitéERPquedes
collèguesdeToulouseontproduit. Ilestapparuutiled?enproduireégalement
unàNantes,pourqu?ilservederéférenceàl?échelledescollectivités.Cetoutil
pourraitconstituerunobjetdetravailcommuntoutàfaitintéressant.
Mme PROSTCOLETTA note queM.SABY etMmeALASSAUNIERE ont
déjàcommencéà travaillerensemble.ElledemandeensuiteàM.SABYsi le
termed?accessibilitéuniversellecommenceàprendrecorps.LaFrancesemble
l?intégrerpeuàpeu.
M.SABY confirme que cette notion commence à résonner. Il se montre
d?ailleursparticulièrementsensibleauxproposqu?ilvientd?entendre.Lestextes
réglementaires s?appliquent à tous les bâtiments, quasiment de la même
manière,qu?ilssoientneufsounon.Ilsrestentaufinalpeuapplicablesdansla
réalité et les acteurs locaux sont contraints de trouver des solutions pour
avancer.Danscecadre,lanotiondeconcertationdevraitpermettred?aboutirà
des solutions intéressantes. D?un point de vue plus technique, peutêtre des
dérogationsdevraientellesêtreenvisagées?
MmePROSTCOLETTAestimequelessolutionsadministrativesdoiventse
placerauservicedesusages.Laloide2005intègred?ailleursdespossibilités
dedérogation.Enl?état,toutedérogationdansunERPremplissantunemission
deservicepublicinduitsubstitution.L?accessibilitédoitdoncpouvoirs?apprécier
différemment en cas de difficulté. Toute novation permettant de développer
l?accessibilité doit ainsi être étudiée et doit pouvoir être acceptée au niveau
local, avant d?être transmise à d?autres niveaux. L?accessibilité raisonnée
progresse donc. Mme PROSTCOLETTA interroge alors M.LARIBLE sur
l?accessibilitéraisonnée.
PourM.LARIBLE, l?accessibilité raisonnéedoit reposersurunedémarche
de concertation préalable. Si celleci est efficace, elle permettra à des
bâtiments neufs, mais aussi à des bâtiments anciens rénovés de devenir
accessibles. Il demeure néanmoins qu?une culture commune doit être
développée, car trop de gens réduisent encore l?accessibilité à des
aménagements comme l?installation d?une rampe d?accès ou d?ascenseurs.
L?accueil est trop souvent oublié. Il faut en outre conduire des adaptations
pratiques, pas nécessairement plus onéreuses, pour permettre une pratique
normale. Il doit être tenu compte du besoin de toutes les personnes
concernées.
Mme PROSTCOLETTA interroge ensuite M.QUENTIN sur le message
qu?ilsouhaiteraittransmettreaujourd?hui.
23
M.QUENTINrevientsurlapossibilitédeconcertationetdedéfinitiond?une
stratégie, autour de référentiels et de tests, pour faire preuve de capacité
d?adaptation. Pour M.QUENTIN, tous les participants au projet ont reconnu
avoirprogressé,notammententermesdeperception.Cequiétaittropsouvent
considérécommeunecontraintesupplémentairepeutaucontraireêtreutilisé
etdépassé.Denombreuxarchitectesontainsichangéleurfaçondetravailler.
Deserreursontparailleursétécommises.Certainesactionstropcoûteuses
ont été lancées, tandis que d?autres l?ont été dans demauvaises conditions.
M.QUENTIN souligne qu?il est toujours fait en sorte de partager sur ces
expériences,pourqueceserreursnesoientpascommisesànouveau.Telle
est l?unedesmissionsde l?AssociationdesDirecteursdeservices techniques
départementaux (ADSTD), en lien avec la réflexion sur les évolutions
normatives.
MmePROSTCOLETTAprécisequecesintervenantsétaienttousprésents
lorsde lagrandeconcertation.Ellenoteensuitequedessouhaitsd?échanges
entre grandes villes ont été formulés. Elle interroge alors M.SABY sur la
dernièrepublicationduCERTU.
M.SABYrappellequeleCERTUn?existeplus.Ilévoquealorsledocument
nommé «Quelle stratégie patrimoniale pour la mise en accessibilité des
ERP?»,quiaétéproduitdanslesillagedurapportCampion.Illistedifférents
exemples relevés à travers le territoire, notamment dans les services
déconcentrésde l?Etatet lescollectivités territoriales.Ce rapport regroupeen
outredesélémentsdeméthodeen lessynthétisant. Ilsseront trèsutilespour
construireunAd?APpatrimoine.
Mme PROSTCOLETTA confirme que les commerces devront s?insérer
dansladynamique.Cepointseraévoquédansl?aprèsmidi.Ilfautentoutcas
qu?unestratégiepatrimonialesoitdéfinie.
V) Questionsdelasalle
M.HEYRMAN indique qu?un membre de l?assistance s?interroge sur le
positionnement desmembres de la table ronde visàvis des Ad?AP, dans la
mesure où certains établissements ne seront pas accessibles au
1erjanvier2015.DevrontilsdéposerunAd?AP?QuefairequandunERPn?est
pascomplètementaccessibleàtous?Estilalorssoumisàl?Ad?AP?
24
Par ailleurs, des consignes précises serontelles transmises aux services
instructeurs s?agissant de l?accessibilité raisonnée, appliquée aux ERP du
premier groupe? A ce sujet, la définition des prescriptions techniques
applicablesauxERPexistantsmériteraitd?êtreinséréedansl?arrêté.
Enfin,lessimplificationstechniquespourrontellesêtredifférenciéesselonla
date de construction, les dérogations ou les autorisations de travaux déjà
accordées?
Mme PROSTCOLETTA souhaite ellemême poser une question. Elle
demandeauxparticipantsà la table rondesi le cadrede l?Ad?AP répondaux
questionsquelesélusontposées,notammentvisàvisdurisquejuridiquequi
pourrait se présenter. Mme PROSTCOLETTA précise que les participants
peuventnepasrépondreàcettequestionetdemanderunjoker.
M.LARIBLEestimeque les régionsontbien traité laquestiondes lycées,
mêmes?ilrestedutravailàconduire.Encequiconcernelaconcertationdans
lesterritoires,ilfaudraréfléchiràlamanièredeprocédersurplusieursannées,
car la mise en accessibilité des lycées en France accuse encore un grand
retard au regard de l?échéance du 1erjanvier2015, d?autant que certaines
normesserontsimplifiées.
Quoiqu?ilensoit, l?accessibilitédeslycéesneportepasuniquementsurle
cadre bâti. L?accueil de la différenceau lycéeapparaît ainsi commeun sujet
déterminantquipasseaussipar la formation.M.LARIBLEanotamment initié
une convention tripartite à ce sujet entre leConseil régional, le rectorat et le
CNFPT,lecentrenationaldelafonctionpubliqueterritoriale,pourformertous
lespersonnelsàl?accueilduhandicap.Leslieuxdoiventresterpraticablesetde
façon agréable, dans leur totalité. Les supports de cours doivent aussi être
adaptés.
Deplus,il fauttravaillerenconcertationavectouslesacteurs,caruneffet
de levierpeuts?observerdans les territoires,notammentsi les trottoirsou les
transportspublicsnesontpasaccessibles.Ilconvientdemettreenmusiqueles
différents intervenants (les régions, lesdépartements, lescollectivités locales,
etc.).C?estd?ailleurslaconcertationdanslaproximitéquiamanquéàlaloide
2005.
MmeALASSAUNIERE confirme qu?une approche globale territoriale est
nécessaire. Audelà de l?Ad?AP, il faut s?appuyer sur un schéma directeur
d?accessibilité en tenant compte des différents enjeux. Des actions seront
nécessaires (voirie, ERP, transports, etc.). Il est inutile de tout rendre
accessiblesi lacontinuitédesdéplacementsn?estpasassurée.Ilfautpouvoir
se rendre du quai à la mairie sans problème. C?est à ce niveau que la
cohérence manque, peutêtre parce que la loi a été étudiée de façon trop
segmentée, conformément à l?organisation des collectivités territoriales.
L?approchedoitaujourd?huidevenirglobaleetêtreexpliquée,sanschercherà
toutparfaire.
Mme PROSTCOLETTA confirme que la loi de 2005 a placé tous les
acteursfaceàlaresponsabilitédelamiseenaccessibilitédeleursecteur.Le
SD?APincluraenoutreunchefdefileduvolettransport,chargédecoordonner
25
le transport et la voirie. Cette vision globale commence à progresser avec
l?Ad?AP.
PourM.QUENTIN,l?Ad?APnedevraitpasposerdeproblèmedanssamise
en oeuvre. Néanmoins, la question de la valeur de l?engagement d?une
collectivitéenvoiededisparition sepose.L?Hérault doit notamment rejoindre
treizeautresdépartementsetdeuxrégions.
MmePROSTCOLETTAsoulignealors l?importancepourM.QUENTINde
continuer à occuper une place de pointe. Un doute s?est exprimé lors des
discussions avec les collectivités territoriales, vendredi dernier, sur le risque
quelesdépartementsabandonnent.Ilnefaudraitpasquelanouvelleréforme
quivaêtrelancéesoitunfreinàlamiseenaccessibilité.
MmePROSTCOLETTAapporteparailleursuneréponsenégativequantà
l?ajoutduterme«raisonné»dansl?arrêté,carcepointn?estpasprévudansla
loi. Ce n?est pas pour autant qu?il n?en est pas tenu compte. Entre les
dérogationset lesdispositifsd?Ad?AP,l?accessibilitéraisonnéeprogresse,petit
à petit. De son côté, la loi de 2005 portait sur des éléments beaucoup plus
rigides.LesélusdeNantesetPoitouCharentesleconfirment.
M.HEYRMANsoumetensuiteaux intervenantsplusieursautresquestions
de la salle: quel est le niveau d?articulation entre l?accessibilité raisonnée et
l?Ad?AP?
Estce possible de déroger à l?obligation d?atteindre une accessibilité à
100%desERP,enparticuliersileniveaud?accessibilitéestnégociéavecles
associationslocales?
Deuxalternativesapparaissentpourl?Ad?AP:déposerunAd?APdétailléen
sachantpertinemmentquesoncontenuneserapas respecté,oudéposerun
Ad?APcrédible,maisquinerespectepaslaréglementation.
Mme PROSTCOLETTA indique que l?Ad?AP encadre l?accessibilité
réglementaire,quisedoitdereposersurtouslesoutils:lesdérogationsautitre
des éléments techniques, les dérogations pour raison financière, les
dérogationspourconservationdupatrimoine,etc.Enoutre,une rupturede la
chaînededéplacementdansunERPpouruntypedehandicappourrajustifier
unenonmiseenaccessibilitédesprestationsavalesàcetterupture.
MmePROSTCOLETTA rappelle que la loi liste 220points indépendants.
Or la chaîne de déplacement a directement été intégrée dans la
réglementation.Ilfautsavoirs?appuyersurtousceséléments.
Elle a bien conscienceque certaines structures rencontrent desdifficultés
financières. L?objectif n?est bien évidemment pas d?aboutir à la fermeture de
leurs établissements, mais au contraire de les ouvrir à tous. Les structures
doiventdoncêtreenmesurededéposerunAd?APsincère.Lesstructuresen
grande difficulté, notamment celles dont les capacités d?autofinancement et
d?endettement sont insuffisantes, bénéficieront d?un délai pour déposer leur
Ad?AP. Il a été tenu compte de tous les éléments constitutifs de la société
française,àpartird?uneloide2005trèscadrante.
M.QUENTINdonneunexempled?accessibilité raisonnéedansuncollège
qui compte quatre salles de sciences. Il a été décidé de n?en rendre
26
accessibles que deux d?entre elles. Cette approche est raisonnée et pas
strictementréglementaire.
Pour Mme PROSTCOLETTA, l?important reste de permettre l?accès à la
scolarité et à la formation professionnelle. Le cadre réglementaire doit certes
évoluer,maisildoitaussiêtreappliqué.
MmePROSTCOLETTAremerciel?associationATH,Tourisme&Handicaps,
quiacontribuéaurecueildesquestions.
27
L?Ad?AP,uncontratpour
l?accessibilité(suite)
ClaireLiseCAMPION,Sénatricedel?Essonne,Présidentedel?Observatoire
interministériel de l?Accessibilité et de la Conception universelle (Obiaçu),
rapporteurduprojetdeloid?habilitation«accessibilité»
ChristopheSIRUGUE,Viceprésidentde l?Assembléenationale, rapporteur
duprojetdeloid?habilitation«accessibilité»
La table ronde est animée par Marie PROSTCOLETTA, Déléguée
ministérielleàl?accessibilité.
Proposliminaires
Mme PROSTCOLETTA rappelle que les précurseurs de l?Ad?AP sont
intervenuscematin.
Elle a le plaisir en ce début d?aprèsmidi d?accueillir Mme CAMPION et
M.SIRUGUE, rapporteurs du texte, qui y ont encore travaillé cette nuit.
MmeCAMPION a d?abord produit un premier rapport avec Isabelle DEBRE.
Elleaensuiteétémandatéepar lePremierMinistrepourproposerunpremier
rapportsur«Réussir2015».Elleaalorsprésidé lagrandeconcertation,puis
elleaété le rapporteurauSénatduprojetde loid?habilitation.MmePROST
COLETTA l?invite à prendre la parole et à apporter son éclairage sur le
nouveau dispositif, qu?elle a appelé de ses voeux et porté.
28
ClaireLiseCAMPION
Sénatrice de l?Essonne, Présidente de l?Observatoire interministériel de
l?AccessibilitéetdelaConceptionuniverselle(Obiaçu),rapporteurduprojetde
loid?habilitation«accessibilité»
MmeCAMPIONexprime sonplaisir de participer à la sixièmeédition des
Assises nationales de l?accessibilité. Il s?agit d?un temps fort d?échange entre
lespartenaireset lesacteurs impliqués.Ceplaisir est redoubléau regardde
l?opportunité qui lui est offerte d?introduire la séquence de l?aprèsmidi,
consacréeàl?Ad?AP.Parailleurs,elleannoncequesescollèguesdéputésont
adopté lanuitdernière leprojetde loid?habilitation relatifà l?accessibilitédes
lieuxpublicsetdestransportsauxpersonnesensituationdehandicap.
Une nouvelle étape a été franchie, mais elle n?est pas la dernière. Une
commissionmixteparitaireseréuniraeneffetd?iciquelques jourspourétablir
unprojetcommunauSénatetàl?Assemblée.
Leconstatest connuetpartagé: laFrancene tiendrapas l?échéancequi
avaitétéfixéeau1erjanvier2015,endépitdeseffortsdenombreuxacteurs.Le
rapport de l?Obiaçu est éloquent. 86% des communes ont installé une
commissioncommunalepour l?accessibilitéauxpersonneshandicapées,mais
13% seulement d?entre elles disposaient alors d?un plan de mise en
accessibilité de la voirie et des aménagements des espacespublics (PAVE).
Sur 2millions d?ERP, publics ou privés, seuls 330000 avaient fait l?objet de
travaux.Desconstatspluscontestésontaussiétéproduitsdansledomainede
l?habitat collectif accessible. En outre, 90% des autobus sont aujourd?hui
équipés d?un plancher bas et 65% des matériels roulants disposent d?un
systèmed?annoncesonore.MmeCAMPIONproposed?arrêterlàsalecturedes
avancées.Ceconstat,lucideetpartagé,aclairementétéposédansdifférents
travaux.
MmeCAMPIONaproduitdèsjuillet2012unrapportavecMmeDEBREsur
l?applicationdelaloi2005.CerapportaétéremisàlaCommissionsénatoriale
pour lecontrôlede l?applicationdes lois.Quelquesmoisplus tôt,unemission
conjointe de trois inspections avait parvenu à la même conclusion, dans un
rapport qui avait été achevé dès 2011, mais qui a été rendu public par la
29
Ministre déléguée aux Personnes handicapées, MarieArletteCARLOTTI, en
septembre2012.
Laloide2005aposéleprincipefortdemiseenaccessibilitéducadrebâti
et des transports à l?horizon 2015. En fixant ce cap, elle a indéniablement
permisde lancerunedynamiqueetd?opérerprogressivementunchangement
d?état d?esprit dans la société, mais ces évolutions demeurent insuffisantes.
Pourquoiuntelretard?Plusieursraisonspeuventl?expliquer,enparticulierun
délai rallongédeparutiondesdécrets, l?impact financierdes travauxàmener
mal ou non évalué, une mauvaise appréciation des délais nécessaires à la
réalisationdecestravaux,uneréglementationtrèsettropcomplexe,etsurtout
undéfautdeportagepolitique.Ilestimportantd?insistersurcedernierpoint.En
effet, après la promulgation de la loi, en dehors des deux conférences
nationales du handicap, l?insuffisance de l?impulsion politique a empêché de
mobiliser les acteursde terrainoud?assurer uneappropriation suffisante des
enjeuxdel?accessibilité.
Grande aurait été la tentation de revenir sur les principes de la loi du
11février2005. Plusieurs initiatives inacceptables l?ont démontré. Le
Gouvernementn?apas faitcechoix.L?accessibilité faitpartiedesespriorités.
Lavolontédesuivietd?accompagnementestdésormaistoutàfaitconcrèteet
unedynamiqueaété impulsée ilyadeuxans.Dèsoctobre2012, lePremier
MinistreaconfiéàMmeCAMPIONunemission.Illuiademandédedresserun
bilandel?étatd?avancementdudossier,dansl?optiquedetrouverdessolutions
permettant de répondre le mieux possible aux attentes. Mme CAMPION a
remissonrapportle1ermars2013.Parmilesquarantemesuresqu?ilcontient,
deuxapparaissentdepremierordre:lesAd?AP,documentd?engagementetde
programmation décidé par les maîtres d?ouvrage, et l?ajustement ? dans la
concertation ? des normes d?accessibilité qui se sont révélées peu
opérationnelles.
Le 25septembre 2013, le Premier Ministre a réuni pour la première fois
depuissacréation leComité interministérielduhandicap.CeComitéaété le
signaldel?ouvertured?unegrandeconcertationsurl?accessibilité.Dèsoctobre,
MmeCAMPIONainstallédeuxchantiers:unchantiersurlamiseenplacepar
voie d?ordonnance du nouvel outil, l?Ad?AP, et un chantier sur les normes
d?accessibilitéducadrebâtietdutransport,pourenfinfaireévoluerlasituation.
Mme CAMPION tient à s?arrêter un instant sur ce processus inédit. La
concertation,qualifiéepar tousd?historique,aété l?occasionpour lapremière
fois de réunir autour d?unemême table l?ensemble des parties prenantes au
dossier de l?accessibilité: les associations de personnes handicapées, les
représentantsducommerce,del?hôtellerie,delarestauration,desprofessions
libérales,lesresponsablesdestransports,leséluslocaux,lesmaîtresd?oeuvre
etd?ouvrage,lestechnicienset lesexperts.Laplusgrandeavancéedansces
échanges a été la prise de conscience des attentes, des difficultés et de la
situation de chacun, tout en gardant à l?esprit la nécessité de trouver les
moyens de faire progresser l?accessibilité. Le 25 février 2014, le Premier
Ministre concluait la concertation et annonçait avoir retenu l?ensemble des
propositionsissuesdecetravail.
30
Mme CAMPION évoque ensuite l?Ad?AP. Cet acronyme a été
soigneusementchoisi.Qu?estcequ?iln?estpas?L?Ad?APn?estassurémentpas
unrenoncementniunreportdel?échéancede2015.L?espritdontilaétédoté
etsondesseinsepositionnentd?ailleursauxantipodesd?un tel renoncement.
L?Ad?APestlebrasarméd?unvolontarismerenouvelé.L?Ad?APestunechance
donnée à tous ceux qui, de bonne volonté, n?ont pas pu achever lamise en
accessibilité de leur patrimoine. Il est un document de programmation et de
financementdestravauxd?accessibilité,financésenuneouplusieurspériodes
opérationnelles, qui permettra aux acteurs qui ne sont pas encore en
conformité avec les règles de 2005 de s?engager sur un calendrier précis et
resserré. L?Ad?AP s?adresse aux maîtres d?ouvrages, aux exploitants d?ERP,
publics ou privés, ainsi qu?aux autorités organisatrices de transport de
voyageurs. L?Ad?AP est le fruit d?un équilibre entre les attentes légitimes des
uns et les difficultés des autres, en évitant les écueils qui ont conduit à la
situationrencontréeyaquelquesannées.
L?Ad?APgarantit,deplus,lemaintiendesobjectifsdemiseenaccessibilité.
UnengagementdansunAd?APestirréversible.Toutdossiervalidédevraêtre
menéàson terme.Enfin,en l?absenced?Ad?AP, lenonrespectde l?échéance
du 1erjanvier2015 sera passible de sanctions (sauf dérogations). L?Ad?AP
n?autorisepasd?annéeblancheetdessanctionsgraduéessontprévues.
Dans le domaine des transports, des obligations assorties de sanctions
serontfixées,d?unepartpourlaformationdespersonnelsetpourl?information
desusagersensituationdehandicap,d?autrepartpour l?accessibilitéduparc
dematérielroulantroutier.
Attractifetcrédible,l?Ad?APl?estégalementpourlesgestionnairesd?ERPet
les autorités organisatrices de transport, en ce qu?il constitue une solution
adaptéeetréalistepoursemettreenconformitéaveclaloide2005.
L?élaboration d?un Ad?AP permettra de ne pas s?exposer aux sanctions
pénalesprévuesen2005etdepoursuivre?ensécuritéjuridique?lestravaux
demiseenaccessibilitéaprèsle1erjanvier2015.
Laprocédured?Ad?APdoitêtreuneprocéduresimplifiée.Elle leserapour
lesERPdecinquièmecatégorie,quisontlamajoritédesERP.
L?obligationd?accessibilitédespointsd?arrêtetdesgaresferadesoncôté
l?objetd?unepriorisation.Ledroitautransportdesenfantshandicapésscolarisé
est réaffirméautourdu projet personnaliséde scolarisation, lePPS.Au final,
c?est une voie d?équilibre, de pragmatisme et de confiance raisonnés. Ces
mots,MmeCAMPIONlesasouventprononcésdurantlaconcertation.L?Ad?AP
inviteàlesemployer,ainsiquelerecommandaitlerapport«Réussir2015».Il
ne faut pas abandonner l?échéance du 1erjanvier2015, tout en conférant les
moyensdepoursuivreladynamiqueaudelàdecettedate:voilàsalogique.
Enconclusion,MmeCAMPIONtientà insistersurunpointqui luiapparaît
fondamental.Lechantierde l?accessibilitéa jusqu?àprésentpâtid?unmanque
d?accompagnement des acteurs de terrain. L?Ad?AP devra donc faire l?objet
d?une communication soutenue et tous azimuts. Tout effort de pédagogie lui
sera salutaire.Chacunaun rôle à jouer.MmeCAMPION remercie à ce titre
l?organisationdesAssisesdeluipermettredes?inscriredanscettedynamique.
31
MmePROSTCOLETTAindiquequeM.SIRUGUEs?estluiaussibeaucoup
impliqué dans les récents travaux, mais il reste peutêtre moins connu que
MmeCAMPION.Elleluicèdelaparole.
ChristopheSIRUGUE
Viceprésident de l?Assemblée nationale, rapporteur du projet de loi
d?habilitation«accessibilité»
M. SIRUGUE salue tout d?abord le travail de Mme CAMPION, et de
l?ensemble de celles et ceux qui ont permis d?avancer sur la production du
constat,malgré les difficultés auxquelles ils se sont confrontés au regard de
l?accessibilité.
Lavolontédenepasremettreencauselesprincipesdelaloidu11février
2005aétéréaffirmée. Ilaenrevanchefallu tirerdesenseignementsde l?une
de ses difficultésmajeures: l?accessibilitén?a pas étéautantmise enoeuvre
que le législateur l?avait souhaité, pour diverses raisons, qui doivent être
connuespournepasrépéterleserreursdupassé.
Letravaildel?Assembléenationaleareposésurletextedessénateurs.Ses
articles ont été étudiés en détail au cours des deux dernières nuits. Les
députés se sont inscrits dans la lignée des sénateurs et du travail de
concertation à l?origine du projet de loi. Ils ont aussi été destinataires
d?interrogations nouvelles et de doutes sur le texte proposé, de la part des
associationsdepersonneshandicapées,desreprésentantsdescollectivitésou
desprofessionnels.Lesdéputésontalorsproposédiverséléments.C?estsur
cepointqu?ilcentrerasonpropos.
Lesujet resteunsujetdifficile, réunissantd?uncôté les représentantsdes
personneshandicapéesquicraignaientunphénomènedefuiteenavant,etde
l?autredesresponsablesd?ERPoudetransport,quifaisaientleconstatdeleur
incapacité de répondre aux injonctions de la loi de 2005 dans les délais
impartis. Il a aussi été tenu compte des difficultés financières de nombre
d?opérateurs.Enfin,ilaéténécessaireavanttoutderespecterlesprincipesde
laloide2005.
32
Plusieurs amendements ont été déposés, soutenus en grande part par
M.SIRUGUE.UnepremièreréflexionaportésurlesAd?APetsurlanécessité
delesrendreobligatoires.L?Assembléenationaleaactédansletexterédigéà
l?issuedesesdébatslecaractèreobligatoiredesAd?AP.Cepointserabientôt
évoquédanslaCommissionmixteparitaire.Dufaitdececaractèreobligatoire,
leprincipedessanctionsdoitêtreclairementcerné.Làaussi,uncalageprécis
estnécessaire.
Les députés ont également étudié la question de la formation des
personnels des ERP, qui ont un rôle déterminant à jouer, mais aussi des
ambassadeurs de l?accessibilité proposés par le Gouvernement. En effet, la
formationneportepasuniquementsurlaformationinitiale.
Lesdéputésontparailleurstraitélaquestiondeschiensguidesd?aveugle.
Desresponsablesontétéentendus.Lareprésentantedudéfenseurdesdroits
acitél?exempledestaxis.Elleaégalementexposédifférentessituationsdans
lesquelles les chiens guides d?aveugle étaient refusés, malgré la loi. Cet
élément a alors été précisé et renforcé, en incluant aussi les chiens guides
d?aveugle en formation et les chiens en accompagnement de personnes en
situationdehandicap,demanièreplusglobale.Unamendementaétéadoptéà
cesujetle11juin2014.
M.SIRUGUEévoqueensuite l?amendementqu?ilaétéamenéàrefuseret
qui avait trait à la gratuité. La gratuité fait déjà partie de la loi. Elle est
mentionnéeàl?article88delaloide1987.Mêmes?ilestimportantdetravailler
surlesmodalitéspermettantl?applicationdelaloi, ilnefautpasréinscriredes
pointsdéjàcouverts.
Les difficultés pouvant survenir entre propriétaires et locataires ont
égalementétédébattues,ycomprispourlestravauxàengagerobligatoirement
dans les immeubles de copropriété. Il s?agit d?un risque contentieux. Un
amendement a été adopté. Il sera nécessaire pour les futurs baux de définir
directementdanslebail laresponsabilitédelamiseenaccessibilité.Madame
laMinistreetlesdéputésontparailleurssouhaitéencadrerlesbauxexistants.
L?Assembléegénéraledecopropriétédevraprésenterdesélémentsprécissur
lerefusquipourraitêtreopposéauxtravaux,afind?éviterlecontournementdes
misesenaccessibilité.
UnautretravailaportésurlathématiquedusuividesAd?AP.C?esteneffet
le manque de suivi qui a posé problème visàvis de la loi de 2005. Une
évaluationàmiétapedudéroulementdesAd?APadoncétéajouté,notamment
pourlesAd?APdeplusdetroisans,pouréviterlesrendezvousdifficilesdufait
d?uneétudeinsuffisantedesAd?AP.Mêmesiaucuneannéeneseraperdue,il
estapparuimportantdedresserunbilanàmiAd?AP.
L?espritquiaanimélesdéputés,encomplémentdutravaildessénateurs,a
consistéàapporterdescompléments,maisaussiàréaffirmerlanécessitéd?un
engagementpolitiquedéterminé,pourqueleprojetdeloiaujourd?huiadoptéet
quiseradéfinitivementvalidéaprès laCMPpermettedenepascommettreà
nouveauleserreursrelevéesdepuis2005.Cetespritaété largementpartagé
parlescollèguesdeM.SIRUGUE.Ilseréjouitd?avoircontribuéàfaireavancer
ledébat.
33
Laproblématiquedespetitescommunesdevrapoursapartfairel?objetd?un
travailparticulier.Lanotiond?intercommunalitéaenoutreétépousséeàtravers
unamendement.Labonnevolontéestgrande,maisilnefautpasfairepreuve
de naïveté. Tout doit être mis en oeuvre pour que l?accessibilité prenne en
compte les personnes handicapées, mais aussi les enjeux de la société,
comme la question du vieillissement. Il apparaît ici de nombreuses
complémentarités, qui feront enfin de l?accessibilité une accessibilité
universelle.
34
La conceptualisation progressive de
l?Ad?AP
VincentARNOUX,Directeur,Accèsmétrie
JeanPaul LE DIVENAH, Inspecteur général de l?administration du
développement durable au Conseil général de l?Environnement et du
Développementdurable
MmePROSTCOLETTA indiquequeM.LEDIVENAHetM.ARNOUXont
participé à la réflexion préalable qui a permis de concevoir les outils de
l?accessibilité.
ElleinviteM.ARNOUXàseprésenter.
VincentARNOUX
Directeur,Accèsmétrie
M. ARNOUX est Directeur d?Accèsmétrie, assistant à
maîtrise d?ouvrage enmatière d?accessibilité. Il intervient,
de par son rôle de médiateur technique, sur le sujet de
l?accessibilité,depuis2003.Ilaffichedoncunevisionassez
globaledupatrimoinedontilvaêtrequestion.
MmePROSTCOLETTAserappellel?avoirrencontréau
quatrième trimestre 2012. Au cours de cet échange,
l?expression «Agenda accessibilité» avait été évoquée,
par écho aux travaux réalisés par la société Accèsmétrie
surl?agenda21.
M. ARNOUX indique que ce terme a découlé de son
expérienceetdesaccompagnementsapportés,notamment
en termes de diagnostic, car les maîtres d?ouvrage se
sentent souvent désemparés face à un projet qui peut
semblerdegrandeampleur.Cesmisesenaccessibilitése
limitaientàdesprojetsponctuelsouàdesopportunitéssur
35
lepatrimoine,envuedelamiseenaccessibilité.
Auregarddesdeuxobligations,dediagnostic (en2011)etderésultat (en
2015), ilasembléque l?accompagnementavaitmanqué.Faceàceconstant,
l?Agenda21aapportédenombreusespistesde réflexionvisantàétablirune
méthodologie similaire. Il s?agissait d?apporter du dynamisme à la mise en
accessibilité,parunefeuillederoutedétailléeetunelisibilitéaccruedesprojets
demiseenaccessibilitéd?unpatrimoine.
MmePROSTCOLETTAarelevéletermed?immobilisme.Lapériode2005
2014étaitelleréellementimmobile?
M.ARNOUXreconnaîtquedesdémarchesontétéengagées.Toutefois,la
marche à franchir pour lamise en accessibilité est apparue trop haute pour
certainsmaîtresd?ouvragesenl?absencedeprogrammationd?accessibilité. Ils
ontdoncputarderàfranchircettemarche.Lesopérationsspécifiquesàlamise
enaccessibilitésontrestéesraresavant2012.
MmePROSTCOLETTAreconnaîtquelamontéeenpuissanceaétélente,
mais un véritable démarrage s?est observé ensuite. Les représentants de
collectivités territoriales l?ontmontrédurant lamatinée.Elle interrogealorsM.
ARNOUXsurcesexpériences.
PourM.ARNOUX,cesdémarchescorrespondentàcequiestattendude
l?Ad?AP. Elles ont reposé sur un partage de l?état des lieux, sur des axes
stratégiques et des déclinaisons d?objectifs. La démarche a été structurée et
s?est accompagnée d?une programmation claire. L?Ad?AP en prolongera le
dynamisme.
MmePROSTCOLETTAimaginequ?ilestunpartisandel?Ad?AP.
M.ARNOUXleconfirme.
JeanPaulLEDIVENAH
Inspecteur général de l?administration du développement durable au Conseil
généraldel?EnvironnementetduDéveloppementdurable
Mme PROSTCOLETTA se tourne ensuite vers M. LE
DIVENAH, qui aoeuvré au coeur des politiques sociales pendant
unelargepartdesacarrière.C?estdonctoutnaturellementqu?ila
participé aux travaux de Mme CAMPION et qu?il a été désigné
volontairepourrejoindre l?équiped?appui,pendant toute lagrande
concertation. Ces travaux ont permis de mettre en évidence à
travers trois rapports les grandes lignes de travail sur lesquelles
concentrer les efforts. 120 entretiens ont été conduits avec
MmeCAMPION, puis la concertation a duré 140heures. Quels
enseignementsatiltirédecetravailetdecetteméthode?Quels
ontétésesavantages,sesforcesetsesfaiblesses?
M. LE DIVENAH se réjouit d?avoir travaillé avec Mme
CAMPION,enpleineconfiance,enmissiond?appui.Ilacontribuéà
la préparation du rapport avec deux autres inspecteurs d?autres
ministères et la collaboratrice de Mme CAMPION, Mme
36
RATTAIRE.Desconsultationsontétéconduites,dansundélaitrèsbrefetdans
unchampàcouvrirénorme(logement,transportetERP).M.LEDIVENAHcroit
que la plupart des personnes consultées sont présentes ce jour, ce qui
confirmel?intérêtsuscitéparladémarchedeMmeCAMPION.
M. LE DIVENAH a participé à la première phase de concertation qui a
abouti au rapport «Réussir 2015», puis à celle pilotée par MmePROST
COLETTA,qui s?apparentait àde lanégociation.Cetteprisedecontactavait
pour finalitéde soumettredespropositions, suiteà la commandeduPremier
Ministre.
Dans cette concertation,M. LEDIVENAHa trouvéque les jeux d?acteurs
étaientmoins prégnants, car la date du 1erjanvier2015 approchait à grands
pas.Ilétaitimpossiblederefuserl?obstacleoudetrouverdesfauxfuyants.Ce
pointestapparufondamental.Aufinal,laconcertationaportésurdeuxphases.
Lapremièreaétél?auditiondesacteurs.Elleapermisunepremièreélaboration
et lacréationdesAd?AP, termequiasemblé relativementporteuretclair.La
secondeaétéuntest,lancéauprèsdedifférentsacteurs,notammentl?APF.M.
LE DIVENAH salue d?ailleurs ici la mémoire de l?ancien Président de l?APF,
JeanMarieBARBIER.Cettephaseaétédifficile,carelleaconsistéàtirerdes
leçonsdeslimitesdelaloide2005.
M. LE DIVENAH se rappelle avoir participé en 2008 à des Assises
nationales de l?accessibilité qui avaient réuni bien moins de participants. A
l?époque, sept ans avant l?échéance du 1erjanvier2015, des doutes sur la
capacitéd?atteindrecetteéchéancecommençaientàsefairejour.EnFrance,il
faut que les échéances se rapprochent pour que lamobilisation soit forte et
pourcorriger les imperfectionsdes textes.Quoiqu?ilensoit,M.LEDIVENAH
seréjouitàtitrepersonneldel?évolutiondudispositif,quiapermisdeparvenir
autextedel?Assembléenationale.Laforteparticipationcejouretlevotedela
loi par le Parlement constituent les meilleures preuves que l?engagement a
portésesfruits.
MmePROSTCOLETTA remercieM. LEDIVENAH pour son intervention,
quiapermisdeclarifierlesévolutionsprogressives.Manifestement,ilétaittout
àfaitlogiquedecompléterlaloide2005.
M. LE DIVENAH estime que trois solutions étaient envisageables, deux
mauvaises et une bonne. En premier lieu, certains voulaient reporter la loi.
Cettesolutionaété rapidementécartée,pourdemultiples raisons.Uneautre
option aurait consisté à laisser les juges décider des suites à donner au
dossier. C?eut été un constat d?échec. Les juges auraient été submergés. Ils
auraient rendu des jugements hâtifs: ils auraient probablement acquitté les
personnes mises en causes, ou condamné des pharmaciens ou des
boulangers à des pénalités disproportionnées, au désavantage de tous. Il a
donc fallu trouver une troisième voie et le principe de la loi de 2005 a été
maintenu.Ceuxquin?aurontrienengagéserontpoursuivis,tandisqueceuxqui
auront engagé des démarches bénéficieront d?une seconde chance. Il eut
certes été préférable d?appliquer pleinement la loi, mais le constat lucide de
l?ensemble des acteurs a montré que les Ad?AP représentaient la meilleure
option.
37
MmePROSTCOLETTA se demande si d?autres options auraient pu être
retenues. Peutêtre s?agitil d?une question piège. Au fond, la logique qui a
prévalu ne permettait sans doute pas de s?orienter dans une autre voie que
cellequiaconsistéàcompléterlaloi.
M.LEDIVENAHnevoiteffectivementpasquelautrechantierqueceluide
l?Ad?APauraitpuêtreretenu.
Pour Mme PROSTCOLETTA, il aurait été possible de simplifier et
compléterlesdispositionsrelativesauxhandicapsquirestentmalcompris,mal
perçusetmal traitéspar la loide2005.Des travauxsontencorenécessaires
lesconcernant.
Questionsdelasalle
M.HEYRMAN indique que diverses demandes de précision ont été
soumises. Ilaétédemandéque laprocéduresimplifiéesoit clarifiéepour les
ERPde5èmecatégorie.
Letermedegratuitéaenoutreétéemployéconcernantl?accèsdeschiens
guidesauxlieuxpublicsetauxtransportspublics.Qu?enestil?
MmeCAMPION indique queMmeSégolèneNEUVILLE, secrétaire d?Etat
auxpersonneshandicapéesetàlaluttecontrel?exclusion,aexprimésonpoint
de vue concernant la simplification, en particulier s?agissant de la 5ème
catégorie. Il en a beaucoup été question dans les temps d?échange de la
concertation. Cette simplification passera notamment par un CERFA facile à
remplir.MmeNEUVILLEasoulignéqu?ils?agissaitde faireavanceretaboutir
lestravaux,pasdeconsacrertoutsontempsdisponibleàremplirdesdossiers.
Ce travail est en cours depuis quelques semaines. Il aboutira. L?ordonnance
préciseralespointsquiaurontétévolontairementsimplifiés.
MmePROSTCOLETTAsoulignequelaquestiondelasimplificationaété
évoquée lematin, notamment autour de la procédure administrative pour les
petitsbâtimentsmisenaccessibilitéenun,deuxou troisans.LeCERFAest
également en cours de construction. Après chaque intervention de Mme
NEUVILLE,MmePROSTCOLETTA contacte d?ailleurs systématiquement les
servicespour leurdemanderde toujours continuerà simplifier lesprocessus.
Ellese tourneensuiteversM.SIRUGUE,quia indiquérester trèsattachéau
38
déplacement des personnes aveugles avec chiens d?accompagnement, sans
oublier les personnes en fauteuil qui utilisent aussi les chiens
d?accompagnement.
M. SIRUGUE confirme lors des auditions qu?il a conduites avoir été
particulièrement sensibilisé par la représentante du défenseur des droits aux
difficultés qui lui sont très régulièrement remontées. Elle reçoit en effet un
nombreélevédecourriersetdesaisinesdelapartdepersonneshandicapées,
accompagnées par un chien guide d?aveugle ou au quotidien par un chien
d?accompagnement. Malgré la clarté de la loi, ces personnes se trouvent
encoretropsouventconfrontéesàdesrefusd?accèsdeleurchien.Lorsd?une
récenteenquête, il a étémontréqu?un tiersdes taxisparisiensn?avaientpas
acceptéque leur chienmontedans leur taxi. Laproblématiquede lagratuité
s?est également posée à de nombreuses reprises. Pour rappel, cette
problématique est d?ores et déjà inscrite dans la loi. Il a donc été décidé de
réaffirmerl?accèsobligatoireauxchiensguidesd?aveugle,notammentdansles
véhicules, et que cette conception puisse être étendue aux personnes qui
forment les chiensguidesd?aveugle,maisaussi auxpersonnesayantbesoin
deleurchiendanslecadredeleursdéplacementsetdeleurmobilité.
Il renvoie ensuite la question de la gratuité aux débats de l?Assemblée
nationale.Commeelle existe dans les textes, il n?apasété nécessaire de la
transcrireànouveau.Pourautant, lefaitquedesdoutesperdurentàcesujet
justifiesansdouted?apporterdesindications,danslecadredel?ordonnanceou
desconsignesquiserontdonnées,pourquecedroità lagratuitépuisseêtre
confirméclairement.
Mme PROSTCOLETTA indique qu?il s?agit d?un écueil auquel
l?administrationseheurtesouvent.PhilippeCHAZAL,PrésidentdelaCFPSAA
(Confédération Française pour la Promotion sociale des Aveugles et
Amblyopes),enabienconscience.
M.HEYRMANannonceensuitequedesquestionsdel?assistanceontporté
surlaformation.L?avancéesurlaformationdesagentsquiaccueillentlepublic
est saluée, mais il est proposé que cette formation soit étendue aux
professionnelsenseignantsquiaccueillentlesélèvesensituationdehandicap.
Mme PROSTCOLETTA trouve cette proposition intéressante. Elle sera
transmiseàl?Educationnationale.ElleveilleraàsonbontraitementavecMme
MARIEEGYPTIENNE.
M.HEYRMANsouligneensuiteque le refuspar l?Assembléegénéraledes
copropriétaires de réaliser des travaux d?accessibilité est évoqué dans
plusieursquestions.Quelleprocédureestenvisagéeàcesujet?
Desparticipantss?interrogentparailleurssurlecalendrierdepublicationdu
projet de loi d?habilitation, puis des ordonnances et des différents textes,
sachant qu?il est prévu de déposer des dossiers d?Ad?AP avant le
31décembre2014. A quelle date les éléments permettant de constituer des
Ad?APserontilsfournis?
M.SIRUGUEexpliqueque leprojet de loi n?est pas revenusur lesmotifs
existants, qui pouvaient justifier de ne pas être soumis aux normes
d?accessibilité. Plusieurs conflits ont simplement été constatés avec un
39
responsable d?ERP soumis à des travaux de mise en accessibilité, dont les
travauxnécessitaientaupréalable l?accorddescopropriétairesenAssemblée
générale. Il aété décidé de se pencher sur cette question, sans remettre en
causelesprincipesdelacopropriété,carcetteremiseencauseauraitpuêtre
étendueàdenombreuxautrestypesdetravaux,parsimilitude.
Les députés ont également décidé que soit inscrite dans le bail la
responsabilité des travaux de mise en accessibilité, en cas de location d?un
localpourenfaireunERP.
Mme PROSTCOLETTA indique qu?il est prévu que les acteurs qui
demanderaientunedérogationàcetitreaurontàprésenterlesélémentsqu?ils
aurontsoumisà l?Assembléegénéraledecopropriété. Ils?agissaitde faireen
sorte que ces éléments soient mieux encadrés, tant du point de vue du
demandeurquedelacopropriété.IlconvientàlafoisdemaintenirdesERPen
ville,toutenévitantleseffetsd?aubaine.
MmeCAMPIONproposederépondreàlaquestionposéesurlecalendrier.
Unpremierdélaiportesurl?obligationdedéposerunAd?APdansundélaid?un
an après la publication des ordonnances. Le Gouvernement a toujours
clairement indiqué que les ordonnances seraient prêtes pour l?été 2014.
L?échange de ce jour se tient au lendemain des discussions de l?Assemblée
nationale, au sens littéral. Le travail n?a donc pas commencé ce matin à
8heures30. Iladébutépar l?impulsionde laMinistre,MmeNEUVILLE,etdu
premierMinistre,ilyadenombreusessemaines.Lesdélaisfixésrestentdonc
d?actualitéetMmeNEUVILLElerappelleracertainement.
M.SIRUGUEprécisequ?unamendementaétéposépourporterà18mois
le délai, à compter de l?ordonnance. Tous les amendements proposant ce
genre d?adaptation ont systématiquement été rejetés, afin de conserver le
calendrierprévu.
Mme CAMPION ajoute que les ordonnances doivent suivre un chemin
particulier et passer par une phase de consultation de partenaires
institutionnels.Diverses réunionsde travailontdéjàcommencédès le11juin
2014,defaçonàpoursuivre letravailenproximité,pourquelesordonnances
puissentêtresoumisespouravis,puispubliées.
Mme PROSTCOLETTA confirme qu?il a été fait en sorte de construire
l?ordonnance au fur et à mesure des travaux, au Sénat et à l?Assemblée
nationale.LademandeduGouvernementetdesacteursencesensétaitforte.
Une personne de l?équipe travaille actuellement à l?intégration dans le projet
d?ordonnancedesdispositionsquiontétévotées lanuitpassée.Unéchange
est en outre prévu les 19 et 20juin 2014 sur l?ordonnance et les textes
d?application liés. Une ordonnance doit en effet s?accompagner de textes
d?applicationpourêtreefficace.
L?ordonnanceetlesdeuxdécretsdeprocéduredoiventaufinalêtrepubliés
durant l?été, tout comme le décret et l?arrêté qui fixent les nouvelles normes
dans l?existant, ainsi que lesdispositions relativesauxpointsd?arrêt dans les
transportsencommun.Cesétapessontnécessairespourpermettre ledépôt
desAd?APdanslesdouzemoissuivantl?ordonnance.Toutefois,ilresteencore
àconsulterleCNEN,leCNCPHetàsoumettreletoutauConseild?Etat.
40
M.HEYRMAN indique ensuite qu?un membre de l?assistance a fait
remarquerquelestaxisroulantendehorsdelarégionparisiennefacturaientle
transportd?unfauteuilroulant.Ilestproposéauxreprésentantsdelanationde
créer une disposition législative équivalente à celle de l?accès des chiens
guides aux transports publics, pour que les fauteuils roulants ne soient plus
considéréscommeunbagage.
Ilestensuitesuggérédedépasser laduréedeneufans,notammentpour
lesinstitutionsàbutnonlucratif,notammentpouruneinstitutionquicompteun
parcimmobilierdeplusde200établissements.
Lesparlementairesontparailleurstravailléàlamodificationdunometdes
missions des commissions communales pour l?accessibilité aux personnes
handicapées.Lesrapportsdefévrier2014nesemblentpourtantpasavoirlisté
cesévolutions.
Une question porte enfin sur l?identification de l?acteur qui doit porter
l?Ad?AP, le propriétaire ou l?exploitant. Les propos deM. SIRUGUE semblent
porteràconfusion.
M.SIRUGUE reconnaît qu?il s?agit d?unsujet difficile. Ilest assezanormal
qu?unlocataireengagedestravauxsurunbâtimentquiprendradelavaleuren
seplaçantenconformitéaveclalégislationsansquelepropriétairenedépense
le moindre euro. Cette question a été couverte en ce qui concerne les
nouveauxbaux. Ildemeureunedifficultéau regardde l?existant.Lesdéputés
ne sont pas parvenus à trouver une solution permettant d?encadrer cette
difficultéparticulière.Iladoncétédécidéqu?ilrevenaitaupropriétaire,saufsile
bailendisposeautrement,dedéposerl?Ad?AP.
Mme CAMPION évoque ensuite les commissions locales ou
intercommunales.Untravailsurl?accessibilitéuniverselleaétéengagélorsdes
concertations.Ilaétéobservéqu?ilétaitnécessaired?élargirlacompositiondes
CAPH aux représentants des personnes âgées. En outre, il a été décidé
d?inclure les acteurs qui affichent une bonne connaissance des difficultés
localesauregarddel?accessibilité. Il fautqu?ilsparticipentausuivide lamise
en place des Ad?AP, en particulier pour éviter qu?un propriétaire ou un
exploitant d?ERP se limite à proposer un dossier minimal. Cette approche
permettrad?assureruncontrôlecitoyen.
S?agissant de la question des délais, ce point a été abordé lors de la
concertation et leGouvernement s?est ensuite approprié ces travaux. Il n?est
pas prévud?aller audelà des périodesde1 à 3ans, de 3 à 6ans etde6 à
9ans.
Mme PROSTCOLETTA ajoute qu?il a également été demandé que les
commissionscommunalesou intercommunalespour l?accessibilité, lesCAPH,
soient chargées de dresser la liste des ERP accessibles ou entrant dans la
démarcheAd?AP.
MmeCAMPIONconfirmequ?il fautque lescommissionsassurent lesuivi,
mais aussi la transmission d?information. Ce point a été couvert par
l?amendement qui a porté sur l?élaboration de listes. Elles seront accessibles
parvoieélectronique,pourassurerunsuivietunevérificationlocale.
41
M.HEYRMAN donne ensuite lecture d?une question sur le calendrier de
miseenoeuvredel?Ad?APetsesdélais:quelsestladatelimitededépôt?
Unmembredel?assistancesoulignepoursapartqu?unAd?APnécessitede
sélectionnerunbureaud?étudeavantd?élaborerleprojet,puisdelesoumettre
à la concertation. Il risque d?être délicat de tenir l?échéance du
31décembre2014.
Enfin,desquestionsontétéposéessurl?accompagnementetlarépartition
desrôlesentre lapréfecture, laDirectiondépartementaledes territoireset les
chambresconsulaires.
Mme PROSTCOLETTA organisera une réunion technique
d?accompagnementetdemontéeenpuissancedudispositif.Quantaudélaide
dépôtdesAd?AP,M.SIRUGUEaindiquéqu?ilsdevraientêtredéposésdès la
publicationdutexteetdanslesdouzemoisquisuivront.
M. SIRUGUE confirme qu?un dépôt d?Ad?AP doit intervenir. L?Ad?AP n?est
pasunsimplecalendrier,maisaussiunensembledeclausestechniquesetun
engagement financier. Il faudradonc respecterpleinement la loi du11février
2005,quin?estpasunenouveauté,mêmesidixansontpassé.Ledépôtdes
Ad?APs?achèveraunanaprèslapublicationdel?ordonnance,quidevraitavoir
lieu courant l?été 2014. Lamise en oeuvre et le suivi des Ad?AP débuteront
ensuite, sans année blanche, comme l?a indiqué Mme CAMPION. Une
obligation d?évaluation àmiétapea par ailleurs été ajoutéepour renforcer le
suivi.
Mme CAMPION refuse d?entendre que de nouvelles obligations sont
définies. Ces obligations existent depuis la loi du 11février 2005. Il est
importantdelerappeler.
M.HEYRMAN cite ensuite une question qui marque l?état d?esprit des
participants: qu?arriveratil en l?absence d?accessibilité, de dépôt d?Ad?AP ou
dedemandededérogation?
Mme CAMPION répond que la loi du 11février 2005 s?appliquera. La
mobilisation a été forte sur le territoire national et un intérêt croissant s?est
expriméde lapartde tous lesacteurs,dans tous leschampsd?activité. Ilest
inimaginable de ne pas engager de démarche de mise en oeuvre de
l?accessibilité. Tous les participants, élus et politiques notamment, mais pas
uniquement,doiventcontribueràlamodificationdel?étatd?espritdelasociété
française,d?autantquecettedémarcheareposésuruntravailcollectif.
MmePROSTCOLETTA remercie lesparticipantspour leur interventionet
leurimplication.
42
Lesacteurss?approprientlesAd?AP
M.JeanLouisGARCIA,Présidentde laFédérationdesAssociationsPour
AdultesetJeunesHandicapés?APAJH
M.NicolasPORTIER,Déléguégénéralde l?AssembléedesCommunautés
deFrance?AdCF
Mme Anne CLERC, Directrice des Relations institutionnelles du Groupe
ACCOR
M.JeanMarieROUECHE,DirecteurArchitectureTechniqueetdesTravaux
auxGaleriesLafayette
M.AlainTRICON,DirecteurDivisionAccessibilitéduGroupeACCEO.
M. Benoît CHAUVIN, Responsable Pôle technologie des transports et
accessibilité au Groupement des Autorités Responsables des Transports ?
GART
M.FranckONIGA,DirecteurdesMarchésEntreprisesetProfessionnelsde
BPCE
Mme PROSTCOLETTA indique que la majorité des participants à cette
table ronde ont participé à la concertation. Il s?agissait de construire l?après
2015,danslerespectdesobjectifsfondamentauxdelaloide2005.
JeanLouisGARCIA
Président de la Fédération des Associations Pour Adultes et Jeunes
Handicapés?APAJH
MmePROSTCOLETTAsoulignecombienlesassociationsreprésentatives
des personnes handicapées sont toutes attachées à la loi de 2005. Elles se
sontbeaucoupexprimées.Qu?ilsoitencorenécessaired?attendreunesociété
accessible constitue un sujet sensible. Fallaitil oser ouvrir le chantier de
l?après2015oulaisserlejugeorganisercettepériode,cequiauraitétérisqué?
M. GARCIA confirme qu?il est scandaleux que la société ne
soitpasaccessible.Unefoisceconstatposé,ilfautrappelerque
lanotiond?accessibilitéapparaissaitdéjàdans la loide1975.Le
retardatteintdoncplusieursdizainesd?années.
Ceux qui en ont les moyens, la volonté ou la capacité se
présenteront seuls devant les tribunaux. La procédure durera
alorsdeux,troisouquatreans,sanscompterlesappels.Dansle
mêmetemps,onpeutaussidéciderdesesaisirdudossieràbraslecorps,en
cherchantunesolutionpragmatiquecontrôlée.Ilnes?agitpasderepousserles
échéances, mais de s?organiser collectivement pour rendre le pays plus
accessible aux personnes àmotricité réduite et pour une accessibilité à tout
handicap(psychique,mentalousensoriel).
En tant que Président pragmatique, M. GARCIA souligne qu?un pas
parcouru dans le sens de l?accessibilité est toujours une frustration, car le
43
cheminrestelong.Cepasconstituemalgrétoutunesatisfaction,carilatteste
d?un progrès. Dans ce contexte, lemonde associatif doit s?inscrire dans une
démarche d?accompagnement, de proposition et de vigilance. Le travail du
ParlementpermettraàlaFranced?êtreplusaccessibleetdeneplusexclureen
permanencelespersonnesensituationdehandicap.Ilrevientmaintenantaux
acteurs de semontrer combatifs, car il restera toujours des intervenants qui
chercherontàlimiterledispositif.
NicolasPORTIER
Déléguégénéraldel?AssembléedesCommunautésdeFrance?AdCF
Mme PROSTCOLETTA a parfaitement conscience que
M.GARCIAsaitsemontrervigilant,notammentsurlelongterme.
Elle se tourne ensuite vers M.PORTIER, délégué général de
l?AdCF, organisation qui reste peutêtre assez méconnue à ce
jour,maisquimontefortementenpuissance.
M. PORTIER est le responsable technique de l?Assemblée
desCommunautésdeFrance,qui rassembleauniveaunational
les organisations intercommunales, communautés urbaines, communautés
d?agglomération,et communautésdecommunes. Il travaillebienévidemment
sous l?autorité d?un Conseil d?administration, composé de présidents
d?intercommunalités,quiapassémandatàl?équipetechniquepourintervenir.Il
arrive aussi que cette tâche incombe à des représentants politiques, comme
ceuxquiontparticipéà lagrandeconcertation,quis?estavéréeextrêmement
féconde.Eneffet,l?intercommunalitéestappeléeàsedévelopper.Lesrécentes
annoncesgouvernementalesleconfirment.Ellerecouvredésormaisl?ensemble
duterritoirenational.Elleestprincipalementgestionnairedesujetscommeles
transports urbains, mais aussi d?un grand nombre d?équipements collectifs
(équipements culturels, sportifs, etc.), qui sont de plus en plus gérés, voire
conçus, par les intercommunalités. L?intercommunalité apporte en outre un
appui technique de plus en plus fréquent aux communes, en ingénierie
notamment.Pourrappel,ilsetrouve36000communesenFrance,dont20000
demoinsde500habitants,situationquicauseunémiettementetunegrande
disparitédescollectivités territoriales,cequiexpliquesansdouteenpartiede
nos retards collectifs. Dans ce contexte, il faudra savoir tenir compte de la
variétédescapacitésfinancières, techniquesouhumainespourmeneràbien
lesconcertationsquidevrontêtreengagéesdansdestempstrèscourts.
Quoi qu?il en soit, les récentes rencontres ont été l?occasion d?une
démonstrationgénéraliséedebonnevolonté.LeConseild?administrationl?avait
d?ailleurs souligné: toute loi, une fois votée, doit être appliquée. Il convient
aussi que le législateur produise des lois de qualité. La préparation d?une loi
doit en effet faire l?objet de réflexions sur ses étudesd?impact et samiseen
oeuvre, certains points précis ayant suscité des interrogations, notamment
autourdeschémasdirecteursd?accessibilitédeservicesdetransportcollectifs
qui nepermettaientpas, sur le terrain,de travailler parordredepriorités.En
définitive, il a été décidé de se rapprocher, pour parvenir à un consensus
raisonnable.Ilconvientdésormaisd?acheverletravailcorrectement,enallantle
44
plusloinpossible.Iln?estpasacceptableenparticulierderenvoyerlestâches
auxélus suivants, cequi peutarriver localement.Unmandatdoit êtredonné
pouratteindrelesobjectifsdelaloi.
Certains estiment que rien n?a été fait. C?est incorrect. Tout dépend à ce
sujet des méthodes d?évaluation retenues. Beaucoup de collectivités
territorialesaffichentcertesunretard,maiscesretardsdoiventêtrerelativisés,
notamment dans le transport au regard des populations couvertes. Le travail
doitdoncsepoursuivre,notammentvisàvisdecertainstypesdehandicap.M.
PORTIERaparexempleétéétonnélorsd?unséjourenEspagnedeconstater
les importantesavancéesdans la reconnaissanceduhandicapvisueldans le
réseaudetransporturbaindeMadrid.
Aussi grand qu?il soit, le retard ne doit pas pour autant être cause
d?abattement et d?inaction. Des adaptations locales, dans la concertation,
permettrontdereclasser lesprioritésetd?investir làoù laplusvalueet l?utilité
d?usage seront les plus élevées, dans un climat de confiance et de
transparence.M.PORTIERanotammentplaidépourquedeuxpériodessoient
définies.Une journéedesprésidentsd?agglomérationse tiendra lundiavec le
PremierMinistreetlechantierduhandicapyseradéfinicommeuneprioritéde
mandat. Il représentera en outre l?un des principaux programmes
d?investissementdescollectivités.
En parallèle, il convient de tenir compte des contraintes budgétaires des
collectivités territoriales, sachant que 11milliards d?euros de réduction de
dotationsdel?Etats?observerontdanslestroisprochainesannées.Lesbudgets
de cofinancement des agences baisseront également, notamment dans le
transporturbain,danslelogementoudansd?autresdomaines.Ilapparaîtdonc
diversescraintesquantauxcapacitésglobalesd?investissement.Pour rappel,
l?investissement des collectivités atteint environ 50milliards d?euros par an et
toutseramisenoeuvrepourmaintenirunefortecapacitéd?investissementdes
collectivités.A l?intérieurdecescapacitésd?investissement, l?intercommunalité
devient un investisseur considérable. C?est pour cette raison qu?il a été
demandéde réunir une conférencenationale de l?investissementpublic, pour
clarifier lesestimationsbudgétaires,notammentpourparveniràfairefaceaux
autresobligationslégalesquis?appliquent(résorptiondesfuitessurlesréseaux
d?eau, questions d?amiante, etc.). Des arbitrages devront être conduits, à
travers des programmes pluriannuels d?investissement. Les priorités devront
être explicitées et il faudra s?en saisir collectivement, dans la transparence
démocratique,enéchelonnantleurréalisationsurladuréedumandat.
Il s?agit aujourd?hui de maintenir la capacité d?investissement et de
s?entendre avec l?Etat sur les investissements à réaliser dans le cadre des
contratsplansEtatrégion.Lavisibilitébudgétairedoitêtreclarifiée.Quoiqu?il
en soit, il faut avancer. LesAd?APdevrontdoncêtre passésen tempseten
heure. Il risque en revanche d?apparaître un phénomène d?engorgement, car
toutes les autorités existantes risquent de soumettre leurs Ad?AP
simultanément. De ce fait, l?ordonnance devra aménager des dispositions
fonctionnelles, tout en se montrant réceptive aux demandes de dérogation,
d?expertisecontradictoireoud?implicationdesassociations représentativesde
personneshandicapées.C?estdanscetétatd?espritquesetrouvel?association
d?élusdeM.PORTIER.
45
Mme PROSTCOLETTA retient de cette intervention la nécessité de
disposer d?un outil qui intègre la programmation. Il s?agit là de la principale
avancée par rapport à la loi de 2005. Cet outil permettra de traiter les
patrimoinesdansuneprogrammationàlafoistechniqueetfinancière.
AnneCLERC
DirectricedesRelationsinstitutionnellesduGroupeACCOR
Mme PROSTCOLETTA se tourne ensuite vers Mme CLERC, qui
représente lesecteurde l?hôtellerieetde la restauration,secteurquin?affiche
probablement pas la meilleure réputation dans le domaine de la mise en
accessibilité.Acejour,toutefois,ilsembleavoirprislamesuredel?enjeu.
MmeCLERCreconnaîtque lesecteurdescafés,hôtels, restaurantsetdu
mondedelanuitqu?ellereprésenten?apastoujoursétélemeilleurélèvedans
le domaine de l?accessibilité. L?échéance de 2015 a néanmoins été perçue
commeunealarme,etleGouvernementaeuraisondenepaslaisserretomber
cet élan. Quoi qu?il en soit, certains éléments de réputation restent à
rééquilibrer.Elle tient toutd?abordà rappelerqu?il n?apparaît aucunedifficulté
de mise en accessibilité dans les bâtiments neufs. La problématique qui se
poseconcernelarénovation,80%desbâtimentsétantantérieursauxannées
70.Lesecteurdel?hôtellerieetdelarestaurations?estparailleursmontrétrès
favorableauxtravauxquiontétélancés.Eneffet,lesystèmedesdérogations
envigueurjusqu'àprésentresteunsystèmenonvertueux,carunedérogation
s?apparentaitàunedispensepérenned?accessibilité.LesAd?APcorrigerontce
point.
En outre, Mme CLERC tient à souligner que son secteur a soutenu le
caractère volontaire desAd?AP. La profession aégalement soutenuet validé
les sanctions financières, signe de son engagement en faveur des Ad?AP.
Grâce au travail du Parlement, les Ad?AP ne seront plus un simple
engagement.Ilspourrontdébouchersurdessanctions.L?équilibreraisonné,qui
avaitprévalujusquelà,n?adoncpasétéretenu.Ilfaudras?enaccommoder.
Mme CLERC souligne en tout cas que la profession respectera le
consensus atteint avec les représentants des personnes handicapées. La
confiance s?est renforcée à ce niveau. Les travaux déjà engagés seront
poursuivis, pour tous types de handicap. Même si les échanges de ce jour
restent théoriques, ilssont toujours trèsconcretssur le terrain,aucentimètre
près.Dece fait, ilmanqueencoreunevéritableexpertisepourcertains types
dehandicapafindefaireprogresserl?accessibilité.
Mme CLERC souligne de surcroît que tous les acteurs économiques
partagent l?objectif de la loi, qu?il s?agisse de celle de 2005 ou de celle qui
sortira pendant l?été. Il faut néanmoins faire preuve de pragmatisme, en
s?écartant d?une application trop mécanique des normes et des textes
réglementaires.C?esteneffetcetteapplicationtropréglementairequicausele
plusdedifficultés.Aprèsuntravailsurl?ordonnance,laphasequis?ouvresera
bienplusconcrète.Lestravauxsesontengagésdemanièretripartite,entreles
professionnels, l?administration et les représentants des associations de
46
personneshandicapées.Ilfautquecefonctionnementperdureencoredansla
dernièrephase.
Pourinformation,unbistrotierrépondtropsouventqu?ilnesaitpascequ?il
lui incombe de réaliser dans son commerce. Audelà du Parlement et du
Gouvernement, il faut tenir compte de la réalité concrète de l?application des
règles et des textes. Il n?est pas toujours facile de partager une lecture
commune.
MmePROSTCOLETTA indiquequ?il convenait d?abordde réunir tous les
acteurs,avantdeporterlabonneparoledanslesdifférentssecteurs.Tousles
intervenants se sont engagés en ce sens, pour que lemessage puisse être
portéparlesservicesdel?Etat,maisaussiparlesprofessionnels.
Mme CLERC pense que le travail, aussi bien celui qui a été conduit
préalablementàlaloide2005queceluiquiaétéengagécesdernierstemps,a
permisderenforcer lamaturitéet lacompréhensiondetous.Laformationya
également fortement contribué. C?est pour cette raison que Mme CLERC a
souhaitéque lessujetsdeformationnesoientpasnégligés,car lesdifférents
typesdehandicapdoiventêtremieuxcomprispar lespersonnels,commepar
lesmembresdumondedubâtimentoulesopérateurs.Aprèssixansdetravail,
les points à déverrouiller en priorité pour assurer des avancées rapides et
efficacessontclairementidentifiés.
Mme PROSTCOLETTA note qu?il a fallu attendre dix ans pour que
l?inconscientcollectifs?ouvre.M.GARCIAestdesoncôtérevenusurlesAd?AP
obligatoires.S?agitild?unevictoire?
M. GARCIA le confirme. Sans contraintes ou sanctions financières, la loi
n?est guère appliquée. L?emploi des personnes en situation de handicap en
témoigne: il tarde à progresser sans sanctions. Il en va de même pour la
parité. Ces sujets confirment combien l?application stricte des textes doit
prévaloir.Mêmes?ilnefautpasdresserlesacteurslesunscontrelesautres,il
estimportantderappelerqu?unesimplemarchecorrespondàelleseuleàune
exclusion totale.M.GARCIAcitealors l?exempledu film Intouchables,auquel
desspectateursensituationdehandicapn?ontpaspuaccéderetontdûrentrer
chez eux sans l?avoir vu, parce que leur cinéma présentait une marche à
l?entrée. Ces personnes avaient pourtant le droit d?aller au cinéma. Il faut
avancer ensemble et le dispositif législatif doit permettre ces avancées. Il
conviendraenfindefairepreuvedevigilanceetdepugnacité.
Mme CLERC prend acte du caractère obligatoire des Ad?AP. Le monde
professionnelavaitaccepté lessanctions financières,cequiprouvesabonne
volonté. Il faut ensuite bien s?entendre sur la définition de la marche en
question.
Mme PROSTCOLETTA souligne que les dispositions techniques seront
étudiéesdansuneautreréunion.
47
JeanMarieROUECHE
DirecteurArchitectureTechniqueetdesTravauxauxGaleriesLafayette
Mme PROSTCOLETTA se tourne ensuite vers M. ROUECHE, dont
l?approchefaitpreuvedepragmatisme.Ledispositifd?Ad?APestiladaptéàson
secteur?
M.ROUECHE rappelle qu?il est directeur techniqued?un grandgroupede
distribution présent dans 500magasins en France. Sa Direction souhaitait à
toutprixrespecterlaloi,maislecoûtdelarénovationetdelamiseauxnormes
des 500magasins a été chiffré à 135millions d?euros. Il a fallu trouver une
solution concrète et réaliste, et c?est pour cette raison qu?il s?est beaucoup
impliquédans lesgroupesde travail.En réduisant les largeursdesalléesau
niveau acté lors de la concertation animée par Mme PROSTCOLETTA,
l?investissement a pu être réduit à 15millions d?euros. Tout est alors devenu
possible. 300magasins ontalors étémisaux normesentre 2011et 2013, et
150autresbénéficierontde travauxen2014.Au final, la totalitéduparcsera
accessible, dans une accessibilité raisonnée. Lesmarches à l?entrée ont été
suppriméeset tous lesaménagements intérieursontétéconduits,saufcequi
coûtait le plus cher. Il ne restera en fin d?année 2014 qu?à poser quarante
ascenseurs sur l?ensemble du parc. Le délai des Ad?AP sera bien utile pour
finalisercesinstallations,carellesapparaissentparticulièrementcomplexes.
Au fond, ils?agissaitdesemettreauservicedespersonneshandicapées,
des personnesâgéesayant dumalà se déplaceroudesmamansavecdes
poussettes.
Enfin, nombre d?enseignes ont certes commencé à mettre leurs
établissementsauxnormes,etc?estsurtoutvisàvisdespetitscommercesde
proximitéqueM.ROUECHEexprimeuneviveinquiétude.
Mme PROSTCOLETTA confirme que les grandes chaînes et les grands
magasinsseplacentenordredemarchesurlalignequiaététracée.Uneffort
doit ensuite être consenti s?agissant des petits commerces.Même si le taux
d?accessibilitéatteint80%danslespharmacies,cetauxresteinsuffisantpour
lesautrescommerces.
AlainTRICON
DirecteurDivisionAccessibilitéduGroupeACCEO
MmePROSTCOLETTAsetourneversM.TRICON.Seseffectifsserontils
suffisantspouraccompagnerlesAd?APobligatoires?
En tant quemembre d?un bureau d?études et d?accessibilité,
M.TRICON considère l?Ad?AP comme le fameux maillon
manquantentrelediagnosticet lamiseenoeuvredestravaux.Il
espèrequesonlancementmettrafinàlapérioded?attentismequi
s?estobservée.
48
Ilnoteensuitequ?ilabeaucoupétéquestiondescollectivitésterritorialeset
du secteur public. Il souhaite donc traiter maintenant du commerce de
proximité, sachant que le secteur privé représente une maîtrise d?ouvrage
importante.Unpetitcommerçant,ERP5isolé,devraitparveniràorganiserses
travauxviaunCERFAtrèssimplifié.L?outilseraalorsparfaitementadapté.En
revanche, lesmaîtresd?ouvrage responsablesd?unpatrimoineplus important,
publicouprivé,s?interrogerontsurleurscapacitésàengagerleursAd?APseuls.
Peutêtresouhaiterontilssetournerversunprestataireextérieurouunbureau
d?étudesspécialisé. Ilsenauront lechoixetcettesolutionestsatisfaisante. Il
faudra en tout cas éviter les erreurs commises par le passé, qui ont pu
déboucher sur un travail non conforme aux besoins desmaîtres d?ouvrages.
Certains ont en effet reçu des diagnostics qui n?étaient pas suffisamment
exploitables.
M.TRICON ignore si les bureauxd?étude sont suffisammentnombreux. Il
faudraentoutcasêtrevigilantsurlacompétencedesprestataires.Ilsdevront
afficher une compétence propre à l?accessibilité, mais aussi à la capacité
d?animation, car la phase de concertation sera importante. Il doute d?ailleurs
qu?ungrandréseaubancairesoitdisposéàsetournerversdesassociationsde
personnes handicapées. Il sera donc nécessaire de s?appuyer sur un cahier
deschargesetuneméthodologieprécis,pourparveniràdeslivrablesdétaillés
etunevraieprogrammation.Ilnes?agitpasuniquementdebénéficierdudélai
detrois,sixouneufans.
MmePROSTCOLETTAconfirmequelesAd?APdevrontêtredequalité,ce
qui renvoieà la capacitédegestionde lamassedesdossiers.Laqualitédu
projetstratégiquerevêtiraunrôleessentiel.
Desquestionsontailleursétéposéessur lesconséquencesde laréforme
territoriale. L?ARF craint à ce sujet de récupérer les missions que les
départementsn?ontpasengagées.
M. PORTIER confirme qu?il ne faudra pas tétaniser l?action publique.
L?important resteradenepasdémembrer les régions.C?estpourcette raison
qu?ilestprévude lesassemblerpardeuxou trois.Les transports interurbains
pourraient de plus revenir aux départements àmoyen terme, ce qui pourrait
générer un désinvestissement. Il convient de s?assurer que les réformes
n?entraînent pas de sousinvestissement ou un effet de déshérence de
certainespolitiques.
L?intercommunalité évoluera également fortement. Il rappelle que plus de
600intercommunalitésontdéjàfusionné.LePrésidentdelaRépubliqueafixé
leur seuil à 20000habitants, ce qui correspond aux trois quarts des
intercommunalités.Enfin, ilnefaudraitpasquelesAd?APsoientrejetés,sous
prétextequelesévolutionssousdeuxanssontinconnues.
Ilconvientdoncdedéfinirunemissiond?appuientermesd?ingénierie,mais
elle pourrait connaître une dérive inflationniste. Il faut en outre budgéter
correctementlestravaux,sachantqu?ilnepeutpasêtreimposédanslapériode
actuelle aux collectivités territoriales d?augmenter les impôts. Les citoyens
restent extrêmement sensibles à la fiscalité locale, qui est d?ailleurs devenue
totalementinjusteetpeutpesersurlesménagesmodestes.Ils?agiradoncde
bienestimerlescoûtsdetravauxetdetrouverdessolutionspourlesmaîtrises
49
d?ouvrage très complexes, peutêtre en groupant les commandes, via des
appuis dans les communes et sur la base de comparatifs. Les
intercommunalités proposeront des solutions à ce niveau. La banque de
donnéesdesbonnespratiquesrevêtiraparailleursuneimportancecapitale.La
réformedoitdoncêtreconduite,maisilfaudras?assurerquesamiseenoeuvre
estsatisfaisante.
Mme PROSTCOLETTA confirme que les chantiers et les attentes sont
nombreuxdansledomainedel?accessibilité.
BenoîtCHAUVIN
ResponsablePôle technologie des transports et accessibilité auGroupement
desAutoritésResponsablesdesTransports?GART
Mme PROSTCOLETTA souligne que la volonté de
mutualisation et le regroupement des collectivités locales
devraient être très porteurs au niveau du transport. Mme
PROSTCOLETTA cède la parole à M.CHAUVIN. Quand
MmeCAMPIONarendusonrapport,elleasoulignéqu?une
disposition similaire auxAd?APétait nécessaire dans le secteur du transport,
maisquelesacteursn?étaientpasdisposésàl?accepter.Qu?enestil?
M.CHAUVINrépondquelesacteursdutransportsontdisposésànégocier
et sont même très intéressés. L?analyse du rapport de la sénatrice montre
d?ailleurs que certains AOT ont déjà conçu des SDA. Même si la capacité
technique et financière de réaliser tous les travaux peut manquer, leur
continuitéet leurfinalisationontétéplanifiéesjusqu?àl?après2015.Lesdélais
neserontcertespasrespectés,maisl?enviederéaliserl?accessibilitéestréelle,
carelleseulepermettra lamobilitédescitoyens français.Sansmobilité, ilest
difficiled?allercherchersonpain,deserendreaucinémaoumêmed?avoirune
vie sociale. L?ensemble des responsables des autorités organisatrices de
transportenaconscience.Ilsontsimplementsoulignéladifficultéderespecter
lesdélaisfixés,notammentauniveaudelacapacitédel?ingénierieàrépondre
auxinjonctions.DesSDAdemauvaisequalitéontenoutrepuêtreproduits.
L?ensemble des acteurs du transport et des autorités organisatrices de
transportfontdoncfaceàdesdifficultésd?ampleur,etcesdifficultésnefontque
croîtreens?éloignantdesgrandesvilles. Il apparaît au final assezdifficilede
proposer un service public de qualité en prenant en compte l?ensemble des
handicaps,notammentquandseulunvéhiculedeneufplacesestproposéet
qu?il doit être accessible aux personnes à motricité réduite, aux personnes
malvoyantes,auxpersonnesayantdesdifficultésauditivesouauxpersonnes
ayant des difficultés cognitives. M.CHAUVIN précise de surcroît que la
réglementation interditauchauffeurdequittersaplacepourporterassistance
aux usagers. Pour autant, il doute qu?il soit possible de prévoir la présence
d?unepersonneaccompagnante.
S?agissantde lanotiondeSDA,undocumentacertesétéproduit,mais il
faudrait le compléter encore pour parvenir à un résultat d?accessibilité
complète.
50
MmePROSTCOLETTAsoulignequedesformationssontprévuesdansles
SD?AP.Elledemandeensuitesileschauffeurssontformés.
M.CHAUVINrappellequelesautoritésorganisatricesdetransportsontles
donneursd?ordrequiconstruisentleréseauetlemaillage,avantdedéléguerle
service. Il a pourtant été demandé que les autorités organisatrices prévoient
des formationspourque lesbesoinset l?accompagnementdespersonnesen
situationdehandicapsoientcouverts.
Mme PROSTCOLETTA indique que la qualité du cahier des charges
apparaîtcommeunfacteurdéterminant.Quantaupointdelaformation,ilsera
couvert par le dispositif législatif. Elle demande à M.GARCIA s?il s?agit d?un
pointquiesttrèsattendu.
M. GARCIA le confirme. Il faut également recueillir les besoins des
personnesensituationdehandicap.S?ils?agitavant toutdebâtirunesociété
inclusiveetdepermettredesdéplacementslibrespourtous,ilconviendraalors
de lever encore de nombreux freins conscients, inconscients, volontaires ou
non. En tout état de cause, le noeud du sujet ne doit pas être oublié: les
personnesensituationdehandicapsontexcluespartout.Ilfautyréfléchiravec
intelligence et organisation, en respectant les finances du pays. En France,
certainscitoyensn?ontpaslamêmequalitédevieoulesmêmesdroitsqueles
autres. Des commentaires sur le caractère inclusif de la société continuent
pourtantàêtreformulés.Cespersonnesdoiventappartenirdepleindroità la
société,danstouslessecteurs.Ilfaudraleconserveràl?espritunefoispassée
lafindumois,unefoisledispositifproduit.Ilarriveencoretropsouventqueles
obligations ou les droits de chacun soient oubliés, ce qui n?est pas tolérable
dansunesociétérépublicaine.
MmePROSTCOLETTA remercieM.GARCIAd?avoir replacé lapersonne
au coeur des débats. M. LE DIVENAH a rappelé que les interlocuteurs des
quatrièmes Assises étaient moins nombreux et n?étaient en outre pas les
mêmesquecejour.
Aujourd?hui,MmePROSTCOLETTAa invité laBanquepopulaireCaisses
d'épargne.C?estlapremièrefoisqu?unbanquiers?intéresseàlaproblématique
del?accessibilité.Sonreprésentantconfirmeraqueleregardsurlesujetchange
etqued?autresacteursauparavantabsentscommencentà intervenir.Elle se
tourneversM.ONIGAetl?interrogesursesactions.
FranckONIGA
DirecteurdesMarchésEntreprisesetProfessionnelsdeBPCE
M.ONIGA indique que lesBanques populaires joueront leur
rôle sur la question de l?accessibilité, qui est une véritable
question de société. De plus, elles ne se limiteront pas au
financement,sachantque lesBanquespopulairesont lachance
de compter 1million de clients professionnels. Un commerçant
surquatreestclientdesabanque.
Les interrogations des professionnels visàvis de
l?accessibilité datent de la loi de 2005. Elles restent extrêmement pratiques
51
(coût des travaux, travaux à réaliser, possibilité d?accompagnement,
financement des travaux, etc.). Une réponse globale doit leur être apportée.
Pour cela, les clientsprofessionnels bénéficient de l?aidedediagnostiqueurs,
de financeurs, de certificateurs, d?artisans. En parallèle, ils doivent bien
évidemment traiter aussi les contraintes de leur carnet de commandes et de
leuractivité.
Il convient donc de proposer une démarche simple, du diagnostic à la
certificationenpassantparlefinancement.Leclientprofessionnelpourraalors
se tourner vers les 3330points de vente Banque Populaire, qui sont
aujourd?huipresquetousaccessibles.L?équipeduditpointdeventeproposera
la production du diagnostic d?accessibilité et apportera un soutien dans la
rédaction des Ad?AP, via Handiag. Il sera ensuite mis en relation avec les
artisanslabellisésHandibat.Labanqueproposeraenfinunfinancementdédié,
sans qu?il ne soit nécessaire de fournir de caution personnelle (jusqu?à
50000euros), en partenariat avec le Fonds européen d?investissement. Ces
travaux pourront dès lors être certifiés. Pour rappel, rendre accessible son
commercepermetaussideleremettreaugoûtdujour.Ladémarchedoitdonc
être appréciée positivement et les 3330agences doivent être des relais de
cettedémarche.
Cettedémarcheglobalemobiliserajusqu?à450millionsd?eurosparan.Une
décision vient d?être prise en ce sens. Elle est déjà relayée sur le site
ouvrezvosportes.fr, où elle fait l?objet d?une présentation. Ce site permet aux
clients et prospects de prendre contact avec la Banque pour lancer ce
dispositif.
Mme CLERC se montre très intéressée par cette offre, en particulier à
destinationdesindépendantsetdespetitsétablissements.
Mme PROSTCOLETTA demande si ce travail a été engagé avec
l?associationdepersonneshandicapéesGIHP.
M. ONIGA le confirme. Il était indispensable de se tourner vers des
intervenantsdirectement concernéspar le sujet.Deplus, ils restent présents
dansledispositif,quicommenceàêtredéployé,pardesvisitesdesCCIetdes
chambresdemétiers.Unimmensetravaildepédagogieestégalementconduit
visàvis des 6000conseillers de clientèle professionnelle, car la thématique
restecomplexe.
MmePROSTCOLETTAtrouvelouablequ?unbanquieracceptedeprêterde
l?argentsanscautionpersonnelle
52
Questionsdelasalle
M.HEYRMAN fait ensuite part de questions et remarques de participants
desAssises.Certainsontsoulignéquenombred?hôtelsetrestaurantsn?étaient
toujourspasaccessibles.Ilsleregrettent.Ilsregrettentégalementl?implication
tropfaibledel?hôtelleriedanslalabellisationTourisme&Handicap.
MmePROSTCOLETTAétait sur lepointd?indiquerquecesecteurn?était
peutêtre pas le plus engagé des secteurs professionnels. Mme CLERC l?a
devancée.
Mme CLERC indique que le label Tourisme & Handicap existe depuis
plusieursannées.Asacréation,beaucoupd?hôtelsl?ontadopté,dontlegroupe
Accor. Cette démarche s?est révélée assez précurseur et a nécessité de
nombreux investissements. Il est vrai qu?il reste plus difficile pour un
indépendantquepourungrandgroupederecherchercettelabellisation,carun
groupepeutdéléguerdescollaborateursàcettetâche.Quoiqu?ilensoit,ilest
apparu rapidement pour des raisons strictement budgétaires que
nvestissementhumainentempspassérestaitmalcomprisparleclient,dufait
d?une insuffisante notoriété du label. Cette raison est assez triste. Le travail
pourraitnéanmoinsêtreréactivé,avecdenouveauxmoyens.
Deshôtels, restaurantsetcafésnesonteffectivementpasaccessibles.La
grande majorité du parc est un parc ancien, dont la mise en accessibilité
nécessiteunerénovation.Orlesecteurestsinistré.Unhôtelfermeparjouren
Francedu fait dedifficultés économiques.Beaucoupd?hôtels ne sont pas en
capacitédeprocéderauxmisesauxnormesquis?imposent, leparcétanttrès
vieillissant.Laprofessionrestenéanmoinsmobiliséeetlaprisedeconscience
a largement progressé. Les représentants des personnes handicapées le
reconnaissent,notammentauregardduvieillissementde lapopulationetdes
formationsquiontdéjàétéconduites.MmeCLERCexprimedoncuneposition
trèspositive.
Il demeure que les sanitaires de nombreux cafés, en soussol, sont et
resteront inaccessibles. Il semble difficile de progresser à ce niveau sans
passerparlaconstructiond?établissementsneufs.
53
MmePROSTCOLETTAprécisequel?objectifdestravauxconduitsvisaità
redonner la parole à chacun, en vue d?une prise de conscience collective
autour des besoins d?accessibilité. Ces travaux étaient nécessaires pour
développeruneculture communeetaller de l?avant. Lesacteursprésents ce
jour ont tous contribué à l?évolution desmentalités dans leur secteur. Il faut
continueràengagerdesactionspourtoujoursprogresser.
MmePROSTCOLETTAad?ailleursnotéquechaqueintervenantprévoyait
deporterlabonneparoledanssonsecteur.
M.HEYRMAN relaie une interrogation d?une personne de la salle
concernant le secteur des commerçants et des professionnels de santé. Les
participants demandent quelles actions de mobilisation pourraient être
envisagées.
Unautreparticipants?étonneensuitedel?ouverturedecertainsrestaurants
dans des «coquilles vides» non accessibles. Comment des permis de
conduire ontils pu être délivrés alors que la réglementation n?était pas
respectée?
Mme CLERC estime que les dérogations sont la cause du non
développementdel?accessibilité.LesAd?APinterviendrontàpointnommépour
permettredetrouverdesmoyensd?ouvrirpluslargementl?accessibilité.
MmePROSTCOLETTArappelletoutd?abordqueletravaildesimplification
quiaétéconduit?etquineconstituepaslecoeurdestravauxdecejour?a
étépartagédanscertainesdesesdimensions.Lesacteurspourrontdésormais
travailleravecplusdesouplesse.Laquestiondelasimplemarchequibloqueà
elleseule l?accèsdespersonneshandicapéesenfaitpartie.Lamiseenplace
derampesamoviblespermettradéjàdesimplifiergrandementleproblème.De
lamêmemanière,un travailaportésur lesélévateurs,pourqu?ilspermettent
danscertainsERPd?apporterlaréponsed?accessibilitéattendue.Enoutre,les
portes d?accès exclusivement réservées aux personnes handicapées étaient
jusqu?àprésentinterdites.Apartirdelapublicationdelafindumoisdejuillet,
toutes les portes pourront être ouvertes à tous. Les lieux à topographie
compliquéepourrontdonceuxaussiêtreinscritsdansledispositif.
Mme CLERC reconnaît que le travail conduit avec les associations
représentant les personnes handicapées a permis de lever de nombreuses
complexités.
MmePROSTCOLETTAajoutequec?est lePremierMinistrequi apermis
l?ouvertureduchantier.Cettevolontépolitiqueaimpulséunsecondsouffleàla
politiqued?accessibilité.
M.HEYRMAN indique ensuite qu?une personne de la salle a posé une
questionsurl?élaborationdel?Ad?AP:fautilunAd?APpardépartement?Aqui
doitilêtreadresséetsousquelleforme?
MmePROSTCOLETTAsoulignequedenombreuxéchangesontportélors
de la concertation, puis dans les services de l?Etat, sur les Ad?AP supra
départementaux. Chaque Ad?AP supradépartemental devra être préparé,
déposéetvalidéauprèsdupréfetdudépartementsiègedelastructure.Ils?agit
d?un point essentiel pour les patrimoines importants. Pour information, cette
simplification n?allait pas de soi aumoment des échanges.Chaquepréfet de
54
département assurera ensuite un suivi. La structuration de l?Ad?AP intégrera
donctouslesélémentsstratégiques,ainsiqueleurdéclinaisonparthématique
ouparsecteurgéographique.Surtout,l?Ad?APlisteralesétablissementsprisen
chargeparannéeet lescoûtsdes travaux,pardépartement.L?approchesera
donclamêmepourtouslespréfets.
M.HEYRMAN annonce ensuite qu?une autre question a porté sur
l?élaboration de l?Ad?AP, et sur l?expertise publique ou privée mobilisée ou
mobilisableparlesmaîtresd?ouvrage.Cesorganismesdevrontilsêtrehabilités
ou accrédités? Une association pourraitelle accompagner une collectivité
territoriale en tant qu?expert technique? Une autre question a eu trait à la
qualificationdesarchitectesetdesmaîtresd?oeuvreenmatièred?accessibilité.
Mme PROSTCOLETTA souligne que des débats se sont tenus sur
l?habilitationoul?accréditation,tantpourlesdiagnosticsquepourlescontrôles
destravauxsoumisàpermisdeconstruire.Ilestapparuimpossibled?inclurece
pointdanslecadredudispositif.Ilseraimpossibleendouzemoisdemonterun
dispositifd?accréditation.Dèslors,elleinterrogeM.TRICONsurlamanièrede
sepositionnerdansledispositif.
Si aucune exigence n?est formulée par le législateur,M. TRICON indique
qu?il suffiradevérifier les compétencessur les sujetsde l?accessibilitéou les
référencessur les thématiquessimilairesdeprogrammation.Lescontrôlesde
référence sont une procédure assez courante. Quant à la manière dont le
cahier des charges sera formulé, il ne faut pas se limiter à un cahier des
chargestype.Touslesélémentsattendusdoiventêtreprécisés,etnotamment
lescritèresapplicables.Parailleurs,uneassociationquiauraitdéveloppéune
certaine expertise pourrait tout à fait accompagner des maîtres d?ouvrages
publicsouprivés.Bienévidemment,ilfaudrafairepreuvedevigilance.
La concomitance des textes entre l?Ad?AP et l?évolution normative est
fondamentale. L?Ad?AP repose en effet sur des travaux, un budget et un
planning. Si l?estimation budgétaire est fausse, toute la programmation
s?effondrera. Il faudra alors recaler les budgets des travaux et, pour cela,
disposer suffisamment tôt des textes sur l?évolution normative.C?est dans ce
contextequ?ilaétéproposédesystématiserlesrèglesd?atténuation,sansavoir
à justifier la contrainte structurelle pour certains maîtres d?ouvrages, ce qui
pourraitpermettrederéaliserdeséconomiesde20%à40%.M.TRICONcite
alorsl?exempledesportesde80centimètresdelargedansunmurnonporteur,
qui devraient être élargies à 90centimètres en appliquant strictement la
réglementation.Si l?adaptationprévueétaitretenue,cesportespourraientêtre
maintenuesen l?état.Pourchacunedesportesconcernéesd?uncollège,d?un
lycée ou d?une banque (dans les fameux bureaux conseillers), l?économie à
l?unitépourraitatteindre1000à4000euros.Touscesélémentsdoiventêtre
prisencomptedansl?élaborationdubudgetAd?AP.
55
M.HEYRMANsoumetauxmembresdelatableunenouvellequestiondela
salle: existetil un cahier des charges type pour sélectionner un bureau
d?étude intervenant en accompagnement dans l?élaboration de l?Ad?AP? Un
cahierdeschargestypespourraitilêtrefourni?
M. TRICON indique que son service de veille a trouvé sur Internet trois
cahiers des charges types de trèsmauvaise qualité. Il reste pour sa part un
fervent défenseur des garanties de résultat, tout comme il en existe pour un
architecteembauchépour construireunepiscine. Il s?agit au final de fairede
l?Ad?APunoutilprogrammé,dansunevraiestratégiepatrimoniale.LeCERTU
engaged?ailleursàceniveauun travaild?envergure. Il fautdonc fairepreuve
d?exigence visàvis des prestataires, en définissant bien le périmètre de
mission. Ilnefautpasnonplusnégliger lagestionadministrativedesmaîtres
d?ouvrage supradépartementaux ou départementaux. Certains maîtres
d?ouvragerestentencoremaloutilléspouryfaireface.
Mme PROSTCOLETTA en convient. Il ne faut pas négliger la phase
administrative,toutenproposantunsystèmesimple.
M. TRICON précise que des cahiers des charges types peuvent être
trouvéssur Internet. Ils sontdepiètrequalité. Il adoncdécidéde rédigerun
cahierdeschargesamendableetmodifiable,destinéàposerdesjalonsdansle
niveaud?exigencedesprestations,pournepasreproduireleserreursde2007
et2008.
M.HEYRMANévoqueensuiteunequestionposéeausujet desmodalités
de la concertation, sachant qu?elle est réalisée avant le dépôt de l?Ad?AP. Il
faudrait donc qu?elle soit limitée aux habitants de la commune, car les
représentantsdepersonneshandicapéesrisquentdenepasêtrecapablesde
participeràtouslestravaux.
Mme PROSTCOLETTA a toujours mis en avant la concertation et les
associationsontellesmêmessoulignéqu?ilnefallaitpasperdretropdetemps
danscetteétape.Laconcertationservirasurtoutàceuxquil?appellentdeleurs
voeux.
Mme CLERC confirme que le choix de confronter les expériences et les
projetsesteffectivementlaisséàl?appréciationdesacteurs.Laconcertationest
apparueutile,maispaspourautantobligatoire.
MmePROSTCOLETTAprécisequ?il aété convenus?agissantdesAd?AP
transport qu?un comité serait constitué en vue d?une concertation obligatoire,
avantledépôtduSD?AP.
M.HEYRMAN indique qu?une personne de la salle s?interroge sur le
périmètre des ERP concernés par l?obligation de déposer un Ad?AP,
notamment lesmonumentshistoriques,ycomprisdans l?hôtellerie.Uneautre
question porte sur les communes de moins de 500habitants, qui seraient
exemptées d?obligation. En vatil de même pour les commerces et les
restaurants?
MmePROSTCOLETTAs?étonnedecettedernièreinterrogationetapporte
une réponse négative. Tous les ERP sont concernés, qu?ils relèvent des
56
monuments historiques, du secteur public ou du domaine privé. Chacun doit
contribuer,lepropriétairecommelegestionnaire.
Dans lescommunesdemoinsde500habitants, ilaétéactéparsoucide
pragmatisme que le plan de mise en accessibilité de la voirie et des
aménagementsdesespacespublicsnerevêtaitpeutêtrepasuneimportance
essentielleetdevenaitdecefaitnonobligatoire.Entoutcas,lescommunesqui
souhaitentenproduireunpeuventbienévidemment le faire.Lesdéputésont
enoutre rappeléque lespetitescommunespouvaientdéléguercette tâcheà
l?intercommunalité.
M.HEYRMAN annonce qu?un participant demande si les parcs et jardins
sontconcernésparledispositif.
Mme PROSTCOLETTA indique que les ERP restent la préoccupation
principale.Toutefois, les installationsouvertesaupublic(IOP)sontégalement
apparuesdignesd?intérêt.Ilasembléhorsdequestionqu?ellesnebénéficient
pasaussidecetoutil.
M.HEYRMANrelaieuneautrequestiondel?assistance,quiportesurlavie
des Ad?AP: en supposant que l?Ad?AP soit adopté et mis en oeuvre, qui
assurerasonsuivipériodiqueaucoursdesondéploiement?Desattestations
detravauxdevrontellesêtrecommuniquéesauxservicesdel?Etat?
MmePROSTCOLETTArépondquecespointsseront travaillés.Lepréfet
ne validera pas seul les Ad?AP. Les services de l?Etat seront mis à sa
disposition,avecl?appuidesCCDSA.
M.PORTIERsouhaite revenir sur plusieursquestions qui ont étéposées.
En premier lieu, les délais restent extrêmement courts. Il convient donc de
traiter la question du risque d?engorgement des commissions consultatives
départementales de sécurité et d?accessibilité en 2015. Après les étapes de
concertation et de mutualisation à une échelle adaptée comme
l?intercommunalité(quipermetd?impliquerdesassociationsreprésentativesde
personnes handicapées), il apparaît que les délais restent très serrés.
Certaines collectivités territoriales risquent donc de se retrouver en difficulté,
d?autant que d?importants renouvellements d?élus sont en cours. Certaines
personnesmorales,descollectivitésterritoriales,serontmisesàl?amendepour
n?avoir pas agi plus tôt, mais des personnes physiques seront certainement
misesencauseaussi,etcesnouvellespersonnesphysiquesdevrontassumer
lesretardsdeleursprédécesseurs. Il faudra lesavertirdès larentréequ?elles
devront prendre des délibérations. De plus, vu l?état d?affaiblissement des
servicesdéconcentrésdel?Etat, lacapacitétechnicoadministrativedesuiviet
d?animation de la CCDSA risque de poser problème. Il apparaît un risque
majeurdesaturationdelaCCDSAàl?été2015.Ilconvientdes?interrogersur
l?organisationquiestprévuepourparveniràgérercegoulotd?étranglement.
Mme PROSTCOLETTA confirme la pertinence de cette question. Elle
accepte l?aide des services des différents participants, d?autant que les élus
locauxpourrontenbénéficieraussi.L?important restededisposerd?Ad?APde
grandequalité,pouravanceraumieux.Acejour,l?Etatréfléchitàorganiserses
servicesetàlesrenforcer.Elleignoretoutefoissilesmoyensserontsuffisants,
ceci dans un contexte de réduction du nombre de fonctionnaires. La
57
restructurationactuelleviseentoutcasàtraiteraumieuxlesdossiersdéposés.
L?Etataprisunengagementmoralencesens.
M.HEYRMAN transmet une nouvelle question émanant de la salle: les
autoritésorganisatricesdetransportdoiventellesélaborerleurAd?AP?Quelle
estladifférenceentrelesanciensSDAetlesSDAAd?AP?
Parailleurs,pourquoiundélaidetroisansatilétéfixépourlestransports
urbains,desixanspourl?interurbainetdeneufanspourleferroviaire?
M.CHAUVIN souligne que les SDA Ad?AP sont l?outil qui permettra de
produireunevéritableprogrammation,autourdesnotionsdepositionnementde
délai, de positionnement des dérivations et de priorisation des travaux. Le
GARTad?ailleursmatérialisé cetteapprochedansun triangle, constituéd?un
côté de la sanction, de l?autre du délai et enfin de la dérogation.Un triangle
isocèle est bien évidemment attendu et ces trois problématiques forment le
SDA Ad?AP. Seule une date butoir avait été fixée dans le SDA, sans
programmationousanctionpournonrespect.
Pour information, le GART compte environ 280adhérents: 180autorités
organisatricesdetransporturbain,63départementset21régions.Lavisiondu
GARTduterritoirenationalauniveaudutransportapparaîtdoncassezsolide.
Ces adhérents ont été interrogés et il a été constaté que plusieurs outils
pouvaientêtreactionnéspourfinaliserlestravauxencours.Letroisièmeappel
à projets «transports en commun en site propre» permettra tout d?abord de
contribueraufinancementdeslignesstructurantes.Ilaégalementétéconstaté
quelestravauxdevraienttouspouvoirêtreachevéssoustroisans.C?estdans
ce contexte qu?une dérogation de deux ans supplémentaires avait été
demandéepour les intervenantsqui rencontraientdesdifficultés (ellen?apas
été retenuedans le cadrede lanégociation), pour lesnouveauxarrivantsou
pourceuxquicommencentàconstruireleurréseau.L?exempledel?intervenant
quiétaitjusqu?alorstotalementétrangerausecteuretàquiilaétédemandéde
créerunréseaudetransportdanslavilledeGuéretapparaîtàcetitretoutàfait
éloquent.Ilenaétédemêmepourl?interurbain.Uneévaluationaétéconduite
et la complexité de la problématique des points d?arrêt a été observée, ainsi
quelaproblématiquedurenouvellementdesmatériels.Eninterurbain,environ
4000véhiculessontproduitsparantandisque65000doiventêtreremplacés.
Danscecontexte,soit l?industriefrançaiseestdélaisséeetcesvéhiculessont
achetésàl?étranger,soitilestfaitappelauxindustriesfrançaises,enacceptant
undélaipermettantàcesindustriesdemonterenpuissance.
Laréflexionestlamêmedansledomaineferroviairerégional,avecl?appui
delaSNCFetdedifférentsacteurs.Peutêtrel?analyses?avéreratellefausse
etpeutêtreunedérogationd?unanseratellenécessaire,maisildemeureque
leSDAAd?APapportedéjàunecorrectiondesdéfautsdelapremièreloi.
MmePROSTCOLETTAnote quedenombreusesattenteset besoins ont
étéexprimésdurant leséchanges.Unéquilibrea finalementété trouvé,mais
defaçonunpeufragile.Dèslors,chacundevras?engagerpourconservercet
équilibre,d?autantqueledispositifintègreaussiunensembledecontraintes.
M. PORTIER souligne ensuite que de nouvelles communautés
d?agglomérationontétécréées.Certainesintercommunalitéstrèsrécentessont
58
devenues des autorités organisatrices de transport urbain. S?agissant des
schémas directeurs d?accessibilité des services de transport collectif, ils
auraient dû être finalisés depuis longtemps. Il n?apparaît pas pertinent
d?accorder des primes aux grands retardataires. Il faut au contraire qu?ils
consententàunrattrapage,toutenveillantàlaqualitédesschémasproduits.
S?agissantdelamiseenoeuvredecesschémas,uneconcertationauraitsans
doute été nécessaire plus tôt. Le chantier a finalement été relancé au tout
derniermoment.Pourrappel,certainesagglomérationsétaientsur lepointde
fermer certains de leurs 1200points d?arrêt. L?important à ce sujet reste de
s?engageraubonendroit, làoùexisteunusage,plutôtquedemettretousles
points d?arrêt en accessibilité. La concertation a alors permis de s?organiser
faceàcesagglomérationsquis?apprêtaientàfermerdespointsd?arrêt.Entout
cas, le SDA doit être produit rapidement, tout en accordant un délai aux
nouvellesagglomérationsquideviennentgestionnairesdetransport.LeGART
les accompagne d?ailleurs dans leur montée en compétence. Il est donc
pertinentdedistinguerlespositionsdebonnefoidespositionsdemauvaisefoi.
M.CHAUVINrejointcetteinterprétationetciteunrécentrapportquiachiffré
la dépense relative aux points d?arrêt à 15milliards d?euros pour les
départements, à5milliardsd?eurospour les zonesurbainesetà6,5milliards
d?eurospourlesgares.Ilendécouleunenécessairepriorisationdelamiseen
place des points d?arrêt, pour se concentrer sur les mises en accessibilité
réellement nécessaires et pour éviter que des AOT mal intentionnées
détournentlaloietfermentlespointsd?arrêt.Danscecadre,ilfautaussitenir
compte de l?élargissement des intercommunalités et de la croissance de
certaines communautés d?agglomération, qui passeront de 30 à plus de 50
communes.Or elles ne disposeront qued?un délai réduit pour s?acquitter les
travauxqui leur incombent.Ellesdevront trouverdessolutionspourproposer
unservicedetransportetunserviceauxusagers,danslesdélaisimpartis.De
laconcertationetdespriorisationsserontnécessaires.
M.GARCIAestimedesoncôtéqu?il faudraassurer leserviceaprèsvente
enserendantsurleterrain,notammentpourexpliquerl?intérêtdesAd?APetde
laloi.Orlespositionssurlenouveautexteneserontpastoutespositives.Sile
discours tenu sur le terrain parvient à impulser un réel dynamisme, alors la
mobilisationserabonne.Enrevanche,s?ilestexpliquéqu?unenouvelleloisera
nécessaire, les difficultés se multiplieront. Il conviendra donc de mobiliser
correctementlesénergies.Danslessemainesàvenir,ilfaudraserendresurle
terrain et rencontrer des acteurs des transports, de l?hôtellerie, du petit
commerce, du monde associatif ou des élus. Le discours tenu devra être
convaincant,afindevaincrelesréticences.
Parailleurs,mêmesilenouveauregroupementdescommunessuscitedes
interrogations, leurs difficultés existaient déjà. Il convient donc avant tout de
conserver à l?esprit que le transport constitue un maillon essentiel pour la
personnehandicapéeafinqu?elledisposed?uneviesociale.Lesacteursdoivent
maintenir la même ligne de conduite, en soulignant que le succès peut être
atteintgrâceàlaloi.Ilsdevrontseprémunirdetoutdiscoursdémobilisateur.Si
la situationactuelleestaussi scandaleuse, c?est bienparceque les tâchesà
réaliserdepuisdenombreusesannéesn?ontpasétéengagées.
59
MmePROSTCOLETTAconfirmequ?ilfaudratenirundiscoursmobilisateur.
Ilestvrai,hélas,quelapressen?accompagneguèrecesprisesdeparole.
M.HEYRMANfaitpartd?unedemandedeprécisiond?unmembredupublic
surlespointsd?arrêtàrendreobligatoirementaccessibles.
MmePROSTCOLETTAindiquequecettequestionaétéétudiéelorsdela
concertation.ElleinterrogeM.CHAUVINsurlesaxesquiontétémisenavant.
M.CHAUVIN répond qu?une réflexion a porté sur les lignes structurantes,
qui sont les lignes qui connaissent un taux de fréquentation élevé sur
l?ensemble de la semaine. Une autre réflexion a concerné les lignes en site
propre. Ces lignes seront prioritaires. Feront aussi partie des priorités les
notionsdecentrebourgdesservipardeslignes,enurbainetpériurbain.
Mme PROSTCOLETTA demande ce qu?il en est des points les plus
générateursdedéplacements.
M.CHAUVIN confirme qu?ils font partie des axes prioritaires. Il s?agit des
pointsd?arrêt àdistancecohérented?unpôlegénérateurde transport (mairie,
impôts,centrescommerciaux,etc.).Ilestégalementtenucomptedessitesoù
les personnes handicapées sont nombreuses, comme les ESAT. Il ne s?agit
jamaisde longuesdistances. Ilvautmieuxprévoiruntransportspécifiqueaux
personnes à motricité réduite si 500mètres doivent être parcourus pour
rejoindreunpointd?arrêt.LePAM75intervientdanscegenredecasenrégion
parisienne.Ilseraitincohérentdedemanderàunepersonneàmotricitéréduite
deparcourirunedistancede200mètres.Aufond,ilnefautpasplacertousles
pointsd?arrêtenaccessibilitésicen?estpasnécessaire.Ilconvientavanttout
d?échangeretdetrouverlesmeilleurspointsd?arrêtàtraiter.Ilestpréférablede
se concentrer sur les 20% de cas qui satisferont 80% des utilisateurs à
mobilitéréduite.
Mme PROSTCOLETTA interroge ensuite M. GARCIA sur le transport
scolaire.
M.GARCIAconfirmequ?unenfantquinepeutrejoindresonécoleseramis
àl?écart.Lessolutionsquis?imposentpourpermettresontransportdevrontêtre
trouvées. Il est donc indispensable de bien mesurer les arrêts à mettre en
accessibilité.Enoutre,cetenfantseraitécartédesautresenfantssiunvéhicule
adaptéluiétaitsystématiquementproposé.
MmePROSTCOLETTAremercielesparticipantsàlatablerondeetcèdela
paroleàMmeNEUVILLE,secrétaired?Etatauxpersonneshandicapéesetàla
lutte contre l?exclusion,qui abeaucoupoeuvréauSénatet pendant lesdeux
dernièresnuitsàl?Assembléenationale.
60
Conclusiondelapremièrejournée
SégolèneNEUVILLE
Secrétaire d?Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre
l?ExclusionauprèsdelaministredesAffairessocialesetdelaSanté
I) Lesadaptationsencoursdelaloisurl?accessibilité
Mme NEUVILLE est heureuse de conclure cette journée de travail des
Assisesnationalesdel?accessibilité.Elleremerciel?ensembledesparticipants,
etenparticulierladélégationministérielleàl?accessibilité,ainsiqueleMinistère
de l?Ecologie, du Développement durable et de l?Energie et le Ministère du
Logement et de l?Egalité des territoires. Même si Mme NEUVILLE porte la
responsabilité de l?accessibilité en tant que Secrétaire d?Etat, la question
demeureinterministérielle.
Pour rappel, le texte est passé au Sénat il y a un mois et demi. Mme
CAMPION et M.SIRUGUE, qui ont tous deux participé à son élaboration,
étaientprésentscejouretontdresséunhistoriqueduprojet.
Il faudrait bien évidemment que l?accessibilité soit universelle au
1erjanvier2015. Tel est le souhait de tous. Le pragmatisme s?impose
malheureusement.Certes,deseffortsimportantsontétéconsentis.Certes,des
communes ont mis en oeuvre l?accessibilité universelle, tout comme divers
établissementsprivés.D?autres,enrevanche,nel?ontpasencorelancée,pour
différentes raisonscompliquées,notamment techniques,quiontpuempêcher
61
de produire un diagnostic pour les petits établissements privés. Il est vrai
d?ailleurs que les grandes villes peuvent plus facilement envisager
l?accessibilité,davantagequelespetites.
Cettehétérogénéitéseretrouvedanslabelleloide2005,quiconstituaitune
grande avancée. Pour la première fois, le droit à compensation et le droit à
l?adaptation de l?environnement ont été inscrits dans la loi. C?est en effet
l?environnementquicréelehandicap.Lesdécretsontensuiteprisdutempsà
être publiés et le suivi n?était malheureusement pas inscrit dans la loi. Mme
NEUVILLEledéplore.Ellecomprendcombiencettequestionrevêtunegrande
importance pour des centaines et des millions de personnes. Il est apparu
urgent d?agir.C?estde cette urgencequ?adécoulé la rédactiond?un nouveau
texte.
Les débats qui l?ont préparé au Sénat et à l?Assemblée nationale ont été
fournis. Pour rappel, ce texte est un texte d?habilitation, sachant qu?il revient
maintenantauGouvernementde rédiger les ordonnances.Bien évidemment,
l?ensemble des acteurs aura aussi participé à cette rédaction, car les textes
sonttousissusdelagrandeconcertationquiaeulieu,avecMmeCAMPIONet
laDéléguéeministérielleàl?accessibilité.
D?importantschangementsontétépassésdurantlesdébatsparlementaires.
Les Ad?AP qui étaient facultatifs sont devenus obligatoires à l?Assemblée
nationale. Quoi qu?il en soit, la loi de 2005 reste effective, même si aucun
Ad?AP n?est encore déposé. Les sanctions pénales de la loi de 2005
continueront à s?appliquer. Auparavant, la concertation avait estimé qu?une
démarchevolontaireétaitnécessairepours?inscriredansledépôtd?unAd?AP.
Lesdéputésontestiméqu?ilfallaitrendreledépôtdecedocumentobligatoire.
Dessanctionsadministrativesontdoncétéajoutées.Ellesnesontpasencore
totalement déterminées. Elles apparaîtront dans le texte de l?ordonnance et
prendrontlaformed?amendes,moinsélevéesquelessanctionspénalesdela
loide2005.Ledispositifadoncgagnéensouplesseetenpragmatisme.
Dans son esprit, le texte vise à l?accessibilité de tous, mais pas les uns
contrelesautres.C?estaussipourcetteraisonquedesAssisescommecelles
de ce jour sont importantes. Elles sont l?occasion pour différents milieux
d?échangeretdepartagersurleursdifficultés.Unélud?unterritoiresauramieux
se saisir de la problématique s?il a pris connaissance des difficultés d?une
personnehandicapée.Demême,unepersonnehandicapéequiauraconstaté
lesdifficultésdegestiond?unepetiteentreprise,unrestaurantparexemple,ou
d?unepetitecommune,contribueraaussiàl?avancéedel?accessibilité.
Mme NEUVILLE souhaite insister sur plusieurs points, en premier lieu le
suividutexte.LesERPbénéficierontd?unepériodedemiseenaccessibilitéde
unàtroisansetlesuiviprendradeuxformes.D?unepart,unsuivinationalse
mettraenplaceparlebiaisdel?Observatoireinterministérieldel'accessibilitéet
delaconceptionuniverselle,présidéparMmeCAMPION.D?autrepart,unsuivi
local sera assuré par les commissions consultatives départementales de
sécuritéetd?accessibilité,parlespréfetsetlesservices.Quelleformeprendra
cettedisposition?Unamendementaétéadoptéàsonsujetle11juin2014.Il
instaureuneobligationdesuiviàmiparcours,dèslorsquel?Ad?APdureraplus
de trois ans. Des sanctions financières correspondant à un pourcentage des
62
travauxquiauraientdûêtreengagéss?appliquerontégalement.Cessanctions
alimenteront le fonds pour l?accessibilité créé par la loi, qui sera géré par la
Caisse nationale de solidarité pour l?autonomie, laCNSA.Celleci alimentera
d?une part la recherche et l?innovation sur l?accessibilité, et d?autre part les
structuresendifficultédanslefinancementdeleurmiseenaccessibilité.
Un autre amendement du texte a porté sur la formation. Audelà de
l?accessibilité des bâtiments, qui reste déterminante, la formation des
personnelsquiaccueillentlepublicasembléfondamentale,enparticulierpour
certains handicaps comme le handicap mental. En accord avec l?Education
nationaleetlescentresdeformationdesapprentis,MmeNEUVILLEasouhaité
quecetteformationsoitrenforcée.Cetteorientationprendradutemps,mais il
était nécessaire de l?inscrire dans la loi pour garantir son efficacité. Il s?agit
d?unebelleavancée,votéeàl?unanimitédanslanuitdu11juinau12juin2014.
Après son passage au Sénat et à l?Assemblée, la Commission mixte
paritaire réunissant lesSénateurset lesDéputésdébattrade l?accessibilité la
semaineprochaine,avant levotedéfinitifdesdeuxassemblées,quiaura lieu
simultanément.
Une fois la rédaction de l?ordonnance achevée, elle sera soumise au
CNCPH, le conseil national consultatif des personnes handicapées. Ensuite,
MmeNEUVILLEvisitera laFrancepourexpliquer lesAd?AP.Elleneserapas
seule dans cette tâche. Une dizaine d?ambassadeurs seront recrutés dans
chaquedépartement,1000ambassadeursau total.Pendant leshuitmoisde
leur service civique, ces ambassadeurs expliqueront les Ad?AP aux acteurs
privésetpublics.
Par ailleurs, la rédaction du formulaire des Ad?AP interviendra
prochainement. Ce document restera simple. L?objectif n?est en effet pas de
remplirundossier,maisdes?assurerque lesbâtimentset les transportssont
rendus accessibles. Le dossier ne devra pas être un obstacle à la mise en
oeuvre de la réforme.MmeNEUVILLE a conscience que le remplissage des
dossierspeutconstituerunfreindansdenombreuxcas.
II) Lestravauxsurl?accessibilité
Audelà de la réforme, les travaux sur l?accessibilité sont nombreux, par
exempledans ledomaineélectoral. Lesuffrageuniversel enFrancea certes
étémisenplaceen1848,mais lesfemmesn?ontpuvoterqu?en1945.Quant
auxpersonnessous tutelle,ellesn?ont reçu ledroitdevotequ?en2009. Ilest
importantdesoulignerquel?accessibilitéporteaussisurdesdomainescomme
l?accèsà la citoyenneté.Pour autant, donner le droit de vote ne suffit pas. Il
restedifficilepourunepersonnemalvoyantedes?orienterdanslesbureauxde
vote.Lesdocumentsélectorauxnesontpassimplesetcompréhensiblespour
tous. Mme NEUVILLE a donc mandaté deux parlementaires pour qu?ils lui
soumettent des propositions, en vue de favoriser l?accessibilité dans ce
domaine.Cettemissions?achèveraenjuilletetprometd?êtreintéressante.
L?accessibilité reste donc un sujet essentiel. Elle a été traitée sur le plan
technique ce jour, mais il se situe aussi à la base de toutes les politiques
publiquesdestinéesauxpersonneshandicapées.L?accessibilitéc?estl?accèsà
63
l?école,àlaformationprofessionnelle,àl?emploi,auxloisirs,auxsportsouàla
culture, qui sont essentiels pour que la société soit une société vraiment
inclusive.
MmeNEUVILLEtientdoncàsepositionnercommeunferventdéfenseurde
l?accessibilité, pour qu?elle ne soit pas perçue comme une charge
supplémentaire. Elle sait bien que de nombreuses collectivités ou petites
entreprises rencontrent des difficultés, notamment face à la crise.
L?accessibilité constitue néanmoins un investissement d?avenir.
MmeNEUVILLErappellequelesecteurdel?accessibilitéconcerne12millions
de personnes. Quand un site est placé en accessibilité, ses visiteurs
augmententennombre.C?estaussipourcetteraisonqueMmeNEUVILLEse
rendra le 26juin 2014 avec Michel Sapin, Ministre des Finances et des
Comptespublics,àlasignatured?uneconventionaveclaCaissedesdépôtset
consignationsetBpifrance.Cetteconventiondonneradroitàdesprêtsbonifiés,
àdestauxavantageux,ausecteurpubliccommeausecteurprivé,enfaveurde
cesinvestissementsd?avenir.
Enfin, l?accessibilité reste une question d?égalité républicaine. C?est avant
toutpourcetteraisonqueMmeNEUVILLEetleGouvernementysontattachés.
Aprèslepassageduprojetdeloid?habilitationàl?AssembléeetauSénat,Mme
NEUVILLEsouhaitedoncque le travail continue,envuede lapublicationde
l?ordonnance,maisaussietsurtoutdusuividelaloi,quiafaitdéfautàcellede
2005.
Il fautfairebouger lasociétéetMmeNEUVILLEcraintdenepasyarriver
seule.Sansdoutelesassociationsdepersonneshandicapéesrépondrontelles
présentesàl?appel,maisilfautaussiquelesdéléguésàl?accessibilitédansles
collectivitésterritorialesettouslesautresacteursconcernéss?impliquent,pour
changer la donne. C?est le moment de s?engager et de faire évoluer les
mobilités.MmeNEUVILLEcomptesurchacundesparticipantsàcesAssises.
Mme PROSTCOLETTA remercie Mme la Ministre pour son intervention.
Elle rappelle que les trophées des belles réalisations dans le domaine de
l?accessibilitéserontremislelendemain.
64
Lesoutilsmisàdispositiondesacteurs
del?Accessibilité
MmeMariePROSTCOLETTA
Déléguéeministérielleàl?Accessibilité
Mme Marie PROSTCOLETTA salue
l?assembléeetouvreladeuxièmejournée
des Assises nationales de l?accessibilité.
EllerappellequelesAssisesonttraité, la
veille,delaquestiondel?actualité,avecla
ministreet deux rapporteursduprojet de
loid?habilitationauSénatetàl?Assemblée
nationale.
Il s?agit pour cette matinée d?entrer
danslesoutilsquipourraientpermettrede
mieux avancer enmatière d?accessibilité.
Depuis les dernières Assises, beaucoup
de travauxontétéréalisés: ilest logique
deprendreletempsdelesétudier.
La remise des trophées des bonnes
pratiquesetdesbonsusagesenmatière
d?accessibilité dans la cité est prévue en
findematinée.
MmeChristineLEROY
Directrice des Affaires techniques à l?Union des Syndicats de l?industrie
RoutièreFrançaise?USiRF
Mme Christine LEROY indique
que l?USiRF construit des
aménagements et fait évoluer la
voirie au service des maîtrises
d?ouvrage et des citoyens. Depuis
2008, l?USiRF accompagne
régulièrement la Délégation
ministérielle à l?Accessibilité, aux
côtésde l?Associationdes Ingénieurs
territoriaux de France, pour faire
reconnaître lesbonnespratiques, les
65
aménagementsréussisettoutcequipeutcontribueràfaireprogressertoutes
cesévolutions.Cettesessionapourambitiondeprésenteruncertainnombre
d?outils.
I)LesproductionsduCEREMA(Centred?étudesetd?expertisesur
lesrisques,l?environnement,lamobilitéetl?aménagement)
LaurentSABY
Chefdeprojetaccessibilité,CEREMA
M.LaurentSABYpriel?assembléedebienvouloirexcuserl?absencedeson
collègue Guy MARCHAND et se propose de faire la synthèse de ce qu?ils
auraient présenté à deux voix.GuyMARCHAND est plus spécifiquement en
charge d?un certain nombre de sujets sur la voirie et l?espace public. Si
certainesquestionstroppointuessurlesujetétaientposées,M.LaurentSABY
devras?excuseretrenvoyeràdesréponsesultérieures.
LeprogrammeVilleAccessibleàTous(VAT)duCEREMAdoitêtreunoutil
auservicedesacteursdel?accessibilité.
1) LacréationduCEREMA
Le Certu, les Cété (Centres d?études techniques de l?équipement), le
CetmefetleSetraontétéfusionnéspourformerleCEREMA.Cenesontplus
desservicesde l?État rattachésauxMinistères,maisunétablissementpublic
soustutelleconjointedesdeuxMinistèreshistoriques.
2) LesmissionsduCEREMA
Cecentrede ressources intervientenappuià laconception,à lamiseen
oeuvreetàl?évaluationdespolitiquespubliques,dansdesposturesdeconseil,
d?assistance à maîtrise d?ouvrage, d?étude, de contrôle, de recherche,
d?innovationexpérimentation,deveilletechnologique,d?expertise,etc.
3) LeCEREMAenquelqueschiffres
Les trois Directions techniques sont les trois anciens services techniques
nationaux(Certu, Setra, Cetmef). Le Certu est ainsi devenu la Direction
technique Territoires et Villes du CEREMA. Les huit Cété sont devenus huit
Directionsterritoriales.Leurspérimètresn?ontpasévolué.
Le CEREMA compte environ 3100 agents et représente donc un
établissement public important. Son implantation territoriale lui permet de
couvriràpeuprèstoutelaFrancedemanièreéquitable.
4) LeprogrammeVAT(VilleAccessibleàTous)
Ceprogrammeaétéinitiéen2001auseinduCertu.Saphilosophieétaitde
placerusagerset citoyensaucentredespréoccupationsde la villeet d?avoir
une approche très globale, obligeant à travailler en transversal sur différents
domainestechniques(voiriesetespacespublics,bâtiments,transports,etc.).
66
L?accent a été mis dès 2005 sur l?assistance aux différents acteurs de
l?accessibilitéausenshandicappour lamiseenoeuvrede la loidu11 février
2005.
5) Principalespublications2013
LeCertuétait unservicede l?«Étatéditeur». Il proposait notammentdes
fiches,ouvrages,CDRometsitesInternet.
Deux nouvelles fiches de la série «Les cheminements des personnes
malvoyantes: recommandations et retours d?expériences» sont sorties: la
fiche7portesurlaséparationdel?espacepiétonetdesvéhiculesetlafiche8
sur lerepéragedespassagespiétonssurchaussée.Cesdeuxficheset les6
précédentessonttéléchargeablesgratuitementsurlesitecatalogueenlignedu
CEREMA.
UnouvrageAccessibilitédestraverséespiétonnesauxpassagesàniveaua
étépubliéen2013.Ilestdisponibleencommandesurlesitecatalogue.
Unouvragesur la stratégiepatrimonialepour lamiseenaccessibilitédes
ERPestégalementparu.
Le CEREMA a également produit une fiche sur l?expérimentation
Inovaccess à Grenoble pour favoriser l?accessibilité de la chaîne de
déplacementetainsil?emploidespersonneshandicapées,avecunprogramme
mené conjointement par l?AGEFIPH, la ville de Grenoble, le FIPHFP et
différentspartenaires.Unlivreaétépubliéparl?AGEFIPHetuncolloqueaété
organiséenoctobre2013surlesujetàGrenoble.
LeCEREMAaégalementpubliédesfichesderésumé,parexempleautour
del?aménagementdesruescommerçantes.
Une fiche «Accessibilité des piscines: quelles spécificités ne pas
oublier?»aétéélaborée,ens?appuyantnotammentsurlesdossiersrecueillis
danslecadredurecueildesbonnespratiques20112012.
M. Laurent SABY propose un focus sur le document «Stratégie
patrimoniale»qui faitéchoà ladémarcheAd?AP.Différentesapprochessont
possiblespourprioriserlesactionsàl?échelled?unparc:
? Assurerlacontinuitédelachaînedudéplacement;
? Prendreencomptelesenjeuxspécifiquesauxdifférentsbâtiments;
? Optimiserl?efficacitédel?euroinvesti;
? Regrouper les travaux de même nature (allotissement, économies
d?échelles);
? Organiserlarépartitionterritorialedesservicesrendus.
Lesfacteursderéussitesontlessuivants:
? Mobiliserlesconnaissancesetlescompétences;
? Impliquerlesacteurspertinentspourassurerlelienetlaconcertation;
? Suivreetcommuniquerautourdesrésultats.
67
Lorsque des travaux demise en accessibilité doivent être prévus, il peut
s?agir:
? desolutionsorganisationnelles;
? d?actionsdeformation
? de saisir des opportunités offertes par d?autres travaux, voire par des
opérations globales permettant de favoriser l?accessibilité sur un bâtiment
donné;
? detravauxspécifiquesàl?accessibilité.
Le CEREMA a également beaucoup travaillé, en 2013, sur les autres
handicaps que ceux qui avaient été traités par le passé, notamment les
handicapsmental,cognitifetpsychique,parentspauvresdelaloi.Deuxfiches
ontétéproduites:
? unefichegénériquesurceshandicaps;
? une fichedecassur la réhabilitationdustadeGeoffroyGuichardàSaint
Étienne,pour laquelleun travail spécifiqueaétéeffectué,enconcertation
aveclesassociationslocales,surlesquestionsdehandicapmental.
290personnessesont inscritesà la journéeorganiséepar leCEREMAle
28novembre2013àLyon.Cette journéeaété l?occasiondeconstaterqu?en
termesd?accessibilité,beaucoupdedifficultéspouvaientêtrecommunesàce
typedehandicaps:
? uneémotivitéetunesensibilitéaustresssupérieuresàlamoyenne;
? desdifficultéspourcomprendrecertainscodessociauxparfoisimpliciteset
lesémotionsd?autrui;
? descapacitésd?analyseréduitesoudifficilesàmobiliser;
? desdifficultésderepéragespatiotemporeletdeprised?information;
? desdifficultésfaceàl?imprévuouàl?inconnu.
LeCEREMAabeaucoup insisté, sur les fichesetpendant la journée, sur
touteslesdifficultésrencontréespartoutepersonneétrangèreàunlieu.
Lesleviersdel?accessibilitésontlessuivants:
? l?aideàlapréparation;
? l?aidehumaine;
? unenvironnementlisible,intuitifetrassurant;
? lesinformationsetlasignalétique.
6) Programmedetravail2014
LeCEREMAtravailleraencoresur:
? lesAd?APtransports(cadrenational,instruction,informationdesDDTM);
? lanotiond?ajustementnormatifautourdel?acoustiquedesespacesd?accueil
desERPpourlespersonnesmalentendantes;
68
? unréférentieldesaméliorationssimplesetutilespourlesgestionnairesdes
ERPdépendantdel?État;
? un guide sur les bandes de guidage, dont il sera question avec Thierry
JAMMES,surlesquellesunenormedoitsortirdansl?année.
Il mènera également un travail important, sur plusieurs années, sur
l?accessibilitédanslesaménagementsurbainssur labased?opérationsd?éco
quartiers (nivellementet seuils, lisibilitéurbaine,maintiende l?accessibilitéen
phasechantier,évaluationdel?accessibilitédelachaînededéplacement).
Desexpérimentationssontprévuesavecdescollectivitéslocalesautourdes
notionsde«détectableetrepérable»envoirie.
Untravailestégalementencoursautourdelapréfigurationd?unréseaude
villesetd?intercommunalitésderéférentsAccessibilité.
Une enquête Métiers sur les «référents accessibilité» des collectivités
territorialesadébuté.
Le CEREMA travaille sur la notion d?accessibilité et de SIG (systèmes
d?information géographique). Les SIG, très largement présents dans les
collectivitésterritoriales,pourraientêtreunoutiltrèsperformantpourl?aideàla
décisionen termesd?accessibilitépourdéterminerquels sont lespointsnoirs
entermesdechaînededéplacement.Ils?agitdedéterminercommentdonner
auxusagersl?informationsurcequiestaccessibleetcequinel?estpasencore.
II)Lanormalisationauservicedel?Accessibilité
1) L?évacuation des personnes en situation de handicap dans les
établissementsrecevantdupublic
MmeFrançoiseFOLACCI
ArchitectedesécuritéàlaPréfecturedePolice
MmeChristineLEROYindiquequeleServicedeMadameFOLACCIétudie
tous les dossiers sur l?accessibilité des ERP. Il étudie également toutes les
demandesdedérogation et amis enoeuvre des consultations pour aider au
dépôtdesdossiers.
69
MmeFrançoiseFOLACCIrappellequel?accessibilitédesERPimpliquede
prendre en compte le problème de l?évacuation. En effet, dès qu?unealarme
retentit dans un ERP, tout le public doit être évacué. Les règles sur
l?évacuation, en vigueur de longue date, étaient difficilement applicables.
Depuis 2009, le texte réglementaire est plus concret pour permettre de
rechercherettrouverlabonnesolutionpourl?évacuationdetous.
Cestextesontl?avantagedeprévoirunesolution,àsavoirl?espaced?attente
sécurisée, avec des caractéristiques claires, ainsi que des solutions
alternatives, qui peuvent être adaptées à l?activité et à la taille de chaque
établissement.Eneffet,dansunegare,lesproblèmesd?évacuationnesontpas
lesmêmesquedansunpetitcommerce.
Leprincipepremierestdefournirlesconditionsd?unesortieautonomedans
lamesuredupossible.La logiqueet lebonsensdoiventprévaloir.Certaines
zones à l?air libre, à l?abri du rayonnement thermique, peuvent parfois être
atteintesdemanièreautonome. Ilexiste toujoursunepossibilitéd?évacuer les
personnesparunascenseur,sousréservequ?ilsoitsecouruetprésentetoutes
lescaractéristiquesdesécuritérequises.
Laréglementationproposediversessolutionséquivalentes;
? lesEAS(espacesd?attentesécurisés);
? les surlargeurs des escaliers, qui ont l?avantage de permettre aux
personnesensituationdehandicapd?êtredans lemêmefluxque le reste
despersonnesévacuées;
? lesespacesàl?airlibre;
? letransfertlatéral;
? lasolidaritéhumaine,absolumentessentielle;
? laformationdupersonnel.
Les espaces d?attente sécurisée doivent permettre une attente en toute
sécurité et en toute sérénité. La réglementation fixe un certain nombre de
caractéristiques.CesEASdoiventêtreaunombrededeuxparniveauetêtre
situés à proximité des escaliers. Les capacités d?accueil doivent être
proportionnées au nombre de personnes susceptibles d?y être reçues. Cela
peutêtredifficiledanscertainsmagasins.Dansunespaced?attentesécurisée,
ondoitpouvoirêtreàl?abrid?unincendieetdesfuméespendantaumoinsune
heure. Il doit être possible d?ouvrir une fenêtre à l?air libre et d?être à l?abri
d?éventuelles fumées, dans un escalier encloisonné par exemple. Le cas
contraire,lelocaldoitêtredésenfumémécaniquement.
Lasignalisationet l?accèssontessentielsdansunétablissement recevant
dupublic.Lesservicesdesecoursdoiventpouvoirs?informercorrectementet
rapidement dès leur arrivée sur les lieux. Les personnes en situation de
handicapdoiventtrouverfacilementlecheminementpraticablepouraccéderà
cesespacesd?attentesécurisée.
Les consignesde sécurité sont très claires sur lesmoyens de secours. Il
s?agitdenepasseretrouverdémunid?informationsencasdebesoin.
70
Ces espaces d?attente sécurisée doivent également être équipés de
moyenspermettantdesignalersaprésence.
Lebonsensdoitprimerdanstouteslessolutionsproposées:ils?agitdese
mettre à la place d?une personne en situation de handicap qui se trouverait
danscettesituation.
Ainsi,auChâteaudeVersailles,sansdéfigurerlelieu,unespaced?attente
sécuriséeaétéaménagé.Ildisposed?unefenêtre,quipeutêtreouverte,d?un
bouton d?appel et d?un éclairage de sécurité. Il est possible d?y attendre
paisiblementl?arrivéedessecours.
Onoublietropsouventlestypesdehandicapautresquelamotricitéréduite
et lefauteuilroulant.Il importequelesresponsablesd?établissementintègrent
lesdifférentshandicapsetsemettentàlaplaced?unepersonnemalentendante
parexemple.Pourcellecilaréglementationprévoitunflashlumineuxd?alerte.
Pourlehandicapvisuel,laréglementationestinsuffisammentprécise.
Les chefs d?établissement sont responsables de l?évacuation de leur
établissement. Ils connaissent leur établissement et doivent trouver des
solutionsetlesinscriredansleurregistredesécurité.Lessolutionsdemandent
toujours de comprendre l?activité de l?établissement. Les solutions les plus
simplessontsouventlesmeilleures.
2)Signalétiquede repérageetd?orientationdans lesétablissements recevant
dupublic
MmeEmmanuelleMAIGNEL
Chargéed?affairesàlaMissionAccessibilitédelaRATP
MmeEmmanuelleMAIGNELtravailledepuis20ansà laRATP.Ellepilote
actuellementlamiseenaccessibilitédesréseauxbusdelaRATP.Aujourd'hui,
185 lignes sur 317 sont accessibles. 62 garesRERsur 65 sont accessibles.
Mme Emmanuelle MAIGNEL est également en charge du suivi du contexte
législatifdel?accessibilitéetparticipedepuistroisansauxtravauxdel?AFNOR
surl?accessibilitéducadrebâti.
Le référentiel de bonnes pratiques AFNOR s?intitule «Accessibilité aux
personnes handicapées: signalétiques de repérage et d?orientation dans les
établissementsrecevantdupublic».Cegroupedetravaildenormalisation,qui
portelenuméroP96Acorrespondantàlaqualitéd?usagedanslescadresbâtis,
étaitcomposédenombreuxcontributeurs:
? l?UniondesMétiersdesIndustriesdel?Hôtellerie(UMIH)
? lesentreprisesSinaluxd?affaires;
? l?écoledudesigndeNantesAtlantique;
? laDMA;
? lesyndicatnationaldel?enseigneetdelasignalétique(Synafel);
? l?atelierd?architectureAMA;
71
? legroupeAFNOR;
? legroupeRATP;
? laCFPSAA.
Ce groupe de travail avait pour ambition de créer un outil pratique
permettant de statuer sur les éléments de signalétique àmettre en synergie
pour permettre lameilleure autonomie possible à l?ensemble des utilisateurs
d?unétablissementrecevantdupublic.Ledocumentfinaln?estpasunenorme,
mais un guide pratique. Il va audelà de la législation en vigueur tout en
s?appuyant sur celleci. Il formule des recommandations applicatives pour la
conceptiond?unprogrammedesignalétiquesdansunétablissement recevant
dupublic. Il détaille lesaspects visuels, tactiles, podotactiles,auditifsetmulti
sensorielsquedoitprésentertoutesignalétiqueaccessibleàtous.
Cedocumentcomprendunpeudetexte,maissurtoutbeaucoupdecroquis
explicatifs les plus clairs possible, apportant de nombreux exemples sur la
chaîneetdéplacementetfixantdesniveauxdequalitéd?usage.Ilévoquedes
sujetsque l?onretrouvedans la loi,etd?autresquin?y figurentpas,maissont
plébiscitésetsurlesquelsilimportaitd?insister.
Laconcertationavectouslesacteursaétédynamique,maiscomplexe.Les
échanges par mail ou lors des 16 réunions de travail ont été nombreux et
parfoismusclés.L?artduconsensusaétémaintesfoisappliqué,notammentsur
lechoixdesemplacementsetsurlestechniquesdediffusion.
Il importait,danscestravaux,desemettreà laplaced?unprimoaccédant
dans un établissement, et de préconiser l?utilisation de signalétiques
actualisables et actualisées. Les travaux ont mis en avant des logiques de
conception universelle: faire de la signalétique accessible, c?est faire de la
signalétiquepourtous.
Ce document n?aborde pas le sujet de la signalétique d?évacuation, qui
relèved?unautreguidedebonnespratiques,égalementdisponibleàl?AFNOR.
3)Échangesaveclasalle
Quelles sont les obligations actuelles sur les ERP existants en matière
d?évacuationIncendie?
MmeFrançoiseFOLACCIindiquequelefaitqu?unERPsoitaccessibleaux
personnesensituationdehandicap induit implicitement le faitdeprévoir leur
évacuation.Ils?agitd?uncorollaire.
Trouver des solutions est une obligation. Si aucune solution ne permet
l?autonomie d?évacuation des personnes en situation de handicap, il reste la
solution humaine et la formation du personnel dans l?établissement. Le chef
d?établissementestresponsabledel?évacuationdespublics.
IlseposeunproblèmedecohérenceentrelesnormestechniquesIncendieet
Accessibilité, notamment sur la hauteur des endroits de cantonnements des
escaliers.
MmeFrançoiseFOLACCI indiqueque,surParis, lesmêmesservicessont
chargésdecesdeuxnotions. Il n?est paspossibledeproposerdessolutions
72
qui ne pourraient pas satisfaire les deux réglementations. En province, la
sécuritéIncendieseraprivilégiéesiaucunesolutionnepeutêtretrouvée.
QuelleseraitunesolutionalternativeàunEASdansunestationdemétro?
MmeFrançoise FOLACCI indique que, dans toutes les grandes gares du
Grand Paris, un ascenseur permet d?accéder à la voie publique depuis les
quais et inversement. Dans les stations existantes sur Paris, il n?y pas de
possibilitéd?installerunascenseursortantsurlavoiepublique.
Lessirènesd?alarme, souventassourdissantesetstressantes,empêchent les
personnesdéficientesvisuellesdes?orienter.
Mme Françoise FOLACCI rappelle que la réglementation stipule que ces
sirènesdoiventêtreentenduesdepuistoutpointdel?établissement.Ellessont
néanmoinslimitéesà90décibels.Ilpeutêtreenvisagédelesréduireenniveau
d?intensité.
4) La sonorisation du signal R 25 (feux tramway et bus à haut niveau de
service)(M.RémiROCHON?ViceprésidentdeEOGuidage)
L?EntrepriseEOGuidage,depuis1993, travailleauservicedespersonnes
handicapées.Elleconçoit,metaupointetfabriquedesdispositifstelsqueles
feux sonores radiocommandés. Sonmétier consiste avant tout à essayer de
comprendre les besoins des usagers, de les décrypter et de les analyser.
L?Entreprise,entantqu?industriel,esttrèsattachéeàcettenotion.Elleessaye
toujoursdeproposeruneréponsetechniqueauxbesoinsdesusagersetvérifie
avecceuxcisielleestparvenueàsatisfaireleursbesoins.Elleaainsitravaillé
sur:
? lesignalR12feuxsonoresetlanormeNFS32002;
? le signal R25, basé sur deux phases: la phase rouge «STOP PIÉTON
TRAMWAY»etlaphasenonrouge)
Denombreuxéchangesontportésur le jingle sonoreduR25signalant le
danger,quidoitêtresansambiguïté.
La question de la sécurité sur les traversées piétonnes est un débat qui
divise beaucoup. La notion de couloir sonore a été introduite avec les
traverséesR25:l?idéeestdedonnerunmessagehomogènecohérentpendant
toutelatraverséepiétonne.
Lesbénéficesdecettenormepourl?exploitant,pourlesusagersetpourles
riverainssontlessuivants:
? lapromotiondelasécurité;
? l?homogénéisationdessystèmes.
Cetravailestpassionnant.EOGuidageacrééunevingtained?emploisen
CDI en deux ans, et compte, parmi ses effectifs, 15 % de personnes en
situation de handicap, souvent cadres. Elle essaye d?imaginer un modèle
différentdesociété,unesociétéplusinclusive.
73
5) Les bandes de guidage au sol (M. Thierry JAMMES ? Président de la
commission Accessibilité à la Confédération Française pour la Promotion
SocialedesAveuglesetAmblyopes?CFPSAA)
Labandedeguidagesimpleou lemoduledeguidagedoublene sont en
aucun cas des séparateurs d?espace. Ainsi, ils ne peuvent pas séparer piste
cyclableetcirculationpiétonnesuruntrottoir.
Lemodule deguidagepeut être simple oudouble. Lemodule double est
aujourd'huidéroulédanslesgaresSNCF.LemodulesimpleestplacéenERP.
LedoublepeutêtreutilisédanslesgrandsERP.Lalargeurdelabandesimple
de guidage est de 21centimètres au moins, avec quatre cannelures. La
personne malvoyante ou son chien suivent cette bande de guidage: le
contrasteavecl?environnementestessentiel.
Lahauteurdesélémentsàl?intérieurestde3,5millimètres.
À l?extérieur, ce «pansement» de voirie ne serait pas nécessaire si la
réflexionétaitsuffisammentpoussée.S?ilestcependantnécessaire,ledispositif
de double bande deguidage est d?une largeur de 15 centimètres, avec trois
nervures, et d?une hauteur de 0,6 millimètre. Le dispositif de simple bande
mesure21centimètresde large,avecquatrenervures,etunehauteurde0,6
millimètre.
Surlabandedeguidage,lechangementdedirectionestopéréparunvide,
quiconduitàs?arrêteretàrechercherl?information.
Dans les recommandations, le dispositif de guidage pourra devenir une
banded?intersection.
6)Échangesaveclasalle
Où trouver le référentielAFNOR«Accessibilitéauxpersonneshandicapées:
signalétiquesderepérageetd?orientationdanslesétablissementsrecevantdu
public»?Estilpayant?
MmeEmmanuelleMAIGNELindiquequeceréférentielestdisponiblesurle
site de l?AFNOR. Il est malheureusement payant. Cela sera surtout plus
74
compliquépour lespetitesentreprises.Lesgrandsgroupesne rencontreront,
eux,aucunedifficulté.
Pourquoinepasdifférencierlesmessagesautorisantàtraverserlespassages
TramwaypuisTrain,enutilisantunevoixd?hommepourletramwayetunevoix
defemmepourletrain?
M.RémiROCHONremonteracetteremarque.
Commentinciterlescommunesàdéployerdesdispositifsdeguidagetactilesur
devastesespacespublics?
M. Thierry JAMMES indique que les associations locales de personnes
handicapées doivent interpeler leMaire et ses services techniques pour leur
demanderdeprévoirunguidagepour lespersonnesdéficientesvisuelles,en
s?appuyantsurledroitd?alleretdevenir,inscritdanslaConstitutionfrançaise,
quis?appliqueàtous,ycomprissurlesplacesvastes.
Desexercices d?évacuation incendiemettant des personnes valides dans les
conditionsdepersonnesensituationdehandicap(yeuxbandés,etc.)seraient
particulièrement instructifs et pourraient permettre des changements de
procéduresd?évacuation.
Mme Françoise FOLACCI estime cette idée très bonne. Certains chefs
d?établissements sont conscients de différents types dehandicap, tandis que
d?autresnelesdécouvrentqu?unefoisqu?ilsysontconfrontés.
Quand lesdeuxnormessur lessignauxR25etsur lesdispositifsdeguidage
(NFP98352)sortirontelles?
M.RémiROCHONindiquequ?ilestquestion,pourlanormesurlessignaux
R25,d?unesortieenseptembre2014.
MmeChristineLEROYestimequec?estunetrèsbonnenouvelle.
M.EricALEXANDRE(DMA),ajoutequ?ilestprévuquelanormeNFP98
352 sorte courant juillet 2014. L?enquête publique a conduit à quelques
ajustements de réécriture afin de la passer sous un format AFNOR. Cette
norme devrait sortir de façon concomitante avec un guide CEREMA gratuit,
téléchargeable sur le site du CEREMA et sur le site de la Délégation
ministérielleàl?accessibilité.
75
III) PrathicERP, la base de données des produits répondant aux
besoins des personnes handicapées dans les établissements
recevantdupublic
M.EricGADUEL
Ingénieur d?étudesetdéveloppement auCentreScientifiqueet Techniquedu
Bâtiment?CSTB
PrathicERPestunsitedéveloppésouslamaîtrised?ouvrage
delaDMAetduCEPCICAT:ils?agitd?unsitederéférencement
desproduitsrépondantauxbesoinsdespersonneshandicapées
danslesERP.
LeCSTBestleCentrescientifiqueettechniquedubâtiment.
Ilassuretroismétiers:
? un métier d?évaluation des produits de la construction sur plusieurs
domaines(acoustique,feu,hydraulique,solaire,etc.);
? un métier de diffusion de l?information (DTU, réglementation propre aux
bâtiments,etc.)etdecertification;
? unmétierderechercheetd?expertisesurungrandnombrededomainesdu
bâtiment (l?air, la qualité de l?air, le solaire, l?utilisation des nouvelles
technologies de l?information au service des acteurs de la construction,
l?accessibilitéetlemaintienàdomicile)
1) Présentation
L?idée de cette base est partie du constat de la méconnaissance des
produitsexistantsurlemarchéfrançaispermettantlamiseenaccessibilitédes
ERP. La DMA a souhaité mettre en place une base de données de
référencementdecesproduits,principalementàdestinationdespetitsERP,de
catégories3,4ou5.LesgrandsERPpourrontytrouverdesproduitsrépondant
àdesproblématiquesunpeuplusinnovantesquelesproduitsclassiques.
Ce site sera ouvert en septembre2014.Au travers d?une recherchedans
une arborescence de produits ou par motsclés, ce site permettra aux
exploitantsdetouttyped?ERPetaugrandpublic:
? de connaître, au travers de fiches descriptives ou de photographies, les
caractéristiquesdesproduitsetleurrôleenmatièred?accessibilité;
? d?identifier lesréseauxdedistribution, lescentralesd?achats, lespointsde
venteoùtrouverlesproduits,aveclescontactsnécessairespourcontacter
directementlefabricant,ledistributeuroulerevendeurlocal;
? d?accéder à des informations approfondies sur les produits (notices
techniquesd?utilisationoudemaintenance);
? deconnaître,àterme,l?évaluation/qualificationdesproduits.
76
2) LesitePRATHICERP
L?accèsauxproduitsréférencésseralibre.Aucunabonnementneseramis
enplace.
Lesitenepermettrapaslacomparaisondesproduitsentreeux.
La pérennité et la viabilité économique du site sont basées sur une
adhésionpayanteannuelledesdistributeurs.
UnComitédepublicationvalidelapublicationdesproduits,surlabasedes
règlesd?inclusionsuivantes:
? Leproduitestdisponiblesur lemarchéfrançaisetdisposedesdocuments
nécessairesenFrançais.
? Leproduitnesembleprésenteraucunrisquepourlasantédespersonnes.
? Leproduitrépondàlaréglementationouapporteuneréellevaleurajoutée
pourl?usagedespersonnesfragiles.
En demandant une publication de leurs produits, les fabricants
s?engageront:
? surlavéracitédesinformationsapportées;
? surlanonutilisationduréférencementdansleurpublicitécommerciale;
? surlanonutilisationduréférencementcommeéquivalentàunequalification
ouévaluationduproduit.
Lesperspectivessontnombreuses:
? unefonctiond?aideauchoixduproduit;
? lapublicationdefichesdebonnepratiquesurlamiseenoeuvre,l?entretien
etlamaintenancedesproduits;
? lapublicationderetoursd?expériencedemaîtresd?ouvrageetgestionnaires
d?ERPsurcesproduits;
? l?identification,surlesite,desproduitsévalués/certifiés.
3) Arborescencedesproduits
Lessites seront rangésselonunearborescencevalidéepar leComitéde
publication,selonqu?ilsconcernantlamobilitéextérieureouintérieureàl?ERP.
Chacune de ces deux parties est ensuite scindée en plusieurs familles de
produitsetparhandicap.
Un certain nombre de données seront détaillées dans les fiches produits
(prix,etc.).
4) Acteursdeceproduit
Lamaîtrised?ouvrageetlapromotiondecesitesontassuréesparlaDMA.
LeCEPCICATapourlerôlede:
? DéfinirlesconnaissancesMétiers;
? Gérerlesadhésionsdesfabricantsetdesdistributeurs.
77
Le CSTB SophiaAntipolis est responsable de ce projet et de sa partie
applicativeetinformatique.
Le comité de publication est composé de représentants d?association de
personnes handicapées, de CCI France, du CINOV, du CNOA, de
représentants du secteur bancaire (Crédit du Nord et Société générale), la
DHUP,deHANDIBATetdePERIFEM.Ilapourmissionsde:
? Validerl?arborescencedesproduits;
? Sélectionnerlesfabricantsetdistributeurs;
? Validerlescontenusdusite.
5) Ouverturedusite
L?ouverture du site est prévue en juillet 2014.Une trentaine de fabricants
ont signé une lettre d?intention, ce qui représente 200 produits à publier
jusqu?enfind?année.
6) Questionsdelasalle
Concernantl?évaluationdesproduits:comments?assurerdubonrespectdela
réglementationetd?unequalitéd?usagesuffisante?
M.ÉricGADUELprécisequeleComitédepilotagecertifiequelesproduits
répondentauxqualitésd?usagenécessaires.
Qu?enestildel?accessibiliténumériquedusite?
M.ÉricGADUELassurequelesiterépondauxcritèresd?accessibilitédes
sitesWeb.
Lesprixindiquésserontilsceuxdesfournituresoudelaposeentreprise?
M.ÉricGADUELprécisequ?ils?agiraduprixfourniture,auprèsdufabricant.
Mme Christine LEROY observe que tous ces exposés ont présenté de
nombreux outils, intéressants et évolutifs. Il faut encourager ces démarches.
Elleremercietouslesintervenantspourlaqualitédeleurprésentationetlesoin
qu?ilsyontapporté.
78
Remise des trophées aux 11 lauréats
duRecueildesbellespratiquesetbons
usagesenmatièred?accessibilité dans
laCité20132014
MmeMariePROSTCOLETTA
Déléguéeministérielleàl?Accessibilité
MmeMariePROSTCOLETTArappellequ?unepremièreopérationavaitété
organisée en 2012. Elle se dit fière d?annoncer que la DMA est parvenue à
mobiliserbeaucoupdepartenaires,etqu?ilestaujourd'huipossibledeprocéder
àlaremisedestrophées20132014.
79
I)Lauréats20112012
MmeMariePROSTCOLETTApassetoutd?abordenrevue
leslauréatsdelaprécédenteremisedestrophées.
? AubergeL?EscaleàDunkerque;
? Bibliothèquedel?INSALyon;
? RefugeduparcdelaVannoise;
? HabitatSaintQuentinois;
? Legîte«LesSalicornes»;
? LaRésidenceTiHameau;
? SentierduboisdePenfoulic,communedeFouesnant;
? Aménagementde l?ascenseururbainduMontrussel et duboulevardde la
DolléeàSaintLô;
? MiseenaccessibilitédubourgdeSommièresduClain;
? JardinsensorieldeHaussimont,prenantencomptetouslessens;
? TransportspublicsdeBrive;
? Gare de SaintCloud Vald?Or qui relie désormais la ville que les voies
coupaient;
? TaxiG7Horizon.
II)Lauréats20132014
Forte de ce succès, la DMA a décidé d?organiser
une nouvelle édition. Les jurys départementaux ont
sélectionné 140 dossiers de bonnes pratiques sur les
165dossiersquiavaientétédéposés.Le jurynational,
composé d?associations de personnes handicapées,
d?unejournalisteduMoniteuretdesservicesdel?Etat,a
retenu10dossiers.
Mme Marie PROSTCOLETTA a également
souhaité la présence de l?un des candidats, car il a
permis de construire la logique du SDA Ad?AP. Elle
souhaitaitpouvoir le remercierpour cetteaidedans le
travail mené sur l?accessibilité dans le secteur du
transport.
80
1)CatégorieBellesréalisations
Transports en commun de la communauté d?agglomération de
Châteauroux
Mme Danielle Ebras, le Maire ayant porté ce dossier, et Mme Catherine
Ruet,Maire récemment élue, n?ont pas puêtre présentes du fait des grèves
SNCF. Un travail remarquable a été effectué pour mettre en place cette
programmation qui permet de déterminer, sur les arrêts devant être rendus
accessibles,àquelledateilsleserontetpourélaborerunréférentieltechnique
demiseenaccessibilitédecesarrêts.Lorsquelesarrêtsnepeuventpasêtre
rendus accessibles, un service de substitution a été mis en place, dans le
respectdelaloi.
CommunedeSaintMéloirdesOndes
Unfilmestprojetéenséance.
PourMmeMariePROSTCOLETTA, cettemise en accessibilité deSaint
MéloirdesOndesestunetrèsbelleaventure.
81
M. René BERNARD, Maire de SaintMéloirdesOndes, le confirme. La
commune a mené cette aventure avec un conseil municipal complètement
investi dans cette démarche d?accessibilité. Ce groupe de travail a travaillé
durant deux années sur l?étude de ce projet dont la réalisation n?a nécessité
que18mois.Lorsquelacommunearencontrélesurbanistes,elleaimposésa
volontéquetoutsoitaccessible. Ilestvraique lesurbanistesfontsouventau
plussimple.Ilsontdûmettreleurimaginationauservicedel?accessibilité.
Mme Marie PROSTCOLETTA observe que cette accessibilité est
extraordinaire.Les36000autrescommunesn?ontpasencorecedéclic.
M. René BERNARD les invite à se lancer à leur tour. SaintMéloirdes
Ondes reçoit de nombreuses visites d?autres communes ayant des projets
d?aménagementsetsesreprésentantssefontunplaisirdelesguideretdeleur
montrerquecettemiseenaccessibilitén?estpassicomplexe.
Lacharcuterien?avaitqu?unemarchede3ou4centimètresàfranchir.Dans
certainsautrescommerces, lamarcheétaitde20centimètres.Lecoûtglobal
decesaménagementss?estétablià3,2millionsd?euros.Rehausserl?ensemble
delavoirien?étaitpascomplexe:ilsuffisaitderenforcerlacouchedebasede
cailloux, lacoucheenrobéerestant lamême.C?estuniquementuneaffairede
volonté:ilfautsebattrepouraffirmercettevolonté.
Mme Marie PROSTCOLETTA s?enquiert des remarques de M. Philippe
CHAZAL,égalementambassadeurdel?accessibilitédelavoirie,surceprojet.
M. Philippe CHAZAL, Président de la
Confédération française pour la promotion
sociale des Aveugles et des Amblyopes, se
dit particulièrement heureux de rencontrer
M.lemaireetsonadjointepourleurremettre
ce trophée. SaintMéloirdesOndes doit
réellement servir d?exemple. Trop souvent,
dans les communes, les personnes
handicapées physiques ou non voyantes ne
peuventpassortirsansl?aided?unguideoud?unassistant,carlavoituren?est
pasaccessible.Celalescontraintàresteràleurdomicileetànepasvivreune
vie de citoyen. La largeur des trottoirs, l?encombrement des trottoirs, etc.,
constituentunegênequivaàl?encontredel?accessibilité.
M.PhilippeCHAZALaremarqué,danscedossier,unautreélémentquin?a
pas encore été souligné et qui est pourtant fondamental. Il s?agit de la
82
sensibilisation des petits commerçants. La commune de SaintMéloirdes
Ondesaattribuédesaidesauxcommerçants.Cettedémarcheest toutà fait
exemplaire.Ilseraitsouhaitablequeles36000autrescommunesdeFrancene
commettentpas,commeParisavecsaplacedelaRépubliquequivientd?être
réaménagée,l?erreurdenepastenircomptedesrèglesd?accessibilitépourles
personnes déficientes visuelles. Sans raison particulière, car il n?a pas de
personnes handicapées parmi ses proches,M. lemaire a pris en compte la
nécessitédecetteaccessibilitéetaengagélesfinancesdelacommunepour
aider les commerçants. Si tous les maires de France étaient comme lui, la
question de l?accessibilité ne serait plus un problème. M. Philippe CHAZAL
félicite M. BERNARD pour ces travaux et espère un jour pouvoir lui rendre
visiteàSaintMéloirdesOndes.
M.RenéBERNARD l?accueillera avecungrandplaisir. Les représentants
de la commune se rendront toujours disponibles pour l?accompagner sur la
commune.
Mme Marie PROSTCOLETTA confie à M. Philippe
CHAZALletrophéeafinqu?ilpuisseleremettre,aunomde
l?État, à Monsieur le maire. Ce trophée porte la volonté
d?accessibilité sur toute la France en intégrant une image
modélisée de la France, avec diverses photographies des
lieuxaccessibles.
M.PhilippeCHAZALremetàM.RenéBERNARD,avec
beaucoup de plaisir, ce trophée récompensant son travail
dansledomainedel?accessibilité.
M.RenéBERNARDleremercieettransmettracesfélicitationsàsonconseil
municipal.
MmeMariePROSTCOLETTAluiremetégalementlesdeuxfasciculesdes
11lauréats20132014.
MédiathèquecentraledeBeauvais
Unfilmestprojeté.
83
M.PIAT,premieradjointàMadamelasénatricemairedeBeauvais,estfier
d?avoir mené ce beau projet, sous la maîtrise d?ouvrage de la communauté
d?agglomérationduBeauvaisis,enchargedeséquipementsculturels. Ilsedit
trèsheureuxd?êtreprésentàcetteremisedestrophées.
MmeMariePROSTCOLETTAdemandeàMmeBOZINSKI,architecte,s?il
aétécompliquéderendrecelieuaccessible.
MmeBOZINSKIrépondparlanégative.Unprojetreposesuruneéquipe.Il
ajustefallutenirbon.
M. Asim YAMAN, usager de la médiathèque en fauteuil roulant, tient
particulièrement à remercier la ville de Beauvais. Il est intervenu à plusieurs
reprises, avec beaucoup de plaisir, dans ce projet. Il félicite la Mairie de
Beauvaispourcetteréalisation.
Mme Marie PROSTCOLETTA demande à M. PIAT d?apporter quelques
élémentssurcetteréalisation.
M. PIAT indique qu?il s?agissait d?un
projetparticipatif,quiainclusàlafoisles
agentsdelamédiathèque,lesusagersde
cet équipement et des personnes à
mobilité réduite, comme Asim YAMAN,
quiabeaucoupcontribuéàceprojet.Les
travaux ont été menés dans un esprit
d?universalité.Cepointestessentiel.Ilne
s?agissait pas seulement de proposer un
lieu accessible: il s?agissait de proposer
un lieu qui soit pratique pour tout le
monde.
Mme Marie PROSTCOLETTA se
réjouit que la qualité d?usage soit à
l?honneuràBeauvais.ElledemandeàM.
PhilippeCHAZALenquoilamédiathèque
estunsujetimportant.
M. Philippe CHAZAL observe que,
pour les personnes déficientes visuelles,
lesprincipalesdifficultéssontlacirculation
et l?accèsà la connaissance,à la culture
etauxlivres.Ilyaencorepeudetemps,il
fallait, pour lire un livre, commander à
Paris, dans une association, un livre
«audio».Danslamesureoùchaquelivre
n?était disponible qu?en un seul exemplaire, il fallait attendre parfois pendant
très longtemps pour pouvoir en disposer. La situation a évolué, grâce à des
équipes comme celle que conduit M. le maire de Beauvais, et à des
médiathèquescommecelledeBeauvais.
C?est à SaintJustenChaussée, dans l?Oise, qu?est né Valentin Haüy, le
premier à avoir voulu conduire des personnes aveugles à l?éducation et à
l?instruction.Iln?estpassurprenantquelavilledeBeauvaismarchesurlespas
84
deValentinHaüyetouvrel?accèsàsamédiathèqueauxpersonnesdéficientes
visuelles.
Il existe deux moyens d?accès: le braille et le sonore. À Beauvais, les
personnesaveugles peuvent lire des livres enbraille grâceaux équipements
misenplace,oulesécouter.C?esttoutàfaitremarquable.Ilfautespérerque
beaucoupdevillessuivrontcetexemple.Certainescommencentàouvrir leur
médiathèque,maisBeauvaisaatteintundegréd?accessibilitéextraordinaireen
prenant en compte les différents de handicap. Les citoyens de Beauvais ont
beaucoup de chance de pouvoir aller comme ils le souhaitent à la
médiathèque. M. Philippe CHAZAL espère que beaucoup d?élus et de
municipalitéssuivrontcetexemple.IladressetoutessesfélicitationsàM.PIAT
etsedittrèsheureuxquelavilledeBeauvaisaitétépriméeàl?occasiondece
concours.C?estdoncavecbeaucoupdeplaisirqu?illuiremet,aunomdel?État,
cetrophéeàpartageravecseséquipes.
Mme Marie PROSTCOLETTA signale que les films projetés à l?écran
seront mis en ligne, dans une version courte, sur le site de la DMA. Des
versionslonguesserontégalementréalisées.Cesdeuxversionspourrontêtre
exploitéespartous.
M.PIATindiquequeseséquipessonttrèshonoréesderecevoirceprix.Il
reste encore beaucoup à faire à Beauvais, et ces travaux seront poursuivis,
pourrecevoirpeutêtredenouveauxprix.
M.PhilippeCHAZALtientparailleursàféliciterdetoutcoeurMadameMarie
ProstColetta et ses équipes, qui se battent au quotidien, tout au long des
négociations.Elleesttoujoursaussiénergique.
2)Catégorie:Améliorationducadredevie
a)L?association«EntreprendreenRoanneForez»
MmeMariePROSTCOLETTA indique que cette opération est totalement
novatrice.Desartisans,surleurterritoire,ontdécidédeconstruiredumatériel
accessiblequipourraêtreinstallépardesartisansdusecteur,pouréquiperla
salledebain,lacuisine,lessanitaires,etc.despersonnesàmobilitéréduite.La
miseenaccessibilitédulogementestunpointessentiel.
85
M.GARDETTEestassociéàlapetiteentrepriseSAGardettedesonfrère.
Leprojetestnéducaspersonneldeleursparents.Leurpèreétaitatteintdela
maladie de Parkinson et se trouvait confronté à d?importants problèmes de
l?habitat.Lorsquesonfrèreetluiontreprisl?entreprisefamiliale,ilsontsouhaité
participeràunprojetlancéparleConseilgénéral,quireposaitégalementsurle
recours à des artisans du secteur. Ils ontproposéde chercher des solutions
pour l?habitat des personnes âgées ou à motricité réduite. Leur projet a été
retenuetilsontreçudesfinancements.Ilsontainsilancédesprojetsdedesign
decuisinesetdesallesdebainpourlespersonnesâgéesenparticulier.Leur
nouveau projet ayant été retenu, ils ont cherché des solutions par rapport à
l?accessibilité de la salle de bain, avec deux objectifs: que les solutions
proposéessoientbellesetplaisent,maisaussiqu?ellessoientaccessiblesen
termes de prix. Avec beaucoup d?enthousiasme, un club d?entreprises s?est
réunipourceprojet.Ilaétépossibledeconcevoirunecuisineetunesallede
bainavecdessolutionsinnovantes.
M. GARDETTE remercie le jury pour ce prix. Il s?agit d?un réel
encouragement,importantpourl?étapesuivantequiconsisteraàcommuniquer
autourdelacommercialisationdébutantedeceprojet.L?entrepriseapumonter
4 cuisines et 4 salles de bain, notamment grâce à l?entreprise de logements
sociauxLoireHabitat.Elleesttrèshonoréederecevoirceprix.
MmeMarie PROSTCOLETTA insiste sur le fait que l?entreprise s?appuie
surdesartisanslocaux.
M. JeanPaul LE DIVENAH, inspecteur général de l?administration du
développement durable, rappelle que les travaux sur le rapport «Réussir
2015»avaientportésurlelogement,lesétablissementsrecevantdupublicet
sur les transports, mais assez peu sur les aménagements internes des
logements.OrilestdommagequelesERPetleslogementssoientaccessibles
sans que le mobilier ne le soit. Il constate que les différents projets primés
démontrentl?importancedesdynamiqueslocalesetterritorialespourréussirde
tels projets.Enfin, il estimeque ce partenariat entre artisans duRoannais et
designersestuntrèsbelexempledontlesorganisationsprofessionnellesetle
commercepourraients?investir.Pourcestroisraisons,ilseditparticulièrement
honoréderemettreceprixàM.GARDETTE.
86
b)Modernisationdessanisettes,VilledeParis
MmeMariePROSTCOLETTA«avoue»avoir étéPrésidentedu jury lors
del?examendeceprojet,qui luitenaitparticulièrementàcoeur.Cen?estdonc
pasparhasardqueceprojetaétéprimédans lacatégorie«Améliorationdu
cadredevie».Elleremettraletrophéepersonnellement.
Unfilmestprojeté.
MmeMariePROSTCOLETTAseditunefarouchepartisanedel?installation
desanisettesaccessiblespartoutenFrance.
M.BernardJOMIER,adjointauMairedeParischargédelasanté,remercie
laDMAdel?accueilliretdeprimercetteréalisation.Lessanisettessontunlieu
que connaissent bien les parisiens et ceux qui visitent notre ville, et qui,
souvent, peut paraître anodin. Quoi de plus courant que d?installer des
sanisettes dans une ville? Pourtant, lorsqu?il a fallu renouveler le parc des
sanisettes anciennesde la ville, un travail formidable a étémené avecAlain
BOULANGER de la direction voirie de la ville, mais aussi avec l?entreprise
Decaux,partenairedelaVilletrèsfortementimpliqué.Lefilmprojeténemontre
pas l?intensité des échanges entre les services de la ville, la préfecture de
Police,lesassociationsdepersonnesensituationdehandicap,pourparvenirà
dessanisettesquisontaujourd'huiutilisées,pourchacune,plusd?unecentaine
87
de fois par jour. La gratuité est également un élément d?accessibilité. Ces
sanisettes,objetsduquotidien,illustrenttrèsbiencequipeutêtreunepolitique
d?ensemblequiprendencomptetouteslesfacettesduhandicap.
LavilledeParisesttrèsfièred?êtrepriméeaujourd'hui,d?autantquelaville
deLondresa repriscemodèledesanisette.Elleestavant tout fièrequeces
sanisettes soient utilisées au quotidien, notamment par des personnes en
situationdehandicap,parisiensoutouristesqu?elleestheureused?accueillir.
Mme Marie PROSTCOLETTA demande à l?entreprise Decaux s?il est
possibled?espérervoirapparaîtrecematérieldansd?autresvilles.
M.IETTA,del?entrepriseDecaux,tienttoutd?abordàremercierlejuryetla
villedeParisgrâceàlaquelleceserviceapuêtreréalisé.Leniveaud?exigence
etlesattentesdelavilledeParisontpousséDecauxdanssesretranchements
etl?ontconduiteàmobilisertoutesseséquipespourmettrelemeilleurdansce
mobilier.Onadénombré,en2013,13millionsd?utilisationsdecemobiliersur
la ville de Paris, ce qui constitue un chiffre tout à fait remarquable. Une
cinquantainedevillessontéquipéesdecedispositifenprovinceetenbanlieue
parisienne.
Mme Marie PROSTCOLETTA tient à remercier la ville de Paris et M.
BernardJOMIERpourcestravauxquioeuvrentpourlaqualitédeviedetous.
La ville de paris a su améliorer la vie de tous, avec l?une des entreprises
françaises leader au niveau mondial. Elle se réjouit qu?il soit possible de
retrouver ce matériel ailleurs en France et dans le monde et remet à M.
Bernard JOMIER, au nom de l?État et duMinistère, ce trophée des bonnes
pratiques2014.
3)CatégorieNouvellesapproches,Nouveauxregards
a)Cinémadifférence
Mme Marie PROSTCOLETTA signale que ce projet a été primé à
l?unanimitédujury.
88
Unfilmestprojeté.
Mme Catherine MORHANGE, présidente de l?association Cinéma
différence, indiqueavoir crééCinémadifférenceen2005,partantduconstat
quel?accèsaucinéma,pourtantleloisirfamilialleplusévidentenprincipeétait
refuséàbeaucoupdefamillescomptantunepersonneatteintedetroublesdu
comportement. L?idée était d?inverser la situation en décrétant qu?à ses
séances,lanorme,c?étaitcettedifférence.Lesséancessontpartagéesavecle
public habituel des salles de cinéma, à qui il est expliqué que certains
spectateurs peuvent exprimer leurs émotions d?une façon particulière, ce qui
n?en fait pas des spectateurs moins légitimes qu?eux. Cet accueil rend la
séancedecinémaextrêmementagréable.
Mme Marie PROSTCOLETTA confie tout naturellement la remise de ce
prixàMmeFrançoiseKBAYAA,présidenteadjointedel?UNAPEI.
MmeFrançoiseKBAYAAretrouve,danscetexemple,toutl?apportdelaloi
de 2005 pour l?accessibilité de tous et de tous les types de handicap à tout,
c'estàdireàtouslesaspectsdelaviequotidienneetsocialed?unepersonne,
en l?occurrence ici les loisirs. Il est vrai que pour la déficience intellectuelle,
l?accessibilité est à la fois simple et compliquée. Elle est simple, car elle ne
coûteen règlegénéralepas trèscher,puisqu?elle requiertessentiellementde
l?aidehumaine.Elleestégalementtrèsdifficile.C?estlereversdelamédaille:
pourlehandicapintellectuel,ilfautprendreencomptelanotiontrèsimportante
duregarddesautressurdespersonnesquipeuventavoirdescomportements
qui ne sont pas dans la norme, et expriment leur joie ou au contraire leur
tristesseaveclesmoyensdontilsdisposent.
MmeFrançoiseKBAYAAaeuunvéritablecoupdecoeurpourceprojetqui
répond complètement à ce que la DMA entend par l?accessibilité pour les
personnesdéficientesintellectuelles,etremetcetrophéeaunomdel?Étatàla
présidentedel?associationavectoutessesfélicitations.
89
4)CatégorieDémarcheslocales
a)Strasbourg,unevilleagréable
MmeMariePROSTCOLETTArappellequeStrasbourgadéjàaccomplides
réalisationsextraordinaires.
Unfilmestprojeté.
MmeMarieDominiqueDREYSSE,adjointeau
sénateurmaire de Strasbourg, rappelle qu?une
politiqued?inclusionseconstruitdansladurée.Le
point de départ a été 1989, avec l?arrivée d?une
équipenouvelleàlaville.Cetteéquipe,dès1990,
a affiché sa volonté d?inscrire le handicap dans
une vision universelle, coconstruite avec les
associations représentant les personnes
handicapées. Un processus a été alors lancé.
Parallèlement, lavilles?est transforméeavecdes
aménagements pour le tramway, mode de
déplacement choisi pour renouveler la ville et
faciliter les déplacements. Ces deux volontés
parallèles ont permis que s?installe demanière forte cette idée de l?inclusion
dans la ville. Cette «entrée» par le déplacement a permis d?asseoir une
politique en faveur du handicap qui «banalise» la volonté d?inclusion du
handicapdanslesautrespolitiquespubliques,dansladurée,avecunevolonté
politiqueforte,unevéritablechaîned?acteurs très impliquésetdes formations
régulières.Lehandicapmoteuraétélepointdedépart.Lehandicapvisuelest
venusegreffersurcesujet.Lesagentsrentrentaujourd'huidansuncyclede
formation afin que Strasbourg soit labellisé S3A. L?objectif est de faire de
Strasbourgunevillepourtous.
M. JeanPaul LE DIVENAH félicite l?équipe pour l?ensemble de ces
réalisations. Ilsoulignelefaitquecestravauxontcommencébienavant la loi
de2005,qui a simplementamplifié lesdémarches. Il sembleque l?important,
dans la démarche de la ville est la mise en oeuvre de la chaîne des
déplacements,surlavoirie,danslesERP,privésoupublics,avecdesmaîtres
d?ouvrage et des responsables différents. Il importe donc de pouvoir
coordonnerl?ensembledesacteurspourquetoutsemetteenplacedemanière
harmonieuse.
MmeMarieDominiqueDREYSSEindiquequecelaaétél?undeschantiers
lesplusdifficiles, car lesacteurs changentd?un secteurà l?autre. Il faut sans
cesseêtredans l?animationd?unréseauderéférents.C?estprobablement l?un
des noeuds qu?il faut absolument toujours considérer, sans quoi ces belles
ambitionssontentachéesd?erreur.Cettetransversalitéesttrèsimportante.
90
b)Toulouse
Unfilmestprojeté.
MmeMariePROSTCOLETTAsouligne le faitqueces travauxontpermis
depréparer,pour37communes,lapossibilitéd?améliorerleurvoirie.
Une intervenante de la communauté urbaine confirme que
beaucoupdecollectivitésdeToulouseMétropoleontdûréaliser
leur plan d?accessibilité de la voirie et desaménagements des
espaces publics (PAVE). La communauté urbainea décidé de
réaliser un schéma directeur d?accessibilité pour assurer une
cohérence dans cesPAVE. Il s?agit d?un outil très intéressant.
Unesociétéétablitactuellementlediagnosticsur100kilomètres
devoies référencéesdans leschémadirecteurcommeétantà
rendreaccessiblesenpriorité.L?outilSIGserautilisépourmettre
cesdonnéesenaccessibilitéauxgestionnairesdelavoiriepourlevertousles
freinsàl?accessibilitédelavoirie.Uncomplémentd?informationserademandé
au niveau de tous les ERP: les services qui gèrent ces bâtiments devront
indiquer le niveaud?accessibilité de ces bâtiments. Il sera procédédemême
avec les transportspublics.Le travailaétémenéenpartenariatavec lepôle
handicapdelavilledeToulouse.MmeNicoleDEDEBAT,précédenteadjointau
maire de Toulouse, a réellement porté ce projet. L?intervenante la remercie
vivement,ainsiquesonsuccesseur.
Uneautreoratrice insistesur le faitque les travauxsurcedossierontété
menés en concertation avec les associations de personnes en situation de
handicap, en leur permettant de donner un avis d?expert sur le montage du
projet.
M.PhilippeCHAZALsignalequelavilledeToulousecomptebeaucoupde
personnes déficientes visuelles, car elle accueille une école qui leur est
réservée. Le plus souvent, les élèves restent dans la ville, d?autant plus que
Toulouseesttrèsagréableàvivre.
S?agissant de l?accessibilité de la voirie, il insiste sur la nécessité de la
maintenancedes feux tricoloreséquipésdedispositifs sonores. Il signalepar
ailleursqu?ilexisteunepossibilitéd?installer,devantcertainscommerces,des
balises sonores, afin que les personnes nonvoyantes sachent devant quels
commercesellessetrouvent.
91
MmeMariePROSTCOLETTAsignaleparailleursqueToulouseavaitmis
aupointsonfeuR25avantlestravauxdenormalisationsurleR25.
Une intervenante précise qu?en lien avec EO Guidage, Toulouse installe
actuellement 25 balises sonores sur les bâtiments municipaux, notamment
ceuxconsacrésàlaculture.
M. PhilippeCHAZAL lui remet très volontiers ce trophée, avec toutes les
félicitationsdel?Étatetdesassociations.
c)Sportsetloisirsenpaysthouarsais
Unfilmestprojeté.
Mme Marie PROSTCOLETTA accueille M. Patrick LARIBLE, élu de la
régionPoitouCharentes,quiabeaucouptravailléautourdel?agenda22,avec
uneréellevolontéd?accessibilitéàlanature.
M. Patrick LARIBLE indique que la région
PoitouCharentes souhaitait permettre un effet
levierpourceuxquisouhaiteraientse lancerdans
une démarcheAgenda 22. En se réunissant, l?on
peut trouver des solutions à beaucoup de
difficultés.
MmeFrançoiseKBAYAAobservequetous les
exemples témoignent d?un extraordinaire
partenariat, sur le terrain, avec les citoyens, des
élus et des associations de personnes
handicapées. Toutes ces réalisations formidables
ne demandent qu?à se développer à la condition
qu?onmettebienenplaceun tel partenariat et qu?onprennebienencompte
touslestypesdehandicap.Aunomdel?UNAPEI,elledemandeàtouslesélus
denepasoublierlehandicapintellectuel.
Mme Marie PROSTCOLETTA remercie d?avance M. Patrick LARIBLE
d?avoirl?amabilitéderemettrecetrophéeaupaysthouarsaisaunomdel?État,
aveclesfélicitationsdel?Etatetdesassociationsdepersonneshandicapées.
92
Clôturedes6èmesAssisesnationalesde
l?Accessibilité
MmeMariePROSTCOLETTA
Déléguéeministérielleàl?Accessibilité
Mme Marie PROSTCOLETTA clôt ces sixièmes Assises nationales de
l?Accessibilité en donnant rendezvous à chacun en 2016 pour dresser un
nouveaupointd?étape.
Il revientàchacundésormaisd?utilisercesnouveauxoutilspourquenotre
cadredevieévolueetquechacunpuisseêtremembreàpartentièredenotre
société.
MmeMariePROSTCOLETTAremercietouslesparticipantsàcessixièmes
Assises nationales de l?Accessibilité, et en particulier les équipes techniques
quiontamenél?accessibilitéjusqu?aucoeurdecesAssises.
93
Glossaire
Ad'AP:agendad'accessibilitéprogrammée
AdCF:assembléedesCommunautésdeFrance
AFNOR:associationfrançaisedenormalisation
AGEFIPH:associationdegestiondufondspour l?insertionprofessionnelle
deshandicapés
APAJH:fédérationdesAssociationsPourAdultesetJeunesHandicapés
ATH:associationTourisme&Handicaps
AVS:auxiliairedeviescolaire
CAF;caissed'allocationsfamiliales
CAPH:commissioncommunaleouintercommunalepourl'accessibilitéaux
personneshandicapées
CCDSA: commission consultative départementale de sécurité et
d'accessibilité
CEREMA: centred?étudesetd?expertise sur les risques, l?environnement,
lamobilitéetl?aménagement
CESE:conseiléconomique,socialetenvironnemental
CCI:chambredecommerceetd'industrie
CIH:comitéinterministérielduhandicap
CFPSAA:ConfédérationFrançaisepourlaPromotionsocialedesAveugles
etAmblyopes
CGEDD:conseilgénéraldel'environnementetdudéveloppementdurable
CINOV:fédérationdessyndicatsdesmétiersdelaprestationintellectuelle
duConseil,del'IngénierieetduNumérique
CMP:commissionmixteparitaire
CNCPH:conseilnationalconsultatifdespersonneshandicapées
CNEN:conseilnationald?évaluationdesnormes
CNH:conférencenationaleduhandicap
CNOA:conseilnationaldel'ordredesarchitectes
CNPH:Conseilnantaisdespersonneshandicapées
CNSA:caissenationaledesolidaritépourl'autonomie
CSTB:centrescientifiqueettechniquedubâtiment
DDT(M):directiondépartementaledesterritoires(etdelamer)
DHUP:directiondel'habitat,del'urbanismeetdespaysages
DMA:délégationministérielleàl'accessibilité
94
EAS:espaced'attentesécurisée
ERP:établissementrecevantdupublic
ESAT:établissementetservicesd'aideparletravail
FIPHFP:fondspourl'insertiondespersonneshandicapéesdanslafonction
publique
GART:groupementdesautoritésresponsablesdestransports
IGAS:inspectiongénéraledesaffairessociales
IOP:installationouverteaupublic
LSF:languedessignesfrançaise
PAVE:plandemiseenaccessibilitédelavoirieetdesaménagementsdes
espacespublics
Obiaçu: observatoire interministériel de l?accessibilité et de la conception
universelle
S3A:symboled'accueil,d'accompagnementetd'accessibilité
SDA:schémadirecteurd'accessibilitédesservicesdetransportcollectif
SDAAd'AP: schéma directeur d'accessibilité ? agenda d'accessibilité
programmée
Sd'AP: schéma directeur d'accessibilité ? agenda d'accessibilité
programmée
SIG:systèmesd?informationgéographique
SNRPO:syndicatnationaldelarestaurationpubliqueorganiséeenchaîne
Ulis:unitélocaliséepourl'inclusionscolaire
UNAPEI: union nationale des associations de parents et amis des
personneshandicapéesmentales
UPI:unitépédagogiqued'intégration
USIRF:uniondessyndicatsdel?industrieroutièrefrançaise
VAT:villeaccessibleàtous
Assises nationales
de l?accessibilité6
Les actes
es
Ministère de l?Écologie, du Développement durable et de l?Énergie
Ministère du Logement, de l?Égalité des territoires et de la Ruralité
Délégation ministérielle à l?accessibilité
Tour Pascal A
92 055 La Défense Cedex
Tél. 01 40 81 21 22
www.developpement-durable.gouv.fr ? www.territoires.gouv.fr
6es
A
ss
is
es
n
at
io
na
le
s
de
l?
ac
ce
ss
ib
ili
té
-
L
es
a
ct
es
LA DÉLÉGATION MINISTÉRIELLE À L'ACCESSIBILITÉ
Elle veille au respect des règles d'accessibilité, coordonne et assure la cohérence
des actions menées par le ministère dans ce domaine.
Soucieuse d'une meilleure intégration des personnes handicapées, elle veille à
créer les conditions du dialogue, par un travail d'écoute et d'échange avec tous les
acteurs de l'accessibilité, notamment les associations de personnes handicapées,
pour faire émerger les synthèses nécessaires au déploiement
de la politique d'accessibilité
MINISTÈRE DU LOGEMENT,
DE L?ÉGALITÉ DES TERRITOIRES
ET DE LA RURALITÉ
www.territoires.gouv.fr
MINISTÈRE DE L?ÉCOLOGIE,
DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
ET DE L?ÉNERGIE
www.developpement-durable.gouv.fr
14067-couv_acte_colloc_6e assises nationale_montee.indd 1 04/09/2014 10:44:52