Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique (06 juillet 2020-19 juillet 2022)
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">Ce guide est une ressource complète pour les collectivités et les agents impliqués dans la lutte contre les dépôts illégaux de déchets, offrant à la fois des informations juridiques et des solutions pratiques pour améliorer la propreté et la gestion des déchets.<o:p></o:p></p>
Descripteur Urbamet
déchet
;pollution
;cadre juridique
;dépôt sauvage
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Guide relatif à la lutte
contre les abandons
et dépôts illégaux de
déchets
Décembre 2020
2
Crédits photographiques
Page 1 de couverture : mur tagué et carcasses © Jérôme Couroucé / Terra. Décharge sauvage
bateau © Laurent Mignaux / Terra. Décharge sauvage (pneus) © Laurent Mignaux / Terra
p. 5 : photo © Jérôme Couroucé / Terra
p. 10 : photo © DGPR
p. 11 : photo © Sylvain Giguet / Terra
p. 18 : photo © Sylvain Giguet / Terra
p. 29 : photo © DGPR
p. 53 : photo haut ©Laurent Mignaux / Terra. Photo bas © Manuel Bouquet / Terra
p. 109 : photo haut © Arnaud Bouissou / Terra. Photo bas © Daniel Coutelier / Terra
Page 4 de couverture : © Laurent Mignaux / Terra
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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SOMMAIRE
Avant-propos ........................................................................................................................... 5
I. Rappel de notions fondamentales ............................................................................................... 7
II. La prévention des abandons et dépôts illégaux de déchets : compréhension du
comportement, réflexions et approches permettant leur évolution .................................... 12
1) Aide à la construction d?un plan de propreté .......................................................... 23
2) Exemples concrets de collectivités ........................................................................... 24
3) Méthodologie d?observation et de suivi de la propreté :
les indicateurs objectifs de propreté (IOP) de l?AVPU ................................................ 24
III. Le contrôle et la sanction des dépôts sauvages .................................................................. 27
1) Pouvoirs de police judiciaire et pouvoirs de police administrative ...................... 27
2) Police administrative générale et police administrative spéciale ......................... 28
1) Les différents agents chargés des contrôles et du constat
des infractions, leurs fonctions, leurs obligations et leurs droits .............................. 32
2) Les sanctions relatives à l?abandon de déchets ...................................................... 33
1) L?identification de l?auteur présumé ......................................................................... 36
2) Le choix de la qualification des faits ......................................................................... 37
3) L?avis de contravention et le procès-verbal ............................................................. 39
1) Le constat des manquements adminis-tratifs
et la répression administrative ........................................................................................ 41
2) Mise en oeuvre de la procédure prévue au L. 541-3 du CE ..................................... 42
Liste des abréviations ....................................................................................................................... 51
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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ANNEXE I : Fiches outils / Exemples de pratiques existantes ....................................... 53
Fiche 1 : Une brigade propreté pour sensibiliser et verbaliser ................................................................... 55
Fiche 2 : Des ambassadeurs bénévoles pour sensibiliser et signaler ........................................................ 57
Fiche 3 : « Scooby », icône de la sensibilisation de rue ............................................................................... 59
Fiche 4 : Les petits « Serial cleaners » ............................................................................................................. 61
Fiche 5 : Un appel à projets citoyens contre les comportements incivils ............................................... 63
Fiche 6 ; Des vidéos en caméra-cachée pour sensibiliser ........................................................................... 65
Fiche 7 : Avaloirs « Ici commence la mer »..................................................................................................... 67
Fiche 8 : Le « Nudge », un outil pour déclencher le bon geste .................................................................. 69
Fiche 9 : Prévention à 360° contre les mégots ............................................................................................. 71
Fiche 10 : Une entreprise solidaire pour la collecte des encombrants .................................................... 74
Fiche 11 : Des ânes pour nettoyer les plages .................................................................................................. 76
Fiche 12 : Ville, Métropole et bailleurs sociaux ensemble pour le nettoyage ......................................... 78
Fiche 13 : Végétaliser les sites de dépôts illégaux de déchets ................................................................... 80
Fiche 14 : « DansMaRue », une application de signalement en open source .......................................... 82
Fiche 15 : Mettre en scène les dépôts illégaux de déchets pour sensibiliser .......................................... 84
Fiche 16 : Pièges photos ..................................................................................................................................... 86
Fiche 17 : Colorer les poubelles de rues pour les rendre visibles .............................................................. 88
Fiche 18 : Des bacs à marée pour les déchets plastiques du littoral ........................................................ 90
Fiche 19 : Aider le broyage et le compostage pour valoriser les déchets verts ......................................... 92
Fiche 20 : Zéro poubelle de rues ....................................................................................................................... 94
Fiche 21 : Un « Trimobile » pour se débarrasser des petits encombrants ................................................ 96
Fiche 22 : Smicval Market, une déchetterie à l?allure de supermarché ..................................................... 98
Fiche 23 :Une incitation financière pour mieux trier les déchets professionnels .................................. 100
Fiche 24 : Sanctionner les infractions par des Travaux Non Rémunérés ............................................... 102
Quelques pratiques originales ....................................................................................................... 104
ANNEXE II : Exemples de plans de propreté .................................................................. 109
Plan propreté de Metz ....................................................................................................................................................... 110
Plan propreté de la ville de Cannes ................................................................................................................................ 118
Île-de-France propre .......................................................................................................................................................... 122
Plan propreté de Bordeaux Métropole ........................................................................................................................ 127
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
5
es dépôts illégaux de déchets concernent l?ensemble de la société. Ils ont des
impacts multiples et directs tant sur la qualité de vie des Français (dégradation
des paysages et du cadre de vie, sources de nuisances pour le voisinage) que sur
l?environnement public (pollution des sols, de l?air, des cours d?eau, et des
nappes phréatiques , des mers et des océans par des substances toxiques), et même sur
la santé publique (multiplication des gîtes larvaires responsables de la propagation
d?épidémies telles que la dengue, le zika et le chikungunya, le paludisme, contamination
de la chaîne alimentaire par divers polluants, etc.). Certains types de déchets, comme les
déchets amiantés, peuvent entraîner un risque direct pour les riverains de tels dépôts,
exposés aux envols de fibres d?amiante. De plus, les coûts d?enlèvement ou de
confinement des déchets sont souvent importants pour ceux qui subissent les dépôts
illégaux de déchets : pouvoirs publics, gestionnaires d?espaces naturels (parcs naturels,
Office national des forêts) mais également agriculteurs ou plus généralement
propriétaires terriens.
Au vu de ce constat, le gouvernement a fait de la lutte contre les dépôts sauvages l?une
de ses priorités.
Ce guide est à destination principalement des collectivités, mais concerne aussi tous les
agents impliqués dans la lutte contre les dépôts illégaux de déchets en France.
Concernant la prévention, ce guide met tout d?abord à la disposition des collectivités des
exemples de pratiques existantes et d?outils adaptés à leurs territoires, susceptibles
d?inspirer de nouvelles façons de lutter contre les dépôts illégaux de déchets.
Concernant la répression des dépôts illégaux, ce guide est une première réponse pour
aider les collectivités et les agents concernés à analyser la situation et à combattre ces
pratiques en exerçant les pouvoirs de police administrative et pénale.
L
Avant-propos
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
6
Ce guide s?inscrit dans le cadre des nombreuses mesures prises pour amplifier et faciliter
la lutte contre les dépôts sauvages. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire du
10 février 2020 a permis de nombreuses avancées, selon trois grands axes.
Premièrement, pour agir à la racine sur les causes de la gestion illégale des déchets, une
filière à responsabilité élargie du producteur (REP) sera créée au 1er janvier 2022 pour les
déchets du bâtiment, permettant de créer un maillage efficace en points de reprise et
une reprise gratuite pour les déchets triés.
Deuxièmement, pour financer le nettoyage des dépôts sauvages, les filières REP
concernées prendront en charge une partie des coûts. De plus, les amendes
administratives payées par les auteurs de dépôts sauvages sont perçues par les
collectivités, apportant ainsi un complément budgétaire, en contrepartie de leur
mobilisation contre les dépôts sauvages.
Troisièmement, la loi renforce les sanctions pour les rendre dissuasives, et prévoit
également plusieurs mesures pour faciliter le travail au quotidien des élus : accès au
système d'immatriculation des véhicules et utilisation de la vidéosurveillance,
mutualisation des moyens humains et financiers au niveau des groupements de
collectivités, habilitation de nouveaux agents dont les agents de surveillance de la voie
publique, etc.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
7
I. Rappel de notions fondamentales
Notions fondamentales sur les déchets
Qu?est-ce qu?un déchet ?
L?article L. 541-1-1 du Code de l?environ-
nement définit ce qu?est un déchet : « toute
substance ou tout objet, ou plus
généralement tout bien meuble, dont le
détenteur se défait ou dont il a l'intention
ou l'obligation de se défaire ». Cette
définition englobe donc ce qu?on jette
intentionnellement ou que l?on est tenu de
jeter, mais aussi ce qui devient impropre à
son usage après un déversement accidentel
et dont il n?est pas possible, soit tech-
niquement, soit économiquement de
restituer les qualités d?origine (exemple : du
pétrole mélangé avec du sable et des algues
après une marée noire).
Qu?est-ce que la gestion des déchets ?
Le Code de l?environnement précise que la
gestion des déchets recouvre les opéra-
tions suivantes : le tri à la source, la collecte,
le transport, la valorisation, y compris le tri,
l'élimination des déchets et, plus largement,
toute activité participant de l'organisation
de la prise en charge des déchets depuis
leur production jusqu'à leur traitement
final, y compris la surveillance des
installations de stockage de déchets après
leur fermeture, conformément aux
dispositions relatives aux installations
classées pour la protection de l'environ-
nement, ainsi que les activités de négoce ou
de courtage et la supervision de l'ensemble
de ces opérations (article L. 541-1-1 du Code
de l?environnement).
Qui est responsable de la gestion des
déchets ?
La définition du producteur et du détenteur
de déchets a son intérêt pour désigner qui
est responsable de la gestion d?un déchet.
Le producteur d?un déchet est toute
personne :
? dont l?activité produit des déchets
(producteur initial de déchets) ;
? qui effectue des opérations de
traitement des déchets conduisant à un
changement de la nature ou de la
composition de ces déchets (producteur
subséquent de déchets).
Le détenteur est toute personne qui
détient des déchets, y compris en tant que
producteur.
Le principe général est que tout producteur
ou détenteur de déchets est responsable
de leur gestion jusqu?à leur élimination ou
valorisation finale. La responsabilité du
producteur doit toujours être recherchée
en premier lieu. Ce n?est que si le
producteur n?est pas identifiable, ou a
disparu, que la responsabilité de celui qui a
les déchets en sa possession sans en être le
producteur ? désigné comme détenteur ?
peut être recherchée. Cette responsabilité
du détenteur peut être cadrée : ainsi, la
jurisprudence a exonéré de toute respon-
sabilité le propriétaire d?un terrain sur
lequel des déchets ont été abandonnés,
dès lors qu?il n?a pas contribué à la
constitution du dépôt par sa négligence ou
son imprudence. Cette recherche du
producteur des déchets doit être mise en
oeuvre chaque fois qu?un dépôt de déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
8
commerciaux ou industriels sera découvert.
Si la recherche aboutit, c?est le producteur
des déchets qui sera mis en demeure de
procéder à la reprise des déchets et à leur
traitement et au nettoyage ou la
dépollution du site du dépôt.
Mais que ce soit dans le Code de l?environ-
nement (art. L. 541-2-1 par exemple) ou
dans le Code général des collectivités terri-
toriales (art. L. 2224-13), le législateur
n?impose pas les mêmes obligations aux
ménages ou aux professionnels.
Les professionnels dont les déchets ne sont
pas pris en charge par le service public de
gestion des déchets, assuré par les
collectivités territoriales, doivent organiser
eux-mêmes la gestion de leurs déchets
jusqu?à ce qu?ils aient été effectivement
recyclés ou traités.
Le Code général des collectivités terri-
toriales (CGCT) confie la gestion des
déchets des ménages, et par là-même la
responsabilité de cette gestion, aux
collectivités territoriales, à partir de leur
collecte jusqu?à leur traitement ou
élimination. Il s?agit là du service public de
gestion des déchets (SPGD) ménagers ou
assimilés. À ce titre, il appartient au maire,
ou au président de l?établissement public
de coopération intercommunale (EPCI)
compétent, d?établir un règlement de
collecte des déchets, dont l?objectif est de
définir les conditions et modalités
auxquelles est soumise la collecte des
déchets ménagers et assimilés dans le cadre
du SPGD et de le faire connaître aux
administrés, par affichage sur les panneaux
d?information, dans les publications
distribuées aux administrés, ou sur le site
internet de la collectivité.
Les ménages sont ainsi déchargés de la plus
grande partie des obligations liées à la
gestion de leurs déchets et donc de la
responsabilité incombant aux producteurs
de déchets. Ils ne sont tenus qu?à une seule
obligation : remettre leurs déchets à la
collecte organisée par la collectivité
territoriale en respectant les règles de
collecte (jour de collecte, type de déchets,
règles d?organisation des déchetteries, des
points d?apport volontaire...). Ils sont donc
responsables de leurs actes s?ils
abandonnent ou déposent leurs déchets
n?importe où et n?importe quand.
Une autre catégorie de producteurs de
déchets peut aussi être déchargée de sa
responsabilité de producteur de déchets
parce que leurs déchets sont pris en charge
par le service public des déchets. Ainsi les
petites entreprises (artisans, commerçants?)
voient leurs déchets assimilés aux déchets
produits par les ménages dès lors que par
les quantités produites et leur nature, ils
peuvent être collectés et traités comme
des déchets ménagers, « sans sujétions
techniques particulières » selon les termes
du CGCT (art. L. 2224-14 et R. 2224-28).
Mais dès que les déchets produits ne
peuvent être collectés et traités sans
sujétion particulière, ces entreprises
doivent assumer toutes les opérations de
gestion qui incombent aux producteurs de
déchets et devront donc pourvoir
directement, matériellement et financière-
ment, à leur enlèvement et à leur transport
jusqu?à une installation de traitement de
déchets, et veiller à leur traitement ou à
leur élimination dans les conditions
prescrites par la législation (art. L. 541-21-2
du Code de l?environnement). Par exemple,
un commerçant ne pourra pas remettre ses
palettes de bois à la collecte en porte-à-
porte de déchets des ménages de la
collectivité.
Les industriels ou autres gros producteurs
de déchets ont la responsabilité de l?entière
gestion de leurs déchets incompatibles
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
9
avec la définition des déchets ménagers ou
assimilés, y compris la collecte et le
transport. Cette collecte, le transport et le
traitement des déchets sont, alors,
effectués dans le cadre d?un contrat conclu
entre le producteur et le transporteur, et
l?exploitant d?une installation de recyclage,
de valorisation ou d?élimination Même s?ils
remettent leurs déchets à un tiers pour
valorisation, recyclage ou autre traitement,
y compris l?élimination, ils restent tenus de
veiller à ce que leurs déchets soient gérés
conformément aux obligations prévues par
la législation ou réglementation en vigueur.
Ainsi, le fait qu?ils aient conclu un contrat
avec un tiers pour transporter ou traiter
leurs déchets ne dégage pas leur
responsabilité sur le plan administratif,
quand bien même ils seraient de bonne foi.
Ils devront procéder ou faire procéder à la
reprise des déchets qui ont été déversés
dans la nature et assumer leur traitement,
ainsi que celui des déchets qui n?ont pas été
traités dans les conditions prévues. Ils
peuvent cependant, le cas échéant, faire
valoir leurs droits devant les tribunaux
judiciaires pour obtenir le remboursement
des sommes qu?ils avaient payées à ce tiers
si la contrepartie du paiement ? la bonne
gestion de leurs déchets ? n?a pas été assurée.
Les abandons et les dépôts illégaux de déchets
L?abandon de déchets est l?acte de se
défaire de déchets dans des conditions
illégales : jet de papiers ou de mégots,
abandon de gravats et autres déchets de
bricolage ou d?encombrants sur le trottoir
ou dans un bois, ou encore, pour une
entreprise, de laisser des déchets dans
l?enceinte de son établissement alors que
celle-ci a cessé son activité. Il s?agit là
d?infractions dont la caractérisation et les
sanctions sont prévues par plusieurs Codes
(environnement, pénal, forestier?). Ces
sanctions sont développées par la suite
dans le présent guide.
Pour l?application des articles L. 541-3 et
L. 541-46 du Code de l?environnement, est
aussi qualifié d?abandon de déchets le fait,
pour un professionnel, de remettre ses
déchets à un tiers que ce soit à titre gratuit
ou onéreux, afin de se soustraire aux
obligations imposées au producteur ou au
détenteur de déchets.
Un dépôt illégal de déchets, plus com-
munément appelé « dépôt sauvage », est la
résultante d?abandons de déchets par une
ou plusieurs personnes, identifiées ou non,
entraînant une accumulation anarchique
de déchets divers ou parfois de même type
sur un terrain privé, le plus souvent sans
accord du propriétaire des lieux, mais
parfois par l?occupant des lieux lui-même,
ou dans l?espace public en dehors des
endroits autorisés par l?autorité adminis-
trative responsable de cet espace public. À
ce titre, est aussi un dépôt illégal de
déchets le fait pour une entreprise de
laisser des déchets sur le site de son activité
après cessation de celle-ci.
Sous l?expression « dépôt sauvage » se
cachent cependant des réalités bien
différentes que l?on peut définir à partir de
l?infraction qui les réprime.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
10
Définition à partir des sanctions pénales
applicables aux abandons et aux dépôts illégaux de déchets
L?article L. 541-46 du Code de l?environ-
nement qualifie de délit et punit d?une
amende pouvant atteindre 75 000 ¤
(375 000 ¤ pour les personnes morales) et
de deux ans de prison maximum « le fait
d?abandonner, déposer ou faire déposer,
dans des conditions contraires aux
dispositions du chapitre I du titre IV du
Code de l?environnement ». Compte tenu
de la peine encourue, ce délit vise surtout
les dépôts de déchets illégaux des
entreprises, les ménages étant, comme
indiqué ci-dessus, déchargés de la plupart
des obligations de gestion des déchets
imposées par le Code de l?environnement.
Ces dépôts seront en général constitués de
déchets d?entreprises qui auraient dû être
remis dans des installations de traitement
de déchets.
De plus, les articles R. 541-76, R. 541-76-1 et
R. 541-77 rappellent respectivement les
infractions prévues aux articles R. 632-1,
R. 634-2 et R. 635-8 du Code pénal et
décrites ci-après. Le Code pénal prévoit
quatre motifs de contraventions (cf.
tableau p 34).
L?article R. 635-8 punit de l?amende prévue
pour les contraventions de 5e classe l?aban-
don et le dépôt de déchets commis à l?aide
d?un véhicule, la confiscation du véhicule
ayant servi à commettre l?infraction
pouvant en plus être ordonnée par le
tribunal de police. Il s?agira majoritairement
de déchets ménagers ou assimilés et le plus
souvent d?encombrants, d?appareils élec-
troménagers hors d?usage volumineux, ou
de déchets de bricolage (la taille des pots
de peinture ou leur nombre pourront
constituer des indices qu?il ne s?agit pas de
déchets d?une entreprise). Ces dépôts
auront parfois plusieurs auteurs qui auront
successivement déposé leurs déchets à un
endroit où il y en avait déjà. Dans ce cas, il sera
souvent difficile de découvrir les auteurs.
L?article R. 634-2 du Code pénal réprime les
mêmes faits accomplis sans l?aide d?un
véhicule par l?amende prévue pour les
contraventions de la 4e classe. Les dépôts
de déchets sont donc a priori moins
importants et ces faits seront commis la
plupart du temps en milieu urbain, les
déchets de pique-niques constituant la
principale exception.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
11
Enfin, l?article R. 632-1 du Code pénal
réprime les atteintes au règlement de
collecte établi par l?autorité administrative
chargée du service public des déchets
ménagers et assimilés par l?amende prévue
pour les contraventions de la 2e classe. Ces
atteintes se définissent par le fait :
? de ne pas respecter les jours et heures
prévus pour la collecte des déchets ;
? de présenter les déchets dans des
contenants inadaptés, comme par
exemple de déposer les sacs remplis de
déchets à même le trottoir alors qu?ils
devraient être mis dans des poubelles ou
dans les points d?apport volontaire ;
? de présenter à la collecte en porte-à-
porte des déchets qui doivent être
apportés à la déchèterie ;
? de déposer des déchets à un empla-
cement prévu pour d?autres déchets
(exemple : mettre des bouteilles en verre
dans la borne de collecte du carton) ou
à côté de la borne destinée à les
recevoir, même si celle-ci est saturée.
Le Code pénal réprime enfin le fait
d?encombrer la voie publique notamment
avec des déchets (article R. 644-2). Cet
article est à part. Il n?édicte pas une
sanction à une infraction à la législation des
déchets mais réprime un acte -
l?encombrement de la voie - qui occasionne
une atteinte à la sécurité publique. Cet
article ne sera appliqué que lorsque
l?encombrement sera tel qu?il provoque un
danger pour la circulation de véhicules ou
des piétons.
Ces cas de dépôts illégaux de déchets ne
doivent pas être confondus avec
l?exploitation d?une décharge illégale. De
manière plus précise, une décharge illégale
diffère du dépôt illégal de déchets ou
dépôt « sauvage » par le fait qu?elle est
exploitée ou détenue par une entreprise,
un particulier ou même une collectivité,
sans autorisation délivrée au titre de la
législation relative aux installations classées
pour la protection de l?environnement
(ICPE), en offrant parfois toutes les
apparences de la légalité (clôture, affichage
horaires d?ouverture, emplacement non
dissimulé, acceptation de certains déchets
seulement). Le caractère payant ou gratuit
de la prise en charge n?a pas d?incidence,
même si le fait de faire payer la « mise en
décharge » est un indice qu?il s?agit bien
d?une exploitation illégale. L?exploitant
illégal peut parfois profiter de la situation
pour vendre certains déchets à des
recycleurs, la décharge illégale devenant le
point de départ d?un trafic de matériaux sur
le territoire français ou même exportés
illégalement.
In fine, c?est l?agent habilité à contrôler qui
va pouvoir définir dans quel cas de figure
ranger les faits qu?il constate, en fonction
des indices recueillis.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
12
II. La prévention des abandons et dépôts illégaux
de déchets : compréhension du comportement,
réflexions et approches permettant leur évolution
Les Français et les dépôts sauvages : extraits du baromètre citoyen
Réalisé par Market Invest pour Gestes Propres
sur un échantillon de 1 027 personnes (juin 2019)
? 63 % des Français ont été exposés à des
déchets sauvages en zones urbaines,
61 % en zones rurales, 52 % sur les plages,
21 % en montagne et 23 % en mer ;
? 69 % des Français ont vu pour la dernière
fois quelqu?un jeter son déchet au sol
dans la semaine, dont 31 % hier ;
? 98 % jugent les déchets sauvages
« inadmissibles », 95 % « polluants » et
« nuisibles », 94 % « irrespectueux » et
« destructeurs », 91 % « dangereux » ;
? 90 % se sentent « concernés », dont 45 %
« très concernés ».
? 62 % les estiment responsables de
conséquences sur la santé (50 % en 2018),
87 % sur la biodiversité, 51 % ayant un
impact sur le climat social (40 % en 2018) ;
? 87 % estiment que le comportement des
citoyens est responsable de la présence
des déchets sauvages, 82 % estiment que
les entreprises industrielles en sont aussi
responsables et 62 % pour les
collectivités locales ;
? Les Français estiment que tous les
acteurs doivent se mobiliser : citoyens
(88 %), entreprises industrielles (88 %),
pouvoirs publics (87 %), collectivités
locales (87 %), associations
environnementales et fondations (86 %).
Pour en savoir plus : gestespropres.com
Regards croisés d?experts
Remonter du déchet à son propriétaire :
comment comprendre les gestes propres et
les gestes qui le sont moins ?
Par Denis Blot / Maître de conférence en
sociologie ? Université de Picardie - Jules
Verne. Habiter-le-Monde.
L?absence d?information sur l?origine des
déchets sauvages conduit souvent à
mobiliser des stéréotypes pour qualifier le
jeteur (comme par exemple le manque
d?éducation, l?incivilité, la faiblesse morale
dont certains seraient coupables?). Dans la
perspective de modifier les usages, il faut
repousser ces stéréotypes et essayer de
comprendre les raisons qui, dans certaines
circonstances, poussent à abandonner des
déchets hors des dispositifs de collecte
prévus à cet effet.
Pourquoi jette-t-on ?
Pour répondre à cette question, en s?appu-
yant sur ce que l?on retrouve lors des
collectes de déchets sauvages, on peut dire
qu?un déchet est :
? un objet dont il faut se débarrasser
parce qu?il constitue une preuve, un
indice compromettant (un préservatif
usagé, par exemple) ;
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
13
? un objet sans valeur, s'il n'a plus d'avenir,
devient juste encombrant (un emballage
plastique quelconque, un vieux meuble,
un objet hors d?usage?) ;
? Un objet sale, contaminant (un mégot,
un mouchoir, une couche-culotte
malodorante?).
Dans chacune de ces situations, un déchet
est un objet qui trouble l?ordre (hygiénique,
moral ou pratique). S?en débarrasser est
donc une manière de maintenir l?ordre en
troublant un autre lieu. Autrement dit, pour
nettoyer un espace, on en salit un autre.
Dans quelles circonstances s?autorise-t-on
à troubler l?ordre d?un espace, à le salir ?
D?abord et surtout lorsque l?on n?habite pas
ce lieu, mais aussi si celui-ci est déjà perçu
comme sale. Les lieux où l?on jette seront
donc des lieux où le contrôle social est
faible et c?est pour cela que pendant fort
longtemps la nature fut l?exutoire privilégié.
Les lieux connaissant un faible contrôle
social sont ceux qui ne semblent pas
entretenus et ceux où personne n?est
présent pour juger l?acte d?abandon.
Une typologie des déchets en fonction de
la motivation des jeteurs peut être
construite. À chaque type d?objet
correspond des pistes d?actions pour éviter
leur apparition. La première partie du
tableau concerne des déchets sauvages
dont l?existence n?est pas le résultat d?actes
volontaires. Ils n?en posent pas moins de
nombreux problèmes environnementaux.
Selon les circonstances d?abandon du
déchet, quelques préconisations peuvent
être avancées :
? premièrement, en agissant sur la
perception des lieux, c?est-à-dire en
faisant en sorte qu?ils soient propres ou
naturels (il faut donc se résoudre à
continuer de nettoyer) et que le lieu
paraisse habité, ou naturel, suivant les
situations. Il sera alors perçu comme
précieux ;
? ensuite, en travaillant sur la valeur des
déchets, en rétablissant par exemple la
consigne, ou en favorisant le réemploi
des encombrants. Mais il serait aussi
opportun de réduire le coût d?une
évacuation standard (faciliter l?accès aux
déchèteries par exemple) ;
? enfin, en informant sur l?itinérance des
déchets. Par exemple, les lâchers de
ballons qui polluent les océans, ou le fait
que les mégots ne peuvent pas être tous
ramassés, et que nombreux sont ceux
qui, en passant par les bouches d?égout,
rejoignent les cours d?eau et finissent en
mer.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
14
Essai de typologie des déchets sauvages en fonction
des circonstances de leur apparition (Denis Blot)
Abandon Types d?objets Exemples Motivations Moyens de lutte
involontaire
ou par
négligence
objets perdus,
oubliés, emportés
par le vent, les
animaux, etc.
un objet qui tombe dans
un endroit inaccessible, un
ballon perdu, un
emballage qui s?envole,
une poubelle éventrée par
des animaux, etc.
aucune motivation.
Il n?y a pas de
volonté de
produire un
déchet. L?objet
devient déchet
sauvage par :
- maladresse
- intervention
d?éléments
naturels (vent,
pluie,
inondations,
animaux qui
fouillent les
poubelles)
Conception des
dispositifs (couvercles
anti-oiseaux, filet sur les
remorques par ex.)
déchets par
conception
micro-billes dans les
cosmétiques, fragments
de tissu dans les eaux de
rinçage, etc.
Réglementation (p. ex.
sur les micro-billes en
2018) ; boycott ; trouver
des alternatives aux
plastiques ?
déchets comme
produits collatéraux
d?activités
industrieuses
copeaux de pvc, billes de
polystyrène s?échappant
lors de la découpe de
matériau, etc.
volontaire
offrandes
débris issus des lâchers de
ballons, ex-voto des arbres
à loques, bougies
offrandes, serpentins de
carnaval et autres
confettis, etc.
actes symboliques
et sacrés. Ces
objets ne sont pas
vus comme des
déchets
? informer, notamment
sur l?itinérance des
déchets
objets
compromettants
un préservatif usagé, un
scooter volé, une bouteille
d?alcool, et tous ces objets
potentiellement
compromettants pour
leurs propriétaires.
éliminer un indice,
une preuve? ? se résoudre à nettoyer ?
détritus
abandonnés dans
des lieux
relativement
contrôlés (rues,
espaces publics
urbains, pieds
d?immeubles?)
mégots, papier
d?emballage, canettes et
bouteilles, etc.
nettoyer son
environnement (en
en salissant un
autre), laisser une
part du nettoyage
à d?autres, parfois
volonté de salir.
? parfois retirer les
poubelles
? augmenter le contrôle
social
? redonner de la valeur
aux objets déchus
? informer sur l?itinérance
des déchets
détritus
abandonnés dans
des lieux
relativement
délaissés (bords de
route, cours d?eau,
bois et forêts,
chemins ruraux?)
emballages, encombrants
et déchets de chantier,
objets sans valeur, etc.
nettoyer son
environnement (en
en salissant un
autre), se
débarrasser à coût
humain et financier
faible ou nul.
? nettoyer pour éviter les
accumulations
? modifier la perception
des lieux
? redonner de la valeur
aux objets déchus
? système de caution sur
les matériaux?
? réduire le coût (humain
et financier) de
l?élimination
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
15
La communication engageante
Par Françoise Bernard ? Professeure des
universités ? Ecole de journalisme et de
communication d'Aix Marseille / Institut
Méditerranéen des Sciences de l'Information
et de la Communication (IMSIC AMU-UTLN)
La communication engageante est un
paradigme qui renouvèle la manière de
concevoir et de conduire des projets de
communication ; elle est appliquée dans de
nombreux domaines : l?environnement, la
santé, la culture, le travail, la gouvernance,
le management et la conduite de projets.
La recherche permet de fournir des
éléments clés pour mieux penser des
situations de vie et aider à améliorer des
problèmes professionnels, sociétaux.
La communication engageante développe
une perspective qui est en rupture avec le
sens commun, elle bouscule un présupposé
très largement partagé selon lequel les
idées mènent aux actes. Elle est issue d?une
collaboration interdisciplinaire entre
Sciences de l?Information et de la com-
munication (SIC) et Psychologie sociale.
Pour rappel, la psychologie sociale consiste
à comprendre et expliquer comment les
pensées, les comportements et les
émotions des individus sont influencés par
la présence imaginaire ou réelle des autres.
La communication engageante apporte des
éléments de réponse à un ensemble de
questions, par exemple : En quoi la
communication permet-elle d?agir de
manière efficace ? Comment passons-nous
des savoirs, des connaissances aux actes ?
Comment faciliter le passage à l?action ?
Quelles sont les relations entre actes,
cognitions et valeurs ?
Le fil conducteur de la communication
engageante est de favoriser les
changements en actes, pas seulement en
idées. Lorsque l?on souhaite initier un
changement chez un individu, la voix
dominante classique consiste à convaincre,
persuader, informer, sensibiliser, mais si
cela reste important, malheureusement
cela ne suffit pas pour autant comme le
montrent nombre d?études importantes.
Exemple
Des études longitudinales américaines,
conduites par W. Peterson et alii (2000), qui
portent sur le comportement tabagique des
jeunes, sont riches d?enseignements. Ces
auteurs comparent deux groupes, deux
conditions (une condition contrôle, une
condition expérimentale) :
? d?une part, un groupe de 4 000 jeunes
américains de 8 à 18 ans qui ne suivent pas
de séance de sensibilisation aux méfaits du
tabac ;
? d?autre part, un groupe de 4 000 jeunes
américains de 8 à 18 ans qui ont suivi
65 séances de sensibilisation au tabagisme
proposés par des experts (sociologues,
psychologues?).
En résumé, le résultat de cette expérience
nous indique que la proportion à fumer des
deux groupes est la même, arrivés à l?âge de
18 ans.
Cette étude nous montre, comme l?avait
illustrée celle de Kurt Lewin dans les années
40, que les relations entre les bonnes idées
et nos pratiques ne sont pas un chemin
direct, mécanique ou naturel.
Lors de son expérimentation en 1947, afin
de changer le comportement alimentaire
des familles américaines, Kurt Lewin avait
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
16
formulé la notion « d?effet de gel ». C?est un
processus psychologique qui repose sur
une microdécision à l'origine d'un petit
acte, par exemple : dire oui ou lever la main.
Cette décision accompagnée d?un petit
acte va en quelque sorte entraîner
l?adhésion de l?individu à son choix et le
conduire au passage à l?acte et mieux
encore va ouvrir un cours d'action cohérent
et persévérant. Ce processus favorise la
fixation du comportement de l?individu
alors que ce n?est pas le cas avec une
procédure de simple information.
Informer et sensibiliser ont des effets sur les
représentations sociales, mentales des
individus. Cela permet de modifier des
idées, mais il n?y pas de passage direct ni
automatique, loin s?en faut, entre les idées
et les actes comme nous l'avons souligné.
Au tournant des années 2000, des
chercheurs en psychologie sociale et en
sciences de l'information et de la
communication, en étudiant les passages
entre les actes et les idées, formulent les
caractéristiques d?une communication
engageante. Celle-ci a pour origine la
Théorie de l?engagement qui est présentée
de manière précise dans l?essai de
psychologie sociale de Robert-Vincent
Joule et Jean-Léon Beauvois : « Petit traité
de manipulation à l'usage des honnêtes
gens », publié aux Presses universitaires de
Grenoble.
Françoise Bernard définit deux des notions
structurantes de la communication enga-
geante :
1) Le primat de l?action avec
l?acte préparatoire
Ces auteurs nous montrent qu?en réalité
nos comportements du présent ont un
rapport avec nos actions antérieures. Si l?on
veut favoriser un changement, ouvrir un
nouveau cours d?action, il est important de
créer une situation engageante, par
exemple en invitant une personne à poser
un petit acte - un acte préparatoire - qui va
être suivi d?autres actes et ainsi amener au
changement.
En effet, les « attitudes » sont liées aux
logiques d?action, comme le démontre
l?expérimentation canonique suivante :
? Situation 1 : Un passant (membre de
l?expérimentation) laisse tomber devant
un autre passant (sondé) un billet de
10 euros.
Résultat : Seulement 20 % de sondés
font l?effort de rattraper la personne
pour lui rendre le billet de banque.
? Situation 2 : Un passant qui se présente
comme un touriste égaré (membre de
l?expérimentation) demande son
chemin, la personne doit s?arrêter,
prendre quel-ques minutes pour le
renseigner, elle rend un service et va
donc se trouver dans une situation de
quelqu?un de « serviable », or quelqu?un
de serviable ne prend pas un billet qui
ne lui appartient pas.
Résultat : dans ce cas, 40 % des sondés -
qui se trouvent confrontés dans un
deuxième temps à la perte d'un billet
qui tombe de la poche d'un passant
devant eux - rendent le billet de banque.
Constat : l?acte préparatoire qui consiste,
dans cet exemple, à placer une personne
(un piéton) dans la situation où elle a à
réaliser un petit acte (acte préparatoire), en
l'occurrence répondre à une première
demande, donner des indications à un
touriste pour s'orienter dans la ville, en
amont d'une deuxième demande qui elle
reste implicite : placer la même personne
dans une situation où il serait « serviable et
honnête » de rendre un billet qui tombe
d'une poche (même si aucune demande
n'est formulée dans ce sens). Cet acte
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
17
préparatoire (répondre à une demande
d'information) a une influence très forte sur
le comportement de l?individu (rendre
ensuite un billet qui ne lui appartient pas),
comme cela est montré expérimenta-
lement et statistiquement.
? Situation 3 : l?expérimentateur demande
sa route, puis demande au passant de
marcher avec lui quelques pas pour le
mettre sur le bon chemin (demande plus
importante mais bien sûr socialement
acceptable).
Résultat : 70 % des sondés rendent alors
le billet de banque.
Les personnes sondées ont effectué un acte
plus coûteux et valorisant en donnant un
coup de main supplémentaire pour aider
l?autre et, à l?occasion de cet acte, elles
s?identifient davantage de façon positive
en l'occurrence à quelqu'un de serviable, ce
qui favorise l?action attendue, rendre le
billet de banque.
L?acte préparatoire est important pour
générer le comportement attendu. L?acte
préparatoire est un objet d?étude, il
comporte certaines caractéristiques : il est
peu coûteux, il a un caractère public, il est
explicite, il est réalisé dans un contexte de
liberté (vous êtes libre de?), etc.
2) La question du sens avec
l?identification de l?action
Cette notion trouve ses origines dans les
travaux de Wegner et Vallacher (1985). Ces
auteurs montrent comment dans l?action,
nous donnons du sens à nos actes. Ils
distinguent trois niveaux principaux, par
exemple : le premier niveau technique - les
écogestes - ; le niveau intermédiaire, par
exemple réduire sa consommation
énergétique pour faire des économies de
budget ; le niveau élevé : trier ses déchets
pour transmettre une planète vivable à nos
enfants et petits-enfants. Françoise Bernard
souligne, à partir de quelques exemples,
l?intérêt de mobiliser cette notion lorsqu?on
conçoit et anime des projets pour lutter
contre des attitudes peu respectueuses de
l?environnement et que l?on recherche la
collaboration des personnes, des parties
prenantes pour développer des comporte-
ments citoyens (prendre en charge les
déchets, réduire les déchets, trier, respecter
les sites, les territoires, les procédures, etc.).
Françoise Bernard fait mention de projets
en communication engageante, centrés sur
des questions sociétales, environnemen-
tales et de santé publique, qui ont obtenu
le soutien de la région PACA et de l?Ademe.
Ils se traduisent par des campagnes de
communication à grande échelle impliquant
les parties prenantes et les populations.
Focus sur une bonne pratique :
le « nudge »
Par Régis Olagne ? BVA Earth
Un premier constat : la plupart des citoyens
se sentent très concernés par les enjeux
environnementaux mais cela n?induit pas
un changement de comportement. Avoir la
bonne information ne suffit pas à prendre
les bonnes décisions, il faut conduire cette
sensibilité en action. Pour ce faire, le nudge
peut constituer un accélérateur de
changement.
Il est défini comme une incitation douce
pour encourager le comportement désiré
sans contrainte. Il s?agit de créer un réflexe
pavlovien chez la personne. Le nudge est né
de l?économie comportementale, lieu où
les neurosciences s?emparent des sciences
sociales.
L?économie comportementale définit
l?homme comme un être humain empreint
d?émotions et influencé par son environ-
nement physique et social. Contrairement
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
18
à l?économie néoclassique qui définit
l?homme comme un être rationnel : l?homo
economicus.
La finalité du nudge est de favoriser « les
bons comportements », tout en respectant
la liberté individuelle de chacun. Voici les
six critères pour identifier un sujet nudge :
? L?objectif est un CHANGEMENT
COMPORTEMENTAL
? La question est STRATÉGIQUE pour
l?organisme
? Les approches actuelles ont montré des
LIMITES
? Le comportement désiré doit être
BÉNÉFIQUE pour la personne ciblée
(Win-Win)
? L?INTENTION D?AGIR EST PRÉSENTE
même si elle est latente. Le nudge ne
crée pas la motivation si elle est absente
? Avoir identifié des points de contact
physique et temporel (qui, quoi,
comment).
L?efficacité et le faible coût du nudge sont les
facteurs qui expliquent sa rapide diffusion et
son utilisation par des entreprises, des
collectivités locales et des gouvernements.
Un exemple de pratique du nudge est
présenté dans la fiche 8 des « Pratiques
existantes » du Guide.
Synthèse des études qualitatives
(petits groupes de consommateurs)
Menées par Edwige Blanc ? Della Vita pour
Gestes Propres
Quelques indicateurs clés à retenir sur le
ressenti des Français interrogés :
? Ils évoquent spontanément des
« montagnes » de déchets, le
« 7e continent ».
? Les petits déchets sont considérés moins
importants que les gros, une distinction
est lancée entre ceux qui paraissent
dangereux et les autres (les déchets
biodégradables ou recyclables sont
estimés moins dangereux). La présence
de déchets en milieu urbain est estimée
nettement moins grave (seront
majoritairement collectés) ; qu?en milieu
naturel où ils viendront dénaturer son
écosystème (J et MJ)*.
? Etablissent un lien entre déchets et
santé (J et MJ).
? Les déchets sont anxiogènes (surtout
pour les J).
? Les (J) voient leurs déchets comme
quelque chose de sale et s?en débar-
rassent plus rapidement que les (MJ).
? Les (J) sont anxieux sur l?avenir de la
planète mais pensent qu?une évolution
positive est possible si les politiques et
chaque être humain en particulier
prennent conscience de ces maux. Ils
sont prêts à se mobiliser pour peu qu?ils
disposent :
? d?un état de la situation clair et fiable ;
? d?une liste d?actions à mener,
individuellement ou en groupe
(associations).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
19
Renforcer les liens sociaux, y compris à
travers l?émulation, est un levier important
auprès de ce public.
? Les (J) souhaitent une communication
qui mette l?accent sur :
? l?action qui porte ses fruits (valoriser ce
qui a été fait) ;
? des chiffres parlants sur ce qu?il reste à
faire.
? Les mesures d?incitation jugées efficaces
par l?ensemble des interviewés :
? apprendre le bon geste aux enfants
dès le début de leur autonomie,
expliquer que la nature et la ville ne
sont pas des poubelles, à enseigner
par les parents et à relayer par l?école ;
? multiplier le nombre de poubelles
disponibles pour favoriser le bien
jeter ;
? créer une journée consacrée aux
déchets sauvages ;
? diffuser des affiches avec des images
chocs et des éléments rassurants sur la
capacité d?action ;
? montrer comment la présence de
déchets sauvages dans les espaces
naturels peut finir par avoir des
incidences sur la santé ;
? sensibiliser au moyen de chiffres
« parlants » tels que le coût du
nettoyage en ville? ;
? verbaliser les personnes prises sur le
fait.
*Individus jeunes (18-25) (J) et moins jeunes (MJ).
« À faire / À éviter »
Fondées sur différents travaux1 et entretiens
menés avec des experts, des élus muni-
cipaux, des syndicats de collectivités, voici
quelques recommandations générales sur
les pratiques à encourager ou à éviter, pour la
prévention des dépôts sauvages de déchets.
À faire À éviter
Aménager
? Aménager le territoire pour le rendre précieux, lui donner
une valeur. Occuper les espaces vides, les rendre
respectables, voire admirables.
Exemple : Aménager les espaces pour les rendre utiles
(aires de jeux) et/ou les végétaliser.
? Réaménager les espaces pour rendre impossible de
déposer sans être vu (contrôle social).
Exemple : l?ONF, en plus des pièges-photos, a réaménagé
ses espaces : portiques pour bloquer l?accès des camions
sur certains parkings destinés aux promeneurs, et pour
limiter le stationnement des enrochements, merlons de
terres, barrières, etc.).
? « Le sale appelle le sale », ne pas
délaisser un lieu. Il suffit d?un
premier dépôt pour que s?ensuive
une réaction en chaîne : l?usager
suivant pense que le conteneur est
plein et dépose à son tour au pied
du conteneur.
Cependant, tout est une question
de dosage?
1 Ademe, « Caractérisation de la problématique des déchets sauvages », Zéro Waste France?Touraine, « Les dépôts sauvages,
comprendre et lutter contre le phénomène », 33 entretiens réalisés par Gestes Propres, réunions des groupes de travail du
MTE police-sanctions et prévention de l?abandon des déchets.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
20
? Organiser des manifestations culturelles ou sportives sur
les zones valorisées pour faciliter leur réappropriation par
les usagers.
? Limiter la circulation des véhicules dans les espaces
naturels (comme permis par l?article L. 2213-4 du Code
général des collectivités territoriales).
? Prendre des mesures préventives sur les lieux de dépôts
en interdisant leur accès.
Exemple : installer des panneaux d?interdiction, utiliser des
barrières mobiles équipées de cadenas, des blocs de béton
anti-intrusion ou des portiques à hauteur limitée...
? Eviter de ramasser trop vite les
déchets, cela désengage le citoyen
et diminue la prise de conscience.
? Les lieux critiques ne doivent pas
être éloignés des regards et donc du
contrôle social ; éviter les zones
fantômes.
? Eviter d?entourer les points
d?apports volontaires de haies,
brise-vues ou murets qui empêchent
le contrôle social.
Mobiliers urbains/Infrastructure
? Choisir le dispositif de collecte selon son emplacement au
sein du territoire.
Exemple : près des littoraux, utiliser des poubelles en béton
avec couvercles ou des conteneurs à trappes en
caoutchouc pour protéger des intempéries et des animaux.
? Le mobilier urbain doit permettre le tri (emballages, verre,
papier, carton?).
? Favoriser un mobilier de collecte innovant et visible qui
attire l?attention.
Exemple : un cendrier de vote transparent permettant de
visualiser les quantités collectées.
? Un suivi informatique du taux de remplissage des points
de collecte ou la présence d?un numéro vert permet
d?éviter leur saturation.
? Eviter au maximum les poubelles au
sein des espaces naturels, elles
peuvent déborder si la collecte n?est
pas assez régulière.
Exemple : des dispositifs alternatifs
de sensibilisation existent tels que
« Gardez et triez » de Gestes propres
coconstruit avec CITEO et les acteurs
des espaces naturels (ONF, VNF?).
? Les poubelles sans protection
latérale et/ou sans couvercle
facilitent l?accès des animaux et le
déversement de déchets.
Collaborer
? Identifier les différents acteurs du territoire pour
collaborer et améliorer les aménagements de façon
collaborative.
? Agir avec tous les partenaires publics (ville + métropole).
Exemple : Créer une charte ville-métropole pour agir en
cohérence et complémentarité.
? Favoriser le découpage d?un territoire pour faciliter la
gestion des actions, dont le comptage des déchets, avec
différents acteurs.
? Faire participer concrètement les administrés à la
prévention des déchets sauvages (cf. F2 - Des
ambassadeurs bénévoles pour sensibiliser et signaler).
? Se doter d?une application de géolocalisation des déchets
sauvages qui permet de sensibiliser les administrés, de
faciliter leur appropriation de l?espace public et d?assurer
un suivi des dépôts (cf. F14 « DansMaRue », une
application de signalement en open source).
? Associer les bailleurs sociaux à la problématique et à la
mise en place de solutions.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
21
? Externaliser certains services de la ville vers des acteurs du
territoire.
Exemple : Service d?encombrants à la demande via Emmaüs
(cf. F10 - Une entreprise solidaire pour la collecte des
encombrants).
? Organiser des opérations de nettoyage qui mobilisent le
plus largement les acteurs du territoire (cf. F12 - Ville,
Métropole et bailleurs sociaux ensemble pour le
nettoyage).
Sensibiliser/Communiquer
? Donner les outils qui favorisent le bon comportement
(plus d?excuses).
Exemples : cendriers de poche ; enlèvements en demi-
journée (ville de Paris)
? Choisir un ton humoristique plutôt qu?autoritaire ou
donneur de leçons.
Exemple : une étude suisse démontre que les affiches au
contenu humoristique ont permis de réduire le jonchement
des déchets de 60 % contre 25 % avec une affiche au
contenu autoritaire.
? Informer les habitants sur le devenir des déchets, le coût
par habitant d?un déchet jeté à la poubelle vs le coût d?un
déchet jeté dans la nature, son impact, et rappeler les
solutions et outils mis à leur disposition.
? Développer la communication engageante (cf. Chapitre 2 :
Comprendre le comportement et favoriser son évolution)
? Valoriser le côté « nature » du territoire.
? Favoriser les propositions innovantes de sensibilisation
des usagers aux problématiques des déchets sauvages.
Exemple : théâtre de rue, vidéos, nudges, poubelles
mobiles lors de festivals : certaines créent du lien social,
exposition innovante (REVIS)?
? Valoriser les moyens d?identification, de suivi et de
signalement.
Exemple : numéro de téléphone dédié, applications,
moyens humains pour identifier les jeteurs.
? Augmenter les actions de sensibilisation auprès des
professionnels (cf. Plan de région Ile-de-France).
? Communiquer au plus près des lieux de dépôts.
Exemple : affiches ou panneaux indiquant les consignes
et/ou les amendes encourues pour ces incivilités.
? Des collectivités communiquent aussi sur les sanctions
applicables les plus lourdes (même si elles ne sont pas
appliquées), toujours dans un but dissuasif.
? Utiliser un dispositif de visibilité des dépôts sauvages « in
situ » Exemple : utiliser la rubalise (Cf. F15 - Mettre en
scène les dépôts sauvages pour sensibiliser).
? Éviter de sanctionner sans avoir
sensibilisé en amont.
Exemple : une sensibilisation au cas
par cas diminue fortement les
récidives.
? Ne pas minimiser la gravité du geste,
notamment lorsque le déchet est
jeté à côté de la poubelle, et qu?il
n?est pas considéré comme une
incivilité par le jeteur.
? Éviter les dispositifs qui incitent aux
mauvais gestes.
Exemple : les cendriers de sols.
? Le « retour à l?envoyeur » est une
solution illicite, bien qu?efficace.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
22
Déchets /Déchetteries
? Donner de la valeur aux déchets (cf. F23 - Une incitation
financière pour mieux trier les déchets professionnels).
? Limiter l?accès aux décharges brutes de véhicules non
autorisés.
? Favoriser la gratuité ou quasi-gratuité des déchetteries.
Exemple : SMICVAL, déchetterie pour professionnels (cf.
F22 et 23).
? Dimensionner les déchetteries au regard des populations
ciblées (amplitude horaire, distance, limitation des
dépôts sauvages en déchetterie).
? Privilégier les déchetteries mobiles en milieux urbains
(cf. F21 - Un Trimobile pour se débarrasser des petits
encombrants).
? Éviter les manques de flexibilité des
déchetteries (amplitude horaire,
distance, limitation des dépôts en
déchetterie, temps d?attente, coût
pour les professionnels).
? Éviter les points d?apport volontaires
(PAV) dans les zones rurales.
Les pratiques existantes des collectivités
Sont présentées sous forme de fiches,
regroupées en annexe, un certain nombre
de pratiques de collectivités confrontées à
la problématique des déchets sauvages, et
d?outils adaptés à leur territoire qu?elles ont
mises en place pour prévenir l?abandon de
déchets et les dépôts illégaux de déchets :
? Aménagements spécifiques, notamment
en milieu urbain (corbeilles de rue
équipées d?éteignoirs, installation de
cendriers de rue, végétalisation des
espaces « critiques », poubelles colorées
pour les rendre plus visibles, etc.) ;
? Signalisation des dépôts illégaux de
déchets (rubalise, affichage mobile ou
« stop-trottoirs »), type « scène de
crime » ;
? Messages de prévention positionnés
sous les avaloirs d?eaux pluviales (« ne
rien jeter, ne rien vider, la mer
commence ici », etc.) ;
? Brigade de la propreté (agents de la
collectivité) ou réseau d'ambassadeurs
(citoyens bénévoles) chargés de la
médiation et de la sensibilisation des
habitants ;
? Opérations de ramassage des déchets
impliquant les citoyens ;
? Adaptation du service d?enlèvements
des encombrants aux besoins des
habitants ;
? Sanction des auteurs de dépôts illégaux
de déchets au moyen d?heures de travail
non rémunérées (possibilité pour le
contrevenant de participer au nettoyage
de la ville au lieu de payer une amende).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
23
Plans de propreté
1) Aide à la construction d?un plan de
propreté
Qu?est-ce qu?un plan de propreté ?
C?est une démarche complète qui prévoit à
la fois des actions de sensibilisation-
communication au sens de la prévention,
un dispositif de collecte adapté et des
mesures de sanction avec des ressources
humaines et financières à la mesure des
enjeux et des spécificités du territoire.
Les questions à se poser en amont :
? Existe-t-il une réelle volonté politique sur
le sujet au sein de la collectivité ? (ce qui
signifie un engagement personnel des
élus qui assureront la promotion de ce
projet auprès des services concernés et
des administrés)
? La collaboration entre les services
propreté, espaces verts, déchets (dont
EPCI), communication, affaires scolaires-
éducation est-elle dynamique, existante
ou a minima réalisable ?
? Avez-vous connaissance du budget actuel
de la propreté et la capacité à vous fixer un
objectif de réduction qui pourrait dégager
un budget disponible pour le plan ?
? A quel service envisagez-vous de confier
ce projet ? Dispose-t-il de compétences
disponibles pour le mener à bien ? Si
non, avez-vous la possibilité de dégager
un budget pour un ETP ?
Les étapes :
a) Faire un état des lieux
Plusieurs possibilités, selon les ressources
disponibles :
? Enquête de satisfaction auprès des
administrés (via cabinet d?études ou son-
dage auprès des conseils de quartiers) ;
? Étude sur l?organisation de la propreté
au sein la collectivité (via consultant ou
en interne) ;
? Étude sur les coûts directs et indirects
de la propreté (via consultant ou en
interne) ;
? Compilation de données de collectes de
déchets disponibles et de dépôts
sauvages d?encombrants ;
? Réaliser un benchmark avec les mêmes
caractéristiques territoriales.
b) Définir des objectifs et une stratégie
? Fixer, en co-construction avec les élus et
les équipes concernées, des objectifs
quantitatifs (tonnage collecté,
fréquences d?intervention, voire
sanctions attribuées) et qualitatifs
(ressenti des administrés?) réalisables et
mesurables autant que possible ;
? Décliner une stratégie qui traduit les
objectifs fixés, cohérente avec la
politique globale de la collectivité et les
particularités du territoire.
Exemple : définir plusieurs axes tels que le
renforcement des services, des moyens, et
de la communication pour répondre à
une croissance urbaine (cf. plan propreté
Bordeaux) ;
? Traduire les axes stratégiques majeurs en
thématiques.
Exemple : Pour un axe stratégique
« prévention », les thématiques peuvent
être déclinées, telles que la sensibi-
lisation, communication, l?éducation à la
citoyenneté, etc. (cf. Plan Cannes).
? Définir les actions clés par thématique,
en détaillant les moyens requis
financiers et humains et les résultats
attendus.
Exemple : pour une thématique
« sensibilisation », des actions telles que :
des campagnes d?affichages et digitales,
séances de sensibilisation pour les
scolaires peuvent être déployées, etc.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
24
? Arrêter un planning, en concertation
avec les services concernés, reprenant
les grandes étapes du plan et la mise en
place des actions avec des objectifs
réalisables ;
? Mesurer à échéances régulières
l?avancement du plan, ajuster si besoin
en termes d?objectifs, de moyens et de
résultats attendus. Le plan est en
évolution permanente ;
? Une fois le plan réalisé, rester dans une
démarche d?amélioration continue en
restant à l?écoute des administrés, des
services et de l?ambition des élus, si
possible s?accorder le temps d?élaborer
une vision prospective.
Exemple : En 2020, la ville de Metz a pour
objectif d?obtenir la certification Qualité
(ISO 9001).
2) Exemples concrets de collectivités
L?annexe II présente plusieurs exemples de
plans de propreté définis par des
collectivités.
3) Méthodologie d?observation et de suivi
de la propreté : les indicateurs objectifs de
propreté (IOP) de l?AVPU
Principes et enjeux des IOP
Les villes adhérentes de l?AVPU ont mis au
point les IOP, une méthode d?évaluation
des déchets sauvages qui évolue au fil du
temps, en fonction des retours
d?expérience des collectivités. Cette
méthode permet de quantifier la salissure
d?un secteur par le comptage unitaire de
toutes les salissures observées sur une
surface spécifique. La quantité de chaque
catégorie de salissure est ensuite ramenée
à un ratio au 100 m2, l?indicateur moyen de
salissure (IMS).
Avec cette méthode, chaque ville peut
déterminer son IMS général, tous sites
confondus, son IMS par typologie de
secteur (commerces, écoles, pavillonnaires,
etc.), son IMS par catégorie de salissure.
Tous ces indicateurs sont consolidés par
l?AVPU pour alimenter un référentiel
commun.
En s?évaluant, chaque ville identifie ses
points forts et ses points faibles au regard
des moyennes de l?AVPU et peut ainsi
mettre en place des plans d?actions ciblant
un secteur ou un type de salissure, par
exemple les « déjections canines » (car
cette catégorie a un IMS supérieur de 50 %
à la moyenne AVPU).
Les résultats des évaluations restent
confidentiels, seule la collectivité peut
décider de communiquer ses résultats.
La prise en compte de la sensibilité
des différentes salissures
Toutes les salissures n?ont pas le même
impact sur les usagers de l?espace public.
Pour prendre en compte la perception
subjective des différentes salissures, la
méthodologie distingue les salissures selon
leur degré de sensibilité :
- Salissures de haute sensibilité : déjections
canines, dépôts sauvages, sacs d?ordures
ménagères, emballages et papiers
alimentaires?
- Salissures de moyenne sensibilité : verre
et débris de verre, emballages et papiers
non alimentaires, mégots, déchets
alimentaires organiques?
- Salissures de faible sensibilité : tags,
affichages sauvages, souillures au sol,
feuilles mortes?
La distinction selon le niveau de sensibilité
permet de rapprocher la comptabilisation
objective d?une vision plus subjective de la
propreté.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
25
La mise en oeuvre des IOP
Il s?agit d?une auto-évaluation réalisée par
les agents de terrain des collectivités. Le
support, grille papier ou application pour
tablettes, a été conçu pour être renseigné
facilement.
La définition des sites à évaluer
Il s?agit d?un échantillonnage de sites. La
première année, il est conseillé de
constituer son échantillon avec des sites
« normaux » ne présentant que peu de
dysfonctionnements avérés. Ce choix
permet à la ville de disposer de son propre
référentiel « normal », qui lui sera utile pour
comparer ultérieurement avec des sites
plus difficiles.
La superficie des sites à évaluer
La superficie du site doit se situer entre
700 m2 et 3 000 m2. Un site trop petit risque
de cibler un « point noir » qui gonflerait
artificiellement l?IMS.
Un site peut être constitué d?un chemi-
nement sur une ou plusieurs rues
présentant une cohérence d?usage. Par
exemple pour une école, on sélectionnera
la rue où se situe l?entrée de l?école mais
également une ou deux rues adjacentes si
cela correspond à un cheminement avéré
des écoliers.
En revanche un site trop important
(> 3 000 m2) risque de perdre en cohérence.
La superficie se calcule, pour une rue
traditionnelle, en multipliant la longueur
linéaire du trottoir par sa largeur (fil d?eau
compris).
La sectorisation des sites à évaluer
Les IOP distinguent différents types de sites :
? Secteurs à forte fréquentation plutôt
exogène : commerces, gare, mairie?
? Secteurs à public plutôt captif :
collectifs de centre-ville, écoles,
bureaux, parcs et jardins...
? Secteurs à fréquentation plutôt
endogène : pavillonnaires, collectifs de
périphérie?
Pour disposer de données fiables, il est
recommandé d?évaluer plusieurs sites pour
chaque typologie de secteur. La base
d?évaluation suggérée pour chaque ville est
de 20 sites, correspondant à un temps
d?évaluation de 2 jours par mois. Pour une
ville de 100 000 habitants, il est recom-
mandé d?évaluer 50 sites mensuellement.
Néanmoins, chaque ville peut décider
d?évaluer un nombre différent de sites, à
condition que l?échantillon soit repré-
sentatif.
Le moment de l?évaluation
Le choix du moment de l?évaluation est
fondamental et doit être celui où la ville est
la plus sale et idéalement juste avant le
passage du nettoiement (mécanique ou
manuel).
Les IOP peuvent également être utilisés par
les villes pour mesurer la qualité
d?intervention d?un prestataire extérieur.
Dans ce cadre, les évaluations sont mises en
oeuvre au plus près du temps du
nettoiement et les données restent
internes à la collectivité.
Le rythme des évaluations
Pour les villes de plus de 20 000 habitants,
les évaluations se font chaque mois, sans
contrainte de dates précises, pour les
communes de moins de 20 000 habitants,
les évaluations se font chaque trimestre.
Les grilles des IOP fournies par l?AVPU
L?association fournit deux fichiers aux villes
adhérentes : une grille de relevé et un
tableau de consolidation ; il est indispen-
sable de compléter les fichiers fournis pour
la consolidation des données réalisée par
l?AVPU.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
26
Le déroulement de l?évaluation
L?agent, avant de se rendre sur le site, doit
renseigner : la rue ou les rues évaluées, le
quartier, typologie du secteur, la superficie
(cela permettra d?établir les ratios au
100 m2 de l?IMS). Il renseignera le nombre
d?équipements, voire leurs dysfonction-
nements (corbeilles débordantes, canisite
délabré, distributeurs de sacs canins vides,
cendriers débordants...).
La comptabilité des salissures sur site
Pour une rue traditionnelle sont évalués : le
trottoir, le fil d?eau, le mobilier urbain, les
murs verticaux, seuls les emplacements de
stationnement et la voirie roulante ne sont
pas pris en compte. Pour un espace vert,
seule la zone qui fait partie de la superficie
est observée.
L?analyse des IOP par l?AVPU
Chaque trimestre, les villes adhérentes font
parvenir leur tableau à l?AVPU qui les
consolide et publie le référentiel de
l?association :
? IMS général
? IMS par niveau de sensibilité
? IMS par salissure
? IMS par typologie de secteurs
Les données de chaque ville sont
comparées aux données du référentiel pour
permettre aux villes d?identifier leurs
problématiques spécifiques. Dès lors, la
collectivité peut décider d?engager un plan
d?actions sur une problématique spécifique
liée à une typologie de secteur ou de
salissure. Par exemple, si le niveau de
dépôts sauvages de la ville X est trois fois
supérieur à la moyenne AVPU, cela
encourage la ville à engager des actions
correctrices.
La continuité des évaluations permet de
mesurer les améliorations d?une façon
assez fine à l?aide de l?indicateur moyen de
salissure (ratio du nombre de salissures sur
100 m2), et ainsi suivre l?efficacité des plans
d?actions.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
27
III. le contrôle et la sanction
des dépôts sauvages
Généralités en matière de droit : les pouvoirs de police
1) Pouvoirs de police judiciaire et pouvoirs
de police administrative
L?essentiel
On distingue pouvoirs de police judiciaire
et pouvoirs de police administrative.
Les pouvoirs de police judiciaire sont
uniquement à but répressif.
Les pouvoirs de police administrative se
divisent en deux catégories :
? pouvoirs de police administrative
générale du maire qui visent à assurer le
bon ordre, la sureté, la sécurité et la
salubrité publiques ;
? pouvoirs de police spéciale qui ont pour
objet de réglementer des activités ou
des situations spécifiques et qui
appartiennent à une autorité
spécialement désignée. La police des
déchets, créée par l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, est une police
spéciale.
Lorsque pour agir, une autorité admi-
nistrative a le choix entre police générale et
police spéciale, elle doit utiliser les pouvoirs
de police spéciale.
La police judiciaire et la police adminis-
trative se distinguent par leur but :
La police judiciaire a pour but de constater
une infraction et d?en rechercher les
auteurs. Son but est de réprimer l?atteinte
faite à la société et non de réparer les
dommages causés aux victimes. Les
infractions sont jugées par les tribunaux de
l?ordre judiciaire. Parmi les infractions
pénales désignant les actes ou
comportements interdits par la loi et
réprimés en tant que tel, on distingue les
contraventions, les délits et les crimes. La
loi désigne les délits et les crimes, le
règlement définit les contraventions.
Les quatre premières classes de
contraventions peuvent être sanctionnées
par une amende forfaitaire (cf. encadré).
Dans ce cas, il n?y aura pas de jugement.
La police administrative vise à prévenir les
troubles à l?ordre public. À la différence de
la répression de l?infraction pénale, la
procédure vise à faire cesser le trouble
occasionné et amener l?auteur du
manquement à respecter les règles qui lui
sont applicables. Si après le rappel à la loi,
l?auteur du manquement se plie à la règle,
aucune sanction n?est prononcée. Sauf cas
particulier, la sanction administrative
n?intervient que si la mise en demeure a été
un échec. Les actes de police administra-
tive sont contestés devant les tribunaux de
l?ordre administratif.
Nota Bene
Le droit pénal est d?interprétation stricte,
ce qui signifie qu?un acte ne peut être
réprimé que si la loi ou le règlement l?ont
prévu. Par ailleurs, seul le fait défini comme
infraction peut être réprimé : il n?est donc
pas possible de réprimer un acte par un
texte qui en réprime un autre même très
proche. Une infraction peut être la
commission d?un acte interdit ou l?omission
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
28
de faire quelque chose en désobéissance à
un texte qui ordonne de le faire. Mais il faut
aussi signaler qu?un même acte peut être
réprimé par plusieurs textes pour des
raisons différentes et constituer plusieurs
infractions. Ainsi, le non-respect du
règlement de collecte peut aussi conduire à
dresser, en complément, une contra-
vention pour abandon de déchets et
constitution de dépôt sauvage, apportés ou
non à l?aide d?un véhicule.
2) Police administrative générale et police
administrative spéciale
a) Police générale du maire
Salubrité, sureté et sécurité publiques
Les pouvoirs de police générale attribués
par les articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du
CGCT au maire, sont destinés à préserver la
salubrité, la santé et la sécurité publiques.
C?est une police administrative.
À ce titre, en cas de péril imminent, et
seulement dans ce cas, le maire peut faire
usage de ses pouvoirs de police générale
pour ordonner des mesures d?élimination
des déchets (art L. 2212-4 du CGCT).
Les pouvoirs de police générale du maire lui
sont propres. Il ne peut les déléguer qu?à
ses adjoints, ou à un conseiller municipal en
cas d?absence ou d?empêchement des
adjoints, par arrêté régulièrement publié.
Ce pouvoir de police n?est pas transférable
au président de l?EPCI.
L?article L. 2212-2-1 du CGCT permet au
maire d?infliger une amende administrative
d?un montant maximal de 500 ¤ en cas
notamment d?encombrement du domaine
public par tout matériel ou objet,
présentant un risque pour la sécurité des
personnes.
Règlement sanitaire départemental (RSD)
Le maire est aussi chargé de faire respecter
le règlement sanitaire départemental qui
fixe en application du Code de la Santé
Publique certaines prescriptions liées à la
gestion des déchets ménagers ou assimilés.
Les pouvoirs de police conférés au maire
pour l?application du RSD lui appartiennent
aussi en propre. Le règlement sanitaire
départemental ne prévoit pas de sanctions
administratives mais uniquement des
contraventions.
b) Polices spéciales du maire
Règlement de collecte
Le maire est titulaire de la police spéciale
de collecte des déchets en application des
articles L. 2224-13, L. 2224-14 et L. 2224-16
du CGCT. Les pouvoirs de police des maires
en matière de règlementation de la collecte
des déchets ménagers sont mentionnés à
l?article L. 2224-16 du CGCT qui dispose
que : « le maire peut régler la présentation
et les conditions de remise des déchets en
fonction de leurs caractéristiques ». Il est
ainsi chargé de fixer le règlement de col-
lecte des déchets : jour de collecte, type de
déchets collectés, règles d?organisation des
déchetteries, ou accès aux points d?apport
volontaire.
Cas particulier du Bas-Rhin, du Haut-Rhin
et de la Moselle
Pour les départements du Bas-Rhin, du Haut-
Rhin et de la Moselle, le pouvoir de police du
maire est repris aux articles L. 2542-1 et
suivants. En particulier les articles L. 2212-1,
L. 2212-2 et L. 2215-1 ne sont pas applicables
aux communes de ces départements. En la
matière cela signifie que le préfet ne peut se
substituer au maire en vertu des articles
précités mais peut toutefois intervenir dans
certains cas particuliers (péril imminent, dépôt
présent sur deux territoires communaux?).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
29
Aux termes de l?article L. 5211-9-2 du CGCT,
le pouvoir de police concernant la collecte
est automatiquement transféré au prési-
dent de l?EPCI compétent en matière de
collecte, sauf si le maire s?y oppose dans les
6 mois suivants le transfert de compétence
ou l?élection du président de l?EPCI. Il con-
serve ainsi le pouvoir de police s?il a notifié
dans les 6 mois son opposition au président
de l?EPCI. Dans ce cas, le président de l?EPCI
peut alors décider de renoncer à ce pouvoir
sur la totalité du territoire.
À titre d?exemple, peut être sanctionné au
titre du règlement de collecte, le fait pour
un particulier ou une entreprise dont les
déchets sont assimilés aux déchets
ménagers, de ne pas présenter les déchets
à la collecte dans les bacs ou poubelles
prévus à cet effet, de déposer des
encombrants à même le trottoir à
l?emplacement prévu si ce n?est pas le jour
prévu par le règlement de collecte pour les
encombrants (sauf s?il y a entrave ou
diminution de la liberté ou de la sûreté de
passage).
Seules des sanctions pénales sont prévues,
au moyen d?une contravention de 2e classe
(article R. 632-1 du Code pénal). Ainsi,
l?amende qui pourra être prononcée par le
juge pourra aller jusqu?à 150 ¤, mais il
pourra aussi être appliqué une amende
forfaitaire.
Dépôts sauvages et méconnaissance du
Code de l?environnement dans la
gestion des déchets : application de
l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement
Le Code de l?environnement réglemente la
gestion et le traitement de tous les déchets
produits. Hormis le cas de déchets stockés
indûment sur le site d?une installation
classée pour la protection de l?environ-
nement, pour lesquels l?autorité de police
administrative spéciale compétente est le
préfet (art. R. 541-12-16 du Code de
l?environnement), l?autorité investie de
pouvoirs de police administrative pour
réprimer le fait d?abandonner ou de
déposer illégalement des déchets est le
maire. Il pourra donc aussi intervenir en cas
de dépôt sauvage, y compris si un
commerçant ou un artisan stocke des
déchets sur le site de son activité. Il arrive
en effet que des entreprises, dont l?activité
a cessé, laissent des déchets dans l?enceinte
de leurs établissements, générant un risque
d?incendie ou de prolifération de nuisibles.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
30
La compétence de police administrative
des déchets du maire est transférable au
président de l?EPCI, compétent en matière
de collecte des déchets. Ainsi, l?article
L. 2212-2 du CGCT prévoit que : « lorsqu?un
groupement de collectivités est compétent
en matière de collecte des déchets
ménagers, les maires des communes
membres de celui-ci ou membres d'un
établissement public de coopération
intercommunale à fiscalité propre membre
du groupement de collectivités peuvent
transférer au président de ce groupement
les prérogatives qu'ils détiennent en
application de l'article L. 541-3 du Code de
l'environnement. »
Le maire dispose des pouvoirs nécessaires
pour contraindre l?auteur d?un dépôt illégal
de déchets, sur le territoire de sa commune,
à remédier à cette situation (cf. procédure
ci-dessous). Le préfet peut aussi être amené
à intervenir en substitution du maire en cas
de carence de celui-ci (voir encadré) ou si le
dépôt de déchets est à cheval sur le
territoire de plusieurs communes. Les
riverains peuvent également se retourner
en premier lieu contre le maire et
éventuellement solliciter le préfet pour
qu?il agisse, par des recours gracieux. Si
l?administration communale et/ou préfec-
torale reste silencieuse face aux recours
gracieux, alors l?administré est en mesure
de former un recours contre cette décision
implicite devant le tribunal administratif, et
peut mettre en cause la responsabilité de la
commune ou même de l?État.
Les mesures coercitives, prévues à l?article
L. 541-3, s?appliquent aussi dans les cas
prévus aux articles L. 541-21-3 et L. 541-21-4
du Code de l?environnement, quand un
véhicule hors d?usage est stocké sur une
propriété publique ou privée, susceptible
de présenter un risque grave pour l?environ-
nement, la santé ou la salubrité publiques.
Lorsqu?est constaté un dépôt illégal de
déchets, dont l?auteur est connu, le maire
doit faire usage de ses pouvoirs de police
judiciaire, en dressant ou faisant dresser un
PV d?infraction, et de ses pouvoirs de police
administrative, en mettant en oeuvre la
procédure prévue à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, à moins qu?il
n?ait transféré son pouvoir de police
« déchets » au président de l?EPCI (article
L. 5911-9-2 du CGCT). Dans ce dernier cas,
c?est au président de l?EPCI d?agir.
Dans le cas des dépôts de déchets
constitués en milieu urbain, quand il n?est
pas possible de laisser les déchets sur place
ou quand le volume de déchets est peu
important et peut être enlevé soit au cours
de la collecte soit par les services de voierie,
seule la sanction pénale pourra être
appliquée. La procédure prévue à l?article
L. 541-3 du Code de l?environnement n?est
alors pas adaptée.
En matière de dépôt sauvage, l?inaction du
maire est une faute de nature à engager la
responsabilité de la commune (Conseil
d?État, 28 octobre 1977, Commune de
Merfy). Le préfet devient l?autorité
administrative compétente en cas de
carence du maire. Il s?agit de préserver la
salubrité publique en raison des risques de
pollution qu?entraînent les dépôts illégaux
de déchets, en particulier pour l?eau. Il
s?agit également de préserver la sécurité
publique en raison du risque d?incendie que
présentent souvent ces dépôts. En cas
d?urgence, le préfet peut agir sans délai et
sans mise en demeure adressée au maire
(art. L. 2215-1 CGCT). En ces circonstances,
les frais engagés par le préfet l?ont été pour
le compte de la commune et sont à la
charge de celle-ci.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
31
Si le maire a transféré les pouvoirs de police
spéciale qu?il détient en application de l?art.
L. 541-3 du Code de l?environnement, c?est
la carence du président de l?EPCI qui pourra
engager la responsabilité de l?EPCI.
Lorsqu?un préfet se substitue au maire, seule
la responsabilité de la commune peut être
engagée en cas de faute commise par le
préfet dans l?exercice de ce pouvoir de
substitution. (CAA Marseille, 26 janvier 2004).
Tableau récapitulatif des pouvoirs de police administrative
Pouvoir de police
administrative
Police générale Police spéciale Sanction Autorité compétente
Bon ordre,
salubrité, sureté et
sécurité publiques
Art. L. 2212-1 et
L. 2212-2 du
CGCT = le maire
Art. L. 2215-1
permet au
préfet
d?intervenir en
cas de carence
du maire.
Administrative :
oui
Pénale : oui
Le maire
Le préfet en cas de
carence du maire, ou
si le dépôt s?étend
sur le territoire de
plusieurs communes
Règlement
sanitaire
départemental
Art L. 1311-1 du
Code de la santé
publique
Administrative :
non
Pénale : oui
Le maire
Règlement de
collecte
Art L. 2224-13,
L. 2224-14 et
L. 2224-16 du CGCT
L?art. L. 5211-9-2
transfère cette
police au président
de l?EPCI sauf
opposition du maire
sous 6 mois
Administrative :
non
Pénale : oui
Le maire
Police spéciale des
déchets (abandon,
dépôt illégal,
mauvaise gestion
de déchets...)
Art. L. 541-3,
L. 541-21-3 et
L. 541-21-4 du Code
de l?environnement
Administrative :
oui
Pénale : oui
Le maire, ou
? le préfet si l?activité
dont les déchets
sont mal gérés est
une installation
classée (préfet)
? le président de
l?EPCI si ou du
président de l?EPCI
si la maire lui a
transféré Les
pouvoirs de police
spéciale du L. 541-3
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
32
La répression pénale
1) Les différents agents chargés des
contrôles et du constat des infractions, leurs
fonctions, leurs obligations et leurs droits
Dans le cadre de la police judiciaire, il est
nécessaire de différencier l?autorité compé-
tente en matière de police, de l?autorité
hiérarchique de l?agent qui constate un man-
quement ou une infraction et l?agent lui-même.
Les agents habilités à sanctionner péna-
lement l?abandon de déchets peuvent être
agents d?une collectivité, de l?État, le maire
et ses adjoints, etc. (voir ci-dessous).
Sur le plan pénal, tout agent habilité par la
loi, commissionné et assermenté est seul
responsable de la procédure à mener en cas
d?infraction et ne doit aucun compte à sa
hiérarchie. Sauf en cas d?amende forfai-
taire, il doit transmettre directement le
procès-verbal (PV) qu?il dresse au procureur
en cas de délit ou à l?officier ministériel
public en cas de contravention, sans le
soumettre préalablement à l?approbation
de sa hiérarchie qui est cependant destina-
taire d?une copie. Le procureur dirige les
opérations de contrôle, effectuées dans le
but de rechercher des infractions.
a) Agents habilités
Sont habilités par l?article L. 541-44 du
Code de l?environnement à rechercher et
cons-tater le délit édicté par l?article L. 541-
46 du Code de l?environnement réprimant
l?abandon et le dépôt de déchets et les
contraventions prévues par le Code pénal
les officiers de police judiciaire, les agents
de police judiciaire et les agents de police
judiciaire adjoints (APJA). Le maire, étant
officier de police judiciaire, peut donc
dresser lui-même un PV constatant
l?existence d?un dépôt sauvage de déchets.
Les agents de police municipale et les
gardes champêtres peuvent également
dresser un tel PV, étant APJA.
Sont aussi habilités les inspecteurs de
l?environnement (y compris les agents de
l?office national de la biodiversité), ainsi
que d?autres agents publics spécialement
désignés par le Code de l?environnement.
Enfin les personnels, fonctionnaires et
agents mentionnés à l'article L. 130-4 du
Code de la route ainsi que des agents des
collectivités territoriales habilités et asser-
mentés dans des conditions fixées par
décret en Conseil d'État sont habilités à
constater les infractions relatives aux
déchets prévues par le Code pénal (cf.
encadré suivant).
Au titre du Code forestier sont habilités
notamment les agents des services de l?État
chargés des eaux et forêts (art L. 161-4 du
Code forestier). Si un dépôt illégal de
déchets est découvert sur le domaine
public forestier, l?infraction devient une
infraction forestière et peut être constatée
par les agents de l?Office national des
forêts, des agents ou officiers de police
judiciaire et les agents de police
municipaux. Le maire et ses adjoints étant
OPJ peuvent donc constater ce type
d?infraction.
b) Le commissionnement et l?assermentation
La loi désigne les catégories d?agents qui
sont habilités à effectuer les contrôles de
l?application de cette loi. Les agents
chargés du contrôle sont donc désignés
ensuite parmi ces catégories : il s?agit du
commissionnement. Enfin, ces agents
prêtent serment devant le président du
tribunal judiciaire. Cette prestation de
serment permet de faire prendre
conscience de l?importance du rôle ainsi
confié et donne lieu à la remise d?un
document appelé « commission d?emploi »,
prouvant que son porteur est bien
commissionné (ou, le cas échéant, habilité)
et assermenté.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
33
La procédure d?habilitation et d?asser-
mentation des agents des collectivités
territoriales choisis par le maire pour
constater les infractions relatives aux
déchets prévues par le Code pénal est
précisée par les articles R. 541-85-1 à R. 541-
85-3 du Code de l?environnement. Dans ce
cadre, l?habilitation des agents est faite
directement par l?autorité de nomination
et « remplace » le commissionnement.
Les agents habilités par le Code forestier
sont commissionnés par le directeur de la
Direction régionale de l'alimentation, de
l'agriculture et de la forêt (DRAAF) ? la
formule du serment qu?ils doivent
prononcer figure dans le Code de
procédure pénale (CPP).
2) Les sanctions relatives à l?abandon de
déchets
a) Les sanctions pénales applicables aux
abandons et dépôts illégaux de déchets
Comme présenté en introduction, le Code
de l?environnement réprime les abandons
et les dépôts illégaux de déchets par un
délit (article L. 541-46). Le Code pénal
réprime des faits similaires, principalement
applicables aux déchets ménagers et
assimilés, par des contraventions de classe
différentes selon que les déchets ont été ou
non apportés à l?aide d?un véhicule, si les
faits constituent une violation du
règlement de collecte, et enfin quand le
dépôt de déchets obstrue le passage des
véhicules ou des piétons en compromet-
tant la sécurité de passage.
L?ensemble de ces infractions sont
punissables par une amende, à l?exception
du délit défini à l?article L. 541-46 qui peut
aussi entraîner l?application d?une peine de
prison de deux ans au plus.
Amende forfaitaire et amende classique
L'amende est une sanction pénale qui
consiste à payer une somme d'argent au
Trésor public.
Amende classique
L'amende est prononcée par le tribunal, qui
dispose d'un pouvoir d'appréciation tenant
compte de la nature des faits, de leurs
circonstances et de la personnalité de
l'auteur. Le juge fixe librement le montant
de l'amende, en respectant le maximum
déterminé par la loi pour l'infraction
concernée. Il peut assortir l'amende d'un
sursis et de peines complémentaires dans
les cas où le texte créant l?infraction le
précise, si c?est une contravention.
Amende forfaitaire
L'amende forfaitaire est délivrée à l'auteur
des faits par un agent habilité à cet effet.
Son montant est fixe, il n?est pas possible
de le moduler.
Le montant de l'amende forfaitaire peut
néanmoins être réduit ou majoré, en
fonction du délai dans lequel le paiement
est effectué.
Il n'y a pas de procès, l'auteur des faits
reçoit directement la notification du
montant de l'amende forfaitaire. Il doit soit
payer, soit consigner la somme s?il engage
une procédure de contestation. Le
paiement met fin aux poursuites judiciaires.
L'amende forfaitaire concerne les
contraventions des quatre premières
classes et certains délits déterminés par la
loi. Du fait de l?absence de procès, le
montant maximal des amendes forfaitaires
est inférieur au montant maximal de
l?amende classique.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
34
Montant des contraventions
Contraventions 1e classe 2e classe 3e classe 4e classe 5e classe
Possibilité amende forfaitaire Oui Oui Oui Oui Non
Amende
forfaitaire
Pour les
personnes
physiques
11 ¤ 35 ¤ 68 ¤ 135 ¤
Pas
d?amende
forfaitaire Pour les
personnes
morales*
55 ¤ 175 ¤ 340 ¤ 675 ¤
Maximum de
l?amende
classique
Pour les
personnes
physiques
38 ¤ 150 ¤ 450 ¤ 750 ¤
1 500 ¤
3 000 ¤
si récidive
Pour les
personnes
morales*
190 ¤ 750 ¤ 2 250¤ 3 750 ¤
7 500 ¤
15 000 ¤
si récidive
* Le taux maximum de l?amende applicable, y compris pour les amendes forfaitaires, est multiplié par
cinq pour les personnes morales par rapport aux personnes physiques (art. 131-41 du Code pénal).
Il n?y a pas encore de procédure d?amende
forfaitaire pour les contraventions de 5e
classe.
L?amende prévue pour les délits est
rarement forfaitaire. Cependant l?amende
prévue par l?article L. 541-46 du Code de
l?environnement pour un abandon ou un
dépôt illégal de déchets peut être
forfaitaire : « Dans les conditions prévues
aux articles 495-17 à 495-25 du Code de
procédure pénale, pour l'infraction
mentionnée au 4° du I du présent article,
l'action publique peut être éteinte par le
versement d'une amende forfaitaire d'un
montant de 1 500 ¤. Le montant de
l'amende forfaitaire minorée est de 1 000 ¤
et le montant de l'amende forfaitaire
majorée de 2 500 ¤. ».
Les peines complémentaires prévues
Le Code de l?environnement et le Code
pénal prévoient plusieurs peines complé-
mentaires, notamment la confiscation du
véhicule ayant servi à commettre la
contravention ou le délit (art. R. 635-8 du
Code pénal et L. 541-46 du Code de
l?environnement). Il est à noter que seul un
juge peut décider l?application de cette
peine complémentaire. Elle ne peut donc
pas assortir une amende forfaitaire.
D?autres peines complémentaires sont
prévues par le Code pénal (art. L. 131-1 et
suivants) et par le Code de l?environnement
(art. L. 173-7 et L. 173-8).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
35
L?essentiel des sanctions pénales en matière d?abandon de déchets
Source
Type d?infraction
Commentaire
Infraction au
règlement de collecte
Dépôt illégal de
déchets
C
o
d
e
p
én
al
R. 631-2 du Code pénal
contravention de
2? classe (maximum
150¤ / 750¤ pour les
personnes morales) /
amende forfaitaire de
35¤ / 175¤ pour les
personnes morales)
R. 634-2 du Code pénal
contravention de
4? classe.
(Maximum 750 ¤ ?
3 750 ¤ pour les
personnes morales)/
amende forfaitaire
de 135 ¤ / 675 ¤
pour les personnes
morales)
petits dépôts
(exemple : déchets
de pique-nique, sacs
contenant des
ordures ménagères,
des objets )
R. 635-8 du Code pénal
Avec véhicule :
Contravention de
5? classe
(maximum 1 500 ¤,
3 000 ¤ si récidive ?
7 500 ¤ pour les
personnes morales,
15 000 ¤ en cas de
récidive)
Peine
complémentaire
possible de
confiscation du
véhicule qui a servi
à commettre
l?infraction
pertinent pour petits
ou moyens dépôts
de déchets non
dangereux dont
l?auteur ou les
auteurs sont
identifiés de façon
certaine, et ayant
nécessité l?utilisation
d?un véhicule.
Exemple : dépôt
d?encombrants (gros
électroménager,
meuble) dans la
nature ou de
déchets provenant
d?un ménage qui
auraient dû être
portés à la
déchèterie ou remis
à un point de
collecte
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
36
C
o
d
e
en
vi
ro
n
n
em
en
t
L. 541-46 du Code de
l?environnement
Délit puni de 2 ans
d?emprisonnement
et de 75 000 ¤
d?amende ?
375 000 ¤ pour les
personnes morales
Pour les dépôts de
déchets dont
l?auteur a
manifestement
voulu éviter de se
déplacer à la
déchèterie ou est
une entreprise.
Dépôts présentant
un impact
l?environnement ou
la santé (gros
dépôts, déchets
dangereux, toxiques,
bricolage (peinture,
solvants, gravats?)
Procédure pénale
décrite au §3.1
C
o
d
e
fo
re
st
ie
r
(n
o
u
ve
au
)
L. 161-1 du Code
forestier
Les infractions prévues par les articles R. 633-4 et R. 635-8 du
Code pénal constituent des infractions forestières si les abandons
ou les dépôts de déchets sont commis dans le domaine forestier.
Ce n?est alors pas le maire qui est l?autorité compétente mais le
propriétaire public du domaine forestier, sauf s?il s?agit de bois
communaux.
La constatation et le signalement des infractions pénales
La constatation des infractions est réalisée
par les agents présentés au 2.1 ci-dessus.
1) L?identification de l?auteur présumé
L?identification de l?auteur présumé d?une
infraction est un préalable nécessaire pour
pouvoir dresser un procès-verbal (PV)
d?infraction, ou un avis de contravention en
cas d?une amende forfaitaire.
À noter que suite à des évolutions
législatives récentes, l?article L. 251-2 du
Code de sécurité intérieure précise que « la
transmission et l'enregistrement d'images
prises sur la voie publique par le moyen de
la vidéo-protection peuvent être mis en
oeuvre par les autorités publiques compé-
tentes aux fins d'assurer [?] la prévention
et la constatation des infractions relatives
à l'abandon d'ordures, de déchets, de
matériaux ou d'autres objets ».
L?installation d?un système de vidéo-
protection doit faire l?objet d?une
autorisation délivrée par le préfet qui
désignera les agents habilités à l?exploiter et
à visionner les enregistrements, en vue
d?identifier les personnes et les véhicules
impliqués dans les abandons ou dépôts
illégaux de déchets. Ce dispositif est
complété par l?octroi aux agents de police
judiciaire adjoints et aux gardes
champêtres d?un droit d?accès au Service
des immatriculations et d?identification des
propriétaires de véhicules) ce qui permettra
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
37
d?identifier directement l?auteur de
l?abandon de déchets ou de celui qui
pourra être tenu responsable du dépôt.
L?accès à ces services se fait par le portail
« police municipale » (instruction ministé-
rielle du 3 janvier 2019) qui est une interface
permettant aux policiers municipaux, aux
agents de police judiciaire adjoints (APJA),
aux agents de surveillance de Paris ou
encore aux gardes champêtres d?accéder
directement aux fichiers du système
national du permis de conduire (SNPC) et
au système d?immatriculation des véhicules
(SIV). L?accès à ce portail est règlementé
par les dispositions des articles R. 225-5 et
R. 330-2 du Code de la route et nécessite
une habilitation individuelle de l'agent par
le préfet sur la désignation du maire.
Quand il s?agit d?un délit, si aucun procès-
verbal ne peut être dressé faute d?agent
habilité à le faire, l?article 40 du CPP
contraint toute autorité constituée, officier
public ou fonctionnaire de signaler au
Procureur de la République les délits dont il
aurait directement connaissance dans
l?exercice de ses fonctions. Un
fonctionnaire territorial ayant connais-
sance de la commission d?un délit à la
législation des déchets dans le cadre de ses
fonctions est donc normalement tenu de le
signaler au procureur. Aucune sanction
n?est prévue cependant si ce signalement
n?est pas fait.
2) Le choix de la qualification des faits
On pourrait penser qu?il y a « concurrence »
entre les articles R. 634-2 et R. 635-8 du
Code pénal et l?article L. 541-46 du Code de
l?environnement, tous ces articles répri-
mant le fait d?abandonner ou de déposer
illégalement des déchets. Ce n?est pas le
cas : il appartient à l?agent qui constate
l?infraction de choisir la qualification des
faits la plus adaptée.
En effet, Il est rappelé que le délit prévu à
l?article L. 541-46 est destiné à réprimer les
abandons ou la constitution de dépôts de
déchets « dans des conditions contraires
aux dispositions du présent chapitre » ce
qui implique que la plupart du temps, les
déchets abandonnés ou déposés sont
imputables à une entreprise qui ne les aura
pas gérés selon les règles qui lui sont
imposées. De plus, le délit implique une
intention de commettre l?infraction, soit ici
de se soustraire aux règles de bonne gestion
des déchets. Cette intention est plus
évidente pour les déchets abandonnés
dans la nature, ou pour des déchets ne
relevant pas des déchets ménagers et
assimilés, que pour les déchets ménagers et
assimilés abandonnés en zone urbaine à
proximité d?emplacements de collecte des
déchets.
La contravention de l?article R. 635-8 du
Code pénal réprimant le fait d?abandonner
ou de déposer des déchets à l?aide d?un
véhicule, du fait de la sanction qu?elle
implique, est mieux proportionnée pour
réprimer le fait pour un individu de jeter
une quantité plus limitée de déchets
ménagers ou assimilés ayant un impact
mesuré sur l?environnement, sans entraîner
la constitution d?un dépôt important.
Il importera donc de caractériser les
déchets, leur origine et d?examiner la
situation des auteurs en cause.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
38
Dépôts contraires au
règlement de collecte
Pas d?exploitant
Non organisé
R. 632-1 du Code pénal
Faisceau d?indices
Déchet déposé en dehors des emplacements de
dépôts de déchets autorisés, ou déchet déposé
dans un emplacement approprié mais de nature
non-conforme
Abandon de déchets
Dépôt de déchets
Déchet de nature non conforme
déposé dans un conteneur de collecte ;
déchet de nature conforme déposé aux
emplacements prévus à cet effet, mais
en dehors des jours de collecte
Un exploitant
Organisé
Payant
Grande quantité
Dépôt sauvage
Les déchets
entravent la
voie publique
Décharge illégale
Comparution devant
un juge
Peine de 2 ans
d?emprisonnement
et 75 000 ¤
d?amende (375 000 ¤
pour les personnes
morales)
Déchets d?activité
économique non
assimilés aux OM
Grande quantité et / ou
forts impacts sanitaires
et environnementaux
R. 634-2
Code pénal
R. 644-2
Code pénal
R. 635-8
Code pénal
L. 541-46 Code
environnement
Avec
utilisation
d?un véhicule
Petite taille du
dépôt
Faibles impacts
sanitaires et
environnementaux
Si l?auteur a été
découvert sans qu?il y ait
besoin d?investigations
poussées, amende
forfaitaire de 1 500 ¤
Amende forfaitaire
délictuelle
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
39
Code forestier
Le Code forestier qualifie d?infractions
forestières celles prévues et réprimées par
le Code pénal en matière de dépôt ou
abandon de matières, d?ordures, de
déchets ou d?épaves (art. L. 161-1 du Code
forestier) lorsqu'elles sont commises dans
les bois et forêts ou les autres terrains ou
espaces soumis aux dispositions dudit
Code.
La qualification d?infraction forestière
implique des spécificités notamment en ce
qui concerne :
La recherche et constatation des
infractions : la transmission des procès-
verbaux doit être réalisée dans un délai de
5 jours à compter de leur clôture au
procureur avec copie au DRAAF pour les
délits, directement au DRAAF avec copie au
procureur pour les contraventions. Les
agents de l'ONF transmettent directement
et non par l?intermédiaire de leur supérieur
hiérarchique. Les PV des gardes particuliers
sont transmis dans un délai de 3 jours au
procureur. Des mesures d'enquête complé-
mentaire peuvent être ordonnées par le
DRAAF, un nouveau PV est alors rédigé et
c'est à compter de sa clôture que com-
mence le délai pour engager les poursuites
ou les propositions d'alternatives.
Les poursuites ou les alternatives : le DRAAF
reste officier du ministère public, pour les
infractions contraventionnelles uniquement ;
il conserve cependant le pouvoir de
proposer au Procureur des alternatives aux
poursuites dont notamment la transaction.
Il n'y a plus d'accord préalable à obtenir du
procureur, mais une homologation de la
proposition acceptée par le contrevenant
doit lui être demandée.
3) L?avis de contravention et le procès-
verbal
Sauf dans le cas de la contravention de
5e classe qui réprime les faits d?abandonner
ou de déposer des déchets à l?aide d?un
véhicule, les autres contraventions prévues
par le Code pénal peuvent faire l?objet
d?une amende forfaitaire, si l?auteur
présumé est identifié sans qu?il y ait besoin
d?une enquête. Il convient de noter que le
fait de l?identifier grâce à un système de
vidéoprotection n?est pas un moyen
d?investigation qui s?oppose à l?amende
forfaitaire. En cas d?amende forfaitaire, un
avis de contravention et une carte de paie-
ment sont remis au contrevenant au moment
de la constatation de l'infraction, ou envoyés
à son domicile (article R. 49-1 du CPP).
Lorsqu?il n?y a pas prononciation d?une
amende forfaitaire, l?infraction dont il est
constaté la commission doit faire l?objet
d?un procès-verbal (PV).
Un procès-verbal ne se réduit pas au
document que l?on nomme ainsi. C?est une
procédure qui ne se clôt que lorsque
l?ensemble des investigations nécessaires
permettant d?établir les faits auront été
rassemblées. Il peut donc s?écouler
plusieurs jours, parfois plusieurs semaines,
entre la découverte d?un dépôt de déchets
illégal et la constitution de preuves, ou au
moins d?indices suffisants de la
responsabilité d?une ou plusieurs personnes
dans la constitution de ce dépôt. C?est à
partir de la clôture du procès-verbal que le
document est envoyé au procureur de la
République dans les meilleurs délais (5 jours
après clôture s?agissant des infractions au
Code de l?environnement (art. L. 172-16) ou
les infractions forestières, et 3 jours dans le
cas d?un garde forestier salarié d?un
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
40
propriétaire forestier privé). Dès lors qu?il y
a infraction, c?est le procureur qui dirige
l?enquête préliminaire et décidera
d?engager ou non des poursuites. Les agents
habilités commissionnés et assermentés
pour dresser les PV doivent donc lui trans-
mettre directement les PV qu?ils dressent et
non par la voie hiérarchique (qui ne signe
donc pas les PV) : c'est l?agent qui doit
répondre seul de ce qu'il a constaté.
À noter : les contraventions aux arrêtés de
police municipale concernant l?organi-
sation de la collecte des déchets et au RSD
peuvent être constatées par les agents de
police municipaux, en leur qualité d?agents
de police judiciaire adjoints, mais ils
doivent remettre leurs rapports et leurs
procès-verbaux à la fois, au maire et à un
officier de police judiciaire (OPJ) de la
police nationale ou de la gendarmerie pour
transmission au procureur de la République
(art. 21-2 du CPP). Dans ce cadre, ils sont
habilités à relever l?identité des contre-
venants pour dresser les procès-verbaux.
Cependant, en cas de refus de la personne
de délivrer son identité, ils doivent faire
appel à un OPJ (art. 78-6 du CPP).
La rédaction d?un procès-verbal doit
répondre à un certain formalisme. Les PV
en matière de délit doivent, à peine de
nullité, énoncer le fait poursuivi et viser le
texte de la loi qui le réprime, conformé-
ment à l'article 551 du Code de procédure
pénale (CPP).
S'agissant de contravention, l'article A 37.2
du CPP prévoit que le PV de contravention
comporte les références des textes la
réprimant, quoique cette obligation ne
s'impose pas à peine de nullité.
La date, l?heure et le lieu du constat sont
mentionnés impérativement, de même que
la qualité et l?identité de l?agent qui dresse
le PV.
L?absence des mentions obligatoires
conduit à la nullité du procès-verbal. C?est
souvent la cause du refus d?engager des
poursuites opposées par les procureurs de
la République.
Outre ces mentions obligatoires, le procès-
verbal doit mentionner les faits constatés
directement par la personne qui établit le
PV et la description de la situation devra
être aussi précise que possible (nature des
déchets, estimation des quantités,
éléments permettant de désigner l?auteur
ou les auteurs, etc.).
Le PV peut comporter en annexe des
photos et tout document permettant
d?établir l?illégalité du dépôt ou de désigner
son auteur. Ainsi, des documents permet-
tant de l?identifier constituent, sinon des
preuves, du moins des indices suffisants
pour orienter les recherches. Si l?auteur
présumé a été identifié par vidéo-
protection, cela devra être mentionné.
Le Code de l?environnement précise que les
procès-verbaux constatant des infractions
au Code de l?environnement font foi
jusqu?à preuve du contraire (art. L. 172-16).
Il y a donc une présomption de leur
caractère probant, que la défense devra le
cas échéant renverser. Il n?en est pas de
même pour les procès-verbaux constatant
une infraction au RSD.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
41
Les sanctions administratives
Tableau récapitulatif des sanctions administratives prévues par le Code de
l?environnement
Source Type d?infraction Commentaire
L. 541-3 Dépôt illégal de déchets
Procédure administrative décrite
au §4.2
L. 541-21-3, et L. 541-21-4 Abandon de véhicule (s)
Procédure administrative décrite
au §4 (L. 541-3)
L?article L. 541-3 du Code de l?environnement
précise la procédure administrative qui sera
appliquée lorsque des déchets seront
abandonnés, déposés ou gérés contrai-
rement aux prescriptions du Code de
l?environnement.
Cet article s?applique à toute personne qui
abandonne ou dépose des déchets dans
des conditions ne respectant pas les
dispositions du chapitre Ier du titre IV du
livre V du Code de l?environnement. Cela
exclut donc des atteintes au règlement de
collecte, puisque le règlement de collecte
découle de l?attribution aux collectivités du
service public des déchets par le Code
général des collectivités territoriales. Le
dépôt sera d?une certaine importance,
plutôt en milieu rural ou dans un terrain
vague en milieu urbain, ou sur le site d?une
entreprise ayant non cessé son activité (et
ne relevant pas de la législation relative aux
ICPE de façon à permettre la mise en oeuvre
de la procédure décrite à l?article L. 541-3
par le maire ou le président d?EPCI). Il est
nécessaire que l?auteur du dépôt soit
identifié, notamment si des documents ou
des objets permettant de l?identifier se
trouvent dans les déchets, ou par des
investigations plus poussées.
Tout dépôt justifiant la mise en oeuvre de
l?article L. 541-3 doit parallèlement faire
l?objet d?un PV de constatation de la
commission du délit prévu par l?article
L. 541-46 du Code de l?environnement. En
effet, les poursuites pénales sont indé-
pendantes des poursuites administratives
Il en est de même pour l?application des
articles L. 541-21-3 et L. 541-21-4 (abandon
de véhicule).
1) Le constat des manquements adminis-
tratifs et la répression administrative
Dans le cadre de l?exercice de la police
administrative décrite à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement pour le cas des
dépôts illégaux de déchets, le maire est
l?autorité administrative compétente, à
moins que le maire ait transféré son pouvoir
de police spéciale au président de l?EPCI en
application de l?article L. 5211-9-2 du CGCT.
Le maire ou le président d?EPCI sont par la
suite appelés « autorité compétente ».
Les agents chargés du constat des
infractions pénales et ceux chargés du
constat des manquements administratifs
sont les mêmes (pour la législation
environnementale, cf. art L. 172-1 et art.
L. 541-44 du Code de l?environnement), à
l?exception des officiers et agents de police
judiciaire qui n?interviennent pas (en tant
que tels) dans le cadre purement
administratif.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
42
L?agent chargé d?un contrôle de nature
administrative adressera son rapport au
maire de la commune du lieu du dépôt
illégal de déchets qui enclenchera le reste
de la procédure, ou au président de l?EPCI
dans le cas cité ci-dessus. Par exemple : un
garde-champêtre employé par un EPCI qui
détient la compétence « police déchets »
doit envoyer son rapport au président de
l?EPCI sur le territoire duquel est situé le dépôt
sauvage, ou au préfet si l?étendue du dépôt
affecte le territoire de plusieurs communes.
Le préfet est l?autorité de police
administrative compétente pour appliquer
les sanctions prévues à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, lorsque le dépôt
correspond à une décharge illégale de
déchets : exploitation correspondant à une
activité lucrative exercée par un tiers aux
producteurs des déchets qui y déposent
leurs déchets, le stockage régulier de
déchets provenant d?une activité classée
ou non (exemple : une entreprise de
rénovation qui dépose les déchets de son
activité sur un terrain). Dans le cas où les
déchets proviennent d?une installation
classée, l?exploitant étant tenu de veiller à
gérer ses déchets conformément à la
réglementation en vigueur mais aussi aux
prescriptions fixées par l?arrêté d?auto-
risation, l?enregistrement ou le récépissé de
déclaration régissant son activité, le fait de
déposer ou de faire déposer de façon
habituelle (et non ponctuelle) ses déchets
soit dans l?enceinte de ses locaux , soit sur
un terrain indépendant constitue une
infraction à la législation relative aux
installations classées et un manquement
aux obligations de gestion des déchets
imposés à cette entreprise par la décision
qui lui donne le droit d?exploiter
(autorisation, enregistrement, déclaration) .
Ce même exploitant peut être tenu de
reprendre les déchets de son entreprise qui
auraient été déposés même à son insu par
un tiers auquel il les avait remis en vue de
leur élimination ou traitement dans une
installation autorisée à cet effet. En effet,
en tant que producteur de déchets, il est
responsable de leur gestion dans le respect
des règles applicables.
Les constats de manquement prennent la
forme d?un rapport écrit. Le formalisme du
constat administratif est décrit au para-
graphe 4.2.1, détaillant la procédure
administrative prévue par les dispositions de
l?article L. 541-3. L?établissement de ce rapport
permet au maire d?enclencher les procédures
administratives prévues par cet article.
2) Mise en oeuvre de la procédure prévue au
L. 541-3 du CE
L?essentiel
Étapes de la procédure L. 541-3 en cas de
dépôt illégal de déchets :
? Constat de l?abandon ou du dépôt illégal
de déchets par un rapport adressé au
maire ou au président de l?EPCI en cas
de transfert des pouvoirs de police du
L. 541- 3 (ou au gestionnaire du domaine
public forestier pour les infractions
forestières) ;
? Rappel à la loi de l?auteur des faits par le
maire ou le président de l?EPC (ou le
gestionnaire du domaine forestier), lui
permettant de fournir des explications
ou d?informer l?autorité administrative
que le nécessaire a été fait pour
remédier à la situation dans le délai de
10 jours à compter de la réception du
courrier recommandé avec AR (phase de
contradictoire) ;
? Arrêté de mise en demeure si le rappel à
la loi a été inefficace mentionnant un
délai pour réaliser les travaux nécessaires ;
? En cas de non-respect de la mise en de-
meure, décision imposant une sanction
(possibilité d?en conjuguer plusieurs).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
43
La procédure prévue au L. 541-3 du Code de
l?environnement décrit la procédure
administrative à respecter pour amener
l?auteur ou les auteurs d?un dépôt illégal de
déchets à remédier à la situation, lorsque le
ou les producteurs ou détenteurs de
déchets peuvent être identifiés.
L?application des dispositions de cet article
implique que le dépôt puisse être laissé sur
place le temps du déroulement de la
procédure.
De fait, l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement ne peut pas être appliqué
en cas d?abandon de quelques encom-
brants ou autres déchets sur le trottoir par
un ménage : il faut bien se rendre à
l?évidence que cette procédure serait
inadaptée puisqu?elle demande qu?en
attendant l?expiration du délai fixé à
l?auteur du dépôt de déchets pour
remédier à la situation, les déchets doivent
rester sur place (puisque c?est à l?auteur du
dépôt de les enlever ou faire enlever).
Ces phases sont détaillées ci-après.
a) Constat administratif
Le constat d?un manquement administratif
obéit à des règles, qui ne diffèrent pas
beaucoup du procès-verbal de constat
d?une infraction (cf. §3.3).
L?agent qui constate l?existence d?un dépôt
illégal de déchets :
? doit être habilité à le faire (cf. §3.2) ;
? doit respecter des règles fixées par la loi
pour opérer le contrôle de la législation
en cause, et suivre une procédure
précise pour établir l?existence du
manquement. L?accès aux lieux de
commission d?un manquement aux
dispositions du Code de
l?environnement, soupçonné ou avéré,
doit respecter les règles de procédure
prévues aux articles L. 171-1 et suivants
du Code de l?environnement.
La découverte d?un dépôt illégal de déchets
dans la nature est souvent fortuite, suite au
signalement d?un riverain ou du
propriétaire du terrain sur lequel des
déchets ont été délaissés. Si le dépôt est
constitué sur une propriété privée, l?accord
du propriétaire du terrain est nécessaire
pour y accéder et sa présence requise.
La rédaction du rapport constatant le
manquement doit mentionner, comme le
fait un procès-verbal, la date, le nom de
l?auteur du rapport, l?exposé de la
réglementation qui n?est pas respectée et
celui des faits constatés. À ce titre, il
mentionne les références des règles de
gestion qui n?ont pas été respectées et
décrit précisément en quoi le fait reproché
constitue un manquement à la
règlementation.
Les faits doivent être décrits dans ce
rapport aussi précisément qu?ils auraient
dû l?être dans un procès-verbal : dans le cas
d?un dépôt illégal de déchets, l?agent
s?attache à décrire la nature des déchets,
évaluer la quantité de déchets présente sur
le site et noter les éléments permettant
d?identifier le producteur des déchets, s?il y
en a (documents trouvés sur le site,
témoignage des voisins du dépôt qui ont pu
relever le numéro d?immatriculation du
véhicule ou même prendre des photos).
L'agent qui effectue le contrôle admi-
nistratif doit ensuite transmettre le rapport
à l?autorité compétente du lieu du dépôt,
qui pourra alors décider des suites à donner.
Jurisprudence
Un mauvais fondement légal ou un défaut de
motivation peuvent entraîner l?annulation de
l?arrêté de mise en demeure (CAA Nantes,
22 avril 1998, commune d?Ouvrouer-les-
Champs n° 95NT01342 / CAA Nantes, 17 juillet
1996, Compagnies des Bases lubrifiantes
n° 93NT00540).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
44
Nota bene
Lorsque le propriétaire ou le locataire du
lieu du dépôt est l?auteur du dépôt, si le
dépôt est susceptible de porter atteinte à
la salubrité ou la santé publique (prolifé-
ration de rongeurs, odeurs, etc), l?autorité
compétente doit mettre en oeuvre les
pouvoirs qu?elle détient au titre de la police
générale des déchets.
Tel est le cas, si des déchets putrescibles ou
de nature à attirer des nuisibles (rongeurs
ou autres vermines) sont stockés. Il faut
avoir constaté l?existence de nuisances ou
de pollutions. Dans le cas où il conserve des
véhicules hors d?usage et que la superficie
occupée par ces véhicules est inférieure à
50 m², l?évacuation de véhicules hors
d?usage peut être obtenue sur le
fondement de l?article L. 541-21-4 du Code
de l?environnement. Cet article permet de
prévenir les risques sanitaires graves, quand
les véhicules stockés peuvent servir de gites
larvaires aux moustiques porteurs de la
dengue, le chikungugna et le zika, surtout
dans les territoires ultra-marins.
Cependant, en l?absence de nuisances ou
de risques pour l?environnement, la santé
humaine ou la salubrité, il est difficile d?agir
car on ne peut qualifier les faits avec
certitude : le propriétaire du terrain ou le
locataire peut prétendre ne pas vouloir se
défaire des objets accumulés sur son
terrain, auquel cas ce ne sont pas des
déchets au sens légal du terme.
Un locataire peut aussi être contraint par
son propriétaire de mettre un terme à ses
agissements, car le contrat de location peut
préciser qu?il est interdit de stocker des
objets susceptibles d?entraîner une dégra-
dation des lieux ou entraîner des conflits de
voisinage. C?est une voie à explorer, l?autorité
compétente pouvant contacter le proprié-
taire des lieux dans ce but afin d?éviter toute
velléité de recommencer au locataire.
Sur la base du rapport constatant
l'irrégularité d'une situation, l?autorité
compétente peut ensuite enclencher la
procédure.
b) Engager la procédure
La procédure prévue à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement commence par
une phase dite de « contradictoire » de dix
jours : l?autorité compétente informe par
une lettre constituant un rappel à la loi le
producteur ou le détenteur initial des
déchets « des faits qui lui sont reprochés
ainsi que des sanctions qu?il encourt et de
la possibilité de présenter ses observations,
écrites ou orales, dans un délai de dix jours,
le cas échéant assisté par un conseil ou
représenté par un mandataire de son
choix ».
L?exposé des faits reprochés peut ne pas
être très détaillé et renvoyer au rapport
constatant ces faits qui doit être
obligatoirement joint, même si le courrier
de rappel à la loi ne le cite pas
expressément. Toutefois, cet exposé doit
être précis et mentionner en quoi la
situation est irrégulière au regard de la
réglementation en vigueur et mentionner la
référence du texte applicable (en cas de
dépôt illégal de déchets, la référence est
l?article L. 541-2, qui impose de respecter les
prescriptions du Code pour quiconque
produit des déchets) et l?article L. 541-3 qui
pose l?interdiction d?abandonner ou de
déposer des déchets n?importe où. Le délai
de dix jours est impératif, il ne peut être
réduit.
Si, à l?issue de cette phase, le producteur ou
le détenteur des déchets n?a pas remédié
de lui-même à la situation, ou que les
observations produites ne sont pas
satisfaisantes, l?autorité compétente peut :
? prendre un arrêté de mise en demeure
de procéder à l?enlèvement des déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
45
déposés illégalement. Il est tenu de le
faire si le dépôt de déchets entraîne un
risque pour la salubrité ou la sécurité
publiques, sinon il engage la res-
ponsabilité de la commune à l?égard des
tiers, pour qui le dépôt de déchets
occasionnerait des nuisances ou un
risque comme un incendie ;
? ordonner le paiement d?une amende au
plus égale à 15 000 ¤.
En cas d?urgence, l?autorité compétente
peut fixer les mesures nécessaires pour
prévenir les dangers graves et imminents
pour la santé, la sécurité publique ou
l?environnement. Cette mesure peut
s?appliquer dès le début de la procédure.
Cela peut consister en des mesures
nécessaires à la mise en sécurité du site
avant toute mesure de retrait des déchets
et de remise en état du site. Il est possible
d?ordonner l?enlèvement immédiat des
déchets à condition que leur maintien sur
place entraîne un danger répondant aux
exigences de gravité décrites plus haut. Cet
ordre ne pourra donc être donné en
l?absence de ce danger grave et imminent.
Il ne s?agit pas là d?une sanction (II art.
L. 541-3). Ces mesures peuvent être
ordonnées sans mise en demeure préalable
du responsable du dépôt illégal de déchets.
Le coût de ces travaux sera mis à la charge
du responsable du dépôt illégal de déchets,
s?il est identifié de façon certaine. L?enlève-
ment des déchets avant même que la mise
en demeure puisse être décidée met un
terme à la poursuite de la procédure puisque
la mise en demeure n?aurait plus d?objet.
c) Mise en demeure
Si, à l?issue de la phase contradictoire, le
dépôt illégal de déchet n?a pas été résorbé,
l?autorité compétente doit prendre un
arrêté de mise en demeure, prescrivant
d'effectuer les opérations nécessaires au
respect de la réglementation dans un délai
déterminé.
Un point est particulièrement important à
respecter : la mise en demeure doit fixer un
délai suffisant pour permettre à l?auteur ou
les auteurs du dépôt illégal de satisfaire aux
prescriptions de l?arrêté. Sinon, le juge
administratif pourrait annuler la décision.
En effet, fixer un délai irréaliste revient à
rendre impossible le respect de la mise en
demeure, et dans ce cas, celle-ci est
irrégulière. Si le dépôt est très important ou
qu?il est composé de déchets dangereux
mélangés à d?autres, il sera nécessaire de
fixer un délai cohérent avec la possibilité de
faire les travaux nécessaires, car des études
préalables à l?évacuation des déchets
pourraient devoir être menées afin de
déterminer les conditions de traitement de
ces déchets. Dans ce cas, la réalisation de
ces études devra d?ailleurs être imposée et
un délai devra être fixé.
Visas
L?arrêté de mise en demeure doit viser
explicitement l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement et, s?il s?agit de mesures de
gestion des déchets qu?auraient dû
appliquer une entreprise, l?article du Code
imposant ces mesures, si elles existent
(exemple : une obligation générale de
veiller à traiter les déchets de façon à ne
pas nuire à l?environnement est prévue à
l?article L. 541-2), et le cas échéant les
prescriptions qui auraient pu être dressées
par arrêté municipal, si l?entreprise n?est
pas assujettie à la législation relative aux
installations classées.
Il convient également de rappeler
l?ensemble des éléments se rapportant au
déroulement de la procédure antérieure à
la mise en demeure : le constat réalisé, les
échanges entre le maire et l?administré
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
46
démontrant qu?il a été informé des faits
reprochés et de la possibilité de présenter
ses observations. Le cas échéant, sont
mentionnées dans les visas les observations
présentées par celui-ci.
Motivation
La mise en demeure doit comporter les
éléments de fait et de droit sur lesquels elle
se fonde. Elle ne doit pas se référer de
manière générale aux dispositions
réglementaires qui n?auraient pas été
respectées, mais préciser en quoi les faits
reprochés contreviennent à ces disposi-
tions, et donc décrire brièvement la
situation. La mise en demeure peut
renvoyer au rapport de constat pour les
détails. En tout état de cause, ce rapport
doit être joint à la mise en demeure.
La motivation de la mise en demeure
s?attachera donc à rappeler brièvement les
règles qui n?ont pas été respectées, les
circonstances du constat de l?inobservation
(inspection?), le constat des faits et à
renvoyer au rapport adressé au maire sur ce
manquement.
d) Imposer une sanction
Il faut au préalable constater que la mise en
demeure n?a pas été respectée. Ce constat
doit être fait sur place et donne lieu à un
rapport adressé à l?autorité compétente du
lieu du dépôt par l?agent qui effectue ce
contrôle, ce rapport devant décrire à
nouveau la situation pour démontrer que la
mise en demeure n?a pas été suivie d?effet.
Les sanctions administratives prévues par
l?article L. 541-3 sont :
? la consignation ;
? l?exécution d?office des travaux
nécessaires pour remédier à la situation ;
? la suspension de l?activité à l?origine du
manquement ;
? le versement d?une astreinte journalière
au plus égale à 1 500 ¤ courant à compter
d?une date fixée par la décision jusqu?à ce
qu?il ait été satisfait aux mesures
prescrites par la mise en demeure. Le
montant maximal de l?astreinte mise en
recouvrement ne peut être supérieur au
montant maximal de l?amende
applicable pour l?infraction considérée ;
? le paiement d?une amende au plus égale
à 150 000 ¤.
Ces sanctions administratives sont cumu-
lables entre elles si l?autorité compétente
l?estime nécessaire et proportionné aux
circonstances de l?espèce.
Les sanctions administratives s?appliquent
sans préjudice des poursuites pénales
encourues.
La sanction est fixée par l?autorité
administrative compétente (ce qui la
différencie de la sanction pénale fixée par
le juge ou forfaitairement par la loi ou le
règlement). Néanmoins, la décision la
prononçant peut faire l?objet d?un recours
devant le juge administratif.
La consignation
C?est la plus courante des sanctions à
l?encontre d?une personne qui refuse de
déférer à la mise en demeure qui lui est
faite : l?autorité administrative impose à
l?auteur du manquement de verser la
somme correspondant au montant global
des travaux à réaliser au Trésor Public, qui
est chargé du recouvrement de la
consignation.
La consignation sera mise en place par
l?émission d?un titre de perception à
l?encontre de la personne qui sera transmis
au comptable public (compte budgétaire
467451 « Consignations. Protection de
l?environnement » associé au compte PCE
4674400000).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
47
Le montant de la consignation n?a pas à
correspondre exactement au montant des
travaux, mais doit permettre d?en assurer la
réalisation. Si le montant de la consignation
ne couvre pas la totalité des montants des
travaux, il n?est pas possible de demander
un complément par la suite au
contrevenant. Il est donc nécessaire
d?évaluer correctement le montant des
travaux en prenant une marge de sécurité
raisonnablement exigible. Si les travaux
sont très importants, ils peuvent être
divisés en plusieurs tranches et la
consignation sera alors elle-même divisée
en plusieurs versements. Cette façon de
procéder peut permettre à la personne
tenue de réaliser les travaux de conserver
les moyens financiers de les réaliser, car la
réalisation de chaque tranche de travaux
entraînera le remboursement de la somme
consignée pour cette tranche.
Cette somme est ensuite restituée soit en
une seule fois, lorsque toutes les mesures
ont été respectées, soit comme cela a été
exposé, chaque fois qu?une tranche des
travaux aura été terminée.
Il convient de rappeler qu?il ne s?agit pas
d?une sanction financière (contrairement à
l?amende) mais d?une mesure de coercition
d?une grande efficacité.
Par ailleurs, il s?agit du préalable nécessaire
pour engager la procédure de travaux
d?office, sauf à faire supporter l?avance du
coût de ces travaux à l?autorité
administrative qui prend cette mesure, ce
qui peut être risqué.
Les travaux d?office
Les travaux d?office constituent une
sanction qui ne doit être mise en oeuvre
autant que possible que si les sommes
nécessaires pour réaliser les travaux ont pu
être consignées, afin d?éviter le risque qu?ils
restent à la charge de la collectivité,
comme exposé ci-dessus.
La suspension de l?activité
Cette sanction est à réserver aux cas où
l?activité exercée par le dépositaire des
déchets est à l?origine du manquement.
Cependant, en cas de dépôt de déchets
réprimé dans le cadre de l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, le maire ou
président d?EPCI ne peut prononcer une
telle sanction qu?à l?encontre d?une
entreprise ne relevant pas de la législation
relative aux ICPE.
La suspension de l?activité qui est à l?origine
du dépôt illégal constitue une sanction
lourde dont l?usage doit être réservé aux
atteintes très graves à l?environnement ou
entraînant un problème sérieux de sécurité
publique, ou bien lorsque l?entreprise en
cause oppose un refus catégorique
d?exécuter une mise en demeure. Cette
sanction devra notamment être appliquée
dans les cas où les travaux d?office ne sont
pas envisageables.
La levée de cette sanction passe par un
arrêté de levée de suspension qui ne peut
être pris que si les travaux ou aména-
gements nécessaires ont été réalisés.
La mise en oeuvre de cette sanction doit
rester exceptionnelle. Elle demeure une
sanction dont la légitimité est difficile à
démontrer dans la plupart des cas de
dépôts de déchets, puisque la résorption
du dépôt illégal de déchets ne nécessite pas
l?arrêt momentané des activités, à moins
que ce dépôt illégal ait été constitué sur le
site même de l?entreprise. La suspension de
l?activité peut cependant être justifiée par
le fait que si l?entrepreneur ne peut pas
justifier avoir conclu un contrat pour le
transport et le traitement de ses déchets, le
risque est grand qu?il continue de les
déposer illégalement. Il faut donc mesurer
les conséquences d?une telle sanction dans
le cadre de la répression administrative des
dépôts illégaux de déchets.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
48
L?astreinte administrative
C?est une pénalité destinée à assurer le
respect de la mise en demeure après un
certain délai. Par exemple, si la mise en
demeure accorde un délai de 2 mois pour
les travaux de résorption du dépôt de
déchets, elle peut prévoir en plus le
paiement d?une astreinte par jour de
retard.
L?astreinte est imposée par un arrêté de
l?autorité compétente dont la date de
notification fait courir l?astreinte. Cet
arrêté définit en outre le montant de
l?astreinte et la condition pour y mettre fin
(la justification du traitement des déchets
fournis par l?exploitant de l?installation de
traitement ou de collecte à qui ils auront
été remis).
Le montant journalier de l?astreinte, d?un
maximum de 1 500 ¤, est déterminé
notamment en fonction de la gravité des
faits, des conséquences de la non-
exécution des mesures, de la dangerosité
du dépôt de déchets, etc.
La liquidation totale ou partielle de
l?astreinte intervient, elle aussi, au travers
d?un arrêté qui, comme en matière de
consignation, permet la mise en place d?un
titre de perception. La date à prendre en
compte pour la liquidation définitive de
l?astreinte est la date à laquelle l?exploitant
a exécuté les mesures prescrites par la mise
en demeure. Cette date est établie au
travers des éléments fournis par
l?exploitant et, le cas échéant, d?un
contrôle sur place.
L?astreinte est perçue par le comptable
public avec l?émission par l?autorité
compétente d?un titre de paiement
(compte budgétaire 250504 « Sanctions
administratives prononcées par les
ordonnateurs secondaires » associé au
compte PCE 7720000000).
L?amende administrative
L?application de cette sanction devrait être
systématique quand le responsable d?un
dépôt illégal de déchets s?obstine à ne pas
exécuter les mesures nécessaires pour faire
enlever et traiter les déchets illégalement
déposés.
La définition du montant de l?amende fait
l?objet d?un examen au cas par cas de la
situation de la personne qui ne défère pas à
la mise en demeure et des conditions qui
l?ont conduite à ne pas respecter les
dispositions qui lui étaient applicables.
De cet examen, qui doit apparaître dans les
considérants de la décision, il convient de
définir la somme retenue. Notamment, s?il
s?agit d?une entreprise, artisan ou
commerçant, on peut utilement s?appuyer
sur les gains financiers résultant du non-
respect des dispositions applicables
(« l?économie » résultant du fait de ne pas
traiter ses déchets dans une filière
appropriée peut être estimée en fonction
des quantités de déchets abandonnés et du
coût que l?entreprise aurait dû payer pour
faire traiter ses déchets).
L?article L. 541-3 dispose que le montant
maximal de l?amende ne peut dépasser
150 000 euros. Quand un fait est réprimé à
la fois par une sanction administrative et
une amende pénale, le montant de
l?amende administrative ne peut dépasser
le montant de l?amende pénale.
Le fait d?abandonner des déchets est
réprimé par l?article L. 541-46 par une
amende au plus de 75 000 ¤ pour une
personne physique. Il est multiplié par
5 pour une personne morale. Donc, si
l?auteur des faits est une personne morale,
le montant de l?amende administrative
peut être de 150 000 ¤, ce montant restant
inférieur à ce qu?elle encourt au pénal. Il
convient cependant de proportionner
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
49
l?amende à la gravité des faits. L?amende
fixée pour dépôt de déchets non
dangereux qui ne nécessite pas de travaux
de remise en état du site ne sera pas la
même que celle qui pourra être fixée pour
un dépôt de déchets dangereux ou pour un
dépôt s?étendant sur un hectare ou plus.
L?amende administrative prend la forme
d?un arrêté motivé qui, comme en matière
de consignation, est suivi d?un titre de
perception. Les considérants de l?arrêté
reprennent les éléments de fait qui con-
duisent à la détermination de la somme.
L?amende est perçue par le comptable
public au travers de l?émission par l?autorité
compétente d?un titre de paiement
(compte budgétaire 250504 « Sanctions
administratives prononcées par les
ordonnateurs secondaires » associé au
compte PCE 7720000000).
Nota bene
Les amendes administratives et astreintes
journalières mentionnées à l?article L. 541-3
du Code de l?environnement sont
recouvrées au bénéfice :
? de la commune, lorsque l'autorité
titulaire du pouvoir de police
compétente mentionnée est le maire ;
? du groupement de collectivités, lorsque
l'autorité titulaire du pouvoir de police
compétente est le président d'un
groupement de collectivités, en appli-
cation de l'article L. 5211-9-2 du Code
général des collectivités territoriales ;
? de la collectivité de Saint-Martin, lorsque
l'autorité titulaire du pouvoir de police
compétente est le président du conseil
territorial de Saint-Martin.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
50
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
51
Liste des abréviations
ADEME : Agence de l?environnement et de la maîtrise des énergies
AFB : Agence française pour la biodiversité
CA : Cour administrative
CAA : cour administrative d?appel
CGCT : Code général des collectivités territoriales
CE : Conseil d?État
CE : Code de l?environnement
CP : Code pénal
CPP : Code de procédure pénale
DGCCRF : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes
DRAAF : direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt
DREAL : direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DRIEE : direction régionale et interdépartementale de l?énergie et de l?environnement
EPCI : établissement public de coopération intercommunal
GT : groupe de travail
ICPE : installation pour la protection de l?environnement
MTE : Ministère de la Transition écologique
ONF : office national des forêts
PV : procès-verbal
RSD : règlement sanitaire départemental
TA : tribunal administratif
SPGD : Service public de gestion des déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Remerciements
L?ensemble des membres du groupe de travail sur la prévention et la sanction des
dépôts sauvages et des personnes ayant contribué à la réalisation de ce guide, et plus
particulièrement Dominique VIEL (Présidente de l?atelier national Déchets marins),
Delphine MAZABRARD (AMORCE), Jean-Luc PUJOL (OCLAESP), Laurent CATRICE
(région Île-de-France).
De sincères remerciements à l'association Gestes Propres pour son appui au MTE, et
plus particulièrement pour avoir coordonné la production du chapitre II.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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ANNEXE I
Fiches outils
Exemples de pratiques
existantes de prévention
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
1 Une brigade propreté pour
sensibiliser et verbaliser
Acteur : Metz
Objectif : La brigade propreté de Metz s?est fixé trois objectifs : la médiation,
la sensibilisation et la verbalisation.
Budget2 : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
La brigade est composée de cinq agents rattachés au service propreté, dont quatre
assermentés (qui ont reçu une formation).
Les missions :
? Un premier binôme est composé d'un médiateur (Agent de Surveillance de la Voie Publique)
et d'un garde champêtre. Ce dernier est habilité à mener une investigation plus poussée
dans le cadre de ses compétences, à agir en civil et à verbaliser au titre du Code pénal et
du Code de l?environnement. Ce premier binôme est chargé d?aller à la rencontre des
usagers pour informer, prévenir les situations problématiques, et/ou de trouver avant tout
des solutions.
? Les dépôts illégaux de déchets sont signalés par une rubalise comportant le message
« Auteur de ce dépôt en cours d?identification », et laissés 48 h dans l?espace public. Le cas
échéant, le binôme peut investiguer afin d?identifier l?auteur du dépôt et trouver des
preuves. Dans le cas où l?enquête aboutit à l?identification de l?auteur du dépôt, ce premier
binôme l?informe des enjeux sociaux et environnementaux en cause, le prévient de la peine
encourue et l?invite à retirer ses déchets sous peine d?être sanctionné.
? Un second binôme (composé de deux agents assermentés) verbalise par timbre-amende,
s?agissant de contraventions de 3e classe. L?amende s'élève à 35 ¤ par dépôt de déchets,
auquel s?ajoutent 80 ¤ facturés pour l?enlèvement d?office.
? Une animatrice chargée de la sensibilisation notamment dans les écoles (2 000 à
2 500 enfants sensibilisés chaque année).
La collectivité considère que cette démarche est plus efficace que le fait de verbaliser
directement, qui peut parfois être contre-productif en entraînant un sentiment
d?incompréhension, et par la suite d?opposition chez l?administré.
2 ¤ (0 - 5 000) ; ¤¤ (5k ? 15/20k) ; ¤¤¤ (15/20k - 50k) ; ¤¤¤¤ (50k +)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? Coût de la formation d'une brigade propreté urbaine : 10 000 ¤ (pour deux agents)
? Il s?agit d?une formation spécifique « médiation et gestion de l?agressivité » + self-défense
pour garde-champêtre et les médiateurs de la propreté du premier binôme. Le second
binôme affecté à la verbalisation n?a pas bénéficié de cette formation.
? Pas de coûts salariaux supplémentaires puisqu?il s?agit de postes redéployés.
? Les agents sont identifiés « Metz propreté urbaine ».
? Communication : 5 000 ¤ par an seulement partant du principe que « nos balayeurs sont
les premiers prescripteurs sur le domaine public ».
? La rubalise met en évidence le fait que le dépôt de déchet est illégal. Elle évite de nouveaux
dépôts au même endroit et signale aux administrés que la situation est déjà prise en
compte, ce qui évite que le dépôt fasse l?objet d?autres signalements.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Sensibiliser avant de sanctionner pour plus de pédagogie.
? Frapper fort en expliquant que la sanction administrative (facturation à l?enlèvement
d?office) permet de traiter l?incivilité sans la faire peser sur les contribuables respectueux.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Les agents doivent être assermentés.
? Rencontre avec l'Officier ministériel public (OMP*) en amont pour construire un dispositif
dissuasif et argumenter en expliquant la gravité de l?infraction, le système de gestion des
déchets, le tout afin de sécuriser les procédures.
FREINS/RISQUES
? La rubalise ne fonctionne qu'en ville, pas en milieu rural.
? La procédure de verbalisation doit être verrouillée : les agents doivent rechercher des
indices permettant d?identifier l?auteur du dépôt d?encombrants et prendre des photos des
situations afin de constituer un dossier juridique étayé.
? Possible pression des usagers pour que ces déchets balisés ne soient pas maintenus sur le
domaine public (gêne).
RÉSULTATS
? 1/3 des déchets déposés illégalement sont repris par le déposant.
? Diminution des dépôts d?ordures ménagères.
? En 4 ans, la ville de Metz a prévenu le dépôt de 400 tonnes de déchets sur l?espace public,
soit 30 % des dépôts.
? En 2016, on comptait plus de 1 200 timbres amendes, contre un peu plus de 300 en 2017.
? En 2016, 8,48 % des procédures ont été annulées par l'OMP*, contre 1,32 % en 2017.
? En 2017, 68 % des situations ont été résolues sans verbalisation, permettant aussi la
résorption des points noirs. La verbalisation intervient si le dialogue n?a pas abouti à une
solution acceptable des deux côtés.
? Évolution du point de vue des usagers : ils comprennent qu'il ne s'agit plus d'une
incompétence des services de propreté mais d'incivilités.
*OMP : l?Officier du Ministère Public tient le rôle du procureur devant les tribunaux d?instance pour les 4 premières classes de
contraventions. Il s?agit le plus souvent d?un officier de police judiciaire ou de gendarmerie. Il est placé sous la direction du procureur.
Contact : Régis Gabriel (rgabriel@mairie-metz.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
57
Fiche
2 Des ambassadeurs bénévoles
pour sensibiliser et signaler
Acteur : Alfortville
Objectif : Créer une équipe d?ambassadeurs propreté au sein de la ville pour
sensibiliser les habitants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Les ambassadeurs propreté sont des citoyens bénévoles qui signalent des salissures ou des
dépôts illégaux de déchets encombrants en ville, mais également assurent auprès des
habitants de leur quartier une sensibilisation sur les bons gestes à adopter au quotidien.
Un ambassadeur est affecté à chacun des 21 cantons du territoire.
La mise en place s?est faite en quatre étapes :
? Publication d?un appel à l?intention des citoyens pour devenir ambassadeur bénévole, dans
le magazine et sur le site internet de la ville ;
? 21 ambassadeurs ont été sélectionnés, il s?agit de citoyens sans bord politique particulier et
de tous âges ;
? Ces ambassadeurs sont formés à leurs missions au cours de réunions d?information tenues
toutes les six semaines, pendant lesquelles deux agents de la ville expliquent le
fonctionnement du service propreté et de la commune ;
? Les ambassadeurs propreté peuvent signaler les abandons de déchets par e-mail au service
de la propreté qui tente d?agir rapidement. Si le dépôt n?est pas retiré sous 48 h, les
ambassadeurs peuvent réitérer leur signalement.
MOYENS REQUIS
? Quatre agents concernés, dont deux mènent les réunions d?information toutes les six
semaines. Les agents sont attitrés à la brigade verte et ont des horaires fixes journaliers.
? Toutes les six semaines, des réunions ont lieu avec les ambassadeurs de propreté à des
horaires plutôt tardifs. Il n?y a pas d?obligation à être présent à toutes les réunions, mais les
agents s?organisent pour qu?il y ait toujours deux personnes pour mener les réunions, qui
s?ajoutent à leur temps de travail hebdomadaire. Si les agents le souhaitent, ils peuvent bien
entendu venir à chaque réunion.
? Cette action ne nécessite pas de moyens financiers mais demande du temps aux agents qui
forment les ambassadeurs. Cependant, ce temps est « récupéré » car leurs déplacements
deviennent plus efficaces grâce à la détection opérée par les ambassadeurs.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
58
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Il faut éviter toute appropriation de l?action par le politique.
? Les discussions entre les agents et les ambassadeurs bénévoles doivent être ouvertes, sans
non-dits, et avec une véritable écoute afin d?avancer efficacement sur les sujets.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Création d?une convention bénévole citoyenne : « accueil d?un collaborateur occasionnel
bénévole du service public ».
? Prévoir une salle de réunion toutes les six semaines.
FREINS/RISQUES
? Les ambassadeurs doivent uniquement signaler les dépôts, sans s?interposer pour éviter
d?être pris à partie (pas de dénonciation).
? L?incivilité des administrés peut entraîner une démotivation des ambassadeurs.
RÉSULTATS
? Les ambassadeurs de la propreté sont de véritables relais entre les agents du service de la
propreté et les citoyens.
? Ils apportent une connaissance fine et poussée de leur territoire et la font partager aux
agents.
? Ils s?informent sur la collectivité et le travail des agents et peuvent donner leurs avis sur
certains sujets (par exemple : une campagne de communication).
? Les riverains sont davantage à l?écoute des ambassadeurs de leur quartier.
? L?action des ambassadeurs entraîne gain de temps, réactivité, efficacité de l?action et
légitimité pour le service de la propreté.
? La compréhension du fonctionnement du service de la propreté et de la commune apporte
une amélioration de l?image de ceux-ci.
? Davantage d?implication des citoyens ce qui permet une meilleure communication et
compréhension des actions de la ville dans le domaine de la propreté.
? Aujourd?hui, il y a une réelle volonté d?augmenter le nombre d?ambassadeurs.
Un petit conseil ?
« Un dispositif qui peut faire peur au début, mais il faut y aller ! On pense qu?on va avoir affaire
à des personnes mécontentes mais pas du tout, elles sont d?une vraie aide pour nous et les
échanges sont vraiment constructifs, ils nous offrent une connaissance très fine de leur quartier,
ça nous fait gagner en rapidité, en efficacité, et nous rapproche du citoyen. »
Contact : brigade.verte@mairie-alfortville.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
59
Fiche
3 « Scooby »,
icône de la sensibilisation de rue
Acteur : Saint-Brieuc
Objectif : Sensibiliser les passants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, déjections canines, encombrants
MISE EN PLACE
Le service propreté a décidé de s?inspirer d?un personnage de dessin animé pour enfant
« Scooby-Doo » afin de créer une communication engageante avec un fil rouge et un suivi des
actions. Scooby est un grand chien sympathique, gourmand et peureux, qui enquête avec sa
bande d?amis sur des énigmes et mystères.
Étape 1 :
? Cibler des quartiers « sensibles » du point de vue de la problématique des abandons de
déchets.
? Les quartiers sont alors « bouclés », des panneaux marquent les zones de recherche
d?indices pour Scooby mais aussi, et surtout, c?est là que commence un début de dialogue
(sensibilisation) entre les agents du secteur, les riverains et les passants : « Scooby mène
l?enquête. »
Étape 2 :
? Un flyer est distribué, rappelant les moyens mis en oeuvre par la ville pour que chacun puisse
être acteur de la propreté dans son quartier.
? Un plan de situation informe de la localisation des distributeurs de sacs à déjections
canines, les espaces chiens, les corbeilles de rues et les cendriers.
Scooby est aussi présent à de nombreux événements et sur les réseaux sociaux.
MOYENS REQUIS
? 1 000 ¤.
? Le projet a été élaboré par le service, le coût s?est donc limité à des achats matériels :
conception et impression des flyers, Scooby (faux chien), bulles de bande dessinée, outils
de marquage au sol.
? Les sorties varient pour Scooby de trois fois par semaine à deux fois par mois. Il faut une
après-midi et deux agents pour sensibiliser les habitants et les passants dans une zone
donnée.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
60
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Informer et convaincre ne suffit pas toujours, il faut une communication engageante, un fil
rouge avec un personnage récurrent comme par exemple, Scooby.
? Savoir faire vivre le dispositif, engager et entretenir le contact avec les habitants.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? L?accord du cabinet du Maire.
FREINS/RISQUES
? Manque de suivi des politiques ou des agents.
? Les interventions de Scooby ne doivent pas entraver la circulation, ni gêner les piétons.
RÉSULTATS
? Les agents constatent une amélioration de la propreté.
? Les agents sont contents de participer à l?aventure et se sont bien approprié la mascotte.
? Les administrés portent un autre regard, plus valorisant sur les agents de la propreté et se
comportent mieux avec eux.
? Du lien social est créé entre les passants, riverains et agents.
? Pédagogie faite sur certains secteurs par le service propreté de la ville.
? Diminution des quantités de déchets abandonnés : difficile à estimer à ce stade (Scooby
est « né » en mai 2018).
? Prochainement : un partenariat avec des écoles et des centres de loisirs.
? Un jeu de piste « Mais où est Scooby ? » sur Facebook et dans la ville.
Pour sa campagne de sensibilisation à la propreté
« Scooby », la Ville de Saint-Brieuc a obtenu le Grand
prix dans la catégorie « communication » décerné par
l?Association des villes pour la propreté urbaine (AVPU),
à l?occasion des « Rencontres nationales de la propreté
urbaine » qui se sont tenues en novembre 2018.
Contact : Armand Lejouanard
(armand.lejouanard@saint-brieuc.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
61
Fiche
4 Les petits « Serial cleaners »
Acteur : Brest Métropole
Objectifs : Ces ateliers de sensibilisation destinés aux enfants de la maternelle
au primaire ont un double objectif :
? Sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge à la propreté urbaine et aux bons
gestes à adopter de manière ludique. Les enfants sont aussi les ambassadeurs au
sein de leurs familles ;
? Valoriser le travail effectué par les agents de la propreté.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Métropole
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Ce dispositif d?éveil comprend plusieurs séances durant les temps périscolaires et les pauses
méridiennes :
? Séance introductive animée par l?animateur propreté : découverte des bons gestes de
propreté et des incivilités (1 séance de 45 min).
? Démonstration de matériel animée par le service propreté (1 séance de 45 min) : les élèves,
guidés par les agents, ont pu découvrir comment étaient nettoyés les trottoirs et les routes,
tester les pinces pour ramasser les déchets, mais aussi monter dans une balayeuse
mécanique, pour comprendre le quotidien de ces professionnels de la propreté.
? Réflexions autour du « bon geste de propreté » animées par l?équipe enseignante ou les
animateurs périscolaires sur 5 à 6 séances au cours desquelles les enfants sont amenés à
concevoir des jeux, des sculptures, mener une enquête, jouer une pièce de théâtre,
produire un outil destiné à assurer la propreté urbaine (ex. : le cendrier pour commerçant,
etc.) ; ces temps sont généralement entrecoupés par la séance de démonstration de
matériel.
? Participation à des petits jeux animés par le service de la propreté (jeux de société sur les
déchets : mémo propreté, la cocotte propreté) mais aussi le « Grand jeu de parcours
propreté » : ce jeu propose un parcours ludique à travers chaque commune de la Métropole.
Dans chaque scénette, l?enfant est amené à débusquer les mauvais et bons gestes de
propreté (déchets jetés à terre, mégots, etc.) pour permettre à son équipe de remporter la
partie.
? Remise d?un diplôme à l?issue du parcours de formation et présentation des « ouvrages
réalisés par les enfants » (1 séance) animée par l?animateur propreté, en association avec la
mairie de quartier, comme clôture de ces temps.
? Film : « Les petits serial cleaners de Brest » basé sur le recueil de la parole des enfants.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
62
MOYENS REQUIS
? 19 000 ¤ investis dans le « Grand jeu » par la Ville.
? Réception d?un petit sac de « goodies » par les enfants de l?ordre de 2,40 ¤ /enfant.
? Pas de coûts salariaux supplémentaires. Un agent a été réaffecté sur une mission de
sensibilisation pour animer à plein temps (sans formation).
? Agents mobilisés pour une durée de 45 minutes sur chaque animation pour la
démonstration de matériel.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Motivation des services pour mettre en place cette action.
? Le recrutement de la personne en interne est décisif car aucune formation supplémentaire
n?est prévue.
? Entretenir des liens privilégiés avec les enseignants et autres partenaires.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Adaptation au fonctionnement des écoles.
RÉSULTATS
? Les enfants deviennent des ambassadeurs de la propreté pour leurs proches et
comprennent mieux leur environnement.
? Développement de l?éco-citoyenneté.
? Enfants sensibilisés et fiers de recevoir leurs diplômes de « serial cleaner ».
? Motivation des agents pour développer d?autres projets.
? Valorisation et rayonnement du travail des agents du service propreté.
? Augmentation du nombre d?enfants sensibilisés : chaque année, 1 000 enfants formés de la
maternelle au primaire (5 à 10 ans).
Contact : dechets-proprete@brest-metropole.fr
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63
Fiche
5 Un appel à projets citoyens
contre les comportements incivils
Acteur : Liège (Belgique)
Objectif : Depuis 2006, la ville lance chaque année un appel à projets auprès de
l?ensemble du tissu associatif avec l?objectif de démultiplier la mobilisation
citoyenne sur les problématiques de propreté publique.
Budget : ¤¤
Milieu : tous milieux
Collectivité : commune
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Analyse des expériences menées dans d'autres communes belges et étrangères
(benchmark).
Étape 2 : Création d'un règlement et, d'un formulaire de participation (grandes lignes
thématiques), et diffusion à l?ensemble des associations du territoire. Le maximum de projets
retenus est fixé à 40.
Étape 3 : Les actions peuvent être de nature préventive et/ou curative (sensibilisation,
nettoiement, récup?art, embellissement, etc.).
Les appels à projets doivent répondre à trois thèmes principaux :
? Amélioration de la propreté de la ville (propreté des rues, des parcs, des espaces publics?) ;
? Lutte contre le vandalisme et les actes d?incivisme attentant à la propreté de l?espace
public ;
? Sensibilisation des habitants à une bonne gestion et au tri des déchets.
Les critères auxquels s?attache le jury sont : la dimension collective et la participation du
quartier, l?impact final, l?originalité, la préparation, les aspects pédagogiques, l?engagement
des responsables associatifs, etc.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
64
MOYENS REQUIS
? 1 agent est chargé du projet.
? Le coût dépend du nombre de projets retenus et validés par le jury.
? En 11 ans, 245 projets ont été développés pour un coût total de 52 000 ¤.
? Un trophée est remis chaque année à chaque organisation participante.
? Les projets retenus par le jury et dont la réalisation a produit des résultats satisfaisants sont
gratifiés d'une prime de 1 000 ¤ pour le premier lauréat, 500 ¤ pour le deuxième, 400 ¤ pour
le troisième, 350 ¤ pour le quatrième et 300 ¤ pour le cinquième. Les autres reçoivent une
prime de 150 ¤.
? En 2018, le coût s?est élevé à 7 665 ¤ (35 projets).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Diffusion la plus large possible de l'appel à projets (presse, site web et réseaux sociaux et
associatifs?), en diffusant également directement le formulaire aux associations,
mouvements de jeunesse, etc.
? Motivation des organisations à participer à cet appel.
? Mise à disposition de matériel par les services.
? Avoir un 1er prix attractif.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Manque d?originalité des projets qui sont souvent les mêmes d'année en année.
? Manque d?envergure des projets (petits nettoyages, affichettes, etc.).
? Récurrence des organisations participantes.
RÉSULTATS
? Depuis la première édition en 2006, près de 300 organisations ont participé.
? Embellissement et meilleur cadre de vie.
? Renforcement des liens entre citoyens, associations.
? Sensibilisation renforcée à la propreté et au tri des déchets.
? 42 projets menés dans le cadre de l?édition 2017 et trois prix spéciaux attribués aux
meilleurs projets portant sur la lutte contre les dépôts illégaux de déchets.
Contact : Fanny Buntinx, Echevinat de la Transition écologique
(fanny.buntinx@liege.be)
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65
Fiche
6 Des vidéos en caméra-cachée
pour sensibiliser
Acteur : Besançon
Objectif : Réaliser une opération de sensibilisation sur les abandons et les
dépôts illégaux de déchets par une série de vidéos tournées en caméra-cachée,
puis diffusées sur la page Facebook de la ville. Les citoyens sont interpelés sur
le caractère inacceptable du geste d?abandon de déchets en faisant jouer la
scène par des comédiens au milieu des habitants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Il s?agit de réaliser une « vraie fausse scène » de la vie quotidienne, l?agent de la voirie et la
riveraine - au comportement incivique - sont des comédiens engagés par la ville pour jouer la
scène de l?abandon de déchets sur la voie publique.
Étape 1 : Le service de la propreté mobilise le service communication de la ville, et ils
construisent ensemble l?opération, des grandes lignes du scénario jusqu?au recrutement des
comédiens qui improvisent.
Étape 2 : Le tournage dure une journée, mobilisant plusieurs agents éparpillés dans la foule
pour éviter que la situation ne dégénère, les administrés risquant de réagir trop fortement vis-
à-vis de la comédienne-jeteuse.
Étape 3 : Le montage des vidéos est réalisé par une agence, puis validé par les services et les
élus, enfin mis en ligne sur la page Facebook de la ville.
Étape 4 : Une dernière vidéo plus informative est réalisée avec des données officielles sur les
abandons et les dépôts illégaux de déchets en général.
MOYENS REQUIS
? Coût des vidéos : 4 500 ¤, pour les 2 comédiens, le tournage et le montage.
? Mobilisation de quelques agents pendant la journée de tournage pour éviter tout conflit.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Il faut que des élus portent le projet et que les agents soient motivés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
66
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Le droit à l?image doit être respecté dans le cas où les passants sont identifiables,
notamment s?ils interviennent directement pendant le tournage, les agents leur font donc
signer une décharge (ce qui n?a posé jusqu?ici aucun problème).
FREINS/RISQUES
? Freins politiques ou manque de motivation.
? Maîtriser les réactions éventuelles des passants.
RÉSULTATS
? 5 vidéos ont été réalisées mais seulement 2 ont été suffisamment significatives pour être
diffusées.
? Beaucoup de « vues » sur Facebook avec des commentaires plutôt positifs.
? Provoque une réflexion chez l?administré.
? Les effets de cette vidéo sont difficilement mesurables, pour autant on note que les
personnes réagissent et s?indignent lors du tournage mais aussi via des commentaires sur
les réseaux sociaux.
Contact : Gwenaël Martin (gwenael.martin@besancon.fr)
Lien de la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=Aa77cJtOU3A
(ou sur la page Facebook de la ville)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
67
Fiche
7 Avaloirs « Ici commence la mer »
Acteur : Collioure
Objectif : Plusieurs plaques de prévention gravées du slogan : « Ne rien jeter, ne
rien vider, la mer commence ici » ont été créées dans le but d?assurer la qualité
des eaux des réserves pluviales et d?informer sur le « parcours » des déchets
abandonnés.
Budget : ¤
Milieu : Littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Identifier des bouches du réseau d?eaux pluviales de la commune à proximité des
plages, passages piétons, arrêts de bus, maisons de la presse, terrasses de cafés, marchés, et
à proximité des écoles.
Étape 2 : 24 plaques de prévention gravées du slogan ont été apposées sur les sites sélectionnés,
et positionnées sous les avaloirs. Elles ont été fabriquées par une entreprise locale.
Étape 3 : Communication dans plusieurs numéros du magazine de la ville « Collioure info ».
MOYENS REQUIS
? Coût : 3 000 ¤ pour 24 plaques (125 ¤/plaque en aluminium anodisé en moyenne).
? Mobilisation des services techniques de la ville pour les fixer (colle adaptée et 2 vis).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Retenir des emplacements stratégiques pour disposer les plaques.
? Beaucoup de communication par la ville.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Aucun.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
68
RÉSULTATS
? 4 zones de baignades ont vu la qualité de leur eau s?améliorer, deux sont passées en qualité
excellente.
? Interpelle et sensibilise les passants.
? Bonne résistance des plaques et pas d?entretien particulier nécessaire.
? Volonté d?augmenter le nombre de plaques, et parallèlement de disposer des cendriers à
votes. En effet, les mégots de cigarettes représentent une grande partie des déchets jetés
dans les avaloirs.
? Repris par plusieurs collectivités locales.
Note de la commune :
Les plaques, avec le message « Ne rien jeter, ne rien vider, la mer commence ici », sont une
initiative et une réalisation de la ville de Collioure que nous mettons à disposition de tous, merci
de nous informer si vous copiez notre recette.
Contact : Philippe Cortade (philippe.cortade@collioure.net)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
69
Fiche
8 Le « Nudge », un outil
pour déclencher le bon geste
Acteur : Lille
Objectif : Diversifier les actions de prévention en mettant en place des nudges
dans le centre-ville.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Une réflexion globale est menée avec les élus pour réduire les abandons et dépôts
illégaux de déchets sur l?espace public, le « nudge » est l?un des moyens retenus. Le
« nudge », ou coup de pouce, est un signal, un affichage permettant d?influencer le comporte-
ment des personnes dans une certaine direction sans donner d?injonction.
Étape 2 : Les illustrations qui ont été choisies : des raquettes de basket, le montant de
l?amende en cas d?abandon de déchets, des traces de pas, des marelles aux couleurs vives.
Elles ont été réalisées à l?aide de huit pochoirs et de peinture éphémère.
Étape 3 : Installés par les agents du service nettoiement dans une quinzaine d?emplacements
stratégiques du centre de Lille, ces « nudges » ont pour objectif de favoriser le bon geste et
d?indiquer le chemin vers les poubelles.
Étape 4 : Le déploiement est programmé dans les 10 quartiers de Lille.
MOYENS REQUIS
? Validation des implantations et des nudges par les services et les élus.
? Coût : environ 500 ¤ (pour 8 pochoirs + peinture éphémère).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Disposer les « nudges » à des endroits visibles et stratégiques.
? Accompagnement du dispositif avec l?intervention de l?équipe de sensibilisation à la
propreté publique (volontaires en service civique).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Qualité du marquage selon le type de revêtement, inférieure sur les pavés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FREINS/RISQUES
? Le nudge n?est pas une solution miracle, mais un coup de pouce complémentaire des autres
actions menées par la ville.
RÉSULTATS
? Interpellation positive des passants avec un effet plutôt satisfaisant.
? Articles dans la presse locale.
? Opération pouvant être réitérée en associant les riverains dans le cadre d?actions de
proximité.
? La durée des « nudges » est de l?ordre de deux mois selon la météo et la fréquence de lavage
à haute pression.
Exemple de « nugdes » : les responsables de l?aéroport d?Amsterdam ont fait dessiner une
mouche à un endroit stratégique des urinoirs des toilettes pour hommes. Les usagers ont visé
la mouche et les frais de nettoyage ont diminué de 80 %. La RATP a affiché au-dessus des
cendriers à l?entrée des stations « Bravo, un mégot qui ne finira pas dans la Seine ».
Contact : proprete@mairie-lille.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
71
Fiche
9 Prévention à 360°
contre les mégots
Acteurs : Mulhouse
Objectif : Lutter contre les jets de mégots sur la voie publique, dans le cadre de
la première phase du Plan d?action contre les incivilités de la ville.
Budget : ¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 « Pilotage » : implication de toutes les parties prenantes (7 services impliqués,
50 agents contributeurs, 1 fournisseur)
Étape 2 « Conception de l?offre globale » :
? Immersion : analyser les réalités de terrain et observer les usages actuels.
? Provoquer la production, le développement et la communication d?idées destinées à
remédier aux jets de mégots sur les trottoirs et dans l??espace public en général.
? Formalisation : réaliser des maquettes et des prototypes des idées les plus intéressantes
afin de les rendre tangibles et partageables.
? Pilotage : s?appuyer sur un pilotage horizontal participatif et créatif.
? Co-réflexion : confronter les points de vue en impliquant les parties prenantes lors de temps
de travail collaboratif.
? Formalisation : maquetter les idées majeures afin de les rendre tangibles et partageables.
? Fabrication de 14 cendriers pérennes (simple, double ou triple) et deux cendriers
événementiels (« Mégotor » et « Cendrier c?est gagné »).
Étape 3 « Communication » :
Lancement de la campagne de sensibilisation contre les comportements incivils : conférence
de presse en présence du maire, identité visuelle commune et logo sur tous les équipements.
Étape 4 « Une phase test de 6 semaines » :
? Identifier les sites sensibles, tester les maquettes et prototypes auprès des usagers afin de
les améliorer.
? Communiquer et sensibiliser pendant le test (distribution de flyers, de « mégots box »,
affiches, panneaux, vote sur les « mégotiers » pérennes doubles/triples, questionnaire).
? Verbaliser les contrevenants à l?issue du test.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
72
Étape 5 « Déploiement de l?offre » :
? Mise en place de la verbalisation.
? Installation de mégotiers sur de nouveaux sites (suite à des doléances, signalements?).
? Réalisation d?un prototype de mégotier avec Sineu Graff en tenant compte des retours du
test.
? Utilisation des mégotiers pérennes et évènementiels à l?occasion de nouvelles
manifestations (Marché de Noël).
? Développement du partenariat avec les commerçants.
MOYENS REQUIS
Sept services de la collectivité ont contribué :
? Le Pôle Prévention et Sécurité (Police municipale, Médiation et Tranquillité Publique)
? Les services des Bâtiments (fabrication des mégotiers événementiels)
? La communication
? L?agence de la Participation citoyenne
? L?Agence Centrale de Travaux Voirie
? Le service Propreté Déneigement de Mulhouse Alsace Agglomération
? Le Labo de Ville de Mulhouse et Mulhouse Alsace Agglomération
Un fournisseur de mobilier urbain a été sollicité pour la fabrication des mégotiers pérennes
(entreprise Sineu Graff).
Coût global de 13 320 ¤ :
? Acquisition/fabrication des mégotiers : 7 160 ¤ TTC
- 14 cendriers pérennes : 4 400 ¤ TTC
- Plots en béton (fixation des mégotiers pérennes) : 1 760 ¤ TTC
- 2 cendriers événementiels : 1 000 ¤ TTC
? Actions de communication : 6 160 ¤ TTC
- Habillage des cendriers et des corbeilles-cendriers : 1 670 ¤ TTC
- Achat des « mégot box » métalliques (1 500 exemplaires) : 2 150 ¤ TTC
- Communication sur totems : 1 575 ¤ TTC
- Impression des dépliants de lutte contre les comportements incivils liés aux déchets : 765 ¤ TTC
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Forte volonté politique.
? Identité commune des outils de sensibilisation et du dispositif de collecte, reprise du logo
systématique.
? Sensibiliser, communiquer, puis verbaliser dans un dernier temps.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Manque d?implication de services concernés.
? Portage trop faible par les élus.
? Une communication pas assez ambitieuse.
? Pas ou peu de verbalisation à l?issue des phases de communication et de test.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
73
RÉSULTATS
? À l?issue des six semaines de tests, plus de 600 personnes ont été sensibilisées sur la
problématique dont 280 ont directement participé à l?évaluation.
? Les retours des usagers sont globalement très positifs. Les avis sont mitigés sur la visibilité
des mégotiers pérennes qui se « fondent » trop dans l?environnement urbain.
? Entre début juillet et fin septembre 2018, 26 PV ont été dressés pour jets de mégots par les
Agents de tranquillité publique dédiés à la lutte contre les incivilités (ATPLI).
? Après 5 mois de fonctionnement, le nombre de mégots collectés dans les mégotiers a été
estimé à 16 000 mégots par mois.
? Cinq mégotiers pérennes vont être installés sur de nouveaux sites, en dehors de l?hyper-
centre, suite notamment à des demandes d?usagers et de commerçants.
? En 2019, la ville souhaite équiper 160 corbeilles de rue d?éteignoirs ou de cendriers dans
l?hypercentre de Mulhouse.
? Un prototype de cendrier est en cours de développement, l?objectif est de le produire et
de l?installer courant 2019 dans plusieurs endroits du territoire.
? En 2019, il est prévu d?impliquer davantage les commerçants à la démarche.
Contact : Stéphanie Libois (stephanie.libois@mulhouse-alsace.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
74
Fiche
10 Une entreprise solidaire
pour la collecte des encombrants
Acteur : Grand Reims
Objectif : Disposer d?un service mieux adapté à la collecte des encombrants.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Communauté urbaine
Déchets : encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 : Mise en place d?un service de collecte sur rendez-vous
? Des bennes de collecte d?encombrants installées sur le domaine public ne donnaient plus
les résultats attendus.
? Les élus communautaires ont voté une baisse progressive du nombre de bennes mises à
disposition sur 6 ans.
? Mise en place, après réunions publiques et conseils de quartiers, d?une organisation
d?enlèvements d?encombrants sur rendez-vous via une structure d?insertion (Emmaüs, en
l?espèce).
Étape 2 : Accès et fonctionnement du service
? Disponible pour toute personne physique locataire ou propriétaire occupant un logement.
? La prise de rendez-vous se fait auprès de la collectivité via le standard « TRI INFO » dédié.
? La réalisation de la prestation est assurée par un marché public réservé aux entreprises
d?insertion (Emmaüs).
? Cette entreprise d?insertion se rend directement au domicile de la personne pour récupérer
les objets : déchets encombrants d?ameublement (dont électroménager, matelas, jeux
d?enfants volumineux?).
? Les déchets de travaux et d?entretien d?espaces verts sont exclus et restent destinés à la
déchetterie.
? Emmaüs réalise un tri permettant la récupération de certains produits et l?apporte ensuite
à une déchetterie.
? Le retrait se fait directement chez l?habitant afin d?éviter des nuisances sur les trottoirs, de
faciliter la manutention des encombrants et de contrôler les déchets à évacuer, l?usager
doit être présent.
? Les déchets sont limités à 100 kg par personne (ou foyer ?) et par an et le volume maximum
se limite à 3 m3 par enlèvement.
Selon leur état, ils seront recyclés ou remis en service par les compagnons d'Emmaüs.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
75
Le coût pour l?habitant est de 10 ¤/enlèvement pour les deux premiers enlèvements
Coût réel ensuite pour les suivants (65 ¤/enlèvement) sur une année.
Les déchets ne pouvant être récupérés par Emmaüs sont triés dans une déchetterie spécifique
de la collectivité (ouverte aux services techniques).
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : prestation de collecte réalisée par l?entreprise d?insertion autour
de 40 000 ¤ HT/an.
? Moyens humains pour la communauté urbaine : 0,5 ETP sur standard téléphonique/prise
rendez-vous + 2 ETP sur la collecte.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Consultation et participation de la population pour définir ce service, le caractère payant
a été proposé par les habitants.
? Entreprise d?insertion pour la collecte (réemploi et valorisation de la prestation).
? Communication importante notamment avec les bailleurs sociaux et les communes.
? Le coût ne semble pas poser de difficulté (pas de demande de gratuité).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Élaboration d?un marché public réservé à l?insertion.
? Validation juridique importante sur l?intervention au domicile (état des lieux chez l?habitant
avant et après l?intervention, signature de l?habitant, évaluation en amont exhaustive des
déchets à évacuer, obligation d?information et de conseil des agents d?Emmaüs).
FREINS/RISQUES
? Le frein principal est le délai d?intervention qui est directement lié au paiement de la
prestation avant réalisation.
RÉSULTATS
? Satisfaction des administrés pour ces interventions directement réalisées au logement de
la personne.
? Solution très appréciée des bailleurs qui communiquent sur l?aspect solidaire de la
démarche (entreprise d?insertion).
? Le recyclage et le réemploi des déchets sont favorisés.
? La propreté des rues s?est améliorée, les dépôts illégaux d?encombrants ont diminué.
? Depuis 2017, ce service a été élargi à l?ensemble du nouveau territoire communautaire.
Contact : Michel Zaegel (michel.zaegel@grandreims.fr)
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76
Fiche
11 Des ânes pour nettoyer les plages
Acteur : Ile d?Oléron
Objectif : Ramassage ludique et sensibilisation avec les ânes d?Oléron
Budget : ¤¤
Milieu : milieu naturel
Collectivité : Communauté de Communes
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Lancée pour la première fois en 2012, cette démarche se déroule dans un espace naturel
sensible, les plages, pour lesquelles le criblage du sable étant impossible, il faut nettoyer
manuellement. L?éleveur intervient avec ses ânes sur une partie des 100 kilomètres de plage
de l'île à nettoyer. L?animal porte des paniers sur son dos, et aide ainsi au nettoyage des plages.
Mais surtout, l?âne attire les passants qui discutent avec l'agent d'entretien. Ce dernier les
informe sur l?opération, les incite à avoir un comportement civique en nettoyant eux-mêmes
les lieux au moment de quitter la plage, ou à ne pas laisser leurs déchets sur place.
Étape 1 :
Lancer un appel d?offre marchés publics pour trouver un prestataire.
L?entreprise actuelle est un élevage local de « Baudets du Poitou ».
Étape 2 : Organiser les ramassages
La Communauté de Communes organise d?une part des demi-journées de ramassage avec les
écoles afin de sensibiliser les enfants aux déchets marins et à l?écosystème du littoral et,
d?autre part, avec les habitants.
Les ramassages s?étendent d?avril à novembre.
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : environ 15 000 ¤ en 2018.
? Communication sur les réseaux sociaux de l?intercommunalité pour mobiliser et sensibiliser.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? L?animal : l?âne attire et facilite les échanges.
? Valorisation importante des opérations par une communication soutenue toute l?année :
magazine de la ville, réseaux sociaux, office de tourisme, affiche.
? Soutien des élus.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
77
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Respect du Code des marchés publics.
? La présence d?un animal sur la plage demande l?autorisation de la mairie.
FREINS/RISQUES
? Aucun
RÉSULTATS
? De 2012 à 2018, le nombre de séances a doublé (20 séances en 2012 ; 46 en 2018).
? En 2018, il y a eu 46 séances de 4 h de ramassage, 1 100 personnes sensibilisées et
160 bénévoles ont rejoint le mouvement.
? Interaction avec le public, sensibilisation avec des messages préparés.
? Environ 500 kg de déchets ramassés par an.
? Renouvellement prévu avec une plus grande fréquence des séances.
Contact : Edith Pavan (e.pavan@cdc-oleron.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
78
Fiche
12 Ville, Métropole et bailleurs
sociaux ensemble pour le nettoyage
Acteur : Vaulx-en-Velin
Objectif : Pallier le manque de coordination du nettoyage entre les acteurs et
éviter de laisser des zones oubliées sur leurs domaines respectifs.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Un travail de collaboration s?est tout d?abord mis en place avec les services de la
Métropole. Lors des états des lieux portés par le service Grand Projet de la Ville, certains
bailleurs ont souhaité être associés à ces opérations de nettoyage.
Étape 2 : Une rencontre collective sur site permet à chaque acteur d?évaluer les moyens
humains et matériels à mettre en place. Par exemple, la Métropole peut faire intervenir sa
balayeuse de rues et ses agents, la ville peut mettre à disposition un camion benne?
Étape 3 : Une date est fixée par l?ensemble des acteurs, la police municipale distribue 10 jours
avant des « flyers » d?avertissement sur les véhicules présents et dépose 48 h à l?avance des
panneaux de signalisation et des affiches sur les poteaux signalant l?interdiction de stationner
dans le secteur.
MOYENS REQUIS
Moyens financiers :
? L?action commune de nettoyage est programmée à l?avance, donc pas de frais particuliers
(chacun intervenant décale sa fréquence de nettoyage).
? Les bailleurs font intervenir leurs prestataires chargés du nettoyage de leurs résidences.
Moyens humains :
? En fonction de l?espace à nettoyer et de l?action à mener cela nécessite entre 10 et
15 personnes.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Investissement de chacun des collaborateurs.
? Adhésion et entraide de tous les intervenants pour nettoyer l?ensemble de l?espace.
? Réalisation d?un reportage photo qui permettra de comparer l?avant et l?après, et de
communiquer sur l?action effectuée.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
79
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Prendre l?arrêté de voirie nécessaire et bien prévenir en amont de l?interdiction de
stationner.
FREINS/RISQUES
? Limité à un nettoyage par mois, car ces nettoyages sont chronophages.
RÉSULTATS
? Ces opérations suppriment, le temps de l?opération, l?affectation des intervenants à un
secteur du territoire pour les réunir sur un seul secteur pour effectuer le nettoiement des
voies et révèle le sens de l'intervention publique par l?efficacité du résultat, très apprécié
par les habitants.
? Ce partenariat créé une émulation entre les différents partenaires et apporte une meilleure
réactivité dans les échanges du quotidien.
? Ce nettoyage permet également de retirer les mauvaises herbes, de nettoyer les massifs?
? Pour la collectivité cela augmente la visibilité de son action car le nettoyage quotidien est
souvent peu remarqué.
? Un reportage photo et un article sont publiés dans le journal municipal pour montrer et
rappeler que chaque acteur s?implique dans la propreté de la Ville.
Contact : Brigitte de Mostuejouls
(bdemostuejouls@mairie-vaulxenvelin.fr)
Avant Après
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
80
Fiche
13 Végétaliser les sites
de dépôts illégaux de déchets
Acteur : La Possession (île de la Réunion)
Objectif : Combattre les dépôts illégaux de déchets par le réaménagement et
la végétalisation des espaces critiques.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : régie communale
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 :
Diagnostic de terrain avec les médiateurs, mené par l'intercommunalité (CYCLEA),
accompagnés par un agent du service environnement de la mairie.
Étape 2 :
Identification des contrevenants (recherche d'indices dans les dépôts illégaux de déchets :
papiers comportant des adresses, etc.) pour une sensibilisation ou répression par la Police
municipale si une récidive est constatée.
Étape 3 :
Collecte des différents flux de déchets présents sur les sites identifiés comme critiques.
Simultanément, une communication est faite dans ces quartiers pour sensibiliser les
administrés, leur rappeler les bons gestes, avec une redistribution des calendriers de collecte
et une incitation à les respecter.
Étape 4 :
Végétalisation de ces espaces avec des essences adaptées et qui nécessitent peu d'entretien.
Les habitants du quartier volontaires sont associés (écoles, jeunes des quartiers, bénévoles,
associations...) à travers une communication large (réseaux sociaux, newsletter, distribution
de « flyers », relais presse?).
Durant cette action, les volontaires ramassent les déchets et végétalisent les espaces.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
81
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : un budget de 20 000 ¤/an environ intégré à la logistique technique de
la ville (hors moyens de collecte et de traitement des déchets), la production des végétaux
est réalisée en régie communale, de même que les matériaux et les terrassements.
? Moyens humains : 4 agents en soutien à l?action.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Beaucoup d'échanges entre les acteurs de terrain (médiateurs, associations...) sont
nécessaires, il faut occuper l'espace un maximum l?espace par des plantes pour décourager
les dépôts de déchets, montrer que la collectivité agit pour l?intérêt général de la cité et
persévérer dans ses efforts.
? Multiplier les canaux de communication.
? Avoir augmenté la prise de conscience collective sur l?abandon et les dépôts de déchets.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
Il est possible de supprimer un dépôt illégal de déchets à la condition de :
? Maîtriser le foncier ;
? Assurer une collecte des déchets efficace dans le quartier ;
? Avoir un prestataire de collecte qui respecte bien les dates de collecte annoncées aux
administrés.
FREINS/RISQUES
? Manque de communication.
? Accueil du public potentiellement difficile qui peut engendrer de mauvaises relations entre
la collectivité et ses administrés.
RÉSULTATS
? Environ 75 dépôts illégaux de déchets supprimés sur le territoire depuis 2014.
? Moins de déchets sur l'espace public.
? Meilleure image pour les quartiers.
? Réduction des gîtes larvaires*
? Amélioration du confort sanitaire.
? Les jeunes générations sensibilisées au respect de l'espace public.
* Le gite larvaire correspond à l?endroit où la femelle moustique pond ses oeufs. Certaines communes ont décidé de durcir la répression
contre les dépôts de déchets qui favorisent la stagnation de l?eau et donc la création de gites larvaires, et ainsi le développement des
moustiques.
Contact : M. Hoareau (choareau@lapossession.re)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
82
Fiche
14 « DansMaRue », une application
de signalement en open source
Acteur : Paris
Objectif : Une application « open source » pour améliorer la qualité de l?espace
public et les relations avec les usagers, qui permet de déclarer et traiter les
anomalies constatées sur l?espace public.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 :
? Fin 2010 : première expérimentation, en interne à la mairie, dans un arrondissement.
? Développement en 2012, en « mode agile », d?un outil plus complet tenant compte du
retour d?expérimentation.
? Test en interne, puis avec des volontaires externes, au deuxième trimestre 2013.
? Ouverture aux Parisiens le 27 juin 2013.
Étape 2 :
Le développement de l?application est mené par les services informatiques de la Ville de Paris.
Étape 3 :
? Intégration de nomenclatures des problèmes très spécifiques ouverts à tous les Parisiens.
L?application doit gérer des réponses à caractère général de façon automatique et
permettre une remontée rapide et pertinente (sans doublons) des anomalies identifiées.
? L?organisation des services n?a pas été modifiée mais clarifiée afin que les signalements
soient envoyés au service compétent et aux professionnels concernés.
? L?application confirme à l?usager la prise en considération de l?anomalie qu?il a signalée et
les suites données.
Une version améliorée a été lancée en juillet 2017.
MOYENS REQUIS
? Effectif en personnel constant : 1 responsable et 5 personnes qui travaillent sur la
« roadmap » et l?évolution de l?application, parallèlement à d?autres missions.
? Environ 100 000 ¤ par an, mais cela dépend des développements effectués sur l?application.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Une application mobile simple et interactive (publiée en version iOS Apple et Android), un
formulaire disponible sur le site internet de la ville.
? Un « back-office » réactif.
? Un développement en mode agile s?appuyant sur des codes « open source » pour faciliter
l?ouverture du service à d?autres collectivités.
? Détection des anomalies déjà enregistrées à proximité pour éviter les doublons, tant du
côté des utilisateurs que des services.
? Géolocalisation automatique de l?anomalie.
? Bien intégrer les problématiques « métiers » via les nomenclatures.
? Acceptabilité/accompagnement des services en amont indispensables : gage d?efficacité,
pas de travail supplémentaire pour les agents.
? Promotion de l?application via une campagne de communication sur site internet, des
affiches sur les bennes de collecte des ordures ménagères?
? Possibilité de faire appel à un prestataire informatique, mais un « mini » service
informatique interne est souhaitable pour la gestion de l?application.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Supprimer les photos qui pourraient porter atteinte à la vie privée des personnes : photos
avec présence de personnes, plaques minéralogiques?
? Supprimer les commentaires haineux et/ou comportant des informations personnelles.
FREINS/RISQUES
? Cette application n?est pas un outil de délation, les déclarations sont faites dans le but
d?améliorer la vie en collectivité et le bon fonctionnement des services publics.
RÉSULTATS
? Peu de dérives d?usage, pas d?explosion des messages, pas d?abus d?urgence, pas
d?exagération des situations, la modération est très légère.
? Passage de 10 000 à 30 000 anomalies par mois, hausse de 182 % des enregistrements
d?anomalies en 2018.
? Intérêt pour les services techniques, y compris les mieux organisés : plus l?information
circule vite, plus les problèmes sont résolus rapidement.
? Excellent outil pour instaurer un dialogue constructif entre usagers et services techniques.
? Fonctionne comme un indicateur.
? Il est possible de réaliser une application similaire : les codes « open
source » sont disponibles pour les collectivités qui le souhaitent.
L?application peut sans doute être simplifiée pour les collectivités
disposant de services techniques couvrant des territoires importants.
Contact : Jean-Philippe Clément (jean-philippe.clement@paris.fr)
et Régis Leroux (regis.leroux@paris.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
84
Fiche
15 Mettre en scène les dépôts illégaux
de déchets pour sensibiliser
Acteurs : Besançon, Metz et Montigny-lès-Cormeilles
Objectif : Augmenter la prise de conscience des habitants par le signalement
des dépôts et autres abandons de déchets in situ (affichage mobile, stop-
trottoir et rubalise).
L?affichage mobile pour la ville de Montigny-lès-Cormeilles, le « stop-trottoir »
pour Besançon ou la rubalise pour Paris et Metz sont des dispositifs qui alertent
sur les dépôts de déchets et rendent visible l?action du service propreté dans
l?espace public. Généralement, la police municipale est associée à cette
démarche, car elle est chargée de constater les dépôts illégaux de déchets et,
si possible, d?identifier leurs auteurs, de les sensibiliser, voire de les verbaliser.
Ces dispositifs ont tous deux fonctions principales :
? interpeller les usagers du domaine public et les contrevenants sur l?abandon
de déchets ;
? engager un travail dissuasif et préventif.
Simple, mobile et peu coûteux, ces dispositifs peuvent être déployés dans tous
les quartiers afin de sensibiliser le plus grand nombre.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 :
? Constat des dépôts.
? Signalement des dépôts (encombrants, sacs d?ordures ménagères? ne présentant pas de
dangers) par rubalise, affichage mobile ou « stop-trottoirs ».
? Distribution des avis dans les boîtes aux lettres des riverains où se situe le dépôt illégal de
déchets.
Étape 2 :
? Maintien des dépôts illégaux de déchets et de l?affichage sur le site durant 2 à 3 jours.
? Durant ce laps de temps, les sacs peuvent potentiellement être fouillés par l?équipe de
verbalisation pour identifier l?auteur du dépôt, il arrive parfois que les contrevenants
retirent leurs déchets d?eux-mêmes.
Étape 3 :
? Retrait du dispositif et enlèvement des déchets.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
85
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Disposer les « stop-trottoirs » et panneaux mobiles au bon endroit (visibles, éviter les
trottoirs étroits?).
? La rubalise doit être très visible et sécuriser le dépôt, type « scène de crime ».
? Le dépôt reste sur place 2 à 3 jours sauf si les déchets sont organiques (risques sanitaires).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Monopolisation importante des services de la ville : suivi continu des dépôts balisés.
? Il peut y avoir des vols de « stop-trottoirs », il est préférable de les accrocher.
MOYENS REQUIS
? Tous ces dispositifs sont mis en place par les agents de la propreté, pas de moyens humains
supplémentaires.
RÉSULTATS
? Le dépôt est signalé comme une infraction pour tous les passants.
? Informe que le responsable n?est pas la collectivité mais le déposant et que le service
propreté est actif.
? Évite de nouveaux dépôts au même endroit.
? Évite le « sur-signalement » par les usagers.
? Les agents de la propreté confirment l?efficacité de ce dispositif peu coûteux malgré la
difficulté d?en quantifier l?impact.
Stops-trottoirs
20 % des dépôts illégaux ont disparu.
Depuis début juillet à mi-octobre 2018, les agents ont posé à 50 endroits
ces panneaux, 12 dépôts ont disparu et 4 dépôts ont été réduits.
Panneaux mobiles Le nombre de dépôts illégaux a diminué sur les sites habituels.
Rubalise
1/3 des dépôts sont supprimés par les auteurs des abandons de déchets.
Lyon, Paris et d?autres métropoles utilisent ce dispositif.
Contacts : « Stop-trottoirs », ville de Besançon : gwenael.X@besancon.fr
Rubalise, ville de Metz : rgabriel@mairie-metz.fr
Panneaux mobiles, ville de Montigny-lès-Cormeilles : marianne.konate@ville-montigny95.fr
Dispositif mobile
Montigny-lès-Cormeilles
Stop-trottoirs
Besançon
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
86
Fiche
16 Pièges photos
Acteur : Office national des forêts
- Agence Ile-de-France Ouest pour plusieurs forêts domaniales de l?Ouest parisien
- Agence Meurthe-et-Moselle Forêt pour la forêt domaniale de Haye
Objectif : Sanctionner les contrevenants identifiés grâce aux pièges
photographiques.
Budget : ¤ à ¤¤
Milieu : milieu naturel
Collectivité : gestionnaire ONF
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
L?ONF, confronté à la multiplication des dépôts illégaux de déchets, a décidé de s?équiper de
pièges photographiques pour lutter contre ce fléau. Face à une restructuration des services,
conduisant à la réduction du nombre de forestiers, il est devenu difficile d?assurer la
surveillance de grands espaces dotés de nombreux accès. Ces pièges photographiques sont
d?un usage courant pour l?observation des animaux et de la chasse.
Étape 1 : Installés dans les endroits stratégiques, les appareils se déclenchent à chaque
passage. Il est recommandé de mettre - si possible - deux pièges photographiques ensemble,
l?un ayant l?autre dans son champ de prise de vue pour éviter les vols ou dégradations.
Étape 2 : Une fois les pièges positionnés, l?analyse des photographies doit être réalisée. Pour
être incontestables, les photographies doivent identifier la plaque d?immatriculation du
véhicule et bien montrer l?action reprochée au contrevenant.
Étape 3 : Les photos sont analysées par les techniciens forestiers assermentés qui dressent un
procès-verbal alors adressé au parquet via un circuit administratif propre à l?Office national
des forêts.
Étape 4 : Pour une meilleure prise en compte par la justice, une sensibilisation du parquet a
été menée de façon à faire prendre conscience du phénomène et de son coût pour faciliter
l?instruction des dossiers. Il est nécessaire d?informer les magistrats de ces opérations et de
recueillir leur aval.
Étape 5 : D?autres équipements et aménagements peuvent être mis en place pour limiter les
risques de constitution de dépôts illégaux de déchets : portiques pour bloquer l?accès des
camions sur certains parkings destinés aux promeneurs qui viennent en forêt, équipements
pour limiter les stationnements et l?arrêt des véhicules : enrochement, merlons de terre,
barrières...
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
87
MOYENS REQUIS
? 1 piège photo : 600 ¤
? 3 pièges photos pour l?ONF de la Forêt de Haye.
? 20 pièges photos pour toute l?agence ONF Ile-de-France Ouest (10 000 ¤ au total) qui couvre les
Yvelines, les Hauts-de-Seine, le Val-d?Oise et la majorité de l?Essonne avec 45 techniciens
forestiers de terrain et 5 responsables d?Unités pour 33 000 hectares de forêts domaniales.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Emplacements stratégiques mais discrets et bien orientés vers des endroits sensibles.
? Déplacer régulièrement les pièges.
? Marquage discret des emplacements antérieurs pour historique.
? Communication, notamment vis-à-vis de la presse (nombreuses retombées médiatiques).
? Motivation nécessaire pour une action efficace : dangerosité des dépôts (amiante) et coût
d?enlèvement : 12 000 ¤ par an pour l?ONF de la Forêt de Haye ; 500 000 ¤ par an pour
l?agence Ile-de-France Ouest.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Nécessité que les agents soient habilités, commissionnés et assermentés pour pouvoir
dresser des procès-verbaux.
? Une photo n?est pas a priori une preuve en soi mais établit une présomption. Il faut que la
personne reconnaisse les faits. Dans le cas de l?ONF, la vidéo-surveillance comme moyen de
contrôle a été rendue possible légalement (mais ce n?est pas encore le cas pour les
collectivités pour les abandons et dépôts illégaux de déchets).
FREINS/RISQUES
? Démotivation : 1 photo sur 1 000 est exploitable, beaucoup de temps pour peu de résultats.
? Risque de sabotage et de vol des pièges.
RÉSULTATS
? L?ONF de Versailles a sensibilisé le parquet à sa démarche, actuellement 20 procès-verbaux
et 7 à 8 condamnations sont en cours.
? Pour la forêt de Haye, aucune procédure n?a abouti pour le moment. Certaines photos ne
sont pas exploitables, certains contrevenants cachent leurs plaques d'immatriculation
avant d'agir.
Note de l?acteur :
Selon Philippe PERNODET, responsable de l?ONF du Grand Nancy : « Au vu des différents contacts qui ont suivi la mise en place de
cette opération, je vois que le problème est national et nous en sommes réduits à trouver des solutions locales. Le piège photographique
n?est qu?une aide à la surveillance d?un territoire. Nous déplaçons souvent nos pièges photographiques pour éviter le vol. Certaines
personnes sont même allées jusqu?à couper un arbre pour mettre hors-service l'un de nos pièges photographiques ».
« Je pense qu?au niveau du fonctionnement, la diversité des pratiques de collecte des déchets d?une communauté de communes à l?autre,
voire d?une déchetterie à l?autre, génère un comportement anarchique. Certains déchets peuvent être refusés et les personnes sont
renvoyées vers d?autres points de collecte mieux équipés mais plus éloignés, et peuvent être tentées de s?en débarrasser dans la nature.
Les individus en déplacement (ou en vacances) peuvent se voir refuser l?accès aux déchetteries, faute de cartes d?accès. Un effort
d?aménagement est à faire au sein des déchetteries : personnel accueillant, sites bien entretenus, points de collecte en apport volontaire
soigneusement positionnés et facilement accessibles et surtout propres ! C?est aussi une « carte de visite » pour la ville ou le territoire. »
Contacts : ONF Versailles : ag.versailles@onf.fr
ONF Forêt d?Haye : dt.grand-est@onf.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
88
Fiche
17 Colorer les poubelles de rues
pour les rendre visibles
Acteur : Annemasse
Objectif : Rendre 500 corbeilles de rue plus visibles.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : déchets diffus
MISE EN PLACE
La collectivité s?est inspirée de l?exemple de Cologne en colorant ses poubelles pour les rendre
plus visibles. Le quota de poubelles à Annemasse est d?une pour 71 habitants.
Étape 1 : Une première phase provisoire a consisté à recouvrir les corbeilles avec un
autocollant rose. Les passants ont apprécié l?expérience, mais les autocollants avaient
tendance à se décoller avec le temps.
? Test sur plusieurs mois.
? Opération accompagnée d'une campagne d'affichage et de posts Facebook.
? Relais par la presse locale.
? Action prévue comme provisoire, mais qui a été prolongée compte tenu de son succès.
Étape 2 : L?étape de déploiement a eu lieu un an plus tard avec des corbeilles colorées
installées dans toute la ville. Action étalée sur plusieurs années, finalisation en 2019.
? Sélection d'un panel de couleurs vives.
? Nouvelles corbeilles équipées d'éteignoirs pour les cigarettes et de collerettes anti-oiseaux.
? Relais sur Facebook.
MOYENS REQUIS
Coût de l'opération :
? Étape 1 : 10 300 ¤ pour l'achat d?autocollants pour l?ensemble des poubelles de la ville.
? Étape 2 : 26 000 ¤ / an pour une cinquantaine de corbeilles déjà colorées.
? Aucun moyen humain supplémentaire n?est nécessaire, les poubelles sont mises en place
par le service propreté de la ville.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Procéder à une phase test d?environ un an pour évaluer l?efficacité.
? Repérer les endroits les plus touchés par les dépôts illégaux de déchets.
? Communication dans la presse locale, sur les réseaux sociaux, etc.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Interroger les architectes des Bâtiments de France qui doivent donner leur avis.
FREINS/RISQUES
? Refus possible des architectes des Bâtiments de France.
? Difficile de faire maintenir l?autocollant au fil des mois, il faut privilégier les poubelles déjà
colorées.
RÉSULTATS
? Poubelles colorées davantage utilisées.
? Moins de dépôts illégaux de déchets.
? Administrés plus satisfaits, ville plus agréable.
? Pas de dégradation sur les nouvelles poubelles.
Contact : Isabelle Pezous (ipezous@annemasse.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
90
Fiche
18 Des bacs à marée pour les déchets
plastiques du littoral
Acteurs :
Coordinateur : TEO* - Société Coopérative d?Intérêt Collectif
Collectivités partenaires : La Couarde, La Rochelle, Aytré, Angoulins,
Chatelaillon, Yves, Fouras, île d?Aix, Port des Barques, Saint-Froult, Les Mathes,
Saint-Palais, Royan, Saint-Georges de Didonnes, Meschers.
Objectif : Développer un réseau de bacs à marée pour optimiser, via la
participation citoyenne, la collecte des macrodéchets plastiques échoués le
long du littoral.
Compiler, grâce au soutien logistique des associations d?insertion, les données
qui serviront d?indicateurs sur l?état écologique du littoral. Valoriser
l?engagement des municipalités, collectivités et de la région Nouvelle-
Aquitaine qui soutient l?ingénierie du dispositif.
Budget : ¤
Milieu : littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Les collectivités contactent la société coopérative TEO ou inversement.
Étape 2 : TEO réalise une évaluation sur le littoral de la commune et détermine avec elle une
offre qui corresponde au plus près à ses besoins : nombre de bacs à marée, choix du
prestataire de services issu de l?insertion pour s?occuper de vider les bacs des macrodéchets,
de les quantifier et qualifier.
Étape 3 : Les communes et collectivités engagées dans l?action mais également les citoyens
peuvent suivre la localisation des bacs les plus proches sur le site web (www.bacamaree.fr) ou
sur une application afin de signaler leur état (pleins, abîmés) et indiquer un événement insolite
(échouage, etc.). Les données disponibles sur le site renseignent sur la quantité de macro-
déchets collectés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
91
Les acteurs mobilisés :
? Des promeneurs ramassent volontairement les macrodéchets plastiques sur la plage et les
déposent dans le bac à marée situé dans un endroit stratégique déterminé avec les
communes.
? Des collecteurs, entreprises ou associations d?insertion, interviennent avec leurs équipes
pour vider les bacs signalés pleins par les promeneurs grâce à l?application associée ou par
téléphone. Ils quantifient, qualifient et évacuent les macrodéchets et enregistrent les
données sur le site internet.
? Un opérateur récupère les plastiques « recyclables ».
? Un opérateur récupère les macrodéchets qualifiés de « Tout venant », qui sont facturés à
TEO pour les frais de traitement.
? Des conchyliculteurs récupèrent leur matériel en plastique réutilisable et participent au
financement du programme.
MOYENS REQUIS
? Coût de gestion opérationnelle d?un bac : 200 ¤ par trimestre par commune, les collectivités
participant à hauteur de 100 à 200 ¤ suivant leur possibilité.
La région Nouvelle-Aquitaine prend en charge l?ingénierie.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Mobilisation de l?ensemble des acteurs, dont les citoyens.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? TEO gère le dispositif pour la collectivité sous forme de convention ou de devis.
FREINS/RISQUES
? Il faut une bonne cohérence sur les territoires pour que chacun participe aux financements.
RÉSULTATS
? 39 bacs à marée dans les 15 communes fin 2018.
? 12 à 20 % des plastiques récoltés sont valorisables ou réutilisables.
? L?application et le site web informent de l?état des plages.
* TEO est le cabinet d?études qui pilote depuis 2011 le programme « Trait Bleu ». Il a pour vocation de chercher pour les communes et
collectivités des solutions pour diminuer l?impact des plastiques échoués sur le littoral. Travail mené également en amont, avant que les
plastiques arrivent dans l?océan.
Contact : Fabrice Faurre (teo.larochelle@gmail.com)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
92
Fiche
19 Aider le broyage et le compostage
pour valoriser les déchets verts
Acteur : Grand Poitiers
Objectif : Proposer un maillage de solutions pour une valorisation des déchets
verts sur le territoire (particuliers et professionnels) via des plateformes de
compostage (publiques et privées), en vue d?atteindre l?objectif de réduction
de 10 % des déchets ménagers et assimilés.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Communauté urbaine
Déchets : déchets verts
Type de fiche : Prévention
MISE EN PLACE
La stratégie de prévention et de réduction de la production des déchets verts se traduit par
des actions concrètes. Chaque année, deux délibérations sont adoptées en conseil
communautaire précisant les modalités des aides suivantes.
Étape 1 : Mise en place d?aides au broyage et au compostage pour les particuliers.
Aides au broyage :
? Un remboursement de 45 ¤ pour la location individuelle d'un broyeur ou une prestation
individuelle de broyage par des professionnels. Le remboursement de 45 ¤ s?applique
uniquement au broyage de déchets verts réalisé chez les particuliers et dans la limite d'un
seul remboursement par foyer et par an. En cas de prestation de broyage par un
professionnel, le broyat doit être utilisé sur place, au domicile du particulier.
? Un remboursement de 45 ¤ par personne pour une location collective, une prestation
collective ou un achat collectif (le total cumulé des subventions versées ne pourra pas
dépasser le montant de la facture).
Aides au compostage :
? Un remboursement de 15 ¤ pour l?achat d?un composteur ou d?un lombricomposteur
individuel.
? Un remboursement de 50 % du montant de l?achat des composteurs collectifs pour un
bailleur social, dans la limite de 250 ¤ de subvention par opération.
? Un accompagnement au compostage collectif en pied d?immeuble ou de quartier, d?une
durée de 1 an (via un marché de prestation).
Étape 2 : Mise en place d?un marché de prestation avec une structure experte locale.
Accompagnement au compostage autonome pour les professionnels (bio-déchets et déchets
verts), d?une durée d?un an (via un marché de prestation). Cette action vise à optimiser la
gestion des déchets des établissements, valoriser les déchets biodégradables et faire des
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
93
économies (réduction de la redevance spéciale, des déplacements en déchetterie, etc.).
Interventions en déchetterie : sensibilisation des habitants sur un jardinage moins générateur
de déchets, notamment lors de semaines thématiques annuelles telles que : Tous au Compost,
la Semaine Européenne du Développement Durable, la Semaine Européenne de la Réduction
des déchets.
Un défi Zéro Déchet Vert ouvert à 10 foyers et 10 établissements (du 20 mars 2019 au
20 septembre 2019) : considérer les déchets de jardinage et d?entretien des espaces verts
comme des ressources et les réduire au maximum.
MOYENS REQUIS
? Montant du marché de prestation : montant maximum de 150 000 ¤ HT sur 3 ans
(accompagnement au développement du compostage de proximité comprenant les
actions de prévention et réduction des déchets verts).
? Montant des subventions broyage depuis 2015 : 20 655 ¤.
? Montant des subventions compostage depuis 2009 : 12 358 ¤.
? Moyens humains de la collectivité : 0,30 ETP.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Implication des élus.
? Marché de prestation avec une structure experte locale.
? Mobilisation de tous les acteurs « opérationnels » concernés : agents de déchetterie, acteurs
économiques pour le relais des dispositifs d?accompagnement (vendeurs broyeurs/
composteurs, loueurs broyeurs, jardiniers professionnels), directions de la collectivité
(communication, développement économique, espaces verts).
? Communication partagée : collectivités, presse régionale quotidienne, chambres
consulaires, autres directions concernées.
? Accompagnement multi-acteurs (collectivité, experts, bailleurs?), les collectifs volontaires
permettent de rassurer et de légitimer les dispositifs d?aide/d?accompagnement.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Élaboration d?un marché de prestation.
? Délibérations des subventions en conseil communautaire.
FREINS/RISQUES
? Le relais des dispositifs d?aide existants.
? La mobilisation autour de pratiques alternatives / conduite du changement des pratiques.
RÉSULTATS
? L?habitant bénéficie de pratiques alternatives et d?accompagnements de qualité proposés
par la collectivité et la structure experte locale.
? La collectivité a maîtrisé les tonnes de déchets verts présentées en déchetteries et les coûts
afférents.
? Depuis 2015 la CU a octroyé 459 aides au broyage et depuis 2009 accordé 824 aides pour
le compostage.
? Partage et valorisation de pratiques alternatives de gestion des résidus de jardins.
Des formulaires en ligne ou à télécharger sont disponibles sur grandpoitiers.fr
Contact : Sandra Lardier (reduisonsnosdechets@grandpoitiers.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
94
Fiche
20 Zéro poubelle de rues
Acteur : Saint-Hilaire de Riez
Objectif : Cette démarche « zéro poubelle » se donne pour objectif de
responsabiliser la production de déchets et de sensibiliser au tri.
Budget : ¤¤¤
Milieu : littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
La mise en place de l?action « zéro poubelle » se divise en deux phases distinctes mais
indissociables l?une de l?autre :
Étape 1 : La mise en place de la redevance incitative
(mise en place le 1er janvier 2018 sur le littoral)
? La redevance incitative incite les habitants à améliorer leur tri sélectif pour faire diminuer
le volume de leurs ordures ménagères et ainsi le montant de la taxe correspondante.
? La redevance incitative a permis de développer une prise de conscience chez les habitants.
? La puce intégrée sur les poubelles individuelles, comme collectives, enregistre le nombre de
levées par camion de collecte et le poids des déchets. Le tri effectué n?est pas facturé dans
la taxe d?ordures ménagères.
? La collecte est assurée par la Communauté de Communes et le syndicat Trivalis assure le
traitement des déchets.
Étape 2 : Le retrait des poubelles
? La démarche « zéro poubelle » est étendue sur la seule commune de Saint-Hilaire de Riez.
? Elle a été accompagnée de la mise en place de 18 points d?apport volontaire depuis juin
2018, avec un système de badge remis aux usagers, et la suppression des poubelles sur
l'ensemble de l'espace public : forêt, plages, zones urbaines. La suppression des poubelles
s?est faite progressivement sur l?ensemble de l?espace public et en même temps que le
passage à la redevance incitative : de janvier à avril 2018.
? Les poubelles de rue sont devenues des points d?apports volontaires. Les habitants peuvent
trier directement leurs déchets sur place, aux points d?apport volontaire dispersés dans la
commune ou les rapporter chez eux. La communication est aussi une étape importante, la
commune a installé des panneaux de communication « Défi zéro poubelles » sur les points
de passage (article dans le bulletin municipal et presse).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
95
MOYENS REQUIS
? 30 panneaux indicatifs « Zéro poubelle » : budget : 15 000 ¤.
? 18 points d?apport volontaire (PAV) mis en place par la Communauté de communes.
? Distribution d?un badge aux habitants (au cas par cas pour les résidences secondaires).
? La verbalisation pour abandon de déchet est une amende forfaitaire de 68 ¤.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Informer très en amont les habitants sur la démarche.
? La redevance incitative est essentielle pour mettre en place la démarche « zéro poubelle »,
un pas supplémentaire vers la responsabilisation des habitants.
? Il s?agit d?un territoire particulier où la nature est très prenante.
? La ville a offert des composteurs.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Suppression des poubelles sur l'ensemble de l'espace public : zones urbaines, forêts, plages.
? S?assurer d?une collecte effective et régulière par la structure compétente.
FREINS/RISQUES
? Au départ, cette politique a été assez mal accueillie, il est nécessaire de préparer les
habitants et d?être soutenu fortement par les élus.
? Certains habitants ne sont pas encore convaincus (lancement d?une pétition pour le retour
des poubelles avec 200 signatures).
RÉSULTATS
? Après 9 mois d?expérience, les habitants sont assez fiers des résultats et les touristes se sont
adaptés.
? On passe de 55 tonnes de déchets à 15 tonnes de déchets municipaux (hors foyer et hors
collecte)
? Les citoyens font davantage le tri et leur mode de consommation évolue. Plus de 60 % des
déchets verts sont compostés (grâce à la distribution de composteur).
? 90 % des personnes joueraient le jeu.
Contact : Anthony Bourget (abourget@sainthilairederiez.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
96
Fiche
21 Un « Trimobile » pour se débarrasser
des petits encombrants
Acteur : Paris
Objectif : Lors du budget participatif de 2014, le projet « Trier ses déchets au
plus près », est arrivé en 4e position des votes des Parisiens. Le dispositif
« Trimobile » permet aux parisiens de se débarrasser à proximité de chez eux
de leurs petits encombrants (petit électroménager, etc.), de leurs déchets
dangereux (peintures, solvants, etc.) et de s?assurer d?un traitement optimal.
C?est également un lieu d?échange avec les professionnels du service propreté
de la ville.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : collectivité unique à statut particulier
Déchets : encombrants, dangereux
MISE EN PLACE
Étape 1 : Dans le cadre de l?aménagement du nouveau quartier Clichy ? Batignolles 17e, équipé
d?une collecte pneumatique, un Trimobile (ou point de collecte mobile) permet aux habitants
du quartier de déposer leurs déchets inadaptés à la collecte pneumatique tels que vaisselle
cassée, petit électroménager, etc.
Étape 2 : La Direction de la Propreté et de l?Eau a établi un cahier des charges spécifique et
passé un marché d?acquisition de 4 remorques pour le dispositif itinérant du Trimobile.
Un dispositif qui impose la collaboration entre les services :
? Partenariat entre le Service Technique de la Propreté de Paris (STPP), pilote de la démarche,
et le Service technique des Transports Automobiles Municipaux (STAM) pour le convoyage
de la remorque.
? Collaboration entre les divisions territoriales de propreté (services déconcentrés du STPP)
avec les mairies d?arrondissement, les services de la voirie et les commissariats de police
pour définir et valider les emplacements.
? Formation des agents à l?accueil du public.
? Présentation à la presse pour lancer et faire la promotion du dispositif auprès des parisiens.
? Choix de 1 à 4 emplacements par arrondissement avec une fréquence de retours 1 à
2 fois/mois.
? Certains arrondissements ont choisi de se positionner sur un seul emplacement avec une
intervention par mois.
Étape 3 : Au cours de l?été 2015, les premiers Trimobile ont été mis en place sur 5 arrondissements,
puis le dispositif a été étendu à tous les arrondissements parisiens à partir de septembre 2015.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? Investissement : 237 600 ¤ TTC pour l?achat des 4 remorques
? Fonctionnement : 420 000 ¤ TTC par an pour l?ensemble du dispositif (frais de personnel,
remisage des remorques, location des véhicules de remorquage au GNV, assurances et
maintenance)
? Ce dispositif nécessite un acheminement par un chauffeur titulaire d?un permis B. Puis
2 agents formés, dont le chauffeur, assurent l?animation du dispositif durant les 4 heures
d?ouverture au public (9h-13h). La formation de ces agents, réalisée en interne par des
ingénieurs, est d?une demi-journée.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Mise en place sur le site de la collectivité d?un calendrier mensuel des tenues.
? Bonne communication.
? Régularité des interventions.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Difficultés de trouver des emplacements pour installer la remorque.
? Coût de fonctionnement.
RÉSULTATS
? Meilleur captage car presque tous les déchets peuvent être apportés alors qu?ils ne sont pas
acceptés dans les demandes de collecte en porte-à-porte (déchets dangereux).
? 814 tenues sur l?année 2018 sur les 925 prévues, environ 25 000 utilisateurs.
? 50 t de déchets d?équipements électriques et électroniques (DEEE).
? 22 t de petits encombrants.
? 14 t de multi matériaux.
? 14 t de déchets dangereux.
? 1,5 t de lampes et néons.
Contact : pierre.marc@paris.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
98
Fiche
22 Smicval Market, une déchetterie
à l?allure de supermarché
Acteur : SMICVAL (syndicat mixte intercommunal de traitement des déchets)
du Libournais Haute-Gironde.
Objectif : Changer le regard des habitants sur les déchets afin de renforcer le
réemploi, maximiser le recyclage et finalement réduire au maximum
l?enfouissement.
Le SMICVAL avait besoin de construire une nouvelle déchetterie, opportunité
pour évoluer vers un système plus engageant et responsabilisant, avec une
dynamique vertueuse de réemploi et/ou de recyclage des déchets.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : syndicat mixte
Déchets : encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 : « Déconstruire » l?idée d?une déchetterie classique avec ses attentes habituelles,
travailler sur une nouvelle conception autour des déchets-ressources, vers de nouveaux
usages et services à la fois ludiques et positifs.
Imaginer une déchetterie comme un supermarché avec le support de politiques publiques,
de designers d?espaces et de sociologues afin d?attirer davantage d?usagers dans un espace
attrayant où le dépôt et le retrait d?objets se ferait naturellement, sans dégoût ni insécurité.
« Le magasin a été pensé de manière à ce que les personnes se sentent davantage dans un
magasin que dans une déchetterie ».
Étape 2 : Modéliser et construire le projet.
Fonctionnement au sein du SMICVAL Market :
? L?adhésion est obligatoire mais gratuite pour les usagers.
? Ils reçoivent une information sur le tri dès l?entrée pour adopter le bon geste de tri et
comprendre le fonctionnement du magasin.
? Les personnes déposent leur objet dans les endroits indiqués et peuvent récupérer ce qu?ils
souhaitent.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? Coût : 2 millions d?euros.
? L?investissement est élevé mais il est rapidement amorti grâce à la diminution du taux
d?enfouissement. Avec le temps, c?est un coût équivalent d?une déchèterie classique, avec
des résultats bien différents.
? 3 personnes formées à la grande distribution sont nécessaires : 1 pour l?accueil, 1 comme
chef-fe de rayon et manutentionnaire.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Dès le départ volonté politique forte lancée par le président du SMICVAL et par le
département.
? Une certaine audace, oser tenter l?expérimentation.
? Conserver le concept mais l?adapter au territoire : s?associer à des partenaires locaux,
étudier les spécificités du territoire, l?ouvrir au professionnel ou non?
? La conception-construction : point-clé pour obtenir un nouveau regard des usagers sur la
collecte des déchets / la déchèterie.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Cadre juridique classique / déchetteries : ICPE
FREINS/RISQUES
? Manque de motivation des équipes et de suivi politique.
? Débat sur le don : les dons d?objets faits habituellement aux associations caritatives ou
directement à ceux qui en ont besoin peuvent être détournés vers ce type de structure où
toute personne, quel que soit son niveau socio-professionnel a la liberté de revendre
ensuite les objets récupérés.
RÉSULTATS
? 0 vandalisme.
? 0 dépôt illégal de déchets devant le SMICVAL Market.
? Temps moyen passé dans le SMICVAL Market de 30 à 45 min.
? Changement de regard de l?usager sur le déchet.
? Nouveaux profils d?usagés, plus représentatifs de la société.
? + 30 % des déchets valorisés (par rapport à l?ancienne déchetterie).
? Diminution de 60 % de déchets partant en décharge.
? Projet à long terme : volonté de continuer et d?ouvrir d?autres déchetteries dans divers
endroits et spécificités (à côté d?un lycée pour les vélos exclusivement et dans le centre-
ville avec un garage solidaire par exemple).
? Résultats positifs non anticipés : échanges de plants de légumes au printemps,
développement du lien social?
Contact : Nicolas Senechau (nicolas.senechau@smicval.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
100
Fiche
23 Une incitation financière pour
mieux trier les déchets professionnels
Acteur : Sotrema (Rosny-sur-Seine)
Objectif : La Sotrema gère la propreté urbaine du territoire, elle souhaite inciter
les entreprises à trier leurs déchets (carton, gravats, ferraille...) avant de les
déposer pour bénéficier de tarifs plus attractifs.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : syndicat mixte
Déchets : professionnels
MISE EN PLACE
Étape 1 : Réalisation d?un « business plan » afin de créer une extension de la déchetterie
actuelle, réservée aux professionnels, afin de mettre fin aux dépôts illégaux de déchets, de
remédier à la saturation de la déchetterie publique, de répondre aux besoins des
professionnels et d?inciter au tri.
Étape 2 : Convaincre les politiques du territoire.
Étape 3 : Ouverture de la déchetterie en mars 2018.
Étape 4 : Les professionnels peuvent déposer leurs déchets : les prix varient suivant que les
déposants trient ou non leurs déchets. Par exemple, la tonne non triée est facturée 115 ¤,
tandis qu?une fois triée la tonne de gravats de béton est facturé 5 ¤. La Sotrema revend à des
partenaires les déchets collectés afin qu?ils soient valorisés. Selon la conjoncture, les apports
de certains matériaux ne sont plus facturés (ex. : le dépôt de cartons peut être gratuit) et
peuvent même être rémunérés ; c?est le cas de la ferraille qui est payée 20 ¤ la tonne.
L?accès est réservé aux professionnels, qui peuvent venir librement aux horaires d?ouverture
de 6h à 18h du lundi au samedi, ou disposer gratuitement d?un badge pour venir trier et jeter
leurs déchets 24/24h. Les professionnels sont autonomes et peuvent peser leurs déchets, via
un enregistrement informatique, et reçoivent ainsi leur facture en fin de mois.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
101
MOYENS REQUIS
? Investissement prévu au départ : 700 000 ¤, mais l?investissement final s?est élevé à
1 000 000 ¤.
? Subvention région 100 000 ¤.
? Communication : environ 15 000 ¤ au moment de l?ouverture de la déchetterie (encarts
dans journaux locaux, panneau publicitaire, divers « flyers », etc.).
? 3 personnes à temps plein.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Incitation financière à trier.
? Horaires d?ouverture adaptés et permettant aux professionnels d?y accéder en toute
autonomie.
? Badges gratuits (accès 24/24h).
? 8 000 m2 à la disposition des « pros ».
? Communication relayée dans les mairies, « flyers », panneau publicitaires?
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Dossier d?assainissement, d?urbanisme, DDT, ICPE.
? Accord politique.
FREINS/RISQUES
? Réglementation / zone d?activité Bâtiments de France.
RÉSULTATS
? La population et les élus du territoire ont l?impression que les dépôts illégaux de déchets
ont diminué.
? L?équilibre est atteint après 10 mois d?exploitation (le prévisionnel était à 115 000 ¤ de
déficit).
? 30 tonnes de dépôts par jour.
? De mars à décembre 2018, plus de 9 500 tonnes de déchets déposées.
? La plupart des déchets sont revendus à des opérateurs-récupérateurs pour valorisation.
? Les ? des professionnels viennent avec le badge 24/24h.
Contact : Sotrema (micheal.darty@sotrema.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
102
Fiche
24 Sanctionner les infractions
par des Travaux Non Rémunérés
Acteur : Valenciennes
Objectif : Sanctionner les auteurs de dépôts illégaux de déchets via des heures
de travail non rémunéré (TNR), en accord avec le Procureur de la République.
Le contrevenant devra participer au nettoyage de la ville au lieu de payer une
amende.
Budget : ¤
Milieu : tous types
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Excédé par les dépôts illégaux de déchets, le maire a souhaité une sanction plus
efficace, et a sollicité le procureur de la république avec un dossier complet sur la réalité des
dépôts illégaux de déchets ainsi que leur coût, avec pour objectif de convaincre le parquet.
Étape 2 : Le parquet a proposé la mise en place de « travaux non rémunérés ». Le travail non
rémunéré (TNR) nécessite l'acceptation préalable de l'auteur des faits, recueilli par procès-
verbal (art. 41-2 du Code de procédure pénale). Il s?agit d?une alternative aux poursuites
prononcées par le procureur, en dispense d?audience pénale et de la peine d?amende pouvant
s?élever jusqu?à 1 500 ¤ si la qualification des faits est une contravention de 5e classe. Seul le
procureur de la République détient l?initiative d?une telle mesure, et peut l?autoriser.
Étape 3 : Signature d?une convention entre le parquet et la ville, procédure qui implique que
le parquet soutienne le politique dans cette démarche. Cette mesure concerne les dépôts
illégaux de déchets volumineux (ex. : déposés avec une voiture) et impose que le contrevenant
soit identifié avec preuve à l?appui. L?auteur des faits est auditionné au commissariat de police
afin de recueillir ses aveux, ce qui est fréquent face aux éléments présentés (vidéosurveillance).
Étape 4 : Le prévenu dispose de deux choix : soit il reconnaît les faits et effectue un travail
non rémunéré, soit il prend le risque de se présenter devant le tribunal et de se voir infliger
une amende.
Étape 5 : Lorsque l'auteur des faits a donné son accord sur les mesures proposées, le procureur
de la République saisit par requête le président du tribunal aux fins de validation.
Étape 6 : Un agent du service pénitentiaire d'insertion et de probation (S.P.I.P.) du ministère
de la Justice prend en charge les contrevenants pour réaliser les TNR (conditions, etc.). La
direction des déchets de la ville de Valenciennes a un rôle de pilote, de relais entre toutes les
instances et réagit en cas de problème. En effet, la mise en place de cette sanction nécessite
rigueur, rapidité et coordination entre toutes les institutions.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
103
Étape 7 : Le contrevenant doit effectuer sa peine dans un délai d?un mois après acceptation
de la mesure. Dans le cas présent, il intégrera les équipes de propreté urbaine et participera
au nettoyage des rues de la ville durant un ou deux jours, selon la gravité de son infraction.
En matière contraventionnelle, la peine ne peut excéder un maximum de 30 heures et doit être
effectuée dans un maximum de 3 mois (art. 41-3 du Code de procédure pénale).
MOYENS REQUIS
? Signature d?une convention avec le parquet.
? Identification du contrevenant.
? Accord du contrevenant sur la mesure.
? Accueil du prévenu pour l?accomplissement du TNR par un agent et surveillance durant sa
peine.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Accompagnement du politique par le parquet pour la mise en place de cette pratique.
? Communication auprès des administrés avant et après la mise en place de TNR.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Accord du parquet et signature d?une convention.
? Une coordination rigoureuse et rapide entre toutes les institutions est nécessaire pour une
mise en place efficace.
? Un agent doit piloter l?ensemble de la procédure (direction propreté).
FREINS/RISQUES
? Maintenir la dynamique, et pour cela la mobilisation de l?ensemble des partenaires
institutionnels tout au long du processus.
RÉSULTATS
? Diminution des dépôts illégaux de déchets.
? Rompre avec l?impunité.
? Identification du profil des jeteurs.
? Sur l?année 2018, 10 TNR ont été réalisés.
? Vocation éducative : permet aux auteurs de prendre la mesure de leurs agissements et
conscience de la quantité de déchets à traiter quotidiennement par la ville.
? Évite le passage au tribunal.
? Une réponse rigoureuse est apportée à certaines formes de délinquance dans le cadre d?une
sorte de transaction qui évite le paiement d?une amende à l?auteur d?un dépôt illégal de
déchets mais l?oblige à apporter une réparation en nature.
Contact : slatawiec@ville-valenciennes.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Quelques pratiques originales
Des corbeaux, agents de propreté ? ? Puy du fou (France)
Le parc vendéen du Puy du Fou confie à des corbeaux la mission de collecte des déchets.
Après six mois d?entrainement, les corbeaux suscitent l?étonnement et l?intérêt des
visiteurs. Pour parvenir à faire de ces corvidés de parfaits agents d?entretien, les
responsables du parc leur ont confectionné un astucieux dispositif, qui leur offre une
petite friandise en échange de chaque déchet déposé. Ils ne remplacent cependant pas
les agents d?entretien du parc, mais leur rôle n?en demeure pas moins étonnamment
efficace en termes de sensibilisation des visiteurs.
« C?est un programme éducatif. Nous n?éduquons pas les corbeaux, mais nous éduquons
les êtres humains. C?est un moyen amusant de montrer aux gens que l?on ne peut pas jeter
des papiers partout » Nicolas de Villiers, Directeur du parc.
Des drones pour identifier les déchets sauvages ? DDTM Hérault (France)
Dans l?Hérault, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) utilise des
drones pour détecter les nombreux dépôts illégaux de déchets, y compris ceux difficiles
d?accès.
« Gallinazo Avisa » - La garde des vautours ? Lima (Pérou)
L'agglomération de Lima compte quatre décharges municipales, pour une population de
9 millions d'habitants. Seul 1 % des déchets urbains est recyclé (16 % environ à Paris). Pour
détecter les sites de dépôts sauvages et ainsi mieux les contrôler, le Muséum national
d'histoire naturelle et le ministère de l'Environnement du Pérou se sont associés pour
mener une expérimentation sur deux ans consistant à équiper dix vautours de caméras et
de GPS. Nom de l'opération : « Gallinazo Avisa » (la garde des vautours). L'idée est
d?exploiter l'attirance naturelle de ces rapaces pour les décharges afin de les localiser et
les photographier. Ce sont désormais les vautours qui font le travail de repérage des
décharges illégales et sensibiliseront les habitants grâce à une campagne de
communication du ministère en complément.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
105
« Adopter en strand » ou adopter une plage (Norvège)
La Norvège possède un vaste littoral, riche en biodiversité, mais menacé notamment par
les déchets marins. En 2017, 1 374 tonnes de déchets marins ont été collectées le long de
la côte. « Adopter en strand » est une initiative qui permet à des groupes d?adopter une
zone au choix : une plage, un site le long des voies navigables, un lac et un sentier, etc.
Chaque groupe doit entretenir sa zone au moins trois fois par an via des actions de
nettoyage et caractériser les déchets qu'il trouve sur le portail dédié « le portail de
compensation ». Cela permet de nettoyer la zone mais aussi d?identifier, cartographier
les déchets sauvages. Le calendrier des opérations de défrichage varie d?un site à l?autre
et selon le climat, mais tous les groupes d?adoptants sont encouragés à participer au
Beach Day au mois de mai. Hold Norway Rent, l?association, équipe les groupes
d?adoptants d?un kit de démarrage comprenant du matériel de nettoyage, tel que des
gants, des sacs poubelle, etc.
Les groupes se composent de citoyens, associations locales, partis politiques, entreprises,
communautés religieuses, universités et collèges, institutions, etc. L?association
encourage toutes les municipalités à participer, il suffit de choisir le niveau d?adoption
qui correspond à une méthode de compensation (cf. site). Un partenariat est ensuite
réalisé entre la municipalité et la société de collecte et de traitement des déchets, qui
assure ces missions gratuitement pour les espaces adoptés. L?objectif de cette initiative
est de créer 100 groupes d'adoption sur l?ensemble du pays.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
106
« Adopt?1 Spot » ? Association Mer terre (France)
En France, une initiative similaire est en cours de préparation par l?association Mer terre,
spécialisée et pionnière dans l'étude et la réduction des pollutions par les macrodéchets.
L?initiative Adopt'1 Spot est encore en cours de préparation. Elle permettra une
réappropriation des territoires par les citoyens. En effet, les administrés pourront soit
s?engager sur trois nettoyages par an et réaliser une caractérisation des déchets plus ou
moins détaillée, soit réaliser un nettoyage par an pendant deux ans. Une initiative qui
permettra de nettoyer les littoraux mais aussi de récolter des données quantitatives et
qualitatives des macrodéchets.
Il existe aussi une version irlandaise : « Adopt a spot » - Keep North Ireland Beautiful.
« 2 minutes Beach Clean » ? Mobiliser les citoyens par les réseaux sociaux ?
Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
L?initiative a été créée en 2009 suite à une série de tempêtes qui ont couvert les plages
anglaises de déchets marins ; elle est relayée par des stations balnéaires partenaires en
Irlande et en Angleterre. L?objectif est de sensibiliser les citoyens aux déchets marins en
les incitant à ramasser pendant deux minutes les déchets autour d?eux et à poster la
photo sur Instagram ou twitter avec #2minutebeachclean. Depuis, cette initiative s?est
développée dans le
monde entier et à tous
les espaces avec
#2minutelitterpick.
Cette campagne est
menée par une équipe
de cinq personnes et
financée par des dons,
des sponsors et la vente
de produits dérivés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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« Nominate a Hero » - désigner un héros - Keep Scotland Beautiful (Ecosse)
Cette action récompense chaque mois un volontaire ou un groupe de volontaires pour le
nettoyage d?un site. Un certificat de Keep Scotland Beautiful est remis au « héro » qui
peut être nominé par tous.
« Élection des quartiers de gare et des zones commerciales les plus propres »
(Pays-Bas)
L?objectif de cette initiative est de récompenser les zones
commerciales les plus propres des Pays-Bas. Des rapports
sur les résultats en matière de propreté de sécurité et de
confort sont envoyés aux participants, il en résulte une
meilleure perception des zones commerciales de plus en
plus propres au fil du temps et une chance de gagner le titre
de « Zone de shopping la plus propre des Pays-Bas ». En 2018, le nombre de participants
a augmenté de 60 %, pas moins de 583 zones commerciales ont fait l'objet d'une enquête.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
108
« Supporter van schoon » ou comment devenir un ambassadeur de la
propreté (Pays-Bas)
Ce dispositif extrêmement riche met à disposition
des citoyens (via le site) de nombreux outils pour
différents lieux (événements, zones commerciales,
entreprises, municipalités) ce qui leur permet
d?endosser le rôle d?ambassadeur propreté.
L?objectif est de diffuser le bon geste, partager les
actions, participer aux campagnes des autres
ambassadeurs et s?inspirer de pratiques et conseils
divers et variés pour un environnement sans
déchet sauvage.
Lien : https://www.supportervanschoon.nl
« Programme Love Parks » ? Protéger, améliorer et promouvoir les espaces
verts ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
Ce programme apporte un support aux communautés de gestion des
parcs afin de créer un réseau national des « amis des parcs ». Cette
initiative comporte plusieurs éléments : une plateforme en ligne avec
des ressources documentaires, des formations et l?organisation d?une
semaine annuelle « Love Parcs » avec des animations menées par
toutes les communautés partenaires.
Lien : https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-
epidemic-parks
https://www.supportervanschoon.nl/
https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-epidemic-parks
https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-epidemic-parks
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
109
ANNEXE II
Exemples de plans de propreté
110
Plan propreté de Metz
INTRODUCTION
En septembre 2012, le Pôle Propreté Urbaine a lancé une étude pour moderniser son organisation, optimiser son action et améliorer
ses locaux. Dans un contexte financier contraint, l'ensemble de cette évolution devant se faire à moyens constants, voire même avec
une diminution de 800 000 ¤ de fonctionnement sur 4 ans.
Suite à cette étude, il a été décidé de structurer le Pôle Propreté Urbaine territorialement avec la création de deux zones, une Est et
une Ouest.
Le projet consiste depuis lors à concentrer les moyens d?action du pôle sur 2 sites contre 10 auparavant, avec la création :
? d?un site principal correspondant au Centre d?Exploitation Dreyfus Dupont regroupant la Direction, l?Administration, les équipes
propreté et mouvement Ouest ;
? d?un Centre d?Exploitation boulevard de Guyenne regroupant les équipes propreté et mouvement du Secteur Est.
L?organisation territoriale s?est accompagnée également d?une nouvelle structuration du pôle. Ainsi, les Services manuels et
mécaniques ont été regroupés et placés sous la responsabilité unique d?un directeur adjoint. Le management territorialisé de chacun
des secteurs Est et Ouest a été confié à deux chefs de secteur assistés par un technicien propreté et un technicien mouvement.
Les équipes manuelles et mécaniques sont regroupées au sein de 10 équipes (contre 16 auparavant) composées en moyenne de
12 agents, chacune managée par un responsable et un adjoint.
Cette structuration s'est accompagnée d'un plan de formation pluriannuel afin d?accompagner et d?assister les encadrants et les
agents dans la mise en oeuvre de la nouvelle organisation et la mise en place d'un management de proximité.
Dans la continuité de ce projet organisationnel, il a été créé un service Qualité Développement qui est en charge de la partie études,
prospective et qualité du pôle et permet de dissocier les interventions ponctuelles relevant de la « para-propreté », de l'exploitation
pure et simple ; l'objectif étant d'apporter méthode et ingénierie de projet, optimiser la relation usager, de renforcer l'efficience du
service de proximité et d'assurer une meilleure gestion interne sans désorganiser l'exploitation.
111
Évolution de la modernisation :
Ce plan a été déployé selon 6 axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : La propreté, un enjeu de proximité avec les usagers
? Axe 2 : Collecte des déchets, une coopération active avec la Métropole
? Axe 3 : La ville, un espace public à protéger
? Axe 4 : Les incivilités, une lutte collective
? Axe 5 : Le développement et l'innovation durable, une ambition humaine et technologique à partager
? Axe 6 : La qualité de l'espace public, un suivi nécessaire
L'évolution du pôle s'est appuyée sur l'ensemble des ressources de la ville sans créer de dispositif en particulier.
2013-2015
-
Projet de
réorganisation :
travaux site de
Borny
2016
-
Obtention de 7
trophées AVPU et
du prix d?honneur
? Label ville Eco
propre 1ère *
2017
-
Obtention de la
certification
environnemental (ISO
14001)
Label Ville Eco propre **
Réorganisation
sectorielle du pôle :
secteurs EST / OUEST
Création du site de Borny
2018
-
Nouveau plan de
propreté
Création du
service Qualité
Label Ville Eco
propre ***
2020
-
certification
Qualité (ISO 9001)
Système de
management
intégré QSE
Objectif Label Ville
Eco propre *****
2018-2020
-
Label Ville Eco propre
****
Rénovation du site de
Dreyfus
Mise en oeuvre du plan
de propreté prévue
pour début 2019
Lancement de la
démarche Qualité
ISO9001
112
Axe 1 : La propreté, un enjeu de proximité avec les usagers
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Réponse et
traitement de la
doléance
? Évolution de la plateforme "Allo-Mairie" pour répondre rapidement et
au plus juste aux demandes de la population > principe de guichet unique
Interne
? Un certain nombre de réponses préformatées
peuvent être données à l'usager dès réception
de l'appel sans transfert au service
? Automatisation du traitement de la doléance sous format d'un ticket
grâce à la mise en place d'un logiciel de gestion permettant le suivi et la
traçabilité de chaque demande
Moyens mutualisés
avec la Métropole
? Permettre le transit des demandes spécifiques
du point d'entrée jusqu'aux techniciens pour
traitement sous contrôle de la direction
? Permettre la réalisation de statistiques
relatives à la typologie des doléances par
quartier
? Éviter le sur-signalement
Démarches
Participatives
? Identification d'un « ambassadeur de propreté » dans chaque quartier,
pour faciliter les relations entre élus, administration et citoyens (en cours)
? Echanges avec les comités de quartier autour de l'entretien de l'espace
public
? Développer la médiation pour se rapprocher de ses citoyens : expliquer,
rassurer, convaincre et humaniser les rapports entre administration et
usager. Médiateur = facilitateur de contacts ; Formation nécessaire
? Développement des balades urbaines en présence des services
techniques et des habitants pour une évaluation croisée
? Développement des appels à projets citoyens (budget participatif) pour
réaliser des fresques décoratives ou opérations de propreté
Néant
? L'objectif est d'associer a maxima les habitants
dans les décisions
? Faire comprendre et rassurer pour faire
adhérer
? La verbalisation ne peut être une solution
durable il faut trouver des solutions ensemble.
? (495 interventions -> 63 % résolues sans
verbaliser)
? Création d'une communauté d'habitants qui
se mobilisent lors d'opérations spécifiques
Communication
renforcée
? Création de supports pour informer et donner de la transparence aux
actions de la collectivité. L?accent est placé sur l?aspect pratique axé sur
le quotidien des usagers.
? 20 à 25 articles PQR par an pour maintenir le sujet dans l'actualité
? Communication sur la semaine de la propreté
? Portes ouvertes au centre d?exploitation
? Participation à des événementielles : Metz plage, journée d?intégration
des grandes écoles, exposition canine, etc.
Néant
? Présence média importante
? Reconnaissance et rayonnement du pôle à
l'extérieur
? Bonne connaissance des actions du pôle
? Sensibilisation des usagers aux bonnes
pratiques en termes de propreté
? Intégration des usagers dans les actions mises
en place en termes de propreté
113
Axe 2 : Collecte des déchets, une coopération active avec la Métropole
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Concertation
? Définition des limites d?interventions et de coopération entre collecte,
propreté, communication, médiation et verbalisation
Interne ? Améliorer les interfaces et les interactions
? Participation à l?élaboration du règlement de collecte afin d?intégrer les
contraintes de collecte et de propreté
Interne
? Disposé d?un référentiel imposable à l?usager
et applicable par les collectivités en termes
d?exploitation, d?information et de verbalisation
? Mise en place d'un COPIL bimensuel pour traiter des points particuliers Interne
? Maintien du dialogue entre collecte et
propreté, adaptation des interventions et des
méthodes aux disfonctionnements et aux
situations exceptionnelles
? Convention tripartie Bailleur, Métropole et Ville pour l?entretien, la
collecte et le nettoiement des points de collecte
? Lancement de la démarche de conteneurisation des déchets par la
métropole
23 M¤
? Mécaniser la collecte des déchets et améliorer
la propreté des espaces
Axe 3 : La ville, un espace public à protéger
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Anticipation des
problématiques
? Intégrer les problématiques de propreté urbaine dès la conception des
projets d'aménagement (espaces exigus, générateur de malpropreté, tags, etc.)
? Participer à l?organisation des événementiels et manifestation afin
d?anticiper les problématiques de propreté et de gestion des déchets.
? Travail spécifique d'agrément sur les commerces vacants
? Intervention auprès des concessionnaires (téléphonie, UEM, etc.) pour
améliorer la propreté de leurs équipements sur l'espace public
? Reconduction de la démarche « chantier propre » auprès des
entreprises intervenant sur le domaine public
? Mise en place d'un groupe de travail dans une approche sociologique
des quartiers pour déterminer de nouveaux plans d'actions
Néant
? Pour renforcer l?efficacité de la politique de
propreté et modifier les comportements de nos
concitoyens, il est nécessaire de combiner des
mesures d?application immédiate et une
stratégie de plus long terme avec pour ambition
d?agir sur les causes structurelles du sentiment
de « malpropreté » autour d?un diagnostic
partagé sur l?état de propreté de la ville. Elle
permet de se mobiliser autour d'un processus
d'amélioration continue.
300 ¤
600 ¤
Néant
Néant
114
? Optimiser juridiquement les arrêtés municipaux relatifs au pouvoir de
police du Maire pour rendre plus efficaces et rapides les poursuites pénales
consécutives à des flagrants délits ou suite à des enquêtes en lien avec des
dépôts sauvages > renforcement des pouvoirs de la brigade propreté
? Prospective sur des méthodes préventives aux incivilités > solutions
techniques en complément du geste civique /nudge (création de parcs à
chiens, installations de cendriers de sondage, murs d'expressions, fresques
participatives?)
Néant
Budget participatif
Traitement de la
problématique
? Réfection et entretien des mobiliers urbains détériorés
? Lancement d'opérations coup de poing « Nettoyage de Printemps » visant à
rénover et nettoyer en profondeur des secteurs ciblés
? Engager une action de verbalisation qualitative plus ciblée sur les dépôts
sauvages récurrents
? Maintenir la prévention et réactivité sur les graffitis et développer la lutte
juridique contre les affichages sauvages
? Mise en place d'une facturation pour donner du sens à l'incivisme et réparer
le préjudice de la ville
? Développer l'utilisation de la rubalise « dépôt illicite de déchets, l'auteur est
en cours d'identification » pour marquer le dépôt sauvage
80 ¤ pour un sac OM
? Réaffirmer les règles d'utilisation du domaine
public
450 ¤ pour un dépôt
Solution
technique
? Mise en place d?indicateurs objectifs de propreté
? Caractérisation des rues de la Ville pour un traitement équitable de ces
dernières
? Définition de niveau x de propreté optimum et acceptable
? Recensement et référencement des données d?exploitation : vitesses
d?avancement, temps de travail brut et net, taux d?absentéisme et
d?immobilisation, etc.
? Définition de niveaux de service répondant aux niveaux de propreté validé
? Définition des modes d?intervention et des niveaux de propreté attendus
? Elaboration d'une matrice des moyens pour contractualiser avec les
politiques l'application d'un niveau de service en adéquation avec les moyens
alloués
? Réorganisation territoriale des équipes
? Définition des tournées et des plannings d?intervention afin d?intégrer les
niveaux de service du plan de propreté
? Mise en place d'une nouvelle ligne hiérarchique pour plus d'encadrement de
proximité
? Elaboration d'un plan de formation
? Reprise en régie du nettoyage de secteurs auparavant sous-traités, avec
optimisation des tournées, adaptation des fréquences et gain financier
? Affichage des niveaux de services pour responsabiliser les usagers
Développement
interne
? La matrice des moyens est une appli
développée en interne, elle permet de
transcrire en temps réel l'affectation des
moyens humains et matériels sur chaque
secteur. Elle permet d'évaluer la bonne
adéquation des moyens avec le niveau de
service souhaité par les élus. C'est également un
outil de gestion des mouvements de personnel
pour élaborer des parcours à partir de postulats
d'exploitation. Enfin, c'est une plateforme
permettant la valorisation financière de la
propreté à la rue près.
115
Axe 4 : Les incivilités, une lutte collective
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Sensibilisation
du jeune public
? Recrutement d'une animatrice en remplacement d'un agent de nettoiement
pour sensibiliser les enfants de cycle 1, 2 et 3
? Élaboration d'un programme pédagogique à destination des scolaires validé par
l'Education Nationale et l'Ademe
? Poursuivre le déploiement de la campagne de communication et capitaliser les
effets dans les écoles pour faire des enfants sensibilisés des vecteurs
d'informations auprès de leurs parents
? Semaine de la Propreté : ouverture du parc des véhicules de propreté aux
enfants lors de la semaine de la propreté
? Démonstration de la technique d'enlèvement de graffitis à des élèves d'école
primaire
3 000 ¤ (développement
des supports)
? Préparer les générations futures
Promouvoir le
geste citoyen
? Maintenir une présence média régulière pour valoriser les actions menées par
les partenaires et développer l'éco-exemplarité
? Sensibilisation des citoyens-usagers au travail des agents, pour une meilleure
coresponsabilité sur la propreté et une appropriation de l?espace public > visites
de centres d'exploitation de la PU
? Développer les partenariats avec le tissu associatif local pour qu'il soit
prescripteur de l'image de marque de la ville
? Développer les partenariats avec les syndics pour sensibiliser les citoyens (ex. :
mise en place de boîtes à pain pour la récupération de pain sec en pieds
d'immeubles)
? Formation des agents de terrain sur l'ensemble de la ville pour favoriser la
proximité et la communication avec les usagers > restaurer le lien privilégié avec
le cantonnier
? Faire évoluer les mentalités
? Faire comprendre que la salissure est le résultat de
l'incivisme et non d'un défaut de service
Responsabiliser
les usagers
? Développer les opérations conjointes avec la Police Municipale notamment
quant à la vidéo surveillance
? Développement de relations avec des usagers référents faisant remonter les
dysfonctionnements dans leurs quartiers
? Mise en place de Travaux d'Intérêts Généraux pour les personnes jugées pour
des faits répréhensibles et lutter ainsi contre les récidivistes.
? Opérations de nettoiement communes services et foyers d?accueil, pour une
meilleur appropriation et intégration du quartier par les jeunes
? Mettre fin à la sur-réactivité traduisant une déresponsabilisation
Néant
450 ¤
? La Propreté d'une ville renforce sa qualité de vie
et son attractivité. Elle s'intègre logiquement dans
une politique globale de développement durable.
Cet enjeu est quotidien car il s'agit de rendre à
chaque instant une ville propre, attrayante,
sécuritaire et saine. Cependant, Metz doit
répondre à un paradoxe : satisfaire une exigence
accrue des citoyens en contradiction avec des
comportements inciviques de plus en plus
fréquents
116
? Opération statique de surveillance
? Développer les pièges photographiques
? Développer la vidéo surveillance et la caméra leurre sur les points noirs quand
cela est possible
? Création d'enquêtes de voisinage
? Mise en place de courriers de mises en demeure
? Appel à la participation des usagers lors des opérations Clean up + marche
propreté en collaboration avec les comités de quartier
Axe 5 : Le développement et l'innovation durable, une ambition humaine et technologique à partager
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Prospective
? Adhésion à L'Association des Villes pour la Propreté Urbaine pour obtenir
des indicateurs de propreté et adapter les moyens en fonction des temps de
dégradation de la propreté
1 600 ¤/an
? Objectiver la propreté de la ville
? Réorienter les actions de sensibilisation /
verbalisation
? Des techniciens ont pour objectifs de progrès dans leur évaluation le
traitement de points particuliers (chewing gum, déjections, etc.)
? Mise en place de fiches progrès par les agents pour les propositions
d'évolution en termes de développement durable, qualité et sécurité
(ex. : installation de récupérateur d'eau de pluie, achat d'éco-cups, chariots
de tri, table de troc, boîte à pain, cendrier de vote?)
? Échanges / benchmarks réguliers en France et étranger
? Développer les capacités prospectives du pôle en
étudiant les innovations technologiques
? Favoriser la R&D
Optimisation
? Mutualisation des usages des mobiliers urbains (corbeille+cendrier)
? Géoréférencement des corbeilles pour optimiser la collecte, l'entretien et la
maintenance + outil d'aide à la décision pour l'implantation en fonction du
taux de remplissage
? Géolocalisation des véhicules de nettoiement
? Mise en place de la solution SOLI pour le traitement et suivi des
interventions de détagage + affichage sauvage
En cours
11 000 ¤
11 000 ¤
Les nouveaux
modes de
nettoiement
? Acquisition de triporteurs permettant le tri des déchets
? Acquisition d'aspirateurs industriels Glutton
? Acquisition de souffleurs électriques / désherbeurs thermiques et électriques
? Acquisition de balayeuse essence
? Développement en lien avec la médecine du travail d'un chariot de
balayage ergonomique
? Acquisition de nettoyeurs portatifs haute-pression
? Acquisition de divers outils de désherbage
? Ajouter un critère environnemental et social dans tout marché public
? Réduire l'empreinte carbone de l'activité de
nettoiement
117
Axe 6 : La qualité de l'espace public, un suivi nécessaire
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Démarche
qualité
? Approche marketing de l'organisation des moyens humains et matériels
pour apporter une réponse au plus près des attentes des riverains
? Formation des agents de terrain sur l'ensemble de la ville pour favoriser
la proximité et la communication avec les usagers > Restaurer le lien
privilégié avec le cantonnier
? Renforcement du suivi qualité par les chefs d'équipe sur le terrain
? Évaluer la satisfaction des usagers
? Développement de l'efficience du pôle dans
son intervention
? Obtention de la certification ISO9001
? Améliorer l'image de marque
? Engager un processus d'amélioration
continue
Maîtrise des
risques
? Cartographier les processus du pôle
? Mise en place d'un plan d'actions pour tous les risques identifiés en
prenant en compte l'ensemble des activités du PPU
Accompagnement
interne
? Maîtriser les risques qualité, sécurité et
environnement afin de limiter leurs impacts
sur nos activités
? Créer une dynamique d'amélioration
continue en mettant en place des actions
préventives et correctives
Améliorer les
performances
? Mise en place d'indicateurs de suivi et de performance pour augmenter
la performance globale du pôle
? Mesure du taux d'activité, présentiel, réalisation des parcours,
absentéisme
Accompagnement
interne
? Permet de mesurer notre activité afin
d'évaluer notre évolution
? Suivre des indicateurs qui serviront d'aide à
la décision
118
Plan propreté de la ville de Cannes
La ville de Cannes est confrontée de façon périodique à une importante augmentation de sa fréquentation, ce qui lui impose une
gestion complexe de la propreté selon les périodes de l?année, les événements, les quartiers et les heures du jour et de la nuit.
En 2014, le maire de la ville, David Lisnard, prenait l?engagement auprès des Cannois de faire de la lutte contre l?incivisme l?axe
principal de son mandat.
Cette volonté politique a donné suite à un plan propreté complet, inspiré de la « théorie du carreau cassé ».
Au regard de la réussite de ce premier plan et afin d?optimiser le travail des agents et d?augmenter l?efficacité de leurs interventions,
un nouveau plan est instauré en 2018.
Ce plan a été déployé selon trois axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : Prévention des usagers et sanctions
? Axe 2 : Organisation des équipes propreté
? Axe 3 : Déploiement d?un équipement innovant
119
Axe 1 : Prévention des usagers et sanctions
Thématiques Déclinaison des actions Moyens
Résultats et
perspectives
Communication
Campagnes de communication pour lutter contre l?incivisme :
? Campagnes d?affichage :
? sensibilisation globale (en 5 langues) ;
? mettant en scène les agents de propreté ;
? annonçant les sanctions en vigueur « stop incivilités ».
? Campagne « Ici commence la mer » sur les avaloirs
? Flyers, guide du civisme, « Cannes Civique » (chaîne sur YouTube),
diffusion sur le site de la mairie, écrans numériques (abribus)
Campagne faite en
régie.
L?affichage est
intégré dans la DSP
avec l?annonceur
Communication
réalisée en interne
200 plaques signalétiques
Prévention
? Sensibilisation par des volontaires du service civique, médiateurs de
l?environnement et de la lutte contre l?incivisme
? Réalisation de nudges, marquages provisoires incitant à l?utilisation des
corbeilles
? Installation de cendriers de vote (boites à mégots) pour favoriser la
collecte et le recyclage des mégots
? Distribution de cendriers jetables et de cendriers de poche sur les plages
? Opérations bénévoles de nettoyage des ports et des fonds marins
4 agents médiateurs
propreté urbaine
1 agent en charge du
mobilier urbain
25 000 cendriers jetables par an
3 opérations de nettoyage des
fonds marins par an
Éducation à la
citoyenneté
? Chaque semaine, un policier municipal sensibilise les écoliers aux bons
gestes
? Mise en place d?un projet éducatif via activités périscolaires : ateliers
innovants d?éveil à la nature, à la protection de l?environnement et au
développement durable, randonnées comptées, classes délocalisées
1 agent de police
municipal dédié
Réalisé avec les
services de la ville
Verbalisation
accrue et
interdiction des
espaces
sensibles
? Une préparation en amont des interventions avec les autres services
municipaux et une collaboration étroite et efficace avec la police
municipale sont nécessaires pour accroître la verbalisation
? Mise en place d?une brigade propreté de 13 agents assermentés qui
patrouillent en civil et en tenue pour verbaliser et sanctionner
? Interdiction de la cigarette sur deux plages
Réunion interservices
59 000 PV
120
Axe 2 : Organisation des équipes propreté
Thématiques Déploiement des actions Moyens Résultats/perspectives
Réflexion sur le
fonctionnement
du service
propreté
? Mise en place de « Cercles de qualité » afin de conduire l?ensemble
des agents vers une réflexion globale sur l?efficience du service public et
de fédérer les équipes
? Étude sur l?externalisation de certains services (le travail en régie est
bien moins cher, permet plus de souplesse dans l?organisation, mais
nécessite un bon encadrement)
Prestataire externe
? Meilleur management
? Réduction des dépenses
? Amélioration de la Propreté de la ville
? 20 % d?intervention en plus
Étude faite
en interne
? Amélioration de la planification des moyens humains :
? Renforcement du plan de Propreté 7 jours/7 ;
? Guichet unique pour toute demande ;
? Application de signalements géolocalisés à disposition des
agents ;
? Nouveau règlement pour la propreté des marchés ;
? Prise en compte de la saisonnalité ;
? Nouvelles tenues vestimentaires des agents de propreté
pour une meilleure identification ;
? Garantir le traitement de tous les secteurs, tous les jours, par
une nouvelle programmation des prestations.
? Un plan de formation spécifique et mobilisateur
? Organigramme cohérent avec de nouvelles fonctions et missions :
? Direction assurée par un Directeur et un Directeur Adjoint ;
? Nouvelle fonction : Coordinateur d?exploitation ;
? Elargissement de la mission du Responsable de secteur avec :
carnet de suivi des prestations, bilan d?activité quotidien,
plans d?actions pour fédérer les équipes.
Plan triennal de
formation
Recrutement
de 2 agents
Renforcement
des actions de
nettoiement
? Renforcement du nettoiement l?après-midi et en début de soirée, en
semaine et le week-end : le service de propreté urbaine réalise des
prestations 365 jours/an et compte trois fois plus d?agents sur le terrain
aux grands moments d?affluence
? Création d?une brigade mobile : pour ne pas désorganiser les autres
prestations et agir en 15 min
? Une approche globale comprenant le nettoyage, l?enlèvement des
herbes folles et entretien des espaces verts afin d?harmoniser les
prestations sur l?ensemble de la commune
? Lancement d?opérations « grand nettoyage » une fois par mois dans
un quartier complet, pour nettoyer, désherber, vider les avaloirs et
sensibiliser chacun à la nécessité de ne pas salir les espaces publics
5 agents dédiés
Réorganisation des
services de la ville
Opération faite
en régie
121
Axe 3 : Déploiement d?un équipement innovant
Thématiques Déploiement des actions Moyens Résultats/Perspectives
Equiper les
équipes d?outils
modernes de
communication
et de gestion
? Smartphone pour tous les responsables de secteur
? Centre de Protection Urbaine pour piloter l?action au quotidien
? Observatoire de la propreté en fonction des saisons, rues, événements
et heures de la journée, avec une cartographie des incivilités
? 16 smartphones
? 1 agent dédié
? Application SIG
? 30 % de rues nettoyées en plus
? Amélioration du nettoyage de la ville
Renforcer les
moyens des
agents pour plus
d?efficacité
? 25 véhicules de nettoyage des voies
? 1 200 corbeilles à papiers dont la plupart avec cendriers
? Corbeilles compactrices solaires et connectées / suivi du niveau de
remplissage
? Machine « Glutton » pour une aspiration efficace des déchets
? 5 triporteurs à assistance électrique pour un déplacement instantané
en mobilité douce
? Cureuses pour nettoyer les avaloirs et les caniveaux
? 8 aspiratrices avec hydro balayage pour un nettoyage complet en un
passage
? 187 distributeurs de canipoches
? 499 caméras réparties stratégiquement sur tout le territoire
? 1 000 km de voies nettoyées par semaine
? Plages horaires étendues (présence 23h/24)
? 200 km de voies nettoyées en plus chaque
semaine
122
ÎLE-DE-FRANCE PROPRE
Face à l?ampleur des dépôts sauvages en Île-de-France et à leurs conséquences pour les territoires (en termes environnementaux,
économiques et sanitaires), le Conseil Régional a voté le 7 juillet 2016 un dispositif ambitieux pour lutter contre ces mauvaises
pratiques. Intitulé « Île-de-France propre », ce dispositif a pour objectif de mobiliser et d?accompagner les collectivités territoriales
ainsi que l?ensemble des acteurs franciliens concernés, afin de réduire collectivement et durablement les dépôts sauvages sur les
territoires franciliens.
Le plan comprend 12 actions, à la fois préventives et curatives, articulées autour de quatre axes principaux :
? La mise en place d?un fond propreté et d?une dynamique régionale d?échanges et d?accompagnement des territoires
? Le renforcement du maillage des points de collecte pour les déchets des artisans
? La mobilisation et la responsabilisation des professionnels du bâtiment et des travaux publics et de la maîtrise d?ouvrage
? Le renforcement des sanctions contre les mauvaises pratiques
123
Axe 1 : Mise en place d?un fonds propreté et d?une dynamique régionale
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Mise en oeuvre
d?un fonds
propreté pour
soutenir les
démarches
territoriales
globales de
prévention et de
réparation
Subventions accordées à des collectivités, des
gestionnaires d?espaces, des aménageurs, etc.
Depuis janvier 2019, les associations sont
également éligibles.
Les plans d?actions territoriaux doivent permettre de
coordonner l?action des différents acteurs, de
développer des partenariats autours d?actions de
prévention, de nettoyage et de répression. La
communication et la pédagogie sont aussi à
promouvoir dans ce cadre.
? Dépenses éligibles : études, dispositifs de
limitation des accès, dispositifs de surveillance,
matériels de collecte, panneaux de
communication et signalétique.
Aide à l?investissement (60 à 80 %
des dépenses éligibles ? sans
plafond)
76 Projets territoriaux soutenus pour 5,4 M¤
(Informations à jour à fin 2018)
Les soutiens attribués par la Région ont concerné pour
trois quarts des projets situés en grande couronne, et ont
permis de financer :
? l?acquisition de véhicules de collecte des dépôts
sauvages ;
? la mise en oeuvre de moyens de protection de zones
sensibles via l?installation de barrières ;
? la réalisation de travaux d?aménagement ;
? l?acquisition de caméras de vidéosurveillance et de
pièges photographiques, permettant d?identifier les
auteurs de dépôts sauvages ;
? l?installation de panneaux de sensibilisation et
d?information.
Nouvelle modalité 2018 : résorption des dépôts
d?importance régionale
Pour les dépôts d?importance régionale, la mise en
place d?un comité de pilotage, la définition d?un plan
de financement partenarial et la définition d?un
projet de réaménagement du site sont demandées.
Aide à l?investissement (30 à 50 %
des dépenses éligibles ? plafond à
200 K¤) et au fonctionnement
(50 % des dépenses éligibles ?
plafond à 100 K¤)
1 opération de résorption des dépôts sauvages sur la forêt
de Saint-Germain-en-Laye portée par l?ONF
Environ 4 projets à l?étude
Nouvelle modalité 2018 : résorption des dépôts sur
terres agricoles
Dossiers portés par la direction de l?agriculture
Aide à l?investissement (80 % des
dépenses éligibles - plafond à 10 K¤)
et au fonctionnement (50 % des
dépenses éligibles - plafond à 5 K¤)
1 projet porté par un agriculteur
Dynamique
régionale
d?animation et
mise en réseau
Diffusion d?une plaquette de communication sur le
plan d?actions Ile-de-France Propre
Réalisée et diffusée
MOOC - 5 web conférences pour mieux lutter
contre les dépôts sauvages
Partenariat avec le réseau Idéal
Connaissances
Près de 70 agents des collectivités franciliennes formés
Lien n°1, Lien n°2, Lien n°3, Lien n°4, Lien n°5
Organisation d?une journée régionale 2019 En cours pour 2019
Application de
signalement des
dépôts sauvages
ACDéchets
Lancement d?une expérimentation sur une version
bêta-test en avril 2019 sur la forêt de
Saint-Germain-en-Laye
Partenariat commune et ONF
Amélioration de l?application et extension progressive à
d?autres territoires
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-sanction-contrevenants-quelle-articulation-entre-competences-pouvoirs-police-acteurs-territoriauxt-4739
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-sanction-contrevenants-comment-distinguer-procedures-differentes-infractions-5691
https://www.idealco.fr/formation/constater-depot-sauvage-quelles-sont-possibilites-d-utilisation-videoprotection-pieges-photographiques-5743
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-comment-faire-peser-cout-d-enlevement-sur-auteur-depot-6820
http://communautes.idealconnaissances.com/interdechets/evenement/lutte-contre-les-depots-sauvages-quelles-actions-pour-quels-retours-d-experience-7663
124
Axe 2 : Renforcement de l?offre de collecte des déchets des artisans
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Mise à jour de l?état
des lieux des
équipements existants
et communication sur
le maillage
Travaux d?élaboration du plan régional de
prévention et gestion des déchets
Cartographie, open data et insertion dans
l?application AC DECHETS
Environ 180 points de collecte identifiés en Ile-de-France,
de type déchèteries publiques et privées et points de
vente sur négoce
Définition des besoins
et modalités de
déploiement des
nouveaux points de
collecte
Animation d?un groupe de travail régional
avec les acteurs concernés (collectivités,
opérateurs déchets, représentants du BTP,
négoces de matériaux, enseignes de
bricolage, associations?) et participation aux
réunions territoriales
3 réunions régionales
Mise en oeuvre d?une animation territoriale
en partenariat avec le réseau des chambres
de métiers et de l?artisanat pour définir les
besoins des entreprises en points de collecte
et l?articulation la plus pertinente entre
l?offre publique et l?offre privée
Convention avec la CRMA 4 territoires pilotes sont prévus en 2019
Favoriser le
développement de
nouveaux équipements
de collecte via un
soutien régional
financier renforcé
Augmentation des taux et plafonds d?aide
régionale pour le soutien à la création /
extension de déchèteries ou points de
reprise sur négoce
30 % d?aide régionale, aide
plafonnée à 300 000 ¤
Depuis le mois de septembre 2016, 15 projets, dont
6 créations d?équipements et 9 rénovations, ont été
soutenus pour un montant global de plus de 4 millions
d?euros.
125
Axe 3 : Mobilisation et responsabilisation des professionnels et de la maîtrise d?ouvrage
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Développement de la
sensibilisation aux
bonnes pratiques dans
le cadre de la
formation initiale
Cible : lycées techniques et CFA Mise en oeuvre à venir
Sensibilisation et
valorisation des
bonnes pratiques des
professionnels
Enquêtes auprès des artisans du bâtiment sur
la gestion des déchets du BTP
Convention avec la CRMA
Résultats exploités dans le PRPGD
Sensibilisation sur les bonnes pratiques et
diffusion d?une vidéo de sensibilisation à
destination des chefs d?entreprise
Vidéo réalisée
Responsabilisation de
la maîtrise d?ouvrage, y
compris les particuliers
et la Région en tant
que MOA
Animation d?un Club maîtrise d?ouvrage par
la région
2 réunions en 2017
Boîte à outils : clauses dans les marchés
publics, détection des offres anormalement
basses, suivi de la gestion des déchets,
sensibilisation des particuliers?
https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=MLrXL1-Qlus
126
Axe 4 : Renforcement des sanctions envers les mauvaises pratiques
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Propositions concernant des
évolutions réglementaires, de
procédures et de financement
Interpellation de l?État sur les
besoins d?évolution du cadre
réglementaire et législatif (pouvoir
de police, assermentation des
agents, simplification des
procédures judiciaires?)
Améliorer le cadre actuel pour le rendre plus opérationnel ou le simplifier
1. Développer les moyens de constatation des dépôts sauvages : adapter les
pouvoirs des agents en fonction des infractions, étendre l?utilisation de la
vidéo protection
2. Améliorer l?articulation entre les compétences et les pouvoirs de police
des communes et des groupements de collectivités
3. Mettre en place une amende forfaitaire, développer les possibilités de
confiscation de véhicules
4. Accompagner les agents dans la mise en oeuvre des procédures et
sensibiliser les procureurs
Contribution à la FREC
État des lieux des dispositifs
incitatifs existant dans d?autres
pays ou sur d?autres sujets
Mise en oeuvre à venir
Suivi des actions de contrôle et
sanctions menées par les services
de l?État sur le travail illégal et les
sites illicites de traitement de
déchets
Mise en oeuvre à venir
127
Plan propreté de Bordeaux Métropole
CONTEXTE
Après 1 an de mise en place de la mutualisation au sein de la métropole, le niveau de service de la propreté sur les communes de
Bordeaux Métropole est globalement jugé satisfaisant, mais on constate une insuffisance d?action, face à la croissance urbaine et à
l?augmentation des incivilités, pour permettre un niveau de service optimum.
Afin d?évaluer l?action de propreté portée par les services de Bordeaux Métropole, en juin 2017, une enquête de satisfaction est
commandée à l?IFOP (Institut français d?opinion publique) auprès des habitants, avec des questions relatives à la propreté, la voirie
et les espaces verts. À l?exception de Bordeaux-centre où une enquête spécifique sur la propreté avait été diligentée l?année passée,
il s?agit de la première enquête de ce type dans la Métropole.
Chaque année, l?enquête est renouvelée afin de disposer d?un baromètre, et ses résultats sont diffusés aux maires.
En 2017, les résultats globaux de l?enquête concernant la propreté sont satisfaisants, et très souvent nettement supérieurs à la
moyenne nationale. Cependant, elle fait apparaître des résultats contrastés.
Le retour des élus est plutôt positif sur les prestations assurées par les services communs. La communication des plans de gestion
concernant la propreté a été appréciée et a permis à chacun de mieux appréhender la logique organisationnelle de planification que
les services mettent en oeuvre. Dans leur globalité, les équipes de propreté interviennent de façon réactive.
Les résultats de l?enquête sont parfois en décalage avec la perception des élus interpellés par certains citoyens insatisfaits, alors
même que l?exigence de réactivité des citoyens croît avec la rapidité de la circulation de l?information. Il est vrai que l?agglomération
connaît une croissance urbaine sans précédent.
Le plan s?articule autour de trois axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : le renforcement du niveau de service de propreté urbaine pour toutes les communes
? Axe 2 : le renforcement de la propreté dans le centre historique de Bordeaux
? Axe 3 : la mise en place d?une communication ciblée et le partage des responsabilités
128
L?impact financier de ce plan se décline en :
? 4 645 000 ¤ sur le budget général de fonctionnement
? 1 720 000 ¤ d?investissement en 2018, puis 530 000 en 2019 et 487 000 en 2020
? 1 780 000 ¤ à compter de 2020 sur le budget annexe des déchets ménagers (1 180 000 ¤ en 2018)
Ce coût est financé pour partie par les recettes de taxes de séjour, et, pour ce qui concerne les actions de collecte, par la dynamique
des recettes de la taxe d?enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Par ailleurs, l?augmentation de la TEOM en 2016 a permis
d?alléger la contribution du budget général au budget annexe des déchets ménagers, ce qui permet de prélever le financement du
volet propreté sur le budget général.
Le renforcement des niveaux de service se traduit par des créations de postes au sein de la direction de la gestion des déchets et de
la propreté (20 à échéance 2022) et au sein des équipes de propreté des pôles territoriaux, et par redéploiement de postes dévolus
actuellement au secteur de l?hypercentre, qui seront confiés au privé. Au total, cela représente l?équivalent de 59 postes nouveaux
en charge de cette politique.
129
Axe 1 : Le renforcement du niveau de service de propreté urbaine
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financiers) Résultats
Les dépôts sauvages et les
encombrants
1) Renforcer la fréquence de passage pour le nettoyage des dépôts
sauvages autour des bornes à verre et des bacs enterrés sur le
domaine public métropolitain.
Pour les bacs enterrés sur domaine privé, ce nettoyage est à la charge de
la copropriété ou du bailleur, et Bordeaux Métropole peut intervenir à la
demande des communes, avec facturation au propriétaire.
Eradiquer les dépôts
sauvages et valoriser la
mise en oeuvre des bacs
enterrés
2) Renforcer la fréquence de collecte de certaines bornes à verre, pour
éviter les débordements.
3) Renforcer la capacité à intervenir de façon réactive pour enlever des
dépôts sauvages aléatoires, grâce à des équipes volantes et des
marchés pour les gros volumes.
Marché de collecte des
encombrants sur les quartiers
historiques de Bordeaux : 400 000 ¤
Le contrôle de l?incivilité et
les sanctions
Renforcer la surveillance des espaces publics et le contrôle des dépôts
par des agents de surveillance au sein des services territoriaux sur les
territoires des communes qui ont transféré / mutualisé leurs moyens et la
création d?une cellule nocturne au sein du centre incivilité-déchets du
pôle territorial de Bordeaux.
10 postes sur la ville de Bordeaux :
300 000 ¤ non chargés
Contenir, voire supprimer
à terme les incivilités
Le balayage des pistes et
bandes cyclables dans le
cadre d?une constante
progression de la pratique
cycliste
Mise en place depuis janvier 2018 d?un marché spécifique pour le
balayage des pistes cyclables (12 passages/an).
Pour favoriser le
développement des
déplacements à vélo
Faire face à la suractivité liée
au désherbage sur les
trottoirs et les routes suite au
passage au « zéro phyto », et
à la chute des feuilles à
l?automne
Organisation de formations et de séminaires pour communiquer,
sensibiliser les citoyens et les élus à l?intérêt du zéro phyto, à la présence
de la nature en ville et à la responsabilité propre des riverains concernant
l?entretien de leur trottoir.
130
Axe 2 : Le renforcement de la propreté dans le centre historique de Bordeaux
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financier)
Résultats/
perspectives
Adaptation du service de la collecte
1) Évolution vers une fréquence de 5 jours pour les OM et 1 jour
pour le tri
2) Déploiement de bacs collectifs de tri avec suppression des
bacs individuels stagnant sur l?espace public
3) Obligation de collecte des poches hors bac pour toutes les
équipes de nuit
Elément variable affecté aux agents
(6 ¤ par vacation/jour/agent)
4) Amélioration de la vidange des bornes à verre sur le centre
historique de Bordeaux
60 000 ¤/an jusqu?en 2025
5) Ouverture de locaux collectifs de pré-collecte en pied
d?immeuble pour les habitants dont les logements sont
inadaptés au stockage des bacs
Évolution des organisations des
services de propreté adaptées aux
différents rythmes de la ville
1) Mise en place des plans estival et hivernal, création d?une
équipe Vendredi Samedi Dimanche Lundi (VSDL) sur le
territoire de Bordeaux
17 agents sur la ville de Bordeaux
2) Diversification et augmentation de l?offre de mobilier
(corbeilles, panneaux d'affichage libre, distributeurs de
poches, cendriers, éteignoirs sur corbeilles, expérimentation
de nudges et éco-mégots)
320 000 ¤ d?investissement/an sur la
ville de Bordeaux jusqu?en 2020
3) Expérimentation d?une externalisation complète et intégrée
des activités de collecte et de propreté sur le quartier
historique de Bordeaux. Marché public élaboré sur un objectif
de résultats et non pas sur des moyens mis en oeuvre, basé sur
un référentiel propreté.
Marché de 2 080 000 ¤ HT
4) Augmentation et diversification des acquisitions de matériels
roulants adaptés aux différents espaces publics et aux
nouveaux besoins (balayeuse 2m3, gluttons?)
2 000 000 ¤ d?investissement sur
3 ans
131
Axe 3 : La mise en place d?une communication ciblée et du partage des responsabilités
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financiers) Résultats/perspectives
Élaboration d?une
campagne de
communication ciblée
et récurrente
1) Communication sur différents supports (panneaux d?affichage sur le
réseau urbain, établissements publics, écoles, journal Métropole, média,
spots radios, réseaux sociaux?) avec un message pour mieux informer les
habitants sur la nécessaire coopération et sur les risques de verbalisation
encourus
190 000 ¤ jusqu?en 2025
Modifier le comportement
des usagers inciviques
2) Mise en place de panneaux mobiles dans les rues des quartiers, par type
d?incivismes rencontrés (déjections canines, dépôts sauvages?)
10 000 ¤/par quartier
Rendre visible l?incivilité sur
les points sensibles
3) Signature d?un contrat de propreté avec l?ensemble des acteurs
concernés (bailleurs et syndics, les commerçants et restaurateurs, les
professionnels du secteur de la propreté et les habitants?)
Responsabiliser tous les
acteurs participant au
maintien d?un cadre de vie
agréable
4) Création d?un réseau métier Propreté au sein de Bordeaux Métropole
Construire une politique
publique de Propreté Urbaine
et développer le réseau
d?acteurs de la propreté
M
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pa
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be
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http://www.laboiteaverbe.fr/
1 - Notions fondamentales sur les déchets
2 - Les abandons et les dépôts illégaux de déchets
1 - Les Français et les dépôts sauvages : extraits du baromètre citoyen
2 - Regards croisés d?experts
3 - « À faire / À éviter »
4 - Les pratiques existantes des collectivités
5 - Plans de propreté
1 - Généralités en matière de droit : les pouvoirs de police
1) Pouvoirs de police judiciaire et pouvoirs de police administrative
2) Police administrative générale et police administrative spéciale
2 - La répression pénale
3 - La constatation et le signalement des infractions pénales
4 - Les sanctions administratives
1 - Des corbeaux, agents de propreté ? ? Puy du fou (France)
2 - Des drones pour identifier les déchets sauvages ? DDTM Hérault (France)
3 - « Gallinazo Avisa » - La garde des vautours ? Lima (Pérou)
4 - « Adopter en strand » ou adopter une plage (Norvège)
5 - « Adopt?1 Spot » ? Association Mer terre (France)
6 - « 2 minutes Beach Clean » ? Mobiliser les citoyens par les réseaux sociaux ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
7 - « Nominate a Hero » - désigner un héros - Keep Scotland Beautiful (Ecosse)
8 - « Élection des quartiers de gare et des zones commerciales les plus propres » (Pays-Bas)
9 - « Supporter van schoon » ou comment devenir un ambassadeur de la propreté (Pays-Bas)
10 - « Programme Love Parks » ? Protéger, améliorer et promouvoir les espaces verts ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
(ATTENTION: OPTION raction forestière
implique des spécificités notamment en ce
qui concerne :
La recherche et constatation des
infractions : la transmission des procès-
verbaux doit être réalisée dans un délai de
5 jours à compter de leur clôture au
procureur avec copie au DRAAF pour les
délits, directement au DRAAF avec copie au
procureur pour les contraventions. Les
agents de l'ONF transmettent directement
et non par l?intermédiaire de leur supérieur
hiérarchique. Les PV des gardes particuliers
sont transmis dans un délai de 3 jours au
procureur. Des mesures d'enquête complé-
mentaire peuvent être ordonnées par le
DRAAF, un nouveau PV est alors rédigé et
c'est à compter de sa clôture que com-
mence le délai pour engager les poursuites
ou les propositions d'alternatives.
Les poursuites ou les alternatives : le DRAAF
reste officier du ministère public, pour les
infractions contraventionnelles uniquement ;
il conserve cependant le pouvoir de
proposer au Procureur des alternatives aux
poursuites dont notamment la transaction.
Il n'y a plus d'accord préalable à obtenir du
procureur, mais une homologation de la
proposition acceptée par le contrevenant
doit lui être demandée.
3) L?avis de contravention et le procès-
verbal
Sauf dans le cas de la contravention de
5e classe qui réprime les faits d?abandonner
ou de déposer des déchets à l?aide d?un
véhicule, les autres contraventions prévues
par le Code pénal peuvent faire l?objet
d?une amende forfaitaire, si l?auteur
présumé est identifié sans qu?il y ait besoin
d?une enquête. Il convient de noter que le
fait de l?identifier grâce à un système de
vidéoprotection n?est pas un moyen
d?investigation qui s?oppose à l?amende
forfaitaire. En cas d?amende forfaitaire, un
avis de contravention et une carte de paie-
ment sont remis au contrevenant au moment
de la constatation de l'infraction, ou envoyés
à son domicile (article R. 49-1 du CPP).
Lorsqu?il n?y a pas prononciation d?une
amende forfaitaire, l?infraction dont il est
constaté la commission doit faire l?objet
d?un procès-verbal (PV).
Un procès-verbal ne se réduit pas au
document que l?on nomme ainsi. C?est une
procédure qui ne se clôt que lorsque
l?ensemble des investigations nécessaires
permettant d?établir les faits auront été
rassemblées. Il peut donc s?écouler
plusieurs jours, parfois plusieurs semaines,
entre la découverte d?un dépôt de déchets
illégal et la constitution de preuves, ou au
moins d?indices suffisants de la
responsabilité d?une ou plusieurs personnes
dans la constitution de ce dépôt. C?est à
partir de la clôture du procès-verbal que le
document est envoyé au procureur de la
République dans les meilleurs délais (5 jours
après clôture s?agissant des infractions au
Code de l?environnement (art. L. 172-16) ou
les infractions forestières, et 3 jours dans le
cas d?un garde forestier salarié d?un
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
40
propriétaire forestier privé). Dès lors qu?il y
a infraction, c?est le procureur qui dirige
l?enquête préliminaire et décidera
d?engager ou non des poursuites. Les agents
habilités commissionnés et assermentés
pour dresser les PV doivent donc lui trans-
mettre directement les PV qu?ils dressent et
non par la voie hiérarchique (qui ne signe
donc pas les PV) : c'est l?agent qui doit
répondre seul de ce qu'il a constaté.
À noter : les contraventions aux arrêtés de
police municipale concernant l?organi-
sation de la collecte des déchets et au RSD
peuvent être constatées par les agents de
police municipaux, en leur qualité d?agents
de police judiciaire adjoints, mais ils
doivent remettre leurs rapports et leurs
procès-verbaux à la fois, au maire et à un
officier de police judiciaire (OPJ) de la
police nationale ou de la gendarmerie pour
transmission au procureur de la République
(art. 21-2 du CPP). Dans ce cadre, ils sont
habilités à relever l?identité des contre-
venants pour dresser les procès-verbaux.
Cependant, en cas de refus de la personne
de délivrer son identité, ils doivent faire
appel à un OPJ (art. 78-6 du CPP).
La rédaction d?un procès-verbal doit
répondre à un certain formalisme. Les PV
en matière de délit doivent, à peine de
nullité, énoncer le fait poursuivi et viser le
texte de la loi qui le réprime, conformé-
ment à l'article 551 du Code de procédure
pénale (CPP).
S'agissant de contravention, l'article A 37.2
du CPP prévoit que le PV de contravention
comporte les références des textes la
réprimant, quoique cette obligation ne
s'impose pas à peine de nullité.
La date, l?heure et le lieu du constat sont
mentionnés impérativement, de même que
la qualité et l?identité de l?agent qui dresse
le PV.
L?absence des mentions obligatoires
conduit à la nullité du procès-verbal. C?est
souvent la cause du refus d?engager des
poursuites opposées par les procureurs de
la République.
Outre ces mentions obligatoires, le procès-
verbal doit mentionner les faits constatés
directement par la personne qui établit le
PV et la description de la situation devra
être aussi précise que possible (nature des
déchets, estimation des quantités,
éléments permettant de désigner l?auteur
ou les auteurs, etc.).
Le PV peut comporter en annexe des
photos et tout document permettant
d?établir l?illégalité du dépôt ou de désigner
son auteur. Ainsi, des documents permet-
tant de l?identifier constituent, sinon des
preuves, du moins des indices suffisants
pour orienter les recherches. Si l?auteur
présumé a été identifié par vidéo-
protection, cela devra être mentionné.
Le Code de l?environnement précise que les
procès-verbaux constatant des infractions
au Code de l?environnement font foi
jusqu?à preuve du contraire (art. L. 172-16).
Il y a donc une présomption de leur
caractère probant, que la défense devra le
cas échéant renverser. Il n?en est pas de
même pour les procès-verbaux constatant
une infraction au RSD.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
41
Les sanctions administratives
Tableau récapitulatif des sanctions administratives prévues par le Code de
l?environnement
Source Type d?infraction Commentaire
L. 541-3 Dépôt illégal de déchets
Procédure administrative décrite
au §4.2
L. 541-21-3, et L. 541-21-4 Abandon de véhicule (s)
Procédure administrative décrite
au §4 (L. 541-3)
L?article L. 541-3 du Code de l?environnement
précise la procédure administrative qui sera
appliquée lorsque des déchets seront
abandonnés, déposés ou gérés contrai-
rement aux prescriptions du Code de
l?environnement.
Cet article s?applique à toute personne qui
abandonne ou dépose des déchets dans
des conditions ne respectant pas les
dispositions du chapitre Ier du titre IV du
livre V du Code de l?environnement. Cela
exclut donc des atteintes au règlement de
collecte, puisque le règlement de collecte
découle de l?attribution aux collectivités du
service public des déchets par le Code
général des collectivités territoriales. Le
dépôt sera d?une certaine importance,
plutôt en milieu rural ou dans un terrain
vague en milieu urbain, ou sur le site d?une
entreprise ayant non cessé son activité (et
ne relevant pas de la législation relative aux
ICPE de façon à permettre la mise en oeuvre
de la procédure décrite à l?article L. 541-3
par le maire ou le président d?EPCI). Il est
nécessaire que l?auteur du dépôt soit
identifié, notamment si des documents ou
des objets permettant de l?identifier se
trouvent dans les déchets, ou par des
investigations plus poussées.
Tout dépôt justifiant la mise en oeuvre de
l?article L. 541-3 doit parallèlement faire
l?objet d?un PV de constatation de la
commission du délit prévu par l?article
L. 541-46 du Code de l?environnement. En
effet, les poursuites pénales sont indé-
pendantes des poursuites administratives
Il en est de même pour l?application des
articles L. 541-21-3 et L. 541-21-4 (abandon
de véhicule).
1) Le constat des manquements adminis-
tratifs et la répression administrative
Dans le cadre de l?exercice de la police
administrative décrite à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement pour le cas des
dépôts illégaux de déchets, le maire est
l?autorité administrative compétente, à
moins que le maire ait transféré son pouvoir
de police spéciale au président de l?EPCI en
application de l?article L. 5211-9-2 du CGCT.
Le maire ou le président d?EPCI sont par la
suite appelés « autorité compétente ».
Les agents chargés du constat des
infractions pénales et ceux chargés du
constat des manquements administratifs
sont les mêmes (pour la législation
environnementale, cf. art L. 172-1 et art.
L. 541-44 du Code de l?environnement), à
l?exception des officiers et agents de police
judiciaire qui n?interviennent pas (en tant
que tels) dans le cadre purement
administratif.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
42
L?agent chargé d?un contrôle de nature
administrative adressera son rapport au
maire de la commune du lieu du dépôt
illégal de déchets qui enclenchera le reste
de la procédure, ou au président de l?EPCI
dans le cas cité ci-dessus. Par exemple : un
garde-champêtre employé par un EPCI qui
détient la compétence « police déchets »
doit envoyer son rapport au président de
l?EPCI sur le territoire duquel est situé le dépôt
sauvage, ou au préfet si l?étendue du dépôt
affecte le territoire de plusieurs communes.
Le préfet est l?autorité de police
administrative compétente pour appliquer
les sanctions prévues à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, lorsque le dépôt
correspond à une décharge illégale de
déchets : exploitation correspondant à une
activité lucrative exercée par un tiers aux
producteurs des déchets qui y déposent
leurs déchets, le stockage régulier de
déchets provenant d?une activité classée
ou non (exemple : une entreprise de
rénovation qui dépose les déchets de son
activité sur un terrain). Dans le cas où les
déchets proviennent d?une installation
classée, l?exploitant étant tenu de veiller à
gérer ses déchets conformément à la
réglementation en vigueur mais aussi aux
prescriptions fixées par l?arrêté d?auto-
risation, l?enregistrement ou le récépissé de
déclaration régissant son activité, le fait de
déposer ou de faire déposer de façon
habituelle (et non ponctuelle) ses déchets
soit dans l?enceinte de ses locaux , soit sur
un terrain indépendant constitue une
infraction à la législation relative aux
installations classées et un manquement
aux obligations de gestion des déchets
imposés à cette entreprise par la décision
qui lui donne le droit d?exploiter
(autorisation, enregistrement, déclaration) .
Ce même exploitant peut être tenu de
reprendre les déchets de son entreprise qui
auraient été déposés même à son insu par
un tiers auquel il les avait remis en vue de
leur élimination ou traitement dans une
installation autorisée à cet effet. En effet,
en tant que producteur de déchets, il est
responsable de leur gestion dans le respect
des règles applicables.
Les constats de manquement prennent la
forme d?un rapport écrit. Le formalisme du
constat administratif est décrit au para-
graphe 4.2.1, détaillant la procédure
administrative prévue par les dispositions de
l?article L. 541-3. L?établissement de ce rapport
permet au maire d?enclencher les procédures
administratives prévues par cet article.
2) Mise en oeuvre de la procédure prévue au
L. 541-3 du CE
L?essentiel
Étapes de la procédure L. 541-3 en cas de
dépôt illégal de déchets :
? Constat de l?abandon ou du dépôt illégal
de déchets par un rapport adressé au
maire ou au président de l?EPCI en cas
de transfert des pouvoirs de police du
L. 541- 3 (ou au gestionnaire du domaine
public forestier pour les infractions
forestières) ;
? Rappel à la loi de l?auteur des faits par le
maire ou le président de l?EPC (ou le
gestionnaire du domaine forestier), lui
permettant de fournir des explications
ou d?informer l?autorité administrative
que le nécessaire a été fait pour
remédier à la situation dans le délai de
10 jours à compter de la réception du
courrier recommandé avec AR (phase de
contradictoire) ;
? Arrêté de mise en demeure si le rappel à
la loi a été inefficace mentionnant un
délai pour réaliser les travaux nécessaires ;
? En cas de non-respect de la mise en de-
meure, décision imposant une sanction
(possibilité d?en conjuguer plusieurs).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
43
La procédure prévue au L. 541-3 du Code de
l?environnement décrit la procédure
administrative à respecter pour amener
l?auteur ou les auteurs d?un dépôt illégal de
déchets à remédier à la situation, lorsque le
ou les producteurs ou détenteurs de
déchets peuvent être identifiés.
L?application des dispositions de cet article
implique que le dépôt puisse être laissé sur
place le temps du déroulement de la
procédure.
De fait, l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement ne peut pas être appliqué
en cas d?abandon de quelques encom-
brants ou autres déchets sur le trottoir par
un ménage : il faut bien se rendre à
l?évidence que cette procédure serait
inadaptée puisqu?elle demande qu?en
attendant l?expiration du délai fixé à
l?auteur du dépôt de déchets pour
remédier à la situation, les déchets doivent
rester sur place (puisque c?est à l?auteur du
dépôt de les enlever ou faire enlever).
Ces phases sont détaillées ci-après.
a) Constat administratif
Le constat d?un manquement administratif
obéit à des règles, qui ne diffèrent pas
beaucoup du procès-verbal de constat
d?une infraction (cf. §3.3).
L?agent qui constate l?existence d?un dépôt
illégal de déchets :
? doit être habilité à le faire (cf. §3.2) ;
? doit respecter des règles fixées par la loi
pour opérer le contrôle de la législation
en cause, et suivre une procédure
précise pour établir l?existence du
manquement. L?accès aux lieux de
commission d?un manquement aux
dispositions du Code de
l?environnement, soupçonné ou avéré,
doit respecter les règles de procédure
prévues aux articles L. 171-1 et suivants
du Code de l?environnement.
La découverte d?un dépôt illégal de déchets
dans la nature est souvent fortuite, suite au
signalement d?un riverain ou du
propriétaire du terrain sur lequel des
déchets ont été délaissés. Si le dépôt est
constitué sur une propriété privée, l?accord
du propriétaire du terrain est nécessaire
pour y accéder et sa présence requise.
La rédaction du rapport constatant le
manquement doit mentionner, comme le
fait un procès-verbal, la date, le nom de
l?auteur du rapport, l?exposé de la
réglementation qui n?est pas respectée et
celui des faits constatés. À ce titre, il
mentionne les références des règles de
gestion qui n?ont pas été respectées et
décrit précisément en quoi le fait reproché
constitue un manquement à la
règlementation.
Les faits doivent être décrits dans ce
rapport aussi précisément qu?ils auraient
dû l?être dans un procès-verbal : dans le cas
d?un dépôt illégal de déchets, l?agent
s?attache à décrire la nature des déchets,
évaluer la quantité de déchets présente sur
le site et noter les éléments permettant
d?identifier le producteur des déchets, s?il y
en a (documents trouvés sur le site,
témoignage des voisins du dépôt qui ont pu
relever le numéro d?immatriculation du
véhicule ou même prendre des photos).
L'agent qui effectue le contrôle admi-
nistratif doit ensuite transmettre le rapport
à l?autorité compétente du lieu du dépôt,
qui pourra alors décider des suites à donner.
Jurisprudence
Un mauvais fondement légal ou un défaut de
motivation peuvent entraîner l?annulation de
l?arrêté de mise en demeure (CAA Nantes,
22 avril 1998, commune d?Ouvrouer-les-
Champs n° 95NT01342 / CAA Nantes, 17 juillet
1996, Compagnies des Bases lubrifiantes
n° 93NT00540).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
44
Nota bene
Lorsque le propriétaire ou le locataire du
lieu du dépôt est l?auteur du dépôt, si le
dépôt est susceptible de porter atteinte à
la salubrité ou la santé publique (prolifé-
ration de rongeurs, odeurs, etc), l?autorité
compétente doit mettre en oeuvre les
pouvoirs qu?elle détient au titre de la police
générale des déchets.
Tel est le cas, si des déchets putrescibles ou
de nature à attirer des nuisibles (rongeurs
ou autres vermines) sont stockés. Il faut
avoir constaté l?existence de nuisances ou
de pollutions. Dans le cas où il conserve des
véhicules hors d?usage et que la superficie
occupée par ces véhicules est inférieure à
50 m², l?évacuation de véhicules hors
d?usage peut être obtenue sur le
fondement de l?article L. 541-21-4 du Code
de l?environnement. Cet article permet de
prévenir les risques sanitaires graves, quand
les véhicules stockés peuvent servir de gites
larvaires aux moustiques porteurs de la
dengue, le chikungugna et le zika, surtout
dans les territoires ultra-marins.
Cependant, en l?absence de nuisances ou
de risques pour l?environnement, la santé
humaine ou la salubrité, il est difficile d?agir
car on ne peut qualifier les faits avec
certitude : le propriétaire du terrain ou le
locataire peut prétendre ne pas vouloir se
défaire des objets accumulés sur son
terrain, auquel cas ce ne sont pas des
déchets au sens légal du terme.
Un locataire peut aussi être contraint par
son propriétaire de mettre un terme à ses
agissements, car le contrat de location peut
préciser qu?il est interdit de stocker des
objets susceptibles d?entraîner une dégra-
dation des lieux ou entraîner des conflits de
voisinage. C?est une voie à explorer, l?autorité
compétente pouvant contacter le proprié-
taire des lieux dans ce but afin d?éviter toute
velléité de recommencer au locataire.
Sur la base du rapport constatant
l'irrégularité d'une situation, l?autorité
compétente peut ensuite enclencher la
procédure.
b) Engager la procédure
La procédure prévue à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement commence par
une phase dite de « contradictoire » de dix
jours : l?autorité compétente informe par
une lettre constituant un rappel à la loi le
producteur ou le détenteur initial des
déchets « des faits qui lui sont reprochés
ainsi que des sanctions qu?il encourt et de
la possibilité de présenter ses observations,
écrites ou orales, dans un délai de dix jours,
le cas échéant assisté par un conseil ou
représenté par un mandataire de son
choix ».
L?exposé des faits reprochés peut ne pas
être très détaillé et renvoyer au rapport
constatant ces faits qui doit être
obligatoirement joint, même si le courrier
de rappel à la loi ne le cite pas
expressément. Toutefois, cet exposé doit
être précis et mentionner en quoi la
situation est irrégulière au regard de la
réglementation en vigueur et mentionner la
référence du texte applicable (en cas de
dépôt illégal de déchets, la référence est
l?article L. 541-2, qui impose de respecter les
prescriptions du Code pour quiconque
produit des déchets) et l?article L. 541-3 qui
pose l?interdiction d?abandonner ou de
déposer des déchets n?importe où. Le délai
de dix jours est impératif, il ne peut être
réduit.
Si, à l?issue de cette phase, le producteur ou
le détenteur des déchets n?a pas remédié
de lui-même à la situation, ou que les
observations produites ne sont pas
satisfaisantes, l?autorité compétente peut :
? prendre un arrêté de mise en demeure
de procéder à l?enlèvement des déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
45
déposés illégalement. Il est tenu de le
faire si le dépôt de déchets entraîne un
risque pour la salubrité ou la sécurité
publiques, sinon il engage la res-
ponsabilité de la commune à l?égard des
tiers, pour qui le dépôt de déchets
occasionnerait des nuisances ou un
risque comme un incendie ;
? ordonner le paiement d?une amende au
plus égale à 15 000 ¤.
En cas d?urgence, l?autorité compétente
peut fixer les mesures nécessaires pour
prévenir les dangers graves et imminents
pour la santé, la sécurité publique ou
l?environnement. Cette mesure peut
s?appliquer dès le début de la procédure.
Cela peut consister en des mesures
nécessaires à la mise en sécurité du site
avant toute mesure de retrait des déchets
et de remise en état du site. Il est possible
d?ordonner l?enlèvement immédiat des
déchets à condition que leur maintien sur
place entraîne un danger répondant aux
exigences de gravité décrites plus haut. Cet
ordre ne pourra donc être donné en
l?absence de ce danger grave et imminent.
Il ne s?agit pas là d?une sanction (II art.
L. 541-3). Ces mesures peuvent être
ordonnées sans mise en demeure préalable
du responsable du dépôt illégal de déchets.
Le coût de ces travaux sera mis à la charge
du responsable du dépôt illégal de déchets,
s?il est identifié de façon certaine. L?enlève-
ment des déchets avant même que la mise
en demeure puisse être décidée met un
terme à la poursuite de la procédure puisque
la mise en demeure n?aurait plus d?objet.
c) Mise en demeure
Si, à l?issue de la phase contradictoire, le
dépôt illégal de déchet n?a pas été résorbé,
l?autorité compétente doit prendre un
arrêté de mise en demeure, prescrivant
d'effectuer les opérations nécessaires au
respect de la réglementation dans un délai
déterminé.
Un point est particulièrement important à
respecter : la mise en demeure doit fixer un
délai suffisant pour permettre à l?auteur ou
les auteurs du dépôt illégal de satisfaire aux
prescriptions de l?arrêté. Sinon, le juge
administratif pourrait annuler la décision.
En effet, fixer un délai irréaliste revient à
rendre impossible le respect de la mise en
demeure, et dans ce cas, celle-ci est
irrégulière. Si le dépôt est très important ou
qu?il est composé de déchets dangereux
mélangés à d?autres, il sera nécessaire de
fixer un délai cohérent avec la possibilité de
faire les travaux nécessaires, car des études
préalables à l?évacuation des déchets
pourraient devoir être menées afin de
déterminer les conditions de traitement de
ces déchets. Dans ce cas, la réalisation de
ces études devra d?ailleurs être imposée et
un délai devra être fixé.
Visas
L?arrêté de mise en demeure doit viser
explicitement l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement et, s?il s?agit de mesures de
gestion des déchets qu?auraient dû
appliquer une entreprise, l?article du Code
imposant ces mesures, si elles existent
(exemple : une obligation générale de
veiller à traiter les déchets de façon à ne
pas nuire à l?environnement est prévue à
l?article L. 541-2), et le cas échéant les
prescriptions qui auraient pu être dressées
par arrêté municipal, si l?entreprise n?est
pas assujettie à la législation relative aux
installations classées.
Il convient également de rappeler
l?ensemble des éléments se rapportant au
déroulement de la procédure antérieure à
la mise en demeure : le constat réalisé, les
échanges entre le maire et l?administré
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
46
démontrant qu?il a été informé des faits
reprochés et de la possibilité de présenter
ses observations. Le cas échéant, sont
mentionnées dans les visas les observations
présentées par celui-ci.
Motivation
La mise en demeure doit comporter les
éléments de fait et de droit sur lesquels elle
se fonde. Elle ne doit pas se référer de
manière générale aux dispositions
réglementaires qui n?auraient pas été
respectées, mais préciser en quoi les faits
reprochés contreviennent à ces disposi-
tions, et donc décrire brièvement la
situation. La mise en demeure peut
renvoyer au rapport de constat pour les
détails. En tout état de cause, ce rapport
doit être joint à la mise en demeure.
La motivation de la mise en demeure
s?attachera donc à rappeler brièvement les
règles qui n?ont pas été respectées, les
circonstances du constat de l?inobservation
(inspection?), le constat des faits et à
renvoyer au rapport adressé au maire sur ce
manquement.
d) Imposer une sanction
Il faut au préalable constater que la mise en
demeure n?a pas été respectée. Ce constat
doit être fait sur place et donne lieu à un
rapport adressé à l?autorité compétente du
lieu du dépôt par l?agent qui effectue ce
contrôle, ce rapport devant décrire à
nouveau la situation pour démontrer que la
mise en demeure n?a pas été suivie d?effet.
Les sanctions administratives prévues par
l?article L. 541-3 sont :
? la consignation ;
? l?exécution d?office des travaux
nécessaires pour remédier à la situation ;
? la suspension de l?activité à l?origine du
manquement ;
? le versement d?une astreinte journalière
au plus égale à 1 500 ¤ courant à compter
d?une date fixée par la décision jusqu?à ce
qu?il ait été satisfait aux mesures
prescrites par la mise en demeure. Le
montant maximal de l?astreinte mise en
recouvrement ne peut être supérieur au
montant maximal de l?amende
applicable pour l?infraction considérée ;
? le paiement d?une amende au plus égale
à 150 000 ¤.
Ces sanctions administratives sont cumu-
lables entre elles si l?autorité compétente
l?estime nécessaire et proportionné aux
circonstances de l?espèce.
Les sanctions administratives s?appliquent
sans préjudice des poursuites pénales
encourues.
La sanction est fixée par l?autorité
administrative compétente (ce qui la
différencie de la sanction pénale fixée par
le juge ou forfaitairement par la loi ou le
règlement). Néanmoins, la décision la
prononçant peut faire l?objet d?un recours
devant le juge administratif.
La consignation
C?est la plus courante des sanctions à
l?encontre d?une personne qui refuse de
déférer à la mise en demeure qui lui est
faite : l?autorité administrative impose à
l?auteur du manquement de verser la
somme correspondant au montant global
des travaux à réaliser au Trésor Public, qui
est chargé du recouvrement de la
consignation.
La consignation sera mise en place par
l?émission d?un titre de perception à
l?encontre de la personne qui sera transmis
au comptable public (compte budgétaire
467451 « Consignations. Protection de
l?environnement » associé au compte PCE
4674400000).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
47
Le montant de la consignation n?a pas à
correspondre exactement au montant des
travaux, mais doit permettre d?en assurer la
réalisation. Si le montant de la consignation
ne couvre pas la totalité des montants des
travaux, il n?est pas possible de demander
un complément par la suite au
contrevenant. Il est donc nécessaire
d?évaluer correctement le montant des
travaux en prenant une marge de sécurité
raisonnablement exigible. Si les travaux
sont très importants, ils peuvent être
divisés en plusieurs tranches et la
consignation sera alors elle-même divisée
en plusieurs versements. Cette façon de
procéder peut permettre à la personne
tenue de réaliser les travaux de conserver
les moyens financiers de les réaliser, car la
réalisation de chaque tranche de travaux
entraînera le remboursement de la somme
consignée pour cette tranche.
Cette somme est ensuite restituée soit en
une seule fois, lorsque toutes les mesures
ont été respectées, soit comme cela a été
exposé, chaque fois qu?une tranche des
travaux aura été terminée.
Il convient de rappeler qu?il ne s?agit pas
d?une sanction financière (contrairement à
l?amende) mais d?une mesure de coercition
d?une grande efficacité.
Par ailleurs, il s?agit du préalable nécessaire
pour engager la procédure de travaux
d?office, sauf à faire supporter l?avance du
coût de ces travaux à l?autorité
administrative qui prend cette mesure, ce
qui peut être risqué.
Les travaux d?office
Les travaux d?office constituent une
sanction qui ne doit être mise en oeuvre
autant que possible que si les sommes
nécessaires pour réaliser les travaux ont pu
être consignées, afin d?éviter le risque qu?ils
restent à la charge de la collectivité,
comme exposé ci-dessus.
La suspension de l?activité
Cette sanction est à réserver aux cas où
l?activité exercée par le dépositaire des
déchets est à l?origine du manquement.
Cependant, en cas de dépôt de déchets
réprimé dans le cadre de l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, le maire ou
président d?EPCI ne peut prononcer une
telle sanction qu?à l?encontre d?une
entreprise ne relevant pas de la législation
relative aux ICPE.
La suspension de l?activité qui est à l?origine
du dépôt illégal constitue une sanction
lourde dont l?usage doit être réservé aux
atteintes très graves à l?environnement ou
entraînant un problème sérieux de sécurité
publique, ou bien lorsque l?entreprise en
cause oppose un refus catégorique
d?exécuter une mise en demeure. Cette
sanction devra notamment être appliquée
dans les cas où les travaux d?office ne sont
pas envisageables.
La levée de cette sanction passe par un
arrêté de levée de suspension qui ne peut
être pris que si les travaux ou aména-
gements nécessaires ont été réalisés.
La mise en oeuvre de cette sanction doit
rester exceptionnelle. Elle demeure une
sanction dont la légitimité est difficile à
démontrer dans la plupart des cas de
dépôts de déchets, puisque la résorption
du dépôt illégal de déchets ne nécessite pas
l?arrêt momentané des activités, à moins
que ce dépôt illégal ait été constitué sur le
site même de l?entreprise. La suspension de
l?activité peut cependant être justifiée par
le fait que si l?entrepreneur ne peut pas
justifier avoir conclu un contrat pour le
transport et le traitement de ses déchets, le
risque est grand qu?il continue de les
déposer illégalement. Il faut donc mesurer
les conséquences d?une telle sanction dans
le cadre de la répression administrative des
dépôts illégaux de déchets.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
48
L?astreinte administrative
C?est une pénalité destinée à assurer le
respect de la mise en demeure après un
certain délai. Par exemple, si la mise en
demeure accorde un délai de 2 mois pour
les travaux de résorption du dépôt de
déchets, elle peut prévoir en plus le
paiement d?une astreinte par jour de
retard.
L?astreinte est imposée par un arrêté de
l?autorité compétente dont la date de
notification fait courir l?astreinte. Cet
arrêté définit en outre le montant de
l?astreinte et la condition pour y mettre fin
(la justification du traitement des déchets
fournis par l?exploitant de l?installation de
traitement ou de collecte à qui ils auront
été remis).
Le montant journalier de l?astreinte, d?un
maximum de 1 500 ¤, est déterminé
notamment en fonction de la gravité des
faits, des conséquences de la non-
exécution des mesures, de la dangerosité
du dépôt de déchets, etc.
La liquidation totale ou partielle de
l?astreinte intervient, elle aussi, au travers
d?un arrêté qui, comme en matière de
consignation, permet la mise en place d?un
titre de perception. La date à prendre en
compte pour la liquidation définitive de
l?astreinte est la date à laquelle l?exploitant
a exécuté les mesures prescrites par la mise
en demeure. Cette date est établie au
travers des éléments fournis par
l?exploitant et, le cas échéant, d?un
contrôle sur place.
L?astreinte est perçue par le comptable
public avec l?émission par l?autorité
compétente d?un titre de paiement
(compte budgétaire 250504 « Sanctions
administratives prononcées par les
ordonnateurs secondaires » associé au
compte PCE 7720000000).
L?amende administrative
L?application de cette sanction devrait être
systématique quand le responsable d?un
dépôt illégal de déchets s?obstine à ne pas
exécuter les mesures nécessaires pour faire
enlever et traiter les déchets illégalement
déposés.
La définition du montant de l?amende fait
l?objet d?un examen au cas par cas de la
situation de la personne qui ne défère pas à
la mise en demeure et des conditions qui
l?ont conduite à ne pas respecter les
dispositions qui lui étaient applicables.
De cet examen, qui doit apparaître dans les
considérants de la décision, il convient de
définir la somme retenue. Notamment, s?il
s?agit d?une entreprise, artisan ou
commerçant, on peut utilement s?appuyer
sur les gains financiers résultant du non-
respect des dispositions applicables
(« l?économie » résultant du fait de ne pas
traiter ses déchets dans une filière
appropriée peut être estimée en fonction
des quantités de déchets abandonnés et du
coût que l?entreprise aurait dû payer pour
faire traiter ses déchets).
L?article L. 541-3 dispose que le montant
maximal de l?amende ne peut dépasser
150 000 euros. Quand un fait est réprimé à
la fois par une sanction administrative et
une amende pénale, le montant de
l?amende administrative ne peut dépasser
le montant de l?amende pénale.
Le fait d?abandonner des déchets est
réprimé par l?article L. 541-46 par une
amende au plus de 75 000 ¤ pour une
personne physique. Il est multiplié par
5 pour une personne morale. Donc, si
l?auteur des faits est une personne morale,
le montant de l?amende administrative
peut être de 150 000 ¤, ce montant restant
inférieur à ce qu?elle encourt au pénal. Il
convient cependant de proportionner
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
49
l?amende à la gravité des faits. L?amende
fixée pour dépôt de déchets non
dangereux qui ne nécessite pas de travaux
de remise en état du site ne sera pas la
même que celle qui pourra être fixée pour
un dépôt de déchets dangereux ou pour un
dépôt s?étendant sur un hectare ou plus.
L?amende administrative prend la forme
d?un arrêté motivé qui, comme en matière
de consignation, est suivi d?un titre de
perception. Les considérants de l?arrêté
reprennent les éléments de fait qui con-
duisent à la détermination de la somme.
L?amende est perçue par le comptable
public au travers de l?émission par l?autorité
compétente d?un titre de paiement
(compte budgétaire 250504 « Sanctions
administratives prononcées par les
ordonnateurs secondaires » associé au
compte PCE 7720000000).
Nota bene
Les amendes administratives et astreintes
journalières mentionnées à l?article L. 541-3
du Code de l?environnement sont
recouvrées au bénéfice :
? de la commune, lorsque l'autorité
titulaire du pouvoir de police
compétente mentionnée est le maire ;
? du groupement de collectivités, lorsque
l'autorité titulaire du pouvoir de police
compétente est le président d'un
groupement de collectivités, en appli-
cation de l'article L. 5211-9-2 du Code
général des collectivités territoriales ;
? de la collectivité de Saint-Martin, lorsque
l'autorité titulaire du pouvoir de police
compétente est le président du conseil
territorial de Saint-Martin.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
50
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
51
Liste des abréviations
ADEME : Agence de l?environnement et de la maîtrise des énergies
AFB : Agence française pour la biodiversité
CA : Cour administrative
CAA : cour administrative d?appel
CGCT : Code général des collectivités territoriales
CE : Conseil d?État
CE : Code de l?environnement
CP : Code pénal
CPP : Code de procédure pénale
DGCCRF : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes
DRAAF : direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt
DREAL : direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DRIEE : direction régionale et interdépartementale de l?énergie et de l?environnement
EPCI : établissement public de coopération intercommunal
GT : groupe de travail
ICPE : installation pour la protection de l?environnement
MTE : Ministère de la Transition écologique
ONF : office national des forêts
PV : procès-verbal
RSD : règlement sanitaire départemental
TA : tribunal administratif
SPGD : Service public de gestion des déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
52
Remerciements
L?ensemble des membres du groupe de travail sur la prévention et la sanction des
dépôts sauvages et des personnes ayant contribué à la réalisation de ce guide, et plus
particulièrement Dominique VIEL (Présidente de l?atelier national Déchets marins),
Delphine MAZABRARD (AMORCE), Jean-Luc PUJOL (OCLAESP), Laurent CATRICE
(région Île-de-France).
De sincères remerciements à l'association Gestes Propres pour son appui au MTE, et
plus particulièrement pour avoir coordonné la production du chapitre II.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
53
ANNEXE I
Fiches outils
Exemples de pratiques
existantes de prévention
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
1 Une brigade propreté pour
sensibiliser et verbaliser
Acteur : Metz
Objectif : La brigade propreté de Metz s?est fixé trois objectifs : la médiation,
la sensibilisation et la verbalisation.
Budget2 : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
La brigade est composée de cinq agents rattachés au service propreté, dont quatre
assermentés (qui ont reçu une formation).
Les missions :
? Un premier binôme est composé d'un médiateur (Agent de Surveillance de la Voie Publique)
et d'un garde champêtre. Ce dernier est habilité à mener une investigation plus poussée
dans le cadre de ses compétences, à agir en civil et à verbaliser au titre du Code pénal et
du Code de l?environnement. Ce premier binôme est chargé d?aller à la rencontre des
usagers pour informer, prévenir les situations problématiques, et/ou de trouver avant tout
des solutions.
? Les dépôts illégaux de déchets sont signalés par une rubalise comportant le message
« Auteur de ce dépôt en cours d?identification », et laissés 48 h dans l?espace public. Le cas
échéant, le binôme peut investiguer afin d?identifier l?auteur du dépôt et trouver des
preuves. Dans le cas où l?enquête aboutit à l?identification de l?auteur du dépôt, ce premier
binôme l?informe des enjeux sociaux et environnementaux en cause, le prévient de la peine
encourue et l?invite à retirer ses déchets sous peine d?être sanctionné.
? Un second binôme (composé de deux agents assermentés) verbalise par timbre-amende,
s?agissant de contraventions de 3e classe. L?amende s'élève à 35 ¤ par dépôt de déchets,
auquel s?ajoutent 80 ¤ facturés pour l?enlèvement d?office.
? Une animatrice chargée de la sensibilisation notamment dans les écoles (2 000 à
2 500 enfants sensibilisés chaque année).
La collectivité considère que cette démarche est plus efficace que le fait de verbaliser
directement, qui peut parfois être contre-productif en entraînant un sentiment
d?incompréhension, et par la suite d?opposition chez l?administré.
2 ¤ (0 - 5 000) ; ¤¤ (5k ? 15/20k) ; ¤¤¤ (15/20k - 50k) ; ¤¤¤¤ (50k +)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
56
MOYENS REQUIS
? Coût de la formation d'une brigade propreté urbaine : 10 000 ¤ (pour deux agents)
? Il s?agit d?une formation spécifique « médiation et gestion de l?agressivité » + self-défense
pour garde-champêtre et les médiateurs de la propreté du premier binôme. Le second
binôme affecté à la verbalisation n?a pas bénéficié de cette formation.
? Pas de coûts salariaux supplémentaires puisqu?il s?agit de postes redéployés.
? Les agents sont identifiés « Metz propreté urbaine ».
? Communication : 5 000 ¤ par an seulement partant du principe que « nos balayeurs sont
les premiers prescripteurs sur le domaine public ».
? La rubalise met en évidence le fait que le dépôt de déchet est illégal. Elle évite de nouveaux
dépôts au même endroit et signale aux administrés que la situation est déjà prise en
compte, ce qui évite que le dépôt fasse l?objet d?autres signalements.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Sensibiliser avant de sanctionner pour plus de pédagogie.
? Frapper fort en expliquant que la sanction administrative (facturation à l?enlèvement
d?office) permet de traiter l?incivilité sans la faire peser sur les contribuables respectueux.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Les agents doivent être assermentés.
? Rencontre avec l'Officier ministériel public (OMP*) en amont pour construire un dispositif
dissuasif et argumenter en expliquant la gravité de l?infraction, le système de gestion des
déchets, le tout afin de sécuriser les procédures.
FREINS/RISQUES
? La rubalise ne fonctionne qu'en ville, pas en milieu rural.
? La procédure de verbalisation doit être verrouillée : les agents doivent rechercher des
indices permettant d?identifier l?auteur du dépôt d?encombrants et prendre des photos des
situations afin de constituer un dossier juridique étayé.
? Possible pression des usagers pour que ces déchets balisés ne soient pas maintenus sur le
domaine public (gêne).
RÉSULTATS
? 1/3 des déchets déposés illégalement sont repris par le déposant.
? Diminution des dépôts d?ordures ménagères.
? En 4 ans, la ville de Metz a prévenu le dépôt de 400 tonnes de déchets sur l?espace public,
soit 30 % des dépôts.
? En 2016, on comptait plus de 1 200 timbres amendes, contre un peu plus de 300 en 2017.
? En 2016, 8,48 % des procédures ont été annulées par l'OMP*, contre 1,32 % en 2017.
? En 2017, 68 % des situations ont été résolues sans verbalisation, permettant aussi la
résorption des points noirs. La verbalisation intervient si le dialogue n?a pas abouti à une
solution acceptable des deux côtés.
? Évolution du point de vue des usagers : ils comprennent qu'il ne s'agit plus d'une
incompétence des services de propreté mais d'incivilités.
*OMP : l?Officier du Ministère Public tient le rôle du procureur devant les tribunaux d?instance pour les 4 premières classes de
contraventions. Il s?agit le plus souvent d?un officier de police judiciaire ou de gendarmerie. Il est placé sous la direction du procureur.
Contact : Régis Gabriel (rgabriel@mairie-metz.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
57
Fiche
2 Des ambassadeurs bénévoles
pour sensibiliser et signaler
Acteur : Alfortville
Objectif : Créer une équipe d?ambassadeurs propreté au sein de la ville pour
sensibiliser les habitants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Les ambassadeurs propreté sont des citoyens bénévoles qui signalent des salissures ou des
dépôts illégaux de déchets encombrants en ville, mais également assurent auprès des
habitants de leur quartier une sensibilisation sur les bons gestes à adopter au quotidien.
Un ambassadeur est affecté à chacun des 21 cantons du territoire.
La mise en place s?est faite en quatre étapes :
? Publication d?un appel à l?intention des citoyens pour devenir ambassadeur bénévole, dans
le magazine et sur le site internet de la ville ;
? 21 ambassadeurs ont été sélectionnés, il s?agit de citoyens sans bord politique particulier et
de tous âges ;
? Ces ambassadeurs sont formés à leurs missions au cours de réunions d?information tenues
toutes les six semaines, pendant lesquelles deux agents de la ville expliquent le
fonctionnement du service propreté et de la commune ;
? Les ambassadeurs propreté peuvent signaler les abandons de déchets par e-mail au service
de la propreté qui tente d?agir rapidement. Si le dépôt n?est pas retiré sous 48 h, les
ambassadeurs peuvent réitérer leur signalement.
MOYENS REQUIS
? Quatre agents concernés, dont deux mènent les réunions d?information toutes les six
semaines. Les agents sont attitrés à la brigade verte et ont des horaires fixes journaliers.
? Toutes les six semaines, des réunions ont lieu avec les ambassadeurs de propreté à des
horaires plutôt tardifs. Il n?y a pas d?obligation à être présent à toutes les réunions, mais les
agents s?organisent pour qu?il y ait toujours deux personnes pour mener les réunions, qui
s?ajoutent à leur temps de travail hebdomadaire. Si les agents le souhaitent, ils peuvent bien
entendu venir à chaque réunion.
? Cette action ne nécessite pas de moyens financiers mais demande du temps aux agents qui
forment les ambassadeurs. Cependant, ce temps est « récupéré » car leurs déplacements
deviennent plus efficaces grâce à la détection opérée par les ambassadeurs.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
58
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Il faut éviter toute appropriation de l?action par le politique.
? Les discussions entre les agents et les ambassadeurs bénévoles doivent être ouvertes, sans
non-dits, et avec une véritable écoute afin d?avancer efficacement sur les sujets.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Création d?une convention bénévole citoyenne : « accueil d?un collaborateur occasionnel
bénévole du service public ».
? Prévoir une salle de réunion toutes les six semaines.
FREINS/RISQUES
? Les ambassadeurs doivent uniquement signaler les dépôts, sans s?interposer pour éviter
d?être pris à partie (pas de dénonciation).
? L?incivilité des administrés peut entraîner une démotivation des ambassadeurs.
RÉSULTATS
? Les ambassadeurs de la propreté sont de véritables relais entre les agents du service de la
propreté et les citoyens.
? Ils apportent une connaissance fine et poussée de leur territoire et la font partager aux
agents.
? Ils s?informent sur la collectivité et le travail des agents et peuvent donner leurs avis sur
certains sujets (par exemple : une campagne de communication).
? Les riverains sont davantage à l?écoute des ambassadeurs de leur quartier.
? L?action des ambassadeurs entraîne gain de temps, réactivité, efficacité de l?action et
légitimité pour le service de la propreté.
? La compréhension du fonctionnement du service de la propreté et de la commune apporte
une amélioration de l?image de ceux-ci.
? Davantage d?implication des citoyens ce qui permet une meilleure communication et
compréhension des actions de la ville dans le domaine de la propreté.
? Aujourd?hui, il y a une réelle volonté d?augmenter le nombre d?ambassadeurs.
Un petit conseil ?
« Un dispositif qui peut faire peur au début, mais il faut y aller ! On pense qu?on va avoir affaire
à des personnes mécontentes mais pas du tout, elles sont d?une vraie aide pour nous et les
échanges sont vraiment constructifs, ils nous offrent une connaissance très fine de leur quartier,
ça nous fait gagner en rapidité, en efficacité, et nous rapproche du citoyen. »
Contact : brigade.verte@mairie-alfortville.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
59
Fiche
3 « Scooby »,
icône de la sensibilisation de rue
Acteur : Saint-Brieuc
Objectif : Sensibiliser les passants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, déjections canines, encombrants
MISE EN PLACE
Le service propreté a décidé de s?inspirer d?un personnage de dessin animé pour enfant
« Scooby-Doo » afin de créer une communication engageante avec un fil rouge et un suivi des
actions. Scooby est un grand chien sympathique, gourmand et peureux, qui enquête avec sa
bande d?amis sur des énigmes et mystères.
Étape 1 :
? Cibler des quartiers « sensibles » du point de vue de la problématique des abandons de
déchets.
? Les quartiers sont alors « bouclés », des panneaux marquent les zones de recherche
d?indices pour Scooby mais aussi, et surtout, c?est là que commence un début de dialogue
(sensibilisation) entre les agents du secteur, les riverains et les passants : « Scooby mène
l?enquête. »
Étape 2 :
? Un flyer est distribué, rappelant les moyens mis en oeuvre par la ville pour que chacun puisse
être acteur de la propreté dans son quartier.
? Un plan de situation informe de la localisation des distributeurs de sacs à déjections
canines, les espaces chiens, les corbeilles de rues et les cendriers.
Scooby est aussi présent à de nombreux événements et sur les réseaux sociaux.
MOYENS REQUIS
? 1 000 ¤.
? Le projet a été élaboré par le service, le coût s?est donc limité à des achats matériels :
conception et impression des flyers, Scooby (faux chien), bulles de bande dessinée, outils
de marquage au sol.
? Les sorties varient pour Scooby de trois fois par semaine à deux fois par mois. Il faut une
après-midi et deux agents pour sensibiliser les habitants et les passants dans une zone
donnée.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Informer et convaincre ne suffit pas toujours, il faut une communication engageante, un fil
rouge avec un personnage récurrent comme par exemple, Scooby.
? Savoir faire vivre le dispositif, engager et entretenir le contact avec les habitants.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? L?accord du cabinet du Maire.
FREINS/RISQUES
? Manque de suivi des politiques ou des agents.
? Les interventions de Scooby ne doivent pas entraver la circulation, ni gêner les piétons.
RÉSULTATS
? Les agents constatent une amélioration de la propreté.
? Les agents sont contents de participer à l?aventure et se sont bien approprié la mascotte.
? Les administrés portent un autre regard, plus valorisant sur les agents de la propreté et se
comportent mieux avec eux.
? Du lien social est créé entre les passants, riverains et agents.
? Pédagogie faite sur certains secteurs par le service propreté de la ville.
? Diminution des quantités de déchets abandonnés : difficile à estimer à ce stade (Scooby
est « né » en mai 2018).
? Prochainement : un partenariat avec des écoles et des centres de loisirs.
? Un jeu de piste « Mais où est Scooby ? » sur Facebook et dans la ville.
Pour sa campagne de sensibilisation à la propreté
« Scooby », la Ville de Saint-Brieuc a obtenu le Grand
prix dans la catégorie « communication » décerné par
l?Association des villes pour la propreté urbaine (AVPU),
à l?occasion des « Rencontres nationales de la propreté
urbaine » qui se sont tenues en novembre 2018.
Contact : Armand Lejouanard
(armand.lejouanard@saint-brieuc.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
61
Fiche
4 Les petits « Serial cleaners »
Acteur : Brest Métropole
Objectifs : Ces ateliers de sensibilisation destinés aux enfants de la maternelle
au primaire ont un double objectif :
? Sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge à la propreté urbaine et aux bons
gestes à adopter de manière ludique. Les enfants sont aussi les ambassadeurs au
sein de leurs familles ;
? Valoriser le travail effectué par les agents de la propreté.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Métropole
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Ce dispositif d?éveil comprend plusieurs séances durant les temps périscolaires et les pauses
méridiennes :
? Séance introductive animée par l?animateur propreté : découverte des bons gestes de
propreté et des incivilités (1 séance de 45 min).
? Démonstration de matériel animée par le service propreté (1 séance de 45 min) : les élèves,
guidés par les agents, ont pu découvrir comment étaient nettoyés les trottoirs et les routes,
tester les pinces pour ramasser les déchets, mais aussi monter dans une balayeuse
mécanique, pour comprendre le quotidien de ces professionnels de la propreté.
? Réflexions autour du « bon geste de propreté » animées par l?équipe enseignante ou les
animateurs périscolaires sur 5 à 6 séances au cours desquelles les enfants sont amenés à
concevoir des jeux, des sculptures, mener une enquête, jouer une pièce de théâtre,
produire un outil destiné à assurer la propreté urbaine (ex. : le cendrier pour commerçant,
etc.) ; ces temps sont généralement entrecoupés par la séance de démonstration de
matériel.
? Participation à des petits jeux animés par le service de la propreté (jeux de société sur les
déchets : mémo propreté, la cocotte propreté) mais aussi le « Grand jeu de parcours
propreté » : ce jeu propose un parcours ludique à travers chaque commune de la Métropole.
Dans chaque scénette, l?enfant est amené à débusquer les mauvais et bons gestes de
propreté (déchets jetés à terre, mégots, etc.) pour permettre à son équipe de remporter la
partie.
? Remise d?un diplôme à l?issue du parcours de formation et présentation des « ouvrages
réalisés par les enfants » (1 séance) animée par l?animateur propreté, en association avec la
mairie de quartier, comme clôture de ces temps.
? Film : « Les petits serial cleaners de Brest » basé sur le recueil de la parole des enfants.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? 19 000 ¤ investis dans le « Grand jeu » par la Ville.
? Réception d?un petit sac de « goodies » par les enfants de l?ordre de 2,40 ¤ /enfant.
? Pas de coûts salariaux supplémentaires. Un agent a été réaffecté sur une mission de
sensibilisation pour animer à plein temps (sans formation).
? Agents mobilisés pour une durée de 45 minutes sur chaque animation pour la
démonstration de matériel.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Motivation des services pour mettre en place cette action.
? Le recrutement de la personne en interne est décisif car aucune formation supplémentaire
n?est prévue.
? Entretenir des liens privilégiés avec les enseignants et autres partenaires.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Adaptation au fonctionnement des écoles.
RÉSULTATS
? Les enfants deviennent des ambassadeurs de la propreté pour leurs proches et
comprennent mieux leur environnement.
? Développement de l?éco-citoyenneté.
? Enfants sensibilisés et fiers de recevoir leurs diplômes de « serial cleaner ».
? Motivation des agents pour développer d?autres projets.
? Valorisation et rayonnement du travail des agents du service propreté.
? Augmentation du nombre d?enfants sensibilisés : chaque année, 1 000 enfants formés de la
maternelle au primaire (5 à 10 ans).
Contact : dechets-proprete@brest-metropole.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
63
Fiche
5 Un appel à projets citoyens
contre les comportements incivils
Acteur : Liège (Belgique)
Objectif : Depuis 2006, la ville lance chaque année un appel à projets auprès de
l?ensemble du tissu associatif avec l?objectif de démultiplier la mobilisation
citoyenne sur les problématiques de propreté publique.
Budget : ¤¤
Milieu : tous milieux
Collectivité : commune
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Analyse des expériences menées dans d'autres communes belges et étrangères
(benchmark).
Étape 2 : Création d'un règlement et, d'un formulaire de participation (grandes lignes
thématiques), et diffusion à l?ensemble des associations du territoire. Le maximum de projets
retenus est fixé à 40.
Étape 3 : Les actions peuvent être de nature préventive et/ou curative (sensibilisation,
nettoiement, récup?art, embellissement, etc.).
Les appels à projets doivent répondre à trois thèmes principaux :
? Amélioration de la propreté de la ville (propreté des rues, des parcs, des espaces publics?) ;
? Lutte contre le vandalisme et les actes d?incivisme attentant à la propreté de l?espace
public ;
? Sensibilisation des habitants à une bonne gestion et au tri des déchets.
Les critères auxquels s?attache le jury sont : la dimension collective et la participation du
quartier, l?impact final, l?originalité, la préparation, les aspects pédagogiques, l?engagement
des responsables associatifs, etc.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? 1 agent est chargé du projet.
? Le coût dépend du nombre de projets retenus et validés par le jury.
? En 11 ans, 245 projets ont été développés pour un coût total de 52 000 ¤.
? Un trophée est remis chaque année à chaque organisation participante.
? Les projets retenus par le jury et dont la réalisation a produit des résultats satisfaisants sont
gratifiés d'une prime de 1 000 ¤ pour le premier lauréat, 500 ¤ pour le deuxième, 400 ¤ pour
le troisième, 350 ¤ pour le quatrième et 300 ¤ pour le cinquième. Les autres reçoivent une
prime de 150 ¤.
? En 2018, le coût s?est élevé à 7 665 ¤ (35 projets).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Diffusion la plus large possible de l'appel à projets (presse, site web et réseaux sociaux et
associatifs?), en diffusant également directement le formulaire aux associations,
mouvements de jeunesse, etc.
? Motivation des organisations à participer à cet appel.
? Mise à disposition de matériel par les services.
? Avoir un 1er prix attractif.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Manque d?originalité des projets qui sont souvent les mêmes d'année en année.
? Manque d?envergure des projets (petits nettoyages, affichettes, etc.).
? Récurrence des organisations participantes.
RÉSULTATS
? Depuis la première édition en 2006, près de 300 organisations ont participé.
? Embellissement et meilleur cadre de vie.
? Renforcement des liens entre citoyens, associations.
? Sensibilisation renforcée à la propreté et au tri des déchets.
? 42 projets menés dans le cadre de l?édition 2017 et trois prix spéciaux attribués aux
meilleurs projets portant sur la lutte contre les dépôts illégaux de déchets.
Contact : Fanny Buntinx, Echevinat de la Transition écologique
(fanny.buntinx@liege.be)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
65
Fiche
6 Des vidéos en caméra-cachée
pour sensibiliser
Acteur : Besançon
Objectif : Réaliser une opération de sensibilisation sur les abandons et les
dépôts illégaux de déchets par une série de vidéos tournées en caméra-cachée,
puis diffusées sur la page Facebook de la ville. Les citoyens sont interpelés sur
le caractère inacceptable du geste d?abandon de déchets en faisant jouer la
scène par des comédiens au milieu des habitants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Il s?agit de réaliser une « vraie fausse scène » de la vie quotidienne, l?agent de la voirie et la
riveraine - au comportement incivique - sont des comédiens engagés par la ville pour jouer la
scène de l?abandon de déchets sur la voie publique.
Étape 1 : Le service de la propreté mobilise le service communication de la ville, et ils
construisent ensemble l?opération, des grandes lignes du scénario jusqu?au recrutement des
comédiens qui improvisent.
Étape 2 : Le tournage dure une journée, mobilisant plusieurs agents éparpillés dans la foule
pour éviter que la situation ne dégénère, les administrés risquant de réagir trop fortement vis-
à-vis de la comédienne-jeteuse.
Étape 3 : Le montage des vidéos est réalisé par une agence, puis validé par les services et les
élus, enfin mis en ligne sur la page Facebook de la ville.
Étape 4 : Une dernière vidéo plus informative est réalisée avec des données officielles sur les
abandons et les dépôts illégaux de déchets en général.
MOYENS REQUIS
? Coût des vidéos : 4 500 ¤, pour les 2 comédiens, le tournage et le montage.
? Mobilisation de quelques agents pendant la journée de tournage pour éviter tout conflit.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Il faut que des élus portent le projet et que les agents soient motivés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
66
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Le droit à l?image doit être respecté dans le cas où les passants sont identifiables,
notamment s?ils interviennent directement pendant le tournage, les agents leur font donc
signer une décharge (ce qui n?a posé jusqu?ici aucun problème).
FREINS/RISQUES
? Freins politiques ou manque de motivation.
? Maîtriser les réactions éventuelles des passants.
RÉSULTATS
? 5 vidéos ont été réalisées mais seulement 2 ont été suffisamment significatives pour être
diffusées.
? Beaucoup de « vues » sur Facebook avec des commentaires plutôt positifs.
? Provoque une réflexion chez l?administré.
? Les effets de cette vidéo sont difficilement mesurables, pour autant on note que les
personnes réagissent et s?indignent lors du tournage mais aussi via des commentaires sur
les réseaux sociaux.
Contact : Gwenaël Martin (gwenael.martin@besancon.fr)
Lien de la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=Aa77cJtOU3A
(ou sur la page Facebook de la ville)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
67
Fiche
7 Avaloirs « Ici commence la mer »
Acteur : Collioure
Objectif : Plusieurs plaques de prévention gravées du slogan : « Ne rien jeter, ne
rien vider, la mer commence ici » ont été créées dans le but d?assurer la qualité
des eaux des réserves pluviales et d?informer sur le « parcours » des déchets
abandonnés.
Budget : ¤
Milieu : Littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Identifier des bouches du réseau d?eaux pluviales de la commune à proximité des
plages, passages piétons, arrêts de bus, maisons de la presse, terrasses de cafés, marchés, et
à proximité des écoles.
Étape 2 : 24 plaques de prévention gravées du slogan ont été apposées sur les sites sélectionnés,
et positionnées sous les avaloirs. Elles ont été fabriquées par une entreprise locale.
Étape 3 : Communication dans plusieurs numéros du magazine de la ville « Collioure info ».
MOYENS REQUIS
? Coût : 3 000 ¤ pour 24 plaques (125 ¤/plaque en aluminium anodisé en moyenne).
? Mobilisation des services techniques de la ville pour les fixer (colle adaptée et 2 vis).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Retenir des emplacements stratégiques pour disposer les plaques.
? Beaucoup de communication par la ville.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Aucun.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
68
RÉSULTATS
? 4 zones de baignades ont vu la qualité de leur eau s?améliorer, deux sont passées en qualité
excellente.
? Interpelle et sensibilise les passants.
? Bonne résistance des plaques et pas d?entretien particulier nécessaire.
? Volonté d?augmenter le nombre de plaques, et parallèlement de disposer des cendriers à
votes. En effet, les mégots de cigarettes représentent une grande partie des déchets jetés
dans les avaloirs.
? Repris par plusieurs collectivités locales.
Note de la commune :
Les plaques, avec le message « Ne rien jeter, ne rien vider, la mer commence ici », sont une
initiative et une réalisation de la ville de Collioure que nous mettons à disposition de tous, merci
de nous informer si vous copiez notre recette.
Contact : Philippe Cortade (philippe.cortade@collioure.net)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
69
Fiche
8 Le « Nudge », un outil
pour déclencher le bon geste
Acteur : Lille
Objectif : Diversifier les actions de prévention en mettant en place des nudges
dans le centre-ville.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Une réflexion globale est menée avec les élus pour réduire les abandons et dépôts
illégaux de déchets sur l?espace public, le « nudge » est l?un des moyens retenus. Le
« nudge », ou coup de pouce, est un signal, un affichage permettant d?influencer le comporte-
ment des personnes dans une certaine direction sans donner d?injonction.
Étape 2 : Les illustrations qui ont été choisies : des raquettes de basket, le montant de
l?amende en cas d?abandon de déchets, des traces de pas, des marelles aux couleurs vives.
Elles ont été réalisées à l?aide de huit pochoirs et de peinture éphémère.
Étape 3 : Installés par les agents du service nettoiement dans une quinzaine d?emplacements
stratégiques du centre de Lille, ces « nudges » ont pour objectif de favoriser le bon geste et
d?indiquer le chemin vers les poubelles.
Étape 4 : Le déploiement est programmé dans les 10 quartiers de Lille.
MOYENS REQUIS
? Validation des implantations et des nudges par les services et les élus.
? Coût : environ 500 ¤ (pour 8 pochoirs + peinture éphémère).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Disposer les « nudges » à des endroits visibles et stratégiques.
? Accompagnement du dispositif avec l?intervention de l?équipe de sensibilisation à la
propreté publique (volontaires en service civique).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Qualité du marquage selon le type de revêtement, inférieure sur les pavés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FREINS/RISQUES
? Le nudge n?est pas une solution miracle, mais un coup de pouce complémentaire des autres
actions menées par la ville.
RÉSULTATS
? Interpellation positive des passants avec un effet plutôt satisfaisant.
? Articles dans la presse locale.
? Opération pouvant être réitérée en associant les riverains dans le cadre d?actions de
proximité.
? La durée des « nudges » est de l?ordre de deux mois selon la météo et la fréquence de lavage
à haute pression.
Exemple de « nugdes » : les responsables de l?aéroport d?Amsterdam ont fait dessiner une
mouche à un endroit stratégique des urinoirs des toilettes pour hommes. Les usagers ont visé
la mouche et les frais de nettoyage ont diminué de 80 %. La RATP a affiché au-dessus des
cendriers à l?entrée des stations « Bravo, un mégot qui ne finira pas dans la Seine ».
Contact : proprete@mairie-lille.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
9 Prévention à 360°
contre les mégots
Acteurs : Mulhouse
Objectif : Lutter contre les jets de mégots sur la voie publique, dans le cadre de
la première phase du Plan d?action contre les incivilités de la ville.
Budget : ¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 « Pilotage » : implication de toutes les parties prenantes (7 services impliqués,
50 agents contributeurs, 1 fournisseur)
Étape 2 « Conception de l?offre globale » :
? Immersion : analyser les réalités de terrain et observer les usages actuels.
? Provoquer la production, le développement et la communication d?idées destinées à
remédier aux jets de mégots sur les trottoirs et dans l??espace public en général.
? Formalisation : réaliser des maquettes et des prototypes des idées les plus intéressantes
afin de les rendre tangibles et partageables.
? Pilotage : s?appuyer sur un pilotage horizontal participatif et créatif.
? Co-réflexion : confronter les points de vue en impliquant les parties prenantes lors de temps
de travail collaboratif.
? Formalisation : maquetter les idées majeures afin de les rendre tangibles et partageables.
? Fabrication de 14 cendriers pérennes (simple, double ou triple) et deux cendriers
événementiels (« Mégotor » et « Cendrier c?est gagné »).
Étape 3 « Communication » :
Lancement de la campagne de sensibilisation contre les comportements incivils : conférence
de presse en présence du maire, identité visuelle commune et logo sur tous les équipements.
Étape 4 « Une phase test de 6 semaines » :
? Identifier les sites sensibles, tester les maquettes et prototypes auprès des usagers afin de
les améliorer.
? Communiquer et sensibiliser pendant le test (distribution de flyers, de « mégots box »,
affiches, panneaux, vote sur les « mégotiers » pérennes doubles/triples, questionnaire).
? Verbaliser les contrevenants à l?issue du test.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
72
Étape 5 « Déploiement de l?offre » :
? Mise en place de la verbalisation.
? Installation de mégotiers sur de nouveaux sites (suite à des doléances, signalements?).
? Réalisation d?un prototype de mégotier avec Sineu Graff en tenant compte des retours du
test.
? Utilisation des mégotiers pérennes et évènementiels à l?occasion de nouvelles
manifestations (Marché de Noël).
? Développement du partenariat avec les commerçants.
MOYENS REQUIS
Sept services de la collectivité ont contribué :
? Le Pôle Prévention et Sécurité (Police municipale, Médiation et Tranquillité Publique)
? Les services des Bâtiments (fabrication des mégotiers événementiels)
? La communication
? L?agence de la Participation citoyenne
? L?Agence Centrale de Travaux Voirie
? Le service Propreté Déneigement de Mulhouse Alsace Agglomération
? Le Labo de Ville de Mulhouse et Mulhouse Alsace Agglomération
Un fournisseur de mobilier urbain a été sollicité pour la fabrication des mégotiers pérennes
(entreprise Sineu Graff).
Coût global de 13 320 ¤ :
? Acquisition/fabrication des mégotiers : 7 160 ¤ TTC
- 14 cendriers pérennes : 4 400 ¤ TTC
- Plots en béton (fixation des mégotiers pérennes) : 1 760 ¤ TTC
- 2 cendriers événementiels : 1 000 ¤ TTC
? Actions de communication : 6 160 ¤ TTC
- Habillage des cendriers et des corbeilles-cendriers : 1 670 ¤ TTC
- Achat des « mégot box » métalliques (1 500 exemplaires) : 2 150 ¤ TTC
- Communication sur totems : 1 575 ¤ TTC
- Impression des dépliants de lutte contre les comportements incivils liés aux déchets : 765 ¤ TTC
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Forte volonté politique.
? Identité commune des outils de sensibilisation et du dispositif de collecte, reprise du logo
systématique.
? Sensibiliser, communiquer, puis verbaliser dans un dernier temps.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Manque d?implication de services concernés.
? Portage trop faible par les élus.
? Une communication pas assez ambitieuse.
? Pas ou peu de verbalisation à l?issue des phases de communication et de test.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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RÉSULTATS
? À l?issue des six semaines de tests, plus de 600 personnes ont été sensibilisées sur la
problématique dont 280 ont directement participé à l?évaluation.
? Les retours des usagers sont globalement très positifs. Les avis sont mitigés sur la visibilité
des mégotiers pérennes qui se « fondent » trop dans l?environnement urbain.
? Entre début juillet et fin septembre 2018, 26 PV ont été dressés pour jets de mégots par les
Agents de tranquillité publique dédiés à la lutte contre les incivilités (ATPLI).
? Après 5 mois de fonctionnement, le nombre de mégots collectés dans les mégotiers a été
estimé à 16 000 mégots par mois.
? Cinq mégotiers pérennes vont être installés sur de nouveaux sites, en dehors de l?hyper-
centre, suite notamment à des demandes d?usagers et de commerçants.
? En 2019, la ville souhaite équiper 160 corbeilles de rue d?éteignoirs ou de cendriers dans
l?hypercentre de Mulhouse.
? Un prototype de cendrier est en cours de développement, l?objectif est de le produire et
de l?installer courant 2019 dans plusieurs endroits du territoire.
? En 2019, il est prévu d?impliquer davantage les commerçants à la démarche.
Contact : Stéphanie Libois (stephanie.libois@mulhouse-alsace.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
10 Une entreprise solidaire
pour la collecte des encombrants
Acteur : Grand Reims
Objectif : Disposer d?un service mieux adapté à la collecte des encombrants.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Communauté urbaine
Déchets : encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 : Mise en place d?un service de collecte sur rendez-vous
? Des bennes de collecte d?encombrants installées sur le domaine public ne donnaient plus
les résultats attendus.
? Les élus communautaires ont voté une baisse progressive du nombre de bennes mises à
disposition sur 6 ans.
? Mise en place, après réunions publiques et conseils de quartiers, d?une organisation
d?enlèvements d?encombrants sur rendez-vous via une structure d?insertion (Emmaüs, en
l?espèce).
Étape 2 : Accès et fonctionnement du service
? Disponible pour toute personne physique locataire ou propriétaire occupant un logement.
? La prise de rendez-vous se fait auprès de la collectivité via le standard « TRI INFO » dédié.
? La réalisation de la prestation est assurée par un marché public réservé aux entreprises
d?insertion (Emmaüs).
? Cette entreprise d?insertion se rend directement au domicile de la personne pour récupérer
les objets : déchets encombrants d?ameublement (dont électroménager, matelas, jeux
d?enfants volumineux?).
? Les déchets de travaux et d?entretien d?espaces verts sont exclus et restent destinés à la
déchetterie.
? Emmaüs réalise un tri permettant la récupération de certains produits et l?apporte ensuite
à une déchetterie.
? Le retrait se fait directement chez l?habitant afin d?éviter des nuisances sur les trottoirs, de
faciliter la manutention des encombrants et de contrôler les déchets à évacuer, l?usager
doit être présent.
? Les déchets sont limités à 100 kg par personne (ou foyer ?) et par an et le volume maximum
se limite à 3 m3 par enlèvement.
Selon leur état, ils seront recyclés ou remis en service par les compagnons d'Emmaüs.
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Le coût pour l?habitant est de 10 ¤/enlèvement pour les deux premiers enlèvements
Coût réel ensuite pour les suivants (65 ¤/enlèvement) sur une année.
Les déchets ne pouvant être récupérés par Emmaüs sont triés dans une déchetterie spécifique
de la collectivité (ouverte aux services techniques).
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : prestation de collecte réalisée par l?entreprise d?insertion autour
de 40 000 ¤ HT/an.
? Moyens humains pour la communauté urbaine : 0,5 ETP sur standard téléphonique/prise
rendez-vous + 2 ETP sur la collecte.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Consultation et participation de la population pour définir ce service, le caractère payant
a été proposé par les habitants.
? Entreprise d?insertion pour la collecte (réemploi et valorisation de la prestation).
? Communication importante notamment avec les bailleurs sociaux et les communes.
? Le coût ne semble pas poser de difficulté (pas de demande de gratuité).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Élaboration d?un marché public réservé à l?insertion.
? Validation juridique importante sur l?intervention au domicile (état des lieux chez l?habitant
avant et après l?intervention, signature de l?habitant, évaluation en amont exhaustive des
déchets à évacuer, obligation d?information et de conseil des agents d?Emmaüs).
FREINS/RISQUES
? Le frein principal est le délai d?intervention qui est directement lié au paiement de la
prestation avant réalisation.
RÉSULTATS
? Satisfaction des administrés pour ces interventions directement réalisées au logement de
la personne.
? Solution très appréciée des bailleurs qui communiquent sur l?aspect solidaire de la
démarche (entreprise d?insertion).
? Le recyclage et le réemploi des déchets sont favorisés.
? La propreté des rues s?est améliorée, les dépôts illégaux d?encombrants ont diminué.
? Depuis 2017, ce service a été élargi à l?ensemble du nouveau territoire communautaire.
Contact : Michel Zaegel (michel.zaegel@grandreims.fr)
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Fiche
11 Des ânes pour nettoyer les plages
Acteur : Ile d?Oléron
Objectif : Ramassage ludique et sensibilisation avec les ânes d?Oléron
Budget : ¤¤
Milieu : milieu naturel
Collectivité : Communauté de Communes
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Lancée pour la première fois en 2012, cette démarche se déroule dans un espace naturel
sensible, les plages, pour lesquelles le criblage du sable étant impossible, il faut nettoyer
manuellement. L?éleveur intervient avec ses ânes sur une partie des 100 kilomètres de plage
de l'île à nettoyer. L?animal porte des paniers sur son dos, et aide ainsi au nettoyage des plages.
Mais surtout, l?âne attire les passants qui discutent avec l'agent d'entretien. Ce dernier les
informe sur l?opération, les incite à avoir un comportement civique en nettoyant eux-mêmes
les lieux au moment de quitter la plage, ou à ne pas laisser leurs déchets sur place.
Étape 1 :
Lancer un appel d?offre marchés publics pour trouver un prestataire.
L?entreprise actuelle est un élevage local de « Baudets du Poitou ».
Étape 2 : Organiser les ramassages
La Communauté de Communes organise d?une part des demi-journées de ramassage avec les
écoles afin de sensibiliser les enfants aux déchets marins et à l?écosystème du littoral et,
d?autre part, avec les habitants.
Les ramassages s?étendent d?avril à novembre.
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : environ 15 000 ¤ en 2018.
? Communication sur les réseaux sociaux de l?intercommunalité pour mobiliser et sensibiliser.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? L?animal : l?âne attire et facilite les échanges.
? Valorisation importante des opérations par une communication soutenue toute l?année :
magazine de la ville, réseaux sociaux, office de tourisme, affiche.
? Soutien des élus.
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CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Respect du Code des marchés publics.
? La présence d?un animal sur la plage demande l?autorisation de la mairie.
FREINS/RISQUES
? Aucun
RÉSULTATS
? De 2012 à 2018, le nombre de séances a doublé (20 séances en 2012 ; 46 en 2018).
? En 2018, il y a eu 46 séances de 4 h de ramassage, 1 100 personnes sensibilisées et
160 bénévoles ont rejoint le mouvement.
? Interaction avec le public, sensibilisation avec des messages préparés.
? Environ 500 kg de déchets ramassés par an.
? Renouvellement prévu avec une plus grande fréquence des séances.
Contact : Edith Pavan (e.pavan@cdc-oleron.fr)
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Fiche
12 Ville, Métropole et bailleurs
sociaux ensemble pour le nettoyage
Acteur : Vaulx-en-Velin
Objectif : Pallier le manque de coordination du nettoyage entre les acteurs et
éviter de laisser des zones oubliées sur leurs domaines respectifs.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Un travail de collaboration s?est tout d?abord mis en place avec les services de la
Métropole. Lors des états des lieux portés par le service Grand Projet de la Ville, certains
bailleurs ont souhaité être associés à ces opérations de nettoyage.
Étape 2 : Une rencontre collective sur site permet à chaque acteur d?évaluer les moyens
humains et matériels à mettre en place. Par exemple, la Métropole peut faire intervenir sa
balayeuse de rues et ses agents, la ville peut mettre à disposition un camion benne?
Étape 3 : Une date est fixée par l?ensemble des acteurs, la police municipale distribue 10 jours
avant des « flyers » d?avertissement sur les véhicules présents et dépose 48 h à l?avance des
panneaux de signalisation et des affiches sur les poteaux signalant l?interdiction de stationner
dans le secteur.
MOYENS REQUIS
Moyens financiers :
? L?action commune de nettoyage est programmée à l?avance, donc pas de frais particuliers
(chacun intervenant décale sa fréquence de nettoyage).
? Les bailleurs font intervenir leurs prestataires chargés du nettoyage de leurs résidences.
Moyens humains :
? En fonction de l?espace à nettoyer et de l?action à mener cela nécessite entre 10 et
15 personnes.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Investissement de chacun des collaborateurs.
? Adhésion et entraide de tous les intervenants pour nettoyer l?ensemble de l?espace.
? Réalisation d?un reportage photo qui permettra de comparer l?avant et l?après, et de
communiquer sur l?action effectuée.
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CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Prendre l?arrêté de voirie nécessaire et bien prévenir en amont de l?interdiction de
stationner.
FREINS/RISQUES
? Limité à un nettoyage par mois, car ces nettoyages sont chronophages.
RÉSULTATS
? Ces opérations suppriment, le temps de l?opération, l?affectation des intervenants à un
secteur du territoire pour les réunir sur un seul secteur pour effectuer le nettoiement des
voies et révèle le sens de l'intervention publique par l?efficacité du résultat, très apprécié
par les habitants.
? Ce partenariat créé une émulation entre les différents partenaires et apporte une meilleure
réactivité dans les échanges du quotidien.
? Ce nettoyage permet également de retirer les mauvaises herbes, de nettoyer les massifs?
? Pour la collectivité cela augmente la visibilité de son action car le nettoyage quotidien est
souvent peu remarqué.
? Un reportage photo et un article sont publiés dans le journal municipal pour montrer et
rappeler que chaque acteur s?implique dans la propreté de la Ville.
Contact : Brigitte de Mostuejouls
(bdemostuejouls@mairie-vaulxenvelin.fr)
Avant Après
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Fiche
13 Végétaliser les sites
de dépôts illégaux de déchets
Acteur : La Possession (île de la Réunion)
Objectif : Combattre les dépôts illégaux de déchets par le réaménagement et
la végétalisation des espaces critiques.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : régie communale
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 :
Diagnostic de terrain avec les médiateurs, mené par l'intercommunalité (CYCLEA),
accompagnés par un agent du service environnement de la mairie.
Étape 2 :
Identification des contrevenants (recherche d'indices dans les dépôts illégaux de déchets :
papiers comportant des adresses, etc.) pour une sensibilisation ou répression par la Police
municipale si une récidive est constatée.
Étape 3 :
Collecte des différents flux de déchets présents sur les sites identifiés comme critiques.
Simultanément, une communication est faite dans ces quartiers pour sensibiliser les
administrés, leur rappeler les bons gestes, avec une redistribution des calendriers de collecte
et une incitation à les respecter.
Étape 4 :
Végétalisation de ces espaces avec des essences adaptées et qui nécessitent peu d'entretien.
Les habitants du quartier volontaires sont associés (écoles, jeunes des quartiers, bénévoles,
associations...) à travers une communication large (réseaux sociaux, newsletter, distribution
de « flyers », relais presse?).
Durant cette action, les volontaires ramassent les déchets et végétalisent les espaces.
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MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : un budget de 20 000 ¤/an environ intégré à la logistique technique de
la ville (hors moyens de collecte et de traitement des déchets), la production des végétaux
est réalisée en régie communale, de même que les matériaux et les terrassements.
? Moyens humains : 4 agents en soutien à l?action.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Beaucoup d'échanges entre les acteurs de terrain (médiateurs, associations...) sont
nécessaires, il faut occuper l'espace un maximum l?espace par des plantes pour décourager
les dépôts de déchets, montrer que la collectivité agit pour l?intérêt général de la cité et
persévérer dans ses efforts.
? Multiplier les canaux de communication.
? Avoir augmenté la prise de conscience collective sur l?abandon et les dépôts de déchets.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
Il est possible de supprimer un dépôt illégal de déchets à la condition de :
? Maîtriser le foncier ;
? Assurer une collecte des déchets efficace dans le quartier ;
? Avoir un prestataire de collecte qui respecte bien les dates de collecte annoncées aux
administrés.
FREINS/RISQUES
? Manque de communication.
? Accueil du public potentiellement difficile qui peut engendrer de mauvaises relations entre
la collectivité et ses administrés.
RÉSULTATS
? Environ 75 dépôts illégaux de déchets supprimés sur le territoire depuis 2014.
? Moins de déchets sur l'espace public.
? Meilleure image pour les quartiers.
? Réduction des gîtes larvaires*
? Amélioration du confort sanitaire.
? Les jeunes générations sensibilisées au respect de l'espace public.
* Le gite larvaire correspond à l?endroit où la femelle moustique pond ses oeufs. Certaines communes ont décidé de durcir la répression
contre les dépôts de déchets qui favorisent la stagnation de l?eau et donc la création de gites larvaires, et ainsi le développement des
moustiques.
Contact : M. Hoareau (choareau@lapossession.re)
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Fiche
14 « DansMaRue », une application
de signalement en open source
Acteur : Paris
Objectif : Une application « open source » pour améliorer la qualité de l?espace
public et les relations avec les usagers, qui permet de déclarer et traiter les
anomalies constatées sur l?espace public.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 :
? Fin 2010 : première expérimentation, en interne à la mairie, dans un arrondissement.
? Développement en 2012, en « mode agile », d?un outil plus complet tenant compte du
retour d?expérimentation.
? Test en interne, puis avec des volontaires externes, au deuxième trimestre 2013.
? Ouverture aux Parisiens le 27 juin 2013.
Étape 2 :
Le développement de l?application est mené par les services informatiques de la Ville de Paris.
Étape 3 :
? Intégration de nomenclatures des problèmes très spécifiques ouverts à tous les Parisiens.
L?application doit gérer des réponses à caractère général de façon automatique et
permettre une remontée rapide et pertinente (sans doublons) des anomalies identifiées.
? L?organisation des services n?a pas été modifiée mais clarifiée afin que les signalements
soient envoyés au service compétent et aux professionnels concernés.
? L?application confirme à l?usager la prise en considération de l?anomalie qu?il a signalée et
les suites données.
Une version améliorée a été lancée en juillet 2017.
MOYENS REQUIS
? Effectif en personnel constant : 1 responsable et 5 personnes qui travaillent sur la
« roadmap » et l?évolution de l?application, parallèlement à d?autres missions.
? Environ 100 000 ¤ par an, mais cela dépend des développements effectués sur l?application.
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Une application mobile simple et interactive (publiée en version iOS Apple et Android), un
formulaire disponible sur le site internet de la ville.
? Un « back-office » réactif.
? Un développement en mode agile s?appuyant sur des codes « open source » pour faciliter
l?ouverture du service à d?autres collectivités.
? Détection des anomalies déjà enregistrées à proximité pour éviter les doublons, tant du
côté des utilisateurs que des services.
? Géolocalisation automatique de l?anomalie.
? Bien intégrer les problématiques « métiers » via les nomenclatures.
? Acceptabilité/accompagnement des services en amont indispensables : gage d?efficacité,
pas de travail supplémentaire pour les agents.
? Promotion de l?application via une campagne de communication sur site internet, des
affiches sur les bennes de collecte des ordures ménagères?
? Possibilité de faire appel à un prestataire informatique, mais un « mini » service
informatique interne est souhaitable pour la gestion de l?application.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Supprimer les photos qui pourraient porter atteinte à la vie privée des personnes : photos
avec présence de personnes, plaques minéralogiques?
? Supprimer les commentaires haineux et/ou comportant des informations personnelles.
FREINS/RISQUES
? Cette application n?est pas un outil de délation, les déclarations sont faites dans le but
d?améliorer la vie en collectivité et le bon fonctionnement des services publics.
RÉSULTATS
? Peu de dérives d?usage, pas d?explosion des messages, pas d?abus d?urgence, pas
d?exagération des situations, la modération est très légère.
? Passage de 10 000 à 30 000 anomalies par mois, hausse de 182 % des enregistrements
d?anomalies en 2018.
? Intérêt pour les services techniques, y compris les mieux organisés : plus l?information
circule vite, plus les problèmes sont résolus rapidement.
? Excellent outil pour instaurer un dialogue constructif entre usagers et services techniques.
? Fonctionne comme un indicateur.
? Il est possible de réaliser une application similaire : les codes « open
source » sont disponibles pour les collectivités qui le souhaitent.
L?application peut sans doute être simplifiée pour les collectivités
disposant de services techniques couvrant des territoires importants.
Contact : Jean-Philippe Clément (jean-philippe.clement@paris.fr)
et Régis Leroux (regis.leroux@paris.fr)
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Fiche
15 Mettre en scène les dépôts illégaux
de déchets pour sensibiliser
Acteurs : Besançon, Metz et Montigny-lès-Cormeilles
Objectif : Augmenter la prise de conscience des habitants par le signalement
des dépôts et autres abandons de déchets in situ (affichage mobile, stop-
trottoir et rubalise).
L?affichage mobile pour la ville de Montigny-lès-Cormeilles, le « stop-trottoir »
pour Besançon ou la rubalise pour Paris et Metz sont des dispositifs qui alertent
sur les dépôts de déchets et rendent visible l?action du service propreté dans
l?espace public. Généralement, la police municipale est associée à cette
démarche, car elle est chargée de constater les dépôts illégaux de déchets et,
si possible, d?identifier leurs auteurs, de les sensibiliser, voire de les verbaliser.
Ces dispositifs ont tous deux fonctions principales :
? interpeller les usagers du domaine public et les contrevenants sur l?abandon
de déchets ;
? engager un travail dissuasif et préventif.
Simple, mobile et peu coûteux, ces dispositifs peuvent être déployés dans tous
les quartiers afin de sensibiliser le plus grand nombre.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 :
? Constat des dépôts.
? Signalement des dépôts (encombrants, sacs d?ordures ménagères? ne présentant pas de
dangers) par rubalise, affichage mobile ou « stop-trottoirs ».
? Distribution des avis dans les boîtes aux lettres des riverains où se situe le dépôt illégal de
déchets.
Étape 2 :
? Maintien des dépôts illégaux de déchets et de l?affichage sur le site durant 2 à 3 jours.
? Durant ce laps de temps, les sacs peuvent potentiellement être fouillés par l?équipe de
verbalisation pour identifier l?auteur du dépôt, il arrive parfois que les contrevenants
retirent leurs déchets d?eux-mêmes.
Étape 3 :
? Retrait du dispositif et enlèvement des déchets.
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Disposer les « stop-trottoirs » et panneaux mobiles au bon endroit (visibles, éviter les
trottoirs étroits?).
? La rubalise doit être très visible et sécuriser le dépôt, type « scène de crime ».
? Le dépôt reste sur place 2 à 3 jours sauf si les déchets sont organiques (risques sanitaires).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Monopolisation importante des services de la ville : suivi continu des dépôts balisés.
? Il peut y avoir des vols de « stop-trottoirs », il est préférable de les accrocher.
MOYENS REQUIS
? Tous ces dispositifs sont mis en place par les agents de la propreté, pas de moyens humains
supplémentaires.
RÉSULTATS
? Le dépôt est signalé comme une infraction pour tous les passants.
? Informe que le responsable n?est pas la collectivité mais le déposant et que le service
propreté est actif.
? Évite de nouveaux dépôts au même endroit.
? Évite le « sur-signalement » par les usagers.
? Les agents de la propreté confirment l?efficacité de ce dispositif peu coûteux malgré la
difficulté d?en quantifier l?impact.
Stops-trottoirs
20 % des dépôts illégaux ont disparu.
Depuis début juillet à mi-octobre 2018, les agents ont posé à 50 endroits
ces panneaux, 12 dépôts ont disparu et 4 dépôts ont été réduits.
Panneaux mobiles Le nombre de dépôts illégaux a diminué sur les sites habituels.
Rubalise
1/3 des dépôts sont supprimés par les auteurs des abandons de déchets.
Lyon, Paris et d?autres métropoles utilisent ce dispositif.
Contacts : « Stop-trottoirs », ville de Besançon : gwenael.X@besancon.fr
Rubalise, ville de Metz : rgabriel@mairie-metz.fr
Panneaux mobiles, ville de Montigny-lès-Cormeilles : marianne.konate@ville-montigny95.fr
Dispositif mobile
Montigny-lès-Cormeilles
Stop-trottoirs
Besançon
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Fiche
16 Pièges photos
Acteur : Office national des forêts
- Agence Ile-de-France Ouest pour plusieurs forêts domaniales de l?Ouest parisien
- Agence Meurthe-et-Moselle Forêt pour la forêt domaniale de Haye
Objectif : Sanctionner les contrevenants identifiés grâce aux pièges
photographiques.
Budget : ¤ à ¤¤
Milieu : milieu naturel
Collectivité : gestionnaire ONF
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
L?ONF, confronté à la multiplication des dépôts illégaux de déchets, a décidé de s?équiper de
pièges photographiques pour lutter contre ce fléau. Face à une restructuration des services,
conduisant à la réduction du nombre de forestiers, il est devenu difficile d?assurer la
surveillance de grands espaces dotés de nombreux accès. Ces pièges photographiques sont
d?un usage courant pour l?observation des animaux et de la chasse.
Étape 1 : Installés dans les endroits stratégiques, les appareils se déclenchent à chaque
passage. Il est recommandé de mettre - si possible - deux pièges photographiques ensemble,
l?un ayant l?autre dans son champ de prise de vue pour éviter les vols ou dégradations.
Étape 2 : Une fois les pièges positionnés, l?analyse des photographies doit être réalisée. Pour
être incontestables, les photographies doivent identifier la plaque d?immatriculation du
véhicule et bien montrer l?action reprochée au contrevenant.
Étape 3 : Les photos sont analysées par les techniciens forestiers assermentés qui dressent un
procès-verbal alors adressé au parquet via un circuit administratif propre à l?Office national
des forêts.
Étape 4 : Pour une meilleure prise en compte par la justice, une sensibilisation du parquet a
été menée de façon à faire prendre conscience du phénomène et de son coût pour faciliter
l?instruction des dossiers. Il est nécessaire d?informer les magistrats de ces opérations et de
recueillir leur aval.
Étape 5 : D?autres équipements et aménagements peuvent être mis en place pour limiter les
risques de constitution de dépôts illégaux de déchets : portiques pour bloquer l?accès des
camions sur certains parkings destinés aux promeneurs qui viennent en forêt, équipements
pour limiter les stationnements et l?arrêt des véhicules : enrochement, merlons de terre,
barrières...
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MOYENS REQUIS
? 1 piège photo : 600 ¤
? 3 pièges photos pour l?ONF de la Forêt de Haye.
? 20 pièges photos pour toute l?agence ONF Ile-de-France Ouest (10 000 ¤ au total) qui couvre les
Yvelines, les Hauts-de-Seine, le Val-d?Oise et la majorité de l?Essonne avec 45 techniciens
forestiers de terrain et 5 responsables d?Unités pour 33 000 hectares de forêts domaniales.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Emplacements stratégiques mais discrets et bien orientés vers des endroits sensibles.
? Déplacer régulièrement les pièges.
? Marquage discret des emplacements antérieurs pour historique.
? Communication, notamment vis-à-vis de la presse (nombreuses retombées médiatiques).
? Motivation nécessaire pour une action efficace : dangerosité des dépôts (amiante) et coût
d?enlèvement : 12 000 ¤ par an pour l?ONF de la Forêt de Haye ; 500 000 ¤ par an pour
l?agence Ile-de-France Ouest.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Nécessité que les agents soient habilités, commissionnés et assermentés pour pouvoir
dresser des procès-verbaux.
? Une photo n?est pas a priori une preuve en soi mais établit une présomption. Il faut que la
personne reconnaisse les faits. Dans le cas de l?ONF, la vidéo-surveillance comme moyen de
contrôle a été rendue possible légalement (mais ce n?est pas encore le cas pour les
collectivités pour les abandons et dépôts illégaux de déchets).
FREINS/RISQUES
? Démotivation : 1 photo sur 1 000 est exploitable, beaucoup de temps pour peu de résultats.
? Risque de sabotage et de vol des pièges.
RÉSULTATS
? L?ONF de Versailles a sensibilisé le parquet à sa démarche, actuellement 20 procès-verbaux
et 7 à 8 condamnations sont en cours.
? Pour la forêt de Haye, aucune procédure n?a abouti pour le moment. Certaines photos ne
sont pas exploitables, certains contrevenants cachent leurs plaques d'immatriculation
avant d'agir.
Note de l?acteur :
Selon Philippe PERNODET, responsable de l?ONF du Grand Nancy : « Au vu des différents contacts qui ont suivi la mise en place de
cette opération, je vois que le problème est national et nous en sommes réduits à trouver des solutions locales. Le piège photographique
n?est qu?une aide à la surveillance d?un territoire. Nous déplaçons souvent nos pièges photographiques pour éviter le vol. Certaines
personnes sont même allées jusqu?à couper un arbre pour mettre hors-service l'un de nos pièges photographiques ».
« Je pense qu?au niveau du fonctionnement, la diversité des pratiques de collecte des déchets d?une communauté de communes à l?autre,
voire d?une déchetterie à l?autre, génère un comportement anarchique. Certains déchets peuvent être refusés et les personnes sont
renvoyées vers d?autres points de collecte mieux équipés mais plus éloignés, et peuvent être tentées de s?en débarrasser dans la nature.
Les individus en déplacement (ou en vacances) peuvent se voir refuser l?accès aux déchetteries, faute de cartes d?accès. Un effort
d?aménagement est à faire au sein des déchetteries : personnel accueillant, sites bien entretenus, points de collecte en apport volontaire
soigneusement positionnés et facilement accessibles et surtout propres ! C?est aussi une « carte de visite » pour la ville ou le territoire. »
Contacts : ONF Versailles : ag.versailles@onf.fr
ONF Forêt d?Haye : dt.grand-est@onf.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
17 Colorer les poubelles de rues
pour les rendre visibles
Acteur : Annemasse
Objectif : Rendre 500 corbeilles de rue plus visibles.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : déchets diffus
MISE EN PLACE
La collectivité s?est inspirée de l?exemple de Cologne en colorant ses poubelles pour les rendre
plus visibles. Le quota de poubelles à Annemasse est d?une pour 71 habitants.
Étape 1 : Une première phase provisoire a consisté à recouvrir les corbeilles avec un
autocollant rose. Les passants ont apprécié l?expérience, mais les autocollants avaient
tendance à se décoller avec le temps.
? Test sur plusieurs mois.
? Opération accompagnée d'une campagne d'affichage et de posts Facebook.
? Relais par la presse locale.
? Action prévue comme provisoire, mais qui a été prolongée compte tenu de son succès.
Étape 2 : L?étape de déploiement a eu lieu un an plus tard avec des corbeilles colorées
installées dans toute la ville. Action étalée sur plusieurs années, finalisation en 2019.
? Sélection d'un panel de couleurs vives.
? Nouvelles corbeilles équipées d'éteignoirs pour les cigarettes et de collerettes anti-oiseaux.
? Relais sur Facebook.
MOYENS REQUIS
Coût de l'opération :
? Étape 1 : 10 300 ¤ pour l'achat d?autocollants pour l?ensemble des poubelles de la ville.
? Étape 2 : 26 000 ¤ / an pour une cinquantaine de corbeilles déjà colorées.
? Aucun moyen humain supplémentaire n?est nécessaire, les poubelles sont mises en place
par le service propreté de la ville.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Procéder à une phase test d?environ un an pour évaluer l?efficacité.
? Repérer les endroits les plus touchés par les dépôts illégaux de déchets.
? Communication dans la presse locale, sur les réseaux sociaux, etc.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Interroger les architectes des Bâtiments de France qui doivent donner leur avis.
FREINS/RISQUES
? Refus possible des architectes des Bâtiments de France.
? Difficile de faire maintenir l?autocollant au fil des mois, il faut privilégier les poubelles déjà
colorées.
RÉSULTATS
? Poubelles colorées davantage utilisées.
? Moins de dépôts illégaux de déchets.
? Administrés plus satisfaits, ville plus agréable.
? Pas de dégradation sur les nouvelles poubelles.
Contact : Isabelle Pezous (ipezous@annemasse.fr)
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Fiche
18 Des bacs à marée pour les déchets
plastiques du littoral
Acteurs :
Coordinateur : TEO* - Société Coopérative d?Intérêt Collectif
Collectivités partenaires : La Couarde, La Rochelle, Aytré, Angoulins,
Chatelaillon, Yves, Fouras, île d?Aix, Port des Barques, Saint-Froult, Les Mathes,
Saint-Palais, Royan, Saint-Georges de Didonnes, Meschers.
Objectif : Développer un réseau de bacs à marée pour optimiser, via la
participation citoyenne, la collecte des macrodéchets plastiques échoués le
long du littoral.
Compiler, grâce au soutien logistique des associations d?insertion, les données
qui serviront d?indicateurs sur l?état écologique du littoral. Valoriser
l?engagement des municipalités, collectivités et de la région Nouvelle-
Aquitaine qui soutient l?ingénierie du dispositif.
Budget : ¤
Milieu : littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Les collectivités contactent la société coopérative TEO ou inversement.
Étape 2 : TEO réalise une évaluation sur le littoral de la commune et détermine avec elle une
offre qui corresponde au plus près à ses besoins : nombre de bacs à marée, choix du
prestataire de services issu de l?insertion pour s?occuper de vider les bacs des macrodéchets,
de les quantifier et qualifier.
Étape 3 : Les communes et collectivités engagées dans l?action mais également les citoyens
peuvent suivre la localisation des bacs les plus proches sur le site web (www.bacamaree.fr) ou
sur une application afin de signaler leur état (pleins, abîmés) et indiquer un événement insolite
(échouage, etc.). Les données disponibles sur le site renseignent sur la quantité de macro-
déchets collectés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Les acteurs mobilisés :
? Des promeneurs ramassent volontairement les macrodéchets plastiques sur la plage et les
déposent dans le bac à marée situé dans un endroit stratégique déterminé avec les
communes.
? Des collecteurs, entreprises ou associations d?insertion, interviennent avec leurs équipes
pour vider les bacs signalés pleins par les promeneurs grâce à l?application associée ou par
téléphone. Ils quantifient, qualifient et évacuent les macrodéchets et enregistrent les
données sur le site internet.
? Un opérateur récupère les plastiques « recyclables ».
? Un opérateur récupère les macrodéchets qualifiés de « Tout venant », qui sont facturés à
TEO pour les frais de traitement.
? Des conchyliculteurs récupèrent leur matériel en plastique réutilisable et participent au
financement du programme.
MOYENS REQUIS
? Coût de gestion opérationnelle d?un bac : 200 ¤ par trimestre par commune, les collectivités
participant à hauteur de 100 à 200 ¤ suivant leur possibilité.
La région Nouvelle-Aquitaine prend en charge l?ingénierie.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Mobilisation de l?ensemble des acteurs, dont les citoyens.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? TEO gère le dispositif pour la collectivité sous forme de convention ou de devis.
FREINS/RISQUES
? Il faut une bonne cohérence sur les territoires pour que chacun participe aux financements.
RÉSULTATS
? 39 bacs à marée dans les 15 communes fin 2018.
? 12 à 20 % des plastiques récoltés sont valorisables ou réutilisables.
? L?application et le site web informent de l?état des plages.
* TEO est le cabinet d?études qui pilote depuis 2011 le programme « Trait Bleu ». Il a pour vocation de chercher pour les communes et
collectivités des solutions pour diminuer l?impact des plastiques échoués sur le littoral. Travail mené également en amont, avant que les
plastiques arrivent dans l?océan.
Contact : Fabrice Faurre (teo.larochelle@gmail.com)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
19 Aider le broyage et le compostage
pour valoriser les déchets verts
Acteur : Grand Poitiers
Objectif : Proposer un maillage de solutions pour une valorisation des déchets
verts sur le territoire (particuliers et professionnels) via des plateformes de
compostage (publiques et privées), en vue d?atteindre l?objectif de réduction
de 10 % des déchets ménagers et assimilés.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Communauté urbaine
Déchets : déchets verts
Type de fiche : Prévention
MISE EN PLACE
La stratégie de prévention et de réduction de la production des déchets verts se traduit par
des actions concrètes. Chaque année, deux délibérations sont adoptées en conseil
communautaire précisant les modalités des aides suivantes.
Étape 1 : Mise en place d?aides au broyage et au compostage pour les particuliers.
Aides au broyage :
? Un remboursement de 45 ¤ pour la location individuelle d'un broyeur ou une prestation
individuelle de broyage par des professionnels. Le remboursement de 45 ¤ s?applique
uniquement au broyage de déchets verts réalisé chez les particuliers et dans la limite d'un
seul remboursement par foyer et par an. En cas de prestation de broyage par un
professionnel, le broyat doit être utilisé sur place, au domicile du particulier.
? Un remboursement de 45 ¤ par personne pour une location collective, une prestation
collective ou un achat collectif (le total cumulé des subventions versées ne pourra pas
dépasser le montant de la facture).
Aides au compostage :
? Un remboursement de 15 ¤ pour l?achat d?un composteur ou d?un lombricomposteur
individuel.
? Un remboursement de 50 % du montant de l?achat des composteurs collectifs pour un
bailleur social, dans la limite de 250 ¤ de subvention par opération.
? Un accompagnement au compostage collectif en pied d?immeuble ou de quartier, d?une
durée de 1 an (via un marché de prestation).
Étape 2 : Mise en place d?un marché de prestation avec une structure experte locale.
Accompagnement au compostage autonome pour les professionnels (bio-déchets et déchets
verts), d?une durée d?un an (via un marché de prestation). Cette action vise à optimiser la
gestion des déchets des établissements, valoriser les déchets biodégradables et faire des
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
93
économies (réduction de la redevance spéciale, des déplacements en déchetterie, etc.).
Interventions en déchetterie : sensibilisation des habitants sur un jardinage moins générateur
de déchets, notamment lors de semaines thématiques annuelles telles que : Tous au Compost,
la Semaine Européenne du Développement Durable, la Semaine Européenne de la Réduction
des déchets.
Un défi Zéro Déchet Vert ouvert à 10 foyers et 10 établissements (du 20 mars 2019 au
20 septembre 2019) : considérer les déchets de jardinage et d?entretien des espaces verts
comme des ressources et les réduire au maximum.
MOYENS REQUIS
? Montant du marché de prestation : montant maximum de 150 000 ¤ HT sur 3 ans
(accompagnement au développement du compostage de proximité comprenant les
actions de prévention et réduction des déchets verts).
? Montant des subventions broyage depuis 2015 : 20 655 ¤.
? Montant des subventions compostage depuis 2009 : 12 358 ¤.
? Moyens humains de la collectivité : 0,30 ETP.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Implication des élus.
? Marché de prestation avec une structure experte locale.
? Mobilisation de tous les acteurs « opérationnels » concernés : agents de déchetterie, acteurs
économiques pour le relais des dispositifs d?accompagnement (vendeurs broyeurs/
composteurs, loueurs broyeurs, jardiniers professionnels), directions de la collectivité
(communication, développement économique, espaces verts).
? Communication partagée : collectivités, presse régionale quotidienne, chambres
consulaires, autres directions concernées.
? Accompagnement multi-acteurs (collectivité, experts, bailleurs?), les collectifs volontaires
permettent de rassurer et de légitimer les dispositifs d?aide/d?accompagnement.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Élaboration d?un marché de prestation.
? Délibérations des subventions en conseil communautaire.
FREINS/RISQUES
? Le relais des dispositifs d?aide existants.
? La mobilisation autour de pratiques alternatives / conduite du changement des pratiques.
RÉSULTATS
? L?habitant bénéficie de pratiques alternatives et d?accompagnements de qualité proposés
par la collectivité et la structure experte locale.
? La collectivité a maîtrisé les tonnes de déchets verts présentées en déchetteries et les coûts
afférents.
? Depuis 2015 la CU a octroyé 459 aides au broyage et depuis 2009 accordé 824 aides pour
le compostage.
? Partage et valorisation de pratiques alternatives de gestion des résidus de jardins.
Des formulaires en ligne ou à télécharger sont disponibles sur grandpoitiers.fr
Contact : Sandra Lardier (reduisonsnosdechets@grandpoitiers.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
20 Zéro poubelle de rues
Acteur : Saint-Hilaire de Riez
Objectif : Cette démarche « zéro poubelle » se donne pour objectif de
responsabiliser la production de déchets et de sensibiliser au tri.
Budget : ¤¤¤
Milieu : littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
La mise en place de l?action « zéro poubelle » se divise en deux phases distinctes mais
indissociables l?une de l?autre :
Étape 1 : La mise en place de la redevance incitative
(mise en place le 1er janvier 2018 sur le littoral)
? La redevance incitative incite les habitants à améliorer leur tri sélectif pour faire diminuer
le volume de leurs ordures ménagères et ainsi le montant de la taxe correspondante.
? La redevance incitative a permis de développer une prise de conscience chez les habitants.
? La puce intégrée sur les poubelles individuelles, comme collectives, enregistre le nombre de
levées par camion de collecte et le poids des déchets. Le tri effectué n?est pas facturé dans
la taxe d?ordures ménagères.
? La collecte est assurée par la Communauté de Communes et le syndicat Trivalis assure le
traitement des déchets.
Étape 2 : Le retrait des poubelles
? La démarche « zéro poubelle » est étendue sur la seule commune de Saint-Hilaire de Riez.
? Elle a été accompagnée de la mise en place de 18 points d?apport volontaire depuis juin
2018, avec un système de badge remis aux usagers, et la suppression des poubelles sur
l'ensemble de l'espace public : forêt, plages, zones urbaines. La suppression des poubelles
s?est faite progressivement sur l?ensemble de l?espace public et en même temps que le
passage à la redevance incitative : de janvier à avril 2018.
? Les poubelles de rue sont devenues des points d?apports volontaires. Les habitants peuvent
trier directement leurs déchets sur place, aux points d?apport volontaire dispersés dans la
commune ou les rapporter chez eux. La communication est aussi une étape importante, la
commune a installé des panneaux de communication « Défi zéro poubelles » sur les points
de passage (article dans le bulletin municipal et presse).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? 30 panneaux indicatifs « Zéro poubelle » : budget : 15 000 ¤.
? 18 points d?apport volontaire (PAV) mis en place par la Communauté de communes.
? Distribution d?un badge aux habitants (au cas par cas pour les résidences secondaires).
? La verbalisation pour abandon de déchet est une amende forfaitaire de 68 ¤.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Informer très en amont les habitants sur la démarche.
? La redevance incitative est essentielle pour mettre en place la démarche « zéro poubelle »,
un pas supplémentaire vers la responsabilisation des habitants.
? Il s?agit d?un territoire particulier où la nature est très prenante.
? La ville a offert des composteurs.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Suppression des poubelles sur l'ensemble de l'espace public : zones urbaines, forêts, plages.
? S?assurer d?une collecte effective et régulière par la structure compétente.
FREINS/RISQUES
? Au départ, cette politique a été assez mal accueillie, il est nécessaire de préparer les
habitants et d?être soutenu fortement par les élus.
? Certains habitants ne sont pas encore convaincus (lancement d?une pétition pour le retour
des poubelles avec 200 signatures).
RÉSULTATS
? Après 9 mois d?expérience, les habitants sont assez fiers des résultats et les touristes se sont
adaptés.
? On passe de 55 tonnes de déchets à 15 tonnes de déchets municipaux (hors foyer et hors
collecte)
? Les citoyens font davantage le tri et leur mode de consommation évolue. Plus de 60 % des
déchets verts sont compostés (grâce à la distribution de composteur).
? 90 % des personnes joueraient le jeu.
Contact : Anthony Bourget (abourget@sainthilairederiez.fr)
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Fiche
21 Un « Trimobile » pour se débarrasser
des petits encombrants
Acteur : Paris
Objectif : Lors du budget participatif de 2014, le projet « Trier ses déchets au
plus près », est arrivé en 4e position des votes des Parisiens. Le dispositif
« Trimobile » permet aux parisiens de se débarrasser à proximité de chez eux
de leurs petits encombrants (petit électroménager, etc.), de leurs déchets
dangereux (peintures, solvants, etc.) et de s?assurer d?un traitement optimal.
C?est également un lieu d?échange avec les professionnels du service propreté
de la ville.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : collectivité unique à statut particulier
Déchets : encombrants, dangereux
MISE EN PLACE
Étape 1 : Dans le cadre de l?aménagement du nouveau quartier Clichy ? Batignolles 17e, équipé
d?une collecte pneumatique, un Trimobile (ou point de collecte mobile) permet aux habitants
du quartier de déposer leurs déchets inadaptés à la collecte pneumatique tels que vaisselle
cassée, petit électroménager, etc.
Étape 2 : La Direction de la Propreté et de l?Eau a établi un cahier des charges spécifique et
passé un marché d?acquisition de 4 remorques pour le dispositif itinérant du Trimobile.
Un dispositif qui impose la collaboration entre les services :
? Partenariat entre le Service Technique de la Propreté de Paris (STPP), pilote de la démarche,
et le Service technique des Transports Automobiles Municipaux (STAM) pour le convoyage
de la remorque.
? Collaboration entre les divisions territoriales de propreté (services déconcentrés du STPP)
avec les mairies d?arrondissement, les services de la voirie et les commissariats de police
pour définir et valider les emplacements.
? Formation des agents à l?accueil du public.
? Présentation à la presse pour lancer et faire la promotion du dispositif auprès des parisiens.
? Choix de 1 à 4 emplacements par arrondissement avec une fréquence de retours 1 à
2 fois/mois.
? Certains arrondissements ont choisi de se positionner sur un seul emplacement avec une
intervention par mois.
Étape 3 : Au cours de l?été 2015, les premiers Trimobile ont été mis en place sur 5 arrondissements,
puis le dispositif a été étendu à tous les arrondissements parisiens à partir de septembre 2015.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? Investissement : 237 600 ¤ TTC pour l?achat des 4 remorques
? Fonctionnement : 420 000 ¤ TTC par an pour l?ensemble du dispositif (frais de personnel,
remisage des remorques, location des véhicules de remorquage au GNV, assurances et
maintenance)
? Ce dispositif nécessite un acheminement par un chauffeur titulaire d?un permis B. Puis
2 agents formés, dont le chauffeur, assurent l?animation du dispositif durant les 4 heures
d?ouverture au public (9h-13h). La formation de ces agents, réalisée en interne par des
ingénieurs, est d?une demi-journée.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Mise en place sur le site de la collectivité d?un calendrier mensuel des tenues.
? Bonne communication.
? Régularité des interventions.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Difficultés de trouver des emplacements pour installer la remorque.
? Coût de fonctionnement.
RÉSULTATS
? Meilleur captage car presque tous les déchets peuvent être apportés alors qu?ils ne sont pas
acceptés dans les demandes de collecte en porte-à-porte (déchets dangereux).
? 814 tenues sur l?année 2018 sur les 925 prévues, environ 25 000 utilisateurs.
? 50 t de déchets d?équipements électriques et électroniques (DEEE).
? 22 t de petits encombrants.
? 14 t de multi matériaux.
? 14 t de déchets dangereux.
? 1,5 t de lampes et néons.
Contact : pierre.marc@paris.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
98
Fiche
22 Smicval Market, une déchetterie
à l?allure de supermarché
Acteur : SMICVAL (syndicat mixte intercommunal de traitement des déchets)
du Libournais Haute-Gironde.
Objectif : Changer le regard des habitants sur les déchets afin de renforcer le
réemploi, maximiser le recyclage et finalement réduire au maximum
l?enfouissement.
Le SMICVAL avait besoin de construire une nouvelle déchetterie, opportunité
pour évoluer vers un système plus engageant et responsabilisant, avec une
dynamique vertueuse de réemploi et/ou de recyclage des déchets.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : syndicat mixte
Déchets : encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 : « Déconstruire » l?idée d?une déchetterie classique avec ses attentes habituelles,
travailler sur une nouvelle conception autour des déchets-ressources, vers de nouveaux
usages et services à la fois ludiques et positifs.
Imaginer une déchetterie comme un supermarché avec le support de politiques publiques,
de designers d?espaces et de sociologues afin d?attirer davantage d?usagers dans un espace
attrayant où le dépôt et le retrait d?objets se ferait naturellement, sans dégoût ni insécurité.
« Le magasin a été pensé de manière à ce que les personnes se sentent davantage dans un
magasin que dans une déchetterie ».
Étape 2 : Modéliser et construire le projet.
Fonctionnement au sein du SMICVAL Market :
? L?adhésion est obligatoire mais gratuite pour les usagers.
? Ils reçoivent une information sur le tri dès l?entrée pour adopter le bon geste de tri et
comprendre le fonctionnement du magasin.
? Les personnes déposent leur objet dans les endroits indiqués et peuvent récupérer ce qu?ils
souhaitent.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? Coût : 2 millions d?euros.
? L?investissement est élevé mais il est rapidement amorti grâce à la diminution du taux
d?enfouissement. Avec le temps, c?est un coût équivalent d?une déchèterie classique, avec
des résultats bien différents.
? 3 personnes formées à la grande distribution sont nécessaires : 1 pour l?accueil, 1 comme
chef-fe de rayon et manutentionnaire.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Dès le départ volonté politique forte lancée par le président du SMICVAL et par le
département.
? Une certaine audace, oser tenter l?expérimentation.
? Conserver le concept mais l?adapter au territoire : s?associer à des partenaires locaux,
étudier les spécificités du territoire, l?ouvrir au professionnel ou non?
? La conception-construction : point-clé pour obtenir un nouveau regard des usagers sur la
collecte des déchets / la déchèterie.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Cadre juridique classique / déchetteries : ICPE
FREINS/RISQUES
? Manque de motivation des équipes et de suivi politique.
? Débat sur le don : les dons d?objets faits habituellement aux associations caritatives ou
directement à ceux qui en ont besoin peuvent être détournés vers ce type de structure où
toute personne, quel que soit son niveau socio-professionnel a la liberté de revendre
ensuite les objets récupérés.
RÉSULTATS
? 0 vandalisme.
? 0 dépôt illégal de déchets devant le SMICVAL Market.
? Temps moyen passé dans le SMICVAL Market de 30 à 45 min.
? Changement de regard de l?usager sur le déchet.
? Nouveaux profils d?usagés, plus représentatifs de la société.
? + 30 % des déchets valorisés (par rapport à l?ancienne déchetterie).
? Diminution de 60 % de déchets partant en décharge.
? Projet à long terme : volonté de continuer et d?ouvrir d?autres déchetteries dans divers
endroits et spécificités (à côté d?un lycée pour les vélos exclusivement et dans le centre-
ville avec un garage solidaire par exemple).
? Résultats positifs non anticipés : échanges de plants de légumes au printemps,
développement du lien social?
Contact : Nicolas Senechau (nicolas.senechau@smicval.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
100
Fiche
23 Une incitation financière pour
mieux trier les déchets professionnels
Acteur : Sotrema (Rosny-sur-Seine)
Objectif : La Sotrema gère la propreté urbaine du territoire, elle souhaite inciter
les entreprises à trier leurs déchets (carton, gravats, ferraille...) avant de les
déposer pour bénéficier de tarifs plus attractifs.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : syndicat mixte
Déchets : professionnels
MISE EN PLACE
Étape 1 : Réalisation d?un « business plan » afin de créer une extension de la déchetterie
actuelle, réservée aux professionnels, afin de mettre fin aux dépôts illégaux de déchets, de
remédier à la saturation de la déchetterie publique, de répondre aux besoins des
professionnels et d?inciter au tri.
Étape 2 : Convaincre les politiques du territoire.
Étape 3 : Ouverture de la déchetterie en mars 2018.
Étape 4 : Les professionnels peuvent déposer leurs déchets : les prix varient suivant que les
déposants trient ou non leurs déchets. Par exemple, la tonne non triée est facturée 115 ¤,
tandis qu?une fois triée la tonne de gravats de béton est facturé 5 ¤. La Sotrema revend à des
partenaires les déchets collectés afin qu?ils soient valorisés. Selon la conjoncture, les apports
de certains matériaux ne sont plus facturés (ex. : le dépôt de cartons peut être gratuit) et
peuvent même être rémunérés ; c?est le cas de la ferraille qui est payée 20 ¤ la tonne.
L?accès est réservé aux professionnels, qui peuvent venir librement aux horaires d?ouverture
de 6h à 18h du lundi au samedi, ou disposer gratuitement d?un badge pour venir trier et jeter
leurs déchets 24/24h. Les professionnels sont autonomes et peuvent peser leurs déchets, via
un enregistrement informatique, et reçoivent ainsi leur facture en fin de mois.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? Investissement prévu au départ : 700 000 ¤, mais l?investissement final s?est élevé à
1 000 000 ¤.
? Subvention région 100 000 ¤.
? Communication : environ 15 000 ¤ au moment de l?ouverture de la déchetterie (encarts
dans journaux locaux, panneau publicitaire, divers « flyers », etc.).
? 3 personnes à temps plein.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Incitation financière à trier.
? Horaires d?ouverture adaptés et permettant aux professionnels d?y accéder en toute
autonomie.
? Badges gratuits (accès 24/24h).
? 8 000 m2 à la disposition des « pros ».
? Communication relayée dans les mairies, « flyers », panneau publicitaires?
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Dossier d?assainissement, d?urbanisme, DDT, ICPE.
? Accord politique.
FREINS/RISQUES
? Réglementation / zone d?activité Bâtiments de France.
RÉSULTATS
? La population et les élus du territoire ont l?impression que les dépôts illégaux de déchets
ont diminué.
? L?équilibre est atteint après 10 mois d?exploitation (le prévisionnel était à 115 000 ¤ de
déficit).
? 30 tonnes de dépôts par jour.
? De mars à décembre 2018, plus de 9 500 tonnes de déchets déposées.
? La plupart des déchets sont revendus à des opérateurs-récupérateurs pour valorisation.
? Les ? des professionnels viennent avec le badge 24/24h.
Contact : Sotrema (micheal.darty@sotrema.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
102
Fiche
24 Sanctionner les infractions
par des Travaux Non Rémunérés
Acteur : Valenciennes
Objectif : Sanctionner les auteurs de dépôts illégaux de déchets via des heures
de travail non rémunéré (TNR), en accord avec le Procureur de la République.
Le contrevenant devra participer au nettoyage de la ville au lieu de payer une
amende.
Budget : ¤
Milieu : tous types
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Excédé par les dépôts illégaux de déchets, le maire a souhaité une sanction plus
efficace, et a sollicité le procureur de la république avec un dossier complet sur la réalité des
dépôts illégaux de déchets ainsi que leur coût, avec pour objectif de convaincre le parquet.
Étape 2 : Le parquet a proposé la mise en place de « travaux non rémunérés ». Le travail non
rémunéré (TNR) nécessite l'acceptation préalable de l'auteur des faits, recueilli par procès-
verbal (art. 41-2 du Code de procédure pénale). Il s?agit d?une alternative aux poursuites
prononcées par le procureur, en dispense d?audience pénale et de la peine d?amende pouvant
s?élever jusqu?à 1 500 ¤ si la qualification des faits est une contravention de 5e classe. Seul le
procureur de la République détient l?initiative d?une telle mesure, et peut l?autoriser.
Étape 3 : Signature d?une convention entre le parquet et la ville, procédure qui implique que
le parquet soutienne le politique dans cette démarche. Cette mesure concerne les dépôts
illégaux de déchets volumineux (ex. : déposés avec une voiture) et impose que le contrevenant
soit identifié avec preuve à l?appui. L?auteur des faits est auditionné au commissariat de police
afin de recueillir ses aveux, ce qui est fréquent face aux éléments présentés (vidéosurveillance).
Étape 4 : Le prévenu dispose de deux choix : soit il reconnaît les faits et effectue un travail
non rémunéré, soit il prend le risque de se présenter devant le tribunal et de se voir infliger
une amende.
Étape 5 : Lorsque l'auteur des faits a donné son accord sur les mesures proposées, le procureur
de la République saisit par requête le président du tribunal aux fins de validation.
Étape 6 : Un agent du service pénitentiaire d'insertion et de probation (S.P.I.P.) du ministère
de la Justice prend en charge les contrevenants pour réaliser les TNR (conditions, etc.). La
direction des déchets de la ville de Valenciennes a un rôle de pilote, de relais entre toutes les
instances et réagit en cas de problème. En effet, la mise en place de cette sanction nécessite
rigueur, rapidité et coordination entre toutes les institutions.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Étape 7 : Le contrevenant doit effectuer sa peine dans un délai d?un mois après acceptation
de la mesure. Dans le cas présent, il intégrera les équipes de propreté urbaine et participera
au nettoyage des rues de la ville durant un ou deux jours, selon la gravité de son infraction.
En matière contraventionnelle, la peine ne peut excéder un maximum de 30 heures et doit être
effectuée dans un maximum de 3 mois (art. 41-3 du Code de procédure pénale).
MOYENS REQUIS
? Signature d?une convention avec le parquet.
? Identification du contrevenant.
? Accord du contrevenant sur la mesure.
? Accueil du prévenu pour l?accomplissement du TNR par un agent et surveillance durant sa
peine.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Accompagnement du politique par le parquet pour la mise en place de cette pratique.
? Communication auprès des administrés avant et après la mise en place de TNR.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Accord du parquet et signature d?une convention.
? Une coordination rigoureuse et rapide entre toutes les institutions est nécessaire pour une
mise en place efficace.
? Un agent doit piloter l?ensemble de la procédure (direction propreté).
FREINS/RISQUES
? Maintenir la dynamique, et pour cela la mobilisation de l?ensemble des partenaires
institutionnels tout au long du processus.
RÉSULTATS
? Diminution des dépôts illégaux de déchets.
? Rompre avec l?impunité.
? Identification du profil des jeteurs.
? Sur l?année 2018, 10 TNR ont été réalisés.
? Vocation éducative : permet aux auteurs de prendre la mesure de leurs agissements et
conscience de la quantité de déchets à traiter quotidiennement par la ville.
? Évite le passage au tribunal.
? Une réponse rigoureuse est apportée à certaines formes de délinquance dans le cadre d?une
sorte de transaction qui évite le paiement d?une amende à l?auteur d?un dépôt illégal de
déchets mais l?oblige à apporter une réparation en nature.
Contact : slatawiec@ville-valenciennes.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Quelques pratiques originales
Des corbeaux, agents de propreté ? ? Puy du fou (France)
Le parc vendéen du Puy du Fou confie à des corbeaux la mission de collecte des déchets.
Après six mois d?entrainement, les corbeaux suscitent l?étonnement et l?intérêt des
visiteurs. Pour parvenir à faire de ces corvidés de parfaits agents d?entretien, les
responsables du parc leur ont confectionné un astucieux dispositif, qui leur offre une
petite friandise en échange de chaque déchet déposé. Ils ne remplacent cependant pas
les agents d?entretien du parc, mais leur rôle n?en demeure pas moins étonnamment
efficace en termes de sensibilisation des visiteurs.
« C?est un programme éducatif. Nous n?éduquons pas les corbeaux, mais nous éduquons
les êtres humains. C?est un moyen amusant de montrer aux gens que l?on ne peut pas jeter
des papiers partout » Nicolas de Villiers, Directeur du parc.
Des drones pour identifier les déchets sauvages ? DDTM Hérault (France)
Dans l?Hérault, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) utilise des
drones pour détecter les nombreux dépôts illégaux de déchets, y compris ceux difficiles
d?accès.
« Gallinazo Avisa » - La garde des vautours ? Lima (Pérou)
L'agglomération de Lima compte quatre décharges municipales, pour une population de
9 millions d'habitants. Seul 1 % des déchets urbains est recyclé (16 % environ à Paris). Pour
détecter les sites de dépôts sauvages et ainsi mieux les contrôler, le Muséum national
d'histoire naturelle et le ministère de l'Environnement du Pérou se sont associés pour
mener une expérimentation sur deux ans consistant à équiper dix vautours de caméras et
de GPS. Nom de l'opération : « Gallinazo Avisa » (la garde des vautours). L'idée est
d?exploiter l'attirance naturelle de ces rapaces pour les décharges afin de les localiser et
les photographier. Ce sont désormais les vautours qui font le travail de repérage des
décharges illégales et sensibiliseront les habitants grâce à une campagne de
communication du ministère en complément.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
105
« Adopter en strand » ou adopter une plage (Norvège)
La Norvège possède un vaste littoral, riche en biodiversité, mais menacé notamment par
les déchets marins. En 2017, 1 374 tonnes de déchets marins ont été collectées le long de
la côte. « Adopter en strand » est une initiative qui permet à des groupes d?adopter une
zone au choix : une plage, un site le long des voies navigables, un lac et un sentier, etc.
Chaque groupe doit entretenir sa zone au moins trois fois par an via des actions de
nettoyage et caractériser les déchets qu'il trouve sur le portail dédié « le portail de
compensation ». Cela permet de nettoyer la zone mais aussi d?identifier, cartographier
les déchets sauvages. Le calendrier des opérations de défrichage varie d?un site à l?autre
et selon le climat, mais tous les groupes d?adoptants sont encouragés à participer au
Beach Day au mois de mai. Hold Norway Rent, l?association, équipe les groupes
d?adoptants d?un kit de démarrage comprenant du matériel de nettoyage, tel que des
gants, des sacs poubelle, etc.
Les groupes se composent de citoyens, associations locales, partis politiques, entreprises,
communautés religieuses, universités et collèges, institutions, etc. L?association
encourage toutes les municipalités à participer, il suffit de choisir le niveau d?adoption
qui correspond à une méthode de compensation (cf. site). Un partenariat est ensuite
réalisé entre la municipalité et la société de collecte et de traitement des déchets, qui
assure ces missions gratuitement pour les espaces adoptés. L?objectif de cette initiative
est de créer 100 groupes d'adoption sur l?ensemble du pays.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
106
« Adopt?1 Spot » ? Association Mer terre (France)
En France, une initiative similaire est en cours de préparation par l?association Mer terre,
spécialisée et pionnière dans l'étude et la réduction des pollutions par les macrodéchets.
L?initiative Adopt'1 Spot est encore en cours de préparation. Elle permettra une
réappropriation des territoires par les citoyens. En effet, les administrés pourront soit
s?engager sur trois nettoyages par an et réaliser une caractérisation des déchets plus ou
moins détaillée, soit réaliser un nettoyage par an pendant deux ans. Une initiative qui
permettra de nettoyer les littoraux mais aussi de récolter des données quantitatives et
qualitatives des macrodéchets.
Il existe aussi une version irlandaise : « Adopt a spot » - Keep North Ireland Beautiful.
« 2 minutes Beach Clean » ? Mobiliser les citoyens par les réseaux sociaux ?
Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
L?initiative a été créée en 2009 suite à une série de tempêtes qui ont couvert les plages
anglaises de déchets marins ; elle est relayée par des stations balnéaires partenaires en
Irlande et en Angleterre. L?objectif est de sensibiliser les citoyens aux déchets marins en
les incitant à ramasser pendant deux minutes les déchets autour d?eux et à poster la
photo sur Instagram ou twitter avec #2minutebeachclean. Depuis, cette initiative s?est
développée dans le
monde entier et à tous
les espaces avec
#2minutelitterpick.
Cette campagne est
menée par une équipe
de cinq personnes et
financée par des dons,
des sponsors et la vente
de produits dérivés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
107
« Nominate a Hero » - désigner un héros - Keep Scotland Beautiful (Ecosse)
Cette action récompense chaque mois un volontaire ou un groupe de volontaires pour le
nettoyage d?un site. Un certificat de Keep Scotland Beautiful est remis au « héro » qui
peut être nominé par tous.
« Élection des quartiers de gare et des zones commerciales les plus propres »
(Pays-Bas)
L?objectif de cette initiative est de récompenser les zones
commerciales les plus propres des Pays-Bas. Des rapports
sur les résultats en matière de propreté de sécurité et de
confort sont envoyés aux participants, il en résulte une
meilleure perception des zones commerciales de plus en
plus propres au fil du temps et une chance de gagner le titre
de « Zone de shopping la plus propre des Pays-Bas ». En 2018, le nombre de participants
a augmenté de 60 %, pas moins de 583 zones commerciales ont fait l'objet d'une enquête.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
108
« Supporter van schoon » ou comment devenir un ambassadeur de la
propreté (Pays-Bas)
Ce dispositif extrêmement riche met à disposition
des citoyens (via le site) de nombreux outils pour
différents lieux (événements, zones commerciales,
entreprises, municipalités) ce qui leur permet
d?endosser le rôle d?ambassadeur propreté.
L?objectif est de diffuser le bon geste, partager les
actions, participer aux campagnes des autres
ambassadeurs et s?inspirer de pratiques et conseils
divers et variés pour un environnement sans
déchet sauvage.
Lien : https://www.supportervanschoon.nl
« Programme Love Parks » ? Protéger, améliorer et promouvoir les espaces
verts ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
Ce programme apporte un support aux communautés de gestion des
parcs afin de créer un réseau national des « amis des parcs ». Cette
initiative comporte plusieurs éléments : une plateforme en ligne avec
des ressources documentaires, des formations et l?organisation d?une
semaine annuelle « Love Parcs » avec des animations menées par
toutes les communautés partenaires.
Lien : https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-
epidemic-parks
https://www.supportervanschoon.nl/
https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-epidemic-parks
https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-epidemic-parks
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
109
ANNEXE II
Exemples de plans de propreté
110
Plan propreté de Metz
INTRODUCTION
En septembre 2012, le Pôle Propreté Urbaine a lancé une étude pour moderniser son organisation, optimiser son action et améliorer
ses locaux. Dans un contexte financier contraint, l'ensemble de cette évolution devant se faire à moyens constants, voire même avec
une diminution de 800 000 ¤ de fonctionnement sur 4 ans.
Suite à cette étude, il a été décidé de structurer le Pôle Propreté Urbaine territorialement avec la création de deux zones, une Est et
une Ouest.
Le projet consiste depuis lors à concentrer les moyens d?action du pôle sur 2 sites contre 10 auparavant, avec la création :
? d?un site principal correspondant au Centre d?Exploitation Dreyfus Dupont regroupant la Direction, l?Administration, les équipes
propreté et mouvement Ouest ;
? d?un Centre d?Exploitation boulevard de Guyenne regroupant les équipes propreté et mouvement du Secteur Est.
L?organisation territoriale s?est accompagnée également d?une nouvelle structuration du pôle. Ainsi, les Services manuels et
mécaniques ont été regroupés et placés sous la responsabilité unique d?un directeur adjoint. Le management territorialisé de chacun
des secteurs Est et Ouest a été confié à deux chefs de secteur assistés par un technicien propreté et un technicien mouvement.
Les équipes manuelles et mécaniques sont regroupées au sein de 10 équipes (contre 16 auparavant) composées en moyenne de
12 agents, chacune managée par un responsable et un adjoint.
Cette structuration s'est accompagnée d'un plan de formation pluriannuel afin d?accompagner et d?assister les encadrants et les
agents dans la mise en oeuvre de la nouvelle organisation et la mise en place d'un management de proximité.
Dans la continuité de ce projet organisationnel, il a été créé un service Qualité Développement qui est en charge de la partie études,
prospective et qualité du pôle et permet de dissocier les interventions ponctuelles relevant de la « para-propreté », de l'exploitation
pure et simple ; l'objectif étant d'apporter méthode et ingénierie de projet, optimiser la relation usager, de renforcer l'efficience du
service de proximité et d'assurer une meilleure gestion interne sans désorganiser l'exploitation.
111
Évolution de la modernisation :
Ce plan a été déployé selon 6 axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : La propreté, un enjeu de proximité avec les usagers
? Axe 2 : Collecte des déchets, une coopération active avec la Métropole
? Axe 3 : La ville, un espace public à protéger
? Axe 4 : Les incivilités, une lutte collective
? Axe 5 : Le développement et l'innovation durable, une ambition humaine et technologique à partager
? Axe 6 : La qualité de l'espace public, un suivi nécessaire
L'évolution du pôle s'est appuyée sur l'ensemble des ressources de la ville sans créer de dispositif en particulier.
2013-2015
-
Projet de
réorganisation :
travaux site de
Borny
2016
-
Obtention de 7
trophées AVPU et
du prix d?honneur
? Label ville Eco
propre 1ère *
2017
-
Obtention de la
certification
environnemental (ISO
14001)
Label Ville Eco propre **
Réorganisation
sectorielle du pôle :
secteurs EST / OUEST
Création du site de Borny
2018
-
Nouveau plan de
propreté
Création du
service Qualité
Label Ville Eco
propre ***
2020
-
certification
Qualité (ISO 9001)
Système de
management
intégré QSE
Objectif Label Ville
Eco propre *****
2018-2020
-
Label Ville Eco propre
****
Rénovation du site de
Dreyfus
Mise en oeuvre du plan
de propreté prévue
pour début 2019
Lancement de la
démarche Qualité
ISO9001
112
Axe 1 : La propreté, un enjeu de proximité avec les usagers
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Réponse et
traitement de la
doléance
? Évolution de la plateforme "Allo-Mairie" pour répondre rapidement et
au plus juste aux demandes de la population > principe de guichet unique
Interne
? Un certain nombre de réponses préformatées
peuvent être données à l'usager dès réception
de l'appel sans transfert au service
? Automatisation du traitement de la doléance sous format d'un ticket
grâce à la mise en place d'un logiciel de gestion permettant le suivi et la
traçabilité de chaque demande
Moyens mutualisés
avec la Métropole
? Permettre le transit des demandes spécifiques
du point d'entrée jusqu'aux techniciens pour
traitement sous contrôle de la direction
? Permettre la réalisation de statistiques
relatives à la typologie des doléances par
quartier
? Éviter le sur-signalement
Démarches
Participatives
? Identification d'un « ambassadeur de propreté » dans chaque quartier,
pour faciliter les relations entre élus, administration et citoyens (en cours)
? Echanges avec les comités de quartier autour de l'entretien de l'espace
public
? Développer la médiation pour se rapprocher de ses citoyens : expliquer,
rassurer, convaincre et humaniser les rapports entre administration et
usager. Médiateur = facilitateur de contacts ; Formation nécessaire
? Développement des balades urbaines en présence des services
techniques et des habitants pour une évaluation croisée
? Développement des appels à projets citoyens (budget participatif) pour
réaliser des fresques décoratives ou opérations de propreté
Néant
? L'objectif est d'associer a maxima les habitants
dans les décisions
? Faire comprendre et rassurer pour faire
adhérer
? La verbalisation ne peut être une solution
durable il faut trouver des solutions ensemble.
? (495 interventions -> 63 % résolues sans
verbaliser)
? Création d'une communauté d'habitants qui
se mobilisent lors d'opérations spécifiques
Communication
renforcée
? Création de supports pour informer et donner de la transparence aux
actions de la collectivité. L?accent est placé sur l?aspect pratique axé sur
le quotidien des usagers.
? 20 à 25 articles PQR par an pour maintenir le sujet dans l'actualité
? Communication sur la semaine de la propreté
? Portes ouvertes au centre d?exploitation
? Participation à des événementielles : Metz plage, journée d?intégration
des grandes écoles, exposition canine, etc.
Néant
? Présence média importante
? Reconnaissance et rayonnement du pôle à
l'extérieur
? Bonne connaissance des actions du pôle
? Sensibilisation des usagers aux bonnes
pratiques en termes de propreté
? Intégration des usagers dans les actions mises
en place en termes de propreté
113
Axe 2 : Collecte des déchets, une coopération active avec la Métropole
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Concertation
? Définition des limites d?interventions et de coopération entre collecte,
propreté, communication, médiation et verbalisation
Interne ? Améliorer les interfaces et les interactions
? Participation à l?élaboration du règlement de collecte afin d?intégrer les
contraintes de collecte et de propreté
Interne
? Disposé d?un référentiel imposable à l?usager
et applicable par les collectivités en termes
d?exploitation, d?information et de verbalisation
? Mise en place d'un COPIL bimensuel pour traiter des points particuliers Interne
? Maintien du dialogue entre collecte et
propreté, adaptation des interventions et des
méthodes aux disfonctionnements et aux
situations exceptionnelles
? Convention tripartie Bailleur, Métropole et Ville pour l?entretien, la
collecte et le nettoiement des points de collecte
? Lancement de la démarche de conteneurisation des déchets par la
métropole
23 M¤
? Mécaniser la collecte des déchets et améliorer
la propreté des espaces
Axe 3 : La ville, un espace public à protéger
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Anticipation des
problématiques
? Intégrer les problématiques de propreté urbaine dès la conception des
projets d'aménagement (espaces exigus, générateur de malpropreté, tags, etc.)
? Participer à l?organisation des événementiels et manifestation afin
d?anticiper les problématiques de propreté et de gestion des déchets.
? Travail spécifique d'agrément sur les commerces vacants
? Intervention auprès des concessionnaires (téléphonie, UEM, etc.) pour
améliorer la propreté de leurs équipements sur l'espace public
? Reconduction de la démarche « chantier propre » auprès des
entreprises intervenant sur le domaine public
? Mise en place d'un groupe de travail dans une approche sociologique
des quartiers pour déterminer de nouveaux plans d'actions
Néant
? Pour renforcer l?efficacité de la politique de
propreté et modifier les comportements de nos
concitoyens, il est nécessaire de combiner des
mesures d?application immédiate et une
stratégie de plus long terme avec pour ambition
d?agir sur les causes structurelles du sentiment
de « malpropreté » autour d?un diagnostic
partagé sur l?état de propreté de la ville. Elle
permet de se mobiliser autour d'un processus
d'amélioration continue.
300 ¤
600 ¤
Néant
Néant
114
? Optimiser juridiquement les arrêtés municipaux relatifs au pouvoir de
police du Maire pour rendre plus efficaces et rapides les poursuites pénales
consécutives à des flagrants délits ou suite à des enquêtes en lien avec des
dépôts sauvages > renforcement des pouvoirs de la brigade propreté
? Prospective sur des méthodes préventives aux incivilités > solutions
techniques en complément du geste civique /nudge (création de parcs à
chiens, installations de cendriers de sondage, murs d'expressions, fresques
participatives?)
Néant
Budget participatif
Traitement de la
problématique
? Réfection et entretien des mobiliers urbains détériorés
? Lancement d'opérations coup de poing « Nettoyage de Printemps » visant à
rénover et nettoyer en profondeur des secteurs ciblés
? Engager une action de verbalisation qualitative plus ciblée sur les dépôts
sauvages récurrents
? Maintenir la prévention et réactivité sur les graffitis et développer la lutte
juridique contre les affichages sauvages
? Mise en place d'une facturation pour donner du sens à l'incivisme et réparer
le préjudice de la ville
? Développer l'utilisation de la rubalise « dépôt illicite de déchets, l'auteur est
en cours d'identification » pour marquer le dépôt sauvage
80 ¤ pour un sac OM
? Réaffirmer les règles d'utilisation du domaine
public
450 ¤ pour un dépôt
Solution
technique
? Mise en place d?indicateurs objectifs de propreté
? Caractérisation des rues de la Ville pour un traitement équitable de ces
dernières
? Définition de niveau x de propreté optimum et acceptable
? Recensement et référencement des données d?exploitation : vitesses
d?avancement, temps de travail brut et net, taux d?absentéisme et
d?immobilisation, etc.
? Définition de niveaux de service répondant aux niveaux de propreté validé
? Définition des modes d?intervention et des niveaux de propreté attendus
? Elaboration d'une matrice des moyens pour contractualiser avec les
politiques l'application d'un niveau de service en adéquation avec les moyens
alloués
? Réorganisation territoriale des équipes
? Définition des tournées et des plannings d?intervention afin d?intégrer les
niveaux de service du plan de propreté
? Mise en place d'une nouvelle ligne hiérarchique pour plus d'encadrement de
proximité
? Elaboration d'un plan de formation
? Reprise en régie du nettoyage de secteurs auparavant sous-traités, avec
optimisation des tournées, adaptation des fréquences et gain financier
? Affichage des niveaux de services pour responsabiliser les usagers
Développement
interne
? La matrice des moyens est une appli
développée en interne, elle permet de
transcrire en temps réel l'affectation des
moyens humains et matériels sur chaque
secteur. Elle permet d'évaluer la bonne
adéquation des moyens avec le niveau de
service souhaité par les élus. C'est également un
outil de gestion des mouvements de personnel
pour élaborer des parcours à partir de postulats
d'exploitation. Enfin, c'est une plateforme
permettant la valorisation financière de la
propreté à la rue près.
115
Axe 4 : Les incivilités, une lutte collective
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Sensibilisation
du jeune public
? Recrutement d'une animatrice en remplacement d'un agent de nettoiement
pour sensibiliser les enfants de cycle 1, 2 et 3
? Élaboration d'un programme pédagogique à destination des scolaires validé par
l'Education Nationale et l'Ademe
? Poursuivre le déploiement de la campagne de communication et capitaliser les
effets dans les écoles pour faire des enfants sensibilisés des vecteurs
d'informations auprès de leurs parents
? Semaine de la Propreté : ouverture du parc des véhicules de propreté aux
enfants lors de la semaine de la propreté
? Démonstration de la technique d'enlèvement de graffitis à des élèves d'école
primaire
3 000 ¤ (développement
des supports)
? Préparer les générations futures
Promouvoir le
geste citoyen
? Maintenir une présence média régulière pour valoriser les actions menées par
les partenaires et développer l'éco-exemplarité
? Sensibilisation des citoyens-usagers au travail des agents, pour une meilleure
coresponsabilité sur la propreté et une appropriation de l?espace public > visites
de centres d'exploitation de la PU
? Développer les partenariats avec le tissu associatif local pour qu'il soit
prescripteur de l'image de marque de la ville
? Développer les partenariats avec les syndics pour sensibiliser les citoyens (ex. :
mise en place de boîtes à pain pour la récupération de pain sec en pieds
d'immeubles)
? Formation des agents de terrain sur l'ensemble de la ville pour favoriser la
proximité et la communication avec les usagers > restaurer le lien privilégié avec
le cantonnier
? Faire évoluer les mentalités
? Faire comprendre que la salissure est le résultat de
l'incivisme et non d'un défaut de service
Responsabiliser
les usagers
? Développer les opérations conjointes avec la Police Municipale notamment
quant à la vidéo surveillance
? Développement de relations avec des usagers référents faisant remonter les
dysfonctionnements dans leurs quartiers
? Mise en place de Travaux d'Intérêts Généraux pour les personnes jugées pour
des faits répréhensibles et lutter ainsi contre les récidivistes.
? Opérations de nettoiement communes services et foyers d?accueil, pour une
meilleur appropriation et intégration du quartier par les jeunes
? Mettre fin à la sur-réactivité traduisant une déresponsabilisation
Néant
450 ¤
? La Propreté d'une ville renforce sa qualité de vie
et son attractivité. Elle s'intègre logiquement dans
une politique globale de développement durable.
Cet enjeu est quotidien car il s'agit de rendre à
chaque instant une ville propre, attrayante,
sécuritaire et saine. Cependant, Metz doit
répondre à un paradoxe : satisfaire une exigence
accrue des citoyens en contradiction avec des
comportements inciviques de plus en plus
fréquents
116
? Opération statique de surveillance
? Développer les pièges photographiques
? Développer la vidéo surveillance et la caméra leurre sur les points noirs quand
cela est possible
? Création d'enquêtes de voisinage
? Mise en place de courriers de mises en demeure
? Appel à la participation des usagers lors des opérations Clean up + marche
propreté en collaboration avec les comités de quartier
Axe 5 : Le développement et l'innovation durable, une ambition humaine et technologique à partager
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Prospective
? Adhésion à L'Association des Villes pour la Propreté Urbaine pour obtenir
des indicateurs de propreté et adapter les moyens en fonction des temps de
dégradation de la propreté
1 600 ¤/an
? Objectiver la propreté de la ville
? Réorienter les actions de sensibilisation /
verbalisation
? Des techniciens ont pour objectifs de progrès dans leur évaluation le
traitement de points particuliers (chewing gum, déjections, etc.)
? Mise en place de fiches progrès par les agents pour les propositions
d'évolution en termes de développement durable, qualité et sécurité
(ex. : installation de récupérateur d'eau de pluie, achat d'éco-cups, chariots
de tri, table de troc, boîte à pain, cendrier de vote?)
? Échanges / benchmarks réguliers en France et étranger
? Développer les capacités prospectives du pôle en
étudiant les innovations technologiques
? Favoriser la R&D
Optimisation
? Mutualisation des usages des mobiliers urbains (corbeille+cendrier)
? Géoréférencement des corbeilles pour optimiser la collecte, l'entretien et la
maintenance + outil d'aide à la décision pour l'implantation en fonction du
taux de remplissage
? Géolocalisation des véhicules de nettoiement
? Mise en place de la solution SOLI pour le traitement et suivi des
interventions de détagage + affichage sauvage
En cours
11 000 ¤
11 000 ¤
Les nouveaux
modes de
nettoiement
? Acquisition de triporteurs permettant le tri des déchets
? Acquisition d'aspirateurs industriels Glutton
? Acquisition de souffleurs électriques / désherbeurs thermiques et électriques
? Acquisition de balayeuse essence
? Développement en lien avec la médecine du travail d'un chariot de
balayage ergonomique
? Acquisition de nettoyeurs portatifs haute-pression
? Acquisition de divers outils de désherbage
? Ajouter un critère environnemental et social dans tout marché public
? Réduire l'empreinte carbone de l'activité de
nettoiement
117
Axe 6 : La qualité de l'espace public, un suivi nécessaire
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Démarche
qualité
? Approche marketing de l'organisation des moyens humains et matériels
pour apporter une réponse au plus près des attentes des riverains
? Formation des agents de terrain sur l'ensemble de la ville pour favoriser
la proximité et la communication avec les usagers > Restaurer le lien
privilégié avec le cantonnier
? Renforcement du suivi qualité par les chefs d'équipe sur le terrain
? Évaluer la satisfaction des usagers
? Développement de l'efficience du pôle dans
son intervention
? Obtention de la certification ISO9001
? Améliorer l'image de marque
? Engager un processus d'amélioration
continue
Maîtrise des
risques
? Cartographier les processus du pôle
? Mise en place d'un plan d'actions pour tous les risques identifiés en
prenant en compte l'ensemble des activités du PPU
Accompagnement
interne
? Maîtriser les risques qualité, sécurité et
environnement afin de limiter leurs impacts
sur nos activités
? Créer une dynamique d'amélioration
continue en mettant en place des actions
préventives et correctives
Améliorer les
performances
? Mise en place d'indicateurs de suivi et de performance pour augmenter
la performance globale du pôle
? Mesure du taux d'activité, présentiel, réalisation des parcours,
absentéisme
Accompagnement
interne
? Permet de mesurer notre activité afin
d'évaluer notre évolution
? Suivre des indicateurs qui serviront d'aide à
la décision
118
Plan propreté de la ville de Cannes
La ville de Cannes est confrontée de façon périodique à une importante augmentation de sa fréquentation, ce qui lui impose une
gestion complexe de la propreté selon les périodes de l?année, les événements, les quartiers et les heures du jour et de la nuit.
En 2014, le maire de la ville, David Lisnard, prenait l?engagement auprès des Cannois de faire de la lutte contre l?incivisme l?axe
principal de son mandat.
Cette volonté politique a donné suite à un plan propreté complet, inspiré de la « théorie du carreau cassé ».
Au regard de la réussite de ce premier plan et afin d?optimiser le travail des agents et d?augmenter l?efficacité de leurs interventions,
un nouveau plan est instauré en 2018.
Ce plan a été déployé selon trois axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : Prévention des usagers et sanctions
? Axe 2 : Organisation des équipes propreté
? Axe 3 : Déploiement d?un équipement innovant
119
Axe 1 : Prévention des usagers et sanctions
Thématiques Déclinaison des actions Moyens
Résultats et
perspectives
Communication
Campagnes de communication pour lutter contre l?incivisme :
? Campagnes d?affichage :
? sensibilisation globale (en 5 langues) ;
? mettant en scène les agents de propreté ;
? annonçant les sanctions en vigueur « stop incivilités ».
? Campagne « Ici commence la mer » sur les avaloirs
? Flyers, guide du civisme, « Cannes Civique » (chaîne sur YouTube),
diffusion sur le site de la mairie, écrans numériques (abribus)
Campagne faite en
régie.
L?affichage est
intégré dans la DSP
avec l?annonceur
Communication
réalisée en interne
200 plaques signalétiques
Prévention
? Sensibilisation par des volontaires du service civique, médiateurs de
l?environnement et de la lutte contre l?incivisme
? Réalisation de nudges, marquages provisoires incitant à l?utilisation des
corbeilles
? Installation de cendriers de vote (boites à mégots) pour favoriser la
collecte et le recyclage des mégots
? Distribution de cendriers jetables et de cendriers de poche sur les plages
? Opérations bénévoles de nettoyage des ports et des fonds marins
4 agents médiateurs
propreté urbaine
1 agent en charge du
mobilier urbain
25 000 cendriers jetables par an
3 opérations de nettoyage des
fonds marins par an
Éducation à la
citoyenneté
? Chaque semaine, un policier municipal sensibilise les écoliers aux bons
gestes
? Mise en place d?un projet éducatif via activités périscolaires : ateliers
innovants d?éveil à la nature, à la protection de l?environnement et au
développement durable, randonnées comptées, classes délocalisées
1 agent de police
municipal dédié
Réalisé avec les
services de la ville
Verbalisation
accrue et
interdiction des
espaces
sensibles
? Une préparation en amont des interventions avec les autres services
municipaux et une collaboration étroite et efficace avec la police
municipale sont nécessaires pour accroître la verbalisation
? Mise en place d?une brigade propreté de 13 agents assermentés qui
patrouillent en civil et en tenue pour verbaliser et sanctionner
? Interdiction de la cigarette sur deux plages
Réunion interservices
59 000 PV
120
Axe 2 : Organisation des équipes propreté
Thématiques Déploiement des actions Moyens Résultats/perspectives
Réflexion sur le
fonctionnement
du service
propreté
? Mise en place de « Cercles de qualité » afin de conduire l?ensemble
des agents vers une réflexion globale sur l?efficience du service public et
de fédérer les équipes
? Étude sur l?externalisation de certains services (le travail en régie est
bien moins cher, permet plus de souplesse dans l?organisation, mais
nécessite un bon encadrement)
Prestataire externe
? Meilleur management
? Réduction des dépenses
? Amélioration de la Propreté de la ville
? 20 % d?intervention en plus
Étude faite
en interne
? Amélioration de la planification des moyens humains :
? Renforcement du plan de Propreté 7 jours/7 ;
? Guichet unique pour toute demande ;
? Application de signalements géolocalisés à disposition des
agents ;
? Nouveau règlement pour la propreté des marchés ;
? Prise en compte de la saisonnalité ;
? Nouvelles tenues vestimentaires des agents de propreté
pour une meilleure identification ;
? Garantir le traitement de tous les secteurs, tous les jours, par
une nouvelle programmation des prestations.
? Un plan de formation spécifique et mobilisateur
? Organigramme cohérent avec de nouvelles fonctions et missions :
? Direction assurée par un Directeur et un Directeur Adjoint ;
? Nouvelle fonction : Coordinateur d?exploitation ;
? Elargissement de la mission du Responsable de secteur avec :
carnet de suivi des prestations, bilan d?activité quotidien,
plans d?actions pour fédérer les équipes.
Plan triennal de
formation
Recrutement
de 2 agents
Renforcement
des actions de
nettoiement
? Renforcement du nettoiement l?après-midi et en début de soirée, en
semaine et le week-end : le service de propreté urbaine réalise des
prestations 365 jours/an et compte trois fois plus d?agents sur le terrain
aux grands moments d?affluence
? Création d?une brigade mobile : pour ne pas désorganiser les autres
prestations et agir en 15 min
? Une approche globale comprenant le nettoyage, l?enlèvement des
herbes folles et entretien des espaces verts afin d?harmoniser les
prestations sur l?ensemble de la commune
? Lancement d?opérations « grand nettoyage » une fois par mois dans
un quartier complet, pour nettoyer, désherber, vider les avaloirs et
sensibiliser chacun à la nécessité de ne pas salir les espaces publics
5 agents dédiés
Réorganisation des
services de la ville
Opération faite
en régie
121
Axe 3 : Déploiement d?un équipement innovant
Thématiques Déploiement des actions Moyens Résultats/Perspectives
Equiper les
équipes d?outils
modernes de
communication
et de gestion
? Smartphone pour tous les responsables de secteur
? Centre de Protection Urbaine pour piloter l?action au quotidien
? Observatoire de la propreté en fonction des saisons, rues, événements
et heures de la journée, avec une cartographie des incivilités
? 16 smartphones
? 1 agent dédié
? Application SIG
? 30 % de rues nettoyées en plus
? Amélioration du nettoyage de la ville
Renforcer les
moyens des
agents pour plus
d?efficacité
? 25 véhicules de nettoyage des voies
? 1 200 corbeilles à papiers dont la plupart avec cendriers
? Corbeilles compactrices solaires et connectées / suivi du niveau de
remplissage
? Machine « Glutton » pour une aspiration efficace des déchets
? 5 triporteurs à assistance électrique pour un déplacement instantané
en mobilité douce
? Cureuses pour nettoyer les avaloirs et les caniveaux
? 8 aspiratrices avec hydro balayage pour un nettoyage complet en un
passage
? 187 distributeurs de canipoches
? 499 caméras réparties stratégiquement sur tout le territoire
? 1 000 km de voies nettoyées par semaine
? Plages horaires étendues (présence 23h/24)
? 200 km de voies nettoyées en plus chaque
semaine
122
ÎLE-DE-FRANCE PROPRE
Face à l?ampleur des dépôts sauvages en Île-de-France et à leurs conséquences pour les territoires (en termes environnementaux,
économiques et sanitaires), le Conseil Régional a voté le 7 juillet 2016 un dispositif ambitieux pour lutter contre ces mauvaises
pratiques. Intitulé « Île-de-France propre », ce dispositif a pour objectif de mobiliser et d?accompagner les collectivités territoriales
ainsi que l?ensemble des acteurs franciliens concernés, afin de réduire collectivement et durablement les dépôts sauvages sur les
territoires franciliens.
Le plan comprend 12 actions, à la fois préventives et curatives, articulées autour de quatre axes principaux :
? La mise en place d?un fond propreté et d?une dynamique régionale d?échanges et d?accompagnement des territoires
? Le renforcement du maillage des points de collecte pour les déchets des artisans
? La mobilisation et la responsabilisation des professionnels du bâtiment et des travaux publics et de la maîtrise d?ouvrage
? Le renforcement des sanctions contre les mauvaises pratiques
123
Axe 1 : Mise en place d?un fonds propreté et d?une dynamique régionale
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Mise en oeuvre
d?un fonds
propreté pour
soutenir les
démarches
territoriales
globales de
prévention et de
réparation
Subventions accordées à des collectivités, des
gestionnaires d?espaces, des aménageurs, etc.
Depuis janvier 2019, les associations sont
également éligibles.
Les plans d?actions territoriaux doivent permettre de
coordonner l?action des différents acteurs, de
développer des partenariats autours d?actions de
prévention, de nettoyage et de répression. La
communication et la pédagogie sont aussi à
promouvoir dans ce cadre.
? Dépenses éligibles : études, dispositifs de
limitation des accès, dispositifs de surveillance,
matériels de collecte, panneaux de
communication et signalétique.
Aide à l?investissement (60 à 80 %
des dépenses éligibles ? sans
plafond)
76 Projets territoriaux soutenus pour 5,4 M¤
(Informations à jour à fin 2018)
Les soutiens attribués par la Région ont concerné pour
trois quarts des projets situés en grande couronne, et ont
permis de financer :
? l?acquisition de véhicules de collecte des dépôts
sauvages ;
? la mise en oeuvre de moyens de protection de zones
sensibles via l?installation de barrières ;
? la réalisation de travaux d?aménagement ;
? l?acquisition de caméras de vidéosurveillance et de
pièges photographiques, permettant d?identifier les
auteurs de dépôts sauvages ;
? l?installation de panneaux de sensibilisation et
d?information.
Nouvelle modalité 2018 : résorption des dépôts
d?importance régionale
Pour les dépôts d?importance régionale, la mise en
place d?un comité de pilotage, la définition d?un plan
de financement partenarial et la définition d?un
projet de réaménagement du site sont demandées.
Aide à l?investissement (30 à 50 %
des dépenses éligibles ? plafond à
200 K¤) et au fonctionnement
(50 % des dépenses éligibles ?
plafond à 100 K¤)
1 opération de résorption des dépôts sauvages sur la forêt
de Saint-Germain-en-Laye portée par l?ONF
Environ 4 projets à l?étude
Nouvelle modalité 2018 : résorption des dépôts sur
terres agricoles
Dossiers portés par la direction de l?agriculture
Aide à l?investissement (80 % des
dépenses éligibles - plafond à 10 K¤)
et au fonctionnement (50 % des
dépenses éligibles - plafond à 5 K¤)
1 projet porté par un agriculteur
Dynamique
régionale
d?animation et
mise en réseau
Diffusion d?une plaquette de communication sur le
plan d?actions Ile-de-France Propre
Réalisée et diffusée
MOOC - 5 web conférences pour mieux lutter
contre les dépôts sauvages
Partenariat avec le réseau Idéal
Connaissances
Près de 70 agents des collectivités franciliennes formés
Lien n°1, Lien n°2, Lien n°3, Lien n°4, Lien n°5
Organisation d?une journée régionale 2019 En cours pour 2019
Application de
signalement des
dépôts sauvages
ACDéchets
Lancement d?une expérimentation sur une version
bêta-test en avril 2019 sur la forêt de
Saint-Germain-en-Laye
Partenariat commune et ONF
Amélioration de l?application et extension progressive à
d?autres territoires
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-sanction-contrevenants-quelle-articulation-entre-competences-pouvoirs-police-acteurs-territoriauxt-4739
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-sanction-contrevenants-comment-distinguer-procedures-differentes-infractions-5691
https://www.idealco.fr/formation/constater-depot-sauvage-quelles-sont-possibilites-d-utilisation-videoprotection-pieges-photographiques-5743
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-comment-faire-peser-cout-d-enlevement-sur-auteur-depot-6820
http://communautes.idealconnaissances.com/interdechets/evenement/lutte-contre-les-depots-sauvages-quelles-actions-pour-quels-retours-d-experience-7663
124
Axe 2 : Renforcement de l?offre de collecte des déchets des artisans
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Mise à jour de l?état
des lieux des
équipements existants
et communication sur
le maillage
Travaux d?élaboration du plan régional de
prévention et gestion des déchets
Cartographie, open data et insertion dans
l?application AC DECHETS
Environ 180 points de collecte identifiés en Ile-de-France,
de type déchèteries publiques et privées et points de
vente sur négoce
Définition des besoins
et modalités de
déploiement des
nouveaux points de
collecte
Animation d?un groupe de travail régional
avec les acteurs concernés (collectivités,
opérateurs déchets, représentants du BTP,
négoces de matériaux, enseignes de
bricolage, associations?) et participation aux
réunions territoriales
3 réunions régionales
Mise en oeuvre d?une animation territoriale
en partenariat avec le réseau des chambres
de métiers et de l?artisanat pour définir les
besoins des entreprises en points de collecte
et l?articulation la plus pertinente entre
l?offre publique et l?offre privée
Convention avec la CRMA 4 territoires pilotes sont prévus en 2019
Favoriser le
développement de
nouveaux équipements
de collecte via un
soutien régional
financier renforcé
Augmentation des taux et plafonds d?aide
régionale pour le soutien à la création /
extension de déchèteries ou points de
reprise sur négoce
30 % d?aide régionale, aide
plafonnée à 300 000 ¤
Depuis le mois de septembre 2016, 15 projets, dont
6 créations d?équipements et 9 rénovations, ont été
soutenus pour un montant global de plus de 4 millions
d?euros.
125
Axe 3 : Mobilisation et responsabilisation des professionnels et de la maîtrise d?ouvrage
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Développement de la
sensibilisation aux
bonnes pratiques dans
le cadre de la
formation initiale
Cible : lycées techniques et CFA Mise en oeuvre à venir
Sensibilisation et
valorisation des
bonnes pratiques des
professionnels
Enquêtes auprès des artisans du bâtiment sur
la gestion des déchets du BTP
Convention avec la CRMA
Résultats exploités dans le PRPGD
Sensibilisation sur les bonnes pratiques et
diffusion d?une vidéo de sensibilisation à
destination des chefs d?entreprise
Vidéo réalisée
Responsabilisation de
la maîtrise d?ouvrage, y
compris les particuliers
et la Région en tant
que MOA
Animation d?un Club maîtrise d?ouvrage par
la région
2 réunions en 2017
Boîte à outils : clauses dans les marchés
publics, détection des offres anormalement
basses, suivi de la gestion des déchets,
sensibilisation des particuliers?
https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=MLrXL1-Qlus
126
Axe 4 : Renforcement des sanctions envers les mauvaises pratiques
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Propositions concernant des
évolutions réglementaires, de
procédures et de financement
Interpellation de l?État sur les
besoins d?évolution du cadre
réglementaire et législatif (pouvoir
de police, assermentation des
agents, simplification des
procédures judiciaires?)
Améliorer le cadre actuel pour le rendre plus opérationnel ou le simplifier
1. Développer les moyens de constatation des dépôts sauvages : adapter les
pouvoirs des agents en fonction des infractions, étendre l?utilisation de la
vidéo protection
2. Améliorer l?articulation entre les compétences et les pouvoirs de police
des communes et des groupements de collectivités
3. Mettre en place une amende forfaitaire, développer les possibilités de
confiscation de véhicules
4. Accompagner les agents dans la mise en oeuvre des procédures et
sensibiliser les procureurs
Contribution à la FREC
État des lieux des dispositifs
incitatifs existant dans d?autres
pays ou sur d?autres sujets
Mise en oeuvre à venir
Suivi des actions de contrôle et
sanctions menées par les services
de l?État sur le travail illégal et les
sites illicites de traitement de
déchets
Mise en oeuvre à venir
127
Plan propreté de Bordeaux Métropole
CONTEXTE
Après 1 an de mise en place de la mutualisation au sein de la métropole, le niveau de service de la propreté sur les communes de
Bordeaux Métropole est globalement jugé satisfaisant, mais on constate une insuffisance d?action, face à la croissance urbaine et à
l?augmentation des incivilités, pour permettre un niveau de service optimum.
Afin d?évaluer l?action de propreté portée par les services de Bordeaux Métropole, en juin 2017, une enquête de satisfaction est
commandée à l?IFOP (Institut français d?opinion publique) auprès des habitants, avec des questions relatives à la propreté, la voirie
et les espaces verts. À l?exception de Bordeaux-centre où une enquête spécifique sur la propreté avait été diligentée l?année passée,
il s?agit de la première enquête de ce type dans la Métropole.
Chaque année, l?enquête est renouvelée afin de disposer d?un baromètre, et ses résultats sont diffusés aux maires.
En 2017, les résultats globaux de l?enquête concernant la propreté sont satisfaisants, et très souvent nettement supérieurs à la
moyenne nationale. Cependant, elle fait apparaître des résultats contrastés.
Le retour des élus est plutôt positif sur les prestations assurées par les services communs. La communication des plans de gestion
concernant la propreté a été appréciée et a permis à chacun de mieux appréhender la logique organisationnelle de planification que
les services mettent en oeuvre. Dans leur globalité, les équipes de propreté interviennent de façon réactive.
Les résultats de l?enquête sont parfois en décalage avec la perception des élus interpellés par certains citoyens insatisfaits, alors
même que l?exigence de réactivité des citoyens croît avec la rapidité de la circulation de l?information. Il est vrai que l?agglomération
connaît une croissance urbaine sans précédent.
Le plan s?articule autour de trois axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : le renforcement du niveau de service de propreté urbaine pour toutes les communes
? Axe 2 : le renforcement de la propreté dans le centre historique de Bordeaux
? Axe 3 : la mise en place d?une communication ciblée et le partage des responsabilités
128
L?impact financier de ce plan se décline en :
? 4 645 000 ¤ sur le budget général de fonctionnement
? 1 720 000 ¤ d?investissement en 2018, puis 530 000 en 2019 et 487 000 en 2020
? 1 780 000 ¤ à compter de 2020 sur le budget annexe des déchets ménagers (1 180 000 ¤ en 2018)
Ce coût est financé pour partie par les recettes de taxes de séjour, et, pour ce qui concerne les actions de collecte, par la dynamique
des recettes de la taxe d?enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Par ailleurs, l?augmentation de la TEOM en 2016 a permis
d?alléger la contribution du budget général au budget annexe des déchets ménagers, ce qui permet de prélever le financement du
volet propreté sur le budget général.
Le renforcement des niveaux de service se traduit par des créations de postes au sein de la direction de la gestion des déchets et de
la propreté (20 à échéance 2022) et au sein des équipes de propreté des pôles territoriaux, et par redéploiement de postes dévolus
actuellement au secteur de l?hypercentre, qui seront confiés au privé. Au total, cela représente l?équivalent de 59 postes nouveaux
en charge de cette politique.
129
Axe 1 : Le renforcement du niveau de service de propreté urbaine
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financiers) Résultats
Les dépôts sauvages et les
encombrants
1) Renforcer la fréquence de passage pour le nettoyage des dépôts
sauvages autour des bornes à verre et des bacs enterrés sur le
domaine public métropolitain.
Pour les bacs enterrés sur domaine privé, ce nettoyage est à la charge de
la copropriété ou du bailleur, et Bordeaux Métropole peut intervenir à la
demande des communes, avec facturation au propriétaire.
Eradiquer les dépôts
sauvages et valoriser la
mise en oeuvre des bacs
enterrés
2) Renforcer la fréquence de collecte de certaines bornes à verre, pour
éviter les débordements.
3) Renforcer la capacité à intervenir de façon réactive pour enlever des
dépôts sauvages aléatoires, grâce à des équipes volantes et des
marchés pour les gros volumes.
Marché de collecte des
encombrants sur les quartiers
historiques de Bordeaux : 400 000 ¤
Le contrôle de l?incivilité et
les sanctions
Renforcer la surveillance des espaces publics et le contrôle des dépôts
par des agents de surveillance au sein des services territoriaux sur les
territoires des communes qui ont transféré / mutualisé leurs moyens et la
création d?une cellule nocturne au sein du centre incivilité-déchets du
pôle territorial de Bordeaux.
10 postes sur la ville de Bordeaux :
300 000 ¤ non chargés
Contenir, voire supprimer
à terme les incivilités
Le balayage des pistes et
bandes cyclables dans le
cadre d?une constante
progression de la pratique
cycliste
Mise en place depuis janvier 2018 d?un marché spécifique pour le
balayage des pistes cyclables (12 passages/an).
Pour favoriser le
développement des
déplacements à vélo
Faire face à la suractivité liée
au désherbage sur les
trottoirs et les routes suite au
passage au « zéro phyto », et
à la chute des feuilles à
l?automne
Organisation de formations et de séminaires pour communiquer,
sensibiliser les citoyens et les élus à l?intérêt du zéro phyto, à la présence
de la nature en ville et à la responsabilité propre des riverains concernant
l?entretien de leur trottoir.
130
Axe 2 : Le renforcement de la propreté dans le centre historique de Bordeaux
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financier)
Résultats/
perspectives
Adaptation du service de la collecte
1) Évolution vers une fréquence de 5 jours pour les OM et 1 jour
pour le tri
2) Déploiement de bacs collectifs de tri avec suppression des
bacs individuels stagnant sur l?espace public
3) Obligation de collecte des poches hors bac pour toutes les
équipes de nuit
Elément variable affecté aux agents
(6 ¤ par vacation/jour/agent)
4) Amélioration de la vidange des bornes à verre sur le centre
historique de Bordeaux
60 000 ¤/an jusqu?en 2025
5) Ouverture de locaux collectifs de pré-collecte en pied
d?immeuble pour les habitants dont les logements sont
inadaptés au stockage des bacs
Évolution des organisations des
services de propreté adaptées aux
différents rythmes de la ville
1) Mise en place des plans estival et hivernal, création d?une
équipe Vendredi Samedi Dimanche Lundi (VSDL) sur le
territoire de Bordeaux
17 agents sur la ville de Bordeaux
2) Diversification et augmentation de l?offre de mobilier
(corbeilles, panneaux d'affichage libre, distributeurs de
poches, cendriers, éteignoirs sur corbeilles, expérimentation
de nudges et éco-mégots)
320 000 ¤ d?investissement/an sur la
ville de Bordeaux jusqu?en 2020
3) Expérimentation d?une externalisation complète et intégrée
des activités de collecte et de propreté sur le quartier
historique de Bordeaux. Marché public élaboré sur un objectif
de résultats et non pas sur des moyens mis en oeuvre, basé sur
un référentiel propreté.
Marché de 2 080 000 ¤ HT
4) Augmentation et diversification des acquisitions de matériels
roulants adaptés aux différents espaces publics et aux
nouveaux besoins (balayeuse 2m3, gluttons?)
2 000 000 ¤ d?investissement sur
3 ans
131
Axe 3 : La mise en place d?une communication ciblée et du partage des responsabilités
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financiers) Résultats/perspectives
Élaboration d?une
campagne de
communication ciblée
et récurrente
1) Communication sur différents supports (panneaux d?affichage sur le
réseau urbain, établissements publics, écoles, journal Métropole, média,
spots radios, réseaux sociaux?) avec un message pour mieux informer les
habitants sur la nécessaire coopération et sur les risques de verbalisation
encourus
190 000 ¤ jusqu?en 2025
Modifier le comportement
des usagers inciviques
2) Mise en place de panneaux mobiles dans les rues des quartiers, par type
d?incivismes rencontrés (déjections canines, dépôts sauvages?)
10 000 ¤/par quartier
Rendre visible l?incivilité sur
les points sensibles
3) Signature d?un contrat de propreté avec l?ensemble des acteurs
concernés (bailleurs et syndics, les commerçants et restaurateurs, les
professionnels du secteur de la propreté et les habitants?)
Responsabiliser tous les
acteurs participant au
maintien d?un cadre de vie
agréable
4) Création d?un réseau métier Propreté au sein de Bordeaux Métropole
Construire une politique
publique de Propreté Urbaine
et développer le réseau
d?acteurs de la propreté
M
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pa
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be
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http://www.laboiteaverbe.fr/
1 - Notions fondamentales sur les déchets
2 - Les abandons et les dépôts illégaux de déchets
1 - Les Français et les dépôts sauvages : extraits du baromètre citoyen
2 - Regards croisés d?experts
3 - « À faire / À éviter »
4 - Les pratiques existantes des collectivités
5 - Plans de propreté
1 - Généralités en matière de droit : les pouvoirs de police
1) Pouvoirs de police judiciaire et pouvoirs de police administrative
2) Police administrative générale et police administrative spéciale
2 - La répression pénale
3 - La constatation et le signalement des infractions pénales
4 - Les sanctions administratives
1 - Des corbeaux, agents de propreté ? ? Puy du fou (France)
2 - Des drones pour identifier les déchets sauvages ? DDTM Hérault (France)
3 - « Gallinazo Avisa » - La garde des vautours ? Lima (Pérou)
4 - « Adopter en strand » ou adopter une plage (Norvège)
5 - « Adopt?1 Spot » ? Association Mer terre (France)
6 - « 2 minutes Beach Clean » ? Mobiliser les citoyens par les réseaux sociaux ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
7 - « Nominate a Hero » - désigner un héros - Keep Scotland Beautiful (Ecosse)
8 - « Élection des quartiers de gare et des zones commerciales les plus propres » (Pays-Bas)
9 - « Supporter van schoon » ou comment devenir un ambassadeur de la propreté (Pays-Bas)
10 - « Programme Love Parks » ? Protéger, améliorer et promouvoir les espaces verts ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION lai de
5 jours à compter de leur clôture au
procureur avec copie au DRAAF pour les
délits, directement au DRAAF avec copie au
procureur pour les contraventions. Les
agents de l'ONF transmettent directement
et non par l?intermédiaire de leur supérieur
hiérarchique. Les PV des gardes particuliers
sont transmis dans un délai de 3 jours au
procureur. Des mesures d'enquête complé-
mentaire peuvent être ordonnées par le
DRAAF, un nouveau PV est alors rédigé et
c'est à compter de sa clôture que com-
mence le délai pour engager les poursuites
ou les propositions d'alternatives.
Les poursuites ou les alternatives : le DRAAF
reste officier du ministère public, pour les
infractions contraventionnelles uniquement ;
il conserve cependant le pouvoir de
proposer au Procureur des alternatives aux
poursuites dont notamment la transaction.
Il n'y a plus d'accord préalable à obtenir du
procureur, mais une homologation de la
proposition acceptée par le contrevenant
doit lui être demandée.
3) L?avis de contravention et le procès-
verbal
Sauf dans le cas de la contravention de
5e classe qui réprime les faits d?abandonner
ou de déposer des déchets à l?aide d?un
véhicule, les autres contraventions prévues
par le Code pénal peuvent faire l?objet
d?une amende forfaitaire, si l?auteur
présumé est identifié sans qu?il y ait besoin
d?une enquête. Il convient de noter que le
fait de l?identifier grâce à un système de
vidéoprotection n?est pas un moyen
d?investigation qui s?oppose à l?amende
forfaitaire. En cas d?amende forfaitaire, un
avis de contravention et une carte de paie-
ment sont remis au contrevenant au moment
de la constatation de l'infraction, ou envoyés
à son domicile (article R. 49-1 du CPP).
Lorsqu?il n?y a pas prononciation d?une
amende forfaitaire, l?infraction dont il est
constaté la commission doit faire l?objet
d?un procès-verbal (PV).
Un procès-verbal ne se réduit pas au
document que l?on nomme ainsi. C?est une
procédure qui ne se clôt que lorsque
l?ensemble des investigations nécessaires
permettant d?établir les faits auront été
rassemblées. Il peut donc s?écouler
plusieurs jours, parfois plusieurs semaines,
entre la découverte d?un dépôt de déchets
illégal et la constitution de preuves, ou au
moins d?indices suffisants de la
responsabilité d?une ou plusieurs personnes
dans la constitution de ce dépôt. C?est à
partir de la clôture du procès-verbal que le
document est envoyé au procureur de la
République dans les meilleurs délais (5 jours
après clôture s?agissant des infractions au
Code de l?environnement (art. L. 172-16) ou
les infractions forestières, et 3 jours dans le
cas d?un garde forestier salarié d?un
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
40
propriétaire forestier privé). Dès lors qu?il y
a infraction, c?est le procureur qui dirige
l?enquête préliminaire et décidera
d?engager ou non des poursuites. Les agents
habilités commissionnés et assermentés
pour dresser les PV doivent donc lui trans-
mettre directement les PV qu?ils dressent et
non par la voie hiérarchique (qui ne signe
donc pas les PV) : c'est l?agent qui doit
répondre seul de ce qu'il a constaté.
À noter : les contraventions aux arrêtés de
police municipale concernant l?organi-
sation de la collecte des déchets et au RSD
peuvent être constatées par les agents de
police municipaux, en leur qualité d?agents
de police judiciaire adjoints, mais ils
doivent remettre leurs rapports et leurs
procès-verbaux à la fois, au maire et à un
officier de police judiciaire (OPJ) de la
police nationale ou de la gendarmerie pour
transmission au procureur de la République
(art. 21-2 du CPP). Dans ce cadre, ils sont
habilités à relever l?identité des contre-
venants pour dresser les procès-verbaux.
Cependant, en cas de refus de la personne
de délivrer son identité, ils doivent faire
appel à un OPJ (art. 78-6 du CPP).
La rédaction d?un procès-verbal doit
répondre à un certain formalisme. Les PV
en matière de délit doivent, à peine de
nullité, énoncer le fait poursuivi et viser le
texte de la loi qui le réprime, conformé-
ment à l'article 551 du Code de procédure
pénale (CPP).
S'agissant de contravention, l'article A 37.2
du CPP prévoit que le PV de contravention
comporte les références des textes la
réprimant, quoique cette obligation ne
s'impose pas à peine de nullité.
La date, l?heure et le lieu du constat sont
mentionnés impérativement, de même que
la qualité et l?identité de l?agent qui dresse
le PV.
L?absence des mentions obligatoires
conduit à la nullité du procès-verbal. C?est
souvent la cause du refus d?engager des
poursuites opposées par les procureurs de
la République.
Outre ces mentions obligatoires, le procès-
verbal doit mentionner les faits constatés
directement par la personne qui établit le
PV et la description de la situation devra
être aussi précise que possible (nature des
déchets, estimation des quantités,
éléments permettant de désigner l?auteur
ou les auteurs, etc.).
Le PV peut comporter en annexe des
photos et tout document permettant
d?établir l?illégalité du dépôt ou de désigner
son auteur. Ainsi, des documents permet-
tant de l?identifier constituent, sinon des
preuves, du moins des indices suffisants
pour orienter les recherches. Si l?auteur
présumé a été identifié par vidéo-
protection, cela devra être mentionné.
Le Code de l?environnement précise que les
procès-verbaux constatant des infractions
au Code de l?environnement font foi
jusqu?à preuve du contraire (art. L. 172-16).
Il y a donc une présomption de leur
caractère probant, que la défense devra le
cas échéant renverser. Il n?en est pas de
même pour les procès-verbaux constatant
une infraction au RSD.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
41
Les sanctions administratives
Tableau récapitulatif des sanctions administratives prévues par le Code de
l?environnement
Source Type d?infraction Commentaire
L. 541-3 Dépôt illégal de déchets
Procédure administrative décrite
au §4.2
L. 541-21-3, et L. 541-21-4 Abandon de véhicule (s)
Procédure administrative décrite
au §4 (L. 541-3)
L?article L. 541-3 du Code de l?environnement
précise la procédure administrative qui sera
appliquée lorsque des déchets seront
abandonnés, déposés ou gérés contrai-
rement aux prescriptions du Code de
l?environnement.
Cet article s?applique à toute personne qui
abandonne ou dépose des déchets dans
des conditions ne respectant pas les
dispositions du chapitre Ier du titre IV du
livre V du Code de l?environnement. Cela
exclut donc des atteintes au règlement de
collecte, puisque le règlement de collecte
découle de l?attribution aux collectivités du
service public des déchets par le Code
général des collectivités territoriales. Le
dépôt sera d?une certaine importance,
plutôt en milieu rural ou dans un terrain
vague en milieu urbain, ou sur le site d?une
entreprise ayant non cessé son activité (et
ne relevant pas de la législation relative aux
ICPE de façon à permettre la mise en oeuvre
de la procédure décrite à l?article L. 541-3
par le maire ou le président d?EPCI). Il est
nécessaire que l?auteur du dépôt soit
identifié, notamment si des documents ou
des objets permettant de l?identifier se
trouvent dans les déchets, ou par des
investigations plus poussées.
Tout dépôt justifiant la mise en oeuvre de
l?article L. 541-3 doit parallèlement faire
l?objet d?un PV de constatation de la
commission du délit prévu par l?article
L. 541-46 du Code de l?environnement. En
effet, les poursuites pénales sont indé-
pendantes des poursuites administratives
Il en est de même pour l?application des
articles L. 541-21-3 et L. 541-21-4 (abandon
de véhicule).
1) Le constat des manquements adminis-
tratifs et la répression administrative
Dans le cadre de l?exercice de la police
administrative décrite à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement pour le cas des
dépôts illégaux de déchets, le maire est
l?autorité administrative compétente, à
moins que le maire ait transféré son pouvoir
de police spéciale au président de l?EPCI en
application de l?article L. 5211-9-2 du CGCT.
Le maire ou le président d?EPCI sont par la
suite appelés « autorité compétente ».
Les agents chargés du constat des
infractions pénales et ceux chargés du
constat des manquements administratifs
sont les mêmes (pour la législation
environnementale, cf. art L. 172-1 et art.
L. 541-44 du Code de l?environnement), à
l?exception des officiers et agents de police
judiciaire qui n?interviennent pas (en tant
que tels) dans le cadre purement
administratif.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
42
L?agent chargé d?un contrôle de nature
administrative adressera son rapport au
maire de la commune du lieu du dépôt
illégal de déchets qui enclenchera le reste
de la procédure, ou au président de l?EPCI
dans le cas cité ci-dessus. Par exemple : un
garde-champêtre employé par un EPCI qui
détient la compétence « police déchets »
doit envoyer son rapport au président de
l?EPCI sur le territoire duquel est situé le dépôt
sauvage, ou au préfet si l?étendue du dépôt
affecte le territoire de plusieurs communes.
Le préfet est l?autorité de police
administrative compétente pour appliquer
les sanctions prévues à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, lorsque le dépôt
correspond à une décharge illégale de
déchets : exploitation correspondant à une
activité lucrative exercée par un tiers aux
producteurs des déchets qui y déposent
leurs déchets, le stockage régulier de
déchets provenant d?une activité classée
ou non (exemple : une entreprise de
rénovation qui dépose les déchets de son
activité sur un terrain). Dans le cas où les
déchets proviennent d?une installation
classée, l?exploitant étant tenu de veiller à
gérer ses déchets conformément à la
réglementation en vigueur mais aussi aux
prescriptions fixées par l?arrêté d?auto-
risation, l?enregistrement ou le récépissé de
déclaration régissant son activité, le fait de
déposer ou de faire déposer de façon
habituelle (et non ponctuelle) ses déchets
soit dans l?enceinte de ses locaux , soit sur
un terrain indépendant constitue une
infraction à la législation relative aux
installations classées et un manquement
aux obligations de gestion des déchets
imposés à cette entreprise par la décision
qui lui donne le droit d?exploiter
(autorisation, enregistrement, déclaration) .
Ce même exploitant peut être tenu de
reprendre les déchets de son entreprise qui
auraient été déposés même à son insu par
un tiers auquel il les avait remis en vue de
leur élimination ou traitement dans une
installation autorisée à cet effet. En effet,
en tant que producteur de déchets, il est
responsable de leur gestion dans le respect
des règles applicables.
Les constats de manquement prennent la
forme d?un rapport écrit. Le formalisme du
constat administratif est décrit au para-
graphe 4.2.1, détaillant la procédure
administrative prévue par les dispositions de
l?article L. 541-3. L?établissement de ce rapport
permet au maire d?enclencher les procédures
administratives prévues par cet article.
2) Mise en oeuvre de la procédure prévue au
L. 541-3 du CE
L?essentiel
Étapes de la procédure L. 541-3 en cas de
dépôt illégal de déchets :
? Constat de l?abandon ou du dépôt illégal
de déchets par un rapport adressé au
maire ou au président de l?EPCI en cas
de transfert des pouvoirs de police du
L. 541- 3 (ou au gestionnaire du domaine
public forestier pour les infractions
forestières) ;
? Rappel à la loi de l?auteur des faits par le
maire ou le président de l?EPC (ou le
gestionnaire du domaine forestier), lui
permettant de fournir des explications
ou d?informer l?autorité administrative
que le nécessaire a été fait pour
remédier à la situation dans le délai de
10 jours à compter de la réception du
courrier recommandé avec AR (phase de
contradictoire) ;
? Arrêté de mise en demeure si le rappel à
la loi a été inefficace mentionnant un
délai pour réaliser les travaux nécessaires ;
? En cas de non-respect de la mise en de-
meure, décision imposant une sanction
(possibilité d?en conjuguer plusieurs).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
43
La procédure prévue au L. 541-3 du Code de
l?environnement décrit la procédure
administrative à respecter pour amener
l?auteur ou les auteurs d?un dépôt illégal de
déchets à remédier à la situation, lorsque le
ou les producteurs ou détenteurs de
déchets peuvent être identifiés.
L?application des dispositions de cet article
implique que le dépôt puisse être laissé sur
place le temps du déroulement de la
procédure.
De fait, l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement ne peut pas être appliqué
en cas d?abandon de quelques encom-
brants ou autres déchets sur le trottoir par
un ménage : il faut bien se rendre à
l?évidence que cette procédure serait
inadaptée puisqu?elle demande qu?en
attendant l?expiration du délai fixé à
l?auteur du dépôt de déchets pour
remédier à la situation, les déchets doivent
rester sur place (puisque c?est à l?auteur du
dépôt de les enlever ou faire enlever).
Ces phases sont détaillées ci-après.
a) Constat administratif
Le constat d?un manquement administratif
obéit à des règles, qui ne diffèrent pas
beaucoup du procès-verbal de constat
d?une infraction (cf. §3.3).
L?agent qui constate l?existence d?un dépôt
illégal de déchets :
? doit être habilité à le faire (cf. §3.2) ;
? doit respecter des règles fixées par la loi
pour opérer le contrôle de la législation
en cause, et suivre une procédure
précise pour établir l?existence du
manquement. L?accès aux lieux de
commission d?un manquement aux
dispositions du Code de
l?environnement, soupçonné ou avéré,
doit respecter les règles de procédure
prévues aux articles L. 171-1 et suivants
du Code de l?environnement.
La découverte d?un dépôt illégal de déchets
dans la nature est souvent fortuite, suite au
signalement d?un riverain ou du
propriétaire du terrain sur lequel des
déchets ont été délaissés. Si le dépôt est
constitué sur une propriété privée, l?accord
du propriétaire du terrain est nécessaire
pour y accéder et sa présence requise.
La rédaction du rapport constatant le
manquement doit mentionner, comme le
fait un procès-verbal, la date, le nom de
l?auteur du rapport, l?exposé de la
réglementation qui n?est pas respectée et
celui des faits constatés. À ce titre, il
mentionne les références des règles de
gestion qui n?ont pas été respectées et
décrit précisément en quoi le fait reproché
constitue un manquement à la
règlementation.
Les faits doivent être décrits dans ce
rapport aussi précisément qu?ils auraient
dû l?être dans un procès-verbal : dans le cas
d?un dépôt illégal de déchets, l?agent
s?attache à décrire la nature des déchets,
évaluer la quantité de déchets présente sur
le site et noter les éléments permettant
d?identifier le producteur des déchets, s?il y
en a (documents trouvés sur le site,
témoignage des voisins du dépôt qui ont pu
relever le numéro d?immatriculation du
véhicule ou même prendre des photos).
L'agent qui effectue le contrôle admi-
nistratif doit ensuite transmettre le rapport
à l?autorité compétente du lieu du dépôt,
qui pourra alors décider des suites à donner.
Jurisprudence
Un mauvais fondement légal ou un défaut de
motivation peuvent entraîner l?annulation de
l?arrêté de mise en demeure (CAA Nantes,
22 avril 1998, commune d?Ouvrouer-les-
Champs n° 95NT01342 / CAA Nantes, 17 juillet
1996, Compagnies des Bases lubrifiantes
n° 93NT00540).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
44
Nota bene
Lorsque le propriétaire ou le locataire du
lieu du dépôt est l?auteur du dépôt, si le
dépôt est susceptible de porter atteinte à
la salubrité ou la santé publique (prolifé-
ration de rongeurs, odeurs, etc), l?autorité
compétente doit mettre en oeuvre les
pouvoirs qu?elle détient au titre de la police
générale des déchets.
Tel est le cas, si des déchets putrescibles ou
de nature à attirer des nuisibles (rongeurs
ou autres vermines) sont stockés. Il faut
avoir constaté l?existence de nuisances ou
de pollutions. Dans le cas où il conserve des
véhicules hors d?usage et que la superficie
occupée par ces véhicules est inférieure à
50 m², l?évacuation de véhicules hors
d?usage peut être obtenue sur le
fondement de l?article L. 541-21-4 du Code
de l?environnement. Cet article permet de
prévenir les risques sanitaires graves, quand
les véhicules stockés peuvent servir de gites
larvaires aux moustiques porteurs de la
dengue, le chikungugna et le zika, surtout
dans les territoires ultra-marins.
Cependant, en l?absence de nuisances ou
de risques pour l?environnement, la santé
humaine ou la salubrité, il est difficile d?agir
car on ne peut qualifier les faits avec
certitude : le propriétaire du terrain ou le
locataire peut prétendre ne pas vouloir se
défaire des objets accumulés sur son
terrain, auquel cas ce ne sont pas des
déchets au sens légal du terme.
Un locataire peut aussi être contraint par
son propriétaire de mettre un terme à ses
agissements, car le contrat de location peut
préciser qu?il est interdit de stocker des
objets susceptibles d?entraîner une dégra-
dation des lieux ou entraîner des conflits de
voisinage. C?est une voie à explorer, l?autorité
compétente pouvant contacter le proprié-
taire des lieux dans ce but afin d?éviter toute
velléité de recommencer au locataire.
Sur la base du rapport constatant
l'irrégularité d'une situation, l?autorité
compétente peut ensuite enclencher la
procédure.
b) Engager la procédure
La procédure prévue à l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement commence par
une phase dite de « contradictoire » de dix
jours : l?autorité compétente informe par
une lettre constituant un rappel à la loi le
producteur ou le détenteur initial des
déchets « des faits qui lui sont reprochés
ainsi que des sanctions qu?il encourt et de
la possibilité de présenter ses observations,
écrites ou orales, dans un délai de dix jours,
le cas échéant assisté par un conseil ou
représenté par un mandataire de son
choix ».
L?exposé des faits reprochés peut ne pas
être très détaillé et renvoyer au rapport
constatant ces faits qui doit être
obligatoirement joint, même si le courrier
de rappel à la loi ne le cite pas
expressément. Toutefois, cet exposé doit
être précis et mentionner en quoi la
situation est irrégulière au regard de la
réglementation en vigueur et mentionner la
référence du texte applicable (en cas de
dépôt illégal de déchets, la référence est
l?article L. 541-2, qui impose de respecter les
prescriptions du Code pour quiconque
produit des déchets) et l?article L. 541-3 qui
pose l?interdiction d?abandonner ou de
déposer des déchets n?importe où. Le délai
de dix jours est impératif, il ne peut être
réduit.
Si, à l?issue de cette phase, le producteur ou
le détenteur des déchets n?a pas remédié
de lui-même à la situation, ou que les
observations produites ne sont pas
satisfaisantes, l?autorité compétente peut :
? prendre un arrêté de mise en demeure
de procéder à l?enlèvement des déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
45
déposés illégalement. Il est tenu de le
faire si le dépôt de déchets entraîne un
risque pour la salubrité ou la sécurité
publiques, sinon il engage la res-
ponsabilité de la commune à l?égard des
tiers, pour qui le dépôt de déchets
occasionnerait des nuisances ou un
risque comme un incendie ;
? ordonner le paiement d?une amende au
plus égale à 15 000 ¤.
En cas d?urgence, l?autorité compétente
peut fixer les mesures nécessaires pour
prévenir les dangers graves et imminents
pour la santé, la sécurité publique ou
l?environnement. Cette mesure peut
s?appliquer dès le début de la procédure.
Cela peut consister en des mesures
nécessaires à la mise en sécurité du site
avant toute mesure de retrait des déchets
et de remise en état du site. Il est possible
d?ordonner l?enlèvement immédiat des
déchets à condition que leur maintien sur
place entraîne un danger répondant aux
exigences de gravité décrites plus haut. Cet
ordre ne pourra donc être donné en
l?absence de ce danger grave et imminent.
Il ne s?agit pas là d?une sanction (II art.
L. 541-3). Ces mesures peuvent être
ordonnées sans mise en demeure préalable
du responsable du dépôt illégal de déchets.
Le coût de ces travaux sera mis à la charge
du responsable du dépôt illégal de déchets,
s?il est identifié de façon certaine. L?enlève-
ment des déchets avant même que la mise
en demeure puisse être décidée met un
terme à la poursuite de la procédure puisque
la mise en demeure n?aurait plus d?objet.
c) Mise en demeure
Si, à l?issue de la phase contradictoire, le
dépôt illégal de déchet n?a pas été résorbé,
l?autorité compétente doit prendre un
arrêté de mise en demeure, prescrivant
d'effectuer les opérations nécessaires au
respect de la réglementation dans un délai
déterminé.
Un point est particulièrement important à
respecter : la mise en demeure doit fixer un
délai suffisant pour permettre à l?auteur ou
les auteurs du dépôt illégal de satisfaire aux
prescriptions de l?arrêté. Sinon, le juge
administratif pourrait annuler la décision.
En effet, fixer un délai irréaliste revient à
rendre impossible le respect de la mise en
demeure, et dans ce cas, celle-ci est
irrégulière. Si le dépôt est très important ou
qu?il est composé de déchets dangereux
mélangés à d?autres, il sera nécessaire de
fixer un délai cohérent avec la possibilité de
faire les travaux nécessaires, car des études
préalables à l?évacuation des déchets
pourraient devoir être menées afin de
déterminer les conditions de traitement de
ces déchets. Dans ce cas, la réalisation de
ces études devra d?ailleurs être imposée et
un délai devra être fixé.
Visas
L?arrêté de mise en demeure doit viser
explicitement l?article L. 541-3 du Code de
l?environnement et, s?il s?agit de mesures de
gestion des déchets qu?auraient dû
appliquer une entreprise, l?article du Code
imposant ces mesures, si elles existent
(exemple : une obligation générale de
veiller à traiter les déchets de façon à ne
pas nuire à l?environnement est prévue à
l?article L. 541-2), et le cas échéant les
prescriptions qui auraient pu être dressées
par arrêté municipal, si l?entreprise n?est
pas assujettie à la législation relative aux
installations classées.
Il convient également de rappeler
l?ensemble des éléments se rapportant au
déroulement de la procédure antérieure à
la mise en demeure : le constat réalisé, les
échanges entre le maire et l?administré
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
46
démontrant qu?il a été informé des faits
reprochés et de la possibilité de présenter
ses observations. Le cas échéant, sont
mentionnées dans les visas les observations
présentées par celui-ci.
Motivation
La mise en demeure doit comporter les
éléments de fait et de droit sur lesquels elle
se fonde. Elle ne doit pas se référer de
manière générale aux dispositions
réglementaires qui n?auraient pas été
respectées, mais préciser en quoi les faits
reprochés contreviennent à ces disposi-
tions, et donc décrire brièvement la
situation. La mise en demeure peut
renvoyer au rapport de constat pour les
détails. En tout état de cause, ce rapport
doit être joint à la mise en demeure.
La motivation de la mise en demeure
s?attachera donc à rappeler brièvement les
règles qui n?ont pas été respectées, les
circonstances du constat de l?inobservation
(inspection?), le constat des faits et à
renvoyer au rapport adressé au maire sur ce
manquement.
d) Imposer une sanction
Il faut au préalable constater que la mise en
demeure n?a pas été respectée. Ce constat
doit être fait sur place et donne lieu à un
rapport adressé à l?autorité compétente du
lieu du dépôt par l?agent qui effectue ce
contrôle, ce rapport devant décrire à
nouveau la situation pour démontrer que la
mise en demeure n?a pas été suivie d?effet.
Les sanctions administratives prévues par
l?article L. 541-3 sont :
? la consignation ;
? l?exécution d?office des travaux
nécessaires pour remédier à la situation ;
? la suspension de l?activité à l?origine du
manquement ;
? le versement d?une astreinte journalière
au plus égale à 1 500 ¤ courant à compter
d?une date fixée par la décision jusqu?à ce
qu?il ait été satisfait aux mesures
prescrites par la mise en demeure. Le
montant maximal de l?astreinte mise en
recouvrement ne peut être supérieur au
montant maximal de l?amende
applicable pour l?infraction considérée ;
? le paiement d?une amende au plus égale
à 150 000 ¤.
Ces sanctions administratives sont cumu-
lables entre elles si l?autorité compétente
l?estime nécessaire et proportionné aux
circonstances de l?espèce.
Les sanctions administratives s?appliquent
sans préjudice des poursuites pénales
encourues.
La sanction est fixée par l?autorité
administrative compétente (ce qui la
différencie de la sanction pénale fixée par
le juge ou forfaitairement par la loi ou le
règlement). Néanmoins, la décision la
prononçant peut faire l?objet d?un recours
devant le juge administratif.
La consignation
C?est la plus courante des sanctions à
l?encontre d?une personne qui refuse de
déférer à la mise en demeure qui lui est
faite : l?autorité administrative impose à
l?auteur du manquement de verser la
somme correspondant au montant global
des travaux à réaliser au Trésor Public, qui
est chargé du recouvrement de la
consignation.
La consignation sera mise en place par
l?émission d?un titre de perception à
l?encontre de la personne qui sera transmis
au comptable public (compte budgétaire
467451 « Consignations. Protection de
l?environnement » associé au compte PCE
4674400000).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
47
Le montant de la consignation n?a pas à
correspondre exactement au montant des
travaux, mais doit permettre d?en assurer la
réalisation. Si le montant de la consignation
ne couvre pas la totalité des montants des
travaux, il n?est pas possible de demander
un complément par la suite au
contrevenant. Il est donc nécessaire
d?évaluer correctement le montant des
travaux en prenant une marge de sécurité
raisonnablement exigible. Si les travaux
sont très importants, ils peuvent être
divisés en plusieurs tranches et la
consignation sera alors elle-même divisée
en plusieurs versements. Cette façon de
procéder peut permettre à la personne
tenue de réaliser les travaux de conserver
les moyens financiers de les réaliser, car la
réalisation de chaque tranche de travaux
entraînera le remboursement de la somme
consignée pour cette tranche.
Cette somme est ensuite restituée soit en
une seule fois, lorsque toutes les mesures
ont été respectées, soit comme cela a été
exposé, chaque fois qu?une tranche des
travaux aura été terminée.
Il convient de rappeler qu?il ne s?agit pas
d?une sanction financière (contrairement à
l?amende) mais d?une mesure de coercition
d?une grande efficacité.
Par ailleurs, il s?agit du préalable nécessaire
pour engager la procédure de travaux
d?office, sauf à faire supporter l?avance du
coût de ces travaux à l?autorité
administrative qui prend cette mesure, ce
qui peut être risqué.
Les travaux d?office
Les travaux d?office constituent une
sanction qui ne doit être mise en oeuvre
autant que possible que si les sommes
nécessaires pour réaliser les travaux ont pu
être consignées, afin d?éviter le risque qu?ils
restent à la charge de la collectivité,
comme exposé ci-dessus.
La suspension de l?activité
Cette sanction est à réserver aux cas où
l?activité exercée par le dépositaire des
déchets est à l?origine du manquement.
Cependant, en cas de dépôt de déchets
réprimé dans le cadre de l?article L. 541-3 du
Code de l?environnement, le maire ou
président d?EPCI ne peut prononcer une
telle sanction qu?à l?encontre d?une
entreprise ne relevant pas de la législation
relative aux ICPE.
La suspension de l?activité qui est à l?origine
du dépôt illégal constitue une sanction
lourde dont l?usage doit être réservé aux
atteintes très graves à l?environnement ou
entraînant un problème sérieux de sécurité
publique, ou bien lorsque l?entreprise en
cause oppose un refus catégorique
d?exécuter une mise en demeure. Cette
sanction devra notamment être appliquée
dans les cas où les travaux d?office ne sont
pas envisageables.
La levée de cette sanction passe par un
arrêté de levée de suspension qui ne peut
être pris que si les travaux ou aména-
gements nécessaires ont été réalisés.
La mise en oeuvre de cette sanction doit
rester exceptionnelle. Elle demeure une
sanction dont la légitimité est difficile à
démontrer dans la plupart des cas de
dépôts de déchets, puisque la résorption
du dépôt illégal de déchets ne nécessite pas
l?arrêt momentané des activités, à moins
que ce dépôt illégal ait été constitué sur le
site même de l?entreprise. La suspension de
l?activité peut cependant être justifiée par
le fait que si l?entrepreneur ne peut pas
justifier avoir conclu un contrat pour le
transport et le traitement de ses déchets, le
risque est grand qu?il continue de les
déposer illégalement. Il faut donc mesurer
les conséquences d?une telle sanction dans
le cadre de la répression administrative des
dépôts illégaux de déchets.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
48
L?astreinte administrative
C?est une pénalité destinée à assurer le
respect de la mise en demeure après un
certain délai. Par exemple, si la mise en
demeure accorde un délai de 2 mois pour
les travaux de résorption du dépôt de
déchets, elle peut prévoir en plus le
paiement d?une astreinte par jour de
retard.
L?astreinte est imposée par un arrêté de
l?autorité compétente dont la date de
notification fait courir l?astreinte. Cet
arrêté définit en outre le montant de
l?astreinte et la condition pour y mettre fin
(la justification du traitement des déchets
fournis par l?exploitant de l?installation de
traitement ou de collecte à qui ils auront
été remis).
Le montant journalier de l?astreinte, d?un
maximum de 1 500 ¤, est déterminé
notamment en fonction de la gravité des
faits, des conséquences de la non-
exécution des mesures, de la dangerosité
du dépôt de déchets, etc.
La liquidation totale ou partielle de
l?astreinte intervient, elle aussi, au travers
d?un arrêté qui, comme en matière de
consignation, permet la mise en place d?un
titre de perception. La date à prendre en
compte pour la liquidation définitive de
l?astreinte est la date à laquelle l?exploitant
a exécuté les mesures prescrites par la mise
en demeure. Cette date est établie au
travers des éléments fournis par
l?exploitant et, le cas échéant, d?un
contrôle sur place.
L?astreinte est perçue par le comptable
public avec l?émission par l?autorité
compétente d?un titre de paiement
(compte budgétaire 250504 « Sanctions
administratives prononcées par les
ordonnateurs secondaires » associé au
compte PCE 7720000000).
L?amende administrative
L?application de cette sanction devrait être
systématique quand le responsable d?un
dépôt illégal de déchets s?obstine à ne pas
exécuter les mesures nécessaires pour faire
enlever et traiter les déchets illégalement
déposés.
La définition du montant de l?amende fait
l?objet d?un examen au cas par cas de la
situation de la personne qui ne défère pas à
la mise en demeure et des conditions qui
l?ont conduite à ne pas respecter les
dispositions qui lui étaient applicables.
De cet examen, qui doit apparaître dans les
considérants de la décision, il convient de
définir la somme retenue. Notamment, s?il
s?agit d?une entreprise, artisan ou
commerçant, on peut utilement s?appuyer
sur les gains financiers résultant du non-
respect des dispositions applicables
(« l?économie » résultant du fait de ne pas
traiter ses déchets dans une filière
appropriée peut être estimée en fonction
des quantités de déchets abandonnés et du
coût que l?entreprise aurait dû payer pour
faire traiter ses déchets).
L?article L. 541-3 dispose que le montant
maximal de l?amende ne peut dépasser
150 000 euros. Quand un fait est réprimé à
la fois par une sanction administrative et
une amende pénale, le montant de
l?amende administrative ne peut dépasser
le montant de l?amende pénale.
Le fait d?abandonner des déchets est
réprimé par l?article L. 541-46 par une
amende au plus de 75 000 ¤ pour une
personne physique. Il est multiplié par
5 pour une personne morale. Donc, si
l?auteur des faits est une personne morale,
le montant de l?amende administrative
peut être de 150 000 ¤, ce montant restant
inférieur à ce qu?elle encourt au pénal. Il
convient cependant de proportionner
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
49
l?amende à la gravité des faits. L?amende
fixée pour dépôt de déchets non
dangereux qui ne nécessite pas de travaux
de remise en état du site ne sera pas la
même que celle qui pourra être fixée pour
un dépôt de déchets dangereux ou pour un
dépôt s?étendant sur un hectare ou plus.
L?amende administrative prend la forme
d?un arrêté motivé qui, comme en matière
de consignation, est suivi d?un titre de
perception. Les considérants de l?arrêté
reprennent les éléments de fait qui con-
duisent à la détermination de la somme.
L?amende est perçue par le comptable
public au travers de l?émission par l?autorité
compétente d?un titre de paiement
(compte budgétaire 250504 « Sanctions
administratives prononcées par les
ordonnateurs secondaires » associé au
compte PCE 7720000000).
Nota bene
Les amendes administratives et astreintes
journalières mentionnées à l?article L. 541-3
du Code de l?environnement sont
recouvrées au bénéfice :
? de la commune, lorsque l'autorité
titulaire du pouvoir de police
compétente mentionnée est le maire ;
? du groupement de collectivités, lorsque
l'autorité titulaire du pouvoir de police
compétente est le président d'un
groupement de collectivités, en appli-
cation de l'article L. 5211-9-2 du Code
général des collectivités territoriales ;
? de la collectivité de Saint-Martin, lorsque
l'autorité titulaire du pouvoir de police
compétente est le président du conseil
territorial de Saint-Martin.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
50
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
51
Liste des abréviations
ADEME : Agence de l?environnement et de la maîtrise des énergies
AFB : Agence française pour la biodiversité
CA : Cour administrative
CAA : cour administrative d?appel
CGCT : Code général des collectivités territoriales
CE : Conseil d?État
CE : Code de l?environnement
CP : Code pénal
CPP : Code de procédure pénale
DGCCRF : direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression
des fraudes
DRAAF : direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt
DREAL : direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DRIEE : direction régionale et interdépartementale de l?énergie et de l?environnement
EPCI : établissement public de coopération intercommunal
GT : groupe de travail
ICPE : installation pour la protection de l?environnement
MTE : Ministère de la Transition écologique
ONF : office national des forêts
PV : procès-verbal
RSD : règlement sanitaire départemental
TA : tribunal administratif
SPGD : Service public de gestion des déchets
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
52
Remerciements
L?ensemble des membres du groupe de travail sur la prévention et la sanction des
dépôts sauvages et des personnes ayant contribué à la réalisation de ce guide, et plus
particulièrement Dominique VIEL (Présidente de l?atelier national Déchets marins),
Delphine MAZABRARD (AMORCE), Jean-Luc PUJOL (OCLAESP), Laurent CATRICE
(région Île-de-France).
De sincères remerciements à l'association Gestes Propres pour son appui au MTE, et
plus particulièrement pour avoir coordonné la production du chapitre II.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
53
ANNEXE I
Fiches outils
Exemples de pratiques
existantes de prévention
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
54
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
55
Fiche
1 Une brigade propreté pour
sensibiliser et verbaliser
Acteur : Metz
Objectif : La brigade propreté de Metz s?est fixé trois objectifs : la médiation,
la sensibilisation et la verbalisation.
Budget2 : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
La brigade est composée de cinq agents rattachés au service propreté, dont quatre
assermentés (qui ont reçu une formation).
Les missions :
? Un premier binôme est composé d'un médiateur (Agent de Surveillance de la Voie Publique)
et d'un garde champêtre. Ce dernier est habilité à mener une investigation plus poussée
dans le cadre de ses compétences, à agir en civil et à verbaliser au titre du Code pénal et
du Code de l?environnement. Ce premier binôme est chargé d?aller à la rencontre des
usagers pour informer, prévenir les situations problématiques, et/ou de trouver avant tout
des solutions.
? Les dépôts illégaux de déchets sont signalés par une rubalise comportant le message
« Auteur de ce dépôt en cours d?identification », et laissés 48 h dans l?espace public. Le cas
échéant, le binôme peut investiguer afin d?identifier l?auteur du dépôt et trouver des
preuves. Dans le cas où l?enquête aboutit à l?identification de l?auteur du dépôt, ce premier
binôme l?informe des enjeux sociaux et environnementaux en cause, le prévient de la peine
encourue et l?invite à retirer ses déchets sous peine d?être sanctionné.
? Un second binôme (composé de deux agents assermentés) verbalise par timbre-amende,
s?agissant de contraventions de 3e classe. L?amende s'élève à 35 ¤ par dépôt de déchets,
auquel s?ajoutent 80 ¤ facturés pour l?enlèvement d?office.
? Une animatrice chargée de la sensibilisation notamment dans les écoles (2 000 à
2 500 enfants sensibilisés chaque année).
La collectivité considère que cette démarche est plus efficace que le fait de verbaliser
directement, qui peut parfois être contre-productif en entraînant un sentiment
d?incompréhension, et par la suite d?opposition chez l?administré.
2 ¤ (0 - 5 000) ; ¤¤ (5k ? 15/20k) ; ¤¤¤ (15/20k - 50k) ; ¤¤¤¤ (50k +)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
56
MOYENS REQUIS
? Coût de la formation d'une brigade propreté urbaine : 10 000 ¤ (pour deux agents)
? Il s?agit d?une formation spécifique « médiation et gestion de l?agressivité » + self-défense
pour garde-champêtre et les médiateurs de la propreté du premier binôme. Le second
binôme affecté à la verbalisation n?a pas bénéficié de cette formation.
? Pas de coûts salariaux supplémentaires puisqu?il s?agit de postes redéployés.
? Les agents sont identifiés « Metz propreté urbaine ».
? Communication : 5 000 ¤ par an seulement partant du principe que « nos balayeurs sont
les premiers prescripteurs sur le domaine public ».
? La rubalise met en évidence le fait que le dépôt de déchet est illégal. Elle évite de nouveaux
dépôts au même endroit et signale aux administrés que la situation est déjà prise en
compte, ce qui évite que le dépôt fasse l?objet d?autres signalements.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Sensibiliser avant de sanctionner pour plus de pédagogie.
? Frapper fort en expliquant que la sanction administrative (facturation à l?enlèvement
d?office) permet de traiter l?incivilité sans la faire peser sur les contribuables respectueux.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Les agents doivent être assermentés.
? Rencontre avec l'Officier ministériel public (OMP*) en amont pour construire un dispositif
dissuasif et argumenter en expliquant la gravité de l?infraction, le système de gestion des
déchets, le tout afin de sécuriser les procédures.
FREINS/RISQUES
? La rubalise ne fonctionne qu'en ville, pas en milieu rural.
? La procédure de verbalisation doit être verrouillée : les agents doivent rechercher des
indices permettant d?identifier l?auteur du dépôt d?encombrants et prendre des photos des
situations afin de constituer un dossier juridique étayé.
? Possible pression des usagers pour que ces déchets balisés ne soient pas maintenus sur le
domaine public (gêne).
RÉSULTATS
? 1/3 des déchets déposés illégalement sont repris par le déposant.
? Diminution des dépôts d?ordures ménagères.
? En 4 ans, la ville de Metz a prévenu le dépôt de 400 tonnes de déchets sur l?espace public,
soit 30 % des dépôts.
? En 2016, on comptait plus de 1 200 timbres amendes, contre un peu plus de 300 en 2017.
? En 2016, 8,48 % des procédures ont été annulées par l'OMP*, contre 1,32 % en 2017.
? En 2017, 68 % des situations ont été résolues sans verbalisation, permettant aussi la
résorption des points noirs. La verbalisation intervient si le dialogue n?a pas abouti à une
solution acceptable des deux côtés.
? Évolution du point de vue des usagers : ils comprennent qu'il ne s'agit plus d'une
incompétence des services de propreté mais d'incivilités.
*OMP : l?Officier du Ministère Public tient le rôle du procureur devant les tribunaux d?instance pour les 4 premières classes de
contraventions. Il s?agit le plus souvent d?un officier de police judiciaire ou de gendarmerie. Il est placé sous la direction du procureur.
Contact : Régis Gabriel (rgabriel@mairie-metz.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
57
Fiche
2 Des ambassadeurs bénévoles
pour sensibiliser et signaler
Acteur : Alfortville
Objectif : Créer une équipe d?ambassadeurs propreté au sein de la ville pour
sensibiliser les habitants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Les ambassadeurs propreté sont des citoyens bénévoles qui signalent des salissures ou des
dépôts illégaux de déchets encombrants en ville, mais également assurent auprès des
habitants de leur quartier une sensibilisation sur les bons gestes à adopter au quotidien.
Un ambassadeur est affecté à chacun des 21 cantons du territoire.
La mise en place s?est faite en quatre étapes :
? Publication d?un appel à l?intention des citoyens pour devenir ambassadeur bénévole, dans
le magazine et sur le site internet de la ville ;
? 21 ambassadeurs ont été sélectionnés, il s?agit de citoyens sans bord politique particulier et
de tous âges ;
? Ces ambassadeurs sont formés à leurs missions au cours de réunions d?information tenues
toutes les six semaines, pendant lesquelles deux agents de la ville expliquent le
fonctionnement du service propreté et de la commune ;
? Les ambassadeurs propreté peuvent signaler les abandons de déchets par e-mail au service
de la propreté qui tente d?agir rapidement. Si le dépôt n?est pas retiré sous 48 h, les
ambassadeurs peuvent réitérer leur signalement.
MOYENS REQUIS
? Quatre agents concernés, dont deux mènent les réunions d?information toutes les six
semaines. Les agents sont attitrés à la brigade verte et ont des horaires fixes journaliers.
? Toutes les six semaines, des réunions ont lieu avec les ambassadeurs de propreté à des
horaires plutôt tardifs. Il n?y a pas d?obligation à être présent à toutes les réunions, mais les
agents s?organisent pour qu?il y ait toujours deux personnes pour mener les réunions, qui
s?ajoutent à leur temps de travail hebdomadaire. Si les agents le souhaitent, ils peuvent bien
entendu venir à chaque réunion.
? Cette action ne nécessite pas de moyens financiers mais demande du temps aux agents qui
forment les ambassadeurs. Cependant, ce temps est « récupéré » car leurs déplacements
deviennent plus efficaces grâce à la détection opérée par les ambassadeurs.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
58
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Il faut éviter toute appropriation de l?action par le politique.
? Les discussions entre les agents et les ambassadeurs bénévoles doivent être ouvertes, sans
non-dits, et avec une véritable écoute afin d?avancer efficacement sur les sujets.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Création d?une convention bénévole citoyenne : « accueil d?un collaborateur occasionnel
bénévole du service public ».
? Prévoir une salle de réunion toutes les six semaines.
FREINS/RISQUES
? Les ambassadeurs doivent uniquement signaler les dépôts, sans s?interposer pour éviter
d?être pris à partie (pas de dénonciation).
? L?incivilité des administrés peut entraîner une démotivation des ambassadeurs.
RÉSULTATS
? Les ambassadeurs de la propreté sont de véritables relais entre les agents du service de la
propreté et les citoyens.
? Ils apportent une connaissance fine et poussée de leur territoire et la font partager aux
agents.
? Ils s?informent sur la collectivité et le travail des agents et peuvent donner leurs avis sur
certains sujets (par exemple : une campagne de communication).
? Les riverains sont davantage à l?écoute des ambassadeurs de leur quartier.
? L?action des ambassadeurs entraîne gain de temps, réactivité, efficacité de l?action et
légitimité pour le service de la propreté.
? La compréhension du fonctionnement du service de la propreté et de la commune apporte
une amélioration de l?image de ceux-ci.
? Davantage d?implication des citoyens ce qui permet une meilleure communication et
compréhension des actions de la ville dans le domaine de la propreté.
? Aujourd?hui, il y a une réelle volonté d?augmenter le nombre d?ambassadeurs.
Un petit conseil ?
« Un dispositif qui peut faire peur au début, mais il faut y aller ! On pense qu?on va avoir affaire
à des personnes mécontentes mais pas du tout, elles sont d?une vraie aide pour nous et les
échanges sont vraiment constructifs, ils nous offrent une connaissance très fine de leur quartier,
ça nous fait gagner en rapidité, en efficacité, et nous rapproche du citoyen. »
Contact : brigade.verte@mairie-alfortville.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
59
Fiche
3 « Scooby »,
icône de la sensibilisation de rue
Acteur : Saint-Brieuc
Objectif : Sensibiliser les passants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, déjections canines, encombrants
MISE EN PLACE
Le service propreté a décidé de s?inspirer d?un personnage de dessin animé pour enfant
« Scooby-Doo » afin de créer une communication engageante avec un fil rouge et un suivi des
actions. Scooby est un grand chien sympathique, gourmand et peureux, qui enquête avec sa
bande d?amis sur des énigmes et mystères.
Étape 1 :
? Cibler des quartiers « sensibles » du point de vue de la problématique des abandons de
déchets.
? Les quartiers sont alors « bouclés », des panneaux marquent les zones de recherche
d?indices pour Scooby mais aussi, et surtout, c?est là que commence un début de dialogue
(sensibilisation) entre les agents du secteur, les riverains et les passants : « Scooby mène
l?enquête. »
Étape 2 :
? Un flyer est distribué, rappelant les moyens mis en oeuvre par la ville pour que chacun puisse
être acteur de la propreté dans son quartier.
? Un plan de situation informe de la localisation des distributeurs de sacs à déjections
canines, les espaces chiens, les corbeilles de rues et les cendriers.
Scooby est aussi présent à de nombreux événements et sur les réseaux sociaux.
MOYENS REQUIS
? 1 000 ¤.
? Le projet a été élaboré par le service, le coût s?est donc limité à des achats matériels :
conception et impression des flyers, Scooby (faux chien), bulles de bande dessinée, outils
de marquage au sol.
? Les sorties varient pour Scooby de trois fois par semaine à deux fois par mois. Il faut une
après-midi et deux agents pour sensibiliser les habitants et les passants dans une zone
donnée.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Informer et convaincre ne suffit pas toujours, il faut une communication engageante, un fil
rouge avec un personnage récurrent comme par exemple, Scooby.
? Savoir faire vivre le dispositif, engager et entretenir le contact avec les habitants.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? L?accord du cabinet du Maire.
FREINS/RISQUES
? Manque de suivi des politiques ou des agents.
? Les interventions de Scooby ne doivent pas entraver la circulation, ni gêner les piétons.
RÉSULTATS
? Les agents constatent une amélioration de la propreté.
? Les agents sont contents de participer à l?aventure et se sont bien approprié la mascotte.
? Les administrés portent un autre regard, plus valorisant sur les agents de la propreté et se
comportent mieux avec eux.
? Du lien social est créé entre les passants, riverains et agents.
? Pédagogie faite sur certains secteurs par le service propreté de la ville.
? Diminution des quantités de déchets abandonnés : difficile à estimer à ce stade (Scooby
est « né » en mai 2018).
? Prochainement : un partenariat avec des écoles et des centres de loisirs.
? Un jeu de piste « Mais où est Scooby ? » sur Facebook et dans la ville.
Pour sa campagne de sensibilisation à la propreté
« Scooby », la Ville de Saint-Brieuc a obtenu le Grand
prix dans la catégorie « communication » décerné par
l?Association des villes pour la propreté urbaine (AVPU),
à l?occasion des « Rencontres nationales de la propreté
urbaine » qui se sont tenues en novembre 2018.
Contact : Armand Lejouanard
(armand.lejouanard@saint-brieuc.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
61
Fiche
4 Les petits « Serial cleaners »
Acteur : Brest Métropole
Objectifs : Ces ateliers de sensibilisation destinés aux enfants de la maternelle
au primaire ont un double objectif :
? Sensibiliser les enfants dès leur plus jeune âge à la propreté urbaine et aux bons
gestes à adopter de manière ludique. Les enfants sont aussi les ambassadeurs au
sein de leurs familles ;
? Valoriser le travail effectué par les agents de la propreté.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Métropole
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Ce dispositif d?éveil comprend plusieurs séances durant les temps périscolaires et les pauses
méridiennes :
? Séance introductive animée par l?animateur propreté : découverte des bons gestes de
propreté et des incivilités (1 séance de 45 min).
? Démonstration de matériel animée par le service propreté (1 séance de 45 min) : les élèves,
guidés par les agents, ont pu découvrir comment étaient nettoyés les trottoirs et les routes,
tester les pinces pour ramasser les déchets, mais aussi monter dans une balayeuse
mécanique, pour comprendre le quotidien de ces professionnels de la propreté.
? Réflexions autour du « bon geste de propreté » animées par l?équipe enseignante ou les
animateurs périscolaires sur 5 à 6 séances au cours desquelles les enfants sont amenés à
concevoir des jeux, des sculptures, mener une enquête, jouer une pièce de théâtre,
produire un outil destiné à assurer la propreté urbaine (ex. : le cendrier pour commerçant,
etc.) ; ces temps sont généralement entrecoupés par la séance de démonstration de
matériel.
? Participation à des petits jeux animés par le service de la propreté (jeux de société sur les
déchets : mémo propreté, la cocotte propreté) mais aussi le « Grand jeu de parcours
propreté » : ce jeu propose un parcours ludique à travers chaque commune de la Métropole.
Dans chaque scénette, l?enfant est amené à débusquer les mauvais et bons gestes de
propreté (déchets jetés à terre, mégots, etc.) pour permettre à son équipe de remporter la
partie.
? Remise d?un diplôme à l?issue du parcours de formation et présentation des « ouvrages
réalisés par les enfants » (1 séance) animée par l?animateur propreté, en association avec la
mairie de quartier, comme clôture de ces temps.
? Film : « Les petits serial cleaners de Brest » basé sur le recueil de la parole des enfants.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
62
MOYENS REQUIS
? 19 000 ¤ investis dans le « Grand jeu » par la Ville.
? Réception d?un petit sac de « goodies » par les enfants de l?ordre de 2,40 ¤ /enfant.
? Pas de coûts salariaux supplémentaires. Un agent a été réaffecté sur une mission de
sensibilisation pour animer à plein temps (sans formation).
? Agents mobilisés pour une durée de 45 minutes sur chaque animation pour la
démonstration de matériel.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Motivation des services pour mettre en place cette action.
? Le recrutement de la personne en interne est décisif car aucune formation supplémentaire
n?est prévue.
? Entretenir des liens privilégiés avec les enseignants et autres partenaires.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Adaptation au fonctionnement des écoles.
RÉSULTATS
? Les enfants deviennent des ambassadeurs de la propreté pour leurs proches et
comprennent mieux leur environnement.
? Développement de l?éco-citoyenneté.
? Enfants sensibilisés et fiers de recevoir leurs diplômes de « serial cleaner ».
? Motivation des agents pour développer d?autres projets.
? Valorisation et rayonnement du travail des agents du service propreté.
? Augmentation du nombre d?enfants sensibilisés : chaque année, 1 000 enfants formés de la
maternelle au primaire (5 à 10 ans).
Contact : dechets-proprete@brest-metropole.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
63
Fiche
5 Un appel à projets citoyens
contre les comportements incivils
Acteur : Liège (Belgique)
Objectif : Depuis 2006, la ville lance chaque année un appel à projets auprès de
l?ensemble du tissu associatif avec l?objectif de démultiplier la mobilisation
citoyenne sur les problématiques de propreté publique.
Budget : ¤¤
Milieu : tous milieux
Collectivité : commune
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Analyse des expériences menées dans d'autres communes belges et étrangères
(benchmark).
Étape 2 : Création d'un règlement et, d'un formulaire de participation (grandes lignes
thématiques), et diffusion à l?ensemble des associations du territoire. Le maximum de projets
retenus est fixé à 40.
Étape 3 : Les actions peuvent être de nature préventive et/ou curative (sensibilisation,
nettoiement, récup?art, embellissement, etc.).
Les appels à projets doivent répondre à trois thèmes principaux :
? Amélioration de la propreté de la ville (propreté des rues, des parcs, des espaces publics?) ;
? Lutte contre le vandalisme et les actes d?incivisme attentant à la propreté de l?espace
public ;
? Sensibilisation des habitants à une bonne gestion et au tri des déchets.
Les critères auxquels s?attache le jury sont : la dimension collective et la participation du
quartier, l?impact final, l?originalité, la préparation, les aspects pédagogiques, l?engagement
des responsables associatifs, etc.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? 1 agent est chargé du projet.
? Le coût dépend du nombre de projets retenus et validés par le jury.
? En 11 ans, 245 projets ont été développés pour un coût total de 52 000 ¤.
? Un trophée est remis chaque année à chaque organisation participante.
? Les projets retenus par le jury et dont la réalisation a produit des résultats satisfaisants sont
gratifiés d'une prime de 1 000 ¤ pour le premier lauréat, 500 ¤ pour le deuxième, 400 ¤ pour
le troisième, 350 ¤ pour le quatrième et 300 ¤ pour le cinquième. Les autres reçoivent une
prime de 150 ¤.
? En 2018, le coût s?est élevé à 7 665 ¤ (35 projets).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Diffusion la plus large possible de l'appel à projets (presse, site web et réseaux sociaux et
associatifs?), en diffusant également directement le formulaire aux associations,
mouvements de jeunesse, etc.
? Motivation des organisations à participer à cet appel.
? Mise à disposition de matériel par les services.
? Avoir un 1er prix attractif.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Manque d?originalité des projets qui sont souvent les mêmes d'année en année.
? Manque d?envergure des projets (petits nettoyages, affichettes, etc.).
? Récurrence des organisations participantes.
RÉSULTATS
? Depuis la première édition en 2006, près de 300 organisations ont participé.
? Embellissement et meilleur cadre de vie.
? Renforcement des liens entre citoyens, associations.
? Sensibilisation renforcée à la propreté et au tri des déchets.
? 42 projets menés dans le cadre de l?édition 2017 et trois prix spéciaux attribués aux
meilleurs projets portant sur la lutte contre les dépôts illégaux de déchets.
Contact : Fanny Buntinx, Echevinat de la Transition écologique
(fanny.buntinx@liege.be)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
65
Fiche
6 Des vidéos en caméra-cachée
pour sensibiliser
Acteur : Besançon
Objectif : Réaliser une opération de sensibilisation sur les abandons et les
dépôts illégaux de déchets par une série de vidéos tournées en caméra-cachée,
puis diffusées sur la page Facebook de la ville. Les citoyens sont interpelés sur
le caractère inacceptable du geste d?abandon de déchets en faisant jouer la
scène par des comédiens au milieu des habitants.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Il s?agit de réaliser une « vraie fausse scène » de la vie quotidienne, l?agent de la voirie et la
riveraine - au comportement incivique - sont des comédiens engagés par la ville pour jouer la
scène de l?abandon de déchets sur la voie publique.
Étape 1 : Le service de la propreté mobilise le service communication de la ville, et ils
construisent ensemble l?opération, des grandes lignes du scénario jusqu?au recrutement des
comédiens qui improvisent.
Étape 2 : Le tournage dure une journée, mobilisant plusieurs agents éparpillés dans la foule
pour éviter que la situation ne dégénère, les administrés risquant de réagir trop fortement vis-
à-vis de la comédienne-jeteuse.
Étape 3 : Le montage des vidéos est réalisé par une agence, puis validé par les services et les
élus, enfin mis en ligne sur la page Facebook de la ville.
Étape 4 : Une dernière vidéo plus informative est réalisée avec des données officielles sur les
abandons et les dépôts illégaux de déchets en général.
MOYENS REQUIS
? Coût des vidéos : 4 500 ¤, pour les 2 comédiens, le tournage et le montage.
? Mobilisation de quelques agents pendant la journée de tournage pour éviter tout conflit.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Il faut que des élus portent le projet et que les agents soient motivés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Le droit à l?image doit être respecté dans le cas où les passants sont identifiables,
notamment s?ils interviennent directement pendant le tournage, les agents leur font donc
signer une décharge (ce qui n?a posé jusqu?ici aucun problème).
FREINS/RISQUES
? Freins politiques ou manque de motivation.
? Maîtriser les réactions éventuelles des passants.
RÉSULTATS
? 5 vidéos ont été réalisées mais seulement 2 ont été suffisamment significatives pour être
diffusées.
? Beaucoup de « vues » sur Facebook avec des commentaires plutôt positifs.
? Provoque une réflexion chez l?administré.
? Les effets de cette vidéo sont difficilement mesurables, pour autant on note que les
personnes réagissent et s?indignent lors du tournage mais aussi via des commentaires sur
les réseaux sociaux.
Contact : Gwenaël Martin (gwenael.martin@besancon.fr)
Lien de la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=Aa77cJtOU3A
(ou sur la page Facebook de la ville)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
67
Fiche
7 Avaloirs « Ici commence la mer »
Acteur : Collioure
Objectif : Plusieurs plaques de prévention gravées du slogan : « Ne rien jeter, ne
rien vider, la mer commence ici » ont été créées dans le but d?assurer la qualité
des eaux des réserves pluviales et d?informer sur le « parcours » des déchets
abandonnés.
Budget : ¤
Milieu : Littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Identifier des bouches du réseau d?eaux pluviales de la commune à proximité des
plages, passages piétons, arrêts de bus, maisons de la presse, terrasses de cafés, marchés, et
à proximité des écoles.
Étape 2 : 24 plaques de prévention gravées du slogan ont été apposées sur les sites sélectionnés,
et positionnées sous les avaloirs. Elles ont été fabriquées par une entreprise locale.
Étape 3 : Communication dans plusieurs numéros du magazine de la ville « Collioure info ».
MOYENS REQUIS
? Coût : 3 000 ¤ pour 24 plaques (125 ¤/plaque en aluminium anodisé en moyenne).
? Mobilisation des services techniques de la ville pour les fixer (colle adaptée et 2 vis).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Retenir des emplacements stratégiques pour disposer les plaques.
? Beaucoup de communication par la ville.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune.
FREINS/RISQUES
? Aucun.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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RÉSULTATS
? 4 zones de baignades ont vu la qualité de leur eau s?améliorer, deux sont passées en qualité
excellente.
? Interpelle et sensibilise les passants.
? Bonne résistance des plaques et pas d?entretien particulier nécessaire.
? Volonté d?augmenter le nombre de plaques, et parallèlement de disposer des cendriers à
votes. En effet, les mégots de cigarettes représentent une grande partie des déchets jetés
dans les avaloirs.
? Repris par plusieurs collectivités locales.
Note de la commune :
Les plaques, avec le message « Ne rien jeter, ne rien vider, la mer commence ici », sont une
initiative et une réalisation de la ville de Collioure que nous mettons à disposition de tous, merci
de nous informer si vous copiez notre recette.
Contact : Philippe Cortade (philippe.cortade@collioure.net)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
69
Fiche
8 Le « Nudge », un outil
pour déclencher le bon geste
Acteur : Lille
Objectif : Diversifier les actions de prévention en mettant en place des nudges
dans le centre-ville.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Une réflexion globale est menée avec les élus pour réduire les abandons et dépôts
illégaux de déchets sur l?espace public, le « nudge » est l?un des moyens retenus. Le
« nudge », ou coup de pouce, est un signal, un affichage permettant d?influencer le comporte-
ment des personnes dans une certaine direction sans donner d?injonction.
Étape 2 : Les illustrations qui ont été choisies : des raquettes de basket, le montant de
l?amende en cas d?abandon de déchets, des traces de pas, des marelles aux couleurs vives.
Elles ont été réalisées à l?aide de huit pochoirs et de peinture éphémère.
Étape 3 : Installés par les agents du service nettoiement dans une quinzaine d?emplacements
stratégiques du centre de Lille, ces « nudges » ont pour objectif de favoriser le bon geste et
d?indiquer le chemin vers les poubelles.
Étape 4 : Le déploiement est programmé dans les 10 quartiers de Lille.
MOYENS REQUIS
? Validation des implantations et des nudges par les services et les élus.
? Coût : environ 500 ¤ (pour 8 pochoirs + peinture éphémère).
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Disposer les « nudges » à des endroits visibles et stratégiques.
? Accompagnement du dispositif avec l?intervention de l?équipe de sensibilisation à la
propreté publique (volontaires en service civique).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Qualité du marquage selon le type de revêtement, inférieure sur les pavés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FREINS/RISQUES
? Le nudge n?est pas une solution miracle, mais un coup de pouce complémentaire des autres
actions menées par la ville.
RÉSULTATS
? Interpellation positive des passants avec un effet plutôt satisfaisant.
? Articles dans la presse locale.
? Opération pouvant être réitérée en associant les riverains dans le cadre d?actions de
proximité.
? La durée des « nudges » est de l?ordre de deux mois selon la météo et la fréquence de lavage
à haute pression.
Exemple de « nugdes » : les responsables de l?aéroport d?Amsterdam ont fait dessiner une
mouche à un endroit stratégique des urinoirs des toilettes pour hommes. Les usagers ont visé
la mouche et les frais de nettoyage ont diminué de 80 %. La RATP a affiché au-dessus des
cendriers à l?entrée des stations « Bravo, un mégot qui ne finira pas dans la Seine ».
Contact : proprete@mairie-lille.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
71
Fiche
9 Prévention à 360°
contre les mégots
Acteurs : Mulhouse
Objectif : Lutter contre les jets de mégots sur la voie publique, dans le cadre de
la première phase du Plan d?action contre les incivilités de la ville.
Budget : ¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 « Pilotage » : implication de toutes les parties prenantes (7 services impliqués,
50 agents contributeurs, 1 fournisseur)
Étape 2 « Conception de l?offre globale » :
? Immersion : analyser les réalités de terrain et observer les usages actuels.
? Provoquer la production, le développement et la communication d?idées destinées à
remédier aux jets de mégots sur les trottoirs et dans l??espace public en général.
? Formalisation : réaliser des maquettes et des prototypes des idées les plus intéressantes
afin de les rendre tangibles et partageables.
? Pilotage : s?appuyer sur un pilotage horizontal participatif et créatif.
? Co-réflexion : confronter les points de vue en impliquant les parties prenantes lors de temps
de travail collaboratif.
? Formalisation : maquetter les idées majeures afin de les rendre tangibles et partageables.
? Fabrication de 14 cendriers pérennes (simple, double ou triple) et deux cendriers
événementiels (« Mégotor » et « Cendrier c?est gagné »).
Étape 3 « Communication » :
Lancement de la campagne de sensibilisation contre les comportements incivils : conférence
de presse en présence du maire, identité visuelle commune et logo sur tous les équipements.
Étape 4 « Une phase test de 6 semaines » :
? Identifier les sites sensibles, tester les maquettes et prototypes auprès des usagers afin de
les améliorer.
? Communiquer et sensibiliser pendant le test (distribution de flyers, de « mégots box »,
affiches, panneaux, vote sur les « mégotiers » pérennes doubles/triples, questionnaire).
? Verbaliser les contrevenants à l?issue du test.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
72
Étape 5 « Déploiement de l?offre » :
? Mise en place de la verbalisation.
? Installation de mégotiers sur de nouveaux sites (suite à des doléances, signalements?).
? Réalisation d?un prototype de mégotier avec Sineu Graff en tenant compte des retours du
test.
? Utilisation des mégotiers pérennes et évènementiels à l?occasion de nouvelles
manifestations (Marché de Noël).
? Développement du partenariat avec les commerçants.
MOYENS REQUIS
Sept services de la collectivité ont contribué :
? Le Pôle Prévention et Sécurité (Police municipale, Médiation et Tranquillité Publique)
? Les services des Bâtiments (fabrication des mégotiers événementiels)
? La communication
? L?agence de la Participation citoyenne
? L?Agence Centrale de Travaux Voirie
? Le service Propreté Déneigement de Mulhouse Alsace Agglomération
? Le Labo de Ville de Mulhouse et Mulhouse Alsace Agglomération
Un fournisseur de mobilier urbain a été sollicité pour la fabrication des mégotiers pérennes
(entreprise Sineu Graff).
Coût global de 13 320 ¤ :
? Acquisition/fabrication des mégotiers : 7 160 ¤ TTC
- 14 cendriers pérennes : 4 400 ¤ TTC
- Plots en béton (fixation des mégotiers pérennes) : 1 760 ¤ TTC
- 2 cendriers événementiels : 1 000 ¤ TTC
? Actions de communication : 6 160 ¤ TTC
- Habillage des cendriers et des corbeilles-cendriers : 1 670 ¤ TTC
- Achat des « mégot box » métalliques (1 500 exemplaires) : 2 150 ¤ TTC
- Communication sur totems : 1 575 ¤ TTC
- Impression des dépliants de lutte contre les comportements incivils liés aux déchets : 765 ¤ TTC
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Forte volonté politique.
? Identité commune des outils de sensibilisation et du dispositif de collecte, reprise du logo
systématique.
? Sensibiliser, communiquer, puis verbaliser dans un dernier temps.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Manque d?implication de services concernés.
? Portage trop faible par les élus.
? Une communication pas assez ambitieuse.
? Pas ou peu de verbalisation à l?issue des phases de communication et de test.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
73
RÉSULTATS
? À l?issue des six semaines de tests, plus de 600 personnes ont été sensibilisées sur la
problématique dont 280 ont directement participé à l?évaluation.
? Les retours des usagers sont globalement très positifs. Les avis sont mitigés sur la visibilité
des mégotiers pérennes qui se « fondent » trop dans l?environnement urbain.
? Entre début juillet et fin septembre 2018, 26 PV ont été dressés pour jets de mégots par les
Agents de tranquillité publique dédiés à la lutte contre les incivilités (ATPLI).
? Après 5 mois de fonctionnement, le nombre de mégots collectés dans les mégotiers a été
estimé à 16 000 mégots par mois.
? Cinq mégotiers pérennes vont être installés sur de nouveaux sites, en dehors de l?hyper-
centre, suite notamment à des demandes d?usagers et de commerçants.
? En 2019, la ville souhaite équiper 160 corbeilles de rue d?éteignoirs ou de cendriers dans
l?hypercentre de Mulhouse.
? Un prototype de cendrier est en cours de développement, l?objectif est de le produire et
de l?installer courant 2019 dans plusieurs endroits du territoire.
? En 2019, il est prévu d?impliquer davantage les commerçants à la démarche.
Contact : Stéphanie Libois (stephanie.libois@mulhouse-alsace.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
74
Fiche
10 Une entreprise solidaire
pour la collecte des encombrants
Acteur : Grand Reims
Objectif : Disposer d?un service mieux adapté à la collecte des encombrants.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Communauté urbaine
Déchets : encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 : Mise en place d?un service de collecte sur rendez-vous
? Des bennes de collecte d?encombrants installées sur le domaine public ne donnaient plus
les résultats attendus.
? Les élus communautaires ont voté une baisse progressive du nombre de bennes mises à
disposition sur 6 ans.
? Mise en place, après réunions publiques et conseils de quartiers, d?une organisation
d?enlèvements d?encombrants sur rendez-vous via une structure d?insertion (Emmaüs, en
l?espèce).
Étape 2 : Accès et fonctionnement du service
? Disponible pour toute personne physique locataire ou propriétaire occupant un logement.
? La prise de rendez-vous se fait auprès de la collectivité via le standard « TRI INFO » dédié.
? La réalisation de la prestation est assurée par un marché public réservé aux entreprises
d?insertion (Emmaüs).
? Cette entreprise d?insertion se rend directement au domicile de la personne pour récupérer
les objets : déchets encombrants d?ameublement (dont électroménager, matelas, jeux
d?enfants volumineux?).
? Les déchets de travaux et d?entretien d?espaces verts sont exclus et restent destinés à la
déchetterie.
? Emmaüs réalise un tri permettant la récupération de certains produits et l?apporte ensuite
à une déchetterie.
? Le retrait se fait directement chez l?habitant afin d?éviter des nuisances sur les trottoirs, de
faciliter la manutention des encombrants et de contrôler les déchets à évacuer, l?usager
doit être présent.
? Les déchets sont limités à 100 kg par personne (ou foyer ?) et par an et le volume maximum
se limite à 3 m3 par enlèvement.
Selon leur état, ils seront recyclés ou remis en service par les compagnons d'Emmaüs.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
75
Le coût pour l?habitant est de 10 ¤/enlèvement pour les deux premiers enlèvements
Coût réel ensuite pour les suivants (65 ¤/enlèvement) sur une année.
Les déchets ne pouvant être récupérés par Emmaüs sont triés dans une déchetterie spécifique
de la collectivité (ouverte aux services techniques).
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : prestation de collecte réalisée par l?entreprise d?insertion autour
de 40 000 ¤ HT/an.
? Moyens humains pour la communauté urbaine : 0,5 ETP sur standard téléphonique/prise
rendez-vous + 2 ETP sur la collecte.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Consultation et participation de la population pour définir ce service, le caractère payant
a été proposé par les habitants.
? Entreprise d?insertion pour la collecte (réemploi et valorisation de la prestation).
? Communication importante notamment avec les bailleurs sociaux et les communes.
? Le coût ne semble pas poser de difficulté (pas de demande de gratuité).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Élaboration d?un marché public réservé à l?insertion.
? Validation juridique importante sur l?intervention au domicile (état des lieux chez l?habitant
avant et après l?intervention, signature de l?habitant, évaluation en amont exhaustive des
déchets à évacuer, obligation d?information et de conseil des agents d?Emmaüs).
FREINS/RISQUES
? Le frein principal est le délai d?intervention qui est directement lié au paiement de la
prestation avant réalisation.
RÉSULTATS
? Satisfaction des administrés pour ces interventions directement réalisées au logement de
la personne.
? Solution très appréciée des bailleurs qui communiquent sur l?aspect solidaire de la
démarche (entreprise d?insertion).
? Le recyclage et le réemploi des déchets sont favorisés.
? La propreté des rues s?est améliorée, les dépôts illégaux d?encombrants ont diminué.
? Depuis 2017, ce service a été élargi à l?ensemble du nouveau territoire communautaire.
Contact : Michel Zaegel (michel.zaegel@grandreims.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
76
Fiche
11 Des ânes pour nettoyer les plages
Acteur : Ile d?Oléron
Objectif : Ramassage ludique et sensibilisation avec les ânes d?Oléron
Budget : ¤¤
Milieu : milieu naturel
Collectivité : Communauté de Communes
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Lancée pour la première fois en 2012, cette démarche se déroule dans un espace naturel
sensible, les plages, pour lesquelles le criblage du sable étant impossible, il faut nettoyer
manuellement. L?éleveur intervient avec ses ânes sur une partie des 100 kilomètres de plage
de l'île à nettoyer. L?animal porte des paniers sur son dos, et aide ainsi au nettoyage des plages.
Mais surtout, l?âne attire les passants qui discutent avec l'agent d'entretien. Ce dernier les
informe sur l?opération, les incite à avoir un comportement civique en nettoyant eux-mêmes
les lieux au moment de quitter la plage, ou à ne pas laisser leurs déchets sur place.
Étape 1 :
Lancer un appel d?offre marchés publics pour trouver un prestataire.
L?entreprise actuelle est un élevage local de « Baudets du Poitou ».
Étape 2 : Organiser les ramassages
La Communauté de Communes organise d?une part des demi-journées de ramassage avec les
écoles afin de sensibiliser les enfants aux déchets marins et à l?écosystème du littoral et,
d?autre part, avec les habitants.
Les ramassages s?étendent d?avril à novembre.
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : environ 15 000 ¤ en 2018.
? Communication sur les réseaux sociaux de l?intercommunalité pour mobiliser et sensibiliser.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? L?animal : l?âne attire et facilite les échanges.
? Valorisation importante des opérations par une communication soutenue toute l?année :
magazine de la ville, réseaux sociaux, office de tourisme, affiche.
? Soutien des élus.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
77
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Respect du Code des marchés publics.
? La présence d?un animal sur la plage demande l?autorisation de la mairie.
FREINS/RISQUES
? Aucun
RÉSULTATS
? De 2012 à 2018, le nombre de séances a doublé (20 séances en 2012 ; 46 en 2018).
? En 2018, il y a eu 46 séances de 4 h de ramassage, 1 100 personnes sensibilisées et
160 bénévoles ont rejoint le mouvement.
? Interaction avec le public, sensibilisation avec des messages préparés.
? Environ 500 kg de déchets ramassés par an.
? Renouvellement prévu avec une plus grande fréquence des séances.
Contact : Edith Pavan (e.pavan@cdc-oleron.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
78
Fiche
12 Ville, Métropole et bailleurs
sociaux ensemble pour le nettoyage
Acteur : Vaulx-en-Velin
Objectif : Pallier le manque de coordination du nettoyage entre les acteurs et
éviter de laisser des zones oubliées sur leurs domaines respectifs.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Un travail de collaboration s?est tout d?abord mis en place avec les services de la
Métropole. Lors des états des lieux portés par le service Grand Projet de la Ville, certains
bailleurs ont souhaité être associés à ces opérations de nettoyage.
Étape 2 : Une rencontre collective sur site permet à chaque acteur d?évaluer les moyens
humains et matériels à mettre en place. Par exemple, la Métropole peut faire intervenir sa
balayeuse de rues et ses agents, la ville peut mettre à disposition un camion benne?
Étape 3 : Une date est fixée par l?ensemble des acteurs, la police municipale distribue 10 jours
avant des « flyers » d?avertissement sur les véhicules présents et dépose 48 h à l?avance des
panneaux de signalisation et des affiches sur les poteaux signalant l?interdiction de stationner
dans le secteur.
MOYENS REQUIS
Moyens financiers :
? L?action commune de nettoyage est programmée à l?avance, donc pas de frais particuliers
(chacun intervenant décale sa fréquence de nettoyage).
? Les bailleurs font intervenir leurs prestataires chargés du nettoyage de leurs résidences.
Moyens humains :
? En fonction de l?espace à nettoyer et de l?action à mener cela nécessite entre 10 et
15 personnes.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Investissement de chacun des collaborateurs.
? Adhésion et entraide de tous les intervenants pour nettoyer l?ensemble de l?espace.
? Réalisation d?un reportage photo qui permettra de comparer l?avant et l?après, et de
communiquer sur l?action effectuée.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
79
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Prendre l?arrêté de voirie nécessaire et bien prévenir en amont de l?interdiction de
stationner.
FREINS/RISQUES
? Limité à un nettoyage par mois, car ces nettoyages sont chronophages.
RÉSULTATS
? Ces opérations suppriment, le temps de l?opération, l?affectation des intervenants à un
secteur du territoire pour les réunir sur un seul secteur pour effectuer le nettoiement des
voies et révèle le sens de l'intervention publique par l?efficacité du résultat, très apprécié
par les habitants.
? Ce partenariat créé une émulation entre les différents partenaires et apporte une meilleure
réactivité dans les échanges du quotidien.
? Ce nettoyage permet également de retirer les mauvaises herbes, de nettoyer les massifs?
? Pour la collectivité cela augmente la visibilité de son action car le nettoyage quotidien est
souvent peu remarqué.
? Un reportage photo et un article sont publiés dans le journal municipal pour montrer et
rappeler que chaque acteur s?implique dans la propreté de la Ville.
Contact : Brigitte de Mostuejouls
(bdemostuejouls@mairie-vaulxenvelin.fr)
Avant Après
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
80
Fiche
13 Végétaliser les sites
de dépôts illégaux de déchets
Acteur : La Possession (île de la Réunion)
Objectif : Combattre les dépôts illégaux de déchets par le réaménagement et
la végétalisation des espaces critiques.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : régie communale
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 :
Diagnostic de terrain avec les médiateurs, mené par l'intercommunalité (CYCLEA),
accompagnés par un agent du service environnement de la mairie.
Étape 2 :
Identification des contrevenants (recherche d'indices dans les dépôts illégaux de déchets :
papiers comportant des adresses, etc.) pour une sensibilisation ou répression par la Police
municipale si une récidive est constatée.
Étape 3 :
Collecte des différents flux de déchets présents sur les sites identifiés comme critiques.
Simultanément, une communication est faite dans ces quartiers pour sensibiliser les
administrés, leur rappeler les bons gestes, avec une redistribution des calendriers de collecte
et une incitation à les respecter.
Étape 4 :
Végétalisation de ces espaces avec des essences adaptées et qui nécessitent peu d'entretien.
Les habitants du quartier volontaires sont associés (écoles, jeunes des quartiers, bénévoles,
associations...) à travers une communication large (réseaux sociaux, newsletter, distribution
de « flyers », relais presse?).
Durant cette action, les volontaires ramassent les déchets et végétalisent les espaces.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
81
MOYENS REQUIS
? Moyens financiers : un budget de 20 000 ¤/an environ intégré à la logistique technique de
la ville (hors moyens de collecte et de traitement des déchets), la production des végétaux
est réalisée en régie communale, de même que les matériaux et les terrassements.
? Moyens humains : 4 agents en soutien à l?action.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Beaucoup d'échanges entre les acteurs de terrain (médiateurs, associations...) sont
nécessaires, il faut occuper l'espace un maximum l?espace par des plantes pour décourager
les dépôts de déchets, montrer que la collectivité agit pour l?intérêt général de la cité et
persévérer dans ses efforts.
? Multiplier les canaux de communication.
? Avoir augmenté la prise de conscience collective sur l?abandon et les dépôts de déchets.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
Il est possible de supprimer un dépôt illégal de déchets à la condition de :
? Maîtriser le foncier ;
? Assurer une collecte des déchets efficace dans le quartier ;
? Avoir un prestataire de collecte qui respecte bien les dates de collecte annoncées aux
administrés.
FREINS/RISQUES
? Manque de communication.
? Accueil du public potentiellement difficile qui peut engendrer de mauvaises relations entre
la collectivité et ses administrés.
RÉSULTATS
? Environ 75 dépôts illégaux de déchets supprimés sur le territoire depuis 2014.
? Moins de déchets sur l'espace public.
? Meilleure image pour les quartiers.
? Réduction des gîtes larvaires*
? Amélioration du confort sanitaire.
? Les jeunes générations sensibilisées au respect de l'espace public.
* Le gite larvaire correspond à l?endroit où la femelle moustique pond ses oeufs. Certaines communes ont décidé de durcir la répression
contre les dépôts de déchets qui favorisent la stagnation de l?eau et donc la création de gites larvaires, et ainsi le développement des
moustiques.
Contact : M. Hoareau (choareau@lapossession.re)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
82
Fiche
14 « DansMaRue », une application
de signalement en open source
Acteur : Paris
Objectif : Une application « open source » pour améliorer la qualité de l?espace
public et les relations avec les usagers, qui permet de déclarer et traiter les
anomalies constatées sur l?espace public.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 :
? Fin 2010 : première expérimentation, en interne à la mairie, dans un arrondissement.
? Développement en 2012, en « mode agile », d?un outil plus complet tenant compte du
retour d?expérimentation.
? Test en interne, puis avec des volontaires externes, au deuxième trimestre 2013.
? Ouverture aux Parisiens le 27 juin 2013.
Étape 2 :
Le développement de l?application est mené par les services informatiques de la Ville de Paris.
Étape 3 :
? Intégration de nomenclatures des problèmes très spécifiques ouverts à tous les Parisiens.
L?application doit gérer des réponses à caractère général de façon automatique et
permettre une remontée rapide et pertinente (sans doublons) des anomalies identifiées.
? L?organisation des services n?a pas été modifiée mais clarifiée afin que les signalements
soient envoyés au service compétent et aux professionnels concernés.
? L?application confirme à l?usager la prise en considération de l?anomalie qu?il a signalée et
les suites données.
Une version améliorée a été lancée en juillet 2017.
MOYENS REQUIS
? Effectif en personnel constant : 1 responsable et 5 personnes qui travaillent sur la
« roadmap » et l?évolution de l?application, parallèlement à d?autres missions.
? Environ 100 000 ¤ par an, mais cela dépend des développements effectués sur l?application.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
83
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Une application mobile simple et interactive (publiée en version iOS Apple et Android), un
formulaire disponible sur le site internet de la ville.
? Un « back-office » réactif.
? Un développement en mode agile s?appuyant sur des codes « open source » pour faciliter
l?ouverture du service à d?autres collectivités.
? Détection des anomalies déjà enregistrées à proximité pour éviter les doublons, tant du
côté des utilisateurs que des services.
? Géolocalisation automatique de l?anomalie.
? Bien intégrer les problématiques « métiers » via les nomenclatures.
? Acceptabilité/accompagnement des services en amont indispensables : gage d?efficacité,
pas de travail supplémentaire pour les agents.
? Promotion de l?application via une campagne de communication sur site internet, des
affiches sur les bennes de collecte des ordures ménagères?
? Possibilité de faire appel à un prestataire informatique, mais un « mini » service
informatique interne est souhaitable pour la gestion de l?application.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Supprimer les photos qui pourraient porter atteinte à la vie privée des personnes : photos
avec présence de personnes, plaques minéralogiques?
? Supprimer les commentaires haineux et/ou comportant des informations personnelles.
FREINS/RISQUES
? Cette application n?est pas un outil de délation, les déclarations sont faites dans le but
d?améliorer la vie en collectivité et le bon fonctionnement des services publics.
RÉSULTATS
? Peu de dérives d?usage, pas d?explosion des messages, pas d?abus d?urgence, pas
d?exagération des situations, la modération est très légère.
? Passage de 10 000 à 30 000 anomalies par mois, hausse de 182 % des enregistrements
d?anomalies en 2018.
? Intérêt pour les services techniques, y compris les mieux organisés : plus l?information
circule vite, plus les problèmes sont résolus rapidement.
? Excellent outil pour instaurer un dialogue constructif entre usagers et services techniques.
? Fonctionne comme un indicateur.
? Il est possible de réaliser une application similaire : les codes « open
source » sont disponibles pour les collectivités qui le souhaitent.
L?application peut sans doute être simplifiée pour les collectivités
disposant de services techniques couvrant des territoires importants.
Contact : Jean-Philippe Clément (jean-philippe.clement@paris.fr)
et Régis Leroux (regis.leroux@paris.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
84
Fiche
15 Mettre en scène les dépôts illégaux
de déchets pour sensibiliser
Acteurs : Besançon, Metz et Montigny-lès-Cormeilles
Objectif : Augmenter la prise de conscience des habitants par le signalement
des dépôts et autres abandons de déchets in situ (affichage mobile, stop-
trottoir et rubalise).
L?affichage mobile pour la ville de Montigny-lès-Cormeilles, le « stop-trottoir »
pour Besançon ou la rubalise pour Paris et Metz sont des dispositifs qui alertent
sur les dépôts de déchets et rendent visible l?action du service propreté dans
l?espace public. Généralement, la police municipale est associée à cette
démarche, car elle est chargée de constater les dépôts illégaux de déchets et,
si possible, d?identifier leurs auteurs, de les sensibiliser, voire de les verbaliser.
Ces dispositifs ont tous deux fonctions principales :
? interpeller les usagers du domaine public et les contrevenants sur l?abandon
de déchets ;
? engager un travail dissuasif et préventif.
Simple, mobile et peu coûteux, ces dispositifs peuvent être déployés dans tous
les quartiers afin de sensibiliser le plus grand nombre.
Budget : ¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : diffus, encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 :
? Constat des dépôts.
? Signalement des dépôts (encombrants, sacs d?ordures ménagères? ne présentant pas de
dangers) par rubalise, affichage mobile ou « stop-trottoirs ».
? Distribution des avis dans les boîtes aux lettres des riverains où se situe le dépôt illégal de
déchets.
Étape 2 :
? Maintien des dépôts illégaux de déchets et de l?affichage sur le site durant 2 à 3 jours.
? Durant ce laps de temps, les sacs peuvent potentiellement être fouillés par l?équipe de
verbalisation pour identifier l?auteur du dépôt, il arrive parfois que les contrevenants
retirent leurs déchets d?eux-mêmes.
Étape 3 :
? Retrait du dispositif et enlèvement des déchets.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
85
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Disposer les « stop-trottoirs » et panneaux mobiles au bon endroit (visibles, éviter les
trottoirs étroits?).
? La rubalise doit être très visible et sécuriser le dépôt, type « scène de crime ».
? Le dépôt reste sur place 2 à 3 jours sauf si les déchets sont organiques (risques sanitaires).
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Monopolisation importante des services de la ville : suivi continu des dépôts balisés.
? Il peut y avoir des vols de « stop-trottoirs », il est préférable de les accrocher.
MOYENS REQUIS
? Tous ces dispositifs sont mis en place par les agents de la propreté, pas de moyens humains
supplémentaires.
RÉSULTATS
? Le dépôt est signalé comme une infraction pour tous les passants.
? Informe que le responsable n?est pas la collectivité mais le déposant et que le service
propreté est actif.
? Évite de nouveaux dépôts au même endroit.
? Évite le « sur-signalement » par les usagers.
? Les agents de la propreté confirment l?efficacité de ce dispositif peu coûteux malgré la
difficulté d?en quantifier l?impact.
Stops-trottoirs
20 % des dépôts illégaux ont disparu.
Depuis début juillet à mi-octobre 2018, les agents ont posé à 50 endroits
ces panneaux, 12 dépôts ont disparu et 4 dépôts ont été réduits.
Panneaux mobiles Le nombre de dépôts illégaux a diminué sur les sites habituels.
Rubalise
1/3 des dépôts sont supprimés par les auteurs des abandons de déchets.
Lyon, Paris et d?autres métropoles utilisent ce dispositif.
Contacts : « Stop-trottoirs », ville de Besançon : gwenael.X@besancon.fr
Rubalise, ville de Metz : rgabriel@mairie-metz.fr
Panneaux mobiles, ville de Montigny-lès-Cormeilles : marianne.konate@ville-montigny95.fr
Dispositif mobile
Montigny-lès-Cormeilles
Stop-trottoirs
Besançon
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
86
Fiche
16 Pièges photos
Acteur : Office national des forêts
- Agence Ile-de-France Ouest pour plusieurs forêts domaniales de l?Ouest parisien
- Agence Meurthe-et-Moselle Forêt pour la forêt domaniale de Haye
Objectif : Sanctionner les contrevenants identifiés grâce aux pièges
photographiques.
Budget : ¤ à ¤¤
Milieu : milieu naturel
Collectivité : gestionnaire ONF
Déchets : tous types de déchets
MISE EN PLACE
L?ONF, confronté à la multiplication des dépôts illégaux de déchets, a décidé de s?équiper de
pièges photographiques pour lutter contre ce fléau. Face à une restructuration des services,
conduisant à la réduction du nombre de forestiers, il est devenu difficile d?assurer la
surveillance de grands espaces dotés de nombreux accès. Ces pièges photographiques sont
d?un usage courant pour l?observation des animaux et de la chasse.
Étape 1 : Installés dans les endroits stratégiques, les appareils se déclenchent à chaque
passage. Il est recommandé de mettre - si possible - deux pièges photographiques ensemble,
l?un ayant l?autre dans son champ de prise de vue pour éviter les vols ou dégradations.
Étape 2 : Une fois les pièges positionnés, l?analyse des photographies doit être réalisée. Pour
être incontestables, les photographies doivent identifier la plaque d?immatriculation du
véhicule et bien montrer l?action reprochée au contrevenant.
Étape 3 : Les photos sont analysées par les techniciens forestiers assermentés qui dressent un
procès-verbal alors adressé au parquet via un circuit administratif propre à l?Office national
des forêts.
Étape 4 : Pour une meilleure prise en compte par la justice, une sensibilisation du parquet a
été menée de façon à faire prendre conscience du phénomène et de son coût pour faciliter
l?instruction des dossiers. Il est nécessaire d?informer les magistrats de ces opérations et de
recueillir leur aval.
Étape 5 : D?autres équipements et aménagements peuvent être mis en place pour limiter les
risques de constitution de dépôts illégaux de déchets : portiques pour bloquer l?accès des
camions sur certains parkings destinés aux promeneurs qui viennent en forêt, équipements
pour limiter les stationnements et l?arrêt des véhicules : enrochement, merlons de terre,
barrières...
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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MOYENS REQUIS
? 1 piège photo : 600 ¤
? 3 pièges photos pour l?ONF de la Forêt de Haye.
? 20 pièges photos pour toute l?agence ONF Ile-de-France Ouest (10 000 ¤ au total) qui couvre les
Yvelines, les Hauts-de-Seine, le Val-d?Oise et la majorité de l?Essonne avec 45 techniciens
forestiers de terrain et 5 responsables d?Unités pour 33 000 hectares de forêts domaniales.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Emplacements stratégiques mais discrets et bien orientés vers des endroits sensibles.
? Déplacer régulièrement les pièges.
? Marquage discret des emplacements antérieurs pour historique.
? Communication, notamment vis-à-vis de la presse (nombreuses retombées médiatiques).
? Motivation nécessaire pour une action efficace : dangerosité des dépôts (amiante) et coût
d?enlèvement : 12 000 ¤ par an pour l?ONF de la Forêt de Haye ; 500 000 ¤ par an pour
l?agence Ile-de-France Ouest.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Nécessité que les agents soient habilités, commissionnés et assermentés pour pouvoir
dresser des procès-verbaux.
? Une photo n?est pas a priori une preuve en soi mais établit une présomption. Il faut que la
personne reconnaisse les faits. Dans le cas de l?ONF, la vidéo-surveillance comme moyen de
contrôle a été rendue possible légalement (mais ce n?est pas encore le cas pour les
collectivités pour les abandons et dépôts illégaux de déchets).
FREINS/RISQUES
? Démotivation : 1 photo sur 1 000 est exploitable, beaucoup de temps pour peu de résultats.
? Risque de sabotage et de vol des pièges.
RÉSULTATS
? L?ONF de Versailles a sensibilisé le parquet à sa démarche, actuellement 20 procès-verbaux
et 7 à 8 condamnations sont en cours.
? Pour la forêt de Haye, aucune procédure n?a abouti pour le moment. Certaines photos ne
sont pas exploitables, certains contrevenants cachent leurs plaques d'immatriculation
avant d'agir.
Note de l?acteur :
Selon Philippe PERNODET, responsable de l?ONF du Grand Nancy : « Au vu des différents contacts qui ont suivi la mise en place de
cette opération, je vois que le problème est national et nous en sommes réduits à trouver des solutions locales. Le piège photographique
n?est qu?une aide à la surveillance d?un territoire. Nous déplaçons souvent nos pièges photographiques pour éviter le vol. Certaines
personnes sont même allées jusqu?à couper un arbre pour mettre hors-service l'un de nos pièges photographiques ».
« Je pense qu?au niveau du fonctionnement, la diversité des pratiques de collecte des déchets d?une communauté de communes à l?autre,
voire d?une déchetterie à l?autre, génère un comportement anarchique. Certains déchets peuvent être refusés et les personnes sont
renvoyées vers d?autres points de collecte mieux équipés mais plus éloignés, et peuvent être tentées de s?en débarrasser dans la nature.
Les individus en déplacement (ou en vacances) peuvent se voir refuser l?accès aux déchetteries, faute de cartes d?accès. Un effort
d?aménagement est à faire au sein des déchetteries : personnel accueillant, sites bien entretenus, points de collecte en apport volontaire
soigneusement positionnés et facilement accessibles et surtout propres ! C?est aussi une « carte de visite » pour la ville ou le territoire. »
Contacts : ONF Versailles : ag.versailles@onf.fr
ONF Forêt d?Haye : dt.grand-est@onf.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
88
Fiche
17 Colorer les poubelles de rues
pour les rendre visibles
Acteur : Annemasse
Objectif : Rendre 500 corbeilles de rue plus visibles.
Budget : ¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : commune
Déchets : déchets diffus
MISE EN PLACE
La collectivité s?est inspirée de l?exemple de Cologne en colorant ses poubelles pour les rendre
plus visibles. Le quota de poubelles à Annemasse est d?une pour 71 habitants.
Étape 1 : Une première phase provisoire a consisté à recouvrir les corbeilles avec un
autocollant rose. Les passants ont apprécié l?expérience, mais les autocollants avaient
tendance à se décoller avec le temps.
? Test sur plusieurs mois.
? Opération accompagnée d'une campagne d'affichage et de posts Facebook.
? Relais par la presse locale.
? Action prévue comme provisoire, mais qui a été prolongée compte tenu de son succès.
Étape 2 : L?étape de déploiement a eu lieu un an plus tard avec des corbeilles colorées
installées dans toute la ville. Action étalée sur plusieurs années, finalisation en 2019.
? Sélection d'un panel de couleurs vives.
? Nouvelles corbeilles équipées d'éteignoirs pour les cigarettes et de collerettes anti-oiseaux.
? Relais sur Facebook.
MOYENS REQUIS
Coût de l'opération :
? Étape 1 : 10 300 ¤ pour l'achat d?autocollants pour l?ensemble des poubelles de la ville.
? Étape 2 : 26 000 ¤ / an pour une cinquantaine de corbeilles déjà colorées.
? Aucun moyen humain supplémentaire n?est nécessaire, les poubelles sont mises en place
par le service propreté de la ville.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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FACTEURS DE RÉUSSITE
? Procéder à une phase test d?environ un an pour évaluer l?efficacité.
? Repérer les endroits les plus touchés par les dépôts illégaux de déchets.
? Communication dans la presse locale, sur les réseaux sociaux, etc.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Interroger les architectes des Bâtiments de France qui doivent donner leur avis.
FREINS/RISQUES
? Refus possible des architectes des Bâtiments de France.
? Difficile de faire maintenir l?autocollant au fil des mois, il faut privilégier les poubelles déjà
colorées.
RÉSULTATS
? Poubelles colorées davantage utilisées.
? Moins de dépôts illégaux de déchets.
? Administrés plus satisfaits, ville plus agréable.
? Pas de dégradation sur les nouvelles poubelles.
Contact : Isabelle Pezous (ipezous@annemasse.fr)
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90
Fiche
18 Des bacs à marée pour les déchets
plastiques du littoral
Acteurs :
Coordinateur : TEO* - Société Coopérative d?Intérêt Collectif
Collectivités partenaires : La Couarde, La Rochelle, Aytré, Angoulins,
Chatelaillon, Yves, Fouras, île d?Aix, Port des Barques, Saint-Froult, Les Mathes,
Saint-Palais, Royan, Saint-Georges de Didonnes, Meschers.
Objectif : Développer un réseau de bacs à marée pour optimiser, via la
participation citoyenne, la collecte des macrodéchets plastiques échoués le
long du littoral.
Compiler, grâce au soutien logistique des associations d?insertion, les données
qui serviront d?indicateurs sur l?état écologique du littoral. Valoriser
l?engagement des municipalités, collectivités et de la région Nouvelle-
Aquitaine qui soutient l?ingénierie du dispositif.
Budget : ¤
Milieu : littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
Étape 1 : Les collectivités contactent la société coopérative TEO ou inversement.
Étape 2 : TEO réalise une évaluation sur le littoral de la commune et détermine avec elle une
offre qui corresponde au plus près à ses besoins : nombre de bacs à marée, choix du
prestataire de services issu de l?insertion pour s?occuper de vider les bacs des macrodéchets,
de les quantifier et qualifier.
Étape 3 : Les communes et collectivités engagées dans l?action mais également les citoyens
peuvent suivre la localisation des bacs les plus proches sur le site web (www.bacamaree.fr) ou
sur une application afin de signaler leur état (pleins, abîmés) et indiquer un événement insolite
(échouage, etc.). Les données disponibles sur le site renseignent sur la quantité de macro-
déchets collectés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Les acteurs mobilisés :
? Des promeneurs ramassent volontairement les macrodéchets plastiques sur la plage et les
déposent dans le bac à marée situé dans un endroit stratégique déterminé avec les
communes.
? Des collecteurs, entreprises ou associations d?insertion, interviennent avec leurs équipes
pour vider les bacs signalés pleins par les promeneurs grâce à l?application associée ou par
téléphone. Ils quantifient, qualifient et évacuent les macrodéchets et enregistrent les
données sur le site internet.
? Un opérateur récupère les plastiques « recyclables ».
? Un opérateur récupère les macrodéchets qualifiés de « Tout venant », qui sont facturés à
TEO pour les frais de traitement.
? Des conchyliculteurs récupèrent leur matériel en plastique réutilisable et participent au
financement du programme.
MOYENS REQUIS
? Coût de gestion opérationnelle d?un bac : 200 ¤ par trimestre par commune, les collectivités
participant à hauteur de 100 à 200 ¤ suivant leur possibilité.
La région Nouvelle-Aquitaine prend en charge l?ingénierie.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Mobilisation de l?ensemble des acteurs, dont les citoyens.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? TEO gère le dispositif pour la collectivité sous forme de convention ou de devis.
FREINS/RISQUES
? Il faut une bonne cohérence sur les territoires pour que chacun participe aux financements.
RÉSULTATS
? 39 bacs à marée dans les 15 communes fin 2018.
? 12 à 20 % des plastiques récoltés sont valorisables ou réutilisables.
? L?application et le site web informent de l?état des plages.
* TEO est le cabinet d?études qui pilote depuis 2011 le programme « Trait Bleu ». Il a pour vocation de chercher pour les communes et
collectivités des solutions pour diminuer l?impact des plastiques échoués sur le littoral. Travail mené également en amont, avant que les
plastiques arrivent dans l?océan.
Contact : Fabrice Faurre (teo.larochelle@gmail.com)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
19 Aider le broyage et le compostage
pour valoriser les déchets verts
Acteur : Grand Poitiers
Objectif : Proposer un maillage de solutions pour une valorisation des déchets
verts sur le territoire (particuliers et professionnels) via des plateformes de
compostage (publiques et privées), en vue d?atteindre l?objectif de réduction
de 10 % des déchets ménagers et assimilés.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : Communauté urbaine
Déchets : déchets verts
Type de fiche : Prévention
MISE EN PLACE
La stratégie de prévention et de réduction de la production des déchets verts se traduit par
des actions concrètes. Chaque année, deux délibérations sont adoptées en conseil
communautaire précisant les modalités des aides suivantes.
Étape 1 : Mise en place d?aides au broyage et au compostage pour les particuliers.
Aides au broyage :
? Un remboursement de 45 ¤ pour la location individuelle d'un broyeur ou une prestation
individuelle de broyage par des professionnels. Le remboursement de 45 ¤ s?applique
uniquement au broyage de déchets verts réalisé chez les particuliers et dans la limite d'un
seul remboursement par foyer et par an. En cas de prestation de broyage par un
professionnel, le broyat doit être utilisé sur place, au domicile du particulier.
? Un remboursement de 45 ¤ par personne pour une location collective, une prestation
collective ou un achat collectif (le total cumulé des subventions versées ne pourra pas
dépasser le montant de la facture).
Aides au compostage :
? Un remboursement de 15 ¤ pour l?achat d?un composteur ou d?un lombricomposteur
individuel.
? Un remboursement de 50 % du montant de l?achat des composteurs collectifs pour un
bailleur social, dans la limite de 250 ¤ de subvention par opération.
? Un accompagnement au compostage collectif en pied d?immeuble ou de quartier, d?une
durée de 1 an (via un marché de prestation).
Étape 2 : Mise en place d?un marché de prestation avec une structure experte locale.
Accompagnement au compostage autonome pour les professionnels (bio-déchets et déchets
verts), d?une durée d?un an (via un marché de prestation). Cette action vise à optimiser la
gestion des déchets des établissements, valoriser les déchets biodégradables et faire des
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
93
économies (réduction de la redevance spéciale, des déplacements en déchetterie, etc.).
Interventions en déchetterie : sensibilisation des habitants sur un jardinage moins générateur
de déchets, notamment lors de semaines thématiques annuelles telles que : Tous au Compost,
la Semaine Européenne du Développement Durable, la Semaine Européenne de la Réduction
des déchets.
Un défi Zéro Déchet Vert ouvert à 10 foyers et 10 établissements (du 20 mars 2019 au
20 septembre 2019) : considérer les déchets de jardinage et d?entretien des espaces verts
comme des ressources et les réduire au maximum.
MOYENS REQUIS
? Montant du marché de prestation : montant maximum de 150 000 ¤ HT sur 3 ans
(accompagnement au développement du compostage de proximité comprenant les
actions de prévention et réduction des déchets verts).
? Montant des subventions broyage depuis 2015 : 20 655 ¤.
? Montant des subventions compostage depuis 2009 : 12 358 ¤.
? Moyens humains de la collectivité : 0,30 ETP.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Implication des élus.
? Marché de prestation avec une structure experte locale.
? Mobilisation de tous les acteurs « opérationnels » concernés : agents de déchetterie, acteurs
économiques pour le relais des dispositifs d?accompagnement (vendeurs broyeurs/
composteurs, loueurs broyeurs, jardiniers professionnels), directions de la collectivité
(communication, développement économique, espaces verts).
? Communication partagée : collectivités, presse régionale quotidienne, chambres
consulaires, autres directions concernées.
? Accompagnement multi-acteurs (collectivité, experts, bailleurs?), les collectifs volontaires
permettent de rassurer et de légitimer les dispositifs d?aide/d?accompagnement.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Élaboration d?un marché de prestation.
? Délibérations des subventions en conseil communautaire.
FREINS/RISQUES
? Le relais des dispositifs d?aide existants.
? La mobilisation autour de pratiques alternatives / conduite du changement des pratiques.
RÉSULTATS
? L?habitant bénéficie de pratiques alternatives et d?accompagnements de qualité proposés
par la collectivité et la structure experte locale.
? La collectivité a maîtrisé les tonnes de déchets verts présentées en déchetteries et les coûts
afférents.
? Depuis 2015 la CU a octroyé 459 aides au broyage et depuis 2009 accordé 824 aides pour
le compostage.
? Partage et valorisation de pratiques alternatives de gestion des résidus de jardins.
Des formulaires en ligne ou à télécharger sont disponibles sur grandpoitiers.fr
Contact : Sandra Lardier (reduisonsnosdechets@grandpoitiers.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
20 Zéro poubelle de rues
Acteur : Saint-Hilaire de Riez
Objectif : Cette démarche « zéro poubelle » se donne pour objectif de
responsabiliser la production de déchets et de sensibiliser au tri.
Budget : ¤¤¤
Milieu : littoral
Collectivité : commune
Déchets : diffus
MISE EN PLACE
La mise en place de l?action « zéro poubelle » se divise en deux phases distinctes mais
indissociables l?une de l?autre :
Étape 1 : La mise en place de la redevance incitative
(mise en place le 1er janvier 2018 sur le littoral)
? La redevance incitative incite les habitants à améliorer leur tri sélectif pour faire diminuer
le volume de leurs ordures ménagères et ainsi le montant de la taxe correspondante.
? La redevance incitative a permis de développer une prise de conscience chez les habitants.
? La puce intégrée sur les poubelles individuelles, comme collectives, enregistre le nombre de
levées par camion de collecte et le poids des déchets. Le tri effectué n?est pas facturé dans
la taxe d?ordures ménagères.
? La collecte est assurée par la Communauté de Communes et le syndicat Trivalis assure le
traitement des déchets.
Étape 2 : Le retrait des poubelles
? La démarche « zéro poubelle » est étendue sur la seule commune de Saint-Hilaire de Riez.
? Elle a été accompagnée de la mise en place de 18 points d?apport volontaire depuis juin
2018, avec un système de badge remis aux usagers, et la suppression des poubelles sur
l'ensemble de l'espace public : forêt, plages, zones urbaines. La suppression des poubelles
s?est faite progressivement sur l?ensemble de l?espace public et en même temps que le
passage à la redevance incitative : de janvier à avril 2018.
? Les poubelles de rue sont devenues des points d?apports volontaires. Les habitants peuvent
trier directement leurs déchets sur place, aux points d?apport volontaire dispersés dans la
commune ou les rapporter chez eux. La communication est aussi une étape importante, la
commune a installé des panneaux de communication « Défi zéro poubelles » sur les points
de passage (article dans le bulletin municipal et presse).
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
95
MOYENS REQUIS
? 30 panneaux indicatifs « Zéro poubelle » : budget : 15 000 ¤.
? 18 points d?apport volontaire (PAV) mis en place par la Communauté de communes.
? Distribution d?un badge aux habitants (au cas par cas pour les résidences secondaires).
? La verbalisation pour abandon de déchet est une amende forfaitaire de 68 ¤.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Informer très en amont les habitants sur la démarche.
? La redevance incitative est essentielle pour mettre en place la démarche « zéro poubelle »,
un pas supplémentaire vers la responsabilisation des habitants.
? Il s?agit d?un territoire particulier où la nature est très prenante.
? La ville a offert des composteurs.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Suppression des poubelles sur l'ensemble de l'espace public : zones urbaines, forêts, plages.
? S?assurer d?une collecte effective et régulière par la structure compétente.
FREINS/RISQUES
? Au départ, cette politique a été assez mal accueillie, il est nécessaire de préparer les
habitants et d?être soutenu fortement par les élus.
? Certains habitants ne sont pas encore convaincus (lancement d?une pétition pour le retour
des poubelles avec 200 signatures).
RÉSULTATS
? Après 9 mois d?expérience, les habitants sont assez fiers des résultats et les touristes se sont
adaptés.
? On passe de 55 tonnes de déchets à 15 tonnes de déchets municipaux (hors foyer et hors
collecte)
? Les citoyens font davantage le tri et leur mode de consommation évolue. Plus de 60 % des
déchets verts sont compostés (grâce à la distribution de composteur).
? 90 % des personnes joueraient le jeu.
Contact : Anthony Bourget (abourget@sainthilairederiez.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
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Fiche
21 Un « Trimobile » pour se débarrasser
des petits encombrants
Acteur : Paris
Objectif : Lors du budget participatif de 2014, le projet « Trier ses déchets au
plus près », est arrivé en 4e position des votes des Parisiens. Le dispositif
« Trimobile » permet aux parisiens de se débarrasser à proximité de chez eux
de leurs petits encombrants (petit électroménager, etc.), de leurs déchets
dangereux (peintures, solvants, etc.) et de s?assurer d?un traitement optimal.
C?est également un lieu d?échange avec les professionnels du service propreté
de la ville.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : collectivité unique à statut particulier
Déchets : encombrants, dangereux
MISE EN PLACE
Étape 1 : Dans le cadre de l?aménagement du nouveau quartier Clichy ? Batignolles 17e, équipé
d?une collecte pneumatique, un Trimobile (ou point de collecte mobile) permet aux habitants
du quartier de déposer leurs déchets inadaptés à la collecte pneumatique tels que vaisselle
cassée, petit électroménager, etc.
Étape 2 : La Direction de la Propreté et de l?Eau a établi un cahier des charges spécifique et
passé un marché d?acquisition de 4 remorques pour le dispositif itinérant du Trimobile.
Un dispositif qui impose la collaboration entre les services :
? Partenariat entre le Service Technique de la Propreté de Paris (STPP), pilote de la démarche,
et le Service technique des Transports Automobiles Municipaux (STAM) pour le convoyage
de la remorque.
? Collaboration entre les divisions territoriales de propreté (services déconcentrés du STPP)
avec les mairies d?arrondissement, les services de la voirie et les commissariats de police
pour définir et valider les emplacements.
? Formation des agents à l?accueil du public.
? Présentation à la presse pour lancer et faire la promotion du dispositif auprès des parisiens.
? Choix de 1 à 4 emplacements par arrondissement avec une fréquence de retours 1 à
2 fois/mois.
? Certains arrondissements ont choisi de se positionner sur un seul emplacement avec une
intervention par mois.
Étape 3 : Au cours de l?été 2015, les premiers Trimobile ont été mis en place sur 5 arrondissements,
puis le dispositif a été étendu à tous les arrondissements parisiens à partir de septembre 2015.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
97
MOYENS REQUIS
? Investissement : 237 600 ¤ TTC pour l?achat des 4 remorques
? Fonctionnement : 420 000 ¤ TTC par an pour l?ensemble du dispositif (frais de personnel,
remisage des remorques, location des véhicules de remorquage au GNV, assurances et
maintenance)
? Ce dispositif nécessite un acheminement par un chauffeur titulaire d?un permis B. Puis
2 agents formés, dont le chauffeur, assurent l?animation du dispositif durant les 4 heures
d?ouverture au public (9h-13h). La formation de ces agents, réalisée en interne par des
ingénieurs, est d?une demi-journée.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Mise en place sur le site de la collectivité d?un calendrier mensuel des tenues.
? Bonne communication.
? Régularité des interventions.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Aucune
FREINS/RISQUES
? Difficultés de trouver des emplacements pour installer la remorque.
? Coût de fonctionnement.
RÉSULTATS
? Meilleur captage car presque tous les déchets peuvent être apportés alors qu?ils ne sont pas
acceptés dans les demandes de collecte en porte-à-porte (déchets dangereux).
? 814 tenues sur l?année 2018 sur les 925 prévues, environ 25 000 utilisateurs.
? 50 t de déchets d?équipements électriques et électroniques (DEEE).
? 22 t de petits encombrants.
? 14 t de multi matériaux.
? 14 t de déchets dangereux.
? 1,5 t de lampes et néons.
Contact : pierre.marc@paris.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
98
Fiche
22 Smicval Market, une déchetterie
à l?allure de supermarché
Acteur : SMICVAL (syndicat mixte intercommunal de traitement des déchets)
du Libournais Haute-Gironde.
Objectif : Changer le regard des habitants sur les déchets afin de renforcer le
réemploi, maximiser le recyclage et finalement réduire au maximum
l?enfouissement.
Le SMICVAL avait besoin de construire une nouvelle déchetterie, opportunité
pour évoluer vers un système plus engageant et responsabilisant, avec une
dynamique vertueuse de réemploi et/ou de recyclage des déchets.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : syndicat mixte
Déchets : encombrants
MISE EN PLACE
Étape 1 : « Déconstruire » l?idée d?une déchetterie classique avec ses attentes habituelles,
travailler sur une nouvelle conception autour des déchets-ressources, vers de nouveaux
usages et services à la fois ludiques et positifs.
Imaginer une déchetterie comme un supermarché avec le support de politiques publiques,
de designers d?espaces et de sociologues afin d?attirer davantage d?usagers dans un espace
attrayant où le dépôt et le retrait d?objets se ferait naturellement, sans dégoût ni insécurité.
« Le magasin a été pensé de manière à ce que les personnes se sentent davantage dans un
magasin que dans une déchetterie ».
Étape 2 : Modéliser et construire le projet.
Fonctionnement au sein du SMICVAL Market :
? L?adhésion est obligatoire mais gratuite pour les usagers.
? Ils reçoivent une information sur le tri dès l?entrée pour adopter le bon geste de tri et
comprendre le fonctionnement du magasin.
? Les personnes déposent leur objet dans les endroits indiqués et peuvent récupérer ce qu?ils
souhaitent.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
99
MOYENS REQUIS
? Coût : 2 millions d?euros.
? L?investissement est élevé mais il est rapidement amorti grâce à la diminution du taux
d?enfouissement. Avec le temps, c?est un coût équivalent d?une déchèterie classique, avec
des résultats bien différents.
? 3 personnes formées à la grande distribution sont nécessaires : 1 pour l?accueil, 1 comme
chef-fe de rayon et manutentionnaire.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Dès le départ volonté politique forte lancée par le président du SMICVAL et par le
département.
? Une certaine audace, oser tenter l?expérimentation.
? Conserver le concept mais l?adapter au territoire : s?associer à des partenaires locaux,
étudier les spécificités du territoire, l?ouvrir au professionnel ou non?
? La conception-construction : point-clé pour obtenir un nouveau regard des usagers sur la
collecte des déchets / la déchèterie.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Cadre juridique classique / déchetteries : ICPE
FREINS/RISQUES
? Manque de motivation des équipes et de suivi politique.
? Débat sur le don : les dons d?objets faits habituellement aux associations caritatives ou
directement à ceux qui en ont besoin peuvent être détournés vers ce type de structure où
toute personne, quel que soit son niveau socio-professionnel a la liberté de revendre
ensuite les objets récupérés.
RÉSULTATS
? 0 vandalisme.
? 0 dépôt illégal de déchets devant le SMICVAL Market.
? Temps moyen passé dans le SMICVAL Market de 30 à 45 min.
? Changement de regard de l?usager sur le déchet.
? Nouveaux profils d?usagés, plus représentatifs de la société.
? + 30 % des déchets valorisés (par rapport à l?ancienne déchetterie).
? Diminution de 60 % de déchets partant en décharge.
? Projet à long terme : volonté de continuer et d?ouvrir d?autres déchetteries dans divers
endroits et spécificités (à côté d?un lycée pour les vélos exclusivement et dans le centre-
ville avec un garage solidaire par exemple).
? Résultats positifs non anticipés : échanges de plants de légumes au printemps,
développement du lien social?
Contact : Nicolas Senechau (nicolas.senechau@smicval.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
100
Fiche
23 Une incitation financière pour
mieux trier les déchets professionnels
Acteur : Sotrema (Rosny-sur-Seine)
Objectif : La Sotrema gère la propreté urbaine du territoire, elle souhaite inciter
les entreprises à trier leurs déchets (carton, gravats, ferraille...) avant de les
déposer pour bénéficier de tarifs plus attractifs.
Budget : ¤¤¤¤
Milieu : urbain
Collectivité : syndicat mixte
Déchets : professionnels
MISE EN PLACE
Étape 1 : Réalisation d?un « business plan » afin de créer une extension de la déchetterie
actuelle, réservée aux professionnels, afin de mettre fin aux dépôts illégaux de déchets, de
remédier à la saturation de la déchetterie publique, de répondre aux besoins des
professionnels et d?inciter au tri.
Étape 2 : Convaincre les politiques du territoire.
Étape 3 : Ouverture de la déchetterie en mars 2018.
Étape 4 : Les professionnels peuvent déposer leurs déchets : les prix varient suivant que les
déposants trient ou non leurs déchets. Par exemple, la tonne non triée est facturée 115 ¤,
tandis qu?une fois triée la tonne de gravats de béton est facturé 5 ¤. La Sotrema revend à des
partenaires les déchets collectés afin qu?ils soient valorisés. Selon la conjoncture, les apports
de certains matériaux ne sont plus facturés (ex. : le dépôt de cartons peut être gratuit) et
peuvent même être rémunérés ; c?est le cas de la ferraille qui est payée 20 ¤ la tonne.
L?accès est réservé aux professionnels, qui peuvent venir librement aux horaires d?ouverture
de 6h à 18h du lundi au samedi, ou disposer gratuitement d?un badge pour venir trier et jeter
leurs déchets 24/24h. Les professionnels sont autonomes et peuvent peser leurs déchets, via
un enregistrement informatique, et reçoivent ainsi leur facture en fin de mois.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
101
MOYENS REQUIS
? Investissement prévu au départ : 700 000 ¤, mais l?investissement final s?est élevé à
1 000 000 ¤.
? Subvention région 100 000 ¤.
? Communication : environ 15 000 ¤ au moment de l?ouverture de la déchetterie (encarts
dans journaux locaux, panneau publicitaire, divers « flyers », etc.).
? 3 personnes à temps plein.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Incitation financière à trier.
? Horaires d?ouverture adaptés et permettant aux professionnels d?y accéder en toute
autonomie.
? Badges gratuits (accès 24/24h).
? 8 000 m2 à la disposition des « pros ».
? Communication relayée dans les mairies, « flyers », panneau publicitaires?
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Dossier d?assainissement, d?urbanisme, DDT, ICPE.
? Accord politique.
FREINS/RISQUES
? Réglementation / zone d?activité Bâtiments de France.
RÉSULTATS
? La population et les élus du territoire ont l?impression que les dépôts illégaux de déchets
ont diminué.
? L?équilibre est atteint après 10 mois d?exploitation (le prévisionnel était à 115 000 ¤ de
déficit).
? 30 tonnes de dépôts par jour.
? De mars à décembre 2018, plus de 9 500 tonnes de déchets déposées.
? La plupart des déchets sont revendus à des opérateurs-récupérateurs pour valorisation.
? Les ? des professionnels viennent avec le badge 24/24h.
Contact : Sotrema (micheal.darty@sotrema.fr)
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
102
Fiche
24 Sanctionner les infractions
par des Travaux Non Rémunérés
Acteur : Valenciennes
Objectif : Sanctionner les auteurs de dépôts illégaux de déchets via des heures
de travail non rémunéré (TNR), en accord avec le Procureur de la République.
Le contrevenant devra participer au nettoyage de la ville au lieu de payer une
amende.
Budget : ¤
Milieu : tous types
Collectivité : commune
Déchets : tous déchets
MISE EN PLACE
Étape 1 : Excédé par les dépôts illégaux de déchets, le maire a souhaité une sanction plus
efficace, et a sollicité le procureur de la république avec un dossier complet sur la réalité des
dépôts illégaux de déchets ainsi que leur coût, avec pour objectif de convaincre le parquet.
Étape 2 : Le parquet a proposé la mise en place de « travaux non rémunérés ». Le travail non
rémunéré (TNR) nécessite l'acceptation préalable de l'auteur des faits, recueilli par procès-
verbal (art. 41-2 du Code de procédure pénale). Il s?agit d?une alternative aux poursuites
prononcées par le procureur, en dispense d?audience pénale et de la peine d?amende pouvant
s?élever jusqu?à 1 500 ¤ si la qualification des faits est une contravention de 5e classe. Seul le
procureur de la République détient l?initiative d?une telle mesure, et peut l?autoriser.
Étape 3 : Signature d?une convention entre le parquet et la ville, procédure qui implique que
le parquet soutienne le politique dans cette démarche. Cette mesure concerne les dépôts
illégaux de déchets volumineux (ex. : déposés avec une voiture) et impose que le contrevenant
soit identifié avec preuve à l?appui. L?auteur des faits est auditionné au commissariat de police
afin de recueillir ses aveux, ce qui est fréquent face aux éléments présentés (vidéosurveillance).
Étape 4 : Le prévenu dispose de deux choix : soit il reconnaît les faits et effectue un travail
non rémunéré, soit il prend le risque de se présenter devant le tribunal et de se voir infliger
une amende.
Étape 5 : Lorsque l'auteur des faits a donné son accord sur les mesures proposées, le procureur
de la République saisit par requête le président du tribunal aux fins de validation.
Étape 6 : Un agent du service pénitentiaire d'insertion et de probation (S.P.I.P.) du ministère
de la Justice prend en charge les contrevenants pour réaliser les TNR (conditions, etc.). La
direction des déchets de la ville de Valenciennes a un rôle de pilote, de relais entre toutes les
instances et réagit en cas de problème. En effet, la mise en place de cette sanction nécessite
rigueur, rapidité et coordination entre toutes les institutions.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
103
Étape 7 : Le contrevenant doit effectuer sa peine dans un délai d?un mois après acceptation
de la mesure. Dans le cas présent, il intégrera les équipes de propreté urbaine et participera
au nettoyage des rues de la ville durant un ou deux jours, selon la gravité de son infraction.
En matière contraventionnelle, la peine ne peut excéder un maximum de 30 heures et doit être
effectuée dans un maximum de 3 mois (art. 41-3 du Code de procédure pénale).
MOYENS REQUIS
? Signature d?une convention avec le parquet.
? Identification du contrevenant.
? Accord du contrevenant sur la mesure.
? Accueil du prévenu pour l?accomplissement du TNR par un agent et surveillance durant sa
peine.
FACTEURS DE RÉUSSITE
? Accompagnement du politique par le parquet pour la mise en place de cette pratique.
? Communication auprès des administrés avant et après la mise en place de TNR.
CONDITIONS TECHNIQUES OU JURIDIQUES
? Accord du parquet et signature d?une convention.
? Une coordination rigoureuse et rapide entre toutes les institutions est nécessaire pour une
mise en place efficace.
? Un agent doit piloter l?ensemble de la procédure (direction propreté).
FREINS/RISQUES
? Maintenir la dynamique, et pour cela la mobilisation de l?ensemble des partenaires
institutionnels tout au long du processus.
RÉSULTATS
? Diminution des dépôts illégaux de déchets.
? Rompre avec l?impunité.
? Identification du profil des jeteurs.
? Sur l?année 2018, 10 TNR ont été réalisés.
? Vocation éducative : permet aux auteurs de prendre la mesure de leurs agissements et
conscience de la quantité de déchets à traiter quotidiennement par la ville.
? Évite le passage au tribunal.
? Une réponse rigoureuse est apportée à certaines formes de délinquance dans le cadre d?une
sorte de transaction qui évite le paiement d?une amende à l?auteur d?un dépôt illégal de
déchets mais l?oblige à apporter une réparation en nature.
Contact : slatawiec@ville-valenciennes.fr
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
104
Quelques pratiques originales
Des corbeaux, agents de propreté ? ? Puy du fou (France)
Le parc vendéen du Puy du Fou confie à des corbeaux la mission de collecte des déchets.
Après six mois d?entrainement, les corbeaux suscitent l?étonnement et l?intérêt des
visiteurs. Pour parvenir à faire de ces corvidés de parfaits agents d?entretien, les
responsables du parc leur ont confectionné un astucieux dispositif, qui leur offre une
petite friandise en échange de chaque déchet déposé. Ils ne remplacent cependant pas
les agents d?entretien du parc, mais leur rôle n?en demeure pas moins étonnamment
efficace en termes de sensibilisation des visiteurs.
« C?est un programme éducatif. Nous n?éduquons pas les corbeaux, mais nous éduquons
les êtres humains. C?est un moyen amusant de montrer aux gens que l?on ne peut pas jeter
des papiers partout » Nicolas de Villiers, Directeur du parc.
Des drones pour identifier les déchets sauvages ? DDTM Hérault (France)
Dans l?Hérault, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) utilise des
drones pour détecter les nombreux dépôts illégaux de déchets, y compris ceux difficiles
d?accès.
« Gallinazo Avisa » - La garde des vautours ? Lima (Pérou)
L'agglomération de Lima compte quatre décharges municipales, pour une population de
9 millions d'habitants. Seul 1 % des déchets urbains est recyclé (16 % environ à Paris). Pour
détecter les sites de dépôts sauvages et ainsi mieux les contrôler, le Muséum national
d'histoire naturelle et le ministère de l'Environnement du Pérou se sont associés pour
mener une expérimentation sur deux ans consistant à équiper dix vautours de caméras et
de GPS. Nom de l'opération : « Gallinazo Avisa » (la garde des vautours). L'idée est
d?exploiter l'attirance naturelle de ces rapaces pour les décharges afin de les localiser et
les photographier. Ce sont désormais les vautours qui font le travail de repérage des
décharges illégales et sensibiliseront les habitants grâce à une campagne de
communication du ministère en complément.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
105
« Adopter en strand » ou adopter une plage (Norvège)
La Norvège possède un vaste littoral, riche en biodiversité, mais menacé notamment par
les déchets marins. En 2017, 1 374 tonnes de déchets marins ont été collectées le long de
la côte. « Adopter en strand » est une initiative qui permet à des groupes d?adopter une
zone au choix : une plage, un site le long des voies navigables, un lac et un sentier, etc.
Chaque groupe doit entretenir sa zone au moins trois fois par an via des actions de
nettoyage et caractériser les déchets qu'il trouve sur le portail dédié « le portail de
compensation ». Cela permet de nettoyer la zone mais aussi d?identifier, cartographier
les déchets sauvages. Le calendrier des opérations de défrichage varie d?un site à l?autre
et selon le climat, mais tous les groupes d?adoptants sont encouragés à participer au
Beach Day au mois de mai. Hold Norway Rent, l?association, équipe les groupes
d?adoptants d?un kit de démarrage comprenant du matériel de nettoyage, tel que des
gants, des sacs poubelle, etc.
Les groupes se composent de citoyens, associations locales, partis politiques, entreprises,
communautés religieuses, universités et collèges, institutions, etc. L?association
encourage toutes les municipalités à participer, il suffit de choisir le niveau d?adoption
qui correspond à une méthode de compensation (cf. site). Un partenariat est ensuite
réalisé entre la municipalité et la société de collecte et de traitement des déchets, qui
assure ces missions gratuitement pour les espaces adoptés. L?objectif de cette initiative
est de créer 100 groupes d'adoption sur l?ensemble du pays.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
106
« Adopt?1 Spot » ? Association Mer terre (France)
En France, une initiative similaire est en cours de préparation par l?association Mer terre,
spécialisée et pionnière dans l'étude et la réduction des pollutions par les macrodéchets.
L?initiative Adopt'1 Spot est encore en cours de préparation. Elle permettra une
réappropriation des territoires par les citoyens. En effet, les administrés pourront soit
s?engager sur trois nettoyages par an et réaliser une caractérisation des déchets plus ou
moins détaillée, soit réaliser un nettoyage par an pendant deux ans. Une initiative qui
permettra de nettoyer les littoraux mais aussi de récolter des données quantitatives et
qualitatives des macrodéchets.
Il existe aussi une version irlandaise : « Adopt a spot » - Keep North Ireland Beautiful.
« 2 minutes Beach Clean » ? Mobiliser les citoyens par les réseaux sociaux ?
Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
L?initiative a été créée en 2009 suite à une série de tempêtes qui ont couvert les plages
anglaises de déchets marins ; elle est relayée par des stations balnéaires partenaires en
Irlande et en Angleterre. L?objectif est de sensibiliser les citoyens aux déchets marins en
les incitant à ramasser pendant deux minutes les déchets autour d?eux et à poster la
photo sur Instagram ou twitter avec #2minutebeachclean. Depuis, cette initiative s?est
développée dans le
monde entier et à tous
les espaces avec
#2minutelitterpick.
Cette campagne est
menée par une équipe
de cinq personnes et
financée par des dons,
des sponsors et la vente
de produits dérivés.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
107
« Nominate a Hero » - désigner un héros - Keep Scotland Beautiful (Ecosse)
Cette action récompense chaque mois un volontaire ou un groupe de volontaires pour le
nettoyage d?un site. Un certificat de Keep Scotland Beautiful est remis au « héro » qui
peut être nominé par tous.
« Élection des quartiers de gare et des zones commerciales les plus propres »
(Pays-Bas)
L?objectif de cette initiative est de récompenser les zones
commerciales les plus propres des Pays-Bas. Des rapports
sur les résultats en matière de propreté de sécurité et de
confort sont envoyés aux participants, il en résulte une
meilleure perception des zones commerciales de plus en
plus propres au fil du temps et une chance de gagner le titre
de « Zone de shopping la plus propre des Pays-Bas ». En 2018, le nombre de participants
a augmenté de 60 %, pas moins de 583 zones commerciales ont fait l'objet d'une enquête.
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
108
« Supporter van schoon » ou comment devenir un ambassadeur de la
propreté (Pays-Bas)
Ce dispositif extrêmement riche met à disposition
des citoyens (via le site) de nombreux outils pour
différents lieux (événements, zones commerciales,
entreprises, municipalités) ce qui leur permet
d?endosser le rôle d?ambassadeur propreté.
L?objectif est de diffuser le bon geste, partager les
actions, participer aux campagnes des autres
ambassadeurs et s?inspirer de pratiques et conseils
divers et variés pour un environnement sans
déchet sauvage.
Lien : https://www.supportervanschoon.nl
« Programme Love Parks » ? Protéger, améliorer et promouvoir les espaces
verts ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
Ce programme apporte un support aux communautés de gestion des
parcs afin de créer un réseau national des « amis des parcs ». Cette
initiative comporte plusieurs éléments : une plateforme en ligne avec
des ressources documentaires, des formations et l?organisation d?une
semaine annuelle « Love Parcs » avec des animations menées par
toutes les communautés partenaires.
Lien : https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-
epidemic-parks
https://www.supportervanschoon.nl/
https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-epidemic-parks
https://www.keepbritaintidy.org/news/new-campaign-launched-face-littering-epidemic-parks
Guide relatif à la lutte contre les abandons et dépôts illégaux de déchets
109
ANNEXE II
Exemples de plans de propreté
110
Plan propreté de Metz
INTRODUCTION
En septembre 2012, le Pôle Propreté Urbaine a lancé une étude pour moderniser son organisation, optimiser son action et améliorer
ses locaux. Dans un contexte financier contraint, l'ensemble de cette évolution devant se faire à moyens constants, voire même avec
une diminution de 800 000 ¤ de fonctionnement sur 4 ans.
Suite à cette étude, il a été décidé de structurer le Pôle Propreté Urbaine territorialement avec la création de deux zones, une Est et
une Ouest.
Le projet consiste depuis lors à concentrer les moyens d?action du pôle sur 2 sites contre 10 auparavant, avec la création :
? d?un site principal correspondant au Centre d?Exploitation Dreyfus Dupont regroupant la Direction, l?Administration, les équipes
propreté et mouvement Ouest ;
? d?un Centre d?Exploitation boulevard de Guyenne regroupant les équipes propreté et mouvement du Secteur Est.
L?organisation territoriale s?est accompagnée également d?une nouvelle structuration du pôle. Ainsi, les Services manuels et
mécaniques ont été regroupés et placés sous la responsabilité unique d?un directeur adjoint. Le management territorialisé de chacun
des secteurs Est et Ouest a été confié à deux chefs de secteur assistés par un technicien propreté et un technicien mouvement.
Les équipes manuelles et mécaniques sont regroupées au sein de 10 équipes (contre 16 auparavant) composées en moyenne de
12 agents, chacune managée par un responsable et un adjoint.
Cette structuration s'est accompagnée d'un plan de formation pluriannuel afin d?accompagner et d?assister les encadrants et les
agents dans la mise en oeuvre de la nouvelle organisation et la mise en place d'un management de proximité.
Dans la continuité de ce projet organisationnel, il a été créé un service Qualité Développement qui est en charge de la partie études,
prospective et qualité du pôle et permet de dissocier les interventions ponctuelles relevant de la « para-propreté », de l'exploitation
pure et simple ; l'objectif étant d'apporter méthode et ingénierie de projet, optimiser la relation usager, de renforcer l'efficience du
service de proximité et d'assurer une meilleure gestion interne sans désorganiser l'exploitation.
111
Évolution de la modernisation :
Ce plan a été déployé selon 6 axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : La propreté, un enjeu de proximité avec les usagers
? Axe 2 : Collecte des déchets, une coopération active avec la Métropole
? Axe 3 : La ville, un espace public à protéger
? Axe 4 : Les incivilités, une lutte collective
? Axe 5 : Le développement et l'innovation durable, une ambition humaine et technologique à partager
? Axe 6 : La qualité de l'espace public, un suivi nécessaire
L'évolution du pôle s'est appuyée sur l'ensemble des ressources de la ville sans créer de dispositif en particulier.
2013-2015
-
Projet de
réorganisation :
travaux site de
Borny
2016
-
Obtention de 7
trophées AVPU et
du prix d?honneur
? Label ville Eco
propre 1ère *
2017
-
Obtention de la
certification
environnemental (ISO
14001)
Label Ville Eco propre **
Réorganisation
sectorielle du pôle :
secteurs EST / OUEST
Création du site de Borny
2018
-
Nouveau plan de
propreté
Création du
service Qualité
Label Ville Eco
propre ***
2020
-
certification
Qualité (ISO 9001)
Système de
management
intégré QSE
Objectif Label Ville
Eco propre *****
2018-2020
-
Label Ville Eco propre
****
Rénovation du site de
Dreyfus
Mise en oeuvre du plan
de propreté prévue
pour début 2019
Lancement de la
démarche Qualité
ISO9001
112
Axe 1 : La propreté, un enjeu de proximité avec les usagers
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Réponse et
traitement de la
doléance
? Évolution de la plateforme "Allo-Mairie" pour répondre rapidement et
au plus juste aux demandes de la population > principe de guichet unique
Interne
? Un certain nombre de réponses préformatées
peuvent être données à l'usager dès réception
de l'appel sans transfert au service
? Automatisation du traitement de la doléance sous format d'un ticket
grâce à la mise en place d'un logiciel de gestion permettant le suivi et la
traçabilité de chaque demande
Moyens mutualisés
avec la Métropole
? Permettre le transit des demandes spécifiques
du point d'entrée jusqu'aux techniciens pour
traitement sous contrôle de la direction
? Permettre la réalisation de statistiques
relatives à la typologie des doléances par
quartier
? Éviter le sur-signalement
Démarches
Participatives
? Identification d'un « ambassadeur de propreté » dans chaque quartier,
pour faciliter les relations entre élus, administration et citoyens (en cours)
? Echanges avec les comités de quartier autour de l'entretien de l'espace
public
? Développer la médiation pour se rapprocher de ses citoyens : expliquer,
rassurer, convaincre et humaniser les rapports entre administration et
usager. Médiateur = facilitateur de contacts ; Formation nécessaire
? Développement des balades urbaines en présence des services
techniques et des habitants pour une évaluation croisée
? Développement des appels à projets citoyens (budget participatif) pour
réaliser des fresques décoratives ou opérations de propreté
Néant
? L'objectif est d'associer a maxima les habitants
dans les décisions
? Faire comprendre et rassurer pour faire
adhérer
? La verbalisation ne peut être une solution
durable il faut trouver des solutions ensemble.
? (495 interventions -> 63 % résolues sans
verbaliser)
? Création d'une communauté d'habitants qui
se mobilisent lors d'opérations spécifiques
Communication
renforcée
? Création de supports pour informer et donner de la transparence aux
actions de la collectivité. L?accent est placé sur l?aspect pratique axé sur
le quotidien des usagers.
? 20 à 25 articles PQR par an pour maintenir le sujet dans l'actualité
? Communication sur la semaine de la propreté
? Portes ouvertes au centre d?exploitation
? Participation à des événementielles : Metz plage, journée d?intégration
des grandes écoles, exposition canine, etc.
Néant
? Présence média importante
? Reconnaissance et rayonnement du pôle à
l'extérieur
? Bonne connaissance des actions du pôle
? Sensibilisation des usagers aux bonnes
pratiques en termes de propreté
? Intégration des usagers dans les actions mises
en place en termes de propreté
113
Axe 2 : Collecte des déchets, une coopération active avec la Métropole
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Concertation
? Définition des limites d?interventions et de coopération entre collecte,
propreté, communication, médiation et verbalisation
Interne ? Améliorer les interfaces et les interactions
? Participation à l?élaboration du règlement de collecte afin d?intégrer les
contraintes de collecte et de propreté
Interne
? Disposé d?un référentiel imposable à l?usager
et applicable par les collectivités en termes
d?exploitation, d?information et de verbalisation
? Mise en place d'un COPIL bimensuel pour traiter des points particuliers Interne
? Maintien du dialogue entre collecte et
propreté, adaptation des interventions et des
méthodes aux disfonctionnements et aux
situations exceptionnelles
? Convention tripartie Bailleur, Métropole et Ville pour l?entretien, la
collecte et le nettoiement des points de collecte
? Lancement de la démarche de conteneurisation des déchets par la
métropole
23 M¤
? Mécaniser la collecte des déchets et améliorer
la propreté des espaces
Axe 3 : La ville, un espace public à protéger
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Anticipation des
problématiques
? Intégrer les problématiques de propreté urbaine dès la conception des
projets d'aménagement (espaces exigus, générateur de malpropreté, tags, etc.)
? Participer à l?organisation des événementiels et manifestation afin
d?anticiper les problématiques de propreté et de gestion des déchets.
? Travail spécifique d'agrément sur les commerces vacants
? Intervention auprès des concessionnaires (téléphonie, UEM, etc.) pour
améliorer la propreté de leurs équipements sur l'espace public
? Reconduction de la démarche « chantier propre » auprès des
entreprises intervenant sur le domaine public
? Mise en place d'un groupe de travail dans une approche sociologique
des quartiers pour déterminer de nouveaux plans d'actions
Néant
? Pour renforcer l?efficacité de la politique de
propreté et modifier les comportements de nos
concitoyens, il est nécessaire de combiner des
mesures d?application immédiate et une
stratégie de plus long terme avec pour ambition
d?agir sur les causes structurelles du sentiment
de « malpropreté » autour d?un diagnostic
partagé sur l?état de propreté de la ville. Elle
permet de se mobiliser autour d'un processus
d'amélioration continue.
300 ¤
600 ¤
Néant
Néant
114
? Optimiser juridiquement les arrêtés municipaux relatifs au pouvoir de
police du Maire pour rendre plus efficaces et rapides les poursuites pénales
consécutives à des flagrants délits ou suite à des enquêtes en lien avec des
dépôts sauvages > renforcement des pouvoirs de la brigade propreté
? Prospective sur des méthodes préventives aux incivilités > solutions
techniques en complément du geste civique /nudge (création de parcs à
chiens, installations de cendriers de sondage, murs d'expressions, fresques
participatives?)
Néant
Budget participatif
Traitement de la
problématique
? Réfection et entretien des mobiliers urbains détériorés
? Lancement d'opérations coup de poing « Nettoyage de Printemps » visant à
rénover et nettoyer en profondeur des secteurs ciblés
? Engager une action de verbalisation qualitative plus ciblée sur les dépôts
sauvages récurrents
? Maintenir la prévention et réactivité sur les graffitis et développer la lutte
juridique contre les affichages sauvages
? Mise en place d'une facturation pour donner du sens à l'incivisme et réparer
le préjudice de la ville
? Développer l'utilisation de la rubalise « dépôt illicite de déchets, l'auteur est
en cours d'identification » pour marquer le dépôt sauvage
80 ¤ pour un sac OM
? Réaffirmer les règles d'utilisation du domaine
public
450 ¤ pour un dépôt
Solution
technique
? Mise en place d?indicateurs objectifs de propreté
? Caractérisation des rues de la Ville pour un traitement équitable de ces
dernières
? Définition de niveau x de propreté optimum et acceptable
? Recensement et référencement des données d?exploitation : vitesses
d?avancement, temps de travail brut et net, taux d?absentéisme et
d?immobilisation, etc.
? Définition de niveaux de service répondant aux niveaux de propreté validé
? Définition des modes d?intervention et des niveaux de propreté attendus
? Elaboration d'une matrice des moyens pour contractualiser avec les
politiques l'application d'un niveau de service en adéquation avec les moyens
alloués
? Réorganisation territoriale des équipes
? Définition des tournées et des plannings d?intervention afin d?intégrer les
niveaux de service du plan de propreté
? Mise en place d'une nouvelle ligne hiérarchique pour plus d'encadrement de
proximité
? Elaboration d'un plan de formation
? Reprise en régie du nettoyage de secteurs auparavant sous-traités, avec
optimisation des tournées, adaptation des fréquences et gain financier
? Affichage des niveaux de services pour responsabiliser les usagers
Développement
interne
? La matrice des moyens est une appli
développée en interne, elle permet de
transcrire en temps réel l'affectation des
moyens humains et matériels sur chaque
secteur. Elle permet d'évaluer la bonne
adéquation des moyens avec le niveau de
service souhaité par les élus. C'est également un
outil de gestion des mouvements de personnel
pour élaborer des parcours à partir de postulats
d'exploitation. Enfin, c'est une plateforme
permettant la valorisation financière de la
propreté à la rue près.
115
Axe 4 : Les incivilités, une lutte collective
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Sensibilisation
du jeune public
? Recrutement d'une animatrice en remplacement d'un agent de nettoiement
pour sensibiliser les enfants de cycle 1, 2 et 3
? Élaboration d'un programme pédagogique à destination des scolaires validé par
l'Education Nationale et l'Ademe
? Poursuivre le déploiement de la campagne de communication et capitaliser les
effets dans les écoles pour faire des enfants sensibilisés des vecteurs
d'informations auprès de leurs parents
? Semaine de la Propreté : ouverture du parc des véhicules de propreté aux
enfants lors de la semaine de la propreté
? Démonstration de la technique d'enlèvement de graffitis à des élèves d'école
primaire
3 000 ¤ (développement
des supports)
? Préparer les générations futures
Promouvoir le
geste citoyen
? Maintenir une présence média régulière pour valoriser les actions menées par
les partenaires et développer l'éco-exemplarité
? Sensibilisation des citoyens-usagers au travail des agents, pour une meilleure
coresponsabilité sur la propreté et une appropriation de l?espace public > visites
de centres d'exploitation de la PU
? Développer les partenariats avec le tissu associatif local pour qu'il soit
prescripteur de l'image de marque de la ville
? Développer les partenariats avec les syndics pour sensibiliser les citoyens (ex. :
mise en place de boîtes à pain pour la récupération de pain sec en pieds
d'immeubles)
? Formation des agents de terrain sur l'ensemble de la ville pour favoriser la
proximité et la communication avec les usagers > restaurer le lien privilégié avec
le cantonnier
? Faire évoluer les mentalités
? Faire comprendre que la salissure est le résultat de
l'incivisme et non d'un défaut de service
Responsabiliser
les usagers
? Développer les opérations conjointes avec la Police Municipale notamment
quant à la vidéo surveillance
? Développement de relations avec des usagers référents faisant remonter les
dysfonctionnements dans leurs quartiers
? Mise en place de Travaux d'Intérêts Généraux pour les personnes jugées pour
des faits répréhensibles et lutter ainsi contre les récidivistes.
? Opérations de nettoiement communes services et foyers d?accueil, pour une
meilleur appropriation et intégration du quartier par les jeunes
? Mettre fin à la sur-réactivité traduisant une déresponsabilisation
Néant
450 ¤
? La Propreté d'une ville renforce sa qualité de vie
et son attractivité. Elle s'intègre logiquement dans
une politique globale de développement durable.
Cet enjeu est quotidien car il s'agit de rendre à
chaque instant une ville propre, attrayante,
sécuritaire et saine. Cependant, Metz doit
répondre à un paradoxe : satisfaire une exigence
accrue des citoyens en contradiction avec des
comportements inciviques de plus en plus
fréquents
116
? Opération statique de surveillance
? Développer les pièges photographiques
? Développer la vidéo surveillance et la caméra leurre sur les points noirs quand
cela est possible
? Création d'enquêtes de voisinage
? Mise en place de courriers de mises en demeure
? Appel à la participation des usagers lors des opérations Clean up + marche
propreté en collaboration avec les comités de quartier
Axe 5 : Le développement et l'innovation durable, une ambition humaine et technologique à partager
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Prospective
? Adhésion à L'Association des Villes pour la Propreté Urbaine pour obtenir
des indicateurs de propreté et adapter les moyens en fonction des temps de
dégradation de la propreté
1 600 ¤/an
? Objectiver la propreté de la ville
? Réorienter les actions de sensibilisation /
verbalisation
? Des techniciens ont pour objectifs de progrès dans leur évaluation le
traitement de points particuliers (chewing gum, déjections, etc.)
? Mise en place de fiches progrès par les agents pour les propositions
d'évolution en termes de développement durable, qualité et sécurité
(ex. : installation de récupérateur d'eau de pluie, achat d'éco-cups, chariots
de tri, table de troc, boîte à pain, cendrier de vote?)
? Échanges / benchmarks réguliers en France et étranger
? Développer les capacités prospectives du pôle en
étudiant les innovations technologiques
? Favoriser la R&D
Optimisation
? Mutualisation des usages des mobiliers urbains (corbeille+cendrier)
? Géoréférencement des corbeilles pour optimiser la collecte, l'entretien et la
maintenance + outil d'aide à la décision pour l'implantation en fonction du
taux de remplissage
? Géolocalisation des véhicules de nettoiement
? Mise en place de la solution SOLI pour le traitement et suivi des
interventions de détagage + affichage sauvage
En cours
11 000 ¤
11 000 ¤
Les nouveaux
modes de
nettoiement
? Acquisition de triporteurs permettant le tri des déchets
? Acquisition d'aspirateurs industriels Glutton
? Acquisition de souffleurs électriques / désherbeurs thermiques et électriques
? Acquisition de balayeuse essence
? Développement en lien avec la médecine du travail d'un chariot de
balayage ergonomique
? Acquisition de nettoyeurs portatifs haute-pression
? Acquisition de divers outils de désherbage
? Ajouter un critère environnemental et social dans tout marché public
? Réduire l'empreinte carbone de l'activité de
nettoiement
117
Axe 6 : La qualité de l'espace public, un suivi nécessaire
Thématiques Déclinaisons des actions
Moyens
(humains et financiers)
Résultats et
perspectives
Démarche
qualité
? Approche marketing de l'organisation des moyens humains et matériels
pour apporter une réponse au plus près des attentes des riverains
? Formation des agents de terrain sur l'ensemble de la ville pour favoriser
la proximité et la communication avec les usagers > Restaurer le lien
privilégié avec le cantonnier
? Renforcement du suivi qualité par les chefs d'équipe sur le terrain
? Évaluer la satisfaction des usagers
? Développement de l'efficience du pôle dans
son intervention
? Obtention de la certification ISO9001
? Améliorer l'image de marque
? Engager un processus d'amélioration
continue
Maîtrise des
risques
? Cartographier les processus du pôle
? Mise en place d'un plan d'actions pour tous les risques identifiés en
prenant en compte l'ensemble des activités du PPU
Accompagnement
interne
? Maîtriser les risques qualité, sécurité et
environnement afin de limiter leurs impacts
sur nos activités
? Créer une dynamique d'amélioration
continue en mettant en place des actions
préventives et correctives
Améliorer les
performances
? Mise en place d'indicateurs de suivi et de performance pour augmenter
la performance globale du pôle
? Mesure du taux d'activité, présentiel, réalisation des parcours,
absentéisme
Accompagnement
interne
? Permet de mesurer notre activité afin
d'évaluer notre évolution
? Suivre des indicateurs qui serviront d'aide à
la décision
118
Plan propreté de la ville de Cannes
La ville de Cannes est confrontée de façon périodique à une importante augmentation de sa fréquentation, ce qui lui impose une
gestion complexe de la propreté selon les périodes de l?année, les événements, les quartiers et les heures du jour et de la nuit.
En 2014, le maire de la ville, David Lisnard, prenait l?engagement auprès des Cannois de faire de la lutte contre l?incivisme l?axe
principal de son mandat.
Cette volonté politique a donné suite à un plan propreté complet, inspiré de la « théorie du carreau cassé ».
Au regard de la réussite de ce premier plan et afin d?optimiser le travail des agents et d?augmenter l?efficacité de leurs interventions,
un nouveau plan est instauré en 2018.
Ce plan a été déployé selon trois axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : Prévention des usagers et sanctions
? Axe 2 : Organisation des équipes propreté
? Axe 3 : Déploiement d?un équipement innovant
119
Axe 1 : Prévention des usagers et sanctions
Thématiques Déclinaison des actions Moyens
Résultats et
perspectives
Communication
Campagnes de communication pour lutter contre l?incivisme :
? Campagnes d?affichage :
? sensibilisation globale (en 5 langues) ;
? mettant en scène les agents de propreté ;
? annonçant les sanctions en vigueur « stop incivilités ».
? Campagne « Ici commence la mer » sur les avaloirs
? Flyers, guide du civisme, « Cannes Civique » (chaîne sur YouTube),
diffusion sur le site de la mairie, écrans numériques (abribus)
Campagne faite en
régie.
L?affichage est
intégré dans la DSP
avec l?annonceur
Communication
réalisée en interne
200 plaques signalétiques
Prévention
? Sensibilisation par des volontaires du service civique, médiateurs de
l?environnement et de la lutte contre l?incivisme
? Réalisation de nudges, marquages provisoires incitant à l?utilisation des
corbeilles
? Installation de cendriers de vote (boites à mégots) pour favoriser la
collecte et le recyclage des mégots
? Distribution de cendriers jetables et de cendriers de poche sur les plages
? Opérations bénévoles de nettoyage des ports et des fonds marins
4 agents médiateurs
propreté urbaine
1 agent en charge du
mobilier urbain
25 000 cendriers jetables par an
3 opérations de nettoyage des
fonds marins par an
Éducation à la
citoyenneté
? Chaque semaine, un policier municipal sensibilise les écoliers aux bons
gestes
? Mise en place d?un projet éducatif via activités périscolaires : ateliers
innovants d?éveil à la nature, à la protection de l?environnement et au
développement durable, randonnées comptées, classes délocalisées
1 agent de police
municipal dédié
Réalisé avec les
services de la ville
Verbalisation
accrue et
interdiction des
espaces
sensibles
? Une préparation en amont des interventions avec les autres services
municipaux et une collaboration étroite et efficace avec la police
municipale sont nécessaires pour accroître la verbalisation
? Mise en place d?une brigade propreté de 13 agents assermentés qui
patrouillent en civil et en tenue pour verbaliser et sanctionner
? Interdiction de la cigarette sur deux plages
Réunion interservices
59 000 PV
120
Axe 2 : Organisation des équipes propreté
Thématiques Déploiement des actions Moyens Résultats/perspectives
Réflexion sur le
fonctionnement
du service
propreté
? Mise en place de « Cercles de qualité » afin de conduire l?ensemble
des agents vers une réflexion globale sur l?efficience du service public et
de fédérer les équipes
? Étude sur l?externalisation de certains services (le travail en régie est
bien moins cher, permet plus de souplesse dans l?organisation, mais
nécessite un bon encadrement)
Prestataire externe
? Meilleur management
? Réduction des dépenses
? Amélioration de la Propreté de la ville
? 20 % d?intervention en plus
Étude faite
en interne
? Amélioration de la planification des moyens humains :
? Renforcement du plan de Propreté 7 jours/7 ;
? Guichet unique pour toute demande ;
? Application de signalements géolocalisés à disposition des
agents ;
? Nouveau règlement pour la propreté des marchés ;
? Prise en compte de la saisonnalité ;
? Nouvelles tenues vestimentaires des agents de propreté
pour une meilleure identification ;
? Garantir le traitement de tous les secteurs, tous les jours, par
une nouvelle programmation des prestations.
? Un plan de formation spécifique et mobilisateur
? Organigramme cohérent avec de nouvelles fonctions et missions :
? Direction assurée par un Directeur et un Directeur Adjoint ;
? Nouvelle fonction : Coordinateur d?exploitation ;
? Elargissement de la mission du Responsable de secteur avec :
carnet de suivi des prestations, bilan d?activité quotidien,
plans d?actions pour fédérer les équipes.
Plan triennal de
formation
Recrutement
de 2 agents
Renforcement
des actions de
nettoiement
? Renforcement du nettoiement l?après-midi et en début de soirée, en
semaine et le week-end : le service de propreté urbaine réalise des
prestations 365 jours/an et compte trois fois plus d?agents sur le terrain
aux grands moments d?affluence
? Création d?une brigade mobile : pour ne pas désorganiser les autres
prestations et agir en 15 min
? Une approche globale comprenant le nettoyage, l?enlèvement des
herbes folles et entretien des espaces verts afin d?harmoniser les
prestations sur l?ensemble de la commune
? Lancement d?opérations « grand nettoyage » une fois par mois dans
un quartier complet, pour nettoyer, désherber, vider les avaloirs et
sensibiliser chacun à la nécessité de ne pas salir les espaces publics
5 agents dédiés
Réorganisation des
services de la ville
Opération faite
en régie
121
Axe 3 : Déploiement d?un équipement innovant
Thématiques Déploiement des actions Moyens Résultats/Perspectives
Equiper les
équipes d?outils
modernes de
communication
et de gestion
? Smartphone pour tous les responsables de secteur
? Centre de Protection Urbaine pour piloter l?action au quotidien
? Observatoire de la propreté en fonction des saisons, rues, événements
et heures de la journée, avec une cartographie des incivilités
? 16 smartphones
? 1 agent dédié
? Application SIG
? 30 % de rues nettoyées en plus
? Amélioration du nettoyage de la ville
Renforcer les
moyens des
agents pour plus
d?efficacité
? 25 véhicules de nettoyage des voies
? 1 200 corbeilles à papiers dont la plupart avec cendriers
? Corbeilles compactrices solaires et connectées / suivi du niveau de
remplissage
? Machine « Glutton » pour une aspiration efficace des déchets
? 5 triporteurs à assistance électrique pour un déplacement instantané
en mobilité douce
? Cureuses pour nettoyer les avaloirs et les caniveaux
? 8 aspiratrices avec hydro balayage pour un nettoyage complet en un
passage
? 187 distributeurs de canipoches
? 499 caméras réparties stratégiquement sur tout le territoire
? 1 000 km de voies nettoyées par semaine
? Plages horaires étendues (présence 23h/24)
? 200 km de voies nettoyées en plus chaque
semaine
122
ÎLE-DE-FRANCE PROPRE
Face à l?ampleur des dépôts sauvages en Île-de-France et à leurs conséquences pour les territoires (en termes environnementaux,
économiques et sanitaires), le Conseil Régional a voté le 7 juillet 2016 un dispositif ambitieux pour lutter contre ces mauvaises
pratiques. Intitulé « Île-de-France propre », ce dispositif a pour objectif de mobiliser et d?accompagner les collectivités territoriales
ainsi que l?ensemble des acteurs franciliens concernés, afin de réduire collectivement et durablement les dépôts sauvages sur les
territoires franciliens.
Le plan comprend 12 actions, à la fois préventives et curatives, articulées autour de quatre axes principaux :
? La mise en place d?un fond propreté et d?une dynamique régionale d?échanges et d?accompagnement des territoires
? Le renforcement du maillage des points de collecte pour les déchets des artisans
? La mobilisation et la responsabilisation des professionnels du bâtiment et des travaux publics et de la maîtrise d?ouvrage
? Le renforcement des sanctions contre les mauvaises pratiques
123
Axe 1 : Mise en place d?un fonds propreté et d?une dynamique régionale
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Mise en oeuvre
d?un fonds
propreté pour
soutenir les
démarches
territoriales
globales de
prévention et de
réparation
Subventions accordées à des collectivités, des
gestionnaires d?espaces, des aménageurs, etc.
Depuis janvier 2019, les associations sont
également éligibles.
Les plans d?actions territoriaux doivent permettre de
coordonner l?action des différents acteurs, de
développer des partenariats autours d?actions de
prévention, de nettoyage et de répression. La
communication et la pédagogie sont aussi à
promouvoir dans ce cadre.
? Dépenses éligibles : études, dispositifs de
limitation des accès, dispositifs de surveillance,
matériels de collecte, panneaux de
communication et signalétique.
Aide à l?investissement (60 à 80 %
des dépenses éligibles ? sans
plafond)
76 Projets territoriaux soutenus pour 5,4 M¤
(Informations à jour à fin 2018)
Les soutiens attribués par la Région ont concerné pour
trois quarts des projets situés en grande couronne, et ont
permis de financer :
? l?acquisition de véhicules de collecte des dépôts
sauvages ;
? la mise en oeuvre de moyens de protection de zones
sensibles via l?installation de barrières ;
? la réalisation de travaux d?aménagement ;
? l?acquisition de caméras de vidéosurveillance et de
pièges photographiques, permettant d?identifier les
auteurs de dépôts sauvages ;
? l?installation de panneaux de sensibilisation et
d?information.
Nouvelle modalité 2018 : résorption des dépôts
d?importance régionale
Pour les dépôts d?importance régionale, la mise en
place d?un comité de pilotage, la définition d?un plan
de financement partenarial et la définition d?un
projet de réaménagement du site sont demandées.
Aide à l?investissement (30 à 50 %
des dépenses éligibles ? plafond à
200 K¤) et au fonctionnement
(50 % des dépenses éligibles ?
plafond à 100 K¤)
1 opération de résorption des dépôts sauvages sur la forêt
de Saint-Germain-en-Laye portée par l?ONF
Environ 4 projets à l?étude
Nouvelle modalité 2018 : résorption des dépôts sur
terres agricoles
Dossiers portés par la direction de l?agriculture
Aide à l?investissement (80 % des
dépenses éligibles - plafond à 10 K¤)
et au fonctionnement (50 % des
dépenses éligibles - plafond à 5 K¤)
1 projet porté par un agriculteur
Dynamique
régionale
d?animation et
mise en réseau
Diffusion d?une plaquette de communication sur le
plan d?actions Ile-de-France Propre
Réalisée et diffusée
MOOC - 5 web conférences pour mieux lutter
contre les dépôts sauvages
Partenariat avec le réseau Idéal
Connaissances
Près de 70 agents des collectivités franciliennes formés
Lien n°1, Lien n°2, Lien n°3, Lien n°4, Lien n°5
Organisation d?une journée régionale 2019 En cours pour 2019
Application de
signalement des
dépôts sauvages
ACDéchets
Lancement d?une expérimentation sur une version
bêta-test en avril 2019 sur la forêt de
Saint-Germain-en-Laye
Partenariat commune et ONF
Amélioration de l?application et extension progressive à
d?autres territoires
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-sanction-contrevenants-quelle-articulation-entre-competences-pouvoirs-police-acteurs-territoriauxt-4739
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-sanction-contrevenants-comment-distinguer-procedures-differentes-infractions-5691
https://www.idealco.fr/formation/constater-depot-sauvage-quelles-sont-possibilites-d-utilisation-videoprotection-pieges-photographiques-5743
https://www.idealco.fr/formation/gestion-depots-sauvages-comment-faire-peser-cout-d-enlevement-sur-auteur-depot-6820
http://communautes.idealconnaissances.com/interdechets/evenement/lutte-contre-les-depots-sauvages-quelles-actions-pour-quels-retours-d-experience-7663
124
Axe 2 : Renforcement de l?offre de collecte des déchets des artisans
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Mise à jour de l?état
des lieux des
équipements existants
et communication sur
le maillage
Travaux d?élaboration du plan régional de
prévention et gestion des déchets
Cartographie, open data et insertion dans
l?application AC DECHETS
Environ 180 points de collecte identifiés en Ile-de-France,
de type déchèteries publiques et privées et points de
vente sur négoce
Définition des besoins
et modalités de
déploiement des
nouveaux points de
collecte
Animation d?un groupe de travail régional
avec les acteurs concernés (collectivités,
opérateurs déchets, représentants du BTP,
négoces de matériaux, enseignes de
bricolage, associations?) et participation aux
réunions territoriales
3 réunions régionales
Mise en oeuvre d?une animation territoriale
en partenariat avec le réseau des chambres
de métiers et de l?artisanat pour définir les
besoins des entreprises en points de collecte
et l?articulation la plus pertinente entre
l?offre publique et l?offre privée
Convention avec la CRMA 4 territoires pilotes sont prévus en 2019
Favoriser le
développement de
nouveaux équipements
de collecte via un
soutien régional
financier renforcé
Augmentation des taux et plafonds d?aide
régionale pour le soutien à la création /
extension de déchèteries ou points de
reprise sur négoce
30 % d?aide régionale, aide
plafonnée à 300 000 ¤
Depuis le mois de septembre 2016, 15 projets, dont
6 créations d?équipements et 9 rénovations, ont été
soutenus pour un montant global de plus de 4 millions
d?euros.
125
Axe 3 : Mobilisation et responsabilisation des professionnels et de la maîtrise d?ouvrage
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Développement de la
sensibilisation aux
bonnes pratiques dans
le cadre de la
formation initiale
Cible : lycées techniques et CFA Mise en oeuvre à venir
Sensibilisation et
valorisation des
bonnes pratiques des
professionnels
Enquêtes auprès des artisans du bâtiment sur
la gestion des déchets du BTP
Convention avec la CRMA
Résultats exploités dans le PRPGD
Sensibilisation sur les bonnes pratiques et
diffusion d?une vidéo de sensibilisation à
destination des chefs d?entreprise
Vidéo réalisée
Responsabilisation de
la maîtrise d?ouvrage, y
compris les particuliers
et la Région en tant
que MOA
Animation d?un Club maîtrise d?ouvrage par
la région
2 réunions en 2017
Boîte à outils : clauses dans les marchés
publics, détection des offres anormalement
basses, suivi de la gestion des déchets,
sensibilisation des particuliers?
https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=MLrXL1-Qlus
126
Axe 4 : Renforcement des sanctions envers les mauvaises pratiques
Actions Déclinaison des actions Moyens déployés Résultats et perspectives
Propositions concernant des
évolutions réglementaires, de
procédures et de financement
Interpellation de l?État sur les
besoins d?évolution du cadre
réglementaire et législatif (pouvoir
de police, assermentation des
agents, simplification des
procédures judiciaires?)
Améliorer le cadre actuel pour le rendre plus opérationnel ou le simplifier
1. Développer les moyens de constatation des dépôts sauvages : adapter les
pouvoirs des agents en fonction des infractions, étendre l?utilisation de la
vidéo protection
2. Améliorer l?articulation entre les compétences et les pouvoirs de police
des communes et des groupements de collectivités
3. Mettre en place une amende forfaitaire, développer les possibilités de
confiscation de véhicules
4. Accompagner les agents dans la mise en oeuvre des procédures et
sensibiliser les procureurs
Contribution à la FREC
État des lieux des dispositifs
incitatifs existant dans d?autres
pays ou sur d?autres sujets
Mise en oeuvre à venir
Suivi des actions de contrôle et
sanctions menées par les services
de l?État sur le travail illégal et les
sites illicites de traitement de
déchets
Mise en oeuvre à venir
127
Plan propreté de Bordeaux Métropole
CONTEXTE
Après 1 an de mise en place de la mutualisation au sein de la métropole, le niveau de service de la propreté sur les communes de
Bordeaux Métropole est globalement jugé satisfaisant, mais on constate une insuffisance d?action, face à la croissance urbaine et à
l?augmentation des incivilités, pour permettre un niveau de service optimum.
Afin d?évaluer l?action de propreté portée par les services de Bordeaux Métropole, en juin 2017, une enquête de satisfaction est
commandée à l?IFOP (Institut français d?opinion publique) auprès des habitants, avec des questions relatives à la propreté, la voirie
et les espaces verts. À l?exception de Bordeaux-centre où une enquête spécifique sur la propreté avait été diligentée l?année passée,
il s?agit de la première enquête de ce type dans la Métropole.
Chaque année, l?enquête est renouvelée afin de disposer d?un baromètre, et ses résultats sont diffusés aux maires.
En 2017, les résultats globaux de l?enquête concernant la propreté sont satisfaisants, et très souvent nettement supérieurs à la
moyenne nationale. Cependant, elle fait apparaître des résultats contrastés.
Le retour des élus est plutôt positif sur les prestations assurées par les services communs. La communication des plans de gestion
concernant la propreté a été appréciée et a permis à chacun de mieux appréhender la logique organisationnelle de planification que
les services mettent en oeuvre. Dans leur globalité, les équipes de propreté interviennent de façon réactive.
Les résultats de l?enquête sont parfois en décalage avec la perception des élus interpellés par certains citoyens insatisfaits, alors
même que l?exigence de réactivité des citoyens croît avec la rapidité de la circulation de l?information. Il est vrai que l?agglomération
connaît une croissance urbaine sans précédent.
Le plan s?articule autour de trois axes stratégiques majeurs :
? Axe 1 : le renforcement du niveau de service de propreté urbaine pour toutes les communes
? Axe 2 : le renforcement de la propreté dans le centre historique de Bordeaux
? Axe 3 : la mise en place d?une communication ciblée et le partage des responsabilités
128
L?impact financier de ce plan se décline en :
? 4 645 000 ¤ sur le budget général de fonctionnement
? 1 720 000 ¤ d?investissement en 2018, puis 530 000 en 2019 et 487 000 en 2020
? 1 780 000 ¤ à compter de 2020 sur le budget annexe des déchets ménagers (1 180 000 ¤ en 2018)
Ce coût est financé pour partie par les recettes de taxes de séjour, et, pour ce qui concerne les actions de collecte, par la dynamique
des recettes de la taxe d?enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Par ailleurs, l?augmentation de la TEOM en 2016 a permis
d?alléger la contribution du budget général au budget annexe des déchets ménagers, ce qui permet de prélever le financement du
volet propreté sur le budget général.
Le renforcement des niveaux de service se traduit par des créations de postes au sein de la direction de la gestion des déchets et de
la propreté (20 à échéance 2022) et au sein des équipes de propreté des pôles territoriaux, et par redéploiement de postes dévolus
actuellement au secteur de l?hypercentre, qui seront confiés au privé. Au total, cela représente l?équivalent de 59 postes nouveaux
en charge de cette politique.
129
Axe 1 : Le renforcement du niveau de service de propreté urbaine
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financiers) Résultats
Les dépôts sauvages et les
encombrants
1) Renforcer la fréquence de passage pour le nettoyage des dépôts
sauvages autour des bornes à verre et des bacs enterrés sur le
domaine public métropolitain.
Pour les bacs enterrés sur domaine privé, ce nettoyage est à la charge de
la copropriété ou du bailleur, et Bordeaux Métropole peut intervenir à la
demande des communes, avec facturation au propriétaire.
Eradiquer les dépôts
sauvages et valoriser la
mise en oeuvre des bacs
enterrés
2) Renforcer la fréquence de collecte de certaines bornes à verre, pour
éviter les débordements.
3) Renforcer la capacité à intervenir de façon réactive pour enlever des
dépôts sauvages aléatoires, grâce à des équipes volantes et des
marchés pour les gros volumes.
Marché de collecte des
encombrants sur les quartiers
historiques de Bordeaux : 400 000 ¤
Le contrôle de l?incivilité et
les sanctions
Renforcer la surveillance des espaces publics et le contrôle des dépôts
par des agents de surveillance au sein des services territoriaux sur les
territoires des communes qui ont transféré / mutualisé leurs moyens et la
création d?une cellule nocturne au sein du centre incivilité-déchets du
pôle territorial de Bordeaux.
10 postes sur la ville de Bordeaux :
300 000 ¤ non chargés
Contenir, voire supprimer
à terme les incivilités
Le balayage des pistes et
bandes cyclables dans le
cadre d?une constante
progression de la pratique
cycliste
Mise en place depuis janvier 2018 d?un marché spécifique pour le
balayage des pistes cyclables (12 passages/an).
Pour favoriser le
développement des
déplacements à vélo
Faire face à la suractivité liée
au désherbage sur les
trottoirs et les routes suite au
passage au « zéro phyto », et
à la chute des feuilles à
l?automne
Organisation de formations et de séminaires pour communiquer,
sensibiliser les citoyens et les élus à l?intérêt du zéro phyto, à la présence
de la nature en ville et à la responsabilité propre des riverains concernant
l?entretien de leur trottoir.
130
Axe 2 : Le renforcement de la propreté dans le centre historique de Bordeaux
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financier)
Résultats/
perspectives
Adaptation du service de la collecte
1) Évolution vers une fréquence de 5 jours pour les OM et 1 jour
pour le tri
2) Déploiement de bacs collectifs de tri avec suppression des
bacs individuels stagnant sur l?espace public
3) Obligation de collecte des poches hors bac pour toutes les
équipes de nuit
Elément variable affecté aux agents
(6 ¤ par vacation/jour/agent)
4) Amélioration de la vidange des bornes à verre sur le centre
historique de Bordeaux
60 000 ¤/an jusqu?en 2025
5) Ouverture de locaux collectifs de pré-collecte en pied
d?immeuble pour les habitants dont les logements sont
inadaptés au stockage des bacs
Évolution des organisations des
services de propreté adaptées aux
différents rythmes de la ville
1) Mise en place des plans estival et hivernal, création d?une
équipe Vendredi Samedi Dimanche Lundi (VSDL) sur le
territoire de Bordeaux
17 agents sur la ville de Bordeaux
2) Diversification et augmentation de l?offre de mobilier
(corbeilles, panneaux d'affichage libre, distributeurs de
poches, cendriers, éteignoirs sur corbeilles, expérimentation
de nudges et éco-mégots)
320 000 ¤ d?investissement/an sur la
ville de Bordeaux jusqu?en 2020
3) Expérimentation d?une externalisation complète et intégrée
des activités de collecte et de propreté sur le quartier
historique de Bordeaux. Marché public élaboré sur un objectif
de résultats et non pas sur des moyens mis en oeuvre, basé sur
un référentiel propreté.
Marché de 2 080 000 ¤ HT
4) Augmentation et diversification des acquisitions de matériels
roulants adaptés aux différents espaces publics et aux
nouveaux besoins (balayeuse 2m3, gluttons?)
2 000 000 ¤ d?investissement sur
3 ans
131
Axe 3 : La mise en place d?une communication ciblée et du partage des responsabilités
Thématiques Déploiement des actions Moyens (financiers) Résultats/perspectives
Élaboration d?une
campagne de
communication ciblée
et récurrente
1) Communication sur différents supports (panneaux d?affichage sur le
réseau urbain, établissements publics, écoles, journal Métropole, média,
spots radios, réseaux sociaux?) avec un message pour mieux informer les
habitants sur la nécessaire coopération et sur les risques de verbalisation
encourus
190 000 ¤ jusqu?en 2025
Modifier le comportement
des usagers inciviques
2) Mise en place de panneaux mobiles dans les rues des quartiers, par type
d?incivismes rencontrés (déjections canines, dépôts sauvages?)
10 000 ¤/par quartier
Rendre visible l?incivilité sur
les points sensibles
3) Signature d?un contrat de propreté avec l?ensemble des acteurs
concernés (bailleurs et syndics, les commerçants et restaurateurs, les
professionnels du secteur de la propreté et les habitants?)
Responsabiliser tous les
acteurs participant au
maintien d?un cadre de vie
agréable
4) Création d?un réseau métier Propreté au sein de Bordeaux Métropole
Construire une politique
publique de Propreté Urbaine
et développer le réseau
d?acteurs de la propreté
M
ise
e
n
pa
ge
:
w
w
w
.la
bo
ite
av
er
be
.fr
http://www.laboiteaverbe.fr/
1 - Notions fondamentales sur les déchets
2 - Les abandons et les dépôts illégaux de déchets
1 - Les Français et les dépôts sauvages : extraits du baromètre citoyen
2 - Regards croisés d?experts
3 - « À faire / À éviter »
4 - Les pratiques existantes des collectivités
5 - Plans de propreté
1 - Généralités en matière de droit : les pouvoirs de police
1) Pouvoirs de police judiciaire et pouvoirs de police administrative
2) Police administrative générale et police administrative spéciale
2 - La répression pénale
3 - La constatation et le signalement des infractions pénales
4 - Les sanctions administratives
1 - Des corbeaux, agents de propreté ? ? Puy du fou (France)
2 - Des drones pour identifier les déchets sauvages ? DDTM Hérault (France)
3 - « Gallinazo Avisa » - La garde des vautours ? Lima (Pérou)
4 - « Adopter en strand » ou adopter une plage (Norvège)
5 - « Adopt?1 Spot » ? Association Mer terre (France)
6 - « 2 minutes Beach Clean » ? Mobiliser les citoyens par les réseaux sociaux ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
7 - « Nominate a Hero » - désigner un héros - Keep Scotland Beautiful (Ecosse)
8 - « Élection des quartiers de gare et des zones commerciales les plus propres » (Pays-Bas)
9 - « Supporter van schoon » ou comment devenir un ambassadeur de la propreté (Pays-Bas)
10 - « Programme Love Parks » ? Protéger, améliorer et promouvoir les espaces verts ? Keep Britain Tidy (Royaume-Uni)
INVALIDE)