Mode d'emploi pour mettre en route la FREC (Feuille de route de l'économie circulaire)
SAVIN, Patricia ;BOYER, Nathalie
Auteur moral
Orée (France)
;France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
MONNOYER-SMITH, Laurence (préf.)
Résumé
Ce rapport vise à aider les acteurs à appliquer les 50 mesures de la FREC pour promouvoir le recyclage, la réparation, et réduire la consommation et le gaspillage des ressources.<o:p></o:p>
;<p class="MsoNormal">La FREC engage l'économie vers des pratiques durables, répondant aux défis climatiques et à la préservation de la biodiversité.<o:p></o:p></p>
;<p class="MsoNormal">Le guide souligne l'importance de la mobilisation de tous les acteurs, y compris les citoyens, pour la transition vers une économie circulaire.<o:p></o:p></p>
;<p class="MsoNormal">Il offre des outils, des exemples de bonnes pratiques, et des indicateurs pour aider à cette transition.<o:p></o:p></p>
Descripteur Urbamet
type de matériau
;consommation
;économie circulaire
Descripteur écoplanete
Thème
Economie
Texte intégral
Avec le soutien du :
MODE D?EMPLOI
la
pour mettre en oeuvre
FREC
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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Préface
de Laurence MONNOYER-SMITH
commissaire générale au développement durable
La loi de Transition énergétique pour la croissance verte, adoptée
en août 2015, avait déjà donné un cadrage et des objectifs pour les
10 ans à venir en matière d?économie circulaire.
Avec la Feuille de route économie circulaire (FREC), la France se
dote d?un véritable plan d?actions de 50 mesures concrètes visant Ã
développer le recyclage, la réparation, la limitation de la consommation
et du gaspillage des ressources (eau, énergie, matières premières).
Au delà de son contenu technique, l?enjeu de cette feuille de route
est également celui de la mobilisation de tous les acteurs (citoyens,
collectivités, entreprises, associations, administrations?) mais aussi
celui de la poursuite et de l?intensification du travail d?information, de
conviction et de valorisation des bonnes pratiques.
Le changement du modèle linéaire, « produire-consommer-jeter »,
vers un modèle réellement circulaire repose, en effet, sur l?implication
de tous.
Cette feuille de route est ainsi emblématique des nouveaux modes
d?action des pouvoirs publics qui ne se contentent plus de fixer des
contraintes réglementaires, mais développent également des outils
avec les acteurs afin de les accompagner dans l?atteinte des objectifs
définis. Ce guide d?accompagnement qui présente les définitions et
les enjeux de la FREC sur 10 mesures phares et valorise des bonnes
pratiques, constitue ainsi une véritable « boite à outils » qui permettra
aux acteurs de progresser vers un modèle plus durable, répondant
également à l?atteinte par la France de certaines cibles des objectifs de
développement durable (ODD) de l?Agenda 2030 de l?ONU.
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édITOS
L a loi de Transition énergétique pour la croissance verte (LTecV) en
date du 17 août 2015 a inscrit dans le code de l?environnement, à l?ar-
ticle L.110-1-1 du code de l?environnement, la définition juridique de
l?économie circulaire : « La transition vers une économie circulaire vise Ã
dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer,
consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable
des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que,
par ordre de priorité, à la prévention de la production de déchets, notam-
ment par le réemploi des produits, et, suivant la hiérarchie des modes de
traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut, Ã
une valorisation des déchets. (?) ».
acteur historique de l?économie circulaire, Orée porte depuis plus de
10 ans une vision transversale et territoriale de l?économie circulaire, en
tant que démarche systémique, mutualiste, multi-acteurs et territoriale. À
ce titre, la LTecV souligne à juste titre que « la promotion de l?écologie
industrielle et territoriale » contribue à la « nouvelle prospérité » que doit
porter l?économie circulaire.
fort de la définition juridique de l?économie circulaire ainsi posée au code
de l?environnement, il convenait de poser le cadre opérationnel et pragma-
tique de cette transition. Telle est l?ambition de la feuille de route écono-
mie circulaire (frec) française présentée par le premier ministre édouard
Philippe le 23 avril 2018, à laquelle Orée et ses adhérents ont apporté
une contribution active. cette frec porte ainsi engagement de l?écono-
mie vers des pratiques de production et de consommation qui contribuent,
d?une part, à économiser les ressources et d?autre part, à répondre aux
enjeux climatiques et de lutte contre l?érosion de la biodiversité, les deux
défis majeurs que la Société doit relever.
Décryptage de la frec illustrée avec des boîtes à outils, des retours d?ex-
périences, des pistes pour aller plus loin et des indicateurs de pilotage,
puisse le présent Guide inciter chacun et chacune, entreprises et collecti-
vités, à participer activement à la nécessaire transition économique.
Merci à tous ceux et celles qui ont contribué à la sortie de la frec. Merci
au ministère de la Transition écologique et solidaire pour le soutien apporté
à la publication de ce guide.
Bonne lecture à chacun et chacune.
Place à l?action? aux actions.
Patricia SaViN,
PRésIDENTE D?ORéE
Nathalie boyer
DéLégUéE géNéRALE D?ORéE
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d
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INTROducTION - ENjEux
La majorité des thématiques traitées dans ce guide sont en
lien avec ces travaux et correspondent aux sujets phares
portés par ORÉE, complétés par l?expertise de nos membres.
Elles sont systémiques et transversales, abordent les nou-
veaux modèles économiques et concernent les collectivités
et les entreprises, pour qui ce guide a été réalisé.
Cet ouvrage a pour objectif d?accompagner ces acteurs
pour qu?ils se saisissent des actions à mettre en place car
rien ne pourra se faire sans leur implication. Après avoir
défini le contexte et les enjeux de ces thèmes, les mesures
phares de la FREC s?y rapportant, le document propose des
boîtes à outils, complétées par des retours d?expériences,
des pistes pour aller plus loin et des indicateurs de pilotage.
ENjEux
Afin d?engager la transition vers une économie circulaire, les
mesures de la Feuille de route économie circulaire amorcent
le changement de modèles économiques et de société. En
effet, il ne peut y avoir de transition écologique sans tran-
sition économique. Cette Feuille de route, se veut porteuse
de croissance, d?emploi et d?innovation. Sa vocation est de
mobiliser, d?encourager et d?accompagner l?ensemble des
acteurs afin de concrétiser le changement de paradigme
vers une économie circulaire.
Les objectifs de la feuille de route économie circulaire sont
les suivants :
réduire la consommation française de ressources : réduire
celle-ci de 30 % par rapport au PIB d?ici à 2030 en com-
paraison avec 2010 ;
réduire de 50 % les quantités de déchets non dangereux
mis en décharge en 2025 par rapport à 2010 ;
Tendre vers 100 % de plastiques recyclés en 2025 ;
réduire les émissions de gaz à effet de serre : économiser
l?émission de 8 millions de tonnes de cO2 supplémentaires
chaque année grâce au recyclage du plastique ;
créer 300 000 emplois supplémentaires, y compris dans
des métiers nouveaux.
cette feuille de route vient répondre à plusieurs enjeux clés,
dont voici quelques exemples :
Une forte consommation de matières premières et une
consommation de biens décorrélée de leur utilité réelle ;
Un faible taux de collecte et de recyclage des déchets re-
cyclables, notamment des plastiques ;
La difficulté d?incorporer davantage de matières recyclées
dans de nouveaux produits ;
Une production importante de déchets avec un taux de recy-
clage global de 45 % et une mise en décharge de déchets
encore trop importante ;
De plus en plus d?obsolescence programmée et de moins
en moins de réparation des produits ;
Un manque de visibilité des flux entrants et sortants dans
les entreprises et sur les territoires ;
Un manque de sensibilisation des acheteurs publics et privés
sur les achats durables ;
Le gaspillage alimentaire engendrant des biodéchets en
quantité conséquente qui pourraient être valorisés, etc.
cette feuille de route s?inscrit dans la lignée du Plan Climat
national de juillet 2017*, du Plan Ressources pour la France
2018**, ainsi que des états généraux de l?alimentation 2018
qui ont abouti à la loi pour l?équilibre des relations commer-
ciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimenta-
tion saine, durable et accessible à tous.
elle entre également en résonance avec le Paquet économie cir-
culaire, présenté par la commission européenne en décembre
2015. Il a été adopté le 18 avril 2018 par le Parlement euro-
péen et voté formellement le 22 mai 2018 par le conseil de
l?Union européenne. Quatre directives seront ainsi révisées :
celle sur les déchets, sur les emballages et déchets d?embal-
lages, sur la mise en décharge des déchets, sur les véhicules
hors d?usage, déchets de piles et d?accumulateurs et déchets
d?équipements électriques et électroniques. ces nouvelles me-
sures permettront à l?Union européenne de devenir chef de file
en matière de gestion et recyclage des déchets, grâce notam-
ment à des mesures telles que :
55 % de recyclage des déchets municipaux en 2025, et
65 % d?ici à 2035 ;
- 10 % de mise en décharge des déchets municipaux en
2035 ;
65 % de recyclage des déchets d?emballages de tous types
d?ici à 2025 et 70 % d?ici à 2035.
Plus d?informations, consulter le site du ministère de la Tran-
sition écologique et solidaire.
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N
T
R
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:: NOTE ::
* http://bit.ly/2FjWaQh
** http://bit.ly/2OJAtIN
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éTaPES dE cO-cONSTRucTION ET dE cONcERTaTION
POuR L?éLaBORaTION dE La FEuILLE dE ROuTE écONOMIE cIRcuLaIRE (FREc)
La consultation de l?ensemble des acteurs a été un point central de la co-construction de la frec pour enrichir les mesures
qu?elle contient.
200 participants (entreprises, associations, collectivités, experts)
100 contributions écrites
Thématiques : territoires, plastiques, consommation/production durables - ODD 12, instruments économiques
De novembre à décembre 2017
Objectif : impliquer le grand public sur les thématiques
1 800 contributions et 16 000 votes
7 février 2018
44 mesures
23 avril 2018
50 mesures
Du 6 au 25 février 2018
Objectif : recueillir des avis sur un texte de pré-frec
3 000 contributions et 30 000 votes
Services
du
ministère
Publication
de la Frec
2ème
consultation
publique
20
ateliers
1ère
consultation
publique
Publication
de la
Pré-Frec
7 mois de concertation d?octobre 2017 à avril 2018 création d?un plan de mise en oeuvre des mesures de la FREc
Suivi
Groupe de travail d?approfondissement
Réunions inter-ministérielle : ministères de l?économie et des finances, de l?éducation nationale, de l?agriculture, du Travail, de l?enseignement supérieur et de l?Intérieur
Plan d?action présenté lors d?un comité de pilotage le 26 juillet 2018
Premières actions mises en place avant l?été : lancement du portail d?aides publiques économie circulaire (30 mai 2018), présentation du cadre réglementaire sur l?harmonisation
des poubelles (18 juillet 2018), etc.
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10 THéMaTIquES PHaRES dE La FREc
MIEux cONSOMMER
P. 10 Fiche 1 - Allongement de la durée d?usage : mesures de la FREC 9, 10, 11
9 : renforcer les obligations des fabricants et des distributeurs en matière d?information sur la
disponibilité des pièces détachées pour les équipements électriques, électroniques et les
éléments d?ameublement
10 : afficher de manière obligatoire à partir du 1er janvier 2020 pour les équipements
électriques, électroniques une information simple sur leur réparabilité
11 : renforcer la mise en oeuvre effective de la garantie légale de conformité et porter au
niveau européen une extension de sa durée
P. 20 Fiche 2 - Économie de la fonctionnalité : mesure de la FREC 8
8 : renforcer l?offre des acteurs du réemploi, de la réparation et de l?économie de la
fonctionnalité
MIEux géRER LES décHETS
P. 30 Fiche 3 - Consignes de tri : mesures de la FREC 17, 18, 19, 20
17 : enclencher une dynamique de « mobilisation générale » pour accélérer la collecte des
emballages recyclables, les bouteilles plastiques et les canettes grâce à la consigne solidaire
18 : étendre le champ de la filière reP « emballages » aux emballages professionnels et se
donner pour objectif d?augmenter le pourcentage de bouteilles et canettes collectées dans le
secteur des cafés, hôtels et restaurants
19 : Simplifier le geste de tri pour les citoyens et harmoniser la couleur des contenants dans
toute la france
20 : améliorer le dispositif de pictogramme appelé « Triman » en simplifiant sa définition
P. 40 Fiche 4 - Biodéchets : mesures de la FREC 14, 21, 23, 24
14 : Intensifier la lutte contre le gaspillage alimentaire
21 : adapter la fiscalité pour rendre la valorisation des déchets moins chère que leur
élimination
23 : faciliter le déploiement du tri à la source des biodéchets par les collectivités, en
assouplissant les contraintes
24 : Valoriser tous les biodéchets de qualité et permettre au secteur agricole d?être moteur de
l?économie circulaire
P. 48 Fiche 5 - Filière Textiles : mesures de la FREC 7, 12, 15, 28
7 : Déployer l?affichage environnemental volontaire des produits et des services dans les cinq
secteurs pilotes et étendre ce dispositif volontaire à d?autres secteurs courant 2018
12 : Généraliser la mise en place de critères d?éco-modulation à toutes les filières reP et faire
de l?éco-modulation un outil réellement incitatif
15 : faire valoir d?ici 2019 pour la filière textile les grands principes de la lutte
contre le gaspillage alimentaire
28 : refonder le pacte de confiance des filières reP afin de redonner des
marges de manoeuvre aux éco-organismes tout en renforçant les moyens de
contrôle de l?état et les sanctions
MIEux PROduIRE
P. 58 Fiche 6 - Éco-conception : mesures de la FREC 7, 11, 12,
13, 28, 32
7 : Déployer l?affichage environnemental volontaire des produits et des services
dans les cinq secteurs pilotes et étendre ce dispositif volontaire à d?autres
secteurs courant 2018
11 : renforcer la mise en oeuvre effective de la garantie légale de conformité
et porter au niveau européen une extension de sa durée
12 : Généraliser la mise en place de critères d?éco-modulation à toutes les
filières reP et faire de l?éco-modulation un outil réellement incitatif
13 : améliorer l?information du consommateur
28 : refonder le pacte de confiance des filières reP afin de redonner des
marges de manoeuvre aux éco-organismes tout en renforçant les moyens de
contrôle de l?état et les sanctions
32 : Donner plus de liberté aux producteurs pour l?exercice de leur
responsabilité dans le cadre des filières reP
P. 68 Fiche 7 - Incorporation de matières premières dans de
nouveaux produits : mesures de la FREC 1 et 37
1 : Incorporer davantage de matières premières issues du recyclage dans les
produits
37 : faciliter la sortie du statut de déchet
P. 76 Fiche 8 - Gérer les ressources durablement : mesure de la FREC 5
5 : Gérer les ressources de façon plus soutenable
MOBILISER LES acTEuRS
P. 86 Fiche 9 - EIT : mesure de la FREC 46
46 : renforcer les synergies entre entreprises (écologie industrielle et territoriale
eIT)
P. 96 Fiche 10 - Commande publique : mesure de la FREC 44
44 : faire de la commande publique et du dispositif « administration
exemplaire » un levier pour déployer l?économie circulaire
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9
MIEux
cONSOMMER
Fiche 1 Allongement de la durée d?usage
MeSUreS De La frec 9, 10, 11 ? PaGe 10
Fiche 2 Économie de la fonctionnalité
MeSUre De La frec 8 ? PaGe 20
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10
déFINITION
« L?allongement de la durée d?usage par le consommateur
conduit au recours à la réparation, à la vente d?occasion
ou au don ou à l?achat d?occasion dans le cadre du réem-
ploi ou de la réutilisation1». « Le réemploi est l?opération par
laquelle un produit est donné ou vendu par son propriétaire
initial à un tiers qui, a priori, lui donnera une seconde vie.
La réutilisation est une opération en plusieurs étapes qui
s?amorce lorsque le propriétaire d?un bien usagé s?en défait
sans le remettre directement à une structure dont l?objet est
le réemploi. Le terme de réparation est utilisé dans son sens
« commun » de remise en fonction d?un bien.2»
cONTExTE ET ENjEux
augmenter la durée de vie des produits est un levier permet-
tant une baisse significative des impacts environnementaux3.
Il sera plus intéressant d?allonger la durée de vie de produits
dont les impacts les plus importants sont liés à la fabrication
et à la fin de vie. L?augmentation de la durée de vie contribue
ainsi à la préservation des ressources, à la prévention des
déchets mais également au développement et au maintien
d?emplois locaux.
MIEux cONSOMMER
allongement de la durée d?usage
(1) Fiche technique « Économie Circulaire : Notions », ADEME, 2014
(2) Réemploi, réparation et réutilisation, ADEME, 2015
(3) Voir illustration «Pour un réfrigérateur» page 13
(4) « Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques »,
ADEME et BIO Intelligence Service, 2012
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°1
Schéma : Les différentes durées de vie4
Schéma : Les notions de réemploi,
réparation et réutilisation(2)
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
1111
autour de la question de l?allongement de la durée d?usage,
gravitent quatre notions clés, définies par l?aDeMe5:
La durée de vie normative, correspondant à une durée de
fonctionnement « a priori », estimée par des tests de per-
formance, basés sur une norme ou sur une méthodologie
explicite et transparente. cette durée normative est dite
« moyenne » et est indépendante de la durée des usages
et des conditions d?utilisations et d?entretien du produit ;
La durée d?usage est la durée pendant laquelle le produit
est utilisé. La durée d?usage totale correspond à la somme
des durées d?usage par chaque utilisateur par foyer ;
La durée de détention totale exprime le laps de temps
entre l?entrée du produit dans le foyer et sa sortie. elle
comprend le stockage et la réparation ;
enfin, la durée d?existence s?entend comme le temps écou-
lé entre la fin de la fabrication du produit et sa fin de vie.
ainsi, pour allonger la durée d?usage d?un produit donné, il
est nécessaire d?agir sur ces différents leviers. On distingue
trois vecteurs principaux :
La durabilité du produit, comprenant sa qualité globale,
sa capacité à être démonté et réparé à évoluer pour
s?adapter à de nouveaux besoins ou attentes et son inter-
opérabilité (voir fiche 6 « éco-conception ») ;
La réparation, le réemploi et la réutilisation des produits,
pour repousser l?achat d?un produit neuf et offrir une se-
conde vie aux produits ;
L?optimisation de l?usage, passant par l?entretien et la
mutualisation d?un produit par plusieurs usagers (via la
consommation collaborative, par exemple).
Pour autant, la durée d?usage d?un produit est peu souvent
prise en compte dans les actes de consommation. en effet,
les comportements d?achats des consommateurs sont com-
plexes et tendent souvent vers des biens de moindre qualité
et au fort taux de renouvellement. Plusieurs éléments peuvent
expliquer ces choix :
Le manque de liquidités au moment de l?achat pour investir
dans des produits plus durables ;
Des besoins limités dans le temps, qui ne « justifieraient »
pas un investissement (consommateurs nomades - comme
les étudiants - ou temporaires comme les jeunes parents) ;
La prédominance d?une consommation de « désir », forte-
ment poussée par les effets de mode, sur des secteurs tels
que la mode, le high-tech ou l?ameublement, etc.
Le consommateur, face à ces logiques parfois implicites, n?est
donc pas toujours maître de son acte d?achat. Par ailleurs, il
ne dispose pas de suffisamment d?information pour éclairer
et orienter son choix vers une consommation plus durable :
le signal prix reste prépondérant et les consommateurs ne
sont pas en mesure de juger la qualité des produits achetés.
cette distorsion de l?information empêche le consommateur
d?effectuer un choix souverain et éclairé.
Par ailleurs, on constate un recours très limité à la réparation.
La réparation peut se définir comme étant la remise en fonc-
tion d?un produit, lui permettant de prolonger l?usage, sans
que l?usager ne s?en sépare ou bien après qu?il s?en soit sépa-
ré6. en 2015, en france, les dépenses des ménages consa-
crées à l?entretien et à la réparation s?élevaient à 530 ¤,
par habitant et par an. Sur la période 1990/2015, ce
poste a perdu 9 %7. À titre d?exemple, les deux tiers des télé-
viseurs tombés en panne en 2013 n?ont fait l?objet d?aucune
démarche de réparation avant le rachat de produits neufs8.
enfin, la relation consommateurs/producteurs est paradoxale :
92 % des consommateurs estiment que les produits ont une
durée de vie limitée, et en parallèle, ils sont convaincus de
la capacité des industriels à concevoir des produits toujours
plus performants et efficaces9. cette enquête démontre qu?il
est fondamental de rétablir la confiance entre les consom-
mateurs et les producteurs.
(5) « Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques »,
ADEME et BIO Intelligence Service, 2012
(6) Fiche technique de l?ADEME, « Économie circulaire : notions », 2014
(7) Indicateur déjà suivi : « 10 indicateurs clés pour le suivi de l?économie circulaire »,
Commissariat général au développement durable, 2017
(8) Étude « Allongement de la durée de vie des produits », ADEME, 2016
(9) Sondage, magazine de l?Institut national de la Consommation, 2014
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
12
La durée d?usage d?un produit donné peut être plus ou moins longue. elle dépend de
sa conception mais aussi du comportement de l?utilisateur. Son allongement permet
de réduire les impacts environnementaux, calculés sur l?ensemble du cycle de vie
du produit. en effet, en les ramenant à une unité de service rendu, la durée d?usage
agit sur les impacts survenant à la production, à la distribution et à la fin de vie
(cf illustration à travers le graphique ci-contre).
L?élaboration d?un indice de réparabilité des produits, destiné à informer les
consommateurs, va dans ce sens (mesure 10 de la frec). Piloté par le ministère de
MIEux cONSOMMER allongement de la durée d?usage
Avis d?expert
12
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la Transition écologique et solidaire, avec l?appui de l?aDeMe, un groupe de travail
rassemblant toutes les parties prenantes a été mis en place. Ses premiers résultats
sont attendus pour la fin de l?année et cinq sous-groupes ont été mis en oeuvre,
concernant respectivement : les ordinateurs portables, les lave-linges, les téléviseurs,
les smartphones et les tondeuses à gazon.
Des travaux sur ce même thème d?un indice de réparabilité sont menés en parallèle
sous l?égide de la commission européenne. Des échanges réguliers visent à maintenir
une convergence des travaux à ces deux niveaux.
MINISTèRE dE La TRaNSITION écOLOgIquE ET SOLIdaIRE (MTES)
commissariat général au développement durable
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
1313
Avis d?expert
Ramenées à une année, les émissions de gaz à effet de
serre survenant aux étapes 1, 2 et 4 (hors utilisation) d?un
réfrigérateur sont divisées par 10, si sa durée d?usage est
de 10 ans.
Elles sont inférieures, car divisées par 12, si sa durée
d?usage est de 12 ans.
ILLuSTRaTION : POuR uN RéFRIgéRaTEuR
émissions de gaz à effet de serre (en kg cO2 eq), ramenées à l?année,
aux différentes étapes du cycle de vie
25
20
15
10
5
1 2 3 4
Légende
1 = Production
2 = Distribution
3 = Utilisation
4 = fin de vie
Graphique : L?empreinte carbone d?un réfrigérateur
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
14
MIEux cONSOMMER allongement de la durée d?usage
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°1
MESuRES PHaRES dE La FREc cONcERNéES
Mesure n°7:
« DéPLOYer L?affIcHaGe eNVIrONNeMeNTaL
VOLONTaIre des produits et des services dans les cinq
secteurs pilotes (ameublement, textiles, hôtels, produits
électroniques et produits alimentaires). étendre ce dispositif
volontaire à d?autres secteurs courant 2018 ».
Mesure n°9:
«renforcer les obligations des fabricants et des distributeurs
en matière D?INfOrMaTION SUr La DISPONIBILITé des
pièces détachées pour les équipements électriques et
électroniques et les éléments d?ameublement : étendre
l?obligation d?affichage de la durée de disponibilité des
pièces détachées vis-à -vis des consommateurs à l?obligation
d?afficher leur éventuelle non-disponibilité, et porter
l?extension de cette mesure au niveau européen, y compris
pour la vente en ligne ».
Mesure n°10:
« afficher de manière obligatoire à partir du 1er janvier
2020 pour les équipements électriques et électroniques
(électroménagers, matér iels de bricolage) une
INfOrMaTION SIMPLe SUr LeUr réParaBILITé. cette
information, élaborée sur la base d?un référentiel développé
par l?aDeMe en concertation avec les parties prenantes,
prendrait la forme d?un indice de réparabilité sur le modèle
de l?étiquette énergie. La france portera cette mesure au
niveau européen pour faire de cette information sur la
réparabilité des produits une obligation communautaire
harmonisée ».
Mesure n°11:
« UTILISer Le LeVIer De La GaraNTIe LéGaLe POUr
faVOrISer L?écO-cONcePTION DeS PrODUITS :
??? Porter au niveau européen une extension de la
garantie légale de conformité pour les appareils
électro-ménagers, électriques et électroniques ;
??? Renforcer les contrôles de la DGCCRF en matière de
garantie légale de conformité : une enquête menée
en 2016 sur 400 établissements dans le domaine
des équipements électriques et électroniques a mis
en évidence des manquements dans 50 % des cas
en matière d?information des consommateurs sur la
garantie légale de conformité et la disponibilité des
pièces détachées. Une opération menée en « client
mystère » a notamment permis de mettre en évidence
des discours faisant l?impasse sur la garantie légale
de conformité ou la présentant de manière erronée
ou confuse. Des mesures d?injonction de mise en
conformité et des procédures contentieuses pour pratiques
commerciales trompeuses sont actuellement en cours ;
???Faciliter d?ici 2019 le dépôt de plainte pour les
consommateurs en matière de garantie légale
de conformité pour les produits de consommation
courante : mettre en place un portail permettant aux
consommateurs de déposer facilement une plainte et
d?assurer son suivi auprès des services de la DGccrf
lorsque les entreprises ne respectent pas. »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
15
dEScRIPTIF dE L?OuTIL
étude réalisée pour le compte de l?aDeMe,
« allongement de la durée de vie des produits »
Brochure : « Tout savoir sur les garanties »
rapport du Gouvernement au Parlement sur
l?opportunité de l?extension de la durée de garantie
légale de conformité de deux à cinq ans, voire à dix
ans, pour certaines catégories ciblées de produits
rapport du Gouvernement au Parlement sur
l?obsolescence programmée, sa définition juridique et
ses enjeux économiques
Guide sur le réemploi, la réparation, et la
réutilisation, réalisé par l?aDeMe
Guide pratique sur les différentes façons de
prolonger la durée de vie d?un objet, coécrit par
l?aDeMe et le ministère de l?environnement, de
l?énergie et de la Mer
Benchmark international du secteur de la réparation
Sources
http://bit.ly/2JsEvnO
http://bit.ly/2RoKc93
http://bit.ly/2OZi5k5
http://bit.ly/2ACYRrF
http://bit.ly/2RoKKvD
http://bit.ly/2EU4rtR
http://bit.ly/2OfRD0r
aNNéE
2016
2017
2017
2017
2015
2016
2018
THéMaTIquE
Enjeux
globaux
garanties
Obsolescence
programmée
Réemploi,
réparation et
réutilisation
Boîte à outils
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
16
POuR aLLER PLuS LOIN
MIEux cONSOMMER allongement de la durée d?usage
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INdIcaTEuRS
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
affichage d?informations sur la disponibilité des pièces
détachées et/ou la réparabilité de vos produits (entre-
prises) ;
Mise en oeuvre de l?affichage environnemental volontaire
des produits (entreprises) ;
allongement de la durée de la garantie légale de confor-
mité (entreprises) ;
Pourcentage de produits réemployés consommés10 (en-
treprises et collectivités) ;
Vente de matériaux en fin de vie10 (entreprises et col-
lectivités).
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre d?entreprises affichant des informations sur la
disponibilité des pièces détachées, la réparabilité de
leurs produits ;
Nombre de secteurs concernés par la mise en oeuvre de
l?affichage environnementale volontaire des produits ;
Durée de la garantie légale de conformité ;
Dépenses d?entretien et de réparation des ménages11.
(10) « Les indicateurs de l?économie circulaire pour les
entreprises », EPE et l?Institut National de l?Économie Circulaire
(INEC), 2018
(11) Indicateur déjà suivi : « 10 indicateurs clés pour le suivi de
l?économie circulaire », Commissariat général au développement
durable, 2017
donner les moyens au consommateur
d?effectuer un choix souverain et éclairé
L?élaboration d?un indicateur de durabilité, qui permettrait
au consommateur de moduler le facteur prix selon une
durée d?usage totale, est une solution en cours d?étude (voir
encart du ministère de la Transition écologique et solidaire Ã
ce sujet). Cet indicateur prendrait en compte la robustesse,
l?interopérabilité, la réparabilité et l?évolutivité du produit
et pourrait alimenter l?expérimentation européenne PEF
(Product Environnemental Footprint) et s?intégrer à l?écolabel
européen (voir fiche 6 « Éco-conception »). Néanmoins, cet
indice de durabilité se heurte à la difficulté d?arrêter une
forme d?engagement pour les entreprises, alors que cette
même durabilité est fortement conditionnée par l?usage qui
en est fait par les consommateurs.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
Légende des icônes de la partie « aller plus loin »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
1717
FaIRE dE L?aLLONgEMENT
dE La duRéE dE vIE dES
PROduITS uNE PRIORITé
Halte à l?Obsolescence Programmée (HOP)
Samuel SAUVAGE, Président de HOP
HOP accompagne également les entreprises dans
la diffusion des bonnes pratiques pour l?allongement
de la durée de vie des produits. À cet effet, un club
d?entreprises engagées pour des produits durables
et réparables se réunit régulièrement à son initiative.
À l?inverse, l?association n?hésite pas à poursuivre
en justice les entreprises soupçonnées de pratiquer
l?obsolescence programmée telle que définie par la
LTecV d?août 2015.
enfin, HOP milite auprès des pouvoirs publics, aux côtés
d?autres associations, pour une régulation favorable
à l?allongement de la durée de vie des produits,
tant au niveau national qu?européen. elle sera ainsi
particulièrement associée à une mesure ardemment
défendue depuis trois ans : la mise en place d?un indice
de durabilité des produits, obligatoire dès 2020.
Née en juillet 2015, HOP est une association
indépendante qui fédère les citoyens pour lutter
contre le « prêt-à -jeter » et promouvoir les solutions
d?allongement de la durée de vie des produits. face
aux conséquences écologiques et sociales liées aux
produits conçus pour ne pas durer, l?association
promeut les modèles économiques qui rendent aux
consommateurs le droit à disposer de biens fiables et
réparables.
en cohérence avec les orientations de la frec, HOP
agit à différents niveaux. Tout d?abord, vis-à -vis des
consommateurs, l?association vise à sensibiliser et Ã
conseiller sur les modalités d?une consommation sobre
et responsable (conférences, interventions en milieu
scolaire, publication de l?ouvrage « Du jetable au
durable », conseils juridiques, etc.).
T é M O I g N A g E
F E U I L L E D E R O U T E é C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
MIEux cONSOMMER allongement de la durée d?usage
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RéPaRER, REcYcLER, RéuTILISER : NESPRESSO
dévELOPPE dES SOLuTIONS POuR dONNER uNE
SEcONdE vIE Ã SES MacHINES ET LuTTER aINSI
cONTRE L?OBSOLEScENcE PROgRaMMéE
Nespresso France
Hélène COULBAULT, Responsable Communication Corporate & RSE
ce service de SaV, créé il y a déjà près de 20 ans, gère environ 600 réparations
par jour de machines destinées à la fois aux particuliers et aux professionnels (hôtels,
restaurants, entreprises).
Il génère plusieurs dizaines d?emplois directs 100 % français, dont une partie occupée
par des personnes en situation de handicap.
comment ça marche ?
Lorsqu?une machine tombe en panne chez un particulier, après qu?un diagnostic par
téléphone avec le centre de relations clients a été établi, Nespresso vient enlever la
machine en panne et dépose une machine de prêt. La machine est emportée pour
réparation et, sous 7 jours, elle est rendue au client réparée, tandis que la machine
de prêt est récupérée.
Pour aller plus loin, Nespresso propose depuis 3 ans une nouvelle solution : pour les
machines hors garantie, Nespresso propose d?échanger la machine en panne contre
un modèle remis à neuf qui pourra ainsi vivre une deuxième vie, et qui sera garanti six
mois. Le client peut changer de couleur, ou même de modèle en fonction des gammes
et des stocks disponibles.
Quant à la machine récupérée par Nespresso, si elle est réparable, elle retourne dans
le circuit une fois remise en service. Si elle n?est pas réparable, elle intègre le circuit
de recyclage d?eco-systèmes.
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suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
Légende des icônes de la partie « aller plus loin »
F E U I L L E D E R O U T E é C O N O M I E C I R C U L A I R E
19
Soutenir le secteur de la réparation
En assurant une campagne de communication d?envergure quant aux
bénéfices et aux moyens de la réparation : services d?un professionnel,
repair café ou autoréparation ;
En développant les lieux et équipements de proximité pour le réemploi
de produits d?occasion ;
En favorisant la mise en place de réseaux de réparateurs structurés ainsi
qu?une cartographie territoriale numérique des services de réparation
et de réemploi, facilement accessibles et fiables pour les consomma-
teurs (en lien avec la qualification des réparateurs) avec l?indication du
temps de réparation. Celle-ci est en cours de déploiement par le réseau
des Chambres de métiers et de l?artisanat avec l?aide de l?ADEME :
www.annuaire-reparation.fr/
La réalisation d?un benchmark international du secteur de la réparation par
l?ADEME en 2018 a également fait ressortir des initiatives inspirantes telles
la mise en place d?une fédération de la réparation (Pays-Bas), l?instauration
d?une journée internationale de la réparation (Royaume Uni), la mise en
place de mesures fiscales permettant de réduire le coût de la réparation
(Suède) et la réinitialisation de la garantie lorsque le produit est réparé ou
remplacé sous garantie (Autriche).
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
déFINITION
« L?économie de la fonctionnalité consiste à fournir aux entre-
prises, individus ou territoires, des solutions intégrées de ser-
vices et de biens reposant sur la vente d?une performance
d?usage ou d?un usage et non sur la simple vente de biens.
ces solutions doivent permettre une moindre consommation
des ressources naturelles dans une perspective d?économie
circulaire, un accroissement du bien-être des personnes et
un développement économique.12». Il existe plusieurs cou-
rants au sein de l?économie de la fonctionnalité, dont les
deux principaux sont l?économie de la fonctionnalité et de
la coopération (efc) et les systèmes produits service.
cONTExTE ET ENjEux
L?économie de la fonctionnalité soutient un véritable dé-
couplage de la croissance et de la consommation de res-
sources en ce qu?elle base la compétitivité des entreprises
sur la qualité et non plus sur les volumes. Le fondement du
modèle économique est une logique «servicielle», c?est-à -
dire le passage d?une consommation de bien par un service,
ce qui tend à limiter la pression sur les ressources naturelles.
On parle ici de systèmes produits service. en parallèle, la
conception d?offres basée sur la «performance d?usage»
requiert une proximité entre l?entreprise et ses parties pre-
nantes, afin de concevoir une offre au plus près des attentes
du client et d?identifier collectivement l?ensemble des effets
utiles3 générés sur le territoire. On évoque l?économie de la
fonctionnalité et de la coopération (efc) pour mettre en avant
cette dynamique d?innovation sociale et participative. en ce
sens, l?ef promeut un développement durable des territoires
et participe à la santé et au bien-être des personnes. On
parle de «performance territoriale»13
Pour les organisations, les stratégies d?ef participent à un en-
richissement de l?offre de services, tout en lissant les revenus
dans le temps, grâce à l?inscription de la relation commer-
ciale dans la durée. en restant propriétaire, le fournisseur a
la main sur l?ensemble du cycle de vie du produit et gagne
MIEux cONSOMMER
économie de la fonctionnalité(ef)
en visibilité sur l?usage qui en est fait. ces retours sur la vie
du produit et son usage fondent une capacité d?innovation
plus importante (voir fiche 6 éco-conception).
Pour autant, les logiques d?ef sont encore très peu appré-
hendées au sein des organisations. en cause, une mécon-
naissance de ce levier d?action, un manque de visibilité
sur les bénéfices procurés par la démarche ou encore,
une réticence au changement. en effet, l?ef implique un
changement profond du métier de l?entreprise, qui peut
être freinée par :
Une nouvelle façon de contractualiser ;
Le financement d?actifs parfois importants pour assurer
le service ;
L?augmentation du besoin en fonds de roulement ;
Les normes comptables privées et publiques ;
et surtout par les répercussions organisationnelles liées Ã
l?évolution du métier de l?entreprise de la vente vers une
offre intégrée de produits et de services.
(12) Dossier «Économie circulaire : De quoi parle-t-on?», ADEME, 2017
(13) «Effets utiles: ensemble des effets positifs que le client / usager, ou d?autres
bénéficiaires peuvent attendre de l?usage d?un bien ou de l?accès à un service.»,
issu de « Vers une économie de la fonctionnalité à haute valeur environnementale et
sociale en 2050», ADEME et ATEMIS, 2017
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F E U I L L E D E R O U T E é C O N O M I E C I R C U L A I R E
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acHETONS La LuMIèRE
PLuTôT quE dES LaMPES!
Signify (ex Philips ? Lighting)
François DARSY, Directeur marketing Tertiaire & Industrie
lux, consommation électrique, etc.). en fin de contrat,
Signify est responsable de la valorisation des produits:
étendre le service, réemploi, recyclage, etc.
On note plusieurs impacts :
La conception produit : l?objectif n?est plus de faire
un produit « pas cher » donc plus facile à vendre
mais optimisé pour minimiser la destruction de
valeur. Ils sont désormais conçus pour être traçables,
réparables, re-conditionnables, recyclables ;
Le business model : on passe d?une relation
transactionnelle à une relation contractuelle et
durable. ce modèle s?inscrit dans la durée et
nécessite d?impliquer les partenaires installateurs,
mainteneurs, recycleurs, etc. ;
La supply chain : La gestion de la fin de vie
des luminaires nécessite de mettre en place une
logistique inversée.
Signify, leader de l?éclairage dans le monde, a annon-
cé son changement de nom. Philips Lighting devient
désormais Signify. ce nouveau nom évoque le fait que
la lumière devient un langage intelligent, qui connecte
et donne du sens. Le marché de l?éclairage rencontre
deux ruptures technologiques qui redéfinissent la façon
dont nous allons éclairer nos espaces de vie :
La LeD qui fait baisser les consommations d?énergie
jusqu?à 80 % et qui permet des durées de vie très
longues ;
L?internet des objets, qui permet de connecter chaque
point d?éclairage pour comprendre et améliorer son
usage tout au long de sa vie.
ceci a amené Signify à changer de perspective sur son
offre : l?entreprise propose désormais un service d?éclai-
rage circulaire, les clients n?achètent plus de luminaires
mais un service d?éclairage de leurs espaces, c?est-à -
dire la garantie d?une certaine performance (nombre de
POuR aLLER PLuS LOIN
téléchargez nos livres blancs : http://
www.lighting.philips.fr/systemes/
circular-lighting
T é M O I g N A g E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
MESuRE PHaRE dE La FREc cONcERNéE
Mesure n°8:
«reNfOrcer L?Offre DeS acTeUrS DU réeMPLOI, De La
réParaTION eT De L?écONOMIe De La fONcTIONNaLITé
pour faciliter le recours par un particulier à leurs services
plutôt que de jeter un bien et d?en racheter un nouveau, tout
en amplifiant la place de l?économie sociale et solidaire au
sein de ces activités, et en tenant compte des spécificités
de l?outre-mer [?]».
dEScRIPTIF dE L?OuTIL
Infographie explicative de l?économie
de la fonctionnalité
centre ressources Pédagogiques européen à l?économie de
la fonctionnalité et de la coopération de l?Ie-efc
étude réalisée par aTeMIS pour le compte de l?aDeMe
«Vers une économie de la fonctionnalité à haute valeur
environnementale et sociale en 2050»
Magazine aDeMe & VOUS n°106 spécial économie de
la fonctionnalité
club économie de la fonctionnalité et Développement
Durable (ef&DD)
étude réalisée par Greenflex et l?Institut national de
l?économie circulaire «comment promouvoir et financer
l?économie de la fonctionnalité dans le secteur de la
grande consommation ?»
aNNéE
2017
2014
2017
2017
2007
2014
Pour en
savoir plus
guides et
outils
MIEux cONSOMMER économie de la fonctionnalité(ef)
Boîte à outils
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F E U I L L E D E R O U T E é C O N O M I E C I R C U L A I R E
23
Sources
http://bit.ly/2CSOEsQ
http://bit.ly/2DeuCKj
http://bit.ly/2OeJFVf
http://bit.ly/2OWSsQS
http://bit.ly/2ETzg1Y
http://bit.ly/2QcT5CJ
Boîte à outils
INdIcaTEuRS
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
engagement dans une démarche d?ef ;
Part du chiffre d?affaire/budget concernée par une offre
d?ef.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre d?entreprises ayant bénéficié d?un dispositif d?ac-
compagnement sur l?ef ;
Nombre d?entreprises engagées dans une démarche
d?ef ;
Part du chiffre d?affaire concernée par une offre d?ef.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
MIEux cONSOMMER économie de la fonctionnalité(ef)
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uN NOuvEau MOdèLE
écONOMIquE à HauT POTENTIEL
ENvIRONNEMENTaL
agence de l?Environnement et de la Maîtrise de
l?énergie (adEME)
Claire PINET, Référente Économie de la fonctionnalité
Dissocier la création de revenus de l?entreprise de la consommation de ressources matérielles, c?est la
promesse de l?économie de la fonctionnalité. Un atout majeur pour l?aDeMe. L?agence accompagne
ainsi des réseaux nationaux et régionaux d?économie de la fonctionnalité (Ie-ef, clubs régionaux), des
opérations collectives pour les dirigeants de PMe/TPe et pour les collectivités, des projets de recherche
et d?innovation d?entreprises (SeB, eraM, etc.) et de collectifs d?acteurs territoriaux. ces acteurs trouvent
de nouvelles voies de développement tout en s?inscrivant dans un projet de société durable.
avis d?expert
F E U I L L E D E R O U T E é C O N O M I E C I R C U L A I R E
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uN INSTITuT POuR SOuTENIR La
TRaNSITION vERS uN MOdèLE
écONOMIquE duRaBLE
IE-EFc (Institut Européen de l?Économie de la Fonctionnalité
et de la Coopération)
Philippe GUINAUD, Secrétaire général
Dans cette perspective, l?Ie-efc a mis en place:
Huit ateliers de réflexion et d?action autour de grands enjeux
sociétaux: l?alimentation durable; l?Habiter; la prévention
et la gestion des déchets; la transition énergétique ; les
dynamiques territoriales; l?évolution de la commande
publique; l?évaluation de la dimension immatérielle des
activités économiques et leur financement; le design de
solutions durables intégrant biens et services;
L?organisation de deux évènements par an: une université
d?été venant soutenir l?activité des clubs territoriaux;
l?organisation d?une journée agora à Paris rendant
compte de l?avancée des projets relevant de l?efc;
Un site permettant d?accéder à un centre de ressources
pédagogiques.
L?Ie-efc est un organisme d?intermédiation dont l?objectif est
de favoriser la coopération entre les acteurs publics, para-
publics et privés, engagés dans la démarche relevant de
l?économie de la fonctionnalité et de la coopération (efc)
et provenant de tous horizons : organisations, entreprises de
toutes tailles, collectivités territoriales, consultants, chercheurs,
et toutes personnes intéressées par la transition écologique,
économique et sociétale. Notre mission est de faire mieux
connaître le modèle de l?ef car il ne peut pas y avoir de
transition sans transition économique et sans changement
du travail.
L?Ie-efc anime une communauté de pensée et d?action com-
posée de:
Huit clubs territoriaux;
200 membres venant de tous horizons et de toute la
france ; les membres de la communauté sont issus des
clubs ou adhérents directs à l?Institut;
250 entreprises engagées dans des trajectoires de
développement relevant de l?efc après avoir été
accompagnées dans des cycles de formation de 14-16
mois.
avis d?expert
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POuR aLLER PLuS LOIN
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
Légende des icônes de la partie « aller plus loin »
diffuser le modèle et créer des systèmes d?acteurs
L?économie de la fonctionnalité est un modèle économique émergent qui intéresse
depuis quelques années des acteurs institutionnels (plusieurs Régions, l?ADEME),
des organismes d?intermédiation et réseaux d?entreprises (CJD, CCIs, Réseau
Alliances, Idée Alsace, CIRIDD, etc.), des dirigeants de TPE et PME. Pour diffuser
plus largement le modèle, il est indispensable d?acculturer les acteurs relais pour
leur permettre de comprendre le potentiel de l?EF et de les outiller (leur mettre Ã
disposition des ressources pédagogiques et de communication) afin de les aider
à mobiliser des entreprises locales à s?engager vers un « accompagnement EF ».
Il est également possible d?accompagner à la création de système d?acteurs
« ambassadeurs de l?EF » sur le territoire via des rencontres permettant :
???D?apporter?aux?structures?en?réseau?avec?les?entreprises?des?connaissances?
sur ce nouveau modèle économique ;
???D?acculturer?les?réseaux?pour?faire?évoluer?leur?approche?sur?l?innovation?et?
leur rapport aux entreprises de leur territoire ;
???De?faciliter?le?recrutement?d?entreprises?désireuses?de?changer?de?modèle?
économique.
Proposer des programmes d?accompagnement
Les entreprises pionnières doivent être accompagnées dans leur cheminement
pour les aider à effectuer le « saut systémique » induit par l?EF. Il s?agit
d?accompagner le changement de modèle en facilitant la levée de freins
identifiés collectivement, tels que :
???Comment?faire?passer?les?stocks?en?investissement???;?
??Comment?amortir?les?produits?«?livrés?à ?soi-même?»???;?
????Comment?gérer?les?nouveaux?risques?financiers?(dégradation?volontaire,?
mésusage,?etc.)???;?
??Comment?assurer?la?bonne?gestion?des?données?utilisateurs???;?
???Quels?financements?sont?disponibles?(éligibilité?au?crédit?impôt?recherche,?
financement participatif, etc.).
À titre d?exemple, des parcours d?accompagnement collectifs ont été mis en
place dans les Hauts-de-France et en ÃŽle-de-France.
évaluer les bénéfices des offres en concertation avec tous
les acteurs impliqués
Dans sa forme la plus aboutie, l?économie de la fonctionnalité a vocation Ã
générer un développement durable des territoires. En effet, les offres relevant
de l?EF produisent des effets positifs se répercutant indirectement tant sur le
territoire que dans le temps. À titre d?exemple, un maraîcher proposant une
production de fruits et, en parallèle, des conseils pour une alimentation saine
et équilibrée influera sur la santé, le bien-être et le lien social des habitants du
territoire. Pour désigner une telle valeur créée par l?entreprise sur le territoire,
on parle d?« effets utiles ».
Tout l?enjeu est de pouvoir définir et évaluer cette « valeur », y compris la
valeur sociale et environnementale, afin de pouvoir élaborer de nouveaux
mécanismes de partage des coûts et de contribution entre les différentes parties.
Cette définition de la valeur nécessite la mise en place de mécanismes de suivi
et d?évaluation, co-construits entre les acteurs territoriaux. La « conception et
la mise en oeuvre de dispositifs d?évaluation (méthodes, outils) pour révéler
la valeur et partager sur ce qui fait valeur » est l?une des conditions de
développement de l?EF identifiée au sein de l?étude prospective réalisée en
2017, conjointement par l?ADEME et ATEMIS, « Vers une économie de la
fonctionnalité à haute valeur environnementale et sociale en 2050 » (voir la
« Boîte à outil »).
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
2727
ExPéRIMENTaTION NaTIONaLE
écONOMIE dE La FONcTIONNaLITé
ET dE La cOOPéRaTION
centre des jeunes dirigeants (cjd)
Franck SPRECHER, Délégué National aux Nouveaux Modèles Économiques
Les dirigeants ont pris conscience que leur pérennité est totale-
ment liée au développement de leur territoire et à leur intégra-
tion à l?écosystème local. Pour cela, ils mettent en oeuvre les
conditions de la coopération entre les parties prenantes. Ils
dépassent la logique de volumes en proposant des solutions
intégrées, centrées sur l?usage, pour la satisfaction du plus
grand nombre de bénéficiaires. Les résultats constatés sont la
découverte de nouvelles opportunités de développement, la
fidélisation des clients et des collaborateurs : l?entreprise de-
vient désirable. Le cJD est ainsi leader des nouveaux modèles
sur les territoires et est soutenu dans cette expérimentation par
les conseils régionaux et l?aDeMe.
Le centre des Jeunes Dirigeant compte 5 000 adhérents
en france, patrons de PMe ou dirigeants d?organisations,
tous secteurs d?activités confondus, qui s?investissent pour
une économie au service de l?homme. Depuis 2012,
1 000 dirigeants, partout en france et à l?international, se
sont engagés dans l?expérimentation de l?économie de la
fonctionnalité et de la coopération. Ils travaillent à améliorer
leur efficience économique par : la compréhension de leur
proposition de valeur, la nouvelle définition de leur raison
d?être, la valorisation de leurs ressources immatérielles, l?iden-
tification de leurs externalités et l?apprentissage de la posture
effectuale du dirigeant.
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Passer du concept à l?action,
par des commissions et des
accompagnements opérants
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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MIEUX
gérEr lEs déchEts
Fiche 3 Consignes de tri
mesures de la FreC 17, 18, 19, 20 ? PaGe 30
Fiche 4 Biodéchets
mesures de la FreC 14, 21, 23, 24 ? PaGe 40
Fiche 5 Filière Textiles
mesures de la FreC 7, 12, 15, 28 ? PaGe 48
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
30
déFInItIon
les consignes de tri sont des indications concernant les
détritus qui disposent d?une filière de recyclage existante
et qui nécessitent, de la part des producteurs/détenteurs
de déchets, une séparation/un tri sélectif pour les isoler
des ordures ménagères (pour les ménages) ou des déchets
non dangereux des activités économiques (pour les acteurs
économiques). Ces consignes sont accompagnées d?une
signalétique, vecteur de diffusion de ces consignes, dont
les composantes sont : le message et les symboles d?iden-
tification de la collecte sélective, les couleurs utilisées pour
différencier les différents flux, la visibilité apportée pour
identifier ces consignes.
contEXtE Et EnjEUX
le geste de tri constitue la première étape indispensable du
recyclage : un tri à la source et une bonne qualité de tri est
essentielle pour la production de matières premières de re-
cyclage. en ce qui concerne les emballages ménagers, en
2017, le taux de recyclage des emballages en verre était
de 84,8 %, quand celui de l?aluminium était de 42,3 % et
des bouteilles en plastique, de 56,7 %14.
Du côté des ménages, 88 % des Français déclarent trier mais
seulement 1 Français sur 2 trie de manière systématique15.
la fréquence de tri varie selon :
le type d?habitat : on trie davantage en maison en zone
rurale qu?en appartement en zone urbaine dense ;
le profil sociodémographique : les plus jeunes trient moins
que les plus âgés ;
la zone géographique : certaines régions trient plus que
d?autres.
en plus de la culture du tri, la compréhension des consignes
est déterminante pour la collecte puis le recyclage des dé-
chets recyclables. un meilleur niveau d?information sur les
MIEUX gérEr lEs déchEts
Consignes de tri
règles de tri (où et comment recycler) permet nécessairement
de le faciliter et d?éviter les erreurs. Il s?avère que les Français
ont des doutes sur les objets à trier16.
l?image perçue (objet versus déchet, propreté, praticité, ac-
cessibilité, proximité) du système de collecte et le sens donné
au geste de tri (notamment être certain que le déchet sera
effectivement recyclé et en connaître les bénéfices sur l?envi-
ronnement) impacte également de façon fondamentale sur le
taux de collecte et de recyclage17. ainsi, 83 % des Français
sont favorables à un dispositif de consigne18 (dépôt payé Ã
l?achat d?un produit à son point de vente et qui est retourné
à l?acheteur lorsqu?il ramène l?emballage) qui concernerait les
bouteilles en plastique et les canettes en métal, notamment
si celui-ci est accompagné d?une démarche ludique ou d?un
don/contribution à une association.
actuellement, les consignes de tri sont propres à un territoire
car les installations de tri et de recyclage varient géographi-
quement, elles seront toutefois homogénéisées sur l?ensemble
du territoire d?ici 2022, en application de la loi sur la Transi-
tion énergétique pour une croissance verte (lTeCV)19. l?exten-
sion et l?homogénéisation des consignes sont déjà en cours
puisque d?ici fin 2018, 23 millions de Français seront en
capacité de trier l?ensemble de leurs emballages.
du côté des professionnels, les cafés, hôtels et restaurants
abandonnent progressivement les emballages en verre consi-
gnés, au profit des emballages en plastique, ce qui impacte
de fait le taux de recyclage, avec seuleument 10 % de plas-
tique recyclé en moyenne20.
(14) Rapport annuel Citeo 2017, http://bit.ly/2OGSlE5
(15) Observatoire du Geste de Tri des Français, étude Ipsos pour Citeo, 2018
(16) Guide « Comment mieux collecter et gérer les déchets dans les établissements
recevant du public (ERP) ? », ORÉE, 2018
(17) Étude Nespresso, 2018
(18) Étude Ifop, auprès d?un échantillon de 1 004 personnes représentatives de la
population française âgée de 18 ans et plus, pour le ministère de la Transition écolo-
gique et solidaire, 2018
(19) Articles 70 et 80 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 : « harmoniser les
couleurs des poubelles et les consignes de tri d?ici 2025 afin de faciliter l?identification
du conteneur approprié partout en France » (article 80) ; « étendre les consignes de
tri des emballages ménagers à l?ensemble des emballages en plastiques d?ici 2022,
dont les films et barquettes en plastique (jusqu?ici, seules les bouteilles et les flacons en
plastique devaient être triés) et à généraliser le tri à la source des biodéchets pour tous
les producteurs d?ici 2025 » (article 70).
(20) Chiffre ADEME 2016
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3131
Ministère de la transition
écologique et solidaire
(MtEs)
Baptiste PERRISSIN-FABERT,
Conseiller économie et finance
verte
Nous souhaitons lancer une dynamique de
« mobilisation générale » pour collecter les bouteilles
en plastique, notamment dans les zones où les taux
de collecte ne sont pas satisfaisants. Grâce au
système de la consigne solidaire, l?incitation au retour
est forte car chaque bouteille ou canette collectée
contribuera au financement d?une grande cause
environnementale, de santé ou de solidarité, etc.
Nous travaillerons avec les collectivités volontaires,
l?éco-organisme en charge et l?ademe pour lancer
des appels à projets innovants pour accélérer la
collecte. les nouvelles solutions de technologie
numérique, d?innovation sociale et d?économie
collaborative seront autant d?outils indispensables
pour faire entrer tous les acteurs dans la boucle !
Avis d?expert
MEsUrEs PhArEs dE lA FrEc concErnéEs
Mesure n°17:
« eNCleNCHer uNe dYNamIQue de « mOBIlIsaTION
GÉNÉrale » POur aCCÉlÉrer la COlleCTe des
emBallaGes reCYClaBles, les BOuTeIlles PlasTIQues
eT les CaNeTTes eT eN PrIOrITÉ dans les zones où les
taux de collecte sont les plus bas, notamment les zones
urbaines les plus denses [?].
? mener des expérimentations de consigne dans les
territoires ultramarins qui le souhaitent ;
? déployer dans les collectivités qui le souhaitent des
dispositifs de « consigne solidaire » qui créent une
incitation au retour où chaque nouvelle bouteille et canette
collectée contribuerait au financement d?une grande
cause environnementale, de santé ou de solidarité.
les collectivités volontaires pourront lancer des appels
à projets pour sélectionner les opérateurs de gestion
de cette collecte afin de retenir les solutions les plus
adaptées à leurs besoins, en particulier dans les zones
urbaines les plus denses. Ces solutions s?appuieront sur
les technologies numériques, sur l?innovation sociale, sur
l?économie collaborative ou encore sur des machines
automatiques de récupération des bouteilles et des
canettes. Pour financer ces opérations, les collectivités
bénéficieront d?un soutien spécifique à la tonne collectée
reversé par les éco-organismes agréés de la filière des
emballages.
Cette mesure permettra de décliner concrètement la
disposition de la loi de Transition énergétique pour la
croissance verte qui prévoit l?extension des financements des
éco-organismes à la collecte des emballages consommés
hors foyer. Cette dynamique de « mobilisation générale »
sera lancée sur tout le territoire pendant 5 ans. les retours
d?expérience sur les comportements des citoyens, sur la
capacité du système du bac jaune à absorber l?extension
des consignes de tri, sur la densité du réseau de collecte
innovante seront alors suffisants pour examiner la nécessité
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
32
MIEUX gérEr lEs déchEts Consignes de tri
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du déploiement éventuel de la consigne en France et ainsi
l?atteinte de performances de collecte tendant vers 100 %».
Mesure n°18:
« en concertation avec les acteurs concernés, étendre le
champ de la filière reP « emballages » aux emballages
professionnels et se donner pour objectif d?auGmeNTer
le POurCeNTaGe de BOuTeIlles eT CaNeTTes
COlleCTÉes daNs le seCTeur des CaFÉs, HÔTels
eT resTauraNTs ».
Mesure n°19:
? « Simplifier et harmoniser le geste de tri des déchets
sur tout le territoire, aussi bien dans les foyers et les
entreprises que dans l?espace public, avec le soutien
des éco-organismes dans le cadre de l?extension des
consignes de tri à tous les emballages plastiques ;
?? Prévoir l?harmonisation des couleurs des contenants ou
couvercles des poubelles d?ici 2022 selon le référentiel
établi par l?ademe ;
? accompagner les collectivités vers un schéma de collecte
systématique de type « bi-flux », c?est-à -dire en collectant
les papiers et les emballages dans un même bac, lorsque
la collecte est en porte-Ã -porte ;
? Prévoir que les éco-organismes des filières reP mettent Ã
disposition du public et en open data, la cartographie
des points de reprise des déchets dont ils assurent la
collecte ».
Mesure n°20:
« amÉlIOrer le dIsPOsITIF aPPelÉ « TrImaN » en
simplifiant sa définition, ce pictogramme devant signifier
qu?il y a un geste de tri ou d?apport de l?emballage ou du
produit usagé à effectuer. dans ce cadre, rendre obligatoire
à compter de 2021 l?apposition réglementaire du Triman
sur les emballages et les produits destinés aux ménages
relevant des filières à responsabilité élargie des producteurs
(reP). Cette simplification s?accompagnera des mesures
complémentaires suivantes :
? accompagner le Triman d?une information sur la nature
du geste de tri ou d?apport des différents éléments
constituant l?emballage et du produit ;
? Supprimer la possibilité de fournir cette information
uniquement en ligne, l?information en ligne devant rester
complémentaire et non se substituer à l?information sur
l?emballage ou sur le produit ;
? Interdire l?apposition sur les produits et les emballages
de pictogrammes et logos tels que le « point vert » qui
entraînent une confusion auprès des citoyens quant
au geste de tri qu?ils doivent effectuer ou quant à la
recyclabilité des matériaux ».
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
Étude d?un Contrat de Performance déchets (CPd) pour
réduire la production des déchets ménagers et d?activités
économiques
Guide « Comment mieux collecter et gérer les déchets
dans les établissements recevant du public (erP) ? »
Communiqué de presse « Pour mieux collecter nos déchets :
la consigne solidaire »
Infographie « les Français et le recyclage »
Étude TOP100 du Geste de Tri « emballages du quotidien :
quelles sont les pratiques de tri des Français ? »
site « le guide du tri »
sources
http://bit.ly/2ACeZJW
http://bit.ly/2Ssv77X
https://bit.ly/2PAQypv
http://bit.ly/2RsBuH8
http://bit.ly/2SzLXSr
http://bit.ly/2OhAMKu
AnnéE
2018
2017
2018
2018
2017
_
théMAtIQUE
outil pour les
collectivités
outil pour les
entreprises dont les ErP
publics et privés
Pour aller plus loin
Boîte à outils
PortEUr ActEUr
ademe
OrÉe
ministère de la Transition
écologique et solidaire
Nespresso
données Ipsos pour Citeo
Citeo
33
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
34
MIEUX gérEr lEs déchEts Consignes de tri
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°3
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
Observatoire du geste de tri des Français, Ipsos pour
Citeo
« Étude prospective sur la collecte et le tri des déchets
d?emballages et de papier dans le service public de
gestion des déchets »
« Étude comportementale pour préciser les modalités
de mise en oeuvre d?une harmonisation et d?une
communication nationale sur la collecte séparée des
déchets »
deux appels à projets « extension des consignes de tri »
et « Optimisation de la collecte ». le premier a pour
objectif de moderniser les centres de tri, afin de financer
les installations nécessaires pour mieux trier et recycler les
plastiques à travers une enveloppe de 33 millions d?euros.
le deuxième consacrera 22 millions d?euros pour inciter
les collectivités, déjà clientes d?un centre de tri modernisé,
à améliorer leur dispositif de collecte. en effet, les centres
de tri des déchets devront améliorer leurs processus de
traitement et de sélection d?ici 2020. Plusieurs études de
l?ademe21 ont identifié les modifications à mettre en place
(meilleur isolement des matières plastiques, renforcement
du tri manuel en amont pour retirer les déchets souillés et
tris automatisés le plus en aval possible). Ces appels Ã
projets ont été prolongés jusqu?à mars 2019.
sources
http://bit.ly/2AgfQyK
http://bit.ly/2RriBnM
http://bit.ly/2SEwfWa
http://bit.ly/2yHjCkS
AnnéE
2018
2014
2011
avril 2018 ?
mars 2019
théMAtIQUE
Pour aller plus loin
r&d
Boîte à outils
PortEUr ActEUr
données Ipsos pour Citeo
ademe
ademe
Citeo
(21)« Étude prospective sur la collecte et le tri des déchets d?emballages et de papier
dans le service public de gestion des déchets », ADEME, 2014 et « Étude de l?adapta-
bilité des centres de tri des déchets ménagers aux évolutions potentielles des collectes
séparées », ADEME, 2014.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
35
Boîte à outils
B:Bot réInvEntE
lE rEcyclAgE dE lA BoUtEIllE
PlAstIQUE
Big green/B:bot
Benoît PAGET, Président
Non seulement b:bot est une machine digitale, qui permet
de rapporter vos bouteilles en plastique, pour faire vivre Ã
l?utilisateur une expérience interactive et incitative unique,
connectée à tous les outils de fidélisation existants ; mais
en plus, chaque bouteille rapportée permet de financer une
association et de s?impliquer dans une communauté de trieurs
citoyens et solidaires.
RÉSulTAT :
Donner du sens pour donner envie et plus de bouteilles
dans les b:bot, moins dans les océans.
B:BoT EST uNE SoluTIoN RévoluTIoNNAIRE DéDIéE
Au REcyclAGE DES BouTEIllES EN PlASTIquE.
Pourquoi révolutionnaire :
1. Parce que la technologie brevetée permet de déployer un
modèle économique qui fonctionne sans aide, ni subvention,
ni éco-contribution, ce qui est unique dans le déchet :
moins de coûts grâce à la densification qui permet un
stockage de 3 000 bouteilles dans moins de 1m2. C?est
beaucoup moins de logistique et de manutention et surtout
la capacité à s?installer au coeur des zones urbaines ;
Plus de revenus grâce à la transformation des bouteilles en
paillettes triées couleur/incolore, prêtes pour le recyclage
et mieux valorisées à la tonne.
2. Parce que nous avons totalement réinventé la consigne
pour la rendre ouverte, sociale et solidaire.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
3636
dU trI FAcIlE AU trI UtIlE
siom
Jean-François vIGIER, Président du Syndicat mixte d?Ordures Ménagères de la Vallée de Che-
vreuse (Siom 91), Vice-Président de la Communauté Paris-Saclay en charge du Développement
économique et de la Gestion des déchets, Maire de Bures-sur-Yvette
le tri et la collecte sélective mis en place par le siom de la
Vallée de Chevreuse dès l?an 2000, avaient déjà été une
réussite. les habitants avaient démontré qu?ils pouvaient et
voulaient trier leurs déchets, voire même qu?ils étaient prêts Ã
s?investir davantage pour peu qu?on les accompagne avec
des mesures facilitatrices.
C?est tout le sens du « Plan de relance du tri et du recyclage »
dans lequel le siom a décidé de s?engager dès octobre
2016, aux côtés d?eco-emballages/Citeo, pour faire pro-
gresser la collecte des recyclables notamment avec l?exten-
sion des consignes de tri à tous les emballages ménagers
plastiques.
MIEUX gérEr lEs déchEts Consignes de tri
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1000
950
900
850
800
750
700
650
600
550
500
Janv Fév Mars Avril Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Évolution des tonnages collectés
par le SIOM Vallée de Chevreuse
(Extension des consignes de tri lancées en octobre 2016)
2015
2016
2017
+9,2 % d?EMBAllAgEs & PAPIErs/
cArtons collEctés En 2017
T
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Graphique : Évolution des tonnages collectés par le SIOM Vallée de Chevreuse
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
3737
Cette simplification du geste de tri - dont bénéficient
aujourd?hui seulement 24 % des Français - a connu un réel
succès auprès des 205 000 habitants des 21 communes
du siom. au total près de 1 000 tonnes supplémentaires
d?emballages ont été collectées, ce qui représente une pro-
gression de 9,2 % entre 2016 et 2017. Cela signifie que
chaque habitant a trié en moyenne 50 kilogrammes sur l?an-
née 2017, soit une augmentation d?environ 4 kilogrammes
par personne en un an !
Conséquence de ce succès, le siom a procédé au chan-
gement de capacité de 949 bacs jaunes, 95 % ayant été
remplacés par des bacs à la capacité deux fois plus impor-
tante (240 litres).
s?en suivent aussi des retombées profitables à tous. la col-
lecte de tonnages supplémentaires d?emballages recyclables
induit en effet de nouvelles recettes, à hauteur de 800¤ par
tonne d?aides versées par Citeo.
deux conditions à cette réussite : une campagne de com-
munication soutenue au plus près des usagers (pendant 18
mois, dans les 21 communes) ainsi que la modernisation
des centres de tri de PaPreC et semariv, dans lesquels sont
envoyés les emballages collectés. d?importants travaux y ont
été nécessaires pour que les chaînes de tri puissent prendre
en charge les nouveaux emballages en plastique issus de
l?extension et les valoriser dans les filières agréées.
démonstration est donc faite qu?en facilitant le geste de tri,
l?on capte plus de déchets valorisables pour préserver les
ressources et l?on en constitue d?autres, au bénéfice de tous.
le siom a donc décidé de s?inscrire dans le cercle vertueux
de l?économie circulaire.
PlAn dE rElAncE
dU trI Et dU rEcyclAgE
180
oPérAtIons tErrAIn
à travers les 21 communes du territoire du siom
166 000 FoyErs
informés en juin et en septembre 2016,
puis en avril et septembre 2017
(Kit distribué toutes boîtes)
Animations spéciales auprès de
2 680 élèvEs
744 650 PErsonnEs toUchéEs
(impact estimé hors actions média et internet)
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
38
IndIcAtEUrs
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
mise en place de la « consigne solidaire » sur le territoire
de la collectivité ;
Harmonisation des consignes de tri et mise en place d?un
schéma de collecte systématique de type « bi-flux » sur le
territoire de la collectivité ;
Taux de collecte des emballages recyclables ;
Taux de réemploi des bouteilles plastiques, canettes ;
Taux de recyclage des emballages recyclables ;
Population couverte par une tarification incitative déchets ;
Tonnage annuel de déchets qui font l?objet d?un recyclage /
d?une valorisation matière par type : plastique, papier/
carton, bois, métal, verre, biodéchets, terres ;
Évolution des tonnages de déchets mis en décharge23.
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?état
Nombre d?expérimentations « consigne solidaire » sur
les territoires ;
Intégration du secteur cafés, hôtels et restaurants dans le
périmètre reP « emballages » ;
Part des collectivités ayant harmonisé les consignes de
tri (couleurs des contenants, etc.) et ayant mis en place
un schéma de collecte systématique de type « bi-flux » ;
Part des éco-organismes ayant mis à disposition une car-
tographie des points de reprise des déchets ;
Publication d?une réglementation interdisant l?apposition
sur les produits et les emballages de pictogrammes et
logos tels que le « point vert ».
(23) Indicateur déjà suivi par le CNIS
38
MIEUX gérEr lEs déchEts Consignes de tri
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39
PoUr AllEr PlUs loIn
leviers d?actions
Afin d?étendre les consignes de tri pour mieux collecter les déchets recy-
clables, différents leviers techniques et financiers sont à étudier :
La mise en place de la mesure 18 sur l?extension du champ de la
filière REP « emballages » aux emballages professionnels est attendue
pour 2021 ;
La mise en place de la mesure 17 sur la consigne solidaire a débuté
dans les collectivités volontaires à l?automne 2018 ;
La tarification incitative, via le « signal prix », apparaît comme porteuse
afin de favoriser un meilleur tri (au moins en quantité), et devrait être da-
vantage expérimentée. Pour motiver les collectivités à la mettre en place,
une baisse des frais de gestion de la TEOM23 de 8 à 3 % pourrait être ap-
pliquée. Ces mesures doivent être combinées à des actions de prévention
et/ou de verbalisation par la collectivité en cas d?impayés ou de dépôts
sauvages (ceux-ci restant marginaux dans les expérimentations en cours).
L?objectif d?homogénéiser les consignes de tri est de pouvoir produire
des matières de qualité qui répondront au cahier des charges de l?indus-
trie utilisatrice. Outre la qualité, la question du gisement est déterminante
pour assurer un flux suffisant de matières aux industriels. Il est donc in-
dispensable d?augmenter drastiquement la collecte sélective des déchets.
La mesure n°19 24 vient ainsi renforcer le tri sélectif des ménages, mais
également des entreprises et des administrations dans le cadre du décret
« 5 flux »25. Ce dernier oblige les entreprises produisant plus de 1 100 litres
de déchets par semaine (ou qui en produisent moins de 1 100 litres mais
qui ne remettent pas ceux-ci au service public de collecte des déchets), de
séparer le métal, le papier, le bois, le plastique et le verre.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Il est nécessaire d?encourager les collectivités à mener à bien cette
évolution et à harmoniser le fonctionnement des dispositifs de collecte de
déchets (porte-à -porte et points d?apport volontaire) afin qu?elles puissent
collecter, en tous lieux, tous types de déchets. À titre d?exemple, il serait utile
de développer les « Contrats de Performance Déchets » (CPD) afin d?amé-
liorer les services de collecte et de gestion des déchets entre la collectivité
et un opérateur26. Ces conventions permettent la convergence d?intérêts au
service d?une performance globale de préservation de la ressource, mais
également d?optimiser l?efficacité technique et économique de la collecte
des déchets ménagers et assimilés, de soutenir la recherche et dévelop-
pement et d?apporter de l?innovation sur les métiers de collecte au niveau
des opérateurs et des fabricants de matériels de gestion des déchets. Ac-
tuellement, de nombreux contrats de collecte des déchets sont des contrats
de moyens et n?offrent pas ces possibilités.
Mobilisation des acteurs
Afin d?encourager la dynamique de mobilisation générale en faveur de
la collecte des emballages plastiques, les collectivités et porteurs de projets
volontaires seront accompagnés par Citeo lors d?une phase pilote l?inves-
tissement dans des opérations ou matériels de collecte innovants de l?ordre
de 3 millions d?euros. Pour ce faire, un premier appel à manifestation d?in-
térêt a été lancé en avril 2018. Il est cependant important de prendre en
compte la contrainte temps nécessaire à la mise en oeuvre des nouvelles
installations de recyclage et de valorisation des déchets. En effet, il faut
trois à quatre années pour démarrer une nouvelle unité en tenant compte
des temps de concertation, d?études et de construction.
(23 Taxe d?enlèvement des ordures ménagères
(24) Voir supra, page 32 du présent guide
(25) Décret n° 2016-288, du 10 mars 2016, portant diverses dispositions
d?adaptation et de simplification dans le domaine de la prévention et de la
gestion des déchets
(26) Pour plus d?informations, consulter l?« Étude d?un contrat de performance
déchets pour réduire la production des déchets ménagers et d?activités
économiques », ADEME, 2018, référencée dans la Boîte à outils
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
40
déFInItIon
les biodéchets sont des « déchets biodégradables de jardin
ou de parc, déchets alimentaires ou de cuisine issus des
ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins
de vente au détail, déchets comparables provenant des
usines de transformation de denrées alimentaires »27. Ils
sont qualifiés de putrescibles ou de fermentescibles, car ils
se dégradent sous l?action des bactéries et d?autres micro-
organismes et sont composés de 60 à 90 % d?eau.
contEXtE Et EnjEUX
du côté des ménages, les biodéchets représentent près de
la moitié de leur poubelle moyenne, soit 40 à 60 % de son
poids28. le gaspillage alimentaire est la cause principale de
la génération des biodéchets et représente 10 millions de
tonnes de nourriture jetées chaque année29. le premier enjeu
est donc de réduire ce gaspillage alimentaire.
les deux techniques les plus utilisées pour traiter les ordures
ménagères sont la mise en installation de stockage des dé-
chets et l?incinération. lorsque ces biodéchets sont mis en
installation de stockage des déchets, ils dégagent du mé-
thane (un des gaz à effet de serre, 25 fois plus puissant que
le CO2 en potentiel de réchauffement global). en fonction
des installations de valorisation énergétique par incinération,
leur intérêt est moindre car leur pouvoir calorifique est faible30
(ce qui n?est pas le cas pour le chauffage urbain).
Or, les biodéchets sont une véritable ressource s?ils sont
traités pour devenir un amendement/support de culture
(compostage, qui est une valorisation matière31) ou s?ils sont
méthanisés (valorisation énergétique32). la valorisation des
biodéchets implique toutefois une collecte séparée.
MIEUX gérEr lEs déchEts
Biodéchets
Toutefois, le compostage suscite encore des inquiétudes
concernant la qualité, l?état sanitaire et l?image des produits
alimentaires dont le support a été amendé avec du compost
(risques de pollution des sols à long terme via les micro-
polluants présents dans le compost ou risques sanitaires liés Ã
la présence de germes pathogènes)33. l?objectif est alors de
fournir un certain nombre de garanties d?innocuité, de quali-
té, d?efficacité et de traçabilité de cette valorisation matière.
du côté des entreprises, depuis le 1er janvier 2016, les
professionnels produisant plus de 10 tonnes de biodéchets
et/ou plus de 60 litres d?huiles par an, doivent les trier, les
collecter et les faire valoriser dans des filières adaptées34.
la loi de Transition énergétique pour la croissance verte35 pré-
voit la généralisation de ce tri à la source d?ici 2025, pour
tous les ménages et les professionnels, et pose un objectif de
valorisation de 55 % des biodéchets en 2020.
(27) Directive 2008/98/CE du Parlement européen et du Conseil du 19 novembre
2008
(28) Chiffres ADEME 2016
(29) le Monde du 7 juin 2018
(30) Enjeux issus du courrier de l?INRA (José lopez), 2002
(31) Définition de la Directive relative aux déchets (2008/98/CE) : « Toute opération
de valorisation autre que la valorisation énergétique et le retraitement en matières
destinées à servir de combustible ou d?autre moyen de produire de l?énergie. Elle com-
prend notamment la préparation en vue du réemploi, le recyclage et le remblayage. »
(32) Incinération de déchets non dangereux respectant les conditions définies Ã
l?article 33-2 de l?arrêté du 20 septembre 2002 modifié relatif aux installations d?inci-
nération et de co-incinération de déchets non dangereux et aux installations incinérant
des déchets d?activités de soins à risques infectieux.
(33) Enjeux issus du courrier de l?INRA (José lopez), 2002
(34) En vertu du décret n° 2011-828 du 11 juillet 2011 portant diverses dispositions
relatives à la prévention et à la gestion des déchets dont les biodéchets des gros pro-
ducteurs (article 26), et son arrêté du 12 juillet 2011 fixant les seuils sur les biodéchets
(35) loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la Transition énergétique pour la
croissance verte
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
4141
Ministère de la transition
écologique et solidaire
(MtEs)
Direction générale
de la prévention des risques
la Feuille de route pour l?économie circulaire met
en avant l?importance d?améliorer nos performances
vis-à -vis de la valorisation des biodéchets. Pour
cela, un groupe de travail spécifique est mis en
place pour définir un « pacte de confiance »
entre les différents acteurs concernés. ses travaux
doivent conduire à définir les conditions d?une filière
vertueuse de production de matières organiques Ã
vocation fertilisante issues de l?économie circulaire
(composts et digestats essentiellement), dans
l?optique de la généralisation du tri à la source des
biodéchets. Plus généralement, il s?agit de créer
un contexte favorable de valorisation au sol des
différentes matières fertilisantes organiques, tout en
garantissant une qualité sûre, une traçabilité et un
intérêt agronomique de ces matières fertilisantes.
Avis d?expert
MEsUrEs PhArEs dE lA FrEc concErnéEs
Mesure n°14 :
« INTeNsIFIer la luTTe CONTre le GasPIllaGe
alImeNTaIre, en lien avec les actions menées dans le
cadre des actions de la Feuille de route 2018-2022 de
la politique de l?alimentation issue des États généraux de
l?alimentation :
? Imposer aux opérateurs de la restauration collective la
réalisation d?un diagnostic préalable à la démarche de
lutte contre le gaspillage alimentaire ;
? Étendre aux opérateurs de la restauration collective et Ã
certains opérateurs du secteur agroalimentaire l?obligation
actuelle faite aux grandes surfaces de plus de 400 m²
de proposer des conventions de dons à des associations
caritatives ;
? soumettre certains opérateurs du secteur agroalimentaire
à l?obligation de rendre publics leurs engagements en
faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire ;
? agir au niveau européen et national pour réviser le
périmètre et les modalités de fixation des dates de
péremption et clarifier l?information des consommateurs
relative à la date de durabilité minimale (« à consommer
de préférence avant ») des produits, qui ne signifie pas que
les produits ne peuvent plus être consommés sans risque ;
? développer des modules éducatifs relatifs à l?alimentation
durable et à la lutte contre le gaspillage alimentaire, en
partenariat avec l?Éducation nationale, afin de renforcer
la sensibilisation dès le plus jeune âge ».
Mesure n°21 :
« [?] Pour rendre moins coûteuses la prévention et la
valorisation des déchets dans le cadre du service public
de gestion des déchets, réduire le taux de TVa à 5,5 %
pour la prévention, la collecte séparée, le tri, la valorisation
matière des déchets. Cette réduction couvrira également
l?acquisition de sacs biodégradables et compostables
conformes aux normes en vigueur destinés à la collecte
séparée des biodéchets et l?acquisition de solutions
techniques de compostage de proximité [?] ».
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
4242
MIEUX gérEr lEs déchEts Biodéchets
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°4
Mesure n° 23 :
« FaCIlITer le dÉPlOIemeNT du TrI À la sOurCe des
BIOdÉCHeT Par les COlleCTIVITÉs, en assouplissant
les contraintes. Cela se traduira notamment, pour les
collectivités qui le souhaitent, par l?adoption d?un programme
de mise en oeuvre du tri à la source des biodéchets en
deux étapes. une première étape prévoyant de procéder
pour une période temporaire uniquement à la collecte
des biodéchets assimilables à des biodéchets ménagers
(restaurants, cantines collectives?). Puis une seconde étape
prévoyant de généraliser ce tri à la source aux biodéchets
des ménages ».
Mesure n°24 :
« ValOrIser TOus les BIOdÉCHeTs de qualité et permettre
au secteur agricole d?être moteur de l?économie circulaire,
en garantissant l?innocuité et la valeur agronomique des
matières épandues sur les sols et en assurant une juste
répartition de la valeur créée, en cohérence avec les
conclusions des États généraux de l?alimentation. un
« pacte de confiance » défini au niveau national sera
élaboré en 2018 pour mettre en place des filières vertueuses
de production de matières fertilisantes et supports de culture
(composts et digestats notamment) issus de l?économie
circulaire.
? renforcer les normes existantes sur les matières fertilisantes
issues du recyclage et en veillant à ne pas dégrader la
valeur créée par l?effort de tri par mélange de matières
organiques non contaminées (brutes ou triées à la source)
avec des biodéchets de qualité moindre ;
???Favoriser l?utilisation de fertilisants issus de ressources
renouvelables dans les productions agricoles, la poursuite
de la dynamique de sortie du statut de déchets pour les
matières fertilisantes issues du recyclage de qualité et
la révision de l?affichage et l?étiquetage des matières
fertilisantes et supports de culture pour mieux mettre
en valeur les qualités agronomiques, l?origine et le
procédé de fabrication des composts et digestats issus
de l?économie circulaire par rapport à d?autres formes
de fertilisants ».
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
43
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
Étude « Collectivités, comment réussir la mise en oeuvre du
tri à la source des biodéchets ? »
« Étude technico-économique de la collecte séparée des
biodéchets »
Guide « Comment mieux collecter et gérer les déchets
dans les établissements recevant du public (erP) ? »
« Guide de bonnes pratiques concernant la gestion des
biodéchets en restauration »
Guide « les obligations des gros producteurs de
biodéchets »
Étude « réduire, trier et valoriser les biodéchets des gros
producteurs : guide pratique »
article paru dans le monde : « en France, le gaspillage
alimentaire en chiffres », le 7 juin 2018
appel à Projets - Investissements d?avenir « Économie
circulaire et valorisation des déchets », axe 2 -
réutilisation, réparation, réduction des déchets et
du gaspillage alimentaire et modèle d?économie de
fonctionnalité
sources
http://bit.ly/2SzGURK
http://bit.ly/2RqoiCn
http://bit.ly/2Ssv77X
http://bit.ly/2JtSKJ4
http://bit.ly/2qo5esR
http://bit.ly/2CTkwNN
https://lemde.fr/2ADq6CB
http://bit.ly/2OjKfB4
AnnéE
2018
2017
2018
2017
2013
2013
2018
Ouvert du
9 février 2018
au 17juin 2019
théMAtIQUE
études à destination des
collectivités
Méthodologies gestion
des biodéchets pour les
ErP dont la restauration
collective et les gros
producteurs
Pour aller plus loin
r&d
Boîte à outils
PortEUr ActEUr
ademe
ademe
OrÉe
ademe
direction Générale de la
Prévention des risques (dGPr)
ademe
le monde
ademe
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
4444
collEctE dEs BIodéchEts Et
coMPostAgE élEctroMécAnIQUE
dEs BIodéchEts En vIllE
les Alchimistes
Fabien-Kenzo SATo, Cofondateur
les alchimistes proposent une solution innovante de gestion
des déchets organiques en milieu urbain. Nous effectuons
une collecte de proximité en logistique douce et compostons
les déchets grâce à des composteurs électromécaniques. Ces
machines permettent de composter de manière accélérée, sans
nuisances olfactives tout en limitant l?emprise au sol. le compost
obtenu, de très haute qualité agronomique, est destiné à une
commercialisation en circuit court (particuliers, espaces verts
et projets d?agriculture urbaine).
Nos installations sont de taille intermédiaire entre le compos-
tage de proximité et les installations industrielles ICPe (méthani-
seurs et plateformes de compostage) et ont un agrément sani-
taire pour le traitement des sous-produits animaux de catégorie
3 et produisent un compost conforme à la norme NFu44051.
après une expérimentation menée sur le site pilote des Grands
Voisins, les alchimistes s?apprêtent à passer leur solution Ã
l?échelle commerciale, avec des sites d?une capacité de 600
tonnes par an de biodéchets traités, dans un premier temps
à destination des professionnels (restauration commerciale et
collective, grandes et moyennes surfaces), puis avec des pro-
jets de collecter les biodéchets des ménages à l?échelle de
quartiers de 10 000 habitants.
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MIEUX gérEr lEs déchEts Biodéchets
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
45
ActIons dU syctoM sUr
lE gIsEMEnt dEs BIodéchEts Un
AccoMPAgnEMEnt sUr MEsUrE
syctom
loïc MoREl, Directeur Valorisation énergie et biodéchets
teurs, portant à plus de 50 000 le nombre d?équipements
en fonctionnement sur le territoire du syndicat. l?enjeu est
d?appuyer le développement et la pérennisation du com-
postage en zone urbaine dense, en encourageant la pra-
tique du compostage individuel et la création de site de
compostage partagé (en pied d?immeuble ou en quartier).
une collecte des déchets alimentaires
le syctom accompagne ses collectivités adhérentes pour
la mise en place de la collecte des déchets alimentaires
auprès des ménages et/ou des producteurs non ménagers.
Celles-ci bénéficient d?un tarif de traitement et de soutiens
très incitatifs.
dans le cadre de « conventions de coopération », le syctom
pilote la mise en oeuvre de la collecte des déchets alimen-
taires pour le compte de ses collectivités adhérentes auprès
des ménages et/ou des producteurs non ménagers. le
syndicat soutient les expérimentations à chaque étape :
réalisation d?études, création d?outils de sensibilisation, four-
niture d?équipements de pré-collecte, prise en charge totale
ou soutien à la collecte et tarif de traitement des biodéchets
très attractif (5¤ la tonne jusqu?en 2021). Fin 2018, le
syndicat devrait traiter 4 500 tonnes de ce nouveau flux,
dont la production de près de 90 000 ménages collectés
en porte-à -porte. enfin, le syctom a lancé un appel à projet
portant sur le traitement local des déchets alimentaires afin
d?étudier l?ensemble des solutions de traitement possibles
pour ce flux.
À l?échelle du syctom, les biodéchets sont essentiellement
constitués de déchets alimentaires provenant des ménages,
des marchés, des établissements scolaires et de la res-
tauration collective. afin de développer leur valorisation
organique, le syndicat a mis en place un dispositif complet
d?accompagnement de ses collectivités adhérentes.
un compostage de proximité
la quasi-totalité des collectivités adhérentes bénéficient du
dispositif du syctom et ont reçu plus de 20 500 compos-
T É M O I G N A G E
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
4646
MIEUX gérEr lEs déchEts Biodéchets
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°4
IndIcAtEUrs
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
modification de l?information des consommateurs relative
à la date de durabilité minimale (entreprises) ;
mise en oeuvre du tri à la source des biodéchets (entre-
prises et collectivités) ;
Tonnages de biodéchets captés soustraits aux tonnages
des ordures ménagères et assimilés (collectivités) ;
Tonnages de biodéchets valorisés énergétiquement et taux
par rapport aux tonnages totaux collectés (collectivités) ;
Tonnages de biodéchets retournant à la terre (compost
? valorisation matière) et taux par rapport aux tonnages
totaux collectés (collectivités) ;
signature d?au moins une convention de dons à des as-
sociations caritatives (entreprises concernées).
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?état
mise en place d?une réglementation imposant :
? la réalisation d?un diagnostic préalable ;
? la publication des engagements des opérateurs du secteur
agroalimentaire à la démarche de lutte contre le gaspil-
lage alimentaire ;
? l?extension des conventions de dons à des associations
caritatives aux opérateurs de la restauration collective et Ã
certains opérateurs du secteur agroalimentaire.
modification de l?information des consommateurs relative
à la date de durabilité minimale ;
Nombre de modules développés pour sensibiliser à l?ali-
mentation durable et à la lutte contre le gaspillage ali-
mentaire et intégré dans le programme de l?Éducation
nationale ;
(36) Indicateur déjà suivi par le CNIS
modification de la fiscalité des déchets dans le projet de
loi de finance 2019 ;
Part des collectivités ayant adopté un programme de mise
en oeuvre du tri à la source des biodéchets ;
Pertes et gaspillages alimentaires en France au long de
la chaîne alimentaire36 ;
Élaboration du pacte de confiance ;
Taux de réduction du nombre de kilogrammes par fran-
çais et par an de gaspillage alimentaire (sur l?ensemble
de la filière) ;
Nombre d?entreprises ayant signé au moins une conven-
tion de dons à des associations caritatives (en fonction
de la taille des entreprises et si elles sont concernées).
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
47
PoUr AllEr PlUs loIn
Accompagner les acteurs avec des leviers financiers
Pour faciliter et accompagner la transition de la filière, des leviers finan-
ciers peuvent être mis en place :
Des précisions sur la mesure 21 sur la fiscalité des déchets seront an-
noncées lors du projet de loi de finance 2019 ;
Aligner la TGAP avec le respect de la hiérarchie de traitement des dé-
chets, incluant ainsi une articulation avec les objectifs de tri à la source
et de valorisation des biodéchets, en supprimant progressivement les
réductions de TGAP sur la valorisation du biogaz ou en envisageant
une augmentation de la taxe déchets à partir de 2025 ;
Favoriser l?utilisation du compost (azote organique) par les agriculteurs
par rapport aux fertilisants chimiques (azote minéral) en mettant en
place des aides ou des subventions de soutien de la filière et en amé-
liorant l?utilisation des certificats d?économie d?intrants.
garantir un compost de qualité
La qualité du compost est indispensable si l?on souhaite que l?amendement
au sol soit davantage répandu et soutenu par l?ensemble des acteurs :
Garantir une traçabilité importante sur la chaîne de traitement des
biodéchets ;
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Étudier les modalités de reconversion des installations de tri-
mécano-biologique37 existantes pour qu?elles répondent aux standards
de qualité, d?innocuité et de valeur agronomique des matières épan-
dues sur les sols.
Mobiliser les acteurs
Une filière industrielle ne peut être mise en place durablement que si les
acteurs se coordonnent et fédèrent leur action. Ainsi, il serait intéressant de :
Construire des outils juridiques partagés pour permettre le montage
de partenariats entre collectivités locales et agriculteurs et pour faciliter
l?établissement de synergies (mutualisation des collectes et/ou des outils
de traitement notamment) entre le secteur privé et public (voir fiche 9
« Écologie industrielle et territoriale ») ;
Favoriser la proximité des producteurs de biodéchets et des agricul-
teurs ;
Mettre en oeuvre une campagne nationale de communication en faveur
du tri à la source des biodéchets d?ici 2020 pour mobiliser les acteurs
de toute la chaîne et ainsi favoriser leur confiance.
(37) le tri mécano-biologique vise à recycler ou optimiser le traitement des
ordures ménagères résiduelles. Il consiste en l?imbrication d?opérations
mécaniques (dilacérations et tris) et d?étapes biologiques (compostage,
méthanisation).
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
48
déFInItIon
les textiles correspondent à l?ensemble des articles tissés
ou tricotés dont l?étoffe est composée de fibres naturelles,
qu?elles soient végétales (coton, lin, etc.) ou animales (laine,
etc.), ou synthétiques (polyester, nylon/polyamide, etc.). au
sens de la Feuille de route économie circulaire, les textiles
comprennent surtout les vêtements domestiques.
contEXtE Et EnjEUX
en France, 600 000 tonnes de textiles, linge de maison,
chaussures (TlC) sont mis sur le marché à destination des
ménages chaque année et 165 000 tonnes sont collectées
chaque année, ce qui représente seulement 32,5 % de TlC
usagés collectés38. Or, nombre de ces textiles, une fois usa-
gés ne sont pas triés et sont, de fait, collectés en tant qu?or-
dures ménagères résiduelles. Il s?avère que si ce tri n?est pas
fait à la source, ces matières se salissent, pourrissent et ne
peuvent donc plus être valorisées. de plus, de grandes en-
seignes ont été récemment épinglées pour l?incinération de
leurs invendus.
Pour limiter l?impact environnemental lié à la production des
textiles, il est fondamental que dès leur conception soit pris en
compte l?ensemble du cycle de vie (production, utilisation, fin
de vie) (voir fiche 6 « Éco-conception ») et en parallèle que
les consommateurs bénéficient d?une information plus éclairée
quant à l?empreinte écologique de leur achat.
les textiles ménagers, lorsqu?ils sont bien triés, peuvent être va-
MIEUX gérEr lEs déchEts
Filière Textiles
lorisés (crème39, 2e et 3e choix40, transformés en essuies indus-
triels) ou recyclés (surtout effilochage mais aussi défibrage 41)
par des industriels, soutenus par eco-TlC, l?éco-organisme
en charge des vêtements, du linge de maison et des chaus-
sures. une partie de ces déchets est toutefois mis au re-
but (transformés en Csr la plupart du temps). le principe
des filières à responsabilité élargie du producteur (reP)
a été introduit par la directive cadre déchets de 2008.
À ce titre, les éco-organismes agréés perçoivent une éco-par-
ticipation des metteurs sur le marché (producteurs ou im-
portateurs) et la reversent comme soutien aux recycleurs.
À noter que les vêtements professionnels ne rentrent pas dans
le périmètre d?eco-TlC.
les deux enjeux de la filière textile sont donc de davantage
collecter ces ressources secondaires mais aussi de leur trou-
ver de nouveaux débouchés car les filières traditionnelles
(fripe, effilochage) sont déjà presque saturées et ne pourront
donc pas absorber l?ensemble de ces nouveaux gisements.
(38) Chiffres issus de la synthèse réalisée par l?Éco-organisme du Textile, du linge, de
la Chaussure (Eco-TlC), 2015
(39) Pièces de la meilleure qualité qui sont redistribuées en France
(40) Pièces de moins bonne qualité qui partent à l?export
(41) Effilochage : préparation pour fabriquer des non-tissés ; défibrage : préparation
pour refaire du fil
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4949
Agence de l?Environnement et
de la Maîtrise de l?énergie (AdEME)
Erwan AuTRET , Coordinateur du pôle Conception
l?ademe a développé avec des acteurs volontaires un dispositif opérationnel d?affichage environnemental des
performances des produits textiles mis sur le marché avec le logo « Planète bleue » et une note a-B-C-d-e pour
orienter le choix des consommateurs (mesure n°7).
l?ademe contribue aussi aux travaux d?eco-TlC à la mise en place de critères d?éco-modulation pour inciter
la mise sur le marché de produits éco-conçus. de nouveaux critères ont été introduits en 2018 sur la durabilité
(mesure n°12).
Avis d?expert
MEsUrEs PhArEs dE lA FrEc concErnéEs
Mesure n°7 :
« dÉPlOYer l?aFFICHaGe eNVIrONNemeNTal
VOlONTaIre des produits et des services dans les cinq
secteurs pilotes (ameublement, textiles, hôtels, produits
électroniques et produits alimentaires). Étendre ce dispositif
volontaire à d?autres secteurs courant 2018 ».
Mesure n°12 :
« GÉNeralIser la mIse eN PlaCe de CrITÈres d?ÉCO-
mOdulaTION À TOuTes les FIlIÈres reP eT FaIre de
l?ÉCO-mOdulaTION uN OuTIl rÉellemeNT INCITaTIF,
encourageant les producteurs qui mettent sur le marché
des produits éco-conçus, grâce à des bonus-malus pouvant
excéder 10 % du prix de vente HT des produits. Permettre,
grâce à l?open data, l?accès des consommateurs à cette
information relative à l?éco-modulation. les éco-modulations
s?appuieront sur des référentiels technologiques (durabilité,
réparabilité, recyclabilité, incorporation de matière recyclée,
substitution par des ressources renouvelables?) validés
par l?ademe, qui permettront d?objectiver les meilleures
technologies disponibles à un coût économiquement
acceptable, en tenant compte également des spécificités
de l?outre-mer ».
Mesure n°15 :
« FaIre ValOIr d?ICI 2019 POur la FIlIÈre TeXTIle les
GraNds PrINCIPes de la luTTe CONTre le GasPIllaGe
alImeNTaIre afin de s?assurer que les invendus de cette
filière ne soient ni jetés, ni éliminés ».
Mesure n°28 :
« reFONder le PaCTe de CONFIaNCe des FIlIÈres reP
aFIN de redONNer des marGes de maNOEuVre
auX ÉCO-OrGaNIsmes TOuT eN reNFOrÇaNT les
mOYeNs de CONTrOle de l?ÉTaT POur assurer
l?aTTeINTe des OBJeCTIFs :
? [...] Confier aux éco-organismes la responsabilité de
proposer une trajectoire de progrès en matière de
prévention et d?éco-conception au travers de l?élaboration
d?un plan quinquennal sectoriel ».
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
5050
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
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dEscrIPtIF dE l?oUtIl
Étude « eCaP ? embedding Circular Procurement in
purchasing of workwear »
Étude « eCaP - mapping clothing impacts in europe : the
environmental cost »
Étude « eCaP ? european Textiles and Workwear market
? the role of Public Procurement in making textiles circular»
« Étude des perturbateurs et facilitateurs au recyclage des
textiles et linges de maison »
rapport d?activité « Textiles d?habillement, linge de maison
et chaussures des ménages ? données 2014 »
Étude « a new textiles economy : redesigning fashion?s
future »
Guide « le revers de mon look »
Étude « recycled Textile Fibers and Textile recycling - an
overview of the market and its possibilities for Public
Procurers in switzerland »
sources
http://bit.ly/2Q9nTnA
http://bit.ly/2zfuzcJ
http://bit.ly/2JxcqvO
http://bit.ly/2F3wxCW
http://bit.ly/2P1EVYw
http://bit.ly/2AE2Gg8
http://bit.ly/2ACw0ns
http://bit.ly/2PsqsEr
AnnéE
_
2017
_
2014
2016
2017
_
2017
théMAtIQUE
Promotion de
l?économie circulaire
dans les achats publics
de textiles
Aller plus loin
Boîte à outils
PortEUr ActEUr
sustainable Global
resources ltd
WraP
sustainable Global
resources ltd
École Nationale supérieure des
arts et Industries Textiles
ademe
ellen macarthur
Foundation & Circular Fibres
Initiative
eco-TlC,
ademe
Federal Office for
the environment ?
be sustainable
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
51
sources
http://bit.ly/2Q9nTnA
http://bit.ly/2zfuzcJ
http://bit.ly/2JxcqvO
http://bit.ly/2F3wxCW
http://bit.ly/2P1EVYw
http://bit.ly/2AE2Gg8
http://bit.ly/2ACw0ns
http://bit.ly/2PsqsEr
Boîte à outils
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
appels à projets eco-TlC annuel « les chemins de
l?innovation ». eco-TlC, dans son rôle de prévention des
déchets, organise des appels à projets pour soutenir la
recherche et développement
appel à Projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 3 - réutilisation,
réparation, réduction des déchets et du gaspillage
alimentaire et modèle d?économie de fonctionnalité
sources
http://bit.ly/2DdKqNd
http://bit.ly/2yJtwT3
AnnéE
depuis 2010
Ouvert du 9
février 2018 au
17 juin 2019
théMAtIQUE
r&d
PortEUr ActEUr
eco-TlC
_
de nombreux projets industriels sont en cours de réalisation pour apporter de nouvelles techniques de recyclage mais il est également
fondamental que les fabricants et les consommateurs s?emparent de ces matières premières secondaires. Cela renvoie à la fiche 7 sur la
réincorporation des matières premières.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
52
dans le choix d?un tissu fonctionnel imperméable et respirant
les possibilités sont nombreuses, tissus enduits, membranes
polyester (Pes), polyuréthane (Pu) ou polytétrafluoroéthylène
(PTFe) ; mais parmi toutes ces options, une seule permet le
recyclage aisé des vêtements en fin de vie : une membrane
100 % polyester associée également à un tissu en polyester.
depuis l?origine, sympatex a fait le choix de ce polymère afin
de pouvoir le recycler. dans le meilleur des cas, les autres
options ne permettent que l?incinération des vêtements en fin
de vie.
soucieux de réduire l?impact environnemental de nos tissus
et conscients du fait que l?industrie textile est aujourd?hui la
deuxième la plus polluante au monde, nous proposons la
seule membrane neutre en émissions CO2 à ce jour et avons
développé des gammes de tissus en polyester 100 % recyclé
et répondant aux normes les plus exigeantes. afin de mettre
en place une économie circulaire appliquée aux textiles im-
perméables et respirants, le projet Wear2wear a vu le jour.
avec un ensemble de partenaires, nous avons créé un groupe-
ment pour le traitement de vêtements en polyester, leur déman-
tèlement et le recyclage des tissus pour fabriquer un nouveau
fil destiné à être réemployé. Outre le fait d?éviter l?impact envi-
ronnemental de l?incinération, le recyclage permet de ne pas
utiliser de matières premières « vierges », améliorant ainsi le
bilan écologique de cette démarche.
le bilan actuel pour chaque tonne de vêtements incinérée42 :
? 350 kg CO2 eq émis ;
? 300 kilogrammes de résidus d?incinération produits ;
? Production de résidus d?épuration des fumées hautement
toxiques (reFIOm/reFIdI).
T É M O I G N A G E
52
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
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°5
WEAr2WEAr - rEcyclAgE dE tEXtIlEs
tEchnIQUEs En PolyEstEr
sympatex technologies sAs
Pablo DE lA FuENTE, Responsable Marchés Publics France & Europe du Sud
(42) Bilan carbone, SIREDOM, 2016
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
TdV Industries, fabricants de tissus pour vêtements profession-
nels, affiche clairement son positionnement sur l?élaboration
de solutions répondant aux problématiques de valorisation des
vêtements en fin de vie, dans le respect de sa politique rse.
dans la préoccupation de préservation des ressources, le CeTI
(Centre européen des Textiles Innovants), se positionne en tant
que précurseur pour l?industrie textile du futur.
le projet reWINd, initié par deCaTHlON et piloté par TdV
Industries, vise la mise en place d?une filière complète de re-
cyclage en développant des installations pilotes et industrielles
pour collecter, trier, démanteler et recycler des articles textiles
post-consommation en coton pour la marque de vêtement de
chasse sOlOGNaC du groupe deCaTHlON. le CeTI et TdV
Industries investissent dans la création d?une plateforme pilote et
industrielle de recyclage de fibres courtes, unique en europe.
Nous créerons ainsi une matière première secondaire, rédui-
sant à terme considérablement les volumes de matières vierges
importées, ainsi que le coût de revient et l?empreinte environ-
nementale des textiles. Pour cela nous travaillons à :
? lever les verrous technologiques aujourd?hui rencontrés dans
la filière et garantir la performance d?une ligne industrielle
d?upcycling ;
? maîtriser le flux des gisements à recycler par un tri fin en
fonction de la matière et de la couleur via un dispositif
automatisé permettant son industrialisation ;
? automatiser le démantèlement des articles ;
? développer et améliorer les équipements d?effilochage et
de filature afin d?optimiser la qualité et le coût des tissus
ou tricots fabriqués à partir de fibres de coton et coton/
polyester recyclées.
T É M O I G N A G E
éco-cIrcUlArIté
? donnEr UnE
sEcondE vIE AUX
vêtEMEnts
tdv Industries / cEtI
Farida SIMoN, Recherche et
Développement, TDV Industries
et Mara POGGIO, Responsable
Développement Durable, CETI
53
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
54
IndIcAtEUrs
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
mise en place de l?affichage environnemental volontaire
des produits textiles ;
mise en place de conventions avec une association cari-
tative pour leur donner ses invendus vestimentaires.
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?état
Nombre de secteurs de la filière textile concernés par la
mise en oeuvre de l?affichage environnementale volontaire
des produits ;
Élaboration des obligations de l?industrie textile sur la mise
en place de conventions avec une association caritative
pour leur donner ses invendus vestimentaires ;
Nombre d?entreprises ayant signé au moins une conven-
tion de dons à des associations caritatives (en fonction
de la taille de l?entreprise) ;
Tonnages de textiles collectés par rapport aux tonnages
produits (convention d?agrément reP avec l?État) ;
Tonnages mis en installation de stockage ou incinérés
lorsque les produits ne sont pas vendus (convention d?agré-
ment reP avec l?État) ;
Taux de crème (pièces de la meilleure qualité), 2e et 3e
choix, essuyage, effilochage, Csr, déchets ultime ou re-
bus de tri (convention d?agrément reP avec l?État) ;
Taux de réincorporation dans de nouveaux produits
(convention d?agrément reP avec l?État).
PoUr AllEr PlUs loIn
gestion des invendus textiles
Afin d?éviter le gaspillage vestimentaire lié à la mauvaise
gestion des invendus, la mesure 15 obligera certains metteurs
sur le marché à conclure une convention avec une association
caritative pour leur donner ses invendus vestimentaires. L?État
doit encore déterminer les tonnages concernés et les obliga-
tions précises à mettre en place avec les marques. Cependant,
ces critères ne peuvent pas être appliqués sur les vêtements
professionnels. En effet, si ces vêtements, dont le logo ou les
couleurs renvoient directement à l?image de l?entreprise, sont
utilisés à des fins frauduleuses, cela peut nuire à la sécurité et/
ou à l?image de l?entreprise (voir encadré témoignage page
suivante). La loi de mise en oeuvre de la FREC, attendue pour le
1er semestre 2019, interdira la destruction des invendus textile.
Amélioration de la gestion des textiles en fin de vie
Bien que le rapport Vernier recommande de « ne pas procé-
der à des regroupements obligatoires de filières », un constat
ressort des expériences terrain, comme l?indiquait également
le rapport « Repenser les filières de responsabilité des produc-
teurs » de la Fabrique Écologique de 2017 : « il peut y avoir
des synergies techniques entre les filières, entre les meubles et
les textiles ». Il est, en effet, parfois difficile de ranger un pro-
duit dans une filière plutôt que dans une autre, notamment sur
la filière textile. De même, au niveau de la collecte, la mutuali-
sation des logistiques de collecte et de transport entre plusieurs
filières pourrait être intéressante et au niveau du traitement,
les opérateurs qui traitent les déchets de plusieurs filières sont
souvent les mêmes acteurs, rendant le regroupement possible.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
54
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
l?idée de ce projet est issue du Club métiers OrÉe « Valori-
sation des mousses & textiles » et répond à la demande des
donneurs d?ordre (dO) de pouvoir mieux traiter leurs vêtements
professionnels en fin de vie. en effet, il n?existe pas de solutions
dédiées à ces vêtements aux caractéristiques spécifiques.
après des mois de préparation coordonnée par l?association
OrÉe, mandatée en cela par les partenaires engagés, le
projet FrIVeP©, a été retenu parmi les quatre premiers eCV
nationaux et présenté le 27 avril 2016 par emmanuel macron
et ségolène royal à Bercy.
les signataires engagés sont :
? les donneurs d?ordre (Do) : sNCF, la Poste, la Ville de
Paris, GrdF, esF, les ministères de l?Intérieur et des armées ;
? les industriels : synergies TlC, Texeco-moncorgé, sym-
patex, bilum, TdV Industries, Buitex ;
? Des partenaires techniques et financiers : la FeP/Fare,
sNCF logistics, le CeTI.
l?Ecv FrIvEP© : co-construire une filière de réemploi
et de recyclage des vêtements
Michel loPEZ, Coordinateur du projet FRIVEP©, Référent déchets
et économie circulaire SNCF et Vice-Président d?ORÉE
l?objectif du projet FrIVeP© est de pouvoir traiter les gisements
des dO (tenues Images, uniformes, vêtements de travail, ePI)
grâce à plusieurs solutions techniques efficientes, mutualisées
et massifiées en assurant la traçabilité, la sécurisation des pro-
cessus, la maîtrise des débouchés pour les matières premières
secondaires et en favorisant la création d?emplois sur le terri-
toire français. la phase 1 du projet a consisté en une étude
de faisabilité technico-financière, un diagnostic des gisements
des dO, pour définir les étapes de la mise en oeuvre de
solutions fiables de valorisation et de recyclage des matières.
la phase2 a permis d?assurer les conditions techniques, admi-
nistratives, juridiques et financières de l?expérimentation, objet
de la phase 3. Celle-ci se déroule sur une période de 15 mois
depuis fin juin 2018.
l?expérimentation a pour objectifs de :
? Caractériser les gisements réellement collectés par dO et
tester différentes options techniques de tri/démantèlement et
d?utilisation des matières préparées dans les filières en aval ;
? Évaluer les coûts sur l?ensemble de la chaîne afin de confir-
mer la viabilité économique de la filière.
les enseignements de l?expérimentation devraient permettre aux
industriels de retenir les solutions techniques efficientes dans
l?optique d?une phase industrielle (phase 4).
l?Ecv FRIvEP© est un bel exemple de mobilisation des Do
et des Industriels pour le développement de dispositifs tech-
niques, logistiques et d?emplois relevant de l?économie Sociale
et Solidaire (ESS).
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
57
MIEUX
PRODUIRE
Fiche 6 Éco-conception
mesures de la FreC 7, 11, 12, 13, 28, 32 ? page 58
Fiche 7 Incorporation de matières premières dans de nouveaux produits
mesures de la FreC 1 et 37 ? page 68
Fiche 8 Gérer les ressources durablement
mesure de la FreC 5 ? page 76
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
l?éco-conception est la « conception d?un produit, d?un bien
ou d?un service, qui prend en compte, afin de les réduire, ses
effets négatifs sur l?environnement tout au long de son cycle
de vie, en s?efforçant de préserver ses qualités ou ses perfor-
mances »43.
COntEXtE Et EnjEUX
le grenelle 1 (loi de programmation d?août 2009), introduit
l?éco-conception dans la réglementation en la citant :
Comme un moyen de réduction des déchets par les entre-
prises en amont ;
Comme un critère d?éco-modulation des contributions finan-
cières des industriels aux éco-organismes.
la directive cadre 2009/125/Ce fixe des exigences en
matière d?éco-conception applicables aux produits liés Ã
l?énergie44.
la prise de conscience que les ressources terrestres sont finies
impose de changer notre façon de produire et de concevoir
les produits mis sur le marché. pour éco-concevoir, il est indis-
pensable d?interroger les différents impacts du produit, bien
ou service sur toutes les phases : pollutions dans l?air, l?eau
et les sols, optimisation de la consommation des ressources
naturelles - eau, énergies, matières, foncier - lors des phases
d?extraction des matières premières, de fabrication, de trans-
port, d?usage et de fin de vie du produit, bien ou service. lors
de cette phase de questionnement, il faut veiller à éviter les
transferts d?impacts45.
la démarche d?éco-conception permet de repenser le proces-
sus de conception de l?entreprise (de l?amélioration incrémen-
tale au changement de paradigme/innovation de rupture)
en innovant, de répondre aux nouvelles attentes des consom-
mateurs et d?améliorer l?image de l?entreprise. elle doit être
propre à la culture d?entreprise et doit impliquer l?ensemble des
fonctions (marketing, achats, r&d, qualité, production, etc.).
les entreprises peuvent s?appuyer sur les labels reconnus pour
valoriser leurs produits éco-conçus. Cependant, les consom-
mateurs se perdent dans cette « jungle des labels » et il faut
donc éviter de créer davantage de nouvelles reconnaissances
« produit » et privilégier les labels reconnus par l?État.
MEsUREs PhaREs DE la FREC COnCERnéEs
Mesure n°7: « dÉplOYer l?aFFICHage eNVIrON-
NemeNtal volontaire des produits et des services dans les
cinq secteurs pilotes (ameublement, textiles, hôtels, produits
électroniques et produits alimentaires). Étendre ce dispositif
volontaire à d?autres secteurs courant 2018 ».
MIEUX PRODUIRE
Éco-conception
(43) Définition ADEME.
(44) La Directive a été transposée en droit français par un
décret du 28 juin 2011 et par un arrêté du 3 août 2011.
Produits liés à l?énergie : « tout bien ayant un impact sur la
consommation d?énergie durant son utilisation qui est mis
sur le marché et/ou mis en service, y compris les pièces
prévues pour être intégrées dans un produit lié à l?énergie
visé par la présente directive et qui sont mises sur le marché
et/ou mises en service sous forme de pièces détachées des-
tinées aux utilisateurs finals et dont la performance environ-
nementale peut être évaluée de manière indépendante ».
(45) Par exemple, l?isolation permet de diminuer les
besoins de chauffage mais nécessite davantage de
consommation de ressources pour sa conception. Il faut
donc analyser si, au vu des gains énergétiques, ce transfert
d?impact est acceptable ? source MOOC UVED sur
« l?éco-conception et ses outils ».
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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Mesure n°11 : « utIlIser le leVIer de la garaN-
tIe lÉgale pOur FaVOrIser l?ÉCO-CONCeptION des
prOduIts :
? Porter au niveau européen une extension de la garantie
légale de conformité pour les appareils électro-ménagers,
électriques et électroniques ;
? Renforcer les contrôles de la DGCCRF en matière de ga-
rantie légale de conformité [?] ;
? Faciliter d?ici 2019 le dépôt de plainte pour les consom-
mateurs en matière de garantie légale de conformité pour
les produits de consommation courante : mettre en place
un portail permettant aux consommateurs de déposer faci-
lement une plainte et d?assurer son suivi auprès des services
de la dgCCrF lorsque les entreprises ne respectent pas la
garantie légale de conformité. »
Mesure n°12 : « gÉNÉralIser la mIse eN plaCe
de CrItÈres d?ÉCO-mOdulatION À tOutes les FI-
lIÈres rep et FaIre de l?ÉCO-mOdulatION uN OutIl
rÉellemeNt INCItatIF, encourageant les producteurs
qui mettent sur le marché des produits éco-conçus, grâce
à des bonus-malus pouvant excéder 10 % du prix de
vente Ht des produits. permettre, grâce à l?open data,
l?accès des consommateurs à cette information relative
à l?éco-modulation. les éco-modulations s?appuieront sur
des référentiels technologiques (durabilité, réparabilité,
recyclabilité, incorporation de matière recyclée, substi-
tution par des ressources renouvelables?) validés par
l?ademe, qui permettront d?objectiver les meilleures tech-
nologies disponibles à un coût économiquement accep-
table, en tenant compte également des spécificités de
l?outre-mer. » (46) http://bit.ly/2SAiA2n
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général au
développement durable
le mtes, promeut depuis de nombreuses années, les
démarches d?éco-conception. Il participe notamment
au développement de l?écolabel européen46 qui repré-
sente l?excellence environnementale et utilise l?approche
cycle de vie et multi critères.
de la même manière, il travaille au déploiement de
l?affichage environnemental des produits et services qui
consiste à communiquer aux consommateurs des infor-
mations quantifiées sur ses principaux impacts environ-
nementaux. en collaboration avec l?ademe, le mtes
s?emploie à accompagner les entreprises volontaires et
à étendre à d?autres secteurs.
gIngkO 21
Hélène teulON,
experte en éco-conception,
gérante de gingko 21
l?économie circulaire du côté de l?offre : il s?agit de
penser dès l?extrême amont du processus de concep-
tion les produits et les services de façon à en mini-
miser les impacts sur le cycle de vie, en prenant en
compte le contexte local et ses ressources, tout en
maintenant la valeur apportée au client. Favoriser les
matières recyclées ou bio-sourcées, concevoir des pro-
duits réparables ou remanufacturables, alléger l?impact
de l?usage, autant de pistes d?innovation offertes par
l?éco-conception.
Avis d?experts
59
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
Mesure n°13 :
« amÉlIOrer l?INFOrmatION du CONsOm-
mateur lu i permet tant de réal iser un achat
« responsable » :
? Faire réaliser par l?ADEME d?ici fin 2018 une revue des
labels environnementaux les plus pertinents et mettre à dispo-
sition du public les informations relatives aux labels existants
sur les produits et services ;
? encourager, en lien avec l?ademe, le développement d?ap-
plications d?information du public relatives aux caractéris-
tiques environnementales et sociales des produits [?]. »
Mesure n°28 :
« reFONder le paCte de CONFIaNCe des FIlIÈres rep
aFIN de redONNer des marges de maNOEuVre
auX ÉCO-OrgaNIsmes tOut eN reNFOrÇaNt les
mOYeNs de CONtrÔle de l?État pOur assurer l?at-
teINte des OBJeCtIFs :
? Simplifier et alléger le cadre réglementaire des filières rep
pour revenir à une prescription par objectifs. des objectifs
spécifiques pourront être fixés dans les territoires ultramarins ;
? Confier aux éco-organismes la responsabilité de propo-
ser une trajectoire de progrès en matière de prévention et
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
d?éco-conception au travers de l?élaboration d?un plan quin-
quennal sectoriel ;
? [...] Renforcer les sanctions financières en cas de non at-
teinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu?elles
soient efficaces et incitatives. mobiliser les moyens néces-
saires permettant l?instruction des demandes d?agrément, leur
suivi et leur contrôle efficace ;
? [?] Simplifier les instances de gouvernance des filières rep
grâce à une unique commission garante de l?intérêt géné-
ral ayant une composition restreinte rassemblant 5 collèges
équilibrés (metteurs sur le marché, opérateurs de gestion
des déchets, dont ceux de l?économie sociale et solidaire,
collectivités locales, société civile et État). »
Mesure n°32 :
« [?] prévoir la possibilité pour les producteurs d?accéder aux
informations techniques des opérateurs de gestion de déchets
qui contractent avec leurs éco-organismes, afin de faciliter
l?éco-conception de leurs produits. »
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61
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
expérimentation « product environmental Footprint » (peF),
visant à tester les référentiels des 28 secteurs participants
et le format de cet affichage de 2013 Ã 2018. le
développement des outils techniques et des référentiels
quant à lui se poursuit, la France y contribuant activement
les documents du site pôle éco-conception « la pensée
Cycle de Vie »
les documents du site Irstea
les documents du site elsa paCt - collaboration entre
secteur académique et partenaires industriels dans le
domaine de l?analyse du Cycle de Vie (aCV) pour réaliser
des travaux de recherche en lien avec les besoins et
contraintes réels des industriels
« l?impact des outils d?éco-conception sur le degré
d?innovation des entreprises »
« guide pratique de l?éco-conception pour une démarche
responsable ? vers de nouveaux modèles économiques »
« guide de l?éco-innovation »
PORtEUR / aCtEUR
Commission européenne
pôle éco-conception
Irstea
elsa paCt
albane guIBert
doctorante, université
de Caen, Iae
ggpme
pôle Éco-conception
et Institut de
développement de
produits (Idp du Québec)
sources
http://bit.ly/2P3Q7DW
http://bit.ly/2Q9jJMF
http://bit.ly/2JtwKhp
http://bit.ly/2CSnNNs
http://bit.ly/2EVgRle
http://bit.ly/2zgO5pb
http://bit.ly/2PviDh7
annéE
2013
-
2018
2014
2017
2017
2016
2016
2015
Pour en
savoir plus
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
« guide éco-socio-conception »
module « l?éco-conception et ses outils »
plateforme sur l?éco-conception
Norme NF X 30-264 « management environnemental
? aide à la mise en place d?une démarche d?éco-
conception »
IsO 14006 « systèmes de management environnemental
- lignes directrices pour incorporer l?éco-conception »
liste des substances présentant un risque pour la santé et
l?environnement, à éviter, à substituer ou à surveiller
Évaluation sur la réglementation : aide à l?évaluation
environnementale avec des exigences, des seuils
d?impacts à respecter et des règles de calcul définies
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
uVed
OrÉe
aFNOr
IsO
réglementation reaCH
portail eCHa
réglementations
sources
http://bit.ly/2zjw35T
http://bit.ly/2PzJWqo
http://bit.ly/2EViFuw
http://bit.ly/2r2MzmV
http://bit.ly/2RqOwVh
http://bit.ly/2qnfe5S
http://bit.ly/2DfkgKg
http://bit.ly/2ESTBUV
annéE
2013
2012
2010
2013
2011
mis à jour
régulièrement
Pour en
savoir plus
Outils
qualitatifs
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
Boîte à outils pour agir
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Outils type guidelines - listes de recom-
mandations/lignes directrices ou checklist
éco-conception (outil plus poussé), tel que
la roue de l?éco-conception pour orienter la
conception (outil de Van Hemel en 1998
dans sa thèse « ecodesign empirically ex-
plored ? design for environment in dutch
small and medium sized enterprises - delft
university of technology »).
Outils qualitatifs
Boîte à outils pour agir
EnCOURagER l?InnOvatIOn Et
FavORIsER l?éCO-COnCEPtIOn
POUR RéDUIRE l?IMPaCt
EnvIROnnEMEntal DEs MEUblEs
éco-mobilier
Steve DUHAMEL,
Responsable R&D et Éco-conception
agréé par les pouvoirs publics pour la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation des meubles usagés, Éco-mobilier a mis
en place en 2013 un schéma opérationnel efficient grâce auquel plus de 90 % des meubles usagés pris en charge par
l?éco-organisme sont aujourd?hui recyclés ou valorisés. le pôle éco-innovation d?Éco-mobilier a mobilisé ses compétences sur
les possibilités de recyclage des meubles usagés, d?utilisation des matières recyclées issues de ces produits et sur les débouchés
à trouver pour les matières que l?on ne sait pas encore recycler. Éco-mobilier a ainsi multiplié les démarches visant à fédérer
l?ensemble des acteurs de la filière autour de ces enjeux cruciaux, des entreprises du mobilier aux professionnels de la gestion
des déchets, des industriels intégrant des matières issues des meubles usagés aux laboratoires de recherche public ou privé.
Éco-mobilier a notamment publié en 2016 un 1er guide de l?éco-conception visant à partager avec les acteurs opérationnels et
les entreprises du mobilier, sa base de connaissances inédite sur les matériaux, constituée à partir de ses gisements de déchets
recyclés et de leur composition. Ce guide permet ainsi de faire le point sur les matériaux composant le mobilier aujourd?hui et sur
ce qu?ils deviennent et d?encourager les démarches d?éco-conception des fabricants et distributeurs d?ameublement. Éco-mobilier
a également lancé, le 7 juin 2017, l?Éco-innovation Challenge, premier appel à projets européen de r&d pour accélérer le
développement de technologies innovantes et de nouveaux débouchés industriels pour recycler les matières issues des matelas,
des couettes et des oreillers usagés. deux types de projets sont attendus : ceux qui proposent de nouveaux produits
intégrant des matériaux issus du recyclage des mousses et textiles et ceux qui transforment ces matières en
nouvelles matières premières recyclées ou encore en molécules d?intérêt.
T É M O I G N A G E
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
matrice indice écologique : diagnostic environnemental
comme les méthodes Okala ou ecolizer permettant
d?évaluer l?impact global à partir des diverses sources
d?impact (consommation de matière et d?énergie, masse
transportée, scénario fin de vie, etc.)
analyse du cycle de vie (aCV) simplifiée ou poussée,
souvent à l?aide d?un logiciel. elle permet de réaliser une
évaluation environnementale, basée sur les normes IsO
14040 et 14044
programme de partage des innovations en matière d?éco-
conception, de nouveaux matériaux et de recyclabilité des
emballages ménagers
résultats de l?appel à projets de recherche et
développement « perFeCtO » de l?ademe concernant
l?amélioration de la performance environnementale des
produits et éco-conception logicielle de 2018
appel à projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 1 -
transformation, utilisation, réintégration des matières issues
de déchets et éco-conception de produits
autres appels à projets en région de l?ademe sur l?éco-
conception
PORtEUR / aCtEUR
pôle éco-conception et
OVam de Flandres et
l?uCm de Wallonie
CIteO
ademe
ademe
ademe - directions
régionales
sources
http://bit.ly/2DdZHO6
http://bit.ly/2QaFMCK
http://bit.ly/2Q9LbKa
http://bit.ly/2CSwF5G
http://bit.ly/2yE2Ene
http://bit.ly/2OjKfB4
http://bit.ly/2zfPnAH
annéE
2013
2018
2018
Ouvert du 9
février 2018
au 17 juin
2019
Outils
quantitatifs
R&D
Boîte à outils pour agir
64
65
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
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°6
InFUsIOns Et thés éCO-COnçUs, 100 %
COMPOstablEs : sUPPREssIOn DEs agRaFEs
léa natURE
Capucine DECOSTER,
Chef de projets climat et valorisation RSE
l?éco-conception est au coeur de nos problématiques envi-
ronnementales. Nous souhaitons réduire les impacts climat,
biodiversité, consommation de ressources, déchets liés aux
emballages de nos produits.
Chaque gamme et leur packaging font l?objet de réflexions
poussées, où il faut parfois trouver la meilleure solution al-
liant praticité et atouts écologiques. les emballages sont
aujourd?hui conçus, chaque fois que possible, en matériaux
recyclés ou végétaux et recyclables. l?objectif de lÉa Na-
ture pour 2020 est de réduire de 95 % les emballages
pétrochimiques.
les infusettes de nos infusions et thés sont sans agrafe, non
blanchies, 100 % compostables47, fabriquées à périgny (17).
À la place des 2 agrafes, suite à la modification des ma-
chines en 2014, celles-ci effectuent 2 noeuds avec le fil en
coton déjà présent.
l?étui est à 80 % en carton recyclé. Il est imprimé avec des
encres végétales chez un imprimeur certifié Imprim?Vert. C?est
l?un des étuis les plus compacts des marques de tisanes en
grandes surfaces (l?efficacité volumique est de 72,40 %, il y
a peu de vide à l?intérieur du packaging).
Jardin BiO a été la 1ère marque française bio à proposer des
infusions et thés compostables contrôlés par un organisme
externe.
Bénéfices environnementaux :
arrêt de consommation de l?aluminium ;
Nombre total d?agrafes évitées en 2014 = 1,16
milliards ;
en poids = 8,65 tonnes de métal économisées ;
en kilomètres = 14 531 kilomètres de fil métallique ;
en CO2 eq = 24 tonnes de CO2 eq évitées versus
2013 ;
Consommation supplémentaire d?1 gramme de fil coton
par infusette pour effectuer les 2 noeuds.
T É M O I G N A G E
(47) Garanties de compostabilité suivant la norme ISO 14021, dans le respect de la
norme EN13432 (étude faite au laboratoire OWS).
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
mise en oeuvre de l?affichage environnemental volontaire
des produits ;
durée de la garantie légale de conformité ;
mise en place d?une démarche d?éco-conception ou utili-
sant les normes IsO 14006, 14040 ou 14044 ;
part des produits éco-conçus et/ou labellisés sur l?en-
semble des produits fabriqués/achetés ;
taux de recyclabilité des produits.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre de secteurs concernés par la mise en oeuvre
de l?affichage environnementale volontaire des produits ;
durée de la garantie légale de conformité ;
Nombre de contrôles de la dgCCrF en matière de ga-
rantie légale de conformité ;
mise en place d?un portail permettant aux consommateurs
de déposer facilement une plainte ;
réalisation et publication d?une revue des labels environ-
nementaux ;
part des filières rep qui fonctionnent avec une prescription
par objectifs ;
part des éco-organismes ayant réalisé un plan quinquen-
nal sectoriel ;
mise en place ou révision du montant des sanctions finan-
cières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires ;
mise en place d?une commission unique de gouvernance
des filières rep ;
productivité matières : ratio de la consommation intérieure
de matières rapporté au produit intérieur brut (pIB) ;
Nombre d?entreprises déclarant avoir mis en place une
démarche d?éco-conception ou utilisant les normes IsO
14006, 14040 ou 14044 ;
Nombre d?entreprises ayant mis en place l?affichage en-
vironnemental de façon volontaire ;
Nombre de plaintes par les consommateurs en matière
de garantie légale de conformité pour les produits de
consommation courante ;
Nombre de titulaires d?écolabels ;
atteinte des objectifs de prévention des déchets/
d?éco-conception par les éco-organismes ;
Nombre d?applications d?information du public relatives
aux caractéristiques environnementales et sociales des
produits.
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
66
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
POUR allER PlUs lOIn
Renforcer la mission de prévention des déchets via
l?éco-conception des éco-organismes gérant les filières
de responsabilité élargie du producteur (REP)
Afin de faciliter le recyclage et la valorisation des produits en fin de vie
dépendant d?une REP, les éco-organismes doivent impérativement inciter
les metteurs sur le marché et les distributeurs à éco-concevoir leurs produits.
Pour cela, plusieurs leviers sont intéressants :
Porter de manière proactive l?harmonisation de l?éco-modulation au
niveau européen, en commençant par les filières définies à l?échelle
européenne, puis dans les filières nationales ;
Suite au lancement de la FREC, un décret renforcera les sanctions finan-
cières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière
à ce qu?elles soient efficaces et incitatives ;
Étendre les obligations des éco-organismes au financement des dé-
marches d?éco-conception, ajuster davantage les éco-modulations de
la filière REP des emballages ménagers en fonction de la recyclabilité
des matériaux et notamment des plastiques (les plastiques biosour-
cés ont, pour le moment, un malus car, n?étant pas majoritaires sur
le marché et ne bénéficiant donc pas d?une filière spécifique, ils sont
pour le moment considérés comme des perturbateurs des filières exis-
tantes) et systématiser une procédure de mise en place et de suivi des
éco-modulations sur toutes les filières REP, dans le cadre de la com-
mission unique ;
Mobiliser les acteurs sur l?éco-conception
L?éco-conception ne deviendra une démarche transversale et intégrée que
si les consommateurs sont soucieux de leurs choix de consommation et si
les metteurs sur le marché de toutes tailles sont accompagnés et incités Ã
la mettre en place :
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Éclairer les choix d?achat des consommateurs par l?affichage envi-
ronnemental (le MTES travaille à la mise en place du déploiement de
l?affichage environnemental en application de la mesure 7 de la FREC)
et les labels et ainsi, par le jeu de l?offre et de la demande, inciter les
fabricants à éco-concevoir au mieux leurs produits et services ;
Étendre le programme « TPE et PME gagnantes à tous les coûts » de
l?ADEME à l?éco-conception des produits des entreprises ainsi qu?aux
piliers non couverts de l?économie circulaire ;
Publier des guides sectoriels sur l?éco-conception pour accompagner
les TPE et PME dans ces démarches ;
Pour les produits ne rentrant pas dans le périmètre d?une filière REP,
instaurer un système de malus si la recyclabilité du produit n?a pas été
prévue en amont ou faire participer en amont de la collecte des déchets
tous les metteurs sur le marché au coût de valorisation de leur produit
en fin de vie, afin de les inciter à l?éco-conception (champ d?innova-
tion) et à les responsabiliser sur le devenir de leur produit tout au long
de leur cycle de vie.
Capitaliser sur les retours d?expérience et aller plus loin
sur l?éco-conception
De nombreux outils, ressources et retours d?expérience permettent de mieux
comprendre comment mettre en place une démarche d?éco-conception et
d?aller plus loin. Il est toutefois nécessaire de les diffuser pour que les ac-
teurs en aient connaissance :
S?appuyer sur les retours des recycleurs sur la facilité de tri, de déman-
tèlement et de recyclage des produits est indispensable pour améliorer
l?éco-conception des produits et faciliter la réincorporation des matières
dans de nouveaux produits. Un lien important est à faire avec la fiche
« réincorporation des matières premières ». En effet, l?éco-conception
est primordiale pour permettre de boucler la boucle. Il est aussi né-
cessaire de vérifier l?adéquation entre les caractéristiques techniques
des matières recyclées et les usages nécessaires dans les nouveaux
produits ;
Compléter les outils existants généralistes sur le thème de l?éco-concep-
tion par des préconisations/retours d?expériences sectoriels. Par
exemple, l?éco-organisme Eco-TLC souhaite développer une plateforme
sur l?éco-conception sur les produits de sa filière ;
Pour aller plus loin, l?entreprise peut intégrer la dimension sociale Ã
l?éco-conception (santé du consommateur et des employés, etc.) ou la
dimension territoriale (emplois locaux, etc.) ;
Il est également intéressant d?ouvrir la démarche d?éco-conception Ã
des acteurs extérieurs à l?entreprise pour dégager encore plus d?intel-
ligence collective.
Faire reconnaître les produits éco-conçus
Afin de valoriser les acteurs qui ont mis en place cette démarche et d?inci-
ter les acteurs à se lancer, il est important de faire reconnaître les produits
éco-conçus en :
Promouvant l?Écolabel européen comme outil d?éco-conception ;
Partageant les mêmes définitions (Directive éco-conception pour les
produits liés à l?énergie, travaux normatifs pour la prise en compte
de nouveaux critères : recyclabilité, durée de vie, réparabilité, etc.) ;
Faisant référence à la norme ISO 14021 (définitions et méthodes de
preuve pour les auto-déclarations)pour encadrer les auto-déclarations
environnementales ;
Organisant des Assises de l?éco-conception des emballages.
67
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
le terme « matières premières recyclées » sous-entend que les
matières premières issues du recyclage répondent aux mêmes
propriétés techniques que les matières premières vierges.
le « recyclage48 » n?a donc pas le même sens que le mot
« valorisation49 » car bien que la valorisation comprenne la
notion de « valorisation matière50 », il assimile également la
« valorisation énergétique51 », qui ne conserve pas la matrice
de la matière mais qui est utilisée à des fins de production
d?énergie de substitution (incinération avec récupération des
énergies fatales).
COntEXtE Et EnjEUX
la quantité de matières premières extraites de la planète terre
est passée de 22 milliards de tonnes en 1970 à 70 milliards
de tonnes en 2010. la Commission européenne note d?ailleurs
la raréfaction de 27 matières premières vierges « critiques52 »
fortement utilisées par l?Homme, dans une situation géopoli-
tique délicate et qui font peu l?objet de recyclage.
en 2014, la production de déchets s?élèverait à 325 millions
de tonnes - 314 millions de tonnes de déchets non dangereux
(97 %) et 10,8 millions de tonnes de déchets dangereux, tous
secteurs confondus, soit de l?ordre de 40 % du besoin appa-
rent en matières. en 2014, 64 % de déchets non dangereux
et 31 % de déchets dangereux traités en France sont recyclés,
le reste étant incinéré ou stocké.
toutefois, le recyclage n?a de sens que si les matières pre-
mières recyclées qui en sont issues réintègrent le processus de
production pour se substituer à des matières premières vierges.
Cependant, la production de la France en matières premières
recyclées (mpr) ou matières premières issues du recyclage
(mpIr) est excédentaire par rapport à la consommation de
mpr par son industrie : en 2017, ce sont 14,5 millions de
tonnes de déchets qui ont été exportées vers l?europe et au-de-
là . Or, la Chine était, jusqu?ici, un grand importateur de dé-
chets en vue de préparer des mpr sur son territoire et ainsi, de
MIEUX PRODUIRE
Incorporation de matières premières
dans de nouveaux produits
(48) Définition de la Directive cadre déchets : « toute opération de valorisation des
déchets, y compris des déchets organiques, permettant de retraiter en substances,
matières ou produits avec la même fonction initiale ou à d?autres fins ».
(49) Définition de la Directive cadre déchets : « toute opération permettant à des
déchets d?être préparés ou de se substituer à d?autres substances, matières ou produits
qui auraient été utilisés à une fin particulière ».
(50) Voir supra, page 40 du présent guide
(51) Incinération de déchets non dangereux respectant les conditions définies Ã
l?article 33-2 de l?arrêté du 20 septembre 2002 modifié relatif aux installations d?inci-
nération et de co-incinération de déchets non dangereux et aux installations incinérant
des déchets d?activités de soins à risques infectieux.
(52) Étude « Horizon 2020 », Commission européenne, 2017
FI
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n
°7
68
69
conserver ces nouvelles ressources pour ses industries. mais
depuis l?été 2017, la Chine a décidé de fermer ses frontières
à de nombreux types de déchets (papiers usagés, carton, fer-
raille, plastique, etc.), même triés. l?europe doit donc désor-
mais trouver des solutions intracommunautaires de recyclage.
Cela entre également en résonnance avec le principe de proxi-
mité, proposé par la loi de transition énergétique pour la
croissance verte (lteCV) et avec l?orientation proposée par la
stratégie sur les plastiques du paquet économie circulaire, voté
le 22 mai 2018. pour les industriels, cela n?est pas simple car
les fluctuations des cours des matières premières n?apportent
pas la visibilité nécessaire pour investir dans les installations
de recyclage.
en ce qui concerne les plastiques, selon l?ademe, en France,
près de 3,3 millions de tonnes sont produites par an mais,
chaque année, seulement 1 million de tonnes sont collectées,
0,5 million de tonnes sont recyclées et 0,26 million de tonnes
sont réincorporées dans de nouveaux produits.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
Graphique : Utilisation des plastiques vierges et recyclés en 2012
pp
peHd
peBd
ps
pet
autres
emballages Bâtiment automobile
industrie
électrique et
électronique
autres
Quantités de plastique vierge utilisées en France pour
un secteur donné
Quantités de plastique recyclé produites en France et
utilisées pour un secteur donné, en France ou à l?export
source : deloitte, plasticseurope
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
70
MInIstèRE DE l?éCOnOMIE
Et DEs FInanCEs
direction générale des entreprises
Il est essentiel de favoriser le recyclage des matières
plastiques et d?augmenter le taux d?incorporation des
matières premières issues du recyclage (mpr) dans les
produits fabriqués, d?opérer un changement de para-
digme et de favoriser une économie circulaire.
l?ensemble des acteurs de la chaîne de valeur (collec-
teurs et gestionnaires de déchets, fournisseurs de ma-
tières vierges, fabricants de produits, metteurs sur le mar-
ché) se sont mobilisés pour proposer une soixantaine
d?engagements concrets et significatifs pour augmenter
le taux d?incorporation de mpr dans les produits.
Avis d?expert
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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MEsUREs PhaREs DE la FREC COnCERnéEs
Mesure n°1: « INCOrpOrer daVaNtage de ma-
tIÈres premIÈres Issues du reCYClage daNs les
prOduIts tout en assurant leur qualité, leur traçabilité et
une réelle sécurité pour les citoyens :
? Susciter, d?ici l?été 2018, des engagements volontaires
concrets et significatifs visant à organiser une ambition de
filière, incluant des objectifs de volumes d?intégration de
matière plastique issue de déchets dans les secteurs de l?em-
ballage, du bâtiment, de l?automobile ou des équipements
électroniques et électriques [?] ;
? Accompagner la montée en gamme des acteurs de la filière
en soutenant les projets permettant la mise en oeuvre et le
déploiement des solutions innovantes, notamment à travers
les actions des pôles de compétitivité et des appels à projets
« Économie circulaire et valorisation des déchets » de l?ac-
tion « démonstrateurs et territoires d?innovation et de grande
ambition » du programme des investissements d?avenir.
Mesure n°37 « FaCIlIter la sOrtIe du statut de
dÉCHets :
? Rendre possible la sortie de statut de déchet hors des ins-
tallations classées pour la protection de l?environnement afin
de démultiplier l?utilisation des déchets comme ressources ;
? en cas de sortie implicite du statut de déchet, et lorsque
c?est pertinent pour les sorties de statut de déchet explicites,
permettre que la sortie du statut de déchet soit effective dès
la fin de l?opération de valorisation, de façon à faciliter la
gestion des installations ;
? [?] Raccourcir la procédure d?instruction des demandes
de sortie du statut de déchet, en fusionnant les consultations
obligatoires et en supprimant la commission consultative sur
le statut de déchet ;
? Mettre en place des sorties de statut de déchet adaptées no-
tamment pour les matières fertilisantes et supports de culture
de qualité (hors boue de station d?épuration), les filières
mobilisant le bois, le plastique, les pièces de réutilisation
issues du démontage de biens en fin de vie, les opérations
de préparation en vue de la réutilisation et les opérations
de régénération ;
? Communiquer et expliciter la réglementation applicable aux
déchets, auprès des utilisateurs, des entreprises (notamment
via les organisations professionnelles), des collectivités et du
grand public, en particulier sur la notion de sous-produit, et
son interface avec les réglementations relatives aux produits,
afin de s?assurer d?une bonne diffusion et compréhension et
donc une simplification de sa mise en oeuvre. les possibilités
de réemploi des terres excavées et des matériaux issus de
chantiers du Btp feront l?objet d?une attention particulière. »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
71
Avis d?expert
lE RECyClagE, néCEssIté POUR
RéIntRODUIRE lEs DéChEts
Dans lE CyClE éCOnOMIqUE
groupe PaPREC
Sébastien RICARD, Directeur Développement Durable et Affaires publiques
leader du recyclage en France avec 11 millions de tonnes
de déchets traités chaque année grâce à ses 8 500 colla-
borateurs, papreC group prend en charge tous types de
flux, des ménages aux entreprises. papiers-cartons, embal-
lages, plastiques, métaux, ferrailles, bois, verre, etc. sont
collectés, triés et recyclés en matières premières issues du
recyclage (mpIr) et utilisés par des industriels en substitution
des matières premières vierges. la transition vers l?économie
circulaire nécessite de collecter un maximum des déchets
produits et de les orienter vers les filières de valorisation
matière. l?objectif est de produire plus de mpIr de haute
qualité, limitant ainsi la production de ressources vierges,
l?utilisation d?énergie nécessaire à l?extraction mais égale-
ment l?émission de CO2. le recyclage a permis d?éviter 5 %
des émissions annuelles de CO2 en France, en 2014 : le
développer est nécessaire pour respecter l?environnement
et permettre une transition écologique.
des mesures fiscales ou un taux d?incorporation de mpIr
(10 % dès 2020 ?) sont des leviers essentiels à actionner
en parallèle de l?éducation et du geste citoyen de tri des
déchets d?une part, des investissements dans les usines tri
et recyclage par les industriels d?autre part.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
72
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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l?ORéal COntRIbUE Ã
l?InDUstRIalIsatIOn DU
bIO-RECyClagE DEs PlastIqUEs
l?Oréal
Philippe THUVIEN, Directeur Packaging & Développement
déterminés à promouvoir l?économie circulaire grâce à des
solutions innovantes de recyclage des plastiques, l?OrÉal et
CarBIOs ont signé un accord de création d?un consortium
d?une durée de cinq ans pour l?industrialisation de la techno-
logie de bio-recyclage conçue et développée par CarBIOs.
Cette collaboration est ouverte aux industries d?autres secteurs
souhaitant développer de nouvelles solutions de bio-recyclage
du plastique.
CarBIOs a développé un procédé de recyclage enzymatique
des plastiques permettant la régénération complète des compo-
sés initiaux (monomères) ayant initialement servi à les produire.
après séparation et purification, ces monomères pourront être
réutilisés pour la synthèse de plastique vierge, sans perte de
valeur de la matière recyclée. Cette voie biologique s?affranchit
des contraintes des procédés conventionnels de recyclage et
permet pour la première fois d?ambitionner une réelle écono-
mie circulaire dans la gestion du cycle de vie des plastiques.
l?OrÉal et les industriels membres du consortium bénéficieront
des développements de cette innovation CarBIOs et auront
accès en priorité aux premières productions disponibles. pour
l?OrÉal, il s?agira d?utiliser cette nouvelle technologie dans la
conception de ses emballages et favoriser ainsi le développe-
ment de l?économie circulaire.
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
rapport « Favoriser l?intégration des matières premières
secondaires pour le recyclage ? accélérer la transition
vers l?économie circulaire »
le portail français des ressources métalliques non
énergétiques
appel à projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 1 -
transformation, utilisation, réintégration des matières
issues de déchets et éco-conception de produits
Certains polymères (plastiques) mieux recyclables font
l?objet de recherches avancées comme le montre l?article
« a synthetic polymer system with repeatable chemical
recyclability » du magazine science daily d?avril 2018
(Jian-Bo Zhu, eli m. Watson, Jing tang, eugene Y.-X.
Chen)
PORtEUR / aCtEUR
Conseil National de
l?Industrie
Brgm
ademe
magazine science daily
sources
http://bit.ly/2OYZf81
http://bit.ly/2DVVUFC
http://bit.ly/2R8u2kx
http://bit.ly/2DGgetH
annéE
2017
Ouvert du 9
février 2018
au 17 juin
2019
2018
Pour aller
plus loin
R&D
Boîte à outils pour agir
d?autres travaux et développements de produits sont en cours, notamment au sein de l?entreprise Cycl-add, qui conçoit des
additifs plastiques issus du recyclage et de la valorisation de déchets permettant, à terme, le recyclage de plastiques en mélange
grâce à ses propriétés particulières
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
73
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
74
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
participation à un engagement volontaire sur l?incorpora-
tion de matières premières recyclées dans de nouveaux
produits ;
tonnage incorporé de matières premières de recyclage
dans les processus de production ;
tonnage de matières premières recyclées rapporté au
tonnage total de matières consommées.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre d?engagements volontaires concrets et significa-
tifs visant à organiser une ambition de filière, incluant des
objectifs de volumes d?intégration de matière plastique
issue de déchets dans les secteurs de l?emballage, du
bâtiment, de l?automobile ou des équipements électro-
niques et électriques ;
Nombre d?acteurs ayant bénéficié d?un accompagnement
sur la mise en oeuvre et le déploiement des solutions in-
novantes ;
modification des textes réglementaires sur la sortie du
statut de déchets ;
tonnage annuel de déchets qui font l?objet d?un recyclage
/ d?une valorisation matière par type ;
tonnage de matières premières recyclées rapporté au
tonnage total de matières consommées (besoin appa-
rent en matières, direct material Input, ou consomma-
tion intérieure apparente de matières, domestic material
Consumption)53 ;
Évolution des tonnages de déchets mis en décharge53.
(53) Indicateur déjà suivi par le CNIS
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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°7
POUR allER PlUs lOIn
trouver les leviers techniques pour mieux réincorporer
les MPR dans de nouveaux produits
Les techniques actuelles ne suffisent pas toutes encore à bien réintroduire
les MPR dans de nouveaux produits. De ce fait, il est important de :
Favoriser l?émergence de programmes de R&D multi-acteurs pour trou-
ver de nouvelles filières de recyclage aux matériaux non recyclables ;
S?appuyer sur les nouvelles technologies liées au recyclage chimique
(revenir à la molécule initiale notamment grâce à l?action de micro-or-
ganismes) que ce soit pour le recyclage des plastiques (exemple de
L?Oréal, en partenariat avec Carbios) ou des métaux (exemple du
recyclage des déchets miniers et électroniques par l?action de bacté-
ries pour extraire du cuivre, de l?or, du cobalt, du zinc ou du nickel :
grâce à la technique de la biolixiviation sur laquelle travaille le BRGM).
soutenir les MPR et les rendre plus compétitives
Le signal-prix entre les MPR et les matières vierges n?incite pas les acteurs
à privilégier l?utilisation des MPR dans de nouveaux produits. Pour inver-
ser la tendance :
Faire le lien avec la stratégie plastique de la Commission européenne
qui a notamment pour ambition de rendre le recyclage rentable pour
les entreprises et de stimuler les investissements et l?innovation ;
Étudier la faisabilité d?un mécanisme de certificats de recyclage (Ã
partir des propositions 2ACR et FEDEREC, sur le modèle des certificats
d?économie d?énergie) et s?appuyer sur une augmentation rapide de
la taxe carbone ;
Introduire une taxe sur les matières vierges : combinée à la fiscalité
déchets, cette taxe permettrait de découpler la croissance et la consom-
mation de matières. Cette proposition est développée dans l?étude
« La fiscalité matières - Une opportunité pour une économie circulaire »,
fiche THEMA, Commissariat général au développement durable,
ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017 ;
Mettre en place une TVA réduite sur les produits intégrant un certain
pourcentage de matières premières de recyclage ou issus du réemploi
ou de la réutilisation, un crédit d?impôt ou un suramortissement excep-
tionnel ou d?avances remboursables pour les investissements productifs
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
(en incluant les logiciels, etc.) permettant l?incorporation de matières
premières secondaires pour les entreprises substituant des MPR aux
matières vierges ;
Prévoir un plan de financement spécifique (fonds d?amorçage, sura-
mortissement, etc.) pour les investissements liés aux engagements ;
Les contributions financières dégagées par le système de malus sur
les produits non recyclables pourraient contribuer au développement
des mécanismes de soutien à l?utilisation des matières premières de
recyclage (MPR) dans l?industrie (voir fiche 6 « Éco-conception ») ;
Mobiliser les acteurs
Une filière industrielle ne peut être mise en place durablement que si les
acteurs se coordonnent et fédèrent leur action. Ainsi, il serait intéressant de :
Mettre en place un taux de réincorporation volontaire s?appuyant sur
une étude déterminant l?adéquation entre les MPR produites et les be-
soins des incorporateurs et inciter l?acheteur public en ce sens (voir
fiche 10 « Commande publique ») ;
Accréditer une liste d?acteurs du recyclage (régénérateurs, transfor-
mateur de déchets en MPR) et d?utilisateurs de MPR pour permettre
une traçabilité spécifique sur les flux donnant lieu à un crédit d?impôt ;
Onze groupes de travail (7 pour les résines et 4 pour les secteurs embal-
lages, bâtiment, automobile, équipements électriques et électroniques)
ont été mis en place dans le cadre des travaux de la Feuille de route
pour consolider un état des lieux et identifier les engagements pos-
sibles. Fin juin 2018, les deux premiers engagements volontaires sont
la création d?une ligne de régénération et de transformation chimique
des barquettes en PET et de bouteilles en PET opaques, par l?entre-
prise Soprema et le montage d?une filière industrielle de recyclage de
polystyrène en France par Citeo, Total, Saint-Gobain et le Syndicat na-
tional des fabricants de produits laitiers frais (Syndifrais). Début juillet
2018, une soixantaine d?acteurs de la chaîne (collecteurs et gestion-
naires de déchets, fournisseurs de matières premières secondaires,
metteurs sur le marché), se sont également engagés à augmenter les vo-
lumes d?intégration de résine recyclée à la hauteur de 293000 tonnes
(polystyrène, polyéthylène, polypropylène, polychlorure de vinyle) sur
quatre secteurs (emballage, bâtiment, automobile, et équipements
électroniques et électriques). Les entreprises s?engagent également Ã
collecter 25000 tonnes supplémentaires. Les leviers identifiés sont:
? L?évolution des normes et des réglementations, législations qui freinent
et limitent actuellement l?incorporation de MPR dans les produits : un
travail d?étude doit être mené ;
? La disponibilité du gisement de MPR en France (augmenter la collecte
pour assurer un flux de matières à recycler suffisant aux industriels) et
la capacité de production des régénérateurs français pour répondre
aux cahiers des charges des industriels utilisateurs (voir fiche 3 sur
les « Consignes de tri ») ;
? Le coût des MPR (prix fixe) qui doit être a minima à iso-coût par rap-
port aux matières vierges (prix fluctuant selon les cours du pétrole) ;
? La qualité (propriétés techniques et esthétiques) des MPR doit être
au moins équivalentes à celles obtenues à partir de résines vierges ;
? L?accompagnement des plasturgistes dans l?adaptation de l?outil in-
dustriel pour utiliser des MPR (notamment en renforçant des dispo-
sitifs de type ORPLAST - Objectif Recyclage PLASTiques ? qui vise Ã
soutenir financièrement l?intégration de matières plastiques recyclées
par les plasturgistes ou transformateurs ; l?objectif est de soutenir le
recyclage par l?aval de la filière en créant une augmentation des
volumes de MPR consommés) ;
Renforcer la confiance des consommateurs et des acheteurs en leur
proposant des garanties de performance du produit. Pour les produits
plus industriels comme les produits recyclés ou réemployés du BTP, il
conviendrait d?inciter les assureurs et les experts techniques à propo-
ser une couverture/garantie spécifique aux donneurs d?ordre (maî-
trise d?ouvrage) après vérification par un contrôleur technique habilité.
À noter que les vérifications techniques ne doivent pas être plus contrai-
gnantes que pour un produit neuf ;
Capitaliser sur les bénéfices environnementaux de l?utilisation des
matières plastiques recyclées par rapport aux matières vierges.
75
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
76
MIEUX PRODUIRE
gérer les ressources durablementFI
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n
°8
COntEXtE Et EnjEUX
Notre économie actuelle, dite linéaire, se base sur un principe
de création de valeur qui consiste à extraire des ressources
naturelles, les transformer, les consommer puis les jeter. Ce
modèle linéaire n?optimise pas leurs usages, ce qui conduit
à d?importants gaspillages de ressources naturelles. Croire Ã
une croissance économique infine, alors que les ressources
naturelles sont finies, nous confronte à l?incohérence de ce
modèle. la pression sur les ressources est telle que, le 1er août
2018 a été déclaré comme étant le jour du dépassement de
la terre, soit le jour où nous avons consommé l?ensemble des
ressources que la terre est capable de produire en une année.
Face à une population de plus en plus nombreuse et de plus en
plus riche, ce modèle linéaire conduit à une croissance sans pré-
cédent de l?extraction des ressources naturelles et des impacts
environnementaux associés. en 2015, ce sont 84 milliards
de tonnes de ressources matérielles (biomasse, minéraux de
construction (sable, gravier, etc.), minerais métalliques, res-
sources énergétiques fossiles) qui ont été extraites et consom-
mées au niveau mondial. des travaux récents menés par l?OCde
et le groupe international des experts sur les ressources (gIer),
l?équivalent du gIeC pour les ressources, montrent qu?en l?ab-
sence de transition vers une économie circulaire et plus efficace
dans l?utilisation des ressources naturelles, l?extraction mondiale
annuelle des ressources pourrait être multipliée par 2 d?ici Ã
2050. un tel niveau de consommation rendrait extrêmement
difficile et coûteux l?atteinte des objectifs climat.
Face à ce constat, il est nécessaire de découpler le bien-être
(souvent approché par le pIB) de la consommation de res-
sources naturelles et des impacts environnementaux associés.
Cela signifie qu?il faut d?une part, utiliser moins de ressources
naturelles pour produire la même quantité de bien-être (de ri-
chesse) encore appelé découplage ressources sur le schéma
ci-contre, et, d?autre part, réduire les impacts environnementaux
associés à la consommation des ressources naturelles (encore
appelé découplage impacts environnementaux). une gestion
durable des ressources naturelles dans un monde en croissance
nécessite ce double découplage. enfin, le découplage peut
être relatif entre bien-être et consommation de ressources, lors-
qu?on produit plus de richesses avec moins de ressources alors
que la consommation de ressources continue d?augmenter. À
l?inverse, il peut être absolu, lorsqu?on produit plus de richesses
et que l?on diminue la consommation de ressources.
la demande en ressources s?accélère notamment en faveur des
ressources minérales, non renouvelables. Notre économie a
subi une mutation importante : au XXème siècle alors qu?elle s?ap-
puyait sur la consommation de la biomasse renouvelable, elle a
basculé vers la consommation de matières minérales repoussant
la part de biomasse dans la consommation de 1/3 Ã 1/4.
DéFInItIOn
la gestion durable des ressources naturelles vise à assurer, sur
le long terme, la base matérielle des sociétés de telle sorte Ã
ce que ni l?extraction des ressources, ni leur usage, ni les dé-
chets et les émissions associés ne provoquent de dommages
irréversibles sur les écosystèmes.
pour atteindre un tel objectif, il est nécessaire d?en réduire les
besoins en promouvant des modes de consommation plus
sobres et des modes de production plus économes en res-
sources et utilisant davantage de ressources issues du recy-
clage. Il s?agit ensuite de privilégier le recours aux matières
premières primaires qui ont été extraites et transformées selon
les meilleurs standards environnementaux et sociaux pour mi-
nimiser les impacts associés à leur exploitation.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
77
les enjeux inhérents à l?exploitation de la ressource en matières
minérales étant primordiaux, la Commission européenne s?est
saisie de la question et a identifiée 27 matières premières cri-
tiques pour l?ue. la criticité de ces matières est évaluée selon
plusieurs facteurs parmi lesquels on retrouve par exemple : la
baisse du nombre de gisements découverts, l?augmentation de
la difficulté d?extraction ou encore la baisse de la production.
d?après l?ademe, 65 milliards de tonnes de matières pre-
mières (hors biomasse) ont été injectées dans l?économie fran-
çaise en 2010 (50 % de plus qu?il y a trente ans) et devraient
atteindre 82 milliards de tonnes en 2020. parmi cette quanti-
té, une partie est issue de l?importation de ressources d?autres
pays. les ressources énergétiques fossiles font l?objet du même
constat, et confèrent donc à la France un caractère dépen-
dant quant à son approvisionnement en ressources naturelles.
l?objectif de tendre vers des énergies renouvelables ne per-
met pas d?échapper à la question de la souveraineté de la
ressource, en effet les équipements permettant d?exploiter les
énergies renouvelables sont composés de métaux rares, qui
sont absents du sol français. Ces ressources stratégiques sont
pour la plupart détenues par une minorité de pays, ce qui
accentue la vulnérabilité de la France sur son approvisionne-
ment. Ces matières premières critiques ont été identifiées par
la Commission européenne, et font l?objet d?une liste qui est
mise à jour régulièrement.
les enjeux de la gestion de la ressource ont été intégrés dans la
lteCV54 de 2015, avec notamment son article 74 prévoyant
en termes de découplage que : « la France a pour objectif
de découpler progressivement sa croissance de sa consom-
mation de matières premières. À cet effet, elle se fixe comme
objectif une hausse de 30 %, de 2010 Ã 2030, du rapport
entre son produit intérieur brut et sa consommation intérieure
de matières. dans le même temps, elle vise à une diminution
de sa consommation intérieure de matières par habitant. »
la question de la hiérarchisation des ressources est identifiée
dans la lteCV de la façon suivante : « en priorité, de prévenir
l?utilisation des ressources, puis de promouvoir une consom-
mation sobre et responsable des ressources, puis d?assurer
une hiérarchie dans l?utilisation des ressources, privilégiant les
ressources issues du recyclage ou de sources renouvelables,
puis les ressources recyclables, puis les autres ressources, en
tenant compte du bilan global de leur cycle de vie ».
l?article 69 de cette même loi prévoit par ailleurs l?élaboration
d?un plan de programmation des ressources tous les cinq ans :
« le gouvernement soumet au parlement, tous les cinq ans,
une stratégie nationale de transition vers l?économie circulaire,
incluant notamment un plan de programmation des ressources
nécessaires aux principaux secteurs d?activités économiques
qui permet d?identifier les potentiels de prévention de l?utilisa-
tion de matières premières, primaires et secondaires, afin d?uti-
liser plus efficacement les ressources, ainsi que les ressources
stratégiques en volume ou en valeur et de dégager les actions
nécessaires pour protéger l?économie française ». Ce plan55
a été publié le 27 juillet 2018 à l?issue d?une consultation pu-
blique. Il présente des recommandations pour une gestion plus
durable de trois catégories de ressources naturelles : la bio-
masse à usage énergétique, les ressources minérales et les sols.
(54) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte, voir supra
(55) https://bit.ly/2NOtNwM
Bien-être
Activité économique (PIB)
Utilisation des ressources
Pressions sur l?environnement
Découplage ressource
Découplage pressions
TEMPS
Le découplage PNUE, groupe international
des experts sur les ressources.
Rapport sur le découplage
MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
FI
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n
°8
gérer durablement les ressources naturelles nécessite, tout d?abord, d?en réduire les besoins par des
modes de consommation plus sobres et des modes de production moins intenses en intrants (matières
premières, eau, énergie, etc.) et d?utiliser davantage de ressources secondaires. Il s?agit aussi de pri-
vilégier le recours aux matières premières primaires qui ont moins d?impacts environnementaux et qui
ont été extraits et transformés dans les meilleures conditions environnementales et sociales. le mtes
est engagé sur chacun de ses fronts : information du consommateur pour éclairer ses choix et modi-
fier son comportement, production d?outils d?aides à la décision pour les collectivités et les entreprises
qui souhaitent s?engager dans une démarche d?optimisation des flux de matières, lancement de la
réforme du code minier pour mieux y intégrer l?environnement et la participation du public. publié en
juillet 2018, le plan national des ressources fait le point sur la dépendance de l?économie française
aux ressources minérales, à la biomasse à usage non alimentaire et aux sols et montre la nécessité
d?accélérer la transition vers l?économie circulaire. Il liste un ensemble de pistes d?actions visant côté
offre à augmenter le recyclage, à développer une offre nationale pour les ressources disponibles sur
le territoire, à réduire les fragilités liées à l?évolution des importations) et côté demande à optimiser
les process industriels, allonger la durée de vie des produits et des équipements, modifier les com-
portements, ?.
Avis d?expert
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°5: « gÉrer les ressOurCes de FaÇON
plus sOuteNaBle : sur la base des travaux du COmes
(Comité pour les métaux stratégiques) et du premier plan na-
tional des ressources qui sera publié en 201856, s?engager
dans un plan de programmation des ressources jugées les
plus stratégiques, en l?accompagnant d?une politique indus-
trielle ambitieuse de valorisation du stock de matières, en
particulier les métaux critiques, contenues dans les déchets ;
? sous le pilotage de France stratégie, établir des « valeurs de
référence » représentant le coût, pour l?ensemble de la socié-
té, de l?utilisation de ces ressources stratégiques (dommages
environnementaux, rareté de la ressource), afin de les intégrer
dans l?évaluation des politiques publiques à l?image de ce
qui a été fait pour le carbone et pour la pollution de l?air ;
? Engager la réforme du Code minier en 2018 : l?enga-
gement volontaire de la France dans l?économie circulaire
permettra de réduire les besoins en matières premières miné-
rales primaires, néanmoins il restera nécessaire d?en extraire.
la réforme du Code minier doit permettre la valoriser des
ressources minières françaises selon les meilleurs standards
environnementaux et sociaux ;
? développer d?ici 2019 avec l?aide de l?ademe des outils
pour permettre aux industriels qui le souhaitent d?établir
un « bilan matières », sur le modèle des « bilans de gaz Ã
effet de serre » ;
? Inciter les Régions à réaliser des « bilans flux de matières »
notamment en diffusant plus largement les outils méthodolo-
giques disponibles et inciter les régions à élargir le rôle des
observatoires déchets en conséquence ».
(56) Le Plan Ressources pour la France est disponible Cf. Boîte à outils pour agir
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général
au développement durable
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
78
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
plan ressources pour la France 2018, dans la poursuite
des objectifs de la FreC
le portail français des ressources métalliques non
énergétiques
le portail français des matières premières minérales
primaires et secondaires non énergétiques
report on Critical raw materials and the Circular
economy
logiciel staN (substance flow aNalysis) : staN est un
logiciel gratuit essentiellement utilisé par les acteurs de la
recherche et les entreprises pour réaliser des analyse de
flux de matières
Norme IsO 14051:2011 : management
environnemental ? Comptabilité des flux de matières
le site « métabolisme urbain de paris », pour visualiser
les flux de matières et découvrir des projets innovants
guide méthodologique « la comptabilité des flux de
matières dans les régions et les départements »
PORtEUR / aCtEUR
mtes
dgCIs
minéralinfo
european
Commission
tu Wien, Institute for Water
Quality, resource and Waste
management
IsO
mairie de paris
Cgdd
sources
http://bit.ly/2OJAtIN
http://bit.ly/2ERW9mk
http://bit.ly/2yKm8Xp
http://bit.ly/2zmtBLE
http://bit.ly/2EVlCLC
http://bit.ly/2SAXdhs
http://bit.ly/2EVyfq6
http://bit.ly/2P0fNBb
annéE
2018
2012
2014
2018
2006
2011
2014
2014
Enjeux
globaux
Flux
Matières
premières
stratégiques
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
79
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pour les
collectivités
réalisation d?une analyse de flux de matières :
tonnages de matières de toutes natures, importées, ex-
traites, et exportées sur le territoire de la collectivité ;
tonnages de biomasses importées, extraites, et exportées
du territoire de la collectivité ;
tonnages de matières alimentaires, importées, consom-
mées et exportées sur le territoirede la collectivité;
tonnages de matériaux de construction consommés sur le
territoire de la collectivité ;
tonnages de déchets du Btp produits sur le territoire de
la collectivité ;
tonnages de combustibles fossiles, importés, et consom-
més sur le territoire de la collectivité ;
tonnages de minerais métalliques extraits du territoire de
la collectivité ;
Les indicateurs de suivi et de performance pour l?État
Évolution de l?intensité matière : ratio de la consommation
intérieure de matières rapporté au produit intérieur brut
(pIB)57 (indicateur d?objectifs) ;
publication du plan de programmation des ressources
stratégiques ;
Élaboration des « valeurs de références » pour les res-
sources ;
parution du code minier réformé ;
Outils bilan de matières entreprises disponibles ;
Nombre de régions ayant réalisées une analyse de flux
de matières ;
Nombre d?observatoires déchets ayant élargi leurs obser-
vations au-delà des seuls déchets.
(57) Indicateur déjà suivi par le CNIS
MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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81
la PRIsE En COMPtE DE l?EnjEU
DEs REssOURCEs Dans lEs
DéMaRChEs DE PlanIFICatIOn
Région Occitanie
Agnès Langevine, Vice-Présidente en charge de la
transition écologique et énergétique, biodiversité,
économie circulaire et déchets
un état des lieux des enjeux de l?économie circulaire en région Occitanie a servi
de base de travail pour l?élaboration du plan régional d?actions. Il a notamment
reposé sur l?identification des enjeux des principaux flux de ressources stratégiques.
trois grands types de flux ont été étudiés dans cet état des lieux :
ressources naturelles ;
grands flux économiques (ressources extraites ou transformées pour être utili-
sées) ;
déchets.
les ressources naturelles peuvent se regrouper en 7 types : sol, eau, air, forêt,
gisement de combustibles fossiles, gisement de minéraux métalliques, gisement
de minéraux non métalliques. priorisées en fonction des tensions pressenties et
de l?approche « matière » du plan d?actions (la région dispose par ailleurs d?une
stratégie « région à energie positive »), seules les ressources sol, eau et forêt ont
été abordées.
sur les flux économiques, l?analyse approfondie des enjeux s?est focalisée sur les
flux les plus significatifs sur le plan quantitatif ou stratégique :
Flux de matériaux de construction ;
Flux agri et agroalimentaires ;
Flux énergétiques.
la question des déchets a également été abordée pour chacun de ces flux.
l?approche de la région Occitanie a donc été de mettre en perspective son plan
d?actions économie circulaire avec l?enjeu originel de ce concept : la soutenabilité
des modèles économiques en termes de ressources mobilisées. C?est sur l?évolution
de ces flux que pourra être mesurée le développement de l?économie circulaire.
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
POUR allER PlUs lOIn
la comptabilité des flux de matières au niveau
régional
Les flux de matières qui traversent les territoires infra-nationaux sont au-
jourd?hui mal connus : ainsi les quantités de matières consommées par un
territoire, leur origine (extraction locale ou importation), sont mal connues.
C?est aussi le cas des matières exportées. Cet exercice est encore rendu
plus difficile par le fait que les flux de matières prennent des formes plus
ou moins traçables : matières premières, produits plus ou moins trans-
formés, déchets. Dans le contexte actuel d?une raréfaction croissante des
ressources matérielles, répondre à ces questions est essentielle. La comp-
tabilité matière permet en effet de répondre à certaines de ces questions,
de mieux comprendre le fonctionnement d?un territoire, et ainsi de définir
des priorités et un plan d?actions associé. Bien qu?il s?agisse d?enjeux fon-
damentaux, les territoires régionaux et infrarégionaux qui se saisissent de
la question de la « comptabilité des flux de matières » qui les traversent,
sont encore peu nombreux.
Les objectifs d?une analyse de flux de matières pour les territoires sont
multiples :
? Recenser et peser au sens strict (en tonnes de matières) les flux de ma-
tières ;
? Évaluer l?utilisation des ressources et son impact sur les milieux exté-
rieurs, notamment en quantifiant les flux induits par le fonctionnement
du territoire ;
? Mesurer grâce à des indicateurs, la performance énergétique et maté-
rielle du territoire, l?intensité des échanges avec l?extérieur, sa pression
sur les ressources et milieux extérieurs ;
? Donner une vision synthétique, schématique et pédagogique de la
consommation de matières sur un territoire ;
? Identifier des actions à mettre place dans l?optique d?améliorer les per-
formances environnementales du territoire ;
? Suivre et évaluer les politiques et actions engagées en actualisant de
façon régulière l?analyse de flux de matières.
En somme, l?analyse de flux de matières constitue un outil d?aide à la dé-
cision précieux pour les territoires.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
82
MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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°8
POUR allER PlUs lOIn
la méthodologie utilisée pour une analyse de flux de
matières (aFM) :
D?un point de vue méthodologique, l?analyse de flux de matières recense
et quantifie les flux de matières qui sont mobilisés lors du développement
d?activités humaines. L?AFM suit le principe de conservation de la masse,
à l?image de la célèbre citation d?Antoine Lavoisier dans laquelle « rien
ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Ainsi, en suivant cette
la loi de conservation, on suppose que toutes les matières qui entrent sur
un territoire finiront par en ressortir, quelle qu?en soit la forme. La métho-
dologie de comptabilité faisant foi aujourd?hui est celle que propose le
service statistique européen Eurostat. Cette méthodologie a donné lieu Ã
une adaptation au contexte des régions et départements français par le
CGDD en 2014.58
La réalisation de ce type de diagnostic à l?échelle d?un territoire se dé-
nomme également « l?analyse du métabolisme territorial ». Cette
dernière notion se définit par analogie au métabolisme biologique, comme
étant «l?ensemble des processus de consommation et de transformation de
l?énergie et des matières mises en jeu par le fonctionnement des territoires »58.
Le métabolisme territorial constitue un outil de compréhension du fonc-
tionnement physique d?un territoire. À titre d?exemple, les ressources ali-
mentaires, les matériaux de construction, l?énergie, les émissions dans l?at-
mosphère, les déchets organiques et minéraux sont des éléments observés
dans le cadre du métabolisme territorial.
Ce type d?analyse a pour but d?améliorer la connaissance des flux d?un
territoire pour en optimiser la gestion dans une logique d?écologie terri-
toriale. On entend par écologie territoriale, un domaine d?action ayant
pour objectif de comprendre et analyser les flux à l?oeuvre sur un territoire,
mais surtout de proposer un mode de gestion optimisé de ces flux. Elle ap-
porte au métabolisme toute une dimension sociale, à savoir l?analyse des
acteurs du territoire qui sont à l?origine des flux de matières et d?énergie.
On estime que les métabolismes actuels sont linéaires et doivent être davan-
tage circulaires. La circularité des métabolismes propose donc une forme
de sobriété dans laquelle la diminution de la quantité des flux engagés
est de rigueur, ainsi que la substitution de certains flux par d?autres moins
impactant pour l?environnement59 (voir schéma p. 83).
(58) Guide méthodologique
« Comptabilité des flux de
matières dans les régions et
départements », CGDD, 2014
(59) « Économie circulaire :
un atout pour relever le défi de
l?aménagement durable des
territoires », ADEME / ORÉE,
2017
(60) L?empreinte eau, ou Water
Footprint, est un indicateur basé
sur la consommation effective
d?eau aux différents stades de la
production d?un produit, par le
producteur ou le consommateur
http://bit.ly/2FUByP0
les approches complémentaires à l?analyse de flux
de matière
? LA qUESTION DE L?EAU
La ressource en eau, élément indispensable au développement de la vie et
donc des activités humaines sur Terre, est soumise à de fortes pressions. Il
est donc nécessaire pour un territoire d?assurer le suivi de sa dépendance
à l?eau à travers un processus de comptabilité.
Toutefois, la méthodologie d?analyse de flux de matière la plus répandue
(selon Eurostat) n?intègre pas l?eau, car en réalisant son pesage en tonnes
de matière elle masquerait l?ensemble des autres flux du fait de son im-
portance. D?autres méthodes de comptabilité complémentaires existent,
telle que la méthode « Water footprint60 » qui cherche à calculer le vo-
lume total d?eau nécessaire pour fabriquer un produit ou proposer un
service. Cette méthode est déclinable pour calculer « l?empreinte eau »
d?un individu, d?une entreprise, d?un territoire ou d?un pays. Elle est
détaillée dans le rapport « The Water Footprint Assessment Manual »
réalisé par Water Footprint Network, en 2011.
? LA qUESTION DE L?ÉNERGIE
Indispensable pour le développement d?activités, la ressource énergétique
se doit d?être connue à l?échelle d?un territoire afin d?en maîtriser les enjeux.
La méthodologie AFM ne prend en compte que partiellement l?énergie. En
réalité, elle ne propose pas une comptabilité de l?énergie mais plutôt une
comptabilité des combustibles extraits, importés, consommés ou exportés
selon leur masse et non leur valeur énergétique. Une AFM n?exprimera
pas les approvisionnements et les consommations d?énergies du territoire,
c?est pourquoi les Schémas Régionaux Climat Air Énergie (SRCAE) peuvent
constituer une approche complémentaire d?analyse des flux d?énergie.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
83
InsCRIRE l?éCOnOMIE CIRCUlaIRE Dans l?aDn
DE l?agglOMéRatIOn
Coeur d?Essonne agglomération
Frédéric PETITTA, Vice-Président chargé du développement économique et
de l?artisanat
si le développement durable est inscrit dans l?essence même de Coeur d?essonne, l?agglomération a souhaité aller
plus loin en faisant de l?économie circulaire un véritable marqueur de son développement territorial. dans un contexte
de transitions économique et écologique, l?enjeu est de repenser l?organisation de l?action publique en fonction
des ressources du territoire et des défis auxquels il est confronté, pour inscrire l?économie circulaire dans l?adN de
l?agglomération.
dès 2015, Coeur d?essonne a lancé une étude de métabolisme urbain à l?échelle de son territoire, pour identifier
les projets d?économie circulaire pouvant être mis en oeuvre. Cette étude a permis de déterminer 4 enjeux de déve-
loppement pour le territoire :
Créer des emplois locaux non délocalisables, en structurant les filières d?avenir ;
diminuer l?impact des grands projets, des activités économiques et de leurs déchets sur l?environnement ;
augmenter l?attractivité du territoire pour les entreprises, par la recherche de mutualisation ;
réduire la dépendance du territoire en matière d?approvisionnement.
À partir de ces enjeux, l?agglomération a travaillé avec les entreprises et les acteurs du territoire pour élaborer une
véritable stratégie de développement de l?économie circulaire, comportant 26 actions concrètes, structurées autour
de 5 flux (importation/exportations, agriculture/alimentation, déchets, Btp/construction, énergie) et dont la mise en
oeuvre est prévue pour la période 2018 à 2020.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
85
MObIlIsER
lEs aCtEURs
Fiche 9 EIT
mesure de la FreC 46 ? page 86
Fiche 10 Commande publique
mesure de la FreC 44 ? page 96
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
86
DéFInItIOn
selon l?agence de l?environnement et de la maîtrise de l?éner-
gie (ademe), l?écologie industrielle et territoriale (eIt) est l?un
des sept piliers de l?économie circulaire et se définit comme
« un mode d?organisation interentreprises par des échanges
de flux ou une mutualisation de besoins61 ».
COntEXtE Et EnjEUX
l?eIt est une discipline récente car on attribue son acte de nais-
sance à un article scientifique publié en 1989 par des ingé-
nieurs de general motors, intitulé « des stratégies industrielles
viables », dans un numéro spécial consacré à « la gestion
de la planète terre ». l?eIt, dans son approche conceptuelle,
s?appuie sur l?écologie scientifique et s?inspire notamment des
écosystèmes pour tendre vers une gestion optimale des ma-
tières et de l?énergie sur les territoires. ainsi, à l?image du
fonctionnement des chaînes alimentaires dans le milieu naturel,
les déchets et co-produits d?une activité peuvent devenir une
ressource pour une autre activité. les entreprises peuvent réu-
tiliser entre elles, ou avec les collectivités, leurs résidus de pro-
duction (vapeurs, co-produits, gaz d?échappement, effluents,
déchets etc.) et donc limiter leurs impacts environnementaux
par la réduction de la pollution, le prélèvement de ressources,
la production de déchets et la consommation d?énergie. dans
sa mise en oeuvre, l?eIt fait également appel aux sciences so-
ciales, puisque le déploiement de ces démarches nécessite
de créer des conditions favorables entre les acteurs du projet,
propice à la définition d?objectifs partagés et à la mise en
place de synergies. l?eIt se caractérise par la mise en place
de synergies entre les acteurs économiques du territoire. Ces
synergies peuvent être de deux types : des synergies de mu-
tualisation, qui consistent à mutualiser entre des ressources,
des équipements ou des services entre les entreprises ou des
synergies de substitution qui visent à ce que les flux sortants
d?une entreprise constituent les flux entrants d?une autre. Ces
synergies peuvent se traduire par des échanges d?eau, de
vapeur, d?énergie de coproduits ou de déchets.
le déploiement de ces démarches constitue un enjeu important,
tant pour les collectivités que pour les entreprises. grâce à la
mise en oeuvre d?actions significatives, l?eIt peut permettre de
générer des bénéfices économiques directs ou indirects, de
développer de nouvelles activités, de favoriser l?implantation
de nouvelles entreprises ou encore de permettre la création
d?emplois non délocalisables.
MObIlIsER lEs aCtEURs
Écologie industrielle et territoriale (eIt)
(61) Économie circulaire : notions,
ADEME, 2014
86
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°9
Schéma : Représentation de différents types de synergies possibles
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
8787
Bien qu?aucun objectif contraignant ne soit fixé par des textes
législatifs en matière d?eIt, certains documents mettent en avant
l?intérêt de faciliter la mise en oeuvre de ces démarches.
Au niveau européen, le paquet économie circulaire formelle-
ment voté en mai 201862 prévoit la révision de 4 directives eu-
ropéennes et mentionne l?eIt à travers le terme de « symbioses
industrielles ». le paquet propose notamment de « faciliter la
reconnaissance en tant que sous-produit d?une substance ou
d?un objet issu d?un processus de production dont le but pre-
mier n?est pas de produire ladite substance » afin de permettre
la mise en oeuvre de symbioses industrielles. Cette proposition
fait fortement écho à la sortie implicite du statut de déchets
qui annonce qu?un objet « fabriqué dans une installation de
production qui utilise des déchets comme matières premières,
n?a pas le statut de déchet ».
Au niveau national, la 2ème Conférence environnementale pour
la transition écologique de 2013 ? qui réunit les partenaires
du dialogue environnemental - a donné lieu à une Feuille de
route pour la transition écologique63 qui fixe dans sa mesure
n°11 l?objectif de « développer l?écologie industrielle et ter-
ritoriale (eIt) dans les territoires ». plus récemment la lteCV64
rappelle en son article 70, le soutien des politiques publiques
à l?eIt : « les politiques publiques promeuvent le développe-
ment de l?écologie industrielle et territoriale, qui consiste, sur la
base d?une quantification des flux de ressources et notamment
des matières, de l?énergie et de l?eau, à optimiser les flux de
ces ressources utilisées et produites à l?échelle d?un territoire
pertinent, dans le cadre d?actions de coopération, de mutuali-
sation et de substitution de ces flux de ressources, limitant ainsi
les impacts environnementaux et améliorant la compétitivité
économique et l?attractivité des territoires ».
en 2016, environ 70 démarches ont été référencées par
OrÉe. une actualisation du recensement est en cours et laisse
présager une centaine de démarches sur le territoire. Cette
dynamique a été largement soutenue par la multiplication des
appels à projets et appels à manifestations d?intérêts sur les
champs de l?économie circulaire et de l?écologie industrielle
et territoriale par les institutions publiques (régions et directions
régionales de l?ademe).
(62) Se référer à l?introduction du présent document
(63) http://bit.ly/2PWiSSv
(64) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique
pour la croissance verte, voir supra
Schéma : Recueil cartographique des démarches d?EIT en France
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
88
lE bassIn DE POMPEy FaIt sOn EIt
Communauté de communes du bassin de Pompey
Jérôme REYMOND, Responsable du pôle économie, attractivité et emploi
sur un territoire marqué par une forte reconversion industrielle, le Bassin de pompey, situé au Nord de la métropole de Nancy,
poursuit une politique de développement économique s?inscrivant dans une démarche d?excellence territoriale. Cela a permis
notamment le développement du parc d?activités eiffel Énergie, l?implantation de plus de 240 entreprises et l?emploi de près de
5 500 personnes. le Bassin de pompey, en lien étroit avec l?association des chefs d?entreprises Val de lorraine entreprendre (60
adhérents) et sa commission Hygiène sécurité environnement, a souhaité impulser une démarche d?écologie industrielle et territoriale.
Cette démarche regroupe 27 actions de synergies à engager en 2018 et 2019. la collectivité, avec les entreprises du territoire,
s?engage autour de la mutualisation d?équipements (pont à bascule, salle de réunion, espace de stockage, etc.), la recherche de
la valorisation de matières (plastiques, bio déchets alimentaires, palettes bois, etc.), la mutualisation d?énergie (optimisation chaleur
fatale, unité de méthanisation, groupement d?achat d?énergie, etc.), la mutualisation de compétences (groupement d?employeurs,
audit qualité sécurité croisé en entreprise, etc.) et la recherche de solutions innovantes notamment autour du déplacement des salariés.
T
É
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A
G
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MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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°9
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
guide « renforcer la compétitivité et l?attractivité de votre
territoire grâce à une démarche d?écologie industrielle et
territoriale »
guide « Écologie industrielle et territoriale : le guide
pour agir dans les territoires »
programme national de synergies Interentreprises
Étude « pérennité des démarches d?écologie industrielle
et territoriale en France »
plateforme du réseau national des acteurs de l?eIt :
sYNapse
Fiches descriptives d?outils en eIt
plateforme d?évaluation des performances des
démarches d?écologie industrielle et territoriale : elIpse
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
Cgdd
ademe, INeC, utt
auxilia,
mydiane,
pôle des Éco-Industries
ademe
ademe
OrÉe
sources
http://bit.ly/2P0gZ7D
http://bit.ly/2qnfGRG
http://bit.ly/2qlhWIZ
http://bit.ly/2qjcztS
http://bit.ly/2AEWdBM
http://bit.ly/2Ofhh5n
http://bit.ly/2Qf0MZ6
annéE
2014
2014
2017
2018
2018
2018
2016
Plaidoyer
Outils
Méthodo-
logies
Boîte à outils pour agir
évaluation
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89
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
90
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
« le recueil des démarches d?écologie industrielle et
territoriale ». le recueil est utilisé comme indicateur
de la stratégie nationale de transition écologique
vers un développement durable (sNtedd) et de suivi
des objectifs de développement durable (Odd) pour
la France sélectionné par le Conseil National de
l?Information statistique (CNIs)
les appels à projets économie circulaire des directions
régionales de l?ademe
le dispositif « tpe & pme gagnantes sur tous les coûts »
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
ademe
ademe
sources
http://bit.ly/2Q9LAfB
http://bit.ly/2Rp9rbm
http://bit.ly/2CTx7Az
annéE
2016
2012
2016
Boîte à outils pour agir
Retours
d?expérience
MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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appels
à projets
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MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°46 reNFOrCer les sYNergIes eNtre eN-
treprIses (ÉCOlOgIe INdustrIelle et terrItOrIale ? eIt)
? Promouvoir l?écologie industrielle et territoriale dans les
schémas régionaux (prpgd et srdeII) pour les Régions qui
le souhaitent ;
? amplifier la mise en en place de « bourses aux ressources »
(matériaux, équipements, services, consommables) dématé-
rialisées et accessibles à tous ;
? mettre en place un point d?accès national aux données de
l?économie circulaire.
lEs MEsUREs DE la FREC nOn DéDIéEs à l?EIt
MaIs POUvant COntRIbUER à sOn DéPlOIE-
MEnt65:
Mesure n°1 : « Incorporer davantage de matières pre-
mières issues du recyclage dans les produits », pour permettre
le développement de synergies industrielles matières (voir
fiche 7 « incorporation des mpr ») » ;
Mesure n°3 : « accompagner d?ici 2020, via le disposi-
tif de l?ademe « tpe & pme gagnantes sur tous les coûts »,
2 000 entreprises volontaires, afin d?étendre le dispositif à des
diagnostics ressources pour préfigurer de futures synergies » ;
Mesure n°24 : « Valoriser tous les biodéchets de qualité
et permettre au secteur agricole d?être moteur de l?économie
circulaire », pour inscrire le secteur agricole au coeur des
démarches d?eIt, notamment en milieu rural (voir fiche 4
« Biodéchets ») » ;
Mesure n°37 : « Faciliter la sortie du statut de déchet,
pour faciliter certaines synergies » ;
Mesure n°41 : « mener un effort de communication inédit
pour mobiliser les citoyens et les entreprises car la mobilisa-
tion des entreprises, qui reste l?un des principaux freins au
développement de l?eIt ».
(65) Newsletter n°1 du réseau SYNAPSE, SYNAPSE, 2018
MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
92
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
mise en place d?un plan régional de prévention et de ges-
tion des déchets (prpgd) et d?un schéma régional de dé-
veloppement Économique d?Innovation et d?Internationa-
lisation (srdeII) mentionnant l?eIt (pour les collectivités) ;
référencement de la démarche dans l?outil elIpse dont
voici quelques indicateurs :
? Existe-t-il une structure locale pérenne qui pilote la dé-
marche (déjà existante ou créée spécifiquement pour) ?
(indicateur qualitatif de moyens pour évaluer la métho-
dologie) ;
? Quels services ont été mutualisés pour les entreprises et
autres activités locales ? (indicateur qualitatif de résultat
pour évaluer les effets sur le territoire) ;
? Donnez un ordre de grandeur du nombre d?emplois
(etp) créés ou maintenus grâce à l?installation d?entre-
prises ou la création d?activités grâce à la démarche
(indicateur quantitatif de résultat pour évaluer les effets
sur le territoire).
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Création d?une base de données nationale en économie
circulaire. dans les mesures de la FreC, il s?agit bien d?un
« point d?accès national aux données de l?économie cir-
culaire », c?est-à -dire d?un portail qui rassemble des bases
de données existantes ou futures en matière d?économie
circulaire ;
Nombre de démarches d?écologie industrielle en France ;
Nombre de plans régionaux de prévention et de ges-
tion des déchets (prpgd) et de schémas régionaux de
développement Économique d?Innovation et d?Internatio-
nalisation (srdeII) mentionnant l?eIt ;
Nombre de plateformes de « Bourses aux ressources exis-
tantes » ;
Nombre de démarches évaluées sur elIpse.
POUR allER PlUs lOIn
animer le réseau national de l?écologie
industrielle et territoriale
Afin de favoriser le partage de bonnes pratiques et de re-
tours d?expérience entre les membres de la communauté et
de déployer l?EIT en France.
Le réseau national des acteurs de l?EIT, nommé SYNAPSE,
a été lancé en novembre 2017 à l?initiative de l?ADEME, en
partenariat avec le CGDD et la DGE. Il s?appuie sur des ani-
mateurs nationaux qui le font vivre au quotidien ainsi que sur
une plateforme dédiée à l?EIT. Des travaux de réflexion sont
en cours sur la pérennité d?une démarche EIT, la massifica-
tion des données de flux et le développement économique.
Promouvoir l?intégration des principes d?EIt
en amont de la conception des zones d?activités
économiques, via la mise à disposition d?outils
Les retours d?expérience en France ont montré que les
zones d?activités sont des lieux propices au développe-
ment des démarches d?écologie industrielle. Dans une ap-
proche méthodologique courante de déploiement de l?EIT,
les entreprises ayant une activité sur la zone, et les entre-
prises environnantes, peuvent faire l?objet d?un diagnostic
afin d?identifier entre elles de potentielles synergies. Dans
ce cas de figure, l?EIT se déploie à partir de « l?existant »,
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
mais qu?en est-il des futures entreprises qui souhaitent s?ins-
taller sur des parcelles inoccupées, ou bien des zones d?ac-
tivités qui sont en phase de conception ?
En suivant une approche du cycle de vie, il est possible d?in-
tégrer les principes de l?EIT dès la conception mais également
tout au long de l?aménagement d?une zone d?activité (voir
fiche 6 « Éco-conception »). L?objectif est de penser à l?im-
plantation d?un porteur de projet, en intégrant des critères
basés par exemple sur son bilan de flux entrants et sortants,
ou encore sur les synergies potentielles avec les entreprises
géographiquement proches.
Certains territoires se sont lancés dans cette démarche, en
faisant de l?EIT un moyen de garantir l?exemplarité de leurs
zones d?activités d?un point de vue environnemental. À
titre d?exemple figurent notamment le parc d?activités « Les
Portes du Tarn66» en Occitanie, ou l?espace industriel d?INS-
PIRA67en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces derniers ont servi de
territoires d?expérimentation pour des programmes de re-
cherche ou de développement d?outils intégrant les principes
d?EIT dans leurs zones d?activités. Ces outils peuvent donc
constituer de véritables outils d?aide à la décision pour les
commercialisateurs de foncier qui souhaitent améliorer et
optimiser l?implantation d?entreprises.
l?aPPlICatIOn
DE l?éCOlOgIE aU
DévElOPPEMEnt DU sItE InsPIRa
InsPIRa, Espace Industriel Responsable
et Multimodal
Vincent DAÖN, Directeur
INspIra - espace industriel, responsable et multimodal est situé à 40 minutes
au sud de lyon. le site profite d?un environnement économique riche composé
d?industriels leaders sur leur marché.
l?organisation d?INspIra, intégré à l?écosystème industriel permet, dans l?ac-
compagnement à l?implantation d?activité, de proposer des solutions en termes
de synergies industrielles. Il est ainsi étudié, entre les activités existantes et les
futurs projets, l?optimisation de flux de matières et d?énergie, la valorisation de
co-produits et la mutualisation de services et d?équipements. Cette pratique de
l?écologie industrielle permet de faire converger gains économiques et per-
formances environnementales et ainsi d?offrir aux entreprises des avantages
concurrentiels.
dans ce cadre, INspIra a initié une démarche partenariale68 aujourd?hui por-
tée par eNgIe à l?échelle européenne : le projet Be CIrCle ! l?objectif est
de faciliter la transition des acteurs industriels et de leur écosystème vers une
économie circulaire à l?aide d?une plateforme web spécialement conçue. Be
CIrCle ! favorise donc l?émergence de synergies industrielles en se basant sur
les flux locaux et accompagne les entreprises dans leur intégration au territoire.
INspIra est site d?expérimentation de la démarche pour améliorer et optimiser
l?implantation des entreprises.
T
É
M
O
IG
N
A
G
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(68) 1 Liste des partenaires :
Temps 1 : INSPIRA, ENGIE, Idea?s Laboratory, Trédi-Séché, CNR
Temps 2 : Climate-KIC, Arx IT, Ecole polytechnique, CNR, Provadis et
Infraserv Höchst (Plateforme industrielle allemande).
(66) Pour obtenir davantage d?informations, se référer au retour
d?expérience « Portes du Tarn », voir infra
(67) Pour obtenir davantage d?informations, se référer au retour
d?expérience « INSPIRA », voir ci-contre
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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les Portes du tarn
Antoine CHORRO, Directeur Général
Cyril ADOUE, Chef de Projet Recherche
le parc d?activités « les portes du tarn » (200 ha), à vocation industrielle, se situe
à une vingtaine de kilomètres de l?agglomération toulousaine. Il a été initié dans
les années 2000 par la communauté de Communes tarN-agOut et le Conseil
départemental du tarn. la conception, l?aménagement et la commercialisation
ont été confiés à la société publique locale d?aménagement (s.p.l.a) « les portes
du tarn ». l?économie circulaire a été intégrée à chacune des étapes du cycle de
vie du parc, dès sa phase de conception. l?objectif, pour la s.p.l.a.81 était de
limiter les consommations de ressources et d?énergie des activités implantées afin
de différencier l?offre de foncier de celles de la concurrence.
T É M O I G N A G E
Vue d?ensemble des Portes du Tarn ? juin
2018 ©Les Portes du Tarn
l?application de l?économie circulaire favorise l?acceptabilité auprès de la popula-
tion, des activités industrielles engagées dans cette démarche vertueuse. Ce projet
ambitieux et innovant a nécessité des travaux de recherche afin de développer
les outils méthodologiques et techniques nécessaires. une des caractéristiques
clés du parc est que l?écologie industrielle (création de synergies éco-industrielles
entre les entreprises : échanges de flux de matières ou d?énergie, mutualisations,
etc.) est au coeur de la commercialisation des parcelles. les synergies potentielles
liées à chaque implantation sont identifiées dès les premiers échanges avec les
investisseurs potentiels. les travaux de r&d menés ont été effectués dans le cadre
d?un partenariat entre la s.p.l.a.81 et toulouse INp-eNsIaCet, avec le soutien
de l?ademe. la boîte à outil développée a été présentée lors d?un colloque na-
tional dédié le 14 juin 2018. elle contient le progiciel eFFIe (efficiency through
Industrial ecology) qui permet d?intégrer des critères d?écologie industrielle à l?offre
de foncier d?activités. elle est à la disposition des aménageurs et consultable sur
le site http://www.portesdutarn.fr/.
lEs PORtEs DU taRn, l?IntégRatIOn DE l?éCOnOMIE CIRCUlaIRE Dans lE
CyClE DE vIE D?Un PaRC D?aCtIvItés
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
95
POUR allER PlUs lOIn
évaluer et pérenniser l?EIt en France
Depuis une dizaine d?années, les démarches d?EIT se multiplient en France
grâce aux nombreux appels à projets lancés par les Régions et les direc-
tions régionales de l?ADEME. Il est important que ces démarches se lancent
dans un processus d?évaluation afin de déterminer les impacts environne-
mentaux, économiques et sociaux que ces démarches vont générer. L?ADE-
ME a missionné ORÉE pour réaliser une évaluation de la maturité de l?EIT
en France, notamment en incitant les porteurs de projets à s?évaluer sur le
référentiel ELIPSE. Le référentiel ELIPSE créé par ORÉE permet d?évaluer
les performances des démarches d?EIT. Il se présente sous la forme d?une
plateforme en ligne et a été développé dans un triple objectif :
? Fournir un cadre commun d?auto-évaluation pour les porteurs de projets ;
? Permettre aux structures soutenant les démarches d?EIT de réaliser un
suivi ;
? Faire remonter au niveau national les bonnes pratiques, les freins et les
leviers communs.
Il est composé de 61 indicateurs répartis selon trois grands principes qui
sont la coopération multi-acteurs, le bouclage des flux et la création de
richesses locales. La plateforme est accessible69 pour tous et entièrement
gratuite.
En parallèle, ORÉE portera également des réflexions sur les conditions de
pérennisation des démarches d?EIT en France. En effet, après l?impulsion
des Régions pour le lancement de nombreuses démarches, le questionne-
ment s?oriente de façon quasi-systématique sur la pérennisation de telles
démarches. Les financements publics alloués aux démarches ont tendance
à prendre fin à l?issue d?une période de trois ans, obligeant alors les por-
teurs de projets à faire évoluer le modèle économique. La pérennisation
doit être appréhendée au regard de trois piliers fondamentaux qui sont :
la gouvernance de la démarche, des réalisations concrètes et des résultats
obtenus. Le réseau SYNPASE mène également des réflexions sur le sujet au
travers de son nouveau groupe de travail « Pérennisation des démarches
et réflexions autour des modèles économiques » 70.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
l?intégration de l?EIt dans les documents de planification
La Feuille de route recommande de faire la promotion de l?EIT en l?inté-
grant dans les Plans Régionaux de Prévention et de Gestion des Déchets
(PRPGD), ainsi que dans les Schémas Régionaux de Développement Éco-
nomique d?Innovation et d?Internationalisation (SRDEII).
Au vu de ses compétences en termes d?aménagement du territoire et en-
vironnement, la Région est l?acteur identifié pour élaborer la stratégie ré-
gionale de l?économie circulaire sur son territoire. Le PRGPD est un outil
de programmation globale visant à mettre en oeuvre les moyens pour
atteinte des objectifs nationaux en termes de réduction des déchets à la
source, d?amélioration des taux de tri pour le recyclage, et de valorisation
des déchets (voir fiche 7 « Incorporation des MPR » et fiche 3 «Consignes
de tri »). Dans le cadre de l?élaboration du PRGPD, les Régions sont dé-
sormais obligées d?y intégrer un « Plan régional d?action en faveur de
l?économie circulaire ».
L?EIT dans son déploiement opérationnel sur les territoires permet de ré-
pondre aux trois objectifs identifiés du PRGPD. Dans une note « Intégration
de l?EC dans les PRGPD71», l?ADEME propose des exemples de mesures
pouvant être intégrées dans le plan d?action en faveur de l?économie cir-
culaire.
Par ailleurs, en lien avec ses compétences de développement économique
et d?innovation, la Région est chargée d?élaborer le SRDEII. Ce schéma a
pour vocation de désigner les grandes orientations régionales en termes
d?aides aux entreprises, de soutien à l?internationalisation, à l?investisse-
ment immobilier et à l?innovation et comporte également un volet écono-
mie sociale et solidaire. Ce document peut aussi intégrer l?EIT car dans
son application sur les territoires, celle-ci est garante d?un développement
économique (bénéfices économiques pour les entreprises, création d?em-
plois, création de nouvelles activités etc.). De plus, le caractère prescriptif
du SRDEII en fait le document idéal pour faire la promotion de l?EIT auprès
des collectivités et autres acteurs locaux.
l?accès aux données en EIt
La mesure n°46 de la FREC met en évidence l?importance de faciliter
l?accès des données d?entreprises via un point d?accès national et d?am-
plifier le déploiement de plateformes d?échange afin de démultiplier les
potentialités de synergies inter-entreprises. La question des données en
EIT est cruciale car elles sont « la matière » nécessaire à faire émerger
ces synergies interentreprises. L?ADEME s?est emparée de cette question
en amorçant des réflexions sur les moyens de massifier ces données. Le
premier levier identifié est la création d?une nomenclature nationale des
flux, permettant la comptabilité des données et l?interfaçage entre outils.
De plus, la création d?une base de données nationale centralisatrice peut
s?avérer utile pour les porteurs de projets afin d?identifier des potentiels
de synergies. Le lancement du nouveau groupe de travail72 dans le cadre
du réseau national des acteurs de l?écologie industrielle et territoriale (SY-
NAPSE) aura vocation à travailler sur la construction de la nomenclature
et de la base de données.
(69) http://www.referentiel-elipse-eit.org/
(70) Le premier groupe de travail a eu lieu lors des rencontres francophones de l?EIT (RFEIT)
les 10 et 11 octobre 2018, Ã Troyes
(71) http://bit.ly/2Pxi8Eg
(72) Groupe de travail « Massification des données de flux : nomenclature et base de données »
95
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
«la commande publique est un terme générique relatif Ã
l?ensemble des contrats passés par les acheteurs publics pour
satisfaire leurs besoins73». les contrats de la commande pu-
blique s?illustrent sous différentes formes telles que les marchés
publics, les contrats de concession, les délégations de service
public, les contrats de partenariat public/privé, les partenariats
d?innovation, etc.l?ensemble de ces contrats doit respecter
trois principes: la liberté d?accès à la commande publique,
l?égalité de traitement des candidats et la transparence des
procédures. en 2014, la commande publique a fait l?objet
d?une réforme d?envergure au niveau européen afin de rendre
ces contrats plus responsables et, dès lors, les marchés publics
relèvent de l?ordonnance du 23 juillet 201574 et les contrats
de concession de l?ordonnance du 29 janvier 201675.
COntEXtE Et EnjEUX
la commande publique est un levier indispensable de la tran-
sition vers une économie plus circulaire. elle représente, à elle
seule, plus de 10 % du pIB français, soit 200 milliards d?eu-
ros76. au-delà de cette manne financière directe, qui pourrait
déjà permettre de valoriser les entreprises plus «vertueuses»,
l?effet d?entraînement de la commande publique est considé-
rable. au niveau européen, on parle même de «strategic
public procurement», en référence à sa capacité à dévelop-
per de nouveaux marchés et favoriser l?innovation verte. en
ce sens, l?ue encourage fortement la conclusion de marchés
publics écologiques (mpe)77. en France, la loi du 17 août
2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte78 pose le principe d?une commande publique durable
mise au service de la transition vers une économie circulaire:
les achats publics doivent participer à la réalisation des ob-
jectifs de développement durable, d?approvisionnement et de
consommation responsables grâce notamment à la mise en
place d?outils sur le coût du cycle de vie des produits79. la
volonté de mobiliser la commande publique au service de la
transition écologique s?illustre par l?obligation pour les collecti-
vités dépassant 100 millions d?euros Ht d?achats publics par
an, d?adopter un schéma de promotion des achats publics so-
cialement et Écologiquement responsables (spaser)80 devant
contribuer «à la promotion d?une économie circulaire81». de
plus, afin d?encourager les acheteurs publics vers la voie des
achats publics durables, l?adoption du plan National d?action
pour les achats publics durables (pNaapd)82 a fixé pour la
période 2014-2020, un objectif de 30 % des marchés pu-
blics intégrant des dispositions environnementales et 25 % de
dispositions sociales.
MObIlIsER lEs aCtEURs
Commande publique
(73) Commande publique respon-
sable : un levier insuffisamment
exploité, CESE, 2018
(74) Ordonnance n° 2015-899 du
23 juillet 2015 relative aux marchés
publics
(75) Ordonnance n° 2016-65 du 29
janvier 2016 relative aux contrats de
concession
(76) Commande publique respon-
sable : un levier insuffisamment
exploité, CESE, 2018
(77) Les marchés publics écologiques
sont des marchés publics permettant
d?acquérir des biens et des services
respectueux de l?environnement, dans
lesquels des critères sont élaborés
au niveau de l?UE et utilisés ensuite
par les pouvoirs publics sur une base
volontaire
(78) Loi n° 2015-992 du 17 août
2015 relative à la Transition énergé-
tique pour la croissance verte (LTECV)
(79) Tel que prévu par la mesure 44
de la Feuille de route sur l?économie
circulaire (voir infra)
(80) Obligation prévue par l?article
13 de la loi n° 2014-856 du 31 juil-
let 2014 relative à l?économie sociale
et solidaire, modifié par l?article 76
de la LTECV
(81) http://bit.ly/2Q0x10U
(82) http://bit.ly/2OsSACy
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0
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Concrètement, la commande publique propose différents
moyens d?actionpour intégrer l?économie circulaire :
Le sourçage, effectué en amont de la phase de mise en
concurrence, il est considéré comme un outil essentiel à la
bonne compréhension du marché public et des contraintes
existantes. Celui-ci permet, par la réalisation d?études de
marché ou d?échanges préalables avec les acteurs écono-
miques, de mieux appréhender l?offre disponible et donc
mieux définir les besoins;
L?évaluation précise des besoins, s?effectue en amont de la
passation. elle est la garantie d?une bonne compréhension
et exécution du marché, de son objet et de ses caractéris-
tiques83. Cette interrogation permet de réaliser un diagnostic
affiné et transversal du besoin et de projeter son évolution
dans le temps: quelles sont les attentes des usagers au-
jourd?hui et à terme? Faut-il acheter un produit ou bénéficier
d?un service (voir fiche 2 «Économie de la fonctionnalité»)?
le niveau de consommation actuelest-il adapté ? Cette ré-
flexion permet à la fois d?optimiser la demande, en tendant
vers une réduction et en recherchant des mutualisations;
L?objet du marchéest une question importante car il borne
les champs des possibles en matière d?exigences environne-
mentales. la commande publique circulaire peut alors utiliser
plusieurs outils: les critères de sélection bonifiant la perfor-
mance environnementale, les spécifications techniques, les
conditions d?exécution, les variantes environnementales, les
partenariats d?innovation, les marchés publics innovants, etc.
qui doivent être en lien avec l?objet du marché. le marché
peut donc spécifier un objectif environnemental dans son
objet, pour intégrer des exigences «proportionnées» par
la suite. par exemple, si l?objet du marché est de comman-
der du mobilier réemployé, il est possible d?exclure dans
les spécifications techniques la fourniture de mobilier neuf,
sans que cela ne constitue une restriction disproportionnée
à la concurrence;
Les spécifications techniquesdéterminent les «caractéris-
tiques requises des travaux, des services ou des fournitures
qui font l?objet du marché»84. au travers de ces spécifica-
tions techniques données, l?acheteur public a la possibilité
d?introduire des dispositions relatives à l?économie circulaire.
Ces spécifications sont les prescriptions techniques qui dé-
crivent les caractéristiques d?un produit, ouvrage ou service,
mais aussi un processus ou une méthode spécifique de pro-
duction ou d?une caractéristique propre à un autre stade du
cycle de vie. elles ont pour obligation d?être liées à l?objet
du marché mais aussi proportionnées à sa valeur et à ses
objectifs et reposer sur des normes, labels ou tout document
équivalent accessibles aux candidats;
Le choix du mieux disantpermet de sortir d?une logique de
critère de «prix» unique. ainsi, l?offre économiquement la
plus avantageuse repose sur différents critères: prix intégrant
le coût global, la qualité, le respect de critères sociaux et/
ou environnementaux, délais de réalisation, les profils, l?ex-
périence, etc.;
Les clauses de performances impactent la rémunération des
prestataires. les acheteurs publics ont la possibilité d?inciter
le prestataire à améliorer son processus de tri et accroître la
valorisation des déchets, par exemple;
Le principe d?allotissement est une opportunité pour favoriser
l?accès des petites et des moyennes entreprises aux contrats
de la commande publique;
Les partenariats d?innovations85est un nouveau type de mar-
ché public qui a pour objet la recherche et le développement
et l?acquisition de fournitures, services ou travaux innovants
qui en sont le résultat.
les leviers juridiques à activer pour tendre vers une commande
publique circulaire existent mais, pour autant, ces leviers sont
insuffisamment utilisés. On estime qu?en 2016, seuls 13,4 %
des marchés publics français supérieurs à 90 000 ¤ Ht com-
portaient une clause environnementale et 6,8 %, une clause
sociale. pour libérer le potentiel de la commande publique
circulaire, il s?agit donc de lever les freins organisationnels,
politiques ou techniques restants.
(83) Article 30 de l?ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
relative aux marchés publics
(84) Article 31 de l?ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
relative aux marchés publics
(85) Article 93 et suivants du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016
relatif aux marchés publics
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98
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°44:
«Faire de la COmmaNde puBlIQue et du dIspO-
sItIF « admINIstratION eXemplaIre » un levier pour
déployer l?économie circulaire :
? Inciter les administrations à donner les biens en bon
état dont elles n?ont plus l?usage (biens amortis tels que
livres, mobiliers, matériels électriques et électroniques,
équipements divers), au profit de structures relevant de
l?économie sociale et solidaire : créer une interface
web de dons en lien avec le site www.ventesdoma-
niales.fr, publier un guide d?aide à la pratique du don
par les administrations et favoriser la contractualisa-
tion des administrations avec des structures relevant de
l?économie sociale et solidaire ;
? Fixer comme objectif qu?au moins 50 % des distributeurs
automatiques de boissons déployés dans les services
de l?État et chez ses opérateurs différencient au niveau
des prix, l?achat avec ou sans gobelet d?ici 2021 ;
? Fixer à l?État, à ses opérateurs et aux collectivités l?ob-
jectif d?utiliser au moins 50 % de papier recyclé Ã
compter du 1er janvier 2022, en parallèle de la pour-
suite de la réduction de la consommation de papier ;
? s?engager, sur la base d?une étude à achever d?ici
2019, dans l?utilisation de pneumatiques rechapés ou
rechapables pour les flottes des véhicules lourds des ser-
vices de l?État, de leurs opérateurs et des collectivités ;
? s?engager, sur la base d?une étude à achever d?ici fin
2018, dans l?utilisation de téléphones issus du réem-
ploi par les services de l?État ;
? Intégrer l?économie circulaire dans les stratégies de com-
mande publique (charte d?achat public durable, abaissement
du seuil à partir duquel devient obligatoire le schéma de
promotion des achats publics socialement et écologiquement
responsables (spaser), statistiques issues de l?observatoire
économique de la commande publique, etc.) ;
? mettre à disposition des acheteurs, d?ici 2022, des outils sur
le coût du cycle de vie pour les grands types d?achat repo-
sant sur des méthodes intégrant les coûts directs, notamment
l?acquisition, le transport, l?utilisation, la maintenance, la fin
de vie d?un produit ou service sans oublier les coûts imputés
aux externalités environnementales, par exemple en termes
de gaz à effet de serre ;
? développer de nouveaux instruments et méthodes innovants:
plateformes numériques de sourçage, notamment pour les
produits biosourcés durables, repérage de clauses et critères
exemplaires, mise en place de procédures organisationnelles
et budgétaires incitant les responsables publics des budgets
à prendre en compte les coûts de fonctionnement et de fin
de vie des achats publics, acceptation systématique des va-
riantes environnementales dans les offres, etc. ;
? Consolider les réseaux régionaux d?acheteurs, notamment
par le renforcement du pilotage au niveau de l?État par les
plateformes régionales des achats de l?État (pFra) créées
en 2016 ;
? proposer d?ici 2019 via l?ugap (union des groupements
d?achat public) une offre relevant de l?économie circulaire
(achat de produits d?occasion, de services relevant de l?éco-
nomie de la fonctionnalité, etc.) ;
FI
C
h
E
n
°1
0
? développer dans le cadre du dispositif interministériel
« Administration exemplaire » un suivi spécifique sur les
déchets produits dans les services de l?État et les restaurants
collectifs qui en dépendent ; prendre en compte une dimen-
sion « économie circulaire » dans ce dispositif et y installer un
nouvel instrument incitatif permettant de mobiliser les services
et d?encourager les bonnes pratiques».
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général au
développement durable
la Feuille de route vise à généraliser l?intégration des
concepts de l?économie circulaire dans les stratégies de
commande publique durable.
parmi, les premières mesures de mise en oeuvre, un guide
sur la pratique du don par les administrations publiques ainsi
que la charte de l?achat public durable seront présentés fin
2018. la centrale d?achat ugap poursuit le développement
de son offre relevant de l?économie circulaire. enfin, des tra-
vaux d?élaboration de deux méthodes de calcul du coût du
cycle de vie sont actuellement en cours (mobilier de bureau
et prestations de nettoyage).
avis d?expert
avis d?expert
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
État des lieux «Commande publique responsable :
un levier insuffisamment exploité»
Brochure «des marchés publics pour une économie
circulaire - Bonnes pratiques et orientations»
Focus «Vers une commande publique circulaire»
Cahier technique «l?économie circulaire et la commande
publique»
plans ministériels d?administration exemplaire et bilans
annuels par ministère
plan National d?action pour les achats publics durables
(pNaapd)
schéma de promotion des achats publics socialement et
écologiquement responsables
Fiche technique «la définition du besoin»
Notice introductive «prise en compte du cycle de vie dans
une consultation»
Inter-réseaux de la commande publique durable et réseaux
régionaux d?acheteurs publics
plateforme informatique du réseau des acheteurs publics
intégrant le développement durable
PORtEUR / aCtEUR
Cese
Commission européenne
Institut de l?économie circulaire
areNe
ÃŽle-de-France
ministère de la transition
écologique
et solidaire
direction des affaires
Juridiques
direction des affaires
Juridiques
gem-dd
ministère de la transition
écologique et solidaire
sources
http://bit.ly/2D31Hb7
http://bit.ly/2PbSSDg
http://bit.ly/2DmnGe8
http://bit.ly/2JDl3Vq
http://bit.ly/2QpUNkg
http://bit.ly/2OsSACy
http://bit.ly/2yNngti
http://bit.ly/2PAT4eH
http://bit.ly/2Or7V6A
http://bit.ly/2PbTb0S
http://bit.ly/2OohHXb
annéE
2018
2017
2017
2017
2015
2020
2016
2017
2016
Enjeux
globaux
sur les plans
et schémas
sur la définition
du besoin
sur le coût du cycle de
vie et le coût global
sur les réseaux
d?acheteurs publics
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
99
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
100
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
FI
C
h
E
n
°1
0
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État et les acteurs publics
seuil à partir duquel devient obligatoire le schéma de
promotion des achats publics socialement et Écologique-
ment responsables (spaser);
Élaboration d?une offre économie circulaire par l?ugap;
mise en place d?un tableau de bord pour le suivi spéci-
fique sur les déchets produits dans les services de l?État et
les restaurants collectifs qui en dépendent;
publication d?un guide d?aide à la pratique du don par
les administrations;
Inscription des objectifs dans le dispositif administration
exemplairede :
? 50 % de distributeurs automatiques de boissons différen-
ciant au niveau des prix, l?achat avec ou sans gobelet
d?ici 2021;
? 50 % de papier recyclé à compter du 1er janvier 2022.
réalisation d?études surles possibilités:
? d?utilisation de pneumatiques rechapés ou rechapables
pour les flottes des véhicules lourds des services de l?État,
de leurs opérateurs et des collectivités;
? d?utilisation de téléphones issus du réemploi par les ser-
vices de l?État;
Nombre de titulaires d?écolabels français NF environne-
ment et européen (ee)86;
part de marchés publics supérieurs à 90000¤ intégrant
des clauses environnementales. (86) Indicateur déjà suivi: «10 indicateurs clés pour le suivi
de l?économie circulaire, Commissariat général au dévelop-
pement durable, 2017»
(87) https://www.ademe.fr/actualites/appels-a-projets
(88) Source : ISO20400, Norme Achats responsables,
AFNOR, 2017
POUR allER PlUs lOIn
activer la gouvernance comme levier pour
favoriser la transversalité dans l?organisation
interne
En effet, la difficulté à mettre en oeuvre une commande pu-
blique circulaire réside avant tout dans la caractéristique
résolument transversale de la fonction achat.
Rédiger une stratégie de commande publique circulaire,
s?appuyant sur un Schéma de Promotion des Achats Pu-
blics Socialement et Écologiquement Responsables (SPA-
SER), ou a minima, en définissant une charte et des pro-
cess de fonctionnement;
Anticiper les marchés à venir, grâce à un état des lieux
des marchés passés et un diagnostic des marchés futurs
afin de dimensionner, mutualiser et prioriser les besoins;
S?appuyer sur un portage politique fort.
Former et accompagner les acheteurs
La France compte 130000 acheteurs publics, c?est plus de la
moitié du nombre d?acheteurs de toute l?Europe. Plus qu?ail-
leurs, l?accompagnement des acheteurs est fondamental;
ceux-ci s?estimant trop souvent démunis pour porter la tran-
sition écologique. En cause, un manque de connaissance sur
la manière de définir, évaluer et vérifier les critères environ-
nementaux, la difficulté de penser le coût sur l?ensemble du
cycle de vie, la perception d?un surplus monétaire et surtout
un manque de temps.
Une reconnaissance du rôle des acheteurs est incontour-
nable, ainsi qu?un accompagnement technique via la forma-
tion initiale et continue. En parallèle, les méthodes et outils
permettant d?objectiver le coût global en fonction de typo-
logie de produit doivent se développer, à l?instar de la Di-
rective 2009/33/CE qui définit le coût de cycle de vie des
véhicules. Enfin, les échanges, bonnes pratiques et retours
d?expérience doivent encore être partagés et diffusés. Sur ces
deux derniers éléments, la Commission européenne propose
des guides, outils et fiches bonnes pratiques87.
Instaurer un dialogue public-privé sur les
territoires
Un dialogue public-privé doit s?instaurer afin que les com-
mandes s?accordent aux potentialités du territoire. L?ache-
teur doit être en capacité de mener un sourcing continu
afin d?adapter et dimensionner ses marchés au regard
des capacités des fournisseurs. L?acheteur doit également
s?assurer que la réponse attendue n?entraîne pas d?efforts
disproportionnés pour les fournisseurs. Le dialogue et les
échanges préalables avec les acteurs économiques du ter-
ritoire doivent ainsi être favorisés, dans une logique d?éco-
système et de chaîne de valeur, et ce, vers un développement
durable des territoires. À ce titre, le Green Deal Circular Pro-
curement, lancé par Kirkman Company, MVO Nederland,
NEVI, PIANOo et Circle Economy est exemplaire. L?initiative
soutient les organisations souhaitant engager des actions
d?achats circulaires et partagent les bonnes pratiques, pour
favoriser une dynamique d?engagement volontaire et posi-
tive, à hauteur des capacités des acteurs.
Vision globale de l?approche du
« coût du cycle de vie »
Ensemble des coûts et impacts
du cycle de vie
Coûts du cycle de vie
Coût total
de possession
(TCO)
Prix
Organisation Société
Externalités non
monétisables
Coût des externalités
environnementales
/sociales
Coûts/bénéfices
des risques/opportunités
Coûts d?acquisition,
d?utilisation et de fin de vie
Prix d?achat
+
+
+
+
+
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Schéma :
Vision globale de l?approche
du « coût du cycle de vie »88
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
101
aU sERvICE D?UnE éCOnOMIE DURablE,
PROtECtRICE DEs REssOURCEs Et
REsPECtUEUsE DE l?EnvIROnnEMEnt
ville de Paris, Direction des Finances
et des achats, sous-direction des achats
Meriem BELKHODJA, Adjointe à la cheffe de bureau
Supports et Techniques d?Achat
États généraux puis livre blanc de l?économie circulaire en 2015, schéma parisien de la Com-
mande publique responsable adopté à l?unanimité par le Conseil de paris en février 2016 faisant
de l?économie circulaire sa pierre angulaire, plan Économie circulaire et sa 1ère Feuille de route,
adoptés en juillet 2017, l?engagement de la Ville de paris en matière d?économie circulaire se veut
opérationnel et concret au service d?une économie durable, protectrice des ressources et respec-
tueuse de l?environnement. au service de cette ambition, la commande publique parisienne, qui
représente selon les années entre 1,2 et 1,6 milliards d?euros d?achats, constitue un puissant levier.
la direction des Finances et des achats de la Ville s?est donc engagée de longue date dans la
prise en compte de l?économie circulaire; intégrant systématiquement l?étude de ce volet lors
de l?élaboration de ses stratégies d?achat (duchallenge du besoin en passant par des clauses
d?exécution ou des critères de jugement des offres). elle porte par ailleurs de façon plus formelle
l?action 13 du plan Économie circulaire, destinée à augmenter la part de produits éco-conçus dans
les achats publics et développer une logique d?économie de la fonctionnalité dans nos marchés.
plusieurs actions concrètes ont d?ores et déjà été engagées par la Ville (direction du logement et de
l?Habitat, avec une chargée de mission dédiée à l?économie circulaire, directions des Constructions
publiques et de l?architecture, direction de l?Immobilier, de la logistique et des transports, etc.) :
réemploi des matériaux in situ ou hors site, création d?une plateforme d?échanges de matériaux
entre chantiers ou mobiliers, éco-conception et aménagement en économie circulaire, signature de
la charte dÉmOClÈs visant à développer le recyclage des matériaux de gros et second oeuvre
en rappelant à chacun des acteurs (mOa, mOe, sps) leurs responsabilités, leviers et outils, mise
en place de groupes de travail dédiés.
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
Une illustration
La Maison des Canaux, un
chantier exemplaire de réha-
bilitation et de mise en oeuvre
des principes d?économie cir-
culaire conduit par la Ville de
Paris.
Objectif: tendre vers une ges-
tion « zéro déchets » des bâti-
ments, avec un réemploi autant
que possible des matériaux et
mobiliers sur site et le traite-
ment des déchets dans des fi-
lières de revalorisation.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
102
PROgRaMME-aCtIOn
«aChats Et éCOnOMIE CIRCUlaIRE»
Métropole du grand Paris, Institut national
de l?économie Circulaire et Observatoire
des achats Responsables
Hortense MOURIER, Chef de projet Économie Circulaire,
Direction Développement économique et attractivité,
Métropole du Grand Paris
afin d?accompagner les acheteurs et prescripteurs vers da-
vantage d?économie circulaire, la métropole du grand paris
(mgp), l?Institut National de l?Économie Circulaire (INeC) et
l?Observatoire des achats responsables (OBsar) ont décidé
de créer et co-piloter un programme-action intitulé «achats et
économie circulaire».
Inspiré des « green deal » lancés aux pays-Bas depuis 2011,
ce programme opérationnel vise à l?intégration de clauses ou
critères d?économie circulaire dans des achats publics et privés
d?acteurs volontaires. Il répond à plusieurs objectifs :
1. Créer et partager des connaissances en valorisant les dé-
marches exemplaires;
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
FI
C
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E
n
°1
0
2. avoir des impacts réels sur l?utilisation des ressources, la
création d?emplois, etc.;
3. sensibiliser et convaincre des avantages économiques,
sociaux et environnementaux de l?intégration de l?économie
circulaire dans les achats.
une trentaine de structures prendra part à l?expérimentation du
programme sur une année (jusqu?en décembre 2019). dans
ce cadre, les organisateurs (mgp, INeC, OBsar) mobilise-
ront des acteurs experts sur les questions de marchés publics
durables, capables d?orienter et d?accompagner les partici-
pants afin d?intégrer l?économie circulaire dans leurs stratégies
d?achats (présentation d?offres de biens et services circulaires
et innovants, réponses aux questions techniques, etc.).
103
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
CONClusION
étapes à venir
la loi de finance 2019 (automne 2018) qui apportera de nouvelles mesures fiscales.
la loi de mise en oeuvre de la FREC, qui devrait être présentée à l?assemblée nationale en avril 2019, comportant :
la transposition des directives «déchet», en lien avec le paquet économie circulaire;
l?extension du champ des filières rep existantes, l?évolution de leur gouvernance et le déploiement des nouvelles filières prévues par la
Feuille de route (notamment la gratuité de la reprise des déchets du bâtiment) ;
les mesures relatives au plastiques ;
les mesures relatives à la mise sur le marché des produits :
? l?obligation de mise à disposition de pièces de rechange issues de l?économie circulaire;
? l?information sur la disponibilité ou non des pièces pour les équipements électriques et électroniques et pour les éléments
d?ameublement;
? l?information sur la réparabilité;
l?interdiction de destruction des invendus textile;
la simplification des contraintes pour les autorités chargées de la police des déchets;
la lutte contre le trafic de véhicule hors d?usage.
Un décret à l?issue de l?adoption de la loi FREC portant sur :
le renforcement des sanctions financières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu?elles soient efficaces
et incitatives;
l?extension du champ de la filière rep « emballages » aux emballages professionnels (2021);
le déploiement de nouvelles filières rep dans les secteurs des jouets, des articles de sport et de loisirs, et des articles de bricolage et
de jardin (2020);
la généralisation de la mise en place de critères d?éco-modulation à toutes les filières rep et faire de l?éco-modulation un outil
réellement incitatif grâce à des bonus-malus pouvant excéder 10 % du prix de vente Ht des produits (2020);
l?extension de la filière des véhicules hors d?usage aux voiturettes et motos (2020);
l?obligation de fournir le certificat de destruction par un centre VHu pour résilier son assurance auto (2020).
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
104
GT pour approfondir les travaux :
dès le mois de mai 2018 et
jusqu'à la fin d'année 2018
Engagements volontaires :
dès le mois de juin 2018
Appropriation au sein des territoires :
d?ici la fin de l?année 2018
Mesures d?ordre législatif (la loi « FREC »,
à travers la loi de transposition
de la nouvelle directive cadre déchet) :
1er semestre 2019
Mesures d?ordre réglementaire :
poursuite à l?issue de l?adoption
de la loi « FREC »
l?état a annoncé les
prochaines étapes. C?est
au niveau des territoires
et des entreprises que les
changements ont commencé
à s?opérer et doivent
continuer à s?opérer.
En espérant que les éléments
mis en avant dans ce guide
puissent les aider dans leur
mise en oeuvre!
CONClusION
105
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
Cgdd p.3 ; ds avocats et OrÉe p.4 ; HOp p.17 ;
philips p.21 ; ademe p.25 ; greenbig p.35 ;
syctom p.45 ; sympatex p.52 ; OrÉe p.55 ;
léa Nature p. 65 ; papreC p. 71 ; portes du tarn p.92 ;
Ville de paris p.101.
OPTIM?SERVICES ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
IMPRESSION CENTRE ÉDITION SNCF
SUR DU PAPIER 100% RECYCLÉ
Crédits Photos
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
106
nOtEs
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
107
Suivez-nous surwww.oree.org
Avec le soutien du :
(ATTENTION: OPTION l?éco-modulation. les éco-modulations
s?appuieront sur des référentiels technologiques (durabilité,
réparabilité, recyclabilité, incorporation de matière recyclée,
substitution par des ressources renouvelables?) validés
par l?ademe, qui permettront d?objectiver les meilleures
technologies disponibles à un coût économiquement
acceptable, en tenant compte également des spécificités
de l?outre-mer ».
Mesure n°15 :
« FaIre ValOIr d?ICI 2019 POur la FIlIÈre TeXTIle les
GraNds PrINCIPes de la luTTe CONTre le GasPIllaGe
alImeNTaIre afin de s?assurer que les invendus de cette
filière ne soient ni jetés, ni éliminés ».
Mesure n°28 :
« reFONder le PaCTe de CONFIaNCe des FIlIÈres reP
aFIN de redONNer des marGes de maNOEuVre
auX ÉCO-OrGaNIsmes TOuT eN reNFOrÇaNT les
mOYeNs de CONTrOle de l?ÉTaT POur assurer
l?aTTeINTe des OBJeCTIFs :
? [...] Confier aux éco-organismes la responsabilité de
proposer une trajectoire de progrès en matière de
prévention et d?éco-conception au travers de l?élaboration
d?un plan quinquennal sectoriel ».
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
5050
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
FI
c
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n
°5
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
Étude « eCaP ? embedding Circular Procurement in
purchasing of workwear »
Étude « eCaP - mapping clothing impacts in europe : the
environmental cost »
Étude « eCaP ? european Textiles and Workwear market
? the role of Public Procurement in making textiles circular»
« Étude des perturbateurs et facilitateurs au recyclage des
textiles et linges de maison »
rapport d?activité « Textiles d?habillement, linge de maison
et chaussures des ménages ? données 2014 »
Étude « a new textiles economy : redesigning fashion?s
future »
Guide « le revers de mon look »
Étude « recycled Textile Fibers and Textile recycling - an
overview of the market and its possibilities for Public
Procurers in switzerland »
sources
http://bit.ly/2Q9nTnA
http://bit.ly/2zfuzcJ
http://bit.ly/2JxcqvO
http://bit.ly/2F3wxCW
http://bit.ly/2P1EVYw
http://bit.ly/2AE2Gg8
http://bit.ly/2ACw0ns
http://bit.ly/2PsqsEr
AnnéE
_
2017
_
2014
2016
2017
_
2017
théMAtIQUE
Promotion de
l?économie circulaire
dans les achats publics
de textiles
Aller plus loin
Boîte à outils
PortEUr ActEUr
sustainable Global
resources ltd
WraP
sustainable Global
resources ltd
École Nationale supérieure des
arts et Industries Textiles
ademe
ellen macarthur
Foundation & Circular Fibres
Initiative
eco-TlC,
ademe
Federal Office for
the environment ?
be sustainable
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
51
sources
http://bit.ly/2Q9nTnA
http://bit.ly/2zfuzcJ
http://bit.ly/2JxcqvO
http://bit.ly/2F3wxCW
http://bit.ly/2P1EVYw
http://bit.ly/2AE2Gg8
http://bit.ly/2ACw0ns
http://bit.ly/2PsqsEr
Boîte à outils
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
appels à projets eco-TlC annuel « les chemins de
l?innovation ». eco-TlC, dans son rôle de prévention des
déchets, organise des appels à projets pour soutenir la
recherche et développement
appel à Projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 3 - réutilisation,
réparation, réduction des déchets et du gaspillage
alimentaire et modèle d?économie de fonctionnalité
sources
http://bit.ly/2DdKqNd
http://bit.ly/2yJtwT3
AnnéE
depuis 2010
Ouvert du 9
février 2018 au
17 juin 2019
théMAtIQUE
r&d
PortEUr ActEUr
eco-TlC
_
de nombreux projets industriels sont en cours de réalisation pour apporter de nouvelles techniques de recyclage mais il est également
fondamental que les fabricants et les consommateurs s?emparent de ces matières premières secondaires. Cela renvoie à la fiche 7 sur la
réincorporation des matières premières.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
52
dans le choix d?un tissu fonctionnel imperméable et respirant
les possibilités sont nombreuses, tissus enduits, membranes
polyester (Pes), polyuréthane (Pu) ou polytétrafluoroéthylène
(PTFe) ; mais parmi toutes ces options, une seule permet le
recyclage aisé des vêtements en fin de vie : une membrane
100 % polyester associée également à un tissu en polyester.
depuis l?origine, sympatex a fait le choix de ce polymère afin
de pouvoir le recycler. dans le meilleur des cas, les autres
options ne permettent que l?incinération des vêtements en fin
de vie.
soucieux de réduire l?impact environnemental de nos tissus
et conscients du fait que l?industrie textile est aujourd?hui la
deuxième la plus polluante au monde, nous proposons la
seule membrane neutre en émissions CO2 à ce jour et avons
développé des gammes de tissus en polyester 100 % recyclé
et répondant aux normes les plus exigeantes. afin de mettre
en place une économie circulaire appliquée aux textiles im-
perméables et respirants, le projet Wear2wear a vu le jour.
avec un ensemble de partenaires, nous avons créé un groupe-
ment pour le traitement de vêtements en polyester, leur déman-
tèlement et le recyclage des tissus pour fabriquer un nouveau
fil destiné à être réemployé. Outre le fait d?éviter l?impact envi-
ronnemental de l?incinération, le recyclage permet de ne pas
utiliser de matières premières « vierges », améliorant ainsi le
bilan écologique de cette démarche.
le bilan actuel pour chaque tonne de vêtements incinérée42 :
? 350 kg CO2 eq émis ;
? 300 kilogrammes de résidus d?incinération produits ;
? Production de résidus d?épuration des fumées hautement
toxiques (reFIOm/reFIdI).
T É M O I G N A G E
52
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
FI
c
h
E
n
°5
WEAr2WEAr - rEcyclAgE dE tEXtIlEs
tEchnIQUEs En PolyEstEr
sympatex technologies sAs
Pablo DE lA FuENTE, Responsable Marchés Publics France & Europe du Sud
(42) Bilan carbone, SIREDOM, 2016
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
TdV Industries, fabricants de tissus pour vêtements profession-
nels, affiche clairement son positionnement sur l?élaboration
de solutions répondant aux problématiques de valorisation des
vêtements en fin de vie, dans le respect de sa politique rse.
dans la préoccupation de préservation des ressources, le CeTI
(Centre européen des Textiles Innovants), se positionne en tant
que précurseur pour l?industrie textile du futur.
le projet reWINd, initié par deCaTHlON et piloté par TdV
Industries, vise la mise en place d?une filière complète de re-
cyclage en développant des installations pilotes et industrielles
pour collecter, trier, démanteler et recycler des articles textiles
post-consommation en coton pour la marque de vêtement de
chasse sOlOGNaC du groupe deCaTHlON. le CeTI et TdV
Industries investissent dans la création d?une plateforme pilote et
industrielle de recyclage de fibres courtes, unique en europe.
Nous créerons ainsi une matière première secondaire, rédui-
sant à terme considérablement les volumes de matières vierges
importées, ainsi que le coût de revient et l?empreinte environ-
nementale des textiles. Pour cela nous travaillons à :
? lever les verrous technologiques aujourd?hui rencontrés dans
la filière et garantir la performance d?une ligne industrielle
d?upcycling ;
? maîtriser le flux des gisements à recycler par un tri fin en
fonction de la matière et de la couleur via un dispositif
automatisé permettant son industrialisation ;
? automatiser le démantèlement des articles ;
? développer et améliorer les équipements d?effilochage et
de filature afin d?optimiser la qualité et le coût des tissus
ou tricots fabriqués à partir de fibres de coton et coton/
polyester recyclées.
T É M O I G N A G E
éco-cIrcUlArIté
? donnEr UnE
sEcondE vIE AUX
vêtEMEnts
tdv Industries / cEtI
Farida SIMoN, Recherche et
Développement, TDV Industries
et Mara POGGIO, Responsable
Développement Durable, CETI
53
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
54
IndIcAtEUrs
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
mise en place de l?affichage environnemental volontaire
des produits textiles ;
mise en place de conventions avec une association cari-
tative pour leur donner ses invendus vestimentaires.
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?état
Nombre de secteurs de la filière textile concernés par la
mise en oeuvre de l?affichage environnementale volontaire
des produits ;
Élaboration des obligations de l?industrie textile sur la mise
en place de conventions avec une association caritative
pour leur donner ses invendus vestimentaires ;
Nombre d?entreprises ayant signé au moins une conven-
tion de dons à des associations caritatives (en fonction
de la taille de l?entreprise) ;
Tonnages de textiles collectés par rapport aux tonnages
produits (convention d?agrément reP avec l?État) ;
Tonnages mis en installation de stockage ou incinérés
lorsque les produits ne sont pas vendus (convention d?agré-
ment reP avec l?État) ;
Taux de crème (pièces de la meilleure qualité), 2e et 3e
choix, essuyage, effilochage, Csr, déchets ultime ou re-
bus de tri (convention d?agrément reP avec l?État) ;
Taux de réincorporation dans de nouveaux produits
(convention d?agrément reP avec l?État).
PoUr AllEr PlUs loIn
gestion des invendus textiles
Afin d?éviter le gaspillage vestimentaire lié à la mauvaise
gestion des invendus, la mesure 15 obligera certains metteurs
sur le marché à conclure une convention avec une association
caritative pour leur donner ses invendus vestimentaires. L?État
doit encore déterminer les tonnages concernés et les obliga-
tions précises à mettre en place avec les marques. Cependant,
ces critères ne peuvent pas être appliqués sur les vêtements
professionnels. En effet, si ces vêtements, dont le logo ou les
couleurs renvoient directement à l?image de l?entreprise, sont
utilisés à des fins frauduleuses, cela peut nuire à la sécurité et/
ou à l?image de l?entreprise (voir encadré témoignage page
suivante). La loi de mise en oeuvre de la FREC, attendue pour le
1er semestre 2019, interdira la destruction des invendus textile.
Amélioration de la gestion des textiles en fin de vie
Bien que le rapport Vernier recommande de « ne pas procé-
der à des regroupements obligatoires de filières », un constat
ressort des expériences terrain, comme l?indiquait également
le rapport « Repenser les filières de responsabilité des produc-
teurs » de la Fabrique Écologique de 2017 : « il peut y avoir
des synergies techniques entre les filières, entre les meubles et
les textiles ». Il est, en effet, parfois difficile de ranger un pro-
duit dans une filière plutôt que dans une autre, notamment sur
la filière textile. De même, au niveau de la collecte, la mutuali-
sation des logistiques de collecte et de transport entre plusieurs
filières pourrait être intéressante et au niveau du traitement,
les opérateurs qui traitent les déchets de plusieurs filières sont
souvent les mêmes acteurs, rendant le regroupement possible.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
54
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
l?idée de ce projet est issue du Club métiers OrÉe « Valori-
sation des mousses & textiles » et répond à la demande des
donneurs d?ordre (dO) de pouvoir mieux traiter leurs vêtements
professionnels en fin de vie. en effet, il n?existe pas de solutions
dédiées à ces vêtements aux caractéristiques spécifiques.
après des mois de préparation coordonnée par l?association
OrÉe, mandatée en cela par les partenaires engagés, le
projet FrIVeP©, a été retenu parmi les quatre premiers eCV
nationaux et présenté le 27 avril 2016 par emmanuel macron
et ségolène royal à Bercy.
les signataires engagés sont :
? les donneurs d?ordre (Do) : sNCF, la Poste, la Ville de
Paris, GrdF, esF, les ministères de l?Intérieur et des armées ;
? les industriels : synergies TlC, Texeco-moncorgé, sym-
patex, bilum, TdV Industries, Buitex ;
? Des partenaires techniques et financiers : la FeP/Fare,
sNCF logistics, le CeTI.
l?Ecv FrIvEP© : co-construire une filière de réemploi
et de recyclage des vêtements
Michel loPEZ, Coordinateur du projet FRIVEP©, Référent déchets
et économie circulaire SNCF et Vice-Président d?ORÉE
l?objectif du projet FrIVeP© est de pouvoir traiter les gisements
des dO (tenues Images, uniformes, vêtements de travail, ePI)
grâce à plusieurs solutions techniques efficientes, mutualisées
et massifiées en assurant la traçabilité, la sécurisation des pro-
cessus, la maîtrise des débouchés pour les matières premières
secondaires et en favorisant la création d?emplois sur le terri-
toire français. la phase 1 du projet a consisté en une étude
de faisabilité technico-financière, un diagnostic des gisements
des dO, pour définir les étapes de la mise en oeuvre de
solutions fiables de valorisation et de recyclage des matières.
la phase2 a permis d?assurer les conditions techniques, admi-
nistratives, juridiques et financières de l?expérimentation, objet
de la phase 3. Celle-ci se déroule sur une période de 15 mois
depuis fin juin 2018.
l?expérimentation a pour objectifs de :
? Caractériser les gisements réellement collectés par dO et
tester différentes options techniques de tri/démantèlement et
d?utilisation des matières préparées dans les filières en aval ;
? Évaluer les coûts sur l?ensemble de la chaîne afin de confir-
mer la viabilité économique de la filière.
les enseignements de l?expérimentation devraient permettre aux
industriels de retenir les solutions techniques efficientes dans
l?optique d?une phase industrielle (phase 4).
l?Ecv FRIvEP© est un bel exemple de mobilisation des Do
et des Industriels pour le développement de dispositifs tech-
niques, logistiques et d?emplois relevant de l?économie Sociale
et Solidaire (ESS).
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
57
MIEUX
PRODUIRE
Fiche 6 Éco-conception
mesures de la FreC 7, 11, 12, 13, 28, 32 ? page 58
Fiche 7 Incorporation de matières premières dans de nouveaux produits
mesures de la FreC 1 et 37 ? page 68
Fiche 8 Gérer les ressources durablement
mesure de la FreC 5 ? page 76
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
l?éco-conception est la « conception d?un produit, d?un bien
ou d?un service, qui prend en compte, afin de les réduire, ses
effets négatifs sur l?environnement tout au long de son cycle
de vie, en s?efforçant de préserver ses qualités ou ses perfor-
mances »43.
COntEXtE Et EnjEUX
le grenelle 1 (loi de programmation d?août 2009), introduit
l?éco-conception dans la réglementation en la citant :
Comme un moyen de réduction des déchets par les entre-
prises en amont ;
Comme un critère d?éco-modulation des contributions finan-
cières des industriels aux éco-organismes.
la directive cadre 2009/125/Ce fixe des exigences en
matière d?éco-conception applicables aux produits liés Ã
l?énergie44.
la prise de conscience que les ressources terrestres sont finies
impose de changer notre façon de produire et de concevoir
les produits mis sur le marché. pour éco-concevoir, il est indis-
pensable d?interroger les différents impacts du produit, bien
ou service sur toutes les phases : pollutions dans l?air, l?eau
et les sols, optimisation de la consommation des ressources
naturelles - eau, énergies, matières, foncier - lors des phases
d?extraction des matières premières, de fabrication, de trans-
port, d?usage et de fin de vie du produit, bien ou service. lors
de cette phase de questionnement, il faut veiller à éviter les
transferts d?impacts45.
la démarche d?éco-conception permet de repenser le proces-
sus de conception de l?entreprise (de l?amélioration incrémen-
tale au changement de paradigme/innovation de rupture)
en innovant, de répondre aux nouvelles attentes des consom-
mateurs et d?améliorer l?image de l?entreprise. elle doit être
propre à la culture d?entreprise et doit impliquer l?ensemble des
fonctions (marketing, achats, r&d, qualité, production, etc.).
les entreprises peuvent s?appuyer sur les labels reconnus pour
valoriser leurs produits éco-conçus. Cependant, les consom-
mateurs se perdent dans cette « jungle des labels » et il faut
donc éviter de créer davantage de nouvelles reconnaissances
« produit » et privilégier les labels reconnus par l?État.
MEsUREs PhaREs DE la FREC COnCERnéEs
Mesure n°7: « dÉplOYer l?aFFICHage eNVIrON-
NemeNtal volontaire des produits et des services dans les
cinq secteurs pilotes (ameublement, textiles, hôtels, produits
électroniques et produits alimentaires). Étendre ce dispositif
volontaire à d?autres secteurs courant 2018 ».
MIEUX PRODUIRE
Éco-conception
(43) Définition ADEME.
(44) La Directive a été transposée en droit français par un
décret du 28 juin 2011 et par un arrêté du 3 août 2011.
Produits liés à l?énergie : « tout bien ayant un impact sur la
consommation d?énergie durant son utilisation qui est mis
sur le marché et/ou mis en service, y compris les pièces
prévues pour être intégrées dans un produit lié à l?énergie
visé par la présente directive et qui sont mises sur le marché
et/ou mises en service sous forme de pièces détachées des-
tinées aux utilisateurs finals et dont la performance environ-
nementale peut être évaluée de manière indépendante ».
(45) Par exemple, l?isolation permet de diminuer les
besoins de chauffage mais nécessite davantage de
consommation de ressources pour sa conception. Il faut
donc analyser si, au vu des gains énergétiques, ce transfert
d?impact est acceptable ? source MOOC UVED sur
« l?éco-conception et ses outils ».
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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Mesure n°11 : « utIlIser le leVIer de la garaN-
tIe lÉgale pOur FaVOrIser l?ÉCO-CONCeptION des
prOduIts :
? Porter au niveau européen une extension de la garantie
légale de conformité pour les appareils électro-ménagers,
électriques et électroniques ;
? Renforcer les contrôles de la DGCCRF en matière de ga-
rantie légale de conformité [?] ;
? Faciliter d?ici 2019 le dépôt de plainte pour les consom-
mateurs en matière de garantie légale de conformité pour
les produits de consommation courante : mettre en place
un portail permettant aux consommateurs de déposer faci-
lement une plainte et d?assurer son suivi auprès des services
de la dgCCrF lorsque les entreprises ne respectent pas la
garantie légale de conformité. »
Mesure n°12 : « gÉNÉralIser la mIse eN plaCe
de CrItÈres d?ÉCO-mOdulatION À tOutes les FI-
lIÈres rep et FaIre de l?ÉCO-mOdulatION uN OutIl
rÉellemeNt INCItatIF, encourageant les producteurs
qui mettent sur le marché des produits éco-conçus, grâce
à des bonus-malus pouvant excéder 10 % du prix de
vente Ht des produits. permettre, grâce à l?open data,
l?accès des consommateurs à cette information relative
à l?éco-modulation. les éco-modulations s?appuieront sur
des référentiels technologiques (durabilité, réparabilité,
recyclabilité, incorporation de matière recyclée, substi-
tution par des ressources renouvelables?) validés par
l?ademe, qui permettront d?objectiver les meilleures tech-
nologies disponibles à un coût économiquement accep-
table, en tenant compte également des spécificités de
l?outre-mer. » (46) http://bit.ly/2SAiA2n
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général au
développement durable
le mtes, promeut depuis de nombreuses années, les
démarches d?éco-conception. Il participe notamment
au développement de l?écolabel européen46 qui repré-
sente l?excellence environnementale et utilise l?approche
cycle de vie et multi critères.
de la même manière, il travaille au déploiement de
l?affichage environnemental des produits et services qui
consiste à communiquer aux consommateurs des infor-
mations quantifiées sur ses principaux impacts environ-
nementaux. en collaboration avec l?ademe, le mtes
s?emploie à accompagner les entreprises volontaires et
à étendre à d?autres secteurs.
gIngkO 21
Hélène teulON,
experte en éco-conception,
gérante de gingko 21
l?économie circulaire du côté de l?offre : il s?agit de
penser dès l?extrême amont du processus de concep-
tion les produits et les services de façon à en mini-
miser les impacts sur le cycle de vie, en prenant en
compte le contexte local et ses ressources, tout en
maintenant la valeur apportée au client. Favoriser les
matières recyclées ou bio-sourcées, concevoir des pro-
duits réparables ou remanufacturables, alléger l?impact
de l?usage, autant de pistes d?innovation offertes par
l?éco-conception.
Avis d?experts
59
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
Mesure n°13 :
« amÉlIOrer l?INFOrmatION du CONsOm-
mateur lu i permet tant de réal iser un achat
« responsable » :
? Faire réaliser par l?ADEME d?ici fin 2018 une revue des
labels environnementaux les plus pertinents et mettre à dispo-
sition du public les informations relatives aux labels existants
sur les produits et services ;
? encourager, en lien avec l?ademe, le développement d?ap-
plications d?information du public relatives aux caractéris-
tiques environnementales et sociales des produits [?]. »
Mesure n°28 :
« reFONder le paCte de CONFIaNCe des FIlIÈres rep
aFIN de redONNer des marges de maNOEuVre
auX ÉCO-OrgaNIsmes tOut eN reNFOrÇaNt les
mOYeNs de CONtrÔle de l?État pOur assurer l?at-
teINte des OBJeCtIFs :
? Simplifier et alléger le cadre réglementaire des filières rep
pour revenir à une prescription par objectifs. des objectifs
spécifiques pourront être fixés dans les territoires ultramarins ;
? Confier aux éco-organismes la responsabilité de propo-
ser une trajectoire de progrès en matière de prévention et
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
d?éco-conception au travers de l?élaboration d?un plan quin-
quennal sectoriel ;
? [...] Renforcer les sanctions financières en cas de non at-
teinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu?elles
soient efficaces et incitatives. mobiliser les moyens néces-
saires permettant l?instruction des demandes d?agrément, leur
suivi et leur contrôle efficace ;
? [?] Simplifier les instances de gouvernance des filières rep
grâce à une unique commission garante de l?intérêt géné-
ral ayant une composition restreinte rassemblant 5 collèges
équilibrés (metteurs sur le marché, opérateurs de gestion
des déchets, dont ceux de l?économie sociale et solidaire,
collectivités locales, société civile et État). »
Mesure n°32 :
« [?] prévoir la possibilité pour les producteurs d?accéder aux
informations techniques des opérateurs de gestion de déchets
qui contractent avec leurs éco-organismes, afin de faciliter
l?éco-conception de leurs produits. »
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61
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
expérimentation « product environmental Footprint » (peF),
visant à tester les référentiels des 28 secteurs participants
et le format de cet affichage de 2013 Ã 2018. le
développement des outils techniques et des référentiels
quant à lui se poursuit, la France y contribuant activement
les documents du site pôle éco-conception « la pensée
Cycle de Vie »
les documents du site Irstea
les documents du site elsa paCt - collaboration entre
secteur académique et partenaires industriels dans le
domaine de l?analyse du Cycle de Vie (aCV) pour réaliser
des travaux de recherche en lien avec les besoins et
contraintes réels des industriels
« l?impact des outils d?éco-conception sur le degré
d?innovation des entreprises »
« guide pratique de l?éco-conception pour une démarche
responsable ? vers de nouveaux modèles économiques »
« guide de l?éco-innovation »
PORtEUR / aCtEUR
Commission européenne
pôle éco-conception
Irstea
elsa paCt
albane guIBert
doctorante, université
de Caen, Iae
ggpme
pôle Éco-conception
et Institut de
développement de
produits (Idp du Québec)
sources
http://bit.ly/2P3Q7DW
http://bit.ly/2Q9jJMF
http://bit.ly/2JtwKhp
http://bit.ly/2CSnNNs
http://bit.ly/2EVgRle
http://bit.ly/2zgO5pb
http://bit.ly/2PviDh7
annéE
2013
-
2018
2014
2017
2017
2016
2016
2015
Pour en
savoir plus
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
« guide éco-socio-conception »
module « l?éco-conception et ses outils »
plateforme sur l?éco-conception
Norme NF X 30-264 « management environnemental
? aide à la mise en place d?une démarche d?éco-
conception »
IsO 14006 « systèmes de management environnemental
- lignes directrices pour incorporer l?éco-conception »
liste des substances présentant un risque pour la santé et
l?environnement, à éviter, à substituer ou à surveiller
Évaluation sur la réglementation : aide à l?évaluation
environnementale avec des exigences, des seuils
d?impacts à respecter et des règles de calcul définies
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
uVed
OrÉe
aFNOr
IsO
réglementation reaCH
portail eCHa
réglementations
sources
http://bit.ly/2zjw35T
http://bit.ly/2PzJWqo
http://bit.ly/2EViFuw
http://bit.ly/2r2MzmV
http://bit.ly/2RqOwVh
http://bit.ly/2qnfe5S
http://bit.ly/2DfkgKg
http://bit.ly/2ESTBUV
annéE
2013
2012
2010
2013
2011
mis à jour
régulièrement
Pour en
savoir plus
Outils
qualitatifs
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
Boîte à outils pour agir
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Outils type guidelines - listes de recom-
mandations/lignes directrices ou checklist
éco-conception (outil plus poussé), tel que
la roue de l?éco-conception pour orienter la
conception (outil de Van Hemel en 1998
dans sa thèse « ecodesign empirically ex-
plored ? design for environment in dutch
small and medium sized enterprises - delft
university of technology »).
Outils qualitatifs
Boîte à outils pour agir
EnCOURagER l?InnOvatIOn Et
FavORIsER l?éCO-COnCEPtIOn
POUR RéDUIRE l?IMPaCt
EnvIROnnEMEntal DEs MEUblEs
éco-mobilier
Steve DUHAMEL,
Responsable R&D et Éco-conception
agréé par les pouvoirs publics pour la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation des meubles usagés, Éco-mobilier a mis
en place en 2013 un schéma opérationnel efficient grâce auquel plus de 90 % des meubles usagés pris en charge par
l?éco-organisme sont aujourd?hui recyclés ou valorisés. le pôle éco-innovation d?Éco-mobilier a mobilisé ses compétences sur
les possibilités de recyclage des meubles usagés, d?utilisation des matières recyclées issues de ces produits et sur les débouchés
à trouver pour les matières que l?on ne sait pas encore recycler. Éco-mobilier a ainsi multiplié les démarches visant à fédérer
l?ensemble des acteurs de la filière autour de ces enjeux cruciaux, des entreprises du mobilier aux professionnels de la gestion
des déchets, des industriels intégrant des matières issues des meubles usagés aux laboratoires de recherche public ou privé.
Éco-mobilier a notamment publié en 2016 un 1er guide de l?éco-conception visant à partager avec les acteurs opérationnels et
les entreprises du mobilier, sa base de connaissances inédite sur les matériaux, constituée à partir de ses gisements de déchets
recyclés et de leur composition. Ce guide permet ainsi de faire le point sur les matériaux composant le mobilier aujourd?hui et sur
ce qu?ils deviennent et d?encourager les démarches d?éco-conception des fabricants et distributeurs d?ameublement. Éco-mobilier
a également lancé, le 7 juin 2017, l?Éco-innovation Challenge, premier appel à projets européen de r&d pour accélérer le
développement de technologies innovantes et de nouveaux débouchés industriels pour recycler les matières issues des matelas,
des couettes et des oreillers usagés. deux types de projets sont attendus : ceux qui proposent de nouveaux produits
intégrant des matériaux issus du recyclage des mousses et textiles et ceux qui transforment ces matières en
nouvelles matières premières recyclées ou encore en molécules d?intérêt.
T É M O I G N A G E
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
matrice indice écologique : diagnostic environnemental
comme les méthodes Okala ou ecolizer permettant
d?évaluer l?impact global à partir des diverses sources
d?impact (consommation de matière et d?énergie, masse
transportée, scénario fin de vie, etc.)
analyse du cycle de vie (aCV) simplifiée ou poussée,
souvent à l?aide d?un logiciel. elle permet de réaliser une
évaluation environnementale, basée sur les normes IsO
14040 et 14044
programme de partage des innovations en matière d?éco-
conception, de nouveaux matériaux et de recyclabilité des
emballages ménagers
résultats de l?appel à projets de recherche et
développement « perFeCtO » de l?ademe concernant
l?amélioration de la performance environnementale des
produits et éco-conception logicielle de 2018
appel à projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 1 -
transformation, utilisation, réintégration des matières issues
de déchets et éco-conception de produits
autres appels à projets en région de l?ademe sur l?éco-
conception
PORtEUR / aCtEUR
pôle éco-conception et
OVam de Flandres et
l?uCm de Wallonie
CIteO
ademe
ademe
ademe - directions
régionales
sources
http://bit.ly/2DdZHO6
http://bit.ly/2QaFMCK
http://bit.ly/2Q9LbKa
http://bit.ly/2CSwF5G
http://bit.ly/2yE2Ene
http://bit.ly/2OjKfB4
http://bit.ly/2zfPnAH
annéE
2013
2018
2018
Ouvert du 9
février 2018
au 17 juin
2019
Outils
quantitatifs
R&D
Boîte à outils pour agir
64
65
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
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°6
InFUsIOns Et thés éCO-COnçUs, 100 %
COMPOstablEs : sUPPREssIOn DEs agRaFEs
léa natURE
Capucine DECOSTER,
Chef de projets climat et valorisation RSE
l?éco-conception est au coeur de nos problématiques envi-
ronnementales. Nous souhaitons réduire les impacts climat,
biodiversité, consommation de ressources, déchets liés aux
emballages de nos produits.
Chaque gamme et leur packaging font l?objet de réflexions
poussées, où il faut parfois trouver la meilleure solution al-
liant praticité et atouts écologiques. les emballages sont
aujourd?hui conçus, chaque fois que possible, en matériaux
recyclés ou végétaux et recyclables. l?objectif de lÉa Na-
ture pour 2020 est de réduire de 95 % les emballages
pétrochimiques.
les infusettes de nos infusions et thés sont sans agrafe, non
blanchies, 100 % compostables47, fabriquées à périgny (17).
À la place des 2 agrafes, suite à la modification des ma-
chines en 2014, celles-ci effectuent 2 noeuds avec le fil en
coton déjà présent.
l?étui est à 80 % en carton recyclé. Il est imprimé avec des
encres végétales chez un imprimeur certifié Imprim?Vert. C?est
l?un des étuis les plus compacts des marques de tisanes en
grandes surfaces (l?efficacité volumique est de 72,40 %, il y
a peu de vide à l?intérieur du packaging).
Jardin BiO a été la 1ère marque française bio à proposer des
infusions et thés compostables contrôlés par un organisme
externe.
Bénéfices environnementaux :
arrêt de consommation de l?aluminium ;
Nombre total d?agrafes évitées en 2014 = 1,16
milliards ;
en poids = 8,65 tonnes de métal économisées ;
en kilomètres = 14 531 kilomètres de fil métallique ;
en CO2 eq = 24 tonnes de CO2 eq évitées versus
2013 ;
Consommation supplémentaire d?1 gramme de fil coton
par infusette pour effectuer les 2 noeuds.
T É M O I G N A G E
(47) Garanties de compostabilité suivant la norme ISO 14021, dans le respect de la
norme EN13432 (étude faite au laboratoire OWS).
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
mise en oeuvre de l?affichage environnemental volontaire
des produits ;
durée de la garantie légale de conformité ;
mise en place d?une démarche d?éco-conception ou utili-
sant les normes IsO 14006, 14040 ou 14044 ;
part des produits éco-conçus et/ou labellisés sur l?en-
semble des produits fabriqués/achetés ;
taux de recyclabilité des produits.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre de secteurs concernés par la mise en oeuvre
de l?affichage environnementale volontaire des produits ;
durée de la garantie légale de conformité ;
Nombre de contrôles de la dgCCrF en matière de ga-
rantie légale de conformité ;
mise en place d?un portail permettant aux consommateurs
de déposer facilement une plainte ;
réalisation et publication d?une revue des labels environ-
nementaux ;
part des filières rep qui fonctionnent avec une prescription
par objectifs ;
part des éco-organismes ayant réalisé un plan quinquen-
nal sectoriel ;
mise en place ou révision du montant des sanctions finan-
cières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires ;
mise en place d?une commission unique de gouvernance
des filières rep ;
productivité matières : ratio de la consommation intérieure
de matières rapporté au produit intérieur brut (pIB) ;
Nombre d?entreprises déclarant avoir mis en place une
démarche d?éco-conception ou utilisant les normes IsO
14006, 14040 ou 14044 ;
Nombre d?entreprises ayant mis en place l?affichage en-
vironnemental de façon volontaire ;
Nombre de plaintes par les consommateurs en matière
de garantie légale de conformité pour les produits de
consommation courante ;
Nombre de titulaires d?écolabels ;
atteinte des objectifs de prévention des déchets/
d?éco-conception par les éco-organismes ;
Nombre d?applications d?information du public relatives
aux caractéristiques environnementales et sociales des
produits.
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
66
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
POUR allER PlUs lOIn
Renforcer la mission de prévention des déchets via
l?éco-conception des éco-organismes gérant les filières
de responsabilité élargie du producteur (REP)
Afin de faciliter le recyclage et la valorisation des produits en fin de vie
dépendant d?une REP, les éco-organismes doivent impérativement inciter
les metteurs sur le marché et les distributeurs à éco-concevoir leurs produits.
Pour cela, plusieurs leviers sont intéressants :
Porter de manière proactive l?harmonisation de l?éco-modulation au
niveau européen, en commençant par les filières définies à l?échelle
européenne, puis dans les filières nationales ;
Suite au lancement de la FREC, un décret renforcera les sanctions finan-
cières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière
à ce qu?elles soient efficaces et incitatives ;
Étendre les obligations des éco-organismes au financement des dé-
marches d?éco-conception, ajuster davantage les éco-modulations de
la filière REP des emballages ménagers en fonction de la recyclabilité
des matériaux et notamment des plastiques (les plastiques biosour-
cés ont, pour le moment, un malus car, n?étant pas majoritaires sur
le marché et ne bénéficiant donc pas d?une filière spécifique, ils sont
pour le moment considérés comme des perturbateurs des filières exis-
tantes) et systématiser une procédure de mise en place et de suivi des
éco-modulations sur toutes les filières REP, dans le cadre de la com-
mission unique ;
Mobiliser les acteurs sur l?éco-conception
L?éco-conception ne deviendra une démarche transversale et intégrée que
si les consommateurs sont soucieux de leurs choix de consommation et si
les metteurs sur le marché de toutes tailles sont accompagnés et incités Ã
la mettre en place :
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Éclairer les choix d?achat des consommateurs par l?affichage envi-
ronnemental (le MTES travaille à la mise en place du déploiement de
l?affichage environnemental en application de la mesure 7 de la FREC)
et les labels et ainsi, par le jeu de l?offre et de la demande, inciter les
fabricants à éco-concevoir au mieux leurs produits et services ;
Étendre le programme « TPE et PME gagnantes à tous les coûts » de
l?ADEME à l?éco-conception des produits des entreprises ainsi qu?aux
piliers non couverts de l?économie circulaire ;
Publier des guides sectoriels sur l?éco-conception pour accompagner
les TPE et PME dans ces démarches ;
Pour les produits ne rentrant pas dans le périmètre d?une filière REP,
instaurer un système de malus si la recyclabilité du produit n?a pas été
prévue en amont ou faire participer en amont de la collecte des déchets
tous les metteurs sur le marché au coût de valorisation de leur produit
en fin de vie, afin de les inciter à l?éco-conception (champ d?innova-
tion) et à les responsabiliser sur le devenir de leur produit tout au long
de leur cycle de vie.
Capitaliser sur les retours d?expérience et aller plus loin
sur l?éco-conception
De nombreux outils, ressources et retours d?expérience permettent de mieux
comprendre comment mettre en place une démarche d?éco-conception et
d?aller plus loin. Il est toutefois nécessaire de les diffuser pour que les ac-
teurs en aient connaissance :
S?appuyer sur les retours des recycleurs sur la facilité de tri, de déman-
tèlement et de recyclage des produits est indispensable pour améliorer
l?éco-conception des produits et faciliter la réincorporation des matières
dans de nouveaux produits. Un lien important est à faire avec la fiche
« réincorporation des matières premières ». En effet, l?éco-conception
est primordiale pour permettre de boucler la boucle. Il est aussi né-
cessaire de vérifier l?adéquation entre les caractéristiques techniques
des matières recyclées et les usages nécessaires dans les nouveaux
produits ;
Compléter les outils existants généralistes sur le thème de l?éco-concep-
tion par des préconisations/retours d?expériences sectoriels. Par
exemple, l?éco-organisme Eco-TLC souhaite développer une plateforme
sur l?éco-conception sur les produits de sa filière ;
Pour aller plus loin, l?entreprise peut intégrer la dimension sociale Ã
l?éco-conception (santé du consommateur et des employés, etc.) ou la
dimension territoriale (emplois locaux, etc.) ;
Il est également intéressant d?ouvrir la démarche d?éco-conception Ã
des acteurs extérieurs à l?entreprise pour dégager encore plus d?intel-
ligence collective.
Faire reconnaître les produits éco-conçus
Afin de valoriser les acteurs qui ont mis en place cette démarche et d?inci-
ter les acteurs à se lancer, il est important de faire reconnaître les produits
éco-conçus en :
Promouvant l?Écolabel européen comme outil d?éco-conception ;
Partageant les mêmes définitions (Directive éco-conception pour les
produits liés à l?énergie, travaux normatifs pour la prise en compte
de nouveaux critères : recyclabilité, durée de vie, réparabilité, etc.) ;
Faisant référence à la norme ISO 14021 (définitions et méthodes de
preuve pour les auto-déclarations)pour encadrer les auto-déclarations
environnementales ;
Organisant des Assises de l?éco-conception des emballages.
67
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
le terme « matières premières recyclées » sous-entend que les
matières premières issues du recyclage répondent aux mêmes
propriétés techniques que les matières premières vierges.
le « recyclage48 » n?a donc pas le même sens que le mot
« valorisation49 » car bien que la valorisation comprenne la
notion de « valorisation matière50 », il assimile également la
« valorisation énergétique51 », qui ne conserve pas la matrice
de la matière mais qui est utilisée à des fins de production
d?énergie de substitution (incinération avec récupération des
énergies fatales).
COntEXtE Et EnjEUX
la quantité de matières premières extraites de la planète terre
est passée de 22 milliards de tonnes en 1970 à 70 milliards
de tonnes en 2010. la Commission européenne note d?ailleurs
la raréfaction de 27 matières premières vierges « critiques52 »
fortement utilisées par l?Homme, dans une situation géopoli-
tique délicate et qui font peu l?objet de recyclage.
en 2014, la production de déchets s?élèverait à 325 millions
de tonnes - 314 millions de tonnes de déchets non dangereux
(97 %) et 10,8 millions de tonnes de déchets dangereux, tous
secteurs confondus, soit de l?ordre de 40 % du besoin appa-
rent en matières. en 2014, 64 % de déchets non dangereux
et 31 % de déchets dangereux traités en France sont recyclés,
le reste étant incinéré ou stocké.
toutefois, le recyclage n?a de sens que si les matières pre-
mières recyclées qui en sont issues réintègrent le processus de
production pour se substituer à des matières premières vierges.
Cependant, la production de la France en matières premières
recyclées (mpr) ou matières premières issues du recyclage
(mpIr) est excédentaire par rapport à la consommation de
mpr par son industrie : en 2017, ce sont 14,5 millions de
tonnes de déchets qui ont été exportées vers l?europe et au-de-
là . Or, la Chine était, jusqu?ici, un grand importateur de dé-
chets en vue de préparer des mpr sur son territoire et ainsi, de
MIEUX PRODUIRE
Incorporation de matières premières
dans de nouveaux produits
(48) Définition de la Directive cadre déchets : « toute opération de valorisation des
déchets, y compris des déchets organiques, permettant de retraiter en substances,
matières ou produits avec la même fonction initiale ou à d?autres fins ».
(49) Définition de la Directive cadre déchets : « toute opération permettant à des
déchets d?être préparés ou de se substituer à d?autres substances, matières ou produits
qui auraient été utilisés à une fin particulière ».
(50) Voir supra, page 40 du présent guide
(51) Incinération de déchets non dangereux respectant les conditions définies Ã
l?article 33-2 de l?arrêté du 20 septembre 2002 modifié relatif aux installations d?inci-
nération et de co-incinération de déchets non dangereux et aux installations incinérant
des déchets d?activités de soins à risques infectieux.
(52) Étude « Horizon 2020 », Commission européenne, 2017
FI
C
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n
°7
68
69
conserver ces nouvelles ressources pour ses industries. mais
depuis l?été 2017, la Chine a décidé de fermer ses frontières
à de nombreux types de déchets (papiers usagés, carton, fer-
raille, plastique, etc.), même triés. l?europe doit donc désor-
mais trouver des solutions intracommunautaires de recyclage.
Cela entre également en résonnance avec le principe de proxi-
mité, proposé par la loi de transition énergétique pour la
croissance verte (lteCV) et avec l?orientation proposée par la
stratégie sur les plastiques du paquet économie circulaire, voté
le 22 mai 2018. pour les industriels, cela n?est pas simple car
les fluctuations des cours des matières premières n?apportent
pas la visibilité nécessaire pour investir dans les installations
de recyclage.
en ce qui concerne les plastiques, selon l?ademe, en France,
près de 3,3 millions de tonnes sont produites par an mais,
chaque année, seulement 1 million de tonnes sont collectées,
0,5 million de tonnes sont recyclées et 0,26 million de tonnes
sont réincorporées dans de nouveaux produits.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
Graphique : Utilisation des plastiques vierges et recyclés en 2012
pp
peHd
peBd
ps
pet
autres
emballages Bâtiment automobile
industrie
électrique et
électronique
autres
Quantités de plastique vierge utilisées en France pour
un secteur donné
Quantités de plastique recyclé produites en France et
utilisées pour un secteur donné, en France ou à l?export
source : deloitte, plasticseurope
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
70
MInIstèRE DE l?éCOnOMIE
Et DEs FInanCEs
direction générale des entreprises
Il est essentiel de favoriser le recyclage des matières
plastiques et d?augmenter le taux d?incorporation des
matières premières issues du recyclage (mpr) dans les
produits fabriqués, d?opérer un changement de para-
digme et de favoriser une économie circulaire.
l?ensemble des acteurs de la chaîne de valeur (collec-
teurs et gestionnaires de déchets, fournisseurs de ma-
tières vierges, fabricants de produits, metteurs sur le mar-
ché) se sont mobilisés pour proposer une soixantaine
d?engagements concrets et significatifs pour augmenter
le taux d?incorporation de mpr dans les produits.
Avis d?expert
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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MEsUREs PhaREs DE la FREC COnCERnéEs
Mesure n°1: « INCOrpOrer daVaNtage de ma-
tIÈres premIÈres Issues du reCYClage daNs les
prOduIts tout en assurant leur qualité, leur traçabilité et
une réelle sécurité pour les citoyens :
? Susciter, d?ici l?été 2018, des engagements volontaires
concrets et significatifs visant à organiser une ambition de
filière, incluant des objectifs de volumes d?intégration de
matière plastique issue de déchets dans les secteurs de l?em-
ballage, du bâtiment, de l?automobile ou des équipements
électroniques et électriques [?] ;
? Accompagner la montée en gamme des acteurs de la filière
en soutenant les projets permettant la mise en oeuvre et le
déploiement des solutions innovantes, notamment à travers
les actions des pôles de compétitivité et des appels à projets
« Économie circulaire et valorisation des déchets » de l?ac-
tion « démonstrateurs et territoires d?innovation et de grande
ambition » du programme des investissements d?avenir.
Mesure n°37 « FaCIlIter la sOrtIe du statut de
dÉCHets :
? Rendre possible la sortie de statut de déchet hors des ins-
tallations classées pour la protection de l?environnement afin
de démultiplier l?utilisation des déchets comme ressources ;
? en cas de sortie implicite du statut de déchet, et lorsque
c?est pertinent pour les sorties de statut de déchet explicites,
permettre que la sortie du statut de déchet soit effective dès
la fin de l?opération de valorisation, de façon à faciliter la
gestion des installations ;
? [?] Raccourcir la procédure d?instruction des demandes
de sortie du statut de déchet, en fusionnant les consultations
obligatoires et en supprimant la commission consultative sur
le statut de déchet ;
? Mettre en place des sorties de statut de déchet adaptées no-
tamment pour les matières fertilisantes et supports de culture
de qualité (hors boue de station d?épuration), les filières
mobilisant le bois, le plastique, les pièces de réutilisation
issues du démontage de biens en fin de vie, les opérations
de préparation en vue de la réutilisation et les opérations
de régénération ;
? Communiquer et expliciter la réglementation applicable aux
déchets, auprès des utilisateurs, des entreprises (notamment
via les organisations professionnelles), des collectivités et du
grand public, en particulier sur la notion de sous-produit, et
son interface avec les réglementations relatives aux produits,
afin de s?assurer d?une bonne diffusion et compréhension et
donc une simplification de sa mise en oeuvre. les possibilités
de réemploi des terres excavées et des matériaux issus de
chantiers du Btp feront l?objet d?une attention particulière. »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
71
Avis d?expert
lE RECyClagE, néCEssIté POUR
RéIntRODUIRE lEs DéChEts
Dans lE CyClE éCOnOMIqUE
groupe PaPREC
Sébastien RICARD, Directeur Développement Durable et Affaires publiques
leader du recyclage en France avec 11 millions de tonnes
de déchets traités chaque année grâce à ses 8 500 colla-
borateurs, papreC group prend en charge tous types de
flux, des ménages aux entreprises. papiers-cartons, embal-
lages, plastiques, métaux, ferrailles, bois, verre, etc. sont
collectés, triés et recyclés en matières premières issues du
recyclage (mpIr) et utilisés par des industriels en substitution
des matières premières vierges. la transition vers l?économie
circulaire nécessite de collecter un maximum des déchets
produits et de les orienter vers les filières de valorisation
matière. l?objectif est de produire plus de mpIr de haute
qualité, limitant ainsi la production de ressources vierges,
l?utilisation d?énergie nécessaire à l?extraction mais égale-
ment l?émission de CO2. le recyclage a permis d?éviter 5 %
des émissions annuelles de CO2 en France, en 2014 : le
développer est nécessaire pour respecter l?environnement
et permettre une transition écologique.
des mesures fiscales ou un taux d?incorporation de mpIr
(10 % dès 2020 ?) sont des leviers essentiels à actionner
en parallèle de l?éducation et du geste citoyen de tri des
déchets d?une part, des investissements dans les usines tri
et recyclage par les industriels d?autre part.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
72
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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l?ORéal COntRIbUE Ã
l?InDUstRIalIsatIOn DU
bIO-RECyClagE DEs PlastIqUEs
l?Oréal
Philippe THUVIEN, Directeur Packaging & Développement
déterminés à promouvoir l?économie circulaire grâce à des
solutions innovantes de recyclage des plastiques, l?OrÉal et
CarBIOs ont signé un accord de création d?un consortium
d?une durée de cinq ans pour l?industrialisation de la techno-
logie de bio-recyclage conçue et développée par CarBIOs.
Cette collaboration est ouverte aux industries d?autres secteurs
souhaitant développer de nouvelles solutions de bio-recyclage
du plastique.
CarBIOs a développé un procédé de recyclage enzymatique
des plastiques permettant la régénération complète des compo-
sés initiaux (monomères) ayant initialement servi à les produire.
après séparation et purification, ces monomères pourront être
réutilisés pour la synthèse de plastique vierge, sans perte de
valeur de la matière recyclée. Cette voie biologique s?affranchit
des contraintes des procédés conventionnels de recyclage et
permet pour la première fois d?ambitionner une réelle écono-
mie circulaire dans la gestion du cycle de vie des plastiques.
l?OrÉal et les industriels membres du consortium bénéficieront
des développements de cette innovation CarBIOs et auront
accès en priorité aux premières productions disponibles. pour
l?OrÉal, il s?agira d?utiliser cette nouvelle technologie dans la
conception de ses emballages et favoriser ainsi le développe-
ment de l?économie circulaire.
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
rapport « Favoriser l?intégration des matières premières
secondaires pour le recyclage ? accélérer la transition
vers l?économie circulaire »
le portail français des ressources métalliques non
énergétiques
appel à projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 1 -
transformation, utilisation, réintégration des matières
issues de déchets et éco-conception de produits
Certains polymères (plastiques) mieux recyclables font
l?objet de recherches avancées comme le montre l?article
« a synthetic polymer system with repeatable chemical
recyclability » du magazine science daily d?avril 2018
(Jian-Bo Zhu, eli m. Watson, Jing tang, eugene Y.-X.
Chen)
PORtEUR / aCtEUR
Conseil National de
l?Industrie
Brgm
ademe
magazine science daily
sources
http://bit.ly/2OYZf81
http://bit.ly/2DVVUFC
http://bit.ly/2R8u2kx
http://bit.ly/2DGgetH
annéE
2017
Ouvert du 9
février 2018
au 17 juin
2019
2018
Pour aller
plus loin
R&D
Boîte à outils pour agir
d?autres travaux et développements de produits sont en cours, notamment au sein de l?entreprise Cycl-add, qui conçoit des
additifs plastiques issus du recyclage et de la valorisation de déchets permettant, à terme, le recyclage de plastiques en mélange
grâce à ses propriétés particulières
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
73
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
74
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
participation à un engagement volontaire sur l?incorpora-
tion de matières premières recyclées dans de nouveaux
produits ;
tonnage incorporé de matières premières de recyclage
dans les processus de production ;
tonnage de matières premières recyclées rapporté au
tonnage total de matières consommées.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre d?engagements volontaires concrets et significa-
tifs visant à organiser une ambition de filière, incluant des
objectifs de volumes d?intégration de matière plastique
issue de déchets dans les secteurs de l?emballage, du
bâtiment, de l?automobile ou des équipements électro-
niques et électriques ;
Nombre d?acteurs ayant bénéficié d?un accompagnement
sur la mise en oeuvre et le déploiement des solutions in-
novantes ;
modification des textes réglementaires sur la sortie du
statut de déchets ;
tonnage annuel de déchets qui font l?objet d?un recyclage
/ d?une valorisation matière par type ;
tonnage de matières premières recyclées rapporté au
tonnage total de matières consommées (besoin appa-
rent en matières, direct material Input, ou consomma-
tion intérieure apparente de matières, domestic material
Consumption)53 ;
Évolution des tonnages de déchets mis en décharge53.
(53) Indicateur déjà suivi par le CNIS
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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°7
POUR allER PlUs lOIn
trouver les leviers techniques pour mieux réincorporer
les MPR dans de nouveaux produits
Les techniques actuelles ne suffisent pas toutes encore à bien réintroduire
les MPR dans de nouveaux produits. De ce fait, il est important de :
Favoriser l?émergence de programmes de R&D multi-acteurs pour trou-
ver de nouvelles filières de recyclage aux matériaux non recyclables ;
S?appuyer sur les nouvelles technologies liées au recyclage chimique
(revenir à la molécule initiale notamment grâce à l?action de micro-or-
ganismes) que ce soit pour le recyclage des plastiques (exemple de
L?Oréal, en partenariat avec Carbios) ou des métaux (exemple du
recyclage des déchets miniers et électroniques par l?action de bacté-
ries pour extraire du cuivre, de l?or, du cobalt, du zinc ou du nickel :
grâce à la technique de la biolixiviation sur laquelle travaille le BRGM).
soutenir les MPR et les rendre plus compétitives
Le signal-prix entre les MPR et les matières vierges n?incite pas les acteurs
à privilégier l?utilisation des MPR dans de nouveaux produits. Pour inver-
ser la tendance :
Faire le lien avec la stratégie plastique de la Commission européenne
qui a notamment pour ambition de rendre le recyclage rentable pour
les entreprises et de stimuler les investissements et l?innovation ;
Étudier la faisabilité d?un mécanisme de certificats de recyclage (Ã
partir des propositions 2ACR et FEDEREC, sur le modèle des certificats
d?économie d?énergie) et s?appuyer sur une augmentation rapide de
la taxe carbone ;
Introduire une taxe sur les matières vierges : combinée à la fiscalité
déchets, cette taxe permettrait de découpler la croissance et la consom-
mation de matières. Cette proposition est développée dans l?étude
« La fiscalité matières - Une opportunité pour une économie circulaire »,
fiche THEMA, Commissariat général au développement durable,
ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017 ;
Mettre en place une TVA réduite sur les produits intégrant un certain
pourcentage de matières premières de recyclage ou issus du réemploi
ou de la réutilisation, un crédit d?impôt ou un suramortissement excep-
tionnel ou d?avances remboursables pour les investissements productifs
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
(en incluant les logiciels, etc.) permettant l?incorporation de matières
premières secondaires pour les entreprises substituant des MPR aux
matières vierges ;
Prévoir un plan de financement spécifique (fonds d?amorçage, sura-
mortissement, etc.) pour les investissements liés aux engagements ;
Les contributions financières dégagées par le système de malus sur
les produits non recyclables pourraient contribuer au développement
des mécanismes de soutien à l?utilisation des matières premières de
recyclage (MPR) dans l?industrie (voir fiche 6 « Éco-conception ») ;
Mobiliser les acteurs
Une filière industrielle ne peut être mise en place durablement que si les
acteurs se coordonnent et fédèrent leur action. Ainsi, il serait intéressant de :
Mettre en place un taux de réincorporation volontaire s?appuyant sur
une étude déterminant l?adéquation entre les MPR produites et les be-
soins des incorporateurs et inciter l?acheteur public en ce sens (voir
fiche 10 « Commande publique ») ;
Accréditer une liste d?acteurs du recyclage (régénérateurs, transfor-
mateur de déchets en MPR) et d?utilisateurs de MPR pour permettre
une traçabilité spécifique sur les flux donnant lieu à un crédit d?impôt ;
Onze groupes de travail (7 pour les résines et 4 pour les secteurs embal-
lages, bâtiment, automobile, équipements électriques et électroniques)
ont été mis en place dans le cadre des travaux de la Feuille de route
pour consolider un état des lieux et identifier les engagements pos-
sibles. Fin juin 2018, les deux premiers engagements volontaires sont
la création d?une ligne de régénération et de transformation chimique
des barquettes en PET et de bouteilles en PET opaques, par l?entre-
prise Soprema et le montage d?une filière industrielle de recyclage de
polystyrène en France par Citeo, Total, Saint-Gobain et le Syndicat na-
tional des fabricants de produits laitiers frais (Syndifrais). Début juillet
2018, une soixantaine d?acteurs de la chaîne (collecteurs et gestion-
naires de déchets, fournisseurs de matières premières secondaires,
metteurs sur le marché), se sont également engagés à augmenter les vo-
lumes d?intégration de résine recyclée à la hauteur de 293000 tonnes
(polystyrène, polyéthylène, polypropylène, polychlorure de vinyle) sur
quatre secteurs (emballage, bâtiment, automobile, et équipements
électroniques et électriques). Les entreprises s?engagent également Ã
collecter 25000 tonnes supplémentaires. Les leviers identifiés sont:
? L?évolution des normes et des réglementations, législations qui freinent
et limitent actuellement l?incorporation de MPR dans les produits : un
travail d?étude doit être mené ;
? La disponibilité du gisement de MPR en France (augmenter la collecte
pour assurer un flux de matières à recycler suffisant aux industriels) et
la capacité de production des régénérateurs français pour répondre
aux cahiers des charges des industriels utilisateurs (voir fiche 3 sur
les « Consignes de tri ») ;
? Le coût des MPR (prix fixe) qui doit être a minima à iso-coût par rap-
port aux matières vierges (prix fluctuant selon les cours du pétrole) ;
? La qualité (propriétés techniques et esthétiques) des MPR doit être
au moins équivalentes à celles obtenues à partir de résines vierges ;
? L?accompagnement des plasturgistes dans l?adaptation de l?outil in-
dustriel pour utiliser des MPR (notamment en renforçant des dispo-
sitifs de type ORPLAST - Objectif Recyclage PLASTiques ? qui vise Ã
soutenir financièrement l?intégration de matières plastiques recyclées
par les plasturgistes ou transformateurs ; l?objectif est de soutenir le
recyclage par l?aval de la filière en créant une augmentation des
volumes de MPR consommés) ;
Renforcer la confiance des consommateurs et des acheteurs en leur
proposant des garanties de performance du produit. Pour les produits
plus industriels comme les produits recyclés ou réemployés du BTP, il
conviendrait d?inciter les assureurs et les experts techniques à propo-
ser une couverture/garantie spécifique aux donneurs d?ordre (maî-
trise d?ouvrage) après vérification par un contrôleur technique habilité.
À noter que les vérifications techniques ne doivent pas être plus contrai-
gnantes que pour un produit neuf ;
Capitaliser sur les bénéfices environnementaux de l?utilisation des
matières plastiques recyclées par rapport aux matières vierges.
75
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
76
MIEUX PRODUIRE
gérer les ressources durablementFI
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°8
COntEXtE Et EnjEUX
Notre économie actuelle, dite linéaire, se base sur un principe
de création de valeur qui consiste à extraire des ressources
naturelles, les transformer, les consommer puis les jeter. Ce
modèle linéaire n?optimise pas leurs usages, ce qui conduit
à d?importants gaspillages de ressources naturelles. Croire Ã
une croissance économique infine, alors que les ressources
naturelles sont finies, nous confronte à l?incohérence de ce
modèle. la pression sur les ressources est telle que, le 1er août
2018 a été déclaré comme étant le jour du dépassement de
la terre, soit le jour où nous avons consommé l?ensemble des
ressources que la terre est capable de produire en une année.
Face à une population de plus en plus nombreuse et de plus en
plus riche, ce modèle linéaire conduit à une croissance sans pré-
cédent de l?extraction des ressources naturelles et des impacts
environnementaux associés. en 2015, ce sont 84 milliards
de tonnes de ressources matérielles (biomasse, minéraux de
construction (sable, gravier, etc.), minerais métalliques, res-
sources énergétiques fossiles) qui ont été extraites et consom-
mées au niveau mondial. des travaux récents menés par l?OCde
et le groupe international des experts sur les ressources (gIer),
l?équivalent du gIeC pour les ressources, montrent qu?en l?ab-
sence de transition vers une économie circulaire et plus efficace
dans l?utilisation des ressources naturelles, l?extraction mondiale
annuelle des ressources pourrait être multipliée par 2 d?ici Ã
2050. un tel niveau de consommation rendrait extrêmement
difficile et coûteux l?atteinte des objectifs climat.
Face à ce constat, il est nécessaire de découpler le bien-être
(souvent approché par le pIB) de la consommation de res-
sources naturelles et des impacts environnementaux associés.
Cela signifie qu?il faut d?une part, utiliser moins de ressources
naturelles pour produire la même quantité de bien-être (de ri-
chesse) encore appelé découplage ressources sur le schéma
ci-contre, et, d?autre part, réduire les impacts environnementaux
associés à la consommation des ressources naturelles (encore
appelé découplage impacts environnementaux). une gestion
durable des ressources naturelles dans un monde en croissance
nécessite ce double découplage. enfin, le découplage peut
être relatif entre bien-être et consommation de ressources, lors-
qu?on produit plus de richesses avec moins de ressources alors
que la consommation de ressources continue d?augmenter. À
l?inverse, il peut être absolu, lorsqu?on produit plus de richesses
et que l?on diminue la consommation de ressources.
la demande en ressources s?accélère notamment en faveur des
ressources minérales, non renouvelables. Notre économie a
subi une mutation importante : au XXème siècle alors qu?elle s?ap-
puyait sur la consommation de la biomasse renouvelable, elle a
basculé vers la consommation de matières minérales repoussant
la part de biomasse dans la consommation de 1/3 Ã 1/4.
DéFInItIOn
la gestion durable des ressources naturelles vise à assurer, sur
le long terme, la base matérielle des sociétés de telle sorte Ã
ce que ni l?extraction des ressources, ni leur usage, ni les dé-
chets et les émissions associés ne provoquent de dommages
irréversibles sur les écosystèmes.
pour atteindre un tel objectif, il est nécessaire d?en réduire les
besoins en promouvant des modes de consommation plus
sobres et des modes de production plus économes en res-
sources et utilisant davantage de ressources issues du recy-
clage. Il s?agit ensuite de privilégier le recours aux matières
premières primaires qui ont été extraites et transformées selon
les meilleurs standards environnementaux et sociaux pour mi-
nimiser les impacts associés à leur exploitation.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
77
les enjeux inhérents à l?exploitation de la ressource en matières
minérales étant primordiaux, la Commission européenne s?est
saisie de la question et a identifiée 27 matières premières cri-
tiques pour l?ue. la criticité de ces matières est évaluée selon
plusieurs facteurs parmi lesquels on retrouve par exemple : la
baisse du nombre de gisements découverts, l?augmentation de
la difficulté d?extraction ou encore la baisse de la production.
d?après l?ademe, 65 milliards de tonnes de matières pre-
mières (hors biomasse) ont été injectées dans l?économie fran-
çaise en 2010 (50 % de plus qu?il y a trente ans) et devraient
atteindre 82 milliards de tonnes en 2020. parmi cette quanti-
té, une partie est issue de l?importation de ressources d?autres
pays. les ressources énergétiques fossiles font l?objet du même
constat, et confèrent donc à la France un caractère dépen-
dant quant à son approvisionnement en ressources naturelles.
l?objectif de tendre vers des énergies renouvelables ne per-
met pas d?échapper à la question de la souveraineté de la
ressource, en effet les équipements permettant d?exploiter les
énergies renouvelables sont composés de métaux rares, qui
sont absents du sol français. Ces ressources stratégiques sont
pour la plupart détenues par une minorité de pays, ce qui
accentue la vulnérabilité de la France sur son approvisionne-
ment. Ces matières premières critiques ont été identifiées par
la Commission européenne, et font l?objet d?une liste qui est
mise à jour régulièrement.
les enjeux de la gestion de la ressource ont été intégrés dans la
lteCV54 de 2015, avec notamment son article 74 prévoyant
en termes de découplage que : « la France a pour objectif
de découpler progressivement sa croissance de sa consom-
mation de matières premières. À cet effet, elle se fixe comme
objectif une hausse de 30 %, de 2010 Ã 2030, du rapport
entre son produit intérieur brut et sa consommation intérieure
de matières. dans le même temps, elle vise à une diminution
de sa consommation intérieure de matières par habitant. »
la question de la hiérarchisation des ressources est identifiée
dans la lteCV de la façon suivante : « en priorité, de prévenir
l?utilisation des ressources, puis de promouvoir une consom-
mation sobre et responsable des ressources, puis d?assurer
une hiérarchie dans l?utilisation des ressources, privilégiant les
ressources issues du recyclage ou de sources renouvelables,
puis les ressources recyclables, puis les autres ressources, en
tenant compte du bilan global de leur cycle de vie ».
l?article 69 de cette même loi prévoit par ailleurs l?élaboration
d?un plan de programmation des ressources tous les cinq ans :
« le gouvernement soumet au parlement, tous les cinq ans,
une stratégie nationale de transition vers l?économie circulaire,
incluant notamment un plan de programmation des ressources
nécessaires aux principaux secteurs d?activités économiques
qui permet d?identifier les potentiels de prévention de l?utilisa-
tion de matières premières, primaires et secondaires, afin d?uti-
liser plus efficacement les ressources, ainsi que les ressources
stratégiques en volume ou en valeur et de dégager les actions
nécessaires pour protéger l?économie française ». Ce plan55
a été publié le 27 juillet 2018 à l?issue d?une consultation pu-
blique. Il présente des recommandations pour une gestion plus
durable de trois catégories de ressources naturelles : la bio-
masse à usage énergétique, les ressources minérales et les sols.
(54) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte, voir supra
(55) https://bit.ly/2NOtNwM
Bien-être
Activité économique (PIB)
Utilisation des ressources
Pressions sur l?environnement
Découplage ressource
Découplage pressions
TEMPS
Le découplage PNUE, groupe international
des experts sur les ressources.
Rapport sur le découplage
MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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°8
gérer durablement les ressources naturelles nécessite, tout d?abord, d?en réduire les besoins par des
modes de consommation plus sobres et des modes de production moins intenses en intrants (matières
premières, eau, énergie, etc.) et d?utiliser davantage de ressources secondaires. Il s?agit aussi de pri-
vilégier le recours aux matières premières primaires qui ont moins d?impacts environnementaux et qui
ont été extraits et transformés dans les meilleures conditions environnementales et sociales. le mtes
est engagé sur chacun de ses fronts : information du consommateur pour éclairer ses choix et modi-
fier son comportement, production d?outils d?aides à la décision pour les collectivités et les entreprises
qui souhaitent s?engager dans une démarche d?optimisation des flux de matières, lancement de la
réforme du code minier pour mieux y intégrer l?environnement et la participation du public. publié en
juillet 2018, le plan national des ressources fait le point sur la dépendance de l?économie française
aux ressources minérales, à la biomasse à usage non alimentaire et aux sols et montre la nécessité
d?accélérer la transition vers l?économie circulaire. Il liste un ensemble de pistes d?actions visant côté
offre à augmenter le recyclage, à développer une offre nationale pour les ressources disponibles sur
le territoire, à réduire les fragilités liées à l?évolution des importations) et côté demande à optimiser
les process industriels, allonger la durée de vie des produits et des équipements, modifier les com-
portements, ?.
Avis d?expert
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°5: « gÉrer les ressOurCes de FaÇON
plus sOuteNaBle : sur la base des travaux du COmes
(Comité pour les métaux stratégiques) et du premier plan na-
tional des ressources qui sera publié en 201856, s?engager
dans un plan de programmation des ressources jugées les
plus stratégiques, en l?accompagnant d?une politique indus-
trielle ambitieuse de valorisation du stock de matières, en
particulier les métaux critiques, contenues dans les déchets ;
? sous le pilotage de France stratégie, établir des « valeurs de
référence » représentant le coût, pour l?ensemble de la socié-
té, de l?utilisation de ces ressources stratégiques (dommages
environnementaux, rareté de la ressource), afin de les intégrer
dans l?évaluation des politiques publiques à l?image de ce
qui a été fait pour le carbone et pour la pollution de l?air ;
? Engager la réforme du Code minier en 2018 : l?enga-
gement volontaire de la France dans l?économie circulaire
permettra de réduire les besoins en matières premières miné-
rales primaires, néanmoins il restera nécessaire d?en extraire.
la réforme du Code minier doit permettre la valoriser des
ressources minières françaises selon les meilleurs standards
environnementaux et sociaux ;
? développer d?ici 2019 avec l?aide de l?ademe des outils
pour permettre aux industriels qui le souhaitent d?établir
un « bilan matières », sur le modèle des « bilans de gaz Ã
effet de serre » ;
? Inciter les Régions à réaliser des « bilans flux de matières »
notamment en diffusant plus largement les outils méthodolo-
giques disponibles et inciter les régions à élargir le rôle des
observatoires déchets en conséquence ».
(56) Le Plan Ressources pour la France est disponible Cf. Boîte à outils pour agir
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général
au développement durable
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
78
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
plan ressources pour la France 2018, dans la poursuite
des objectifs de la FreC
le portail français des ressources métalliques non
énergétiques
le portail français des matières premières minérales
primaires et secondaires non énergétiques
report on Critical raw materials and the Circular
economy
logiciel staN (substance flow aNalysis) : staN est un
logiciel gratuit essentiellement utilisé par les acteurs de la
recherche et les entreprises pour réaliser des analyse de
flux de matières
Norme IsO 14051:2011 : management
environnemental ? Comptabilité des flux de matières
le site « métabolisme urbain de paris », pour visualiser
les flux de matières et découvrir des projets innovants
guide méthodologique « la comptabilité des flux de
matières dans les régions et les départements »
PORtEUR / aCtEUR
mtes
dgCIs
minéralinfo
european
Commission
tu Wien, Institute for Water
Quality, resource and Waste
management
IsO
mairie de paris
Cgdd
sources
http://bit.ly/2OJAtIN
http://bit.ly/2ERW9mk
http://bit.ly/2yKm8Xp
http://bit.ly/2zmtBLE
http://bit.ly/2EVlCLC
http://bit.ly/2SAXdhs
http://bit.ly/2EVyfq6
http://bit.ly/2P0fNBb
annéE
2018
2012
2014
2018
2006
2011
2014
2014
Enjeux
globaux
Flux
Matières
premières
stratégiques
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
79
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pour les
collectivités
réalisation d?une analyse de flux de matières :
tonnages de matières de toutes natures, importées, ex-
traites, et exportées sur le territoire de la collectivité ;
tonnages de biomasses importées, extraites, et exportées
du territoire de la collectivité ;
tonnages de matières alimentaires, importées, consom-
mées et exportées sur le territoirede la collectivité;
tonnages de matériaux de construction consommés sur le
territoire de la collectivité ;
tonnages de déchets du Btp produits sur le territoire de
la collectivité ;
tonnages de combustibles fossiles, importés, et consom-
més sur le territoire de la collectivité ;
tonnages de minerais métalliques extraits du territoire de
la collectivité ;
Les indicateurs de suivi et de performance pour l?État
Évolution de l?intensité matière : ratio de la consommation
intérieure de matières rapporté au produit intérieur brut
(pIB)57 (indicateur d?objectifs) ;
publication du plan de programmation des ressources
stratégiques ;
Élaboration des « valeurs de références » pour les res-
sources ;
parution du code minier réformé ;
Outils bilan de matières entreprises disponibles ;
Nombre de régions ayant réalisées une analyse de flux
de matières ;
Nombre d?observatoires déchets ayant élargi leurs obser-
vations au-delà des seuls déchets.
(57) Indicateur déjà suivi par le CNIS
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81
la PRIsE En COMPtE DE l?EnjEU
DEs REssOURCEs Dans lEs
DéMaRChEs DE PlanIFICatIOn
Région Occitanie
Agnès Langevine, Vice-Présidente en charge de la
transition écologique et énergétique, biodiversité,
économie circulaire et déchets
un état des lieux des enjeux de l?économie circulaire en région Occitanie a servi
de base de travail pour l?élaboration du plan régional d?actions. Il a notamment
reposé sur l?identification des enjeux des principaux flux de ressources stratégiques.
trois grands types de flux ont été étudiés dans cet état des lieux :
ressources naturelles ;
grands flux économiques (ressources extraites ou transformées pour être utili-
sées) ;
déchets.
les ressources naturelles peuvent se regrouper en 7 types : sol, eau, air, forêt,
gisement de combustibles fossiles, gisement de minéraux métalliques, gisement
de minéraux non métalliques. priorisées en fonction des tensions pressenties et
de l?approche « matière » du plan d?actions (la région dispose par ailleurs d?une
stratégie « région à energie positive »), seules les ressources sol, eau et forêt ont
été abordées.
sur les flux économiques, l?analyse approfondie des enjeux s?est focalisée sur les
flux les plus significatifs sur le plan quantitatif ou stratégique :
Flux de matériaux de construction ;
Flux agri et agroalimentaires ;
Flux énergétiques.
la question des déchets a également été abordée pour chacun de ces flux.
l?approche de la région Occitanie a donc été de mettre en perspective son plan
d?actions économie circulaire avec l?enjeu originel de ce concept : la soutenabilité
des modèles économiques en termes de ressources mobilisées. C?est sur l?évolution
de ces flux que pourra être mesurée le développement de l?économie circulaire.
T
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M
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A
G
E
POUR allER PlUs lOIn
la comptabilité des flux de matières au niveau
régional
Les flux de matières qui traversent les territoires infra-nationaux sont au-
jourd?hui mal connus : ainsi les quantités de matières consommées par un
territoire, leur origine (extraction locale ou importation), sont mal connues.
C?est aussi le cas des matières exportées. Cet exercice est encore rendu
plus difficile par le fait que les flux de matières prennent des formes plus
ou moins traçables : matières premières, produits plus ou moins trans-
formés, déchets. Dans le contexte actuel d?une raréfaction croissante des
ressources matérielles, répondre à ces questions est essentielle. La comp-
tabilité matière permet en effet de répondre à certaines de ces questions,
de mieux comprendre le fonctionnement d?un territoire, et ainsi de définir
des priorités et un plan d?actions associé. Bien qu?il s?agisse d?enjeux fon-
damentaux, les territoires régionaux et infrarégionaux qui se saisissent de
la question de la « comptabilité des flux de matières » qui les traversent,
sont encore peu nombreux.
Les objectifs d?une analyse de flux de matières pour les territoires sont
multiples :
? Recenser et peser au sens strict (en tonnes de matières) les flux de ma-
tières ;
? Évaluer l?utilisation des ressources et son impact sur les milieux exté-
rieurs, notamment en quantifiant les flux induits par le fonctionnement
du territoire ;
? Mesurer grâce à des indicateurs, la performance énergétique et maté-
rielle du territoire, l?intensité des échanges avec l?extérieur, sa pression
sur les ressources et milieux extérieurs ;
? Donner une vision synthétique, schématique et pédagogique de la
consommation de matières sur un territoire ;
? Identifier des actions à mettre place dans l?optique d?améliorer les per-
formances environnementales du territoire ;
? Suivre et évaluer les politiques et actions engagées en actualisant de
façon régulière l?analyse de flux de matières.
En somme, l?analyse de flux de matières constitue un outil d?aide à la dé-
cision précieux pour les territoires.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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POUR allER PlUs lOIn
la méthodologie utilisée pour une analyse de flux de
matières (aFM) :
D?un point de vue méthodologique, l?analyse de flux de matières recense
et quantifie les flux de matières qui sont mobilisés lors du développement
d?activités humaines. L?AFM suit le principe de conservation de la masse,
à l?image de la célèbre citation d?Antoine Lavoisier dans laquelle « rien
ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Ainsi, en suivant cette
la loi de conservation, on suppose que toutes les matières qui entrent sur
un territoire finiront par en ressortir, quelle qu?en soit la forme. La métho-
dologie de comptabilité faisant foi aujourd?hui est celle que propose le
service statistique européen Eurostat. Cette méthodologie a donné lieu Ã
une adaptation au contexte des régions et départements français par le
CGDD en 2014.58
La réalisation de ce type de diagnostic à l?échelle d?un territoire se dé-
nomme également « l?analyse du métabolisme territorial ». Cette
dernière notion se définit par analogie au métabolisme biologique, comme
étant «l?ensemble des processus de consommation et de transformation de
l?énergie et des matières mises en jeu par le fonctionnement des territoires »58.
Le métabolisme territorial constitue un outil de compréhension du fonc-
tionnement physique d?un territoire. À titre d?exemple, les ressources ali-
mentaires, les matériaux de construction, l?énergie, les émissions dans l?at-
mosphère, les déchets organiques et minéraux sont des éléments observés
dans le cadre du métabolisme territorial.
Ce type d?analyse a pour but d?améliorer la connaissance des flux d?un
territoire pour en optimiser la gestion dans une logique d?écologie terri-
toriale. On entend par écologie territoriale, un domaine d?action ayant
pour objectif de comprendre et analyser les flux à l?oeuvre sur un territoire,
mais surtout de proposer un mode de gestion optimisé de ces flux. Elle ap-
porte au métabolisme toute une dimension sociale, à savoir l?analyse des
acteurs du territoire qui sont à l?origine des flux de matières et d?énergie.
On estime que les métabolismes actuels sont linéaires et doivent être davan-
tage circulaires. La circularité des métabolismes propose donc une forme
de sobriété dans laquelle la diminution de la quantité des flux engagés
est de rigueur, ainsi que la substitution de certains flux par d?autres moins
impactant pour l?environnement59 (voir schéma p. 83).
(58) Guide méthodologique
« Comptabilité des flux de
matières dans les régions et
départements », CGDD, 2014
(59) « Économie circulaire :
un atout pour relever le défi de
l?aménagement durable des
territoires », ADEME / ORÉE,
2017
(60) L?empreinte eau, ou Water
Footprint, est un indicateur basé
sur la consommation effective
d?eau aux différents stades de la
production d?un produit, par le
producteur ou le consommateur
http://bit.ly/2FUByP0
les approches complémentaires à l?analyse de flux
de matière
? LA qUESTION DE L?EAU
La ressource en eau, élément indispensable au développement de la vie et
donc des activités humaines sur Terre, est soumise à de fortes pressions. Il
est donc nécessaire pour un territoire d?assurer le suivi de sa dépendance
à l?eau à travers un processus de comptabilité.
Toutefois, la méthodologie d?analyse de flux de matière la plus répandue
(selon Eurostat) n?intègre pas l?eau, car en réalisant son pesage en tonnes
de matière elle masquerait l?ensemble des autres flux du fait de son im-
portance. D?autres méthodes de comptabilité complémentaires existent,
telle que la méthode « Water footprint60 » qui cherche à calculer le vo-
lume total d?eau nécessaire pour fabriquer un produit ou proposer un
service. Cette méthode est déclinable pour calculer « l?empreinte eau »
d?un individu, d?une entreprise, d?un territoire ou d?un pays. Elle est
détaillée dans le rapport « The Water Footprint Assessment Manual »
réalisé par Water Footprint Network, en 2011.
? LA qUESTION DE L?ÉNERGIE
Indispensable pour le développement d?activités, la ressource énergétique
se doit d?être connue à l?échelle d?un territoire afin d?en maîtriser les enjeux.
La méthodologie AFM ne prend en compte que partiellement l?énergie. En
réalité, elle ne propose pas une comptabilité de l?énergie mais plutôt une
comptabilité des combustibles extraits, importés, consommés ou exportés
selon leur masse et non leur valeur énergétique. Une AFM n?exprimera
pas les approvisionnements et les consommations d?énergies du territoire,
c?est pourquoi les Schémas Régionaux Climat Air Énergie (SRCAE) peuvent
constituer une approche complémentaire d?analyse des flux d?énergie.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
83
InsCRIRE l?éCOnOMIE CIRCUlaIRE Dans l?aDn
DE l?agglOMéRatIOn
Coeur d?Essonne agglomération
Frédéric PETITTA, Vice-Président chargé du développement économique et
de l?artisanat
si le développement durable est inscrit dans l?essence même de Coeur d?essonne, l?agglomération a souhaité aller
plus loin en faisant de l?économie circulaire un véritable marqueur de son développement territorial. dans un contexte
de transitions économique et écologique, l?enjeu est de repenser l?organisation de l?action publique en fonction
des ressources du territoire et des défis auxquels il est confronté, pour inscrire l?économie circulaire dans l?adN de
l?agglomération.
dès 2015, Coeur d?essonne a lancé une étude de métabolisme urbain à l?échelle de son territoire, pour identifier
les projets d?économie circulaire pouvant être mis en oeuvre. Cette étude a permis de déterminer 4 enjeux de déve-
loppement pour le territoire :
Créer des emplois locaux non délocalisables, en structurant les filières d?avenir ;
diminuer l?impact des grands projets, des activités économiques et de leurs déchets sur l?environnement ;
augmenter l?attractivité du territoire pour les entreprises, par la recherche de mutualisation ;
réduire la dépendance du territoire en matière d?approvisionnement.
À partir de ces enjeux, l?agglomération a travaillé avec les entreprises et les acteurs du territoire pour élaborer une
véritable stratégie de développement de l?économie circulaire, comportant 26 actions concrètes, structurées autour
de 5 flux (importation/exportations, agriculture/alimentation, déchets, Btp/construction, énergie) et dont la mise en
oeuvre est prévue pour la période 2018 à 2020.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
85
MObIlIsER
lEs aCtEURs
Fiche 9 EIT
mesure de la FreC 46 ? page 86
Fiche 10 Commande publique
mesure de la FreC 44 ? page 96
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
86
DéFInItIOn
selon l?agence de l?environnement et de la maîtrise de l?éner-
gie (ademe), l?écologie industrielle et territoriale (eIt) est l?un
des sept piliers de l?économie circulaire et se définit comme
« un mode d?organisation interentreprises par des échanges
de flux ou une mutualisation de besoins61 ».
COntEXtE Et EnjEUX
l?eIt est une discipline récente car on attribue son acte de nais-
sance à un article scientifique publié en 1989 par des ingé-
nieurs de general motors, intitulé « des stratégies industrielles
viables », dans un numéro spécial consacré à « la gestion
de la planète terre ». l?eIt, dans son approche conceptuelle,
s?appuie sur l?écologie scientifique et s?inspire notamment des
écosystèmes pour tendre vers une gestion optimale des ma-
tières et de l?énergie sur les territoires. ainsi, à l?image du
fonctionnement des chaînes alimentaires dans le milieu naturel,
les déchets et co-produits d?une activité peuvent devenir une
ressource pour une autre activité. les entreprises peuvent réu-
tiliser entre elles, ou avec les collectivités, leurs résidus de pro-
duction (vapeurs, co-produits, gaz d?échappement, effluents,
déchets etc.) et donc limiter leurs impacts environnementaux
par la réduction de la pollution, le prélèvement de ressources,
la production de déchets et la consommation d?énergie. dans
sa mise en oeuvre, l?eIt fait également appel aux sciences so-
ciales, puisque le déploiement de ces démarches nécessite
de créer des conditions favorables entre les acteurs du projet,
propice à la définition d?objectifs partagés et à la mise en
place de synergies. l?eIt se caractérise par la mise en place
de synergies entre les acteurs économiques du territoire. Ces
synergies peuvent être de deux types : des synergies de mu-
tualisation, qui consistent à mutualiser entre des ressources,
des équipements ou des services entre les entreprises ou des
synergies de substitution qui visent à ce que les flux sortants
d?une entreprise constituent les flux entrants d?une autre. Ces
synergies peuvent se traduire par des échanges d?eau, de
vapeur, d?énergie de coproduits ou de déchets.
le déploiement de ces démarches constitue un enjeu important,
tant pour les collectivités que pour les entreprises. grâce à la
mise en oeuvre d?actions significatives, l?eIt peut permettre de
générer des bénéfices économiques directs ou indirects, de
développer de nouvelles activités, de favoriser l?implantation
de nouvelles entreprises ou encore de permettre la création
d?emplois non délocalisables.
MObIlIsER lEs aCtEURs
Écologie industrielle et territoriale (eIt)
(61) Économie circulaire : notions,
ADEME, 2014
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Schéma : Représentation de différents types de synergies possibles
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
8787
Bien qu?aucun objectif contraignant ne soit fixé par des textes
législatifs en matière d?eIt, certains documents mettent en avant
l?intérêt de faciliter la mise en oeuvre de ces démarches.
Au niveau européen, le paquet économie circulaire formelle-
ment voté en mai 201862 prévoit la révision de 4 directives eu-
ropéennes et mentionne l?eIt à travers le terme de « symbioses
industrielles ». le paquet propose notamment de « faciliter la
reconnaissance en tant que sous-produit d?une substance ou
d?un objet issu d?un processus de production dont le but pre-
mier n?est pas de produire ladite substance » afin de permettre
la mise en oeuvre de symbioses industrielles. Cette proposition
fait fortement écho à la sortie implicite du statut de déchets
qui annonce qu?un objet « fabriqué dans une installation de
production qui utilise des déchets comme matières premières,
n?a pas le statut de déchet ».
Au niveau national, la 2ème Conférence environnementale pour
la transition écologique de 2013 ? qui réunit les partenaires
du dialogue environnemental - a donné lieu à une Feuille de
route pour la transition écologique63 qui fixe dans sa mesure
n°11 l?objectif de « développer l?écologie industrielle et ter-
ritoriale (eIt) dans les territoires ». plus récemment la lteCV64
rappelle en son article 70, le soutien des politiques publiques
à l?eIt : « les politiques publiques promeuvent le développe-
ment de l?écologie industrielle et territoriale, qui consiste, sur la
base d?une quantification des flux de ressources et notamment
des matières, de l?énergie et de l?eau, à optimiser les flux de
ces ressources utilisées et produites à l?échelle d?un territoire
pertinent, dans le cadre d?actions de coopération, de mutuali-
sation et de substitution de ces flux de ressources, limitant ainsi
les impacts environnementaux et améliorant la compétitivité
économique et l?attractivité des territoires ».
en 2016, environ 70 démarches ont été référencées par
OrÉe. une actualisation du recensement est en cours et laisse
présager une centaine de démarches sur le territoire. Cette
dynamique a été largement soutenue par la multiplication des
appels à projets et appels à manifestations d?intérêts sur les
champs de l?économie circulaire et de l?écologie industrielle
et territoriale par les institutions publiques (régions et directions
régionales de l?ademe).
(62) Se référer à l?introduction du présent document
(63) http://bit.ly/2PWiSSv
(64) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique
pour la croissance verte, voir supra
Schéma : Recueil cartographique des démarches d?EIT en France
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
88
lE bassIn DE POMPEy FaIt sOn EIt
Communauté de communes du bassin de Pompey
Jérôme REYMOND, Responsable du pôle économie, attractivité et emploi
sur un territoire marqué par une forte reconversion industrielle, le Bassin de pompey, situé au Nord de la métropole de Nancy,
poursuit une politique de développement économique s?inscrivant dans une démarche d?excellence territoriale. Cela a permis
notamment le développement du parc d?activités eiffel Énergie, l?implantation de plus de 240 entreprises et l?emploi de près de
5 500 personnes. le Bassin de pompey, en lien étroit avec l?association des chefs d?entreprises Val de lorraine entreprendre (60
adhérents) et sa commission Hygiène sécurité environnement, a souhaité impulser une démarche d?écologie industrielle et territoriale.
Cette démarche regroupe 27 actions de synergies à engager en 2018 et 2019. la collectivité, avec les entreprises du territoire,
s?engage autour de la mutualisation d?équipements (pont à bascule, salle de réunion, espace de stockage, etc.), la recherche de
la valorisation de matières (plastiques, bio déchets alimentaires, palettes bois, etc.), la mutualisation d?énergie (optimisation chaleur
fatale, unité de méthanisation, groupement d?achat d?énergie, etc.), la mutualisation de compétences (groupement d?employeurs,
audit qualité sécurité croisé en entreprise, etc.) et la recherche de solutions innovantes notamment autour du déplacement des salariés.
T
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MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
guide « renforcer la compétitivité et l?attractivité de votre
territoire grâce à une démarche d?écologie industrielle et
territoriale »
guide « Écologie industrielle et territoriale : le guide
pour agir dans les territoires »
programme national de synergies Interentreprises
Étude « pérennité des démarches d?écologie industrielle
et territoriale en France »
plateforme du réseau national des acteurs de l?eIt :
sYNapse
Fiches descriptives d?outils en eIt
plateforme d?évaluation des performances des
démarches d?écologie industrielle et territoriale : elIpse
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
Cgdd
ademe, INeC, utt
auxilia,
mydiane,
pôle des Éco-Industries
ademe
ademe
OrÉe
sources
http://bit.ly/2P0gZ7D
http://bit.ly/2qnfGRG
http://bit.ly/2qlhWIZ
http://bit.ly/2qjcztS
http://bit.ly/2AEWdBM
http://bit.ly/2Ofhh5n
http://bit.ly/2Qf0MZ6
annéE
2014
2014
2017
2018
2018
2018
2016
Plaidoyer
Outils
Méthodo-
logies
Boîte à outils pour agir
évaluation
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89
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
90
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
« le recueil des démarches d?écologie industrielle et
territoriale ». le recueil est utilisé comme indicateur
de la stratégie nationale de transition écologique
vers un développement durable (sNtedd) et de suivi
des objectifs de développement durable (Odd) pour
la France sélectionné par le Conseil National de
l?Information statistique (CNIs)
les appels à projets économie circulaire des directions
régionales de l?ademe
le dispositif « tpe & pme gagnantes sur tous les coûts »
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
ademe
ademe
sources
http://bit.ly/2Q9LAfB
http://bit.ly/2Rp9rbm
http://bit.ly/2CTx7Az
annéE
2016
2012
2016
Boîte à outils pour agir
Retours
d?expérience
MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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appels
à projets
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
91
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°46 reNFOrCer les sYNergIes eNtre eN-
treprIses (ÉCOlOgIe INdustrIelle et terrItOrIale ? eIt)
? Promouvoir l?écologie industrielle et territoriale dans les
schémas régionaux (prpgd et srdeII) pour les Régions qui
le souhaitent ;
? amplifier la mise en en place de « bourses aux ressources »
(matériaux, équipements, services, consommables) dématé-
rialisées et accessibles à tous ;
? mettre en place un point d?accès national aux données de
l?économie circulaire.
lEs MEsUREs DE la FREC nOn DéDIéEs à l?EIt
MaIs POUvant COntRIbUER à sOn DéPlOIE-
MEnt65:
Mesure n°1 : « Incorporer davantage de matières pre-
mières issues du recyclage dans les produits », pour permettre
le développement de synergies industrielles matières (voir
fiche 7 « incorporation des mpr ») » ;
Mesure n°3 : « accompagner d?ici 2020, via le disposi-
tif de l?ademe « tpe & pme gagnantes sur tous les coûts »,
2 000 entreprises volontaires, afin d?étendre le dispositif à des
diagnostics ressources pour préfigurer de futures synergies » ;
Mesure n°24 : « Valoriser tous les biodéchets de qualité
et permettre au secteur agricole d?être moteur de l?économie
circulaire », pour inscrire le secteur agricole au coeur des
démarches d?eIt, notamment en milieu rural (voir fiche 4
« Biodéchets ») » ;
Mesure n°37 : « Faciliter la sortie du statut de déchet,
pour faciliter certaines synergies » ;
Mesure n°41 : « mener un effort de communication inédit
pour mobiliser les citoyens et les entreprises car la mobilisa-
tion des entreprises, qui reste l?un des principaux freins au
développement de l?eIt ».
(65) Newsletter n°1 du réseau SYNAPSE, SYNAPSE, 2018
MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
92
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
mise en place d?un plan régional de prévention et de ges-
tion des déchets (prpgd) et d?un schéma régional de dé-
veloppement Économique d?Innovation et d?Internationa-
lisation (srdeII) mentionnant l?eIt (pour les collectivités) ;
référencement de la démarche dans l?outil elIpse dont
voici quelques indicateurs :
? Existe-t-il une structure locale pérenne qui pilote la dé-
marche (déjà existante ou créée spécifiquement pour) ?
(indicateur qualitatif de moyens pour évaluer la métho-
dologie) ;
? Quels services ont été mutualisés pour les entreprises et
autres activités locales ? (indicateur qualitatif de résultat
pour évaluer les effets sur le territoire) ;
? Donnez un ordre de grandeur du nombre d?emplois
(etp) créés ou maintenus grâce à l?installation d?entre-
prises ou la création d?activités grâce à la démarche
(indicateur quantitatif de résultat pour évaluer les effets
sur le territoire).
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Création d?une base de données nationale en économie
circulaire. dans les mesures de la FreC, il s?agit bien d?un
« point d?accès national aux données de l?économie cir-
culaire », c?est-à -dire d?un portail qui rassemble des bases
de données existantes ou futures en matière d?économie
circulaire ;
Nombre de démarches d?écologie industrielle en France ;
Nombre de plans régionaux de prévention et de ges-
tion des déchets (prpgd) et de schémas régionaux de
développement Économique d?Innovation et d?Internatio-
nalisation (srdeII) mentionnant l?eIt ;
Nombre de plateformes de « Bourses aux ressources exis-
tantes » ;
Nombre de démarches évaluées sur elIpse.
POUR allER PlUs lOIn
animer le réseau national de l?écologie
industrielle et territoriale
Afin de favoriser le partage de bonnes pratiques et de re-
tours d?expérience entre les membres de la communauté et
de déployer l?EIT en France.
Le réseau national des acteurs de l?EIT, nommé SYNAPSE,
a été lancé en novembre 2017 à l?initiative de l?ADEME, en
partenariat avec le CGDD et la DGE. Il s?appuie sur des ani-
mateurs nationaux qui le font vivre au quotidien ainsi que sur
une plateforme dédiée à l?EIT. Des travaux de réflexion sont
en cours sur la pérennité d?une démarche EIT, la massifica-
tion des données de flux et le développement économique.
Promouvoir l?intégration des principes d?EIt
en amont de la conception des zones d?activités
économiques, via la mise à disposition d?outils
Les retours d?expérience en France ont montré que les
zones d?activités sont des lieux propices au développe-
ment des démarches d?écologie industrielle. Dans une ap-
proche méthodologique courante de déploiement de l?EIT,
les entreprises ayant une activité sur la zone, et les entre-
prises environnantes, peuvent faire l?objet d?un diagnostic
afin d?identifier entre elles de potentielles synergies. Dans
ce cas de figure, l?EIT se déploie à partir de « l?existant »,
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
mais qu?en est-il des futures entreprises qui souhaitent s?ins-
taller sur des parcelles inoccupées, ou bien des zones d?ac-
tivités qui sont en phase de conception ?
En suivant une approche du cycle de vie, il est possible d?in-
tégrer les principes de l?EIT dès la conception mais également
tout au long de l?aménagement d?une zone d?activité (voir
fiche 6 « Éco-conception »). L?objectif est de penser à l?im-
plantation d?un porteur de projet, en intégrant des critères
basés par exemple sur son bilan de flux entrants et sortants,
ou encore sur les synergies potentielles avec les entreprises
géographiquement proches.
Certains territoires se sont lancés dans cette démarche, en
faisant de l?EIT un moyen de garantir l?exemplarité de leurs
zones d?activités d?un point de vue environnemental. À
titre d?exemple figurent notamment le parc d?activités « Les
Portes du Tarn66» en Occitanie, ou l?espace industriel d?INS-
PIRA67en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces derniers ont servi de
territoires d?expérimentation pour des programmes de re-
cherche ou de développement d?outils intégrant les principes
d?EIT dans leurs zones d?activités. Ces outils peuvent donc
constituer de véritables outils d?aide à la décision pour les
commercialisateurs de foncier qui souhaitent améliorer et
optimiser l?implantation d?entreprises.
l?aPPlICatIOn
DE l?éCOlOgIE aU
DévElOPPEMEnt DU sItE InsPIRa
InsPIRa, Espace Industriel Responsable
et Multimodal
Vincent DAÖN, Directeur
INspIra - espace industriel, responsable et multimodal est situé à 40 minutes
au sud de lyon. le site profite d?un environnement économique riche composé
d?industriels leaders sur leur marché.
l?organisation d?INspIra, intégré à l?écosystème industriel permet, dans l?ac-
compagnement à l?implantation d?activité, de proposer des solutions en termes
de synergies industrielles. Il est ainsi étudié, entre les activités existantes et les
futurs projets, l?optimisation de flux de matières et d?énergie, la valorisation de
co-produits et la mutualisation de services et d?équipements. Cette pratique de
l?écologie industrielle permet de faire converger gains économiques et per-
formances environnementales et ainsi d?offrir aux entreprises des avantages
concurrentiels.
dans ce cadre, INspIra a initié une démarche partenariale68 aujourd?hui por-
tée par eNgIe à l?échelle européenne : le projet Be CIrCle ! l?objectif est
de faciliter la transition des acteurs industriels et de leur écosystème vers une
économie circulaire à l?aide d?une plateforme web spécialement conçue. Be
CIrCle ! favorise donc l?émergence de synergies industrielles en se basant sur
les flux locaux et accompagne les entreprises dans leur intégration au territoire.
INspIra est site d?expérimentation de la démarche pour améliorer et optimiser
l?implantation des entreprises.
T
É
M
O
IG
N
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G
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(68) 1 Liste des partenaires :
Temps 1 : INSPIRA, ENGIE, Idea?s Laboratory, Trédi-Séché, CNR
Temps 2 : Climate-KIC, Arx IT, Ecole polytechnique, CNR, Provadis et
Infraserv Höchst (Plateforme industrielle allemande).
(66) Pour obtenir davantage d?informations, se référer au retour
d?expérience « Portes du Tarn », voir infra
(67) Pour obtenir davantage d?informations, se référer au retour
d?expérience « INSPIRA », voir ci-contre
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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les Portes du tarn
Antoine CHORRO, Directeur Général
Cyril ADOUE, Chef de Projet Recherche
le parc d?activités « les portes du tarn » (200 ha), à vocation industrielle, se situe
à une vingtaine de kilomètres de l?agglomération toulousaine. Il a été initié dans
les années 2000 par la communauté de Communes tarN-agOut et le Conseil
départemental du tarn. la conception, l?aménagement et la commercialisation
ont été confiés à la société publique locale d?aménagement (s.p.l.a) « les portes
du tarn ». l?économie circulaire a été intégrée à chacune des étapes du cycle de
vie du parc, dès sa phase de conception. l?objectif, pour la s.p.l.a.81 était de
limiter les consommations de ressources et d?énergie des activités implantées afin
de différencier l?offre de foncier de celles de la concurrence.
T É M O I G N A G E
Vue d?ensemble des Portes du Tarn ? juin
2018 ©Les Portes du Tarn
l?application de l?économie circulaire favorise l?acceptabilité auprès de la popula-
tion, des activités industrielles engagées dans cette démarche vertueuse. Ce projet
ambitieux et innovant a nécessité des travaux de recherche afin de développer
les outils méthodologiques et techniques nécessaires. une des caractéristiques
clés du parc est que l?écologie industrielle (création de synergies éco-industrielles
entre les entreprises : échanges de flux de matières ou d?énergie, mutualisations,
etc.) est au coeur de la commercialisation des parcelles. les synergies potentielles
liées à chaque implantation sont identifiées dès les premiers échanges avec les
investisseurs potentiels. les travaux de r&d menés ont été effectués dans le cadre
d?un partenariat entre la s.p.l.a.81 et toulouse INp-eNsIaCet, avec le soutien
de l?ademe. la boîte à outil développée a été présentée lors d?un colloque na-
tional dédié le 14 juin 2018. elle contient le progiciel eFFIe (efficiency through
Industrial ecology) qui permet d?intégrer des critères d?écologie industrielle à l?offre
de foncier d?activités. elle est à la disposition des aménageurs et consultable sur
le site http://www.portesdutarn.fr/.
lEs PORtEs DU taRn, l?IntégRatIOn DE l?éCOnOMIE CIRCUlaIRE Dans lE
CyClE DE vIE D?Un PaRC D?aCtIvItés
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
95
POUR allER PlUs lOIn
évaluer et pérenniser l?EIt en France
Depuis une dizaine d?années, les démarches d?EIT se multiplient en France
grâce aux nombreux appels à projets lancés par les Régions et les direc-
tions régionales de l?ADEME. Il est important que ces démarches se lancent
dans un processus d?évaluation afin de déterminer les impacts environne-
mentaux, économiques et sociaux que ces démarches vont générer. L?ADE-
ME a missionné ORÉE pour réaliser une évaluation de la maturité de l?EIT
en France, notamment en incitant les porteurs de projets à s?évaluer sur le
référentiel ELIPSE. Le référentiel ELIPSE créé par ORÉE permet d?évaluer
les performances des démarches d?EIT. Il se présente sous la forme d?une
plateforme en ligne et a été développé dans un triple objectif :
? Fournir un cadre commun d?auto-évaluation pour les porteurs de projets ;
? Permettre aux structures soutenant les démarches d?EIT de réaliser un
suivi ;
? Faire remonter au niveau national les bonnes pratiques, les freins et les
leviers communs.
Il est composé de 61 indicateurs répartis selon trois grands principes qui
sont la coopération multi-acteurs, le bouclage des flux et la création de
richesses locales. La plateforme est accessible69 pour tous et entièrement
gratuite.
En parallèle, ORÉE portera également des réflexions sur les conditions de
pérennisation des démarches d?EIT en France. En effet, après l?impulsion
des Régions pour le lancement de nombreuses démarches, le questionne-
ment s?oriente de façon quasi-systématique sur la pérennisation de telles
démarches. Les financements publics alloués aux démarches ont tendance
à prendre fin à l?issue d?une période de trois ans, obligeant alors les por-
teurs de projets à faire évoluer le modèle économique. La pérennisation
doit être appréhendée au regard de trois piliers fondamentaux qui sont :
la gouvernance de la démarche, des réalisations concrètes et des résultats
obtenus. Le réseau SYNPASE mène également des réflexions sur le sujet au
travers de son nouveau groupe de travail « Pérennisation des démarches
et réflexions autour des modèles économiques » 70.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
l?intégration de l?EIt dans les documents de planification
La Feuille de route recommande de faire la promotion de l?EIT en l?inté-
grant dans les Plans Régionaux de Prévention et de Gestion des Déchets
(PRPGD), ainsi que dans les Schémas Régionaux de Développement Éco-
nomique d?Innovation et d?Internationalisation (SRDEII).
Au vu de ses compétences en termes d?aménagement du territoire et en-
vironnement, la Région est l?acteur identifié pour élaborer la stratégie ré-
gionale de l?économie circulaire sur son territoire. Le PRGPD est un outil
de programmation globale visant à mettre en oeuvre les moyens pour
atteinte des objectifs nationaux en termes de réduction des déchets à la
source, d?amélioration des taux de tri pour le recyclage, et de valorisation
des déchets (voir fiche 7 « Incorporation des MPR » et fiche 3 «Consignes
de tri »). Dans le cadre de l?élaboration du PRGPD, les Régions sont dé-
sormais obligées d?y intégrer un « Plan régional d?action en faveur de
l?économie circulaire ».
L?EIT dans son déploiement opérationnel sur les territoires permet de ré-
pondre aux trois objectifs identifiés du PRGPD. Dans une note « Intégration
de l?EC dans les PRGPD71», l?ADEME propose des exemples de mesures
pouvant être intégrées dans le plan d?action en faveur de l?économie cir-
culaire.
Par ailleurs, en lien avec ses compétences de développement économique
et d?innovation, la Région est chargée d?élaborer le SRDEII. Ce schéma a
pour vocation de désigner les grandes orientations régionales en termes
d?aides aux entreprises, de soutien à l?internationalisation, à l?investisse-
ment immobilier et à l?innovation et comporte également un volet écono-
mie sociale et solidaire. Ce document peut aussi intégrer l?EIT car dans
son application sur les territoires, celle-ci est garante d?un développement
économique (bénéfices économiques pour les entreprises, création d?em-
plois, création de nouvelles activités etc.). De plus, le caractère prescriptif
du SRDEII en fait le document idéal pour faire la promotion de l?EIT auprès
des collectivités et autres acteurs locaux.
l?accès aux données en EIt
La mesure n°46 de la FREC met en évidence l?importance de faciliter
l?accès des données d?entreprises via un point d?accès national et d?am-
plifier le déploiement de plateformes d?échange afin de démultiplier les
potentialités de synergies inter-entreprises. La question des données en
EIT est cruciale car elles sont « la matière » nécessaire à faire émerger
ces synergies interentreprises. L?ADEME s?est emparée de cette question
en amorçant des réflexions sur les moyens de massifier ces données. Le
premier levier identifié est la création d?une nomenclature nationale des
flux, permettant la comptabilité des données et l?interfaçage entre outils.
De plus, la création d?une base de données nationale centralisatrice peut
s?avérer utile pour les porteurs de projets afin d?identifier des potentiels
de synergies. Le lancement du nouveau groupe de travail72 dans le cadre
du réseau national des acteurs de l?écologie industrielle et territoriale (SY-
NAPSE) aura vocation à travailler sur la construction de la nomenclature
et de la base de données.
(69) http://www.referentiel-elipse-eit.org/
(70) Le premier groupe de travail a eu lieu lors des rencontres francophones de l?EIT (RFEIT)
les 10 et 11 octobre 2018, Ã Troyes
(71) http://bit.ly/2Pxi8Eg
(72) Groupe de travail « Massification des données de flux : nomenclature et base de données »
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
«la commande publique est un terme générique relatif Ã
l?ensemble des contrats passés par les acheteurs publics pour
satisfaire leurs besoins73». les contrats de la commande pu-
blique s?illustrent sous différentes formes telles que les marchés
publics, les contrats de concession, les délégations de service
public, les contrats de partenariat public/privé, les partenariats
d?innovation, etc.l?ensemble de ces contrats doit respecter
trois principes: la liberté d?accès à la commande publique,
l?égalité de traitement des candidats et la transparence des
procédures. en 2014, la commande publique a fait l?objet
d?une réforme d?envergure au niveau européen afin de rendre
ces contrats plus responsables et, dès lors, les marchés publics
relèvent de l?ordonnance du 23 juillet 201574 et les contrats
de concession de l?ordonnance du 29 janvier 201675.
COntEXtE Et EnjEUX
la commande publique est un levier indispensable de la tran-
sition vers une économie plus circulaire. elle représente, à elle
seule, plus de 10 % du pIB français, soit 200 milliards d?eu-
ros76. au-delà de cette manne financière directe, qui pourrait
déjà permettre de valoriser les entreprises plus «vertueuses»,
l?effet d?entraînement de la commande publique est considé-
rable. au niveau européen, on parle même de «strategic
public procurement», en référence à sa capacité à dévelop-
per de nouveaux marchés et favoriser l?innovation verte. en
ce sens, l?ue encourage fortement la conclusion de marchés
publics écologiques (mpe)77. en France, la loi du 17 août
2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte78 pose le principe d?une commande publique durable
mise au service de la transition vers une économie circulaire:
les achats publics doivent participer à la réalisation des ob-
jectifs de développement durable, d?approvisionnement et de
consommation responsables grâce notamment à la mise en
place d?outils sur le coût du cycle de vie des produits79. la
volonté de mobiliser la commande publique au service de la
transition écologique s?illustre par l?obligation pour les collecti-
vités dépassant 100 millions d?euros Ht d?achats publics par
an, d?adopter un schéma de promotion des achats publics so-
cialement et Écologiquement responsables (spaser)80 devant
contribuer «à la promotion d?une économie circulaire81». de
plus, afin d?encourager les acheteurs publics vers la voie des
achats publics durables, l?adoption du plan National d?action
pour les achats publics durables (pNaapd)82 a fixé pour la
période 2014-2020, un objectif de 30 % des marchés pu-
blics intégrant des dispositions environnementales et 25 % de
dispositions sociales.
MObIlIsER lEs aCtEURs
Commande publique
(73) Commande publique respon-
sable : un levier insuffisamment
exploité, CESE, 2018
(74) Ordonnance n° 2015-899 du
23 juillet 2015 relative aux marchés
publics
(75) Ordonnance n° 2016-65 du 29
janvier 2016 relative aux contrats de
concession
(76) Commande publique respon-
sable : un levier insuffisamment
exploité, CESE, 2018
(77) Les marchés publics écologiques
sont des marchés publics permettant
d?acquérir des biens et des services
respectueux de l?environnement, dans
lesquels des critères sont élaborés
au niveau de l?UE et utilisés ensuite
par les pouvoirs publics sur une base
volontaire
(78) Loi n° 2015-992 du 17 août
2015 relative à la Transition énergé-
tique pour la croissance verte (LTECV)
(79) Tel que prévu par la mesure 44
de la Feuille de route sur l?économie
circulaire (voir infra)
(80) Obligation prévue par l?article
13 de la loi n° 2014-856 du 31 juil-
let 2014 relative à l?économie sociale
et solidaire, modifié par l?article 76
de la LTECV
(81) http://bit.ly/2Q0x10U
(82) http://bit.ly/2OsSACy
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Concrètement, la commande publique propose différents
moyens d?actionpour intégrer l?économie circulaire :
Le sourçage, effectué en amont de la phase de mise en
concurrence, il est considéré comme un outil essentiel à la
bonne compréhension du marché public et des contraintes
existantes. Celui-ci permet, par la réalisation d?études de
marché ou d?échanges préalables avec les acteurs écono-
miques, de mieux appréhender l?offre disponible et donc
mieux définir les besoins;
L?évaluation précise des besoins, s?effectue en amont de la
passation. elle est la garantie d?une bonne compréhension
et exécution du marché, de son objet et de ses caractéris-
tiques83. Cette interrogation permet de réaliser un diagnostic
affiné et transversal du besoin et de projeter son évolution
dans le temps: quelles sont les attentes des usagers au-
jourd?hui et à terme? Faut-il acheter un produit ou bénéficier
d?un service (voir fiche 2 «Économie de la fonctionnalité»)?
le niveau de consommation actuelest-il adapté ? Cette ré-
flexion permet à la fois d?optimiser la demande, en tendant
vers une réduction et en recherchant des mutualisations;
L?objet du marchéest une question importante car il borne
les champs des possibles en matière d?exigences environne-
mentales. la commande publique circulaire peut alors utiliser
plusieurs outils: les critères de sélection bonifiant la perfor-
mance environnementale, les spécifications techniques, les
conditions d?exécution, les variantes environnementales, les
partenariats d?innovation, les marchés publics innovants, etc.
qui doivent être en lien avec l?objet du marché. le marché
peut donc spécifier un objectif environnemental dans son
objet, pour intégrer des exigences «proportionnées» par
la suite. par exemple, si l?objet du marché est de comman-
der du mobilier réemployé, il est possible d?exclure dans
les spécifications techniques la fourniture de mobilier neuf,
sans que cela ne constitue une restriction disproportionnée
à la concurrence;
Les spécifications techniquesdéterminent les «caractéris-
tiques requises des travaux, des services ou des fournitures
qui font l?objet du marché»84. au travers de ces spécifica-
tions techniques données, l?acheteur public a la possibilité
d?introduire des dispositions relatives à l?économie circulaire.
Ces spécifications sont les prescriptions techniques qui dé-
crivent les caractéristiques d?un produit, ouvrage ou service,
mais aussi un processus ou une méthode spécifique de pro-
duction ou d?une caractéristique propre à un autre stade du
cycle de vie. elles ont pour obligation d?être liées à l?objet
du marché mais aussi proportionnées à sa valeur et à ses
objectifs et reposer sur des normes, labels ou tout document
équivalent accessibles aux candidats;
Le choix du mieux disantpermet de sortir d?une logique de
critère de «prix» unique. ainsi, l?offre économiquement la
plus avantageuse repose sur différents critères: prix intégrant
le coût global, la qualité, le respect de critères sociaux et/
ou environnementaux, délais de réalisation, les profils, l?ex-
périence, etc.;
Les clauses de performances impactent la rémunération des
prestataires. les acheteurs publics ont la possibilité d?inciter
le prestataire à améliorer son processus de tri et accroître la
valorisation des déchets, par exemple;
Le principe d?allotissement est une opportunité pour favoriser
l?accès des petites et des moyennes entreprises aux contrats
de la commande publique;
Les partenariats d?innovations85est un nouveau type de mar-
ché public qui a pour objet la recherche et le développement
et l?acquisition de fournitures, services ou travaux innovants
qui en sont le résultat.
les leviers juridiques à activer pour tendre vers une commande
publique circulaire existent mais, pour autant, ces leviers sont
insuffisamment utilisés. On estime qu?en 2016, seuls 13,4 %
des marchés publics français supérieurs à 90 000 ¤ Ht com-
portaient une clause environnementale et 6,8 %, une clause
sociale. pour libérer le potentiel de la commande publique
circulaire, il s?agit donc de lever les freins organisationnels,
politiques ou techniques restants.
(83) Article 30 de l?ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
relative aux marchés publics
(84) Article 31 de l?ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
relative aux marchés publics
(85) Article 93 et suivants du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016
relatif aux marchés publics
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98
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°44:
«Faire de la COmmaNde puBlIQue et du dIspO-
sItIF « admINIstratION eXemplaIre » un levier pour
déployer l?économie circulaire :
? Inciter les administrations à donner les biens en bon
état dont elles n?ont plus l?usage (biens amortis tels que
livres, mobiliers, matériels électriques et électroniques,
équipements divers), au profit de structures relevant de
l?économie sociale et solidaire : créer une interface
web de dons en lien avec le site www.ventesdoma-
niales.fr, publier un guide d?aide à la pratique du don
par les administrations et favoriser la contractualisa-
tion des administrations avec des structures relevant de
l?économie sociale et solidaire ;
? Fixer comme objectif qu?au moins 50 % des distributeurs
automatiques de boissons déployés dans les services
de l?État et chez ses opérateurs différencient au niveau
des prix, l?achat avec ou sans gobelet d?ici 2021 ;
? Fixer à l?État, à ses opérateurs et aux collectivités l?ob-
jectif d?utiliser au moins 50 % de papier recyclé Ã
compter du 1er janvier 2022, en parallèle de la pour-
suite de la réduction de la consommation de papier ;
? s?engager, sur la base d?une étude à achever d?ici
2019, dans l?utilisation de pneumatiques rechapés ou
rechapables pour les flottes des véhicules lourds des ser-
vices de l?État, de leurs opérateurs et des collectivités ;
? s?engager, sur la base d?une étude à achever d?ici fin
2018, dans l?utilisation de téléphones issus du réem-
ploi par les services de l?État ;
? Intégrer l?économie circulaire dans les stratégies de com-
mande publique (charte d?achat public durable, abaissement
du seuil à partir duquel devient obligatoire le schéma de
promotion des achats publics socialement et écologiquement
responsables (spaser), statistiques issues de l?observatoire
économique de la commande publique, etc.) ;
? mettre à disposition des acheteurs, d?ici 2022, des outils sur
le coût du cycle de vie pour les grands types d?achat repo-
sant sur des méthodes intégrant les coûts directs, notamment
l?acquisition, le transport, l?utilisation, la maintenance, la fin
de vie d?un produit ou service sans oublier les coûts imputés
aux externalités environnementales, par exemple en termes
de gaz à effet de serre ;
? développer de nouveaux instruments et méthodes innovants:
plateformes numériques de sourçage, notamment pour les
produits biosourcés durables, repérage de clauses et critères
exemplaires, mise en place de procédures organisationnelles
et budgétaires incitant les responsables publics des budgets
à prendre en compte les coûts de fonctionnement et de fin
de vie des achats publics, acceptation systématique des va-
riantes environnementales dans les offres, etc. ;
? Consolider les réseaux régionaux d?acheteurs, notamment
par le renforcement du pilotage au niveau de l?État par les
plateformes régionales des achats de l?État (pFra) créées
en 2016 ;
? proposer d?ici 2019 via l?ugap (union des groupements
d?achat public) une offre relevant de l?économie circulaire
(achat de produits d?occasion, de services relevant de l?éco-
nomie de la fonctionnalité, etc.) ;
FI
C
h
E
n
°1
0
? développer dans le cadre du dispositif interministériel
« Administration exemplaire » un suivi spécifique sur les
déchets produits dans les services de l?État et les restaurants
collectifs qui en dépendent ; prendre en compte une dimen-
sion « économie circulaire » dans ce dispositif et y installer un
nouvel instrument incitatif permettant de mobiliser les services
et d?encourager les bonnes pratiques».
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général au
développement durable
la Feuille de route vise à généraliser l?intégration des
concepts de l?économie circulaire dans les stratégies de
commande publique durable.
parmi, les premières mesures de mise en oeuvre, un guide
sur la pratique du don par les administrations publiques ainsi
que la charte de l?achat public durable seront présentés fin
2018. la centrale d?achat ugap poursuit le développement
de son offre relevant de l?économie circulaire. enfin, des tra-
vaux d?élaboration de deux méthodes de calcul du coût du
cycle de vie sont actuellement en cours (mobilier de bureau
et prestations de nettoyage).
avis d?expert
avis d?expert
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
État des lieux «Commande publique responsable :
un levier insuffisamment exploité»
Brochure «des marchés publics pour une économie
circulaire - Bonnes pratiques et orientations»
Focus «Vers une commande publique circulaire»
Cahier technique «l?économie circulaire et la commande
publique»
plans ministériels d?administration exemplaire et bilans
annuels par ministère
plan National d?action pour les achats publics durables
(pNaapd)
schéma de promotion des achats publics socialement et
écologiquement responsables
Fiche technique «la définition du besoin»
Notice introductive «prise en compte du cycle de vie dans
une consultation»
Inter-réseaux de la commande publique durable et réseaux
régionaux d?acheteurs publics
plateforme informatique du réseau des acheteurs publics
intégrant le développement durable
PORtEUR / aCtEUR
Cese
Commission européenne
Institut de l?économie circulaire
areNe
ÃŽle-de-France
ministère de la transition
écologique
et solidaire
direction des affaires
Juridiques
direction des affaires
Juridiques
gem-dd
ministère de la transition
écologique et solidaire
sources
http://bit.ly/2D31Hb7
http://bit.ly/2PbSSDg
http://bit.ly/2DmnGe8
http://bit.ly/2JDl3Vq
http://bit.ly/2QpUNkg
http://bit.ly/2OsSACy
http://bit.ly/2yNngti
http://bit.ly/2PAT4eH
http://bit.ly/2Or7V6A
http://bit.ly/2PbTb0S
http://bit.ly/2OohHXb
annéE
2018
2017
2017
2017
2015
2020
2016
2017
2016
Enjeux
globaux
sur les plans
et schémas
sur la définition
du besoin
sur le coût du cycle de
vie et le coût global
sur les réseaux
d?acheteurs publics
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
99
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
100
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
FI
C
h
E
n
°1
0
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État et les acteurs publics
seuil à partir duquel devient obligatoire le schéma de
promotion des achats publics socialement et Écologique-
ment responsables (spaser);
Élaboration d?une offre économie circulaire par l?ugap;
mise en place d?un tableau de bord pour le suivi spéci-
fique sur les déchets produits dans les services de l?État et
les restaurants collectifs qui en dépendent;
publication d?un guide d?aide à la pratique du don par
les administrations;
Inscription des objectifs dans le dispositif administration
exemplairede :
? 50 % de distributeurs automatiques de boissons différen-
ciant au niveau des prix, l?achat avec ou sans gobelet
d?ici 2021;
? 50 % de papier recyclé à compter du 1er janvier 2022.
réalisation d?études surles possibilités:
? d?utilisation de pneumatiques rechapés ou rechapables
pour les flottes des véhicules lourds des services de l?État,
de leurs opérateurs et des collectivités;
? d?utilisation de téléphones issus du réemploi par les ser-
vices de l?État;
Nombre de titulaires d?écolabels français NF environne-
ment et européen (ee)86;
part de marchés publics supérieurs à 90000¤ intégrant
des clauses environnementales. (86) Indicateur déjà suivi: «10 indicateurs clés pour le suivi
de l?économie circulaire, Commissariat général au dévelop-
pement durable, 2017»
(87) https://www.ademe.fr/actualites/appels-a-projets
(88) Source : ISO20400, Norme Achats responsables,
AFNOR, 2017
POUR allER PlUs lOIn
activer la gouvernance comme levier pour
favoriser la transversalité dans l?organisation
interne
En effet, la difficulté à mettre en oeuvre une commande pu-
blique circulaire réside avant tout dans la caractéristique
résolument transversale de la fonction achat.
Rédiger une stratégie de commande publique circulaire,
s?appuyant sur un Schéma de Promotion des Achats Pu-
blics Socialement et Écologiquement Responsables (SPA-
SER), ou a minima, en définissant une charte et des pro-
cess de fonctionnement;
Anticiper les marchés à venir, grâce à un état des lieux
des marchés passés et un diagnostic des marchés futurs
afin de dimensionner, mutualiser et prioriser les besoins;
S?appuyer sur un portage politique fort.
Former et accompagner les acheteurs
La France compte 130000 acheteurs publics, c?est plus de la
moitié du nombre d?acheteurs de toute l?Europe. Plus qu?ail-
leurs, l?accompagnement des acheteurs est fondamental;
ceux-ci s?estimant trop souvent démunis pour porter la tran-
sition écologique. En cause, un manque de connaissance sur
la manière de définir, évaluer et vérifier les critères environ-
nementaux, la difficulté de penser le coût sur l?ensemble du
cycle de vie, la perception d?un surplus monétaire et surtout
un manque de temps.
Une reconnaissance du rôle des acheteurs est incontour-
nable, ainsi qu?un accompagnement technique via la forma-
tion initiale et continue. En parallèle, les méthodes et outils
permettant d?objectiver le coût global en fonction de typo-
logie de produit doivent se développer, à l?instar de la Di-
rective 2009/33/CE qui définit le coût de cycle de vie des
véhicules. Enfin, les échanges, bonnes pratiques et retours
d?expérience doivent encore être partagés et diffusés. Sur ces
deux derniers éléments, la Commission européenne propose
des guides, outils et fiches bonnes pratiques87.
Instaurer un dialogue public-privé sur les
territoires
Un dialogue public-privé doit s?instaurer afin que les com-
mandes s?accordent aux potentialités du territoire. L?ache-
teur doit être en capacité de mener un sourcing continu
afin d?adapter et dimensionner ses marchés au regard
des capacités des fournisseurs. L?acheteur doit également
s?assurer que la réponse attendue n?entraîne pas d?efforts
disproportionnés pour les fournisseurs. Le dialogue et les
échanges préalables avec les acteurs économiques du ter-
ritoire doivent ainsi être favorisés, dans une logique d?éco-
système et de chaîne de valeur, et ce, vers un développement
durable des territoires. À ce titre, le Green Deal Circular Pro-
curement, lancé par Kirkman Company, MVO Nederland,
NEVI, PIANOo et Circle Economy est exemplaire. L?initiative
soutient les organisations souhaitant engager des actions
d?achats circulaires et partagent les bonnes pratiques, pour
favoriser une dynamique d?engagement volontaire et posi-
tive, à hauteur des capacités des acteurs.
Vision globale de l?approche du
« coût du cycle de vie »
Ensemble des coûts et impacts
du cycle de vie
Coûts du cycle de vie
Coût total
de possession
(TCO)
Prix
Organisation Société
Externalités non
monétisables
Coût des externalités
environnementales
/sociales
Coûts/bénéfices
des risques/opportunités
Coûts d?acquisition,
d?utilisation et de fin de vie
Prix d?achat
+
+
+
+
+
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Schéma :
Vision globale de l?approche
du « coût du cycle de vie »88
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
101
aU sERvICE D?UnE éCOnOMIE DURablE,
PROtECtRICE DEs REssOURCEs Et
REsPECtUEUsE DE l?EnvIROnnEMEnt
ville de Paris, Direction des Finances
et des achats, sous-direction des achats
Meriem BELKHODJA, Adjointe à la cheffe de bureau
Supports et Techniques d?Achat
États généraux puis livre blanc de l?économie circulaire en 2015, schéma parisien de la Com-
mande publique responsable adopté à l?unanimité par le Conseil de paris en février 2016 faisant
de l?économie circulaire sa pierre angulaire, plan Économie circulaire et sa 1ère Feuille de route,
adoptés en juillet 2017, l?engagement de la Ville de paris en matière d?économie circulaire se veut
opérationnel et concret au service d?une économie durable, protectrice des ressources et respec-
tueuse de l?environnement. au service de cette ambition, la commande publique parisienne, qui
représente selon les années entre 1,2 et 1,6 milliards d?euros d?achats, constitue un puissant levier.
la direction des Finances et des achats de la Ville s?est donc engagée de longue date dans la
prise en compte de l?économie circulaire; intégrant systématiquement l?étude de ce volet lors
de l?élaboration de ses stratégies d?achat (duchallenge du besoin en passant par des clauses
d?exécution ou des critères de jugement des offres). elle porte par ailleurs de façon plus formelle
l?action 13 du plan Économie circulaire, destinée à augmenter la part de produits éco-conçus dans
les achats publics et développer une logique d?économie de la fonctionnalité dans nos marchés.
plusieurs actions concrètes ont d?ores et déjà été engagées par la Ville (direction du logement et de
l?Habitat, avec une chargée de mission dédiée à l?économie circulaire, directions des Constructions
publiques et de l?architecture, direction de l?Immobilier, de la logistique et des transports, etc.) :
réemploi des matériaux in situ ou hors site, création d?une plateforme d?échanges de matériaux
entre chantiers ou mobiliers, éco-conception et aménagement en économie circulaire, signature de
la charte dÉmOClÈs visant à développer le recyclage des matériaux de gros et second oeuvre
en rappelant à chacun des acteurs (mOa, mOe, sps) leurs responsabilités, leviers et outils, mise
en place de groupes de travail dédiés.
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
Une illustration
La Maison des Canaux, un
chantier exemplaire de réha-
bilitation et de mise en oeuvre
des principes d?économie cir-
culaire conduit par la Ville de
Paris.
Objectif: tendre vers une ges-
tion « zéro déchets » des bâti-
ments, avec un réemploi autant
que possible des matériaux et
mobiliers sur site et le traite-
ment des déchets dans des fi-
lières de revalorisation.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
102
PROgRaMME-aCtIOn
«aChats Et éCOnOMIE CIRCUlaIRE»
Métropole du grand Paris, Institut national
de l?économie Circulaire et Observatoire
des achats Responsables
Hortense MOURIER, Chef de projet Économie Circulaire,
Direction Développement économique et attractivité,
Métropole du Grand Paris
afin d?accompagner les acheteurs et prescripteurs vers da-
vantage d?économie circulaire, la métropole du grand paris
(mgp), l?Institut National de l?Économie Circulaire (INeC) et
l?Observatoire des achats responsables (OBsar) ont décidé
de créer et co-piloter un programme-action intitulé «achats et
économie circulaire».
Inspiré des « green deal » lancés aux pays-Bas depuis 2011,
ce programme opérationnel vise à l?intégration de clauses ou
critères d?économie circulaire dans des achats publics et privés
d?acteurs volontaires. Il répond à plusieurs objectifs :
1. Créer et partager des connaissances en valorisant les dé-
marches exemplaires;
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
FI
C
h
E
n
°1
0
2. avoir des impacts réels sur l?utilisation des ressources, la
création d?emplois, etc.;
3. sensibiliser et convaincre des avantages économiques,
sociaux et environnementaux de l?intégration de l?économie
circulaire dans les achats.
une trentaine de structures prendra part à l?expérimentation du
programme sur une année (jusqu?en décembre 2019). dans
ce cadre, les organisateurs (mgp, INeC, OBsar) mobilise-
ront des acteurs experts sur les questions de marchés publics
durables, capables d?orienter et d?accompagner les partici-
pants afin d?intégrer l?économie circulaire dans leurs stratégies
d?achats (présentation d?offres de biens et services circulaires
et innovants, réponses aux questions techniques, etc.).
103
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
CONClusION
étapes à venir
la loi de finance 2019 (automne 2018) qui apportera de nouvelles mesures fiscales.
la loi de mise en oeuvre de la FREC, qui devrait être présentée à l?assemblée nationale en avril 2019, comportant :
la transposition des directives «déchet», en lien avec le paquet économie circulaire;
l?extension du champ des filières rep existantes, l?évolution de leur gouvernance et le déploiement des nouvelles filières prévues par la
Feuille de route (notamment la gratuité de la reprise des déchets du bâtiment) ;
les mesures relatives au plastiques ;
les mesures relatives à la mise sur le marché des produits :
? l?obligation de mise à disposition de pièces de rechange issues de l?économie circulaire;
? l?information sur la disponibilité ou non des pièces pour les équipements électriques et électroniques et pour les éléments
d?ameublement;
? l?information sur la réparabilité;
l?interdiction de destruction des invendus textile;
la simplification des contraintes pour les autorités chargées de la police des déchets;
la lutte contre le trafic de véhicule hors d?usage.
Un décret à l?issue de l?adoption de la loi FREC portant sur :
le renforcement des sanctions financières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu?elles soient efficaces
et incitatives;
l?extension du champ de la filière rep « emballages » aux emballages professionnels (2021);
le déploiement de nouvelles filières rep dans les secteurs des jouets, des articles de sport et de loisirs, et des articles de bricolage et
de jardin (2020);
la généralisation de la mise en place de critères d?éco-modulation à toutes les filières rep et faire de l?éco-modulation un outil
réellement incitatif grâce à des bonus-malus pouvant excéder 10 % du prix de vente Ht des produits (2020);
l?extension de la filière des véhicules hors d?usage aux voiturettes et motos (2020);
l?obligation de fournir le certificat de destruction par un centre VHu pour résilier son assurance auto (2020).
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
104
GT pour approfondir les travaux :
dès le mois de mai 2018 et
jusqu'à la fin d'année 2018
Engagements volontaires :
dès le mois de juin 2018
Appropriation au sein des territoires :
d?ici la fin de l?année 2018
Mesures d?ordre législatif (la loi « FREC »,
à travers la loi de transposition
de la nouvelle directive cadre déchet) :
1er semestre 2019
Mesures d?ordre réglementaire :
poursuite à l?issue de l?adoption
de la loi « FREC »
l?état a annoncé les
prochaines étapes. C?est
au niveau des territoires
et des entreprises que les
changements ont commencé
à s?opérer et doivent
continuer à s?opérer.
En espérant que les éléments
mis en avant dans ce guide
puissent les aider dans leur
mise en oeuvre!
CONClusION
105
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
Cgdd p.3 ; ds avocats et OrÉe p.4 ; HOp p.17 ;
philips p.21 ; ademe p.25 ; greenbig p.35 ;
syctom p.45 ; sympatex p.52 ; OrÉe p.55 ;
léa Nature p. 65 ; papreC p. 71 ; portes du tarn p.92 ;
Ville de paris p.101.
OPTIM?SERVICES ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
IMPRESSION CENTRE ÉDITION SNCF
SUR DU PAPIER 100% RECYCLÉ
Crédits Photos
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
106
nOtEs
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
107
Suivez-nous surwww.oree.org
Avec le soutien du :
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ressources renouvelables?) validés
par l?ademe, qui permettront d?objectiver les meilleures
technologies disponibles à un coût économiquement
acceptable, en tenant compte également des spécificités
de l?outre-mer ».
Mesure n°15 :
« FaIre ValOIr d?ICI 2019 POur la FIlIÈre TeXTIle les
GraNds PrINCIPes de la luTTe CONTre le GasPIllaGe
alImeNTaIre afin de s?assurer que les invendus de cette
filière ne soient ni jetés, ni éliminés ».
Mesure n°28 :
« reFONder le PaCTe de CONFIaNCe des FIlIÈres reP
aFIN de redONNer des marGes de maNOEuVre
auX ÉCO-OrGaNIsmes TOuT eN reNFOrÇaNT les
mOYeNs de CONTrOle de l?ÉTaT POur assurer
l?aTTeINTe des OBJeCTIFs :
? [...] Confier aux éco-organismes la responsabilité de
proposer une trajectoire de progrès en matière de
prévention et d?éco-conception au travers de l?élaboration
d?un plan quinquennal sectoriel ».
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
5050
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
FI
c
h
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n
°5
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
Étude « eCaP ? embedding Circular Procurement in
purchasing of workwear »
Étude « eCaP - mapping clothing impacts in europe : the
environmental cost »
Étude « eCaP ? european Textiles and Workwear market
? the role of Public Procurement in making textiles circular»
« Étude des perturbateurs et facilitateurs au recyclage des
textiles et linges de maison »
rapport d?activité « Textiles d?habillement, linge de maison
et chaussures des ménages ? données 2014 »
Étude « a new textiles economy : redesigning fashion?s
future »
Guide « le revers de mon look »
Étude « recycled Textile Fibers and Textile recycling - an
overview of the market and its possibilities for Public
Procurers in switzerland »
sources
http://bit.ly/2Q9nTnA
http://bit.ly/2zfuzcJ
http://bit.ly/2JxcqvO
http://bit.ly/2F3wxCW
http://bit.ly/2P1EVYw
http://bit.ly/2AE2Gg8
http://bit.ly/2ACw0ns
http://bit.ly/2PsqsEr
AnnéE
_
2017
_
2014
2016
2017
_
2017
théMAtIQUE
Promotion de
l?économie circulaire
dans les achats publics
de textiles
Aller plus loin
Boîte à outils
PortEUr ActEUr
sustainable Global
resources ltd
WraP
sustainable Global
resources ltd
École Nationale supérieure des
arts et Industries Textiles
ademe
ellen macarthur
Foundation & Circular Fibres
Initiative
eco-TlC,
ademe
Federal Office for
the environment ?
be sustainable
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
51
sources
http://bit.ly/2Q9nTnA
http://bit.ly/2zfuzcJ
http://bit.ly/2JxcqvO
http://bit.ly/2F3wxCW
http://bit.ly/2P1EVYw
http://bit.ly/2AE2Gg8
http://bit.ly/2ACw0ns
http://bit.ly/2PsqsEr
Boîte à outils
dEscrIPtIF dE l?oUtIl
appels à projets eco-TlC annuel « les chemins de
l?innovation ». eco-TlC, dans son rôle de prévention des
déchets, organise des appels à projets pour soutenir la
recherche et développement
appel à Projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 3 - réutilisation,
réparation, réduction des déchets et du gaspillage
alimentaire et modèle d?économie de fonctionnalité
sources
http://bit.ly/2DdKqNd
http://bit.ly/2yJtwT3
AnnéE
depuis 2010
Ouvert du 9
février 2018 au
17 juin 2019
théMAtIQUE
r&d
PortEUr ActEUr
eco-TlC
_
de nombreux projets industriels sont en cours de réalisation pour apporter de nouvelles techniques de recyclage mais il est également
fondamental que les fabricants et les consommateurs s?emparent de ces matières premières secondaires. Cela renvoie à la fiche 7 sur la
réincorporation des matières premières.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
52
dans le choix d?un tissu fonctionnel imperméable et respirant
les possibilités sont nombreuses, tissus enduits, membranes
polyester (Pes), polyuréthane (Pu) ou polytétrafluoroéthylène
(PTFe) ; mais parmi toutes ces options, une seule permet le
recyclage aisé des vêtements en fin de vie : une membrane
100 % polyester associée également à un tissu en polyester.
depuis l?origine, sympatex a fait le choix de ce polymère afin
de pouvoir le recycler. dans le meilleur des cas, les autres
options ne permettent que l?incinération des vêtements en fin
de vie.
soucieux de réduire l?impact environnemental de nos tissus
et conscients du fait que l?industrie textile est aujourd?hui la
deuxième la plus polluante au monde, nous proposons la
seule membrane neutre en émissions CO2 à ce jour et avons
développé des gammes de tissus en polyester 100 % recyclé
et répondant aux normes les plus exigeantes. afin de mettre
en place une économie circulaire appliquée aux textiles im-
perméables et respirants, le projet Wear2wear a vu le jour.
avec un ensemble de partenaires, nous avons créé un groupe-
ment pour le traitement de vêtements en polyester, leur déman-
tèlement et le recyclage des tissus pour fabriquer un nouveau
fil destiné à être réemployé. Outre le fait d?éviter l?impact envi-
ronnemental de l?incinération, le recyclage permet de ne pas
utiliser de matières premières « vierges », améliorant ainsi le
bilan écologique de cette démarche.
le bilan actuel pour chaque tonne de vêtements incinérée42 :
? 350 kg CO2 eq émis ;
? 300 kilogrammes de résidus d?incinération produits ;
? Production de résidus d?épuration des fumées hautement
toxiques (reFIOm/reFIdI).
T É M O I G N A G E
52
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
FI
c
h
E
n
°5
WEAr2WEAr - rEcyclAgE dE tEXtIlEs
tEchnIQUEs En PolyEstEr
sympatex technologies sAs
Pablo DE lA FuENTE, Responsable Marchés Publics France & Europe du Sud
(42) Bilan carbone, SIREDOM, 2016
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
TdV Industries, fabricants de tissus pour vêtements profession-
nels, affiche clairement son positionnement sur l?élaboration
de solutions répondant aux problématiques de valorisation des
vêtements en fin de vie, dans le respect de sa politique rse.
dans la préoccupation de préservation des ressources, le CeTI
(Centre européen des Textiles Innovants), se positionne en tant
que précurseur pour l?industrie textile du futur.
le projet reWINd, initié par deCaTHlON et piloté par TdV
Industries, vise la mise en place d?une filière complète de re-
cyclage en développant des installations pilotes et industrielles
pour collecter, trier, démanteler et recycler des articles textiles
post-consommation en coton pour la marque de vêtement de
chasse sOlOGNaC du groupe deCaTHlON. le CeTI et TdV
Industries investissent dans la création d?une plateforme pilote et
industrielle de recyclage de fibres courtes, unique en europe.
Nous créerons ainsi une matière première secondaire, rédui-
sant à terme considérablement les volumes de matières vierges
importées, ainsi que le coût de revient et l?empreinte environ-
nementale des textiles. Pour cela nous travaillons à :
? lever les verrous technologiques aujourd?hui rencontrés dans
la filière et garantir la performance d?une ligne industrielle
d?upcycling ;
? maîtriser le flux des gisements à recycler par un tri fin en
fonction de la matière et de la couleur via un dispositif
automatisé permettant son industrialisation ;
? automatiser le démantèlement des articles ;
? développer et améliorer les équipements d?effilochage et
de filature afin d?optimiser la qualité et le coût des tissus
ou tricots fabriqués à partir de fibres de coton et coton/
polyester recyclées.
T É M O I G N A G E
éco-cIrcUlArIté
? donnEr UnE
sEcondE vIE AUX
vêtEMEnts
tdv Industries / cEtI
Farida SIMoN, Recherche et
Développement, TDV Industries
et Mara POGGIO, Responsable
Développement Durable, CETI
53
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
54
IndIcAtEUrs
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
mise en place de l?affichage environnemental volontaire
des produits textiles ;
mise en place de conventions avec une association cari-
tative pour leur donner ses invendus vestimentaires.
les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?état
Nombre de secteurs de la filière textile concernés par la
mise en oeuvre de l?affichage environnementale volontaire
des produits ;
Élaboration des obligations de l?industrie textile sur la mise
en place de conventions avec une association caritative
pour leur donner ses invendus vestimentaires ;
Nombre d?entreprises ayant signé au moins une conven-
tion de dons à des associations caritatives (en fonction
de la taille de l?entreprise) ;
Tonnages de textiles collectés par rapport aux tonnages
produits (convention d?agrément reP avec l?État) ;
Tonnages mis en installation de stockage ou incinérés
lorsque les produits ne sont pas vendus (convention d?agré-
ment reP avec l?État) ;
Taux de crème (pièces de la meilleure qualité), 2e et 3e
choix, essuyage, effilochage, Csr, déchets ultime ou re-
bus de tri (convention d?agrément reP avec l?État) ;
Taux de réincorporation dans de nouveaux produits
(convention d?agrément reP avec l?État).
PoUr AllEr PlUs loIn
gestion des invendus textiles
Afin d?éviter le gaspillage vestimentaire lié à la mauvaise
gestion des invendus, la mesure 15 obligera certains metteurs
sur le marché à conclure une convention avec une association
caritative pour leur donner ses invendus vestimentaires. L?État
doit encore déterminer les tonnages concernés et les obliga-
tions précises à mettre en place avec les marques. Cependant,
ces critères ne peuvent pas être appliqués sur les vêtements
professionnels. En effet, si ces vêtements, dont le logo ou les
couleurs renvoient directement à l?image de l?entreprise, sont
utilisés à des fins frauduleuses, cela peut nuire à la sécurité et/
ou à l?image de l?entreprise (voir encadré témoignage page
suivante). La loi de mise en oeuvre de la FREC, attendue pour le
1er semestre 2019, interdira la destruction des invendus textile.
Amélioration de la gestion des textiles en fin de vie
Bien que le rapport Vernier recommande de « ne pas procé-
der à des regroupements obligatoires de filières », un constat
ressort des expériences terrain, comme l?indiquait également
le rapport « Repenser les filières de responsabilité des produc-
teurs » de la Fabrique Écologique de 2017 : « il peut y avoir
des synergies techniques entre les filières, entre les meubles et
les textiles ». Il est, en effet, parfois difficile de ranger un pro-
duit dans une filière plutôt que dans une autre, notamment sur
la filière textile. De même, au niveau de la collecte, la mutuali-
sation des logistiques de collecte et de transport entre plusieurs
filières pourrait être intéressante et au niveau du traitement,
les opérateurs qui traitent les déchets de plusieurs filières sont
souvent les mêmes acteurs, rendant le regroupement possible.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
54
MIEUX gérEr lEs déchEts Filière Textiles
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
l?idée de ce projet est issue du Club métiers OrÉe « Valori-
sation des mousses & textiles » et répond à la demande des
donneurs d?ordre (dO) de pouvoir mieux traiter leurs vêtements
professionnels en fin de vie. en effet, il n?existe pas de solutions
dédiées à ces vêtements aux caractéristiques spécifiques.
après des mois de préparation coordonnée par l?association
OrÉe, mandatée en cela par les partenaires engagés, le
projet FrIVeP©, a été retenu parmi les quatre premiers eCV
nationaux et présenté le 27 avril 2016 par emmanuel macron
et ségolène royal à Bercy.
les signataires engagés sont :
? les donneurs d?ordre (Do) : sNCF, la Poste, la Ville de
Paris, GrdF, esF, les ministères de l?Intérieur et des armées ;
? les industriels : synergies TlC, Texeco-moncorgé, sym-
patex, bilum, TdV Industries, Buitex ;
? Des partenaires techniques et financiers : la FeP/Fare,
sNCF logistics, le CeTI.
l?Ecv FrIvEP© : co-construire une filière de réemploi
et de recyclage des vêtements
Michel loPEZ, Coordinateur du projet FRIVEP©, Référent déchets
et économie circulaire SNCF et Vice-Président d?ORÉE
l?objectif du projet FrIVeP© est de pouvoir traiter les gisements
des dO (tenues Images, uniformes, vêtements de travail, ePI)
grâce à plusieurs solutions techniques efficientes, mutualisées
et massifiées en assurant la traçabilité, la sécurisation des pro-
cessus, la maîtrise des débouchés pour les matières premières
secondaires et en favorisant la création d?emplois sur le terri-
toire français. la phase 1 du projet a consisté en une étude
de faisabilité technico-financière, un diagnostic des gisements
des dO, pour définir les étapes de la mise en oeuvre de
solutions fiables de valorisation et de recyclage des matières.
la phase2 a permis d?assurer les conditions techniques, admi-
nistratives, juridiques et financières de l?expérimentation, objet
de la phase 3. Celle-ci se déroule sur une période de 15 mois
depuis fin juin 2018.
l?expérimentation a pour objectifs de :
? Caractériser les gisements réellement collectés par dO et
tester différentes options techniques de tri/démantèlement et
d?utilisation des matières préparées dans les filières en aval ;
? Évaluer les coûts sur l?ensemble de la chaîne afin de confir-
mer la viabilité économique de la filière.
les enseignements de l?expérimentation devraient permettre aux
industriels de retenir les solutions techniques efficientes dans
l?optique d?une phase industrielle (phase 4).
l?Ecv FRIvEP© est un bel exemple de mobilisation des Do
et des Industriels pour le développement de dispositifs tech-
niques, logistiques et d?emplois relevant de l?économie Sociale
et Solidaire (ESS).
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
57
MIEUX
PRODUIRE
Fiche 6 Éco-conception
mesures de la FreC 7, 11, 12, 13, 28, 32 ? page 58
Fiche 7 Incorporation de matières premières dans de nouveaux produits
mesures de la FreC 1 et 37 ? page 68
Fiche 8 Gérer les ressources durablement
mesure de la FreC 5 ? page 76
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
l?éco-conception est la « conception d?un produit, d?un bien
ou d?un service, qui prend en compte, afin de les réduire, ses
effets négatifs sur l?environnement tout au long de son cycle
de vie, en s?efforçant de préserver ses qualités ou ses perfor-
mances »43.
COntEXtE Et EnjEUX
le grenelle 1 (loi de programmation d?août 2009), introduit
l?éco-conception dans la réglementation en la citant :
Comme un moyen de réduction des déchets par les entre-
prises en amont ;
Comme un critère d?éco-modulation des contributions finan-
cières des industriels aux éco-organismes.
la directive cadre 2009/125/Ce fixe des exigences en
matière d?éco-conception applicables aux produits liés Ã
l?énergie44.
la prise de conscience que les ressources terrestres sont finies
impose de changer notre façon de produire et de concevoir
les produits mis sur le marché. pour éco-concevoir, il est indis-
pensable d?interroger les différents impacts du produit, bien
ou service sur toutes les phases : pollutions dans l?air, l?eau
et les sols, optimisation de la consommation des ressources
naturelles - eau, énergies, matières, foncier - lors des phases
d?extraction des matières premières, de fabrication, de trans-
port, d?usage et de fin de vie du produit, bien ou service. lors
de cette phase de questionnement, il faut veiller à éviter les
transferts d?impacts45.
la démarche d?éco-conception permet de repenser le proces-
sus de conception de l?entreprise (de l?amélioration incrémen-
tale au changement de paradigme/innovation de rupture)
en innovant, de répondre aux nouvelles attentes des consom-
mateurs et d?améliorer l?image de l?entreprise. elle doit être
propre à la culture d?entreprise et doit impliquer l?ensemble des
fonctions (marketing, achats, r&d, qualité, production, etc.).
les entreprises peuvent s?appuyer sur les labels reconnus pour
valoriser leurs produits éco-conçus. Cependant, les consom-
mateurs se perdent dans cette « jungle des labels » et il faut
donc éviter de créer davantage de nouvelles reconnaissances
« produit » et privilégier les labels reconnus par l?État.
MEsUREs PhaREs DE la FREC COnCERnéEs
Mesure n°7: « dÉplOYer l?aFFICHage eNVIrON-
NemeNtal volontaire des produits et des services dans les
cinq secteurs pilotes (ameublement, textiles, hôtels, produits
électroniques et produits alimentaires). Étendre ce dispositif
volontaire à d?autres secteurs courant 2018 ».
MIEUX PRODUIRE
Éco-conception
(43) Définition ADEME.
(44) La Directive a été transposée en droit français par un
décret du 28 juin 2011 et par un arrêté du 3 août 2011.
Produits liés à l?énergie : « tout bien ayant un impact sur la
consommation d?énergie durant son utilisation qui est mis
sur le marché et/ou mis en service, y compris les pièces
prévues pour être intégrées dans un produit lié à l?énergie
visé par la présente directive et qui sont mises sur le marché
et/ou mises en service sous forme de pièces détachées des-
tinées aux utilisateurs finals et dont la performance environ-
nementale peut être évaluée de manière indépendante ».
(45) Par exemple, l?isolation permet de diminuer les
besoins de chauffage mais nécessite davantage de
consommation de ressources pour sa conception. Il faut
donc analyser si, au vu des gains énergétiques, ce transfert
d?impact est acceptable ? source MOOC UVED sur
« l?éco-conception et ses outils ».
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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Mesure n°11 : « utIlIser le leVIer de la garaN-
tIe lÉgale pOur FaVOrIser l?ÉCO-CONCeptION des
prOduIts :
? Porter au niveau européen une extension de la garantie
légale de conformité pour les appareils électro-ménagers,
électriques et électroniques ;
? Renforcer les contrôles de la DGCCRF en matière de ga-
rantie légale de conformité [?] ;
? Faciliter d?ici 2019 le dépôt de plainte pour les consom-
mateurs en matière de garantie légale de conformité pour
les produits de consommation courante : mettre en place
un portail permettant aux consommateurs de déposer faci-
lement une plainte et d?assurer son suivi auprès des services
de la dgCCrF lorsque les entreprises ne respectent pas la
garantie légale de conformité. »
Mesure n°12 : « gÉNÉralIser la mIse eN plaCe
de CrItÈres d?ÉCO-mOdulatION À tOutes les FI-
lIÈres rep et FaIre de l?ÉCO-mOdulatION uN OutIl
rÉellemeNt INCItatIF, encourageant les producteurs
qui mettent sur le marché des produits éco-conçus, grâce
à des bonus-malus pouvant excéder 10 % du prix de
vente Ht des produits. permettre, grâce à l?open data,
l?accès des consommateurs à cette information relative
à l?éco-modulation. les éco-modulations s?appuieront sur
des référentiels technologiques (durabilité, réparabilité,
recyclabilité, incorporation de matière recyclée, substi-
tution par des ressources renouvelables?) validés par
l?ademe, qui permettront d?objectiver les meilleures tech-
nologies disponibles à un coût économiquement accep-
table, en tenant compte également des spécificités de
l?outre-mer. » (46) http://bit.ly/2SAiA2n
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général au
développement durable
le mtes, promeut depuis de nombreuses années, les
démarches d?éco-conception. Il participe notamment
au développement de l?écolabel européen46 qui repré-
sente l?excellence environnementale et utilise l?approche
cycle de vie et multi critères.
de la même manière, il travaille au déploiement de
l?affichage environnemental des produits et services qui
consiste à communiquer aux consommateurs des infor-
mations quantifiées sur ses principaux impacts environ-
nementaux. en collaboration avec l?ademe, le mtes
s?emploie à accompagner les entreprises volontaires et
à étendre à d?autres secteurs.
gIngkO 21
Hélène teulON,
experte en éco-conception,
gérante de gingko 21
l?économie circulaire du côté de l?offre : il s?agit de
penser dès l?extrême amont du processus de concep-
tion les produits et les services de façon à en mini-
miser les impacts sur le cycle de vie, en prenant en
compte le contexte local et ses ressources, tout en
maintenant la valeur apportée au client. Favoriser les
matières recyclées ou bio-sourcées, concevoir des pro-
duits réparables ou remanufacturables, alléger l?impact
de l?usage, autant de pistes d?innovation offertes par
l?éco-conception.
Avis d?experts
59
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
Mesure n°13 :
« amÉlIOrer l?INFOrmatION du CONsOm-
mateur lu i permet tant de réal iser un achat
« responsable » :
? Faire réaliser par l?ADEME d?ici fin 2018 une revue des
labels environnementaux les plus pertinents et mettre à dispo-
sition du public les informations relatives aux labels existants
sur les produits et services ;
? encourager, en lien avec l?ademe, le développement d?ap-
plications d?information du public relatives aux caractéris-
tiques environnementales et sociales des produits [?]. »
Mesure n°28 :
« reFONder le paCte de CONFIaNCe des FIlIÈres rep
aFIN de redONNer des marges de maNOEuVre
auX ÉCO-OrgaNIsmes tOut eN reNFOrÇaNt les
mOYeNs de CONtrÔle de l?État pOur assurer l?at-
teINte des OBJeCtIFs :
? Simplifier et alléger le cadre réglementaire des filières rep
pour revenir à une prescription par objectifs. des objectifs
spécifiques pourront être fixés dans les territoires ultramarins ;
? Confier aux éco-organismes la responsabilité de propo-
ser une trajectoire de progrès en matière de prévention et
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
d?éco-conception au travers de l?élaboration d?un plan quin-
quennal sectoriel ;
? [...] Renforcer les sanctions financières en cas de non at-
teinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu?elles
soient efficaces et incitatives. mobiliser les moyens néces-
saires permettant l?instruction des demandes d?agrément, leur
suivi et leur contrôle efficace ;
? [?] Simplifier les instances de gouvernance des filières rep
grâce à une unique commission garante de l?intérêt géné-
ral ayant une composition restreinte rassemblant 5 collèges
équilibrés (metteurs sur le marché, opérateurs de gestion
des déchets, dont ceux de l?économie sociale et solidaire,
collectivités locales, société civile et État). »
Mesure n°32 :
« [?] prévoir la possibilité pour les producteurs d?accéder aux
informations techniques des opérateurs de gestion de déchets
qui contractent avec leurs éco-organismes, afin de faciliter
l?éco-conception de leurs produits. »
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61
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
expérimentation « product environmental Footprint » (peF),
visant à tester les référentiels des 28 secteurs participants
et le format de cet affichage de 2013 Ã 2018. le
développement des outils techniques et des référentiels
quant à lui se poursuit, la France y contribuant activement
les documents du site pôle éco-conception « la pensée
Cycle de Vie »
les documents du site Irstea
les documents du site elsa paCt - collaboration entre
secteur académique et partenaires industriels dans le
domaine de l?analyse du Cycle de Vie (aCV) pour réaliser
des travaux de recherche en lien avec les besoins et
contraintes réels des industriels
« l?impact des outils d?éco-conception sur le degré
d?innovation des entreprises »
« guide pratique de l?éco-conception pour une démarche
responsable ? vers de nouveaux modèles économiques »
« guide de l?éco-innovation »
PORtEUR / aCtEUR
Commission européenne
pôle éco-conception
Irstea
elsa paCt
albane guIBert
doctorante, université
de Caen, Iae
ggpme
pôle Éco-conception
et Institut de
développement de
produits (Idp du Québec)
sources
http://bit.ly/2P3Q7DW
http://bit.ly/2Q9jJMF
http://bit.ly/2JtwKhp
http://bit.ly/2CSnNNs
http://bit.ly/2EVgRle
http://bit.ly/2zgO5pb
http://bit.ly/2PviDh7
annéE
2013
-
2018
2014
2017
2017
2016
2016
2015
Pour en
savoir plus
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
« guide éco-socio-conception »
module « l?éco-conception et ses outils »
plateforme sur l?éco-conception
Norme NF X 30-264 « management environnemental
? aide à la mise en place d?une démarche d?éco-
conception »
IsO 14006 « systèmes de management environnemental
- lignes directrices pour incorporer l?éco-conception »
liste des substances présentant un risque pour la santé et
l?environnement, à éviter, à substituer ou à surveiller
Évaluation sur la réglementation : aide à l?évaluation
environnementale avec des exigences, des seuils
d?impacts à respecter et des règles de calcul définies
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
uVed
OrÉe
aFNOr
IsO
réglementation reaCH
portail eCHa
réglementations
sources
http://bit.ly/2zjw35T
http://bit.ly/2PzJWqo
http://bit.ly/2EViFuw
http://bit.ly/2r2MzmV
http://bit.ly/2RqOwVh
http://bit.ly/2qnfe5S
http://bit.ly/2DfkgKg
http://bit.ly/2ESTBUV
annéE
2013
2012
2010
2013
2011
mis à jour
régulièrement
Pour en
savoir plus
Outils
qualitatifs
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
Boîte à outils pour agir
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Outils type guidelines - listes de recom-
mandations/lignes directrices ou checklist
éco-conception (outil plus poussé), tel que
la roue de l?éco-conception pour orienter la
conception (outil de Van Hemel en 1998
dans sa thèse « ecodesign empirically ex-
plored ? design for environment in dutch
small and medium sized enterprises - delft
university of technology »).
Outils qualitatifs
Boîte à outils pour agir
EnCOURagER l?InnOvatIOn Et
FavORIsER l?éCO-COnCEPtIOn
POUR RéDUIRE l?IMPaCt
EnvIROnnEMEntal DEs MEUblEs
éco-mobilier
Steve DUHAMEL,
Responsable R&D et Éco-conception
agréé par les pouvoirs publics pour la collecte, le tri, le recyclage et la valorisation des meubles usagés, Éco-mobilier a mis
en place en 2013 un schéma opérationnel efficient grâce auquel plus de 90 % des meubles usagés pris en charge par
l?éco-organisme sont aujourd?hui recyclés ou valorisés. le pôle éco-innovation d?Éco-mobilier a mobilisé ses compétences sur
les possibilités de recyclage des meubles usagés, d?utilisation des matières recyclées issues de ces produits et sur les débouchés
à trouver pour les matières que l?on ne sait pas encore recycler. Éco-mobilier a ainsi multiplié les démarches visant à fédérer
l?ensemble des acteurs de la filière autour de ces enjeux cruciaux, des entreprises du mobilier aux professionnels de la gestion
des déchets, des industriels intégrant des matières issues des meubles usagés aux laboratoires de recherche public ou privé.
Éco-mobilier a notamment publié en 2016 un 1er guide de l?éco-conception visant à partager avec les acteurs opérationnels et
les entreprises du mobilier, sa base de connaissances inédite sur les matériaux, constituée à partir de ses gisements de déchets
recyclés et de leur composition. Ce guide permet ainsi de faire le point sur les matériaux composant le mobilier aujourd?hui et sur
ce qu?ils deviennent et d?encourager les démarches d?éco-conception des fabricants et distributeurs d?ameublement. Éco-mobilier
a également lancé, le 7 juin 2017, l?Éco-innovation Challenge, premier appel à projets européen de r&d pour accélérer le
développement de technologies innovantes et de nouveaux débouchés industriels pour recycler les matières issues des matelas,
des couettes et des oreillers usagés. deux types de projets sont attendus : ceux qui proposent de nouveaux produits
intégrant des matériaux issus du recyclage des mousses et textiles et ceux qui transforment ces matières en
nouvelles matières premières recyclées ou encore en molécules d?intérêt.
T É M O I G N A G E
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
matrice indice écologique : diagnostic environnemental
comme les méthodes Okala ou ecolizer permettant
d?évaluer l?impact global à partir des diverses sources
d?impact (consommation de matière et d?énergie, masse
transportée, scénario fin de vie, etc.)
analyse du cycle de vie (aCV) simplifiée ou poussée,
souvent à l?aide d?un logiciel. elle permet de réaliser une
évaluation environnementale, basée sur les normes IsO
14040 et 14044
programme de partage des innovations en matière d?éco-
conception, de nouveaux matériaux et de recyclabilité des
emballages ménagers
résultats de l?appel à projets de recherche et
développement « perFeCtO » de l?ademe concernant
l?amélioration de la performance environnementale des
produits et éco-conception logicielle de 2018
appel à projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 1 -
transformation, utilisation, réintégration des matières issues
de déchets et éco-conception de produits
autres appels à projets en région de l?ademe sur l?éco-
conception
PORtEUR / aCtEUR
pôle éco-conception et
OVam de Flandres et
l?uCm de Wallonie
CIteO
ademe
ademe
ademe - directions
régionales
sources
http://bit.ly/2DdZHO6
http://bit.ly/2QaFMCK
http://bit.ly/2Q9LbKa
http://bit.ly/2CSwF5G
http://bit.ly/2yE2Ene
http://bit.ly/2OjKfB4
http://bit.ly/2zfPnAH
annéE
2013
2018
2018
Ouvert du 9
février 2018
au 17 juin
2019
Outils
quantitatifs
R&D
Boîte à outils pour agir
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65
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
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°6
InFUsIOns Et thés éCO-COnçUs, 100 %
COMPOstablEs : sUPPREssIOn DEs agRaFEs
léa natURE
Capucine DECOSTER,
Chef de projets climat et valorisation RSE
l?éco-conception est au coeur de nos problématiques envi-
ronnementales. Nous souhaitons réduire les impacts climat,
biodiversité, consommation de ressources, déchets liés aux
emballages de nos produits.
Chaque gamme et leur packaging font l?objet de réflexions
poussées, où il faut parfois trouver la meilleure solution al-
liant praticité et atouts écologiques. les emballages sont
aujourd?hui conçus, chaque fois que possible, en matériaux
recyclés ou végétaux et recyclables. l?objectif de lÉa Na-
ture pour 2020 est de réduire de 95 % les emballages
pétrochimiques.
les infusettes de nos infusions et thés sont sans agrafe, non
blanchies, 100 % compostables47, fabriquées à périgny (17).
À la place des 2 agrafes, suite à la modification des ma-
chines en 2014, celles-ci effectuent 2 noeuds avec le fil en
coton déjà présent.
l?étui est à 80 % en carton recyclé. Il est imprimé avec des
encres végétales chez un imprimeur certifié Imprim?Vert. C?est
l?un des étuis les plus compacts des marques de tisanes en
grandes surfaces (l?efficacité volumique est de 72,40 %, il y
a peu de vide à l?intérieur du packaging).
Jardin BiO a été la 1ère marque française bio à proposer des
infusions et thés compostables contrôlés par un organisme
externe.
Bénéfices environnementaux :
arrêt de consommation de l?aluminium ;
Nombre total d?agrafes évitées en 2014 = 1,16
milliards ;
en poids = 8,65 tonnes de métal économisées ;
en kilomètres = 14 531 kilomètres de fil métallique ;
en CO2 eq = 24 tonnes de CO2 eq évitées versus
2013 ;
Consommation supplémentaire d?1 gramme de fil coton
par infusette pour effectuer les 2 noeuds.
T É M O I G N A G E
(47) Garanties de compostabilité suivant la norme ISO 14021, dans le respect de la
norme EN13432 (étude faite au laboratoire OWS).
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
mise en oeuvre de l?affichage environnemental volontaire
des produits ;
durée de la garantie légale de conformité ;
mise en place d?une démarche d?éco-conception ou utili-
sant les normes IsO 14006, 14040 ou 14044 ;
part des produits éco-conçus et/ou labellisés sur l?en-
semble des produits fabriqués/achetés ;
taux de recyclabilité des produits.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre de secteurs concernés par la mise en oeuvre
de l?affichage environnementale volontaire des produits ;
durée de la garantie légale de conformité ;
Nombre de contrôles de la dgCCrF en matière de ga-
rantie légale de conformité ;
mise en place d?un portail permettant aux consommateurs
de déposer facilement une plainte ;
réalisation et publication d?une revue des labels environ-
nementaux ;
part des filières rep qui fonctionnent avec une prescription
par objectifs ;
part des éco-organismes ayant réalisé un plan quinquen-
nal sectoriel ;
mise en place ou révision du montant des sanctions finan-
cières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires ;
mise en place d?une commission unique de gouvernance
des filières rep ;
productivité matières : ratio de la consommation intérieure
de matières rapporté au produit intérieur brut (pIB) ;
Nombre d?entreprises déclarant avoir mis en place une
démarche d?éco-conception ou utilisant les normes IsO
14006, 14040 ou 14044 ;
Nombre d?entreprises ayant mis en place l?affichage en-
vironnemental de façon volontaire ;
Nombre de plaintes par les consommateurs en matière
de garantie légale de conformité pour les produits de
consommation courante ;
Nombre de titulaires d?écolabels ;
atteinte des objectifs de prévention des déchets/
d?éco-conception par les éco-organismes ;
Nombre d?applications d?information du public relatives
aux caractéristiques environnementales et sociales des
produits.
MIEUX PRODUIRE Éco-conception
66
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
POUR allER PlUs lOIn
Renforcer la mission de prévention des déchets via
l?éco-conception des éco-organismes gérant les filières
de responsabilité élargie du producteur (REP)
Afin de faciliter le recyclage et la valorisation des produits en fin de vie
dépendant d?une REP, les éco-organismes doivent impérativement inciter
les metteurs sur le marché et les distributeurs à éco-concevoir leurs produits.
Pour cela, plusieurs leviers sont intéressants :
Porter de manière proactive l?harmonisation de l?éco-modulation au
niveau européen, en commençant par les filières définies à l?échelle
européenne, puis dans les filières nationales ;
Suite au lancement de la FREC, un décret renforcera les sanctions finan-
cières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière
à ce qu?elles soient efficaces et incitatives ;
Étendre les obligations des éco-organismes au financement des dé-
marches d?éco-conception, ajuster davantage les éco-modulations de
la filière REP des emballages ménagers en fonction de la recyclabilité
des matériaux et notamment des plastiques (les plastiques biosour-
cés ont, pour le moment, un malus car, n?étant pas majoritaires sur
le marché et ne bénéficiant donc pas d?une filière spécifique, ils sont
pour le moment considérés comme des perturbateurs des filières exis-
tantes) et systématiser une procédure de mise en place et de suivi des
éco-modulations sur toutes les filières REP, dans le cadre de la com-
mission unique ;
Mobiliser les acteurs sur l?éco-conception
L?éco-conception ne deviendra une démarche transversale et intégrée que
si les consommateurs sont soucieux de leurs choix de consommation et si
les metteurs sur le marché de toutes tailles sont accompagnés et incités Ã
la mettre en place :
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Éclairer les choix d?achat des consommateurs par l?affichage envi-
ronnemental (le MTES travaille à la mise en place du déploiement de
l?affichage environnemental en application de la mesure 7 de la FREC)
et les labels et ainsi, par le jeu de l?offre et de la demande, inciter les
fabricants à éco-concevoir au mieux leurs produits et services ;
Étendre le programme « TPE et PME gagnantes à tous les coûts » de
l?ADEME à l?éco-conception des produits des entreprises ainsi qu?aux
piliers non couverts de l?économie circulaire ;
Publier des guides sectoriels sur l?éco-conception pour accompagner
les TPE et PME dans ces démarches ;
Pour les produits ne rentrant pas dans le périmètre d?une filière REP,
instaurer un système de malus si la recyclabilité du produit n?a pas été
prévue en amont ou faire participer en amont de la collecte des déchets
tous les metteurs sur le marché au coût de valorisation de leur produit
en fin de vie, afin de les inciter à l?éco-conception (champ d?innova-
tion) et à les responsabiliser sur le devenir de leur produit tout au long
de leur cycle de vie.
Capitaliser sur les retours d?expérience et aller plus loin
sur l?éco-conception
De nombreux outils, ressources et retours d?expérience permettent de mieux
comprendre comment mettre en place une démarche d?éco-conception et
d?aller plus loin. Il est toutefois nécessaire de les diffuser pour que les ac-
teurs en aient connaissance :
S?appuyer sur les retours des recycleurs sur la facilité de tri, de déman-
tèlement et de recyclage des produits est indispensable pour améliorer
l?éco-conception des produits et faciliter la réincorporation des matières
dans de nouveaux produits. Un lien important est à faire avec la fiche
« réincorporation des matières premières ». En effet, l?éco-conception
est primordiale pour permettre de boucler la boucle. Il est aussi né-
cessaire de vérifier l?adéquation entre les caractéristiques techniques
des matières recyclées et les usages nécessaires dans les nouveaux
produits ;
Compléter les outils existants généralistes sur le thème de l?éco-concep-
tion par des préconisations/retours d?expériences sectoriels. Par
exemple, l?éco-organisme Eco-TLC souhaite développer une plateforme
sur l?éco-conception sur les produits de sa filière ;
Pour aller plus loin, l?entreprise peut intégrer la dimension sociale Ã
l?éco-conception (santé du consommateur et des employés, etc.) ou la
dimension territoriale (emplois locaux, etc.) ;
Il est également intéressant d?ouvrir la démarche d?éco-conception Ã
des acteurs extérieurs à l?entreprise pour dégager encore plus d?intel-
ligence collective.
Faire reconnaître les produits éco-conçus
Afin de valoriser les acteurs qui ont mis en place cette démarche et d?inci-
ter les acteurs à se lancer, il est important de faire reconnaître les produits
éco-conçus en :
Promouvant l?Écolabel européen comme outil d?éco-conception ;
Partageant les mêmes définitions (Directive éco-conception pour les
produits liés à l?énergie, travaux normatifs pour la prise en compte
de nouveaux critères : recyclabilité, durée de vie, réparabilité, etc.) ;
Faisant référence à la norme ISO 14021 (définitions et méthodes de
preuve pour les auto-déclarations)pour encadrer les auto-déclarations
environnementales ;
Organisant des Assises de l?éco-conception des emballages.
67
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
le terme « matières premières recyclées » sous-entend que les
matières premières issues du recyclage répondent aux mêmes
propriétés techniques que les matières premières vierges.
le « recyclage48 » n?a donc pas le même sens que le mot
« valorisation49 » car bien que la valorisation comprenne la
notion de « valorisation matière50 », il assimile également la
« valorisation énergétique51 », qui ne conserve pas la matrice
de la matière mais qui est utilisée à des fins de production
d?énergie de substitution (incinération avec récupération des
énergies fatales).
COntEXtE Et EnjEUX
la quantité de matières premières extraites de la planète terre
est passée de 22 milliards de tonnes en 1970 à 70 milliards
de tonnes en 2010. la Commission européenne note d?ailleurs
la raréfaction de 27 matières premières vierges « critiques52 »
fortement utilisées par l?Homme, dans une situation géopoli-
tique délicate et qui font peu l?objet de recyclage.
en 2014, la production de déchets s?élèverait à 325 millions
de tonnes - 314 millions de tonnes de déchets non dangereux
(97 %) et 10,8 millions de tonnes de déchets dangereux, tous
secteurs confondus, soit de l?ordre de 40 % du besoin appa-
rent en matières. en 2014, 64 % de déchets non dangereux
et 31 % de déchets dangereux traités en France sont recyclés,
le reste étant incinéré ou stocké.
toutefois, le recyclage n?a de sens que si les matières pre-
mières recyclées qui en sont issues réintègrent le processus de
production pour se substituer à des matières premières vierges.
Cependant, la production de la France en matières premières
recyclées (mpr) ou matières premières issues du recyclage
(mpIr) est excédentaire par rapport à la consommation de
mpr par son industrie : en 2017, ce sont 14,5 millions de
tonnes de déchets qui ont été exportées vers l?europe et au-de-
là . Or, la Chine était, jusqu?ici, un grand importateur de dé-
chets en vue de préparer des mpr sur son territoire et ainsi, de
MIEUX PRODUIRE
Incorporation de matières premières
dans de nouveaux produits
(48) Définition de la Directive cadre déchets : « toute opération de valorisation des
déchets, y compris des déchets organiques, permettant de retraiter en substances,
matières ou produits avec la même fonction initiale ou à d?autres fins ».
(49) Définition de la Directive cadre déchets : « toute opération permettant à des
déchets d?être préparés ou de se substituer à d?autres substances, matières ou produits
qui auraient été utilisés à une fin particulière ».
(50) Voir supra, page 40 du présent guide
(51) Incinération de déchets non dangereux respectant les conditions définies Ã
l?article 33-2 de l?arrêté du 20 septembre 2002 modifié relatif aux installations d?inci-
nération et de co-incinération de déchets non dangereux et aux installations incinérant
des déchets d?activités de soins à risques infectieux.
(52) Étude « Horizon 2020 », Commission européenne, 2017
FI
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n
°7
68
69
conserver ces nouvelles ressources pour ses industries. mais
depuis l?été 2017, la Chine a décidé de fermer ses frontières
à de nombreux types de déchets (papiers usagés, carton, fer-
raille, plastique, etc.), même triés. l?europe doit donc désor-
mais trouver des solutions intracommunautaires de recyclage.
Cela entre également en résonnance avec le principe de proxi-
mité, proposé par la loi de transition énergétique pour la
croissance verte (lteCV) et avec l?orientation proposée par la
stratégie sur les plastiques du paquet économie circulaire, voté
le 22 mai 2018. pour les industriels, cela n?est pas simple car
les fluctuations des cours des matières premières n?apportent
pas la visibilité nécessaire pour investir dans les installations
de recyclage.
en ce qui concerne les plastiques, selon l?ademe, en France,
près de 3,3 millions de tonnes sont produites par an mais,
chaque année, seulement 1 million de tonnes sont collectées,
0,5 million de tonnes sont recyclées et 0,26 million de tonnes
sont réincorporées dans de nouveaux produits.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
Graphique : Utilisation des plastiques vierges et recyclés en 2012
pp
peHd
peBd
ps
pet
autres
emballages Bâtiment automobile
industrie
électrique et
électronique
autres
Quantités de plastique vierge utilisées en France pour
un secteur donné
Quantités de plastique recyclé produites en France et
utilisées pour un secteur donné, en France ou à l?export
source : deloitte, plasticseurope
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
70
MInIstèRE DE l?éCOnOMIE
Et DEs FInanCEs
direction générale des entreprises
Il est essentiel de favoriser le recyclage des matières
plastiques et d?augmenter le taux d?incorporation des
matières premières issues du recyclage (mpr) dans les
produits fabriqués, d?opérer un changement de para-
digme et de favoriser une économie circulaire.
l?ensemble des acteurs de la chaîne de valeur (collec-
teurs et gestionnaires de déchets, fournisseurs de ma-
tières vierges, fabricants de produits, metteurs sur le mar-
ché) se sont mobilisés pour proposer une soixantaine
d?engagements concrets et significatifs pour augmenter
le taux d?incorporation de mpr dans les produits.
Avis d?expert
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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MEsUREs PhaREs DE la FREC COnCERnéEs
Mesure n°1: « INCOrpOrer daVaNtage de ma-
tIÈres premIÈres Issues du reCYClage daNs les
prOduIts tout en assurant leur qualité, leur traçabilité et
une réelle sécurité pour les citoyens :
? Susciter, d?ici l?été 2018, des engagements volontaires
concrets et significatifs visant à organiser une ambition de
filière, incluant des objectifs de volumes d?intégration de
matière plastique issue de déchets dans les secteurs de l?em-
ballage, du bâtiment, de l?automobile ou des équipements
électroniques et électriques [?] ;
? Accompagner la montée en gamme des acteurs de la filière
en soutenant les projets permettant la mise en oeuvre et le
déploiement des solutions innovantes, notamment à travers
les actions des pôles de compétitivité et des appels à projets
« Économie circulaire et valorisation des déchets » de l?ac-
tion « démonstrateurs et territoires d?innovation et de grande
ambition » du programme des investissements d?avenir.
Mesure n°37 « FaCIlIter la sOrtIe du statut de
dÉCHets :
? Rendre possible la sortie de statut de déchet hors des ins-
tallations classées pour la protection de l?environnement afin
de démultiplier l?utilisation des déchets comme ressources ;
? en cas de sortie implicite du statut de déchet, et lorsque
c?est pertinent pour les sorties de statut de déchet explicites,
permettre que la sortie du statut de déchet soit effective dès
la fin de l?opération de valorisation, de façon à faciliter la
gestion des installations ;
? [?] Raccourcir la procédure d?instruction des demandes
de sortie du statut de déchet, en fusionnant les consultations
obligatoires et en supprimant la commission consultative sur
le statut de déchet ;
? Mettre en place des sorties de statut de déchet adaptées no-
tamment pour les matières fertilisantes et supports de culture
de qualité (hors boue de station d?épuration), les filières
mobilisant le bois, le plastique, les pièces de réutilisation
issues du démontage de biens en fin de vie, les opérations
de préparation en vue de la réutilisation et les opérations
de régénération ;
? Communiquer et expliciter la réglementation applicable aux
déchets, auprès des utilisateurs, des entreprises (notamment
via les organisations professionnelles), des collectivités et du
grand public, en particulier sur la notion de sous-produit, et
son interface avec les réglementations relatives aux produits,
afin de s?assurer d?une bonne diffusion et compréhension et
donc une simplification de sa mise en oeuvre. les possibilités
de réemploi des terres excavées et des matériaux issus de
chantiers du Btp feront l?objet d?une attention particulière. »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
71
Avis d?expert
lE RECyClagE, néCEssIté POUR
RéIntRODUIRE lEs DéChEts
Dans lE CyClE éCOnOMIqUE
groupe PaPREC
Sébastien RICARD, Directeur Développement Durable et Affaires publiques
leader du recyclage en France avec 11 millions de tonnes
de déchets traités chaque année grâce à ses 8 500 colla-
borateurs, papreC group prend en charge tous types de
flux, des ménages aux entreprises. papiers-cartons, embal-
lages, plastiques, métaux, ferrailles, bois, verre, etc. sont
collectés, triés et recyclés en matières premières issues du
recyclage (mpIr) et utilisés par des industriels en substitution
des matières premières vierges. la transition vers l?économie
circulaire nécessite de collecter un maximum des déchets
produits et de les orienter vers les filières de valorisation
matière. l?objectif est de produire plus de mpIr de haute
qualité, limitant ainsi la production de ressources vierges,
l?utilisation d?énergie nécessaire à l?extraction mais égale-
ment l?émission de CO2. le recyclage a permis d?éviter 5 %
des émissions annuelles de CO2 en France, en 2014 : le
développer est nécessaire pour respecter l?environnement
et permettre une transition écologique.
des mesures fiscales ou un taux d?incorporation de mpIr
(10 % dès 2020 ?) sont des leviers essentiels à actionner
en parallèle de l?éducation et du geste citoyen de tri des
déchets d?une part, des investissements dans les usines tri
et recyclage par les industriels d?autre part.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
72
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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l?ORéal COntRIbUE Ã
l?InDUstRIalIsatIOn DU
bIO-RECyClagE DEs PlastIqUEs
l?Oréal
Philippe THUVIEN, Directeur Packaging & Développement
déterminés à promouvoir l?économie circulaire grâce à des
solutions innovantes de recyclage des plastiques, l?OrÉal et
CarBIOs ont signé un accord de création d?un consortium
d?une durée de cinq ans pour l?industrialisation de la techno-
logie de bio-recyclage conçue et développée par CarBIOs.
Cette collaboration est ouverte aux industries d?autres secteurs
souhaitant développer de nouvelles solutions de bio-recyclage
du plastique.
CarBIOs a développé un procédé de recyclage enzymatique
des plastiques permettant la régénération complète des compo-
sés initiaux (monomères) ayant initialement servi à les produire.
après séparation et purification, ces monomères pourront être
réutilisés pour la synthèse de plastique vierge, sans perte de
valeur de la matière recyclée. Cette voie biologique s?affranchit
des contraintes des procédés conventionnels de recyclage et
permet pour la première fois d?ambitionner une réelle écono-
mie circulaire dans la gestion du cycle de vie des plastiques.
l?OrÉal et les industriels membres du consortium bénéficieront
des développements de cette innovation CarBIOs et auront
accès en priorité aux premières productions disponibles. pour
l?OrÉal, il s?agira d?utiliser cette nouvelle technologie dans la
conception de ses emballages et favoriser ainsi le développe-
ment de l?économie circulaire.
T
É
M
O
IG
N
A
G
E
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
rapport « Favoriser l?intégration des matières premières
secondaires pour le recyclage ? accélérer la transition
vers l?économie circulaire »
le portail français des ressources métalliques non
énergétiques
appel à projets - Investissements d?avenir - Économie
circulaire et valorisation des déchets ? axe 1 -
transformation, utilisation, réintégration des matières
issues de déchets et éco-conception de produits
Certains polymères (plastiques) mieux recyclables font
l?objet de recherches avancées comme le montre l?article
« a synthetic polymer system with repeatable chemical
recyclability » du magazine science daily d?avril 2018
(Jian-Bo Zhu, eli m. Watson, Jing tang, eugene Y.-X.
Chen)
PORtEUR / aCtEUR
Conseil National de
l?Industrie
Brgm
ademe
magazine science daily
sources
http://bit.ly/2OYZf81
http://bit.ly/2DVVUFC
http://bit.ly/2R8u2kx
http://bit.ly/2DGgetH
annéE
2017
Ouvert du 9
février 2018
au 17 juin
2019
2018
Pour aller
plus loin
R&D
Boîte à outils pour agir
d?autres travaux et développements de produits sont en cours, notamment au sein de l?entreprise Cycl-add, qui conçoit des
additifs plastiques issus du recyclage et de la valorisation de déchets permettant, à terme, le recyclage de plastiques en mélange
grâce à ses propriétés particulières
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
73
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
74
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises
participation à un engagement volontaire sur l?incorpora-
tion de matières premières recyclées dans de nouveaux
produits ;
tonnage incorporé de matières premières de recyclage
dans les processus de production ;
tonnage de matières premières recyclées rapporté au
tonnage total de matières consommées.
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Nombre d?engagements volontaires concrets et significa-
tifs visant à organiser une ambition de filière, incluant des
objectifs de volumes d?intégration de matière plastique
issue de déchets dans les secteurs de l?emballage, du
bâtiment, de l?automobile ou des équipements électro-
niques et électriques ;
Nombre d?acteurs ayant bénéficié d?un accompagnement
sur la mise en oeuvre et le déploiement des solutions in-
novantes ;
modification des textes réglementaires sur la sortie du
statut de déchets ;
tonnage annuel de déchets qui font l?objet d?un recyclage
/ d?une valorisation matière par type ;
tonnage de matières premières recyclées rapporté au
tonnage total de matières consommées (besoin appa-
rent en matières, direct material Input, ou consomma-
tion intérieure apparente de matières, domestic material
Consumption)53 ;
Évolution des tonnages de déchets mis en décharge53.
(53) Indicateur déjà suivi par le CNIS
MIEUX PRODUIRE Incorporation de matières premières?
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°7
POUR allER PlUs lOIn
trouver les leviers techniques pour mieux réincorporer
les MPR dans de nouveaux produits
Les techniques actuelles ne suffisent pas toutes encore à bien réintroduire
les MPR dans de nouveaux produits. De ce fait, il est important de :
Favoriser l?émergence de programmes de R&D multi-acteurs pour trou-
ver de nouvelles filières de recyclage aux matériaux non recyclables ;
S?appuyer sur les nouvelles technologies liées au recyclage chimique
(revenir à la molécule initiale notamment grâce à l?action de micro-or-
ganismes) que ce soit pour le recyclage des plastiques (exemple de
L?Oréal, en partenariat avec Carbios) ou des métaux (exemple du
recyclage des déchets miniers et électroniques par l?action de bacté-
ries pour extraire du cuivre, de l?or, du cobalt, du zinc ou du nickel :
grâce à la technique de la biolixiviation sur laquelle travaille le BRGM).
soutenir les MPR et les rendre plus compétitives
Le signal-prix entre les MPR et les matières vierges n?incite pas les acteurs
à privilégier l?utilisation des MPR dans de nouveaux produits. Pour inver-
ser la tendance :
Faire le lien avec la stratégie plastique de la Commission européenne
qui a notamment pour ambition de rendre le recyclage rentable pour
les entreprises et de stimuler les investissements et l?innovation ;
Étudier la faisabilité d?un mécanisme de certificats de recyclage (Ã
partir des propositions 2ACR et FEDEREC, sur le modèle des certificats
d?économie d?énergie) et s?appuyer sur une augmentation rapide de
la taxe carbone ;
Introduire une taxe sur les matières vierges : combinée à la fiscalité
déchets, cette taxe permettrait de découpler la croissance et la consom-
mation de matières. Cette proposition est développée dans l?étude
« La fiscalité matières - Une opportunité pour une économie circulaire »,
fiche THEMA, Commissariat général au développement durable,
ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017 ;
Mettre en place une TVA réduite sur les produits intégrant un certain
pourcentage de matières premières de recyclage ou issus du réemploi
ou de la réutilisation, un crédit d?impôt ou un suramortissement excep-
tionnel ou d?avances remboursables pour les investissements productifs
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
(en incluant les logiciels, etc.) permettant l?incorporation de matières
premières secondaires pour les entreprises substituant des MPR aux
matières vierges ;
Prévoir un plan de financement spécifique (fonds d?amorçage, sura-
mortissement, etc.) pour les investissements liés aux engagements ;
Les contributions financières dégagées par le système de malus sur
les produits non recyclables pourraient contribuer au développement
des mécanismes de soutien à l?utilisation des matières premières de
recyclage (MPR) dans l?industrie (voir fiche 6 « Éco-conception ») ;
Mobiliser les acteurs
Une filière industrielle ne peut être mise en place durablement que si les
acteurs se coordonnent et fédèrent leur action. Ainsi, il serait intéressant de :
Mettre en place un taux de réincorporation volontaire s?appuyant sur
une étude déterminant l?adéquation entre les MPR produites et les be-
soins des incorporateurs et inciter l?acheteur public en ce sens (voir
fiche 10 « Commande publique ») ;
Accréditer une liste d?acteurs du recyclage (régénérateurs, transfor-
mateur de déchets en MPR) et d?utilisateurs de MPR pour permettre
une traçabilité spécifique sur les flux donnant lieu à un crédit d?impôt ;
Onze groupes de travail (7 pour les résines et 4 pour les secteurs embal-
lages, bâtiment, automobile, équipements électriques et électroniques)
ont été mis en place dans le cadre des travaux de la Feuille de route
pour consolider un état des lieux et identifier les engagements pos-
sibles. Fin juin 2018, les deux premiers engagements volontaires sont
la création d?une ligne de régénération et de transformation chimique
des barquettes en PET et de bouteilles en PET opaques, par l?entre-
prise Soprema et le montage d?une filière industrielle de recyclage de
polystyrène en France par Citeo, Total, Saint-Gobain et le Syndicat na-
tional des fabricants de produits laitiers frais (Syndifrais). Début juillet
2018, une soixantaine d?acteurs de la chaîne (collecteurs et gestion-
naires de déchets, fournisseurs de matières premières secondaires,
metteurs sur le marché), se sont également engagés à augmenter les vo-
lumes d?intégration de résine recyclée à la hauteur de 293000 tonnes
(polystyrène, polyéthylène, polypropylène, polychlorure de vinyle) sur
quatre secteurs (emballage, bâtiment, automobile, et équipements
électroniques et électriques). Les entreprises s?engagent également Ã
collecter 25000 tonnes supplémentaires. Les leviers identifiés sont:
? L?évolution des normes et des réglementations, législations qui freinent
et limitent actuellement l?incorporation de MPR dans les produits : un
travail d?étude doit être mené ;
? La disponibilité du gisement de MPR en France (augmenter la collecte
pour assurer un flux de matières à recycler suffisant aux industriels) et
la capacité de production des régénérateurs français pour répondre
aux cahiers des charges des industriels utilisateurs (voir fiche 3 sur
les « Consignes de tri ») ;
? Le coût des MPR (prix fixe) qui doit être a minima à iso-coût par rap-
port aux matières vierges (prix fluctuant selon les cours du pétrole) ;
? La qualité (propriétés techniques et esthétiques) des MPR doit être
au moins équivalentes à celles obtenues à partir de résines vierges ;
? L?accompagnement des plasturgistes dans l?adaptation de l?outil in-
dustriel pour utiliser des MPR (notamment en renforçant des dispo-
sitifs de type ORPLAST - Objectif Recyclage PLASTiques ? qui vise Ã
soutenir financièrement l?intégration de matières plastiques recyclées
par les plasturgistes ou transformateurs ; l?objectif est de soutenir le
recyclage par l?aval de la filière en créant une augmentation des
volumes de MPR consommés) ;
Renforcer la confiance des consommateurs et des acheteurs en leur
proposant des garanties de performance du produit. Pour les produits
plus industriels comme les produits recyclés ou réemployés du BTP, il
conviendrait d?inciter les assureurs et les experts techniques à propo-
ser une couverture/garantie spécifique aux donneurs d?ordre (maî-
trise d?ouvrage) après vérification par un contrôleur technique habilité.
À noter que les vérifications techniques ne doivent pas être plus contrai-
gnantes que pour un produit neuf ;
Capitaliser sur les bénéfices environnementaux de l?utilisation des
matières plastiques recyclées par rapport aux matières vierges.
75
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
76
MIEUX PRODUIRE
gérer les ressources durablementFI
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°8
COntEXtE Et EnjEUX
Notre économie actuelle, dite linéaire, se base sur un principe
de création de valeur qui consiste à extraire des ressources
naturelles, les transformer, les consommer puis les jeter. Ce
modèle linéaire n?optimise pas leurs usages, ce qui conduit
à d?importants gaspillages de ressources naturelles. Croire Ã
une croissance économique infine, alors que les ressources
naturelles sont finies, nous confronte à l?incohérence de ce
modèle. la pression sur les ressources est telle que, le 1er août
2018 a été déclaré comme étant le jour du dépassement de
la terre, soit le jour où nous avons consommé l?ensemble des
ressources que la terre est capable de produire en une année.
Face à une population de plus en plus nombreuse et de plus en
plus riche, ce modèle linéaire conduit à une croissance sans pré-
cédent de l?extraction des ressources naturelles et des impacts
environnementaux associés. en 2015, ce sont 84 milliards
de tonnes de ressources matérielles (biomasse, minéraux de
construction (sable, gravier, etc.), minerais métalliques, res-
sources énergétiques fossiles) qui ont été extraites et consom-
mées au niveau mondial. des travaux récents menés par l?OCde
et le groupe international des experts sur les ressources (gIer),
l?équivalent du gIeC pour les ressources, montrent qu?en l?ab-
sence de transition vers une économie circulaire et plus efficace
dans l?utilisation des ressources naturelles, l?extraction mondiale
annuelle des ressources pourrait être multipliée par 2 d?ici Ã
2050. un tel niveau de consommation rendrait extrêmement
difficile et coûteux l?atteinte des objectifs climat.
Face à ce constat, il est nécessaire de découpler le bien-être
(souvent approché par le pIB) de la consommation de res-
sources naturelles et des impacts environnementaux associés.
Cela signifie qu?il faut d?une part, utiliser moins de ressources
naturelles pour produire la même quantité de bien-être (de ri-
chesse) encore appelé découplage ressources sur le schéma
ci-contre, et, d?autre part, réduire les impacts environnementaux
associés à la consommation des ressources naturelles (encore
appelé découplage impacts environnementaux). une gestion
durable des ressources naturelles dans un monde en croissance
nécessite ce double découplage. enfin, le découplage peut
être relatif entre bien-être et consommation de ressources, lors-
qu?on produit plus de richesses avec moins de ressources alors
que la consommation de ressources continue d?augmenter. À
l?inverse, il peut être absolu, lorsqu?on produit plus de richesses
et que l?on diminue la consommation de ressources.
la demande en ressources s?accélère notamment en faveur des
ressources minérales, non renouvelables. Notre économie a
subi une mutation importante : au XXème siècle alors qu?elle s?ap-
puyait sur la consommation de la biomasse renouvelable, elle a
basculé vers la consommation de matières minérales repoussant
la part de biomasse dans la consommation de 1/3 Ã 1/4.
DéFInItIOn
la gestion durable des ressources naturelles vise à assurer, sur
le long terme, la base matérielle des sociétés de telle sorte Ã
ce que ni l?extraction des ressources, ni leur usage, ni les dé-
chets et les émissions associés ne provoquent de dommages
irréversibles sur les écosystèmes.
pour atteindre un tel objectif, il est nécessaire d?en réduire les
besoins en promouvant des modes de consommation plus
sobres et des modes de production plus économes en res-
sources et utilisant davantage de ressources issues du recy-
clage. Il s?agit ensuite de privilégier le recours aux matières
premières primaires qui ont été extraites et transformées selon
les meilleurs standards environnementaux et sociaux pour mi-
nimiser les impacts associés à leur exploitation.
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
77
les enjeux inhérents à l?exploitation de la ressource en matières
minérales étant primordiaux, la Commission européenne s?est
saisie de la question et a identifiée 27 matières premières cri-
tiques pour l?ue. la criticité de ces matières est évaluée selon
plusieurs facteurs parmi lesquels on retrouve par exemple : la
baisse du nombre de gisements découverts, l?augmentation de
la difficulté d?extraction ou encore la baisse de la production.
d?après l?ademe, 65 milliards de tonnes de matières pre-
mières (hors biomasse) ont été injectées dans l?économie fran-
çaise en 2010 (50 % de plus qu?il y a trente ans) et devraient
atteindre 82 milliards de tonnes en 2020. parmi cette quanti-
té, une partie est issue de l?importation de ressources d?autres
pays. les ressources énergétiques fossiles font l?objet du même
constat, et confèrent donc à la France un caractère dépen-
dant quant à son approvisionnement en ressources naturelles.
l?objectif de tendre vers des énergies renouvelables ne per-
met pas d?échapper à la question de la souveraineté de la
ressource, en effet les équipements permettant d?exploiter les
énergies renouvelables sont composés de métaux rares, qui
sont absents du sol français. Ces ressources stratégiques sont
pour la plupart détenues par une minorité de pays, ce qui
accentue la vulnérabilité de la France sur son approvisionne-
ment. Ces matières premières critiques ont été identifiées par
la Commission européenne, et font l?objet d?une liste qui est
mise à jour régulièrement.
les enjeux de la gestion de la ressource ont été intégrés dans la
lteCV54 de 2015, avec notamment son article 74 prévoyant
en termes de découplage que : « la France a pour objectif
de découpler progressivement sa croissance de sa consom-
mation de matières premières. À cet effet, elle se fixe comme
objectif une hausse de 30 %, de 2010 Ã 2030, du rapport
entre son produit intérieur brut et sa consommation intérieure
de matières. dans le même temps, elle vise à une diminution
de sa consommation intérieure de matières par habitant. »
la question de la hiérarchisation des ressources est identifiée
dans la lteCV de la façon suivante : « en priorité, de prévenir
l?utilisation des ressources, puis de promouvoir une consom-
mation sobre et responsable des ressources, puis d?assurer
une hiérarchie dans l?utilisation des ressources, privilégiant les
ressources issues du recyclage ou de sources renouvelables,
puis les ressources recyclables, puis les autres ressources, en
tenant compte du bilan global de leur cycle de vie ».
l?article 69 de cette même loi prévoit par ailleurs l?élaboration
d?un plan de programmation des ressources tous les cinq ans :
« le gouvernement soumet au parlement, tous les cinq ans,
une stratégie nationale de transition vers l?économie circulaire,
incluant notamment un plan de programmation des ressources
nécessaires aux principaux secteurs d?activités économiques
qui permet d?identifier les potentiels de prévention de l?utilisa-
tion de matières premières, primaires et secondaires, afin d?uti-
liser plus efficacement les ressources, ainsi que les ressources
stratégiques en volume ou en valeur et de dégager les actions
nécessaires pour protéger l?économie française ». Ce plan55
a été publié le 27 juillet 2018 à l?issue d?une consultation pu-
blique. Il présente des recommandations pour une gestion plus
durable de trois catégories de ressources naturelles : la bio-
masse à usage énergétique, les ressources minérales et les sols.
(54) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte, voir supra
(55) https://bit.ly/2NOtNwM
Bien-être
Activité économique (PIB)
Utilisation des ressources
Pressions sur l?environnement
Découplage ressource
Découplage pressions
TEMPS
Le découplage PNUE, groupe international
des experts sur les ressources.
Rapport sur le découplage
MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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°8
gérer durablement les ressources naturelles nécessite, tout d?abord, d?en réduire les besoins par des
modes de consommation plus sobres et des modes de production moins intenses en intrants (matières
premières, eau, énergie, etc.) et d?utiliser davantage de ressources secondaires. Il s?agit aussi de pri-
vilégier le recours aux matières premières primaires qui ont moins d?impacts environnementaux et qui
ont été extraits et transformés dans les meilleures conditions environnementales et sociales. le mtes
est engagé sur chacun de ses fronts : information du consommateur pour éclairer ses choix et modi-
fier son comportement, production d?outils d?aides à la décision pour les collectivités et les entreprises
qui souhaitent s?engager dans une démarche d?optimisation des flux de matières, lancement de la
réforme du code minier pour mieux y intégrer l?environnement et la participation du public. publié en
juillet 2018, le plan national des ressources fait le point sur la dépendance de l?économie française
aux ressources minérales, à la biomasse à usage non alimentaire et aux sols et montre la nécessité
d?accélérer la transition vers l?économie circulaire. Il liste un ensemble de pistes d?actions visant côté
offre à augmenter le recyclage, à développer une offre nationale pour les ressources disponibles sur
le territoire, à réduire les fragilités liées à l?évolution des importations) et côté demande à optimiser
les process industriels, allonger la durée de vie des produits et des équipements, modifier les com-
portements, ?.
Avis d?expert
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°5: « gÉrer les ressOurCes de FaÇON
plus sOuteNaBle : sur la base des travaux du COmes
(Comité pour les métaux stratégiques) et du premier plan na-
tional des ressources qui sera publié en 201856, s?engager
dans un plan de programmation des ressources jugées les
plus stratégiques, en l?accompagnant d?une politique indus-
trielle ambitieuse de valorisation du stock de matières, en
particulier les métaux critiques, contenues dans les déchets ;
? sous le pilotage de France stratégie, établir des « valeurs de
référence » représentant le coût, pour l?ensemble de la socié-
té, de l?utilisation de ces ressources stratégiques (dommages
environnementaux, rareté de la ressource), afin de les intégrer
dans l?évaluation des politiques publiques à l?image de ce
qui a été fait pour le carbone et pour la pollution de l?air ;
? Engager la réforme du Code minier en 2018 : l?enga-
gement volontaire de la France dans l?économie circulaire
permettra de réduire les besoins en matières premières miné-
rales primaires, néanmoins il restera nécessaire d?en extraire.
la réforme du Code minier doit permettre la valoriser des
ressources minières françaises selon les meilleurs standards
environnementaux et sociaux ;
? développer d?ici 2019 avec l?aide de l?ademe des outils
pour permettre aux industriels qui le souhaitent d?établir
un « bilan matières », sur le modèle des « bilans de gaz Ã
effet de serre » ;
? Inciter les Régions à réaliser des « bilans flux de matières »
notamment en diffusant plus largement les outils méthodolo-
giques disponibles et inciter les régions à élargir le rôle des
observatoires déchets en conséquence ».
(56) Le Plan Ressources pour la France est disponible Cf. Boîte à outils pour agir
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général
au développement durable
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
78
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
plan ressources pour la France 2018, dans la poursuite
des objectifs de la FreC
le portail français des ressources métalliques non
énergétiques
le portail français des matières premières minérales
primaires et secondaires non énergétiques
report on Critical raw materials and the Circular
economy
logiciel staN (substance flow aNalysis) : staN est un
logiciel gratuit essentiellement utilisé par les acteurs de la
recherche et les entreprises pour réaliser des analyse de
flux de matières
Norme IsO 14051:2011 : management
environnemental ? Comptabilité des flux de matières
le site « métabolisme urbain de paris », pour visualiser
les flux de matières et découvrir des projets innovants
guide méthodologique « la comptabilité des flux de
matières dans les régions et les départements »
PORtEUR / aCtEUR
mtes
dgCIs
minéralinfo
european
Commission
tu Wien, Institute for Water
Quality, resource and Waste
management
IsO
mairie de paris
Cgdd
sources
http://bit.ly/2OJAtIN
http://bit.ly/2ERW9mk
http://bit.ly/2yKm8Xp
http://bit.ly/2zmtBLE
http://bit.ly/2EVlCLC
http://bit.ly/2SAXdhs
http://bit.ly/2EVyfq6
http://bit.ly/2P0fNBb
annéE
2018
2012
2014
2018
2006
2011
2014
2014
Enjeux
globaux
Flux
Matières
premières
stratégiques
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
79
InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pour les
collectivités
réalisation d?une analyse de flux de matières :
tonnages de matières de toutes natures, importées, ex-
traites, et exportées sur le territoire de la collectivité ;
tonnages de biomasses importées, extraites, et exportées
du territoire de la collectivité ;
tonnages de matières alimentaires, importées, consom-
mées et exportées sur le territoirede la collectivité;
tonnages de matériaux de construction consommés sur le
territoire de la collectivité ;
tonnages de déchets du Btp produits sur le territoire de
la collectivité ;
tonnages de combustibles fossiles, importés, et consom-
més sur le territoire de la collectivité ;
tonnages de minerais métalliques extraits du territoire de
la collectivité ;
Les indicateurs de suivi et de performance pour l?État
Évolution de l?intensité matière : ratio de la consommation
intérieure de matières rapporté au produit intérieur brut
(pIB)57 (indicateur d?objectifs) ;
publication du plan de programmation des ressources
stratégiques ;
Élaboration des « valeurs de références » pour les res-
sources ;
parution du code minier réformé ;
Outils bilan de matières entreprises disponibles ;
Nombre de régions ayant réalisées une analyse de flux
de matières ;
Nombre d?observatoires déchets ayant élargi leurs obser-
vations au-delà des seuls déchets.
(57) Indicateur déjà suivi par le CNIS
MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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81
la PRIsE En COMPtE DE l?EnjEU
DEs REssOURCEs Dans lEs
DéMaRChEs DE PlanIFICatIOn
Région Occitanie
Agnès Langevine, Vice-Présidente en charge de la
transition écologique et énergétique, biodiversité,
économie circulaire et déchets
un état des lieux des enjeux de l?économie circulaire en région Occitanie a servi
de base de travail pour l?élaboration du plan régional d?actions. Il a notamment
reposé sur l?identification des enjeux des principaux flux de ressources stratégiques.
trois grands types de flux ont été étudiés dans cet état des lieux :
ressources naturelles ;
grands flux économiques (ressources extraites ou transformées pour être utili-
sées) ;
déchets.
les ressources naturelles peuvent se regrouper en 7 types : sol, eau, air, forêt,
gisement de combustibles fossiles, gisement de minéraux métalliques, gisement
de minéraux non métalliques. priorisées en fonction des tensions pressenties et
de l?approche « matière » du plan d?actions (la région dispose par ailleurs d?une
stratégie « région à energie positive »), seules les ressources sol, eau et forêt ont
été abordées.
sur les flux économiques, l?analyse approfondie des enjeux s?est focalisée sur les
flux les plus significatifs sur le plan quantitatif ou stratégique :
Flux de matériaux de construction ;
Flux agri et agroalimentaires ;
Flux énergétiques.
la question des déchets a également été abordée pour chacun de ces flux.
l?approche de la région Occitanie a donc été de mettre en perspective son plan
d?actions économie circulaire avec l?enjeu originel de ce concept : la soutenabilité
des modèles économiques en termes de ressources mobilisées. C?est sur l?évolution
de ces flux que pourra être mesurée le développement de l?économie circulaire.
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POUR allER PlUs lOIn
la comptabilité des flux de matières au niveau
régional
Les flux de matières qui traversent les territoires infra-nationaux sont au-
jourd?hui mal connus : ainsi les quantités de matières consommées par un
territoire, leur origine (extraction locale ou importation), sont mal connues.
C?est aussi le cas des matières exportées. Cet exercice est encore rendu
plus difficile par le fait que les flux de matières prennent des formes plus
ou moins traçables : matières premières, produits plus ou moins trans-
formés, déchets. Dans le contexte actuel d?une raréfaction croissante des
ressources matérielles, répondre à ces questions est essentielle. La comp-
tabilité matière permet en effet de répondre à certaines de ces questions,
de mieux comprendre le fonctionnement d?un territoire, et ainsi de définir
des priorités et un plan d?actions associé. Bien qu?il s?agisse d?enjeux fon-
damentaux, les territoires régionaux et infrarégionaux qui se saisissent de
la question de la « comptabilité des flux de matières » qui les traversent,
sont encore peu nombreux.
Les objectifs d?une analyse de flux de matières pour les territoires sont
multiples :
? Recenser et peser au sens strict (en tonnes de matières) les flux de ma-
tières ;
? Évaluer l?utilisation des ressources et son impact sur les milieux exté-
rieurs, notamment en quantifiant les flux induits par le fonctionnement
du territoire ;
? Mesurer grâce à des indicateurs, la performance énergétique et maté-
rielle du territoire, l?intensité des échanges avec l?extérieur, sa pression
sur les ressources et milieux extérieurs ;
? Donner une vision synthétique, schématique et pédagogique de la
consommation de matières sur un territoire ;
? Identifier des actions à mettre place dans l?optique d?améliorer les per-
formances environnementales du territoire ;
? Suivre et évaluer les politiques et actions engagées en actualisant de
façon régulière l?analyse de flux de matières.
En somme, l?analyse de flux de matières constitue un outil d?aide à la dé-
cision précieux pour les territoires.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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MIEUX PRODUIRE gérer les ressources durablement
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POUR allER PlUs lOIn
la méthodologie utilisée pour une analyse de flux de
matières (aFM) :
D?un point de vue méthodologique, l?analyse de flux de matières recense
et quantifie les flux de matières qui sont mobilisés lors du développement
d?activités humaines. L?AFM suit le principe de conservation de la masse,
à l?image de la célèbre citation d?Antoine Lavoisier dans laquelle « rien
ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Ainsi, en suivant cette
la loi de conservation, on suppose que toutes les matières qui entrent sur
un territoire finiront par en ressortir, quelle qu?en soit la forme. La métho-
dologie de comptabilité faisant foi aujourd?hui est celle que propose le
service statistique européen Eurostat. Cette méthodologie a donné lieu Ã
une adaptation au contexte des régions et départements français par le
CGDD en 2014.58
La réalisation de ce type de diagnostic à l?échelle d?un territoire se dé-
nomme également « l?analyse du métabolisme territorial ». Cette
dernière notion se définit par analogie au métabolisme biologique, comme
étant «l?ensemble des processus de consommation et de transformation de
l?énergie et des matières mises en jeu par le fonctionnement des territoires »58.
Le métabolisme territorial constitue un outil de compréhension du fonc-
tionnement physique d?un territoire. À titre d?exemple, les ressources ali-
mentaires, les matériaux de construction, l?énergie, les émissions dans l?at-
mosphère, les déchets organiques et minéraux sont des éléments observés
dans le cadre du métabolisme territorial.
Ce type d?analyse a pour but d?améliorer la connaissance des flux d?un
territoire pour en optimiser la gestion dans une logique d?écologie terri-
toriale. On entend par écologie territoriale, un domaine d?action ayant
pour objectif de comprendre et analyser les flux à l?oeuvre sur un territoire,
mais surtout de proposer un mode de gestion optimisé de ces flux. Elle ap-
porte au métabolisme toute une dimension sociale, à savoir l?analyse des
acteurs du territoire qui sont à l?origine des flux de matières et d?énergie.
On estime que les métabolismes actuels sont linéaires et doivent être davan-
tage circulaires. La circularité des métabolismes propose donc une forme
de sobriété dans laquelle la diminution de la quantité des flux engagés
est de rigueur, ainsi que la substitution de certains flux par d?autres moins
impactant pour l?environnement59 (voir schéma p. 83).
(58) Guide méthodologique
« Comptabilité des flux de
matières dans les régions et
départements », CGDD, 2014
(59) « Économie circulaire :
un atout pour relever le défi de
l?aménagement durable des
territoires », ADEME / ORÉE,
2017
(60) L?empreinte eau, ou Water
Footprint, est un indicateur basé
sur la consommation effective
d?eau aux différents stades de la
production d?un produit, par le
producteur ou le consommateur
http://bit.ly/2FUByP0
les approches complémentaires à l?analyse de flux
de matière
? LA qUESTION DE L?EAU
La ressource en eau, élément indispensable au développement de la vie et
donc des activités humaines sur Terre, est soumise à de fortes pressions. Il
est donc nécessaire pour un territoire d?assurer le suivi de sa dépendance
à l?eau à travers un processus de comptabilité.
Toutefois, la méthodologie d?analyse de flux de matière la plus répandue
(selon Eurostat) n?intègre pas l?eau, car en réalisant son pesage en tonnes
de matière elle masquerait l?ensemble des autres flux du fait de son im-
portance. D?autres méthodes de comptabilité complémentaires existent,
telle que la méthode « Water footprint60 » qui cherche à calculer le vo-
lume total d?eau nécessaire pour fabriquer un produit ou proposer un
service. Cette méthode est déclinable pour calculer « l?empreinte eau »
d?un individu, d?une entreprise, d?un territoire ou d?un pays. Elle est
détaillée dans le rapport « The Water Footprint Assessment Manual »
réalisé par Water Footprint Network, en 2011.
? LA qUESTION DE L?ÉNERGIE
Indispensable pour le développement d?activités, la ressource énergétique
se doit d?être connue à l?échelle d?un territoire afin d?en maîtriser les enjeux.
La méthodologie AFM ne prend en compte que partiellement l?énergie. En
réalité, elle ne propose pas une comptabilité de l?énergie mais plutôt une
comptabilité des combustibles extraits, importés, consommés ou exportés
selon leur masse et non leur valeur énergétique. Une AFM n?exprimera
pas les approvisionnements et les consommations d?énergies du territoire,
c?est pourquoi les Schémas Régionaux Climat Air Énergie (SRCAE) peuvent
constituer une approche complémentaire d?analyse des flux d?énergie.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
83
InsCRIRE l?éCOnOMIE CIRCUlaIRE Dans l?aDn
DE l?agglOMéRatIOn
Coeur d?Essonne agglomération
Frédéric PETITTA, Vice-Président chargé du développement économique et
de l?artisanat
si le développement durable est inscrit dans l?essence même de Coeur d?essonne, l?agglomération a souhaité aller
plus loin en faisant de l?économie circulaire un véritable marqueur de son développement territorial. dans un contexte
de transitions économique et écologique, l?enjeu est de repenser l?organisation de l?action publique en fonction
des ressources du territoire et des défis auxquels il est confronté, pour inscrire l?économie circulaire dans l?adN de
l?agglomération.
dès 2015, Coeur d?essonne a lancé une étude de métabolisme urbain à l?échelle de son territoire, pour identifier
les projets d?économie circulaire pouvant être mis en oeuvre. Cette étude a permis de déterminer 4 enjeux de déve-
loppement pour le territoire :
Créer des emplois locaux non délocalisables, en structurant les filières d?avenir ;
diminuer l?impact des grands projets, des activités économiques et de leurs déchets sur l?environnement ;
augmenter l?attractivité du territoire pour les entreprises, par la recherche de mutualisation ;
réduire la dépendance du territoire en matière d?approvisionnement.
À partir de ces enjeux, l?agglomération a travaillé avec les entreprises et les acteurs du territoire pour élaborer une
véritable stratégie de développement de l?économie circulaire, comportant 26 actions concrètes, structurées autour
de 5 flux (importation/exportations, agriculture/alimentation, déchets, Btp/construction, énergie) et dont la mise en
oeuvre est prévue pour la période 2018 à 2020.
T É M O I G N A G E
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
85
MObIlIsER
lEs aCtEURs
Fiche 9 EIT
mesure de la FreC 46 ? page 86
Fiche 10 Commande publique
mesure de la FreC 44 ? page 96
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
86
DéFInItIOn
selon l?agence de l?environnement et de la maîtrise de l?éner-
gie (ademe), l?écologie industrielle et territoriale (eIt) est l?un
des sept piliers de l?économie circulaire et se définit comme
« un mode d?organisation interentreprises par des échanges
de flux ou une mutualisation de besoins61 ».
COntEXtE Et EnjEUX
l?eIt est une discipline récente car on attribue son acte de nais-
sance à un article scientifique publié en 1989 par des ingé-
nieurs de general motors, intitulé « des stratégies industrielles
viables », dans un numéro spécial consacré à « la gestion
de la planète terre ». l?eIt, dans son approche conceptuelle,
s?appuie sur l?écologie scientifique et s?inspire notamment des
écosystèmes pour tendre vers une gestion optimale des ma-
tières et de l?énergie sur les territoires. ainsi, à l?image du
fonctionnement des chaînes alimentaires dans le milieu naturel,
les déchets et co-produits d?une activité peuvent devenir une
ressource pour une autre activité. les entreprises peuvent réu-
tiliser entre elles, ou avec les collectivités, leurs résidus de pro-
duction (vapeurs, co-produits, gaz d?échappement, effluents,
déchets etc.) et donc limiter leurs impacts environnementaux
par la réduction de la pollution, le prélèvement de ressources,
la production de déchets et la consommation d?énergie. dans
sa mise en oeuvre, l?eIt fait également appel aux sciences so-
ciales, puisque le déploiement de ces démarches nécessite
de créer des conditions favorables entre les acteurs du projet,
propice à la définition d?objectifs partagés et à la mise en
place de synergies. l?eIt se caractérise par la mise en place
de synergies entre les acteurs économiques du territoire. Ces
synergies peuvent être de deux types : des synergies de mu-
tualisation, qui consistent à mutualiser entre des ressources,
des équipements ou des services entre les entreprises ou des
synergies de substitution qui visent à ce que les flux sortants
d?une entreprise constituent les flux entrants d?une autre. Ces
synergies peuvent se traduire par des échanges d?eau, de
vapeur, d?énergie de coproduits ou de déchets.
le déploiement de ces démarches constitue un enjeu important,
tant pour les collectivités que pour les entreprises. grâce à la
mise en oeuvre d?actions significatives, l?eIt peut permettre de
générer des bénéfices économiques directs ou indirects, de
développer de nouvelles activités, de favoriser l?implantation
de nouvelles entreprises ou encore de permettre la création
d?emplois non délocalisables.
MObIlIsER lEs aCtEURs
Écologie industrielle et territoriale (eIt)
(61) Économie circulaire : notions,
ADEME, 2014
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Schéma : Représentation de différents types de synergies possibles
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
8787
Bien qu?aucun objectif contraignant ne soit fixé par des textes
législatifs en matière d?eIt, certains documents mettent en avant
l?intérêt de faciliter la mise en oeuvre de ces démarches.
Au niveau européen, le paquet économie circulaire formelle-
ment voté en mai 201862 prévoit la révision de 4 directives eu-
ropéennes et mentionne l?eIt à travers le terme de « symbioses
industrielles ». le paquet propose notamment de « faciliter la
reconnaissance en tant que sous-produit d?une substance ou
d?un objet issu d?un processus de production dont le but pre-
mier n?est pas de produire ladite substance » afin de permettre
la mise en oeuvre de symbioses industrielles. Cette proposition
fait fortement écho à la sortie implicite du statut de déchets
qui annonce qu?un objet « fabriqué dans une installation de
production qui utilise des déchets comme matières premières,
n?a pas le statut de déchet ».
Au niveau national, la 2ème Conférence environnementale pour
la transition écologique de 2013 ? qui réunit les partenaires
du dialogue environnemental - a donné lieu à une Feuille de
route pour la transition écologique63 qui fixe dans sa mesure
n°11 l?objectif de « développer l?écologie industrielle et ter-
ritoriale (eIt) dans les territoires ». plus récemment la lteCV64
rappelle en son article 70, le soutien des politiques publiques
à l?eIt : « les politiques publiques promeuvent le développe-
ment de l?écologie industrielle et territoriale, qui consiste, sur la
base d?une quantification des flux de ressources et notamment
des matières, de l?énergie et de l?eau, à optimiser les flux de
ces ressources utilisées et produites à l?échelle d?un territoire
pertinent, dans le cadre d?actions de coopération, de mutuali-
sation et de substitution de ces flux de ressources, limitant ainsi
les impacts environnementaux et améliorant la compétitivité
économique et l?attractivité des territoires ».
en 2016, environ 70 démarches ont été référencées par
OrÉe. une actualisation du recensement est en cours et laisse
présager une centaine de démarches sur le territoire. Cette
dynamique a été largement soutenue par la multiplication des
appels à projets et appels à manifestations d?intérêts sur les
champs de l?économie circulaire et de l?écologie industrielle
et territoriale par les institutions publiques (régions et directions
régionales de l?ademe).
(62) Se référer à l?introduction du présent document
(63) http://bit.ly/2PWiSSv
(64) Loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique
pour la croissance verte, voir supra
Schéma : Recueil cartographique des démarches d?EIT en France
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
88
lE bassIn DE POMPEy FaIt sOn EIt
Communauté de communes du bassin de Pompey
Jérôme REYMOND, Responsable du pôle économie, attractivité et emploi
sur un territoire marqué par une forte reconversion industrielle, le Bassin de pompey, situé au Nord de la métropole de Nancy,
poursuit une politique de développement économique s?inscrivant dans une démarche d?excellence territoriale. Cela a permis
notamment le développement du parc d?activités eiffel Énergie, l?implantation de plus de 240 entreprises et l?emploi de près de
5 500 personnes. le Bassin de pompey, en lien étroit avec l?association des chefs d?entreprises Val de lorraine entreprendre (60
adhérents) et sa commission Hygiène sécurité environnement, a souhaité impulser une démarche d?écologie industrielle et territoriale.
Cette démarche regroupe 27 actions de synergies à engager en 2018 et 2019. la collectivité, avec les entreprises du territoire,
s?engage autour de la mutualisation d?équipements (pont à bascule, salle de réunion, espace de stockage, etc.), la recherche de
la valorisation de matières (plastiques, bio déchets alimentaires, palettes bois, etc.), la mutualisation d?énergie (optimisation chaleur
fatale, unité de méthanisation, groupement d?achat d?énergie, etc.), la mutualisation de compétences (groupement d?employeurs,
audit qualité sécurité croisé en entreprise, etc.) et la recherche de solutions innovantes notamment autour du déplacement des salariés.
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MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
guide « renforcer la compétitivité et l?attractivité de votre
territoire grâce à une démarche d?écologie industrielle et
territoriale »
guide « Écologie industrielle et territoriale : le guide
pour agir dans les territoires »
programme national de synergies Interentreprises
Étude « pérennité des démarches d?écologie industrielle
et territoriale en France »
plateforme du réseau national des acteurs de l?eIt :
sYNapse
Fiches descriptives d?outils en eIt
plateforme d?évaluation des performances des
démarches d?écologie industrielle et territoriale : elIpse
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
Cgdd
ademe, INeC, utt
auxilia,
mydiane,
pôle des Éco-Industries
ademe
ademe
OrÉe
sources
http://bit.ly/2P0gZ7D
http://bit.ly/2qnfGRG
http://bit.ly/2qlhWIZ
http://bit.ly/2qjcztS
http://bit.ly/2AEWdBM
http://bit.ly/2Ofhh5n
http://bit.ly/2Qf0MZ6
annéE
2014
2014
2017
2018
2018
2018
2016
Plaidoyer
Outils
Méthodo-
logies
Boîte à outils pour agir
évaluation
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
89
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
« le recueil des démarches d?écologie industrielle et
territoriale ». le recueil est utilisé comme indicateur
de la stratégie nationale de transition écologique
vers un développement durable (sNtedd) et de suivi
des objectifs de développement durable (Odd) pour
la France sélectionné par le Conseil National de
l?Information statistique (CNIs)
les appels à projets économie circulaire des directions
régionales de l?ademe
le dispositif « tpe & pme gagnantes sur tous les coûts »
PORtEUR / aCtEUR
OrÉe
ademe
ademe
sources
http://bit.ly/2Q9LAfB
http://bit.ly/2Rp9rbm
http://bit.ly/2CTx7Az
annéE
2016
2012
2016
Boîte à outils pour agir
Retours
d?expérience
MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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appels
à projets
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MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°46 reNFOrCer les sYNergIes eNtre eN-
treprIses (ÉCOlOgIe INdustrIelle et terrItOrIale ? eIt)
? Promouvoir l?écologie industrielle et territoriale dans les
schémas régionaux (prpgd et srdeII) pour les Régions qui
le souhaitent ;
? amplifier la mise en en place de « bourses aux ressources »
(matériaux, équipements, services, consommables) dématé-
rialisées et accessibles à tous ;
? mettre en place un point d?accès national aux données de
l?économie circulaire.
lEs MEsUREs DE la FREC nOn DéDIéEs à l?EIt
MaIs POUvant COntRIbUER à sOn DéPlOIE-
MEnt65:
Mesure n°1 : « Incorporer davantage de matières pre-
mières issues du recyclage dans les produits », pour permettre
le développement de synergies industrielles matières (voir
fiche 7 « incorporation des mpr ») » ;
Mesure n°3 : « accompagner d?ici 2020, via le disposi-
tif de l?ademe « tpe & pme gagnantes sur tous les coûts »,
2 000 entreprises volontaires, afin d?étendre le dispositif à des
diagnostics ressources pour préfigurer de futures synergies » ;
Mesure n°24 : « Valoriser tous les biodéchets de qualité
et permettre au secteur agricole d?être moteur de l?économie
circulaire », pour inscrire le secteur agricole au coeur des
démarches d?eIt, notamment en milieu rural (voir fiche 4
« Biodéchets ») » ;
Mesure n°37 : « Faciliter la sortie du statut de déchet,
pour faciliter certaines synergies » ;
Mesure n°41 : « mener un effort de communication inédit
pour mobiliser les citoyens et les entreprises car la mobilisa-
tion des entreprises, qui reste l?un des principaux freins au
développement de l?eIt ».
(65) Newsletter n°1 du réseau SYNAPSE, SYNAPSE, 2018
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InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par les entreprises et les collectivités
mise en place d?un plan régional de prévention et de ges-
tion des déchets (prpgd) et d?un schéma régional de dé-
veloppement Économique d?Innovation et d?Internationa-
lisation (srdeII) mentionnant l?eIt (pour les collectivités) ;
référencement de la démarche dans l?outil elIpse dont
voici quelques indicateurs :
? Existe-t-il une structure locale pérenne qui pilote la dé-
marche (déjà existante ou créée spécifiquement pour) ?
(indicateur qualitatif de moyens pour évaluer la métho-
dologie) ;
? Quels services ont été mutualisés pour les entreprises et
autres activités locales ? (indicateur qualitatif de résultat
pour évaluer les effets sur le territoire) ;
? Donnez un ordre de grandeur du nombre d?emplois
(etp) créés ou maintenus grâce à l?installation d?entre-
prises ou la création d?activités grâce à la démarche
(indicateur quantitatif de résultat pour évaluer les effets
sur le territoire).
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État
Création d?une base de données nationale en économie
circulaire. dans les mesures de la FreC, il s?agit bien d?un
« point d?accès national aux données de l?économie cir-
culaire », c?est-à -dire d?un portail qui rassemble des bases
de données existantes ou futures en matière d?économie
circulaire ;
Nombre de démarches d?écologie industrielle en France ;
Nombre de plans régionaux de prévention et de ges-
tion des déchets (prpgd) et de schémas régionaux de
développement Économique d?Innovation et d?Internatio-
nalisation (srdeII) mentionnant l?eIt ;
Nombre de plateformes de « Bourses aux ressources exis-
tantes » ;
Nombre de démarches évaluées sur elIpse.
POUR allER PlUs lOIn
animer le réseau national de l?écologie
industrielle et territoriale
Afin de favoriser le partage de bonnes pratiques et de re-
tours d?expérience entre les membres de la communauté et
de déployer l?EIT en France.
Le réseau national des acteurs de l?EIT, nommé SYNAPSE,
a été lancé en novembre 2017 à l?initiative de l?ADEME, en
partenariat avec le CGDD et la DGE. Il s?appuie sur des ani-
mateurs nationaux qui le font vivre au quotidien ainsi que sur
une plateforme dédiée à l?EIT. Des travaux de réflexion sont
en cours sur la pérennité d?une démarche EIT, la massifica-
tion des données de flux et le développement économique.
Promouvoir l?intégration des principes d?EIt
en amont de la conception des zones d?activités
économiques, via la mise à disposition d?outils
Les retours d?expérience en France ont montré que les
zones d?activités sont des lieux propices au développe-
ment des démarches d?écologie industrielle. Dans une ap-
proche méthodologique courante de déploiement de l?EIT,
les entreprises ayant une activité sur la zone, et les entre-
prises environnantes, peuvent faire l?objet d?un diagnostic
afin d?identifier entre elles de potentielles synergies. Dans
ce cas de figure, l?EIT se déploie à partir de « l?existant »,
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
mais qu?en est-il des futures entreprises qui souhaitent s?ins-
taller sur des parcelles inoccupées, ou bien des zones d?ac-
tivités qui sont en phase de conception ?
En suivant une approche du cycle de vie, il est possible d?in-
tégrer les principes de l?EIT dès la conception mais également
tout au long de l?aménagement d?une zone d?activité (voir
fiche 6 « Éco-conception »). L?objectif est de penser à l?im-
plantation d?un porteur de projet, en intégrant des critères
basés par exemple sur son bilan de flux entrants et sortants,
ou encore sur les synergies potentielles avec les entreprises
géographiquement proches.
Certains territoires se sont lancés dans cette démarche, en
faisant de l?EIT un moyen de garantir l?exemplarité de leurs
zones d?activités d?un point de vue environnemental. À
titre d?exemple figurent notamment le parc d?activités « Les
Portes du Tarn66» en Occitanie, ou l?espace industriel d?INS-
PIRA67en Auvergne-Rhône-Alpes. Ces derniers ont servi de
territoires d?expérimentation pour des programmes de re-
cherche ou de développement d?outils intégrant les principes
d?EIT dans leurs zones d?activités. Ces outils peuvent donc
constituer de véritables outils d?aide à la décision pour les
commercialisateurs de foncier qui souhaitent améliorer et
optimiser l?implantation d?entreprises.
l?aPPlICatIOn
DE l?éCOlOgIE aU
DévElOPPEMEnt DU sItE InsPIRa
InsPIRa, Espace Industriel Responsable
et Multimodal
Vincent DAÖN, Directeur
INspIra - espace industriel, responsable et multimodal est situé à 40 minutes
au sud de lyon. le site profite d?un environnement économique riche composé
d?industriels leaders sur leur marché.
l?organisation d?INspIra, intégré à l?écosystème industriel permet, dans l?ac-
compagnement à l?implantation d?activité, de proposer des solutions en termes
de synergies industrielles. Il est ainsi étudié, entre les activités existantes et les
futurs projets, l?optimisation de flux de matières et d?énergie, la valorisation de
co-produits et la mutualisation de services et d?équipements. Cette pratique de
l?écologie industrielle permet de faire converger gains économiques et per-
formances environnementales et ainsi d?offrir aux entreprises des avantages
concurrentiels.
dans ce cadre, INspIra a initié une démarche partenariale68 aujourd?hui por-
tée par eNgIe à l?échelle européenne : le projet Be CIrCle ! l?objectif est
de faciliter la transition des acteurs industriels et de leur écosystème vers une
économie circulaire à l?aide d?une plateforme web spécialement conçue. Be
CIrCle ! favorise donc l?émergence de synergies industrielles en se basant sur
les flux locaux et accompagne les entreprises dans leur intégration au territoire.
INspIra est site d?expérimentation de la démarche pour améliorer et optimiser
l?implantation des entreprises.
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(68) 1 Liste des partenaires :
Temps 1 : INSPIRA, ENGIE, Idea?s Laboratory, Trédi-Séché, CNR
Temps 2 : Climate-KIC, Arx IT, Ecole polytechnique, CNR, Provadis et
Infraserv Höchst (Plateforme industrielle allemande).
(66) Pour obtenir davantage d?informations, se référer au retour
d?expérience « Portes du Tarn », voir infra
(67) Pour obtenir davantage d?informations, se référer au retour
d?expérience « INSPIRA », voir ci-contre
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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MObIlIsER lEs aCtEURs Écologie industrielle et territoriale (eIt)
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les Portes du tarn
Antoine CHORRO, Directeur Général
Cyril ADOUE, Chef de Projet Recherche
le parc d?activités « les portes du tarn » (200 ha), à vocation industrielle, se situe
à une vingtaine de kilomètres de l?agglomération toulousaine. Il a été initié dans
les années 2000 par la communauté de Communes tarN-agOut et le Conseil
départemental du tarn. la conception, l?aménagement et la commercialisation
ont été confiés à la société publique locale d?aménagement (s.p.l.a) « les portes
du tarn ». l?économie circulaire a été intégrée à chacune des étapes du cycle de
vie du parc, dès sa phase de conception. l?objectif, pour la s.p.l.a.81 était de
limiter les consommations de ressources et d?énergie des activités implantées afin
de différencier l?offre de foncier de celles de la concurrence.
T É M O I G N A G E
Vue d?ensemble des Portes du Tarn ? juin
2018 ©Les Portes du Tarn
l?application de l?économie circulaire favorise l?acceptabilité auprès de la popula-
tion, des activités industrielles engagées dans cette démarche vertueuse. Ce projet
ambitieux et innovant a nécessité des travaux de recherche afin de développer
les outils méthodologiques et techniques nécessaires. une des caractéristiques
clés du parc est que l?écologie industrielle (création de synergies éco-industrielles
entre les entreprises : échanges de flux de matières ou d?énergie, mutualisations,
etc.) est au coeur de la commercialisation des parcelles. les synergies potentielles
liées à chaque implantation sont identifiées dès les premiers échanges avec les
investisseurs potentiels. les travaux de r&d menés ont été effectués dans le cadre
d?un partenariat entre la s.p.l.a.81 et toulouse INp-eNsIaCet, avec le soutien
de l?ademe. la boîte à outil développée a été présentée lors d?un colloque na-
tional dédié le 14 juin 2018. elle contient le progiciel eFFIe (efficiency through
Industrial ecology) qui permet d?intégrer des critères d?écologie industrielle à l?offre
de foncier d?activités. elle est à la disposition des aménageurs et consultable sur
le site http://www.portesdutarn.fr/.
lEs PORtEs DU taRn, l?IntégRatIOn DE l?éCOnOMIE CIRCUlaIRE Dans lE
CyClE DE vIE D?Un PaRC D?aCtIvItés
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
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POUR allER PlUs lOIn
évaluer et pérenniser l?EIt en France
Depuis une dizaine d?années, les démarches d?EIT se multiplient en France
grâce aux nombreux appels à projets lancés par les Régions et les direc-
tions régionales de l?ADEME. Il est important que ces démarches se lancent
dans un processus d?évaluation afin de déterminer les impacts environne-
mentaux, économiques et sociaux que ces démarches vont générer. L?ADE-
ME a missionné ORÉE pour réaliser une évaluation de la maturité de l?EIT
en France, notamment en incitant les porteurs de projets à s?évaluer sur le
référentiel ELIPSE. Le référentiel ELIPSE créé par ORÉE permet d?évaluer
les performances des démarches d?EIT. Il se présente sous la forme d?une
plateforme en ligne et a été développé dans un triple objectif :
? Fournir un cadre commun d?auto-évaluation pour les porteurs de projets ;
? Permettre aux structures soutenant les démarches d?EIT de réaliser un
suivi ;
? Faire remonter au niveau national les bonnes pratiques, les freins et les
leviers communs.
Il est composé de 61 indicateurs répartis selon trois grands principes qui
sont la coopération multi-acteurs, le bouclage des flux et la création de
richesses locales. La plateforme est accessible69 pour tous et entièrement
gratuite.
En parallèle, ORÉE portera également des réflexions sur les conditions de
pérennisation des démarches d?EIT en France. En effet, après l?impulsion
des Régions pour le lancement de nombreuses démarches, le questionne-
ment s?oriente de façon quasi-systématique sur la pérennisation de telles
démarches. Les financements publics alloués aux démarches ont tendance
à prendre fin à l?issue d?une période de trois ans, obligeant alors les por-
teurs de projets à faire évoluer le modèle économique. La pérennisation
doit être appréhendée au regard de trois piliers fondamentaux qui sont :
la gouvernance de la démarche, des réalisations concrètes et des résultats
obtenus. Le réseau SYNPASE mène également des réflexions sur le sujet au
travers de son nouveau groupe de travail « Pérennisation des démarches
et réflexions autour des modèles économiques » 70.
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
l?intégration de l?EIt dans les documents de planification
La Feuille de route recommande de faire la promotion de l?EIT en l?inté-
grant dans les Plans Régionaux de Prévention et de Gestion des Déchets
(PRPGD), ainsi que dans les Schémas Régionaux de Développement Éco-
nomique d?Innovation et d?Internationalisation (SRDEII).
Au vu de ses compétences en termes d?aménagement du territoire et en-
vironnement, la Région est l?acteur identifié pour élaborer la stratégie ré-
gionale de l?économie circulaire sur son territoire. Le PRGPD est un outil
de programmation globale visant à mettre en oeuvre les moyens pour
atteinte des objectifs nationaux en termes de réduction des déchets à la
source, d?amélioration des taux de tri pour le recyclage, et de valorisation
des déchets (voir fiche 7 « Incorporation des MPR » et fiche 3 «Consignes
de tri »). Dans le cadre de l?élaboration du PRGPD, les Régions sont dé-
sormais obligées d?y intégrer un « Plan régional d?action en faveur de
l?économie circulaire ».
L?EIT dans son déploiement opérationnel sur les territoires permet de ré-
pondre aux trois objectifs identifiés du PRGPD. Dans une note « Intégration
de l?EC dans les PRGPD71», l?ADEME propose des exemples de mesures
pouvant être intégrées dans le plan d?action en faveur de l?économie cir-
culaire.
Par ailleurs, en lien avec ses compétences de développement économique
et d?innovation, la Région est chargée d?élaborer le SRDEII. Ce schéma a
pour vocation de désigner les grandes orientations régionales en termes
d?aides aux entreprises, de soutien à l?internationalisation, à l?investisse-
ment immobilier et à l?innovation et comporte également un volet écono-
mie sociale et solidaire. Ce document peut aussi intégrer l?EIT car dans
son application sur les territoires, celle-ci est garante d?un développement
économique (bénéfices économiques pour les entreprises, création d?em-
plois, création de nouvelles activités etc.). De plus, le caractère prescriptif
du SRDEII en fait le document idéal pour faire la promotion de l?EIT auprès
des collectivités et autres acteurs locaux.
l?accès aux données en EIt
La mesure n°46 de la FREC met en évidence l?importance de faciliter
l?accès des données d?entreprises via un point d?accès national et d?am-
plifier le déploiement de plateformes d?échange afin de démultiplier les
potentialités de synergies inter-entreprises. La question des données en
EIT est cruciale car elles sont « la matière » nécessaire à faire émerger
ces synergies interentreprises. L?ADEME s?est emparée de cette question
en amorçant des réflexions sur les moyens de massifier ces données. Le
premier levier identifié est la création d?une nomenclature nationale des
flux, permettant la comptabilité des données et l?interfaçage entre outils.
De plus, la création d?une base de données nationale centralisatrice peut
s?avérer utile pour les porteurs de projets afin d?identifier des potentiels
de synergies. Le lancement du nouveau groupe de travail72 dans le cadre
du réseau national des acteurs de l?écologie industrielle et territoriale (SY-
NAPSE) aura vocation à travailler sur la construction de la nomenclature
et de la base de données.
(69) http://www.referentiel-elipse-eit.org/
(70) Le premier groupe de travail a eu lieu lors des rencontres francophones de l?EIT (RFEIT)
les 10 et 11 octobre 2018, Ã Troyes
(71) http://bit.ly/2Pxi8Eg
(72) Groupe de travail « Massification des données de flux : nomenclature et base de données »
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M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
DéFInItIOn
«la commande publique est un terme générique relatif Ã
l?ensemble des contrats passés par les acheteurs publics pour
satisfaire leurs besoins73». les contrats de la commande pu-
blique s?illustrent sous différentes formes telles que les marchés
publics, les contrats de concession, les délégations de service
public, les contrats de partenariat public/privé, les partenariats
d?innovation, etc.l?ensemble de ces contrats doit respecter
trois principes: la liberté d?accès à la commande publique,
l?égalité de traitement des candidats et la transparence des
procédures. en 2014, la commande publique a fait l?objet
d?une réforme d?envergure au niveau européen afin de rendre
ces contrats plus responsables et, dès lors, les marchés publics
relèvent de l?ordonnance du 23 juillet 201574 et les contrats
de concession de l?ordonnance du 29 janvier 201675.
COntEXtE Et EnjEUX
la commande publique est un levier indispensable de la tran-
sition vers une économie plus circulaire. elle représente, à elle
seule, plus de 10 % du pIB français, soit 200 milliards d?eu-
ros76. au-delà de cette manne financière directe, qui pourrait
déjà permettre de valoriser les entreprises plus «vertueuses»,
l?effet d?entraînement de la commande publique est considé-
rable. au niveau européen, on parle même de «strategic
public procurement», en référence à sa capacité à dévelop-
per de nouveaux marchés et favoriser l?innovation verte. en
ce sens, l?ue encourage fortement la conclusion de marchés
publics écologiques (mpe)77. en France, la loi du 17 août
2015 relative à la transition énergétique pour la croissance
verte78 pose le principe d?une commande publique durable
mise au service de la transition vers une économie circulaire:
les achats publics doivent participer à la réalisation des ob-
jectifs de développement durable, d?approvisionnement et de
consommation responsables grâce notamment à la mise en
place d?outils sur le coût du cycle de vie des produits79. la
volonté de mobiliser la commande publique au service de la
transition écologique s?illustre par l?obligation pour les collecti-
vités dépassant 100 millions d?euros Ht d?achats publics par
an, d?adopter un schéma de promotion des achats publics so-
cialement et Écologiquement responsables (spaser)80 devant
contribuer «à la promotion d?une économie circulaire81». de
plus, afin d?encourager les acheteurs publics vers la voie des
achats publics durables, l?adoption du plan National d?action
pour les achats publics durables (pNaapd)82 a fixé pour la
période 2014-2020, un objectif de 30 % des marchés pu-
blics intégrant des dispositions environnementales et 25 % de
dispositions sociales.
MObIlIsER lEs aCtEURs
Commande publique
(73) Commande publique respon-
sable : un levier insuffisamment
exploité, CESE, 2018
(74) Ordonnance n° 2015-899 du
23 juillet 2015 relative aux marchés
publics
(75) Ordonnance n° 2016-65 du 29
janvier 2016 relative aux contrats de
concession
(76) Commande publique respon-
sable : un levier insuffisamment
exploité, CESE, 2018
(77) Les marchés publics écologiques
sont des marchés publics permettant
d?acquérir des biens et des services
respectueux de l?environnement, dans
lesquels des critères sont élaborés
au niveau de l?UE et utilisés ensuite
par les pouvoirs publics sur une base
volontaire
(78) Loi n° 2015-992 du 17 août
2015 relative à la Transition énergé-
tique pour la croissance verte (LTECV)
(79) Tel que prévu par la mesure 44
de la Feuille de route sur l?économie
circulaire (voir infra)
(80) Obligation prévue par l?article
13 de la loi n° 2014-856 du 31 juil-
let 2014 relative à l?économie sociale
et solidaire, modifié par l?article 76
de la LTECV
(81) http://bit.ly/2Q0x10U
(82) http://bit.ly/2OsSACy
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Concrètement, la commande publique propose différents
moyens d?actionpour intégrer l?économie circulaire :
Le sourçage, effectué en amont de la phase de mise en
concurrence, il est considéré comme un outil essentiel à la
bonne compréhension du marché public et des contraintes
existantes. Celui-ci permet, par la réalisation d?études de
marché ou d?échanges préalables avec les acteurs écono-
miques, de mieux appréhender l?offre disponible et donc
mieux définir les besoins;
L?évaluation précise des besoins, s?effectue en amont de la
passation. elle est la garantie d?une bonne compréhension
et exécution du marché, de son objet et de ses caractéris-
tiques83. Cette interrogation permet de réaliser un diagnostic
affiné et transversal du besoin et de projeter son évolution
dans le temps: quelles sont les attentes des usagers au-
jourd?hui et à terme? Faut-il acheter un produit ou bénéficier
d?un service (voir fiche 2 «Économie de la fonctionnalité»)?
le niveau de consommation actuelest-il adapté ? Cette ré-
flexion permet à la fois d?optimiser la demande, en tendant
vers une réduction et en recherchant des mutualisations;
L?objet du marchéest une question importante car il borne
les champs des possibles en matière d?exigences environne-
mentales. la commande publique circulaire peut alors utiliser
plusieurs outils: les critères de sélection bonifiant la perfor-
mance environnementale, les spécifications techniques, les
conditions d?exécution, les variantes environnementales, les
partenariats d?innovation, les marchés publics innovants, etc.
qui doivent être en lien avec l?objet du marché. le marché
peut donc spécifier un objectif environnemental dans son
objet, pour intégrer des exigences «proportionnées» par
la suite. par exemple, si l?objet du marché est de comman-
der du mobilier réemployé, il est possible d?exclure dans
les spécifications techniques la fourniture de mobilier neuf,
sans que cela ne constitue une restriction disproportionnée
à la concurrence;
Les spécifications techniquesdéterminent les «caractéris-
tiques requises des travaux, des services ou des fournitures
qui font l?objet du marché»84. au travers de ces spécifica-
tions techniques données, l?acheteur public a la possibilité
d?introduire des dispositions relatives à l?économie circulaire.
Ces spécifications sont les prescriptions techniques qui dé-
crivent les caractéristiques d?un produit, ouvrage ou service,
mais aussi un processus ou une méthode spécifique de pro-
duction ou d?une caractéristique propre à un autre stade du
cycle de vie. elles ont pour obligation d?être liées à l?objet
du marché mais aussi proportionnées à sa valeur et à ses
objectifs et reposer sur des normes, labels ou tout document
équivalent accessibles aux candidats;
Le choix du mieux disantpermet de sortir d?une logique de
critère de «prix» unique. ainsi, l?offre économiquement la
plus avantageuse repose sur différents critères: prix intégrant
le coût global, la qualité, le respect de critères sociaux et/
ou environnementaux, délais de réalisation, les profils, l?ex-
périence, etc.;
Les clauses de performances impactent la rémunération des
prestataires. les acheteurs publics ont la possibilité d?inciter
le prestataire à améliorer son processus de tri et accroître la
valorisation des déchets, par exemple;
Le principe d?allotissement est une opportunité pour favoriser
l?accès des petites et des moyennes entreprises aux contrats
de la commande publique;
Les partenariats d?innovations85est un nouveau type de mar-
ché public qui a pour objet la recherche et le développement
et l?acquisition de fournitures, services ou travaux innovants
qui en sont le résultat.
les leviers juridiques à activer pour tendre vers une commande
publique circulaire existent mais, pour autant, ces leviers sont
insuffisamment utilisés. On estime qu?en 2016, seuls 13,4 %
des marchés publics français supérieurs à 90 000 ¤ Ht com-
portaient une clause environnementale et 6,8 %, une clause
sociale. pour libérer le potentiel de la commande publique
circulaire, il s?agit donc de lever les freins organisationnels,
politiques ou techniques restants.
(83) Article 30 de l?ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
relative aux marchés publics
(84) Article 31 de l?ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015
relative aux marchés publics
(85) Article 93 et suivants du décret n° 2016-360 du 25 mars 2016
relatif aux marchés publics
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MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
MEsURE PhaRE DE la FREC COnCERnéE
Mesure n°44:
«Faire de la COmmaNde puBlIQue et du dIspO-
sItIF « admINIstratION eXemplaIre » un levier pour
déployer l?économie circulaire :
? Inciter les administrations à donner les biens en bon
état dont elles n?ont plus l?usage (biens amortis tels que
livres, mobiliers, matériels électriques et électroniques,
équipements divers), au profit de structures relevant de
l?économie sociale et solidaire : créer une interface
web de dons en lien avec le site www.ventesdoma-
niales.fr, publier un guide d?aide à la pratique du don
par les administrations et favoriser la contractualisa-
tion des administrations avec des structures relevant de
l?économie sociale et solidaire ;
? Fixer comme objectif qu?au moins 50 % des distributeurs
automatiques de boissons déployés dans les services
de l?État et chez ses opérateurs différencient au niveau
des prix, l?achat avec ou sans gobelet d?ici 2021 ;
? Fixer à l?État, à ses opérateurs et aux collectivités l?ob-
jectif d?utiliser au moins 50 % de papier recyclé Ã
compter du 1er janvier 2022, en parallèle de la pour-
suite de la réduction de la consommation de papier ;
? s?engager, sur la base d?une étude à achever d?ici
2019, dans l?utilisation de pneumatiques rechapés ou
rechapables pour les flottes des véhicules lourds des ser-
vices de l?État, de leurs opérateurs et des collectivités ;
? s?engager, sur la base d?une étude à achever d?ici fin
2018, dans l?utilisation de téléphones issus du réem-
ploi par les services de l?État ;
? Intégrer l?économie circulaire dans les stratégies de com-
mande publique (charte d?achat public durable, abaissement
du seuil à partir duquel devient obligatoire le schéma de
promotion des achats publics socialement et écologiquement
responsables (spaser), statistiques issues de l?observatoire
économique de la commande publique, etc.) ;
? mettre à disposition des acheteurs, d?ici 2022, des outils sur
le coût du cycle de vie pour les grands types d?achat repo-
sant sur des méthodes intégrant les coûts directs, notamment
l?acquisition, le transport, l?utilisation, la maintenance, la fin
de vie d?un produit ou service sans oublier les coûts imputés
aux externalités environnementales, par exemple en termes
de gaz à effet de serre ;
? développer de nouveaux instruments et méthodes innovants:
plateformes numériques de sourçage, notamment pour les
produits biosourcés durables, repérage de clauses et critères
exemplaires, mise en place de procédures organisationnelles
et budgétaires incitant les responsables publics des budgets
à prendre en compte les coûts de fonctionnement et de fin
de vie des achats publics, acceptation systématique des va-
riantes environnementales dans les offres, etc. ;
? Consolider les réseaux régionaux d?acheteurs, notamment
par le renforcement du pilotage au niveau de l?État par les
plateformes régionales des achats de l?État (pFra) créées
en 2016 ;
? proposer d?ici 2019 via l?ugap (union des groupements
d?achat public) une offre relevant de l?économie circulaire
(achat de produits d?occasion, de services relevant de l?éco-
nomie de la fonctionnalité, etc.) ;
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E
n
°1
0
? développer dans le cadre du dispositif interministériel
« Administration exemplaire » un suivi spécifique sur les
déchets produits dans les services de l?État et les restaurants
collectifs qui en dépendent ; prendre en compte une dimen-
sion « économie circulaire » dans ce dispositif et y installer un
nouvel instrument incitatif permettant de mobiliser les services
et d?encourager les bonnes pratiques».
MInIstèRE DE
la tRansItIOn éCOlOgIqUE
Et sOlIDaIRE (MtEs)
Commissariat général au
développement durable
la Feuille de route vise à généraliser l?intégration des
concepts de l?économie circulaire dans les stratégies de
commande publique durable.
parmi, les premières mesures de mise en oeuvre, un guide
sur la pratique du don par les administrations publiques ainsi
que la charte de l?achat public durable seront présentés fin
2018. la centrale d?achat ugap poursuit le développement
de son offre relevant de l?économie circulaire. enfin, des tra-
vaux d?élaboration de deux méthodes de calcul du coût du
cycle de vie sont actuellement en cours (mobilier de bureau
et prestations de nettoyage).
avis d?expert
avis d?expert
DEsCRIPtIF DE l?OUtIl
État des lieux «Commande publique responsable :
un levier insuffisamment exploité»
Brochure «des marchés publics pour une économie
circulaire - Bonnes pratiques et orientations»
Focus «Vers une commande publique circulaire»
Cahier technique «l?économie circulaire et la commande
publique»
plans ministériels d?administration exemplaire et bilans
annuels par ministère
plan National d?action pour les achats publics durables
(pNaapd)
schéma de promotion des achats publics socialement et
écologiquement responsables
Fiche technique «la définition du besoin»
Notice introductive «prise en compte du cycle de vie dans
une consultation»
Inter-réseaux de la commande publique durable et réseaux
régionaux d?acheteurs publics
plateforme informatique du réseau des acheteurs publics
intégrant le développement durable
PORtEUR / aCtEUR
Cese
Commission européenne
Institut de l?économie circulaire
areNe
ÃŽle-de-France
ministère de la transition
écologique
et solidaire
direction des affaires
Juridiques
direction des affaires
Juridiques
gem-dd
ministère de la transition
écologique et solidaire
sources
http://bit.ly/2D31Hb7
http://bit.ly/2PbSSDg
http://bit.ly/2DmnGe8
http://bit.ly/2JDl3Vq
http://bit.ly/2QpUNkg
http://bit.ly/2OsSACy
http://bit.ly/2yNngti
http://bit.ly/2PAT4eH
http://bit.ly/2Or7V6A
http://bit.ly/2PbTb0S
http://bit.ly/2OohHXb
annéE
2018
2017
2017
2017
2015
2020
2016
2017
2016
Enjeux
globaux
sur les plans
et schémas
sur la définition
du besoin
sur le coût du cycle de
vie et le coût global
sur les réseaux
d?acheteurs publics
Boîte à outils pour agir
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
99
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
100
MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
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InDICatEURs
Les indicateurs de suivi et de performance pouvant être
suivis par l?État et les acteurs publics
seuil à partir duquel devient obligatoire le schéma de
promotion des achats publics socialement et Écologique-
ment responsables (spaser);
Élaboration d?une offre économie circulaire par l?ugap;
mise en place d?un tableau de bord pour le suivi spéci-
fique sur les déchets produits dans les services de l?État et
les restaurants collectifs qui en dépendent;
publication d?un guide d?aide à la pratique du don par
les administrations;
Inscription des objectifs dans le dispositif administration
exemplairede :
? 50 % de distributeurs automatiques de boissons différen-
ciant au niveau des prix, l?achat avec ou sans gobelet
d?ici 2021;
? 50 % de papier recyclé à compter du 1er janvier 2022.
réalisation d?études surles possibilités:
? d?utilisation de pneumatiques rechapés ou rechapables
pour les flottes des véhicules lourds des services de l?État,
de leurs opérateurs et des collectivités;
? d?utilisation de téléphones issus du réemploi par les ser-
vices de l?État;
Nombre de titulaires d?écolabels français NF environne-
ment et européen (ee)86;
part de marchés publics supérieurs à 90000¤ intégrant
des clauses environnementales. (86) Indicateur déjà suivi: «10 indicateurs clés pour le suivi
de l?économie circulaire, Commissariat général au dévelop-
pement durable, 2017»
(87) https://www.ademe.fr/actualites/appels-a-projets
(88) Source : ISO20400, Norme Achats responsables,
AFNOR, 2017
POUR allER PlUs lOIn
activer la gouvernance comme levier pour
favoriser la transversalité dans l?organisation
interne
En effet, la difficulté à mettre en oeuvre une commande pu-
blique circulaire réside avant tout dans la caractéristique
résolument transversale de la fonction achat.
Rédiger une stratégie de commande publique circulaire,
s?appuyant sur un Schéma de Promotion des Achats Pu-
blics Socialement et Écologiquement Responsables (SPA-
SER), ou a minima, en définissant une charte et des pro-
cess de fonctionnement;
Anticiper les marchés à venir, grâce à un état des lieux
des marchés passés et un diagnostic des marchés futurs
afin de dimensionner, mutualiser et prioriser les besoins;
S?appuyer sur un portage politique fort.
Former et accompagner les acheteurs
La France compte 130000 acheteurs publics, c?est plus de la
moitié du nombre d?acheteurs de toute l?Europe. Plus qu?ail-
leurs, l?accompagnement des acheteurs est fondamental;
ceux-ci s?estimant trop souvent démunis pour porter la tran-
sition écologique. En cause, un manque de connaissance sur
la manière de définir, évaluer et vérifier les critères environ-
nementaux, la difficulté de penser le coût sur l?ensemble du
cycle de vie, la perception d?un surplus monétaire et surtout
un manque de temps.
Une reconnaissance du rôle des acheteurs est incontour-
nable, ainsi qu?un accompagnement technique via la forma-
tion initiale et continue. En parallèle, les méthodes et outils
permettant d?objectiver le coût global en fonction de typo-
logie de produit doivent se développer, à l?instar de la Di-
rective 2009/33/CE qui définit le coût de cycle de vie des
véhicules. Enfin, les échanges, bonnes pratiques et retours
d?expérience doivent encore être partagés et diffusés. Sur ces
deux derniers éléments, la Commission européenne propose
des guides, outils et fiches bonnes pratiques87.
Instaurer un dialogue public-privé sur les
territoires
Un dialogue public-privé doit s?instaurer afin que les com-
mandes s?accordent aux potentialités du territoire. L?ache-
teur doit être en capacité de mener un sourcing continu
afin d?adapter et dimensionner ses marchés au regard
des capacités des fournisseurs. L?acheteur doit également
s?assurer que la réponse attendue n?entraîne pas d?efforts
disproportionnés pour les fournisseurs. Le dialogue et les
échanges préalables avec les acteurs économiques du ter-
ritoire doivent ainsi être favorisés, dans une logique d?éco-
système et de chaîne de valeur, et ce, vers un développement
durable des territoires. À ce titre, le Green Deal Circular Pro-
curement, lancé par Kirkman Company, MVO Nederland,
NEVI, PIANOo et Circle Economy est exemplaire. L?initiative
soutient les organisations souhaitant engager des actions
d?achats circulaires et partagent les bonnes pratiques, pour
favoriser une dynamique d?engagement volontaire et posi-
tive, à hauteur des capacités des acteurs.
Vision globale de l?approche du
« coût du cycle de vie »
Ensemble des coûts et impacts
du cycle de vie
Coûts du cycle de vie
Coût total
de possession
(TCO)
Prix
Organisation Société
Externalités non
monétisables
Coût des externalités
environnementales
/sociales
Coûts/bénéfices
des risques/opportunités
Coûts d?acquisition,
d?utilisation et de fin de vie
Prix d?achat
+
+
+
+
+
suites effectivement prévues par le gouvernement
autres pistes de réflexion pour aller plus loin
légende des icônes de la partie « aller plus loin »
Schéma :
Vision globale de l?approche
du « coût du cycle de vie »88
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
101
aU sERvICE D?UnE éCOnOMIE DURablE,
PROtECtRICE DEs REssOURCEs Et
REsPECtUEUsE DE l?EnvIROnnEMEnt
ville de Paris, Direction des Finances
et des achats, sous-direction des achats
Meriem BELKHODJA, Adjointe à la cheffe de bureau
Supports et Techniques d?Achat
États généraux puis livre blanc de l?économie circulaire en 2015, schéma parisien de la Com-
mande publique responsable adopté à l?unanimité par le Conseil de paris en février 2016 faisant
de l?économie circulaire sa pierre angulaire, plan Économie circulaire et sa 1ère Feuille de route,
adoptés en juillet 2017, l?engagement de la Ville de paris en matière d?économie circulaire se veut
opérationnel et concret au service d?une économie durable, protectrice des ressources et respec-
tueuse de l?environnement. au service de cette ambition, la commande publique parisienne, qui
représente selon les années entre 1,2 et 1,6 milliards d?euros d?achats, constitue un puissant levier.
la direction des Finances et des achats de la Ville s?est donc engagée de longue date dans la
prise en compte de l?économie circulaire; intégrant systématiquement l?étude de ce volet lors
de l?élaboration de ses stratégies d?achat (duchallenge du besoin en passant par des clauses
d?exécution ou des critères de jugement des offres). elle porte par ailleurs de façon plus formelle
l?action 13 du plan Économie circulaire, destinée à augmenter la part de produits éco-conçus dans
les achats publics et développer une logique d?économie de la fonctionnalité dans nos marchés.
plusieurs actions concrètes ont d?ores et déjà été engagées par la Ville (direction du logement et de
l?Habitat, avec une chargée de mission dédiée à l?économie circulaire, directions des Constructions
publiques et de l?architecture, direction de l?Immobilier, de la logistique et des transports, etc.) :
réemploi des matériaux in situ ou hors site, création d?une plateforme d?échanges de matériaux
entre chantiers ou mobiliers, éco-conception et aménagement en économie circulaire, signature de
la charte dÉmOClÈs visant à développer le recyclage des matériaux de gros et second oeuvre
en rappelant à chacun des acteurs (mOa, mOe, sps) leurs responsabilités, leviers et outils, mise
en place de groupes de travail dédiés.
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Une illustration
La Maison des Canaux, un
chantier exemplaire de réha-
bilitation et de mise en oeuvre
des principes d?économie cir-
culaire conduit par la Ville de
Paris.
Objectif: tendre vers une ges-
tion « zéro déchets » des bâti-
ments, avec un réemploi autant
que possible des matériaux et
mobiliers sur site et le traite-
ment des déchets dans des fi-
lières de revalorisation.
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
102
PROgRaMME-aCtIOn
«aChats Et éCOnOMIE CIRCUlaIRE»
Métropole du grand Paris, Institut national
de l?économie Circulaire et Observatoire
des achats Responsables
Hortense MOURIER, Chef de projet Économie Circulaire,
Direction Développement économique et attractivité,
Métropole du Grand Paris
afin d?accompagner les acheteurs et prescripteurs vers da-
vantage d?économie circulaire, la métropole du grand paris
(mgp), l?Institut National de l?Économie Circulaire (INeC) et
l?Observatoire des achats responsables (OBsar) ont décidé
de créer et co-piloter un programme-action intitulé «achats et
économie circulaire».
Inspiré des « green deal » lancés aux pays-Bas depuis 2011,
ce programme opérationnel vise à l?intégration de clauses ou
critères d?économie circulaire dans des achats publics et privés
d?acteurs volontaires. Il répond à plusieurs objectifs :
1. Créer et partager des connaissances en valorisant les dé-
marches exemplaires;
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MObIlIsER lEs aCtEURs Commande publique
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2. avoir des impacts réels sur l?utilisation des ressources, la
création d?emplois, etc.;
3. sensibiliser et convaincre des avantages économiques,
sociaux et environnementaux de l?intégration de l?économie
circulaire dans les achats.
une trentaine de structures prendra part à l?expérimentation du
programme sur une année (jusqu?en décembre 2019). dans
ce cadre, les organisateurs (mgp, INeC, OBsar) mobilise-
ront des acteurs experts sur les questions de marchés publics
durables, capables d?orienter et d?accompagner les partici-
pants afin d?intégrer l?économie circulaire dans leurs stratégies
d?achats (présentation d?offres de biens et services circulaires
et innovants, réponses aux questions techniques, etc.).
103
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
CONClusION
étapes à venir
la loi de finance 2019 (automne 2018) qui apportera de nouvelles mesures fiscales.
la loi de mise en oeuvre de la FREC, qui devrait être présentée à l?assemblée nationale en avril 2019, comportant :
la transposition des directives «déchet», en lien avec le paquet économie circulaire;
l?extension du champ des filières rep existantes, l?évolution de leur gouvernance et le déploiement des nouvelles filières prévues par la
Feuille de route (notamment la gratuité de la reprise des déchets du bâtiment) ;
les mesures relatives au plastiques ;
les mesures relatives à la mise sur le marché des produits :
? l?obligation de mise à disposition de pièces de rechange issues de l?économie circulaire;
? l?information sur la disponibilité ou non des pièces pour les équipements électriques et électroniques et pour les éléments
d?ameublement;
? l?information sur la réparabilité;
l?interdiction de destruction des invendus textile;
la simplification des contraintes pour les autorités chargées de la police des déchets;
la lutte contre le trafic de véhicule hors d?usage.
Un décret à l?issue de l?adoption de la loi FREC portant sur :
le renforcement des sanctions financières en cas de non atteinte des objectifs réglementaires de manière à ce qu?elles soient efficaces
et incitatives;
l?extension du champ de la filière rep « emballages » aux emballages professionnels (2021);
le déploiement de nouvelles filières rep dans les secteurs des jouets, des articles de sport et de loisirs, et des articles de bricolage et
de jardin (2020);
la généralisation de la mise en place de critères d?éco-modulation à toutes les filières rep et faire de l?éco-modulation un outil
réellement incitatif grâce à des bonus-malus pouvant excéder 10 % du prix de vente Ht des produits (2020);
l?extension de la filière des véhicules hors d?usage aux voiturettes et motos (2020);
l?obligation de fournir le certificat de destruction par un centre VHu pour résilier son assurance auto (2020).
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
104
GT pour approfondir les travaux :
dès le mois de mai 2018 et
jusqu'à la fin d'année 2018
Engagements volontaires :
dès le mois de juin 2018
Appropriation au sein des territoires :
d?ici la fin de l?année 2018
Mesures d?ordre législatif (la loi « FREC »,
à travers la loi de transposition
de la nouvelle directive cadre déchet) :
1er semestre 2019
Mesures d?ordre réglementaire :
poursuite à l?issue de l?adoption
de la loi « FREC »
l?état a annoncé les
prochaines étapes. C?est
au niveau des territoires
et des entreprises que les
changements ont commencé
à s?opérer et doivent
continuer à s?opérer.
En espérant que les éléments
mis en avant dans ce guide
puissent les aider dans leur
mise en oeuvre!
CONClusION
105
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
Cgdd p.3 ; ds avocats et OrÉe p.4 ; HOp p.17 ;
philips p.21 ; ademe p.25 ; greenbig p.35 ;
syctom p.45 ; sympatex p.52 ; OrÉe p.55 ;
léa Nature p. 65 ; papreC p. 71 ; portes du tarn p.92 ;
Ville de paris p.101.
OPTIM?SERVICES ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL
IMPRESSION CENTRE ÉDITION SNCF
SUR DU PAPIER 100% RECYCLÉ
Crédits Photos
M O D E D ? E M P L O I P O U R M E T T R E E N OE U V R E L A F R E C
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nOtEs
F E U I L L E D E R O U T E É C O N O M I E C I R C U L A I R E
107
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INVALIDE)