Résumé exécutif de la stratégie 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Auteur moral
France.Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">"Réduire les emballages en plastique à usage unique : une combinaison de défis techniques et environnementaux<o:p></o:p></p>
;<p class="MsoNormal">De par ses qualités intrinsèques et ses potentiels d'innovations, le plastique est un matériau omniprésent dans notre quotidien. Il est utilisé pour un éventail très étendu d'applications (emballages, bâtiment, équipements électriques et électroniques, automobile, médecine, aéronautique, etc.).<o:p></o:p></p>
;<p class="MsoNormal">La consommation de plastique croît de façon exponentielle : depuis 2000, le monde a produit plus de plastique que durant les 50 années précédentes. Le phénomène s'accentue, et cette<o:p></o:p></p>
;<p class="MsoNormal">production pourrait encore doubler d'ici 2040. Liée à cette consommation, chaque année, on estime qu'entre 9 et 14 millions de tonnes de plastique sont déversées dans les océans du monde entier. Les produits et les emballages en plastique à usage unique font notamment partie des déchets les plus fréquemment retrouvés sur les plages de l'Union Européenne." (Intro)<o:p></o:p></p>
Descripteur Urbamet
déchet
;type de matériau
;recyclage
;traitement des déchets
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
2STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Table des matières
Réduire les emballages en plastique à usage unique : une combinaison de défis techniques et
environnementaux
3
Une prise de conscience relativement récente, se traduisant par une accélération des
dispositions réglementaires et de la mobilisation des entreprises
3
Une stratégie ! 3R " pour déterminer les mesures nécessaires pour atteindre les objectifs de
réduction, de réemploi et de recyclage
4
L?emballage en plastique en France
5
Les alternatives 3R : réduction, réemploi, recyclage
5
Un premier diagnostic et une projection des potentiels 3R : une nécessaire appropriation et
déclinaison par secteur
8
10 axes d?actions pour déployer les alternatives
9
Annexe 1 : potentiels 3R par secteur d?activités
11
Annexe 2 : Principaux jalons 2025 -2040 15
3STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Réduire les emballages en
plastique à usage unique : une
combinaison de défis techniques
et environnementaux
De par ses qualités intrinsèques et ses
potentiels d?innovations, le plastique est
un matériau omniprésent dans notre
quotidien. Il est utilisé pour un éventail
très étendu d?applications (emballages,
bâtiment, équipements électriques et
électroniques, automobile, médecine,
aéronautique, etc.).
La consommation de plastique croît de
façon exponentielle : depuis 2000, le
monde a produit plus de plastique que
durant les 50 années précédentes. Le
phénomène s?accentue, et cette
production pourrait encore doubler d?ici
2040. Liée à cette consommation, chaque
année, on estime qu?entre 9 et 14 millions
de tonnes de plastique sont déversées
dans les océans du monde entier. Les
produits et les emballages en plastique à
usage unique font notamment partie des
déchets les plus fréquemment retrouvés
sur les plages de l?Union Européenne.
La France consomme chaque année 4,8
millions de tonnes de plastiques (dont
près de 46 % pour les emballages).
L?usage répandu du plastique dans le
secteur des emballages s?explique par ses
propriétés techniques : léger, malléable,
résistant et compétitif financièrement, il
permet de répondre aux propriétés
barrière les plus complexes, en particulier
pour la protection des denrées
alimentaires. Le plastique est aujourd?hui
prépondérant dans l?emballage (71 % des
emballages ménagers contiennent du
plastique).
Cependant, ces emballages en plastique
sont en grande majorité à usage unique,
devenant de ce fait rapidement des
déchets.
Plusieurs facteurs expliquent l?attention
croissante des citoyens et des pouvoirs
publics sur le sujet : la faible durée de vie
des emballages plastiques à usage unique,
les pertes et les abandons dans la nature
de certains de ces emballages (bouteilles
plastiques, sacs plastiques, etc.) en
particulier avec la consommation
nomade, ainsi que leurs conséquences
néfastes sur la biodiversité, et les
potentiels risques sur la santé humaine.
Encore trop peu recyclé (environ 27 % en
France), l?emballage en plastique est en
quelques années passé de solution à
problème, particulièrement à l?échelle des
pays en développement où la gestion des
déchets est insuffisante.
Une prise de conscience
relativement récente, se
traduisant par une accélération
des dispositions réglementaires
et de la mobilisation des
entreprises
La législation et la réglementation qui en
découle ainsi que la dynamique des
entreprises pour développer une
économie circulaire pour les plastiques se
sont accélérées ces dernières années et
reflètent :
? une prise de conscience croissante
des problématiques du plastique,
? des volontés de faire couplées à
l?émergence de nouvelles
approches (réduction réemploi) et
solutions,
? la nécessité d?améliorer l?existant
en resituant l?emballage dans une
écoconception et un recyclage
effectif et systématique.
Bien que les enjeux environnementaux
associés aux déchets d?emballages en
plastique aient émergé dans les politiques
publiques dès les années 1970, celles-ci se
sont particulièrement renforcées depuis
quelques années, comme en témoigne la
sortie en 2019 de la Directive européenne
relative à la réduction de l?incidence de
certains produits en plastique sur
4STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
l?environnement (dite Directive SUP), et
en 2020 la promulgation de la loi relative
à la lutte contre le gaspillage et à
l?économie circulaire (dite loi AGEC). Dans
le cadre de la Responsabilité Élargie des
Producteurs (REP) en matière
d?emballages ménagers, la prise en
compte des emballages en plastiques s?est
fortement renforcée à partir de 2013 avec
l?extension des consignes de tri, la
recyclabilité des emballages et un passage
à l?échelle des filières de recyclage. Des
dispositifs de financement publics se sont
structurés depuis plusieurs années, et ont
été particulièrement renforcés dans le
cadre du plan France Relance, du 4ème plan
d?investissement d?avenir et du plan
! France 2030 ". Les initiatives privées se
multiplient également, sous l?impulsion
des Pactes nationaux, européens et
internationaux sur les emballages en
plastique.
Les acteurs (fabricants de matériaux et
d?emballages, metteurs en marché,
distributeurs, etc.) sont désormais
conscients des enjeux et certains sont
désireux d?agir pour un juste emballage
plastique, mais le passage à l?acte est
complexe.
Une stratégie % 3R ' pour
déterminer les mesures
nécessaires pour atteindre les
objectifs de réduction, de
réemploi et de recyclage
Dans ce contexte, la France s?est dotée
d?un objectif particulièrement ambitieux
et innovant ! d'atteindre la fin de la mise
sur le marché d'emballages en plastique à
usage unique d'ici à 2040. "
Cette perspective se décline en objectifs
quinquennaux de réduction, réemploi et
recyclage. Suite à un premier travail de
consultation approfondi des parties
prenantes (acteurs économiques, centres
techniques industriels, ONG, collectivités
locales), effectué par le Ministère de la
Transition Écologique en 2020, un premier
décret quinquennal (dit ! décret 3R ") a
introduit les objectifs suivants pour la
période 2021 -2025 :
? 20 % de réduction des emballages
en plastique à usage unique d'ici fin
2025, dont au minimum la moitié
obtenue par recours au réemploi et
à la réutilisation ;
? Tendre vers une réduction de 100 %
des emballages en plastique à
usage unique inutiles d?ici fin 2025 ;
? Tendre vers 100 % de recyclage des
emballages en plastique à usage
unique d'ici le 1er janvier 2025 et,
pour y parvenir, un objectif que
tous les emballages en plastique à
usage unique mis sur le marché
disposent d?ici le 1er janvier 2025
d?une filière de recyclage
opérationnelle.
Dans la continuité de ce décret, la
stratégie 3R pour les emballages en
plastique constitue la feuille de route de
la France pour atteindre ces objectifs.
Issue d?un large processus de co-
construction mené avec les différentes
parties prenantes, elle vise à déterminer
les priorités d?action, les mesures
concrètes à mettre en place, qu?elles
soient transversales ou sectorielles, pour
atteindre les objectifs fixés par le décret
3R à 2025, ainsi qu?à explorer les
opportunités et contraintes, les freins et
leviers associés à la perspective de fin de
mise en marché des emballages en
plastique à usage unique en 2040, afin de
poser les premiers jalons et identifier les
étapes à franchir et les freins à lever pour
orienter la France dans cette direction.
Le rapport de la stratégie est organisé en
trois volets :
? Volet 1, consacré à une synthèse
des enjeux environnementaux,
économiques et sociaux associés
aux emballages en plastique à
usage unique, une description des
outils réglementaires, dispositifs
d?accompagnement, et initiatives
existantes, ainsi qu?une
introduction des éléments de
5STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
cadrage et de définitions clefs.
? Volet 2, effectuant un état des
lieux synthétique de la mise en
marché d?emballages en plastique
à usage unique, décrivant les
alternatives contribuant aux
objectifs du décret et leurs
principaux enjeux de déploiement,
proposant des potentiels de
trajectoires 2025 et des
perspectives 2040 déclinées par
secteur, et abordant un certain
nombre de sujets spécifiques tels
que l?évaluation des impacts
environnementaux des
alternatives, les besoins
d?investissement, et l?articulation
des objectifs 2025 et de l?ambition
2040.
? Volet 3, proposant un plan
d?actions, de portée générale et
sectorielle, permettant l?atteinte
des objectifs 2025 et la perspective
2040.
L?emballage en plastique en
France
Environ 2,4 millions de tonnes
d?emballages en plastique sont mis en
marché en France chaque année.
? La moitié sont des emballages
% ménagers ', c?est-à-dire liés à la
consommation des particuliers. La
majorité (plus de 80 %) est
consommée à domicile, le reste
hors domicile (essentiellement
dans le cadre d?activités de
restauration : repas et boissons à
emporter ou consommés sur
place).
? L?autre moitié est constituée
d?emballages % industriels et
commerciaux ', c?est-à-dire utilisés
par des professionnels.
Ces emballages sont présents dans tous
les secteurs. Ils répondent à des besoins
de fonctionnels divers, et prennent donc
des formes très variées : emballages de
produits alimentaires (boissons, plats
préparés, produits frais, produits
d?épicerie, etc.) et non alimentaires
(hygiène, entretien, équipement de la
maison, pharmacie, produits chimiques,
etc.), emballages de regroupement et de
transport.
Les alternatives 3R : réduction,
réemploi, recyclage
Les solutions alternatives aux plastiques à
usage unique sont de natures
complémentaires, présentant des
potentiels et des difficultés différentes, et
surtout plus ou moins adaptées aux
secteurs et aux catégories de produits. Il
n?y aura pas de déploiement homogène
des 3R, mais plutôt des appropriations
singulières par les secteurs en fonction de
leurs spécificités et de leurs contraintes
(produits secs, produits frais, produits de
consommation nomade ou pas, de longue
conservation ou pas, etc.).
Réduire : à la recherche du % juste
emballage '
L?un des objectifs du décret 3R est de
réduire de 100 % d?ici 2025 la mise sur le
marché d?emballages inutiles, définis
comme des emballages ! n?ayant pas de
fonction technique essentielle, comme
une fonction de protection, sanitaire et
d'intégrité des produits, de transport, ou
de support d'information règlementaire ".
Cet objectif invite à une réflexion
systématique sur les ! fonctions
techniques essentielles " de l?emballage,
et la façon de les assurer avec le minimum
? voire sans emballage : élimination de
l?emballage ou d?éléments de l?emballage,
réduction du poids unitaire,
développement de l?offre de grands
format, concentration des produits, sont
autant d?approches qui peuvent
6STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
contribuer à cet objectif. La réduction des
emballages inutiles n?est pas un axe de
travail nouveau, mais il reste à le rendre
systématique par l?identification et le
partage des meilleures pratiques,
appliquées par tous au moyen
d?autorégulation ou d?écocontributions
différenciées. À noter que les marges de
progrès les plus importantes semblent
notamment résider dans les secteurs
moins mobilisés à date : vente à distance,
jouets, bricolage, médicaments,
équipements de la maison, etc.
Réemploi : un modèle à (re)construire
Plusieurs alternatives peuvent concourir
aux objectifs de réemploi : le réemploi par
le professionnel, le vrac et la recharge.
Le réemploi par le professionnel consiste
à mettre à disposition, sur le lieu de vente,
le produit emballé dans un emballage
réemployable : l?emballage, une fois vide,
est destiné à être retourné par le
consommateur pour être nettoyé,
contrôlé et rempli à nouveau par le
professionnel. Le défi du réemploi est un
défi organisationnel, de massification et
sanitaire?: c?est toute une industrie amont
et aval qui doit se réorganiser pour
fabriquer des emballages réemployables,
construire la chaîne logistique, le
nettoyage, l?installation des lieux de
collecte, le système sanitaire, la praticité
pour le consommateur.
Il présente un potentiel de déploiement
important, voire de généralisation, pour
les emballages rigides industriels et
commerciaux. Les chaines logistiques n?y
sont pas à réinventer puisqu?elles existent
déjà, les enjeux marketing de
différenciation sont moindres, et la
standardisation et massification plus
aisée.
Les actions pilotes seront clés pour
prioriser et construire le modèle du
réemploi par le professionnel, en tenant
1 Article L 120.1 du code de la consommation
compte la pertinence environnementale
et économique des organisations.
La vente en vrac est ! la vente au
consommateur de produits présentés
sans emballage, en quantité choisie par le
consommateur, dans des contenants
réemployables ou réutilisables 1". En forte
croissance depuis quelques années, son
potentiel de déploiement sera soutenu
par la disposition législative faisant
obligation aux grandes surfaces
(supérieures ou égales à 400 mètres
carrés) de consacrer 20 % de leur surface
de vente aux produits présentés sans
emballage, y compris la vente en vrac, à
horizon 2030. Outre les besoins
d?adaptation des points de vente et de la
chaîne logistique, son déploiement et sa
généralisation doivent s?accompagner de
garanties concernant la sécurité sanitaire
et la bonne information du
consommateur. Pour maximiser ses
bénéfices, notamment
environnementaux, une attention
particulière doit être portée sur la
limitation des pertes produits, l?impact
environnemental des emballages de
livraison (en agissant également sur leur
réduction, et en privilégiant leur réemploi)
et le réemploi effectif des emballages
consommateurs.
Les recharges sont des produits emballés
dans un emballage intermédiaire à usage
unique permettant de remplir à nouveau
un emballage réemployable à son
domicile. Elles peuvent constituer une
alternative à condition que l?essentiel des
fonctionnalités soit assuré par l?emballage
restant à domicile et qu?il soit
effectivement réemployé, et que la
recharge soit un emballage recyclable.
Le réemploi comprend donc une variété
d?approches que chaque secteur doit
7STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
pouvoir s?approprier en fonction de ses
spécificités.
Innover pour substituer le plastique par
d?autres matériaux
Si le plastique est le matériau d?emballage
prépondérant pour la plupart des
catégories de produits, des alternatives
constituées d?autres matériaux sont
disponibles : papiers/cartons, verres,
métaux, bois, etc. La substitution peut
être totale ou partielle, et ouvre un champ
d?innovation important, pour adapter ces
matériaux et emballage à des besoins
fonctionnels (barrière ou mécanique)
aujourd?hui principalement remplis par
des emballages ou éléments d?emballages
en plastique, poursuivre l?amélioration de
leur impact environnemental, et
continuer en particulier de garantir leur
recyclabilité.
Amélioration de la recyclabilité,
développement des filières de recyclage,
incorporation de matière recyclée
Pendant de nombreuses années, les
efforts pour améliorer la collecte, le tri et
le recyclage des emballages en plastique
ont principalement porté sur les bouteilles
et flacons (consigne de tri historique en
France). Le déploiement de l?extension
des consignes de tri, démarré en 2015 et
en cours de finalisation. Avec environ 27 %
de recyclage des emballages en plastique
en 2018, la France reste encore loin des
objectifs européens (50 % en 2025).
Les défis à relever sont encore nombreux :
1. Garantir la recyclabilité de tous les
emballages en plastique d?ici 2025 ?
aujourd?hui, environ 65 % des
emballages en plastique ménager
disposent d?une filière de recyclage
opérationnelles (en particulier PET et
PE). Pour 15 % des résines (PS/PSE, PP
souple, pots et barquettes PET
operculés ou multicouche), des filières
sont en développement et
nécessitent un plan d?actions rapide
et adapté pour développer les
infrastructures et les débouchés
permettant un recyclage effectif d?ici
2025. Les 20 % restant (autres résines
et emballages complexes ou
contenant des éléments
perturbateurs du recyclage) ne
disposent pas de perspectives de
recyclage effectif d?ici 2025, et
devront faire l?objet d?efforts d?éco-
conception et d?adoption
d?alternatives recyclables. Améliorer
la recyclabilité du gisement de
déchets d?emballages plastique passe
également par une rationalisation de
l?usage des différentes résines
plastiques (réduire leur nombre,
mieux définir leurs applications
respectives).
2. Accélérer le développement de la
collecte séparée. Les performances
de collecte séparée constituent
encore un frein majeur à
l?augmentation du recyclage. Il est
nécessaire de renforcer et compléter
les actions sur tous les segments sans
exception (en particulier habitat
dense, espace public et entreprises),
sur tous les territoires, au plus vite,
dans une même direction, en
privilégiant la recherche de
performance tout en optimisant les
coûts, et en s?appuyant sur une
communication efficace.
3. Poursuivre la modernisation et
l?adaptation de l?infrastructure de tri.
La modernisation des centres de tri,
déjà effectuée sur une majorité du
parc, devrait être complète d?ici 2025.
Ces évolutions s?accompagnent d?une
réflexion, à poursuivre et approfondir,
sur l?articulation des différentes
étapes de tri, ainsi que d?une
poursuite de l?innovation, notamment
pour la reconnaissance et la
8STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
séparation des emballages par des
méthodes d?intelligence artificielle
(pour la reconnaissance d?images) et
de détection de filigranes
numériques.
De futures évolutions de gisement
sont à anticiper. Le sujet des
emballages de petite taille, en
particulier, est à traiter rapidement.
4. Assurer les capacités de recyclage en
France. Afin de stimuler et de
sécuriser les investissements dans les
infrastructures de recyclage des
emballages en plastique, il est
nécessaire de donner de la visibilité
sur le gisement disponible, et ainsi de
sécuriser les investissements dans les
capacités adéquates en France. Des
actions concertées sont
indispensables. En particulier, il est
nécessaire de préciser le potentiel de
développement des procédés de
recyclage chimique, au regard des
enjeux techniques, économiques et
environnementaux.
5. Inciter à l?incorporation de matière
recyclée. Les filières de recyclage ont
besoin de débouchés pour
fonctionner, et la diversification et la
stimulation de la demande de ceux-ci
est un axe de travail important. En
particulier, le retour à l?emballage est
un débouché à accroître, voire à créer
pour certaines résines. Cela passe par
la poursuite des travaux de
standardisation, de contrôle qualité
et de traçabilité des plastiques
recyclé, notamment pour un retour au
contact alimentaire.
Au-delà de l?emballage : vers des
transformations de nos modèles de
production et de consommation
Si la stratégie 3R est centrée sur l?emballage,
une partie des réponses résideront
probablement dans des ruptures et des
évolutions plus systématiques de nos
habitudes de consommation des produits (et,
par conséquent, de leurs emballages). Les
réflexions sur le futur de l?emballage doivent
donc refléter et intégrer les enjeux transverses
à nos modèles de production et de
consommation, et leur articulation avec les
dynamiques territoriales à venir : changement
climatique, nouvelle dynamique des secteurs
agricole et agro-alimentaire, relocalisations
industrielles, convergence des enjeux en
matière d?environnement et de santé,
évolution des régimes alimentaires
(notamment vers une plus grande part de
protéines végétales), préparation de produits
à domicile, usage de produits solides, circuits
courts et approches territorialisées, sont
autant de mutations à venir, qu?il serait
important de prendre en compte dans la
construction des feuilles de route de
l?emballage de demain. Quelques-unes de ces
tendances sont illustrées dans la stratégie.
Un premier diagnostic et une
projection des potentiels 3R :
une nécessaire appropriation et
déclinaison par secteur
Afin d?appuyer au mieux le travail des
acteurs économiques dans cette
transition complexe, chaque grand
secteur a fait l?objet d?une fiche. Celle-ci
comporte un premier diagnostic de l?état
des lieux à compléter et à approfondir
(nature des emballages, part des
plastiques, enjeux). Sur cette base, des
potentiels de réduction, réemploi et
recyclage ont été proposés pour 2025
tenant compte des éléments quantitatifs
et qualitatifs listés : fonctionnalités
attendues des emballages (enjeux
d?alimentarité, sanitaires, etc.),
prévalence des emballages en plastique à
usage unique actuellement, circuits de
distribution, etc. (voir annexe 1) Des
perspectives d?évolution pour 2040 ont
également été identifiées (voir annexe 2).
42 secteurs ont été analysés, dans un
esprit de co-construction avec un
maximum de fédérations professionnelles
9STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
et de parties prenantes. Ces fiches sont
annexées à la stratégie et constituent un
point de départ pour des feuilles de route
qui pourraient être réalisées par les
organisations professionnelles.
Ces feuilles de route permettront aussi de
problématiser et de poser des arbitrages
(choix de résines, de solutions de
réemploi) et de modéliser plus finement
les investissements nécessaires sur les
lignes de conditionnements.
10 axes d?actions pour déployer
les alternatives
Le plan d?actions (Volet 3) a été conçu
pour répondre aux principaux enjeux
associés au déploiement des alternatives
décrites plus haut. Il s?appuie sur
différents leviers, au premier rang
desquels :
? La réalisation et la mise en oeuvre
de feuilles de route sectorielles, clé
du succès de cette stratégie. Ces
feuilles de route doivent
permettre, d?une part, de prendre
en compte les spécificités de
chaque secteur, et d?autre part, de
définir les orientations stratégiques
et les plans d?actions à mettre en
oeuvre pour contribuer aux
objectifs nationaux définis dans le
décret 3R tous secteurs confondus.
Les organisations professionnelles
référentes ont en effet un rôle
majeur à jouer pour poursuivre le
diagnostic de leurs emballages
(besoins, fonctionnalités, chaîne de
valeur, outils, éléments industriels,
etc.) ; fédérer les acteurs autour de
problématiques communes
(pilotes communs de réemploi,
choix de résines à privilégier, R&D
sur les matériaux de substitution) ;
et lancer des actions collectives
structurées pour passer à l'échelle
au bénéfice de l'environnement et
du rationnel économique. Ces
travaux devront être réalisés en
collaboration avec l?ensemble de la
chaîne de valeur : fabricants de
matériaux et d?emballages,
fournisseurs de machines,
opérateurs de gestion des déchets,
recycleurs, etc.
? Les filières à Responsabilité Élargie
des Producteurs, à travers la
prochaine révision du cahier des
charges des éco-organismes en
charge des emballages ménagers,
et la mise en oeuvre de la REP pour
les emballages de la restauration.
En particulier, les actions
mobilisent les outils
d?accompagnement et d?incitation
portés par les éco-organismes. Pour
les emballages industriels et
commerciaux (hors restauration), la
stratégie appelle à ne pas attendre
la mise en oeuvre de la REP en 2025,
en faisant notamment émerger dès
maintenant des engagements
volontaires.
? La poursuite de l?amélioration et de
l?harmonisation du cadre
réglementaire et normatif, en
particulier dans le cadre des
travaux européens, afin de
sécuriser les orientations :
protocoles d'évaluation de la
recyclabilité, garanties sanitaires
pour le réemploi, qualité et suivi
des matériaux recyclés,
caractérisation des procédés de
fonctionnalisation des emballages
(revêtements permettant de créer
des propriétés barrières et
mécaniques), des plastiques
biosourcés, et des plastiques
biodégradables et compostables.
? L?amélioration des connaissances
(sur les impacts environnementaux
des emballages en plastique à
usage unique, sur le bilan
économique et environnemental
10STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
des alternatives, en particulier les
plus innovantes) pour éclairer au
mieux les orientations.
? La mobilisation de dispositifs de
soutien financier, notamment pour
accélérer la R&D et
l?investissement, et accompagner
la montée en compétence des
acteurs.
? La conduite d?expérimentations et
de pilotes permettant de tester à
grande échelle les solutions
alternatives.
? La sensibilisation des
consommateurs, dont les attentes,
besoins et comportements sont
clefs pour favoriser l?adoption de
nouveaux modes de
consommation.
? La coordination, nécessaire en
particulier pour assurer un
déploiement cohérent et
rationalisé des alternatives, et
permettre la mutualisation de
certains moyens (techniques,
économiques, humains) en
particulier pour le réemploi.
? Le suivi et l?évaluation de la mise en
oeuvre de la stratégie, copiloté par
le Ministère de la Transition
Écologique et le Ministère de
l?économie, des finances et de la
relance, et se traduisant par un
premier bilan intermédiaire (fin
2023) puis un bilan final (fin 2025)
conduisant à une mise à jour de la
stratégie, accompagnée de
nouveaux objectifs quinquennaux à
définir par décret.
Le plan d?action est ainsi décliné en 10
axes thématiques, au sein desquels
plusieurs actions sont identifiées et
décrites, en précisant les pilotes, les
parties prenantes à impliquer, et les
échéances :
Axe 1 : Réduire les emballages inutiles et
excessifs
Axe 2 : Accompagner la montée en
puissance du réemploi
Axe 3 : Développer les solutions de
substitution
Axe 4 : Assurer la recyclabilité des
emballages mis sur le marché
Axe 5 : Accélérer l?augmentation de la
collecte
Axe 6 : Tri ? moderniser, innover et adapter
Axe 7 : Assurer les capacités de recyclage en
France et inciter à l?incorporation de
matière recyclée
Axe 8 : Autres actions transversales
Axe 9 : Feuilles de route sectorielles
Axe 10 : Organiser la transition ?
Gouvernance, suivi et évaluation de la
stratégie
11STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Annexe 1 : potentiels 3R par
secteur d?activités
Le tableau ci-dessous récapitule les
potentiels 3R par secteur, qui sont par
ailleurs détaillés dans les fiches
sectorielles (voir annexe du rapport). Ces
potentiels ont été élaborés à partir des
potentiels 3R identifiés dans le rapport
! Quel Potentiel 3R d?ici 2025 ", et affinés
dans le cadre d?échange approfondis avec
les parties prenantes.
À noter que la consolidation de ces
perspectives permet d?atteindre les
objectifs du décret 3R pour 2025, à savoir
une réduction de 20% des tonnages
d?emballages en plastique à usage unique
mis sur le marché, dont 50% à travers le
réemploi et 100% des emballages
recyclables. Ces potentiels sont indicatifs,
et pourront être amenés à évoluer ou être
affinés dans le cadre de l?élaboration des
feuilles de route sectorielles.
12STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Secteur
Potentiel de
réduction (dont
substitution,
mais hors
réemploi)
Potentiel de
réemploi
(réemploi par
producteur,
vrac, recharge)
Potentiel de
recyclabilité
Alimentaire frais
non transformé
Viandes <5 % <5 % 100 %
Charcuteries 5 à 10 % <5 % 100 %
Poissons <5 % <5 % 100 %
Fruits et légumes >80 % 5 à 10 % 100 %
Alimentaire frais
transformé
Traiteur frais (hors
restauration commerciale)
10 à 15 % 5 à 10 % 100 %
Plats préparés de la
restauration commerciale
50 à 55 % 20 à 25 % 100 %
Boulangerie / pâtisserie (hors
longue conservation)
20 à 25 % 5 à 10 % 100 %
Produits laitiers frais et non
frais
5 à 10 % <5 % 100 %
Surgelés 25 à 30 % <5 % 100 %
4ème gamme 20 à 25 % 5 à 10 % 100 %
Boissons
Eaux plates et gazeuses 10 à 15 % 5 à 10 % 100 %
Boissons rafraichissantes sans
alcool (hors jus)
10 à 15 % 10 à 15 % 100 %
Jus de fruits et nectars 10 à 15 % 10 à 15 % 100 %
Lait 5 à 10 % <5% 100 %
Boissons alcoolisées 5 à 10 % <5% 100 %
Épicerie sucrée,
salée, autres
Riz, pâtes, légumes secs 45 à 50 % 10 à 15 % 100 %
Farines, sucre, etc. 40 à 45 % 10 à 15 % 100 %
Céréales, biscuits, biscottes,
viennoiseries de conservation
15 à 20 % 5 à 10 % 100 %
13STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Café, thé, chocolat 10 à 15 % 5 à 10 % 100 %
Aliments conservés <5 % <5 % 100 %
Apéritifs, snacks 15 à 20 % 5 à 10 % 100 %
Soupes, potages 10 à 15 % 5 à 10 % 100 %
Huiles, vinaigres, condiments 5 à 10 % 25 à 30 % 100 %
Compote, confiture, gelée,
marmelade de fruits et autres
produits similaires
5 à 10 % <5 % 100 %
Confiserie 10 à 15 % 5 à 10 % 100 %
Produits de spécialités <5 % <5 % 100 %
Aliments pour animaux
familiers
10 à 15 % 5 à 10 % 100 %
Hygiène/beauté 15 à 20 % 15 à 20 % 100 %
Produits
d?entretien /
produits
chimiques
Produits d?hygiène et
d?entretien de la maison (hors
professionnels)
10 à 15 % 10 à 15 % 100 %
Produits chimiques pour
bricolage, jardinage,
automobile
5 à 10 % <5 % 100 %
Produits liquides
professionnels non
alimentaires
5 à 10 % 5 à 10 % 100 %
Autres non
alimentaire
(textile,
équipement,
produits
pharmaceutiques
etc.)
Textile 40 à 50 % 10 à 15 % 100 %
Mobilier 25 à 30 % <5 % 100 %
Jouets et articles de
puériculture
40 à 50 % <5 % 100 %
Tabac 25 à 30 % <5 % 100 %
Équipements électriques et
électroniques
25 à 30 % <5 % 100 %
14STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Produits pharmaceutiques <5 % <5 % 100 %
Bricolage, jardin, automobile,
bazar, papeterie, etc. (hors
produits chimiques)
50 à 60 % <5 % 100 %
Emballages
logistiques et de
e-commerce
Colis de livraison (e-
commerce)
50 à 60 % 10 à 15 % 100 %
Emballages de transport
rigides
<5 % 60 % 100 %
Emballages de transport
souples
10 à 15 % <5 % 100 %
15 STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
Annexe 2 : Principaux jalons 2025 -2040
16 STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique
17 STRATÉGIE 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage) pour les emballages en plastique à usage unique