Chiffres clés des risques naturels
ANTONI, Véronique ;JOASSARD, Irénée
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal">Les spécificités géomorphologiques et climatiques des territoires métropolitains et ultramarins français exposent leurs habitants, les biens et les activités économiques à des phénomènes naturels variés : inondations, risques terrestres ou météorologiques. Le dérèglement climatique est susceptible d'amplifier la plupart d'entre eux. À partir d'une sélection de cartes et d'indicateurs clés commentés, ce recueil dresse un panorama détaillé des principaux risques naturels. Cette publication aborde ainsi la sinistralité, l'aléa et le risque propres à chaque phénomène, ainsi que les outils permettant de prévenir ces risques.<o:p></o:p></p>
Editeur
Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
Descripteur Urbamet
risques naturels
;inondation
;changement climatique
;politique publique
;plan de prévention des risques naturels
Descripteur écoplanete
catastrophe naturelle
;prévention des risques
;comparaison internationale
;mouvement de terrain
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Chiffres clés
des risques naturels
Édition 2023
JANVIER 2024
L A B
T A
D A
2 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
sommaire
Chiffres clés
des risques naturels
Édition 2023
5 - Données clés
11 - Éléments de contexte : observatoire, concepts
etpolitiquepublique
17 - État des lieux des catastrophes naturelles en France
35 - Inondations : sinistralité, exposition et prévention
63 - Risques naturels terrestres
111 - Risques météorologiques
123 - Impacts du changement climatique
127 - Situation de la France dans le contexte international
133 - Annexes
151 - Table des matières
Document édité par:
Le service des données
et études statistiques (SDES)
en partenariat avec
l?Observatoire national
des risques naturels (ONRN)
Publication disponible en HTML sur
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Avertissement : les indicateurs rassemblés dans
cette publication ont été élaborés à partir de bases
de données variées : administratives ou
réglementaires, provenant de la profession
assurantielle, d?enquêtes de services statistiques
ou encore de programmes de recherche français ou
internationaux. Ils peuvent concerner des périmètres
différents selon les thématiques abordées. Le lecteur
est invité à bien prendre connaissance du champ
géographique, des sources de données et de leurs
millésimes figurant sous chaque illustration et dans
les commentaires associés.
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/chiffres-cles-des-risques-naturels-edition-2023
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 3
VA
Véronique Antoni*
IJ
Irénée Joassard
irenee.joassard@
developpement-durable.gouv.fr
coordinateurs
contributeurs Observatoire national
des risques naturels (ONRN)
Nicolas Bauduceau (CCR)
Juliette Buffetrille (DGPR)
Rida El Mahali (DGPR)
Ludovic Faytre (Institut Paris Région)
Sylvie Greciet (DGPR)
Lise Gonnetan* (CCR)
Irénée Joassard (SDES)
Éric Pautard (SDES)
Eric Petitpas* (MRN)
Lilian Pugnet (MRN)
Remerciements
DGPR (Mendy Bengoubou-Valerius, Bastien Coignon, Clarisse Durand, Marianne
Fouquet, Youven Goulamoussène, Margaret Herbaux, Paul Lévi, Bénédicte Montoya,
Guillaume Palavioux, Julien Rey, Ariane Stephan) ; SDES (Régis Farret*) ; BRGM
(Pascal Dominique, Sébastien Gourdier, Anne Lemoine, Carola Mirgon, Silvain Yart) ;
France Assureurs (Cécile Douvillé) ; Météo-France (Jean-Michel Soubeyroux) ; Onerc
(Jérôme Duvernoy*) ; Université de Strasbourg (Jean-Philippe Malet) ; Université
Savoie Mont Blanc (Nicolas Bodin) ; IPGP/OVPF (Patrice Boissier, Jean-Christophe
Komorowski, Aline Peltier, Jean-Marie Saurel) ; Inrae (Nicolas Eckert) ; ONF (Simon
Carladous, Béatrice Pons, Rémi Savazzi) ; MASA (Lionel Richoilley, Simon Tranchant)
* En poste au moment de la rédaction.
4 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
avant-propos
C
e recueil de chiffres clés sur les risques naturels
produit par le service des données et études
statistiques (SDES), en collaboration avec
l?Observatoire national des risques naturels, dresse
un panorama des risques naturels auxquels
lesterritoires métropolitains et ultramarins
sont exposés.
À partir de cartes et d?indicateurs clés commentés, cette publication
décrit les principaux phénomènes naturels ? inondations, risques
terrestres (mouvements de terrain, séismes, éruptions volcaniques,
avalanches, tsunamis, incendies de forêt) et météorologiques ? sous
l?angle de la sinistralité, de l'exposition (population, bâtiments, activités)
et des outils permettant de faire connaître les zones à risques aux
populations et aux aménageurs et de prévenir lesrisques. Elle
présente également les impacts prévisibles duchangement climatique
sur l?intensité des phénomènes naturels etenfin, compare la situation
française avec celle d?autres pays.
Ce document ne prétend pas être exhaustif sur le sujet. Le lecteur
pourra obtenir des informations plus détaillées et enrichir ses
connaissances en consultant les sites des membres de l?Observatoire
national des risques naturels.
? Béatrice Sédillot
CHEFFE DU SERVICE DES DONNÉES ET ÉTUDES STATISTIQUES (SDES)
données clés
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 5
Données clés
données clés
6 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
17 500 événements à l?origine d?une
reconnaissance de l?état de catastrophe
naturelle dans au moins une commune.
Les catastrophes naturelles
en France
Indemnisations¤
50 milliards d?euros d?indemnisations versées
en 40 ans par les assurances au titre du régime des
catastrophes naturelles. Depuis 2017, les indemnisations
liées au retrait-gonflement des argiles sont prépondérantes.
1982 - 2023 5 700 communes
concernées en moyenne
chaque année
Retrait-
gonflement
des argiles
17 %17 %
Autres
2 %
240 000 reconnaissances de l?état
de catastrophe naturelle à la commune
Phénomènes
atmosphériques
8 %56 %
Inondations
Mouvements
de terrain
données clés
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 7
Risque inondation
18 millions
d?habitants exposés
18,5 millions d?habitants exposés aux risques d?inondation
par submersion marine et/ou débordement de cours d?eau
Débordement
de cours d?eau
Submersion
marine
1,5 million
d?habitants exposés
10,5 millions
de logements
26,7 %
de la population totale de la population totale
du total des logements du total des logements
1,3 million
de logements
Population exposée couverte par...
74,4 %
2 560
communes
11,9 millions de
personnes exposées
Territoires à risque
important d?inondation
2,2 %
3,5 %28 %
59 %
Indemnisations¤
14,4 Md¤2022 1995 - 2019
Plan de prévention des risques inondation
PPRLittoral
124
PPRI
données clés
8 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
48 % du territoire
métropolitain exposé
10,4 millions de
maisons individuelles
Indemnisations¤12 Md¤2022 1995 - 2019
1995 - 2019
Indemnisations¤700 M¤2022
1995 - 2019
Indemnisations¤560 M¤2022
36 séismes de
magnitude supérieure à 4
(0,1 % des séismes)
France métropolitaine
65 200 événements
1962 - 2020
1900 - 2019
Retrait-gonflement des argiles
Glissements de terrain, chutes de blocs,
éboulements, coulées de boue...
Séismes
données clés
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 9
360 tempêtes
Risques météorologiques
et climatiques
1976 - 2022
1980 - 2021
1990 - 2020
Feux de forêt
26 400 ha/an en moyenne
de surfaces brûlées
2022200319891976
Moyenne
Indemnisations¤
Près de 30 Md¤2020 pour les tempêtes
versées au titre des garanties Tempête-Grêle-Neige
incluses dans les contrats multirisque habitation
Près de 6 Md¤2020 pour la grêle
6 870 communes déclarées
exposées aux risques feux de forêt
données clés
10 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
3 séismes
de magnitude
supérieure à 4
dans les Antilles
(0,1 % des séismes)
83 éruptions du
Piton de la Fournaise
4 volcans actifs dont
1 sous-marin
Les risques naturels
en outre-mer
Indemnisations
pour les cyclones¤2,5 Md¤2022
2014 - 2019
1979 - 2021
2000 - 2019
Débordement
de cours d?eau
Submersion
marine
Inondations
440 000
habitants
exposés
470 000 habitants exposés aux risques d?inondation par
submersion marine et/ou débordement de cours d?eau
110 000
habitants
exposés
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 11
Éléments de contexte :
observatoire, concepts
et politique publique
éléments de contexte : observatoire, concepts et politique publique
12 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Observatoire national
des risques naturels
Créé en 2012 à la suite des conséquences catastrophiques de la tempête
Xynthia de 2010, l'Observatoire national des risques naturels (ONRN) a
notamment pour objectif de contribuer à l?amélioration de la connaissance
des aléas naturels et de leurs conséquences socio-économiques. Cette
ambition se concrétise par la mise à jour régulière d?une quarantaine
d?indicateurs couvrant l?ensemble des dimensions des risques naturels
(exposition, phénomènes naturels, dommages, prévention). Les travaux
d?analyse et de prospective disponibles sur ces sujets sont également rendus
accessibles.
Les informations diffusées s?adressent à un public large : professionnels
de la connaissance, de la gestion et de la prévention des risques naturels,
médias et relais d?opinions, ensemble des citoyens, dans la perspective de
renforcer une culture commune du risque.
L'ONRN fédère des représentants du ministère de la Transition
écologique et de la Cohésion des territoires, de la Caisse centrale de
réassurance (CCR), de la Mission risques naturels (MRN) et d?autres acteurs
fortement impliqués dans la connaissance et la prévention des risques
naturels.
POUR EN SAVOIR PLUS
? Géorisques : Mieux connaître les risques sur le territoire et plus
particulièrement sa partie dédiée à l?Observatoire national des risques
naturels.
? Portail des catastrophes naturelles de la Caisse centrale de réassurance.
? Mission risques naturels.
https://www.georisques.gouv.fr/
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://catastrophes-naturelles.ccr.fr/
https://www.mrn.asso.fr/
éléments de contexte : observatoire, concepts et politique publique
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 13
Phénomènes naturels
Par la diversité de ses territoires, liée aux sols et sous-sols, aux reliefs et au
climat, la France est exposée à différents phénomènes naturels qui peuvent
être regroupés en trois types d?aléas naturels principaux :
? aléas hydrologiques (inondations) ;
? aléas terrestres (mouvements de terrain, séismes, avalanches, éruptions
volcaniques, feux de forêt, tsunamis) ;
? phénomènes atmosphériques (vents, tempêtes et cyclones).
PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES NATURELS
Grande famille Type
Aléas
hydrologiques Inondations
Par une crue (débordement de cours d'eau)
Par submersion marine
Par lave torrentielle*
Par ruissellement et coulée de boue*
Par remontée de nappes*
Aléas terrestres
Mouvements de terrain
Affaissement et effondrement liés aux cavités souterraines (hors mines)
Éboulement, chute de pierres et de blocs
Glissements de terrain
Avancée dunaire*
Tassement différentiel**
Phénomènes telluriques
Séismes
Éruptions volcaniques
Radon*
Autres
Tsunamis*** (ou raz de marée)
Avalanches
Feux de forêt
Phénomènes
atmosphériques
Vents et autres
en métropole
Tempête et grains
Foudre
Grêle
Neige et pluies verglaçantes
Tempêtes tropicales Cyclones ou ouragans
*Nonétudiédanscettepublication;**ouretrait-gonflementdesargiles;***étudiéicimaisnonlistédans
la liste des aléas de la base de données Gaspar (gestion assistée des procédures administratives relatives
aux risques naturels) de la Direction générale de la prévention des risques (DGPR).
Source : MTECT, liste aléas Gaspar
éléments de contexte : observatoire, concepts et politique publique
14 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Aléas, enjeux, risques :
quelques définitions
Lorsqu?un phénomène naturel de nature aléatoire ou aléa est susceptible
d?affecter l?intégrité des personnes et des biens et de perturber les activités
économiques (enjeux), il devient un risque. L?ampleur de ce dernier dépend
de la vulnérabilité des enjeux exposés, autrement dit de leur résistance face
à un événement donné.
Les événements extrêmes, lorsqu?ils surviennent dans une zone à
enjeux, génèrent des risques majeurs : la fréquence de leur occurrence est
faible, mais leur gravité peut être considérable. En France, le régime des
catastrophes naturelles permet alors d?indemniser les sinistrés (sinistralité).
ALÉAS, ENJEUX ET RISQUES : LE CAS DES INONDATIONS
Aléa
phénomène naturel
Enjeux & vulnérabilité
personnes et biens + ou - vulnérables
×
Risque=
Notedelecture:[?]L?inondationestunesubmersion,rapideoulente,d?unezonehabituellementhorsd?eau.
Entempsnormal,larivières?écouledanssonlitmineur.Pourlespetitescrues,l?inondations?étenddanslelit
moyen et submerge les terres bordant la rivière. Lors des grandes crues, la rivière occupe la totalité de son lit
majeur. [?]
Source :MTECT,d?aprèsMEDD,2004.Les risques majeurs,guidegénéral,63p.Traitements:SDES,2021
éléments de contexte : observatoire, concepts et politique publique
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 15
ÉCHELLE DE GRAVITÉ DES DOMMAGES
Classe Dommages humains Dommages matériels
0 Incident Aucun blessé < 0,3 M¤*
1 Accident 1 ou plusieurs blessés De 0,3 à 3 M¤
2 Accident grave 1 à 9 morts De 3 à 30 M¤
3 Accident très grave 10 à 99 morts De 30 à 300 M¤
4 Catastrophe 100 à 999 morts De 300 M¤ à 3 Md¤**
5 Catastrophe majeure 1 000 morts ou plus 3 Md¤ ou plus
* M¤ = million d'euros, ** Md¤ = milliard d'euros.
Source :Missiond?inspectionspécialiséedansl?environnement,mai1999
Les événements naturels dommageables affectant la France sont recensés
et classés selon une échelle de gravité en fonction des dommages aux
personnes et aux biens.
Pour prévenir ces risques majeurs, la politique de prévention des risques
naturels mise en place en France s?appuie sur sept piliers : connaître les
aléas et les risques ; surveiller, prévenir et alerter ; informer de manière
préventive et éduquer ; prendre en compte les risques dans l?aménagement
et l?urbanisme ; réduire la vulnérabilité ; préparer et gérer la crise ; gérer
l?après-crise et le retour d?expérience.
La France s?est par ailleurs dotée de deux garanties permettant
d?indemniser les propriétaires lorsque leurs biens (constructions, véhicules
terrestres à moteur) assurés sont endommagés à la suite d'un événement
naturel :
? la garantie « catastrophes naturelles » (surprimes sur les assurances de
dommages aux biens des particuliers et des professionnels et sur les
garanties vol et incendie d?un véhicule terrestre à moteur) ;
? la garantie « Tempête-Grêle-Neige » intégrée aux contrats d?assurance
multirisques.
Les montants mentionnés dans ce recueil se réfèrent à ces deux
dispositifs. Ils n?intègrent pas les franchises à la charge des assurés. Sauf
exception, le périmètre des analyses est circonscrit aux dommages portant
sur les biens bâtis, hors garanties véhicules terrestres à moteur et hors
garanties récoltes (assurance agricole : les dommages aux cultures).
éléments de contexte : observatoire, concepts et politique publique
16 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Garantie catastrophes naturelles
Mise en place en 1982, la garantie catastrophes naturelles (dite « Cat-Nat »)
encadre les modalités d?indemnisations des dommages matériels assurés
survenus sur un territoire donné, à la suite d'un événement naturel d?une
intensité anormale ayant conduit à une reconnaissance de l?état de Cat-Nat
par les autorités compétentes. Les arrêtés de catastrophe naturelle précisent
alors les zones, les périodes de la catastrophe et le phénomène naturel
reconnu. Le régime d?indemnisation repose sur une mutualisation entre tous
les assurés et une garantie de l?État.
La liste des phénomènes naturels entrant dans le champ de ce dispositif
couvre les catégories suivantes : algues sargasses, avalanche, chocs
mécaniques liés à l'action des vagues, coulée de boue, éboulement et/ou
chute de blocs, effondrement et/ou affaissement, éruption volcanique,
glissement de terrain, glissement et éboulement rocheux, glissement et
effondrement de terrain, grêle, inondation et/ou coulée de boue, inondation
remontée de nappe, lave torrentielle, mouvement de terrain, poids de la
neige, raz de marée, sécheresse, secousse sismique, tempête, vents
cycloniques. La liste des phénomènes naturels indemnisables varie au fil de
la législation.
Ce dispositif n?intègre pas les incendies de forêt, ni les tempêtes (hors
Cat-Nat depuis 1989), la grêle, la neige et le gel (hors Cat-Nat depuis 2010),
les sinistres résultant de ces événements étant pris en charge par d?autres
garanties d?assurance. En l?occurrence, les incendies sont couverts par la
garantie incendie de l'assurance habitation, le gel par la garantie dégâts des
eaux dans les bâtiments d?habitation, les autres aléas par la garantie
Tempête-Grêle-Neige (garantie TGN).
Par convention, dans cette publication, la « reconnaissance de l?état de
Cat-Nat » pour un événement donné correspond à un couple « commune/
arrêté Cat-Nat ». Ainsi, si un même événement naturel induit une
reconnaissance de l?état de Cat-Nat pour dix communes, le nombre de
reconnaissances de l?état de Cat-Nat sera de dix. Sur une même année, une
commune peut faire l?objet de plusieurs reconnaissances de l?état de Cat-Nat
pour un même phénomène naturel ou pour des événements différents.
partie 1
État des lieux des
catastrophes naturelles
en France
? De 1900 à 2021, un peu plus de 520 événements
naturels dommageables (dont 185 reconnus comme
très graves) sont survenus en France, totalisant un
peu plus de 32 000 morts. Si les inondations
représentent les deux tiers des événements naturels
survenus, près de 90 % des décès sont imputables
à la seule éruption volcanique de la montagne Pelée
en 1902. Depuis 1982, près de 6 000 communes
en moyenne font l?objet, chaque année, d?une
reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle.
Les inondations représentent un peu plus de la moitié
des indemnisations versées au titre des catastrophes
naturelles, devant la sécheresse (37 %). Les Français
perçoivent d?ailleurs les inondations comme le risque
naturel le plus préoccupant.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
18 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Événements naturels dommageables
NOMBRE DE MORTS CAUSÉS PAR LES ÉVÉNEMENTS NATURELS DE 1900 À 2021
Phénomènes atmosphériques Avalanches Feux de forêt Inondations
Mouvements de terrain Séismes Éruptions volcaniques
29 000
1 983
865
267
Champ:France.524événementsnaturelsdommageablestoutesgravitésconfondues,horsvagues
dechaleur(2003,2019,2020:18359décès).
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Les 524 événements naturels dommageables recensés en France entre
1900 et 2021 totalisent 32 418 morts. Près de 90 % des décès sont imputables
aux éruptions volcaniques de la montagne Pelée (Saint-Pierre et Morne
Rouge à la Martinique) de 1902 : éruption le 8 avril (28 000 décès), puis
écoulements pyroclastiques le 30 août (1 000 décès). Viennent ensuite les
phénomènes atmosphériques (cyclones, ouragans, tempêtes) avec 6 % des
décès et les inondations avec un peu moins de 3 %. Les mouvements de
terrain, les avalanches, les feux de forêt et les séismes totalisent chacun
moins de 1 % des décès.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 19
NOMBRE D?ÉVÉNEMENTS NATURELS DOMMAGEABLES DE 1900 À 2021
Phénomènes atmosphériques Avalanches Feux de forêt Inondations
Mouvements de terrain Séismes Éruptions volcaniques
351 16 10 7 2
79 59
Champ:France.524événementsnaturelsdommageablestoutesgravitésconfondues,horsvagues
dechaleur(2003,2019,2020:18359décès).
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Si les inondations se caractérisent par une faible mortalité (un peu moins de
3 % des décès induits par les événements naturels dommageables entre
1900 et 2021), elles représentent à l?inverse 67 % des événements naturels
dommageables recensés. Elles sont suivies par les phénomènes
atmosphériques (15 %) et les mouvements de terrain (11 %). Les autres
types d?événements naturels (séismes, avalanches, feux de forêt, éruptions
volcaniques) représentent moins de 7 % du total.
Entre 1900 et 2021, tous aléas confondus, 196 événements ont été
reconnus comme très graves (dont 191 après 1950). Près de la moitié de
ces événements (99) sont survenus après 2000. Parmi eux, 70 %
correspondent à des inondations.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
20 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
INONDATIONS LES PLUS GRAVES SURVENUES EN FRANCE DE 1900 À 2021
Événements Nombre
de morts
et disparus
Dommages
assurés (en M¤
courants)
Dommage
total (en M¤
courants)
Échelle
de
gravité
Crue de la Seine et affluents en janvier 1910 5 - 20 000* 4
Débordements du Tarn à Montauban et Moissac dans
le Tarn-et-Garonne le 2 mars 1930 200 - - 4
Débordements de l?Agly, du Têt et du Tech dans
les Pyrénées-Orientales le 17 octobre 1940 50 - - 4
Inondations dans le Nord-Pas-de-Calais du 1er mars
au 1er mai 1983 10 - - 4
Inondations de Nîmes en octobre 1988 10 290 500 4
Inondations de Vaison-la-Romaine de septembre 1992 50 180 500 4
Inondations dans le Sud-Est en décembre 1993 10 260 - 4
Inondations du Nord de janvier à février 1995 16 780 - 4
Inondations de l'Aude de novembre 1999 35 720 533 4
Inondations en Basse-Normandie en décembre 1999 - - - 4
Inondations du Gard de septembre 2002 24 1 140 1 200 4
Inondations du Rhône de décembre 2003 7 1 160 1 500 4
Inondations consécutives à la tempête Xynthia
de février 2010 53 950 2 500 5
Inondations dans le Var en juin 2010 25 720 - 4
Inondations dans les Alpes-Maritimes en octobre 2015 20 600 - 4
Inondations des bassins de Seine moyenne et Loire
du 25 mai au 6 juin 2016 4 1 110 - 4
Inondations consécutives à l'ouragan Irma
en septembre 2017 11 2 200 - 4
Orages de mai-juin 2018 - 430 - 4
Inondations dans le Sud-Est en novembre-décembre 2019 13 450 - 4
*CruedelaSeinede1910estiméecommesil?événementsereproduisaitaujourd?hui.
Note:ledommagetotalinclutlesdommagesassurésetautres(sourceFranceAssureurs).
Champ:France.
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Entre 1900 et 2021, 19 inondations catastrophiques sont survenues en
France, parmi lesquelles figure la catastrophe majeure consécutive à la
tempête Xynthia en 2010.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 21
AUTRES ÉVÉNEMENTS GRAVES SURVENUS EN FRANCE DE 1900 À 2021
Événements Nombre
de morts
et disparus
Dommages
assurés (en M¤
courants)
Dommage
total (en M¤
courants)
Échelle
de
gravité
Éruption du 8 mai 1902 de la montagne Pelée en Martinique 28 000 - 460 5
Écoulements pyroclastiques - éruption du 8 mai 1902
de la montagne Pelée en Martinique 1 000 - - 5
Séisme de Lambesc le 11 juin 1909 46 - 2 000 4
Ouragan en Guadeloupe le 12 septembre 1928 1 200 - - 5
Cyclone à La Réunion le 4 février 1932 100 - - 4
Sécheresse (événement climatique d'ampleur exceptionnelle
survenu de juin à août 1947) - - - -
Cyclone à La Réunion le 26 janvier 1948 165 - - 4
Feux de forêt à Cestas (Gironde) le 20 août 1949 82 - - 4
Cyclone Hyacinthe à La Réunion le 18 janvier 1980 25 - - 4
Sécheresse géotechnique en 1976 - - 880 4
Deux tempêtes dans le Centre du 6 au 11 novembre 1982 13 300 - 4
Sécheresse géotechnique en 1989 - 710 - 4
Ouragan Hugo en Guadeloupe en septembre 1989 5 762 - 4
Sécheresse géotechnique en 1990 - 1 120 - 4
Tempête Daria dans le Nord et l'Ouest de janvier à février 1990 81 - - 4
Sécheresse géotechnique en 1996 - 880 - 4
Sécheresse géotechnique en 1997 - 610 - 4
Sécheresse géotechnique en 1998 - 740 - 4
Tempêtes Lothar et Martin en décembre 1999 92 - 15 000 5
Sécheresse géotechnique en 2003 - 1 940 - 4
Tempête Klaus de janvier 2009 11 1 300 5 000 5
Tempête Xynthia en février 2010 - 735 2 500 5
Sécheresse géotechnique en 2011 - 910 - 4
Tempête de grêle Ela du 6 au 10 juin 2014 - 400 - 4
Sécheresse géotechnique en 2016 - 850 - 4
Sécheresse géotechnique en 2017 - 1 000 - 4
Sécheresse géotechnique en 2018 - 1 650 - 4
Sécheresse géotechnique en 2019 0 850 - 4
Sécheresse géotechnique en 2020 0 1 100 - 4
Note:ledommagetotalinclutlesdommagesassurésetautres(sourceFranceAssureurs).Lesdommagesde
latempêteXynthiaincluentceuxliésauxinondationsetàlatempête.LeséismeduTeilde2019nefigurepas
icicarsagravitéétaitde3(accidenttrèsgrave-0mortetdommagede261M¤).
Champ:France,horsvaguesdechaleur(2003,2019,2020:18359décès).
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Entre 1900 et 2021, 22 catastrophes naturelles hors inondations sont survenues
en France, dont six catastrophes majeures : éruption de la montagne Pelée,
ouragan en Guadeloupe, tempêtes (Lothar et Martin, Klaus, Xynthia).
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
22 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
État de catastrophe naturelle
NOMBRE DE RECONNAISSANCES DE L?ÉTAT DE CAT-NAT PAR COMMUNE
DE 1982 À 2023
Nombre de fois qu'une commune est reconnue en état de Cat-Nat
En nombre de communes
5 000
4 500
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
1 4 7 10 13 16 22 2519 28 31 34 37 40 46 4943 52 55 58 64 6761 70 73 76
Notedelecture:prèsde4600communesontfaitl?objetdequatrereconnaissancesdel?étatdeCat-Natentre
août1982etnovembre2023.
Note:34666communesreconnuesenétatdecatastrophenaturelleaumoinsunefoisselonlesarrêtés
publiésdansleJournalofficield?août1982ànovembre2023(soit240025couplescommune-arrêtéCat-Nat).
Champ:France.
Source :MTECT,donnéesGaspardu10novembre2023.Traitements:SDES,2023
Depuis 1982, chaque année, près de 6 000 communes en moyenne font
l?objet d?une reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle.
Entre 1982 et 2023, la reconnaissance de l?état de Cat-Nat a été actée
par les autorités en moyenne sept fois par commune, avec toutefois de fortes
disparités. 278 communes ont été épargnées (soit moins de 0,8 % des
communes françaises), alors que 46 % des communes ont été reconnues
en Cat-Nat entre une et cinq fois en 41 ans et près de 8 % des communes
l?ont été au moins quinze fois. Parmi les communes les plus fréquemment
touchées, quinze ont fait l?objet d?une reconnaissance au moins 40 fois (celle
de Nice a été reconnue 77 fois sur l?ensemble de la période).
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 23
RECONNAISSANCES DE L?ÉTAT DE CAT-NAT PAR GRANDE FAMILLE DE
PHÉNOMÈNE NATUREL DE 1982 À 2023
En %
17,417,3
8,4
Inondations
Mouvements de terrain
Sécheresse géotechnique
Phénomènes
atmosphériques
Secousses sismiques
56,5
Avalanches
Raz de marée
Éruptions volcaniques
Divers
0,05
< 0,01 < 0,01
0,03
0,1
Autres
0,3
Notedelecture:56,5 %des240 025 reconnaissancesd?étatdecatastrophenaturelleactéesentre1982et
2023concernentdesinondations.
Champ :France.
Source :MTECT,donnéesGaspardu10novembre2023.Traitements :SDES,2023.
Depuis 1982, près de 17 500 événements naturels ont été à l?origine d?une
reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle dans au moins une
commune. 61 % sont le résultat d?inondation, 20 % sont liés au phénomène
de retrait-gonflement des argiles et 16 % à des mouvements de terrain, le
reste se répartissant principalement entre les cyclones et les séismes.
Ramenée à l?échelle communale, ce sont environ 240 000 états de catastrophe
naturelle qui ont été reconnus depuis la mise en place du régime Cat-Nat.
Un peu plus de la moitié (56,5 %) de ces reconnaissances de l?état de
Cat-Nat concernent des inondations et/ou coulées de boues. Viennent ensuite
les mouvements de terrain (glissements, affaissements, effondrements,
éboulements, etc.) et la sécheresse géotechnique avec un tiers des arrêtés,
puis les phénomènes atmosphériques (tempêtes, cyclones, grêle, poids de
la neige) pris en charge par ce dispositif jusqu?en 2010 (1989 pour les
tempêtes), avec 9 %. Les autres phénomènes naturels ne font l?objet que d?un
faible nombre d'arrêtés.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
24 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE RECONNAISSANCES DE L?ÉTAT DE CAT-NAT PAR GRANDE FAMILLE
D?ALÉAS DE 1982 À 2023
En nombre de reconnaissances
35 000
30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
23
(p
)
19
88
19
90
19
92
19
94
19
86
19
84
19
82
32 903
16 679
57 956
7 302 8 266 7 525
20
22
(p
)
Inondations Sécheresse Mouvements de terrain
Phénomènes atmosphèriques Autres
(p) = données provisoires.
Notedelecture:en1999,28811communesontétéreconnuesenCat-Natpourinondations
et28984pourmouvementsdeterrain(horssécheressegéotechnique).
Note:lesphénomènesatmosphériquesnesontpluscouvertsparlesCat-Natdepuis2010(et1989pour
les tempêtes).
Source :MTECT,donnéesGaspardu10novembre2023.Traitements:SDES,2023
Le nombre annuel de reconnaissances de l?état de Cat-Nat a fortement varié
sur la période 1982-2023. Inférieures à 5 000 dans près de 75 % des années,
elles avoisinent 8 000 pour trois années (2009, 2018, 2022) et sont nettement
supérieures en 1982 (32 903), 1983 (16 679) et 1999 (57 956). Cette
variabilité ne dépend toutefois pas uniquement de l?occurrence des
catastrophes naturelles. Elle reflète aussi l?évolution de la liste des
phénomènes naturels indemnisables et notamment les critères retenus pour
justifier une reconnaissance de l?état de Cat-Nat. Ainsi, la tempête de 1982
a été reconnue en tant que telle, alors que seuls les inondations et
mouvements de terrain provoqués par celles de 1999 (Lothar et Martin) ou
2010 (Xynthia) ont été ouverts à l'indemnisation.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 25
Sinistralité liée aux catastrophes
naturelles
INDEMNISATIONS LIÉES AUX DOMMAGES ASSURÉS CAUSÉS
PAR LES CATASTROPHES NATURELLES DE 1982 À 2022
Montants actualisés en M¤2022
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
19
97
19
99
20
01
20
03
20
05
20
07
20
09
20
11
20
13
20
16
(p
)
20
17
(p
)
20
19
(p
)
Inondations Sécheresse Autres
20
21
(p
)
20
22
(p
)
19
89
19
91
19
93
19
95
19
87
19
85
19
82
/8
3
(p) = données provisoires.
Note:lecoûtdessinistresCat-Nats?entendhorsvéhiculesterrestresàmoteurethorsfranchisepour
l?ensembleduterritoirefrançais.Au-delàdesdeuxgrandesclassesdephénomènesnaturels«inondations»
et«sécheresse»,touslesautres(mouvementsdeterrain,séismes,avalanches,ventscycloniques,etc.)
sontregroupésdanslamodalité«autres».Enl?absencedeconsolidationdesexercicesrécents(événement
sécheressedepuis2015,événementinondationetautresévénémentsdepuis2019),lesestimationssurla
période2015-2022incluentunemarged?incertitude(estimationsCCR).
Champ:France.
Source :CCR,2023
Sur la période 1982-2022, 49,9 Md¤2022 d?indemnisations ont été versées
par les assureurs au titre de la garantie catastrophes naturelles.
La ventilation de la sinistralité par phénomène naturel n?est possible que
depuis 1989. Néanmoins, les premiers sinistres sécheresse étant apparus
en 1989, il peut être considéré que la sinistralité avant cette année était
principalement causée par les inondations.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
26 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
RÉPARTITION DE LA SINISTRALITÉ CAT-NAT CUMULÉE PAR PHÉNOMÈNE NATUREL
DE 1982 À 2022
Inondations
Sécheresse
Autres
9 %
En Md¤ et en %2022
49 %
42 %
24,8
4,4
20,8
Note:l'analyseportesurlecoûtdessinistresCat-Nat,horsvéhiculesterrestresàmoteurethorsfranchise.
Champ:France.
Source :CCR,2023
Sur les 49,9 Md¤2022 d?indemnisations versées entre 1982 et 2022, les
inondations ont induit à elles seules 24,8 Md¤2022 de dommages assurés
(50 %), avec un coût moyen annuel de 604 M¤2022. La sinistralité cumulée
est de 20,8 Md¤2021 (42 %) pour la sécheresse, soit 611 M¤2022 de sinistralité
annuelle sur la période 1989-2022, les premiers sinistres sécheresse datant
de 1989. La sinistralité cumulée relative aux autres phénomènes est de
4,4 Md¤ (9 %), ce qui représente en moyenne annuelle 107 M¤.
Sur la période 2000-2022, les dommages assurés sur les automobiles
(inclus dans le régime Cat-Nat, mais non pris en compte dans le coût des
sinistres, les données antérieures à 2000 étant indisponibles) s?élèvent à
1 078 M¤2022, soit en moyenne 47 M¤2022 par an. Ces sinistres sont
principalement causés par les inondations.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 27
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-
Neige en France métropolitaine
INDEMNISATIONS VERSÉES AU TITRE DES TEMPÊTE-GRÊLE-NEIGE (TGN)
DE 1984 À 2021
En M¤2021 (réévalués par l'indice FFB*)
4 000
3 500
3 000
2 500
2 000
1 500
1 000
500
0
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
Tempête Grêle Neige
20
20
19
88
19
90
19
92
19
94
19
86
19
84
20
21
58
0
46
1
54
0
17
1
69
2
51
4 83
0
36
0
41
0
47
2
53
8
36
6
33
8
92
9
75
8
63
4 81
7
69
9
58
1
1
38
2
54
7 79
4
1
33
1
1
10
4
54
4 71
0
1
27
3
1
35
0
1
43
9
1
03
7
96
0
27
9
20
1
90
3
1
55
3
3 580
12 761
2 894
*IndicedelaFédérationfrançaisedubâtiment.
Note:garantieTGNsurbâtiment(horsassurancesautomobileetrécoltes).
Champ:Francemétropolitaine.
Source :FranceAssureurs,2023
Hors Lothar et Martin en 1999, une inflation de la sinistralité assurantielle liée
aux Tempête-Grêle-Neige (TGN) est observée depuis 1984. La charge
annuelle moyenne des dégâts causés aux bâtiments par les TGN est passée
de 706 M¤2021 sur la période 1984-1989, à 830 M¤2021 entre 1990 et 2015,
pour atteindre 1 128 M¤2021 depuis 2016. Sur les trente dernières années,
parmi les différents aléas naturels donnant lieu à indemnisation chaque année
(inondation, sécheresse géotechnique, etc.), les TGN sont ceux dont le
montant annuel est le plus élevé.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
28 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Pertes économiques globales
attribuées aux événements naturels
PERTES ÉCONOMIQUES DIRECTES ATTRIBUÉES AUX ÉVÉNEMENTS NATURELS
DE 2015 À 2019
7 000
6 000
5 000
4 000
3 000
2 000
1 000
0
2015 2016 2017 2018 2019
Pertes liées à tout autre bien de production
Pertes de biens agricoles
Pertes dans le secteur immobilier
Pertes agricoles directes
Pertes liées aux récoltes endommagées
En M¤courants
43 %
12 %
12 %
33 %
23 %
8 %
17 %
52 %
69 %
8 %
5 %
2 %
16 %
25 %
7 %
9 %
59 % 78 %
13 %
9 %
Note:pertesestiméesselonlaméthodologierecommandéeparleCadredeSendaipourlaréduction
desrisquesdecatastrophe2015-2030.
Champ:France.
Sources :CCR;FranceAssureurs;MRN,2021.Traitements:SDES,2022
Entre 2015 et 2019, les pertes économiques annuelles directes attribuées
aux événements naturels sont estimées en moyenne à 4,8 Md¤courants. Ces
pertes oscillent entre 3,03 Md¤ en 2015 à plus du double en 2017 (6,37 Md¤).
Globalement sur la période, les pertes économiques dans le secteur
immobilier représentent près de deux tiers de l?ensemble (62 %). 11 % sont
liées aux récoltes endommagées, 8 % aux pertes de biens agricoles et 19 %
aux autres biens de production.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 29
INDEMNISATIONS VERSÉES EN RÉPONSE AUX DOMMAGES DES CULTURES SUBIS
À LA SUITE DES ÉVÉNEMENTS CLIMATIQUES DE 2010 À 2021
En millions d'euros
Indemnités versées dans le cadre de l'assurance récolte multirisques climatiques subventionnables
Indemnités versées au titre du régime des calamités agricoles
800
700
600
500
400
300
200
100
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
Note:lesindemnitésverséesautitredescalamitésagricolesen2021nesontpasdisponibles;lesdonnées
relatives aux indemnités versées dans le cadre de l'assurance récolte ne comprennent pas les indemnités
versées au titre des assurances monorisques climatiques.
Champ:France.
Source : MASA
Entre 2010 et 2020, 1,25 milliard d?euros (Md¤) d?indemnisations ont été
versées au titre des calamités agricoles, tous aléas confondus. La sécheresse,
qui affecte majoritairement les prairies, représente près de 70 % des
indemnisations, suivie par le gel et les températures basses (17 %) qui
concernent plutôt l?arboriculture. Près de 4 Md¤ d?indemnisations ont par
ailleurs été versées dans le cadre de l'assurance récolte multirisques
climatiques entre 2010 et 2021, les deux tiers des sommes concernant la
période 2016-2021. Les céréales et fourrages, y compris semences,
représentent ensemble près de la moitié du montant total versé, suivis par
la vigne, avec environ le quart.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
30 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Perception des catastrophes
naturelles par les Français
NIVEAU DE PRÉOCCUPATION DES FRANÇAIS À L?ÉGARD DES CATASTROPHES
NATURELLES DE 2008 À 2021
En %
Cité en premier Cité en second
40
35
30
25
20
15
10
5
0
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
7
8
12
9
16
13
19
13
18
13
17
13
17
14
18
14
12
11
13
13
17
15
12
11
15
15
14
17
Note:laquestionposéeétait:«Parmilesproblèmessuivantsliésàladégradationdel?environnement,quel
estceluiquivousparaîtlepluspréoccupant?».Parmilesseptréponsesproposées,lesenquêtéspouvaient
enchoisirdeux,enpremieretsecondchoix.Legraphiqueprésentelarépartitiondesréponsesconcernant
«Lescatastrophesnaturelles(inondations,tempêtes,séismes,feuxdeforêt,etc.)».
Champ:Francemétropolitaine.
Source :SDES,plateformeEnvironnementdel'enquêtedeconjonctureauprèsdesménagesréaliséeparl'Insee
Sur la période 2010-2021, près d?un tiers des Français cite les catastrophes
naturelles parmi les deux problèmes liés à la dégradation de l?environnement
qui leur paraissent les plus préoccupants. Le niveau de préoccupation à
l?égard des catastrophes naturelles s?accroît à la suite des événements
météorologiques qui ont endeuillé le territoire métropolitain. Une augmentation
a ainsi été observée à la suite de la tempête Xynthia (2010), aux inondations
dans l?Aude (2018) et dans les Alpes-Maritimes (2020).
Interrogés sur le principal problème environnemental qu?ils rencontrent
là où ils vivent, près d?un Français sur dix évoque les risques naturels.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 31
PERCEPTION DES RISQUES NATURELS PAR LES FRANÇAIS EN 2021
Inondations
Incendies
de forêt
Submersions
marines
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Très élevés Élevés Moyens
Faibles Quasi nuls Ne sait pas
En %
18 42 30 8 11
19 35 33 10 12
13 31 32 17 4 3
Dans chacun des domaines suivants, considérez-vous
que les risques pour les Français en général sont :
Note:donnéescollectéesdu15au22novembre2021.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :IRSN,baromètre2022surlaperceptiondesrisquesetdelasécuritéparlesFrançais
Selon le baromètre annuel de l?Institut de radioprotection et de sûreté
nucléaire (IRSN), trois Français sur cinq estiment que les risques liés aux
inondations sont élevés ou très élevés et plus d?un sur deux jugent que les
incendies de forêt représentent un danger important. Les submersions
marines sont également considérées comme des menaces sérieuses pour
la population.
Au cours des quatre dernières années, le niveau de risque perçu en
matière d'incendies de forêt a beaucoup augmenté. Les inquiétudes à l?égard
des incendies de forêt ont atteint en 2021 un record historique. Enfin, seuls
9 % des enquêtés jugent en 2021 que les risques liés aux inondations sont
faibles, soit le plus bas niveau jamais observé.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
32 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SENTIMENT D?EXPOSITION AUX RISQUES NATURELS DES FRANÇAIS EN 2022
DROM
Métropole
Feux
de forêt
Séismes
Inondations
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Très important Assez important Peu important
Pas important du tout Pas le sentiment d'être exposé Ne sait pas
En %
DROM
Métropole
DROM
Métropole
4
9
7 79 32
5 5 73 8
1722 14 33 95
93 8 55 24
1311 8 62 32
116 7 65 11
5
Note:legraphiqueprésentelarépartitiondesréponsesauxquestions«Nousallonsévoquerdifférents
typesderisques.Pourchacund?entreeux,vousmedirez,silàoùvoushabitez,vouspensezyêtreexposé»
et«Làoùvoushabitez,vousdiriezquecerisqueesttrèsimportant,assezimportant,peuimportantoupas
importantdutout».
Champ:échantillonsreprésentatifsdelapopulationenFrancemétropolitaineetdanslesdépartements
etrégionsd?outre-mer(horsMayotte).
Source :SDES,enquêtesurlesentimentd?expositionauxrisques,2022
Interrogés sur les risques auxquels ils se pensent exposés, les Métropolitains
s?estiment un peu plus souvent exposés aux inondations qu?aux séismes ou
aux feux de forêts. Une large part des Ultramarins étant exposés à des risques
sismiques forts, ceux-ci évoquent bien plus fréquemment les tremblements
de terre. De même, ils s?estiment plus fortement exposés aux inondations
que les Métropolitains. Ces derniers sont en revanche plus nombreux à se
penser fortement ou assez exposés aux feux de forêts. L?appréhension des
Métropolitains à l?égard des inondations a par ailleurs progressé de 4 points
depuis la première édition de l?enquête en 2007.
partie 1 : état des lieux des catastrophes naturelles en France
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 33
CONSCIENCE DU RISQUE DANS LES COMMUNES EXPOSÉES AUX RISQUES
NATURELS EN 2022
Risques cycloniques
(DROM)
Risques volcaniques
(DROM)
Risques
sismiques
Risques
d'inondation
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Conscience d'être exposé à un risque important
Conscience d'être exposé à un risque peu ou pas important
Pas conscience d'être exposé à un risque
En %
DROM
Métropole
DROM
Métropole
30
68 14 19
10 60
24
20
42
72 13 14
18 40
16 64
9 66
Notedelecture:danslescommunesultramarinesexposéesàunfortrisquesismique,72%desenquêtés
jugentcesrisquesimportantset14%nes?ysententpasexposés.
Champ:populationsexposéesauxdifférentsrisquesauregarddeleurcommunederésidence.
Source :SDES,enquêtesurlesentimentd?expositionauxrisques,2022
Dans les communes effectivement exposées à des risques environnementaux,
le sentiment d?exposition se révèle nettement plus marqué. La conscience
du risque est très forte notamment dans les communes ultramarines
exposées à des risques sismiques ou cycloniques.
En France métropolitaine, trois enquêtés sur cinq savent qu?ils sont
exposés à des tremblements de terre dans les zones de sismicité moyenne.
En revanche, une grande majorité des Français vivant dans des communes
inondables paraît l?ignorer. La conscience du risque en matière d?inondation
a toutefois progressé en métropole depuis la précédente édition de l?enquête :
24 % des enquêtés résidant dans des communes potentiellement inondables
estiment leur exposition importante en 2022, soit 12 points de plus qu?en
2013.
34 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 2
Inondations :
sinistralité, exposition
et prévention
? La prise en charge des dommages liés aux
inondations représente en moyenne 560 M¤ par an.
En 2019, environ 18,5 millions de personnes (soit
27,4 % de la population française) résident dans
une zone potentiellement inondable (débordement
de cours d?eau et/ou submersion marine). 73,5 %
d?entre elles habitent dans une commune dotée
d?un plan de prévention des risques d?inondation.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
36 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sinistralité liée aux inondations
INDEMNISATIONS VERSÉES POUR LES DOMMAGES ASSURÉS D'INONDATION ET DE
SUBMERSION MARINE DE 1995 À 2019
1 600
1 400
1 200
1 000
800
600
400
200
0
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
07
20
06
20
09
20
05
20
08
20
10
20
11
20
12
20
14
20
15
20
13
20
16
20
19
20
17
20
18
En M¤2022
19
97
19
98
19
99
19
95
19
96
1 110
337
280
231
1 205
534575
1 327
1 413
24
216200 176
474
209
1 398
327
190
383
656
605
1 141
80
828
503
Note:cetindicateurportesurlescoûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophes
naturellespourlephénomènenaturel«Inondation»ausenslarge(inondationetcouléedeboue,inondation
parremontéedenappesetinondationparsubmersionmarine)enFrance.Cescoûts,netsdetoutefranchise,
neconcernentpaslesvéhiculesterrestresàmoteur.
Champ:France,horsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023
Les inondations au sens large (inondation avec coulée de boue, par remontée
de nappes ou par submersion marine) représentent le premier risque naturel
auquel la France est confrontée.
Sur la période 1995-2019, les indemnisations versées après
reconnaissance de l?état de Cat-Nat s?élèvent à 14,4 Md¤2022, soit une
moyenne annuelle d?environ 577 M¤2022. Le montant annuel des dommages
assurés dépasse 1 Md¤2022 pour six années : 1995 (inondations du Nord),
1999 (inondations de l?Aude et celles consécutives aux tempêtes Lothar et
Martin), 2002 (inondations du Gard), 2003 (inondations du Rhône), 2010
(inondations dans le Var et celles consécutives à la tempête Xynthia), 2016
(inondations des bassins de Seine moyenne et Loire).
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 37
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES POUR LES DOMMAGES
ASSURÉS D'INONDATION ET DE SUBMERSION MARINE PAR DÉPARTEMENT,
DE 1995 À 2019
?
Coût moyen
(en M¤2022)
< 2
2-4
4-8
8-12
> 12
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Saint-Barthélémy Saint-Martin
0 50 km
Champ:France,horsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
Les dommages indemnisés au titre des inondations ayant fait l?objet d?une
reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle varient fortement selon les
départements sur la période 1995-2019. Pour neuf départements, les
indemnisations annuelles moyennes dépassent 12 M¤2022. Il s?agit des
départements du littoral méditerranéen hors Pyrénées-Orientales
(inondations de 2002 et 2010 notamment), de la Charente-Maritime
(inondations consécutives à la tempête Xynthia de 2010), ainsi que de la
Seine-et-Marne (inondations de 2016).
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
38 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Outils au service de l?identification
des risques inondation
et des politiques de prévention
En 2007, la Commission européenne a adopté une directive qui vise à établir
un cadre pour évaluer et gérer les risques d?inondation dans une perspective
de réduction des dommages sur la santé humaine, l?environnement, le
patrimoine et l?activité économique. Sa mise en oeuvre en France
s?accompagne de la mise en place d?outils spécifiques. Une enveloppe
approchée du risque d?inondation potentiel (EAIP) a été calculée pour les
risques de submersion marine et de débordement de cours d?eau séparément.
Chaque EAIP est de fait très maximisante.
En 2019, près de 18,5 millions d?habitants (Mhab) - (dont 97,9 % en
France métropolitaine) et 11,1 millions de logements (dont 98,2 % en France
métropolitaine) sont localisés dans au moins une EAIP.
La délimitation de territoires à risque important d?inondation (TRI) a
ensuite été menée dans le but de préciser les vulnérabilités du territoire et
d?effectuer des diagnostics locaux . En 2023, 124 TRI délimitent les secteurs
les plus exposés au risque d?inondation, territoires correspondant
sensiblement aux grandes agglomérations.
Les politiques de prévention s'appuient notamment sur les plans de
prévention des risques naturels prévisibles d'inondation (PPRI ou PPRL en
zone littorale). Ces documents précisent les zones à risque et les règles
d?urbanisme à y appliquer afin de réduire l?exposition des personnes et des
biens vis-à-vis de l?aléa inondation. Établis sur la base d?un événement au
moins centennal, leur délimitation est par conséquent plus restreinte que
celle de l?EAIP. Les PPR permettent d?orienter l?aménagement du territoire
sans augmenter sa vulnérabilité.
En 2023, près d?un tiers des communes françaises sont couvertes par un
plan de prévention des risques d'inondation et 1 491 font l?objet d?un PPR prescrit
pour l?un de ces risques, tout type confondu. Les PPRI sont complétés par
l?élaboration de programmes d'actions de prévention des inondations (PAPI).
Ces outils permettent une contractualisation entre les collectivités locales et
l?État pour la mise en oeuvre d?un ensemble coordonné d?actions de prévention.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006177007/#LEGISCTA000006177007
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006177007/#LEGISCTA000006177007
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006177007/#LEGISCTA000006177007
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 39
Exposition aux inondations
par débordement de cours d?eau
RÉPARTITION DES COMMUNES ET DE LA POPULATION SELON LE NIVEAU
D'EXPOSITION DES COMMUNES AU RISQUE D'INONDATION PAR DÉBORDEMENT
DE COURS D'EAU EN 2019
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
En %
81,1
57,7
29,3 27,4
34,1
19,9 16,7
5,22,1
9,7
3,5
13,4
Entre 0 % et 25 % Entre 25 % et 50 % Entre 50 % et 75 % Entre 75 % et 100 %
Part des communes françaises Part de la population totale
Part de la population totale résidant dans l'EAIP par débordement de cours d'eau
Notedelecture:13,4%descommunesontentre25%et50%deleurterritoirecouvertparl'EAIPpar
débordementdecoursd'eau.27,4%delapopulationfrançaiserésidentdanscescommunes.34,1%dela
populationfrançaiserésidantdansl'EAIPdébordementdecoursd'eauhabitentdanscescommunes.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;Insee,2019;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
En 2019, 26,7 % de la population française, soit environ 18 Mhab (dont près
de 440 000 dans les DROM), résident dans le périmètre de l'EAIP par
débordement de cours d'eau. Par rapport à 2006, année de référence pour
le premier cycle de la directive inondation, ce sont 800 000 personnes de
plus qui ont leur logement dans cette enveloppe, soit une augmentation de
4,6 %. Cette évolution demeure inférieure à celle de la population française
qui, dans le même temps, a augmenté de 3,7 Mhab, soit + 5,9 %. Près de
28 % du parc de logements (résidences principales, résidences secondaires,
logements vacants), soit 10,5 millions de logements, est par ailleurs localisé
dans cette enveloppe.
Seules 15 % des communes françaises, représentant environ 4 % de la
population française, n?ont aucun de leurs concitoyens habitant au sein de
cette enveloppe. À l?inverse, 1,1 % des communes (représentant 1,5 % de
la population française) ont la totalité de leurs habitants résidant dans l?EAIP
par débordement de cours d?eau.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
40 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
RÉPARTITION DE LA POPULATION RÉSIDANT DANS L?EAIP PAR DÉBORDEMENT
DE COURS D?EAU PAR RÉGION EN 2019
Île-de-France
Auvergne-Rhône-Alpes
Hauts-de-France
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Grand Est
Occitanie
Nouvelle-Aquitaine
Bourgogne-Franche-Comté
Normandie
Centre-Val de Loire
Pays de la Loire
La Réunion
Bretagne
Mayotte
Guadeloupe
Corse
Guyane
Martinique
En %
0 5 10 15 20
Notedelecture:19,5%delapopulationfrançaiserésidantdansl'EAIPpardébordementdecoursd'eau
habitentenrégionÎle-de-France.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;Insee,2019;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
Territoires les plus peuplés de France, les régions Île-de-France et Auvergne-
Rhône-Alpes sont également les plus exposées vis-à-vis de l?aléa inondation
par débordement de cours d?eau. Viennent ensuite les régions Hauts-de-
France, Provence-Alpes-Côte d?Azur et Grand Est, chacune contribuant
respectivement pour 12,5 %, 11,9 % et 11,1 % du total de la population
française exposée à cet aléa.
À l?échelle départementale, neuf départements contribuent chacun pour
plus de 3 % au nombre total de personnes résidant dans l?EAIP par
débordement de cours d?eau : Nord (6,1 %), Hauts-de-Seine (4,3 %), Paris
(4,2 %), Bouches-du-Rhône (4,1 %), Isère (3,8 %), Rhône (3,6 %), Pas-de-
Calais (3,2 %), Bas-Rhin (3 %) et Val-de-Marne (3 %).
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 41
PART DE LA POPULATION COMMUNALE RÉSIDANT DANS L'EAIP
PAR DÉBORDEMENT DE COURS D?EAU EN 2019
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
Part (en %)
Entre 75 et 100
Entre 50 et 75
Entre 25 et 50
Entre 0 et 25
100
Hors EAIP
0 50 km
Note:l?expositionaurisqueinondationestmesuréeparlapartdelapopulationrésidantdansl?enveloppe
approchéedurisqued?inondationpotentielle(EAIP)pardébordementdecoursd?eau.
Champ:France.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;Cerema,2023;Insee,2019.Traitements:SDES,2023
Six départements sont particulièrement exposés avec plus de la moitié de
leur population résidant dans l?EAIP par débordement de cours d?eau :
Vaucluse (65,7 %), Haut-Rhin (55,2 %), Pyrénées-Orientales (54 %), Ariège
(53,8 %), Isère (53,7 %) et Savoie (50,8 %). La part de la population habitant
dans l?EAIP est comprise entre 25 % et 50 % dans 36 départements, tandis
qu?elle est inférieure à un quart dans 57 autres départements.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
42 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
EMPRISE COMMUNALE DES BÂTIMENTS LOCALISÉS DANS L'EAIP
PAR DÉBORDEMENT DE COURS D?EAU EN 2022
Emprise au sol
de bâtiments
exposés (en m2)
0 50 km
14 462 731
2 411 897
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
Note : sont comptabilisées toutes les constructions permanentes au-dessus du sol utilisée pour abriter des
humains,desanimaux,desobjets,pourlaproductiondebienséconomiquesoupourlaprestationdeservices.
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;IGN,BDTopo®3.0.Traitements:SDES,2022
À l?échelle nationale, l?emprise de tous les types de bâtiments (logement,
locaux d?activités) situés dans l?EAIP par débordement de cours d?eau
représente une surface cumulée de près de 1 570 km2, soit l?équivalent de
quinze fois la superficie de Paris. Cette emprise peut représenter une surface
très importante pour certaines agglomérations du fait de leur forte urbanisation
le long de grands fleuves, de rivières à crues soudaines ou encore en zone
de confluence. C?est notamment le cas de Paris (14,5 km2), Marseille
(9,7 km2), Strasbourg (8,1 km2), Lyon (7,4 km2), Nîmes (6,5 km2), Lille (6 km2)
et Avignon (5,6 km2).
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 43
EMPRISE COMMUNALE DES HABITATIONS SANS ÉTAGE LOCALISÉES DANS L'EAIP
PAR DÉBORDEMENT DE COURS D?EAU EN 2022
Emprise au sol
des habitations sans étage
1 188 810
227 111
exposées (en m2)
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Note:sontcomptabiliséslesbâtimentsàusage«résidentiel»sansétagedelaBDTopo.Dans
lesdépartementsdesArdennes,delaMarne,delaMeuse,etdel?Yonne,lesbâtimentsàusagerésidentiel
nesontpasidentifiés,maisclassésdans«indifférencié»cequinepermetaucuneanalyse.
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;IGN,BDTopo®3.0.Traitements:SDES,2022
À l?échelle de la France, les habitations sans étage localisées dans l?EAIP
par débordement de cours d?eau représentent une emprise totale de plus de
180 km2, soit 1,7 fois la superficie de Paris. Plus présent dans certains
territoires (Antilles, La Réunion, littoral méditerranéen, Nord, etc.), ce type
d?habitations expose particulièrement leurs occupants. Ces derniers peuvent
en effet se retrouver dans l?incapacité de se réfugier à l?étage en cas de
montée rapide des eaux.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
44 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE D'ÉTABLISSEMENTS PROFESSIONNELS PRÉSENTS DANS L'EMPRISE
DES EAIP PAR DÉBORDEMENT DE COURS D?EAU EN 2022
Nombre d?établissements
professionnels exposés
6 123
882
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Note:bâtimentsdontl?usageestidentifiécommeagricole,commercialetservices,ouindustriel.
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;IGN,BDTopo®3.0.Traitements:SDES,2022
Un peu plus de 754 000 établissements professionnels se situent dans l?EAIP
par débordement de cours d?eau. Trois régions en concentrent environ un
tiers : Hauts-de-France (13,3 %), Provence-Alpes-Côte d?Azur (10,3 %), Île-
de-France (8,1 %). En outre-mer, ces établissements représentent un peu
moins de 2 % de l?ensemble des établissements professionnels français.
Dans 12,5 % des communes, ces établissements exposés aux inondations
par débordement de cours d?eau lors d?événements extrêmes représentent
deux tiers des établissements localisés sur leur territoire.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 45
RÉPARTITION DES SITES SEVESO LOCALISÉS EN PARTIE OU EN TOTALITÉ
DANS L'EAIP PAR DÉBORDEMENT DE COURS D'EAU PAR RÉGION ET SELON
LEUR CATÉGORIE, EN 2022
En nombre de sites
Auvergne-Rhône-Alpes
Grand Est
Hauts-de-France
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Île-de-France
Bourgogne-Franche-Comté
Occitanie
Pays de la Loire
Centre-Val de Loire
Bretagne
Corse
Martinique
La Réunion
Guyane
Mayotte
Guadeloupe
0 30 60 90 120
Sites Seveso seuil haut
l'EAIP par débordement de cours d'eau
localisés en totalité ou en partie dans localisés en totalité ou en partie dans
Sites Seveso seuil bas
l'EAIP par débordement de cours d'eau
Champ:France;sitesSeveso,horsinstallationsnucléaires.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;DGPR,novembre2023,établissementsSeveso.
Traitements:SDES,2023
Les interactions entre les aléas naturels et les établissements industriels à
risques peuvent constituer des risques dits « NaTech » (naturels/
technologiques). Ainsi, l?inondation d?un établissement Seveso peut être à
l?origine d?accidents dont les conséquences portent atteinte, à l?extérieur de
l?emprise du site industriel, aux personnes, aux biens ou à l?environnement.
Fin 2022, parmi les sites Seveso ne relevant pas de la catégorie des
installations nucléaires, 554 ont leur emprise couverte en partie ou en totalité
par l?EAIP par débordement de cours d?eau : seuil haut (53 %), seuil bas
(47 %). La majorité de ces installations sont localisées dans les régions
Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Hauts-de-France, Normandie et
Nouvelle-Aquitaine. Ces sites sont répartis dans 367 communes ; 87 d?entre
elles ont au moins deux sites concernés par cette enveloppe.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
46 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
ZOOM SUR LES ZONES INONDABLES EN ÎLE-DE-FRANCE
0 20 km Zones inondables
(aléas PPRI, PEHC)
Sources :SIVOA;SIAVB;SYAGE(aléasPAPI);UTEA;DDT;DULE75;DIREN-IDF/AESN/IIBSBS.
©L?InstitutParisRégion,2021
L?importante concentration de la population, de l?habitat et des activités
économiques en Île-de-France rend cette région particulièrement vulnérable
aux risques d?inondation par débordement de la Seine ou de ses principaux
affluents (Loing, Marne, Oise).
En 1910, la crue de la Seine, d'une période de retour de l'ordre de
100 ans, atteignait une hauteur d?eau mesurée de 8,62 m au niveau du pont
d?Austerlitz. Le bilan de cette crue exceptionnelle était alors de
200 000 sinistrés et 5 morts. La moitié du réseau métropolitain avait été
inondée et la décrue s?était étalée sur 35 jours. Depuis, la Seine a dépassé
la cote de 7 m à l?échelle du pont d?Austerlitz en 1924 et 1955. Plus récemment,
lors des crues de mai-juin 2016 (2 morts, 17 500 personnes évacuées,
990 M¤ de dommages assurés hors automobile) et de 2018 (130 M¤ de
dommages), la cote de 6 m a été dépassée. En 2014, l?OCDE évaluait l?impact
socio-économique d?une crue de même amplitude que celle de 1910 se
déroulant aujourd?hui à des dommages directs de l?ordre de 3 Md¤ à 30 Md¤.
Quatre lacs-réservoirs (Marne, Seine, Aube, Pannecière), situés en
amont de l?Île-de-France et dont la gestion est aujourd?hui confiée à l?EPTB
Seine Grands Lacs, permettent d?écrêter les pics de crues en hiver et soutenir
l?étiage des cours d?eau en été. Ils offrent une capacité de stockage cumulée
de 800 millions de m3.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 47
POPULATION, LOGEMENTS ET ACTIVITÉS ÉCONOMIQUES EXPOSÉS AUX RISQUES
D?INONDATION EN ÎLE-DE-FRANCE
500 000
logements
974 000
habitants
750 000
emplois
100 000
établissements
Note:aléasplansdepréventiondesrisquesnaturesinondation(PPRi)etplushauteseauxconnues(PHEC)
pour les crues centennales.
Source :©L?InstitutParisRégion,2021
Selon l'Institut Paris Région, les risques d?inondation par débordement de la
Seine, de la Marne, de l?Oise et de leurs affluents concernent 43 % des
communes d?Île-de-France (soit 548 communes).
L?étendue des surfaces potentiellement impactées (près de
55 000 hectares) et l?ampleur de l?exposition humaine et économique (près
d?un million de personnes et 750 000 emplois en zones inondables) constituent
un premier facteur majeur de la vulnérabilité du territoire francilien. Jusqu'à
5 Mhab pourraient être confrontés à des coupures d'électricité, d'eau ou de
chauffage, à des refoulements d'égouts, à des difficultés de déplacement?
en raison des impacts directs et indirects d?une crue majeure sur les réseaux
et infrastructures (électricité, chauffage urbain, assainissement, eau potable,
transport, etc.) qui participent au fonctionnement métropolitain.
De manière à tester la résilience collective des réseaux après une
inondation majeure, le premier exercice de simulation de crues de la Seine
en Île-de-France s?est déroulé en mars 2016 dans le cadre du projet européen
« Sequana ». Le scénario a été élaboré au plus près des conditions réelles
d?une crue majeure dépassant le niveau atteint en 1910. De nombreux travaux
conduits par les opérateurs viennent aujourd?hui consolider la connaissance
des fragilités de réseaux et de leurs impacts potentiels sur le territoire francilien.
En 2023, 535 communes franciliennes disposent d?un plan de prévention
des risques d?inondation opposable, essentiellement pour des phénomènes
de débordement de rivières, couvrant près de 98 % de la population résidente
en zone inondable.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
48 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Exposition aux submersions marines
RÉPARTITION DES COMMUNES ET DE LA POPULATION SELON LE NIVEAU
D'EXPOSITION AU RISQUE D'INONDATION PAR SUBMERSION MARINE EN 2019
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Hors EAIP
En %
Entre 1 %
et 25 %
Entre 25 %
et 50%
Entre 50 %
et 75 %
Entre 75 % et
moins de 100 %
100 %
Part des communes françaises Part de la population totale
Part de la population résidant dans l'EAIP par submersion marine
Notedelecture:1,0%descommunesontentre25%et50%deleurterritoirecouvertparl'EAIPpar
submersionmarine.2,0%delapopulationfrançaiseyrésident.17,5%delapopulationfrançaiserésidant
dansl'EAIPparsubmersionmarinehabitentdanscescommunes.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;Insee,2019;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
Près de 6 % des communes françaises sont couvertes au moins en partie
par l?EAIP par submersion marine. En 2019, 2,2 % de la population française,
soit environ 1,5 Mhab, réside dans le périmètre de cette enveloppe. 7,5 %
d?entre eux habitent dans les DROM. Par rapport à 2006, année de référence
pour le premier cycle de la directive inondation, le nombre d?habitants résidant
dans cette enveloppe a augmenté d?environ 100 000 personnes.
Parmi les communes exposées à l?aléa de submersion marine, plus de
7 % d?entre elles ont plus de 75 % de leur territoire couvert par l?EAIP par
submersion marine. Ces communes regroupent plus de 36 % des Français
confrontés à ce phénomène.
Près de 3,5 % du parc de logements (résidences principales, résidences
secondaires, logements vacants), soit 1,3 million de logements, est par
ailleurs localisé dans cette enveloppe.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 49
RÉPARTITION PAR RÉGION DE LA POPULATION RÉSIDANT DANS L'EAIP
PAR SUBMERSION MARINE EN 2019
Hauts-de-France
Nouvelle-Aquitaine
Pays de la Loire
Normandie
Occitanie
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Bretagne
Mayotte
Guadeloupe
Guyane
La Réunion
Martinique
Corse
En %
0 5 10 15 20 25 30
Notedelecture:28,2%delapopulationfrançaiserésidantdansl'EAIPparsubmersionmarinehabitenten
régionHauts-de-France.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;Insee,2019;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
Les régions Hauts-de-France, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire et
Normandie sont les plus exposées vis-à-vis de l?aléa inondation par
submersion marine, chacune contribuant pour plus de 10 % au nombre total
de personnes résidant dans cette EAIP. Viennent ensuite les régions
Occitanie, Provence-Alpes-Côte d?Azur et Bretagne. Les autres régions
contribuent chacune pour moins de 4 % du total.
Les départements du Nord (14 %), du Pas-de-Calais (12,7 %), de la
Gironde (12,4 %), de Loire-Atlantique (6,4 %), de Vendée (5,8 %), de Seine-
Maritime (5,2 %), de l?Hérault (5,1 %) et de Charente-Maritime (5 %) sont
ceux qui comprennent le plus de personnes résidant dans l?EAIP par
submersion marine.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
50 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
PART DE LA POPULATION COMMUNALE RÉSIDANT DANS L'EAIP PAR SUBMERSION
MARINE EN 2019
Part (en %)
100
Entre 75 et 100
Entre 50 et 75
Entre 25 et 50
Entre 0 et 25
Hors EAIP
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Champ:France.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;Cerema,2023;Insee,2019.Traitements:SDES,2023
Le littoral atlantique concentre 52 % des communes potentiellement
inondables par submersion marine, celui de la Manche Est?mer du Nord
32 % et le pourtour méditerranéen 12 %. Trois départements totalisent plus
d?un quart des communes concernées par l?EAIP par submersion marine :
Gironde (10 % des communes), Manche (9 %), Charente-Maritime (8 %).
S?agissant de la population, cinq départements sont particulièrement
exposés (Pas-de-Calais, Vendée, Manche, Charente-Maritime, Gironde).
Dans ces départements, la part de la population résidant dans l?EAIP par
submersion marine atteint 12 % à 15 %, tandis qu?elle est inférieure à 10 %
dans les 27 autres départements littoraux.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 51
EMPRISE COMMUNALE DES BÂTIMENTS LOCALISÉS DANS L'EAIP
PAR SUBMERSION MARINE EN 2022
Emprise au sol
des bâtiments
exposés (en m2)
5 158 331
1 287 332
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;IGN,BDTopo®3.0.Traitements:SDES,2022
L?emprise de tous les types de bâtiments (logement, locaux d?activités) situés
dans l?EAIP par submersion marine représente une surface cumulée de près
de 176 km2. Deux régions concentrent près de la moitié de ces
bâtiments : la Nouvelle-Aquitaine (29 %) et les Hauts-de-France (20 %). Les
Outre-mer, l?Occitanie et les Pays de la Loire en concentrent environ 8 %
chacun et Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Bretagne environ 6 %. À l?échelle
locale, les communes les plus exposées sont par ordre décroissant : Dunkerque,
Bordeaux, Calais, Le Havre, Cherbourg-en-Cotentin, Saint-Paul à La
Réunion et Arles.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
52 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
EMPRISE COMMUNALE DES HABITATIONS SANS ÉTAGE LOCALISÉES DANS L'EAIP
PAR SUBMERSION MARINE EN 2022
Emprise au sol
des habitations sans étage
exposées (en m2)
695 689
102 153
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;IGN,BDTopo®3.0.Traitements:SDES,2022
À l?échelle de la France, les habitations sans étage localisées dans l?EAIP par
submersion marine représentent une emprise totale d?environ 30 km2. Les
occupants de ces habitations sont particulièrement exposés lors d?événements
soudains. Les Pays de la Loire concentrent près de 30 % de ces habitations,
suivis par la Nouvelle-Aquitaine (26 %). La répartition dans les autres
territoires littoraux s?établit comme suit : les Hauts-de-France (15,2 %),
l?Occitanie (8,8 %), la Normandie (6,6 %), les Outre-mer (6,4 %). La Bretagne,
Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse totalisent ensemble environ 7 %.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 53
NOMBRE D'ÉTABLISSEMENTS PROFESSIONNELS PRÉSENTS DANS L'EMPRISE
DE L?EAIP PAR SUBMERSION MARINE EN 2022
Nombre d'établissements
professionnels exposés
2 632
461
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;IGN,BDTopo®3.0;DGPR,Gaspar,2021.
Traitements:SDES,2022
Un peu moins de 72 000 établissements professionnels se situent dans l?EAIP
par submersion marine, soit dix fois moins que dans l?EAIP par débordement
de cours d?eau. Trois régions concentrent près de deux tiers de ces
entreprises : la Nouvelle-Aquitaine (26 %), les Hauts-de-France (22 %) et la
Normandie (17 %). En outre, quatre régions métropolitaines (Bretagne,
Occitanie, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d'Azur), ainsi que les Outre-
mer, en rassemblent entre 6 % et 8 % chacune.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
54 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
RÉPARTITION DES SITES SEVESO LOCALISÉS EN PARTIE OU EN TOTALITÉ DANS
L'EAIP PAR SUBMERSION MARINE PAR RÉGION ET SELON LEUR CATÉGORIE, EN 2022
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Hauts-de-France
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Occitanie
Pays de la Loire
Bretagne
Corse
Martinique
Mayotte
La Réunion
Guyane
Guadeloupe
En nombre de sites
0 5 10 15 20 25 30 35
Sites Seveso seuil haut localisés
par submersion marine
en totalité ou en partie dans l?EAIP en totalité ou en partie dans l?EAIP
Sites Seveso seuil bas localisés
par submersion marine
Champ:France;sitesSevesohorsinstallationsnucléaires.
Sources :DGPRetCETEMéditerranée,EAIP2011;DGPR,novembre2023,établissementsSeveso.
Traitements:SDES,2023
Les interactions entre les aléas naturels et les établissements industriels à
risques peuvent constituer des risques dits « NaTech » (naturels/
technologiques). Ainsi l?inondation d?un établissement Seveso peut être à
l?origine d?accidents dont les conséquences portent atteinte, à l?extérieur de
l?emprise du site industriel, aux personnes, aux biens ou à l?environnement.
Fin 2022, parmi les sites Seveso ne relevant pas de la catégorie des
installations nucléaires, 114 ont une emprise couverte en partie ou en totalité
par l?EAIP par submersion marine : seuil haut (64 %), seuil bas (36 %). La
majorité de ces installations sont localisées dans les régions Normandie,
Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France et Provence-Alpes-Côte d?Azur. Ces
sites sont répartis dans 53 communes ; 23 d?entre elles ont au moins deux
sites concernés par cette enveloppe.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 55
Prévention des inondations
COMMUNES ET POPULATION COUVERTES PAR UN PPRI*
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
En %
Part des communes ayant tout ou partie de
leur population exposée au risque inondation
couvertes par un plan de prévention des risques
Part de la population exposée
au risque inondation couverte
par un plan de prévention des risques
DROM France métropolitaine
* Plan de prévention des risques inondation ou plan de prévention mutirisques avec la composante inondation.
Notedelecture:34,7%descommunesdeFrancemétropolitaineayantaumoinsunhabitantrésidantdans
unedesEAIPsontdotéesd'unplandepréventiondesrisques.74,3%delapopulationrésidantdansaumoins
unedesEAIPenFrancemétropolitaineestcouverteparunplandepréventiondesrisques.
Champ:France.
Sources :Insee,2019;DGPR,Gaspar,juillet2023;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
En 2023, un peu moins d?un tiers des communes françaises (10 795 en
France métropolitaine et 96 dans les DROM) ayant leur territoire couvert en
totalité ou en partie par une EAIP sont dotées d'un plan de prévention des
risques inondation (PPRI) ou d?un plan de prévention multirisques avec l?aléa
inondation. Parmi les communes exposées à l?aléa inondation par
débordement de cours d?eau et sans plan de prévention des risques,
721 communes, dont 11 dans les DROM, ont prescrit l?élaboration d?un tel
document.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
56 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
COMMUNES ET POPULATION COUVERTES PAR UN PPR TRAITANT DE L'ALÉA
SUBMERSION MARINE
70
60
50
40
30
20
10
0
En %
par un plan de prévention des risques littoraux
DROM France métropolitaine
Part de la population exposée résidant
dans l?EAIP par submersion marine couverte
parun plan de prévention des risques traitant
de l'aléa submersion marine
Part des communes exposées à l'aléa inondation
par submersion marine couvertes par
de l'aléa submersion marine
Notedelecture:24,7%descommunesdeFrancemétropolitaineayantaumoinsunhabitantrésidant
dans l'EAIP par submersion marine sont dotées d'un plan de prévention des risques traitant de cet aléa.
60,7%delapopulationrésidantdanscetteEAIPenFrancemétropolitaineestcouverteparunplande
prévention des risques.
Champ:France.
Sources :Insee,2019;DGPR,Gaspar,décembre2023;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
En 2023, près de 26 % des communes françaises (374 en France
métropolitaine et 43 dans les DROM) ayant leur territoire couvert en totalité
ou en partie par l'EAIP par submersion marine sont dotées d'un plan de
prévention des risques littoraux (PPRL) ou d'un plan de prévention
multirisques avec l?aléa submersion marine. Parmi les communes exposées
à l'aléa inondation par submersion marine et sans plan de prévention des
risques, 82 communes, dont 25 dans les DROM, ont prescrit l'élaboration
d'un tel document.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 57
Territoires à risque important
d?inondation
LOCALISATION DES TERRITOIRES À RISQUE IMPORTANT D?INONDATION EN 2023
0 50 km
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
TRI
Source : MTECT, Gaspar, 2023. Traitements : SDES, 2023
Construite à l?occasion de la mise en oeuvre de la directive européenne
inondation, la stratégie nationale de gestion des risques d'inondation propose
une approche globale et intégrée de la gestion de ce risque naturel.
En 2023, 124 territoires à risque important d?inondation (TRI) délimitent les
secteurs les plus exposés correspondant sensiblement aux grandes
agglomérations. Ces territoires recouvrent environ 2 560 communes (soit 7,3 %
des communes françaises). Les TRI concentrent près de 29,8 Mhab permanents,
dont 40 % résident dans au moins une EAIP. 35 TRI présentent à la fois les
enjeux « inondation par submersion marine » et « inondation par débordement
de cours d?eau » : 12 se situent sur les côtes de la mer Méditerranée, 9 sur celles
de l?océan Atlantique, 3 sur celles de la Manche et 11 en outre-mer.
https://www.ecologie.gouv.fr/prevention-des-inondations#scroll-nav__1
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
58 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE D'ACTIFS AYANT UN EMPLOI RÉSIDANT DANS LES TRI* EN 2018
En nombre d'actifs ayant un emploi
10
8
au
tre
s T
RI
6 000 000
5 000 000
4 000 000
3 000 000
2 000 000
1 000 000
0
Île
-d
e-
Fr
an
ce
Ly
on Lil
le
To
ulo
us
e
M
ar
se
ille Nice
Nan
te
s
Bor
dea
ux
Gre
no
ble
Bas
sin
d
e l
a V
ila
ine
M
on
tp
ell
ier
Avig
no
n
Stra
sb
ou
rg
Rou
en
Aix-
Salo
n
To
ulo
n
*Territoiresàrisqueimportantd?inondation.
Note:bassindelaVilainesurtroisdépartementscontigus:35,44,56.
Champ:France,horsMayotte.
Sources :DGPR,Gaspar,2022;Insee,recensementdelapopulation,Emploi-Populationactiveen2018.
Traitements:Cerema,2018;SDES,2022
Selon le recensement de la population de 2018, 14,3 millions d'actifs ayant
un emploi (soit 54 % de l'ensemble) résident dans un TRI, sans que pour
autant leur emploi se situe dans une EAIP. Le TRI de la métropole francilienne
en concentre à lui seul un quart. Quinze autres TRI, parmi lesquels figurent
en tête ceux de Lyon, Lille, Toulouse et Marseille, en totalisent 35 %. Les
40 % restant se répartissent dans les 108 autres TRI.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 59
COUVERTURE DES TRI* PAR UN PPRI** EN 2023
En %
0 20 40 60 80 100
Part de la population des TRI résidant dans au moins une EAIP
Part des communes des TRI dotées d'un PPRI
Part de la population des TRI résidant dans au moins une EAIP couverte par un PPRI
Martinique
La Réunion
Guyane
Guadeloupe
Corse
Centre-Val de Loire
Île-de-France
Grand Est
Bourgogne-Franche-Comté
Normandie
Occitanie
Auvergne-Rhône-Alpes
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Pays de la Loire
Nouvelle-Aquitaine
Bretagne
Hauts-de-France
Mayotte
*Territoiresàrisqueimportantd?inondation.
**Plan de prévention des risques inondation.
Notedelecture:en2023,18,6%deshabitantsdeBretagnerésidantdansunTRIhabitentdansaumoins
uneEAIP.48,8%descommunesdeBretagneintégréesdansunTRIsontdotéesd?unplandepréventiondes
risquesd?inondation,cequiconcerne60,5%delapopulationdesTRIexposéesauxrisquesinondationpar
débordementdecoursd?eauouparsubmersionmarine.
Champ:France.
Sources :DGPR,Gaspar,2023;Insee,2019;Cerema,2023.Traitements:SDES,2023
En 2023, 80 % des communes faisant partie d?un TRI sont dotées d?un plan
de prévention des risques inondation opposable. Ces communes regroupent
86 % de la population résidant dans au moins une EAIP au sein d?un TRI.
Parmi les 506 communes situées dans un TRI ne disposant pas d?un PPRI,
l?élaboration est prescrite pour 96.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
60 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Programmes d?actions de prévention
des inondations
Le programme d?actions de prévention des inondations (PAPI) est un outil
de contractualisation avec un soutien financier de l?État (via le fonds de
prévention des risques naturels majeurs, dit fonds Barnier) qui vise une
gestion globale des inondations afin de réduire leurs conséquences
dommageables sur la santé humaine, les biens, les activités économiques
et l?environnement.
Le dispositif PAPI incite les collectivités à structurer leurs démarches de
prévention à l?échelle de bassins de risque cohérents en déclinant les
différents volets de la prévention des inondations autour de sept axes :
? amélioration de la connaissance et de la conscience du risque ;
? surveillance, prévision des crues et des inondations ;
? alerte et gestion de crise ;
? prise en compte du risque d?inondation dans l?urbanisme ;
? réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens ;
? ralentissement des écoulements ;
? gestion des ouvrages de protection hydraulique.
La démarche PAPI s?effectue en deux temps : un programme d'études
préalables, anciennement appelé « PAPI d?intention », est d?abord établi,
suivi d?un programme d?actions, ou « PAPI complet », comprenant les
mesures structurelles.
Dispositifs intégrateurs des actions de prévention menées par les
collectivités territoriales, les PAPI participent pleinement à la mise en oeuvre
de la stratégie nationale de gestion des risques d?inondation (SNGRI). Sur
les TRI, les PAPI font effet de déclinaison opérationnelle des stratégies
locales de gestion des risques d?inondation (SLGRI). Au 1er décembre 2023,
245 projets labellisés couvrent environ 16 500 communes : 121 concernent
des programmes d'études préalables (1re phase du PAPI) et 124 concernent
des PAPI.
partie 2 : inondations : sinistralité, exposition et prévention
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 61
COMMUNES ET POPULATION EXPOSÉES AUX RISQUES D'INONDATION RÉSIDANT
DANS UN TRI* ET COUVERTES PAR UNE SLGRI** OU UN PAPI*** EN 2022
TRI avec PAPI seul
TRI avec SLGRI seul
TRI avec SLGRI et PAPI
TRI sans SLGRI et PAPI
En %
0,9
1,72,5
Communes
Population
25
22,7
73,1
71,7
*Territoiresàrisqueimportantd'inondation.
** Stratégie locale de gestion des risques inondation.
*** Programme d'actions de prévention des inondations.
Notedelecture:71,7%descommunessituéesdansunTRIdisposeàlafoisd'uneSLGRIetd'unPAPI.Cela
concerne73,1%delapopulationexposéeauxrisquesd'inondationetrésidantdansl'ensembledesTRI.
Champ:France.
Sources :DGPR,Gaspar,2022;DGPR,SAFPA,2022.Traitements:SDES,2023
72,6 % des communes identifiées comme étant les plus exposées aux
inondations (soit 1 852 communes identifiées TRI) bénéficient d?un PAPI,
96,7 % (soit 2 467 communes) d?une SLGRI.
71,7 % des communes en TRI disposent des deux dispositifs. Cela
représente 1 830 communes, dans lesquelles vivent 8,6 millions d?habitants
résidant dans au moins une EAIP.
62 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 3
Risques naturels
terrestres
? De multiples aléas naturels terrestres exposent
les territoires de la France à des événements potentiellement
dangereux ou dommageables : mouvements de terrain,
phénomènes telluriques (sismicité et volcanisme),
avalanches, feux de forêts, risques d?origines glaciaire
et périglaciaire. Parmi les mouvements de terrain figure
le phénomène de retrait-gonflement des argiles, deuxième
poste d?indemnisation au titre du régime catastrophes
naturelles. Les feux de végétation comme les aléas
de montagne sont particulièrement sensibles aux épisodes
météorologiques extrêmes observés dans le contexte
de changement climatique.
partie 3 : risques terrestres
64 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Mouvements de terrain hors retrait-
gonflement des argiles
INDEMNISATIONS ANNUELLES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES ASSURÉS
MOUVEMENT DE TERRAIN DE 1995 À 2019
En M¤2022
19
95
140
120
100
80
60
40
20
0
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
20
10
20
11
20
12
20
13
20
14
20
15
20
16
20
17
20
18
20
19
81
4 7
18
59
49 54
11
4 4 6 2
14
25 24
132
13 8
33 36
21
29
6
19
50
Note:coûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourlephénomène
naturel«mouvementdeterrain»(horssécheressegéotechnique)enFrance,agrégéssurlapériode1995-
2019.Cescoûts,netsdetoutefranchise,neconcernentquelesbiensassurésautresquelesvéhicules
terrestresàmoteur.
Champ:France,horsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023
Le régime d'assurance des catastrophes naturelles prend en charge
l'indemnisation des dommages liés aux mouvements de terrain d'origine
naturelle après reconnaissance de l?état de Cat-Nat. Depuis 2000, tous les
types de mouvement de terrain (effondrement, glissement, chute de blocs,
éboulements), excepté le retrait-gonflement des argiles, sont regroupés sous
l'appellation unique « mouvements de terrain ».
Sur la période 1995-2019, le cumul des indemnisations versées au titre
des mouvements de terrain, hors retrait-gonflement des argiles, s?élève à
700 M¤2022, soit une moyenne annuelle de 28 M¤. Si la sinistralité apparaît
relativement modérée pour ce risque, plusieurs années se distinguent
cependant par des dommages assurés plus importants : 1995, 1999-2001,
et 2010 (à la suite de la tempête Xynthia sur le littoral atlantique).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 65
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS MOUVEMENT DE TERRAIN PAR DÉPARTEMENT, DE 1995 À 2019
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Saint-Barthélémy
0 50 km
0
< 0,25
0,25 - 0,5
0,5 - 1
> 1
Saint-Martin
Coût moyen
(en M¤2022)
Note:horsphénomènenaturel«sécheresse».
Champ:France,horsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
Cinq départements de France métropolitaine (Alpes-Maritimes, Charente-
Maritime, Hautes-Pyrénées, Haute-Savoie, Var, Vendée), ainsi que Saint-
Martin dans les Outre-mer font l?objet d?une sinistralité moyenne annuelle
supérieure à 1 M¤2022.
partie 3 : risques terrestres
66 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
DENSITÉ DE MOUVEMENTS DE TERRAIN PAR DÉPARTEMENT
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Plus de 3,8
Entre 2,9 et 3,8
Entre 1,4 et 2,9
Entre 0,6 et 1,4
Moins de 0,6
Densité
de mouvements
de terrain
(nombre / 10 km2)
Absence de données
Notes:phénomènesnaturelsconcernés:glissement,chutedeblocs/éboulement,coulée,effondrement,
érosiondeberges.Cerecensement,réaliséhorsretrait-gonflementdesargiles,estincompletpourles
départementsdeNormandie.Densitécalculéesuruntotalde65200mouvementsdeterrainenregistrésentre
1900et2019.
Champ:France,horsMayotte.
Source :BRGM,BDMVT,2020.Traitements:SDES,2020
Omniprésent sur le territoire, le risque lié aux mouvements de terrain
dépend fortement de la géologie : glissements de terrain, chutes de blocs
et éboulements rocheux, effondrements de cavités souterraines naturelles
(dissolution de gypse ou cavités karstiques) ou anthropiques (anciennes
carrières souterraines, caves, etc.), retrait-gonflement des argiles.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 67
NOMBRE DE MOUVEMENTS DE TERRAIN AYANT CAUSÉ DES DÉCÈS PAR
CATÉGORIE, ENTRE 1900 ET 2021
Éboulements
Glissements de terrain
Effondrements
Coulées de boue
Chutes de pierres
Autres mouvements de terrain
129
30
76
24
6
2
17
6
1
3
2 1
Nombre de morts
et disparus
Nombre de mouvements
de terrains
Notedelecture:depuis1900,17éboulementsontfait129morts.
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Entre 1900 et 2021, plus de 65 200 mouvements de terrain (hors retrait-
gonflement des argiles) ont été recensés en France. Cinq départements en
comptent plus de quatre pour 10 km2 (Somme, Pyrénées-Orientales, Lozère,
Loiret, Martinique). Les effondrements de cavités prédominent (39 %), devant
notamment les glissements de terrain (26 %) et les chutes de blocs (23 %).
Parmi les 532 événements naturels dommageables recensés en France
entre 1900 et 2021, 28 concernent des mouvements de terrain hors retrait-
gonflement des argiles. Ils totalisent 261 victimes. Parmi ces catastrophes,
huit accidents très graves ont causé entre 10 et 99 morts.
Certains mouvements de terrain peuvent être catastrophiques. Ainsi,
l?écroulement survenu en 1248 sur la face nord du Mont Granier en Isère,
emportant 500 millions de m3 (Mm3) de roches, a détruit plusieurs villages et
fait plusieurs milliers de victimes. En 2016, une série d?éboulements de plus
de 50 000 m3 est survenue, à l?origine notamment de l?endommagement
d?infrastructures routières. Les volumes instables sont estimés à près de
800 000 m3.
partie 3 : risques terrestres
68 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Cavités souterraines
La géologie et l?histoire de la France expliquent la présence de 173 800 cavités
souterraines, dont la taille varie de celle d?une cave (quelques m2) à celle
d?une ancienne carrière souterraine (plusieurs dizaines d?hectares - ha). Dès
la fin de leur exploitation par l?homme, ces cavités sont le siège d'une
évolution lente mais inéluctable entraînant des mouvements de terrains. Leur
ampleur et leur brutalité dépendent de la géométrie, de la profondeur, de la
nature du sous-sol, de l?âge et de l?entretien des cavités. Ces mouvements
se traduisent par des affaissements, des effondrements localisés (fontis) ou
généralisés. En l?absence de stabilisation par des travaux de confortement,
le terrain peut s?avérer inconstructible ou dangereux pour les constructions
existantes.
Les accidents mortels sont très rares, mais quelques décès sont
néanmoins recensés : 21 à Clamart (Hauts-de-Seine) en 1961, 1 à Neuville-
sur-Authou (Eure) en 2001 et 2 à Pouancé (Maine-et-Loire) en 2002.
Parmi l?ensemble des cavités dont l?origine est connue, 54 % sont des
cavités anthropiques (hors mine) : ouvrage militaire ou civil souterrain, cave
(remise, activité agricole, voire industrielle), habitat troglodytique, carrière
souterraine. Ces dernières, très nombreuses en Île-de-France et dans le
Centre-Val de Loire (pierre à bâtir, gypse) sont liées à l'urbanisation ancienne.
Le reste des cavités (46 %) sont des cavités naturelles provenant
principalement de la dissolution des roches carbonatées (calcaires, dolomies,
craie, etc.) ou sulfatées (gypse, etc.) à la suite des circulations d'eau dans
les zones calcaires (Alpes, Jura, Pyrénées, Causses) et les zones gypseuses
(agglomération parisienne). La diversité de ce type de cavités dépend de leur
nature (karsts calcaires, cavités volcaniques, grottes marines, etc.) et de leurs
dimensions.
Le changement climatique est de nature à accroître le risque
d?effondrement des cavités souterraines. En effet, les variations des nappes
d?eaux souterraines (hausse des pluies exceptionnelles ou d?hiver, baisse
des pluies d?été) peuvent affecter la résistance des roches et des structures
des cavités (toit, soutènement maçonné).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 69
DENSITÉ DE CAVITÉS SOUTERRAINES PAR DÉPARTEMENT
?
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Plus de 20
Entre 10 et 20
Entre 2 et 10
Densité de cavités
(nombre / 10 km2)
Moins de 2
Absence de données
Note:ils?agitdescavitéssouterrainesnaturellesetanthropiques(carrières,caves,galeries,ouvragescivils,
ouvrages militaires, puits).
Champ:FrancehorsParisetdépartementsdelapetitecouronneetdesYvelines,Martinique,GuyaneetMayotte.
Source :BRGM,BDCavités,2022.Traitements:SDES,2022
L?Eure et la Seine-Maritime regroupent un peu moins de 25 % de l?ensemble
des cavités connues. La densité exceptionnelle dans ces deux départements
(plus de 32 pour 10 km2) résulte de l?exploitation ancienne de carrières
(pierre à chaux, pierre de taille calcaire) et surtout de marnières (petites
carrières souterraines de craie pour amender les champs). A contrario, un
peu plus de la moitié des départements ont une densité de cavités inférieure
à 2 pour 10 km2.
partie 3 : risques terrestres
70 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
COMMUNES EXPOSÉES AU RISQUE D?AFFAISSEMENT OU D?EFFONDREMENT
DE CAVITÉ SOUTERRAINE EN ÎLE-DE-FRANCE
Zones de carrières souterraines
Zone de dissolution du gypse antéludien
Gypse Calcaire Craie
Arrêté interpréfectoral du 25/09/1977
Zones sous-minées en petite couronne
Val-d?Oise
Seine-
Saint-Denis
Yvelines
Essonne
Paris
Hauts-
de-Seine
Val-de-Marne
Communes exposées
aux anciennes carrières
et marnières
0 10 km
0 20 km
Note:lazonededissolutiondespochesdegypseantéludienforméilyaplusde37millionsd?années(buttes
au nord de Paris, nord de la Seine-et-Marne, sud-est de Meaux) est également délimitée comme secteur
àrisquesàParisetdansprèsd?unequinzainedecommunesdelaSeine-Saint-Denis.Cettezonedéfinie
parl?arrêtéinterpréfectoraldu25septembre1977vautplandepréventiondesrisquesnaturelsprévisibles,
enapplicationdel?articleL.562-2duCodedel?environnement.
Source :BRGM,IGC,2017.Traitements:©L?institutParisRégion,2021
L'exploitation ancienne des matériaux de construction (calcaire, gypse,
craie, etc.) a laissé des vides dans le sous-sol francilien. Plus de la moitié
des communes de Paris et de la petite couronne est concernée
(2 620 hectares), sur des surfaces très variables, de quelques centaines
de m² à plusieurs dizaines d?hectares, comme dans le Sud parisien
(anciennes exploitations de calcaire). Ces zones sous-minées sont
urbanisées à plus de 94 % et construites à plus de 70 %. En 1961, une
carrière de craie s?est ainsi effondrée à Clamart (Hauts-de-Seine) sur 8 ha,
emportant un quartier sur plus de 3 m de profondeur, plusieurs maisons, et
faisant 21 victimes.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 71
RÉPARTITION ET DENSITÉ DES ZONES SOUS-MINÉES PAR DÉPARTEMENT ET TYPE
DE MATÉRIAUX, HORS MARNIÈRE, EN ÎLE-DE-FRANCE
En nombre
Hau
ts-
de-
Sein
e
1 000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
Par
is
Yve
lin
es
Va
l-d
'O
ise
Va
l-d
e-
M
ar
ne
Sein
e-
et
-M
ar
ne
Sein
e-
Sain
t-D
en
is
Ess
on
e
En densité (ha/km2)
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Calcaire Craie Gypse Autres matériaux Densité
678
28
168
1
762
68
58
459
256
10
274
1
1
368
1
86
522
514 306
1
Note:leszonessous-minéescorrespondentessentiellementàd?anciennescarrièressouterraines.
Champ:inventaireincompletenSeine-et-Marne.
Source :BRGM,IGC,2017.Traitements:©L?InstitutParisRégion,2022
Les départements de la grande couronne sont également
exposés : exploitations de calcaires et de craie sur les coteaux de la vallée
de la Seine ou de la vallée de l?Oise, de marnières dans le sud des Yvelines
et surtout de gypse sur les différentes buttes au nord de Paris. En ajoutant
à la petite couronne les 790 ha de terrains sous-minés dans les Yvelines,
les 645 ha du Val-d'Oise et les 2 ha de l'Essonne, ce sont plus de 4 050 ha
de terrains répartis sur près de 300 communes qui sont affectés par la
présence d'anciennes carrières. Ces exploitations connues font l?objet d?un
suivi très rigoureux par les Inspections générales des carrières de Paris et
de Versailles. La présence d?anciennes carrières est également avérée sur
près de 120 communes en Seine-et-Marne (exploitations de gypse sur
environ 515 ha, etc.). Si la densité moyenne de zones sous-minées en
Île-de-France est relativement modeste (moins de 0,5 ha/km2), Paris se
détache (8 ha/km2), suivi par les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.
partie 3 : risques terrestres
72 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Glissements de terrain
Les glissements de terrain surviennent lors du déplacement gravitaire de
sols ou de roches déstabilisés par des phénomènes naturels (climatiques,
géomorphologiques ou géologiques), ou encore par les activités humaines.
Depuis 1900, 30 glissements de terrain ont été recensés, dont 24
associés à d?autres risques naturels, comme les inondations par crue
torrentielle ou par crue rapide, le ruissellement ou les coulées de boue (cas
notamment des inondations de 2020 dans les Alpes-Maritimes). Onze de
ces glissements de terrains se sont déroulés en outre-mer. Au total, ces
30 glissements de terrains sont à l?origine de 201 décès.
Certains glissements de terrain majeurs actifs font l?objet d?une
surveillance particulière :
? La Clapière dans les Alpes-Maritimes (50 Mm3) ;
? Ruines de Séchilienne en Isère (4 Mm3) ;
? Super-Sauze dans les Alpes-de-Haute-Provence (1 Mm3).
Aux Antilles et à La Réunion, les terrains argileux sur fortes pentes et les
pluies tropicales abondantes favorisent l?évolution des glissements de terrain
en coulées de boue ou en laves torrentielles. Le glissement de Grand-Ilet à
Salazie (La Réunion) est ainsi l?un des plus grands glissements de terrain
actif au monde, du fait de sa taille exceptionnelle (plus de 350 Mm3) et du
nombre d?habitants exposés (plus de 1 000). Les terrains argileux, de blocs
et de graviers d?une centaine de mètres d?épaisseur glissent au-dessus des
matériaux issus des anciennes coulées de lave dans le fond du cirque. Les
vitesses de déplacement varient sous l?effet de la gravité, du niveau des eaux
souterraines et des pluies : moins de 15 cm/an (arrière du glissement), de
15 à 30 cm/an (centre), de 30 à 55 cm/an (avant).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 73
SENSIBILITÉ AUX GLISSEMENTS DE TERRAIN
0 50 km
Très élevé
Élevé
Moyen
Niveau de
sensibilité
Faible
Très faible
Note:lasensibilité(aléa)estestiméeencombinantlatopographie,lanaturedesrochesetl?occupationdusol.
Sources :BGR-CNR-IRPI-CNRS-EOST-EC-JRC,EuropeanLandslideSusceptibilityMapversion2
(ELSUSv2),d?aprèsWilde,M.etal.,Pan-Europeanlandslidesusceptibilitymapping:ELSUSVersion2.
Traitements:SDES,2019
En France métropolitaine, environ 20 % du territoire a une sensibilité élevée
ou très élevée aux glissements de terrain. La sensibilité est estimée faible
ou très faible pour deux tiers du territoire et moyenne pour environ 14 %.
Les zones de montagne (Alpes, Corse, Massif central, Pyrénées, Vosges)
sont particulièrement sensibles. En Corse, Provence-Alpes-Côte d?Azur et
Auvergne-Rhône-Alpes, la sensibilité élevée aux glissements de terrain
concerne plus de 45 % du territoire.
partie 3 : risques terrestres
74 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Risque rocheux et chutes de blocs
NOMBRE D?ÉVÉNEMENTS LIÉS AU RISQUE ROCHEUX ET CHUTES DE BLOCS
RECENSÉS DANS LES ALPES ENTRE 1900 ET 2019, PAR GRAVITÉ
Perturbation
Dommages aux
équipements routiers
Dommages aux
équipements ferroviaires
Dommages
aux bâtiments
Victimes
(blessés ou morts)
Dommages forestiers
Perturbation
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
En nombre d?événements ayant causé des dommages
Route atteinte
Voie de chemin
de fer atteinte
Zone urbanisée atteinte
Forêt atteinte
Véhicule routier atteint
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000 3 500 4 000 4 500
En nombre d?événements ayant atteint des enjeux
Train atteint
172
158
97
31
26
16
14
4 148
608
220
113
59
1
du tra?c ferroviaire
du tra?c routier
Source :basededonnéesévènementielledurisquerocheuxdanssixdépartementsdesAlpesfrançaises
(Alpes-de-Haute-Provence,Hautes-Alpes,Alpes-Maritimes,Isère,Savoie,Haute-Savoie)-C2ROP-Inrae
au1erjanvier2020(Conseilsdépartementaux,MétropoleNiceCôted?Azur,SNCF,RTM,ONF,MTES).
Traitements:SDES,2022
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 75
Dans les Alpes françaises, près de 8 180 événements du type risque rocheux
ont été recensés entre 1900 et 2019. Trois départements concentrent 71 %
de ces événements dommageables : les Alpes-Maritimes (33 %), l?Isère
(20 %), et la Savoie (18 %). Parmi les 860 communes concernées,
4 communes des Alpes-Maritimes (Utelle, Fontan, Rigaud, Breil-sur-Roya)
concentrent 8 % des événements.
Près de 63 % des événements recensés ont atteint des enjeux : route
(50 %), voie de chemin de fer (7 %), zone urbanisée (3 %), forêt ou véhicule
routier (1 % chacun).
6 % des événements ont causé des dommages, principalement sur les
réseaux routiers (impact direct sur des véhicules, poinçonnement de
chaussée, endommagement de glissières, de panneaux ou d?ouvrages de
protection) ou ferroviaires (impact direct sur un train, ruptures de câbles, de
dispositif de détection ou des rails tordus). La gravité de ces dommages va
de la simple perturbation momentanée du trafic jusqu?à la coupure complète
du réseau durant plusieurs mois. Les victimes recensées (26 blessés ou
morts) et les dommages aux bâtiments (31 événements) sont peu nombreux.
En haute altitude, l?évolution du risque rocheux et des chutes de blocs
associées peut être reliée à la fonte du permafrost et au réchauffement
climatique. Ce lien est moins clair aux altitudes inférieures où se concentrent
les zones urbanisées et les populations potentiellement vulnérables.
partie 3 : risques terrestres
76 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Retrait-gonflement des argiles
INDEMNISATIONS VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES ASSURÉS AU TITRE DE LA
SÉCHERESSE GÉOTECHNIQUE DE 1995 À 2019
En M¤2023
19
95
2 000
1 500
1 000
500
0
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
20
10
20
11
20
12
20
13
20
14
20
15
20
16
20
17
20
18
20
19
243
Coût sécheresse géotechnique Incertitudes sécheresse géotechnique
815
561
690
132 98 16
357
1 816
49
502
165238
77
298
46
855
191
9 23
81
30
895
118
1 097
205
1 665
174
990
141
Note:cescoûts,netsdetoutefranchise,neconcernentquelesbiensassurés.Lesincertitudesdesannées
2015à2019proviennentdufaitquecesexercicesnesontpasconsolidéspourlephénomènenaturel
«sécheressegéotechnique».
Champ:Francemétropolitaine.
Source :CCR,2023
Le phénomène « sécheresse géotechnique » (dit aussi retrait-gonflement
des argiles) représente le second risque naturel auquel le territoire
métropolitain est soumis depuis le milieu des années 1990. Les dommages
sur un bâtiment à la suite de mouvements du sol dus à la sécheresse sont
pris en charge depuis 1989 par le régime des catastrophes naturelles au titre
des « mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à
la réhydratation des sols ».
La sinistralité cumulée atteint un peu plus de 12 Md¤2023 sur la période
1995-2019, ce qui représente une moyenne annuelle d?environ 480 M¤.
L?année 2003 est une année exceptionnelle, marquée par des records de
chaleur durant l?été ; les indemnisations liées aux dommages assurés
associés à ce phénomène s?élèvent à près de 1,8 Md¤.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 77
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS AU TITRE DE LA SÉCHERESSE GÉOTECHNIQUE PAR DÉPARTEMENT,
DE 1995 À 2019
?
0 50 km
0
< 0,2
0,2 - 1
Coût moyen
(en M¤2022)
1 - 2
2 - 5
> 5
Champ:Francemétropolitaine.
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
La majorité des départements de Nouvelle-Aquitaine et du pourtour
méditerranéen, la région Île-de-France et une grande partie du centre de
la France font l?objet d?une forte sinistralité vis-à-vis du phénomène
« sécheresse géotechnique ». Certains départements du Nord et de l?Est
sont également concernés, mais de façon plus récente (surtout depuis
2016). Entre 2016 et 2018, les dommages assurés pour ce phénomène
semblent suivre une tendance à la hausse.
partie 3 : risques terrestres
78 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE MAISONS INDIVIDUELLES EXPOSÉES AU RETRAIT-GONFLEMENT
DES ARGILES FORT OU MOYEN
Nombre
de maisons
individuelles exposées
55 000
27 500
0 50 km
Note:croisementdunouveauzonagedel?expositionauretrait-gonflementdesargilesréalisédanslecadre
delaloiElan(article68)etdesinformationsInseeportantsurlesmaisonsindividuelles.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :BRGM,2019;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
48 % du territoire métropolitain est fortement ou moyennement exposé au
risque de retrait-gonflement des argiles, 24 % est faiblement exposé et 28 %
non exposé. 10,4 millions de maisons individuelles (soit 54 % de l?habitat
individuel) sont exposées fortement ou moyennement au retrait-gonflement
des argiles. Parmi elles, près de la moitié (4,6 millions) a été bâtie après 1976,
20 % entre 1946 et 1975 et 36 % avant 1946.
Dans les zones d?exposition forte ou moyenne au retrait-gonflement des
argiles, des dispositions constructives de prévention du risque de « sécheresse
géotechnique » pour les nouvelles constructions s?imposent réglementairement.
L?analyse des sinistres sécheresse géotechnique indemnisés depuis la
mise en place du régime Cat-Nat survenus en zone d?exposition forte ou
moyenne selon les périodes de construction des maisons révèle par ailleurs
la vulnérabilité des maisons les plus récentes. Celles bâties après 1976
représentent ainsi 58 % des sinistres, contre 11 % pour celles avant 1921,
7 % de 1921 à 1945 et 24 % de 1946 à 1975.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 79
MAISONS INDIVIDUELLES DE PLAIN-PIED EN ÎLE-DE-FRANCE SELON LE NIVEAU
D?EXPOSITION AU RETRAIT-GONFLEMENT DES ARGILES
En nombre de maisons
Sein
e-
et
-M
ar
ne
120 000
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
Ess
on
e
Va
l-d
'O
ise
Yve
lin
es
Sein
e-
Sain
t-D
en
is
Va
l-d
e-
M
ar
ne
Hau
ts-
de-
Sein
e
Aléa faible Aléa moyen Aléa fort
Sources :BRGM,2019;DGFiP,Majic,2019.Traitements:©L?institutParisrégion,2021
Près de 77 % du territoire francilien (hors Paris) se situe en zones d?exposition
moyenne à forte au retrait-gonflement des argiles. Dans ces zones,
350 000 maisons individuelles de plain-pied se révèlent ainsi potentiellement
exposées. Plusieurs milliers de maisons ont déjà été sinistrées par les vagues
de sécheresse passées (1989-1991, 2003-2007 ou 2017-2018).
En Île-de-France, les coûts moyens annuels des dommages assurés
phénomène naturel « sécheresse géotechnique » se sont élevés à 62 M¤
entre 1995 et 2016. Le coût moyen d?un sinistre sécheresse est estimé à
21 000 ¤ par maison affectée en France entre 1990 et 2015 (CCR). Ces
coûts sont susceptibles de s?accroître sous l?effet du changement climatique,
en lien avec l?augmentation du nombre et de l?intensité des épisodes de
sécheresse.
partie 3 : risques terrestres
80 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Prévention des mouvements de terrain
NOMBRE DE COMMUNES COUVERTES PAR UN PPRN* MOUVEMENTS DE TERRAIN
PAR TYPE D?ALÉA, EN 2023
Tassements différentiels
Glissements de terrain
Éboulements ou chutes de
pierres et de blocs
Affaissements
et effondrements
anthropiques hors mines
Cavités souterraines
Avancées dunaires
PPRN mouvement de terrain opposable PPRN mouvement de terrain prescrit
PPRN multirisques opposable PPRN multirisques prescrit
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000
2 092 380 48
1 260 152 754 77
1 008 112 671 46
717 102 152 3
7 5
3 1
* Plan de prévention des risques naturels.
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Les plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) sont mis
en place pour prescrire des mesures visant à réduire l?exposition des biens
(constructions nouvelles, biens existants) et des personnes dans les zones
à risques.
Les PPRN mouvements de terrain opposables (approuvés), y compris
les PPRN multirisques, concernent plus de 6 800 communes : 2 140 pour
l?aléa « tassements différentiels » (retrait-gonflement des argiles), 2 014 pour
les glissements de terrain, 1 679 pour les éboulements ou chutes de pierres
et de blocs, 869 pour les affaissements et effondrements anthropiques hors
mines, 68 pour les cavités souterraines, 31 pour les avancées dunaires. La
part des PPRN non encore approuvés (prescrits) varie selon les types
d?aléas.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 81
RÉPARTITION DES PPRN* PAR RÉGION POUR LES QUATRE PRINCIPAUX TYPES
DE MOUVEMENTS DE TERRAIN EN 2022
En %
Tassements différentiels
Glissements de terrain
Occitanie Auvergne-Rhône-Alpes Nouvelle-Aquitaine
Provence-Alpes-Côte d'Azur Île-de-France Grand Est
Autres régions
0 20 40 60 80 100
Éboulements ou chutes de
pierres et de blocs
Affaissements et
effondrements anthropiques
hors mines
* Plan de prévention des risques naturels.
Champ:France.PPRNmouvementsdeterrainycomprisPPRNmultirisques.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Quatre régions concentrent 88 % des PPRN tassements différentiels : Occitanie
(65,5 %), Nouvelle-Aquitaine (12,5 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (5,5 %),
Centre-Val de Loire (5 %), avec toutefois des taux de couverture faible pour
les deux dernières. L?Occitanie concentre également le plus de PPRN
glissements de terrain (36,5 %), suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (25,5 %),
Nouvelle-Aquitaine (10 %), Grand Est et Provence-Alpes-Côte d'Azur (7 %
chacune). Ces régions couvrent en effet des zones montagneuses (Alpes,
Pyrénées, Massif central, Vosges).
Quatre régions concentrent plus des trois quarts des PPRN éboulements
ou chutes de pierres et de blocs : Auvergne-Rhône-Alpes (32 %), Occitanie
(31 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (12 %), Nouvelle-Aquitaine (7,5 %).
Enfin, six régions sont particulièrement concernées par les PPRN
affaissements et effondrements anthropiques hors mines : Île-de-France
(30,5 %), Occitanie (19,5 %), Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), Nouvelle-
Aquitaine (9 %), Hauts-de-France (8 %) et Grand Est (7,5 %).
partie 3 : risques terrestres
82 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Séismes en métropole et en outre-mer
INDEMNISATIONS VERSÉES LIÉES AUX DOMMAGES ASSURÉS SÉISME
DE 1995 À 2019
En M¤2022
19
95
250
200
150
100
50
0
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
20
10
20
11
20
12
20
13
20
14
20
15
20
16
20
17
20
18
20
19
5
124
29
88
70
3 2
240
Note:lescoûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourle
phénomènenaturel«séisme»enFranceneconcernentquelesbiensassurésautresquelesvéhicules
terrestresàmoteuretsontnetsdetoutefranchise.
Champ:France.
Source :CCR,2023
Sur la période 1995-2019, les indemnisations versées à la suite des
dommages assurés relatifs aux séismes s?élèvent à 560 M¤2022, dont 403 M¤
pour le territoire métropolitain, et 157 M¤ dans les Outre-mer.
Quatre années marquées par des séismes importants ont donné lieu à
des indemnisations particulièrement élevées :
? 1996, avec deux événements sismiques de magnitude de 5,2 sur l?échelle
de Richter sur le territoire métropolitain : en février à Saint-Paul-de-
Fenouillet (Pyrénées-Orientales), puis en juillet à Annecy (Haute-Savoie) ;
? 2004, avec le séisme de magnitude 6,3 sur les îles de Saintes en
Guadeloupe en novembre, séisme largement ressenti sur l?ensemble de
l?archipel de la Guadeloupe ;
? 2007, avec le séisme de magnitude 7,4 en Martinique qui a été ressenti
dans tout l?arc des Petites Antilles ;
? 2019, avec le séisme du Teil de magnitude 4,8 ressenti dans la moyenne
vallée du Rhône près de Montélimar.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 83
MOYENNE ANNUELLE DES DOMMAGES ASSURÉS POUR SÉISME
PAR DÉPARTEMENT, DE 1995 À 2019
?
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Saint-Barthélémy
0 50 km
0
< 0,5
0,5 - 2
Coût moyen
(en M¤2022)
> 2
Saint-Martin
Champ:France,horsMayotte.
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
À l?exception des départements de la Guadeloupe, de la Martinique, de la
Haute-Savoie, de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, et plus récemment
l'Ardèche et la Drôme, qui ont subi des dommages moyens annuels
supérieurs à 500 000 ¤, le reste du pays a été relativement épargné sur la
période 1995-2019. Le séisme du Teil, survenu en novembre 2019 a généré
des dommages assurés estimés à plus de 150 M¤. Ce séisme et celui de
l?ouest de la France près de Niort en 2023, qui a sans doute généré des
dommages d?un montant proche, sont venus rappeler l?exposition du
territoire métropolitain à ce risque.
partie 3 : risques terrestres
84 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES RECONNUES EN CAT-NAT SÉISME ENTRE 1982 ET 2022
En nombre de communes
19
82
350
300
250
200
150
100
50
0
19
84
19
86
1996
Séisme Saint-Paul-de-Fenouillet en février (Sud-Ouest)
Séisme d'Annecy en juillet
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
22
Notedelecture:en1996,337communesonteuunereconnaissancedecatastrophenaturelledetype
«secoussesismique»ou«séisme».
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Entre 1982, date de mise en place du régime d'indemnisation des risques de
catastrophes naturelles en France, et 2022, 782 états de catastrophe
naturelle de type « secousse sismique » ou « séisme » ont été reconnus. Sur
les 668 communes concernées, certaines ont obtenu cette reconnaissance
plusieurs fois : 77 communes plus de deux fois, et parmi elles, 13 communes
dans les Alpes plus de quatre fois.
La Guadeloupe et la Martinique sont les seuls départements classés
intégralement en zone de niveau sismique fort. Un peu moins des trois quarts
de leurs communes (soit 47 communes) ont été reconnus en état de
catastrophe naturelle « secousse sismique » ou « séisme ». Elles représentent
7 % de l?ensemble des communes concernées pour ce phénomène.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 85
SÉISMES LES PLUS DESTRUCTEURS EN FRANCE DEPUIS LE XIXE SIÈCLE
La nature imprévisible des séismes en fait des événements aux conséquences
humaines, environnementales et économiques potentiellement les plus
meurtrières et dommageables. Leurs effets peuvent être directs (effondrement
de constructions) ou indirects (glissements de terrain, tsunamis, destruction
d?infrastructures et réseaux, etc.).
Deux séismes d?intensité épicentrale supérieure à IX (destructions
massives) sont survenus en France au XIXe siècle (source:SisFrance). En
Guadeloupe, celui du 8 février 1843 a fait plus de 3 000 victimes et détruit
Pointe-à-Pitre. En Martinique, le séisme du 11 janvier 1839 a fait 261 victimes
et détruit Fort-de-France.
En France métropolitaine, le séisme du 11 juin 1909 à Lambesc (Bouches-
du-Rhône) reste le plus meurtrier et destructeur du XXe siècle : 46 victimes,
250 blessés, 1 500 constructions effondrées. Celui du Teil en Ardèche survenu le
11 novembre 2019 en zone sismique modérée est le plus puissant survenu entre
2000 et 2020 : magnitude de moment 4,8, profondeur du foyer inférieure à 1 à
2 km. Il est également le plus destructeur depuis 50 ans : 41 communes en Cat-
Nat dont un tiers fortement impacté, 17 blessés, 3 000 habitants sinistrés,
1 000 départs post-séisme, environ 12 M¤ de dommages pour les biens
communaux et 200 M¤ pour les biens privés, 850 arrêtés d?interdiction de rentrer
dans des bâtiments privés endommagés (soit 200 logements), 2 mois de gestion
de crise, risques industriel et nucléaire proches. Le séisme de La Laigne (Charente-
Maritime) du 16 juin 2023 a atteint une magnitude de moment 4,8 à 4,9, avec une
intensité épicentrale de VII (dommages significatifs) et une profondeur du foyer
de 3 km. Les conséquences de ce récent séisme ne sont pas encore complètement
évaluées mais devraient être assez proches de celles du séisme du Teil.
Selon l?inventaire de sismicité historique, 5 866 séismes ont été ressentis
entre l?an 801 et 2007 : 5 731 en France métropolitaine (BRGM/EDF/IRSN,
SisFrance,2010), 111 dans les Antilles et 24 à La Réunion (BRGM,SisFrance,
2010). Parmi les 3 126 séismes dont l?intensité est renseignée en métropole,
45 % sont d?intensité au moins égale à IV (secousse modérée à destruction
importante). Moins de 0,3 % dépasse une intensité de VIII (des dommages
aux catastrophes), et presque tous sont survenus dans les régions frontalières
des pays limitrophes. 41 % des séismes d?intensité épicentrale supérieure
ou égale à VIII se situent dans les Antilles.
partie 3 : risques terrestres
86 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
MAGNITUDE DES SÉISMES D?ORIGINE NATURELLE ENREGISTRÉS
DANS LES ANTILLES ENTRE 2014 ET 2019
0 25 km
> 6
Magnitudes
5 - 6
4 - 5
3 - 4
< 3
0 - 50
Profondeurs (km)
100 - 150
150 - 200
> 200
50 - 100
Champ:Antilles.
Source :catalogueproduitparl'OVSG-IPGPetl'OVSM-IPGP(2014-2019):doi.org/10.18715/IPGP.2022.
l3ylhaal.Traitements:SDES,2022
Les territoires antillais sont particulièrement exposés aux séismes
(Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy), en raison de
leur situation à la frontière entre les plaques nord-américaine et sud-
américaine et la plaque caraïbe. Le passage de la lithosphère atlantique
sous l?arc des Petites Antilles (subduction) peut alors engendrer de
puissants séismes.
Les observatoires volcanologiques et sismologiques des Antilles et du
Piton de la Fournaise à La Réunion observent en permanence les activités
de la Soufrière, de la Montagne Pelée et du Piton de la Fournaise.
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 87
NOMBRE DE SÉISMES PAR CLASSE DE MAGNITUDE ENREGISTRÉS
DANS LES ANTILLES ENTRE 2014 ET 2019
Guadeloupe et Martinique Mer des
Caraïbes
et océan
Atlantique
Autres
îles des
Caraïbes
Ensemble
Profondeurs Ensemble
Magnitude 0 à 50 50 à 100 100 à 150 150 à 200
< 3 4 499 9 23 39 4 570 6 567 176 11 313
3 à 4 3 - 6 2 11 1 492 32 1 535
4 à 5 1 1 - - 2 302 9 313
5 à 6 - - 1 - 1 44 - 45
> ou = 6 - - - - - 4 - 4
Ensemble 4 503 10 30 41 4 584 8 409 217 13 210
En % 34,1 0,1 0,2 0,3 34,7 63,7 1,6 100,0
Champ:Antilles.
Source :catalogueproduitparl'OVSGetl'OVSM(2014-2019):doi.org/10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal.
Traitements:SDES,2022
Entre 2014 et 2019, le territoire antillais a enregistré près de 4 600 séismes,
soit 40 % de l?ensemble des séismes enregistrés dans la zone Caraïbe durant
ces cinq années. La magnitude de ces séismes est inférieure à 3 pour 99,7 %
d?entre eux. Trois séismes ont cependant enregistré une magnitude
supérieure ou égale à 4.
La profondeur de l?épicentre du séisme est une composante
essentielle : les séismes superficiels sont en général à l?origine des
événements les plus destructeurs. 98 % des séismes enregistrés sur les
terres antillaises entre 2014 et 2019 se sont produits à moins de 50 km de
profondeur. De fortes magnitudes associées à des épicentres superficiels
peuvent être particulièrement destructeurs. Un seul séisme de magnitude
entre 4 et 5 s?est produit à moins de 50 km de profondeur entre 2014 et 2019
(séisme volcano-tectonique lié à l?activité du volcan de la Soufrière en
Guadeloupe, le 28 avril 2018).
Le territoire mahorais est soumis à une sismicité modérée. Cependant,
Mayotte a subi de nombreux séismes depuis mai 2018 en raison d?un
phénomène de type « essaim de séismes », généré par la naissance d?un
nouveau volcan sous-marin.
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
partie 3 : risques terrestres
88 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE SÉISMES PAR CLASSE DE MAGNITUDE ENREGISTRÉS EN FRANCE
MÉTROPOLITAINE ENTRE 1962 ET 2020
France métropolitaine Pays limitrophes Mers et océan
Magnitude En nombre En % En nombre En % En nombre En %
Moins de 3 47 250 98,8 14 350 99,3 2 414 95,8
Entre 3 et 4 518 1,1 89 0,6 96 3,8
Entre 4 et 5 33 0,1 7 0,0 7 0,3
Plus de 5 3 0,0 0 0,0 3 0,1
Ensemble 47 804 100,0 14 446 100,0 2 520 100,0
Note:partsdeséismesselonlespayslimitrophes:Italie(54,5%),Espagne(26,6%),Suisse(8,9%),
Allemagne(8,6%),autres(1,4%).Partsdeséismesselonlesmersetocéans:merMéditerranée(55,9%),
OcéanAtlantique(31,5%),Manche(12,6%).
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :SI-Hex(1962-2009);BCSF-RéNaSS(2010-2020);IGNBDALTI®75m.Traitements:SDES,2022
Comparée à d?autres pays du pourtour méditerranéen (Turquie, Grèce, Italie,
Roumanie, Algérie), la France métropolitaine est soumise à un risque
sismique modéré. Les séismes résultent dans cette région du lent
rapprochement des plaques eurasienne et africaine.
Un peu plus de 47 800 séismes ont été enregistrés entre 1962 et 2020
sur le territoire métropolitain. Leur magnitude est inférieure à 3 pour la quasi-
totalité d?entre eux (98,8 %). Seuls 36 séismes ont enregistré une magnitude
supérieure à 4. Les mêmes proportions sont observées dans les zones
frontalières des pays limitrophes ou dans les mers et océans bordant la
métropole. Infine, un seul séisme de magnitude 6 a été enregistré en 1963,
en mer Méditerranée.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 89
LOCALISATION ET AMPLEUR DES SÉISMES D?ORIGINE NATURELLE ENREGISTRÉS
EN FRANCE MÉTROPOLITAINE ENTRE 1962 ET 2020
Épicentre et magnitude locale
Plus de 5
0 50 km
Entre 4 et 5
Entre 3 et 4
Moins de 3
Note:épicentresdesséismesd'originenaturelledanslazoneSI-Hex.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :SI-Hex(1962-2009);BCSF-RéNaSS(2010-2020);IGNBDALTI®75m.Traitements:SDES,2022
Les zones de sismicité moyenne ou modérée se situent le long des grands
accidents tectoniques (failles et plissements anciens) : Provence-Alpes-
Côte d'Azur, Pyrénées, fossé Rhénan, Limagnes (Allier, la Loire) et, dans
une moindre mesure, les massifs central et armoricain et le sud-ouest des
Vosges. Les bassins parisien et aquitain sont quasi exempts de risque
sismique.
partie 3 : risques terrestres
90 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES ET D?HABITANTS PAR ZONE SISMIQUE
Communes Population
Zone de sismicité En nombre En % En nombre d'habitants En %
Très faible 14 746 42,2 26 784 649 40,1
Faible 11 175 32,0 22 120 876 33,1
Modérée 7 022 20,1 13 310 551 19,9
Moyenne 1 951 5,6 3 804 191 5,7
Forte 68 0,2 808 142 1,2
Non renseigné 10 0,0 2 695 0,0
Ensemble 34 972 100,0 66 831 104 100,0
Champ:France,ycomprisSaint-MartinetSaint-Barthélemy.
Sources :Medde,zonagesismique2011;Insee,2019.Traitements:SDES,2022
Le zonage sismique entré en vigueur le 1er mai 2011 distingue cinq zones
d?aléas sismiques qui conditionnent notamment l'application des règles
parasismiques de construction.
Toutes les Antilles sont classées en zone de sismicité forte, soit
68 communes regroupant un peu plus de 800 000 personnes. Cela représente
1,2 % de la population française. Depuis 2007, les dispositions constructives
élaborées dans le cadre du plan séisme Antilles s?attachent à réduire la
vulnérabilité du bâti et des personnes exposées. La réglementation vise le
non-effondrement du bâti pour garantir la sécurité des personnes. Des
dommages plus ou moins importants peuvent néanmoins être constatés sur
un bâtiment parasismique après un séisme.
5,7 % de la population française réside en zone d?aléa sismique moyen,
soit 3,8 Mhab, tous dans l?Hexagone. Trois départements rassemblent plus
de la moitié des habitants concernés : Haute-Savoie (près de 20 %), Alpes-
Maritimes et Isère (un peu moins de 18 % chacun). Un peu moins d?un
cinquième de la population française habite dans des zones d?aléa sismique
modéré, soit 13,3 Mhab, dont les habitants de Mayotte. Enfin, 33 % de la
population (soit 22,1 Mhab) résident dans des zones d?aléa faible et 40 %
(soit 26,8 Mhab) dans des zones d?aléa très faible. L?aléa sismique est faible
à La Réunion et très faible en Guyane.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 91
ÉTABLISSEMENTS SEVESO SITUÉS DANS LES ZONES SISMIQUES EN 2022
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Seuil haut
Seuil bas
Forte
Nombre
d'établissements
Seveso
Moyenne
Modérée
68
13
Faible
Très faible
Zones de sismicité
Champ:France;sitesSevesohorsinstallationsnucléaires.
Sources :Medde,zonagesismique2011;DGPR,établissementsSeveso,décembre2023.
Traitements:SDES,2023
Un séisme se produisant à proximité d?un établissement industriel à risque
peut être à l?origine d?un ou d?une série d?accidents dits NaTech (naturels/
technologiques). Fin 2022, parmi les sites Seveso ne relevant pas de la
catégorie des installations nucléaires, 10 sont localisés en aléa sismique
fort dans les Antilles : 6 en seuil haut et 4 en seuil bas. En métropole, 57 sites
se situent en aléa moyen. Parmi les 351 sites localisés en aléa modéré,
3 se situent à Mayotte. Enfin, 850 sites sont localisés en aléa faible ou très
faible.
partie 3 : risques terrestres
92 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Éruptions volcaniques
RISQUE VOLCANIQUE
Vent dominant
Colonne d'éruption
Coulée
pyroclastique
Glissement
de terrain
Séisme
Lahar
Dôme de lave
Chute de cendres
Pluie acide
Nuée volcanique
Source :Agenced?urbanismedeLaRéunion©AGORAH
Les volcans de la montagne Pelée à la Martinique et de la Soufrière en
Guadeloupe font partie des 30 volcans actuellement actifs dans les Petites
Antilles : le premier depuis 127 000 ans, le second depuis 9 150 ans, à la
suite de la plongée de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe.
Parmi les 16 éruptions magmatiques répertoriées pour la Soufrière
(impacts dans un rayon de 9 à 15 km autour du sommet), 9 ont été
accompagnées d?effondrements d?édifice. Sur les 6 éruptions phréatiques
les plus récentes survenues depuis l?an 1635, la plus violente en 1976-1977
a nécessité d?évacuer plus de 40 000 personnes durant 4 mois. De début
2017 à fin 2021, près de 15 500 événements microsismiques de très faible
énergie ont été enregistrés.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 93
SURVEILLANCE DE L?ACTIVITÉ DES VOLCANS EN OUTRE-MER
L?analyse concomitante de différents paramètres peut permettre d?anticiper
l?imminence d?une éruption : séismes ressentis (nombre, localisation,
profondeur, typologie, énergie associée, présence d?essaims), déformation,
température, chimie des émissions de gaz. Les informations transmises par
les observatoires volcanologiques et sismologiques de la Guadeloupe ou de
la Martinique contribuent alors à assurer la sécurité de la population selon
les procédures du plan Orsec Volcan (alerte, évacuation, organisation des
différents acteurs en cas de crise) et selon quatre niveaux d?alerte.
En Guadeloupe, neuf communes sont ainsi susceptibles d'être évacuées.
En Martinique, depuis fin 2020, le niveau de vigilance et d'alerte de l'activité
volcanique de la montagne Pelée est jaune (vigilance). Le scénario éruptif
identifié comme le plus probable consiste en une éruption phréatique en lien
avec le réseau hydrothermal étendu du volcan. Une éruption péléenne
(formation de dôme) ou plinienne (explosive) est cependant également
probable d?après les événements passés depuis 24 000 ans.
Mayotte, située dans une zone sismique a priori modérée, a vu la
naissance d?un nouvel édifice volcanique sous-marin entre 2018 et 2021. Ce
dernier s?est formé à proximité du littoral à partir de l?émission de 6 km3 de
magma, sur plus de 900 m de haut (plancher océanique à plus de 3 500 m
de fond). Malgré l?origine volcanique de l?archipel, les dernières éruptions
connues datent de 4 000 à 7 000 ans dans la zone de Petite-Terre. Le jeune
édifice volcanique s?est construit à 50 km à l?est de Mayotte, à la suite des
secousses sismiques enregistrées à partir du 10 mai 2018 (5 km à 15 km du
littoral, 25 km à 50 km de profondeur).
Depuis fin 2019, le réseau de surveillance volcanique et sismologique
de Mayotte (RéVoSiMa) assure le suivi (sismologie, déformations, géochimie,
phénoménologie) et rassemble les résultats d?analyses et les interprétations
scientifiques (mécanismes, scénarios d?évolution).
partie 3 : risques terrestres
94 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
COULÉES DE LAVE DU PITON DE LA FOURNAISE À LA RÉUNION
?
5 km
Coulées de lave issues
de la période
0
Après 2010
2001 - 2010
1991 - 2000
1981 - 1990
1971 - 1980
1961 - 1970
1951 - 1960
Avant 1951
Note:lasurveillancedel?activitéduPitondelaFournaiseestassuréepar103capteurssur70sitesdifférents
(IPGP,OVPF).
Sources :ObservatoirevolcanologiqueduPitondelaFournaise(OVPF/IPGP),2022;BDALTI®25,IGN.
Traitements:SDES,2022
Depuis 1979, le Piton de la Fournaise est en éruption en moyenne 1 jour sur
8 (1 927 jours d?éruptions). Entre 1979 et 2021, 83 éruptions ont été
observées, de même que deux effondrements de pit-craters en 1986 et 2002
et un effondrement de la partie centrale du volcan (caldera) en 2007. 795 Mm3
de lave ont été émis, soit un volume équivalent à 314 000 piscines olympiques
de 2 m de profondeur. Si 96 % des coulées de lave sont émises dans un
secteur inhabité, l?attrait touristique de ce volcan peut constituer un risque
non négligeable. La durée moyenne d?une éruption est de l'ordre de 19 jours,
avec un flux moyen par éruption de 7,7 m3/seconde, ce qui le classe parmi
les volcans de type effusif. Les deux éruptions les plus importantes se sont
produites en mars-septembre 1998 sur 196 jours (éruption la plus longue) et
en mars-avril 2007 (éruption la plus volumineuse, avec environ 210 Mm3).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 95
Tsunamis en outre-mer et en métropole
NIVEAU D?EXPOSITION DU LITTORAL ANTILLAIS AU RISQUE TSUNAMI
¥
20 km0
Exposition aux tsunamis
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Guadeloupe Martinique
Grande-Terre
Basse-Terre
Les Saintes
Marie-Galante
La Désirade
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
La bande littorale de 2 km dans l?intérieur des terres des îles des Antilles
françaises est potentiellement exposée aux tsunamis, compte tenu de la
rencontre dans cette zone des plaques nord et sud Amérique et Caraïbe.
Cette zone de subduction peut générer de puissants séismes et un
volcanisme propices à ces phénomènes de submersion.
Les superficies concernées par les expositions aux tsunamis élevées
(orange) à très élevées (rouge) représentent 75 % de la bande littorale en
Guadeloupe. Sont concernées une grande partie de la bande littorale de
Grande-Terre et de Basse-Terre, La Désirade et Les Saintes ainsi que deux
tiers du littoral de Marie-Galante. En Martinique, ces niveaux d?exposition
concernent la partie orientale de l?île, soit 40 % de sa bande littorale.
La part des habitants de Guadeloupe vivant dans la limite des 2 km vers
l?intérieur des terres et sujets à une exposition aux tsunamis élevée à très
élevée est de 75 % contre 25 % en Martinique. La part de l?habitat individuel
localisé dans les zones d?exposition élevée à très élevée atteint 75 % de
l?ensemble de l?habitat situé dans la bande littorale de 2 km en Guadeloupe,
contre 32 % en Martinique.
partie 3 : risques terrestres
96 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
POPULATION EXPOSÉE AUX TSUNAMIS AUX ANTILLES SELON LA DISTANCE
À LA MER
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
50 40 30 20 10 0
En milliers d?habitants
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Absence de données
Guadeloupe
Distance à la mer
0 à 500 m 500 à 1 000 m 1 000 à 2 000 m
0 10 20 30 40 50
Martinique
Notedelecture:15085habitantsenGuadeloupeet8730enMartiniquesonttrèsexposésauxtsunamisdans
labandelittoralede2km(couleurbordeauxnonhachuré).
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
HABITAT INDIVIDUEL EXPOSÉ AUX TSUNAMIS AUX ANTILLES SELON LA DISTANCE
À LA MER
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
30 20 10 0
En milliers de maisons individuelles
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Absence de données
Guadeloupe
Distance à la mer
0 à 500 m 500 à 1 000 m 1 000 à 2 000 m
0 10 20 30
Martinique
Notedelecture:14710maisonsenGuadeloupeet6900enMartiniquesonttrèsexposéesauxtsunamis
danslabandelittoralede2km(couleurbordeauxnonhachuré).
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 97
Bien que l?activité sismique soit faible à La Réunion et modérée à Mayotte,
respectivement un quart et l?ensemble des côtes de ces dernières sont
exposées aux tsunamis en cas de séisme dans l?océan Indien, au large du
Pakistan, de la Malaisie ou de l?Indonésie. Ainsi, le séisme de Sumatra en
2004 a généré des vagues de 1 à 2 m au-dessus du niveau moyen des hautes
marées à La Réunion, occasionnant des dégâts matériels de plus d?un million
d?euros. La configuration particulière du jeune volcan sous-marin à Mayotte
laisse craindre la possible occurrence de tsunamis et la réactivation de zones
volcaniques plus proches de Petite-Terre. À La Réunion, le risque tsunami
local est lié à l?activité volcanique du Piton de la Fournaise.
NOMBRE DE TSUNAMIS RECENSÉS EN FRANCE MÉTROPOLITAINE DEPUIS 1500
15
00
-
15
49
12
10
8
6
4
2
0
Tempête de submersion en Méditerranée Tempête de submersion en Atlantique
Tsunami en Méditerranée Tsunami en Atlantique
15
50
-
15
99
16
00
-
16
49
16
50
-
16
99
17
00
-
17
49
17
50
-
17
99
18
00
-
18
49
18
50
-
18
99
19
00
-
19
49
19
50
-
19
99
20
00
-
20
10
5
2 2 2
4
7
10
11 11
1
2
Champ:littorauxméditerranéensetatlantiques.Extraitdel?inventairehistoriquedestsunamisenFrance
(BRGM,BDTsunamis,1500-2010),soit57tsunamis.
Sources :d?aprèsE.GarnieretF.Surville(Dir.),2010.La tempête Xynthia face à l?histoire - Submersions
et tsunamis sur les littoraux français du Moyen Âge à nos jours.
En France métropolitaine, plusieurs séismes ont provoqué des vagues de
submersion en Méditerranée. Ce fut notamment le cas pour le port de Marseille
en 1812 (niveau 4, intensité forte, inondation du rivage). Les littoraux les plus
exposés concernent : la Côte d?Azur (de Cannes à Nice), la Ciotat à Toulon, la
côte des Maures, la côte perpignanaise, une partie de la côte nord-ouest de la
Corse (de Calvi à Galéria). Quatre tsunamis ont par ailleurs été recensés sur
les littoraux atlantique et de la Manche.
partie 3 : risques terrestres
98 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Avalanches
EXEMPLES D?AVALANCHES HISTORIQUES
Localisation Nombre
de morts
Dégâts/Localisation
Chèze et Saint Martin (Pyrénées) en 1601 107 2 villages totalement rasés
Le Tour (Haute Savoie) en 1934 11
Huez (Isère) en 1749 38 Moitié du village détruite
Orlu (Pyrénées) en 1895 15
Valmanya-Roquejalère (Pyrénées-Orientales) en 1917 12 Bâtiment de la mine de Pinouse
Modane (Savoie) en 1921 13 Chantier du tunnel de Fréjus
Savoie en 1923 21 Nombreuses avalanches
Versant est du massif du Renoso en Corse en 1927 13 Campement de bûcherons
Ortiporio (Haute-Corse) en 1934 37 Village détruit
Huez (Isère) en 1940 10 Bâtiments de la mine de l'Herpie
Val d'Isère (Savoie) en 1970 39
(37 blessés) Chalet UCPA balayé
Savoie et Dauphiné en 1981 4 Plusieurs villages sévèrement touchés
Taconnaz (Haute-Savoie) en 1990 0 Plusieurs maisons détruites
Peisey-Nancroix (Savoie) en 1995 0 Plusieurs chalets détruits
Hameau de Montroc (Haute-Savoie) en 1999 12 14 chalets détruits
Secteur des Grandes Jorasses (Haute-Savoie) en 2006 1
Les Houches (Savoie) en 2018 0 Une quarantaine de chalets impactés
Champ:France.
Sources :MEDD/DGPR,dossierd?information:lesavalanches,2005;ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,
BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).Traitements:SDES,2022
Les avalanches correspondent à des phénomènes naturels dépendant de
la pente, de l?enneigement, de la température et du vent. Les activités
humaines peuvent les déclencher, notamment la pratique du ski hors-piste.
Le risque d?avalanche est présent sur de nombreuses pentes en montagne
en hiver. Parmi les exemples d'avalanches historiques mortelles ayant
impacté des bâtiments depuis le début du XVIIe siècle à l'origine d'au moins
635 décès, 19 sont considérées comme des accidents très graves à l'origine
de plus de 10 morts (Inrae,Lesrisquesnaturelsenmontagne,2015).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 99
NOMBRE D'AVALANCHES PAR COULOIR ET PAR HIVER DANS LES ALPES
FRANÇAISES ENTRE LES SAISONS 1946-1947 ET 2008-2009
19
46
-
19
47
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
Avalanches par couloir et par an Tendance
19
48
-
19
49
En nombre d?avalanches par couloir et par an
19
50
-
19
51
19
52
-
19
53
19
54
-
19
55
19
56
-
19
57
19
58
-
19
59
19
60
-
19
61
19
62
-
19
63
19
64
-
19
65
19
66
-
19
67
19
68
-
19
69
19
70
-
19
71
19
72
-
19
73
19
74
-
19
75
19
76
-
19
77
19
78
-
19
79
19
80
-
19
81
19
82
-
19
83
19
84
-
19
85
19
86
-
19
87
19
88
-
19
89
19
90
-
19
91
19
92
-
19
93
19
94
-
19
95
19
96
-
19
97
19
98
-
19
99
20
00
-
20
01
20
02
-
20
03
20
04
-
20
05
20
06
-
20
07
20
08
-
20
09
Champ:23massifsalpinsrépartisdanssixdépartements:Savoie,Haute-Savoie,Isère,Hautes-Alpes,Alpes-
Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence.
Source :N.Eckert,C.Keylock,H.Castebrunet,A.Lavigne,M.Naaim.Temporal trends in avalanche activity in
the French Alps and subregions: from occurrences and runout altitudes to unsteady return periods.Journalof
Glaciology,InternationalGlaciologicalSociety,2013,59(213).Traitements:SDES,2022
À l'échelle des Alpes françaises, près de 55 000 avalanches ont été
enregistrées entre les hivers 1946-1947 et 2008-2009, soit 1 avalanche par
couloir tous les 3 à 4 ans en moyenne. Entre 1976 et 1985, période
correspondant à des hivers plus froids et plus enneigés, l?activité avalancheuse
a été plus importante (0,35 avalanche par couloir et par hiver).
partie 3 : risques terrestres
100 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Durant l?hiver 2020-2021, 1 183 avalanches ont été enregistrées sur les
3 000 couloirs suivis dans les Alpes et les Pyrénées. La moyenne a été
supérieure à celle d?un hiver moyen dans les départements des Alpes du
Nord (76 % des avalanches), contrairement à celles des Alpes du Sud (14 %)
et des Pyrénées (10 %).
En moyenne montagne, le risque avalancheux est bien moindre. Dans
les Vosges par exemple, 730 avalanches ont été recensées depuis la fin du
XVIIIe siècle jusqu?en 2014 sur 128 couloirs. Parmi elles, 94 avalanches ont
fait une ou plusieurs victimes et 16 ont été mortelles (34 décès). Une
augmentation des avalanches est enregistrée à partir des années 1960, avec
un fort pic dans les années 1990. Plus de 95 % des avalanches se sont
produites dans le sud des Vosges (plus élevé). Le réchauffement climatique
est de nature à limiter l'activité avalancheuse naturelle dans ce massif.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 101
NOMBRE DE DÉCÈS LIÉS AUX AVALANCHES ENTRE LES SAISONS 1971-1972
ET 2020-2021
60
50
40
30
20
10
0
Décès Moyenne mobile sur 10 ans
En nombre de décès
19
71
-
19
72
19
73
-
19
74
19
75
-
19
76
19
77
-
19
78
19
79
-
19
80
19
81
-
19
82
19
83
-
19
84
19
85
-
19
86
19
87
-
19
88
19
89
-
19
90
19
91
-
19
92
19
93
-
19
94
19
95
-
19
96
19
97
-
19
98
19
99
-
20
00
20
01
-
20
02
20
03
-
20
04
20
05
-
20
06
20
07
-
20
08
20
09
-
20
10
20
11
-
20
12
20
13
-
20
14
20
15
-
20
16
20
17
-
20
18
20
19
-
20
20
12
21
26
11
41
29
32 32
22
56
28
36
28
45
40
2424
17
22
47
27
24
31
22 22
43 43
35
282829
2626
25
57
20
29 29
35
41
22
36
20
45
38
2122
40
13
12
20
20
-
20
21
Champ:activitésconsidérées:randonnéeàski,hors-piste(ski,snowboard),damage,alpinisme
(dont cascade).
Source :Associationnationalepourl'étudedelaneigeetdesavalanches(Anena),2023.Traitements:SDES,
2023
Malgré de fortes variations interannuelles résultant principalement des
conditions nivo-météorologiques des différentes saisons, la tendance de
l?accidentologie liée aux sports d?hiver est plutôt stable durant les cinquante
dernières années. Sur la période 1971-2021, 1 028 accidents liés aux
avalanches ont été à l?origine de 1 482 décès. Cela représente une
moyenne annuelle d?environ 20 accidents mortels et de près de 30 décès.
partie 3 : risques terrestres
102 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES COUVERTES PAR UN PPRN* AVALANCHE
PAR DÉPARTEMENT EN 2023
Isère
Haute-Savoie
Hautes-Alpes
Hautes-Pyrénées
Savoie
Pyrénées-Atlantiques
Haute-Garonne
Ariège
Alpes-de-Haute-Provence
Alpes-Maritimes
Pyrénées-Orientales
PPRN opposable
En nombre de communes
PPRN prescrit
0 20 40 60 80 100
87 5
57 1
51 3
40 10
42 4
24
21
16 1
10 4
9
3
* Plan de prévention des risques naturels.
Note:93%desPPRNavalanchesontopposables(approuvés)et9%prescrits.
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Mi-2023, 360 communes disposent d?un plan de prévention du risque naturel
(PPRN) avalanche approuvé et 28 ont un PPRN prescrit. Plus de la moitié
de ces communes se situe en Auvergne-Rhône-Alpes : Isère (24 %), Haute-
Savoie (15 %), Savoie (12 %). Les autres se trouvent en Occitanie (23,5 %),
en Provence-Alpes-Côtes d'Azur (20 %) et en Nouvelle-Aquitaine (6 %).
Les PPRN visent à promouvoir un aménagement durable tenant compte
des aléas naturels et à préserver la sécurité des personnes et des biens, à
travers des prescriptions par type de zone (mesures d?urbanisme,
construction, utilisation et exploitation). Enfin, l?organisation des secours fait
l?objet d?un plan Orsec dans les départements lorsque la situation le nécessite.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 103
Risques d'origines glaciaire
et périglaciaire
FONTE DES GLACIERS DANS LES ALPES ET LES PYRÉNÉES ENTRE 1907 ET 2021
En mètres équivalent eau (référence zéro en 2001)
40
30
20
10
0
- 10
- 20
- 30
- 40
Saint-Sorlin Mer de glace Gebroulaz Argentière Ossoue (Pyrénées)
19
07
19
12
19
17
19
22
19
27
19
32
19
37
19
42
19
47
19
52
19
57
19
62
19
67
19
72
19
77
19
82
19
87
19
92
19
97
20
02
20
07
20
12
20
17
20
21
Sources :Laboratoiredeglaciologieetgéophysiquedel'environnement(CNRS);Associationpyrénéenne
de glaciologie moraine. Traitements : Onerc
En 20 ans (entre 2002 et 2021), cinq glaciers alpins et pyrénéens suivis par
le CNRS ont perdu 30 mètres équivalent eau en moyenne.
D?après la mission IGEDD/CGAAER/IGA de 2023 sur les risques
d?origines glaciaire et périglaciaire, la surface des glaciers blancs français
(surface englacée) serait en 2022 de l?ordre de 200 km2 dans les Alpes
françaises, contre 229 km2 mesurés en 2015 avec le satellite Sentinel-2, et
de 1 km2 dans les Pyrénées. La surface des glaciers français connaîtrait une
régression de l?ordre de 2 % par an.
partie 3 : risques terrestres
104 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Les zones de pergélisol (sols gelés en permanence et en profondeur),
notamment les glaciers rocheux, représenteraient une surface de l?ordre de
700 km2 (Marcer et al., 2017), soit environ 10 % des territoires situés à une
altitude au-dessus de 2 000 mètres (Duvillard et al., 2021).
Une partie des zones couvertes de glaces, englacées, récemment déglacées,
ou leurs abords directement influencés par la présence des glaciers, ou concernés
par le dégel du pergélisol peut occasionner des risques d?origines glaciaire et
périglaciaire. Ce phénomène va s'intensifier dans le contexte du changement
climatique. En effet, le recul ou le changement thermique des glaciers peut
entraîner des accumulations d?eau susceptibles de se vidanger brutalement, mais
aussi des chutes de glace et/ou de matériaux provenant du glacier ou des zones
périglaciaires. Une faible fréquence d?occurrence de la plupart de ces phénomènes,
souvent combinée avec une forte intensité tend à en faire des aléas majeurs.
L?événement d?origine glaciaire le plus meurtrier s?est manifesté en 1892,
au droit du glacier de Tête Rousse en Haute-Savoie situé entre 2 950 m et
3 260 m d?altitude. Cet événement est à l?origine de 175 morts et 20 disparus,
de la destruction de 2 des 5 bâtiments de l'établissement thermal de Saint-
Gervais-les-Bains et de 8 maisons au Fayet. Une poche d'eau de 110 000 m3
s?est vidangée brutalement et a entraîné un volume de 90 000 m3 de glace.
L'écoulement d?eau et de glace a mobilisé des matériaux au cours de sa
propagation et s?est progressivement transformé en lave torrentielle ayant
déposé près d?un million de mètres cubes de matériaux en quelques minutes
(vitesse moyenne de 10 à 20 m/s).
Neuf autres événements recensés en France depuis 1892 ont occasionné
21 victimes (13 décès et 8 blessés), essentiellement des alpinistes (données
extraitesdeDaSilvaQ.,RTM,2021).
Les massifs qui concentrent les territoires les plus fortement habités
susceptibles d?être concernés sont la haute vallée de l?Arve (massif du Mont-
Blanc avec une forte représentativité des risques liés aux glaciers blancs et
lacs proglaciaires), les vallées et stations des Écrins et de la Vanoise (avec
une part plus importante liée aux parois à pergélisol (ou permafrost)). Mais
l?extension du pergélisol de paroi de montagne ou des glaciers rocheux va
bien au-delà (Alpes-Maritimes, Hautes-Pyrénées et Alpes-de-Haute-
Provence). La mission estime que moins de 20 000 habitants seraient
susceptibles d?être menacés par de tels phénomènes.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 105
SURFACE CUMULÉE DÉPARTEMENTALE DES FORMES GÉOMORPHOLOGIQUES
ASSOCIÉES AUX RISQUES D'ORIGINES GLACIAIRE ET PÉRIGLACIAIRE DANS
LES ALPES FRANÇAISES
En surface (km²)
Parois permafrost
(probabilité > 0,5)
7 km²- 27 km²
Glaciers blancs
24km²- 95 km²
Permafrost
(probabilité > 0,75)
49 km²- 561 km²
Lacs d?altitude
1 km²- 3 km²
Glaciers rocheux
actifs et inactifs
3 km²- 27 km²
0 12,5 25 50 kilomètres
Note:pourchaquedépartement,lasurfacecumuléedesformesgéomorphologiquessuivantesestreprésentée:
surfaceavecprobabilitédeprésencedepermafrostdeversant>75%;surfacedeparoisavecprobabilitéde
présencedepermafrost>50%;surfacedeglaciersblancs;surfacedeglaciersrocheuxactifsetinactifs;
surfacedelacsd?altitude(situésau-dessusde2000m).
Sources :travailcartographiqueàpartirdedonnéesSIG:Paroipermafrost:EDYTEM2019;Glaciersblancs:IGE
2015revuInrae2019;Permafrost:EDYTEM2018;Lacsd'altitude:Inrae2019;Glaciersrocheux:RTM2021
Toutes les formes géomorphologiques (péri)glaciaires sont présentes en
Savoie, la surface en permafrost de versant étant cependant la plus
importante. La Haute-Savoie se distingue des autres départements par une
importante surface de parois à permafrost et de glaciers blancs, et par très
peu de glaciers rocheux et lacs d?altitude. Comme en Savoie, les lacs d'altitude
représentent une surface importante en Isère. Dans les Hautes-Alpes, la
surface de glaciers rocheux actifs et inactifs est aussi importante qu?en Savoie
et la surface cumulée de permafrost est la seconde après la Savoie. Le
permafrost de parois et de versants, ainsi que les glaciers blancs sont
quasiment absents dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes,
où sont recensés essentiellement des glaciers rocheux et des lacs d?altitude.
partie 3 : risques terrestres
106 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SENSIBILITÉ AUX RISQUES D'ORIGINES GLACIAIRE ET PÉRIGLACIAIRE
DANS LES ALPES FRANÇAISES
±
En surface (km2)
0 12,5 25 50 kilomètres
Lacs
Glaciers blancs
Parois permafrost
Glaciers rocheux
15 353
12 457
1 759
1 898
1 010
179
Notedelecture:lacartereprésentel?indicedesensibilitéd?undépartementvis-à-visdesphénomènes
glaciaires et périglaciaires. Plus le cercle est important, plus la sensibilité du département est grande (plus il y a
d?enjeuxpotentiellementexposés).
Note:lescouleursdanslescerclesreprésententlapartpriseparchacundesphénomènesdanscetindice.
L?indicedesensibilitéaétécalculédanslecadredel?analysegrandeéchellemenéedanslesAlpes
françaises:ilsebasesurunereprésentationsimplifiéedesphénomènes(zonesdedépart,propagation)
etnepeutenaucuncasêtreinterprétéàl?échellelocale(bassinversant).
Source :analysegrandeéchellemenéeparleRTMen2021pourhiérarchiserdesbassinsderisques
autraversdeleursensibilitéauxrisquesd?originesglaciaireetpériglaciaire
Les départements de Haute-Savoie et Savoie sont les plus sensibles aux
phénomènes glaciaires et périglaciaires. La sensibilité de la Savoie est très
majoritairement due à l?exposition potentielle des enjeux aux phénomènes
d?effondrement de paroi par dégradation du permafrost, tandis qu?elle est
principalement due aux lacs et glaciers blancs en Haute-Savoie. La sensibilité
des départements de l?Isère et des Hautes-Alpes est équivalente mais, là
aussi, la source de sensibilité n?est pas la même : elle est très principalement
liée aux parois à permafrost dans les Hautes-Alpes, alors qu?elle est répartie
entre lacs glaciaires et parois permafrost en Isère. Bien que limitée, la
sensibilité des Alpes-Maritimes est liée aux lacs glaciaires. Enfin, la sensibilité
dans les Alpes-de-Haute-Provence demeure très faible.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 107
Feux de forêt et végétation
SURFACES DE FORÊTS BRÛLÉES CHAQUE ANNÉE ENTRE 1976 ET 2022
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
En ha
19
76
Région méditerranéenne Reste de la France
19
78
19
80
19
82
19
84
19
86
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
22
Champ:Francemétropolitaine(ycomprislaCorse).
Sources :régionméditerranéenne1976-2021:Prométhéeet2022:BDIFF;Autresrégionsfrançaises1976
-2005:tableauYvonDUCHE/PhilippeMICHAUTONF;2066-2022:BDIFF;2022BDIFFcorrigéONFBDIFF
(MASA;MI;IGN),octobre2023(1976à2021:Prométhée)
La France compte de nombreux massifs forestiers, dont certains
particulièrement exposés aux risques d?incendie : en Corse, sur le littoral
méditerranéen, dans les Cévennes, les piémonts alpin et pyrénéen et dans
les Landes. Selon les derniers travaux du Groupe d?experts
intergouvernemental sur l?évolution du climat (Giec), corrélativement au
risque accru de sécheresse et de hausse des températures en Europe, la
sensibilité de tous types de végétation au feu sera amenée à s?accroître. En
2022, 6 870 communes ont été déclarées exposées au risque feu de forêt
par les préfets (source : Gaspar), soit environ une commune sur cinq.
partie 3 : risques terrestres
108 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Les trois quarts d?entre elles se situent dans le sud de la France, en
raison de la végétation (résineux, broussaille) et des conditions climatiques
(vent, chaleur) favorables aux déclenchements de feux de forêt. Cinq régions
concentrent 90 % des communes déclarées exposées aux feux de forêt :
Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-
Côte d'Azur et Corse.
Les surfaces incendiées et le nombre de départs de feux varient
fortement selon les années. Les années 1989, 1991 et 2003 se distinguent
avec plus de 70 000 hectares brûlés (données ONF-DFCI). Dans la période
plus récente, l?année 2022 a été très touchée avec 62 000 ha de forêts et
10 000 ha de végétation autre brûlés. La zone Sud-Ouest a été tout
particulièrement affectée avec plus de 36 000 ha brûlés pour 2 653 feux (selon
l?ONF-DFCI). Parmi eux, les feux de Landiras (Gironde), qui se sont produits
en juillet et en août, ont brûlé près de 20 000 ha. Le feu de La Teste-de-Buch
(Gironde) a détruit près de 6 000 ha et a nécessité l?évacuation de
22 000 personnes dont 6 000 qui se trouvaient dans les 5 campings détruits
à 90 %. La progression du nombre de constructions et d?habitants (riverains,
touristes) à proximité et dans les forêts augmente la vulnérabilité de ces zones
(neuf feux sur dix sont d?origine humaine en France).
Le pourtour méditerranéen est particulièrement exposé aux feux de forêt
et de végétation (agricoles, friches). Près de 118 000 départs de feux y ont
brûlé une surface forestière de près de 942 000 ha en 49 ans. D?après l?ONF,
en 2022, près de 2 000 feux de forêt et de végétation ont détruit 16 558 ha
en région méditerranéenne (pour comparaison, 6 907 ha détruits en moyenne
sur 2011-2020 pour 1 617 feux).
Les statistiques sur les décès causés par les feux de forêts sont assez
lacunaires. Le feu le plus meurtrier en France concerne celui de Cestas en
Gironde en 1949 (82 morts). Une étude menée uniquement sur la zone
méditerranéenne recense 144 décès entre 1973 et 2021, dont 96 parmi les
personnels de secours, 33 pilotes d?avion ou d?hélicoptère et 15 civils.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 109
RATIO ENTRE LES SURFACES BRÛLÉES ENTRE 2000 ET 2021 ET LES SOLS BOISÉS
EN 2021, PAR DÉPARTEMENT
0 50 km
Entre 1,9 et 10,7
Entre 0,8 et 1,9
Entre 0,4 et 0,8
Entre 0,2 et 0,4
Ratio en ?
Moins de 0,2
0,0 - 0,0
Entre 10,7 et 69,2
Note:lessolsboiséspermettentd?approcherlessurfacespotentiellementcombustibles.Représentation
par quantile.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :BDIFF(MASA;MI;IGN),2023;Agreste?Teruti(Graph?Agri),2021.Traitements:SDES,2023
Dans 6 départements, le ratio entre les surfaces brûlées entre 2000 et 2021
et les sols boisés dépasse 20 ? : le Var et les Bouches-du-Rhône (plus de
65 ?), La Réunion, la Haute-Corse, les Pyrénées-Orientales et l?Hérault
(entre 20 ? et 40 ?). À l?opposé, 8 départements du Nord-Ouest (Calvados,
Hauts-de-Seine, Loire-Atlantique, Nord, Pas-de-Calais, Paris, Seine-Saint-
Denis, Somme) n?enregistrent aucune surface brûlée sur la même période.
partie 3 : risques terrestres
110 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
PRÉVENTION DES INCENDIES
Institués en 1995, les plans de prévention des risques d?incendies de forêt
(PPRIF) permettent de disposer d?une cartographie du risque et de définir
des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde. Ces plans
interdisent et réglementent l?occupation des sols, prescrivent des mesures
constructives proportionnées à l?exposition au risque et imposent des règles
aux constructions existantes : plantation d?espèces peu combustibles,
débroussaillement, création de réserve d?eau, dimensionnement des voies
d?accès.
Un peu plus de 200 communes sont couvertes par un PPRIF, dont près
de la moitié se situe en région Provence-Alpes-Côte d'Azur : Alpes-Maritimes
(21,3 %), Vaucluse (10,4 %), Alpes-de-Haute-Provence (6,9 %), Bouches-
du-Rhône (3,4 %) et Var (3,0 %). Les autres se situent en Occitanie (21,8 %),
Nouvelle-Aquitaine (19,3 %), Corse (8,9 %).
En période de risque d?incendie, la prévention passe par la surveillance
qui permet de détecter au plus tôt les feux naissants et de les circonscrire
rapidement. Le suivi de l?état de la végétation et l?indice forêt météorologique
établis à partir de données météorologiques (vent, température, humidité de
la végétation) sont des éléments importants pour identifier les risques de
départ de feu et de propagation. Le relief peut être aussi un facteur aggravant
de la propagation du feu. L?entretien des massifs boisés, le débroussaillage,
la création d?allées pare-feu et le stockage d?eau pour la défense incendie
permettent de limiter les départs de feu et réduire les zones exposées.
Le risque d?incendie de forêt et de végétation est avant tout un risque
anthropique. En effet, neuf départs de feux sur dix sont d?origine humaine.
Pendant les périodes les plus critiques de l?année (le plus souvent l?été), des
campagnes de communication sensibilisent aux bons réflexes. Elles visent
notamment à rappeler qu?un mégot de cigarette doit être jeté dans un
cendrier, qu?un barbecue ou des travaux générateurs d?étincelles doivent
être réalisés loin de toute végétation. Les massifs forestiers peuvent être
interdits d?accès.
partie 4
Risques
météorologiques
? La métropole est soumise aux rafales de vents (plus
de 100 km/h), liées principalement aux tempêtes et aux
événements orageux. Les Outre-mer, hors Guyane,
sont exposés aux cyclones tropicaux ou aux ouragans.
Leur caractère particulièrement destructeur résulte de
la conjonction de rafales de vents exceptionnelles (jusqu?à
350 km/h) et de précipitations très abondantes induisant
inondations, glissements de terrain ou coulées de boue.
Sur le littoral, une tempête peut également provoquer
des submersions marines.
partie 4 : risques météorologiques
112 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-
Neige en France métropolitaine
FRÉQUENCE CUMULÉE DES SINISTRES TEMPÊTE-GRÊLE-NEIGE
DES PARTICULIERS PAR DÉPARTEMENT, DE 1987 À 2020
?
0 50 km
Fréquence cumulée (en ?)
0 - 5
5 - 10
10 - 15
15 - 20
20 - 25
Notedelecture:dansneufdépartements,plusde15sinistrespour1000contratssouscritsontétéindemnisés
entre1987et2020.
Note:l?indicateurmesurelesfréquencesmoyennesdessinistresindemnisésparlesassureursautitredes
garantiesTempête-Grêle-Poidsdelaneigesurbâtimentsinclusesdanslescontratsmultirisqueshabitation
(horsgarantiesvéhiculesterrestresàmoteurethorsgarantiesrécoltes).Lafréquencedesinistrescorrespond
au rapport entre le nombre de sinistres et le nombre de contrats souscrits dans le département.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :FranceAssureurs.Traitements:MRN,2022
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 113
De 1990 à 2020, les événements climatiques liés aux Tempête-Grêle-Neige
(TGN) sont les phénomènes les plus coûteux en France métropolitaine, avec
plus de 38 Md¤2020 indemnisés. Les sinistres résultant des dégâts provoqués
par le vent représentent plus des trois quarts des sinistres indemnisés par
les assureurs dans le périmètre TGN en métropole (en nombre comme en
coût). Ceux liés au poids de la neige sont beaucoup plus rares (moins de
10 % des sinistres et 5 % du coût). Ces proportions pouvant toutefois varier
sensiblement selon les départements et les années.
Entre 1980 et 2021, 360 tempêtes ont touché la métropole. Lorsqu?elles
surviennent, les tempêtes se déploient sur une grande partie du territoire et
entraînent de nombreux sinistres, même si leur coût moyen est généralement
moins élevé que pour d?autres événements (inondation, sécheresse
géotechnique). Parmi les tempêtes récentes ayant sévi en France, Lothar et
Martin (décembre 1999) ont engendré des coûts estimés à 12 Md¤2020 pour
l?ensemble du marché de l?assurance.
De 1990 à 2020, près de 6 Md¤2020 ont été indemnisés à la suite de
sinistres causés par des chutes de grêle. Souvent évoqué pour les dommages
causés sur les récoltes, ce type d?événement génère aussi ponctuellement
des dégâts considérables lorsqu?il touche les zones urbanisées. Parmi les
événements récents, la tempête de grêle Ela survenue début juin 2014 est
de loin la plus dommageable. Son intensité spectaculaire et sa vaste étendue
ont engendré des coûts estimés à 900 M¤2020.
partie 4 : risques météorologiques
114 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Phénomènes atmosphériques
NOMBRE DE VICTIMES DES TEMPÊTES LES PLUS DOMMAGEABLES RECENSÉES
EN FRANCE DEPUIS 1900
France métropolitaine
Outre-mer
Événements
Morts et disparus
313
62
29
Champ:France.
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Les tempêtes peuvent être à l?origine de dommages considérables et de
nombreux décès, compte tenu de la difficulté de se protéger contre le vent.
Les 91 tempêtes les plus dommageables recensées en France depuis 1900
ont fait près de 2 000 victimes. Environ 85 % d?entre elles ont été dénombrées
en outre-mer, dont 1 200 lors du passage d?un ouragan en Guadeloupe le
12 septembre 1928.
En France métropolitaine, les tempêtes peuvent s'étendre sur de vastes
surfaces, voire affecter l?ensemble du territoire. Ainsi, les tempêtes Lothar et
Martin (décembre 1999) ont balayé une grande partie de l'Europe d'Ouest
en Est. Leurs effets les plus importants sont observés dans l?ouest de la
France, en Bretagne, en Normandie et en Nouvelle-Aquitaine, rivages par
où arrivent les grandes tempêtes atlantiques hivernales. Des rafales
supérieures à 100 km/h peuvent également être observées lors d?événements
orageux, notamment en été.
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 115
Cyclones en outre-mer
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS CYCLONE PAR DÉPARTEMENT OU COLLECTIVITÉ D?OUTRE-MER,
DE 2000 À 2019
En M¤2022
70
60
50
40
30
20
10
0
Sain
t-M
ar
tin
Sain
t-B
ar
th
élé
m
y
M
ar
tin
ique
La
R
éu
nio
n
Gua
delo
up
e
Guy
an
e
60,4
41,4
13,0
5,9
4,3
0,0
Note:coûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourlephénomène
naturel«ventscycloniques»danslesOutre-mer.Cescoûtsneconcernentquelesbiensassurésautresque
lesvéhiculesterrestresàmoteuretilssontnetsdetoutefranchise.
Champ:départementsd'outre-merhorsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
Les départements d?outre-mer hors Guyane (Guadeloupe, Martinique,
Mayotte, La Réunion) sont exposés aux cyclones. Depuis la fin de l'année
2000, les dommages dus aux vents cycloniques sont intégrés dans la garantie
des catastrophes naturelles lorsque la vitesse du vent dépasse 145 km/h
pendant dix minutes, ou 215 km/h par rafale. Avant cette date, les vents
cycloniques n'étaient assurés que dans le cadre des garanties contractuelles
relevant du marché concurrentiel de l'assurance, à savoir les garanties
« Tempêtes-ouragans-cyclones ». Les indemnisations des dommages
assurés relatifs aux vents cycloniques sur la période 2000-2019 s?élèvent à
2,5 Md¤, dont plus de 2 Md¤ pour la seule année de 2017.
partie 4 : risques météorologiques
116 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Plusieurs phénomènes expliquent le caractère particulièrement
destructeur des cyclones : les rafales de vent peuvent atteindre des vitesses
de l'ordre de 350 km/h ; les précipitations très abondantes peuvent générer
des inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue ; une
surélévation anormale et temporaire du niveau de la mer peut avoir des
conséquences particulièrement graves sur le littoral ; les vagues de plusieurs
mètres de haut générées par le vent (houle cyclonique), parfois observées
jusqu'à 1 000 km à l'avant du système cyclonique, représentent un danger
pour les zones côtières.
En 2002, le cyclone Dina, touchant le territoire de La Réunion, est le
premier dont les dommages sont indemnisés au titre du régime légal des
catastrophes naturelles, non seulement pour les effets de l'eau mais aussi
pour ceux du vent. Le cyclone Dean, qui a touché la Martinique en 2007, a
aussi fait l'objet de reconnaissances de l'état de catastrophe naturelle pour
les vents cycloniques et les effets de l'eau, tels que les chocs mécaniques
liés à l'action des vagues, mais également les inondations et les coulées de
boue consécutives au passage du cyclone.
L?année 2017 est la plus coûteuse pour le régime Cat-Nat avec les
cyclones Irma et Maria. Le premier, de catégorie 5, a touché les Antilles
françaises entre le 5 et le 7 septembre 2017 et en particulier les îles de Saint-
Martin et de Saint-Barthélemy. En raison de rafales de vent supérieures à
300 km/h, les deux îles ont subi de très importants dommages. L?ouragan
Irma s?est caractérisé par une puissance qui n?a pas été observée dans la
région Atlantique-Nord depuis près de 30 ans.
Un peu plus de 10 jours après le passage de ce premier ouragan, les
Antilles françaises ont été de nouveau touchées par l?ouragan Maria entre le
18 et le 20 septembre 2017. Avec des rafales de vent supérieures à 215 km/h,
les Saintes ont connu les dommages les plus importants. De nombreuses
précipitations et une forte houle, à l?origine d?inondations et de submersions,
ont accompagné cet ouragan.
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 117
PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS CYCLONIQUES SURVENUS DEPUIS 2013 ET ESTIMATION
DE LEURS COÛTS ÉCONOMIQUES ET HUMAINS
Cyclone Date Catégorie (échelle
de Saffir-Simpson)
Dommages
humains
Indemnisation au titre
du régime Cat-Nat
(hors automobile)
Échelle de
gravité des
dommages
Bejisa
(La Réunion)
31/12/2013
au
03/01/2014
4
vents maximum
210à249km/h
1 décès
14 blessés < 10 M¤* Accident
grave
Irma
(Antilles) 5-7/09/2017
5
vents maximum
>249km/h
11 décès
nombreux blessés > 2 Md¤* Catastrophe
Maria
(Antilles) 18-20/09/2017
5
vents maximums
>249km/h
1 mort
2 disparus
plusieurs blessés
> 2 Md¤ Catastrophe
*M¤ = millions d'euros, Md¤ = milliards d'euros.
Source :CCRdansDGPR2021,Hypothèsesetétudessurlecoûtéconomiqueethumaind?unetempête
majeuredansdifférentespartiesduterritoire,notammentoutre-mer
Les vents cycloniques menacent les territoires en outre-mer : ouragans dans
les Antilles en Atlantique (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-
Martin) ou cyclones tropicaux dans l?océan Indien (La Réunion, Mayotte).
Parmi les trois événements cycloniques survenus dans les Outre-mer depuis
2013, Irma et Maria dans les Antilles font partie de la catégorie des super-
cyclones (catégorie 5). Aujourd?hui, la fréquence de survenance d?un cyclone
de catégorie 5 est proche d?une fréquence centennale pour ces îles.
Pour améliorer la résilience de ces territoires exposés au risque de vents
cycloniques, limiter les dégâts matériels et faciliter le retour à la normale, une
réglementation para-cyclonique applicable à la construction a été publiée en
2023.
partie 4 : risques météorologiques
118 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Vents violents en France métropolitaine
NOMBRE DE JOURS AVEC DES RAFALES DE PLUS DE 100 KM/H PAR RÉGION
ENTRE 1991 ET 2020
En nombre de jours
70
60
50
40
30
20
10
0
Corse
Bretagne
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Hauts-de-France
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Pays de la Loire
Occitanie
Auvergne-Rhônes-Alpes
Île-de-France
Grand Est
Centre-Val de Loire
Bourgogne-Franche-Comté
Total général
Ja
nv
ier M
ai
Sep
te
m
bre
M
ar
s
Ju
ille
t
Nov
em
bre
Fé
vr
ier Ju
in
Oct
ob
re
Avr
il
Aoû
t
Déc
em
bre
Notes:régionslittoralesenclimatocéaniqueenbleu(Manche)ouviolet(Atlantique);régionslittorales
en climat méditerranéen en orange ; régions en climat océanique altéré (Nord et centre), semi-continental
(Nord-Est)oudemontagneenvert.Lesobservationsdeventsviolentsdeplusde100km/hnecoïncidentpas
toujoursavecdesdatesdetempête,carlesventsviolentspeuventaussiêtreobservéslorsd?oragesviolents
(rafales).Lesnombresdejoursfigurantsurlegraphiquecorrespondentauxvaleursmoyennesmensuellesde
l?ensembledesstationsd?unemêmerégion.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :mesuresde76stationsdeFrancemétropolitaine(3à9stationsparrégion).Normales1991-2020-
©Météo-France.Traitements:SDES,2023
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 119
De 1991 à 2020, 3 des 76 stations principales du réseau de mesures de
France métropolitaine ont enregistré des rafales de plus de 100 km/h plus
de dix jours par an.
Agrégées par région, les moyennes mettent en exergue un fort effet
saisonnier : de deux à trois jours de vent violent de mai à septembre à plus
de dix de novembre à février.
Les régions soumises au climat océanique ou méditerranéen sont celles
pour lesquelles les moyennes sont les plus élevées. Sur la période 1991-
2020, la Corse enregistre ainsi le cumul total sur 30 ans le plus élevé, avec
65 jours de rafales de plus de 100 km/h en décembre. Pour la seule station
du Cap Corse, près de 1 600 jours avec des rafales supérieures à 100 km/h
ont été enregistrés sur 30 ans, soit une moyenne de 52 jours par an.
Alors que les stations situées en climat océanique altéré (transition entre
le climat océanique et les climats de montagne et le climat semi-continental),
semi-continental ou de montagne connaissent moins de 1 jour en moyenne
dans l?année avec des rafales de plus de 100 km/h, cette moyenne varie de
4 à 10 jours dans les stations de la Manche, de 5 à 8 jours dans les stations
de la Loire-Atlantique aux Landes et de 6 à 9 jours dans le golfe du Lion.
Trois stations affichent des moyennes exceptionnelles du fait de leur forte
exposition : Cap Corse (60,8 jours), Pointe du Raz (24,5 jours), Pointe de la
Hague (10 jours).
partie 4 : risques météorologiques
120 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
ÉVOLUTION DE LA MOYENNE ANNUELLE DU NOMBRE DE JOURS AVEC DES
RAFALES DE PLUS DE 100 KM/H ENTRE 1981-2010 ET 1991-2020
En % de stations En nombre de stations
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
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Nor
m
an
die
25
38
44
5050
67
17 17
Augmentation Diminution Nombre de stations
Notedelecture:parmiles9stationsprincipalesduréseaudemesuresdeNouvelle-Aquitaine,lesdeux
tiersenregistrentuneaugmentationdelamoyenneannuelledunombredejoursavecdesrafalesdeplusde
100km/hentre1981-2010et1991-2020.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :Météo-France(normales1981-2010;1991-2020).Traitements:SDES,2022
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 121
Entre 1981-2010 et 1991-2020, la moyenne annuelle du nombre de jours
avec des vents violents de plus de 100 km/h a diminué pour l?ensemble des
stations dans cinq régions : Hauts-de-France, Grand Est, Bourgogne-
Franche-Comté, Île-de-France, Normandie. Dans les autres régions, la
situation n?est pas homogène. Si pour un peu moins de trois quarts des
stations, le nombre de jours avec des vents violents diminue, pour d?autres,
l?augmentation peut être importante : Cap Corse (+ 15 jours) et Ploumanac?h
(+ 2,4 jours).
Sur le littoral, en plus des dégâts liés au vent, une tempête associée à
un fort coefficient de marée peut provoquer des submersions marines :
tempêtes Lothar et Martin (1999) et Xynthia (2010).
Cette dernière a été à l?origine d?une submersion marine dévastatrice
dans la nuit du 27 au 28 février 2010 (53 victimes, 79 blessés, 1 553 communes
reconnues en état de catastrophe naturelle et 2,5 M¤ de dommages).
Cette catastrophe et les inondations survenues dans le Var le 15 juin
2010 (23 victimes) sont à l?origine du plan submersion rapide.
122 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 5
Impacts du changement
climatique
? L?amplification des effets aggravants du changement
climatique se confirme, induisant une augmentation de
la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques
naturels. Parmi les risques naturels susceptibles d?être
affectés par le changement climatique, figurent les feux de
forêt, les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse,
la montée du niveau des mers et des océans, les crues et
les submersions marines, les risques d'origines glaciaire et
périglaciaire, et enfin, les cyclones dans les territoires
ultramarins.
Les conséquences du changement climatique affecteront
diversement les territoires français avec globalement
une progression significative du nombre et de l?intensité
de certains phénomènes naturels majeurs.
partie 5
Impacts du changement
climatique
? L?amplification des effets aggravants du changement
climatique se confirme, induisant une augmentation de
la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques
naturels. Parmi les risques naturels susceptibles d?être
affectés par le changement climatique, figurent les feux de
forêt, les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse,
la montée du niveau des mers et des océans, les crues et
les submersions marines, les risques d'origines glaciaire et
périglaciaire, et enfin, les cyclones dans les territoires
ultramarins.
Les conséquences du changement climatique affecteront
diversement les territoires français avec globalement
une progression significative du nombre et de l?intensité
de certains phénomènes naturels majeurs.
partie 5 : impacts du changement climatique
124 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Impacts du changement climatique
IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE DÉJÀ VISIBLES ET À VENIR D?ICI 2050
GUADELOUPELA RÉUNION
MARTINIQUE
GUYANE
Le Havre
Dunkerque
Lille
Nantes
Besançon
Strasbourg
Mulhouse
Nancy
Dijon
Metz
ToursAngers
Rennes
Orléans
LyonClermont
Ferrand
Limoges
Nîmes
Grenoble
Toulouse
Montpellier
Paris
Reims
Bordeaux
Brest
Marseille
Toulon
Nice
LOIRE
GARONNE
RHÔNE
SEINE
INONDATIONS CYCLONESSUBMERSIONSCRUES
ÎLOT
DE CHALEUR
FEUX
DE FORÊT
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
°C
BAISSE DE
L?ENNEIGEMENT
VOSGES
ALPES
JURA
PYRÉNÉES
Source :Onerc,2019
partie 5 : impacts du changement climatique
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 125
Le 6e rapport du Giec (2021-2023) confirme la progression du réchauffement
climatique. Selon les scénarios envisagés, il apparaît ainsi très probable que
la température moyenne à la surface du globe à l'horizon 2100 augmente de
1,4 °C ([1,0 °C ; 1,8 °C] ; scénario minimaliste) à 4,4 °C ([3,3 °C ; 5,7 °C]
scénario maximaliste) par rapport à la période préindustrielle.
Chaque 0,5 °C supplémentaire de réchauffement planétaire est
susceptible de se traduire par une augmentation de l?intensité et/ou de la
fréquence des phénomènes extrêmes.
Cette évolution concerne en particulier le risque de submersion marine,
les aléas en montagne, les feux de forêt, les précipitations intenses et les
cyclones, avec des phénomènes qui pourront être plus intenses ou prendre
de nouvelles formes : poches d?eau sous les glaciers, méga-feux, crues éclair
liées au ruissellement urbain, etc. Les projections du Giec, comme les
chroniques d'inondation des quarante dernières années, ne démontrent pas
en revanche d?aggravation significative des risques d?inondation par
débordement des cours d?eau en métropole.
Bien que de hauts niveaux de confiance soient atteints pour plusieurs
résultats au niveau planétaire, les différents modèles utilisés par le Giec
présentent encore des divergences dans les tendances simulées au niveau
régional. Des études complémentaires seront nécessaires pour préciser à
l?échelle du territoire français certaines données issues des modèles utilisés
par le Giec.
Plusieurs études sont conduites pour anticiper l?évolution des aléas à
l?horizon 2040 ou 2050. Ainsi, l?analyse de l?évolution du risque d?inondation
de plaine en France montre une tendance généralisée à l?augmentation des
débits de crue de référence pour la période de retour de 10 ans à l?horizon
2050 sous le scénario de changement climatique le plus pessimiste. Ces
augmentations dépassent 30 % dans le sud de la France et dans un large
quart Nord-Est (LivreblancCovea,2022).
Pour anticiper la probable progression de l?activité cyclonique dans les
Antilles, des travaux sont en cours pour préciser l?intensité de l?aléa dans ces
territoires. L?objectif consiste à actualiser les vents de référence applicables
et à définir des coefficients de site pour détailler la sensibilité locale aux vents
cycloniques en tenant compte du relief et de l?occupation des sols.
partie 5 : impacts du changement climatique
126 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 6
Situation de la France
dans le contexte
international
? La France métropolitaine concentre 14 % des
événements naturels très graves recensés en Europe entre
1900 et début 2022. Avec l?Italie, elle est en tête des pays
les plus touchés, loin devant les autres pays européens.
Au niveau mondial, la France se situe dans le deuxième
quart des pays les plus à risque.
SCÉNARIOS ÉTUDIÉS À L?HORIZON 2050
En Md¤
Evénement de
catégorie 5
Evénement de
catégorie 4
Evénement de
catégories 4 et 5
Massifs Coût moyen Coût extrême Période de retour Coût moyen Coût extrême
La Réunion 5,2 21,9 23 ans
3 à 4
> 15
(très rares
cas)
Guadeloupe 6,8 19,1
34 ans
Martinique 4,9 18,0
Sources :CCR/Météo-France;RiskWeatherTech,2020
À l?horizon 2050, la sinistralité pourrait augmenter de 20 % en outre-mer du
fait de l?accroissement de la fréquence moyenne des cyclones (simulation
Cordex pour l?Amérique centrale) et de la hausse du niveau de la mer, selon
l?analyse de l?évolution du risque cyclonique et de l?importance des dégâts
prévisibles (CCR/Météo-France et RiskWeatherTech, 2020). Les dommages
causés par la plupart des événements de catégories 4 et 5 touchant la
Guadeloupe ou La Réunion dépasseraient très largement ceux constatés
après les ouragans Irma et Maria en 2017. En outre, l?île de La Réunion
semble la plus exposée aux cyclones avec une période de retour de 23 ans
(catégorie 4).
Ces simulations suggèrent une augmentation de la fréquence des rafales
de vents cycloniques en Guadeloupe, et de manière beaucoup plus limitée
en Martinique. Compte tenu des incertitudes, l?interprétation de l?évolution
de ces tendances contrastées dans le futur doit être prudente.
partie 6
Situation de la France
dans le contexte
international
? La France métropolitaine concentre 14 % des
événements naturels très graves recensés en Europe entre
1900 et début 2022. Avec l?Italie, elle est en tête des pays
les plus touchés, loin devant les autres pays européens.
Au niveau mondial, la France se situe dans le deuxième
quart des pays les plus à risque.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
128 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Catastrophes naturelles en Europe
NOMBRE D?ÉVÉNEMENTS NATURELS TRÈS GRAVES RECENSÉS EN EUROPE
ENTRE 1900 ET 2022
0 250km
Nombre de catastrophes
par type de phénomène
219
52
Mouvements de terrain
Séismes
Feux de forêt
Cyclones, tempêtes
Inondations
Union européenne
Autres
Champ:catastrophesayantfait10mortsouplus,outouché100personnesouplus(touché,blessé,sans-
abri),ouayantfaitl?objetd?unedéclarationd?étatd?urgenceoud?unappelàl?aideinternationale.Autres:
températuresextrêmes,sécheresse,éruptionvolcanique,brouillard.Lesglissementsetmouvementsdeterrain
comprennentlesphénomèneshydrologiques(avalanchedeneige,débris,couléesdeboue,chutedepierres)
etgéophysiques(mouvementdemasse).
Source : EM-DAT,UCLouvain,Brussels,Belgium?www.emdat.be(EM-DATTheInternationalDisaster
Database,Centreforresearchontheepidemiologyeofdisasters),2022.Traitements:SDES,2022
https://www.emdat.be/
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 129
La base de données internationale sur les catastrophes (Emdat) recense
1 360 catastrophes naturelles ayant affecté l'Europe, entre 1900 et 2022.
Pays d?Europe le plus touché, la France métropolitaine compte
188 catastrophes, soit 14 % des événements très graves recensés en Europe
depuis 1900. Elle devance légèrement l?Italie avec 171 événements. La
France se distingue surtout par un grand nombre d?inondations
(60 événements) et de cyclones et tempêtes (73 événements), tandis qu?en
Italie les inondations (53 événements) et les séismes (43 événements)
prédominent.
Dans quatre autres pays européens, le nombre d?événements naturels
très graves recensés avoisine 100 catastrophes sur la même période
(Espagne, Allemagne, Grèce, Roumanie). Ensemble, ils représentent 30 %
des catastrophes recensées en Europe. L?Allemagne se singularise par un
grand nombre de cyclones et tempêtes, l?Espagne et la Roumanie par les
inondations et la Grèce par les séismes. Enfin, les 26 autres pays européens
totalisent en peu moins de 45 % des catastrophes.
RÉPARTITION DES CATASTROPHES RECENSÉES EN EUROPE ENTRE 1900 ET 2022
En %
Inondations
32
Autres
17
Feux
de
forêt
6
Mouvements de terrain
Séismes
10
Cyclones et tempêtes
31
Source :EM-DAT,UCLouvain,Brussels,Belgium?www.emdat.be(EM-DATTheInternationalDisaster
Database,Centreforresearchontheepidemiologyeofdisasters),2022.Traitements:SDES,2022
Parmi les catastrophes recensées en Europe, les inondations (32 %) et
les cyclones et tempêtes (31 %) sont les plus nombreux. Les séismes
représentent 10 %, les feux de forêts 6 %, les mouvements de terrain moins
de 4 % et les autres risques (températures extrêmes, sécheresse, éruption
volcanique) 17 %.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
130 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Indicateurs internationaux
INDICE INTERNATIONAL DE RISQUE WORLD RISK INDEX (WRI)
Très bas 0.00 - 9.90
Bas 9.91 - 15.87
Moyen 15.88 - 24.43
Élevé 24.44 - 33.01
Très élevé 33.02 - 100.00
Absence de données
Notedelecture:pluslanoteestfaible,moinslepaysestexposé.
Note:scoreWRI=expositionxvulnérabilité
avecVulnérabilité=1/3×(Susceptibilité+(1?Capacitédefairefacegouvernance, soins de santé, sécurité sociale et
matérielle)+(1?Capacitéd?adaptationévénementsnaturelsàvenir,changementclimatique,autresdéfis)).
Champ:WRIréviséen2017.Calculépour192paysetcinqrisquesnaturels(tremblementsdeterre,cyclones,
inondations,sécheressesetélévationduniveaudelamer)etintégrant23indicateurscorrespondantàla
sphèresociétale.
Sources :Institutdudroitinternationaldelapaixetdesconflitsarmés(IFHV)delaRuhr-UniversitéBochum;
Allianceallemandepourl?aideaudéveloppement(BündnisEntwicklungHilft);Institutpourl?environnementet
lasécuritéhumainedel?UniversitédesNationsunies(UNU-EHS),2022
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 131
Créé en 2011, l?indicateur Worldriskindex (WRI) évalue le niveau de risque
de 192 pays pour sept aléas naturels : tremblements de terre, tsunami,
cyclones, inondations marines, inondations par cours d?eau, sécheresses et
élévation du niveau de la mer. Conçu comme un outil d?aide à la décision,
cet indice est alimenté par une soixantaine d?indicateurs qui décrivent
l?exposition aux aléas précités, et évaluent la vulnérabilité du pays en termes
socio-économiques, de capacité de mobilisation en cas de crise et de
capacité d?adaptation à moyen-long terme.
Au classement 2022, la France figure à la 72e place en matière de risques
de catastrophes avec un score de 6,7. Les Philippines sont considérées
comme le pays le plus à risque (1er avec un score de 46,8) et Andorre le moins
risqué (193e avec un score de 0,3). S?agissant de la composante
« exposition », la France figure en 63e position. Ses capacités de réaction lui
permettent en revanche de limiter son niveau de risque.
La France figure parmi les pays européens les plus à risque derrière
l?Espagne, l?Italie et la Grèce. Bien qu'exposés aux risques les plus élevés
en Europe du fait de leur situation par rapport au niveau de la mer, les Pays-
Bas ne se classent toutefois que 99e sur 193 au niveau mondial car ils se
trouvent parmi les mieux armés pour affronter des événements extrêmes.
Hors Europe, les Philippines, l?Inde et l?Indonésie se distinguent comme
les trois pays les plus à risque.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
132 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SCORE D?EXPOSITION AUX RISQUES NATURELS DE LA FRANCE SELON
L?INDICATEUR INFORM RISK
8
6
4
2
0
Inondations Tsunamis Séismes Sécheresses Épidémies Cyclones
6,4
5,7
3,3
1,3 1,6
0,0
Notedelecture:pluslescore(comprisentre0et10)estfortpourunrisqueconsidéré,pluslaFranceyest
exposée.
Note:ils?agitdelacomposante«expositionauxrisquesnaturels»del?indicateurinternationalInform risk.
Cettecomposantes?établità3,4pourlaFrance.Cetindicateurrésulted?uneagrégationdescoresétablis
commesuit(chacundestroisfacteurscomporteunedimensionrisquesnaturelsetuneautreliéeauxconflits
humains):
Inform risk index = Exposition1/3×Vulnérabilité1/3×Manquedecapacitéd'adaptation1/3.
Sources :CentrecommunderecherchedelaCommissioneuropéenne,Inter-AgencyStandingCommittee
TaskTeamforPreparednessandResilience(IASC),agencesdel?ONU,partenairesprivés,ONG,2023
Créé en 2012, l'indicateur Informriskscore propose une base objective pour
l?analyse des risques. Il intègre six catégories de risques naturels (séismes,
cyclones, inondations, sécheresses, tsunamis et épidémies), ainsi que les
risques de conflit. En 2023, la France obtient un score global d?exposition
aux risques de 2,3 sur 10 et se classe 146e sur 191 des pays les plus à
risques. Avec un score de 2,1, elle se classe au 125e rang pour la seule
composante « exposition », l?exposition élevée aux risques naturels étant
contrebalancée par l?absence de conflit sur son territoire. Elle est moins bien
notée pour sa vulnérabilité (score de 3 pour la composante « vulnérabilité »,
soit le 117e rang) mais est considérée comme en capacité à réagir aux crises
(score de 1,9 pour la composante « adaptation », soit le 169e rang).
Les risques de conflits pesant autant que les risques naturels sur
l?exposition, les pays en conflit ressortent comme les plus à risque : Somalie
(score 8,7), en second la République centrafricaine et le Soudan du Sud
(score 8,5 et 8,4), suivis de l?Afghanistan et du Yémen (score 8,1 chacun).
Annexes
? Sites utiles
? Pour aller plus loin
? Glossaire
? Sigles et abréviations
Annexes
? Sites utiles
? Pour aller plus loin
? Glossaire
? Sigles et abréviations
annexes
134 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sites utiles
ÉTAT DES LIEUX DES CATASTROPHES NATURELLES EN FRANCE
CCR Caisse centrale de réassurances
ccr.fr
Institut Paris
Région
institutparisregion.fr
MTECT Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion
des territoires
ecologie.gouv.fr/politiques/risques-naturels
ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-
et-loi-risques
MRN Mission risques naturels
mrn.asso.fr
ONRN Observatoire national des risques naturels
georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-
risques-naturels
Géorisques georisques.gouv.fr
Notre-
environnement
notre-environnement.gouv.fr
Portail de
prévention des
risques majeurs
gouvernement.fr/risques/cyclone
LES RISQUES NATURELS TERRESTRES
Bureau central
sismologique
français
franceseisme.fr
Cenalt Centre d?alerte aux tsunamis
info-tsunami.fr
https://www.ccr.fr/
https://www.institutparisregion.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques/risques-naturels
https://www.ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-et-loi-risques
https://www.ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-et-loi-risques
https://www.mrn.asso.fr/
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/
https://www.notre-environnement.gouv.fr/theme/risques#ancre373
https://www.gouvernement.fr/risques
https://www.franceseisme.fr/
https://www.info-tsunami.fr/
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 135
IPGP Observatoires volcanologiques et sismologiques de
l?Institut de physique du Globe de Paris
ipgp.fr/fr/observatoires-volcanologiques-sismologiques
BCSF/Renass Site national d?information sur la sismicité de la France
renass.unistra.fr
Revosima Réseau de surveillance volcanologique et sismologique
de Mayotte
ipgp.fr/fr/revosima
Feux de forêt
et de végétation
feux-foret.gouv.fr
LES RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES
Météo-France Tempêtes en France métropolitaine
tempetes.meteo.fr
Les vents violents et les tempêtes
meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-
violents-et-les-tempetes
https://www.ipgp.fr/observation/ovs/
https://renass.unistra.fr/fr/zones/
https://www.ipgp.fr/observation/infrastructures-nationales-hebergees/revosima/
https://www.ecologie.gouv.fr/feux-foret-et-vegetation
http://tempetes.meteo.fr/
https://meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-violents-et-les-tempetes
https://meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-violents-et-les-tempetes
annexes
136 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Pour aller plus loin
PERCEPTION DES CATASTROPHES NATURELLES PAR LES FRANÇAIS
Enquête Eser
2022
LesFrançaisetlesrisquesenvironnementaux
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-
francais-et-les-risques-environnementaux
IRSN Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
irsn.fr/page/barometre-irsn-sur-perception-risques-securite
LES INONDATIONS
Institut Paris
Région
Zones inondées potentielles (Seine, Marne, Oise, Loing)
cartoviz.institutparisregion.fr
LES RISQUES NATURELS TERRESTRES
BDIFF Base de données des incendies de forêt en France
bdiff.agriculture.gouv.fr/
RTM Base de données Restauration des terrains en montagne
rtm-onf.ign.fr
Eurovolc Catalogue des volcans européens
volcanos.eurovolc.eu
EFFIS European Forest Fire Information System
effis.jrc.ec.europa.eu/applications/data-and-services
SisFrance Histoire et caractéristiques des séismes ressentis en
France
sisfrance.net
IRMa Institut des risques majeurs de Grenoble (Rhône-Alpes)
irma-grenoble.com
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-francais-et-les-risques-environnementaux?rubrique=43&dossier=200
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-francais-et-les-risques-environnementaux?rubrique=43&dossier=200
https://www.irsn.fr/page/barometre-irsn-sur-perception-risques-securite
https://cartoviz.institutparisregion.fr/
https://bdiff.agriculture.gouv.fr/
https://carmen.carmencarto.fr/105/ONF_BDRTM.map
https://volcanos.eurovolc.eu/
https://effis.jrc.ec.europa.eu/applications/data-and-services
https://www.sisfrance.net/
https://www.irma-grenoble.com/
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 137
LES IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Covea Changement climatique & Assurance : Quelles
conséquences sur la sinistralité à horizon 2050 ?
Livre blanc Covéa
Giec Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du
climat
ipcc.ch/languages-2/francais
IMF Fonds monétaire international, tableau de bord
changement climatique
climatedata.imf.org/pages/access-data
LA SITUATION DE LA FRANCE DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL
Commission
européenne
Centre commun de recherche, InformRisk
drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index
EMDAT Internationaldisasterdatabase,Centreforresearchonthe
epidemiologyofdisasters
emdat.be
World Risk
Report
BundnisEntwicklungHilft, alliance allemande pour l?aide au
développement et InstituteforInternationalLawofPeace
andArmedConflict (IFHV) de la Ruhr University Bochum
weltrisikobericht.de/english
https://www.covea.com/sites/default/files/2023-11/202202_Livre_Blanc_Cov%C3%A9a_Risques_Climatiques.pdf
https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/
https://climatedata.imf.org/pages/access-data
https://drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index
https://www.emdat.be/
https://weltrisikobericht.de/en/
annexes
138 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Glossaire
Affaissement : déformation souple, sans rupture et progressive du sol.
Aléa : manifestation d?un phénomène naturel ou anthropique de nature
aléatoire. Il se caractérise par son occurrence et son intensité.
Argile : terme désignant à la fois le minéral (minéral argileux) et la roche
(meuble ou consolidée) composée pour l?essentiel de ces minéraux. La
fraction argileuse est, par convention, constituée des éléments dont la taille
est inférieure à 2 ?m.
Arrêté de reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle, dit arrêté
Cat-Nat : acte administratif encadrant les indemnisations et couvrant
l?ensemble des aléas climatiques et terrestres à l?exception des feux de
forêt et des tempêtes (sauf vents cycloniques de grande ampleur).
Néanmoins, la liste des phénomènes naturels indemnisables varie au fil
de la législation. Un arrêté détermine les zones concernées (liste des
communes), les périodes de la catastrophe et le phénomène naturel reconnu.
Avalanche : déplacement rapide (10 à 350 km/h) d?une masse de neige
sur une pente, provoqué par une rupture de manteau neigeux (neige plus
mouillée, nouvelle chute de neige, surcharge par un skieur, explosion, etc.).
Ce phénomène survient quand la neige est en quantité suffisante et de
qualité favorable, sur une pente suffisante dans la zone de départ.
Catastrophe naturelle : selon l?échelle de gravité des dommages (Mission
d?inspection spécialisée de l?environnement, 1999), événement ayant causé
au moins 100 morts ou 300 M¤ de dommages matériels. Parmi elles,
figurent les catastrophes majeures (au moins 1 000 morts ou 3 Md¤ de
dommages matériels).
Cyclone : perturbation atmosphérique de grande échelle se développant
dans les zones de basses pressions des régions tropicales et subtropicales.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 139
Enjeu : ensemble des personnes et des biens susceptibles d?être affectés
par un phénomène naturel ou des activités humaines. Il se caractérise par
son importance (nombre, nature, etc.) et sa vulnérabilité.
Enveloppe approchée du risque inondation potentielle (EAIP) : emprise
potentielle des événements extrêmes (enveloppes maximalistes des zones
inondables par une crue exceptionnelle), requise dans l?évaluation
préliminaire des risques d?inondation. Cette dernière, conformément à la
directive européenne inondation, permet d?évaluer les risques potentiels
d?inondations extrêmes sur la santé humaine, l?environnement, le patrimoine
culturel et l?activité économique. Deux EAIP différentes délimitent d?une
part les zones exposées aux submersions marines, et d?autre part celle
exposées aux débordements de cours d?eau, quelle que soit leur importance
(fleuve, petit cours d?eau intermittent, torrent de montagne).
Épicentre : point de la surface terrestre situé à la verticale du foyer d'un
séisme.
Éruption magmatique : remontée de magma jusqu?à la surface occasionnant
retombées de cendres et de roches, coulées pyroclastiques, écroulements
partiels de flancs, formation d?un dôme de lave, voire coulées de lave. Ce
phénomène est toujours précédé d'une éruption phréatique.
Éruption péléenne : caractéristique d?une lave très pâteuse qui forme des
aiguilles et d?un volcan pouvant émettre des nuées ardentes (avalanches
incandescentes de gaz, de cendres et de blocs de roches).
Éruption phréatique : le magma réchauffe les eaux souterraines. Sous
l?effet de leur vaporisation brutale, la pression peut générer de violentes
explosions, fragmenter et projeter les roches au sommet du volcan. D?autres
phénomènes peuvent survenir : retombées de cendres et de roches,
émanations de gaz, coulées pyroclastiques (nuées ardentes), écroulements
partiels de flancs, coulées de boue.
annexes
140 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Éruption plinienne : phénomène volcanique explosif (émissions de gaz,
cendres, ponces) à l?instar de l?éruption du Vésuve en 79 (décès de Pline
l?Ancien, relatée par Pline le Jeune).
Établissements Seveso : établissements produisant ou stockant des
substances pouvant être dangereuses pour l?homme et l?environnement.
La réglementation distingue deux types d?établissements, selon la quantité
totale de matières dangereuses sur site : les établissements Seveso seuil
haut et les établissements Seveso seuil bas.
Foyer : lieu où se produit le premier ébranlement dans l'écorce terrestre.
Fréquence (d?un événement) : caractérisation issue d?un calcul statistique
correspondant à la fréquence relative définie comme le quotient de cet
effectif ou la taille de la classe (par exemple, nombre d?événements entre
1900 et 1950) par celui de la taille de la population (nombre total d?événements
sur l?ensemble de la période d?observation entre 1900 et 2020).
Fontis : effondrement brutal et localisé (forme d?entonnoir ou de cratère),
le plus souvent provoqué par la remontée, plus ou moins lente, d'une cloche
de vide vers la surface à la suite de la rupture du toit d?une cavité.
Garantie « catastrophe naturelle » (Cat-Nat) : dispositif instauré en 1982
pour couvrir les dommages matériels en cas d?événement naturel d?une
intensité anormale, de souscription d?un contrat d?assurance par les sinistrés
et faisant l?objet d?une reconnaissance de l?état de Cat-Nat par arrêté
interministériel (ministères de l?Intérieur, de l?Économie et des Finances).
Glissement de terrain : mouvement résultant du déplacement gravitaire
de sols ou de roches déstabilisés par des phénomènes climatiques,
géomorphologiques, géologiques ou anthropiques. Plutôt lents (quelques
mm à quelques m/an), avec au moins 30 % d?eau, ces mouvements
s?accélèrent et forment des coulées ou des laves torrentielles (5 m/s). Les
glissements de terrain apparaissent dans des éboulis fins, des moraines,
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 141
ou des roches très fracturées et altérées, mais certains matériaux sont plus
sensibles (argiles, marnes, gypses, formations superficielles d?altérites).
Intensité (séisme) : niveau de sévérité des effets de la secousse sismique.
Intensité épicentrale : niveau de sévérité des effets de la secousse sismique
à l'épicentre.
Karst : système de cavités et conduits formés naturellement par la dissolution
hydrochimique des formations carbonatées ou sulfatées. Le relief karstique
est particulièrement sensible aux glissements de terrain et à l?instabilité des
cavités.
Magnitude de moment : nouveau mode de calcul effectué systématiquement
pour tous les séismes de magnitude supérieure à 5. Basé sur un modèle
physique de la rupture d'un séisme, il permet de mieux calculer la magnitude
des gros séismes en restant cohérent avec les méthodes utilisées pour les
plus petits séismes.
Magnitude sismique : mesure de l'énergie libérée lors d'un séisme.
Un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30
de l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement.
Marnière : petite carrière souterraine exploitée dans la craie pour amender
les champs.
Mouvement de terrain : phénomène déstabilisant et déplaçant les sols ou
les roches à la suite de la fonte de neige, de fortes pluies, des séismes,
l?érosion ou encore, la dissolution de roches. Plus ou moins brutaux, ils
peuvent détruire le bâti, obstruer des voies de communication ou des rivières
en causant des inondations, voire des pertes humaines. Les mouvements
lents et continus (tassements, affaissements, glissements de terrain, retrait-
gonflement des argiles) se distinguent de ceux rapides et discontinus
(effondrement de cavités, éboulements de blocs rocheux, coulées de boue).
annexes
142 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NaTech : aléa naturel pouvant avoir un impact sur une installation industrielle
et générer un ou une série d?accidents « NaTech » (contraction des mots
naturel et technologique) avec des effets majeurs à l?extérieur du site sur
les personnes, les biens ou l?environnement (d?après Barpi).
Ouragan : cyclone en Atlantique nord et dans le Pacifique nord-est.
Période de retour (inondation) : durée moyenne au cours de laquelle
statistiquement un événement d'une même intensité se reproduit. Un événement
fréquent correspond à une période de retour comprise entre 10 et 30 ans,
l?événement moyen, généralement la crue de référence des PPR, à une période
de retour au moins centennale, et l?événement exceptionnel à la crue millénaire.
Pergélisol (permafrost en anglais) : partie du sol dont la température se
maintient en dessous de 0 °C pendant plus de deux ans consécutifs.
Pit-crater : cratère d'effondrement de petite taille.
Plan de prévention des risques naturels (PPRN) : dispositif de mise à
disposition de connaissance des zones à risques et de prescription des
mesures pour les constructions nouvelles et les biens existants à destination
des populations et des aménageurs. Ce document réglementaire de
prévention, élaboré par les services de l'État en association avec la commune
et en concertation avec la population, constitue une servitude d?utilité
publique s?imposant au plan local d?urbanisme. Outre les PPR multirisques,
différents types sont distingués : PPRI (inondation), PPRL (littoral), PPRIF
(incendie de forêt).
PPR opposable (approuvé par arrêté préfectoral) : PPR correspondant
au document achevé avec délimitation des zones à risques qui font l?objet
d?une réglementation. Le règlement du PPR précise les règles qui
s?appliquent à chacune de ces zones.
PPR prescrit (par arrêté préfectoral) : correspond à la première phase
de l?élaboration du PPR.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 143
Programme d?actions de prévention des inondations (PAPI) : dispositif
d?appel à projet lancé par l?État depuis 2002 pour promouvoir une gestion
globale des risques d?inondation à l?échelle d?un bassin de risque cohérent,
en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine,
les biens, les activités économiques et l?environnement. Portés par les
collectivités territoriales ou leurs groupements, ces programmes constituent
le cadre d?un partenariat étroit avec l?État en matière de prévention des
inondations.
Pyroclastique : caractéristique s'appliquant aux débris de roches
magmatiques éjectées par les volcans et dont l?accumulation donne les
roches pyroclastiques (cendres, lapillis, tufs, etc.).
Retrait-gonflement des argiles : mouvement de terrain de type « tassement
différentiel » à l?origine d?une déformation progressive du sol ou du sous-sol
et pouvant provoquer des désordres dans les bâtiments (fissures des
éléments porteurs). Les maisons individuelles, structures légères aux
fondations généralement superficielles et dimensionnées sans la prise en
compte de cet aléa, s?avèrent particulièrement vulnérables. Considéré
comme un risque naturel majeur eu égard à l?ampleur des dégâts matériels
provoqués, il peut s?accroître sous l?effet du changement climatique et de
facto de la hausse prévisible des épisodes de sécheresse.
Risques d?origines glaciaire et périglaciaire : terme utilisé par
l?administration française pour regrouper les risques naturels en montagne
ayant pour source des zones couvertes de glace, englacées, récemment
déglacées, ou leurs abords directement influencés par la présence des
glaciers, ou concernées par le dégel des sols gelés en permanence en
profondeur (pergélisol) ? (source : rapport IGEDD/IGA/IGESR, décembre
2022,Risquesd?origineglaciaireetpériglaciaire-Élémentsensoutienà
unpland?action).
Risque majeur : croisement d?un aléa et d?un enjeu se caractérisant par
sa faible fréquence, sa gravité et l?incapacité de la société exposée à
surpasser l?évènement. Des actions sont dans la plupart des cas possibles
annexes
144 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
pour le réduire, soit en atténuant l?intensité de l?aléa, soit en réduisant la
vulnérabilité des enjeux.
Sécheresse géotechnique : type de phénomène naturel indemnisé au
titre du régime des catastrophes naturelles et correspondant à une période
de longueur variable, caractérisée par un déficit pluviométrique plus ou
moins marqué et se traduisant par une diminution de la teneur en eau de
l?horizon du sous-sol. Les terrains argileux superficiels se rétractent alors
lors des périodes de sécheresse (phénomène de retrait) et gonflent au
retour des pluies lorsqu?ils sont de nouveau hydratés (phénomène de
gonflement).
Séismes : les tremblements de terre naissent dans les profondeurs de
l?écorce terrestre et causent des secousses plus ou moins violentes à la
surface du sol. Généralement engendrés par la reprise d'un mouvement
tectonique le long d'une faille, d?autres phénomènes peuvent intervenir :
mouvement de terrain, raz de marée, liquéfaction des sols, effet hydrologique,
effet de site (modification de l?amplitude et de la durée induite par la géologie
locale). Leur violence se caractérise par la magnitude (énergie libérée) et
l?intensité (effets observés ou ressentis par l?Homme, dégâts aux constructions).
Sinistralité (au sens assurance) : coûts indemnisés par les assureurs au
titre du régime des catastrophes naturelles pour les 22 phénomènes naturels
retenus. Ces coûts ne concernent que les biens assurés autres que les
véhicules terrestres à moteur et ils sont nets de toute franchise.
Stratégie nationale du risque inondation (SNGRI) : dispositif visant à
assurer la cohérence des actions menées sur le territoire en poursuivant trois
objectifs prioritaires : augmenter la sécurité des populations exposées,
stabiliser à court terme, et réduire à moyen terme, le coût des dommages
liés à l?inondation, raccourcir fortement le délai de retour à la normale des
territoires sinistrés.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 145
Stratégie locale du risque inondation (SLGRI) : dispositif visant à atteindre
sur les territoires à risque inondation important, les objectifs de réduction
des conséquences négatives des inondations. Elle s?inscrit dans la continuité
des démarches en cours en complétant ou renforçant les dispositifs de
gestion du risque d?inondation existants, sans pour autant s?y substituer,
fournissant ainsi un cadre de référence pour prévenir le risque inondation.
Submersion marine : inondation brutale et temporaire de la zone côtière
par la mer, résultant de la conjonction de phénomènes extrêmes (dépression
atmosphérique, vent, houle, pluie) et de forts coefficients de marée.
D?importantes surcotes du plan d?eau surviennent quand : son niveau
dépasse la cote des ouvrages de protection ou des terrains en bord de mer ;
la mer crée des brèches et rompt les ouvrages ou les cordons naturels ; ou
des paquets de mer franchissent les barrages naturels ou artificiels suite
au déferlement de vagues de taille importante.
Tassement différentiel : type de mouvement de terrain également appelé
« retrait-gonflement des argiles » et consécutif à une période de sécheresse
géotechnique.
Tempête : lorsque deux masses d'air différentes (température et teneur en
eau) s?affrontent le long d?un front dépressionnaire, elles peuvent générer
des vents violents, voire des tempêtes au-delà de 89 km/h (degré 10 sur
12 de l'échelle de Beaufort de classification des effets des vents sur
l'environnement).
Territoire à risque important d?inondation (TRI) : zone où les enjeux
potentiellement exposés aux inondations sont les plus importants, justifiant
une action volontariste et à court terme (État et parties prenantes concernées)
pour aboutir à la mise en place obligatoire de stratégies locales de gestion
des risques d?inondation. L?action vise les zones où les enjeux sont les plus
menacés et où il y a le plus à gagner en matière de réduction des dommages
liés aux inondations.
annexes
146 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Tsunami (ou raz-de-marée) : phénomène correspondant à une onde due
au mouvement rapide d'un grand volume d'eau, pouvant faire suite à un
tremblement de terre sous-marin de (magnitude > 7) et profond de moins
de 50 km. D?autant plus important qu?il est superficiel, ce phénomène brutal
génère des vagues de submersion pouvant faire de nombreuses victimes
et causer des dégâts considérables sur le littoral (habitations, infrastructures)
selon la hauteur et la vitesse des vagues. L'intensité du tsunami, mesurée
sur l?échelle Sieberg-Ambraseys (de 1 « très légère » à 6 « désastreuse »),
dépend de la magnitude et de la profondeur du séisme.
Vulnérabilité : notion qui exprime et mesure le niveau de conséquences
prévisibles de l?aléa sur les enjeux. Elle exprime et mesure le niveau de
conséquences prévisibles de l?aléa sur les enjeux. Différentes actions
peuvent la réduire en atténuant l?intensité de certains aléas ou en limitant
les dommages sur les enjeux.
Zone SI-Hex : de la France métropolitaine élargie à la zone économique
exclusive.
Zones sous-minées : zones en surface surplombant des vides dans le
sous-sol résultant de l?exploitation d?anciennes carrières souterraines
abandonnées (calcaire, marne, gypse, marbre, ardoise, argile) pour extraire
des matériaux de construction. Des travaux de consolidations souterraines
(construction de piliers) peuvent augmenter la portance et stopper le
fléchissement du toit des cavités.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 147
Sigles et abréviations
AFP Agence France presse
Barpi Bureau d'analyse des risques et pollutions
BDE Base de données des événements naturels dommageables
BDMVT Base de données mouvements de terrain
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
CCR Caisse centrale de réassurances
CENALT Centre d?alerte aux tsunamis
Cerema Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l'environnement, la mobilité et l'aménagement
CGDD Commissariat général au développement durable
CETE Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l'environnement, la mobilité et l'aménagement
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DROM Départements et régions d'outre-mer
EAIP Enveloppe approchée du risque inondation potentielle
FFB Fédération française du bâtiment
Gaspar Gestion assistée des procédures administratives relatives
aux risques naturels
Giec Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
IGA Inspection générale de l'administration
IGC Inspection générale des carrières
IGEDD Inspection générale de l'environnement et du développement
durable
IGESR Inspection générale de l'éducation, du sport
et de la recherche
IGN Institut national de l'information géographique et forestière
Insee Institut national de la statistique et des études économiques
Inrae Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation
et l'environnement
annexes
148 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
IPGP Institut de physique du Globe de Paris
IRSN Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
JRC Centre commun de recherche de l'Union européenne
MASA Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
MEDD Ministère de l'Écologie, du Développement durable
(ancienne dénomination du ministère chargé de
l'Environnement)
Mise Mission d?inspection spécialisée dans l?environnement
MRN Mission risques naturels
MTE Ministère de la Transition écologique (ancienne dénomination
du ministère chargé de l?Environnement)
MTECT Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des
territoires
MTES Ministère de la Transition écologique et solidaire (ancienne
dénomination du ministère chargé de l?Environnement)
OCDE Organisation de coopération et de développement
économiques
ONRN Observatoire national des risques naturels
OVPF Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise
PAPI Programme d?actions de prévention des inondations
PPR Plan de prévention des risques
ROGP Risques d'origines glaciaire et périglaciaire
RTM Service de restauration des terrains en montagne
SAFPA Outil de suivi administratif et financier des PAPI
SDES Service des données et études statistiques
SHOM Service hydrographique et océanographique de la marine
SLGRI Stratégie locale de gestion des risques d'inondation
SNRH Service des risques naturels et hydrauliques
TRI Territoire à risque important d?inondation
UE Union européenne
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 149
UNITÉS DE MESURE
ha hectare
km/h kilomètre par heure
M¤ million d?euros
Md¤ milliard d?euros
mm millimètre
m/an mètre par an
m/s mètre par seconde
Mm3 million de mètres cubes
150 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Table des matières
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 151
Table des matières
table des matières
152 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Avant-propos 4
DONNÉES CLÉS 5
Les catastrophes naturelles en France 6
Risque inondation 7
Mouvements de terrain 8
Risques météorologiques et climatiques 9
Les risques naturels en outre-mer 10
ÉLÉMENTS DE CONTEXTE : OBSERVATOIRE, CONCEPTS
ET POLITIQUE PUBLIQUE
11
Observatoire national des risques naturels 12
Phénomènes naturels 13
Aléas, enjeux, risques : quelques définitions 14
Garantie catastrophes naturelles 16
PARTIE 1 : ÉTAT DES LIEUX DES CATASTROPHES
NATURELLES EN FRANCE
17
Événements naturels dommageables 18
État de catastrophe naturelle 22
Sinistralité liée aux catastrophes naturelles 25
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-Neige en France métropolitaine 27
Pertes économiques globales attribuées aux événements naturels 28
Perception des catastrophes naturelles par les Français 30
PARTIE 2 : INONDATIONS : SINISTRALITÉ, EXPOSITION
ET PRÉVENTION
35
Sinistralité liée aux inondations 36
Outils au service de l?identification des risques inondation
et des politiques de prévention
38
Exposition aux inondations par débordement de cours d?eau 39
Exposition aux submersions marines 48
Prévention des inondations 55
Territoires à risque important d?inondation 57
Programmes d?actions de prévention des inondations 60
table des matières
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 153
PARTIE 3 : RISQUES NATURELS TERRESTRES 63
Mouvements de terrain hors retrait-gonflement des argiles 64
Cavités souterraines 68
Glissements de terrain 72
Risque rocheux et chutes de blocs 74
Retrait-gonflement des argiles 76
Prévention des mouvements de terrain 80
Séismes en métropole et en outre-mer 82
Éruptions volcaniques 92
Tsunamis en outre-mer et en métropole 95
Avalanches 98
Risques d'origines glaciaire et périglaciaire 103
Feux de forêt et végétation 107
PARTIE 4 : RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES 111
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-Neige en France métropolitaine 112
Phénomènes atmosphériques 114
Cyclones en outre-mer 115
Vents violents en France métropolitaine 118
PARTIE 5 : IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE 123
Impacts du changement climatique 124
PARTIE 6 : SITUATION DE LA FRANCE DANS LE CONTEXTE
INTERNATIONAL
127
Catastrophes naturelles en Europe 128
Indicateurs internationaux 130
ANNEXES 133
Sites utiles 134
Pour aller plus loin 136
Glossaire 138
Sigles et abréviations 147
154 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées
dans le présent ouvrage, faite sans l'autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie
(3, rue Hautefeuille - 75006Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les
reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et,
d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre
dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1erjuillet1992 - art.L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art.425).
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 155 Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 155
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Rédacteur en chef: Hugues Cahen
Coordination éditoriale: Céline Blivet
Cartographie : Antea
Infographie: Bertrand Gaillet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
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dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1erjuillet1992 - art.L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art.425).
Dépôt légal: janvier 2024
ISSN: 2555-7580 (imprimé)
2557-8138 (en ligne)
Impression : imprimerie intégrée du MTECT,
imprimé sur du papier certifié écolabel européen,
www.ecolabel.com
Commissariat général
au développement durable
Chiffres clés
des risques
naturels
Édition 2023
Les spécificités géomorphologiques et climatiques
des territoires métropolitains et ultramarins
français exposent leurs habitants, les biens et
lesactivités économiques à des phénomènes
naturels variés: inondations, risques terrestres
oumétéorologiques. Le dérèglement climatique
est susceptible d?amplifier la plupart d?entre eux.
Àpartir d?une sélection de cartes et d?indicateurs
clés commentés, ce recueil dresse un panorama
détaillé des principaux risques naturels.
Cettepublication aborde ainsi la sinistralité,
l?aléaet le risque propres à chaque phénomène,
ainsi que les outils permettant de prévenir
cesrisques.
Service des données et études statistiques
Sous-direction de l'information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
Données clés
Éléments de contexte :
observatoire, concepts
et politique publique
État des lieux des
catastrophes naturelles
en France
Inondations :
sinistralité, exposition
et prévention
Risques naturels
terrestres
Risques
météorologiques
Impacts du changement
climatique
Situation de la France
dans le contexte
international
Annexes
Table des matières
(ATTENTION: OPTION taine.
Source :CCR,2023
Le phénomène « sécheresse géotechnique » (dit aussi retrait-gonflement
des argiles) représente le second risque naturel auquel le territoire
métropolitain est soumis depuis le milieu des années 1990. Les dommages
sur un bâtiment à la suite de mouvements du sol dus à la sécheresse sont
pris en charge depuis 1989 par le régime des catastrophes naturelles au titre
des « mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à
la réhydratation des sols ».
La sinistralité cumulée atteint un peu plus de 12 Md¤2023 sur la période
1995-2019, ce qui représente une moyenne annuelle d?environ 480 M¤.
L?année 2003 est une année exceptionnelle, marquée par des records de
chaleur durant l?été ; les indemnisations liées aux dommages assurés
associés à ce phénomène s?élèvent à près de 1,8 Md¤.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 77
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS AU TITRE DE LA SÉCHERESSE GÉOTECHNIQUE PAR DÉPARTEMENT,
DE 1995 À 2019
?
0 50 km
0
< 0,2
0,2 - 1
Coût moyen
(en M¤2022)
1 - 2
2 - 5
> 5
Champ:Francemétropolitaine.
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
La majorité des départements de Nouvelle-Aquitaine et du pourtour
méditerranéen, la région Île-de-France et une grande partie du centre de
la France font l?objet d?une forte sinistralité vis-à-vis du phénomène
« sécheresse géotechnique ». Certains départements du Nord et de l?Est
sont également concernés, mais de façon plus récente (surtout depuis
2016). Entre 2016 et 2018, les dommages assurés pour ce phénomène
semblent suivre une tendance à la hausse.
partie 3 : risques terrestres
78 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE MAISONS INDIVIDUELLES EXPOSÉES AU RETRAIT-GONFLEMENT
DES ARGILES FORT OU MOYEN
Nombre
de maisons
individuelles exposées
55 000
27 500
0 50 km
Note:croisementdunouveauzonagedel?expositionauretrait-gonflementdesargilesréalisédanslecadre
delaloiElan(article68)etdesinformationsInseeportantsurlesmaisonsindividuelles.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :BRGM,2019;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
48 % du territoire métropolitain est fortement ou moyennement exposé au
risque de retrait-gonflement des argiles, 24 % est faiblement exposé et 28 %
non exposé. 10,4 millions de maisons individuelles (soit 54 % de l?habitat
individuel) sont exposées fortement ou moyennement au retrait-gonflement
des argiles. Parmi elles, près de la moitié (4,6 millions) a été bâtie après 1976,
20 % entre 1946 et 1975 et 36 % avant 1946.
Dans les zones d?exposition forte ou moyenne au retrait-gonflement des
argiles, des dispositions constructives de prévention du risque de « sécheresse
géotechnique » pour les nouvelles constructions s?imposent réglementairement.
L?analyse des sinistres sécheresse géotechnique indemnisés depuis la
mise en place du régime Cat-Nat survenus en zone d?exposition forte ou
moyenne selon les périodes de construction des maisons révèle par ailleurs
la vulnérabilité des maisons les plus récentes. Celles bâties après 1976
représentent ainsi 58 % des sinistres, contre 11 % pour celles avant 1921,
7 % de 1921 à 1945 et 24 % de 1946 à 1975.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 79
MAISONS INDIVIDUELLES DE PLAIN-PIED EN ÎLE-DE-FRANCE SELON LE NIVEAU
D?EXPOSITION AU RETRAIT-GONFLEMENT DES ARGILES
En nombre de maisons
Sein
e-
et
-M
ar
ne
120 000
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
Ess
on
e
Va
l-d
'O
ise
Yve
lin
es
Sein
e-
Sain
t-D
en
is
Va
l-d
e-
M
ar
ne
Hau
ts-
de-
Sein
e
Aléa faible Aléa moyen Aléa fort
Sources :BRGM,2019;DGFiP,Majic,2019.Traitements:©L?institutParisrégion,2021
Près de 77 % du territoire francilien (hors Paris) se situe en zones d?exposition
moyenne à forte au retrait-gonflement des argiles. Dans ces zones,
350 000 maisons individuelles de plain-pied se révèlent ainsi potentiellement
exposées. Plusieurs milliers de maisons ont déjà été sinistrées par les vagues
de sécheresse passées (1989-1991, 2003-2007 ou 2017-2018).
En Île-de-France, les coûts moyens annuels des dommages assurés
phénomène naturel « sécheresse géotechnique » se sont élevés à 62 M¤
entre 1995 et 2016. Le coût moyen d?un sinistre sécheresse est estimé à
21 000 ¤ par maison affectée en France entre 1990 et 2015 (CCR). Ces
coûts sont susceptibles de s?accroître sous l?effet du changement climatique,
en lien avec l?augmentation du nombre et de l?intensité des épisodes de
sécheresse.
partie 3 : risques terrestres
80 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Prévention des mouvements de terrain
NOMBRE DE COMMUNES COUVERTES PAR UN PPRN* MOUVEMENTS DE TERRAIN
PAR TYPE D?ALÉA, EN 2023
Tassements différentiels
Glissements de terrain
Éboulements ou chutes de
pierres et de blocs
Affaissements
et effondrements
anthropiques hors mines
Cavités souterraines
Avancées dunaires
PPRN mouvement de terrain opposable PPRN mouvement de terrain prescrit
PPRN multirisques opposable PPRN multirisques prescrit
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000
2 092 380 48
1 260 152 754 77
1 008 112 671 46
717 102 152 3
7 5
3 1
* Plan de prévention des risques naturels.
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Les plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) sont mis
en place pour prescrire des mesures visant à réduire l?exposition des biens
(constructions nouvelles, biens existants) et des personnes dans les zones
à risques.
Les PPRN mouvements de terrain opposables (approuvés), y compris
les PPRN multirisques, concernent plus de 6 800 communes : 2 140 pour
l?aléa « tassements différentiels » (retrait-gonflement des argiles), 2 014 pour
les glissements de terrain, 1 679 pour les éboulements ou chutes de pierres
et de blocs, 869 pour les affaissements et effondrements anthropiques hors
mines, 68 pour les cavités souterraines, 31 pour les avancées dunaires. La
part des PPRN non encore approuvés (prescrits) varie selon les types
d?aléas.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 81
RÉPARTITION DES PPRN* PAR RÉGION POUR LES QUATRE PRINCIPAUX TYPES
DE MOUVEMENTS DE TERRAIN EN 2022
En %
Tassements différentiels
Glissements de terrain
Occitanie Auvergne-Rhône-Alpes Nouvelle-Aquitaine
Provence-Alpes-Côte d'Azur Île-de-France Grand Est
Autres régions
0 20 40 60 80 100
Éboulements ou chutes de
pierres et de blocs
Affaissements et
effondrements anthropiques
hors mines
* Plan de prévention des risques naturels.
Champ:France.PPRNmouvementsdeterrainycomprisPPRNmultirisques.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Quatre régions concentrent 88 % des PPRN tassements différentiels : Occitanie
(65,5 %), Nouvelle-Aquitaine (12,5 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (5,5 %),
Centre-Val de Loire (5 %), avec toutefois des taux de couverture faible pour
les deux dernières. L?Occitanie concentre également le plus de PPRN
glissements de terrain (36,5 %), suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (25,5 %),
Nouvelle-Aquitaine (10 %), Grand Est et Provence-Alpes-Côte d'Azur (7 %
chacune). Ces régions couvrent en effet des zones montagneuses (Alpes,
Pyrénées, Massif central, Vosges).
Quatre régions concentrent plus des trois quarts des PPRN éboulements
ou chutes de pierres et de blocs : Auvergne-Rhône-Alpes (32 %), Occitanie
(31 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (12 %), Nouvelle-Aquitaine (7,5 %).
Enfin, six régions sont particulièrement concernées par les PPRN
affaissements et effondrements anthropiques hors mines : Île-de-France
(30,5 %), Occitanie (19,5 %), Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), Nouvelle-
Aquitaine (9 %), Hauts-de-France (8 %) et Grand Est (7,5 %).
partie 3 : risques terrestres
82 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Séismes en métropole et en outre-mer
INDEMNISATIONS VERSÉES LIÉES AUX DOMMAGES ASSURÉS SÉISME
DE 1995 À 2019
En M¤2022
19
95
250
200
150
100
50
0
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
20
10
20
11
20
12
20
13
20
14
20
15
20
16
20
17
20
18
20
19
5
124
29
88
70
3 2
240
Note:lescoûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourle
phénomènenaturel«séisme»enFranceneconcernentquelesbiensassurésautresquelesvéhicules
terrestresàmoteuretsontnetsdetoutefranchise.
Champ:France.
Source :CCR,2023
Sur la période 1995-2019, les indemnisations versées à la suite des
dommages assurés relatifs aux séismes s?élèvent à 560 M¤2022, dont 403 M¤
pour le territoire métropolitain, et 157 M¤ dans les Outre-mer.
Quatre années marquées par des séismes importants ont donné lieu à
des indemnisations particulièrement élevées :
? 1996, avec deux événements sismiques de magnitude de 5,2 sur l?échelle
de Richter sur le territoire métropolitain : en février à Saint-Paul-de-
Fenouillet (Pyrénées-Orientales), puis en juillet à Annecy (Haute-Savoie) ;
? 2004, avec le séisme de magnitude 6,3 sur les îles de Saintes en
Guadeloupe en novembre, séisme largement ressenti sur l?ensemble de
l?archipel de la Guadeloupe ;
? 2007, avec le séisme de magnitude 7,4 en Martinique qui a été ressenti
dans tout l?arc des Petites Antilles ;
? 2019, avec le séisme du Teil de magnitude 4,8 ressenti dans la moyenne
vallée du Rhône près de Montélimar.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 83
MOYENNE ANNUELLE DES DOMMAGES ASSURÉS POUR SÉISME
PAR DÉPARTEMENT, DE 1995 À 2019
?
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Saint-Barthélémy
0 50 km
0
< 0,5
0,5 - 2
Coût moyen
(en M¤2022)
> 2
Saint-Martin
Champ:France,horsMayotte.
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
À l?exception des départements de la Guadeloupe, de la Martinique, de la
Haute-Savoie, de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, et plus récemment
l'Ardèche et la Drôme, qui ont subi des dommages moyens annuels
supérieurs à 500 000 ¤, le reste du pays a été relativement épargné sur la
période 1995-2019. Le séisme du Teil, survenu en novembre 2019 a généré
des dommages assurés estimés à plus de 150 M¤. Ce séisme et celui de
l?ouest de la France près de Niort en 2023, qui a sans doute généré des
dommages d?un montant proche, sont venus rappeler l?exposition du
territoire métropolitain à ce risque.
partie 3 : risques terrestres
84 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES RECONNUES EN CAT-NAT SÉISME ENTRE 1982 ET 2022
En nombre de communes
19
82
350
300
250
200
150
100
50
0
19
84
19
86
1996
Séisme Saint-Paul-de-Fenouillet en février (Sud-Ouest)
Séisme d'Annecy en juillet
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
22
Notedelecture:en1996,337communesonteuunereconnaissancedecatastrophenaturelledetype
«secoussesismique»ou«séisme».
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Entre 1982, date de mise en place du régime d'indemnisation des risques de
catastrophes naturelles en France, et 2022, 782 états de catastrophe
naturelle de type « secousse sismique » ou « séisme » ont été reconnus. Sur
les 668 communes concernées, certaines ont obtenu cette reconnaissance
plusieurs fois : 77 communes plus de deux fois, et parmi elles, 13 communes
dans les Alpes plus de quatre fois.
La Guadeloupe et la Martinique sont les seuls départements classés
intégralement en zone de niveau sismique fort. Un peu moins des trois quarts
de leurs communes (soit 47 communes) ont été reconnus en état de
catastrophe naturelle « secousse sismique » ou « séisme ». Elles représentent
7 % de l?ensemble des communes concernées pour ce phénomène.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 85
SÉISMES LES PLUS DESTRUCTEURS EN FRANCE DEPUIS LE XIXE SIÈCLE
La nature imprévisible des séismes en fait des événements aux conséquences
humaines, environnementales et économiques potentiellement les plus
meurtrières et dommageables. Leurs effets peuvent être directs (effondrement
de constructions) ou indirects (glissements de terrain, tsunamis, destruction
d?infrastructures et réseaux, etc.).
Deux séismes d?intensité épicentrale supérieure à IX (destructions
massives) sont survenus en France au XIXe siècle (source:SisFrance). En
Guadeloupe, celui du 8 février 1843 a fait plus de 3 000 victimes et détruit
Pointe-à-Pitre. En Martinique, le séisme du 11 janvier 1839 a fait 261 victimes
et détruit Fort-de-France.
En France métropolitaine, le séisme du 11 juin 1909 à Lambesc (Bouches-
du-Rhône) reste le plus meurtrier et destructeur du XXe siècle : 46 victimes,
250 blessés, 1 500 constructions effondrées. Celui du Teil en Ardèche survenu le
11 novembre 2019 en zone sismique modérée est le plus puissant survenu entre
2000 et 2020 : magnitude de moment 4,8, profondeur du foyer inférieure à 1 à
2 km. Il est également le plus destructeur depuis 50 ans : 41 communes en Cat-
Nat dont un tiers fortement impacté, 17 blessés, 3 000 habitants sinistrés,
1 000 départs post-séisme, environ 12 M¤ de dommages pour les biens
communaux et 200 M¤ pour les biens privés, 850 arrêtés d?interdiction de rentrer
dans des bâtiments privés endommagés (soit 200 logements), 2 mois de gestion
de crise, risques industriel et nucléaire proches. Le séisme de La Laigne (Charente-
Maritime) du 16 juin 2023 a atteint une magnitude de moment 4,8 à 4,9, avec une
intensité épicentrale de VII (dommages significatifs) et une profondeur du foyer
de 3 km. Les conséquences de ce récent séisme ne sont pas encore complètement
évaluées mais devraient être assez proches de celles du séisme du Teil.
Selon l?inventaire de sismicité historique, 5 866 séismes ont été ressentis
entre l?an 801 et 2007 : 5 731 en France métropolitaine (BRGM/EDF/IRSN,
SisFrance,2010), 111 dans les Antilles et 24 à La Réunion (BRGM,SisFrance,
2010). Parmi les 3 126 séismes dont l?intensité est renseignée en métropole,
45 % sont d?intensité au moins égale à IV (secousse modérée à destruction
importante). Moins de 0,3 % dépasse une intensité de VIII (des dommages
aux catastrophes), et presque tous sont survenus dans les régions frontalières
des pays limitrophes. 41 % des séismes d?intensité épicentrale supérieure
ou égale à VIII se situent dans les Antilles.
partie 3 : risques terrestres
86 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
MAGNITUDE DES SÉISMES D?ORIGINE NATURELLE ENREGISTRÉS
DANS LES ANTILLES ENTRE 2014 ET 2019
0 25 km
> 6
Magnitudes
5 - 6
4 - 5
3 - 4
< 3
0 - 50
Profondeurs (km)
100 - 150
150 - 200
> 200
50 - 100
Champ:Antilles.
Source :catalogueproduitparl'OVSG-IPGPetl'OVSM-IPGP(2014-2019):doi.org/10.18715/IPGP.2022.
l3ylhaal.Traitements:SDES,2022
Les territoires antillais sont particulièrement exposés aux séismes
(Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy), en raison de
leur situation à la frontière entre les plaques nord-américaine et sud-
américaine et la plaque caraïbe. Le passage de la lithosphère atlantique
sous l?arc des Petites Antilles (subduction) peut alors engendrer de
puissants séismes.
Les observatoires volcanologiques et sismologiques des Antilles et du
Piton de la Fournaise à La Réunion observent en permanence les activités
de la Soufrière, de la Montagne Pelée et du Piton de la Fournaise.
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 87
NOMBRE DE SÉISMES PAR CLASSE DE MAGNITUDE ENREGISTRÉS
DANS LES ANTILLES ENTRE 2014 ET 2019
Guadeloupe et Martinique Mer des
Caraïbes
et océan
Atlantique
Autres
îles des
Caraïbes
Ensemble
Profondeurs Ensemble
Magnitude 0 à 50 50 à 100 100 à 150 150 à 200
< 3 4 499 9 23 39 4 570 6 567 176 11 313
3 à 4 3 - 6 2 11 1 492 32 1 535
4 à 5 1 1 - - 2 302 9 313
5 à 6 - - 1 - 1 44 - 45
> ou = 6 - - - - - 4 - 4
Ensemble 4 503 10 30 41 4 584 8 409 217 13 210
En % 34,1 0,1 0,2 0,3 34,7 63,7 1,6 100,0
Champ:Antilles.
Source :catalogueproduitparl'OVSGetl'OVSM(2014-2019):doi.org/10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal.
Traitements:SDES,2022
Entre 2014 et 2019, le territoire antillais a enregistré près de 4 600 séismes,
soit 40 % de l?ensemble des séismes enregistrés dans la zone Caraïbe durant
ces cinq années. La magnitude de ces séismes est inférieure à 3 pour 99,7 %
d?entre eux. Trois séismes ont cependant enregistré une magnitude
supérieure ou égale à 4.
La profondeur de l?épicentre du séisme est une composante
essentielle : les séismes superficiels sont en général à l?origine des
événements les plus destructeurs. 98 % des séismes enregistrés sur les
terres antillaises entre 2014 et 2019 se sont produits à moins de 50 km de
profondeur. De fortes magnitudes associées à des épicentres superficiels
peuvent être particulièrement destructeurs. Un seul séisme de magnitude
entre 4 et 5 s?est produit à moins de 50 km de profondeur entre 2014 et 2019
(séisme volcano-tectonique lié à l?activité du volcan de la Soufrière en
Guadeloupe, le 28 avril 2018).
Le territoire mahorais est soumis à une sismicité modérée. Cependant,
Mayotte a subi de nombreux séismes depuis mai 2018 en raison d?un
phénomène de type « essaim de séismes », généré par la naissance d?un
nouveau volcan sous-marin.
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
partie 3 : risques terrestres
88 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE SÉISMES PAR CLASSE DE MAGNITUDE ENREGISTRÉS EN FRANCE
MÉTROPOLITAINE ENTRE 1962 ET 2020
France métropolitaine Pays limitrophes Mers et océan
Magnitude En nombre En % En nombre En % En nombre En %
Moins de 3 47 250 98,8 14 350 99,3 2 414 95,8
Entre 3 et 4 518 1,1 89 0,6 96 3,8
Entre 4 et 5 33 0,1 7 0,0 7 0,3
Plus de 5 3 0,0 0 0,0 3 0,1
Ensemble 47 804 100,0 14 446 100,0 2 520 100,0
Note:partsdeséismesselonlespayslimitrophes:Italie(54,5%),Espagne(26,6%),Suisse(8,9%),
Allemagne(8,6%),autres(1,4%).Partsdeséismesselonlesmersetocéans:merMéditerranée(55,9%),
OcéanAtlantique(31,5%),Manche(12,6%).
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :SI-Hex(1962-2009);BCSF-RéNaSS(2010-2020);IGNBDALTI®75m.Traitements:SDES,2022
Comparée à d?autres pays du pourtour méditerranéen (Turquie, Grèce, Italie,
Roumanie, Algérie), la France métropolitaine est soumise à un risque
sismique modéré. Les séismes résultent dans cette région du lent
rapprochement des plaques eurasienne et africaine.
Un peu plus de 47 800 séismes ont été enregistrés entre 1962 et 2020
sur le territoire métropolitain. Leur magnitude est inférieure à 3 pour la quasi-
totalité d?entre eux (98,8 %). Seuls 36 séismes ont enregistré une magnitude
supérieure à 4. Les mêmes proportions sont observées dans les zones
frontalières des pays limitrophes ou dans les mers et océans bordant la
métropole. Infine, un seul séisme de magnitude 6 a été enregistré en 1963,
en mer Méditerranée.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 89
LOCALISATION ET AMPLEUR DES SÉISMES D?ORIGINE NATURELLE ENREGISTRÉS
EN FRANCE MÉTROPOLITAINE ENTRE 1962 ET 2020
Épicentre et magnitude locale
Plus de 5
0 50 km
Entre 4 et 5
Entre 3 et 4
Moins de 3
Note:épicentresdesséismesd'originenaturelledanslazoneSI-Hex.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :SI-Hex(1962-2009);BCSF-RéNaSS(2010-2020);IGNBDALTI®75m.Traitements:SDES,2022
Les zones de sismicité moyenne ou modérée se situent le long des grands
accidents tectoniques (failles et plissements anciens) : Provence-Alpes-
Côte d'Azur, Pyrénées, fossé Rhénan, Limagnes (Allier, la Loire) et, dans
une moindre mesure, les massifs central et armoricain et le sud-ouest des
Vosges. Les bassins parisien et aquitain sont quasi exempts de risque
sismique.
partie 3 : risques terrestres
90 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES ET D?HABITANTS PAR ZONE SISMIQUE
Communes Population
Zone de sismicité En nombre En % En nombre d'habitants En %
Très faible 14 746 42,2 26 784 649 40,1
Faible 11 175 32,0 22 120 876 33,1
Modérée 7 022 20,1 13 310 551 19,9
Moyenne 1 951 5,6 3 804 191 5,7
Forte 68 0,2 808 142 1,2
Non renseigné 10 0,0 2 695 0,0
Ensemble 34 972 100,0 66 831 104 100,0
Champ:France,ycomprisSaint-MartinetSaint-Barthélemy.
Sources :Medde,zonagesismique2011;Insee,2019.Traitements:SDES,2022
Le zonage sismique entré en vigueur le 1er mai 2011 distingue cinq zones
d?aléas sismiques qui conditionnent notamment l'application des règles
parasismiques de construction.
Toutes les Antilles sont classées en zone de sismicité forte, soit
68 communes regroupant un peu plus de 800 000 personnes. Cela représente
1,2 % de la population française. Depuis 2007, les dispositions constructives
élaborées dans le cadre du plan séisme Antilles s?attachent à réduire la
vulnérabilité du bâti et des personnes exposées. La réglementation vise le
non-effondrement du bâti pour garantir la sécurité des personnes. Des
dommages plus ou moins importants peuvent néanmoins être constatés sur
un bâtiment parasismique après un séisme.
5,7 % de la population française réside en zone d?aléa sismique moyen,
soit 3,8 Mhab, tous dans l?Hexagone. Trois départements rassemblent plus
de la moitié des habitants concernés : Haute-Savoie (près de 20 %), Alpes-
Maritimes et Isère (un peu moins de 18 % chacun). Un peu moins d?un
cinquième de la population française habite dans des zones d?aléa sismique
modéré, soit 13,3 Mhab, dont les habitants de Mayotte. Enfin, 33 % de la
population (soit 22,1 Mhab) résident dans des zones d?aléa faible et 40 %
(soit 26,8 Mhab) dans des zones d?aléa très faible. L?aléa sismique est faible
à La Réunion et très faible en Guyane.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 91
ÉTABLISSEMENTS SEVESO SITUÉS DANS LES ZONES SISMIQUES EN 2022
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Seuil haut
Seuil bas
Forte
Nombre
d'établissements
Seveso
Moyenne
Modérée
68
13
Faible
Très faible
Zones de sismicité
Champ:France;sitesSevesohorsinstallationsnucléaires.
Sources :Medde,zonagesismique2011;DGPR,établissementsSeveso,décembre2023.
Traitements:SDES,2023
Un séisme se produisant à proximité d?un établissement industriel à risque
peut être à l?origine d?un ou d?une série d?accidents dits NaTech (naturels/
technologiques). Fin 2022, parmi les sites Seveso ne relevant pas de la
catégorie des installations nucléaires, 10 sont localisés en aléa sismique
fort dans les Antilles : 6 en seuil haut et 4 en seuil bas. En métropole, 57 sites
se situent en aléa moyen. Parmi les 351 sites localisés en aléa modéré,
3 se situent à Mayotte. Enfin, 850 sites sont localisés en aléa faible ou très
faible.
partie 3 : risques terrestres
92 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Éruptions volcaniques
RISQUE VOLCANIQUE
Vent dominant
Colonne d'éruption
Coulée
pyroclastique
Glissement
de terrain
Séisme
Lahar
Dôme de lave
Chute de cendres
Pluie acide
Nuée volcanique
Source :Agenced?urbanismedeLaRéunion©AGORAH
Les volcans de la montagne Pelée à la Martinique et de la Soufrière en
Guadeloupe font partie des 30 volcans actuellement actifs dans les Petites
Antilles : le premier depuis 127 000 ans, le second depuis 9 150 ans, à la
suite de la plongée de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe.
Parmi les 16 éruptions magmatiques répertoriées pour la Soufrière
(impacts dans un rayon de 9 à 15 km autour du sommet), 9 ont été
accompagnées d?effondrements d?édifice. Sur les 6 éruptions phréatiques
les plus récentes survenues depuis l?an 1635, la plus violente en 1976-1977
a nécessité d?évacuer plus de 40 000 personnes durant 4 mois. De début
2017 à fin 2021, près de 15 500 événements microsismiques de très faible
énergie ont été enregistrés.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 93
SURVEILLANCE DE L?ACTIVITÉ DES VOLCANS EN OUTRE-MER
L?analyse concomitante de différents paramètres peut permettre d?anticiper
l?imminence d?une éruption : séismes ressentis (nombre, localisation,
profondeur, typologie, énergie associée, présence d?essaims), déformation,
température, chimie des émissions de gaz. Les informations transmises par
les observatoires volcanologiques et sismologiques de la Guadeloupe ou de
la Martinique contribuent alors à assurer la sécurité de la population selon
les procédures du plan Orsec Volcan (alerte, évacuation, organisation des
différents acteurs en cas de crise) et selon quatre niveaux d?alerte.
En Guadeloupe, neuf communes sont ainsi susceptibles d'être évacuées.
En Martinique, depuis fin 2020, le niveau de vigilance et d'alerte de l'activité
volcanique de la montagne Pelée est jaune (vigilance). Le scénario éruptif
identifié comme le plus probable consiste en une éruption phréatique en lien
avec le réseau hydrothermal étendu du volcan. Une éruption péléenne
(formation de dôme) ou plinienne (explosive) est cependant également
probable d?après les événements passés depuis 24 000 ans.
Mayotte, située dans une zone sismique a priori modérée, a vu la
naissance d?un nouvel édifice volcanique sous-marin entre 2018 et 2021. Ce
dernier s?est formé à proximité du littoral à partir de l?émission de 6 km3 de
magma, sur plus de 900 m de haut (plancher océanique à plus de 3 500 m
de fond). Malgré l?origine volcanique de l?archipel, les dernières éruptions
connues datent de 4 000 à 7 000 ans dans la zone de Petite-Terre. Le jeune
édifice volcanique s?est construit à 50 km à l?est de Mayotte, à la suite des
secousses sismiques enregistrées à partir du 10 mai 2018 (5 km à 15 km du
littoral, 25 km à 50 km de profondeur).
Depuis fin 2019, le réseau de surveillance volcanique et sismologique
de Mayotte (RéVoSiMa) assure le suivi (sismologie, déformations, géochimie,
phénoménologie) et rassemble les résultats d?analyses et les interprétations
scientifiques (mécanismes, scénarios d?évolution).
partie 3 : risques terrestres
94 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
COULÉES DE LAVE DU PITON DE LA FOURNAISE À LA RÉUNION
?
5 km
Coulées de lave issues
de la période
0
Après 2010
2001 - 2010
1991 - 2000
1981 - 1990
1971 - 1980
1961 - 1970
1951 - 1960
Avant 1951
Note:lasurveillancedel?activitéduPitondelaFournaiseestassuréepar103capteurssur70sitesdifférents
(IPGP,OVPF).
Sources :ObservatoirevolcanologiqueduPitondelaFournaise(OVPF/IPGP),2022;BDALTI®25,IGN.
Traitements:SDES,2022
Depuis 1979, le Piton de la Fournaise est en éruption en moyenne 1 jour sur
8 (1 927 jours d?éruptions). Entre 1979 et 2021, 83 éruptions ont été
observées, de même que deux effondrements de pit-craters en 1986 et 2002
et un effondrement de la partie centrale du volcan (caldera) en 2007. 795 Mm3
de lave ont été émis, soit un volume équivalent à 314 000 piscines olympiques
de 2 m de profondeur. Si 96 % des coulées de lave sont émises dans un
secteur inhabité, l?attrait touristique de ce volcan peut constituer un risque
non négligeable. La durée moyenne d?une éruption est de l'ordre de 19 jours,
avec un flux moyen par éruption de 7,7 m3/seconde, ce qui le classe parmi
les volcans de type effusif. Les deux éruptions les plus importantes se sont
produites en mars-septembre 1998 sur 196 jours (éruption la plus longue) et
en mars-avril 2007 (éruption la plus volumineuse, avec environ 210 Mm3).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 95
Tsunamis en outre-mer et en métropole
NIVEAU D?EXPOSITION DU LITTORAL ANTILLAIS AU RISQUE TSUNAMI
¥
20 km0
Exposition aux tsunamis
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Guadeloupe Martinique
Grande-Terre
Basse-Terre
Les Saintes
Marie-Galante
La Désirade
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
La bande littorale de 2 km dans l?intérieur des terres des îles des Antilles
françaises est potentiellement exposée aux tsunamis, compte tenu de la
rencontre dans cette zone des plaques nord et sud Amérique et Caraïbe.
Cette zone de subduction peut générer de puissants séismes et un
volcanisme propices à ces phénomènes de submersion.
Les superficies concernées par les expositions aux tsunamis élevées
(orange) à très élevées (rouge) représentent 75 % de la bande littorale en
Guadeloupe. Sont concernées une grande partie de la bande littorale de
Grande-Terre et de Basse-Terre, La Désirade et Les Saintes ainsi que deux
tiers du littoral de Marie-Galante. En Martinique, ces niveaux d?exposition
concernent la partie orientale de l?île, soit 40 % de sa bande littorale.
La part des habitants de Guadeloupe vivant dans la limite des 2 km vers
l?intérieur des terres et sujets à une exposition aux tsunamis élevée à très
élevée est de 75 % contre 25 % en Martinique. La part de l?habitat individuel
localisé dans les zones d?exposition élevée à très élevée atteint 75 % de
l?ensemble de l?habitat situé dans la bande littorale de 2 km en Guadeloupe,
contre 32 % en Martinique.
partie 3 : risques terrestres
96 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
POPULATION EXPOSÉE AUX TSUNAMIS AUX ANTILLES SELON LA DISTANCE
À LA MER
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
50 40 30 20 10 0
En milliers d?habitants
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Absence de données
Guadeloupe
Distance à la mer
0 à 500 m 500 à 1 000 m 1 000 à 2 000 m
0 10 20 30 40 50
Martinique
Notedelecture:15085habitantsenGuadeloupeet8730enMartiniquesonttrèsexposésauxtsunamisdans
labandelittoralede2km(couleurbordeauxnonhachuré).
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
HABITAT INDIVIDUEL EXPOSÉ AUX TSUNAMIS AUX ANTILLES SELON LA DISTANCE
À LA MER
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
30 20 10 0
En milliers de maisons individuelles
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Absence de données
Guadeloupe
Distance à la mer
0 à 500 m 500 à 1 000 m 1 000 à 2 000 m
0 10 20 30
Martinique
Notedelecture:14710maisonsenGuadeloupeet6900enMartiniquesonttrèsexposéesauxtsunamis
danslabandelittoralede2km(couleurbordeauxnonhachuré).
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 97
Bien que l?activité sismique soit faible à La Réunion et modérée à Mayotte,
respectivement un quart et l?ensemble des côtes de ces dernières sont
exposées aux tsunamis en cas de séisme dans l?océan Indien, au large du
Pakistan, de la Malaisie ou de l?Indonésie. Ainsi, le séisme de Sumatra en
2004 a généré des vagues de 1 à 2 m au-dessus du niveau moyen des hautes
marées à La Réunion, occasionnant des dégâts matériels de plus d?un million
d?euros. La configuration particulière du jeune volcan sous-marin à Mayotte
laisse craindre la possible occurrence de tsunamis et la réactivation de zones
volcaniques plus proches de Petite-Terre. À La Réunion, le risque tsunami
local est lié à l?activité volcanique du Piton de la Fournaise.
NOMBRE DE TSUNAMIS RECENSÉS EN FRANCE MÉTROPOLITAINE DEPUIS 1500
15
00
-
15
49
12
10
8
6
4
2
0
Tempête de submersion en Méditerranée Tempête de submersion en Atlantique
Tsunami en Méditerranée Tsunami en Atlantique
15
50
-
15
99
16
00
-
16
49
16
50
-
16
99
17
00
-
17
49
17
50
-
17
99
18
00
-
18
49
18
50
-
18
99
19
00
-
19
49
19
50
-
19
99
20
00
-
20
10
5
2 2 2
4
7
10
11 11
1
2
Champ:littorauxméditerranéensetatlantiques.Extraitdel?inventairehistoriquedestsunamisenFrance
(BRGM,BDTsunamis,1500-2010),soit57tsunamis.
Sources :d?aprèsE.GarnieretF.Surville(Dir.),2010.La tempête Xynthia face à l?histoire - Submersions
et tsunamis sur les littoraux français du Moyen Âge à nos jours.
En France métropolitaine, plusieurs séismes ont provoqué des vagues de
submersion en Méditerranée. Ce fut notamment le cas pour le port de Marseille
en 1812 (niveau 4, intensité forte, inondation du rivage). Les littoraux les plus
exposés concernent : la Côte d?Azur (de Cannes à Nice), la Ciotat à Toulon, la
côte des Maures, la côte perpignanaise, une partie de la côte nord-ouest de la
Corse (de Calvi à Galéria). Quatre tsunamis ont par ailleurs été recensés sur
les littoraux atlantique et de la Manche.
partie 3 : risques terrestres
98 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Avalanches
EXEMPLES D?AVALANCHES HISTORIQUES
Localisation Nombre
de morts
Dégâts/Localisation
Chèze et Saint Martin (Pyrénées) en 1601 107 2 villages totalement rasés
Le Tour (Haute Savoie) en 1934 11
Huez (Isère) en 1749 38 Moitié du village détruite
Orlu (Pyrénées) en 1895 15
Valmanya-Roquejalère (Pyrénées-Orientales) en 1917 12 Bâtiment de la mine de Pinouse
Modane (Savoie) en 1921 13 Chantier du tunnel de Fréjus
Savoie en 1923 21 Nombreuses avalanches
Versant est du massif du Renoso en Corse en 1927 13 Campement de bûcherons
Ortiporio (Haute-Corse) en 1934 37 Village détruit
Huez (Isère) en 1940 10 Bâtiments de la mine de l'Herpie
Val d'Isère (Savoie) en 1970 39
(37 blessés) Chalet UCPA balayé
Savoie et Dauphiné en 1981 4 Plusieurs villages sévèrement touchés
Taconnaz (Haute-Savoie) en 1990 0 Plusieurs maisons détruites
Peisey-Nancroix (Savoie) en 1995 0 Plusieurs chalets détruits
Hameau de Montroc (Haute-Savoie) en 1999 12 14 chalets détruits
Secteur des Grandes Jorasses (Haute-Savoie) en 2006 1
Les Houches (Savoie) en 2018 0 Une quarantaine de chalets impactés
Champ:France.
Sources :MEDD/DGPR,dossierd?information:lesavalanches,2005;ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,
BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).Traitements:SDES,2022
Les avalanches correspondent à des phénomènes naturels dépendant de
la pente, de l?enneigement, de la température et du vent. Les activités
humaines peuvent les déclencher, notamment la pratique du ski hors-piste.
Le risque d?avalanche est présent sur de nombreuses pentes en montagne
en hiver. Parmi les exemples d'avalanches historiques mortelles ayant
impacté des bâtiments depuis le début du XVIIe siècle à l'origine d'au moins
635 décès, 19 sont considérées comme des accidents très graves à l'origine
de plus de 10 morts (Inrae,Lesrisquesnaturelsenmontagne,2015).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 99
NOMBRE D'AVALANCHES PAR COULOIR ET PAR HIVER DANS LES ALPES
FRANÇAISES ENTRE LES SAISONS 1946-1947 ET 2008-2009
19
46
-
19
47
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
Avalanches par couloir et par an Tendance
19
48
-
19
49
En nombre d?avalanches par couloir et par an
19
50
-
19
51
19
52
-
19
53
19
54
-
19
55
19
56
-
19
57
19
58
-
19
59
19
60
-
19
61
19
62
-
19
63
19
64
-
19
65
19
66
-
19
67
19
68
-
19
69
19
70
-
19
71
19
72
-
19
73
19
74
-
19
75
19
76
-
19
77
19
78
-
19
79
19
80
-
19
81
19
82
-
19
83
19
84
-
19
85
19
86
-
19
87
19
88
-
19
89
19
90
-
19
91
19
92
-
19
93
19
94
-
19
95
19
96
-
19
97
19
98
-
19
99
20
00
-
20
01
20
02
-
20
03
20
04
-
20
05
20
06
-
20
07
20
08
-
20
09
Champ:23massifsalpinsrépartisdanssixdépartements:Savoie,Haute-Savoie,Isère,Hautes-Alpes,Alpes-
Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence.
Source :N.Eckert,C.Keylock,H.Castebrunet,A.Lavigne,M.Naaim.Temporal trends in avalanche activity in
the French Alps and subregions: from occurrences and runout altitudes to unsteady return periods.Journalof
Glaciology,InternationalGlaciologicalSociety,2013,59(213).Traitements:SDES,2022
À l'échelle des Alpes françaises, près de 55 000 avalanches ont été
enregistrées entre les hivers 1946-1947 et 2008-2009, soit 1 avalanche par
couloir tous les 3 à 4 ans en moyenne. Entre 1976 et 1985, période
correspondant à des hivers plus froids et plus enneigés, l?activité avalancheuse
a été plus importante (0,35 avalanche par couloir et par hiver).
partie 3 : risques terrestres
100 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Durant l?hiver 2020-2021, 1 183 avalanches ont été enregistrées sur les
3 000 couloirs suivis dans les Alpes et les Pyrénées. La moyenne a été
supérieure à celle d?un hiver moyen dans les départements des Alpes du
Nord (76 % des avalanches), contrairement à celles des Alpes du Sud (14 %)
et des Pyrénées (10 %).
En moyenne montagne, le risque avalancheux est bien moindre. Dans
les Vosges par exemple, 730 avalanches ont été recensées depuis la fin du
XVIIIe siècle jusqu?en 2014 sur 128 couloirs. Parmi elles, 94 avalanches ont
fait une ou plusieurs victimes et 16 ont été mortelles (34 décès). Une
augmentation des avalanches est enregistrée à partir des années 1960, avec
un fort pic dans les années 1990. Plus de 95 % des avalanches se sont
produites dans le sud des Vosges (plus élevé). Le réchauffement climatique
est de nature à limiter l'activité avalancheuse naturelle dans ce massif.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 101
NOMBRE DE DÉCÈS LIÉS AUX AVALANCHES ENTRE LES SAISONS 1971-1972
ET 2020-2021
60
50
40
30
20
10
0
Décès Moyenne mobile sur 10 ans
En nombre de décès
19
71
-
19
72
19
73
-
19
74
19
75
-
19
76
19
77
-
19
78
19
79
-
19
80
19
81
-
19
82
19
83
-
19
84
19
85
-
19
86
19
87
-
19
88
19
89
-
19
90
19
91
-
19
92
19
93
-
19
94
19
95
-
19
96
19
97
-
19
98
19
99
-
20
00
20
01
-
20
02
20
03
-
20
04
20
05
-
20
06
20
07
-
20
08
20
09
-
20
10
20
11
-
20
12
20
13
-
20
14
20
15
-
20
16
20
17
-
20
18
20
19
-
20
20
12
21
26
11
41
29
32 32
22
56
28
36
28
45
40
2424
17
22
47
27
24
31
22 22
43 43
35
282829
2626
25
57
20
29 29
35
41
22
36
20
45
38
2122
40
13
12
20
20
-
20
21
Champ:activitésconsidérées:randonnéeàski,hors-piste(ski,snowboard),damage,alpinisme
(dont cascade).
Source :Associationnationalepourl'étudedelaneigeetdesavalanches(Anena),2023.Traitements:SDES,
2023
Malgré de fortes variations interannuelles résultant principalement des
conditions nivo-météorologiques des différentes saisons, la tendance de
l?accidentologie liée aux sports d?hiver est plutôt stable durant les cinquante
dernières années. Sur la période 1971-2021, 1 028 accidents liés aux
avalanches ont été à l?origine de 1 482 décès. Cela représente une
moyenne annuelle d?environ 20 accidents mortels et de près de 30 décès.
partie 3 : risques terrestres
102 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES COUVERTES PAR UN PPRN* AVALANCHE
PAR DÉPARTEMENT EN 2023
Isère
Haute-Savoie
Hautes-Alpes
Hautes-Pyrénées
Savoie
Pyrénées-Atlantiques
Haute-Garonne
Ariège
Alpes-de-Haute-Provence
Alpes-Maritimes
Pyrénées-Orientales
PPRN opposable
En nombre de communes
PPRN prescrit
0 20 40 60 80 100
87 5
57 1
51 3
40 10
42 4
24
21
16 1
10 4
9
3
* Plan de prévention des risques naturels.
Note:93%desPPRNavalanchesontopposables(approuvés)et9%prescrits.
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Mi-2023, 360 communes disposent d?un plan de prévention du risque naturel
(PPRN) avalanche approuvé et 28 ont un PPRN prescrit. Plus de la moitié
de ces communes se situe en Auvergne-Rhône-Alpes : Isère (24 %), Haute-
Savoie (15 %), Savoie (12 %). Les autres se trouvent en Occitanie (23,5 %),
en Provence-Alpes-Côtes d'Azur (20 %) et en Nouvelle-Aquitaine (6 %).
Les PPRN visent à promouvoir un aménagement durable tenant compte
des aléas naturels et à préserver la sécurité des personnes et des biens, à
travers des prescriptions par type de zone (mesures d?urbanisme,
construction, utilisation et exploitation). Enfin, l?organisation des secours fait
l?objet d?un plan Orsec dans les départements lorsque la situation le nécessite.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 103
Risques d'origines glaciaire
et périglaciaire
FONTE DES GLACIERS DANS LES ALPES ET LES PYRÉNÉES ENTRE 1907 ET 2021
En mètres équivalent eau (référence zéro en 2001)
40
30
20
10
0
- 10
- 20
- 30
- 40
Saint-Sorlin Mer de glace Gebroulaz Argentière Ossoue (Pyrénées)
19
07
19
12
19
17
19
22
19
27
19
32
19
37
19
42
19
47
19
52
19
57
19
62
19
67
19
72
19
77
19
82
19
87
19
92
19
97
20
02
20
07
20
12
20
17
20
21
Sources :Laboratoiredeglaciologieetgéophysiquedel'environnement(CNRS);Associationpyrénéenne
de glaciologie moraine. Traitements : Onerc
En 20 ans (entre 2002 et 2021), cinq glaciers alpins et pyrénéens suivis par
le CNRS ont perdu 30 mètres équivalent eau en moyenne.
D?après la mission IGEDD/CGAAER/IGA de 2023 sur les risques
d?origines glaciaire et périglaciaire, la surface des glaciers blancs français
(surface englacée) serait en 2022 de l?ordre de 200 km2 dans les Alpes
françaises, contre 229 km2 mesurés en 2015 avec le satellite Sentinel-2, et
de 1 km2 dans les Pyrénées. La surface des glaciers français connaîtrait une
régression de l?ordre de 2 % par an.
partie 3 : risques terrestres
104 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Les zones de pergélisol (sols gelés en permanence et en profondeur),
notamment les glaciers rocheux, représenteraient une surface de l?ordre de
700 km2 (Marcer et al., 2017), soit environ 10 % des territoires situés à une
altitude au-dessus de 2 000 mètres (Duvillard et al., 2021).
Une partie des zones couvertes de glaces, englacées, récemment déglacées,
ou leurs abords directement influencés par la présence des glaciers, ou concernés
par le dégel du pergélisol peut occasionner des risques d?origines glaciaire et
périglaciaire. Ce phénomène va s'intensifier dans le contexte du changement
climatique. En effet, le recul ou le changement thermique des glaciers peut
entraîner des accumulations d?eau susceptibles de se vidanger brutalement, mais
aussi des chutes de glace et/ou de matériaux provenant du glacier ou des zones
périglaciaires. Une faible fréquence d?occurrence de la plupart de ces phénomènes,
souvent combinée avec une forte intensité tend à en faire des aléas majeurs.
L?événement d?origine glaciaire le plus meurtrier s?est manifesté en 1892,
au droit du glacier de Tête Rousse en Haute-Savoie situé entre 2 950 m et
3 260 m d?altitude. Cet événement est à l?origine de 175 morts et 20 disparus,
de la destruction de 2 des 5 bâtiments de l'établissement thermal de Saint-
Gervais-les-Bains et de 8 maisons au Fayet. Une poche d'eau de 110 000 m3
s?est vidangée brutalement et a entraîné un volume de 90 000 m3 de glace.
L'écoulement d?eau et de glace a mobilisé des matériaux au cours de sa
propagation et s?est progressivement transformé en lave torrentielle ayant
déposé près d?un million de mètres cubes de matériaux en quelques minutes
(vitesse moyenne de 10 à 20 m/s).
Neuf autres événements recensés en France depuis 1892 ont occasionné
21 victimes (13 décès et 8 blessés), essentiellement des alpinistes (données
extraitesdeDaSilvaQ.,RTM,2021).
Les massifs qui concentrent les territoires les plus fortement habités
susceptibles d?être concernés sont la haute vallée de l?Arve (massif du Mont-
Blanc avec une forte représentativité des risques liés aux glaciers blancs et
lacs proglaciaires), les vallées et stations des Écrins et de la Vanoise (avec
une part plus importante liée aux parois à pergélisol (ou permafrost)). Mais
l?extension du pergélisol de paroi de montagne ou des glaciers rocheux va
bien au-delà (Alpes-Maritimes, Hautes-Pyrénées et Alpes-de-Haute-
Provence). La mission estime que moins de 20 000 habitants seraient
susceptibles d?être menacés par de tels phénomènes.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 105
SURFACE CUMULÉE DÉPARTEMENTALE DES FORMES GÉOMORPHOLOGIQUES
ASSOCIÉES AUX RISQUES D'ORIGINES GLACIAIRE ET PÉRIGLACIAIRE DANS
LES ALPES FRANÇAISES
En surface (km²)
Parois permafrost
(probabilité > 0,5)
7 km²- 27 km²
Glaciers blancs
24km²- 95 km²
Permafrost
(probabilité > 0,75)
49 km²- 561 km²
Lacs d?altitude
1 km²- 3 km²
Glaciers rocheux
actifs et inactifs
3 km²- 27 km²
0 12,5 25 50 kilomètres
Note:pourchaquedépartement,lasurfacecumuléedesformesgéomorphologiquessuivantesestreprésentée:
surfaceavecprobabilitédeprésencedepermafrostdeversant>75%;surfacedeparoisavecprobabilitéde
présencedepermafrost>50%;surfacedeglaciersblancs;surfacedeglaciersrocheuxactifsetinactifs;
surfacedelacsd?altitude(situésau-dessusde2000m).
Sources :travailcartographiqueàpartirdedonnéesSIG:Paroipermafrost:EDYTEM2019;Glaciersblancs:IGE
2015revuInrae2019;Permafrost:EDYTEM2018;Lacsd'altitude:Inrae2019;Glaciersrocheux:RTM2021
Toutes les formes géomorphologiques (péri)glaciaires sont présentes en
Savoie, la surface en permafrost de versant étant cependant la plus
importante. La Haute-Savoie se distingue des autres départements par une
importante surface de parois à permafrost et de glaciers blancs, et par très
peu de glaciers rocheux et lacs d?altitude. Comme en Savoie, les lacs d'altitude
représentent une surface importante en Isère. Dans les Hautes-Alpes, la
surface de glaciers rocheux actifs et inactifs est aussi importante qu?en Savoie
et la surface cumulée de permafrost est la seconde après la Savoie. Le
permafrost de parois et de versants, ainsi que les glaciers blancs sont
quasiment absents dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes,
où sont recensés essentiellement des glaciers rocheux et des lacs d?altitude.
partie 3 : risques terrestres
106 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SENSIBILITÉ AUX RISQUES D'ORIGINES GLACIAIRE ET PÉRIGLACIAIRE
DANS LES ALPES FRANÇAISES
±
En surface (km2)
0 12,5 25 50 kilomètres
Lacs
Glaciers blancs
Parois permafrost
Glaciers rocheux
15 353
12 457
1 759
1 898
1 010
179
Notedelecture:lacartereprésentel?indicedesensibilitéd?undépartementvis-à-visdesphénomènes
glaciaires et périglaciaires. Plus le cercle est important, plus la sensibilité du département est grande (plus il y a
d?enjeuxpotentiellementexposés).
Note:lescouleursdanslescerclesreprésententlapartpriseparchacundesphénomènesdanscetindice.
L?indicedesensibilitéaétécalculédanslecadredel?analysegrandeéchellemenéedanslesAlpes
françaises:ilsebasesurunereprésentationsimplifiéedesphénomènes(zonesdedépart,propagation)
etnepeutenaucuncasêtreinterprétéàl?échellelocale(bassinversant).
Source :analysegrandeéchellemenéeparleRTMen2021pourhiérarchiserdesbassinsderisques
autraversdeleursensibilitéauxrisquesd?originesglaciaireetpériglaciaire
Les départements de Haute-Savoie et Savoie sont les plus sensibles aux
phénomènes glaciaires et périglaciaires. La sensibilité de la Savoie est très
majoritairement due à l?exposition potentielle des enjeux aux phénomènes
d?effondrement de paroi par dégradation du permafrost, tandis qu?elle est
principalement due aux lacs et glaciers blancs en Haute-Savoie. La sensibilité
des départements de l?Isère et des Hautes-Alpes est équivalente mais, là
aussi, la source de sensibilité n?est pas la même : elle est très principalement
liée aux parois à permafrost dans les Hautes-Alpes, alors qu?elle est répartie
entre lacs glaciaires et parois permafrost en Isère. Bien que limitée, la
sensibilité des Alpes-Maritimes est liée aux lacs glaciaires. Enfin, la sensibilité
dans les Alpes-de-Haute-Provence demeure très faible.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 107
Feux de forêt et végétation
SURFACES DE FORÊTS BRÛLÉES CHAQUE ANNÉE ENTRE 1976 ET 2022
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
En ha
19
76
Région méditerranéenne Reste de la France
19
78
19
80
19
82
19
84
19
86
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
22
Champ:Francemétropolitaine(ycomprislaCorse).
Sources :régionméditerranéenne1976-2021:Prométhéeet2022:BDIFF;Autresrégionsfrançaises1976
-2005:tableauYvonDUCHE/PhilippeMICHAUTONF;2066-2022:BDIFF;2022BDIFFcorrigéONFBDIFF
(MASA;MI;IGN),octobre2023(1976à2021:Prométhée)
La France compte de nombreux massifs forestiers, dont certains
particulièrement exposés aux risques d?incendie : en Corse, sur le littoral
méditerranéen, dans les Cévennes, les piémonts alpin et pyrénéen et dans
les Landes. Selon les derniers travaux du Groupe d?experts
intergouvernemental sur l?évolution du climat (Giec), corrélativement au
risque accru de sécheresse et de hausse des températures en Europe, la
sensibilité de tous types de végétation au feu sera amenée à s?accroître. En
2022, 6 870 communes ont été déclarées exposées au risque feu de forêt
par les préfets (source : Gaspar), soit environ une commune sur cinq.
partie 3 : risques terrestres
108 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Les trois quarts d?entre elles se situent dans le sud de la France, en
raison de la végétation (résineux, broussaille) et des conditions climatiques
(vent, chaleur) favorables aux déclenchements de feux de forêt. Cinq régions
concentrent 90 % des communes déclarées exposées aux feux de forêt :
Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-
Côte d'Azur et Corse.
Les surfaces incendiées et le nombre de départs de feux varient
fortement selon les années. Les années 1989, 1991 et 2003 se distinguent
avec plus de 70 000 hectares brûlés (données ONF-DFCI). Dans la période
plus récente, l?année 2022 a été très touchée avec 62 000 ha de forêts et
10 000 ha de végétation autre brûlés. La zone Sud-Ouest a été tout
particulièrement affectée avec plus de 36 000 ha brûlés pour 2 653 feux (selon
l?ONF-DFCI). Parmi eux, les feux de Landiras (Gironde), qui se sont produits
en juillet et en août, ont brûlé près de 20 000 ha. Le feu de La Teste-de-Buch
(Gironde) a détruit près de 6 000 ha et a nécessité l?évacuation de
22 000 personnes dont 6 000 qui se trouvaient dans les 5 campings détruits
à 90 %. La progression du nombre de constructions et d?habitants (riverains,
touristes) à proximité et dans les forêts augmente la vulnérabilité de ces zones
(neuf feux sur dix sont d?origine humaine en France).
Le pourtour méditerranéen est particulièrement exposé aux feux de forêt
et de végétation (agricoles, friches). Près de 118 000 départs de feux y ont
brûlé une surface forestière de près de 942 000 ha en 49 ans. D?après l?ONF,
en 2022, près de 2 000 feux de forêt et de végétation ont détruit 16 558 ha
en région méditerranéenne (pour comparaison, 6 907 ha détruits en moyenne
sur 2011-2020 pour 1 617 feux).
Les statistiques sur les décès causés par les feux de forêts sont assez
lacunaires. Le feu le plus meurtrier en France concerne celui de Cestas en
Gironde en 1949 (82 morts). Une étude menée uniquement sur la zone
méditerranéenne recense 144 décès entre 1973 et 2021, dont 96 parmi les
personnels de secours, 33 pilotes d?avion ou d?hélicoptère et 15 civils.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 109
RATIO ENTRE LES SURFACES BRÛLÉES ENTRE 2000 ET 2021 ET LES SOLS BOISÉS
EN 2021, PAR DÉPARTEMENT
0 50 km
Entre 1,9 et 10,7
Entre 0,8 et 1,9
Entre 0,4 et 0,8
Entre 0,2 et 0,4
Ratio en ?
Moins de 0,2
0,0 - 0,0
Entre 10,7 et 69,2
Note:lessolsboiséspermettentd?approcherlessurfacespotentiellementcombustibles.Représentation
par quantile.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :BDIFF(MASA;MI;IGN),2023;Agreste?Teruti(Graph?Agri),2021.Traitements:SDES,2023
Dans 6 départements, le ratio entre les surfaces brûlées entre 2000 et 2021
et les sols boisés dépasse 20 ? : le Var et les Bouches-du-Rhône (plus de
65 ?), La Réunion, la Haute-Corse, les Pyrénées-Orientales et l?Hérault
(entre 20 ? et 40 ?). À l?opposé, 8 départements du Nord-Ouest (Calvados,
Hauts-de-Seine, Loire-Atlantique, Nord, Pas-de-Calais, Paris, Seine-Saint-
Denis, Somme) n?enregistrent aucune surface brûlée sur la même période.
partie 3 : risques terrestres
110 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
PRÉVENTION DES INCENDIES
Institués en 1995, les plans de prévention des risques d?incendies de forêt
(PPRIF) permettent de disposer d?une cartographie du risque et de définir
des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde. Ces plans
interdisent et réglementent l?occupation des sols, prescrivent des mesures
constructives proportionnées à l?exposition au risque et imposent des règles
aux constructions existantes : plantation d?espèces peu combustibles,
débroussaillement, création de réserve d?eau, dimensionnement des voies
d?accès.
Un peu plus de 200 communes sont couvertes par un PPRIF, dont près
de la moitié se situe en région Provence-Alpes-Côte d'Azur : Alpes-Maritimes
(21,3 %), Vaucluse (10,4 %), Alpes-de-Haute-Provence (6,9 %), Bouches-
du-Rhône (3,4 %) et Var (3,0 %). Les autres se situent en Occitanie (21,8 %),
Nouvelle-Aquitaine (19,3 %), Corse (8,9 %).
En période de risque d?incendie, la prévention passe par la surveillance
qui permet de détecter au plus tôt les feux naissants et de les circonscrire
rapidement. Le suivi de l?état de la végétation et l?indice forêt météorologique
établis à partir de données météorologiques (vent, température, humidité de
la végétation) sont des éléments importants pour identifier les risques de
départ de feu et de propagation. Le relief peut être aussi un facteur aggravant
de la propagation du feu. L?entretien des massifs boisés, le débroussaillage,
la création d?allées pare-feu et le stockage d?eau pour la défense incendie
permettent de limiter les départs de feu et réduire les zones exposées.
Le risque d?incendie de forêt et de végétation est avant tout un risque
anthropique. En effet, neuf départs de feux sur dix sont d?origine humaine.
Pendant les périodes les plus critiques de l?année (le plus souvent l?été), des
campagnes de communication sensibilisent aux bons réflexes. Elles visent
notamment à rappeler qu?un mégot de cigarette doit être jeté dans un
cendrier, qu?un barbecue ou des travaux générateurs d?étincelles doivent
être réalisés loin de toute végétation. Les massifs forestiers peuvent être
interdits d?accès.
partie 4
Risques
météorologiques
? La métropole est soumise aux rafales de vents (plus
de 100 km/h), liées principalement aux tempêtes et aux
événements orageux. Les Outre-mer, hors Guyane,
sont exposés aux cyclones tropicaux ou aux ouragans.
Leur caractère particulièrement destructeur résulte de
la conjonction de rafales de vents exceptionnelles (jusqu?à
350 km/h) et de précipitations très abondantes induisant
inondations, glissements de terrain ou coulées de boue.
Sur le littoral, une tempête peut également provoquer
des submersions marines.
partie 4 : risques météorologiques
112 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-
Neige en France métropolitaine
FRÉQUENCE CUMULÉE DES SINISTRES TEMPÊTE-GRÊLE-NEIGE
DES PARTICULIERS PAR DÉPARTEMENT, DE 1987 À 2020
?
0 50 km
Fréquence cumulée (en ?)
0 - 5
5 - 10
10 - 15
15 - 20
20 - 25
Notedelecture:dansneufdépartements,plusde15sinistrespour1000contratssouscritsontétéindemnisés
entre1987et2020.
Note:l?indicateurmesurelesfréquencesmoyennesdessinistresindemnisésparlesassureursautitredes
garantiesTempête-Grêle-Poidsdelaneigesurbâtimentsinclusesdanslescontratsmultirisqueshabitation
(horsgarantiesvéhiculesterrestresàmoteurethorsgarantiesrécoltes).Lafréquencedesinistrescorrespond
au rapport entre le nombre de sinistres et le nombre de contrats souscrits dans le département.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :FranceAssureurs.Traitements:MRN,2022
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 113
De 1990 à 2020, les événements climatiques liés aux Tempête-Grêle-Neige
(TGN) sont les phénomènes les plus coûteux en France métropolitaine, avec
plus de 38 Md¤2020 indemnisés. Les sinistres résultant des dégâts provoqués
par le vent représentent plus des trois quarts des sinistres indemnisés par
les assureurs dans le périmètre TGN en métropole (en nombre comme en
coût). Ceux liés au poids de la neige sont beaucoup plus rares (moins de
10 % des sinistres et 5 % du coût). Ces proportions pouvant toutefois varier
sensiblement selon les départements et les années.
Entre 1980 et 2021, 360 tempêtes ont touché la métropole. Lorsqu?elles
surviennent, les tempêtes se déploient sur une grande partie du territoire et
entraînent de nombreux sinistres, même si leur coût moyen est généralement
moins élevé que pour d?autres événements (inondation, sécheresse
géotechnique). Parmi les tempêtes récentes ayant sévi en France, Lothar et
Martin (décembre 1999) ont engendré des coûts estimés à 12 Md¤2020 pour
l?ensemble du marché de l?assurance.
De 1990 à 2020, près de 6 Md¤2020 ont été indemnisés à la suite de
sinistres causés par des chutes de grêle. Souvent évoqué pour les dommages
causés sur les récoltes, ce type d?événement génère aussi ponctuellement
des dégâts considérables lorsqu?il touche les zones urbanisées. Parmi les
événements récents, la tempête de grêle Ela survenue début juin 2014 est
de loin la plus dommageable. Son intensité spectaculaire et sa vaste étendue
ont engendré des coûts estimés à 900 M¤2020.
partie 4 : risques météorologiques
114 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Phénomènes atmosphériques
NOMBRE DE VICTIMES DES TEMPÊTES LES PLUS DOMMAGEABLES RECENSÉES
EN FRANCE DEPUIS 1900
France métropolitaine
Outre-mer
Événements
Morts et disparus
313
62
29
Champ:France.
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Les tempêtes peuvent être à l?origine de dommages considérables et de
nombreux décès, compte tenu de la difficulté de se protéger contre le vent.
Les 91 tempêtes les plus dommageables recensées en France depuis 1900
ont fait près de 2 000 victimes. Environ 85 % d?entre elles ont été dénombrées
en outre-mer, dont 1 200 lors du passage d?un ouragan en Guadeloupe le
12 septembre 1928.
En France métropolitaine, les tempêtes peuvent s'étendre sur de vastes
surfaces, voire affecter l?ensemble du territoire. Ainsi, les tempêtes Lothar et
Martin (décembre 1999) ont balayé une grande partie de l'Europe d'Ouest
en Est. Leurs effets les plus importants sont observés dans l?ouest de la
France, en Bretagne, en Normandie et en Nouvelle-Aquitaine, rivages par
où arrivent les grandes tempêtes atlantiques hivernales. Des rafales
supérieures à 100 km/h peuvent également être observées lors d?événements
orageux, notamment en été.
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 115
Cyclones en outre-mer
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS CYCLONE PAR DÉPARTEMENT OU COLLECTIVITÉ D?OUTRE-MER,
DE 2000 À 2019
En M¤2022
70
60
50
40
30
20
10
0
Sain
t-M
ar
tin
Sain
t-B
ar
th
élé
m
y
M
ar
tin
ique
La
R
éu
nio
n
Gua
delo
up
e
Guy
an
e
60,4
41,4
13,0
5,9
4,3
0,0
Note:coûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourlephénomène
naturel«ventscycloniques»danslesOutre-mer.Cescoûtsneconcernentquelesbiensassurésautresque
lesvéhiculesterrestresàmoteuretilssontnetsdetoutefranchise.
Champ:départementsd'outre-merhorsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
Les départements d?outre-mer hors Guyane (Guadeloupe, Martinique,
Mayotte, La Réunion) sont exposés aux cyclones. Depuis la fin de l'année
2000, les dommages dus aux vents cycloniques sont intégrés dans la garantie
des catastrophes naturelles lorsque la vitesse du vent dépasse 145 km/h
pendant dix minutes, ou 215 km/h par rafale. Avant cette date, les vents
cycloniques n'étaient assurés que dans le cadre des garanties contractuelles
relevant du marché concurrentiel de l'assurance, à savoir les garanties
« Tempêtes-ouragans-cyclones ». Les indemnisations des dommages
assurés relatifs aux vents cycloniques sur la période 2000-2019 s?élèvent à
2,5 Md¤, dont plus de 2 Md¤ pour la seule année de 2017.
partie 4 : risques météorologiques
116 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Plusieurs phénomènes expliquent le caractère particulièrement
destructeur des cyclones : les rafales de vent peuvent atteindre des vitesses
de l'ordre de 350 km/h ; les précipitations très abondantes peuvent générer
des inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue ; une
surélévation anormale et temporaire du niveau de la mer peut avoir des
conséquences particulièrement graves sur le littoral ; les vagues de plusieurs
mètres de haut générées par le vent (houle cyclonique), parfois observées
jusqu'à 1 000 km à l'avant du système cyclonique, représentent un danger
pour les zones côtières.
En 2002, le cyclone Dina, touchant le territoire de La Réunion, est le
premier dont les dommages sont indemnisés au titre du régime légal des
catastrophes naturelles, non seulement pour les effets de l'eau mais aussi
pour ceux du vent. Le cyclone Dean, qui a touché la Martinique en 2007, a
aussi fait l'objet de reconnaissances de l'état de catastrophe naturelle pour
les vents cycloniques et les effets de l'eau, tels que les chocs mécaniques
liés à l'action des vagues, mais également les inondations et les coulées de
boue consécutives au passage du cyclone.
L?année 2017 est la plus coûteuse pour le régime Cat-Nat avec les
cyclones Irma et Maria. Le premier, de catégorie 5, a touché les Antilles
françaises entre le 5 et le 7 septembre 2017 et en particulier les îles de Saint-
Martin et de Saint-Barthélemy. En raison de rafales de vent supérieures à
300 km/h, les deux îles ont subi de très importants dommages. L?ouragan
Irma s?est caractérisé par une puissance qui n?a pas été observée dans la
région Atlantique-Nord depuis près de 30 ans.
Un peu plus de 10 jours après le passage de ce premier ouragan, les
Antilles françaises ont été de nouveau touchées par l?ouragan Maria entre le
18 et le 20 septembre 2017. Avec des rafales de vent supérieures à 215 km/h,
les Saintes ont connu les dommages les plus importants. De nombreuses
précipitations et une forte houle, à l?origine d?inondations et de submersions,
ont accompagné cet ouragan.
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 117
PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS CYCLONIQUES SURVENUS DEPUIS 2013 ET ESTIMATION
DE LEURS COÛTS ÉCONOMIQUES ET HUMAINS
Cyclone Date Catégorie (échelle
de Saffir-Simpson)
Dommages
humains
Indemnisation au titre
du régime Cat-Nat
(hors automobile)
Échelle de
gravité des
dommages
Bejisa
(La Réunion)
31/12/2013
au
03/01/2014
4
vents maximum
210à249km/h
1 décès
14 blessés < 10 M¤* Accident
grave
Irma
(Antilles) 5-7/09/2017
5
vents maximum
>249km/h
11 décès
nombreux blessés > 2 Md¤* Catastrophe
Maria
(Antilles) 18-20/09/2017
5
vents maximums
>249km/h
1 mort
2 disparus
plusieurs blessés
> 2 Md¤ Catastrophe
*M¤ = millions d'euros, Md¤ = milliards d'euros.
Source :CCRdansDGPR2021,Hypothèsesetétudessurlecoûtéconomiqueethumaind?unetempête
majeuredansdifférentespartiesduterritoire,notammentoutre-mer
Les vents cycloniques menacent les territoires en outre-mer : ouragans dans
les Antilles en Atlantique (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-
Martin) ou cyclones tropicaux dans l?océan Indien (La Réunion, Mayotte).
Parmi les trois événements cycloniques survenus dans les Outre-mer depuis
2013, Irma et Maria dans les Antilles font partie de la catégorie des super-
cyclones (catégorie 5). Aujourd?hui, la fréquence de survenance d?un cyclone
de catégorie 5 est proche d?une fréquence centennale pour ces îles.
Pour améliorer la résilience de ces territoires exposés au risque de vents
cycloniques, limiter les dégâts matériels et faciliter le retour à la normale, une
réglementation para-cyclonique applicable à la construction a été publiée en
2023.
partie 4 : risques météorologiques
118 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Vents violents en France métropolitaine
NOMBRE DE JOURS AVEC DES RAFALES DE PLUS DE 100 KM/H PAR RÉGION
ENTRE 1991 ET 2020
En nombre de jours
70
60
50
40
30
20
10
0
Corse
Bretagne
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Hauts-de-France
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Pays de la Loire
Occitanie
Auvergne-Rhônes-Alpes
Île-de-France
Grand Est
Centre-Val de Loire
Bourgogne-Franche-Comté
Total général
Ja
nv
ier M
ai
Sep
te
m
bre
M
ar
s
Ju
ille
t
Nov
em
bre
Fé
vr
ier Ju
in
Oct
ob
re
Avr
il
Aoû
t
Déc
em
bre
Notes:régionslittoralesenclimatocéaniqueenbleu(Manche)ouviolet(Atlantique);régionslittorales
en climat méditerranéen en orange ; régions en climat océanique altéré (Nord et centre), semi-continental
(Nord-Est)oudemontagneenvert.Lesobservationsdeventsviolentsdeplusde100km/hnecoïncidentpas
toujoursavecdesdatesdetempête,carlesventsviolentspeuventaussiêtreobservéslorsd?oragesviolents
(rafales).Lesnombresdejoursfigurantsurlegraphiquecorrespondentauxvaleursmoyennesmensuellesde
l?ensembledesstationsd?unemêmerégion.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :mesuresde76stationsdeFrancemétropolitaine(3à9stationsparrégion).Normales1991-2020-
©Météo-France.Traitements:SDES,2023
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 119
De 1991 à 2020, 3 des 76 stations principales du réseau de mesures de
France métropolitaine ont enregistré des rafales de plus de 100 km/h plus
de dix jours par an.
Agrégées par région, les moyennes mettent en exergue un fort effet
saisonnier : de deux à trois jours de vent violent de mai à septembre à plus
de dix de novembre à février.
Les régions soumises au climat océanique ou méditerranéen sont celles
pour lesquelles les moyennes sont les plus élevées. Sur la période 1991-
2020, la Corse enregistre ainsi le cumul total sur 30 ans le plus élevé, avec
65 jours de rafales de plus de 100 km/h en décembre. Pour la seule station
du Cap Corse, près de 1 600 jours avec des rafales supérieures à 100 km/h
ont été enregistrés sur 30 ans, soit une moyenne de 52 jours par an.
Alors que les stations situées en climat océanique altéré (transition entre
le climat océanique et les climats de montagne et le climat semi-continental),
semi-continental ou de montagne connaissent moins de 1 jour en moyenne
dans l?année avec des rafales de plus de 100 km/h, cette moyenne varie de
4 à 10 jours dans les stations de la Manche, de 5 à 8 jours dans les stations
de la Loire-Atlantique aux Landes et de 6 à 9 jours dans le golfe du Lion.
Trois stations affichent des moyennes exceptionnelles du fait de leur forte
exposition : Cap Corse (60,8 jours), Pointe du Raz (24,5 jours), Pointe de la
Hague (10 jours).
partie 4 : risques météorologiques
120 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
ÉVOLUTION DE LA MOYENNE ANNUELLE DU NOMBRE DE JOURS AVEC DES
RAFALES DE PLUS DE 100 KM/H ENTRE 1981-2010 ET 1991-2020
En % de stations En nombre de stations
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
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Nor
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an
die
25
38
44
5050
67
17 17
Augmentation Diminution Nombre de stations
Notedelecture:parmiles9stationsprincipalesduréseaudemesuresdeNouvelle-Aquitaine,lesdeux
tiersenregistrentuneaugmentationdelamoyenneannuelledunombredejoursavecdesrafalesdeplusde
100km/hentre1981-2010et1991-2020.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :Météo-France(normales1981-2010;1991-2020).Traitements:SDES,2022
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 121
Entre 1981-2010 et 1991-2020, la moyenne annuelle du nombre de jours
avec des vents violents de plus de 100 km/h a diminué pour l?ensemble des
stations dans cinq régions : Hauts-de-France, Grand Est, Bourgogne-
Franche-Comté, Île-de-France, Normandie. Dans les autres régions, la
situation n?est pas homogène. Si pour un peu moins de trois quarts des
stations, le nombre de jours avec des vents violents diminue, pour d?autres,
l?augmentation peut être importante : Cap Corse (+ 15 jours) et Ploumanac?h
(+ 2,4 jours).
Sur le littoral, en plus des dégâts liés au vent, une tempête associée à
un fort coefficient de marée peut provoquer des submersions marines :
tempêtes Lothar et Martin (1999) et Xynthia (2010).
Cette dernière a été à l?origine d?une submersion marine dévastatrice
dans la nuit du 27 au 28 février 2010 (53 victimes, 79 blessés, 1 553 communes
reconnues en état de catastrophe naturelle et 2,5 M¤ de dommages).
Cette catastrophe et les inondations survenues dans le Var le 15 juin
2010 (23 victimes) sont à l?origine du plan submersion rapide.
122 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 5
Impacts du changement
climatique
? L?amplification des effets aggravants du changement
climatique se confirme, induisant une augmentation de
la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques
naturels. Parmi les risques naturels susceptibles d?être
affectés par le changement climatique, figurent les feux de
forêt, les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse,
la montée du niveau des mers et des océans, les crues et
les submersions marines, les risques d'origines glaciaire et
périglaciaire, et enfin, les cyclones dans les territoires
ultramarins.
Les conséquences du changement climatique affecteront
diversement les territoires français avec globalement
une progression significative du nombre et de l?intensité
de certains phénomènes naturels majeurs.
partie 5
Impacts du changement
climatique
? L?amplification des effets aggravants du changement
climatique se confirme, induisant une augmentation de
la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques
naturels. Parmi les risques naturels susceptibles d?être
affectés par le changement climatique, figurent les feux de
forêt, les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse,
la montée du niveau des mers et des océans, les crues et
les submersions marines, les risques d'origines glaciaire et
périglaciaire, et enfin, les cyclones dans les territoires
ultramarins.
Les conséquences du changement climatique affecteront
diversement les territoires français avec globalement
une progression significative du nombre et de l?intensité
de certains phénomènes naturels majeurs.
partie 5 : impacts du changement climatique
124 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Impacts du changement climatique
IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE DÉJÀ VISIBLES ET À VENIR D?ICI 2050
GUADELOUPELA RÉUNION
MARTINIQUE
GUYANE
Le Havre
Dunkerque
Lille
Nantes
Besançon
Strasbourg
Mulhouse
Nancy
Dijon
Metz
ToursAngers
Rennes
Orléans
LyonClermont
Ferrand
Limoges
Nîmes
Grenoble
Toulouse
Montpellier
Paris
Reims
Bordeaux
Brest
Marseille
Toulon
Nice
LOIRE
GARONNE
RHÔNE
SEINE
INONDATIONS CYCLONESSUBMERSIONSCRUES
ÎLOT
DE CHALEUR
FEUX
DE FORÊT
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
°C
BAISSE DE
L?ENNEIGEMENT
VOSGES
ALPES
JURA
PYRÉNÉES
Source :Onerc,2019
partie 5 : impacts du changement climatique
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 125
Le 6e rapport du Giec (2021-2023) confirme la progression du réchauffement
climatique. Selon les scénarios envisagés, il apparaît ainsi très probable que
la température moyenne à la surface du globe à l'horizon 2100 augmente de
1,4 °C ([1,0 °C ; 1,8 °C] ; scénario minimaliste) à 4,4 °C ([3,3 °C ; 5,7 °C]
scénario maximaliste) par rapport à la période préindustrielle.
Chaque 0,5 °C supplémentaire de réchauffement planétaire est
susceptible de se traduire par une augmentation de l?intensité et/ou de la
fréquence des phénomènes extrêmes.
Cette évolution concerne en particulier le risque de submersion marine,
les aléas en montagne, les feux de forêt, les précipitations intenses et les
cyclones, avec des phénomènes qui pourront être plus intenses ou prendre
de nouvelles formes : poches d?eau sous les glaciers, méga-feux, crues éclair
liées au ruissellement urbain, etc. Les projections du Giec, comme les
chroniques d'inondation des quarante dernières années, ne démontrent pas
en revanche d?aggravation significative des risques d?inondation par
débordement des cours d?eau en métropole.
Bien que de hauts niveaux de confiance soient atteints pour plusieurs
résultats au niveau planétaire, les différents modèles utilisés par le Giec
présentent encore des divergences dans les tendances simulées au niveau
régional. Des études complémentaires seront nécessaires pour préciser à
l?échelle du territoire français certaines données issues des modèles utilisés
par le Giec.
Plusieurs études sont conduites pour anticiper l?évolution des aléas à
l?horizon 2040 ou 2050. Ainsi, l?analyse de l?évolution du risque d?inondation
de plaine en France montre une tendance généralisée à l?augmentation des
débits de crue de référence pour la période de retour de 10 ans à l?horizon
2050 sous le scénario de changement climatique le plus pessimiste. Ces
augmentations dépassent 30 % dans le sud de la France et dans un large
quart Nord-Est (LivreblancCovea,2022).
Pour anticiper la probable progression de l?activité cyclonique dans les
Antilles, des travaux sont en cours pour préciser l?intensité de l?aléa dans ces
territoires. L?objectif consiste à actualiser les vents de référence applicables
et à définir des coefficients de site pour détailler la sensibilité locale aux vents
cycloniques en tenant compte du relief et de l?occupation des sols.
partie 5 : impacts du changement climatique
126 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 6
Situation de la France
dans le contexte
international
? La France métropolitaine concentre 14 % des
événements naturels très graves recensés en Europe entre
1900 et début 2022. Avec l?Italie, elle est en tête des pays
les plus touchés, loin devant les autres pays européens.
Au niveau mondial, la France se situe dans le deuxième
quart des pays les plus à risque.
SCÉNARIOS ÉTUDIÉS À L?HORIZON 2050
En Md¤
Evénement de
catégorie 5
Evénement de
catégorie 4
Evénement de
catégories 4 et 5
Massifs Coût moyen Coût extrême Période de retour Coût moyen Coût extrême
La Réunion 5,2 21,9 23 ans
3 à 4
> 15
(très rares
cas)
Guadeloupe 6,8 19,1
34 ans
Martinique 4,9 18,0
Sources :CCR/Météo-France;RiskWeatherTech,2020
À l?horizon 2050, la sinistralité pourrait augmenter de 20 % en outre-mer du
fait de l?accroissement de la fréquence moyenne des cyclones (simulation
Cordex pour l?Amérique centrale) et de la hausse du niveau de la mer, selon
l?analyse de l?évolution du risque cyclonique et de l?importance des dégâts
prévisibles (CCR/Météo-France et RiskWeatherTech, 2020). Les dommages
causés par la plupart des événements de catégories 4 et 5 touchant la
Guadeloupe ou La Réunion dépasseraient très largement ceux constatés
après les ouragans Irma et Maria en 2017. En outre, l?île de La Réunion
semble la plus exposée aux cyclones avec une période de retour de 23 ans
(catégorie 4).
Ces simulations suggèrent une augmentation de la fréquence des rafales
de vents cycloniques en Guadeloupe, et de manière beaucoup plus limitée
en Martinique. Compte tenu des incertitudes, l?interprétation de l?évolution
de ces tendances contrastées dans le futur doit être prudente.
partie 6
Situation de la France
dans le contexte
international
? La France métropolitaine concentre 14 % des
événements naturels très graves recensés en Europe entre
1900 et début 2022. Avec l?Italie, elle est en tête des pays
les plus touchés, loin devant les autres pays européens.
Au niveau mondial, la France se situe dans le deuxième
quart des pays les plus à risque.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
128 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Catastrophes naturelles en Europe
NOMBRE D?ÉVÉNEMENTS NATURELS TRÈS GRAVES RECENSÉS EN EUROPE
ENTRE 1900 ET 2022
0 250km
Nombre de catastrophes
par type de phénomène
219
52
Mouvements de terrain
Séismes
Feux de forêt
Cyclones, tempêtes
Inondations
Union européenne
Autres
Champ:catastrophesayantfait10mortsouplus,outouché100personnesouplus(touché,blessé,sans-
abri),ouayantfaitl?objetd?unedéclarationd?étatd?urgenceoud?unappelàl?aideinternationale.Autres:
températuresextrêmes,sécheresse,éruptionvolcanique,brouillard.Lesglissementsetmouvementsdeterrain
comprennentlesphénomèneshydrologiques(avalanchedeneige,débris,couléesdeboue,chutedepierres)
etgéophysiques(mouvementdemasse).
Source : EM-DAT,UCLouvain,Brussels,Belgium?www.emdat.be(EM-DATTheInternationalDisaster
Database,Centreforresearchontheepidemiologyeofdisasters),2022.Traitements:SDES,2022
https://www.emdat.be/
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 129
La base de données internationale sur les catastrophes (Emdat) recense
1 360 catastrophes naturelles ayant affecté l'Europe, entre 1900 et 2022.
Pays d?Europe le plus touché, la France métropolitaine compte
188 catastrophes, soit 14 % des événements très graves recensés en Europe
depuis 1900. Elle devance légèrement l?Italie avec 171 événements. La
France se distingue surtout par un grand nombre d?inondations
(60 événements) et de cyclones et tempêtes (73 événements), tandis qu?en
Italie les inondations (53 événements) et les séismes (43 événements)
prédominent.
Dans quatre autres pays européens, le nombre d?événements naturels
très graves recensés avoisine 100 catastrophes sur la même période
(Espagne, Allemagne, Grèce, Roumanie). Ensemble, ils représentent 30 %
des catastrophes recensées en Europe. L?Allemagne se singularise par un
grand nombre de cyclones et tempêtes, l?Espagne et la Roumanie par les
inondations et la Grèce par les séismes. Enfin, les 26 autres pays européens
totalisent en peu moins de 45 % des catastrophes.
RÉPARTITION DES CATASTROPHES RECENSÉES EN EUROPE ENTRE 1900 ET 2022
En %
Inondations
32
Autres
17
Feux
de
forêt
6
Mouvements de terrain
Séismes
10
Cyclones et tempêtes
31
Source :EM-DAT,UCLouvain,Brussels,Belgium?www.emdat.be(EM-DATTheInternationalDisaster
Database,Centreforresearchontheepidemiologyeofdisasters),2022.Traitements:SDES,2022
Parmi les catastrophes recensées en Europe, les inondations (32 %) et
les cyclones et tempêtes (31 %) sont les plus nombreux. Les séismes
représentent 10 %, les feux de forêts 6 %, les mouvements de terrain moins
de 4 % et les autres risques (températures extrêmes, sécheresse, éruption
volcanique) 17 %.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
130 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Indicateurs internationaux
INDICE INTERNATIONAL DE RISQUE WORLD RISK INDEX (WRI)
Très bas 0.00 - 9.90
Bas 9.91 - 15.87
Moyen 15.88 - 24.43
Élevé 24.44 - 33.01
Très élevé 33.02 - 100.00
Absence de données
Notedelecture:pluslanoteestfaible,moinslepaysestexposé.
Note:scoreWRI=expositionxvulnérabilité
avecVulnérabilité=1/3×(Susceptibilité+(1?Capacitédefairefacegouvernance, soins de santé, sécurité sociale et
matérielle)+(1?Capacitéd?adaptationévénementsnaturelsàvenir,changementclimatique,autresdéfis)).
Champ:WRIréviséen2017.Calculépour192paysetcinqrisquesnaturels(tremblementsdeterre,cyclones,
inondations,sécheressesetélévationduniveaudelamer)etintégrant23indicateurscorrespondantàla
sphèresociétale.
Sources :Institutdudroitinternationaldelapaixetdesconflitsarmés(IFHV)delaRuhr-UniversitéBochum;
Allianceallemandepourl?aideaudéveloppement(BündnisEntwicklungHilft);Institutpourl?environnementet
lasécuritéhumainedel?UniversitédesNationsunies(UNU-EHS),2022
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 131
Créé en 2011, l?indicateur Worldriskindex (WRI) évalue le niveau de risque
de 192 pays pour sept aléas naturels : tremblements de terre, tsunami,
cyclones, inondations marines, inondations par cours d?eau, sécheresses et
élévation du niveau de la mer. Conçu comme un outil d?aide à la décision,
cet indice est alimenté par une soixantaine d?indicateurs qui décrivent
l?exposition aux aléas précités, et évaluent la vulnérabilité du pays en termes
socio-économiques, de capacité de mobilisation en cas de crise et de
capacité d?adaptation à moyen-long terme.
Au classement 2022, la France figure à la 72e place en matière de risques
de catastrophes avec un score de 6,7. Les Philippines sont considérées
comme le pays le plus à risque (1er avec un score de 46,8) et Andorre le moins
risqué (193e avec un score de 0,3). S?agissant de la composante
« exposition », la France figure en 63e position. Ses capacités de réaction lui
permettent en revanche de limiter son niveau de risque.
La France figure parmi les pays européens les plus à risque derrière
l?Espagne, l?Italie et la Grèce. Bien qu'exposés aux risques les plus élevés
en Europe du fait de leur situation par rapport au niveau de la mer, les Pays-
Bas ne se classent toutefois que 99e sur 193 au niveau mondial car ils se
trouvent parmi les mieux armés pour affronter des événements extrêmes.
Hors Europe, les Philippines, l?Inde et l?Indonésie se distinguent comme
les trois pays les plus à risque.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
132 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SCORE D?EXPOSITION AUX RISQUES NATURELS DE LA FRANCE SELON
L?INDICATEUR INFORM RISK
8
6
4
2
0
Inondations Tsunamis Séismes Sécheresses Épidémies Cyclones
6,4
5,7
3,3
1,3 1,6
0,0
Notedelecture:pluslescore(comprisentre0et10)estfortpourunrisqueconsidéré,pluslaFranceyest
exposée.
Note:ils?agitdelacomposante«expositionauxrisquesnaturels»del?indicateurinternationalInform risk.
Cettecomposantes?établità3,4pourlaFrance.Cetindicateurrésulted?uneagrégationdescoresétablis
commesuit(chacundestroisfacteurscomporteunedimensionrisquesnaturelsetuneautreliéeauxconflits
humains):
Inform risk index = Exposition1/3×Vulnérabilité1/3×Manquedecapacitéd'adaptation1/3.
Sources :CentrecommunderecherchedelaCommissioneuropéenne,Inter-AgencyStandingCommittee
TaskTeamforPreparednessandResilience(IASC),agencesdel?ONU,partenairesprivés,ONG,2023
Créé en 2012, l'indicateur Informriskscore propose une base objective pour
l?analyse des risques. Il intègre six catégories de risques naturels (séismes,
cyclones, inondations, sécheresses, tsunamis et épidémies), ainsi que les
risques de conflit. En 2023, la France obtient un score global d?exposition
aux risques de 2,3 sur 10 et se classe 146e sur 191 des pays les plus à
risques. Avec un score de 2,1, elle se classe au 125e rang pour la seule
composante « exposition », l?exposition élevée aux risques naturels étant
contrebalancée par l?absence de conflit sur son territoire. Elle est moins bien
notée pour sa vulnérabilité (score de 3 pour la composante « vulnérabilité »,
soit le 117e rang) mais est considérée comme en capacité à réagir aux crises
(score de 1,9 pour la composante « adaptation », soit le 169e rang).
Les risques de conflits pesant autant que les risques naturels sur
l?exposition, les pays en conflit ressortent comme les plus à risque : Somalie
(score 8,7), en second la République centrafricaine et le Soudan du Sud
(score 8,5 et 8,4), suivis de l?Afghanistan et du Yémen (score 8,1 chacun).
Annexes
? Sites utiles
? Pour aller plus loin
? Glossaire
? Sigles et abréviations
Annexes
? Sites utiles
? Pour aller plus loin
? Glossaire
? Sigles et abréviations
annexes
134 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sites utiles
ÉTAT DES LIEUX DES CATASTROPHES NATURELLES EN FRANCE
CCR Caisse centrale de réassurances
ccr.fr
Institut Paris
Région
institutparisregion.fr
MTECT Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion
des territoires
ecologie.gouv.fr/politiques/risques-naturels
ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-
et-loi-risques
MRN Mission risques naturels
mrn.asso.fr
ONRN Observatoire national des risques naturels
georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-
risques-naturels
Géorisques georisques.gouv.fr
Notre-
environnement
notre-environnement.gouv.fr
Portail de
prévention des
risques majeurs
gouvernement.fr/risques/cyclone
LES RISQUES NATURELS TERRESTRES
Bureau central
sismologique
français
franceseisme.fr
Cenalt Centre d?alerte aux tsunamis
info-tsunami.fr
https://www.ccr.fr/
https://www.institutparisregion.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques/risques-naturels
https://www.ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-et-loi-risques
https://www.ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-et-loi-risques
https://www.mrn.asso.fr/
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/
https://www.notre-environnement.gouv.fr/theme/risques#ancre373
https://www.gouvernement.fr/risques
https://www.franceseisme.fr/
https://www.info-tsunami.fr/
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 135
IPGP Observatoires volcanologiques et sismologiques de
l?Institut de physique du Globe de Paris
ipgp.fr/fr/observatoires-volcanologiques-sismologiques
BCSF/Renass Site national d?information sur la sismicité de la France
renass.unistra.fr
Revosima Réseau de surveillance volcanologique et sismologique
de Mayotte
ipgp.fr/fr/revosima
Feux de forêt
et de végétation
feux-foret.gouv.fr
LES RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES
Météo-France Tempêtes en France métropolitaine
tempetes.meteo.fr
Les vents violents et les tempêtes
meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-
violents-et-les-tempetes
https://www.ipgp.fr/observation/ovs/
https://renass.unistra.fr/fr/zones/
https://www.ipgp.fr/observation/infrastructures-nationales-hebergees/revosima/
https://www.ecologie.gouv.fr/feux-foret-et-vegetation
http://tempetes.meteo.fr/
https://meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-violents-et-les-tempetes
https://meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-violents-et-les-tempetes
annexes
136 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Pour aller plus loin
PERCEPTION DES CATASTROPHES NATURELLES PAR LES FRANÇAIS
Enquête Eser
2022
LesFrançaisetlesrisquesenvironnementaux
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-
francais-et-les-risques-environnementaux
IRSN Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
irsn.fr/page/barometre-irsn-sur-perception-risques-securite
LES INONDATIONS
Institut Paris
Région
Zones inondées potentielles (Seine, Marne, Oise, Loing)
cartoviz.institutparisregion.fr
LES RISQUES NATURELS TERRESTRES
BDIFF Base de données des incendies de forêt en France
bdiff.agriculture.gouv.fr/
RTM Base de données Restauration des terrains en montagne
rtm-onf.ign.fr
Eurovolc Catalogue des volcans européens
volcanos.eurovolc.eu
EFFIS European Forest Fire Information System
effis.jrc.ec.europa.eu/applications/data-and-services
SisFrance Histoire et caractéristiques des séismes ressentis en
France
sisfrance.net
IRMa Institut des risques majeurs de Grenoble (Rhône-Alpes)
irma-grenoble.com
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-francais-et-les-risques-environnementaux?rubrique=43&dossier=200
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-francais-et-les-risques-environnementaux?rubrique=43&dossier=200
https://www.irsn.fr/page/barometre-irsn-sur-perception-risques-securite
https://cartoviz.institutparisregion.fr/
https://bdiff.agriculture.gouv.fr/
https://carmen.carmencarto.fr/105/ONF_BDRTM.map
https://volcanos.eurovolc.eu/
https://effis.jrc.ec.europa.eu/applications/data-and-services
https://www.sisfrance.net/
https://www.irma-grenoble.com/
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 137
LES IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Covea Changement climatique & Assurance : Quelles
conséquences sur la sinistralité à horizon 2050 ?
Livre blanc Covéa
Giec Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du
climat
ipcc.ch/languages-2/francais
IMF Fonds monétaire international, tableau de bord
changement climatique
climatedata.imf.org/pages/access-data
LA SITUATION DE LA FRANCE DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL
Commission
européenne
Centre commun de recherche, InformRisk
drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index
EMDAT Internationaldisasterdatabase,Centreforresearchonthe
epidemiologyofdisasters
emdat.be
World Risk
Report
BundnisEntwicklungHilft, alliance allemande pour l?aide au
développement et InstituteforInternationalLawofPeace
andArmedConflict (IFHV) de la Ruhr University Bochum
weltrisikobericht.de/english
https://www.covea.com/sites/default/files/2023-11/202202_Livre_Blanc_Cov%C3%A9a_Risques_Climatiques.pdf
https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/
https://climatedata.imf.org/pages/access-data
https://drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index
https://www.emdat.be/
https://weltrisikobericht.de/en/
annexes
138 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Glossaire
Affaissement : déformation souple, sans rupture et progressive du sol.
Aléa : manifestation d?un phénomène naturel ou anthropique de nature
aléatoire. Il se caractérise par son occurrence et son intensité.
Argile : terme désignant à la fois le minéral (minéral argileux) et la roche
(meuble ou consolidée) composée pour l?essentiel de ces minéraux. La
fraction argileuse est, par convention, constituée des éléments dont la taille
est inférieure à 2 ?m.
Arrêté de reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle, dit arrêté
Cat-Nat : acte administratif encadrant les indemnisations et couvrant
l?ensemble des aléas climatiques et terrestres à l?exception des feux de
forêt et des tempêtes (sauf vents cycloniques de grande ampleur).
Néanmoins, la liste des phénomènes naturels indemnisables varie au fil
de la législation. Un arrêté détermine les zones concernées (liste des
communes), les périodes de la catastrophe et le phénomène naturel reconnu.
Avalanche : déplacement rapide (10 à 350 km/h) d?une masse de neige
sur une pente, provoqué par une rupture de manteau neigeux (neige plus
mouillée, nouvelle chute de neige, surcharge par un skieur, explosion, etc.).
Ce phénomène survient quand la neige est en quantité suffisante et de
qualité favorable, sur une pente suffisante dans la zone de départ.
Catastrophe naturelle : selon l?échelle de gravité des dommages (Mission
d?inspection spécialisée de l?environnement, 1999), événement ayant causé
au moins 100 morts ou 300 M¤ de dommages matériels. Parmi elles,
figurent les catastrophes majeures (au moins 1 000 morts ou 3 Md¤ de
dommages matériels).
Cyclone : perturbation atmosphérique de grande échelle se développant
dans les zones de basses pressions des régions tropicales et subtropicales.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 139
Enjeu : ensemble des personnes et des biens susceptibles d?être affectés
par un phénomène naturel ou des activités humaines. Il se caractérise par
son importance (nombre, nature, etc.) et sa vulnérabilité.
Enveloppe approchée du risque inondation potentielle (EAIP) : emprise
potentielle des événements extrêmes (enveloppes maximalistes des zones
inondables par une crue exceptionnelle), requise dans l?évaluation
préliminaire des risques d?inondation. Cette dernière, conformément à la
directive européenne inondation, permet d?évaluer les risques potentiels
d?inondations extrêmes sur la santé humaine, l?environnement, le patrimoine
culturel et l?activité économique. Deux EAIP différentes délimitent d?une
part les zones exposées aux submersions marines, et d?autre part celle
exposées aux débordements de cours d?eau, quelle que soit leur importance
(fleuve, petit cours d?eau intermittent, torrent de montagne).
Épicentre : point de la surface terrestre situé à la verticale du foyer d'un
séisme.
Éruption magmatique : remontée de magma jusqu?à la surface occasionnant
retombées de cendres et de roches, coulées pyroclastiques, écroulements
partiels de flancs, formation d?un dôme de lave, voire coulées de lave. Ce
phénomène est toujours précédé d'une éruption phréatique.
Éruption péléenne : caractéristique d?une lave très pâteuse qui forme des
aiguilles et d?un volcan pouvant émettre des nuées ardentes (avalanches
incandescentes de gaz, de cendres et de blocs de roches).
Éruption phréatique : le magma réchauffe les eaux souterraines. Sous
l?effet de leur vaporisation brutale, la pression peut générer de violentes
explosions, fragmenter et projeter les roches au sommet du volcan. D?autres
phénomènes peuvent survenir : retombées de cendres et de roches,
émanations de gaz, coulées pyroclastiques (nuées ardentes), écroulements
partiels de flancs, coulées de boue.
annexes
140 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Éruption plinienne : phénomène volcanique explosif (émissions de gaz,
cendres, ponces) à l?instar de l?éruption du Vésuve en 79 (décès de Pline
l?Ancien, relatée par Pline le Jeune).
Établissements Seveso : établissements produisant ou stockant des
substances pouvant être dangereuses pour l?homme et l?environnement.
La réglementation distingue deux types d?établissements, selon la quantité
totale de matières dangereuses sur site : les établissements Seveso seuil
haut et les établissements Seveso seuil bas.
Foyer : lieu où se produit le premier ébranlement dans l'écorce terrestre.
Fréquence (d?un événement) : caractérisation issue d?un calcul statistique
correspondant à la fréquence relative définie comme le quotient de cet
effectif ou la taille de la classe (par exemple, nombre d?événements entre
1900 et 1950) par celui de la taille de la population (nombre total d?événements
sur l?ensemble de la période d?observation entre 1900 et 2020).
Fontis : effondrement brutal et localisé (forme d?entonnoir ou de cratère),
le plus souvent provoqué par la remontée, plus ou moins lente, d'une cloche
de vide vers la surface à la suite de la rupture du toit d?une cavité.
Garantie « catastrophe naturelle » (Cat-Nat) : dispositif instauré en 1982
pour couvrir les dommages matériels en cas d?événement naturel d?une
intensité anormale, de souscription d?un contrat d?assurance par les sinistrés
et faisant l?objet d?une reconnaissance de l?état de Cat-Nat par arrêté
interministériel (ministères de l?Intérieur, de l?Économie et des Finances).
Glissement de terrain : mouvement résultant du déplacement gravitaire
de sols ou de roches déstabilisés par des phénomènes climatiques,
géomorphologiques, géologiques ou anthropiques. Plutôt lents (quelques
mm à quelques m/an), avec au moins 30 % d?eau, ces mouvements
s?accélèrent et forment des coulées ou des laves torrentielles (5 m/s). Les
glissements de terrain apparaissent dans des éboulis fins, des moraines,
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 141
ou des roches très fracturées et altérées, mais certains matériaux sont plus
sensibles (argiles, marnes, gypses, formations superficielles d?altérites).
Intensité (séisme) : niveau de sévérité des effets de la secousse sismique.
Intensité épicentrale : niveau de sévérité des effets de la secousse sismique
à l'épicentre.
Karst : système de cavités et conduits formés naturellement par la dissolution
hydrochimique des formations carbonatées ou sulfatées. Le relief karstique
est particulièrement sensible aux glissements de terrain et à l?instabilité des
cavités.
Magnitude de moment : nouveau mode de calcul effectué systématiquement
pour tous les séismes de magnitude supérieure à 5. Basé sur un modèle
physique de la rupture d'un séisme, il permet de mieux calculer la magnitude
des gros séismes en restant cohérent avec les méthodes utilisées pour les
plus petits séismes.
Magnitude sismique : mesure de l'énergie libérée lors d'un séisme.
Un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30
de l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement.
Marnière : petite carrière souterraine exploitée dans la craie pour amender
les champs.
Mouvement de terrain : phénomène déstabilisant et déplaçant les sols ou
les roches à la suite de la fonte de neige, de fortes pluies, des séismes,
l?érosion ou encore, la dissolution de roches. Plus ou moins brutaux, ils
peuvent détruire le bâti, obstruer des voies de communication ou des rivières
en causant des inondations, voire des pertes humaines. Les mouvements
lents et continus (tassements, affaissements, glissements de terrain, retrait-
gonflement des argiles) se distinguent de ceux rapides et discontinus
(effondrement de cavités, éboulements de blocs rocheux, coulées de boue).
annexes
142 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NaTech : aléa naturel pouvant avoir un impact sur une installation industrielle
et générer un ou une série d?accidents « NaTech » (contraction des mots
naturel et technologique) avec des effets majeurs à l?extérieur du site sur
les personnes, les biens ou l?environnement (d?après Barpi).
Ouragan : cyclone en Atlantique nord et dans le Pacifique nord-est.
Période de retour (inondation) : durée moyenne au cours de laquelle
statistiquement un événement d'une même intensité se reproduit. Un événement
fréquent correspond à une période de retour comprise entre 10 et 30 ans,
l?événement moyen, généralement la crue de référence des PPR, à une période
de retour au moins centennale, et l?événement exceptionnel à la crue millénaire.
Pergélisol (permafrost en anglais) : partie du sol dont la température se
maintient en dessous de 0 °C pendant plus de deux ans consécutifs.
Pit-crater : cratère d'effondrement de petite taille.
Plan de prévention des risques naturels (PPRN) : dispositif de mise à
disposition de connaissance des zones à risques et de prescription des
mesures pour les constructions nouvelles et les biens existants à destination
des populations et des aménageurs. Ce document réglementaire de
prévention, élaboré par les services de l'État en association avec la commune
et en concertation avec la population, constitue une servitude d?utilité
publique s?imposant au plan local d?urbanisme. Outre les PPR multirisques,
différents types sont distingués : PPRI (inondation), PPRL (littoral), PPRIF
(incendie de forêt).
PPR opposable (approuvé par arrêté préfectoral) : PPR correspondant
au document achevé avec délimitation des zones à risques qui font l?objet
d?une réglementation. Le règlement du PPR précise les règles qui
s?appliquent à chacune de ces zones.
PPR prescrit (par arrêté préfectoral) : correspond à la première phase
de l?élaboration du PPR.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 143
Programme d?actions de prévention des inondations (PAPI) : dispositif
d?appel à projet lancé par l?État depuis 2002 pour promouvoir une gestion
globale des risques d?inondation à l?échelle d?un bassin de risque cohérent,
en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine,
les biens, les activités économiques et l?environnement. Portés par les
collectivités territoriales ou leurs groupements, ces programmes constituent
le cadre d?un partenariat étroit avec l?État en matière de prévention des
inondations.
Pyroclastique : caractéristique s'appliquant aux débris de roches
magmatiques éjectées par les volcans et dont l?accumulation donne les
roches pyroclastiques (cendres, lapillis, tufs, etc.).
Retrait-gonflement des argiles : mouvement de terrain de type « tassement
différentiel » à l?origine d?une déformation progressive du sol ou du sous-sol
et pouvant provoquer des désordres dans les bâtiments (fissures des
éléments porteurs). Les maisons individuelles, structures légères aux
fondations généralement superficielles et dimensionnées sans la prise en
compte de cet aléa, s?avèrent particulièrement vulnérables. Considéré
comme un risque naturel majeur eu égard à l?ampleur des dégâts matériels
provoqués, il peut s?accroître sous l?effet du changement climatique et de
facto de la hausse prévisible des épisodes de sécheresse.
Risques d?origines glaciaire et périglaciaire : terme utilisé par
l?administration française pour regrouper les risques naturels en montagne
ayant pour source des zones couvertes de glace, englacées, récemment
déglacées, ou leurs abords directement influencés par la présence des
glaciers, ou concernées par le dégel des sols gelés en permanence en
profondeur (pergélisol) ? (source : rapport IGEDD/IGA/IGESR, décembre
2022,Risquesd?origineglaciaireetpériglaciaire-Élémentsensoutienà
unpland?action).
Risque majeur : croisement d?un aléa et d?un enjeu se caractérisant par
sa faible fréquence, sa gravité et l?incapacité de la société exposée à
surpasser l?évènement. Des actions sont dans la plupart des cas possibles
annexes
144 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
pour le réduire, soit en atténuant l?intensité de l?aléa, soit en réduisant la
vulnérabilité des enjeux.
Sécheresse géotechnique : type de phénomène naturel indemnisé au
titre du régime des catastrophes naturelles et correspondant à une période
de longueur variable, caractérisée par un déficit pluviométrique plus ou
moins marqué et se traduisant par une diminution de la teneur en eau de
l?horizon du sous-sol. Les terrains argileux superficiels se rétractent alors
lors des périodes de sécheresse (phénomène de retrait) et gonflent au
retour des pluies lorsqu?ils sont de nouveau hydratés (phénomène de
gonflement).
Séismes : les tremblements de terre naissent dans les profondeurs de
l?écorce terrestre et causent des secousses plus ou moins violentes à la
surface du sol. Généralement engendrés par la reprise d'un mouvement
tectonique le long d'une faille, d?autres phénomènes peuvent intervenir :
mouvement de terrain, raz de marée, liquéfaction des sols, effet hydrologique,
effet de site (modification de l?amplitude et de la durée induite par la géologie
locale). Leur violence se caractérise par la magnitude (énergie libérée) et
l?intensité (effets observés ou ressentis par l?Homme, dégâts aux constructions).
Sinistralité (au sens assurance) : coûts indemnisés par les assureurs au
titre du régime des catastrophes naturelles pour les 22 phénomènes naturels
retenus. Ces coûts ne concernent que les biens assurés autres que les
véhicules terrestres à moteur et ils sont nets de toute franchise.
Stratégie nationale du risque inondation (SNGRI) : dispositif visant à
assurer la cohérence des actions menées sur le territoire en poursuivant trois
objectifs prioritaires : augmenter la sécurité des populations exposées,
stabiliser à court terme, et réduire à moyen terme, le coût des dommages
liés à l?inondation, raccourcir fortement le délai de retour à la normale des
territoires sinistrés.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 145
Stratégie locale du risque inondation (SLGRI) : dispositif visant à atteindre
sur les territoires à risque inondation important, les objectifs de réduction
des conséquences négatives des inondations. Elle s?inscrit dans la continuité
des démarches en cours en complétant ou renforçant les dispositifs de
gestion du risque d?inondation existants, sans pour autant s?y substituer,
fournissant ainsi un cadre de référence pour prévenir le risque inondation.
Submersion marine : inondation brutale et temporaire de la zone côtière
par la mer, résultant de la conjonction de phénomènes extrêmes (dépression
atmosphérique, vent, houle, pluie) et de forts coefficients de marée.
D?importantes surcotes du plan d?eau surviennent quand : son niveau
dépasse la cote des ouvrages de protection ou des terrains en bord de mer ;
la mer crée des brèches et rompt les ouvrages ou les cordons naturels ; ou
des paquets de mer franchissent les barrages naturels ou artificiels suite
au déferlement de vagues de taille importante.
Tassement différentiel : type de mouvement de terrain également appelé
« retrait-gonflement des argiles » et consécutif à une période de sécheresse
géotechnique.
Tempête : lorsque deux masses d'air différentes (température et teneur en
eau) s?affrontent le long d?un front dépressionnaire, elles peuvent générer
des vents violents, voire des tempêtes au-delà de 89 km/h (degré 10 sur
12 de l'échelle de Beaufort de classification des effets des vents sur
l'environnement).
Territoire à risque important d?inondation (TRI) : zone où les enjeux
potentiellement exposés aux inondations sont les plus importants, justifiant
une action volontariste et à court terme (État et parties prenantes concernées)
pour aboutir à la mise en place obligatoire de stratégies locales de gestion
des risques d?inondation. L?action vise les zones où les enjeux sont les plus
menacés et où il y a le plus à gagner en matière de réduction des dommages
liés aux inondations.
annexes
146 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Tsunami (ou raz-de-marée) : phénomène correspondant à une onde due
au mouvement rapide d'un grand volume d'eau, pouvant faire suite à un
tremblement de terre sous-marin de (magnitude > 7) et profond de moins
de 50 km. D?autant plus important qu?il est superficiel, ce phénomène brutal
génère des vagues de submersion pouvant faire de nombreuses victimes
et causer des dégâts considérables sur le littoral (habitations, infrastructures)
selon la hauteur et la vitesse des vagues. L'intensité du tsunami, mesurée
sur l?échelle Sieberg-Ambraseys (de 1 « très légère » à 6 « désastreuse »),
dépend de la magnitude et de la profondeur du séisme.
Vulnérabilité : notion qui exprime et mesure le niveau de conséquences
prévisibles de l?aléa sur les enjeux. Elle exprime et mesure le niveau de
conséquences prévisibles de l?aléa sur les enjeux. Différentes actions
peuvent la réduire en atténuant l?intensité de certains aléas ou en limitant
les dommages sur les enjeux.
Zone SI-Hex : de la France métropolitaine élargie à la zone économique
exclusive.
Zones sous-minées : zones en surface surplombant des vides dans le
sous-sol résultant de l?exploitation d?anciennes carrières souterraines
abandonnées (calcaire, marne, gypse, marbre, ardoise, argile) pour extraire
des matériaux de construction. Des travaux de consolidations souterraines
(construction de piliers) peuvent augmenter la portance et stopper le
fléchissement du toit des cavités.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 147
Sigles et abréviations
AFP Agence France presse
Barpi Bureau d'analyse des risques et pollutions
BDE Base de données des événements naturels dommageables
BDMVT Base de données mouvements de terrain
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
CCR Caisse centrale de réassurances
CENALT Centre d?alerte aux tsunamis
Cerema Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l'environnement, la mobilité et l'aménagement
CGDD Commissariat général au développement durable
CETE Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l'environnement, la mobilité et l'aménagement
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DROM Départements et régions d'outre-mer
EAIP Enveloppe approchée du risque inondation potentielle
FFB Fédération française du bâtiment
Gaspar Gestion assistée des procédures administratives relatives
aux risques naturels
Giec Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
IGA Inspection générale de l'administration
IGC Inspection générale des carrières
IGEDD Inspection générale de l'environnement et du développement
durable
IGESR Inspection générale de l'éducation, du sport
et de la recherche
IGN Institut national de l'information géographique et forestière
Insee Institut national de la statistique et des études économiques
Inrae Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation
et l'environnement
annexes
148 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
IPGP Institut de physique du Globe de Paris
IRSN Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
JRC Centre commun de recherche de l'Union européenne
MASA Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
MEDD Ministère de l'Écologie, du Développement durable
(ancienne dénomination du ministère chargé de
l'Environnement)
Mise Mission d?inspection spécialisée dans l?environnement
MRN Mission risques naturels
MTE Ministère de la Transition écologique (ancienne dénomination
du ministère chargé de l?Environnement)
MTECT Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des
territoires
MTES Ministère de la Transition écologique et solidaire (ancienne
dénomination du ministère chargé de l?Environnement)
OCDE Organisation de coopération et de développement
économiques
ONRN Observatoire national des risques naturels
OVPF Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise
PAPI Programme d?actions de prévention des inondations
PPR Plan de prévention des risques
ROGP Risques d'origines glaciaire et périglaciaire
RTM Service de restauration des terrains en montagne
SAFPA Outil de suivi administratif et financier des PAPI
SDES Service des données et études statistiques
SHOM Service hydrographique et océanographique de la marine
SLGRI Stratégie locale de gestion des risques d'inondation
SNRH Service des risques naturels et hydrauliques
TRI Territoire à risque important d?inondation
UE Union européenne
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 149
UNITÉS DE MESURE
ha hectare
km/h kilomètre par heure
M¤ million d?euros
Md¤ milliard d?euros
mm millimètre
m/an mètre par an
m/s mètre par seconde
Mm3 million de mètres cubes
150 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Table des matières
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 151
Table des matières
table des matières
152 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Avant-propos 4
DONNÉES CLÉS 5
Les catastrophes naturelles en France 6
Risque inondation 7
Mouvements de terrain 8
Risques météorologiques et climatiques 9
Les risques naturels en outre-mer 10
ÉLÉMENTS DE CONTEXTE : OBSERVATOIRE, CONCEPTS
ET POLITIQUE PUBLIQUE
11
Observatoire national des risques naturels 12
Phénomènes naturels 13
Aléas, enjeux, risques : quelques définitions 14
Garantie catastrophes naturelles 16
PARTIE 1 : ÉTAT DES LIEUX DES CATASTROPHES
NATURELLES EN FRANCE
17
Événements naturels dommageables 18
État de catastrophe naturelle 22
Sinistralité liée aux catastrophes naturelles 25
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-Neige en France métropolitaine 27
Pertes économiques globales attribuées aux événements naturels 28
Perception des catastrophes naturelles par les Français 30
PARTIE 2 : INONDATIONS : SINISTRALITÉ, EXPOSITION
ET PRÉVENTION
35
Sinistralité liée aux inondations 36
Outils au service de l?identification des risques inondation
et des politiques de prévention
38
Exposition aux inondations par débordement de cours d?eau 39
Exposition aux submersions marines 48
Prévention des inondations 55
Territoires à risque important d?inondation 57
Programmes d?actions de prévention des inondations 60
table des matières
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 153
PARTIE 3 : RISQUES NATURELS TERRESTRES 63
Mouvements de terrain hors retrait-gonflement des argiles 64
Cavités souterraines 68
Glissements de terrain 72
Risque rocheux et chutes de blocs 74
Retrait-gonflement des argiles 76
Prévention des mouvements de terrain 80
Séismes en métropole et en outre-mer 82
Éruptions volcaniques 92
Tsunamis en outre-mer et en métropole 95
Avalanches 98
Risques d'origines glaciaire et périglaciaire 103
Feux de forêt et végétation 107
PARTIE 4 : RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES 111
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-Neige en France métropolitaine 112
Phénomènes atmosphériques 114
Cyclones en outre-mer 115
Vents violents en France métropolitaine 118
PARTIE 5 : IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE 123
Impacts du changement climatique 124
PARTIE 6 : SITUATION DE LA FRANCE DANS LE CONTEXTE
INTERNATIONAL
127
Catastrophes naturelles en Europe 128
Indicateurs internationaux 130
ANNEXES 133
Sites utiles 134
Pour aller plus loin 136
Glossaire 138
Sigles et abréviations 147
154 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées
dans le présent ouvrage, faite sans l'autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie
(3, rue Hautefeuille - 75006Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les
reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et,
d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre
dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1erjuillet1992 - art.L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art.425).
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 155 Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 155
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Rédacteur en chef: Hugues Cahen
Coordination éditoriale: Céline Blivet
Cartographie : Antea
Infographie: Bertrand Gaillet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
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Dépôt légal: janvier 2024
ISSN: 2555-7580 (imprimé)
2557-8138 (en ligne)
Impression : imprimerie intégrée du MTECT,
imprimé sur du papier certifié écolabel européen,
www.ecolabel.com
Commissariat général
au développement durable
Chiffres clés
des risques
naturels
Édition 2023
Les spécificités géomorphologiques et climatiques
des territoires métropolitains et ultramarins
français exposent leurs habitants, les biens et
lesactivités économiques à des phénomènes
naturels variés: inondations, risques terrestres
oumétéorologiques. Le dérèglement climatique
est susceptible d?amplifier la plupart d?entre eux.
Àpartir d?une sélection de cartes et d?indicateurs
clés commentés, ce recueil dresse un panorama
détaillé des principaux risques naturels.
Cettepublication aborde ainsi la sinistralité,
l?aléaet le risque propres à chaque phénomène,
ainsi que les outils permettant de prévenir
cesrisques.
Service des données et études statistiques
Sous-direction de l'information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
Données clés
Éléments de contexte :
observatoire, concepts
et politique publique
État des lieux des
catastrophes naturelles
en France
Inondations :
sinistralité, exposition
et prévention
Risques naturels
terrestres
Risques
météorologiques
Impacts du changement
climatique
Situation de la France
dans le contexte
international
Annexes
Table des matières
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION depuis le milieu des années 1990. Les dommages
sur un bâtiment à la suite de mouvements du sol dus à la sécheresse sont
pris en charge depuis 1989 par le régime des catastrophes naturelles au titre
des « mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à
la réhydratation des sols ».
La sinistralité cumulée atteint un peu plus de 12 Md¤2023 sur la période
1995-2019, ce qui représente une moyenne annuelle d?environ 480 M¤.
L?année 2003 est une année exceptionnelle, marquée par des records de
chaleur durant l?été ; les indemnisations liées aux dommages assurés
associés à ce phénomène s?élèvent à près de 1,8 Md¤.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 77
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS AU TITRE DE LA SÉCHERESSE GÉOTECHNIQUE PAR DÉPARTEMENT,
DE 1995 À 2019
?
0 50 km
0
< 0,2
0,2 - 1
Coût moyen
(en M¤2022)
1 - 2
2 - 5
> 5
Champ:Francemétropolitaine.
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
La majorité des départements de Nouvelle-Aquitaine et du pourtour
méditerranéen, la région Île-de-France et une grande partie du centre de
la France font l?objet d?une forte sinistralité vis-à-vis du phénomène
« sécheresse géotechnique ». Certains départements du Nord et de l?Est
sont également concernés, mais de façon plus récente (surtout depuis
2016). Entre 2016 et 2018, les dommages assurés pour ce phénomène
semblent suivre une tendance à la hausse.
partie 3 : risques terrestres
78 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE MAISONS INDIVIDUELLES EXPOSÉES AU RETRAIT-GONFLEMENT
DES ARGILES FORT OU MOYEN
Nombre
de maisons
individuelles exposées
55 000
27 500
0 50 km
Note:croisementdunouveauzonagedel?expositionauretrait-gonflementdesargilesréalisédanslecadre
delaloiElan(article68)etdesinformationsInseeportantsurlesmaisonsindividuelles.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :BRGM,2019;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
48 % du territoire métropolitain est fortement ou moyennement exposé au
risque de retrait-gonflement des argiles, 24 % est faiblement exposé et 28 %
non exposé. 10,4 millions de maisons individuelles (soit 54 % de l?habitat
individuel) sont exposées fortement ou moyennement au retrait-gonflement
des argiles. Parmi elles, près de la moitié (4,6 millions) a été bâtie après 1976,
20 % entre 1946 et 1975 et 36 % avant 1946.
Dans les zones d?exposition forte ou moyenne au retrait-gonflement des
argiles, des dispositions constructives de prévention du risque de « sécheresse
géotechnique » pour les nouvelles constructions s?imposent réglementairement.
L?analyse des sinistres sécheresse géotechnique indemnisés depuis la
mise en place du régime Cat-Nat survenus en zone d?exposition forte ou
moyenne selon les périodes de construction des maisons révèle par ailleurs
la vulnérabilité des maisons les plus récentes. Celles bâties après 1976
représentent ainsi 58 % des sinistres, contre 11 % pour celles avant 1921,
7 % de 1921 à 1945 et 24 % de 1946 à 1975.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 79
MAISONS INDIVIDUELLES DE PLAIN-PIED EN ÎLE-DE-FRANCE SELON LE NIVEAU
D?EXPOSITION AU RETRAIT-GONFLEMENT DES ARGILES
En nombre de maisons
Sein
e-
et
-M
ar
ne
120 000
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
Ess
on
e
Va
l-d
'O
ise
Yve
lin
es
Sein
e-
Sain
t-D
en
is
Va
l-d
e-
M
ar
ne
Hau
ts-
de-
Sein
e
Aléa faible Aléa moyen Aléa fort
Sources :BRGM,2019;DGFiP,Majic,2019.Traitements:©L?institutParisrégion,2021
Près de 77 % du territoire francilien (hors Paris) se situe en zones d?exposition
moyenne à forte au retrait-gonflement des argiles. Dans ces zones,
350 000 maisons individuelles de plain-pied se révèlent ainsi potentiellement
exposées. Plusieurs milliers de maisons ont déjà été sinistrées par les vagues
de sécheresse passées (1989-1991, 2003-2007 ou 2017-2018).
En Île-de-France, les coûts moyens annuels des dommages assurés
phénomène naturel « sécheresse géotechnique » se sont élevés à 62 M¤
entre 1995 et 2016. Le coût moyen d?un sinistre sécheresse est estimé à
21 000 ¤ par maison affectée en France entre 1990 et 2015 (CCR). Ces
coûts sont susceptibles de s?accroître sous l?effet du changement climatique,
en lien avec l?augmentation du nombre et de l?intensité des épisodes de
sécheresse.
partie 3 : risques terrestres
80 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Prévention des mouvements de terrain
NOMBRE DE COMMUNES COUVERTES PAR UN PPRN* MOUVEMENTS DE TERRAIN
PAR TYPE D?ALÉA, EN 2023
Tassements différentiels
Glissements de terrain
Éboulements ou chutes de
pierres et de blocs
Affaissements
et effondrements
anthropiques hors mines
Cavités souterraines
Avancées dunaires
PPRN mouvement de terrain opposable PPRN mouvement de terrain prescrit
PPRN multirisques opposable PPRN multirisques prescrit
0 500 1 000 1 500 2 000 2 500 3 000
2 092 380 48
1 260 152 754 77
1 008 112 671 46
717 102 152 3
7 5
3 1
* Plan de prévention des risques naturels.
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Les plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) sont mis
en place pour prescrire des mesures visant à réduire l?exposition des biens
(constructions nouvelles, biens existants) et des personnes dans les zones
à risques.
Les PPRN mouvements de terrain opposables (approuvés), y compris
les PPRN multirisques, concernent plus de 6 800 communes : 2 140 pour
l?aléa « tassements différentiels » (retrait-gonflement des argiles), 2 014 pour
les glissements de terrain, 1 679 pour les éboulements ou chutes de pierres
et de blocs, 869 pour les affaissements et effondrements anthropiques hors
mines, 68 pour les cavités souterraines, 31 pour les avancées dunaires. La
part des PPRN non encore approuvés (prescrits) varie selon les types
d?aléas.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 81
RÉPARTITION DES PPRN* PAR RÉGION POUR LES QUATRE PRINCIPAUX TYPES
DE MOUVEMENTS DE TERRAIN EN 2022
En %
Tassements différentiels
Glissements de terrain
Occitanie Auvergne-Rhône-Alpes Nouvelle-Aquitaine
Provence-Alpes-Côte d'Azur Île-de-France Grand Est
Autres régions
0 20 40 60 80 100
Éboulements ou chutes de
pierres et de blocs
Affaissements et
effondrements anthropiques
hors mines
* Plan de prévention des risques naturels.
Champ:France.PPRNmouvementsdeterrainycomprisPPRNmultirisques.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Quatre régions concentrent 88 % des PPRN tassements différentiels : Occitanie
(65,5 %), Nouvelle-Aquitaine (12,5 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (5,5 %),
Centre-Val de Loire (5 %), avec toutefois des taux de couverture faible pour
les deux dernières. L?Occitanie concentre également le plus de PPRN
glissements de terrain (36,5 %), suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (25,5 %),
Nouvelle-Aquitaine (10 %), Grand Est et Provence-Alpes-Côte d'Azur (7 %
chacune). Ces régions couvrent en effet des zones montagneuses (Alpes,
Pyrénées, Massif central, Vosges).
Quatre régions concentrent plus des trois quarts des PPRN éboulements
ou chutes de pierres et de blocs : Auvergne-Rhône-Alpes (32 %), Occitanie
(31 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (12 %), Nouvelle-Aquitaine (7,5 %).
Enfin, six régions sont particulièrement concernées par les PPRN
affaissements et effondrements anthropiques hors mines : Île-de-France
(30,5 %), Occitanie (19,5 %), Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), Nouvelle-
Aquitaine (9 %), Hauts-de-France (8 %) et Grand Est (7,5 %).
partie 3 : risques terrestres
82 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Séismes en métropole et en outre-mer
INDEMNISATIONS VERSÉES LIÉES AUX DOMMAGES ASSURÉS SÉISME
DE 1995 À 2019
En M¤2022
19
95
250
200
150
100
50
0
19
96
19
97
19
98
19
99
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
20
10
20
11
20
12
20
13
20
14
20
15
20
16
20
17
20
18
20
19
5
124
29
88
70
3 2
240
Note:lescoûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourle
phénomènenaturel«séisme»enFranceneconcernentquelesbiensassurésautresquelesvéhicules
terrestresàmoteuretsontnetsdetoutefranchise.
Champ:France.
Source :CCR,2023
Sur la période 1995-2019, les indemnisations versées à la suite des
dommages assurés relatifs aux séismes s?élèvent à 560 M¤2022, dont 403 M¤
pour le territoire métropolitain, et 157 M¤ dans les Outre-mer.
Quatre années marquées par des séismes importants ont donné lieu à
des indemnisations particulièrement élevées :
? 1996, avec deux événements sismiques de magnitude de 5,2 sur l?échelle
de Richter sur le territoire métropolitain : en février à Saint-Paul-de-
Fenouillet (Pyrénées-Orientales), puis en juillet à Annecy (Haute-Savoie) ;
? 2004, avec le séisme de magnitude 6,3 sur les îles de Saintes en
Guadeloupe en novembre, séisme largement ressenti sur l?ensemble de
l?archipel de la Guadeloupe ;
? 2007, avec le séisme de magnitude 7,4 en Martinique qui a été ressenti
dans tout l?arc des Petites Antilles ;
? 2019, avec le séisme du Teil de magnitude 4,8 ressenti dans la moyenne
vallée du Rhône près de Montélimar.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 83
MOYENNE ANNUELLE DES DOMMAGES ASSURÉS POUR SÉISME
PAR DÉPARTEMENT, DE 1995 À 2019
?
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Saint-Barthélémy
0 50 km
0
< 0,5
0,5 - 2
Coût moyen
(en M¤2022)
> 2
Saint-Martin
Champ:France,horsMayotte.
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
À l?exception des départements de la Guadeloupe, de la Martinique, de la
Haute-Savoie, de la Meurthe-et-Moselle et des Vosges, et plus récemment
l'Ardèche et la Drôme, qui ont subi des dommages moyens annuels
supérieurs à 500 000 ¤, le reste du pays a été relativement épargné sur la
période 1995-2019. Le séisme du Teil, survenu en novembre 2019 a généré
des dommages assurés estimés à plus de 150 M¤. Ce séisme et celui de
l?ouest de la France près de Niort en 2023, qui a sans doute généré des
dommages d?un montant proche, sont venus rappeler l?exposition du
territoire métropolitain à ce risque.
partie 3 : risques terrestres
84 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES RECONNUES EN CAT-NAT SÉISME ENTRE 1982 ET 2022
En nombre de communes
19
82
350
300
250
200
150
100
50
0
19
84
19
86
1996
Séisme Saint-Paul-de-Fenouillet en février (Sud-Ouest)
Séisme d'Annecy en juillet
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
22
Notedelecture:en1996,337communesonteuunereconnaissancedecatastrophenaturelledetype
«secoussesismique»ou«séisme».
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Entre 1982, date de mise en place du régime d'indemnisation des risques de
catastrophes naturelles en France, et 2022, 782 états de catastrophe
naturelle de type « secousse sismique » ou « séisme » ont été reconnus. Sur
les 668 communes concernées, certaines ont obtenu cette reconnaissance
plusieurs fois : 77 communes plus de deux fois, et parmi elles, 13 communes
dans les Alpes plus de quatre fois.
La Guadeloupe et la Martinique sont les seuls départements classés
intégralement en zone de niveau sismique fort. Un peu moins des trois quarts
de leurs communes (soit 47 communes) ont été reconnus en état de
catastrophe naturelle « secousse sismique » ou « séisme ». Elles représentent
7 % de l?ensemble des communes concernées pour ce phénomène.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 85
SÉISMES LES PLUS DESTRUCTEURS EN FRANCE DEPUIS LE XIXE SIÈCLE
La nature imprévisible des séismes en fait des événements aux conséquences
humaines, environnementales et économiques potentiellement les plus
meurtrières et dommageables. Leurs effets peuvent être directs (effondrement
de constructions) ou indirects (glissements de terrain, tsunamis, destruction
d?infrastructures et réseaux, etc.).
Deux séismes d?intensité épicentrale supérieure à IX (destructions
massives) sont survenus en France au XIXe siècle (source:SisFrance). En
Guadeloupe, celui du 8 février 1843 a fait plus de 3 000 victimes et détruit
Pointe-à-Pitre. En Martinique, le séisme du 11 janvier 1839 a fait 261 victimes
et détruit Fort-de-France.
En France métropolitaine, le séisme du 11 juin 1909 à Lambesc (Bouches-
du-Rhône) reste le plus meurtrier et destructeur du XXe siècle : 46 victimes,
250 blessés, 1 500 constructions effondrées. Celui du Teil en Ardèche survenu le
11 novembre 2019 en zone sismique modérée est le plus puissant survenu entre
2000 et 2020 : magnitude de moment 4,8, profondeur du foyer inférieure à 1 à
2 km. Il est également le plus destructeur depuis 50 ans : 41 communes en Cat-
Nat dont un tiers fortement impacté, 17 blessés, 3 000 habitants sinistrés,
1 000 départs post-séisme, environ 12 M¤ de dommages pour les biens
communaux et 200 M¤ pour les biens privés, 850 arrêtés d?interdiction de rentrer
dans des bâtiments privés endommagés (soit 200 logements), 2 mois de gestion
de crise, risques industriel et nucléaire proches. Le séisme de La Laigne (Charente-
Maritime) du 16 juin 2023 a atteint une magnitude de moment 4,8 à 4,9, avec une
intensité épicentrale de VII (dommages significatifs) et une profondeur du foyer
de 3 km. Les conséquences de ce récent séisme ne sont pas encore complètement
évaluées mais devraient être assez proches de celles du séisme du Teil.
Selon l?inventaire de sismicité historique, 5 866 séismes ont été ressentis
entre l?an 801 et 2007 : 5 731 en France métropolitaine (BRGM/EDF/IRSN,
SisFrance,2010), 111 dans les Antilles et 24 à La Réunion (BRGM,SisFrance,
2010). Parmi les 3 126 séismes dont l?intensité est renseignée en métropole,
45 % sont d?intensité au moins égale à IV (secousse modérée à destruction
importante). Moins de 0,3 % dépasse une intensité de VIII (des dommages
aux catastrophes), et presque tous sont survenus dans les régions frontalières
des pays limitrophes. 41 % des séismes d?intensité épicentrale supérieure
ou égale à VIII se situent dans les Antilles.
partie 3 : risques terrestres
86 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
MAGNITUDE DES SÉISMES D?ORIGINE NATURELLE ENREGISTRÉS
DANS LES ANTILLES ENTRE 2014 ET 2019
0 25 km
> 6
Magnitudes
5 - 6
4 - 5
3 - 4
< 3
0 - 50
Profondeurs (km)
100 - 150
150 - 200
> 200
50 - 100
Champ:Antilles.
Source :catalogueproduitparl'OVSG-IPGPetl'OVSM-IPGP(2014-2019):doi.org/10.18715/IPGP.2022.
l3ylhaal.Traitements:SDES,2022
Les territoires antillais sont particulièrement exposés aux séismes
(Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy), en raison de
leur situation à la frontière entre les plaques nord-américaine et sud-
américaine et la plaque caraïbe. Le passage de la lithosphère atlantique
sous l?arc des Petites Antilles (subduction) peut alors engendrer de
puissants séismes.
Les observatoires volcanologiques et sismologiques des Antilles et du
Piton de la Fournaise à La Réunion observent en permanence les activités
de la Soufrière, de la Montagne Pelée et du Piton de la Fournaise.
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 87
NOMBRE DE SÉISMES PAR CLASSE DE MAGNITUDE ENREGISTRÉS
DANS LES ANTILLES ENTRE 2014 ET 2019
Guadeloupe et Martinique Mer des
Caraïbes
et océan
Atlantique
Autres
îles des
Caraïbes
Ensemble
Profondeurs Ensemble
Magnitude 0 à 50 50 à 100 100 à 150 150 à 200
< 3 4 499 9 23 39 4 570 6 567 176 11 313
3 à 4 3 - 6 2 11 1 492 32 1 535
4 à 5 1 1 - - 2 302 9 313
5 à 6 - - 1 - 1 44 - 45
> ou = 6 - - - - - 4 - 4
Ensemble 4 503 10 30 41 4 584 8 409 217 13 210
En % 34,1 0,1 0,2 0,3 34,7 63,7 1,6 100,0
Champ:Antilles.
Source :catalogueproduitparl'OVSGetl'OVSM(2014-2019):doi.org/10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal.
Traitements:SDES,2022
Entre 2014 et 2019, le territoire antillais a enregistré près de 4 600 séismes,
soit 40 % de l?ensemble des séismes enregistrés dans la zone Caraïbe durant
ces cinq années. La magnitude de ces séismes est inférieure à 3 pour 99,7 %
d?entre eux. Trois séismes ont cependant enregistré une magnitude
supérieure ou égale à 4.
La profondeur de l?épicentre du séisme est une composante
essentielle : les séismes superficiels sont en général à l?origine des
événements les plus destructeurs. 98 % des séismes enregistrés sur les
terres antillaises entre 2014 et 2019 se sont produits à moins de 50 km de
profondeur. De fortes magnitudes associées à des épicentres superficiels
peuvent être particulièrement destructeurs. Un seul séisme de magnitude
entre 4 et 5 s?est produit à moins de 50 km de profondeur entre 2014 et 2019
(séisme volcano-tectonique lié à l?activité du volcan de la Soufrière en
Guadeloupe, le 28 avril 2018).
Le territoire mahorais est soumis à une sismicité modérée. Cependant,
Mayotte a subi de nombreux séismes depuis mai 2018 en raison d?un
phénomène de type « essaim de séismes », généré par la naissance d?un
nouveau volcan sous-marin.
https://dataverse.ipgp.fr/dataset.xhtml?persistentId=doi:10.18715/IPGP.2022.l3ylhaal
partie 3 : risques terrestres
88 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE SÉISMES PAR CLASSE DE MAGNITUDE ENREGISTRÉS EN FRANCE
MÉTROPOLITAINE ENTRE 1962 ET 2020
France métropolitaine Pays limitrophes Mers et océan
Magnitude En nombre En % En nombre En % En nombre En %
Moins de 3 47 250 98,8 14 350 99,3 2 414 95,8
Entre 3 et 4 518 1,1 89 0,6 96 3,8
Entre 4 et 5 33 0,1 7 0,0 7 0,3
Plus de 5 3 0,0 0 0,0 3 0,1
Ensemble 47 804 100,0 14 446 100,0 2 520 100,0
Note:partsdeséismesselonlespayslimitrophes:Italie(54,5%),Espagne(26,6%),Suisse(8,9%),
Allemagne(8,6%),autres(1,4%).Partsdeséismesselonlesmersetocéans:merMéditerranée(55,9%),
OcéanAtlantique(31,5%),Manche(12,6%).
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :SI-Hex(1962-2009);BCSF-RéNaSS(2010-2020);IGNBDALTI®75m.Traitements:SDES,2022
Comparée à d?autres pays du pourtour méditerranéen (Turquie, Grèce, Italie,
Roumanie, Algérie), la France métropolitaine est soumise à un risque
sismique modéré. Les séismes résultent dans cette région du lent
rapprochement des plaques eurasienne et africaine.
Un peu plus de 47 800 séismes ont été enregistrés entre 1962 et 2020
sur le territoire métropolitain. Leur magnitude est inférieure à 3 pour la quasi-
totalité d?entre eux (98,8 %). Seuls 36 séismes ont enregistré une magnitude
supérieure à 4. Les mêmes proportions sont observées dans les zones
frontalières des pays limitrophes ou dans les mers et océans bordant la
métropole. Infine, un seul séisme de magnitude 6 a été enregistré en 1963,
en mer Méditerranée.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 89
LOCALISATION ET AMPLEUR DES SÉISMES D?ORIGINE NATURELLE ENREGISTRÉS
EN FRANCE MÉTROPOLITAINE ENTRE 1962 ET 2020
Épicentre et magnitude locale
Plus de 5
0 50 km
Entre 4 et 5
Entre 3 et 4
Moins de 3
Note:épicentresdesséismesd'originenaturelledanslazoneSI-Hex.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :SI-Hex(1962-2009);BCSF-RéNaSS(2010-2020);IGNBDALTI®75m.Traitements:SDES,2022
Les zones de sismicité moyenne ou modérée se situent le long des grands
accidents tectoniques (failles et plissements anciens) : Provence-Alpes-
Côte d'Azur, Pyrénées, fossé Rhénan, Limagnes (Allier, la Loire) et, dans
une moindre mesure, les massifs central et armoricain et le sud-ouest des
Vosges. Les bassins parisien et aquitain sont quasi exempts de risque
sismique.
partie 3 : risques terrestres
90 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES ET D?HABITANTS PAR ZONE SISMIQUE
Communes Population
Zone de sismicité En nombre En % En nombre d'habitants En %
Très faible 14 746 42,2 26 784 649 40,1
Faible 11 175 32,0 22 120 876 33,1
Modérée 7 022 20,1 13 310 551 19,9
Moyenne 1 951 5,6 3 804 191 5,7
Forte 68 0,2 808 142 1,2
Non renseigné 10 0,0 2 695 0,0
Ensemble 34 972 100,0 66 831 104 100,0
Champ:France,ycomprisSaint-MartinetSaint-Barthélemy.
Sources :Medde,zonagesismique2011;Insee,2019.Traitements:SDES,2022
Le zonage sismique entré en vigueur le 1er mai 2011 distingue cinq zones
d?aléas sismiques qui conditionnent notamment l'application des règles
parasismiques de construction.
Toutes les Antilles sont classées en zone de sismicité forte, soit
68 communes regroupant un peu plus de 800 000 personnes. Cela représente
1,2 % de la population française. Depuis 2007, les dispositions constructives
élaborées dans le cadre du plan séisme Antilles s?attachent à réduire la
vulnérabilité du bâti et des personnes exposées. La réglementation vise le
non-effondrement du bâti pour garantir la sécurité des personnes. Des
dommages plus ou moins importants peuvent néanmoins être constatés sur
un bâtiment parasismique après un séisme.
5,7 % de la population française réside en zone d?aléa sismique moyen,
soit 3,8 Mhab, tous dans l?Hexagone. Trois départements rassemblent plus
de la moitié des habitants concernés : Haute-Savoie (près de 20 %), Alpes-
Maritimes et Isère (un peu moins de 18 % chacun). Un peu moins d?un
cinquième de la population française habite dans des zones d?aléa sismique
modéré, soit 13,3 Mhab, dont les habitants de Mayotte. Enfin, 33 % de la
population (soit 22,1 Mhab) résident dans des zones d?aléa faible et 40 %
(soit 26,8 Mhab) dans des zones d?aléa très faible. L?aléa sismique est faible
à La Réunion et très faible en Guyane.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 91
ÉTABLISSEMENTS SEVESO SITUÉS DANS LES ZONES SISMIQUES EN 2022
Guadeloupe Martinique Guyane La Réunion Mayotte
0 50 km
Seuil haut
Seuil bas
Forte
Nombre
d'établissements
Seveso
Moyenne
Modérée
68
13
Faible
Très faible
Zones de sismicité
Champ:France;sitesSevesohorsinstallationsnucléaires.
Sources :Medde,zonagesismique2011;DGPR,établissementsSeveso,décembre2023.
Traitements:SDES,2023
Un séisme se produisant à proximité d?un établissement industriel à risque
peut être à l?origine d?un ou d?une série d?accidents dits NaTech (naturels/
technologiques). Fin 2022, parmi les sites Seveso ne relevant pas de la
catégorie des installations nucléaires, 10 sont localisés en aléa sismique
fort dans les Antilles : 6 en seuil haut et 4 en seuil bas. En métropole, 57 sites
se situent en aléa moyen. Parmi les 351 sites localisés en aléa modéré,
3 se situent à Mayotte. Enfin, 850 sites sont localisés en aléa faible ou très
faible.
partie 3 : risques terrestres
92 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Éruptions volcaniques
RISQUE VOLCANIQUE
Vent dominant
Colonne d'éruption
Coulée
pyroclastique
Glissement
de terrain
Séisme
Lahar
Dôme de lave
Chute de cendres
Pluie acide
Nuée volcanique
Source :Agenced?urbanismedeLaRéunion©AGORAH
Les volcans de la montagne Pelée à la Martinique et de la Soufrière en
Guadeloupe font partie des 30 volcans actuellement actifs dans les Petites
Antilles : le premier depuis 127 000 ans, le second depuis 9 150 ans, à la
suite de la plongée de la plaque Amérique sous la plaque Caraïbe.
Parmi les 16 éruptions magmatiques répertoriées pour la Soufrière
(impacts dans un rayon de 9 à 15 km autour du sommet), 9 ont été
accompagnées d?effondrements d?édifice. Sur les 6 éruptions phréatiques
les plus récentes survenues depuis l?an 1635, la plus violente en 1976-1977
a nécessité d?évacuer plus de 40 000 personnes durant 4 mois. De début
2017 à fin 2021, près de 15 500 événements microsismiques de très faible
énergie ont été enregistrés.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 93
SURVEILLANCE DE L?ACTIVITÉ DES VOLCANS EN OUTRE-MER
L?analyse concomitante de différents paramètres peut permettre d?anticiper
l?imminence d?une éruption : séismes ressentis (nombre, localisation,
profondeur, typologie, énergie associée, présence d?essaims), déformation,
température, chimie des émissions de gaz. Les informations transmises par
les observatoires volcanologiques et sismologiques de la Guadeloupe ou de
la Martinique contribuent alors à assurer la sécurité de la population selon
les procédures du plan Orsec Volcan (alerte, évacuation, organisation des
différents acteurs en cas de crise) et selon quatre niveaux d?alerte.
En Guadeloupe, neuf communes sont ainsi susceptibles d'être évacuées.
En Martinique, depuis fin 2020, le niveau de vigilance et d'alerte de l'activité
volcanique de la montagne Pelée est jaune (vigilance). Le scénario éruptif
identifié comme le plus probable consiste en une éruption phréatique en lien
avec le réseau hydrothermal étendu du volcan. Une éruption péléenne
(formation de dôme) ou plinienne (explosive) est cependant également
probable d?après les événements passés depuis 24 000 ans.
Mayotte, située dans une zone sismique a priori modérée, a vu la
naissance d?un nouvel édifice volcanique sous-marin entre 2018 et 2021. Ce
dernier s?est formé à proximité du littoral à partir de l?émission de 6 km3 de
magma, sur plus de 900 m de haut (plancher océanique à plus de 3 500 m
de fond). Malgré l?origine volcanique de l?archipel, les dernières éruptions
connues datent de 4 000 à 7 000 ans dans la zone de Petite-Terre. Le jeune
édifice volcanique s?est construit à 50 km à l?est de Mayotte, à la suite des
secousses sismiques enregistrées à partir du 10 mai 2018 (5 km à 15 km du
littoral, 25 km à 50 km de profondeur).
Depuis fin 2019, le réseau de surveillance volcanique et sismologique
de Mayotte (RéVoSiMa) assure le suivi (sismologie, déformations, géochimie,
phénoménologie) et rassemble les résultats d?analyses et les interprétations
scientifiques (mécanismes, scénarios d?évolution).
partie 3 : risques terrestres
94 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
COULÉES DE LAVE DU PITON DE LA FOURNAISE À LA RÉUNION
?
5 km
Coulées de lave issues
de la période
0
Après 2010
2001 - 2010
1991 - 2000
1981 - 1990
1971 - 1980
1961 - 1970
1951 - 1960
Avant 1951
Note:lasurveillancedel?activitéduPitondelaFournaiseestassuréepar103capteurssur70sitesdifférents
(IPGP,OVPF).
Sources :ObservatoirevolcanologiqueduPitondelaFournaise(OVPF/IPGP),2022;BDALTI®25,IGN.
Traitements:SDES,2022
Depuis 1979, le Piton de la Fournaise est en éruption en moyenne 1 jour sur
8 (1 927 jours d?éruptions). Entre 1979 et 2021, 83 éruptions ont été
observées, de même que deux effondrements de pit-craters en 1986 et 2002
et un effondrement de la partie centrale du volcan (caldera) en 2007. 795 Mm3
de lave ont été émis, soit un volume équivalent à 314 000 piscines olympiques
de 2 m de profondeur. Si 96 % des coulées de lave sont émises dans un
secteur inhabité, l?attrait touristique de ce volcan peut constituer un risque
non négligeable. La durée moyenne d?une éruption est de l'ordre de 19 jours,
avec un flux moyen par éruption de 7,7 m3/seconde, ce qui le classe parmi
les volcans de type effusif. Les deux éruptions les plus importantes se sont
produites en mars-septembre 1998 sur 196 jours (éruption la plus longue) et
en mars-avril 2007 (éruption la plus volumineuse, avec environ 210 Mm3).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 95
Tsunamis en outre-mer et en métropole
NIVEAU D?EXPOSITION DU LITTORAL ANTILLAIS AU RISQUE TSUNAMI
¥
20 km0
Exposition aux tsunamis
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Guadeloupe Martinique
Grande-Terre
Basse-Terre
Les Saintes
Marie-Galante
La Désirade
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
La bande littorale de 2 km dans l?intérieur des terres des îles des Antilles
françaises est potentiellement exposée aux tsunamis, compte tenu de la
rencontre dans cette zone des plaques nord et sud Amérique et Caraïbe.
Cette zone de subduction peut générer de puissants séismes et un
volcanisme propices à ces phénomènes de submersion.
Les superficies concernées par les expositions aux tsunamis élevées
(orange) à très élevées (rouge) représentent 75 % de la bande littorale en
Guadeloupe. Sont concernées une grande partie de la bande littorale de
Grande-Terre et de Basse-Terre, La Désirade et Les Saintes ainsi que deux
tiers du littoral de Marie-Galante. En Martinique, ces niveaux d?exposition
concernent la partie orientale de l?île, soit 40 % de sa bande littorale.
La part des habitants de Guadeloupe vivant dans la limite des 2 km vers
l?intérieur des terres et sujets à une exposition aux tsunamis élevée à très
élevée est de 75 % contre 25 % en Martinique. La part de l?habitat individuel
localisé dans les zones d?exposition élevée à très élevée atteint 75 % de
l?ensemble de l?habitat situé dans la bande littorale de 2 km en Guadeloupe,
contre 32 % en Martinique.
partie 3 : risques terrestres
96 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
POPULATION EXPOSÉE AUX TSUNAMIS AUX ANTILLES SELON LA DISTANCE
À LA MER
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
50 40 30 20 10 0
En milliers d?habitants
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Absence de données
Guadeloupe
Distance à la mer
0 à 500 m 500 à 1 000 m 1 000 à 2 000 m
0 10 20 30 40 50
Martinique
Notedelecture:15085habitantsenGuadeloupeet8730enMartiniquesonttrèsexposésauxtsunamisdans
labandelittoralede2km(couleurbordeauxnonhachuré).
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
HABITAT INDIVIDUEL EXPOSÉ AUX TSUNAMIS AUX ANTILLES SELON LA DISTANCE
À LA MER
Très élevée
Très élevée en pied de falaise
Élevée
Élevée en pied de falaise
Moyenne à élevée
30 20 10 0
En milliers de maisons individuelles
Moyenne à élevée en pied de falaise
Moyenne
Moyenne en pied de falaise
Absence de données
Guadeloupe
Distance à la mer
0 à 500 m 500 à 1 000 m 1 000 à 2 000 m
0 10 20 30
Martinique
Notedelecture:14710maisonsenGuadeloupeet6900enMartiniquesonttrèsexposéesauxtsunamis
danslabandelittoralede2km(couleurbordeauxnonhachuré).
Sources :BRGM,planséismeAntilles,2008;Insee,2017.Traitements:SDES,2022
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 97
Bien que l?activité sismique soit faible à La Réunion et modérée à Mayotte,
respectivement un quart et l?ensemble des côtes de ces dernières sont
exposées aux tsunamis en cas de séisme dans l?océan Indien, au large du
Pakistan, de la Malaisie ou de l?Indonésie. Ainsi, le séisme de Sumatra en
2004 a généré des vagues de 1 à 2 m au-dessus du niveau moyen des hautes
marées à La Réunion, occasionnant des dégâts matériels de plus d?un million
d?euros. La configuration particulière du jeune volcan sous-marin à Mayotte
laisse craindre la possible occurrence de tsunamis et la réactivation de zones
volcaniques plus proches de Petite-Terre. À La Réunion, le risque tsunami
local est lié à l?activité volcanique du Piton de la Fournaise.
NOMBRE DE TSUNAMIS RECENSÉS EN FRANCE MÉTROPOLITAINE DEPUIS 1500
15
00
-
15
49
12
10
8
6
4
2
0
Tempête de submersion en Méditerranée Tempête de submersion en Atlantique
Tsunami en Méditerranée Tsunami en Atlantique
15
50
-
15
99
16
00
-
16
49
16
50
-
16
99
17
00
-
17
49
17
50
-
17
99
18
00
-
18
49
18
50
-
18
99
19
00
-
19
49
19
50
-
19
99
20
00
-
20
10
5
2 2 2
4
7
10
11 11
1
2
Champ:littorauxméditerranéensetatlantiques.Extraitdel?inventairehistoriquedestsunamisenFrance
(BRGM,BDTsunamis,1500-2010),soit57tsunamis.
Sources :d?aprèsE.GarnieretF.Surville(Dir.),2010.La tempête Xynthia face à l?histoire - Submersions
et tsunamis sur les littoraux français du Moyen Âge à nos jours.
En France métropolitaine, plusieurs séismes ont provoqué des vagues de
submersion en Méditerranée. Ce fut notamment le cas pour le port de Marseille
en 1812 (niveau 4, intensité forte, inondation du rivage). Les littoraux les plus
exposés concernent : la Côte d?Azur (de Cannes à Nice), la Ciotat à Toulon, la
côte des Maures, la côte perpignanaise, une partie de la côte nord-ouest de la
Corse (de Calvi à Galéria). Quatre tsunamis ont par ailleurs été recensés sur
les littoraux atlantique et de la Manche.
partie 3 : risques terrestres
98 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Avalanches
EXEMPLES D?AVALANCHES HISTORIQUES
Localisation Nombre
de morts
Dégâts/Localisation
Chèze et Saint Martin (Pyrénées) en 1601 107 2 villages totalement rasés
Le Tour (Haute Savoie) en 1934 11
Huez (Isère) en 1749 38 Moitié du village détruite
Orlu (Pyrénées) en 1895 15
Valmanya-Roquejalère (Pyrénées-Orientales) en 1917 12 Bâtiment de la mine de Pinouse
Modane (Savoie) en 1921 13 Chantier du tunnel de Fréjus
Savoie en 1923 21 Nombreuses avalanches
Versant est du massif du Renoso en Corse en 1927 13 Campement de bûcherons
Ortiporio (Haute-Corse) en 1934 37 Village détruit
Huez (Isère) en 1940 10 Bâtiments de la mine de l'Herpie
Val d'Isère (Savoie) en 1970 39
(37 blessés) Chalet UCPA balayé
Savoie et Dauphiné en 1981 4 Plusieurs villages sévèrement touchés
Taconnaz (Haute-Savoie) en 1990 0 Plusieurs maisons détruites
Peisey-Nancroix (Savoie) en 1995 0 Plusieurs chalets détruits
Hameau de Montroc (Haute-Savoie) en 1999 12 14 chalets détruits
Secteur des Grandes Jorasses (Haute-Savoie) en 2006 1
Les Houches (Savoie) en 2018 0 Une quarantaine de chalets impactés
Champ:France.
Sources :MEDD/DGPR,dossierd?information:lesavalanches,2005;ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,
BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).Traitements:SDES,2022
Les avalanches correspondent à des phénomènes naturels dépendant de
la pente, de l?enneigement, de la température et du vent. Les activités
humaines peuvent les déclencher, notamment la pratique du ski hors-piste.
Le risque d?avalanche est présent sur de nombreuses pentes en montagne
en hiver. Parmi les exemples d'avalanches historiques mortelles ayant
impacté des bâtiments depuis le début du XVIIe siècle à l'origine d'au moins
635 décès, 19 sont considérées comme des accidents très graves à l'origine
de plus de 10 morts (Inrae,Lesrisquesnaturelsenmontagne,2015).
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 99
NOMBRE D'AVALANCHES PAR COULOIR ET PAR HIVER DANS LES ALPES
FRANÇAISES ENTRE LES SAISONS 1946-1947 ET 2008-2009
19
46
-
19
47
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
Avalanches par couloir et par an Tendance
19
48
-
19
49
En nombre d?avalanches par couloir et par an
19
50
-
19
51
19
52
-
19
53
19
54
-
19
55
19
56
-
19
57
19
58
-
19
59
19
60
-
19
61
19
62
-
19
63
19
64
-
19
65
19
66
-
19
67
19
68
-
19
69
19
70
-
19
71
19
72
-
19
73
19
74
-
19
75
19
76
-
19
77
19
78
-
19
79
19
80
-
19
81
19
82
-
19
83
19
84
-
19
85
19
86
-
19
87
19
88
-
19
89
19
90
-
19
91
19
92
-
19
93
19
94
-
19
95
19
96
-
19
97
19
98
-
19
99
20
00
-
20
01
20
02
-
20
03
20
04
-
20
05
20
06
-
20
07
20
08
-
20
09
Champ:23massifsalpinsrépartisdanssixdépartements:Savoie,Haute-Savoie,Isère,Hautes-Alpes,Alpes-
Maritimes, Alpes-de-Haute-Provence.
Source :N.Eckert,C.Keylock,H.Castebrunet,A.Lavigne,M.Naaim.Temporal trends in avalanche activity in
the French Alps and subregions: from occurrences and runout altitudes to unsteady return periods.Journalof
Glaciology,InternationalGlaciologicalSociety,2013,59(213).Traitements:SDES,2022
À l'échelle des Alpes françaises, près de 55 000 avalanches ont été
enregistrées entre les hivers 1946-1947 et 2008-2009, soit 1 avalanche par
couloir tous les 3 à 4 ans en moyenne. Entre 1976 et 1985, période
correspondant à des hivers plus froids et plus enneigés, l?activité avalancheuse
a été plus importante (0,35 avalanche par couloir et par hiver).
partie 3 : risques terrestres
100 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Durant l?hiver 2020-2021, 1 183 avalanches ont été enregistrées sur les
3 000 couloirs suivis dans les Alpes et les Pyrénées. La moyenne a été
supérieure à celle d?un hiver moyen dans les départements des Alpes du
Nord (76 % des avalanches), contrairement à celles des Alpes du Sud (14 %)
et des Pyrénées (10 %).
En moyenne montagne, le risque avalancheux est bien moindre. Dans
les Vosges par exemple, 730 avalanches ont été recensées depuis la fin du
XVIIIe siècle jusqu?en 2014 sur 128 couloirs. Parmi elles, 94 avalanches ont
fait une ou plusieurs victimes et 16 ont été mortelles (34 décès). Une
augmentation des avalanches est enregistrée à partir des années 1960, avec
un fort pic dans les années 1990. Plus de 95 % des avalanches se sont
produites dans le sud des Vosges (plus élevé). Le réchauffement climatique
est de nature à limiter l'activité avalancheuse naturelle dans ce massif.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 101
NOMBRE DE DÉCÈS LIÉS AUX AVALANCHES ENTRE LES SAISONS 1971-1972
ET 2020-2021
60
50
40
30
20
10
0
Décès Moyenne mobile sur 10 ans
En nombre de décès
19
71
-
19
72
19
73
-
19
74
19
75
-
19
76
19
77
-
19
78
19
79
-
19
80
19
81
-
19
82
19
83
-
19
84
19
85
-
19
86
19
87
-
19
88
19
89
-
19
90
19
91
-
19
92
19
93
-
19
94
19
95
-
19
96
19
97
-
19
98
19
99
-
20
00
20
01
-
20
02
20
03
-
20
04
20
05
-
20
06
20
07
-
20
08
20
09
-
20
10
20
11
-
20
12
20
13
-
20
14
20
15
-
20
16
20
17
-
20
18
20
19
-
20
20
12
21
26
11
41
29
32 32
22
56
28
36
28
45
40
2424
17
22
47
27
24
31
22 22
43 43
35
282829
2626
25
57
20
29 29
35
41
22
36
20
45
38
2122
40
13
12
20
20
-
20
21
Champ:activitésconsidérées:randonnéeàski,hors-piste(ski,snowboard),damage,alpinisme
(dont cascade).
Source :Associationnationalepourl'étudedelaneigeetdesavalanches(Anena),2023.Traitements:SDES,
2023
Malgré de fortes variations interannuelles résultant principalement des
conditions nivo-météorologiques des différentes saisons, la tendance de
l?accidentologie liée aux sports d?hiver est plutôt stable durant les cinquante
dernières années. Sur la période 1971-2021, 1 028 accidents liés aux
avalanches ont été à l?origine de 1 482 décès. Cela représente une
moyenne annuelle d?environ 20 accidents mortels et de près de 30 décès.
partie 3 : risques terrestres
102 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NOMBRE DE COMMUNES COUVERTES PAR UN PPRN* AVALANCHE
PAR DÉPARTEMENT EN 2023
Isère
Haute-Savoie
Hautes-Alpes
Hautes-Pyrénées
Savoie
Pyrénées-Atlantiques
Haute-Garonne
Ariège
Alpes-de-Haute-Provence
Alpes-Maritimes
Pyrénées-Orientales
PPRN opposable
En nombre de communes
PPRN prescrit
0 20 40 60 80 100
87 5
57 1
51 3
40 10
42 4
24
21
16 1
10 4
9
3
* Plan de prévention des risques naturels.
Note:93%desPPRNavalanchesontopposables(approuvés)et9%prescrits.
Champ:France.
Source :DGPR,Gaspar,juin2023.Traitements:SDES,2023
Mi-2023, 360 communes disposent d?un plan de prévention du risque naturel
(PPRN) avalanche approuvé et 28 ont un PPRN prescrit. Plus de la moitié
de ces communes se situe en Auvergne-Rhône-Alpes : Isère (24 %), Haute-
Savoie (15 %), Savoie (12 %). Les autres se trouvent en Occitanie (23,5 %),
en Provence-Alpes-Côtes d'Azur (20 %) et en Nouvelle-Aquitaine (6 %).
Les PPRN visent à promouvoir un aménagement durable tenant compte
des aléas naturels et à préserver la sécurité des personnes et des biens, à
travers des prescriptions par type de zone (mesures d?urbanisme,
construction, utilisation et exploitation). Enfin, l?organisation des secours fait
l?objet d?un plan Orsec dans les départements lorsque la situation le nécessite.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 103
Risques d'origines glaciaire
et périglaciaire
FONTE DES GLACIERS DANS LES ALPES ET LES PYRÉNÉES ENTRE 1907 ET 2021
En mètres équivalent eau (référence zéro en 2001)
40
30
20
10
0
- 10
- 20
- 30
- 40
Saint-Sorlin Mer de glace Gebroulaz Argentière Ossoue (Pyrénées)
19
07
19
12
19
17
19
22
19
27
19
32
19
37
19
42
19
47
19
52
19
57
19
62
19
67
19
72
19
77
19
82
19
87
19
92
19
97
20
02
20
07
20
12
20
17
20
21
Sources :Laboratoiredeglaciologieetgéophysiquedel'environnement(CNRS);Associationpyrénéenne
de glaciologie moraine. Traitements : Onerc
En 20 ans (entre 2002 et 2021), cinq glaciers alpins et pyrénéens suivis par
le CNRS ont perdu 30 mètres équivalent eau en moyenne.
D?après la mission IGEDD/CGAAER/IGA de 2023 sur les risques
d?origines glaciaire et périglaciaire, la surface des glaciers blancs français
(surface englacée) serait en 2022 de l?ordre de 200 km2 dans les Alpes
françaises, contre 229 km2 mesurés en 2015 avec le satellite Sentinel-2, et
de 1 km2 dans les Pyrénées. La surface des glaciers français connaîtrait une
régression de l?ordre de 2 % par an.
partie 3 : risques terrestres
104 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Les zones de pergélisol (sols gelés en permanence et en profondeur),
notamment les glaciers rocheux, représenteraient une surface de l?ordre de
700 km2 (Marcer et al., 2017), soit environ 10 % des territoires situés à une
altitude au-dessus de 2 000 mètres (Duvillard et al., 2021).
Une partie des zones couvertes de glaces, englacées, récemment déglacées,
ou leurs abords directement influencés par la présence des glaciers, ou concernés
par le dégel du pergélisol peut occasionner des risques d?origines glaciaire et
périglaciaire. Ce phénomène va s'intensifier dans le contexte du changement
climatique. En effet, le recul ou le changement thermique des glaciers peut
entraîner des accumulations d?eau susceptibles de se vidanger brutalement, mais
aussi des chutes de glace et/ou de matériaux provenant du glacier ou des zones
périglaciaires. Une faible fréquence d?occurrence de la plupart de ces phénomènes,
souvent combinée avec une forte intensité tend à en faire des aléas majeurs.
L?événement d?origine glaciaire le plus meurtrier s?est manifesté en 1892,
au droit du glacier de Tête Rousse en Haute-Savoie situé entre 2 950 m et
3 260 m d?altitude. Cet événement est à l?origine de 175 morts et 20 disparus,
de la destruction de 2 des 5 bâtiments de l'établissement thermal de Saint-
Gervais-les-Bains et de 8 maisons au Fayet. Une poche d'eau de 110 000 m3
s?est vidangée brutalement et a entraîné un volume de 90 000 m3 de glace.
L'écoulement d?eau et de glace a mobilisé des matériaux au cours de sa
propagation et s?est progressivement transformé en lave torrentielle ayant
déposé près d?un million de mètres cubes de matériaux en quelques minutes
(vitesse moyenne de 10 à 20 m/s).
Neuf autres événements recensés en France depuis 1892 ont occasionné
21 victimes (13 décès et 8 blessés), essentiellement des alpinistes (données
extraitesdeDaSilvaQ.,RTM,2021).
Les massifs qui concentrent les territoires les plus fortement habités
susceptibles d?être concernés sont la haute vallée de l?Arve (massif du Mont-
Blanc avec une forte représentativité des risques liés aux glaciers blancs et
lacs proglaciaires), les vallées et stations des Écrins et de la Vanoise (avec
une part plus importante liée aux parois à pergélisol (ou permafrost)). Mais
l?extension du pergélisol de paroi de montagne ou des glaciers rocheux va
bien au-delà (Alpes-Maritimes, Hautes-Pyrénées et Alpes-de-Haute-
Provence). La mission estime que moins de 20 000 habitants seraient
susceptibles d?être menacés par de tels phénomènes.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 105
SURFACE CUMULÉE DÉPARTEMENTALE DES FORMES GÉOMORPHOLOGIQUES
ASSOCIÉES AUX RISQUES D'ORIGINES GLACIAIRE ET PÉRIGLACIAIRE DANS
LES ALPES FRANÇAISES
En surface (km²)
Parois permafrost
(probabilité > 0,5)
7 km²- 27 km²
Glaciers blancs
24km²- 95 km²
Permafrost
(probabilité > 0,75)
49 km²- 561 km²
Lacs d?altitude
1 km²- 3 km²
Glaciers rocheux
actifs et inactifs
3 km²- 27 km²
0 12,5 25 50 kilomètres
Note:pourchaquedépartement,lasurfacecumuléedesformesgéomorphologiquessuivantesestreprésentée:
surfaceavecprobabilitédeprésencedepermafrostdeversant>75%;surfacedeparoisavecprobabilitéde
présencedepermafrost>50%;surfacedeglaciersblancs;surfacedeglaciersrocheuxactifsetinactifs;
surfacedelacsd?altitude(situésau-dessusde2000m).
Sources :travailcartographiqueàpartirdedonnéesSIG:Paroipermafrost:EDYTEM2019;Glaciersblancs:IGE
2015revuInrae2019;Permafrost:EDYTEM2018;Lacsd'altitude:Inrae2019;Glaciersrocheux:RTM2021
Toutes les formes géomorphologiques (péri)glaciaires sont présentes en
Savoie, la surface en permafrost de versant étant cependant la plus
importante. La Haute-Savoie se distingue des autres départements par une
importante surface de parois à permafrost et de glaciers blancs, et par très
peu de glaciers rocheux et lacs d?altitude. Comme en Savoie, les lacs d'altitude
représentent une surface importante en Isère. Dans les Hautes-Alpes, la
surface de glaciers rocheux actifs et inactifs est aussi importante qu?en Savoie
et la surface cumulée de permafrost est la seconde après la Savoie. Le
permafrost de parois et de versants, ainsi que les glaciers blancs sont
quasiment absents dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes,
où sont recensés essentiellement des glaciers rocheux et des lacs d?altitude.
partie 3 : risques terrestres
106 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SENSIBILITÉ AUX RISQUES D'ORIGINES GLACIAIRE ET PÉRIGLACIAIRE
DANS LES ALPES FRANÇAISES
±
En surface (km2)
0 12,5 25 50 kilomètres
Lacs
Glaciers blancs
Parois permafrost
Glaciers rocheux
15 353
12 457
1 759
1 898
1 010
179
Notedelecture:lacartereprésentel?indicedesensibilitéd?undépartementvis-à-visdesphénomènes
glaciaires et périglaciaires. Plus le cercle est important, plus la sensibilité du département est grande (plus il y a
d?enjeuxpotentiellementexposés).
Note:lescouleursdanslescerclesreprésententlapartpriseparchacundesphénomènesdanscetindice.
L?indicedesensibilitéaétécalculédanslecadredel?analysegrandeéchellemenéedanslesAlpes
françaises:ilsebasesurunereprésentationsimplifiéedesphénomènes(zonesdedépart,propagation)
etnepeutenaucuncasêtreinterprétéàl?échellelocale(bassinversant).
Source :analysegrandeéchellemenéeparleRTMen2021pourhiérarchiserdesbassinsderisques
autraversdeleursensibilitéauxrisquesd?originesglaciaireetpériglaciaire
Les départements de Haute-Savoie et Savoie sont les plus sensibles aux
phénomènes glaciaires et périglaciaires. La sensibilité de la Savoie est très
majoritairement due à l?exposition potentielle des enjeux aux phénomènes
d?effondrement de paroi par dégradation du permafrost, tandis qu?elle est
principalement due aux lacs et glaciers blancs en Haute-Savoie. La sensibilité
des départements de l?Isère et des Hautes-Alpes est équivalente mais, là
aussi, la source de sensibilité n?est pas la même : elle est très principalement
liée aux parois à permafrost dans les Hautes-Alpes, alors qu?elle est répartie
entre lacs glaciaires et parois permafrost en Isère. Bien que limitée, la
sensibilité des Alpes-Maritimes est liée aux lacs glaciaires. Enfin, la sensibilité
dans les Alpes-de-Haute-Provence demeure très faible.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 107
Feux de forêt et végétation
SURFACES DE FORÊTS BRÛLÉES CHAQUE ANNÉE ENTRE 1976 ET 2022
100 000
80 000
60 000
40 000
20 000
0
En ha
19
76
Région méditerranéenne Reste de la France
19
78
19
80
19
82
19
84
19
86
19
88
19
90
19
92
19
94
19
96
19
98
20
00
20
02
20
04
20
06
20
08
20
10
20
12
20
14
20
16
20
18
20
20
20
22
Champ:Francemétropolitaine(ycomprislaCorse).
Sources :régionméditerranéenne1976-2021:Prométhéeet2022:BDIFF;Autresrégionsfrançaises1976
-2005:tableauYvonDUCHE/PhilippeMICHAUTONF;2066-2022:BDIFF;2022BDIFFcorrigéONFBDIFF
(MASA;MI;IGN),octobre2023(1976à2021:Prométhée)
La France compte de nombreux massifs forestiers, dont certains
particulièrement exposés aux risques d?incendie : en Corse, sur le littoral
méditerranéen, dans les Cévennes, les piémonts alpin et pyrénéen et dans
les Landes. Selon les derniers travaux du Groupe d?experts
intergouvernemental sur l?évolution du climat (Giec), corrélativement au
risque accru de sécheresse et de hausse des températures en Europe, la
sensibilité de tous types de végétation au feu sera amenée à s?accroître. En
2022, 6 870 communes ont été déclarées exposées au risque feu de forêt
par les préfets (source : Gaspar), soit environ une commune sur cinq.
partie 3 : risques terrestres
108 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Les trois quarts d?entre elles se situent dans le sud de la France, en
raison de la végétation (résineux, broussaille) et des conditions climatiques
(vent, chaleur) favorables aux déclenchements de feux de forêt. Cinq régions
concentrent 90 % des communes déclarées exposées aux feux de forêt :
Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-
Côte d'Azur et Corse.
Les surfaces incendiées et le nombre de départs de feux varient
fortement selon les années. Les années 1989, 1991 et 2003 se distinguent
avec plus de 70 000 hectares brûlés (données ONF-DFCI). Dans la période
plus récente, l?année 2022 a été très touchée avec 62 000 ha de forêts et
10 000 ha de végétation autre brûlés. La zone Sud-Ouest a été tout
particulièrement affectée avec plus de 36 000 ha brûlés pour 2 653 feux (selon
l?ONF-DFCI). Parmi eux, les feux de Landiras (Gironde), qui se sont produits
en juillet et en août, ont brûlé près de 20 000 ha. Le feu de La Teste-de-Buch
(Gironde) a détruit près de 6 000 ha et a nécessité l?évacuation de
22 000 personnes dont 6 000 qui se trouvaient dans les 5 campings détruits
à 90 %. La progression du nombre de constructions et d?habitants (riverains,
touristes) à proximité et dans les forêts augmente la vulnérabilité de ces zones
(neuf feux sur dix sont d?origine humaine en France).
Le pourtour méditerranéen est particulièrement exposé aux feux de forêt
et de végétation (agricoles, friches). Près de 118 000 départs de feux y ont
brûlé une surface forestière de près de 942 000 ha en 49 ans. D?après l?ONF,
en 2022, près de 2 000 feux de forêt et de végétation ont détruit 16 558 ha
en région méditerranéenne (pour comparaison, 6 907 ha détruits en moyenne
sur 2011-2020 pour 1 617 feux).
Les statistiques sur les décès causés par les feux de forêts sont assez
lacunaires. Le feu le plus meurtrier en France concerne celui de Cestas en
Gironde en 1949 (82 morts). Une étude menée uniquement sur la zone
méditerranéenne recense 144 décès entre 1973 et 2021, dont 96 parmi les
personnels de secours, 33 pilotes d?avion ou d?hélicoptère et 15 civils.
partie 3 : risques terrestres
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 109
RATIO ENTRE LES SURFACES BRÛLÉES ENTRE 2000 ET 2021 ET LES SOLS BOISÉS
EN 2021, PAR DÉPARTEMENT
0 50 km
Entre 1,9 et 10,7
Entre 0,8 et 1,9
Entre 0,4 et 0,8
Entre 0,2 et 0,4
Ratio en ?
Moins de 0,2
0,0 - 0,0
Entre 10,7 et 69,2
Note:lessolsboiséspermettentd?approcherlessurfacespotentiellementcombustibles.Représentation
par quantile.
Champ:Francemétropolitaine.
Sources :BDIFF(MASA;MI;IGN),2023;Agreste?Teruti(Graph?Agri),2021.Traitements:SDES,2023
Dans 6 départements, le ratio entre les surfaces brûlées entre 2000 et 2021
et les sols boisés dépasse 20 ? : le Var et les Bouches-du-Rhône (plus de
65 ?), La Réunion, la Haute-Corse, les Pyrénées-Orientales et l?Hérault
(entre 20 ? et 40 ?). À l?opposé, 8 départements du Nord-Ouest (Calvados,
Hauts-de-Seine, Loire-Atlantique, Nord, Pas-de-Calais, Paris, Seine-Saint-
Denis, Somme) n?enregistrent aucune surface brûlée sur la même période.
partie 3 : risques terrestres
110 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
PRÉVENTION DES INCENDIES
Institués en 1995, les plans de prévention des risques d?incendies de forêt
(PPRIF) permettent de disposer d?une cartographie du risque et de définir
des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde. Ces plans
interdisent et réglementent l?occupation des sols, prescrivent des mesures
constructives proportionnées à l?exposition au risque et imposent des règles
aux constructions existantes : plantation d?espèces peu combustibles,
débroussaillement, création de réserve d?eau, dimensionnement des voies
d?accès.
Un peu plus de 200 communes sont couvertes par un PPRIF, dont près
de la moitié se situe en région Provence-Alpes-Côte d'Azur : Alpes-Maritimes
(21,3 %), Vaucluse (10,4 %), Alpes-de-Haute-Provence (6,9 %), Bouches-
du-Rhône (3,4 %) et Var (3,0 %). Les autres se situent en Occitanie (21,8 %),
Nouvelle-Aquitaine (19,3 %), Corse (8,9 %).
En période de risque d?incendie, la prévention passe par la surveillance
qui permet de détecter au plus tôt les feux naissants et de les circonscrire
rapidement. Le suivi de l?état de la végétation et l?indice forêt météorologique
établis à partir de données météorologiques (vent, température, humidité de
la végétation) sont des éléments importants pour identifier les risques de
départ de feu et de propagation. Le relief peut être aussi un facteur aggravant
de la propagation du feu. L?entretien des massifs boisés, le débroussaillage,
la création d?allées pare-feu et le stockage d?eau pour la défense incendie
permettent de limiter les départs de feu et réduire les zones exposées.
Le risque d?incendie de forêt et de végétation est avant tout un risque
anthropique. En effet, neuf départs de feux sur dix sont d?origine humaine.
Pendant les périodes les plus critiques de l?année (le plus souvent l?été), des
campagnes de communication sensibilisent aux bons réflexes. Elles visent
notamment à rappeler qu?un mégot de cigarette doit être jeté dans un
cendrier, qu?un barbecue ou des travaux générateurs d?étincelles doivent
être réalisés loin de toute végétation. Les massifs forestiers peuvent être
interdits d?accès.
partie 4
Risques
météorologiques
? La métropole est soumise aux rafales de vents (plus
de 100 km/h), liées principalement aux tempêtes et aux
événements orageux. Les Outre-mer, hors Guyane,
sont exposés aux cyclones tropicaux ou aux ouragans.
Leur caractère particulièrement destructeur résulte de
la conjonction de rafales de vents exceptionnelles (jusqu?à
350 km/h) et de précipitations très abondantes induisant
inondations, glissements de terrain ou coulées de boue.
Sur le littoral, une tempête peut également provoquer
des submersions marines.
partie 4 : risques météorologiques
112 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-
Neige en France métropolitaine
FRÉQUENCE CUMULÉE DES SINISTRES TEMPÊTE-GRÊLE-NEIGE
DES PARTICULIERS PAR DÉPARTEMENT, DE 1987 À 2020
?
0 50 km
Fréquence cumulée (en ?)
0 - 5
5 - 10
10 - 15
15 - 20
20 - 25
Notedelecture:dansneufdépartements,plusde15sinistrespour1000contratssouscritsontétéindemnisés
entre1987et2020.
Note:l?indicateurmesurelesfréquencesmoyennesdessinistresindemnisésparlesassureursautitredes
garantiesTempête-Grêle-Poidsdelaneigesurbâtimentsinclusesdanslescontratsmultirisqueshabitation
(horsgarantiesvéhiculesterrestresàmoteurethorsgarantiesrécoltes).Lafréquencedesinistrescorrespond
au rapport entre le nombre de sinistres et le nombre de contrats souscrits dans le département.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :FranceAssureurs.Traitements:MRN,2022
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 113
De 1990 à 2020, les événements climatiques liés aux Tempête-Grêle-Neige
(TGN) sont les phénomènes les plus coûteux en France métropolitaine, avec
plus de 38 Md¤2020 indemnisés. Les sinistres résultant des dégâts provoqués
par le vent représentent plus des trois quarts des sinistres indemnisés par
les assureurs dans le périmètre TGN en métropole (en nombre comme en
coût). Ceux liés au poids de la neige sont beaucoup plus rares (moins de
10 % des sinistres et 5 % du coût). Ces proportions pouvant toutefois varier
sensiblement selon les départements et les années.
Entre 1980 et 2021, 360 tempêtes ont touché la métropole. Lorsqu?elles
surviennent, les tempêtes se déploient sur une grande partie du territoire et
entraînent de nombreux sinistres, même si leur coût moyen est généralement
moins élevé que pour d?autres événements (inondation, sécheresse
géotechnique). Parmi les tempêtes récentes ayant sévi en France, Lothar et
Martin (décembre 1999) ont engendré des coûts estimés à 12 Md¤2020 pour
l?ensemble du marché de l?assurance.
De 1990 à 2020, près de 6 Md¤2020 ont été indemnisés à la suite de
sinistres causés par des chutes de grêle. Souvent évoqué pour les dommages
causés sur les récoltes, ce type d?événement génère aussi ponctuellement
des dégâts considérables lorsqu?il touche les zones urbanisées. Parmi les
événements récents, la tempête de grêle Ela survenue début juin 2014 est
de loin la plus dommageable. Son intensité spectaculaire et sa vaste étendue
ont engendré des coûts estimés à 900 M¤2020.
partie 4 : risques météorologiques
114 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Phénomènes atmosphériques
NOMBRE DE VICTIMES DES TEMPÊTES LES PLUS DOMMAGEABLES RECENSÉES
EN FRANCE DEPUIS 1900
France métropolitaine
Outre-mer
Événements
Morts et disparus
313
62
29
Champ:France.
Source :ONRN,BDE(DGPR/SRNHetBARPI,BDGaspar;AFP;CCR;FranceAssureurs;Météo-France).
Traitements:SDES,2022
Les tempêtes peuvent être à l?origine de dommages considérables et de
nombreux décès, compte tenu de la difficulté de se protéger contre le vent.
Les 91 tempêtes les plus dommageables recensées en France depuis 1900
ont fait près de 2 000 victimes. Environ 85 % d?entre elles ont été dénombrées
en outre-mer, dont 1 200 lors du passage d?un ouragan en Guadeloupe le
12 septembre 1928.
En France métropolitaine, les tempêtes peuvent s'étendre sur de vastes
surfaces, voire affecter l?ensemble du territoire. Ainsi, les tempêtes Lothar et
Martin (décembre 1999) ont balayé une grande partie de l'Europe d'Ouest
en Est. Leurs effets les plus importants sont observés dans l?ouest de la
France, en Bretagne, en Normandie et en Nouvelle-Aquitaine, rivages par
où arrivent les grandes tempêtes atlantiques hivernales. Des rafales
supérieures à 100 km/h peuvent également être observées lors d?événements
orageux, notamment en été.
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 115
Cyclones en outre-mer
INDEMNISATIONS ANNUELLES MOYENNES VERSÉES À LA SUITE DES DOMMAGES
ASSURÉS CYCLONE PAR DÉPARTEMENT OU COLLECTIVITÉ D?OUTRE-MER,
DE 2000 À 2019
En M¤2022
70
60
50
40
30
20
10
0
Sain
t-M
ar
tin
Sain
t-B
ar
th
élé
m
y
M
ar
tin
ique
La
R
éu
nio
n
Gua
delo
up
e
Guy
an
e
60,4
41,4
13,0
5,9
4,3
0,0
Note:coûtsindemnisésparlesassureursautitredurégimedescatastrophesnaturellespourlephénomène
naturel«ventscycloniques»danslesOutre-mer.Cescoûtsneconcernentquelesbiensassurésautresque
lesvéhiculesterrestresàmoteuretilssontnetsdetoutefranchise.
Champ:départementsd'outre-merhorsMayotte,ycompriscollectivités(Saint-Barthélemy,Saint-Martin).
Source :CCR,2023.Traitements:SDES,2023
Les départements d?outre-mer hors Guyane (Guadeloupe, Martinique,
Mayotte, La Réunion) sont exposés aux cyclones. Depuis la fin de l'année
2000, les dommages dus aux vents cycloniques sont intégrés dans la garantie
des catastrophes naturelles lorsque la vitesse du vent dépasse 145 km/h
pendant dix minutes, ou 215 km/h par rafale. Avant cette date, les vents
cycloniques n'étaient assurés que dans le cadre des garanties contractuelles
relevant du marché concurrentiel de l'assurance, à savoir les garanties
« Tempêtes-ouragans-cyclones ». Les indemnisations des dommages
assurés relatifs aux vents cycloniques sur la période 2000-2019 s?élèvent à
2,5 Md¤, dont plus de 2 Md¤ pour la seule année de 2017.
partie 4 : risques météorologiques
116 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Plusieurs phénomènes expliquent le caractère particulièrement
destructeur des cyclones : les rafales de vent peuvent atteindre des vitesses
de l'ordre de 350 km/h ; les précipitations très abondantes peuvent générer
des inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue ; une
surélévation anormale et temporaire du niveau de la mer peut avoir des
conséquences particulièrement graves sur le littoral ; les vagues de plusieurs
mètres de haut générées par le vent (houle cyclonique), parfois observées
jusqu'à 1 000 km à l'avant du système cyclonique, représentent un danger
pour les zones côtières.
En 2002, le cyclone Dina, touchant le territoire de La Réunion, est le
premier dont les dommages sont indemnisés au titre du régime légal des
catastrophes naturelles, non seulement pour les effets de l'eau mais aussi
pour ceux du vent. Le cyclone Dean, qui a touché la Martinique en 2007, a
aussi fait l'objet de reconnaissances de l'état de catastrophe naturelle pour
les vents cycloniques et les effets de l'eau, tels que les chocs mécaniques
liés à l'action des vagues, mais également les inondations et les coulées de
boue consécutives au passage du cyclone.
L?année 2017 est la plus coûteuse pour le régime Cat-Nat avec les
cyclones Irma et Maria. Le premier, de catégorie 5, a touché les Antilles
françaises entre le 5 et le 7 septembre 2017 et en particulier les îles de Saint-
Martin et de Saint-Barthélemy. En raison de rafales de vent supérieures à
300 km/h, les deux îles ont subi de très importants dommages. L?ouragan
Irma s?est caractérisé par une puissance qui n?a pas été observée dans la
région Atlantique-Nord depuis près de 30 ans.
Un peu plus de 10 jours après le passage de ce premier ouragan, les
Antilles françaises ont été de nouveau touchées par l?ouragan Maria entre le
18 et le 20 septembre 2017. Avec des rafales de vent supérieures à 215 km/h,
les Saintes ont connu les dommages les plus importants. De nombreuses
précipitations et une forte houle, à l?origine d?inondations et de submersions,
ont accompagné cet ouragan.
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 117
PRINCIPAUX ÉVÉNEMENTS CYCLONIQUES SURVENUS DEPUIS 2013 ET ESTIMATION
DE LEURS COÛTS ÉCONOMIQUES ET HUMAINS
Cyclone Date Catégorie (échelle
de Saffir-Simpson)
Dommages
humains
Indemnisation au titre
du régime Cat-Nat
(hors automobile)
Échelle de
gravité des
dommages
Bejisa
(La Réunion)
31/12/2013
au
03/01/2014
4
vents maximum
210à249km/h
1 décès
14 blessés < 10 M¤* Accident
grave
Irma
(Antilles) 5-7/09/2017
5
vents maximum
>249km/h
11 décès
nombreux blessés > 2 Md¤* Catastrophe
Maria
(Antilles) 18-20/09/2017
5
vents maximums
>249km/h
1 mort
2 disparus
plusieurs blessés
> 2 Md¤ Catastrophe
*M¤ = millions d'euros, Md¤ = milliards d'euros.
Source :CCRdansDGPR2021,Hypothèsesetétudessurlecoûtéconomiqueethumaind?unetempête
majeuredansdifférentespartiesduterritoire,notammentoutre-mer
Les vents cycloniques menacent les territoires en outre-mer : ouragans dans
les Antilles en Atlantique (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-
Martin) ou cyclones tropicaux dans l?océan Indien (La Réunion, Mayotte).
Parmi les trois événements cycloniques survenus dans les Outre-mer depuis
2013, Irma et Maria dans les Antilles font partie de la catégorie des super-
cyclones (catégorie 5). Aujourd?hui, la fréquence de survenance d?un cyclone
de catégorie 5 est proche d?une fréquence centennale pour ces îles.
Pour améliorer la résilience de ces territoires exposés au risque de vents
cycloniques, limiter les dégâts matériels et faciliter le retour à la normale, une
réglementation para-cyclonique applicable à la construction a été publiée en
2023.
partie 4 : risques météorologiques
118 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Vents violents en France métropolitaine
NOMBRE DE JOURS AVEC DES RAFALES DE PLUS DE 100 KM/H PAR RÉGION
ENTRE 1991 ET 2020
En nombre de jours
70
60
50
40
30
20
10
0
Corse
Bretagne
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Hauts-de-France
Normandie
Nouvelle-Aquitaine
Pays de la Loire
Occitanie
Auvergne-Rhônes-Alpes
Île-de-France
Grand Est
Centre-Val de Loire
Bourgogne-Franche-Comté
Total général
Ja
nv
ier M
ai
Sep
te
m
bre
M
ar
s
Ju
ille
t
Nov
em
bre
Fé
vr
ier Ju
in
Oct
ob
re
Avr
il
Aoû
t
Déc
em
bre
Notes:régionslittoralesenclimatocéaniqueenbleu(Manche)ouviolet(Atlantique);régionslittorales
en climat méditerranéen en orange ; régions en climat océanique altéré (Nord et centre), semi-continental
(Nord-Est)oudemontagneenvert.Lesobservationsdeventsviolentsdeplusde100km/hnecoïncidentpas
toujoursavecdesdatesdetempête,carlesventsviolentspeuventaussiêtreobservéslorsd?oragesviolents
(rafales).Lesnombresdejoursfigurantsurlegraphiquecorrespondentauxvaleursmoyennesmensuellesde
l?ensembledesstationsd?unemêmerégion.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :mesuresde76stationsdeFrancemétropolitaine(3à9stationsparrégion).Normales1991-2020-
©Météo-France.Traitements:SDES,2023
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 119
De 1991 à 2020, 3 des 76 stations principales du réseau de mesures de
France métropolitaine ont enregistré des rafales de plus de 100 km/h plus
de dix jours par an.
Agrégées par région, les moyennes mettent en exergue un fort effet
saisonnier : de deux à trois jours de vent violent de mai à septembre à plus
de dix de novembre à février.
Les régions soumises au climat océanique ou méditerranéen sont celles
pour lesquelles les moyennes sont les plus élevées. Sur la période 1991-
2020, la Corse enregistre ainsi le cumul total sur 30 ans le plus élevé, avec
65 jours de rafales de plus de 100 km/h en décembre. Pour la seule station
du Cap Corse, près de 1 600 jours avec des rafales supérieures à 100 km/h
ont été enregistrés sur 30 ans, soit une moyenne de 52 jours par an.
Alors que les stations situées en climat océanique altéré (transition entre
le climat océanique et les climats de montagne et le climat semi-continental),
semi-continental ou de montagne connaissent moins de 1 jour en moyenne
dans l?année avec des rafales de plus de 100 km/h, cette moyenne varie de
4 à 10 jours dans les stations de la Manche, de 5 à 8 jours dans les stations
de la Loire-Atlantique aux Landes et de 6 à 9 jours dans le golfe du Lion.
Trois stations affichent des moyennes exceptionnelles du fait de leur forte
exposition : Cap Corse (60,8 jours), Pointe du Raz (24,5 jours), Pointe de la
Hague (10 jours).
partie 4 : risques météorologiques
120 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
ÉVOLUTION DE LA MOYENNE ANNUELLE DU NOMBRE DE JOURS AVEC DES
RAFALES DE PLUS DE 100 KM/H ENTRE 1981-2010 ET 1991-2020
En % de stations En nombre de stations
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
10
9
8
7
6
5
4
3
2
1
0
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Nor
m
an
die
25
38
44
5050
67
17 17
Augmentation Diminution Nombre de stations
Notedelecture:parmiles9stationsprincipalesduréseaudemesuresdeNouvelle-Aquitaine,lesdeux
tiersenregistrentuneaugmentationdelamoyenneannuelledunombredejoursavecdesrafalesdeplusde
100km/hentre1981-2010et1991-2020.
Champ:Francemétropolitaine.
Source :Météo-France(normales1981-2010;1991-2020).Traitements:SDES,2022
partie 4 : risques météorologiques
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 121
Entre 1981-2010 et 1991-2020, la moyenne annuelle du nombre de jours
avec des vents violents de plus de 100 km/h a diminué pour l?ensemble des
stations dans cinq régions : Hauts-de-France, Grand Est, Bourgogne-
Franche-Comté, Île-de-France, Normandie. Dans les autres régions, la
situation n?est pas homogène. Si pour un peu moins de trois quarts des
stations, le nombre de jours avec des vents violents diminue, pour d?autres,
l?augmentation peut être importante : Cap Corse (+ 15 jours) et Ploumanac?h
(+ 2,4 jours).
Sur le littoral, en plus des dégâts liés au vent, une tempête associée à
un fort coefficient de marée peut provoquer des submersions marines :
tempêtes Lothar et Martin (1999) et Xynthia (2010).
Cette dernière a été à l?origine d?une submersion marine dévastatrice
dans la nuit du 27 au 28 février 2010 (53 victimes, 79 blessés, 1 553 communes
reconnues en état de catastrophe naturelle et 2,5 M¤ de dommages).
Cette catastrophe et les inondations survenues dans le Var le 15 juin
2010 (23 victimes) sont à l?origine du plan submersion rapide.
122 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 5
Impacts du changement
climatique
? L?amplification des effets aggravants du changement
climatique se confirme, induisant une augmentation de
la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques
naturels. Parmi les risques naturels susceptibles d?être
affectés par le changement climatique, figurent les feux de
forêt, les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse,
la montée du niveau des mers et des océans, les crues et
les submersions marines, les risques d'origines glaciaire et
périglaciaire, et enfin, les cyclones dans les territoires
ultramarins.
Les conséquences du changement climatique affecteront
diversement les territoires français avec globalement
une progression significative du nombre et de l?intensité
de certains phénomènes naturels majeurs.
partie 5
Impacts du changement
climatique
? L?amplification des effets aggravants du changement
climatique se confirme, induisant une augmentation de
la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques
naturels. Parmi les risques naturels susceptibles d?être
affectés par le changement climatique, figurent les feux de
forêt, les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse,
la montée du niveau des mers et des océans, les crues et
les submersions marines, les risques d'origines glaciaire et
périglaciaire, et enfin, les cyclones dans les territoires
ultramarins.
Les conséquences du changement climatique affecteront
diversement les territoires français avec globalement
une progression significative du nombre et de l?intensité
de certains phénomènes naturels majeurs.
partie 5 : impacts du changement climatique
124 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Impacts du changement climatique
IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE DÉJÀ VISIBLES ET À VENIR D?ICI 2050
GUADELOUPELA RÉUNION
MARTINIQUE
GUYANE
Le Havre
Dunkerque
Lille
Nantes
Besançon
Strasbourg
Mulhouse
Nancy
Dijon
Metz
ToursAngers
Rennes
Orléans
LyonClermont
Ferrand
Limoges
Nîmes
Grenoble
Toulouse
Montpellier
Paris
Reims
Bordeaux
Brest
Marseille
Toulon
Nice
LOIRE
GARONNE
RHÔNE
SEINE
INONDATIONS CYCLONESSUBMERSIONSCRUES
ÎLOT
DE CHALEUR
FEUX
DE FORÊT
3,0
2,5
2,0
1,5
1,0
°C
BAISSE DE
L?ENNEIGEMENT
VOSGES
ALPES
JURA
PYRÉNÉES
Source :Onerc,2019
partie 5 : impacts du changement climatique
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 125
Le 6e rapport du Giec (2021-2023) confirme la progression du réchauffement
climatique. Selon les scénarios envisagés, il apparaît ainsi très probable que
la température moyenne à la surface du globe à l'horizon 2100 augmente de
1,4 °C ([1,0 °C ; 1,8 °C] ; scénario minimaliste) à 4,4 °C ([3,3 °C ; 5,7 °C]
scénario maximaliste) par rapport à la période préindustrielle.
Chaque 0,5 °C supplémentaire de réchauffement planétaire est
susceptible de se traduire par une augmentation de l?intensité et/ou de la
fréquence des phénomènes extrêmes.
Cette évolution concerne en particulier le risque de submersion marine,
les aléas en montagne, les feux de forêt, les précipitations intenses et les
cyclones, avec des phénomènes qui pourront être plus intenses ou prendre
de nouvelles formes : poches d?eau sous les glaciers, méga-feux, crues éclair
liées au ruissellement urbain, etc. Les projections du Giec, comme les
chroniques d'inondation des quarante dernières années, ne démontrent pas
en revanche d?aggravation significative des risques d?inondation par
débordement des cours d?eau en métropole.
Bien que de hauts niveaux de confiance soient atteints pour plusieurs
résultats au niveau planétaire, les différents modèles utilisés par le Giec
présentent encore des divergences dans les tendances simulées au niveau
régional. Des études complémentaires seront nécessaires pour préciser à
l?échelle du territoire français certaines données issues des modèles utilisés
par le Giec.
Plusieurs études sont conduites pour anticiper l?évolution des aléas à
l?horizon 2040 ou 2050. Ainsi, l?analyse de l?évolution du risque d?inondation
de plaine en France montre une tendance généralisée à l?augmentation des
débits de crue de référence pour la période de retour de 10 ans à l?horizon
2050 sous le scénario de changement climatique le plus pessimiste. Ces
augmentations dépassent 30 % dans le sud de la France et dans un large
quart Nord-Est (LivreblancCovea,2022).
Pour anticiper la probable progression de l?activité cyclonique dans les
Antilles, des travaux sont en cours pour préciser l?intensité de l?aléa dans ces
territoires. L?objectif consiste à actualiser les vents de référence applicables
et à définir des coefficients de site pour détailler la sensibilité locale aux vents
cycloniques en tenant compte du relief et de l?occupation des sols.
partie 5 : impacts du changement climatique
126 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
partie 6
Situation de la France
dans le contexte
international
? La France métropolitaine concentre 14 % des
événements naturels très graves recensés en Europe entre
1900 et début 2022. Avec l?Italie, elle est en tête des pays
les plus touchés, loin devant les autres pays européens.
Au niveau mondial, la France se situe dans le deuxième
quart des pays les plus à risque.
SCÉNARIOS ÉTUDIÉS À L?HORIZON 2050
En Md¤
Evénement de
catégorie 5
Evénement de
catégorie 4
Evénement de
catégories 4 et 5
Massifs Coût moyen Coût extrême Période de retour Coût moyen Coût extrême
La Réunion 5,2 21,9 23 ans
3 à 4
> 15
(très rares
cas)
Guadeloupe 6,8 19,1
34 ans
Martinique 4,9 18,0
Sources :CCR/Météo-France;RiskWeatherTech,2020
À l?horizon 2050, la sinistralité pourrait augmenter de 20 % en outre-mer du
fait de l?accroissement de la fréquence moyenne des cyclones (simulation
Cordex pour l?Amérique centrale) et de la hausse du niveau de la mer, selon
l?analyse de l?évolution du risque cyclonique et de l?importance des dégâts
prévisibles (CCR/Météo-France et RiskWeatherTech, 2020). Les dommages
causés par la plupart des événements de catégories 4 et 5 touchant la
Guadeloupe ou La Réunion dépasseraient très largement ceux constatés
après les ouragans Irma et Maria en 2017. En outre, l?île de La Réunion
semble la plus exposée aux cyclones avec une période de retour de 23 ans
(catégorie 4).
Ces simulations suggèrent une augmentation de la fréquence des rafales
de vents cycloniques en Guadeloupe, et de manière beaucoup plus limitée
en Martinique. Compte tenu des incertitudes, l?interprétation de l?évolution
de ces tendances contrastées dans le futur doit être prudente.
partie 6
Situation de la France
dans le contexte
international
? La France métropolitaine concentre 14 % des
événements naturels très graves recensés en Europe entre
1900 et début 2022. Avec l?Italie, elle est en tête des pays
les plus touchés, loin devant les autres pays européens.
Au niveau mondial, la France se situe dans le deuxième
quart des pays les plus à risque.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
128 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Catastrophes naturelles en Europe
NOMBRE D?ÉVÉNEMENTS NATURELS TRÈS GRAVES RECENSÉS EN EUROPE
ENTRE 1900 ET 2022
0 250km
Nombre de catastrophes
par type de phénomène
219
52
Mouvements de terrain
Séismes
Feux de forêt
Cyclones, tempêtes
Inondations
Union européenne
Autres
Champ:catastrophesayantfait10mortsouplus,outouché100personnesouplus(touché,blessé,sans-
abri),ouayantfaitl?objetd?unedéclarationd?étatd?urgenceoud?unappelàl?aideinternationale.Autres:
températuresextrêmes,sécheresse,éruptionvolcanique,brouillard.Lesglissementsetmouvementsdeterrain
comprennentlesphénomèneshydrologiques(avalanchedeneige,débris,couléesdeboue,chutedepierres)
etgéophysiques(mouvementdemasse).
Source : EM-DAT,UCLouvain,Brussels,Belgium?www.emdat.be(EM-DATTheInternationalDisaster
Database,Centreforresearchontheepidemiologyeofdisasters),2022.Traitements:SDES,2022
https://www.emdat.be/
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 129
La base de données internationale sur les catastrophes (Emdat) recense
1 360 catastrophes naturelles ayant affecté l'Europe, entre 1900 et 2022.
Pays d?Europe le plus touché, la France métropolitaine compte
188 catastrophes, soit 14 % des événements très graves recensés en Europe
depuis 1900. Elle devance légèrement l?Italie avec 171 événements. La
France se distingue surtout par un grand nombre d?inondations
(60 événements) et de cyclones et tempêtes (73 événements), tandis qu?en
Italie les inondations (53 événements) et les séismes (43 événements)
prédominent.
Dans quatre autres pays européens, le nombre d?événements naturels
très graves recensés avoisine 100 catastrophes sur la même période
(Espagne, Allemagne, Grèce, Roumanie). Ensemble, ils représentent 30 %
des catastrophes recensées en Europe. L?Allemagne se singularise par un
grand nombre de cyclones et tempêtes, l?Espagne et la Roumanie par les
inondations et la Grèce par les séismes. Enfin, les 26 autres pays européens
totalisent en peu moins de 45 % des catastrophes.
RÉPARTITION DES CATASTROPHES RECENSÉES EN EUROPE ENTRE 1900 ET 2022
En %
Inondations
32
Autres
17
Feux
de
forêt
6
Mouvements de terrain
Séismes
10
Cyclones et tempêtes
31
Source :EM-DAT,UCLouvain,Brussels,Belgium?www.emdat.be(EM-DATTheInternationalDisaster
Database,Centreforresearchontheepidemiologyeofdisasters),2022.Traitements:SDES,2022
Parmi les catastrophes recensées en Europe, les inondations (32 %) et
les cyclones et tempêtes (31 %) sont les plus nombreux. Les séismes
représentent 10 %, les feux de forêts 6 %, les mouvements de terrain moins
de 4 % et les autres risques (températures extrêmes, sécheresse, éruption
volcanique) 17 %.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
130 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Indicateurs internationaux
INDICE INTERNATIONAL DE RISQUE WORLD RISK INDEX (WRI)
Très bas 0.00 - 9.90
Bas 9.91 - 15.87
Moyen 15.88 - 24.43
Élevé 24.44 - 33.01
Très élevé 33.02 - 100.00
Absence de données
Notedelecture:pluslanoteestfaible,moinslepaysestexposé.
Note:scoreWRI=expositionxvulnérabilité
avecVulnérabilité=1/3×(Susceptibilité+(1?Capacitédefairefacegouvernance, soins de santé, sécurité sociale et
matérielle)+(1?Capacitéd?adaptationévénementsnaturelsàvenir,changementclimatique,autresdéfis)).
Champ:WRIréviséen2017.Calculépour192paysetcinqrisquesnaturels(tremblementsdeterre,cyclones,
inondations,sécheressesetélévationduniveaudelamer)etintégrant23indicateurscorrespondantàla
sphèresociétale.
Sources :Institutdudroitinternationaldelapaixetdesconflitsarmés(IFHV)delaRuhr-UniversitéBochum;
Allianceallemandepourl?aideaudéveloppement(BündnisEntwicklungHilft);Institutpourl?environnementet
lasécuritéhumainedel?UniversitédesNationsunies(UNU-EHS),2022
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 131
Créé en 2011, l?indicateur Worldriskindex (WRI) évalue le niveau de risque
de 192 pays pour sept aléas naturels : tremblements de terre, tsunami,
cyclones, inondations marines, inondations par cours d?eau, sécheresses et
élévation du niveau de la mer. Conçu comme un outil d?aide à la décision,
cet indice est alimenté par une soixantaine d?indicateurs qui décrivent
l?exposition aux aléas précités, et évaluent la vulnérabilité du pays en termes
socio-économiques, de capacité de mobilisation en cas de crise et de
capacité d?adaptation à moyen-long terme.
Au classement 2022, la France figure à la 72e place en matière de risques
de catastrophes avec un score de 6,7. Les Philippines sont considérées
comme le pays le plus à risque (1er avec un score de 46,8) et Andorre le moins
risqué (193e avec un score de 0,3). S?agissant de la composante
« exposition », la France figure en 63e position. Ses capacités de réaction lui
permettent en revanche de limiter son niveau de risque.
La France figure parmi les pays européens les plus à risque derrière
l?Espagne, l?Italie et la Grèce. Bien qu'exposés aux risques les plus élevés
en Europe du fait de leur situation par rapport au niveau de la mer, les Pays-
Bas ne se classent toutefois que 99e sur 193 au niveau mondial car ils se
trouvent parmi les mieux armés pour affronter des événements extrêmes.
Hors Europe, les Philippines, l?Inde et l?Indonésie se distinguent comme
les trois pays les plus à risque.
partie 6 : situation de la France dans le contexte international
132 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
SCORE D?EXPOSITION AUX RISQUES NATURELS DE LA FRANCE SELON
L?INDICATEUR INFORM RISK
8
6
4
2
0
Inondations Tsunamis Séismes Sécheresses Épidémies Cyclones
6,4
5,7
3,3
1,3 1,6
0,0
Notedelecture:pluslescore(comprisentre0et10)estfortpourunrisqueconsidéré,pluslaFranceyest
exposée.
Note:ils?agitdelacomposante«expositionauxrisquesnaturels»del?indicateurinternationalInform risk.
Cettecomposantes?établità3,4pourlaFrance.Cetindicateurrésulted?uneagrégationdescoresétablis
commesuit(chacundestroisfacteurscomporteunedimensionrisquesnaturelsetuneautreliéeauxconflits
humains):
Inform risk index = Exposition1/3×Vulnérabilité1/3×Manquedecapacitéd'adaptation1/3.
Sources :CentrecommunderecherchedelaCommissioneuropéenne,Inter-AgencyStandingCommittee
TaskTeamforPreparednessandResilience(IASC),agencesdel?ONU,partenairesprivés,ONG,2023
Créé en 2012, l'indicateur Informriskscore propose une base objective pour
l?analyse des risques. Il intègre six catégories de risques naturels (séismes,
cyclones, inondations, sécheresses, tsunamis et épidémies), ainsi que les
risques de conflit. En 2023, la France obtient un score global d?exposition
aux risques de 2,3 sur 10 et se classe 146e sur 191 des pays les plus à
risques. Avec un score de 2,1, elle se classe au 125e rang pour la seule
composante « exposition », l?exposition élevée aux risques naturels étant
contrebalancée par l?absence de conflit sur son territoire. Elle est moins bien
notée pour sa vulnérabilité (score de 3 pour la composante « vulnérabilité »,
soit le 117e rang) mais est considérée comme en capacité à réagir aux crises
(score de 1,9 pour la composante « adaptation », soit le 169e rang).
Les risques de conflits pesant autant que les risques naturels sur
l?exposition, les pays en conflit ressortent comme les plus à risque : Somalie
(score 8,7), en second la République centrafricaine et le Soudan du Sud
(score 8,5 et 8,4), suivis de l?Afghanistan et du Yémen (score 8,1 chacun).
Annexes
? Sites utiles
? Pour aller plus loin
? Glossaire
? Sigles et abréviations
Annexes
? Sites utiles
? Pour aller plus loin
? Glossaire
? Sigles et abréviations
annexes
134 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Sites utiles
ÉTAT DES LIEUX DES CATASTROPHES NATURELLES EN FRANCE
CCR Caisse centrale de réassurances
ccr.fr
Institut Paris
Région
institutparisregion.fr
MTECT Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion
des territoires
ecologie.gouv.fr/politiques/risques-naturels
ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-
et-loi-risques
MRN Mission risques naturels
mrn.asso.fr
ONRN Observatoire national des risques naturels
georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-
risques-naturels
Géorisques georisques.gouv.fr
Notre-
environnement
notre-environnement.gouv.fr
Portail de
prévention des
risques majeurs
gouvernement.fr/risques/cyclone
LES RISQUES NATURELS TERRESTRES
Bureau central
sismologique
français
franceseisme.fr
Cenalt Centre d?alerte aux tsunamis
info-tsunami.fr
https://www.ccr.fr/
https://www.institutparisregion.fr/
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques/risques-naturels
https://www.ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-et-loi-risques
https://www.ecologie.gouv.fr/risques-technologiques-directive-seveso-et-loi-risques
https://www.mrn.asso.fr/
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/risques/observatoire-national-des-risques-naturels
https://www.georisques.gouv.fr/
https://www.notre-environnement.gouv.fr/theme/risques#ancre373
https://www.gouvernement.fr/risques
https://www.franceseisme.fr/
https://www.info-tsunami.fr/
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 135
IPGP Observatoires volcanologiques et sismologiques de
l?Institut de physique du Globe de Paris
ipgp.fr/fr/observatoires-volcanologiques-sismologiques
BCSF/Renass Site national d?information sur la sismicité de la France
renass.unistra.fr
Revosima Réseau de surveillance volcanologique et sismologique
de Mayotte
ipgp.fr/fr/revosima
Feux de forêt
et de végétation
feux-foret.gouv.fr
LES RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES
Météo-France Tempêtes en France métropolitaine
tempetes.meteo.fr
Les vents violents et les tempêtes
meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-
violents-et-les-tempetes
https://www.ipgp.fr/observation/ovs/
https://renass.unistra.fr/fr/zones/
https://www.ipgp.fr/observation/infrastructures-nationales-hebergees/revosima/
https://www.ecologie.gouv.fr/feux-foret-et-vegetation
http://tempetes.meteo.fr/
https://meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-violents-et-les-tempetes
https://meteofrance.com/comprendre-la-meteo/le-vent/les-vents-violents-et-les-tempetes
annexes
136 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Pour aller plus loin
PERCEPTION DES CATASTROPHES NATURELLES PAR LES FRANÇAIS
Enquête Eser
2022
LesFrançaisetlesrisquesenvironnementaux
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-
francais-et-les-risques-environnementaux
IRSN Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
irsn.fr/page/barometre-irsn-sur-perception-risques-securite
LES INONDATIONS
Institut Paris
Région
Zones inondées potentielles (Seine, Marne, Oise, Loing)
cartoviz.institutparisregion.fr
LES RISQUES NATURELS TERRESTRES
BDIFF Base de données des incendies de forêt en France
bdiff.agriculture.gouv.fr/
RTM Base de données Restauration des terrains en montagne
rtm-onf.ign.fr
Eurovolc Catalogue des volcans européens
volcanos.eurovolc.eu
EFFIS European Forest Fire Information System
effis.jrc.ec.europa.eu/applications/data-and-services
SisFrance Histoire et caractéristiques des séismes ressentis en
France
sisfrance.net
IRMa Institut des risques majeurs de Grenoble (Rhône-Alpes)
irma-grenoble.com
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-francais-et-les-risques-environnementaux?rubrique=43&dossier=200
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-francais-et-les-risques-environnementaux?rubrique=43&dossier=200
https://www.irsn.fr/page/barometre-irsn-sur-perception-risques-securite
https://cartoviz.institutparisregion.fr/
https://bdiff.agriculture.gouv.fr/
https://carmen.carmencarto.fr/105/ONF_BDRTM.map
https://volcanos.eurovolc.eu/
https://effis.jrc.ec.europa.eu/applications/data-and-services
https://www.sisfrance.net/
https://www.irma-grenoble.com/
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 137
LES IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Covea Changement climatique & Assurance : Quelles
conséquences sur la sinistralité à horizon 2050 ?
Livre blanc Covéa
Giec Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du
climat
ipcc.ch/languages-2/francais
IMF Fonds monétaire international, tableau de bord
changement climatique
climatedata.imf.org/pages/access-data
LA SITUATION DE LA FRANCE DANS LE CONTEXTE INTERNATIONAL
Commission
européenne
Centre commun de recherche, InformRisk
drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index
EMDAT Internationaldisasterdatabase,Centreforresearchonthe
epidemiologyofdisasters
emdat.be
World Risk
Report
BundnisEntwicklungHilft, alliance allemande pour l?aide au
développement et InstituteforInternationalLawofPeace
andArmedConflict (IFHV) de la Ruhr University Bochum
weltrisikobericht.de/english
https://www.covea.com/sites/default/files/2023-11/202202_Livre_Blanc_Cov%C3%A9a_Risques_Climatiques.pdf
https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/
https://climatedata.imf.org/pages/access-data
https://drmkc.jrc.ec.europa.eu/inform-index
https://www.emdat.be/
https://weltrisikobericht.de/en/
annexes
138 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Glossaire
Affaissement : déformation souple, sans rupture et progressive du sol.
Aléa : manifestation d?un phénomène naturel ou anthropique de nature
aléatoire. Il se caractérise par son occurrence et son intensité.
Argile : terme désignant à la fois le minéral (minéral argileux) et la roche
(meuble ou consolidée) composée pour l?essentiel de ces minéraux. La
fraction argileuse est, par convention, constituée des éléments dont la taille
est inférieure à 2 ?m.
Arrêté de reconnaissance de l?état de catastrophe naturelle, dit arrêté
Cat-Nat : acte administratif encadrant les indemnisations et couvrant
l?ensemble des aléas climatiques et terrestres à l?exception des feux de
forêt et des tempêtes (sauf vents cycloniques de grande ampleur).
Néanmoins, la liste des phénomènes naturels indemnisables varie au fil
de la législation. Un arrêté détermine les zones concernées (liste des
communes), les périodes de la catastrophe et le phénomène naturel reconnu.
Avalanche : déplacement rapide (10 à 350 km/h) d?une masse de neige
sur une pente, provoqué par une rupture de manteau neigeux (neige plus
mouillée, nouvelle chute de neige, surcharge par un skieur, explosion, etc.).
Ce phénomène survient quand la neige est en quantité suffisante et de
qualité favorable, sur une pente suffisante dans la zone de départ.
Catastrophe naturelle : selon l?échelle de gravité des dommages (Mission
d?inspection spécialisée de l?environnement, 1999), événement ayant causé
au moins 100 morts ou 300 M¤ de dommages matériels. Parmi elles,
figurent les catastrophes majeures (au moins 1 000 morts ou 3 Md¤ de
dommages matériels).
Cyclone : perturbation atmosphérique de grande échelle se développant
dans les zones de basses pressions des régions tropicales et subtropicales.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 139
Enjeu : ensemble des personnes et des biens susceptibles d?être affectés
par un phénomène naturel ou des activités humaines. Il se caractérise par
son importance (nombre, nature, etc.) et sa vulnérabilité.
Enveloppe approchée du risque inondation potentielle (EAIP) : emprise
potentielle des événements extrêmes (enveloppes maximalistes des zones
inondables par une crue exceptionnelle), requise dans l?évaluation
préliminaire des risques d?inondation. Cette dernière, conformément à la
directive européenne inondation, permet d?évaluer les risques potentiels
d?inondations extrêmes sur la santé humaine, l?environnement, le patrimoine
culturel et l?activité économique. Deux EAIP différentes délimitent d?une
part les zones exposées aux submersions marines, et d?autre part celle
exposées aux débordements de cours d?eau, quelle que soit leur importance
(fleuve, petit cours d?eau intermittent, torrent de montagne).
Épicentre : point de la surface terrestre situé à la verticale du foyer d'un
séisme.
Éruption magmatique : remontée de magma jusqu?à la surface occasionnant
retombées de cendres et de roches, coulées pyroclastiques, écroulements
partiels de flancs, formation d?un dôme de lave, voire coulées de lave. Ce
phénomène est toujours précédé d'une éruption phréatique.
Éruption péléenne : caractéristique d?une lave très pâteuse qui forme des
aiguilles et d?un volcan pouvant émettre des nuées ardentes (avalanches
incandescentes de gaz, de cendres et de blocs de roches).
Éruption phréatique : le magma réchauffe les eaux souterraines. Sous
l?effet de leur vaporisation brutale, la pression peut générer de violentes
explosions, fragmenter et projeter les roches au sommet du volcan. D?autres
phénomènes peuvent survenir : retombées de cendres et de roches,
émanations de gaz, coulées pyroclastiques (nuées ardentes), écroulements
partiels de flancs, coulées de boue.
annexes
140 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Éruption plinienne : phénomène volcanique explosif (émissions de gaz,
cendres, ponces) à l?instar de l?éruption du Vésuve en 79 (décès de Pline
l?Ancien, relatée par Pline le Jeune).
Établissements Seveso : établissements produisant ou stockant des
substances pouvant être dangereuses pour l?homme et l?environnement.
La réglementation distingue deux types d?établissements, selon la quantité
totale de matières dangereuses sur site : les établissements Seveso seuil
haut et les établissements Seveso seuil bas.
Foyer : lieu où se produit le premier ébranlement dans l'écorce terrestre.
Fréquence (d?un événement) : caractérisation issue d?un calcul statistique
correspondant à la fréquence relative définie comme le quotient de cet
effectif ou la taille de la classe (par exemple, nombre d?événements entre
1900 et 1950) par celui de la taille de la population (nombre total d?événements
sur l?ensemble de la période d?observation entre 1900 et 2020).
Fontis : effondrement brutal et localisé (forme d?entonnoir ou de cratère),
le plus souvent provoqué par la remontée, plus ou moins lente, d'une cloche
de vide vers la surface à la suite de la rupture du toit d?une cavité.
Garantie « catastrophe naturelle » (Cat-Nat) : dispositif instauré en 1982
pour couvrir les dommages matériels en cas d?événement naturel d?une
intensité anormale, de souscription d?un contrat d?assurance par les sinistrés
et faisant l?objet d?une reconnaissance de l?état de Cat-Nat par arrêté
interministériel (ministères de l?Intérieur, de l?Économie et des Finances).
Glissement de terrain : mouvement résultant du déplacement gravitaire
de sols ou de roches déstabilisés par des phénomènes climatiques,
géomorphologiques, géologiques ou anthropiques. Plutôt lents (quelques
mm à quelques m/an), avec au moins 30 % d?eau, ces mouvements
s?accélèrent et forment des coulées ou des laves torrentielles (5 m/s). Les
glissements de terrain apparaissent dans des éboulis fins, des moraines,
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 141
ou des roches très fracturées et altérées, mais certains matériaux sont plus
sensibles (argiles, marnes, gypses, formations superficielles d?altérites).
Intensité (séisme) : niveau de sévérité des effets de la secousse sismique.
Intensité épicentrale : niveau de sévérité des effets de la secousse sismique
à l'épicentre.
Karst : système de cavités et conduits formés naturellement par la dissolution
hydrochimique des formations carbonatées ou sulfatées. Le relief karstique
est particulièrement sensible aux glissements de terrain et à l?instabilité des
cavités.
Magnitude de moment : nouveau mode de calcul effectué systématiquement
pour tous les séismes de magnitude supérieure à 5. Basé sur un modèle
physique de la rupture d'un séisme, il permet de mieux calculer la magnitude
des gros séismes en restant cohérent avec les méthodes utilisées pour les
plus petits séismes.
Magnitude sismique : mesure de l'énergie libérée lors d'un séisme.
Un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30
de l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement.
Marnière : petite carrière souterraine exploitée dans la craie pour amender
les champs.
Mouvement de terrain : phénomène déstabilisant et déplaçant les sols ou
les roches à la suite de la fonte de neige, de fortes pluies, des séismes,
l?érosion ou encore, la dissolution de roches. Plus ou moins brutaux, ils
peuvent détruire le bâti, obstruer des voies de communication ou des rivières
en causant des inondations, voire des pertes humaines. Les mouvements
lents et continus (tassements, affaissements, glissements de terrain, retrait-
gonflement des argiles) se distinguent de ceux rapides et discontinus
(effondrement de cavités, éboulements de blocs rocheux, coulées de boue).
annexes
142 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
NaTech : aléa naturel pouvant avoir un impact sur une installation industrielle
et générer un ou une série d?accidents « NaTech » (contraction des mots
naturel et technologique) avec des effets majeurs à l?extérieur du site sur
les personnes, les biens ou l?environnement (d?après Barpi).
Ouragan : cyclone en Atlantique nord et dans le Pacifique nord-est.
Période de retour (inondation) : durée moyenne au cours de laquelle
statistiquement un événement d'une même intensité se reproduit. Un événement
fréquent correspond à une période de retour comprise entre 10 et 30 ans,
l?événement moyen, généralement la crue de référence des PPR, à une période
de retour au moins centennale, et l?événement exceptionnel à la crue millénaire.
Pergélisol (permafrost en anglais) : partie du sol dont la température se
maintient en dessous de 0 °C pendant plus de deux ans consécutifs.
Pit-crater : cratère d'effondrement de petite taille.
Plan de prévention des risques naturels (PPRN) : dispositif de mise à
disposition de connaissance des zones à risques et de prescription des
mesures pour les constructions nouvelles et les biens existants à destination
des populations et des aménageurs. Ce document réglementaire de
prévention, élaboré par les services de l'État en association avec la commune
et en concertation avec la population, constitue une servitude d?utilité
publique s?imposant au plan local d?urbanisme. Outre les PPR multirisques,
différents types sont distingués : PPRI (inondation), PPRL (littoral), PPRIF
(incendie de forêt).
PPR opposable (approuvé par arrêté préfectoral) : PPR correspondant
au document achevé avec délimitation des zones à risques qui font l?objet
d?une réglementation. Le règlement du PPR précise les règles qui
s?appliquent à chacune de ces zones.
PPR prescrit (par arrêté préfectoral) : correspond à la première phase
de l?élaboration du PPR.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 143
Programme d?actions de prévention des inondations (PAPI) : dispositif
d?appel à projet lancé par l?État depuis 2002 pour promouvoir une gestion
globale des risques d?inondation à l?échelle d?un bassin de risque cohérent,
en vue de réduire leurs conséquences dommageables sur la santé humaine,
les biens, les activités économiques et l?environnement. Portés par les
collectivités territoriales ou leurs groupements, ces programmes constituent
le cadre d?un partenariat étroit avec l?État en matière de prévention des
inondations.
Pyroclastique : caractéristique s'appliquant aux débris de roches
magmatiques éjectées par les volcans et dont l?accumulation donne les
roches pyroclastiques (cendres, lapillis, tufs, etc.).
Retrait-gonflement des argiles : mouvement de terrain de type « tassement
différentiel » à l?origine d?une déformation progressive du sol ou du sous-sol
et pouvant provoquer des désordres dans les bâtiments (fissures des
éléments porteurs). Les maisons individuelles, structures légères aux
fondations généralement superficielles et dimensionnées sans la prise en
compte de cet aléa, s?avèrent particulièrement vulnérables. Considéré
comme un risque naturel majeur eu égard à l?ampleur des dégâts matériels
provoqués, il peut s?accroître sous l?effet du changement climatique et de
facto de la hausse prévisible des épisodes de sécheresse.
Risques d?origines glaciaire et périglaciaire : terme utilisé par
l?administration française pour regrouper les risques naturels en montagne
ayant pour source des zones couvertes de glace, englacées, récemment
déglacées, ou leurs abords directement influencés par la présence des
glaciers, ou concernées par le dégel des sols gelés en permanence en
profondeur (pergélisol) ? (source : rapport IGEDD/IGA/IGESR, décembre
2022,Risquesd?origineglaciaireetpériglaciaire-Élémentsensoutienà
unpland?action).
Risque majeur : croisement d?un aléa et d?un enjeu se caractérisant par
sa faible fréquence, sa gravité et l?incapacité de la société exposée à
surpasser l?évènement. Des actions sont dans la plupart des cas possibles
annexes
144 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
pour le réduire, soit en atténuant l?intensité de l?aléa, soit en réduisant la
vulnérabilité des enjeux.
Sécheresse géotechnique : type de phénomène naturel indemnisé au
titre du régime des catastrophes naturelles et correspondant à une période
de longueur variable, caractérisée par un déficit pluviométrique plus ou
moins marqué et se traduisant par une diminution de la teneur en eau de
l?horizon du sous-sol. Les terrains argileux superficiels se rétractent alors
lors des périodes de sécheresse (phénomène de retrait) et gonflent au
retour des pluies lorsqu?ils sont de nouveau hydratés (phénomène de
gonflement).
Séismes : les tremblements de terre naissent dans les profondeurs de
l?écorce terrestre et causent des secousses plus ou moins violentes à la
surface du sol. Généralement engendrés par la reprise d'un mouvement
tectonique le long d'une faille, d?autres phénomènes peuvent intervenir :
mouvement de terrain, raz de marée, liquéfaction des sols, effet hydrologique,
effet de site (modification de l?amplitude et de la durée induite par la géologie
locale). Leur violence se caractérise par la magnitude (énergie libérée) et
l?intensité (effets observés ou ressentis par l?Homme, dégâts aux constructions).
Sinistralité (au sens assurance) : coûts indemnisés par les assureurs au
titre du régime des catastrophes naturelles pour les 22 phénomènes naturels
retenus. Ces coûts ne concernent que les biens assurés autres que les
véhicules terrestres à moteur et ils sont nets de toute franchise.
Stratégie nationale du risque inondation (SNGRI) : dispositif visant à
assurer la cohérence des actions menées sur le territoire en poursuivant trois
objectifs prioritaires : augmenter la sécurité des populations exposées,
stabiliser à court terme, et réduire à moyen terme, le coût des dommages
liés à l?inondation, raccourcir fortement le délai de retour à la normale des
territoires sinistrés.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 145
Stratégie locale du risque inondation (SLGRI) : dispositif visant à atteindre
sur les territoires à risque inondation important, les objectifs de réduction
des conséquences négatives des inondations. Elle s?inscrit dans la continuité
des démarches en cours en complétant ou renforçant les dispositifs de
gestion du risque d?inondation existants, sans pour autant s?y substituer,
fournissant ainsi un cadre de référence pour prévenir le risque inondation.
Submersion marine : inondation brutale et temporaire de la zone côtière
par la mer, résultant de la conjonction de phénomènes extrêmes (dépression
atmosphérique, vent, houle, pluie) et de forts coefficients de marée.
D?importantes surcotes du plan d?eau surviennent quand : son niveau
dépasse la cote des ouvrages de protection ou des terrains en bord de mer ;
la mer crée des brèches et rompt les ouvrages ou les cordons naturels ; ou
des paquets de mer franchissent les barrages naturels ou artificiels suite
au déferlement de vagues de taille importante.
Tassement différentiel : type de mouvement de terrain également appelé
« retrait-gonflement des argiles » et consécutif à une période de sécheresse
géotechnique.
Tempête : lorsque deux masses d'air différentes (température et teneur en
eau) s?affrontent le long d?un front dépressionnaire, elles peuvent générer
des vents violents, voire des tempêtes au-delà de 89 km/h (degré 10 sur
12 de l'échelle de Beaufort de classification des effets des vents sur
l'environnement).
Territoire à risque important d?inondation (TRI) : zone où les enjeux
potentiellement exposés aux inondations sont les plus importants, justifiant
une action volontariste et à court terme (État et parties prenantes concernées)
pour aboutir à la mise en place obligatoire de stratégies locales de gestion
des risques d?inondation. L?action vise les zones où les enjeux sont les plus
menacés et où il y a le plus à gagner en matière de réduction des dommages
liés aux inondations.
annexes
146 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Tsunami (ou raz-de-marée) : phénomène correspondant à une onde due
au mouvement rapide d'un grand volume d'eau, pouvant faire suite à un
tremblement de terre sous-marin de (magnitude > 7) et profond de moins
de 50 km. D?autant plus important qu?il est superficiel, ce phénomène brutal
génère des vagues de submersion pouvant faire de nombreuses victimes
et causer des dégâts considérables sur le littoral (habitations, infrastructures)
selon la hauteur et la vitesse des vagues. L'intensité du tsunami, mesurée
sur l?échelle Sieberg-Ambraseys (de 1 « très légère » à 6 « désastreuse »),
dépend de la magnitude et de la profondeur du séisme.
Vulnérabilité : notion qui exprime et mesure le niveau de conséquences
prévisibles de l?aléa sur les enjeux. Elle exprime et mesure le niveau de
conséquences prévisibles de l?aléa sur les enjeux. Différentes actions
peuvent la réduire en atténuant l?intensité de certains aléas ou en limitant
les dommages sur les enjeux.
Zone SI-Hex : de la France métropolitaine élargie à la zone économique
exclusive.
Zones sous-minées : zones en surface surplombant des vides dans le
sous-sol résultant de l?exploitation d?anciennes carrières souterraines
abandonnées (calcaire, marne, gypse, marbre, ardoise, argile) pour extraire
des matériaux de construction. Des travaux de consolidations souterraines
(construction de piliers) peuvent augmenter la portance et stopper le
fléchissement du toit des cavités.
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 147
Sigles et abréviations
AFP Agence France presse
Barpi Bureau d'analyse des risques et pollutions
BDE Base de données des événements naturels dommageables
BDMVT Base de données mouvements de terrain
BRGM Bureau de recherches géologiques et minières
CCR Caisse centrale de réassurances
CENALT Centre d?alerte aux tsunamis
Cerema Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l'environnement, la mobilité et l'aménagement
CGDD Commissariat général au développement durable
CETE Centre d'études et d'expertise sur les risques,
l'environnement, la mobilité et l'aménagement
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DROM Départements et régions d'outre-mer
EAIP Enveloppe approchée du risque inondation potentielle
FFB Fédération française du bâtiment
Gaspar Gestion assistée des procédures administratives relatives
aux risques naturels
Giec Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
IGA Inspection générale de l'administration
IGC Inspection générale des carrières
IGEDD Inspection générale de l'environnement et du développement
durable
IGESR Inspection générale de l'éducation, du sport
et de la recherche
IGN Institut national de l'information géographique et forestière
Insee Institut national de la statistique et des études économiques
Inrae Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation
et l'environnement
annexes
148 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
IPGP Institut de physique du Globe de Paris
IRSN Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire
JRC Centre commun de recherche de l'Union européenne
MASA Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
MEDD Ministère de l'Écologie, du Développement durable
(ancienne dénomination du ministère chargé de
l'Environnement)
Mise Mission d?inspection spécialisée dans l?environnement
MRN Mission risques naturels
MTE Ministère de la Transition écologique (ancienne dénomination
du ministère chargé de l?Environnement)
MTECT Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des
territoires
MTES Ministère de la Transition écologique et solidaire (ancienne
dénomination du ministère chargé de l?Environnement)
OCDE Organisation de coopération et de développement
économiques
ONRN Observatoire national des risques naturels
OVPF Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise
PAPI Programme d?actions de prévention des inondations
PPR Plan de prévention des risques
ROGP Risques d'origines glaciaire et périglaciaire
RTM Service de restauration des terrains en montagne
SAFPA Outil de suivi administratif et financier des PAPI
SDES Service des données et études statistiques
SHOM Service hydrographique et océanographique de la marine
SLGRI Stratégie locale de gestion des risques d'inondation
SNRH Service des risques naturels et hydrauliques
TRI Territoire à risque important d?inondation
UE Union européenne
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 149
UNITÉS DE MESURE
ha hectare
km/h kilomètre par heure
M¤ million d?euros
Md¤ milliard d?euros
mm millimètre
m/an mètre par an
m/s mètre par seconde
Mm3 million de mètres cubes
150 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Table des matières
annexes
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 151
Table des matières
table des matières
152 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Avant-propos 4
DONNÉES CLÉS 5
Les catastrophes naturelles en France 6
Risque inondation 7
Mouvements de terrain 8
Risques météorologiques et climatiques 9
Les risques naturels en outre-mer 10
ÉLÉMENTS DE CONTEXTE : OBSERVATOIRE, CONCEPTS
ET POLITIQUE PUBLIQUE
11
Observatoire national des risques naturels 12
Phénomènes naturels 13
Aléas, enjeux, risques : quelques définitions 14
Garantie catastrophes naturelles 16
PARTIE 1 : ÉTAT DES LIEUX DES CATASTROPHES
NATURELLES EN FRANCE
17
Événements naturels dommageables 18
État de catastrophe naturelle 22
Sinistralité liée aux catastrophes naturelles 25
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-Neige en France métropolitaine 27
Pertes économiques globales attribuées aux événements naturels 28
Perception des catastrophes naturelles par les Français 30
PARTIE 2 : INONDATIONS : SINISTRALITÉ, EXPOSITION
ET PRÉVENTION
35
Sinistralité liée aux inondations 36
Outils au service de l?identification des risques inondation
et des politiques de prévention
38
Exposition aux inondations par débordement de cours d?eau 39
Exposition aux submersions marines 48
Prévention des inondations 55
Territoires à risque important d?inondation 57
Programmes d?actions de prévention des inondations 60
table des matières
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 153
PARTIE 3 : RISQUES NATURELS TERRESTRES 63
Mouvements de terrain hors retrait-gonflement des argiles 64
Cavités souterraines 68
Glissements de terrain 72
Risque rocheux et chutes de blocs 74
Retrait-gonflement des argiles 76
Prévention des mouvements de terrain 80
Séismes en métropole et en outre-mer 82
Éruptions volcaniques 92
Tsunamis en outre-mer et en métropole 95
Avalanches 98
Risques d'origines glaciaire et périglaciaire 103
Feux de forêt et végétation 107
PARTIE 4 : RISQUES MÉTÉOROLOGIQUES 111
Sinistralité liée aux Tempête-Grêle-Neige en France métropolitaine 112
Phénomènes atmosphériques 114
Cyclones en outre-mer 115
Vents violents en France métropolitaine 118
PARTIE 5 : IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE 123
Impacts du changement climatique 124
PARTIE 6 : SITUATION DE LA FRANCE DANS LE CONTEXTE
INTERNATIONAL
127
Catastrophes naturelles en Europe 128
Indicateurs internationaux 130
ANNEXES 133
Sites utiles 134
Pour aller plus loin 136
Glossaire 138
Sigles et abréviations 147
154 ? Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023
Conditions générales d?utilisation
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées
dans le présent ouvrage, faite sans l'autorisation de l?éditeur ou du Centre français d?exploitation du droit de copie
(3, rue Hautefeuille - 75006Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d?une part, les
reproductions strictement réservées à l?usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et,
d?autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d?information de l?oeuvre
dans laquelle elles sont incorporées (loi du 1erjuillet1992 - art.L.122-4 et L.122-5 et Code pénal art.425).
Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 155 Chiffres clés des risques naturels ? Édition 2023 ? 155
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Rédacteur en chef: Hugues Cahen
Coordination éditoriale: Céline Blivet
Cartographie : Antea
Infographie: Bertrand Gaillet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
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Dépôt légal: janvier 2024
ISSN: 2555-7580 (imprimé)
2557-8138 (en ligne)
Impression : imprimerie intégrée du MTECT,
imprimé sur du papier certifié écolabel européen,
www.ecolabel.com
Commissariat général
au développement durable
Chiffres clés
des risques
naturels
Édition 2023
Les spécificités géomorphologiques et climatiques
des territoires métropolitains et ultramarins
français exposent leurs habitants, les biens et
lesactivités économiques à des phénomènes
naturels variés: inondations, risques terrestres
oumétéorologiques. Le dérèglement climatique
est susceptible d?amplifier la plupart d?entre eux.
Àpartir d?une sélection de cartes et d?indicateurs
clés commentés, ce recueil dresse un panorama
détaillé des principaux risques naturels.
Cettepublication aborde ainsi la sinistralité,
l?aléaet le risque propres à chaque phénomène,
ainsi que les outils permettant de prévenir
cesrisques.
Service des données et études statistiques
Sous-direction de l'information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
Données clés
Éléments de contexte :
observatoire, concepts
et politique publique
État des lieux des
catastrophes naturelles
en France
Inondations :
sinistralité, exposition
et prévention
Risques naturels
terrestres
Risques
météorologiques
Impacts du changement
climatique
Situation de la France
dans le contexte
international
Annexes
Table des matières
INVALIDE)