Feuille de route gouvernemtale pour la transition écologique, issue des débats des 25 et 26 avril à l'hôtel de Roquelaure
Auteur moral
France. Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer
Auteur secondaire
Résumé
La Conférence environnementale 2016 s'est tenue les 25 et 26 avril à l'Hôtel de Roquelaure et a réuni l'ensemble des membres du Conseil national de la transition écologique (ONG, collectivités, syndicats, entreprises, parlementaires) autour de trois ateliers de travail :<br />
;- appliquer l'Agenda des solutions pour la croissance verte (table-ronde 1) ;<br />
;- impliquer citoyens, territoires et Etat dans la transition écologique (table-ronde 2) ;<br />
;- préserver les milieux afin d'améliorer le cadre de vie et la santé de tous (table-ronde 3).
Descripteur Urbamet
mer
;financement
;activité économique
;effet de serre
;nuisance
;climat
;eau
;croissance verte
;changement climatique
;biodiversité
;open data
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
SOMMAIRE
1. Préambule ...................................................................................................................................... 3
1. Appliquer l?Agenda des Solutions pour la croissance verte - Contexte et enjeux........................... 5
2. Appliquer l?Agenda des Solutions pour la croissance verte- Mesures............................................. 7
Objectif 1 ? Un cadre financier pour des investissements verts et la création d?emploi ................... 7
Objectif 2 ? Accélérer l?atténuation des émissions de gaz à effet de serre dans les transports ...... 10
Objectif 3 ? Coalitions et entreprises pour lutter contre le changement climatique ....................... 12
Objectif 4 ? Des solutions pour la mer et l?océan ............................................................................. 14
1. Impliquer territoires, citoyens et Etat dans la Transition écologique - Contexte et enjeux .......... 18
2. Impliquer territoires, citoyens et Etat dans la Transition écologique - Mesures .......................... 19
Objectif 5 - Développer l?ouverture des données (open data) ......................................................... 19
Objectif 6 - Les territoires mobilisés pour la transition écologique.................................................. 22
Objectif 7 - Construire avec les citoyens le cadre de la transition écologique ................................. 25
Objectif 8 ? Renforcer les engagements de l?administration pour une meilleure performance
environnementale............................................................................................................................. 29
1. Préserver les milieux afin d?améliorer le cadre de vie et la santé de tous - Contexte et enjeux .. 32
2. Préserver les milieux afin d?améliorer le cadre de vie et la santé de tous - Mesures.................... 33
Objectif 9 : Améliorer et préserver la qualité de l?eau...................................................................... 33
Objectif 10 : Favoriser l?aménagement durable................................................................................ 35
Objectif 11 : Reconquérir la biodiversité........................................................................................... 38
Objectif 12 : Renforcer les actions dans le domaine santé-environnement..................................... 41
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1. Préambule
La Conférence environnementale 2016 s?est tenue les 25 et 26 avril à l?Hôtel de Roquelaure et a
réuni l?ensemble des membres du Conseil national de la transition écologique (ONG, collectivités,
syndicats, entreprises, parlementaires) autour de trois ateliers de travail : appliquer l?Agenda des
solutions pour la croissance verte (table-ronde 1), impliquer citoyens, territoires et Etat dans la
transition écologique (table-ronde 2), préserver les milieux afin d?améliorer le cadre de vie et la
santé de tous (table-ronde 3).
Ouverte par le Président de la République, organisée par la Ministre de l?Environnement et clôturée
par le Premier Ministre, la Conférence environnementale 2016 a impliqué quinze ministres et
secrétaires d?Etat, illustrant la mobilisation de l?ensemble du Gouvernement pour faire de la France
la nation de l?excellence environnementale.
Etaient présents pour échanger avec les parties prenantes : Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem,
Michel Sapin, Marisol Touraine, Stéphane Le Foll, Emmanuelle Cosse, Annick Girardin, Patrick Kanner,
George Pau-Langevin, Jean-Vincent Placé, André Vallini, Alain Vidalies, Barbara Pompili, Martine
Pinville, Axelle Lemaire, et Hélène Geoffroy.
La Conférence environnementale 2016 s?est tenue au lendemain de l?ouverture à la signature de
l?Accord de Paris pour le Climat. L?objectif de la feuille de route gouvernementale pour la transition
écologique est donc clair : mettre en oeuvre les engagements pris durant la COP21 au niveau
national. Le Président de la République l?a ainsi rappelé lors de son discours en ouverture de la
Conférence ?[nous avons] l?obligation de traduire ce qu?est cet accord dans les politiques nationales
et même dans les politiques internationales, et pour ce qui nous concerne, européennes?.
La feuille de route gouvernementale pour la transition écologique fixe, pour l?année 2016, 12
objectifs concrets permettant de réorienter les investissements en faveur de la croissance verte et de
l?emploi, de diminuer d?avantage les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs du transport
et du bâtiment, de préserver les océans et la biodiversité terrestre et d?être à l?avant-garde de la
transition numérique afin que tous les acteurs de la société puissent agir en faveur de la préservation
de notre environnement. Cette feuille de route définit également les engagements que la France
prendra, sur la scène internationale et européenne afin d?être exemplaire dans la lutte contre le
changement climatique pour assurer, ensemble, la réussite du plus grand défi de notre siècle : la
préservation de la planète pour le présent et les générations à venir.
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1. Contexte et enjeux
L?année 2016 est celle de la présidence française de la Conférence des Parties (COP) de la
Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Si la COP21 a été un succès
historique dans l?action pour la préservation de la planète, il convient de concrétiser cet élan
international afin de proposer des solutions ambitieuses à la COP22. La France est ainsi pleinement
mobilisée pour assurer la mise en oeuvre de l?Accord de Paris, à tous les niveaux - national, européen,
international.
La signature et la ratification rapides de l?Accord de Paris constituent une priorité. La cérémonie de
signature du 22 avril 2016 à New York, à l?invitation du Secrétaire général des Nations Unies
représente un moment important de mobilisation de toutes les Parties, l?accord devant entrer en
vigueur après ratification par 55 pays, représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre.
Il s?agit désormais de préparer les décisions d?application opérationnelles de l?Accord de Paris et de
mobiliser les financements internationaux pour le climat. Par ailleurs, d?importants efforts sont
consacrés à la mise en oeuvre concrète des nombreuses initiatives et coalisations sectorielles lancées
lors de la COP21 (développement des énergies renouvelables, bâtiment durable, mobilité électrique,
protection des océans, innovation, etc.).
Au plan européen, la France veille à la mise en oeuvre rapide du cadre énergie climat 2030 afin que
l?Union européenne reste à la pointe de la lutte contre le changement climatique. La France a par
exemple formulé des propositions pour la réforme du marché carbone européen, pour intégrer une
composante carbone dans la fiscalité énergétique des pays européens, mais aussi pour inciter à
l?instauration de prix du carbone hors de l?Union, et prendre les mesures nécessaires pour lutter
contre les fuites de carbone. Le Président de la République s?est également engagé, à l?issue de la
COP21 à réviser au plus tard en 2020 les engagements de la France pour réduire ses émissions de gaz
à effet de serre.
Au niveau national, notre pays se doit également d?être exemplaire et moteur dans la lutte contre le
changement climatique. Cet objectif se traduit notamment par l?accélération de la dynamique de
« croissance verte et bleue » pour profiter pleinement des opportunités économiques, d?innovation,
de compétitivité et d?emploi liées à la transition énergétique et écologique. Cette dynamique a été
initiée grâce à la mise en oeuvre de la loi de transition énergétique pour la croissance verte
promulguée à l?été 2015, la loi de reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages qui
devrait être adoptée en 2016 au Parlement ainsi que la mobilisation du fonds de financement de la
transition énergétique pour soutenir les territoires à énergie positive qui l?accompagnent.
Il s?agit maintenant de renforcer notre démarche d?atténuation du changement climatique dans
l?ensemble des secteurs d?activité, parmi lesquels la mobilité, qui est le premier secteur en termes
d?émissions de gaz à effet de serre en France. Il s?agit également de parvenir à une gestion durable
des activités en mer et sur le littoral pour maintenir la bonne santé des écosystèmes, comme la
conférence du 8 avril l?a souligné. Il s?agit enfin d?intégrer la lutte contre le changement climatique
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dans les politiques de l?emploi, dans les processus de normalisation et de donner aux
entreprises de nouveaux outils pour innover en faveur du climat.
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2. Mesures
Objectif 1 ? Un cadre financier pour des investisse ments
verts et la création d?emploi
La dynamique issue de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte est
aujourd?hui à l?oeuvre sur l?ensemble de nos territoires. Il s?agit désormais d?accélérer l?émergence
d?une économie à la fois durable et compétitive et de permettre le déploiement des opportunités
qu?elle peut offrir, en mobilisant les investisseurs, les entreprises et les citoyens par des signaux
économiques adaptés et la valorisation des comportements vertueux, et en consolidant les
financements internationaux pour associer l?ensemble des pays à ce mouvement.
1a : Valoriser la réorientation des investissements de l?industrie et des services pour la
croissance verte
Contexte
La loi de transition énergétique (article 173), grâce à laquelle la France a fait figure d'exemple à
suivre pendant la COP21, impose des obligations de transparence aux entreprises et aux
investisseurs institutionnels sur la prise en compte des enjeux climatiques dans leur activité et sur
leur orientation vers une économie bas carbone. Ces obligations seront applicables à compter des
rapports de gestion publiés en 2017 pour l?année 2016. Le décret concernant les investisseurs
institutionnels a été publié en décembre 2015.
Mesures
- valoriser, dès 2016, les meilleures pratiques de reporting environnemental et notamment de
reporting climatique réalisées dans l?esprit de l?article 173 via la mise en place d?un prix
récompensant à l?automne 2016 les meilleurs rapports de gestion des acteurs français.
- Publier le décret concernant le reporting climatique dans les entreprises dans le courant de
l?été.
- Accompagner activement le développement des obligations vertes en soutenant les
initiatives de construction d?un référentiel européen et en promouvant notamment les
émissions d?emprunts obligataires publics verts des opérateurs comme la CDC ou l?Agence
française de développement (AFD), des collectivités territoriales via l?agence France locale
(AFL).
- Etudier les conditions pour devenir le premier pays à émettre des obligations vertes portées
par l?Etat.
- Publier un rapport annuel sur les émissions obligataires vertes des entités publiques.
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1b : Conforter le prix du carbone et créer un corridor européen
Contexte
La Loi a fixé des objectifs de prix du carbone aux horizons 2020 (56¤/t) et 2030 (100¤/t). La loi de
finances rectificative pour 2015 a précisé la trajectoire de la composante carbone pour les taxes
intérieures de consommation sur les énergies fossiles (TICPE, TICGN?), en tenant compte d?un prix
de 30,5¤/t en 2017. Le prix du carbone se décline plus largement au niveau européen, avec à la fois
un marché carbone européen harmonisé pour l?industrie et la production d?électricité, et des taxes
nationales pour les autres secteurs.
Mesures
- Faire la promotion de la mise en place d?un corridor de prix sur le marché carbone
européen, ce qui permettrait de réduire la volatilité et améliorerait la prévisibilité du prix
du carbone, créant ainsi une incitation forte en faveur des investissements bas-carbone
et une sécurisation des revenus des Etats membres.
- Soutenir la mise en place généralisée chez nos partenaires européens d?une composante
carbone dans leurs taxes nationales, pour inciter à l?efficacité énergétique et au
développement des énergies renouvelables dans le transport et le bâtiment, où se
trouvent les principaux gisements d?investissements et d?emplois associés.
- Au niveau national français, proposer les modalités pour mettre en oeuvre
unilatéralement un prix plancher du carbone pour le secteur électrique, pour une mise
en oeuvre à partir de 2017. La mesure a notamment vocation à encourager les moyens de
production d?électricité bas carbone, notamment les énergies renouvelables.
- Le Comité de l?économie verte rendra un avis en juillet sur les conditions pour adapter la
trajectoire de prix du carbone dans un contexte de prix du pétrole bas
1c : Mettre en place les financements en faveur du climat annoncés lors de la COP21
Contexte
L?Etat veillera à mettre en oeuvre l?augmentation, annoncée par le Président de la République en
amont de la COP21, des financements internationaux français en faveur du climat, de leur niveau
actuel d?environ 3 milliards d?euros à 5 milliards d?euros en 2020, dans le cadre d?une aide publique
au développement croissante. Ces financements seront mis en oeuvre principalement à travers
l?Agence Française de Développement (AFD), ainsi que des fonds et initiatives multilatéraux. Cela
permettra de soutenir la poursuite et l?accroissement de l?ambitieuse politique d?intégration
transversale du climat dans les activités de l?AFD, dont 50% des engagements sont tenus d?avoir des
co-bénéfices climat.
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Mesures
- L?AFD sera recapitalisée. La capacité annuelle de prêts de l?AFD croîtra progressivement
jusqu?en 2020 de 4 milliards d?euros, dont la moitié engagée au bénéfice du climat.
- D?ici à 2020, la capacité annuelle de dons sera augmentée de 370 millions d?euros par
rapport au niveau de 2015 pour répondre notamment aux besoins spécifiques des pays
les plus pauvres et les plus vulnérables au changement climatique.
- La France continuera en 2016 à verser sa contribution au fonds vert pour le climat pour la
période 2015-2018, conformément au calendrier prévu.
1d : Promouvoir le renforcement des aides financières internationales pour l?adaptation au
changement climatique
Mesures
- Tripler d?ici 2020 le montant des engagements de la France consacrés à la lutte contre la
désertification et l?adaptation au changement climatique pour atteindre au moins 1 Md¤,
pour assurer un rééquilibrage des financements consacrés à la lutte contre le
changement climatique en faveur de l?adaptation.
- Soutenir la mise en oeuvre d?initiatives importantes pour l?action pré-2020 telles que les
systèmes d?alerte précoce (CREWS), l?initiative Insuresilience pour le développement des
assurances pour le risque climatique et l?accroissement de la résilience des zones
sahéliennes vulnérables (Lac Tchad, Fleuve Niger, lutte contre la désertification aux
portes du Sahara) ou les forêts du bassin du Congo (CAFI), mais aussi le fonds de soutien
aux pays les moins avancés.
- Renforcer les moyens que la France dédie aux actions de protection contre le
changement climatique et à la promotion des énergies renouvelables dans les territoires
d?Outre-Mer.
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Objectif 2 ? Accélérer l?atténuation des
émissions de gaz à effet de serre dans les transpor ts
La mise en oeuvre de la feuille de route pour la transition écologique 2015, dans sa partie « transport
et mobilité durables », a permis de compléter et d?enrichir les nombreux outils à disposition des
entreprises, collectivités locales, ONG et citoyens. Elle a également accompagné certaines des
mesures de la loi de transition énergétique.
En 2016, en cohérence avec les objectifs de la COP21 et les politiques d?atténuation du changement
climatique, la priorité sera donnée à la promotion d?accords internationaux ambitieux sur la
limitation des émissions de gaz à effet de serre dans les transports maritimes et aériens, au sein des
organismes internationaux compétents.
Enfin, la politique des transports se dote d?un instrument structurant, la stratégie nationale de
développement de la mobilité propre (SDMP), élaborée en lien avec les parties prenantes et qui
proposera une vision globale des stratégies et plans d?actions en cours et projetés relatifs aux
transports et à la mobilité.
2a : Soutenir à l?OMI la mise en place d?un instrument de suivi pour limiter les émissions
de CO2 des navires
Contexte
La question des émissions de CO2 des navires fait l?objet de travaux à l'Organisation Maritime
Internationale : il s?agit d?abord de mettre en place un système obligatoire de surveillance,
déclaration et vérification des émissions de CO2 pour le transport maritime.
De plus, La France (pays hôte de la COP 21) et le Maroc (pays hôte de la COP22) ainsi qu?une
représentation équilibrée de pays développés et de pays en développement ont déposé une
soumission à l?OMI et proposent un programme de travail pour définir rapidement des objectifs de
long terme (pour stimuler la recherche et développement et l?investissement) et intermédiaires
(pour mesurer les progrès) en termes d?émissions. L?association internationale des armateurs
propose que le secteur du transport maritime international, dans son intégralité, participe à cette
démarche dans la suite des débats qui se sont déroulés pendant la COP21.
Mesures
- Poursuivre les travaux à l?OMI avec, en priorité, la mise en oeuvre d?un mécanisme
obligatoire et global de rapportage, vérification et suivi des émissions.
- Poursuivre la démarche, lancée en avril et d?ici la fin 2016, pour établir des objectifs chiffrés
et un engagement pour la limitation des émissions de CO2 du transport maritime
international.
- Accompagner en parallèle les initiatives de verdissement des flottes, en mobilisant les
moyens nationaux et européens (Programme RTE-T des autoroutes de la mer, implication de
la Banque européenne d?investissement).
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2b : Promouvoir à l?OACI la conclusion d'un accord ambitieux pour un
mécanisme mondial de compensation des émissions de gaz à effet de serre du transport
aérien
Contexte
L'aviation internationale s'est fixée un objectif de croissance neutre en carbone à partir de 2020. Cet
objectif doit être atteint par le cumul de plusieurs éléments : progrès technique (consommation de
carburant des avions) et standard CO2, mesures opérationnelles pour réduire la consommation,
carburants alternatifs « verts » et mécanisme de compensation des émissions basé sur le marché.
Lors de sa 38ème assemblée en 2013, l'OACI a adopté une résolution sur la lutte contre le
changement climatique visant à l'élaboration d'un mécanisme mondial de marché qui permette de
compenser la croissance des émissions de CO2 de l'aviation internationale à partir de 2020. Des
discussions au sein de l'OACI sont en cours avec pour ambition d'aboutir à un accord lors de la 39ème
assemblée de l'OACI en octobre 2016.
En tant que présidente de la COP21, la France a une responsabilité particulière pour soutenir la prise
en compte dans la négociation des objectifs de long terme fixés par l?Accord de Paris, et encourager
la poursuite des efforts engagés en particulier sur l?efficacité énergétique des aéronefs et le
développement de carburants verts.
Mesures
Afin de promouvoir activement, en partenariat avec l?ensemble des membres de l?Union
Européenne, un accord ambitieux lors de la 39ème assemblée de l?OACI en octobre 2016, la France
plaidera pour :
- Un mécanisme mondial de compensation des émissions de CO2 du transport aérien, avec
possibilité d?utiliser des mesures basées sur le marché ;
- Une revue régulière de l?ambition initiale de croissance neutre en carbone après 2020, en
ligne avec l?objectif de long terme de limitation de la hausse de la température moyenne
mondiale.
2c : Développer les transports et la mobilité propres
Contexte : La directive 2014/94/UE sur les carburants alternatifs établit un cadre commun de
mesures visant à déployer dans les pays de l?Union des infrastructures de recharge ou de
ravitaillement. Elle prévoit notamment l?élaboration d?un cadre d?action national relatif au
développement du marché des carburants alternatifs.
En lien avec la stratégie nationale de développement de la mobilité propre, ce cadre d?action
contribuera à l?accélération de la transition énergétique du secteur des transports. Il permettra de
promouvoir les carburants alternatifs aux produits pétroliers, et encouragera la diversification des
sources d?énergie utilisées dans les transports. Pour l?électricité, le gaz naturel et l?hydrogène, il
abordera les objectifs territorialisés de déploiement des réseaux nécessaires au développement des
carburants alternatifs, afin de diminuer les émissions de gaz à effet et de polluants atmosphériques
des transports, y compris dans les ports. Une attention particulière sera portée à la définition d?un
juste équilibre entre d?une part la couverture territoriale des futurs réseaux de recharge et de
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ravitaillement, et d?autre part la mise en oeuvre de solutions alternatives rentables
pour les acteurs de marché.
Mesures
- Mener avec les milieux professionnels (transporteurs, distributeurs, producteurs de
carburants), les gestionnaires de réseaux et les collectivités locales une concertation sur
un projet de cadre d?action en vue de la désignation des aires urbaines, des zones
densément peuplées et des réseaux qui, en fonction notamment des besoins actuels et
anticipés du marché, devront être équipés en points de recharge ouverts au public et en
points de ravitaillement en gaz naturel véhicule (comprimé ? GNC ? et liquéfié ? GNL),
ainsi qu?en points de recharge électrique.
- Soumettre le projet de cadre d?action national à consultation publique au 3ème trimestre
2016.
- Publier le décret relatif aux infrastructures de recharge pour véhicules électriques et
portant diverses mesures réglementaires de transposition de la directive sur les
carburants alternatifs.
- Modifier les arrêtés définissant les spécificités techniques des carburants pour y ajouter
la norme d'affichage sur les trappes des véhicules et les pompes en cours de définition au
niveau européen afin de mieux informer les consommateurs sur la compatibilité de leurs
véhicules avec les carburants présents sur le marché.
- Engager en 2016, le 2ème plan d?action pour les mobilités actives (PAMA), ainsi qu?une
réflexion sur la gestion des mobilités en prévision d?une future loi d?orientation sur la
mobilité intérieure.
Objectif 3 ? Coalitions et entreprises pour lutter contre le
changement climatique
Pour favoriser la mobilisation du monde professionnel dans la lutte contre le changement climatique,
l?Etat cherche à repenser ses relations avec les acteurs et utiliser tous les leviers à sa disposition :
intégration des politiques de l?emploi et de la formation, expérimentations de nouveaux outils
juridiques et de solutions plus globales d?accompagnement des projets innovants, complémentarité
entre réglementation et normalisation, etc.
3a : Accélérer la transition énergétique via les politiques de l?emploi et de la formation.
Contexte
La COP21 a permis de mobiliser différents acteurs de l?emploi, de la formation et du développement
au niveau national et au niveau international dans le cadre d'un groupe d?institutions, dont l?objectif
est d?adapter l?économie à la transition énergétique. Le groupe se compose d'organisations
internationales mais aussi d'un réseau de représentants de collectivités, d'opérateurs et d'une
banque d'investissement.
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Mesure
En complément des mesures de la table ronde 2 portant sur les territoires, demander au groupe de
d?institutions susmentionnées d?élaborer les messages à porter au plan international pour illustrer la
contribution des politiques de l?emploi et de la formation à la transition écologique, en privilégiant
l?identification de projets « exemplaires ».
3b : Déployer les « engagements pour la croissance verte (green deals) » : un nouvel
instrument contractuel pour faciliter l?innovation
Contexte
Si la société est porteuse de nombreuses initiatives contribuant à la transition écologique, celles-ci
n?ont pas toujours la visibilité souhaitable et peuvent par ailleurs rencontrer des freins sur lesquels
l?Etat peut agir, au niveau national ou régional, afin d?en assurer l?émergence, d?accélérer leur
déploiement et d?atteindre un changement d?échelle.
Mesures
- Mettre en oeuvre un nouvel instrument de soutien à la transition écologique, inspiré des
Pays-Bas : les « Green Deal » ou « Engagements pour la croissance verte », basé sur le
développement de coopérations public-privé, permettant de renforcer l'action de l'Etat pour
faciliter des projets portés par la société, les acteurs économiques mais également les
collectivités locales et ONG. Cette approche non financière complémentaire des programmes
de soutien financier ou technique repose sur un processus de co-construction
d'engagements réciproques tant des initiateurs du projet innovant qui prennent les risques
que de l'Etat qui doit apporter une solution intégrée des différents services ou ministères
concernés.
- Dans la continuité de la signature par la France d?un « Green Deal » international, le 3 mars
dernier, expérimenter la démarche sur le thème de l'économie circulaire en signant au
minimum 5 à 10 engagements d'ici fin 2016 et d?élargir à d?autres domaines liés à la
transition écologique et énergétique.
3c : définir une politique nationale de normalisation favorisant la transition énergétique et
la croissance verte.
Contexte
Le ministère de l'économie a publié l'année dernière un rapport de la déléguée interministérielle aux
normes sur "politique nationale de normalisation et stratégie pour la compétitivité de notre
économie". La mise en oeuvre de ses recommandations donne lieu, dans le cadre partenarial du
conseil national de l?industrie, à l'identification des enjeux de la normalisation dans deux domaines
particuliers : les industries du futur et les industries de sécurité.
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Des démarches sont également poursuivies dans le sens d'une amélioration de la
performance du système français de normalisation, en particulier sur la participation des parties
prenantes aux travaux et la simplification - sécurisation du processus normatif.
Mesure
Porter au débat du CNTE d?ici la fin de l?année 2016 un document d?orientations visant à :
- Décrire les processus de normalisation et leur impact sur l?environnement;
- Encourager l?implication des parties prenantes dans le processus de normalisation et
favoriser la cohérence entre la réglementation et la normalisation.
Objectif 4 ? Des solutions pour la mer et l?océan
La mer et le littoral sont le support de développement de nombreuses activités économiques
porteuses d?emploi. Or, les changements en cours sont plus rapides que les capacités d?adaptation
des mers et des océans, qui jouent aussi un rôle crucial dans la régulation du climat. C?est donc un
enjeu majeur de maintenir la résilience des écosystèmes marins et littoraux face au rythme des
changements climatiques, et de prévoir dès à présent les mesures d?adaptation ou d?atténuation de
leurs effets, afin de préserver les capacités de développement durable des activités liées à la mer.
4 a : Adapter les territoires littoraux au changement climatique
Contexte
La protection et la valorisation des espaces naturels constituent des solutions efficaces et peu
coûteuses pour favoriser l'adaptation des territoires littoraux au changement climatique, qui est une
priorité reconnue par la COP 21. L'accompagnement de cette dynamique d'adaptation nécessite de
renforcer, en métropole et en outre-mer, la protection d'espaces terrestres littoraux qui doivent
jouer le rôle de « fenêtres naturelles ouvertes sur la mer ». La protection de ces espaces doit offrir les
effets positifs cumulés suivants : prévention des risques, refuge de biodiversité, ressourcement et
accès à la mer pour les populations, coupures d?urbanisation et continuités écologique et paysagère.
En outre-mer plus particulièrement, cette adaptation passe par la mise en place d?une gestion
intégrée des zones côtières reposant sur la préservation des écosystèmes littoraux (mangroves, récifs
coralliens, ?) pour limiter les effets du changement climatique et l?évolution du trait de côte.
Mesure
Les parties prenantes du littoral mèneront une action de valorisation et de sensibilisation
comprenant:
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- un objectif d?acquisition de 500 ha par an « en zones basses » par le
Conservatoire du littoral qui réponde à la fois à des enjeux d?adaptation au changement
climatique et de préservation de la biodiversité littorale ;
- la réalisation d?opérations de revitalisation de friches, de création de jardins éducatifs et
de sentiers pédestres le long du littoral, en partenariat avec les collectivités, les
entreprises et leurs fondations, et d'autres acteurs de la société civile ;
- une action de sensibilisation et de mobilisation des citoyens sur les enjeux liés à
l'évolution du littoral, avec notamment la création d?une application smartphone pour
suivre les évolutions du trait de côte sur le littoral ;
- la communication des résultats des travaux lancés par l?Etat sur l?évaluation des services
rendus par les écosystèmes marins et sur les impacts cumulatifs ;
- la conduite à partir de 2016 d?un nouveau programme d?actions pour 3 ans dans le cadre
de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte favorisant l? articulation sur
les territoires littoraux des dispositifs de prévention des risques, d?aménagement du
territoire et de protection de l?environnement.
4b : concilier entre eux les différents usages de la mer
Mesures
- Faciliter la réalisation des projets d'énergies renouvelables en mer, en examinant les règles
de cohabitation avec les autres activités (trafic maritime, pêche, loisirs nautiques) et en
mobilisant l?ensemble des filières concernées, en lien avec les conventions internationales.
Capitaliser sur les projets en cours pour élaborer des lignes directrices permettant de
concilier mieux éolien en mer et activité de pêche.
- Sur la base des projets les plus avancés dans les eaux françaises, définir un référentiel
d?analyse des risques inhérents à la circulation maritime qui peut être très significative dans
certains secteurs (Manche et mer du Nord par exemple) autour des sites envisagés, afin
d?optimiser la prise en compte de ces derniers.
- Etablir la Stratégie Nationale mer et littoral pour novembre 2016 et mettre en place à
l?horizon 2018 les documents stratégiques de façade et de bassin maritime comprenant la
planification des espaces maritimes permettant de concilier l?ensemble des usages dans une
optique de développement durable.
- Mobiliser le Programme Investissement d?Avenir ?PIA- pour soutenir, via des appels à
projets, l?émergence de ports exemplaires, et de projets de « ports à énergie positive » pour
accélérer le déploiement des carburants alternatifs, inscrire les ports dans la transition
écologique, et développer la valorisation des produits de dragage de sédiments.
18
- Réduire les pollutions en mer et les émissions de soufre des navires : porter à
l?OMI la proposition de limiter la teneur en soufre des combustibles marins à 0,5 % en masse
en dehors des zones d?émissions contrôlées de soufre, dès 2020, et sans attendre 2025.
4c: Renforcer et améliorer la gestion des aires marines protégées
Sur la base des engagements du gouvernement en matière de création d?aires marines protégées, en
2017, le réseau des aires marines protégées couvrira plus de 20 % des eaux sous juridiction française,
en avance de trois ans sur les objectifs de la stratégie nationale de création et de gestion des aires
marines protégées 2012-2020. Ces zones doivent être gérées de façon appropriée pour pleinement
jouer leur rôle environnemental et climatique mais aussi social et pour la croissance bleue.
Mesure :
Mettre en place les moyens de gestion des différentes catégories d?aires marines protégées, en les
adaptant aux enjeux, avec les acteurs concernés. En complément, il s?agira de déployer, avec la
mobilisation du Centre d?Appui au Contrôle de l?Environnement Marin mis en place par le MEEM au
CROSS Etel, l?organisation interministérielle de l?action de l?État en mer pour la surveillance et le
contrôle des activités ayant un impact sur l?environnement marin y compris dans les aires marines
protégées.
1. Contexte et enjeux
Pour réussir la transition écologique, il est non seulement nécessaire de développer les nouvelles
technologies de la « croissance verte » (sobriété énergétique, énergies renouvelables, amélioration
de la qualité de l'air, de l'eau...), mais il est également primordial de changer nos comportements,
nos modes de consommation et de production. Ces deux évolutions doivent être conduites de façon
simultanée afin d?assurer le déploiement de la croissance verte. Cependant, ces changements ne se
font pas sans heurts et nous devons en anticiper les conséquences, positives comme négatives, afin
de faciliter cette transition initiée par la société qui concilie l?action des citoyens et de l?Etat et se
diffuse sur l?ensemble des territoires métropolitains et ultra-marins.
Au plan institutionnel, le contexte est marqué par le poids de la charge de la dette publique, se
traduisant par une volonté de maîtrise des finances publiques, qui réduit les possibilités
d?intervention directe. De plus, la nouvelle répartition des compétences entre l?Etat et les Régions
modifie structurellement le pilotage des politiques publiques territoriales. Sur un plan sociétal
l?attente des différents acteurs vis-à-vis de l'Etat a évolué. Ils souhaitent un Etat plus ouvert, plus à
l?écoute dans l?exercice de ses missions et capable de faire évoluer l?action publique pour s?assurer
du bon accompagnement de la transition.
Il convient donc d?engager de nouvelles réflexions afin de faire évoluer les modes d?actions de l?Etat.
Ce dernier doit faire preuve d?originalité et d?innovation afin de répondre aux défis de la transition
écologique. Il doit écouter, accompagner, faciliter et encourager les actions des citoyens et des
territoires afin d?impliquer l?ensemble des acteurs dans la transition écologique.
Depuis 2012, les différentes conférences sont allées dans ce sens et contribuent à cette évolution.
Des réformes majeures sont d?ores et déjà engagées, telles que la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte, le projet de loi relatif à la biodiversité, la nature et les paysages,
le troisième plan national santé environnement ou la relance des politiques de l?eau et des paysages.
De nouvelles actions dans la continuité de ces grands chantiers ouverts par les conférences
environnementales sont à approfondir.
En ce sens, l?ouverture des données de l?Etat, l?amélioration de la performance environnementale de
ses services, le renforcement de la capacité d?adaptation et d?innovation des territoires ainsi que la
facilitation de la mobilisation des citoyens pour la croissance verte sont autant de leviers à mettre en
oeuvre en 2016.
22
2. Mesures
Objectif 5 - Développer l?ouverture des données (op en data)
La COP21 qui s?est tenue à Paris en décembre 2015 a donné à voir une mobilisation massive de la
société civile, preuve d?une prise de conscience accrue des citoyens de l?urgence d?agir et de la
multiplicité des solutions qu?il leur reste à inventer pour répondre au défi climatique.
En ce sens, sans minimiser le coût environnemental de l?usage accru de l?informatique, la transition
numérique qui est en marche offre des opportunités nouvelles à l?action citoyenne sans
intermédiation : celle-ci se nourrit de la mise en réseau des acteurs et des projets.
Consciente du rôle clé de l?ouverture des données dans la modernisation du rôle de l?Etat, la France
a ratifié depuis 2002 la Convention d?Aarhus qui prévoit l?accès aux données environnementales. Elle
est par ailleurs engagée activement dans le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert (PGO) pour
lequel elle a élaboré un plan national « Pour une action publique transparente et collaborative ».
Aussi, en 2016, l?accent sera mis sur l?accessibilité d?un plus grand nombre de données partagé avec
le plus grand nombre de personnes, notamment dans les secteurs des transports, agricoles et
forestiers. Cette ouverture des données permet de donner la capacité à toutes les parties prenantes
d?évaluer les politiques publiques et de comprendre les critères de décision, notamment dans les
grands projets. Elle permet en outre de diminuer l?asymétrie d?information entre opérateurs et
décideurs dans la prise de décisions afin d?affiner la connaissance des territoires et de stimuler leur
dynamisme.
5a : Mettre les données des opérateurs de transport à la disposition du public et des
entreprises
Mesure
Des travaux sont conduits par les professionnels du transport public, les régions et le ministère en
charge des transports pour mettre en place avant fin 2016 des plateformes de données réutilisables
par les fournisseurs de services d?information multimodale.
- Mise en place par le CEREMA d?un observatoire de l?ouverture des données du secteur des
transports, permettant de vérifier la suite donnée aux nouvelles dispositions législatives. Cet
observatoire comprendra des indicateurs quantitatifs (concernant les données ouvertes) ou
qualitatifs (concernant les réutilisations). Une première version sera disponible fin 2016.
23
- Échanges avec les autorités organisatrices (GART, ARF,?.) et les opérateurs de
transport (Transdev, SNCF, Air France,?) pour accompagner la mise en oeuvre des mesures
(décret d?application, possibilité d?adoption de protocoles).
- Dès 2016, homologation par l?administration de protocoles établis par les opérateurs de
transport ou les autorités organisatrices pour définir les modalités d?ouverture de leurs
données.
5b : Développer la Green Tech Verte et les pratiques de mise à disposition des
données pour créer de nouveaux services
Contexte
Accélératrice d'une mutation en profondeur de nos sociétés, la révolution numérique facilite
la mise en oeuvre des innovations à grande échelle et leur appropriation par un large public.
Elle accompagne aussi le changement de posture de l?Etat vis-à-vis de l?usage de ses
données. Les Hackathons sont ainsi l?exemple d?une collaboration fructueuse entre les
services de l?Etat et la société civile pour stimuler l?innovation de services dans le domaine de
la transition écologique.
Mesures
- Faciliter l'émergence de nouveaux talents en faveur de la transition écologique :
L'appel à projets « Green Tech » sera pérennisé. Un objectif de parité femme
homme sera poursuivi. Un partenariat « numérique et transition écologique et
énergétique » sera en outre développé au sein de la Grande école du numérique.
- Ouvrir de nouveaux champs dans l?open data : Un hackathon « santé
environnement » sera proposé pour croiser les données environnementales avec
celles relatives à l'état de santé des populations. En partenariat avec la plateforme
nationale de la RSE, un hackathon sur les données extra-financières des entreprises
et les données d?impact environnemental des produits sera proposé.
- Mettre les technologies au service de l'exercice de la citoyenneté dans le domaine
environnemental : la « Civic tech » consiste à développer des systèmes numériques
de participation citoyenne, pour un débat public élargi autour des enjeux
environnementaux, incluant la notification de dysfonctionnements ou d?alertes.
- Alimenter sur les thèmes du dérèglement climatique et de la biodiversité, le
Partenariat pour le gouvernement ouvert (PGO), dont la France prendra la
présidence en octobre 2016, avec l?organisation américaine World Resources
Institute, et dont elle organisera le Sommet mondial en décembre 2016.
24
- Mise en place d?une passerelle permettant l?open data des données sur
l?eau : le projet « Hub?eau » de simplification de l?accès aux données sur l?eau,
développé en 2016, a pour objet d?apporter une réponse adaptée à cette cible de
(ré) utilisateurs. Il vise à assurer un passage des données du SIE vers le monde de
l?open data : transformation de formats, adaptation de leurs structures et
réintégration des données pivot. Les 3, 4 et 5 juin, un Hackathon sur la biodiversité a
ainsi réuni des développeurs informatiques, des scientifiques, des data-journalistes,
des web designers, des décideurs et acteurs du domaine de l?eau et de
l?environnement afin de tester en grandeur réelle cette plateforme Hub'Eau, de
participer à sa définition et de contribuer à faire naître un écosystème d'utilisateurs
des données sur l?eau.
- Mettre en place le superviseur des données pour veiller à l?ouverture des données du
Ministère de l?Environnement, de l?Energie et de la Mer, en collaboration avec
l?administrateur général des données.
- A partir des données ouvertes sur la biodiversité proposer des outils d?évaluation de
la qualité du patrimoine naturel de l?Etat.
5c : Mobiliser les données des secteurs agricoles et forestiers pour modéliser et réduire
les émissions de gaz à effet de serre dans les territoires
Mesures
- Etablir des bilans gaz à effet de serre (GES) pour chacun des secteurs des filières
agricoles, de la forêt et du bois, en tenant compte des émissions induites et évitées,
directement ou indirectement, notamment avec l'outil ClimAgri de l'ADEME.
- Ces bilans devront mettre en perspective les aspects de court, moyen et long terme, y
compris la vulnérabilité au changement climatique. Pour le secteur agricole, il s?agira
également d?évaluer l?impact des mesures agro-environnementales et climatiques
(MAEC) de la politique agricole commune (PAC), en termes d?émissions de GES, ainsi
qu?en termes de vulnérabilité au changement climatique. Cette évaluation sera
programmée en 2018 concernant la première année de la PAC, celle-ci étant entrée en
vigueur en 2015. Pour pouvoir apprécier les évolutions, les dimensions relatives aux
GES et à la vulnérabilité seront insérées dans l'évaluation des MAEC de la PAC 2015-
2020 qui sera conduite à compter 2021.
- En cohérence avec la mesure n°6b, l?ADEME déploiera les outils de diagnostic local de
vulnérabilité de l?agriculture et de la forêt aux impacts du changement climatique ; elle
en assurera le suivi dans le temps, par l'utilisation de l?outil ClimAgri dans les plans
énergie climat territoriaux et la production de guides méthodologiques.
25
Objectif 6 - Les territoires mobilisés pour la tran sition
écologique
Afin de renforcer l?implication des territoires dans la transition écologique, l?Etat doit faciliter
et accompagner le déploiement de solutions à l?échelle locale. Pour se faire, il convient à la
fois de dresser le bilan des bonnes pratiques existantes et d?en élaborer de nouvelles avec
l?ensemble des acteurs territoriaux. En 2016, ce travail de co-construction avec les parties
prenantes portera principalement sur le climat et l?emploi afin de faire des territoires l?un des
piliers de la croissance verte.
6a : Faire l?évaluation et le bilan du dispositif des Territoires à énergie positive pour
la croissance verte
Contexte
Les territoires à énergie positive créés par la loi de transition énergétique pour la croissance
verte ont pour objectif de lancer des actions concrètes, au plus près du terrain, de la
transition écologique et énergétique dans 6 secteurs : bâtiment, mobilité durable, énergie
propre, économie circulaire, démocratie participative, biodiversité. Un premier bilan des
actions engagées sur les territoires a été établi début avril, avec notamment une baisse des
émissions de gaz à effet de serre équivalent à la consommation annuelle de 70 000 voitures.
Mesures
Mettre en oeuvre un dispositif de suivi, d'animation et d'évaluation des programmes d?action
des territoires pour :
- Mesurer régulièrement les résultats obtenus et confirmer la réalisation des
objectifs quantitatifs (atténuation du changement climatique, autres
bénéfices environnementaux, création d?emplois?) et qualitatifs (mise en
mouvement des territoires, impact sur la gouvernance locale, sur les mises
en synergie créées?)
- Valoriser les effets levier sur le territoire
Une base de données relative aux caractéristiques des TEPCV et des actions mises en oeuvre
en leur sein sera réalisée, en format accessible (pas seulement des documents en format
PDF), pour faciliter le retour d?expériences et partage de bonnes pratiques, et mettre en
commun les critères d?appréciation.
26
L?animation des TEPCV permettra d'identifier, de diffuser les bonnes pratiques,
d?accompagner les collectivités, et de nourrir la mise en oeuvre du dispositif à partir du retour
d?expérience.
6b : Lancer la révision du plan national d?adaptation au changement climatique en
mobilisant l?ensemble des parties prenantes
Contexte
Après la réussite de la COP21, il convient de définir la politique d?adaptation de la France en
conformité avec l?Accord de Paris. L?objectif est ainsi de viser une adaptation effective dès le
milieu du XXIe siècle à un climat régional en France métropolitaine et dans les outre-mer
cohérent avec une hausse de température de +1,5/2 °C au niveau mondial par rapport au
XIXe siècle. Il est proposé de lancer une démarche de concertation pour parvenir à une vision
partagée du rôle de chacun pour l?adaptation au changement climatique.
Mesure
Élaborer d'ici décembre 2016 des propositions pour l?adaptation des territoires au
changement climatique selon 6 dimensions :
o «gouvernance et pilotage»,
o «connaissance et information», incluant la sensibilisation,
o «prévention et résilience»,
o «adaptation et préservation des milieux»,
o «vulnérabilité de filières économiques»,
o «renforcement de l?action internationale».
Il sera tenu compte des spécificités des outre-mer et des thématiques prioritaires mises en
avant par le rapport du CGEDD, la ressource en eau, les zones littorales et les villes.
L?articulation territoriale fera également l?objet d?une attention particulière.
Un groupe de travail transversal et inter-niveaux (national, régional, local) dédié à la
gouvernance du plan sera constitué dès que possible pour définir les modalités de pilotage,
de consultation, de conduite et de rapportage du plan. Ce groupe de gouvernance étudiera la
meilleure manière d?associer les CESER à l?élaboration du plan. Les recommandations de ce
groupe devront être présentées en CNTE de préférence fin octobre 2016.
Les propositions seront incorporées aux politiques sectorielles. L?adoption formelle du plan,
au plus tôt au 1er trimestre 2017, sera accompagnée d?un appel à initiatives pour identifier
27
et expérimenter des actions locales d?adaptation au changement climatique à
l?initiative de collectivités territoriales.
6c : Développer au niveau des territoires les compétences professionnelles
nécessaires aux métiers de demain
Mesures
- Créer une plateforme numérique et participative à destination des formateurs de
formateurs et enseignants de l?enseignement supérieur.
o La plateforme sera lancée au sein d?un incubateur numérique par la Conférence des
présidents d?universités (CPU) et la Conférence des grandes écoles (CGE) avec les
réseaux de l?enseignement supérieur et des acteurs publics et privés.
o Elle sera enrichie de façon collaborative par de nouvelles communautés de
formateurs et professionnels travaillant à la mise en oeuvre de la transition
énergétique et écologique.
- Accompagner les transitions professionnelles vers les métiers de la transition
énergétique et écologique dans les territoires, en recherchant une synergie avec la
plateforme commune Etat-Régions « ensemble pour l?emploi » signé le 30 mars 2016 :
o expérimenter dans des territoires la coopération entre les acteurs territoriaux de
l?emploi et de la formation, les Directions Régionales de l'Environnement, de
l'Aménagement et du Logement (DREAL) et les ONGE au travers d?une structure
régionale inspirée du fonctionnement du CNTE pour travailler sur les volets
régionaux des plans de programmation de l?emploi et des compétences. Une
attention particulière sera portée aux métiers de la biodiversité et plus largement de
la transition écologique (économie circulaire par exemple) en complément de ceux
concernés par la transition énergétique.
o déployer un kit d?accompagnement dans des bassins d?emplois fragilisés, en accord
avec la mise en oeuvre des mesures de la conférence sociale 2015. Ce Kit pourra être
présenté lors d?une réunion du CNTE afin de discuter les modalités de sa diffusion
dans les territoires.
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Objectif 7 - Construire avec les citoyens le cadre de la
transition écologique
La transition vers un modèle de croissance durable ne peut se faire sans l?implication des
citoyens.
Les précédentes conférences environnementales ainsi que la COP21 ont déjà démontré la
mobilisation de la société civile dans l?action pour la préservation de notre planète. Pour
répondre à cette attente forte, l?Etat doit développer des outils en matière de concertation
et renforcer ses dispositifs de sensibilisation à l?action environnementale auprès de tous les
citoyens.
7a : Élaborer et mettre en oeuvre la "Charte de la participation du public" dans les
territoires, et développer les bonnes pratiques
Contexte
Sous l?impulsion du Président de la République, la conférence environnementale 2014 a
ouvert la question de la réforme du dialogue environnemental et de la démocratie
participative en France. La remise en juin 2015 du rapport de la commission spécialisée sur la
démocratisation du dialogue environnemental a permis à l?État de proposer deux projets
d?ordonnances relatives au dialogue environnemental, qui ont fait l?objet d?un avis du CNTE.
Mesures
- Mettre à disposition une « Charte de la participation du public » à paraître à l?été
2016. L?État mobilisera les porteurs de projets, l?ensemble de ses services et les
associations pour un endossement de cette charte par tous les acteurs de la société,
en soumettant notamment cette Charte à la concertation publique sur internet au
printemps 2016.
- Fédérer les acteurs associatifs et institutionnels de la participation dans un projet de
création d?un centre de ressources permettant de rassembler notamment les guides
et méthodes existants, en termes de participation du public et permettant de
valoriser les bonnes pratiques.
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7b : Valoriser et faire connaître en France les Objectifs de Développement
Durable de l?Agenda 2030
Contexte
L?Agenda 2030 et les 17 Objectifs du Développement Durable (ODD) adoptés par les Nations
Unies le 25 septembre 2015, deux mois avant la COP21, constituent la nouvelle feuille de
route internationale vers un développement durable. Alors que les Objectifs du Millénaire
pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 concernaient les seuls pays en
développement, les ODD sont universels et doivent être mis en oeuvre par tous les Etats.
Afin de donner l?impulsion internationale nécessaire à la réussite de l?Agenda 2030, la France
s?est portée volontaire pour une revue nationale de sa démarche de mise en oeuvre nationale
dès le Forum Politique de Haut Niveau de juillet 2016, aux côtés d?une vingtaine d?autres
Etats. Les indicateurs mondiaux de suivi des ODD étant en 2016 en cours de définition, le
premier rapport de la France portera sur un état des lieux qualitatif au regard des 17 ODD.
Un comité interministériel du développement durable pourra donner l?impulsion politique
nécessaire à la démarche.
Mesures
- Les 6 & 7 juin - en conclusion de la semaine de développement durable du 30 mai au
5 juin ? ont été organisés des ateliers de concertation, avec les parties prenantes
pour lancer la démarche de mise en oeuvre nationale de l?Agenda 2030 du
développement durable.
- Conduire, au-delà, une concertation en réunissant les membres du Conseil national
de la transition écologique (CNTE) et le Conseil national du Développement et de la
Solidarité internationale (CNDSI), et tous les acteurs pertinents, notamment des
sphères sociale et éducative, ainsi que le Conseil économique social et
environnemental (CESE) et les CESER.
- Dresser un diagnostic qualitatif et partagé de l?état de la France au regard des 17
ODD et dessiner les premières orientations stratégiques en vue de leur atteinte.
La prochaine édition du Forum des ressources pour l'éducation au développement durable, en
janvier 2017, portera sur les ODD.
7c : Faciliter l?engagement citoyen pour l?accompagnement énergétique et écologique
Contexte
La volonté du gouvernement de créer une véritable culture de l?engagement a été
récemment renforcée, d?une part, par les mesures adoptées lors du comité interministériel à
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l?égalité et à la citoyenneté du 13 avril 2016 et, d?autre part, par le projet de loi Égalité
Citoyenneté présenté au conseil des ministres le même jour. Les possibilités d?engagement
des jeunes, au travers notamment du service civique, sont étendues à l?engagement des
actifs et, à ce titre, la thématique de la transition écologique en sera bénéficiaire notamment
à travers la reconnaissance de l?engagement associatif.
Mesures
- Élargissement des possibilités d?engagement pour tous dans le projet de loi « égalité
citoyenneté »:
o une réserve citoyenne accessible à tout âge pouvant donner lieu à des missions
bénévoles auprès d?autorités publiques ou d?associations dans le cadre de la
transition énergétique et écologique,
o l?engagement de service civique dont les modalités évoluent pour diversifier les
structures d?accueil et élargir les champs d?intervention ;
o un congé d?engagement, accessible à tous les salariés et les agents publics dirigeants
associatifs pour exercer leurs fonctions bénévoles au sein d?associations d?intérêt
général ;
o la valorisation obligatoire des compétences au sein des formations supérieures,
connaissances et aptitudes acquises par les étudiants à l?occasion d?activités
bénévoles et volontaires.
- Création, dans le projet de loi « nouvelles libertés et nouvelles protections pour les
entreprises et les actifs », d?un compte engagement citoyen au sein du compte personnel
d?activité, accessible dès 16 ans aux fins de recenser leurs activités bénévoles ou volontaires.
- Mise à disposition d?une meilleure information sur les possibilités d'engagement ainsi que
sur les congés existants avec des outils adaptés réalisés par le ministère de la ville, de la
jeunesse et des sports et diffusés par le MEEM. Le MEEM mettra, par ailleurs, à jour, de
manière concertée, la liste des commissions consultatives ouvrant droit à indemnisation pour
le congé de représentation relevant de son champ.
- Mission au conseil général de l?environnement et du développement durable (CGEDD) sur
l?accompagnement à la formation des dirigeants bénévoles d?associations
environnementales, complémentaire à l?accompagnement existant pour tous les bénévoles,
en cohérence avec les orientations et les modalités d?accès au fonds pour le développement
de la vie associative.
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7d : Partager, suivre et évaluer les pratiques de sensibilisation à l?environnement
Mesure
- L?État accompagnera l?initiative du CFEEDD et du CNAJEP pour la mise en place, en 2016, à
partir de 4 territoires pilotes, d?un observatoire des pratiques de sensibilisation et
d?écocitoyenneté dans les territoires
o Pour mieux partager et diffuser la connaissance des changements de comportements
par la mutualisation des données et recueils d?initiatives existantes, l?évaluation et la
cartographie des pratiques et dynamiques citoyennes et d?organisation des acteurs,
en accompagnement de projets de territoires pour la transition écologique
(« territoires à énergie positive pour la croissance verte », territoires « zéro déchet,
zéro gaspillage », démarche « Terre saine », etc.).
o en associant l?Espace national de concertation pour l?éducation au développement
durable (EEDD), groupe de dialogue ouvert et volontaire au niveau national, pour
construire, suivre et partager les résultats de cet observatoire.
7e : Étendre les aires marines éducatives
Contexte
Afin de renforcer l?action gouvernementale en matière d?éducation au Développement durable
dans la continuité des avancées permises par l?adoption des Objectifs du Développement durable
et de l?Accord de Paris en 2015, cette mesure propose d?étendre les aires marines éducatives en
2016. L?enjeu est d?initier de nouvelles actions pédagogiques territorialisées visant la
dissémination des savoirs scientifiques, la protection de l?environnement et l?éducation
citoyenne des jeunes publics. Pour amorcer ces logiques, il est proposé de tester au niveau
national l?expérience des aires marines éducatives polynésiennes. Cette démarche une fois
structurée pourra s?ouvrir à toute école volontaire. Des extensions au secondaire pourront être
envisagées, mais également son ouverture sur des espaces terrestres (cours d?eau, forets, etc.).
Dans ce contexte, une « aire marine éducative » est une zone maritime littorale de petite taille
(quelques hectares) gérée de manière participative (sans outil réglementaire) par les élèves
d?une école primaire suivant des principes définis par une charte. Il s?agit d?une démarche
volontaire. Elle constitue un projet pédagogique et éco-citoyen de connaissance et de protection
du milieu marin par des jeunes publics. L?« aire marine éducative » fait appel à l?expertise de
l?école et de la commune concernée, d?associations d?usagers ou de protection de
l?environnement, d?établissements publics, de centres de recherche et d?acteurs spécialisés.
Cette initiative est née en 2012 aux Marquises (en Polynésie française).
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Mesure
- Lancer la phase pilote de mise en place de 6 « aires marines éducatives » au niveau
national (3 en métropole et 3 en outre-mer) à la rentrée scolaire 2016-2017, en
rassemblant les compétences des ministères de l?environnement, de l?éducation
nationale et de l?outre-mer et de l?Agence des aires marines protégées (et future Agence
Française de la Biodiversité) en lien avec des collectivités locales et des établissements
scolaires de primaires volontaires, mais aussi avec des associations et toutes entités
motivées pour accompagner la démarche.
- Cette phase pilote devra permettre le cadrage de la démarche globale, d?organiser les
partenariats et les financements afin d?offrir un cadre serein et structuré aux futures
écoles volontaires. L?enjeu est de pouvoir déployer d?autres AME et de s?appuyer
également sur les initiatives existantes menées par nombres de collectivités et
associations.
Objectif 8 ? Renforcer les engagements de l?adminis tration
pour une meilleure performance environnementale
Afin d?assurer la réussite de la transition énergétique pour la croissance verte, l?Etat doit se
doter d?outils innovants pour devenir plus sobre. Il convient à la fois de poursuivre l?action de
l?administration vers la neutralité carbone grâce aux actions concrètes issues du plan
« administration exemplaire » mais aussi d?orienter davantage les marchés publics vers des
achats durables et respectueux de l?environnement.
8a : Transformer les comportements au sein de l?administration
Mesures :
- Amplifier les actions portant sur la réduction de l?empreinte carbone et plus
largement de l?empreinte écologique de l?administration initiées début 2015 dans le
cadre du plan d?actions interministériel « Administration exemplaire » pour la
période 2015-2020 ou d?en initier de nouvelles en 2016 dans le cadre d?une feuille
de route interministérielle pour faire suite aux engagements pris pendant la COP21.
- Présenter les meilleures mesures pour réduire l?empreinte carbone des ministères.
Ces mesures seront issues d?une part des plans ministériels « Administration
exemplaire » pour une mise en oeuvre en 2016 par tous les ministères dans le cadre
de cette feuille de route, d?autre part des meilleures mesures identifiées de
manière générale pour la réduction de leur empreinte écologique.
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8b : Utiliser les marchés publics pour favoriser les biens et services durables
Contexte :
La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte dispose
que « La commande publique tient compte notamment de la performance environnementale
des produits » (article 144). Elle prévoit également une mobilisation de l?ensemble du secteur
public en matière d?éco-responsabilité.
Le décret n° 2016-360, entré en vigueur depuis le 1er avril 2016, donne un nouveau cadre à
la commande publique et permet une meilleure prise en compte des caractéristiques
environnementales dans l?achat public (notion de cycle de vie).
Par ailleurs, le décret n°2016-412 du 7 avril 2016 relatif à la prise en compte de la
performance énergétique dans certains contrats et marchés publics oblige l?État et ses
établissements publics administratifs à acheter ou à prendre en location des produits,
services ou bâtiments à haute performance énergétique. Il permet également de mettre en
oeuvre concrètement l?accord de Paris.
Mesures :
- Préciser par décret la définition de la performance environnementale en application
de l?article 144.
- Former les acheteurs publics et leur mettre à disposition de méthodes et d?outils
pour bien utiliser les clauses et les critères environnementaux d'attribution des
marchés relatifs à la transition bas-carbone, à la transition vers l'économie circulaire,
à la lutte contre la déforestation importée à travers les achats de bois et de produits
agro-alimentaires, à la prise en compte des circuits courts ou du « coût » du cycle de
vie.
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36
1. Contexte et enjeux
Pour réussir la transition écologique, il est nécessaire d?articuler le bien-être de chacun avec une
nature saine et florissante. Cette ambition nous impose d?accorder une valeur fondamentale aux
éléments qui nous entourent et nous amène à protéger les milieux pour améliorer notre cadre de vie
et la santé de tous. Ainsi, l?eau, la biodiversité, l?habitat durable, la santé doivent faire l?objet de
démarches responsables et ambitieuses qui s?articulent entre elles et nous accompagnent au
quotidien.
Cette priorité au respect des écosystèmes que nous devons intégrer dans toutes les politiques que
nous menons exige de mieux planifier l?activité humaine, en intégrant dès la phase initiale du projet,
les impacts sur l?environnement et les moyens pour éviter et réduire ces impacts. Nous devons par
ailleurs être en mesure d?évaluer les impacts de l?activité humaine sur la dégradation de notre cadre
de vie et sur la santé des écosystèmes comme des êtres humains. Ces impacts doivent être
compensés pour conserver l?équilibre global de notre environnement. Cette compensation doit
également faire l?objet d?une analyse en termes de coûts économiques et sociaux. Nous devons
parvenir à chiffrer le coût des atteintes à notre environnement.
Cette table ronde abordera donc l?ensemble des actions nécessaires, de façon transversale en
matière d?atteintes aux milieux, et transversale également en matière de type d?actions à mener,
qu?elles soient préventives ou curatives.
37
2. Mesures
Objectif 9 : Améliorer et préserver la qualité de l ?eau
9a : Accompagner les collectivités dans la réalisation de projets dans le domaine de l?eau
Contexte
Les lois de décentralisation (loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l?action publique territoriale
et d?affirmation des métropoles MAPTAM et loi du 7 août 2015 portant sur la nouvelle organisation
territoriale de la République NOTRe) modifient l?organisation des compétences des collectivités en
leur confiant dès 2018 la compétence de « gestion des milieux aquatiques et de prévention des
inondations » (GEMAPI) et en transférant à l?horizon 2020 les compétences relatives à l?eau potable
et à l?assainissement à l?échelon des établissements publics de coopération intercommunale. Les
collectivités disposeront ainsi d?une dimension optimale pour mettre en oeuvre leurs projets dans le
domaine de la politique de l?eau. Dans ce nouveau paysage institutionnel, les groupements mettant
en oeuvre la politique de l?eau doivent être confortés aux échelles pertinentes pour la gestion de
l?eau, en veillant à la cohérence hydrographique de leurs interventions, au renforcement des
solidarités ainsi qu?à la gestion durable des équipements structurants du territoire, tout en veillant à
l?accès à l?eau dans des conditions économiquement acceptables pour tous.
Mesure : accompagner les collectivités et les acteurs du territoire afin de préparer la mise en oeuvre
de cette nouvelle organisation de leurs compétences, dans la perspective de :
- l?établissement d?une Stratégie d?organisation des compétences locales de l?eau (SOCLE) dans
chaque grand bassin qui servira de guide aux collectivités pour structurer leurs compétences à
des échelles cohérentes pour la gestion de l?eau et la solidarité territoriale et conforter les
services publics. Une circulaire sera adressée aux préfets coordonnateurs de bassin en 2016,
pour qu?ils arrêtent une première version de la SOCLE, à l?échéance du 31 décembre 2017. Cette
première SOCLE est établie en s?appuyant sur les instances de gouvernance dans le domaine de
l?eau, afin d?associer des représentants de tous les acteurs concernés (comités de bassin,
commissions locales de l?eau). La SOCLE sera révisée et annexée au SDAGE, pour sa prochaine
mise à jour prévue en 2021 ;
- en métropole, la réalisation d?un programme de grands travaux pour la réduction des fuites dans
les réseaux d'eau potable et d?assainissement (connaître l?état des réseaux, faciliter le
renouvellement des réseaux, améliorer la gestion patrimoniale des réseaux). Au-delà des
incitations réglementaires et fiscales déjà existantes, les agences de l?eau soutiennent
financièrement dès 2016 les collectivités dans les démarches de diagnostic et d?amélioration du
rendement des réseaux d?eau potable. Simultanément, la Caisse des Dépôts et Consignations a
amélioré son offre de prêts pour les infrastructures d?eau et d?assainissement ;
38
- en Outre-mer, un plan d?action est mis en oeuvre pour accompagner les services
d?eau potable et d?assainissement sur leur structuration et leurs modes de fonctionnement dans
l?objectif d?améliorer le service rendu à l'usager. Une circulaire sera adressée aux Préfets en
2016, pour décliner ce plan d?action sur le terrain en mettant en synergie tous les financeurs
(Agence Française de Développement, Caisse de Dépôts et consignations) et contractualiser avec
les collectivités. L?objectif est de mettre en place les conférences régionales des acteurs, de
lancer les premiers appels à projet fin 2106, et de signer les premiers contrats d?objectifs avec les
collectivités en 2017.
9b : Renforcer la protection des 1000 captages d?eau prioritaires
Contexte
Les 1000 captages d?eau prioritaires ont été identifiés dans le cadre des Schémas directeurs
d?aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) adoptés en décembre 2015, qui encouragent par
ailleurs des mesures de prévention des pollutions sur l?ensemble des captages. Néanmoins, la mise
en oeuvre de la préservation des captages se heurte à de nombreux obstacles, chaque territoire
ayant ses propres difficultés.
Il apparait nécessaire de mettre en place, dans un cadre de co-construction, avec l?ensemble des
partenaires, une nouvelle organisation capable de répondre aux réticences et aux difficultés des
acteurs locaux, en articulant les outils régaliens et contractuels, à décliner localement en fonction
des enjeux des territoires.
Mesure : définir d?ici fin 2016 une nouvelle instruction gouvernementale décrivant les solutions à
mettre en oeuvre dans les différents captages :
- établir un diagnostic partagé : identifier collégialement les points de consensus et de dissensus
sur la gouvernance, l?efficacité des plans d?action, les outils réglementaires et fonciers, les enjeux
économiques, les aides aux agriculteurs, la mobilisation des filières et sur la question spécifique
des grandes aires d?alimentation des captages ;
- mettre en place des outils de connaissance et d?accompagnement, notamment à travers la mise
en place d?un centre de ressources, et légitimer les gouvernances nouvelles définies.
9c : Optimiser l?usage de l?azote minéral
Contexte
Les productions agricoles sont fortement dépendantes des éléments fertilisants nécessaires à la
croissance des plantes et à la qualité des productions.
Si ces éléments peuvent être mobilisés par les plantes via le sol ou l'atmosphère (pour les
légumineuses et l'azote par exemple), des apports de matières fertilisantes complémentaires sont
39
souvent nécessaires pour satisfaire les besoins des productions, via la valorisation des
produits résiduaires organiques, et plus particulièrement des effluents d'élevage, et via le recours
aux engrais minéraux.
Le déséquilibre entre utilisation des fertilisants, besoins des plantes et capacité de stockage des
écosystèmes conduit à la pollution des ressources en eaux. Les territoires sont fortement inégaux
face à la disponibilité des produits résiduaires organiques. Par ailleurs, la production d'engrais
minéraux mobilise des ressources non renouvelables (gaz naturel, extractions minières, etc.). Ainsi, la
bonne valorisation des matières fertilisantes est un enjeu de compétitivité pour le secteur agricole
non seulement en termes de quantité, qualité et coût des productions mais également en termes de
sécurisation à long terme de l'accès aux matières fertilisantes et de réduction de l?utilisation des
engrais minéraux pour participer à la lutte contre le changement climatique.
Le Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) a été lancé conjointement par le ministère
de l?Environnement et le ministère de l?Agriculture, le 29 mars 2013. Ce plan s?inscrit dans une
démarche agronomique fondée notamment sur le respect de l?équilibre de la fertilisation et la
réduction globale du recours aux intrants. Un appel à projets pour soutenir 1500 méthaniseurs a été
ouvert en 2014 par la ministre de l?environnement.
Mesures
- Encourager le développement des légumineuses, des engrais verts et le maintien de la fertilité
des sols dans une dynamique agro-écologique ;
- Appuyer la prise en compte de l'enjeu azote dans les démarches collectives et notamment les
Groupements d?intérêt économique et environnemental en valorisant les initiatives
remarquables déjà reconnues et en développant des mesures systémiques et durables d?un point
de vue environnemental et économique (notamment en développant les MAEc) ;
- A partir de l'examen des premiers retours d'expérience issus de la mise en oeuvre du plan EMAA,
proposer des outils incitatifs favorisant la valorisation des digestats de méthaniseurs agricoles
normés, pour encourager l?utilisation de l?azote organique dans les territoires qui ont
principalement recours à des engrais minéraux (qui ont des incidences sur le changement
climatique, la qualité de l?air, de l?eau et de la biodiversité), en vue d'encourager les initiatives
vertueuses et de lever les freins potentiels à leur généralisation. Cette substitution de l?azote
minérale par de l?azote organique s?inscrira plus largement dans l?objectif général d?assurer
l?équilibre du bilan azote et de résorber là où c?est nécessaire les excédents d?azote.
40
Objectif 10 : Favoriser l?aménagement durable
10a : Encourager la mise en place de stratégies foncières durables pour lutter contre
l?artificialisation des sols
Contexte
L?artificialisation des sols constitue aujourd?hui l?une des principales atteintes portées à
l?environnement et à la biodiversité. Il convient de fournir les outils nécessaires à l?accompagnement
d?une stratégie foncière durable pour lutter contre l?artificialisation des sols.
Mesure : développer des outils pour accompagner la lutte contre l?artificialisation des sols :
- Accompagner les collectivités pour planifier à la bonne échelle par la diffusion d?un kit dédié
relatif aux outils mobilisables et parmi ces derniers ceux mis en place dans le cadre de la loi Alur
pour traiter les grands territoires dans le cadre de la mise en place des nouveaux schémas de
coopération intercommunale ;
- Agir sur « l?urbanisme commercial » en créant des partenariats de projets autour de sa
planification en vue de diffuser les bonnes pratiques et afin d?être plus efficace dans la lutte
contre l?artificialisation des sols ;
- Valoriser les territoires à « Nature positive » qui présentent un bilan positif de consommation
des sols et s?engagent à améliorer la qualité de vie en ville par la nature au travers d?une charte
nationale ;
- En appui aux collectivités, diffuser la connaissance en matière d?économie de l?urbanisme et les
leviers fiscaux mobilisables, développer le rôle des Etablissements publics fonciers (EPF d?Etat et
EPF locaux) en matière d?information
- Développer et renforcer les outils nécessaires à la lutte contre la spéculation foncière.
10b : Accompagner le développement d?un habitat durable adapté aux spécificités des
territoires
Contexte
Chacun passe près de 80% de son temps dans un bâtiment. Le développement d?un habitat durable
devient un défi majeur au croisement de nombreux enjeux dont celui de la lutte contre le
dérèglement climatique, illustré par l?émergence de bâtiments et quartiers bas carbone et à énergie
positive, et celui du vieillissement de la population, avec un besoin de logements modulables
permettant un maintien du confort d?usage. L?innovation est au coeur de l?habitat durable et
nécessite le développement de nouvelles solutions constructives valorisant les matériaux naturels,
l?économie circulaire et les filières locales.
41
Mesures
- Promouvoir une conception des bâtiments et des quartiers, sobre en ressources, à faible
émission de CO2, et à forte efficacité énergétique en publiant le référentiel des labels bâtiment à
énergie positive et bâtiment à haute performance environnementale prévus par la loi de
Transition énergétique pour la croissance verte intégrant l?échelle du quartier.
- Prévoir la possibilité pour le label d?aborder également les sujets de santé et bien-être (qualité
de l?air intérieur, acoustique?)
- Développer l?emploi et l?activité dans les filières de l?écoconstruction et des éco-
matériaux notamment par l?emploi des matériaux locaux et le développement d?emplois locaux :
o en valorisant les bonnes pratiques, et en favorisant la montée en compétence d?un
nombre suffisant de professionnels dans le cadre du plan amiante ;
o en lançant le concours international d?architecture pour des immeubles de grande
hauteur en bois prévu dans le plan ville durable de la nouvelle France industrielle ;
o en soutenant la création d?un réseau de collectivités engagées pour l?éco-
construction ;
o en accompagnant l'utilisation de nouveaux matériaux et modes constructifs en
Outre-Mer adaptés aux contraintes locales au travers des appels à projets lancés
dans le cadre du programme PACTE pour les territoires ultramarins ;
o en faisant évoluer le programme des écoles d?architecture pour mieux former à
l?utilisation des éco-matériaux.
- Installer le réseau des partenaires publics et privés de la ville durable et adopter son programme
de travail partenarial 2016-2017.
- Améliorer le confort d?usage des logements en proposant notamment un cadre de référence
pour le carnet numérique du logement et en élaborant une charte de l?éco-habitant avec les
parties prenantes.
- Mener une réflexion sur les conditions du déploiement du diagnostic de performance
énergétique en Outre-Mer, en vue de favoriser les économies d?énergie dans les constructions.
- Accompagner les collectivités dans la mise en oeuvre des dispositions introduites par l?article 8 de
la loi de transition énergétique pour la croissance verte afin de définir dans les PLU pour les
constructions, travaux, installations et aménagements des secteurs avec des objectifs de
performances énergétiques et environnementales ainsi qu?une production minimale d?énergie
renouvelable (kits?).
- Soutenir le développement d?opérations architecturales et urbaines expérimentales dans le
cadre d?Opérations d?intérêt national.
- Réviser pour en augmenter l?exigence, les arrêtés de 2007 fixant la réglementation thermique
dans les bâtiments existants.
42
10c : Développer des initiatives en matière d'agriculture urbaine et péri-
urbaine
Contexte
La vocation de l'agriculture est d'assurer la sécurité alimentaire des citoyens. Cette vocation est pour
l'essentiel assurée par les différents systèmes de production en place dans les zones rurales. Pour
autant, les modalités de production en zone péri-urbaine, généralement préexistante à
l?urbanisation, évoluent mais restent concurrencés par l?étalement urbain. Le développement des
villes et le fait que la majorité de la population habite en ville plaident pour assurer (ou conserver)
une fonction de production à ces espaces, en ville ou en périphérie de ville, enjeu
d'approvisionnement de proximité.
L'arsenal réglementaire pour limiter la consommation des espaces agricoles a déjà été renforcé. Il ne
s'agit pas de créer de nouvelles contraintes spécifiques mais d'améliorer l'information et la
sensibilisation des élus des collectivités territoriales en charge de l'aménagement urbain.
Mesures
- La création des observatoires régionaux de consommations des espaces agricoles, naturels et
forestiers sera encouragée. Ces observatoires régionaux alimenteront les travaux de
l'observatoire national (information, sensibilisation, méthodologie, suivi de l'évolution de la
consommation de ces espaces, élaboration de guide méthodologique, etc.).
- La création de zones agricoles protégées (ZAP) sera encouragée en particulier dans les zones
sous pression foncière avec des dispositifs de concertation pour mieux associer les
populations au projet agricole ;
- Mettre en place une charte éthique pour les membres des commissions départementales de
préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers.
- Encourager l'ancrage territorial de l'alimentation en développant les projets alimentaires
territoriaux (PAT) : Le projet alimentaire territorial vise à rapprocher les producteurs, les
transformateurs, les distributeurs, les collectivités territoriales et les consommateurs, à
développer l'agriculture sur les territoires et la qualité de l'alimentation. Le PAT répond à
l'objectif de structuration de l'économie agricole et de mise en oeuvre d'un système
d'alimentation territorial. Il participe à la consolidation de filières territorialisées et au
développement des circuits courts. Dans ce cadre, les enjeux liés à l'agriculture péri-urbaine
notamment trouvent toute leur place et leur sens au sein des PAT.
43
Objectif 11 : Reconquérir la biodiversité
11a : Développer la connaissance de la biodiversité
Contexte
Nos connaissances sur la biodiversité restent fragmentaires. L?effort d?observation doit être renforcé
en particulier dans les territoires ultra-marins (DROM et COM) où il s?agira de finaliser les inventaires
fondamentaux et de poursuivre notamment les efforts sur les continuités écologiques. C'est un
objectif stratégique de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020.
Mesure : accélérer le déploiement du Système d?information de la nature et des paysages (SINP),
avec ses composantes marines, aquatiques et terrestres, en collaboration avec les Régions à travers
deux actions :
- Mobiliser les Territoires à Énergie Positive pour la Croissance Verte pour réaliser des Atlas de
la biodiversité Communale ou Inter-communale, ou programmes équivalents (ex Inventaires
communaux de la Région Centre Val de Loire), en passant de 1000 à 2 000 communes.
- Renforcer la recherche appliquée sur les liens entre biodiversité et activités économiques ;
- Diffuser la connaissance sur les territoires:
o consolider l'Observatoire National de la Biodiversité, le réseau des Observatoires
régionaux de la biodiversité ainsi que l'Observatoire Agricole de la Biodiversité,
notamment en créant des liens avec des initiatives d?éducation à l?environnement ;
o amplifier les travaux relatifs à la biodiversité en ville;
o diffuser les Portraits de la Biodiversité Communale après un test dans les communes
qui disposent d'un Atlas de la biodiversité Communale (2ème semestre 2016).
o engager l?action des Agences Régionales pour la Biodiversité sur ce sujet.
11b : Renforcer les continuités écologiques pour une meilleure efficacité
Contexte : Les continuités écologiques jouent un rôle déterminant dans la préservation des milieux.
La mise en oeuvre des Schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) dès 2016 permet
d?accélérer le mouvement de restauration des espaces pour renforcer leurs fonctionnalités et
d?éviter l?émiettement des zones de conservation. Celle-ci doit aussi permettre de donner une
nouvelle dynamique à la création et à la gestion des espaces naturels protégés. Elle va également
permettre d'accélérer le mouvement de restauration des espaces pour renforcer leurs
fonctionnalités et d'éviter l'émiettement des zones de conservation. Enfin, les Schémas régionaux
d?aménagement, de développement durable et d?égalité des territoires, qui seront élaborés en
application de la réforme territoriale et qui remplaceront les schémas régionaux de cohérence
écologique, intègreront les différentes modalités de prise en compte des continuités écologiques
dans les politiques concernées.
44
Mesure : renforcer la Trame verte et bleue qui permet de relier les réservoirs de biodiversités :
- Donner une nouvelle dynamique à la création d?espaces protégés terrestres. Les acteurs
nationaux, soutenus par l?Etat, travailleront à favoriser l?adhésion du public à ces projets.
Toutes les parties prenantes et en particulier les agriculteurs, seront impliquées dans
l?émergence et la création de nouveaux espaces protégés. Un nouveau diagnostic
patrimonial sera produit par l?Etat pour actualiser le diagnostic et le rendre plus lisible pour
tous.
- Renforcer les continuités écologiques entre les espaces en accélérant la restauration des
continuités écologiques identifiées dans les SRCE en s?appuyant sur les actions suivantes :
o Appuyer la mise en place des actions de la sensibilisation prévues dans les plans d?actions
stratégiques des SRCE ;
o Etablir une « cartographie » permettant d?identifier les principales ruptures de la
continuité écologique, dans un cadre national et en impliquant les instances de
consultation dédiées à la trame verte et bleue ;
o Hiérarchiser ces ruptures en fonction de leur impact sur les milieux ;
o Solliciter l?ensemble des acteurs de la maîtrise d?ouvrage (État, collectivités, agriculteurs,
gestionnaires d?espaces naturels), les acteurs économiques et les utilisateurs de ces
espaces pour favoriser leur mobilisation et préfigurer des opérations de restauration sur
une base contractuelle. Les acteurs intéressés par les plans d?action et de restauration
des continuités écologiques des milieux aquatiques se mobiliseront également, à
l?échelle des sous-bassins et dans le respect des programmes de mesures des SDAGE,
pour hiérarchiser leurs interventions.
11c : Renforcer la surveillance des maladies dans la faune sauvage
Contexte
L'émergence de maladies dites "exotiques" au cours de ces dernières années, et les épisodes récents
de réémergence de maladies animales impactant des élevages, susceptibles d?être transmis à
l?homme pour certaines, ont souligné l'importance de renforcer le suivi sanitaire de la faune sauvage
et de mieux communiquer sur les bonnes pratiques sanitaires en prévention des crises. La
surveillance repose sur la vigilance des acteurs de terrain (les chasseurs et les associations
naturalistes en premier lieu), ainsi que sur la collecte et la centralisation des données. Ces deux
volets nécessitent des moyens et un encadrement méthodologique dédiés, compte tenu des
particularités de la faune sauvage.
Mesure
La surveillance des maladies de la faune sauvage sera consolidée en 2016 en s?appuyant sur l?Office
national de la chasse et de la faune sauvage et les Parcs nationaux et le réseau des écoles nationales
vétérinaires, en mobilisant lorsqu?il y a lieu la Plateforme nationale d'épidémiosurveillance en santé
45
animale afin d?améliorer la centralisation des données, leur analyse et leur
interprétation épidémiologique en vue d?adapter et d?harmoniser les mesures de prévention et de
gestion.
11d : Mettre en place une surveillance des pathologies des abeilles
Contexte
La bonne santé des insectes pollinisateurs est essentielle pour préserver le service écosystémique de
pollinisation, au profit de l?agriculture, de la biodiversité et de la société toute entière.
Plusieurs démarches ont été engagées, notamment le premier plan de développement durable de
l?apiculture 2013-2015, centré sur les abeilles domestiques, et le plan national d?actions « France
terre de pollinisateurs » 2016-2020 pour la préservation des abeilles et des insectes polinisateurs
sauvages. Ces plans sont complémentaires compte tenu des interactions entre insectes sauvages et
domestiques.
Le plan « France terre de pollinisateurs » propose une vingtaine d?actions visant à mieux connaître
les insectes pollinisateurs et la pollinisation et à promouvoir de bonnes pratiques dans tous les
espaces fleuris et secteurs concernés, notamment les territoires ruraux et forestiers, les espaces
protégés (parcs naturels régionaux) et les territoires urbains.
Les engagements pris sur l?amélioration du système de collecte des informations lors de troubles des
colonies ainsi que sur les projets de recherche en termes de méthodes de mesure de l?activité et de
l?état de santé d?une colonie et de modélisation de l?évolution d?une colonie ont tous été atteints.
Le plan de développement durable de l?apiculture a été prolongé pour 2 ans en le réorientant autour
de 4 axes, sur les actions nécessitant la mobilisation des acteurs de la filière et les outils de
formation.
Après de longues phases de recherche sur les facteurs susceptibles d?influer sur la santé et la force
des colonies et sur les pistes d?amélioration des dispositifs de surveillance, le temps est au
déploiement opérationnel d?un outil de gestion performant adossé à un réseau sanitaire structuré
autour des acteurs compétents de la santé des abeilles.
Mesures
- Le déploiement de l?observatoire de la mortalité et des affaiblissements des abeilles (OMAA) en
2016 permettra de connaître la situation sanitaire du cheptel apiaire français et d?augmenter la
capacité à détecter des phénomènes sanitaires émergents, grâce à une surveillance syndromique
(y compris la phytopharmacovigilance).
- Les produits de cet observatoire aideront les acteurs de la santé des abeilles domestiques
(apiculteurs, vétérinaires, administration, agences d?évaluation, instituts techniques et de
recherche) dans leur prise de décision et dans la construction de leurs programmes de protection
du cheptel apicole.
46
- Plus spécifiquement, l?OMAA devra :
o Recenser et documenter les mortalités et les affaiblissements des colonies
d?abeilles en prenant en compte tous l?ensemble des facteurs exogènes et
endogènes ;
o Mesurer et localiser des groupements de cas d?atteinte à la santé des
colonies d?abeilles ;
o Produire des analyses et interprétations régulières des données collectées
sur l?état de santé global de la population apiaire en France.
Objectif 12 : Renforcer les actions dans le domaine santé
- environnement
Contexte:
Le gouvernement a mené des actions fortes pour la réduction de l?impact de l?usage des
substances chimiques préoccupantes. Les effets sur la santé de nombreuses substances
chimiques sont connues (cancers, troubles de la reproduction?) ce qui justifie de faire des
mesures de prévention une priorité. Leur responsabilité à faibles doses dans le développement
de nombreuses pathologies est encore mal documentée.
12a : Limiter l?exposition des populations aux substances chimiques préoccupantes.
1. Concernant les produits phytosanitaires (ou produits phytopharmaceutiques)
Contexte
Le gouvernement a mené des actions pour la réduction de l'utilisation, des risques et des impacts
des produits phytopharmaceutiques avec notamment l?interdiction de l?épandage aérien,
l?interdiction de la vente en libre-service des produits phytosanitaires pour les jardiniers
amateurs, la démarche zéro phytosanitaire dans les communes et l'obligation de fixer des
distances de sécurité pour l?épandage terrestre à proximité des lieux accueillant des publics
sensibles dès lors que des mesures de protection adaptées telles que des haies, des équipements
pour le traitement ou des dates et horaires de traitement permettant d'éviter la présence de
personnes vulnérables lors du traitement ne peuvent être mises en place.
Le Gouvernement a par ailleurs poursuivi une politique ambitieuse de suppression des produits
phytosanitaires les plus dangereux. Comme suite à l?avis de l?Anses du 12 février 2016 relatif aux
risques liés au glyphosate associé à des coformulants dangereux, la France a demandé à la
Commission européenne de ne pas reconduire l?approbation de cette substance en l?état. La
France est intervenue au niveau européen pour renforcer les restrictions européennes relatives
aux substances néonicotinoïdes.
47
La loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt a également renforcé le suivi
des effets indésirables des produits phytosanitaires, dans le cadre du dispositif de
phytopharmacovigilance mis en place à l'Anses. Il s'agit d'organiser et de structurer la
surveillance des effets indésirables de ces produits sur l'homme, sur la biodiversité, sur la faune
sauvage, sur l'eau et le sol, sur la qualité de l'air et sur les aliments, ainsi que de l'apparition de
plantes résistantes. La phytopharmacovigilance est financée par une taxe sur les ventes de
produits phytosanitaires adoptée par la loi de finances pour 2015.
Ces produits participent à la qualité sanitaire des cultures.
Mesure : réduire l?usage des substances chimiques préoccupantes et l?impact des produits
chimiques sur la santé en s?appuyant sur les actions lancées par le gouvernement :
- En assurant la déclinaison régionale du plan Ecophyto 2 dans le cadre de la commission mise
en place pour le suivi en région du projet agro-écologique pour la France. Elle sera chargée
de préparer la feuille de route régionale et sera présidée par le Préfet de région, ou
coprésidée par le Préfet de région et par le Président du Conseil régional en fonction des
situations locales. Le comité des financeurs sera composé des services de l?État et des
organismes financeurs : le Conseil régional, les Agences de l?eau et les Chambres
d?agriculture. Le plan écophyto II pourra être financé par l?augmentation de la redevance sur
les produits phyto-sanitaires ;
- En réalisant un bilan des instructions relatives à la protection des personnes vulnérables vis-
à-vis des utilisations de produits phytopharmaceutiques et en accompagnant leur mise en
oeuvre ; ce bilan sera rendu public et présenté devant les CODERST ;
- En développant les outils d?information à destination des populations vulnérables, des
riverains de zones agricoles, et des utilisateurs de phyto en favorisant les échanges de
bonnes pratiques ;
- En demandant à l?Agence nationale de santé publique, avec l?appui et la contribution de
l?Anses, de réaliser une étude d?imprégnation multi-sites chez des riverains de zones
agricoles afin d?évaluer l?exposition liée à l?utilisation de produits phytopharmaceutiques à
proximité de ces zones. Les données seront couplées avec des analyses environnementales
et croisées avec les données de la biosurveillance concernant la population française. Cette
étude sera lancée dès 2016 ;
- En mettant en place un projet de recherche, d?innovation et de développement
d?alternatives à l?usage des produits phytosanitaires ;
- En étudiant dans le cadre du débat parlementaire sur la loi Biodiversité, un objectif d?arrêt de
l?usage des néonicotinoïdes ;
- En demandant à l?ECHA d?évaluer le caractère perturbateur endocrinien du glyphosate et à la
Commission européenne d?interdire les co-formulants dangereux;
- En retirant les autorisations de mise sur le marché des produits à base de chlorpyriphos-
éthyl ;
- En soutenant le développement d?outils et d?applications permettant la mise en place d?une
surveillance des pesticides dans l?air ;
48
- En organisant la séparation des activités de conseil des activités de vente des
produits phytopharmaceutiques.
2. Concernant les perturbateurs endocriniens
Contexte
La France s?est associée en 2015 au recours en carence initié par la Suède à l?encontre de la
Commission européenne. Par arrêt du 16 décembre 2015, le Tribunal de justice de l?Union
européenne a condamné la Commission européenne pour son inaction en matière de définition
et d?identification de critères pour les perturbateurs endocriniens (mesure 64 de la FRTE 2014).
La France a commencé à porter par ailleurs dans le débat européen la définition qu?elle a
retenue dans le cadre de sa stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens. Par ailleurs,
des hydrocarbures d?huiles minérales sont susceptibles d?être présentes dans les emballages
alimentaires dans le cadre du recyclage des matériaux.
Mesures
- Porter la position française et sa stratégie sur les perturbateurs endocriniens au niveau de
l?Union européenne.
- Réviser la stratégie sur les perturbateurs endocriniens pour la période 2017-2019, en tenant
compte de l?évolution du contexte lorsqu?une définition européenne des perturbateurs
endocriniens aura été définitivement adoptée.
- Lancer une action d?identification des usages ainsi que les substituts possibles des
hydrocarbures saturés d?huile minérale (MOSH) et des hydrocarbures aromatiques d?huile
minérale (MOAH). L?expertise des établissements publics et des acteurs économiques sera
mobilisée à cette fin.
3. Concernant les nanomatériaux
Contexte :
Les nanomatériaux soulèvent des questions sur les risques pour la santé et l?environnement.
Leurs propriétés sont sans doute très variables selon les substances. Les agences sanitaires de
nombreux pays appellent l?attention des autorités sur les risques potentiels de ces substances
qu?il convient de mieux évaluer.
Aujourd?hui, la large diffusion des nanomatériaux manufacturés à travers une multitude de
produits de consommation courante nécessite de mieux connaître et mieux protéger l?exposition
des travailleurs de ce secteur (des actions en ce sens sont prévues dans le troisième Plan Santé
Travail), mais également de l?ensemble de la population générale à ces nanomatériaux. La
réglementation européenne relative aux produits cosmétiques reconnait ainsi plus
49
spécifiquement la problématique des nanomatériaux et leur impose des exigences en
matière de déclaration et d?étiquetage.
De plus, les substances utilisées sous forme nano doivent faire l?objet d?une évaluation
toxicologique particulière.
Mesures :
- Étendre le nombre de sites pour lesquels une campagne de suivi des nanos est mise en place,
en accompagnant chaque mesure d?une analyse du bruit de fond dans l?environnement.
- En s?appuyant sur l?arrêté du 6 août 2012 relatif au contenu et aux conditions de
présentation de la déclaration annuelle des substances à l'état nanoparticulaire, pris en
application des articles R. 523-12 et R. 523-13 du code de l'environnement, communiquer
aux observatoires des déchets la liste des déclarants dans la base R-nano en veillant au
respect des exigences de confidentialité ;
- Poursuivre et conclure les travaux du groupe de travail « étiquetage et restriction des
produits contenant des nanomatériaux », en examinant notamment l?étiquetage lisible et
compréhensible mis en place pour les femmes enceintes sur les boissons alcoolisées ;
- Accélérer l?encadrement de l?usage des nanomatériaux dans les filtres UV des produits
cosmétiques dans le cadre de l?application du nouveau règlement européen, et notamment
l'entrée en vigueur au niveau national des mesures concernant l'emploi du dioxyde de titane
sous forme nano.
12b : Lutter contre l?antibiorésistance
Contexte :
La lutte contre l?antibiorésistance est une préoccupation majeure de ce Gouvernement, depuis
déjà de nombreuses années. Après avoir déployé un plan national de réduction des risques
d?antibiorésistance en médecine vétérinaire pour la période 2012-2016 (Ecoantibio) donnant de
très bons résultats et plusieurs plans d?alerte sur les antibiotiques en médecine humaine depuis
2002, un plan ambitieux associant l?ensemble du Gouvernement et les acteurs de la santé
publique, de l?environnement et de l?industrie a été lancé en septembre 2015.
Celui-ci s?inscrit dans une logique « One Health » de la lutte contre l?antibio-résistance, portée
par l?Organisation mondiale de la santé (OMS) et l?Organisation mondiale de la santé animale
(OIE) visant à renforcer les actions transverses en termes de santé humaine, santé animale et
gestion de l?environnement. Cette même approche « One Health » est également portée par les
instances européennes.
Santé Publique France (ex-Institut national de veille sanitaire) estime à 158 000 le nombre
d?infections humaines à bactéries multi-résistances chaque année en France, avec une mortalité
associée à ces infections évaluée à 12 500 décès/an.
50
Dans ce cadre, un délégué ministériel a été nommé par Marisol Touraine afin d?animer
la politique de lutte contre l?antibiorésistance. Une expertise est actuellement conduite par
l?ANSES afin d?objectiver les connaissances relatives aux mécanismes participant au
développement de l?antibiorésistance dans l?environnement. Les résultats de l?expertise viseront,
in fine, à définir de nouvelles actions de réduction du risque pour ce qui concerne l?interface
entre médecines humaines, vétérinaires et environnement, en tenant compte des progrès déjà
réalisés dans l?usage des antibiotiques vétérinaires et humains. L'engagement de la France en
matière de lutte contre l'antibiorésistance vient de se traduire par l'entrée en vigueur depuis
avril 2016 d'un arsenal réglementaire inédit et fort en médecine vétérinaire. Ce dispositif,
spécifique de la médecine vétérinaire, interdit le recours de certains antibiotiques d'importance
critique, interdit l'antibioprévention pour tous les antibiotiques d'importance critiques et ne
permet leur recours à des fins curatives que sous conditions, notamment celle de réaliser un test
de sensibilité (antibiogramme) de la souche bactérienne en cause vis-à-vis de l'antibiotique
critique que le vétérinaire compte prescrire.
Mesure : Les actions suivantes seront déployées :
- Réunir le premier comité interministériel pour la santé dédié à l?antibiorésistance
courant du troisième trimestre septembre 2016, afin de concrétiser la stratégie
interministérielle ;
- Développer la recherche sur les interactions entre antibiotiques et environnement et le
rôle de résilience de la biodiversité dans la dilution de l?antibiorésistance dans
l?environnement ;
- Renforcer les actions de sensibilisation et d?information du grand public et des
professionnels sur les bonnes pratiques d'emploi des antibiotiques et sur les alternatives
aux antibiotiques.
12c : Développer la recherche en santé-environnement
Mesures
- Développer les études de biosurveillance : La population est exposée à une multitude
d?agents chimiques par inhalation (pollution de l?air, aérosols ?), contact cutané
(cosmétiques?) ou ingestion (aliments, eau ?). Les études de biosurveillance permettent
d?estimer de façon intégrée l?imprégnation de la population à ces substances quelles que
soient les sources d?exposition.
Ces études de biosurveillance peuvent être menées de manière prospective afin
d?améliorer la connaissance générale sur les liens entre imprégnation et impact sur la
santé ; ou être menées spécifiquement afin de mieux connaître l?influence d?une
exposition à des pollutions suspectées et prendre les mesures de gestion sanitaire et
environnementale qui s?imposent.
51
- Participer au projet de recherche européen EHBMI (European Human
Biomonitoring Initiative) avec les 26 autres pays européens impliqués, et enrichir ainsi
notre programme national de biosurveillance, afin d?avoir un état de lieux de la situation
en France comparable aux autres situations européennes. Les résultats des travaux
donneront des arguments forts pour renforcer les réglementations européennes sur les
substances chimiques.
Ces recherches permettront notamment de développer des outils pour la gestion des
risques liés aux substances chimiques. Cette initiative favorise le rapprochement des
acteurs de la recherche (INSERM, INRA, CNRS, CEA..), des agences sanitaires (ANSES,
ANSP), autres organismes (INRS, INERIS) et des ministères impliqués sur ce sujet, tant au
niveau français qu?européen.
- Soutenir et structurer le groupe-miroir français de cette étude européenne
- Harmoniser les modalités de mise en oeuvre des études d?imprégnation afin d?améliorer
la gestion de sites susceptibles d?entraîner des situations environnementales et
sanitaires complexes.
- Mobiliser l?Anses et le CNEV pour identifier de nouveaux produits permettant de lutter, y
compris par des méthodes non chimiques, contre les moustiques vecteurs de maladies
telles que Chikungunya et Zika
12 d : Améliorer l?information délivrée à la population en matière d?eau potable
Contexte
La qualité de l?eau distribuée à la population est de bonne qualité, comme en témoigne le bilan
national 2014 :
- 97,1% de la population alimentée en permanence par une eau microbiologiquement
conforme ;
- 94,0% de la population alimentée en permanence par une eau conforme s?agissant des
pesticides ;
- 99,0% de la population alimentée en permanence par une eau conforme s?agissant des
nitrates.
Toutefois, des disparités géographiques demeurent dans certaines zones rurales et dans
certaines zones de montagne.
52
Mesure : mettre en place de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux et
amélioration de l?information du public :
- Définir un plan d?actions permettant de maîtriser en permanence les risques liés au
système de production et de distribution d?eau par les responsables de la distribution
d?eau, avec le soutien des agences régionales de santé et des acteurs des territoires.
L?objectif est que cette démarche volontaire soit portée dans tous les plans régionaux
santé-environnement (publication prévue mi-2017) ;
- Publier une synthèse annuelle sur la qualité de l?eau du robinet en France et d?un bilan
national détaillé tous les trois ans (publication d?une synthèse et d?un bilan détaillé à
l?occasion de la conférence environnementale 2016) ;
- Définir un indicateur de qualité de l?eau, pouvant être inclus dans la fiche informative
jointe à la facture d?eau. D?ici la fin de l?année 2016, un modèle d?indicateur sera proposé
aux acteurs du domaine de l?eau (distributeurs d?eau collectivités, associations de
consommateurs, agences régionales de santé et les acteurs des territoires). Ce modèle
d?indicateur, qui pourra ensuite faire l?objet de tests, tiendra compte des travaux déjà
réalisés par certains acteurs précités. Informer les consommateurs sur le fait que le
traitement de l?eau engendre des coûts supplémentaires;
- Organiser, entre le ministère de la Santé et les parties prenantes, des échanges
complémentaires concernant particulièrement les limites de qualité réglementaires et
les seuils de gestion applicables pour les pesticides dans l?eau du robinet.
53
54
(ATTENTION: OPTION et d?information du grand public et des
professionnels sur les bonnes pratiques d'emploi des antibiotiques et sur les alternatives
aux antibiotiques.
12c : Développer la recherche en santé-environnement
Mesures
- Développer les études de biosurveillance : La population est exposée à une multitude
d?agents chimiques par inhalation (pollution de l?air, aérosols ?), contact cutané
(cosmétiques?) ou ingestion (aliments, eau ?). Les études de biosurveillance permettent
d?estimer de façon intégrée l?imprégnation de la population à ces substances quelles que
soient les sources d?exposition.
Ces études de biosurveillance peuvent être menées de manière prospective afin
d?améliorer la connaissance générale sur les liens entre imprégnation et impact sur la
santé ; ou être menées spécifiquement afin de mieux connaître l?influence d?une
exposition à des pollutions suspectées et prendre les mesures de gestion sanitaire et
environnementale qui s?imposent.
51
- Participer au projet de recherche européen EHBMI (European Human
Biomonitoring Initiative) avec les 26 autres pays européens impliqués, et enrichir ainsi
notre programme national de biosurveillance, afin d?avoir un état de lieux de la situation
en France comparable aux autres situations européennes. Les résultats des travaux
donneront des arguments forts pour renforcer les réglementations européennes sur les
substances chimiques.
Ces recherches permettront notamment de développer des outils pour la gestion des
risques liés aux substances chimiques. Cette initiative favorise le rapprochement des
acteurs de la recherche (INSERM, INRA, CNRS, CEA..), des agences sanitaires (ANSES,
ANSP), autres organismes (INRS, INERIS) et des ministères impliqués sur ce sujet, tant au
niveau français qu?européen.
- Soutenir et structurer le groupe-miroir français de cette étude européenne
- Harmoniser les modalités de mise en oeuvre des études d?imprégnation afin d?améliorer
la gestion de sites susceptibles d?entraîner des situations environnementales et
sanitaires complexes.
- Mobiliser l?Anses et le CNEV pour identifier de nouveaux produits permettant de lutter, y
compris par des méthodes non chimiques, contre les moustiques vecteurs de maladies
telles que Chikungunya et Zika
12 d : Améliorer l?information délivrée à la population en matière d?eau potable
Contexte
La qualité de l?eau distribuée à la population est de bonne qualité, comme en témoigne le bilan
national 2014 :
- 97,1% de la population alimentée en permanence par une eau microbiologiquement
conforme ;
- 94,0% de la population alimentée en permanence par une eau conforme s?agissant des
pesticides ;
- 99,0% de la population alimentée en permanence par une eau conforme s?agissant des
nitrates.
Toutefois, des disparités géographiques demeurent dans certaines zones rurales et dans
certaines zones de montagne.
52
Mesure : mettre en place de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux et
amélioration de l?information du public :
- Définir un plan d?actions permettant de maîtriser en permanence les risques liés au
système de production et de distribution d?eau par les responsables de la distribution
d?eau, avec le soutien des agences régionales de santé et des acteurs des territoires.
L?objectif est que cette démarche volontaire soit portée dans tous les plans régionaux
santé-environnement (publication prévue mi-2017) ;
- Publier une synthèse annuelle sur la qualité de l?eau du robinet en France et d?un bilan
national détaillé tous les trois ans (publication d?une synthèse et d?un bilan détaillé à
l?occasion de la conférence environnementale 2016) ;
- Définir un indicateur de qualité de l?eau, pouvant être inclus dans la fiche informative
jointe à la facture d?eau. D?ici la fin de l?année 2016, un modèle d?indicateur sera proposé
aux acteurs du domaine de l?eau (distributeurs d?eau collectivités, associations de
consommateurs, agences régionales de santé et les acteurs des territoires). Ce modèle
d?indicateur, qui pourra ensuite faire l?objet de tests, tiendra compte des travaux déjà
réalisés par certains acteurs précités. Informer les consommateurs sur le fait que le
traitement de l?eau engendre des coûts supplémentaires;
- Organiser, entre le ministère de la Santé et les parties prenantes, des échanges
complémentaires concernant particulièrement les limites de qualité réglementaires et
les seuils de gestion applicables pour les pesticides dans l?eau du robinet.
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INVALIDE) (ATTENTION: OPTION nnement
Mesures
- Développer les études de biosurveillance : La population est exposée à une multitude
d?agents chimiques par inhalation (pollution de l?air, aérosols ?), contact cutané
(cosmétiques?) ou ingestion (aliments, eau ?). Les études de biosurveillance permettent
d?estimer de façon intégrée l?imprégnation de la population à ces substances quelles que
soient les sources d?exposition.
Ces études de biosurveillance peuvent être menées de manière prospective afin
d?améliorer la connaissance générale sur les liens entre imprégnation et impact sur la
santé ; ou être menées spécifiquement afin de mieux connaître l?influence d?une
exposition à des pollutions suspectées et prendre les mesures de gestion sanitaire et
environnementale qui s?imposent.
51
- Participer au projet de recherche européen EHBMI (European Human
Biomonitoring Initiative) avec les 26 autres pays européens impliqués, et enrichir ainsi
notre programme national de biosurveillance, afin d?avoir un état de lieux de la situation
en France comparable aux autres situations européennes. Les résultats des travaux
donneront des arguments forts pour renforcer les réglementations européennes sur les
substances chimiques.
Ces recherches permettront notamment de développer des outils pour la gestion des
risques liés aux substances chimiques. Cette initiative favorise le rapprochement des
acteurs de la recherche (INSERM, INRA, CNRS, CEA..), des agences sanitaires (ANSES,
ANSP), autres organismes (INRS, INERIS) et des ministères impliqués sur ce sujet, tant au
niveau français qu?européen.
- Soutenir et structurer le groupe-miroir français de cette étude européenne
- Harmoniser les modalités de mise en oeuvre des études d?imprégnation afin d?améliorer
la gestion de sites susceptibles d?entraîner des situations environnementales et
sanitaires complexes.
- Mobiliser l?Anses et le CNEV pour identifier de nouveaux produits permettant de lutter, y
compris par des méthodes non chimiques, contre les moustiques vecteurs de maladies
telles que Chikungunya et Zika
12 d : Améliorer l?information délivrée à la population en matière d?eau potable
Contexte
La qualité de l?eau distribuée à la population est de bonne qualité, comme en témoigne le bilan
national 2014 :
- 97,1% de la population alimentée en permanence par une eau microbiologiquement
conforme ;
- 94,0% de la population alimentée en permanence par une eau conforme s?agissant des
pesticides ;
- 99,0% de la population alimentée en permanence par une eau conforme s?agissant des
nitrates.
Toutefois, des disparités géographiques demeurent dans certaines zones rurales et dans
certaines zones de montagne.
52
Mesure : mettre en place de plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux et
amélioration de l?information du public :
- Définir un plan d?actions permettant de maîtriser en permanence les risques liés au
système de production et de distribution d?eau par les responsables de la distribution
d?eau, avec le soutien des agences régionales de santé et des acteurs des territoires.
L?objectif est que cette démarche volontaire soit portée dans tous les plans régionaux
santé-environnement (publication prévue mi-2017) ;
- Publier une synthèse annuelle sur la qualité de l?eau du robinet en France et d?un bilan
national détaillé tous les trois ans (publication d?une synthèse et d?un bilan détaillé à
l?occasion de la conférence environnementale 2016) ;
- Définir un indicateur de qualité de l?eau, pouvant être inclus dans la fiche informative
jointe à la facture d?eau. D?ici la fin de l?année 2016, un modèle d?indicateur sera proposé
aux acteurs du domaine de l?eau (distributeurs d?eau collectivités, associations de
consommateurs, agences régionales de santé et les acteurs des territoires). Ce modèle
d?indicateur, qui pourra ensuite faire l?objet de tests, tiendra compte des travaux déjà
réalisés par certains acteurs précités. Informer les consommateurs sur le fait que le
traitement de l?eau engendre des coûts supplémentaires;
- Organiser, entre le ministère de la Santé et les parties prenantes, des échanges
complémentaires concernant particulièrement les limites de qualité réglementaires et
les seuils de gestion applicables pour les pesticides dans l?eau du robinet.
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INVALIDE)