Plan de mobilisation nationale sur les métiers de la croissance verte. Comité de filière « Electromécanique, construction électrique et réseaux »
Auteur moral
Auteur secondaire
THOMAS, Jean-Luc (prés.)
Résumé
La filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » constitue une filière globalement centrée sur les différentes technologies liées à l'électricité, à travers sa production,<br />
;son transport, sa distribution, son stockage, son utilisation et sa transformation.<br />
;Par extension, les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) peuvent être également associées à cette filière en raison de leur lien direct avec l'électricité.<br />
;L'ensemble de cette filière est déjà connue depuis très longtemps comme étant indispensable à la vie moderne, en raison de la dépendance complète de nos sociétés à l'électricité.<br />
;Des exemples récents de « blackouts » aux Etats Unis en 2003, en Italie en 2003, d'une panne très sévère en Europe le 4 novembre 2006, sans oublier le blackout de cette année 2009 au Brésil, a montré la fragilité de nos modes de vie par rapport à l'électricité sur le plan économique, mais aussi sur le plan sociétal.<br />
;Aujourd'hui, l' « Energie électrique » fait bien entendu partie intégrante des réflexions dans le Grenelle de l'environnement en termes de maîtrise de l'énergie et de réduction des émissions de<br />
;CO2.
Descripteur Urbamet
informatique
;énergie
;production d'énergie
;source d'énergie
;opération de construction
;réseau de distribution d'électricité
;électricité
;croissance verte
;développement durable
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Comité de filière - Electromécanique, construction électrique et réseaux
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Plan de mobilisation nationale
sur
les métiers de la croissance verte
Comité de filière
« Electromécanique, construction électrique et réseaux »
20 Décembre 2009
Président : Jean-Luc THOMAS
Comité de filière - Electromécanique, construction électrique et réseaux
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Introduction
La filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » constitue une filière
globalement centrée sur les différentes technologies liées à l?électricité, à travers sa production,
son transport, sa distribution, son stockage, son utilisation et sa transformation.
Par extension, les Technologies de l?Information et de la Communication (TIC) peuvent être
également associées à cette filière en raison de leur lien direct avec l?électricité.
L?ensemble de cette filière est déjà connue depuis très longtemps comme étant indispensable à la
vie moderne, en raison de la dépendance complète de nos sociétés à l?électricité. Des exemples
récents de « blackouts » aux Etats Unis en 2003, Italie en 2003, d?une panne très sévère en Europe,
4 novembre 2006, sans oublier le blackout de cette année 2009 au Brésil, a montré la fragilité de
nos modes de vie par rapport à l?électricité sur le plan économique, mais aussi sur le plan sociétal.
Aujourd?hui, l? « Energie électrique » fait bien entendu partie intégrante des réflexions dans le
Grenelle de l?environnement en termes de maîtrise de l?énergie et de réduction des émissions de
CO2.
L?Energie électrique, dans le cadre de la croissance verte,
constitue un enjeu majeur du XXIème siècle.
Un certain nombre de technologies sont mises en avant pour réduire notre dépendance au pétrole et
pour s?attaquer aux problèmes liés au CO2.
Néanmoins, il faut rappeler qu?un des enjeux du Grenelle de l?environnement est aussi le pilier
social qui répond à des enjeux humains de première importance. Chacun doit donc pouvoir profiter
des mutations liées au développement durable, et notamment les citoyens engagés directement ou
indirectement dans les métiers de l?électricité, quel que soit leur niveau de qualification, i.e.
opérateur, technicien et ingénieur.
La croissance verte doit être riche en emplois (600 000 emplois générés par le Grenelle de
l?environnement à tous les niveaux de qualification) et les socles de compétences nouvelles doivent
permettre les mobilités.
L?« Electricien » est un métier d?avenir, il s?en trouve renforcé désormais par les nouveaux
besoins résultant de la croissance verte.
Le champ de réflexion du Plan de mobilisation sur les métiers ne se limite pas aux nouveaux
métiers : certains secteurs ont des mutations à préparer. Notamment, dans le cas des métiers de la
filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » le profil type de l?électricien
évolue à travers une sensibilisation aux problèmes de l?Eco-conception et du recyclage, à
travers également une initiation à l?économie verte et enfin par la maîtrise des TICs.
Cependant, ce nouveau profil d? « emploi vert » n?a de sens qui si les compétences du coeur de
métier restent inchangées, voire renforcées dans certains cas.
Les trois défis majeurs à relever par la filière « Construction électrique, électromécanique et
réseaux », déclinée suivant un certain nombre de secteurs activités, sont rappelés ici :
? Le soutien à l?émergence de nouveaux métiers ou activités,
? L?accompagnement de mutations que devront connaître les métiers de certains secteurs,
? L?orientation et la qualification de main d?oeuvre vers les secteurs bénéficiant de gisements
d?emplois du fait notamment des dispositions du Grenelle de l?environnement.
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1- Présentation de la filière
La filière intitulée « Construction électrique, électromécanique et réseaux » est initialement très mal
connue et peu valorisée dans le cadre de la croissance verte.
Néanmoins les emplois sont présents, FIEEC 2008 [1], pour une profession dont les effectifs sont
globalement stables depuis 10 ans (environ 400 000 emplois) et pourtant la filière reste peut
attractive par rapport à celle des énergies renouvelables, par exemple.
La difficulté majeure est de quantifier le nombre d?emplois « verts » de manière globale car le
périmètre de cette filière est à géométrie variable.
Le Comité a identifié un besoin impératif de clarifier avant toute chose la structuration de la
filière, essentiellement technologique, afin de faire apparaître les secteurs impactés par la
croissance verte.
Comment effectuer cette structuration ?
L?idée de base a été de décrire cette filière sur le plan des échanges de puissance, en considérant
comme point de départ la production électrique et comme point d?arrivée les différents usages. Le
lien naturel entre ces deux points est alors le réseau électrique de transport et de distribution,
intégrant désormais des unités de stockage.
Source CRE
La Figure ci-dessus représente alors un « Méta-réseau » constitué d?interconnexions de flux de
puissance, mais aussi d?interconnexions de flux d?informations pour le pilotage de cette
infrastructure qualifiée de réseau électrique intelligent (Smart Grid).
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Le développement de ce « Méta Réseau » va t il être similaire à celui des télécommunications et de
l?internet ?
Cette question est légitime en raison de l?analogie forte que l?on peut faire vis-à-vis de l?ouverture
des marchés de l?électricité qui constitue une véritable révolution dans la gestion d?un réseau
électrique, impactant directement sur les aspects sociétaux et sur l?environnement.
La croissance verte apparaît alors comme une opportunité pour combattre un déficit d?image sur
cette filière et constituer un élément déclencheur pour rendre attractif les métiers associés.
Un des résultats principaux du Comite est une décomposition structurée de la filière en 7 sous
filières principales très différentes en termes de métiers. Les TICs étant présentes dans chacune des
sous filières, le choix a été fait délibérément de ne pas créer volontairement une huitième sous
filière, indépendante des autres.
A partir de ces 7 secteurs d?activités principaux, le Comité a identifié et classé un certain nombre de
sous secteurs d?activité pour lesquels l?influence de la croissance verte était significative,
conduisant à une granulométrie à la fois compatible avec les délais très courts de restitution des
travaux mais aussi cohérente vis-à-vis des métiers à étudier.
De nombreux secteurs d?activités caractéristiques ont été identifiés en Annexe 1 dans le cadre de la
représentation des réseaux électriques intelligents.
Les paragraphes suivants concernent l?identification des différents sous secteurs d?activités qui vont
être à la base de la réflexion sur l?adéquation « Métiers / Besoins nouveaux de formation ».
1.1 Production électrique
1.1.2 Production électrique centralisée
Nucléaire - EPR
Nucléaire - 4
ème
génération
Nucléaire - Démantèlement
Cogénération
Thermique à flamme avec
captage du CO2
1.1.2 Production électrique décentralisée
Eolien
(sur terre, en mer)
Photovoltaïque
(intégré au bâti, au sol, four solaire)
Energies marines
(marémotrice, de la houle, des courants, osmotique,
thermique)
Biomasse et biogaz
Géothermie
Micro Hydraulique
Pile à combustible (PAC)
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1.2 Réseaux électriques
1.2.1 Réseaux électriques sédentaires
Transport ? Ultra Haute Tension ( 800 kV )
Transport ? ( 63 kV ? 400 kV )
Distribution ? ( 400 V ? 20 kV )
Réseaux ( plus ) intelligents
(Smart meetering, Smart Grids)
Ferroviaire ? EnR (LGV, Tramway)
Convertisseurs de puissance
(AC/AC, AC/DC, DC/AC, DC/DC, FACTS, filtres)
Protections
(disjoncteurs sans SF6)
Câbles / Transformateurs
(nouveaux matériaux isolants ? nouvelles huiles)
Le Comité a relevé quelques chiffres clés très significatifs vis-à-vis de l?évolution et des exigences
des réseaux électriques, d?après les données fournies par la CRE et ERDF.
? Nombre croissant des pompes à chaleur (PAC)
o 400 000 PAC en 2009
o un objectif de 2 millions de PAC en 2020
? Développement de la voiture électrique rechargeable
o 450 000 voitures électriques en 2015
o un objectif de 4.5 millions de voitures électriques en 2025
? Déploiement des compteurs intelligents « Linky » (ERDF)
o Sur une période de 5 ans : 2012 à 2016
o 35 millions de compteurs déployés en 5 ans = 35 000 / jour
o 700 000 concentrateurs à poser en 5 ans = 700 / jour
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Un compteur électrique intelligent a t-il l?image d?un produit vert ?
A cette question, la CRE précise qu?une des directives européennes à l?horizon 2020 est d?obtenir
20% d?efficacité énergétique en plus et non 20% de consommation en moins. Le compteur
intelligent de demain proposera de nouveaux services et contribuera nécessairement au
développement d?une prise de conscience de la « croissance verte » par les abonnés.
1.2.3 Réseaux électriques embarqués
Mobiles à réseaux à courant continu
(robots)
Véhicules électriques
Véhicules hybride rechargeables
Marine civile et militaire
Aéronautique
Normes et sécurité
1.3 Stockage
Batteries
Supercondensateurs
Stockage inertiel
Hydraulique ? Pompage / Turbinage
(STEP)
1.4 Traction / Propulsion
Moteurs haut rendement
Chaîne de traction
Maîtrise de l?énergie
1.5 Industrie
1.5.1 Industrie / Systèmes
Maîtrise de l?énergie
Chaînes de mesures ( capteurs )
Ascenseurs ? Engins de levage
Normes et sécurité
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1.5.2 Industrie / Produits
Moteurs à vitesse variable
Moteurs à haut rendement
Matériels électriques
Electroménager
Objets communicants
Normes et sécurité
1.6 Gestion Technique des Bâtiments
Source CRE
1.6.1 GTB / Systèmes
Chauffage électrique
Climatisation
Bâtiment à énergie positive
Bâtiment intelligent / Domotique
Rénovation énergétique
Objets intelligents / Domotique
1.6.2 GTB / Produits
Matériels électriques
Climatisation par absorption
(solaire / biomasse)
Pompe à chaleur - PAC
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1.7 Eclairage
1.7.1 Eclairage privatif
Lampes ? (LBC, LED, ?)
Ambiance visuelle
Ergonomie - Design
Eclairage automobile
Normes et sécurité
1.7.2 Eclairage public
Sources d?éclairage ? (Lampes, Lampadaires)
Aménagement urbain
Normes et sécurité
1.8 Technologies de l?Information et de la Communication - TIC
Le Comité souhaite mentionner deux éléments susceptibles d?impacter très fortement le
déploiement des réseaux électriques intelligents, et par conséquent être en mesure de modifier les
estimations d?emplois verts associés.
? Le compteur intelligent résidentiel pose le problème de la propriété des informations
relatives aux habitudes de consommation / production de l?électricité. Il n?est pas certain que
la population accepte sans réserve d?avoir les moyens technologiques pouvant affecter les
droits de la vie privée, et ce même si de nombreux services peuvent être accueillis très
favorablement. Le déploiement des compteurs intelligents pourrait se voir freiné ?
? La sécurité des réseaux d?informations, pilotant les réseaux de puissance associés, vis-à-vis
de la cyber criminalité est un enjeu majeur du développement des réseaux intelligents. De
nombreux emplois en informatique, difficile à quantifier aujourd?hui, pourraient être alors
créés. Emplois verts ? Indirectement oui.
1.9 Estimation des emplois de la filière et des sous filières ? Méthodologie employée
L?estimation du nombre emplois de la filière, même très approchée, mais garantissant un degré de
confiance suffisant est très délicate en raison du peu de données fiables et très dispersées.
En effet, il est clair que l?éolien fait partie du sous secteur d?activité production électrique
décentralisée. Il est bien entendu aisé de connaître une estimation du nombre d?emplois dans ce
secteur (se rapporter aux travaux du Comité de filière « EnR » et/ou au rapport de l?ADEME [8])
mais sans toutefois avoir accès à la pondération « technologies électriques » de l?aérogénérateur.
En effet, un technicien ou un ingénieur électricien ayant suivi une formation complémentaire dans
l?éolien aura une expertise très différente d?un technicien ou d?un ingénieur généraliste en énergie
renouvelable.
Par ailleurs, la filière de ce comité prends en compte les problématiques techniques de
raccordement au réseau (et pas seulement administratives), pouvant conduire à une remise en cause
des équipements ou pouvant provoquer des dysfonctionnements importants en matière de stabilité
du réseau.
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Le même raisonnement peut être fait pour le photovoltaïque, la filière automobile, le bâtiment, ?.
En fait, et de manière très générale, la « part électricité » est quasiment contenue totalement ou
partiellement dans la majorité des autres filières du plan de mobilisation.
De plus, les TICs sont implicitement incluses désormais dans l?ensemble des 7 secteurs
identifiés ci-dessus, en tant qu?activité typiquement transverse, renforçant la complexité de
l?analyse si l?on se réfère aux simples montants des investissements de ce secteur, difficiles à
évaluer pour chacun des 7 secteurs « coeur de métier » de la filière.
En matière d?estimation d?emplois, la méthode utilisée par l?ADEME dans son rapport [8] fait
référence à des coefficients spécifiques établis par l?INSEE, basé sur, entre autres, le chiffre
d?affaire d?une activité, ainsi que le montant des investissements.
Initialement, cette approche, a priori généralement admise par Pôle emploi, aurait pu être utilisée
également par le Comité (cf compte rendu de la réunion « Comité de filière » du 10/12/2009) pour
ses travaux si et seulement si les données économiques de chacun des sous secteurs d?activité
avaient été bien connus, ce qui n?était pas le cas.
Le Comité ayant structuré de manière très précise la filière en 7 sous filières, i.e. secteurs
d?activités, elles mêmes décomposées en sous secteurs d?activités, il semblait important de tirer
parti de ce travail ayant conduit à une identification attractive des besoins en formation, validée in
fine par l?ensemble des membres du Comités.
A ce titre, l?originalité de la méthode destinée à estimer les « emplois verts » de la filière est basée
sur l?hypothèse que la formation d?une personne conduit obligatoirement à son emploi dans le
secteur d?activité associé à son cursus de formation.
En d?autres termes, l?hypothèse, qui peut apparaître comme très forte, utilisée dans ce travail, peut
se définir comme suit :
Hypothèse 1 : UNE Formation = UN Emploi
Néanmoins, cet objectif est généralement atteint dans les formations continues, mais
essentiellement dans les formations par apprentissage. En effet, à l?issue de ce type de formation,
l?employeur embauche le plus souvent la personne qui a bénéficiée de la formation financée par
l?entreprise.
Comme il sera expliqué dans le Chapitre 3 de ce rapport, les Tableaux présentés dans les Annexes 2
à 8 font référence en premier lieu à des formations complémentaires. L?hypothèse ci-dessus ne se
trouve donc pas a priori remise en cause.
La seconde hypothèse de travail est ici de faire appel à une donnée de la FIEEC
1
mentionnée dans
son rapport de juin 2008 [1] portant sur le nombre total de recrutement à l?horizon 2015 dans le
secteur des industries électriques, soit 45 000 emplois/an.
Cette donnée peut être interprétée comme une évolution linéaire des emplois de la filière
« Construction électrique, électromécanique et réseaux » sur une période de 5 ans (2010 à 2015),
conduisant in fine à la création de 225 000 emplois sur cette période.
1
FIEEC : Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication, qui regroupe 20 syndicats
professionnels.
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En effet, même si la classification résultante des travaux de ce Comité n?était pas connue lors de la
rédaction du rapport de la FIEEC, nous pouvons considérer que globalement le nombre total des
emplois visés par la FIEEC correspond bien au total des emplois couverts par notre approche.
Nous pouvons noter par ailleurs que les TICs sont implicitement comptabilisés dans le travail de la
FIEEC.
Bien entendu, l?étude de la FIEEC prenait déjà en compte explicitement et/ou implicitement,
totalement et/ou partiellement, les effets de la croissance verte sur les données annoncées,
notamment en termes d?efficacité énergétique.
Après l?analyse du Comité de l?impact de la croissance verte sur la filière, il est néanmoins crédible
de penser que celle-ci ne peut être que favorable à une légère augmentation des données de la
FIEEC. A titre d?exemple, comme le montre de nombreux rapports (ADEME [8], CRE [9]),
l?évolution du marché de la production photovoltaïque n?est pas linéaire mais exponentielle ?.
En conséquence, prendre comme référence pour la filière complète la création de
Hypothèse 2 : 225 000 emplois sur 5 ans (2010-2015)
constituera nécessairement une estimation « probablement pessimiste » sur un horizon de temps
crédible.
En effet, compte tenu de la rapidité de l?évolution des technologies, essentiellement dans les TICs,
vouloir estimer avec un degré de confiance suffisant l?évolution des emplois verts de la filière au
delà d?un horizon de 5 ans ne paraît pas très réaliste.
Enfin, en raison de la difficulté extrême à connaître sur un horizon de 5 ans une répartition pondérée
des emplois verts dans les 7 secteurs d?activités identifiés, basée sur des formations à CT (2 à 3
ans), MT (4 à 5 ans) et à LT ( > 5ans), le Comité prends comme hypothèse que le nombre de
recrutements est identiques pour le 7 secteurs identifiés, soit environ 32 200 emplois au total sur 5
ans.
Hypothèse 3 : 32 200 emplois maximum au total sur 5 ans / secteur d?activité
En considérant désormais les hypothèses simplificatrices 1, 2 et 3, en s?appuyant sur la
répartition des besoins de formation dans chaque sous secteurs d?activité ( cf Tableaux des
Annexes 2 à 8 ), il est alors possible d?estimer conjointement le nombre d?emplois verts :
? par « sous secteur » d?activité,
? par niveau de formation.
en considérant toutes les intersections lignes/colonnes, et ce quel que soit l?horizon de formation
envisagé (CT,MT,LT).
Exemple de lecture des données :
Secteur d?activité : Gestion Technique du Bâtiment
Sous-secteur : GTB / Système
Niveau de formation : CAP
? Estimation d?environ 4 000 emplois verts globalement,
? Soit environ 800 emplois verts dédiés au « Chauffage électrique »,
? Mais également pas d?emplois pour le « Bâtiment à énergie positive », au niveau de
formation considéré.
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L?analyse proposée permet alors d?en déduire environ 22 800 emplois verts pour le secteur de la
GTB « Système » et environ 9 400 emplois verts pour le secteur de la GTB « Produits », se
traduisant par 32 200 emplois verts au niveau global du secteur GTB, chiffre correspondant bien
entendu à l?hypothèse 3.
En dépit d?hypothèses simplificatrices très fortes, la méthodologie proposée a le mérite de ne
pas dissocier Emploi et Formation.
En raison du délai très court accordé pour ce travail, un raffinement des hypothèses 1 et 3 n?a pas
été rendu possible.
En effet, il est toujours plus crédible d?affecter un coefficient de pondération à l?hypothèse 1 afin de
considérer qu?une formation ne conduit pas toujours à un emploi.
De plus, un autre coefficient de pondération pourrait modifier les ratios d?emplois verts entre les 7
différents secteurs d?activités, afin de privilégier certains secteurs par rapport à d?autres, sur la
période des 5 ans considérée. Plusieurs scénarios pourraient alors être envisagés.
Sur cette base de réflexion, le Comité propose d?étendre cette analyse dans le groupe de travail
souhaité par Pôle emploi (cf Recommandations de ce rapport), qui pourrait être mis en place
durant le 1
er
trimestre 2010.
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2- Identifier les métiers en développement ou en tr ansformation et
évaluer les besoins en recrutement (Axe 1 de la lettre de saisine).
2.1 Impacts stratégiques
Le rapport [2] de SCF Associates Ltd ? « A Green Knowledge Society » fait état de l?impact des
secteurs d?activités qui concernent la filière « Construction électrique, électromécanique et
réseaux » en termes de réduction d?émissions de CO2.
Les réseaux électriques intelligents, les bâtiments à énergie positive, les industries manufacturières
ainsi que les TICs représente 70% des activités totales de cette étude. Par ailleurs, l?utilisation des
TICs conduirait à réduire de 15% les émissions de CO2 à l?horizon 2020.
Le Comité déduit de cette étude que le déploiement des réseaux électriques intelligents est un enjeu
très important pour l?avenir et donc très favorable pour la création d?emplois verts.
2.2 Identification des métiers en développement et en transformation
En marge du rapport de Michael Page International sur les emplois verts en 2010 [7], le Comité
considère qu?il n?y a pas vraiment de métiers nouveaux dans le domaine de l?Energie électrique
mais plutôt une évolution des métiers qui requiert de plus en plus de TICs et d?économie.
On conçoit bien aujourd?hui qu?un installateur de centrales solaires photovoltaïques dans le
domaine résidentiel doivent connaître non seulement les techniques électriques de bases mais aussi
les systèmes de contrôles programmables ainsi que les facteurs économiques de son installation.
Par ailleurs, grâce aux TICs le « télétravail » devient possible en matière de conception et
surtout de maintenance des systèmes électriques, se traduisant par un gain sur les transports et
donc par conséquent une réduction des émissions de CO2.
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2.3 Adaptation nécessaire des compétences et qualifications professionnelles
Le Comité considère que les métiers de la filière évoluent vers un nouveau profil, qualifié de profil
« hybride », valide pour tous les niveaux de qualifications. Cette tendance a été renforcé par un
entretien avec Alain Bravo, président de la commission Economie Numérique, associé au rapport du
CAS [4] et directeur général de SUPELEC.
2.4 Formation des formateurs
L?adaptation nécessaire des compétences est également valable dans le cadre de la formation des
formateurs.
Le Comité a remarqué dans la filière « Electrique » que :
? la formation des formateurs était effectuée en interne dans les grands groupes (EDF, ERDF,
AREVA, ?) et dans les Branches.
? les enseignants du supérieur faisaient appel régulièrement à des vacataires industriels dans
leurs formations initiales, continues et par apprentissage, et par conséquent leurs
compétences étaient réactualisées au contact des experts industriels.
Le Comité recommande que les enseignants relevant de l?Education Nationale puissent effectuer
des stages en entreprises et suivent des formations complémentaires auprès de l?enseignement
supérieur ou des organismes de formation continue, afin de faire évoluer leurs connaissances.
2.5 Evaluation des besoins de recrutement
Les besoins de recrutement sont très variable suivant les sous filières identifiées dans les Tableaux
des Annexes 2 à 8. Le Comité considère qu?il est nécessaire de poursuivre les travaux pour être
exhaustif après la nouvelle structuration de la filière.
Citons quelques exemples très différents:
? Nucléaire (démantèlement des centrales),
? Comptage intelligent (Smart Grids),
? Enfouissement des câbles,
? Assemblage et test des batteries (VE).
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Les besoins de recrutement vont dépendre des conditions de développement de certaines sous
filières. En particulier, le déploiement des compteurs intelligents dans les réseaux électriques de
distribution peut être freiné en raison des problèmes d?acceptabilité au niveau sociétal et
notamment sur la protection des données au niveau résidentiel. Ce ralentissement aura un impact
direct sur les formations en termes de volume.
3- Définir les besoins en formation et organiser le s parcours
professionnels (Axe 2 de la lettre de saisine).
3.1 Etat des lieux des dispositifs existants
Dans le domaine du génie électrique les diplômes proposés sont constitués de cursus classiques
pour lesquels des options « EnR » ( Eolien, Photovoltaïque) sont proposées.
Il n?y a pas vraiment de formations initiales proposées dans le secteur de la Gestion Technique de
Bâtiment ni dans le secteur de l?éclairage, en dépit de quelques licences professionnelles.
On assiste depuis peu de temps à la création de licences Pro (Bac+3) « vertes » telles que :
- Rénovation énergétique
- Réseaux électriques intégrant les Enr
Au niveau I, certaines écoles d?ingénieur ont revu leurs cursus afin de proposer des programmes de
génie électrique orientés sur la croissance verte.
On note également la création de « Masters » en Efficacité énergétique dans lesquels la part
électrique est très importante.
Enfin, à titre d?exemple, une chaire d?enseignement et de recherche, intitulée « Science des
systèmes et défi énergétique » a été créée conjointement à l?initiative de SUPELEC et de l?Ecole
Centrale de Paris, financée par la fondation EDF européenne « Pour les Energies de demain »,
Institut de France, dans le domaine de l?ingénierie du nucléaire http://www.energiesdedemain.com/
pour lequel les technologies électriques sont très présentes.
Le Comité fait donc le constat que les dispositifs existants sont très hétérogènes au plan
national.
3.2 Définition des besoins en formation continue / complémentaire
Le second plus grand volume de travail du Comité a été de renseigner l?ensemble des Tableaux
Secteurs d?activité / Besoins de formation issus de la nouvelle structuration de la filière. Les besoins
en formation continue (FC) ont été en premier lieu identifiés.
Remarque : En raison du délai très court associé à la fourniture de ce rapport, les travaux relatifs
aux tableaux de synthèse Activités / Formation ont été établis sans pouvoir bénéficier d?une analyse
véritablement approfondie de la part de l?ensemble des partenaires sociaux.
Néanmoins leurs représentants, toujours présents durant les quatre réunions du comité de filière,
ont approuvés la méthodologie de travail ainsi que les résultats obtenus.
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3.3.1 Hypothèses de travail
Le Comité a considéré ici que les principaux métiers de type :
? Conception / études (R&D)
? Chargé d?affaires / Technico commercial
? Production / fabrication
? Essais / tests de qualification
? Maintenance
étaient tous représentés dans chacun des sous secteurs d?activités, les fonctions « support » n?étant
pas identifiées de manière spécifique.
L?exercice a consisté dans un premier temps à identifier les intersections entre les sous secteurs
d?activités liés à la croissance verte et les besoins de formation associés, et ce pour tous les
niveaux de formation
2
.
En second lieu, l?horizon de temps pour lequel le besoin d?une nouvelle formation est identifiée a
été précisé par les notations suivantes :
? CT (Court terme ? 2 à 3 ans)
? MT (Moyen terme ? 4 à 5 ans)
? LT ( Long terme - > 5 ans)
Il faut noter que dans certains sous secteurs d?activités, les besoins de nouvelles formations pour les
niveaux V et IV, voire niveau III, sont absents. Ceci traduit un glissement vers le haut du niveau
de formation requis pour les métiers de l?électricité évoluant dans le cadre de la croissance
verte.
3.3 Définition des besoins en formation initiale
A la suite des débats des quatre réunions du Comité il a été remarqué que les besoins en formation
initiale sont les mêmes que ceux associés aux besoins de la formation continue mais décalés dans le
temps.
En d?autres termes, dans la plupart des cas, pour des formations continues (FC) en CT, la formation
initiale (FI) sera identifiée en (MT). Afin de ne pas nuire à la clarté des tableaux, le Comité n?a pas
retenu de préciser pour chaque « intersection Activité / Formation » les deux modalités de
formation. Seule l?horizon de temps des formations continues a été mentionnée.
2
Les frontières entre « Opérateur » et « Technicien » ne sont pas parfois aussi bien distinctes, comme le montre les
tableaux des Annexes 2 à 8. Il en est de même pour la frontière entre « Technicien » et « Cadre ». Ces frontières
glissantes dépendent essentiellement de la taille des entreprises et des différences propres à chaque convention
collective.
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4- Orienter et mettre en cohérence offre et demande pour faciliter les
recrutements (Axe 3 de la lettre de saisine).
4.1 Insertion des jeunes dans la vie active
Afin de garantir les chances de succès pour un jeune ayant obtenu un diplôme professionnalisant
d?obtenir un emploi à l?issue de sa formation, i.e. une formation pour un emploi, il est
incontournable de privilégier la formation en apprentissage. Ceci est toujours vérifié dans le cas
d?une évolution vers les emplois verts.
Dans le cadre des débats menés au sein du Comité, les témoignages rapportés par le directeur du
CNAM Ardèche ont validé ce dispositif pour des formations en apprentissage dans une
cinquantaine d?entreprises impliquées dans des métiers d?études, de fabrication et de maintenance
pour la production d?électricité photovoltaïque.
Le Comité s?accorde à penser que satisfaire à l?objectif de « UN emploi = UNE Formation » est
atteignable principalement pour les formations en apprentissage et en alternance. La demande
pour les éco-industries est aujourd?hui très forte.
4.2 Validation des acquis de l?expérience
Pour simplifier, le dispositif VAE (Validation des Acquis par l?Expérience) est basé sur
l?équivalence entre une expérience professionnelle et un référentiel de formation.
Dans le cas de la mutation des métiers de l?Energie électrique dans le cadre de la croissance verte, il
est aisé d?imaginer un électricien « traditionnel », ayant une bonne expérience dans sa spécialité, de
faire appel au dispositif VAE pour valider son expérience sur son coeur de métier traditionnel et de
poursuivre un nouveau cursus en formation continue lui permettant d?acquérir des unités
d?enseignement lui permettant de s?adapter à un métier « vert ».
4.3 Promotion sociale et insertion professionnelle
La lecture des Tableaux des Annexes 2 à 8 fait apparaître certains secteurs et sous secteurs
d?activités pour lesquels les besoins de formation sont définis depuis le niveau V jusqu?au niveau I.
Il est ainsi possible de créer un cursus spécifique à ce type de situation, constitué d?une offre de
formation continue à plusieurs étages avec des sorties « diplômantes » à chaque niveau.
Ce type de formation permettrait de favoriser la promotion sociale pour un certain nombre de
citoyens talentueux, ayant l?ambition de poursuivre leurs études en pratiquant souvent une activité
salariée. Bien entendu ce type de dispositif ne sera efficace que pour quelques personnes, mais qu?il
faut néanmoins ne pas ignorer.
Dans le cadre très particulier des grandes entreprises électriques, i.e. ERDF, EDF, il existe des
systèmes de formation interne offrant la possibilité à certains agents de gravir les échelons et
d?accéder à la maîtrise.
Dans le cas du déploiement des « compteurs intelligents » ERDF met en avant la nécessité d?avoir
une formation évolutive en raison des changements de fonctionnalités du matériel.
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5- Valoriser les métiers et les formations qui devr ont être pourvus en
plus grand nombre (Axe 4 de la lettre de saisine).
5.1 Faire connaître les métiers qui devront être pourvus en plus grand nombre
Le premier constat est que la filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » fait
face à un sérieux déficit d?image, sans même prendre en considération son évolution vers les
métiers de la croissance verte.
Ce constat a été rapporté par la FIEEC dans son rapport de juin 2008 [1] et a fait l?unanimité des
membres du Comité.
Par ailleurs, les intitulés des enseignements de cette filière sont particulièrement basés sur des
disciplines universitaires du monde du « génie électrique ». Les termes « Electromécanique »,
« Electrotechnique », « Moteurs électriques », etc .., sont encore trop souvent synonymes de
difficultés scolaires au niveau de l?Education Nationale et peu attractifs, renvoyant souvent les
élèves à l?image de technologies datant du début du XXème siècle.
Il est clair également que le développement des énergies renouvelables a eu un impact très positif
sur la connaissance de l?évolution des métiers de l?électricité. Les grandes écoles d?ingénieurs du
domaine l?ont bien compris récemment suite à un déficit important d?inscriptions après les classes
préparatoires, par manque d?attractivité.
A titre d?exemple très symbolique, pour Grenoble, l?école d?ingénieur ENSIEG ( Ecole Nationale
Supérieure des Ingénieurs Electriciens de Grenoble) qui faisait encore trop référence à la période de
la « Houille Blanche », chère à Louis Néel, s?est transformée en 2008, suite à une fusion avec
ENSHMG, en une nouvelle école d?ingénieur ENSE3
3
afin de relever les défis de demain
concernant l?Energie, l?Eau et l?Environnement, rendant ainsi plus attractive cette école aux
jeunes futurs ingénieurs (http://ense3.grenoble-inp.fr/).
Par ailleurs les métiers de l?électricité pour le bâtiment ont également un sérieux déficit d?image. Il
est indispensable de revaloriser ce secteur (cf §Recommandations).
5.2 Amélioration de l?image des métiers
Dans le cadre de la valorisation des métiers de l?électricité, le GIMELEC utilise aujourd?hui dans
ses relations avec les différents ministères les terminologies suivantes :
? Nouvelles technologies de l?énergie
? Eco-industries électriques
La terminologie « Eco-industries » est quelque peu limitative dans le cadre de la classification de la
filière en sept secteurs d?activités. Le Comité a fait une proposition reportée ci-après dans le
paragraphe « Recommandations ».
3
Lire ENSE « cube », abréviation de Energie, Eau, Environnement.
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RECOMMANDATIONS
- Rendre attractif la filière ?
Renforcer l?attractivité de la filière en reprenant les propositions faites par la FIEEC dans son
rapport de 2008 [1] en y ajoutant la dimension « croissance verte » qui apparaît comme un
élément fédérateur et créateur d?un nouveau dynamisme.
L?Education Nationale se doit d?être un acteur majeur de promotion des nouvelles
technologies électriques, rentrant plus généralement dans le cadre des réseaux électriques plus
intelligents en se coordonnant avec les industries électriques, l?enseignement supérieur et les
organismes de formation continue.
La terminologie de la filière « Construction électrique, électromécanique et réseaux » ne correspond
plus au développement des systèmes électriques du XXIème siècle.
Le Comité recommande vivement de changer cette terminologie afin de prendre en compte la
dimension « croissance verte », tout en évitant de trop « verdir ». En d?autres termes, la
terminologie « Electricité verte » n?apparaît pas appropriée.
Le Comité propose les dénominations suivantes :
? Technologies Eco-Electriques
? Systèmes Eco-Electriques
Le préfixe « Eco » peut être compris en termes de « croissance verte », mais aussi en termes
économiques, pour faire référence aux nouvelles tarifications relatives à l?ouverture des marchés de
l?électricité.
Afin de renforcer l?attractivité des métiers industriels, l?UIMM vient de lancer en novembre 2009
une campagne de communication sur le thème « On se réalise en réalisant ». www.onserealise.com
Le Comité propose d?avoir des actions similaires de communication, à définir à très court
terme, dans le cadre de la filière renommée, e.g. « Systèmes Eco-Electriques ».
L?intitulé des diplômes délivrés dans le cadre de cette filière est très souvent basé sur les disciplines
du « génie électrique » et pas sur une terminologie « métiers », a fortiori pas sur une terminologie
« métiers de la croissance verte ».
A ce titre, le Comité recommande de mettre en place une réflexion sur de nouveaux intitulés
de diplômes. Cette action pourrait être menée en concertation entre l?Education Nationale,
l?enseignement supérieur, les organismes de formation continue et les industries concernées.
A l?instar de l?initiative de la société LEGRAND, qui contribue à l?organisation de la promotion du
secteur de l?installation électrique par l?organisation du « Trophée des jeunes talents ELEC », le
Comité recommande très fortement la promotion par les acteurs économiques d?évènements
(Salons, Concours, Trophées, Prix, ?) à caractère ludique, pour valoriser globalement les métiers
des « Systèmes Eco-Electriques » auprès des jeunes et surtout des jeunes femmes.
- Développer la culture scientifique et technique ?
De manière générale, le Comité recommande de revaloriser les formations à caractère
scientifique et technique par le biais de la « croissance verte » et ce, dès le plus jeune âge, dans le
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secondaire, qui contribuerait ainsi à revaloriser la filière.
Le Comité recommande qu?un groupe de travail soit mis en place au sein de l?Education
Nationale.
- Revaloriser le secteur électricité / bâtiment ?
Le Comité recommande également très fortement de revaloriser le secteur de l?électricité du
bâtiment, principalement lié à l?installation électrique, lié également à la GTB (Gestion Technique
du Bâtiment), mais aussi aux nouvelles technologies d?éclairage (LBC, LED, ?.).
Il est donc particulièrement stratégique à court terme, et pour les plus jeunes, que l?Education
Nationale renforce les formations dans le domaine de l?installation électrique et de l?éclairage.
Cette revalorisation passe bien entendu aussi par des initiatives de la part de tous les acteurs de la
vie économiques sur des opérations de communications ciblées sur ce secteur en pleine mutation.
- Poursuivre les travaux avec Pôle emploi ?
A l?initiative du représentant de Pôle emploi, le Comité de filière propose de prolonger ses
analyses à travers un groupe de travail spécifique, qui serait mis en place par Pôle emploi et
pourrait être constitué de membres volontaires de ce Comité.
Ouvrant des perspectives propres à orienter l?activité opérationnelle de Pôle emploi, ce groupe
permettrait d?expérimenter un mode de travail particulièrement opportun pour une approche
prospective et pragmatique des besoins de compétences des entreprises, mode qui pourrait par la
suite être étendu à d?autres filières. Un tel groupe, pilote pour la « nouvelle » filière « Systèmes Eco-
Electriques », pourrait être mis sur pied au cours du premier trimestre de l?année 2010.
Ce groupe de travail aurait trois objectifs :
? aider Pôle emploi à traduire en termes de métiers et dans sa nomenclature (le ROME) les
besoins de formation continue à court terme (quelques années) mis en évidence : de telles
formations ne peuvent être conçues et mises en oeuvre que si elles sont spécifiées de manière
plus précise qu?en termes de niveaux de diplôme,
? contribuer à identifier les actions de formation dont pourraient bénéficier les demandeurs
d?emploi : certains des besoins de formation continue évoqués seront pris en charge par les
entreprises,
? apporter un éclairage sur les caractéristiques démographiques de certains métiers : des
départs en retraite massifs dans les prochaines années sont de nature à entraîner parfois
des besoins de compétences qui s?ajouteront à ceux que peut induire la croissance « verte »
en tant que telle.
- Interagir avec les Etats généraux de l?industrie ?
Les travaux du Comité ont a priori bien identifié les métiers de la filière liés à la conception, à
l?innovation, à l?installation mais aussi aux métiers liés à la maintenance, qui sont en pleine
expansion et qui ne peuvent pas être délocalisés. Néanmoins, le Comité s?interroge sur le maintien
en France des métiers liés à la fabrication.
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De plus, comme le fait remarquer la FIEEC [1], les métiers liés à la production et à l?industrie font
face à une désaffection de vocations, associés probablement à une mauvais image des enjeux, et
certainement aussi à une incompréhension des challenges induits par la croissance verte.
En s?appuyant sur l?analyse de la CRE et en prenant comme exemple les compteurs associés aux
réseaux électriques plus intelligents, le recours aux appels d?offres internationaux accroît le risque
que ces compteurs soient fabriqués à terme à l?étranger.
Le Comite suggère fortement de croiser les données produites dans ce rapport avec celles qui
seront élaborées par les Etats généraux de l?industrie.
- Affirmer et consolider le coeur de métier ?
Ce n?est pas parce que les métiers de cette filière évoluent rapidement vers des « emplois verts »
que les fondamentaux techniques de l?électricien ou/et de l?électromécanicien doivent être négligés,
bien au contraire.
Le Comité estime que la formation initiale à court terme n?est pas suffisante et espère que très
rapidement un travail sera entrepris par l?Education Nationale pour proposer des formations
adaptées à moyen terme.
- Former des opérateurs, techniciens, cadres « hybrides » ?
Le Comité recommande une introduction obligatoire de modules de formation complémentaire en
TICs, en économie « verte » et une sensibilisation forte au développement durable (éco-conception,
recyclage) dans les cursus de formation initiale mais aussi de formation continue, quelles que soient
les modalités de cette formation (apprentissage , alternance).
La pondération en temps d?enseignement de ces modules sera ajustée en fonction du niveau de
formation demandé.
En d?autres termes, un ingénieur « hybride » aura probablement une pondération plus forte sur la
partie économique que celle allouée à un technicien « hybride ».
- Equilibrer formations initiales et formations continue ?
L?Electricien du XXIème siècle est un métier d?avenir pour les jeunes, associé à de nombreux
« emplois verts ».
Suite à l?analyse des Tableaux des Annexes 2 à 8, le Comité recommande à court terme de mettre en
place, ou de renforcer les formations continues (FC) dans les secteurs identifiés comme prioritaires.
Néanmoins, le Comité précise également que ces initiatives ne doivent pas faire oublier les
formations initiales (FI), aussi bien celles qui sont sous la responsabilité de l?Education Nationale,
mais aussi celles qui sont sous la responsabilité de l?enseignement supérieur et des grandes écoles.
Le Comité attire l?attention sur la nécessité impérative d?équilibrage des formations (FI/FC) dans
la filière « Systèmes Eco-Electriques », et ce à court terme (horizon de 2 à 3 ans).
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- Développer la formation ouverte à distance ?
Sur le plan territorial, l?accès à tous les types de formations complémentaires dans le domaine du
« génie électrique » intégrant les énergies renouvelables et les réseaux est aujourd?hui très inégal.
Dans le cadre de la formation tout au long de la vie, la Formation Ouverte à Distance (FOD), basée
sur les TICs (essentiellement visio-conférences, studios de cours) peut être une modalité de
formation très attractive pour :
? faciliter l?accès à des formations aux personnes à mobilité réduite, ou présentant un
handicap,
? permettre à des personnes issues de certaines régions d?avoir accès aux formations non
dispensées dans leur territoire,
? contribuer à la réduction des émissions de CO2 liée aux moyens de transport des apprenants.
Le Comité encourage fortement cette modalité de formation (FOD) comme étant
simultanément un :
? facteur direct d?accélération du déploiement des formations complémentaires en régions,
? élément direct de réduction des émissions de CO2 (à quantifier ?)
Ce type de recommandation est par ailleurs très général dans le cadre du Plan de mobilisation et
doit pouvoir être proposé par les autres Comités de filière, en dépit de certaines adaptations à mener
en fonction, très probablement, des spécificités de certains métiers verts (problèmes des travaux
pratiques).
- Former spécifiquement en priorité et à court terme 3 secteurs ?
Après les 4 réunions du Comité, une tendance générale a été dégagée assez facilement par
l?ensemble des membres de ce Comité.
Le Comité a en effet été très surpris à l?issue de ses travaux d?identifier un nombre aussi important
de besoins en formation dans le cadre de métiers en pleine mutation.
Pour faire à une analyse critique et approfondie des Tableaux des Annexes 2 à 8, la priorité en
termes d?urgence de formations complémentaires et en volume est mise sur les secteurs
suivants :
? Gestion technique du bâtiment
? Réseaux électriques
? Eclairage
sans perdre de vue que l?ensemble des secteurs seront certainement tous concernés en cas de reprise
économique.
Il est clair que mettre en urgence les efforts de formation en électricité pour le bâtiment n?est pas
apparu comme une surprise. Néanmoins, il était important d?avoir une vision claire et structurée des
sous secteurs d?activités dans ce domaine, impacté très fortement par la croissance verte.
Le Comité tient à mettre un accent particulier sur les « nouveaux » métiers liés aux réseaux
électriques, dans le cadre de l?ouverture des marchés de l?électricité. Des formations nouvelles sont
à construire à court terme pour rendre opérationnel un futur réseau « dit intelligent », bâti sur une
infrastructure vieillissante et dont les experts actuels sont atteints par la limite d?âge.
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Enfin, le Comité pense que le domaine de l?éclairage, qui est en pleine mutation suite aux directives
européennes sur la maîtrise de l?énergie, est un vivier important pour les formations en nouvelles
technologies.
Le Comité recommande la création d?un groupe de travail spécifique à chacun des trois
secteurs d?activités, pour définir, adapter et harmoniser au plan national le contenu des
différentes formations (FI/FC).
- Renforcer les formations en Electrochimie ?
Le développement des énergies renouvelables et des véhicules électriques / hybrides rechargeables
implique nécessairement le développement des systèmes de stockage électrochimiques. Or, les
formations dans ce domaine sont insuffisantes en France, quel que soit le niveau de qualification.
Le Comité recommande très fortement d?accroître le nombre de formations en électrochimie,
formations initiales et formations continues.
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ANNEXE 1
Structure générale d?un réseau électrique intelligent
Source CRE
Services énergétiques Hydraulique Stockage Systèmes FACTS
Eolien Nouveaux services Efficacité énergétique Photovoltaïque
Courbe de charge Suivi de la qualité Véhicule hybride
rechargeable
Maîtrise de la demande
d?énergie
Véhicule électrique Pompe à chaleur Dimensionnement du
réseau
Gestion du patrimoine
Gestion des charges Télé-conduite Maintenance Nouvelles offres de
fourniture d?électricité
Télé-relève Reconfiguration
automatique
Détection des pannes Réseau auto-cicatrisant
Tableau 1 : Secteurs d?activités caractéristiques d?un réseau électrique intelligent
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ANNEXE 2
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ANNEXE 3
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ANNEXE 4
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ANNEXE 5
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ANNEXE 6
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ANNEXE 7
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ANNEXE 8
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BIBLIOGRAPHIE
[1] FIEEC ? Rapport de propositions au gouvernement, « Une stratégie industrielle pour les
marchés du futur » La croissance se construit ensemble, Elaboré sous la présidence de Pierre
Gattaz, Juin 2008.
[2] SCF Associates Ltd ? A Green Knowledge Society, An ICT Policy agenda to 2015 for
Europe?s future knowledge society, September 2009.
[3] CAS ? Sortie de crise : Vers l?émergence de nouveaux modèles de croissance ? Rapport de
la commission présidée par Daniel Cohen, Octobre 2009.
[4] CAS ? La société et l?économie à l?aune de la révolution numérique, Enjeux et perspectives
des prochaines décennies (2015/2025), Rapport de la commission présidée par Alain Bravo,
mai 2009.
[5] CAS ? Le pari de l?éolien, Novembre 2009.
[6] Cahier de l?Oref ? CARIF - Activités, Emplois, Métiers et Qualifications dans le domaine
de la Maîtrise de l?Energie et des Energies Renouvelables, Mars 2009.
[7] Emplois verts 2010: Etude de fonctions & rémunérations, Michael Page International,
Décembre 2009.
[8] ADEME ? Marchés, Emplois et Enjeu énergétique des activités liées aux énergies
renouvelables et à l?efficacité énergétique, Situation 2007-2008 ? Perspectives 2009,
Octobre 2009.
[9] CRE ? Quelles évolutions des réseaux électriques français, Cécile George, Journée
scientifique Digitéo, 25 novembre 2009.