Rapport environnement 2022
Auteur moral
France. Ministère des transports
;France. Direction générale de l'aviation civile
Auteur secondaire
Résumé
Ce rapport s'organise en six axes principaux :<br />
;- accélération de la décarbonation du transport aérien<br />
;- limitation des nuisances sonores<br />
;- amélioration de la qualité de l'air<br />
;- innovation pour le développement durable du secteur aérien<br />
;- protection et valorisation de la biodiversité aéroportuaire
Editeur
France. Ministère des transports
;France. Direction générale de l'aviation civile
Descripteur Urbamet
transport aérien
;pollution atmosphérique
;aéroport
;DECARBONATION
;qualité de l'air
;Développement Durable
Descripteur écoplanete
biodiversité
Thème
Transports
Texte intégral
2022
ENVIRONNEMENT
R A P P O R T
3
Sommaire
Accélérer
la décarbonation
du transport
aérien
1? P.11
Limiter
les nuisances
sonores
2 ? P.23
Améliorer
la qualité
de l?air
L?innovation pour
le développement
durable du
secteur aérien
3 ? P.31
4 ? P.39
Rapport Environnement
de la Direction générale
de l?aviation civile 2022
Juin 2023
Publication de la Direction générale
de l?aviation civile,
ministère de la Transition écologique
et de la Cohésion des territoires
50, rue Henry-Farman
75720 Paris cedex 15
Tél. : 01 58 09 43 21 Fax : 01 58 09 35 35
Rédaction et coordination de la publication :
Bureau du climat, de la qualité de l?air
et des sujets émergents, DTA/SDD1.
Conception et réalisation :
Citizen Press, Paris
Photo de couverture :
Aéroport d?Orly- photo DGAC ?
Protéger et valoriser
la biodiversité
aéroportuaire
5 ? P.52
Le service public
écoresponsable (SPE),
nouvel enjeu
environnemental
6 ? P.59
Glossaire
7 ? P.63
5
L?année2022
a été une année
majeure en matière
d?engagements
internationaux pour atteindre
la neutralité carbone. Pourquoi
parle-t-on d?engagement
historique??
2022 marque un réel tournant par
l?engagement à l?échelle mondiale
de l?industrie et des États en faveur
de la neutralité carbone du secteur
aérien en 2050.
Le premier semestre 2022
a été marqué par l?ambition
portée par la présidence française
de l?Union européenne dans
le cadre des négociations
sur le paquet « Ajustement
à l?objectif moins 55 % - Fit for 55 ».
Grâce à son engagement, la France
a obtenu l?adoption d?accords entre
les États membres du Conseil sur
trois des quatre textes concernant
le secteur aérien : la proposition
DAMIEN
CAZÉ
Éditorial
de règlement dite « ReFuel EU
Aviation » ? fixant des objectifs
d?incorporation de carburants
d?aviation durables (CAD) ?,
la révision de la directive ETS
Aviation et la proposition
de règlement dit « AFIR »
visant à établir des objectifs
de déploiement d?infrastructures
de distribution de carburants
alternatifs pour chaque mode
de transport. Seules les négociations
sur la révision de la directive
sur la taxation de l?énergie (DTE)
n?ont pas pu aboutir en raison
de l?unanimité des suffrages requise
en matière de fiscalité.
La présidence française a également
été à l?initiative du Sommet
de l?aviation consacré
à la décarbonation du transport
aérien qui s?est tenu les 3 et
4 février à Toulouse.
Ce sommet est parvenu
à l?adoption par 42 États et de
nombreux acteurs du secteur aérien
de la Déclaration de Toulouse
pour une neutralité carbone
Directeur général
de l?aviation civile
«?La position de la France
en matière d?innovation est
déterminante?»
?La reprise du trafic
doit plus que jamais répondre
aux enjeux climatiques
et environnementaux.?
du transport aérien d?ici à 2050.
Cette impulsion française
et européenne a permis
un engagement international
historique : l?adoption, dans le cadre
de la 41e Assemblée de l?OACI,
d?une résolution pour la neutralité
carbone en 2050 de l?aviation civile
internationale comme ambition à
long terme (en anglais Long Term
Aspirationnal Goal - LTAG).
De nombreuses tâches ont été
assignées au Conseil de l?OACI
pour rendre cet objectif
opérationnel, dont l?organisation
dès 2023 de la 3e édition
de la Conférence sur l?aviation
et les carburants alternatifs
(CAAF/3). Celle-ci constituera
une étape majeure pour
promouvoir la production
et l?utilisation des carburants
d?aviation durables au niveau
mondial.
L?année2022 a été celle
de la reprise du trafic aérien.
Peut-on dire que cette reprise
s?accompagne réellement
d?actions pour réduire l?impact
du secteur sur le climat
et l?environnement??
Nous nous réjouissons, aux côtés
des autres professionnels du secteur,
de la reprise du trafic après la crise
sanitaire qui nous avait tous
lourdement affectés. Cette reprise
doit plus que jamais répondre
aux enjeux climatiques
et environnementaux
liés au trafic aérien.
En cohérence avec les mesures
prises au niveau européen
et international, la mise en oeuvre
des dispositions de la loi Climat
et résilience a progressé.
Les décrets fixant une obligation
de compensation des émissions
des vols domestiques ou limitant
fortement les extensions
d?aéroports ont été adoptés.
La DGAC a également travaillé
activement avec l?ensemble
des acteurs de la chaîne de valeur
du secteur aérien à l?élaboration
d?une feuille de route établissant
les actions à mettre en oeuvre
pour atteindre les objectifs
de baisse des émissions de gaz
à effet de serre de la Stratégie
nationale bas carbone (SNBC).
L?année 2022 est également
la première année de mise en place
d?un mandat d?incorporation
de carburants aéronautiques
durables (CAD) obligatoire
en France, en avance par rapport
au calendrier européen. Les travaux
engagés devront se poursuivre pour
permettre la mise en place
d?une filière de production de CAD
compétitive sur le territoire
national.
Dans le contexte de la crise
énergétique provoquée par le
conflit russo-ukrainien, le secteur
a également été mis à contribution
dans le cadre du plan de sobriété
lancé par le gouvernement.
À l?échelle des territoires,
nous poursuivons nos efforts
pour protéger la biodiversité
sur les aérodromes et maîtriser
les nuisances sonores engendrées
par le trafic aérien en concertation
avec les associations de riverains
et les professionnels du secteur
et avec l?appui de l?Acnusa.
Le secteur mise beaucoup
sur l?innovation. Quelles sont
les avancées attendues
et à quelles échéances??
Il faut garder à l?esprit que
la position de la France en matière
d?innovation est déterminante
car son industrie aéronautique
est la plus complète d?Europe.
Occupant la moitié des parts du
marché mondial des aéronefs de
ligne, notre industrie dispose d?un
pouvoir d?orientation considérable
sur les trajectoires mondiales
de décarbonation du transport
aérien.
Du fait des cycles de développement
particulièrement longs de
l?aéronautique, nous travaillons à
la décarbonation de l?aviation de
transport avec deux horizons en vue :
? un premier d?ici à 2030 qui
s?appuie sur une première phase de
déploiement des CAD et un effort
important de renouvellement des
flottes des compagnies aériennes
(offrant une réduction de 20 % à
25 % d?émissions de CO2 ; de ce
point de vue, le plan de soutien
à Air France a veillé à préserver
la capacité de la compagnie à
renouveler sa flotte) ;
? un second pour la fin de
la prochaine décennie, quand
la nouvelle génération d?avions ultra
sobres à nouvelles énergies (CAD
et hydrogène), basée sur la R&T que
nous soutenons, aura fortement
pénétré le marché.
Ce second horizon est primordial
pour la décarbonation puisque
les nouvelles énergies ne pourront,
compte tenu de leur surcoût, être
déployées massivement qu?avec
des appareils nettement plus
économes. Ces avions intégreront
plusieurs innovations de rupture,
dont la propulsion à l?hydrogène
pour les appareils régionaux et
court et moyen-courriers. L?objectif
poursuivi par la filière au sein
du Corac (Conseil pour la recherche
aéronautique civile), avec le soutien
de la DGAC, est de réduire
la consommation énergétique
des futurs appareils commerciaux
d?environ 30 %.
Au-delà de l?aviation de transport,
les acteurs des autres segments
de l?aviation sont également
engagés dans la décarbonation
et travaillent au sein du Corac
sur de nouveaux aéronefs
décarbonés, prévus dès 2030
pour les plus avancés.
4
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
la neutralité carbone
à l?horizon 2050,
une résolution historique?
environnement a été
au coeur des discussions
de la 41e Assemblée
de l?OACI qui s?est
déroulée du 27 septembre
au 7 octobre 2022, avec en point
d?orgue l?adoption d?un objectif
historique : la neutralité carbone
pour l?aviation internationale
en 2050, en phase avec les objectifs
de l?Accord de Paris en matière
de limitation du réchauffement
climatique.
Cet engagement est le fruit
d?un long processus de négociations
qui a pu s?appuyer sur les travaux du
CAEP (voir encadré), et en particulier
sur son Rapport sur la faisabilité
d?un objectif ambitieux à long terme
(LTAG) concernant la réduction
des émissions de CO2 de l?aviation
internationale1 de février 2022.
Seules la Chine et la Fédération
de Russie ont déposé des réserves
vis-à-vis de la résolution de l?OACI.
L?objectif de neutralité carbone
est dit aspirationnel dans la mesure
où la résolution n?attribue « aucune
obligation ou engagement sous forme
d?objectifs nationaux de réduction
des émissions de CO2 ».
Cette résolution marque cependant
le début d?un processus qui va
mobiliser le Conseil de l?OACI pour
les trois ans à venir, l?Assemblée
ayant assigné de nombreuses tâches
à celui-ci pour rendre l?objectif
de neutralité carbone opérationnel.
Compte tenu de l?importance
des carburants durables pour
décarboner l?aviation, le Conseil
devra organiser dès 2023
la 3e édition de la Conférence sur
l?aviation et les carburants alternatifs
(CAAF/3) pour préciser la vision 2050
de l?OACI pour les CAD,
en promouvoir la production
et l?utilisation, voire définir
une trajectoire de leur utilisation
compatible avec l?objectif
de neutralité carbone.
Le volet sur leur financement sera
une pièce essentielle du dispositif
opérationnel, comme l?ont montré
les discussions sur le sujet lors
de l?Assemblée. Le Conseil a,
en particulier, un rôle à jouer pour
faciliter l?accès de certains États
aux capacités d?investissement du
secteur privé et aux financements
des institutions financières telles que
les banques de développement.
Enfin, et sans être exhaustif, il s?agira
dans un temps plus éloigné de
préparer avec les États et l?industrie
l?arrivée des nouvelles technologies
et des nouvelles énergies, comme
l?hydrogène, donc d?adapter
les normes et pratiques
recommandées existantes
ou d?en adopter de nouvelles.
L?
41e Assemblée
de l?OACI en 2022 :
? qui s?appuie sur les travaux
du CAEP, un comité de protection
de l?environnement essentiel
LE COMITÉ DE PROTECTION
DE L?ENVIRONNEMENT
EN AVIATION (CAEP)
Le CAEP (Committee
on Aviation Environmental
Protection) est un comité
technique du Conseil de l?OACI,
chargé d?assister le Conseil
dans l?élaboration des politiques
environnementales et l?adoption
de nouveaux standards
et pratiques recommandées
(SARP) relatifs au bruit
des aéronefs et aux émissions
des moteurs, notamment
le CO2. Son champ d?intervention
couvre l?Annexe 16 de la
Convention de Chicago (bruit,
qualité de l?air local, émissions
et Corsia). Il s?intéresse
également à la technologie
des aéronefs, aux opérations
aériennes et aux carburants
alternatifs dans le but de réduire
les émissions de CO2.
Le CAEP est composé
de 31 membres représentant
les États membres dont
la France, et d?observateurs
d?autres États, mais aussi d?ONG,
d?organisations professionnelles,
d?institutions de l?UE,
d?associations.
Plus de 600 experts participent
à ses travaux.
Le LTAG du CAEP, support
de cet objectif ambitieux
de neutralité carbone
e rapport du CAEP
sur la faisabilité
d?un objectif ambitieux
à long terme concernant
la réduction des émissions de CO2
(ou LTAG) de l?aviation internationale
est le fruit du travail de près de
300 experts pendant plus de deux ans.
Ce rapport présente trois scénarios
de décarbonation, combinant
des hypothèses plus ou moins
volontaristes pour les trois leviers
identifiés au sein du secteur :
les améliorations technologiques
des appareils, une meilleure efficacité
des opérations aériennes et les CAD.
Si ces scénarios affichent tous
des réductions majeures d?émissions
de CO2, aucun ne permet d?atteindre
totalement la neutralité carbone
en 2050. Pour y parvenir, il faudra
recourir en complément
à des mesures hors secteurs
comme la compensation
ou la capture et la séquestration
du carbone.
Dans l?hypothèse la plus volontariste
(IS3), les émissions de CO2 de l?aérien
seraient limitées à 200 millions
de tonnes (MT) en 2050, soit le tiers
des 600 MT émises en 2019, en dépit
de la croissance du trafic.
Si aucun effort supplémentaire
n?était consenti, autre que
le renouvellement des flottes
d?appareils avec les technologies
actuelles, elles atteindraient 1 500 MT.
Quel que soit le scénario, les CAD
joueront un rôle déterminant
dans la décarbonation d?ici à 2050.
Dans le scénario IS3, 55 %
des réductions d?émissions
de CO2 sont liées à l?utilisation
des carburants d?aviation durable,
21 % à la technologie des aéronefs
et 11 % aux mesures d?exploitation.
Le CAEP a également évalué
les coûts et investissements associés
aux différents scénarios tout
au long de la chaîne du transport
aérien.
L
1. https://www.icao.int/environmental-protection/
LTAG/Documents/REPORT%20ON%20THE%20
FEASIBILITY%20OF%20A%20LONG-TERM%20
ASPIRATIONAL%20GOAL_fr.pdf.
Un autre chantier
complexe pour le CAEP
pour 2022-2025 :
le double standard
e « double standard » désigne l?objectif
de renforcer simultanément les standards
bruit et CO2 existant pour les appareils
subsoniques. Les deux étant difficilement
compatibles, des arbitrages entre CO2 et bruit pourront
être nécessaires en vue de l?adoption des futures normes.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
Le transport aérien publie sa feuille
de route pour la décarbonation
article 301 de la loi Climat et résilience
prévoyait que « chaque secteur fortement
émetteur de gaz à effet de serre » établisse
une feuille de route afin de présenter son plan
d?action pour « atteindre les objectifs de baisse des
émissions de gaz à effet de serre fixés par la stratégie
nationale bas carbone » (SNBC). Le secteur aérien a été
le premier à remettre sa feuille de route aux ministres
concernés, le 14 février 2023, après un an de travail
de tous les acteurs intéressés, compagnies aériennes,
constructeurs, aéroports, assistants en escale,
énergéticiens et producteurs de CAD, sous la houlette
de la DGAC et du GIFAS (Groupement des industries
françaises aéronautiques et spatiales, cf p. 47).
Les travaux se sont structurés en groupes de travail
correspondant aux grands leviers de décarbonation de
l?aérien ? le progrès technologique et le renouvellement
des flottes (avec un sous-groupe dédié à l?adaptation
des infrastructures aéroportuaires), la production et
l?utilisation de CAD, et les opérations en vol et au sol.
Un groupe de travail a également été dédié aux dispositifs
de compensation des émissions de CO2.
Chacun de ces groupes s?est accordé sur des hypothèses
quantitatives de contribution des leviers
à la décarbonation à l?horizon 2050.
Deux scénarios de décarbonation plus ou moins
optimistes basés sur la mobilisation de ces leviers sont
ainsi présentés dans la feuille de route. Pour chaque
scénario et hypothèse, les industriels mettent en avant
les conditions de succès, notamment financières,
réglementaires ou relatives à l?accès aux ressources.
Outre la présentation des recommandations de la feuille
de route de l?art. 301, la réunion du 14 février a été
l?occasion pour les ministres Agnès Pannier-Runacher,
Clément Beaune et Roland Lescure de lancer
un groupe de travail pour favoriser le développement
des carburants aéronautiques durables, réunissant
des acteurs de haut niveau de l?aérien, de l?aéronautique
et de l?énergie. L?objectif est de créer en France une filière
de carburants durables permettant au secteur de l?aérien
d?atteindre ses objectifs de réduction des émissions de
gaz à effet de serre et de décarbonation en 2050. Les trois
ministres ont présenté les lauréats de l?appel à projets
« Développement d?une filière française de carburants
aéronautiques durables » (cf. p. 14), lancé en 2021 dans
le cadre de la Stratégie nationale Produits biosourcés
et biotechnologies industrielles ? Carburants durables
de France 2030. Conduit par l?ADEME, cet appel à projets
soutient financièrement des projets de démonstration
de procédés de production de carburants aéronautiques
durables et des travaux de préingénierie de processus
nécessaires pour engager un projet de production
dans la phase de décision d?investissement industriel.
Afin de passer désormais à un stade d?industrialisation
et de création d?unités de production de biocarburants,
le lancement d?une « consultation flash » des acteurs
a été décidé afin d?identifier les freins à lever
et d?élaborer des modalités d?accompagnement
adaptées, d?ici au salon du Bourget au mois de juin 2023.
L?
e CNR, pour une réflexion
collective sur les
transports de demain?
Le Conseil national
de la refondation (CNR) a été instauré
par le président de la République
le 8 septembre 2022 afin de créer
un nouveau mode de concertation et
d?action pour permettre aux citoyens
d?échanger de manière constructive
et de bâtir des solutions répondant
aux grands défis de l?époque
sur différentes thématiques. La
concertation sur celle des transports
a été lancée le 8 novembre 2022 par
le ministre délégué aux Transports
Clément Beaune. Elle vise à aborder
les enjeux concrets de la transition
écologique des mobilités autour
de trois ateliers sur la mobilité du
quotidien, la mobilité longue
distance et le transport de
marchandises. Les leviers d?action
identifiés vont être transmis aux
citoyens et aux territoires afin
d?être définis au sein d?instances
de concertations locales.
? une coordination nationale
grâce au SGPE...
Par décret du 7 juillet 2022,
le président de la République a
créé un secrétariat général de
la planification écologique (SGPE),
placé sous l?autorité de la Première
ministre, afin d?assurer la cohérence
et le suivi des politiques
environnementales menées par
tous les ministères et de coordonner
les actions et négociations pour
concrétiser la décarbonation de
la société.
? et une Stratégie française
énergie-climat (SFEC)
en cours de construction.
Le SGPE est également chargé
de coordonner toutes
les composantes de la Stratégie
française énergie-climat, en cours
de construction. La SFEC constituera
la feuille de route actualisée de la
France pour atteindre la neutralité
carbone en 2050. Elle sera constituée
de la première Loi de programmation
quinquennale sur l?énergie et le
climat (LPEC), qui doit être adoptée
en 2023 et déclinée par la Stratégie
nationale bas carbone (SNBC
3e édition), le Plan national
d?adaptation au changement
climatique (PNACC 3e édition)
et la Programmation pluriannuelle
de l?énergie (PPE 2024-2033), qui
doivent être adoptés au premier
semestre 2024.
L?OAD, Observatoire de l?aviation
durable.
Dans un contexte où les études
sur la décarbonation de l?aérien
restent souvent complexes
à appréhender, à analyser et à
comparer, l?Observatoire de l?aviation
durable (OAD) se donne pour mission
de mettre à la disposition du plus
grand nombre des connaissances et
des données chiffrées fiables.
Une page web dédiée permettra
de retrouver de manière rapide et
organisée les études de référence.
Parallèlement, l?OAD organise
les rencontres territoriales
de la décarbonation et met
en lumière des acteurs de terrain qui
agissent dans les territoires, au coeur
de l?innovation et de la recherche
(PME, start-up, chaires académiques)
en proposant des solutions concrètes
qui témoignent de l?engagement
de la France en la matière.
De nouvelles structures
administratives au service
de l?efficacité des politiques
environnementales
L
s?accélèrent pour élaborer
la future Stratégie française
énergie climat (SFEC)
Les travaux de concertation
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Présentation de la Feuille de route sur la décarbonation,
14 février 2023
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
Accélérer
la décarbonation
du transport aérien
1?
L?année 2022 a été marquée par l?engagement historique
à l?échelle mondiale de l?industrie et des États en faveur
de la neutralité carbone du secteur aérien en 2050
et par l?ambition affirmée de l?Europe de réduire de 55 %
ses émissions dès 2030. Au niveau national, l?élaboration
de la feuille de route de décarbonation établie
par le secteur aérien dans le cadre de l?article 301
de la loi Climat et résilience a fait l?objet d?échanges
riches entre tous les acteurs de la chaîne de valeur.
Cette contribution du secteur alimentera les travaux
menés par le gouvernement et le Parlement pour définir
la nouvelle stratégie française sur l?énergie et le climat.
?
5
PROJETS RETENUS
dans le cadre de l?appel à projets
« Développement d?une filière de production
française de CAD » pour un soutien de 18 M¤.
La France à l?heure de la sobriété
ans un contexte marqué
par l?accélération
du changement
climatique et le conflit
ukrainien, la transition énergétique
de la France constitue une priorité
fondamentale. Le pays doit sortir
de sa dépendance aux énergies
fossiles et réduire de 40 % sa
consommation d?énergie d?ici à 2050.
Dans un esprit de concertation
et de dialogue, neuf groupes de travail
ont été lancés durant l?été 2022 afin
de faire remonter des propositions
de mesures de sobriété énergétique
pour chaque secteur, comprenant
l?État exemplaire, l?industrie,
les transports. Ainsi, un plan de
sobriété énergétique a été consolidé
et présenté le 6 octobre 2022.
La feuille de route est ambitieuse :
réduire de 10 % la consommation
d?énergie sur les deux prochaines
années par rapport à 2019.
Chaque secteur a défini un plan
d?action comprenant des mesures
de réduction de la consommation
énergétique quantifiées.
Pour le transport aérien, les mesures
mises en place visent à optimiser
la consommation énergétique
des aérogares, avec notamment des
actions relatives à l?optimisation des
besoins en chauffage et climatisation
ainsi qu?à la mise en place de
procédures au sol et en vol limitant la
consommation de kérosène : roulage
sur un moteur, optimisation des
routes aériennes, recours à l?énergie
électrique lorsque l?avion est au sol,
développement de l?écoconduite.
Garant du plan de sobriété
énergétique, l?État se doit également
d?être à la fois exemplaire et force
de proposition et d?expérimentation.
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Plan de sobriété énergétique
de la France
Les grands acteurs du transport
aérien s?engagent aussi
es aéroports ont élaboré
des plans d?urgence
comprenant différentes
mesures : réduction
et optimisation des éclairages
dans les aérogares, utilisation raisonnée
de la climatisation et du chauffage,
révision de contrats d?achats d?énergie
et sensibilisation des passagers
et des tiers. ADP a mis en place
un plan de sobriété énergétique
en septembre 2022. Ce plan prévoyait
pour l?électricité : la réduction
des éclairages, la limitation
du renouvellement d?air dans certaines
zones, la limitation des portes et
fenêtres ouvertes et une température
de climatisation à 26 °C (été). Et pour
le gaz naturel, une température
de chauffage constante à 19 °C (hiver)
et une période de chauffe maximale
restreinte de mi-octobre à début avril.
La mobilisation de l?ensemble
des collaborateurs du groupe a permis
d?obtenir des gains énergétiques
significatifs en 2022 par rapport
à la situation de référence en 2019.
Sur ses trois plateformes franciliennes,
ADP a amélioré sa performance
énergétique interne en 2022 de 7 %
sur l?électricité par rapport à 2019,
et de 31 % sur le chaud (chiffres
corrigés des évolutions climatiques). Le
plan de sobriété adopté par Air France
à la suite de l?annonce du plan
de sobriété national le 6 octobre 2022
a été présenté au comité exécutif
et au conseil d?administration
de la compagnie en octobre 2022.
Un comité trimestriel « Sobriété
énergétique » a été mis en place pour
en mesurer les résultats et identifier de
nouvelles pistes d?actions. Les mesures,
qui portent notamment sur la
réduction des éclairages, l?application
des consignes de température dans
l?ensemble des locaux de l?entreprise et
la sensibilisation des salariés aux gestes
individuels, ont permis de diminuer de
17 % les consommations énergétiques
sur la période de mai à décembre 2022
(date de mise en place d?un premier
plan d?action par la compagnie)
par rapport à la référence de 2019.
L
Il prendra toute sa part afin d?impulser
un engagement collectif et solidaire,
avec la mise en place d?un plan
d?action ambitieux comprenant
une meilleure gestion des bâtiments
de l?État, un accompagnement
de la transition dans les mobilités,
une réduction de ses consommations
liées au numérique et des actions
en lien avec la commande publique.
100 %
DES ÉMISSIONS DE CO2
des compagnies sur le champ domestique
devront être compensées en 2024.
LA FIN DES QUOTAS GRATUITS DANS
LE CADRE DE L?ETS À L?HORIZON 2026
2026
12 13
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
u niveau européen,
l?objectif de la présidence
française de l?Union a été
d?harmoniser les ambitions
dans le domaine des CAD en faisant
aboutir les négociations au Conseil
de l?UE sur le règlement ReFuel EU
Aviation. L?orientation générale
obtenue en juin 2022 a rempli
cet objectif puisque le texte prévoit
une obligation croissante
d?incorporation de CAD dans
les réservoirs des exploitants aériens
européens et non européens qui
s?approvisionnent dans les aéroports
de l?UE de plus de 1 million de passagers
par an (initialement, le taux
d?incorporation prévu était de 2 %
en 2025, 6 % en 2030, 20 % en 2035,
et plus de 50 % en 2050, avec des
sous-objectifs d?incorporation pour
les carburants de synthèse). Bâti sur
la proposition de la Commission
européenne, le texte adopté prévoit
les flexibilités nécessaires pour une
approche harmonisée et équilibrée
au sein des États membres.
En effet, le texte du Conseil établit
une définition des CAD qui inclut les
électrocarburants (ou e-fuels) produits
avec de l?électricité bas carbone ;
une période transitoire assez large
afin de permettre aux fournisseurs
de carburants d?anticiper l?adaptation
de leur chaîne logistique, ainsi que
l?exemption des aéroports dépendant
de fortes contraintes logistiques
d?approvisionnement. À la suite
de la position du Parlement européen
sur le texte, adoptée en juillet 2022,
les négociations entre la Commission,
le Conseil des ministres et le Parlement,
nommées « trilogues », ont débuté
sous présidence tchèque au second
semestre 2022. Elles ont abouti en avril
2023 sous présidence suédoise, les trois
institutions parvenant à un accord plus
ambitieux que la proposition initiale
de la Commission énoncée ci-dessus :
le taux d?incorporation de CAD
augmentera progressivement : il devra
toujours atteindre 2 % en 2025, puis 6 %
en 2030? mais 70 % en 2050 (au lieu de
50 %) dont 35 % d?e-fuel. Les carburants
de synthèse bas carbone produits à
partir d?hydrogène provenant de
l?énergie nucléaire pourront être pris en
compte pour atteindre ces objectifs
d?incorporation conformément
au souhait de la France. Cet accord
provisoire doit maintenant être voté
par les institutions européennes.
Au niveau international, l?année 2022
a permis de clôturer le douzième cycle
de travail du CAEP et de définir
les priorités du cycle 13
pour la période 2022-2024.
S?agissant des CAD, l?accent a été mis
sur les électrocarburants (e-fuels).
Jusqu?alors peu étudiés au sein
du sous-groupe du CAEP concerné par
les carburants et dénommé Fuel Task
Group (FTG), les e-fuels sont pourtant
un levier déterminant pour
la décarbonation de long terme,
notamment sur les lignes aériennes
qui ne pourront pas bénéficier des
technologies de rupture concernant
l?électrification ou l?hydrogène. Le FTG
travaille à la définition des éléments
techniques à ajouter aux SARP
(voir encadré p. 7) permettant
d?assurer aux e-fuels un niveau de prise
en compte équivalent à celui existant
pour les autres CAD.
Mutualiser les efforts pour soutenir
le développement des CAD.
Au niveau européen comme au niveau
international, des instances d?échanges
sont créées pour mutualiser les efforts
et harmoniser les actions mises en
oeuvre pour assurer le développement
de CAD, dans le respect des objectifs
collectivement fixés.
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Les carburants
aéronautiques
durables, un sujet
international
d?ampleur
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En Europe, l?alliance industrielle
pour la chaîne de valeur des carburants
renouvelables et à faible intensité
de carbone (ou Renewable and
Low-Carbon Fuels Value Chain
Industrial Alliance ? RCLF ? en anglais)
a été constituée le 6 avril 2022.
Composée de deux chambres dont
l?une dédiée au transport aérien
et animée par Safran, et l?autre relative
au transport maritime, elle est ouverte
à tous les acteurs du secteur. La France
a été le premier État membre à s?y
inscrire et à y participer activement.
Cette alliance vient compléter
le cadre réglementaire harmonisé
par le règlement ReFuel EU Aviation.
Son objectif est de concentrer
les efforts visant à accélérer
la production et la mise sur le marché
de CAD à des prix abordables.
Les thématiques clés identifiées par
l?alliance couvrent en particulier l?accès
au financement, la disponibilité
des ressources et les synergies à mettre
en oeuvre entre secteurs.
Au niveau international, une initiative
complémentaire a été prise dans
le cadre du programme de l?OACI
d?assistance, de renforcement
des capacités et de formation
pour les carburants d?aviation durables
(programme ACT-SAF) présenté
le 1er juin 2022.
Cette initiative s?inscrit dans la volonté
explicite de l?OACI qu?« aucun pays [ne
sera] laissé de côté » (NCLB) pour la mise
en oeuvre des SARP. Elle est avant tout
destinée à soutenir les États membres
de l?OACI dans le développement
d?une chaîne de valeur pour les CAD,
qui leur permettrait d?atteindre les
objectifs de neutralité carbone en 2050.
La France, forte de sa dynamique et de
son expérience sur le développement
d?une filière nationale de CAD,
a souhaité s?investir dans cette action.
Elle est le deuxième pays à rejoindre
le programme. Dans une approche
similaire à celle du programme
ACT-Corsia, la première action du projet
a été de fournir un socle de connaissances
générales aux participants.
La première des sept « ACT-SAF series »
a eu lieu le 25 novembre 2022.
Elle a présenté le programme et défini
les CAD. Les suivantes permettront
aux participants de monter
progressivement en compétence
sur le sujet des carburants d?aviation
durables en abordant des thématiques
clés comme la certification de nouveaux
procédés de fabrication, la durabilité
de ces carburants ou encore un retour
d?expérience par les États qui ont déjà
mis en oeuvre des politiques de soutien
au développement des CAD.
Le contenu de ces sessions est
accessible sur la page dédiée du site
Internet de l?OACI.
Afin de voir émerger une filière de production de
CAD en France à court terme, tout en maintenant
la dynamique nationale actuelle, les efforts de
l?année 2022 ont d?abord porté sur les échelles
européenne et internationale.
14 15
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?actualité du SEQE-UE (ETS)
et du CORSIA en 2022
l?échelon national,
la dynamique ne ralentit
pas ! L?année 2022
est celle des premières
actions permettant d?atteindre
les objectifs de la feuille de route
nationale.
D?une part, l?appel à projets
« Développement d?une filière de
production française de carburants
aéronautiques durables » a été clôturé
en septembre 2022.
À ce jour, comme annoncé par les
ministres Agnès Pannier-Runacher,
Clément Beaune et Roland Lescure
lors de la réunion de haut niveau
du 14 février 2023, cinq projets ont été
retenus pour 18 millions d?euros de
financement2 (cf. p. 8). Parmi eux,
quatre projets sont consacrés aux
carburants de synthèse : Reuze
(Dunkerque), Hynovera (Territoire
de Gardanne-Meyreuil), Avebio (Tartas)
et France KerEAUzen
(Le Havre), et un projet est consacré
aux biocarburants avancés : BioTJet
(France).
D?autre part, afin d?encourager
l?incorporation de CAD dans le
carburéacteur vendu actuellement,
une mesure fiscale incitative a été mise
en place. Depuis le 1er janvier 2022,
les fournisseurs de carburéacteurs sont
soumis à la Taxe incitative relative à
l?utilisation d?énergies renouvelables
dans les transports (Tiruert), qui
impose une incorporation d?au moins
1 % de CAD3 dans le carburéacteur
vendu avec des critères de durabilité
précis. Les fournisseurs devront
s?acquitter d?une pénalité en cas
de non-atteinte de l?objectif fixé.
L?adéquation de la mesure avec
les objectifs nationaux et le marché
des CAD est assurée annuellement.
Enfin, un nouvel outil facilitant
le suivi des flux de CAD vendus
en France accompagne l?obligation
d?incorporation minimale
de la feuille de route nationale.
La plateforme numérique nationale
CarbuRe, initialement consacrée
au transport routier, accueille
désormais, grâce à une collaboration
entre la DGAC et la DGEC,
un environnement dédié à l?aérien.
Il permet de répondre aux attentes
des compagnies aériennes,
consommatrices finales des CAD,
pour qu?elles aient accès aux
caractéristiques des CAD qu?elles
achètent (matière première utilisée,
niveau de réduction des émissions
de GES) dans un espace numérique
sécurisé.
Se projeter vers une utilisation
à 100 % de CAD
L?objectif de demain est de pouvoir
consommer un carburant composé
à 100 % de CAD (la certification
des moteurs des avions actuels étant
limitée à 50 % de CAD). Les travaux
engagés dans le cadre du CORAC
(Conseil pour la recherche
aéronautique civile, cf p.47)
par un sous-groupe dédié cherchent
à lever cette limite et à définir
les solutions à mettre en oeuvre.
Du CAD identique à du kérosène
ou non, rien n?est écarté et cette
question fait l?objet d?analyses
entre les acteurs français du secteur
et la DGAC pour continuer
de progresser vers la production
d?avions utilisant 100 % de CAD.
De la feuille de route française aux
réalisations sur le terrain en faveur des CAD
À
2. https://www.gouvernement.fr/france-2030-an-
nonce-des-laureats-de-l-appel-a-projets-develop-
pement-d-une-filiere-de-production.
3. Objectif calculé annuellement et en énergie ;
les biocarburants produits à partir des matières
premières de l?annexe IX de la directive Redii
sont comptés pour le double de leur contenu
énergétique réel dans la Tiruert.
Des dispositifs en place pour réduire l?impact carbone
L?année 2022 est celle de la mise en oeuvre effective du dispositif national
de compensation des émissions de CO2 des vols domestiques prévu par l?article 147
de la loi Climat et résilience. Ce dispositif complète, sur le territoire national,
le Système européen d?échange de quotas d?émissions (SEQE-UE, ou ETS en anglais,
Emission Trading System) et le dispositif pour la réduction et la compensation
des émissions de carbone de l?aviation internationale (CORSIA). Un exploitant
pourra être soumis simultanément aux trois dispositifs en fonction du périmètre
de ses émissions, des règles d?application de ceux-ci et de son activité.
S
i le SEQE-UE repose sur
le principe de restitution
de quotas d?émissions
suivant l?approche
« pollueur/payeur », le CORSIA et le
dispositif national issu de l?article 147
de la loi Climat et résilience (cf. p. 16)
visent à compenser les émissions
de l?aviation par le financement
de projets comme des projets
forestiers ou agricoles.
Des mécanismes différents
pour un même objectif
L
e CORSIA est entré
dans sa première phase
opérationnelle en 2021
pour une durée
de trois ans. Les premières exigences
de compensation seront calculées
à l?issue de cette première phase
triennale 2021-2023, pour une
première compensation effectuée
en 2025.
Lors de sa 41e assemblée en octobre
2022 (cf. p. 6), l?OACI a confirmé
que les émissions de l?année 2019
constitueront le niveau de référence
pour le calcul des compensations
du CORSIA sur la phase triennale
en cours 2021-2023 ; elle a aussi acté
une évolution plus ambitieuse
en abaissant le niveau de référence
à 85 % des émissions de l?année 2019
pour les phases ultérieures à compter
de 2024. Enfin, il a été décidé
que la prise en compte, dans le calcul
des compensations, de la croissance
des opérateurs serait repoussée
à 2032 et son poids limité à 15 %.
Ces ajustements résultent
de négociations qui constituent
un point d?équilibre avec celles
sur le LTAG (Long Term Global
Aspirational Goal).
La révision de la réglementation
relative au SEQE-UE (EU-ETS)
a également été négociée
par les institutions européennes afin
notamment d?articuler le système
européen avec le CORSIA.
La directive ETS révisée vise en effet
principalement à la fois :
? à renforcer l?ambition du SEQE-UE
en supprimant rapidement
l?allocation gratuite de quotas
historiques ; baisse de 25 %
en 2024 et de 50 % en 2025,
puis de 100 % à partir de 2026 pour
basculer vers la totalité des quotas
mis aux enchères ;
? à articuler le marché ETS européen
avec le CORSIA en utilisant l?option
« clean-cut » (application du SEQE-
UE limitée aux vols intraeuropéens
et application du CORSIA limitée
aux vols extra-UE) ;
? à encourager l?emport
de carburants d?aviation durables
(CAD) par l?allocation de quotas
gratuits dits « SAF allowances »,
qui compensent l?écart de prix
entre CAD et kérosène fossile ;
? à inclure les effets hors CO2
de l?aviation dans un cadre
de surveillance, déclaration
et vérification (MRV) de l?ETS.
Des ajustements pour CORSIA et SEQE-UE
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
ette obligation, prévue
par l?art. 147 de la loi
Climat et résilience,
s?applique aux exploitants
d?aéronefs soumis à l?ETS (cf. p. 15),
réalisant des vols intérieurs entre
deux aéroports de métropole
et générant plus de 1 000 tonnes
de CO2 par an sur le territoire
national. Les vols entre la métropole
et les territoires d?outre-mer
ne sont pas concernés.
L?obligation est progressive :
les exploitants impliqués doivent
compenser 50 % de leurs émissions
en 2022, 70 % en 2023 et la totalité
de leurs émissions en 2024.
Cette obligation doit aussi répondre
à certaines conditions :
? Les projets sélectionnés par les
exploitants doivent se situer dans l?UE
pour 20 % d?entre eux en 2022, 35 %
en 2023 et 50 % en 2024.
À partir de 2025, ce pourcentage sera
déterminé par un nouvel arrêté. Une
dérogation à cette disposition n?est
possible que si l?exploitant justifie son
impossibilité de trouver suffisamment
de projets de compensation en UE
répondant aux principes édictés par
le décret.
? Les projets de compensation
doivent être mesurables, vérifiables,
permanents et additionnels
(art. R. 229-102-1 du Code
de l?environnement), ce qui est le cas
des projets français certifiés « label
Bas carbone » et des projets Corsia.
Un arrêté est en cours d?adoption
pour valoriser les projets
de compensation apportant
des améliorations significatives
en matière de préservation
et de restauration de la biodiversité.
Ces crédits carbone seront majorés
à hauteur de 15 % maximum,
par exploitant et par an.
En cas de non-respect
de la compensation, le montant
de l?amende est de 100 ¤ par tonne
de gaz à effet de serre (GES)
non compensée par l?exploitant,
amende s?appliquant aussi en cas
de non-remise du rapport
de compensation que l?exploitant
doit remettre tous les ans au ministère
de la Transition énergétique
pour le 1er juin, accompagné
du rapport de vérification établi
par un vérificateur agréé.
Parmi ces standards, le « label
Bas carbone », créé par le MTECT
en 2018, a pour objectif de faire
émerger un marché français
et européen de la compensation avec
exigences environnementales élevées
et au niveau des meilleurs standards
internationaux.
Sur les décrets :
? L?interdiction de créer de nouveaux
aéroports ou d?agrandir un aéroport
(pris en application de l?article 146
de la loi), dès lors que ces travaux
aboutiraient à une augmentation nette
des émissions, est devenue effective
par le décret du 23 juin 2022.
Les aéroports ultramarins,
de Bâle?Mulhouse, de Nantes
et les hélistations ne sont pas
concernés par cette interdiction.
? Le décret « 2 h 30 » (pris en application
de l?article 145 de la loi) interdisant
les vols intérieurs, dès lors qu?un
transport par train direct et dans des
conditions satisfaisantes est possible
en moins de 2 h 30, a fait l?objet
d?échanges nourris avec
la Commission européenne
qui a finalement rendu un avis
favorable sur la compatibilité
de la mesure aux règles du marché.
Après un dernier examen par le Conseil
d?État, le décret a été publié le 23 mai
2023. Les conditions satisfaisantes
seront appréciées selon la fréquence
et les horaires des trains directs,
en particulier le matin et le soir,
afin de permettre un aller-retour
dans la journée, en étant présent
à destination durant 8 heures. Trois
lignes sont concernées à ce jour par
la fermeture en application du décret :
celles reliant Orly à Nantes, à Bordeaux
et à Lyon. Au fur et à mesure que l?offre
ferroviaire s?améliorera, avec des
fréquences plus nombreuses et des
horaires adaptés, davantage de liaisons
ferroviaires pourront être considérées
comme répondant aux conditions
fixées par le décret et d?autres lignes
aériennes intérieures pourraient donc
être supprimées.
? L?article 147 de la loi prévoit
l?obligation de compenser la totalité
des émissions des vols intérieurs d?ici
à 2024 (voir page suivante).
? L?article 12 de la loi vise à encadrer
la publicité pour les produits et services
« neutres en carbone ». Ainsi, depuis
le 1er janvier 2023, il est interdit
aux annonceurs d?affirmer dans
une publicité qu?un produit ou service
est « neutre en carbone » sans le
démontrer (cf. décrets n° 2022-538
et 2022-539 du 13 avril 2022).
S?agissant des rapports
du gouvernement au Parlement :
? Dans son article 142, la loi Climat
et résilience demande
au gouvernement de remettre
Les articles 142 à 147
de la loi Climat et résilience
du 22 août 2021, ainsi que
l?article 12, consacrés au
transport aérien, prévoient
des décrets d?application pour
certaines mesures, des rapports
pour d?autres. Où en sommes-
nous aujourd?hui ?
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La loi Climat et résilience
entre progressivement
en application
au Parlement deux rapports :
l?un sur la manière de fixer d?ici
à 2025 un prix du carbone
« au moins équivalent au prix
moyen constaté sur le marché
du carbone pertinent », l?autre
sur l?accompagnement du secteur
aérien dans sa stratégie de
décarbonation. Ces deux rapports
sont en cours de finalisation.
? L?article 144 de la loi prévoit que
l?État lutte contre la vente à perte
de billets d?avion, notamment par
une évolution de la réglementation
européenne permettant d?instaurer
un prix minimal de vente des billets.
L?Inspection générale
de l?environnement et du
développement durable (IGEDD)
et l?Inspection générale des finances
(IGF) ont remis leurs conclusions
au gouvernement. Ces propositions
pourront servir à alimenter
les débats dans le cadre
de la planification écologique.
COMPENSATION DES ÉMIS-
SIONS, CRÉDITS CARBONE,
DE QUOI PARLE-T-ON ?
L?objectif de la compensation
est de financer des projets
permettant de stocker du CO2
(renouvellement forestier
par exemple) ou de réduire
les émissions de gaz à effet
de serre d?autres activités.
Pour s?acquitter de leur
obligation de compensation, les
exploitants utilisent des crédits
carbone. Il s?agit de documents
délivrés à la suite d?un projet
de compensation qui certifie
que l?exploitant a supprimé ou
évité des émissions de CO2.
Un crédit carbone correspond
à une tonne de CO2 évitée ou
séquestrée. De nombreux
standards de compensation
européens et internationaux
existent, ils peuvent être
comparés selon les cinq critères
fondamentaux (unicité,
mesurabilité, vérifiabilité,
permanence et additionnalité)
ainsi que selon des critères
socio-économiques
et environnementaux.
Le ministère de la Transition
écologique et de la Cohésion
des territoires (MTECT) a réalisé
une étude comparée
de ces standards disponible
sur son site.
La compensation
carbone se met en place
L?obligation de compensation des émissions de gaz des vols intérieurs
est entrée en vigueur en 2022.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2021
Vulnérabilité des aéroports
face au changement climatique
ans le cadre du Plan
national d?adaptation
au changement climatique
(PNACC), le STAC a
développé en 2013 une méthodologie
d?évaluation des aléas climatiques
et de leurs impacts potentiels
sur les aérodromes métropolitains
à l?horizon 2100. En 2019,
la méthodologie a abouti à la création
de l?outil Vulclim qui, à partir d?un
questionnaire en ligne, établit une grille
de vulnérabilité pointant les faiblesses
de la plateforme face au changement
climatique. En 2022, Vulclim a été
mis à jour pour prendre en compte
les nouvelles projections climatiques
proposées sur le site Drias à partir
des scénarios du Groupe
intergouvernemental d?experts
sur l?évolution du climat (GIEC). La note
d?information technique consacrée
à ce sujet a également été mise à jour.
Les rencontres des aéroports français
et francophones programmées par
l?UAF ainsi que le séminaire « Résilience
des aéroports » organisé par Proavia ont
été l?occasion de réunir de nombreux
acteurs (exploitants aéroportuaires,
Météo France, Eurocontrol, DGAC)
autour de cet enjeu. Les témoignages
des aéroports de Nice, Kansai
et les avis d?experts, notamment
de la DGAC, Météo France, Eurocontrol
et Airbus ont permis d?échanger
sur les risques et les stratégies à mettre
en place. Des sociétés innovantes
et les représentants des projets
OLGA, Stragate et Tulips (lauréats
du programme Horizon 2020
de la Commission européenne
nommé « Green Airport »), menés
respectivement par le Groupe ADP,
Aéroport de Bruxelles et Aéroport
d?Amsterdam, ont présenté leurs
solutions et leurs expérimentations
pour atténuer l?empreinte
environnementale des aéroports
et les rendre plus résilients face au
changement climatique et aux risques
météorologiques extrêmes.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2021
Les aéroports français
en marche vers la décarbonation
Un fort engagement des aéroports
français dans la décarbonation.
Les aéroports français sont fortement
engagés dans la décarbonation de leur
structure. Ainsi, sur 86 pays représentés
dans l?Airport Carbon Accreditation
(ACA), la France regroupe de loin le plus
grand nombre d?aéroports engagés
dans la démarche. Développée par
l?Airport Council International (ACI),
l?ACA est un programme de
certification basé sur le volontariat dans
lequel les aéroports s?engagent à réduire
leurs émissions de CO2. Elle comprend
six niveaux, le plus élevé correspondant
à une réduction des émissions des
aéroports et des tiers en valeur absolue,
en accord avec l?Accord de Paris, ainsi
que la compensation des émissions
résiduelles. Lancé en 2020 à l?initiative
de l?Union des aéroports français et
francophones associés (UAF), le
programme EASEE (Engagement
des aéroports pour la sobriété
énergétique et l?environnement)
propose un accompagnement
technique et financier aux aéroports,
notamment aux petites et moyennes
plateformes afin de faciliter leur
intégration puis leur progression dans
le dispositif ACA. Fin 2022, 74 aéroports
français ont rejoint le programme
EASEE. 46 sont partis de rien pour
atteindre pour la plupart le niveau 2 et
27 ont atteint le niveau 3. Les aéroports
français représentent maintenant près
de 30 % du nombre total d?aéroports
accrédités en Europe et 15 % à l?échelle
mondiale. Un programme EASEE 2
est à l?étude pour aider le maximum
d?aéroports à parvenir au niveau 3.
La loi du 10 mars 2023 permettra
l?accélération de la production
des énergies renouvelables.
Son objectif est clair : cette loi doit
permettre d?aller « deux fois plus vite »
pour déployer les énergies
renouvelables afin de rattraper le retard
persistant de la France en la matière.
Elle repose sur 4 piliers : accélérer les
procédures, libérer le foncier nécessaire,
accélérer le déploiement de l?éolien en
mer et améliorer le financement et
l?attractivité des projets d?énergie
renouvelable.
L?exploitation aéroportuaire
est essentiellement concernée
par l?article 11 relatif à l?installation
de panneaux photovoltaïques sur
ombrières. Les parcs de stationnement
extérieurs d?une superficie supérieure
à 1 500 m2 devront être équipés, sur
au moins la moitié de cette superficie,
d?ombrières intégrant un procédé
de production d?énergie renouvelable
sur la totalité de leur partie supérieure
assurant l?ombrage. Ces dispositions
entreront en vigueur au 1er juillet 2026.
Révision de la note d?information
technique relative aux projets
d?installations de panneaux
photovoltaïques à proximité
des aérodromes.
La note d?information technique (NIT)
relative à l?implantation des panneaux
photovoltaïques à proximité
des aérodromes a été révisée
fin novembre 2022 par le Service
technique de l?aviation civile (STAC).
Cette mise à jour prend en compte
le contexte économique ainsi que la
volonté politique de développement
de champs solaires dans le voisinage
des aérodromes, tout en simplifiant
les processus d?étude d?éblouissement
par les porteurs de projet et de
traitement de ces dossiers
par la DGAC. Cette mise à jour de la
NIT résulte d?un travail de coordination
avec les autorités de l?aviation civile
européennes et américaines, l?Institut
de recherche biomédicale des armées
(IRBA), l?UGE et des industriels français
du secteur solaire. Des études
sur l?éblouissement et l?incapacité
des pilotes sont également en cours
avec des prestataires extérieurs.
Cette note est disponible sur le site
du ministère :
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/
default/files/3_2_NIT_Photovoltaique_
V5_signee_10nov2022. pdf
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Parkings recouverts de photovoltaïques; aéroport de Nice
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Aéroport de St Pierre Pierrefonds, La Réunion
74
aéroports se sont engagés
dans le programme ACA.
Après les aéroports de la Côte d?Azur,
l?aéroport de Lyon obtient
le niveau ACA4+.
20 21
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
a mise en oeuvre
de nouvelles procédures
de vol, les modifications
d?espace, l?ajustement
dynamique des contraintes sont des
éléments importants d?amélioration
de la performance environnementale.
La stratégie de la DSNA aborde
la performance environnementale
à l?échelle des flux de trafic
et non sur la base du vol parfait.
Aussi, l?enjeu est de trouver, en
fonction du trafic, le meilleur équilibre
entre la recherche de trajectoires
optimales et la volonté de simplifier
les croisements des flux pour fluidifier
l?écoulement du trafic. Cela repose
sur une gestion du trafic aérien plus
dynamique et une meilleure
compréhension de l?impact des
concepts « Green Operations » sur
la capacité. La DSNA a créé un groupe
de travail « Green Operations »
avec des compagnies aériennes pour
apporter des solutions court terme à
l?amélioration des trajectoires dans
les régions les plus contraintes. À titre
d?exemple, Air France estime que
l?optimisation verticale des profils
de vols à destination des aéroports de
Paris?Charles-de-Gaulle et Paris?Orly
représenterait une économie annuelle
d?environ 12 000 tonnes de kérosène,
soit l?équivalent d?environ 3 000 vols
Paris-Nice. Une première évaluation
opérationnelle s?est concentrée sur
le flux des vols arrivant la nuit par
le Sud-Ouest en région parisienne,
à l?interface des CRNA Sud-Ouest,
Ouest et Nord, considéré comme
le plus pénalisant du réseau Air France
en matière environnementale.
Ainsi, depuis le 1er décembre 2022,
une procédure vise à maintenir
chaque avion de ce flux à un niveau
de vol optimisé (FL 360 au lieu de
FL 300) au plus proche du Top of
Descent (TOD) idéal. Le gain estimé
est d?environ 300 kg de kérosène par
vol optimisé. De plus, les solutions
Sesar comme celles validées dans
le projet Heron (cf. p. 46) devraient
permettre d?étendre ces
améliorations au trafic de jour, plus
soutenu. Au-delà de la gestion en
temps réel, il s?agira de définir des
Une circulation aérienne
plus respectueuse
de l?environnement
processus aux niveaux stratégique et
prétactique en ciblant des méthodes
de travail adaptées et en faisant
évoluer les outils afin d?identifier plus
facilement des plages temporelles
d?optimisations possibles.
« Green Descents » : des descentes
optimisées et plus écologiques.
En région parisienne, des procédures
appelées « Green Descents », visant
à maintenir les avions à un niveau
de vol plus élevé et à réduire
les longueurs des paliers en approche
lors du transfert de contrôle entre le
CRNA et les approches, sont évaluées
depuis fin 2020 lorsque le niveau de
trafic le permet. Elles contribuent à
une meilleure optimisation des profils
en approche, donc à une réduction
des émissions gazeuses.
Après plusieurs étapes d?affinage
du dispositif et de démonstration
des gains réels, la phase de
pérennisation peut être lancée
en 2023.
Descente sur Ajaccio par la face nord
par guidage satellitaire.
Le 4 avril 2022, un Airbus A320neo
d?Air Corsica a inauguré une nouvelle
procédure PBN (Performance Based
Navigation) d?arrivée par le nord sur
l?aéroport d?Ajaccio. Cette procédure
dite « RNP AR » (Required Navigation
Performance with Authorization
Required) permet aux équipages et
avions certifiés d?atterrir face à la mer,
en toute sécurité, en survolant
une région montagneuse avec
des conditions météorologiques
dégradées (plafond de 630 pieds
ou 190 mètres et 2 800 mètres
de visibilité). Cette procédure
exigeante en matière de niveau de
performance a fait l?objet d?une
autorisation opérationnelle délivrée
par l?autorité nationale de surveillance
(DSAC).La procédure, qui s?appuie
sur un guidage GPS, offre une
approche sûre et plus courte avec
un profil de descente optimisé qui
apporte des gains environnementaux
significatifs en matière de bruit et
de réduction de la consommation
de carburant, et donc d?émissions de
CO2. Le temps de vol est réduit
d?environ 10 minutes sur ce segment
par rapport à une arrivée ILS par
le sud. De plus, cette procédure
RNP AR évite de survoler des zones
urbanisées. Elle améliore aussi
l?accessibilité de l?aéroport en
réduisant les déroutements.
Dans le cadre du programme Sesar,
la procédure RNP AR a été évaluée
à l?échelle européenne sur d?autres
terrains aux configurations locales
aussi très contraintes. En France, ce
sont les organismes de contrôle de
Nice et d?Ajaccio qui ont grandement
contribué au succès du
développement de la procédure qui
a reçu le prix de la catégorie
Environnement lors du World ATM
Congress à Madrid en 2017. Ce type
de procédure sera à terme étendu
SCHÉMA D?OPTIMISATION DE DESCENTE CONTINUE
GAINS CO2 EN 2022
En 2022, l?action des contrôleurs de la circulation aérienne, notamment
par l?utilisation optimale de l?espace aérien, a permis une réduction
des émissions de CO2 et des coûts dus aux différences (en Nm) entre les vols
réalisés et les vols planifiés.
Réduction des distances parcourues 17 932 043 Nm
Réduction des distances parcourues 91 453 t
Réduction des émissions de CO2 288 000 t
Amélioration de la performance environnementale
L aux aéroports de Bordeaux, Marseille,
Nice, et Chambéry. En attendant que
les avions soient certifiés « RNP AR »,
une procédure hybride dite « RNP
VPT », associant IFR et VFR, sera
bientôt disponible.
La DSNA a entamé
la labellisation de ses
services conformément
à la démarche
« Green ATM » que Canso
a lancée en 2022.
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Descente sur Ajaccio
23
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
22
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
2 ?
Limiter les nuisances sonores aériennes est essentiel
pour préserver la qualité de vie des populations
survolées et prévenir les effets néfastes sur la santé. La
DGAC joue un rôle central dans la gestion des nuisances
sonores aériennes en élaborant et en appliquant
la réglementation environnementale. La coopération
entre l?État, les acteurs du secteur aérien et les riverains
est primordiale pour trouver des solutions durables
permettant de limiter les nuisances sonores tout en
garantissant une mobilité aérienne efficace et sécurisée.
?
20 M¤
SUR LE BUDGET GÉNÉRAL DE L?ÉTAT
attribués au dispositif d?aide à l?insonorisation
sur les cinq plateformes présentant le besoin
le plus élevé (Beauvais?Tillé, Paris?Charles-de-
Gaulle et Le Bourget, Nantes?Atlantique
et Toulouse?Blagnac).
Limiter
les nuisances
sonores
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Des outils modernisés
pour une meilleure performance
environnementale
a modernisation technique
permet l?amélioration
de la performance
environnementale.
Le déploiement de l?outil « 4Flight »,
un nouvel environnement de contrôle
et de traitement des plans de vol pour
les centres en route de la navigation
aérienne, est majeur dans ce domaine.
D?autres systèmes contribuent
également à ces avancées. On peut
citer l?outil Salto.
Salto, une aide à l?optimisation
de la gestion des flux de trafic.
En septembre 2022, les 5 CRNA français
ont déployé une nouvelle version
de l?outil Salto. Utilisé par le gestionnaire
des flux (FMP), il sert à anticiper,
sur une plage temporelle donnée,
les pointes de trafic et les possibles
dépassements de la capacité
de contrôle dans les secteurs.
Des fonctions de simulation
de changements de configuration
ou de mesures participent à la prise
de décision. Chaque opérateur peut
envoyer de manière électronique
vers le network manager des demandes
de régulation, de mesures plus
ponctuelles ou de changements
de configuration de secteurs, dans un
objectif d?adéquation entre la capacité
de contrôle disponible et les flux
de trafic attendus. Ainsi, en optimisant
la gestion des flux de trafic, Salto
contribue à une aviation plus verte.
Acropole.
L?outil « Acropole » permet quant à lui
de définir de nouveaux indicateurs
de performance utilisant l?intelligence
artificielle pour déterminer
la consommation de carburant pour
chaque vol. Il permet d?analyser les
trajectoires des avions et d?en identifier
les éventuelles inefficacités en matière
de consommation. Pour cela,
la consommation du vol suivi
est comparée aux consommations
des autres vols sur ce même flux. Une
profondeur de 5 années est disponible.
SkyLab, un outil innovant pour piloter
la performance opérationnelle.
L?outil « Skylab » développé par la DSNA
enregistre de manière automatisée
de nombreuses données liées
aux services de navigation aérienne
rendus. Il présente à J+1 une série
d?indicateurs de performance
concernant la sécurité,
l?environnement, la capacité
et la météo. Ces informations
permettent de contrôler a posteriori
la performance de la navigation
aérienne et de mener des études
d?amélioration de la performance
correspondant aux besoins
opérationnels. Dans l?outil,
la performance environnementale est
analysée grâce aux taux d?utilisation
des montées et descentes continues
(CCO et CDO), aux altitudes de livraison
des avions dans l?espace géré par
l?approche de Paris-CDG, aux taux
d?adhérence, aux approches de nuit,
au respect des procédures ainsi qu?aux
bilans de consommation de carburant
et de réduction d?émissions de CO2.
L?outil « SkyLab » a été déployé à ce jour
dans les organismes de contrôle
de Bâle?Mulhouse, Nice, Orly, CDG,
Le Bourget, Toulouse, Lyon et Bordeaux.
En 2023, il est prévu de poursuivre
son implémentation sur les aérodromes
les plus importants ainsi que dans
un CRNA. Enfin, la possibilité d?intégrer
les données de l?outil « Acropole »
dans l?outil « Skylab » est en cours.
L
4 PPBE
APPROUVÉS (Bordeaux?Mérignac, Nice?Côte-
d?Azur, Paris?Orly et Toulouse?Blagnac).
3
ARRÊTÉS DE RESTRICTION ENTRÉS
EN VIGUEUR (Bâle?Mulhouse,
Nantes?Atlantique et Lyon?Saint-Exupéry).
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24 25
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
La politique de maîtrise des nuisances sonores s?appuie sur les quatre piliers
d?action du concept d?approche équilibrée, défini par l?Organisation de l?aviation
civile internationale (OACI) : la réduction du bruit à la source (exploitation
d?avions acoustiquement plus performants) ; la planification et la gestion
de l?utilisation des terrains environnant l?aéroport (contraintes d?urbanisme fixées
par les plans d?exposition au bruit et par le dispositif d?aide à l?insonorisation
autour du plan de gêne sonore) ; une exploitation des vols à moindre bruit
(trajectoires visant à réduire les nuisances sonores) ; les restrictions d?exploitation
dans les aéroports (couvre-feu, plafonnement des mouvements?)
L?approche équilibrée
de la gestion du bruit
des aéronefs, bilan 2022
ous les cinq ans,
des cartes stratégiques
de bruit (CSB) dressent
l?état des lieux du niveau
d?exposition au bruit actuel et futur
des principaux aéroports français,
permettant d?établir un diagnostic
auquel répond un plan d?action
associé : le plan de prévention
du bruit dans l?environnement
(PPBE).
Le PPBE rassemble les mesures,
relevant des trois premiers piliers
de l?approche équilibrée, à prendre
sur les cinq années à venir. Il traduit
les engagements de l?État en matière
de lutte contre les nuisances sonores.
Les acteurs intéressés peuvent porter
des mesures sur la base d?un
engagement volontaire. Figure ainsi
dans le PPBE de Paris?Charles-de-
Gaulle portant sur la période 2022-
2026 un engagement des
compagnies aériennes à accélérer
le renouvellement de leur flotte
(en particulier Air France et FedEx).
Ces plans d?action font l?objet
d?une concertation renforcée.
La DGAC, accompagnée
des services préfectoraux, participe
régulièrement à des réunions avec
l?ensemble des parties prenantes
dans un souci constant de dialogue
et de transparence. À cette phase
de dialogue s?ajoute la consultation
du public sur le projet de PPBE.
Celui de Paris?CDG a ainsi fait l?objet
de plus de 1 600 commentaires
dont une synthèse a été publiée
en décembre 2022.
En 2022, les PPBE de Bordeaux?
Mérignac, Nice?Côte-d?Azur, Paris?
Orly et Toulouse?Blagnac ont été
approuvés ; ceux de Marseille?
Provence et Paris?Charles-de-Gaulle
(pour la période 2022-2026) ont fait
l?objet d?une concertation préalable
à leur adoption.
Si les mesures envisagées
n?empêchent pas l?émergence
d?un problème de bruit
ou ne résolvent pas une question
déjà identifiée, le PPBE peut prévoir
le lancement d?une étude dite
d?impact selon l?approche
équilibrée (EIAE) pour l?introduction
de restrictions d?exploitation
(quatrième pilier de l?approche
équilibrée). Cette étude est réalisée
conformément aux dispositions
du règlement européen (UE)
n° 598/2014 relatif à l?établissement
de règles et de procédures
concernant l?introduction
de restrictions d?exploitation liées
au bruit dans les aéroports de
l?Union, dans le cadre d?une
approche équilibrée.
Des études menées pour trois
aéroports ont conduit à prendre
autant d?arrêtés de restriction.
Ceux de Bâle-Mulhouse et Nantes-
Atlantique, entrés en vigueur en
2022, ont permis une amélioration
de la situation sonore autour
de l?aéroport. À Nantes, le nombre
de mouvements réalisés entre minuit
et 6 heures a été divisé par six avec
l?instauration d?un couvre-feu,
passant en moyenne de 9 vols
nocturnes à 1,3. À Bâle?Mulhouse,
depuis l?interdiction des départs
programmés entre 23 heures et
minuit, l?exploitant a constaté une
diminution de 75 % de la surface
impactée (homogène) par le bruit sur
cette heure. L?arrêté pour Lyon est
entré en vigueur au premier
trimestre 2023 ; un premier bilan
pourra être fait prochainement.
L?Autorité de contrôle des nuisances
aéroportuaires (Acnusa) est enfin
compétente pour sanctionner
les infractions aux restrictions
d?exploitation liées au bruit,
le montant de l?amende pouvant
aller jusqu?à 40 000 ¤ pour les
personnes morales.
Désignation d?une nouvelle
autorité compétente chargée
de la procédure à suivre
lors de l?adoption des restrictions
d?exploitation.
Saisi par des associations de défense
de riverains d?aéroport, le Conseil
d?État a jugé le 5 avril 2022 que la
DGAC ne présentait pas les garanties
suffisantes d?indépendance prévues
par le règlement n° 598/2014 pour
faire office d?autorité compétente
« chargée de la procédure à suivre
lors de l?adoption de restrictions
d?exploitation d?aérodromes ».
La DGAC travaille donc activement
pour désigner une autorité
compétente répondant
aux prescriptions du Conseil d?État.
Dès sa désignation, une EIAE pourra
être initiée pour les aéroports
de Bordeaux?Mérignac, Lille?Lesquin,
Marseille?Provence, Paris?Charles-de-
Gaulle (CDG), Paris?Orly et Toulouse?
Blagnac.
L?année 2023 sera par conséquent
jalonnée par l?élaboration des EIAE
d?ores et déjà programmées ainsi
que des PPBE dits de 4e échéance4
couvrant la période 2024-2028.
La concertation et la consultation
seront au coeur de cette démarche
visant à lutter contre la pollution
sonore aérienne.
T
« Des études menées
pour trois aéroports
ont conduit à prendre
autant d?arrêtés
de restriction.?»
AÉROPORT PUBLICATION DE
L?ARRÊTÉ
ENTRÉE EN
VIGUEUR
CONTENU DE L?ARRÊTÉ
BÂLE?MULHOUSE 6 août 2021 1er février 2022 Interdiction des aéronefs de chapitre 3
avec marge cumulée inférieure
à 13 EPNdB entre 22 h et 6 h.
Couvre-feu : Interdiction des départs
programmés entre 23 h et minuit.
LYON?SAINT-
EXUPÉRY
29 juin 2022 1er février 2023 Interdiction des aéronefs de chapitre 3
avec marge cumulée inférieure
à 13 EPNdB entre 22 h et 6 h.
NANTES?
ATLANTIQUE
28 sept. 2021 8 avril 2022 Interdiction des aéronefs chapitre 3,
avec marge cumulée inférieure
à 13 EPNdB entre 22h et 6h
Couvre-feu : Interdiction des vols
programmés entre minuit et 6h.
4. Selon le calendrier fixé par la Commission
européenne.
Piliers 1,2 et 3 Pilier 4
Cartographie
du bruit
(CSB)
Plan
d?action
(PPBE)
Étude
d?impact selon
l?approche
équilibrée
(EIAE)
Arrêté
ministériel
portant
restriction
d?exploitation
Si les 3 premiers
piliers ne
suffisent pas
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
pour compenser
partiellement le déficit
de financement des
travaux d?insonorisation
des riverains des grands
aéroports
Les abondements
exceptionnels de l?État
a politique d?aide
à l?insonorisation
en faveur des riverains
dont les locaux
sont situés autour de 11 principaux
aérodromes5 est financée
par une taxe affectée qui répond
au principe du « pollueur-payeur »,
la taxe sur les nuisances sonores
aériennes (TNSA), acquittée
par les compagnies aériennes.
Avant la pandémie, le produit
annuel de la TNSA était de l?ordre
de 45 M¤ et les dépenses annuelles
permettaient de financer les travaux
d?environ 4 000 logements.
Depuis mars 2020, la crise sanitaire
mondiale a fortement limité le trafic
des aéronefs et par voie de
conséquence le niveau de recettes
de la TNSA. Sur la période
2020-2022, le dispositif a connu
des pertes de recettes cumulées
s?élevant à environ 74 M¤.
La situation du dispositif d?aide
à l?insonorisation s?est fortement
dégradée, les travaux
d?insonorisation ont pris du retard
si bien que le Parlement a adopté,
en loi de finances rectificative
pour 2021 un abondement de 8 M¤
qui a été réparti entre tous
les aéroports relevant du dispositif.
Le gouvernement a remis
au Parlement un rapport
concernant les impacts de la crise
sur le dispositif d?aide
à l?insonorisation et les pistes
de mesures correctrices, notamment
la possibilité d?une compensation
budgétaire totale ou partielle
de cette baisse des ressources,
sous forme de subvention
ou d?avance de l?État.
En cohérence avec les solutions
dégagées par ce rapport,
le Parlement a adopté un second
abondement d?un montant de
20 M¤ en loi de finances rectificative
pour 2022. Sa répartition a priorisé
les aérodromes qui présentent
le besoin de financement le plus
élevé : Paris?Charles-de-Gaulle,
Paris?Le Bourget, Nantes?Atlantique,
Toulouse?Blagnac et Beauvais?Tillé.
Ces aéroports présentent un stock
élevé de dossiers en attente
de présentation en Commission
consultative d?aide aux riverains
(CCAR) à cause d?un manque
de ressources.
Ce choix assure un effet immédiat
à cette contribution du budget
général de l?État en ce qu?elle
permettra d?accélérer l?attribution
des aides aux riverains.
Il convient enfin de souligner que
L?
5. Beauvais?Tillé, Bordeaux?Mérignac, Lille?Les-
quin, Lyon-Saint?Exupéry, Marseille?Provence,
Nantes?Atlantique, Nice?Côte?d?Azur, Paris?
Charles-de-Gaulle (CDG), Paris?Le Bourget (LBG),
Paris?Orly et Toulouse?Blagnac.
A
ces deux mesures exceptionnelles
dérogent au principe du pollueur-
payeur et représentent un geste fort
de solidarité nationale envers
les riverains soumis aux nuisances
sonores engendrées par le trafic
aérien.
es Plans d?exposition au bruit (PEB)
sont des documents d?urbanisme
qui visent à prévenir et limiter
l?exposition des riverains des
aérodromes aux nuisances sonores liées à
l?activité aérienne. Ils sont élaborés avec
l?appui technique des services de la DGAC et
approuvés par décision préfectorale à l?issue
d?une phase réglementaire de consultations
des collectivités territoriales concernées,
de l?Acnusa et du public.
Par décision du 28 octobre 2021, le Conseil
d?État a jugé qu?ils devaient faire l?objet d?une
évaluation environnementale préalable non
prévue jusqu?à présent par la réglementation.
Le Commissariat général du développement
durable (CGDD) a donc travaillé avec la DGAC
pour élaborer un décret portant diverses
dispositions relatives à l?évaluation
environnementale des plans et programmes et
à la participation du public. Il vise notamment
à désigner l?autorité environnementale
compétente et à organiser la procédure de
soumission des PEB à l?évaluation
environnementale.Ce texte sera présenté dans
les prochaines semaines au Conseil d?État.
Enfin, un groupe de travail sera prochainement
créé par l?Inspection générale du
développement durable (IGDD), ses missions
régionales d?autorité environnementale
(MRAe) et la DGAC pour encadrer les attendus
de l?évaluation environnementale d?un PEB et
orienter au mieux les directions de la sécurité
de l?aviation civile interrégionales dans la mise
en oeuvre de cette nouvelle procédure.
fin de mieux comprendre la gêne ressentie
par les riverains lors d?un passage d?avion, un
projet de recherche interdisciplinaire intitulé
« Cigale » (Conciliation des études sur la gêne
aéroportuaire en laboratoire et des enquêtes de terrain)
a été lancé en 2019. Il réunit notamment des chercheurs
de l?Onera, le CNRS, l?université de Cergy-Pontoise et le
bureau de recherche en psychologie environnementale
« Environnons ». L?objectif à terme est de proposer des
solutions innovantes pour réduire cette gêne.
L?une des spécificités de ce projet est une meilleure
intégration des facteurs non acoustiques dans la gestion
des nuisances sonores afin de contribuer à l?objectif
de réduction de l?impact environnemental du transport
aérien.
Une enquête auprès de 1 250 riverains des aéroports de
Toulouse?Blagnac et de Paris?Charles-de-Gaule a conduit
à dresser une typologie de six profils de riverains en
fonction de leur ressenti pour qualifier et mieux
appréhender la gêne sonore.La prochaine étape sera
de travailler sur la possible intégration de cette typologie
dans la mise en oeuvre d?outils opérationnels. En 2022,
les représentants des parties prenantes (Airbus, ADP,
Aéroport de Toulouse, DSNA ainsi que les autres services
impliqués de la DGAC) ont participé à des ateliers visant
l?intégration de cette typologie dans des outils
opérationnels. Les conclusions de ces travaux seront
présentées auprès de publics spécialisés lors
d?un workshop organisé à la DGAC en juin 2023.
L?évaluation
environnementale
des PEB
CIGALE : Améliorer
la description
de la gêne sonore
des avions L
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
à travers le bilan de la saison estivale
à Saint-Tropez
e décret du 27 avril 2022
« modifiant les
dispositions relatives
à l?atterrissage et au
décollage des aéronefs hors des
aérodromes et créant un régime
de sanctions » et l?arrêté du 24 avril
2022 « modifiant l?arrêté du 6 mai
1995 relatif aux aérodromes et autres
emplacements utilisés par
les hélicoptères » ont rénové
en profondeur le cadre réglementaire
applicable aux hélisurfaces :
? les préfets peuvent soumettre
à déclaration préalable
et réglementer l?utilisation des
hélisurfaces sur un territoire donné ;
? des outils (renforcement
des obligations de transmission
des mouvements d?hélicoptères
sur les hélisurfaces, règles
de comptabilisation
des mouvements sur une même
hélisurface) permettent de mieux
contrôler l?activité ;
? un régime d?amendes
administratives (jusqu?à 750 euros
pour une personne physique
et 3 750 euros pour une personne
morale) a été institué.
En amont de la saison estivale
et sur la base du nouveau cadre
réglementaire, les services locaux
de l?État (préfecture, GTA, PAF, DSAC
Sud-Est) se sont fortement mobilisés
pour définir un plan de contrôle
très strict adapté à la situation
particulière de la presqu?île
de Saint-Tropez, caractérisée l?été
par un très grand nombre de survols.
L?arrêté préfectoral du 21 juin 2022
porte réglementation des
hélisurfaces sur certaines communes
du Var en imposant diverses
obligations aux exploitants
d?hélicoptères et en renforçant
les restrictions d?utilisation
des hélisurfaces sur l?ensemble de
l?année, avec de fortes contraintes
sur la période du 15 juin au 15 octobre.
Les moyens localement mis en oeuvre
et la rapidité d?action en cas
de constat d?un manquement
ont permis, dès le début de la saison
estivale, d?obtenir des opérateurs
locaux une très bonne conformité
aux nouvelles exigences requises.
Les attentes étaient fortes,
et les résultats sont probants.
L?analyse des données statistiques de
juillet et août 2022 montre une baisse
très importante des mouvements
effectués sur les hélisurfaces
de la presqu?île (-58 % par rapport
à 2021 et -67 % par rapport à 2019).
Si un report des mouvements
est à noter sur l?aéroport de La Mole
(+136 % par rapport à 2021 et +59 %
par rapport à 2019) et, dans une
moindre mesure, sur l?hélistation
de Grimaud (+20 % par rapport
à 2021 et +15 % par rapport à 2019),
la baisse globale du nombre
de mouvements sur l?ensemble
de la presqu?île reste significative
(-22 % par rapport à 2021 et -38 %
L
par rapport à 2019).
Durant l?été 2022, l?hélistation
de Grimaud a offert aux opérateurs
autant de mouvements
que l?ensemble des hélisurfaces
de la presqu?île (respectivement
2 564 et 2 579 mouvements).
La DGAC continuera donc
de promouvoir la création
de plusieurs hélistations
sur des emplacements choisis en
concertation avec la Communauté
de communes du Golfe de Saint-
Tropez et qui permettront d?accueillir
le trafic fréquentant aujourd?hui
les différentes hélisurfaces.
Le point sur les hélisurfaces
Aéroport de Cannes
L?ARRÊTÉ DU 27 JUIN 2022
limitant les conditions
d?utilisation de l?hélistation
de Grimaud prévoit que,
du 1er juillet au 15 septembre
de chaque année, tout
mouvement entre 13 heures 15
et 15 heures 45 est interdit et
que le nombre de mouvements
journaliers est limité à 60.
BILAN 2022
CLASSE A : 434 avions
IP (indice de performance
sonore) ? 60
Par mesure : 80
(4 en 2022)
Par équivalence : 354
(31 en 2022)
CLASSE B : 415 avions
30 ? IP < 60
Par mesure : 80
(4 en 2022)
Par équivalence : 335
(26 en 2022)
CLASSE C : 324 avions
0 ? IP < 30
Par mesure : 55
(0 en 2022)
Par équivalence : 269
(28 en 2022)
CLASSE D : 184 avions
IP < 0
Par mesure : 43
(0 en 2022)
Par équivalence : 141
(5 en 2022)
434
415
324
184
1 357
AVIONS
CLASSÉS
le 31/12/2022
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A
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L
n sixième centre de mesures à Aubenas.Créé en 2013, l?outil de Classement
acoustique des avions légers selon leur indice de performance sonore (Calipso)
permet d?attribuer une classe acoustique A, B, C ou D à chaque avion en fonction
de ses performances sonores. La classe A, la classe des avions les plus silencieux,
regroupe 30 % des appareils classés.Il manquait à l?appel depuis quelques années, le sud-est
de la France a maintenant son nouveau site de mesures Calipso : Aubenas, situé en Ardèche,
qui a effectué ses premières évaluations en mars 2023.
Le classement de ces avions est librement consultable sur l?application web Calipso :
https://calipso.dta.aviation-civile.gouv.fr/application-externe/.
a campagne de mesures
acoustiques la plus
importante en 2022 a été
menée à la Réunion,
sur sept points sensibles différents,
afin d?y objectiver l?émergence
du bruit aérien, sujet très conflictuel
localement.
L?émergence acoustique est la
différence en dB entre le niveau
de bruit ambiant, ici le bruit aérien
que l?on cherche à caractériser, et
le bruit résiduel ou bruit « normal »
de l?environnement (en dehors de
l?activité aérienne ici donc). L?analyse
des résultats de ces mesures
permettra d?établir une stratégie de
gestion du bruit local en 2023 pour
mieux répondre au problème des
nuisances sonores supportées par
les riverains. Les mesures confirment
qu?il existe des nuisances sonores,
même si les situations diffèrent
géographiquement :
? La région la plus touchée est celle
de Cilaos, même si les durées et
niveaux d?exposition sonore sont
modérés. L?étude acoustique
confirme la gêne sonore pour les
riverains, le bruit résiduel y étant
très faible. Une des solutions
pour réduire l?impact sonore
a été de modifier les trajectoires
et les hauteurs de survol, avec en
retour une diminution de la gêne
confirmée par les riverains.
? Dans la région Ouest,
la modification récente
de trajectoires adoptée pour
les hélicoptères, en réponse aux
plaintes, a permis une diminution
de la gêne sonore.
? Dans le secteur Sud de l?île, les
données sont moins exploitables
en raison du peu de mouvements
au moment des mesures ; le bruit
résiduel environnant y est
cependant plus important.
Un point sur Calipso
Une importante campagne de mesures
acoustiques à La Réunion en mai 2022.
U
31
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
30
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
illustration de la priorité donnée au dialogue
Les chartes
environnementales,
ans le souci permanent
d?améliorer l?intégration
des aérodromes dans
leur environnement
et de favoriser le dialogue entre
les riverains et les usagers, les chartes
environnementales se développent
et s?enrichissent au fil du temps.
Une bonne raison pour s?y intéresser
de plus près !
Une charte environnementale
a pour objet de « mettre en place
toutes les mesures susceptibles
de diminuer les nuisances subies
par les riverains (?), sans entraver
ni remettre en cause le droit
des usagers à pratiquer
leurs activités dans le respect
de la réglementation en vigueur »,
pour reprendre les termes de la charte
de l?aérodrome de Chavenay-
Villepreux. Elle favorise le dialogue
entre les parties prenantes et vise
l?atteinte de compromis, en évitant
la mise en place de dispositions
réglementaires plus contraignantes,
conduisant potentiellement
à des sanctions des usagers
D
de l?aviation légère. Elles sont signées
par toutes les parties intéressées
et validées en CCE. En 2022,
cinq nouveaux aérodromes
ont signé une charte : Lyon?Bron,
Aix-les-Mille, Chavenay, Lognes
et Valence?Chabeuil.
Les dispositions instaurées
par les chartes environnementales
sont extrêmement variées
et sont adaptées aux enjeux locaux.
Pour les usagers, les engagements
peuvent porter sur l?amélioration
progressive des flottes
ou sur les modalités d?utilisation
de la plateforme. Les chartes
mentionnent par exemple
l?engagement à respecter
les procédures à moindre bruit,
celui de réaliser des tours de piste
avec les avions présentant les
meilleures performances acoustiques
sur certaines plages horaires,
engagement à former et sensibiliser
régulièrement les pilotes du site.
Concernant les exploitants,
les mesures peuvent porter sur le
dispositif de traitement des plaintes
(avec par exemple la mise en place
d?un protocole de gestion garantissant
leur traitement rapide, comme
en DSAC Ouest) ou sur la facilitation
du règlement des désaccords, ou
la prévention des conflits avec la mise
à disposition d?un médiateur
(à l?exemple de Lyon-Bron). L?exploitant
peut par ailleurs s?engager à installer
des repères permettant le meilleur
respect des circuits de piste
ainsi que des systèmes de mesure
permettant de mesurer les nuisances
sonores et leur évolution.
Enfin, l?exploitant peut développer
dans la charte ses engagements
visant à limiter les émissions de CO2,
préserver la qualité de l?air ou
développer la biodiversité
sur la plateforme.Les conditions de
mise en oeuvre des chartes
environnementales font l?objet d?un
suivi régulier (en principe une fois par
an) dans le cadre d?un comité de suivi
de la charte. Cette instance favorise la
continuité des échanges entre parties
prenantes et permet la réalisation
d?état des lieux réguliers conduisant
à d?éventuelles nouvelles orientations
et évolutions de la charte.
Améliorer
la qualité
de l?air
3 ?
La qualité de l?air constitue un enjeu majeur de santé
publique. Depuis une dizaine d?années, les émissions
et les concentrations de polluants atmosphériques
diminuent mais des progrès restent à faire. Le secteur
aérien, bien que peu contributeur, participe à l?effort.
?
41 %
D?ENGINS DE PISTES PROPRES
(électriques, hybrides ou gaz) en 2021,
en hausse de 9 % par rapport à 2020.
L?objectif est d?atteindre 90 % d?engins
propres en 2030.
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et
zg
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A
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TA
C
1 00 %
DE POSTES AU CONTACT équipés
pour fournir l?électricité aux avions en
stationnement dès 2025, c?est l?objectif
de la réglementation européenne AFIR.
FEUILLE DE ROUTE
POUR L?AÉRODROME D?AIX-LES-MILLES 2021 - 2024
Aéroport de Cannes
32 33
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
De nouveaux arrêtés de limitation
du temps d?utilisation des APU.
Ces arrêtés ont pour but de limiter
les temps d?utilisation des APU
des aéronefs lors de l?escale sur les
douze principaux aéroports français
sous contrôle de l?Acnusa. Jusqu?alors,
seuls cinq aéroports étaient dotés
d?un tel dispositif (les aéroports
franciliens, Nantes et Nice).
L?objectif est de réduire les émissions
de polluants liées à l?utilisation
de ces moteurs, ce qui est bénéfique
à la fois pour lutter contre
le changement climatique
et améliorer la qualité de l?air.
Un important travail de concertation
a été mené depuis 2021 par la DGAC
avec toutes les parties prenantes
(exploitants aéroportuaires,
compagnies aériennes, associations
de riverains, élus?). Ce travail
a abouti à un projet d?arrêté dont
les orientations principales sont
la diminution des temps d?utilisation
des APU sur les plateformes déjà
soumises à un arrêté de restriction,
la généralisation de la limitation
des temps APU aux principales
plateformes aéroportuaires,
l?homogénéité dans la rédaction
de l?arrêté et la détermination
des temps imposés, tout en laissant une
possibilité d?adaptation pour prendre
en compte les spécificités locales.
Les arrêtés différencient les temps
d?utilisation de l?APU au départ
et à l?arrivée, en fonction
de la disponibilité de moyens
de substitution disponibles
en électricité, climatisation-
chauffage ainsi que de la capacité
des aéronefs selon leur masse.
Les projets d?arrêtés ont été
présentés en Commission
consultative de l?environnement
(CCE) sur chaque plateforme
concernée en fin d?année 2022.
Ils ont ensuite été soumis
à la consultation du public
et présentés à l?Acnusa.
Ces arrêtés entreront en vigueur
à l?automne 2023.
Cette réglementation sera renforcée
par la révision des règlements
européens AFIR et RTE-T
qui apporteront des obligations
en matière d?équipements
aux exploitants d?aérodromes.
des opérations au sol dans les aéroports
Décarbonation
La solution APU-OFF.
L?APU-OFF, c?est-à-dire l?arrêt total
de l?APU lorsque l?avion est au sol,
permet de consommer moins
de kérosène et de diminuer
les émissions de gaz à effet de serre,
de pollutions atmosphériques
et sonores sur la plateforme
aéroportuaire.
Cet arrêt total de l?APU est possible
grâce à l?utilisation de moyens
de substitution à l?APU qui peuvent
être fixes ou mobiles.
Pour la fourniture d?électricité,
l?équipement fixe est la prise
400 Hz, et l?équipement mobile
est le « Ground Power Unit » (GPU).
Pour la fourniture d?air climatisé
et de chauffage, l?équipement fixe
est le « Pre-Conditioned Air » (PCA),
et l?équipement mobile l?« Air
Conditioning Unit » (ACU).
L?utilisation de moyens de substitution
à l?APU offre une réduction
considérable de l?empreinte carbone
(entre 6 et 10 tonnes émises par an,
contre 408 à 1 166 tonnes avec l?APU)
et du niveau de bruit (75 dB au lieu
de 120 dB avec l?APU). Leurs coûts
d?utilisation sont bien plus faibles
comparés aux coûts
de consommation en kérosène
et de maintenance de l?APU.
Ils offrent une meilleure sécurité
dans l?aéroport et améliorent
les relations avec le voisinage.
Les engins de piste électriques.
Les engins de piste sont nombreux
sur les plateformes aéroportuaires
et la majorité de ces engins
est encore à moteur thermique, mais
la transition est en marche.
Ainsi, selon la Chambre syndicale
des assistants en escale (CSAE),
la flotte en 2021 comportait 41 %
d?engins de pistes propres
(électriques, hybrides ou gaz),
en hausse de 9 % par rapport à 2020.
L?objectif est d?atteindre 90 % d?engins
propres en 2030. Les équipements
d?assistance au sol (GSE) durables,
bénéfiques pour l?environnement,
offrent également des avantages face
©
G
ui
na
ul
t
e-GPU
QU?EST-CE QU?UN APU ?
Le moteur auxiliaire
de puissance (APU)
est un petit turboréacteur
(moteur thermique) situé
à l?arrière du fuselage.
Lorsque l?avion est au sol,
il pourvoit aux besoins
en énergie électrique
et en climatisation
et permet la mise en route
des réacteurs principaux.
Toutefois, lorsque l?aéronef
est en escale, il est possible
de le remplacer par
des solutions thermiques
ou électriques moins
génératrices de bruit,
de gaz à effet de serre et de
polluants atmosphériques.
aux équipements plus traditionnels
grâce à une longévité accrue
et à la modularité des composants.
Cette électrification des flottes
doit s?accompagner d?installations
d?infrastructures de recharge
électriques et nécessite
une collaboration accrue
entre les acteurs aéroportuaires.
Une solution de transport
de bagages électrique et autonome
pour des aéroports plus verts.
TractEasy est une solution
de transport de bagages
entièrement électrique et autonome,
visant à réduire les émissions
polluantes des opérations au sol
des aéroports en proposant
une alternative intelligente,
efficace et propre. La société TLD,
qui a développé cette solution,
a été acceptée dans la fondation
Solar Impulse avec ses solutions
GSE durables TaxiBot et TractEasy.
Première dégivreuse 100 % électrique
à Clermont-Ferrand Auvergne.
L?aéroport de Clermont-Ferrand
Auvergne, géré par Vinci Airports,
a reçu la toute première dégivreuse
100 % électrique pour avion
au monde. Cette dégivreuse
Elephant e-Mini MY Lite
permet d?assurer le traitement
de l?ensemble des avions petits
et moyens-porteurs (ATR,
Airbus A320/321, B737)
fréquentant l?aéroport.
Équipée d?une batterie puissante,
elle peut effectuer 8 à 12 dégivrages
par charge en fonction de l?état
de l?avion et peut parcourir
40 à 75 km.
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Dégivreuse sur l?aéroport de Clermont Ferrand
34 35
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
La révision du règlement
européen AFIR.
À la suite d?une orientation générale
de juin 2022 du Conseil de l?UE
et de son adoption par le Parlement
européen en octobre 2022,
les négociations pour la révision
du règlement européen
sur le déploiement d?une
infrastructure pour carburants
alternatifs (AFIR) ont fait l?objet
d?un trilogue, conclu
au premier trimestre 2023. Le texte
prévoit une obligation, pour
les gestionnaires d?aéroports
appartenant au Réseau
transeuropéen de transport (RTE-T)
central et global, d?assurer
l?approvisionnement en électricité
des aéronefs stationnaires. Cette
obligation concerne les opérations
de transport aérien commercial,
au 1er janvier 2025 pour
tous les postes fixes, puis
au 1er janvier 2030 pour tous
les postes au large. Jusqu?au
1er janvier 2030, l?utilisation
de groupes électrogènes (GPU)
alimentés au gazole est autorisée.
Le but est de favoriser le recours
à l?électricité plutôt qu?au kérosène.
La révision du règlement RTE-T.
Le règlement sur les orientations
de l?Union européenne
pour le développement du Réseau
transeuropéen de transport (RTE-T)
est en cours de révision. Il devrait
fixer une obligation de fourniture
d?air préconditionné aux avions
commerciaux en stationnement
sur les aéroports du réseau RTE-T.
Dans l?orientation générale
obtenue par le Conseil de l?Union
européenne en décembre 2022,
cette obligation concernerait
les aéroports dont le volume annuel
pour accélérer la transition énergétique
Des leviers réglementaires
de trafic passagers est supérieur
à 4 millions. Elle s?appliquerait
pour les postes au contact
au plus tard le 31 décembre 2030
pour les aéroports du réseau central
et le 31 décembre 2040 pour ceux
du réseau global.
Création d?un tarif réduit de TICFE
pour les aéronefs en stationnement.
Les exploitants dont les aéronefs
stationnent sur un aérodrome,
s?approvisionnent en électricité
soit à partir des moteurs auxiliaires
des aéronefs, qui fonctionnent avec
du kérosène, soit en se fournissant
au moyen d?un câble 400 Hz
ou d?engins mobiles de substitution
(GPU). Afin de favoriser
l?approvisionnement au sol
et de réduire la pollution,
un amendement à la loi de Finances
pour 2021 a introduit un tarif
réduit de la Taxe intérieure
sur la consommation finale
d?électricité (TICFE) pour l?électricité
fournie par les aérodromes
aux aéronefs en stationnement.
Le tarif de cette taxe est fixé
à 0,5 euro par mégawattheure,
en cohérence avec celui adopté
en loi de Finances pour 2020
pour les navires stationnant à quai
dans les ports. La Commission
européenne a été informée
par les autorités françaises de cette
mesure qui devra recueillir l?accord
préalable du Conseil.
L?
État élabore tous les quatre ans un Plan
national de réduction des émissions
de polluants atmosphériques (PREPA)
afin de protéger la population
et l?environnement. Il fixe les axes prioritaires
de réduction des émissions de polluants
atmosphériques dans le respect des engagements
européens pour quatre secteurs : transport,
industrie, résidentiel et agriculture.
Le PREPA pour la période 2022-2025 est applicable
depuis le 8 décembre 2022, date de parution
de l?arrêté. Les actions concernant le transport
aérien portent sur :
? la limitation de l?utilisation des moteurs auxiliaires
de puissance (APU) sur les 12 principaux aéroports
français ;
? la taxation réduite de l?électricité pour les aéronefs
en stationnement par le TICFE (tarif réduit
de la Taxe intérieure sur la consommation finale
d?électricité) ;
? la mise en oeuvre de programmes d?action
par les exploitants d?aérodrome afin de réduire
en 2025 d?au moins 20 % par rapport à 2010
l?intensité de leurs émissions de gaz à effet de serre
et polluants atmosphériques sur leur plateforme.
E
n France, la surveillance de la qualité de l?air
est obligatoire depuis 1996 et a été prévue
par la Loi sur l?air et l?utilisation rationnelle
de l?énergie « Laure ». Cette obligation
est déclinée au niveau local pour les agglomérations
de plus de 250 000 habitants par l?élaboration de Plans
de protection de l?atmosphère (PPA) précisant les mesures
prises en faveur de la qualité de l?air pour une période
de cinq ans. À l?issue de ce délai, le plan fait l?objet
d?une évaluation et d?une révision. Le préfet définit,
en collaboration avec les acteurs locaux et les services
de l?État, dont la DTA par l?intermédiaire des DSAC/IR,
une nouvelle stratégie et de nouvelles mesures pour
les cinq années à venir, compatibles avec les orientations
prévues dans le plan régional pour la qualité de l?air (PRQA)
et aux Plans air-climat-énergie territoriaux (PACET).
L?objectif est de poursuivre et d?accélérer l?amélioration de
la qualité de l?air dans les agglomérations afin notamment
de mieux protéger la santé de la population. En 2022, les
PPA des agglomérations lyonnaise, bordelaise et parisienne
ont été révisés ou sont en cours de révision. Les acteurs
locaux du transport aérien y ont contribué. Leurs actions
portent sur la réduction des pollutions liées aux
plateformes aéroportuaires, le renouvellement des flottes
de véhicules sur les aéroports, l?accompagnement pour le
développement des plans de mobilité des plateformes
aéroportuaires ainsi que l?amélioration de la connaissance
par des actions de mesures de la qualité de l?air.
L? aérien contribue aussi
aux Plans de protection
de l?atmosphère (PPA)
Révision du Plan
national de réduction
des émissions de
polluants
atmosphériques
(PREPA)
©
G
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na
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t
Zones couvertes par un PPA ou un PLQA,
sous réserve d?évolutions récentes
36 37
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
Les PUF, une pollution encore
méconnue.
La pollution en particules ultrafines est
une pollution peu documentée. De
ce fait, contrairement à d?autres types
de polluants (particules fines, oxyde
d?azote) dont les niveaux de
concentration dans l?air sont
réglementés, il n?existe pas aujourd?hui
de réglementation concernant les PUF
dans l?air ambiant. D?après un avis de
l?Agence nationale de sécurité sanitaire
de l?alimentation, de l?environnement
et du travail (Anses) datant de juillet
2019, ces particules, du fait de leur
petite taille, sont susceptibles d?entrer
profondément dans le corps et d?avoir
un impact plus important sur la santé
que les particules de diamètre plus
élevé comme les particules fines.
De tels impacts ne peuvent toutefois
pas être quantifiés en raison du
manque de données disponibles.
C?est pourquoi l?Anses estime
qu?il est nécessaire de compléter et
de pérenniser l?acquisition
de données dans l?air ambiant
en raison des enjeux sanitaires
potentiels.
Une étude de longue durée
réalisée aux abords de l?aéroport
de Nantes?Atlantique.
Une étude de longue durée
sur la qualité de l?air aux abords
de l?aéroport de Nantes-Atlantique
est en cours. Confiée à Air Pays
de la Loire, Association agréée
de surveillance de la qualité de l?air
(AASQA), elle est un engagement de
l?État pris à la suite de la concertation
préalable relative au réaménagement
de l?aéroport visant à répondre
aux préoccupations exprimées
à cette occasion sur la qualité de l?air.
Les objectifs de l?étude :
? Évaluer les concentrations de PUF
en zone urbaine non influencée
par l?aéroport et en zone habitée
à proximité de l?aéroport.
? Étudier l?influence du trafic aérien
sur les niveaux de concentration
en PUF en comparant les résultats
obtenus dans la zone urbaine de
Nantes et aux abords de l?aéroport.
? Partager les résultats obtenus
avec l?ensemble des acteurs
de la communauté scientifique pour
faire progresser l?état des
connaissances sur les PUF et pouvoir
ainsi contribuer à éclairer leur impact
sanitaire.
Le dispositif se compose de quatre
campagnes de mesure de 3 à 6 mois,
chacune réalisée avec des appareils
de type SMPS fournissant
des concentrations en nombre
de particules ultrafines par cm3
classées selon leur taille (7 classes
à partir de 5 nm, la classe 1 couvrant
les particules de 5 à 20 nm).
Les campagnes comprennent
des mesures :
? à proximité de l?aéroport, en
particulier au sud à Saint-Aignan-de-
Grand-Lieu et au nord à Bouguenais
dans l?alignement de la piste ;
? en zone urbaine et zone de trafic de
Nantes sans influence de l?aéroport.
sur les particules
ultrafines (PUF)
Campagnes de mesure
Les résultats :
? En zone urbaine : deux hausses
de concentration de PUF pouvant
durer entre 2 et 6 heures sont
observées, une le matin ? liée au
trafic routier ? et l?autre le soir ? liée
au trafic routier et au chauffage
résidentiel pendant la période
hivernale.
? À proximité de l?aéroport :
des niveaux de pollution de fond
plus faibles qu?en zone urbaine sont
observés avec cependant des
pointes d?une durée de 5 à
10 minutes
de concentrations plus élevées
de particules inférieures à 20 nm
en provenance de la piste. Une
corrélation a pu être établie entre les
profils journaliers des concentrations
et le profil journalier de trafic,
lorsque les vents proviennent
de la piste, soit 3 % du temps.
L?étude a démarré en novembre 2020.
Elle devrait se poursuivre jusqu?à la fin
de l?année 2023 afin de permettre
d?évaluer l?impact de la reprise du
trafic aérien sur la qualité de l?air.
QU?EST-CE QUE LES PUF ?
Les particules ultrafines
(PUF) sont des particules
dont le diamètre est
inférieur à 100 nanomètres
(0,1 ?m). Les principales
sources d?émission de PUF
peuvent être d?origine
naturelle (incendies
de forêt, volcanisme,
érosion éolienne?) ou liées
à l?activité humaine
(procédés industriels,
trafic routier, trafic aérien,
chauffage résidentiel?).
Une étude en cours en région
parisienne.
Airparif a lancé en décembre 2020
une étude exploratoire sur quatre ans
visant à renforcer la surveillance
opérationnelle des particules ultrafines.
Elle permettra d?évaluer la variabilité
spatiale et temporelle des PUF (niveaux
en nombre et par classes
granulométriques) dans différents
environnements : en situation de fond
(éloignée des sources spécifiques de
pollution), le long du trafic routier et
à proximité des plateformes
aéroportuaires franciliennes (Paris?CDG
et Paris?Orly). Les résultats des
deux premières campagnes sur les
deux premiers environnements sont
disponibles sur le site d?Airparif :
https://www.airparif.asso.fr. La campagne
autour de l?aéroport de Paris?Charles-
de-Gaulle a démarré à l?été 2022 avec
des résultats attendus en 2023. La
campagne le long du trafic routier met
en évidence des concentrations de PUF
2 à 5 fois plus élevées le long des routes
que sur le site de référence parisien,
avec des PUF d?un diamètre des
particules moyen de 15 nm.
Une multiplication des études
nécessaire pour améliorer
les connaissances.
Plusieurs AASQA ont entrepris
des actions pour documenter, dans
les différentes régions françaises,
les niveaux de concentrations des PUF
et leurs granulométries associées.
Une étude sur l?aéroport de Nice
a été menée et publiée en 2021
par AtmoSud, en plus de celles
menées à Nantes et en région
parisienne. Elle concluait à une
influence de l?activité de l?aéroport
sur le nombre de PUF, mais indiquait
une difficulté à lier le nombre de PUF
aux nombres de mouvements
d?avions (ces derniers n?étant pas
la seule cause d?émission de PUF).
L?ensemble des résultats de
ces études permettra une meilleure
compréhension des propriétés
des PUF et la réalisation d?études
épidémiologiques pour mieux
caractériser leurs effets sanitaires
et les mécanismes en jeu.
39
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
38
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?innovation pour
le développement
durable du secteur
aérien
4 ?
Le volet CORAC (cf. p. 47) du plan France 2030 mobilise
une enveloppe de 800 M¤, opérée par la DGAC,
afin de poursuivre la très forte dynamique de R&D
engagée par la filière grâce au plan France Relance
qui a soutenu plus de 230 projets représentant 1,6 Md¤
entre 2020 et 2022. Pour France 2030, 300 M¤ ont déjà
alimenté la feuille de route partenariale du CORAC en
2022 pour préparer, à échéance 2025-2030, les grandes
démonstrations technologiques de l?avion bas carbone.
?
800 M¤
C?EST LA SOMME MOBILISÉE
pour le volet aéronautique du plan
France 2030.
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a
ur
a
aé
ro
es aéroports ont une
mission de surveillance
de la qualité de l?air
sur et autour de leur
plateforme. Ainsi, ils réalisent des
campagnes de mesure régulières
et des inventaires des émissions
atmosphériques. Les campagnes
évaluent les concentrations
des polluants alors que les inventaires
évaluent la contribution de chaque
source d?émissions de polluants,
permettant d?identifier des gisements
de réduction. L?Acnusa recommande
de réaliser des campagnes a minima
tous les cinq ans (particules fines,
dioxyde d?azote ou NO2, COV
selon les cas) et des inventaires
tous les deux à cinq ans selon le trafic
de l?aéroport. Les aéroports se font
généralement aider par les AASQA
(cf p.36) pour réaliser ces études.
Étude de la qualité de l?air de l?île
de Petite-Terre à Mayotte.
L?un des objectifs du Plan régional
de surveillance de la qualité de l?air
(PRSQA) 2017-2021 était d?améliorer
les connaissances relatives
à la pollution de l?air ambiant
sur et autour des aéroports
Surveillance
de la qualité de l?air
sur le territoire de Mayotte.
C?est dans ce cadre que Hawa
Mayotte, l?observatoire de la qualité de
l?air sur le territoire, a choisi d?évaluer
la qualité de l?air sur l?île de Petite-Terre
à Mayotte où se situent l?aéroport et
une partie des activités économiques
et industrielles. Les polluants mesurés
ont été les PM10, les PM2,5, le NO2
et le C6H6. Cette campagne
d?une durée de 5 mois a débuté
en avril 2022. Les résultats
ont montré que les concentrations
moyennes annuelles en polluants
ne dépassent pas les valeurs
réglementaires. Néanmoins,
on relève quelques hausses
ponctuelles de concentration horaire
au cours de l?hiver austral
qui pourraient être dues à la saison
sèche et à des travaux de réfection
de chaussée réalisés au cours
de la saison hivernale.
Campagne de mesure sur l?aéroport
de Bordeaux?Mérignac.
Une campagne de mesures
a été lancée sur l?aéroport
de Bordeaux-Mérignac (ADBM)
dans le cadre de la surveillance
de la qualité de l?air de la plateforme.
Elle a été confiée à ATMO Nouvelle-
Aquitaine qui a réalisé des mesures sur
2 périodes d?un mois, en février-mars
et juillet-août 2021, au sein
et autour de l?aéroport. Les objectifs
de la campagne étaient multiples :
évaluer les concentrations
en polluants, vérifier le respect
des valeurs réglementaires, comparer
les résultats à deux stations de
référence du réseau fixe d?ATMO
Nouvelle-Aquitaine (stations
de fond urbain et trafic), évaluer
un suivi de la pollution par rapport
à une campagne similaire datant
de 2011 et proposer des cartes
de modélisation de l?aéroport.
Les valeurs réglementaires
ont été respectées pour tous
les polluants concernés.
Les seuils recommandés par l?OMS ont
quant à eux été dépassés
pour les particules PM10, PM2,5
et NO2 sur le site de l?aéroport,
mais également sur les stations
de référence, indiquant qu?il s?agit
d?une pollution de fond.
L
Station de mesures pour la qualité de l?air à Mayotte.
Modèle ERA de la société Aura aéro
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40 41
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
40
a propulsion à hydrogène
apparaît aujourd?hui
comme l?une des
solutions technologiques
les plus prometteuses pour
décarboner l?aviation puisque
sa combustion ne produit pas
de CO2. Cependant,
comparativement au kérosène,
la combustion de l?hydrogène
multiplie les rejets de vapeur d?eau
dans la haute atmosphère
par un facteur 2,6 et pourrait donc
générer davantage de traînées
de condensation, un contributeur
potentiellement majeur
aux effets non CO2 de l?aviation (voir
encadré). Avionneurs et scientifiques
cherchent donc à comprendre
les mécanismes de formation
des « traînées hydrogène »
et à en réduire les incertitudes
sur leur impact climatique.
Créer un consensus scientifique.
Les recherches sur les effets non CO2
de l?aviation sont menées depuis
2021 dans le cadre du programme
scientifique Climaviation, soutenu
en intégralité par la DGAC, à hauteur
de 11,5 M¤. Climaviation associe
les compétences en climatologie
de l?IPSL (Institut Pierre Simon
Laplace) et en aéronautique
de l?Onera. Fruit d?une collaboration
inédite, l?objectif de ce programme
est de produire les connaissances
scientifiques nécessaires
à l?établissement d?un consensus
mondial sur les effets non CO2.
Ces connaissances doivent
notamment aider à orienter
efficacement les choix
des avionneurs en matière de futurs
combustibles bas carbone
(CAD et H2). S?agissant des traînées
de condensation, les travaux
de cette chaire couvrent toute leur
durée de vie, depuis leur formation
initiale dans le champ proche
de l?avion, puis leur évolution aux
échelles météorologiques et enfin
leur impact aux échelles climatiques.
Comprendre la formation initiale
des cristaux de glace dans le cas
de l?hydrogène
Dans le cas des carburants
conventionnels, la vapeur d?eau
se condense à la surface
des particules de suie émises
par les moteurs, entraînant
l?apparition de gouttelettes
puis de cristaux de glace à l?origine
de la formation des traînées
de condensation. Dans le cas
de l?hydrogène, la combustion
ne génère pas de suies
et les émissions de particules
non volatiles sont drastiquement
réduites. Les seules particules
susceptibles de jouer le rôle
de « noyaux de condensation »
sont donc celles déjà présentes
dans l?atmosphère ou les aérosols
secondaires formés dans le sillage
de l?avion.
Cela rend nécessaire l?analyse fine
des nouveaux mécanismes
microphysiques pouvant intervenir
dans ce cas particulier, puis
l?intégration de ces mécanismes
aux outils de modélisation
afin d?obtenir une évaluation
fiable du nombre, voire de la taille
des cristaux formés.
Simuler l?évolution des traînées
hydrogène du champ proche
aux échelles météorologiques.
Une fois les cristaux de glace formés,
ils évoluent dans le sillage
tourbillonnaire de l?avion,
qui dépend de la configuration
de l?avion (forme des ailes, position
des moteurs?). Cette interaction
en champ proche va déterminer
l?évolution des traînées jusqu?à
quelques minutes après le passage
de l?avion. À ces petites échelles,
plusieurs outils de simulation
numérique ont été développés
pour caractériser les propriétés
initiales des traînées, mais ces outils
doivent encore être adaptés.
Au-delà, en fonction des conditions
atmosphériques, les traînées
peuvent s?évaporer rapidement
ou bien persister plusieurs heures,
voire évoluer en nuages de type
cirrus s?étendant sur plusieurs
dizaines de kilomètres. Pour évaluer
leur impact, il est nécessaire de
simuler le vieillissement des traînées
à ces échelles météorologiques.
Cependant, les outils
de modélisation sont encore peu
développés en raison de difficultés
liées notamment à la prise
en compte du comportement
de l?atmosphère et à l?influence
potentielle du champ proche
sur les propriétés des traînées
en champ lointain.
Enfin, pour valider les modélisations,
il convient de disposer de mesures
représentatives sur les traînées
aux différentes échelles,
mais les données expérimentales
sont rares et même inexistantes
dans le cas de l?hydrogène.
Évaluer l?impact climatique
des traînées hydrogène.
La compréhension de la formation
puis de l?évolution de traînées
hydrogène isolées ne suffit pas
à évaluer leur impact climatique.
Pour ce faire, il faut également
calculer leur contribution
au forçage radiatif en tenant compte
notamment des propriétés
des cristaux de glace qu?elles
contiennent, puis modéliser
leur distribution spatiotemporelle
à l?échelle du globe, en caractérisant
les propriétés des régions
sursaturées propices
à leur apparition, et enfin intégrer
toutes ces nouvelles connaissances
sur les traînées hydrogène
dans les modèles climatiques
planétaires afin de mesurer
leur impact sur la couverture
nuageuse haute et sur
le rayonnement.
Quel impact climatique
pour la propulsion à hydrogène ?
L
EFFETS NON CO2
DE L?AVIATION
Les effets non CO2
désignent un ensemble
de phénomènes dus
aux émissions hors CO2 des
avions dans l?atmosphère
qui conduisent
à un refroidissement
ou à un réchauffement
climatique. Contrairement
aux effets des émissions
de CO2 dont les propriétés
réchauffantes sont bien
connues, les effets
de ces phénomènes
demeurent très incertains.
Ils regroupent les traînées de
condensation persistantes
et les émissions d?oxydes
d?azote (NOx), de vapeur
d?eau, de particules fines.
Dans le cas de l?hydrogène,
qui produit 2,6 fois plus
de vapeur d?eau lors
de sa combustion que
le kérosène mais aucune
particule fine, les effets
des traînées persistantes, de
la vapeur d?eau et des NOx
sont prépondérants.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
de l?aviation légère
porté par l?impératif
de décarbonation
Un renouveau
omme les autres
segments de l?aviation,
l?aviation légère est
soumise à des exigences
environnementales croissantes
et se doit d?accélérer sa transition
énergétique. Ce nouveau contexte
représente autant d?opportunités
pour faire émerger de nouveaux
aéronefs légers bas carbone,
tout en répondant à de nouveaux
besoins de mobilité. En plus des
avionneurs historiques du secteur,
de nouveaux acteurs apparaissent
sur ce segment, en Europe et dans
le monde, à la faveur d?un nouveau
cadre réglementaire de certification,
la CS-23 Amendement 5 au niveau
européen, qui favorise l?innovation
en déléguant aux constructeurs
le développement des moyens
de conformité appropriés.
Pour développer ces nouveaux
aéronefs, les constructeurs de
l?aviation légère peuvent s?appuyer
sur les technologies développées
par les grands industriels de l?aviation
commerciale, notamment
dans les domaines de l?électrification
de la propulsion, l?utilisation des CAD
et la propulsion à hydrogène,
qui constituent des voies
de décarbonation tout aussi
pertinentes pour les aéronefs légers.
Inversement, l?aviation légère peut,
dans certains cas, servir de cadre
technique et réglementaire pour
réduire les risques des solutions
potentiellement applicables
à des aéronefs de plus grande taille.
En France, l?aviation légère connaît
un véritable renouveau, porté
par l?avionneur historique Daher
et des avionneurs émergents comme
Elixir Aircraft, Aura Aero ou Voltaero.
Le Corac (cf. p. 47) accompagne
ce nouvel élan en rassemblant ces
acteurs autour d?une feuille de route
technologique partagée, focalisée
sur la décarbonation de l?aviation
légère, tout en favorisant les synergies
avec les grands industriels du Corac
(cf. p. 47) et l?Onera. Ces efforts
de structuration du Corac
ont déjà permis de faire émerger
et de soutenir plusieurs projets
fédérateurs, à l?instar du projet
de démonstrateur EcoPulse?
d?avion à propulsion hybride
distribuée porté par Daher
en collaboration avec Airbus
et Safran, ou du projet BeautHyFuel
de conception d?une chaîne
propulsive à hydrogène pour avion
léger porté par Elixir Aircraft
et le jeune motoriste Turbotech
en association avec Daher, Safran
et Air Liquide.
Au-delà, le plan France 2030 met
à la disposition des acteurs émergents
des dispositifs adaptés pour accélérer
le passage à l?échelle industrielle
de leurs projets d?aéronefs légers bas
carbone. Outre de nouveaux outils
de financement en fonds propres
accessibles à toutes les start-up
industrielles, des aides au
développement et à l?industrialisation
sont mises en oeuvre dans le cadre
de l?appel à projets « Produire
en France des aéronefs bas carbone »,
doté de 100 M¤ et opéré par
Bpifrance. Les premiers lauréats
de cet appel à projets, clôturé
en décembre 2022, ont été annoncés
en début d?année 2023.
C
Les nouvelles mobilités aériennes :
le déploiement du VTOL
e projet français
VTOL 2024, qui a pour
but de transporter des
passagers pour les Jeux
olympiques et paralympiques dans un
nouveau concept d?appareil, l?eVTOL
pour Electrical Vertical Take-Off and
Landing, se poursuit et prend de
l?ampleur. L?année 2022 a vu naître sur
l?aérodrome de Pontoise un vertiport.
Conçu et développé par Skyports
et le groupe ADP, ce vertiport
va servir de banc d?essai pour
l?ensemble des infrastructures et
services aéronautiques de ces futurs
aéronefs : accès au terminal, zones
de contrôle, d?embarquement,
de décollage et d?atterrissage, hangar.
Cette expérimentation servira
directement à l?aménagement
de plusieurs vertiports en région
parisienne pour être au rendez-vous
de l?échéance de 2024. Cinq
vertiports ont été retenus
pour proposer des liaisons avec
passagers : l?héliport de Paris?
Issy-les-Moulineaux-Valérie André,
l?aérodrome de Saint-Cyr-L?École, les
aéroports de CDG et du Bourget et
une future barge située sur la Seine
dans Paris au niveau du quai
d?Austerlitz. 2022 a également été
une année de tests de VTOL avec
des démonstrations de vol en
environnement réel afin de mesurer
leur impact acoustique et vibratoire et
leur intégration dans l?espace aérien.
Ainsi, en mars, une campagne
de mesures acoustiques, travail
commun réalisé par les laboratoires
d?acoustique de BruitParif, l?Onera,
la RATP et le STAC (Service technique
de l?aviation civile de la DGAC) a été
réalisée en vue de caractériser le son
rayonné au sol par ce nouveau type
d?avion dans diverses conditions de
vol : survol, vol stationnaire, décollage
et approche. Des capteurs
acoustiques ont été implantés au
niveau du sol sur une ligne droite de
300 mètres de long, perpendiculaire à
la direction du vol, sur un bras vertical
de 10 mètres et à d?autres endroits
critiques. Ce dispositif acoustique a
été complété par des accéléromètres,
des capteurs double vidéo-bruit
Meduse (développés par BruitParif),
des capteurs Ambisonic et une
station météo. L?e-VTOL était
également équipé d?un système
D-GPS pour assurer un
positionnement précis en 3D par
rapport aux réseaux de microphones.
Les résultats correspondent au niveau
de 76 dB(A), soit l?équivalent des
émissions sonores d?un autobus.
L?eVTOL de Volocopter s?avère 4 fois
moins bruyant qu?un hélicoptère. En
septembre, sous l?égide du
programme européen d?innovation
dans la gestion du trafic aérien Sesar,
l?intégration dans l?espace aérien de
ces nouveaux aéronefs, ainsi que celle
de drones et d?un avion électrique,
a également été testée et une série
d?essais en vol ont permis de simuler
avec succès des manoeuvres
d?évitement en situation réelle.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
e Falcon 10X est
le nouveau biréacteur
d?affaires développé
par Dassault Aviation.
Prévu pour un lancement fin 2025,
il se distingue par un ensemble
d?innovations majeures focalisées sur
la performance environnementale.
Tout d?abord, le Falcon 10X sera
certifié pour voler avec 100 %
de carburant d?aviation durable
(CAD) dès son entrée en service.
Actuellement, les avions sont
autorisés à utiliser jusqu?à 50 %
de CAD. Selon la filière, les CAD
permettent de réduire les émissions
de CO2 de 70 % à 95 % sur l?ensemble
de leur cycle de vie. Avec une
capacité « 100 % CAD », le Falcon 10X
offrira ainsi un potentiel majeur
de décarbonation.
La nouvelle motorisation du
Falcon 10X (Rolls Royce Pearl 10X)
offrira non seulement une
compatibilité totale avec les CAD
mais également un rendement
énergétique amélioré, permettant
une réduction de 5 % des émissions
par rapport aux générations
précédentes. En outre, le Falcon 10X
sera équipé d?une nacelle moteur
particulièrement fine et optimisée
afin de réduire les impacts
de l?intégration motrice sur la traînée
et sur le bruit.
Le Falcon 10X bénéficie par ailleurs
de conceptions innovantes pour
son aile et son fuselage, contribuant
également à réduire l?impact
environnemental. Ce nouveau jet
sera équipé d?une voilure de grande
dimension à forte flèche, dotée
d?un système de contrôle actif pour
améliorer l?efficacité de la croisière.
Celle-ci sera fabriquée exclusivement
avec des matériaux composites
à base de fibres de carbone ? une
première sur un Falcon ?, réduisant
significativement la masse de
l?appareil et donc sa consommation
de carburant. À titre illustratif,
un allègement de 100 kg sur un avion
de type Falcon permet d?améliorer
l?efficacité énergétique d?environ 1 %.
Le fuselage métallique et les
empennages de l?appareil ont
également été optimisés pour
réduire la masse et améliorer
les performances en croisière
à haute vitesse.
Enfin, les trajectoires de vol du
Falcon 10X seront optimisées grâce
à un système avionique innovant
assurant une navigation sûre tout
en réduisant la consommation de
carburant et les émissions de CO2,
avec un gain potentiel estimé jusqu?à
15 % sur une mission. Ce système sera
également doté d?une fonction qui
permettra aux opérateurs d?utiliser
des procédures adaptées
d?atterrissage et de décollage
pour minimiser l?empreinte sonore.
Le Falcon 10X intègre ainsi
d?importantes avancées
technologiques alliant performance
et environnement. Ces innovations
sont issues de travaux de recherche
cohérents avec les objectifs
environnementaux de la feuille de
route du Corac (cf. p. 47) et soutenus
par la DGAC via les plans France
Relance (inclus dans Next Generation
UE) et France 2030.
l?innovation au service de
la performance environnementale
Falcon 10X
L
L?Onera adapte ses bancs d?essai
de combustion aux nouveaux
combustibles.
Les nouveaux combustibles
aéronautiques comme les carburants
d?aviation durables (CAD)
ou l?hydrogène (H2) ont un rôle majeur
à jouer dans la décarbonation
de l?aviation. Au-delà des enjeux
liés à l?approvisionnement
de ces combustibles, leurs impacts
sur les aéronefs doivent être évalués,
en particulier lors de leur combustion
dans les moteurs, car leurs propriétés
peuvent différer significativement de
celles des carburants conventionnels.
L?étude des phénomènes
de combustion fait partie
des compétences historiques
de l?Onera. L?office dispose
notamment de quatre bancs de
recherche uniques au niveau national,
voire européen, pour tester l?impact
des carburants sur le fonctionnement
des chambres de combustion,
les émissions de polluants ou encore
le rallumage des moteurs en altitude.
Le projet Becar, soutenu par la DGAC,
va permettre d?adapter ces bancs
aux nouveaux combustibles
aéronautiques. Ces nouveaux
moyens expérimentaux seront
incontournables pour les futures
recherches sur l?utilisation
de ces nouveaux combustibles
dans les foyers aéronautiques.
Ils vont notamment être exploités
dans le cadre du projet Phydrogene,
également soutenu par la DGAC,
qui vise à étudier les phénomènes
spécifiques à la combustion H2 et à
établir une nouvelle méthodologie
de conception d?injecteurs H2.
ATR réalise le premier vol
« 100 % CAD » d?un avion régional
et dévoile une nouvelle génération
d?appareils bas carbone.
Le 21 juin 2022, le constructeur ATR,
en collaboration avec la compagnie
suédoise Braathens Regional Airlines
et l?énergéticien Neste, a réalisé
avec succès un vol d?essai sur un ATR
72-600 alimenté avec 100 % de CAD
dans ses deux moteurs. Ce vol s?inscrit
dans la perspective à l?horizon 2025
de la certification « 100 % CAD » des
avions ATR. Le CAD fourni pour ce vol
est produit à partir d?huile usagée
et permet de réduire jusqu?à 80 %
les émissions de CO2 par rapport
au kérosène d?origine fossile. Fort
de ce succès, l?avionneur a annoncé
le lancement en 2023 d?un nouveau
programme d?avion régional,
l?ATR EVO, en affichant des objectifs
de compatibilité « 100 % CAD »
et de gain de consommation de 20 %
pour cet appareil qui doit entrer
en service à l?horizon 2030.
La préparation technologique
de ce programme, qui permet
d?assurer la montée en maturité
des technologies clés (propulsion
hybride électrique, hélices
ultra performantes?) contribuant
à ces objectifs, est soutenue
par la DGAC dans le cadre du plan
France Relance (inclus dans Next
Generation EU). Grâce à ces nouvelles
technologies, l?ATR EVO offrira
un potentiel de réduction de 85 %
des émissions de CO2 sur l?ensemble
d?une mission.
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Les nouveaux combustibles
aéronautiques
Falcon 10X de Dassault
Modèle EVO d?ATR (2023)
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
D?autres projets innovants
pour décarboner
le transport aérien
Airbus Helicopters
lance le « Disruptive Lab »,
un démonstrateur pour tester
en vol des technologies de rupture
focalisées sur la décarbonation
ors de son sommet
annuel de 2022, Airbus
a présenté son nouveau
laboratoire volant,
le DisruptiveLab, destiné à évaluer les
technologies les plus avancées pour
améliorer les performances
des hélicoptères et réduire
leur impact environnemental.
Ce démonstrateur sera notamment
utilisé pour étudier la faisabilité
d?un système de propulsion hybride
électrique capable de recharger
la batterie en vol, ainsi que
pour tester une architecture
aérodynamique innovante. Cette
nouvelle architecture est composée
d?un fuselage central profilé en
aluminium et en composite, conçu
pour réduire la traînée et donc la
consommation de carburant, ainsi
que d?un fuselage arrière plus léger,
intégrant un rotor de queue caréné
de type fenestron, et contribuant
également à l?amélioration
des performances aérodynamiques.
Les pales sont par ailleurs intégrées
au rotor principal d?une manière
plus compacte, avec à la clé
une réduction supplémentaire
de la traînée et une réduction du
niveau de bruit perçu. En combinant
toutes ces innovations, il est possible
d?atteindre une réduction de 50 %
des émissions de CO2, un objectif
visé par Airbus Helicopters.
Avec le DisruptiveLab,
l?hélicoptériste prépare le successeur
de l?Écureuil, qui intégrera de
multiples innovations positives pour
l?environnement, tout en travaillant
sur de nouvelles approches
disruptives pour la conception, la
certification et l?exploitation de ses
futurs appareils. Ce démonstrateur
s?inscrit dans la feuille de route
du Corac et bénéficie d?un soutien
partiel de la DGAC via les plans
France Relance (inclus dans Next
Generation EU) et France 2030.
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Airbus X-WING, un démonstrateur innovant
pour tester en vol des ailes haute performance
e démonstrateur Airbus
X-WING, soutenu
par la DGAC dans
le cadre du plan France
Relance (inclus dans Next Generation
EU), vise à améliorer fortement
les performances aérodynamiques
des ailes des futurs avions
commerciaux, l?un des leviers
technologiques majeurs pour
atteindre l?objectif d?ultra sobriété.
Il s?agit d?un démonstrateur volant
à échelle réduite, basé sur un Cessna
Citation VII modifié pour intégrer
une voilure à fort allongement dotée
de moyens de contrôle actif.
Ce démonstrateur, qui doit être mis
en vol en 2024 pour de premiers
essais, permettra de valider
des technologies inspirées
par le biomimétisme pour adapter
la forme, l?envergure et la surface
de la voilure aux conditions de vol
et ainsi accroître l?efficacité en vol.
Ce nouveau concept requiert
des technologies de rupture
pour permettre le contrôle actif
de l?aile, notamment des capteurs
de rafale, de nouvelles surfaces
mobiles (spoilers ultra réactifs, bords
de fuite ajustables) et de nouvelles
lois de commande de vol. Airbus
estime que cette technologie
de voilure souple et déformable,
applicable à tout type
de configuration d?avion, offre un
potentiel de réduction de 5 à 10 %
de la consommation de carburant
par rapport aux appareils actuels.
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L
CORAC ET GIFAS
Le CORAC, Conseil
pour la recherche
aéronautique civile, est
l?organe de concertation
État-Industrie destiné
à l?établissement
de la feuille de route
technologique de la filière
dont dérivent les
programmes de recherche
de la filière aéronautique
qui seront soutenus par
la DGAC. Il est présidé par
le ministre des Transports et
réunit les différents acteurs
concernés : grands groupes,
équipementiers, laboratoires,
PME?Facilitateur de
l?association de toute la filière
aux travaux du Corac,
le GIFAS (Groupement
français des industries
aéronautiques et spatiales)
est le syndicat professionnel
représentatif de la filière
aéronautique et spatiale
française. Il s?assure en
particulier de la bonne prise
en compte de l?ensemble de
la filière dans les travaux du
Corac, grâce au Groupement
des équipements
aéronautiques et défense,
qui traite spécifiquement
des équipementiers,
et au comité Aéro-PME.
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Airbus X WING
Démonstrateur Disruptive Lab
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?ENAC toujours aussi
mobilisée dans la recherche
en oeuvre du concept de U-Space pour
du trafic aérien urbain
à très forte densité en intégrant
la contrainte de réduction
des nuisances environnementales.
? Projet Transit : centré
sur la planification, l?optimisation
et la reconfiguration des trajets
porte-à-porte multimodaux à partir
de mécanismes de prises de décisions
coopératives, ce projet vise
à l?élaboration de schémas
de transports multimodaux résilients
ayant un impact environnemental
contrôlé.
? Projet Descartes : coopération
scientifique entre la France
et Singapour, il vise le développement
de modèles hybrides d?intelligence
artificielle pour l?aide à la décision
dans les systèmes urbains critiques,
en particulier dans le cadre
des services de mobilité aérienne
urbaine et de leur analyse
et gestion en matière d?impact
environnemental et d?acceptabilité
sociétale.
? Projet ANR Panache avec le CNRS :
il vise à déployer des flottes de drones
pour le suivi et l?analyse temps réel
de pollutions atmosphériques
accidentelles.
? Projet Sesar Artimation : il a pour
objectif de conforter l?explicabilité
et la transparence des algorithmes
d?intelligence artificielle en particulier
dans le cadre de la gestion
des trajectoires sous contraintes
environnementales.
? Projet CPER Modus : il vise à mettre
en oeuvre une architecture
informatique logicielle et matérielle
permettant de réaliser des simulations
à large échelle spatiale et temporelle
de systèmes de transport
multimodaux et à formaliser
la juste place du transport aérien
dans une chaîne intégrée et durable
de mobilités centrées sur l?usager.
L?ENAC a également obtenu
la première place au challenge
international Micro Air Véhicules 2022,
visant à optimiser les performances
des drones, en particulier
les performances environnementales,
dans le domaine du déploiement de
nouveaux services de transport aérien
(délivrance de colis par exemple).
n 2022, les équipes
de recherche de l?ENAC,
dans le cadre de
25 propositions de projets
soumis lors de la troisième vague de
l?appel à projets Sesar, ont résolument
orienté leurs travaux vers la réduction
de l?empreinte environnementale
et le renforcement de l?utilité
et acceptabilité sociétale du transport
aérien. Les projets sont nombreux :
? Projet AEON : en s?appuyant
sur les capacités de simulation
à larges échelles temporelles
et spatiales d?un trafic aéroportuaire,
il vise à étudier l?impact opérationnel
de l?introduction sur les aéroports
d?aéronefs réalisant les opérations
de roulage avec les moteurs coupés
en s?appuyant sur des technologies
de propulsion électrique ou hydrogène.
? Projet ECHO : il a pour objectif
de modéliser et d?analyser le rôle
du transport aérien dans une chaîne
multimodale et intégrée
de transports.
? Projet Metropolis 2 : il vise à définir
des structures d?espaces aériens
métropolitains adaptées à la mise
E
Projets de
recherche
pour améliorer
la performance
environnementale
de la navigation
aérienne
e projet piloté par la DSNA associe
21 partenaires dont Airbus, la société ESSP,
des industriels et les principaux opérateurs
de navigation aérienne (ANSP) européens.
Il vise à progresser vers l?utilisation par les ANSP
des données de la trajectoire bord calculée
par le système de gestion du vol (FMS) de l?avion.
Les données transmises par les avions (ADS-C EPP)
permettent d?avoir au sol une meilleure vision
de la trajectoire future du vol, contribuant ainsi
à l?amélioration de la sécurité et une réduction
de la consommation de carburant. Neuf démonstrations
seront menées en 2022 et 2023 en Europe avec des
avions équipés, dont deux dans l?espace aérien français.
Le règlement européen CP1 (Common Project) prévoit
la mise en place d?une nouvelle fonctionnalité qui alerte
le contrôleur en cas d?écart entre la trajectoire réalisée
et la trajectoire calculée par les systèmes de la navigation
aérienne et visualisée par le contrôleur (sol).
Elle contribuera à éviter les pertes de séparation
entre avions et à mieux détecter les pénétrations
d?avions civils dans les zones militaires actives.
Entre novembre 2022 et janvier 2023, les CRNA Nord,
Est, Ouest et Sud-Ouest ainsi que les compagnies
aériennes partenaires (Air France, British Airways,
easyJet) ont mené des évaluations sur l?utilisation
de ces données pour optimiser la gestion des arrivées
en région parisienne. Ces évaluations ont aussi
permis de tester l?affichage des données du vol
(trajectoire 4D, vitesse prévue). Grâce à ces données
plus précises, le contrôleur peut visualiser la trajectoire
prévue par le bord et la prendre en compte si la situation
le permet.
L
Le projet Adscensio
on mandat : rechercher des solutions pour
améliorer la performance environnementale
des opérations aériennes dans toutes
les phases du vol en utilisant les technologies
embarquées ou émergentes.
La participation de la DSNA à ce projet est multiple.
Elle contribue à :
? démontrer l?optimisation environnementale des flux
d?arrivées sur les aéroports parisiens grâce au partage
des données sur la trajectoire 4D et sur les intentions
du pilote (En-Route, Extended TMA et TMA) ;
? étudier la mise en place d?approches plus « vertes »
basées sur des procédures satellitaires et RNP-AR ;
? améliorer la planification de la trajectoire en affinant
de manière dynamique les restrictions de routes (RAD) ;
? préparer le déploiement de services liés à l?ADS-C
(mutualisation de la collecte des données
et distribution via l?intranet de la navigation aérienne
(SWIM) vers les clients, les ANSP et le Network Manager
d?Eurocontrol).
S
Projet Heron
8
OPÉRATEURS
DE NAVIGATION
AÉRIENNE (ANSP)
6
COMPAGNIES
AÉRIENNES
5
AÉROPORTS
COLLABORENT SUR LE PROJET « HERON » PILOTÉ PAR AIRBUS.
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Ces 2 projets sont menés en collaboration avec l'entreprise commune SESAR.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
En bref
Le projet de dirigeable géant Flying Whales a bouclé en 2022
une troisième levée de fonds de 122 M¤, avec notamment l?entrée à son
capital de l?État français, via le nouveau fonds French Tech Souveraineté
de Bpifrance. Le futur ballon dirigeable permettra de transporter
des charges lourdes et/ou hors gabarit (bois, containers, pales
d?éolienne, pylônes à haute tension), dans des zones difficiles d?accès
tout en minimisant l?empreinte au sol et en réduisant les émissions
de GES et de polluants atmosphériques. Son développement est pris
en charge par un consortium de 40 industriels dont Thales, Safran,
le groupe d?ingénierie ADF, Epsilon Composite ou le groupe Réel,
ce dernier fournissant des treuils qui permettront de lever
ou de déposer jusqu?à 60 tonnes de fret. La finalisation
de la conception est prévue en 2023, avant l?ouverture
d?une usine de production opérationnelle à Laruscade
en 2024.
Évolution de la flotte pour
la formation au pilotage
L?ENAC, en partenariat
avec la Fédération française
aéronautique, a réalisé en 2021
une étude ayant pour objectif
d?évaluer l?utilisation possible
de l?avion électrique Vélis
Electro, premier et seul avion
léger à propulsion 100 %
électrique certifié par l?EASA.
L?étude a permis de confirmer
que cet avion est adapté
au contenu pédagogique
des 10 premières heures
des cursus de formations pilotes.
Dès 2022, l?ENAC s?est engagée,
dans le cadre d?un contrat
de leasing auprès de la société
Green Aerolease, à la location
de deux avions destinés
à la formation des Élèves pilotes
de ligne (EPL), filière républicaine
d?excellence.
L?ENAC prévoit également
d?intégrer cet avion pour
les formations pilotes de ligne
des compagnies aériennes clientes.
Deux Vélis supplémentaires
devraient ainsi permettre,
à partir du second semestre 2023,
de former une centaine de pilotes
par an, stagiaires EPL inclus.
En parallèle, l?ENAC travaille
sur un projet de renouvellement
de sa flotte qui devrait se dérouler
sur la période 2026 à 2030. Cette
flotte répondra à des exigences
strictes en matière de normes
environnementales. L?objectif
en 2025 est une réduction des
émissions de CO2 de 23T par an.
Le LCA 60T de
Flying whales
Le projet de dirigeable
géant Flying Whales
Des chaussées
aéronautiques
plus écologiques
Les pistes d?atterrissage et les voies
de circulation sont toutes composées
de granulats compactés ou
d?enrobages bitumineux. D?où l?idée de
tester des chaussées aéronautiques
composées pour partie de matériaux
recyclés, en s?inspirant de ce qui a été
réalisé pour le transport routier, où
les routes peuvent être composées de
40 % de matériaux recyclés. Le STAC
de Bonneuil-sur-Marne a donc construit
en 2022 une nouvelle planche d?essais
représentative d?une structure
de chaussée souple, intégrant
des matériaux recyclés. Elle est divisée
en six sous-planches composées
d?un pourcentage différent d?agrégats
recyclés afin de comparer leur
résistance et leur durée de vie
respectives, et de mieux appréhender
l?utilisation et le comportement de
matériaux recyclés dans les chaussées
aéronautiques. Le trafic avion y sera
simulé en soumettant la planche
expérimentale à des cycles de
chargement/déchargement réalisés
à l?aide d?une remorque de portance
et d?un vérin simulant le passage
répété d?avions.
Par ailleurs, le STAC avec le ministère
des Armées et le SNIA, a développé un
projet visant à réaliser une évaluation
fine et un suivi de l?état des
infrastructures à travers une méthode
intitulée « Diagnostic global raisonné ».
Cette expérimentation vise à améliorer
les méthodes de diagnostic et de suivi
des chaussées aéronautiques, en vue
d?optimiser et de mieux planifier
les opérations de maintenance, dans
une logique de gestion de patrimoine.
En 2022, une première campagne
d?essais a été menée sur la base
aérienne 105 d?Évreux. Elle incluait
des essais de portance du sol,
des carottages, des essais d?ovalisation,
ainsi qu?une auscultation au HWD
(Heavy Weight Deflectometer).
Enfin, le 4 octobre 2022, un Symposium
Gestion de Patrimoine et ACR/PCR
a réuni près de 120 participants issus
de la communauté aéronautique.
Les échanges ont porté sur
l?importance d?une bonne gestion
de son patrimoine et le changement
de méthode d?admissibilité décidé
par l?OACI. Cette nouvelle méthode,
dite ACR/PCR (Aircraft Classification
Rating/Pavement Classification Rating),
déclinée au niveau national par le
STAC, entrera officiellement en
application en novembre 2024. Elle
vient compléter le package cohérent
de méthodes rationnelles qui
permettent en phase de
dimensionnement des optimisations
de matériaux, mais également
d?intégrer de nouveaux matériaux
plus verts (matériaux biosourcés, bas
carbone, ou intégrant des matériaux
recyclés). La méthode ACR/PCR
permet de vérifier au plus juste
que les chaussées sont bien
adaptées au trafic d?aéronefs accueilli
et constitue un outil de gestion
de patrimoine optimisée. L?objectif
de toutes ces expérimentations
est de promouvoir des chaussées
plus vertueuses à l?échelle nationale.
Vélis Electro
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Vue aérienne de la
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mentale composée
de 6 sous-planches
(% d?agrégats
recyclés différents)
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
et la SNB
2030
La COP 15
Biodiversité
Biodiversité en danger : des solutions
internationales pour la préserver.
La 15e conférence des parties
à la convention des Nations unies
sur la biodiversité a réuni les 196 pays
signataires à Montréal du 7 au
19 décembre 2022. Le constat
est alarmant pour la biodiversité :
1 million d?espèces sont menacées
de disparition, 75 % de la surface
terrestre est altérée de façon
significative et 85 % des zones humides
ont disparu. On parle
de sixième extinction de masse.
Les parties ont abouti à un accord
sur le cadre mondial de préservation
de la biodiversité. Il définit un cadre
stratégique ambitieux composé
d?un objectif chiffré de protection
nommé « 30X30 » ? 30 % des terres
et 30 % des mers protégées d?ici
à 2030 ? et de 17 engagements
comprenant : la réduction de moitié
des pesticides et des excès de nitrates ;
la restauration de 30 % des
écosystèmes terrestres et maritimes
dégradés d?ici à 2030 ; la réduction
de 50 % de l?introduction
des espèces exotiques envahissantes
d?ici à 2050 ainsi que l?arrêt
de l?extinction des espèces protégées
dues aux activités anthropiques
à cette date. Enfin, un financement
à la hauteur des enjeux a également été
décidé, soit 500 Mds d?euros/an d?ici à
2030 et la création en 2023 d?un fonds
mondial pour l?environnement (FEM).
SNB 2030 : la France s?engage au titre
de la convention sur la biodiversité.
À l?échelle mondiale, la France
est le sixième pays hébergeant le plus
grand nombre d?espèces menacées
inscrites sur la liste rouge de l?Union
internationale pour la conservation
de la nature (IUCN). Ainsi, sur plus
de 12 500 espèces évaluées en France,
plus de 2 300 d?entre elles sont
menacées, dont 660 espèces
endémiques. Pour lutter contre
l?érosion de la biodiversité, la France
s?est dotée d?une Stratégie nationale
biodiversité (SNB) qui assigne
aux politiques publiques des cibles à
atteindre à l?horizon 2030 en matière
de protection de la biodiversité.
Certaines cibles découlent du cadre
mondial défini lors de la COP 15
ou de la Stratégie de l?Union
européenne pour la biodiversité (SUEB).
L?objectif premier de la SNB
est de « promouvoir un modèle socio-
économique favorable
à la biodiversité : faire évoluer
les modes de consommation, soutenir
une agriculture durable et intégrer
les enjeux de biodiversité
dans les transports et la transition
énergétique ». La SNB se décline
en 5 axes, 15 objectifs et 71 mesures.
La biodiversité aéroportuaire s?inscrit
dans quatre mesures de la SNB 2030
qui sera publiée au deuxième
trimestre 2023. Ainsi, elle s?inscrit dans :
? l?accélération de la protection
et de la restauration des écosystèmes
(mesure 1.4), au travers de la poursuite
par l?association Aéro Biodiversité
du maillage de la préservation
des prairies aéroportuaires
des 500 aérodromes français ;
? le renforcement de la lutte
contre la pollution (mesure 3.1),
notamment des sols,
par la publication d?un guide
Aéroports zéro phyto en 2023 ;
? le renforcement de la dimension
biodiversité des labels et des normes
dans les secteurs économiques
(mesure 7.1), grâce au développement
du label « Aérobio » décerné
aux plateformes aéroportuaires
par l?association Aéro Biodiversité ;
? l?incitation aux expériences
de connaissance et de nature
(mesure 8.3), à travers les activités
de sciences participatives proposées
par l?association Aéro Biodiversité.
Les actions associées à ces mesures
sont développées dans les pages
suivantes.
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Protéger
et valoriser
la biodiversité
aéroportuaire
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Face à l?érosion de la diversité biologique,
des engagements volontaristes ont été pris lors
de la COP 15, définissant un nouveau cadre stratégique
international pour 2030. Sur le plan national,
la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 (SNB)
décrit la trajectoire pour inverser la tendance du déclin
de la biodiversité. Le secteur aérien poursuit son
engagement pour la sauvegarde de la biodiversité
aéroportuaire en s?adossant à la SNB.
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Aéroport de St Pierre et Miquelon
54
ADHÉRENTS À AÉROBIODIVERSITÉ
en 2022 représentant 70 aérodromes
500 km2
DE PRAIRIES AÉROPORTUAIRES
EN FRANCE
70 %
DE LA SURFACE DES 500 AÉRODROMES
MÉTROPOLITAINS ET ULTRA-MARINS
est constituée de prairies
54 55
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L
Aéro Biodiversité, partenaire
incontournable
e rôle de l?association
Aéro Biodiversité
dans la préservation
et la valorisation de la biodiversité
aéroportuaire n?est plus à démontrer.
Depuis plusieurs années,
elle accompagne le secteur
aéroportuaire dans l?appropriation
des bonnes pratiques mettant
en valeur la biodiversité
environnante sans compromettre
la sécurité. S?appuyant sur une
démarche de science participative
dont les protocoles sont développés
par le Muséum national d?histoire
naturelle, elle permet de mieux
appréhender les différentes
composantes de la biodiversité
sur les plateformes tout
en sensibilisant les personnels
aux enjeux de la biodiversité.
Pour cela, les naturalistes
Aéro Biodiversité interviennent
deux à trois fois par an sur chaque
plateforme partenaire afin
d?inventorier les espèces animales
et végétales présentes sur le terrain.
Ce travail minutieux permet
de recueillir des données précises
sur la diversité des espèces observées
et de cartographier leurs habitats.
Quelques chiffres clés à l?appui :
en six ans, 34 000 données ont été
observées ; 3 000 espèces végétales
et animales ; 1 300 espèces de plantes
dont 45 espèces d?orchidées ;
255 espèces d?oiseaux ont été
recensées et 24 espèces
de chauve-souris ont été enregistrées
en métropole (sur 34 existantes).
Victime de son succès, l?association
poursuit sa progression puisqu?en
2022, elle compte 54 aéroports
et aérodromes en métropole
et outre-mer. Ce nombre devrait
augmenter en 2023. Le lancement
du label « Aérobio » en 2021,
décerné par un comité indépendant
et éthique issu du conseil scientifique
du Muséum national d?histoire
naturelle, est également un succès :
trois aéroports ont été labellisés
en 2021 (Paris-Orly, Tarbes
et Perpignan) et cinq ont été
labellisés début 2023 (Ajaccio, Bastia,
Carcassonne, Roissy?Charles-de-
Gaulle et Tours, cf encadré).
La DGAC adopte
son plan d?action biodiversité
ancée par la DGAC à
l?occasion de la Stratégie
nationale pour le transport
aérien, la feuille de route
biodiversité définit un cadre d?actions
et de moyens à mettre en oeuvre pour
une meilleure protection et valorisation
de la biodiversité aéroportuaire.
Il en est ressorti cinq axes stratégiques :
? Faire évoluer les textes réglementaires
relatifs à la gestion du risque animalier
sur les plateformes aéroportuaires
pour mieux prendre en compte
la biodiversité.
? Accompagner les exploitants
d?aéroports pour mieux articuler
l?aspect sécuritaire avec la biodiversité.
? Favoriser la mise en place de stations
d?accueil animalières dans
les aéroports.
? Sensibiliser et communiquer
sur les enjeux de préservation
de la biodiversité aéroportuaire
auprès des professionnels du secteur
et des usagers.
? Promouvoir les sciences participatives
sur les aéroports.
L?avancement des travaux sur la feuille
de route a permis d?aboutir à un plan
d?action biodiversité en adéquation
avec les besoins internes de la DGAC
en matière d?acquisition de
connaissances et de diffusion de
l?information.
Le plan d?action biodiversité
de la DGAC se décline en sept grandes
thématiques :
? Adapter la réglementation relative
à la gestion du risque animalier
pour introduire une dimension
plus compatible avec une gestion
davantage vertueuse des espaces
verts aéroportuaires favorisant
la biodiversité ordinaire.
? Accompagner la mise en oeuvre
des démarches de développement
de la biodiversité sur les aéroports.
? Favoriser l?intégration de la biodiversité
des aéroports dans les espaces
naturels environnants du territoire.
? Établir un recensement et un suivi des
mesures en faveur de la biodiversité
mises en oeuvre sur les plateformes
et favoriser le partage.
? Promouvoir l?action de l?association
Aéro Biodiversité.
? Développer les formations et l?accès
à l?information sur la biodiversité.
? Développer les campagnes
de communication.
Il est en particulier destiné aux DSAC
régionales qui constituent un relais
essentiel de la stratégie en matière
de biodiversité aéroportuaire. Elles sont
en effet un maillon incontournable
pour la remontée d?information sur
les problématiques environnementales
(populations concernées, initiatives
locales) ainsi que pour intégrer les zones
aéroportuaires dans les plans locaux
de protection de la biodiversité.
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Les équipes d?Aérobiodiversité sur le terrain
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LABEL AÉROBIO
En 2022, le label a été ouvert aux
plateformes adhérentes à
l?association depuis au moins un an.
Six dossiers ont été reçus et analysés
en fin d?année 2022. Le comité
scientifique de l?association décide
de façon indépendante, de
l?attribution du Label et de son
niveau (il y a 3 niveaux). Ainsi ont été
labellisés en février 2023, les
aéroports de Bastia Poretta,
d?Ajaccio Napoléon Bonaparte et
Tours Val de Loire au niveau 1, puis
Carcassonne Sud de France et
Paris-Charles de Gaulle au niveau 2.
PICTAGRAINES, UNE
INITIATIVE QUI PREND DE
L?AMPLEUR !
Le projet Pictagraines du
Conservatoire d?espaces naturels
de Nouvelle Aquitaine (CEN-NA),
débuté sur l?aéroport de Poitiers
en 2019, se développe sur
les plateformes de La Rochelle et
de Niort avec la signature de
partenariats en 2022. Tout comme
la marque collective Végetal local
portée par l?Office français de
la biodiversité (OFB), ce projet vise
à récolter des graines de plantes
locales sur des prairies encore
préservées, telles que les prairies
aéroportuaires, pour ensuite les
réimplanter lors de projets locaux de
réhabilitation ou de végétalisation.
L?avantage de ces végétaux sauvages
et locaux est qu?ils ont bénéficié
d?une longue co-évolution avec
la faune et la flore locales, ce qui
contribue au bon fonctionnement
des écosystèmes auxquels ils sont
inféodés. Ils sont aussi bénéfiques
à la résilience des écosystèmes.
56 57
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
n 2021, dans un double objectif
de protection de la biodiversité
et de sécurité, le STAC a lancé un travail
en partenariat avec les Directions
régionales de l?environnement, de l?aménagement
et du logement (Dreal) et le Service d?information
aéronautique (SIA) visant à une meilleure prise
en compte par les pilotes de la présence de zones
de sensibilité majeure (ZSM) liées à des zones
de reproduction de certains grands rapaces
protégés, lors de la préparation de leurs vols.
Le travail a abouti en novembre 2022
à la publication, à travers la section ENR 5.6-A de
l?AIP et le site Internet du STAC, de cartes détaillées
par secteurs géographiques (Alpes, Pyrénées, Massif
central) indiquant les ZSM actives. Plusieurs actions
de communications ont été élaborées lors
de la mise en ligne des cartes, dont une information
spécifique auprès des fédérations aéronautiques.
Le travail se poursuivra en 2023 avec l?amélioration
des cartes diffusées sur la base des premiers retours
et un élargissement des actions de communication
auprès des usagers des espaces aériens.
Les zones
de sensibilité
majeure (ZSM)
es espèces exotiques envahissantes (EEE)
d?origine animale ou végétale représentent
l?une des principales causes d?érosion
de la biodiversité à l?échelle mondiale. Elles sont
introduites volontairement ou non hors de leurs milieux
naturels par les activités humaines. Leur implantation
et propagation menacent les écosystèmes, les habitats
ou les espèces. En France métropolitaine, 1 379 plantes
exotiques envahissantes et 708 espèces de faune ont été
recensées. Seules deux plateformes aéroportuaires sur
les 36 en France métropolitaine échappent à ce phénomène.
Dès 2017, le ministère chargé de l?Environnement a publié
la Stratégie nationale relative aux EEE afin d?accompagner
la mise en application de la réglementation européenne
et de répondre aux enjeux nationaux.
Des conservatoires botaniques nationaux ont élaboré
des listes hiérarchisées des EEE sur l?ensemble du territoire,
selon le degré d?envahissement. On distingue ainsi trois
grands niveaux : EEE avérées, potentielles et à surveiller. En
2021, l?association Aéro Biodiversité a recensé les principales
EEE végétales présentes sur les aérodromes, soit environ
une quinzaine dont la plus répandue est « la Vergerette du
Canada ». D?autres espèces sont visibles, dans une moindre
mesure : le seneçon du Cap, l?ambroisie à feuilles d?armoises,
le sporobole tenace. L?éradication d?une EEE est quasiment
impossible dès lors que l?espèce est largement répandue.
Cependant, la propagation peut être limitée soit par
des interventions de régulation, soit par une gestion adaptée
de la zone concernée. La mise en place d?un plan d?action
spécifique à la problématique est en cours de réflexion.
Des espèces
exotiques
envahissent
les plateformes
aéroportuaires
L
E
Des guides
techniques
pour aider les
aéroports à
valoriser la
biodiversité
La fauche sur les aéroports entre gestion du risque animalier
et valorisation de la biodiversité.
Le Service technique de l?aviation civile (STAC) a mené une
étude relative aux pratiques de fauche sur les aérodromes
dans l?objectif de concevoir un guide technique à l?attention
des exploitants d?aérodromes, des bases aériennes et de leurs
responsables en charge du péril animalier et des espaces
verts. Ce guide technique aborde le sujet à la fois sous l?angle
de la sécurité aérienne et de la biodiversité, avec l?ambition
d?engager les acteurs de la communauté aéroportuaire
vers des pratiques de gestion plus vertueuse pour
l?environnement. Il présente des informations générales
relatives aux prairies aéroportuaires et aux modalités
d?entretien, partage des bonnes pratiques et des pistes
de réflexion qu?il convient d?adapter localement, chaque
aéroport présentant des spécificités en matière de faune et
de flore locale. Il fournit enfin une méthodologie générale
relative à la conception d?un plan de gestion des espaces
verts.
Guide « Aéroports Zéro Phyto».
Le projet « Aéroports Zéro Phyto » lancé dans le cadre du plan
Écophyto II s?est poursuivi en 2022. Ce guide ambitionne
d?accompagner les aéroports français dans la mise en oeuvre
d?un plan zéro phyto et de pérenniser l?approche
sur l?ensemble des plateformes aéroportuaires. Cet outil, à
destination des gestionnaires d?aéroports, rassemblera les
bonnes pratiques sous forme de fiches techniques
à mettre en oeuvre, afin de parvenir à l?élimination complète
de l?usage des produits phytosanitaires. Ce guide a été publié
en mai 2023.
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Senecio Inaequidens Test des nouveaux émulseurs conçus par le STAC,
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De nouveaux émulseurs pour lutter contre
les incendies d?aéronefs respectueux de
l?environnement.
Les Services de sauvetage et de lutte contre
l?incendie des aéronefs sur les aéroports (SSLIA)
interviennent lors d?un incident ou d?un accident
d?avion sur une plateforme. Ils utilisent des mousses
extinctrices destinées à la lutte contre les incendies
de kérosène. Depuis près de 50 ans, la majorité des
mousses utilisées contre les feux d?hydrocarbures
contiennent des tensioactifs fluorés, reconnus pour
leur efficacité, mais néfastes pour la santé et
l?environnement, notamment pour la biodiversité.
En 2011 puis en 2020, l?Union européenne a interdit
ou restreint l?utilisation de certaines familles de
tensioactifs. Les fabricants d?émulseurs développent
depuis de nouvelles formules et gammes
d?émulseurs, fluorés ou non fluorés, plus
respectueuses de l?environnement. En conséquence,
un « guide des émulseurs » est en cours d?élaboration
par le STAC. Il vise à accompagner les exploitants
d?aéroports dans le choix de produits performants
en matière de lutte contre l?incendie tout en étant
plus exigeants en matière de protection de la santé
et de l?environnement. Sa parution
est prévue en 2023.
De nouveaux
émulseurs plus
écologiquesTracteur de fauche
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
DES ABRIS POUR HÉRISSONS SUR
L?AÉROPORT DE NIORT-MARAIS
POITEVIN
Dans le cadre du plan de gestion
de la biodiversité de l?aérodrome de Niort?Marais
poitevin, la ville de Niort, propriétaire
et exploitante de l?aérodrome, a mené
des actions sur les modalités de fauche
des abords des pistes. Elle a acquis un matériel
permettant le ramassage des résidus de fauche
afin de limiter l?acidification des sols. Ces résidus
sont ensuite placés en des points stratégiques
de la plateforme afin de limiter les déplacements
routiers et de permettre la création d?abris,
avec des herbes et des branchages, pour
certains reptiles, ou de petits mammifères,
notamment les hérissons. Les prairies
de l?aéroport de Niort sont également une zone
naturelle de reproduction des lombrics et autres
petits animaux qui permettent aux hérissons
de se nourrir.
LA PROTECTION DE L?ESCARGOT DE CORSE,
UNE ESPÈCE RARE, QUI A VALU À L?AÉROPORT
D?AJACCIO LE LABEL AEROBIO
Longtemps considéré comme disparu, l?Hélix de Corse
est un escargot micro-endémique de Corse. Son habitat,
restreint à 2 hectares de la terrasse fluvio-marine
du Ricantu, est enclavé à l?intérieur du territoire
de l?aéroport d?Ajaccio. L?espèce est en voie d?extinction
(environ 5 000 individus).
Dans le passé, la construction d?une piste
et le réaménagement de la plateforme ont détruit
en partie l?habitat de l?escargot. Les études génétiques
ont montré qu?ils ont été isolés et se sont retrouvés
de part et d?autre de la piste.
L?enjeu aujourd?hui pour la DSAC SE/délégation Corse,
pour l?aéroport et pour l?association environnementale
CPIE (Centre permanent d?initiatives pour
l?environnement), est de préserver la bande littorale
où ils vivent et de restaurer un « corridor » afin d?assurer
la continuité de l?habitat et de maintenir le brassage
génétique de la population. Un Plan national d?action
pour l?escargot de Corse est en cours de rédaction.
En bref
LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC D?ESPÈCES PROTÉGÉES
La lutte contre le trafic d?espèces sauvages
et l?introduction de viande dite « de brousse »
sur le territoire national, notamment par voie
aérienne, constitue un enjeu sanitaire
et environnemental majeur pour la France.
En 2021, sur l?aéroport de Roissy?Charles-de-
Gaulle, 19,7 tonnes de produits carnés ont été
saisies dans les bagages des voyageurs,
dont environ 500 kg de viande de brousse. Ainsi,
des viandes provenant d?espèces protégées
par la Convention sur le commerce international
des espèces de faune et de flore
menacées d?extinction (Cites) sont
régulièrement découvertes dans les bagages.
L?importation de produits carnés dans les
bagages est pourtant prohibée par la
réglementation européenne, pour des raisons
sanitaires. Cette pratique est également interdite
au regard de la protection des espèces protégées
et de la biodiversité. Afin de concevoir et mettre
en oeuvre des actions communes, coordonnées
et adaptées au territoire national, contre le trafic
d?espèces protégées, un groupe de travail
interministériel s?est monté. Il inclut la DGAC.
Le Service public
écoresponsable (SPE),
un nouvel enjeu
environnemental
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Le plan de sobriété de l?État s?impose non seulement
à tous les acteurs économiques et aux citoyens,
mais aussi aux administrations elles-mêmes.
Voyons comment elle se traduit concrètement dans nos locaux !
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L? hélix de Corse sur l?aéroport d?Ajaccio
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Ecopâturage sur les terrains du STAC à Toulouse
60 61
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
Comment
s?organise
la démarche
SPE à la
DGAC ?
La démarche du Service public
écoresponsable (SPE).
Pour mémoire, la démarche SPE
a pour but la nécessaire réduction
de l?empreinte environnementale
de l?activité quotidienne
de l?administration.
Elle a été formalisée initialement
par la circulaire du 25 février 2020
qui, à travers vingt mesures,
demande aux administrations
de concrétiser cet effort
d?écoresponsabilité dans tous
les domaines d?action de
l?administration. Elle a été complétée
par la circulaire du 10 novembre 2022,
mettant en place un plan de sobriété
énergétique de l?État s?appliquant
à toutes les administrations
et réparti en 20 chantiers,
dont la rénovation énergétique
des bâtiments, la baisse des émissions
de gaz à effet de serre, la commande
publique, l?encouragement
aux mobilités douces.
Tous les services de l?État,
dont la DGAC, doivent établir
un rapportage annuel de certains
indicateurs afin de mesurer
concrètement le développement
progressif de la démarche.
La déclinaison de la démarche à SPE
à la DGAC.
Dans le cadre de cette démarche,
des structures ont été mises en place
au sein de la DGAC afin de faire
progresser significativement l?action
écoresponsable de l?administration :
? Un « réseau SPE » d?une centaine
de personnes, accompagné
par une équipe projet, a été créé
en février 2022. En vue de piloter
et de coordonner les actions menées
au sein de la DGAC, il réunit des
représentants de toutes les directions
et se décline en 16 chantiers (dont
achats durables, énergie et bâtiments,
bilan des émissions des gaz à effet
de serre, alimentation, numérique,
biodiversité).
? En parallèle, fin 2022, un Comité
du développement durable s?est
monté au sein de la DGAC. Composé
de représentants des différentes
directions et des syndicats, présidé
par le directeur général, il se réunit
au moins une fois par an. Sa mission
est triple : veiller à une application
rigoureuse des engagements SPE,
proposer des actions additionnelles,
échanger sur toute initiative locale.
Par ailleurs, par sa note 22-55-SG
du 18 août 2022, la secrétaire générale
de la DGAC a, dans le cadre du plan
de sobriété énergétique, appelé
tous les services à prendre les mesures
nécessaires à la réalisation
d?économies d?énergie rapides
et massives en prévoyant notamment
une température maximale de 19°
dans les locaux, une utilisation de la
climatisation uniquement à partir de
26°, l?extinction des lumières inutiles,
l?utilisation de LED, l?encouragement
au covoiturage et aux mobilités
douces. La décarbonation
sera le grand chantier de 2023.
FOCUS SUR L?EXPÉRIMENTATION
DE LA FERMETURE DU SIÈGE
DE LA DGAC LE 31 OCTOBRE :
Le 31 octobre 2022, la DGAC
a profité de la possibilité
d?un week-end prolongé
à l?occasion du 1er novembre
férié pour tester l?efficacité
d?une fermeture de son siège
rue Henry-Farman à Paris. Le mode
« hivernation » a été utilisé :
fermeture du chauffage,
des parkings, des lumières,
de la cantine par exemple.
Le résultat a été intéressant
avec 26 % d?économie d?énergie par
rapport à une journée « ordinaire »
de la semaine précédente.
La rénovation énergétique
des bâtiments, une priorité !
epuis 2020, l?Etat a lancé
successivement des plans
massifs de rénovation
énergétique des
bâtiments publics pour allier soutien
de l?économie suite aux diverses
crises traversées, diminution
drastique de l?empreinte
environnementale et baisse de la
facture énergétique, l?énergie utilisée
par les bâtiments de l?administration
étant le 2è poste de dépenses de son
budget de fonctionnement, après les
salaires. En 2022, la guerre en Ukraine,
et la crise énergétique qu?elle a
provoquée, ont encore accru la
nécessité de réduire la
consommation et la facture
énergétique des bâtiments. Pour
cela, un plan de sobriété énergétique
(cf p.10) sonnant une mobilisation
générale de tous les secteurs
d?activité, a été présenté le 6 octobre
2022 avec un objectif de gain
énergétique de 10 % dans les deux
ans.
Le SNIA, Service national d?ingénierie
aéroportuaire, et gestionnaire du
parc immobilier DGAC (dont 502
bâtiments tertiaires sur une centaine
de sites pour 687 000m² de surface
hors d?oeuvre nette), est au coeur de
ce dispositif de rénovation
énergétique des bâtiments et de
conception HQE (Haute qualité
environnementale) des nouvelles
constructions, avec une
augmentation croissante des
chantiers au fil des années. Dans le
cadre du plan de relance, 106 projets
ont pu être lancés dont 65 achevés
en 2022. Les programmes de
rénovation doivent s?inscrire dans la
trajectoire du Dispositif éco-énergie
tertiaire (DEET) prévu par le décret
dit « tertiaire » du 23 juillet 2019, qui
impose une réduction progressive de
l?énergie finale utilisée dans les
bâtiments tertiaires, de 40% dès 2030
et jusqu?à 60% en 2050, objectif qui
rejoint les ambitions du secteur
aérien, auquel il incombe de réduite
de 50 % ses émissions de gaz à effet
de serre d?ici 2050.
Les travaux les plus courants dans le
cadre de la rénovation énergétique
sont l?amélioration de la régulation
des systèmes de chauffage et de
climatisation, l?isolation thermique
de l?enveloppe, le remplacement des
menuiseries extérieures, ou le recours
croissant à l?électricité d?origine
photovoltaïque (PhV) via des
installations en autoconsommation.
Par exemple, sur le campus de
l?ENAC (Toulouse), l?énergie PhV
représente 17% de l?énergie
consommée, 25% à terme.
En plus de ces dispositifs courants,
d?autres réalisations sont à souligner :
GTA Ajaccio : installation de
systèmes Triple C assurant chauffage,
climatisation et chauffe-eau
thermodynamique.
DAC Nouvelle-Calédonie : réduction
de l?effet albédo et rafraîchissement
naturel des locaux par la
végétalisation, la pose de brise-soleil
et l?optimisation des ventilations
naturelles.
ENAC, et DSAC Nord (Orly) : recours
partiel à la géothermie ou le
raccordement à des réseaux de
chaleur.
Focus sur une rénovation exemplaire
la DSAC Ouest en 2022:
Le bâtiment a atteint le niveau E3C1
(Energie 3-Carbone 1), traduisant une
excellente performance énergétique
avec notamment :
? l?utilisation de matériaux de
construction en bois,
? le recours aux panneaux
photovoltaïques en
autoconsommation ;
? une enveloppe performante et
compacte (triple vitrage, bois,
brise-soleil orientable, amélioration
de l?étanchéité).
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Atelier Réparation vélos à l?ENAC Toulouse
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EN
A
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Vue aérienne de l?extension du siège de la DSAC Ouest (au 1er plan), construction Haute
qualité environnementale
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62 63
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
ACNUSA : Autorité de contrôle
des nuisances aéroportuaires
ADEME : Agence de l?environnement
et de la maîtrise de l?énergie
ANSP : Air Navigation Service Provider ou
prestataire de services de la navigation
aérienne
APU : Auxiliary Power Unit, ou moteur
auxiliaire de puissance
CAD : Carburant d?aviation durable
CAEP : Committee on Aviation
Environmental Protection
CALIPSO : Classification acoustique
des avions légers selon leur indice
de performance sonore
CCE : Commission consultative
de l?environnement
CDO : Continue Descent Approach
CGDD : Commissariat général
au développement durable
CNR : Conseil national de la refondation
CSB : Carte stratégique de bruit
CORAC : Conseil pour la recherche
aéronautique civile
CORSIA : Carbon Offsetting and Reduction
Scheme for International Aviation,
ou mécanisme mondial de compensation
des émissions de l?aviation civile
internationale
DSAC : Direction de la sécurité de l?aviation
civile
DSNA : Direction des services
de la navigation aérienne
DTA : Direction du transport aérien
EIAE : Étude d?impact selon l?approche
équilibrée
ENAC : École nationale de l?aviation civile
EU-ETS : European Union-Emission Trading
System, ou Système d?échange de quotas
d?émission de l?Union européenne (SEQE)
eVTOL : Electrical Vertical Take-Off and
Landing
GES : Gaz à effet de serre
GIFAS : Groupement des industries
françaises aéronautiques
GPU : Groung Power Unit, ou groupe
électrogène pour l?alimentation électrique
des avions au sol
IGEDD : Inspection générale
de l?environnement et du développement
durable
MRAe : Mission régionale d?autorité
environnementale
OACI : Organisation de l?aviation civile
internationale
OAD : Observatoire de l?aviation durable
ONERA : Office national d?études
et de recherches aérospatiales
PEB : Plan d?exposition au bruit
PGS : Plan de gêne sonore
PIA : Programme d?investissement d?avenir
PNACC : Plan national d?adaptation
au changement climatique
PPA : Plan de protection de l?atmosphère
PPE : Programmation pluriannuelle
de l?énergie
PPBE : Plan de prévention du bruit
dans l?environnement
PREPA : Plan national de réduction
des émissions de polluants atmosphériques
PUF : Particules ultrafines
RTE-T : Réseau transeuropéen de transport
SAF : Sustainable aviation fuel, ou
carburant d?aviation durable (CAD)
SARP : Standards and Recommended
Practices
SFEC : Stratégie française sur l?énergie
et le climat
SGPE : Secrétariat général
de la planification écologique
SPE : Service public écoresponsable
SNB : Stratégie nationale biodiversité
SNBC : Stratégie nationale bas carbone
STAC : Service technique de l?aviation civile
TIRUERT : Taxe incitative relative
à l?utilisation de l?énergie renouvelable
dans les transports
TNSA : Taxe sur les nuisances sonores
aériennes
UAF : Union des aéroports français
et francophones associés
UICN : Union internationale
pour la conservation de la nature
UE : Union européenne
ZSM : Zone de sensibilité majeure
Glossaire
7 ?
De multiples initiatives
au service d?un SPE
ncitations nationales
aidant, la démarche SPE
s?impose désormais
dans tous les services de la DGAC,
et se décline en six thèmes : énergie
et bâtiments, mobilité, déchets,
alimentation, biodiversité,
sensibilisation. Certains services
se sont montrés particulièrement
innovants en 2022. Quelques
exemples?
En matière de mobilité, ça roule !
Le renouvellement de la flotte des
véhicules de service par des véhicules
électriques ou l?incitation au
covoiturage et aux mobilités douces
sont largement déployées et mises en
avant via par exemple la participation
à des « villages de la mobilité (douce) »
à la DSAC Sud-Ouest (aéroport
de Bordeaux) ou la campagne « DAC
à vélo » à la DAC Nouvelle-Calédonie.
Un intérêt croissant
de l?administration
pour la biodiversité sur ses terrains.
Ainsi, le STAC de Toulouse a
développé l?écopâturage, les moutons
venant brouter les espaces verts
(cf photo p.59). La DAC Nouvelle-
Calédonie poursuit son partenariat
vertueux avec le WWF, qui se traduit
notamment par des opérations
régulières de sensibilisation des agents
à la biodiversité, par exemple en les
associant à la plantation d?arbres et
de plantes sur les terrains de la DAC
avec l?aide des bénévoles de
l?association. Les carrés potagers,
comme la déminéralisation de
certains espaces quand c?est possible,
se développent aussi.
Sensibilisation des agents
et formation.
Des ateliers « Fresque du climat »
sont peu à peu proposés, aux côtés
d?actions de sensibilisation
à la responsabilité solidaire
et écoresponsable ou aux écogestes.
Dans le cadre de son projet
Transformation écocitoyenne
à la DSAC AG (Antilles-Guyane),
la DSAC a obtenu le financement de
son volet Formation par le CGDD à
la suite de l?appel à défis « Innovation
écoresponsable ».
De leur côté, les services de l?ENAC
ont mis en place une « rentrée climat »
en septembre 2022, trois jours
de cours et d?ateliers pour apporter
aux 400 étudiants, futurs diplômés,
une bonne connaissance des enjeux
environnementaux. Ces trois jours
comprennent notamment la Fresque
du climat, la Fresque aéro,
des modules sur la décarbonation,
les questions énergétiques, ou encore
les controverses sociotechniques
et les nouvelles technologies.
Ce dispositif novateur et complet
mobilise 70 enseignants et agents.
DEUX PRIX POUR L?ENAC EN 2022
L?École, et en particulier sa mission
SPE, a en effet été lauréate de deux
concours régionaux, le Concours
Développement durable de
l?université fédérale de Toulouse
et les Trophées Tisseo, grâce à
une double initiative :
le prêt de vélos électriques
et de vélos cargo à ses usagers,
étudiants et agents (pour
quatre mois) et l?organisation
d?ateliers de réparations de vélos
sur le campus de Toulouse.
I
Plantations sur le terrain de la DAC à Nouméa par des agents de la DGAC , avec des bénévoles du WWF pour guides
©
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f
www.ecologie.gouv.fr
Rapport Environnement
de la Direction générale
de l?aviation civile 2022
Juin 2023?
(ATTENTION: OPTION (niveaux
en nombre et par classes
granulométriques) dans différents
environnements : en situation de fond
(éloignée des sources spécifiques de
pollution), le long du trafic routier et
à proximité des plateformes
aéroportuaires franciliennes (Paris?CDG
et Paris?Orly). Les résultats des
deux premières campagnes sur les
deux premiers environnements sont
disponibles sur le site d?Airparif :
https://www.airparif.asso.fr. La campagne
autour de l?aéroport de Paris?Charles-
de-Gaulle a démarré à l?été 2022 avec
des résultats attendus en 2023. La
campagne le long du trafic routier met
en évidence des concentrations de PUF
2 à 5 fois plus élevées le long des routes
que sur le site de référence parisien,
avec des PUF d?un diamètre des
particules moyen de 15 nm.
Une multiplication des études
nécessaire pour améliorer
les connaissances.
Plusieurs AASQA ont entrepris
des actions pour documenter, dans
les différentes régions françaises,
les niveaux de concentrations des PUF
et leurs granulométries associées.
Une étude sur l?aéroport de Nice
a été menée et publiée en 2021
par AtmoSud, en plus de celles
menées à Nantes et en région
parisienne. Elle concluait à une
influence de l?activité de l?aéroport
sur le nombre de PUF, mais indiquait
une difficulté à lier le nombre de PUF
aux nombres de mouvements
d?avions (ces derniers n?étant pas
la seule cause d?émission de PUF).
L?ensemble des résultats de
ces études permettra une meilleure
compréhension des propriétés
des PUF et la réalisation d?études
épidémiologiques pour mieux
caractériser leurs effets sanitaires
et les mécanismes en jeu.
39
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
38
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?innovation pour
le développement
durable du secteur
aérien
4 ?
Le volet CORAC (cf. p. 47) du plan France 2030 mobilise
une enveloppe de 800 M¤, opérée par la DGAC,
afin de poursuivre la très forte dynamique de R&D
engagée par la filière grâce au plan France Relance
qui a soutenu plus de 230 projets représentant 1,6 Md¤
entre 2020 et 2022. Pour France 2030, 300 M¤ ont déjà
alimenté la feuille de route partenariale du CORAC en
2022 pour préparer, à échéance 2025-2030, les grandes
démonstrations technologiques de l?avion bas carbone.
?
800 M¤
C?EST LA SOMME MOBILISÉE
pour le volet aéronautique du plan
France 2030.
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a
ur
a
aé
ro
es aéroports ont une
mission de surveillance
de la qualité de l?air
sur et autour de leur
plateforme. Ainsi, ils réalisent des
campagnes de mesure régulières
et des inventaires des émissions
atmosphériques. Les campagnes
évaluent les concentrations
des polluants alors que les inventaires
évaluent la contribution de chaque
source d?émissions de polluants,
permettant d?identifier des gisements
de réduction. L?Acnusa recommande
de réaliser des campagnes a minima
tous les cinq ans (particules fines,
dioxyde d?azote ou NO2, COV
selon les cas) et des inventaires
tous les deux à cinq ans selon le trafic
de l?aéroport. Les aéroports se font
généralement aider par les AASQA
(cf p.36) pour réaliser ces études.
Étude de la qualité de l?air de l?île
de Petite-Terre à Mayotte.
L?un des objectifs du Plan régional
de surveillance de la qualité de l?air
(PRSQA) 2017-2021 était d?améliorer
les connaissances relatives
à la pollution de l?air ambiant
sur et autour des aéroports
Surveillance
de la qualité de l?air
sur le territoire de Mayotte.
C?est dans ce cadre que Hawa
Mayotte, l?observatoire de la qualité de
l?air sur le territoire, a choisi d?évaluer
la qualité de l?air sur l?île de Petite-Terre
à Mayotte où se situent l?aéroport et
une partie des activités économiques
et industrielles. Les polluants mesurés
ont été les PM10, les PM2,5, le NO2
et le C6H6. Cette campagne
d?une durée de 5 mois a débuté
en avril 2022. Les résultats
ont montré que les concentrations
moyennes annuelles en polluants
ne dépassent pas les valeurs
réglementaires. Néanmoins,
on relève quelques hausses
ponctuelles de concentration horaire
au cours de l?hiver austral
qui pourraient être dues à la saison
sèche et à des travaux de réfection
de chaussée réalisés au cours
de la saison hivernale.
Campagne de mesure sur l?aéroport
de Bordeaux?Mérignac.
Une campagne de mesures
a été lancée sur l?aéroport
de Bordeaux-Mérignac (ADBM)
dans le cadre de la surveillance
de la qualité de l?air de la plateforme.
Elle a été confiée à ATMO Nouvelle-
Aquitaine qui a réalisé des mesures sur
2 périodes d?un mois, en février-mars
et juillet-août 2021, au sein
et autour de l?aéroport. Les objectifs
de la campagne étaient multiples :
évaluer les concentrations
en polluants, vérifier le respect
des valeurs réglementaires, comparer
les résultats à deux stations de
référence du réseau fixe d?ATMO
Nouvelle-Aquitaine (stations
de fond urbain et trafic), évaluer
un suivi de la pollution par rapport
à une campagne similaire datant
de 2011 et proposer des cartes
de modélisation de l?aéroport.
Les valeurs réglementaires
ont été respectées pour tous
les polluants concernés.
Les seuils recommandés par l?OMS ont
quant à eux été dépassés
pour les particules PM10, PM2,5
et NO2 sur le site de l?aéroport,
mais également sur les stations
de référence, indiquant qu?il s?agit
d?une pollution de fond.
L
Station de mesures pour la qualité de l?air à Mayotte.
Modèle ERA de la société Aura aéro
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40 41
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
40
a propulsion à hydrogène
apparaît aujourd?hui
comme l?une des
solutions technologiques
les plus prometteuses pour
décarboner l?aviation puisque
sa combustion ne produit pas
de CO2. Cependant,
comparativement au kérosène,
la combustion de l?hydrogène
multiplie les rejets de vapeur d?eau
dans la haute atmosphère
par un facteur 2,6 et pourrait donc
générer davantage de traînées
de condensation, un contributeur
potentiellement majeur
aux effets non CO2 de l?aviation (voir
encadré). Avionneurs et scientifiques
cherchent donc à comprendre
les mécanismes de formation
des « traînées hydrogène »
et à en réduire les incertitudes
sur leur impact climatique.
Créer un consensus scientifique.
Les recherches sur les effets non CO2
de l?aviation sont menées depuis
2021 dans le cadre du programme
scientifique Climaviation, soutenu
en intégralité par la DGAC, à hauteur
de 11,5 M¤. Climaviation associe
les compétences en climatologie
de l?IPSL (Institut Pierre Simon
Laplace) et en aéronautique
de l?Onera. Fruit d?une collaboration
inédite, l?objectif de ce programme
est de produire les connaissances
scientifiques nécessaires
à l?établissement d?un consensus
mondial sur les effets non CO2.
Ces connaissances doivent
notamment aider à orienter
efficacement les choix
des avionneurs en matière de futurs
combustibles bas carbone
(CAD et H2). S?agissant des traînées
de condensation, les travaux
de cette chaire couvrent toute leur
durée de vie, depuis leur formation
initiale dans le champ proche
de l?avion, puis leur évolution aux
échelles météorologiques et enfin
leur impact aux échelles climatiques.
Comprendre la formation initiale
des cristaux de glace dans le cas
de l?hydrogène
Dans le cas des carburants
conventionnels, la vapeur d?eau
se condense à la surface
des particules de suie émises
par les moteurs, entraînant
l?apparition de gouttelettes
puis de cristaux de glace à l?origine
de la formation des traînées
de condensation. Dans le cas
de l?hydrogène, la combustion
ne génère pas de suies
et les émissions de particules
non volatiles sont drastiquement
réduites. Les seules particules
susceptibles de jouer le rôle
de « noyaux de condensation »
sont donc celles déjà présentes
dans l?atmosphère ou les aérosols
secondaires formés dans le sillage
de l?avion.
Cela rend nécessaire l?analyse fine
des nouveaux mécanismes
microphysiques pouvant intervenir
dans ce cas particulier, puis
l?intégration de ces mécanismes
aux outils de modélisation
afin d?obtenir une évaluation
fiable du nombre, voire de la taille
des cristaux formés.
Simuler l?évolution des traînées
hydrogène du champ proche
aux échelles météorologiques.
Une fois les cristaux de glace formés,
ils évoluent dans le sillage
tourbillonnaire de l?avion,
qui dépend de la configuration
de l?avion (forme des ailes, position
des moteurs?). Cette interaction
en champ proche va déterminer
l?évolution des traînées jusqu?à
quelques minutes après le passage
de l?avion. À ces petites échelles,
plusieurs outils de simulation
numérique ont été développés
pour caractériser les propriétés
initiales des traînées, mais ces outils
doivent encore être adaptés.
Au-delà, en fonction des conditions
atmosphériques, les traînées
peuvent s?évaporer rapidement
ou bien persister plusieurs heures,
voire évoluer en nuages de type
cirrus s?étendant sur plusieurs
dizaines de kilomètres. Pour évaluer
leur impact, il est nécessaire de
simuler le vieillissement des traînées
à ces échelles météorologiques.
Cependant, les outils
de modélisation sont encore peu
développés en raison de difficultés
liées notamment à la prise
en compte du comportement
de l?atmosphère et à l?influence
potentielle du champ proche
sur les propriétés des traînées
en champ lointain.
Enfin, pour valider les modélisations,
il convient de disposer de mesures
représentatives sur les traînées
aux différentes échelles,
mais les données expérimentales
sont rares et même inexistantes
dans le cas de l?hydrogène.
Évaluer l?impact climatique
des traînées hydrogène.
La compréhension de la formation
puis de l?évolution de traînées
hydrogène isolées ne suffit pas
à évaluer leur impact climatique.
Pour ce faire, il faut également
calculer leur contribution
au forçage radiatif en tenant compte
notamment des propriétés
des cristaux de glace qu?elles
contiennent, puis modéliser
leur distribution spatiotemporelle
à l?échelle du globe, en caractérisant
les propriétés des régions
sursaturées propices
à leur apparition, et enfin intégrer
toutes ces nouvelles connaissances
sur les traînées hydrogène
dans les modèles climatiques
planétaires afin de mesurer
leur impact sur la couverture
nuageuse haute et sur
le rayonnement.
Quel impact climatique
pour la propulsion à hydrogène ?
L
EFFETS NON CO2
DE L?AVIATION
Les effets non CO2
désignent un ensemble
de phénomènes dus
aux émissions hors CO2 des
avions dans l?atmosphère
qui conduisent
à un refroidissement
ou à un réchauffement
climatique. Contrairement
aux effets des émissions
de CO2 dont les propriétés
réchauffantes sont bien
connues, les effets
de ces phénomènes
demeurent très incertains.
Ils regroupent les traînées de
condensation persistantes
et les émissions d?oxydes
d?azote (NOx), de vapeur
d?eau, de particules fines.
Dans le cas de l?hydrogène,
qui produit 2,6 fois plus
de vapeur d?eau lors
de sa combustion que
le kérosène mais aucune
particule fine, les effets
des traînées persistantes, de
la vapeur d?eau et des NOx
sont prépondérants.
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42 43
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
de l?aviation légère
porté par l?impératif
de décarbonation
Un renouveau
omme les autres
segments de l?aviation,
l?aviation légère est
soumise à des exigences
environnementales croissantes
et se doit d?accélérer sa transition
énergétique. Ce nouveau contexte
représente autant d?opportunités
pour faire émerger de nouveaux
aéronefs légers bas carbone,
tout en répondant à de nouveaux
besoins de mobilité. En plus des
avionneurs historiques du secteur,
de nouveaux acteurs apparaissent
sur ce segment, en Europe et dans
le monde, à la faveur d?un nouveau
cadre réglementaire de certification,
la CS-23 Amendement 5 au niveau
européen, qui favorise l?innovation
en déléguant aux constructeurs
le développement des moyens
de conformité appropriés.
Pour développer ces nouveaux
aéronefs, les constructeurs de
l?aviation légère peuvent s?appuyer
sur les technologies développées
par les grands industriels de l?aviation
commerciale, notamment
dans les domaines de l?électrification
de la propulsion, l?utilisation des CAD
et la propulsion à hydrogène,
qui constituent des voies
de décarbonation tout aussi
pertinentes pour les aéronefs légers.
Inversement, l?aviation légère peut,
dans certains cas, servir de cadre
technique et réglementaire pour
réduire les risques des solutions
potentiellement applicables
à des aéronefs de plus grande taille.
En France, l?aviation légère connaît
un véritable renouveau, porté
par l?avionneur historique Daher
et des avionneurs émergents comme
Elixir Aircraft, Aura Aero ou Voltaero.
Le Corac (cf. p. 47) accompagne
ce nouvel élan en rassemblant ces
acteurs autour d?une feuille de route
technologique partagée, focalisée
sur la décarbonation de l?aviation
légère, tout en favorisant les synergies
avec les grands industriels du Corac
(cf. p. 47) et l?Onera. Ces efforts
de structuration du Corac
ont déjà permis de faire émerger
et de soutenir plusieurs projets
fédérateurs, à l?instar du projet
de démonstrateur EcoPulse?
d?avion à propulsion hybride
distribuée porté par Daher
en collaboration avec Airbus
et Safran, ou du projet BeautHyFuel
de conception d?une chaîne
propulsive à hydrogène pour avion
léger porté par Elixir Aircraft
et le jeune motoriste Turbotech
en association avec Daher, Safran
et Air Liquide.
Au-delà, le plan France 2030 met
à la disposition des acteurs émergents
des dispositifs adaptés pour accélérer
le passage à l?échelle industrielle
de leurs projets d?aéronefs légers bas
carbone. Outre de nouveaux outils
de financement en fonds propres
accessibles à toutes les start-up
industrielles, des aides au
développement et à l?industrialisation
sont mises en oeuvre dans le cadre
de l?appel à projets « Produire
en France des aéronefs bas carbone »,
doté de 100 M¤ et opéré par
Bpifrance. Les premiers lauréats
de cet appel à projets, clôturé
en décembre 2022, ont été annoncés
en début d?année 2023.
C
Les nouvelles mobilités aériennes :
le déploiement du VTOL
e projet français
VTOL 2024, qui a pour
but de transporter des
passagers pour les Jeux
olympiques et paralympiques dans un
nouveau concept d?appareil, l?eVTOL
pour Electrical Vertical Take-Off and
Landing, se poursuit et prend de
l?ampleur. L?année 2022 a vu naître sur
l?aérodrome de Pontoise un vertiport.
Conçu et développé par Skyports
et le groupe ADP, ce vertiport
va servir de banc d?essai pour
l?ensemble des infrastructures et
services aéronautiques de ces futurs
aéronefs : accès au terminal, zones
de contrôle, d?embarquement,
de décollage et d?atterrissage, hangar.
Cette expérimentation servira
directement à l?aménagement
de plusieurs vertiports en région
parisienne pour être au rendez-vous
de l?échéance de 2024. Cinq
vertiports ont été retenus
pour proposer des liaisons avec
passagers : l?héliport de Paris?
Issy-les-Moulineaux-Valérie André,
l?aérodrome de Saint-Cyr-L?École, les
aéroports de CDG et du Bourget et
une future barge située sur la Seine
dans Paris au niveau du quai
d?Austerlitz. 2022 a également été
une année de tests de VTOL avec
des démonstrations de vol en
environnement réel afin de mesurer
leur impact acoustique et vibratoire et
leur intégration dans l?espace aérien.
Ainsi, en mars, une campagne
de mesures acoustiques, travail
commun réalisé par les laboratoires
d?acoustique de BruitParif, l?Onera,
la RATP et le STAC (Service technique
de l?aviation civile de la DGAC) a été
réalisée en vue de caractériser le son
rayonné au sol par ce nouveau type
d?avion dans diverses conditions de
vol : survol, vol stationnaire, décollage
et approche. Des capteurs
acoustiques ont été implantés au
niveau du sol sur une ligne droite de
300 mètres de long, perpendiculaire à
la direction du vol, sur un bras vertical
de 10 mètres et à d?autres endroits
critiques. Ce dispositif acoustique a
été complété par des accéléromètres,
des capteurs double vidéo-bruit
Meduse (développés par BruitParif),
des capteurs Ambisonic et une
station météo. L?e-VTOL était
également équipé d?un système
D-GPS pour assurer un
positionnement précis en 3D par
rapport aux réseaux de microphones.
Les résultats correspondent au niveau
de 76 dB(A), soit l?équivalent des
émissions sonores d?un autobus.
L?eVTOL de Volocopter s?avère 4 fois
moins bruyant qu?un hélicoptère. En
septembre, sous l?égide du
programme européen d?innovation
dans la gestion du trafic aérien Sesar,
l?intégration dans l?espace aérien de
ces nouveaux aéronefs, ainsi que celle
de drones et d?un avion électrique,
a également été testée et une série
d?essais en vol ont permis de simuler
avec succès des manoeuvres
d?évitement en situation réelle.
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Ascendance (Flight technologies)- modèle Atéa
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
e Falcon 10X est
le nouveau biréacteur
d?affaires développé
par Dassault Aviation.
Prévu pour un lancement fin 2025,
il se distingue par un ensemble
d?innovations majeures focalisées sur
la performance environnementale.
Tout d?abord, le Falcon 10X sera
certifié pour voler avec 100 %
de carburant d?aviation durable
(CAD) dès son entrée en service.
Actuellement, les avions sont
autorisés à utiliser jusqu?à 50 %
de CAD. Selon la filière, les CAD
permettent de réduire les émissions
de CO2 de 70 % à 95 % sur l?ensemble
de leur cycle de vie. Avec une
capacité « 100 % CAD », le Falcon 10X
offrira ainsi un potentiel majeur
de décarbonation.
La nouvelle motorisation du
Falcon 10X (Rolls Royce Pearl 10X)
offrira non seulement une
compatibilité totale avec les CAD
mais également un rendement
énergétique amélioré, permettant
une réduction de 5 % des émissions
par rapport aux générations
précédentes. En outre, le Falcon 10X
sera équipé d?une nacelle moteur
particulièrement fine et optimisée
afin de réduire les impacts
de l?intégration motrice sur la traînée
et sur le bruit.
Le Falcon 10X bénéficie par ailleurs
de conceptions innovantes pour
son aile et son fuselage, contribuant
également à réduire l?impact
environnemental. Ce nouveau jet
sera équipé d?une voilure de grande
dimension à forte flèche, dotée
d?un système de contrôle actif pour
améliorer l?efficacité de la croisière.
Celle-ci sera fabriquée exclusivement
avec des matériaux composites
à base de fibres de carbone ? une
première sur un Falcon ?, réduisant
significativement la masse de
l?appareil et donc sa consommation
de carburant. À titre illustratif,
un allègement de 100 kg sur un avion
de type Falcon permet d?améliorer
l?efficacité énergétique d?environ 1 %.
Le fuselage métallique et les
empennages de l?appareil ont
également été optimisés pour
réduire la masse et améliorer
les performances en croisière
à haute vitesse.
Enfin, les trajectoires de vol du
Falcon 10X seront optimisées grâce
à un système avionique innovant
assurant une navigation sûre tout
en réduisant la consommation de
carburant et les émissions de CO2,
avec un gain potentiel estimé jusqu?à
15 % sur une mission. Ce système sera
également doté d?une fonction qui
permettra aux opérateurs d?utiliser
des procédures adaptées
d?atterrissage et de décollage
pour minimiser l?empreinte sonore.
Le Falcon 10X intègre ainsi
d?importantes avancées
technologiques alliant performance
et environnement. Ces innovations
sont issues de travaux de recherche
cohérents avec les objectifs
environnementaux de la feuille de
route du Corac (cf. p. 47) et soutenus
par la DGAC via les plans France
Relance (inclus dans Next Generation
UE) et France 2030.
l?innovation au service de
la performance environnementale
Falcon 10X
L
L?Onera adapte ses bancs d?essai
de combustion aux nouveaux
combustibles.
Les nouveaux combustibles
aéronautiques comme les carburants
d?aviation durables (CAD)
ou l?hydrogène (H2) ont un rôle majeur
à jouer dans la décarbonation
de l?aviation. Au-delà des enjeux
liés à l?approvisionnement
de ces combustibles, leurs impacts
sur les aéronefs doivent être évalués,
en particulier lors de leur combustion
dans les moteurs, car leurs propriétés
peuvent différer significativement de
celles des carburants conventionnels.
L?étude des phénomènes
de combustion fait partie
des compétences historiques
de l?Onera. L?office dispose
notamment de quatre bancs de
recherche uniques au niveau national,
voire européen, pour tester l?impact
des carburants sur le fonctionnement
des chambres de combustion,
les émissions de polluants ou encore
le rallumage des moteurs en altitude.
Le projet Becar, soutenu par la DGAC,
va permettre d?adapter ces bancs
aux nouveaux combustibles
aéronautiques. Ces nouveaux
moyens expérimentaux seront
incontournables pour les futures
recherches sur l?utilisation
de ces nouveaux combustibles
dans les foyers aéronautiques.
Ils vont notamment être exploités
dans le cadre du projet Phydrogene,
également soutenu par la DGAC,
qui vise à étudier les phénomènes
spécifiques à la combustion H2 et à
établir une nouvelle méthodologie
de conception d?injecteurs H2.
ATR réalise le premier vol
« 100 % CAD » d?un avion régional
et dévoile une nouvelle génération
d?appareils bas carbone.
Le 21 juin 2022, le constructeur ATR,
en collaboration avec la compagnie
suédoise Braathens Regional Airlines
et l?énergéticien Neste, a réalisé
avec succès un vol d?essai sur un ATR
72-600 alimenté avec 100 % de CAD
dans ses deux moteurs. Ce vol s?inscrit
dans la perspective à l?horizon 2025
de la certification « 100 % CAD » des
avions ATR. Le CAD fourni pour ce vol
est produit à partir d?huile usagée
et permet de réduire jusqu?à 80 %
les émissions de CO2 par rapport
au kérosène d?origine fossile. Fort
de ce succès, l?avionneur a annoncé
le lancement en 2023 d?un nouveau
programme d?avion régional,
l?ATR EVO, en affichant des objectifs
de compatibilité « 100 % CAD »
et de gain de consommation de 20 %
pour cet appareil qui doit entrer
en service à l?horizon 2030.
La préparation technologique
de ce programme, qui permet
d?assurer la montée en maturité
des technologies clés (propulsion
hybride électrique, hélices
ultra performantes?) contribuant
à ces objectifs, est soutenue
par la DGAC dans le cadre du plan
France Relance (inclus dans Next
Generation EU). Grâce à ces nouvelles
technologies, l?ATR EVO offrira
un potentiel de réduction de 85 %
des émissions de CO2 sur l?ensemble
d?une mission.
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Les nouveaux combustibles
aéronautiques
Falcon 10X de Dassault
Modèle EVO d?ATR (2023)
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
D?autres projets innovants
pour décarboner
le transport aérien
Airbus Helicopters
lance le « Disruptive Lab »,
un démonstrateur pour tester
en vol des technologies de rupture
focalisées sur la décarbonation
ors de son sommet
annuel de 2022, Airbus
a présenté son nouveau
laboratoire volant,
le DisruptiveLab, destiné à évaluer les
technologies les plus avancées pour
améliorer les performances
des hélicoptères et réduire
leur impact environnemental.
Ce démonstrateur sera notamment
utilisé pour étudier la faisabilité
d?un système de propulsion hybride
électrique capable de recharger
la batterie en vol, ainsi que
pour tester une architecture
aérodynamique innovante. Cette
nouvelle architecture est composée
d?un fuselage central profilé en
aluminium et en composite, conçu
pour réduire la traînée et donc la
consommation de carburant, ainsi
que d?un fuselage arrière plus léger,
intégrant un rotor de queue caréné
de type fenestron, et contribuant
également à l?amélioration
des performances aérodynamiques.
Les pales sont par ailleurs intégrées
au rotor principal d?une manière
plus compacte, avec à la clé
une réduction supplémentaire
de la traînée et une réduction du
niveau de bruit perçu. En combinant
toutes ces innovations, il est possible
d?atteindre une réduction de 50 %
des émissions de CO2, un objectif
visé par Airbus Helicopters.
Avec le DisruptiveLab,
l?hélicoptériste prépare le successeur
de l?Écureuil, qui intégrera de
multiples innovations positives pour
l?environnement, tout en travaillant
sur de nouvelles approches
disruptives pour la conception, la
certification et l?exploitation de ses
futurs appareils. Ce démonstrateur
s?inscrit dans la feuille de route
du Corac et bénéficie d?un soutien
partiel de la DGAC via les plans
France Relance (inclus dans Next
Generation EU) et France 2030.
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Airbus X-WING, un démonstrateur innovant
pour tester en vol des ailes haute performance
e démonstrateur Airbus
X-WING, soutenu
par la DGAC dans
le cadre du plan France
Relance (inclus dans Next Generation
EU), vise à améliorer fortement
les performances aérodynamiques
des ailes des futurs avions
commerciaux, l?un des leviers
technologiques majeurs pour
atteindre l?objectif d?ultra sobriété.
Il s?agit d?un démonstrateur volant
à échelle réduite, basé sur un Cessna
Citation VII modifié pour intégrer
une voilure à fort allongement dotée
de moyens de contrôle actif.
Ce démonstrateur, qui doit être mis
en vol en 2024 pour de premiers
essais, permettra de valider
des technologies inspirées
par le biomimétisme pour adapter
la forme, l?envergure et la surface
de la voilure aux conditions de vol
et ainsi accroître l?efficacité en vol.
Ce nouveau concept requiert
des technologies de rupture
pour permettre le contrôle actif
de l?aile, notamment des capteurs
de rafale, de nouvelles surfaces
mobiles (spoilers ultra réactifs, bords
de fuite ajustables) et de nouvelles
lois de commande de vol. Airbus
estime que cette technologie
de voilure souple et déformable,
applicable à tout type
de configuration d?avion, offre un
potentiel de réduction de 5 à 10 %
de la consommation de carburant
par rapport aux appareils actuels.
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CORAC ET GIFAS
Le CORAC, Conseil
pour la recherche
aéronautique civile, est
l?organe de concertation
État-Industrie destiné
à l?établissement
de la feuille de route
technologique de la filière
dont dérivent les
programmes de recherche
de la filière aéronautique
qui seront soutenus par
la DGAC. Il est présidé par
le ministre des Transports et
réunit les différents acteurs
concernés : grands groupes,
équipementiers, laboratoires,
PME?Facilitateur de
l?association de toute la filière
aux travaux du Corac,
le GIFAS (Groupement
français des industries
aéronautiques et spatiales)
est le syndicat professionnel
représentatif de la filière
aéronautique et spatiale
française. Il s?assure en
particulier de la bonne prise
en compte de l?ensemble de
la filière dans les travaux du
Corac, grâce au Groupement
des équipements
aéronautiques et défense,
qui traite spécifiquement
des équipementiers,
et au comité Aéro-PME.
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Airbus X WING
Démonstrateur Disruptive Lab
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?ENAC toujours aussi
mobilisée dans la recherche
en oeuvre du concept de U-Space pour
du trafic aérien urbain
à très forte densité en intégrant
la contrainte de réduction
des nuisances environnementales.
? Projet Transit : centré
sur la planification, l?optimisation
et la reconfiguration des trajets
porte-à-porte multimodaux à partir
de mécanismes de prises de décisions
coopératives, ce projet vise
à l?élaboration de schémas
de transports multimodaux résilients
ayant un impact environnemental
contrôlé.
? Projet Descartes : coopération
scientifique entre la France
et Singapour, il vise le développement
de modèles hybrides d?intelligence
artificielle pour l?aide à la décision
dans les systèmes urbains critiques,
en particulier dans le cadre
des services de mobilité aérienne
urbaine et de leur analyse
et gestion en matière d?impact
environnemental et d?acceptabilité
sociétale.
? Projet ANR Panache avec le CNRS :
il vise à déployer des flottes de drones
pour le suivi et l?analyse temps réel
de pollutions atmosphériques
accidentelles.
? Projet Sesar Artimation : il a pour
objectif de conforter l?explicabilité
et la transparence des algorithmes
d?intelligence artificielle en particulier
dans le cadre de la gestion
des trajectoires sous contraintes
environnementales.
? Projet CPER Modus : il vise à mettre
en oeuvre une architecture
informatique logicielle et matérielle
permettant de réaliser des simulations
à large échelle spatiale et temporelle
de systèmes de transport
multimodaux et à formaliser
la juste place du transport aérien
dans une chaîne intégrée et durable
de mobilités centrées sur l?usager.
L?ENAC a également obtenu
la première place au challenge
international Micro Air Véhicules 2022,
visant à optimiser les performances
des drones, en particulier
les performances environnementales,
dans le domaine du déploiement de
nouveaux services de transport aérien
(délivrance de colis par exemple).
n 2022, les équipes
de recherche de l?ENAC,
dans le cadre de
25 propositions de projets
soumis lors de la troisième vague de
l?appel à projets Sesar, ont résolument
orienté leurs travaux vers la réduction
de l?empreinte environnementale
et le renforcement de l?utilité
et acceptabilité sociétale du transport
aérien. Les projets sont nombreux :
? Projet AEON : en s?appuyant
sur les capacités de simulation
à larges échelles temporelles
et spatiales d?un trafic aéroportuaire,
il vise à étudier l?impact opérationnel
de l?introduction sur les aéroports
d?aéronefs réalisant les opérations
de roulage avec les moteurs coupés
en s?appuyant sur des technologies
de propulsion électrique ou hydrogène.
? Projet ECHO : il a pour objectif
de modéliser et d?analyser le rôle
du transport aérien dans une chaîne
multimodale et intégrée
de transports.
? Projet Metropolis 2 : il vise à définir
des structures d?espaces aériens
métropolitains adaptées à la mise
E
Projets de
recherche
pour améliorer
la performance
environnementale
de la navigation
aérienne
e projet piloté par la DSNA associe
21 partenaires dont Airbus, la société ESSP,
des industriels et les principaux opérateurs
de navigation aérienne (ANSP) européens.
Il vise à progresser vers l?utilisation par les ANSP
des données de la trajectoire bord calculée
par le système de gestion du vol (FMS) de l?avion.
Les données transmises par les avions (ADS-C EPP)
permettent d?avoir au sol une meilleure vision
de la trajectoire future du vol, contribuant ainsi
à l?amélioration de la sécurité et une réduction
de la consommation de carburant. Neuf démonstrations
seront menées en 2022 et 2023 en Europe avec des
avions équipés, dont deux dans l?espace aérien français.
Le règlement européen CP1 (Common Project) prévoit
la mise en place d?une nouvelle fonctionnalité qui alerte
le contrôleur en cas d?écart entre la trajectoire réalisée
et la trajectoire calculée par les systèmes de la navigation
aérienne et visualisée par le contrôleur (sol).
Elle contribuera à éviter les pertes de séparation
entre avions et à mieux détecter les pénétrations
d?avions civils dans les zones militaires actives.
Entre novembre 2022 et janvier 2023, les CRNA Nord,
Est, Ouest et Sud-Ouest ainsi que les compagnies
aériennes partenaires (Air France, British Airways,
easyJet) ont mené des évaluations sur l?utilisation
de ces données pour optimiser la gestion des arrivées
en région parisienne. Ces évaluations ont aussi
permis de tester l?affichage des données du vol
(trajectoire 4D, vitesse prévue). Grâce à ces données
plus précises, le contrôleur peut visualiser la trajectoire
prévue par le bord et la prendre en compte si la situation
le permet.
L
Le projet Adscensio
on mandat : rechercher des solutions pour
améliorer la performance environnementale
des opérations aériennes dans toutes
les phases du vol en utilisant les technologies
embarquées ou émergentes.
La participation de la DSNA à ce projet est multiple.
Elle contribue à :
? démontrer l?optimisation environnementale des flux
d?arrivées sur les aéroports parisiens grâce au partage
des données sur la trajectoire 4D et sur les intentions
du pilote (En-Route, Extended TMA et TMA) ;
? étudier la mise en place d?approches plus « vertes »
basées sur des procédures satellitaires et RNP-AR ;
? améliorer la planification de la trajectoire en affinant
de manière dynamique les restrictions de routes (RAD) ;
? préparer le déploiement de services liés à l?ADS-C
(mutualisation de la collecte des données
et distribution via l?intranet de la navigation aérienne
(SWIM) vers les clients, les ANSP et le Network Manager
d?Eurocontrol).
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Projet Heron
8
OPÉRATEURS
DE NAVIGATION
AÉRIENNE (ANSP)
6
COMPAGNIES
AÉRIENNES
5
AÉROPORTS
COLLABORENT SUR LE PROJET « HERON » PILOTÉ PAR AIRBUS.
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Ces 2 projets sont menés en collaboration avec l'entreprise commune SESAR.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
En bref
Le projet de dirigeable géant Flying Whales a bouclé en 2022
une troisième levée de fonds de 122 M¤, avec notamment l?entrée à son
capital de l?État français, via le nouveau fonds French Tech Souveraineté
de Bpifrance. Le futur ballon dirigeable permettra de transporter
des charges lourdes et/ou hors gabarit (bois, containers, pales
d?éolienne, pylônes à haute tension), dans des zones difficiles d?accès
tout en minimisant l?empreinte au sol et en réduisant les émissions
de GES et de polluants atmosphériques. Son développement est pris
en charge par un consortium de 40 industriels dont Thales, Safran,
le groupe d?ingénierie ADF, Epsilon Composite ou le groupe Réel,
ce dernier fournissant des treuils qui permettront de lever
ou de déposer jusqu?à 60 tonnes de fret. La finalisation
de la conception est prévue en 2023, avant l?ouverture
d?une usine de production opérationnelle à Laruscade
en 2024.
Évolution de la flotte pour
la formation au pilotage
L?ENAC, en partenariat
avec la Fédération française
aéronautique, a réalisé en 2021
une étude ayant pour objectif
d?évaluer l?utilisation possible
de l?avion électrique Vélis
Electro, premier et seul avion
léger à propulsion 100 %
électrique certifié par l?EASA.
L?étude a permis de confirmer
que cet avion est adapté
au contenu pédagogique
des 10 premières heures
des cursus de formations pilotes.
Dès 2022, l?ENAC s?est engagée,
dans le cadre d?un contrat
de leasing auprès de la société
Green Aerolease, à la location
de deux avions destinés
à la formation des Élèves pilotes
de ligne (EPL), filière républicaine
d?excellence.
L?ENAC prévoit également
d?intégrer cet avion pour
les formations pilotes de ligne
des compagnies aériennes clientes.
Deux Vélis supplémentaires
devraient ainsi permettre,
à partir du second semestre 2023,
de former une centaine de pilotes
par an, stagiaires EPL inclus.
En parallèle, l?ENAC travaille
sur un projet de renouvellement
de sa flotte qui devrait se dérouler
sur la période 2026 à 2030. Cette
flotte répondra à des exigences
strictes en matière de normes
environnementales. L?objectif
en 2025 est une réduction des
émissions de CO2 de 23T par an.
Le LCA 60T de
Flying whales
Le projet de dirigeable
géant Flying Whales
Des chaussées
aéronautiques
plus écologiques
Les pistes d?atterrissage et les voies
de circulation sont toutes composées
de granulats compactés ou
d?enrobages bitumineux. D?où l?idée de
tester des chaussées aéronautiques
composées pour partie de matériaux
recyclés, en s?inspirant de ce qui a été
réalisé pour le transport routier, où
les routes peuvent être composées de
40 % de matériaux recyclés. Le STAC
de Bonneuil-sur-Marne a donc construit
en 2022 une nouvelle planche d?essais
représentative d?une structure
de chaussée souple, intégrant
des matériaux recyclés. Elle est divisée
en six sous-planches composées
d?un pourcentage différent d?agrégats
recyclés afin de comparer leur
résistance et leur durée de vie
respectives, et de mieux appréhender
l?utilisation et le comportement de
matériaux recyclés dans les chaussées
aéronautiques. Le trafic avion y sera
simulé en soumettant la planche
expérimentale à des cycles de
chargement/déchargement réalisés
à l?aide d?une remorque de portance
et d?un vérin simulant le passage
répété d?avions.
Par ailleurs, le STAC avec le ministère
des Armées et le SNIA, a développé un
projet visant à réaliser une évaluation
fine et un suivi de l?état des
infrastructures à travers une méthode
intitulée « Diagnostic global raisonné ».
Cette expérimentation vise à améliorer
les méthodes de diagnostic et de suivi
des chaussées aéronautiques, en vue
d?optimiser et de mieux planifier
les opérations de maintenance, dans
une logique de gestion de patrimoine.
En 2022, une première campagne
d?essais a été menée sur la base
aérienne 105 d?Évreux. Elle incluait
des essais de portance du sol,
des carottages, des essais d?ovalisation,
ainsi qu?une auscultation au HWD
(Heavy Weight Deflectometer).
Enfin, le 4 octobre 2022, un Symposium
Gestion de Patrimoine et ACR/PCR
a réuni près de 120 participants issus
de la communauté aéronautique.
Les échanges ont porté sur
l?importance d?une bonne gestion
de son patrimoine et le changement
de méthode d?admissibilité décidé
par l?OACI. Cette nouvelle méthode,
dite ACR/PCR (Aircraft Classification
Rating/Pavement Classification Rating),
déclinée au niveau national par le
STAC, entrera officiellement en
application en novembre 2024. Elle
vient compléter le package cohérent
de méthodes rationnelles qui
permettent en phase de
dimensionnement des optimisations
de matériaux, mais également
d?intégrer de nouveaux matériaux
plus verts (matériaux biosourcés, bas
carbone, ou intégrant des matériaux
recyclés). La méthode ACR/PCR
permet de vérifier au plus juste
que les chaussées sont bien
adaptées au trafic d?aéronefs accueilli
et constitue un outil de gestion
de patrimoine optimisée. L?objectif
de toutes ces expérimentations
est de promouvoir des chaussées
plus vertueuses à l?échelle nationale.
Vélis Electro
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Vue aérienne de la
planche expéri-
mentale composée
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(% d?agrégats
recyclés différents)
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
et la SNB
2030
La COP 15
Biodiversité
Biodiversité en danger : des solutions
internationales pour la préserver.
La 15e conférence des parties
à la convention des Nations unies
sur la biodiversité a réuni les 196 pays
signataires à Montréal du 7 au
19 décembre 2022. Le constat
est alarmant pour la biodiversité :
1 million d?espèces sont menacées
de disparition, 75 % de la surface
terrestre est altérée de façon
significative et 85 % des zones humides
ont disparu. On parle
de sixième extinction de masse.
Les parties ont abouti à un accord
sur le cadre mondial de préservation
de la biodiversité. Il définit un cadre
stratégique ambitieux composé
d?un objectif chiffré de protection
nommé « 30X30 » ? 30 % des terres
et 30 % des mers protégées d?ici
à 2030 ? et de 17 engagements
comprenant : la réduction de moitié
des pesticides et des excès de nitrates ;
la restauration de 30 % des
écosystèmes terrestres et maritimes
dégradés d?ici à 2030 ; la réduction
de 50 % de l?introduction
des espèces exotiques envahissantes
d?ici à 2050 ainsi que l?arrêt
de l?extinction des espèces protégées
dues aux activités anthropiques
à cette date. Enfin, un financement
à la hauteur des enjeux a également été
décidé, soit 500 Mds d?euros/an d?ici à
2030 et la création en 2023 d?un fonds
mondial pour l?environnement (FEM).
SNB 2030 : la France s?engage au titre
de la convention sur la biodiversité.
À l?échelle mondiale, la France
est le sixième pays hébergeant le plus
grand nombre d?espèces menacées
inscrites sur la liste rouge de l?Union
internationale pour la conservation
de la nature (IUCN). Ainsi, sur plus
de 12 500 espèces évaluées en France,
plus de 2 300 d?entre elles sont
menacées, dont 660 espèces
endémiques. Pour lutter contre
l?érosion de la biodiversité, la France
s?est dotée d?une Stratégie nationale
biodiversité (SNB) qui assigne
aux politiques publiques des cibles à
atteindre à l?horizon 2030 en matière
de protection de la biodiversité.
Certaines cibles découlent du cadre
mondial défini lors de la COP 15
ou de la Stratégie de l?Union
européenne pour la biodiversité (SUEB).
L?objectif premier de la SNB
est de « promouvoir un modèle socio-
économique favorable
à la biodiversité : faire évoluer
les modes de consommation, soutenir
une agriculture durable et intégrer
les enjeux de biodiversité
dans les transports et la transition
énergétique ». La SNB se décline
en 5 axes, 15 objectifs et 71 mesures.
La biodiversité aéroportuaire s?inscrit
dans quatre mesures de la SNB 2030
qui sera publiée au deuxième
trimestre 2023. Ainsi, elle s?inscrit dans :
? l?accélération de la protection
et de la restauration des écosystèmes
(mesure 1.4), au travers de la poursuite
par l?association Aéro Biodiversité
du maillage de la préservation
des prairies aéroportuaires
des 500 aérodromes français ;
? le renforcement de la lutte
contre la pollution (mesure 3.1),
notamment des sols,
par la publication d?un guide
Aéroports zéro phyto en 2023 ;
? le renforcement de la dimension
biodiversité des labels et des normes
dans les secteurs économiques
(mesure 7.1), grâce au développement
du label « Aérobio » décerné
aux plateformes aéroportuaires
par l?association Aéro Biodiversité ;
? l?incitation aux expériences
de connaissance et de nature
(mesure 8.3), à travers les activités
de sciences participatives proposées
par l?association Aéro Biodiversité.
Les actions associées à ces mesures
sont développées dans les pages
suivantes.
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Protéger
et valoriser
la biodiversité
aéroportuaire
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Face à l?érosion de la diversité biologique,
des engagements volontaristes ont été pris lors
de la COP 15, définissant un nouveau cadre stratégique
international pour 2030. Sur le plan national,
la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 (SNB)
décrit la trajectoire pour inverser la tendance du déclin
de la biodiversité. Le secteur aérien poursuit son
engagement pour la sauvegarde de la biodiversité
aéroportuaire en s?adossant à la SNB.
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Aéroport de St Pierre et Miquelon
54
ADHÉRENTS À AÉROBIODIVERSITÉ
en 2022 représentant 70 aérodromes
500 km2
DE PRAIRIES AÉROPORTUAIRES
EN FRANCE
70 %
DE LA SURFACE DES 500 AÉRODROMES
MÉTROPOLITAINS ET ULTRA-MARINS
est constituée de prairies
54 55
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L
Aéro Biodiversité, partenaire
incontournable
e rôle de l?association
Aéro Biodiversité
dans la préservation
et la valorisation de la biodiversité
aéroportuaire n?est plus à démontrer.
Depuis plusieurs années,
elle accompagne le secteur
aéroportuaire dans l?appropriation
des bonnes pratiques mettant
en valeur la biodiversité
environnante sans compromettre
la sécurité. S?appuyant sur une
démarche de science participative
dont les protocoles sont développés
par le Muséum national d?histoire
naturelle, elle permet de mieux
appréhender les différentes
composantes de la biodiversité
sur les plateformes tout
en sensibilisant les personnels
aux enjeux de la biodiversité.
Pour cela, les naturalistes
Aéro Biodiversité interviennent
deux à trois fois par an sur chaque
plateforme partenaire afin
d?inventorier les espèces animales
et végétales présentes sur le terrain.
Ce travail minutieux permet
de recueillir des données précises
sur la diversité des espèces observées
et de cartographier leurs habitats.
Quelques chiffres clés à l?appui :
en six ans, 34 000 données ont été
observées ; 3 000 espèces végétales
et animales ; 1 300 espèces de plantes
dont 45 espèces d?orchidées ;
255 espèces d?oiseaux ont été
recensées et 24 espèces
de chauve-souris ont été enregistrées
en métropole (sur 34 existantes).
Victime de son succès, l?association
poursuit sa progression puisqu?en
2022, elle compte 54 aéroports
et aérodromes en métropole
et outre-mer. Ce nombre devrait
augmenter en 2023. Le lancement
du label « Aérobio » en 2021,
décerné par un comité indépendant
et éthique issu du conseil scientifique
du Muséum national d?histoire
naturelle, est également un succès :
trois aéroports ont été labellisés
en 2021 (Paris-Orly, Tarbes
et Perpignan) et cinq ont été
labellisés début 2023 (Ajaccio, Bastia,
Carcassonne, Roissy?Charles-de-
Gaulle et Tours, cf encadré).
La DGAC adopte
son plan d?action biodiversité
ancée par la DGAC à
l?occasion de la Stratégie
nationale pour le transport
aérien, la feuille de route
biodiversité définit un cadre d?actions
et de moyens à mettre en oeuvre pour
une meilleure protection et valorisation
de la biodiversité aéroportuaire.
Il en est ressorti cinq axes stratégiques :
? Faire évoluer les textes réglementaires
relatifs à la gestion du risque animalier
sur les plateformes aéroportuaires
pour mieux prendre en compte
la biodiversité.
? Accompagner les exploitants
d?aéroports pour mieux articuler
l?aspect sécuritaire avec la biodiversité.
? Favoriser la mise en place de stations
d?accueil animalières dans
les aéroports.
? Sensibiliser et communiquer
sur les enjeux de préservation
de la biodiversité aéroportuaire
auprès des professionnels du secteur
et des usagers.
? Promouvoir les sciences participatives
sur les aéroports.
L?avancement des travaux sur la feuille
de route a permis d?aboutir à un plan
d?action biodiversité en adéquation
avec les besoins internes de la DGAC
en matière d?acquisition de
connaissances et de diffusion de
l?information.
Le plan d?action biodiversité
de la DGAC se décline en sept grandes
thématiques :
? Adapter la réglementation relative
à la gestion du risque animalier
pour introduire une dimension
plus compatible avec une gestion
davantage vertueuse des espaces
verts aéroportuaires favorisant
la biodiversité ordinaire.
? Accompagner la mise en oeuvre
des démarches de développement
de la biodiversité sur les aéroports.
? Favoriser l?intégration de la biodiversité
des aéroports dans les espaces
naturels environnants du territoire.
? Établir un recensement et un suivi des
mesures en faveur de la biodiversité
mises en oeuvre sur les plateformes
et favoriser le partage.
? Promouvoir l?action de l?association
Aéro Biodiversité.
? Développer les formations et l?accès
à l?information sur la biodiversité.
? Développer les campagnes
de communication.
Il est en particulier destiné aux DSAC
régionales qui constituent un relais
essentiel de la stratégie en matière
de biodiversité aéroportuaire. Elles sont
en effet un maillon incontournable
pour la remontée d?information sur
les problématiques environnementales
(populations concernées, initiatives
locales) ainsi que pour intégrer les zones
aéroportuaires dans les plans locaux
de protection de la biodiversité.
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Les équipes d?Aérobiodiversité sur le terrain
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LABEL AÉROBIO
En 2022, le label a été ouvert aux
plateformes adhérentes à
l?association depuis au moins un an.
Six dossiers ont été reçus et analysés
en fin d?année 2022. Le comité
scientifique de l?association décide
de façon indépendante, de
l?attribution du Label et de son
niveau (il y a 3 niveaux). Ainsi ont été
labellisés en février 2023, les
aéroports de Bastia Poretta,
d?Ajaccio Napoléon Bonaparte et
Tours Val de Loire au niveau 1, puis
Carcassonne Sud de France et
Paris-Charles de Gaulle au niveau 2.
PICTAGRAINES, UNE
INITIATIVE QUI PREND DE
L?AMPLEUR !
Le projet Pictagraines du
Conservatoire d?espaces naturels
de Nouvelle Aquitaine (CEN-NA),
débuté sur l?aéroport de Poitiers
en 2019, se développe sur
les plateformes de La Rochelle et
de Niort avec la signature de
partenariats en 2022. Tout comme
la marque collective Végetal local
portée par l?Office français de
la biodiversité (OFB), ce projet vise
à récolter des graines de plantes
locales sur des prairies encore
préservées, telles que les prairies
aéroportuaires, pour ensuite les
réimplanter lors de projets locaux de
réhabilitation ou de végétalisation.
L?avantage de ces végétaux sauvages
et locaux est qu?ils ont bénéficié
d?une longue co-évolution avec
la faune et la flore locales, ce qui
contribue au bon fonctionnement
des écosystèmes auxquels ils sont
inféodés. Ils sont aussi bénéfiques
à la résilience des écosystèmes.
56 57
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
n 2021, dans un double objectif
de protection de la biodiversité
et de sécurité, le STAC a lancé un travail
en partenariat avec les Directions
régionales de l?environnement, de l?aménagement
et du logement (Dreal) et le Service d?information
aéronautique (SIA) visant à une meilleure prise
en compte par les pilotes de la présence de zones
de sensibilité majeure (ZSM) liées à des zones
de reproduction de certains grands rapaces
protégés, lors de la préparation de leurs vols.
Le travail a abouti en novembre 2022
à la publication, à travers la section ENR 5.6-A de
l?AIP et le site Internet du STAC, de cartes détaillées
par secteurs géographiques (Alpes, Pyrénées, Massif
central) indiquant les ZSM actives. Plusieurs actions
de communications ont été élaborées lors
de la mise en ligne des cartes, dont une information
spécifique auprès des fédérations aéronautiques.
Le travail se poursuivra en 2023 avec l?amélioration
des cartes diffusées sur la base des premiers retours
et un élargissement des actions de communication
auprès des usagers des espaces aériens.
Les zones
de sensibilité
majeure (ZSM)
es espèces exotiques envahissantes (EEE)
d?origine animale ou végétale représentent
l?une des principales causes d?érosion
de la biodiversité à l?échelle mondiale. Elles sont
introduites volontairement ou non hors de leurs milieux
naturels par les activités humaines. Leur implantation
et propagation menacent les écosystèmes, les habitats
ou les espèces. En France métropolitaine, 1 379 plantes
exotiques envahissantes et 708 espèces de faune ont été
recensées. Seules deux plateformes aéroportuaires sur
les 36 en France métropolitaine échappent à ce phénomène.
Dès 2017, le ministère chargé de l?Environnement a publié
la Stratégie nationale relative aux EEE afin d?accompagner
la mise en application de la réglementation européenne
et de répondre aux enjeux nationaux.
Des conservatoires botaniques nationaux ont élaboré
des listes hiérarchisées des EEE sur l?ensemble du territoire,
selon le degré d?envahissement. On distingue ainsi trois
grands niveaux : EEE avérées, potentielles et à surveiller. En
2021, l?association Aéro Biodiversité a recensé les principales
EEE végétales présentes sur les aérodromes, soit environ
une quinzaine dont la plus répandue est « la Vergerette du
Canada ». D?autres espèces sont visibles, dans une moindre
mesure : le seneçon du Cap, l?ambroisie à feuilles d?armoises,
le sporobole tenace. L?éradication d?une EEE est quasiment
impossible dès lors que l?espèce est largement répandue.
Cependant, la propagation peut être limitée soit par
des interventions de régulation, soit par une gestion adaptée
de la zone concernée. La mise en place d?un plan d?action
spécifique à la problématique est en cours de réflexion.
Des espèces
exotiques
envahissent
les plateformes
aéroportuaires
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Des guides
techniques
pour aider les
aéroports à
valoriser la
biodiversité
La fauche sur les aéroports entre gestion du risque animalier
et valorisation de la biodiversité.
Le Service technique de l?aviation civile (STAC) a mené une
étude relative aux pratiques de fauche sur les aérodromes
dans l?objectif de concevoir un guide technique à l?attention
des exploitants d?aérodromes, des bases aériennes et de leurs
responsables en charge du péril animalier et des espaces
verts. Ce guide technique aborde le sujet à la fois sous l?angle
de la sécurité aérienne et de la biodiversité, avec l?ambition
d?engager les acteurs de la communauté aéroportuaire
vers des pratiques de gestion plus vertueuse pour
l?environnement. Il présente des informations générales
relatives aux prairies aéroportuaires et aux modalités
d?entretien, partage des bonnes pratiques et des pistes
de réflexion qu?il convient d?adapter localement, chaque
aéroport présentant des spécificités en matière de faune et
de flore locale. Il fournit enfin une méthodologie générale
relative à la conception d?un plan de gestion des espaces
verts.
Guide « Aéroports Zéro Phyto».
Le projet « Aéroports Zéro Phyto » lancé dans le cadre du plan
Écophyto II s?est poursuivi en 2022. Ce guide ambitionne
d?accompagner les aéroports français dans la mise en oeuvre
d?un plan zéro phyto et de pérenniser l?approche
sur l?ensemble des plateformes aéroportuaires. Cet outil, à
destination des gestionnaires d?aéroports, rassemblera les
bonnes pratiques sous forme de fiches techniques
à mettre en oeuvre, afin de parvenir à l?élimination complète
de l?usage des produits phytosanitaires. Ce guide a été publié
en mai 2023.
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Senecio Inaequidens Test des nouveaux émulseurs conçus par le STAC,
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De nouveaux émulseurs pour lutter contre
les incendies d?aéronefs respectueux de
l?environnement.
Les Services de sauvetage et de lutte contre
l?incendie des aéronefs sur les aéroports (SSLIA)
interviennent lors d?un incident ou d?un accident
d?avion sur une plateforme. Ils utilisent des mousses
extinctrices destinées à la lutte contre les incendies
de kérosène. Depuis près de 50 ans, la majorité des
mousses utilisées contre les feux d?hydrocarbures
contiennent des tensioactifs fluorés, reconnus pour
leur efficacité, mais néfastes pour la santé et
l?environnement, notamment pour la biodiversité.
En 2011 puis en 2020, l?Union européenne a interdit
ou restreint l?utilisation de certaines familles de
tensioactifs. Les fabricants d?émulseurs développent
depuis de nouvelles formules et gammes
d?émulseurs, fluorés ou non fluorés, plus
respectueuses de l?environnement. En conséquence,
un « guide des émulseurs » est en cours d?élaboration
par le STAC. Il vise à accompagner les exploitants
d?aéroports dans le choix de produits performants
en matière de lutte contre l?incendie tout en étant
plus exigeants en matière de protection de la santé
et de l?environnement. Sa parution
est prévue en 2023.
De nouveaux
émulseurs plus
écologiquesTracteur de fauche
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
DES ABRIS POUR HÉRISSONS SUR
L?AÉROPORT DE NIORT-MARAIS
POITEVIN
Dans le cadre du plan de gestion
de la biodiversité de l?aérodrome de Niort?Marais
poitevin, la ville de Niort, propriétaire
et exploitante de l?aérodrome, a mené
des actions sur les modalités de fauche
des abords des pistes. Elle a acquis un matériel
permettant le ramassage des résidus de fauche
afin de limiter l?acidification des sols. Ces résidus
sont ensuite placés en des points stratégiques
de la plateforme afin de limiter les déplacements
routiers et de permettre la création d?abris,
avec des herbes et des branchages, pour
certains reptiles, ou de petits mammifères,
notamment les hérissons. Les prairies
de l?aéroport de Niort sont également une zone
naturelle de reproduction des lombrics et autres
petits animaux qui permettent aux hérissons
de se nourrir.
LA PROTECTION DE L?ESCARGOT DE CORSE,
UNE ESPÈCE RARE, QUI A VALU À L?AÉROPORT
D?AJACCIO LE LABEL AEROBIO
Longtemps considéré comme disparu, l?Hélix de Corse
est un escargot micro-endémique de Corse. Son habitat,
restreint à 2 hectares de la terrasse fluvio-marine
du Ricantu, est enclavé à l?intérieur du territoire
de l?aéroport d?Ajaccio. L?espèce est en voie d?extinction
(environ 5 000 individus).
Dans le passé, la construction d?une piste
et le réaménagement de la plateforme ont détruit
en partie l?habitat de l?escargot. Les études génétiques
ont montré qu?ils ont été isolés et se sont retrouvés
de part et d?autre de la piste.
L?enjeu aujourd?hui pour la DSAC SE/délégation Corse,
pour l?aéroport et pour l?association environnementale
CPIE (Centre permanent d?initiatives pour
l?environnement), est de préserver la bande littorale
où ils vivent et de restaurer un « corridor » afin d?assurer
la continuité de l?habitat et de maintenir le brassage
génétique de la population. Un Plan national d?action
pour l?escargot de Corse est en cours de rédaction.
En bref
LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC D?ESPÈCES PROTÉGÉES
La lutte contre le trafic d?espèces sauvages
et l?introduction de viande dite « de brousse »
sur le territoire national, notamment par voie
aérienne, constitue un enjeu sanitaire
et environnemental majeur pour la France.
En 2021, sur l?aéroport de Roissy?Charles-de-
Gaulle, 19,7 tonnes de produits carnés ont été
saisies dans les bagages des voyageurs,
dont environ 500 kg de viande de brousse. Ainsi,
des viandes provenant d?espèces protégées
par la Convention sur le commerce international
des espèces de faune et de flore
menacées d?extinction (Cites) sont
régulièrement découvertes dans les bagages.
L?importation de produits carnés dans les
bagages est pourtant prohibée par la
réglementation européenne, pour des raisons
sanitaires. Cette pratique est également interdite
au regard de la protection des espèces protégées
et de la biodiversité. Afin de concevoir et mettre
en oeuvre des actions communes, coordonnées
et adaptées au territoire national, contre le trafic
d?espèces protégées, un groupe de travail
interministériel s?est monté. Il inclut la DGAC.
Le Service public
écoresponsable (SPE),
un nouvel enjeu
environnemental
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Le plan de sobriété de l?État s?impose non seulement
à tous les acteurs économiques et aux citoyens,
mais aussi aux administrations elles-mêmes.
Voyons comment elle se traduit concrètement dans nos locaux !
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L? hélix de Corse sur l?aéroport d?Ajaccio
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Ecopâturage sur les terrains du STAC à Toulouse
60 61
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
Comment
s?organise
la démarche
SPE à la
DGAC ?
La démarche du Service public
écoresponsable (SPE).
Pour mémoire, la démarche SPE
a pour but la nécessaire réduction
de l?empreinte environnementale
de l?activité quotidienne
de l?administration.
Elle a été formalisée initialement
par la circulaire du 25 février 2020
qui, à travers vingt mesures,
demande aux administrations
de concrétiser cet effort
d?écoresponsabilité dans tous
les domaines d?action de
l?administration. Elle a été complétée
par la circulaire du 10 novembre 2022,
mettant en place un plan de sobriété
énergétique de l?État s?appliquant
à toutes les administrations
et réparti en 20 chantiers,
dont la rénovation énergétique
des bâtiments, la baisse des émissions
de gaz à effet de serre, la commande
publique, l?encouragement
aux mobilités douces.
Tous les services de l?État,
dont la DGAC, doivent établir
un rapportage annuel de certains
indicateurs afin de mesurer
concrètement le développement
progressif de la démarche.
La déclinaison de la démarche à SPE
à la DGAC.
Dans le cadre de cette démarche,
des structures ont été mises en place
au sein de la DGAC afin de faire
progresser significativement l?action
écoresponsable de l?administration :
? Un « réseau SPE » d?une centaine
de personnes, accompagné
par une équipe projet, a été créé
en février 2022. En vue de piloter
et de coordonner les actions menées
au sein de la DGAC, il réunit des
représentants de toutes les directions
et se décline en 16 chantiers (dont
achats durables, énergie et bâtiments,
bilan des émissions des gaz à effet
de serre, alimentation, numérique,
biodiversité).
? En parallèle, fin 2022, un Comité
du développement durable s?est
monté au sein de la DGAC. Composé
de représentants des différentes
directions et des syndicats, présidé
par le directeur général, il se réunit
au moins une fois par an. Sa mission
est triple : veiller à une application
rigoureuse des engagements SPE,
proposer des actions additionnelles,
échanger sur toute initiative locale.
Par ailleurs, par sa note 22-55-SG
du 18 août 2022, la secrétaire générale
de la DGAC a, dans le cadre du plan
de sobriété énergétique, appelé
tous les services à prendre les mesures
nécessaires à la réalisation
d?économies d?énergie rapides
et massives en prévoyant notamment
une température maximale de 19°
dans les locaux, une utilisation de la
climatisation uniquement à partir de
26°, l?extinction des lumières inutiles,
l?utilisation de LED, l?encouragement
au covoiturage et aux mobilités
douces. La décarbonation
sera le grand chantier de 2023.
FOCUS SUR L?EXPÉRIMENTATION
DE LA FERMETURE DU SIÈGE
DE LA DGAC LE 31 OCTOBRE :
Le 31 octobre 2022, la DGAC
a profité de la possibilité
d?un week-end prolongé
à l?occasion du 1er novembre
férié pour tester l?efficacité
d?une fermeture de son siège
rue Henry-Farman à Paris. Le mode
« hivernation » a été utilisé :
fermeture du chauffage,
des parkings, des lumières,
de la cantine par exemple.
Le résultat a été intéressant
avec 26 % d?économie d?énergie par
rapport à une journée « ordinaire »
de la semaine précédente.
La rénovation énergétique
des bâtiments, une priorité !
epuis 2020, l?Etat a lancé
successivement des plans
massifs de rénovation
énergétique des
bâtiments publics pour allier soutien
de l?économie suite aux diverses
crises traversées, diminution
drastique de l?empreinte
environnementale et baisse de la
facture énergétique, l?énergie utilisée
par les bâtiments de l?administration
étant le 2è poste de dépenses de son
budget de fonctionnement, après les
salaires. En 2022, la guerre en Ukraine,
et la crise énergétique qu?elle a
provoquée, ont encore accru la
nécessité de réduire la
consommation et la facture
énergétique des bâtiments. Pour
cela, un plan de sobriété énergétique
(cf p.10) sonnant une mobilisation
générale de tous les secteurs
d?activité, a été présenté le 6 octobre
2022 avec un objectif de gain
énergétique de 10 % dans les deux
ans.
Le SNIA, Service national d?ingénierie
aéroportuaire, et gestionnaire du
parc immobilier DGAC (dont 502
bâtiments tertiaires sur une centaine
de sites pour 687 000m² de surface
hors d?oeuvre nette), est au coeur de
ce dispositif de rénovation
énergétique des bâtiments et de
conception HQE (Haute qualité
environnementale) des nouvelles
constructions, avec une
augmentation croissante des
chantiers au fil des années. Dans le
cadre du plan de relance, 106 projets
ont pu être lancés dont 65 achevés
en 2022. Les programmes de
rénovation doivent s?inscrire dans la
trajectoire du Dispositif éco-énergie
tertiaire (DEET) prévu par le décret
dit « tertiaire » du 23 juillet 2019, qui
impose une réduction progressive de
l?énergie finale utilisée dans les
bâtiments tertiaires, de 40% dès 2030
et jusqu?à 60% en 2050, objectif qui
rejoint les ambitions du secteur
aérien, auquel il incombe de réduite
de 50 % ses émissions de gaz à effet
de serre d?ici 2050.
Les travaux les plus courants dans le
cadre de la rénovation énergétique
sont l?amélioration de la régulation
des systèmes de chauffage et de
climatisation, l?isolation thermique
de l?enveloppe, le remplacement des
menuiseries extérieures, ou le recours
croissant à l?électricité d?origine
photovoltaïque (PhV) via des
installations en autoconsommation.
Par exemple, sur le campus de
l?ENAC (Toulouse), l?énergie PhV
représente 17% de l?énergie
consommée, 25% à terme.
En plus de ces dispositifs courants,
d?autres réalisations sont à souligner :
GTA Ajaccio : installation de
systèmes Triple C assurant chauffage,
climatisation et chauffe-eau
thermodynamique.
DAC Nouvelle-Calédonie : réduction
de l?effet albédo et rafraîchissement
naturel des locaux par la
végétalisation, la pose de brise-soleil
et l?optimisation des ventilations
naturelles.
ENAC, et DSAC Nord (Orly) : recours
partiel à la géothermie ou le
raccordement à des réseaux de
chaleur.
Focus sur une rénovation exemplaire
la DSAC Ouest en 2022:
Le bâtiment a atteint le niveau E3C1
(Energie 3-Carbone 1), traduisant une
excellente performance énergétique
avec notamment :
? l?utilisation de matériaux de
construction en bois,
? le recours aux panneaux
photovoltaïques en
autoconsommation ;
? une enveloppe performante et
compacte (triple vitrage, bois,
brise-soleil orientable, amélioration
de l?étanchéité).
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Atelier Réparation vélos à l?ENAC Toulouse
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Vue aérienne de l?extension du siège de la DSAC Ouest (au 1er plan), construction Haute
qualité environnementale
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
ACNUSA : Autorité de contrôle
des nuisances aéroportuaires
ADEME : Agence de l?environnement
et de la maîtrise de l?énergie
ANSP : Air Navigation Service Provider ou
prestataire de services de la navigation
aérienne
APU : Auxiliary Power Unit, ou moteur
auxiliaire de puissance
CAD : Carburant d?aviation durable
CAEP : Committee on Aviation
Environmental Protection
CALIPSO : Classification acoustique
des avions légers selon leur indice
de performance sonore
CCE : Commission consultative
de l?environnement
CDO : Continue Descent Approach
CGDD : Commissariat général
au développement durable
CNR : Conseil national de la refondation
CSB : Carte stratégique de bruit
CORAC : Conseil pour la recherche
aéronautique civile
CORSIA : Carbon Offsetting and Reduction
Scheme for International Aviation,
ou mécanisme mondial de compensation
des émissions de l?aviation civile
internationale
DSAC : Direction de la sécurité de l?aviation
civile
DSNA : Direction des services
de la navigation aérienne
DTA : Direction du transport aérien
EIAE : Étude d?impact selon l?approche
équilibrée
ENAC : École nationale de l?aviation civile
EU-ETS : European Union-Emission Trading
System, ou Système d?échange de quotas
d?émission de l?Union européenne (SEQE)
eVTOL : Electrical Vertical Take-Off and
Landing
GES : Gaz à effet de serre
GIFAS : Groupement des industries
françaises aéronautiques
GPU : Groung Power Unit, ou groupe
électrogène pour l?alimentation électrique
des avions au sol
IGEDD : Inspection générale
de l?environnement et du développement
durable
MRAe : Mission régionale d?autorité
environnementale
OACI : Organisation de l?aviation civile
internationale
OAD : Observatoire de l?aviation durable
ONERA : Office national d?études
et de recherches aérospatiales
PEB : Plan d?exposition au bruit
PGS : Plan de gêne sonore
PIA : Programme d?investissement d?avenir
PNACC : Plan national d?adaptation
au changement climatique
PPA : Plan de protection de l?atmosphère
PPE : Programmation pluriannuelle
de l?énergie
PPBE : Plan de prévention du bruit
dans l?environnement
PREPA : Plan national de réduction
des émissions de polluants atmosphériques
PUF : Particules ultrafines
RTE-T : Réseau transeuropéen de transport
SAF : Sustainable aviation fuel, ou
carburant d?aviation durable (CAD)
SARP : Standards and Recommended
Practices
SFEC : Stratégie française sur l?énergie
et le climat
SGPE : Secrétariat général
de la planification écologique
SPE : Service public écoresponsable
SNB : Stratégie nationale biodiversité
SNBC : Stratégie nationale bas carbone
STAC : Service technique de l?aviation civile
TIRUERT : Taxe incitative relative
à l?utilisation de l?énergie renouvelable
dans les transports
TNSA : Taxe sur les nuisances sonores
aériennes
UAF : Union des aéroports français
et francophones associés
UICN : Union internationale
pour la conservation de la nature
UE : Union européenne
ZSM : Zone de sensibilité majeure
Glossaire
7 ?
De multiples initiatives
au service d?un SPE
ncitations nationales
aidant, la démarche SPE
s?impose désormais
dans tous les services de la DGAC,
et se décline en six thèmes : énergie
et bâtiments, mobilité, déchets,
alimentation, biodiversité,
sensibilisation. Certains services
se sont montrés particulièrement
innovants en 2022. Quelques
exemples?
En matière de mobilité, ça roule !
Le renouvellement de la flotte des
véhicules de service par des véhicules
électriques ou l?incitation au
covoiturage et aux mobilités douces
sont largement déployées et mises en
avant via par exemple la participation
à des « villages de la mobilité (douce) »
à la DSAC Sud-Ouest (aéroport
de Bordeaux) ou la campagne « DAC
à vélo » à la DAC Nouvelle-Calédonie.
Un intérêt croissant
de l?administration
pour la biodiversité sur ses terrains.
Ainsi, le STAC de Toulouse a
développé l?écopâturage, les moutons
venant brouter les espaces verts
(cf photo p.59). La DAC Nouvelle-
Calédonie poursuit son partenariat
vertueux avec le WWF, qui se traduit
notamment par des opérations
régulières de sensibilisation des agents
à la biodiversité, par exemple en les
associant à la plantation d?arbres et
de plantes sur les terrains de la DAC
avec l?aide des bénévoles de
l?association. Les carrés potagers,
comme la déminéralisation de
certains espaces quand c?est possible,
se développent aussi.
Sensibilisation des agents
et formation.
Des ateliers « Fresque du climat »
sont peu à peu proposés, aux côtés
d?actions de sensibilisation
à la responsabilité solidaire
et écoresponsable ou aux écogestes.
Dans le cadre de son projet
Transformation écocitoyenne
à la DSAC AG (Antilles-Guyane),
la DSAC a obtenu le financement de
son volet Formation par le CGDD à
la suite de l?appel à défis « Innovation
écoresponsable ».
De leur côté, les services de l?ENAC
ont mis en place une « rentrée climat »
en septembre 2022, trois jours
de cours et d?ateliers pour apporter
aux 400 étudiants, futurs diplômés,
une bonne connaissance des enjeux
environnementaux. Ces trois jours
comprennent notamment la Fresque
du climat, la Fresque aéro,
des modules sur la décarbonation,
les questions énergétiques, ou encore
les controverses sociotechniques
et les nouvelles technologies.
Ce dispositif novateur et complet
mobilise 70 enseignants et agents.
DEUX PRIX POUR L?ENAC EN 2022
L?École, et en particulier sa mission
SPE, a en effet été lauréate de deux
concours régionaux, le Concours
Développement durable de
l?université fédérale de Toulouse
et les Trophées Tisseo, grâce à
une double initiative :
le prêt de vélos électriques
et de vélos cargo à ses usagers,
étudiants et agents (pour
quatre mois) et l?organisation
d?ateliers de réparations de vélos
sur le campus de Toulouse.
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Plantations sur le terrain de la DAC à Nouméa par des agents de la DGAC , avec des bénévoles du WWF pour guides
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www.ecologie.gouv.fr
Rapport Environnement
de la Direction générale
de l?aviation civile 2022
Juin 2023?
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION roximité des plateformes
aéroportuaires franciliennes (Paris?CDG
et Paris?Orly). Les résultats des
deux premières campagnes sur les
deux premiers environnements sont
disponibles sur le site d?Airparif :
https://www.airparif.asso.fr. La campagne
autour de l?aéroport de Paris?Charles-
de-Gaulle a démarré à l?été 2022 avec
des résultats attendus en 2023. La
campagne le long du trafic routier met
en évidence des concentrations de PUF
2 à 5 fois plus élevées le long des routes
que sur le site de référence parisien,
avec des PUF d?un diamètre des
particules moyen de 15 nm.
Une multiplication des études
nécessaire pour améliorer
les connaissances.
Plusieurs AASQA ont entrepris
des actions pour documenter, dans
les différentes régions françaises,
les niveaux de concentrations des PUF
et leurs granulométries associées.
Une étude sur l?aéroport de Nice
a été menée et publiée en 2021
par AtmoSud, en plus de celles
menées à Nantes et en région
parisienne. Elle concluait à une
influence de l?activité de l?aéroport
sur le nombre de PUF, mais indiquait
une difficulté à lier le nombre de PUF
aux nombres de mouvements
d?avions (ces derniers n?étant pas
la seule cause d?émission de PUF).
L?ensemble des résultats de
ces études permettra une meilleure
compréhension des propriétés
des PUF et la réalisation d?études
épidémiologiques pour mieux
caractériser leurs effets sanitaires
et les mécanismes en jeu.
39
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
38
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?innovation pour
le développement
durable du secteur
aérien
4 ?
Le volet CORAC (cf. p. 47) du plan France 2030 mobilise
une enveloppe de 800 M¤, opérée par la DGAC,
afin de poursuivre la très forte dynamique de R&D
engagée par la filière grâce au plan France Relance
qui a soutenu plus de 230 projets représentant 1,6 Md¤
entre 2020 et 2022. Pour France 2030, 300 M¤ ont déjà
alimenté la feuille de route partenariale du CORAC en
2022 pour préparer, à échéance 2025-2030, les grandes
démonstrations technologiques de l?avion bas carbone.
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800 M¤
C?EST LA SOMME MOBILISÉE
pour le volet aéronautique du plan
France 2030.
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es aéroports ont une
mission de surveillance
de la qualité de l?air
sur et autour de leur
plateforme. Ainsi, ils réalisent des
campagnes de mesure régulières
et des inventaires des émissions
atmosphériques. Les campagnes
évaluent les concentrations
des polluants alors que les inventaires
évaluent la contribution de chaque
source d?émissions de polluants,
permettant d?identifier des gisements
de réduction. L?Acnusa recommande
de réaliser des campagnes a minima
tous les cinq ans (particules fines,
dioxyde d?azote ou NO2, COV
selon les cas) et des inventaires
tous les deux à cinq ans selon le trafic
de l?aéroport. Les aéroports se font
généralement aider par les AASQA
(cf p.36) pour réaliser ces études.
Étude de la qualité de l?air de l?île
de Petite-Terre à Mayotte.
L?un des objectifs du Plan régional
de surveillance de la qualité de l?air
(PRSQA) 2017-2021 était d?améliorer
les connaissances relatives
à la pollution de l?air ambiant
sur et autour des aéroports
Surveillance
de la qualité de l?air
sur le territoire de Mayotte.
C?est dans ce cadre que Hawa
Mayotte, l?observatoire de la qualité de
l?air sur le territoire, a choisi d?évaluer
la qualité de l?air sur l?île de Petite-Terre
à Mayotte où se situent l?aéroport et
une partie des activités économiques
et industrielles. Les polluants mesurés
ont été les PM10, les PM2,5, le NO2
et le C6H6. Cette campagne
d?une durée de 5 mois a débuté
en avril 2022. Les résultats
ont montré que les concentrations
moyennes annuelles en polluants
ne dépassent pas les valeurs
réglementaires. Néanmoins,
on relève quelques hausses
ponctuelles de concentration horaire
au cours de l?hiver austral
qui pourraient être dues à la saison
sèche et à des travaux de réfection
de chaussée réalisés au cours
de la saison hivernale.
Campagne de mesure sur l?aéroport
de Bordeaux?Mérignac.
Une campagne de mesures
a été lancée sur l?aéroport
de Bordeaux-Mérignac (ADBM)
dans le cadre de la surveillance
de la qualité de l?air de la plateforme.
Elle a été confiée à ATMO Nouvelle-
Aquitaine qui a réalisé des mesures sur
2 périodes d?un mois, en février-mars
et juillet-août 2021, au sein
et autour de l?aéroport. Les objectifs
de la campagne étaient multiples :
évaluer les concentrations
en polluants, vérifier le respect
des valeurs réglementaires, comparer
les résultats à deux stations de
référence du réseau fixe d?ATMO
Nouvelle-Aquitaine (stations
de fond urbain et trafic), évaluer
un suivi de la pollution par rapport
à une campagne similaire datant
de 2011 et proposer des cartes
de modélisation de l?aéroport.
Les valeurs réglementaires
ont été respectées pour tous
les polluants concernés.
Les seuils recommandés par l?OMS ont
quant à eux été dépassés
pour les particules PM10, PM2,5
et NO2 sur le site de l?aéroport,
mais également sur les stations
de référence, indiquant qu?il s?agit
d?une pollution de fond.
L
Station de mesures pour la qualité de l?air à Mayotte.
Modèle ERA de la société Aura aéro
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40 41
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
40
a propulsion à hydrogène
apparaît aujourd?hui
comme l?une des
solutions technologiques
les plus prometteuses pour
décarboner l?aviation puisque
sa combustion ne produit pas
de CO2. Cependant,
comparativement au kérosène,
la combustion de l?hydrogène
multiplie les rejets de vapeur d?eau
dans la haute atmosphère
par un facteur 2,6 et pourrait donc
générer davantage de traînées
de condensation, un contributeur
potentiellement majeur
aux effets non CO2 de l?aviation (voir
encadré). Avionneurs et scientifiques
cherchent donc à comprendre
les mécanismes de formation
des « traînées hydrogène »
et à en réduire les incertitudes
sur leur impact climatique.
Créer un consensus scientifique.
Les recherches sur les effets non CO2
de l?aviation sont menées depuis
2021 dans le cadre du programme
scientifique Climaviation, soutenu
en intégralité par la DGAC, à hauteur
de 11,5 M¤. Climaviation associe
les compétences en climatologie
de l?IPSL (Institut Pierre Simon
Laplace) et en aéronautique
de l?Onera. Fruit d?une collaboration
inédite, l?objectif de ce programme
est de produire les connaissances
scientifiques nécessaires
à l?établissement d?un consensus
mondial sur les effets non CO2.
Ces connaissances doivent
notamment aider à orienter
efficacement les choix
des avionneurs en matière de futurs
combustibles bas carbone
(CAD et H2). S?agissant des traînées
de condensation, les travaux
de cette chaire couvrent toute leur
durée de vie, depuis leur formation
initiale dans le champ proche
de l?avion, puis leur évolution aux
échelles météorologiques et enfin
leur impact aux échelles climatiques.
Comprendre la formation initiale
des cristaux de glace dans le cas
de l?hydrogène
Dans le cas des carburants
conventionnels, la vapeur d?eau
se condense à la surface
des particules de suie émises
par les moteurs, entraînant
l?apparition de gouttelettes
puis de cristaux de glace à l?origine
de la formation des traînées
de condensation. Dans le cas
de l?hydrogène, la combustion
ne génère pas de suies
et les émissions de particules
non volatiles sont drastiquement
réduites. Les seules particules
susceptibles de jouer le rôle
de « noyaux de condensation »
sont donc celles déjà présentes
dans l?atmosphère ou les aérosols
secondaires formés dans le sillage
de l?avion.
Cela rend nécessaire l?analyse fine
des nouveaux mécanismes
microphysiques pouvant intervenir
dans ce cas particulier, puis
l?intégration de ces mécanismes
aux outils de modélisation
afin d?obtenir une évaluation
fiable du nombre, voire de la taille
des cristaux formés.
Simuler l?évolution des traînées
hydrogène du champ proche
aux échelles météorologiques.
Une fois les cristaux de glace formés,
ils évoluent dans le sillage
tourbillonnaire de l?avion,
qui dépend de la configuration
de l?avion (forme des ailes, position
des moteurs?). Cette interaction
en champ proche va déterminer
l?évolution des traînées jusqu?à
quelques minutes après le passage
de l?avion. À ces petites échelles,
plusieurs outils de simulation
numérique ont été développés
pour caractériser les propriétés
initiales des traînées, mais ces outils
doivent encore être adaptés.
Au-delà, en fonction des conditions
atmosphériques, les traînées
peuvent s?évaporer rapidement
ou bien persister plusieurs heures,
voire évoluer en nuages de type
cirrus s?étendant sur plusieurs
dizaines de kilomètres. Pour évaluer
leur impact, il est nécessaire de
simuler le vieillissement des traînées
à ces échelles météorologiques.
Cependant, les outils
de modélisation sont encore peu
développés en raison de difficultés
liées notamment à la prise
en compte du comportement
de l?atmosphère et à l?influence
potentielle du champ proche
sur les propriétés des traînées
en champ lointain.
Enfin, pour valider les modélisations,
il convient de disposer de mesures
représentatives sur les traînées
aux différentes échelles,
mais les données expérimentales
sont rares et même inexistantes
dans le cas de l?hydrogène.
Évaluer l?impact climatique
des traînées hydrogène.
La compréhension de la formation
puis de l?évolution de traînées
hydrogène isolées ne suffit pas
à évaluer leur impact climatique.
Pour ce faire, il faut également
calculer leur contribution
au forçage radiatif en tenant compte
notamment des propriétés
des cristaux de glace qu?elles
contiennent, puis modéliser
leur distribution spatiotemporelle
à l?échelle du globe, en caractérisant
les propriétés des régions
sursaturées propices
à leur apparition, et enfin intégrer
toutes ces nouvelles connaissances
sur les traînées hydrogène
dans les modèles climatiques
planétaires afin de mesurer
leur impact sur la couverture
nuageuse haute et sur
le rayonnement.
Quel impact climatique
pour la propulsion à hydrogène ?
L
EFFETS NON CO2
DE L?AVIATION
Les effets non CO2
désignent un ensemble
de phénomènes dus
aux émissions hors CO2 des
avions dans l?atmosphère
qui conduisent
à un refroidissement
ou à un réchauffement
climatique. Contrairement
aux effets des émissions
de CO2 dont les propriétés
réchauffantes sont bien
connues, les effets
de ces phénomènes
demeurent très incertains.
Ils regroupent les traînées de
condensation persistantes
et les émissions d?oxydes
d?azote (NOx), de vapeur
d?eau, de particules fines.
Dans le cas de l?hydrogène,
qui produit 2,6 fois plus
de vapeur d?eau lors
de sa combustion que
le kérosène mais aucune
particule fine, les effets
des traînées persistantes, de
la vapeur d?eau et des NOx
sont prépondérants.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
de l?aviation légère
porté par l?impératif
de décarbonation
Un renouveau
omme les autres
segments de l?aviation,
l?aviation légère est
soumise à des exigences
environnementales croissantes
et se doit d?accélérer sa transition
énergétique. Ce nouveau contexte
représente autant d?opportunités
pour faire émerger de nouveaux
aéronefs légers bas carbone,
tout en répondant à de nouveaux
besoins de mobilité. En plus des
avionneurs historiques du secteur,
de nouveaux acteurs apparaissent
sur ce segment, en Europe et dans
le monde, à la faveur d?un nouveau
cadre réglementaire de certification,
la CS-23 Amendement 5 au niveau
européen, qui favorise l?innovation
en déléguant aux constructeurs
le développement des moyens
de conformité appropriés.
Pour développer ces nouveaux
aéronefs, les constructeurs de
l?aviation légère peuvent s?appuyer
sur les technologies développées
par les grands industriels de l?aviation
commerciale, notamment
dans les domaines de l?électrification
de la propulsion, l?utilisation des CAD
et la propulsion à hydrogène,
qui constituent des voies
de décarbonation tout aussi
pertinentes pour les aéronefs légers.
Inversement, l?aviation légère peut,
dans certains cas, servir de cadre
technique et réglementaire pour
réduire les risques des solutions
potentiellement applicables
à des aéronefs de plus grande taille.
En France, l?aviation légère connaît
un véritable renouveau, porté
par l?avionneur historique Daher
et des avionneurs émergents comme
Elixir Aircraft, Aura Aero ou Voltaero.
Le Corac (cf. p. 47) accompagne
ce nouvel élan en rassemblant ces
acteurs autour d?une feuille de route
technologique partagée, focalisée
sur la décarbonation de l?aviation
légère, tout en favorisant les synergies
avec les grands industriels du Corac
(cf. p. 47) et l?Onera. Ces efforts
de structuration du Corac
ont déjà permis de faire émerger
et de soutenir plusieurs projets
fédérateurs, à l?instar du projet
de démonstrateur EcoPulse?
d?avion à propulsion hybride
distribuée porté par Daher
en collaboration avec Airbus
et Safran, ou du projet BeautHyFuel
de conception d?une chaîne
propulsive à hydrogène pour avion
léger porté par Elixir Aircraft
et le jeune motoriste Turbotech
en association avec Daher, Safran
et Air Liquide.
Au-delà, le plan France 2030 met
à la disposition des acteurs émergents
des dispositifs adaptés pour accélérer
le passage à l?échelle industrielle
de leurs projets d?aéronefs légers bas
carbone. Outre de nouveaux outils
de financement en fonds propres
accessibles à toutes les start-up
industrielles, des aides au
développement et à l?industrialisation
sont mises en oeuvre dans le cadre
de l?appel à projets « Produire
en France des aéronefs bas carbone »,
doté de 100 M¤ et opéré par
Bpifrance. Les premiers lauréats
de cet appel à projets, clôturé
en décembre 2022, ont été annoncés
en début d?année 2023.
C
Les nouvelles mobilités aériennes :
le déploiement du VTOL
e projet français
VTOL 2024, qui a pour
but de transporter des
passagers pour les Jeux
olympiques et paralympiques dans un
nouveau concept d?appareil, l?eVTOL
pour Electrical Vertical Take-Off and
Landing, se poursuit et prend de
l?ampleur. L?année 2022 a vu naître sur
l?aérodrome de Pontoise un vertiport.
Conçu et développé par Skyports
et le groupe ADP, ce vertiport
va servir de banc d?essai pour
l?ensemble des infrastructures et
services aéronautiques de ces futurs
aéronefs : accès au terminal, zones
de contrôle, d?embarquement,
de décollage et d?atterrissage, hangar.
Cette expérimentation servira
directement à l?aménagement
de plusieurs vertiports en région
parisienne pour être au rendez-vous
de l?échéance de 2024. Cinq
vertiports ont été retenus
pour proposer des liaisons avec
passagers : l?héliport de Paris?
Issy-les-Moulineaux-Valérie André,
l?aérodrome de Saint-Cyr-L?École, les
aéroports de CDG et du Bourget et
une future barge située sur la Seine
dans Paris au niveau du quai
d?Austerlitz. 2022 a également été
une année de tests de VTOL avec
des démonstrations de vol en
environnement réel afin de mesurer
leur impact acoustique et vibratoire et
leur intégration dans l?espace aérien.
Ainsi, en mars, une campagne
de mesures acoustiques, travail
commun réalisé par les laboratoires
d?acoustique de BruitParif, l?Onera,
la RATP et le STAC (Service technique
de l?aviation civile de la DGAC) a été
réalisée en vue de caractériser le son
rayonné au sol par ce nouveau type
d?avion dans diverses conditions de
vol : survol, vol stationnaire, décollage
et approche. Des capteurs
acoustiques ont été implantés au
niveau du sol sur une ligne droite de
300 mètres de long, perpendiculaire à
la direction du vol, sur un bras vertical
de 10 mètres et à d?autres endroits
critiques. Ce dispositif acoustique a
été complété par des accéléromètres,
des capteurs double vidéo-bruit
Meduse (développés par BruitParif),
des capteurs Ambisonic et une
station météo. L?e-VTOL était
également équipé d?un système
D-GPS pour assurer un
positionnement précis en 3D par
rapport aux réseaux de microphones.
Les résultats correspondent au niveau
de 76 dB(A), soit l?équivalent des
émissions sonores d?un autobus.
L?eVTOL de Volocopter s?avère 4 fois
moins bruyant qu?un hélicoptère. En
septembre, sous l?égide du
programme européen d?innovation
dans la gestion du trafic aérien Sesar,
l?intégration dans l?espace aérien de
ces nouveaux aéronefs, ainsi que celle
de drones et d?un avion électrique,
a également été testée et une série
d?essais en vol ont permis de simuler
avec succès des manoeuvres
d?évitement en situation réelle.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
e Falcon 10X est
le nouveau biréacteur
d?affaires développé
par Dassault Aviation.
Prévu pour un lancement fin 2025,
il se distingue par un ensemble
d?innovations majeures focalisées sur
la performance environnementale.
Tout d?abord, le Falcon 10X sera
certifié pour voler avec 100 %
de carburant d?aviation durable
(CAD) dès son entrée en service.
Actuellement, les avions sont
autorisés à utiliser jusqu?à 50 %
de CAD. Selon la filière, les CAD
permettent de réduire les émissions
de CO2 de 70 % à 95 % sur l?ensemble
de leur cycle de vie. Avec une
capacité « 100 % CAD », le Falcon 10X
offrira ainsi un potentiel majeur
de décarbonation.
La nouvelle motorisation du
Falcon 10X (Rolls Royce Pearl 10X)
offrira non seulement une
compatibilité totale avec les CAD
mais également un rendement
énergétique amélioré, permettant
une réduction de 5 % des émissions
par rapport aux générations
précédentes. En outre, le Falcon 10X
sera équipé d?une nacelle moteur
particulièrement fine et optimisée
afin de réduire les impacts
de l?intégration motrice sur la traînée
et sur le bruit.
Le Falcon 10X bénéficie par ailleurs
de conceptions innovantes pour
son aile et son fuselage, contribuant
également à réduire l?impact
environnemental. Ce nouveau jet
sera équipé d?une voilure de grande
dimension à forte flèche, dotée
d?un système de contrôle actif pour
améliorer l?efficacité de la croisière.
Celle-ci sera fabriquée exclusivement
avec des matériaux composites
à base de fibres de carbone ? une
première sur un Falcon ?, réduisant
significativement la masse de
l?appareil et donc sa consommation
de carburant. À titre illustratif,
un allègement de 100 kg sur un avion
de type Falcon permet d?améliorer
l?efficacité énergétique d?environ 1 %.
Le fuselage métallique et les
empennages de l?appareil ont
également été optimisés pour
réduire la masse et améliorer
les performances en croisière
à haute vitesse.
Enfin, les trajectoires de vol du
Falcon 10X seront optimisées grâce
à un système avionique innovant
assurant une navigation sûre tout
en réduisant la consommation de
carburant et les émissions de CO2,
avec un gain potentiel estimé jusqu?à
15 % sur une mission. Ce système sera
également doté d?une fonction qui
permettra aux opérateurs d?utiliser
des procédures adaptées
d?atterrissage et de décollage
pour minimiser l?empreinte sonore.
Le Falcon 10X intègre ainsi
d?importantes avancées
technologiques alliant performance
et environnement. Ces innovations
sont issues de travaux de recherche
cohérents avec les objectifs
environnementaux de la feuille de
route du Corac (cf. p. 47) et soutenus
par la DGAC via les plans France
Relance (inclus dans Next Generation
UE) et France 2030.
l?innovation au service de
la performance environnementale
Falcon 10X
L
L?Onera adapte ses bancs d?essai
de combustion aux nouveaux
combustibles.
Les nouveaux combustibles
aéronautiques comme les carburants
d?aviation durables (CAD)
ou l?hydrogène (H2) ont un rôle majeur
à jouer dans la décarbonation
de l?aviation. Au-delà des enjeux
liés à l?approvisionnement
de ces combustibles, leurs impacts
sur les aéronefs doivent être évalués,
en particulier lors de leur combustion
dans les moteurs, car leurs propriétés
peuvent différer significativement de
celles des carburants conventionnels.
L?étude des phénomènes
de combustion fait partie
des compétences historiques
de l?Onera. L?office dispose
notamment de quatre bancs de
recherche uniques au niveau national,
voire européen, pour tester l?impact
des carburants sur le fonctionnement
des chambres de combustion,
les émissions de polluants ou encore
le rallumage des moteurs en altitude.
Le projet Becar, soutenu par la DGAC,
va permettre d?adapter ces bancs
aux nouveaux combustibles
aéronautiques. Ces nouveaux
moyens expérimentaux seront
incontournables pour les futures
recherches sur l?utilisation
de ces nouveaux combustibles
dans les foyers aéronautiques.
Ils vont notamment être exploités
dans le cadre du projet Phydrogene,
également soutenu par la DGAC,
qui vise à étudier les phénomènes
spécifiques à la combustion H2 et à
établir une nouvelle méthodologie
de conception d?injecteurs H2.
ATR réalise le premier vol
« 100 % CAD » d?un avion régional
et dévoile une nouvelle génération
d?appareils bas carbone.
Le 21 juin 2022, le constructeur ATR,
en collaboration avec la compagnie
suédoise Braathens Regional Airlines
et l?énergéticien Neste, a réalisé
avec succès un vol d?essai sur un ATR
72-600 alimenté avec 100 % de CAD
dans ses deux moteurs. Ce vol s?inscrit
dans la perspective à l?horizon 2025
de la certification « 100 % CAD » des
avions ATR. Le CAD fourni pour ce vol
est produit à partir d?huile usagée
et permet de réduire jusqu?à 80 %
les émissions de CO2 par rapport
au kérosène d?origine fossile. Fort
de ce succès, l?avionneur a annoncé
le lancement en 2023 d?un nouveau
programme d?avion régional,
l?ATR EVO, en affichant des objectifs
de compatibilité « 100 % CAD »
et de gain de consommation de 20 %
pour cet appareil qui doit entrer
en service à l?horizon 2030.
La préparation technologique
de ce programme, qui permet
d?assurer la montée en maturité
des technologies clés (propulsion
hybride électrique, hélices
ultra performantes?) contribuant
à ces objectifs, est soutenue
par la DGAC dans le cadre du plan
France Relance (inclus dans Next
Generation EU). Grâce à ces nouvelles
technologies, l?ATR EVO offrira
un potentiel de réduction de 85 %
des émissions de CO2 sur l?ensemble
d?une mission.
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Les nouveaux combustibles
aéronautiques
Falcon 10X de Dassault
Modèle EVO d?ATR (2023)
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
D?autres projets innovants
pour décarboner
le transport aérien
Airbus Helicopters
lance le « Disruptive Lab »,
un démonstrateur pour tester
en vol des technologies de rupture
focalisées sur la décarbonation
ors de son sommet
annuel de 2022, Airbus
a présenté son nouveau
laboratoire volant,
le DisruptiveLab, destiné à évaluer les
technologies les plus avancées pour
améliorer les performances
des hélicoptères et réduire
leur impact environnemental.
Ce démonstrateur sera notamment
utilisé pour étudier la faisabilité
d?un système de propulsion hybride
électrique capable de recharger
la batterie en vol, ainsi que
pour tester une architecture
aérodynamique innovante. Cette
nouvelle architecture est composée
d?un fuselage central profilé en
aluminium et en composite, conçu
pour réduire la traînée et donc la
consommation de carburant, ainsi
que d?un fuselage arrière plus léger,
intégrant un rotor de queue caréné
de type fenestron, et contribuant
également à l?amélioration
des performances aérodynamiques.
Les pales sont par ailleurs intégrées
au rotor principal d?une manière
plus compacte, avec à la clé
une réduction supplémentaire
de la traînée et une réduction du
niveau de bruit perçu. En combinant
toutes ces innovations, il est possible
d?atteindre une réduction de 50 %
des émissions de CO2, un objectif
visé par Airbus Helicopters.
Avec le DisruptiveLab,
l?hélicoptériste prépare le successeur
de l?Écureuil, qui intégrera de
multiples innovations positives pour
l?environnement, tout en travaillant
sur de nouvelles approches
disruptives pour la conception, la
certification et l?exploitation de ses
futurs appareils. Ce démonstrateur
s?inscrit dans la feuille de route
du Corac et bénéficie d?un soutien
partiel de la DGAC via les plans
France Relance (inclus dans Next
Generation EU) et France 2030.
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Airbus X-WING, un démonstrateur innovant
pour tester en vol des ailes haute performance
e démonstrateur Airbus
X-WING, soutenu
par la DGAC dans
le cadre du plan France
Relance (inclus dans Next Generation
EU), vise à améliorer fortement
les performances aérodynamiques
des ailes des futurs avions
commerciaux, l?un des leviers
technologiques majeurs pour
atteindre l?objectif d?ultra sobriété.
Il s?agit d?un démonstrateur volant
à échelle réduite, basé sur un Cessna
Citation VII modifié pour intégrer
une voilure à fort allongement dotée
de moyens de contrôle actif.
Ce démonstrateur, qui doit être mis
en vol en 2024 pour de premiers
essais, permettra de valider
des technologies inspirées
par le biomimétisme pour adapter
la forme, l?envergure et la surface
de la voilure aux conditions de vol
et ainsi accroître l?efficacité en vol.
Ce nouveau concept requiert
des technologies de rupture
pour permettre le contrôle actif
de l?aile, notamment des capteurs
de rafale, de nouvelles surfaces
mobiles (spoilers ultra réactifs, bords
de fuite ajustables) et de nouvelles
lois de commande de vol. Airbus
estime que cette technologie
de voilure souple et déformable,
applicable à tout type
de configuration d?avion, offre un
potentiel de réduction de 5 à 10 %
de la consommation de carburant
par rapport aux appareils actuels.
L
L
CORAC ET GIFAS
Le CORAC, Conseil
pour la recherche
aéronautique civile, est
l?organe de concertation
État-Industrie destiné
à l?établissement
de la feuille de route
technologique de la filière
dont dérivent les
programmes de recherche
de la filière aéronautique
qui seront soutenus par
la DGAC. Il est présidé par
le ministre des Transports et
réunit les différents acteurs
concernés : grands groupes,
équipementiers, laboratoires,
PME?Facilitateur de
l?association de toute la filière
aux travaux du Corac,
le GIFAS (Groupement
français des industries
aéronautiques et spatiales)
est le syndicat professionnel
représentatif de la filière
aéronautique et spatiale
française. Il s?assure en
particulier de la bonne prise
en compte de l?ensemble de
la filière dans les travaux du
Corac, grâce au Groupement
des équipements
aéronautiques et défense,
qui traite spécifiquement
des équipementiers,
et au comité Aéro-PME.
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Airbus X WING
Démonstrateur Disruptive Lab
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48 49
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L?ENAC toujours aussi
mobilisée dans la recherche
en oeuvre du concept de U-Space pour
du trafic aérien urbain
à très forte densité en intégrant
la contrainte de réduction
des nuisances environnementales.
? Projet Transit : centré
sur la planification, l?optimisation
et la reconfiguration des trajets
porte-à-porte multimodaux à partir
de mécanismes de prises de décisions
coopératives, ce projet vise
à l?élaboration de schémas
de transports multimodaux résilients
ayant un impact environnemental
contrôlé.
? Projet Descartes : coopération
scientifique entre la France
et Singapour, il vise le développement
de modèles hybrides d?intelligence
artificielle pour l?aide à la décision
dans les systèmes urbains critiques,
en particulier dans le cadre
des services de mobilité aérienne
urbaine et de leur analyse
et gestion en matière d?impact
environnemental et d?acceptabilité
sociétale.
? Projet ANR Panache avec le CNRS :
il vise à déployer des flottes de drones
pour le suivi et l?analyse temps réel
de pollutions atmosphériques
accidentelles.
? Projet Sesar Artimation : il a pour
objectif de conforter l?explicabilité
et la transparence des algorithmes
d?intelligence artificielle en particulier
dans le cadre de la gestion
des trajectoires sous contraintes
environnementales.
? Projet CPER Modus : il vise à mettre
en oeuvre une architecture
informatique logicielle et matérielle
permettant de réaliser des simulations
à large échelle spatiale et temporelle
de systèmes de transport
multimodaux et à formaliser
la juste place du transport aérien
dans une chaîne intégrée et durable
de mobilités centrées sur l?usager.
L?ENAC a également obtenu
la première place au challenge
international Micro Air Véhicules 2022,
visant à optimiser les performances
des drones, en particulier
les performances environnementales,
dans le domaine du déploiement de
nouveaux services de transport aérien
(délivrance de colis par exemple).
n 2022, les équipes
de recherche de l?ENAC,
dans le cadre de
25 propositions de projets
soumis lors de la troisième vague de
l?appel à projets Sesar, ont résolument
orienté leurs travaux vers la réduction
de l?empreinte environnementale
et le renforcement de l?utilité
et acceptabilité sociétale du transport
aérien. Les projets sont nombreux :
? Projet AEON : en s?appuyant
sur les capacités de simulation
à larges échelles temporelles
et spatiales d?un trafic aéroportuaire,
il vise à étudier l?impact opérationnel
de l?introduction sur les aéroports
d?aéronefs réalisant les opérations
de roulage avec les moteurs coupés
en s?appuyant sur des technologies
de propulsion électrique ou hydrogène.
? Projet ECHO : il a pour objectif
de modéliser et d?analyser le rôle
du transport aérien dans une chaîne
multimodale et intégrée
de transports.
? Projet Metropolis 2 : il vise à définir
des structures d?espaces aériens
métropolitains adaptées à la mise
E
Projets de
recherche
pour améliorer
la performance
environnementale
de la navigation
aérienne
e projet piloté par la DSNA associe
21 partenaires dont Airbus, la société ESSP,
des industriels et les principaux opérateurs
de navigation aérienne (ANSP) européens.
Il vise à progresser vers l?utilisation par les ANSP
des données de la trajectoire bord calculée
par le système de gestion du vol (FMS) de l?avion.
Les données transmises par les avions (ADS-C EPP)
permettent d?avoir au sol une meilleure vision
de la trajectoire future du vol, contribuant ainsi
à l?amélioration de la sécurité et une réduction
de la consommation de carburant. Neuf démonstrations
seront menées en 2022 et 2023 en Europe avec des
avions équipés, dont deux dans l?espace aérien français.
Le règlement européen CP1 (Common Project) prévoit
la mise en place d?une nouvelle fonctionnalité qui alerte
le contrôleur en cas d?écart entre la trajectoire réalisée
et la trajectoire calculée par les systèmes de la navigation
aérienne et visualisée par le contrôleur (sol).
Elle contribuera à éviter les pertes de séparation
entre avions et à mieux détecter les pénétrations
d?avions civils dans les zones militaires actives.
Entre novembre 2022 et janvier 2023, les CRNA Nord,
Est, Ouest et Sud-Ouest ainsi que les compagnies
aériennes partenaires (Air France, British Airways,
easyJet) ont mené des évaluations sur l?utilisation
de ces données pour optimiser la gestion des arrivées
en région parisienne. Ces évaluations ont aussi
permis de tester l?affichage des données du vol
(trajectoire 4D, vitesse prévue). Grâce à ces données
plus précises, le contrôleur peut visualiser la trajectoire
prévue par le bord et la prendre en compte si la situation
le permet.
L
Le projet Adscensio
on mandat : rechercher des solutions pour
améliorer la performance environnementale
des opérations aériennes dans toutes
les phases du vol en utilisant les technologies
embarquées ou émergentes.
La participation de la DSNA à ce projet est multiple.
Elle contribue à :
? démontrer l?optimisation environnementale des flux
d?arrivées sur les aéroports parisiens grâce au partage
des données sur la trajectoire 4D et sur les intentions
du pilote (En-Route, Extended TMA et TMA) ;
? étudier la mise en place d?approches plus « vertes »
basées sur des procédures satellitaires et RNP-AR ;
? améliorer la planification de la trajectoire en affinant
de manière dynamique les restrictions de routes (RAD) ;
? préparer le déploiement de services liés à l?ADS-C
(mutualisation de la collecte des données
et distribution via l?intranet de la navigation aérienne
(SWIM) vers les clients, les ANSP et le Network Manager
d?Eurocontrol).
S
Projet Heron
8
OPÉRATEURS
DE NAVIGATION
AÉRIENNE (ANSP)
6
COMPAGNIES
AÉRIENNES
5
AÉROPORTS
COLLABORENT SUR LE PROJET « HERON » PILOTÉ PAR AIRBUS.
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Ces 2 projets sont menés en collaboration avec l'entreprise commune SESAR.
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
En bref
Le projet de dirigeable géant Flying Whales a bouclé en 2022
une troisième levée de fonds de 122 M¤, avec notamment l?entrée à son
capital de l?État français, via le nouveau fonds French Tech Souveraineté
de Bpifrance. Le futur ballon dirigeable permettra de transporter
des charges lourdes et/ou hors gabarit (bois, containers, pales
d?éolienne, pylônes à haute tension), dans des zones difficiles d?accès
tout en minimisant l?empreinte au sol et en réduisant les émissions
de GES et de polluants atmosphériques. Son développement est pris
en charge par un consortium de 40 industriels dont Thales, Safran,
le groupe d?ingénierie ADF, Epsilon Composite ou le groupe Réel,
ce dernier fournissant des treuils qui permettront de lever
ou de déposer jusqu?à 60 tonnes de fret. La finalisation
de la conception est prévue en 2023, avant l?ouverture
d?une usine de production opérationnelle à Laruscade
en 2024.
Évolution de la flotte pour
la formation au pilotage
L?ENAC, en partenariat
avec la Fédération française
aéronautique, a réalisé en 2021
une étude ayant pour objectif
d?évaluer l?utilisation possible
de l?avion électrique Vélis
Electro, premier et seul avion
léger à propulsion 100 %
électrique certifié par l?EASA.
L?étude a permis de confirmer
que cet avion est adapté
au contenu pédagogique
des 10 premières heures
des cursus de formations pilotes.
Dès 2022, l?ENAC s?est engagée,
dans le cadre d?un contrat
de leasing auprès de la société
Green Aerolease, à la location
de deux avions destinés
à la formation des Élèves pilotes
de ligne (EPL), filière républicaine
d?excellence.
L?ENAC prévoit également
d?intégrer cet avion pour
les formations pilotes de ligne
des compagnies aériennes clientes.
Deux Vélis supplémentaires
devraient ainsi permettre,
à partir du second semestre 2023,
de former une centaine de pilotes
par an, stagiaires EPL inclus.
En parallèle, l?ENAC travaille
sur un projet de renouvellement
de sa flotte qui devrait se dérouler
sur la période 2026 à 2030. Cette
flotte répondra à des exigences
strictes en matière de normes
environnementales. L?objectif
en 2025 est une réduction des
émissions de CO2 de 23T par an.
Le LCA 60T de
Flying whales
Le projet de dirigeable
géant Flying Whales
Des chaussées
aéronautiques
plus écologiques
Les pistes d?atterrissage et les voies
de circulation sont toutes composées
de granulats compactés ou
d?enrobages bitumineux. D?où l?idée de
tester des chaussées aéronautiques
composées pour partie de matériaux
recyclés, en s?inspirant de ce qui a été
réalisé pour le transport routier, où
les routes peuvent être composées de
40 % de matériaux recyclés. Le STAC
de Bonneuil-sur-Marne a donc construit
en 2022 une nouvelle planche d?essais
représentative d?une structure
de chaussée souple, intégrant
des matériaux recyclés. Elle est divisée
en six sous-planches composées
d?un pourcentage différent d?agrégats
recyclés afin de comparer leur
résistance et leur durée de vie
respectives, et de mieux appréhender
l?utilisation et le comportement de
matériaux recyclés dans les chaussées
aéronautiques. Le trafic avion y sera
simulé en soumettant la planche
expérimentale à des cycles de
chargement/déchargement réalisés
à l?aide d?une remorque de portance
et d?un vérin simulant le passage
répété d?avions.
Par ailleurs, le STAC avec le ministère
des Armées et le SNIA, a développé un
projet visant à réaliser une évaluation
fine et un suivi de l?état des
infrastructures à travers une méthode
intitulée « Diagnostic global raisonné ».
Cette expérimentation vise à améliorer
les méthodes de diagnostic et de suivi
des chaussées aéronautiques, en vue
d?optimiser et de mieux planifier
les opérations de maintenance, dans
une logique de gestion de patrimoine.
En 2022, une première campagne
d?essais a été menée sur la base
aérienne 105 d?Évreux. Elle incluait
des essais de portance du sol,
des carottages, des essais d?ovalisation,
ainsi qu?une auscultation au HWD
(Heavy Weight Deflectometer).
Enfin, le 4 octobre 2022, un Symposium
Gestion de Patrimoine et ACR/PCR
a réuni près de 120 participants issus
de la communauté aéronautique.
Les échanges ont porté sur
l?importance d?une bonne gestion
de son patrimoine et le changement
de méthode d?admissibilité décidé
par l?OACI. Cette nouvelle méthode,
dite ACR/PCR (Aircraft Classification
Rating/Pavement Classification Rating),
déclinée au niveau national par le
STAC, entrera officiellement en
application en novembre 2024. Elle
vient compléter le package cohérent
de méthodes rationnelles qui
permettent en phase de
dimensionnement des optimisations
de matériaux, mais également
d?intégrer de nouveaux matériaux
plus verts (matériaux biosourcés, bas
carbone, ou intégrant des matériaux
recyclés). La méthode ACR/PCR
permet de vérifier au plus juste
que les chaussées sont bien
adaptées au trafic d?aéronefs accueilli
et constitue un outil de gestion
de patrimoine optimisée. L?objectif
de toutes ces expérimentations
est de promouvoir des chaussées
plus vertueuses à l?échelle nationale.
Vélis Electro
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Vue aérienne de la
planche expéri-
mentale composée
de 6 sous-planches
(% d?agrégats
recyclés différents)
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
et la SNB
2030
La COP 15
Biodiversité
Biodiversité en danger : des solutions
internationales pour la préserver.
La 15e conférence des parties
à la convention des Nations unies
sur la biodiversité a réuni les 196 pays
signataires à Montréal du 7 au
19 décembre 2022. Le constat
est alarmant pour la biodiversité :
1 million d?espèces sont menacées
de disparition, 75 % de la surface
terrestre est altérée de façon
significative et 85 % des zones humides
ont disparu. On parle
de sixième extinction de masse.
Les parties ont abouti à un accord
sur le cadre mondial de préservation
de la biodiversité. Il définit un cadre
stratégique ambitieux composé
d?un objectif chiffré de protection
nommé « 30X30 » ? 30 % des terres
et 30 % des mers protégées d?ici
à 2030 ? et de 17 engagements
comprenant : la réduction de moitié
des pesticides et des excès de nitrates ;
la restauration de 30 % des
écosystèmes terrestres et maritimes
dégradés d?ici à 2030 ; la réduction
de 50 % de l?introduction
des espèces exotiques envahissantes
d?ici à 2050 ainsi que l?arrêt
de l?extinction des espèces protégées
dues aux activités anthropiques
à cette date. Enfin, un financement
à la hauteur des enjeux a également été
décidé, soit 500 Mds d?euros/an d?ici à
2030 et la création en 2023 d?un fonds
mondial pour l?environnement (FEM).
SNB 2030 : la France s?engage au titre
de la convention sur la biodiversité.
À l?échelle mondiale, la France
est le sixième pays hébergeant le plus
grand nombre d?espèces menacées
inscrites sur la liste rouge de l?Union
internationale pour la conservation
de la nature (IUCN). Ainsi, sur plus
de 12 500 espèces évaluées en France,
plus de 2 300 d?entre elles sont
menacées, dont 660 espèces
endémiques. Pour lutter contre
l?érosion de la biodiversité, la France
s?est dotée d?une Stratégie nationale
biodiversité (SNB) qui assigne
aux politiques publiques des cibles à
atteindre à l?horizon 2030 en matière
de protection de la biodiversité.
Certaines cibles découlent du cadre
mondial défini lors de la COP 15
ou de la Stratégie de l?Union
européenne pour la biodiversité (SUEB).
L?objectif premier de la SNB
est de « promouvoir un modèle socio-
économique favorable
à la biodiversité : faire évoluer
les modes de consommation, soutenir
une agriculture durable et intégrer
les enjeux de biodiversité
dans les transports et la transition
énergétique ». La SNB se décline
en 5 axes, 15 objectifs et 71 mesures.
La biodiversité aéroportuaire s?inscrit
dans quatre mesures de la SNB 2030
qui sera publiée au deuxième
trimestre 2023. Ainsi, elle s?inscrit dans :
? l?accélération de la protection
et de la restauration des écosystèmes
(mesure 1.4), au travers de la poursuite
par l?association Aéro Biodiversité
du maillage de la préservation
des prairies aéroportuaires
des 500 aérodromes français ;
? le renforcement de la lutte
contre la pollution (mesure 3.1),
notamment des sols,
par la publication d?un guide
Aéroports zéro phyto en 2023 ;
? le renforcement de la dimension
biodiversité des labels et des normes
dans les secteurs économiques
(mesure 7.1), grâce au développement
du label « Aérobio » décerné
aux plateformes aéroportuaires
par l?association Aéro Biodiversité ;
? l?incitation aux expériences
de connaissance et de nature
(mesure 8.3), à travers les activités
de sciences participatives proposées
par l?association Aéro Biodiversité.
Les actions associées à ces mesures
sont développées dans les pages
suivantes.
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Protéger
et valoriser
la biodiversité
aéroportuaire
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Face à l?érosion de la diversité biologique,
des engagements volontaristes ont été pris lors
de la COP 15, définissant un nouveau cadre stratégique
international pour 2030. Sur le plan national,
la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 (SNB)
décrit la trajectoire pour inverser la tendance du déclin
de la biodiversité. Le secteur aérien poursuit son
engagement pour la sauvegarde de la biodiversité
aéroportuaire en s?adossant à la SNB.
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Aéroport de St Pierre et Miquelon
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ADHÉRENTS À AÉROBIODIVERSITÉ
en 2022 représentant 70 aérodromes
500 km2
DE PRAIRIES AÉROPORTUAIRES
EN FRANCE
70 %
DE LA SURFACE DES 500 AÉRODROMES
MÉTROPOLITAINS ET ULTRA-MARINS
est constituée de prairies
54 55
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
L
Aéro Biodiversité, partenaire
incontournable
e rôle de l?association
Aéro Biodiversité
dans la préservation
et la valorisation de la biodiversité
aéroportuaire n?est plus à démontrer.
Depuis plusieurs années,
elle accompagne le secteur
aéroportuaire dans l?appropriation
des bonnes pratiques mettant
en valeur la biodiversité
environnante sans compromettre
la sécurité. S?appuyant sur une
démarche de science participative
dont les protocoles sont développés
par le Muséum national d?histoire
naturelle, elle permet de mieux
appréhender les différentes
composantes de la biodiversité
sur les plateformes tout
en sensibilisant les personnels
aux enjeux de la biodiversité.
Pour cela, les naturalistes
Aéro Biodiversité interviennent
deux à trois fois par an sur chaque
plateforme partenaire afin
d?inventorier les espèces animales
et végétales présentes sur le terrain.
Ce travail minutieux permet
de recueillir des données précises
sur la diversité des espèces observées
et de cartographier leurs habitats.
Quelques chiffres clés à l?appui :
en six ans, 34 000 données ont été
observées ; 3 000 espèces végétales
et animales ; 1 300 espèces de plantes
dont 45 espèces d?orchidées ;
255 espèces d?oiseaux ont été
recensées et 24 espèces
de chauve-souris ont été enregistrées
en métropole (sur 34 existantes).
Victime de son succès, l?association
poursuit sa progression puisqu?en
2022, elle compte 54 aéroports
et aérodromes en métropole
et outre-mer. Ce nombre devrait
augmenter en 2023. Le lancement
du label « Aérobio » en 2021,
décerné par un comité indépendant
et éthique issu du conseil scientifique
du Muséum national d?histoire
naturelle, est également un succès :
trois aéroports ont été labellisés
en 2021 (Paris-Orly, Tarbes
et Perpignan) et cinq ont été
labellisés début 2023 (Ajaccio, Bastia,
Carcassonne, Roissy?Charles-de-
Gaulle et Tours, cf encadré).
La DGAC adopte
son plan d?action biodiversité
ancée par la DGAC à
l?occasion de la Stratégie
nationale pour le transport
aérien, la feuille de route
biodiversité définit un cadre d?actions
et de moyens à mettre en oeuvre pour
une meilleure protection et valorisation
de la biodiversité aéroportuaire.
Il en est ressorti cinq axes stratégiques :
? Faire évoluer les textes réglementaires
relatifs à la gestion du risque animalier
sur les plateformes aéroportuaires
pour mieux prendre en compte
la biodiversité.
? Accompagner les exploitants
d?aéroports pour mieux articuler
l?aspect sécuritaire avec la biodiversité.
? Favoriser la mise en place de stations
d?accueil animalières dans
les aéroports.
? Sensibiliser et communiquer
sur les enjeux de préservation
de la biodiversité aéroportuaire
auprès des professionnels du secteur
et des usagers.
? Promouvoir les sciences participatives
sur les aéroports.
L?avancement des travaux sur la feuille
de route a permis d?aboutir à un plan
d?action biodiversité en adéquation
avec les besoins internes de la DGAC
en matière d?acquisition de
connaissances et de diffusion de
l?information.
Le plan d?action biodiversité
de la DGAC se décline en sept grandes
thématiques :
? Adapter la réglementation relative
à la gestion du risque animalier
pour introduire une dimension
plus compatible avec une gestion
davantage vertueuse des espaces
verts aéroportuaires favorisant
la biodiversité ordinaire.
? Accompagner la mise en oeuvre
des démarches de développement
de la biodiversité sur les aéroports.
? Favoriser l?intégration de la biodiversité
des aéroports dans les espaces
naturels environnants du territoire.
? Établir un recensement et un suivi des
mesures en faveur de la biodiversité
mises en oeuvre sur les plateformes
et favoriser le partage.
? Promouvoir l?action de l?association
Aéro Biodiversité.
? Développer les formations et l?accès
à l?information sur la biodiversité.
? Développer les campagnes
de communication.
Il est en particulier destiné aux DSAC
régionales qui constituent un relais
essentiel de la stratégie en matière
de biodiversité aéroportuaire. Elles sont
en effet un maillon incontournable
pour la remontée d?information sur
les problématiques environnementales
(populations concernées, initiatives
locales) ainsi que pour intégrer les zones
aéroportuaires dans les plans locaux
de protection de la biodiversité.
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Les équipes d?Aérobiodiversité sur le terrain
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LABEL AÉROBIO
En 2022, le label a été ouvert aux
plateformes adhérentes à
l?association depuis au moins un an.
Six dossiers ont été reçus et analysés
en fin d?année 2022. Le comité
scientifique de l?association décide
de façon indépendante, de
l?attribution du Label et de son
niveau (il y a 3 niveaux). Ainsi ont été
labellisés en février 2023, les
aéroports de Bastia Poretta,
d?Ajaccio Napoléon Bonaparte et
Tours Val de Loire au niveau 1, puis
Carcassonne Sud de France et
Paris-Charles de Gaulle au niveau 2.
PICTAGRAINES, UNE
INITIATIVE QUI PREND DE
L?AMPLEUR !
Le projet Pictagraines du
Conservatoire d?espaces naturels
de Nouvelle Aquitaine (CEN-NA),
débuté sur l?aéroport de Poitiers
en 2019, se développe sur
les plateformes de La Rochelle et
de Niort avec la signature de
partenariats en 2022. Tout comme
la marque collective Végetal local
portée par l?Office français de
la biodiversité (OFB), ce projet vise
à récolter des graines de plantes
locales sur des prairies encore
préservées, telles que les prairies
aéroportuaires, pour ensuite les
réimplanter lors de projets locaux de
réhabilitation ou de végétalisation.
L?avantage de ces végétaux sauvages
et locaux est qu?ils ont bénéficié
d?une longue co-évolution avec
la faune et la flore locales, ce qui
contribue au bon fonctionnement
des écosystèmes auxquels ils sont
inféodés. Ils sont aussi bénéfiques
à la résilience des écosystèmes.
56 57
DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
n 2021, dans un double objectif
de protection de la biodiversité
et de sécurité, le STAC a lancé un travail
en partenariat avec les Directions
régionales de l?environnement, de l?aménagement
et du logement (Dreal) et le Service d?information
aéronautique (SIA) visant à une meilleure prise
en compte par les pilotes de la présence de zones
de sensibilité majeure (ZSM) liées à des zones
de reproduction de certains grands rapaces
protégés, lors de la préparation de leurs vols.
Le travail a abouti en novembre 2022
à la publication, à travers la section ENR 5.6-A de
l?AIP et le site Internet du STAC, de cartes détaillées
par secteurs géographiques (Alpes, Pyrénées, Massif
central) indiquant les ZSM actives. Plusieurs actions
de communications ont été élaborées lors
de la mise en ligne des cartes, dont une information
spécifique auprès des fédérations aéronautiques.
Le travail se poursuivra en 2023 avec l?amélioration
des cartes diffusées sur la base des premiers retours
et un élargissement des actions de communication
auprès des usagers des espaces aériens.
Les zones
de sensibilité
majeure (ZSM)
es espèces exotiques envahissantes (EEE)
d?origine animale ou végétale représentent
l?une des principales causes d?érosion
de la biodiversité à l?échelle mondiale. Elles sont
introduites volontairement ou non hors de leurs milieux
naturels par les activités humaines. Leur implantation
et propagation menacent les écosystèmes, les habitats
ou les espèces. En France métropolitaine, 1 379 plantes
exotiques envahissantes et 708 espèces de faune ont été
recensées. Seules deux plateformes aéroportuaires sur
les 36 en France métropolitaine échappent à ce phénomène.
Dès 2017, le ministère chargé de l?Environnement a publié
la Stratégie nationale relative aux EEE afin d?accompagner
la mise en application de la réglementation européenne
et de répondre aux enjeux nationaux.
Des conservatoires botaniques nationaux ont élaboré
des listes hiérarchisées des EEE sur l?ensemble du territoire,
selon le degré d?envahissement. On distingue ainsi trois
grands niveaux : EEE avérées, potentielles et à surveiller. En
2021, l?association Aéro Biodiversité a recensé les principales
EEE végétales présentes sur les aérodromes, soit environ
une quinzaine dont la plus répandue est « la Vergerette du
Canada ». D?autres espèces sont visibles, dans une moindre
mesure : le seneçon du Cap, l?ambroisie à feuilles d?armoises,
le sporobole tenace. L?éradication d?une EEE est quasiment
impossible dès lors que l?espèce est largement répandue.
Cependant, la propagation peut être limitée soit par
des interventions de régulation, soit par une gestion adaptée
de la zone concernée. La mise en place d?un plan d?action
spécifique à la problématique est en cours de réflexion.
Des espèces
exotiques
envahissent
les plateformes
aéroportuaires
L
E
Des guides
techniques
pour aider les
aéroports à
valoriser la
biodiversité
La fauche sur les aéroports entre gestion du risque animalier
et valorisation de la biodiversité.
Le Service technique de l?aviation civile (STAC) a mené une
étude relative aux pratiques de fauche sur les aérodromes
dans l?objectif de concevoir un guide technique à l?attention
des exploitants d?aérodromes, des bases aériennes et de leurs
responsables en charge du péril animalier et des espaces
verts. Ce guide technique aborde le sujet à la fois sous l?angle
de la sécurité aérienne et de la biodiversité, avec l?ambition
d?engager les acteurs de la communauté aéroportuaire
vers des pratiques de gestion plus vertueuse pour
l?environnement. Il présente des informations générales
relatives aux prairies aéroportuaires et aux modalités
d?entretien, partage des bonnes pratiques et des pistes
de réflexion qu?il convient d?adapter localement, chaque
aéroport présentant des spécificités en matière de faune et
de flore locale. Il fournit enfin une méthodologie générale
relative à la conception d?un plan de gestion des espaces
verts.
Guide « Aéroports Zéro Phyto».
Le projet « Aéroports Zéro Phyto » lancé dans le cadre du plan
Écophyto II s?est poursuivi en 2022. Ce guide ambitionne
d?accompagner les aéroports français dans la mise en oeuvre
d?un plan zéro phyto et de pérenniser l?approche
sur l?ensemble des plateformes aéroportuaires. Cet outil, à
destination des gestionnaires d?aéroports, rassemblera les
bonnes pratiques sous forme de fiches techniques
à mettre en oeuvre, afin de parvenir à l?élimination complète
de l?usage des produits phytosanitaires. Ce guide a été publié
en mai 2023.
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Senecio Inaequidens Test des nouveaux émulseurs conçus par le STAC,
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De nouveaux émulseurs pour lutter contre
les incendies d?aéronefs respectueux de
l?environnement.
Les Services de sauvetage et de lutte contre
l?incendie des aéronefs sur les aéroports (SSLIA)
interviennent lors d?un incident ou d?un accident
d?avion sur une plateforme. Ils utilisent des mousses
extinctrices destinées à la lutte contre les incendies
de kérosène. Depuis près de 50 ans, la majorité des
mousses utilisées contre les feux d?hydrocarbures
contiennent des tensioactifs fluorés, reconnus pour
leur efficacité, mais néfastes pour la santé et
l?environnement, notamment pour la biodiversité.
En 2011 puis en 2020, l?Union européenne a interdit
ou restreint l?utilisation de certaines familles de
tensioactifs. Les fabricants d?émulseurs développent
depuis de nouvelles formules et gammes
d?émulseurs, fluorés ou non fluorés, plus
respectueuses de l?environnement. En conséquence,
un « guide des émulseurs » est en cours d?élaboration
par le STAC. Il vise à accompagner les exploitants
d?aéroports dans le choix de produits performants
en matière de lutte contre l?incendie tout en étant
plus exigeants en matière de protection de la santé
et de l?environnement. Sa parution
est prévue en 2023.
De nouveaux
émulseurs plus
écologiquesTracteur de fauche
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
DES ABRIS POUR HÉRISSONS SUR
L?AÉROPORT DE NIORT-MARAIS
POITEVIN
Dans le cadre du plan de gestion
de la biodiversité de l?aérodrome de Niort?Marais
poitevin, la ville de Niort, propriétaire
et exploitante de l?aérodrome, a mené
des actions sur les modalités de fauche
des abords des pistes. Elle a acquis un matériel
permettant le ramassage des résidus de fauche
afin de limiter l?acidification des sols. Ces résidus
sont ensuite placés en des points stratégiques
de la plateforme afin de limiter les déplacements
routiers et de permettre la création d?abris,
avec des herbes et des branchages, pour
certains reptiles, ou de petits mammifères,
notamment les hérissons. Les prairies
de l?aéroport de Niort sont également une zone
naturelle de reproduction des lombrics et autres
petits animaux qui permettent aux hérissons
de se nourrir.
LA PROTECTION DE L?ESCARGOT DE CORSE,
UNE ESPÈCE RARE, QUI A VALU À L?AÉROPORT
D?AJACCIO LE LABEL AEROBIO
Longtemps considéré comme disparu, l?Hélix de Corse
est un escargot micro-endémique de Corse. Son habitat,
restreint à 2 hectares de la terrasse fluvio-marine
du Ricantu, est enclavé à l?intérieur du territoire
de l?aéroport d?Ajaccio. L?espèce est en voie d?extinction
(environ 5 000 individus).
Dans le passé, la construction d?une piste
et le réaménagement de la plateforme ont détruit
en partie l?habitat de l?escargot. Les études génétiques
ont montré qu?ils ont été isolés et se sont retrouvés
de part et d?autre de la piste.
L?enjeu aujourd?hui pour la DSAC SE/délégation Corse,
pour l?aéroport et pour l?association environnementale
CPIE (Centre permanent d?initiatives pour
l?environnement), est de préserver la bande littorale
où ils vivent et de restaurer un « corridor » afin d?assurer
la continuité de l?habitat et de maintenir le brassage
génétique de la population. Un Plan national d?action
pour l?escargot de Corse est en cours de rédaction.
En bref
LA LUTTE CONTRE LE TRAFIC D?ESPÈCES PROTÉGÉES
La lutte contre le trafic d?espèces sauvages
et l?introduction de viande dite « de brousse »
sur le territoire national, notamment par voie
aérienne, constitue un enjeu sanitaire
et environnemental majeur pour la France.
En 2021, sur l?aéroport de Roissy?Charles-de-
Gaulle, 19,7 tonnes de produits carnés ont été
saisies dans les bagages des voyageurs,
dont environ 500 kg de viande de brousse. Ainsi,
des viandes provenant d?espèces protégées
par la Convention sur le commerce international
des espèces de faune et de flore
menacées d?extinction (Cites) sont
régulièrement découvertes dans les bagages.
L?importation de produits carnés dans les
bagages est pourtant prohibée par la
réglementation européenne, pour des raisons
sanitaires. Cette pratique est également interdite
au regard de la protection des espèces protégées
et de la biodiversité. Afin de concevoir et mettre
en oeuvre des actions communes, coordonnées
et adaptées au territoire national, contre le trafic
d?espèces protégées, un groupe de travail
interministériel s?est monté. Il inclut la DGAC.
Le Service public
écoresponsable (SPE),
un nouvel enjeu
environnemental
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Le plan de sobriété de l?État s?impose non seulement
à tous les acteurs économiques et aux citoyens,
mais aussi aux administrations elles-mêmes.
Voyons comment elle se traduit concrètement dans nos locaux !
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L? hélix de Corse sur l?aéroport d?Ajaccio
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Ecopâturage sur les terrains du STAC à Toulouse
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
Comment
s?organise
la démarche
SPE à la
DGAC ?
La démarche du Service public
écoresponsable (SPE).
Pour mémoire, la démarche SPE
a pour but la nécessaire réduction
de l?empreinte environnementale
de l?activité quotidienne
de l?administration.
Elle a été formalisée initialement
par la circulaire du 25 février 2020
qui, à travers vingt mesures,
demande aux administrations
de concrétiser cet effort
d?écoresponsabilité dans tous
les domaines d?action de
l?administration. Elle a été complétée
par la circulaire du 10 novembre 2022,
mettant en place un plan de sobriété
énergétique de l?État s?appliquant
à toutes les administrations
et réparti en 20 chantiers,
dont la rénovation énergétique
des bâtiments, la baisse des émissions
de gaz à effet de serre, la commande
publique, l?encouragement
aux mobilités douces.
Tous les services de l?État,
dont la DGAC, doivent établir
un rapportage annuel de certains
indicateurs afin de mesurer
concrètement le développement
progressif de la démarche.
La déclinaison de la démarche à SPE
à la DGAC.
Dans le cadre de cette démarche,
des structures ont été mises en place
au sein de la DGAC afin de faire
progresser significativement l?action
écoresponsable de l?administration :
? Un « réseau SPE » d?une centaine
de personnes, accompagné
par une équipe projet, a été créé
en février 2022. En vue de piloter
et de coordonner les actions menées
au sein de la DGAC, il réunit des
représentants de toutes les directions
et se décline en 16 chantiers (dont
achats durables, énergie et bâtiments,
bilan des émissions des gaz à effet
de serre, alimentation, numérique,
biodiversité).
? En parallèle, fin 2022, un Comité
du développement durable s?est
monté au sein de la DGAC. Composé
de représentants des différentes
directions et des syndicats, présidé
par le directeur général, il se réunit
au moins une fois par an. Sa mission
est triple : veiller à une application
rigoureuse des engagements SPE,
proposer des actions additionnelles,
échanger sur toute initiative locale.
Par ailleurs, par sa note 22-55-SG
du 18 août 2022, la secrétaire générale
de la DGAC a, dans le cadre du plan
de sobriété énergétique, appelé
tous les services à prendre les mesures
nécessaires à la réalisation
d?économies d?énergie rapides
et massives en prévoyant notamment
une température maximale de 19°
dans les locaux, une utilisation de la
climatisation uniquement à partir de
26°, l?extinction des lumières inutiles,
l?utilisation de LED, l?encouragement
au covoiturage et aux mobilités
douces. La décarbonation
sera le grand chantier de 2023.
FOCUS SUR L?EXPÉRIMENTATION
DE LA FERMETURE DU SIÈGE
DE LA DGAC LE 31 OCTOBRE :
Le 31 octobre 2022, la DGAC
a profité de la possibilité
d?un week-end prolongé
à l?occasion du 1er novembre
férié pour tester l?efficacité
d?une fermeture de son siège
rue Henry-Farman à Paris. Le mode
« hivernation » a été utilisé :
fermeture du chauffage,
des parkings, des lumières,
de la cantine par exemple.
Le résultat a été intéressant
avec 26 % d?économie d?énergie par
rapport à une journée « ordinaire »
de la semaine précédente.
La rénovation énergétique
des bâtiments, une priorité !
epuis 2020, l?Etat a lancé
successivement des plans
massifs de rénovation
énergétique des
bâtiments publics pour allier soutien
de l?économie suite aux diverses
crises traversées, diminution
drastique de l?empreinte
environnementale et baisse de la
facture énergétique, l?énergie utilisée
par les bâtiments de l?administration
étant le 2è poste de dépenses de son
budget de fonctionnement, après les
salaires. En 2022, la guerre en Ukraine,
et la crise énergétique qu?elle a
provoquée, ont encore accru la
nécessité de réduire la
consommation et la facture
énergétique des bâtiments. Pour
cela, un plan de sobriété énergétique
(cf p.10) sonnant une mobilisation
générale de tous les secteurs
d?activité, a été présenté le 6 octobre
2022 avec un objectif de gain
énergétique de 10 % dans les deux
ans.
Le SNIA, Service national d?ingénierie
aéroportuaire, et gestionnaire du
parc immobilier DGAC (dont 502
bâtiments tertiaires sur une centaine
de sites pour 687 000m² de surface
hors d?oeuvre nette), est au coeur de
ce dispositif de rénovation
énergétique des bâtiments et de
conception HQE (Haute qualité
environnementale) des nouvelles
constructions, avec une
augmentation croissante des
chantiers au fil des années. Dans le
cadre du plan de relance, 106 projets
ont pu être lancés dont 65 achevés
en 2022. Les programmes de
rénovation doivent s?inscrire dans la
trajectoire du Dispositif éco-énergie
tertiaire (DEET) prévu par le décret
dit « tertiaire » du 23 juillet 2019, qui
impose une réduction progressive de
l?énergie finale utilisée dans les
bâtiments tertiaires, de 40% dès 2030
et jusqu?à 60% en 2050, objectif qui
rejoint les ambitions du secteur
aérien, auquel il incombe de réduite
de 50 % ses émissions de gaz à effet
de serre d?ici 2050.
Les travaux les plus courants dans le
cadre de la rénovation énergétique
sont l?amélioration de la régulation
des systèmes de chauffage et de
climatisation, l?isolation thermique
de l?enveloppe, le remplacement des
menuiseries extérieures, ou le recours
croissant à l?électricité d?origine
photovoltaïque (PhV) via des
installations en autoconsommation.
Par exemple, sur le campus de
l?ENAC (Toulouse), l?énergie PhV
représente 17% de l?énergie
consommée, 25% à terme.
En plus de ces dispositifs courants,
d?autres réalisations sont à souligner :
GTA Ajaccio : installation de
systèmes Triple C assurant chauffage,
climatisation et chauffe-eau
thermodynamique.
DAC Nouvelle-Calédonie : réduction
de l?effet albédo et rafraîchissement
naturel des locaux par la
végétalisation, la pose de brise-soleil
et l?optimisation des ventilations
naturelles.
ENAC, et DSAC Nord (Orly) : recours
partiel à la géothermie ou le
raccordement à des réseaux de
chaleur.
Focus sur une rénovation exemplaire
la DSAC Ouest en 2022:
Le bâtiment a atteint le niveau E3C1
(Energie 3-Carbone 1), traduisant une
excellente performance énergétique
avec notamment :
? l?utilisation de matériaux de
construction en bois,
? le recours aux panneaux
photovoltaïques en
autoconsommation ;
? une enveloppe performante et
compacte (triple vitrage, bois,
brise-soleil orientable, amélioration
de l?étanchéité).
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Atelier Réparation vélos à l?ENAC Toulouse
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Vue aérienne de l?extension du siège de la DSAC Ouest (au 1er plan), construction Haute
qualité environnementale
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DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022 DGAC ? RAPPORT ENVIRONNEMENT 2022
ACNUSA : Autorité de contrôle
des nuisances aéroportuaires
ADEME : Agence de l?environnement
et de la maîtrise de l?énergie
ANSP : Air Navigation Service Provider ou
prestataire de services de la navigation
aérienne
APU : Auxiliary Power Unit, ou moteur
auxiliaire de puissance
CAD : Carburant d?aviation durable
CAEP : Committee on Aviation
Environmental Protection
CALIPSO : Classification acoustique
des avions légers selon leur indice
de performance sonore
CCE : Commission consultative
de l?environnement
CDO : Continue Descent Approach
CGDD : Commissariat général
au développement durable
CNR : Conseil national de la refondation
CSB : Carte stratégique de bruit
CORAC : Conseil pour la recherche
aéronautique civile
CORSIA : Carbon Offsetting and Reduction
Scheme for International Aviation,
ou mécanisme mondial de compensation
des émissions de l?aviation civile
internationale
DSAC : Direction de la sécurité de l?aviation
civile
DSNA : Direction des services
de la navigation aérienne
DTA : Direction du transport aérien
EIAE : Étude d?impact selon l?approche
équilibrée
ENAC : École nationale de l?aviation civile
EU-ETS : European Union-Emission Trading
System, ou Système d?échange de quotas
d?émission de l?Union européenne (SEQE)
eVTOL : Electrical Vertical Take-Off and
Landing
GES : Gaz à effet de serre
GIFAS : Groupement des industries
françaises aéronautiques
GPU : Groung Power Unit, ou groupe
électrogène pour l?alimentation électrique
des avions au sol
IGEDD : Inspection générale
de l?environnement et du développement
durable
MRAe : Mission régionale d?autorité
environnementale
OACI : Organisation de l?aviation civile
internationale
OAD : Observatoire de l?aviation durable
ONERA : Office national d?études
et de recherches aérospatiales
PEB : Plan d?exposition au bruit
PGS : Plan de gêne sonore
PIA : Programme d?investissement d?avenir
PNACC : Plan national d?adaptation
au changement climatique
PPA : Plan de protection de l?atmosphère
PPE : Programmation pluriannuelle
de l?énergie
PPBE : Plan de prévention du bruit
dans l?environnement
PREPA : Plan national de réduction
des émissions de polluants atmosphériques
PUF : Particules ultrafines
RTE-T : Réseau transeuropéen de transport
SAF : Sustainable aviation fuel, ou
carburant d?aviation durable (CAD)
SARP : Standards and Recommended
Practices
SFEC : Stratégie française sur l?énergie
et le climat
SGPE : Secrétariat général
de la planification écologique
SPE : Service public écoresponsable
SNB : Stratégie nationale biodiversité
SNBC : Stratégie nationale bas carbone
STAC : Service technique de l?aviation civile
TIRUERT : Taxe incitative relative
à l?utilisation de l?énergie renouvelable
dans les transports
TNSA : Taxe sur les nuisances sonores
aériennes
UAF : Union des aéroports français
et francophones associés
UICN : Union internationale
pour la conservation de la nature
UE : Union européenne
ZSM : Zone de sensibilité majeure
Glossaire
7 ?
De multiples initiatives
au service d?un SPE
ncitations nationales
aidant, la démarche SPE
s?impose désormais
dans tous les services de la DGAC,
et se décline en six thèmes : énergie
et bâtiments, mobilité, déchets,
alimentation, biodiversité,
sensibilisation. Certains services
se sont montrés particulièrement
innovants en 2022. Quelques
exemples?
En matière de mobilité, ça roule !
Le renouvellement de la flotte des
véhicules de service par des véhicules
électriques ou l?incitation au
covoiturage et aux mobilités douces
sont largement déployées et mises en
avant via par exemple la participation
à des « villages de la mobilité (douce) »
à la DSAC Sud-Ouest (aéroport
de Bordeaux) ou la campagne « DAC
à vélo » à la DAC Nouvelle-Calédonie.
Un intérêt croissant
de l?administration
pour la biodiversité sur ses terrains.
Ainsi, le STAC de Toulouse a
développé l?écopâturage, les moutons
venant brouter les espaces verts
(cf photo p.59). La DAC Nouvelle-
Calédonie poursuit son partenariat
vertueux avec le WWF, qui se traduit
notamment par des opérations
régulières de sensibilisation des agents
à la biodiversité, par exemple en les
associant à la plantation d?arbres et
de plantes sur les terrains de la DAC
avec l?aide des bénévoles de
l?association. Les carrés potagers,
comme la déminéralisation de
certains espaces quand c?est possible,
se développent aussi.
Sensibilisation des agents
et formation.
Des ateliers « Fresque du climat »
sont peu à peu proposés, aux côtés
d?actions de sensibilisation
à la responsabilité solidaire
et écoresponsable ou aux écogestes.
Dans le cadre de son projet
Transformation écocitoyenne
à la DSAC AG (Antilles-Guyane),
la DSAC a obtenu le financement de
son volet Formation par le CGDD à
la suite de l?appel à défis « Innovation
écoresponsable ».
De leur côté, les services de l?ENAC
ont mis en place une « rentrée climat »
en septembre 2022, trois jours
de cours et d?ateliers pour apporter
aux 400 étudiants, futurs diplômés,
une bonne connaissance des enjeux
environnementaux. Ces trois jours
comprennent notamment la Fresque
du climat, la Fresque aéro,
des modules sur la décarbonation,
les questions énergétiques, ou encore
les controverses sociotechniques
et les nouvelles technologies.
Ce dispositif novateur et complet
mobilise 70 enseignants et agents.
DEUX PRIX POUR L?ENAC EN 2022
L?École, et en particulier sa mission
SPE, a en effet été lauréate de deux
concours régionaux, le Concours
Développement durable de
l?université fédérale de Toulouse
et les Trophées Tisseo, grâce à
une double initiative :
le prêt de vélos électriques
et de vélos cargo à ses usagers,
étudiants et agents (pour
quatre mois) et l?organisation
d?ateliers de réparations de vélos
sur le campus de Toulouse.
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Plantations sur le terrain de la DAC à Nouméa par des agents de la DGAC , avec des bénévoles du WWF pour guides
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www.ecologie.gouv.fr
Rapport Environnement
de la Direction générale
de l?aviation civile 2022
Juin 2023?
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