Mission relative aux outils d'habitat et d'urbanisme à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre l'habitat indigne
Hanotin, Mathieu ;Lutz, Michèle
Auteur moral
France. Inspection générale de l'environnement et du développement durable (IGEDD)
Auteur secondaire
Résumé
Ce document fait des propositions et examine comment les pouvoirs publics peuvent lutter contre l'habitat indigne et protéger les populations des marchands de sommeil.
Descripteur Urbamet
habitat indigne
;financement
;collectivités territoriales
;fiscalité
Descripteur écoplanete
urbanisme
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
Mission relative aux outils
d?habitat et d?urbanisme
à créer ou améliorer
pour renforcer la lutte
contre l?habitat indigne
23 octobre 2023
Rapport conduit par
Mathieu HANOTIN, Maire de Saint-Denis
Michèle LUTZ, Maire de Mulhouse
2
SOMMAIRE
? LETTRE DES MAIRES AU MINISTRE ????????????????????????????.. p. 3
? SYNTHÈSE ??????????????????????????????????????????.. p. 4
? 24 PROPOSITIONS ?????????????????????????????????????? p. 6
? INTRODUCTION ???????????????????????????????????????. p. 8
? MÉTHODOLOGIE ET CHIFFRES-CLÉS ???????????????????????????.. p. 9
? AMPLIFIER LE POUVOIR D?AGIR DES COLLECTIVITÉS
POUR DES INTERVENTIONS PLUS RAPIDES ??????????????????.?????..
p. 12
? FACILITER L?INTERVENTION DES ACTEURS DE L?HABITAT PRIVE ???????????? p. 26
? AMÉLIORER L?ACCOMPAGNEMENT ET LA PROTECTION DES HABITANTS ??????.. p. 36
? ACCENTUER LES MESURES COERCITIVES ENVERS LES PROPRIÉTAIRES INDELICATS
ET LES MARCHANDS DE SOMMEIL ???????????????????????????.?.
p. 48
? CONCLUSION ?????????????????????????????????????.???. p. 53
? ANNEXES ??????????????????????????????????????????... p. 54
Ce document été réalisé avec le concours de
Chantal MATTIUSSI Olivia METZ
Directrice du Pôle national Directrice générale adjointe
de lutte contre l?habitat indigne Ville durable de Saint-Denis
Maryline SIMONÉ Yacine AABOUCHE
Inspectrice générale de l?administration Directeur de l?habitat durable de Saint-Denis
et du développement durable, IGEDD Frédéric BRUN
Farida BABA-MABROUKI Directeur général adjoint Aménagement
Chargée de mission, IGEDD et développement urbain de Mulhouse
Sophie DA FIES
Cheffe du service habitat de Mulhouse
3
Monsieur le Ministre,
L?habitat indigne touche à la fois nos métropoles, villes moyennes, bourgs, villages et nos territoires
d?outre-mer. En métropole, entre 400 000 et 420 000 logements du parc privé sont estimés
potentiellement indignes - quand plus d?un million d?occupants sont concernés1 - dont environ la
moitié sont occupés par leur propriétaire.
La lutte contre l?habitat indigne a fait l?objet de nombreux textes de lois, de réglementations et d?outils
pour permettre aux collectivités et acteurs concernés d?enrayer « toute situation d?habitat portant
atteinte et contraire à la dignité humaine »2 et qui « expose les occupants à des risques manifestes »3
et aussi d?en réduire les délais de procédure, sans pénaliser pour autant les occupants, propriétaires
et locataires, au regard de leurs droits.
Ce sujet nous oblige tant des faits récents se sont révélés dramatiques par le nombre des victimes
mais aussi face au besoin criant de logements.
Suite au document intermédiaire remis à Madame la Première ministre en juillet dernier, nous avons
le plaisir de vous remettre le rapport final de la mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à
créer ou améliorer pour renforcer cette lutte contre l?habitat indigne.
Outre les expériences vécues par nos collectivités respectives, nous nous sommes attachés à relayer
les témoignages des élus locaux, des parlementaires, des opérateurs, du secteur associatif, rencontrés
et auditionnés, en identifiant non seulement nos difficultés communes mais surtout d?y répondre de
façon concrète et opérationnelle.
Nous souhaitons remercier ici toutes les acteurs qui se sont mobilisés pour nous apporter leur
expertise et leur contribution, qui nous ont accueillis sur leur territoire et répondu à nos sollicitations.
Les 24 propositions du présent rapport, qu?elles soient d?ordre législatif, réglementaire, juridique ou
financier, ont rencontré une adhésion à la hauteur des enjeux de santé et de sécurité de nos
concitoyens dans leur logement du parc privé.
Nous formulons le souhait que ce travail collectif contribue à la construction d?un agenda politique,
auquel nous prendrons toute notre part et notre responsabilité pour offrir un habitat digne et durable
aux habitants de nos communes.
Mathieu HANOTIN Michèle LUTZ
Maire de Saint-Denis Maire de Mulhouse
1 100 000 logements sont déclarés insalubres en Outre-mer.
2 Article L. 225-4 du code pénal et loi n° 2003-239 pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003.
3 Article 84 de la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l?exclusion du 25 mars 2009.
4
SYNTHÈSE
Par lettre de commande du 27 mars 2023, une mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à
créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne a été confiée aux maires de
Mulhouse et Saint-Denis.
Trois enjeux majeurs étaient identifiés dans la lettre de mission du ministre confiée, signal fort, à deux
maires, afin de :
? établir des propositions sur les outils fonciers à développer pour accélérer le traitement des
situations,
? proposer de diversifier les sources de financement, par exemple des investissements privés,
? renforcer les mesures coercitives à l?égard des propriétaires indélicats.
Pour répondre à ces enjeux, nous avons fait le choix de centrer nos propositions autour de 4 axes
d?interventions :
1 Renforcer la capacité à agir de la puissance publique, notamment en facilitant son action sur le
foncier
Premier ingrédient du projet urbain, le foncier conditionne son envergure et sa qualité.
À l?échelle d?un bâti, d?un îlot ou d?un quartier, la capacité d?agir de la puissance publique est
proportionnelle à sa capacité à maîtriser le foncier. Plus le foncier est maitrisé en amont d?un
projet, plus ouvertes sont les options qui s?offrent à la collectivité.
Par ailleurs, dans le cas spécifique des situations d?habitat indigne, les enjeux de maîtrise foncière
viennent forcément croiser le droit constitutionnel de la propriété. Les propositions que nous
portons, encouragées par la convergence de vue des acteurs de terrain - collectivités et leurs
aménageurs notamment - visent à définir des cas spécifiques dans lesquels la puissance publique
est contrainte de se rendre propriétaire de fonciers, et de faciliter les conditions et délais de cette
maîtrise.
Créer une DUP « Lutte contre l?habitat indigne », clarifier les conditions de recours à la DUP
« Vivien », anticiper les possibilités de portage, voici autant de mesures prioritaires qui doivent
renforcer le pouvoir d?agir et notamment faciliter les délais dans lesquels s?exerce cette maîtrise.
Le temps est un défi majeur de transformation des territoires, à la fois pour accélérer la
reconstruction de la ville sur la ville et pour garantir un usage mesuré et adapté des deniers
publics. Nos propositions visent à faciliter l?intervention de la puissance publique lorsque celle-ci
est rendue indispensable.
2 Faciliter les interventions des acteurs de l?habitat privé
Lutter contre l?habitat indigne et garantir un logement décent, abordable et durable pour tous,
c?est donner les moyens aux acteurs de l?habitat privé de pouvoir faire mieux de manière
autonome.
Nous sommes convaincus que la puissance publique doit intervenir de manière ciblée, en relai et
soutien lorsque les interventions privées ont épuisé tous leurs leviers d?intervention. Aussi, nous
avons souhaité donner la parole aux acteurs qui sont à l?oeuvre au quotidien auprès des
propriétaires. Les multiples acteurs amenés à intervenir dans l?habitat privé doivent pouvoir être
mieux positionnés pour intervenir encore plus en amont au soutien des propriétaires
responsables. Les propriétaires doivent également être mieux informés, formés, et soutenus dans
leur capacité financière à agir.
5
C?est pourquoi nous avons priorisé la possibilité de mieux les accompagner, au travers un acteur
spécialisé à expérimenter dans certaines situations : le syndic d?intérêt général.
Les leviers financiers et fiscaux pouvant être mobilisés permettraient de garantir l?engagement
des travaux d?entretien courant, ceux relatifs aux désordres structurels et ceux visant à améliorer
les performances énergétiques des logements. Les propriétaires doivent pouvoir s?appuyer sur
des professionnels dont la qualification est au centre des solutions de long terme pour préserver
les logements.
Enfin, dans le cas spécifique des immeubles de grande hauteur, une recherche de simplification
des obligations, tout en veillant au respect de la sécurité des personnes, permettrait de faciliter la
gestion de ces copropriétés à part.
3 Améliorer l?accompagnement et la protection des habitants
Parce que le logement n?est pas un bien comme les autres et que nous portons la conviction que le
droit au logement est un droit essentiel, la protection des habitants doit être renforcée.
Mieux protéger les habitants, c?est garantir un meilleur équilibre entre les droits et obligations,
notamment des propriétaires bailleurs. La mise en avant du logement comme un produit
d?investissement conduit certains propriétaires indélicats à s?exonérer de leurs obligations.
Conforter le permis de louer, garantir le droit à l?hébergement dans le cas de procédures,
associer les assureurs comme partie prenante pour proposer des solutions dans les cas de sinistre
grave sont autant de mesures qui doivent compléter les dispositions plus techniques.
La lutte contre l?habitat indigne vise avant tout à garantir un accès au logement abordable,
durable et décent pour tous. Mieux protéger les habitants contribue à maintenir ce niveau
d?exigence.
4 Accentuer les mesures coercitives envers les propriétaires indélicats et les marchands de sommeil
Afin que l?habitat indigne ne soit pas qu?une source de profit des marchands de sommeil, nous
appelons à un durcissement général à leur égard.
En complément des mesures incitatives pour les propriétaires responsables et volontaires, il nous
est apparu nécessaire de renforcer les mesures coercitives à l?encontre des propriétaires
indélicats.
Amplifier les capacités de la justice à pouvoir être rendue via une nouvelle répartition des
pouvoirs d?enquête judiciaire nous semble une nécessité. Faciliter la mise en application de
mesures existantes comme celle relative à la saisie des lots en impayés contribuera à plus
d?équité entre les propriétaires au sein d?une même copropriété.
Enfin, une proposition de mise en cohérence est suggérée pour harmoniser des codes distincts
qui régissent les interventions en tissu pavillonnaire.
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24 PROPOSITIONS
Pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne
AMPLIFIER LE POUVOIR D?AGIR DES COLLECTIVITES
POUR DES INTERVENTIONS PLUS RAPIDES
1. Permettre une expropriation foncière plus rapide des immeubles d?habitat indigne pouvant
mettre en jeu la santé ou la sécurité des personnes.
2. Sécuriser et élargir les conditions de recours à la déclaration d?utilité publique dite « Loi Vivien »
pour l?expropriation des immeubles d?habitat indigne sous interdiction définitive d?habiter.
3. Instaurer une méthode nationale de décote pour l?évaluation des immeubles dégradés.
4. Développer les financements de déficit de traitement d?habitat indigne à l?immeuble ou à l?îlot
dans un cadre de projet urbain.
5. Instaurer la possibilité de rétrocession à l?euro des biens confisqués par la justice à destination des
collectivités.
6. Mieux garantir la réalisation des travaux d?office relevant de l?urgence et renforcer les capacités
de financements des travaux de sortie d?habitat indigne pour les copropriétés sous arrêté.
7. Renforcer l?ingénierie au service de la lutte contre l?habitat indigne pour l?adapter aux besoins des
territoires.
8. Faciliter le portage foncier pour anticiper l?intervention de la puissance publique lorsque celle-ci
est rendue indispensable.
FACILITER L?INTERVENTION DES ACTEURS
DE L?HABITAT PRIVÉ
9. Accompagner les organismes, notamment HLM, souhaitant intervenir en tant que syndic d?intérêt
général.
10. Renforcer les obligations existantes de diagnostic et de programmation pluriannuelles de travaux
avec la nécessité de connaître l?état structurel du bâti.
11. Permettre le déclassement d?un IGH en immeuble de 4ème famille.
12. Favoriser les contrôles de sécurité incendie dans les immeubles d?habitation.
13. Faciliter le financement du reste à charge et les dispositifs de préfinancement des aides publiques
pour les travaux de sortie d?habitat indigne.
14. Amplifier les dispositifs fiscaux visant à favoriser l?investissement privé dans l?habitat ancien
dégradé.
7
AMELIORER L?ACCOMPAGNEMENT
ET LA PROTECTION DES HABITANTS
15. Améliorer l?accès à l?hébergement d?urgence / logement accompagné et au relogement des mal-
logés.
16. Améliorer le droit des occupants et l?adapter aux territoires en zone tendue.
17. Elargir les mesures de protection des occupants dès le premier signalement aux autorités
compétentes.
18. Garantir un accompagnement socio-juridique tout au long de la procédure pour chaque victime
d?habitat indigne.
19. Améliorer la protection des habitants en cas de sinistres.
20. Faciliter les signalements et le recensement des situations d?habitat indigne pour garantir une
action coordonnée et efficaces des pouvoirs publics et des acteurs privés.
21. Conforter le permis de louer à articuler avec un contrôle technique global du logement incluant la
décence.
ACCENTUER LES MESURES COERCITIVES
ENVERS LES PROPRIETAIRES INDELICATS
ET LES MARCHANDS DE SOMMEIL
22. Doter les inspecteurs de salubrité et les agents de la police municipale des pouvoirs d?enquête
judiciaire en habitat indigne.
23. Faciliter la saisie des lots des propriétaires indélicats en impayés et instaurer un régime de
substitution de la collectivité à l?engagement des procédures de saisie en cas d?inaction du syndic.
24. Renforcer la lutte contre les divisions pavillonnaires illicites en améliorant les dispositions du
« permis de diviser » et en harmonisant les procédures habitat et droit des sols.
8
INTRODUCTION
Par lettre de commande du 27 mars 2023, une mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à
créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne a été confiée aux maires de
Mulhouse et Saint-Denis.
Elle a pour objectifs de :
? soulever les difficultés rencontrées notamment pour les élus locaux et les opérateurs ;
? identifier les freins opérationnels des dispositifs existants sur les territoires ;
? formuler des propositions concrètes pour compléter les dispositifs existants.
Pour mettre fin aux situations de mal logement dans le parc privé, il existe bien un important arsenal
de procédures administratives et de dispositifs opérationnels et financiers. Pour autant, même s?ils
permettent d?intervenir et de résoudre une partie des situations, ils sont toujours, pour le moins,
jugés longs et complexes par l?ensemble des acteurs.
Les outils à améliorer concernent à la fois les territoires urbains et ruraux, diversement touchés et aux
bâtis disparates : quartier en politique de la ville, centre-ville et bourgs anciens et habitat diffus en
milieu rural.
Devant la gravité de certaines situations et le danger encouru par des occupants, la chaine de
traitement de l?habitat indigne doit être encore et toujours fluidifiée. Malgré le nombre important
d?acteurs concernés et la difficulté de sa coordination, l?action publique doit pouvoir se réaliser plus
aisément a fortiori lorsque celle-ci devient l?unique option de sortie pour des bâtis trop dégradés.
9
MÉTHODOLOGIE ET CHIFFRES-CLÉS
La lutte contre l?habitat indigne a fait l?objet depuis 20 ans de nombreux textes de lois, de
réglementations et d?outils. La littérature sur le sujet est foisonnante et la prise de conscience
générale bien présente.
Et pourtant de nombreux problèmes subsistent.
Dans un délai extrêmement contraint, lui-même interrompu par les violences urbaines qui ont touché
notre pays au début de l?été, la mission s?est attachée à rencontrer lors de visites de terrain ou à
entendre via des auditions et visioconférences de nombreux acteurs (cf annexe 2) qu?ils soient élus,
professionnels ou issus du secteur associatif et à les interroger sur la base des premières pistes de
réflexion écrites dans le pré-rapport remis à la première ministre en juillet 2023.
Ces conclusions préalables avaient été rendues grâce aux travaux de la ville de Saint-Denis et du
territoire de Plaine Commune (« 15 propositions pour renforcer les outils de lutte contre l?habitat
indigne et mieux accompagner les habitants4 », devenue 20 propositions dans le cadre d?un travail
conjoint avec la ville de Marseille, du Manifeste de la SOREQA5, société publique d?aménagement d?Ile
de France « 44 propositions pour mieux traiter l?habitat indigne » et du Pôle national de lutte contre
l'habitat Indigne (PNLHI), chargé d?analyser ces différentes propositions en interministériel6.
La ville de Mulhouse s?était, quant à elle, interrogé dans le même temps sur la problématique plus
particulièrement présente dans cette commune des copropriétés dégradées dans les immeubles de
grande hauteur.
L?habitat indigne, de quoi parlons-nous ?
Y compris entre spécialistes du sujet, il n?est pas rare d?entendre parler de mal logement, de logement
indécent, insalubre, en péril et bien sûr indigne, traduisant une réelle confusion et une complexité
réelle dans l?appréciation des éléments chiffrés.
La définition de l?habitat indigne est inscrite dans la loi comme suit :
? à l?article L. 225-14 du code pénal et la Loi n° 2003-239 pour la sécurité intérieure du 18 mars
2003 « Constitue un habitat indigne [?] toute situation d?habitat portant atteinte et contraire
à la dignité humaine » ;
? et à l?article 84 de la Loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l?exclusion du 25
mars 2009 : « Constituent un habitat indigne les locaux utilisés aux fins d?habitation et
impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment
dans lequel ils sont situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter
atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé ».
Des chiffres clés en matière de lutte contre l?habitat indigne7
? Nombre de logements du parc privé potentiellement indignes en métropole : entre 400 000 et
420 000 ;
? En Outre-mer : 100 000 ;
? Entre 200 000 et 210 000 occupés par leur propriétaire.
4 https://www.calameo.com/ville-saint-denis/read/00034352449525de7dcf1?page=1
5 https://soreqa.fr/wp-content/uploads/2022/12/Soreqa_Manifeste_Habitat_Indigne_2022.pdf
6 Annexe 5.
7 Sources DGALN/DHUP/PNLHI - Fondation Abbé Pierre, 2022.
10
? 1 123 000 personnes, propriétaires occupants, vivent dans des copropriétés en difficulté,
subissant un très mauvais fonctionnement, des impayés de charges nombreux et importants
ou une absence de travaux d?entretien.
Le parc privé potentiellement indigne (PPPI) est estimé par l?Anah et le ministère de la Cohésion des
territoires pour mieux cibler l?action des professionnels de la lutte contre l?habitat indigne. Le fichier
utilisé est la source fiscale Filocom, gérée par le ministère de la Transition écologique d?après les
données de la direction générale des finances publiques. Sont considérés comme « potentiellement
indignes » les logements du parc privé relevant d?un classement cadastral 8, 7 ou 6 dont on sait
qu?initialement ils étaient très vétustes (voire délabrés) et qui, à la date d?établissement du fichier
Filocom traité, étaient occupés par des ménages à bas revenus. Est faite l?hypothèse qu?un logement a
d?autant plus de chances de ne pas avoir été profondément amélioré et d?avoir un classement
cadastral initial toujours valable, qu?il est occupé par un ménage à revenus modestes. Plus qu'une
quantification précise, l'estimation du PPPI permet d?établir une géographie du risque et des priorités
pour agir dans le cadre de la lutte contre l?habitat indigne.
L?enquête nationale « lutte contre l?habitat indigne » menée en 2022 par le Pôle national de lutte
contre l?habitat indigne et la Direction générale de la santé montre une prise en compte sensible de
l?habitat indigne :
Polices spéciales du préfet :
? 13 752 arrêtés d'insalubrité en vigueur en 2021 ;
? 2 879 arrêtés d'insalubrité pris en 2021 (+7% par rapport à 2018) ;
? 3160 arrêtés d?insalubrité pris en 2022 soit +10% par rapport à 2021 ;
? 45 arrêtés d'astreinte relatif à des situations d'insalubrité pris en 2021 (+309% par rapport
aux données 2018 -11 arrêtés) ;
? 81 arrêtés d?astreinte administrative en 2022 : + 80% par rapport aux données 2021 ;
? 118 requêtes devant le juge administratif relatives à l'insalubrité 96 jugements rendus ;
? 153 requêtes devant le juge administratif relatives à l'insalubrité en 2022, +29% par
rapport à 2021 ; 54 jugements rendus : -44% par rapport à 2021 ;
? 256 travaux d?office réalisés 2021 ;
? 262 travaux d?office réalisés en 2022, soit + 2,3%.
Polices spéciales du maire (ou président d?EPCI) :
? 1509 arrêtés de mise en sécurité recensés (volume équivalent à 2018) ;
? 2216 arrêtés de mise en sécurité sont recensés en 2022 : +47% par rapport à 2022 ;
? 118 actions de travaux d'office réalisées en 2021 ;
? 316 travaux d?office réalisés en 2022, soit +168% ;
? 24 arrêtés d'astreinte financière relatifs à la mise en sécurité pris ;
? 220 arrêtés d'astreinte financière relatifs à la mise en sécurité ont été pris en 2022, soit
+817% ;
? Une moyenne de 100 à 150 jugements par an avec des condamnations pénales qui
progressent ;
? 372 dossiers transmis aux parquets en 2021, soit +19% d?affaires ;
? 347 dossiers ont été transmis aux parquets en 2022, soit -7% d?affaires par rapport à 2021.
Toutefois, la hauteur des besoins et la difficulté à agir de la puissance publique et des décideurs mais
aussi des habitants - propriétaires et locataires - incitent à une mobilisation générale pour répondre
aux difficultés en proposant des solutions concrètes pour :
? Amplifier le pouvoir d?agir des collectivités pour des interventions plus rapides ;
? Faciliter l?intervention des acteurs de l?habitat privé ;
? Améliorer l?accompagnement et la protection des habitants ;
11
? Accentuer les mesures coercitives envers les propriétaires indélicats et les marchands de
sommeil.
Ces propositions visent non seulement à prévenir des situations que l?on sait déjà à risque dans des
copropriétés ou monopropriétés dégradées, à anticiper des projets d?aménagement à mettre en
oeuvre mais aussi à accélérer le traitement de l?habitat indigne et à une prise en charge optimisée
pour les occupants, qu?ils soient propriétaires ou locataires.
Foncier, financements, projet urbain, copropriétés, accompagnement des occupants, ingénierie,
travaux, diagnostics, sécurité, tels sont les multiples sujets évoqués et qui ont trouvé une résonance
majoritaire auprès des témoins rencontrés et auditionnés au cours de la mission. Leur mobilisation a
été appréciée et leur expertise indispensable. Leurs contributions écrites (reproduites en annexe 4) en
témoignent, complétées par des visites de terrain à Bordeaux et Valenciennes qui ont largement
contribué à alimenter et affiner les propositions.
Certaines d?entre elles ont d?ores et déjà toute leur place dans un projet de loi sur la lutte contre
l?habitat indigne et les copropriétés dégradées annoncé avant la fin de l?année 2023 et viendront
enrichir le plan d?action national de lutte contre l?habitat indigne.
Nous avons volontairement formalisé un certain nombre de propositions qui ont vocation à aboutir
sur des évolutions législatives. Convaincus que modifier les cadres d?interventions propres à résorber
l?habitat indigne donnera à l?ensemble des acteurs impliqués des leviers supplémentaires, qu?ils soient
acteurs du quotidien intervenant dans les copropriétés ou la puissance publique mobilisée en dernier
recours.
12
24 PROPOSITIONS
Pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne
AMPLIFIER LE POUVOIR D?AGIR DES COLLECTIVITES
POUR DES INTERVENTIONS PLUS RAPIDES
Lorsque l?intervention de la puissance publique est rendue nécessaire en matière d?habitat indigne, les
situations bâtimentaires sont souvent dans un état de dégradation avancé et les habitants, qu?ils
soient propriétaires ou locataires, voient leurs perspectives de se projeter dans un logement
abordable et durable s?allonger, voire s?amenuiser, à mesure que le délai d?intervention de la
puissance publique s?étire. Plus l?intervention corrective de la puissance publique se prolonge dans le
temps, plus la situation des occupants risque de se dégrader.
Rappelons que les durées d?intervention de la puissance publique pour maîtriser un bien et le
remettre sur le marché sont estimées à 7 ans s?il n?existe pas de difficultés particulières et pouvant
aller jusqu?à 20 ans, la moyenne étant plutôt de 9 à 10 ans. Ces délais ne sont pas à l?échelle des
attentes des habitants et du besoin de production de logements constaté par tous les acteurs du
monde de l?habitat. De surcroît, l?allongement des délais d?intervention des pouvoirs publics conduit
mécaniquement à une augmentation exponentielle des coûts de leur intervention.
Les 8 propositions ci-après visent à réduire les délais d?intervention de la puissance publique et
doivent conduire à apporter des solutions plus rapidement aux habitants et à réduire le coût
d?intervention, dans un objectif de rationalisation des deniers publics.
« Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du
renouvellement urbain permet d?envisager une intervention globale de
requalification des quartiers devant faire l?objet d?une transformation
urbaine profonde », Contribution ANRU
13
1. Permettre une expropriation foncière plus rapide des immeubles d?habitat
indigne pouvant mettre en jeu la santé ou la sécurité des personnes
De nombreux témoignages relatés à la mission lors des visites de terrain et des auditions de grands
témoins qui luttent contre l?habitat indigne ont mis en évidence des difficultés à intervenir
suffisamment tôt pour mettre fin à la dégradation des immeubles malgré la prise successive d?arrêtés,
souvent échus et non suivis d?effet faute de mobilisation ou de capacité de la copropriété.
L?intervention publique en maitrise foncière est alors le seul moyen de mettre fin à la spirale de
dégradation de l?immeuble.
Au-delà de la possibilité d?action offerte à la puissance publique par la Loi dite « Vivien » dont il est
proposé d?élargir les conditions d?applicabilité (proposition numéro 2), plusieurs situations d?habitat
indigne, relevant de mise en danger des habitants pour motif de mise en sécurité des immeubles ou
de traitement de l?insalubrité perdurent.
Cet état de fait présente trois limites majeures :
? L?état bâtimentaire des immeubles se dégrade et conduit à une intervention in fine de la
puissance publique décalée dans le temps ;
? Ce temps long du projet d?aménagement est incompatible avec l?obligation de garantir le droit
à un logement digne pour les occupants (cf. fiche de l?aménageur InCité en annexe 7 et
SOREQA en annexe 8) ;
? Il en résulte une augmentation des coûts supportés par la puissance publique.
Pour ces raisons, lorsque le caractère irrémédiable n?est pas établi et qu?un bien n?est pas frappé
d?interdiction définitive d?habiter, il peut être nécessaire de doter la puissance publique d?une
capacité à agir en expropriation de l?immeuble.
PROPOSITION 1
Pour que le droit à la sécurité des habitants soit pris en compte sans porter atteinte au droit à la
propriété, il est proposé de mettre en place une expropriation « lutte contre l?habitat indigne » (DUP
LHI) qui permette d?engager une procédure d?expropriation de droit commun dont l?utilité publique
reposera uniquement sur le traitement de l?habitat indigne, selon les modalités suivantes :
? Pour les immeubles (copropriétés ou monopropriétés) frappés d?un arrêté global de traitement de
l?insalubrité, ou de mise en sécurité ordinaire prescrit en application de l?article L. 511-11 du code de
la construction et de l?habitation ;
? En l?absence de mobilisation des propriétaires ;
? En facilitant les modalités d?enquête préalable ;
? Avec prise de possession anticipée des lieux ;
? En indemnisant en valeur vénale déduite des frais de travaux et de relogement pour chaque lot de la
copropriété quelle qu?en soit la destination, habitation et activité notamment ;
? Avec libre programmation dans les communes respectant les obligations en matière de logement
social imposées par l?article 55 de la Loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SUR) ;
? Sans attendre d?avoir statué sur le projet urbain et la programmation, en outre, le projet ne sera plus
figé dès le stade de l?expropriation ; il pourra évoluer dans la durée sans générer de droit de
rétrocession.
14
Il devra également être rendu possible de justifier uniquement du motif de lutte contre l?habitat
indigne pour faire application du droit de préemption des locaux situés au sein d?immeubles
insalubres ou dangereux situé au sein d?une copropriété en difficulté.
Ordre : Législatif
Quand : Fin 2023/début 2024
Qui : Ministère de la Justice, ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des Outre-mer
(volet « DUP Vivien » Loi Letchimy 2011)
Bénéficiaires : Collectivités
« La situation de danger pour les occupants peut être
extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté
d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction
temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts
de travaux, le caractère irrémédiable de la situation n?est pas établi.
Aujourd?hui le recours à la loi Vivien repose sur l?impossibilité à faire
les travaux de résorption de l?insalubrité ou de mise en sécurité, pour
des raisons techniques ou de coûts de travaux. Or les travaux peuvent
être rendus impossibles du fait de l?inaction des propriétaires »,
Manifeste SOREQA
« Pour traiter ces sujets, il faut aller vite et démarrer assez tôt »,
Contribution Etablissement Public Foncier d?Ile-de-France
15
2. Sécuriser et élargir les conditions de recours à la déclaration d?utilité publique
dite « Loi Vivien » pour l?expropriation des immeubles d?habitat indigne sous
interdiction définitive d?habiter
Le régime spécifique prévu en matière d?expropriation et relatif à l?habitat indique issu de la Loi
« Vivien » a été codifié aux articles L. 511-1 et suivants du code de l?expropriation pour cause d?utilité
publique et permet de rendre éligibles à ces dispositions les immeubles frappés par un arrêté de
traitement de l?insalubrité ou de mise en sécurité, comportant une prescription d?interdiction
définitive d?habiter ou de démolition. Pour qu?un bien soit interdit définitivement à l?habitation, le
coût des travaux prescrit doit être supérieur au coût de reconstruction neuve.
Ce régime se distingue de l?expropriation pour cause d?utilité publique de droit commun sur trois
points :
? Il n?y a pas de phase d?enquête publique préalable ni d?enquête parcellaire ;
? Il prévoit une prise de possession anticipée un mois après le paiement ou la consignation des
indemnités d?expropriation ;
? L?expropriation des propriétaires bailleurs est dédommagée sur la base de la valeur foncière
et non vénale du bien (beaucoup plus élevé) ;
Il repose sur les procédures administratives relatives au traitement de l?insalubrité ou de mise en
sécurité prévoyant une interdiction définitive d?habiter. Ces procédures codifiées dans le Code de la
construction et de l?habitation (CCH) posent plusieurs difficultés :
? Les conditions d?application de l?interdiction définitive d?habiter d?un immeuble ne sont pas
totalement sécurisées, la jurisprudence a évolué sur la question en imposant d?inclure les
coûts de démolition au coût de construction neuve (jurisprudence dite « Troclet »8) limitant
ainsi le champ d?application de l?outil ;
? Les modalités d?évaluation de la réhabilitation doivent être éclaircies en précisant que les
coûts de réhabilitation doivent être évalués non seulement pour répondre aux prescriptions
de l?arrêté mais pour garantir la décence de l?immeuble.
? La méthode d?évaluation des coûts de reconstruction neuve mérite d?être précisée. Il s?agira
notamment d?évaluer une reconstruction à l?identique nonobstant les éventuelles contraintes
(de pollution ou de structure des sols ou de règlements d?urbanisme).
? Enfin, il ne s?applique pas aux lots à usages commerciaux, d?activité ou autre ; les
propriétaires de ces locaux, assujettis au même titre que le reste des copropriétaires aux
obligations pour l?entretien de la copropriété sont ainsi soustraits au régime de calcul de la
Loi « Vivien » entraînant ainsi une inégalité de traitement entre les propriétaires d?un même
bien. En sus, les coûts d?acquisition élevés de ces lots principalement localisés en rez-de-
chaussée grèvent la capacité d?intervention de la puissance publique, au-delà des montants
à provisionner pour le cas où une indemnisation des fonds serait nécessaire.
Ainsi, les délais et les coûts élevés d?acquisition de ces immeubles interdits définitivement à l?habitation
ne permettent pas une intervention publique efficace par rapport au danger avéré des situations. Pour
exemple, il aura fallu presque 20 ans pour traiter, à Bordeaux comme à Saint-Denis, la situation
d?immeubles en sortie d?insalubrité (cf. fiche de l?aménageur InCité en annexe 7 et SOREQA en annexe
8). À Saint-Denis, 1 000 logements sont aujourd?hui murés.
Il est donc aujourd?hui essentiel de donner des moyens accrus à la puissance publique de traiter
durablement l?habitat indigne, en rationalisant les critères de définition de l?interdiction définitive
8 Décision du Conseil d?Etat du 16/07/2021, n° 450188.
16
d?habiter posés dans le Code de la construction et de l?habitation, trop complexes à mettre en oeuvre
eu égard aux situations rencontrées.
Il conviendra de définir les qualifications requises pour établir ce comparatif, notamment en mettant
en avant un regard expert et ensemblier sur le bâti, privilégiant l?intervention des architectes ou
profession assermentée dans l?immobilier.
PROPOSITION 2
Il est proposé de préciser les conditions d?applicabilité de la Loi dite « Vivien » :
? Modifier l?article L. 511-119 du Code de la construction et de l?habitation afin de préciser la méthode
comparative des coûts motivant les interdictions définitives d?habiter des arrêtés de traitement de
l?insalubrité et de mise en sécurité. La méthode de calcul devra être définie le plus précisément
possible et harmonisée à l?échelle nationale, et pourra prendre appui sur les méthodes de calcul
déjà à l?oeuvre dans le Code de la Construction et de l?Habitation10 et d?avoir recours à un expert
assermenté désigné par le tribunal administratif ; Elle devra notamment prévoir de :
- ne pas prendre en compte les coûts de démolition pour évaluer la reconstruction neuve ;
- chiffrer les coûts de remise aux normes de décence de l?ensemble des lots de l?immeuble dans
l?évaluation des coûts de réhabilitation ;
- prévoir que le coût de la reconstruction neuve soit évaluée à l?identique ;
? Indemniser à la valeur foncière les propriétaires de locaux commerciaux, d?activité ou autre en cas de
procédure « Vivien », et leur appliquer l?interruption de loyers prévue pour les locaux à usage
d?habitation, rétablissant ainsi une égalité de traitement entre tous les propriétaires d?un même
bien immobilier. Il est ici précisé que les estimations de valeurs de fonds n?entrent pas dans ces
dispositions qui s?appliquent aux seuls murs des locaux.
Ordre : Législatif
Quand : Fin 2023/début 2024
Qui : Ministère de la Justice, Ministère de la transition écologique (DHUP), Ministère des outre-mer
(volet « DUP Vivien » Loi Letchimy 2011)
Bénéficiaires : État, collectivités, aménageurs
« La situation de danger pour les occupants peut être
extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté
d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction
temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts
des travaux, le caractère irrémédiable de la situation n?est pas
établi. », Manifeste SOREQA
9 « L'arrêté ne peut prescrire la démolition ou l'interdiction définitive d'habiter que s'il n'existe aucun moyen technique de remédier à
l'insalubrité ou à l'insécurité ou lorsque les travaux nécessaires à cette résorption seraient plus coûteux que la reconstruction. »
10 Notamment l?article R111-18-9 du code de la construction et de l?habitation dans sa rédaction antérieur au 1er juillet 2021 relatif à la
méthodologie de comparatif des coûts ouvrant dérogation en matière de règlement accessibilité, prévoyant de prendre en compte pour
déterminer la valeur de la reconstruction neuve, le produit de la surface de plancher par un coût de construction défini par arrêté du
ministre chargé de la construction
17
3. Instaurer une méthode nationale de décote pour l?évaluation des immeubles
dégradés
Le développement d?une méthodologie nationale, autour de critères visant à la décote des immeubles
indignes, permettrait d?objectiver la valeur de ces biens en fonction de leur dégradation et non
seulement de la valeur du marché. Cette méthodologie nationale pourrait être élaborée autour d?un
collège d?experts pour définir ces critères permettant l?élaboration de grilles de décote des biens
adaptée aux territoires11.
PROPOSITION 3
Il est proposé de permettre aux évaluateurs de biens d?avoir recours à une méthodologie nationale
(grille/critères) visant à la décote des immeubles indignes et l?abattement de la valeur du bien pour
prendre en compte son état d?indignité.
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la Justice, ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des finances
Bénéficiaires : État, collectivités, aménageurs
« Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent
aussi l?accent sur le risque contentieux sur les prises d?arrêtés et par
conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de
rémunération et de portage, des frais financiers divers, des
immobilisations dans les bilans. [?] Le temps d?une opération de
recyclage d?habitat ancien dégradé est estimé à 7 ans lorsqu?elle ne
rencontre pas de difficulté particulière. Mais la moyenne estimée est
plutôt de 9 à 10 ans. », Contribution ANRU
11 Ce travail pourra notamment s?inspirer des bonnes pratiques locales, de l?expertise du CSTB et du retour d?expérience de
l?EPF d?Ile-de-France avec la mise en oeuvre de grilles de décote au sein des ORCOD-IN.
18
4. Développer les financements de déficit de traitement d?habitat indigne à
l?immeuble et à l?îlot dans un cadre de projet urbain
Afin de traiter durablement les situations d?habitat indigne et de permettre une intervention plus
globale et efficace des collectivités dans le traitement des situations les plus complexes (insalubrité et
péril), les dispositifs RHI-THIRORI de l?Anah doivent être adaptés de manière à permettre un traitement
à échelle d?îlot complet. Une bonification de la subvention du déficit dans le cadre des interventions à
l?îlot avec un financement à 80 %, permettrait à l?agence d?accentuer son action sur l?habitat indigne12.
En 2022, la mobilisation de l?enveloppe de 8,9M¤ dédiée au recyclage d?îlots anciens (Plan de relance)
a intégré des immeubles sous procédure. En 2023, pour maintenir ce niveau de financement
entièrement consommé en 2022, le budget RHI-THIRORI a été porté de 15M¤ à 23,9M¤.
En 2023, le dispositif RHI-THIRORI a évolué afin d?élargir le corpus de dépenses éligibles pouvant aller
au-delà des parcelles sous procédures LHI, dans un objectif de recyclage à l?échelle de l?îlot afin
d?inscrire les opérations dans une logique de projet urbain.
Il s?agirait désormais d?inscrire le recyclage foncier dans les projets de revitalisation des quartiers
anciens et d?encourager les collectivités à agir avant que les situations ne deviennent irréversibles.
En centre ancien, le programme national de requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD)
et le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), pilotés par l?ANRU en
partenariat avec l?État et l?Anah, a permis aux collectivités de porter des projets ambitieux, en termes
d?habitat (portage foncier, recyclage, requalification) et aussi de requalification urbaine
(aménagement, équipements, commerces, ?).
En complément, le traitement des ilots dégradés devra être développé dans les territoires de projets
tels que « Action Coeur de Ville » et « Petites Villes de Demain », portés par l?ANCT.
PROPOSITION 4
Il est proposé que le recyclage foncier et le traitement des ilots dégradés en centre ancien puissent
bénéficier de dispositifs pérennes qu?ils soient financiers ou opérationnels.
De nouvelles modalités devraient se traduire dans les règlements généraux des agences d?État
concernées pour faciliter le recours à ces aides financières et d?ingénierie notamment afin d?en garantir
l?accès à toutes les collectivités.
Ordre : Réglementaire (Agences)/Budgétaire/Opérationnel
Quand : fin 2023 / début 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des Outre-Mer (DGOM), Anah, ANRU,
USH
Bénéficiaires : Collectivités, aménageurs, organismes HLM
12 Pour ce faire, il conviendrait d?évaluer les moyens de mettre en oeuvre la possibilité ouverte par l?article R. 321-12-IV
mentionnant « la réalisation d?actions ou d?opérations d?aménagement mentionnées à l?article L. 300-1 du code de
l?urbanisme peut être financée à titre complémentaire, dès lors que ces actions ou opérations portent prioritairement sur la
lutte contre l?habitat insalubre et dangereux ».
19
5. Instaurer la possibilité de vente des biens confisqués par la Justice à
destination des collectivités
Dans le cadre des dispositifs visant à résorber l?habitat indigne, les actions mise en oeuvre par l'Agence
de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) relatives à l'affectation des
biens confisqués aux marchands de sommeil prévues dans les textes est intéressante. Il semble en
effet cohérent que ces biens puissent être affectés à une personne publique pour le développement
d'opérations au bénéfice des ménages. L?ensemble des biens immobiliers confisqués pourrait être
affecté à une personne publique pour le développement d'opérations au bénéfice des habitants.
Il est proposé que l?ensemble des biens immobiliers confisqués puissent être affectés à une personne
publique pour le montage d'opérations au bénéfice des habitants. En l'espèce les collectivités locales,
si elles étaient en mesure de se rendre maître de ces biens pourraient les rétrocéder à un opérateur
dans un objectif de mixité sociale ou d?équipement public et de maîtrise du projet urbain.
Aujourd?hui, en application de la Loi « égalité citoyenneté », le décret n° 2021-1428 du 3 novembre
2021, détermine aujourd'hui les modalités d'application de l'affectation sociale des biens immobiliers
confisqués par les juridictions pénales en application de l'article 706-160 du code de procédure
pénale13. L?extension des bénéficiaires14 potentiels de l?affectation sociale avec l?ajout des collectivités
locales aux bénéficiaires actuels serait utile et pourrait concerner systématiquement les biens
confisqués, et tout type de biens confisqués par la justice pénale, afin notamment d?éviter une vente
par adjudication pouvant être longue et limitant la maîtrise publique.
PROPOSITION 5
Il est proposé d?ouvrir la possibilité de vente à l?euro symbolique des immeubles confisqués par la
Justice à destination des collectivités territoriales souhaitant développer un projet d?utilité publique ou
de production de logements dans un objectif de mixité sociale.
Ordre : Législatif
Quand : Fin 2023/début 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de la justice, AGRASC
Bénéficiaires : Collectivités, aménageurs, organismes HLM
13 « L'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués peut, [?] mettre à disposition des associations,
fondations et organismes qui y sont mentionnés les biens immobiliers libres d'occupants dont elle a la gestion ayant fait
l'objet d'une décision de confiscation définitive. »
14 Aujourd?hui les bénéficiaires sont les associations d?intérêt général, les associations et fondations d?utilité publique, les
structures agréées au titre de l?article 365-2 du code de la construction et de l?habitation.
20
6. Mieux garantir la réalisation des travaux d?office relevant de l?urgence et
renforcer les capacités de financements des travaux de sortie d?habitat indigne
sous arrêté
La capacité financière insuffisante des petites communes, et tout particulièrement les plus petites, et
leur manque d?ingénierie nécessitent un accompagnement sur le traitement des situations d?urgence
en habitat indigne dans une logique de subsidiarité. Les mesures de recouvrement aujourd?hui difficiles
à mettre en oeuvre par les collectivités et les services de l?État méritent d?être facilitées.
? Mobiliser l?Anah pour le financement des travaux d?urgence dans le cadre d?un accompagnement des
collectivités locales
Cette mesure permettrait d?intervenir en amont d?une intervention plus pérenne et aux
copropriétés d?enclencher une dynamique de réhabilitation complète. Il s?agira également de
renforcer le financement en crédit d?avance pour les communes les plus en difficulté, notamment
les communes rurales.
Pour celles-ci, une demande globale de fonds d?aide au relogement d?urgence (FARU) pourra être
demandé et inclure une avance de crédit et une prise en charge de toutes les dépenses.
De la même manière, afin d?encourager la poursuite des travaux pérennes, suite à la phase de mise en
sécurité urgente, la recommandation 13 (cf infra) propose un renforcement des aides afférentes
spécifiques pour les copropriétés et les monopropriétés.
? Afin de sécuriser le recouvrement, il est proposé de prévoir une obligation d?appel de fonds par le
syndic pour le remboursement des frais avancés par les collectivités en travaux d?office, destinée à
rassembler le montant des sommes avancées auprès de chacun des copropriétaires comme en
matière de charge travaux ; la collectivité restant en charge du recouvrement des impayés en cas de
carence des copropriétaires à l?appel de fonds du syndic.
L?article L. 511-1715 du Code de la construction et de l?habitation impose aux collectivités et aux
services de l?État de calculer les tantièmes travaux de chaque copropriétaire pour la fraction de
créance dont il est redevable et d?émettre un titre de recouvrement à l'encontre de chacun des
copropriétaires individuellement. Cette instruction est longue, complexe et soumise à contentieux. En
particulier au sein des copropriétés de plusieurs dizaines de lots, avec pour conséquence des délais
d?instruction long, des moyens humains importants, et un retard dans l?instruction des
recouvrements. L?appel des charges de fonds de travaux relève par ailleurs déjà des prérogatives du
syndic dans le cadre des travaux de copropriétés. Il dispose, à ce titre, d?ores et déjà de l?ingénierie
nécessaire à ces calculs, d?une information la plus à jour de l?état de propriétés de chacun des lots,
d?une connaissance fine des spécificités du règlement de copropriété en matière de charge travaux, et
des tantièmes afférents. Le syndic signale à la collectivité les copropriétaires défaillants n?ayant pas
répondu à l?appel de fonds de remboursement des travaux, afin que la collectivité puisse engager les
procédures de recouvrement afférentes, ou en cas d?inaction du syndic.
15 Si l'immeuble relève du statut de la copropriété, le titre de recouvrement est émis à l'encontre de chaque copropriétaire
pour la fraction de créance dont il est redevable.
21
PROPOSITION 6
Il est proposé de :
? Mobiliser l?Anah pour le financement des travaux d?urgence dans le cadre d?un accompagnement des
collectivités locales
? Mobiliser le syndicat des copropriétaires, qui aura la charge d?appeler le montant des sommes
avancées auprès de chacun des copropriétaires comme en matière de charge travaux.
? Au-delà du financement, il est proposé la création d?un outil national d?aide à la réalisation des
travaux d?office pour les collectivités et les services de l?état. Cet outil national devra permettre :
- La mise à disposition d?accord-cadre type pour l?ensemble des prestataires nécessaires à la
réalisation des travaux d?office de sortie d?habitat indigne (maître d?oeuvre, AMO, contrat de
travaux tout corps d?état), et une circulaire incitant l?ensemble des PDLHI de se doter de ce
type d?accord-cadre à bon de tirage, permettant aux collectivités de faire appel à cette
ingénierie locale ;
- Le renforcement des formations existantes dédiées aux collectivités et services de l?état en
matière de réalisation de travaux d?office ;
- D?étudier, sur les « territoires d?accélération », le recours à une délégation de la maitrise
d?ouvrage de l?exécution d?office à un opérateur public.
Il est également nécessaire d?évaluer annuellement la réalisation des travaux d?office non-urgents
dans un objectif « zero arrêté échus et non suivis d?effet », et d?adapter le budget des DDT/DRIHL
à cet objectif.
Ordre : Réglementaire/Budgétaire/Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère des finances, ministère de la transition écologique (DHUP) et cohésion des territoires,
ministère de l?intérieur (DGCL), Anah
Bénéficiaires : Collectivités, propriétaires occupants et propriétaires bailleurs
« Il convient de renforcer l?accompagnement des collectivités qui, pour
certaines (grosses ou petites), sont hésitantes à réaliser des travaux d?office faute
de budget et d?ingénierie. Il est en réalité indispensable d?entamer une politique
d?aides (?package d?aides? technico -juridiques et financières) en leur faveur, qui
permettrait la prise de mesures de police, la réalisation de travaux et la meilleure
prise en charge des occupants. », Contribution ANIL
« Si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les
propriétaires à réaliser des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main
des propriétaires récalcitrants ou défaillants. L?action publique dispose pourtant
d?une boite à outil très complète pour mettre en oeuvre des mesures coercitives,
indispensables au suivi d?une bonne politique de lutte contre l?habitat indigne »,
Contribution Fondation Abbé Pierre
22
7. Renforcer les moyens de l?ingénierie pour l?adapter aux besoins des territoires
Comme déjà évoqué, la lutte contre l?habitat indigne fait appel à des compétences techniques,
juridiques, administratives larges et relevant d?un champ étendu de réglementations. La précision et la
technicité de ce domaine en font un secteur de spécialistes ne permettant pas à tous les territoires
d?être dotés de compétences suffisantes. Au-delà des inégalités d?ingénieries constatées entre les
territoires, les contributions et rencontres ont parfois révélé l?absence d?ingénierie ad hoc dans
certains secteurs, en milieu urbain comme en milieu rural.
La complexité des textes et des procédures renforce le sentiment d?impuissance de bon nombre
d?acteurs rencontrés au cours des visites de terrain de la mission, et nécessite de fait une ingénierie
particulière auprès des collectivités, en particulier leurs services communaux d?hygiène et de santé
(SCHS) en première ligne.
Il apparait nécessaire de renforcer les moyens mis à disposition dans les Pôles départementaux de
lutte contre l?habitat indigne et en particulier de la police, justice et des services déconcentrés de
l?État (coordonnant la mise en oeuvre de cette politique publique à l?échelle départementale sous le
pilotage du préfet et assurant le rôle de guichet unique, le traitement des situations et leur suivi), et
au sein des collectivités pour assurer leur montée en puissance du traitement des situations
opérationnelles liées à leurs prérogatives.
Pour permettre à tous les maires de disposer de compétences, placées si nécessaire à un niveau
intercommunal, en matière de coordination avec les professionnels de santé, les professionnels
techniques, notamment en santé-environnement (ingénieurs, techniciens sanitaires?), et des
compétences juridiques et administratives, il ressort le besoin d?évaluer le fonctionnement et les
dotations des SCHS16.
Par ailleurs, la mise en oeuvre d?un dispositif d?amélioration de l?habitat (type OPAH, PIC, ORCOD)
nécessite des moyens humains au sein des collectivités porteuses de projet. Si les postes de chefs de
projets sont aujourd?hui financés par l?Anah, le manque de moyens opérationnels est souvent un frein
à la réussite des projets. Il est proposé d?ouvrir le co-financement de postes opérationnels au sein des
villes et intercommunalités dans le cadre d?une contractualisation entre la commune et l?Anah.
16 Cf. rapport de la mission IGA-IGAS-CGEDD de 2009, annexe sur l?évaluation du fonctionnement des SCHS qui préconisait
le besoin sur l?ensemble du champ hygiène et santé à 10 agents pour 100 000 habitants. Ces données ont été reprises dans
des travaux postérieurs de l?IGAS, de l?IGA et du CGEDD en 2018, pour étendre à tous les EPCI la disponibilité de SCHS
dûment constitués.
23
PROPOSITION 7
Il est proposé de :
? Evaluer le fonctionnement et rééquilibrer les SCHS ;
? Organiser une évaluation des dotations des SCHS afin d?assurer un rééquilibrage territorial des
dotations allouées en fonction d?indicateurs existants (taux de parc potentiellement indigne) ou à
élaborer ;
? Etendre les dispositifs de financement de l?ingénierie de l?Anah aux postes opérationnels des
communes dans le cadre d?une contractualisation pluriannuelle Anah /collectivité.
Ordre : Réglementaire/Budgétaire/Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de l?intérieur, ministère de la santé
Bénéficiaires : Collectivités, opérateurs
« Il s?agit de promouvoir une approche plus intégrée au profit
des personnes contraintes d?habiter dans des locaux défavorables à la
santé, voire indignes ou insalubres. L?un des enjeux nous semble être
d?agir avant que la situation des personnes et de leur logement ne soit
trop dégradée, le plus en amont possible. », Contribution Direction
Générale de la Santé, Ministère de la Santé
« En tant que Présidente d?une intercommunalité comptant de
nombreuses communes rurales, je constate les difficultés que peuvent
rencontrer les maires de petites communes, disposant de peu de
capacité d?ingénierie pour traiter de problématiques juridiques et
techniques complexes. » Contribution Communauté Urbaine du Grand
Reims
24
8. Faciliter le portage foncier pour anticiper l?intervention de la puissance
publique lorsque celle-ci est rendue indispensable
Lorsque la situation de certains immeubles est devenue trop dangereuse ou que les copropriétaires
sont dans l?incapacité de redresser durablement la situation, il est nécessaire de confier à la puissance
publique une mission d?intérêt général pour assurer la transformation d?un ou de plusieurs
immeubles. L?intervention s?organise alors généralement par des opérations de restructuration lourde
ou en organisant la démolition - reconstruction des bâtis.
Pour garantir la cohérence des projets urbains et intervenir en amont de ces micro-projets urbains, il
convient de favoriser l?acquisition par la puissance publique des immeubles ou logements insalubres
ou dangereux sur le modèle vertueux des opérateurs aujourd?hui déployés dans certains territoires
par les collectivités et l?État (SPLA ou SEM, EPA, EPF, EPFL, CDC Habitat Action Copropriétés) et
illustrés en annexe 4.
La limite de l?intervention publique sur les territoires est souvent liée à l?absence d?un outil dédié
compétent ; l?exclusion de certaines typologies de biens de la mission de portage ; la durée de
portage.
Les établissements publics fonciers d?État (EPF) et établissements publics fonciers locaux (EPFL) sont
de plus en plus mobilisés pour intervenir dans le traitement de l?habitat indigne. En effet, ils
constituent des opérateurs précieux par leur connaissance des procédures d?aménagement, leur
capacité à réaliser des actions de portage et de recyclage massif dans les copropriétés et/ou leurs
abords, permettant une intervention à la bonne échelle. Pour améliorer le panel des modalités
d?intervention existantes, il conviendrait :
? De développer des outils ad hoc spécialisés de type EPF ou SPL dédiés à l?intervention sur l?habitat
indigne dans le cadre de la mise en oeuvre d?un projet urbain ;
? D?élargir le spectre d?intervention d?acteurs locaux de type établissements publics fonciers avec
des missions élargies portant sur :
- des durées de portage au long court ;
- l?acquisition de sites occupés ;
- le portage de lots en petite et moyenne copropriétés dans le cadre de projets de redressement.
En corolaire des propositions 1 et 2 supra et en lien avec le rapport Nicol « La requalification du parc
immobilier privé à Marseille » du 27 mai 201517, il conviendrait de clarifier les éléments de l?outil « DUP
Carence », nécessaires à la déclaration de carence par le juge pour faciliter le recours à cette procédure
par les acteurs locaux et prévoir un régime de scission des copropriétés en redressement.
PROPOSITION 8
Afin de positionner ces partenaires des opérations de transformation des copropriétés dans les secteurs
en déficit d?opérateurs, et sans que leur rôle et leur appui aux collectivités locales en matière
d'intervention sur l'habitat ancien dégradé ne soient amoindris (sur la stratégie foncière et le portage
foncier associé), il est proposé de consolider leurs moyens sur les copropriétés dégradées (y compris à
travers des moyens budgétaires dédiés si nécessaire), et de veiller à la prise en compte de cet impératif
de traitement des copropriétés dégradées dans les orientations stratégiques de l?État fixées aux
établissements ainsi que les objectifs annuels fixés aux directeurs généraux des établissements publics
fonciers les plus concernés. La constitution de SPL ad hoc répondrait aux mêmes objectifs en fonction
des enjeux territoriaux identifiés.
17 https://marsactu.fr/wp-content/uploads/2015/11/285389804-Marseille-Rapport-Nicol-27-Mai-2015.pdf
25
Ordre : Réglementaire/Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Collectivités territoriales, ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des finances
(DB)
Bénéficiaires : Collectivités
« Le renforcement du rôle des opérateurs publics de portage
foncier permettrait d?intervenir plus efficacement dans le traitement
des copropriétés dégradées. En particulier, les établissements publics
fonciers sont des opérateurs pertinents pour appuyer les collectivités
dans leur projet. », Contribution Communauté urbaine du Grand Reims
« Les ambitions nationales en matière de réduction d?émission
de gaz à effet de serre doivent se concilier avec les enjeux
patrimoniaux et historiques, portés par les DRAC-ABF. », Contribution
DIGNEO-Foncière Logement
26
FACILITER L?INTERVENTION DES ACTEURS
DE L?HABITAT PRIVE
Au-delà des mesures qui permettraient de faciliter l?intervention publique lorsque celle-ci est rendue
indispensable, la lutte contre l?habitat indigne et l?amélioration de l?habitat privé existant sont
largement tributaires de la bonne coordination de la chaîne des acteurs de l?habitat privé et de la
pertinence de leurs actions.
Faciliter l?intervention des acteurs privés de l?habitat, c?est garantir un accompagnement adapté aux
propriétaires comme aux occupants et de leur donner la possibilité d?agir pour corriger les situations
les plus fragiles. L?objectif est de permettre aux copropriétés d?être les plus autonomes possible dans
le règlement de leurs difficultés et ainsi éviter à terme à la puissance publique des interventions
lourdes, longues et couteuses.
Les 6 propositions ci-après visent à renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des syndics et
architectes de copropriété mais aussi les monopropriétés, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation et plus généralement de tous les professionnels du bâtiment, acteurs indispensables à la
réhabilitation du parc privé.
27
9. Accompagner les organismes, notamment HLM, souhaitant intervenir en tant
que syndic d?intérêt général
Le syndic est, au côté de l?assemblée générale et du conseil syndical, l?un des trois organes essentiels
et obligatoires au bon fonctionnement de la copropriété. Représentant légal du syndicat des
copropriétaires, le syndic garantie le bon fonctionnement de la copropriété au niveau financier et
administratif. Son rôle est majeur dans la gestion des sinistres, des impayés et la mise en oeuvre de
travaux et de la lutte contre l?habitat indigne.
Qu?importe sa forme (bénévole, coopératif, professionnel), son exercice est réglementé par la loi et sa
responsabilité peut être engagée. Les syndics professionnels sont soumis à la Loi Hoguet et doivent
être impérativement titulaires de la carte professionnelle « Syndic de copropriété ». L?intervention des
syndics a également une place majeure au sein des copropriétés dégradées. En ce qui concerne les
actions de prévention, le syndic a un rôle d?alerte du syndicat de copropriété et du tribunal judiciaire si
le taux d?impayés atteint 15% pour les copropriétés de plus de 200 lots et 25% pour les copropriétés
en deçà. Il a également pour obligation de réaliser l?immatriculation permettant l?identification
préventive des situations de fragilité.
Dans le cadre des dispositifs d?amélioration de l?habitat, le syndic travaille main dans la main avec
l?opérateur, la collectivité et les copropriétaires pour le redressement de la copropriété ainsi que la
mise en oeuvre de travaux. Les syndics sont, dans ce contexte et au vu des enjeux forts que revêtent
leurs missions, régulièrement suspectés d?être responsables lorsque l?équilibre d?une copropriété est
compromis bien que d?autres facteurs y participent et notamment la mobilisation des copropriétaires.
De plus, si le métier de syndic est régit par plusieurs lois, les conditions d?exercice restent souples.
Cette profession n?est encadrée par aucun ordre et aucune instance n?est chargée de contrôler leurs
pratiques professionnelles. En théorie, c?est le rôle du conseil syndical d?assister et de contrôler les
missions du syndic. Sur le terrain et particulièrement pour les copropriétés fragiles, les instances de
gestion n?ont pas toujours cette capacité. La facturation d?honoraires importants ou une carence
avérée dans la gestion peuvent participer à la dégradation de la situation d?une copropriété. Une
rupture de confiance envers les syndics et la volonté de faire baisser les charges conduisent parfois au
passage de la copropriété en syndic bénévole ou coopérative alors que ce n?est pas la solution la plus
adaptée pour les plus grands ensembles.
Des initiatives vertueuses ont vu le jour pour accompagner les syndics sur le champ de la prévention
de la dégradation des copropriétés, en amont des situations de rupture. Comme l?illustre l?association
« QualiSR Syndic Prévention Redressement », crée en 2015, qui porte le projet d?une certification de
syndics de redressement de copropriétés fragiles avant leur dégradation pour garantir auprès des
copropriétaires les qualifications nécessaires du syndic labellisé et pour assurer une intervention
préventive de redressement de la copropriété en difficulté.
La mesure de création d?un syndic d?intérêt général se veut donc complémentaire aux dispositifs
existants dont il conviendra d?améliorer les aides existantes à la gestion, et sera mobilisée en priorité
sur le plan curatif à l?attention des copropriétés les plus en difficultés, et dans le cadre des mises sous
administration provisoire notamment.
Par ailleurs, pour garantir l?efficacité de la proposition, il sera indispensable d?inscrire le statut
prioritaire du syndic d?intérêt général à la liste des opérateurs en capacité d?être désignés par le
tribunal judiciaire pour exercer les fonctions de mandataire ad hoc ou d'administrateur provisoire
listés à l?article 61-1-218.
18 Article 61-1-2 du décret n° 67-223 du 17 mars 1967 pris pour l'application de la Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le
statut de la copropriété des immeubles bâtis, et de prévoir une transmission à la collectivité des bilans annuels de ces
derniers. Le mandataire doit justifier d?une expérience d'au moins trois ans dans la gestion d'une copropriété ou dans le
28
PROPOSITION 9
Il est proposé que la mission de syndic puisse être confiée à un syndic de copropriété à caractère public
ou apparenté, motivé par l'intérêt général, soutenu par l?Anah et vers qui orienter les copropriétés les
plus en difficulté, et pouvant être désigné en priorité par les tribunaux pour assumer les missions
d?administrateur judiciaire de la copropriété.
Une convention actuellement en cours d?élaboration entre l?Anah et l?USH pourrait prévoir la mise en
place d?une expérimentation avec les organismes HLM sur la base des retours d?expériences positifs
de certains territoires, en lien notamment avec l?étude de préfiguration engagée par le territoire de
Plaine Commune pour définir le cadre opérationnel et amorcer la création d?un syndic d?intérêt
général intercommunal.
Ordre : Décret
Quand : Fin 2023/début 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de la justice, Anah, USH
Bénéficiaires : Opérateurs dont organismes HLM, copropriétaires
« Les Administrateurs judiciaires ne sont ni la réponse ni la
solution. Aujourd?hui, les acteurs publics se refusent dans la majeure
partie des situations à faire ces signalements par manque de solution
disponible. [?] il est fondamental de faire émerger des syndics
spécialisés ou des action public-privé », Contribution UNIS-FNAIM-SNPI
« Les centres anciens sont caractérisés par la présence de
nombreuses petites copropriétés, dont une partie est sans syndic, une
partie avec syndic bénévole pratiquant une gestion très souvent «
informelle », et une partie avec syndic professionnel exerçant la
fonction a minima, largement à distance. Mener une OPAH dans ces
conditions requiert de traiter ces trois types de situation. »,
Contribution Association QualiSR
conseil des syndicats de copropriétaires, d?un diplôme de niveau master 2 dans ce domaine, et justifier d'une assurance
couvrant les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile encourue du fait de ses négligences, commises dans
l'exercice de son mandat et d?une garantie affectée au remboursement des fonds qu'elle est amenée à détenir dans le
cadre de son mandat ainsi que des sommes versées au fonds de travaux.
29
10. Renforcer les obligations existantes de diagnostic et de programmation
pluriannuelles de travaux avec la nécessité de connaître l?état structurel du
bâti
Le renforcement de la prévention et du porté à connaissance de l?état réel des immeubles sur le
territoire est apparu indispensable au fil des échanges avec les collectivités et les maires, en première
ligne en matière de responsabilité pour assurer la sécurité des occupants et la sauvegarde des
immeubles menaçant ruine.
De nombreux effondrements, incendies, intoxications, ont eu lieu au cours des dernières décennies au
droit d?immeubles parfois inconnus des pouvoirs publics. Malgré les campagnes de sensibilisation
nombreuses et efficaces, les particuliers et professionnels de l?immobilier n?ont pas toujours
connaissance de l?état réel d?un immeuble, ni les compétences techniques pour l?analyser. Ainsi, la
majorité des signalements de situations de péril est réalisée trop tardivement, alors que les premiers
signes externes ou les premiers accidents se sont déjà produits.
La charge de repérage ne peut en aucun cas être reportée sur la seule action des collectivités, tout
juste outillées pour réagir aux signalements et aux sinistres avérés.
Il est indispensable de responsabiliser les copropriétés à réaliser chacune en ce qui la concerne un
diagnostic technique global et complet de la situation de son immeuble, malgré le coût
supplémentaire engendré pour les propriétaires.
Au-delà de la connaissance de l?état réel du parc privé pour la puissance publique, il s?agit également
d?honorer un devoir légitime et réel d?information des futurs acquéreurs de l?état structurel de
l?immeuble et des équipements communs de leur futur bien. Un nombre trop important de néo-
accédants découvrent après l?achat l?état de dangerosité de leur immeuble, le plus souvent après que
le maire ait réalisé un contrôle sur la base d?un signalement ayant conduit à la prise d?un arrêté de
mise en sécurité pouvant aller jusqu?à préconiser l?évacuation ou la démolition de l?immeuble.
Il est proposé, sous certains critères à définir, de clarifier les modalités de réalisation d?un diagnostic
structurel et des équipements communs19 au sein du diagnostic technique global (DTG) afin de
prévenir les risques d?effondrement. Cette obligation décennale pourrait coïncider avec l?élaboration
du plan pluriannuel de travaux (PPT) pour les copropriétés et sur d?autres critères pour les
monopropriétés.
L?article L. 731-1 du code de la construction et de l?habitation a instauré la création du diagnostic
technique général de l'immeuble. Les textes précisent les modalités de réalisation du diagnostic et les
personnes habilitées à le réaliser. Cependant aucune obligation n?est prévue, et la décision de
réalisation du DTG est soumise aux conditions de vote à la majorité des propriétaires.
19 L?article R. 129-1 du CCH précise la liste des équipements communs des immeubles collectifs d?habitation visant à la
sécurité des occupants.
30
PROPOSITION 10
Il est proposé de renforcer le diagnostic technique global par les mesures suivantes :
? Permettre aux tiers en charge de la réalisation du diagnostic technique global d?établir un diagnostic
structurel complet obligatoire, en encadrant le diagnostic technique global par une méthode
d?analyse structurelle ;
? Inclure au diagnostic technique global le diagnostic des équipements communs ;
? Rendre obligatoire la réalisation du diagnostic technique global dans un calendrier cohérent avec le
calendrier du plan pluriannuel de travaux, dans un objectif de repérage et de prévention de l?état
bâtimentaire des immeubles ;
? Permettre à la collectivité de se substituer à l?obligation de diagnostic technique global en réalisant
ce diagnostic d?office et aux frais de la copropriété ;
? Conditionner les autorisations d?urbanisme à la réalisation du diagnostic technique global.
Cette obligation pourrait s?accompagner d?une aide de l?Anah et des collectivités locales, qui financent
déjà ce type de diagnostics dans le cadre d?études pré-opérationnelles, étant entendu que le coût de
ces diagnostics reste à évaluer et peut être élevé pour les copropriétés les plus fragiles. La
collaboration avec l?Anah pourrait se faire nonobstant l?intérêt technique de cette mesure et sans être
liée à cette obligation.
En partenariat avec des collectivités territoriales, des opérateurs et institutions impliqués, l?ordre des
architectes, des experts et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), le Pôle national de
lutte contre l?habitat indigne prévoit d?instaurer une instance d?observatoire national, afin de définir
les critères d?applicabilité et d?élaboration du diagnostic structurel.
Une expérimentation pourrait être conduite dans un premier temps par les collectivités dans les
« territoires d?accélération » ou à forts enjeux. L?architecte et le maître d?oeuvre pourraient par
ailleurs soumettre un projet d?offre globale plutôt qu?une décomposition des devis, sur la base de ce
diagnostic technique global.
Ordre : Législatif/Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), collectivités locales, Anah, Centre scientifique et
technique du bâtiment, Ordre nationale des architectes
Cible : Propriétaires
« Cette obligation pourrait s?accompagner d?une aide de l?Anah, qui
finance déjà ce type de diagnostics dans le cadre d?études pré-
opérationnelles, étant entendu que le coût de ces diagnostics reste à évaluer
et peut être élevé. La collaboration avec l?Anah pourrait se faire nonobstant
l?intérêt technique de cette mesure. Ces mesures doivent être pesées au
regard des diagnostics déjà en place, dont le DTG pour éviter une
complexification de l'attirail réglementaire. » Contribution UNIS-FNAIM-SNPI
31
11. Permettre le déclassement d?un immeuble de grande hauteur en immeuble de
4eme famille
Les charges qui incombent aux occupants d?immeuble de grande hauteur (IGH) pour des raisons de
sécurité sont très importantes, provoquant la non réalisation des travaux liés à la sécurité du
bâtiment. La dégradation ainsi programmée de ces immeubles augmente de fait les risques encourus
par les occupants, dus à terme au manque d?entretien.
Il est proposé de pouvoir, en neutralisant les derniers niveaux de ces immeubles, déclasser l?IGH en
immeubles de 4e famille. Cela permettrait de réduire les coûts spécifiques liés à l?entretien des IGH, et
de mieux entretenir le bâti, tout en excluant les risques pour les occupants. En effet, les charges
incombant aux propriétaires d'appartements en IGH concernant la sécurité sont très importantes.
Elles placent les occupants dans une situation d'insécurité, les travaux liés à la sécurité incendie
n'étant pas réalisés.
Lorsque la hauteur d'un immeuble le classe en IGH à 2 étages près, il est proposé de pouvoir le
déclasser en immeuble de 4ème famille en rendant inaccessibles les niveaux supérieurs à cette hauteur.
Cela ne peut s'appliquer que dans le cas où la réglementation de la sécurité incendie des immeubles
de 4 ème famille peut être respectée, et que l'entretien des locaux techniques reste possible. Dans le
cas de copropriétés, ces travaux sont votés en assemblée générale, et les étages neutralisés rachetés
par les copropriétaires, devenant ainsi des lots communs.
PROPOSITION 11
Il est proposé de garantir la sécurité incendie en donnant la possibilité de déclasser un IGH en immeuble
de 4ème famille, en neutralisant les derniers niveaux de ces immeubles.
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), Ministère de l?Intérieur
Cible : Propriétaires
32
12. Favoriser les contrôles de sécurité incendie dans les immeubles d?habitation
Aujourd?hui, il n?existe pas de contrôle de sécurité incendie obligatoire pour les immeubles
d?habitation qu?ils soient en monopropriétés ou en copropriétés (sauf dans le cas des immeubles de
grande hauteur). Il est proposé de pouvoir s?appuyer et motiver ces désordres, sur un rapport du
service départemental d?incendie et de secours (SDIS) ou de la commission de sécurité.
Pour ce faire, il conviendrait de compléter le deuxième alinéa (en gras) de l'article L. 511-8 du CCH par
les mentions suivantes :
« La situation d'insalubrité mentionnée au 4° de l'article L. 511-2 est constatée par un rapport du
directeur général de l'agence régionale de santé ou, par application du troisième alinéa de l'article
L. 1422-1 du code de la santé publique, du directeur du service communal d'hygiène et de santé, remis
au représentant de l'État dans le département préalablement à l'adoption de l'arrêté de traitement
d'insalubrité.
Les autres situations mentionnées à l'article L. 511-2 sont constatées par un rapport des services
municipaux ou intercommunaux compétents ou de l?expert désigné en application de l?article L. 511-9
ou par un rapport des services ou de professionnels de la sécurité incendie tels que la commission
consultative départementale de sécurité et d'accessibilité instituée par le décret n° 95-260 du 8 mars
1995, ou les services départementaux d'incendie et de secours (SDIS). Comme dans le cas d'un rapport
d'expert pour les désordres structurels, le maire pourrait citer ce rapport de sécurité incendie dans les
considérants de son arrêté pour motiver le risque et le délai d'action. »
PROPOSITION 12
Il est proposé de rendre possible qu?un maire puisse avoir aussi recours à la commission de sécurité ou
au service départemental d?incendie et de secours pour motiver son arrêté de mise en sécurité des
équipements communs.
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de l?intérieur
Cible : Maires et EPCI
33
13. Faciliter le financement du reste à charge et les dispositifs de préfinancement
des aides publiques pour les travaux de sortie d?habitat indigne
En corolaire du financement des travaux d?office d?urgence (cf proposition 6 supra) et afin d?apporter
un maximum de garantie sur les capacités à assumer la charge des travaux pérennes nécessaires, il
apparaît de plus en plus difficile d?équilibrer les plans de financement pour les travaux des
propriétaires occupants modestes et très modestes. De nombreux témoignages et remontées de
terrain convergent dans ce sens.
Grâce à la création d?un fonds de financement et pour faciliter le financement du reste à charge (RAC)
pour les propriétaires occupants modestes et très modestes, des prêts adaptés aux capacités
financières des propriétaires occupants pourraient être mis en place pour étaler le remboursement
des travaux LHI. Des échanges dans ce sens sont en cours avec la perspective d?une convention entre
l?État, le réseau Procivis, le réseau des SACICAP et la Banque des Territoires. Par ailleurs, la mission
soutient fortement la mise en place d?un régime de prêt global collectif, porté par la Banque des
territoires et destiné aux immeubles collectifs, qui sécuriserait son remboursement via une cotisation
supplémentaire.
Concernant plus particulièrement la demande de financement du reste à charge pour les propriétaires
modestes et très modestes, la Banque des territoires dans son dernier rapport illustre bien cette
problématique20.
Cette absence de solution « privée » conduit également à observer des difficultés dans la prise en
charge du reste à charge des copropriétaires, qui constituent avec le préfinancement les deux
principaux freins à une mise en oeuvre plus rapide des programmes de travaux au sein des ensembles
concernés. Ces difficultés apparaissent également dans le traitement de l?habitat indigne par les
propriétaires occupants, exclus notamment du système bancaire.
Par ailleurs, le préfinancement des aides publiques est un élément crucial dans le déploiement des
dispositifs de redressement pour les copropriétés en difficulté et dégradées, notamment à cause de
l?absence de solution bancaire privée adaptée.
PROPOSITION 13
Il est proposé :
? d?améliorer les dispositifs de préfinancement des aides publiques à destination des copropriétés
fragiles et des propriétaires modestes ;
? de faciliter le financement du reste à charge par la mise en place de prêts et d?avances adaptés aux
capacités financières des propriétaires et en particulier des propriétaires occupants modestes et très
modestes pour étaler le remboursement des travaux LHI.
En corollaire, il est proposé à l?Anah d?engager une réflexion approfondie autour des objectifs suivants :
? Accélérer les délais de réalisations des travaux : autoriser le financement des travaux de mise en
sécurité ordinaire dès l?engagement de la phase contradictoire.
? Faciliter le préfinancement des aides de l?Anah.
20 « Mission exploratoire sur le financement de la rénovation des copropriétés en difficulté », Banque des Territoires,
Septembre 2023
34
Ordre : Législatif /Réglementaire/Budgétaire/Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), Anah, PROCIVIS, Banque des territoires
Cible : Copropriétaires et propriétaires occupants modestes et très modestes.
« L?ingénierie financière mise à disposition par le réseau bancaire
classique est faible voire inexistante en copropriété au-delà même de
la LHI », Contribution Brest Métropole
« La mobilisation de la banque des territoires sur cette action est
fondamentale - l?émergence d?une banque de la rénovation et de
l?accompagnement des copropriétés fragiles est nécessaire pour
sécuriser ce processus de caisses d?avances », Contribution UNIS-
FNAIM-SNPI
35
14. Amplifier les dispositifs fiscaux visant à favoriser l?investissement privé dans
l?habitat ancien dégradé
Le dispositif « Denormandie dans l?ancien », a fait l?objet d?une évaluation21, par une mission confiée à
l?Inspection générale des finances, des affaires culturelles et de l?environnement et du développement
durable. En effet, ce dispositif arrive à terme le 31 décembre 2023 et s?applique principalement aux
programmes « Action coeur de ville » et « Petites ville de demain » et pour toute commune ayant
conclu une opération de revitalisation (ORT)22. La présente mission considère que le dispositif
« Denormandie pour l?ancien » devrait globalement être étendu.
Il devra cependant palier un déficit important :
? de notoriété : extrêmement peu connu du grand public, collectivités, investisseurs,
banques et conseils en patrimoine ;
? d?image : une complexité technico-financière avec des délais allongés, dans des cas avec
recyclage de cinq à dix ans et un rendement inférieur et plus risqué pour les investisseurs.
PROPOSITION 14
Afin de prendre en compte les logements identifiés indignes, il est proposé à titre expérimental d?élargir
le dispositif d?exonération ou d?abattements fiscaux « Denormandie dans l?ancien » aux travaux de
réhabilitation en sortie d?habitat indigne jusqu?en 2030.
Ordre : Réglementaire/Budgétaire/Opérationnel
Quand : Fin 2023
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des finances (DB)
Bénéficiaires : Investisseurs, propriétaires occupants
21 En corolaire de la mission en cours confiée aux inspections IGF, IGEDD, IGAC.
22 244 communes concernées en 2023 à l?échelle nationale.
36
AMÉLIORER L?ACCOMPAGNEMENT
ET LA PROTECTION DES HABITANTS
Parce que les habitants doivent pouvoir être protégés quel que soit le niveau de dégradation du bien
qu?ils habitent et quel que soit leur statut (propriétaire ou locataire), les mesures destinées à
améliorer le traitement de l?habitat privé dégradé et indigne intègrent des propositions sur les droits à
l?hébergement et au logement.
« Le repérage des situations et le partage des informations entre
les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants pour appréhender
de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des
ménages victimes d?habitat indigne reste très compliqué à organiser
sur les territoires du fait des partages de compétences. Enfin, les
moyens humains et financiers restent en deçà de ce qu?il serait
nécessaire pour réaliser des opérations importantes et systématiques
d?éradication de l?habitat dégradé. », Contribution Fondation Abbé
Pierre
37
15. Améliorer l?accès à l?hébergement d?urgence / logement accompagné et au
relogement des mal-logés
Dans le cadre de la solidarité territoriale, il est proposé un dispositif permettant de mobiliser des
hébergements d?urgence / logement accompagné à destination des propriétaires les plus modestes.
La durée de prise en charge par le fonds d?aide au relogement d?urgence (FARU) pourrait être
prolongée à la durée moyenne d?hébergement constatée de chaque territoire. Cette prolongation
permettrait aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats, et en ouvrant
les droits aux propriétaires occupants les plus modestes23.
Selon un dispositif similaire à celui de l?article 5524 de la Loi SRU, il pourrait être prévu un pourcentage
d?hébergement d?urgence à définir. Les dispositions existantes et codifiées à l?article 25 L. 312-5-3 du
code de l?action sociale et des familles est insuffisant à l?échelle nationale et rarement honoré,
conduisant à des inégalités territoriales à l?échelle des bassins de vie et d?emplois.
Cette proposition corrobore les travaux du Conseil national de la refondation « logement », autour des
« Préconisations pour la refondation des politiques sociales de l?habitat »26 :
« Introduire une obligation de production d?habitat spécifique et d?hébergement par commune, au titre
de l?article 55 de la Loi SRU. Afin de recréer un équilibre social dans chaque territoire, sur le modèle de
l?article 55 de la Loi SRU, il s?agit d?introduire, pour les communes à partir d?un certain seuil de
population, une obligation de production d?habitat accompagné (principalement résidences sociales et
pensions de famille), proportionnel à leur parc résidentiel. Cette production vise à accompagner la
généralisation du « Logement d?Abord » et le glissement progressif d?une part de la réponse en
hébergement, vers une réponse logement. Parallèlement, il convient de mieux répartir les centres
d?hébergement, qui tendent à se concentrer sur les communes volontaires, qui sont souvent celles aux
caractéristiques sociales les moins favorables. Il existe aujourd?hui environ 100 000 unités de vie en
résidences sociales, 20 000 places en pension de familles et 150 000 places en centres d?accueil (CHU,
CHRS, CADA). Les obligations de la Loi SRU pourraient être précisées avec un volet « PLA-I collectif »
distinct des PLA-I familiaux ».
23 Selon plafond de ressources de l?Anah et du logement social.
24 Article 55 de la loi SRU.
25 L'article L.312-5-3 fixe la capacité minimale à atteindre par les communes. Celle-ci est d'au moins une place
d'hébergement par tranche de 2.000 habitants pour les communes membres d'un EPCI à fiscalité propre dont la population
est supérieure à 50.000 habitants ainsi que pour les communes dont la population est au moins égale à 3.500 habitants et
qui sont comprises dans une agglomération de plus de 50.000 habitants comprenant au moins une commune de plus de
15.000 habitants. Cette capacité est portée à une place par tranche de 1.000 habitants dans les communs répondants à la
situation évoquée ci-dessus, mais qui sont situées dans une agglomération de plus de 100.000 habitants.
26 CNR Logement, « Préconisations pour la refondation des politiques sociales de l?habitat », Serge Contat et Cédric Van
Styvendael, février 2023, HABITAT SPECIFIQUE, Penser la diversité des réponses, plutôt que des parcours résidentiels
d?insertion »
38
PROPOSITION 15
Il est proposé :
? d?introduire un pourcentage d?hébergement d?urgence à définir selon un dispositif similaire de la Loi
SRU.
? de prolonger la durée de prise en charge par le fonds d?aide au relogement d?urgence à la durée
moyenne d?hébergement constatée de chaque territoire au regard des délais moyens de
relogement ;
Ordre : Législatif/Budgétaire/Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DIHAL), ministère des finances (DB), ministère de l?intérieur
Bénéficiaires : Collectivités, Occupants
« En marché très tendu, le parc indigne est en partie occupé par
des ménages exclus du parc social - qui constituent d?ailleurs, pour
cette raison-même, la cible privilégiée des marchands de sommeil »,
Manifeste SOREQA
« Il reste en effet particulièrement difficile de recourir à des
structures d?hébergement d?urgence qui sont le prolongement naturel
des interventions en substitution que pourraient pratiquer les autorités
compétentes », Contribution Ville de Paris
39
16. Améliorer le droit des occupants et l?adapter aux territoires en zones tendues
Dans le cadre d?évacuations d?immeubles en application des procédures de mise en sécurité au titre
de l?article L. 511-19, le CCH prévoit uniquement un droit à l?hébergement des locataires, le temps des
travaux. Or, de par la durée réelle des travaux, et de la difficulté de mobilisation des copropriétés, ces
durées peuvent être extrêmement longues et parfois même ne jamais aboutir. Le ménage reste
hébergé pendant des durées très longues, dans la majeure partie des cas à l?hôtel.
? Il est donc proposé que ce droit à l?hébergement ouvre droit au relogement à compter d?un
certain délai d?hébergement sans perspective de travaux permettant le relogement à court
terme des ménages concernés. Cette modalité permettra à la fois d?ouvrir le droit au
relogement pour le ménage d?une part, et d?appliquer les sanctions prévues en cas de carence
au relogement à l?encontre du propriétaire défaillant d?autre part.
? Les mesures compensatoires en matière de relogement et de droit des occupants ne
prévoient pas d?adaptation au contexte et aux déséquilibres locaux importants entre l'offre et
la demande de logements - notamment en zone tendue27 -, impactant la capacité de la
puissance publique à se substituer aux propriétaires défaillants, et la capacité des ménages à
se reloger ou à se maintenir dans le logement. En effet, selon l?article L. 521-3-2 du Code de la
construction et de l?habitation28, si le locataire est relogé par une collectivité publique ou un
organisme HLM, en substitution du propriétaire malgré l?obligation de relogement qui lui est
imposée, le propriétaire est redevable d?une amende équivalente à un an de loyers
prévisionnels, à titre d'indemnité de relogement. Cette mesure a pour objectif de
dédommager financièrement la collectivité, le bailleur ou l?État selon lequel a procédé au
relogement du ménage (contingent). Par ailleurs, selon l?article L. 521-3-1 du Code de la
construction et de l?habitation, le propriétaire ou l'exploitant est tenu de verser à l'occupant
évincé une indemnité d'un montant égal à trois mois de son nouveau loyer et destinée à
couvrir ses frais de réinstallation.
En complément à cette proposition, les propositions suivantes doivent permettre de mieux
garantir les conditions de mise à l?abri des occupants quels qu?ils soient, du respect de leur droit à
l?hébergement et/ou au relogement en sortie d?habitat indigne.
? Le droit des occupants victimes d?habitat indigne impose à la collectivité, en substitution d?un
propriétaire défaillant, le relogement définitif des ménages quel que soit leur statut vis-à-vis
du droit au séjour. Cela pose des difficultés majeures au regard de l?inaccessibilité du parc
locatif social pour les ménages en situation irrégulière, alors que la mise à l?abri constitue un
droit universel. Il est donc proposé de spécifier le champ d?application de l?article L. 511-18 du
Code de la construction et de l?habitation en spécifiant que l?hébergement des ménages en
situation irrégulière incombe à l?État dans le cadre du droit inconditionnel à l?hébergement
d?urgence, afin de mettre en cohérence les obligations règlementaires portées par la
collectivité et les moyens mobilisables pour y répondre.
27 154 communes classées en zone tendue à date.
28 « Lorsqu'une personne publique, un organisme d'habitations à loyer modéré, une société d'économie mixte ou un
organisme à but non lucratif a assuré le relogement, le propriétaire ou l'exploitant lui verse une indemnité représentative
des frais engagés pour le relogement, égale à un an du loyer prévisionnel. »
40
PROPOSITION 16
Il est proposé, en zones tendues, d?étudier la possibilité :
? d?instaurer un droit au relogement pour les ménages ayant droit à l?hébergement dont la durée
d?hébergement dépasse les 18 mois ;
? de renforcer les sanctions en cas de carence au relogement dans les zones tendues en portant
l?amende à un montant équivalent à trois ans de loyer prévisionnel ;
? de renforcer le droit des occupants dans les zones tendues en portant l?indemnité à un montant égal
à 12 mois de son nouveau loyer.
La mission souhaite par ailleurs rappeler que l?hébergement des ménages en situation irrégulière
incombe à l?État au titre du droit universel à l?hébergement quelle que soit la procédure.
Ordre : Législatif, Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires, occupants
41
17. Elargir les mesures de protection des occupants dès le premier signalement
aux autorités compétentes
Plusieurs décisions de justice en première instance et en appel ont mis en exergue la fragilité des
textes régissant le droit des occupants et notamment sa confrontation au droit d?expulsion.
D?une part, à ce jour, une déclaration d'insalubrité, un arrêté de péril ou la prescription de mesures
destinées à faire cesser une situation d'insécurité ne peut entraîner la résiliation de plein droit des
baux et contrats d'occupation ou d'hébergement29.
Cependant, on constate que ce droit n?est pas toujours appliqué et certaines procédures d?expulsion
sont plus rapides que le temps d?instruction de la procédure d?insalubrité, phénomène qui sera
vraisemblablement accru au regard des évolutions en la matière. Dès lors, on constate une
recrudescence des congés et procédures d?expulsion, à l?encontre des locataires ayant dénoncé leur
situation d?habitat indigne aux autorités. Il est proposé d?élargir les conditions d?applicabilité de
l?article L. 521-2 alinéa 3 du code de la construction et de l?habitation dès le constat de l?insalubrité par
un agent assermenté.
D?autre part, les menaces et violences commises à l?encontre des occupants constituent un délit défini
à l?article L. 511-22 §III 1° du Code de la construction et de l?habitation et passible de 3 ans
d?emprisonnement et 100 000 ¤ d?amende lorsque ces locaux sont visés par un arrêté de mise en
sécurité ou de traitement de l'insalubrité. Or, encore une fois, ces mesures de protection
interviennent trop tard, après l?instruction administrative des arrêtés. Il est indispensable de rendre
applicable cette mesure de protection à compter de la date du signalement de l?occupant à
l?administration et sur dépôt de plainte de l?occupant ou signalement au procureur au titre de l?article
40 du Code de procédure pénale.
Enfin, pour lutter clairement contre les marchands de sommeil, la mission propose qu?une réflexion
soit engagée pour pouvoir imposer au propriétaire d?un local non occupé et déclaré impropre à
l?habitation qu?il démontre la régularité des offres de relogement proposées devant le juge civil.
PROPOSITION 17
Il est proposé d?élargir les mesures de protection des occupants pour un effet immédiat à compter du
premier signalement aux autorités compétentes en matière de répression des menaces et violences, et
à compter du rapport de constat d?insalubrité pour les mesures relatives à la prévention des expulsions.
En corolaire, il est proposé de clarifier la possibilité de déclarer un local impropre par nature à
l?habitation bien qu?il ne soit pas occupé à date, dans un objectif de prévention, et d?imposer au
propriétaire en charge du relogement de démontrer de la régularité des offres de relogement.
Ordre : Législatif
Quand : 2024
Qui : Ministère de la justice, ministère des finances
Bénéficiaires : Collectivités, occupants
29 Article L. 521-2 alinéa 3 du Code de la construction et de l?habitation et article 1719 du code civil qui dit que « lorsque
des locaux loués à usage d'habitation sont impropres à cet usage, le bailleur ne peut se prévaloir de la nullité du bail ou de
sa résiliation pour demander l'expulsion de l'occupant
42
18. Garantir un accompagnement socio-juridique tout au long de la procédure
pour chaque victime d?habitat indigne
Les occupants d?un habitat indigne ne connaissent souvent pas l?ensemble des démarches à suivre et
leurs conséquences. Chaque ménage engagé dans une procédure d?habitat indigne doit pouvoir
bénéficier des moyens de faire valoir ses devoirs et ses droits.
L?obligation de participation des MDS, CAF et MSA dans l?accompagnement social avec une offre de
service dédiée sous l?égide de l?État (PDLHI) mais aussi juridique grâces aux ADIL et un
accompagnement en justice via des associations subventionnées à ce titre, y compris dans les
situations de non décence et/ou manquements au règlement sanitaire départemental (RSD) pour
obtenir des dommages et intérêts.
Un accompagnement social pertinent
Dans la résolution des situations d?habitat indigne et la réussite des projets, l?accompagnement des
ménages impactés est primordial.
Il apparaît nécessaire de conforter et de développer des outils adéquats et adaptés :
? Mesures d?accompagnement social du fonds de solidarité logement ;
? Mesures d?accompagnement médico-sociales ;
? Clarification de la doctrine des maîtrises d?oeuvre urbaines et sociales (MOUS) LHI et leur
financement ;
? Fonds « Accompagnement vers et dans le logement » (AVDL) ciblé sur l?habitat indigne via
l?élaboration de marchés régionaux ou départementaux ;
? Agence immobilière à vocation sociale (AIVS) Habitat indigne (intermédiation locative) ;
? Fonds d?intervention régional des agences régionales de santé.
Un accompagnement juridique indispensable
Les associations d?aide aux victimes, les structures portées par les collectivités et l?État comme les
Maisons de la justice et du droit et les associations départementales d?information pour le logement
(ADIL) restent les principales et uniques portes d?entrée locales pour accompagner les habitants d?un
point de vue juridique, aux côtés des Pôles départementaux de lutte contre l?habitat indigne. Cette
réponse, liée essentiellement à cette volonté locale, doit être encouragée et amplifiée.
PROPOSITION 18
Pour accompagner les occupants en matière d?habitat indigne dans leur parcours, il est proposé
d?assurer un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement. Ce financement permettrait de
mettre en place un accompagnement social spécifique, avant même l?engagement des procédures afin
d?apporter un accompagnement individuel renforcé auprès des victimes engagées dans une procédure
pénale ou civile.
43
Ordre : Réglementaire
Quand : 1er semestre 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP) avec appui DIHAL
Cible : propriétaires occupants et locataires
« Les ADIL apportent au public, à leurs partenaires et aux acteurs
du logement leur expertise juridique sur tous les champs de l?habitat :
les rapports locatifs, le fonctionnement des copropriétés,
l?accompagnement juridique, fiscal et financier aux travaux
d?amélioration de l?habitat (travaux de rénovation énergétique,
d?adaptation du logement ou de mises aux normes). [?]
L?accompagnement des occupants, durant les procédures
d'hébergement, le relogement et les travaux, pourrait être amélioré et
clarifié. En effet, les différentes étapes doivent être évoquées en amont
de l?opération et expliquées afin que le ménage soit parfaitement
informé.», Contribution ANIL
44
19. Améliorer la protection des victimes en cas de sinistre d?effondrement
Suite aux effondrements d?immeubles d?habitations survenus en site occupé ces dernières années
dans plusieurs villes de France, impactant tout particulièrement le bâti ancien, il convient très
spécifiquement d?analyser ces phénomènes, de prévoir les mesures nécessaires à la prévention, à
l?information, et au traitement. Nous appelons à une mobilisation nécessaire des assureurs pour
adapter les polices d?assurance aux enjeux d?accompagnement des habitants lors de survenance de
sinistre, avec notamment un minimum de prestations permettant d?assurer la mise en sécurité des
occupants lors de sinistres.
Les visites de terrain sur les sites et villes impactées par ces évènements ont en effet montré la
nécessité de pallier aux fortes insuffisances pour venir en aide aux victimes dans la durée et trouver
notamment des solutions solidaires :
? Sur la création d?un fonds de garantie destiné aux victimes collatérales des immeubles
mitoyens ;
? Sur le renfort des assurances multirisques des immeubles notamment après que
l?immeuble ait été grevé d?un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité ;
? D?une meilleure articulation des délais entre les expertises des assurances, les aides de
l?Anah et la prise des arrêtés.
PROPOSITION 19
Il est proposé d?engager une réflexion pour garantir aux victimes les conditions d?indemnisation en
cas de sinistre.
Ordre : Budgétaire
Quand : 2024/2025
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des finances (DB), secteur assurantiel
Cible : Propriétaires occupants et locataires
45
20. Faciliter les signalements et le recensement des situations d?habitat indigne
pour garantir une action coordonnée et efficace des pouvoirs publics et des
acteurs privés
Histologe, start-up d?Etat, est un dispositif à conforter sur l?ensemble du territoire national pour
assurer le recensement et le suivi des signalements.
Créé en 2021, Histologe est un service public permettant de faciliter la détection, le signalement,
l?évaluation, l?envoi d?alertes et le suivi des logements pour accélérer la prise en charge du « mal
logement ». A ce jour30 il est déployé dans 52 territoires (répartition des données par territoire en
annexe), 16 807 signalements ont été enregistrés avec un taux de prise en charge de 97,2% et 31% de
taux de clôture des signalements. Près de 4 000 acteurs locaux connectés (communes, DDT(M),
conseils départementaux, EPCI, ?). A ce jour, 1 675 foyers sont sortis du mal logement.
En complémentarité avec Histologe et son déploiement national, il semble nécessaire d?interfacer les
plateformes existantes ou en cours de développement (Axel, Esabora, Orthi, ?) pour les échanges :
? entre les collectivités et l?ARS pour l?instruction des procédures ;
? entre les collectivités et la DGFIP pour la publication des arrêtés ;
? avec les administrés et l?accès au registre des arrêtés ;
? en temps réel avec les notaires sur l?état des procédures sur un immeuble ou un logement ;
? d?informations sur toute la chaîne d?instruction des procédures de LHI à l?ensemble des
membres des PDLHI ;
? permettant le croisement des données sur réquisition du Parquet afin d?identifier les
multipropriétaires indélicats à l?échelle nationale
PROPOSITION 20
Il est proposé d?améliorer les outils numériques permettant un meilleur suivi des situations, du
signalement jusqu?au traitement des arrêtés.
Ordre : Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Collectivités, services déconcentrés de l?État, associations, grand public
30 https://histologe.beta.gouv.fr
46
21. Conforter le permis de louer à articuler avec un contrôle technique global du
logement incluant la décence
Dans la continuité du permis de louer mis en place en 2016, aujourd?hui loin d?être généralisé sur
l?ensemble du territoire national, il pourrait être envisagé la création d?un contrôle technique général
du logement. Les diagnostics techniques actuellement obligatoires ne prennent pas en compte la
notion de décence des logements ce qui complexifie l?information et peut porter à confusion voir
mettre en difficulté les propriétaires et les locataires quant à la conformité ou non du logement.
Un diagnostic unique et complet permettrait notamment d?informer le propriétaire et le locataire de
manière exhaustive de l?état du logement lors de la vente, de la mise en location ou relocation du
logement.
Ce diagnostic permettrait également de faciliter l?instruction des autorisations préalables de mises en
location des logements.
Il aurait également une valeur contradictoire de l?état global du logement et favoriserait l?information
exhaustive apportée au propriétaire avant la mise en location de son logement et de l?acquéreur lors
de la vente.
Un projet de contrôle technique du logement a fait l?objet, le 10 mai 2023, d?une proposition de loi
portant renforcement du contrôle de la décence des logements31 du député Guillaume Vuilletet, visant
« à instituer une mesure préventive instaurant un véritable contrôle technique du logement. L?idée est
de créer un dispositif comparable à ce que prévoit le Code de la route en matière de contrôle technique
du véhicule. Cette proposition de loi entend créer un contrôle technique décennal du logement afin
qu?un bailleur ne puisse plus louer un appartement ne présentant pas les caractéristiques minimales de
décence. Dans le prolongement du permis de louer, ce dispositif vise à responsabiliser le bailleur qui
serait dans l?obligation de consigner les observations effectuées et le diagnostic technique sur une
plateforme du ministère de la Transition écologique. Cette mesure, qui permettra en premier lieu une
consolidation des diagnostics déjà existants, garantira que le local concerné respecte au moins la
définition du décret décence de 2002. ».
PROPOSITION 21
Il est proposé de simplifier et compiler en un seul et unique « contrôle technique du logement »
l?ensemble des diagnostics d?ores et déjà obligatoires, élargi au contrôle de la décence du logement.
31 https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1200_proposition-loi#
47
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires
« Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et
veiller à la décence des logements, il est, dans ses dispositions
actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les collectivités aux moyens
limités. », Contribution Valenciennes Métropole
48
ACCENTUER LES MESURES COERCITIVES
ENVERS LES PROPRIETAIRES INDELICATS
ET LES MARCHANDS DE SOMMEIL
La mise en oeuvre des procédures coercitives relatives à la mise en sécurité et la santé obligent à agir
rapidement pour palier le danger et mettre à l?abri les occupants de logements indignes,
temporairement, le temps de travaux, ou de manière pérenne en cas d?interdiction définitive
d?habiter.
Ces mesures nécessitent d?accompagner les plus fragiles de nos concitoyens en matière de lutte
contre l?habitat indigne, de fluidifier les parcours allant de l?hébergement au relogement,
d?harmoniser les pratiques de terrain et de mobiliser parfois des outils spécifiques, notamment
juridiques.
A l?encontre des propriétaires indélicats, il est proposé de renforcer les actions coercitives pour une
politique de tolérance zéro.
49
22. Doter les inspecteurs de salubrité et agents de police municipale des pouvoirs
d?enquête judiciaire en habitat indigne
Les divers témoignages recueillis appellent à un renforcement des moyens d?enquêtes mobilisés sur
ce contentieux notamment, sur les « Territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat indigne »
(Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Réunion)
pour faciliter les instructions et la coordination des dossiers, là où les volumes d?affaires sont les plus
importants et le besoin en enquêteurs le plus prégnant, difficultés auxquelles s?ajoutent une forte
vacance sur ce type de postes.
L?organisation des services d?enquête seraient également dépendante de la masse d?enquêtes en
cours, pouvant varier d?une année à l?autre, et être plus ou moins constante selon les territoires.
Au-delà du renforcement des moyens des forces de l?ordre, il est proposé de renforcer les pouvoirs
des agents déjà mobilisés sur l?instruction des procédures, afin notamment d?accélérer et faciliter
l?instruction des actes judiciaires les plus simples (audition libre des mises en cause, des victimes, avis
au parquet, rappel à la loi, avis à victime).
Cette mesure devra rester une possibilité pour les collectivités, dans le cadre d?une convention avec
l?État et le Parquet, et en aucun cas se subroger aux obligations et responsabilités de la police.
PROPOSITION 22
Il est proposé de doter les inspecteurs de salubrité assermentés, ou les agents de police municipale
assermentés et habilités, spécialement désignés, des mêmes prérogatives et obligations que celles
attribuées aux officiers de police pour les enquêtes judiciaires en habitat indigne, sur réquisition du
procureur de la République, inscrit dans le cadre du contrat local de sécurité à l?image des pouvoirs
octroyés depuis 2020 aux inspecteurs de l?environnement32.
Ordre : Législatif
Quand : 2024
Qui : Ministère de la Justice
Cible : Collectivités, Parquets
32 Modifié par la Loi n° 2020-1672 du 24 décembre 2020 relative au Parquet européen, à la justice environnementale et à la justice pénale
spécialisée, l?article 28-1 du Code de procédure pénale prévoit que des inspecteurs de l?environnement spécialement désignés disposent,
pour les enquêtes judiciaires qu?ils diligentent sur réquisition du procureur de la République ou sur commission rogatoire du juge
d?instruction, des mêmes prérogatives et obligations que celles attribuées aux officiers de police judiciaire.
50
23. Faciliter la saisie des lots des propriétaires indélicats en impayés et instaurer
un régime de substitution de la collectivité à l?engagement des procédures de
saisie en cas d?inaction du syndic
De nombreux syndicats de copropriété sont souvent confrontés à des difficultés de trésorerie qui ne
leur permettent pas d'assurer le règlement des budgets d?entretien ou de travaux nécessaires sur
l?immeuble. Les copropriétaires défaillants, en violation des dispositions de l'article 10 de la Loi du 10
juillet 1965 régissant la copropriété, s'abstiennent de régler les appels de fond de travaux nécessaires
à la levée des arrêtés de traitement de l?insalubrité ou de mise en sécurité de l?immeuble.
Le syndicat de copropriété, au visa de l'article 18 de la Loi de 1965, a l'obligation de veiller à la
conservation, la garde et l'entretien de l'immeuble, et doit recouvrer amiablement les charges
impayées et, en cas de résistance du copropriétaire débiteur, doit mettre en oeuvre une instance
judiciaire afin d'obtenir une condamnation. Celui-ci après signification, et s'il n'est pas contesté par le
copropriétaire, sera tout d'abord exécuté sur les facultés mobilières de celui-ci (saisie des meubles -
saisie des comptes bancaires - saisie des loyers d'éventuels locataires) ou en ayant recours à la vente
sur saisie immobilière des lots du copropriétaire débiteur, qui ont généré ces impayés sous contrôle
du juge de l?exécution du Tribunal judiciaire. Cette procédure est rarement exécutée car complexe et,
qui plus est, soumise au vote à la majorité des copropriétaires en assemblée générale.
On constate une réelle difficulté au lancement opérationnel des travaux en parties commune du fait
de ces impayés. En effet, il est fréquent que, nonobstant les mesures d?aide et d?accompagnement,
certains copropriétaires bailleurs indélicats ne répondent pas aux appels de fonds de travaux
nécessaires à la réhabilitation de l?immeuble, aux conséquences particulièrement lourdes lorsque ces
travaux sont indispensables à la levée des procédures d?habitat indigne en parties communes. Ces
agissements pénalisent l?ensemble de la copropriété et en premier lieu les occupants de l?immeuble.
Le syndic a alors la possibilité, après plusieurs demandes de paiement restées sans retour, d?émettre
un titre exécutoire (jugement ou document fait par un notaire), et peut charger un commissaire de
justice de saisir le bien immobilier. Ces procédures sont complexes et coûteuses pour la copropriété. Il
est proposé d?en simplifier l?instruction et de permettre aux collectivités de s?y substituer en cas
d?inaction du syndic lorsque que l?immeuble est frappé d?une procédure engageant la responsabilité
de la puissance publique.
Ces mesures ne pourront s?appliquer qu?aux débiteurs présentant les conditions cumulatives
suivantes :
? propriétaires bailleurs ;
? copropriété sous arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité ;
? impayé relatif à la côte part travaux nécessaires notamment à la levée des arrêtés (hors
impayés de charge).
PROPOSITION 23
Il est proposé de faciliter la procédure de saisie des lots et d?engager ces procédures de substitution en
cas d?inaction du syndic.
Ordre : Législatif/Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de la justice, ministère de l?intérieur
Bénéficiaires : Acteurs publics
51
24. Renforcer la lutte contre les divisions pavillonnaires illicites en améliorant les
dispositions du « permis de diviser » et en harmonisant les procédures habitat et
droit des sols
Le phénomène de division pavillonnaire non régulé impacte les territoires sous plusieurs aspects : la
mise en location de locaux par nature impropre à l?habitation, des logements plus petits, des ménages
souvent les plus modestes et plus concernés par la sur-occupation que la moyenne, une dégradation
de la qualité du tissu pavillonnaire, l?imperméabilisation des sols, l?impacts sur les réseaux et les
installations électriques, la collecte de déchet, le stationnement ou encore un développement
démographique non maîtrisé.
À titre d?illustration, une étude menée par le cabinet-conseil Espacité, pour le compte de la Seine-
Saint-Denis (Direction Régionale et Interdépartementale de l?Hébergement et du Logement) et
réalisée en partenariat avec le Cerema Nord-Picardie33 démontre que le phénomène atteint plus d'un
quart de l'offre nouvelle d'appartements sur la période 2003-2013 à Neuilly-Plaisance, Montfermeil,
Gagny ou Epinay-sur-Seine, avec 43% de logements sans confort ou avec confort partiel, proportion
qui monte même jusqu'à 38% à Montfermeil.
Les outils d?urbanisme ont été renforcés par la Loi pour l?accès au logement et un urbanisme rénové
(ALUR) du 24 mars 2014 via la possibilité d?imposer des servitudes de taille minimum de logements
crées par division, et l?autorisation préalable à la division.
Le « permis de louer » tout comme les déclarations préalables en matière de droit des sols prévoient
un délai d?instruction d?un mois, ce délai est un minimum pour rendre des décisions éclairées, et
garantir une qualité d?instruction des demandes.
PROPOSITION 24
A ce titre, il est proposé de faciliter la mise en oeuvre du « permis de diviser » par une harmonisation des
délais d?instruction à un mois.
Il s?agira également de permettre une mise en cohérence des documents d?urbanisme et des règles de
décence des logements en interdisant notamment la mise en location des locaux dont la création illicite
est en infraction avec les PLU ou réalisée sans autorisation d?urbanisme (délit).
33 « Division pavillonnaire : enjeux et outils », UD-DRIHL 93, « Espacité », CEREMA, 2019
52
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires
« Les délais d?instruction du « permis de diviser » sont très
courts [?] Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se
prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme,
atteinte à la santé et à la sécurité des occupants. La mise en oeuvre du
Permis de diviser sur des secteurs à enjeux développe le phénomène de
colocation et permet aux propriétaires de contourner le dispositif. Le
manque d?encadrement du phénomène de colocation au niveau
national avec notamment des systèmes fiscaux très avantageux pour
les meublés tend à créer de nouvelles problématiques dans la crise du
logement avec des petites surfaces extrêmement chères et
l?accentuation sur des secteurs en difficultés de ménages fragiles. »,
Contribution Valenciennes Métropole
53
CONCLUSION
A travers les auditions et les rencontres effectuées lors de cette mission, nous avons entendu des
descriptions de situations d?habitat indigne dont les causes, les développements et les solutions
étaient distincts d?un territoire à un autre. Dans tous les cas, les acteurs de l?habitat privé et de terrain
ont fait valoir une mobilisation qui se traduit par le recours à tous les outils activables pour résorber
les situations les plus délicates.
Alors que les élus locaux sont invités à repenser la manière de construire la ville de demain dans un
contexte d?urgence écologique et sociale, amplifier la rénovation des logements indignes participe à
remettre sur le marché des logements vacants et à reconstruire, en milieu urbain, la ville sur la ville.
Dans un contexte de crise du logement, la résorption de l?habitat indigne en habitat durable est
primordiale pour poursuivre l?effort de construction sans artificialisation nette des sols, tant au sein
des secteurs en zone tendue que dans les territoires ruraux.
La lutte contre l?habitat indigne et l?effort d?intervention dans l?ancien représentent ainsi une
opportunité d?accélérer la transformation écologique des villes, quelle que soit leur taille.
Cet enjeu est d?autant plus prégnant que le parc des logements identifiés comme « passoires
thermiques » devra également mobiliser d?importants moyens d?ingénierie et financiers pour se
maintenir comme une offre de logements mobilisables, à défaut de venir alourdir le volume de
logements à terme inhabitables.
Nous portons la conviction que les moyens de remédier à l?habitat indigne doivent être facilités, tant
pour les acteurs de l?habitat privé que pour la puissance publique intervenant en dernier recours.
Face à l?ampleur du phénomène et à sa complexité, la lutte contre l?habitat indigne doit, nous semble-
t-il, être retenue comme grande cause nationale. A ce titre, elle devra pouvoir, au-delà du choc de
simplification et du renforcement des outils proposés dans ce rapport, bénéficier de la solidarité
nationale pour renforcer les moyens accordés aux collectivités sur le plan financier et en ingénierie ;
un enjeu partagé par l?ensemble des communes qu?elles soient urbaines ou rurales.
La nécessité impérieuse de renforcer la lutte conte l?habitat indigne a fait consensus auprès de
l?ensemble des acteurs rencontrés. Les propositions équilibrées sont pour la majorité partagées et
soutenues. Plusieurs relèvent d?évolutions législatives que nous appelons à porter très prochainement
auprès de notre représentation nationale.
54
ANNEXES
? Annexe 1 - Lettre de commande
? Annexe 2 ? « Grands témoins » rencontrés
? Annexe 3 - L?habitat indigne : un concept politique et une définition juridique
? Annexe 4 - Contributions écrites des acteurs
- Grand Reims
- Ville de Paris
- Métropole de Metz
- Valenciennes Métropole
- FNAIM/UNIS/SNPI
- Fondation Abbé Pierre
- ANRU
- Association QualiSR
- DIGNEO Foncière logement
? Annexe 5 - Consultation interministérielle du PLNHI de janvier à avril 2023
? Annexe 6 - Journée nationale de lutte contre l?habitat indigne du 3 juillet 2023 à Laval
? Annexe 7 - Fiche bonne pratique Bordeaux
? Annexe 8 - Illustrations SOREQA
? Annexe 9 ? Saint-Denis, résorption d?un îlot d?habitat indigne : cas pratique
? Annexe 10 ? Tableau des acronymes
55
ANNEXE 1 - Lettre de commande
56
57
ANNEXE 2 - Liste des personnes rencontrées
STRUCTURE NOM, PRENOM QUALITE
Ministère du logement VERGRIETE, Patrice Ministre du logement
Ministère du logement et de
la ville
KLEIN, Olivier Ministre du logement et de la ville
Ministère du logement VOISARD, Guillaume Conseiller technique du ministre du
logement
ANAH BROUARD-MASSON,
Jessica
Directrice de l'expertise et des
politiques publiques
ANRU MIALOT, Anne-Claire
Directrice générale
ANRU LE RAI, Hélène Chargée de mission habitat ancien et
copropriété
Assemblée Nationale VUILLETET, Guillaume Député du Val d?Oise
Assemblée Nationale ECHANIZ, Iñaki Député des Pyrénées-Atlantiques
Assemblée Nationale PEU, Stéphane Député de Seine-Saint-Denis
BOUCHE Nancy BOUCHE, Nancy Inspectrice générale de l?équipement honoraire et présidente
honoraire du Pôle national de Lutte contre l?Habitat Indigne
CITIVIA Mulhouse PEREZ, Agnès Directrice générale
Collectif des victimes et
sinistrés de la rue de la
Rousselle à Bordeaux
DROUFFE, Thomas Président
Conseil national de l?ordre des
architectes
LECONTE, Christine Présidente
Conseil régional de l?ordre des
architectes d?Ile-de-France
GANTOIS, Fabien Président
EPFIF BOUVELOT, Gilles Directeur Général
EPFIF CHICOTO, Camille Directrice du centre de ressources
copropriétés
EPFIF BICHET, Benoit Directeur adjoint ORCOD-IN
FNAIM CANTIN, Loïc Président
Fondation Abbé Pierre CONSTANTIN, Eric Directeur Île de France
Fondation Abbé Pierre DERDEK, Noria Chargée d?études
Fondation Abbé Pierre PORTEFAIS, Pauline Chargée d?études
Fondation Abbé Pierre DOMERGUE, Manuel Directeur des études
France Urbaine SANDLER, Johann Conseiller Logement, urbanisme,
Politique de la Ville
InCité Bordeaux BACQUE, Marianne Directrice de l?aménagement
La Fabrique des quartiers Lille BOUGAMONT, Vincent Directeur générale
Ministère de la transition
écologique
DHUP
BRESSON, Laurent Sous-directeur des politiques de
l?habitat, Direction de l?habitat, de
l?urbanisme et des paysages
Quali SR SAFAR, Olivier Président
Quali SR JOSE DE JUAN, Mateo Vice-Président
Quali SR PAPADOPOULOS, Alain Secrétaire Général
SOLIHA LAGANIER, Juliette Directrice Générale
Soreqa Ile de France MAQUOI, Nathalie Présidente
58
Soreqa Île de France FROISSARD, Sylvie Directrice
Soreqa Île de France DE BREM, Valérie Directrice générale
Soreqa Île de France PINCEBOURDE, Pascal Sous-Directeur de l'Action Foncière
SPLA-IN Marseille CARO, Franck Directeur général
Territoires publics Rennes BARCHINO, Mélanie Chef de projet
UNIS DUBRAC, Danielle Présidente
UNIS DELVOLVE, Géraud Délégué général
Ville de Bordeaux HURMIC, Pierre Maire de Bordeaux
Ville de Bordeaux PFEIFFER, Stéphane Adjoint au Maire de Bordeaux, en
charge du service public de l?habitat, de
l?urbanisme résilient et de l?ESS
Conseiller métropolitain à l?innovation
sociale dans l?habitat
Ville de Bordeaux LATRILLE, Philippe Directeur de la prévention et de la
protection des populations Bordeaux
Métropole
Ville de Bordeaux LEON-GAUTIER, Karine Directrice de l?habitat et de la politique
de la ville Bordeaux Métropole
Ville de Bordeaux SCHOUARTZ, Eve Responsable de service Sécurité
bâtimentaire Direction de la Prévention
et de la Protection des populations
Ville de Bordeaux LESCURE, Sophie Responsable service « Une Seule
Santé » Direction de la prévention et de
la protection des populations Bordeaux
Métropole
Ville de Bordeaux COUPAT, Karine Responsable du service Amélioration
Durable de l?Habitat Privé Direction de
l?Habitat et de la Politique de la Ville
Ville de Bordeaux PEDEMAY, Pauline Responsable du Centre Instruction des
Périls et Habitat Insalubre - Service
Sécurité Bâtimentaire
Direction de la Prévention et de la
Protection des Populations
Ville de Bordeaux KAYSER, Sylvie
Chef de projet Parc privé- Service
Amélioration Durable de l'Habitat Privé
Direction de l'Habitat et de la Politique
de la ville
Brest Métropole PEINTURIER, Cédric Directeur de l?Habitat
Ville de Marseille HOUDMON, Florent Directeur du logement et de la lutte
contre l?habitat indigne
Metz Métropole GROSDIDIER, François Président de Metz Métropole, Maire de
Metz
Metz Métropole MICHEL, Bénédicte Directrice de l?habitat et du logement
Ville de Mulhouse COUCHOT, Alain 1er adjoint au maire
Ville de Paris GUILLEMOT, Blanche Directrice du Logement et de l?Habitat
Ville de Paris VEYRIE, Alice Sous-directrice de l?habitat
Ville de Paris REINETTE, Jenna Sous-directrice de la politique du
logement
Ville de Paris ROBERT, Marion Adjointe au service logement
Ville de Paris LOUBET, Sabine Directrice du STH
59
EPT Plaine Commune LECOMTE, Axel Directeur de l?Habitat
EPT Plaine Commune JANNEL, Natacha Responsable du service amélioration de
l?habitat et LHI
Ville de Saint-Denis BONTINCK, Katy 1ère adjointe au Maire
Ville de Saint-Denis PERRETTE, Jeremy Responsable du SCHS
Personnes consultées par le PNLHI en interministériel de janvier à juin 2023
DGALN et la DHUP :
Les sous-directions, les bureaux et leurs équipes: Laurent Bresson, Emmanuel Rousselot, Antoine
Caron, Luc-André Jaxel-Truer, Jean-Baptiste Butlen, Vincent Montrieux, Anne-Lorraine Lattraye ;
PNLHI : Chantal Mattiussi, Susanne Kulig, Clarisse Jouan ;
DGCL : Constance André, Driss Jawad, Emilie Machard ;
DGS : Didier Ollandini, Thomas Cartier, Jean Meister, Joëlle Carmes ;
DIHAL : Céline Cassourret, Manuel Hennin ;
DGOM : Sabine Montout; Catherine Maujaret-Ndiaye ;
DACG : Louise Neyton, Elodie Benaiem ;
Anah: Jessica Brouard Masson, Sébastien Wagner ;
ANRU : Hélène Le Rai, Kim Chiusano, Véronique Tirant.
60
ANNEXE 3 - L?habitat indigne : un concept politique et une
définition juridique
Constitue un habitat indigne « toute situation d?habitat portant atteinte et contraire à la dignité
humaine ».
Article L. 225-14 du code pénal, loi n° 2003-239 pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 :
« Constituent un habitat indigne les locaux ou installations utilisés aux fins d'habitation et impropres
par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l'état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont
situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité physique
ou à leur santé. »
Article 84 de la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l?exclusion du 25 mars 2009 :
« La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations a pour objet de
protéger la sécurité et la santé des personnes [occupants et tiers] en remédiant aux situations / Article
L.511-2 du CCH depuis le 1 janvier 2021. »
Les objectifs de la lutte contre l?habitat indigne
? Protéger les occupants, les tiers, les usagers, ? ;
? Supprimer le risque pour la santé et la sécurité ;
? Résorber le parc de l?habitat indigne et le stock des procédures: encourager le recours aux travaux
d?office et la réalisation des opérations jusqu?à leur terme ;
? Requalifier les logements, les immeubles, les îlots, les quartiers.
De nombreuses circulaires et instructions visent à dynamiser la coordination de l?action publique et le
travail intégré en mode projet.
La compétence de lutte contre l?habitat indigne est une politique éminemment partenariale qui
nécessite une grande coordination et la recherche de synergie entre tous les partenaires.
La circulaire du 20 juin 2013 relative aux modalités d?application de la loi du 23 juin 2011 portant
dispositions particulières relatives aux quartiers d?habitat informel et à la LHI dans les départements et
régions d?outre-mer.
L?Instruction du 31 mars 2014 relative au traitement de l?habitat indigne dans les départements et
régions d?outremer.
La circulaire de la Dihal 2015 sur le déploiement et le management des PDLHI.
L?Instruction du gouvernement de 2017 relative à la désignation d?un sous-préfet référent LHI.
La circulaire du 08 février 2019 relative au renforcement et à la coordination de la LHI, notamment
l?action administrative et pénale, entre le magistrat référent désigné au sein des parquets et les PDLHI:
incitation à mettre en place des groupes locaux de traitement de la délinquance GLTD LHI pour lutter
contre les marchands de sommeil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes Maritimes
et Bouches-du-Rhône).
La note du 23 juillet 2019 relative à l?astreinte administrative en polices spéciales LHI.
L?arsenal législatif et réglementaire s?il est complexe a été récemment simplifié.
Le renforcement de l'action publique sur l?habitat indigne est progressif depuis 20 ans: l?ensemble des
textes, procédures, outils et financements ont été profondément remodelés pour faire gagner en
efficacité et simplifier l?action publique en matière de lutte contre l'habitat indigne.
61
La Loi dite « Vivien » n° 70-612 du 10 juillet 1970 tendant à faciliter la suppression de l'habitat insalubre
est la première d?une longue série. Elle prévoit une expropriation particulière dérogatoire à la
procédure de droit commun et dont les dispositions ont été codifiées dans le code de l?expropriation
pour cause d?utilité publique : principalement les articles L. 511-1 à L. 511-9 et R. 511-1 à R. 511-3, ces
dispositions ont été modifiées en dernier lieu par l?ordonnance n° 2020-1144 du 16 septembre 2020
relative à l?harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations. A
côté de cette procédure dérogatoire au droit commun, existe également deux autres procédures
exceptionnelles :
? L?expropriation des immeubles en état manifeste d?abandon (articles L. 2243-1 et suivants du
CGCT) ;
? L?expropriation des immeubles en copropriété dont l?état de carence a été constaté par
ordonnance du TGI (articles L. 615-6 et suivants du CCH).
Tous ces régimes ne sont dérogatoires qu?en ce qui concerne la phase administrative, la phase
judiciaire étant régie par les dispositions de droit commun du code de l?expropriation.
La situation relative à l?habitat indigne en Outre-mer fait l?objet de mesures spécifiques
complémentaires du droit commun : la Loi n° 2011-725 du 23 juin 2011 portant dispositions
particulières relatives aux quartiers d?habitat informel et à la LHI dans les départements et régions
d?outre-mer complétée par la Loi n° 2015-1268 du 14 octobre 2015 d?actualisation du droit des Outre-
mer dite Loi ADOM.
La loi sur les rapports locatifs 6 juillet 1989, précise les relations entre propriétaires et locataires,
notamment sur les obligations réciproques.
La loi du 31 mai 1990 dite Loi Besson qui garantie le droit au logement, précise par ailleurs que :
« constituent un habitat indigne les locaux ou les installations utilisés aux fins d?habitation et impropres
par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont
situés, expose les occupants à des risques manifestes, pouvant porter atteinte à leur sécurité physique
ou à leur santé ».
La loi d?orientation relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 - indique les publics
prioritaires et les situations de mal logement, dont fait partie l?habitat indigne.
La loi no 2000-1208 relative à la solidarité et renouvellement urbains (SRU) du 13 décembre 2000 et son
décret 30 janvier 2002 : Le décret décence du précise les caractéristiques d?un logement décent,
notion de référence portant normes minimales pour mettre à disposition d?un tiers un logement
locatif.
la loi no 2003-710 du 1er août 2003 d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation
urbaine qui prévoit de nouveaux moyens d'intervention dans les immeubles collectifs à usage
d'habitation et les copropriétés en difficulté complétée par la loi no 2006-872 du 13 juillet 2006
portant engagement national pour le logement qui a ratifié l'ordonnance no 2005-1566 du 15 décembre
2005 relative à la lutte contre l'habitat insalubre ou dangereux vise notamment à simplifier et
harmoniser les différents régimes de police administrative en matière de lutte contre l'habitat indigne
afin de préciser les responsabilités respectives de l'État, des collectivités locales et de leurs
groupements.
La loi du 24 mars 2014 relative à l?accès au logement et à un urbanisme rénové (ALUR) et la loi du 23
novembre 2018 portant évolution du logement de l?aménagement et du numérique (Elan) ont créé de
nouveaux dispositifs pour empêcher la mise en location de logements indignes avec un durcissement
des sanctions.
Le dispositif administratif est également complété par un plan de lutte contre les marchands de sommeil
et le renforcement des sanctions de la loi Elan. Suite à la condamnation comme marchand de sommeil,
la durée d'interdiction d'achat d'un bien immobilier à usage d'habitation est portée obligatoirement à
62
10 ans ; Les confiscations de biens deviennent obligatoires dans le cadre d'une telle condamnation.
L?Introduction de la présomption de revenus est effective pour la personne condamnée, permettant
d'inverser la charge de la preuve au profit de l'administration fiscale et de présumer que le
propriétaire indélicat condamné a perçu un revenu imposable égal à la valeur vénale des biens mis à
disposition. L?obligation pour les syndics des copropriétés et pour les agents immobiliers de déclarer
au procureur de la République toute activité suspecte pouvant se rapporter à des marchands de
sommeil au sein de la copropriété est actée. L?interdiction d'enchérir lors d'une vente par adjudication
pour une personne condamnée à une interdiction d'acheter un bien est introduite.
L?ordonnance du 16 Septembre 2020 n° 2020-1144 relative à l?harmonisation et la simplification des
polices, immeubles, locaux et installations et le décret n° 2020-1711 du 24 décembre 2020 relatif à
l?harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations ont permis de
gagner en efficacité avec trois objectifs:
? Harmoniser et simplifier les polices administratives de la LHI ;
? Favoriser l?organisation au niveau intercommunal des outils et moyens de lutte contre l?habitat
indigne ;
? Répondre plus efficacement aux situations d?urgence.
Le mode d?action se trouve simplifié :
Les procédures administratives ont été simplifiées, unifiées puisque l?on passe de plus d?une douzaine
de procédure avant la réforme à une seule procédure, la police mentionnée à l?article L. 511-1 a pour
objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations exposées à l?article
L. 511-2. du CCH, qui représentent 4 faits générateurs :
« 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n?offrent pas les
garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers.
« 2° Le fonctionnement défectueux ou le défaut d?entretien des équipements communs d?un
immeuble collectif à usage principal d?habitation, lorsqu?il est de nature à créer des risques sérieux
pour la sécurité des occupants ou des tiers ou à compromettre gravement leurs conditions
d?habitation ou d?utilisation ;
« 3° L?entreposage, dans un local attenant ou compris dans un immeuble collectif à usage principal
d'habitation, de matières explosives ou inflammables, lorsqu?il est en infraction avec les règles de
sécurité applicables ou de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des
tiers.
« 4° L?insalubrité, telle qu?elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé
publique.
Une procédure commune existe désormais pour l?ensemble des polices de lutte contre l?habitat
indigne (sauf exception) figurant dans un seul code : le CCH.
Une responsabilité est clairement définie entre le maire (le président d?EPCI le cas échéant) et le
préfet.
Les délais d?intervention sont réduits.
Les polices administratives de la lutte contre l?habitat Indigne ont donc fait l?objet de profondes
évolutions depuis leur entrée en vigueur au 1er janvier 2021, leur objectif visant à simplifier l?action
publique et il convient aujourd?hui de les stabiliser pour estimer leur efficience dans le temps.
A contrario, la Loi Vivien, levier central de la capacité d?agir sur les territoires, n?a pas fait l?objet
d?évolution conséquente depuis sa création et mérite un réexamen attentif.
63
ANNEXE 4 - Contributions écrites
Saint-Denis et Plaine Commune portent les ambitions de la ville durable et résiliente pour tous, à
travers la mise en oeuvre d?une stratégie urbaine d?amplification de la lutte contre l?habitat indigne,
pour un habitat privé renouvelé.
64
Néanmoins, les moyens opérationnels et financiers mis en oeuvre par les collectivités ne suffisent plus à
garantir une action publique lisible et efficiente : difficultés de l?intervention foncière, contraintes
juridiques, précarité croissante des ménages, tension du marché immobilier en première ligne. Il s?agit
d?optimiser l?intervention des collectivités ces 5 prochaines années pour enclencher un inversement
significatif de la dynamique de dégradation du parc privé, et déployer les effets leviers de la
mobilisation de l?ensemble des parties prenantes du projet, publics et privés.
Au croisement des réflexions autour de la transition écologique et énergétique du conseil national de la
refondation, et des réalités de terrains nourries par plus de 20 ans d?intervention sur l?habitat privé,
nous portons avec conviction 15 propositions d?actions opérationnelles autour des 3 objectifs
prioritaires :
Renforcer le pouvoir d?agir de la puissance publique, en renforçant les outils d?intervention sur le
foncier, premier jalon pour garantir la construction de logements décents et abordables. A ce titre,
nous appelons à la création d?un régime d?expropriation fort et efficace contre les propriétaires
indélicats, pour que les locataires ne soient plus jamais pris en otage de logiques marchandes au
détriment de leur santé, de leur sécurité, et de leur dignité.
Amplifier les moyens déployés pour accompagner les habitants, quel que soit leur statut ; dans chaque
situation de logement indigne, car ils sont au coeur de nos priorités. Cela doit se traduire par un
renforcement des outils règlementaires, juridiques et en ingénierie, pour soutenir et responsabiliser les
copropriétaires, premiers acteurs de la transition écologique et énergétique aux côtés de la puissance
publique.
Renforcer les actions coercitives à l?encontre des marchands de sommeil avec qui il devient urgent
d?inverser le rapport de force : la peur doit changer de camp. Il s?agit de porter et de mettre en oeuvre
une politique de tolérance zéro à l?encontre des propriétaires indélicats en facilitant et en renforçant
les outils coercitifs, au droit des collectivités.
Parce que le logement n?est pas un bien comme les autres et que la résorption de l?habitat indigne doit
permettre de répondre aux enjeux de sobriété énergétique de la ville durable, la puissance publique
doit pouvoir agir pour protéger et accompagner les habitants. Nous invitons les acteurs du logement à
se mobiliser à nos côtés pour traduire les ambitions que nous portons par des actes.
RENFORCER LE POUVOIR D?AGIR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
5 Propositions pour donner des moyens accrus à la puissance publique pour
traiter durablement l?habitat indigne
1. Clarifier et rationaliser les critères d?application du régime d?expropriations prévues par la loi
dite « Vivien », trop complexe à mettre en oeuvre dans la réalité. Au regard des jurisprudences
récentes, une redéfinition des modalités d?application de ce type d?expropriation est
nécessaire pour sécuriser l?action publique sur les immeubles les plus dégradés et dangereux.
Il s?agit plus largement d?ouvrir un débat fondamental afin de redéfinir des limites du droit
65
constitutionnel à la propriété au regard des enjeux de sécurité publique dont les Maires ont la
première responsabilité.
2. Créer un régime d?expropriation publique qui reconnaît l?utilité publique des projets
d?acquisition d?immeubles insalubres ou dangereux. La lutte contre l?habitat indigne n?est
aujourd?hui pas reconnu comme motif légitime d?intervention foncière, il s?agit de rétablir
l?utilité publique fondamentale des projets d?intervention foncière sur l?habitat privé dégradé :
condition essentielle à la conduite des projets de renouvellement urbain des quartiers
dégradé et à la construction de la ville durable.
3. Créer un Juge de l?expropriation « référent Habitat Indigne » au sein de chaque tribunal
judiciaire et cour d?appel afin de fluidifier et faciliter les procédures d?expropriation
d?immeubles insalubres ou dangereux.
4. Redéfinir le financement des opérations d?acquisition amélioration d?immeubles insalubres ou
dangereux, en harmonisant les financements d?opérations de recyclage foncier au droit de la
qualité des projets face aux enjeux de la transition écologique, à contrario des logiques
procédures aujourd?hui en vigueur.
5. Créer un opérateur public régional ou métropolitain de portage foncier pour l?acquisition par
la puissance publique des immeubles ou logements insalubres ou dangereux sur le modèle de
opérateurs aujourd?hui déployés par les collectivités (ingénierie, élaboration de micro-projets
urbains, portage foncier, relogement, réhabilitation, démolition notamment.
ACCOMPAGNER LES HABITANTS EN PRIORITE EN FACILITANT LA RENOVATION
DES COPROPRIETES
5 propositions pour renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des
syndics et architectes de copropriété, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation, acteurs indispensables à la réhabilitation du parc privé.
1. Créer un opérateur départemental parapublic « syndic de redressement d?intérêt général »,
en lieu et place des administrateurs judiciaires et simplifier les procédures de recouvrement
forcé et de saisie à l?encontre des bailleurs en impayés.
2. Renforcer le rôle de l?architecte de copropriété, en charge de réaliser les diagnostics des
bâtiments signalés par les pouvoirs publics, et un accompagnement technique global de la
copropriété jusqu?à la réalisation des travaux
66
3. Créer un organisme parapublic de prêt à destination des copropriétaires engagés dans la
réhabilitation lourde d?une copropriété sous arrêté d?insalubrité ou de péril. En particulier,
renforcer l?accompagnement des propriétaires occupants en difficulté (conseil, financement,
gestion de patrimoine).
4. Intervenir sur la fiscalité : élargir les dispositifs d?exonérations fiscales aux travaux de
réhabilitation dans l?ancien « Denormandie dans l?ancien » sur les territoires de concentration
d?habitat indigne et exonérer de TVA les entreprises mandatées dans le cadre de travaux de
sortie d?insalubrité ou de péril
5. Bonifier les financements publics pour les travaux intégrant une qualité
environnementale/résilience ou patrimoniale et exonérer des normes de construction neuve
les opérations de réhabilitation lourdes d?immeubles sous arrêtés d?insalubrité ou de péril.
RENFORCER LES ACTIONS COERCITIVES A L?ENCONTRE DES MARCHANDS DE
SOMMEIL.
5 propositions pour une politique de tolérance zéro à l?encontre des
propriétaires indélicats
1. Faciliter et renforcer la saisie/confiscation des lots des copropriétaires indélicats au sein des
copropriétés fragiles, au droit des collectivités.
2. Renforcer l?ingénierie dédiée à l?habitat privé au sein des services déconcentrés de l?Etat, des
SCHS, et des services d?enquête judiciaire, pour accélérer l?instruction des procédures
administratives et pénales, et renforcer les opérations de contrôle et de prévention. Financer
l?ingénierie déployée au sein des collectivités ayant mis en oeuvre une stratégie locale de lutte
contre l?habitat indigne.
3. Instaurer un « permis d?acquérir », formation obligatoire pour tout primo-bailleur
4. Elargir le « permis de louer » aux locations saisonnières
5. Rendre le diagnostic structurel obligatoire dans tous les quartiers de concentration d?habitat
indigne en prévention
67
Nous appelons également à une optimisation des outils existants qu?il est nécessaire de confronter
aux besoins réels des territoires, cela concerne notamment :
- Le fond d?aide au relogement d?urgence : en prolongeant la durée de prise en charge à la durée
moyenne d?hébergement de chaque territoire au regard des délais moyens de relogement, pour
permettre aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats.
- Le dispositif « territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat indigne » : en incluant les travaux
de mise en sécurité urgente, premier poste d?intervention des collectivités.
- Le financement de l?accompagnement socio-juridique des ménages en situation de mal-logement :
en assurant un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement pour que chaque ménage
engagé dans une procédure d?habitat indigne puisse bénéficier des moyens de faire valoir ses droits.
Nous appelons en définitive à une mobilisation de l?ensemble des services et des partenaires
institutionnels et associatifs, mobilisés autour d?objectifs et d?actions pour améliorer durablement
l?habitat dans nos territoires et reconstruire la ville de demain. Il s?agit d?apporter une meilleure
lisibilité de l?action publique, à travers une mise en cohérence des nombreuses actions aujourd?hui
engagées et portées par les collectivités et l?Etat, et pourra compter sur la richesse de nos partenariats
et sur le travail collectif mené avec les différents acteurs du logement tant sur le plan stratégique et
technique que social de la prévention de la dégradation de l?état du mal-logement, de la lutte contre
l?habitat privé dégradé, et de préservation de la qualité patrimoniale du bâti existant qui fonde la
richesse de nos territoires.
68
69
Réseau de villes contre l?habitat indigne ? Appel à mobilisation
Depuis 40 ans en France, la crise du logement fait rage. Et dans son sillage, l?habitat indigne
bafoue la dignité, la santé et la sécurité de leurs occupants. Années après années, les chiffres de
l?habitat indigne demeurent alarmants, publiés ce 1er février par la Fondation Abbé Pierre dans son
rapport annuel. Aujourd?hui, 4 millions de personnes sont mal logées, vivant chez des proches, à l?hôtel,
dehors ou dans une pièce surpeuplée. Ce sont 450 000 logements occupés considérés comme indignes,
qui ne peuvent garantir un foyer sécurisé. Et des dizaines de milliers d?autres vacants, murés qui
défigurent nos centres villes anciens et sont insupportables pour nos concitoyens en attente d?un
logement abordable. Alors que la crise sanitaire a mis en exergue l?importance de bonnes conditions de
logement, le « monde d?après » promet avant tout de profondes fractures sociétales si rien ne change.
Sur tout le territoire français pourtant, le droit au logement est un élément constitutif de notre
pacte républicain. Il garantit la cohésion sociale, favorise l?égalité des droits, est indispensable pour
étudier, travailler, prendre soin des autres et de soi-même. Il est donc nécessaire de faire de la lutte
contre l?habitat indigne dans nos territoires une priorité, et de lui donner la visibilité qu?elle mérite.
Les villes et agglomérations n?ignorent rien de ces enjeux, qui sont au coeur de leurs actions
locales. Aujourd?hui, les maires accompagnent, sécurisent, relogent, rebâtissent ou réhabilitent, et
exploitent tous les outils en leur possession pour résoudre ces situations. Malheureusement, les
moyens et les outils proposés par l?État ne suffisent pas toujours à protéger les Français mal-logés. Trop
nombreux sont les freins législatifs et juridiques qui contraignent l?action publique des acteurs locaux.
La complexité et la lenteur des procédures, les copropriétés dégradées, la division pavillonnaire, les
difficultés d?intervention foncières et de lutte contre les marchands de sommeil sont autant de
difficultés auxquelles il est nécessaire de répondre. C?est une situation que nous ne pouvons pas tolérer
plus longtemps, et c?est ensemble qu?il nous faut trouver les solutions à ce fléau.
Le réseau de villes contre l?habitat indigne, lancé à l?initiative de Marseille et de Saint-Denis en
novembre dernier s?engage à réunir petites et grandes villes afin de se constituer en un porte-voix
efficace pour faire surgir de nouvelles propositions dans le débat national. Il s?agira de doter les villes de
moyens à la mesure de l?urgence, et de les replacer au premier rang d?une politique prioritaire. Pour
réformer les dispositifs actuels, les réalités de l?ensemble du territoire doivent être prises en compte.
Fort de toutes ces raisons, le réseau des villes contre l?habitat indigne appelle les villes de tout horizon
touchées par ce fléau à se mobiliser au nom de cette urgence et à rejoindre ce projet national.
Mathieu HANOTIN Benoit PAYAN
Maire de Saint-Denis Maire de Marseille
70
RENFORCER LE POUVOIR D?AGIR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
6 Propositions pour donner des moyens accrus à la puissance publique pour
traiter durablement l?habitat indigne
1. Clarifier et rationaliser les critères d?application du régime d?expropriations prévues par la loi
dite « Vivien », trop complexe à mettre en oeuvre dans la réalité. Au regard des jurisprudences
récentes, une redéfinition des modalités d?application de ce type d?expropriation, aujourd?hui
fondée sur un comparatif complexe et contesté, est nécessaire pour sécuriser l?action
publique sur les immeubles les plus dégradés et dangereux. Il s?agit plus largement d?ouvrir un
débat fondamental afin de redéfinir des limites du droit constitutionnel à la propriété au
regard des enjeux de sécurité publique dont les Maires ont la première responsabilité.
2. Créer un régime d?expropriation publique qui reconnaît l?utilité publique des projets
d?acquisition d?immeubles insalubres ou dangereux. La lutte contre l?habitat indigne n?est
aujourd?hui pas reconnu comme motif légitime d?intervention foncière, il est donc nécessaire
d?instaurer un régime d?expropriation pour cause d?utilité publique de LHI est essentiel et
nous insistons ici sur l?importance d?instaurer un régime de DUP LHI sur les biens frappés d?un
arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité remédiable, en amont des projets
d?aménagement et avec acquisition en valeur vénale, et sans enquête publique préalable. Il
s?agit de rétablir l?utilité publique fondamentale des projets d?intervention foncière sur
l?habitat privé dégradé : condition essentielle à la conduite des projets de renouvellement
urbain des quartiers dégradé et à la construction de la ville durable.
3. Créer un Juge de l?expropriation « référent Habitat Indigne » au sein de chaque tribunal
judiciaire et cour d?appel afin de fluidifier et faciliter les procédures d?expropriation
d?immeubles insalubres ou dangereux.
4. Redéfinir le financement RHI-THIRORI des opérations de recyclage foncier d?immeubles
insalubres ou dangereux, en harmonisant les financements d?opérations de recyclage
d?immeubles insalubres ou dangereux à hauteur de 80% du déficit foncier, pour valoriser la
qualité des projets face aux enjeux de la transition écologique, à contrario des logiques
procédures aujourd?hui en vigueur.
5. Renforcer la mission des opérateurs public régionaux ou métropolitain de portage foncier
pour l?acquisition par la puissance publique des immeubles ou logements insalubres ou
dangereux sur le modèle des opérateurs aujourd?hui déployés par les collectivités (SPLA-IN,
ingénierie, élaboration de micro-projets urbains, portage foncier, relogement, réhabilitation,
démolition notamment.)
6. Pérenniser et renforcer le dispositif « territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat
indigne » : en incluant l?ensemble des dépenses liées à la réalisation des travaux les travaux, et
élargir l?éligibilité aux travaux de mise en sécurité urgente, premier poste d?intervention des
collectivités.
71
ACCOMPAGNER LES HABITANTS EN PRIORITÉ EN FACILITANT LA RÉNOVATION
DES COPROPRIÉTÉS
6 propositions pour renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des
syndics et architectes de copropriété, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation, acteurs indispensables à la réhabilitation du parc privé.
1. Créer un opérateur départemental parapublic « syndic de redressement d?intérêt général »
pour les copropriétés les plus en difficultés dans les secteurs avec des enjeux forts de
renouvellement urbain, en lien avec les expérimentations en cours.
2. Reconnaître le statut de syndics de redressement et leur permettre d?assurer en priorité les
missions d?administrateurs provisoires en cas de carence de la copropriété à réaliser les
mesures prescrite par une procédure LHI, et établir un contrôle annuel des cartes
professionnelles et exclure de l?exercice les syndics défaillants.
3. Simplifier et renforcer les procédures de recouvrement forcé et de saisie à l?encontre des
bailleurs en impayés.
4. Créer un organisme parapublic de prêt à destination des copropriétaires engagés dans la
réhabilitation lourde d?une copropriété sous arrêté d?insalubrité ou de péril. En particulier,
renforcer l?accompagnement des propriétaires occupants en difficulté (conseil, financement,
gestion de patrimoine).
5. Intervenir sur la fiscalité : élargir les dispositifs d?exonérations fiscales aux travaux de
réhabilitation dans l?ancien sur les territoires de concentration d?habitat indigne et exonérer
de TVA les entreprises mandatées dans le cadre de travaux de sortie d?insalubrité ou de
péril ou de travaux réalisés par des propriétaire occupants fragiles.
6. Bonifier les financements publics pour les travaux intégrant une qualité
environnementale/résilience ou patrimoniale et adapter les normes de construction neuve
aux opérations de réhabilitation lourdes d?immeubles sous arrêtés d?insalubrité ou de péril.
Améliorer également les financements pour la création de logements sociaux ou BRS en
acquisition-amélioration avec notamment la restauration d?une subvention pour les travaux
d?intérêts architecturaux (Ex TIA) mais aussi pour les gains environnementaux de l?opération.
72
RENFORCER LES ACTIONS COERCITIVES A L?ENCONTRE DES MARCHANDS DE
SOMMEIL.
8 propositions pour une politique de tolérance zéro à l?encontre des
propriétaires indélicats
1. Faciliter et renforcer la saisie/confiscation des lots des copropriétaires indélicats au sein des
copropriétés fragiles.
2. Instaurer une mesure de rétrocession des biens confisqués aux collectivités en cas de projet
d?utilité sociale ou d?intérêt général et avec la création obligatoire de logements sociaux en
PLAI pour une longue durée dans les territoires déficitaires au titre de la SRU.
3. Élargir le « permis de louer » aux locations saisonnières (résidences principales, logements
locatifs nus ou meublés ainsi que les meublés touristiques/locations saisonnières) ainsi que la
réglementation relative aux étiquettes énergétiques et aux normes de décence.
4. Mettre en place un contrôle technique du logement, en lien avec les notions de décence et
d?insalubrité.
5. Instaurer la substitution à la réalisation des travaux d?office dans les logements non-
conformes au RSD, afin notamment d?éviter qu?en cas de travaux réalisés en parties
communes, la réintégration des ménages après une main levée se fasse dans des logements
privatifs encore très dégradés bien que ne posant plus strictement de problématiques de
sécurité ou de salubrité.
6. Rendre le diagnostic structurel obligatoire incluant les équipements communs dans tous les
quartiers de concentration d?habitat indigne en prévention et prévoir des sanctions
dissuasives en cas de non réalisation.
7. Clarifier et renforcer le rôle des notaires dans l?information et la sensibilisation des primo-
accédant à connaître leurs droits et obligations.
8. Rendre obligatoire le recours à un architecte et bureau d?étude dans le cadre de travaux de
mise en sécurité des bâtiments sous arrêtés de mise en sécurité et création d?un organisme
de certification en lien avec le plan de travaux pluriannuel de la copropriété, le tout contenu
dans le répertoire des copropriétés et éventuellement avec un système de bonus-malus par
l?assurance de la copropriété en fonction de ces éléments et du contenu.
73
Nous appelons également à une optimisation des outils existants qu?il est nécessaire de confronter
aux besoins réels des territoires, cela concerne notamment :
- Le renforcement l?ingénierie dédiée à l?habitat privé au sein des services déconcentrés de l?Etat, des
SCHS, et des services d?enquête judiciaire, pour accélérer l?instruction des procédures administratives
et pénales, et renforcer les opérations de contrôle et de prévention.
- Le financement de l?ingénierie déployée au sein des collectivités ayant mis en oeuvre une stratégie
locale de lutte contre l?habitat indigne.
- L?obligation de participation des MDS, CAF et MSA dans l?accompagnement social avec une offre de
service dédiée sous l?égide de l?État (PDLHI) mais aussi juridique grâces aux ADIL et un
accompagnement en justice via des associations subventionnées à ce titre y compris dans les
situations de non décence et/ou manquements au RSD pour obtenir des dommages et intérêts.
- Le fond d?aide au relogement d?urgence : en prolongeant la durée de prise en charge à la durée
moyenne d?hébergement de chaque territoire au regard des délais moyens de relogement, pour
permettre aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats.
- Le financement de l?accompagnement socio-juridique des ménages en situation de mal-logement :
en assurant un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement pour que chaque ménage
engagé dans une procédure d?habitat indigne puisse bénéficier des moyens de faire valoir ses droits.
- La clarification et la simplification des modalités d?évaluation environnementale en secteur de
renouvellement urbain : les derniers textes en la matière sont complexes opérationnellement et
augmentent sensiblement les risques de contentieux pouvant annuler les autorisations
administratives voir peuvent stériliser l?action opérationnelle notamment en quartiers anciens
dégradés. Il pourrait, entre autres mesures, être pertinent de préciser le contenu de ces évaluations
dans les contextes urbains constitués et revoir les seuils de déclenchement.
-La simplification des modalités de publication des arrêtés LHI auprès des services de la publicité
foncière pour améliorer l'information des acquéreurs successifs et simplifier les demandes par les
collectivités
Nous appelons en définitive à une mobilisation de l?ensemble des services et des partenaires
institutionnels et associatifs, mobilisés autour d?objectifs et d?actions pour améliorer durablement
l?habitat dans nos territoires et reconstruire la ville de demain. Il s?agit d?apporter une meilleure
lisibilité de l?action publique, à travers une mise en cohérence des nombreuses actions aujourd?hui
engagées et portées par les collectivités et l?Etat, et pourra compter sur la richesse de nos partenariats
et sur le travail collectif mené avec les différents acteurs du logement tant sur le plan stratégique et
technique que social de la prévention de la dégradation de l?état du mal-logement, de la lutte contre
l?habitat privé dégradé, et de préservation de la qualité patrimoniale du bâti existant qui fonde la
richesse de nos territoires.
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Eurométropole de Metz / Direction de l?Habitat et du Logement / Bénédicte
MICHEL
Ville de Metz / Service Hygiène et Prévention des risques / Gauthier
NEUMANN
Metz, le 18/09/23
CONTRIBUTION COMMUNE DE L?EUROMETROPOLE DE METZ et DE LA VILLE DE METZ
SUR LA LUTTE CONTRE L?HABITAT INDIGNE
Préambule :
Près de 450 000 logements sont considérés indignes en France, selon les données fiscales.
Il s?agit de logements exposant leurs occupants à des risques dus à une dégradation forte du bâti.
L?habitat indigne comprend :
- Les logements insalubres, qui présentent un risque pour la santé (intoxication, saturnisme,
moisissures, électrocution?) d?une part,
- Les logements présentant un risque pour la sécurité des habitants (stabilité et solidité du
bâti) pouvant être concernés par une procédure de péril.
Plusieurs outils existent et peuvent être mobilisés par les collectivités selon leur compétence.
Toutefois, cette mobilisation fait apparaître des difficultés et des freins techniques, qui ralentissent
l?action politique et la force de frappe des dispositifs mis en place.
1. Les chiffres-clés du parc privé sur la Métropole :
- 224 863 habitants dont 118 489 à Metz
- 94 283 logements privés dont 51 536 à Metz
- Répartition des statuts d?occupation :
? 44 % de propriétaires occupants,
? 54 % de locataires (29 % locataires privés, 21 % locataires HLM, 4 % locataire
d'un meublé),
? 2 % logés gratuitement (Source : INSEE 2019)
- 30% des ménages occupants sont éligibles aux aides de l?Anah, soit 13 893 ménages au total
- 50% des logements construits avant les premières réglementations thermiques : 24% des
logements privés ont été construits avant 1949 (environ 23 000 logements) et 23% des
logements construits entre 1949 et 1974 (environ 22 000 logements)
- 42% des logements sont énergivores (étiquette E, F ou G)
- 16% des ménages de la Métropole sont en situation de précarité énergétique (soit 17 095
ménages avec taux d?effort énergétique du logement supérieur à 8%).
- Un taux de vacance de 10% selon l?INSEE, soit près de 11 000 logements
- 7 643 logements sont vacants depuis plus de deux ans (soit 6.2% de l?ensemble des
logements).
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- Parc privé Potentiellement Indigne (PPPI) : 2 091 logements sur le territoire, soit 2.6% des RP
privées
- Nombre d?arrêtés de mise en sécurité : 54 sur Metz, 2 sur Ars-sur-Moselle, 2 sur Moulins-lès-
Metz
- 11 arrêtés préfectoraux d?insalubrité sur EMM dont 6 à Metz.
2. Contexte : Que dit le PLH de l?Eurométropole de Metz ?
Dans le cadre de son PLH 2020-2025, l?Eurométropole de Metz intervient en matière de
réhabilitation du parc privé ancien à travers sa fiche action n°13 « poursuivre et intensifier la
réhabilitation du parc privé ».
Depuis le 1er janvier 2021, la Métropole est délégataire des aides à la pierre permettant de capter
plus de 22 M¤ sur la période 2022-2027 en faveur la réhabilitation du parc privé existant. Il s?agit ici
essentiellement d?aides accordées sous conditions aux propriétaires occupants (PO) modestes/très
modestes et aux propriétaires bailleurs (PB) leur permettant de rénover ou d?adapter leur logement.
En matière de lutte contre l?habitat indigne et dégradé plus spécifiquement, le PLH prévoit de :
- Participer au repérage des situations d?indignité avec la mise en place du régime
d?autorisation préalable de mise en location. La mise en place d?une autorisation préalable
de mise en location (APML) d?un logement permettrait de lutter contre les marchands de
sommeil, de proposer des biens de qualité, adaptés aux besoins des locataires et aussi
d?éviter la dépréciation de certains quartiers,
- Développer un partenariat avec les acteurs concernés, notamment le Pôle Départemental de
Lutte contre l?Habitat Indigne et Non Décent. A cet effet, en 2023, un atelier « Habitat
indigne » a été mis en place dans le cadre de l?étude pré-opérationnelle d?OPAH et d?OPAH-
RU qui a permis de mettre les acteurs locaux en relation (ADIL 57, ARS, Service Hygiène et
Sécurité de la Ville de Metz, CALM-Soliha, Pôle départemental de lutte contre l?habitat
indigne) et de mieux comprendre le fonctionnement des procédures actuelles.
3. Les dispositifs mis en place par la Métropole à ce jour :
Plusieurs dispositifs ont été mis en place en lien avec l?Anah :
? Une OPAH 2017-2023 contenant un volet « logement très dégradé » :
Près de 750 logements ont ainsi été réhabilités ces 5 dernières années avec le soutien de l?Anah à
hauteur de 7 M¤ et un financement complémentaire de la Métropole à hauteur de 700 000 ¤ soit :
- 652 Propriétaires Occupants (majorité Dossiers Energie et Autonomie),
- 85 PB (dont 72 dossiers très dégradés).
Sur le parc privé, outre les aides ANAH, la Métropole s?est engagée dans le programme SARE avec la
SEM OKTAVE pour accélérer l?accompagnement des petites copropriétés qui souhaitent engager un
programme de travaux.
? En matière de copropriétés dégradées :
- Une Opération de Requalification des Copropriétés dégradées (ORCOD) lancée en 2020 par
la Métropole faisant suite au programme d?accompagnement des copropriétés dégradées
(PACOD) initié par la Ville de Metz en 2015 :
La Métropole accompagne 7 copropriétés dégradées sur Metz-Borny à travers un vaste programme
de requalification (ORCOD) et un plan de sauvegarde de la copropriété Bernadette reconnue au
niveau national dans le cadre du Programme Initiative Copro (PIC) :
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? 724 logements concernés / plus de 15 M¤ de travaux / 12 M¤ de financements
publics.
? Une opération de portage avec les bailleurs sur 23 lots pour assainir la
copropriété Bernadette et une mission d?accompagnement social pour réduire
les situations d?impayés
- Une OPAH-CD (Copro Dégradée) sur la copropriété Gabriel Pierné (2022-2024) située dans le
quartier du Sablon. Des travaux de rénovation ont été engagés pour 2,6 millions de
subventions Anah.
A ce jour, les freins rencontrés sur les dispositifs relatifs aux copropriétés dégradées sont les
suivants :
- Hausse du coût des matières premières générant une hausse des coûts de travaux de 30%
minimum, difficultés à trouver des entreprises,
- Des capacités de préfinancement limitées des occupants qui conditionnent la réalisation des
chantiers,
- Des ménages en difficultés qui ne trouvent pas de solutions (en surendettement, en grande
précarité, très âgés) qui nécessiteraient un accompagnement renforcé.
- Une multiplicité des acteurs et une difficile coordination qui ralentissent également les
procédures juridiques notamment.
4. Les perspectives et dispositifs à venir sur la Métropole :
Dans le cadre de l?Opération de Requalification du Territoire (ORT) lancée en 2022, une OPAH-RU
(renouvellement urbain) ciblée sera lancée début 2024 suite à une étude pré-opérationnelle qui vient
de s?achever en 2023 pour relancer l?OPAH généraliste et lancer l?OPAH-RU sur les centres anciens
des communes ORT (Périmètre pressenti : Quartier Outre-Seille et centre d?Ars-sur-Moselle).
Cette OPAH-RU comprendra :
? Un volet incitatif visant à accompagner les propriétaires volontaires à la réalisation
de travaux,
? Un volet coercitif de lutte contre l?habitat indigne et très dégradé. Ce volet
comprend des outils spécifiques au pouvoir de police du maire (contrôle de décence,
infraction RSD, prise d?arrêté de police, travaux d?office et de substitution) et de
maitrise publique (procédures ORI / RHI, acquisition d?immeuble?).
Afin de renforcer son action en matière de lutte contre l?habitat indigne et en complément,
l?Eurométropole de Metz envisage également de :
- Déployer le permis de louer pour limiter les marchands de sommeil (périmètre à délimiter et
visites à organiser via prestataire ou en régie),
- Déployer le DPU renforcé ciblé sur d?autres copropriétés très dégradées sur son territoire,
- Renforcer les outils coercitifs pour lutter contre les marchands de sommeil (partenariat avec
la ville, le parquet et les services de police, verbalisation et engagement systématique de
poursuites judiciaires, avec la commune se constituant partie civile).
5. Les dispositifs déployés à l?échelle de la Moselle :
- Le Pôle départemental de lutte contre l?habitat indigne de la DDT57 qui centralise les
signalements au niveau de la Moselle,
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- Le POPAC 3 (2022-2024) : Programme opérationnel de prévention et d?accompagnement des
copropriétés du Département dont l?objectif est d'accompagner les copropriétés
désorganisées grâce à un suivi personnalisé (pas de financement).
6. Les procédures mises en place sur la ville de Metz à travers le pouvoir de police du maire :
A ce jour, le pouvoir de police spéciale permettant de traiter l?habitat indigne (en prescrivant par
arrêté des obligations de travaux, et/ou d?hébergement, ou de relogement aux propriétaires ou
responsables de situations d?habitat indigne) n?a pas été transféré au Président de l?EPCI : Le contrôle
des règles d?hygiène et de sécurité reste sous l?autorité du Maire.
Dans le cadre de la lutte contre l?habitat indigne, le maire est dans l?obligation « d'assurer le bon
ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. » (Art 2212-2 du Code général des collectivités
territoriales)
Afin de répondre à ces obligations et dans le cadre de cette lutte le maire dispose de deux outils
réglementaires distincts :
- Les pouvoirs de police généraux définis dans l?article cité ci-dessus qui lui permettent
d?engager des actions immédiates et adaptées aux circonstances, notamment en cas de
menace avérée pour la salubrité ou la santé ou en présence d'un danger grave et imminent.
Par exemple, le maire peut dès que nécessaire faire évacuer un immeuble afin d?assurer les
personnes l?occupant ou à proximité directe,
- Les pouvoirs de police spéciaux définis aux articles L 511-1 à L511-21 du code de la
construction et de l?habitation. Découlant de l?ordonnance du 16 septembre 2020, cette
réforme rassemble en une procédure unique le traitement des problématiques de sécurité et
d?insalubrité. Le maire restant compétent pour les risques présentés par les murs, bâtiments
ou édifices quelconques ; le fonctionnement défectueux ou le défaut d'entretien des
équipements communs d'un immeuble collectif à usage principal d'habitation ; ainsi que
L'entreposage de matières explosives ou inflammables dans un local attenant ou compris
dans un immeuble collectif à usage principal d'habitation. Le préfet du département reste
quant à lui responsable de la prise des arrêtés d?insalubrité.
Suivi des procédures d?adoption des arrêtés de mise en sécurité à la ville Metz :
Au moment de la rédaction du présent rapport, 54 bâtiments sont suivis par le Service Hygiène et
prévention des risques de la ville Metz dans le cadre d?une procédure de mise en sécurité. En
moyenne le Service ouvre une trentaine de procédure par an.
Suivi des procédures d?adoption des arrêtés d?insalubrité à la ville de Metz :
Le Service Hygiène et prévention des risques de la ville Metz traite en moyenne 150 dossiers par an
dans le cadre d?une procédure d?insalubrité.
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Annexe contribition de Metz Métropole : Schéma de répartition des compétences en matière de
péril, insalubrité et décence en Moselle (Document CITEMETRIE dans le cadre de l?étude pré-
opérationnelle d?OPAH/OPAH-RU).
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Lutte contre l?habitat indigne
Contribution Valenciennes Métropole
19/09/23
Comme convenu lors de nos échanges organisés le 6 septembre 2023 dans le cadre de la mission
relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à créer ou à améliorer pour renforcer la lutte contre
l?habitat indigne, vous trouverez ci-dessous quelques éléments sur le permis de louer et diviser ainsi
que sur la RHI/THIRORI.
? Modifier les règles d?application du Permis de louer et diviser
? Autorisation Préalable à la mise en Location
Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et veiller à la décence des
logements, il est, dans ses dispositions actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les
collectivités aux moyens limités.
Il pourrait être proposé de :
- Faire évoluer les délais d?instruction : actuellement le délai est de 1 mois pour rendre un
avis favorable, défavorable ou demander des pièces complémentaires.
Le délai pourrait être allongé d?un mois supplémentaire avec un refus tacite en cas de
non réponse
- Rendre obligatoire dans le décret d?application la visite du logement lorsqu?elle est
sollicitée par la collectivité. Actuellement non inscrit comme « pièce obligatoire ». Bien
que les collectivités essayent de réaliser la visite, la non réponse du propriétaire à cette
demande pourrait faire l?objet d?un contentieux.
- Harmoniser les motifs de refus : Autoriser la mise en location sur la base d?un texte
réglementaire (RSD par exemple) et non sur la notion de « manquements graves en
terme de santé et de sécurité » afin de ne pas autoriser la mise en location de logements
indécents qui ne présentent pas de désordres importants jugés comme graves.
-
? Autorisation Préalable de division d?immeuble en logements
Le Permis de diviser repose exclusivement sur le CCH. Il ne permet pas aux collectivités de
refuser une division sur la base de réglementation liée au code de l?urbanisme ou de
l?environnement et donc d?avoir une réponse globale au phénomène de division.
Les critères de refus sont donc extrêmement limités et ont tendance à créer de
l?incompréhension auprès des élus.
Par ailleurs, les délais d?instruction sont très courts : 15 jours si la demande n?est pas liée à
une autorisation d?urbanisme. Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se
prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme, atteinte à la santé et à la
sécurité des occupants.
La mise en oeuvre du Permis de diviser sur des secteurs à enjeux développe le phénomène de
colocation et permet aux propriétaires de contourner le dispositif. Le manque
d?encadrement du phénomène de colocation au niveau national avec notamment des
systèmes fiscaux très avantageux pour les meublés tend à créer de nouvelles problématiques
dans la crise du logement avec des petites surfaces extrêmement chères et l?accentuation sur
des secteurs en difficultés de ménages fragiles.
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? RHI/THIRORI
Les règles de l?Anah sur le RHI /THIRORI sont trop restrictives pour permettre aux collectivités de
s?emparer pleinement du dispositif et d?envisager un traitement global d?îlots de qualité médiocre
(qualification des logements insalubres, occupations des logements). Bien souvent ne peuvent être
retenus que quelques immeubles et non l?îlot dans son ensemble.
Pas de prise en compte des travaux d?aménagement pour viabiliser l?îlot d?où un déficit d?opérations
conséquent.
? Financement de l?ingénierie dans la lutte contre la LHI à destination des EPCI afin
d?accompagner les communes non pourvues de personnel qualifié dans le domaine
(repérage, contrôle des logements, orientation des procédures, assistance juridique).
L?expérience de Valenciennes Métropole dans le cadre de son assistance à des communes
prioritaires démunies en matière d?ingénierie dans le domaine de la lutte contre l?habitat
indigne montre que le soutien dans le repérage, le suivi et la réponse adaptée en matière
juridique facilite la neutralisation de biens dangereux.
Ces communes de taille moyenne ne peuvent avoir un personnel adapté et exclusivement
tourné sur une thématique aussi complexe.
L?investissement des agglomérations dans cet accompagnement permettrait d?avoir une
réponse uniforme sur les territoires et permettrait la remontée massive auprès des Préfets
de situation d?insalubrité relevant de sa compétence.
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FONDATION ABBE PIERRE
Créer une agence nationale des travaux d?office
Le 8 novembre 2018, trois immeubles de la rue d?Aubagne à Marseille s?effondraient, coûtant la vie à
cinq personnes malgré les alertes lancées depuis plusieurs années par les associations et 1 400
signalements restés sans réponse34 dans la seconde ville de France.
Loin d?être un phénomène circonscrit à la cité phocéenne, l?habitat indigne35 est une réalité pour de
trop nombreux ménages, quels que soient leurs statuts d?occupation, dans des contextes urbains
comme ruraux. Mal appréhendé par les données, l?habitat indigne reste un phénomène globalement
méconnu et sous-évalué. L?estimation du nombre de logements indignes la plus récente date de
2014. Le ministère de la Cohésion des territoires publiait alors une estimation de 420 000 logements
indignes, mais celle-ci ne tenait compte ni des locaux impropres à l?habitation ni des divisions
pavillonnaires. Si bien que le nombre de logements indignes s?élèverait plutôt à 600 000 unités et des
progrès importants sont encore à opérer pour faciliter le repérage et le partage d?informations des
situations d?habitat indigne.
Grâce à la loi ELAN, et par ordonnance du 16 septembre 2020, le gouvernement a souhaité engager
une harmonisation et une simplification des polices administratives. Il a en outre renforcé l?arsenal
juridique contre les marchands de sommeil en prévoyant de nouvelles sanctions financières ou
encore la saisine de leurs biens. Enfin, en 2019 le gouvernement a lancé une stratégie de mise en
oeuvre accélérée des mesures de lutte contre les marchands de sommeil sur 6 départements jugés
prioritaires (la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, l?Essonne, le Nord, les Alpes-Maritimes et les
Bouches-du-Rhône).
Cependant, si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les propriétaires à réaliser
des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main des propriétaires récalcitrants ou
défaillants. L?action publique dispose pourtant d?une boite à outil très complète pour mettre en
oeuvre des mesures coercitives, indispensables au suivi d?une bonne politique de lutte contre
l?habitat indigne.
Lorsque la puissance publique (l?Etat pour l?insalubrité, le Maire pour la sécurité des bâtiments)
constate des désordres, elle peut prendre un arrêté. Cet arrêté préconise, lorsque c?est possible (on
parle alors d?arrêté d?insalubrité ou de péril remédiable), les travaux à réaliser pour y remédier. Si le
propriétaire ne s?exécute pas dans le délai fixé par l?administration, cette dernière a alors l?obligation
de réaliser elle-même les travaux et de se retourner contre le propriétaire défaillant pour recouvrer
les sommes engagées.
Mais, dans la pratique, seules quelques centaines de logements sont concernés par ces mesures
chaque année, faute de moyens ou de volonté politique. Le rapport Vuilletet36 rapporte à ce propos
que « les auditions ont mis en exergue le manque de moyens et d?expertise dans les services des
communes pour assurer la maitrise d?ouvrage de ces travaux, ainsi qu?une complexité juridique et
procédurale excessive ». Il propose donc de faire évoluer la loi pour permettre la délégation de la
maitrise d?ouvrage des exécutions d?office à un opérateur public.
Les mesures de travaux d?office ne suffiront pas à elle seule à mener une politique efficace de lutte
contre l?habitat indigne. Elles ne pallieront pas au manque de moyens humains et financiers pointés
par les acteurs de terrain. Mais la création d?une agence peut permettre à la fois d?apporter un
soutien nécessaire à des collectivités qui ont la volonté politique d?agir sur leur territoire et dans le
même temps avoir un effet incitatif fort auprès des propriétaires récalcitrants. C?est un véritable
34 Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, Marseille : de la crise du logement à une crise humanitaire,
chronique d'une incurie publique, novembre 2019.
35 Loi du 31 mai 1990 : Constituent un habitat indigne les locaux ou les installations utilisés aux fins d?habitation et
impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont situés,
expose les occupants à des risques manifestes, pouvant porter atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé
36 Guillaume Vuilletet, « Simplifier les polices de l?habitat indigne, promouvoir l?habitat durable pour tous », 2019.
103
« bras armé » de l?action coercitive qui pourrait donc être mis à disposition des services de l?Etat et
des communes pour lutter contre l?habitat indigne.
Créer un bras armé de l?action coercitive de l?Etat
Aux côtés de l?Agence nationale de l?habitat (Anah), qui porte les actions incitatives de la lutte contre
l?habitat indigne, l?Etat aurait donc besoin d?un organisme opérationnel en capacité de soutenir et
réaffirmer le rôle des services sur le terrain en engageant lui-même les travaux lorsque les
propriétaires n?ont pas la possibilité ou la volonté de les réaliser. A terme, cette agence pourrait
également porter les opérations obligatoires de rénovation énergétique pour le compte de l?Etat.
Cette agence, implantée au niveau national, pourrait donc apporter des réponses concrètes et
pluridisciplinaires aux obstacles rencontrés par les collectivités et services déconcentrés : la
complexité juridique des procédures, la difficulté à suivre la maitrise d?ouvrage et le manque de
pratique pour procéder au recouvrement auprès des propriétaires défectueux des sommes engagées
par l?Etat.
Elle doit permettre de mutualiser au niveau national les moyens nécessaires à la réalisation des
mesures de police administratives dont l?Etat à la charge et d?apporter un soutien technique aux
collectivités qui ne disposeraient pas des compétences et moyens suffisants pour agir seuls sur leurs
territoires.
Un soutien juridique face à la complexité des procédures
« Notre peur, c?est le contentieux ». C?est ainsi que le service d?une ville moyenne explique la raison
pour laquelle aucun arrêté d?insalubrité remédiable n?a été pris sur son territoire en 2021. Le service
répond à l?urgence en intervenant sur les dangers imminents ou encore la lutte contre le saturnisme.
Lorsqu?ils sont faciles à qualifier, la ville prend quelques arrêtés sur des locaux impropres à
l?habitation (des caves ou des garages transformés en logement).
Face à cette crainte, le soutien de l?agence serait donc d?abord un soutien d?ordre juridique. Les villes
qui parviennent à mener à bien des procédures se sont dotées de services juridiques et techniques
compétents en capacité de rédiger les arrêtés préfectoraux dans le respect du droit et pour que
ceux-ci puissent produire au mieux leurs effets. L?agence apporterait une connaissance légale mais
aussi technique afin de faire les meilleures préconisations de travaux possibles.
En effet, l?arrêté préfectoral doit respecter des règles strictes de forme notamment, pour les arrêtés
de péril ou d?insalubrité remédiable, la liste des préconisations de travaux pour remédier aux
désordres. C?est sur cette base que le propriétaire devra rénover son bien et que l?Etat devra réaliser
les travaux d?office s?il est défaillant. Ainsi, l?ensemble des outils mis à disposition par la législation
(astreintes administratives au propriétaire37, délai d?exécution? ) pourront être valablement utilisés
dès la rédaction des arrêtés en fonction des situations.
Par ailleurs, les arrêtés qui présentent des erreurs dans leur rédaction peuvent être contestés devant
les tribunaux par les propriétaires, ce qui peut mettre en péril la mesure coercitive pensée par la
collectivité mais aussi avoir un coût en cas de dédommagement pour le propriétaire. L?agence
pourrait dès lors fournir aux collectivités une assistance juridique lors de ces procédures pour se
prémunir de ce type de risques. Elle pourrait en outre suivre les dossiers en appel pour le compte du
ministère et disposer d?avocats spécialisés susceptibles de générer une jurisprudence favorable.
L?agence effectuerait alors un travail de coordination des méthodologies employées et d?élaboration
37 L?astreinte, créée par la loi ALUR (article 79) et modifiée par la loi ELAN (article 194), est une astreinte par nature
administrative. Elle est prononcée par arrêté du préfet ou du maire, sans décision de justice. Elle vise à contraindre
financièrement le propriétaire à effectuer les travaux.
104
d?une stratégie contentieuse efficace face notamment à des marchands de sommeil au fait des
procédures et souvent bien armés juridiquement.
Afin de répondre à ce besoin en compétences juridiques, elle pourrait notamment engager des
marchés publics auprès de cabinets d?avocats et d?opérateurs spécialisés dans la lutte contre
l?habitat indigne et en capacité d?apporter conseils et expertises aux acteurs de terrain sur
l?ensemble du territoire national.
Cette phase doit permettre ensuite la mise en oeuvre des travaux grâce à une maitrise d?ouvrage
facilitée.
Favoriser la maitrise d?ouvrage
En 2010, la Ville de Paris s?est attelée au traitement des 700 arrêtés d?insalubrité n?ayant pas été
suivis d?effet sur son territoire. Le Service technique de l?habitat explique qu?il a fallu « lever tous les
obstacles » et « mettre en place les travaux d?office de façon industrialisée ». Le travail de maitrise
d?ouvrage mis en place par le Bureau de la conduite des opérations permet aujourd?hui d?obtenir la
réalisation des travaux par le propriétaire de façon volontaire dans 60 % des cas. Dans la majorité des
cas restant, les propriétaires s?exécutent après une mise en demeure. Le reste des dossiers fait
l?objet de travaux d?office.
En 2018, seuls 381 travaux d?office ont été réalisés par l?Etat ou les communes, un chiffre dérisoire
au regard des centaines des milliers de logements indignes du pays. Les arrêtés d?insalubrité
préfectoraux n?ont donné lieu qu?à 328 travaux d?office, une baisse de 30 % par rapport à 201738. Du
côté de l?Anah, les subventions versées aux communes pour mener des travaux d?office sont le
parent pauvre de l?agence : 53 logements concernés en 201839 (223 en 2019). Selon le bilan 2020 de
l?ANAH, le nombre de travaux d?office aurait de nouveau baissé en 2020 de 39 %, ce qui s?explique,
selon l?agence, par l?impossibilité de réaliser les visites sur site et par la réaffectation des moyens
humains et financiers sur d?autres missions.
Années Nombre de pôles
départementaux de LHI
Arrêtés préfectoraux d?insalubrité
(L. 1311-4 et L.1331-22 à 30 du
CSP) pris
Nombre de travaux d?office réalisés
au titre d?arrêtés préfectoraux
d?insalubrité
2011 73 2 526 152
2012 80 2 637 222
2013 89 2 842 187
2014 92 2 887 204
2015 94 2 804 341
2016 97 2 758 350
2017 97 2862 466
2018 98 2893 328
Source : EHI, Diahl
De fait, faute d?être en capacité de mener des travaux d?office, de nombreux arrêtés sont arrivés à
échéance sans avoir été suivis d?effets en France. Fin 2016, cela concernait près de 11 000 arrêtés,
dont la moitié (5 475) portait sur des arrêtés de danger imminent, et 4 334 d?insalubrité. Sans
compter le manque d?informations sur le suivi d?autres procédures (péril imminent et ordinaire,
périmètres insalubres, saturnisme?).
38 Enquête EHI, DIHAL
39 Agence Nationale de l?Habitat, Rapport d?activité 2018.
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Comme le souligne le rapport Vuilletet40, en dehors de certaines grandes villes ou de celles dotées
d?un service d?hygiène (SCHS) performant, les communes ne disposent pas des moyens opérationnels
(expertise pluridisciplinaire) et financiers suffisants pour engager les travaux d?office. Et « hormis
quelques territoires les plus investis dans le traitement de l?habitat indigne, les autorités locales et
autres acteurs de l?habitat peinent à comprendre, s?approprier et donc mettre en oeuvre cet arsenal
juridique. ». Cela génère de façon évidente une « autocensure » des services qui peinent à s?engager
dans des procédures qu?ils seraient en incapacité de suivre jusqu?à leur terme.
C?est pourquoi la future Agence des travaux d?office pourrait « armer » les collectivités volontaires
afin d?organiser la maitrise d?ouvrage de ces travaux. L?agence apporterait alors la vision
pluridisciplinaire nécessaire, forte de son expérience sur l?ensemble du territoire.
Pour pallier aux manques d?offre d?opérateurs sur certains territoire, l?agence pourrait là aussi passer
des marchés publics avec des aménageurs et opérateurs de confiance en lien avec les acteurs locaux
pour répondre aux besoins, notamment dans des zones rurales reculées où il reste difficile
aujourd?hui d?agir efficacement. Elle disposerait en outre d?un fonds de lancement d?environ 20
millions d?euros afin d?engager pour le compte de la collectivité et à sa demande les travaux d?office.
Ce fonds viendrait s?autofinancer par la suite grâce au recouvrement des sommes engagées par la
puissance publique en lieu et place des propriétaires défaillants.
L?agence pourrait faire le lien entre les propriétaires, les collectivités et les aides de l?Anah pour
faciliter l?accès aux aides disponibles avant d?engager les travaux d?office. Cela pourrait être
l?occasion de repenser les liens entre rénovation énergétique et lutte contre l?habitat indigne qui
participent souvent des mêmes actions sur les bâtiments.
Engager le recouvrement des sommes avancées auprès des propriétaires défaillants
Le recouvrement des frais avancés par l?autorité publique à la suite de la défaillance du propriétaire
dans le cadre des mesures issues de la lutte contre l?habitat indigne est prévu par les codes de la
santé publique et de la construction et de l?habitation. Plusieurs dispositifs légaux ont été créés afin
de mieux garantir le recouvrement des créances publiques auprès des propriétaires défaillants.
Lors du recouvrement, la collectivité a notamment la possibilité de recouvrer des frais d?ingénierie à
hauteur de 8 %41 en plus des frais qu?elle a effectivement engagés. Compte tenu de la complexité des
procédures et de la maitrise d?ouvrage de certaines situations, il apparait nécessaire de revaloriser ce
pourcentage afin de couvrir suffisamment les moyens engagés par la puissance publique.
Lorsque la puissance publique a réalisé les travaux et qu?elle doit alors recouvrer les sommes
engagées, il n?est pas rare que les mesures de recouvrement soient contestées par les propriétaires
débiteurs. Certains vont même jusqu?à organiser leur insolvabilité, comme ce marchand de sommeil
parisien qui, grâce à un montage judicieux de sociétés, se déclarait sans ressources malgré un
patrimoine immobilier de plusieurs millions d?euros. L?agence sera alors en mesure de faire face à la
contestation de ces propriétaires mais aussi aux autres difficultés de recouvrement comme la
complexité des comptes de copropriété ou encore de celle des indivisions.
Enfin, le recours à des cabinets comptables spécialisés et habitués à ces procédures permettra un
traitement plus systématique des dossiers.
La création d?une agence des travaux d?office, nous l?avons vu, devrait ouvrir de nouvelles
perspectives d?action à certaines collectivités et entrainer, on peut l?espérer, un effet levier auprès
de propriétaires qui ne sont pour l?instant que peu menacés par l?action publique dans ce domaine.
40 Guillaume Vuilletet, « Simplifier les polices de l?habitat indigne, promouvoir l?habitat durable pour tous »,
2019.
41 Article L 543-2 du Code de la Construction et de l?Habitation
106
Pour autant, d?importants efforts doivent encore être fournis parallèlement. Le repérage des
situations et le partage des informations entre les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants
pour appréhender de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des ménages
victimes d?habitat indigne reste très compliqué à organiser sur les territoires du fait des partages de
compétences. Enfin, les moyens humains et financiers restent en deçà de ce qu?il serait nécessaire
pour réaliser des opérations importantes et systématiques d?éradication de l?habitat dégradé. C?est
seulement à cette condition que le prochain gouvernement pourra mener une politique ambitieuse
de lutte contre l?habitat indigne.
107
Mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme
à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne
3 octobre 2023
Cette note permet de compléter les échanges du 19 septembre dernier entre les rapporteurs de la
Mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre
l?habitat indigne, et la Directrice générale de l?Anru.
Elle rappelle les modalités d?intervention de l?Anru en matière d?habitat privé dégradé, et souligne
que, dans ce cadre, les propositions de la Mission constituent une amélioration de la boîte à outils des
interventions relatives à la lutte contre l?habitat indigne.
En annexe de la note figurent des éléments permettant de préciser les surcoûts liés aux délais et
procédures spécifiques de la lutte contre l?habitat indigne, tels que demandés lors de l?échange du
mois dernier.
Rappel des modalités d?intervention de l?ANRU en matière d?habitat privé (habitat ancien
dégradé et copro)
Les problématiques autour de l?habitat privé se renforcent dans les territoires et font l?objet d?une
intervention croissante de l?Anru, dans le cadre du renouvellement urbain. Dans un contexte de ZAN
et de recherche de sobriété, la requalification des quartiers anciens dégradés, via un projet urbain
global, est mise en oeuvre de façon pluriannuelle et partenariale, et contractualisé avec l?ANRU, sur les
territoires d?intervention de l?Agence.
Aux côtés de l?Anah, l?Anru amplifie les financements à destination de l?habitat privé en soutenant
d?une part directement l?intervention sur le recyclage des copropriétés ou de l?habitat ancien dégradé,
et en accompagnant d?autre part plus largement la requalification du quartier.
Le modèle d?intervention de l?Anru reste inédit en matière d?action publique et doit être capitalisé
pour enrichir les politiques qui sont à conforter en matière d?habitat privé.
- Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du renouvellement urbain permet d?envisager
une intervention globale de requalification des quartiers devant faire l?objet d?une
transformation urbaine profonde ;
- Une capacité d?engagement pluriannuelle, et donc de projection, dans le cadre de
conventions dédiées, sécurisantes pour les porteurs de projet et leur mobilisation dans le
temps ;
- En matière spécifique de copropriétés, une capacité à traiter et financer de manière
différenciée les différentes composantes des ensembles immobiliers complexes (ex : dalles,
parkings, locaux d?activités liés à une copropriété), permettant un effet levier sur la
valorisation globale de ces copropriétés (y compris patrimoniale) voire un allègement des
charges.
108
L?Anru développe des interventions ajustées à chaque site dans le cadre de ses programmes (PNRU,
NPNRU, PNRQAD, PIA) : interventions sur la requalification de l?habitat ancien dégradé, interventions
sur la transformation de copropriétés dégradées ou expérimentations dans le cadre de Programmes
d?investissements d?avenir (PIA VDS, ANRU + et DVD).
Les interventions relatives aux 3 programmes (PNRU, PNRQAD et NPNRU) recouvrent les montants
présentés ci-dessous :
Interventions de l'ANRU en copropriétés et habitat ancien dégradé
En ¤
Intervention sur l'habitat ancien dégradé
Contractualisé Engagé Payé
PNRU 149 969 959 149 969 959 149 969 959
PNRQAD 94 909 209 93 324 286 56 934 847
NPNRU 347 138 035 193 824 728 38 361 855
TOTAL 592 017 203 437 118 973 245 266 661
En ¤
Intervention sur les copropriétés
(recyclage / portage ciblé et massif)
Contractualisé Engagé Payé
PNRU 216 873 526 216 873 526 216 873 526
PNRQAD 327 280 327 280 218 262
NPNRU 234 170 447 123 971 195 30 529 608
TOTAL 451 371 253 341 172 001 247 621 396
Total de
l'intervention
1 043 388 456 778 290 974 492 888 057
Les chiffres présentés ci-dessus ne portent que sur les familles d?opérations de transformation des copropriétés dégradées et de
requalification de l?habitat ancien (i.e ils n?intègrent pas les familles résidentialisation, aménagement, équipements publics?)
Dans le contexte d?achèvement du PNRQAD (2025) et du NPNRU (2030), il s?agit dès à présent de
préparer le volet habitat ancien dégradé d?un futur programme national de renouvellement urbain.
Pour ce faire, il convient d?identifier les quartiers qui devront faire l?objet d?une intervention dédiée, et
de dimensionner les financements nécessaires.
? Interventions en quartiers anciens
Si les quartiers anciens présentent des atouts reconnus, leurs fragilités ont conduit les élus locaux et
l?Etat à mettre en oeuvre des dispositifs stratégiques et opérationnels à l?appui des interventions
publiques nationales et locales, notamment au travers de dispositifs et programmes spécifiques
financés par l?Anah (OPAH-RU) et l?Anru (PNRQAD, PNRU, NPNRU), puis des programmes Action Coeur
de Ville et Petites Villes de Demain. Parmi les sites d?interventions du PNRQAD et du NPNRU, 38 villes
ont été intégrées dans les programmes Action Coeur de Ville et Petites Villes de Demain.
109
L?Anru soutient au travers du PNRU, du PNRQAD et du NPNRU la requalification urbaine, sociale et
économique des quartiers anciens concentrant des situations d?indignité et d?insalubrité.
Cette intervention se traduit par le recyclage de l?habitat dégradé à l?échelle des îlots et, plus
largement des quartiers, dans un processus de revitalisation plus global favorisant de plus une
diversification de l?offre de logements par la capacité de mixer les produits de sortie. Il s?agit
d?accompagner fortement la lutte contre l?habitat indigne et de sécuriser les cadres d?une intervention
urbaine structurée aux plans opérationnels, fonciers, juridiques et financiers.
? Interventions sur les copropriétés dégradées
Plus de 150 quartiers du programme PNRU ont été identifiés comme présentant une problématique
de copropriétés (soit 1/3 des quartiers visés par le programme) : une cinquantaine avec des enjeux de
copropriétés fragiles, une soixantaine avec des enjeux importants de copropriétés fragiles et en
difficulté, une trentaine avec des enjeux majeurs de copropriétés en difficulté.
Depuis 2018, la mise en oeuvre du Plan Initiative Copropriétés (PIC) a permis d?enclencher une
dynamique par la mise en place d?une boîte à outils, qui répond à trois axes d?intervention :
prévention, redressement, transformation.
90% des copropriétés identifiées dans le cadre du PIC étant localisées en secteur NPNRU, la vocation
du NPNRU est :
- d?accompagner directement la transformation des copropriétés les plus en difficulté par un
recyclage ou un portage massif sur 10 ans ;
- d?accompagner le redressement des copropriétés, financé par l?Anah, par un traitement
d?ensemble du quartier, dans le cadre du projet de renouvellement urbain (financement de la
résidentialisation, de la réhabilitation des logements des bailleurs sociaux en copropriété mixte,
l?amélioration du cadre de vie, aménagement, équipements publics ?).
L?axe transformation du PIC concerne les opérations les plus lourdes et mobilise donc plus
spécifiquement l?Anru.
Les propositions de la Mission : de forts leviers pour améliorer et accélérer la lutte contre
l?habitat indigne
Dans ce contexte d?intervention de l?Anru, les 17 propositions de la mission qui visent à intensifier la
lutte contre l?habitat indigne en dotant les collectivités et opérateurs de moyens législatifs et
réglementaires complémentaires et en imposant de nouvelles obligations aux propriétaires, s?avèrent
pertinentes pour l?action publique.
L?ANRU partage donc avec les rédacteurs de la Mission l?importance de ces mesures pour améliorer
l?efficacité de la lutte contre l?habitat indigne. Outre les modifications législatives et réglementaires
nécessitées par ces mesures, relevant pour bon nombre de l?interministériel, des dispositifs financiers
adaptés devront accompagner ces mesures.
Parmi les mesures proposées, l?ANRU tient à souligner plus particulièrement l?importance d?un certain
nombre de mesures telles que le renforcement de l?ingénierie dédiée à l?habitat privé sur tous les
territoires (indispensable à la bonne prise des arrêtés), l?extension et la sécurisation de la DUP Vivien,
l?amélioration des dispositifs de préfinancement des aides publiques à destination des copropriétés et
des propriétaires occupants modestes, le renforcement des moyens d?intervention des EPF et la
faciliter du portage des opérations de recyclage foncier (facilitant les interventions à l?îlot).
110
Annexe : Surcoûts liés aux délais et procédures dans le cadre de la lutte
contre l?habitat privé dégradé ? Eléments du bilan du PNRQAD réalisé par
le CEREMA
Les travaux sur le PNRU et sur le PNRQAD permettent d?approcher les surcoûts liés aux délais et
procédures mises en oeuvre dans le cadre de la lutte contre l?habitat privé dégradé.
Parmi les 5 monographies relatives aux opérations en PNRQAD réalisées par le Cerema (Bayonne,
Carpentras, Le Havre, Saint-Denis, Saint-Gilles), seule la ville de Saint-Denis met clairement en avant
les surcoûts liés aux procédures d?habitat indigne, et spécifiquement des surcoûts liés à la prise
d?arrêtés42.
Les autres éléments de surcoûts régulièrement identifiés par les collectivités, et mis en avant par le
Cerema dans l?évaluation du PNRQAD, sont les suivants :
? Méconnaissance de la structure bâtie
Les difficultés rencontrées dans le cadre des opérations de requalification des îlots dégradés sont
principalement dues à la sous-estimation du mauvais état du bâti lors des diagnostics préalables à la
signature des conventions initiales faute de visites poussées au sein des immeubles (absence de
fondations, existence d?un réseau de caves, bâtiments fragilisés ? Grand Delta Habitat ? Carpentras).
Cette situation, et l?imbrication de l?habitat en centre ancien, ont quelquefois nécessité d?intervenir
plus lourdement (démolition-reconstruction au lieu d?un projet d?acquisition-amélioration) ou
d?intervenir à une échelle plus large, l?imbrication des immeubles ne permettant pas une intervention
fine (ex Carpentras ? Saint-Gilles) ou de réaliser des travaux plus lourds (installation de micro-pieux ou
présence d?amiante à Saint-Gilles).
PNRQAD de Saint-Gilles ? Evolution des coûts par opération et par poste
Des coûts supplémentaires en études, travaux et ingénierie de 300 à 515% supérieurs à l?enveloppe
initiale ont été identifiés. Certaines opérations ont un prix de revient hors taxe de SHAB supérieur au
reste de la commune pour la production de logements sociaux (2 673¤/m² au lieu de 2 000/2 100¤ en
VEFA sur le reste de la commune, soit un surcoût constaté d?environ 20% en centre ancien
(Carpentras).
? Caractère patrimonial du site
42 Sur ce point, il est important de souligner que le mode d?intervention de l?ANRU, à l?échelle de l?îlot, et ne nécessitant pas
obligatoirement d?arrêté pour chaque immeuble, constitue un « simplicité » d?intervention, mise en avant par Le Havre par
exemple.
111
Les exigences patrimoniales de conservation du bâti constituent également un impact non négligeable
sur l?équilibre économique des opérations entraînant quelquefois un coût plus élevé que le
programme initial (surcoût de 30 à 40% par exemple sur un îlot à Carpentras, surcoûts aussi identifiés
à Saint-Gilles liés à la valeur patrimoniale ou à la nécessité de réaliser des fouilles archéologiques,
Saint-Denis), mais aussi une temporalité plus conséquente.
? Montage opérationnel inadapté
L?intervention à l?îlot nécessite l?acquisition de l?ensemble des immeubles afin de permettre une
restructuration globale, un curetage conséquent. Cette modalité d?intervention n?avait pas été
forcément appréciée par les collectivités, la remise à plat des opérations entraînant un coût
supplémentaire par îlot (ex Bayonne).
? Bilans d?opération incomplets
Un certain nombre d?opération ont été conventionnées dans le cadre du PNRQAD (non financeur du
logement social) avant la stabilisation de la sortie d?opération, et donc avant la mobilisation des
opérateurs de logements sociaux, avec des conséquences sur l?équilibre des opérations.
? Acquisitions amiables / acquisition avec expropriation / prise d?arrêtés
Pour certains acteurs locaux, l?acquisition à l?amiable reste à la fois moins chère et plus rapide ; elle
nécessite cependant un travail souvent chronophage (ex Bayonne et Saint-Denis). Mais elle permet de
constituer des références de prix d?acquisition plutôt basses et d?envoyer un signal pour le reste des
lots.
Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent aussi l?accent sur le risque contentieux
sur les prises d?arrêtés et par conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de
rémunération et de portage, des frais financiers divers, des immobilisations dans les bilans.
Les procédures d?expropriation font souvent l?objet de recours avec des indemnités plus élevées que
l?acquisition amiable, elles sont donc à éviter.
----
Le temps d?une opération de recyclage d?habitat ancien dégradé est estimé à 7 ans lorsqu?elle ne
rencontre pas de difficulté particulière. Mais la moyenne estimée est plutôt de 9 à 10 ans.
PNRQAD ? Evolution du coût des opérations de requalification des îlots dégradés par site
112
PNRQAD ? Evolution du montant total des subventions des opérations de requalification des îlots
dégradés par site
PNRQAD ? Postes de dépenses HT par logement traité en fonction des régions
PNRU ? Postes de dépenses HT par logement traité en fonction des régions
113
114
115
116
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119
120
121
122
123
124
Contribution du Conseil Régional de l?Ordre des Architectes d?Ile-de-France
Il est proposé à Monsieur Hanotin et Madame Lutz de créer un statut d'accompagnateur
spécifiquement dédié à la lutte contre l'habitat indigne, sur le modèle de "Mon Accompagnateur
Renov'".
Pour rappel, "Mon Accompagnateur Renov'" est une émanation législative, avec une modification
législative du code de l'énergie qui induit ensuite une application réglementaire. Si on souhaite
dupliquer le même système pour créer un "Mon Accompagnateur Lutte contre l'Habitat Indigne"
(avec un potentiel nom à trouver...), il faudra certainement en faire de même et passer par la loi
(probablement via la partie législative du code de la construction et de l'habitation - articles L511-1 à
L551-1). Par ailleurs, les textes qui encadrent "Mon Accompagnateur Renov'" et qui peuvent inspirer
vos travaux sur un tel statut sont les suivants :
- Les articles L.232-1 à L.232.3 du code de l'énergie :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/
#LEGISCTA000027311537
- Le décret n°2022-1035 du 22 juillet 2022 pris pour application de l'article 164 de la loi n°2021-1104
du 22 août 2021 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046081405
- Un arrêté du 21 décembre 2022 relatif à la mission d'accompagnement du service public de la
performance énergétique de l'habitat :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046807068
Cette création pourrait s'inscrire dans la continuité de la proposition n°16 que Monsieur Hanotin et
Madame Lutz ont pu formuler à ce stade.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/#LEGISCTA000027311537
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/#LEGISCTA000027311537
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046081405
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046807068
125
Annexe 5 - Consultation interministérielle et chiffres-clés
Le Ministère chargé du Logement et son Pôle National de Lutte contre l'habitat Indigne (PNLHI) ont
été saisi à la fin de l?année 2022 de la part des partenaires de la ville de Saint Denis et de l?aménageur
SOREQA de propositions visant à l'amélioration de la lutte contre l'habitat indigne sur les
territoires. Ces propositions concernant principalement les dispositifs financiers, techniques,
juridiques auraient vocation à venir enrichir l'axe "amélioration des dispositifs existants de la
stratégie nationale de lutte contre l?habitat indigne (SNLHI).
Dans ce cadre, des réunions interministérielles, menées sous la coordination du PNLHI, se sont
déroulées du mois de janvier au mois d?avril 2023, afin d?analyser ces différentes propositions et
d?émettre un avis sur leur faisabilité.
Ce travail a été préparatoire à la mission à Madame Michèle Lutz, maire de Mulhouse, et à Monsieur
Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis le 27 mars 2023.
Plusieurs groupes de travail se sont tenus : jeudi 26 janvier, mardi 28 mars, Jeudi 6 et vendredi 7
avril, lundi 17 et mardi 18 avril et mercredi 19 avril.
Les travaux se sont poursuivis jusqu?en juin 2023, pour intégrer les propositions conjointes des villes
de Saint Denis et Mulhouse.
Pour la DGALN et la DHUP :
DGALN, Stéphanie Dupuy-Lyon, Brice Huet, DHUP, François Adam, Amélie Renaud ;
Les sous-directions, les bureaux et leurs équipes: Laurent Bresson, Emmanuel Rousselot, Antoine
Caron, Luc-André Jaxel-Truer, Jean-Baptiste Butlen, Vincent Montrieux, Anne-Lorraine Lattraye ;
Pour le PNLHI : Chantal Mattiussi, Susanne Kulig, Clarisse Jouan ;
Pour la DGCL : Constance André, Driss Jawad, Emilie Machard ;
Pour la DGS : Didier Ollandini, Thomas Cartier, Jean Meister, Joëlle Carmes ;
Pour la DIHAL : Céline Cassourret, Manuel Hennin ;
Pour la DGOM : Sabine Montout; Catherine Maujaret-Ndiaye ;
Pour la DACG : Louise Neyton, Elodie Benaiem ;
Pour l?Anah: Jessica Brouard Masson, Sébastien Wagner ;
Pour l?ANRU : Hélène Le Rai, Kim Chiusano, Véronique Tirant.
Les chiffres clés en matière de lutte contre l?habitat indigne (source DGALN/DHUP/PNLHI)
On estime entre 400 000 et 420 000 le nombre de logements du parc privé potentiellement indignes
en métropole (100 000 en Outre-mer), dont environ la moitié sont occupés par leur propriétaire. La
lutte contre l?habitat indigne et dégradé est donc un enjeu essentiel des politiques nationales de
l?habitat.
126
L?enquête nationale « Lutte contre l?habitat indigne » lancée en 2022 a permis de capitaliser les
dernières données au titre de 2021.
Enquête nationale 2022 « Lutte contre l?habitat indigne »
2021 % 2018/2021 2022 % 2021/2022
Polices spéciales du préfet
Arrêtés d'insalubrité en
vigueur 13 752
Arrêtés d?insalubrité 2 879 +7% 3 160 +10%
Arrêtés d'astreinte
relatif à des situations
d'insalubrité
45 +309% 81 +80%
Requêtes devant le
juge administratif
relatives à l'insalubrité
118
NC 153 +29%
Jugements rendus 96 NC 54 -44%
Polices spéciales du maire (ou président EPCI)
Arrêtés de mise en
sécurité recensés 1 509 = 2 216 +47%
Actions de travaux
d'office 118 NC 316 +168%
Arrêtés d'astreinte
financière relatifs à la
mise en sécurité pris
24 NC 220 +817%
Jugements avec des
condamnations
pénales
En moyenne 100 à 150 par an
Dossiers transmis aux
parquets 372 +19% 347 -7%
Sources DGALN/DHUP/PNLHI
La coordination de l?action publique sur les territoires :
L?ensemble des départements disposent d?un pôle départemental de lutte contre l?habitat indigne
pour agir autour du Sous-préfet référent ou du préfet :
? 75 départements fonctionnent à l?aide d?un guichet unique de signalements en 2021 ;
? +29% par rapport à 2018 ;
? 95 départements sont dotés d'un PDLHI apportant un appui juridique et technique aux
collectivités territoriales ;
? 151 présidents d'EPCI se sont vus transférés des pouvoirs de police spéciale de maires. Il en
était compté 140 en 2018 ;
? Aucune délégation des pouvoirs de police spéciale du préfet à un président d'EPCI n?a été
réalisée en 2021.
? 22 départements seulement ont demandé le Fonds d?aide au relogement d?urgence (FARU)
au titre de l'année 2021.
Crédits du BOP 135 « UTAH » :
Les crédits de l?action 3 du programme 135 « Urbanisme, territoires et amélioration de l?habitat »
(UTAH) financent les dépenses de lutte contre l?habitat insalubre et le saturnisme qui relèvent de la
compétence de l?État et sont liées à l?exercice par les préfets de leurs pouvoirs de police
administrative.
En 2022 un peu plus de 5M¤ ont été attribués aux DREAL pour financer les actions nécessaires à la
lutte contre l?habitat indigne, auxquels s?est ajouté un financement spécifique de 2,2 M¤ pour l?appel
à projet « mise en oeuvre d?une stratégie urbaine de lutte contre l?habitat indigne en Ile-de-France ».
127
La consommation s'est élevée à 76,61%.
Chiffres clés de l'Anah pour 2022 : aides au traitement de l'Habitat indigne et très dégradé :
? 14 555 logement rénovés soit 196 millions d'euros d'aide répartis : 44,9 M¤ aux PO ; 81,6 ¤
aux PB ; 66,8M¤ aux copro et 2,5M¤ pour les travaux d'office des communes ;
? Soit en nombre de logements : 1 721 (PO) 3 496 (PB) 8 706 (copro) 632 (communes) ;
? En plus des aides aux travaux : 21 millions d?euros pour financer 58 opérations de résorption
de l?habitat insalubre (RHI).
6 Territoires dits d'accélération pour LHI et lutte contre les marchands de sommeil :
? Expérimentation lancée en 2019 ;
? Principe : enveloppe financière complémentaire de 7 M¤ affectée par l'Anah pour amplifier
l'action LHI sur 7 territoires (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes-
Maritimes, Bouches-du-Rhône et La Réunion) via la majoration des subventions versées au
titre de la lutte contre l?habitat indigne auprès de propriétaires bailleurs et propriétaires
occupants ainsi qu?aux collectivités territoriales (travaux d?office) ;
? La non utilisation de l'intégralité de l'enveloppe oriente les réflexions pour l'avenir vers une
boîte à outils plus facilement mobilisable par les territoires.
128
ANNEXE 6 - Journée nationale de la lutte contre l?habitat
indigne
Journée nationale :
la lutte contre l?habitat indigne dans les territoires ruraux
à Laval le 3 juillet 2023
Programme de la journée
Ouverture par Monsieur Florian Bercault, Maire de Laval
Intervention de Monsieur Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne
Intervention de Monsieur Laurent Bresson, Sous-directeur des politiques de l?habitat, DHUP/DGALN
Panorama national de la lutte contre l?habitat indigne par Madame Chantal Mattiussi, Directrice du
Pôle National de lutte contre l?Habitat Indigne, DHUP, DGALN
1ère table-ronde : Quels leviers d?amélioration des outils en matière de lutte contre l?habitat indigne ?
Cette table-ronde a pour objet de présenter la mission Hanotin/Lutz, d'en réaliser un point d'étape
en dialogue entre les territoires urbains et ruraux en faisant le lien entre les leviers d'amélioration
des outils d'aménagement, financiers et fonciers.
Intervenants :
- Madame Katy Bontinck, 1ère adjointe au Maire de Saint-Denis
- Monsieur Alain Couchot, 1er adjoint à la Maire de Mulhouse
- Monsieur Louis Pautrel, Maire de Le Férré, Vice-président de Fougères agglomération,
Représentant national de l?association des Maires ruraux de France
- Monsieur Axel Lecomte, directeur de l?habitat de l?EPT Plaine Commune
- Monsieur Frédéric Brun, directeur général adjoint chargé de l?aménagement et du
développement urbain de la mairie de Mulhouse
2ème table-ronde : Quelle montée en responsabilité des collectivités territoriales et des EPCI sur la
lutte contre l?habitat indigne dans les territoires ruraux ? Comment accompagner cette montée en
responsabilité dans les territoires ruraux en mutualisant les moyens humains et l?ingénierie pour
pallier avec efficience aux situations d?habitat indigne ?
Intervenants :
- Madame Sylvie Vielle, Maire de Louverné, Vice-présidente chargée de l?habitat de Laval agglo
- Madame Isabelle Valade, Directrice départementale des territoires de la Mayenne
- Monsieur Alain Servan, Vice-Président à la politique de l?habitat, urbanisme et aménagement
du territoire de la communauté d?agglomération de l?ouest rhodanien
- Madame Roselyne Conan, Directrice générale de l?ANIL
- Madame Jessica Brouard-Masson, Directrice de l?expertise et des politiques publiques de
l?Anah
129
- Monsieur Jean-Luc Tarrega, Sous-préfet de l?arrondissement de Tulle, Secrétaire général de
la préfecture de Corrèze
Présentation des produits numériques de la lutte contre l?habitat indigne par Monsieur Stéphane
Flahaut, Adjoint au sous-directeur des politiques de l?habitat, DHUP, DGALN
3ème table-ronde : Quel accompagnement des occupants dans l?espace rural ? Comment adapter les
outils aux spécificités des ménages ?
Intervenants :
- Monsieur Karim Belhaj, Directeur de l?ADIL 76
- Monsieur Alexandre Lagogué, Directeur général des compagnons bâtisseurs
- Madame Juliette Laganier, Directrice générale de la fédération SOLIHA
- Madame Caroline Roger-Moigneu, Vice-présidente du conseil départemental d?Ille-et-Vilaine
- Madame Isabelle Le Callennec, Maire de Vitré, Préséidente de Vitré communauté,
représentante nationale de l?Association des Maires de France
Intervention vidéo de Madame Dominique Faure, Ministre déléguée chargée des collectivités locales
et de la ruralité.
Conclusion par Madame Amélie Renaud, Adjointe au Directeur de l?habitat, de l?urbanisme et des
paysages, DHUP, DGALN
Plus de 200, élus, parlementaires, représentants institutionnels, des services de l'Etat et des
collectivités locales, représentants des associations à participer à la journée nationale " la lutte
contre l'habitat indigne dans les territoires ruraux" Organisée par le Pôle National de lutte contre
l'Habitat Indigne (PNLHI) à Laval, ce 3 juillet 2023.
Cette journée avait pour but de donner de la visibilité à cette politique publique prioritaire qui lutte
contre toutes les situations de logements exposant leurs occupants ou des tiers à des risques pour
leur santé ou leur sécurité.
Les participants ont souligné la qualité et la richesse des échanges des différentes tables rondes, pour
les propositions d'amélioration de cette politique publique, qui viendront alimenter la feuille de
route nationale.
Les consultations des acteurs, des partenaires du logement
Lors de la journée nationale, un questionnaire a été diffusé par le PNLHI, afin d?organiser une
consultation en ligne et d?inviter les 200 participants à formuler des propositions visant à
l?amélioration de la lutte contre l?habitat indigne.
Cette consultation s?est poursuivie durant tout le mois de juillet 2023 pour recueillir les contributions
de l?ensemble du réseau des correspondants techniques experts du PNLHI (plus de 70 agents en
responsabilité sur le sujet, issus des DDT (M), des ARS, des SCHS, des ADIL et des préfecture) et du
réseau des DDT(M) et des DREAL.
L?ensemble des réseaux et participants ont été invités à répondre à trois questions sur les leviers
d?amélioration des outils de lutte contre l?habitat indigne :
? Quelle principale amélioration des outils opérationnels existants pour lutter contre l?habitat
indigne vous semble opportune ?
? Quelle proposition pouvez-vous formuler pour assurer la montée en responsabilité des
collectivités territoriales et des EPCI ?
? Quels leviers pour renforcer l?accompagnement des occupants dans les territoires ruraux ?
Les réponses apportées par le réseau et plus de 150 services portent sur plusieurs thématiques :
? L?amélioration des systèmes d?information de la lutte contre l?habitat indigne ;
130
? Faciliter les signalements ;
? Le renforcement des moyens alloués aux services en charge de la LHI ;
? L?amélioration de l?accompagnement des usagers impactés par la LHI ;
? Le renforcement des aides et subventions pour traiter la LHI ;
? La mutualisation des compétences, notamment au niveau intercommunal ;
? La fluidification des interventions.
131
ANNEXE 7 - Bonne pratique Bordeaux
132
133
ANNEXE 8 - Illustrations SOREQA
134
135
136
ANNEXE 9 - Tableau des acronymes
TERMES DÉFINITIONS
ACV Agence nationale d'information sur le logement
AGRASG Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués
AMF Association des maires de France
ANAH Agence nationale de habitat
ANCT Agence nationale de la cohésion des territoires
ANIL Agence nationale d'information sur le logement
ANRU Agence nationale de la rénovation urbaine
ARS Agence régionale de santé
CAF Caisse d?allocation familiale
CCH Code de la construction et de l'habitation
CSP Code de santé publique
CSTB Centre scientifique et technique du bâtiment
DB Direction du budget
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la mer)
DGALN Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
DGS Direction générale de la santé
DIHAL Délégation interministérielle à l'hébergement et à au logement
DHUP Direction de l?habitat de l?urbanisme et des paysages
DUP Déclaration d?utilité publique
EPA Etablissement public d?aménagement
EPCI Établissement public de coopération intercommunale
FARU Fonds d?aide au relogement d?urgence
IGEDD Inspection générale de l?environnement et du développement durable
137
IGH Immeuble de grande hauteur
MDS Maison départementale des solidarités
MSA Mutualité sociale agricole
MTE Ministère de la transition écologique
OPAH Opération programmée d'amélioration de l'habitat
ORCoD Opération de requalification des copropriétés dégradées
PDLHI Pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne
PIC Plan initiative copropriétés
PNLHI Pôle national de lutte contre l'habitat indigne
PNRQAD Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés
PPPI Parc privé potentiellement indigne
PPT Plan pluriannuel de travaux
PVD Petites villes de demain
RAC Reste à charge
RHI-THIRORI Opérations de résorption de l'habitat insalubre et de restauration
immobilière
RNIC Registre national d?immatriculations des copropriétés
RSD Règlement sanitaire départemental
SACICAP Société Anonyme coopérative d'intérêt collectif pour l'accession à la
propriété
SCHS Service communal d?hygiène et de salubrité
SEM Société d?économie mixte
SPLA Société publique locale d?aménagement
SRU Loi solidarité et renouvellement urbain
138
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LHI_1
1_Rapport final LHI VF sans annexe13oct23
Rapport final LHI VF_avec annexe_19oct_20h
« Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du renouvellement urbain permet d?envisager une intervention globale de requalification des quartiers devant faire l?objet d?une transformation urbaine profonde », Contribution ANRU
« La situation de danger pour les occupants peut être extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts de...
« Pour traiter ces sujets, il faut aller vite et démarrer assez tôt »,
Contribution Etablissement Public Foncier d?Ile-de-France
« La situation de danger pour les occupants peut être extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts de...
« Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent aussi l?accent sur le risque contentieux sur les prises d?arrêtés et par conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de rémunération et de portage, des frais financiers di...
« Il convient de renforcer l?accompagnement des collectivités qui, pour certaines (grosses ou petites), sont hésitantes à réaliser des travaux d?office faute de budget et d?ingénierie. Il est en réalité indispensable d?entamer une politique d?aides (...
« Si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les propriétaires à réaliser des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main des propriétaires récalcitrants ou défaillants. L?action publique dispose pourtant d?une boite à outi...
« Il s?agit de promouvoir une approche plus intégrée au profit des personnes contraintes d?habiter dans des locaux défavorables à la santé, voire indignes ou insalubres. L?un des enjeux nous semble être d?agir avant que la situation des personnes et d...
« En tant que Présidente d?une intercommunalité comptant de nombreuses communes rurales, je constate les difficultés que peuvent rencontrer les maires de petites communes, disposant de peu de capacité d?ingénierie pour traiter de problématiques juridi...
« Le renforcement du rôle des opérateurs publics de portage foncier permettrait d?intervenir plus efficacement dans le traitement des copropriétés dégradées. En particulier, les établissements publics fonciers sont des opérateurs pertinents pour appuy...
« Les ambitions nationales en matière de réduction d?émission de gaz à effet de serre doivent se concilier avec les enjeux patrimoniaux et historiques, portés par les DRAC-ABF. », Contribution DIGNEO-Foncière Logement
« Les Administrateurs judiciaires ne sont ni la réponse ni la solution. Aujourd?hui, les acteurs publics se refusent dans la majeure partie des situations à faire ces signalements par manque de solution disponible. [?] il est fondamental de faire émer...
« Les centres anciens sont caractérisés par la présence de nombreuses petites copropriétés, dont une partie est sans syndic, une partie avec syndic bénévole pratiquant une gestion très souvent « informelle », et une partie avec syndic professionnel ex...
« Cette obligation pourrait s?accompagner d?une aide de l?Anah, qui finance déjà ce type de diagnostics dans le cadre d?études pré-opérationnelles, étant entendu que le coût de ces diagnostics reste à évaluer et peut être élevé. La collaboration avec ...
« L?ingénierie financière mise à disposition par le réseau bancaire classique est faible voire inexistante en copropriété au-delà même de la LHI », Contribution Brest Métropole
« La mobilisation de la banque des territoires sur cette action est fondamentale - l?émergence d?une banque de la rénovation et de l?accompagnement des copropriétés fragiles est nécessaire pour sécuriser ce processus de caisses d?avances », Contributi...
« Le repérage des situations et le partage des informations entre les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants pour appréhender de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des ménages victimes d?habitat indigne reste très com...
« En marché très tendu, le parc indigne est en partie occupé par des ménages exclus du parc social - qui constituent d?ailleurs, pour cette raison-même, la cible privilégiée des marchands de sommeil », Manifeste SOREQA
« Il reste en effet particulièrement difficile de recourir à des structures d?hébergement d?urgence qui sont le prolongement naturel des interventions en substitution que pourraient pratiquer les autorités compétentes », Contribution Ville de Paris
« Les ADIL apportent au public, à leurs partenaires et aux acteurs du logement leur expertise juridique sur tous les champs de l?habitat : les rapports locatifs, le fonctionnement des copropriétés, l?accompagnement juridique, fiscal et financier aux t...
« Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et veiller à la décence des logements, il est, dans ses dispositions actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les collectivités aux moyens limités. », Contribution Valenciennes Métro...
« Les délais d?instruction du « permis de diviser » sont très courts [?] Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme, atteinte à la santé et à la sécurité des occupants. La mise e...
Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués
LHI_4
3_Rapport final LHI VF sans annexe13oct23
(ATTENTION: OPTION : Réglementaire
Quand : 1er semestre 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP) avec appui DIHAL
Cible : propriétaires occupants et locataires
« Les ADIL apportent au public, à leurs partenaires et aux acteurs
du logement leur expertise juridique sur tous les champs de l?habitat :
les rapports locatifs, le fonctionnement des copropriétés,
l?accompagnement juridique, fiscal et financier aux travaux
d?amélioration de l?habitat (travaux de rénovation énergétique,
d?adaptation du logement ou de mises aux normes). [?]
L?accompagnement des occupants, durant les procédures
d'hébergement, le relogement et les travaux, pourrait être amélioré et
clarifié. En effet, les différentes étapes doivent être évoquées en amont
de l?opération et expliquées afin que le ménage soit parfaitement
informé.», Contribution ANIL
44
19. Améliorer la protection des victimes en cas de sinistre d?effondrement
Suite aux effondrements d?immeubles d?habitations survenus en site occupé ces dernières années
dans plusieurs villes de France, impactant tout particulièrement le bâti ancien, il convient très
spécifiquement d?analyser ces phénomènes, de prévoir les mesures nécessaires à la prévention, à
l?information, et au traitement. Nous appelons à une mobilisation nécessaire des assureurs pour
adapter les polices d?assurance aux enjeux d?accompagnement des habitants lors de survenance de
sinistre, avec notamment un minimum de prestations permettant d?assurer la mise en sécurité des
occupants lors de sinistres.
Les visites de terrain sur les sites et villes impactées par ces évènements ont en effet montré la
nécessité de pallier aux fortes insuffisances pour venir en aide aux victimes dans la durée et trouver
notamment des solutions solidaires :
? Sur la création d?un fonds de garantie destiné aux victimes collatérales des immeubles
mitoyens ;
? Sur le renfort des assurances multirisques des immeubles notamment après que
l?immeuble ait été grevé d?un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité ;
? D?une meilleure articulation des délais entre les expertises des assurances, les aides de
l?Anah et la prise des arrêtés.
PROPOSITION 19
Il est proposé d?engager une réflexion pour garantir aux victimes les conditions d?indemnisation en
cas de sinistre.
Ordre : Budgétaire
Quand : 2024/2025
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des finances (DB), secteur assurantiel
Cible : Propriétaires occupants et locataires
45
20. Faciliter les signalements et le recensement des situations d?habitat indigne
pour garantir une action coordonnée et efficace des pouvoirs publics et des
acteurs privés
Histologe, start-up d?Etat, est un dispositif à conforter sur l?ensemble du territoire national pour
assurer le recensement et le suivi des signalements.
Créé en 2021, Histologe est un service public permettant de faciliter la détection, le signalement,
l?évaluation, l?envoi d?alertes et le suivi des logements pour accélérer la prise en charge du « mal
logement ». A ce jour30 il est déployé dans 52 territoires (répartition des données par territoire en
annexe), 16 807 signalements ont été enregistrés avec un taux de prise en charge de 97,2% et 31% de
taux de clôture des signalements. Près de 4 000 acteurs locaux connectés (communes, DDT(M),
conseils départementaux, EPCI, ?). A ce jour, 1 675 foyers sont sortis du mal logement.
En complémentarité avec Histologe et son déploiement national, il semble nécessaire d?interfacer les
plateformes existantes ou en cours de développement (Axel, Esabora, Orthi, ?) pour les échanges :
? entre les collectivités et l?ARS pour l?instruction des procédures ;
? entre les collectivités et la DGFIP pour la publication des arrêtés ;
? avec les administrés et l?accès au registre des arrêtés ;
? en temps réel avec les notaires sur l?état des procédures sur un immeuble ou un logement ;
? d?informations sur toute la chaîne d?instruction des procédures de LHI à l?ensemble des
membres des PDLHI ;
? permettant le croisement des données sur réquisition du Parquet afin d?identifier les
multipropriétaires indélicats à l?échelle nationale
PROPOSITION 20
Il est proposé d?améliorer les outils numériques permettant un meilleur suivi des situations, du
signalement jusqu?au traitement des arrêtés.
Ordre : Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Collectivités, services déconcentrés de l?État, associations, grand public
30 https://histologe.beta.gouv.fr
46
21. Conforter le permis de louer à articuler avec un contrôle technique global du
logement incluant la décence
Dans la continuité du permis de louer mis en place en 2016, aujourd?hui loin d?être généralisé sur
l?ensemble du territoire national, il pourrait être envisagé la création d?un contrôle technique général
du logement. Les diagnostics techniques actuellement obligatoires ne prennent pas en compte la
notion de décence des logements ce qui complexifie l?information et peut porter à confusion voir
mettre en difficulté les propriétaires et les locataires quant à la conformité ou non du logement.
Un diagnostic unique et complet permettrait notamment d?informer le propriétaire et le locataire de
manière exhaustive de l?état du logement lors de la vente, de la mise en location ou relocation du
logement.
Ce diagnostic permettrait également de faciliter l?instruction des autorisations préalables de mises en
location des logements.
Il aurait également une valeur contradictoire de l?état global du logement et favoriserait l?information
exhaustive apportée au propriétaire avant la mise en location de son logement et de l?acquéreur lors
de la vente.
Un projet de contrôle technique du logement a fait l?objet, le 10 mai 2023, d?une proposition de loi
portant renforcement du contrôle de la décence des logements31 du député Guillaume Vuilletet, visant
« à instituer une mesure préventive instaurant un véritable contrôle technique du logement. L?idée est
de créer un dispositif comparable à ce que prévoit le Code de la route en matière de contrôle technique
du véhicule. Cette proposition de loi entend créer un contrôle technique décennal du logement afin
qu?un bailleur ne puisse plus louer un appartement ne présentant pas les caractéristiques minimales de
décence. Dans le prolongement du permis de louer, ce dispositif vise à responsabiliser le bailleur qui
serait dans l?obligation de consigner les observations effectuées et le diagnostic technique sur une
plateforme du ministère de la Transition écologique. Cette mesure, qui permettra en premier lieu une
consolidation des diagnostics déjà existants, garantira que le local concerné respecte au moins la
définition du décret décence de 2002. ».
PROPOSITION 21
Il est proposé de simplifier et compiler en un seul et unique « contrôle technique du logement »
l?ensemble des diagnostics d?ores et déjà obligatoires, élargi au contrôle de la décence du logement.
31 https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1200_proposition-loi#
47
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires
« Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et
veiller à la décence des logements, il est, dans ses dispositions
actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les collectivités aux moyens
limités. », Contribution Valenciennes Métropole
48
ACCENTUER LES MESURES COERCITIVES
ENVERS LES PROPRIETAIRES INDELICATS
ET LES MARCHANDS DE SOMMEIL
La mise en oeuvre des procédures coercitives relatives à la mise en sécurité et la santé obligent à agir
rapidement pour palier le danger et mettre à l?abri les occupants de logements indignes,
temporairement, le temps de travaux, ou de manière pérenne en cas d?interdiction définitive
d?habiter.
Ces mesures nécessitent d?accompagner les plus fragiles de nos concitoyens en matière de lutte
contre l?habitat indigne, de fluidifier les parcours allant de l?hébergement au relogement,
d?harmoniser les pratiques de terrain et de mobiliser parfois des outils spécifiques, notamment
juridiques.
A l?encontre des propriétaires indélicats, il est proposé de renforcer les actions coercitives pour une
politique de tolérance zéro.
49
22. Doter les inspecteurs de salubrité et agents de police municipale des pouvoirs
d?enquête judiciaire en habitat indigne
Les divers témoignages recueillis appellent à un renforcement des moyens d?enquêtes mobilisés sur
ce contentieux notamment, sur les « Territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat indigne »
(Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Réunion)
pour faciliter les instructions et la coordination des dossiers, là où les volumes d?affaires sont les plus
importants et le besoin en enquêteurs le plus prégnant, difficultés auxquelles s?ajoutent une forte
vacance sur ce type de postes.
L?organisation des services d?enquête seraient également dépendante de la masse d?enquêtes en
cours, pouvant varier d?une année à l?autre, et être plus ou moins constante selon les territoires.
Au-delà du renforcement des moyens des forces de l?ordre, il est proposé de renforcer les pouvoirs
des agents déjà mobilisés sur l?instruction des procédures, afin notamment d?accélérer et faciliter
l?instruction des actes judiciaires les plus simples (audition libre des mises en cause, des victimes, avis
au parquet, rappel à la loi, avis à victime).
Cette mesure devra rester une possibilité pour les collectivités, dans le cadre d?une convention avec
l?État et le Parquet, et en aucun cas se subroger aux obligations et responsabilités de la police.
PROPOSITION 22
Il est proposé de doter les inspecteurs de salubrité assermentés, ou les agents de police municipale
assermentés et habilités, spécialement désignés, des mêmes prérogatives et obligations que celles
attribuées aux officiers de police pour les enquêtes judiciaires en habitat indigne, sur réquisition du
procureur de la République, inscrit dans le cadre du contrat local de sécurité à l?image des pouvoirs
octroyés depuis 2020 aux inspecteurs de l?environnement32.
Ordre : Législatif
Quand : 2024
Qui : Ministère de la Justice
Cible : Collectivités, Parquets
32 Modifié par la Loi n° 2020-1672 du 24 décembre 2020 relative au Parquet européen, à la justice environnementale et à la justice pénale
spécialisée, l?article 28-1 du Code de procédure pénale prévoit que des inspecteurs de l?environnement spécialement désignés disposent,
pour les enquêtes judiciaires qu?ils diligentent sur réquisition du procureur de la République ou sur commission rogatoire du juge
d?instruction, des mêmes prérogatives et obligations que celles attribuées aux officiers de police judiciaire.
50
23. Faciliter la saisie des lots des propriétaires indélicats en impayés et instaurer
un régime de substitution de la collectivité à l?engagement des procédures de
saisie en cas d?inaction du syndic
De nombreux syndicats de copropriété sont souvent confrontés à des difficultés de trésorerie qui ne
leur permettent pas d'assurer le règlement des budgets d?entretien ou de travaux nécessaires sur
l?immeuble. Les copropriétaires défaillants, en violation des dispositions de l'article 10 de la Loi du 10
juillet 1965 régissant la copropriété, s'abstiennent de régler les appels de fond de travaux nécessaires
à la levée des arrêtés de traitement de l?insalubrité ou de mise en sécurité de l?immeuble.
Le syndicat de copropriété, au visa de l'article 18 de la Loi de 1965, a l'obligation de veiller à la
conservation, la garde et l'entretien de l'immeuble, et doit recouvrer amiablement les charges
impayées et, en cas de résistance du copropriétaire débiteur, doit mettre en oeuvre une instance
judiciaire afin d'obtenir une condamnation. Celui-ci après signification, et s'il n'est pas contesté par le
copropriétaire, sera tout d'abord exécuté sur les facultés mobilières de celui-ci (saisie des meubles -
saisie des comptes bancaires - saisie des loyers d'éventuels locataires) ou en ayant recours à la vente
sur saisie immobilière des lots du copropriétaire débiteur, qui ont généré ces impayés sous contrôle
du juge de l?exécution du Tribunal judiciaire. Cette procédure est rarement exécutée car complexe et,
qui plus est, soumise au vote à la majorité des copropriétaires en assemblée générale.
On constate une réelle difficulté au lancement opérationnel des travaux en parties commune du fait
de ces impayés. En effet, il est fréquent que, nonobstant les mesures d?aide et d?accompagnement,
certains copropriétaires bailleurs indélicats ne répondent pas aux appels de fonds de travaux
nécessaires à la réhabilitation de l?immeuble, aux conséquences particulièrement lourdes lorsque ces
travaux sont indispensables à la levée des procédures d?habitat indigne en parties communes. Ces
agissements pénalisent l?ensemble de la copropriété et en premier lieu les occupants de l?immeuble.
Le syndic a alors la possibilité, après plusieurs demandes de paiement restées sans retour, d?émettre
un titre exécutoire (jugement ou document fait par un notaire), et peut charger un commissaire de
justice de saisir le bien immobilier. Ces procédures sont complexes et coûteuses pour la copropriété. Il
est proposé d?en simplifier l?instruction et de permettre aux collectivités de s?y substituer en cas
d?inaction du syndic lorsque que l?immeuble est frappé d?une procédure engageant la responsabilité
de la puissance publique.
Ces mesures ne pourront s?appliquer qu?aux débiteurs présentant les conditions cumulatives
suivantes :
? propriétaires bailleurs ;
? copropriété sous arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité ;
? impayé relatif à la côte part travaux nécessaires notamment à la levée des arrêtés (hors
impayés de charge).
PROPOSITION 23
Il est proposé de faciliter la procédure de saisie des lots et d?engager ces procédures de substitution en
cas d?inaction du syndic.
Ordre : Législatif/Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de la justice, ministère de l?intérieur
Bénéficiaires : Acteurs publics
51
24. Renforcer la lutte contre les divisions pavillonnaires illicites en améliorant les
dispositions du « permis de diviser » et en harmonisant les procédures habitat et
droit des sols
Le phénomène de division pavillonnaire non régulé impacte les territoires sous plusieurs aspects : la
mise en location de locaux par nature impropre à l?habitation, des logements plus petits, des ménages
souvent les plus modestes et plus concernés par la sur-occupation que la moyenne, une dégradation
de la qualité du tissu pavillonnaire, l?imperméabilisation des sols, l?impacts sur les réseaux et les
installations électriques, la collecte de déchet, le stationnement ou encore un développement
démographique non maîtrisé.
À titre d?illustration, une étude menée par le cabinet-conseil Espacité, pour le compte de la Seine-
Saint-Denis (Direction Régionale et Interdépartementale de l?Hébergement et du Logement) et
réalisée en partenariat avec le Cerema Nord-Picardie33 démontre que le phénomène atteint plus d'un
quart de l'offre nouvelle d'appartements sur la période 2003-2013 à Neuilly-Plaisance, Montfermeil,
Gagny ou Epinay-sur-Seine, avec 43% de logements sans confort ou avec confort partiel, proportion
qui monte même jusqu'à 38% à Montfermeil.
Les outils d?urbanisme ont été renforcés par la Loi pour l?accès au logement et un urbanisme rénové
(ALUR) du 24 mars 2014 via la possibilité d?imposer des servitudes de taille minimum de logements
crées par division, et l?autorisation préalable à la division.
Le « permis de louer » tout comme les déclarations préalables en matière de droit des sols prévoient
un délai d?instruction d?un mois, ce délai est un minimum pour rendre des décisions éclairées, et
garantir une qualité d?instruction des demandes.
PROPOSITION 24
A ce titre, il est proposé de faciliter la mise en oeuvre du « permis de diviser » par une harmonisation des
délais d?instruction à un mois.
Il s?agira également de permettre une mise en cohérence des documents d?urbanisme et des règles de
décence des logements en interdisant notamment la mise en location des locaux dont la création illicite
est en infraction avec les PLU ou réalisée sans autorisation d?urbanisme (délit).
33 « Division pavillonnaire : enjeux et outils », UD-DRIHL 93, « Espacité », CEREMA, 2019
52
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires
« Les délais d?instruction du « permis de diviser » sont très
courts [?] Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se
prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme,
atteinte à la santé et à la sécurité des occupants. La mise en oeuvre du
Permis de diviser sur des secteurs à enjeux développe le phénomène de
colocation et permet aux propriétaires de contourner le dispositif. Le
manque d?encadrement du phénomène de colocation au niveau
national avec notamment des systèmes fiscaux très avantageux pour
les meublés tend à créer de nouvelles problématiques dans la crise du
logement avec des petites surfaces extrêmement chères et
l?accentuation sur des secteurs en difficultés de ménages fragiles. »,
Contribution Valenciennes Métropole
53
CONCLUSION
A travers les auditions et les rencontres effectuées lors de cette mission, nous avons entendu des
descriptions de situations d?habitat indigne dont les causes, les développements et les solutions
étaient distincts d?un territoire à un autre. Dans tous les cas, les acteurs de l?habitat privé et de terrain
ont fait valoir une mobilisation qui se traduit par le recours à tous les outils activables pour résorber
les situations les plus délicates.
Alors que les élus locaux sont invités à repenser la manière de construire la ville de demain dans un
contexte d?urgence écologique et sociale, amplifier la rénovation des logements indignes participe à
remettre sur le marché des logements vacants et à reconstruire, en milieu urbain, la ville sur la ville.
Dans un contexte de crise du logement, la résorption de l?habitat indigne en habitat durable est
primordiale pour poursuivre l?effort de construction sans artificialisation nette des sols, tant au sein
des secteurs en zone tendue que dans les territoires ruraux.
La lutte contre l?habitat indigne et l?effort d?intervention dans l?ancien représentent ainsi une
opportunité d?accélérer la transformation écologique des villes, quelle que soit leur taille.
Cet enjeu est d?autant plus prégnant que le parc des logements identifiés comme « passoires
thermiques » devra également mobiliser d?importants moyens d?ingénierie et financiers pour se
maintenir comme une offre de logements mobilisables, à défaut de venir alourdir le volume de
logements à terme inhabitables.
Nous portons la conviction que les moyens de remédier à l?habitat indigne doivent être facilités, tant
pour les acteurs de l?habitat privé que pour la puissance publique intervenant en dernier recours.
Face à l?ampleur du phénomène et à sa complexité, la lutte contre l?habitat indigne doit, nous semble-
t-il, être retenue comme grande cause nationale. A ce titre, elle devra pouvoir, au-delà du choc de
simplification et du renforcement des outils proposés dans ce rapport, bénéficier de la solidarité
nationale pour renforcer les moyens accordés aux collectivités sur le plan financier et en ingénierie ;
un enjeu partagé par l?ensemble des communes qu?elles soient urbaines ou rurales.
La nécessité impérieuse de renforcer la lutte conte l?habitat indigne a fait consensus auprès de
l?ensemble des acteurs rencontrés. Les propositions équilibrées sont pour la majorité partagées et
soutenues. Plusieurs relèvent d?évolutions législatives que nous appelons à porter très prochainement
auprès de notre représentation nationale.
54
ANNEXES
? Annexe 1 - Lettre de commande
? Annexe 2 ? « Grands témoins » rencontrés
? Annexe 3 - L?habitat indigne : un concept politique et une définition juridique
? Annexe 4 - Contributions écrites des acteurs
- Grand Reims
- Ville de Paris
- Métropole de Metz
- Valenciennes Métropole
- FNAIM/UNIS/SNPI
- Fondation Abbé Pierre
- ANRU
- Association QualiSR
- DIGNEO Foncière logement
? Annexe 5 - Consultation interministérielle du PLNHI de janvier à avril 2023
? Annexe 6 - Journée nationale de lutte contre l?habitat indigne du 3 juillet 2023 à Laval
? Annexe 7 - Fiche bonne pratique Bordeaux
? Annexe 8 - Illustrations SOREQA
? Annexe 9 ? Saint-Denis, résorption d?un îlot d?habitat indigne : cas pratique
? Annexe 10 ? Tableau des acronymes
55
ANNEXE 1 - Lettre de commande
56
57
ANNEXE 2 - Liste des personnes rencontrées
STRUCTURE NOM, PRENOM QUALITE
Ministère du logement VERGRIETE, Patrice Ministre du logement
Ministère du logement et de
la ville
KLEIN, Olivier Ministre du logement et de la ville
Ministère du logement VOISARD, Guillaume Conseiller technique du ministre du
logement
ANAH BROUARD-MASSON,
Jessica
Directrice de l'expertise et des
politiques publiques
ANRU MIALOT, Anne-Claire
Directrice générale
ANRU LE RAI, Hélène Chargée de mission habitat ancien et
copropriété
Assemblée Nationale VUILLETET, Guillaume Député du Val d?Oise
Assemblée Nationale ECHANIZ, Iñaki Député des Pyrénées-Atlantiques
Assemblée Nationale PEU, Stéphane Député de Seine-Saint-Denis
BOUCHE Nancy BOUCHE, Nancy Inspectrice générale de l?équipement honoraire et présidente
honoraire du Pôle national de Lutte contre l?Habitat Indigne
CITIVIA Mulhouse PEREZ, Agnès Directrice générale
Collectif des victimes et
sinistrés de la rue de la
Rousselle à Bordeaux
DROUFFE, Thomas Président
Conseil national de l?ordre des
architectes
LECONTE, Christine Présidente
Conseil régional de l?ordre des
architectes d?Ile-de-France
GANTOIS, Fabien Président
EPFIF BOUVELOT, Gilles Directeur Général
EPFIF CHICOTO, Camille Directrice du centre de ressources
copropriétés
EPFIF BICHET, Benoit Directeur adjoint ORCOD-IN
FNAIM CANTIN, Loïc Président
Fondation Abbé Pierre CONSTANTIN, Eric Directeur Île de France
Fondation Abbé Pierre DERDEK, Noria Chargée d?études
Fondation Abbé Pierre PORTEFAIS, Pauline Chargée d?études
Fondation Abbé Pierre DOMERGUE, Manuel Directeur des études
France Urbaine SANDLER, Johann Conseiller Logement, urbanisme,
Politique de la Ville
InCité Bordeaux BACQUE, Marianne Directrice de l?aménagement
La Fabrique des quartiers Lille BOUGAMONT, Vincent Directeur générale
Ministère de la transition
écologique
DHUP
BRESSON, Laurent Sous-directeur des politiques de
l?habitat, Direction de l?habitat, de
l?urbanisme et des paysages
Quali SR SAFAR, Olivier Président
Quali SR JOSE DE JUAN, Mateo Vice-Président
Quali SR PAPADOPOULOS, Alain Secrétaire Général
SOLIHA LAGANIER, Juliette Directrice Générale
Soreqa Ile de France MAQUOI, Nathalie Présidente
58
Soreqa Île de France FROISSARD, Sylvie Directrice
Soreqa Île de France DE BREM, Valérie Directrice générale
Soreqa Île de France PINCEBOURDE, Pascal Sous-Directeur de l'Action Foncière
SPLA-IN Marseille CARO, Franck Directeur général
Territoires publics Rennes BARCHINO, Mélanie Chef de projet
UNIS DUBRAC, Danielle Présidente
UNIS DELVOLVE, Géraud Délégué général
Ville de Bordeaux HURMIC, Pierre Maire de Bordeaux
Ville de Bordeaux PFEIFFER, Stéphane Adjoint au Maire de Bordeaux, en
charge du service public de l?habitat, de
l?urbanisme résilient et de l?ESS
Conseiller métropolitain à l?innovation
sociale dans l?habitat
Ville de Bordeaux LATRILLE, Philippe Directeur de la prévention et de la
protection des populations Bordeaux
Métropole
Ville de Bordeaux LEON-GAUTIER, Karine Directrice de l?habitat et de la politique
de la ville Bordeaux Métropole
Ville de Bordeaux SCHOUARTZ, Eve Responsable de service Sécurité
bâtimentaire Direction de la Prévention
et de la Protection des populations
Ville de Bordeaux LESCURE, Sophie Responsable service « Une Seule
Santé » Direction de la prévention et de
la protection des populations Bordeaux
Métropole
Ville de Bordeaux COUPAT, Karine Responsable du service Amélioration
Durable de l?Habitat Privé Direction de
l?Habitat et de la Politique de la Ville
Ville de Bordeaux PEDEMAY, Pauline Responsable du Centre Instruction des
Périls et Habitat Insalubre - Service
Sécurité Bâtimentaire
Direction de la Prévention et de la
Protection des Populations
Ville de Bordeaux KAYSER, Sylvie
Chef de projet Parc privé- Service
Amélioration Durable de l'Habitat Privé
Direction de l'Habitat et de la Politique
de la ville
Brest Métropole PEINTURIER, Cédric Directeur de l?Habitat
Ville de Marseille HOUDMON, Florent Directeur du logement et de la lutte
contre l?habitat indigne
Metz Métropole GROSDIDIER, François Président de Metz Métropole, Maire de
Metz
Metz Métropole MICHEL, Bénédicte Directrice de l?habitat et du logement
Ville de Mulhouse COUCHOT, Alain 1er adjoint au maire
Ville de Paris GUILLEMOT, Blanche Directrice du Logement et de l?Habitat
Ville de Paris VEYRIE, Alice Sous-directrice de l?habitat
Ville de Paris REINETTE, Jenna Sous-directrice de la politique du
logement
Ville de Paris ROBERT, Marion Adjointe au service logement
Ville de Paris LOUBET, Sabine Directrice du STH
59
EPT Plaine Commune LECOMTE, Axel Directeur de l?Habitat
EPT Plaine Commune JANNEL, Natacha Responsable du service amélioration de
l?habitat et LHI
Ville de Saint-Denis BONTINCK, Katy 1ère adjointe au Maire
Ville de Saint-Denis PERRETTE, Jeremy Responsable du SCHS
Personnes consultées par le PNLHI en interministériel de janvier à juin 2023
DGALN et la DHUP :
Les sous-directions, les bureaux et leurs équipes: Laurent Bresson, Emmanuel Rousselot, Antoine
Caron, Luc-André Jaxel-Truer, Jean-Baptiste Butlen, Vincent Montrieux, Anne-Lorraine Lattraye ;
PNLHI : Chantal Mattiussi, Susanne Kulig, Clarisse Jouan ;
DGCL : Constance André, Driss Jawad, Emilie Machard ;
DGS : Didier Ollandini, Thomas Cartier, Jean Meister, Joëlle Carmes ;
DIHAL : Céline Cassourret, Manuel Hennin ;
DGOM : Sabine Montout; Catherine Maujaret-Ndiaye ;
DACG : Louise Neyton, Elodie Benaiem ;
Anah: Jessica Brouard Masson, Sébastien Wagner ;
ANRU : Hélène Le Rai, Kim Chiusano, Véronique Tirant.
60
ANNEXE 3 - L?habitat indigne : un concept politique et une
définition juridique
Constitue un habitat indigne « toute situation d?habitat portant atteinte et contraire à la dignité
humaine ».
Article L. 225-14 du code pénal, loi n° 2003-239 pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 :
« Constituent un habitat indigne les locaux ou installations utilisés aux fins d'habitation et impropres
par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l'état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont
situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité physique
ou à leur santé. »
Article 84 de la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l?exclusion du 25 mars 2009 :
« La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations a pour objet de
protéger la sécurité et la santé des personnes [occupants et tiers] en remédiant aux situations / Article
L.511-2 du CCH depuis le 1 janvier 2021. »
Les objectifs de la lutte contre l?habitat indigne
? Protéger les occupants, les tiers, les usagers, ? ;
? Supprimer le risque pour la santé et la sécurité ;
? Résorber le parc de l?habitat indigne et le stock des procédures: encourager le recours aux travaux
d?office et la réalisation des opérations jusqu?à leur terme ;
? Requalifier les logements, les immeubles, les îlots, les quartiers.
De nombreuses circulaires et instructions visent à dynamiser la coordination de l?action publique et le
travail intégré en mode projet.
La compétence de lutte contre l?habitat indigne est une politique éminemment partenariale qui
nécessite une grande coordination et la recherche de synergie entre tous les partenaires.
La circulaire du 20 juin 2013 relative aux modalités d?application de la loi du 23 juin 2011 portant
dispositions particulières relatives aux quartiers d?habitat informel et à la LHI dans les départements et
régions d?outre-mer.
L?Instruction du 31 mars 2014 relative au traitement de l?habitat indigne dans les départements et
régions d?outremer.
La circulaire de la Dihal 2015 sur le déploiement et le management des PDLHI.
L?Instruction du gouvernement de 2017 relative à la désignation d?un sous-préfet référent LHI.
La circulaire du 08 février 2019 relative au renforcement et à la coordination de la LHI, notamment
l?action administrative et pénale, entre le magistrat référent désigné au sein des parquets et les PDLHI:
incitation à mettre en place des groupes locaux de traitement de la délinquance GLTD LHI pour lutter
contre les marchands de sommeil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes Maritimes
et Bouches-du-Rhône).
La note du 23 juillet 2019 relative à l?astreinte administrative en polices spéciales LHI.
L?arsenal législatif et réglementaire s?il est complexe a été récemment simplifié.
Le renforcement de l'action publique sur l?habitat indigne est progressif depuis 20 ans: l?ensemble des
textes, procédures, outils et financements ont été profondément remodelés pour faire gagner en
efficacité et simplifier l?action publique en matière de lutte contre l'habitat indigne.
61
La Loi dite « Vivien » n° 70-612 du 10 juillet 1970 tendant à faciliter la suppression de l'habitat insalubre
est la première d?une longue série. Elle prévoit une expropriation particulière dérogatoire à la
procédure de droit commun et dont les dispositions ont été codifiées dans le code de l?expropriation
pour cause d?utilité publique : principalement les articles L. 511-1 à L. 511-9 et R. 511-1 à R. 511-3, ces
dispositions ont été modifiées en dernier lieu par l?ordonnance n° 2020-1144 du 16 septembre 2020
relative à l?harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations. A
côté de cette procédure dérogatoire au droit commun, existe également deux autres procédures
exceptionnelles :
? L?expropriation des immeubles en état manifeste d?abandon (articles L. 2243-1 et suivants du
CGCT) ;
? L?expropriation des immeubles en copropriété dont l?état de carence a été constaté par
ordonnance du TGI (articles L. 615-6 et suivants du CCH).
Tous ces régimes ne sont dérogatoires qu?en ce qui concerne la phase administrative, la phase
judiciaire étant régie par les dispositions de droit commun du code de l?expropriation.
La situation relative à l?habitat indigne en Outre-mer fait l?objet de mesures spécifiques
complémentaires du droit commun : la Loi n° 2011-725 du 23 juin 2011 portant dispositions
particulières relatives aux quartiers d?habitat informel et à la LHI dans les départements et régions
d?outre-mer complétée par la Loi n° 2015-1268 du 14 octobre 2015 d?actualisation du droit des Outre-
mer dite Loi ADOM.
La loi sur les rapports locatifs 6 juillet 1989, précise les relations entre propriétaires et locataires,
notamment sur les obligations réciproques.
La loi du 31 mai 1990 dite Loi Besson qui garantie le droit au logement, précise par ailleurs que :
« constituent un habitat indigne les locaux ou les installations utilisés aux fins d?habitation et impropres
par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont
situés, expose les occupants à des risques manifestes, pouvant porter atteinte à leur sécurité physique
ou à leur santé ».
La loi d?orientation relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 - indique les publics
prioritaires et les situations de mal logement, dont fait partie l?habitat indigne.
La loi no 2000-1208 relative à la solidarité et renouvellement urbains (SRU) du 13 décembre 2000 et son
décret 30 janvier 2002 : Le décret décence du précise les caractéristiques d?un logement décent,
notion de référence portant normes minimales pour mettre à disposition d?un tiers un logement
locatif.
la loi no 2003-710 du 1er août 2003 d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation
urbaine qui prévoit de nouveaux moyens d'intervention dans les immeubles collectifs à usage
d'habitation et les copropriétés en difficulté complétée par la loi no 2006-872 du 13 juillet 2006
portant engagement national pour le logement qui a ratifié l'ordonnance no 2005-1566 du 15 décembre
2005 relative à la lutte contre l'habitat insalubre ou dangereux vise notamment à simplifier et
harmoniser les différents régimes de police administrative en matière de lutte contre l'habitat indigne
afin de préciser les responsabilités respectives de l'État, des collectivités locales et de leurs
groupements.
La loi du 24 mars 2014 relative à l?accès au logement et à un urbanisme rénové (ALUR) et la loi du 23
novembre 2018 portant évolution du logement de l?aménagement et du numérique (Elan) ont créé de
nouveaux dispositifs pour empêcher la mise en location de logements indignes avec un durcissement
des sanctions.
Le dispositif administratif est également complété par un plan de lutte contre les marchands de sommeil
et le renforcement des sanctions de la loi Elan. Suite à la condamnation comme marchand de sommeil,
la durée d'interdiction d'achat d'un bien immobilier à usage d'habitation est portée obligatoirement à
62
10 ans ; Les confiscations de biens deviennent obligatoires dans le cadre d'une telle condamnation.
L?Introduction de la présomption de revenus est effective pour la personne condamnée, permettant
d'inverser la charge de la preuve au profit de l'administration fiscale et de présumer que le
propriétaire indélicat condamné a perçu un revenu imposable égal à la valeur vénale des biens mis à
disposition. L?obligation pour les syndics des copropriétés et pour les agents immobiliers de déclarer
au procureur de la République toute activité suspecte pouvant se rapporter à des marchands de
sommeil au sein de la copropriété est actée. L?interdiction d'enchérir lors d'une vente par adjudication
pour une personne condamnée à une interdiction d'acheter un bien est introduite.
L?ordonnance du 16 Septembre 2020 n° 2020-1144 relative à l?harmonisation et la simplification des
polices, immeubles, locaux et installations et le décret n° 2020-1711 du 24 décembre 2020 relatif à
l?harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations ont permis de
gagner en efficacité avec trois objectifs:
? Harmoniser et simplifier les polices administratives de la LHI ;
? Favoriser l?organisation au niveau intercommunal des outils et moyens de lutte contre l?habitat
indigne ;
? Répondre plus efficacement aux situations d?urgence.
Le mode d?action se trouve simplifié :
Les procédures administratives ont été simplifiées, unifiées puisque l?on passe de plus d?une douzaine
de procédure avant la réforme à une seule procédure, la police mentionnée à l?article L. 511-1 a pour
objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations exposées à l?article
L. 511-2. du CCH, qui représentent 4 faits générateurs :
« 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n?offrent pas les
garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers.
« 2° Le fonctionnement défectueux ou le défaut d?entretien des équipements communs d?un
immeuble collectif à usage principal d?habitation, lorsqu?il est de nature à créer des risques sérieux
pour la sécurité des occupants ou des tiers ou à compromettre gravement leurs conditions
d?habitation ou d?utilisation ;
« 3° L?entreposage, dans un local attenant ou compris dans un immeuble collectif à usage principal
d'habitation, de matières explosives ou inflammables, lorsqu?il est en infraction avec les règles de
sécurité applicables ou de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des
tiers.
« 4° L?insalubrité, telle qu?elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé
publique.
Une procédure commune existe désormais pour l?ensemble des polices de lutte contre l?habitat
indigne (sauf exception) figurant dans un seul code : le CCH.
Une responsabilité est clairement définie entre le maire (le président d?EPCI le cas échéant) et le
préfet.
Les délais d?intervention sont réduits.
Les polices administratives de la lutte contre l?habitat Indigne ont donc fait l?objet de profondes
évolutions depuis leur entrée en vigueur au 1er janvier 2021, leur objectif visant à simplifier l?action
publique et il convient aujourd?hui de les stabiliser pour estimer leur efficience dans le temps.
A contrario, la Loi Vivien, levier central de la capacité d?agir sur les territoires, n?a pas fait l?objet
d?évolution conséquente depuis sa création et mérite un réexamen attentif.
63
ANNEXE 4 - Contributions écrites
Saint-Denis et Plaine Commune portent les ambitions de la ville durable et résiliente pour tous, à
travers la mise en oeuvre d?une stratégie urbaine d?amplification de la lutte contre l?habitat indigne,
pour un habitat privé renouvelé.
64
Néanmoins, les moyens opérationnels et financiers mis en oeuvre par les collectivités ne suffisent plus à
garantir une action publique lisible et efficiente : difficultés de l?intervention foncière, contraintes
juridiques, précarité croissante des ménages, tension du marché immobilier en première ligne. Il s?agit
d?optimiser l?intervention des collectivités ces 5 prochaines années pour enclencher un inversement
significatif de la dynamique de dégradation du parc privé, et déployer les effets leviers de la
mobilisation de l?ensemble des parties prenantes du projet, publics et privés.
Au croisement des réflexions autour de la transition écologique et énergétique du conseil national de la
refondation, et des réalités de terrains nourries par plus de 20 ans d?intervention sur l?habitat privé,
nous portons avec conviction 15 propositions d?actions opérationnelles autour des 3 objectifs
prioritaires :
Renforcer le pouvoir d?agir de la puissance publique, en renforçant les outils d?intervention sur le
foncier, premier jalon pour garantir la construction de logements décents et abordables. A ce titre,
nous appelons à la création d?un régime d?expropriation fort et efficace contre les propriétaires
indélicats, pour que les locataires ne soient plus jamais pris en otage de logiques marchandes au
détriment de leur santé, de leur sécurité, et de leur dignité.
Amplifier les moyens déployés pour accompagner les habitants, quel que soit leur statut ; dans chaque
situation de logement indigne, car ils sont au coeur de nos priorités. Cela doit se traduire par un
renforcement des outils règlementaires, juridiques et en ingénierie, pour soutenir et responsabiliser les
copropriétaires, premiers acteurs de la transition écologique et énergétique aux côtés de la puissance
publique.
Renforcer les actions coercitives à l?encontre des marchands de sommeil avec qui il devient urgent
d?inverser le rapport de force : la peur doit changer de camp. Il s?agit de porter et de mettre en oeuvre
une politique de tolérance zéro à l?encontre des propriétaires indélicats en facilitant et en renforçant
les outils coercitifs, au droit des collectivités.
Parce que le logement n?est pas un bien comme les autres et que la résorption de l?habitat indigne doit
permettre de répondre aux enjeux de sobriété énergétique de la ville durable, la puissance publique
doit pouvoir agir pour protéger et accompagner les habitants. Nous invitons les acteurs du logement à
se mobiliser à nos côtés pour traduire les ambitions que nous portons par des actes.
RENFORCER LE POUVOIR D?AGIR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
5 Propositions pour donner des moyens accrus à la puissance publique pour
traiter durablement l?habitat indigne
1. Clarifier et rationaliser les critères d?application du régime d?expropriations prévues par la loi
dite « Vivien », trop complexe à mettre en oeuvre dans la réalité. Au regard des jurisprudences
récentes, une redéfinition des modalités d?application de ce type d?expropriation est
nécessaire pour sécuriser l?action publique sur les immeubles les plus dégradés et dangereux.
Il s?agit plus largement d?ouvrir un débat fondamental afin de redéfinir des limites du droit
65
constitutionnel à la propriété au regard des enjeux de sécurité publique dont les Maires ont la
première responsabilité.
2. Créer un régime d?expropriation publique qui reconnaît l?utilité publique des projets
d?acquisition d?immeubles insalubres ou dangereux. La lutte contre l?habitat indigne n?est
aujourd?hui pas reconnu comme motif légitime d?intervention foncière, il s?agit de rétablir
l?utilité publique fondamentale des projets d?intervention foncière sur l?habitat privé dégradé :
condition essentielle à la conduite des projets de renouvellement urbain des quartiers
dégradé et à la construction de la ville durable.
3. Créer un Juge de l?expropriation « référent Habitat Indigne » au sein de chaque tribunal
judiciaire et cour d?appel afin de fluidifier et faciliter les procédures d?expropriation
d?immeubles insalubres ou dangereux.
4. Redéfinir le financement des opérations d?acquisition amélioration d?immeubles insalubres ou
dangereux, en harmonisant les financements d?opérations de recyclage foncier au droit de la
qualité des projets face aux enjeux de la transition écologique, à contrario des logiques
procédures aujourd?hui en vigueur.
5. Créer un opérateur public régional ou métropolitain de portage foncier pour l?acquisition par
la puissance publique des immeubles ou logements insalubres ou dangereux sur le modèle de
opérateurs aujourd?hui déployés par les collectivités (ingénierie, élaboration de micro-projets
urbains, portage foncier, relogement, réhabilitation, démolition notamment.
ACCOMPAGNER LES HABITANTS EN PRIORITE EN FACILITANT LA RENOVATION
DES COPROPRIETES
5 propositions pour renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des
syndics et architectes de copropriété, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation, acteurs indispensables à la réhabilitation du parc privé.
1. Créer un opérateur départemental parapublic « syndic de redressement d?intérêt général »,
en lieu et place des administrateurs judiciaires et simplifier les procédures de recouvrement
forcé et de saisie à l?encontre des bailleurs en impayés.
2. Renforcer le rôle de l?architecte de copropriété, en charge de réaliser les diagnostics des
bâtiments signalés par les pouvoirs publics, et un accompagnement technique global de la
copropriété jusqu?à la réalisation des travaux
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3. Créer un organisme parapublic de prêt à destination des copropriétaires engagés dans la
réhabilitation lourde d?une copropriété sous arrêté d?insalubrité ou de péril. En particulier,
renforcer l?accompagnement des propriétaires occupants en difficulté (conseil, financement,
gestion de patrimoine).
4. Intervenir sur la fiscalité : élargir les dispositifs d?exonérations fiscales aux travaux de
réhabilitation dans l?ancien « Denormandie dans l?ancien » sur les territoires de concentration
d?habitat indigne et exonérer de TVA les entreprises mandatées dans le cadre de travaux de
sortie d?insalubrité ou de péril
5. Bonifier les financements publics pour les travaux intégrant une qualité
environnementale/résilience ou patrimoniale et exonérer des normes de construction neuve
les opérations de réhabilitation lourdes d?immeubles sous arrêtés d?insalubrité ou de péril.
RENFORCER LES ACTIONS COERCITIVES A L?ENCONTRE DES MARCHANDS DE
SOMMEIL.
5 propositions pour une politique de tolérance zéro à l?encontre des
propriétaires indélicats
1. Faciliter et renforcer la saisie/confiscation des lots des copropriétaires indélicats au sein des
copropriétés fragiles, au droit des collectivités.
2. Renforcer l?ingénierie dédiée à l?habitat privé au sein des services déconcentrés de l?Etat, des
SCHS, et des services d?enquête judiciaire, pour accélérer l?instruction des procédures
administratives et pénales, et renforcer les opérations de contrôle et de prévention. Financer
l?ingénierie déployée au sein des collectivités ayant mis en oeuvre une stratégie locale de lutte
contre l?habitat indigne.
3. Instaurer un « permis d?acquérir », formation obligatoire pour tout primo-bailleur
4. Elargir le « permis de louer » aux locations saisonnières
5. Rendre le diagnostic structurel obligatoire dans tous les quartiers de concentration d?habitat
indigne en prévention
67
Nous appelons également à une optimisation des outils existants qu?il est nécessaire de confronter
aux besoins réels des territoires, cela concerne notamment :
- Le fond d?aide au relogement d?urgence : en prolongeant la durée de prise en charge à la durée
moyenne d?hébergement de chaque territoire au regard des délais moyens de relogement, pour
permettre aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats.
- Le dispositif « territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat indigne » : en incluant les travaux
de mise en sécurité urgente, premier poste d?intervention des collectivités.
- Le financement de l?accompagnement socio-juridique des ménages en situation de mal-logement :
en assurant un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement pour que chaque ménage
engagé dans une procédure d?habitat indigne puisse bénéficier des moyens de faire valoir ses droits.
Nous appelons en définitive à une mobilisation de l?ensemble des services et des partenaires
institutionnels et associatifs, mobilisés autour d?objectifs et d?actions pour améliorer durablement
l?habitat dans nos territoires et reconstruire la ville de demain. Il s?agit d?apporter une meilleure
lisibilité de l?action publique, à travers une mise en cohérence des nombreuses actions aujourd?hui
engagées et portées par les collectivités et l?Etat, et pourra compter sur la richesse de nos partenariats
et sur le travail collectif mené avec les différents acteurs du logement tant sur le plan stratégique et
technique que social de la prévention de la dégradation de l?état du mal-logement, de la lutte contre
l?habitat privé dégradé, et de préservation de la qualité patrimoniale du bâti existant qui fonde la
richesse de nos territoires.
68
69
Réseau de villes contre l?habitat indigne ? Appel à mobilisation
Depuis 40 ans en France, la crise du logement fait rage. Et dans son sillage, l?habitat indigne
bafoue la dignité, la santé et la sécurité de leurs occupants. Années après années, les chiffres de
l?habitat indigne demeurent alarmants, publiés ce 1er février par la Fondation Abbé Pierre dans son
rapport annuel. Aujourd?hui, 4 millions de personnes sont mal logées, vivant chez des proches, à l?hôtel,
dehors ou dans une pièce surpeuplée. Ce sont 450 000 logements occupés considérés comme indignes,
qui ne peuvent garantir un foyer sécurisé. Et des dizaines de milliers d?autres vacants, murés qui
défigurent nos centres villes anciens et sont insupportables pour nos concitoyens en attente d?un
logement abordable. Alors que la crise sanitaire a mis en exergue l?importance de bonnes conditions de
logement, le « monde d?après » promet avant tout de profondes fractures sociétales si rien ne change.
Sur tout le territoire français pourtant, le droit au logement est un élément constitutif de notre
pacte républicain. Il garantit la cohésion sociale, favorise l?égalité des droits, est indispensable pour
étudier, travailler, prendre soin des autres et de soi-même. Il est donc nécessaire de faire de la lutte
contre l?habitat indigne dans nos territoires une priorité, et de lui donner la visibilité qu?elle mérite.
Les villes et agglomérations n?ignorent rien de ces enjeux, qui sont au coeur de leurs actions
locales. Aujourd?hui, les maires accompagnent, sécurisent, relogent, rebâtissent ou réhabilitent, et
exploitent tous les outils en leur possession pour résoudre ces situations. Malheureusement, les
moyens et les outils proposés par l?État ne suffisent pas toujours à protéger les Français mal-logés. Trop
nombreux sont les freins législatifs et juridiques qui contraignent l?action publique des acteurs locaux.
La complexité et la lenteur des procédures, les copropriétés dégradées, la division pavillonnaire, les
difficultés d?intervention foncières et de lutte contre les marchands de sommeil sont autant de
difficultés auxquelles il est nécessaire de répondre. C?est une situation que nous ne pouvons pas tolérer
plus longtemps, et c?est ensemble qu?il nous faut trouver les solutions à ce fléau.
Le réseau de villes contre l?habitat indigne, lancé à l?initiative de Marseille et de Saint-Denis en
novembre dernier s?engage à réunir petites et grandes villes afin de se constituer en un porte-voix
efficace pour faire surgir de nouvelles propositions dans le débat national. Il s?agira de doter les villes de
moyens à la mesure de l?urgence, et de les replacer au premier rang d?une politique prioritaire. Pour
réformer les dispositifs actuels, les réalités de l?ensemble du territoire doivent être prises en compte.
Fort de toutes ces raisons, le réseau des villes contre l?habitat indigne appelle les villes de tout horizon
touchées par ce fléau à se mobiliser au nom de cette urgence et à rejoindre ce projet national.
Mathieu HANOTIN Benoit PAYAN
Maire de Saint-Denis Maire de Marseille
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RENFORCER LE POUVOIR D?AGIR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
6 Propositions pour donner des moyens accrus à la puissance publique pour
traiter durablement l?habitat indigne
1. Clarifier et rationaliser les critères d?application du régime d?expropriations prévues par la loi
dite « Vivien », trop complexe à mettre en oeuvre dans la réalité. Au regard des jurisprudences
récentes, une redéfinition des modalités d?application de ce type d?expropriation, aujourd?hui
fondée sur un comparatif complexe et contesté, est nécessaire pour sécuriser l?action
publique sur les immeubles les plus dégradés et dangereux. Il s?agit plus largement d?ouvrir un
débat fondamental afin de redéfinir des limites du droit constitutionnel à la propriété au
regard des enjeux de sécurité publique dont les Maires ont la première responsabilité.
2. Créer un régime d?expropriation publique qui reconnaît l?utilité publique des projets
d?acquisition d?immeubles insalubres ou dangereux. La lutte contre l?habitat indigne n?est
aujourd?hui pas reconnu comme motif légitime d?intervention foncière, il est donc nécessaire
d?instaurer un régime d?expropriation pour cause d?utilité publique de LHI est essentiel et
nous insistons ici sur l?importance d?instaurer un régime de DUP LHI sur les biens frappés d?un
arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité remédiable, en amont des projets
d?aménagement et avec acquisition en valeur vénale, et sans enquête publique préalable. Il
s?agit de rétablir l?utilité publique fondamentale des projets d?intervention foncière sur
l?habitat privé dégradé : condition essentielle à la conduite des projets de renouvellement
urbain des quartiers dégradé et à la construction de la ville durable.
3. Créer un Juge de l?expropriation « référent Habitat Indigne » au sein de chaque tribunal
judiciaire et cour d?appel afin de fluidifier et faciliter les procédures d?expropriation
d?immeubles insalubres ou dangereux.
4. Redéfinir le financement RHI-THIRORI des opérations de recyclage foncier d?immeubles
insalubres ou dangereux, en harmonisant les financements d?opérations de recyclage
d?immeubles insalubres ou dangereux à hauteur de 80% du déficit foncier, pour valoriser la
qualité des projets face aux enjeux de la transition écologique, à contrario des logiques
procédures aujourd?hui en vigueur.
5. Renforcer la mission des opérateurs public régionaux ou métropolitain de portage foncier
pour l?acquisition par la puissance publique des immeubles ou logements insalubres ou
dangereux sur le modèle des opérateurs aujourd?hui déployés par les collectivités (SPLA-IN,
ingénierie, élaboration de micro-projets urbains, portage foncier, relogement, réhabilitation,
démolition notamment.)
6. Pérenniser et renforcer le dispositif « territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat
indigne » : en incluant l?ensemble des dépenses liées à la réalisation des travaux les travaux, et
élargir l?éligibilité aux travaux de mise en sécurité urgente, premier poste d?intervention des
collectivités.
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ACCOMPAGNER LES HABITANTS EN PRIORITÉ EN FACILITANT LA RÉNOVATION
DES COPROPRIÉTÉS
6 propositions pour renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des
syndics et architectes de copropriété, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation, acteurs indispensables à la réhabilitation du parc privé.
1. Créer un opérateur départemental parapublic « syndic de redressement d?intérêt général »
pour les copropriétés les plus en difficultés dans les secteurs avec des enjeux forts de
renouvellement urbain, en lien avec les expérimentations en cours.
2. Reconnaître le statut de syndics de redressement et leur permettre d?assurer en priorité les
missions d?administrateurs provisoires en cas de carence de la copropriété à réaliser les
mesures prescrite par une procédure LHI, et établir un contrôle annuel des cartes
professionnelles et exclure de l?exercice les syndics défaillants.
3. Simplifier et renforcer les procédures de recouvrement forcé et de saisie à l?encontre des
bailleurs en impayés.
4. Créer un organisme parapublic de prêt à destination des copropriétaires engagés dans la
réhabilitation lourde d?une copropriété sous arrêté d?insalubrité ou de péril. En particulier,
renforcer l?accompagnement des propriétaires occupants en difficulté (conseil, financement,
gestion de patrimoine).
5. Intervenir sur la fiscalité : élargir les dispositifs d?exonérations fiscales aux travaux de
réhabilitation dans l?ancien sur les territoires de concentration d?habitat indigne et exonérer
de TVA les entreprises mandatées dans le cadre de travaux de sortie d?insalubrité ou de
péril ou de travaux réalisés par des propriétaire occupants fragiles.
6. Bonifier les financements publics pour les travaux intégrant une qualité
environnementale/résilience ou patrimoniale et adapter les normes de construction neuve
aux opérations de réhabilitation lourdes d?immeubles sous arrêtés d?insalubrité ou de péril.
Améliorer également les financements pour la création de logements sociaux ou BRS en
acquisition-amélioration avec notamment la restauration d?une subvention pour les travaux
d?intérêts architecturaux (Ex TIA) mais aussi pour les gains environnementaux de l?opération.
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RENFORCER LES ACTIONS COERCITIVES A L?ENCONTRE DES MARCHANDS DE
SOMMEIL.
8 propositions pour une politique de tolérance zéro à l?encontre des
propriétaires indélicats
1. Faciliter et renforcer la saisie/confiscation des lots des copropriétaires indélicats au sein des
copropriétés fragiles.
2. Instaurer une mesure de rétrocession des biens confisqués aux collectivités en cas de projet
d?utilité sociale ou d?intérêt général et avec la création obligatoire de logements sociaux en
PLAI pour une longue durée dans les territoires déficitaires au titre de la SRU.
3. Élargir le « permis de louer » aux locations saisonnières (résidences principales, logements
locatifs nus ou meublés ainsi que les meublés touristiques/locations saisonnières) ainsi que la
réglementation relative aux étiquettes énergétiques et aux normes de décence.
4. Mettre en place un contrôle technique du logement, en lien avec les notions de décence et
d?insalubrité.
5. Instaurer la substitution à la réalisation des travaux d?office dans les logements non-
conformes au RSD, afin notamment d?éviter qu?en cas de travaux réalisés en parties
communes, la réintégration des ménages après une main levée se fasse dans des logements
privatifs encore très dégradés bien que ne posant plus strictement de problématiques de
sécurité ou de salubrité.
6. Rendre le diagnostic structurel obligatoire incluant les équipements communs dans tous les
quartiers de concentration d?habitat indigne en prévention et prévoir des sanctions
dissuasives en cas de non réalisation.
7. Clarifier et renforcer le rôle des notaires dans l?information et la sensibilisation des primo-
accédant à connaître leurs droits et obligations.
8. Rendre obligatoire le recours à un architecte et bureau d?étude dans le cadre de travaux de
mise en sécurité des bâtiments sous arrêtés de mise en sécurité et création d?un organisme
de certification en lien avec le plan de travaux pluriannuel de la copropriété, le tout contenu
dans le répertoire des copropriétés et éventuellement avec un système de bonus-malus par
l?assurance de la copropriété en fonction de ces éléments et du contenu.
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Nous appelons également à une optimisation des outils existants qu?il est nécessaire de confronter
aux besoins réels des territoires, cela concerne notamment :
- Le renforcement l?ingénierie dédiée à l?habitat privé au sein des services déconcentrés de l?Etat, des
SCHS, et des services d?enquête judiciaire, pour accélérer l?instruction des procédures administratives
et pénales, et renforcer les opérations de contrôle et de prévention.
- Le financement de l?ingénierie déployée au sein des collectivités ayant mis en oeuvre une stratégie
locale de lutte contre l?habitat indigne.
- L?obligation de participation des MDS, CAF et MSA dans l?accompagnement social avec une offre de
service dédiée sous l?égide de l?État (PDLHI) mais aussi juridique grâces aux ADIL et un
accompagnement en justice via des associations subventionnées à ce titre y compris dans les
situations de non décence et/ou manquements au RSD pour obtenir des dommages et intérêts.
- Le fond d?aide au relogement d?urgence : en prolongeant la durée de prise en charge à la durée
moyenne d?hébergement de chaque territoire au regard des délais moyens de relogement, pour
permettre aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats.
- Le financement de l?accompagnement socio-juridique des ménages en situation de mal-logement :
en assurant un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement pour que chaque ménage
engagé dans une procédure d?habitat indigne puisse bénéficier des moyens de faire valoir ses droits.
- La clarification et la simplification des modalités d?évaluation environnementale en secteur de
renouvellement urbain : les derniers textes en la matière sont complexes opérationnellement et
augmentent sensiblement les risques de contentieux pouvant annuler les autorisations
administratives voir peuvent stériliser l?action opérationnelle notamment en quartiers anciens
dégradés. Il pourrait, entre autres mesures, être pertinent de préciser le contenu de ces évaluations
dans les contextes urbains constitués et revoir les seuils de déclenchement.
-La simplification des modalités de publication des arrêtés LHI auprès des services de la publicité
foncière pour améliorer l'information des acquéreurs successifs et simplifier les demandes par les
collectivités
Nous appelons en définitive à une mobilisation de l?ensemble des services et des partenaires
institutionnels et associatifs, mobilisés autour d?objectifs et d?actions pour améliorer durablement
l?habitat dans nos territoires et reconstruire la ville de demain. Il s?agit d?apporter une meilleure
lisibilité de l?action publique, à travers une mise en cohérence des nombreuses actions aujourd?hui
engagées et portées par les collectivités et l?Etat, et pourra compter sur la richesse de nos partenariats
et sur le travail collectif mené avec les différents acteurs du logement tant sur le plan stratégique et
technique que social de la prévention de la dégradation de l?état du mal-logement, de la lutte contre
l?habitat privé dégradé, et de préservation de la qualité patrimoniale du bâti existant qui fonde la
richesse de nos territoires.
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Eurométropole de Metz / Direction de l?Habitat et du Logement / Bénédicte
MICHEL
Ville de Metz / Service Hygiène et Prévention des risques / Gauthier
NEUMANN
Metz, le 18/09/23
CONTRIBUTION COMMUNE DE L?EUROMETROPOLE DE METZ et DE LA VILLE DE METZ
SUR LA LUTTE CONTRE L?HABITAT INDIGNE
Préambule :
Près de 450 000 logements sont considérés indignes en France, selon les données fiscales.
Il s?agit de logements exposant leurs occupants à des risques dus à une dégradation forte du bâti.
L?habitat indigne comprend :
- Les logements insalubres, qui présentent un risque pour la santé (intoxication, saturnisme,
moisissures, électrocution?) d?une part,
- Les logements présentant un risque pour la sécurité des habitants (stabilité et solidité du
bâti) pouvant être concernés par une procédure de péril.
Plusieurs outils existent et peuvent être mobilisés par les collectivités selon leur compétence.
Toutefois, cette mobilisation fait apparaître des difficultés et des freins techniques, qui ralentissent
l?action politique et la force de frappe des dispositifs mis en place.
1. Les chiffres-clés du parc privé sur la Métropole :
- 224 863 habitants dont 118 489 à Metz
- 94 283 logements privés dont 51 536 à Metz
- Répartition des statuts d?occupation :
? 44 % de propriétaires occupants,
? 54 % de locataires (29 % locataires privés, 21 % locataires HLM, 4 % locataire
d'un meublé),
? 2 % logés gratuitement (Source : INSEE 2019)
- 30% des ménages occupants sont éligibles aux aides de l?Anah, soit 13 893 ménages au total
- 50% des logements construits avant les premières réglementations thermiques : 24% des
logements privés ont été construits avant 1949 (environ 23 000 logements) et 23% des
logements construits entre 1949 et 1974 (environ 22 000 logements)
- 42% des logements sont énergivores (étiquette E, F ou G)
- 16% des ménages de la Métropole sont en situation de précarité énergétique (soit 17 095
ménages avec taux d?effort énergétique du logement supérieur à 8%).
- Un taux de vacance de 10% selon l?INSEE, soit près de 11 000 logements
- 7 643 logements sont vacants depuis plus de deux ans (soit 6.2% de l?ensemble des
logements).
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- Parc privé Potentiellement Indigne (PPPI) : 2 091 logements sur le territoire, soit 2.6% des RP
privées
- Nombre d?arrêtés de mise en sécurité : 54 sur Metz, 2 sur Ars-sur-Moselle, 2 sur Moulins-lès-
Metz
- 11 arrêtés préfectoraux d?insalubrité sur EMM dont 6 à Metz.
2. Contexte : Que dit le PLH de l?Eurométropole de Metz ?
Dans le cadre de son PLH 2020-2025, l?Eurométropole de Metz intervient en matière de
réhabilitation du parc privé ancien à travers sa fiche action n°13 « poursuivre et intensifier la
réhabilitation du parc privé ».
Depuis le 1er janvier 2021, la Métropole est délégataire des aides à la pierre permettant de capter
plus de 22 M¤ sur la période 2022-2027 en faveur la réhabilitation du parc privé existant. Il s?agit ici
essentiellement d?aides accordées sous conditions aux propriétaires occupants (PO) modestes/très
modestes et aux propriétaires bailleurs (PB) leur permettant de rénover ou d?adapter leur logement.
En matière de lutte contre l?habitat indigne et dégradé plus spécifiquement, le PLH prévoit de :
- Participer au repérage des situations d?indignité avec la mise en place du régime
d?autorisation préalable de mise en location. La mise en place d?une autorisation préalable
de mise en location (APML) d?un logement permettrait de lutter contre les marchands de
sommeil, de proposer des biens de qualité, adaptés aux besoins des locataires et aussi
d?éviter la dépréciation de certains quartiers,
- Développer un partenariat avec les acteurs concernés, notamment le Pôle Départemental de
Lutte contre l?Habitat Indigne et Non Décent. A cet effet, en 2023, un atelier « Habitat
indigne » a été mis en place dans le cadre de l?étude pré-opérationnelle d?OPAH et d?OPAH-
RU qui a permis de mettre les acteurs locaux en relation (ADIL 57, ARS, Service Hygiène et
Sécurité de la Ville de Metz, CALM-Soliha, Pôle départemental de lutte contre l?habitat
indigne) et de mieux comprendre le fonctionnement des procédures actuelles.
3. Les dispositifs mis en place par la Métropole à ce jour :
Plusieurs dispositifs ont été mis en place en lien avec l?Anah :
? Une OPAH 2017-2023 contenant un volet « logement très dégradé » :
Près de 750 logements ont ainsi été réhabilités ces 5 dernières années avec le soutien de l?Anah à
hauteur de 7 M¤ et un financement complémentaire de la Métropole à hauteur de 700 000 ¤ soit :
- 652 Propriétaires Occupants (majorité Dossiers Energie et Autonomie),
- 85 PB (dont 72 dossiers très dégradés).
Sur le parc privé, outre les aides ANAH, la Métropole s?est engagée dans le programme SARE avec la
SEM OKTAVE pour accélérer l?accompagnement des petites copropriétés qui souhaitent engager un
programme de travaux.
? En matière de copropriétés dégradées :
- Une Opération de Requalification des Copropriétés dégradées (ORCOD) lancée en 2020 par
la Métropole faisant suite au programme d?accompagnement des copropriétés dégradées
(PACOD) initié par la Ville de Metz en 2015 :
La Métropole accompagne 7 copropriétés dégradées sur Metz-Borny à travers un vaste programme
de requalification (ORCOD) et un plan de sauvegarde de la copropriété Bernadette reconnue au
niveau national dans le cadre du Programme Initiative Copro (PIC) :
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? 724 logements concernés / plus de 15 M¤ de travaux / 12 M¤ de financements
publics.
? Une opération de portage avec les bailleurs sur 23 lots pour assainir la
copropriété Bernadette et une mission d?accompagnement social pour réduire
les situations d?impayés
- Une OPAH-CD (Copro Dégradée) sur la copropriété Gabriel Pierné (2022-2024) située dans le
quartier du Sablon. Des travaux de rénovation ont été engagés pour 2,6 millions de
subventions Anah.
A ce jour, les freins rencontrés sur les dispositifs relatifs aux copropriétés dégradées sont les
suivants :
- Hausse du coût des matières premières générant une hausse des coûts de travaux de 30%
minimum, difficultés à trouver des entreprises,
- Des capacités de préfinancement limitées des occupants qui conditionnent la réalisation des
chantiers,
- Des ménages en difficultés qui ne trouvent pas de solutions (en surendettement, en grande
précarité, très âgés) qui nécessiteraient un accompagnement renforcé.
- Une multiplicité des acteurs et une difficile coordination qui ralentissent également les
procédures juridiques notamment.
4. Les perspectives et dispositifs à venir sur la Métropole :
Dans le cadre de l?Opération de Requalification du Territoire (ORT) lancée en 2022, une OPAH-RU
(renouvellement urbain) ciblée sera lancée début 2024 suite à une étude pré-opérationnelle qui vient
de s?achever en 2023 pour relancer l?OPAH généraliste et lancer l?OPAH-RU sur les centres anciens
des communes ORT (Périmètre pressenti : Quartier Outre-Seille et centre d?Ars-sur-Moselle).
Cette OPAH-RU comprendra :
? Un volet incitatif visant à accompagner les propriétaires volontaires à la réalisation
de travaux,
? Un volet coercitif de lutte contre l?habitat indigne et très dégradé. Ce volet
comprend des outils spécifiques au pouvoir de police du maire (contrôle de décence,
infraction RSD, prise d?arrêté de police, travaux d?office et de substitution) et de
maitrise publique (procédures ORI / RHI, acquisition d?immeuble?).
Afin de renforcer son action en matière de lutte contre l?habitat indigne et en complément,
l?Eurométropole de Metz envisage également de :
- Déployer le permis de louer pour limiter les marchands de sommeil (périmètre à délimiter et
visites à organiser via prestataire ou en régie),
- Déployer le DPU renforcé ciblé sur d?autres copropriétés très dégradées sur son territoire,
- Renforcer les outils coercitifs pour lutter contre les marchands de sommeil (partenariat avec
la ville, le parquet et les services de police, verbalisation et engagement systématique de
poursuites judiciaires, avec la commune se constituant partie civile).
5. Les dispositifs déployés à l?échelle de la Moselle :
- Le Pôle départemental de lutte contre l?habitat indigne de la DDT57 qui centralise les
signalements au niveau de la Moselle,
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- Le POPAC 3 (2022-2024) : Programme opérationnel de prévention et d?accompagnement des
copropriétés du Département dont l?objectif est d'accompagner les copropriétés
désorganisées grâce à un suivi personnalisé (pas de financement).
6. Les procédures mises en place sur la ville de Metz à travers le pouvoir de police du maire :
A ce jour, le pouvoir de police spéciale permettant de traiter l?habitat indigne (en prescrivant par
arrêté des obligations de travaux, et/ou d?hébergement, ou de relogement aux propriétaires ou
responsables de situations d?habitat indigne) n?a pas été transféré au Président de l?EPCI : Le contrôle
des règles d?hygiène et de sécurité reste sous l?autorité du Maire.
Dans le cadre de la lutte contre l?habitat indigne, le maire est dans l?obligation « d'assurer le bon
ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. » (Art 2212-2 du Code général des collectivités
territoriales)
Afin de répondre à ces obligations et dans le cadre de cette lutte le maire dispose de deux outils
réglementaires distincts :
- Les pouvoirs de police généraux définis dans l?article cité ci-dessus qui lui permettent
d?engager des actions immédiates et adaptées aux circonstances, notamment en cas de
menace avérée pour la salubrité ou la santé ou en présence d'un danger grave et imminent.
Par exemple, le maire peut dès que nécessaire faire évacuer un immeuble afin d?assurer les
personnes l?occupant ou à proximité directe,
- Les pouvoirs de police spéciaux définis aux articles L 511-1 à L511-21 du code de la
construction et de l?habitation. Découlant de l?ordonnance du 16 septembre 2020, cette
réforme rassemble en une procédure unique le traitement des problématiques de sécurité et
d?insalubrité. Le maire restant compétent pour les risques présentés par les murs, bâtiments
ou édifices quelconques ; le fonctionnement défectueux ou le défaut d'entretien des
équipements communs d'un immeuble collectif à usage principal d'habitation ; ainsi que
L'entreposage de matières explosives ou inflammables dans un local attenant ou compris
dans un immeuble collectif à usage principal d'habitation. Le préfet du département reste
quant à lui responsable de la prise des arrêtés d?insalubrité.
Suivi des procédures d?adoption des arrêtés de mise en sécurité à la ville Metz :
Au moment de la rédaction du présent rapport, 54 bâtiments sont suivis par le Service Hygiène et
prévention des risques de la ville Metz dans le cadre d?une procédure de mise en sécurité. En
moyenne le Service ouvre une trentaine de procédure par an.
Suivi des procédures d?adoption des arrêtés d?insalubrité à la ville de Metz :
Le Service Hygiène et prévention des risques de la ville Metz traite en moyenne 150 dossiers par an
dans le cadre d?une procédure d?insalubrité.
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Annexe contribition de Metz Métropole : Schéma de répartition des compétences en matière de
péril, insalubrité et décence en Moselle (Document CITEMETRIE dans le cadre de l?étude pré-
opérationnelle d?OPAH/OPAH-RU).
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Lutte contre l?habitat indigne
Contribution Valenciennes Métropole
19/09/23
Comme convenu lors de nos échanges organisés le 6 septembre 2023 dans le cadre de la mission
relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à créer ou à améliorer pour renforcer la lutte contre
l?habitat indigne, vous trouverez ci-dessous quelques éléments sur le permis de louer et diviser ainsi
que sur la RHI/THIRORI.
? Modifier les règles d?application du Permis de louer et diviser
? Autorisation Préalable à la mise en Location
Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et veiller à la décence des
logements, il est, dans ses dispositions actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les
collectivités aux moyens limités.
Il pourrait être proposé de :
- Faire évoluer les délais d?instruction : actuellement le délai est de 1 mois pour rendre un
avis favorable, défavorable ou demander des pièces complémentaires.
Le délai pourrait être allongé d?un mois supplémentaire avec un refus tacite en cas de
non réponse
- Rendre obligatoire dans le décret d?application la visite du logement lorsqu?elle est
sollicitée par la collectivité. Actuellement non inscrit comme « pièce obligatoire ». Bien
que les collectivités essayent de réaliser la visite, la non réponse du propriétaire à cette
demande pourrait faire l?objet d?un contentieux.
- Harmoniser les motifs de refus : Autoriser la mise en location sur la base d?un texte
réglementaire (RSD par exemple) et non sur la notion de « manquements graves en
terme de santé et de sécurité » afin de ne pas autoriser la mise en location de logements
indécents qui ne présentent pas de désordres importants jugés comme graves.
-
? Autorisation Préalable de division d?immeuble en logements
Le Permis de diviser repose exclusivement sur le CCH. Il ne permet pas aux collectivités de
refuser une division sur la base de réglementation liée au code de l?urbanisme ou de
l?environnement et donc d?avoir une réponse globale au phénomène de division.
Les critères de refus sont donc extrêmement limités et ont tendance à créer de
l?incompréhension auprès des élus.
Par ailleurs, les délais d?instruction sont très courts : 15 jours si la demande n?est pas liée à
une autorisation d?urbanisme. Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se
prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme, atteinte à la santé et à la
sécurité des occupants.
La mise en oeuvre du Permis de diviser sur des secteurs à enjeux développe le phénomène de
colocation et permet aux propriétaires de contourner le dispositif. Le manque
d?encadrement du phénomène de colocation au niveau national avec notamment des
systèmes fiscaux très avantageux pour les meublés tend à créer de nouvelles problématiques
dans la crise du logement avec des petites surfaces extrêmement chères et l?accentuation sur
des secteurs en difficultés de ménages fragiles.
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? RHI/THIRORI
Les règles de l?Anah sur le RHI /THIRORI sont trop restrictives pour permettre aux collectivités de
s?emparer pleinement du dispositif et d?envisager un traitement global d?îlots de qualité médiocre
(qualification des logements insalubres, occupations des logements). Bien souvent ne peuvent être
retenus que quelques immeubles et non l?îlot dans son ensemble.
Pas de prise en compte des travaux d?aménagement pour viabiliser l?îlot d?où un déficit d?opérations
conséquent.
? Financement de l?ingénierie dans la lutte contre la LHI à destination des EPCI afin
d?accompagner les communes non pourvues de personnel qualifié dans le domaine
(repérage, contrôle des logements, orientation des procédures, assistance juridique).
L?expérience de Valenciennes Métropole dans le cadre de son assistance à des communes
prioritaires démunies en matière d?ingénierie dans le domaine de la lutte contre l?habitat
indigne montre que le soutien dans le repérage, le suivi et la réponse adaptée en matière
juridique facilite la neutralisation de biens dangereux.
Ces communes de taille moyenne ne peuvent avoir un personnel adapté et exclusivement
tourné sur une thématique aussi complexe.
L?investissement des agglomérations dans cet accompagnement permettrait d?avoir une
réponse uniforme sur les territoires et permettrait la remontée massive auprès des Préfets
de situation d?insalubrité relevant de sa compétence.
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FONDATION ABBE PIERRE
Créer une agence nationale des travaux d?office
Le 8 novembre 2018, trois immeubles de la rue d?Aubagne à Marseille s?effondraient, coûtant la vie à
cinq personnes malgré les alertes lancées depuis plusieurs années par les associations et 1 400
signalements restés sans réponse34 dans la seconde ville de France.
Loin d?être un phénomène circonscrit à la cité phocéenne, l?habitat indigne35 est une réalité pour de
trop nombreux ménages, quels que soient leurs statuts d?occupation, dans des contextes urbains
comme ruraux. Mal appréhendé par les données, l?habitat indigne reste un phénomène globalement
méconnu et sous-évalué. L?estimation du nombre de logements indignes la plus récente date de
2014. Le ministère de la Cohésion des territoires publiait alors une estimation de 420 000 logements
indignes, mais celle-ci ne tenait compte ni des locaux impropres à l?habitation ni des divisions
pavillonnaires. Si bien que le nombre de logements indignes s?élèverait plutôt à 600 000 unités et des
progrès importants sont encore à opérer pour faciliter le repérage et le partage d?informations des
situations d?habitat indigne.
Grâce à la loi ELAN, et par ordonnance du 16 septembre 2020, le gouvernement a souhaité engager
une harmonisation et une simplification des polices administratives. Il a en outre renforcé l?arsenal
juridique contre les marchands de sommeil en prévoyant de nouvelles sanctions financières ou
encore la saisine de leurs biens. Enfin, en 2019 le gouvernement a lancé une stratégie de mise en
oeuvre accélérée des mesures de lutte contre les marchands de sommeil sur 6 départements jugés
prioritaires (la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, l?Essonne, le Nord, les Alpes-Maritimes et les
Bouches-du-Rhône).
Cependant, si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les propriétaires à réaliser
des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main des propriétaires récalcitrants ou
défaillants. L?action publique dispose pourtant d?une boite à outil très complète pour mettre en
oeuvre des mesures coercitives, indispensables au suivi d?une bonne politique de lutte contre
l?habitat indigne.
Lorsque la puissance publique (l?Etat pour l?insalubrité, le Maire pour la sécurité des bâtiments)
constate des désordres, elle peut prendre un arrêté. Cet arrêté préconise, lorsque c?est possible (on
parle alors d?arrêté d?insalubrité ou de péril remédiable), les travaux à réaliser pour y remédier. Si le
propriétaire ne s?exécute pas dans le délai fixé par l?administration, cette dernière a alors l?obligation
de réaliser elle-même les travaux et de se retourner contre le propriétaire défaillant pour recouvrer
les sommes engagées.
Mais, dans la pratique, seules quelques centaines de logements sont concernés par ces mesures
chaque année, faute de moyens ou de volonté politique. Le rapport Vuilletet36 rapporte à ce propos
que « les auditions ont mis en exergue le manque de moyens et d?expertise dans les services des
communes pour assurer la maitrise d?ouvrage de ces travaux, ainsi qu?une complexité juridique et
procédurale excessive ». Il propose donc de faire évoluer la loi pour permettre la délégation de la
maitrise d?ouvrage des exécutions d?office à un opérateur public.
Les mesures de travaux d?office ne suffiront pas à elle seule à mener une politique efficace de lutte
contre l?habitat indigne. Elles ne pallieront pas au manque de moyens humains et financiers pointés
par les acteurs de terrain. Mais la création d?une agence peut permettre à la fois d?apporter un
soutien nécessaire à des collectivités qui ont la volonté politique d?agir sur leur territoire et dans le
même temps avoir un effet incitatif fort auprès des propriétaires récalcitrants. C?est un véritable
34 Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, Marseille : de la crise du logement à une crise humanitaire,
chronique d'une incurie publique, novembre 2019.
35 Loi du 31 mai 1990 : Constituent un habitat indigne les locaux ou les installations utilisés aux fins d?habitation et
impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont situés,
expose les occupants à des risques manifestes, pouvant porter atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé
36 Guillaume Vuilletet, « Simplifier les polices de l?habitat indigne, promouvoir l?habitat durable pour tous », 2019.
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« bras armé » de l?action coercitive qui pourrait donc être mis à disposition des services de l?Etat et
des communes pour lutter contre l?habitat indigne.
Créer un bras armé de l?action coercitive de l?Etat
Aux côtés de l?Agence nationale de l?habitat (Anah), qui porte les actions incitatives de la lutte contre
l?habitat indigne, l?Etat aurait donc besoin d?un organisme opérationnel en capacité de soutenir et
réaffirmer le rôle des services sur le terrain en engageant lui-même les travaux lorsque les
propriétaires n?ont pas la possibilité ou la volonté de les réaliser. A terme, cette agence pourrait
également porter les opérations obligatoires de rénovation énergétique pour le compte de l?Etat.
Cette agence, implantée au niveau national, pourrait donc apporter des réponses concrètes et
pluridisciplinaires aux obstacles rencontrés par les collectivités et services déconcentrés : la
complexité juridique des procédures, la difficulté à suivre la maitrise d?ouvrage et le manque de
pratique pour procéder au recouvrement auprès des propriétaires défectueux des sommes engagées
par l?Etat.
Elle doit permettre de mutualiser au niveau national les moyens nécessaires à la réalisation des
mesures de police administratives dont l?Etat à la charge et d?apporter un soutien technique aux
collectivités qui ne disposeraient pas des compétences et moyens suffisants pour agir seuls sur leurs
territoires.
Un soutien juridique face à la complexité des procédures
« Notre peur, c?est le contentieux ». C?est ainsi que le service d?une ville moyenne explique la raison
pour laquelle aucun arrêté d?insalubrité remédiable n?a été pris sur son territoire en 2021. Le service
répond à l?urgence en intervenant sur les dangers imminents ou encore la lutte contre le saturnisme.
Lorsqu?ils sont faciles à qualifier, la ville prend quelques arrêtés sur des locaux impropres à
l?habitation (des caves ou des garages transformés en logement).
Face à cette crainte, le soutien de l?agence serait donc d?abord un soutien d?ordre juridique. Les villes
qui parviennent à mener à bien des procédures se sont dotées de services juridiques et techniques
compétents en capacité de rédiger les arrêtés préfectoraux dans le respect du droit et pour que
ceux-ci puissent produire au mieux leurs effets. L?agence apporterait une connaissance légale mais
aussi technique afin de faire les meilleures préconisations de travaux possibles.
En effet, l?arrêté préfectoral doit respecter des règles strictes de forme notamment, pour les arrêtés
de péril ou d?insalubrité remédiable, la liste des préconisations de travaux pour remédier aux
désordres. C?est sur cette base que le propriétaire devra rénover son bien et que l?Etat devra réaliser
les travaux d?office s?il est défaillant. Ainsi, l?ensemble des outils mis à disposition par la législation
(astreintes administratives au propriétaire37, délai d?exécution? ) pourront être valablement utilisés
dès la rédaction des arrêtés en fonction des situations.
Par ailleurs, les arrêtés qui présentent des erreurs dans leur rédaction peuvent être contestés devant
les tribunaux par les propriétaires, ce qui peut mettre en péril la mesure coercitive pensée par la
collectivité mais aussi avoir un coût en cas de dédommagement pour le propriétaire. L?agence
pourrait dès lors fournir aux collectivités une assistance juridique lors de ces procédures pour se
prémunir de ce type de risques. Elle pourrait en outre suivre les dossiers en appel pour le compte du
ministère et disposer d?avocats spécialisés susceptibles de générer une jurisprudence favorable.
L?agence effectuerait alors un travail de coordination des méthodologies employées et d?élaboration
37 L?astreinte, créée par la loi ALUR (article 79) et modifiée par la loi ELAN (article 194), est une astreinte par nature
administrative. Elle est prononcée par arrêté du préfet ou du maire, sans décision de justice. Elle vise à contraindre
financièrement le propriétaire à effectuer les travaux.
104
d?une stratégie contentieuse efficace face notamment à des marchands de sommeil au fait des
procédures et souvent bien armés juridiquement.
Afin de répondre à ce besoin en compétences juridiques, elle pourrait notamment engager des
marchés publics auprès de cabinets d?avocats et d?opérateurs spécialisés dans la lutte contre
l?habitat indigne et en capacité d?apporter conseils et expertises aux acteurs de terrain sur
l?ensemble du territoire national.
Cette phase doit permettre ensuite la mise en oeuvre des travaux grâce à une maitrise d?ouvrage
facilitée.
Favoriser la maitrise d?ouvrage
En 2010, la Ville de Paris s?est attelée au traitement des 700 arrêtés d?insalubrité n?ayant pas été
suivis d?effet sur son territoire. Le Service technique de l?habitat explique qu?il a fallu « lever tous les
obstacles » et « mettre en place les travaux d?office de façon industrialisée ». Le travail de maitrise
d?ouvrage mis en place par le Bureau de la conduite des opérations permet aujourd?hui d?obtenir la
réalisation des travaux par le propriétaire de façon volontaire dans 60 % des cas. Dans la majorité des
cas restant, les propriétaires s?exécutent après une mise en demeure. Le reste des dossiers fait
l?objet de travaux d?office.
En 2018, seuls 381 travaux d?office ont été réalisés par l?Etat ou les communes, un chiffre dérisoire
au regard des centaines des milliers de logements indignes du pays. Les arrêtés d?insalubrité
préfectoraux n?ont donné lieu qu?à 328 travaux d?office, une baisse de 30 % par rapport à 201738. Du
côté de l?Anah, les subventions versées aux communes pour mener des travaux d?office sont le
parent pauvre de l?agence : 53 logements concernés en 201839 (223 en 2019). Selon le bilan 2020 de
l?ANAH, le nombre de travaux d?office aurait de nouveau baissé en 2020 de 39 %, ce qui s?explique,
selon l?agence, par l?impossibilité de réaliser les visites sur site et par la réaffectation des moyens
humains et financiers sur d?autres missions.
Années Nombre de pôles
départementaux de LHI
Arrêtés préfectoraux d?insalubrité
(L. 1311-4 et L.1331-22 à 30 du
CSP) pris
Nombre de travaux d?office réalisés
au titre d?arrêtés préfectoraux
d?insalubrité
2011 73 2 526 152
2012 80 2 637 222
2013 89 2 842 187
2014 92 2 887 204
2015 94 2 804 341
2016 97 2 758 350
2017 97 2862 466
2018 98 2893 328
Source : EHI, Diahl
De fait, faute d?être en capacité de mener des travaux d?office, de nombreux arrêtés sont arrivés à
échéance sans avoir été suivis d?effets en France. Fin 2016, cela concernait près de 11 000 arrêtés,
dont la moitié (5 475) portait sur des arrêtés de danger imminent, et 4 334 d?insalubrité. Sans
compter le manque d?informations sur le suivi d?autres procédures (péril imminent et ordinaire,
périmètres insalubres, saturnisme?).
38 Enquête EHI, DIHAL
39 Agence Nationale de l?Habitat, Rapport d?activité 2018.
105
Comme le souligne le rapport Vuilletet40, en dehors de certaines grandes villes ou de celles dotées
d?un service d?hygiène (SCHS) performant, les communes ne disposent pas des moyens opérationnels
(expertise pluridisciplinaire) et financiers suffisants pour engager les travaux d?office. Et « hormis
quelques territoires les plus investis dans le traitement de l?habitat indigne, les autorités locales et
autres acteurs de l?habitat peinent à comprendre, s?approprier et donc mettre en oeuvre cet arsenal
juridique. ». Cela génère de façon évidente une « autocensure » des services qui peinent à s?engager
dans des procédures qu?ils seraient en incapacité de suivre jusqu?à leur terme.
C?est pourquoi la future Agence des travaux d?office pourrait « armer » les collectivités volontaires
afin d?organiser la maitrise d?ouvrage de ces travaux. L?agence apporterait alors la vision
pluridisciplinaire nécessaire, forte de son expérience sur l?ensemble du territoire.
Pour pallier aux manques d?offre d?opérateurs sur certains territoire, l?agence pourrait là aussi passer
des marchés publics avec des aménageurs et opérateurs de confiance en lien avec les acteurs locaux
pour répondre aux besoins, notamment dans des zones rurales reculées où il reste difficile
aujourd?hui d?agir efficacement. Elle disposerait en outre d?un fonds de lancement d?environ 20
millions d?euros afin d?engager pour le compte de la collectivité et à sa demande les travaux d?office.
Ce fonds viendrait s?autofinancer par la suite grâce au recouvrement des sommes engagées par la
puissance publique en lieu et place des propriétaires défaillants.
L?agence pourrait faire le lien entre les propriétaires, les collectivités et les aides de l?Anah pour
faciliter l?accès aux aides disponibles avant d?engager les travaux d?office. Cela pourrait être
l?occasion de repenser les liens entre rénovation énergétique et lutte contre l?habitat indigne qui
participent souvent des mêmes actions sur les bâtiments.
Engager le recouvrement des sommes avancées auprès des propriétaires défaillants
Le recouvrement des frais avancés par l?autorité publique à la suite de la défaillance du propriétaire
dans le cadre des mesures issues de la lutte contre l?habitat indigne est prévu par les codes de la
santé publique et de la construction et de l?habitation. Plusieurs dispositifs légaux ont été créés afin
de mieux garantir le recouvrement des créances publiques auprès des propriétaires défaillants.
Lors du recouvrement, la collectivité a notamment la possibilité de recouvrer des frais d?ingénierie à
hauteur de 8 %41 en plus des frais qu?elle a effectivement engagés. Compte tenu de la complexité des
procédures et de la maitrise d?ouvrage de certaines situations, il apparait nécessaire de revaloriser ce
pourcentage afin de couvrir suffisamment les moyens engagés par la puissance publique.
Lorsque la puissance publique a réalisé les travaux et qu?elle doit alors recouvrer les sommes
engagées, il n?est pas rare que les mesures de recouvrement soient contestées par les propriétaires
débiteurs. Certains vont même jusqu?à organiser leur insolvabilité, comme ce marchand de sommeil
parisien qui, grâce à un montage judicieux de sociétés, se déclarait sans ressources malgré un
patrimoine immobilier de plusieurs millions d?euros. L?agence sera alors en mesure de faire face à la
contestation de ces propriétaires mais aussi aux autres difficultés de recouvrement comme la
complexité des comptes de copropriété ou encore de celle des indivisions.
Enfin, le recours à des cabinets comptables spécialisés et habitués à ces procédures permettra un
traitement plus systématique des dossiers.
La création d?une agence des travaux d?office, nous l?avons vu, devrait ouvrir de nouvelles
perspectives d?action à certaines collectivités et entrainer, on peut l?espérer, un effet levier auprès
de propriétaires qui ne sont pour l?instant que peu menacés par l?action publique dans ce domaine.
40 Guillaume Vuilletet, « Simplifier les polices de l?habitat indigne, promouvoir l?habitat durable pour tous »,
2019.
41 Article L 543-2 du Code de la Construction et de l?Habitation
106
Pour autant, d?importants efforts doivent encore être fournis parallèlement. Le repérage des
situations et le partage des informations entre les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants
pour appréhender de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des ménages
victimes d?habitat indigne reste très compliqué à organiser sur les territoires du fait des partages de
compétences. Enfin, les moyens humains et financiers restent en deçà de ce qu?il serait nécessaire
pour réaliser des opérations importantes et systématiques d?éradication de l?habitat dégradé. C?est
seulement à cette condition que le prochain gouvernement pourra mener une politique ambitieuse
de lutte contre l?habitat indigne.
107
Mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme
à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne
3 octobre 2023
Cette note permet de compléter les échanges du 19 septembre dernier entre les rapporteurs de la
Mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre
l?habitat indigne, et la Directrice générale de l?Anru.
Elle rappelle les modalités d?intervention de l?Anru en matière d?habitat privé dégradé, et souligne
que, dans ce cadre, les propositions de la Mission constituent une amélioration de la boîte à outils des
interventions relatives à la lutte contre l?habitat indigne.
En annexe de la note figurent des éléments permettant de préciser les surcoûts liés aux délais et
procédures spécifiques de la lutte contre l?habitat indigne, tels que demandés lors de l?échange du
mois dernier.
Rappel des modalités d?intervention de l?ANRU en matière d?habitat privé (habitat ancien
dégradé et copro)
Les problématiques autour de l?habitat privé se renforcent dans les territoires et font l?objet d?une
intervention croissante de l?Anru, dans le cadre du renouvellement urbain. Dans un contexte de ZAN
et de recherche de sobriété, la requalification des quartiers anciens dégradés, via un projet urbain
global, est mise en oeuvre de façon pluriannuelle et partenariale, et contractualisé avec l?ANRU, sur les
territoires d?intervention de l?Agence.
Aux côtés de l?Anah, l?Anru amplifie les financements à destination de l?habitat privé en soutenant
d?une part directement l?intervention sur le recyclage des copropriétés ou de l?habitat ancien dégradé,
et en accompagnant d?autre part plus largement la requalification du quartier.
Le modèle d?intervention de l?Anru reste inédit en matière d?action publique et doit être capitalisé
pour enrichir les politiques qui sont à conforter en matière d?habitat privé.
- Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du renouvellement urbain permet d?envisager
une intervention globale de requalification des quartiers devant faire l?objet d?une
transformation urbaine profonde ;
- Une capacité d?engagement pluriannuelle, et donc de projection, dans le cadre de
conventions dédiées, sécurisantes pour les porteurs de projet et leur mobilisation dans le
temps ;
- En matière spécifique de copropriétés, une capacité à traiter et financer de manière
différenciée les différentes composantes des ensembles immobiliers complexes (ex : dalles,
parkings, locaux d?activités liés à une copropriété), permettant un effet levier sur la
valorisation globale de ces copropriétés (y compris patrimoniale) voire un allègement des
charges.
108
L?Anru développe des interventions ajustées à chaque site dans le cadre de ses programmes (PNRU,
NPNRU, PNRQAD, PIA) : interventions sur la requalification de l?habitat ancien dégradé, interventions
sur la transformation de copropriétés dégradées ou expérimentations dans le cadre de Programmes
d?investissements d?avenir (PIA VDS, ANRU + et DVD).
Les interventions relatives aux 3 programmes (PNRU, PNRQAD et NPNRU) recouvrent les montants
présentés ci-dessous :
Interventions de l'ANRU en copropriétés et habitat ancien dégradé
En ¤
Intervention sur l'habitat ancien dégradé
Contractualisé Engagé Payé
PNRU 149 969 959 149 969 959 149 969 959
PNRQAD 94 909 209 93 324 286 56 934 847
NPNRU 347 138 035 193 824 728 38 361 855
TOTAL 592 017 203 437 118 973 245 266 661
En ¤
Intervention sur les copropriétés
(recyclage / portage ciblé et massif)
Contractualisé Engagé Payé
PNRU 216 873 526 216 873 526 216 873 526
PNRQAD 327 280 327 280 218 262
NPNRU 234 170 447 123 971 195 30 529 608
TOTAL 451 371 253 341 172 001 247 621 396
Total de
l'intervention
1 043 388 456 778 290 974 492 888 057
Les chiffres présentés ci-dessus ne portent que sur les familles d?opérations de transformation des copropriétés dégradées et de
requalification de l?habitat ancien (i.e ils n?intègrent pas les familles résidentialisation, aménagement, équipements publics?)
Dans le contexte d?achèvement du PNRQAD (2025) et du NPNRU (2030), il s?agit dès à présent de
préparer le volet habitat ancien dégradé d?un futur programme national de renouvellement urbain.
Pour ce faire, il convient d?identifier les quartiers qui devront faire l?objet d?une intervention dédiée, et
de dimensionner les financements nécessaires.
? Interventions en quartiers anciens
Si les quartiers anciens présentent des atouts reconnus, leurs fragilités ont conduit les élus locaux et
l?Etat à mettre en oeuvre des dispositifs stratégiques et opérationnels à l?appui des interventions
publiques nationales et locales, notamment au travers de dispositifs et programmes spécifiques
financés par l?Anah (OPAH-RU) et l?Anru (PNRQAD, PNRU, NPNRU), puis des programmes Action Coeur
de Ville et Petites Villes de Demain. Parmi les sites d?interventions du PNRQAD et du NPNRU, 38 villes
ont été intégrées dans les programmes Action Coeur de Ville et Petites Villes de Demain.
109
L?Anru soutient au travers du PNRU, du PNRQAD et du NPNRU la requalification urbaine, sociale et
économique des quartiers anciens concentrant des situations d?indignité et d?insalubrité.
Cette intervention se traduit par le recyclage de l?habitat dégradé à l?échelle des îlots et, plus
largement des quartiers, dans un processus de revitalisation plus global favorisant de plus une
diversification de l?offre de logements par la capacité de mixer les produits de sortie. Il s?agit
d?accompagner fortement la lutte contre l?habitat indigne et de sécuriser les cadres d?une intervention
urbaine structurée aux plans opérationnels, fonciers, juridiques et financiers.
? Interventions sur les copropriétés dégradées
Plus de 150 quartiers du programme PNRU ont été identifiés comme présentant une problématique
de copropriétés (soit 1/3 des quartiers visés par le programme) : une cinquantaine avec des enjeux de
copropriétés fragiles, une soixantaine avec des enjeux importants de copropriétés fragiles et en
difficulté, une trentaine avec des enjeux majeurs de copropriétés en difficulté.
Depuis 2018, la mise en oeuvre du Plan Initiative Copropriétés (PIC) a permis d?enclencher une
dynamique par la mise en place d?une boîte à outils, qui répond à trois axes d?intervention :
prévention, redressement, transformation.
90% des copropriétés identifiées dans le cadre du PIC étant localisées en secteur NPNRU, la vocation
du NPNRU est :
- d?accompagner directement la transformation des copropriétés les plus en difficulté par un
recyclage ou un portage massif sur 10 ans ;
- d?accompagner le redressement des copropriétés, financé par l?Anah, par un traitement
d?ensemble du quartier, dans le cadre du projet de renouvellement urbain (financement de la
résidentialisation, de la réhabilitation des logements des bailleurs sociaux en copropriété mixte,
l?amélioration du cadre de vie, aménagement, équipements publics ?).
L?axe transformation du PIC concerne les opérations les plus lourdes et mobilise donc plus
spécifiquement l?Anru.
Les propositions de la Mission : de forts leviers pour améliorer et accélérer la lutte contre
l?habitat indigne
Dans ce contexte d?intervention de l?Anru, les 17 propositions de la mission qui visent à intensifier la
lutte contre l?habitat indigne en dotant les collectivités et opérateurs de moyens législatifs et
réglementaires complémentaires et en imposant de nouvelles obligations aux propriétaires, s?avèrent
pertinentes pour l?action publique.
L?ANRU partage donc avec les rédacteurs de la Mission l?importance de ces mesures pour améliorer
l?efficacité de la lutte contre l?habitat indigne. Outre les modifications législatives et réglementaires
nécessitées par ces mesures, relevant pour bon nombre de l?interministériel, des dispositifs financiers
adaptés devront accompagner ces mesures.
Parmi les mesures proposées, l?ANRU tient à souligner plus particulièrement l?importance d?un certain
nombre de mesures telles que le renforcement de l?ingénierie dédiée à l?habitat privé sur tous les
territoires (indispensable à la bonne prise des arrêtés), l?extension et la sécurisation de la DUP Vivien,
l?amélioration des dispositifs de préfinancement des aides publiques à destination des copropriétés et
des propriétaires occupants modestes, le renforcement des moyens d?intervention des EPF et la
faciliter du portage des opérations de recyclage foncier (facilitant les interventions à l?îlot).
110
Annexe : Surcoûts liés aux délais et procédures dans le cadre de la lutte
contre l?habitat privé dégradé ? Eléments du bilan du PNRQAD réalisé par
le CEREMA
Les travaux sur le PNRU et sur le PNRQAD permettent d?approcher les surcoûts liés aux délais et
procédures mises en oeuvre dans le cadre de la lutte contre l?habitat privé dégradé.
Parmi les 5 monographies relatives aux opérations en PNRQAD réalisées par le Cerema (Bayonne,
Carpentras, Le Havre, Saint-Denis, Saint-Gilles), seule la ville de Saint-Denis met clairement en avant
les surcoûts liés aux procédures d?habitat indigne, et spécifiquement des surcoûts liés à la prise
d?arrêtés42.
Les autres éléments de surcoûts régulièrement identifiés par les collectivités, et mis en avant par le
Cerema dans l?évaluation du PNRQAD, sont les suivants :
? Méconnaissance de la structure bâtie
Les difficultés rencontrées dans le cadre des opérations de requalification des îlots dégradés sont
principalement dues à la sous-estimation du mauvais état du bâti lors des diagnostics préalables à la
signature des conventions initiales faute de visites poussées au sein des immeubles (absence de
fondations, existence d?un réseau de caves, bâtiments fragilisés ? Grand Delta Habitat ? Carpentras).
Cette situation, et l?imbrication de l?habitat en centre ancien, ont quelquefois nécessité d?intervenir
plus lourdement (démolition-reconstruction au lieu d?un projet d?acquisition-amélioration) ou
d?intervenir à une échelle plus large, l?imbrication des immeubles ne permettant pas une intervention
fine (ex Carpentras ? Saint-Gilles) ou de réaliser des travaux plus lourds (installation de micro-pieux ou
présence d?amiante à Saint-Gilles).
PNRQAD de Saint-Gilles ? Evolution des coûts par opération et par poste
Des coûts supplémentaires en études, travaux et ingénierie de 300 à 515% supérieurs à l?enveloppe
initiale ont été identifiés. Certaines opérations ont un prix de revient hors taxe de SHAB supérieur au
reste de la commune pour la production de logements sociaux (2 673¤/m² au lieu de 2 000/2 100¤ en
VEFA sur le reste de la commune, soit un surcoût constaté d?environ 20% en centre ancien
(Carpentras).
? Caractère patrimonial du site
42 Sur ce point, il est important de souligner que le mode d?intervention de l?ANRU, à l?échelle de l?îlot, et ne nécessitant pas
obligatoirement d?arrêté pour chaque immeuble, constitue un « simplicité » d?intervention, mise en avant par Le Havre par
exemple.
111
Les exigences patrimoniales de conservation du bâti constituent également un impact non négligeable
sur l?équilibre économique des opérations entraînant quelquefois un coût plus élevé que le
programme initial (surcoût de 30 à 40% par exemple sur un îlot à Carpentras, surcoûts aussi identifiés
à Saint-Gilles liés à la valeur patrimoniale ou à la nécessité de réaliser des fouilles archéologiques,
Saint-Denis), mais aussi une temporalité plus conséquente.
? Montage opérationnel inadapté
L?intervention à l?îlot nécessite l?acquisition de l?ensemble des immeubles afin de permettre une
restructuration globale, un curetage conséquent. Cette modalité d?intervention n?avait pas été
forcément appréciée par les collectivités, la remise à plat des opérations entraînant un coût
supplémentaire par îlot (ex Bayonne).
? Bilans d?opération incomplets
Un certain nombre d?opération ont été conventionnées dans le cadre du PNRQAD (non financeur du
logement social) avant la stabilisation de la sortie d?opération, et donc avant la mobilisation des
opérateurs de logements sociaux, avec des conséquences sur l?équilibre des opérations.
? Acquisitions amiables / acquisition avec expropriation / prise d?arrêtés
Pour certains acteurs locaux, l?acquisition à l?amiable reste à la fois moins chère et plus rapide ; elle
nécessite cependant un travail souvent chronophage (ex Bayonne et Saint-Denis). Mais elle permet de
constituer des références de prix d?acquisition plutôt basses et d?envoyer un signal pour le reste des
lots.
Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent aussi l?accent sur le risque contentieux
sur les prises d?arrêtés et par conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de
rémunération et de portage, des frais financiers divers, des immobilisations dans les bilans.
Les procédures d?expropriation font souvent l?objet de recours avec des indemnités plus élevées que
l?acquisition amiable, elles sont donc à éviter.
----
Le temps d?une opération de recyclage d?habitat ancien dégradé est estimé à 7 ans lorsqu?elle ne
rencontre pas de difficulté particulière. Mais la moyenne estimée est plutôt de 9 à 10 ans.
PNRQAD ? Evolution du coût des opérations de requalification des îlots dégradés par site
112
PNRQAD ? Evolution du montant total des subventions des opérations de requalification des îlots
dégradés par site
PNRQAD ? Postes de dépenses HT par logement traité en fonction des régions
PNRU ? Postes de dépenses HT par logement traité en fonction des régions
113
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120
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122
123
124
Contribution du Conseil Régional de l?Ordre des Architectes d?Ile-de-France
Il est proposé à Monsieur Hanotin et Madame Lutz de créer un statut d'accompagnateur
spécifiquement dédié à la lutte contre l'habitat indigne, sur le modèle de "Mon Accompagnateur
Renov'".
Pour rappel, "Mon Accompagnateur Renov'" est une émanation législative, avec une modification
législative du code de l'énergie qui induit ensuite une application réglementaire. Si on souhaite
dupliquer le même système pour créer un "Mon Accompagnateur Lutte contre l'Habitat Indigne"
(avec un potentiel nom à trouver...), il faudra certainement en faire de même et passer par la loi
(probablement via la partie législative du code de la construction et de l'habitation - articles L511-1 à
L551-1). Par ailleurs, les textes qui encadrent "Mon Accompagnateur Renov'" et qui peuvent inspirer
vos travaux sur un tel statut sont les suivants :
- Les articles L.232-1 à L.232.3 du code de l'énergie :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/
#LEGISCTA000027311537
- Le décret n°2022-1035 du 22 juillet 2022 pris pour application de l'article 164 de la loi n°2021-1104
du 22 août 2021 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046081405
- Un arrêté du 21 décembre 2022 relatif à la mission d'accompagnement du service public de la
performance énergétique de l'habitat :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046807068
Cette création pourrait s'inscrire dans la continuité de la proposition n°16 que Monsieur Hanotin et
Madame Lutz ont pu formuler à ce stade.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/#LEGISCTA000027311537
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/#LEGISCTA000027311537
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046081405
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046807068
125
Annexe 5 - Consultation interministérielle et chiffres-clés
Le Ministère chargé du Logement et son Pôle National de Lutte contre l'habitat Indigne (PNLHI) ont
été saisi à la fin de l?année 2022 de la part des partenaires de la ville de Saint Denis et de l?aménageur
SOREQA de propositions visant à l'amélioration de la lutte contre l'habitat indigne sur les
territoires. Ces propositions concernant principalement les dispositifs financiers, techniques,
juridiques auraient vocation à venir enrichir l'axe "amélioration des dispositifs existants de la
stratégie nationale de lutte contre l?habitat indigne (SNLHI).
Dans ce cadre, des réunions interministérielles, menées sous la coordination du PNLHI, se sont
déroulées du mois de janvier au mois d?avril 2023, afin d?analyser ces différentes propositions et
d?émettre un avis sur leur faisabilité.
Ce travail a été préparatoire à la mission à Madame Michèle Lutz, maire de Mulhouse, et à Monsieur
Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis le 27 mars 2023.
Plusieurs groupes de travail se sont tenus : jeudi 26 janvier, mardi 28 mars, Jeudi 6 et vendredi 7
avril, lundi 17 et mardi 18 avril et mercredi 19 avril.
Les travaux se sont poursuivis jusqu?en juin 2023, pour intégrer les propositions conjointes des villes
de Saint Denis et Mulhouse.
Pour la DGALN et la DHUP :
DGALN, Stéphanie Dupuy-Lyon, Brice Huet, DHUP, François Adam, Amélie Renaud ;
Les sous-directions, les bureaux et leurs équipes: Laurent Bresson, Emmanuel Rousselot, Antoine
Caron, Luc-André Jaxel-Truer, Jean-Baptiste Butlen, Vincent Montrieux, Anne-Lorraine Lattraye ;
Pour le PNLHI : Chantal Mattiussi, Susanne Kulig, Clarisse Jouan ;
Pour la DGCL : Constance André, Driss Jawad, Emilie Machard ;
Pour la DGS : Didier Ollandini, Thomas Cartier, Jean Meister, Joëlle Carmes ;
Pour la DIHAL : Céline Cassourret, Manuel Hennin ;
Pour la DGOM : Sabine Montout; Catherine Maujaret-Ndiaye ;
Pour la DACG : Louise Neyton, Elodie Benaiem ;
Pour l?Anah: Jessica Brouard Masson, Sébastien Wagner ;
Pour l?ANRU : Hélène Le Rai, Kim Chiusano, Véronique Tirant.
Les chiffres clés en matière de lutte contre l?habitat indigne (source DGALN/DHUP/PNLHI)
On estime entre 400 000 et 420 000 le nombre de logements du parc privé potentiellement indignes
en métropole (100 000 en Outre-mer), dont environ la moitié sont occupés par leur propriétaire. La
lutte contre l?habitat indigne et dégradé est donc un enjeu essentiel des politiques nationales de
l?habitat.
126
L?enquête nationale « Lutte contre l?habitat indigne » lancée en 2022 a permis de capitaliser les
dernières données au titre de 2021.
Enquête nationale 2022 « Lutte contre l?habitat indigne »
2021 % 2018/2021 2022 % 2021/2022
Polices spéciales du préfet
Arrêtés d'insalubrité en
vigueur 13 752
Arrêtés d?insalubrité 2 879 +7% 3 160 +10%
Arrêtés d'astreinte
relatif à des situations
d'insalubrité
45 +309% 81 +80%
Requêtes devant le
juge administratif
relatives à l'insalubrité
118
NC 153 +29%
Jugements rendus 96 NC 54 -44%
Polices spéciales du maire (ou président EPCI)
Arrêtés de mise en
sécurité recensés 1 509 = 2 216 +47%
Actions de travaux
d'office 118 NC 316 +168%
Arrêtés d'astreinte
financière relatifs à la
mise en sécurité pris
24 NC 220 +817%
Jugements avec des
condamnations
pénales
En moyenne 100 à 150 par an
Dossiers transmis aux
parquets 372 +19% 347 -7%
Sources DGALN/DHUP/PNLHI
La coordination de l?action publique sur les territoires :
L?ensemble des départements disposent d?un pôle départemental de lutte contre l?habitat indigne
pour agir autour du Sous-préfet référent ou du préfet :
? 75 départements fonctionnent à l?aide d?un guichet unique de signalements en 2021 ;
? +29% par rapport à 2018 ;
? 95 départements sont dotés d'un PDLHI apportant un appui juridique et technique aux
collectivités territoriales ;
? 151 présidents d'EPCI se sont vus transférés des pouvoirs de police spéciale de maires. Il en
était compté 140 en 2018 ;
? Aucune délégation des pouvoirs de police spéciale du préfet à un président d'EPCI n?a été
réalisée en 2021.
? 22 départements seulement ont demandé le Fonds d?aide au relogement d?urgence (FARU)
au titre de l'année 2021.
Crédits du BOP 135 « UTAH » :
Les crédits de l?action 3 du programme 135 « Urbanisme, territoires et amélioration de l?habitat »
(UTAH) financent les dépenses de lutte contre l?habitat insalubre et le saturnisme qui relèvent de la
compétence de l?État et sont liées à l?exercice par les préfets de leurs pouvoirs de police
administrative.
En 2022 un peu plus de 5M¤ ont été attribués aux DREAL pour financer les actions nécessaires à la
lutte contre l?habitat indigne, auxquels s?est ajouté un financement spécifique de 2,2 M¤ pour l?appel
à projet « mise en oeuvre d?une stratégie urbaine de lutte contre l?habitat indigne en Ile-de-France ».
127
La consommation s'est élevée à 76,61%.
Chiffres clés de l'Anah pour 2022 : aides au traitement de l'Habitat indigne et très dégradé :
? 14 555 logement rénovés soit 196 millions d'euros d'aide répartis : 44,9 M¤ aux PO ; 81,6 ¤
aux PB ; 66,8M¤ aux copro et 2,5M¤ pour les travaux d'office des communes ;
? Soit en nombre de logements : 1 721 (PO) 3 496 (PB) 8 706 (copro) 632 (communes) ;
? En plus des aides aux travaux : 21 millions d?euros pour financer 58 opérations de résorption
de l?habitat insalubre (RHI).
6 Territoires dits d'accélération pour LHI et lutte contre les marchands de sommeil :
? Expérimentation lancée en 2019 ;
? Principe : enveloppe financière complémentaire de 7 M¤ affectée par l'Anah pour amplifier
l'action LHI sur 7 territoires (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes-
Maritimes, Bouches-du-Rhône et La Réunion) via la majoration des subventions versées au
titre de la lutte contre l?habitat indigne auprès de propriétaires bailleurs et propriétaires
occupants ainsi qu?aux collectivités territoriales (travaux d?office) ;
? La non utilisation de l'intégralité de l'enveloppe oriente les réflexions pour l'avenir vers une
boîte à outils plus facilement mobilisable par les territoires.
128
ANNEXE 6 - Journée nationale de la lutte contre l?habitat
indigne
Journée nationale :
la lutte contre l?habitat indigne dans les territoires ruraux
à Laval le 3 juillet 2023
Programme de la journée
Ouverture par Monsieur Florian Bercault, Maire de Laval
Intervention de Monsieur Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne
Intervention de Monsieur Laurent Bresson, Sous-directeur des politiques de l?habitat, DHUP/DGALN
Panorama national de la lutte contre l?habitat indigne par Madame Chantal Mattiussi, Directrice du
Pôle National de lutte contre l?Habitat Indigne, DHUP, DGALN
1ère table-ronde : Quels leviers d?amélioration des outils en matière de lutte contre l?habitat indigne ?
Cette table-ronde a pour objet de présenter la mission Hanotin/Lutz, d'en réaliser un point d'étape
en dialogue entre les territoires urbains et ruraux en faisant le lien entre les leviers d'amélioration
des outils d'aménagement, financiers et fonciers.
Intervenants :
- Madame Katy Bontinck, 1ère adjointe au Maire de Saint-Denis
- Monsieur Alain Couchot, 1er adjoint à la Maire de Mulhouse
- Monsieur Louis Pautrel, Maire de Le Férré, Vice-président de Fougères agglomération,
Représentant national de l?association des Maires ruraux de France
- Monsieur Axel Lecomte, directeur de l?habitat de l?EPT Plaine Commune
- Monsieur Frédéric Brun, directeur général adjoint chargé de l?aménagement et du
développement urbain de la mairie de Mulhouse
2ème table-ronde : Quelle montée en responsabilité des collectivités territoriales et des EPCI sur la
lutte contre l?habitat indigne dans les territoires ruraux ? Comment accompagner cette montée en
responsabilité dans les territoires ruraux en mutualisant les moyens humains et l?ingénierie pour
pallier avec efficience aux situations d?habitat indigne ?
Intervenants :
- Madame Sylvie Vielle, Maire de Louverné, Vice-présidente chargée de l?habitat de Laval agglo
- Madame Isabelle Valade, Directrice départementale des territoires de la Mayenne
- Monsieur Alain Servan, Vice-Président à la politique de l?habitat, urbanisme et aménagement
du territoire de la communauté d?agglomération de l?ouest rhodanien
- Madame Roselyne Conan, Directrice générale de l?ANIL
- Madame Jessica Brouard-Masson, Directrice de l?expertise et des politiques publiques de
l?Anah
129
- Monsieur Jean-Luc Tarrega, Sous-préfet de l?arrondissement de Tulle, Secrétaire général de
la préfecture de Corrèze
Présentation des produits numériques de la lutte contre l?habitat indigne par Monsieur Stéphane
Flahaut, Adjoint au sous-directeur des politiques de l?habitat, DHUP, DGALN
3ème table-ronde : Quel accompagnement des occupants dans l?espace rural ? Comment adapter les
outils aux spécificités des ménages ?
Intervenants :
- Monsieur Karim Belhaj, Directeur de l?ADIL 76
- Monsieur Alexandre Lagogué, Directeur général des compagnons bâtisseurs
- Madame Juliette Laganier, Directrice générale de la fédération SOLIHA
- Madame Caroline Roger-Moigneu, Vice-présidente du conseil départemental d?Ille-et-Vilaine
- Madame Isabelle Le Callennec, Maire de Vitré, Préséidente de Vitré communauté,
représentante nationale de l?Association des Maires de France
Intervention vidéo de Madame Dominique Faure, Ministre déléguée chargée des collectivités locales
et de la ruralité.
Conclusion par Madame Amélie Renaud, Adjointe au Directeur de l?habitat, de l?urbanisme et des
paysages, DHUP, DGALN
Plus de 200, élus, parlementaires, représentants institutionnels, des services de l'Etat et des
collectivités locales, représentants des associations à participer à la journée nationale " la lutte
contre l'habitat indigne dans les territoires ruraux" Organisée par le Pôle National de lutte contre
l'Habitat Indigne (PNLHI) à Laval, ce 3 juillet 2023.
Cette journée avait pour but de donner de la visibilité à cette politique publique prioritaire qui lutte
contre toutes les situations de logements exposant leurs occupants ou des tiers à des risques pour
leur santé ou leur sécurité.
Les participants ont souligné la qualité et la richesse des échanges des différentes tables rondes, pour
les propositions d'amélioration de cette politique publique, qui viendront alimenter la feuille de
route nationale.
Les consultations des acteurs, des partenaires du logement
Lors de la journée nationale, un questionnaire a été diffusé par le PNLHI, afin d?organiser une
consultation en ligne et d?inviter les 200 participants à formuler des propositions visant à
l?amélioration de la lutte contre l?habitat indigne.
Cette consultation s?est poursuivie durant tout le mois de juillet 2023 pour recueillir les contributions
de l?ensemble du réseau des correspondants techniques experts du PNLHI (plus de 70 agents en
responsabilité sur le sujet, issus des DDT (M), des ARS, des SCHS, des ADIL et des préfecture) et du
réseau des DDT(M) et des DREAL.
L?ensemble des réseaux et participants ont été invités à répondre à trois questions sur les leviers
d?amélioration des outils de lutte contre l?habitat indigne :
? Quelle principale amélioration des outils opérationnels existants pour lutter contre l?habitat
indigne vous semble opportune ?
? Quelle proposition pouvez-vous formuler pour assurer la montée en responsabilité des
collectivités territoriales et des EPCI ?
? Quels leviers pour renforcer l?accompagnement des occupants dans les territoires ruraux ?
Les réponses apportées par le réseau et plus de 150 services portent sur plusieurs thématiques :
? L?amélioration des systèmes d?information de la lutte contre l?habitat indigne ;
130
? Faciliter les signalements ;
? Le renforcement des moyens alloués aux services en charge de la LHI ;
? L?amélioration de l?accompagnement des usagers impactés par la LHI ;
? Le renforcement des aides et subventions pour traiter la LHI ;
? La mutualisation des compétences, notamment au niveau intercommunal ;
? La fluidification des interventions.
131
ANNEXE 7 - Bonne pratique Bordeaux
132
133
ANNEXE 8 - Illustrations SOREQA
134
135
136
ANNEXE 9 - Tableau des acronymes
TERMES DÉFINITIONS
ACV Agence nationale d'information sur le logement
AGRASG Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués
AMF Association des maires de France
ANAH Agence nationale de habitat
ANCT Agence nationale de la cohésion des territoires
ANIL Agence nationale d'information sur le logement
ANRU Agence nationale de la rénovation urbaine
ARS Agence régionale de santé
CAF Caisse d?allocation familiale
CCH Code de la construction et de l'habitation
CSP Code de santé publique
CSTB Centre scientifique et technique du bâtiment
DB Direction du budget
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la mer)
DGALN Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
DGS Direction générale de la santé
DIHAL Délégation interministérielle à l'hébergement et à au logement
DHUP Direction de l?habitat de l?urbanisme et des paysages
DUP Déclaration d?utilité publique
EPA Etablissement public d?aménagement
EPCI Établissement public de coopération intercommunale
FARU Fonds d?aide au relogement d?urgence
IGEDD Inspection générale de l?environnement et du développement durable
137
IGH Immeuble de grande hauteur
MDS Maison départementale des solidarités
MSA Mutualité sociale agricole
MTE Ministère de la transition écologique
OPAH Opération programmée d'amélioration de l'habitat
ORCoD Opération de requalification des copropriétés dégradées
PDLHI Pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne
PIC Plan initiative copropriétés
PNLHI Pôle national de lutte contre l'habitat indigne
PNRQAD Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés
PPPI Parc privé potentiellement indigne
PPT Plan pluriannuel de travaux
PVD Petites villes de demain
RAC Reste à charge
RHI-THIRORI Opérations de résorption de l'habitat insalubre et de restauration
immobilière
RNIC Registre national d?immatriculations des copropriétés
RSD Règlement sanitaire départemental
SACICAP Société Anonyme coopérative d'intérêt collectif pour l'accession à la
propriété
SCHS Service communal d?hygiène et de salubrité
SEM Société d?économie mixte
SPLA Société publique locale d?aménagement
SRU Loi solidarité et renouvellement urbain
138
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LHI_1
1_Rapport final LHI VF sans annexe13oct23
Rapport final LHI VF_avec annexe_19oct_20h
« Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du renouvellement urbain permet d?envisager une intervention globale de requalification des quartiers devant faire l?objet d?une transformation urbaine profonde », Contribution ANRU
« La situation de danger pour les occupants peut être extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts de...
« Pour traiter ces sujets, il faut aller vite et démarrer assez tôt »,
Contribution Etablissement Public Foncier d?Ile-de-France
« La situation de danger pour les occupants peut être extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts de...
« Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent aussi l?accent sur le risque contentieux sur les prises d?arrêtés et par conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de rémunération et de portage, des frais financiers di...
« Il convient de renforcer l?accompagnement des collectivités qui, pour certaines (grosses ou petites), sont hésitantes à réaliser des travaux d?office faute de budget et d?ingénierie. Il est en réalité indispensable d?entamer une politique d?aides (...
« Si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les propriétaires à réaliser des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main des propriétaires récalcitrants ou défaillants. L?action publique dispose pourtant d?une boite à outi...
« Il s?agit de promouvoir une approche plus intégrée au profit des personnes contraintes d?habiter dans des locaux défavorables à la santé, voire indignes ou insalubres. L?un des enjeux nous semble être d?agir avant que la situation des personnes et d...
« En tant que Présidente d?une intercommunalité comptant de nombreuses communes rurales, je constate les difficultés que peuvent rencontrer les maires de petites communes, disposant de peu de capacité d?ingénierie pour traiter de problématiques juridi...
« Le renforcement du rôle des opérateurs publics de portage foncier permettrait d?intervenir plus efficacement dans le traitement des copropriétés dégradées. En particulier, les établissements publics fonciers sont des opérateurs pertinents pour appuy...
« Les ambitions nationales en matière de réduction d?émission de gaz à effet de serre doivent se concilier avec les enjeux patrimoniaux et historiques, portés par les DRAC-ABF. », Contribution DIGNEO-Foncière Logement
« Les Administrateurs judiciaires ne sont ni la réponse ni la solution. Aujourd?hui, les acteurs publics se refusent dans la majeure partie des situations à faire ces signalements par manque de solution disponible. [?] il est fondamental de faire émer...
« Les centres anciens sont caractérisés par la présence de nombreuses petites copropriétés, dont une partie est sans syndic, une partie avec syndic bénévole pratiquant une gestion très souvent « informelle », et une partie avec syndic professionnel ex...
« Cette obligation pourrait s?accompagner d?une aide de l?Anah, qui finance déjà ce type de diagnostics dans le cadre d?études pré-opérationnelles, étant entendu que le coût de ces diagnostics reste à évaluer et peut être élevé. La collaboration avec ...
« L?ingénierie financière mise à disposition par le réseau bancaire classique est faible voire inexistante en copropriété au-delà même de la LHI », Contribution Brest Métropole
« La mobilisation de la banque des territoires sur cette action est fondamentale - l?émergence d?une banque de la rénovation et de l?accompagnement des copropriétés fragiles est nécessaire pour sécuriser ce processus de caisses d?avances », Contributi...
« Le repérage des situations et le partage des informations entre les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants pour appréhender de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des ménages victimes d?habitat indigne reste très com...
« En marché très tendu, le parc indigne est en partie occupé par des ménages exclus du parc social - qui constituent d?ailleurs, pour cette raison-même, la cible privilégiée des marchands de sommeil », Manifeste SOREQA
« Il reste en effet particulièrement difficile de recourir à des structures d?hébergement d?urgence qui sont le prolongement naturel des interventions en substitution que pourraient pratiquer les autorités compétentes », Contribution Ville de Paris
« Les ADIL apportent au public, à leurs partenaires et aux acteurs du logement leur expertise juridique sur tous les champs de l?habitat : les rapports locatifs, le fonctionnement des copropriétés, l?accompagnement juridique, fiscal et financier aux t...
« Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et veiller à la décence des logements, il est, dans ses dispositions actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les collectivités aux moyens limités. », Contribution Valenciennes Métro...
« Les délais d?instruction du « permis de diviser » sont très courts [?] Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme, atteinte à la santé et à la sécurité des occupants. La mise e...
Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués
LHI_4
3_Rapport final LHI VF sans annexe13oct23
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ic, à leurs partenaires et aux acteurs
du logement leur expertise juridique sur tous les champs de l?habitat :
les rapports locatifs, le fonctionnement des copropriétés,
l?accompagnement juridique, fiscal et financier aux travaux
d?amélioration de l?habitat (travaux de rénovation énergétique,
d?adaptation du logement ou de mises aux normes). [?]
L?accompagnement des occupants, durant les procédures
d'hébergement, le relogement et les travaux, pourrait être amélioré et
clarifié. En effet, les différentes étapes doivent être évoquées en amont
de l?opération et expliquées afin que le ménage soit parfaitement
informé.», Contribution ANIL
44
19. Améliorer la protection des victimes en cas de sinistre d?effondrement
Suite aux effondrements d?immeubles d?habitations survenus en site occupé ces dernières années
dans plusieurs villes de France, impactant tout particulièrement le bâti ancien, il convient très
spécifiquement d?analyser ces phénomènes, de prévoir les mesures nécessaires à la prévention, à
l?information, et au traitement. Nous appelons à une mobilisation nécessaire des assureurs pour
adapter les polices d?assurance aux enjeux d?accompagnement des habitants lors de survenance de
sinistre, avec notamment un minimum de prestations permettant d?assurer la mise en sécurité des
occupants lors de sinistres.
Les visites de terrain sur les sites et villes impactées par ces évènements ont en effet montré la
nécessité de pallier aux fortes insuffisances pour venir en aide aux victimes dans la durée et trouver
notamment des solutions solidaires :
? Sur la création d?un fonds de garantie destiné aux victimes collatérales des immeubles
mitoyens ;
? Sur le renfort des assurances multirisques des immeubles notamment après que
l?immeuble ait été grevé d?un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité ;
? D?une meilleure articulation des délais entre les expertises des assurances, les aides de
l?Anah et la prise des arrêtés.
PROPOSITION 19
Il est proposé d?engager une réflexion pour garantir aux victimes les conditions d?indemnisation en
cas de sinistre.
Ordre : Budgétaire
Quand : 2024/2025
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère des finances (DB), secteur assurantiel
Cible : Propriétaires occupants et locataires
45
20. Faciliter les signalements et le recensement des situations d?habitat indigne
pour garantir une action coordonnée et efficace des pouvoirs publics et des
acteurs privés
Histologe, start-up d?Etat, est un dispositif à conforter sur l?ensemble du territoire national pour
assurer le recensement et le suivi des signalements.
Créé en 2021, Histologe est un service public permettant de faciliter la détection, le signalement,
l?évaluation, l?envoi d?alertes et le suivi des logements pour accélérer la prise en charge du « mal
logement ». A ce jour30 il est déployé dans 52 territoires (répartition des données par territoire en
annexe), 16 807 signalements ont été enregistrés avec un taux de prise en charge de 97,2% et 31% de
taux de clôture des signalements. Près de 4 000 acteurs locaux connectés (communes, DDT(M),
conseils départementaux, EPCI, ?). A ce jour, 1 675 foyers sont sortis du mal logement.
En complémentarité avec Histologe et son déploiement national, il semble nécessaire d?interfacer les
plateformes existantes ou en cours de développement (Axel, Esabora, Orthi, ?) pour les échanges :
? entre les collectivités et l?ARS pour l?instruction des procédures ;
? entre les collectivités et la DGFIP pour la publication des arrêtés ;
? avec les administrés et l?accès au registre des arrêtés ;
? en temps réel avec les notaires sur l?état des procédures sur un immeuble ou un logement ;
? d?informations sur toute la chaîne d?instruction des procédures de LHI à l?ensemble des
membres des PDLHI ;
? permettant le croisement des données sur réquisition du Parquet afin d?identifier les
multipropriétaires indélicats à l?échelle nationale
PROPOSITION 20
Il est proposé d?améliorer les outils numériques permettant un meilleur suivi des situations, du
signalement jusqu?au traitement des arrêtés.
Ordre : Opérationnel
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Collectivités, services déconcentrés de l?État, associations, grand public
30 https://histologe.beta.gouv.fr
46
21. Conforter le permis de louer à articuler avec un contrôle technique global du
logement incluant la décence
Dans la continuité du permis de louer mis en place en 2016, aujourd?hui loin d?être généralisé sur
l?ensemble du territoire national, il pourrait être envisagé la création d?un contrôle technique général
du logement. Les diagnostics techniques actuellement obligatoires ne prennent pas en compte la
notion de décence des logements ce qui complexifie l?information et peut porter à confusion voir
mettre en difficulté les propriétaires et les locataires quant à la conformité ou non du logement.
Un diagnostic unique et complet permettrait notamment d?informer le propriétaire et le locataire de
manière exhaustive de l?état du logement lors de la vente, de la mise en location ou relocation du
logement.
Ce diagnostic permettrait également de faciliter l?instruction des autorisations préalables de mises en
location des logements.
Il aurait également une valeur contradictoire de l?état global du logement et favoriserait l?information
exhaustive apportée au propriétaire avant la mise en location de son logement et de l?acquéreur lors
de la vente.
Un projet de contrôle technique du logement a fait l?objet, le 10 mai 2023, d?une proposition de loi
portant renforcement du contrôle de la décence des logements31 du député Guillaume Vuilletet, visant
« à instituer une mesure préventive instaurant un véritable contrôle technique du logement. L?idée est
de créer un dispositif comparable à ce que prévoit le Code de la route en matière de contrôle technique
du véhicule. Cette proposition de loi entend créer un contrôle technique décennal du logement afin
qu?un bailleur ne puisse plus louer un appartement ne présentant pas les caractéristiques minimales de
décence. Dans le prolongement du permis de louer, ce dispositif vise à responsabiliser le bailleur qui
serait dans l?obligation de consigner les observations effectuées et le diagnostic technique sur une
plateforme du ministère de la Transition écologique. Cette mesure, qui permettra en premier lieu une
consolidation des diagnostics déjà existants, garantira que le local concerné respecte au moins la
définition du décret décence de 2002. ».
PROPOSITION 21
Il est proposé de simplifier et compiler en un seul et unique « contrôle technique du logement »
l?ensemble des diagnostics d?ores et déjà obligatoires, élargi au contrôle de la décence du logement.
31 https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1200_proposition-loi#
47
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires
« Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et
veiller à la décence des logements, il est, dans ses dispositions
actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les collectivités aux moyens
limités. », Contribution Valenciennes Métropole
48
ACCENTUER LES MESURES COERCITIVES
ENVERS LES PROPRIETAIRES INDELICATS
ET LES MARCHANDS DE SOMMEIL
La mise en oeuvre des procédures coercitives relatives à la mise en sécurité et la santé obligent à agir
rapidement pour palier le danger et mettre à l?abri les occupants de logements indignes,
temporairement, le temps de travaux, ou de manière pérenne en cas d?interdiction définitive
d?habiter.
Ces mesures nécessitent d?accompagner les plus fragiles de nos concitoyens en matière de lutte
contre l?habitat indigne, de fluidifier les parcours allant de l?hébergement au relogement,
d?harmoniser les pratiques de terrain et de mobiliser parfois des outils spécifiques, notamment
juridiques.
A l?encontre des propriétaires indélicats, il est proposé de renforcer les actions coercitives pour une
politique de tolérance zéro.
49
22. Doter les inspecteurs de salubrité et agents de police municipale des pouvoirs
d?enquête judiciaire en habitat indigne
Les divers témoignages recueillis appellent à un renforcement des moyens d?enquêtes mobilisés sur
ce contentieux notamment, sur les « Territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat indigne »
(Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Réunion)
pour faciliter les instructions et la coordination des dossiers, là où les volumes d?affaires sont les plus
importants et le besoin en enquêteurs le plus prégnant, difficultés auxquelles s?ajoutent une forte
vacance sur ce type de postes.
L?organisation des services d?enquête seraient également dépendante de la masse d?enquêtes en
cours, pouvant varier d?une année à l?autre, et être plus ou moins constante selon les territoires.
Au-delà du renforcement des moyens des forces de l?ordre, il est proposé de renforcer les pouvoirs
des agents déjà mobilisés sur l?instruction des procédures, afin notamment d?accélérer et faciliter
l?instruction des actes judiciaires les plus simples (audition libre des mises en cause, des victimes, avis
au parquet, rappel à la loi, avis à victime).
Cette mesure devra rester une possibilité pour les collectivités, dans le cadre d?une convention avec
l?État et le Parquet, et en aucun cas se subroger aux obligations et responsabilités de la police.
PROPOSITION 22
Il est proposé de doter les inspecteurs de salubrité assermentés, ou les agents de police municipale
assermentés et habilités, spécialement désignés, des mêmes prérogatives et obligations que celles
attribuées aux officiers de police pour les enquêtes judiciaires en habitat indigne, sur réquisition du
procureur de la République, inscrit dans le cadre du contrat local de sécurité à l?image des pouvoirs
octroyés depuis 2020 aux inspecteurs de l?environnement32.
Ordre : Législatif
Quand : 2024
Qui : Ministère de la Justice
Cible : Collectivités, Parquets
32 Modifié par la Loi n° 2020-1672 du 24 décembre 2020 relative au Parquet européen, à la justice environnementale et à la justice pénale
spécialisée, l?article 28-1 du Code de procédure pénale prévoit que des inspecteurs de l?environnement spécialement désignés disposent,
pour les enquêtes judiciaires qu?ils diligentent sur réquisition du procureur de la République ou sur commission rogatoire du juge
d?instruction, des mêmes prérogatives et obligations que celles attribuées aux officiers de police judiciaire.
50
23. Faciliter la saisie des lots des propriétaires indélicats en impayés et instaurer
un régime de substitution de la collectivité à l?engagement des procédures de
saisie en cas d?inaction du syndic
De nombreux syndicats de copropriété sont souvent confrontés à des difficultés de trésorerie qui ne
leur permettent pas d'assurer le règlement des budgets d?entretien ou de travaux nécessaires sur
l?immeuble. Les copropriétaires défaillants, en violation des dispositions de l'article 10 de la Loi du 10
juillet 1965 régissant la copropriété, s'abstiennent de régler les appels de fond de travaux nécessaires
à la levée des arrêtés de traitement de l?insalubrité ou de mise en sécurité de l?immeuble.
Le syndicat de copropriété, au visa de l'article 18 de la Loi de 1965, a l'obligation de veiller à la
conservation, la garde et l'entretien de l'immeuble, et doit recouvrer amiablement les charges
impayées et, en cas de résistance du copropriétaire débiteur, doit mettre en oeuvre une instance
judiciaire afin d'obtenir une condamnation. Celui-ci après signification, et s'il n'est pas contesté par le
copropriétaire, sera tout d'abord exécuté sur les facultés mobilières de celui-ci (saisie des meubles -
saisie des comptes bancaires - saisie des loyers d'éventuels locataires) ou en ayant recours à la vente
sur saisie immobilière des lots du copropriétaire débiteur, qui ont généré ces impayés sous contrôle
du juge de l?exécution du Tribunal judiciaire. Cette procédure est rarement exécutée car complexe et,
qui plus est, soumise au vote à la majorité des copropriétaires en assemblée générale.
On constate une réelle difficulté au lancement opérationnel des travaux en parties commune du fait
de ces impayés. En effet, il est fréquent que, nonobstant les mesures d?aide et d?accompagnement,
certains copropriétaires bailleurs indélicats ne répondent pas aux appels de fonds de travaux
nécessaires à la réhabilitation de l?immeuble, aux conséquences particulièrement lourdes lorsque ces
travaux sont indispensables à la levée des procédures d?habitat indigne en parties communes. Ces
agissements pénalisent l?ensemble de la copropriété et en premier lieu les occupants de l?immeuble.
Le syndic a alors la possibilité, après plusieurs demandes de paiement restées sans retour, d?émettre
un titre exécutoire (jugement ou document fait par un notaire), et peut charger un commissaire de
justice de saisir le bien immobilier. Ces procédures sont complexes et coûteuses pour la copropriété. Il
est proposé d?en simplifier l?instruction et de permettre aux collectivités de s?y substituer en cas
d?inaction du syndic lorsque que l?immeuble est frappé d?une procédure engageant la responsabilité
de la puissance publique.
Ces mesures ne pourront s?appliquer qu?aux débiteurs présentant les conditions cumulatives
suivantes :
? propriétaires bailleurs ;
? copropriété sous arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité ;
? impayé relatif à la côte part travaux nécessaires notamment à la levée des arrêtés (hors
impayés de charge).
PROPOSITION 23
Il est proposé de faciliter la procédure de saisie des lots et d?engager ces procédures de substitution en
cas d?inaction du syndic.
Ordre : Législatif/Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP), ministère de la justice, ministère de l?intérieur
Bénéficiaires : Acteurs publics
51
24. Renforcer la lutte contre les divisions pavillonnaires illicites en améliorant les
dispositions du « permis de diviser » et en harmonisant les procédures habitat et
droit des sols
Le phénomène de division pavillonnaire non régulé impacte les territoires sous plusieurs aspects : la
mise en location de locaux par nature impropre à l?habitation, des logements plus petits, des ménages
souvent les plus modestes et plus concernés par la sur-occupation que la moyenne, une dégradation
de la qualité du tissu pavillonnaire, l?imperméabilisation des sols, l?impacts sur les réseaux et les
installations électriques, la collecte de déchet, le stationnement ou encore un développement
démographique non maîtrisé.
À titre d?illustration, une étude menée par le cabinet-conseil Espacité, pour le compte de la Seine-
Saint-Denis (Direction Régionale et Interdépartementale de l?Hébergement et du Logement) et
réalisée en partenariat avec le Cerema Nord-Picardie33 démontre que le phénomène atteint plus d'un
quart de l'offre nouvelle d'appartements sur la période 2003-2013 à Neuilly-Plaisance, Montfermeil,
Gagny ou Epinay-sur-Seine, avec 43% de logements sans confort ou avec confort partiel, proportion
qui monte même jusqu'à 38% à Montfermeil.
Les outils d?urbanisme ont été renforcés par la Loi pour l?accès au logement et un urbanisme rénové
(ALUR) du 24 mars 2014 via la possibilité d?imposer des servitudes de taille minimum de logements
crées par division, et l?autorisation préalable à la division.
Le « permis de louer » tout comme les déclarations préalables en matière de droit des sols prévoient
un délai d?instruction d?un mois, ce délai est un minimum pour rendre des décisions éclairées, et
garantir une qualité d?instruction des demandes.
PROPOSITION 24
A ce titre, il est proposé de faciliter la mise en oeuvre du « permis de diviser » par une harmonisation des
délais d?instruction à un mois.
Il s?agira également de permettre une mise en cohérence des documents d?urbanisme et des règles de
décence des logements en interdisant notamment la mise en location des locaux dont la création illicite
est en infraction avec les PLU ou réalisée sans autorisation d?urbanisme (délit).
33 « Division pavillonnaire : enjeux et outils », UD-DRIHL 93, « Espacité », CEREMA, 2019
52
Ordre : Réglementaire
Quand : 2024
Qui : Ministère de la transition écologique (DHUP)
Cible : Propriétaires
« Les délais d?instruction du « permis de diviser » sont très
courts [?] Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se
prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme,
atteinte à la santé et à la sécurité des occupants. La mise en oeuvre du
Permis de diviser sur des secteurs à enjeux développe le phénomène de
colocation et permet aux propriétaires de contourner le dispositif. Le
manque d?encadrement du phénomène de colocation au niveau
national avec notamment des systèmes fiscaux très avantageux pour
les meublés tend à créer de nouvelles problématiques dans la crise du
logement avec des petites surfaces extrêmement chères et
l?accentuation sur des secteurs en difficultés de ménages fragiles. »,
Contribution Valenciennes Métropole
53
CONCLUSION
A travers les auditions et les rencontres effectuées lors de cette mission, nous avons entendu des
descriptions de situations d?habitat indigne dont les causes, les développements et les solutions
étaient distincts d?un territoire à un autre. Dans tous les cas, les acteurs de l?habitat privé et de terrain
ont fait valoir une mobilisation qui se traduit par le recours à tous les outils activables pour résorber
les situations les plus délicates.
Alors que les élus locaux sont invités à repenser la manière de construire la ville de demain dans un
contexte d?urgence écologique et sociale, amplifier la rénovation des logements indignes participe à
remettre sur le marché des logements vacants et à reconstruire, en milieu urbain, la ville sur la ville.
Dans un contexte de crise du logement, la résorption de l?habitat indigne en habitat durable est
primordiale pour poursuivre l?effort de construction sans artificialisation nette des sols, tant au sein
des secteurs en zone tendue que dans les territoires ruraux.
La lutte contre l?habitat indigne et l?effort d?intervention dans l?ancien représentent ainsi une
opportunité d?accélérer la transformation écologique des villes, quelle que soit leur taille.
Cet enjeu est d?autant plus prégnant que le parc des logements identifiés comme « passoires
thermiques » devra également mobiliser d?importants moyens d?ingénierie et financiers pour se
maintenir comme une offre de logements mobilisables, à défaut de venir alourdir le volume de
logements à terme inhabitables.
Nous portons la conviction que les moyens de remédier à l?habitat indigne doivent être facilités, tant
pour les acteurs de l?habitat privé que pour la puissance publique intervenant en dernier recours.
Face à l?ampleur du phénomène et à sa complexité, la lutte contre l?habitat indigne doit, nous semble-
t-il, être retenue comme grande cause nationale. A ce titre, elle devra pouvoir, au-delà du choc de
simplification et du renforcement des outils proposés dans ce rapport, bénéficier de la solidarité
nationale pour renforcer les moyens accordés aux collectivités sur le plan financier et en ingénierie ;
un enjeu partagé par l?ensemble des communes qu?elles soient urbaines ou rurales.
La nécessité impérieuse de renforcer la lutte conte l?habitat indigne a fait consensus auprès de
l?ensemble des acteurs rencontrés. Les propositions équilibrées sont pour la majorité partagées et
soutenues. Plusieurs relèvent d?évolutions législatives que nous appelons à porter très prochainement
auprès de notre représentation nationale.
54
ANNEXES
? Annexe 1 - Lettre de commande
? Annexe 2 ? « Grands témoins » rencontrés
? Annexe 3 - L?habitat indigne : un concept politique et une définition juridique
? Annexe 4 - Contributions écrites des acteurs
- Grand Reims
- Ville de Paris
- Métropole de Metz
- Valenciennes Métropole
- FNAIM/UNIS/SNPI
- Fondation Abbé Pierre
- ANRU
- Association QualiSR
- DIGNEO Foncière logement
? Annexe 5 - Consultation interministérielle du PLNHI de janvier à avril 2023
? Annexe 6 - Journée nationale de lutte contre l?habitat indigne du 3 juillet 2023 à Laval
? Annexe 7 - Fiche bonne pratique Bordeaux
? Annexe 8 - Illustrations SOREQA
? Annexe 9 ? Saint-Denis, résorption d?un îlot d?habitat indigne : cas pratique
? Annexe 10 ? Tableau des acronymes
55
ANNEXE 1 - Lettre de commande
56
57
ANNEXE 2 - Liste des personnes rencontrées
STRUCTURE NOM, PRENOM QUALITE
Ministère du logement VERGRIETE, Patrice Ministre du logement
Ministère du logement et de
la ville
KLEIN, Olivier Ministre du logement et de la ville
Ministère du logement VOISARD, Guillaume Conseiller technique du ministre du
logement
ANAH BROUARD-MASSON,
Jessica
Directrice de l'expertise et des
politiques publiques
ANRU MIALOT, Anne-Claire
Directrice générale
ANRU LE RAI, Hélène Chargée de mission habitat ancien et
copropriété
Assemblée Nationale VUILLETET, Guillaume Député du Val d?Oise
Assemblée Nationale ECHANIZ, Iñaki Député des Pyrénées-Atlantiques
Assemblée Nationale PEU, Stéphane Député de Seine-Saint-Denis
BOUCHE Nancy BOUCHE, Nancy Inspectrice générale de l?équipement honoraire et présidente
honoraire du Pôle national de Lutte contre l?Habitat Indigne
CITIVIA Mulhouse PEREZ, Agnès Directrice générale
Collectif des victimes et
sinistrés de la rue de la
Rousselle à Bordeaux
DROUFFE, Thomas Président
Conseil national de l?ordre des
architectes
LECONTE, Christine Présidente
Conseil régional de l?ordre des
architectes d?Ile-de-France
GANTOIS, Fabien Président
EPFIF BOUVELOT, Gilles Directeur Général
EPFIF CHICOTO, Camille Directrice du centre de ressources
copropriétés
EPFIF BICHET, Benoit Directeur adjoint ORCOD-IN
FNAIM CANTIN, Loïc Président
Fondation Abbé Pierre CONSTANTIN, Eric Directeur Île de France
Fondation Abbé Pierre DERDEK, Noria Chargée d?études
Fondation Abbé Pierre PORTEFAIS, Pauline Chargée d?études
Fondation Abbé Pierre DOMERGUE, Manuel Directeur des études
France Urbaine SANDLER, Johann Conseiller Logement, urbanisme,
Politique de la Ville
InCité Bordeaux BACQUE, Marianne Directrice de l?aménagement
La Fabrique des quartiers Lille BOUGAMONT, Vincent Directeur générale
Ministère de la transition
écologique
DHUP
BRESSON, Laurent Sous-directeur des politiques de
l?habitat, Direction de l?habitat, de
l?urbanisme et des paysages
Quali SR SAFAR, Olivier Président
Quali SR JOSE DE JUAN, Mateo Vice-Président
Quali SR PAPADOPOULOS, Alain Secrétaire Général
SOLIHA LAGANIER, Juliette Directrice Générale
Soreqa Ile de France MAQUOI, Nathalie Présidente
58
Soreqa Île de France FROISSARD, Sylvie Directrice
Soreqa Île de France DE BREM, Valérie Directrice générale
Soreqa Île de France PINCEBOURDE, Pascal Sous-Directeur de l'Action Foncière
SPLA-IN Marseille CARO, Franck Directeur général
Territoires publics Rennes BARCHINO, Mélanie Chef de projet
UNIS DUBRAC, Danielle Présidente
UNIS DELVOLVE, Géraud Délégué général
Ville de Bordeaux HURMIC, Pierre Maire de Bordeaux
Ville de Bordeaux PFEIFFER, Stéphane Adjoint au Maire de Bordeaux, en
charge du service public de l?habitat, de
l?urbanisme résilient et de l?ESS
Conseiller métropolitain à l?innovation
sociale dans l?habitat
Ville de Bordeaux LATRILLE, Philippe Directeur de la prévention et de la
protection des populations Bordeaux
Métropole
Ville de Bordeaux LEON-GAUTIER, Karine Directrice de l?habitat et de la politique
de la ville Bordeaux Métropole
Ville de Bordeaux SCHOUARTZ, Eve Responsable de service Sécurité
bâtimentaire Direction de la Prévention
et de la Protection des populations
Ville de Bordeaux LESCURE, Sophie Responsable service « Une Seule
Santé » Direction de la prévention et de
la protection des populations Bordeaux
Métropole
Ville de Bordeaux COUPAT, Karine Responsable du service Amélioration
Durable de l?Habitat Privé Direction de
l?Habitat et de la Politique de la Ville
Ville de Bordeaux PEDEMAY, Pauline Responsable du Centre Instruction des
Périls et Habitat Insalubre - Service
Sécurité Bâtimentaire
Direction de la Prévention et de la
Protection des Populations
Ville de Bordeaux KAYSER, Sylvie
Chef de projet Parc privé- Service
Amélioration Durable de l'Habitat Privé
Direction de l'Habitat et de la Politique
de la ville
Brest Métropole PEINTURIER, Cédric Directeur de l?Habitat
Ville de Marseille HOUDMON, Florent Directeur du logement et de la lutte
contre l?habitat indigne
Metz Métropole GROSDIDIER, François Président de Metz Métropole, Maire de
Metz
Metz Métropole MICHEL, Bénédicte Directrice de l?habitat et du logement
Ville de Mulhouse COUCHOT, Alain 1er adjoint au maire
Ville de Paris GUILLEMOT, Blanche Directrice du Logement et de l?Habitat
Ville de Paris VEYRIE, Alice Sous-directrice de l?habitat
Ville de Paris REINETTE, Jenna Sous-directrice de la politique du
logement
Ville de Paris ROBERT, Marion Adjointe au service logement
Ville de Paris LOUBET, Sabine Directrice du STH
59
EPT Plaine Commune LECOMTE, Axel Directeur de l?Habitat
EPT Plaine Commune JANNEL, Natacha Responsable du service amélioration de
l?habitat et LHI
Ville de Saint-Denis BONTINCK, Katy 1ère adjointe au Maire
Ville de Saint-Denis PERRETTE, Jeremy Responsable du SCHS
Personnes consultées par le PNLHI en interministériel de janvier à juin 2023
DGALN et la DHUP :
Les sous-directions, les bureaux et leurs équipes: Laurent Bresson, Emmanuel Rousselot, Antoine
Caron, Luc-André Jaxel-Truer, Jean-Baptiste Butlen, Vincent Montrieux, Anne-Lorraine Lattraye ;
PNLHI : Chantal Mattiussi, Susanne Kulig, Clarisse Jouan ;
DGCL : Constance André, Driss Jawad, Emilie Machard ;
DGS : Didier Ollandini, Thomas Cartier, Jean Meister, Joëlle Carmes ;
DIHAL : Céline Cassourret, Manuel Hennin ;
DGOM : Sabine Montout; Catherine Maujaret-Ndiaye ;
DACG : Louise Neyton, Elodie Benaiem ;
Anah: Jessica Brouard Masson, Sébastien Wagner ;
ANRU : Hélène Le Rai, Kim Chiusano, Véronique Tirant.
60
ANNEXE 3 - L?habitat indigne : un concept politique et une
définition juridique
Constitue un habitat indigne « toute situation d?habitat portant atteinte et contraire à la dignité
humaine ».
Article L. 225-14 du code pénal, loi n° 2003-239 pour la sécurité intérieure du 18 mars 2003 :
« Constituent un habitat indigne les locaux ou installations utilisés aux fins d'habitation et impropres
par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l'état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont
situés, expose les occupants à des risques manifestes pouvant porter atteinte à leur sécurité physique
ou à leur santé. »
Article 84 de la loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l?exclusion du 25 mars 2009 :
« La police de la sécurité et de la salubrité des immeubles, locaux et installations a pour objet de
protéger la sécurité et la santé des personnes [occupants et tiers] en remédiant aux situations / Article
L.511-2 du CCH depuis le 1 janvier 2021. »
Les objectifs de la lutte contre l?habitat indigne
? Protéger les occupants, les tiers, les usagers, ? ;
? Supprimer le risque pour la santé et la sécurité ;
? Résorber le parc de l?habitat indigne et le stock des procédures: encourager le recours aux travaux
d?office et la réalisation des opérations jusqu?à leur terme ;
? Requalifier les logements, les immeubles, les îlots, les quartiers.
De nombreuses circulaires et instructions visent à dynamiser la coordination de l?action publique et le
travail intégré en mode projet.
La compétence de lutte contre l?habitat indigne est une politique éminemment partenariale qui
nécessite une grande coordination et la recherche de synergie entre tous les partenaires.
La circulaire du 20 juin 2013 relative aux modalités d?application de la loi du 23 juin 2011 portant
dispositions particulières relatives aux quartiers d?habitat informel et à la LHI dans les départements et
régions d?outre-mer.
L?Instruction du 31 mars 2014 relative au traitement de l?habitat indigne dans les départements et
régions d?outremer.
La circulaire de la Dihal 2015 sur le déploiement et le management des PDLHI.
L?Instruction du gouvernement de 2017 relative à la désignation d?un sous-préfet référent LHI.
La circulaire du 08 février 2019 relative au renforcement et à la coordination de la LHI, notamment
l?action administrative et pénale, entre le magistrat référent désigné au sein des parquets et les PDLHI:
incitation à mettre en place des groupes locaux de traitement de la délinquance GLTD LHI pour lutter
contre les marchands de sommeil (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes Maritimes
et Bouches-du-Rhône).
La note du 23 juillet 2019 relative à l?astreinte administrative en polices spéciales LHI.
L?arsenal législatif et réglementaire s?il est complexe a été récemment simplifié.
Le renforcement de l'action publique sur l?habitat indigne est progressif depuis 20 ans: l?ensemble des
textes, procédures, outils et financements ont été profondément remodelés pour faire gagner en
efficacité et simplifier l?action publique en matière de lutte contre l'habitat indigne.
61
La Loi dite « Vivien » n° 70-612 du 10 juillet 1970 tendant à faciliter la suppression de l'habitat insalubre
est la première d?une longue série. Elle prévoit une expropriation particulière dérogatoire à la
procédure de droit commun et dont les dispositions ont été codifiées dans le code de l?expropriation
pour cause d?utilité publique : principalement les articles L. 511-1 à L. 511-9 et R. 511-1 à R. 511-3, ces
dispositions ont été modifiées en dernier lieu par l?ordonnance n° 2020-1144 du 16 septembre 2020
relative à l?harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations. A
côté de cette procédure dérogatoire au droit commun, existe également deux autres procédures
exceptionnelles :
? L?expropriation des immeubles en état manifeste d?abandon (articles L. 2243-1 et suivants du
CGCT) ;
? L?expropriation des immeubles en copropriété dont l?état de carence a été constaté par
ordonnance du TGI (articles L. 615-6 et suivants du CCH).
Tous ces régimes ne sont dérogatoires qu?en ce qui concerne la phase administrative, la phase
judiciaire étant régie par les dispositions de droit commun du code de l?expropriation.
La situation relative à l?habitat indigne en Outre-mer fait l?objet de mesures spécifiques
complémentaires du droit commun : la Loi n° 2011-725 du 23 juin 2011 portant dispositions
particulières relatives aux quartiers d?habitat informel et à la LHI dans les départements et régions
d?outre-mer complétée par la Loi n° 2015-1268 du 14 octobre 2015 d?actualisation du droit des Outre-
mer dite Loi ADOM.
La loi sur les rapports locatifs 6 juillet 1989, précise les relations entre propriétaires et locataires,
notamment sur les obligations réciproques.
La loi du 31 mai 1990 dite Loi Besson qui garantie le droit au logement, précise par ailleurs que :
« constituent un habitat indigne les locaux ou les installations utilisés aux fins d?habitation et impropres
par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont
situés, expose les occupants à des risques manifestes, pouvant porter atteinte à leur sécurité physique
ou à leur santé ».
La loi d?orientation relative à la lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998 - indique les publics
prioritaires et les situations de mal logement, dont fait partie l?habitat indigne.
La loi no 2000-1208 relative à la solidarité et renouvellement urbains (SRU) du 13 décembre 2000 et son
décret 30 janvier 2002 : Le décret décence du précise les caractéristiques d?un logement décent,
notion de référence portant normes minimales pour mettre à disposition d?un tiers un logement
locatif.
la loi no 2003-710 du 1er août 2003 d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation
urbaine qui prévoit de nouveaux moyens d'intervention dans les immeubles collectifs à usage
d'habitation et les copropriétés en difficulté complétée par la loi no 2006-872 du 13 juillet 2006
portant engagement national pour le logement qui a ratifié l'ordonnance no 2005-1566 du 15 décembre
2005 relative à la lutte contre l'habitat insalubre ou dangereux vise notamment à simplifier et
harmoniser les différents régimes de police administrative en matière de lutte contre l'habitat indigne
afin de préciser les responsabilités respectives de l'État, des collectivités locales et de leurs
groupements.
La loi du 24 mars 2014 relative à l?accès au logement et à un urbanisme rénové (ALUR) et la loi du 23
novembre 2018 portant évolution du logement de l?aménagement et du numérique (Elan) ont créé de
nouveaux dispositifs pour empêcher la mise en location de logements indignes avec un durcissement
des sanctions.
Le dispositif administratif est également complété par un plan de lutte contre les marchands de sommeil
et le renforcement des sanctions de la loi Elan. Suite à la condamnation comme marchand de sommeil,
la durée d'interdiction d'achat d'un bien immobilier à usage d'habitation est portée obligatoirement à
62
10 ans ; Les confiscations de biens deviennent obligatoires dans le cadre d'une telle condamnation.
L?Introduction de la présomption de revenus est effective pour la personne condamnée, permettant
d'inverser la charge de la preuve au profit de l'administration fiscale et de présumer que le
propriétaire indélicat condamné a perçu un revenu imposable égal à la valeur vénale des biens mis à
disposition. L?obligation pour les syndics des copropriétés et pour les agents immobiliers de déclarer
au procureur de la République toute activité suspecte pouvant se rapporter à des marchands de
sommeil au sein de la copropriété est actée. L?interdiction d'enchérir lors d'une vente par adjudication
pour une personne condamnée à une interdiction d'acheter un bien est introduite.
L?ordonnance du 16 Septembre 2020 n° 2020-1144 relative à l?harmonisation et la simplification des
polices, immeubles, locaux et installations et le décret n° 2020-1711 du 24 décembre 2020 relatif à
l?harmonisation et à la simplification des polices des immeubles, locaux et installations ont permis de
gagner en efficacité avec trois objectifs:
? Harmoniser et simplifier les polices administratives de la LHI ;
? Favoriser l?organisation au niveau intercommunal des outils et moyens de lutte contre l?habitat
indigne ;
? Répondre plus efficacement aux situations d?urgence.
Le mode d?action se trouve simplifié :
Les procédures administratives ont été simplifiées, unifiées puisque l?on passe de plus d?une douzaine
de procédure avant la réforme à une seule procédure, la police mentionnée à l?article L. 511-1 a pour
objet de protéger la sécurité et la santé des personnes en remédiant aux situations exposées à l?article
L. 511-2. du CCH, qui représentent 4 faits générateurs :
« 1° Les risques présentés par les murs, bâtiments ou édifices quelconques qui n?offrent pas les
garanties de solidité nécessaires au maintien de la sécurité des occupants et des tiers.
« 2° Le fonctionnement défectueux ou le défaut d?entretien des équipements communs d?un
immeuble collectif à usage principal d?habitation, lorsqu?il est de nature à créer des risques sérieux
pour la sécurité des occupants ou des tiers ou à compromettre gravement leurs conditions
d?habitation ou d?utilisation ;
« 3° L?entreposage, dans un local attenant ou compris dans un immeuble collectif à usage principal
d'habitation, de matières explosives ou inflammables, lorsqu?il est en infraction avec les règles de
sécurité applicables ou de nature à créer des risques sérieux pour la sécurité des occupants ou des
tiers.
« 4° L?insalubrité, telle qu?elle est définie aux articles L. 1331-22 et L. 1331-23 du code de la santé
publique.
Une procédure commune existe désormais pour l?ensemble des polices de lutte contre l?habitat
indigne (sauf exception) figurant dans un seul code : le CCH.
Une responsabilité est clairement définie entre le maire (le président d?EPCI le cas échéant) et le
préfet.
Les délais d?intervention sont réduits.
Les polices administratives de la lutte contre l?habitat Indigne ont donc fait l?objet de profondes
évolutions depuis leur entrée en vigueur au 1er janvier 2021, leur objectif visant à simplifier l?action
publique et il convient aujourd?hui de les stabiliser pour estimer leur efficience dans le temps.
A contrario, la Loi Vivien, levier central de la capacité d?agir sur les territoires, n?a pas fait l?objet
d?évolution conséquente depuis sa création et mérite un réexamen attentif.
63
ANNEXE 4 - Contributions écrites
Saint-Denis et Plaine Commune portent les ambitions de la ville durable et résiliente pour tous, à
travers la mise en oeuvre d?une stratégie urbaine d?amplification de la lutte contre l?habitat indigne,
pour un habitat privé renouvelé.
64
Néanmoins, les moyens opérationnels et financiers mis en oeuvre par les collectivités ne suffisent plus à
garantir une action publique lisible et efficiente : difficultés de l?intervention foncière, contraintes
juridiques, précarité croissante des ménages, tension du marché immobilier en première ligne. Il s?agit
d?optimiser l?intervention des collectivités ces 5 prochaines années pour enclencher un inversement
significatif de la dynamique de dégradation du parc privé, et déployer les effets leviers de la
mobilisation de l?ensemble des parties prenantes du projet, publics et privés.
Au croisement des réflexions autour de la transition écologique et énergétique du conseil national de la
refondation, et des réalités de terrains nourries par plus de 20 ans d?intervention sur l?habitat privé,
nous portons avec conviction 15 propositions d?actions opérationnelles autour des 3 objectifs
prioritaires :
Renforcer le pouvoir d?agir de la puissance publique, en renforçant les outils d?intervention sur le
foncier, premier jalon pour garantir la construction de logements décents et abordables. A ce titre,
nous appelons à la création d?un régime d?expropriation fort et efficace contre les propriétaires
indélicats, pour que les locataires ne soient plus jamais pris en otage de logiques marchandes au
détriment de leur santé, de leur sécurité, et de leur dignité.
Amplifier les moyens déployés pour accompagner les habitants, quel que soit leur statut ; dans chaque
situation de logement indigne, car ils sont au coeur de nos priorités. Cela doit se traduire par un
renforcement des outils règlementaires, juridiques et en ingénierie, pour soutenir et responsabiliser les
copropriétaires, premiers acteurs de la transition écologique et énergétique aux côtés de la puissance
publique.
Renforcer les actions coercitives à l?encontre des marchands de sommeil avec qui il devient urgent
d?inverser le rapport de force : la peur doit changer de camp. Il s?agit de porter et de mettre en oeuvre
une politique de tolérance zéro à l?encontre des propriétaires indélicats en facilitant et en renforçant
les outils coercitifs, au droit des collectivités.
Parce que le logement n?est pas un bien comme les autres et que la résorption de l?habitat indigne doit
permettre de répondre aux enjeux de sobriété énergétique de la ville durable, la puissance publique
doit pouvoir agir pour protéger et accompagner les habitants. Nous invitons les acteurs du logement à
se mobiliser à nos côtés pour traduire les ambitions que nous portons par des actes.
RENFORCER LE POUVOIR D?AGIR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
5 Propositions pour donner des moyens accrus à la puissance publique pour
traiter durablement l?habitat indigne
1. Clarifier et rationaliser les critères d?application du régime d?expropriations prévues par la loi
dite « Vivien », trop complexe à mettre en oeuvre dans la réalité. Au regard des jurisprudences
récentes, une redéfinition des modalités d?application de ce type d?expropriation est
nécessaire pour sécuriser l?action publique sur les immeubles les plus dégradés et dangereux.
Il s?agit plus largement d?ouvrir un débat fondamental afin de redéfinir des limites du droit
65
constitutionnel à la propriété au regard des enjeux de sécurité publique dont les Maires ont la
première responsabilité.
2. Créer un régime d?expropriation publique qui reconnaît l?utilité publique des projets
d?acquisition d?immeubles insalubres ou dangereux. La lutte contre l?habitat indigne n?est
aujourd?hui pas reconnu comme motif légitime d?intervention foncière, il s?agit de rétablir
l?utilité publique fondamentale des projets d?intervention foncière sur l?habitat privé dégradé :
condition essentielle à la conduite des projets de renouvellement urbain des quartiers
dégradé et à la construction de la ville durable.
3. Créer un Juge de l?expropriation « référent Habitat Indigne » au sein de chaque tribunal
judiciaire et cour d?appel afin de fluidifier et faciliter les procédures d?expropriation
d?immeubles insalubres ou dangereux.
4. Redéfinir le financement des opérations d?acquisition amélioration d?immeubles insalubres ou
dangereux, en harmonisant les financements d?opérations de recyclage foncier au droit de la
qualité des projets face aux enjeux de la transition écologique, à contrario des logiques
procédures aujourd?hui en vigueur.
5. Créer un opérateur public régional ou métropolitain de portage foncier pour l?acquisition par
la puissance publique des immeubles ou logements insalubres ou dangereux sur le modèle de
opérateurs aujourd?hui déployés par les collectivités (ingénierie, élaboration de micro-projets
urbains, portage foncier, relogement, réhabilitation, démolition notamment.
ACCOMPAGNER LES HABITANTS EN PRIORITE EN FACILITANT LA RENOVATION
DES COPROPRIETES
5 propositions pour renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des
syndics et architectes de copropriété, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation, acteurs indispensables à la réhabilitation du parc privé.
1. Créer un opérateur départemental parapublic « syndic de redressement d?intérêt général »,
en lieu et place des administrateurs judiciaires et simplifier les procédures de recouvrement
forcé et de saisie à l?encontre des bailleurs en impayés.
2. Renforcer le rôle de l?architecte de copropriété, en charge de réaliser les diagnostics des
bâtiments signalés par les pouvoirs publics, et un accompagnement technique global de la
copropriété jusqu?à la réalisation des travaux
66
3. Créer un organisme parapublic de prêt à destination des copropriétaires engagés dans la
réhabilitation lourde d?une copropriété sous arrêté d?insalubrité ou de péril. En particulier,
renforcer l?accompagnement des propriétaires occupants en difficulté (conseil, financement,
gestion de patrimoine).
4. Intervenir sur la fiscalité : élargir les dispositifs d?exonérations fiscales aux travaux de
réhabilitation dans l?ancien « Denormandie dans l?ancien » sur les territoires de concentration
d?habitat indigne et exonérer de TVA les entreprises mandatées dans le cadre de travaux de
sortie d?insalubrité ou de péril
5. Bonifier les financements publics pour les travaux intégrant une qualité
environnementale/résilience ou patrimoniale et exonérer des normes de construction neuve
les opérations de réhabilitation lourdes d?immeubles sous arrêtés d?insalubrité ou de péril.
RENFORCER LES ACTIONS COERCITIVES A L?ENCONTRE DES MARCHANDS DE
SOMMEIL.
5 propositions pour une politique de tolérance zéro à l?encontre des
propriétaires indélicats
1. Faciliter et renforcer la saisie/confiscation des lots des copropriétaires indélicats au sein des
copropriétés fragiles, au droit des collectivités.
2. Renforcer l?ingénierie dédiée à l?habitat privé au sein des services déconcentrés de l?Etat, des
SCHS, et des services d?enquête judiciaire, pour accélérer l?instruction des procédures
administratives et pénales, et renforcer les opérations de contrôle et de prévention. Financer
l?ingénierie déployée au sein des collectivités ayant mis en oeuvre une stratégie locale de lutte
contre l?habitat indigne.
3. Instaurer un « permis d?acquérir », formation obligatoire pour tout primo-bailleur
4. Elargir le « permis de louer » aux locations saisonnières
5. Rendre le diagnostic structurel obligatoire dans tous les quartiers de concentration d?habitat
indigne en prévention
67
Nous appelons également à une optimisation des outils existants qu?il est nécessaire de confronter
aux besoins réels des territoires, cela concerne notamment :
- Le fond d?aide au relogement d?urgence : en prolongeant la durée de prise en charge à la durée
moyenne d?hébergement de chaque territoire au regard des délais moyens de relogement, pour
permettre aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats.
- Le dispositif « territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat indigne » : en incluant les travaux
de mise en sécurité urgente, premier poste d?intervention des collectivités.
- Le financement de l?accompagnement socio-juridique des ménages en situation de mal-logement :
en assurant un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement pour que chaque ménage
engagé dans une procédure d?habitat indigne puisse bénéficier des moyens de faire valoir ses droits.
Nous appelons en définitive à une mobilisation de l?ensemble des services et des partenaires
institutionnels et associatifs, mobilisés autour d?objectifs et d?actions pour améliorer durablement
l?habitat dans nos territoires et reconstruire la ville de demain. Il s?agit d?apporter une meilleure
lisibilité de l?action publique, à travers une mise en cohérence des nombreuses actions aujourd?hui
engagées et portées par les collectivités et l?Etat, et pourra compter sur la richesse de nos partenariats
et sur le travail collectif mené avec les différents acteurs du logement tant sur le plan stratégique et
technique que social de la prévention de la dégradation de l?état du mal-logement, de la lutte contre
l?habitat privé dégradé, et de préservation de la qualité patrimoniale du bâti existant qui fonde la
richesse de nos territoires.
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Réseau de villes contre l?habitat indigne ? Appel à mobilisation
Depuis 40 ans en France, la crise du logement fait rage. Et dans son sillage, l?habitat indigne
bafoue la dignité, la santé et la sécurité de leurs occupants. Années après années, les chiffres de
l?habitat indigne demeurent alarmants, publiés ce 1er février par la Fondation Abbé Pierre dans son
rapport annuel. Aujourd?hui, 4 millions de personnes sont mal logées, vivant chez des proches, à l?hôtel,
dehors ou dans une pièce surpeuplée. Ce sont 450 000 logements occupés considérés comme indignes,
qui ne peuvent garantir un foyer sécurisé. Et des dizaines de milliers d?autres vacants, murés qui
défigurent nos centres villes anciens et sont insupportables pour nos concitoyens en attente d?un
logement abordable. Alors que la crise sanitaire a mis en exergue l?importance de bonnes conditions de
logement, le « monde d?après » promet avant tout de profondes fractures sociétales si rien ne change.
Sur tout le territoire français pourtant, le droit au logement est un élément constitutif de notre
pacte républicain. Il garantit la cohésion sociale, favorise l?égalité des droits, est indispensable pour
étudier, travailler, prendre soin des autres et de soi-même. Il est donc nécessaire de faire de la lutte
contre l?habitat indigne dans nos territoires une priorité, et de lui donner la visibilité qu?elle mérite.
Les villes et agglomérations n?ignorent rien de ces enjeux, qui sont au coeur de leurs actions
locales. Aujourd?hui, les maires accompagnent, sécurisent, relogent, rebâtissent ou réhabilitent, et
exploitent tous les outils en leur possession pour résoudre ces situations. Malheureusement, les
moyens et les outils proposés par l?État ne suffisent pas toujours à protéger les Français mal-logés. Trop
nombreux sont les freins législatifs et juridiques qui contraignent l?action publique des acteurs locaux.
La complexité et la lenteur des procédures, les copropriétés dégradées, la division pavillonnaire, les
difficultés d?intervention foncières et de lutte contre les marchands de sommeil sont autant de
difficultés auxquelles il est nécessaire de répondre. C?est une situation que nous ne pouvons pas tolérer
plus longtemps, et c?est ensemble qu?il nous faut trouver les solutions à ce fléau.
Le réseau de villes contre l?habitat indigne, lancé à l?initiative de Marseille et de Saint-Denis en
novembre dernier s?engage à réunir petites et grandes villes afin de se constituer en un porte-voix
efficace pour faire surgir de nouvelles propositions dans le débat national. Il s?agira de doter les villes de
moyens à la mesure de l?urgence, et de les replacer au premier rang d?une politique prioritaire. Pour
réformer les dispositifs actuels, les réalités de l?ensemble du territoire doivent être prises en compte.
Fort de toutes ces raisons, le réseau des villes contre l?habitat indigne appelle les villes de tout horizon
touchées par ce fléau à se mobiliser au nom de cette urgence et à rejoindre ce projet national.
Mathieu HANOTIN Benoit PAYAN
Maire de Saint-Denis Maire de Marseille
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RENFORCER LE POUVOIR D?AGIR DE LA PUISSANCE PUBLIQUE
6 Propositions pour donner des moyens accrus à la puissance publique pour
traiter durablement l?habitat indigne
1. Clarifier et rationaliser les critères d?application du régime d?expropriations prévues par la loi
dite « Vivien », trop complexe à mettre en oeuvre dans la réalité. Au regard des jurisprudences
récentes, une redéfinition des modalités d?application de ce type d?expropriation, aujourd?hui
fondée sur un comparatif complexe et contesté, est nécessaire pour sécuriser l?action
publique sur les immeubles les plus dégradés et dangereux. Il s?agit plus largement d?ouvrir un
débat fondamental afin de redéfinir des limites du droit constitutionnel à la propriété au
regard des enjeux de sécurité publique dont les Maires ont la première responsabilité.
2. Créer un régime d?expropriation publique qui reconnaît l?utilité publique des projets
d?acquisition d?immeubles insalubres ou dangereux. La lutte contre l?habitat indigne n?est
aujourd?hui pas reconnu comme motif légitime d?intervention foncière, il est donc nécessaire
d?instaurer un régime d?expropriation pour cause d?utilité publique de LHI est essentiel et
nous insistons ici sur l?importance d?instaurer un régime de DUP LHI sur les biens frappés d?un
arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l?insalubrité remédiable, en amont des projets
d?aménagement et avec acquisition en valeur vénale, et sans enquête publique préalable. Il
s?agit de rétablir l?utilité publique fondamentale des projets d?intervention foncière sur
l?habitat privé dégradé : condition essentielle à la conduite des projets de renouvellement
urbain des quartiers dégradé et à la construction de la ville durable.
3. Créer un Juge de l?expropriation « référent Habitat Indigne » au sein de chaque tribunal
judiciaire et cour d?appel afin de fluidifier et faciliter les procédures d?expropriation
d?immeubles insalubres ou dangereux.
4. Redéfinir le financement RHI-THIRORI des opérations de recyclage foncier d?immeubles
insalubres ou dangereux, en harmonisant les financements d?opérations de recyclage
d?immeubles insalubres ou dangereux à hauteur de 80% du déficit foncier, pour valoriser la
qualité des projets face aux enjeux de la transition écologique, à contrario des logiques
procédures aujourd?hui en vigueur.
5. Renforcer la mission des opérateurs public régionaux ou métropolitain de portage foncier
pour l?acquisition par la puissance publique des immeubles ou logements insalubres ou
dangereux sur le modèle des opérateurs aujourd?hui déployés par les collectivités (SPLA-IN,
ingénierie, élaboration de micro-projets urbains, portage foncier, relogement, réhabilitation,
démolition notamment.)
6. Pérenniser et renforcer le dispositif « territoires d?accélération de la lutte contre l?habitat
indigne » : en incluant l?ensemble des dépenses liées à la réalisation des travaux les travaux, et
élargir l?éligibilité aux travaux de mise en sécurité urgente, premier poste d?intervention des
collectivités.
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ACCOMPAGNER LES HABITANTS EN PRIORITÉ EN FACILITANT LA RÉNOVATION
DES COPROPRIÉTÉS
6 propositions pour renforcer les moyens d?agir des copropriétaires, des
syndics et architectes de copropriété, ainsi que des entreprises de travaux de
réhabilitation, acteurs indispensables à la réhabilitation du parc privé.
1. Créer un opérateur départemental parapublic « syndic de redressement d?intérêt général »
pour les copropriétés les plus en difficultés dans les secteurs avec des enjeux forts de
renouvellement urbain, en lien avec les expérimentations en cours.
2. Reconnaître le statut de syndics de redressement et leur permettre d?assurer en priorité les
missions d?administrateurs provisoires en cas de carence de la copropriété à réaliser les
mesures prescrite par une procédure LHI, et établir un contrôle annuel des cartes
professionnelles et exclure de l?exercice les syndics défaillants.
3. Simplifier et renforcer les procédures de recouvrement forcé et de saisie à l?encontre des
bailleurs en impayés.
4. Créer un organisme parapublic de prêt à destination des copropriétaires engagés dans la
réhabilitation lourde d?une copropriété sous arrêté d?insalubrité ou de péril. En particulier,
renforcer l?accompagnement des propriétaires occupants en difficulté (conseil, financement,
gestion de patrimoine).
5. Intervenir sur la fiscalité : élargir les dispositifs d?exonérations fiscales aux travaux de
réhabilitation dans l?ancien sur les territoires de concentration d?habitat indigne et exonérer
de TVA les entreprises mandatées dans le cadre de travaux de sortie d?insalubrité ou de
péril ou de travaux réalisés par des propriétaire occupants fragiles.
6. Bonifier les financements publics pour les travaux intégrant une qualité
environnementale/résilience ou patrimoniale et adapter les normes de construction neuve
aux opérations de réhabilitation lourdes d?immeubles sous arrêtés d?insalubrité ou de péril.
Améliorer également les financements pour la création de logements sociaux ou BRS en
acquisition-amélioration avec notamment la restauration d?une subvention pour les travaux
d?intérêts architecturaux (Ex TIA) mais aussi pour les gains environnementaux de l?opération.
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RENFORCER LES ACTIONS COERCITIVES A L?ENCONTRE DES MARCHANDS DE
SOMMEIL.
8 propositions pour une politique de tolérance zéro à l?encontre des
propriétaires indélicats
1. Faciliter et renforcer la saisie/confiscation des lots des copropriétaires indélicats au sein des
copropriétés fragiles.
2. Instaurer une mesure de rétrocession des biens confisqués aux collectivités en cas de projet
d?utilité sociale ou d?intérêt général et avec la création obligatoire de logements sociaux en
PLAI pour une longue durée dans les territoires déficitaires au titre de la SRU.
3. Élargir le « permis de louer » aux locations saisonnières (résidences principales, logements
locatifs nus ou meublés ainsi que les meublés touristiques/locations saisonnières) ainsi que la
réglementation relative aux étiquettes énergétiques et aux normes de décence.
4. Mettre en place un contrôle technique du logement, en lien avec les notions de décence et
d?insalubrité.
5. Instaurer la substitution à la réalisation des travaux d?office dans les logements non-
conformes au RSD, afin notamment d?éviter qu?en cas de travaux réalisés en parties
communes, la réintégration des ménages après une main levée se fasse dans des logements
privatifs encore très dégradés bien que ne posant plus strictement de problématiques de
sécurité ou de salubrité.
6. Rendre le diagnostic structurel obligatoire incluant les équipements communs dans tous les
quartiers de concentration d?habitat indigne en prévention et prévoir des sanctions
dissuasives en cas de non réalisation.
7. Clarifier et renforcer le rôle des notaires dans l?information et la sensibilisation des primo-
accédant à connaître leurs droits et obligations.
8. Rendre obligatoire le recours à un architecte et bureau d?étude dans le cadre de travaux de
mise en sécurité des bâtiments sous arrêtés de mise en sécurité et création d?un organisme
de certification en lien avec le plan de travaux pluriannuel de la copropriété, le tout contenu
dans le répertoire des copropriétés et éventuellement avec un système de bonus-malus par
l?assurance de la copropriété en fonction de ces éléments et du contenu.
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Nous appelons également à une optimisation des outils existants qu?il est nécessaire de confronter
aux besoins réels des territoires, cela concerne notamment :
- Le renforcement l?ingénierie dédiée à l?habitat privé au sein des services déconcentrés de l?Etat, des
SCHS, et des services d?enquête judiciaire, pour accélérer l?instruction des procédures administratives
et pénales, et renforcer les opérations de contrôle et de prévention.
- Le financement de l?ingénierie déployée au sein des collectivités ayant mis en oeuvre une stratégie
locale de lutte contre l?habitat indigne.
- L?obligation de participation des MDS, CAF et MSA dans l?accompagnement social avec une offre de
service dédiée sous l?égide de l?État (PDLHI) mais aussi juridique grâces aux ADIL et un
accompagnement en justice via des associations subventionnées à ce titre y compris dans les
situations de non décence et/ou manquements au RSD pour obtenir des dommages et intérêts.
- Le fond d?aide au relogement d?urgence : en prolongeant la durée de prise en charge à la durée
moyenne d?hébergement de chaque territoire au regard des délais moyens de relogement, pour
permettre aux collectivités de systématiser et améliorer la qualité d?hébergement dans le cadre
d?évacuation d?immeubles insalubres ou dangereux aux frais des propriétaires indélicats.
- Le financement de l?accompagnement socio-juridique des ménages en situation de mal-logement :
en assurant un financement ad-hoc des dispositifs déployés localement pour que chaque ménage
engagé dans une procédure d?habitat indigne puisse bénéficier des moyens de faire valoir ses droits.
- La clarification et la simplification des modalités d?évaluation environnementale en secteur de
renouvellement urbain : les derniers textes en la matière sont complexes opérationnellement et
augmentent sensiblement les risques de contentieux pouvant annuler les autorisations
administratives voir peuvent stériliser l?action opérationnelle notamment en quartiers anciens
dégradés. Il pourrait, entre autres mesures, être pertinent de préciser le contenu de ces évaluations
dans les contextes urbains constitués et revoir les seuils de déclenchement.
-La simplification des modalités de publication des arrêtés LHI auprès des services de la publicité
foncière pour améliorer l'information des acquéreurs successifs et simplifier les demandes par les
collectivités
Nous appelons en définitive à une mobilisation de l?ensemble des services et des partenaires
institutionnels et associatifs, mobilisés autour d?objectifs et d?actions pour améliorer durablement
l?habitat dans nos territoires et reconstruire la ville de demain. Il s?agit d?apporter une meilleure
lisibilité de l?action publique, à travers une mise en cohérence des nombreuses actions aujourd?hui
engagées et portées par les collectivités et l?Etat, et pourra compter sur la richesse de nos partenariats
et sur le travail collectif mené avec les différents acteurs du logement tant sur le plan stratégique et
technique que social de la prévention de la dégradation de l?état du mal-logement, de la lutte contre
l?habitat privé dégradé, et de préservation de la qualité patrimoniale du bâti existant qui fonde la
richesse de nos territoires.
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Eurométropole de Metz / Direction de l?Habitat et du Logement / Bénédicte
MICHEL
Ville de Metz / Service Hygiène et Prévention des risques / Gauthier
NEUMANN
Metz, le 18/09/23
CONTRIBUTION COMMUNE DE L?EUROMETROPOLE DE METZ et DE LA VILLE DE METZ
SUR LA LUTTE CONTRE L?HABITAT INDIGNE
Préambule :
Près de 450 000 logements sont considérés indignes en France, selon les données fiscales.
Il s?agit de logements exposant leurs occupants à des risques dus à une dégradation forte du bâti.
L?habitat indigne comprend :
- Les logements insalubres, qui présentent un risque pour la santé (intoxication, saturnisme,
moisissures, électrocution?) d?une part,
- Les logements présentant un risque pour la sécurité des habitants (stabilité et solidité du
bâti) pouvant être concernés par une procédure de péril.
Plusieurs outils existent et peuvent être mobilisés par les collectivités selon leur compétence.
Toutefois, cette mobilisation fait apparaître des difficultés et des freins techniques, qui ralentissent
l?action politique et la force de frappe des dispositifs mis en place.
1. Les chiffres-clés du parc privé sur la Métropole :
- 224 863 habitants dont 118 489 à Metz
- 94 283 logements privés dont 51 536 à Metz
- Répartition des statuts d?occupation :
? 44 % de propriétaires occupants,
? 54 % de locataires (29 % locataires privés, 21 % locataires HLM, 4 % locataire
d'un meublé),
? 2 % logés gratuitement (Source : INSEE 2019)
- 30% des ménages occupants sont éligibles aux aides de l?Anah, soit 13 893 ménages au total
- 50% des logements construits avant les premières réglementations thermiques : 24% des
logements privés ont été construits avant 1949 (environ 23 000 logements) et 23% des
logements construits entre 1949 et 1974 (environ 22 000 logements)
- 42% des logements sont énergivores (étiquette E, F ou G)
- 16% des ménages de la Métropole sont en situation de précarité énergétique (soit 17 095
ménages avec taux d?effort énergétique du logement supérieur à 8%).
- Un taux de vacance de 10% selon l?INSEE, soit près de 11 000 logements
- 7 643 logements sont vacants depuis plus de deux ans (soit 6.2% de l?ensemble des
logements).
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- Parc privé Potentiellement Indigne (PPPI) : 2 091 logements sur le territoire, soit 2.6% des RP
privées
- Nombre d?arrêtés de mise en sécurité : 54 sur Metz, 2 sur Ars-sur-Moselle, 2 sur Moulins-lès-
Metz
- 11 arrêtés préfectoraux d?insalubrité sur EMM dont 6 à Metz.
2. Contexte : Que dit le PLH de l?Eurométropole de Metz ?
Dans le cadre de son PLH 2020-2025, l?Eurométropole de Metz intervient en matière de
réhabilitation du parc privé ancien à travers sa fiche action n°13 « poursuivre et intensifier la
réhabilitation du parc privé ».
Depuis le 1er janvier 2021, la Métropole est délégataire des aides à la pierre permettant de capter
plus de 22 M¤ sur la période 2022-2027 en faveur la réhabilitation du parc privé existant. Il s?agit ici
essentiellement d?aides accordées sous conditions aux propriétaires occupants (PO) modestes/très
modestes et aux propriétaires bailleurs (PB) leur permettant de rénover ou d?adapter leur logement.
En matière de lutte contre l?habitat indigne et dégradé plus spécifiquement, le PLH prévoit de :
- Participer au repérage des situations d?indignité avec la mise en place du régime
d?autorisation préalable de mise en location. La mise en place d?une autorisation préalable
de mise en location (APML) d?un logement permettrait de lutter contre les marchands de
sommeil, de proposer des biens de qualité, adaptés aux besoins des locataires et aussi
d?éviter la dépréciation de certains quartiers,
- Développer un partenariat avec les acteurs concernés, notamment le Pôle Départemental de
Lutte contre l?Habitat Indigne et Non Décent. A cet effet, en 2023, un atelier « Habitat
indigne » a été mis en place dans le cadre de l?étude pré-opérationnelle d?OPAH et d?OPAH-
RU qui a permis de mettre les acteurs locaux en relation (ADIL 57, ARS, Service Hygiène et
Sécurité de la Ville de Metz, CALM-Soliha, Pôle départemental de lutte contre l?habitat
indigne) et de mieux comprendre le fonctionnement des procédures actuelles.
3. Les dispositifs mis en place par la Métropole à ce jour :
Plusieurs dispositifs ont été mis en place en lien avec l?Anah :
? Une OPAH 2017-2023 contenant un volet « logement très dégradé » :
Près de 750 logements ont ainsi été réhabilités ces 5 dernières années avec le soutien de l?Anah à
hauteur de 7 M¤ et un financement complémentaire de la Métropole à hauteur de 700 000 ¤ soit :
- 652 Propriétaires Occupants (majorité Dossiers Energie et Autonomie),
- 85 PB (dont 72 dossiers très dégradés).
Sur le parc privé, outre les aides ANAH, la Métropole s?est engagée dans le programme SARE avec la
SEM OKTAVE pour accélérer l?accompagnement des petites copropriétés qui souhaitent engager un
programme de travaux.
? En matière de copropriétés dégradées :
- Une Opération de Requalification des Copropriétés dégradées (ORCOD) lancée en 2020 par
la Métropole faisant suite au programme d?accompagnement des copropriétés dégradées
(PACOD) initié par la Ville de Metz en 2015 :
La Métropole accompagne 7 copropriétés dégradées sur Metz-Borny à travers un vaste programme
de requalification (ORCOD) et un plan de sauvegarde de la copropriété Bernadette reconnue au
niveau national dans le cadre du Programme Initiative Copro (PIC) :
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? 724 logements concernés / plus de 15 M¤ de travaux / 12 M¤ de financements
publics.
? Une opération de portage avec les bailleurs sur 23 lots pour assainir la
copropriété Bernadette et une mission d?accompagnement social pour réduire
les situations d?impayés
- Une OPAH-CD (Copro Dégradée) sur la copropriété Gabriel Pierné (2022-2024) située dans le
quartier du Sablon. Des travaux de rénovation ont été engagés pour 2,6 millions de
subventions Anah.
A ce jour, les freins rencontrés sur les dispositifs relatifs aux copropriétés dégradées sont les
suivants :
- Hausse du coût des matières premières générant une hausse des coûts de travaux de 30%
minimum, difficultés à trouver des entreprises,
- Des capacités de préfinancement limitées des occupants qui conditionnent la réalisation des
chantiers,
- Des ménages en difficultés qui ne trouvent pas de solutions (en surendettement, en grande
précarité, très âgés) qui nécessiteraient un accompagnement renforcé.
- Une multiplicité des acteurs et une difficile coordination qui ralentissent également les
procédures juridiques notamment.
4. Les perspectives et dispositifs à venir sur la Métropole :
Dans le cadre de l?Opération de Requalification du Territoire (ORT) lancée en 2022, une OPAH-RU
(renouvellement urbain) ciblée sera lancée début 2024 suite à une étude pré-opérationnelle qui vient
de s?achever en 2023 pour relancer l?OPAH généraliste et lancer l?OPAH-RU sur les centres anciens
des communes ORT (Périmètre pressenti : Quartier Outre-Seille et centre d?Ars-sur-Moselle).
Cette OPAH-RU comprendra :
? Un volet incitatif visant à accompagner les propriétaires volontaires à la réalisation
de travaux,
? Un volet coercitif de lutte contre l?habitat indigne et très dégradé. Ce volet
comprend des outils spécifiques au pouvoir de police du maire (contrôle de décence,
infraction RSD, prise d?arrêté de police, travaux d?office et de substitution) et de
maitrise publique (procédures ORI / RHI, acquisition d?immeuble?).
Afin de renforcer son action en matière de lutte contre l?habitat indigne et en complément,
l?Eurométropole de Metz envisage également de :
- Déployer le permis de louer pour limiter les marchands de sommeil (périmètre à délimiter et
visites à organiser via prestataire ou en régie),
- Déployer le DPU renforcé ciblé sur d?autres copropriétés très dégradées sur son territoire,
- Renforcer les outils coercitifs pour lutter contre les marchands de sommeil (partenariat avec
la ville, le parquet et les services de police, verbalisation et engagement systématique de
poursuites judiciaires, avec la commune se constituant partie civile).
5. Les dispositifs déployés à l?échelle de la Moselle :
- Le Pôle départemental de lutte contre l?habitat indigne de la DDT57 qui centralise les
signalements au niveau de la Moselle,
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- Le POPAC 3 (2022-2024) : Programme opérationnel de prévention et d?accompagnement des
copropriétés du Département dont l?objectif est d'accompagner les copropriétés
désorganisées grâce à un suivi personnalisé (pas de financement).
6. Les procédures mises en place sur la ville de Metz à travers le pouvoir de police du maire :
A ce jour, le pouvoir de police spéciale permettant de traiter l?habitat indigne (en prescrivant par
arrêté des obligations de travaux, et/ou d?hébergement, ou de relogement aux propriétaires ou
responsables de situations d?habitat indigne) n?a pas été transféré au Président de l?EPCI : Le contrôle
des règles d?hygiène et de sécurité reste sous l?autorité du Maire.
Dans le cadre de la lutte contre l?habitat indigne, le maire est dans l?obligation « d'assurer le bon
ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. » (Art 2212-2 du Code général des collectivités
territoriales)
Afin de répondre à ces obligations et dans le cadre de cette lutte le maire dispose de deux outils
réglementaires distincts :
- Les pouvoirs de police généraux définis dans l?article cité ci-dessus qui lui permettent
d?engager des actions immédiates et adaptées aux circonstances, notamment en cas de
menace avérée pour la salubrité ou la santé ou en présence d'un danger grave et imminent.
Par exemple, le maire peut dès que nécessaire faire évacuer un immeuble afin d?assurer les
personnes l?occupant ou à proximité directe,
- Les pouvoirs de police spéciaux définis aux articles L 511-1 à L511-21 du code de la
construction et de l?habitation. Découlant de l?ordonnance du 16 septembre 2020, cette
réforme rassemble en une procédure unique le traitement des problématiques de sécurité et
d?insalubrité. Le maire restant compétent pour les risques présentés par les murs, bâtiments
ou édifices quelconques ; le fonctionnement défectueux ou le défaut d'entretien des
équipements communs d'un immeuble collectif à usage principal d'habitation ; ainsi que
L'entreposage de matières explosives ou inflammables dans un local attenant ou compris
dans un immeuble collectif à usage principal d'habitation. Le préfet du département reste
quant à lui responsable de la prise des arrêtés d?insalubrité.
Suivi des procédures d?adoption des arrêtés de mise en sécurité à la ville Metz :
Au moment de la rédaction du présent rapport, 54 bâtiments sont suivis par le Service Hygiène et
prévention des risques de la ville Metz dans le cadre d?une procédure de mise en sécurité. En
moyenne le Service ouvre une trentaine de procédure par an.
Suivi des procédures d?adoption des arrêtés d?insalubrité à la ville de Metz :
Le Service Hygiène et prévention des risques de la ville Metz traite en moyenne 150 dossiers par an
dans le cadre d?une procédure d?insalubrité.
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Annexe contribition de Metz Métropole : Schéma de répartition des compétences en matière de
péril, insalubrité et décence en Moselle (Document CITEMETRIE dans le cadre de l?étude pré-
opérationnelle d?OPAH/OPAH-RU).
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Lutte contre l?habitat indigne
Contribution Valenciennes Métropole
19/09/23
Comme convenu lors de nos échanges organisés le 6 septembre 2023 dans le cadre de la mission
relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à créer ou à améliorer pour renforcer la lutte contre
l?habitat indigne, vous trouverez ci-dessous quelques éléments sur le permis de louer et diviser ainsi
que sur la RHI/THIRORI.
? Modifier les règles d?application du Permis de louer et diviser
? Autorisation Préalable à la mise en Location
Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et veiller à la décence des
logements, il est, dans ses dispositions actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les
collectivités aux moyens limités.
Il pourrait être proposé de :
- Faire évoluer les délais d?instruction : actuellement le délai est de 1 mois pour rendre un
avis favorable, défavorable ou demander des pièces complémentaires.
Le délai pourrait être allongé d?un mois supplémentaire avec un refus tacite en cas de
non réponse
- Rendre obligatoire dans le décret d?application la visite du logement lorsqu?elle est
sollicitée par la collectivité. Actuellement non inscrit comme « pièce obligatoire ». Bien
que les collectivités essayent de réaliser la visite, la non réponse du propriétaire à cette
demande pourrait faire l?objet d?un contentieux.
- Harmoniser les motifs de refus : Autoriser la mise en location sur la base d?un texte
réglementaire (RSD par exemple) et non sur la notion de « manquements graves en
terme de santé et de sécurité » afin de ne pas autoriser la mise en location de logements
indécents qui ne présentent pas de désordres importants jugés comme graves.
-
? Autorisation Préalable de division d?immeuble en logements
Le Permis de diviser repose exclusivement sur le CCH. Il ne permet pas aux collectivités de
refuser une division sur la base de réglementation liée au code de l?urbanisme ou de
l?environnement et donc d?avoir une réponse globale au phénomène de division.
Les critères de refus sont donc extrêmement limités et ont tendance à créer de
l?incompréhension auprès des élus.
Par ailleurs, les délais d?instruction sont très courts : 15 jours si la demande n?est pas liée à
une autorisation d?urbanisme. Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se
prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme, atteinte à la santé et à la
sécurité des occupants.
La mise en oeuvre du Permis de diviser sur des secteurs à enjeux développe le phénomène de
colocation et permet aux propriétaires de contourner le dispositif. Le manque
d?encadrement du phénomène de colocation au niveau national avec notamment des
systèmes fiscaux très avantageux pour les meublés tend à créer de nouvelles problématiques
dans la crise du logement avec des petites surfaces extrêmement chères et l?accentuation sur
des secteurs en difficultés de ménages fragiles.
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? RHI/THIRORI
Les règles de l?Anah sur le RHI /THIRORI sont trop restrictives pour permettre aux collectivités de
s?emparer pleinement du dispositif et d?envisager un traitement global d?îlots de qualité médiocre
(qualification des logements insalubres, occupations des logements). Bien souvent ne peuvent être
retenus que quelques immeubles et non l?îlot dans son ensemble.
Pas de prise en compte des travaux d?aménagement pour viabiliser l?îlot d?où un déficit d?opérations
conséquent.
? Financement de l?ingénierie dans la lutte contre la LHI à destination des EPCI afin
d?accompagner les communes non pourvues de personnel qualifié dans le domaine
(repérage, contrôle des logements, orientation des procédures, assistance juridique).
L?expérience de Valenciennes Métropole dans le cadre de son assistance à des communes
prioritaires démunies en matière d?ingénierie dans le domaine de la lutte contre l?habitat
indigne montre que le soutien dans le repérage, le suivi et la réponse adaptée en matière
juridique facilite la neutralisation de biens dangereux.
Ces communes de taille moyenne ne peuvent avoir un personnel adapté et exclusivement
tourné sur une thématique aussi complexe.
L?investissement des agglomérations dans cet accompagnement permettrait d?avoir une
réponse uniforme sur les territoires et permettrait la remontée massive auprès des Préfets
de situation d?insalubrité relevant de sa compétence.
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FONDATION ABBE PIERRE
Créer une agence nationale des travaux d?office
Le 8 novembre 2018, trois immeubles de la rue d?Aubagne à Marseille s?effondraient, coûtant la vie à
cinq personnes malgré les alertes lancées depuis plusieurs années par les associations et 1 400
signalements restés sans réponse34 dans la seconde ville de France.
Loin d?être un phénomène circonscrit à la cité phocéenne, l?habitat indigne35 est une réalité pour de
trop nombreux ménages, quels que soient leurs statuts d?occupation, dans des contextes urbains
comme ruraux. Mal appréhendé par les données, l?habitat indigne reste un phénomène globalement
méconnu et sous-évalué. L?estimation du nombre de logements indignes la plus récente date de
2014. Le ministère de la Cohésion des territoires publiait alors une estimation de 420 000 logements
indignes, mais celle-ci ne tenait compte ni des locaux impropres à l?habitation ni des divisions
pavillonnaires. Si bien que le nombre de logements indignes s?élèverait plutôt à 600 000 unités et des
progrès importants sont encore à opérer pour faciliter le repérage et le partage d?informations des
situations d?habitat indigne.
Grâce à la loi ELAN, et par ordonnance du 16 septembre 2020, le gouvernement a souhaité engager
une harmonisation et une simplification des polices administratives. Il a en outre renforcé l?arsenal
juridique contre les marchands de sommeil en prévoyant de nouvelles sanctions financières ou
encore la saisine de leurs biens. Enfin, en 2019 le gouvernement a lancé une stratégie de mise en
oeuvre accélérée des mesures de lutte contre les marchands de sommeil sur 6 départements jugés
prioritaires (la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, l?Essonne, le Nord, les Alpes-Maritimes et les
Bouches-du-Rhône).
Cependant, si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les propriétaires à réaliser
des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main des propriétaires récalcitrants ou
défaillants. L?action publique dispose pourtant d?une boite à outil très complète pour mettre en
oeuvre des mesures coercitives, indispensables au suivi d?une bonne politique de lutte contre
l?habitat indigne.
Lorsque la puissance publique (l?Etat pour l?insalubrité, le Maire pour la sécurité des bâtiments)
constate des désordres, elle peut prendre un arrêté. Cet arrêté préconise, lorsque c?est possible (on
parle alors d?arrêté d?insalubrité ou de péril remédiable), les travaux à réaliser pour y remédier. Si le
propriétaire ne s?exécute pas dans le délai fixé par l?administration, cette dernière a alors l?obligation
de réaliser elle-même les travaux et de se retourner contre le propriétaire défaillant pour recouvrer
les sommes engagées.
Mais, dans la pratique, seules quelques centaines de logements sont concernés par ces mesures
chaque année, faute de moyens ou de volonté politique. Le rapport Vuilletet36 rapporte à ce propos
que « les auditions ont mis en exergue le manque de moyens et d?expertise dans les services des
communes pour assurer la maitrise d?ouvrage de ces travaux, ainsi qu?une complexité juridique et
procédurale excessive ». Il propose donc de faire évoluer la loi pour permettre la délégation de la
maitrise d?ouvrage des exécutions d?office à un opérateur public.
Les mesures de travaux d?office ne suffiront pas à elle seule à mener une politique efficace de lutte
contre l?habitat indigne. Elles ne pallieront pas au manque de moyens humains et financiers pointés
par les acteurs de terrain. Mais la création d?une agence peut permettre à la fois d?apporter un
soutien nécessaire à des collectivités qui ont la volonté politique d?agir sur leur territoire et dans le
même temps avoir un effet incitatif fort auprès des propriétaires récalcitrants. C?est un véritable
34 Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, Marseille : de la crise du logement à une crise humanitaire,
chronique d'une incurie publique, novembre 2019.
35 Loi du 31 mai 1990 : Constituent un habitat indigne les locaux ou les installations utilisés aux fins d?habitation et
impropres par nature à cet usage, ainsi que les logements dont l?état, ou celui du bâtiment dans lequel ils sont situés,
expose les occupants à des risques manifestes, pouvant porter atteinte à leur sécurité physique ou à leur santé
36 Guillaume Vuilletet, « Simplifier les polices de l?habitat indigne, promouvoir l?habitat durable pour tous », 2019.
103
« bras armé » de l?action coercitive qui pourrait donc être mis à disposition des services de l?Etat et
des communes pour lutter contre l?habitat indigne.
Créer un bras armé de l?action coercitive de l?Etat
Aux côtés de l?Agence nationale de l?habitat (Anah), qui porte les actions incitatives de la lutte contre
l?habitat indigne, l?Etat aurait donc besoin d?un organisme opérationnel en capacité de soutenir et
réaffirmer le rôle des services sur le terrain en engageant lui-même les travaux lorsque les
propriétaires n?ont pas la possibilité ou la volonté de les réaliser. A terme, cette agence pourrait
également porter les opérations obligatoires de rénovation énergétique pour le compte de l?Etat.
Cette agence, implantée au niveau national, pourrait donc apporter des réponses concrètes et
pluridisciplinaires aux obstacles rencontrés par les collectivités et services déconcentrés : la
complexité juridique des procédures, la difficulté à suivre la maitrise d?ouvrage et le manque de
pratique pour procéder au recouvrement auprès des propriétaires défectueux des sommes engagées
par l?Etat.
Elle doit permettre de mutualiser au niveau national les moyens nécessaires à la réalisation des
mesures de police administratives dont l?Etat à la charge et d?apporter un soutien technique aux
collectivités qui ne disposeraient pas des compétences et moyens suffisants pour agir seuls sur leurs
territoires.
Un soutien juridique face à la complexité des procédures
« Notre peur, c?est le contentieux ». C?est ainsi que le service d?une ville moyenne explique la raison
pour laquelle aucun arrêté d?insalubrité remédiable n?a été pris sur son territoire en 2021. Le service
répond à l?urgence en intervenant sur les dangers imminents ou encore la lutte contre le saturnisme.
Lorsqu?ils sont faciles à qualifier, la ville prend quelques arrêtés sur des locaux impropres à
l?habitation (des caves ou des garages transformés en logement).
Face à cette crainte, le soutien de l?agence serait donc d?abord un soutien d?ordre juridique. Les villes
qui parviennent à mener à bien des procédures se sont dotées de services juridiques et techniques
compétents en capacité de rédiger les arrêtés préfectoraux dans le respect du droit et pour que
ceux-ci puissent produire au mieux leurs effets. L?agence apporterait une connaissance légale mais
aussi technique afin de faire les meilleures préconisations de travaux possibles.
En effet, l?arrêté préfectoral doit respecter des règles strictes de forme notamment, pour les arrêtés
de péril ou d?insalubrité remédiable, la liste des préconisations de travaux pour remédier aux
désordres. C?est sur cette base que le propriétaire devra rénover son bien et que l?Etat devra réaliser
les travaux d?office s?il est défaillant. Ainsi, l?ensemble des outils mis à disposition par la législation
(astreintes administratives au propriétaire37, délai d?exécution? ) pourront être valablement utilisés
dès la rédaction des arrêtés en fonction des situations.
Par ailleurs, les arrêtés qui présentent des erreurs dans leur rédaction peuvent être contestés devant
les tribunaux par les propriétaires, ce qui peut mettre en péril la mesure coercitive pensée par la
collectivité mais aussi avoir un coût en cas de dédommagement pour le propriétaire. L?agence
pourrait dès lors fournir aux collectivités une assistance juridique lors de ces procédures pour se
prémunir de ce type de risques. Elle pourrait en outre suivre les dossiers en appel pour le compte du
ministère et disposer d?avocats spécialisés susceptibles de générer une jurisprudence favorable.
L?agence effectuerait alors un travail de coordination des méthodologies employées et d?élaboration
37 L?astreinte, créée par la loi ALUR (article 79) et modifiée par la loi ELAN (article 194), est une astreinte par nature
administrative. Elle est prononcée par arrêté du préfet ou du maire, sans décision de justice. Elle vise à contraindre
financièrement le propriétaire à effectuer les travaux.
104
d?une stratégie contentieuse efficace face notamment à des marchands de sommeil au fait des
procédures et souvent bien armés juridiquement.
Afin de répondre à ce besoin en compétences juridiques, elle pourrait notamment engager des
marchés publics auprès de cabinets d?avocats et d?opérateurs spécialisés dans la lutte contre
l?habitat indigne et en capacité d?apporter conseils et expertises aux acteurs de terrain sur
l?ensemble du territoire national.
Cette phase doit permettre ensuite la mise en oeuvre des travaux grâce à une maitrise d?ouvrage
facilitée.
Favoriser la maitrise d?ouvrage
En 2010, la Ville de Paris s?est attelée au traitement des 700 arrêtés d?insalubrité n?ayant pas été
suivis d?effet sur son territoire. Le Service technique de l?habitat explique qu?il a fallu « lever tous les
obstacles » et « mettre en place les travaux d?office de façon industrialisée ». Le travail de maitrise
d?ouvrage mis en place par le Bureau de la conduite des opérations permet aujourd?hui d?obtenir la
réalisation des travaux par le propriétaire de façon volontaire dans 60 % des cas. Dans la majorité des
cas restant, les propriétaires s?exécutent après une mise en demeure. Le reste des dossiers fait
l?objet de travaux d?office.
En 2018, seuls 381 travaux d?office ont été réalisés par l?Etat ou les communes, un chiffre dérisoire
au regard des centaines des milliers de logements indignes du pays. Les arrêtés d?insalubrité
préfectoraux n?ont donné lieu qu?à 328 travaux d?office, une baisse de 30 % par rapport à 201738. Du
côté de l?Anah, les subventions versées aux communes pour mener des travaux d?office sont le
parent pauvre de l?agence : 53 logements concernés en 201839 (223 en 2019). Selon le bilan 2020 de
l?ANAH, le nombre de travaux d?office aurait de nouveau baissé en 2020 de 39 %, ce qui s?explique,
selon l?agence, par l?impossibilité de réaliser les visites sur site et par la réaffectation des moyens
humains et financiers sur d?autres missions.
Années Nombre de pôles
départementaux de LHI
Arrêtés préfectoraux d?insalubrité
(L. 1311-4 et L.1331-22 à 30 du
CSP) pris
Nombre de travaux d?office réalisés
au titre d?arrêtés préfectoraux
d?insalubrité
2011 73 2 526 152
2012 80 2 637 222
2013 89 2 842 187
2014 92 2 887 204
2015 94 2 804 341
2016 97 2 758 350
2017 97 2862 466
2018 98 2893 328
Source : EHI, Diahl
De fait, faute d?être en capacité de mener des travaux d?office, de nombreux arrêtés sont arrivés à
échéance sans avoir été suivis d?effets en France. Fin 2016, cela concernait près de 11 000 arrêtés,
dont la moitié (5 475) portait sur des arrêtés de danger imminent, et 4 334 d?insalubrité. Sans
compter le manque d?informations sur le suivi d?autres procédures (péril imminent et ordinaire,
périmètres insalubres, saturnisme?).
38 Enquête EHI, DIHAL
39 Agence Nationale de l?Habitat, Rapport d?activité 2018.
105
Comme le souligne le rapport Vuilletet40, en dehors de certaines grandes villes ou de celles dotées
d?un service d?hygiène (SCHS) performant, les communes ne disposent pas des moyens opérationnels
(expertise pluridisciplinaire) et financiers suffisants pour engager les travaux d?office. Et « hormis
quelques territoires les plus investis dans le traitement de l?habitat indigne, les autorités locales et
autres acteurs de l?habitat peinent à comprendre, s?approprier et donc mettre en oeuvre cet arsenal
juridique. ». Cela génère de façon évidente une « autocensure » des services qui peinent à s?engager
dans des procédures qu?ils seraient en incapacité de suivre jusqu?à leur terme.
C?est pourquoi la future Agence des travaux d?office pourrait « armer » les collectivités volontaires
afin d?organiser la maitrise d?ouvrage de ces travaux. L?agence apporterait alors la vision
pluridisciplinaire nécessaire, forte de son expérience sur l?ensemble du territoire.
Pour pallier aux manques d?offre d?opérateurs sur certains territoire, l?agence pourrait là aussi passer
des marchés publics avec des aménageurs et opérateurs de confiance en lien avec les acteurs locaux
pour répondre aux besoins, notamment dans des zones rurales reculées où il reste difficile
aujourd?hui d?agir efficacement. Elle disposerait en outre d?un fonds de lancement d?environ 20
millions d?euros afin d?engager pour le compte de la collectivité et à sa demande les travaux d?office.
Ce fonds viendrait s?autofinancer par la suite grâce au recouvrement des sommes engagées par la
puissance publique en lieu et place des propriétaires défaillants.
L?agence pourrait faire le lien entre les propriétaires, les collectivités et les aides de l?Anah pour
faciliter l?accès aux aides disponibles avant d?engager les travaux d?office. Cela pourrait être
l?occasion de repenser les liens entre rénovation énergétique et lutte contre l?habitat indigne qui
participent souvent des mêmes actions sur les bâtiments.
Engager le recouvrement des sommes avancées auprès des propriétaires défaillants
Le recouvrement des frais avancés par l?autorité publique à la suite de la défaillance du propriétaire
dans le cadre des mesures issues de la lutte contre l?habitat indigne est prévu par les codes de la
santé publique et de la construction et de l?habitation. Plusieurs dispositifs légaux ont été créés afin
de mieux garantir le recouvrement des créances publiques auprès des propriétaires défaillants.
Lors du recouvrement, la collectivité a notamment la possibilité de recouvrer des frais d?ingénierie à
hauteur de 8 %41 en plus des frais qu?elle a effectivement engagés. Compte tenu de la complexité des
procédures et de la maitrise d?ouvrage de certaines situations, il apparait nécessaire de revaloriser ce
pourcentage afin de couvrir suffisamment les moyens engagés par la puissance publique.
Lorsque la puissance publique a réalisé les travaux et qu?elle doit alors recouvrer les sommes
engagées, il n?est pas rare que les mesures de recouvrement soient contestées par les propriétaires
débiteurs. Certains vont même jusqu?à organiser leur insolvabilité, comme ce marchand de sommeil
parisien qui, grâce à un montage judicieux de sociétés, se déclarait sans ressources malgré un
patrimoine immobilier de plusieurs millions d?euros. L?agence sera alors en mesure de faire face à la
contestation de ces propriétaires mais aussi aux autres difficultés de recouvrement comme la
complexité des comptes de copropriété ou encore de celle des indivisions.
Enfin, le recours à des cabinets comptables spécialisés et habitués à ces procédures permettra un
traitement plus systématique des dossiers.
La création d?une agence des travaux d?office, nous l?avons vu, devrait ouvrir de nouvelles
perspectives d?action à certaines collectivités et entrainer, on peut l?espérer, un effet levier auprès
de propriétaires qui ne sont pour l?instant que peu menacés par l?action publique dans ce domaine.
40 Guillaume Vuilletet, « Simplifier les polices de l?habitat indigne, promouvoir l?habitat durable pour tous »,
2019.
41 Article L 543-2 du Code de la Construction et de l?Habitation
106
Pour autant, d?importants efforts doivent encore être fournis parallèlement. Le repérage des
situations et le partage des informations entre les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants
pour appréhender de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des ménages
victimes d?habitat indigne reste très compliqué à organiser sur les territoires du fait des partages de
compétences. Enfin, les moyens humains et financiers restent en deçà de ce qu?il serait nécessaire
pour réaliser des opérations importantes et systématiques d?éradication de l?habitat dégradé. C?est
seulement à cette condition que le prochain gouvernement pourra mener une politique ambitieuse
de lutte contre l?habitat indigne.
107
Mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme
à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre l?habitat indigne
3 octobre 2023
Cette note permet de compléter les échanges du 19 septembre dernier entre les rapporteurs de la
Mission relative aux outils d?habitat et d?urbanisme à créer ou améliorer pour renforcer la lutte contre
l?habitat indigne, et la Directrice générale de l?Anru.
Elle rappelle les modalités d?intervention de l?Anru en matière d?habitat privé dégradé, et souligne
que, dans ce cadre, les propositions de la Mission constituent une amélioration de la boîte à outils des
interventions relatives à la lutte contre l?habitat indigne.
En annexe de la note figurent des éléments permettant de préciser les surcoûts liés aux délais et
procédures spécifiques de la lutte contre l?habitat indigne, tels que demandés lors de l?échange du
mois dernier.
Rappel des modalités d?intervention de l?ANRU en matière d?habitat privé (habitat ancien
dégradé et copro)
Les problématiques autour de l?habitat privé se renforcent dans les territoires et font l?objet d?une
intervention croissante de l?Anru, dans le cadre du renouvellement urbain. Dans un contexte de ZAN
et de recherche de sobriété, la requalification des quartiers anciens dégradés, via un projet urbain
global, est mise en oeuvre de façon pluriannuelle et partenariale, et contractualisé avec l?ANRU, sur les
territoires d?intervention de l?Agence.
Aux côtés de l?Anah, l?Anru amplifie les financements à destination de l?habitat privé en soutenant
d?une part directement l?intervention sur le recyclage des copropriétés ou de l?habitat ancien dégradé,
et en accompagnant d?autre part plus largement la requalification du quartier.
Le modèle d?intervention de l?Anru reste inédit en matière d?action publique et doit être capitalisé
pour enrichir les politiques qui sont à conforter en matière d?habitat privé.
- Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du renouvellement urbain permet d?envisager
une intervention globale de requalification des quartiers devant faire l?objet d?une
transformation urbaine profonde ;
- Une capacité d?engagement pluriannuelle, et donc de projection, dans le cadre de
conventions dédiées, sécurisantes pour les porteurs de projet et leur mobilisation dans le
temps ;
- En matière spécifique de copropriétés, une capacité à traiter et financer de manière
différenciée les différentes composantes des ensembles immobiliers complexes (ex : dalles,
parkings, locaux d?activités liés à une copropriété), permettant un effet levier sur la
valorisation globale de ces copropriétés (y compris patrimoniale) voire un allègement des
charges.
108
L?Anru développe des interventions ajustées à chaque site dans le cadre de ses programmes (PNRU,
NPNRU, PNRQAD, PIA) : interventions sur la requalification de l?habitat ancien dégradé, interventions
sur la transformation de copropriétés dégradées ou expérimentations dans le cadre de Programmes
d?investissements d?avenir (PIA VDS, ANRU + et DVD).
Les interventions relatives aux 3 programmes (PNRU, PNRQAD et NPNRU) recouvrent les montants
présentés ci-dessous :
Interventions de l'ANRU en copropriétés et habitat ancien dégradé
En ¤
Intervention sur l'habitat ancien dégradé
Contractualisé Engagé Payé
PNRU 149 969 959 149 969 959 149 969 959
PNRQAD 94 909 209 93 324 286 56 934 847
NPNRU 347 138 035 193 824 728 38 361 855
TOTAL 592 017 203 437 118 973 245 266 661
En ¤
Intervention sur les copropriétés
(recyclage / portage ciblé et massif)
Contractualisé Engagé Payé
PNRU 216 873 526 216 873 526 216 873 526
PNRQAD 327 280 327 280 218 262
NPNRU 234 170 447 123 971 195 30 529 608
TOTAL 451 371 253 341 172 001 247 621 396
Total de
l'intervention
1 043 388 456 778 290 974 492 888 057
Les chiffres présentés ci-dessus ne portent que sur les familles d?opérations de transformation des copropriétés dégradées et de
requalification de l?habitat ancien (i.e ils n?intègrent pas les familles résidentialisation, aménagement, équipements publics?)
Dans le contexte d?achèvement du PNRQAD (2025) et du NPNRU (2030), il s?agit dès à présent de
préparer le volet habitat ancien dégradé d?un futur programme national de renouvellement urbain.
Pour ce faire, il convient d?identifier les quartiers qui devront faire l?objet d?une intervention dédiée, et
de dimensionner les financements nécessaires.
? Interventions en quartiers anciens
Si les quartiers anciens présentent des atouts reconnus, leurs fragilités ont conduit les élus locaux et
l?Etat à mettre en oeuvre des dispositifs stratégiques et opérationnels à l?appui des interventions
publiques nationales et locales, notamment au travers de dispositifs et programmes spécifiques
financés par l?Anah (OPAH-RU) et l?Anru (PNRQAD, PNRU, NPNRU), puis des programmes Action Coeur
de Ville et Petites Villes de Demain. Parmi les sites d?interventions du PNRQAD et du NPNRU, 38 villes
ont été intégrées dans les programmes Action Coeur de Ville et Petites Villes de Demain.
109
L?Anru soutient au travers du PNRU, du PNRQAD et du NPNRU la requalification urbaine, sociale et
économique des quartiers anciens concentrant des situations d?indignité et d?insalubrité.
Cette intervention se traduit par le recyclage de l?habitat dégradé à l?échelle des îlots et, plus
largement des quartiers, dans un processus de revitalisation plus global favorisant de plus une
diversification de l?offre de logements par la capacité de mixer les produits de sortie. Il s?agit
d?accompagner fortement la lutte contre l?habitat indigne et de sécuriser les cadres d?une intervention
urbaine structurée aux plans opérationnels, fonciers, juridiques et financiers.
? Interventions sur les copropriétés dégradées
Plus de 150 quartiers du programme PNRU ont été identifiés comme présentant une problématique
de copropriétés (soit 1/3 des quartiers visés par le programme) : une cinquantaine avec des enjeux de
copropriétés fragiles, une soixantaine avec des enjeux importants de copropriétés fragiles et en
difficulté, une trentaine avec des enjeux majeurs de copropriétés en difficulté.
Depuis 2018, la mise en oeuvre du Plan Initiative Copropriétés (PIC) a permis d?enclencher une
dynamique par la mise en place d?une boîte à outils, qui répond à trois axes d?intervention :
prévention, redressement, transformation.
90% des copropriétés identifiées dans le cadre du PIC étant localisées en secteur NPNRU, la vocation
du NPNRU est :
- d?accompagner directement la transformation des copropriétés les plus en difficulté par un
recyclage ou un portage massif sur 10 ans ;
- d?accompagner le redressement des copropriétés, financé par l?Anah, par un traitement
d?ensemble du quartier, dans le cadre du projet de renouvellement urbain (financement de la
résidentialisation, de la réhabilitation des logements des bailleurs sociaux en copropriété mixte,
l?amélioration du cadre de vie, aménagement, équipements publics ?).
L?axe transformation du PIC concerne les opérations les plus lourdes et mobilise donc plus
spécifiquement l?Anru.
Les propositions de la Mission : de forts leviers pour améliorer et accélérer la lutte contre
l?habitat indigne
Dans ce contexte d?intervention de l?Anru, les 17 propositions de la mission qui visent à intensifier la
lutte contre l?habitat indigne en dotant les collectivités et opérateurs de moyens législatifs et
réglementaires complémentaires et en imposant de nouvelles obligations aux propriétaires, s?avèrent
pertinentes pour l?action publique.
L?ANRU partage donc avec les rédacteurs de la Mission l?importance de ces mesures pour améliorer
l?efficacité de la lutte contre l?habitat indigne. Outre les modifications législatives et réglementaires
nécessitées par ces mesures, relevant pour bon nombre de l?interministériel, des dispositifs financiers
adaptés devront accompagner ces mesures.
Parmi les mesures proposées, l?ANRU tient à souligner plus particulièrement l?importance d?un certain
nombre de mesures telles que le renforcement de l?ingénierie dédiée à l?habitat privé sur tous les
territoires (indispensable à la bonne prise des arrêtés), l?extension et la sécurisation de la DUP Vivien,
l?amélioration des dispositifs de préfinancement des aides publiques à destination des copropriétés et
des propriétaires occupants modestes, le renforcement des moyens d?intervention des EPF et la
faciliter du portage des opérations de recyclage foncier (facilitant les interventions à l?îlot).
110
Annexe : Surcoûts liés aux délais et procédures dans le cadre de la lutte
contre l?habitat privé dégradé ? Eléments du bilan du PNRQAD réalisé par
le CEREMA
Les travaux sur le PNRU et sur le PNRQAD permettent d?approcher les surcoûts liés aux délais et
procédures mises en oeuvre dans le cadre de la lutte contre l?habitat privé dégradé.
Parmi les 5 monographies relatives aux opérations en PNRQAD réalisées par le Cerema (Bayonne,
Carpentras, Le Havre, Saint-Denis, Saint-Gilles), seule la ville de Saint-Denis met clairement en avant
les surcoûts liés aux procédures d?habitat indigne, et spécifiquement des surcoûts liés à la prise
d?arrêtés42.
Les autres éléments de surcoûts régulièrement identifiés par les collectivités, et mis en avant par le
Cerema dans l?évaluation du PNRQAD, sont les suivants :
? Méconnaissance de la structure bâtie
Les difficultés rencontrées dans le cadre des opérations de requalification des îlots dégradés sont
principalement dues à la sous-estimation du mauvais état du bâti lors des diagnostics préalables à la
signature des conventions initiales faute de visites poussées au sein des immeubles (absence de
fondations, existence d?un réseau de caves, bâtiments fragilisés ? Grand Delta Habitat ? Carpentras).
Cette situation, et l?imbrication de l?habitat en centre ancien, ont quelquefois nécessité d?intervenir
plus lourdement (démolition-reconstruction au lieu d?un projet d?acquisition-amélioration) ou
d?intervenir à une échelle plus large, l?imbrication des immeubles ne permettant pas une intervention
fine (ex Carpentras ? Saint-Gilles) ou de réaliser des travaux plus lourds (installation de micro-pieux ou
présence d?amiante à Saint-Gilles).
PNRQAD de Saint-Gilles ? Evolution des coûts par opération et par poste
Des coûts supplémentaires en études, travaux et ingénierie de 300 à 515% supérieurs à l?enveloppe
initiale ont été identifiés. Certaines opérations ont un prix de revient hors taxe de SHAB supérieur au
reste de la commune pour la production de logements sociaux (2 673¤/m² au lieu de 2 000/2 100¤ en
VEFA sur le reste de la commune, soit un surcoût constaté d?environ 20% en centre ancien
(Carpentras).
? Caractère patrimonial du site
42 Sur ce point, il est important de souligner que le mode d?intervention de l?ANRU, à l?échelle de l?îlot, et ne nécessitant pas
obligatoirement d?arrêté pour chaque immeuble, constitue un « simplicité » d?intervention, mise en avant par Le Havre par
exemple.
111
Les exigences patrimoniales de conservation du bâti constituent également un impact non négligeable
sur l?équilibre économique des opérations entraînant quelquefois un coût plus élevé que le
programme initial (surcoût de 30 à 40% par exemple sur un îlot à Carpentras, surcoûts aussi identifiés
à Saint-Gilles liés à la valeur patrimoniale ou à la nécessité de réaliser des fouilles archéologiques,
Saint-Denis), mais aussi une temporalité plus conséquente.
? Montage opérationnel inadapté
L?intervention à l?îlot nécessite l?acquisition de l?ensemble des immeubles afin de permettre une
restructuration globale, un curetage conséquent. Cette modalité d?intervention n?avait pas été
forcément appréciée par les collectivités, la remise à plat des opérations entraînant un coût
supplémentaire par îlot (ex Bayonne).
? Bilans d?opération incomplets
Un certain nombre d?opération ont été conventionnées dans le cadre du PNRQAD (non financeur du
logement social) avant la stabilisation de la sortie d?opération, et donc avant la mobilisation des
opérateurs de logements sociaux, avec des conséquences sur l?équilibre des opérations.
? Acquisitions amiables / acquisition avec expropriation / prise d?arrêtés
Pour certains acteurs locaux, l?acquisition à l?amiable reste à la fois moins chère et plus rapide ; elle
nécessite cependant un travail souvent chronophage (ex Bayonne et Saint-Denis). Mais elle permet de
constituer des références de prix d?acquisition plutôt basses et d?envoyer un signal pour le reste des
lots.
Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent aussi l?accent sur le risque contentieux
sur les prises d?arrêtés et par conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de
rémunération et de portage, des frais financiers divers, des immobilisations dans les bilans.
Les procédures d?expropriation font souvent l?objet de recours avec des indemnités plus élevées que
l?acquisition amiable, elles sont donc à éviter.
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Le temps d?une opération de recyclage d?habitat ancien dégradé est estimé à 7 ans lorsqu?elle ne
rencontre pas de difficulté particulière. Mais la moyenne estimée est plutôt de 9 à 10 ans.
PNRQAD ? Evolution du coût des opérations de requalification des îlots dégradés par site
112
PNRQAD ? Evolution du montant total des subventions des opérations de requalification des îlots
dégradés par site
PNRQAD ? Postes de dépenses HT par logement traité en fonction des régions
PNRU ? Postes de dépenses HT par logement traité en fonction des régions
113
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124
Contribution du Conseil Régional de l?Ordre des Architectes d?Ile-de-France
Il est proposé à Monsieur Hanotin et Madame Lutz de créer un statut d'accompagnateur
spécifiquement dédié à la lutte contre l'habitat indigne, sur le modèle de "Mon Accompagnateur
Renov'".
Pour rappel, "Mon Accompagnateur Renov'" est une émanation législative, avec une modification
législative du code de l'énergie qui induit ensuite une application réglementaire. Si on souhaite
dupliquer le même système pour créer un "Mon Accompagnateur Lutte contre l'Habitat Indigne"
(avec un potentiel nom à trouver...), il faudra certainement en faire de même et passer par la loi
(probablement via la partie législative du code de la construction et de l'habitation - articles L511-1 à
L551-1). Par ailleurs, les textes qui encadrent "Mon Accompagnateur Renov'" et qui peuvent inspirer
vos travaux sur un tel statut sont les suivants :
- Les articles L.232-1 à L.232.3 du code de l'énergie :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/
#LEGISCTA000027311537
- Le décret n°2022-1035 du 22 juillet 2022 pris pour application de l'article 164 de la loi n°2021-1104
du 22 août 2021 : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046081405
- Un arrêté du 21 décembre 2022 relatif à la mission d'accompagnement du service public de la
performance énergétique de l'habitat :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046807068
Cette création pourrait s'inscrire dans la continuité de la proposition n°16 que Monsieur Hanotin et
Madame Lutz ont pu formuler à ce stade.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/#LEGISCTA000027311537
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000023983208/LEGISCTA000027311533/#LEGISCTA000027311537
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046081405
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046807068
125
Annexe 5 - Consultation interministérielle et chiffres-clés
Le Ministère chargé du Logement et son Pôle National de Lutte contre l'habitat Indigne (PNLHI) ont
été saisi à la fin de l?année 2022 de la part des partenaires de la ville de Saint Denis et de l?aménageur
SOREQA de propositions visant à l'amélioration de la lutte contre l'habitat indigne sur les
territoires. Ces propositions concernant principalement les dispositifs financiers, techniques,
juridiques auraient vocation à venir enrichir l'axe "amélioration des dispositifs existants de la
stratégie nationale de lutte contre l?habitat indigne (SNLHI).
Dans ce cadre, des réunions interministérielles, menées sous la coordination du PNLHI, se sont
déroulées du mois de janvier au mois d?avril 2023, afin d?analyser ces différentes propositions et
d?émettre un avis sur leur faisabilité.
Ce travail a été préparatoire à la mission à Madame Michèle Lutz, maire de Mulhouse, et à Monsieur
Mathieu Hanotin, maire de Saint-Denis le 27 mars 2023.
Plusieurs groupes de travail se sont tenus : jeudi 26 janvier, mardi 28 mars, Jeudi 6 et vendredi 7
avril, lundi 17 et mardi 18 avril et mercredi 19 avril.
Les travaux se sont poursuivis jusqu?en juin 2023, pour intégrer les propositions conjointes des villes
de Saint Denis et Mulhouse.
Pour la DGALN et la DHUP :
DGALN, Stéphanie Dupuy-Lyon, Brice Huet, DHUP, François Adam, Amélie Renaud ;
Les sous-directions, les bureaux et leurs équipes: Laurent Bresson, Emmanuel Rousselot, Antoine
Caron, Luc-André Jaxel-Truer, Jean-Baptiste Butlen, Vincent Montrieux, Anne-Lorraine Lattraye ;
Pour le PNLHI : Chantal Mattiussi, Susanne Kulig, Clarisse Jouan ;
Pour la DGCL : Constance André, Driss Jawad, Emilie Machard ;
Pour la DGS : Didier Ollandini, Thomas Cartier, Jean Meister, Joëlle Carmes ;
Pour la DIHAL : Céline Cassourret, Manuel Hennin ;
Pour la DGOM : Sabine Montout; Catherine Maujaret-Ndiaye ;
Pour la DACG : Louise Neyton, Elodie Benaiem ;
Pour l?Anah: Jessica Brouard Masson, Sébastien Wagner ;
Pour l?ANRU : Hélène Le Rai, Kim Chiusano, Véronique Tirant.
Les chiffres clés en matière de lutte contre l?habitat indigne (source DGALN/DHUP/PNLHI)
On estime entre 400 000 et 420 000 le nombre de logements du parc privé potentiellement indignes
en métropole (100 000 en Outre-mer), dont environ la moitié sont occupés par leur propriétaire. La
lutte contre l?habitat indigne et dégradé est donc un enjeu essentiel des politiques nationales de
l?habitat.
126
L?enquête nationale « Lutte contre l?habitat indigne » lancée en 2022 a permis de capitaliser les
dernières données au titre de 2021.
Enquête nationale 2022 « Lutte contre l?habitat indigne »
2021 % 2018/2021 2022 % 2021/2022
Polices spéciales du préfet
Arrêtés d'insalubrité en
vigueur 13 752
Arrêtés d?insalubrité 2 879 +7% 3 160 +10%
Arrêtés d'astreinte
relatif à des situations
d'insalubrité
45 +309% 81 +80%
Requêtes devant le
juge administratif
relatives à l'insalubrité
118
NC 153 +29%
Jugements rendus 96 NC 54 -44%
Polices spéciales du maire (ou président EPCI)
Arrêtés de mise en
sécurité recensés 1 509 = 2 216 +47%
Actions de travaux
d'office 118 NC 316 +168%
Arrêtés d'astreinte
financière relatifs à la
mise en sécurité pris
24 NC 220 +817%
Jugements avec des
condamnations
pénales
En moyenne 100 à 150 par an
Dossiers transmis aux
parquets 372 +19% 347 -7%
Sources DGALN/DHUP/PNLHI
La coordination de l?action publique sur les territoires :
L?ensemble des départements disposent d?un pôle départemental de lutte contre l?habitat indigne
pour agir autour du Sous-préfet référent ou du préfet :
? 75 départements fonctionnent à l?aide d?un guichet unique de signalements en 2021 ;
? +29% par rapport à 2018 ;
? 95 départements sont dotés d'un PDLHI apportant un appui juridique et technique aux
collectivités territoriales ;
? 151 présidents d'EPCI se sont vus transférés des pouvoirs de police spéciale de maires. Il en
était compté 140 en 2018 ;
? Aucune délégation des pouvoirs de police spéciale du préfet à un président d'EPCI n?a été
réalisée en 2021.
? 22 départements seulement ont demandé le Fonds d?aide au relogement d?urgence (FARU)
au titre de l'année 2021.
Crédits du BOP 135 « UTAH » :
Les crédits de l?action 3 du programme 135 « Urbanisme, territoires et amélioration de l?habitat »
(UTAH) financent les dépenses de lutte contre l?habitat insalubre et le saturnisme qui relèvent de la
compétence de l?État et sont liées à l?exercice par les préfets de leurs pouvoirs de police
administrative.
En 2022 un peu plus de 5M¤ ont été attribués aux DREAL pour financer les actions nécessaires à la
lutte contre l?habitat indigne, auxquels s?est ajouté un financement spécifique de 2,2 M¤ pour l?appel
à projet « mise en oeuvre d?une stratégie urbaine de lutte contre l?habitat indigne en Ile-de-France ».
127
La consommation s'est élevée à 76,61%.
Chiffres clés de l'Anah pour 2022 : aides au traitement de l'Habitat indigne et très dégradé :
? 14 555 logement rénovés soit 196 millions d'euros d'aide répartis : 44,9 M¤ aux PO ; 81,6 ¤
aux PB ; 66,8M¤ aux copro et 2,5M¤ pour les travaux d'office des communes ;
? Soit en nombre de logements : 1 721 (PO) 3 496 (PB) 8 706 (copro) 632 (communes) ;
? En plus des aides aux travaux : 21 millions d?euros pour financer 58 opérations de résorption
de l?habitat insalubre (RHI).
6 Territoires dits d'accélération pour LHI et lutte contre les marchands de sommeil :
? Expérimentation lancée en 2019 ;
? Principe : enveloppe financière complémentaire de 7 M¤ affectée par l'Anah pour amplifier
l'action LHI sur 7 territoires (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Essonne, Nord, Alpes-
Maritimes, Bouches-du-Rhône et La Réunion) via la majoration des subventions versées au
titre de la lutte contre l?habitat indigne auprès de propriétaires bailleurs et propriétaires
occupants ainsi qu?aux collectivités territoriales (travaux d?office) ;
? La non utilisation de l'intégralité de l'enveloppe oriente les réflexions pour l'avenir vers une
boîte à outils plus facilement mobilisable par les territoires.
128
ANNEXE 6 - Journée nationale de la lutte contre l?habitat
indigne
Journée nationale :
la lutte contre l?habitat indigne dans les territoires ruraux
à Laval le 3 juillet 2023
Programme de la journée
Ouverture par Monsieur Florian Bercault, Maire de Laval
Intervention de Monsieur Olivier Richefou, Président du Conseil départemental de la Mayenne
Intervention de Monsieur Laurent Bresson, Sous-directeur des politiques de l?habitat, DHUP/DGALN
Panorama national de la lutte contre l?habitat indigne par Madame Chantal Mattiussi, Directrice du
Pôle National de lutte contre l?Habitat Indigne, DHUP, DGALN
1ère table-ronde : Quels leviers d?amélioration des outils en matière de lutte contre l?habitat indigne ?
Cette table-ronde a pour objet de présenter la mission Hanotin/Lutz, d'en réaliser un point d'étape
en dialogue entre les territoires urbains et ruraux en faisant le lien entre les leviers d'amélioration
des outils d'aménagement, financiers et fonciers.
Intervenants :
- Madame Katy Bontinck, 1ère adjointe au Maire de Saint-Denis
- Monsieur Alain Couchot, 1er adjoint à la Maire de Mulhouse
- Monsieur Louis Pautrel, Maire de Le Férré, Vice-président de Fougères agglomération,
Représentant national de l?association des Maires ruraux de France
- Monsieur Axel Lecomte, directeur de l?habitat de l?EPT Plaine Commune
- Monsieur Frédéric Brun, directeur général adjoint chargé de l?aménagement et du
développement urbain de la mairie de Mulhouse
2ème table-ronde : Quelle montée en responsabilité des collectivités territoriales et des EPCI sur la
lutte contre l?habitat indigne dans les territoires ruraux ? Comment accompagner cette montée en
responsabilité dans les territoires ruraux en mutualisant les moyens humains et l?ingénierie pour
pallier avec efficience aux situations d?habitat indigne ?
Intervenants :
- Madame Sylvie Vielle, Maire de Louverné, Vice-présidente chargée de l?habitat de Laval agglo
- Madame Isabelle Valade, Directrice départementale des territoires de la Mayenne
- Monsieur Alain Servan, Vice-Président à la politique de l?habitat, urbanisme et aménagement
du territoire de la communauté d?agglomération de l?ouest rhodanien
- Madame Roselyne Conan, Directrice générale de l?ANIL
- Madame Jessica Brouard-Masson, Directrice de l?expertise et des politiques publiques de
l?Anah
129
- Monsieur Jean-Luc Tarrega, Sous-préfet de l?arrondissement de Tulle, Secrétaire général de
la préfecture de Corrèze
Présentation des produits numériques de la lutte contre l?habitat indigne par Monsieur Stéphane
Flahaut, Adjoint au sous-directeur des politiques de l?habitat, DHUP, DGALN
3ème table-ronde : Quel accompagnement des occupants dans l?espace rural ? Comment adapter les
outils aux spécificités des ménages ?
Intervenants :
- Monsieur Karim Belhaj, Directeur de l?ADIL 76
- Monsieur Alexandre Lagogué, Directeur général des compagnons bâtisseurs
- Madame Juliette Laganier, Directrice générale de la fédération SOLIHA
- Madame Caroline Roger-Moigneu, Vice-présidente du conseil départemental d?Ille-et-Vilaine
- Madame Isabelle Le Callennec, Maire de Vitré, Préséidente de Vitré communauté,
représentante nationale de l?Association des Maires de France
Intervention vidéo de Madame Dominique Faure, Ministre déléguée chargée des collectivités locales
et de la ruralité.
Conclusion par Madame Amélie Renaud, Adjointe au Directeur de l?habitat, de l?urbanisme et des
paysages, DHUP, DGALN
Plus de 200, élus, parlementaires, représentants institutionnels, des services de l'Etat et des
collectivités locales, représentants des associations à participer à la journée nationale " la lutte
contre l'habitat indigne dans les territoires ruraux" Organisée par le Pôle National de lutte contre
l'Habitat Indigne (PNLHI) à Laval, ce 3 juillet 2023.
Cette journée avait pour but de donner de la visibilité à cette politique publique prioritaire qui lutte
contre toutes les situations de logements exposant leurs occupants ou des tiers à des risques pour
leur santé ou leur sécurité.
Les participants ont souligné la qualité et la richesse des échanges des différentes tables rondes, pour
les propositions d'amélioration de cette politique publique, qui viendront alimenter la feuille de
route nationale.
Les consultations des acteurs, des partenaires du logement
Lors de la journée nationale, un questionnaire a été diffusé par le PNLHI, afin d?organiser une
consultation en ligne et d?inviter les 200 participants à formuler des propositions visant à
l?amélioration de la lutte contre l?habitat indigne.
Cette consultation s?est poursuivie durant tout le mois de juillet 2023 pour recueillir les contributions
de l?ensemble du réseau des correspondants techniques experts du PNLHI (plus de 70 agents en
responsabilité sur le sujet, issus des DDT (M), des ARS, des SCHS, des ADIL et des préfecture) et du
réseau des DDT(M) et des DREAL.
L?ensemble des réseaux et participants ont été invités à répondre à trois questions sur les leviers
d?amélioration des outils de lutte contre l?habitat indigne :
? Quelle principale amélioration des outils opérationnels existants pour lutter contre l?habitat
indigne vous semble opportune ?
? Quelle proposition pouvez-vous formuler pour assurer la montée en responsabilité des
collectivités territoriales et des EPCI ?
? Quels leviers pour renforcer l?accompagnement des occupants dans les territoires ruraux ?
Les réponses apportées par le réseau et plus de 150 services portent sur plusieurs thématiques :
? L?amélioration des systèmes d?information de la lutte contre l?habitat indigne ;
130
? Faciliter les signalements ;
? Le renforcement des moyens alloués aux services en charge de la LHI ;
? L?amélioration de l?accompagnement des usagers impactés par la LHI ;
? Le renforcement des aides et subventions pour traiter la LHI ;
? La mutualisation des compétences, notamment au niveau intercommunal ;
? La fluidification des interventions.
131
ANNEXE 7 - Bonne pratique Bordeaux
132
133
ANNEXE 8 - Illustrations SOREQA
134
135
136
ANNEXE 9 - Tableau des acronymes
TERMES DÉFINITIONS
ACV Agence nationale d'information sur le logement
AGRASG Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués
AMF Association des maires de France
ANAH Agence nationale de habitat
ANCT Agence nationale de la cohésion des territoires
ANIL Agence nationale d'information sur le logement
ANRU Agence nationale de la rénovation urbaine
ARS Agence régionale de santé
CAF Caisse d?allocation familiale
CCH Code de la construction et de l'habitation
CSP Code de santé publique
CSTB Centre scientifique et technique du bâtiment
DB Direction du budget
DDT(M) Direction départementale des territoires (et de la mer)
DGALN Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature
DGS Direction générale de la santé
DIHAL Délégation interministérielle à l'hébergement et à au logement
DHUP Direction de l?habitat de l?urbanisme et des paysages
DUP Déclaration d?utilité publique
EPA Etablissement public d?aménagement
EPCI Établissement public de coopération intercommunale
FARU Fonds d?aide au relogement d?urgence
IGEDD Inspection générale de l?environnement et du développement durable
137
IGH Immeuble de grande hauteur
MDS Maison départementale des solidarités
MSA Mutualité sociale agricole
MTE Ministère de la transition écologique
OPAH Opération programmée d'amélioration de l'habitat
ORCoD Opération de requalification des copropriétés dégradées
PDLHI Pôle départemental de lutte contre l'habitat indigne
PIC Plan initiative copropriétés
PNLHI Pôle national de lutte contre l'habitat indigne
PNRQAD Programme national de requalification des quartiers anciens dégradés
PPPI Parc privé potentiellement indigne
PPT Plan pluriannuel de travaux
PVD Petites villes de demain
RAC Reste à charge
RHI-THIRORI Opérations de résorption de l'habitat insalubre et de restauration
immobilière
RNIC Registre national d?immatriculations des copropriétés
RSD Règlement sanitaire départemental
SACICAP Société Anonyme coopérative d'intérêt collectif pour l'accession à la
propriété
SCHS Service communal d?hygiène et de salubrité
SEM Société d?économie mixte
SPLA Société publique locale d?aménagement
SRU Loi solidarité et renouvellement urbain
138
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LHI_1
1_Rapport final LHI VF sans annexe13oct23
Rapport final LHI VF_avec annexe_19oct_20h
« Le « mode projet » qui s?organise dans le cadre du renouvellement urbain permet d?envisager une intervention globale de requalification des quartiers devant faire l?objet d?une transformation urbaine profonde », Contribution ANRU
« La situation de danger pour les occupants peut être extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts de...
« Pour traiter ces sujets, il faut aller vite et démarrer assez tôt »,
Contribution Etablissement Public Foncier d?Ile-de-France
« La situation de danger pour les occupants peut être extrêmement grave en cas d?immeuble ou bâtiment sous arrêté d?insalubrité remédiable, ou de mise en sécurité avec interdiction temporaire d?habiter, c?est-à-dire même lorsque, eu égard aux coûts de...
« Dans les sites comme Bayonne et Saint-Denis, les villes mettent aussi l?accent sur le risque contentieux sur les prises d?arrêtés et par conséquence le temps des procédures qui allonge les coûts de rémunération et de portage, des frais financiers di...
« Il convient de renforcer l?accompagnement des collectivités qui, pour certaines (grosses ou petites), sont hésitantes à réaliser des travaux d?office faute de budget et d?ingénierie. Il est en réalité indispensable d?entamer une politique d?aides (...
« Si nombre de mesures incitatives existent afin d?encourager les propriétaires à réaliser des travaux, les pouvoirs publics peinent à forcer la main des propriétaires récalcitrants ou défaillants. L?action publique dispose pourtant d?une boite à outi...
« Il s?agit de promouvoir une approche plus intégrée au profit des personnes contraintes d?habiter dans des locaux défavorables à la santé, voire indignes ou insalubres. L?un des enjeux nous semble être d?agir avant que la situation des personnes et d...
« En tant que Présidente d?une intercommunalité comptant de nombreuses communes rurales, je constate les difficultés que peuvent rencontrer les maires de petites communes, disposant de peu de capacité d?ingénierie pour traiter de problématiques juridi...
« Le renforcement du rôle des opérateurs publics de portage foncier permettrait d?intervenir plus efficacement dans le traitement des copropriétés dégradées. En particulier, les établissements publics fonciers sont des opérateurs pertinents pour appuy...
« Les ambitions nationales en matière de réduction d?émission de gaz à effet de serre doivent se concilier avec les enjeux patrimoniaux et historiques, portés par les DRAC-ABF. », Contribution DIGNEO-Foncière Logement
« Les Administrateurs judiciaires ne sont ni la réponse ni la solution. Aujourd?hui, les acteurs publics se refusent dans la majeure partie des situations à faire ces signalements par manque de solution disponible. [?] il est fondamental de faire émer...
« Les centres anciens sont caractérisés par la présence de nombreuses petites copropriétés, dont une partie est sans syndic, une partie avec syndic bénévole pratiquant une gestion très souvent « informelle », et une partie avec syndic professionnel ex...
« Cette obligation pourrait s?accompagner d?une aide de l?Anah, qui finance déjà ce type de diagnostics dans le cadre d?études pré-opérationnelles, étant entendu que le coût de ces diagnostics reste à évaluer et peut être élevé. La collaboration avec ...
« L?ingénierie financière mise à disposition par le réseau bancaire classique est faible voire inexistante en copropriété au-delà même de la LHI », Contribution Brest Métropole
« La mobilisation de la banque des territoires sur cette action est fondamentale - l?émergence d?une banque de la rénovation et de l?accompagnement des copropriétés fragiles est nécessaire pour sécuriser ce processus de caisses d?avances », Contributi...
« Le repérage des situations et le partage des informations entre les différents acteurs ne sont toujours pas suffisants pour appréhender de façon juste ce phénomène. L?hébergement et le relogement des ménages victimes d?habitat indigne reste très com...
« En marché très tendu, le parc indigne est en partie occupé par des ménages exclus du parc social - qui constituent d?ailleurs, pour cette raison-même, la cible privilégiée des marchands de sommeil », Manifeste SOREQA
« Il reste en effet particulièrement difficile de recourir à des structures d?hébergement d?urgence qui sont le prolongement naturel des interventions en substitution que pourraient pratiquer les autorités compétentes », Contribution Ville de Paris
« Les ADIL apportent au public, à leurs partenaires et aux acteurs du logement leur expertise juridique sur tous les champs de l?habitat : les rapports locatifs, le fonctionnement des copropriétés, l?accompagnement juridique, fiscal et financier aux t...
« Bien que ce dispositif soit louable pour faciliter le repérage et veiller à la décence des logements, il est, dans ses dispositions actuelles, difficiles à mettre en oeuvre pour les collectivités aux moyens limités. », Contribution Valenciennes Métro...
« Les délais d?instruction du « permis de diviser » sont très courts [?] Dans ce délai, impossible de visiter l?immeuble pour se prémunir des potentiels manquements pouvant porter, à terme, atteinte à la santé et à la sécurité des occupants. La mise e...
Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués
LHI_4
3_Rapport final LHI VF sans annexe13oct23
INVALIDE)