L'accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Auteur moral
France. Ministère des sports
;Observatoire national de la politique de la ville (France)
;France. Commissariat général à l'égalité des territoires
Auteur secondaire
Résumé
Malgré d'ambitieuses politiques publiques d'accès au sport pour les habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), une quarantaine de quartiers prioritaires apparaissent encore comme sous-dotés en équipements sportifs structurants. Certes, l'accessibilité à pied aux équipements sportifs structurants pour les habitants des QPV est meilleure que pour ceux des autres quartiers des unités urbaines englobantes, mais ce résultat global (99 % de la population métropolitaine des QPV couverte par au moins un équipement, contre 90 % ailleurs) cache des réalités locales bien moins favorables. Dans les QPV de type « centres anciens » notamment, les habitants sont plus éloignés des équipements sportifs que dans les quartiers HLM en périphérie des agglomérations, construits à une période où la pratique sportive a été encouragée par les pouvoirs publics et intégrée aux programmes d'urbanisme. De plus, si une bonne accessibilité est nécessaire à la pratique sportive, elle n'est pas suffisante pour en assurer l'accès effectif, et les licenciés de fédérations sportives sont deux fois moins nombreux dans les QPV. L'accessibilité à pied est également<br />
;très variable selon le type d'équipement sportif, les piscines et les courts de tennis étant plus éloignés que les salles multisports notamment. Ainsi, rares sont les quartiers prioritaires, seulement un sur sept, dans lesquels les habitants ont accès à des équipements sportifs variés.
Editeur
Ministère des sports
Descripteur Urbamet
aménagement urbain
;accessibilité
;politique de la ville
Descripteur écoplanete
Thème
Equipements
Texte intégral
L?accessibilité à pied
aux équipements sportifs
dans les quartiers
prioritaires : une bonne
couverture mais une offre
peu variée
En détail
ONPV
Observatoire national de la
politique de la ville
ONPV
Observatoire national de la
politique de la ville
Directeur de la publication :
Serge Morvan
Responsable de collection :
Hugo Bevort
Secrétariat de rédaction : Muriel Thoin
Mise en page : Citizen Press
Responsable de la communication : Corinne Gonthier
corinne.gonthier@cget.gouv.fr ; tél. : 01 85 58 60 49
Photo de couverture : Xavier Schwebel
Date d?édition : janvier 2019
En Détail est une publication du Commissariat général à l?égalité
des territoires (CGET) qui porte sur les études, analyses et
réflexions conduites ou soutenues par le CGET. Elle peut être
consultée en ligne sur www.cget.gouv.fr
Président du comité d?orientation de l?ONPV :
Jean-François Cordet
Auteurs : Sarah Audras-Marcy, Helga Mondésir (CGET-ONPV)
en lien avec Raphaël Janelli et Jean de Labrusse (Direction
des sports)
La synthèse de cette étude est disponible
en version interactive sur :
www.cget.gouv.fr/ressources/publications
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L?accessibilité à pied
aux équipements sportifs
dans les quartiers
prioritaires : une bonne
couverture mais une offre
peu variée
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5
L?accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Observatoire national de la politique de la ville
Malgré d?ambitieuses politiques publiques d?ac-
cès au sport pour les habitants des quartiers
prioritaires de la politique de la ville (QPV), une
quarantaine de quartiers prioritaires apparaissent
encore comme sous-dotés en équipements spor-
tifs structurants. Certes, l?accessibilité à pied aux
équipements sportifs structurants pour les habi-
tants des QPV est meilleure que pour ceux des
autres quartiers des unités urbaines englobantes,
mais ce résultat global (99 % de la population
métropolitaine des QPV couverte par au moins un
équipement, contre 90 % ailleurs) cache des réali-
tés locales bien moins favorables. Dans les QPV de
type « centres anciens » notamment, les habitants
sont plus éloignés des équipements sportifs que
dans les quartiers HLM en périphérie des agglo-
mérations, construits à une période où la pratique
sportive a été encouragée par les pouvoirs publics
et intégrée aux programmes d?urbanisme. De plus,
si une bonne accessibilité est nécessaire à la pra-
tique sportive, elle n?est pas suffisante pour en
assurer l?accès effectif, et les licenciés de fédé-
rations sportives sont deux fois moins nombreux
dans les QPV. L?accessibilité à pied est également
très variable selon le type d?équipement sportif,
les piscines et les courts de tennis étant plus éloi-
gnés que les salles multisports notamment. Ainsi,
rares sont les quartiers prioritaires, seulement un
sur sept, dans lesquels les habitants ont accès à
des équipements sportifs variés.
Une bonne accessibilité aux équipements et ser-
vices constitue un des facteurs d?attractivité détermi-
nants pour faciliter la vie quotidienne des habitants
d?un territoire. Dans les quartiers prioritaires de la
politique de la ville (QPV), les habitants effectuent
moins de déplacements que les habitants des
autres quartiers et utilisent moins souvent la voi-
ture, la marche étant le premier mode alternatif de
déplacement (Juste, 2018). C?est pourquoi l?ONPV a
souhaité analyser l?accessibilité à pied des habitants
des QPV à un ensemble d?équipements et services
de proximité. Elle s?appuie sur deux indicateurs, l?un
mesurant la part de la population ayant accès aux
équipements en moins de 15 minutes de marche, et
l?autre mesurant le nombre moyen d?implantations
d?équipements accessibles dans ce laps de temps
pour les habitants du quartier (note méthodologie).
Tenant compte des situations d?enclavement et des
ruptures urbaines autour des quartiers (voies fer-
rées, autoroutes, voies d?eau?), cette méthodologie
permet de s?affranchir des effets de frontière1 que l?on
retrouve dans le calcul de la densité d?équipements
couramment utilisée pour étudier l?accessibilité. À
l?échelle d?un territoire réduit tel qu?un QPV, l?effet de
frontière peut distordre les indicateurs de comparai-
sons dans d?importantes proportions et entraîner des
conclusions erronées, d?autant plus que le périmètre
des QPV est dessiné autour des habitations en évi-
tant, dans la mesure du possible, les équipements
et les activités économiques. Cependant, une bonne
accessibilité à pied ne signifie pas accès et des
difficultés d?accès, en termes de coûts, d?horaires,
de disponibilité ou dimensionnement de l?équipe-
ment, ainsi que de frein culturel, notamment pour
les jeunes filles, existent (encadré L?accessibilité, une
notion multidimensionnelle).
Note
1. Par exemple, un équipement situé à quelques mètres en
dehors d?un QPV ne sera pas pris en compte dans la densité
d?équipement du QPV alors que cet équipement est accessible
aux habitants du quartier. À l?inverse, un équipement situé à
l?extrémité d?un grand QPV n?est pas accessible aux personnes
résidant à l?autre extrémité du quartier.
6
Notes
2. Le choix des équipements sportifs « structurants » a été
réalisé par le ministère des Sports. Le sport peut également
être pratiqué sous une forme de loisir en dehors des clubs et
structures organisées. Les terrains extérieurs de petits jeux
de type city-stades ou playgrounds de basket, les parcours
sportifs, les skateparks, les murs et frontons, en particulier,
sont dédiés à cette pratique en loisir. Nos résultats ne font pas
apparaître l?accessibilité à pied à ces équipements.
3. En 2013, dans les Zus, dont le périmètre recoupe largement
les QPV, le taux d?équipements sportifs pour 10 000 habitants
s?élève à 22 contre 34 dans les autres quartiers des unités
urbaines comprenant une Zus (Muller et al., 2014).
L?analyse de l?accessibilité géographique aux équi-
pements sportifs pour les habitants des QPV porte
sur six types d?équipements définis comme « structu-
rants » par le ministère des Sports pour une pratique
de proximité « organisée » selon des horaires parfois
contraints : les bassins de natation, les salles multis-
ports (gymnases), les salles spécialisées (dont les
salles de combat), les équipements d?athlétisme, les
terrains de grands jeux (football, rugby, baseball?) et
les courts de tennis2 (encadré Source des données).
Dans la majorité des QPV, l?accès à au
moins un équipement sportif est meilleur
que dans les quartiers environnants
Dans les QPV de France métropolitaine, malgré un
taux d?équipement plus faible que dans les quartiers
environnants3, 99 % des habitants peuvent accéder en
moins de 15 minutes de marche à au moins un équi-
pement sportif structurant, contre 90 % des habitants
des autres quartiers des unités urbaines comprenant
au moins un QPV (graphique 1).
Ce résultat global cache toutefois des situations
locales variées. Ainsi, dans 9 quartiers prioritaires sur
10, les habitants ont une meilleure accessibilité à pied
aux équipements sportifs que leurs voisins des autres
quartiers de l?unité urbaine. La plupart des autres QPV
appartiennent aux unités urbaines les mieux équipées
(95 % des habitants à moins de 15 minutes d?un équipe-
ment), et au moins 90 % de la population accède à un
équipement sportif en moins de 15 minutes de marche.
Cependant, 40 quartiers sont sous-dotés, parmi les-
quels 14 quartiers prioritaires dont plus de la moitié de
la population est à plus de 15 minutes de marche de
tout équipement sportif structurant.
Cette première approche de l?accessibilité
permet de mettre en évidence quelques quartiers
où l?éloignement des équipements sportifs
est un frein majeur à la pratique sportive.
Cependant, l?accessibilité est une notion
complexe dont toutes les dimensions méritent
d?être explorées. Il peut paraître réducteur de
ne s?attacher qu?à deux indicateurs pour analyser
l?accessibilité et de considérer qu?un équipement
accessible en moins de 15 minutes de marche
est utilisé de la même manière par tous ceux
qui bénéficient de cet accès.
Ainsi, malgré une accessibilité à pied aux courts
de tennis très similaire que l?on réside en QPV
ou dans un autre quartier, et ce tant du point
de vue de la population couverte que du nombre
d?équipements accessibles, les licences de la
Fédération française de tennis ne représentent
que 2,6 % des licences sportives délivrées en
quartier prioritaire, contre 6,6 % de celles délivrées
dans les autres quartiers (Caruso, 2018).
Des facteurs autres que le temps d?accès sont
à rechercher pour expliquer ces différences,
tels qu?un coût d?usage plus élevé que d?autres
sports ou des freins socio-culturels.
De nombreux facteurs démographiques,
économiques et sociaux peuvent influer sur la
pratique d?une activité sportive (Simoes, 2018) ;
le fait de vivre dans une zone urbaine sensible4
diminue de 5 points la probabilité de pratiquer
un sport (Muller et al., 2014).
Quel que soit le type d?équipement, accessibilité
à pied ne signifie pas accès effectif. Les freins
sont multiples et comprennent le coût,
les horaires d?ouverture, la disponibilité liée
au dimensionnement de l?équipement, les freins
culturels ou d?image.
L?ACCESSIBILITÉ, UNE NOTION MULTIDIMENSIONNELLE
Zoom
Note
4. Les zones urbaines sensibles sont souvent devenues des
quartiers prioritaires lors de la réforme de la géographie
prioritaire de la politique de la ville en 2015.
L?accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Observatoire national de la politique de la ville
7
Le RES fournit des informations sur les
équipements sportifs par catégories (161 types),
leur localisation (adresse et coordonnées
géographiques) et leurs principales
caractéristiques telles que la date de mise en
service, la présence de vestiaires? Il a vocation
à l?exhaustivité et son actualisation permanente
est confiée au ministère des Sports, qui s?appuie
sur ses services déconcentrés pour collecter
les informations auprès des propriétaires
d?équipements sportifs.
L?équipement est l?espace élémentaire de
pratique. Le critère essentiel de recensement
est que toute personne puisse y accéder à
titre gratuit ou payant avec pour objectif principal
d?y pratiquer une activité physique et/ou
sportive.
Au 1er janvier 2018, le RES compte plus de
310 000lieux de pratiques sportives accessibles
au public, recensés en France métropolitaine et
dans les départements et collectivités d?outre-mer.
Parmi ceux-ci, 270 000 sont des équipements
sportifs et 40 000 sont des sites ou espaces
de sports de nature.
Seuls les équipements sportifs situés en
métropole ont été retenus dans cette étude
en raison de contraintes techniques de
géoréférencement non résolues sur l?Outremer.
Un quart des informations du RES sont révisées
chaque année (cycle de 4 ans). 2017 ayant
constitué une année de consolidation, les
informations disponibles au 1er janvier 2018
ont été collectées pour l?essentiel entre 2012
et 2016.
SOURCE DES DONNÉES : LE RECENSEMENT NATIONAL DES ÉQUIPEMENTS
SPORTIFS ET ESPACES OU SITES DE PRATIQUES (RES)
Zoom
Source : RES janvier 2018, ministère des Sports.
Champ : France métropolitaine.
Traitements : CGET - ONPV.
Note de lecture : 99 % des habitants des QPV peuvent accéder à au moins un des six types d?équipements sportifs structurants en
moins de 15 minutes de marche, contre 90 % des habitants des autres quartiers des unités urbaines comprenant au moins un QPV.
Graphique 1 ? Part de la population ayant accès à un équipement sportif en moins de 15 minutes de marche,
par type d?équipements et par quartier de résidence (en %)
En QPV Dans les autres quartiers des unités urbaines
100
80
60
40
20
0
Ensemble des
équipements
Salles
multisports
Équipements
d?athlétisme
Bassins
de natation
Salles
spécialisées
(dont salles de
combat)
Terrains de
grands jeux
Courts
de tennis
Graphique 2 ? Nombre moyen d?implantations d?équipements sportifs accessibles en moins de 15 minutes
de marche, selon le lieu de résidence et le type d?équipements
Source : RES janvier 2018, ministère des Sports.
Champ : France métropolitaine.
Traitements : CGET - ONPV.
Note de lecture : En moyenne, sur l?ensemble des 1 296 QPV de métropole, les habitants des QPV ont accès en moins de 15 minutes
de marche à 15,3 équipements, contre 9,7 pour les habitants des autres quartiers des unités urbaines englobantes.
10
8
6
4
2
0
en QPV dans les autres quartiers
des unités urbaines
12
14
16
Salles multisports
Terrains de grands jeux
Équipements d?athlétisme
Salles spécialisées
(dont salles de combat)
Courts de tennis
Bassins de natation
Une meilleure accessibilité en QPV,
en particulier pour les salles multisports
Les équipements les plus accessibles aux habitants
des QPV sont les salles multisports (accessibles en
moins de 15 minutes de marche à 95 % des habitants
des QPV), les salles spécialisées5 (86 %), les terrains
de grands jeux6 (86 %), puis les équipements d?athlé-
tisme (72 %) et, ensuite, les courts de tennis (53 %) et
les bassins de natation (47 %).
Pour l?ensemble de ces équipements, l?accessibilité
est globalement meilleure en QPV que dans les autres
quartiers de l?unité urbaine mais dans des proportions
variables selon le type d?équipements. Le différen-
tiel est particulièrement marqué en ce qui concerne
l?accès aux salles multisports et presque nul pour les
courts de tennis. Sur ce dernier équipement, ainsi
que sur les bassins de natation, les disparités locales
sont fortes, et si les taux de couverture globaux de la
population, tous quartiers confondus, sont proches de
50 %, dans plus d?un quartier prioritaire sur deux, les
habitants ont une moins bonne accessibilité à pied à
ces équipements que dans le reste de l?unité urbaine.
Les salles multisports sont, de loin, l?équipement le
plus fréquent dans ou à proximité des quartiers et
le plus accessible à pied à leurs habitants. Si elles
permettent la pratique de plusieurs activités sportives
différentes, leur inconvénient majeur réside dans le
manque de disponibilité de l?équipement en continu
pour chacun des sports qui y sont pratiqués.
Un nombre plus élevé d?implantations
accessibles en 15 minutes de marche
En termes de nombre moyen d?implantations sportives
accessibles en 15 minutes de marche au départ de
leur domicile, les habitants des quartiers prioritaires
semblent être dans une situation plus avantageuse
avec une moyenne de 15,3 équipements acces-
sibles à pied, contre 10,3 dans les autres quartiers
(graphique2). Cependant, cet écart n?est expliqué que
par deux types d?équipements : les salles multisports,
principalement, avec 4 fois plus d?implantations acces-
sibles depuis les QPV qu?ailleurs et, dans une moindre
mesure, les terrains de grands jeux, près de 2 fois
plus. Pour les quatre autres types d?équipements, les
implantations accessibles sont sensiblement aussi
nombreuses en QPV que dans les autres quartiers.
La facilité d?accès pour les habitants des QPV (en
temps et en nombre) aux terrains de grands jeux,
dédiés pour neuf terrains sur dix à la pratique du
football, rejoint le constat d?un engouement pour la
pratique de ce sport puisque les licenciés de la Fédé-
Notes
5. Les dojos, les salles de basket?
6. Les terrains de football, de rugby, de baseball, de hockey
sur gazon?
L?accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Observatoire national de la politique de la ville
9
Type d?équipement
QPV dans lesquels l?ensemble de
la population accède à l?équipement
QPV dans lesquels plus de la moitié de
la population n?accède pas à l?équipement
Nombre
de QPV
Population (en % de la
population totale des QPV)
Nombre de
QPV
Population (en % de la
population totale des QPV)
Au moins 1 équipement
sportif structurant
1 148 87,8 14 0,4
Salles multisports 923 71,9 95 3,3
Salles spécialisées
(dont salles de combat)
717 50,7 235 11,5
Terrains de grands jeux 743 50,1 181 13,0
Équipements d?athlétisme 487 31,3 419 25,6
Courts de tennis 286 15,8 654 43,0
Bassins de natation 223 13,9 779 48,2
Source : RES janvier 2018, ministère des Sports.
Champ : France métropolitaine.
Traitements : CGET - ONPV.
Note de lecture : Dans 223 QPV, l?ensemble des habitants peut accéder à un bassin de natation en moins de 15 minutes
de marche, alors que ce n?est le cas que pour moins de la moitié des habitants de 779 QPV, regroupant près de la moitié
des habitants des QPV de métropole (48,2 %).
Tableau 1 ? Accessibilité aux équipements sportifs des habitants des QPV par type d?équipements
selon la qualité de l?accessibilité dans le QPV
ration française de football y sont surreprésentés : les
licences de football constituent 27,7 % des licences
délivrées en quartiers prioritaires, contre 13,4 % dans
les autres quartiers des unités urbaines (Caruso, 2018).
Des équipements sportifs toutefois peu
variés dans les QPV
Seule une minorité de quartiers prioritaires, un sur
sept, permet un accès à des équipements sportifs
variés, avec au moins cinq des six types d?équipe-
ments accessibles à tous les habitants en moins de
15 minutes de marche. Dans un quartier prioritaire sur
deux, l?ensemble des habitants a accès au mieux à
deux types d?équipements différents. Le temps d?ac-
cès à pied aux autres types d?équipements y est
supérieur à 15 minutes de marche pour une partie,
voire pour l?ensemble de la population7.
Les bassins de natation, équipements coûteux à la
construction et à l?entretien, sont difficiles d?accès
à pied dans six quartiers prioritaires sur dix (779 sur
les 1 296 QPV de métropole), où résident la moitié
des habitants des quartiers prioritaires (tableau 1).
À l?inverse, dans 223 quartiers prioritaires, l?ensemble
des habitants (14 % de la population résidant en QPV)
accède à un bassin en moins de 15 minutes de marche.
En outre, dans un quartier prioritaire sur sept (181
QPV), l?accès aux terrains de grands jeux est repéré
comme plus difficile. Pour les salles spécialisées,
c?est le cas de presque un quartier sur cinq (235 QPV),
Note
7. La comparaison entre quartiers prioritaires et autres
quartiers des unités urbaines englobantes sur le critère de la
variété des équipements accessibles à pied est impossible,
car il n?a d?intérêt que sur un périmètre restreint. Dans une
unité urbaine de plus de 10 000 habitants, tous les types
d?équipements sportifs étant présents, ce critère n?est pas
discriminant.
et un sur deux (654 QPV) pour les courts de tennis.
Le manque de variété dans les équipements sportifs
peut contribuer à la plus faible pratique sportive dans
le cadre d?une fédération dans les quartiers priori-
taires que dans les autres quartiers. En 2015, 4 % des
licences sportives sont délivrées à des habitants des
quartiers prioritaires alors que 8 % de la population y
réside (Caruso, 2018).
Par contre, l?accès aux salles multisports ne pré-
sente pas de difficulté en termes de temps d?accès
pour plus de sept habitants des QPV de métro-
pole sur dix, qui résident dans des quartiers où
l?ensemble de la population bénéficie de cet accès.
Les quartiers où ce type d?équipements est diffi-
cilement accessible à pied sont rares (95 QPV) et
comptent très peu d?habitants (3 % de l?ensemble des
habitants des QPV).
10
200 kmSource : RES janvier 2018, traitements CGET-ONPV
Raismes
Méricourt, Rouvroy
Courcelles-lès-Lens
Hornaing
Condé -sur- l?Escaut
Maubeuge, Haumont, Louvroil, Neuf-M.
Fresnes -sur- Escaut
Ferrière- la- Grande
Herserange
Longwy
Frouard
Le Creusot
Villefranche-sur-Saône
Thonon-les-Bains
Gaillard
Lyon
Chasse-sur-Rhône
Voiron
Carpentras
Nice
Gardanne
Septème-les-Vallons
Uzès
La Grand-Combe
Ste-Livrade-sur-Lot
Porto-Vecchio
St-Chamond
Thiers
Tarare
Montceau-les-M.
Créteil
Villiers-Cott.
Évry
Villiers-St-Paul
Fleury-les-Aubrais
Concarneau
Lannion
Pont-Audemer,
St Germain-Village
Auchel, Burbure
Barlin, Hersin Coupigny
Quintine - Villemarie-Ubac - Le Parc
Quartier Rimbert
Route
de Vivières
Quartier du Regain
Méricourt, Rouvroy
Courcelles-lès-Lens
Hornaing
Condé -sur- l?Escaut
Maubeuge, Haumont, Louvroil, Neuf-M.
Fresnes -sur- Escaut
Ferrière- la- Grande
Herserange
Longwy
Frouard
Le Creusot
Villefranche-sur-Saône
Thonon-les-Bains
Gaillard
Lyon
Chasse-sur-Rhône
Voiron
Carpentras
Nice
Gardanne
Septème-les-Vallons
Uzès
La Grand-Combe
Ste-Livrade-sur-Lot
Porto-Vecchio
St-Chamond
Thiers
Tarare
Montceau-les-M.
Créteil
Villiers-Cott.
Évry
Villiers-St-Paul
Raismes
Fleury-les-Aubrais
Quartier prioritaire de Hornaing
Sabatier
Centre-ville
Centre-ville
Quartier du Village
Gouraincourt - Remparts
Quartier la Penotte
Le Tennis
Collonges Ste-Hélène
Le Chalet - Helvetia Park
Brunetière
Paillon
Notre-Dame
Pifano
La Gavotte - Peyret
Quartier prioritaire d?Uzès
Bastide au bord du Lot
Trescol - La Levade
Centre ancien
Centre ville
Barbières
Le Vergoin
Béligny
Périmètre Nord de ville
Bois du Verne
Concorde
Belle Vue
Belle Visée
Kerandon
Ker Uhel
La Passerelle
Lignerolles
Les Aunettes
Petit Prè -
Sablières
Population en 2013, par quartier
Répartition des quartiers
sous-dotés en équipements sportifs
Niveau d?accessibilité
12 000
14 quartiers à très faible accessibilité
6000
2500
900
Kerandon
Ker Uhel
La Passerelle
Lignerolles
Les Aunettes
Petit Prè -
Sablières
Belle Vue
Belle Visée
Quartier Rimbert
Route
de Vivières
Quartier du Regain
Quartier du Maroc - La Canche
Du Village au Moulin
Quartier prioritaire de Hornaing
Sabatier
Centre-ville
Centre-ville
Sous-le-Bois, Montplaisir, rue d?Hautmont
Quartier du Village
Gouraincourt - Remparts
Quartier la Penotte
Le Tennis
Collonges Ste-Hélène
Le Chalet - Helvetia Park
Brunetière
Paillon
Notre-Dame
Pifano
La Gavotte - Peyret
Quintine - Villemarie-Ubac - Le Parc
Quartier prioritaire d?Uzès
Bastide au bord du Lot
Trescol - La Levade
Centre ancien
Centre ville
Barbières
Le Vergoin
Béligny
Périmètre Nord de ville
Bois du Verne
Concorde
Concarneau
Lannion
Pont-Audemer,
St Germain-Village
Auchel, Burbure
Barlin, Hersin-Coupigny
26 quartiers à faible accessibilité
Carte 1 ? Les 40 QPV présentant des difficultés dans l?accès à pied aux équipements sportifs
Certains quartiers sont moins bien dotés
Parmi les 40 quartiers présentant des difficultés dans
l?accès à pied aux équipements sportifs (carte 1),
14 quartiers, sous-dotés8, ont plus de la moitié de
leur population à plus de 15 minutes de marche du
plus proche équipement sportif structurant. Ces quar-
tiers sont tous de petite taille et comptent moins de
3 000habitants, pour un total de 22 000 personnes.
Ils sont répartis dans dix des treize régions de métro-
pole. Si la plupart appartiennent à des petites unités
urbaines, trois sont situés dans les unités urbaines de
Paris et Marseille.
Dans les 26 autres quartiers, entre 50 % et 90 % de la
population est couverte par au moins un équipement
sportif. Ils comptent également peu d?habitants à l?ex-
ception de trois quartiers de plus grande taille, entre
4 000 et 12 000 habitants. Au total, 60 000 habitants
y résident. Ces quartiers sont plus concentrés dans
certaines régions, avec 8 quartiers dans les Hauts-
de-France et 6 en Auvergne-Rhône-Alpes.
Note
8. Quartiers Pifano à Porto-Vecchio, Trescol-La Levade à
LaGrand-Combe, La Penotte à Frouard, Lignerolles à Fleury-
les-Aubrais, Notre-Dame à Gardanne, La Passerelle à Pont-
Audemer, Route de Vivières à Villers-Cotterêts, Le Tennis au
Creusot, La Gavotte-Peyret à Septèmes-les-Vallons, Collonges-
Sainte-Hélène à Thonon-les-Bains, Le Chalet-Helvetia Park à
Gaillard, Centre-ville de Condé-sur-l?Escaut, Maroc- La Canche
à Méricourt, Les Aunettes à Évry.
11
L?accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Observatoire national de la politique de la ville
Le code du sport précise que « les activités
physiques et sportives constituent un élément
important de l?éducation, de la culture, de
l?intégration et de la vie sociale. Elles contribuent
notamment à la lutte contre l?échec scolaire et à
la réduction des inégalités sociales et culturelles,
ainsi qu?à la santé »10.
Dans les quartiers prioritaires de la politique
de la ville, le sport constitue un axe fort de la
cohésion sociale et territoriale, et la disponibilité
d?équipements sportifs de proximité compte
parmi les facteurs conditionnant l?accès à la
pratique sportive. Au-delà, l?offre d?équipements
sportifs d?un territoire s?apprécie au regard
du nombre d?équipements et de leur possible
vétusté, ainsi que de la diversité des activités
qui y sont praticables, des aménités associées
à leurs locaux (tribunes, vestiaires, salles de
réunion?) et de l?accès effectif à la pratique
(qualité des transports publics, amplitude
horaire, période d?ouverture saisonnière,
qualification des intervenants, gestion des
usages?), sans oublier leur adéquation à la
demande locale.
QUALITÉ DES LIEUX DE PRATIQUE
Zoom
Note
10. Article L. 100-1 du code du sport.
L?accessibilité à pied dépend aussi
du type de quartier prioritaire
L?accès à pied aux équipements sportifs est également
variable pour les habitants selon le type9 de quartier
prioritaire dans lequel ils résident (graphique3). Dans
les quartiers prioritaires de type « centres anciens »,
l?accès à pied aux terrains de grands jeux et aux ter-
rains de tennis est plus difficile que dans les autres
types de quartiers. L?essor de la construction des équi-
pements sportifs date d?une époque bien postérieure
au développement des quartiers anciens (Falcoz,
1998). Le manque de disponibilité foncière dans cet
environnement très urbain y rend difficiles les nouvelles
implantations et, par là même, l?amélioration de l?acces-
sibilité à pied aux équipements sportifs.
Les habitants des « quartiers périphériques de petites
adresses », généralement situés au sein de territoires
désindustrialisés, accèdent moins facilement à pied
à tous les types d?équipements sportifs, en particulier
aux installations d?athlétisme et aux courts de tennis.
Ces quartiers d?habitat peu denses concentrent rare-
ment un nombre d?habitants suffisamment élevé pour
inciter les décideurs locaux à implanter des équipe-
ments à proximité.
Les quartiers de type « HLM » sont les mieux dotés
en équipements sportifs quel que soit le type d?équi-
pements. Les « quartiers HLM des petites unités
urbaines » (moins de 200 000 habitants) sont néan-
moins un peu en retrait par rapport aux quartiers HLM
« périphériques » ou « de banlieues éloignées » des
grandes unités urbaines, et l?on retrouve cinq quartiers
de cette catégorie parmi les 14 QPV qui sont considé-
rés comme sous-dotés. Cependant, tous ces quartiers
prioritaires de type « HLM » sont situés en périphérie
des agglomérations, dans des zones récemment
urbanisées, où l?implantation d?équipements sportifs
a bénéficié de la disponibilité des terrains et de la
volonté des pouvoirs publics d?y intégrer une certaine
mixité fonctionnelle dès leur création.
Note
9. La typologie « Cadre de vie » de l?ONPV, basée sur
des caractéristiques de morphologie urbaine, l?éloignement
au centre de l?unité urbaine et la dynamique du marché
du logement, identifie 5 classes de QPV distinctes.
Voir le rapport ONPV 2016, page 16 et suivantes.
12
Graphique 3 ? Part de la population ayant accès à au moins un équipement en moins de 15 minutes
de marche, selon le type d?équipements et la typologie « Cadre de vie » de l?ONPV, en %
Source : RES janvier 2018, ministère des Sports.
Champ : France métropolitaine.
Traitements : CGET - ONPV.
Note de lecture : Dans les QPV de type « quartiers périphériques de petites adresses », 52 % des habitants accèdent en moins
de 15 minutes de marche à un équipement d?athlétisme, alors que dans les autres types de QPV, c?est le cas pour 73 % à 77 %
de la population.
Athlétisme
Terrains de tennis
Salles spécialisées
Bassins de natation
Salles multisports
Terrains de grands jeux
Centres anciens
0
20
40
60
80
100
Quartiers HLM de
petites unités urbaines
Quartiers périphériques
de petites adresses
Quartiers HLM
périphériques
Quartiers HLM de
banlieues éloignées
13
L?accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Observatoire national de la politique de la ville
Caruso A. (2018). La pratique sportive licenciée, Rapport annuel ONPV 2017, p. 196.
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Simões F. (2018). Pratiques sportives : une hausse portée par les femmes et les seniors, Injep analyses et synthèses,
n° 15, juillet 2018.
BIBLIOGRAPHIE
14
L?étude de l?accessibilité aux équipements au
niveau infracommunal des quartiers prioritaires
de la politique de la ville (QPV) est analysée
fréquemment sous l?angle :
? soit de la présence (versus l?absence) d?un
équipement sur un territoire, par exemple un QPV
ou une bande de 500 mètres autour du QPV,
? soit de la densité d?équipements par habitant
au sein du QPV (nombre d?équipements rapporté
au nombre d?habitants).
Ces types de mesure induisent pourtant des effets
de frontière qui faussent l?analyse. D?une part,
les personnes résidant en QPV se déplacent
et peuvent avoir accès aux équipements des
quartiers voisins. D?autre part, dans les quartiers
étendus, les habitants peuvent être éloignés des
équipements situés à l?autre extrémité du quartier.
C?est pourquoi la méthodologie développée dans
cette analyse s?affranchit des frontières, et
considère la zone de desserte à 15 minutes
à pied autour des équipements. Cette zone
de desserte est construite en tenant compte
des contraintes de circulation pour les piétons,
des ruptures urbaines et naturelles.
Le seuil d?accessibilité retenu de 15 minutes
de marche s?inspire notamment des travaux sur
l?accessibilité à l?offre d?équipements de proximité
dans la région Île-de-France (Mangeney, 2011).
L?accessibilité est ici exprimée :
? en part de population ayant accès à un
équipement en moins de 15 minutes de marche, et
? en nombre moyen d?équipements accessibles
dans ce laps de temps.
Le support des traitements géographiques et
statistiques est la base de données carroyée de
l?Insee : la France métropolitaine y est découpée
en carreaux de 200 mètres de côté. Chaque
carreau est caractérisé par son nombre d?habitants
(source RFL 2010).
Le calcul des indicateurs d?accessibilité à
un équipement en moins de 15 minutes à pied
comprend plusieurs étapes :
1. Des isochrones à 15 minutes à pied sont calculés
autour de chaque équipement à partir du système
d?information géographique du CGET et de la base
Navstreets11 qui comporte le réseau de voies
piétonnes et routières. Le seuil de 15 minutes est la
norme généralement utilisée pour ce type d?études12.
Les isochrones délimitent l?ensemble des points
accessibles au départ d?un équipement donné
et dans toutes les directions, en moins de 15minutes
à pied13. Ils intègrent les ruptures urbaines telles que
les cours d?eau, les autoroutes ou les voies ferrées.
Les isochrones d?un même type d?équipements
sont fusionnés quand ils se croisent.
2. Les intersections des carreaux de 200 mètres
avec le contour des quartiers prioritaires sont
ensuite matérialisées : cette opération consiste à
découper les carreaux dont une partie se trouve
dans un QPV et ainsi isoler les portions de carreau
situées en QPV de celles situées hors QPV. Les
QPV sont reconstitués en compilant les carreaux
entièrement situés en QPV et les portions de
carreau en QPV.
Aux étapes suivantes, le terme « carreau » désigne
indifféremment les carreaux entiers et les carreaux
découpés.
3. Puis sont réalisées les intersections des carreaux
avec les isochrones des équipements : les carreaux
sont découpés sur la limite de l?isochrone afin
d?identifier les carreaux accessibles en moins
de 15minutes à pied au départ d?un équipement.
La découpe des carreaux est réalisée sur la limite
de chaque isochrone, ce qui entraîne des
découpes supplémentaires quand des isochrones
se chevauchent. Le nombre d?équipements
accessibles depuis chaque carreau découpé est
identifié à ce stade.
À la suite de cette opération, quatre types de
carreaux sont distingués selon leur double situation
en/hors quartier et en/hors isochrone (carte 2) :
? les carreaux à la fois en QPV et dans l?isochrone
à 15 minutes d?un (ou plusieurs) équipement(s) ;
? les carreaux en QPV mais hors isochrone ;
? les carreaux hors QPV situés dans un (ou
plusieurs) isochrone(s) ;
? les carreaux hors QPV et hors isochrone.
4. Le nombre d?habitants d?un carreau est estimé
au prorata de sa surface (le nombre d?habitants
du carreau entier étant connu). Les résultats
sont pondérés afin que le nombre total d?habitants
d?un QPV calculé en sommant les carreaux soit
égal au nombre d?habitants du QPV identifié dans
le recensement 2013. Un poids unique par QPV
est affecté à tous les carreaux le constituant.
5. Pour chaque quartier, la part de population
d?un QPV ayant accès à un équipement en moins
de 15 minutes à pied est alors égale à la somme
des habitants des carreaux du QPV situés
NOTE MÉTHODOLOGIQUE
L?accessibilité à pied aux équipements sportifs dans les quartiers prioritaires : une bonne couverture mais une offre peu variée
Observatoire national de la politique de la ville
15
dans l?isochrone de l?équipement, divisée par
la population totale du QPV. Cet indicateur
mesure l?accessibilité à pied à un type
d?équipement. Il est calculé pour chaque QPV.
6. De la même manière, pour chaque unité urbaine,
l?accessibilité à pied à un type d?équipement
est alors égale au rapport entre la somme
des habitants des carreaux hors QPV de l?unité
urbaine situés dans l?isochrone de l?équipement
au numérateur, et la population totale résidant
hors QPV de l?unité urbaine au dénominateur.
7. Le nombre moyen d?équipements accessibles
en moins de 15 minutes de marche d?un QPV
est égal à la moyenne, pondérée par la population
des carreaux, du nombre d?équipements
accessibles par carreau, identifié à l?étape3.
Il mesure l?offre d?équipements.
La consolidation des résultats permet de disposer
des indicateurs d?accessibilité sur trois mailles
géographiques : les QPV, les autres quartiers
des unités urbaines englobant les QPV, l?ensemble
du territoire de la France métropolitaine.
Les comparaisons sont possibles entre toutes ces
mailles, mais les résultats doivent être considérés
avec prudence car le mode de déplacement
retenu, la marche, n?est pas adapté à une analyse de
l?accessibilité dans les territoires peu denses. Aussi,
l?accessibilité aux équipements pour les habitants
des QPV ne sera confrontée dans les analyses
qu?à celle des habitants des autres quartiers des
unités urbaines englobant au moins un QPV.
Des calculs similaires seront réalisés ultérieurement
sur les deux Drom pour lesquels des données
carroyées sont disponibles, La Réunion et la
Martinique.
Carte 2 ? Croisement du carroyage, des quartiers prioritaires et des isochrones à moins
de 15 minutes à pied autour d?un équipement
Légende
Equipement
Carreaux situés en QPV intersectant un ou plusieurs isochrones
Carreaux situés en QPV n'intersectant aucun isochrone
Isochrones à 15 min à pied
Carreaux hors QPV n'intersectant aucun isochrone
Source : RES janvier 2018, ministère des Sports ; données carroyées, Insee ; contours des QPV, CGET. Traitements : CGET.
Notes
11. De la société Here.
12. Le temps moyen parcouru par les patients en 2010
pour recourir aux soins d?un médecin généraliste est
de 7,5minutes et de 11 minutes pour un chirurgien-dentiste
(IRDES 2016).
13. La marche est le mode de transport retenu en raison
de son utilisation plus fréquente par les habitants des QPV
dans leurs déplacements quotidiens (rapport ONPV 2017).
Une analyse des temps d?accès en transport en commun
de proximité (bus, tram) aurait été intéressante, mais
elle n?est, à ce stade, techniquement pas possible compte
tenu de la diversité des systèmes d?information des sociétés
de transport public.
Cette étude a fait l'objet d'une fiche thématique
dans le rapport ONPV 2018, à paraître en 2019.
Président du Comité d'orientation de l'ONPV :
Jean-François Cordet
www.onpv.fr