Comité ministériel : qualité de l'air en ville
Auteur moral
France.Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
Les zones à faibles émissions existent dans 13 autres pays européens (Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Danemark, Ecosse, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Italie, Portugal, République Tchèque, Suède) et pour certains depuis plus de 20 ans. Afin de lutter contre la pollution de l'air par le dioxyde d'azote et les particules fines, les lois d'orientation des mobilités (2019) et climat et résilience (2021) fixent un cadre et des obligations pour la mise en place de zones visant à améliorer la qualité de l'air.
Descripteur Urbamet
qualité de l'air
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
COMITÉ
MINISTÉRIEL
QUALITÉ
DE L'AIR
EN VILLE
DOSSIER DE PRESSE
10 juillet 2023
2
Clément Beaune
ministre délégué
chargé des Transports
Agnès Firmin Le Bodo
ministre déléguée chargée
de l'Organisation territoriale
et des Professions de santé
Christophe Béchu
ministre de la Transition écologique
et de la Cohésion des territoires
Les zones à faibles émissions répondent à un
enjeu majeur de santé publique. Ce deuxième
comité est l'aboutissement d'un long travail
de l'ensemble des acteurs pour trouver des
solutions concrètes pour favoriser une mise
en oeuvre juste des ZFE. Je souhaite que nous
continuions à avancer dans ce sens et que les
échanges avec les collectivités se poursuivent
pour permettre la mise en place de règles
simples pour les particuliers et les profes-
sionnels et de calendriers réalistes. L'Etat
est pleinement mobilisé pour accompagner
les particuliers et les professionnels notam-
ment en soutenant l'aide à l'acquisition de
véhicules propres et le développement des
transports collectifs et ferroviaires.
8 mois après le lancement du comité de
suivi de la mise en place des zones à faibles
émissions, le ministère de l'Organisation terri-
toriale et des Professions de Santé continue
de se mobiliser aux côtés des ministères de
la Transition écologique et de la Cohésion
des territoires et des Transports. Les enjeux
sanitaires sont majeurs, 47 000 morts par
an, plusieurs millions de personnes atteintes
de maladies chroniques liées à la mauvaise
qualité de l'air. L'étroite association du secteur
de la santé à ce comité est là avant tout pour
rappeler ces impacts, pour rappeler que c'est
en adoptant notre nouvelle méthode, une
seule santé, que nous améliorerons ensemble
notre qualité de l'air, notre environnement et
donc notre santé.
On estime à 47 000 le nombre
de Françaises et de Français, qui
chaque année, meurent encore de
façon prématurée en raison de la
pollution de l?air. Face à cet enjeu
de santé publique, les ZFE sont un
dispositif clef pour réduire l?impact
déterminant des émissions des
véhicules dans les grandes agglo-
mérations.
Le paradoxe, depuis leur mise en
place, c?est qu?elles ont permis une
baisse significative de la pollution
de l?air, en lien avec l?ensemble des
politiques mises en oeuvre par le
gouvernement et les collectivités
locales pour favoriser l?essor des
mobilités douces, mais que des
exagérations et des fausses infor-
mations ont conduit à ce qu'elles
soient parfois perçues comme un
facteur d?exclusion, en particulier de
nos concitoyens les plus modestes.
Depuis ma prise de fonctions,
je n?ai cessé de dialoguer avec
l?ensemble des parties prenantes,
et en particulier, avec les élus
locaux, sur la question.
Deux rapports d?initiative parle-
mentaire permettent d?ores-et déjà
de nourrir nos réflexions, celui du
Comité m?est remis aujourd?hui,
et nous attendons le rapport de
comparaison internationale pour la
rentrée.
C?est donc à l?automne, avec
l?intégralité de ces informations
en main, qu?il me paraît opportun
de décider, de façon concertée,
si, d'un point de vue juridique,
réglementaire ou législatif et d'un
point de vue budgétaire, à l'amorce
du PLF, il y a lieu et il y a matière
à faire en sorte de proposer des
évolutions par rapport à ces zones
à faibles émissions.
Mais d?ores-et-déjà, une évolution
sémantique me paraît indispen-
sable, pour traduire la réalité de la
loi, qui a fait l?objet de nombreux
raccourcis et de nombreuses
spéculations indues.
Une précision sémantique, qui
distingue entre territoires ZFE et
territoires de vigilance, qui permet
de bien souligner que les critères
d?obligation et de progressivité sont
liés à la qualité constatée de l?air,
au dépassement des normes, et ne
sont pas absolus.
Ensemble, continuons à agir, pour
l?amélioration de la qualité de l?air
et la transition écologique dans
tous les territoires, avec pragma-
tisme, et exigence.
3
Une politique de qualité de
l?air qui porte ses fruits dans
les agglomérations françaises,
mais qui doit être poursuivie
Santé publique France estime que chaque année 47 000 décès prématurés sont liés aux particules fines, et aux
particules d?oxydes d?azote émises par les véhicules routiers, et que la pollution de l?air est à l?origine ou aggrave
les maladies respiratoires (asthme, cancer du poumon,?), et cardiovasculaires (infarctus, accidents vasculaires
cérébraux, arythmies,?). Aujourd?hui près de 50 % des Français vivent dans une grande agglomération et sont
ainsi particulièrement exposés à ces polluants. L?amélioration de la qualité de l?air est donc un enjeu majeur de
santé publique.
Le secteur des transports représentait en 2021 plus de la moitié des émissions nationales de dioxyde d?azote,
et une proportion importante des émissions de particules fines dans les agglomérations où le trafic est dense.
Passer à une mobilité moins polluante permet d?améliorer la qualité de l?air.
La qualité de l?air s?améliore progressivement depuis plusieurs décennies (réduction de 60 % des émissions de
dioxyde d?azote (NO2) entre 2000 et 2021 et de 53 % sur les particules fines entre 2000 et 2021).
Les chiffres de la qualité de l?air pour 2022 dans les principales agglomérations françaises témoignent d?une
amélioration de la situation.
Toutefois, quelques agglomérations françaises connaissent des dépassements des seuils réglementaires fixés au
niveau européen et quasiment l?ensemble des agglomérations dépassent les valeurs recommandées par l?OMS.
38 37
36 36 36 35
33
31
24
26 26
2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022
Moyenne des mesures de qualité de l'air (NO2)
dans les 43 agglomérations de plus de 150 000 habitants
Normes de qualité de l?air Seuils OMS Seuils réglementaires
NO2 (dioxyde d?azote)
Valeur moyenne annuelle 10 ?g/m3 40 ?g/m3
Effet COVID
4
La France connait des dépassements concernant les dioxydes d?azote, mais l?ensemble des agglomérations
métropolitaines respectaient les seuils en matière de particules fines en 20221.
Année
Nombre de métropoles en
dépassement régulier des
seuils réglementaires (N02)
Détail des métropoles
2016 15
Nîmes, Reims, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Marseille,
Montpellier, Nice, Paris, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Stras-
bourg, Toulon, Toulouse
2017 13
Reims, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier,
Nice, Paris, Rouen, Saint-Etienne, Strasbourg, Toulon, Toulouse
2018 12
Reims, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier,
Nice, Paris, Rouen, Strasbourg, Toulon, Toulouse
2019 11
Reims, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier, Nice, Paris, Rouen,
Strasbourg, Toulon, Toulouse
2020 10
Reims, Grenoble, Lyon, Marseille, Montpellier, Nice, Paris, Rouen,
Strasbourg, Toulouse
2021 8
Reims, Grenoble, Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg,
Toulouse
2022 5 Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg
1. A noter : dépassement enregistré pour Marseille pour 2022, la part liée aux contributions naturelles
(sables du Sahara), est en cours d?estimation
Il est donc primordial de poursuivre les politiques
engagées en matière d?amélioration de la qualité de
l?air. Fin 2022, un nouveau plan d?actions national
pour réduire les émissions de polluants pour la
période 2022-2025 (PREPA) a été adopté. Il regroupe
les différentes actions, qui concernent l?ensemble
des secteurs (industrie, transport, résidentiel tertiaire,
agriculture,?), engagées à cet effet. Par exemple :
? L'Etat soutient les collectivités pour déployer et
proposer aux Français une offre de mobilité diver-
sifiée, avec notamment :
? le plan covoiturage (150 millions d?euros en
2023),
? le plan vélo et marche 2023-2027. Au total,
c?est un montant inédit de 2 milliards d?euros
qui sera investi par l?État.
? le fonds vert pour les territoires concernés
par une ZFE (150 millions d?euros en 2023)
pour déployer et faire connaître les solutions
de mobilité du territoire (transports publics,
aménagements cyclables, trottinettes et vélos
en libre-service, covoiturage, auto partage,...).
? L'État a adopté et met en oeuvre un plan visant
à réduire de moitié d?ici à 2030 les polluants
atmosphériques induits par le chauffage au
bois domestique, première source d'émissions
nationales de particules fines en 2018. Dans
ce cadre plusieurs actions ont été conduites :
favoriser l?utilisation d?un combustible de qualité,
informer les utilisateurs sur les bonnes pratiques
à adopter, améliorer la diffusion de l?information
(cf campagne de communication chauffage au
bois) et les connaissances. Parallèlement plusieurs
dispositifs de soutien financier à destination des
usagers sont mobilisés dont le fonds Air Bois
dédié au remplacement des appareils de chauf-
fage au bois par des appareils ayant un impact
moindre sur la qualité de l?air.
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/23028_PREPA_BATweb.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/23028_PREPA_BATweb.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/23028_PREPA_BATweb.pdf
https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/maison/travaux/bien-chauffer-bois-moins-polluer
https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/maison/travaux/bien-chauffer-bois-moins-polluer
5
Les zones à faibles émissions existent dans 13 autres pays européens (Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique,
Danemark, Ecosse, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Italie, Portugal, République Tchèque, Suède) et pour certains depuis
plus de 20 ans. Afin de lutter contre la pollution de l?air par le dioxyde d?azote et les particules fines, les lois
d?orientation des mobilités (2019) et climat et résilience (2021) fixent un cadre et des obligations pour la mise en
place de zones visant à améliorer la qualité de l?air.
Un dispositif national cadre,
déterminé par les niveaux de qualité
de l?air, permettant une mise en
oeuvre adaptée au niveau local
DISPOSITIF PRÉVU PAR LA LOI
La loi prévoit une mise en oeuvre progressive des zones à faibles émissions, déterminées par les niveaux de
qualité de l?air :
La loi d?orientation
des mobilités
prévoyait la mise en place de ZFE dans
les agglomérations en dépassement
des seuils de qualité de l'air. 11 ZFE sont
actuellement en vigueur.
La loi Climat et Résilience
a prévu l?extension de l?obligation de
mise en place de ZFE au 1er janvier
2025 à l?ensemble des aggloméra-
tions de plus de 150 000 habitants.
42 agglomérations sont concernées.
Toutefois, seules les agglomérations qui
connaissent des dépassements réguliers
des seuils réglementaires doivent
respecter un calendrier de restrictions.
DÉPLOIEMENT DES ZONES
À FAIBLES ÉMISSIONS (ZFE)
Lyon
Strasbourg
Paris / Métropole
du Grand Paris
Rouen
Aix-Marseille
#1
Grenoble
Saint-Etienne
Reims
Nice
Toulouse
Montpellier
ZFE existantes (11 agglomérations)
6
Les agglomérations qui dépassent,
de manière régulière, les seuils
réglementaires de qualité de l?air,
sont des territoires ZFE effectifs :
elles doivent respecter le calendrier
législatif de restrictions aboutissant à des
restrictions pour les voitures diesel de plus
de 18 ans au 1er janvier 2024 (Crit?Air 4),
puis pour les voitures diesel de plus de 14
ans et les voitures essence de plus de 19
ans au 1er janvier 2025 (Crit?Air 3).
En raison de l?amélioration de la qualité de
l?air, les agglomérations concernées sont en
diminution constante, année après année :
elles sont aujourd?hui au nombre de 5 (Paris,
Lyon, Marseille, Rouen, Strasbourg).
Les agglomérations qui respectent
les seuils réglementaires de qualité
de l?air sont de fait des territoires
de vigilance :
? Pour les agglomérations n?ayant pas
encore mis en place de règles (31 agglo-
mérations concernées) : la seule obliga-
tion prévue par la loi est la restriction
de circulation des voitures immatricu-
lées jusqu?au 31 décembre 1996 (non
classés) avant le 1er janvier 2025.
? Pour les agglomérations dans lesquelles
des ZFE existent (6 agglomérations
concernées) : elles ont toutes au moins
mis en place les restrictions minimales
prévues par la loi. Elles n?ont donc plus
aucune obligation de renforcer leurs
restrictions actuelles.
Il existe donc deux types de territoires
dont les noms seront désormais diffé-
rents afin de mettre en évidence leur
situation et le niveau de contrainte
associé : ceux qui respectent les seuils (3)
et ceux qui ne les respectent pas (2).
Territoires de vigilance au plus tard
au 1er janvier 2025 (37 agglomérations)
Existants À venir
#3
GrenobleSaint-Etienne
Reims
NiceToulouse
Annecy
Annemasse
Chambéry
Dijon
Douai - Lens
Bordeaux
Limoges
Brest
Nantes
Caen
Le Mans
Le Havre
Dunkerque
Amiens
Valenciennes
Rennes
Angers
Orléans
Tours
Bayonne
Pau
Perpignan
Toulon
Avignon
Nîmes
Metz
Mulhouse
Nancy
Montpellier
Lille
Clermont -
Ferrand
Béthune
Territoires ZFE (5 agglomérations)
#2
Lyon
Strasbourg
Paris / Métropole
du Grand ParisRouen
Aix-Marseille
7
CAS TYPES
Agglomération parisienne
Un exemple de territoire ZFE
L?agglomération parisienne dépasse actuellement de
manière régulière les seuils réglementaires de qualité
de l?air.
Elle doit donc respecter le calendrier national
et mettre en place les restrictions de circulation
suivantes prévues par la loi :
? Depuis le 1er janvier 2023, des voitures diesel de
plus de 22 ans (Crit?Air 5)
? Au 1er janvier 2024, des voitures diesel de plus de
18 ans (Crit?Air 4)
? Au 1er janvier 2025, des voitures diesel de plus
de 14 ans et voitures essence de plus de 19 ans
(Crit?Air 3)
Elle n?a en revanche aucune obligation légale
de calendrier concernant les poids lourds, les
deux-roues, les véhicules utilitaires légers (VUL) ou de
restrictions des Crit?Air 2 quel que soit le véhicule.
Par ailleurs, elle est libre de déterminer les
paramètres du dispositif, les dérogations, les plages
horaires, ou de mettre en place un pass autorisant
un certain nombre de passages pour des véhicules
faisant l?objet de restrictions de circulation.
Reims
Un exemple de ZFE mise en place mais
dont l?action a permis de repasser sous
les seuils réglementaires
Reims a mis en place une ZFE au 1er septembre 2021
et interdit les voitures diesel immatriculées jusqu?au
31 décembre 2005 (Crit?Air 4) depuis le 1er janvier
2023.
Elle avait prévu des restrictions de circulation pour
les Crit?Air 3 au 1er janvier 2024. Toutefois, au regard
des chiffres de qualité de l?air publiés en 2023, Reims
n?est plus en dépassement régulier des seuils régle-
mentaires de qualité de l?air (respect des seuils lors
de 3 des 5 dernières années : 2020, 2021, 2022).
Reims bascule donc cette année en zone de vigilance
et peut décider de suspendre les prochaines étapes
de son calendrier de restrictions.
Limoges
Un exemple de territoire de vigilance
Limoges respecte actuellement les seuils réglemen-
taires de qualité de l?air. Elle sera donc un territoire
de vigilance au 1er janvier 2025. L?ensemble des
paramètres sont laissés à la discrétion de l?agglomé-
ration.
La seule obligation minimale prévue par la loi est
la mise en place de restrictions pour les voitures
immatriculées jusqu'au 31 décembre 1996 (véhicules
de plus de 28 ans, non classés).
Elle pourrait décider de restreindre la circulation des
véhicules Crit?Air 5 uniquement pour les poids lourds
et véhicules utilitaires légers à cette date, ou encore
restreindre la circulation pour les voitures Crit?Air 5 et
4 si elle le souhaite mais sans en être obligée par les
lois existantes.
8
LE PARLEMENT SE SAISIT DE L?ENJEU
Assemblée nationale :
Le 2 juillet 2022, la Commission du développe-
ment durable et de l?aménagement du territoire a
confié à M. Gérard LESEUL, député de Seine-Mari-
time et M. Bruno MILLIENNE, député des Yvelines,
une « mission flash » consacrée aux mesures
d'accompagnement à la mise en oeuvre des zones
à faibles émissions (ZFE). La mission a notamment
recommandé un renforcement de l?information
et de la lisibilité des ZFE, l?accélération du déploie-
ment de mobilités alternatives, le meilleur ciblage
des aides ou encore d?encourager des assou-
plissements dans les paramètres retenus par les
agglomérations. Le rapport a été remis le mardi 12
octobre 2022.
Sénat :
Le 8 mars 2023, la Commission de l?aménage-
ment du territoire et du développement durable
a confié une mission "Flash" pour renforcer
l?acceptabilité des ZFE à M. Philippe TABAROT,
sénateur des Alpes Maritimes. En s?appuyant sur
une consultation en ligne, elle propose 9 recom-
mandations. Le rapport a été remis à Christophe
BECHU, ministre de la transition écologique et de
la cohésion des territoires le 5 juillet 2023.
Une méthode,
la concertation avec
les acteurs concernés
Afin de suivre l?état de mise en oeuvre des ZFE, un
premier comité ministériel s?est réuni le 25 octobre
2022. Il regroupe les présidents des métropoles
qui seront concernées au 1er janvier 2025 par la
mise en place d?un territoire ZFE ou d?un territoire
de vigilance. Celui-ci a mis en évidence le besoin
de créer un espace de dialogue, d?échanges et de
coordination afin de renforcer l?acceptabilité et l?har-
monisation des ZFE.
Dans ce cadre, un comité de concertation a été mis
en place en janvier 2023. Il a mené ses travaux tout
au long du premier semestre 2023, sous la coordina-
tion d?Anne-Marie JEAN, vice-présidente de l?Euro-
métropole de Strasbourg, et de Jean-Luc MOUDENC,
maire de Toulouse et président de la métropole,
en lien avec le coordinateur national pour les ZFE,
Claude RENARD. Il associe collectivités, Etat et
acteurs de terrain (professionnels, associations).
Le comité de concertation a remis aujourd?hui son
rapport pour renforcer l?acceptabilité sociale et
l?harmonisation des ZFE. Il comporte 25 recomman-
dations.
Par ailleurs, une mission a été confiée par la Première
ministre à Barbara POMPILI, ancienne ministre et
députée de la Somme, sur la comparaison internatio-
nale des zones à faibles émissions.
Une fois l?ensemble des contributions reçues, un
nouveau comité ministériel sera organisé à l?automne
2023 afin d?annoncer les conclusions tirées par
le ministère de la transition écologique et de la
cohésion des territoires concernant l?évolution des
ZFE.
9
La vignette Crit?Air permet de classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes en particules fines
et dioxyde d?azote (NO2).
Au 1er janvier 2025, les vignettes Crit?Air correspondent aux voitures particulières suivantes :
Non classés
Toute voiture immatriculée jusqu?au 31 décembre 1996 (voitures de plus de 28 ans)
3 %
Crit?Air 5
Voitures diesel immatriculées jusqu?au 31 décembre 2000 (de plus de 24 ans)
2 %
Crit?Air 4
Voitures diesel immatriculées jusqu?au 31 décembre 2005 (de plus de 19 ans)
7 %
Crit?Air 3
Voitures diesel de plus de 14 ans et voitures essence de plus de 19 ans
22 %
Crit?Air 2
Voitures essence de plus de 14 ans et toute voiture diesel restante
37 %
Crit?Air 1
Toute voiture restante (hors voitures 100 % électriques et hydrogène)
28 %
Vignette verte
Toute voiture 100 % électrique et hydrogène
1 %
Obtenir une vignette Crit?Air
Modalités d?obtention :
? par internet, à l?adresse www.certificat-air.gouv.fr/
fr/demande, rubrique demander son certificat.
? par courrier, en téléchargeant le formulaire
demande de certificat qualité de l?air pour les
particuliers.
? Pour plusieurs véhicules d?entreprise, il est néces-
saire de se connecter sur la plateforme
www.certificat-air.gouv.fr et de suivre le mode
d?emploi.
ATTENTION AUX ESCROQUERIES :
le site officiel Crit?Air du ministère
n?envoie pas de message SMS aux
usagers pour acheter des vignettes.
Une vignette Crit?Air coûte 3,72 euros
pour un véhicule immatriculé en France.
Le seul site officiel est :
www.certificat-air.gouv.fr
Un classement des véhicules en fonction de
leurs émissions : les vignettes Crit?Air
Part des voitures en
circulation en 2022
https://www.certificat-air.gouv.fr/fr/demande
https://www.certificat-air.gouv.fr/fr/demande
https://www.certificat-air.gouv.fr/files/CQA_Formulaire_demande_courrier.pdf
https://www.certificat-air.gouv.fr/files/CQA_Formulaire_demande_courrier.pdf
http://www.certificat-air.gouv.fr
https://www.certificat-air.gouv.fr/
10
Seules les métropoles qui dépassent les
valeurs réglementaires de qualité de l?air ont
un calendrier de restrictions minimales :
? Depuis le 1er janvier 2023, les voitures diesel
de plus de 22 ans et les voitures essence de
plus de 26 ans (Crit?Air 5 et non classées) ;
? Au 1er janvier 2024, les voitures diesel de
plus de 18 ans (Crit?Air 4) ;
? Au 1er janvier 2025, les voitures diesel de
plus de 14 ans et les voitures essence de
plus de 19 ans (Crit?Air 3).
Ainsi, aujourd?hui, seules 5 agglomérations
sont concernées par le calendrier d?interdic-
tion (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Rouen).
La loi ne prévoit en aucune manière l?inter-
diction de l?ensemble des véhicules diesel
(dont les Crit?Air 2) dans les agglomérations, y
compris celles concernées par le calendrier de
restrictions minimales.
Le transport routier est responsable de 54 % des
émissions d?oxydes d?azote, il s?agit donc de la
première cause d?émissions.
Dans les zones en dépassement régulier des
normes de qualité de l?air, l?interdiction des
véhicules Crit?Air 3 en 2025 entraine par rapport
à 2018 une réduction entre 31 % et 50 % des
émissions de NOX selon les territoires concernés
par la mise en place d?une ZFE. S?agissant des
émissions de particules PM10, cette même
mesure a pour conséquence une réduction
entre 24 % et 48 % selon les territoires.
La ZFE n?est donc pas le seul outil déployé par
le gouvernement pour lutter contre la pollution
de l?air. Un Plan de réduction des émissions de
polluants atmosphériques (PREPA) a été mis en
oeuvre depuis 2017 et révisé en 2022 pour la
période 2023-2025. Il prévoit un ensemble de
mesures pour réduire les émissions de polluants
pour tous les secteurs d?activité. Des plans
locaux (PPA) sont par ailleurs mis en place dans
les territoires les plus pollués.
Aujourd?hui, le nombre d?automobilistes possé-
dant un véhicule non classé, Crit?Air 5, 4 ou 3 au
sein de l?unité urbaine des 5 métropoles concer-
nées par le calendrier d?interdiction est d?un
peu moins de 2 millions, dont plus de la moitié
(1,3 millions) dans l?agglomération parisienne.
Par ailleurs, les collectivités peuvent aménager
les dispositifs mis en place, notamment les
plages horaires pour les restrictions (et autoriser
par exemple la circulation le week-end), mettre
en place des dérogations, ou proposer un
système de pass autorisant un certain nombre
de passages dans la ZFE pour les véhicules
faisant l?objet de restrictions de circulation.
« On va interdire à tous les véhicules
diesel de circuler dans les agglomérations
françaises d?ici 2025 »
« Le transport routier n?est responsable que d?une partie de la pollution de l?air,
aussi causée par d?autres secteurs (logement, industrie, agriculture). Les ZFE ne
répondent que de façon limitée à l'enjeu de santé publique de la pollution de l?air »
« Dans deux ans, 13 millions
d?automobilistes ne pourront plus
entrer dans les grandes villes »
VRAI / FAUX ZFE
FAUX
FAUX
FAUX VRAI
11
Le calendrier d?interdiction pour les agglomé-
rations qui dépassent les seuils réglementaires
de qualité de l?air ne concerne que les voitures.
Il n?y a aucune obligation concernant les
véhicules utilitaires légers ou les poids lourds.
Par ailleurs, les collectivités peuvent définir
un ensemble de dérogations aux restrictions
de circulation qu?elles mettent en place, pour
certains types de véhicules ou catégories
d?usagers.
Le calendrier d?interdiction pour les agglomé-
rations qui dépassent les seuils réglementaires
de qualité de l?air ne concerne que les voitures
et jusqu?aux véhicules diesel de plus de 14 ans
et les véhicules essence de plus de 19 ans au 1er
janvier 2025.
Les aides au verdissement des véhicules de
l?Etat permettent d?acheter un véhicule neuf
ou d?occasion, électrique, hybride rechar-
geable, gaz ou essence de moins de 14 ans au
1er janvier 2025. Ces aides seront renforcées
dans le cadre du projet de loi de finances pour
2024.
« Je suis plombier, artisan, commerçant.
L'Etat va m?empêcher de rentrer dans
les agglomérations dans lesquelles je
travaille »
« On va m?obliger à acheter un véhicule
électrique neuf pour entrer dans les
grandes villes en France »
FAUX
FAUX
12
2017 2018 2019 2020 2021 2022
24 13 12 12 15 13
16 14 13 10 11 25
37 35 33 28 26 28
30 26 24 24 25 24
28 27 24 18 17 17
16 17 14 11 13 14
37 40 40 31 31 31
33 27 27 20 19 22
27 40 30 19 22 20
30 31 29 22 20 21
38 35 34 29 28 29
23 21 21 17 18 19
18 17 16 12 13 13
18 21 18 14 15 16
32 24 26 23 17 19
48 43 41 38 32 33
37 37 33 24 24 24
14 13 13 10 11 10
Lille 33 31 29 23 25 26
28 26 27 21 21 22
Lyon 71 66 62 49 49 47
75 47 45 35 41 39
Metz 30 30 29 22 22 23
Montpellier 44 42 39 32 32 23
Mulhouse 35 35 34 29 27 28
Nancy 30 27 24 20 19 20
Nantes 39 32 31 23 21 28
Nice 48 41 38 28 29 26
Nîmes 37 33 32 25 25 28
Orléans 30 29 28 21 22 23
Paris 83 80 73 59 59 52
Pau 26 26 26 20 20 19
Perpignan 15 13 16 16 54 42
Reims 43 44 41 31 32 31
Rennes 35 32 29 21 22 23
Rouen 52 53 46 37 41 37
Saint-Étienne 40 35 33 29 29 34
Saint-Nazaire 12 12 10 8 10 10
Strasbourg 47 48 42 34 34 43
Toulon 42 37 38 31 31 31
Toulouse 39 47 44 35 38 35
Tours 34 31 29 23 23 22
Valenciennes 34 32 31 13 29 29
Légende :
> 40 µg/m3
< 40 et
> 10 µg/m3
µg/m3
5 agglomérations
Saint-Nazaire
Autres agglo.
(*) : Un dépassement (ou respect) des normes de qualité de l'air est considéré comme régulier dès lors qu'il est observé au moins 3
fois sur les 5 dernières années.
Avignon
La qualité de l'air dans les grandes agglomérations métropolitaines
(concentrations en dioxydes d'azote)
Agglomération
Amiens
Angers
Annecy
Grenoble
Bayonne
Béthune
Bordeaux
Brest
Caen
Chambéry
Clermont-Ferrand
Dijon
Douai-Lens
Dunkerque
Genève-Annemasse
Concentration régulièrement supérieure à la valeur recommandée par l'OMS, mais pas de
dépassement régulier constaté de la valeur limite réglementaire : restrictions a minima sur
des véhicules non classés (catégorie au choix de la collectivité) imposées par la loi
Le Havre
Le Mans
Limoges
Marseille-Aix-en-Provence
Concentrations en dioxydes d'azote en µg/m 3 (moyennes annuelles maximales) - données LCSQA - juin 2023
Dépassement de la valeur limite réglementaire (40 µg/m3)
Respect de la valeur limite réglementaire (40 µg/m3)
Dépassement de la valeur recommandée par l'OMS (10 µg/m3)
Respect de la valeur recommandée par l'OMS (10 µg/m3)
Dépassement régulier (*) des normes de qualité de l'air (2018-2022) : calendrier minimal de
restrictions imposé par la loi pour la circulation des automobiles
Respect régulier (*) de la valeur recommandée par l'OMS : aucune obligation
Contact presse
Service presse de Christophe Béchu,
ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
Tél : 01 40 8I 78 31
Mél : communication.mtect@ecologie-territoires.gouv.fr
22194 DICOM - juillet 2023.
mailto:communication.mtect%40ecologie-territoires.gouv.fr?subject=