Guide de l'aménagement durable, pour des territoires sobres, résilients, inclusifs et créateurs de valeurs. (document complet) Juin 2023.
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify"><span style="font-size:12px;"><span arial="" narrow="">Ce guide a pour vocation d'accompagner les<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>acteurs de tous les territoires dans la mise en <span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>oeuvre de leurs projets d'aménagement durable<span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span>afin de répondre aux grands défis de la ville durable,<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>sobriété<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>dans<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>la<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>consommation<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>des<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>ressources et de l'énergie, résilience notamment<span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>face au changement climatique, inclusion et<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>création<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>de<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>valeur<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>sur<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>les<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>territoires. Il vise à fournir des informations pratiques pour <span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span>aider à concevoir des territoires durables et à<span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>prendre des mesures concrètes pour améliorer<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>la<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>qualité<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>de<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>vie<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>des<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>habitants<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>et<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>usagers.<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>Il<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>se<span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>veut<span style="letter-spacing:-.35pt"> </span>compréhensible<span style="letter-spacing:-.35pt"> </span>et<span style="letter-spacing:-.35pt"> </span>accessible<span style="letter-spacing:-.35pt"> </span>au<span style="letter-spacing:-.35pt"> </span>plus<span style="letter-spacing:-.3pt"> </span>grand<span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span>nombre<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>tout<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>en<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>conservant<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>une<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>matière<span style="letter-spacing:-.45pt"> </span>riche,<span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>permettant<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>d'assurer<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>la<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>pertinence<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>d'un<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>projet<span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>d'aménagement. À la fois cadre de référence et<span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span><span style="letter-spacing:-.05pt">guide</span><span style="letter-spacing:-.75pt"> </span><span style="letter-spacing:-.05pt">méthodologique</span><span style="letter-spacing:-.7pt"> </span>pour<span style="letter-spacing:-.7pt"> </span>concevoir<span style="letter-spacing:-.7pt"> </span>un<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>aménagement<span style="letter-spacing:-1.05pt"> </span>durable<span style="letter-spacing:-1.0pt"> </span>dans<span style="letter-spacing:-1.05pt"> </span>une<span style="letter-spacing:-1.0pt"> </span>approche<span style="letter-spacing:-1.05pt"> </span>intégrée,<span style="letter-spacing:-1.0pt"> </span>il<span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span>décrit les fondamentaux de l'urbanisme durable<span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span>et comment les concrétiser. Véritable boîte à<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>outils<span style="letter-spacing:-.7pt"> </span>de<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>l'aménagement<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>durable<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>à<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>l'échelle<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>du<span style="letter-spacing:-3.05pt"> </span>quartier ! En France, depuis 2009, la démarche<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>Éco-Quartier favorise l'émergence de nouvelles<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>façons<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>de<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>concevoir,<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>construire<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>et<span style="letter-spacing:-.55pt"> </span>gérer<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>la<span style="letter-spacing:-.5pt"> </span>transformation<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>du<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>territoire<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>en<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>intégrant<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>les<span style="letter-spacing:-.75pt"> </span>différents <span style="letter-spacing:-2.9pt"> </span>enjeux des politiques publiques sectorielles, en<span style="letter-spacing:.05pt"> </span>faveur de projets durables. La structure de l'ancien référentiel Éco-Quartier, répondant aux enjeux de transition écologique et aux principes d'une gouvernance élargie, a donc naturellement servi à l'agencement du document actuel. Les quatre dimensions (démarche et processus, cadre de vie et usages, développe- ment territorial, environnement et climat), leurs 20 engagements comprenant 53 notions forment le coeur du référentiel de l'aménagement durable. Elles soulignent l'interdépendance qui lie ces quatre piliers afin de répondre aux grandes des politiques publiques (se loger, se déplacer, consommer, se nourrir, travailler).</span></span></p>
Editeur
Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires
Descripteur Urbamet
aménagement urbain
;ville
;méthodologie du projet
Descripteur écoplanete
ville durable
;consommation d'énergie
;changement climatique
;cadre de vie
;urbanisme
Thème
Aménagement du territoire
Texte intégral
¤ ?Guide de
l?aménagement
durable
ÉC
OQUARTIER VILLES
ET TERRITOIRES
DURABLES À l?heure de la
planification écologique
2 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 3
Guide de l?aménagement durable,
pour des territoires sobres,
résilients, inclusifs et créateurs
de valeurs.
Ce guide a pour objectif d?accompagner les
acteurs de tous les territoires dans la mise en
oeuvre de leurs projets d?aménagement afin de
répondre aux grands défis de la ville durable :
sobriété dans la consommation des ressources
et de l?énergie, résilience notamment face au
changement climatique, inclusion et création de
valeur sur les territoires.
Il s?inscrit dans les principes de la nouvelle
Charte de Leipzig adoptée en 2020 par les
ministres européens chargés du développement
urbain, pour mieux répondre aux défis mondiaux
tels que le changement climatique, la perte de
biodiversité, les pandémies ou la pénurie des res-
sources, et propose des traductions opération-
nelles à l?échelle du quartier.
À la fois cadre de référence et guide méthodolo-
gique pour concevoir un aménagement durable
dans une approche intégrée, il permet d?éclairer
les choix des décideurs pour trouver des solu-
tions contextualisées et adaptées aux spécifici-
tés de leur territoire.
Il fournit des informations pratiques pour aider
à concevoir des territoires durables et à prendre
des mesures concrètes pour améliorer la qualité
de vie des habitants et usagers.
Sa structuration est issue du référentiel de la
démarche ÉcoQuartier, qui accompagne depuis
2009 la conception, la fabrique et la gestion
durable des quartiers et répond aux enjeux
de développement durable de l?Agenda 2030.
Elle s?articule autour de quatre dimensions
(démarche et processus, cadre de vie et usages,
développement territorial, environnement et
climat) et 20 engagements, qui intègrent les
nouvelles priorités des politiques publiques,
dont l?objectif de « zéro artificialisation nette des
sols » de la « loi Climat et Résilience », la « régle-
mentation RE 2020 », les évolutions des objectifs
de mixité sociale au titre de la « loi Solidarité et
Renouvellement Urbain ».
Un rapprochement avec les autres normes, certi-
fications et labels existants a été recherché, dans
une logique de valorisation mutuelle.
Afin d?éclairer la mise en oeuvre effective des
Objectifs de Développement Durable (ODD) de
l?Organisation des Nations Unies (ONU), un croi-
sement fin a également été opéré entre ces der-
niers et les 20 engagements.
Ce guide servira à tous les porteurs de projets
d?aménagement durable, qu?ils se lancent ou
non dans la démarche ÉcoQuartier. Il est le fruit
d?un travail collectif avec les partenaires histo-
riques de la démarche ÉcoQuartier, l?ensemble
des directions du ministère, ainsi que des repré-
sentants des services déconcentrés, des élus et
des aménageurs.
Sa mise à jour régulière sera soumise à un comité
scientifique, adossé à l?association « France Ville
Durable ».
Nous espérons que ce guide sera une source
d?inspiration pour vous orienter dans la réalisa-
tion d?un projet d?aménagement répondant plei-
nement aux enjeux de la ville durable !
Jean-Baptiste Butlen
Sous-directeur de l?Aménagement Durable - AD
Direction de l?Habitat, de l?Urbanisme
et des Paysages - DHUP
Direction générale de l?aménagement,
du logement et de la nature - DGALN
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 3
4 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Sommaire
6 MODE D?EMPLOI
7 INFOGRAPHIE
8 DIMENSION 1
DÉMARCHE ET PROCESSUS
10 ENGAGEMENT 1
CONCEVOIR UN PROJET PRENANT
EN COMPTE LES BESOINS DE TOUS
ET LES PARTICULARITÉS DU TERRITOIRE
14 ENGAGEMENT 2
METTRE EN OEUVRE UNE GOUVERNANCE
ET UN PILOTAGE ADAPTÉS
17 ENGAGEMENT 3
ASSOCIER LES HABITANTS ET USAGERS
21 ENGAGEMENT 4
DÉVELOPPER L?APPROCHE EN COÛT GLOBAL
25 ENGAGEMENT 5
ÉVALUER, MESURER L?IMPACT
ET AMÉLIORER EN CONTINU
28 DIMENSION 2
CADRE DE VIE ET USAGES
30 ENGAGEMENT 6
(RE)FAIRE LE QUARTIER AVEC L?EXISTANT
33 ENGAGEMENT 7
FAVORISER LE VIVRE-ENSEMBLE,
LA SOLIDARITÉ, L?INCLUSION
36 ENGAGEMENT 8
ASSURER UN CADRE DE VIE FAVORABLE
AU BIEN-ÊTRE ET À LA SANTÉ
40 ENGAGEMENT 9
CONCEVOIR UN PROJET ALLIANT QUALITÉ
URBAINE, PAYSAGÈRE ET ARCHITECTURALE
43 ENGAGEMENT 10
VALORISER LE PATRIMOINE, L?HISTOIRE
ET L?IDENTITÉ DU SITE ET DE SES HABITANTS
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 5
46 DIMENSION 3
DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL
48 ENGAGEMENT 11
CONTRIBUER À UNE TRANSITION
ÉCONOMIQUE, RÉGÉNÉRATIVE,
SOCIALE ET SOLIDAIRE
51 ENGAGEMENT 12
FAVORISER LA PROXIMITÉ ET LA DIVERSITÉ
DES FONCTIONS
54 ENGAGEMENT 13
OPTIMISER L?UTILISATION DES RESSOURCES
ET DÉVELOPPER LES FILIÈRES LOCALES
ET LES CIRCUITS COURTS
57 ENGAGEMENT 14
ENCOURAGER LES MOBILITÉS
DURABLES ET ACTIVES
63 ENGAGEMENT 15
ASSURER UNE TRANSITION NUMÉRIQUE
RESPONSABLE AU SERVICE
DE L?AMÉNAGEMENT DURABLE
68 DIMENSION 4
ENVIRONNEMENT ET CLIMAT
70 ENGAGEMENT 16
RENFORCER LA RÉSILIENCE FACE
AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES
ET AUX RISQUES
74 ENGAGEMENT 17
CONTRIBUER À L?ATTÉNUATION
DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
ET FAVORISER LA SOBRIÉTÉ ET
LES ÉNERGIES RENOUVELABLES
78 ENGAGEMENT 18
ÉVITER, RÉDUIRE, RECYCLER,
VALORISER LES DÉCHETS
82 ENGAGEMENT 19
PRÉSERVER, GÉRER ET RESTAURER
LA RESSOURCE EN EAU
86 ENGAGEMENT 20
PRÉSERVER ET RESTAURER LES SOLS,
LA BIODIVERSITÉ, LES MILIEUX NATURELS
90 CORRESPONDANCE ENTRE
LES ODD ET LES ENGAGEMENTS
92 LE RÉFÉRENTIEL ÉCOQUARTIER
EN FAVEUR DES VILLES
ET TERRITOIRES DURABLES
93 DÉFINITIONS
99 LA STRATÉGIE D?ÉVALUATION
NATIONALE DE LA DÉMARCHE
ÉCOQUARTIER
103 REMERCIEMENTS
6 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
14 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelle est l?organisation de
la gouvernance et du pilotage
politique et technique du projet??
Comment est-elle formalisée
(selon quelles modalités et avec
quels participants)??
De quelle manière la continuité
du projet est-elle assurée en cas
de modification de la gouvernance??
Quelles modalités de travail
(méthodes et outils) sont mises
en place avec l?ensemble des
acteurs concernés pour favoriser
la transversalité et la cohérence
globale du projet et assurer
son suivi??
La gouvernance mise en place
permet-elle d?identifier toutes les
parties intéressées, les compétences
nécessaires au projet, leurs rôles
et responsabilités, ainsi que
l?organisation de leur implication
et de leur montée en compétence
(sensibilisation, formation?)??
Quelles ressources (financières,
humaines, technologiques et
opérationnelles) ont été identifiées
pour la mise en oeuvre, le suivi
et l?amélioration du système
de management??
Engagement 2
Mettre en oeuvre une gouvernance
et un pilotage adaptés
Notion 2.1 Piloter le projet dans la durée
RECOMMANDATIONS
? Identifier un élu référent et
un chef de projet.
? Favoriser la continuité du projet
en actant des jalons pour éviter
sa remise en cause (tout en gardant
de la souplesse) en cas de
changement de pilotes.
? Créer une ou plusieurs instances
de pilotage et de gouvernance
transversales et pluridisciplinaires
rassemblant les parties prenantes
et notamment les autorités locales,
la société civile, les acteurs sociaux
et les acteurs économiques.
Le pilotage et la gouvernance d?un projet consistent à coordonner des acteurs
et des expertises, professionnelles ou citoyennes, dont ils sont porteurs pour
préparer l?élaboration de décisions. Il revient à la collectivité de mettre en place
le système d?acteurs pour l?élaboration du projet, sachant qu?il pourra évoluer
et prendre différentes configurations selon ses différentes phases. Une instance
formalisée de pilotage et de gouvernance permet au porteur de projet de
mettre en relation l?ensemble des parties prenantes, de répondre à l?ensemble
des besoins exprimés et de rendre la prise de décision plus réactive. Organiser
ce système d?acteurs suppose :
? d?identifier les différentes parties prenantes (personnes, groupes, organisa-
tions qui sont / seront directement ou potentiellement concernés par le projet) :
services techniques compétents sur le projet et issus de différentes collectivi-
tés, partenaires institutionnels, acteurs économiques (aménageurs, promoteurs,
entreprises, prestataires, etc.), société civile (citoyens et associations), etc. ;
? de définir selon quelles modalités elles seront interpellées dans le cadre de
l?élaboration du projet (en représentant qui, avec quelles fonctions, quand, sur
quels aspects, comment, etc.) ;
? d?assurer la continuité du projet en actant des jalons pour éviter sa remise en
cause en cas de changement de pilotes.
La désignation d?un élu référent pour assurer l?engagement politique ainsi que
d?un chef de projet opérationnel est essentielle à la mise en oeuvre de la gou-
vernance et du pilotage politique et technique d?un projet. Celle-ci peut s?opé-
rer de différentes manières en fonction des ressources financières et humaines
locales : constitution d?une équipe-projet, organisation interservices, mobili-
sation d?une assistance à maîtrise d?ouvrage, organisation de la transversalité
au sein des services, organisation et répartition entre la ville et l?Établissement
Public de Coopération Intercommunale (EPCI), organisation des instances de
décision, instances de suivi technique, etc.
Différentes modalités de travail avec l?ensemble des acteurs peuvent faciliter
la transversalité et la cohérence du projet ainsi que l?implication des différents
acteurs tout au long du projet : calendrier global de la démarche de participation
citoyenne, calendrier pluriannuel d?investissement, procédure de contrôle des
délais, démarches d?ateliers, réunions de travail dédiées, concours d?idées, etc.
Formaliser l?ensemble des étapes de la démarche de programmation permet
de communiquer, auprès des parties prenantes, les modalités de pilotage et les
différentes étapes de décision du projet.
Mode d?emploi
Ce guide de l?aménagement durable détaille pour les
20 engagements les recommandations et les questions
à se poser, notion par notion. Il indique également en quoi
elles répondent aux 17 objectifs de développement durable
portés par l?Organisation des Nations Unies. Chaque fiche
a été conçue pour être la plus didactique possible.
ENGAGEMENT
Chaque dimension se décline
en 5 engagements.
NOTION
Elle précise l?engagement
à travers plusieurs
sous-thématiques.
RECOMMANDATIONS
Les principales
recommandations
sont mises en valeur.
DÉTAIL
Le détail permet de mieux
appréhender les enjeux
de chaque notion et explicite
les recommandations
qui s?y rattachent.
DÉFINITIONS
Les termes en gras
sont à retrouver dans
les définitions à la fin
du document.
QUESTIONS
Elles sont là pour vous
guider dans la mise en oeuvre
des recommandations.
OBJECTIFS DE
DÉVELOPPEMENT DURABLE
Ils indiquent à quels ODD la notion
se rattache. Un tableau récapitulatif
se trouve à la fin du document qui
croise engagements et ODD, notion
par notion.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 7
Dimension 1
DÉMARCHE
ET PROCESSUS
1 Concevoir un projet
prenant en compte
les besoins de tous
et les particularités
du territoire
2 Mettre en oeuvre
une gouvernance
et un pilotage adaptés
3 Associer les habitants
et usagers
¤ ?
4 Développer
l?approche
en coût global
5 Évaluer, mesurer
l?impact et améliorer
en continu
Dimension 2
CADRE DE VIE
ET USAGES
6 (Re)faire le quartier
avec l?existant
7 Favoriser
le vivre-ensemble,
la solidarité, l?inclusion
8 Assurer un cadre
de vie favorable
au bien-être et à la santé
9 Concevoir un projet
alliant qualité
urbaine, paysagère
et architecturale
10 Valoriser
le patrimoine,
l?histoire et l?identité du
site et de ses habitants
Dimension 3
DÉVELOPPEMENT
TERRITORIAL
11 Contribuer
à une transition
économique, régénérative,
sociale et solidaire
12 Favoriser
la proximité et
la diversité des fonctions
13 Optimiser
l?utilisation des
ressources et développer
les filières locales
et les circuits courts
14 Encourager
les mobilités
durables et actives
15 Assurer
une transition
numérique responsable
au service de l?aménage-
ment durable
Dimension 4
ENVIRONNEMENT
ET CLIMAT
16 Renforcer
la résilience face
aux changements
climatiques et aux risques
17 Contribuer
à l?atténuation
du changement
climatique et favoriser
la sobriété et les énergies
renouvelables
18 Éviter, réduire,
recycler, valoriser
les déchets
19 Préserver, gérer
et restaurer
la ressource en eau
20 Préserver et
restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux
naturels
8
1
Concevoir un projet prenant
en compte les besoins de tous
et les particularités du territoire
2
Mettre en oeuvre une gouvernance
et un pilotage adaptés
3
Associer les habitants
et usagers
4
Développer l?approche
en coût global
5
Évaluer, mesurer l?impact
et améliorer en continu
DÉMARCHE ET
PROCESSUS
DIMENSION 1
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
¤ ?
9Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
¤ ?
L?aménagement durable est un enjeu majeur pour notre
société car il impacte directement la qualité de vie de
la population, l?environnement, ainsi que le développement
économique et social. Pour répondre aux besoins de tous
en s?appuyant sur les ressources et les contraintes du
territoire, il est nécessaire de mettre en place une gouvernance
partagée. Celle-ci consiste à mobiliser une diversité d?acteurs
et de parties prenantes pour prendre des décisions éclairées
et responsables en matière d?aménagement durable.
Elle implique une collaboration étroite entre les pouvoirs
publics, les acteurs économiques, les associations et les citoyens.
Elle permet de garantir une prise en compte équitable
des intérêts de chacun et d?assurer la durabilité du projet.
Pour cela, une approche participative est mise en place,
impliquant les habitants et les usagers dans la prise de décisions.
Le processus doit également développer une approche
en coût global afin d?évaluer la faisabilité financière du projet
et intégrer la mesure de ses impacts à la fois sociaux,
économiques et environnementaux, dans une logique
d?amélioration continue et d?adaptation aux besoins
des différentes parties prenantes.
10 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet prend-il
en compte les complémentarités
et dynamiques des différentes
échelles et composantes du
territoire pour le diagnostic??
Quelles sont les parties prenantes
du projet à associer?: habitants,
acteurs socio-économiques,
gestionnaires, etc.??
Quelles modalités sont mises
en place pour partager les
informations avec les parties
prenantes et recueillir leurs
données et attentes??
Engagement 1
Concevoir un projet prenant en compte
les besoins de tous et les particularités
du territoire
Notion 1.1 Connaître son territoire
RECOMMANDATIONS
? Réaliser un diagnostic du
territoire (incluant un diagnostic
de vulnérabilité) pour concevoir
un projet qui répondra aux besoins
de tous et s?appuiera sur les
ressources et les contraintes du
territoire : points forts et points
faibles, opportunités, problématiques
sociales, culturelles, économiques,
environnementales, attentes et
besoins des populations, etc.
? Identifier les acteurs-ressources
du territoire parties prenantes du
projet : habitants, usagers, société
civile (associations, collectifs
citoyens, etc.), acteurs économiques,
sociaux et culturels et autorités
publiques, réseaux d?acteurs
de l?aménagement du territoire,
du paysage, de l?urbanisme,
de l?architecture, de la préservation
du patrimoine naturel, etc.
? Évaluer les possibilités
d?évolutivité et de réversibilité de
certains aménagements / bâtiments
du projet.
Première étape du projet d?aménagement durable : la réalisation d?un diagnos-
tic spécifique au territoire permet d?identifier, en amont de la réalisation de
l?opération, les ressources et les contraintes du territoire ainsi que les besoins
des usagers (actuels et / ou futurs).
La réalisation de ce diagnostic nécessite, d?une part, d?élargir la réflexion
au-delà du périmètre de l?opération d?aménagement et, d?autre part, de croiser
l?ensemble des problématiques sociales, économiques et environnementales. Il
s?agit d?analyser les caractéristiques territoriales, via une approche systémique
reposant sur le métabolisme territorial en modélisant les flux, les risques et en
caractérisant les phénomènes.
Le diagnostic du territoire est l?occasion d?étudier les différentes possibi-
lités d?évolutivité de certains aménagements et bâtiments, tout comme
leur réversibilité.
Dès la phase de diagnostic, il est recommandé de procéder à l?identification
de l?ensemble des parties prenantes afin de pouvoir partager ce premier état
des lieux avec elles. Cette façon de procéder facilitera leur mobilisation tout au
long du projet.
Un accompagnement spécifique peut être mis en place pour initier les élus,
les techniciens, les gestionnaires, les habitants et les usagers aux dispositifs de
concertation et de dialogue participatif.
Le diagnostic initial constitue par ailleurs un état de référence qui sera utile à
l?évaluation du projet.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 11
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les enjeux majeurs à
prendre en compte dans le projet
au regard des contraintes et
ressources du territoire
(notamment paysagères)??
Quels sont les objectifs prioritaires
du projet?? Peut-on les hiérarchiser??
Comment les parties prenantes
du projet contribuent-elles
à la définition de ces objectifs??
Comment les objectifs prioritaires
du projet s?intègrent-ils dans
la stratégie territoriale??
Comment analyser les potentiels
de diversification fonctionnelle
et résidentielle au sein du quartier??
Comment peuvent-ils s?inscrire
dans le projet de territoire??
Notion 1.2 Identifier et hiérarchiser les enjeux
et fixer les objectifs stratégiques
RECOMMANDATIONS
? Définir les enjeux prioritaires
pour le projet, en cohérence avec
la stratégie territoriale à l?échelle
supra dans laquelle il s?insère, afin
d?identifier les complémentarités
et solidarités territoriales (y compris
ce que le projet apporte au territoire).
? À partir du diagnostic territorial,
affirmer l?ambition du projet au
service du développement durable
et établir des objectifs stratégiques
qualitatifs et quantitatifs pour
répondre aux enjeux prioritaires
identifiés.
La réalisation du diagnostic territorial permet d?identifier les besoins et enjeux
territoriaux qu?il est nécessaire de hiérarchiser afin de définir les objectifs prio-
ritaires du projet. Ces objectifs doivent s?inscrire en cohérence avec la stratégie
territoriale et en particulier les politiques de lutte contre l?artificialisation des
sols. Ils doivent aussi répondre aux enjeux stratégiques partagés avec les parties
prenantes et intégrer les ambitions politiques du projet.
Deux périmètres doivent être clairement définis : celui de réflexion, plus large,
et celui d?action correspondant aux contours du projet. En effet, une réflexion
élargie permet d?identifier les complémentarités et solidarités territoriales du
projet. À l?échelle du projet, il s?agit de veiller aux équilibres avec les quartiers
immédiats en termes d?offres résidentielles commerciales, d?équipements, de
services.
Le projet peut aussi nourrir la stratégie territoriale par ses ambitions fortes en
termes de développement durable et servir ainsi de levier pour transformer le
territoire élargi.
Une fois ces étapes franchies, les ambitions de l?opération d?aménagement pour-
ront être clairement définies, tout comme les objectifs et enjeux prioritaires.
12 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le programme permet-il
de décliner de façon opérationnelle
(calendrier, personnes responsables
de chaque action, ressources -
procédures, outils, compétences,
financements) les objectifs
prioritaires du projet pour chacun
des domaines d?action concernés??
Comment les besoins et attentes
des usagers, habitants, gestionnaires,
acteurs socio-économiques
identifiés dans le diagnostic sont-ils
intégrés dans la programmation??
Comment insérer dans le calendrier
global de programmation les
phases d?association des habitants
et usagers??
Quels moyens sont mis en
oeuvre pour identifier et ajuster
la programmation en fonction
de l?évolution du contexte social,
économique, politique,
réglementaire ou environnemental??
Notion 1.3 Élaborer un programme adapté
et partagé
RECOMMANDATIONS
? Décliner de façon opérationnelle
les objectifs stratégiques
prioritaires du projet, dont
les besoins en termes d?habitat,
d?équipements, d?infrastructures,
de commerces, de mobilités et
de préservation des sols.
? Associer les parties prenantes
et mobiliser les compétences
et expertises nécessaires à chaque
étape de la démarche de
programmation.
La démarche de programmation s?appuie sur le diagnostic et la définition des
objectifs prioritaires qui ont identifié les besoins des habitants et des usagers
et hiérarchisé les réponses à apporter. Elle nécessite une approche intégrée et
évolutive du projet afin d?être ajustée en fonction de l?évolution du contexte
social, économique, politique, réglementaire ou environnemental.
La programmation urbaine adéquate au regard des ambitions définies à l?appui
du diagnostic et en concertation avec l?ensemble des acteurs du projet doit
permettre :
? de déterminer les besoins en termes de programme ;
? de préparer les conditions opérationnelles (économie, phasage, montages
financiers?) et la spatialisation du projet ;
? d?assurer la cohérence entre les besoins du territoire et la réponse apportée
en termes de diversification résidentielle ou fonctionnelle ;
? d?inscrire et phaser la démarche de participation / implication des parties pre-
nantes dans le calendrier global du projet.
Il pourra être utilement proposé dans la démarche de programmation que
soient produits des scénarios contrastés. Les porteurs de projet seront ainsi
éclairés sur leurs choix de manière concertée.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 13
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 1
Éco-village des Noés
Val-de-Reuil, Eure, Normandie
L?Éco-village des Noés se situe en bordure de l?Eure et à proximité immé-
diate de la gare. Il comprend 98 logements sociaux (60 logements col-
lectifs et 38 maisons individuelles), des services et équipements (crèche
municipale, halle couverte, jardins familiaux, verger et poulailler parta-
gés), répartis sur trois hameaux implantés sur un secteur de 4,6 hectares
dont 1,5 hectares de zone verte inconstructible (zone d?expansion de
crue). Le volet environnemental est très fortement développé dans ce
projet avec une valorisation des contraintes et des atouts du site : bâti-
ments passifs, chaufferie bois avec un suivi annuel par logement, suivi
annuel de la faune et de la flore, report de circulation, etc. Le système
de gestion des crues et des pluies a montré son efficacité en 2018 et le
projet a reçu de nombreuses récompenses. De nombreuses actions en
faveur de l?insertion sociale et du développement des filières courtes et
locales y sont développées notamment au travers d?activités de maraî-
chage biologique et la fourniture locale du bois de la chaufferie.
L?acte fondateur pour la ville était double : finaliser la construction du
quartier des Noés dont l?aménagement avait été reporté au moment
de l?élaboration du PPRi (plan de prévention des risques naturels d?inon-
dation) et remplacer l?agriculture intensive, présente aux portes de la
ville, par des modes plus respectueux de l?environnement (agriculture,
loisirs, cheminements). Fondée sur de multiples diagnostics (urbain et
social, besoins de la ville et de ses habitants, modes de transports et
diminution de la dépendance à l?automobile), l?opération est devenue
le vecteur d?un nouveau mode de développement dans les communes
du département et de pédagogie auprès des citoyens. L?Éco-village pro-
pose un nouveau mode d?habiter fondé sur l?expérience ancestrale de
la vie sociale, et permet d?accueillir des ménages jeunes ou aux reve-
nus modestes afin d?enrayer le déficit démographique. Le résultat est
un quartier éco-responsable, cohérent avec son contexte, offrant un
urbanisme apaisé et adapté visant à accompagner les inondations des
rives de l?Eure. Enfin, le programme a su s?adapter en fonction de l?évolu-
tion du contexte en se nourrissant de l?ensemble des réflexions et expé-
riences de tous les acteurs.
Contexte local Faubourg
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 4,6
Superficie espaces verts (ha) 3,1 dont
1,5 de parc paysager
Nombre d?habitants prévus 311
Nombre de logements 98
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 98
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2007-2016
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2022
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Val-de-Reuil, SILOGE
Maîtrise d?oeuvre du projet
Philippe Madec, S?pace
Environnement, Arc en Terre
Acteurs ADEME, Caisse des Dépôts
et Consignations, CAUE, DDTM,
FEDER, Habitat Coopératif de
Normandie, Habitat et Territoires
Conseil, LPO, YSOS-Les Jardins
de Neustrie, WWF
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14 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelle est l?organisation de
la gouvernance et du pilotage
politique et technique du projet??
Comment est-elle formalisée
(selon quelles modalités et avec
quels participants)??
De quelle manière la continuité
du projet est-elle assurée en cas
de modification de la gouvernance??
Quelles modalités de travail
(méthodes et outils) sont mises
en place avec l?ensemble des
acteurs concernés pour favoriser
la transversalité et la cohérence
globale du projet et assurer
son suivi??
La gouvernance mise en place
permet-elle d?identifier toutes les
parties intéressées, les compétences
nécessaires au projet, leurs rôles
et responsabilités, ainsi que
l?organisation de leur implication
et de leur montée en compétence
(sensibilisation, formation?)??
Quelles ressources (financières,
humaines, technologiques et
opérationnelles) ont été identifiées
pour la mise en oeuvre, le suivi
et l?amélioration du système
de management??
Engagement 2
Mettre en oeuvre une gouvernance
et un pilotage adaptés
Notion 2.1 Piloter le projet dans la durée
RECOMMANDATIONS
? Identifier un élu référent et
un chef de projet.
? Favoriser la continuité du projet
en actant des jalons pour éviter
sa remise en cause (tout en gardant
de la souplesse) en cas de
changement de pilotes.
? Créer une ou plusieurs instances
de pilotage et de gouvernance
transversales et pluridisciplinaires
rassemblant les parties prenantes
et notamment les autorités locales,
la société civile, les acteurs sociaux
et les acteurs économiques.
Le pilotage et la gouvernance d?un projet consistent à coordonner des acteurs
et des expertises, professionnelles ou citoyennes, dont ils sont porteurs pour
préparer l?élaboration de décisions. Il revient à la collectivité de mettre en place
le système d?acteurs pour l?élaboration du projet, sachant qu?il pourra évoluer
et prendre différentes configurations selon ses différentes phases. Une instance
formalisée de pilotage et de gouvernance permet au porteur de projet de
mettre en relation l?ensemble des parties prenantes, de répondre à l?ensemble
des besoins exprimés et de rendre la prise de décision plus réactive. Organiser
ce système d?acteurs suppose :
? d?identifier les différentes parties prenantes (personnes, groupes, organisa-
tions qui sont / seront directement ou potentiellement concernés par le projet) :
services techniques compétents sur le projet et issus de différentes collectivi-
tés, partenaires institutionnels, acteurs économiques (aménageurs, promoteurs,
entreprises, prestataires, etc.), société civile (citoyens et associations), etc. ;
? de définir selon quelles modalités elles seront interpellées dans le cadre de
l?élaboration du projet (en représentant qui, avec quelles fonctions, quand, sur
quels aspects, comment, etc.) ;
? d?assurer la continuité du projet en actant des jalons pour éviter sa remise en
cause en cas de changement de pilotes.
La désignation d?un élu référent pour assurer l?engagement politique ainsi que
d?un chef de projet opérationnel est essentielle à la mise en oeuvre de la gou-
vernance et du pilotage politique et technique d?un projet. Celle-ci peut s?opé-
rer de différentes manières en fonction des ressources financières et humaines
locales : constitution d?une équipe-projet, organisation interservices, mobili-
sation d?une assistance à maîtrise d?ouvrage, organisation de la transversalité
au sein des services, organisation et répartition entre la ville et l?Établissement
Public de Coopération Intercommunale (EPCI), organisation des instances de
décision, instances de suivi technique, etc.
Différentes modalités de travail avec l?ensemble des acteurs peuvent faciliter
la transversalité et la cohérence du projet ainsi que l?implication des différents
acteurs tout au long du projet : calendrier global de la démarche de participation
citoyenne, calendrier pluriannuel d?investissement, procédure de contrôle des
délais, démarches d?ateliers, réunions de travail dédiées, concours d?idées, etc.
Formaliser l?ensemble des étapes de la démarche de programmation permet
de communiquer, auprès des parties prenantes, les modalités de pilotage et les
différentes étapes de décision du projet.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 15
LES QUESTIONS À SE POSER
Dans quelle mesure le projet
est-il en capacité de répondre
aux usages prévus et de s?adapter
aux nouveaux qui pourraient
apparaître??
De quelle manière le projet
prend-il en compte les pratiques
et contraintes des habitants,
usagers et gestionnaires, dans
la conception des espaces publics,
des bâtiments et des services??
Quels dispositifs ont été mis
en place en phase amont pour
assurer la gestion du projet
d?aménagement dans le temps??
Comment la gestion et la limitation
des nuisances de la phase chantier
ont-elles été anticipées??
En phase chantier, après la livraison
et sur le long terme, quelles
modalités d?accompagnement
au changement et quels dispositifs
mettre en place pour recueillir
les retours des habitants, usagers
et gestionnaires??
Notion 2.2 Anticiper la gestion du projet durant
toutes les phases et après sa livraison
RECOMMANDATIONS
? En phase amont, identifier
les gestionnaires (services publics,
entreprises, bailleurs, etc.).
? Décider du niveau de participation
et d?interaction de ces derniers
à chacune des phases.
? Proposer des outils de suivi et
d?amélioration du projet.
? Anticiper la gestion du projet livré
par les différents acteurs impliqués,
en définissant le rôle de chacun,
à chaque phase.
? Anticiper la réduction des nuisances
pendant la réalisation du projet.
Pour assurer une réponse adaptée aux usages tant en termes de gestion que
d?appropriation des lieux par les habitants et usagers, il est nécessaire d?antici-
per la gestion du projet durant toutes les phases et après la livraison.
Cela se traduit en phase amont par l?identification des gestionnaires (services
publics, entreprises, bailleurs, etc.) et par la définition de leur niveau de partici-
pation et d?interaction à chacune des phases du projet.
Dès la conception de celui-ci, la mise en place d?un plan de gestion permettra
d?identifier et de dimensionner les conditions d?entretien et de gestion garan-
tissant la pérennité du projet. Des dispositifs participatifs et engageants pour
les usagers et futurs habitants peuvent par ailleurs être proposés.
La phase de réalisation peut se dérouler sur une période longue et impacter les
usages au quotidien en générant des nuisances (cheminements interrompus,
bruits, poussières, ruptures de l?espace public, etc.). Cette période nécessite
non seulement d?informer largement les habitants, usagers et gestionnaires du
projet à venir, mais également de recueillir leurs demandes afin de redéfinir
ponctuellement les aménagements provisoires.
Proposer et valoriser des projets temporaires sur les friches (urbanisme transi-
toire) est un moyen d?accompagner le changement de pratiques et de gérer les
transitions spatiales. Des actions transitoires comme le préverdissement per-
mettent également de préfigurer les phases du projet.
Différents dispositifs existent pour assurer la gestion sur le long terme, comme
par exemple la mise en place d?un plan de gestion adapté au contexte du quar-
tier, ou d?une charte de Gestion Urbaine de Proximité (GUP). Des plans de ges-
tion des espaces extérieurs peuvent être demandés aux maîtres d?oeuvre en
phase conception pour adapter le projet aux moyens d?entretien des collecti-
vités ou des propriétaires. Des dispositifs participatifs d?accompagnement au
changement après la livraison peuvent être proposés aux habitants et usagers
sur le périmètre du projet, en lien avec les quartiers limitrophes, pour favoriser
l?appropriation et recueillir le retour des habitants, usagers et gestionnaires.
16 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 2
L?ÉcoQuartier Vidailhan est situé en couronne périurbaine à l?est de
Toulouse, à proximité d?un arrêt de métro et de transports en commun.
Ce projet de quartier est porté par la communauté urbaine en lien
avec la commune. Le quartier offre une densité raisonnable, agréable-
ment rythmée d?espaces publics étendus et d?espaces plus intimistes.
Il propose une mixité de typologie de l?offre d?habitat, une mixité fonc-
tionnelle et une mixité sociale. Le parc, implanté au coeur du quartier,
constitue un poumon vert et participe au renforcement du lien social.
Une comitologie très riche a été mise en oeuvre dans le cadre de cet
ÉcoQuartier, tant en phase de conception que de réalisation, pour
s?assurer l?adhésion de tous les acteurs : un comité de pilotage organe
de décision, un comité technique réunissant les différents services de
la communauité urbaine, un comité de coordination entre la ville et
la communauté urbaine, un groupe de travail constitué de riverains,
d?associations et d?élus pour fixer les objectifs de l?ÉcoQuartier et son
suivi tout au long du projet. En 2011 a été ouverte la « maison de Balma
Gramont » pour mettre à disposition de tous un espace de rencontre
et de présentation de films et reportages. Dès 2012, les futurs habi-
tants ont créé l?association « Vivr?à Vidailhan » pour, d?une part, pro-
poser des animations, échanges, site internet et, d?autre part, devenir
le nouvel organe de proposition d?orientations ou réorientations du
projet urbain, remontées jusqu?au comité de suivi. Les bailleurs et pro-
moteurs ont également été associés afin qu?ils s?approprient les valeurs
portées par le projet.
Vidailhan
Balma, Haute-Garonne, Occitanie
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 31
Superficie espaces verts (ha) 10
Nombre d?habitants prévus 2 900
Nombre de logements 1 294
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 405
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2004-2010
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Toulouse Métropole (MO déléguée :
SEM Oppidea), ville de Balma
Maîtrise d?oeuvre du projet
A&P DUMONS (urbaniste)
Groupement KCAP Architects &
Planners, Droit de cité, Mutabilis
Paysage, Tisséo
Acteurs ADEME, ARPE, AUAT, HLM
(organisme), promoteurs privés
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 17
Engagement 3
Associer les habitants
et usagers
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet prévoit-il
d?identifier les futurs bénéficiaires
et usagers en amont, puis de
les informer, consulter et associer
à la conception du projet dans
les choix d?aménagement??
Quelles finalités sont attendues
de l?association des habitants,
des usagers et de la société civile??
Comment les identifier et
les partager??
Dans quelles instances les habitants,
les usagers et la société civile
sont-ils associés?? Quels dispositifs
mettre en oeuvre pour la société
civile et les citoyens?: ateliers,
réunions publiques, manifestation
culturelle, événements festifs,
e-concertation??
Comment intégrer les publics
habituellement éloignés
des dispositifs participatifs??
Comment la prise en compte des
contributions citoyennes au début
de la concertation et la restitution
auprès des citoyens est-elle
formalisée??
Notion 3.1 Créer les conditions de la mobilisation
citoyenne
RECOMMANDATIONS
? Sensibiliser, impliquer et
responsabiliser l?ensemble des
parties prenantes dont les habitants
et usagers en définissant en amont
une stratégie d?association :
qui impliquer, à quels moments
et sur quelles parties du projet.
? Rechercher la diversité
des citoyens mobilisés.
L?implication citoyenne tout au long du projet contribue à l?enrichir et à antici-
per la gestion. Elle facilite une meilleure appropriation et adaptation de l?amé-
nagement aux usages et redynamise la démocratie locale. Parmi les acteurs
mobilisables se trouvent : riverains, habitants actuels ou futurs du quartier, de la
commune, de l?intercommunalité, membres de conseils de quartier, de conseils
citoyens, associations, élèves, usagers, acteurs économiques, commerçants,
professionnels de la médiation, maîtrise d?usages, actifs, retraités, jeunes, etc.
Il n?existe pas de dispositif-type pour la mobilisation citoyenne, chaque
démarche devant être contextualisée. Pour concourir à cette mobilisation, il
convient au préalable de :
? donner un cadre clair à la participation des citoyens et assurer sa continuité :
objet, gouvernance, place des citoyens dans le processus, marges de manoeuvre,
reddition des comptes ;
? disposer d?un référentiel commun pour partager les intentions et le processus
participatif.
La charte de la participation du public du ministère définit les valeurs et prin-
cipes vertueux, qui constituent autant de points d?attention pour bien calibrer
son dispositif participatif :
? s?adapter au public auquel on s?adresse : vocabulaire et posture du porteur
de projet ;
? se donner les moyens : temps, ingénierie de la participation, outils adaptés,
modalités de garde d?enfants, le cas échéant un défraiement ;
? aller chercher la diversité pour intégrer une pluralité d?acteurs représenta-
tifs de la réalité du territoire : sans un effort particulier, on observe le phéno-
mène « toujours les mêmes (TLM) ». Aller à la rencontre des habitants, là où ils
convergent : gares, écoles, marchés, etc. ;
? avoir recours à un dispositif de garantie renforce la qualité du dialogue et
la confiance entre les participants (Conseil Local de Développement par
exemple) ;
? mettre en oeuvre l?égalité de traitement des points de vue ;
? la restitution auprès des habitants, usagers et société civile est également cru-
ciale pour assurer une mobilisation en continue.
18 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Le cadre proposé pour la
participation citoyenne respecte-
t-il la charte de la participation
du public (documents fondateurs)??
Quelle formalisation est-elle
prévue pour expliciter ce qui a été
retenu ou non des propositions
citoyennes??
De quelle manière les initiatives
spontanées de la société civile
sont-elles prises en compte et
accompagnées??
Quels dispositifs?/?modalités sont
mis en place pour la co-construction
de la mise en récit du projet avec
les habitants et usagers??
Notion 3.2 S?appuyer sur les propositions issues
des instances participatives
RECOMMANDATIONS
? Fabriquer le projet avec celles et
ceux qui l?habitent ou sont riverains,
y travaillent, y sont engagés.
? Construire la mise en récit du
projet avec les habitants et usagers,
en s?appuyant sur les éléments
paysagers caractéristiques du site,
son histoire, ses représentations.
Les externalités positives de la participation citoyenne sont nombreuses : légi-
timité et robustesse du projet, implication des habitants et usagers, confiance
augmentée entre les parties.
Cependant, le porteur de projet doit créer les conditions de la mobilisation
citoyenne (voir notion 3.1) et traduire sa sincérité en actions concrètes de prise
en compte des propositions des instances participatives. Il est essentiel que ces
instances soient diversifiées, pluralistes et que les propositions soient mises en
avant, avec une reddition de comptes claire sur ce qui a été retenu ou non. Le
porteur du projet doit également mettre en oeuvre les propositions retenues,
avec une ingénierie participative dédiée au sein de la maîtrise d?ouvrage, des
moyens financiers pour leur réalisation et une place pour les citoyens dans les
instances de gouvernance.
La mise en narration de l?élaboration du projet peut être un moyen efficace
d?ancrer le lien entre le porteur de projet et ses bénéficiaires, et un appel à
projets pourra parfaitement susciter la créativité des citoyens pour une prise
en charge de cette mise en narration (exposition, art de rue, création d?une
identité visuelle qui se retrouverait dans les parties communes pour les circula-
tions, repérages, etc.). Tout ceci peut renforcer le sentiment d?appartenance et
renforcer ainsi le sentiment qu?il s?agit d?un projet véritablement partagé.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 19
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment impliquer les bénéficiaires
et usagers le plus tôt possible
pour qu?ils soient eux-mêmes
au coeur du projet, de ses enjeux
et composantes, et s?en sentent
tout à fait parties prenantes??
Comment accompagner les
bénéficiaires et usagers (présents
ou futurs) pendant les phases
chantier et livraison, pour garantir
la bonne appropriation du
quartier, l?utilisation efficiente des
nouveaux services et usages et les
changements de comportements
attendus pour atteindre les objectifs
de performance du quartier?
Quelle gouvernance est mise en
placeau sein de l?instance locale
pour garantir l?implication des parties
intéressées tout au long du projet
(service dédié à la participation
citoyenne en interaction constante
avec les autres services par
exemple)??
Quels sont les dispositifs mis en
place dans le cadre de la démarche
d?évaluation pour recueillir les
retours des habitants, usagers et
gestionnaires pendant la phase
chantier, après la livraison et sur
le long terme??
Notion 3.3 Accompagner les pratiques
dans le temps
RECOMMANDATIONS
? Mettre en place des outils,
démarches, ateliers,
accompagnements à destination
des habitants et usagers
afin de maintenir dans le temps
l?implication des citoyens
(site participatif du projet,
enquêtes en lignes en complément
d?ateliers, livret d?accueil des
habitants, actions de pédagogie
et de formation, etc).
Maintenir dans le temps l?implication des citoyens ne peut reposer que sur les
seuls outils : s?ils peuvent aider, ils ne sont pas suffisants. L?accompagnement
dans la durée de la pratique peut consister à :
? Donner du pouvoir d?agir aux citoyens :
? dans la gouvernance, avec un groupe-miroir qui examinera en parallèle les
mêmes questions que la maîtrise d?ouvrage ;
? sous la forme d?initiatives citoyennes, pour les arrimer plus solidement
dans leur engagement.
? Encourager et soutenir l?exercice de la citoyenneté par :
? la formation des citoyens : possibilités d?engagement dans le quartier ;
comment monter un projet, l?animer, prendre la parole, les formes de l?enga-
gement citoyens (SCOP, etc.) ;
? un discours de la maîtrise d?ouvrage qui intègre systématiquement la parti-
cipation et en valorise les apports ;
? Laisser des espaces pour mettre en récit la conception puis l?évolution du
projet : expositions ou autres formes suscitant la créativité des habitants
(fresque, art de rue, etc.) :
? mettre en place une communication régulière, sous forme de bulletins
d?information ;
? du côté de la maîtrise d?ouvrage, mettre en place des moyens adaptés,
et donc une ingénierie de la participation dédiée à sa mise en oeuvre et son
suivi. Elle peut être celle du maître d?ouvrage, comme être déléguée à un col-
lectif de citoyens (ambassadeurs ou conseil citoyen).
20 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 3
L?ÉcoQuartier de La Courrouze se situe sur une large emprise foncière
de 115 hectares et bénéficie d?une situation géographique très favorable
en étant intrarocade et proche du centre-ville de Rennes et de Saint-
Jacques-de-la-Lande. Il constitue la dernière opportunité d?envergure
pour ces deux villes. La ZAC est conçue de manière à conjuguer la mixité
des formes urbaines, la mixité sociale et la mixité des fonctions, tout en
respectant et en valorisant l?environnement végétal (coulée verte, bois
habité) et patrimonial (traces et bâtiments historiques préservés) grâce
à une composition minutieuse du projet. Ce projet long et ambitieux a
démarré en 2003 et s?achèvera en 2028. Il s?inscrit dans une démarche
de développement durable et de renouvellement urbain en recompo-
sant la ville sur elle-même. L?aménagement est en parfaite adéquation
avec la politique de maîtrise foncière de Rennes Métropole, permettant
de limiter l?étalement urbain en réinvestissant un site anciennement
occupé par des activités parfois polluantes nécessitant un important
travail de remise en état du sol. Le quartier créé a pour objectif de
redonner vie à un « morceau de ville » en proposant une programmation
mixte de logements et d?activités (en favorisant les mobilités actives),
tout en continuant d?accueillir certaines fonctions liées au secteur de la
défense nationale.
Diverses modalités d?association des habitants et usagers ont été mises
en place tout au long du projet : création d?une fabrique de quartier,
pensée dès l?origine du projet en collaboration avec les acteurs locaux,
phases de mise en situation « Gagnez du terrain » avec des défis, vidéos
et temps de construction collectifs associant tous les publics, ou créa-
tion d?un poste de médiatrice au sein du pavillon d?accueil, lieu de
vie et d?accueil des habitants au sein du quartier. Cette concertation a
permis de créer un dialogue permanent avec les futurs habitants, mais
aussi avec les usagers et les gestionnaires du site. L?objectif était de
comprendre les besoins de chacun afin d?anticiper le bon fonctionne-
ment du quartier, en prenant en compte les indicateurs de satisfaction.
Cette approche collaborative a ainsi permis de créer un aménagement
durable, adapté aux besoins de tous les acteurs concernés, et répondant
aux enjeux métropolitains.
La Courrouze
Rennes / Saint-Jacques de la Lande, Ille-et-Vilaine, Bretagne
Contexte local Reconversion - Friche
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 115
Superficie espaces verts (ha) 40
Nombre d?habitants prévus 11 000
Nombre de logements 5 300
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 600
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2003-2028
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2022
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Territoires et développement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Studio Paola Vigano (urbaniste),
Charles Dard (paysagiste),
ORA (BET)
Acteurs AUDIAR, IAUR, Collectif
Courrouze AA (Antipode,
Courrouz?if, Aire Libre, A l?Envers),
Teenage Kicks, Ilta Studio, Cuesta,
Gongle, Les Animé.e.s, Théâtre à
l?envers (parcours mémoire : Adrien
Lecoursonnais et Jacques Ligot),
Collectif Tempête, Unis-Cité, Vert
le Jardin, Lost & Find, Terlieux,
Université de Rennes 2, Asso des
Cartoucheries, Electroni[K], Bruit
du Frigo
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 21
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment sont conciliés les
objectifs de faisabilité financière
et les objectifs de développement
durable??
Comment intégrer, dans les choix de
programmation et d?investissement
en amont, une approche globale
de leurs conséquences en termes de
coûts?/?bénéfices?? Comment cette
approche se traduit-elle en matière
de pilotage et de moyens de suivi
du quartier en fonctionnement??
Comment sont prises en compte
les logiques et contraintes de tous
les acteurs du projet (collectivités,
aménageurs, promoteurs, bailleurs,
habitants, syndicats de propriétaires,
propriétaires fonciers, etc.)
pour assurer la faisabilité financière
du projet??
Quelles études de faisabilité
technique planifier pour vérifier
en amont le réalisme financier
du programme??
Comment valoriser le foncier
tout au long du projet et limiter
sa charge foncière??
Comment prévenir le déficit
opérationnel du projet??
Engagement 4
Développer l?approche
en coût global
Notion 4.1 Évaluer la faisabilité financière
RECOMMANDATIONS
? Estimer à toutes les étapes de
la vie du projet les coûts associés
pour inscrire le projet dans
une approche en coût global
et anticiper les dépenses.
? Partager ces estimations avec
les acteurs du projet (acteurs
économiques, habitants et usagers)
et adapter le projet en fonction
de leurs capacités financières.
La viabilité du projet dépend de sa faisabilité financière et de la capacité à
anticiper les coûts et les aléas, afin d?identifier avec l?ensemble des acteurs les
marges de manoeuvre possibles sans nuire aux ambitions initiales et à la qualité
du projet. Le phasage de l?opération est à prévoir à court, moyen et long terme,
en y intégrant des variantes au sein d?une économie globale de projet.
L?adéquation de la programmation du projet avec la capacité financière des
acteurs économiques et de la collectivité, en anticipant le niveau des prix et les
contraintes de marché, est un facteur à prendre en compte.
En termes de programmation de l?habitat, il s?agit d?identifier les besoins et
capacités financières des ménages sur le territoire et de veiller aux complémen-
tarités avec l?offre existante de logements (parc privé et public).
De même, la programmation en équipements doit être appréciée en fonction
des besoins actuels et futurs des usagers, en privilégiant l?adaptation ou l?opti-
misation de l?existant.
La programmation commerciale et d?activités doit être fondée sur des études
de marché (zone de chalandise, concurrence, etc.).
¤ ?
22 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment optimiser le projet au
regard du contexte, des ressources
locales (marché économique,
caractéristiques du site, filières?)
et des acteurs impliqués??
Comment s?inscrire dans
une temporalité longue,
de la conception à la gestion??
Comment est prise en compte
l?estimation des coûts générés
par les impacts du changement
climatique??
Notion 4.2 Réduire les coûts par l?optimisation
du projet
RECOMMANDATIONS
? Travailler avec les ressources
existantes du projet et
des territoires limitrophes.
? Faire des choix sobres et
mutualiser pour limiter les coûts
et l?impact environnemental.
L?optimisation du projet s?appuie sur des solutions alternatives et sobres, qui
favorisent la complémentarité des territoires, exploitent les ressources exis-
tantes et identifient les potentiels.
Les exemples ci-après illustrent des leviers d?optimisation du projet : investir
dans l?efficacité énergétique, mutualiser des services ou des infrastructures
comme les parkings, limiter le recours à des infrastructures de gestion des eaux
pluviales, faciliter l?usage des modes de déplacement alternatifs à la voiture
pour réduire les infrastructures routières, optimiser la gestion des terres (utilisa-
tion des déblais / remblais), etc.
Dans le cadre de l?optimisation du processus de projet, les externalités seront
à regarder. Elles peuvent être le support d?une aide à la décision sur les choix
opérationnels à engager.
Par ailleurs, s?inscrire dans une démarche prospective d?estimation des coûts
générés par les impacts du changement climatique permet d?orienter les choix
d?investissement dans des infrastructures résilientes à long terme.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 23
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles options d?investissement
et techniques privilégier pour
optimiser l?opération dans
une approche en coût global??
Comment les externalités positives
et négatives sur l?économie,
l?environnement ou sur la société
sont-elles prises en compte
dans l?approche en coût global
du projet??
Notion 4.3 Calculer les impacts sociaux,
économiques et environnementaux du projet
RECOMMANDATIONS
? Estimer et prendre en compte
les externalités positives et négatives
dans le coût global du projet.
Pour pouvoir assurer l?optimisation financière globale d?un projet, il est essen-
tiel de réaliser, en amont, différents scénarios et études économiques, sociales
et environnementales, tels que la réhabilitation versus la construction neuve,
le dimensionnement des espaces publics, la création ou la mutualisation d?es-
paces, le choix des matériaux en fonction des contraintes de gestion, de leur
durabilité, de leur impact environnemental, ainsi que le choix des espèces végé-
tales, la volumétrie, le taux de densité, etc.
Ces études vont permettre d?objectiver les choix à faire en considérant tous ces
éléments. Il est alors possible de prendre des décisions éclairées et d?assurer
une gestion financière optimale pour le projet.
24 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 4
Ce quartier compte 2 800 habitants et 1 198 logements dont 39 % de
logements sociaux. Il a été bâti sur une emprise foncière de près de
13 hectares située sur la commune de Lormont, à proximité immédiate
de la rocade bordelaise et de l?opération de renouvellement urbain
de Lormont Génicart. Il fait partie d?un projet plus global de requa-
lification d?un secteur industriel en coeur d?agglomération. Le fon-
cier a été acquis auprès de la société de production de composants
électroniques « SIEMENS-EPCOS » en 2006. Clairsienne a conduit un
projet d?aménagement à forte qualité environnementale alliant mixité
sociale et mixité fonctionnelle. Intégré à une réflexion urbaine globale
ayant fait l?objet d?un plan-guide, le projet nommé Les Akènes contri-
bue à la création d?un véritable quartier innovant.
L?ESH (Entreprises Sociales pour l?Habitat) Clairsienne a proposé une
approche en coût global durant les phases de conception et de réa-
lisation, pour atteindre les ambitions environnementales fixées par la
collectivité (utilisation économe du foncier, gestion de la pollution sur
site, recyclage des matériaux issus de la démolition?). À titre d?exemple,
le groupement de commande constitué par les quatre ESH filiales d?Ac-
tion Logement (Domofrance, Clairsienne, Aliance Patrimoine et Logévie)
pour la conception, réalisation et maintenance de 305 logements et
d?un parc d?un hectare en coeur d?ÉcoQuartier, a permis de réaliser des
économies d?échelle. Par le biais de la procédure de dialogue compé-
titif, le groupement de commande avait pour principaux objectifs de :
? Permettre les échanges tout au long de la procédure de conception avec
l?équipe pluridisciplinaire retenue (associant une entreprise du BTP, urba-
nistes, architectes, paysagistes, bureaux d?études spécialisés, thermicien,
acousticien?) : un accord-cadre pour l?ensemble des maîtres d?ouvrage
(et la possibilité de décliner en marchés subséquents personnalisables),
? Organiser un pilotage dédié pour une efficacité opérationnelle,
? Permettre une ouverture à des solutions innovantes,
? Favoriser l?évolutivité du projet (locaux d?activité, logements, etc.),
? Élaborer un véritable projet social dans le cadre de la formation et
l?insertion (10 000 heures).
Les Akènes
Lormont, Gironde, Nouvelle-Aquitaine
Contexte local Périphérie
- Agglomération bordelaise ?
Localisation intrarocade
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Reconversion - Friche
Superficie (ha) 13
Superficie espaces verts (ha) 4,7
Nombre d?habitants prévus 2 800
Nombre de logements 1 198
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 472 (dont 395
logements locatifs + 77 logements
en accession sociale)
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2006-2018
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2018
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Clairsienne
Maîtrise d?oeuvre du projet
Atelier Bouriette & Vaconsin
(urbanisme et espaces publics),
CETAB Ingénierie (VRD),
TEREO (AMO Environnement
et dépollution), groupement
conception et réalisation sur
le coeur d?ÉcoQuartier : GTM,
Teisseire & Touton (architectes)
et Freddy Charrier (paysagiste)
Acteurs Bordeaux Métropole,
ville de Lormont
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 25
LES QUESTIONS À SE POSER
Une démarche d?évaluation
globale du projet est-elle proposée??
Des indicateurs documentés
et adaptés (réalisation, résultats et
impacts) sont-ils fixés pour chacun
des objectifs prioritaires définis,
afin de répondre à l?ambition
du projet??
Toutes les parties prenantes du
projet (aménageurs, associations,
promoteurs constructeurs, bailleurs,
gestionnaires, habitants, etc.)
sont-elles mobilisées pour mettre
en oeuvre son évaluation??
Le dispositif d?évaluation mis
en place est-il adapté au contexte
local, à la disponibilité des
informations, aux moyens et
à l?ingénierie disponibles pour
garantir son pilotage sur le temps
long?? Comment est-il formalisé
(organisme responsable, échéances,
moyens affectés) et documenté??
Le système d?évaluation mis
en place permet-il d?intégrer
les évolutions contextuelles tout
au long du cycle de vie du projet
(conception, mise en oeuvre,
etc), afin d?identifier les marges
d?amélioration et le cas échéant
de faire évoluer la stratégie et
les cibles??
Les préoccupations et attentes
spécifiques des habitants, des
usagers et des acteurs de la société
civile sont-elles prises en compte??
Engagement 5
Évaluer, mesurer l?impact
et améliorer en continu
Notion 5.1 Mettre en place une démarche
d?évaluation pour améliorer en continu
RECOMMANDATIONS
? Mettre en place en amont un
système d?évaluation et s?appuyer
sur des indicateurs pour mesurer
la capacité à atteindre les objectifs
et l?ambition.
? Évaluer avec les parties prenantes
(dont les citoyens) et les bénéficiaires.
? Optimiser le projet en continu
pour qu?il réponde à ses ambitions.
? Faire un bilan opérationnel
et assurer le transfert aux
gestionnaires pour le suivi des
performances.
L?évaluation consiste à observer les réalisations, les résultats et les impacts du
projet sur le territoire (sur les politiques et pratiques, sur les comportements
des acteurs?) et à mesurer l?atteinte des objectifs fixés pour répondre à l?ambi-
tion initiale du projet, dans une logique d?amélioration continue.
Elle nécessite la mise en place d?un système d?évaluation du projet en amont,
intégré au dispositif de pilotage afin de le renforcer, fédérer les partenaires et
faire évoluer les pratiques d?aménagement.
L?établissement d?un plan d?actions ainsi que la conduite de l?évaluation des
performances et de l?amélioration continue sont réalisés sur la base de l?exa-
men d?une situation de référence ainsi que sur l?établissement de la stratégie.
Celle-ci repose sur la définition des priorités locales, des objectifs de déve-
loppement durable, des cibles à long terme et des indicateurs-clés de perfor-
mance associés.
Le processus d?évaluation engage toutes les parties prenantes. L?évaluation
fournit à l?autorité politique locale une base pour prendre d?autres décisions
concernant les objectifs et les actions pour le cycle suivant. Elle fournit aux
parties prenantes, citoyens inclus, une revue de ce que la ville a réalisé au cours
de l?année et indique la manière dont elle a réussi à atteindre ses objectifs. Par
conséquent, le rapport sera également un outil important pour la sensibilisa-
tion du public.
L?évaluation périodique des projets peut être effectuée en utilisant une palette
d?indicateurs adaptés, ainsi que des enquêtes, en prenant pour base l?examen
antérieur de la situation de référence et les travaux de consultation. Il convient
que les décideurs, les organismes, les tiers et le public prennent part à la pro-
gression dans l?amélioration des processus intégrés du projet, en garantissant
un suivi à long terme incluant sa gestion et ses usages.
26 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
La séquence ERC est-elle
appropriée par les porteurs de
projet pour garantir sa bonne
mise en oeuvre??
L?état de référence est-il
documenté et partagé avec
l?ensemble des parties intéressées,
dont les habitants et les acteurs
de la société civile??
Comment le diagnostic territorial
permet-il de préciser la situation
de référence pour chaque
indicateur??
En quoi l?évaluation du projet
peut-elle être mise à profit pour
la définition et l?amélioration
d?autres projets, à l?échelle
du quartier comme à l?échelle
du territoire, dans une logique
de réplication et de diffusion
des bonnes pratiques??
Quelles modalités de retours
auprès des parties prenantes
sont prévues?? Avec quelle
communication, quelle valorisation??
Notion 5.2 Évaluer le projet au regard des finalités
du développement durable
RECOMMANDATIONS
? Prendre le diagnostic amont
du territoire comme état de
référence pour l?évaluation en
continu du projet.
? Anticiper et optimiser les impacts
pendant la conception du projet,
dans une logique de séquence
Éviter, Réduire, Compenser (ERC).
? Prévoir des actions d?évaluation
de l?appropriation des usages après
la réalisation.
L?évaluation est mise en place tout au long du projet. En amont, elle permet
de prévoir ses impacts et d?optimiser sa conception. Pendant la phase de réa-
lisation, elle rend possible la réduction des nuisances pour les habitants et les
usagers, mais aussi l?évolution du projet si nécessaire et de maîtriser la qualité,
les coûts et les délais de réalisation. Et après la livraison, l?évaluation permet de
vérifier la réalité du fonctionnement d?un aménagement, l?atteinte des objec-
tifs fixés, le retour d?expérience des habitants, des usagers et des gestionnaires.
L?examen de la situation de référence, première étape lors de la conception du
projet, est l?occasion de spécifier le point de départ initial, par la compréhen-
sion du contexte local, et de prévoir la contribution attendue ou effective du
projet, par l?évaluation.
La séquence « éviter, réduire, compenser » a pour objectif d?établir des mesures
visant à éviter les atteintes à l?environnement, à réduire celles qui n?ont pu être
suffisamment évitées et à compenser les effets notables qui n?ont pu être ni
empêchés, ni suffisamment réduits. Mise en oeuvre lors de la phase amont du
projet, elle contribue à renforcer son acceptabilité sociale en témoignant de
la démarche itérative d?intégration de l?environnement dans la conception du
projet de moindre impact.
L?implication citoyenne dans les dispositifs d?évaluation est essentielle pour s?as-
surer tout au long du projet que les réponses seront bien adaptées aux besoins
des habitants et usagers. Cela facilitera leur appropriation et leur implication
dans la vie de quartier.
Au-delà de l?amélioration continue du projet, l?évaluation doit permettre de
transmettre un retour d?expérience en interne et en externe.
Le partage des résultats de l?évaluation avec tous les acteurs du projet (élus,
aménageurs, promoteurs, constructeurs, syndics de copropriété, gestionnaires,
bailleurs, etc.) est également essentiel pour en tirer collectivement les ensei-
gnements et les pistes d?amélioration et faire levier sur d?autres projets du ter-
ritoire. Par exemple, les résultats de l?évaluation peuvent servir à alimenter et
justifier la définition de nouveaux objectifs inscrits dans les documents de pla-
nification urbaine.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 1 : démarche et processus ? Juin 2023 27
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 5
Projet de renouvellement urbain
de La Duchère
Lyon, Rhône, Auvergne-Rhône-Alpes
Le quartier d?habitat social de La Duchère à l?ouest de Lyon compte
12 000 habitants. Il se transforme dans le cadre d?un projet de réno-
vation urbaine avec un programme de 1 700 logements démolis et
reconstruits en 15 ans pour rééquilibrer l?offre (55 % sociaux - 45 %
privés). Le quartier retrouve de l?attractivité par la mise en place d?une
ligne de bus à haut de niveau de service vers Lyon et vers les pôles d?ac-
tivité de l?ouest, ainsi que par la réalisation d?un programme ambitieux
d?équipements publics, de commerces et d?activités. Une très grande
attention a été portée à la qualité des espaces publics et naturels.
Le parc du Vallon est l?une des composantes remarquables du projet.
La dynamique de changement ambitieuse portée par la Métropole
du Grand Lyon a été animée dès l?origine par une démarche d?amé-
lioration continue et une dynamique forte de concertation avec les
habitants. Les objectifs stratégiques de la collectivité portaient sur la
solidarité intergénérationnelle, la mixité sociale, la prise en compte sys-
témique des dimensions culturelles, environnementales, économiques
et sociales ainsi que la participation de la société civile au processus
d?élaboration du projet. Pour répondre à ces enjeux, une mission
d?évaluation confiée à un bureau d?études prévoyait un accompagne-
ment des acteurs (bailleurs, promoteurs, aménageurs et habitants) et
une évaluation régulière du projet tous les 3 ans. L?ÉcoQuartier de La
Duchère a très fortement associé les habitants et usagers, grâce à un
dispositif d?information structuré et une participation à la gouvernance
au sein d?un comité de suivi participatif. D?autre part, les gestionnaires
urbains à tous les stades du projet ont garanti son fonctionnement au
quotidien. Enfin, en termes d?effet de levier, La Duchère a permis de
développer des savoir-faire (concertation, marketing, gestion des com-
merces, usages éphémères, etc.) et des bonnes pratiques en matière
d?aménagement, qui peuvent inspirer d?autres opérations.
Contexte local Périphérie
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 120
Superficie espaces verts (ha) 48
Nombre d?habitants prévus 12 500
Nombre de logements 5 450
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 3 000
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2001-2020
Labellisation EQ Étape 4 (phase 1)
Année labellisation 2018
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Mission GPV Lyon-La Duchère, SERL
Maîtrise d?oeuvre du projet
Alain Marguerite, Bernard Paris,
Pascal Gontier, Bernard Martelet
Acteurs ADEME, ANAH, ANRU,
bailleurs sociaux, Foncière
Logement, HLM (organisme),
promoteurs privés, Tribu
28 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
CADRE DE VIE
ET USAGES
DIMENSION 2
6
(Re)faire le quartier
avec l?existant
7
Favoriser le vivre-ensemble, la solidarité,
l?inclusion
8
Assurer un cadre de vie favorable
au bien-être et à la santé
9
Concevoir un projet alliant qualité urbaine,
paysagère et architecturale
10
Valoriser le patrimoine, l?histoire
et l?identité du site et de ses habitants
29
L?aménagement durable vise à créer des cadres de vie
harmonieux en prenant en compte les besoins et
les aspirations de tous les habitants, tout en préservant
les ressources naturelles.
Pour cela, il est important de s?appuyer sur l?existant pour
réaliser un projet d?aménagement, en limitant l?artificialisation
des sols et l?usage des ressources.
Le cadre de vie joue un rôle primordial car il peut influencer
la qualité de vie des habitants et impacter l?environnement.
Pour réaliser un quartier pour tous, le projet encourage le vivre-
ensemble, la solidarité et l?inclusion. Il assure un cadre de vie
favorable au bien-être et à la santé, en limitant les nuisances
et pollutions.
Il s?agit enfin de concevoir des projets alliant qualité urbaine,
paysagère et architecturale, tout en valorisant le patrimoine,
l?histoire et l?identité du site et de ses habitants.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
30 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi le projet peut-il permettre
de limiter la consommation
d?espace et l?étalement urbain
sur le territoire??
En cas de bâti existant sur le site,
comment étudier sa réutilisation
et sa réhabilitation??
Le choix d?implantation du
projet est-il cohérent au regard
des enjeux de réduction de
l?artificialisation des sols??
Dans un projet «?politique de la
ville?», comment les opérations de
reconstitution de l?offre de logement
locatif social contribuent-elles
à la limitation de l?artificialisation
des sols??
Avant de porter des projets en
extension?: les gisements mobilisables
en renouvellement urbain ont-ils
été identifiés et leur mobilisation
étudiée?? Quels sont les besoins
en logements justifiant un projet
en extension??
Engagement 6
(Re)faire le quartier avec l?existant
Notion 6.1 Favoriser le renouvellement urbain,
s?appuyer sur l?existant pour limiter l?artificialisation
des sols et l?usage des ressources
RECOMMANDATIONS
? Privilégier la sobriété foncière
en identifiant et utilisant les
gisements fonciers mobilisables
dans les espaces déjà artificialisés,
en particulier par le renouvellement
urbain et la réhabilitation des friches,
et en cohérence avec les enjeux
de préservation des trames verte
et bleue.
? Privilégier la réhabilitation,
la rénovation, plutôt
que la construction neuve.
? Pour les projets situés dans
un secteur en zone tendue pour le
marché immobilier ou connaissant
une dynamique démographique
forte : proposer une extension
maîtrisée uniquement après avoir
étudié les possibilités de mobilisation
du foncier déjà artificialisé dans
les limites des zones urbanisées,
notamment via la densification.
La préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers et la réduction de
l?artificialisation des sols impliquent de privilégier le renouvellement urbain en
localisant les projets dans le tissu urbain existant, sur des emprises foncières
déjà artificialisées (friches industrielles, commerciales et d?activités, militaires,
hospitalières), en coeur de ville ou en centre-bourg.
À l?échelle du bâti, il s?agit de s?interroger en priorité sur l?opportunité d?une
réhabilitation et / ou d?une extension du bâti existant et de favoriser les
constructions neuves dans un tissu urbain existant (par exemple dans les « dents
creuses » ou par densification des quartiers pavillonnaires).
Mettre en place une stratégie d?orientation et d?optimisation du foncier peut
passer par l?identification des gisements fonciers en renouvellement urbain
(bâti ou non bâti), la valorisation du bâti existant, des dispositifs de remem-
brement foncier, l?acquisition-amélioration de logements anciens, l?élaboration
d?un programme d?action foncière, un partenariat avec un établissement public
foncier en cohérence avec la stratégie du territoire.
Mobiliser l?existant permet de lutter contre les logements vacants, l?habitat
insalubre, indigne, informel et dégradé, la fermeture des commerces en centre-
ville et l?étalement urbain et le mitage que peuvent générer les constructions en
extension urbaine ou en discontinuité urbaine.
Par ailleurs, la réduction des zones « à urbaniser » dans le PLU aide au maintien
des zones agricoles et des espaces naturels. La mobilisation des dents creuses
en coeur de bourg et la réhabilitation du bâti existant contribuent à la revitali-
sation des centres-villes et centres-bourgs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 31
LES QUESTIONS À SE POSER
Dans quelle mesure aujourd?hui,
les formes urbaines et la densité
proposées s?intègrent-elles dans
le contexte local et proposent-elles
un cadre de vie de qualité pour
les habitants et les riverains??
La densité proposée est-elle
cohérente avec les documents de
planification et le contexte urbain??
Quels services (notamment en
matière d?espaces verts récréatifs)
sont proposés pour rendre la
densité acceptable??
Comment la population a-t-elle
été impliquée pour favoriser
l?acceptation du projet??
Notion 6.2 Mettre en place une densité désirable
et cohérente avec le contexte
RECOMMANDATIONS
? Proposer une densité et une
intensité du projet adaptées,
en cohérence avec les besoins
identifiés et les spécificités
locales du territoire : géographie,
topographie, climat, paysage,
tissu urbain, accès aux transports,
services, équipements, etc.
? Rendre la densité désirable par
la qualité du projet et du cadre
de vie, notamment par une réflexion
sur les volumes et hauteurs des
bâtiments, l?équilibre entre la part
d?espaces construits et d?espaces
de nature, les vues et l?ensoleillement,
etc.
? Démontrer la valeur ajoutée
d?une intensification des usages :
offre d?équipements, commerces,
services de proximité, lieux culturels,
transports, espaces verts, etc.
? Sensibiliser et organiser
des échanges dans la durée avec
les usagers et les habitants
actuels et futurs pour favoriser
l?acceptabilité de la densité.
La densité d?un projet doit répondre au contexte spécifique dans lequel il
s?inscrit : géographie, topographie, climat, paysage, tissu urbain, au regard des
polarités existantes, des commerces, des accès aux transports, services et
équipements, etc. Selon le contexte territorial, un renforcement de l?inten-
sité urbaine, ou une dédensification pour contribuer à l?amélioration du cadre
de vie sera favorisé. Il s?agit en particulier d?identifier les zones les plus appro-
priées à la densification, pour mettre en place une densité conciliant enjeux de
sobriété foncière et préservation de la qualité urbaine.
Un travail de conception architecturale et urbaine sur les morphologies et les
pratiques spatiales doit être engagé pour apporter des réponses adéquates et
contextualisées. Il s?agit de prendre en compte les différents paramètres qui
interviennent dans la perception de la densité pour préserver l?intimité et le lien
social, mais aussi répondre aux aspirations des habitants en matière de cadre
de vie : rapport entre espaces construits et espaces de nature, espace public
et espace privé, forme, volume, hauteur des bâtiments, vues et orientation,
mais aussi qualité des espaces publics, qualité des formes urbaines, distance
entre les constructions et structuration des espaces publics (dimensionnement
et végétalisation notamment).
Le projet doit associer les usagers et les habitants actuels et futurs pour les
impliquer sur la question de la densité, et faire évoluer les imaginaires en valo-
risant les atouts d?une intensification des usages. Par exemple une intensité
du projet favorisant la proximité des services et des commerces, adaptés aux
besoins identifiés, limite les déplacements en voiture et donc la pollution et
les nuisances sonores : la densification contribue ici à créer un cadre de vie
agréable pour les habitants et usagers.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 202332
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 6
L?ÉcoQuartier de Bonne se situe sur la caserne du même nom, libérée
par l?armée et acquise en 1994 par la ville de Grenoble, afin de répondre
à une demande importante de logements dans un contexte de faible
disponibilité foncière. Cette acquisition a permis à la ville d?élargir le
centre-ville et de créer une continuité urbaine jusqu?aux grands boule-
vards de Grenoble. Cette parcelle de 15,5 hectares se trouve à la jonc-
tion d?un quartier du xixe siècle, d?un secteur des années 1950 et d?un
quartier social des années 1980, près de l?hypercentre de Grenoble. Ce
projet ambitieux a consisté à reconvertir la caserne en ÉcoQuartier et
à construire 1 100 nouveaux logements, tout en améliorant l?offre com-
merciale du centre-ville et en aménageant un nouveau parc urbain.
Cette opération a bénéficié du programme européen CONCERTO, qui
vise à promouvoir l?innovation dans la production d?énergies renouve-
lables et les performances thermiques des bâtiments.
L?ÉcoQuartier de Bonne constitue un exemple remarquable de renou-
vellement urbain respectueux de l?existant. La ville a mené un travail de
sensibilisation auprès des habitants, visant à les informer sur les enjeux
de la densité urbaine. Cette pédagogie a porté sur des notions de
densité réelle et perçue, ainsi que sur les différentes formes urbaines,
avec des comparaisons entre quartiers de typologies différentes.
L?ensemble du projet a été conçu en renouvellement de l?existant, sans
aucune extension.
L?enjeu de l?aménagement du quartier de Bonne a été de favoriser des
typologies urbaines compactes et économes en ressources foncières,
tout en conciliant la production d?un espace urbain de qualité avec les
aspirations résidentielles des habitants. Cette approche innovante de
renouvellement urbain illustre l?importance d?une approche globale et
durable pour le développement urbain, qui prend en compte les enjeux
sociaux, économiques et environnementaux de la ville.
ZAC de Bonne
Grenoble, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes
Contexte local Centre de la
métropole
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 15,5
Superficie espaces verts (ha) 5
Nombre d?habitants prévus 2 400
Nombre de logements 1 100
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 450
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2000-2013
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2019
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SAGES
Maîtrise d?oeuvre du projet
Christian Devillers, Aktis
Architecture, AMO : Énertech,
Terre-Éco, Agence Locale
de l?Énergie
Acteurs BBC, HQE
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 33
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet répond-il à
une diversité de ménages, de modes
d?habiter et de parcours résidentiels
tant à l?échelle du quartier qu?à
celle de son périmètre élargi??
Comment le projet répond-il
aux objectifs des politiques locales
de l?habitat au sein du parc privé
comme du parc public??
La reconstitution de l?offre
participe-t-elle au rééquilibrage
de l?offre locative sociale à
l?échelle du bassin d?habitat
(notamment dans le cadre de
contrats de mixité sociale)??
Comment les enjeux d?inclusion
se traduisent-ils dans les choix
d?aménagement, de conception
et dans l?accompagnement
des usages?? Le projet est-il inclusif
en termes d?accessibilité, de services
et d?usages??
Comment le projet intègre-t-il
la question du genre??
Engagement 7
Favoriser le vivre-ensemble,
la solidarité, l?inclusion
Notion 7.1 Faire un quartier pour tous
RECOMMANDATIONS
? Définir une programmation
démontrant la prise en
compte des mixités sociale et
intergénérationnelle, et proposant
des logements abordables, ainsi
que des formes et des montages
alternatifs (BRS, Habitat participatif,
coopératif, etc.).
? Proposer un projet inclusif et
égalitaire : aménagements adaptés
pour assurer l?accessibilité des
personnes vulnérables, en situation
de handicap ou dépendantes,
prise en compte de la question
du genre dans les aménagements,
notamment dans les espaces
publics.
Réaliser un quartier pour tous soulève la question de l?accès équitable à ses
ressources : espaces et équipements publics, commerces, emplois, logements,
espaces de nature, etc.
Le projet proposera une programmation diversifiée d?habitats qui répondent
aux besoins du quartier tout en garantissant un équilibre à une échelle plus large.
Il répondra en particulier à l?enjeu de mixité sociale en prenant en compte les
objectifs réglementaires et les enjeux définis dans les documents de planifica-
tion (PLU, PLH, SCoT), tout en proposant une offre de logements abordables
qui réponde aux besoins des ménages : logements locatifs sociaux, logements
en accession sociale ou proposant des formes et montages alternatifs (PSLA,
BRS, Habitat participatif, coopératif, etc.), logements spécifiques (résidence étu-
diante, habitat inclusif à destination des personnes en perte d?autonomie, etc.).
La programmation veillera également à prendre en compte tous les publics afin
d?assurer notamment la mixité intergénérationnelle et favorisera des modes
d?habiter diversifiés pour mieux répondre aux besoins des ménages : flexibilité
des logements, adaptabilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR), etc.
Proposer un projet inclusif et égalitaire, c?est également réaliser des aména-
gements adaptés pour assurer leur accessibilité à tous (âge, genre et situation
familiale) et notamment aux plus fragiles : personnes vulnérables, en situation
de handicap (substantiel, durable ou définitif que ce dernier soit moteur, senso-
riel ou cognitif), ou dépendantes.
L?aménagement des espaces publics pourra prendre en compte les usages et les
temporalités afin de favoriser la conception d?espaces permettant une mixité
intergénérationnelle, sociale et pour tous les genres.
34 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les lieux favorisant les
interactions sociales, les pratiques
collectives et les projets citoyens??
Les aménagements et dispositifs
de gestion favorisent-ils le maintien
et?/?ou la création de lien social??
Comment les habitants ont-ils
été associés pour co-construire
les lieux favorisant les interactions
sociales??
Comment, dans le cadre de
la densité choisie, la transition
espace public?/?espace privé
favorise-t-elle l?intimité des habitants
et le vivre-ensemble??
Notion 7.2 Encourager les initiatives solidaires,
le lien social et la vie de quartier via
des aménagements publics et qualitatifs
RECOMMANDATIONS
? Utiliser l?espace et les équipements
publics pour encourager le lien
social, les rencontres et l?animation
du quartier, en lien avec les quartiers
alentours.
? Intégrer la notion des communs
dans la conception du projet :
développer des espaces communs,
partagés pour favoriser la mixité,
les échanges et les mutualisations.
? S?appuyer sur l?urbanisme
tactique et l?urbanisme transitoire
pour tester les initiatives relatives
au lien social.
Proposer dans le cadre du projet des espaces communs dédiés à la rencontre
et favorisant la mixité, les échanges et les mutualisations permet de renforcer
le lien social et le vivre-ensemble. Le développement d?actions incitant aux
échanges et encourageant les animations urbaines du quartier et de ses alen-
tours (culturelle, sportive, associative, etc.) s?appuie sur l?aménagement d?es-
paces publics qualitatifs et la création d?équipements.
Favoriser les expérimentations sur l?espace public permet également d?accom-
pagner les changements de pratique vers un urbanisme frugal et inclusif via des
aménagements éphémères, transitoires, qui permettent de tester les initiatives
relatives au lien social : projets temporaires sur des friches, projets concernant
l?organisation des mobilités sur la voierie ou la place et l?occupation des espaces
de stationnement automobile, offre de programmation évènementielle éphé-
mère pour faire vivre des lieux, proposition de nouveaux usages au sein d?en-
sembles immobiliers occupés temporairement, etc.
Ces interventions expérimentales développent des processus de transforma-
tion de la ville plus souples et plus réactifs que les processus de projets clas-
siques, et s?appuient sur des démarches participatives à forte implication
citoyenne.
Il s?agit également d?encourager l?engagement bénévole des habitants en impul-
sant, soutenant et fédérant les initiatives solidaires pour augmenter leur effica-
cité et amplifier leurs résonances.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 35
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 7
ÉcoQuartier de Monconseil
Tours, Indre-et-Loire, Centre-Val de Loire
L?ÉcoQuartier de Monconseil constitue une centralité nouvelle au nord
de la ville même de Tours, avec son parc de plus d?un hectare, ses équi-
pements de proximité et ses cheminements piétons. Particulièrement
bien relié à l?hypercentre via un réseau de voies cyclables, tramways
et autobus, le nouveau quartier compte plus de 1 500 logements, des
bureaux et des services ainsi que de nombreux aménagements favorisant
les échanges, les rencontres et la mixité sociale et intergénérationnelle :
foyer d?hébergement pour adultes handicapés, maison des solidarités,
crèche, commerces en pied d?immeubles, gymnase, EHPAD, église dio-
cèse de Tours. L?amélioration de la vie du quartier de Monconseil pour-
suit une dynamique itérative au fil des années, à travers l?implantation
de nouveaux commerces, la création d?une association de quartier et
l?émergence de l?habitat participatif, en concertation avec l?ensemble
des usagers et des habitants.
Riche de ses logements économes en énergie, l?ÉcoQuartier de
Monconseil accorde une place majeure à la mixité sociale et intergéné-
rationnelle. L?habitat participatif s?y est développé, avec la réalisation
d?un habitat groupé d?une vingtaine d?habitants dans des logements
passifs. Plusieurs aménagements permettent d?assurer la bonne acces-
sibilité des personnes âgées ou en situation de handicap. Afin de déve-
lopper en concertation des espaces plus inclusifs et qui favorisent le
vivre-ensemble, les associations et les comités de plusieurs quartiers
ont fait le choix de renforcer leurs liens. La mobilisation de ces acteurs,
issue d?une animation sociale, associative et citoyenne importante,
permet aujourd?hui à Monconseil de réfléchir à de nouvelles modalités
d?organisation de la voirie et de l?espace public. Parmi ces réflexions se
trouvent la réduction de la vitesse automobile et la sécurité des plus
fragiles, à même de renforcer l?inclusion et le lien social du quartier.
Les dernières opérations en cours de commercialisation laissent une
large place aux espaces partagés, notamment le lot K situé près du
tramway et de la halle (coeurs d?îlots aménagés en lien avec la biodi-
versité, espaces collectifs associatifs et artisanaux en rez-de-chaussée.
Contexte local Faubourg
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant - Reconversion -
Friche
Superficie (ha) 20
Superficie espaces verts (ha) 1,8
Nombre d?habitants prévus
entre 3 000 et 4 500
Nombre de logements 1 832
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 500
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2007-2026
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2022
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Tours Habitat (concession
Monconseil)
Maîtrise d?oeuvre du projet
De 2006 à 2016 : SAROAM
(Éva Samel) Architecte-Urbaniste.
Depuis 2016 : RVA Architecte-
Urbaniste, ville de Tours, MOE
des espace publics
Acteurs Agence d?urbanisme,
Bouygues Immobilier, Bouwfonds
Marignan, CCAS, CERQUAL, École
Polytechnique de Tours, EHPAD
et foyer pour adultes handicapés,
GOTHAM, ICADE, La Tourangelle
S.A d?HLM, promoteurs privés,
SNI Organisme HLM : Tours Habitat
(OPH), Touraine Logement, Tours
Métropole, VALLOIRE, ville de Tours
36 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment sont associés les acteurs
de la santé au projet??
Comment le projet améliore-t-il
l?accès à l?offre de soins et
de prévention??
Comment le projet renforce-t-il
l?activité physique, la mise
en mouvement pour tous??
Comment le projet favorise-t-il
la nature en ville??
Engagement 8
Assurer un cadre de vie favorable
au bien-être et à la santé
Notion 8.1 Favoriser un urbanisme favorable
à la santé et au bien-être
RECOMMANDATIONS
? Associer les acteurs?/?usagers
de la santé pertinents du territoire
dans la conception du projet.
? Identifier en quoi le projet
améliore et adapte l?offre
de prévention et de soins,
notamment pour les plus fragiles.
? Aménager des espaces publics
incitant à la pratique d?activités
physiques, ludiques et culturelles,
adaptés à tous les publics de toutes
tranches d?âge.
? Aménager ou restaurer des espaces
de nature, des espaces de calme /
ressourcement dans les espaces
publics.
La santé et le bien-être sont déterminés en grande partie par des facteurs envi-
ronnementaux. Ces questions et la préservation des écosystèmes et de l?envi-
ronnement sont donc liées. Il s?agit de les aborder de façon systémique, par
des choix d?aménagement qui contribuent à un urbanisme favorable à la santé.
Cela passe par la mobilisation de l?ensemble des acteurs de la santé du terri-
toire autour de la prise en compte des enjeux qui lient l?urbanisme à la santé.
Une instance « santé » peut être intégrée au sein de la gouvernance élargie du
projet pour construire une stratégie globale du quartier en termes de santé.
Le constat de disparités territoriales et d?inégalités sociales dans l?accès au soin,
ainsi que la vulnérabilité des citoyens face au réchauffement climatique, néces-
sitent de prendre en considération les besoins de santé des citoyens, notam-
ment les plus fragiles, mais aussi l?amélioration de l?accès à l?offre de prévention
et de soin, dès la programmation du projet.
La façon dont les espaces publics sont aménagés influence par ailleurs les acti-
vités physiques, ludiques et culturelles des usagers, dont les répercussions sont
grandes sur leur santé et leur bien-être. Plusieurs leviers en matière d?aménage-
ment urbain permettent d?inciter à l?activité physique et aux mobilités actives :
réduction de la place de la voiture dans l?espace public au profit d?infrastruc-
tures piétonnières et cyclables, réalisation d?espaces ludiques et sportifs en
extérieur, etc. La mise en place d?actions de sensibilisation et d?acculturation
sur l?évolution des usages et des comportements écoresponsables par exemple
avec des ARS (Agences Régionales de Santé) contribuent également au déve-
loppement de bonnes pratiques pour les citoyenss.
Enfin, en renforçant la place de la nature en ville, le projet contribue à protéger
et améliorer la santé et le bien-être des citoyens, mais aussi à préserver ou res-
taurer la biodiversité : création d?îlots de fraicheur et de lieux de ressourcement,
actions de désimperméabilisation des sols et de végétalisation des espaces
publics, etc.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 37
LES QUESTIONS À SE POSER
À quels types de nuisances et
pollutions les habitants et usagers
du projet sont-ils exposés??
Comment le projet prend-il
en compte l?état sanitaire du site
et les nuisances identifiées??
Comment le projet permet-il de
réduire l?exposition des habitants
et usagers aux nuisances et
pollutions??
Notion 8.2 Prévenir et lutter contre les nuisances
et pollutions
RECOMMANDATIONS
? Identifier les expositions du quartier
afin de prendre en compte leurs
effets sur la santé des populations
et des écosystèmes, et adapter
le projet en conséquence.
? Réduire et prévenir les nuisances
et pollutions environnementales
affectant la santé humaine et
celle des écosystèmes du territoire
(pollution de l?air, lumineuse,
sonore).
? Privilégier des principes
constructifs favorables à la santé
et au bien-être : matériaux sains,
prise en compte de la qualité de
l?air intérieure et extérieure dans
la conception des logements,
dimension et luminosité appropriées
des habitations, ventilation
naturelle dans les logements, vues
dégagées, etc.
Il est important d?identifier et de cartographier les zones à plus fortes exposi-
tions aux nuisances d?un quartier (proximité des routes, d?industries, etc.) pour
établir un diagnostic et adapter le projet. L?objectif est de pouvoir identifier
tous les types de nuisances : pollution de l?air intérieur et / ou extérieur, pol-
lution sonore, pollution des sols, pollution de l?eau, nuisances olfactives, nui-
sances visuelles et / ou lumineuses, champs électromagnétiques, insalubrité des
logements existants, etc. Le croisement des données permet notamment de
favoriser l?éloignement des équipements et les espaces de vie sensibles (écoles,
EHPAD, etc.) des points de pollution.
Afin de prendre en compte toutes les nuisances dans la programmation, le plan
masse ainsi que dans les prescriptions architecturales, des « clauses santé » à
insérer aux différents cahiers des charges de consultation doivent être élaborés.
Le projet doit inciter à privilégier les principes constructifs favorables à la santé,
tels que l?utilisation de matériaux sains, la prise en compte de la qualité de l?air
intérieure et extérieure dans la conception des logements, des dimensions et
une luminosité appropriées dans les habitations, une ventilation naturelle dans
les logements, des vues dégagées, etc.
Le renforcement de la nature en ville permet également de réduire la pollution
de l?air et de lutter contre les îlots de chaleur.
38 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi les choix d?aménagement
et de gestion favorisent-ils
le sentiment de sécurité??
Le projet fait-il l?objet d?une étude
de sûreté et de sécurité publique
réglementaire ou d?un diagnostic
des enjeux de sécurité ? Si oui,
comment le projet prend-il
en compte les préconisations
et conclusions de l?étude??
Quels acteurs spécifiques peuvent
être associés pour travailler sur
ces questions de sécurité??
Notion 8.3 Proposer des aménagements favorisant
la sûreté et la sécurité dans l?espace public
RECOMMANDATIONS
? Associer la population
et les acteurs de la prévention
et de la sécurité.
? Privilégier des espaces dégagés,
lisibles, accessibles à tous
et proposer un éclairage adapté
et régulé.
Avec la contribution des habitants et usagers, le projet doit prendre en compte
les modes d?appropriation des espaces et la sécurité dans les aménagements en
appliquant les principes de la prévention situationnelle : privilégier des espaces
dégagés, lisibles, ouverts et accessibles à tous et proposant un éclairage adapté
et régulé.
Il s?agit également de favoriser la co-visibilité, de veiller à la présence de struc-
tures de proximité, et de programmer des espaces conviviaux, en encourageant
les animations urbaines. Le projet doit aussi intégrer une réflexion sur l?orienta-
tion des bâtiments, la lisibilité urbaine, le partage sécurisé de voiries, la limita-
tion de la vitesse, le dimensionnement des voies, etc.
Un travail en amont avec les acteurs de la prévention et de la sécurité (police,
Service Départemental d?Intervention et de Secours (SDIS), Service d?Aide
Médicale Urgente (SAMU), travailleurs sociaux, etc.) peut par ailleurs utilement
contribuer à mieux intégrer les contraintes des interventions urgentes et vitales.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 39
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 8
Centre-bourg Volonne
Volonne, Alpes-de-Haute-Provence, Provence-Alpes-Côte d?Azur
Située sur les rives de la Durance, à 45 kilomètres au nord de Manosque,
la commune de Volonne s?est engagée dans la réalisation d?un
ÉcoQuartier en 2013 afin d?enrayer la perte d?attractivité à laquelle elle
était confrontée. Pour infléchir cette tendance, le projet d?ÉcoQuartier
en centre-bourg a été lancé sous forme de renouvellement urbain et
d?aménagement de dents creuses, avec pour objectif de redynamiser
les emplois, les services et le lien social au coeur du village, tout en rega-
gnant des marges de manoeuvre financières et en parachevant sa tran-
sition écologique, sociale et numérique. Livré en 2019, l?ÉcoQuartier de
Volonne répond largement aux ambitions fixées. Il s?inscrit pleinement
dans l?environnement historique et naturel à l?échelle de la ville et de
l?intercommunalité. La requalification des espaces publics dans le sens
d?un plus grand partage et apaisement bénéficie fortement aux usa-
gers, tout comme la priorisation des mobilités douces et le dévelop-
pement d?une offre d?équipements destinée à l?enfance. De nouveaux
services de santé sont par ailleurs proposés, ainsi qu?une offre de loge-
ments adaptée à tous, à visée sociale et intergénérationnelle.
L?ÉcoQuartier centre-bourg de Volonne témoigne particulièrement
des apports substantiels de la démarche pour la santé et le bien-être
des habitants. La création d?une maison de santé accessible, résiliente
et confortable au quotidien, tant pour les patients que pour les pro-
fessionnels de santé, a été d?une importance cruciale pour améliorer
l?offre de prévention et de soin des citoyens. Elle renforce le parcours
de soin de chaque habitant et constitue un atout moteur pour l?ins-
tallation de nouveaux professionnels. Plus largement, l?ÉcoQuartier
de Volonne met en lumière la capacité du projet à replacer les ques-
tions de soin et de bien-être au coeur de l?espace public. La réhabili-
tation d?espaces communs propices aux échanges et aux rencontres,
la réduction de la place de la voiture au profit des mobilités actives,
sont autant d?initiatives qui renforcent la cohésion sociale et qui per-
mettent à tous de s?épanouir en extérieur.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 1,4
Superficie espaces verts (ha) 0,42
Nombre d?habitants prévus 300
Nombre de logements 135
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 47
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2013-2019
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2022
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de Volonne (maison
de santé, crèche, cantine, espaces
publics), bailleur H2P (2 résidences
de logements sociaux)
Maîtrise d?oeuvre du projet
Même équipe pluridisciplinaire
pour les 2 MOA : R + 4, Vert d?Eau,
Adret, M.G. Concept
Acteurs H2P (groupement de
commandes pour les 2 MOA)
©
X
av
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r E
m
er
y
40 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet s?intègre-t-il
dans le paysage existant et
le contexte urbain??
Comment sont traitées les limites
du projet (maillage, transitions et
franges urbaines)??
Comment la composition, les
formes urbaines et l?aménagement
des espaces extérieurs (privés
et publics) du projet prennent-ils
en compte la trame urbaine,
les éléments bâtis et végétaux
présents sur le site, en valorisant
le paysage naturel ou urbain??
Comment participent-ils
à la valorisation ou la création
d?un cadre de vie agréable pour
le quartier??
Comment sont associés les usagers
à la conception et à la modélisation
des espaces extérieurs??
Comment la nature en ville est-elle
mise en oeuvre concrètement
dans les opérations du projet et
comment participe-t-elle à la
qualité du cadre de vie??
Engagement 9
Concevoir un projet alliant qualité urbaine,
paysagère et architecturale
Notion 9.1 Assurer une insertion urbaine et
paysagère du quartier avec son environnement
RECOMMANDATIONS
? Travailler sur les continuités,
les transitions et les articulations
du projet avec le reste du territoire.
? Concevoir, via des équipes
pluridisciplinaires, la composition
urbaine et paysagère en proposant
des solutions adaptées et
contextuelles sur la perméabilité
du quartier, l?insertion viaire,
l?épannelage, les morphologies,
l?adaptation aux spécificités
locales, etc.
? Favoriser l?insertion du projet
dans le tissu urbain environnant en
prenant en compte l?existant et
les évolutions potentielles futures.
? Concevoir un projet urbain
s?appuyant sur les composantes
naturelles du site et notamment
les trames vertes, bleues, brunes
et noires et les éléments paysagers.
L?intégration du projet dans le tissu urbain existant doit être travaillée en veil-
lant aux continuités urbaines et aux articulations et aux transitions avec les
caractéristiques naturelles et bâties environnantes :
? prendre en compte la trame urbaine et viaire existante ainsi que les spécifici-
tés de la composition urbaine ;
? s?assurer une qualité de composition du projet en lien avec l?existant en pri-
vilégiant une interaction entre les volumes construits (existant, réhabilités ou
neufs) et les vides (espaces extérieurs, plantations, etc.) ;
? articuler le projet avec les éléments de composition naturels existants, notam-
ment les corridors écologiques (trames vertes et bleues, brunes et noires), les
vues, l?eau, etc.
L?association d?équipes pluridisciplinaires permettra d?aboutir à une insertion
urbaine du projet qualitative.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 41
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles sont les qualités paysagère,
urbaine et architecturale (notamment
concernant les logements) du
quartier, à la fois du point de vue
de l?urbaniste et des professionnels,
de la collectivité, mais aussi
des habitants et des usagers
du quartier, des riverains??
Comment les îlots et formes bâties
du projet participent-ils à une
qualité architecturale et paysagère
d?ensemble au sein du quartier
et de ses abords??
De quelle manière le projet
favorise-t-il la création et la qualité
architecturales au regard de
l?identité du site et du contexte
architectural et urbain existant??
La conception des projets de
réhabilitation, restauration,
valorisation d?immeubles existants
fait-elle l?objet d?une démarche
spécifique favorisant la création
et la diversité architecturales??
Notion 9.2 (Re)créer des formes urbaines et
architecturales favorisant la qualité du cadre de vie
RECOMMANDATIONS
? Proposer des formes urbaines
et architecturales adaptées
au contexte et en accord avec
le territoire.
? Intégrer des espaces publics de
qualité, réfléchir à une répartition
cohérente avec les besoins
identifiés, traiter qualitativement
les interfaces entre les espaces
publics et privés, les parties
communes.
? Garantir la qualité des logements :
orientation, traversant,
prolongements extérieurs et
espaces privatifs, préservation de
l?intimité par la qualité des vis-à-vis,
vues et perspectives, confort
acoustique et thermique, etc.
? Privilégier la réversibilité
des bâtiments et l?évolutivité
des logements en réponse
aux évolutions des modes de vie,
de la configuration familiale, etc.
La conception du projet urbain et architectural doit favoriser la qualité du cadre
de vie à toutes les échelles (bâti, îlot et opération d?aménagement) :
? en intégrant et en s?appuyant sur les éléments de composition naturels exis-
tants : végétation, sol, eau, etc. ;
? en favorisant la requalification du bâti existant ;
? en proposant des projets de réhabilitation et de construction de qualité favo-
risant l?évolutivité des logements : formes architecturales, matériaux, etc. ;
? en intégrant des espaces extérieurs, des espaces communs, des espaces
publics généreux et confortables en toutes saisons ;
? en traitant qualitativement les interfaces entre les espaces publics et privés,
les parties communes, pour favoriser les interactions.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 202342
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 9
L?ÉcoQuartier Clichy-Batignolles se situe sur un terrain de 54 hectares,
à Paris dans le 17e arrondissement. Ce site était auparavant dédié à des
infrastructures ferroviaires. Il s?agit d?un programme mixte composé de
logements, d?activités tertiaires et productives, d?équipements de com-
merces et de loisirs. Laboratoire du développement durable, ce projet est
innovant, associant des expérimentations dans la gouvernance comme
dans les réalisations. En matière d?espaces verts publics, le projet dispose
d?un vaste parc urbain de 10 hectares dans une conception créative
et contemporaine. Le nouveau palais de justice de Paris et la Direction
régionale de la police judiciaire implantés Porte de Clichy, desservis par la
ligne 14 prolongée et le tramway, confèrent à l?opération une envergure
métropolitaine et l?inscrivent dans la perspective des nouvelles places du
Grand Paris.
La réalisation du grand parc urbain de 10 hectares au coeur du projet
a été un élément particulièrement fort de l?aménagement. Il offre une
grande ouverture sur la ville ainsi qu?un espace de rencontre entre les
quartiers aux alentours, et constitue un îlot de fraîcheur au sein d?un
environnement particulièrement dépourvu d?espaces verts. Le parc est
par ailleurs traversé par un réseau de circulations douces dans le prolon-
gement des rues existantes, offrant des liaisons simples et directes entre
les quartiers. Les opérations livrées sont d?une grande qualité et créati-
vité architecturales et allient compacité et cadre de vie agréable en pro-
posant notamment des vues au plus grand nombre. Un atelier de travail
en commun a également été mis en place, réunissant l?ensemble des
maîtres d?ouvrage et architectes, afin de les associer dans un processus
de dialogue. L?objectif : inscrire le projet dans une démarche globale de
conception (articulation entre espaces libres, privés et publics, usages,
organisation morphologique des îlots, etc.).
Clichy-Batignolles
Paris, Paris, Île-de-France
Contexte local Friche ferroviaire
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 54
Superficie espaces verts (ha) 10
Nombre d?habitants prévus 7 500
Nombre de logements 3 400
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 700
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2005-2020
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2020
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Paris, Paris & Métropole
Aménagement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Atelier François Grether, agence
Jacqueline Osty, Omnium Général
Ingénierie (VRD), Inddigo / TRIBU,
Une autre Ville (AMO pilotage
environnemental)
Acteurs APUR, Bouygues Immobilier,
Bouwfonds Marignan, COGEDIM,
DRPJ, EMERIGE, EPPJP, RATP,
SAEMES, SNCF / RFF, STIF
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 43
Engagement 10
Valoriser le patrimoine,
l?histoire et l?identité
du site et de ses habitants
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels acteurs mobiliser
localement pour identifier et
accompagner les évolutions
du patrimoine??
Comment les mobiliser en amont
des phases de conception pour
contribuer à une progression
largement partagée des enjeux??
Quelles sont les conclusions de
l?arpentage du site, quels éléments
de perception apporte-t-il sur
le patrimoine des lieux??
Qu?induisent les pratiques
socio-culturelles localement, en
termes de programme opérationnel,
de circuits courts fonctionnels
(commerces, services, activités,
équipement, habitat) et de
procédés constructifs (savoir-faire,
matériaux de construction,
plantations)??
Notion 10.1 Identifier les patrimoines locaux
RECOMMANDATIONS
? Mobiliser les acteurs qui
protègent et valorisent
les patrimoines du territoire
(acteurs culturels, acteurs socio-
économiques, services publics,
associations d?habitants, etc.)
dans les phases de diagnostic
et de conception du projet.
? Prendre en compte et s?appuyer
sur les composantes locales :
patrimoines culturels, patrimoines
vivants, arts, traditions, savoir-faire.
Identifier les patrimoines locaux constitue une étape essentielle de la concep-
tion du projet. Chaque site porte les traces de ses modes d?occupation : com-
prendre les différentes adaptations et dynamiques de la ville au fil du temps
permet de s?inscrire dans une continuité au regard des évolutions des besoins
et usages, sans perdre l?identité locale des lieux.
Il est important de mobiliser, dès les prémices du projet, le réseau des acteurs
pouvant contribuer à l?identification d?éléments de patrimoine : services de
l?État dont ABF, CAUE, architectes, paysagistes (dont ACE et PCE), associations
locales, élus, habitants et usagers du territoire, acteurs économiques, etc. Des
acteurs tels que des équipes pluridisciplinaires de concepteurs ou des artistes
peuvent par ailleurs utilement être missionnés.
Consulter, au-delà des documents réglementaires, ceux issus d?archives dépar-
tementales (cartes, photographies, peintures et représentations), voire les écrits
(presse, littérature, etc.), les récits et autres films, renseigne également sur la
culture locale et contribue à sa connaissance.
L?arpentage et la visite de terrain permettent quant à eux une appréhension
sensible du quartier en devenir, révèlent les perceptions (visuelle, sonore, etc.)
concernant les éléments de patrimoine (naturel ou bâti), confirment ou relati-
visent la connaissance théorique des lieux.
Les pratiques sociales, les activités économiques, rituelles ou de loisirs consti-
tuent également des éléments de patrimoine (patrimoines culturels, patri-
moines vivants, arts, traditions, savoir-faire) sur lesquelles s?appuyer pour
favoriser le dynamisme urbain.
44 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels éléments de patrimoine
existants sont intégrés au projet
(patrimoine naturel et végétal,
urbain et architectural), et
de quelle manière(restaurés,
transformés, etc.)??
Comment impliquer les habitants
et usagers dans la préservation
et la valorisation du patrimoine??
Comment le projet d?aménagement
s?inscrit-il dans la culture et la mémoire
locales d?hier et d?aujourd?hui??
Comment y contribue-t-il??
Quelles ressources et compétences
mobiliser pour développer l?activité
culturelle??
Quels dispositifs d?accompagnement
pour valoriser le patrimoine culturel
immatériel du territoire??
Notion 10.2 Préserver et valoriser les éléments
patrimoniaux, identitaires et la mémoire du site
RECOMMANDATIONS
? Valoriser le patrimoine
architectural et paysager
(à différentes échelles et de
différentes natures, du plus
quotidien au plus emblématique)
du site dans le projet.
? S?appuyer sur l?histoire et la
mémoire du site et de ses habitants
pour co-construire le projet.
? Mettre en valeur les patrimoines
et paysages culturels, immatériels,
les personnages, les lieux et
les événements historiques dans
une démarche ascendante.
Vectrice d?identité et de reconnaissance, la valorisation des éléments patrimo-
niaux et identitaires comme biens communs fédère la population en offrant
une vision partagée du territoire. Elle favorise la réappropriation des lieux et
entretient une mémoire collective accessible à tous, en s?appuyant sur les
connaissances, la mémoire du site et de ses habitants, les arts et savoir-faire.
Que le patrimoine soit remarquable ou ordinaire, il s?agit d?analyser son poten-
tiel, de prendre soin du déjà-là, d?entretenir ou d?actualiser son usage, de recher-
cher les adaptations et les transformations viables afin de le mettre en valeur
dans son contexte.
Valoriser le patrimoine culturel immatériel constitue par ailleurs un levier d?ac-
tion permettant de donner vie au projet. Il permet de passer du projet urbain à
la création d?un territoire vivant et dynamique qui propose une vie culturelle à
destination de la population.
Puissant levier de cohésion sociale, d?amélioration du cadre de vie et de déve-
loppement économique, le renforcement de la vie culturelle permet de favo-
riser la construction d?une identité locale positive et partagée, qui participe
largement à l?attractivité d?un territoire.
En favorisant le lien social entre les habitants, le dynamisme culturel permet
également d?ancrer la population sur le territoire en lui offrant une plus-value.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 45
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 10
ÉcoQuartier de la Brasserie
Strasbourg, Bas-Rhin, Grand Est
L?ÉcoQuartier de la Brasserie a été initié par la reconversion d?une friche
industrielle abritant anciennement les installations de production et
de conditionnement des Brasseries Kronenbourg. L?arrêt des activités
a conduit à la libération de 3,5 hectares de terrain et permis une recon-
version exemplaire de cette friche industrielle. Le projet d?ÉcoQuar-
tier se situe au coeur du site avec la volonté dès l?amont de répondre à
de multiples objectifs : mixité urbaine et sociale, architecture recher-
chée et intégrée, régulation de la voiture, qualité des espaces publics
et privés, etc. La présence de cavités des anciennes canetteries a été
prise en compte et un parking souterrain mutualisé a été construit. Des
immeubles d?habitations occupent la dalle haute du parking, dégageant
des espaces verts collectifs en pleine terre au coeur des îlots laissant
ainsi disponibles l?espace public aux piétons et aux cyclistes.
L?ÉcoQuartier de la Brasserie a été l?occasion d?un travail important de
valorisation de l?histoire et de l?identité du site. Une fresque rappelant
son histoire a été réalisée par un artiste local et le paysagiste de l?opé-
ration en lien avec les habitants, associés à la réflexion. L?orientation
des bâtiments a été pensée pour offrir des perspectives visuelles sur
l?ancienne église et son parc boisé. Le parc de la noue centrale se pro-
longe avec la houblonnière du projet voisin et met en valeur le bâtiment
historique conservé des brasseries. Les entrées du parking souterrain
mutualisé sont habillées de plaques d?acier corten dans lesquelles sont
découpés des motifs de feuilles de houblon. Les cages d?escaliers qui
débouchent sur les sorties du parking commun ont été dénommées en
souvenir du passé historique du lieu : malt, houblon, brassin.
Contexte local Faubourg
Type de projet Reconversion - Friche
Superficie (ha) 3,6
Superficie espaces verts (ha) 0,8
Nombre d?habitants prévus 1 000
Nombre de logements 450
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 135
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2017-2018
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Eurométropole de Strasbourg, SERS
Maîtrise d?oeuvre du projet
Urbanetic (architecture et urbanisme),
SERUE (VRD), Acte2Paysage
Acteurs Bailleurs sociaux,
promoteurs privés
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46
DÉVELOPPEMENT
TERRITORIAL
DIMENSION 3
11
Contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire
12
Favoriser la proximité
et la diversité des fonctions
13
Optimiser l?utilisation des ressources
et développer les filières locales
et les circuits courts
14
Encourager les mobilités durables
et actives
15
Assurer une transition numérique
responsable au service de l?aménagement
durable
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
47
Le développement territorial est un élément-clé de
l?aménagement du territoire, permettant de soutenir une
économie locale équilibrée et solidaire, tout en répondant
aux défis de la transition écologique et numérique.
Il vise à contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire en favorisant la proximité
et la diversité des fonctions et la création d?emplois sur
l?ensemble du territoire, en tirant parti de ses atouts et
de ses spécificités.
Les acteurs locaux en particulier peuvent contribuer
à renforcer la cohésion territoriale en développant
des projets innovants et en favorisant la participation
citoyenne.
Il s?agit également d?optimiser l?utilisation des ressources
et de développer les filières locales et les circuits courts,
tout en encourageant les mobilités durables et actives.
Enfin, la transition numérique doit être abordée de façon
responsable et en tant que levier au service du projet
d?aménagement durable.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
48 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
Engagement 11
Contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi le projet mobilise-t-il les
savoir-faire, les filières économiques
et les entreprises du territoire??
De quelle manière
la programmation est-elle
complémentaire et non
concurrente des activités
économiques existantes??
Dans quelle mesure la
programmation dynamise-t-elle
le tissu économique existant??
Notion 11.1 Conforter, dynamiser et diversifier
le tissu économique existant
RECOMMANDATIONS
? Anticiper les impacts du projet
sur l?activité économique du
territoire existant, sur l?équilibre
territorial.
? Envisager une programmation
économique complémentaire
et en lien avec les spécificités
du territoire.
Contribuer à une transition économique, locale, sociale et solidaire nécessite
la réalisation d?un diagnostic du tissu économique existant en menant une
réflexion intercommunale sur les enjeux de concurrence territoriale, ainsi que
sur l?impact des nouvelles activités et des nouveaux services. Diverses actions
peuvent être mises en oeuvre, notamment :
? réaliser une cartographie des savoir-faire et des filières économiques du ter-
ritoire ;
? associer les acteurs économiques du site pour recenser leurs besoins et iden-
tifier les impacts positifs ou négatifs du projet (durant le chantier comme en
fonctionnement courant).
Parallèlement au diagnostic, plusieurs actions peuvent être menées pour
conforter et dynamiser l?économie locale :
? aider à la relocalisation temporaire ou définitive des activités impactées par
le projet ;
? adapter les appels d?offres pour favoriser la candidature d?entreprises locales et
de TPE / PME (clauses environnementales dans les marchés publics, choix construc-
tifs, label spécifique, etc.) ;
? apporter des aides directes à la revitalisation des activités existantes (finan-
cement) ou indirectes (prise en compte des besoins dans le projet d?aménage-
ment) ;
? créer des vitrines ou lieux de vente pour la production locale (magasin pro-
ducteur, AMAP, halle, marché, etc.).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 49
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet
d?aménagement permet-il de
soutenir ou de développer
une économie locale, sociale et
solidaire tout au long du projet??
En quoi le projet contribue-t-il
à l?insertion de publics éloignés
du travail??
Comment le projet permet-il
de développer des filières vertes
de construction??
Comment le projet accompagne-
t-il la reconversion des emplois
issus des filières non soutenables??
Notion 11.2 Accompagner et favoriser la création
d?emplois locaux et la reconversion des emplois
issus des filières non soutenables
RECOMMANDATIONS
? Faciliter l?accès à l?emploi lié
au projet, notamment par des
formations et clauses d?insertion.
? Aider à la création d?entreprises,
particulièrement dans l?Économie
Sociale et Solidaire.
? Penser le projet d?aménagement
durable comme lieu
d?expérimentation et laboratoire
d?innovation.
Plusieurs actions peuvent contribuer à accompagner et à générer une écono-
mie locale sociale et solidaire :
? généraliser les clauses d?insertion dans les marchés de travaux ou de services ;
? développer des formations en lien avec le BTP, les autres secteurs liés à l?amé-
nagement voire les futures activités qui vont s?implanter en permettant de pal-
lier la vacance d?emploi sur le territoire ;
? mettre en place des formations ou accompagnements pour les entreprises
intervenant sur le chantier (écoconstruction par exemple) ;
? aider la création d?entreprises et / ou de commerces, particulièrement dans
l?Économie Sociale et Solidaire (ressourcerie, Repair Café, etc.) ;
? favoriser l?émergence d?initiatives citoyennes, à la fois solidaires et au service
de la transition écologique ;
? mettre à disposition des locaux ou terrains aménagés à destination des entre-
preneurs ou des associations et régies de quartiers, des artisans, des services à
la personne, en faveur de l?agriculture locale, etc. ;
? encourager l?activité économique locale (circuits courts, entreprises, produc-
teurs, commerces de proximité).
Le projet peut aussi être l?occasion de mettre en place un laboratoire d?innova-
tion pour les entreprises locales ou un lieu d?expérimentation pour tester de nou-
veaux produits et services, privilégiant des « basses » technologies (low-tech).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202350
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 11
En Ille-et-Vilaine, entre Rennes et Saint-Malo, Langouët est une petite
commune rurale de 600 habitants, fortement engagée depuis une
quinzaine d?années en faveur de l?écologie, au point d?être aujourd?hui
considérée comme un laboratoire en matière de transition environ-
nementale et d?expérimentation locale. L?ÉcoQuartier de Langouët,
construit à partir de matériaux recyclables, biosourcés et locaux,
s?inscrit donc dans une démarche plus globale de redirection écolo-
gique et sociale de l?ensemble des activités présentes sur le territoire.
Parmi ces démarches figurent notamment une école à Haute Qualité
Environnementale et une cantine proposant des produits intégrale-
ment biologiques. Les habitants de l?ÉcoQuartier et du village, large-
ment associés aux décisions publiques, inscrivent ainsi leurs actions
dans un territoire préservé, sobre et engagé qui, progressivement, se
dirige vers la résilience sociale et environnementale.
Langouët et son ÉcoQuartier soutiennent de façon exemplaire la tran-
sition économique, sociale et solidaire de leur territoire. Les projets
d?aménagement du village breton ont été pensés et appuyés par les
habitants afin de revitaliser le centre-bourg existant et de favoriser une
activité économique locale selon un principe d?urbanisme circulaire à
impact positif. L?élaboration de l?ÉcoQuartier a mobilisé le savoir-faire
des filières économiques régionales et des entreprises locales, notam-
ment autour de l?utilisation de matériaux recyclables, biosourcés et en
circuits courts. Pour accompagner les activités économiques vers un
modèle plus social et solidaire, la commune et les citoyens ont mis en
place un café participatif, une voiture électrique partagée et créé des
jardins-potagers. Plusieurs emprunts citoyens ont permis de financer des
projets solidaires au service de la transition écologique, comme un jardin
de formation à la permaculture. Une pépinière d?Économie Sociale et
Solidaire (ESS) héberge par ailleurs plusieurs projets d?intérêt local.
Contexte local Hameau
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 0,9
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 80
Nombre de logements 35
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 6
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2017?/?2018
Labellisation EQ Étape 2
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Langouët
Maîtrise d?oeuvre du projet
EPEA France, Menguy Architectes,
ERIGER, CYBEL, Dervenn
Acteurs EPF, BRUDED
ÉcoQuartier de Langouët
Langouët, Ille-et-Vilaine, Bretagne
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 51
Engagement 12
Favoriser la proximité
et la diversité des fonctions
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
une programmation diversifiée
des fonctions et des équipements
nécessaires au bon fonctionnement
du quartier (activités, commerces,
services, équipements scolaires,
sportifs, culturels, etc.)??
De quelle manière le projet
propose-t-il des fonctions
complémentaires qui permettent
un équilibre à l?échelle du quartier,
de ses abords et du territoire
(habitat, équipements, services,
commerces, activités?)??
Dans quelle mesure le projet prend-il
en compte, dans sa démarche
de programmation, les locaux
et centres commerciaux et?/?ou
d?activité existants en vue
d?une requalification et?/?ou
d?un renouvellement??
La programmation en logements
est-elle en adéquation avec l?offre
d?emplois sur le territoire (revenus,
nombre?)??
Notion 12.1 Renforcer la mixité fonctionnelle
RECOMMANDATIONS
? Proposer, en cohérence avec
la stratégie de développement
du territoire, plusieurs fonctions
urbaines pour répondre aux besoins
des habitants et usagers.
? Intégrer des fonctions
complémentaires permettant
un équilibre à l?échelle du quartier,
de ses abords et du territoire :
mobilité, habitat, commerces,
équipements, services, activités
culturelles et de loisirs.
Contribuer à l?équilibre des fonctions urbaines à l?échelle du quartier, de ses
abords et du territoire, favorise l?intensité urbaine, répond aux besoins quo-
tidiens des habitants ou usagers actuels et futurs, et contribue à une ville
des courtes distances. Une connaissance fine des fonctions existantes et des
besoins est nécessaire pour une démarche de programmation. Des études
prospectives peuvent être réalisées :
? une étude sur les besoins en équipements scolaires, culturels et sportifs ;
? une enquête auprès des habitants et des usagers sur leurs attentes en matière
de services, notamment de santé.
Le projet est une opportunité de favoriser l?attractivité économique locale par dif-
férentes actions :
? assurer le portage des locaux d?activité (commerces, ateliers, etc.) par la col-
lectivité ou un tiers investisseur ;
? soutenir la mise en place de commerces alternatifs (magasin fermier, solidaire,
coopératif, associatif) ;
? favoriser la création d?un marché dans le projet d?aménagement (place, halle,
etc.) ;
? soutenir la création de tiers-lieux ;
? créer des équipements polyvalents / multifonctionnels ;
? proposer des projets de requalification de friches commerciales pour contri-
buer au renouvellement urbain et lutter contre l?artificialisation des sols.
52 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet contribue-t-il
au territoire des courtes distances??
Les différentes fonctions urbaines
sont-elles accessibles par tous dans
le quartier et sa périphérie??
Les localisations des nouvelles
activités du projet sont-elles
en cohérence avec le réseau
de transports collectifs et les
polarités existantes ou projetées??
De quelle manière le projet
envisage-t-il le déplacement de
l?offre vers la demande??
Notion 12.2 Faciliter l?accès aux différentes fonctions
RECOMMANDATIONS
? Créer un territoire des courtes
distances notamment en facilitant
l?implantation et / ou la mobilité des
commerces et services ambulants.
? Travailler l?accessibilité des aménités
du quartier (loisirs et services), ainsi
que des pôles d?emploi.
? Faciliter les liaisons entre les
différentes fonctions du territoire.
Pour mettre en oeuvre le principe de la ville des courtes distances, tout en
s?adaptant au contexte territorial et en minimisant l?exposition des populations
aux polluants et nuisances inhérents à la mixité fonctionnelle, plusieurs actions
peuvent être mises en place dans le cadre du projet :
? proposer des solutions de transports collectifs, de transports à la demande
ou de covoiturage, et des cheminements piétons et vélos pour accéder aux
services, aux loisirs et aux emplois ;
? faciliter l?implantation et / ou la mobilité des commerces et services ambu-
lants ;
? proposer des solutions favorisant le télétravail (espace de travail partagé,
développement de la fibre, adaptation des logements, etc.) ;
? réaliser une étude sociologique pour adapter les conditions d?accès (horaires,
tarifs, critères, etc.), des services, commerces et équipements, aux besoins des
habitants et usagers du quartier ;
? considérer les besoins et les capacités financières des habitants en réalisant
une étude de programmation pour optimiser l?accessibilité des commerces.
53Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 12
ÉcoQuartier Les Lavandières
Changé, Mayenne, Pays de la Loire
La première étape de requalification du centre-ville de l?ÉcoQuartier
de Changé prend place sur l?emprise d?un bâti ancien très dégradé.
Des bâtiments résidentiels ont été érigés le long d?une place urbaine
et du parvis de l?église, à proximité d?un ruisseau réaménagé. Situé sur
un carrefour à fort trafic offrant des commerces et des services, ce
projet a permis d?apaiser la circulation, de matérialiser le centre-ville
et de renforcer l?activité commerciale et de service de cette centralité.
Il offre également des logements attractifs et bien situés. Les espaces
publics s?inscrivent dans un réseau global de déplacements doux et
leur aménagement propose un cadre de vie agréable et accessible. Les
prochaines phases permettront de diversifier encore davantage l?offre
de logements et de poursuivre le réaménagement des espaces publics.
La requalification du centre-ville de Changé a été l?occasion d?un travail
collaboratif de la collectivité avec les commerçants locaux. L?objectif :
renforcer l?offre commerciale de proximité en complémentarité avec
les pôles existants, tout en gérant la temporalité du projet pour les com-
merçants en place ou souhaitant s?installer. Cette approche a nécessité
une forte implication de la collectivité, y compris financière, afin notam-
ment d?assurer le portage des surfaces commerciales, de proposer des
solutions de relogement temporaires ou transitoires et de prospecter
activement. En complément des commerces et services, une place a
été réalisée en centre-ville afin d?accueillir un marché hebdomadaire et
des vendeurs ambulants. Le marché public de travaux a fait l?objet d?un
allotissement, notamment un lot ferronnerie, auquel des entreprises
locales ont eu l?opportunité de répondre.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 0,33
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 200
Nombre de logements 49
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 28
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2014-2016
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2016
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de Changé et Méduane
Habitat
Maîtrise d?oeuvre du projet
Agence Rhizome architectes,
Cabinet Guillemot (Paysagiste),
Ouest Structures, BET, IcoFluides
Acteurs CAUE 53, ADEME
54 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
Engagement 13
Optimiser l?utilisation des ressources
et développer les filières locales et les circuits courts
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment la conception du projet
(aménagements et bâtiments)
permet-elle de limiter la
consommation des ressources??
Quels choix de mise en oeuvre
opérer pour optimiser l?usage
de matériaux biosourcés,
géosourcés locaux ou issus
du réemploi (déconstructions)??
Comment le patrimoine
architectural, naturel et construit
est-il mobilisé dans le projet??
Notion 13.1 Économiser les ressources
RECOMMANDATIONS
? Étudier en priorité le potentiel
de changement de destination
et de réhabilitation des bâtiments
existants avant d?envisager
une démolition.
? Privilégier la réversibilité,
la rénovation ou réhabilitation
des bâtiments existants,
les constructions légères et
la réduction des terrassements.
? Recourir aux matériaux locaux
biosourcés, géosourcés et / ou
de réemploi pour les projets de
construction et d?aménagement.
La mise en place d?une démarche d?écoconception permet de favoriser la réduc-
tion des coûts : économies de matière (par allègement) ou d?énergie consom-
mée, optimisation de la chaîne logistique (taux de remplissage des camions,
chaîne du froid), moindres quantités de déchets à traiter.
L?écoconception consiste à prendre en compte l?environnement dès la concep-
tion d?un produit ou d?un service, et à chaque étape de son cycle de vie, de la
fabrication au recyclage.
Elle vise à économiser les différentes ressources du territoire, telles que les maté-
riaux, l?eau et l?énergie. Pour cela, différentes pratiques peuvent être adoptées
telles que la préservation du patrimoine naturel, la réversibilité des structures,
le changement de destination de l?existant, la rénovation et la réhabilitation de
bâtiments ou structures existants, le réemploi des matériaux sur place ainsi que
des déblais / remblais avec le choix de procédés constructifs allégés, l?utilisation
de matériaux recyclés, géo et / ou biosourcés, une conception bioclimatique
des bâtiments, la valorisation de matériaux issus de démolitions sélectives, la
valorisation environnementale des sols, le recours à des techniques économes
en eau ou à des technologies simples demandant peu d?entretien, facilement
réparables et recyclables, ainsi que la mutualisation des matériels et services.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 55
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
les circuits courts, les modes de
production, de transformation
voire de consommation locaux??
Comment les dispositifs
d?accompagnement vers l?emploi
et la formation prennent-ils
en compte les filières locales et
leurs potentiels de développement??
Quelles sont les synergies mises en
place entre acteurs des secteurs
public et privé du territoire pour
développer l?utilisation de
ressources locales dans le projet??
Notion 13.2 Déployer l?économie circulaire
RECOMMANDATIONS
? Identifier les savoir-faire locaux
et les filières du territoire pour
réduire les impacts des transports,
et les valoriser.
? Penser l?Écologie Industrielle
et Territoriale (EIT) : mutualisation
de ressources avec d?autres acteurs
du territoire (autres chantiers
par exemple, entreprises du BTP
à proximité, etc.).
? Contribuer à dynamiser les filières
locales de réemploi biosourcées,
géosourcées et de réemploi,
ansi que les circuits courts et / ou
de proximité.
L?économie circulaire et l?écologie industrielle renvoient à des démarches
systémiques visant à une consommation sobre et responsable des ressour-
ces naturelles.
Dans le cadre d?un projet d?aménagement durable, une approche en économie
circulaire place le foncier comme première ressource à préserver.
Elle s?appuie sur des modes d?organisations interacteurs économiques d?un
même territoire et vise l?attractivité de celui-ci.
L?économie circulaire permet d?identifier, de favoriser et de soutenir notam-
ment le développement des filières biosourcées et géosourcées locales, l?usage
des espèces végétales vernaculaires, des matériaux économes en énergie grise
à l?échelle du quartier et au de-là.
En effet, ces derniers contribuent au développement économique du territoire
et des savoir-faire locaux, tout en réduisant les déplacements afin de s?inscrire
dans une logique de circuit court.
Il est important de favoriser les synergies, la mutualisation d?espaces ou de bâti-
ments en lien avec les futurs usagers et gestionnaires, la mise en place de lieux
à l?échelle du quartier pour des pépinières d?entreprise, des espaces de travail
partagés ou des usages variés de type tiers-lieux, biocantines, etc.
La mutualisation d?usage ou d?installation à l?échelle du projet va permettre de
limiter l?utilisation de ressources, comme les réseaux de chaleur ou les espaces
partagés.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202356
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 13
Contexte local Hameau
Type de projet Nouveau quartier
Superficie (ha) 0,77
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 50
Nombre de logements 12 + 1 local
commercial
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 7
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2000-2009
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de La Rivière
Maîtrise d?oeuvre du projet
M. Yves Perret (maître d?oeuvre),
Atelier F4 & Verdance (études
préalables)
Acteurs ADEME, AGEDEN,
AMO développement durable,
CAUE, Chambre du commerce
et de l?industrie, DDE, PNR
L?ÉcoQuartier Coeur de bourg vise à créer un développement cohérent
et de qualité au coeur de la commune rurale de La Rivière, avec pour
objectif d?accroître son activité et son attractivité. Le projet comprend
la création de services, d?espaces publics et de logements, ainsi que le
renforcement de l?hébergement touristique et des activités de plein air
dans la région. Il a été développé en mettant l?accent sur la qualité de l?en-
vironnement et l?utilisation des ressources locales, tout en gérant le risque
d?inondation. Le projet a permis de créer une nouvelle place communale
et d?installer deux hébergements touristiques. Le projet met l?accent sur
l?importance des pratiques de construction durables et des espaces de
vie confortables, ainsi que sur l?utilisation de matériaux résilients et de
systèmes énergétiques efficaces.
Coeur de bourg se distingue par son exemplarité dans le renforcement
des filières économiques locales. Les artisans ont été formés aux chan-
tiers d?écoconstruction et la filière bois locale a très fortement ali-
menté la construction des bâtiments de l?ÉcoQuartier. Le chantier a
par ailleurs servi de lieu d?expérimentation pour les entreprises locales
qui se sont appropriées l?usage de matériaux écolabellisés (béton de
chanvre, isolation en ouate de cellulose, dalles en bois, etc.) L?opération
a obtenu le Prix de la Biennale de l?habitat durable de Grenoble 2008
et le Prix national arturbain.fr 2009.
Coeur de bourg
La Rivière, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 57
Engagement 14
Encourager les mobilités
durables et actives
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi l?aménagement du projet
favorise-t-il les modes actifs de
déplacement (piétons, vélos,
trottinettes?) au sein du quartier
et à ses abords?? Comment les
citoyens et usagers sont-ils associés
à ces choix??
Quels dispositifs mettre en place
pour réduire le trafic motorisé et
pour modérer les vitesses??
Quels dispositifs de stationnement
mettre en oeuvre pour diminuer
la place de la voiture et favoriser
l?usage du vélo dans le projet??
En quoi les espaces publics
favorisent-ils la régulation
des vitesses et de la circulation,
la cohabitation des modes de
déplacement et l?accessibilité
pour tous??
Notion 14.1 Aménager l?espace public au bénéfice
des mobilités durables et actives
RECOMMANDATIONS
? Dimensionner les voies destinées
à la circulation automobile
au minimum (ce qui peut
nécessiter une refonte du plan
de circulation), modérer la vitesse
par l?aménagement pour une
meilleure cohabitation des usages
et favoriser la sécurité des usagers
vulnérables.
? Prévoir des cheminements
piétons et vélos sûrs, confortables,
accessibles à tous et cohérents
avec les maillages existants ou
projetés.
? Réguler le stationnement
motorisé et non motorisé (vélo,
engin de déplacement personnel
motorisé (EDPM)) et mutualiser
des espaces de stationnement privés
pour désengorger l?espace public,
limiter l?imperméabilisation et
prévoir la mutabilité des places
de stationnement.
Favoriser l?utilisation des modes de déplacement alternatifs à la voiture consti-
tue pour les collectivités non seulement un levier d?amélioration de la qualité du
cadre de vie de leurs habitants, mais répond également à des enjeux politiques
en matière d?environnement, de santé publique, d?économie et de lien social.
Tout particulièrement, les cheminements piétons et vélos doivent être sûrs,
confortables, signalés, accessibles à tous et cohérents avec les maillages exis-
tants ou projetés. Toutes ces réflexions doivent associer collectivités, autorités
organisatrices de la mobilité, opérateurs de transport, gestionnaires de voirie,
usagers et riverains.
Plusieurs dispositifs permettent de réduire la place de la voiture en ville et
bénéficient de facto aux mobilités durables et actives : dimensionner les voies
destinées à la circulation motorisée au minimum ou modérer la vitesse par
l?aménagement pour une meilleure cohabitation des usages. Parmi les autres
mesures possibles, favoriser les voies ouvertes au trafic automobile permettant
une cohabitation entre les différents modes de déplacement, comme les zones
30 ou les zones de rencontre, contribue à un usage partagé et apaisé de la voirie
dans les cas où le trafic motorisé est suffisamment faible. Sinon, des aménage-
ments spécifiques séparés sont à envisager.
L?emprise de la voiture peut également être contrôlée en dimensionnant ou en
intégrant la mutabilité / la mixité d?usage du stationnement (ex. pour le transfor-
mer temporairement en site d?événements).
58 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles offres alternatives, quels
services de transport proposer??
Comment ont été évalués les
besoins de mobilité des citoyens
et usagers du quartier?? Quels
aménagements proposer pour
répondre à ces besoins, en
particulier d?électromobilité??
Comment l?aménagement
intègre-t-il l?offre de services de
mobilités partagées pour favoriser
l?alternative à la voiture individuelle??
Notion 14.2 Prévoir les équipements nécessaires
aux changements de pratiques
RECOMMANDATIONS
? Réaliser des stationnements
vélos sécurisés et les prioriser
aux abords des équipements,
activités, commerces et prévoir
du stationnement vélo sécurisé
suffisamment dimensionné dans
les immeubles de logements et
dans les établissements recevant
du public.
? Faciliter l?accès aux services
de covoiturage, d?autopartage
ou de vélopartage par des
équipements adaptés.
? Anticiper les besoins en bornes
de recharge et les infrastructures
associées pour véhicules électriques.
Outre les aménagements de voirie et de l?espace public, divers équipements
sont à réaliser afin d?assurer le développement des modes alternatifs au véhi-
cule individuel. Il est primordial d?anticiper les besoins de tous les publics à
chaque étape de l?élaboration du projet. Pour cela, il convient de traiter les
mobilités des personnes à mobilité réduite (PMR), les mobilités actives, les
transports collectifs et les mobilités partagées comme des thématiques trans-
versales. En parallèle, il est nécessaire de minimiser les temps et distances de
déplacement, notamment en assurant la perméabilité du quartier aux chemi-
nements piétons.
Le recours à des véhicules électriques ou hybrides rechargeables nécessite l?ins-
tallation d?infrastructures de recharge en nombre suffisant, accessibles à tous
(y compris PMR), avec des dispositifs performants et dans des lieux identifiés
pour les usagers.
L?accès aux services de covoiturage, d?autopartage électrique ou non ou encore
de vélopartage, est facilité par des équipements adaptés. La planification de
places de stationnement réservées au covoiturage, à l?autopartage ou aux véhi-
cules propres permet de promouvoir ces usages (mutualisation par regroupe-
ment ou foisonnement).
De la même manière, la réalisation de stationnements vélos sécurisés, dimen-
sionnés pour différents modèles (ex. vélos cargos, etc.) et installés en priorité
aux abords des équipements, activités et commerces, encourage à se déplacer
par des modes actifs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 59
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels aménagements réaliser
pour faciliter l?intermodalité??
Comment l?aménagement
intègre-t-il l?offre de transports
collectifs??
Quels services proposer
aux usagers pour faciliter
les déplacements en transports
collectifs??
Notion 14.3 Connecter le quartier aux transports
publics pour améliorer l?intermodalité
RECOMMANDATIONS
? Aménager des cheminements
piétons et vélos reliant aux arrêts
de transports publics les plus
proches et / ou les plus attractifs
(ex. gare).
? Anticiper la meilleure desserte
interne et externe en transports
en commun (faciliter la circulation
et en adaptant les horaires aux
besoins).
L?intermodalité vise à permettre aux usagers de disposer d?une offre globale
de mobilités alternatives à la voiture individuelle, en combinant différents ser-
vices. Cette pratique s?inscrit dans les objectifs de décarbonation des mobilités
portés à l?échelle nationale et locale, notamment avec le développement des
Zones à Faibles Émissions-mobilité (ZFE-m).
Dans ce bouquet de services complémentaires, les transports publics occupent
une place structurante afin de rendre effectif le droit à la mobilité pour tous.
Les usagers qui disposent d?alternatives possibles à la voiture individuelle
attendent un bon niveau de service des transports publics, sans quoi ils ne
sont pas enclins à les prendre. La qualité de ce service s?apprécie au regard
du maillage du réseau, de la fiabilité, de la fréquence, de l?amplitude horaire,
du confort, de la sécurité et de la sûreté. Afin d?anticiper la meilleure desserte
en transport public, les réflexions sur l?organisation du service attendu doivent
associer les parties prenantes, jusqu?aux gestionnaires d?infrastructures et de
voirie ainsi que les usagers.
L?accès doit être facilité grâce à des cheminements piétons accessibles et à des
aménagements cyclables (y compris stationnements vélos) vers les arrêts de
transports publics les plus proches, les plus attractifs ou générant le plus de flux.
De façon plus générale, un espace dédié aux services de mobilité peut être
prévu au sein ou en bordure du projet pour rassembler différents services de
mobilité.
60 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels dispositifs mettre en place
pour faciliter une logistique
urbaine plus sobre??
Quels aménagements opérer pour
faciliter les livraisons et réduire
leur empreinte sur la circulation??
Quels services urbains et?/?ou modes
de déplacement pour décarboner
le premier et le dernier kilomètre??
Notion 14.4 Organiser la logistique urbaine
RECOMMANDATIONS
? Identifier les besoins en espaces
de stockage et de livraison en B
to B des activités économiques
(commerces, artisans du quartier)
et en B to C (livraisons des
habitants), et proposer des solutions
de mutualisation : espaces de
logistique urbaine, entrepôts partagés
ou permettant d?effectuer des
livraisons en horaires décalés (mise
en place de SAS dans les commerces),
véhicules utilitaires partagés, etc.
? Construire une réglementation
de la circulation, du stationnement
et des aires de livraison, favorisant
les modes les moins énergivores
et carbonés à la tonne transportée
(les poids lourds et les vélos
cargos) ; prévoir les espaces de
livraison favorisant ces usages.
? Prévoir des points de relais pour
le B to B et le B to C, facilement
accessibles pour les livreurs et
singulièrement en vélos-cargo
et les clients, facilitant l?essor de
l?économie circulaire (consignes,
récupération de palettes
standardisées, logistique inversée).
Essentielle au fonctionnement de la ville, la logistique urbaine doit permettre
d?optimiser les livraisons en assurant la gestion du dernier kilomètre, autrement
dit en limitant les nuisances pour les riverains ainsi que les impacts environne-
mentaux.
Dans cette perspective, il faut mettre en place des dispositifs visant à favoriser
la circulation et le stationnement des véhicules de livraison les moins carbonés :
par un réseau de pistes cyclables, un maillage des espaces de logistique urbaine
et une stratégie adaptée des aires de livraison éventuelles. De la même manière,
en fonction de la nature des activités prévues, il peut être intéressant de penser
les besoins en entreposage à l?échelle du quartier, afin de pouvoir effectuer les
livraisons du dernier kilomètre en mode actif. Pour certaines activités spéci-
fiques, l?intégration d?un espace nécessaire à la livraison sur l?espace privé sera
proposée à la réflexion.
De même, prévoir des points de relais, voire des consignes, facilement acces-
sibles pour les livreurs (en premier lieu les vélos cargos) et accessibles à tous les
usagers (y compris PMR) permet d?assurer un bon niveau de service.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 61
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels dispositifs d?accompagnement
et d?information proposer pour
faciliter les déplacements et
améliorer la lisibilité du quartier??
Quels aménagements mettre
en place pour l?accompagnement
et?/?ou la sensibilisation aux modes
alternatifs??
Quels dispositifs de sensibilisation
pour accompagner les changements
de comportement vers
des pratiques de mobilité plus
vertueuses??
Notion 14.5 Promouvoir l?usage des modes
alternatifs au «?monovoiturage?»
RECOMMANDATIONS
? Mettre en évidence, les modes
alternatifs par la signalétique
(ex. indiquer les temps de trajets
à pied ou la direction des arrêts
de transports en commun).
? Sensibiliser et inciter les usagers
et habitants aux pratiques
de mobilité vertueuses.
L?un des obstacles à l?intermodalité et à l?utilisation des modes alternatifs à la
voiture individuelle est la méconnaissance des usagers concernant l?offre de
service sur le territoire.
Une signalisation adaptée permet de faciliter et d?inciter à la marche, au vélo,
aux transports collectifs et aux mobilités partagées. Elle indique, par exemple,
les temps de trajets à pied ou la direction des arrêts de transport en commun.
Au-delà des aménagements, l?accompagnement sur le terrain des usagers et
des habitants constitue un axe-clé. Cela passe par des animations de proximité
qui visent à faire évoluer les pratiques des habitants et usagers vers des mobili-
tés plus vertueuses.
Ce passage à l?action a besoin d?être soutenu par des actions de sensibilisation,
par exemple sur les coûts réels et les externalités de la voiture individuelle ainsi
que les économies possibles. Il doit en outre être accompagné par des actions
de formation aux changements de pratiques telles que l?apprentissage du vélo,
l?utilisation des transports collectifs, des services d?autopartage, de vélos en
libre-service ou de trottinettes. Ces animations peuvent permettre également
de constituer une charte collective des habitants et de leurs engagements pour
une mobilité plus vertueuse.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202362
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 14
L?ÉcoQuartier Cannes Maria est situé sur la friche industrielle d?une
ancienne usine GDF, qui constitue une coupure entre les quartiers
populaires du secteur Prado-République et le quartier résidentiel de
la Californie. Redonner une urbanité à ce secteur et servir de couture
entre ces deux quartiers stratégiques représentait l?enjeu majeur pour
la ville. L?opération comprend la production de logements (au tiers du
locatif social), la création de services et de commerces ainsi que des
équipements publics intergénérationnels. Un parc de stationnement a
été construit en sous-sol, en partie ouvert au public afin de compenser
les places supprimées en surface dans le cadre du réaménagement des
espaces publics du quartier. S?inscrivant dans un quartier à l?identité
forte, ce projet urbain met l?accent sur les enjeux de mixité sociale et
de vie culturelle.
Avant de développer une offre de mobilité spécifique au quartier, le
projet Cannes Maria traite les besoins de déplacements par la concep-
tion urbaine. D?une part, l?emprise de la friche initiale coupait la ville,
son désenclavement permet de relier les quartiers. D?autre part, la
desserte en transports en commun existait déjà aux alentours et la
programmation urbaine en a optimisé l?utilisation. Ensuite, la création
de services au sein du quartier permet d?accentuer l?offre de proximité
pour le quartier et ses environs, dans une logique de la « ville du quart
d?heure ». Enfin, l?îlot Cannes Maria lui-même est exclusivement dédié
aux modes actifs, avec un mail et une promenade verte le traversant.
Pour ce faire, les besoins de stationnement sont concentrés sur un
parc souterrain, et un arrêt de bus a été implanté à l?entrée du quartier,
au niveau de la nouvelle place Commandant Maria.
Contexte local Centre
Type de projet Reconversion - Friche
Superficie (ha) 1,6
Superficie espaces verts (ha) 0,5
Nombre d?habitants prévus 550
Nombre de logements 270
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 84
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2008-2016
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Cannes
Maîtrise d?oeuvre du projet
Vinci Immobilier et société Batim,
AMO Pastorello, EURECA, Cabinet
Fournet, CITADIA, IOSIS
Acteurs AMIREAN, association
du quartier, Conseil départemental
des Alpes-Maritimes, RTE & ERDF
(déplacement du transformateur
électrique), SIAUBC (réseaux
et bassin de rétention des eaux
pluviales)
Cannes Maria
Cannes, Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d?Azur
©
D
RE
A
L
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 63
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet intègre-t-il
l?enjeu de sobriété numérique
pour répondre aux usages
numériques souhaités??
Les solutions identifiées
répondent-elles à des besoins
spécifiques des habitants pour
améliorer leur qualité de vie??
Comment le projet prend-il
en compte les enjeux de santé
publique et d?intégration paysagère
et urbaine dans le cadre du
déploiement des réseaux
numériques??
Les solutions identifiées ont-elles
fait l?objet d?une analyse de cycle
de vieglobale??
Quel est le niveau de couverture
du réseau mobile sur le site??
Le projet réunit-il les conditions
du déploiement, dans le cadre de
la reprise des réseaux notamment,
d?un débit correspondant
aux besoins identifiés??
Engagement 15
Assurer une transition numérique
responsable au service
de l?aménagement durable
Notion 15.1 Mettre la technologie numérique
au service d?un territoire plus durable
RECOMMANDATIONS
? Mesurer l?impact socio-
environnemental des services
numériques afin de maîtriser
et d?organiser leur déploiement.
? Viser des solutions utiles,
accessibles et sobres en
ressources, technologiquement
proportionnées, soutenables
et respectueuses de la vie privée
des citoyens.
L?impact socio-environnemental des services et solutions numériques doit être
mesuré afin de maîtriser et d?organiser leur déploiement.
Un numérique sobre et responsable invite à en limiter les impacts négatifs, pour
répondre aux défis climatiques et environnementaux.
L?utilité du numérique doit être interrogée en visant des solutions utiles, acces-
sibles et sobres en ressources, technologiquement proportionnées, soutenables
et respectueuses de la vie privée des citoyens.
La limitation de l?impact environnemental du numérique tout au long de son
cycle de vie doit être recherchée, comme la volonté de minimiser ses impacts
tout en maximisant son potentiel.
Il faut préserver le territoire des vulnérabilités éventuelles liées au numérique et
interroger le besoin afin d?y répondre de façon adaptée.
La réduction de la consommation énergétique, des ressources, des matériaux,
des sols, de l?eau, au service d?une meilleure qualité de vie dans le respect des
limites biophysiques est primordiale.
64 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment mobiliser le numérique
dans le projet pour renforcer
la diffusion des connaissances sur
le territoire?? Comment s?en servir
pour nourrir des liens de solidarité
entre les habitants et améliorer
leur accès aux services urbains,
tout en en facilitant les échanges??
Comment développer
une connaissance des pratiques
numériques et des attentes
des habitants et usagers??
Comment intégrer au projet
la conception de lieux accessibles
et ouverts, favorisant l?inclusion
numérique de tous?? Comment
organiser le fonctionnement
de ces lieux??
Comment rendre les dispositifs
numériques robustes et
soutenables face aux aléas et aux
vulnérabilités (énergie et rupture
d?approvisionnement, cyberattaque,
etc.)??
Notion 15.2 Utiliser les réseaux numériques
au service du projet
RECOMMANDATIONS
? Développer le numérique pour
sensibiliser aux caractéristiques
environnementales du territoire,
diffuser les connaissances.
? Tirer parti du numérique pour
favoriser l?accès aux services
urbains, le lien social, la diffusion
des informations relatives aux
activités culturelles et de loisirs.
? Communiquer sur la vie
des instances de participation
citoyenne et s?assurer de la diversité
des canaux de concertation pour
prendre en compte les publics
éloignés des outils numériques.
L?essor du numérique est une opportunité au service des villes durables. Les
outils numériques peuvent accompagner la transformation résiliente des ter-
ritoires afin d?améliorer les qualités environnementales, développer la connais-
sance, faciliter l?accès aux services, favoriser le lien social et l?implication
citoyenne.
Les enjeux de santé publique, ceux d?intégration paysagère et urbaine, comme
la notion de services rendus doivent être pris en compte lors du développe-
ment des réseaux numériques. Il faut également rechercher à assurer un numé-
rique responsable et la résilience du projet / territoire.
Le numérique doit être adapté au service de l?anticipation pour une meilleure
connaissance des spécificités et évolutions de son territoire et pour un projet
durable, notamment afin de mieux faire face aux mutations environnemen-
tales et à leurs effets systémiques. Il doit être utilisé au service d?une meilleure
connaissance des spécificités naturelles, géologiques, biophysiques et des évo-
lutions climatiques du territoire afin d?adapter au mieux le projet.
Le numérique doit servir d?outil-support au projet territorial :
? encourager des dispositifs numériques de participation et de concertation
citoyennes ;
? prendre en compte les publics éloignés des outils numériques en s?assurant de
la diversité des canaux de concertation, voire en les accompagnant.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 65
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
l?accès au numérique pour tous
(sensibilisation, formation)??
Comment prendre en compte
dans le projet les nouvelles
modalités de travail diminuant
les déplacements??
Quelles sont les offres existantes
sur le territoire en termes de lieux
dédiés aux usages numériques
(tiers-lieux, fab lab, espaces de
travail partagés, etc.)?? Comment
le projet peut-il s?y intégrer,
le développer si besoin, dans
une logique de création de liens
et d?accès aux services sociaux,
culturels, administratifs, etc.??
Notion 15.3 Répondre aux besoins exprimés
ou identifiés
RECOMMANDATIONS
? Accompagner les habitants et
usagers à la transition numérique.
? Mettre en place des solutions de
télétravail et faciliter l?implantation
d?entreprises innovantes,
de laboratoires de fabrication
numérique (fab lab) ou de lieux
d?accueil pour l?accompagnement
au numérique.
L?innovation et le développement de services numériques peuvent être utile-
ment et justement favorisés en proposant possiblement :
? des conciergeries numériques ;
? des aménagements d?espaces de travail partagés ;
? des conditions favorisant le télétravail ;
? des supports informatiques d?échange de services, de compétences et savoir-
faire ;
? un système de covoiturage via une application numérique, etc.
Les synergies avec les circuits courts, les réseaux de transports et les activités de
service à la personne sont favorablement mis en place.
Les services qui répondent aux besoins spécifiques et aux aptitudes numé-
riques des habitants et qui améliorent leur qualité de vie ont vocation à être
développés.
L?idée est de faire du numérique un levier d?insertion professionnelle, d?inclu-
sion et de participation citoyenne pour améliorer et favoriser l?accès aux ser-
vices urbains, le lien social, la diffusion des informations relatives aux activités
culturelles et de loisirs.
Les innovations qui fonctionnent et qui ont fait leurs preuves doivent être sou-
tenues et optimisées avant de penser à en développer de nouvelles.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202366
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 15
L?ÉcoQuartier Bel Air - Grands Pêchers de la ville de Montreuil se situe
dans un quartier d?habitat social composé de grands ensembles
construits entre les années 1950 et 1970. Relativement éloigné du
centre-ville, le site a bénéficié de l?intervention de l?ANRU, qui a soutenu
la démolition de 300 logements sociaux et la réhabilitation de 1 000
autres, ainsi que le réaménagement des espaces extérieurs. Le projet
a été conçu de manière à pouvoir accueillir la future desserte en trans-
ports en commun, et un Plan Stratégique Local a été mis en place pour
poursuivre la dynamique enclenchée par l?ANRU. L?opération Bel Air -
Grands Pêchers est exemplaire en raison de la qualité de l?implication
de la commune, du travail effectué sur les espaces publics et privés, de
la concertation avec les habitants, de la mixité sociale et fonctionnelle,
de la gestion alternative des eaux de pluie et de la préservation de la
biodiversité.
L?ÉcoQuartier a également fait preuve d?exemplarité dans l?utilisation du
numérique. Tout d?abord, un groupe Facebook a été créé pour faciliter
la communication et la concertation sur le projet de rénovation urbaine
et sociale, permettant d?atteindre notamment les jeunes souvent exclus
de ces processus. La page dédiée au projet sur le site de la ville a par
ailleurs été enrichie de nombreux documents en open data, favorisant
ainsi l?accès à l?information pour les habitants et les usagers. Des forma-
tions à la vidéo et à la communication numérique ont été proposées
par l?association « Permis de vivre la ville » et des ateliers de formation
au numérique sont organisés par la maison de quartier. Enfin, l?applica-
tion Sesam a été créée pour permettre aux habitants et aux usagers de
signaler les incidents sur l?espace public, assurant un suivi en ligne de leur
résolution par les services techniques de Montreuil.
Contexte local Périphérie
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 41
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 7?000
Nombre de logements 2?500
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1?500
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2003-2017
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2015
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Montreuil en régie
Maîtrise d?oeuvre du projet ?
Acteurs ANRU, bailleurs sociaux,
EPARECA, AFL, promoteurs privés
Bel Air - Grands Pêchers
Montreuil, Seine-Saint-Denis, Île-de-France
©
D
G
A
LN
67Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 15
ÉcoQuartier Camille-Claudel
Palaiseau, Essonne, Île-de-France
L?ÉcoQuartier Camille-Claudel est situé à proximité du cluster scienti-
fique et technologique international du plateau de Saclay et de la forêt
domaniale de Palaiseau. Il a été conçu pour relier les espaces agricoles
aux quartiers existants et au développement. Cet ensemble constitue
une nouvelle centralité et la création d?une nouvelle gare permettrait
d?assurer la liaison entre Massy et l?École polytechnique. Il lutte éga-
lement contre l?étalement urbain en proposant des formes urbaines
plus denses en habitat. Près de 1 500 logements été construits, dont
35 % de la surface en m² SDP représentent des logements aidés. Les
habitants bénéficient de nombreux services et équipements publics :
salle associative, commerces, groupe scolaire, gymnase en ossature
bois, ainsi que des espaces publics de qualité tels que la place cen-
trale, le parvis du centre aquatique et la placette d?entrée du quartier.
On y trouve également des commerces de proximité, une crèche, une
maison médicale et une conciergerie. Le projet intègre une gestion
alternative des eaux pluviales, des liaisons douces ont été aménagées
et le quartier est alimenté en chauffage et en eau chaude sanitaire
grâce à une chaufferie biomasse.
L?ÉcoQuartier Camille Claudel participe au programme DiVD pour
expérimenter le Li-Fi, une technologie de communication basée sur
la lumière. Il utilise des signaux lumineux via des LED pour échanger
des informations, sans émission d?ondes nocives. L?objectif est de créer
un réseau rapide, sécurisé et illimité en utilisant l?éclairage public. Les
avantages du Li-Fi sont nombreux, offrant des possibilités pour des
services innovants. Dans le quartier Camille-Claudel, 77 lampadaires
ont été équipés de cette technologie pour diffuser des informations
géolocalisées aux citoyens via leur mobile. Le projet vise à servir de
modèle pour l?industrialisation de cette technologie et le développe-
ment d?applications en France et à l?international.
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 12
Superficie espaces verts (ha) 0,67
Nombre d?habitants prévus
Environ 3 500
Nombre de logements 1 456
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 396
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2021
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Paris Saclay Aménagement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Architecte coordonnateur :
François Leclercq Architectes /
Paysagiste : Phytorestore /
BET VRD : AVR / AMO HQE
et Développement durable :
AI Environnement
Acteurs Bouygues Immobilier,
Eiffage Immobilier, Kaufman &
Broad, Nexity Appolonia, CDU
©
D
G
A
LN
68
ENVIRONNEMENT
ET CLIMAT
DIMENSION 4
16
Renforcer la résilience face aux changements
climatiques et aux risques
17
Contribuer à l?atténuation du changement
climatique et favoriser la sobriété
et les énergies renouvelables
18
Éviter, réduire, recycler, valoriser
les déchets
19
Préserver, gérer et restaurer
la ressource en eau
20
Préserver et restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux naturels
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 6969
L?environnement et le climat sont des enjeux majeurs
de l?aménagement durable.
La résilience des projets face à l?intensification des
impacts du changement climatique et aux risques naturels
et anthropiques doit être intégrée dès l?amont, en adoptant
des mesures adaptatives et en privilégiant les solutions
fondées sur la nature.
L?aménagement durable doit également contribuer à
atténuer le changement climatique, en favorisant la sobriété
et le développement des énergies renouvelables et
de récupération.
La question des déchets doit elle aussi être repensée
afin de réduire, recycler et valoriser les déchets.
Enfin, il est crucial de préserver et de restaurer
la fonctionnalité des sols, la biodiversité et les milieux
naturels, ainsi que la ressource en eau.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
70 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 16
Renforcer la résilience face aux changements
climatiques et aux risques
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment identifier les enjeux
humains, matériels et
environnementaux exposés à
des aléas naturels ou anthropiques
et connaitre leur niveau de
vulnérabilité??
Comment prendre en compte
les vulnérabilités dans la
programmation pour réduire les
risques, à l?échelle du territoire,
en accord avec la stratégie de
résilience définie localement??
Comment mettre en oeuvre,
au niveau de la conception,
des Solutions Fondées sur
la Nature et basses technologies
qui réduisent l?exposition
aux risques et la vulnérabilité
du quartier à ceux-ci, au-delà
de la réglementation??
Notion 16.1 Prévenir les risques
RECOMMANDATIONS
? Identifier et prendre en compte
les risques naturels et anthropiques
dans le choix de localisation
du projet. Concevoir des solutions
adaptées au contexte en priorisant
les Solutions Fondées sur la Nature
(SFN) avant les solutions techniques,
et en s?assurant que celles-ci
n?ont pas d?incidences négatives
lorsqu?elles doivent être mises
en oeuvre.
? Mettre en place une démarche
de résilience concertée et
partagée, incluant un diagnostic
de vulnérabilité en cohérence avec
la stratégie territoriale (SRADDET,
SCoT, SDAGE, PCAET, PADD
notamment) et le PNACC.
Le choix de la localisation du projet et sa conception doivent s?appuyer sur
l?identification territorialisée des risques et des vulnérabilités. Ce prérequis per-
mettra d?intégrer en amont des solutions adaptées et contextualisées in fine,
pour réduire ces menaces. Les domaines possiblement concernés par la pré-
vention des risques sont :
? environnementaux (inondations, séismes, incendies de forêt, mouvements de
terrain, avalanches et effondrements, submersions, stress hydriques, etc.) ;
? risques industriels et technologiques (cybercriminalité, etc.), sanitaires (pol-
lution atmosphérique et sonore, pandémies, conséquences psychologiques et
physiques de l?exposition croissante aux risques, etc.) ou encore économiques
(mutations liées à la décarbonation ou à la raréfaction des ressources, etc.) et
sociaux (exclusion, pauvreté, etc.).
Plus globalement, l?objectif est de prendre en compte les impératifs de résilience
à chaque étape du projet, en tant que cadre logique de l?opération d?aména-
gement. Dès lors, la matrice que représentent le sol, le réseau hydrographique
et la biodiversité doit par exemple être considérée en tout début d?opération,
tout comme les questions de fragilités sociales. Le projet doit s?inscrire entre les
limites environnementales d?habitabilité de la planète et les limites sociales et
sociétales.
Une vision plus holistique des enjeux doit conduire à des solutions plus systé-
miques pour y répondre : chaque partie de l?opération d?aménagement doit
intégrer l?ensemble des objectifs de résilience, ce qui permet notamment de
renforcer l?efficience économique du projet. Il existe de multiples solutions
permettant la « régénération » des sols, du cycle de l?eau, de la biodiversité ou
encore de l?économie locale, et de concilier usages et confort du quotidien
avec la réponse aux grands enjeux.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 71Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 71
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment anticiper l?évolution
au long terme du climat (régime
climatique à venir, probabilité
d?événements extrêmes),
de ses effets concrets et de
la vulnérabilité du territoire et
des populations face à ceux-ci??
Comment proposer un projet
d?aménagement qui soit adapté
(conception urbaine, espaces publics,
confort intérieur, présence de la
nature) pour réduire la vulnérabilité
du quartier au changement
climatique??
Quelles Solutions Fondées sur
la Nature le projet peut-il intégrer
pour adapter le quartier
aux dérèglements climatiques??
Notion 16.2 S?adapter aux impacts
du changement climatique
RECOMMANDATIONS
? Anticiper les risques spécifiques
au changement climatique dans
le contexte du projet.
? Rechercher et mettre en oeuvre
des actions et solutions innovantes
pour répondre aux effets locaux
des nouveaux défis, en privilégiant
les Solutions Fondées sur la Nature
(SFN) : désimperméabilisation
et renaturation des sols (réduction
des îlots de chaleur, gestion des
eaux pluviales), végétalisation
des bâtiments (murs et toitures)
et prise en compte du confort
thermique des bâtiments et des
espaces publics (intégration du
végétal, présence de l?eau, choix
de matériaux de sols, façades,
toitures à fort albédo, conception
bioclimatique, etc.).
? Concevoir des aménagements
et bâtiments résilients, anticipant
dans leur conception les risques
climatiques.
Afin de lutter contre les impacts du changement climatique qui s?intensifient
(vagues de chaleur, érosion de la biodiversité, perturbation du cycle de l?eau,
tempêtes et submersions marines, inondations, retrait-gonflement des argiles
et mouvements de terrain, etc.), le projet doit s?inscrire dans une stratégie ter-
ritoriale élargie (SRADDET, SCoT, SDAGE, PCAET, etc.), en proposant un amé-
nagement résilient, qui tient compte des spécificités territoriales et urbaines
(climat, topographie, risques, nature des sols, réserves en eau, tissu urbain exis-
tant, matériaux, végétation locale?). L?enjeu est d?atténuer la vulnérabilité du
quartier face aux risques et aléas du territoire.
Il s?agit de proposer un projet qui s?adapte aux évolutions du climat en opérant
des choix de conception dans l?aménagement : prise en compte des vents et
expositions dans la conception des espaces, du stockage carbone, du confort
d?été, végétalisation d?espaces publics et de coeurs d?îlots pour lutter contre les
îlots de chaleur, cheminements piétons et cyclables ombragés, désimperméa-
bilisation des sols, prise en compte de l?albédo des matériaux, gestion adaptée
des eaux pluviales, etc.
Le projet privilégiera le recours aux Solutions Fondées sur la Nature (SFN) pour
réduire les impacts du changement climatique, si cela est pertinent à l?échelle
du quartier et du point de vue des spécificités locales (type de végétation, res-
source en eau et foncier mobilisables, matériaux de construction bio et géo-
sourcés, etc.).
Selon la morphologie du quartier, des espaces publics et des bâtiments (orien-
tation des bâtiments, ombrage, végétalisation, albédo des matériaux) différents
types de SFN sont envisageables : arbres de pleine terre, création d?espaces
verts, végétalisation des toits et des murs, préservation ou restauration de
zones humides, etc.
72 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quel rôle chaque acteur
du territoire peut-il jouer face
aux dérèglements climatiques,
risques naturels et anthropiques et
comment en constituer un réseau
d?action efficace (anticipation,
prévention et gestion de crise)??
Quels dispositifs de sensibilisation
aux enjeux des risques et de
l?adaptation au changement
climatique mettre en place auprès
des habitants, des usagers et
des gestionnaires??
Notion 16.3 Sensibiliser et former
RECOMMANDATIONS
? Soutenir un réseau coordonné
des acteurs locaux de la résilience.
? Sensibiliser, former et
accompagner les habitants,
usagers, syndics et gestionnaires
sur les aléas notamment
environnementaux et climatiques,
les risques et nuisances du territoire,
afin de mobiliser et d?être en
capacité de s?adapter.
Le projet doit prendre en compte systématiquement le volet social de l?adap-
tation aux conséquences du dérèglement climatique et l?anticipation de l?assis-
tance aux plus fragiles.
L?engagement et la responsabilisation des citoyens dans le développement de
la résilience du territoire est à inciter. Il s?agit de sensibiliser, former la popula-
tion aux enjeux de l?adaptation au changement climatique, aux aléas et risques
et nuisances et de les impliquer concernant la façon d?y faire face : renouveau
des actions de culture du risque, informations systématiques aux habitants,
programmes de volontaires prêts à intervenir et à soutenir leurs voisins en cas
d?aléa, réunions de communication et de concertation, matérialisation des
niveaux de crue, valorisation des savoir- faire et savoir-être locaux, etc.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 73
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 16
Parc Marianne
Montpellier, Hérault, Occitanie
L?ÉcoQuartier Parc Marianne fait partie des huit ZAC qui composent Port
Marianne, large opération d?aménagement de 400 hectares au sud-est
de Montpellier, en pleine croissance urbaine. L?opération, traversée par
le ruisseau de la Lironde, se développe autour du parc Georges-Charpak
et le long de l?avenue Raymond-Dugrand. Elle se distingue par une com-
position du bâti en peigne et gradins orientés vers le parc central, avec
des immeubles en émergence sur les centralités de quartier constituées
par les places Ernest-Granier et Pablo-Picasso. Le quartier agrémente
son développement d?espaces publics récréatifs (miroir d?eau, aire de
jeux, allées paysagées?), et propose une importante mixité sociale et
fonctionnelle.
L?aménagement du parc Georges-Charpak (6 hectares) permet d?affir-
mer la place dédiée aux espaces verts dans un contexte urbain relative-
ment dense. Le quartier comprend principalement deux secteurs nord
et sud d?habitat collectif. Il bénéficie d?une desserte par deux lignes
de tramway, et à compter de 2025, par deux Vélolignes du Réseau
Express Vélo de Montpellier, situant l?ÉcoQuartier à quelques minutes
du centre-ville, du littoral, de l?ensemble ludo-commercial d?Odysseum,
et du quartier tertiaire de la gare TGV Sud de France.
La ZAC Parc Marianne à Montpellier est conçue pour faire face aux défis
climatiques de la région. Avec 34,67 % de surfaces végétalisées, le quar-
tier intègre la nature en ville. Le parc Georges-Charpak, doté d?un bassin
de rétention hydraulique paysager, permet de réguler les crues et de
retarder le ruissellement urbain. Le parc public et le lit paysager de la
Lironde offrent un environnement frais en été et favorisent la biodiver-
sité. Les bâtiments du quartier présentent une architecture remarquable
et s?ouvrent sur le parc Charpak, tandis que les zones urbaines adjacentes
accueillent des commerces, bureaux et services. Parc Marianne bénéfi-
cie également d?un réseau de chaleur collectif alimenté par une centrale
au bois, et abrite des écoles à énergie positive. Prochainement, la Folie
architecturale Alma Terra utilisera le sol de son site comme matériau de
construction, dans le but d?obtenir le label Passivhaus.
Contexte local Centre-ville nouveau
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 30
Superficie espaces verts (ha) 7
Nombre d?habitants prévus 5 800
Nombre de logements 2 537
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 617
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2007-2030
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2015
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Montpellier, SERM
Maîtrise d?oeuvre du projet
Architecture Studio et divers MOE
pour les bâtiment
Acteurs Bailleurs sociaux, SERM©
A
rn
au
d
Bo
ui
ss
ou
74 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les besoins
énergétiques générés par le projet
et quels sont ses objectifs en
matière d?efficacité énergétique
et de baisse des émissions de CO²,
au regard des stratégies territoriales
de décarbonation (PCAET)??
Comment évaluer l?empreinte
énergie?/?carbone du quartier sur
l?ensemble de son cycle de vie
selon les choix d?aménagement
pour orienter le projet vers
le scénario optimal??
Quels moyens mettre en oeuvre
et quelles solutions (techniques,
financières, organisationnelles, etc.)
choisir pour garantir la sobriété et
l?efficacité énergétique du projet??
Engagement 17
Contribuer à l?atténuation du changement climatique
et favoriser la sobriété et les énergies renouvelables
Notion 17.1 Favoriser la sobriété et l?efficacité
énergétiques
RECOMMANDATIONS
? À l?échelle du quartier, en prenant
en compte l?existant de proximité,
concevoir l?orientation et la
disposition des bâtiments ainsi
que des espaces extérieurs pour en
minimiser les besoins en ressources
et en énergies du chantier à
l?exploitation.
? À l?échelle des bâtiments, réduire
l?impact carbone de la construction
(favoriser la rénovation et la
réhabilitation, choix adapté des
matériaux et modes constructifs,
etc.) et de l?usage (conception
bioclimatique, déchets, etc.).
? Fixer des objectifs de performance.
? Évaluer, dès sa définition, l?impact
du projet en termes d?émissions
de gaz à effet de serre sur son cycle
de vie complet, pour l?améliorer
en continu (questions de périmètre
et de temporalité afin de possibles
comparaisons) selon les SCOPE 1,
2 et 3 sur une période de 50 ans.
? Évaluer le potentiel de captage
et de stockage de carbone dans
le quartier et mettre en oeuvre
les solutions adaptées.
? Respecter la séquence « éviter,
réduire, compenser » s?agissant
des émissions de GES en s?appuyant
si nécessaire sur des mesures
compensatoires (dispositif du label
bas-carbone, etc.).
L?atteinte de la neutralité carbone en 2050, la maîtrise de l?approvisionnement
énergétique et de sa facture nécessitent une diminution drastique des besoins
énergétiques. 50 % de l?empreinte carbone d?un Français dépendant des choix
d?aménagement dans son quartier, il est important d?étudier comment le projet
peut contribuer à cet objectif de sobriété.
En amont, il s?agit d?évaluer les besoins de programmation, d?étudier les dif-
férents scénarios d?aménagement qui peuvent y répondre et de mesurer leur
empreinte énergie / carbone sur le cycle de vie complet du quartier. Notamment,
la mobilisation de l?existant (comme la rénovation des bâtiments et infrastruc-
tures par exemple) offre des leviers de décarbonation del?aménagement. Enfin,
si des postes d?émission significatifs subsistent, des dispositifs de compensation
peuvent être mobilisés.
En phase d?études, à l?échelle urbaine, l?implantation et l?orientation des bâti-
ments et des espaces publics peuvent réduire les dépenses énergie / carbone.
La conception bioclimatique, l?urbanisme de proximité, l?offre de mobilité
et la mutualisation des services, par exemple, influencent les pratiques et les
consommations du quotidien. À l?échelle de chaque bâtiment, la réduction de
l?impact carbone passe par des actions d?isolation thermique, de ventilation
et de lumière naturelles, de procédés énergétiques et électriques efficients,
etc. En phase chantier, les leviers de minimisation du bilan carbone du quartier
comprennent la logistique de chantier, la mobilisation de filières locales, les
procédés et matériaux constructifs vertueux (bio-géo-sourcés ou bas-carbone,
issus de l?économie circulaire, etc.).
Complémentairement à la réduction de ses émissions, le potentiel de captage
et de stockage du carbone dépend des changements d?affection des sols mais
également de l?usage de produits et matériaux issus de la bioéconomie (bois,
paille, etc.). L?aménageur pourra mobiliser des compétences spécifiques en
amont du projet : assistance à maîtrise d?ouvrage en environnement, bureaux
d?études spécialisés en énergie, outils de quantification des impacts éner-
gie / carbone, etc.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 75Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 75
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles sont les potentielles
ressources d?EnR&R à proximité
du projet qui sont disponibles (non
réservées par d?autres projets
de territoire)?: bois énergie, réseau
de chaleur et de froid, chaleur
fatale, biogaz, géothermie, solaire,
éolien???
Quelles sont les conditions
techniques et financières à réunir
pour le raccordement d?EnR&R
électriques et de chaleur produite
sur le secteur aménagé (poste
électrique, canalisations, sous-
stations, prise en compte
des contraintes naturelles ou
environnementales, etc.)??
Quel est le niveau d?ambition de
production d?EnR&R à viser pour
inscrire le projet dans les objectifs
de la stratégie énergétique
territoriale??
Quelle gouvernance proposer
en matière de production,
d?approvisionnement et de
stockage des énergies renouvelables
et de récupération??
Notion 17.2 Développer la production d?énergies
renouvelables et de récupération
RECOMMANDATIONS
? Évaluer et favoriser la production
d?énergies de récupération et
renouvelables locales, l?utilisation
d?énergies de récupération
(logique d?écologie industrielle
et territoriale) et les possibilités
de connexion à un réseau situé
à proximité du quartier.
? Penser un réseau de distribution
et de stockage de l?énergie adapté
et optimisé pour alimenter le quartier
et ses alentours, en cohérence avec
la stratégie territoriale (PCAET
notamment).
? Proposer des dispositifs de
gouvernance partagée de l?énergie
renouvelable locale, pour en
favoriser l?appropriation.
Une fois les leviers de sobriété et d?efficacité activés, la décarbonation des
besoins énergétiques résiduels permettra, au-delà de la diversification du mix
énergétique, l?autonomie énergétique du territoire, la prévention de la préca-
rité énergétique et le soutien aux filières locales. À l?échelle du quartier, cela se
traduit par le développement des énergies renouvelables et de récupération.
Leur déploiement dans un quartier s?inscrit dans la stratégie territoriale éner-
gétique (SRADDET, PCAET, schéma directeur, etc.). Il suppose l?examen des
besoins et ressources (filières locales du bois énergie, étude des productions de
chaleur fatale et de biogaz valorisables, cartographie des potentiels géother-
mique, éolien et solaire) et la caractérisation technique des moyens de produc-
tion, stockage et distribution existants (réseaux de chaleur et de froid, parcs
EnR en exploitation ou en projet à proximité de la zone d?aménagement.
Ensuite, les choix de formes urbaines, de densité, de mixité fonctionnelle
peuvent favoriser l?installation d?équipements de productions et de distri-
bution d?énergie collectifs et mutualisés (autoconsommation collective). Par
exemple, l?optimisation des réseaux de chaleur et de froid nécessite une den-
sité thermique suffisante, d?où la nécessité d?articuler la temporalité de l?opéra-
tion d?aménagement et celle du réseau.
76 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment assurer le suivi
des consommations énergétiques
dans le quartier et identifier les
solutions de réduction continue
de la dépense énergétique??
Comment sensibiliser les habitants
et usagers aux enjeux de la sobriété
et de l?efficacité énergétique, ainsi
qu?aux pratiques qu?ils peuvent
mettre en place pour la favoriser??
Notion 17.3 Prévoir un dispositif d?accompagnement
RECOMMANDATIONS
? Mettre en place des outils de suivi
de consommation, accompagner
et former les parties prenantes
à leur utilisation dans une logique
d?amélioration continue.
? Accompagner les habitants
et usagers à une utilisation sobre
de la consommation des ressources
au sein des bâtiments comme
des équipements publics.
? Sensibiliser les habitants,
usagers, syndics et gestionnaires
aux changements de pratiques.
Si des choix de conception du quartier performants sont nécessaires pour
réduire l?empreinte carbone, ils ne sont pas suffisants. Ce sont les pratiques et
usages individuels qui en déterminent l?efficacité réelle. Pour cela, les usagers et
habitants doivent s?approprier les déterminants de leur bilan énergie carbone
et leur capacité à agir sur ceux-ci.
Une démarche de sensibilisation / information / formation aux enjeux éner-
gétiques et carbone à destination du grand public peut être proposée.
Notamment, les solutions techniques d?efficacité énergétique (bioclimatisme,
systèmes électriques?) demandent souvent une acculturation de leurs utilisa-
teurs. Des livrets peuvent être diffusés auprès des habitants / usagers pour les
accompagner dans leurs changements de pratiques.
Le suivi quantifié des consommations énergétiques reste un moyen efficace de
sensibilisation à la sobriété et l?efficacité : mise en place de capteurs, compteurs
séparés, suivi individualisé des consommations, etc. Cela demande une instru-
mentation fine du quartier qui doit être anticipée en amont du projet, puis
accompagnée en aval.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 77
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 17
La ferme forgeronne
Les Forges, Vosges, Grand Est
La commune des Forges a entrepris la réhabilitation d?une ancienne
ferme de 800 m² au centre du village en vue de l?accueil d?un point de
vente directe de produits agricoles en circuit court. Le projet compor-
tait également 4 logements à l?étage, un cabinet infirmier ainsi qu?une
clinique vétérinaire remplacé par un 5e appartement, témoignant de
l?adaptabilité du projet. L?opération a pour vocation la revitalisation du
centre-bourg situé dans la proche couronne d?Épinal en recréant une
centralité dynamique. Elle requalifie aussi, en termes de performance
environnementale, un corps de ferme vieillissant, en en conservant toute
la valeur patrimoniale. L?installation de nouveaux services de proximité va
limiter les distances de déplacement et créer un lieu de rencontre et de
convivialité et redonner de l?intérêt aux déplacements en modes doux.
L?ÉcoQuartier de la ferme forgeronne réintégre des services au coeur du
village (commerces, santé, lieu de convivialité) accessibles à tous ses
habitants et cible une offre alimentaire issue de circuits de proximité.
À l?échelle du bassin de vie local, cela réduit les besoins de déplace-
ments, donc la facture énergétique de tout le territoire.
Ensuite, en reconstruisant le bâti à l?identique (l?état des murs existant
rendant impossible la réhabilitation d?abord privilégiée, car plus sobre
en matières et énergies utilisées), l?ÉcoQuartier met à profit les avan-
tages bioclimatiques de l?architecture vernaculaire : luminosité et ven-
tilation naturelle à double flux. Une fiche mode d?emploi locataire avec
un mode d?emploi comportant la fiche technique afin de bonne utili-
sation des logements a été remise aux locataires dans le cadre des éco-
nomies d?énergie l?utilisation du chauffage et les moyens de réaliser les
économies d?énergie. L?efficacité thermique de l?enveloppe est aussi lar-
gement améliorée : reprise des vitrages, isolation, matériaux constructifs
peu carbonés. Enfin, les besoins énergetiques subsistants sont couverts
par la récupération de chaleur des groupes froids du local de vente et,
en appoint, par une chaufferie bois (pellets). En cas d?absence en jour-
née, l?inertie et l?isolation de la maison sont suffisant pour garantir moins
de 2 degrés de chute de température, même par grand froid.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement
d?un centre-bourg
Superficie (ha) 0,22
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 8
Nombre de logements 4
Nombre de logements sociaux
parmi les logements ?
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2006-2011
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune des Forges
Maîtrise d?oeuvre du projet
Cabinets Vitalis Architecture
et environnement (architecte
mandataire, ASCENDENSE
(Architectes associés), OPC TRIGO
(Économiste), TERRANERGIE et
PERMANERGIE (Études thermiques
et énergies renouvelables), KUBLER
(Paysagiste)
Acteurs CAUE, ADEME, Chambre
d?agriculture, CRITT Bois
©
L
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u
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es
L
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78 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 18
Éviter, réduire, recycler,
valoriser les déchets
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les flux de déchets
verts, ménagers et des entreprises
sur le territoire et quels leviers
(conception, accompagnement,
organisation) le projet peut-il
activer pour en limiter la production??
Comment sont organisées
localement les structures
économiques et associatives
du réemploi, les EIT et comment
favoriser leur développement dans
une logique d?économie circulaire,
sociale et solidaire??
Comment associer et sensibiliser
les habitants et usagers à
la réduction des déchets à l?échelle
du quartier et du territoire??
Notion 18.1 Limiter, voire éviter la production
de déchets
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir une politique
de réduction des déchets via
des dispositifs territoriaux
comme « Territoires Zéro Déchet,
Zéro Gaspillage ».
? Sensibiliser les particuliers, les
professionnels et les gestionnaires
aux démarches vertueuses.
? Choisir des aménagements
qui facilitent et encouragent
la réduction des déchets verts :
espèces végétales locales
qui nécessitent moins de taille,
paillage, etc.
L?impact des déchets sur l?environnement est un sujet majeur de préoccupa-
tion à l?échelle mondiale. Pour répondre à cette problématique, de nombreux
dispositifs peuvent être mis en place à l?échelle territoriale : « Territoires Zéro
Déchet, Zéro Gaspillage », la tarification incitative du service public de gestion
des déchet, etc.
Pour assurer une cohérence avec ces dispositifs, il est nécessaire de mettre en
place une politique de réduction des déchets à l?échelle du quartier.
Des choix d?aménagement peu générateurs de déchets doivent être favorisés
en amont du projet, tout en encourageant les actions de recyclage, de réutili-
sation et de réemploi. Cela peut inclure le choix d?espèces locales vivaces qui
nécessitent moins de taille, le broyage des tailles et la tonte, ainsi que l?utilisa-
tion in situ en paillage des pieds d?arbres et arbustes.
La sensibilisation des ménages aux démarches « zéro déchet » peut notamment
être réalisée à travers la méthode des 5 R : Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer
et Recycler.
La dispensation de formations et la mise en place de programmes de sensibi-
lisation sur la réutilisation de matériaux considérés comme des déchets sont
utilement opérées.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 79Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 79
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet facilite-t-il,
pour les gestionnaires comme
pour les habitants, le tri à
la source, la collecte séparée,
le recyclage et la valorisation des
déchets ménagers (conception,
organisation, sensibilisation)??
Quel est le potentiel de
développement et d?amélioration
des filières de valorisation des
déchets sur le territoire, comment
l?intégrer au projet et en évaluer
l?efficacité??
Notion 18.2 Inciter au tri à la source, optimiser
la collecte et valoriser les déchets
RECOMMANDATIONS
? Penser les systèmes de collecte
adaptés à chaque flux de déchet :
consignes, recyclerie?/?ressourcerie,
point d?apport volontaire,
méthanisation, compost, etc.
? Évaluer la politique de gestion
des déchets et communiquer
les résultats.
Des moyens sont disponibles pour encourager le tri à la source, tels que la
mise en place de systèmes de collecte séparée et de valorisation des déchets,
l?installation de composteurs de pied d?immeubles ou partagés, la création de
recyclerie de quartier, les points d?apport volontaire, la méthanisation, la valo-
risation énergétique des déchets résiduels, la mise en place de consignes et les
ressourceries.
Il est important d?informer directement les habitants sur la réglementation,
les actions mises en oeuvre et le traitement des déchets en termes de flux et
de coûts associés. Des animations peuvent être proposées par secteurs et par
type de processus de valorisation pour sensibiliser et informer les habitants de
manière efficace.
Il est essentiel d?informer, de (re)sensibiliser et former les habitants, les entre-
prises et les établissements scolaires sur l?obligation réglementaire liée au tri des
7 voire 9 flux de déchets (cf. notion 18.3), les actions entreprises pour les traiter,
ainsi que les coûts associés à leur traitement.
Les processus prévus pour les déchets encombrants tels que les mobiliers,
les déchets électriques et électroniques, ainsi que les Déchets d?Activité
Économique (DAE) doivent être détaillés.
80 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment évaluer en amont du
chantier les potentiels de réemploi?/?
valorisation des déchets de
chantier??
Quelles actions de limitation de
la production, de tri, de collecte
et de réutilisation?/?valorisation
des déchets de chantier mettre
en oeuvre??
Comment encourager le
réemploi des matériaux et?/?ou
des équipements issus de
déconstructions sélectives pour
les aménagements et
les constructions afin de limiter
l?évacuation des matériaux
hors site??
Comment prendre en compte
la gestion des déchets dangereux
(amiante, plomb)??
Quelles sont les solutions
existantes sur le territoire ou
sur les territoires limitrophes
pour la gestion des déchets??
Notion 18.3 Réduire, trier et valoriser les déchets
de chantier
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir l?étude des flux
entrants et sortants pour évaluer
le potentiel de ressources
en matériaux de déconstruction
(étude PEMD?: «?diagnostic produit
équipement matériaux déchets?»).
? Limiter les déconstructions, sinon
déconstruire de manière sélective.
Remettre en état, stocker les
matériaux pour les redistribuer
(bourse de matériaux).
? S?inscrire dans le tri 7 flux
obligatoire (métal, plastique,
papier / carton, verre, bois, fraction
minérale, plâtre), voire au-delà, via
des filières circulaires à haute valeur
ajoutée (textile, biodéchets).
? Inciter à la réutilisation
des matériaux du site pour limiter
leur évacuation en les gérant
aux fins de réemploi in situ.
? Incorporer des matériaux de
seconde vie issus des gisements
de réemploi dans les projets de
bâtiments et d?aménagements.
Il convient de réaliser un diagnostic du potentiel des ressources dans toutes
les étapes de construction ou rénovation afin d?identifier les potentialités de
réemploi des matériaux issus des chantiers. Les maîtres d?ouvrage doivent être
incités à anticiper la bonne gestion et la valorisation des déchets en privilé-
giant le réemploi, puis la réutilisation et le recyclage, puis la valorisation matière
directe (telle que les opérations de remblayage), la valorisation énergétique et
enfin l?élimination.
Il est nécessaire de garantir l?engagement et l?anticipation de ces sujets par le
maître d?ouvrage avec l?intégration systématique de clauses dans les marchés.
Il est important de communiquer sur les filières de réemploi, de réutilisation, de
seconde vie existantes sur le territoire. Il convient également de privilégier les
circuits fermés pour permettre la seconde vie des matériaux issus de chantier
in situ en incluant un pourcentage minimal de réutilisation dans les cahiers des
charges, ou en créant des conditions permettant leur réemploi, de préférence
à proximité.
Si certains matériaux ne peuvent être issus de circuits fermés, il convient de
rechercher des matériaux de seconde vie issus des gisements de réemploi dans
les projets de bâtiments et d?aménagements alentours.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 81
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 18
Nouveau Mons
Mons-en-Baroeul, Nord, Hauts-de-France
Situé au coeur de l?agglomération lilloise, l?ÉcoQuartier du Nouveau
Mons bénéficie d?une position privilégiée et est facilement accessible
grâce à la desserte du métro et des lignes de bus. Il s?agit d?un projet
ANRU qui consiste en la rénovation de la zone urbaine sensible (ZUS)
de Mons-en-Baroeul : réhabilitation de 990 logements, résidentialisa-
tion de 625 autres, ainsi que la démolition de 405 logements pour la
construction de 330 nouveaux. De nouveaux équipements publics sont
également installés, tandis que les espaces publics ont été réaménagés
pour favoriser la place du piéton et les modes de déplacements doux.
Le projet consiste également en l?extension du réseau de chaleur, ali-
menté en grande partie par la biomasse, et en la création de jardins
familiaux tout en tissant des liens avec le Vieux-Mons. La grande qualité
des espaces publics aménagés donne une image renouvelée au quartier
tout en limitant l?impact visuel de la voiture. L?objectif est de créer un
quartier résidentiel en phase avec les attentes des habitants et en har-
monie avec son environnement urbain, grâce à une approche globale
et durable de la rénovation urbaine.
L?ÉcoQuartier du Nouveau Mons est un exemple de réussite en matière
d?amélioration du cadre de vie. Cultivant cette approche sensible du
cadre de vi(ll)e, les espaces publics ont été requalifiés avec une exigence
extrême en matière de qualité paysagère. Des actions de communica-
tion et de formation sont mises en place pour encourager les bonnes
pratiques. L?appropriation et le partage par le plus grand nombre de ces
espaces de vi(ll)e sont primordiaux. Ils doivent être espaces de préser-
vation de la biodiversité, espaces à vivre jalonnés de « prairies de jeux »,
de jardins à partager. Condition de sa réussite : chaque aménagement
est envisagé en plaçant toujours au centre de tout l?expertise d?usage
des habitants, seule garantie d?une appropriation et d?une préservation
optimales autour d?ateliers de travail urbain., de Mon(s) quartier rêvé,
des marches exploratoires des femmes et des cours au jardins d?école.
Mons-en-Baroeul fait ainsi usage du paysage comme une valeur de partage.
Contexte local Centre-ville
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 100
Superficie espaces verts (ha) 5,4
Nombre d?habitants prévus 12 000
Nombre de logements 5 250
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 182
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2002- 2014
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Mons-en-Baroeul
Maîtrise d?oeuvre du projet
François-Xavier Mousquet
(paysagiste) + AMO GIP Lille
Métropole rénovation urbaine
+ BET ArcAle, BioTop Conseil,
Empreinte, Lilika TROHA, Egis
Acteurs LMCU, SEM Ville
Renouvellée, bailleurs
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82 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 19
Préserver, gérer et restaurer
la ressource en eau
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment assurer une gestion
intégrée des eaux pluviales
à la source au regard des
caractéristiques du site (nature
des sols, hydrographie du bassin
versant, pluviométrie actuelle
et future) en maximisant
la perméabilité des sols??
Comment faire de la gestion
des eaux pluviales un outil
d?adaptation aux effets
du changement climatique
en favorisant son infiltration
et sa connexion aux espaces
verts??
Comment intégrer de manière
qualitative les dispositifs de
gestion des eaux pluviales dans la
conception du projet, notamment
dans les espaces publics??
Notion 19.1 Assurer une gestion durable
des eaux pluviales
RECOMMANDATIONS
? Penser des aménagements
multifonctionnels qui maîtrisent
le ruissellement et qui préservent
la ressource en eau pour un usage
local.
? Innover et concilier la gestion
alternative des eaux pluviales,
désimperméabilisation, îlots de
fraîcheur, amélioration du cadre
de vie, biodiversité, etc.
? Anticiper et assurer une gestion
intégrée des eaux pluviales au
regard de la nature du site et des
caractéristiques du bassin versant :
favoriser une gestion de l?eau à
l?échelle du projet d?aménagement.
? Optimiser l?arrosage des espaces
verts.
Assurer une gestion durable des eaux pluviales, c?est favoriser leur infiltration au
plus près de leur point de chute par des Solutions Fondées sur la Nature, voire
par des solutions dites grises, afin de se rapprocher du cycle naturel de l?eau :
noue d?infiltration, espace vert inondable, jardin de pluie, toiture ou mur végé-
talisé, etc. Cela permet de réduire le ruissellement des eaux pluviales entraînant
le rejet de pollutions dans les milieux aquatiques, de limiter le risque d?inon-
dation mais aussi de favoriser un usage local de l?eau pour adapter les villes au
changement climatique. Quand il n?y a pas d?alternative, les solutions de réten-
tion d?eau pour ralentir les écoulements sont à envisager.
Ces solutions doivent être conçues afin de répondre à d?autres fonctions ou
usages : aménagement paysager, espace vert, îlot de fraicheur, etc. Il convient
aussi de prendre toutes les mesures nécessaires pour s?assurer de leur pérennité
fonctionnelle dans le temps, à la fois lors de leur conception mais également en
veillant à leur bon entretien.
Pour les projets soumis à la « loi sur l?eau », il est fortement recommandé au por-
teur de projet de consulter dès la conception du projet les services du préfet
en charge de la police de l?eau et ceux de la commune compétents en eaux
pluviales.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 83Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 83
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment réduire la consommation
en eau des habitants, des activités
et de la collectivité (réduction des
besoins, optimisation des réseaux,
gestion circulaire de l?eau)??
Comment associer et sensibiliser
habitants et usagers aux enjeux
de réduction des consommations
d?eau??
Notion 19.2 Réduire la consommation d?eau
RECOMMANDATIONS
? Installer des équipements
individuels et collectifs économes,
et des capteurs de fuites.
? Inciter à la réutilisation des eaux
de pluie et des eaux grises.
? Concevoir un plan paysager
qui inclut des espèces végétales
endémiques et peu gourmandes
en eau.
? Diminuer la consommation d?eau
dans l?ensemble du cycle de vie des
bâtiments et aménagements.
Le projet doit inciter à réduire la consommation d?eau en mettant en place des
équipements individuels et collectifs économes en eau, des capteurs de détec-
tion des fuites, un renouvellement et un entretien adapté des infrastructures
d?alimentation en eau potable, des sous-compteurs individuels, une récupéra-
tion et réutilisation des eaux de pluie et des eaux grises, etc.
Le projet doit être l?occasion d?accompagner et sensibiliser l?ensemble des
acteurs (dont les gestionnaires et les habitants) à la réduction de la consomma-
tion d?eau par des dispositifs de suivi, des actions de communication auprès des
ménages et des acteurs privés, des actions pédagogiques au sein des écoles, etc.
Le choix d?espèces végétales adaptées au climat local et anticipant les effets
du changement climatique, participe également à la réduction de la consom-
mation d?eau.
84 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment évaluer le niveau
d?acculturation des usagers du
quartier vis-à-vis de l?eau, de sa
consommation et des impacts
de l?activité humaine??
Comment réduire la présence de
micropolluants dans les eaux usées
des habitants, des activités de la
collectivité et dans l?environnement
et les sensibiliser à ces enjeux??
Comment favoriser une présence
et une visibilité de l?eau dans
l?espace public qui serve de support
à la stratégie de sensibilisation??
Notion 19.3 Sensibiliser et conduire des actions
pédagogiques
RECOMMANDATIONS
? Sensibiliser les gestionnaires
et les ménages aux enjeux
de l?eau, les inciter à réduire leur
consommation, à utiliser des
produits écoresponsables et
labellisés (comme par exemple les
produits cosmétiques, d?entretien,
d?hygiène et zéro phyto), en
proposant notamment des actions
pédagogiques.
? Inciter les habitants à utiliser
des espèces végétales endémiques
et peu gourmandes en eau.
? Réduire les rejets de polluants
et de déchets dans les eaux usées.
Les eaux usées issues des activités domestiques peuvent être contaminées par
différentes sources de pollutions vis-à-vis desquelles, le plus souvent, les sta-
tions d?épuration sont inefficaces.
Il convient donc d?encourager les gestionnaires des espaces communs du site
du projet et les habitants à utiliser des produits (d?entretien, d?hygiène, cosmé-
tiques, etc.) écoresponsables, voire disposant d?un label écologique.
Le projet est l?occasion :
? d?accompagner et sensibiliser les usagers à la réduction de l?utilisation de pro-
duits contenant des micropolluants par des actions de communication auprès
des ménages et des acteurs privés, des actions pédagogiques au sein des écoles,
etc. ;
? de rappeler que les substances qui doivent être prises en charge dans des
filières dédiées (fonds de pots de peinture, médicaments non utilisés?) le
soient, et d?inciter à ne pas les jeter dans les différentes voies d?évacuation des
eaux usées (toilettes, éviers, lavabos, etc.) ;
? d?inciter les habitants à utiliser des espèces végétales endémiques et peu
gourmandes en eau.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 85
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 19
Quartier Camille Claudel
Palaiseau, Essonne, Île-de-France
L?opération d?aménagement du Quartier Camille Claudel à Palaiseau
s?étend sur 19 hectares avec pour objectif de créer un quartier qui relie les
espaces agricoles, les quartiers existants et le pôle scientifique du Plateau
de Saclay. Le projet vise à lutter contre l?étalement urbain en proposant
une densité élevée de logements tout en offrant de vastes espaces verts.
La première phase du projet, labellisée ÉcoQuartier Étape 4, comprend
environ 1 500 logements, des équipements publics de qualité, des com-
merces de proximité, une crèche inter-entreprises, une maison médicale,
une conciergerie de quartier et une chaufferie biomasse fournissant
chauffage et eau chaude sanitaire à l?ensemble du quartier. Une innova-
tion écologique et technologique française, le LIFI, est également inté-
grée dans le projet.
L?ÉcoQuartier Camille Claudel se distingue également par sa gestion
alternative exemplaire de la ressource en eau. Toutes les opérations de
construction sont équipées de systèmes hydro-économes sur les équipe-
ments sanitaires (réservoir WC 3/6L à double commande, réducteur de
pression?). Les équipements publics disposent d?un système de comp-
tage par usage (entretien, arrosage, sanitaires, etc.). Le gymnase intègre
également un système de détection de fuites avec génération d?alarmes.
Pour pallier au sol très peu infiltrant, un maillage de noues à l?échelle du
quartier permet de restaurer les continuités écologiques des trames verte
et bleue, de dépolluer et tamponner les eaux de pluies et de créer des
coeurs d?îlots verts et aérés. Le réseau se compose de deux types de noues :
? les noues filtrantes de voiries dépolluent les eaux issues des voiries
chargées d?hydrocarbures et de métaux lourds.
? les noues de stockage tampon permettent de stocker les eaux en cas
de pluie cinquantennale afin de permettre un rejet de 0,7 l/s/ha pour
une faible partie vers le réseau communal et pour la majorité vers la
Rigole Domaniale.
Les eaux pluviales des bâtiments sont récupérées dans des cuves enter-
rées afin d?être réutilisées pour l?arrosage des espaces verts, réduisant
ainsi les frais d?entretien, d?autant que les essences végétales choisies ne
nécessitent pas ou peu d?arrosage.
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 12
Superficie espaces verts (ha) 0.67
Nombre d?habitants prévus 3 000
Nombre de logements 1 456
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 652
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2021
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Paris Saclay Aménagement
(Territoire d?intervention de la
Communauté d?agglomération
Paris-Saclay)
Maîtrise d?oeuvre du projet
François LECLERCQ Architectes,
Phytorestore Paysagiste
Acteurs Bouygues Immobilier,
CDU, Eiffage Immobilier,
Kaufman & Broad, Nexity Appolonia
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86 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les enjeux en matière
de qualité des sols sur le site et à
proximité, les prescriptions et?/?ou
recommandations proposées pour
s?assurer de leur préservation??
Comment concevoir une
programmation urbaine qui limite
l?artificialisation et la concentre sur
les sols de plus faible
fonctionnalité écologique??
Quelles opérations réaliser pour
restaurer la biodiversité des sols et
maximiser les surfaces de pleine
terre??
Quels dispositifs mettre en oeuvre
en phase chantier pour garantir la
préservation des sols??
Engagement 20
Préserver et restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux naturels
Notion 20.1 Préserver et restaurer
les fonctionnalités écologiques des sols
RECOMMANDATIONS
? Déterminer le potentiel de
désartificialisation à l?échelle du
projet, voire au-delà, en s?appuyant
sur un diagnostic identifiant
le potentiel de multifonctionnalité
des sols.
? Travailler sur la renaturation
des sols par la restauration de sols
vivants, la maximisation des
surfaces de pleine terre, assurant
des fonctionnalités écologiques :
continuité des trames écologiques,
(trame brune notamment),
stockage du carbone, infiltration
des eaux, etc.
Le projet d?aménagement offre une opportunité de préserver et restaurer les
fonctionnalités écologiques des sols. Des outils d?aide à la décision pourront
être mobilisés pour mettre en oeuvre la stratégie de renaturation des sols et
guider les choix de localisation et de priorisation.
La référence aux zones préférentielles pour la renaturation dans les SCoT est
à privilégier. La loi Climat et Résilience dispose en effet que les SCoT peuvent
identifier des zones préférentielles pour la renaturation qui peuvent être inté-
grées dans le Document d?Orientation et d?Objectifs du SCoT, une pièce oppo-
sable du document, qui a donc une valeur réglementaire.
D?autres outils réglementaires de l?urbanisme existants peuvent être mobilisés,
tels que l?emplacement réservé, le coefficient de pleine terre ou encore le coef-
ficient de biotope par surface (CBS).
Il s?agit également de veiller à assurer la traçabilité des sols apportés et excavés.
La possibilité d?accueillir le vivant sur l?enveloppe bâtie (toitures végétalisées,
nichoirs et gîtes, etc.) est également à étudier.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 87Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 87
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment connaitre, comprendre
et localiser les écosystèmes
(espèces, milieux, dynamiques)
existants pour les préserver tout
au long du projet??
Comment le projet permet-il de
restaurer la biodiversité dans tous
les milieux vivants (sols, eau, zones
humides végétation basse et
haute, bâtiments) afin de constituer
un écosystème complet, adapté
aux conditions??
Notion 20.2 Préserver et restaurer la biodiversité
RECOMMANDATIONS
? Identifier les spécificités et
enjeux du territoire en termes de
biodiversité (inventaires, atlas
de la biodiversité communale,
diagnostic écologique, trames vertes,
bleues, noires).
? Intégrer ces enjeux à chaque
étape du projet en s?appuyant
sur des acteurs spécialisés (faire
intervenir en particulier un
écologue dès les phases amont).
? Mettre en avant, préserver et
protéger les espaces et espèces
pendant le chantier, et tout au long
du projet et structurer le projet
autour du végétal et le patrimoine
naturel.
? À partir d?une connaissance fine
des caractéristiques écologiques du
territoire, prioriser la préservation
des habitats, restaurer les habitats
dégradés et laisser des zones de
biodiversité spontanée.
? Promouvoir la gestion différenciée
des espaces de nature.
? Connecter les espaces verts
du projet avec les espaces verts
qui l?entourent pour assurer une
continuité écologique urbaine.
Le projet d?aménagement implique une connaissance fine des ressources en
présence, afin de restaurer et valoriser la biodiversité et les milieux naturels.
Il s?agit d?identifier en amont de l?aménagement les ressources naturelles exis-
tantes en procédant à un inventaire, un diagnostic écologique urbain et une
étude d?impact. Dans cet objectif, l?Atlas de la Biodiversité Communale (ABC)
est un dispositif pertinent sur lequel s?appuyer. Il permet de connaître finement
la biodiversité et les habitats présents et d?orienter ainsi ses choix d?aménage-
ment, de préservation et de restauration. Mobiliser une pluralité d?acteurs spé-
cialisés (AMO environnement, écologues, paysagistes, professionnels du génie
écologique, associations environnementales?) et s?appuyer sur des outils et
dispositifs appropriés pour veiller à l?intégration de ces enjeux tout au long du
projet : guide de la biodiversité, cahier des charges de consultation des promo-
teurs, pénalités en cas de destruction de milieux.
Favoriser l?usage du végétal pour structurer les espaces à l?échelle du quartier
et du territoire tout en préservant la biodiversité végétale et animale, les sols et
les milieux naturels existants est une démarche essentielle de l?approche écolo-
gique. La mettre en oeuvre en respectant les enjeux de continuités écologiques
identifiés par la trame verte et bleue locale est primordial pour assurer un effet
positif sur la biodiversité. Il s?agit ici de participer aux trames vertes et bleues et
de renforcer les connexions avec les sites hors projet. Préserver ou restaurer des
espaces de biodiversité plantés et en eau renforce la qualité d?aménagement
du projet et du cadre de vie, et la protection des espaces et des espèces tout
au long du chantier.
Réfléchir aux processus écologiques autant qu?à la végétalisation et l?esthétique
est essentiel pour notamment : recréer des lisières, des multi-strates végétales,
des abris et ressources pour la faune, proposer une palette végétale cohérente,
des espèces indigènes, des habitats spécifiques, des milieux humides naturels
ou artificiels, des zones de nature spontanée? S?organiser pour déployer des
techniques alternatives, en appliquant une gestion écologique et différenciée
des espaces de nature est à prioriser, tout comme le recours aux Solutions
Fondées sur la Nature.
88 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment favoriser dans le projet
une approche écologique dans la
gestion des espaces verts publics??
Comment accompagner et
former les gestionnaires aux
fonctionnalités écologiques des
espaces de nature??
Comment articuler le projet
avec des démarches de gestion
et sensibilisation écologiques
existantes??
Comment associer, sensibiliser et
impliquer les habitants et usagers
à la préservation, restauration
et valorisation de la biodiversité
et?/?ou de la nature en ville??
Notion 20.3 Valoriser et sensibiliser
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir, auprès des
gestionnaires, les pratiques de
gestion respectueuses de la
biodiversité (et notamment insectes
pollinisateurs) dans les espaces
publics (gestion différenciée des
espaces végétalisés, méthodes
alternatives aux pesticides ou
produits phytosanitaires, permis
de végétaliser, etc.).
? Sensibiliser les habitants, usagers
à la biodiversité, à l?existence de
projets de sciences participatives
et aux traitements alternatifs
des espaces privés : évènements,
ateliers pédagogiques, balades
nature, signalétique, actions de
préservation participatives, etc.
? Mettre à disposition des habitants
et usagers des espaces et outils
dédiés aux projets de plantation,
restauration, jardins collectifs /
partagés.
? Sensibiliser les habitants
et riverains à la nécessité de
préserver les sols.
L?implication des usagers nécessite l?acculturation et la responsabilisation de
l?ensemble des acteurs, notamment les habitants.
Pour assurer la pérennité de la préservation de la biodiversité des sols et des
milieux naturels, il est essentiel de sensibiliser les habitants et gestionnaires aux
pratiques respectueuses : gestion différenciée des espaces verts, zéro-phyto,
zéro pesticide, protection biologique intégrée, gestion alternative des espaces
verts, permis de végétaliser, espaces dédiés à l?agriculture urbaine, etc.
Des actions de communication et de pédagogie peuvent être proposées par
des collectivités : événements thématiques, balades nature, jardins collectifs si
possible en permaculture, inventaires participatifs, chantiers participatifs, pro-
jets scolaires sur les espaces végétalisés, panneaux explicatifs, etc.
Il convient également d?intégrer les gestionnaires en amont des projets et de
systématiser la demande de plans de gestion aux paysagistes concepteurs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 89
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 20
L?ÉcoQuartier La Ravine Blanche, située à l?ouest du centre ancien de
Saint-Pierre, est l?un des quartiers les plus denses de la ville mais aussi
l?un des premiers quartiers d?habitat social des années 60. L?objectif
de l?opération de rénovation urbaine a été de renforcer l?attractivité
et l?accessibilité du quartier. La transformation de l?image du quartier
s?est concrétisée par la réhabilitation de logements, la résidentialisa-
tion du parc social, la requalification des espaces publics et la mise en
place d?un transport en commun en site propre. Des services et des
activités économiques se sont implantés au coeur du quartier. Enfin la
création d?un parc urbain réalisé avec un collectif d?habitants du quar-
tier a été une opération emblématique.
La préservation et la valorisation de la biodiversité, du lagon et des
milieux naturels est une préoccupation constante du projet.
Le parc urbain, planté d?espèces indigènes ou endémiques, comme la
totalité du quartier, est implanté sur une friche urbaine traversée par
un canal destiné à recueillir toutes les eaux de pluie et aménagé en
quatre bassins de rétention, qui constituent autant de filtres qui per-
mettent de préserver le lagon, quelques centaines de mètres plus loin.
S?y ajoutent des trottoirs fleuris gérés par les habitants et des petits jar-
dins privés créés autour de 500 logements. Une évaluation annuelle des
impacts environnementaux du projet a été mise en place et un Éco-PLU
a été élaboré en s?inspirant des prescriptions ÉcoQuartier : gestion des
eaux pluviales, biodiversité et place du végétal, cheminements piétons
et stationnement. L?un des espaces publics en pied d?immeuble collec-
tif est entretenu par un particulier.
Contexte local Centre
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 60
Superficie espaces verts (ha) 2
Nombre d?habitants prévus 7 500
Nombre de logements 2 621
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 548
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de St Pierre -
ANRU AMO DD / HQE : 5 AMO
(ordonnancement de projet,
qualité urbaine, développement
économique, communication, mise
en place convention de gestion
urbaine de proximité)
Maîtrise d?oeuvre du projet
Grpt BET : FEDT (VRD, hydraul.
EU, EP), HELIOS Paysage (paysage
et espaces publics), Concept (BT,
éclairages publics)
Acteurs Bailleurs sociaux, SEMADER,
SIDR, SHLMR, foncière logement,
ARER, CDC, DEAL, CAUE, CCIR
Rénovation urbaine de Ravine Blanche
Saint-Pierre, La Réunion
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90 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Correspondance entre les ODD
et les engagements
Dimension 1 Dimension 2 Dimension 3 Dimension 4
engagements
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9.c
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 91
Dimension 1 Dimension 2 Dimension 3 Dimension 4
engagements
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
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92 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
La stratégie d?évaluation nationale
de la démarche ÉcoQuartier
L?enjeu du ministère est d?accompagner les acteurs dans
une démarche d?amélioration continue, de garantir la
performance des ÉcoQuartiers au regard des finalités du
développement durable et des priorités gouvernemen-
tales, en vue de communiquer et de rendre compte de
la tenue des engagements, dans une logique de diffusion
des bonnes pratiques.
L?ambition de la démarche ÉcoQuartier est de proposer
et diffuser un modèle français de la ville durable et inclu-
sive pour tous et par tous.
Les 4 défis de la ville durable (sobriété, résilience, inclusion
et création de valeurs) qui répondent de manière systé-
mique aux 20 engagements de la démarche ÉcoQuartier,
constituent le socle des objectifs stratégiques nationaux.
20 indicateurs nationaux ont été définis et documentés
pour mesurer l?atteinte de chacun des objectifs priori-
taires, les cibles étant fixées localement par chaque por-
teur de projets afin de prendre en compte les contextes
particuliers propres à chaque territoire.
Si les 20 indicateurs nationaux constituent un socle
commun d?évaluation, les candidats à la labellisation
ÉcoQuartier sont invités à élaborer dès l?amont une stra-
tégie d?évaluation locale spécifique à leur projet reposant
sur la définition de priorités locales autour d?une ambi-
tion politique, des objectifs de développement durable,
des cibles à long terme et des indicateurs clés de perfor-
mances associés (engagement 5 du guide de l?aménage-
ment durable).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 93
94 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Défis Objectif stratégique Objectif opérationnel Numéro Indicateurs
So
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ri
ét
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1 ? Encourager la sobriété
dans la consommation
des ressources naturelles
et de l?énergie
Minimiser l?artificialisation par
l?optimisation de la ressource foncière
S1
Consommation totale d?espaces naturels, agricoles
et forestiers du quartier (en Ha) et rapportée au nombre
de logements et d?emplois créés
S2 Part de bâtiments conservés (%)
Garantir la performance énergétique
S3
Part des bâtiments neufs en anticipation de la réglementation
thermique existante (%)
S4 Part des bâtiments existants rénovés énergétiquement (%)
S5
Consommation des bâtiments du quartier
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Développer les énergies renouvelables
locales
S6
Production d?énergie renouvelable rapporté
à la consommation totale du quartier (%)
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Minimiser la consommation de
matériaux et favoriser l?écoconception
S7 Part des bâtiments intégrant des matériaux biosourcés (%)
In
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2 - Proposer une offre
de logement pour tous
de qualité (énergétique,
environnementale et
d?usage), adaptée,
diversifiée et abordable
et des espaces publics
favorables à la rencontre
(et à l?activité physique)
Favoriser la diversité des profils
et des parcours résidentiels des
habitants du quartier
I1 Part de logements sociaux (%)
I2
Part de logements abordables (%)
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Garantir la qualité d?usage
et architecturale des logements
pour tous
I3 Qualité d?usage des logements (%)
I4
Satisfaction des habitants vis à vis de leur quartier et de leur
logement (uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
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3 ? Diversifier l?offres de
services et d?équipements
et intensifier les usages
de la ville
Rendre accessibles toutes les fonctions
urbaines nécessaires à tous les usagers
du quartier
C1 Proximité des services de base (%)
Encourager l?intensité urbaine C2 Densité bâtie
Développer une offre de mobilité
décarbonnée et l?intermodalité
au regard des besoins du territoire
C3 Taux de cyclabilité de la voirie (%)
C4 Offre de mobilité alternative à la voiture individuelle (%)
C5
Part des ménages utilisant un mode alternatif à la voiture
pour le trajet domicile travail (%) (uniquement pour les
ÉcoQuartiers vécus)
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en
ce 4- Penser le bien-être
des habitants et la qualité
du cadre de vie comme
des leviers de la résilience
du quartier
Offrir un cadre de vie sûr et sain
favorable à des modes de vie sains
R1 Part des espaces bâtis impactés par des nuisances (%)
R2 Exposition aux risques naturels et technologiques (%)
Développer des espaces de nature en
ville aux bénéfices environnementaux
et sociaux
R3
Coefficient de biotope par surface (dont part de surface de
pleine terre)
R4 Surface d?espaces verts publics par habitants
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 95
Modalités de calcul Engagements
correspondants
Nombre d?hectare d?espaces naturels, agricoles ou forestiers consommés pour la réalisation du quartier ET Nombre d?hectare d?espaces
naturels, agricoles ou forestiers consommés pour la réalisation du quartier / (logements + emplois créés au sein du quartier)
1 6 20
Surface de plancher de bâtiments conservés (m²) / Surface de bâtiments neufs créés (m²) + Surface de bâtiments conservés (m²) 10 13 18
Surface de plancher (m²) de bâtiments neufs anticipant la réglementation en vigueur (RT antérieure à la RE2020) ou le prochain
jalon de la RE2020 / Surface de plancher (m²) totale dans le projet
17
Surface de plancher (m²) de bâtiments existants dont les performances énergétiques sont améliorées / Surface de plancher (m²)
de bâtiments existants dans l?opération].
*Rénovation énergétique performante?: DPE passe à B, sauf pour les classes F et G (DPE passe à C)
17
Consommation énergétique moyenne {toutes sources d?énergie} en kWhEF/m²/an 17
Somme de la chaleur et électricité issues d?énergie renouvelable produites dans le périmètre de l?opération [kWh/an] / Somme
des consommations d?électricité, de gaz et de chaleur dans le périmètre de l?opération [kWh/an]
17
Surface de plancher construite dans chaque bâtiment du quartier atteignant une quantité minimum de matériaux biosourcés
(selon le type de construction) / Surface de plancher totale.
* équivalent label bâtiment biosourcé niveau 2
13
(Nombre de logements sociaux / Nombre total de logements dans l?opération) × 100
Dont nombre de logements assimilés?: PLAI, PLUS, PLS.
1 7
Nombre de logements dont le prix de vente est accessible aux ménages du 6e décile du territoire / Nombre total de logements
vendus dans l?opération
7
(Nombre de logements pondéré en fonction de la qualité d?usage / nombre total de logements dans l?opération) × 100
Qualité d?usage sur la base de 3 des critères mentionnés dans le décret n°2022-384 du 17 mars 2022?:
? une surface habitable minimale suivant la typologie du logement?;
? l?existence d?espaces extérieurs privatifs ou à jouissance privative d?une surface minimale suivant la typologie du logement?;
? une double exposition pour les logements de T3 et plus
9
Enquête habitants appréciant leur satisfaction
Nombre d?habitants de l?ÉcoQuartier d?accord ou tout à fait d?accord avec l?assertion «?Les espaces publics et les logements proposent
une qualité d?usage satisfaisante?» / Nombre total d?habitants ayant répondu
8 9
(Nombre de logements et locaux d?activités à proximité d?un service ou commerce / Nombre total de logements et locaux d?activités
de l?opération) × 100
Services et distances seuil considérées?:
? approvisionnement en produits alimentaires de base (300 m)
? école maternelle et primaire (300 m)
? centres médicaux, médecins (500 m)
? centres culturels et de loisirs (ex?: bibliothèques publiques, musées, cinémas, théâtres et autres) (500 m)
? espaces verts publics (300 m)
11 12
Nombre d?équivalent logement / Superficie de l?opération hors espaces verts publics
avec 1 équivalent logement pour 70 m² SDP
6 9
[Aménagements cyclables (km) + Zones piétonnes (km) + Zones de rencontre (km)] / [Voirie potentiellement cyclable (km)].
Voirie potentiellement cyclable?: toute la voirie sauf autoroutes, voies rapides et bretelles d?accès
14
(Nombre de logements et locaux d?activités à proximité des TC / Nombre total de logements et locaux d?activités de l?opération) × 100
arrêts de TC et distances seuils considérés :
? tramway ou métro (500 m)
? bus ou de voiture partagée (500 m)
? gares ferroviaires ou routières ou aires de covoiturage (à moins de 3 km en zone non-urbaine).
14
Enquête habitants?: Nombre de ménages utilisant un mode alternatif à la voiture pour le trajet domicile-travail / Nombre total
de ménages dans le quartier
14
(Surfaces construites (m² SdP) affectées / Surface construite totale de l?opération (m² SDP)) × 100
Une surface est affectée par le bruit d?une source de nuisance sonore selon sa distance à celle-ci et le niveau sonore de référence
de celle-ci
8
(Surfaces construites (m² SdP) exposées à un aléa fort ou moyen / Surface totale du quartier (m² SDP) × 100 16
Surfaces favorables (hectare) à la biodiversité / Surface totale (hectare)
dont?: Surface d?espace en pleine terre / Surface totale (hectare)
19 20
Surface totale d?espaces verts publics / Nombre d?habitants (en m²/habitants) 8 16 20
Définitions
Acteurs?/?usagers
de la santé pertinents
Instance « Santé » : gouvernance chargée
d?accompagner et d?inciter à la prise en
compte de la santé tout au long d?une
opération d?aménagement. Elle est com-
posée a minima d?un acteur appartenant
à la maîtrise d?ouvrage urbaine (bureaux
d?études techniques, équipe de maîtrise
d?oeuvre urbaine etc.) et d?un acteur du
secteur de la santé (représentant d?une
instance de santé publique comme
l?Agence Régionale de Santé, l?Observa-
toire Régional de santé etc.).
Agences Régionales de Santé
(ARS)
Établissements publics administratifs de
l?État français chargés de la mise en oeuvre
de la politique de santé dans leur région.
Les ARS ont pour but d?assurer un pilo-
tage unifié de la santé en région, de mieux
répondre aux besoins de la population et
d?accroître l?efficacité du système.
AMAP (Association pour
le Maintien de l?Agriculture
Paysanne)
Association qui assure un lien direct entre
l?agriculteur et le consommateur, per-
mettant au producteur de maintenir son
activité et au consommateur d?avoir des
produits locaux, frais et de saison.
Approche écosystémique
L?approche par écosystème consiste en
une gestion globale des ressources en
terres et en eau, de la faune et de la biodi-
versité qui favorise leur protection et leur
utilisation durable de manière équitable
sur le long terme. Cette stratégie pro-
meut la protection et l?utilisation durable
des terres, de l?eau et des moyens de sub-
sistance de manière équitable. Elle est
l?un des principes les plus fondamentaux
de la gestion durable.
Approche en coût global
Consiste à prendre en compte l?en-
semble des coûts (directs et indirects) liés
au cycle de vie d?un « système », comme
le projet d?ÉcoQuartier, l?espace public, le
bâti, etc.
Approche systémique
Méthode d?analyse d?un système com-
plexe avec un point de vue global. Elle
se focalise moins sur la compréhension
exhaustive de toutes les composantes
du système que sur l?analyse de leurs
interactions et de leur fonctionnement
entre elles.
Artificialisation des sols
Transformation durable des fonctions éco-
logiques d?un sol par son occupation ou son
usage : un sol qui servait d?habitat naturel
ou de support de culture est affecté à des
fonctions urbaines, bâtimentaires ou de
transport (habitat, activités, commerces,
infrastructures, équipements publics?). Ce
changement d?usage s?accompagne d?une
transformation de la nature et de la fonc-
tionnalité des sols : imperméabilisation, sta-
bilisation, compactage, etc.
Autopartage?/?Vélopartage
Autopartage : Un système d?utilisation par-
tagée d?une flotte de véhicules par diffé-
rents usagers et pour de courtes durées
(voitures en libre-service).
Vélopartage : vélos en libre-service mis à
disposition gratuite ou non permettant
de lever trois freins à la pratique du vélo :
le stationnement à domicile, le vol et la
maintenance.
Bail Réel Solidaire (BRS)
Le Bail Réel Solidaire est un contrat de
longue durée qui unit un Organisme de
Foncier Solidaire (OFS) et un preneur.
Dispositif concernant un habitat neuf ou
ancien, il permet de dissocier le foncier
du bâti pour faire baisser le prix des loge-
ments afin d?en permettre l?acquisition à
des familles aux revenus modestes, grâce
à un prêt et à une redevance mensuelle.
Le BRS permet à des ménages, sous condi-
tions de plafond de ressources, d?accéder
à un logement en-dessous des prix du
marché. En contrepartie, ces ménages ne
pourront revendre le logement qu?à un
prix de cession encadré, inférieur au prix
du marché, et à un ménage répondant
aux mêmes critères de ressources que
ceux auxquels ils étaient soumis.
Bioéconomie
Ensemble des secteurs économiques issus
de la production et de la valorisation du
vivant. La bioéconomie regroupe l?agri-
culture, la sylviculture, la pêche, l?agroa-
limentaire, les produits biosourcés, et
géo-sourcés utilisés dans les matériaux ou
la chimie, la valorisation des déchets orga-
niques et de l?énergie stockée dans la bio-
masse. Elle permet d?utiliser au maximum
une énergie abondante, renouvelable et
gratuite, comme l?énergie solaire.
Biosourcés ou géosourcé
Biosourcés : matériaux partiellement ou
totalement issus de la biomasse (bois,
chanvre, colza, paille, liège?).
Géosourcés : matériaux issus de ressources
d?origine minérale (terre crue ou pierre
sèche).
Souvent locaux et peu transformés, voire
issus du réemploi ou du recyclage, leur uti-
lisation, comme matériaux de construction
notamment, permet de réduire l?empreinte
environnementale et de développer les
filières économiques du territoire.
Cadre de vie
Concept subjectif permettant de carac-
tériser l?ensemble des attributs d?un
espace urbain ou rural. Il fait référence
à tout ce qui nous entoure, à l?échelle
locale comme les éléments du paysage
ou du milieu (climat?), les aménage-
ments, les acteurs culturels, etc.
Circuit court
Forme de vente de produits limitant à un
le nombre d?intermédiaire entre le pro-
ducteur et le consommateur. Le circuit
court ne garantit pas de proximité phy-
sique, pour cela, on parle de circuit de
proximité. Circuits courts et de proximité
vont souvent de pair.
Il existe plusieurs formes de vente en
circuits courts : vente directe entre les
producteurs et les consommateurs ?
marchés paysans, point de vente collec-
tif entre plusieurs producteurs ? magasin
de producteurs, AMAP.
96 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Conception bioclimatique
Prise en compte dans la conception d?un
bâtiment du climat, actuel et à venir, et de
l?environnement pour réduire ses besoins
énergétiques (chauffage, refroidissement,
éclairage notamment) et améliorer sa qua-
lité et sa résistance. Le choix du terrain,
l?orientation et la disposition du bâtiment
et les matériaux utilisés sont des para-
mètres à notamment prendre en compte,
en fonction de l?exposition solaire, des
vents dominants, des écoulements d?eau,
etc., dans une conception bioclimatique.
Courte distance
Préconisée par la Commission euro-
péenne (livre vert), la ville des courtes
distances vise à introduire l?essentiel des
services quotidiens à moins de 800 m des
logements, des pôles d?échanges ou des
parcs relais. La ville des courtes distances,
en densifiant les zones résidentielles dans
des quartiers multifonctionnels, avan-
tage les transports collectifs et favorise
les circulations actives (vélo, marche) au
détriment des déplacements effectués
en voiture individuelle.
Déchets d?activités économiques
(DAE)
Les DAE comprennent tous les déchets
qui ne sont pas des déchets ménagers au
sens de l?article R. 541-8 du Code de l?en-
vironnement : entreprises industrielles et
du BTP, artisans et commerçants, services
publics (écoles, administrations?), pro-
fessionnels de santé (hôpitaux publics et
cliniques privées, médecins?), services
tertiaires, particuliers hors de leurs domi-
ciles (déchets des établissements rece-
vant du public, transports?).
Densité
Dans le secteur de l?aménagement dura-
ble, il s?agit du rapport entre l?effectif de
la population d?une zone géographique
et la superficie de cette zone. La densité
est le plus souvent exprimée en individus
par unité de surface (par exemple, habi-
tants / km2). La densité exprime le rapport
entre un indicateur quantitatif (démogra-
phie, nombre de logements, d?emplois?)
et une surface d?étude donnée.
On peut parler de densité résidentielle
(nombre de logements / Surface), de den-
sité de population (nombre d?habitants /
Surface), mais aussi de densité bâtie,
densité d?activités économiques, densité
d?équipements publics, densité d?espaces
verts, etc.
La densité vécue correspond elle à la per-
ception subjective des niveaux de densité
propre à chaque individu.
Diagnostic prospectif
Un diagnostic prospectif présente une
vision collective et systémique qui met
en évidence les possibles dynamiques
territoriales. Il est établi à partir des
représentations, d?une rétrospective, de
comparaisons avec d?autres territoires et
de statistiques dynamiques. Il identifie
les tendances qui paraissent influentes
sur l?évolution du territoire.
Diagnostic territorial
Il s?agit de réaliser une « photographie » du
territoire à un instant donné : les forces et
faiblesses économiques, les attentes des
populations, les dynamismes, les enjeux
environnementaux, sociaux et culturels?
Un diagnostic territorial peut se faire avec
les services de l?État, les collectivités, les
acteurs économiques, de la société civile
et les citoyens.
Eaux grises
Eaux usées domestiques faiblement pol-
luées (évacuation douche ou lavabo) pou-
vant être utilisées pour d?autres activités
ne réclamant pas d?eau parfaitement
propre, (évacuation des excréments, net-
toyage véhicule, etc.).
Eaux noires
Également appelées « eaux vannes », les
eaux noires sont les eaux domestiques
contenant le sous-produit de la digestion
(matières fécales et urines). Dangereuses
pour la santé, elles nécessitent un traite-
ment assainissant avant de pouvoir être
restituées dans la nature.
Eaux pluviales
Terme utilisé pour les eaux de pluie après
qu?elles ont touché le sol ou une surface
construite ou naturelle susceptible de les
intercepter ou de les récupérer (toiture,
terrasse, chaussée, arbre, ?).
Éco-citoyenneté
Concept demandant un comportement
individuel ou collectif invitant à agir quo-
tidiennement en observant les principes
et les règles de préservation de l?environ-
nement.
Écoconception
Intégration de la protection de l?environ-
nement dès la conception des biens ou
services. Elle a pour objectif de réduire les
impacts environnementaux des produits
tout au long de leur cycle de vie : extrac-
tion des matières premières, production,
distribution, utilisation et fin de vie.
Écologie Industrielle
et Territoriale (EIT)
L?écologie industrielle et territoriale (EIT)
est un levier pour mobiliser les acteurs
de terrain en faveur de la transition éco-
logique. Elle se concrétise par la mise en
commun volontaire de ressources par des
acteurs économiques d?un territoire, en
vue de les économiser ou d?en améliorer
la productivité : partage d?infrastructures,
d?équipements, de services, de matières?
En proposant des solutions territoriales,
coopératives et innovantes de gestion
des ressources, l?écologie industrielle
et territoriale transforme les systèmes
de production et de consommation
en favorisant les fonctionnements en
quasi boucle fermée. Elle s?inscrit dans la
démarche « réduire, réutiliser et recycler »
de l?économie circulaire.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 97
Énergies grises (ou intrinsèques)
Somme des énergies consommées lors du
cycle de vie d?un matériau ou d?un pro-
duit : la production, l?extraction, la trans-
formation, la fabrication, le transport,
la mise en oeuvre, l?entretien et enfin le
recyclage.
Énergies renouvelables
et de récupération (EnR&R)
Les énergies renouvelables sont les sources
d?énergie considérées comme inépuisables
à très long terme, et qui n?engendrent pas
ou peu d?émissions polluantes. Parmi ces
énergies se trouvent le solaire, le biomasse,
le thermique, l?éolien, l?hydraulique, la géo-
thermie.
Les énergies renouvelables et de récu-
pération (EnR&R) correspondent à la
récupération des énergies renouvelables
sur des équipements qui en émettent,
dans une dynamique de valorisation des
sources de chaleur. L?énergie récupérée
de la chaleur générée par l?incinération
de déchets en est une illustration.
Épannelage
En architecture, il désigne la taille et la
forme générale que peut prendre un bâti-
ment en fonction des règlements d?urba-
nisme. Il est défini formellement par un
graphique qui indique les lignes droites
ou courbes dans lesquelles doivent s?ins-
crire les constructions de la zone urbaine.
Il est appelé parfois « gabarit ».
ESS (Économie Sociale
et Solidaire)
L?ESS désigne un ensemble d?entreprises
(coopératives, mutuelles, associations
ou fondations) dont le fonctionnement
interne et les activités sont fondés sur un
principe de solidarité et d?utilité sociale.
Ces entreprises adoptent des modes de
gestion démocratiques et participatifs.
Elles encadrent strictement l?utilisation
des bénéfices qu?elles réalisent : le profit
individuel est proscrit et les résultats sont
réinvestis. Leurs ressources financières
sont généralement en partie publiques.
Éviter, Réduire, Compenser (ERC)
La démarche ERC a pour objectif de limi-
ter les atteintes à l?environnement, toutes
thématiques confondues (biodiversité, air,
bruit, eau, sol, santé des populations?).
L?ordre de cette séquence traduit une
hiérarchie : l?évitement est à favoriser
comme la seule option qui garantisse la
non atteinte à l?environnement. Ensuite
sont réduites les atteintes qui ne peuvent
pas être évitées. La compensation ne doit
intervenir qu?en dernier recours, quand les
impacts n?ont pu être ni évités ni réduits.
Externalité positive ou négative
Une externalité positive est une situation
où un acteur bénéficie de l?action d?un
autre sans en payer le coût financier.
C?est le cas d?un apiculteur qui, grâce à
ses abeilles, participe à la pollinisation
des arbres et des fleurs de l?arboriculteur
le plus proche sans que ce dernier ne le
rémunère.
Une externalité négative est une situa-
tion où un acteur est défavorisé par un
autre sans recevoir de compensation.
Fab-Lab
Contraction de « laboratoire de fabrica-
tion », le Fab-Lab désigne un lieu ouvert au
public où différentes sortes de machines
et d?outils sont mis à disposition pour la
conception et la réalisation d?objets.
Formes urbaines
À l?échelle du quartier, types d?organi-
sation de l?espace, des configurations
spatiales du bâti (manière dont sont
disposés les éléments urbains dans l?es-
pace) et des agencements spécifiques
des espaces publics (proportion entre le
sol bâti et le sol non bâti, voiries, places,
espaces verts, etc.).
Gaz à effet de serre (GES)
Constituants gazeux de l?atmosphère, tant
naturels qu?anthropiques, qui absorbent
et réémettent le rayonnement infrarouge
et contribuent à l?effet de serre. Les princi-
paux GES émis par les activités humaines
sont le dioxyde de carbone, le méthane
et l?ozone. Ces émissions en excès dans
l?atmosphère génèrent un réchauffement
de celle-ci.
Gestion différenciée (GD)
Approche raisonnée de la gestion des
espaces verts permettant une gestion
plus respectueuse de l?environnement
sans perte de qualité. Elle remet en ques-
tion le tout horticole, sans toutefois le
bannir.
Habitat Participatif
Reposant sur une démarche citoyenne : il
permet à des groupes de personnes de
construire leur logement et de partager
un mode de vie écologique et commu-
nautaire, à moindre coût. Des réponses
collaboratives à de nombreux enjeux
de société peuvent être apportées (lien
social, bien vieillir, pratiques écorespon-
sables et préservation de l?environne-
ment, logement abordable, etc.).
Handicap
Toute limitation d?activité ou restric-
tion de participation à la vie en société
subie dans son environnement par
une personne en raison d?une altéra-
tion substantielle, durable ou définitive
d?une ou plusieurs fonctions physiques,
sensorielles, mentales, cognitives ou
psychiques, d?un polyhandicap ou d?un
trouble de santé invalidant.
Îlot de chaleur urbain
Phénomène d?élévation de la tempéra-
ture dans les environnements densément
urbanisés lié principalement aux maté-
riaux et à la forme des bâtiments, à l?oc-
cupation des sols, à la circulation du vent,
au manque de végétaux en ville, et aux
dégagements de chaleur liés aux activités
humaines.
Il est particulièrement accentué dans les
espaces très artificialisés.
Intensité urbaine
La notion d?intensité urbaine ajoute une
dimension qualitative à la notion de
densité urbaine en privilégiant la qualité
sensible de la ville, la qualité environne-
mentale, la diversité des usages, la pré-
sence des services de la vie quotidienne
(commerces de proximité, écoles, ser-
vices sociaux et publics), la possibilité d?y
accéder par les mobilités actives ou les
transports collectifs, etc.
98 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Insertion viaire
Ensemble des voies de circulation qui des-
servent le projet, des plus importantes
(autoroutes urbaines, boulevards?) aux plus
modestes (venelles, rues privées, impasses).
Logistique du dernier kilomètre
Concept désignant le transport de mar-
chandises en ville, à savoir la dernière
étape de la chaîne de distribution des
biens vers les consommateurs finaux.
Cette étape représente un fort coût éco-
nomique, social et environnemental si elle
n?a pas été pensée en amont de la concep-
tion du quartier.
Métabolisme territorial
Moyen de mesure de la comptabilité des
flux d?énergies et de matières (entrants et
sortants) nécessaires au fonctionnement
d?un territoire. Il compare les territoires à
des corps vivants qui ont besoin de puiser
des matières et de l?énergie qu?ils consom-
ment, transforment puis excrètent.
Mixité intergénérationnelle
Cette mixité consiste à rassembler, dans
des logements et plus largement des lieux
de vie destinés à de jeunes étudiants et
actifs et à des personnes âgées. L?objectif
est de renforcer le lien social et les rela-
tions entre les générations (accessible
aux enfants, étudiants, personnes âgées,
actifs, familles). Elle favorise la transmis-
sion d?expérience et de savoirs entre per-
sonnes d?âges différents permettant un
bénéfice mutuel.
Mixité fonctionnelle
Désigne le fait d?assurer, à toutes les
échelles d?organisation du territoire, une
diversité de fonctions nécessaires à la vie
sur le territoire : résidentielles, activités
économiques, loisirs, mobilités, services
publics, équipements sportifs, culturelles,
associations, etc.
Mixité sociale
Cohabitation, sur un même territoire, de
personnes d?origines sociales et cultu-
relles diverses ayant différents niveaux
de revenus. Elle est facteur de cohésion
et d?une société inclusive.
PADD (Projet d?Aménagement
et de Développement Durable)
Élément incontournable du Plan Local
d?Urbanisme (PLU ou PLUi), il présente
les objectifs et les orientations générales
concernant le développement urbanis-
tique, économique, social et environ-
nemental d?une commune ou d?une
communauté de communes durant une
période donnée (10 à 20 ans).
Partie prenante
Est définie comme « partie prenante »
d?un projet, « tout individu ou groupe
ayant un intérêt dans les décisions ou
activités d?une organisation. » (Source :
ISO 26000, ISO,2010).
Patrimoines
On en dénombre plusieurs catégories :
les immeubles et les sites patrimoniaux
(patrimoine immobilier), les documents
et les objets patrimoniaux (patrimoine
mobilier), le patrimoine immatériel (tradi-
tions et savoir-faire), les paysages culturels
patrimoniaux, les personnages historiques
décédés et les lieux et les événements his-
toriques.
PCAET (Plan Climat-Air-Énergie
Territorial)
Document de planification qui permet
d?aborder la problématique climat-air-
énergie et qui définit des objectifs pour
atténuer et s?adapter au changement
climatique, protéger et favoriser la biodi-
versité, améliorer l?efficacité et la sobriété
énergétique et produire davantage d?éner-
gies renouvelables et de récupération? Le
PCAET se construit à l?échelle intercom-
munale ou métropolitaine et les PLU(i)
doivent y être compatibles.
PEMD (Diagnostic Produit
Équipement Matériaux Déchets)
Diagnostic permettant de déterminer la
nature, la quantité et la localisation des
matériaux et produits de construction
et de s?assurer de réemployer ou réutili-
ser les produits, équipements, matériaux
issus de travaux afin de pallier aux pénu-
ries actuelles et à venir de matières pre-
mières.
Perméabilité du quartier
Désigne la possibilité de traverser un îlot
ou un quartier de façon directe et efficace,
par une diversité? de modes de déplace-
ment. La perméabilité résulte de la trame
de rues, de sa hiérarchie et de sa forme,
ainsi que de l?absence de barrières phy-
siques entre les milieux.
PLU (Plan Local d?Urbanisme)
Document d?urbanisme à l?échelle d?une
commune ou d?une intercommunalité
(PLUi) qui définit les grandes orientations?
Concrètement, il s?agit d?un document qui
définit les grandes orientations d?aména-
gement sur la base du projet de la collec-
tivité et réglemente la constructibilité du
territoire (ambition et stratégies d?aména-
gement, formes des constructions, zones
urbaines / à urbaniser / naturelles / agricoles).
PNACC (Plan national
d?adaptation au changement
climatique)
Parallèlement aux politiques d?atténuation
du changement climatique, la démarche
d?adaptation vise à en limiter les impacts
inévitables et les dommages associés sur
les activités socio-économiques et sur la
nature. Les politiques publiques d?adap-
tation ont pour objectifs d?anticiper les
impacts à attendre du changement clima-
tique, de limiter leurs dégâts éventuels en
intervenant sur les facteurs qui contrôlent
leur ampleur et de profiter des opportuni-
tés potentielles.
Polarités existantes ou projetées
La notion de polarité urbaine décrit les
effets spatiaux des villes sur les territoires
environnants, leurs interactions avec les
villes voisines. Souvent, la polarité allie
une concentration géographique de
fonctions urbaines (logements, activi-
tés, équipements, services) et des axes
de communication efficaces vers l?ex-
térieur. Ces éléments de performance
territoriale génèrent des dynamiques
d?attraction du pôle vers sa périphérie
(flux d?emplois, de consommations, d?ac-
tivités?).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 99
Prévention situationnelle
Action qui vise à dissuader les potentiels
auteurs d?actes de malveillance de passer
à l?acte en intervenant sur l?environne-
ment le plus en amont possible.
Réhabilitation des friches
Réhabilitation du foncier déjà artificia-
lisé en zone urbanisée permettant de
donner un nouvel usage à des zones
délaissées sur lesquelles des travaux
de réhabilitation du bâti ou, à défaut,
de déconstruction et d?aménagement
doivent être menés pour leur requalifica-
tion, par exemple en zones d?activités ou
en espaces naturels.
Repair-café
Atelier permettant de mettre en lien des
personnes souhaitant réparer un objet et
des structures du réemploi et des béné-
voles formés à la réparation et au réem-
ploi. Le Repair café peut être installé
dans un lieu dédié comme une recycle-
rie, ou faire l?objet d?ateliers ponctuels et
itinérants.
Ressourcerie?/?recyclerie
Structure de réemploi / réutilisation qui
récupère, revalorise et / ou répare et
revend au grand public des biens usagés
ou d?occasion sur un territoire.
Risques
Les politiques françaises de prévention
des risques, qu?ils soient d?origine natu-
relle ou technologique, définissent le
risque comme la probabilité d?occur-
rence de dommage compte tenu des
interactions entre facteurs d?endomma-
gement (aléas) et facteurs de vulnérabilité
(peuplement, répartition des biens).
SCOPE 1, 2 et 3
Périmètre au sein duquel sont étudiées
les émissions de gaz à effet de serre du
projet.
Scope 1 : émissions directes de gaz à effet
de serre, issues de combustibles fossiles
(pétrole, gaz, charbon?).
Scope 2 : émissions indirectes liées à l?éner-
gie issues de la consommation d?électri-
cité et des réseaux de chaleur /froid.
Scope 3 : autres émissions indirectes, et
représente en général la très grande majo-
rité des émissions liées à l?activité.
SCoT (Schéma de Cohérence
Territorial)
Document de planification du territoire
sur le moyen-long terme (20 ans) qui
s?applique à l?échelle d?un bassin de vie,
d?emploi ou une aire urbaine.
Ce document prévoit un cadre de réfé-
rence pour les questions d?habitat, de
mobilités, d?aménagement commercial,
d?environnement (énergie, climat et bio-
diversité notamment).
SDAGE (Schéma Directeur
d?Aménagement et de Gestion
des Eaux)
Outil de planification prévu pour 6 ans
pour assurer la gestion de la ressource en
eau et des écosystèmes aquatiques. Ce
schéma s?applique à l?échelle du grand
bassin hydrographique (12 en France) et
s?impose aux documents de planification
(SRADDET, SCoT, PCAET, PLU, ?).
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs thématiques :
égalité des territoires, énergie, biodiver-
sité, déchets, habitat, transports, qualité
de l?air, etc.
Sobriété foncière
Démarche consistant à optimiser l?utilisa-
tion des espaces déjà urbanisés et à ques-
tionner les nouveaux besoins d?extension
pour préserver au maximum les sols de
l?artificialisation. Cela permet d?éviter de
disperser l?habitat, les emplois, les ser-
vices, allongement des déplacements
ainsi que de préserver la biodiversité.
Solutions Fondées sur la Nature
(SFN)
Actions qui s?appuient sur les écosys-
tèmes et les services qu?ils rendent pour
relever des défis qui se posent à nos
sociétés. La nature et les écosystèmes
favorisent la résilience face au change-
ment climatique, aux risques naturels et
à l?approvisionnement en eau, etc.
SRADDET (Schéma Régional
d?Aménagement de
Développement Durable
et d?Égalité des Territoires)
Document de planification prescriptif
mis en place par le conseil régional et
qui s?imposent aux documents locaux
d?urbanisme (SCoT, PCAET et PLU
notamment) qui doivent être compa-
tibles avec celui-ci.
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs théma-
tiques : égalité des territoires, énergie,
biodiversité, déchets, habitat, trans-
ports, qualité de l?air, etc.
SRCE (Schéma Régional
de Cohérence Écologique)
Document cadre qui sert de base pour les
documents de planification. Il contient :
un diagnostic des enjeux de biodiversité,
une identification des trames vertes et
bleues, la mise en place d?outils cartogra-
phiques et d?un plan d?action territorial
notamment.
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs thématiques :
égalité des territoires, énergie, biodiver-
sité, déchets, habitat, transports, qua-
lité de l?air? Sauf exception, le SRCE est
remplacé par le SRADDET qui constitue
le document cadre à l?échelle régionale
de définition et de mise en oeuvre de la
trame verte et bleue.
100 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Trames vertes, bleues, brunes
et noires | Trames écologiques
La trame verte et bleue est une démarche
qui vise à maintenir, protéger et reconsti-
tuer des réseaux de milieux naturels où les
espèces animales et végétales peuvent
circuler et interagir afin qu?elles puissent
assurer leur cycle de vie (s?alimenter, se
déplacer, se reproduire, se reposer, ?) au
même titre que l?homme.
Ces réseaux sont constitués des habi-
tats (les « réservoirs de biodiversité ») et
des zones de déplacement des espèces
(« les corridors écologiques »).
L?ambition de cette démarche est d?ins-
crire la préservation de la biodiversité dans
les politiques d?aménagement du terri-
toire, notamment en intégrant ces trames
dans les documents de planification.
Trame verte : milieux naturels terrestres.
Trame bleue : milieux aquatiques et humides.
Trame brune : continuité des sols vivants.
Trame noire : réseaux des espèces noc-
turnes. Cette démarche s?attache en
particulier à la question de la pollution
lumineuse.
Tri des 7/9 flux
Valorisation permettant la lutte contre le
gaspillage de manière obligatoire pour 7
d?entre eux : papier / carton, métal, plas-
tique, verre, bois, fraction minérale et
plâtre ; voire non-règlementaire : textile,
biodéchets.
Urbanisme frugal
Façon d?aménager le territoire ayant pour
ambition de faire mieux avec moins pour
préserver les écosystèmes. Permettant de
répondre aux besoins essentiels des habi-
tants, il mobilise les ressources locales,
matérielles et humaines : habitants, usa-
gers, terrains disponibles, matériaux,
technologies faiblement consomma-
trices d?énergie, etc.
Urbanisme tactique
Façon d?aménager temporairement et
simplement le territoire via des aména-
gements mobilisables permettant de
démontrer les possibles modifications de
fonctionnalités d?un espace. Il mobilise
souvent les ressorts de l?art et de l?évène-
mentiel portés par des habitants et / ou
des collectifs de personnes.
Urbanisme transitoire
Occupation de l?espace public ou privé
par des aménagements et des activités
pour une durée déterminée. Vecteur
de dynamisme du quartier et de renfor-
cement du lien social, on parle d?urba-
nisme « transitoire » parce que les projets
accompagnent généralement un chan-
gement d?image, de fonction, d?usage,
ou de statut d?un espace.
Zone à Faibles Émissions (ZFE)
Dispositif imposé pour les métropoles
françaises les plus peuplées et encouragé
dans les grandes agglomérations, dont la
mise en oeuvre est soutenue par l?État. Il
vise à faire baisser les émissions de pol-
luants afin d?améliorer la qualité de l?air
et de garantir aux habitants de respirer
un air qui ne nuise pas à leur santé.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 101
102 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Remerciements
Chers contributeurs,
Le Bureau des villes et des territoires durables tient à exprimer
ses plus sincères remerciements à tous ceux qui ont participé
au travail collaboratif mis en place autour de la réalisation du
nouveau guide de l?aménagement durable.
Votre engagement et votre expertise ont été essentiels à la
conception de ce guide actualisé et accessible à tous les por-
teurs de projets désireux d?entrer dans une approche vertueuse
d?aménagement durable. Il contribuera largement à accélérer
la diffusion et la mise en oeuvre dans les territoires des réponses
aux grands défis de la ville durable : sobriété dans la consomma-
tion des ressources et de l?énergie, résilience notamment face
au changement climatique, inclusion et création de valeurs sur
les territoires.
Nous remercions tout particulièrement les correspondants ville
durable des Directions régionales de l?aménagement, de l?envi-
ronnement et du logement et des Directions départementales
des territoires et de la mer qui se sont fortement impliqués
dans ce projet, ainsi que les Directions d?administration cen-
trale du ministère de la Transition écologique et de la cohésion
des territoires, et le ministère de la Culture.
Le Commissariat général au développement durable (CGDD)
La direction générale de l?aménagement, du logement et de la
nature (DGALN) et les Architectes et Paysagistes Conseils de
l?Etat de la DGALN
La Direction générale de l?énergie et du climat (DGEC) dont
l?ONERC
La direction générale des infrastructures, des transports et de
la mer (DGITM)
La direction générale de la prévention des risques (DGPR)
La Mission interministérielle pour la qualité des constructions
publiques (MIQCP)
Le groupement d?intérêt public Europe des projets architectu-
raux et urbains (GIP EPAU)
Le Plan urbanisme construction architecture (PUCA)
Nous remercions nos partenaires institutionnels, associatifs,
experts et professionnels de l?aménagement pour la pertinence
de leurs contributions et leur implication dans ce projet :
ADEME - Agence de la transition écologique
Alliance HQE-GBC
Anah - Agence nationale de l?habitat
ANCT - Agence nationale de la cohésion des territoires
ANRU - Agence nationale pour la rénovation urbaine
Banque des territoires
CEREMA - Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?envi-
ronnement, la mobilité et l?aménagement
CERQUAL
CERTIVEA
CNOA ? Conseil national de l?ordre des architectes
Compagnie des rêves urbains
CSTB ? Centre scientifique et technique du bâtiment
Ecomaires
Efficacity
Ekopolis
EPASE - Etablissement Public d?Aménagement de Saint-Etienne
EPFAG - Etablissement Public Foncier et d?Aménagement de la
Guyane Europan France
FNPRF ? Fédération des parcs naturels régionaux de France
FNAU ? Fédération nationale des agences d?urbanisme
FNCAUE - Fédération Nationale des CAUE
FVD ? France ville durable
GPA - Grand Paris Aménagement
Intercommunalités de France
LPO - Ligue pour la protection des oiseaux
Paris & Métropole Aménagement
PCC ? Petites Cités de Caractère
Plantes et Cités
UNAM ? Union nationale des aménageurs
USH ? Union sociale pour l?habitat
Et les villes de Doué-en-Anjou, Durtal, Le Mesnil-Saint-Denis,
Melle, Saint-Pantaléon, et la Communauté de communes
Mellois-en-Poitou, ainsi que l?Atelier Raisonné ? ADER&CO.
Nous remercions les équipes des agences 360, Néoclide et
Giboulées pour leur accompagnement dans la mise en oeuvre
du projet et la réalisation graphique du guide.
Je remercie enfin tout particulièrement l?équipe du Bureau
des villes et territoires durables de la Direction générale de
l?aménagement, du logement et de la nature, qui pilote la
démarche ÉcoQuartier, ainsi que le conseiller international et
ville durable de la sous-direction de l?aménagement durable,
pour leur implication sans faille dans la réalisation de ce
projet : Bruno Bessis, Céline Callegari (pilote du projet), Colin
Cauchois, François Kellerhalls-Hosso, Pascale Kouassigan, Yann
Lancien, Émilie Lepoivre, Isabelle Moritz, Marianne Vebr et
Lorène Pourias, stagiaire au sein du bureau.
Florence Drouy
Cheffe du Bureau des villes et territoires durables
DGALN / DHUP / AD
102 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 103
© Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. Juin 2023
Conception et réalisation?: ?/?Troiscentssoixante
Illustrations?: Camille Leplay - Imprimé sur papier 100?% recyclé par Adequat
(ATTENTION: OPTION ur les pro-
fessionnels de santé, a été d?une importance cruciale pour améliorer
l?offre de prévention et de soin des citoyens. Elle renforce le parcours
de soin de chaque habitant et constitue un atout moteur pour l?ins-
tallation de nouveaux professionnels. Plus largement, l?ÉcoQuartier
de Volonne met en lumière la capacité du projet à replacer les ques-
tions de soin et de bien-être au coeur de l?espace public. La réhabili-
tation d?espaces communs propices aux échanges et aux rencontres,
la réduction de la place de la voiture au profit des mobilités actives,
sont autant d?initiatives qui renforcent la cohésion sociale et qui per-
mettent à tous de s?épanouir en extérieur.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 1,4
Superficie espaces verts (ha) 0,42
Nombre d?habitants prévus 300
Nombre de logements 135
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 47
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2013-2019
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2022
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de Volonne (maison
de santé, crèche, cantine, espaces
publics), bailleur H2P (2 résidences
de logements sociaux)
Maîtrise d?oeuvre du projet
Même équipe pluridisciplinaire
pour les 2 MOA : R + 4, Vert d?Eau,
Adret, M.G. Concept
Acteurs H2P (groupement de
commandes pour les 2 MOA)
©
X
av
ie
r E
m
er
y
40 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet s?intègre-t-il
dans le paysage existant et
le contexte urbain??
Comment sont traitées les limites
du projet (maillage, transitions et
franges urbaines)??
Comment la composition, les
formes urbaines et l?aménagement
des espaces extérieurs (privés
et publics) du projet prennent-ils
en compte la trame urbaine,
les éléments bâtis et végétaux
présents sur le site, en valorisant
le paysage naturel ou urbain??
Comment participent-ils
à la valorisation ou la création
d?un cadre de vie agréable pour
le quartier??
Comment sont associés les usagers
à la conception et à la modélisation
des espaces extérieurs??
Comment la nature en ville est-elle
mise en oeuvre concrètement
dans les opérations du projet et
comment participe-t-elle à la
qualité du cadre de vie??
Engagement 9
Concevoir un projet alliant qualité urbaine,
paysagère et architecturale
Notion 9.1 Assurer une insertion urbaine et
paysagère du quartier avec son environnement
RECOMMANDATIONS
? Travailler sur les continuités,
les transitions et les articulations
du projet avec le reste du territoire.
? Concevoir, via des équipes
pluridisciplinaires, la composition
urbaine et paysagère en proposant
des solutions adaptées et
contextuelles sur la perméabilité
du quartier, l?insertion viaire,
l?épannelage, les morphologies,
l?adaptation aux spécificités
locales, etc.
? Favoriser l?insertion du projet
dans le tissu urbain environnant en
prenant en compte l?existant et
les évolutions potentielles futures.
? Concevoir un projet urbain
s?appuyant sur les composantes
naturelles du site et notamment
les trames vertes, bleues, brunes
et noires et les éléments paysagers.
L?intégration du projet dans le tissu urbain existant doit être travaillée en veil-
lant aux continuités urbaines et aux articulations et aux transitions avec les
caractéristiques naturelles et bâties environnantes :
? prendre en compte la trame urbaine et viaire existante ainsi que les spécifici-
tés de la composition urbaine ;
? s?assurer une qualité de composition du projet en lien avec l?existant en pri-
vilégiant une interaction entre les volumes construits (existant, réhabilités ou
neufs) et les vides (espaces extérieurs, plantations, etc.) ;
? articuler le projet avec les éléments de composition naturels existants, notam-
ment les corridors écologiques (trames vertes et bleues, brunes et noires), les
vues, l?eau, etc.
L?association d?équipes pluridisciplinaires permettra d?aboutir à une insertion
urbaine du projet qualitative.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 41
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles sont les qualités paysagère,
urbaine et architecturale (notamment
concernant les logements) du
quartier, à la fois du point de vue
de l?urbaniste et des professionnels,
de la collectivité, mais aussi
des habitants et des usagers
du quartier, des riverains??
Comment les îlots et formes bâties
du projet participent-ils à une
qualité architecturale et paysagère
d?ensemble au sein du quartier
et de ses abords??
De quelle manière le projet
favorise-t-il la création et la qualité
architecturales au regard de
l?identité du site et du contexte
architectural et urbain existant??
La conception des projets de
réhabilitation, restauration,
valorisation d?immeubles existants
fait-elle l?objet d?une démarche
spécifique favorisant la création
et la diversité architecturales??
Notion 9.2 (Re)créer des formes urbaines et
architecturales favorisant la qualité du cadre de vie
RECOMMANDATIONS
? Proposer des formes urbaines
et architecturales adaptées
au contexte et en accord avec
le territoire.
? Intégrer des espaces publics de
qualité, réfléchir à une répartition
cohérente avec les besoins
identifiés, traiter qualitativement
les interfaces entre les espaces
publics et privés, les parties
communes.
? Garantir la qualité des logements :
orientation, traversant,
prolongements extérieurs et
espaces privatifs, préservation de
l?intimité par la qualité des vis-à-vis,
vues et perspectives, confort
acoustique et thermique, etc.
? Privilégier la réversibilité
des bâtiments et l?évolutivité
des logements en réponse
aux évolutions des modes de vie,
de la configuration familiale, etc.
La conception du projet urbain et architectural doit favoriser la qualité du cadre
de vie à toutes les échelles (bâti, îlot et opération d?aménagement) :
? en intégrant et en s?appuyant sur les éléments de composition naturels exis-
tants : végétation, sol, eau, etc. ;
? en favorisant la requalification du bâti existant ;
? en proposant des projets de réhabilitation et de construction de qualité favo-
risant l?évolutivité des logements : formes architecturales, matériaux, etc. ;
? en intégrant des espaces extérieurs, des espaces communs, des espaces
publics généreux et confortables en toutes saisons ;
? en traitant qualitativement les interfaces entre les espaces publics et privés,
les parties communes, pour favoriser les interactions.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 202342
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 9
L?ÉcoQuartier Clichy-Batignolles se situe sur un terrain de 54 hectares,
à Paris dans le 17e arrondissement. Ce site était auparavant dédié à des
infrastructures ferroviaires. Il s?agit d?un programme mixte composé de
logements, d?activités tertiaires et productives, d?équipements de com-
merces et de loisirs. Laboratoire du développement durable, ce projet est
innovant, associant des expérimentations dans la gouvernance comme
dans les réalisations. En matière d?espaces verts publics, le projet dispose
d?un vaste parc urbain de 10 hectares dans une conception créative
et contemporaine. Le nouveau palais de justice de Paris et la Direction
régionale de la police judiciaire implantés Porte de Clichy, desservis par la
ligne 14 prolongée et le tramway, confèrent à l?opération une envergure
métropolitaine et l?inscrivent dans la perspective des nouvelles places du
Grand Paris.
La réalisation du grand parc urbain de 10 hectares au coeur du projet
a été un élément particulièrement fort de l?aménagement. Il offre une
grande ouverture sur la ville ainsi qu?un espace de rencontre entre les
quartiers aux alentours, et constitue un îlot de fraîcheur au sein d?un
environnement particulièrement dépourvu d?espaces verts. Le parc est
par ailleurs traversé par un réseau de circulations douces dans le prolon-
gement des rues existantes, offrant des liaisons simples et directes entre
les quartiers. Les opérations livrées sont d?une grande qualité et créati-
vité architecturales et allient compacité et cadre de vie agréable en pro-
posant notamment des vues au plus grand nombre. Un atelier de travail
en commun a également été mis en place, réunissant l?ensemble des
maîtres d?ouvrage et architectes, afin de les associer dans un processus
de dialogue. L?objectif : inscrire le projet dans une démarche globale de
conception (articulation entre espaces libres, privés et publics, usages,
organisation morphologique des îlots, etc.).
Clichy-Batignolles
Paris, Paris, Île-de-France
Contexte local Friche ferroviaire
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 54
Superficie espaces verts (ha) 10
Nombre d?habitants prévus 7 500
Nombre de logements 3 400
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 700
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2005-2020
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2020
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Paris, Paris & Métropole
Aménagement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Atelier François Grether, agence
Jacqueline Osty, Omnium Général
Ingénierie (VRD), Inddigo / TRIBU,
Une autre Ville (AMO pilotage
environnemental)
Acteurs APUR, Bouygues Immobilier,
Bouwfonds Marignan, COGEDIM,
DRPJ, EMERIGE, EPPJP, RATP,
SAEMES, SNCF / RFF, STIF
©
C
ER
EM
A
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es
al
eu
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 43
Engagement 10
Valoriser le patrimoine,
l?histoire et l?identité
du site et de ses habitants
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels acteurs mobiliser
localement pour identifier et
accompagner les évolutions
du patrimoine??
Comment les mobiliser en amont
des phases de conception pour
contribuer à une progression
largement partagée des enjeux??
Quelles sont les conclusions de
l?arpentage du site, quels éléments
de perception apporte-t-il sur
le patrimoine des lieux??
Qu?induisent les pratiques
socio-culturelles localement, en
termes de programme opérationnel,
de circuits courts fonctionnels
(commerces, services, activités,
équipement, habitat) et de
procédés constructifs (savoir-faire,
matériaux de construction,
plantations)??
Notion 10.1 Identifier les patrimoines locaux
RECOMMANDATIONS
? Mobiliser les acteurs qui
protègent et valorisent
les patrimoines du territoire
(acteurs culturels, acteurs socio-
économiques, services publics,
associations d?habitants, etc.)
dans les phases de diagnostic
et de conception du projet.
? Prendre en compte et s?appuyer
sur les composantes locales :
patrimoines culturels, patrimoines
vivants, arts, traditions, savoir-faire.
Identifier les patrimoines locaux constitue une étape essentielle de la concep-
tion du projet. Chaque site porte les traces de ses modes d?occupation : com-
prendre les différentes adaptations et dynamiques de la ville au fil du temps
permet de s?inscrire dans une continuité au regard des évolutions des besoins
et usages, sans perdre l?identité locale des lieux.
Il est important de mobiliser, dès les prémices du projet, le réseau des acteurs
pouvant contribuer à l?identification d?éléments de patrimoine : services de
l?État dont ABF, CAUE, architectes, paysagistes (dont ACE et PCE), associations
locales, élus, habitants et usagers du territoire, acteurs économiques, etc. Des
acteurs tels que des équipes pluridisciplinaires de concepteurs ou des artistes
peuvent par ailleurs utilement être missionnés.
Consulter, au-delà des documents réglementaires, ceux issus d?archives dépar-
tementales (cartes, photographies, peintures et représentations), voire les écrits
(presse, littérature, etc.), les récits et autres films, renseigne également sur la
culture locale et contribue à sa connaissance.
L?arpentage et la visite de terrain permettent quant à eux une appréhension
sensible du quartier en devenir, révèlent les perceptions (visuelle, sonore, etc.)
concernant les éléments de patrimoine (naturel ou bâti), confirment ou relati-
visent la connaissance théorique des lieux.
Les pratiques sociales, les activités économiques, rituelles ou de loisirs consti-
tuent également des éléments de patrimoine (patrimoines culturels, patri-
moines vivants, arts, traditions, savoir-faire) sur lesquelles s?appuyer pour
favoriser le dynamisme urbain.
44 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels éléments de patrimoine
existants sont intégrés au projet
(patrimoine naturel et végétal,
urbain et architectural), et
de quelle manière(restaurés,
transformés, etc.)??
Comment impliquer les habitants
et usagers dans la préservation
et la valorisation du patrimoine??
Comment le projet d?aménagement
s?inscrit-il dans la culture et la mémoire
locales d?hier et d?aujourd?hui??
Comment y contribue-t-il??
Quelles ressources et compétences
mobiliser pour développer l?activité
culturelle??
Quels dispositifs d?accompagnement
pour valoriser le patrimoine culturel
immatériel du territoire??
Notion 10.2 Préserver et valoriser les éléments
patrimoniaux, identitaires et la mémoire du site
RECOMMANDATIONS
? Valoriser le patrimoine
architectural et paysager
(à différentes échelles et de
différentes natures, du plus
quotidien au plus emblématique)
du site dans le projet.
? S?appuyer sur l?histoire et la
mémoire du site et de ses habitants
pour co-construire le projet.
? Mettre en valeur les patrimoines
et paysages culturels, immatériels,
les personnages, les lieux et
les événements historiques dans
une démarche ascendante.
Vectrice d?identité et de reconnaissance, la valorisation des éléments patrimo-
niaux et identitaires comme biens communs fédère la population en offrant
une vision partagée du territoire. Elle favorise la réappropriation des lieux et
entretient une mémoire collective accessible à tous, en s?appuyant sur les
connaissances, la mémoire du site et de ses habitants, les arts et savoir-faire.
Que le patrimoine soit remarquable ou ordinaire, il s?agit d?analyser son poten-
tiel, de prendre soin du déjà-là, d?entretenir ou d?actualiser son usage, de recher-
cher les adaptations et les transformations viables afin de le mettre en valeur
dans son contexte.
Valoriser le patrimoine culturel immatériel constitue par ailleurs un levier d?ac-
tion permettant de donner vie au projet. Il permet de passer du projet urbain à
la création d?un territoire vivant et dynamique qui propose une vie culturelle à
destination de la population.
Puissant levier de cohésion sociale, d?amélioration du cadre de vie et de déve-
loppement économique, le renforcement de la vie culturelle permet de favo-
riser la construction d?une identité locale positive et partagée, qui participe
largement à l?attractivité d?un territoire.
En favorisant le lien social entre les habitants, le dynamisme culturel permet
également d?ancrer la population sur le territoire en lui offrant une plus-value.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 45
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 10
ÉcoQuartier de la Brasserie
Strasbourg, Bas-Rhin, Grand Est
L?ÉcoQuartier de la Brasserie a été initié par la reconversion d?une friche
industrielle abritant anciennement les installations de production et
de conditionnement des Brasseries Kronenbourg. L?arrêt des activités
a conduit à la libération de 3,5 hectares de terrain et permis une recon-
version exemplaire de cette friche industrielle. Le projet d?ÉcoQuar-
tier se situe au coeur du site avec la volonté dès l?amont de répondre à
de multiples objectifs : mixité urbaine et sociale, architecture recher-
chée et intégrée, régulation de la voiture, qualité des espaces publics
et privés, etc. La présence de cavités des anciennes canetteries a été
prise en compte et un parking souterrain mutualisé a été construit. Des
immeubles d?habitations occupent la dalle haute du parking, dégageant
des espaces verts collectifs en pleine terre au coeur des îlots laissant
ainsi disponibles l?espace public aux piétons et aux cyclistes.
L?ÉcoQuartier de la Brasserie a été l?occasion d?un travail important de
valorisation de l?histoire et de l?identité du site. Une fresque rappelant
son histoire a été réalisée par un artiste local et le paysagiste de l?opé-
ration en lien avec les habitants, associés à la réflexion. L?orientation
des bâtiments a été pensée pour offrir des perspectives visuelles sur
l?ancienne église et son parc boisé. Le parc de la noue centrale se pro-
longe avec la houblonnière du projet voisin et met en valeur le bâtiment
historique conservé des brasseries. Les entrées du parking souterrain
mutualisé sont habillées de plaques d?acier corten dans lesquelles sont
découpés des motifs de feuilles de houblon. Les cages d?escaliers qui
débouchent sur les sorties du parking commun ont été dénommées en
souvenir du passé historique du lieu : malt, houblon, brassin.
Contexte local Faubourg
Type de projet Reconversion - Friche
Superficie (ha) 3,6
Superficie espaces verts (ha) 0,8
Nombre d?habitants prévus 1 000
Nombre de logements 450
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 135
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2017-2018
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Eurométropole de Strasbourg, SERS
Maîtrise d?oeuvre du projet
Urbanetic (architecture et urbanisme),
SERUE (VRD), Acte2Paysage
Acteurs Bailleurs sociaux,
promoteurs privés
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46
DÉVELOPPEMENT
TERRITORIAL
DIMENSION 3
11
Contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire
12
Favoriser la proximité
et la diversité des fonctions
13
Optimiser l?utilisation des ressources
et développer les filières locales
et les circuits courts
14
Encourager les mobilités durables
et actives
15
Assurer une transition numérique
responsable au service de l?aménagement
durable
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
47
Le développement territorial est un élément-clé de
l?aménagement du territoire, permettant de soutenir une
économie locale équilibrée et solidaire, tout en répondant
aux défis de la transition écologique et numérique.
Il vise à contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire en favorisant la proximité
et la diversité des fonctions et la création d?emplois sur
l?ensemble du territoire, en tirant parti de ses atouts et
de ses spécificités.
Les acteurs locaux en particulier peuvent contribuer
à renforcer la cohésion territoriale en développant
des projets innovants et en favorisant la participation
citoyenne.
Il s?agit également d?optimiser l?utilisation des ressources
et de développer les filières locales et les circuits courts,
tout en encourageant les mobilités durables et actives.
Enfin, la transition numérique doit être abordée de façon
responsable et en tant que levier au service du projet
d?aménagement durable.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
48 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
Engagement 11
Contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi le projet mobilise-t-il les
savoir-faire, les filières économiques
et les entreprises du territoire??
De quelle manière
la programmation est-elle
complémentaire et non
concurrente des activités
économiques existantes??
Dans quelle mesure la
programmation dynamise-t-elle
le tissu économique existant??
Notion 11.1 Conforter, dynamiser et diversifier
le tissu économique existant
RECOMMANDATIONS
? Anticiper les impacts du projet
sur l?activité économique du
territoire existant, sur l?équilibre
territorial.
? Envisager une programmation
économique complémentaire
et en lien avec les spécificités
du territoire.
Contribuer à une transition économique, locale, sociale et solidaire nécessite
la réalisation d?un diagnostic du tissu économique existant en menant une
réflexion intercommunale sur les enjeux de concurrence territoriale, ainsi que
sur l?impact des nouvelles activités et des nouveaux services. Diverses actions
peuvent être mises en oeuvre, notamment :
? réaliser une cartographie des savoir-faire et des filières économiques du ter-
ritoire ;
? associer les acteurs économiques du site pour recenser leurs besoins et iden-
tifier les impacts positifs ou négatifs du projet (durant le chantier comme en
fonctionnement courant).
Parallèlement au diagnostic, plusieurs actions peuvent être menées pour
conforter et dynamiser l?économie locale :
? aider à la relocalisation temporaire ou définitive des activités impactées par
le projet ;
? adapter les appels d?offres pour favoriser la candidature d?entreprises locales et
de TPE / PME (clauses environnementales dans les marchés publics, choix construc-
tifs, label spécifique, etc.) ;
? apporter des aides directes à la revitalisation des activités existantes (finan-
cement) ou indirectes (prise en compte des besoins dans le projet d?aménage-
ment) ;
? créer des vitrines ou lieux de vente pour la production locale (magasin pro-
ducteur, AMAP, halle, marché, etc.).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 49
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet
d?aménagement permet-il de
soutenir ou de développer
une économie locale, sociale et
solidaire tout au long du projet??
En quoi le projet contribue-t-il
à l?insertion de publics éloignés
du travail??
Comment le projet permet-il
de développer des filières vertes
de construction??
Comment le projet accompagne-
t-il la reconversion des emplois
issus des filières non soutenables??
Notion 11.2 Accompagner et favoriser la création
d?emplois locaux et la reconversion des emplois
issus des filières non soutenables
RECOMMANDATIONS
? Faciliter l?accès à l?emploi lié
au projet, notamment par des
formations et clauses d?insertion.
? Aider à la création d?entreprises,
particulièrement dans l?Économie
Sociale et Solidaire.
? Penser le projet d?aménagement
durable comme lieu
d?expérimentation et laboratoire
d?innovation.
Plusieurs actions peuvent contribuer à accompagner et à générer une écono-
mie locale sociale et solidaire :
? généraliser les clauses d?insertion dans les marchés de travaux ou de services ;
? développer des formations en lien avec le BTP, les autres secteurs liés à l?amé-
nagement voire les futures activités qui vont s?implanter en permettant de pal-
lier la vacance d?emploi sur le territoire ;
? mettre en place des formations ou accompagnements pour les entreprises
intervenant sur le chantier (écoconstruction par exemple) ;
? aider la création d?entreprises et / ou de commerces, particulièrement dans
l?Économie Sociale et Solidaire (ressourcerie, Repair Café, etc.) ;
? favoriser l?émergence d?initiatives citoyennes, à la fois solidaires et au service
de la transition écologique ;
? mettre à disposition des locaux ou terrains aménagés à destination des entre-
preneurs ou des associations et régies de quartiers, des artisans, des services à
la personne, en faveur de l?agriculture locale, etc. ;
? encourager l?activité économique locale (circuits courts, entreprises, produc-
teurs, commerces de proximité).
Le projet peut aussi être l?occasion de mettre en place un laboratoire d?innova-
tion pour les entreprises locales ou un lieu d?expérimentation pour tester de nou-
veaux produits et services, privilégiant des « basses » technologies (low-tech).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202350
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 11
En Ille-et-Vilaine, entre Rennes et Saint-Malo, Langouët est une petite
commune rurale de 600 habitants, fortement engagée depuis une
quinzaine d?années en faveur de l?écologie, au point d?être aujourd?hui
considérée comme un laboratoire en matière de transition environ-
nementale et d?expérimentation locale. L?ÉcoQuartier de Langouët,
construit à partir de matériaux recyclables, biosourcés et locaux,
s?inscrit donc dans une démarche plus globale de redirection écolo-
gique et sociale de l?ensemble des activités présentes sur le territoire.
Parmi ces démarches figurent notamment une école à Haute Qualité
Environnementale et une cantine proposant des produits intégrale-
ment biologiques. Les habitants de l?ÉcoQuartier et du village, large-
ment associés aux décisions publiques, inscrivent ainsi leurs actions
dans un territoire préservé, sobre et engagé qui, progressivement, se
dirige vers la résilience sociale et environnementale.
Langouët et son ÉcoQuartier soutiennent de façon exemplaire la tran-
sition économique, sociale et solidaire de leur territoire. Les projets
d?aménagement du village breton ont été pensés et appuyés par les
habitants afin de revitaliser le centre-bourg existant et de favoriser une
activité économique locale selon un principe d?urbanisme circulaire à
impact positif. L?élaboration de l?ÉcoQuartier a mobilisé le savoir-faire
des filières économiques régionales et des entreprises locales, notam-
ment autour de l?utilisation de matériaux recyclables, biosourcés et en
circuits courts. Pour accompagner les activités économiques vers un
modèle plus social et solidaire, la commune et les citoyens ont mis en
place un café participatif, une voiture électrique partagée et créé des
jardins-potagers. Plusieurs emprunts citoyens ont permis de financer des
projets solidaires au service de la transition écologique, comme un jardin
de formation à la permaculture. Une pépinière d?Économie Sociale et
Solidaire (ESS) héberge par ailleurs plusieurs projets d?intérêt local.
Contexte local Hameau
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 0,9
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 80
Nombre de logements 35
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 6
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2017?/?2018
Labellisation EQ Étape 2
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Langouët
Maîtrise d?oeuvre du projet
EPEA France, Menguy Architectes,
ERIGER, CYBEL, Dervenn
Acteurs EPF, BRUDED
ÉcoQuartier de Langouët
Langouët, Ille-et-Vilaine, Bretagne
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 51
Engagement 12
Favoriser la proximité
et la diversité des fonctions
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
une programmation diversifiée
des fonctions et des équipements
nécessaires au bon fonctionnement
du quartier (activités, commerces,
services, équipements scolaires,
sportifs, culturels, etc.)??
De quelle manière le projet
propose-t-il des fonctions
complémentaires qui permettent
un équilibre à l?échelle du quartier,
de ses abords et du territoire
(habitat, équipements, services,
commerces, activités?)??
Dans quelle mesure le projet prend-il
en compte, dans sa démarche
de programmation, les locaux
et centres commerciaux et?/?ou
d?activité existants en vue
d?une requalification et?/?ou
d?un renouvellement??
La programmation en logements
est-elle en adéquation avec l?offre
d?emplois sur le territoire (revenus,
nombre?)??
Notion 12.1 Renforcer la mixité fonctionnelle
RECOMMANDATIONS
? Proposer, en cohérence avec
la stratégie de développement
du territoire, plusieurs fonctions
urbaines pour répondre aux besoins
des habitants et usagers.
? Intégrer des fonctions
complémentaires permettant
un équilibre à l?échelle du quartier,
de ses abords et du territoire :
mobilité, habitat, commerces,
équipements, services, activités
culturelles et de loisirs.
Contribuer à l?équilibre des fonctions urbaines à l?échelle du quartier, de ses
abords et du territoire, favorise l?intensité urbaine, répond aux besoins quo-
tidiens des habitants ou usagers actuels et futurs, et contribue à une ville
des courtes distances. Une connaissance fine des fonctions existantes et des
besoins est nécessaire pour une démarche de programmation. Des études
prospectives peuvent être réalisées :
? une étude sur les besoins en équipements scolaires, culturels et sportifs ;
? une enquête auprès des habitants et des usagers sur leurs attentes en matière
de services, notamment de santé.
Le projet est une opportunité de favoriser l?attractivité économique locale par dif-
férentes actions :
? assurer le portage des locaux d?activité (commerces, ateliers, etc.) par la col-
lectivité ou un tiers investisseur ;
? soutenir la mise en place de commerces alternatifs (magasin fermier, solidaire,
coopératif, associatif) ;
? favoriser la création d?un marché dans le projet d?aménagement (place, halle,
etc.) ;
? soutenir la création de tiers-lieux ;
? créer des équipements polyvalents / multifonctionnels ;
? proposer des projets de requalification de friches commerciales pour contri-
buer au renouvellement urbain et lutter contre l?artificialisation des sols.
52 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet contribue-t-il
au territoire des courtes distances??
Les différentes fonctions urbaines
sont-elles accessibles par tous dans
le quartier et sa périphérie??
Les localisations des nouvelles
activités du projet sont-elles
en cohérence avec le réseau
de transports collectifs et les
polarités existantes ou projetées??
De quelle manière le projet
envisage-t-il le déplacement de
l?offre vers la demande??
Notion 12.2 Faciliter l?accès aux différentes fonctions
RECOMMANDATIONS
? Créer un territoire des courtes
distances notamment en facilitant
l?implantation et / ou la mobilité des
commerces et services ambulants.
? Travailler l?accessibilité des aménités
du quartier (loisirs et services), ainsi
que des pôles d?emploi.
? Faciliter les liaisons entre les
différentes fonctions du territoire.
Pour mettre en oeuvre le principe de la ville des courtes distances, tout en
s?adaptant au contexte territorial et en minimisant l?exposition des populations
aux polluants et nuisances inhérents à la mixité fonctionnelle, plusieurs actions
peuvent être mises en place dans le cadre du projet :
? proposer des solutions de transports collectifs, de transports à la demande
ou de covoiturage, et des cheminements piétons et vélos pour accéder aux
services, aux loisirs et aux emplois ;
? faciliter l?implantation et / ou la mobilité des commerces et services ambu-
lants ;
? proposer des solutions favorisant le télétravail (espace de travail partagé,
développement de la fibre, adaptation des logements, etc.) ;
? réaliser une étude sociologique pour adapter les conditions d?accès (horaires,
tarifs, critères, etc.), des services, commerces et équipements, aux besoins des
habitants et usagers du quartier ;
? considérer les besoins et les capacités financières des habitants en réalisant
une étude de programmation pour optimiser l?accessibilité des commerces.
53Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 12
ÉcoQuartier Les Lavandières
Changé, Mayenne, Pays de la Loire
La première étape de requalification du centre-ville de l?ÉcoQuartier
de Changé prend place sur l?emprise d?un bâti ancien très dégradé.
Des bâtiments résidentiels ont été érigés le long d?une place urbaine
et du parvis de l?église, à proximité d?un ruisseau réaménagé. Situé sur
un carrefour à fort trafic offrant des commerces et des services, ce
projet a permis d?apaiser la circulation, de matérialiser le centre-ville
et de renforcer l?activité commerciale et de service de cette centralité.
Il offre également des logements attractifs et bien situés. Les espaces
publics s?inscrivent dans un réseau global de déplacements doux et
leur aménagement propose un cadre de vie agréable et accessible. Les
prochaines phases permettront de diversifier encore davantage l?offre
de logements et de poursuivre le réaménagement des espaces publics.
La requalification du centre-ville de Changé a été l?occasion d?un travail
collaboratif de la collectivité avec les commerçants locaux. L?objectif :
renforcer l?offre commerciale de proximité en complémentarité avec
les pôles existants, tout en gérant la temporalité du projet pour les com-
merçants en place ou souhaitant s?installer. Cette approche a nécessité
une forte implication de la collectivité, y compris financière, afin notam-
ment d?assurer le portage des surfaces commerciales, de proposer des
solutions de relogement temporaires ou transitoires et de prospecter
activement. En complément des commerces et services, une place a
été réalisée en centre-ville afin d?accueillir un marché hebdomadaire et
des vendeurs ambulants. Le marché public de travaux a fait l?objet d?un
allotissement, notamment un lot ferronnerie, auquel des entreprises
locales ont eu l?opportunité de répondre.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 0,33
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 200
Nombre de logements 49
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 28
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2014-2016
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2016
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de Changé et Méduane
Habitat
Maîtrise d?oeuvre du projet
Agence Rhizome architectes,
Cabinet Guillemot (Paysagiste),
Ouest Structures, BET, IcoFluides
Acteurs CAUE 53, ADEME
54 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
Engagement 13
Optimiser l?utilisation des ressources
et développer les filières locales et les circuits courts
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment la conception du projet
(aménagements et bâtiments)
permet-elle de limiter la
consommation des ressources??
Quels choix de mise en oeuvre
opérer pour optimiser l?usage
de matériaux biosourcés,
géosourcés locaux ou issus
du réemploi (déconstructions)??
Comment le patrimoine
architectural, naturel et construit
est-il mobilisé dans le projet??
Notion 13.1 Économiser les ressources
RECOMMANDATIONS
? Étudier en priorité le potentiel
de changement de destination
et de réhabilitation des bâtiments
existants avant d?envisager
une démolition.
? Privilégier la réversibilité,
la rénovation ou réhabilitation
des bâtiments existants,
les constructions légères et
la réduction des terrassements.
? Recourir aux matériaux locaux
biosourcés, géosourcés et / ou
de réemploi pour les projets de
construction et d?aménagement.
La mise en place d?une démarche d?écoconception permet de favoriser la réduc-
tion des coûts : économies de matière (par allègement) ou d?énergie consom-
mée, optimisation de la chaîne logistique (taux de remplissage des camions,
chaîne du froid), moindres quantités de déchets à traiter.
L?écoconception consiste à prendre en compte l?environnement dès la concep-
tion d?un produit ou d?un service, et à chaque étape de son cycle de vie, de la
fabrication au recyclage.
Elle vise à économiser les différentes ressources du territoire, telles que les maté-
riaux, l?eau et l?énergie. Pour cela, différentes pratiques peuvent être adoptées
telles que la préservation du patrimoine naturel, la réversibilité des structures,
le changement de destination de l?existant, la rénovation et la réhabilitation de
bâtiments ou structures existants, le réemploi des matériaux sur place ainsi que
des déblais / remblais avec le choix de procédés constructifs allégés, l?utilisation
de matériaux recyclés, géo et / ou biosourcés, une conception bioclimatique
des bâtiments, la valorisation de matériaux issus de démolitions sélectives, la
valorisation environnementale des sols, le recours à des techniques économes
en eau ou à des technologies simples demandant peu d?entretien, facilement
réparables et recyclables, ainsi que la mutualisation des matériels et services.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 55
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
les circuits courts, les modes de
production, de transformation
voire de consommation locaux??
Comment les dispositifs
d?accompagnement vers l?emploi
et la formation prennent-ils
en compte les filières locales et
leurs potentiels de développement??
Quelles sont les synergies mises en
place entre acteurs des secteurs
public et privé du territoire pour
développer l?utilisation de
ressources locales dans le projet??
Notion 13.2 Déployer l?économie circulaire
RECOMMANDATIONS
? Identifier les savoir-faire locaux
et les filières du territoire pour
réduire les impacts des transports,
et les valoriser.
? Penser l?Écologie Industrielle
et Territoriale (EIT) : mutualisation
de ressources avec d?autres acteurs
du territoire (autres chantiers
par exemple, entreprises du BTP
à proximité, etc.).
? Contribuer à dynamiser les filières
locales de réemploi biosourcées,
géosourcées et de réemploi,
ansi que les circuits courts et / ou
de proximité.
L?économie circulaire et l?écologie industrielle renvoient à des démarches
systémiques visant à une consommation sobre et responsable des ressour-
ces naturelles.
Dans le cadre d?un projet d?aménagement durable, une approche en économie
circulaire place le foncier comme première ressource à préserver.
Elle s?appuie sur des modes d?organisations interacteurs économiques d?un
même territoire et vise l?attractivité de celui-ci.
L?économie circulaire permet d?identifier, de favoriser et de soutenir notam-
ment le développement des filières biosourcées et géosourcées locales, l?usage
des espèces végétales vernaculaires, des matériaux économes en énergie grise
à l?échelle du quartier et au de-là.
En effet, ces derniers contribuent au développement économique du territoire
et des savoir-faire locaux, tout en réduisant les déplacements afin de s?inscrire
dans une logique de circuit court.
Il est important de favoriser les synergies, la mutualisation d?espaces ou de bâti-
ments en lien avec les futurs usagers et gestionnaires, la mise en place de lieux
à l?échelle du quartier pour des pépinières d?entreprise, des espaces de travail
partagés ou des usages variés de type tiers-lieux, biocantines, etc.
La mutualisation d?usage ou d?installation à l?échelle du projet va permettre de
limiter l?utilisation de ressources, comme les réseaux de chaleur ou les espaces
partagés.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202356
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 13
Contexte local Hameau
Type de projet Nouveau quartier
Superficie (ha) 0,77
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 50
Nombre de logements 12 + 1 local
commercial
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 7
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2000-2009
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de La Rivière
Maîtrise d?oeuvre du projet
M. Yves Perret (maître d?oeuvre),
Atelier F4 & Verdance (études
préalables)
Acteurs ADEME, AGEDEN,
AMO développement durable,
CAUE, Chambre du commerce
et de l?industrie, DDE, PNR
L?ÉcoQuartier Coeur de bourg vise à créer un développement cohérent
et de qualité au coeur de la commune rurale de La Rivière, avec pour
objectif d?accroître son activité et son attractivité. Le projet comprend
la création de services, d?espaces publics et de logements, ainsi que le
renforcement de l?hébergement touristique et des activités de plein air
dans la région. Il a été développé en mettant l?accent sur la qualité de l?en-
vironnement et l?utilisation des ressources locales, tout en gérant le risque
d?inondation. Le projet a permis de créer une nouvelle place communale
et d?installer deux hébergements touristiques. Le projet met l?accent sur
l?importance des pratiques de construction durables et des espaces de
vie confortables, ainsi que sur l?utilisation de matériaux résilients et de
systèmes énergétiques efficaces.
Coeur de bourg se distingue par son exemplarité dans le renforcement
des filières économiques locales. Les artisans ont été formés aux chan-
tiers d?écoconstruction et la filière bois locale a très fortement ali-
menté la construction des bâtiments de l?ÉcoQuartier. Le chantier a
par ailleurs servi de lieu d?expérimentation pour les entreprises locales
qui se sont appropriées l?usage de matériaux écolabellisés (béton de
chanvre, isolation en ouate de cellulose, dalles en bois, etc.) L?opération
a obtenu le Prix de la Biennale de l?habitat durable de Grenoble 2008
et le Prix national arturbain.fr 2009.
Coeur de bourg
La Rivière, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 57
Engagement 14
Encourager les mobilités
durables et actives
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi l?aménagement du projet
favorise-t-il les modes actifs de
déplacement (piétons, vélos,
trottinettes?) au sein du quartier
et à ses abords?? Comment les
citoyens et usagers sont-ils associés
à ces choix??
Quels dispositifs mettre en place
pour réduire le trafic motorisé et
pour modérer les vitesses??
Quels dispositifs de stationnement
mettre en oeuvre pour diminuer
la place de la voiture et favoriser
l?usage du vélo dans le projet??
En quoi les espaces publics
favorisent-ils la régulation
des vitesses et de la circulation,
la cohabitation des modes de
déplacement et l?accessibilité
pour tous??
Notion 14.1 Aménager l?espace public au bénéfice
des mobilités durables et actives
RECOMMANDATIONS
? Dimensionner les voies destinées
à la circulation automobile
au minimum (ce qui peut
nécessiter une refonte du plan
de circulation), modérer la vitesse
par l?aménagement pour une
meilleure cohabitation des usages
et favoriser la sécurité des usagers
vulnérables.
? Prévoir des cheminements
piétons et vélos sûrs, confortables,
accessibles à tous et cohérents
avec les maillages existants ou
projetés.
? Réguler le stationnement
motorisé et non motorisé (vélo,
engin de déplacement personnel
motorisé (EDPM)) et mutualiser
des espaces de stationnement privés
pour désengorger l?espace public,
limiter l?imperméabilisation et
prévoir la mutabilité des places
de stationnement.
Favoriser l?utilisation des modes de déplacement alternatifs à la voiture consti-
tue pour les collectivités non seulement un levier d?amélioration de la qualité du
cadre de vie de leurs habitants, mais répond également à des enjeux politiques
en matière d?environnement, de santé publique, d?économie et de lien social.
Tout particulièrement, les cheminements piétons et vélos doivent être sûrs,
confortables, signalés, accessibles à tous et cohérents avec les maillages exis-
tants ou projetés. Toutes ces réflexions doivent associer collectivités, autorités
organisatrices de la mobilité, opérateurs de transport, gestionnaires de voirie,
usagers et riverains.
Plusieurs dispositifs permettent de réduire la place de la voiture en ville et
bénéficient de facto aux mobilités durables et actives : dimensionner les voies
destinées à la circulation motorisée au minimum ou modérer la vitesse par
l?aménagement pour une meilleure cohabitation des usages. Parmi les autres
mesures possibles, favoriser les voies ouvertes au trafic automobile permettant
une cohabitation entre les différents modes de déplacement, comme les zones
30 ou les zones de rencontre, contribue à un usage partagé et apaisé de la voirie
dans les cas où le trafic motorisé est suffisamment faible. Sinon, des aménage-
ments spécifiques séparés sont à envisager.
L?emprise de la voiture peut également être contrôlée en dimensionnant ou en
intégrant la mutabilité / la mixité d?usage du stationnement (ex. pour le transfor-
mer temporairement en site d?événements).
58 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles offres alternatives, quels
services de transport proposer??
Comment ont été évalués les
besoins de mobilité des citoyens
et usagers du quartier?? Quels
aménagements proposer pour
répondre à ces besoins, en
particulier d?électromobilité??
Comment l?aménagement
intègre-t-il l?offre de services de
mobilités partagées pour favoriser
l?alternative à la voiture individuelle??
Notion 14.2 Prévoir les équipements nécessaires
aux changements de pratiques
RECOMMANDATIONS
? Réaliser des stationnements
vélos sécurisés et les prioriser
aux abords des équipements,
activités, commerces et prévoir
du stationnement vélo sécurisé
suffisamment dimensionné dans
les immeubles de logements et
dans les établissements recevant
du public.
? Faciliter l?accès aux services
de covoiturage, d?autopartage
ou de vélopartage par des
équipements adaptés.
? Anticiper les besoins en bornes
de recharge et les infrastructures
associées pour véhicules électriques.
Outre les aménagements de voirie et de l?espace public, divers équipements
sont à réaliser afin d?assurer le développement des modes alternatifs au véhi-
cule individuel. Il est primordial d?anticiper les besoins de tous les publics à
chaque étape de l?élaboration du projet. Pour cela, il convient de traiter les
mobilités des personnes à mobilité réduite (PMR), les mobilités actives, les
transports collectifs et les mobilités partagées comme des thématiques trans-
versales. En parallèle, il est nécessaire de minimiser les temps et distances de
déplacement, notamment en assurant la perméabilité du quartier aux chemi-
nements piétons.
Le recours à des véhicules électriques ou hybrides rechargeables nécessite l?ins-
tallation d?infrastructures de recharge en nombre suffisant, accessibles à tous
(y compris PMR), avec des dispositifs performants et dans des lieux identifiés
pour les usagers.
L?accès aux services de covoiturage, d?autopartage électrique ou non ou encore
de vélopartage, est facilité par des équipements adaptés. La planification de
places de stationnement réservées au covoiturage, à l?autopartage ou aux véhi-
cules propres permet de promouvoir ces usages (mutualisation par regroupe-
ment ou foisonnement).
De la même manière, la réalisation de stationnements vélos sécurisés, dimen-
sionnés pour différents modèles (ex. vélos cargos, etc.) et installés en priorité
aux abords des équipements, activités et commerces, encourage à se déplacer
par des modes actifs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 59
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels aménagements réaliser
pour faciliter l?intermodalité??
Comment l?aménagement
intègre-t-il l?offre de transports
collectifs??
Quels services proposer
aux usagers pour faciliter
les déplacements en transports
collectifs??
Notion 14.3 Connecter le quartier aux transports
publics pour améliorer l?intermodalité
RECOMMANDATIONS
? Aménager des cheminements
piétons et vélos reliant aux arrêts
de transports publics les plus
proches et / ou les plus attractifs
(ex. gare).
? Anticiper la meilleure desserte
interne et externe en transports
en commun (faciliter la circulation
et en adaptant les horaires aux
besoins).
L?intermodalité vise à permettre aux usagers de disposer d?une offre globale
de mobilités alternatives à la voiture individuelle, en combinant différents ser-
vices. Cette pratique s?inscrit dans les objectifs de décarbonation des mobilités
portés à l?échelle nationale et locale, notamment avec le développement des
Zones à Faibles Émissions-mobilité (ZFE-m).
Dans ce bouquet de services complémentaires, les transports publics occupent
une place structurante afin de rendre effectif le droit à la mobilité pour tous.
Les usagers qui disposent d?alternatives possibles à la voiture individuelle
attendent un bon niveau de service des transports publics, sans quoi ils ne
sont pas enclins à les prendre. La qualité de ce service s?apprécie au regard
du maillage du réseau, de la fiabilité, de la fréquence, de l?amplitude horaire,
du confort, de la sécurité et de la sûreté. Afin d?anticiper la meilleure desserte
en transport public, les réflexions sur l?organisation du service attendu doivent
associer les parties prenantes, jusqu?aux gestionnaires d?infrastructures et de
voirie ainsi que les usagers.
L?accès doit être facilité grâce à des cheminements piétons accessibles et à des
aménagements cyclables (y compris stationnements vélos) vers les arrêts de
transports publics les plus proches, les plus attractifs ou générant le plus de flux.
De façon plus générale, un espace dédié aux services de mobilité peut être
prévu au sein ou en bordure du projet pour rassembler différents services de
mobilité.
60 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels dispositifs mettre en place
pour faciliter une logistique
urbaine plus sobre??
Quels aménagements opérer pour
faciliter les livraisons et réduire
leur empreinte sur la circulation??
Quels services urbains et?/?ou modes
de déplacement pour décarboner
le premier et le dernier kilomètre??
Notion 14.4 Organiser la logistique urbaine
RECOMMANDATIONS
? Identifier les besoins en espaces
de stockage et de livraison en B
to B des activités économiques
(commerces, artisans du quartier)
et en B to C (livraisons des
habitants), et proposer des solutions
de mutualisation : espaces de
logistique urbaine, entrepôts partagés
ou permettant d?effectuer des
livraisons en horaires décalés (mise
en place de SAS dans les commerces),
véhicules utilitaires partagés, etc.
? Construire une réglementation
de la circulation, du stationnement
et des aires de livraison, favorisant
les modes les moins énergivores
et carbonés à la tonne transportée
(les poids lourds et les vélos
cargos) ; prévoir les espaces de
livraison favorisant ces usages.
? Prévoir des points de relais pour
le B to B et le B to C, facilement
accessibles pour les livreurs et
singulièrement en vélos-cargo
et les clients, facilitant l?essor de
l?économie circulaire (consignes,
récupération de palettes
standardisées, logistique inversée).
Essentielle au fonctionnement de la ville, la logistique urbaine doit permettre
d?optimiser les livraisons en assurant la gestion du dernier kilomètre, autrement
dit en limitant les nuisances pour les riverains ainsi que les impacts environne-
mentaux.
Dans cette perspective, il faut mettre en place des dispositifs visant à favoriser
la circulation et le stationnement des véhicules de livraison les moins carbonés :
par un réseau de pistes cyclables, un maillage des espaces de logistique urbaine
et une stratégie adaptée des aires de livraison éventuelles. De la même manière,
en fonction de la nature des activités prévues, il peut être intéressant de penser
les besoins en entreposage à l?échelle du quartier, afin de pouvoir effectuer les
livraisons du dernier kilomètre en mode actif. Pour certaines activités spéci-
fiques, l?intégration d?un espace nécessaire à la livraison sur l?espace privé sera
proposée à la réflexion.
De même, prévoir des points de relais, voire des consignes, facilement acces-
sibles pour les livreurs (en premier lieu les vélos cargos) et accessibles à tous les
usagers (y compris PMR) permet d?assurer un bon niveau de service.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 61
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels dispositifs d?accompagnement
et d?information proposer pour
faciliter les déplacements et
améliorer la lisibilité du quartier??
Quels aménagements mettre
en place pour l?accompagnement
et?/?ou la sensibilisation aux modes
alternatifs??
Quels dispositifs de sensibilisation
pour accompagner les changements
de comportement vers
des pratiques de mobilité plus
vertueuses??
Notion 14.5 Promouvoir l?usage des modes
alternatifs au «?monovoiturage?»
RECOMMANDATIONS
? Mettre en évidence, les modes
alternatifs par la signalétique
(ex. indiquer les temps de trajets
à pied ou la direction des arrêts
de transports en commun).
? Sensibiliser et inciter les usagers
et habitants aux pratiques
de mobilité vertueuses.
L?un des obstacles à l?intermodalité et à l?utilisation des modes alternatifs à la
voiture individuelle est la méconnaissance des usagers concernant l?offre de
service sur le territoire.
Une signalisation adaptée permet de faciliter et d?inciter à la marche, au vélo,
aux transports collectifs et aux mobilités partagées. Elle indique, par exemple,
les temps de trajets à pied ou la direction des arrêts de transport en commun.
Au-delà des aménagements, l?accompagnement sur le terrain des usagers et
des habitants constitue un axe-clé. Cela passe par des animations de proximité
qui visent à faire évoluer les pratiques des habitants et usagers vers des mobili-
tés plus vertueuses.
Ce passage à l?action a besoin d?être soutenu par des actions de sensibilisation,
par exemple sur les coûts réels et les externalités de la voiture individuelle ainsi
que les économies possibles. Il doit en outre être accompagné par des actions
de formation aux changements de pratiques telles que l?apprentissage du vélo,
l?utilisation des transports collectifs, des services d?autopartage, de vélos en
libre-service ou de trottinettes. Ces animations peuvent permettre également
de constituer une charte collective des habitants et de leurs engagements pour
une mobilité plus vertueuse.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202362
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 14
L?ÉcoQuartier Cannes Maria est situé sur la friche industrielle d?une
ancienne usine GDF, qui constitue une coupure entre les quartiers
populaires du secteur Prado-République et le quartier résidentiel de
la Californie. Redonner une urbanité à ce secteur et servir de couture
entre ces deux quartiers stratégiques représentait l?enjeu majeur pour
la ville. L?opération comprend la production de logements (au tiers du
locatif social), la création de services et de commerces ainsi que des
équipements publics intergénérationnels. Un parc de stationnement a
été construit en sous-sol, en partie ouvert au public afin de compenser
les places supprimées en surface dans le cadre du réaménagement des
espaces publics du quartier. S?inscrivant dans un quartier à l?identité
forte, ce projet urbain met l?accent sur les enjeux de mixité sociale et
de vie culturelle.
Avant de développer une offre de mobilité spécifique au quartier, le
projet Cannes Maria traite les besoins de déplacements par la concep-
tion urbaine. D?une part, l?emprise de la friche initiale coupait la ville,
son désenclavement permet de relier les quartiers. D?autre part, la
desserte en transports en commun existait déjà aux alentours et la
programmation urbaine en a optimisé l?utilisation. Ensuite, la création
de services au sein du quartier permet d?accentuer l?offre de proximité
pour le quartier et ses environs, dans une logique de la « ville du quart
d?heure ». Enfin, l?îlot Cannes Maria lui-même est exclusivement dédié
aux modes actifs, avec un mail et une promenade verte le traversant.
Pour ce faire, les besoins de stationnement sont concentrés sur un
parc souterrain, et un arrêt de bus a été implanté à l?entrée du quartier,
au niveau de la nouvelle place Commandant Maria.
Contexte local Centre
Type de projet Reconversion - Friche
Superficie (ha) 1,6
Superficie espaces verts (ha) 0,5
Nombre d?habitants prévus 550
Nombre de logements 270
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 84
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2008-2016
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Cannes
Maîtrise d?oeuvre du projet
Vinci Immobilier et société Batim,
AMO Pastorello, EURECA, Cabinet
Fournet, CITADIA, IOSIS
Acteurs AMIREAN, association
du quartier, Conseil départemental
des Alpes-Maritimes, RTE & ERDF
(déplacement du transformateur
électrique), SIAUBC (réseaux
et bassin de rétention des eaux
pluviales)
Cannes Maria
Cannes, Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d?Azur
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 63
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet intègre-t-il
l?enjeu de sobriété numérique
pour répondre aux usages
numériques souhaités??
Les solutions identifiées
répondent-elles à des besoins
spécifiques des habitants pour
améliorer leur qualité de vie??
Comment le projet prend-il
en compte les enjeux de santé
publique et d?intégration paysagère
et urbaine dans le cadre du
déploiement des réseaux
numériques??
Les solutions identifiées ont-elles
fait l?objet d?une analyse de cycle
de vieglobale??
Quel est le niveau de couverture
du réseau mobile sur le site??
Le projet réunit-il les conditions
du déploiement, dans le cadre de
la reprise des réseaux notamment,
d?un débit correspondant
aux besoins identifiés??
Engagement 15
Assurer une transition numérique
responsable au service
de l?aménagement durable
Notion 15.1 Mettre la technologie numérique
au service d?un territoire plus durable
RECOMMANDATIONS
? Mesurer l?impact socio-
environnemental des services
numériques afin de maîtriser
et d?organiser leur déploiement.
? Viser des solutions utiles,
accessibles et sobres en
ressources, technologiquement
proportionnées, soutenables
et respectueuses de la vie privée
des citoyens.
L?impact socio-environnemental des services et solutions numériques doit être
mesuré afin de maîtriser et d?organiser leur déploiement.
Un numérique sobre et responsable invite à en limiter les impacts négatifs, pour
répondre aux défis climatiques et environnementaux.
L?utilité du numérique doit être interrogée en visant des solutions utiles, acces-
sibles et sobres en ressources, technologiquement proportionnées, soutenables
et respectueuses de la vie privée des citoyens.
La limitation de l?impact environnemental du numérique tout au long de son
cycle de vie doit être recherchée, comme la volonté de minimiser ses impacts
tout en maximisant son potentiel.
Il faut préserver le territoire des vulnérabilités éventuelles liées au numérique et
interroger le besoin afin d?y répondre de façon adaptée.
La réduction de la consommation énergétique, des ressources, des matériaux,
des sols, de l?eau, au service d?une meilleure qualité de vie dans le respect des
limites biophysiques est primordiale.
64 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment mobiliser le numérique
dans le projet pour renforcer
la diffusion des connaissances sur
le territoire?? Comment s?en servir
pour nourrir des liens de solidarité
entre les habitants et améliorer
leur accès aux services urbains,
tout en en facilitant les échanges??
Comment développer
une connaissance des pratiques
numériques et des attentes
des habitants et usagers??
Comment intégrer au projet
la conception de lieux accessibles
et ouverts, favorisant l?inclusion
numérique de tous?? Comment
organiser le fonctionnement
de ces lieux??
Comment rendre les dispositifs
numériques robustes et
soutenables face aux aléas et aux
vulnérabilités (énergie et rupture
d?approvisionnement, cyberattaque,
etc.)??
Notion 15.2 Utiliser les réseaux numériques
au service du projet
RECOMMANDATIONS
? Développer le numérique pour
sensibiliser aux caractéristiques
environnementales du territoire,
diffuser les connaissances.
? Tirer parti du numérique pour
favoriser l?accès aux services
urbains, le lien social, la diffusion
des informations relatives aux
activités culturelles et de loisirs.
? Communiquer sur la vie
des instances de participation
citoyenne et s?assurer de la diversité
des canaux de concertation pour
prendre en compte les publics
éloignés des outils numériques.
L?essor du numérique est une opportunité au service des villes durables. Les
outils numériques peuvent accompagner la transformation résiliente des ter-
ritoires afin d?améliorer les qualités environnementales, développer la connais-
sance, faciliter l?accès aux services, favoriser le lien social et l?implication
citoyenne.
Les enjeux de santé publique, ceux d?intégration paysagère et urbaine, comme
la notion de services rendus doivent être pris en compte lors du développe-
ment des réseaux numériques. Il faut également rechercher à assurer un numé-
rique responsable et la résilience du projet / territoire.
Le numérique doit être adapté au service de l?anticipation pour une meilleure
connaissance des spécificités et évolutions de son territoire et pour un projet
durable, notamment afin de mieux faire face aux mutations environnemen-
tales et à leurs effets systémiques. Il doit être utilisé au service d?une meilleure
connaissance des spécificités naturelles, géologiques, biophysiques et des évo-
lutions climatiques du territoire afin d?adapter au mieux le projet.
Le numérique doit servir d?outil-support au projet territorial :
? encourager des dispositifs numériques de participation et de concertation
citoyennes ;
? prendre en compte les publics éloignés des outils numériques en s?assurant de
la diversité des canaux de concertation, voire en les accompagnant.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 65
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
l?accès au numérique pour tous
(sensibilisation, formation)??
Comment prendre en compte
dans le projet les nouvelles
modalités de travail diminuant
les déplacements??
Quelles sont les offres existantes
sur le territoire en termes de lieux
dédiés aux usages numériques
(tiers-lieux, fab lab, espaces de
travail partagés, etc.)?? Comment
le projet peut-il s?y intégrer,
le développer si besoin, dans
une logique de création de liens
et d?accès aux services sociaux,
culturels, administratifs, etc.??
Notion 15.3 Répondre aux besoins exprimés
ou identifiés
RECOMMANDATIONS
? Accompagner les habitants et
usagers à la transition numérique.
? Mettre en place des solutions de
télétravail et faciliter l?implantation
d?entreprises innovantes,
de laboratoires de fabrication
numérique (fab lab) ou de lieux
d?accueil pour l?accompagnement
au numérique.
L?innovation et le développement de services numériques peuvent être utile-
ment et justement favorisés en proposant possiblement :
? des conciergeries numériques ;
? des aménagements d?espaces de travail partagés ;
? des conditions favorisant le télétravail ;
? des supports informatiques d?échange de services, de compétences et savoir-
faire ;
? un système de covoiturage via une application numérique, etc.
Les synergies avec les circuits courts, les réseaux de transports et les activités de
service à la personne sont favorablement mis en place.
Les services qui répondent aux besoins spécifiques et aux aptitudes numé-
riques des habitants et qui améliorent leur qualité de vie ont vocation à être
développés.
L?idée est de faire du numérique un levier d?insertion professionnelle, d?inclu-
sion et de participation citoyenne pour améliorer et favoriser l?accès aux ser-
vices urbains, le lien social, la diffusion des informations relatives aux activités
culturelles et de loisirs.
Les innovations qui fonctionnent et qui ont fait leurs preuves doivent être sou-
tenues et optimisées avant de penser à en développer de nouvelles.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202366
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 15
L?ÉcoQuartier Bel Air - Grands Pêchers de la ville de Montreuil se situe
dans un quartier d?habitat social composé de grands ensembles
construits entre les années 1950 et 1970. Relativement éloigné du
centre-ville, le site a bénéficié de l?intervention de l?ANRU, qui a soutenu
la démolition de 300 logements sociaux et la réhabilitation de 1 000
autres, ainsi que le réaménagement des espaces extérieurs. Le projet
a été conçu de manière à pouvoir accueillir la future desserte en trans-
ports en commun, et un Plan Stratégique Local a été mis en place pour
poursuivre la dynamique enclenchée par l?ANRU. L?opération Bel Air -
Grands Pêchers est exemplaire en raison de la qualité de l?implication
de la commune, du travail effectué sur les espaces publics et privés, de
la concertation avec les habitants, de la mixité sociale et fonctionnelle,
de la gestion alternative des eaux de pluie et de la préservation de la
biodiversité.
L?ÉcoQuartier a également fait preuve d?exemplarité dans l?utilisation du
numérique. Tout d?abord, un groupe Facebook a été créé pour faciliter
la communication et la concertation sur le projet de rénovation urbaine
et sociale, permettant d?atteindre notamment les jeunes souvent exclus
de ces processus. La page dédiée au projet sur le site de la ville a par
ailleurs été enrichie de nombreux documents en open data, favorisant
ainsi l?accès à l?information pour les habitants et les usagers. Des forma-
tions à la vidéo et à la communication numérique ont été proposées
par l?association « Permis de vivre la ville » et des ateliers de formation
au numérique sont organisés par la maison de quartier. Enfin, l?applica-
tion Sesam a été créée pour permettre aux habitants et aux usagers de
signaler les incidents sur l?espace public, assurant un suivi en ligne de leur
résolution par les services techniques de Montreuil.
Contexte local Périphérie
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 41
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 7?000
Nombre de logements 2?500
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1?500
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2003-2017
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2015
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Montreuil en régie
Maîtrise d?oeuvre du projet ?
Acteurs ANRU, bailleurs sociaux,
EPARECA, AFL, promoteurs privés
Bel Air - Grands Pêchers
Montreuil, Seine-Saint-Denis, Île-de-France
©
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A
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67Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 15
ÉcoQuartier Camille-Claudel
Palaiseau, Essonne, Île-de-France
L?ÉcoQuartier Camille-Claudel est situé à proximité du cluster scienti-
fique et technologique international du plateau de Saclay et de la forêt
domaniale de Palaiseau. Il a été conçu pour relier les espaces agricoles
aux quartiers existants et au développement. Cet ensemble constitue
une nouvelle centralité et la création d?une nouvelle gare permettrait
d?assurer la liaison entre Massy et l?École polytechnique. Il lutte éga-
lement contre l?étalement urbain en proposant des formes urbaines
plus denses en habitat. Près de 1 500 logements été construits, dont
35 % de la surface en m² SDP représentent des logements aidés. Les
habitants bénéficient de nombreux services et équipements publics :
salle associative, commerces, groupe scolaire, gymnase en ossature
bois, ainsi que des espaces publics de qualité tels que la place cen-
trale, le parvis du centre aquatique et la placette d?entrée du quartier.
On y trouve également des commerces de proximité, une crèche, une
maison médicale et une conciergerie. Le projet intègre une gestion
alternative des eaux pluviales, des liaisons douces ont été aménagées
et le quartier est alimenté en chauffage et en eau chaude sanitaire
grâce à une chaufferie biomasse.
L?ÉcoQuartier Camille Claudel participe au programme DiVD pour
expérimenter le Li-Fi, une technologie de communication basée sur
la lumière. Il utilise des signaux lumineux via des LED pour échanger
des informations, sans émission d?ondes nocives. L?objectif est de créer
un réseau rapide, sécurisé et illimité en utilisant l?éclairage public. Les
avantages du Li-Fi sont nombreux, offrant des possibilités pour des
services innovants. Dans le quartier Camille-Claudel, 77 lampadaires
ont été équipés de cette technologie pour diffuser des informations
géolocalisées aux citoyens via leur mobile. Le projet vise à servir de
modèle pour l?industrialisation de cette technologie et le développe-
ment d?applications en France et à l?international.
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 12
Superficie espaces verts (ha) 0,67
Nombre d?habitants prévus
Environ 3 500
Nombre de logements 1 456
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 396
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2021
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Paris Saclay Aménagement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Architecte coordonnateur :
François Leclercq Architectes /
Paysagiste : Phytorestore /
BET VRD : AVR / AMO HQE
et Développement durable :
AI Environnement
Acteurs Bouygues Immobilier,
Eiffage Immobilier, Kaufman &
Broad, Nexity Appolonia, CDU
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68
ENVIRONNEMENT
ET CLIMAT
DIMENSION 4
16
Renforcer la résilience face aux changements
climatiques et aux risques
17
Contribuer à l?atténuation du changement
climatique et favoriser la sobriété
et les énergies renouvelables
18
Éviter, réduire, recycler, valoriser
les déchets
19
Préserver, gérer et restaurer
la ressource en eau
20
Préserver et restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux naturels
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 6969
L?environnement et le climat sont des enjeux majeurs
de l?aménagement durable.
La résilience des projets face à l?intensification des
impacts du changement climatique et aux risques naturels
et anthropiques doit être intégrée dès l?amont, en adoptant
des mesures adaptatives et en privilégiant les solutions
fondées sur la nature.
L?aménagement durable doit également contribuer à
atténuer le changement climatique, en favorisant la sobriété
et le développement des énergies renouvelables et
de récupération.
La question des déchets doit elle aussi être repensée
afin de réduire, recycler et valoriser les déchets.
Enfin, il est crucial de préserver et de restaurer
la fonctionnalité des sols, la biodiversité et les milieux
naturels, ainsi que la ressource en eau.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
70 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 16
Renforcer la résilience face aux changements
climatiques et aux risques
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment identifier les enjeux
humains, matériels et
environnementaux exposés à
des aléas naturels ou anthropiques
et connaitre leur niveau de
vulnérabilité??
Comment prendre en compte
les vulnérabilités dans la
programmation pour réduire les
risques, à l?échelle du territoire,
en accord avec la stratégie de
résilience définie localement??
Comment mettre en oeuvre,
au niveau de la conception,
des Solutions Fondées sur
la Nature et basses technologies
qui réduisent l?exposition
aux risques et la vulnérabilité
du quartier à ceux-ci, au-delà
de la réglementation??
Notion 16.1 Prévenir les risques
RECOMMANDATIONS
? Identifier et prendre en compte
les risques naturels et anthropiques
dans le choix de localisation
du projet. Concevoir des solutions
adaptées au contexte en priorisant
les Solutions Fondées sur la Nature
(SFN) avant les solutions techniques,
et en s?assurant que celles-ci
n?ont pas d?incidences négatives
lorsqu?elles doivent être mises
en oeuvre.
? Mettre en place une démarche
de résilience concertée et
partagée, incluant un diagnostic
de vulnérabilité en cohérence avec
la stratégie territoriale (SRADDET,
SCoT, SDAGE, PCAET, PADD
notamment) et le PNACC.
Le choix de la localisation du projet et sa conception doivent s?appuyer sur
l?identification territorialisée des risques et des vulnérabilités. Ce prérequis per-
mettra d?intégrer en amont des solutions adaptées et contextualisées in fine,
pour réduire ces menaces. Les domaines possiblement concernés par la pré-
vention des risques sont :
? environnementaux (inondations, séismes, incendies de forêt, mouvements de
terrain, avalanches et effondrements, submersions, stress hydriques, etc.) ;
? risques industriels et technologiques (cybercriminalité, etc.), sanitaires (pol-
lution atmosphérique et sonore, pandémies, conséquences psychologiques et
physiques de l?exposition croissante aux risques, etc.) ou encore économiques
(mutations liées à la décarbonation ou à la raréfaction des ressources, etc.) et
sociaux (exclusion, pauvreté, etc.).
Plus globalement, l?objectif est de prendre en compte les impératifs de résilience
à chaque étape du projet, en tant que cadre logique de l?opération d?aména-
gement. Dès lors, la matrice que représentent le sol, le réseau hydrographique
et la biodiversité doit par exemple être considérée en tout début d?opération,
tout comme les questions de fragilités sociales. Le projet doit s?inscrire entre les
limites environnementales d?habitabilité de la planète et les limites sociales et
sociétales.
Une vision plus holistique des enjeux doit conduire à des solutions plus systé-
miques pour y répondre : chaque partie de l?opération d?aménagement doit
intégrer l?ensemble des objectifs de résilience, ce qui permet notamment de
renforcer l?efficience économique du projet. Il existe de multiples solutions
permettant la « régénération » des sols, du cycle de l?eau, de la biodiversité ou
encore de l?économie locale, et de concilier usages et confort du quotidien
avec la réponse aux grands enjeux.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 71Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 71
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment anticiper l?évolution
au long terme du climat (régime
climatique à venir, probabilité
d?événements extrêmes),
de ses effets concrets et de
la vulnérabilité du territoire et
des populations face à ceux-ci??
Comment proposer un projet
d?aménagement qui soit adapté
(conception urbaine, espaces publics,
confort intérieur, présence de la
nature) pour réduire la vulnérabilité
du quartier au changement
climatique??
Quelles Solutions Fondées sur
la Nature le projet peut-il intégrer
pour adapter le quartier
aux dérèglements climatiques??
Notion 16.2 S?adapter aux impacts
du changement climatique
RECOMMANDATIONS
? Anticiper les risques spécifiques
au changement climatique dans
le contexte du projet.
? Rechercher et mettre en oeuvre
des actions et solutions innovantes
pour répondre aux effets locaux
des nouveaux défis, en privilégiant
les Solutions Fondées sur la Nature
(SFN) : désimperméabilisation
et renaturation des sols (réduction
des îlots de chaleur, gestion des
eaux pluviales), végétalisation
des bâtiments (murs et toitures)
et prise en compte du confort
thermique des bâtiments et des
espaces publics (intégration du
végétal, présence de l?eau, choix
de matériaux de sols, façades,
toitures à fort albédo, conception
bioclimatique, etc.).
? Concevoir des aménagements
et bâtiments résilients, anticipant
dans leur conception les risques
climatiques.
Afin de lutter contre les impacts du changement climatique qui s?intensifient
(vagues de chaleur, érosion de la biodiversité, perturbation du cycle de l?eau,
tempêtes et submersions marines, inondations, retrait-gonflement des argiles
et mouvements de terrain, etc.), le projet doit s?inscrire dans une stratégie ter-
ritoriale élargie (SRADDET, SCoT, SDAGE, PCAET, etc.), en proposant un amé-
nagement résilient, qui tient compte des spécificités territoriales et urbaines
(climat, topographie, risques, nature des sols, réserves en eau, tissu urbain exis-
tant, matériaux, végétation locale?). L?enjeu est d?atténuer la vulnérabilité du
quartier face aux risques et aléas du territoire.
Il s?agit de proposer un projet qui s?adapte aux évolutions du climat en opérant
des choix de conception dans l?aménagement : prise en compte des vents et
expositions dans la conception des espaces, du stockage carbone, du confort
d?été, végétalisation d?espaces publics et de coeurs d?îlots pour lutter contre les
îlots de chaleur, cheminements piétons et cyclables ombragés, désimperméa-
bilisation des sols, prise en compte de l?albédo des matériaux, gestion adaptée
des eaux pluviales, etc.
Le projet privilégiera le recours aux Solutions Fondées sur la Nature (SFN) pour
réduire les impacts du changement climatique, si cela est pertinent à l?échelle
du quartier et du point de vue des spécificités locales (type de végétation, res-
source en eau et foncier mobilisables, matériaux de construction bio et géo-
sourcés, etc.).
Selon la morphologie du quartier, des espaces publics et des bâtiments (orien-
tation des bâtiments, ombrage, végétalisation, albédo des matériaux) différents
types de SFN sont envisageables : arbres de pleine terre, création d?espaces
verts, végétalisation des toits et des murs, préservation ou restauration de
zones humides, etc.
72 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quel rôle chaque acteur
du territoire peut-il jouer face
aux dérèglements climatiques,
risques naturels et anthropiques et
comment en constituer un réseau
d?action efficace (anticipation,
prévention et gestion de crise)??
Quels dispositifs de sensibilisation
aux enjeux des risques et de
l?adaptation au changement
climatique mettre en place auprès
des habitants, des usagers et
des gestionnaires??
Notion 16.3 Sensibiliser et former
RECOMMANDATIONS
? Soutenir un réseau coordonné
des acteurs locaux de la résilience.
? Sensibiliser, former et
accompagner les habitants,
usagers, syndics et gestionnaires
sur les aléas notamment
environnementaux et climatiques,
les risques et nuisances du territoire,
afin de mobiliser et d?être en
capacité de s?adapter.
Le projet doit prendre en compte systématiquement le volet social de l?adap-
tation aux conséquences du dérèglement climatique et l?anticipation de l?assis-
tance aux plus fragiles.
L?engagement et la responsabilisation des citoyens dans le développement de
la résilience du territoire est à inciter. Il s?agit de sensibiliser, former la popula-
tion aux enjeux de l?adaptation au changement climatique, aux aléas et risques
et nuisances et de les impliquer concernant la façon d?y faire face : renouveau
des actions de culture du risque, informations systématiques aux habitants,
programmes de volontaires prêts à intervenir et à soutenir leurs voisins en cas
d?aléa, réunions de communication et de concertation, matérialisation des
niveaux de crue, valorisation des savoir- faire et savoir-être locaux, etc.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 73
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 16
Parc Marianne
Montpellier, Hérault, Occitanie
L?ÉcoQuartier Parc Marianne fait partie des huit ZAC qui composent Port
Marianne, large opération d?aménagement de 400 hectares au sud-est
de Montpellier, en pleine croissance urbaine. L?opération, traversée par
le ruisseau de la Lironde, se développe autour du parc Georges-Charpak
et le long de l?avenue Raymond-Dugrand. Elle se distingue par une com-
position du bâti en peigne et gradins orientés vers le parc central, avec
des immeubles en émergence sur les centralités de quartier constituées
par les places Ernest-Granier et Pablo-Picasso. Le quartier agrémente
son développement d?espaces publics récréatifs (miroir d?eau, aire de
jeux, allées paysagées?), et propose une importante mixité sociale et
fonctionnelle.
L?aménagement du parc Georges-Charpak (6 hectares) permet d?affir-
mer la place dédiée aux espaces verts dans un contexte urbain relative-
ment dense. Le quartier comprend principalement deux secteurs nord
et sud d?habitat collectif. Il bénéficie d?une desserte par deux lignes
de tramway, et à compter de 2025, par deux Vélolignes du Réseau
Express Vélo de Montpellier, situant l?ÉcoQuartier à quelques minutes
du centre-ville, du littoral, de l?ensemble ludo-commercial d?Odysseum,
et du quartier tertiaire de la gare TGV Sud de France.
La ZAC Parc Marianne à Montpellier est conçue pour faire face aux défis
climatiques de la région. Avec 34,67 % de surfaces végétalisées, le quar-
tier intègre la nature en ville. Le parc Georges-Charpak, doté d?un bassin
de rétention hydraulique paysager, permet de réguler les crues et de
retarder le ruissellement urbain. Le parc public et le lit paysager de la
Lironde offrent un environnement frais en été et favorisent la biodiver-
sité. Les bâtiments du quartier présentent une architecture remarquable
et s?ouvrent sur le parc Charpak, tandis que les zones urbaines adjacentes
accueillent des commerces, bureaux et services. Parc Marianne bénéfi-
cie également d?un réseau de chaleur collectif alimenté par une centrale
au bois, et abrite des écoles à énergie positive. Prochainement, la Folie
architecturale Alma Terra utilisera le sol de son site comme matériau de
construction, dans le but d?obtenir le label Passivhaus.
Contexte local Centre-ville nouveau
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 30
Superficie espaces verts (ha) 7
Nombre d?habitants prévus 5 800
Nombre de logements 2 537
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 617
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2007-2030
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2015
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Montpellier, SERM
Maîtrise d?oeuvre du projet
Architecture Studio et divers MOE
pour les bâtiment
Acteurs Bailleurs sociaux, SERM©
A
rn
au
d
Bo
ui
ss
ou
74 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les besoins
énergétiques générés par le projet
et quels sont ses objectifs en
matière d?efficacité énergétique
et de baisse des émissions de CO²,
au regard des stratégies territoriales
de décarbonation (PCAET)??
Comment évaluer l?empreinte
énergie?/?carbone du quartier sur
l?ensemble de son cycle de vie
selon les choix d?aménagement
pour orienter le projet vers
le scénario optimal??
Quels moyens mettre en oeuvre
et quelles solutions (techniques,
financières, organisationnelles, etc.)
choisir pour garantir la sobriété et
l?efficacité énergétique du projet??
Engagement 17
Contribuer à l?atténuation du changement climatique
et favoriser la sobriété et les énergies renouvelables
Notion 17.1 Favoriser la sobriété et l?efficacité
énergétiques
RECOMMANDATIONS
? À l?échelle du quartier, en prenant
en compte l?existant de proximité,
concevoir l?orientation et la
disposition des bâtiments ainsi
que des espaces extérieurs pour en
minimiser les besoins en ressources
et en énergies du chantier à
l?exploitation.
? À l?échelle des bâtiments, réduire
l?impact carbone de la construction
(favoriser la rénovation et la
réhabilitation, choix adapté des
matériaux et modes constructifs,
etc.) et de l?usage (conception
bioclimatique, déchets, etc.).
? Fixer des objectifs de performance.
? Évaluer, dès sa définition, l?impact
du projet en termes d?émissions
de gaz à effet de serre sur son cycle
de vie complet, pour l?améliorer
en continu (questions de périmètre
et de temporalité afin de possibles
comparaisons) selon les SCOPE 1,
2 et 3 sur une période de 50 ans.
? Évaluer le potentiel de captage
et de stockage de carbone dans
le quartier et mettre en oeuvre
les solutions adaptées.
? Respecter la séquence « éviter,
réduire, compenser » s?agissant
des émissions de GES en s?appuyant
si nécessaire sur des mesures
compensatoires (dispositif du label
bas-carbone, etc.).
L?atteinte de la neutralité carbone en 2050, la maîtrise de l?approvisionnement
énergétique et de sa facture nécessitent une diminution drastique des besoins
énergétiques. 50 % de l?empreinte carbone d?un Français dépendant des choix
d?aménagement dans son quartier, il est important d?étudier comment le projet
peut contribuer à cet objectif de sobriété.
En amont, il s?agit d?évaluer les besoins de programmation, d?étudier les dif-
férents scénarios d?aménagement qui peuvent y répondre et de mesurer leur
empreinte énergie / carbone sur le cycle de vie complet du quartier. Notamment,
la mobilisation de l?existant (comme la rénovation des bâtiments et infrastruc-
tures par exemple) offre des leviers de décarbonation del?aménagement. Enfin,
si des postes d?émission significatifs subsistent, des dispositifs de compensation
peuvent être mobilisés.
En phase d?études, à l?échelle urbaine, l?implantation et l?orientation des bâti-
ments et des espaces publics peuvent réduire les dépenses énergie / carbone.
La conception bioclimatique, l?urbanisme de proximité, l?offre de mobilité
et la mutualisation des services, par exemple, influencent les pratiques et les
consommations du quotidien. À l?échelle de chaque bâtiment, la réduction de
l?impact carbone passe par des actions d?isolation thermique, de ventilation
et de lumière naturelles, de procédés énergétiques et électriques efficients,
etc. En phase chantier, les leviers de minimisation du bilan carbone du quartier
comprennent la logistique de chantier, la mobilisation de filières locales, les
procédés et matériaux constructifs vertueux (bio-géo-sourcés ou bas-carbone,
issus de l?économie circulaire, etc.).
Complémentairement à la réduction de ses émissions, le potentiel de captage
et de stockage du carbone dépend des changements d?affection des sols mais
également de l?usage de produits et matériaux issus de la bioéconomie (bois,
paille, etc.). L?aménageur pourra mobiliser des compétences spécifiques en
amont du projet : assistance à maîtrise d?ouvrage en environnement, bureaux
d?études spécialisés en énergie, outils de quantification des impacts éner-
gie / carbone, etc.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 75Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 75
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles sont les potentielles
ressources d?EnR&R à proximité
du projet qui sont disponibles (non
réservées par d?autres projets
de territoire)?: bois énergie, réseau
de chaleur et de froid, chaleur
fatale, biogaz, géothermie, solaire,
éolien???
Quelles sont les conditions
techniques et financières à réunir
pour le raccordement d?EnR&R
électriques et de chaleur produite
sur le secteur aménagé (poste
électrique, canalisations, sous-
stations, prise en compte
des contraintes naturelles ou
environnementales, etc.)??
Quel est le niveau d?ambition de
production d?EnR&R à viser pour
inscrire le projet dans les objectifs
de la stratégie énergétique
territoriale??
Quelle gouvernance proposer
en matière de production,
d?approvisionnement et de
stockage des énergies renouvelables
et de récupération??
Notion 17.2 Développer la production d?énergies
renouvelables et de récupération
RECOMMANDATIONS
? Évaluer et favoriser la production
d?énergies de récupération et
renouvelables locales, l?utilisation
d?énergies de récupération
(logique d?écologie industrielle
et territoriale) et les possibilités
de connexion à un réseau situé
à proximité du quartier.
? Penser un réseau de distribution
et de stockage de l?énergie adapté
et optimisé pour alimenter le quartier
et ses alentours, en cohérence avec
la stratégie territoriale (PCAET
notamment).
? Proposer des dispositifs de
gouvernance partagée de l?énergie
renouvelable locale, pour en
favoriser l?appropriation.
Une fois les leviers de sobriété et d?efficacité activés, la décarbonation des
besoins énergétiques résiduels permettra, au-delà de la diversification du mix
énergétique, l?autonomie énergétique du territoire, la prévention de la préca-
rité énergétique et le soutien aux filières locales. À l?échelle du quartier, cela se
traduit par le développement des énergies renouvelables et de récupération.
Leur déploiement dans un quartier s?inscrit dans la stratégie territoriale éner-
gétique (SRADDET, PCAET, schéma directeur, etc.). Il suppose l?examen des
besoins et ressources (filières locales du bois énergie, étude des productions de
chaleur fatale et de biogaz valorisables, cartographie des potentiels géother-
mique, éolien et solaire) et la caractérisation technique des moyens de produc-
tion, stockage et distribution existants (réseaux de chaleur et de froid, parcs
EnR en exploitation ou en projet à proximité de la zone d?aménagement.
Ensuite, les choix de formes urbaines, de densité, de mixité fonctionnelle
peuvent favoriser l?installation d?équipements de productions et de distri-
bution d?énergie collectifs et mutualisés (autoconsommation collective). Par
exemple, l?optimisation des réseaux de chaleur et de froid nécessite une den-
sité thermique suffisante, d?où la nécessité d?articuler la temporalité de l?opéra-
tion d?aménagement et celle du réseau.
76 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment assurer le suivi
des consommations énergétiques
dans le quartier et identifier les
solutions de réduction continue
de la dépense énergétique??
Comment sensibiliser les habitants
et usagers aux enjeux de la sobriété
et de l?efficacité énergétique, ainsi
qu?aux pratiques qu?ils peuvent
mettre en place pour la favoriser??
Notion 17.3 Prévoir un dispositif d?accompagnement
RECOMMANDATIONS
? Mettre en place des outils de suivi
de consommation, accompagner
et former les parties prenantes
à leur utilisation dans une logique
d?amélioration continue.
? Accompagner les habitants
et usagers à une utilisation sobre
de la consommation des ressources
au sein des bâtiments comme
des équipements publics.
? Sensibiliser les habitants,
usagers, syndics et gestionnaires
aux changements de pratiques.
Si des choix de conception du quartier performants sont nécessaires pour
réduire l?empreinte carbone, ils ne sont pas suffisants. Ce sont les pratiques et
usages individuels qui en déterminent l?efficacité réelle. Pour cela, les usagers et
habitants doivent s?approprier les déterminants de leur bilan énergie carbone
et leur capacité à agir sur ceux-ci.
Une démarche de sensibilisation / information / formation aux enjeux éner-
gétiques et carbone à destination du grand public peut être proposée.
Notamment, les solutions techniques d?efficacité énergétique (bioclimatisme,
systèmes électriques?) demandent souvent une acculturation de leurs utilisa-
teurs. Des livrets peuvent être diffusés auprès des habitants / usagers pour les
accompagner dans leurs changements de pratiques.
Le suivi quantifié des consommations énergétiques reste un moyen efficace de
sensibilisation à la sobriété et l?efficacité : mise en place de capteurs, compteurs
séparés, suivi individualisé des consommations, etc. Cela demande une instru-
mentation fine du quartier qui doit être anticipée en amont du projet, puis
accompagnée en aval.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 77
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 17
La ferme forgeronne
Les Forges, Vosges, Grand Est
La commune des Forges a entrepris la réhabilitation d?une ancienne
ferme de 800 m² au centre du village en vue de l?accueil d?un point de
vente directe de produits agricoles en circuit court. Le projet compor-
tait également 4 logements à l?étage, un cabinet infirmier ainsi qu?une
clinique vétérinaire remplacé par un 5e appartement, témoignant de
l?adaptabilité du projet. L?opération a pour vocation la revitalisation du
centre-bourg situé dans la proche couronne d?Épinal en recréant une
centralité dynamique. Elle requalifie aussi, en termes de performance
environnementale, un corps de ferme vieillissant, en en conservant toute
la valeur patrimoniale. L?installation de nouveaux services de proximité va
limiter les distances de déplacement et créer un lieu de rencontre et de
convivialité et redonner de l?intérêt aux déplacements en modes doux.
L?ÉcoQuartier de la ferme forgeronne réintégre des services au coeur du
village (commerces, santé, lieu de convivialité) accessibles à tous ses
habitants et cible une offre alimentaire issue de circuits de proximité.
À l?échelle du bassin de vie local, cela réduit les besoins de déplace-
ments, donc la facture énergétique de tout le territoire.
Ensuite, en reconstruisant le bâti à l?identique (l?état des murs existant
rendant impossible la réhabilitation d?abord privilégiée, car plus sobre
en matières et énergies utilisées), l?ÉcoQuartier met à profit les avan-
tages bioclimatiques de l?architecture vernaculaire : luminosité et ven-
tilation naturelle à double flux. Une fiche mode d?emploi locataire avec
un mode d?emploi comportant la fiche technique afin de bonne utili-
sation des logements a été remise aux locataires dans le cadre des éco-
nomies d?énergie l?utilisation du chauffage et les moyens de réaliser les
économies d?énergie. L?efficacité thermique de l?enveloppe est aussi lar-
gement améliorée : reprise des vitrages, isolation, matériaux constructifs
peu carbonés. Enfin, les besoins énergetiques subsistants sont couverts
par la récupération de chaleur des groupes froids du local de vente et,
en appoint, par une chaufferie bois (pellets). En cas d?absence en jour-
née, l?inertie et l?isolation de la maison sont suffisant pour garantir moins
de 2 degrés de chute de température, même par grand froid.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement
d?un centre-bourg
Superficie (ha) 0,22
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 8
Nombre de logements 4
Nombre de logements sociaux
parmi les logements ?
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2006-2011
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune des Forges
Maîtrise d?oeuvre du projet
Cabinets Vitalis Architecture
et environnement (architecte
mandataire, ASCENDENSE
(Architectes associés), OPC TRIGO
(Économiste), TERRANERGIE et
PERMANERGIE (Études thermiques
et énergies renouvelables), KUBLER
(Paysagiste)
Acteurs CAUE, ADEME, Chambre
d?agriculture, CRITT Bois
©
L
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u
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ag
es
L
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ow
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78 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 18
Éviter, réduire, recycler,
valoriser les déchets
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les flux de déchets
verts, ménagers et des entreprises
sur le territoire et quels leviers
(conception, accompagnement,
organisation) le projet peut-il
activer pour en limiter la production??
Comment sont organisées
localement les structures
économiques et associatives
du réemploi, les EIT et comment
favoriser leur développement dans
une logique d?économie circulaire,
sociale et solidaire??
Comment associer et sensibiliser
les habitants et usagers à
la réduction des déchets à l?échelle
du quartier et du territoire??
Notion 18.1 Limiter, voire éviter la production
de déchets
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir une politique
de réduction des déchets via
des dispositifs territoriaux
comme « Territoires Zéro Déchet,
Zéro Gaspillage ».
? Sensibiliser les particuliers, les
professionnels et les gestionnaires
aux démarches vertueuses.
? Choisir des aménagements
qui facilitent et encouragent
la réduction des déchets verts :
espèces végétales locales
qui nécessitent moins de taille,
paillage, etc.
L?impact des déchets sur l?environnement est un sujet majeur de préoccupa-
tion à l?échelle mondiale. Pour répondre à cette problématique, de nombreux
dispositifs peuvent être mis en place à l?échelle territoriale : « Territoires Zéro
Déchet, Zéro Gaspillage », la tarification incitative du service public de gestion
des déchet, etc.
Pour assurer une cohérence avec ces dispositifs, il est nécessaire de mettre en
place une politique de réduction des déchets à l?échelle du quartier.
Des choix d?aménagement peu générateurs de déchets doivent être favorisés
en amont du projet, tout en encourageant les actions de recyclage, de réutili-
sation et de réemploi. Cela peut inclure le choix d?espèces locales vivaces qui
nécessitent moins de taille, le broyage des tailles et la tonte, ainsi que l?utilisa-
tion in situ en paillage des pieds d?arbres et arbustes.
La sensibilisation des ménages aux démarches « zéro déchet » peut notamment
être réalisée à travers la méthode des 5 R : Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer
et Recycler.
La dispensation de formations et la mise en place de programmes de sensibi-
lisation sur la réutilisation de matériaux considérés comme des déchets sont
utilement opérées.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 79Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 79
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet facilite-t-il,
pour les gestionnaires comme
pour les habitants, le tri à
la source, la collecte séparée,
le recyclage et la valorisation des
déchets ménagers (conception,
organisation, sensibilisation)??
Quel est le potentiel de
développement et d?amélioration
des filières de valorisation des
déchets sur le territoire, comment
l?intégrer au projet et en évaluer
l?efficacité??
Notion 18.2 Inciter au tri à la source, optimiser
la collecte et valoriser les déchets
RECOMMANDATIONS
? Penser les systèmes de collecte
adaptés à chaque flux de déchet :
consignes, recyclerie?/?ressourcerie,
point d?apport volontaire,
méthanisation, compost, etc.
? Évaluer la politique de gestion
des déchets et communiquer
les résultats.
Des moyens sont disponibles pour encourager le tri à la source, tels que la
mise en place de systèmes de collecte séparée et de valorisation des déchets,
l?installation de composteurs de pied d?immeubles ou partagés, la création de
recyclerie de quartier, les points d?apport volontaire, la méthanisation, la valo-
risation énergétique des déchets résiduels, la mise en place de consignes et les
ressourceries.
Il est important d?informer directement les habitants sur la réglementation,
les actions mises en oeuvre et le traitement des déchets en termes de flux et
de coûts associés. Des animations peuvent être proposées par secteurs et par
type de processus de valorisation pour sensibiliser et informer les habitants de
manière efficace.
Il est essentiel d?informer, de (re)sensibiliser et former les habitants, les entre-
prises et les établissements scolaires sur l?obligation réglementaire liée au tri des
7 voire 9 flux de déchets (cf. notion 18.3), les actions entreprises pour les traiter,
ainsi que les coûts associés à leur traitement.
Les processus prévus pour les déchets encombrants tels que les mobiliers,
les déchets électriques et électroniques, ainsi que les Déchets d?Activité
Économique (DAE) doivent être détaillés.
80 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment évaluer en amont du
chantier les potentiels de réemploi?/?
valorisation des déchets de
chantier??
Quelles actions de limitation de
la production, de tri, de collecte
et de réutilisation?/?valorisation
des déchets de chantier mettre
en oeuvre??
Comment encourager le
réemploi des matériaux et?/?ou
des équipements issus de
déconstructions sélectives pour
les aménagements et
les constructions afin de limiter
l?évacuation des matériaux
hors site??
Comment prendre en compte
la gestion des déchets dangereux
(amiante, plomb)??
Quelles sont les solutions
existantes sur le territoire ou
sur les territoires limitrophes
pour la gestion des déchets??
Notion 18.3 Réduire, trier et valoriser les déchets
de chantier
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir l?étude des flux
entrants et sortants pour évaluer
le potentiel de ressources
en matériaux de déconstruction
(étude PEMD?: «?diagnostic produit
équipement matériaux déchets?»).
? Limiter les déconstructions, sinon
déconstruire de manière sélective.
Remettre en état, stocker les
matériaux pour les redistribuer
(bourse de matériaux).
? S?inscrire dans le tri 7 flux
obligatoire (métal, plastique,
papier / carton, verre, bois, fraction
minérale, plâtre), voire au-delà, via
des filières circulaires à haute valeur
ajoutée (textile, biodéchets).
? Inciter à la réutilisation
des matériaux du site pour limiter
leur évacuation en les gérant
aux fins de réemploi in situ.
? Incorporer des matériaux de
seconde vie issus des gisements
de réemploi dans les projets de
bâtiments et d?aménagements.
Il convient de réaliser un diagnostic du potentiel des ressources dans toutes
les étapes de construction ou rénovation afin d?identifier les potentialités de
réemploi des matériaux issus des chantiers. Les maîtres d?ouvrage doivent être
incités à anticiper la bonne gestion et la valorisation des déchets en privilé-
giant le réemploi, puis la réutilisation et le recyclage, puis la valorisation matière
directe (telle que les opérations de remblayage), la valorisation énergétique et
enfin l?élimination.
Il est nécessaire de garantir l?engagement et l?anticipation de ces sujets par le
maître d?ouvrage avec l?intégration systématique de clauses dans les marchés.
Il est important de communiquer sur les filières de réemploi, de réutilisation, de
seconde vie existantes sur le territoire. Il convient également de privilégier les
circuits fermés pour permettre la seconde vie des matériaux issus de chantier
in situ en incluant un pourcentage minimal de réutilisation dans les cahiers des
charges, ou en créant des conditions permettant leur réemploi, de préférence
à proximité.
Si certains matériaux ne peuvent être issus de circuits fermés, il convient de
rechercher des matériaux de seconde vie issus des gisements de réemploi dans
les projets de bâtiments et d?aménagements alentours.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 81
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 18
Nouveau Mons
Mons-en-Baroeul, Nord, Hauts-de-France
Situé au coeur de l?agglomération lilloise, l?ÉcoQuartier du Nouveau
Mons bénéficie d?une position privilégiée et est facilement accessible
grâce à la desserte du métro et des lignes de bus. Il s?agit d?un projet
ANRU qui consiste en la rénovation de la zone urbaine sensible (ZUS)
de Mons-en-Baroeul : réhabilitation de 990 logements, résidentialisa-
tion de 625 autres, ainsi que la démolition de 405 logements pour la
construction de 330 nouveaux. De nouveaux équipements publics sont
également installés, tandis que les espaces publics ont été réaménagés
pour favoriser la place du piéton et les modes de déplacements doux.
Le projet consiste également en l?extension du réseau de chaleur, ali-
menté en grande partie par la biomasse, et en la création de jardins
familiaux tout en tissant des liens avec le Vieux-Mons. La grande qualité
des espaces publics aménagés donne une image renouvelée au quartier
tout en limitant l?impact visuel de la voiture. L?objectif est de créer un
quartier résidentiel en phase avec les attentes des habitants et en har-
monie avec son environnement urbain, grâce à une approche globale
et durable de la rénovation urbaine.
L?ÉcoQuartier du Nouveau Mons est un exemple de réussite en matière
d?amélioration du cadre de vie. Cultivant cette approche sensible du
cadre de vi(ll)e, les espaces publics ont été requalifiés avec une exigence
extrême en matière de qualité paysagère. Des actions de communica-
tion et de formation sont mises en place pour encourager les bonnes
pratiques. L?appropriation et le partage par le plus grand nombre de ces
espaces de vi(ll)e sont primordiaux. Ils doivent être espaces de préser-
vation de la biodiversité, espaces à vivre jalonnés de « prairies de jeux »,
de jardins à partager. Condition de sa réussite : chaque aménagement
est envisagé en plaçant toujours au centre de tout l?expertise d?usage
des habitants, seule garantie d?une appropriation et d?une préservation
optimales autour d?ateliers de travail urbain., de Mon(s) quartier rêvé,
des marches exploratoires des femmes et des cours au jardins d?école.
Mons-en-Baroeul fait ainsi usage du paysage comme une valeur de partage.
Contexte local Centre-ville
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 100
Superficie espaces verts (ha) 5,4
Nombre d?habitants prévus 12 000
Nombre de logements 5 250
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 182
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2002- 2014
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Mons-en-Baroeul
Maîtrise d?oeuvre du projet
François-Xavier Mousquet
(paysagiste) + AMO GIP Lille
Métropole rénovation urbaine
+ BET ArcAle, BioTop Conseil,
Empreinte, Lilika TROHA, Egis
Acteurs LMCU, SEM Ville
Renouvellée, bailleurs
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82 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 19
Préserver, gérer et restaurer
la ressource en eau
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment assurer une gestion
intégrée des eaux pluviales
à la source au regard des
caractéristiques du site (nature
des sols, hydrographie du bassin
versant, pluviométrie actuelle
et future) en maximisant
la perméabilité des sols??
Comment faire de la gestion
des eaux pluviales un outil
d?adaptation aux effets
du changement climatique
en favorisant son infiltration
et sa connexion aux espaces
verts??
Comment intégrer de manière
qualitative les dispositifs de
gestion des eaux pluviales dans la
conception du projet, notamment
dans les espaces publics??
Notion 19.1 Assurer une gestion durable
des eaux pluviales
RECOMMANDATIONS
? Penser des aménagements
multifonctionnels qui maîtrisent
le ruissellement et qui préservent
la ressource en eau pour un usage
local.
? Innover et concilier la gestion
alternative des eaux pluviales,
désimperméabilisation, îlots de
fraîcheur, amélioration du cadre
de vie, biodiversité, etc.
? Anticiper et assurer une gestion
intégrée des eaux pluviales au
regard de la nature du site et des
caractéristiques du bassin versant :
favoriser une gestion de l?eau à
l?échelle du projet d?aménagement.
? Optimiser l?arrosage des espaces
verts.
Assurer une gestion durable des eaux pluviales, c?est favoriser leur infiltration au
plus près de leur point de chute par des Solutions Fondées sur la Nature, voire
par des solutions dites grises, afin de se rapprocher du cycle naturel de l?eau :
noue d?infiltration, espace vert inondable, jardin de pluie, toiture ou mur végé-
talisé, etc. Cela permet de réduire le ruissellement des eaux pluviales entraînant
le rejet de pollutions dans les milieux aquatiques, de limiter le risque d?inon-
dation mais aussi de favoriser un usage local de l?eau pour adapter les villes au
changement climatique. Quand il n?y a pas d?alternative, les solutions de réten-
tion d?eau pour ralentir les écoulements sont à envisager.
Ces solutions doivent être conçues afin de répondre à d?autres fonctions ou
usages : aménagement paysager, espace vert, îlot de fraicheur, etc. Il convient
aussi de prendre toutes les mesures nécessaires pour s?assurer de leur pérennité
fonctionnelle dans le temps, à la fois lors de leur conception mais également en
veillant à leur bon entretien.
Pour les projets soumis à la « loi sur l?eau », il est fortement recommandé au por-
teur de projet de consulter dès la conception du projet les services du préfet
en charge de la police de l?eau et ceux de la commune compétents en eaux
pluviales.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 83Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 83
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment réduire la consommation
en eau des habitants, des activités
et de la collectivité (réduction des
besoins, optimisation des réseaux,
gestion circulaire de l?eau)??
Comment associer et sensibiliser
habitants et usagers aux enjeux
de réduction des consommations
d?eau??
Notion 19.2 Réduire la consommation d?eau
RECOMMANDATIONS
? Installer des équipements
individuels et collectifs économes,
et des capteurs de fuites.
? Inciter à la réutilisation des eaux
de pluie et des eaux grises.
? Concevoir un plan paysager
qui inclut des espèces végétales
endémiques et peu gourmandes
en eau.
? Diminuer la consommation d?eau
dans l?ensemble du cycle de vie des
bâtiments et aménagements.
Le projet doit inciter à réduire la consommation d?eau en mettant en place des
équipements individuels et collectifs économes en eau, des capteurs de détec-
tion des fuites, un renouvellement et un entretien adapté des infrastructures
d?alimentation en eau potable, des sous-compteurs individuels, une récupéra-
tion et réutilisation des eaux de pluie et des eaux grises, etc.
Le projet doit être l?occasion d?accompagner et sensibiliser l?ensemble des
acteurs (dont les gestionnaires et les habitants) à la réduction de la consomma-
tion d?eau par des dispositifs de suivi, des actions de communication auprès des
ménages et des acteurs privés, des actions pédagogiques au sein des écoles, etc.
Le choix d?espèces végétales adaptées au climat local et anticipant les effets
du changement climatique, participe également à la réduction de la consom-
mation d?eau.
84 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment évaluer le niveau
d?acculturation des usagers du
quartier vis-à-vis de l?eau, de sa
consommation et des impacts
de l?activité humaine??
Comment réduire la présence de
micropolluants dans les eaux usées
des habitants, des activités de la
collectivité et dans l?environnement
et les sensibiliser à ces enjeux??
Comment favoriser une présence
et une visibilité de l?eau dans
l?espace public qui serve de support
à la stratégie de sensibilisation??
Notion 19.3 Sensibiliser et conduire des actions
pédagogiques
RECOMMANDATIONS
? Sensibiliser les gestionnaires
et les ménages aux enjeux
de l?eau, les inciter à réduire leur
consommation, à utiliser des
produits écoresponsables et
labellisés (comme par exemple les
produits cosmétiques, d?entretien,
d?hygiène et zéro phyto), en
proposant notamment des actions
pédagogiques.
? Inciter les habitants à utiliser
des espèces végétales endémiques
et peu gourmandes en eau.
? Réduire les rejets de polluants
et de déchets dans les eaux usées.
Les eaux usées issues des activités domestiques peuvent être contaminées par
différentes sources de pollutions vis-à-vis desquelles, le plus souvent, les sta-
tions d?épuration sont inefficaces.
Il convient donc d?encourager les gestionnaires des espaces communs du site
du projet et les habitants à utiliser des produits (d?entretien, d?hygiène, cosmé-
tiques, etc.) écoresponsables, voire disposant d?un label écologique.
Le projet est l?occasion :
? d?accompagner et sensibiliser les usagers à la réduction de l?utilisation de pro-
duits contenant des micropolluants par des actions de communication auprès
des ménages et des acteurs privés, des actions pédagogiques au sein des écoles,
etc. ;
? de rappeler que les substances qui doivent être prises en charge dans des
filières dédiées (fonds de pots de peinture, médicaments non utilisés?) le
soient, et d?inciter à ne pas les jeter dans les différentes voies d?évacuation des
eaux usées (toilettes, éviers, lavabos, etc.) ;
? d?inciter les habitants à utiliser des espèces végétales endémiques et peu
gourmandes en eau.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 85
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 19
Quartier Camille Claudel
Palaiseau, Essonne, Île-de-France
L?opération d?aménagement du Quartier Camille Claudel à Palaiseau
s?étend sur 19 hectares avec pour objectif de créer un quartier qui relie les
espaces agricoles, les quartiers existants et le pôle scientifique du Plateau
de Saclay. Le projet vise à lutter contre l?étalement urbain en proposant
une densité élevée de logements tout en offrant de vastes espaces verts.
La première phase du projet, labellisée ÉcoQuartier Étape 4, comprend
environ 1 500 logements, des équipements publics de qualité, des com-
merces de proximité, une crèche inter-entreprises, une maison médicale,
une conciergerie de quartier et une chaufferie biomasse fournissant
chauffage et eau chaude sanitaire à l?ensemble du quartier. Une innova-
tion écologique et technologique française, le LIFI, est également inté-
grée dans le projet.
L?ÉcoQuartier Camille Claudel se distingue également par sa gestion
alternative exemplaire de la ressource en eau. Toutes les opérations de
construction sont équipées de systèmes hydro-économes sur les équipe-
ments sanitaires (réservoir WC 3/6L à double commande, réducteur de
pression?). Les équipements publics disposent d?un système de comp-
tage par usage (entretien, arrosage, sanitaires, etc.). Le gymnase intègre
également un système de détection de fuites avec génération d?alarmes.
Pour pallier au sol très peu infiltrant, un maillage de noues à l?échelle du
quartier permet de restaurer les continuités écologiques des trames verte
et bleue, de dépolluer et tamponner les eaux de pluies et de créer des
coeurs d?îlots verts et aérés. Le réseau se compose de deux types de noues :
? les noues filtrantes de voiries dépolluent les eaux issues des voiries
chargées d?hydrocarbures et de métaux lourds.
? les noues de stockage tampon permettent de stocker les eaux en cas
de pluie cinquantennale afin de permettre un rejet de 0,7 l/s/ha pour
une faible partie vers le réseau communal et pour la majorité vers la
Rigole Domaniale.
Les eaux pluviales des bâtiments sont récupérées dans des cuves enter-
rées afin d?être réutilisées pour l?arrosage des espaces verts, réduisant
ainsi les frais d?entretien, d?autant que les essences végétales choisies ne
nécessitent pas ou peu d?arrosage.
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 12
Superficie espaces verts (ha) 0.67
Nombre d?habitants prévus 3 000
Nombre de logements 1 456
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 652
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2021
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Paris Saclay Aménagement
(Territoire d?intervention de la
Communauté d?agglomération
Paris-Saclay)
Maîtrise d?oeuvre du projet
François LECLERCQ Architectes,
Phytorestore Paysagiste
Acteurs Bouygues Immobilier,
CDU, Eiffage Immobilier,
Kaufman & Broad, Nexity Appolonia
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86 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les enjeux en matière
de qualité des sols sur le site et à
proximité, les prescriptions et?/?ou
recommandations proposées pour
s?assurer de leur préservation??
Comment concevoir une
programmation urbaine qui limite
l?artificialisation et la concentre sur
les sols de plus faible
fonctionnalité écologique??
Quelles opérations réaliser pour
restaurer la biodiversité des sols et
maximiser les surfaces de pleine
terre??
Quels dispositifs mettre en oeuvre
en phase chantier pour garantir la
préservation des sols??
Engagement 20
Préserver et restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux naturels
Notion 20.1 Préserver et restaurer
les fonctionnalités écologiques des sols
RECOMMANDATIONS
? Déterminer le potentiel de
désartificialisation à l?échelle du
projet, voire au-delà, en s?appuyant
sur un diagnostic identifiant
le potentiel de multifonctionnalité
des sols.
? Travailler sur la renaturation
des sols par la restauration de sols
vivants, la maximisation des
surfaces de pleine terre, assurant
des fonctionnalités écologiques :
continuité des trames écologiques,
(trame brune notamment),
stockage du carbone, infiltration
des eaux, etc.
Le projet d?aménagement offre une opportunité de préserver et restaurer les
fonctionnalités écologiques des sols. Des outils d?aide à la décision pourront
être mobilisés pour mettre en oeuvre la stratégie de renaturation des sols et
guider les choix de localisation et de priorisation.
La référence aux zones préférentielles pour la renaturation dans les SCoT est
à privilégier. La loi Climat et Résilience dispose en effet que les SCoT peuvent
identifier des zones préférentielles pour la renaturation qui peuvent être inté-
grées dans le Document d?Orientation et d?Objectifs du SCoT, une pièce oppo-
sable du document, qui a donc une valeur réglementaire.
D?autres outils réglementaires de l?urbanisme existants peuvent être mobilisés,
tels que l?emplacement réservé, le coefficient de pleine terre ou encore le coef-
ficient de biotope par surface (CBS).
Il s?agit également de veiller à assurer la traçabilité des sols apportés et excavés.
La possibilité d?accueillir le vivant sur l?enveloppe bâtie (toitures végétalisées,
nichoirs et gîtes, etc.) est également à étudier.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 87Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 87
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment connaitre, comprendre
et localiser les écosystèmes
(espèces, milieux, dynamiques)
existants pour les préserver tout
au long du projet??
Comment le projet permet-il de
restaurer la biodiversité dans tous
les milieux vivants (sols, eau, zones
humides végétation basse et
haute, bâtiments) afin de constituer
un écosystème complet, adapté
aux conditions??
Notion 20.2 Préserver et restaurer la biodiversité
RECOMMANDATIONS
? Identifier les spécificités et
enjeux du territoire en termes de
biodiversité (inventaires, atlas
de la biodiversité communale,
diagnostic écologique, trames vertes,
bleues, noires).
? Intégrer ces enjeux à chaque
étape du projet en s?appuyant
sur des acteurs spécialisés (faire
intervenir en particulier un
écologue dès les phases amont).
? Mettre en avant, préserver et
protéger les espaces et espèces
pendant le chantier, et tout au long
du projet et structurer le projet
autour du végétal et le patrimoine
naturel.
? À partir d?une connaissance fine
des caractéristiques écologiques du
territoire, prioriser la préservation
des habitats, restaurer les habitats
dégradés et laisser des zones de
biodiversité spontanée.
? Promouvoir la gestion différenciée
des espaces de nature.
? Connecter les espaces verts
du projet avec les espaces verts
qui l?entourent pour assurer une
continuité écologique urbaine.
Le projet d?aménagement implique une connaissance fine des ressources en
présence, afin de restaurer et valoriser la biodiversité et les milieux naturels.
Il s?agit d?identifier en amont de l?aménagement les ressources naturelles exis-
tantes en procédant à un inventaire, un diagnostic écologique urbain et une
étude d?impact. Dans cet objectif, l?Atlas de la Biodiversité Communale (ABC)
est un dispositif pertinent sur lequel s?appuyer. Il permet de connaître finement
la biodiversité et les habitats présents et d?orienter ainsi ses choix d?aménage-
ment, de préservation et de restauration. Mobiliser une pluralité d?acteurs spé-
cialisés (AMO environnement, écologues, paysagistes, professionnels du génie
écologique, associations environnementales?) et s?appuyer sur des outils et
dispositifs appropriés pour veiller à l?intégration de ces enjeux tout au long du
projet : guide de la biodiversité, cahier des charges de consultation des promo-
teurs, pénalités en cas de destruction de milieux.
Favoriser l?usage du végétal pour structurer les espaces à l?échelle du quartier
et du territoire tout en préservant la biodiversité végétale et animale, les sols et
les milieux naturels existants est une démarche essentielle de l?approche écolo-
gique. La mettre en oeuvre en respectant les enjeux de continuités écologiques
identifiés par la trame verte et bleue locale est primordial pour assurer un effet
positif sur la biodiversité. Il s?agit ici de participer aux trames vertes et bleues et
de renforcer les connexions avec les sites hors projet. Préserver ou restaurer des
espaces de biodiversité plantés et en eau renforce la qualité d?aménagement
du projet et du cadre de vie, et la protection des espaces et des espèces tout
au long du chantier.
Réfléchir aux processus écologiques autant qu?à la végétalisation et l?esthétique
est essentiel pour notamment : recréer des lisières, des multi-strates végétales,
des abris et ressources pour la faune, proposer une palette végétale cohérente,
des espèces indigènes, des habitats spécifiques, des milieux humides naturels
ou artificiels, des zones de nature spontanée? S?organiser pour déployer des
techniques alternatives, en appliquant une gestion écologique et différenciée
des espaces de nature est à prioriser, tout comme le recours aux Solutions
Fondées sur la Nature.
88 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment favoriser dans le projet
une approche écologique dans la
gestion des espaces verts publics??
Comment accompagner et
former les gestionnaires aux
fonctionnalités écologiques des
espaces de nature??
Comment articuler le projet
avec des démarches de gestion
et sensibilisation écologiques
existantes??
Comment associer, sensibiliser et
impliquer les habitants et usagers
à la préservation, restauration
et valorisation de la biodiversité
et?/?ou de la nature en ville??
Notion 20.3 Valoriser et sensibiliser
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir, auprès des
gestionnaires, les pratiques de
gestion respectueuses de la
biodiversité (et notamment insectes
pollinisateurs) dans les espaces
publics (gestion différenciée des
espaces végétalisés, méthodes
alternatives aux pesticides ou
produits phytosanitaires, permis
de végétaliser, etc.).
? Sensibiliser les habitants, usagers
à la biodiversité, à l?existence de
projets de sciences participatives
et aux traitements alternatifs
des espaces privés : évènements,
ateliers pédagogiques, balades
nature, signalétique, actions de
préservation participatives, etc.
? Mettre à disposition des habitants
et usagers des espaces et outils
dédiés aux projets de plantation,
restauration, jardins collectifs /
partagés.
? Sensibiliser les habitants
et riverains à la nécessité de
préserver les sols.
L?implication des usagers nécessite l?acculturation et la responsabilisation de
l?ensemble des acteurs, notamment les habitants.
Pour assurer la pérennité de la préservation de la biodiversité des sols et des
milieux naturels, il est essentiel de sensibiliser les habitants et gestionnaires aux
pratiques respectueuses : gestion différenciée des espaces verts, zéro-phyto,
zéro pesticide, protection biologique intégrée, gestion alternative des espaces
verts, permis de végétaliser, espaces dédiés à l?agriculture urbaine, etc.
Des actions de communication et de pédagogie peuvent être proposées par
des collectivités : événements thématiques, balades nature, jardins collectifs si
possible en permaculture, inventaires participatifs, chantiers participatifs, pro-
jets scolaires sur les espaces végétalisés, panneaux explicatifs, etc.
Il convient également d?intégrer les gestionnaires en amont des projets et de
systématiser la demande de plans de gestion aux paysagistes concepteurs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 89
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 20
L?ÉcoQuartier La Ravine Blanche, située à l?ouest du centre ancien de
Saint-Pierre, est l?un des quartiers les plus denses de la ville mais aussi
l?un des premiers quartiers d?habitat social des années 60. L?objectif
de l?opération de rénovation urbaine a été de renforcer l?attractivité
et l?accessibilité du quartier. La transformation de l?image du quartier
s?est concrétisée par la réhabilitation de logements, la résidentialisa-
tion du parc social, la requalification des espaces publics et la mise en
place d?un transport en commun en site propre. Des services et des
activités économiques se sont implantés au coeur du quartier. Enfin la
création d?un parc urbain réalisé avec un collectif d?habitants du quar-
tier a été une opération emblématique.
La préservation et la valorisation de la biodiversité, du lagon et des
milieux naturels est une préoccupation constante du projet.
Le parc urbain, planté d?espèces indigènes ou endémiques, comme la
totalité du quartier, est implanté sur une friche urbaine traversée par
un canal destiné à recueillir toutes les eaux de pluie et aménagé en
quatre bassins de rétention, qui constituent autant de filtres qui per-
mettent de préserver le lagon, quelques centaines de mètres plus loin.
S?y ajoutent des trottoirs fleuris gérés par les habitants et des petits jar-
dins privés créés autour de 500 logements. Une évaluation annuelle des
impacts environnementaux du projet a été mise en place et un Éco-PLU
a été élaboré en s?inspirant des prescriptions ÉcoQuartier : gestion des
eaux pluviales, biodiversité et place du végétal, cheminements piétons
et stationnement. L?un des espaces publics en pied d?immeuble collec-
tif est entretenu par un particulier.
Contexte local Centre
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 60
Superficie espaces verts (ha) 2
Nombre d?habitants prévus 7 500
Nombre de logements 2 621
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 548
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de St Pierre -
ANRU AMO DD / HQE : 5 AMO
(ordonnancement de projet,
qualité urbaine, développement
économique, communication, mise
en place convention de gestion
urbaine de proximité)
Maîtrise d?oeuvre du projet
Grpt BET : FEDT (VRD, hydraul.
EU, EP), HELIOS Paysage (paysage
et espaces publics), Concept (BT,
éclairages publics)
Acteurs Bailleurs sociaux, SEMADER,
SIDR, SHLMR, foncière logement,
ARER, CDC, DEAL, CAUE, CCIR
Rénovation urbaine de Ravine Blanche
Saint-Pierre, La Réunion
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90 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Correspondance entre les ODD
et les engagements
Dimension 1 Dimension 2 Dimension 3 Dimension 4
engagements
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
1.1 1.
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15
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1.1
1.2
1.3
1.4
1.5
1.a
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2.1
2.2
2.3
2.4
2.5
2.a
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2.c
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3.2
3.3
3.4
3.5
3.6
3.7
3.8
3.9
3.a
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3.c
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4.2
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4.5
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4.c
5.1
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5.c
6.1
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6.4
6.5
6.6
6.a
6.b
7.1
7.2
7.3
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 91
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92 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
La stratégie d?évaluation nationale
de la démarche ÉcoQuartier
L?enjeu du ministère est d?accompagner les acteurs dans
une démarche d?amélioration continue, de garantir la
performance des ÉcoQuartiers au regard des finalités du
développement durable et des priorités gouvernemen-
tales, en vue de communiquer et de rendre compte de
la tenue des engagements, dans une logique de diffusion
des bonnes pratiques.
L?ambition de la démarche ÉcoQuartier est de proposer
et diffuser un modèle français de la ville durable et inclu-
sive pour tous et par tous.
Les 4 défis de la ville durable (sobriété, résilience, inclusion
et création de valeurs) qui répondent de manière systé-
mique aux 20 engagements de la démarche ÉcoQuartier,
constituent le socle des objectifs stratégiques nationaux.
20 indicateurs nationaux ont été définis et documentés
pour mesurer l?atteinte de chacun des objectifs priori-
taires, les cibles étant fixées localement par chaque por-
teur de projets afin de prendre en compte les contextes
particuliers propres à chaque territoire.
Si les 20 indicateurs nationaux constituent un socle
commun d?évaluation, les candidats à la labellisation
ÉcoQuartier sont invités à élaborer dès l?amont une stra-
tégie d?évaluation locale spécifique à leur projet reposant
sur la définition de priorités locales autour d?une ambi-
tion politique, des objectifs de développement durable,
des cibles à long terme et des indicateurs clés de perfor-
mances associés (engagement 5 du guide de l?aménage-
ment durable).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 93
94 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Défis Objectif stratégique Objectif opérationnel Numéro Indicateurs
So
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ét
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1 ? Encourager la sobriété
dans la consommation
des ressources naturelles
et de l?énergie
Minimiser l?artificialisation par
l?optimisation de la ressource foncière
S1
Consommation totale d?espaces naturels, agricoles
et forestiers du quartier (en Ha) et rapportée au nombre
de logements et d?emplois créés
S2 Part de bâtiments conservés (%)
Garantir la performance énergétique
S3
Part des bâtiments neufs en anticipation de la réglementation
thermique existante (%)
S4 Part des bâtiments existants rénovés énergétiquement (%)
S5
Consommation des bâtiments du quartier
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Développer les énergies renouvelables
locales
S6
Production d?énergie renouvelable rapporté
à la consommation totale du quartier (%)
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Minimiser la consommation de
matériaux et favoriser l?écoconception
S7 Part des bâtiments intégrant des matériaux biosourcés (%)
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2 - Proposer une offre
de logement pour tous
de qualité (énergétique,
environnementale et
d?usage), adaptée,
diversifiée et abordable
et des espaces publics
favorables à la rencontre
(et à l?activité physique)
Favoriser la diversité des profils
et des parcours résidentiels des
habitants du quartier
I1 Part de logements sociaux (%)
I2
Part de logements abordables (%)
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Garantir la qualité d?usage
et architecturale des logements
pour tous
I3 Qualité d?usage des logements (%)
I4
Satisfaction des habitants vis à vis de leur quartier et de leur
logement (uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
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3 ? Diversifier l?offres de
services et d?équipements
et intensifier les usages
de la ville
Rendre accessibles toutes les fonctions
urbaines nécessaires à tous les usagers
du quartier
C1 Proximité des services de base (%)
Encourager l?intensité urbaine C2 Densité bâtie
Développer une offre de mobilité
décarbonnée et l?intermodalité
au regard des besoins du territoire
C3 Taux de cyclabilité de la voirie (%)
C4 Offre de mobilité alternative à la voiture individuelle (%)
C5
Part des ménages utilisant un mode alternatif à la voiture
pour le trajet domicile travail (%) (uniquement pour les
ÉcoQuartiers vécus)
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en
ce 4- Penser le bien-être
des habitants et la qualité
du cadre de vie comme
des leviers de la résilience
du quartier
Offrir un cadre de vie sûr et sain
favorable à des modes de vie sains
R1 Part des espaces bâtis impactés par des nuisances (%)
R2 Exposition aux risques naturels et technologiques (%)
Développer des espaces de nature en
ville aux bénéfices environnementaux
et sociaux
R3
Coefficient de biotope par surface (dont part de surface de
pleine terre)
R4 Surface d?espaces verts publics par habitants
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 95
Modalités de calcul Engagements
correspondants
Nombre d?hectare d?espaces naturels, agricoles ou forestiers consommés pour la réalisation du quartier ET Nombre d?hectare d?espaces
naturels, agricoles ou forestiers consommés pour la réalisation du quartier / (logements + emplois créés au sein du quartier)
1 6 20
Surface de plancher de bâtiments conservés (m²) / Surface de bâtiments neufs créés (m²) + Surface de bâtiments conservés (m²) 10 13 18
Surface de plancher (m²) de bâtiments neufs anticipant la réglementation en vigueur (RT antérieure à la RE2020) ou le prochain
jalon de la RE2020 / Surface de plancher (m²) totale dans le projet
17
Surface de plancher (m²) de bâtiments existants dont les performances énergétiques sont améliorées / Surface de plancher (m²)
de bâtiments existants dans l?opération].
*Rénovation énergétique performante?: DPE passe à B, sauf pour les classes F et G (DPE passe à C)
17
Consommation énergétique moyenne {toutes sources d?énergie} en kWhEF/m²/an 17
Somme de la chaleur et électricité issues d?énergie renouvelable produites dans le périmètre de l?opération [kWh/an] / Somme
des consommations d?électricité, de gaz et de chaleur dans le périmètre de l?opération [kWh/an]
17
Surface de plancher construite dans chaque bâtiment du quartier atteignant une quantité minimum de matériaux biosourcés
(selon le type de construction) / Surface de plancher totale.
* équivalent label bâtiment biosourcé niveau 2
13
(Nombre de logements sociaux / Nombre total de logements dans l?opération) × 100
Dont nombre de logements assimilés?: PLAI, PLUS, PLS.
1 7
Nombre de logements dont le prix de vente est accessible aux ménages du 6e décile du territoire / Nombre total de logements
vendus dans l?opération
7
(Nombre de logements pondéré en fonction de la qualité d?usage / nombre total de logements dans l?opération) × 100
Qualité d?usage sur la base de 3 des critères mentionnés dans le décret n°2022-384 du 17 mars 2022?:
? une surface habitable minimale suivant la typologie du logement?;
? l?existence d?espaces extérieurs privatifs ou à jouissance privative d?une surface minimale suivant la typologie du logement?;
? une double exposition pour les logements de T3 et plus
9
Enquête habitants appréciant leur satisfaction
Nombre d?habitants de l?ÉcoQuartier d?accord ou tout à fait d?accord avec l?assertion «?Les espaces publics et les logements proposent
une qualité d?usage satisfaisante?» / Nombre total d?habitants ayant répondu
8 9
(Nombre de logements et locaux d?activités à proximité d?un service ou commerce / Nombre total de logements et locaux d?activités
de l?opération) × 100
Services et distances seuil considérées?:
? approvisionnement en produits alimentaires de base (300 m)
? école maternelle et primaire (300 m)
? centres médicaux, médecins (500 m)
? centres culturels et de loisirs (ex?: bibliothèques publiques, musées, cinémas, théâtres et autres) (500 m)
? espaces verts publics (300 m)
11 12
Nombre d?équivalent logement / Superficie de l?opération hors espaces verts publics
avec 1 équivalent logement pour 70 m² SDP
6 9
[Aménagements cyclables (km) + Zones piétonnes (km) + Zones de rencontre (km)] / [Voirie potentiellement cyclable (km)].
Voirie potentiellement cyclable?: toute la voirie sauf autoroutes, voies rapides et bretelles d?accès
14
(Nombre de logements et locaux d?activités à proximité des TC / Nombre total de logements et locaux d?activités de l?opération) × 100
arrêts de TC et distances seuils considérés :
? tramway ou métro (500 m)
? bus ou de voiture partagée (500 m)
? gares ferroviaires ou routières ou aires de covoiturage (à moins de 3 km en zone non-urbaine).
14
Enquête habitants?: Nombre de ménages utilisant un mode alternatif à la voiture pour le trajet domicile-travail / Nombre total
de ménages dans le quartier
14
(Surfaces construites (m² SdP) affectées / Surface construite totale de l?opération (m² SDP)) × 100
Une surface est affectée par le bruit d?une source de nuisance sonore selon sa distance à celle-ci et le niveau sonore de référence
de celle-ci
8
(Surfaces construites (m² SdP) exposées à un aléa fort ou moyen / Surface totale du quartier (m² SDP) × 100 16
Surfaces favorables (hectare) à la biodiversité / Surface totale (hectare)
dont?: Surface d?espace en pleine terre / Surface totale (hectare)
19 20
Surface totale d?espaces verts publics / Nombre d?habitants (en m²/habitants) 8 16 20
Définitions
Acteurs?/?usagers
de la santé pertinents
Instance « Santé » : gouvernance chargée
d?accompagner et d?inciter à la prise en
compte de la santé tout au long d?une
opération d?aménagement. Elle est com-
posée a minima d?un acteur appartenant
à la maîtrise d?ouvrage urbaine (bureaux
d?études techniques, équipe de maîtrise
d?oeuvre urbaine etc.) et d?un acteur du
secteur de la santé (représentant d?une
instance de santé publique comme
l?Agence Régionale de Santé, l?Observa-
toire Régional de santé etc.).
Agences Régionales de Santé
(ARS)
Établissements publics administratifs de
l?État français chargés de la mise en oeuvre
de la politique de santé dans leur région.
Les ARS ont pour but d?assurer un pilo-
tage unifié de la santé en région, de mieux
répondre aux besoins de la population et
d?accroître l?efficacité du système.
AMAP (Association pour
le Maintien de l?Agriculture
Paysanne)
Association qui assure un lien direct entre
l?agriculteur et le consommateur, per-
mettant au producteur de maintenir son
activité et au consommateur d?avoir des
produits locaux, frais et de saison.
Approche écosystémique
L?approche par écosystème consiste en
une gestion globale des ressources en
terres et en eau, de la faune et de la biodi-
versité qui favorise leur protection et leur
utilisation durable de manière équitable
sur le long terme. Cette stratégie pro-
meut la protection et l?utilisation durable
des terres, de l?eau et des moyens de sub-
sistance de manière équitable. Elle est
l?un des principes les plus fondamentaux
de la gestion durable.
Approche en coût global
Consiste à prendre en compte l?en-
semble des coûts (directs et indirects) liés
au cycle de vie d?un « système », comme
le projet d?ÉcoQuartier, l?espace public, le
bâti, etc.
Approche systémique
Méthode d?analyse d?un système com-
plexe avec un point de vue global. Elle
se focalise moins sur la compréhension
exhaustive de toutes les composantes
du système que sur l?analyse de leurs
interactions et de leur fonctionnement
entre elles.
Artificialisation des sols
Transformation durable des fonctions éco-
logiques d?un sol par son occupation ou son
usage : un sol qui servait d?habitat naturel
ou de support de culture est affecté à des
fonctions urbaines, bâtimentaires ou de
transport (habitat, activités, commerces,
infrastructures, équipements publics?). Ce
changement d?usage s?accompagne d?une
transformation de la nature et de la fonc-
tionnalité des sols : imperméabilisation, sta-
bilisation, compactage, etc.
Autopartage?/?Vélopartage
Autopartage : Un système d?utilisation par-
tagée d?une flotte de véhicules par diffé-
rents usagers et pour de courtes durées
(voitures en libre-service).
Vélopartage : vélos en libre-service mis à
disposition gratuite ou non permettant
de lever trois freins à la pratique du vélo :
le stationnement à domicile, le vol et la
maintenance.
Bail Réel Solidaire (BRS)
Le Bail Réel Solidaire est un contrat de
longue durée qui unit un Organisme de
Foncier Solidaire (OFS) et un preneur.
Dispositif concernant un habitat neuf ou
ancien, il permet de dissocier le foncier
du bâti pour faire baisser le prix des loge-
ments afin d?en permettre l?acquisition à
des familles aux revenus modestes, grâce
à un prêt et à une redevance mensuelle.
Le BRS permet à des ménages, sous condi-
tions de plafond de ressources, d?accéder
à un logement en-dessous des prix du
marché. En contrepartie, ces ménages ne
pourront revendre le logement qu?à un
prix de cession encadré, inférieur au prix
du marché, et à un ménage répondant
aux mêmes critères de ressources que
ceux auxquels ils étaient soumis.
Bioéconomie
Ensemble des secteurs économiques issus
de la production et de la valorisation du
vivant. La bioéconomie regroupe l?agri-
culture, la sylviculture, la pêche, l?agroa-
limentaire, les produits biosourcés, et
géo-sourcés utilisés dans les matériaux ou
la chimie, la valorisation des déchets orga-
niques et de l?énergie stockée dans la bio-
masse. Elle permet d?utiliser au maximum
une énergie abondante, renouvelable et
gratuite, comme l?énergie solaire.
Biosourcés ou géosourcé
Biosourcés : matériaux partiellement ou
totalement issus de la biomasse (bois,
chanvre, colza, paille, liège?).
Géosourcés : matériaux issus de ressources
d?origine minérale (terre crue ou pierre
sèche).
Souvent locaux et peu transformés, voire
issus du réemploi ou du recyclage, leur uti-
lisation, comme matériaux de construction
notamment, permet de réduire l?empreinte
environnementale et de développer les
filières économiques du territoire.
Cadre de vie
Concept subjectif permettant de carac-
tériser l?ensemble des attributs d?un
espace urbain ou rural. Il fait référence
à tout ce qui nous entoure, à l?échelle
locale comme les éléments du paysage
ou du milieu (climat?), les aménage-
ments, les acteurs culturels, etc.
Circuit court
Forme de vente de produits limitant à un
le nombre d?intermédiaire entre le pro-
ducteur et le consommateur. Le circuit
court ne garantit pas de proximité phy-
sique, pour cela, on parle de circuit de
proximité. Circuits courts et de proximité
vont souvent de pair.
Il existe plusieurs formes de vente en
circuits courts : vente directe entre les
producteurs et les consommateurs ?
marchés paysans, point de vente collec-
tif entre plusieurs producteurs ? magasin
de producteurs, AMAP.
96 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Conception bioclimatique
Prise en compte dans la conception d?un
bâtiment du climat, actuel et à venir, et de
l?environnement pour réduire ses besoins
énergétiques (chauffage, refroidissement,
éclairage notamment) et améliorer sa qua-
lité et sa résistance. Le choix du terrain,
l?orientation et la disposition du bâtiment
et les matériaux utilisés sont des para-
mètres à notamment prendre en compte,
en fonction de l?exposition solaire, des
vents dominants, des écoulements d?eau,
etc., dans une conception bioclimatique.
Courte distance
Préconisée par la Commission euro-
péenne (livre vert), la ville des courtes
distances vise à introduire l?essentiel des
services quotidiens à moins de 800 m des
logements, des pôles d?échanges ou des
parcs relais. La ville des courtes distances,
en densifiant les zones résidentielles dans
des quartiers multifonctionnels, avan-
tage les transports collectifs et favorise
les circulations actives (vélo, marche) au
détriment des déplacements effectués
en voiture individuelle.
Déchets d?activités économiques
(DAE)
Les DAE comprennent tous les déchets
qui ne sont pas des déchets ménagers au
sens de l?article R. 541-8 du Code de l?en-
vironnement : entreprises industrielles et
du BTP, artisans et commerçants, services
publics (écoles, administrations?), pro-
fessionnels de santé (hôpitaux publics et
cliniques privées, médecins?), services
tertiaires, particuliers hors de leurs domi-
ciles (déchets des établissements rece-
vant du public, transports?).
Densité
Dans le secteur de l?aménagement dura-
ble, il s?agit du rapport entre l?effectif de
la population d?une zone géographique
et la superficie de cette zone. La densité
est le plus souvent exprimée en individus
par unité de surface (par exemple, habi-
tants / km2). La densité exprime le rapport
entre un indicateur quantitatif (démogra-
phie, nombre de logements, d?emplois?)
et une surface d?étude donnée.
On peut parler de densité résidentielle
(nombre de logements / Surface), de den-
sité de population (nombre d?habitants /
Surface), mais aussi de densité bâtie,
densité d?activités économiques, densité
d?équipements publics, densité d?espaces
verts, etc.
La densité vécue correspond elle à la per-
ception subjective des niveaux de densité
propre à chaque individu.
Diagnostic prospectif
Un diagnostic prospectif présente une
vision collective et systémique qui met
en évidence les possibles dynamiques
territoriales. Il est établi à partir des
représentations, d?une rétrospective, de
comparaisons avec d?autres territoires et
de statistiques dynamiques. Il identifie
les tendances qui paraissent influentes
sur l?évolution du territoire.
Diagnostic territorial
Il s?agit de réaliser une « photographie » du
territoire à un instant donné : les forces et
faiblesses économiques, les attentes des
populations, les dynamismes, les enjeux
environnementaux, sociaux et culturels?
Un diagnostic territorial peut se faire avec
les services de l?État, les collectivités, les
acteurs économiques, de la société civile
et les citoyens.
Eaux grises
Eaux usées domestiques faiblement pol-
luées (évacuation douche ou lavabo) pou-
vant être utilisées pour d?autres activités
ne réclamant pas d?eau parfaitement
propre, (évacuation des excréments, net-
toyage véhicule, etc.).
Eaux noires
Également appelées « eaux vannes », les
eaux noires sont les eaux domestiques
contenant le sous-produit de la digestion
(matières fécales et urines). Dangereuses
pour la santé, elles nécessitent un traite-
ment assainissant avant de pouvoir être
restituées dans la nature.
Eaux pluviales
Terme utilisé pour les eaux de pluie après
qu?elles ont touché le sol ou une surface
construite ou naturelle susceptible de les
intercepter ou de les récupérer (toiture,
terrasse, chaussée, arbre, ?).
Éco-citoyenneté
Concept demandant un comportement
individuel ou collectif invitant à agir quo-
tidiennement en observant les principes
et les règles de préservation de l?environ-
nement.
Écoconception
Intégration de la protection de l?environ-
nement dès la conception des biens ou
services. Elle a pour objectif de réduire les
impacts environnementaux des produits
tout au long de leur cycle de vie : extrac-
tion des matières premières, production,
distribution, utilisation et fin de vie.
Écologie Industrielle
et Territoriale (EIT)
L?écologie industrielle et territoriale (EIT)
est un levier pour mobiliser les acteurs
de terrain en faveur de la transition éco-
logique. Elle se concrétise par la mise en
commun volontaire de ressources par des
acteurs économiques d?un territoire, en
vue de les économiser ou d?en améliorer
la productivité : partage d?infrastructures,
d?équipements, de services, de matières?
En proposant des solutions territoriales,
coopératives et innovantes de gestion
des ressources, l?écologie industrielle
et territoriale transforme les systèmes
de production et de consommation
en favorisant les fonctionnements en
quasi boucle fermée. Elle s?inscrit dans la
démarche « réduire, réutiliser et recycler »
de l?économie circulaire.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 97
Énergies grises (ou intrinsèques)
Somme des énergies consommées lors du
cycle de vie d?un matériau ou d?un pro-
duit : la production, l?extraction, la trans-
formation, la fabrication, le transport,
la mise en oeuvre, l?entretien et enfin le
recyclage.
Énergies renouvelables
et de récupération (EnR&R)
Les énergies renouvelables sont les sources
d?énergie considérées comme inépuisables
à très long terme, et qui n?engendrent pas
ou peu d?émissions polluantes. Parmi ces
énergies se trouvent le solaire, le biomasse,
le thermique, l?éolien, l?hydraulique, la géo-
thermie.
Les énergies renouvelables et de récu-
pération (EnR&R) correspondent à la
récupération des énergies renouvelables
sur des équipements qui en émettent,
dans une dynamique de valorisation des
sources de chaleur. L?énergie récupérée
de la chaleur générée par l?incinération
de déchets en est une illustration.
Épannelage
En architecture, il désigne la taille et la
forme générale que peut prendre un bâti-
ment en fonction des règlements d?urba-
nisme. Il est défini formellement par un
graphique qui indique les lignes droites
ou courbes dans lesquelles doivent s?ins-
crire les constructions de la zone urbaine.
Il est appelé parfois « gabarit ».
ESS (Économie Sociale
et Solidaire)
L?ESS désigne un ensemble d?entreprises
(coopératives, mutuelles, associations
ou fondations) dont le fonctionnement
interne et les activités sont fondés sur un
principe de solidarité et d?utilité sociale.
Ces entreprises adoptent des modes de
gestion démocratiques et participatifs.
Elles encadrent strictement l?utilisation
des bénéfices qu?elles réalisent : le profit
individuel est proscrit et les résultats sont
réinvestis. Leurs ressources financières
sont généralement en partie publiques.
Éviter, Réduire, Compenser (ERC)
La démarche ERC a pour objectif de limi-
ter les atteintes à l?environnement, toutes
thématiques confondues (biodiversité, air,
bruit, eau, sol, santé des populations?).
L?ordre de cette séquence traduit une
hiérarchie : l?évitement est à favoriser
comme la seule option qui garantisse la
non atteinte à l?environnement. Ensuite
sont réduites les atteintes qui ne peuvent
pas être évitées. La compensation ne doit
intervenir qu?en dernier recours, quand les
impacts n?ont pu être ni évités ni réduits.
Externalité positive ou négative
Une externalité positive est une situation
où un acteur bénéficie de l?action d?un
autre sans en payer le coût financier.
C?est le cas d?un apiculteur qui, grâce à
ses abeilles, participe à la pollinisation
des arbres et des fleurs de l?arboriculteur
le plus proche sans que ce dernier ne le
rémunère.
Une externalité négative est une situa-
tion où un acteur est défavorisé par un
autre sans recevoir de compensation.
Fab-Lab
Contraction de « laboratoire de fabrica-
tion », le Fab-Lab désigne un lieu ouvert au
public où différentes sortes de machines
et d?outils sont mis à disposition pour la
conception et la réalisation d?objets.
Formes urbaines
À l?échelle du quartier, types d?organi-
sation de l?espace, des configurations
spatiales du bâti (manière dont sont
disposés les éléments urbains dans l?es-
pace) et des agencements spécifiques
des espaces publics (proportion entre le
sol bâti et le sol non bâti, voiries, places,
espaces verts, etc.).
Gaz à effet de serre (GES)
Constituants gazeux de l?atmosphère, tant
naturels qu?anthropiques, qui absorbent
et réémettent le rayonnement infrarouge
et contribuent à l?effet de serre. Les princi-
paux GES émis par les activités humaines
sont le dioxyde de carbone, le méthane
et l?ozone. Ces émissions en excès dans
l?atmosphère génèrent un réchauffement
de celle-ci.
Gestion différenciée (GD)
Approche raisonnée de la gestion des
espaces verts permettant une gestion
plus respectueuse de l?environnement
sans perte de qualité. Elle remet en ques-
tion le tout horticole, sans toutefois le
bannir.
Habitat Participatif
Reposant sur une démarche citoyenne : il
permet à des groupes de personnes de
construire leur logement et de partager
un mode de vie écologique et commu-
nautaire, à moindre coût. Des réponses
collaboratives à de nombreux enjeux
de société peuvent être apportées (lien
social, bien vieillir, pratiques écorespon-
sables et préservation de l?environne-
ment, logement abordable, etc.).
Handicap
Toute limitation d?activité ou restric-
tion de participation à la vie en société
subie dans son environnement par
une personne en raison d?une altéra-
tion substantielle, durable ou définitive
d?une ou plusieurs fonctions physiques,
sensorielles, mentales, cognitives ou
psychiques, d?un polyhandicap ou d?un
trouble de santé invalidant.
Îlot de chaleur urbain
Phénomène d?élévation de la tempéra-
ture dans les environnements densément
urbanisés lié principalement aux maté-
riaux et à la forme des bâtiments, à l?oc-
cupation des sols, à la circulation du vent,
au manque de végétaux en ville, et aux
dégagements de chaleur liés aux activités
humaines.
Il est particulièrement accentué dans les
espaces très artificialisés.
Intensité urbaine
La notion d?intensité urbaine ajoute une
dimension qualitative à la notion de
densité urbaine en privilégiant la qualité
sensible de la ville, la qualité environne-
mentale, la diversité des usages, la pré-
sence des services de la vie quotidienne
(commerces de proximité, écoles, ser-
vices sociaux et publics), la possibilité d?y
accéder par les mobilités actives ou les
transports collectifs, etc.
98 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Insertion viaire
Ensemble des voies de circulation qui des-
servent le projet, des plus importantes
(autoroutes urbaines, boulevards?) aux plus
modestes (venelles, rues privées, impasses).
Logistique du dernier kilomètre
Concept désignant le transport de mar-
chandises en ville, à savoir la dernière
étape de la chaîne de distribution des
biens vers les consommateurs finaux.
Cette étape représente un fort coût éco-
nomique, social et environnemental si elle
n?a pas été pensée en amont de la concep-
tion du quartier.
Métabolisme territorial
Moyen de mesure de la comptabilité des
flux d?énergies et de matières (entrants et
sortants) nécessaires au fonctionnement
d?un territoire. Il compare les territoires à
des corps vivants qui ont besoin de puiser
des matières et de l?énergie qu?ils consom-
ment, transforment puis excrètent.
Mixité intergénérationnelle
Cette mixité consiste à rassembler, dans
des logements et plus largement des lieux
de vie destinés à de jeunes étudiants et
actifs et à des personnes âgées. L?objectif
est de renforcer le lien social et les rela-
tions entre les générations (accessible
aux enfants, étudiants, personnes âgées,
actifs, familles). Elle favorise la transmis-
sion d?expérience et de savoirs entre per-
sonnes d?âges différents permettant un
bénéfice mutuel.
Mixité fonctionnelle
Désigne le fait d?assurer, à toutes les
échelles d?organisation du territoire, une
diversité de fonctions nécessaires à la vie
sur le territoire : résidentielles, activités
économiques, loisirs, mobilités, services
publics, équipements sportifs, culturelles,
associations, etc.
Mixité sociale
Cohabitation, sur un même territoire, de
personnes d?origines sociales et cultu-
relles diverses ayant différents niveaux
de revenus. Elle est facteur de cohésion
et d?une société inclusive.
PADD (Projet d?Aménagement
et de Développement Durable)
Élément incontournable du Plan Local
d?Urbanisme (PLU ou PLUi), il présente
les objectifs et les orientations générales
concernant le développement urbanis-
tique, économique, social et environ-
nemental d?une commune ou d?une
communauté de communes durant une
période donnée (10 à 20 ans).
Partie prenante
Est définie comme « partie prenante »
d?un projet, « tout individu ou groupe
ayant un intérêt dans les décisions ou
activités d?une organisation. » (Source :
ISO 26000, ISO,2010).
Patrimoines
On en dénombre plusieurs catégories :
les immeubles et les sites patrimoniaux
(patrimoine immobilier), les documents
et les objets patrimoniaux (patrimoine
mobilier), le patrimoine immatériel (tradi-
tions et savoir-faire), les paysages culturels
patrimoniaux, les personnages historiques
décédés et les lieux et les événements his-
toriques.
PCAET (Plan Climat-Air-Énergie
Territorial)
Document de planification qui permet
d?aborder la problématique climat-air-
énergie et qui définit des objectifs pour
atténuer et s?adapter au changement
climatique, protéger et favoriser la biodi-
versité, améliorer l?efficacité et la sobriété
énergétique et produire davantage d?éner-
gies renouvelables et de récupération? Le
PCAET se construit à l?échelle intercom-
munale ou métropolitaine et les PLU(i)
doivent y être compatibles.
PEMD (Diagnostic Produit
Équipement Matériaux Déchets)
Diagnostic permettant de déterminer la
nature, la quantité et la localisation des
matériaux et produits de construction
et de s?assurer de réemployer ou réutili-
ser les produits, équipements, matériaux
issus de travaux afin de pallier aux pénu-
ries actuelles et à venir de matières pre-
mières.
Perméabilité du quartier
Désigne la possibilité de traverser un îlot
ou un quartier de façon directe et efficace,
par une diversité? de modes de déplace-
ment. La perméabilité résulte de la trame
de rues, de sa hiérarchie et de sa forme,
ainsi que de l?absence de barrières phy-
siques entre les milieux.
PLU (Plan Local d?Urbanisme)
Document d?urbanisme à l?échelle d?une
commune ou d?une intercommunalité
(PLUi) qui définit les grandes orientations?
Concrètement, il s?agit d?un document qui
définit les grandes orientations d?aména-
gement sur la base du projet de la collec-
tivité et réglemente la constructibilité du
territoire (ambition et stratégies d?aména-
gement, formes des constructions, zones
urbaines / à urbaniser / naturelles / agricoles).
PNACC (Plan national
d?adaptation au changement
climatique)
Parallèlement aux politiques d?atténuation
du changement climatique, la démarche
d?adaptation vise à en limiter les impacts
inévitables et les dommages associés sur
les activités socio-économiques et sur la
nature. Les politiques publiques d?adap-
tation ont pour objectifs d?anticiper les
impacts à attendre du changement clima-
tique, de limiter leurs dégâts éventuels en
intervenant sur les facteurs qui contrôlent
leur ampleur et de profiter des opportuni-
tés potentielles.
Polarités existantes ou projetées
La notion de polarité urbaine décrit les
effets spatiaux des villes sur les territoires
environnants, leurs interactions avec les
villes voisines. Souvent, la polarité allie
une concentration géographique de
fonctions urbaines (logements, activi-
tés, équipements, services) et des axes
de communication efficaces vers l?ex-
térieur. Ces éléments de performance
territoriale génèrent des dynamiques
d?attraction du pôle vers sa périphérie
(flux d?emplois, de consommations, d?ac-
tivités?).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 99
Prévention situationnelle
Action qui vise à dissuader les potentiels
auteurs d?actes de malveillance de passer
à l?acte en intervenant sur l?environne-
ment le plus en amont possible.
Réhabilitation des friches
Réhabilitation du foncier déjà artificia-
lisé en zone urbanisée permettant de
donner un nouvel usage à des zones
délaissées sur lesquelles des travaux
de réhabilitation du bâti ou, à défaut,
de déconstruction et d?aménagement
doivent être menés pour leur requalifica-
tion, par exemple en zones d?activités ou
en espaces naturels.
Repair-café
Atelier permettant de mettre en lien des
personnes souhaitant réparer un objet et
des structures du réemploi et des béné-
voles formés à la réparation et au réem-
ploi. Le Repair café peut être installé
dans un lieu dédié comme une recycle-
rie, ou faire l?objet d?ateliers ponctuels et
itinérants.
Ressourcerie?/?recyclerie
Structure de réemploi / réutilisation qui
récupère, revalorise et / ou répare et
revend au grand public des biens usagés
ou d?occasion sur un territoire.
Risques
Les politiques françaises de prévention
des risques, qu?ils soient d?origine natu-
relle ou technologique, définissent le
risque comme la probabilité d?occur-
rence de dommage compte tenu des
interactions entre facteurs d?endomma-
gement (aléas) et facteurs de vulnérabilité
(peuplement, répartition des biens).
SCOPE 1, 2 et 3
Périmètre au sein duquel sont étudiées
les émissions de gaz à effet de serre du
projet.
Scope 1 : émissions directes de gaz à effet
de serre, issues de combustibles fossiles
(pétrole, gaz, charbon?).
Scope 2 : émissions indirectes liées à l?éner-
gie issues de la consommation d?électri-
cité et des réseaux de chaleur /froid.
Scope 3 : autres émissions indirectes, et
représente en général la très grande majo-
rité des émissions liées à l?activité.
SCoT (Schéma de Cohérence
Territorial)
Document de planification du territoire
sur le moyen-long terme (20 ans) qui
s?applique à l?échelle d?un bassin de vie,
d?emploi ou une aire urbaine.
Ce document prévoit un cadre de réfé-
rence pour les questions d?habitat, de
mobilités, d?aménagement commercial,
d?environnement (énergie, climat et bio-
diversité notamment).
SDAGE (Schéma Directeur
d?Aménagement et de Gestion
des Eaux)
Outil de planification prévu pour 6 ans
pour assurer la gestion de la ressource en
eau et des écosystèmes aquatiques. Ce
schéma s?applique à l?échelle du grand
bassin hydrographique (12 en France) et
s?impose aux documents de planification
(SRADDET, SCoT, PCAET, PLU, ?).
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs thématiques :
égalité des territoires, énergie, biodiver-
sité, déchets, habitat, transports, qualité
de l?air, etc.
Sobriété foncière
Démarche consistant à optimiser l?utilisa-
tion des espaces déjà urbanisés et à ques-
tionner les nouveaux besoins d?extension
pour préserver au maximum les sols de
l?artificialisation. Cela permet d?éviter de
disperser l?habitat, les emplois, les ser-
vices, allongement des déplacements
ainsi que de préserver la biodiversité.
Solutions Fondées sur la Nature
(SFN)
Actions qui s?appuient sur les écosys-
tèmes et les services qu?ils rendent pour
relever des défis qui se posent à nos
sociétés. La nature et les écosystèmes
favorisent la résilience face au change-
ment climatique, aux risques naturels et
à l?approvisionnement en eau, etc.
SRADDET (Schéma Régional
d?Aménagement de
Développement Durable
et d?Égalité des Territoires)
Document de planification prescriptif
mis en place par le conseil régional et
qui s?imposent aux documents locaux
d?urbanisme (SCoT, PCAET et PLU
notamment) qui doivent être compa-
tibles avec celui-ci.
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs théma-
tiques : égalité des territoires, énergie,
biodiversité, déchets, habitat, trans-
ports, qualité de l?air, etc.
SRCE (Schéma Régional
de Cohérence Écologique)
Document cadre qui sert de base pour les
documents de planification. Il contient :
un diagnostic des enjeux de biodiversité,
une identification des trames vertes et
bleues, la mise en place d?outils cartogra-
phiques et d?un plan d?action territorial
notamment.
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs thématiques :
égalité des territoires, énergie, biodiver-
sité, déchets, habitat, transports, qua-
lité de l?air? Sauf exception, le SRCE est
remplacé par le SRADDET qui constitue
le document cadre à l?échelle régionale
de définition et de mise en oeuvre de la
trame verte et bleue.
100 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Trames vertes, bleues, brunes
et noires | Trames écologiques
La trame verte et bleue est une démarche
qui vise à maintenir, protéger et reconsti-
tuer des réseaux de milieux naturels où les
espèces animales et végétales peuvent
circuler et interagir afin qu?elles puissent
assurer leur cycle de vie (s?alimenter, se
déplacer, se reproduire, se reposer, ?) au
même titre que l?homme.
Ces réseaux sont constitués des habi-
tats (les « réservoirs de biodiversité ») et
des zones de déplacement des espèces
(« les corridors écologiques »).
L?ambition de cette démarche est d?ins-
crire la préservation de la biodiversité dans
les politiques d?aménagement du terri-
toire, notamment en intégrant ces trames
dans les documents de planification.
Trame verte : milieux naturels terrestres.
Trame bleue : milieux aquatiques et humides.
Trame brune : continuité des sols vivants.
Trame noire : réseaux des espèces noc-
turnes. Cette démarche s?attache en
particulier à la question de la pollution
lumineuse.
Tri des 7/9 flux
Valorisation permettant la lutte contre le
gaspillage de manière obligatoire pour 7
d?entre eux : papier / carton, métal, plas-
tique, verre, bois, fraction minérale et
plâtre ; voire non-règlementaire : textile,
biodéchets.
Urbanisme frugal
Façon d?aménager le territoire ayant pour
ambition de faire mieux avec moins pour
préserver les écosystèmes. Permettant de
répondre aux besoins essentiels des habi-
tants, il mobilise les ressources locales,
matérielles et humaines : habitants, usa-
gers, terrains disponibles, matériaux,
technologies faiblement consomma-
trices d?énergie, etc.
Urbanisme tactique
Façon d?aménager temporairement et
simplement le territoire via des aména-
gements mobilisables permettant de
démontrer les possibles modifications de
fonctionnalités d?un espace. Il mobilise
souvent les ressorts de l?art et de l?évène-
mentiel portés par des habitants et / ou
des collectifs de personnes.
Urbanisme transitoire
Occupation de l?espace public ou privé
par des aménagements et des activités
pour une durée déterminée. Vecteur
de dynamisme du quartier et de renfor-
cement du lien social, on parle d?urba-
nisme « transitoire » parce que les projets
accompagnent généralement un chan-
gement d?image, de fonction, d?usage,
ou de statut d?un espace.
Zone à Faibles Émissions (ZFE)
Dispositif imposé pour les métropoles
françaises les plus peuplées et encouragé
dans les grandes agglomérations, dont la
mise en oeuvre est soutenue par l?État. Il
vise à faire baisser les émissions de pol-
luants afin d?améliorer la qualité de l?air
et de garantir aux habitants de respirer
un air qui ne nuise pas à leur santé.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 101
102 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Remerciements
Chers contributeurs,
Le Bureau des villes et des territoires durables tient à exprimer
ses plus sincères remerciements à tous ceux qui ont participé
au travail collaboratif mis en place autour de la réalisation du
nouveau guide de l?aménagement durable.
Votre engagement et votre expertise ont été essentiels à la
conception de ce guide actualisé et accessible à tous les por-
teurs de projets désireux d?entrer dans une approche vertueuse
d?aménagement durable. Il contribuera largement à accélérer
la diffusion et la mise en oeuvre dans les territoires des réponses
aux grands défis de la ville durable : sobriété dans la consomma-
tion des ressources et de l?énergie, résilience notamment face
au changement climatique, inclusion et création de valeurs sur
les territoires.
Nous remercions tout particulièrement les correspondants ville
durable des Directions régionales de l?aménagement, de l?envi-
ronnement et du logement et des Directions départementales
des territoires et de la mer qui se sont fortement impliqués
dans ce projet, ainsi que les Directions d?administration cen-
trale du ministère de la Transition écologique et de la cohésion
des territoires, et le ministère de la Culture.
Le Commissariat général au développement durable (CGDD)
La direction générale de l?aménagement, du logement et de la
nature (DGALN) et les Architectes et Paysagistes Conseils de
l?Etat de la DGALN
La Direction générale de l?énergie et du climat (DGEC) dont
l?ONERC
La direction générale des infrastructures, des transports et de
la mer (DGITM)
La direction générale de la prévention des risques (DGPR)
La Mission interministérielle pour la qualité des constructions
publiques (MIQCP)
Le groupement d?intérêt public Europe des projets architectu-
raux et urbains (GIP EPAU)
Le Plan urbanisme construction architecture (PUCA)
Nous remercions nos partenaires institutionnels, associatifs,
experts et professionnels de l?aménagement pour la pertinence
de leurs contributions et leur implication dans ce projet :
ADEME - Agence de la transition écologique
Alliance HQE-GBC
Anah - Agence nationale de l?habitat
ANCT - Agence nationale de la cohésion des territoires
ANRU - Agence nationale pour la rénovation urbaine
Banque des territoires
CEREMA - Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?envi-
ronnement, la mobilité et l?aménagement
CERQUAL
CERTIVEA
CNOA ? Conseil national de l?ordre des architectes
Compagnie des rêves urbains
CSTB ? Centre scientifique et technique du bâtiment
Ecomaires
Efficacity
Ekopolis
EPASE - Etablissement Public d?Aménagement de Saint-Etienne
EPFAG - Etablissement Public Foncier et d?Aménagement de la
Guyane Europan France
FNPRF ? Fédération des parcs naturels régionaux de France
FNAU ? Fédération nationale des agences d?urbanisme
FNCAUE - Fédération Nationale des CAUE
FVD ? France ville durable
GPA - Grand Paris Aménagement
Intercommunalités de France
LPO - Ligue pour la protection des oiseaux
Paris & Métropole Aménagement
PCC ? Petites Cités de Caractère
Plantes et Cités
UNAM ? Union nationale des aménageurs
USH ? Union sociale pour l?habitat
Et les villes de Doué-en-Anjou, Durtal, Le Mesnil-Saint-Denis,
Melle, Saint-Pantaléon, et la Communauté de communes
Mellois-en-Poitou, ainsi que l?Atelier Raisonné ? ADER&CO.
Nous remercions les équipes des agences 360, Néoclide et
Giboulées pour leur accompagnement dans la mise en oeuvre
du projet et la réalisation graphique du guide.
Je remercie enfin tout particulièrement l?équipe du Bureau
des villes et territoires durables de la Direction générale de
l?aménagement, du logement et de la nature, qui pilote la
démarche ÉcoQuartier, ainsi que le conseiller international et
ville durable de la sous-direction de l?aménagement durable,
pour leur implication sans faille dans la réalisation de ce
projet : Bruno Bessis, Céline Callegari (pilote du projet), Colin
Cauchois, François Kellerhalls-Hosso, Pascale Kouassigan, Yann
Lancien, Émilie Lepoivre, Isabelle Moritz, Marianne Vebr et
Lorène Pourias, stagiaire au sein du bureau.
Florence Drouy
Cheffe du Bureau des villes et territoires durables
DGALN / DHUP / AD
102 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 103
© Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. Juin 2023
Conception et réalisation?: ?/?Troiscentssoixante
Illustrations?: Camille Leplay - Imprimé sur papier 100?% recyclé par Adequat
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION un atout moteur pour l?ins-
tallation de nouveaux professionnels. Plus largement, l?ÉcoQuartier
de Volonne met en lumière la capacité du projet à replacer les ques-
tions de soin et de bien-être au coeur de l?espace public. La réhabili-
tation d?espaces communs propices aux échanges et aux rencontres,
la réduction de la place de la voiture au profit des mobilités actives,
sont autant d?initiatives qui renforcent la cohésion sociale et qui per-
mettent à tous de s?épanouir en extérieur.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 1,4
Superficie espaces verts (ha) 0,42
Nombre d?habitants prévus 300
Nombre de logements 135
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 47
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2013-2019
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2022
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de Volonne (maison
de santé, crèche, cantine, espaces
publics), bailleur H2P (2 résidences
de logements sociaux)
Maîtrise d?oeuvre du projet
Même équipe pluridisciplinaire
pour les 2 MOA : R + 4, Vert d?Eau,
Adret, M.G. Concept
Acteurs H2P (groupement de
commandes pour les 2 MOA)
©
X
av
ie
r E
m
er
y
40 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet s?intègre-t-il
dans le paysage existant et
le contexte urbain??
Comment sont traitées les limites
du projet (maillage, transitions et
franges urbaines)??
Comment la composition, les
formes urbaines et l?aménagement
des espaces extérieurs (privés
et publics) du projet prennent-ils
en compte la trame urbaine,
les éléments bâtis et végétaux
présents sur le site, en valorisant
le paysage naturel ou urbain??
Comment participent-ils
à la valorisation ou la création
d?un cadre de vie agréable pour
le quartier??
Comment sont associés les usagers
à la conception et à la modélisation
des espaces extérieurs??
Comment la nature en ville est-elle
mise en oeuvre concrètement
dans les opérations du projet et
comment participe-t-elle à la
qualité du cadre de vie??
Engagement 9
Concevoir un projet alliant qualité urbaine,
paysagère et architecturale
Notion 9.1 Assurer une insertion urbaine et
paysagère du quartier avec son environnement
RECOMMANDATIONS
? Travailler sur les continuités,
les transitions et les articulations
du projet avec le reste du territoire.
? Concevoir, via des équipes
pluridisciplinaires, la composition
urbaine et paysagère en proposant
des solutions adaptées et
contextuelles sur la perméabilité
du quartier, l?insertion viaire,
l?épannelage, les morphologies,
l?adaptation aux spécificités
locales, etc.
? Favoriser l?insertion du projet
dans le tissu urbain environnant en
prenant en compte l?existant et
les évolutions potentielles futures.
? Concevoir un projet urbain
s?appuyant sur les composantes
naturelles du site et notamment
les trames vertes, bleues, brunes
et noires et les éléments paysagers.
L?intégration du projet dans le tissu urbain existant doit être travaillée en veil-
lant aux continuités urbaines et aux articulations et aux transitions avec les
caractéristiques naturelles et bâties environnantes :
? prendre en compte la trame urbaine et viaire existante ainsi que les spécifici-
tés de la composition urbaine ;
? s?assurer une qualité de composition du projet en lien avec l?existant en pri-
vilégiant une interaction entre les volumes construits (existant, réhabilités ou
neufs) et les vides (espaces extérieurs, plantations, etc.) ;
? articuler le projet avec les éléments de composition naturels existants, notam-
ment les corridors écologiques (trames vertes et bleues, brunes et noires), les
vues, l?eau, etc.
L?association d?équipes pluridisciplinaires permettra d?aboutir à une insertion
urbaine du projet qualitative.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 41
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles sont les qualités paysagère,
urbaine et architecturale (notamment
concernant les logements) du
quartier, à la fois du point de vue
de l?urbaniste et des professionnels,
de la collectivité, mais aussi
des habitants et des usagers
du quartier, des riverains??
Comment les îlots et formes bâties
du projet participent-ils à une
qualité architecturale et paysagère
d?ensemble au sein du quartier
et de ses abords??
De quelle manière le projet
favorise-t-il la création et la qualité
architecturales au regard de
l?identité du site et du contexte
architectural et urbain existant??
La conception des projets de
réhabilitation, restauration,
valorisation d?immeubles existants
fait-elle l?objet d?une démarche
spécifique favorisant la création
et la diversité architecturales??
Notion 9.2 (Re)créer des formes urbaines et
architecturales favorisant la qualité du cadre de vie
RECOMMANDATIONS
? Proposer des formes urbaines
et architecturales adaptées
au contexte et en accord avec
le territoire.
? Intégrer des espaces publics de
qualité, réfléchir à une répartition
cohérente avec les besoins
identifiés, traiter qualitativement
les interfaces entre les espaces
publics et privés, les parties
communes.
? Garantir la qualité des logements :
orientation, traversant,
prolongements extérieurs et
espaces privatifs, préservation de
l?intimité par la qualité des vis-à-vis,
vues et perspectives, confort
acoustique et thermique, etc.
? Privilégier la réversibilité
des bâtiments et l?évolutivité
des logements en réponse
aux évolutions des modes de vie,
de la configuration familiale, etc.
La conception du projet urbain et architectural doit favoriser la qualité du cadre
de vie à toutes les échelles (bâti, îlot et opération d?aménagement) :
? en intégrant et en s?appuyant sur les éléments de composition naturels exis-
tants : végétation, sol, eau, etc. ;
? en favorisant la requalification du bâti existant ;
? en proposant des projets de réhabilitation et de construction de qualité favo-
risant l?évolutivité des logements : formes architecturales, matériaux, etc. ;
? en intégrant des espaces extérieurs, des espaces communs, des espaces
publics généreux et confortables en toutes saisons ;
? en traitant qualitativement les interfaces entre les espaces publics et privés,
les parties communes, pour favoriser les interactions.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 202342
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 9
L?ÉcoQuartier Clichy-Batignolles se situe sur un terrain de 54 hectares,
à Paris dans le 17e arrondissement. Ce site était auparavant dédié à des
infrastructures ferroviaires. Il s?agit d?un programme mixte composé de
logements, d?activités tertiaires et productives, d?équipements de com-
merces et de loisirs. Laboratoire du développement durable, ce projet est
innovant, associant des expérimentations dans la gouvernance comme
dans les réalisations. En matière d?espaces verts publics, le projet dispose
d?un vaste parc urbain de 10 hectares dans une conception créative
et contemporaine. Le nouveau palais de justice de Paris et la Direction
régionale de la police judiciaire implantés Porte de Clichy, desservis par la
ligne 14 prolongée et le tramway, confèrent à l?opération une envergure
métropolitaine et l?inscrivent dans la perspective des nouvelles places du
Grand Paris.
La réalisation du grand parc urbain de 10 hectares au coeur du projet
a été un élément particulièrement fort de l?aménagement. Il offre une
grande ouverture sur la ville ainsi qu?un espace de rencontre entre les
quartiers aux alentours, et constitue un îlot de fraîcheur au sein d?un
environnement particulièrement dépourvu d?espaces verts. Le parc est
par ailleurs traversé par un réseau de circulations douces dans le prolon-
gement des rues existantes, offrant des liaisons simples et directes entre
les quartiers. Les opérations livrées sont d?une grande qualité et créati-
vité architecturales et allient compacité et cadre de vie agréable en pro-
posant notamment des vues au plus grand nombre. Un atelier de travail
en commun a également été mis en place, réunissant l?ensemble des
maîtres d?ouvrage et architectes, afin de les associer dans un processus
de dialogue. L?objectif : inscrire le projet dans une démarche globale de
conception (articulation entre espaces libres, privés et publics, usages,
organisation morphologique des îlots, etc.).
Clichy-Batignolles
Paris, Paris, Île-de-France
Contexte local Friche ferroviaire
Type de projet Renouvellement
urbain
Superficie (ha) 54
Superficie espaces verts (ha) 10
Nombre d?habitants prévus 7 500
Nombre de logements 3 400
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 700
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2005-2020
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2020
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Paris, Paris & Métropole
Aménagement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Atelier François Grether, agence
Jacqueline Osty, Omnium Général
Ingénierie (VRD), Inddigo / TRIBU,
Une autre Ville (AMO pilotage
environnemental)
Acteurs APUR, Bouygues Immobilier,
Bouwfonds Marignan, COGEDIM,
DRPJ, EMERIGE, EPPJP, RATP,
SAEMES, SNCF / RFF, STIF
©
C
ER
EM
A
D
av
id
D
es
al
eu
x
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 43
Engagement 10
Valoriser le patrimoine,
l?histoire et l?identité
du site et de ses habitants
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels acteurs mobiliser
localement pour identifier et
accompagner les évolutions
du patrimoine??
Comment les mobiliser en amont
des phases de conception pour
contribuer à une progression
largement partagée des enjeux??
Quelles sont les conclusions de
l?arpentage du site, quels éléments
de perception apporte-t-il sur
le patrimoine des lieux??
Qu?induisent les pratiques
socio-culturelles localement, en
termes de programme opérationnel,
de circuits courts fonctionnels
(commerces, services, activités,
équipement, habitat) et de
procédés constructifs (savoir-faire,
matériaux de construction,
plantations)??
Notion 10.1 Identifier les patrimoines locaux
RECOMMANDATIONS
? Mobiliser les acteurs qui
protègent et valorisent
les patrimoines du territoire
(acteurs culturels, acteurs socio-
économiques, services publics,
associations d?habitants, etc.)
dans les phases de diagnostic
et de conception du projet.
? Prendre en compte et s?appuyer
sur les composantes locales :
patrimoines culturels, patrimoines
vivants, arts, traditions, savoir-faire.
Identifier les patrimoines locaux constitue une étape essentielle de la concep-
tion du projet. Chaque site porte les traces de ses modes d?occupation : com-
prendre les différentes adaptations et dynamiques de la ville au fil du temps
permet de s?inscrire dans une continuité au regard des évolutions des besoins
et usages, sans perdre l?identité locale des lieux.
Il est important de mobiliser, dès les prémices du projet, le réseau des acteurs
pouvant contribuer à l?identification d?éléments de patrimoine : services de
l?État dont ABF, CAUE, architectes, paysagistes (dont ACE et PCE), associations
locales, élus, habitants et usagers du territoire, acteurs économiques, etc. Des
acteurs tels que des équipes pluridisciplinaires de concepteurs ou des artistes
peuvent par ailleurs utilement être missionnés.
Consulter, au-delà des documents réglementaires, ceux issus d?archives dépar-
tementales (cartes, photographies, peintures et représentations), voire les écrits
(presse, littérature, etc.), les récits et autres films, renseigne également sur la
culture locale et contribue à sa connaissance.
L?arpentage et la visite de terrain permettent quant à eux une appréhension
sensible du quartier en devenir, révèlent les perceptions (visuelle, sonore, etc.)
concernant les éléments de patrimoine (naturel ou bâti), confirment ou relati-
visent la connaissance théorique des lieux.
Les pratiques sociales, les activités économiques, rituelles ou de loisirs consti-
tuent également des éléments de patrimoine (patrimoines culturels, patri-
moines vivants, arts, traditions, savoir-faire) sur lesquelles s?appuyer pour
favoriser le dynamisme urbain.
44 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels éléments de patrimoine
existants sont intégrés au projet
(patrimoine naturel et végétal,
urbain et architectural), et
de quelle manière(restaurés,
transformés, etc.)??
Comment impliquer les habitants
et usagers dans la préservation
et la valorisation du patrimoine??
Comment le projet d?aménagement
s?inscrit-il dans la culture et la mémoire
locales d?hier et d?aujourd?hui??
Comment y contribue-t-il??
Quelles ressources et compétences
mobiliser pour développer l?activité
culturelle??
Quels dispositifs d?accompagnement
pour valoriser le patrimoine culturel
immatériel du territoire??
Notion 10.2 Préserver et valoriser les éléments
patrimoniaux, identitaires et la mémoire du site
RECOMMANDATIONS
? Valoriser le patrimoine
architectural et paysager
(à différentes échelles et de
différentes natures, du plus
quotidien au plus emblématique)
du site dans le projet.
? S?appuyer sur l?histoire et la
mémoire du site et de ses habitants
pour co-construire le projet.
? Mettre en valeur les patrimoines
et paysages culturels, immatériels,
les personnages, les lieux et
les événements historiques dans
une démarche ascendante.
Vectrice d?identité et de reconnaissance, la valorisation des éléments patrimo-
niaux et identitaires comme biens communs fédère la population en offrant
une vision partagée du territoire. Elle favorise la réappropriation des lieux et
entretient une mémoire collective accessible à tous, en s?appuyant sur les
connaissances, la mémoire du site et de ses habitants, les arts et savoir-faire.
Que le patrimoine soit remarquable ou ordinaire, il s?agit d?analyser son poten-
tiel, de prendre soin du déjà-là, d?entretenir ou d?actualiser son usage, de recher-
cher les adaptations et les transformations viables afin de le mettre en valeur
dans son contexte.
Valoriser le patrimoine culturel immatériel constitue par ailleurs un levier d?ac-
tion permettant de donner vie au projet. Il permet de passer du projet urbain à
la création d?un territoire vivant et dynamique qui propose une vie culturelle à
destination de la population.
Puissant levier de cohésion sociale, d?amélioration du cadre de vie et de déve-
loppement économique, le renforcement de la vie culturelle permet de favo-
riser la construction d?une identité locale positive et partagée, qui participe
largement à l?attractivité d?un territoire.
En favorisant le lien social entre les habitants, le dynamisme culturel permet
également d?ancrer la population sur le territoire en lui offrant une plus-value.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 2 : cadre de vie et usages ? Juin 2023 45
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 10
ÉcoQuartier de la Brasserie
Strasbourg, Bas-Rhin, Grand Est
L?ÉcoQuartier de la Brasserie a été initié par la reconversion d?une friche
industrielle abritant anciennement les installations de production et
de conditionnement des Brasseries Kronenbourg. L?arrêt des activités
a conduit à la libération de 3,5 hectares de terrain et permis une recon-
version exemplaire de cette friche industrielle. Le projet d?ÉcoQuar-
tier se situe au coeur du site avec la volonté dès l?amont de répondre à
de multiples objectifs : mixité urbaine et sociale, architecture recher-
chée et intégrée, régulation de la voiture, qualité des espaces publics
et privés, etc. La présence de cavités des anciennes canetteries a été
prise en compte et un parking souterrain mutualisé a été construit. Des
immeubles d?habitations occupent la dalle haute du parking, dégageant
des espaces verts collectifs en pleine terre au coeur des îlots laissant
ainsi disponibles l?espace public aux piétons et aux cyclistes.
L?ÉcoQuartier de la Brasserie a été l?occasion d?un travail important de
valorisation de l?histoire et de l?identité du site. Une fresque rappelant
son histoire a été réalisée par un artiste local et le paysagiste de l?opé-
ration en lien avec les habitants, associés à la réflexion. L?orientation
des bâtiments a été pensée pour offrir des perspectives visuelles sur
l?ancienne église et son parc boisé. Le parc de la noue centrale se pro-
longe avec la houblonnière du projet voisin et met en valeur le bâtiment
historique conservé des brasseries. Les entrées du parking souterrain
mutualisé sont habillées de plaques d?acier corten dans lesquelles sont
découpés des motifs de feuilles de houblon. Les cages d?escaliers qui
débouchent sur les sorties du parking commun ont été dénommées en
souvenir du passé historique du lieu : malt, houblon, brassin.
Contexte local Faubourg
Type de projet Reconversion - Friche
Superficie (ha) 3,6
Superficie espaces verts (ha) 0,8
Nombre d?habitants prévus 1 000
Nombre de logements 450
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 135
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2017-2018
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Eurométropole de Strasbourg, SERS
Maîtrise d?oeuvre du projet
Urbanetic (architecture et urbanisme),
SERUE (VRD), Acte2Paysage
Acteurs Bailleurs sociaux,
promoteurs privés
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46
DÉVELOPPEMENT
TERRITORIAL
DIMENSION 3
11
Contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire
12
Favoriser la proximité
et la diversité des fonctions
13
Optimiser l?utilisation des ressources
et développer les filières locales
et les circuits courts
14
Encourager les mobilités durables
et actives
15
Assurer une transition numérique
responsable au service de l?aménagement
durable
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
47
Le développement territorial est un élément-clé de
l?aménagement du territoire, permettant de soutenir une
économie locale équilibrée et solidaire, tout en répondant
aux défis de la transition écologique et numérique.
Il vise à contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire en favorisant la proximité
et la diversité des fonctions et la création d?emplois sur
l?ensemble du territoire, en tirant parti de ses atouts et
de ses spécificités.
Les acteurs locaux en particulier peuvent contribuer
à renforcer la cohésion territoriale en développant
des projets innovants et en favorisant la participation
citoyenne.
Il s?agit également d?optimiser l?utilisation des ressources
et de développer les filières locales et les circuits courts,
tout en encourageant les mobilités durables et actives.
Enfin, la transition numérique doit être abordée de façon
responsable et en tant que levier au service du projet
d?aménagement durable.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
48 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
Engagement 11
Contribuer à une transition économique,
régénérative, sociale et solidaire
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi le projet mobilise-t-il les
savoir-faire, les filières économiques
et les entreprises du territoire??
De quelle manière
la programmation est-elle
complémentaire et non
concurrente des activités
économiques existantes??
Dans quelle mesure la
programmation dynamise-t-elle
le tissu économique existant??
Notion 11.1 Conforter, dynamiser et diversifier
le tissu économique existant
RECOMMANDATIONS
? Anticiper les impacts du projet
sur l?activité économique du
territoire existant, sur l?équilibre
territorial.
? Envisager une programmation
économique complémentaire
et en lien avec les spécificités
du territoire.
Contribuer à une transition économique, locale, sociale et solidaire nécessite
la réalisation d?un diagnostic du tissu économique existant en menant une
réflexion intercommunale sur les enjeux de concurrence territoriale, ainsi que
sur l?impact des nouvelles activités et des nouveaux services. Diverses actions
peuvent être mises en oeuvre, notamment :
? réaliser une cartographie des savoir-faire et des filières économiques du ter-
ritoire ;
? associer les acteurs économiques du site pour recenser leurs besoins et iden-
tifier les impacts positifs ou négatifs du projet (durant le chantier comme en
fonctionnement courant).
Parallèlement au diagnostic, plusieurs actions peuvent être menées pour
conforter et dynamiser l?économie locale :
? aider à la relocalisation temporaire ou définitive des activités impactées par
le projet ;
? adapter les appels d?offres pour favoriser la candidature d?entreprises locales et
de TPE / PME (clauses environnementales dans les marchés publics, choix construc-
tifs, label spécifique, etc.) ;
? apporter des aides directes à la revitalisation des activités existantes (finan-
cement) ou indirectes (prise en compte des besoins dans le projet d?aménage-
ment) ;
? créer des vitrines ou lieux de vente pour la production locale (magasin pro-
ducteur, AMAP, halle, marché, etc.).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 49
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet
d?aménagement permet-il de
soutenir ou de développer
une économie locale, sociale et
solidaire tout au long du projet??
En quoi le projet contribue-t-il
à l?insertion de publics éloignés
du travail??
Comment le projet permet-il
de développer des filières vertes
de construction??
Comment le projet accompagne-
t-il la reconversion des emplois
issus des filières non soutenables??
Notion 11.2 Accompagner et favoriser la création
d?emplois locaux et la reconversion des emplois
issus des filières non soutenables
RECOMMANDATIONS
? Faciliter l?accès à l?emploi lié
au projet, notamment par des
formations et clauses d?insertion.
? Aider à la création d?entreprises,
particulièrement dans l?Économie
Sociale et Solidaire.
? Penser le projet d?aménagement
durable comme lieu
d?expérimentation et laboratoire
d?innovation.
Plusieurs actions peuvent contribuer à accompagner et à générer une écono-
mie locale sociale et solidaire :
? généraliser les clauses d?insertion dans les marchés de travaux ou de services ;
? développer des formations en lien avec le BTP, les autres secteurs liés à l?amé-
nagement voire les futures activités qui vont s?implanter en permettant de pal-
lier la vacance d?emploi sur le territoire ;
? mettre en place des formations ou accompagnements pour les entreprises
intervenant sur le chantier (écoconstruction par exemple) ;
? aider la création d?entreprises et / ou de commerces, particulièrement dans
l?Économie Sociale et Solidaire (ressourcerie, Repair Café, etc.) ;
? favoriser l?émergence d?initiatives citoyennes, à la fois solidaires et au service
de la transition écologique ;
? mettre à disposition des locaux ou terrains aménagés à destination des entre-
preneurs ou des associations et régies de quartiers, des artisans, des services à
la personne, en faveur de l?agriculture locale, etc. ;
? encourager l?activité économique locale (circuits courts, entreprises, produc-
teurs, commerces de proximité).
Le projet peut aussi être l?occasion de mettre en place un laboratoire d?innova-
tion pour les entreprises locales ou un lieu d?expérimentation pour tester de nou-
veaux produits et services, privilégiant des « basses » technologies (low-tech).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202350
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 11
En Ille-et-Vilaine, entre Rennes et Saint-Malo, Langouët est une petite
commune rurale de 600 habitants, fortement engagée depuis une
quinzaine d?années en faveur de l?écologie, au point d?être aujourd?hui
considérée comme un laboratoire en matière de transition environ-
nementale et d?expérimentation locale. L?ÉcoQuartier de Langouët,
construit à partir de matériaux recyclables, biosourcés et locaux,
s?inscrit donc dans une démarche plus globale de redirection écolo-
gique et sociale de l?ensemble des activités présentes sur le territoire.
Parmi ces démarches figurent notamment une école à Haute Qualité
Environnementale et une cantine proposant des produits intégrale-
ment biologiques. Les habitants de l?ÉcoQuartier et du village, large-
ment associés aux décisions publiques, inscrivent ainsi leurs actions
dans un territoire préservé, sobre et engagé qui, progressivement, se
dirige vers la résilience sociale et environnementale.
Langouët et son ÉcoQuartier soutiennent de façon exemplaire la tran-
sition économique, sociale et solidaire de leur territoire. Les projets
d?aménagement du village breton ont été pensés et appuyés par les
habitants afin de revitaliser le centre-bourg existant et de favoriser une
activité économique locale selon un principe d?urbanisme circulaire à
impact positif. L?élaboration de l?ÉcoQuartier a mobilisé le savoir-faire
des filières économiques régionales et des entreprises locales, notam-
ment autour de l?utilisation de matériaux recyclables, biosourcés et en
circuits courts. Pour accompagner les activités économiques vers un
modèle plus social et solidaire, la commune et les citoyens ont mis en
place un café participatif, une voiture électrique partagée et créé des
jardins-potagers. Plusieurs emprunts citoyens ont permis de financer des
projets solidaires au service de la transition écologique, comme un jardin
de formation à la permaculture. Une pépinière d?Économie Sociale et
Solidaire (ESS) héberge par ailleurs plusieurs projets d?intérêt local.
Contexte local Hameau
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 0,9
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 80
Nombre de logements 35
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 6
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2017?/?2018
Labellisation EQ Étape 2
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Langouët
Maîtrise d?oeuvre du projet
EPEA France, Menguy Architectes,
ERIGER, CYBEL, Dervenn
Acteurs EPF, BRUDED
ÉcoQuartier de Langouët
Langouët, Ille-et-Vilaine, Bretagne
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 51
Engagement 12
Favoriser la proximité
et la diversité des fonctions
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
une programmation diversifiée
des fonctions et des équipements
nécessaires au bon fonctionnement
du quartier (activités, commerces,
services, équipements scolaires,
sportifs, culturels, etc.)??
De quelle manière le projet
propose-t-il des fonctions
complémentaires qui permettent
un équilibre à l?échelle du quartier,
de ses abords et du territoire
(habitat, équipements, services,
commerces, activités?)??
Dans quelle mesure le projet prend-il
en compte, dans sa démarche
de programmation, les locaux
et centres commerciaux et?/?ou
d?activité existants en vue
d?une requalification et?/?ou
d?un renouvellement??
La programmation en logements
est-elle en adéquation avec l?offre
d?emplois sur le territoire (revenus,
nombre?)??
Notion 12.1 Renforcer la mixité fonctionnelle
RECOMMANDATIONS
? Proposer, en cohérence avec
la stratégie de développement
du territoire, plusieurs fonctions
urbaines pour répondre aux besoins
des habitants et usagers.
? Intégrer des fonctions
complémentaires permettant
un équilibre à l?échelle du quartier,
de ses abords et du territoire :
mobilité, habitat, commerces,
équipements, services, activités
culturelles et de loisirs.
Contribuer à l?équilibre des fonctions urbaines à l?échelle du quartier, de ses
abords et du territoire, favorise l?intensité urbaine, répond aux besoins quo-
tidiens des habitants ou usagers actuels et futurs, et contribue à une ville
des courtes distances. Une connaissance fine des fonctions existantes et des
besoins est nécessaire pour une démarche de programmation. Des études
prospectives peuvent être réalisées :
? une étude sur les besoins en équipements scolaires, culturels et sportifs ;
? une enquête auprès des habitants et des usagers sur leurs attentes en matière
de services, notamment de santé.
Le projet est une opportunité de favoriser l?attractivité économique locale par dif-
férentes actions :
? assurer le portage des locaux d?activité (commerces, ateliers, etc.) par la col-
lectivité ou un tiers investisseur ;
? soutenir la mise en place de commerces alternatifs (magasin fermier, solidaire,
coopératif, associatif) ;
? favoriser la création d?un marché dans le projet d?aménagement (place, halle,
etc.) ;
? soutenir la création de tiers-lieux ;
? créer des équipements polyvalents / multifonctionnels ;
? proposer des projets de requalification de friches commerciales pour contri-
buer au renouvellement urbain et lutter contre l?artificialisation des sols.
52 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet contribue-t-il
au territoire des courtes distances??
Les différentes fonctions urbaines
sont-elles accessibles par tous dans
le quartier et sa périphérie??
Les localisations des nouvelles
activités du projet sont-elles
en cohérence avec le réseau
de transports collectifs et les
polarités existantes ou projetées??
De quelle manière le projet
envisage-t-il le déplacement de
l?offre vers la demande??
Notion 12.2 Faciliter l?accès aux différentes fonctions
RECOMMANDATIONS
? Créer un territoire des courtes
distances notamment en facilitant
l?implantation et / ou la mobilité des
commerces et services ambulants.
? Travailler l?accessibilité des aménités
du quartier (loisirs et services), ainsi
que des pôles d?emploi.
? Faciliter les liaisons entre les
différentes fonctions du territoire.
Pour mettre en oeuvre le principe de la ville des courtes distances, tout en
s?adaptant au contexte territorial et en minimisant l?exposition des populations
aux polluants et nuisances inhérents à la mixité fonctionnelle, plusieurs actions
peuvent être mises en place dans le cadre du projet :
? proposer des solutions de transports collectifs, de transports à la demande
ou de covoiturage, et des cheminements piétons et vélos pour accéder aux
services, aux loisirs et aux emplois ;
? faciliter l?implantation et / ou la mobilité des commerces et services ambu-
lants ;
? proposer des solutions favorisant le télétravail (espace de travail partagé,
développement de la fibre, adaptation des logements, etc.) ;
? réaliser une étude sociologique pour adapter les conditions d?accès (horaires,
tarifs, critères, etc.), des services, commerces et équipements, aux besoins des
habitants et usagers du quartier ;
? considérer les besoins et les capacités financières des habitants en réalisant
une étude de programmation pour optimiser l?accessibilité des commerces.
53Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 12
ÉcoQuartier Les Lavandières
Changé, Mayenne, Pays de la Loire
La première étape de requalification du centre-ville de l?ÉcoQuartier
de Changé prend place sur l?emprise d?un bâti ancien très dégradé.
Des bâtiments résidentiels ont été érigés le long d?une place urbaine
et du parvis de l?église, à proximité d?un ruisseau réaménagé. Situé sur
un carrefour à fort trafic offrant des commerces et des services, ce
projet a permis d?apaiser la circulation, de matérialiser le centre-ville
et de renforcer l?activité commerciale et de service de cette centralité.
Il offre également des logements attractifs et bien situés. Les espaces
publics s?inscrivent dans un réseau global de déplacements doux et
leur aménagement propose un cadre de vie agréable et accessible. Les
prochaines phases permettront de diversifier encore davantage l?offre
de logements et de poursuivre le réaménagement des espaces publics.
La requalification du centre-ville de Changé a été l?occasion d?un travail
collaboratif de la collectivité avec les commerçants locaux. L?objectif :
renforcer l?offre commerciale de proximité en complémentarité avec
les pôles existants, tout en gérant la temporalité du projet pour les com-
merçants en place ou souhaitant s?installer. Cette approche a nécessité
une forte implication de la collectivité, y compris financière, afin notam-
ment d?assurer le portage des surfaces commerciales, de proposer des
solutions de relogement temporaires ou transitoires et de prospecter
activement. En complément des commerces et services, une place a
été réalisée en centre-ville afin d?accueillir un marché hebdomadaire et
des vendeurs ambulants. Le marché public de travaux a fait l?objet d?un
allotissement, notamment un lot ferronnerie, auquel des entreprises
locales ont eu l?opportunité de répondre.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 0,33
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 200
Nombre de logements 49
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 28
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2014-2016
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2016
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de Changé et Méduane
Habitat
Maîtrise d?oeuvre du projet
Agence Rhizome architectes,
Cabinet Guillemot (Paysagiste),
Ouest Structures, BET, IcoFluides
Acteurs CAUE 53, ADEME
54 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
Engagement 13
Optimiser l?utilisation des ressources
et développer les filières locales et les circuits courts
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment la conception du projet
(aménagements et bâtiments)
permet-elle de limiter la
consommation des ressources??
Quels choix de mise en oeuvre
opérer pour optimiser l?usage
de matériaux biosourcés,
géosourcés locaux ou issus
du réemploi (déconstructions)??
Comment le patrimoine
architectural, naturel et construit
est-il mobilisé dans le projet??
Notion 13.1 Économiser les ressources
RECOMMANDATIONS
? Étudier en priorité le potentiel
de changement de destination
et de réhabilitation des bâtiments
existants avant d?envisager
une démolition.
? Privilégier la réversibilité,
la rénovation ou réhabilitation
des bâtiments existants,
les constructions légères et
la réduction des terrassements.
? Recourir aux matériaux locaux
biosourcés, géosourcés et / ou
de réemploi pour les projets de
construction et d?aménagement.
La mise en place d?une démarche d?écoconception permet de favoriser la réduc-
tion des coûts : économies de matière (par allègement) ou d?énergie consom-
mée, optimisation de la chaîne logistique (taux de remplissage des camions,
chaîne du froid), moindres quantités de déchets à traiter.
L?écoconception consiste à prendre en compte l?environnement dès la concep-
tion d?un produit ou d?un service, et à chaque étape de son cycle de vie, de la
fabrication au recyclage.
Elle vise à économiser les différentes ressources du territoire, telles que les maté-
riaux, l?eau et l?énergie. Pour cela, différentes pratiques peuvent être adoptées
telles que la préservation du patrimoine naturel, la réversibilité des structures,
le changement de destination de l?existant, la rénovation et la réhabilitation de
bâtiments ou structures existants, le réemploi des matériaux sur place ainsi que
des déblais / remblais avec le choix de procédés constructifs allégés, l?utilisation
de matériaux recyclés, géo et / ou biosourcés, une conception bioclimatique
des bâtiments, la valorisation de matériaux issus de démolitions sélectives, la
valorisation environnementale des sols, le recours à des techniques économes
en eau ou à des technologies simples demandant peu d?entretien, facilement
réparables et recyclables, ainsi que la mutualisation des matériels et services.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 55
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
les circuits courts, les modes de
production, de transformation
voire de consommation locaux??
Comment les dispositifs
d?accompagnement vers l?emploi
et la formation prennent-ils
en compte les filières locales et
leurs potentiels de développement??
Quelles sont les synergies mises en
place entre acteurs des secteurs
public et privé du territoire pour
développer l?utilisation de
ressources locales dans le projet??
Notion 13.2 Déployer l?économie circulaire
RECOMMANDATIONS
? Identifier les savoir-faire locaux
et les filières du territoire pour
réduire les impacts des transports,
et les valoriser.
? Penser l?Écologie Industrielle
et Territoriale (EIT) : mutualisation
de ressources avec d?autres acteurs
du territoire (autres chantiers
par exemple, entreprises du BTP
à proximité, etc.).
? Contribuer à dynamiser les filières
locales de réemploi biosourcées,
géosourcées et de réemploi,
ansi que les circuits courts et / ou
de proximité.
L?économie circulaire et l?écologie industrielle renvoient à des démarches
systémiques visant à une consommation sobre et responsable des ressour-
ces naturelles.
Dans le cadre d?un projet d?aménagement durable, une approche en économie
circulaire place le foncier comme première ressource à préserver.
Elle s?appuie sur des modes d?organisations interacteurs économiques d?un
même territoire et vise l?attractivité de celui-ci.
L?économie circulaire permet d?identifier, de favoriser et de soutenir notam-
ment le développement des filières biosourcées et géosourcées locales, l?usage
des espèces végétales vernaculaires, des matériaux économes en énergie grise
à l?échelle du quartier et au de-là.
En effet, ces derniers contribuent au développement économique du territoire
et des savoir-faire locaux, tout en réduisant les déplacements afin de s?inscrire
dans une logique de circuit court.
Il est important de favoriser les synergies, la mutualisation d?espaces ou de bâti-
ments en lien avec les futurs usagers et gestionnaires, la mise en place de lieux
à l?échelle du quartier pour des pépinières d?entreprise, des espaces de travail
partagés ou des usages variés de type tiers-lieux, biocantines, etc.
La mutualisation d?usage ou d?installation à l?échelle du projet va permettre de
limiter l?utilisation de ressources, comme les réseaux de chaleur ou les espaces
partagés.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202356
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 13
Contexte local Hameau
Type de projet Nouveau quartier
Superficie (ha) 0,77
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 50
Nombre de logements 12 + 1 local
commercial
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 7
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2000-2009
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de La Rivière
Maîtrise d?oeuvre du projet
M. Yves Perret (maître d?oeuvre),
Atelier F4 & Verdance (études
préalables)
Acteurs ADEME, AGEDEN,
AMO développement durable,
CAUE, Chambre du commerce
et de l?industrie, DDE, PNR
L?ÉcoQuartier Coeur de bourg vise à créer un développement cohérent
et de qualité au coeur de la commune rurale de La Rivière, avec pour
objectif d?accroître son activité et son attractivité. Le projet comprend
la création de services, d?espaces publics et de logements, ainsi que le
renforcement de l?hébergement touristique et des activités de plein air
dans la région. Il a été développé en mettant l?accent sur la qualité de l?en-
vironnement et l?utilisation des ressources locales, tout en gérant le risque
d?inondation. Le projet a permis de créer une nouvelle place communale
et d?installer deux hébergements touristiques. Le projet met l?accent sur
l?importance des pratiques de construction durables et des espaces de
vie confortables, ainsi que sur l?utilisation de matériaux résilients et de
systèmes énergétiques efficaces.
Coeur de bourg se distingue par son exemplarité dans le renforcement
des filières économiques locales. Les artisans ont été formés aux chan-
tiers d?écoconstruction et la filière bois locale a très fortement ali-
menté la construction des bâtiments de l?ÉcoQuartier. Le chantier a
par ailleurs servi de lieu d?expérimentation pour les entreprises locales
qui se sont appropriées l?usage de matériaux écolabellisés (béton de
chanvre, isolation en ouate de cellulose, dalles en bois, etc.) L?opération
a obtenu le Prix de la Biennale de l?habitat durable de Grenoble 2008
et le Prix national arturbain.fr 2009.
Coeur de bourg
La Rivière, Isère, Auvergne-Rhône-Alpes
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 57
Engagement 14
Encourager les mobilités
durables et actives
LES QUESTIONS À SE POSER
En quoi l?aménagement du projet
favorise-t-il les modes actifs de
déplacement (piétons, vélos,
trottinettes?) au sein du quartier
et à ses abords?? Comment les
citoyens et usagers sont-ils associés
à ces choix??
Quels dispositifs mettre en place
pour réduire le trafic motorisé et
pour modérer les vitesses??
Quels dispositifs de stationnement
mettre en oeuvre pour diminuer
la place de la voiture et favoriser
l?usage du vélo dans le projet??
En quoi les espaces publics
favorisent-ils la régulation
des vitesses et de la circulation,
la cohabitation des modes de
déplacement et l?accessibilité
pour tous??
Notion 14.1 Aménager l?espace public au bénéfice
des mobilités durables et actives
RECOMMANDATIONS
? Dimensionner les voies destinées
à la circulation automobile
au minimum (ce qui peut
nécessiter une refonte du plan
de circulation), modérer la vitesse
par l?aménagement pour une
meilleure cohabitation des usages
et favoriser la sécurité des usagers
vulnérables.
? Prévoir des cheminements
piétons et vélos sûrs, confortables,
accessibles à tous et cohérents
avec les maillages existants ou
projetés.
? Réguler le stationnement
motorisé et non motorisé (vélo,
engin de déplacement personnel
motorisé (EDPM)) et mutualiser
des espaces de stationnement privés
pour désengorger l?espace public,
limiter l?imperméabilisation et
prévoir la mutabilité des places
de stationnement.
Favoriser l?utilisation des modes de déplacement alternatifs à la voiture consti-
tue pour les collectivités non seulement un levier d?amélioration de la qualité du
cadre de vie de leurs habitants, mais répond également à des enjeux politiques
en matière d?environnement, de santé publique, d?économie et de lien social.
Tout particulièrement, les cheminements piétons et vélos doivent être sûrs,
confortables, signalés, accessibles à tous et cohérents avec les maillages exis-
tants ou projetés. Toutes ces réflexions doivent associer collectivités, autorités
organisatrices de la mobilité, opérateurs de transport, gestionnaires de voirie,
usagers et riverains.
Plusieurs dispositifs permettent de réduire la place de la voiture en ville et
bénéficient de facto aux mobilités durables et actives : dimensionner les voies
destinées à la circulation motorisée au minimum ou modérer la vitesse par
l?aménagement pour une meilleure cohabitation des usages. Parmi les autres
mesures possibles, favoriser les voies ouvertes au trafic automobile permettant
une cohabitation entre les différents modes de déplacement, comme les zones
30 ou les zones de rencontre, contribue à un usage partagé et apaisé de la voirie
dans les cas où le trafic motorisé est suffisamment faible. Sinon, des aménage-
ments spécifiques séparés sont à envisager.
L?emprise de la voiture peut également être contrôlée en dimensionnant ou en
intégrant la mutabilité / la mixité d?usage du stationnement (ex. pour le transfor-
mer temporairement en site d?événements).
58 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles offres alternatives, quels
services de transport proposer??
Comment ont été évalués les
besoins de mobilité des citoyens
et usagers du quartier?? Quels
aménagements proposer pour
répondre à ces besoins, en
particulier d?électromobilité??
Comment l?aménagement
intègre-t-il l?offre de services de
mobilités partagées pour favoriser
l?alternative à la voiture individuelle??
Notion 14.2 Prévoir les équipements nécessaires
aux changements de pratiques
RECOMMANDATIONS
? Réaliser des stationnements
vélos sécurisés et les prioriser
aux abords des équipements,
activités, commerces et prévoir
du stationnement vélo sécurisé
suffisamment dimensionné dans
les immeubles de logements et
dans les établissements recevant
du public.
? Faciliter l?accès aux services
de covoiturage, d?autopartage
ou de vélopartage par des
équipements adaptés.
? Anticiper les besoins en bornes
de recharge et les infrastructures
associées pour véhicules électriques.
Outre les aménagements de voirie et de l?espace public, divers équipements
sont à réaliser afin d?assurer le développement des modes alternatifs au véhi-
cule individuel. Il est primordial d?anticiper les besoins de tous les publics à
chaque étape de l?élaboration du projet. Pour cela, il convient de traiter les
mobilités des personnes à mobilité réduite (PMR), les mobilités actives, les
transports collectifs et les mobilités partagées comme des thématiques trans-
versales. En parallèle, il est nécessaire de minimiser les temps et distances de
déplacement, notamment en assurant la perméabilité du quartier aux chemi-
nements piétons.
Le recours à des véhicules électriques ou hybrides rechargeables nécessite l?ins-
tallation d?infrastructures de recharge en nombre suffisant, accessibles à tous
(y compris PMR), avec des dispositifs performants et dans des lieux identifiés
pour les usagers.
L?accès aux services de covoiturage, d?autopartage électrique ou non ou encore
de vélopartage, est facilité par des équipements adaptés. La planification de
places de stationnement réservées au covoiturage, à l?autopartage ou aux véhi-
cules propres permet de promouvoir ces usages (mutualisation par regroupe-
ment ou foisonnement).
De la même manière, la réalisation de stationnements vélos sécurisés, dimen-
sionnés pour différents modèles (ex. vélos cargos, etc.) et installés en priorité
aux abords des équipements, activités et commerces, encourage à se déplacer
par des modes actifs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 59
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels aménagements réaliser
pour faciliter l?intermodalité??
Comment l?aménagement
intègre-t-il l?offre de transports
collectifs??
Quels services proposer
aux usagers pour faciliter
les déplacements en transports
collectifs??
Notion 14.3 Connecter le quartier aux transports
publics pour améliorer l?intermodalité
RECOMMANDATIONS
? Aménager des cheminements
piétons et vélos reliant aux arrêts
de transports publics les plus
proches et / ou les plus attractifs
(ex. gare).
? Anticiper la meilleure desserte
interne et externe en transports
en commun (faciliter la circulation
et en adaptant les horaires aux
besoins).
L?intermodalité vise à permettre aux usagers de disposer d?une offre globale
de mobilités alternatives à la voiture individuelle, en combinant différents ser-
vices. Cette pratique s?inscrit dans les objectifs de décarbonation des mobilités
portés à l?échelle nationale et locale, notamment avec le développement des
Zones à Faibles Émissions-mobilité (ZFE-m).
Dans ce bouquet de services complémentaires, les transports publics occupent
une place structurante afin de rendre effectif le droit à la mobilité pour tous.
Les usagers qui disposent d?alternatives possibles à la voiture individuelle
attendent un bon niveau de service des transports publics, sans quoi ils ne
sont pas enclins à les prendre. La qualité de ce service s?apprécie au regard
du maillage du réseau, de la fiabilité, de la fréquence, de l?amplitude horaire,
du confort, de la sécurité et de la sûreté. Afin d?anticiper la meilleure desserte
en transport public, les réflexions sur l?organisation du service attendu doivent
associer les parties prenantes, jusqu?aux gestionnaires d?infrastructures et de
voirie ainsi que les usagers.
L?accès doit être facilité grâce à des cheminements piétons accessibles et à des
aménagements cyclables (y compris stationnements vélos) vers les arrêts de
transports publics les plus proches, les plus attractifs ou générant le plus de flux.
De façon plus générale, un espace dédié aux services de mobilité peut être
prévu au sein ou en bordure du projet pour rassembler différents services de
mobilité.
60 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels dispositifs mettre en place
pour faciliter une logistique
urbaine plus sobre??
Quels aménagements opérer pour
faciliter les livraisons et réduire
leur empreinte sur la circulation??
Quels services urbains et?/?ou modes
de déplacement pour décarboner
le premier et le dernier kilomètre??
Notion 14.4 Organiser la logistique urbaine
RECOMMANDATIONS
? Identifier les besoins en espaces
de stockage et de livraison en B
to B des activités économiques
(commerces, artisans du quartier)
et en B to C (livraisons des
habitants), et proposer des solutions
de mutualisation : espaces de
logistique urbaine, entrepôts partagés
ou permettant d?effectuer des
livraisons en horaires décalés (mise
en place de SAS dans les commerces),
véhicules utilitaires partagés, etc.
? Construire une réglementation
de la circulation, du stationnement
et des aires de livraison, favorisant
les modes les moins énergivores
et carbonés à la tonne transportée
(les poids lourds et les vélos
cargos) ; prévoir les espaces de
livraison favorisant ces usages.
? Prévoir des points de relais pour
le B to B et le B to C, facilement
accessibles pour les livreurs et
singulièrement en vélos-cargo
et les clients, facilitant l?essor de
l?économie circulaire (consignes,
récupération de palettes
standardisées, logistique inversée).
Essentielle au fonctionnement de la ville, la logistique urbaine doit permettre
d?optimiser les livraisons en assurant la gestion du dernier kilomètre, autrement
dit en limitant les nuisances pour les riverains ainsi que les impacts environne-
mentaux.
Dans cette perspective, il faut mettre en place des dispositifs visant à favoriser
la circulation et le stationnement des véhicules de livraison les moins carbonés :
par un réseau de pistes cyclables, un maillage des espaces de logistique urbaine
et une stratégie adaptée des aires de livraison éventuelles. De la même manière,
en fonction de la nature des activités prévues, il peut être intéressant de penser
les besoins en entreposage à l?échelle du quartier, afin de pouvoir effectuer les
livraisons du dernier kilomètre en mode actif. Pour certaines activités spéci-
fiques, l?intégration d?un espace nécessaire à la livraison sur l?espace privé sera
proposée à la réflexion.
De même, prévoir des points de relais, voire des consignes, facilement acces-
sibles pour les livreurs (en premier lieu les vélos cargos) et accessibles à tous les
usagers (y compris PMR) permet d?assurer un bon niveau de service.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 61
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels dispositifs d?accompagnement
et d?information proposer pour
faciliter les déplacements et
améliorer la lisibilité du quartier??
Quels aménagements mettre
en place pour l?accompagnement
et?/?ou la sensibilisation aux modes
alternatifs??
Quels dispositifs de sensibilisation
pour accompagner les changements
de comportement vers
des pratiques de mobilité plus
vertueuses??
Notion 14.5 Promouvoir l?usage des modes
alternatifs au «?monovoiturage?»
RECOMMANDATIONS
? Mettre en évidence, les modes
alternatifs par la signalétique
(ex. indiquer les temps de trajets
à pied ou la direction des arrêts
de transports en commun).
? Sensibiliser et inciter les usagers
et habitants aux pratiques
de mobilité vertueuses.
L?un des obstacles à l?intermodalité et à l?utilisation des modes alternatifs à la
voiture individuelle est la méconnaissance des usagers concernant l?offre de
service sur le territoire.
Une signalisation adaptée permet de faciliter et d?inciter à la marche, au vélo,
aux transports collectifs et aux mobilités partagées. Elle indique, par exemple,
les temps de trajets à pied ou la direction des arrêts de transport en commun.
Au-delà des aménagements, l?accompagnement sur le terrain des usagers et
des habitants constitue un axe-clé. Cela passe par des animations de proximité
qui visent à faire évoluer les pratiques des habitants et usagers vers des mobili-
tés plus vertueuses.
Ce passage à l?action a besoin d?être soutenu par des actions de sensibilisation,
par exemple sur les coûts réels et les externalités de la voiture individuelle ainsi
que les économies possibles. Il doit en outre être accompagné par des actions
de formation aux changements de pratiques telles que l?apprentissage du vélo,
l?utilisation des transports collectifs, des services d?autopartage, de vélos en
libre-service ou de trottinettes. Ces animations peuvent permettre également
de constituer une charte collective des habitants et de leurs engagements pour
une mobilité plus vertueuse.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202362
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 14
L?ÉcoQuartier Cannes Maria est situé sur la friche industrielle d?une
ancienne usine GDF, qui constitue une coupure entre les quartiers
populaires du secteur Prado-République et le quartier résidentiel de
la Californie. Redonner une urbanité à ce secteur et servir de couture
entre ces deux quartiers stratégiques représentait l?enjeu majeur pour
la ville. L?opération comprend la production de logements (au tiers du
locatif social), la création de services et de commerces ainsi que des
équipements publics intergénérationnels. Un parc de stationnement a
été construit en sous-sol, en partie ouvert au public afin de compenser
les places supprimées en surface dans le cadre du réaménagement des
espaces publics du quartier. S?inscrivant dans un quartier à l?identité
forte, ce projet urbain met l?accent sur les enjeux de mixité sociale et
de vie culturelle.
Avant de développer une offre de mobilité spécifique au quartier, le
projet Cannes Maria traite les besoins de déplacements par la concep-
tion urbaine. D?une part, l?emprise de la friche initiale coupait la ville,
son désenclavement permet de relier les quartiers. D?autre part, la
desserte en transports en commun existait déjà aux alentours et la
programmation urbaine en a optimisé l?utilisation. Ensuite, la création
de services au sein du quartier permet d?accentuer l?offre de proximité
pour le quartier et ses environs, dans une logique de la « ville du quart
d?heure ». Enfin, l?îlot Cannes Maria lui-même est exclusivement dédié
aux modes actifs, avec un mail et une promenade verte le traversant.
Pour ce faire, les besoins de stationnement sont concentrés sur un
parc souterrain, et un arrêt de bus a été implanté à l?entrée du quartier,
au niveau de la nouvelle place Commandant Maria.
Contexte local Centre
Type de projet Reconversion - Friche
Superficie (ha) 1,6
Superficie espaces verts (ha) 0,5
Nombre d?habitants prévus 550
Nombre de logements 270
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 84
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2008-2016
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Cannes
Maîtrise d?oeuvre du projet
Vinci Immobilier et société Batim,
AMO Pastorello, EURECA, Cabinet
Fournet, CITADIA, IOSIS
Acteurs AMIREAN, association
du quartier, Conseil départemental
des Alpes-Maritimes, RTE & ERDF
(déplacement du transformateur
électrique), SIAUBC (réseaux
et bassin de rétention des eaux
pluviales)
Cannes Maria
Cannes, Alpes-Maritimes, Provence-Alpes-Côte d?Azur
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 63
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet intègre-t-il
l?enjeu de sobriété numérique
pour répondre aux usages
numériques souhaités??
Les solutions identifiées
répondent-elles à des besoins
spécifiques des habitants pour
améliorer leur qualité de vie??
Comment le projet prend-il
en compte les enjeux de santé
publique et d?intégration paysagère
et urbaine dans le cadre du
déploiement des réseaux
numériques??
Les solutions identifiées ont-elles
fait l?objet d?une analyse de cycle
de vieglobale??
Quel est le niveau de couverture
du réseau mobile sur le site??
Le projet réunit-il les conditions
du déploiement, dans le cadre de
la reprise des réseaux notamment,
d?un débit correspondant
aux besoins identifiés??
Engagement 15
Assurer une transition numérique
responsable au service
de l?aménagement durable
Notion 15.1 Mettre la technologie numérique
au service d?un territoire plus durable
RECOMMANDATIONS
? Mesurer l?impact socio-
environnemental des services
numériques afin de maîtriser
et d?organiser leur déploiement.
? Viser des solutions utiles,
accessibles et sobres en
ressources, technologiquement
proportionnées, soutenables
et respectueuses de la vie privée
des citoyens.
L?impact socio-environnemental des services et solutions numériques doit être
mesuré afin de maîtriser et d?organiser leur déploiement.
Un numérique sobre et responsable invite à en limiter les impacts négatifs, pour
répondre aux défis climatiques et environnementaux.
L?utilité du numérique doit être interrogée en visant des solutions utiles, acces-
sibles et sobres en ressources, technologiquement proportionnées, soutenables
et respectueuses de la vie privée des citoyens.
La limitation de l?impact environnemental du numérique tout au long de son
cycle de vie doit être recherchée, comme la volonté de minimiser ses impacts
tout en maximisant son potentiel.
Il faut préserver le territoire des vulnérabilités éventuelles liées au numérique et
interroger le besoin afin d?y répondre de façon adaptée.
La réduction de la consommation énergétique, des ressources, des matériaux,
des sols, de l?eau, au service d?une meilleure qualité de vie dans le respect des
limites biophysiques est primordiale.
64 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment mobiliser le numérique
dans le projet pour renforcer
la diffusion des connaissances sur
le territoire?? Comment s?en servir
pour nourrir des liens de solidarité
entre les habitants et améliorer
leur accès aux services urbains,
tout en en facilitant les échanges??
Comment développer
une connaissance des pratiques
numériques et des attentes
des habitants et usagers??
Comment intégrer au projet
la conception de lieux accessibles
et ouverts, favorisant l?inclusion
numérique de tous?? Comment
organiser le fonctionnement
de ces lieux??
Comment rendre les dispositifs
numériques robustes et
soutenables face aux aléas et aux
vulnérabilités (énergie et rupture
d?approvisionnement, cyberattaque,
etc.)??
Notion 15.2 Utiliser les réseaux numériques
au service du projet
RECOMMANDATIONS
? Développer le numérique pour
sensibiliser aux caractéristiques
environnementales du territoire,
diffuser les connaissances.
? Tirer parti du numérique pour
favoriser l?accès aux services
urbains, le lien social, la diffusion
des informations relatives aux
activités culturelles et de loisirs.
? Communiquer sur la vie
des instances de participation
citoyenne et s?assurer de la diversité
des canaux de concertation pour
prendre en compte les publics
éloignés des outils numériques.
L?essor du numérique est une opportunité au service des villes durables. Les
outils numériques peuvent accompagner la transformation résiliente des ter-
ritoires afin d?améliorer les qualités environnementales, développer la connais-
sance, faciliter l?accès aux services, favoriser le lien social et l?implication
citoyenne.
Les enjeux de santé publique, ceux d?intégration paysagère et urbaine, comme
la notion de services rendus doivent être pris en compte lors du développe-
ment des réseaux numériques. Il faut également rechercher à assurer un numé-
rique responsable et la résilience du projet / territoire.
Le numérique doit être adapté au service de l?anticipation pour une meilleure
connaissance des spécificités et évolutions de son territoire et pour un projet
durable, notamment afin de mieux faire face aux mutations environnemen-
tales et à leurs effets systémiques. Il doit être utilisé au service d?une meilleure
connaissance des spécificités naturelles, géologiques, biophysiques et des évo-
lutions climatiques du territoire afin d?adapter au mieux le projet.
Le numérique doit servir d?outil-support au projet territorial :
? encourager des dispositifs numériques de participation et de concertation
citoyennes ;
? prendre en compte les publics éloignés des outils numériques en s?assurant de
la diversité des canaux de concertation, voire en les accompagnant.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023 65
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet favorise-t-il
l?accès au numérique pour tous
(sensibilisation, formation)??
Comment prendre en compte
dans le projet les nouvelles
modalités de travail diminuant
les déplacements??
Quelles sont les offres existantes
sur le territoire en termes de lieux
dédiés aux usages numériques
(tiers-lieux, fab lab, espaces de
travail partagés, etc.)?? Comment
le projet peut-il s?y intégrer,
le développer si besoin, dans
une logique de création de liens
et d?accès aux services sociaux,
culturels, administratifs, etc.??
Notion 15.3 Répondre aux besoins exprimés
ou identifiés
RECOMMANDATIONS
? Accompagner les habitants et
usagers à la transition numérique.
? Mettre en place des solutions de
télétravail et faciliter l?implantation
d?entreprises innovantes,
de laboratoires de fabrication
numérique (fab lab) ou de lieux
d?accueil pour l?accompagnement
au numérique.
L?innovation et le développement de services numériques peuvent être utile-
ment et justement favorisés en proposant possiblement :
? des conciergeries numériques ;
? des aménagements d?espaces de travail partagés ;
? des conditions favorisant le télétravail ;
? des supports informatiques d?échange de services, de compétences et savoir-
faire ;
? un système de covoiturage via une application numérique, etc.
Les synergies avec les circuits courts, les réseaux de transports et les activités de
service à la personne sont favorablement mis en place.
Les services qui répondent aux besoins spécifiques et aux aptitudes numé-
riques des habitants et qui améliorent leur qualité de vie ont vocation à être
développés.
L?idée est de faire du numérique un levier d?insertion professionnelle, d?inclu-
sion et de participation citoyenne pour améliorer et favoriser l?accès aux ser-
vices urbains, le lien social, la diffusion des informations relatives aux activités
culturelles et de loisirs.
Les innovations qui fonctionnent et qui ont fait leurs preuves doivent être sou-
tenues et optimisées avant de penser à en développer de nouvelles.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 202366
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 15
L?ÉcoQuartier Bel Air - Grands Pêchers de la ville de Montreuil se situe
dans un quartier d?habitat social composé de grands ensembles
construits entre les années 1950 et 1970. Relativement éloigné du
centre-ville, le site a bénéficié de l?intervention de l?ANRU, qui a soutenu
la démolition de 300 logements sociaux et la réhabilitation de 1 000
autres, ainsi que le réaménagement des espaces extérieurs. Le projet
a été conçu de manière à pouvoir accueillir la future desserte en trans-
ports en commun, et un Plan Stratégique Local a été mis en place pour
poursuivre la dynamique enclenchée par l?ANRU. L?opération Bel Air -
Grands Pêchers est exemplaire en raison de la qualité de l?implication
de la commune, du travail effectué sur les espaces publics et privés, de
la concertation avec les habitants, de la mixité sociale et fonctionnelle,
de la gestion alternative des eaux de pluie et de la préservation de la
biodiversité.
L?ÉcoQuartier a également fait preuve d?exemplarité dans l?utilisation du
numérique. Tout d?abord, un groupe Facebook a été créé pour faciliter
la communication et la concertation sur le projet de rénovation urbaine
et sociale, permettant d?atteindre notamment les jeunes souvent exclus
de ces processus. La page dédiée au projet sur le site de la ville a par
ailleurs été enrichie de nombreux documents en open data, favorisant
ainsi l?accès à l?information pour les habitants et les usagers. Des forma-
tions à la vidéo et à la communication numérique ont été proposées
par l?association « Permis de vivre la ville » et des ateliers de formation
au numérique sont organisés par la maison de quartier. Enfin, l?applica-
tion Sesam a été créée pour permettre aux habitants et aux usagers de
signaler les incidents sur l?espace public, assurant un suivi en ligne de leur
résolution par les services techniques de Montreuil.
Contexte local Périphérie
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 41
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 7?000
Nombre de logements 2?500
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1?500
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2003-2017
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2015
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Montreuil en régie
Maîtrise d?oeuvre du projet ?
Acteurs ANRU, bailleurs sociaux,
EPARECA, AFL, promoteurs privés
Bel Air - Grands Pêchers
Montreuil, Seine-Saint-Denis, Île-de-France
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67Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Juin 2023
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 15
ÉcoQuartier Camille-Claudel
Palaiseau, Essonne, Île-de-France
L?ÉcoQuartier Camille-Claudel est situé à proximité du cluster scienti-
fique et technologique international du plateau de Saclay et de la forêt
domaniale de Palaiseau. Il a été conçu pour relier les espaces agricoles
aux quartiers existants et au développement. Cet ensemble constitue
une nouvelle centralité et la création d?une nouvelle gare permettrait
d?assurer la liaison entre Massy et l?École polytechnique. Il lutte éga-
lement contre l?étalement urbain en proposant des formes urbaines
plus denses en habitat. Près de 1 500 logements été construits, dont
35 % de la surface en m² SDP représentent des logements aidés. Les
habitants bénéficient de nombreux services et équipements publics :
salle associative, commerces, groupe scolaire, gymnase en ossature
bois, ainsi que des espaces publics de qualité tels que la place cen-
trale, le parvis du centre aquatique et la placette d?entrée du quartier.
On y trouve également des commerces de proximité, une crèche, une
maison médicale et une conciergerie. Le projet intègre une gestion
alternative des eaux pluviales, des liaisons douces ont été aménagées
et le quartier est alimenté en chauffage et en eau chaude sanitaire
grâce à une chaufferie biomasse.
L?ÉcoQuartier Camille Claudel participe au programme DiVD pour
expérimenter le Li-Fi, une technologie de communication basée sur
la lumière. Il utilise des signaux lumineux via des LED pour échanger
des informations, sans émission d?ondes nocives. L?objectif est de créer
un réseau rapide, sécurisé et illimité en utilisant l?éclairage public. Les
avantages du Li-Fi sont nombreux, offrant des possibilités pour des
services innovants. Dans le quartier Camille-Claudel, 77 lampadaires
ont été équipés de cette technologie pour diffuser des informations
géolocalisées aux citoyens via leur mobile. Le projet vise à servir de
modèle pour l?industrialisation de cette technologie et le développe-
ment d?applications en France et à l?international.
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 12
Superficie espaces verts (ha) 0,67
Nombre d?habitants prévus
Environ 3 500
Nombre de logements 1 456
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 396
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2021
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Paris Saclay Aménagement
Maîtrise d?oeuvre du projet
Architecte coordonnateur :
François Leclercq Architectes /
Paysagiste : Phytorestore /
BET VRD : AVR / AMO HQE
et Développement durable :
AI Environnement
Acteurs Bouygues Immobilier,
Eiffage Immobilier, Kaufman &
Broad, Nexity Appolonia, CDU
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68
ENVIRONNEMENT
ET CLIMAT
DIMENSION 4
16
Renforcer la résilience face aux changements
climatiques et aux risques
17
Contribuer à l?atténuation du changement
climatique et favoriser la sobriété
et les énergies renouvelables
18
Éviter, réduire, recycler, valoriser
les déchets
19
Préserver, gérer et restaurer
la ressource en eau
20
Préserver et restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux naturels
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 6969
L?environnement et le climat sont des enjeux majeurs
de l?aménagement durable.
La résilience des projets face à l?intensification des
impacts du changement climatique et aux risques naturels
et anthropiques doit être intégrée dès l?amont, en adoptant
des mesures adaptatives et en privilégiant les solutions
fondées sur la nature.
L?aménagement durable doit également contribuer à
atténuer le changement climatique, en favorisant la sobriété
et le développement des énergies renouvelables et
de récupération.
La question des déchets doit elle aussi être repensée
afin de réduire, recycler et valoriser les déchets.
Enfin, il est crucial de préserver et de restaurer
la fonctionnalité des sols, la biodiversité et les milieux
naturels, ainsi que la ressource en eau.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
70 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 16
Renforcer la résilience face aux changements
climatiques et aux risques
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment identifier les enjeux
humains, matériels et
environnementaux exposés à
des aléas naturels ou anthropiques
et connaitre leur niveau de
vulnérabilité??
Comment prendre en compte
les vulnérabilités dans la
programmation pour réduire les
risques, à l?échelle du territoire,
en accord avec la stratégie de
résilience définie localement??
Comment mettre en oeuvre,
au niveau de la conception,
des Solutions Fondées sur
la Nature et basses technologies
qui réduisent l?exposition
aux risques et la vulnérabilité
du quartier à ceux-ci, au-delà
de la réglementation??
Notion 16.1 Prévenir les risques
RECOMMANDATIONS
? Identifier et prendre en compte
les risques naturels et anthropiques
dans le choix de localisation
du projet. Concevoir des solutions
adaptées au contexte en priorisant
les Solutions Fondées sur la Nature
(SFN) avant les solutions techniques,
et en s?assurant que celles-ci
n?ont pas d?incidences négatives
lorsqu?elles doivent être mises
en oeuvre.
? Mettre en place une démarche
de résilience concertée et
partagée, incluant un diagnostic
de vulnérabilité en cohérence avec
la stratégie territoriale (SRADDET,
SCoT, SDAGE, PCAET, PADD
notamment) et le PNACC.
Le choix de la localisation du projet et sa conception doivent s?appuyer sur
l?identification territorialisée des risques et des vulnérabilités. Ce prérequis per-
mettra d?intégrer en amont des solutions adaptées et contextualisées in fine,
pour réduire ces menaces. Les domaines possiblement concernés par la pré-
vention des risques sont :
? environnementaux (inondations, séismes, incendies de forêt, mouvements de
terrain, avalanches et effondrements, submersions, stress hydriques, etc.) ;
? risques industriels et technologiques (cybercriminalité, etc.), sanitaires (pol-
lution atmosphérique et sonore, pandémies, conséquences psychologiques et
physiques de l?exposition croissante aux risques, etc.) ou encore économiques
(mutations liées à la décarbonation ou à la raréfaction des ressources, etc.) et
sociaux (exclusion, pauvreté, etc.).
Plus globalement, l?objectif est de prendre en compte les impératifs de résilience
à chaque étape du projet, en tant que cadre logique de l?opération d?aména-
gement. Dès lors, la matrice que représentent le sol, le réseau hydrographique
et la biodiversité doit par exemple être considérée en tout début d?opération,
tout comme les questions de fragilités sociales. Le projet doit s?inscrire entre les
limites environnementales d?habitabilité de la planète et les limites sociales et
sociétales.
Une vision plus holistique des enjeux doit conduire à des solutions plus systé-
miques pour y répondre : chaque partie de l?opération d?aménagement doit
intégrer l?ensemble des objectifs de résilience, ce qui permet notamment de
renforcer l?efficience économique du projet. Il existe de multiples solutions
permettant la « régénération » des sols, du cycle de l?eau, de la biodiversité ou
encore de l?économie locale, et de concilier usages et confort du quotidien
avec la réponse aux grands enjeux.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 71Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 71
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment anticiper l?évolution
au long terme du climat (régime
climatique à venir, probabilité
d?événements extrêmes),
de ses effets concrets et de
la vulnérabilité du territoire et
des populations face à ceux-ci??
Comment proposer un projet
d?aménagement qui soit adapté
(conception urbaine, espaces publics,
confort intérieur, présence de la
nature) pour réduire la vulnérabilité
du quartier au changement
climatique??
Quelles Solutions Fondées sur
la Nature le projet peut-il intégrer
pour adapter le quartier
aux dérèglements climatiques??
Notion 16.2 S?adapter aux impacts
du changement climatique
RECOMMANDATIONS
? Anticiper les risques spécifiques
au changement climatique dans
le contexte du projet.
? Rechercher et mettre en oeuvre
des actions et solutions innovantes
pour répondre aux effets locaux
des nouveaux défis, en privilégiant
les Solutions Fondées sur la Nature
(SFN) : désimperméabilisation
et renaturation des sols (réduction
des îlots de chaleur, gestion des
eaux pluviales), végétalisation
des bâtiments (murs et toitures)
et prise en compte du confort
thermique des bâtiments et des
espaces publics (intégration du
végétal, présence de l?eau, choix
de matériaux de sols, façades,
toitures à fort albédo, conception
bioclimatique, etc.).
? Concevoir des aménagements
et bâtiments résilients, anticipant
dans leur conception les risques
climatiques.
Afin de lutter contre les impacts du changement climatique qui s?intensifient
(vagues de chaleur, érosion de la biodiversité, perturbation du cycle de l?eau,
tempêtes et submersions marines, inondations, retrait-gonflement des argiles
et mouvements de terrain, etc.), le projet doit s?inscrire dans une stratégie ter-
ritoriale élargie (SRADDET, SCoT, SDAGE, PCAET, etc.), en proposant un amé-
nagement résilient, qui tient compte des spécificités territoriales et urbaines
(climat, topographie, risques, nature des sols, réserves en eau, tissu urbain exis-
tant, matériaux, végétation locale?). L?enjeu est d?atténuer la vulnérabilité du
quartier face aux risques et aléas du territoire.
Il s?agit de proposer un projet qui s?adapte aux évolutions du climat en opérant
des choix de conception dans l?aménagement : prise en compte des vents et
expositions dans la conception des espaces, du stockage carbone, du confort
d?été, végétalisation d?espaces publics et de coeurs d?îlots pour lutter contre les
îlots de chaleur, cheminements piétons et cyclables ombragés, désimperméa-
bilisation des sols, prise en compte de l?albédo des matériaux, gestion adaptée
des eaux pluviales, etc.
Le projet privilégiera le recours aux Solutions Fondées sur la Nature (SFN) pour
réduire les impacts du changement climatique, si cela est pertinent à l?échelle
du quartier et du point de vue des spécificités locales (type de végétation, res-
source en eau et foncier mobilisables, matériaux de construction bio et géo-
sourcés, etc.).
Selon la morphologie du quartier, des espaces publics et des bâtiments (orien-
tation des bâtiments, ombrage, végétalisation, albédo des matériaux) différents
types de SFN sont envisageables : arbres de pleine terre, création d?espaces
verts, végétalisation des toits et des murs, préservation ou restauration de
zones humides, etc.
72 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quel rôle chaque acteur
du territoire peut-il jouer face
aux dérèglements climatiques,
risques naturels et anthropiques et
comment en constituer un réseau
d?action efficace (anticipation,
prévention et gestion de crise)??
Quels dispositifs de sensibilisation
aux enjeux des risques et de
l?adaptation au changement
climatique mettre en place auprès
des habitants, des usagers et
des gestionnaires??
Notion 16.3 Sensibiliser et former
RECOMMANDATIONS
? Soutenir un réseau coordonné
des acteurs locaux de la résilience.
? Sensibiliser, former et
accompagner les habitants,
usagers, syndics et gestionnaires
sur les aléas notamment
environnementaux et climatiques,
les risques et nuisances du territoire,
afin de mobiliser et d?être en
capacité de s?adapter.
Le projet doit prendre en compte systématiquement le volet social de l?adap-
tation aux conséquences du dérèglement climatique et l?anticipation de l?assis-
tance aux plus fragiles.
L?engagement et la responsabilisation des citoyens dans le développement de
la résilience du territoire est à inciter. Il s?agit de sensibiliser, former la popula-
tion aux enjeux de l?adaptation au changement climatique, aux aléas et risques
et nuisances et de les impliquer concernant la façon d?y faire face : renouveau
des actions de culture du risque, informations systématiques aux habitants,
programmes de volontaires prêts à intervenir et à soutenir leurs voisins en cas
d?aléa, réunions de communication et de concertation, matérialisation des
niveaux de crue, valorisation des savoir- faire et savoir-être locaux, etc.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 73
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 16
Parc Marianne
Montpellier, Hérault, Occitanie
L?ÉcoQuartier Parc Marianne fait partie des huit ZAC qui composent Port
Marianne, large opération d?aménagement de 400 hectares au sud-est
de Montpellier, en pleine croissance urbaine. L?opération, traversée par
le ruisseau de la Lironde, se développe autour du parc Georges-Charpak
et le long de l?avenue Raymond-Dugrand. Elle se distingue par une com-
position du bâti en peigne et gradins orientés vers le parc central, avec
des immeubles en émergence sur les centralités de quartier constituées
par les places Ernest-Granier et Pablo-Picasso. Le quartier agrémente
son développement d?espaces publics récréatifs (miroir d?eau, aire de
jeux, allées paysagées?), et propose une importante mixité sociale et
fonctionnelle.
L?aménagement du parc Georges-Charpak (6 hectares) permet d?affir-
mer la place dédiée aux espaces verts dans un contexte urbain relative-
ment dense. Le quartier comprend principalement deux secteurs nord
et sud d?habitat collectif. Il bénéficie d?une desserte par deux lignes
de tramway, et à compter de 2025, par deux Vélolignes du Réseau
Express Vélo de Montpellier, situant l?ÉcoQuartier à quelques minutes
du centre-ville, du littoral, de l?ensemble ludo-commercial d?Odysseum,
et du quartier tertiaire de la gare TGV Sud de France.
La ZAC Parc Marianne à Montpellier est conçue pour faire face aux défis
climatiques de la région. Avec 34,67 % de surfaces végétalisées, le quar-
tier intègre la nature en ville. Le parc Georges-Charpak, doté d?un bassin
de rétention hydraulique paysager, permet de réguler les crues et de
retarder le ruissellement urbain. Le parc public et le lit paysager de la
Lironde offrent un environnement frais en été et favorisent la biodiver-
sité. Les bâtiments du quartier présentent une architecture remarquable
et s?ouvrent sur le parc Charpak, tandis que les zones urbaines adjacentes
accueillent des commerces, bureaux et services. Parc Marianne bénéfi-
cie également d?un réseau de chaleur collectif alimenté par une centrale
au bois, et abrite des écoles à énergie positive. Prochainement, la Folie
architecturale Alma Terra utilisera le sol de son site comme matériau de
construction, dans le but d?obtenir le label Passivhaus.
Contexte local Centre-ville nouveau
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 30
Superficie espaces verts (ha) 7
Nombre d?habitants prévus 5 800
Nombre de logements 2 537
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 617
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2007-2030
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2015
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Montpellier, SERM
Maîtrise d?oeuvre du projet
Architecture Studio et divers MOE
pour les bâtiment
Acteurs Bailleurs sociaux, SERM©
A
rn
au
d
Bo
ui
ss
ou
74 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les besoins
énergétiques générés par le projet
et quels sont ses objectifs en
matière d?efficacité énergétique
et de baisse des émissions de CO²,
au regard des stratégies territoriales
de décarbonation (PCAET)??
Comment évaluer l?empreinte
énergie?/?carbone du quartier sur
l?ensemble de son cycle de vie
selon les choix d?aménagement
pour orienter le projet vers
le scénario optimal??
Quels moyens mettre en oeuvre
et quelles solutions (techniques,
financières, organisationnelles, etc.)
choisir pour garantir la sobriété et
l?efficacité énergétique du projet??
Engagement 17
Contribuer à l?atténuation du changement climatique
et favoriser la sobriété et les énergies renouvelables
Notion 17.1 Favoriser la sobriété et l?efficacité
énergétiques
RECOMMANDATIONS
? À l?échelle du quartier, en prenant
en compte l?existant de proximité,
concevoir l?orientation et la
disposition des bâtiments ainsi
que des espaces extérieurs pour en
minimiser les besoins en ressources
et en énergies du chantier à
l?exploitation.
? À l?échelle des bâtiments, réduire
l?impact carbone de la construction
(favoriser la rénovation et la
réhabilitation, choix adapté des
matériaux et modes constructifs,
etc.) et de l?usage (conception
bioclimatique, déchets, etc.).
? Fixer des objectifs de performance.
? Évaluer, dès sa définition, l?impact
du projet en termes d?émissions
de gaz à effet de serre sur son cycle
de vie complet, pour l?améliorer
en continu (questions de périmètre
et de temporalité afin de possibles
comparaisons) selon les SCOPE 1,
2 et 3 sur une période de 50 ans.
? Évaluer le potentiel de captage
et de stockage de carbone dans
le quartier et mettre en oeuvre
les solutions adaptées.
? Respecter la séquence « éviter,
réduire, compenser » s?agissant
des émissions de GES en s?appuyant
si nécessaire sur des mesures
compensatoires (dispositif du label
bas-carbone, etc.).
L?atteinte de la neutralité carbone en 2050, la maîtrise de l?approvisionnement
énergétique et de sa facture nécessitent une diminution drastique des besoins
énergétiques. 50 % de l?empreinte carbone d?un Français dépendant des choix
d?aménagement dans son quartier, il est important d?étudier comment le projet
peut contribuer à cet objectif de sobriété.
En amont, il s?agit d?évaluer les besoins de programmation, d?étudier les dif-
férents scénarios d?aménagement qui peuvent y répondre et de mesurer leur
empreinte énergie / carbone sur le cycle de vie complet du quartier. Notamment,
la mobilisation de l?existant (comme la rénovation des bâtiments et infrastruc-
tures par exemple) offre des leviers de décarbonation del?aménagement. Enfin,
si des postes d?émission significatifs subsistent, des dispositifs de compensation
peuvent être mobilisés.
En phase d?études, à l?échelle urbaine, l?implantation et l?orientation des bâti-
ments et des espaces publics peuvent réduire les dépenses énergie / carbone.
La conception bioclimatique, l?urbanisme de proximité, l?offre de mobilité
et la mutualisation des services, par exemple, influencent les pratiques et les
consommations du quotidien. À l?échelle de chaque bâtiment, la réduction de
l?impact carbone passe par des actions d?isolation thermique, de ventilation
et de lumière naturelles, de procédés énergétiques et électriques efficients,
etc. En phase chantier, les leviers de minimisation du bilan carbone du quartier
comprennent la logistique de chantier, la mobilisation de filières locales, les
procédés et matériaux constructifs vertueux (bio-géo-sourcés ou bas-carbone,
issus de l?économie circulaire, etc.).
Complémentairement à la réduction de ses émissions, le potentiel de captage
et de stockage du carbone dépend des changements d?affection des sols mais
également de l?usage de produits et matériaux issus de la bioéconomie (bois,
paille, etc.). L?aménageur pourra mobiliser des compétences spécifiques en
amont du projet : assistance à maîtrise d?ouvrage en environnement, bureaux
d?études spécialisés en énergie, outils de quantification des impacts éner-
gie / carbone, etc.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 75Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 75
LES QUESTIONS À SE POSER
Quelles sont les potentielles
ressources d?EnR&R à proximité
du projet qui sont disponibles (non
réservées par d?autres projets
de territoire)?: bois énergie, réseau
de chaleur et de froid, chaleur
fatale, biogaz, géothermie, solaire,
éolien???
Quelles sont les conditions
techniques et financières à réunir
pour le raccordement d?EnR&R
électriques et de chaleur produite
sur le secteur aménagé (poste
électrique, canalisations, sous-
stations, prise en compte
des contraintes naturelles ou
environnementales, etc.)??
Quel est le niveau d?ambition de
production d?EnR&R à viser pour
inscrire le projet dans les objectifs
de la stratégie énergétique
territoriale??
Quelle gouvernance proposer
en matière de production,
d?approvisionnement et de
stockage des énergies renouvelables
et de récupération??
Notion 17.2 Développer la production d?énergies
renouvelables et de récupération
RECOMMANDATIONS
? Évaluer et favoriser la production
d?énergies de récupération et
renouvelables locales, l?utilisation
d?énergies de récupération
(logique d?écologie industrielle
et territoriale) et les possibilités
de connexion à un réseau situé
à proximité du quartier.
? Penser un réseau de distribution
et de stockage de l?énergie adapté
et optimisé pour alimenter le quartier
et ses alentours, en cohérence avec
la stratégie territoriale (PCAET
notamment).
? Proposer des dispositifs de
gouvernance partagée de l?énergie
renouvelable locale, pour en
favoriser l?appropriation.
Une fois les leviers de sobriété et d?efficacité activés, la décarbonation des
besoins énergétiques résiduels permettra, au-delà de la diversification du mix
énergétique, l?autonomie énergétique du territoire, la prévention de la préca-
rité énergétique et le soutien aux filières locales. À l?échelle du quartier, cela se
traduit par le développement des énergies renouvelables et de récupération.
Leur déploiement dans un quartier s?inscrit dans la stratégie territoriale éner-
gétique (SRADDET, PCAET, schéma directeur, etc.). Il suppose l?examen des
besoins et ressources (filières locales du bois énergie, étude des productions de
chaleur fatale et de biogaz valorisables, cartographie des potentiels géother-
mique, éolien et solaire) et la caractérisation technique des moyens de produc-
tion, stockage et distribution existants (réseaux de chaleur et de froid, parcs
EnR en exploitation ou en projet à proximité de la zone d?aménagement.
Ensuite, les choix de formes urbaines, de densité, de mixité fonctionnelle
peuvent favoriser l?installation d?équipements de productions et de distri-
bution d?énergie collectifs et mutualisés (autoconsommation collective). Par
exemple, l?optimisation des réseaux de chaleur et de froid nécessite une den-
sité thermique suffisante, d?où la nécessité d?articuler la temporalité de l?opéra-
tion d?aménagement et celle du réseau.
76 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment assurer le suivi
des consommations énergétiques
dans le quartier et identifier les
solutions de réduction continue
de la dépense énergétique??
Comment sensibiliser les habitants
et usagers aux enjeux de la sobriété
et de l?efficacité énergétique, ainsi
qu?aux pratiques qu?ils peuvent
mettre en place pour la favoriser??
Notion 17.3 Prévoir un dispositif d?accompagnement
RECOMMANDATIONS
? Mettre en place des outils de suivi
de consommation, accompagner
et former les parties prenantes
à leur utilisation dans une logique
d?amélioration continue.
? Accompagner les habitants
et usagers à une utilisation sobre
de la consommation des ressources
au sein des bâtiments comme
des équipements publics.
? Sensibiliser les habitants,
usagers, syndics et gestionnaires
aux changements de pratiques.
Si des choix de conception du quartier performants sont nécessaires pour
réduire l?empreinte carbone, ils ne sont pas suffisants. Ce sont les pratiques et
usages individuels qui en déterminent l?efficacité réelle. Pour cela, les usagers et
habitants doivent s?approprier les déterminants de leur bilan énergie carbone
et leur capacité à agir sur ceux-ci.
Une démarche de sensibilisation / information / formation aux enjeux éner-
gétiques et carbone à destination du grand public peut être proposée.
Notamment, les solutions techniques d?efficacité énergétique (bioclimatisme,
systèmes électriques?) demandent souvent une acculturation de leurs utilisa-
teurs. Des livrets peuvent être diffusés auprès des habitants / usagers pour les
accompagner dans leurs changements de pratiques.
Le suivi quantifié des consommations énergétiques reste un moyen efficace de
sensibilisation à la sobriété et l?efficacité : mise en place de capteurs, compteurs
séparés, suivi individualisé des consommations, etc. Cela demande une instru-
mentation fine du quartier qui doit être anticipée en amont du projet, puis
accompagnée en aval.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 77
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 17
La ferme forgeronne
Les Forges, Vosges, Grand Est
La commune des Forges a entrepris la réhabilitation d?une ancienne
ferme de 800 m² au centre du village en vue de l?accueil d?un point de
vente directe de produits agricoles en circuit court. Le projet compor-
tait également 4 logements à l?étage, un cabinet infirmier ainsi qu?une
clinique vétérinaire remplacé par un 5e appartement, témoignant de
l?adaptabilité du projet. L?opération a pour vocation la revitalisation du
centre-bourg situé dans la proche couronne d?Épinal en recréant une
centralité dynamique. Elle requalifie aussi, en termes de performance
environnementale, un corps de ferme vieillissant, en en conservant toute
la valeur patrimoniale. L?installation de nouveaux services de proximité va
limiter les distances de déplacement et créer un lieu de rencontre et de
convivialité et redonner de l?intérêt aux déplacements en modes doux.
L?ÉcoQuartier de la ferme forgeronne réintégre des services au coeur du
village (commerces, santé, lieu de convivialité) accessibles à tous ses
habitants et cible une offre alimentaire issue de circuits de proximité.
À l?échelle du bassin de vie local, cela réduit les besoins de déplace-
ments, donc la facture énergétique de tout le territoire.
Ensuite, en reconstruisant le bâti à l?identique (l?état des murs existant
rendant impossible la réhabilitation d?abord privilégiée, car plus sobre
en matières et énergies utilisées), l?ÉcoQuartier met à profit les avan-
tages bioclimatiques de l?architecture vernaculaire : luminosité et ven-
tilation naturelle à double flux. Une fiche mode d?emploi locataire avec
un mode d?emploi comportant la fiche technique afin de bonne utili-
sation des logements a été remise aux locataires dans le cadre des éco-
nomies d?énergie l?utilisation du chauffage et les moyens de réaliser les
économies d?énergie. L?efficacité thermique de l?enveloppe est aussi lar-
gement améliorée : reprise des vitrages, isolation, matériaux constructifs
peu carbonés. Enfin, les besoins énergetiques subsistants sont couverts
par la récupération de chaleur des groupes froids du local de vente et,
en appoint, par une chaufferie bois (pellets). En cas d?absence en jour-
née, l?inertie et l?isolation de la maison sont suffisant pour garantir moins
de 2 degrés de chute de température, même par grand froid.
Contexte local Centre-bourg
Type de projet Renouvellement
d?un centre-bourg
Superficie (ha) 0,22
Superficie espaces verts (ha) ?
Nombre d?habitants prévus 8
Nombre de logements 4
Nombre de logements sociaux
parmi les logements ?
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2006-2011
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune des Forges
Maîtrise d?oeuvre du projet
Cabinets Vitalis Architecture
et environnement (architecte
mandataire, ASCENDENSE
(Architectes associés), OPC TRIGO
(Économiste), TERRANERGIE et
PERMANERGIE (Études thermiques
et énergies renouvelables), KUBLER
(Paysagiste)
Acteurs CAUE, ADEME, Chambre
d?agriculture, CRITT Bois
©
L
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u
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es
L
a
M
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ow
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78 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 18
Éviter, réduire, recycler,
valoriser les déchets
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les flux de déchets
verts, ménagers et des entreprises
sur le territoire et quels leviers
(conception, accompagnement,
organisation) le projet peut-il
activer pour en limiter la production??
Comment sont organisées
localement les structures
économiques et associatives
du réemploi, les EIT et comment
favoriser leur développement dans
une logique d?économie circulaire,
sociale et solidaire??
Comment associer et sensibiliser
les habitants et usagers à
la réduction des déchets à l?échelle
du quartier et du territoire??
Notion 18.1 Limiter, voire éviter la production
de déchets
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir une politique
de réduction des déchets via
des dispositifs territoriaux
comme « Territoires Zéro Déchet,
Zéro Gaspillage ».
? Sensibiliser les particuliers, les
professionnels et les gestionnaires
aux démarches vertueuses.
? Choisir des aménagements
qui facilitent et encouragent
la réduction des déchets verts :
espèces végétales locales
qui nécessitent moins de taille,
paillage, etc.
L?impact des déchets sur l?environnement est un sujet majeur de préoccupa-
tion à l?échelle mondiale. Pour répondre à cette problématique, de nombreux
dispositifs peuvent être mis en place à l?échelle territoriale : « Territoires Zéro
Déchet, Zéro Gaspillage », la tarification incitative du service public de gestion
des déchet, etc.
Pour assurer une cohérence avec ces dispositifs, il est nécessaire de mettre en
place une politique de réduction des déchets à l?échelle du quartier.
Des choix d?aménagement peu générateurs de déchets doivent être favorisés
en amont du projet, tout en encourageant les actions de recyclage, de réutili-
sation et de réemploi. Cela peut inclure le choix d?espèces locales vivaces qui
nécessitent moins de taille, le broyage des tailles et la tonte, ainsi que l?utilisa-
tion in situ en paillage des pieds d?arbres et arbustes.
La sensibilisation des ménages aux démarches « zéro déchet » peut notamment
être réalisée à travers la méthode des 5 R : Refuser, Réduire, Réutiliser, Réparer
et Recycler.
La dispensation de formations et la mise en place de programmes de sensibi-
lisation sur la réutilisation de matériaux considérés comme des déchets sont
utilement opérées.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 79Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 79
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment le projet facilite-t-il,
pour les gestionnaires comme
pour les habitants, le tri à
la source, la collecte séparée,
le recyclage et la valorisation des
déchets ménagers (conception,
organisation, sensibilisation)??
Quel est le potentiel de
développement et d?amélioration
des filières de valorisation des
déchets sur le territoire, comment
l?intégrer au projet et en évaluer
l?efficacité??
Notion 18.2 Inciter au tri à la source, optimiser
la collecte et valoriser les déchets
RECOMMANDATIONS
? Penser les systèmes de collecte
adaptés à chaque flux de déchet :
consignes, recyclerie?/?ressourcerie,
point d?apport volontaire,
méthanisation, compost, etc.
? Évaluer la politique de gestion
des déchets et communiquer
les résultats.
Des moyens sont disponibles pour encourager le tri à la source, tels que la
mise en place de systèmes de collecte séparée et de valorisation des déchets,
l?installation de composteurs de pied d?immeubles ou partagés, la création de
recyclerie de quartier, les points d?apport volontaire, la méthanisation, la valo-
risation énergétique des déchets résiduels, la mise en place de consignes et les
ressourceries.
Il est important d?informer directement les habitants sur la réglementation,
les actions mises en oeuvre et le traitement des déchets en termes de flux et
de coûts associés. Des animations peuvent être proposées par secteurs et par
type de processus de valorisation pour sensibiliser et informer les habitants de
manière efficace.
Il est essentiel d?informer, de (re)sensibiliser et former les habitants, les entre-
prises et les établissements scolaires sur l?obligation réglementaire liée au tri des
7 voire 9 flux de déchets (cf. notion 18.3), les actions entreprises pour les traiter,
ainsi que les coûts associés à leur traitement.
Les processus prévus pour les déchets encombrants tels que les mobiliers,
les déchets électriques et électroniques, ainsi que les Déchets d?Activité
Économique (DAE) doivent être détaillés.
80 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment évaluer en amont du
chantier les potentiels de réemploi?/?
valorisation des déchets de
chantier??
Quelles actions de limitation de
la production, de tri, de collecte
et de réutilisation?/?valorisation
des déchets de chantier mettre
en oeuvre??
Comment encourager le
réemploi des matériaux et?/?ou
des équipements issus de
déconstructions sélectives pour
les aménagements et
les constructions afin de limiter
l?évacuation des matériaux
hors site??
Comment prendre en compte
la gestion des déchets dangereux
(amiante, plomb)??
Quelles sont les solutions
existantes sur le territoire ou
sur les territoires limitrophes
pour la gestion des déchets??
Notion 18.3 Réduire, trier et valoriser les déchets
de chantier
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir l?étude des flux
entrants et sortants pour évaluer
le potentiel de ressources
en matériaux de déconstruction
(étude PEMD?: «?diagnostic produit
équipement matériaux déchets?»).
? Limiter les déconstructions, sinon
déconstruire de manière sélective.
Remettre en état, stocker les
matériaux pour les redistribuer
(bourse de matériaux).
? S?inscrire dans le tri 7 flux
obligatoire (métal, plastique,
papier / carton, verre, bois, fraction
minérale, plâtre), voire au-delà, via
des filières circulaires à haute valeur
ajoutée (textile, biodéchets).
? Inciter à la réutilisation
des matériaux du site pour limiter
leur évacuation en les gérant
aux fins de réemploi in situ.
? Incorporer des matériaux de
seconde vie issus des gisements
de réemploi dans les projets de
bâtiments et d?aménagements.
Il convient de réaliser un diagnostic du potentiel des ressources dans toutes
les étapes de construction ou rénovation afin d?identifier les potentialités de
réemploi des matériaux issus des chantiers. Les maîtres d?ouvrage doivent être
incités à anticiper la bonne gestion et la valorisation des déchets en privilé-
giant le réemploi, puis la réutilisation et le recyclage, puis la valorisation matière
directe (telle que les opérations de remblayage), la valorisation énergétique et
enfin l?élimination.
Il est nécessaire de garantir l?engagement et l?anticipation de ces sujets par le
maître d?ouvrage avec l?intégration systématique de clauses dans les marchés.
Il est important de communiquer sur les filières de réemploi, de réutilisation, de
seconde vie existantes sur le territoire. Il convient également de privilégier les
circuits fermés pour permettre la seconde vie des matériaux issus de chantier
in situ en incluant un pourcentage minimal de réutilisation dans les cahiers des
charges, ou en créant des conditions permettant leur réemploi, de préférence
à proximité.
Si certains matériaux ne peuvent être issus de circuits fermés, il convient de
rechercher des matériaux de seconde vie issus des gisements de réemploi dans
les projets de bâtiments et d?aménagements alentours.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 81
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 18
Nouveau Mons
Mons-en-Baroeul, Nord, Hauts-de-France
Situé au coeur de l?agglomération lilloise, l?ÉcoQuartier du Nouveau
Mons bénéficie d?une position privilégiée et est facilement accessible
grâce à la desserte du métro et des lignes de bus. Il s?agit d?un projet
ANRU qui consiste en la rénovation de la zone urbaine sensible (ZUS)
de Mons-en-Baroeul : réhabilitation de 990 logements, résidentialisa-
tion de 625 autres, ainsi que la démolition de 405 logements pour la
construction de 330 nouveaux. De nouveaux équipements publics sont
également installés, tandis que les espaces publics ont été réaménagés
pour favoriser la place du piéton et les modes de déplacements doux.
Le projet consiste également en l?extension du réseau de chaleur, ali-
menté en grande partie par la biomasse, et en la création de jardins
familiaux tout en tissant des liens avec le Vieux-Mons. La grande qualité
des espaces publics aménagés donne une image renouvelée au quartier
tout en limitant l?impact visuel de la voiture. L?objectif est de créer un
quartier résidentiel en phase avec les attentes des habitants et en har-
monie avec son environnement urbain, grâce à une approche globale
et durable de la rénovation urbaine.
L?ÉcoQuartier du Nouveau Mons est un exemple de réussite en matière
d?amélioration du cadre de vie. Cultivant cette approche sensible du
cadre de vi(ll)e, les espaces publics ont été requalifiés avec une exigence
extrême en matière de qualité paysagère. Des actions de communica-
tion et de formation sont mises en place pour encourager les bonnes
pratiques. L?appropriation et le partage par le plus grand nombre de ces
espaces de vi(ll)e sont primordiaux. Ils doivent être espaces de préser-
vation de la biodiversité, espaces à vivre jalonnés de « prairies de jeux »,
de jardins à partager. Condition de sa réussite : chaque aménagement
est envisagé en plaçant toujours au centre de tout l?expertise d?usage
des habitants, seule garantie d?une appropriation et d?une préservation
optimales autour d?ateliers de travail urbain., de Mon(s) quartier rêvé,
des marches exploratoires des femmes et des cours au jardins d?école.
Mons-en-Baroeul fait ainsi usage du paysage comme une valeur de partage.
Contexte local Centre-ville
Type de projet Renouvellement -
Quartier existant
Superficie (ha) 100
Superficie espaces verts (ha) 5,4
Nombre d?habitants prévus 12 000
Nombre de logements 5 250
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 182
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2002- 2014
Labellisation EQ Étape 3
Année labellisation 2014
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Ville de Mons-en-Baroeul
Maîtrise d?oeuvre du projet
François-Xavier Mousquet
(paysagiste) + AMO GIP Lille
Métropole rénovation urbaine
+ BET ArcAle, BioTop Conseil,
Empreinte, Lilika TROHA, Egis
Acteurs LMCU, SEM Ville
Renouvellée, bailleurs
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82 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
Engagement 19
Préserver, gérer et restaurer
la ressource en eau
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment assurer une gestion
intégrée des eaux pluviales
à la source au regard des
caractéristiques du site (nature
des sols, hydrographie du bassin
versant, pluviométrie actuelle
et future) en maximisant
la perméabilité des sols??
Comment faire de la gestion
des eaux pluviales un outil
d?adaptation aux effets
du changement climatique
en favorisant son infiltration
et sa connexion aux espaces
verts??
Comment intégrer de manière
qualitative les dispositifs de
gestion des eaux pluviales dans la
conception du projet, notamment
dans les espaces publics??
Notion 19.1 Assurer une gestion durable
des eaux pluviales
RECOMMANDATIONS
? Penser des aménagements
multifonctionnels qui maîtrisent
le ruissellement et qui préservent
la ressource en eau pour un usage
local.
? Innover et concilier la gestion
alternative des eaux pluviales,
désimperméabilisation, îlots de
fraîcheur, amélioration du cadre
de vie, biodiversité, etc.
? Anticiper et assurer une gestion
intégrée des eaux pluviales au
regard de la nature du site et des
caractéristiques du bassin versant :
favoriser une gestion de l?eau à
l?échelle du projet d?aménagement.
? Optimiser l?arrosage des espaces
verts.
Assurer une gestion durable des eaux pluviales, c?est favoriser leur infiltration au
plus près de leur point de chute par des Solutions Fondées sur la Nature, voire
par des solutions dites grises, afin de se rapprocher du cycle naturel de l?eau :
noue d?infiltration, espace vert inondable, jardin de pluie, toiture ou mur végé-
talisé, etc. Cela permet de réduire le ruissellement des eaux pluviales entraînant
le rejet de pollutions dans les milieux aquatiques, de limiter le risque d?inon-
dation mais aussi de favoriser un usage local de l?eau pour adapter les villes au
changement climatique. Quand il n?y a pas d?alternative, les solutions de réten-
tion d?eau pour ralentir les écoulements sont à envisager.
Ces solutions doivent être conçues afin de répondre à d?autres fonctions ou
usages : aménagement paysager, espace vert, îlot de fraicheur, etc. Il convient
aussi de prendre toutes les mesures nécessaires pour s?assurer de leur pérennité
fonctionnelle dans le temps, à la fois lors de leur conception mais également en
veillant à leur bon entretien.
Pour les projets soumis à la « loi sur l?eau », il est fortement recommandé au por-
teur de projet de consulter dès la conception du projet les services du préfet
en charge de la police de l?eau et ceux de la commune compétents en eaux
pluviales.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 83Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 83
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment réduire la consommation
en eau des habitants, des activités
et de la collectivité (réduction des
besoins, optimisation des réseaux,
gestion circulaire de l?eau)??
Comment associer et sensibiliser
habitants et usagers aux enjeux
de réduction des consommations
d?eau??
Notion 19.2 Réduire la consommation d?eau
RECOMMANDATIONS
? Installer des équipements
individuels et collectifs économes,
et des capteurs de fuites.
? Inciter à la réutilisation des eaux
de pluie et des eaux grises.
? Concevoir un plan paysager
qui inclut des espèces végétales
endémiques et peu gourmandes
en eau.
? Diminuer la consommation d?eau
dans l?ensemble du cycle de vie des
bâtiments et aménagements.
Le projet doit inciter à réduire la consommation d?eau en mettant en place des
équipements individuels et collectifs économes en eau, des capteurs de détec-
tion des fuites, un renouvellement et un entretien adapté des infrastructures
d?alimentation en eau potable, des sous-compteurs individuels, une récupéra-
tion et réutilisation des eaux de pluie et des eaux grises, etc.
Le projet doit être l?occasion d?accompagner et sensibiliser l?ensemble des
acteurs (dont les gestionnaires et les habitants) à la réduction de la consomma-
tion d?eau par des dispositifs de suivi, des actions de communication auprès des
ménages et des acteurs privés, des actions pédagogiques au sein des écoles, etc.
Le choix d?espèces végétales adaptées au climat local et anticipant les effets
du changement climatique, participe également à la réduction de la consom-
mation d?eau.
84 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment évaluer le niveau
d?acculturation des usagers du
quartier vis-à-vis de l?eau, de sa
consommation et des impacts
de l?activité humaine??
Comment réduire la présence de
micropolluants dans les eaux usées
des habitants, des activités de la
collectivité et dans l?environnement
et les sensibiliser à ces enjeux??
Comment favoriser une présence
et une visibilité de l?eau dans
l?espace public qui serve de support
à la stratégie de sensibilisation??
Notion 19.3 Sensibiliser et conduire des actions
pédagogiques
RECOMMANDATIONS
? Sensibiliser les gestionnaires
et les ménages aux enjeux
de l?eau, les inciter à réduire leur
consommation, à utiliser des
produits écoresponsables et
labellisés (comme par exemple les
produits cosmétiques, d?entretien,
d?hygiène et zéro phyto), en
proposant notamment des actions
pédagogiques.
? Inciter les habitants à utiliser
des espèces végétales endémiques
et peu gourmandes en eau.
? Réduire les rejets de polluants
et de déchets dans les eaux usées.
Les eaux usées issues des activités domestiques peuvent être contaminées par
différentes sources de pollutions vis-à-vis desquelles, le plus souvent, les sta-
tions d?épuration sont inefficaces.
Il convient donc d?encourager les gestionnaires des espaces communs du site
du projet et les habitants à utiliser des produits (d?entretien, d?hygiène, cosmé-
tiques, etc.) écoresponsables, voire disposant d?un label écologique.
Le projet est l?occasion :
? d?accompagner et sensibiliser les usagers à la réduction de l?utilisation de pro-
duits contenant des micropolluants par des actions de communication auprès
des ménages et des acteurs privés, des actions pédagogiques au sein des écoles,
etc. ;
? de rappeler que les substances qui doivent être prises en charge dans des
filières dédiées (fonds de pots de peinture, médicaments non utilisés?) le
soient, et d?inciter à ne pas les jeter dans les différentes voies d?évacuation des
eaux usées (toilettes, éviers, lavabos, etc.) ;
? d?inciter les habitants à utiliser des espèces végétales endémiques et peu
gourmandes en eau.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 85
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 19
Quartier Camille Claudel
Palaiseau, Essonne, Île-de-France
L?opération d?aménagement du Quartier Camille Claudel à Palaiseau
s?étend sur 19 hectares avec pour objectif de créer un quartier qui relie les
espaces agricoles, les quartiers existants et le pôle scientifique du Plateau
de Saclay. Le projet vise à lutter contre l?étalement urbain en proposant
une densité élevée de logements tout en offrant de vastes espaces verts.
La première phase du projet, labellisée ÉcoQuartier Étape 4, comprend
environ 1 500 logements, des équipements publics de qualité, des com-
merces de proximité, une crèche inter-entreprises, une maison médicale,
une conciergerie de quartier et une chaufferie biomasse fournissant
chauffage et eau chaude sanitaire à l?ensemble du quartier. Une innova-
tion écologique et technologique française, le LIFI, est également inté-
grée dans le projet.
L?ÉcoQuartier Camille Claudel se distingue également par sa gestion
alternative exemplaire de la ressource en eau. Toutes les opérations de
construction sont équipées de systèmes hydro-économes sur les équipe-
ments sanitaires (réservoir WC 3/6L à double commande, réducteur de
pression?). Les équipements publics disposent d?un système de comp-
tage par usage (entretien, arrosage, sanitaires, etc.). Le gymnase intègre
également un système de détection de fuites avec génération d?alarmes.
Pour pallier au sol très peu infiltrant, un maillage de noues à l?échelle du
quartier permet de restaurer les continuités écologiques des trames verte
et bleue, de dépolluer et tamponner les eaux de pluies et de créer des
coeurs d?îlots verts et aérés. Le réseau se compose de deux types de noues :
? les noues filtrantes de voiries dépolluent les eaux issues des voiries
chargées d?hydrocarbures et de métaux lourds.
? les noues de stockage tampon permettent de stocker les eaux en cas
de pluie cinquantennale afin de permettre un rejet de 0,7 l/s/ha pour
une faible partie vers le réseau communal et pour la majorité vers la
Rigole Domaniale.
Les eaux pluviales des bâtiments sont récupérées dans des cuves enter-
rées afin d?être réutilisées pour l?arrosage des espaces verts, réduisant
ainsi les frais d?entretien, d?autant que les essences végétales choisies ne
nécessitent pas ou peu d?arrosage.
Contexte local Périphérie
Type de projet Extension maîtrisée
Superficie (ha) 12
Superficie espaces verts (ha) 0.67
Nombre d?habitants prévus 3 000
Nombre de logements 1 456
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 652
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2021
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
SEM Paris Saclay Aménagement
(Territoire d?intervention de la
Communauté d?agglomération
Paris-Saclay)
Maîtrise d?oeuvre du projet
François LECLERCQ Architectes,
Phytorestore Paysagiste
Acteurs Bouygues Immobilier,
CDU, Eiffage Immobilier,
Kaufman & Broad, Nexity Appolonia
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86 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Quels sont les enjeux en matière
de qualité des sols sur le site et à
proximité, les prescriptions et?/?ou
recommandations proposées pour
s?assurer de leur préservation??
Comment concevoir une
programmation urbaine qui limite
l?artificialisation et la concentre sur
les sols de plus faible
fonctionnalité écologique??
Quelles opérations réaliser pour
restaurer la biodiversité des sols et
maximiser les surfaces de pleine
terre??
Quels dispositifs mettre en oeuvre
en phase chantier pour garantir la
préservation des sols??
Engagement 20
Préserver et restaurer les sols,
la biodiversité, les milieux naturels
Notion 20.1 Préserver et restaurer
les fonctionnalités écologiques des sols
RECOMMANDATIONS
? Déterminer le potentiel de
désartificialisation à l?échelle du
projet, voire au-delà, en s?appuyant
sur un diagnostic identifiant
le potentiel de multifonctionnalité
des sols.
? Travailler sur la renaturation
des sols par la restauration de sols
vivants, la maximisation des
surfaces de pleine terre, assurant
des fonctionnalités écologiques :
continuité des trames écologiques,
(trame brune notamment),
stockage du carbone, infiltration
des eaux, etc.
Le projet d?aménagement offre une opportunité de préserver et restaurer les
fonctionnalités écologiques des sols. Des outils d?aide à la décision pourront
être mobilisés pour mettre en oeuvre la stratégie de renaturation des sols et
guider les choix de localisation et de priorisation.
La référence aux zones préférentielles pour la renaturation dans les SCoT est
à privilégier. La loi Climat et Résilience dispose en effet que les SCoT peuvent
identifier des zones préférentielles pour la renaturation qui peuvent être inté-
grées dans le Document d?Orientation et d?Objectifs du SCoT, une pièce oppo-
sable du document, qui a donc une valeur réglementaire.
D?autres outils réglementaires de l?urbanisme existants peuvent être mobilisés,
tels que l?emplacement réservé, le coefficient de pleine terre ou encore le coef-
ficient de biotope par surface (CBS).
Il s?agit également de veiller à assurer la traçabilité des sols apportés et excavés.
La possibilité d?accueillir le vivant sur l?enveloppe bâtie (toitures végétalisées,
nichoirs et gîtes, etc.) est également à étudier.
Ministère en charge de l?écologie ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 3 : developpement territorial ? Mars 2023 87Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 87
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment connaitre, comprendre
et localiser les écosystèmes
(espèces, milieux, dynamiques)
existants pour les préserver tout
au long du projet??
Comment le projet permet-il de
restaurer la biodiversité dans tous
les milieux vivants (sols, eau, zones
humides végétation basse et
haute, bâtiments) afin de constituer
un écosystème complet, adapté
aux conditions??
Notion 20.2 Préserver et restaurer la biodiversité
RECOMMANDATIONS
? Identifier les spécificités et
enjeux du territoire en termes de
biodiversité (inventaires, atlas
de la biodiversité communale,
diagnostic écologique, trames vertes,
bleues, noires).
? Intégrer ces enjeux à chaque
étape du projet en s?appuyant
sur des acteurs spécialisés (faire
intervenir en particulier un
écologue dès les phases amont).
? Mettre en avant, préserver et
protéger les espaces et espèces
pendant le chantier, et tout au long
du projet et structurer le projet
autour du végétal et le patrimoine
naturel.
? À partir d?une connaissance fine
des caractéristiques écologiques du
territoire, prioriser la préservation
des habitats, restaurer les habitats
dégradés et laisser des zones de
biodiversité spontanée.
? Promouvoir la gestion différenciée
des espaces de nature.
? Connecter les espaces verts
du projet avec les espaces verts
qui l?entourent pour assurer une
continuité écologique urbaine.
Le projet d?aménagement implique une connaissance fine des ressources en
présence, afin de restaurer et valoriser la biodiversité et les milieux naturels.
Il s?agit d?identifier en amont de l?aménagement les ressources naturelles exis-
tantes en procédant à un inventaire, un diagnostic écologique urbain et une
étude d?impact. Dans cet objectif, l?Atlas de la Biodiversité Communale (ABC)
est un dispositif pertinent sur lequel s?appuyer. Il permet de connaître finement
la biodiversité et les habitats présents et d?orienter ainsi ses choix d?aménage-
ment, de préservation et de restauration. Mobiliser une pluralité d?acteurs spé-
cialisés (AMO environnement, écologues, paysagistes, professionnels du génie
écologique, associations environnementales?) et s?appuyer sur des outils et
dispositifs appropriés pour veiller à l?intégration de ces enjeux tout au long du
projet : guide de la biodiversité, cahier des charges de consultation des promo-
teurs, pénalités en cas de destruction de milieux.
Favoriser l?usage du végétal pour structurer les espaces à l?échelle du quartier
et du territoire tout en préservant la biodiversité végétale et animale, les sols et
les milieux naturels existants est une démarche essentielle de l?approche écolo-
gique. La mettre en oeuvre en respectant les enjeux de continuités écologiques
identifiés par la trame verte et bleue locale est primordial pour assurer un effet
positif sur la biodiversité. Il s?agit ici de participer aux trames vertes et bleues et
de renforcer les connexions avec les sites hors projet. Préserver ou restaurer des
espaces de biodiversité plantés et en eau renforce la qualité d?aménagement
du projet et du cadre de vie, et la protection des espaces et des espèces tout
au long du chantier.
Réfléchir aux processus écologiques autant qu?à la végétalisation et l?esthétique
est essentiel pour notamment : recréer des lisières, des multi-strates végétales,
des abris et ressources pour la faune, proposer une palette végétale cohérente,
des espèces indigènes, des habitats spécifiques, des milieux humides naturels
ou artificiels, des zones de nature spontanée? S?organiser pour déployer des
techniques alternatives, en appliquant une gestion écologique et différenciée
des espaces de nature est à prioriser, tout comme le recours aux Solutions
Fondées sur la Nature.
88 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023
LES QUESTIONS À SE POSER
Comment favoriser dans le projet
une approche écologique dans la
gestion des espaces verts publics??
Comment accompagner et
former les gestionnaires aux
fonctionnalités écologiques des
espaces de nature??
Comment articuler le projet
avec des démarches de gestion
et sensibilisation écologiques
existantes??
Comment associer, sensibiliser et
impliquer les habitants et usagers
à la préservation, restauration
et valorisation de la biodiversité
et?/?ou de la nature en ville??
Notion 20.3 Valoriser et sensibiliser
RECOMMANDATIONS
? Promouvoir, auprès des
gestionnaires, les pratiques de
gestion respectueuses de la
biodiversité (et notamment insectes
pollinisateurs) dans les espaces
publics (gestion différenciée des
espaces végétalisés, méthodes
alternatives aux pesticides ou
produits phytosanitaires, permis
de végétaliser, etc.).
? Sensibiliser les habitants, usagers
à la biodiversité, à l?existence de
projets de sciences participatives
et aux traitements alternatifs
des espaces privés : évènements,
ateliers pédagogiques, balades
nature, signalétique, actions de
préservation participatives, etc.
? Mettre à disposition des habitants
et usagers des espaces et outils
dédiés aux projets de plantation,
restauration, jardins collectifs /
partagés.
? Sensibiliser les habitants
et riverains à la nécessité de
préserver les sols.
L?implication des usagers nécessite l?acculturation et la responsabilisation de
l?ensemble des acteurs, notamment les habitants.
Pour assurer la pérennité de la préservation de la biodiversité des sols et des
milieux naturels, il est essentiel de sensibiliser les habitants et gestionnaires aux
pratiques respectueuses : gestion différenciée des espaces verts, zéro-phyto,
zéro pesticide, protection biologique intégrée, gestion alternative des espaces
verts, permis de végétaliser, espaces dédiés à l?agriculture urbaine, etc.
Des actions de communication et de pédagogie peuvent être proposées par
des collectivités : événements thématiques, balades nature, jardins collectifs si
possible en permaculture, inventaires participatifs, chantiers participatifs, pro-
jets scolaires sur les espaces végétalisés, panneaux explicatifs, etc.
Il convient également d?intégrer les gestionnaires en amont des projets et de
systématiser la demande de plans de gestion aux paysagistes concepteurs.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Dimension 4 : environnement et climat ? Juin 2023 89
EXEMPLE DE L?ENGAGEMENT 20
L?ÉcoQuartier La Ravine Blanche, située à l?ouest du centre ancien de
Saint-Pierre, est l?un des quartiers les plus denses de la ville mais aussi
l?un des premiers quartiers d?habitat social des années 60. L?objectif
de l?opération de rénovation urbaine a été de renforcer l?attractivité
et l?accessibilité du quartier. La transformation de l?image du quartier
s?est concrétisée par la réhabilitation de logements, la résidentialisa-
tion du parc social, la requalification des espaces publics et la mise en
place d?un transport en commun en site propre. Des services et des
activités économiques se sont implantés au coeur du quartier. Enfin la
création d?un parc urbain réalisé avec un collectif d?habitants du quar-
tier a été une opération emblématique.
La préservation et la valorisation de la biodiversité, du lagon et des
milieux naturels est une préoccupation constante du projet.
Le parc urbain, planté d?espèces indigènes ou endémiques, comme la
totalité du quartier, est implanté sur une friche urbaine traversée par
un canal destiné à recueillir toutes les eaux de pluie et aménagé en
quatre bassins de rétention, qui constituent autant de filtres qui per-
mettent de préserver le lagon, quelques centaines de mètres plus loin.
S?y ajoutent des trottoirs fleuris gérés par les habitants et des petits jar-
dins privés créés autour de 500 logements. Une évaluation annuelle des
impacts environnementaux du projet a été mise en place et un Éco-PLU
a été élaboré en s?inspirant des prescriptions ÉcoQuartier : gestion des
eaux pluviales, biodiversité et place du végétal, cheminements piétons
et stationnement. L?un des espaces publics en pied d?immeuble collec-
tif est entretenu par un particulier.
Contexte local Centre
Type de projet Renouvellement -
Quartier prioritaire
Superficie (ha) 60
Superficie espaces verts (ha) 2
Nombre d?habitants prévus 7 500
Nombre de logements 2 621
Nombre de logements sociaux
parmi les logements 1 548
Date de début des travaux /
Année d?achèvement 2010-2015
Labellisation EQ Étape 4
Année labellisation 2017
LES ACTEURS DU PROJET
Maîtrise d?ouvrage du projet
Commune de St Pierre -
ANRU AMO DD / HQE : 5 AMO
(ordonnancement de projet,
qualité urbaine, développement
économique, communication, mise
en place convention de gestion
urbaine de proximité)
Maîtrise d?oeuvre du projet
Grpt BET : FEDT (VRD, hydraul.
EU, EP), HELIOS Paysage (paysage
et espaces publics), Concept (BT,
éclairages publics)
Acteurs Bailleurs sociaux, SEMADER,
SIDR, SHLMR, foncière logement,
ARER, CDC, DEAL, CAUE, CCIR
Rénovation urbaine de Ravine Blanche
Saint-Pierre, La Réunion
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90 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Correspondance entre les ODD
et les engagements
Dimension 1 Dimension 2 Dimension 3 Dimension 4
engagements
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20
1.1 1.
2
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Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 91
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92 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
La stratégie d?évaluation nationale
de la démarche ÉcoQuartier
L?enjeu du ministère est d?accompagner les acteurs dans
une démarche d?amélioration continue, de garantir la
performance des ÉcoQuartiers au regard des finalités du
développement durable et des priorités gouvernemen-
tales, en vue de communiquer et de rendre compte de
la tenue des engagements, dans une logique de diffusion
des bonnes pratiques.
L?ambition de la démarche ÉcoQuartier est de proposer
et diffuser un modèle français de la ville durable et inclu-
sive pour tous et par tous.
Les 4 défis de la ville durable (sobriété, résilience, inclusion
et création de valeurs) qui répondent de manière systé-
mique aux 20 engagements de la démarche ÉcoQuartier,
constituent le socle des objectifs stratégiques nationaux.
20 indicateurs nationaux ont été définis et documentés
pour mesurer l?atteinte de chacun des objectifs priori-
taires, les cibles étant fixées localement par chaque por-
teur de projets afin de prendre en compte les contextes
particuliers propres à chaque territoire.
Si les 20 indicateurs nationaux constituent un socle
commun d?évaluation, les candidats à la labellisation
ÉcoQuartier sont invités à élaborer dès l?amont une stra-
tégie d?évaluation locale spécifique à leur projet reposant
sur la définition de priorités locales autour d?une ambi-
tion politique, des objectifs de développement durable,
des cibles à long terme et des indicateurs clés de perfor-
mances associés (engagement 5 du guide de l?aménage-
ment durable).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 93
94 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Défis Objectif stratégique Objectif opérationnel Numéro Indicateurs
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1 ? Encourager la sobriété
dans la consommation
des ressources naturelles
et de l?énergie
Minimiser l?artificialisation par
l?optimisation de la ressource foncière
S1
Consommation totale d?espaces naturels, agricoles
et forestiers du quartier (en Ha) et rapportée au nombre
de logements et d?emplois créés
S2 Part de bâtiments conservés (%)
Garantir la performance énergétique
S3
Part des bâtiments neufs en anticipation de la réglementation
thermique existante (%)
S4 Part des bâtiments existants rénovés énergétiquement (%)
S5
Consommation des bâtiments du quartier
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Développer les énergies renouvelables
locales
S6
Production d?énergie renouvelable rapporté
à la consommation totale du quartier (%)
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Minimiser la consommation de
matériaux et favoriser l?écoconception
S7 Part des bâtiments intégrant des matériaux biosourcés (%)
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2 - Proposer une offre
de logement pour tous
de qualité (énergétique,
environnementale et
d?usage), adaptée,
diversifiée et abordable
et des espaces publics
favorables à la rencontre
(et à l?activité physique)
Favoriser la diversité des profils
et des parcours résidentiels des
habitants du quartier
I1 Part de logements sociaux (%)
I2
Part de logements abordables (%)
(uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
Garantir la qualité d?usage
et architecturale des logements
pour tous
I3 Qualité d?usage des logements (%)
I4
Satisfaction des habitants vis à vis de leur quartier et de leur
logement (uniquement pour les ÉcoQuartiers vécus)
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3 ? Diversifier l?offres de
services et d?équipements
et intensifier les usages
de la ville
Rendre accessibles toutes les fonctions
urbaines nécessaires à tous les usagers
du quartier
C1 Proximité des services de base (%)
Encourager l?intensité urbaine C2 Densité bâtie
Développer une offre de mobilité
décarbonnée et l?intermodalité
au regard des besoins du territoire
C3 Taux de cyclabilité de la voirie (%)
C4 Offre de mobilité alternative à la voiture individuelle (%)
C5
Part des ménages utilisant un mode alternatif à la voiture
pour le trajet domicile travail (%) (uniquement pour les
ÉcoQuartiers vécus)
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en
ce 4- Penser le bien-être
des habitants et la qualité
du cadre de vie comme
des leviers de la résilience
du quartier
Offrir un cadre de vie sûr et sain
favorable à des modes de vie sains
R1 Part des espaces bâtis impactés par des nuisances (%)
R2 Exposition aux risques naturels et technologiques (%)
Développer des espaces de nature en
ville aux bénéfices environnementaux
et sociaux
R3
Coefficient de biotope par surface (dont part de surface de
pleine terre)
R4 Surface d?espaces verts publics par habitants
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 95
Modalités de calcul Engagements
correspondants
Nombre d?hectare d?espaces naturels, agricoles ou forestiers consommés pour la réalisation du quartier ET Nombre d?hectare d?espaces
naturels, agricoles ou forestiers consommés pour la réalisation du quartier / (logements + emplois créés au sein du quartier)
1 6 20
Surface de plancher de bâtiments conservés (m²) / Surface de bâtiments neufs créés (m²) + Surface de bâtiments conservés (m²) 10 13 18
Surface de plancher (m²) de bâtiments neufs anticipant la réglementation en vigueur (RT antérieure à la RE2020) ou le prochain
jalon de la RE2020 / Surface de plancher (m²) totale dans le projet
17
Surface de plancher (m²) de bâtiments existants dont les performances énergétiques sont améliorées / Surface de plancher (m²)
de bâtiments existants dans l?opération].
*Rénovation énergétique performante?: DPE passe à B, sauf pour les classes F et G (DPE passe à C)
17
Consommation énergétique moyenne {toutes sources d?énergie} en kWhEF/m²/an 17
Somme de la chaleur et électricité issues d?énergie renouvelable produites dans le périmètre de l?opération [kWh/an] / Somme
des consommations d?électricité, de gaz et de chaleur dans le périmètre de l?opération [kWh/an]
17
Surface de plancher construite dans chaque bâtiment du quartier atteignant une quantité minimum de matériaux biosourcés
(selon le type de construction) / Surface de plancher totale.
* équivalent label bâtiment biosourcé niveau 2
13
(Nombre de logements sociaux / Nombre total de logements dans l?opération) × 100
Dont nombre de logements assimilés?: PLAI, PLUS, PLS.
1 7
Nombre de logements dont le prix de vente est accessible aux ménages du 6e décile du territoire / Nombre total de logements
vendus dans l?opération
7
(Nombre de logements pondéré en fonction de la qualité d?usage / nombre total de logements dans l?opération) × 100
Qualité d?usage sur la base de 3 des critères mentionnés dans le décret n°2022-384 du 17 mars 2022?:
? une surface habitable minimale suivant la typologie du logement?;
? l?existence d?espaces extérieurs privatifs ou à jouissance privative d?une surface minimale suivant la typologie du logement?;
? une double exposition pour les logements de T3 et plus
9
Enquête habitants appréciant leur satisfaction
Nombre d?habitants de l?ÉcoQuartier d?accord ou tout à fait d?accord avec l?assertion «?Les espaces publics et les logements proposent
une qualité d?usage satisfaisante?» / Nombre total d?habitants ayant répondu
8 9
(Nombre de logements et locaux d?activités à proximité d?un service ou commerce / Nombre total de logements et locaux d?activités
de l?opération) × 100
Services et distances seuil considérées?:
? approvisionnement en produits alimentaires de base (300 m)
? école maternelle et primaire (300 m)
? centres médicaux, médecins (500 m)
? centres culturels et de loisirs (ex?: bibliothèques publiques, musées, cinémas, théâtres et autres) (500 m)
? espaces verts publics (300 m)
11 12
Nombre d?équivalent logement / Superficie de l?opération hors espaces verts publics
avec 1 équivalent logement pour 70 m² SDP
6 9
[Aménagements cyclables (km) + Zones piétonnes (km) + Zones de rencontre (km)] / [Voirie potentiellement cyclable (km)].
Voirie potentiellement cyclable?: toute la voirie sauf autoroutes, voies rapides et bretelles d?accès
14
(Nombre de logements et locaux d?activités à proximité des TC / Nombre total de logements et locaux d?activités de l?opération) × 100
arrêts de TC et distances seuils considérés :
? tramway ou métro (500 m)
? bus ou de voiture partagée (500 m)
? gares ferroviaires ou routières ou aires de covoiturage (à moins de 3 km en zone non-urbaine).
14
Enquête habitants?: Nombre de ménages utilisant un mode alternatif à la voiture pour le trajet domicile-travail / Nombre total
de ménages dans le quartier
14
(Surfaces construites (m² SdP) affectées / Surface construite totale de l?opération (m² SDP)) × 100
Une surface est affectée par le bruit d?une source de nuisance sonore selon sa distance à celle-ci et le niveau sonore de référence
de celle-ci
8
(Surfaces construites (m² SdP) exposées à un aléa fort ou moyen / Surface totale du quartier (m² SDP) × 100 16
Surfaces favorables (hectare) à la biodiversité / Surface totale (hectare)
dont?: Surface d?espace en pleine terre / Surface totale (hectare)
19 20
Surface totale d?espaces verts publics / Nombre d?habitants (en m²/habitants) 8 16 20
Définitions
Acteurs?/?usagers
de la santé pertinents
Instance « Santé » : gouvernance chargée
d?accompagner et d?inciter à la prise en
compte de la santé tout au long d?une
opération d?aménagement. Elle est com-
posée a minima d?un acteur appartenant
à la maîtrise d?ouvrage urbaine (bureaux
d?études techniques, équipe de maîtrise
d?oeuvre urbaine etc.) et d?un acteur du
secteur de la santé (représentant d?une
instance de santé publique comme
l?Agence Régionale de Santé, l?Observa-
toire Régional de santé etc.).
Agences Régionales de Santé
(ARS)
Établissements publics administratifs de
l?État français chargés de la mise en oeuvre
de la politique de santé dans leur région.
Les ARS ont pour but d?assurer un pilo-
tage unifié de la santé en région, de mieux
répondre aux besoins de la population et
d?accroître l?efficacité du système.
AMAP (Association pour
le Maintien de l?Agriculture
Paysanne)
Association qui assure un lien direct entre
l?agriculteur et le consommateur, per-
mettant au producteur de maintenir son
activité et au consommateur d?avoir des
produits locaux, frais et de saison.
Approche écosystémique
L?approche par écosystème consiste en
une gestion globale des ressources en
terres et en eau, de la faune et de la biodi-
versité qui favorise leur protection et leur
utilisation durable de manière équitable
sur le long terme. Cette stratégie pro-
meut la protection et l?utilisation durable
des terres, de l?eau et des moyens de sub-
sistance de manière équitable. Elle est
l?un des principes les plus fondamentaux
de la gestion durable.
Approche en coût global
Consiste à prendre en compte l?en-
semble des coûts (directs et indirects) liés
au cycle de vie d?un « système », comme
le projet d?ÉcoQuartier, l?espace public, le
bâti, etc.
Approche systémique
Méthode d?analyse d?un système com-
plexe avec un point de vue global. Elle
se focalise moins sur la compréhension
exhaustive de toutes les composantes
du système que sur l?analyse de leurs
interactions et de leur fonctionnement
entre elles.
Artificialisation des sols
Transformation durable des fonctions éco-
logiques d?un sol par son occupation ou son
usage : un sol qui servait d?habitat naturel
ou de support de culture est affecté à des
fonctions urbaines, bâtimentaires ou de
transport (habitat, activités, commerces,
infrastructures, équipements publics?). Ce
changement d?usage s?accompagne d?une
transformation de la nature et de la fonc-
tionnalité des sols : imperméabilisation, sta-
bilisation, compactage, etc.
Autopartage?/?Vélopartage
Autopartage : Un système d?utilisation par-
tagée d?une flotte de véhicules par diffé-
rents usagers et pour de courtes durées
(voitures en libre-service).
Vélopartage : vélos en libre-service mis à
disposition gratuite ou non permettant
de lever trois freins à la pratique du vélo :
le stationnement à domicile, le vol et la
maintenance.
Bail Réel Solidaire (BRS)
Le Bail Réel Solidaire est un contrat de
longue durée qui unit un Organisme de
Foncier Solidaire (OFS) et un preneur.
Dispositif concernant un habitat neuf ou
ancien, il permet de dissocier le foncier
du bâti pour faire baisser le prix des loge-
ments afin d?en permettre l?acquisition à
des familles aux revenus modestes, grâce
à un prêt et à une redevance mensuelle.
Le BRS permet à des ménages, sous condi-
tions de plafond de ressources, d?accéder
à un logement en-dessous des prix du
marché. En contrepartie, ces ménages ne
pourront revendre le logement qu?à un
prix de cession encadré, inférieur au prix
du marché, et à un ménage répondant
aux mêmes critères de ressources que
ceux auxquels ils étaient soumis.
Bioéconomie
Ensemble des secteurs économiques issus
de la production et de la valorisation du
vivant. La bioéconomie regroupe l?agri-
culture, la sylviculture, la pêche, l?agroa-
limentaire, les produits biosourcés, et
géo-sourcés utilisés dans les matériaux ou
la chimie, la valorisation des déchets orga-
niques et de l?énergie stockée dans la bio-
masse. Elle permet d?utiliser au maximum
une énergie abondante, renouvelable et
gratuite, comme l?énergie solaire.
Biosourcés ou géosourcé
Biosourcés : matériaux partiellement ou
totalement issus de la biomasse (bois,
chanvre, colza, paille, liège?).
Géosourcés : matériaux issus de ressources
d?origine minérale (terre crue ou pierre
sèche).
Souvent locaux et peu transformés, voire
issus du réemploi ou du recyclage, leur uti-
lisation, comme matériaux de construction
notamment, permet de réduire l?empreinte
environnementale et de développer les
filières économiques du territoire.
Cadre de vie
Concept subjectif permettant de carac-
tériser l?ensemble des attributs d?un
espace urbain ou rural. Il fait référence
à tout ce qui nous entoure, à l?échelle
locale comme les éléments du paysage
ou du milieu (climat?), les aménage-
ments, les acteurs culturels, etc.
Circuit court
Forme de vente de produits limitant à un
le nombre d?intermédiaire entre le pro-
ducteur et le consommateur. Le circuit
court ne garantit pas de proximité phy-
sique, pour cela, on parle de circuit de
proximité. Circuits courts et de proximité
vont souvent de pair.
Il existe plusieurs formes de vente en
circuits courts : vente directe entre les
producteurs et les consommateurs ?
marchés paysans, point de vente collec-
tif entre plusieurs producteurs ? magasin
de producteurs, AMAP.
96 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Conception bioclimatique
Prise en compte dans la conception d?un
bâtiment du climat, actuel et à venir, et de
l?environnement pour réduire ses besoins
énergétiques (chauffage, refroidissement,
éclairage notamment) et améliorer sa qua-
lité et sa résistance. Le choix du terrain,
l?orientation et la disposition du bâtiment
et les matériaux utilisés sont des para-
mètres à notamment prendre en compte,
en fonction de l?exposition solaire, des
vents dominants, des écoulements d?eau,
etc., dans une conception bioclimatique.
Courte distance
Préconisée par la Commission euro-
péenne (livre vert), la ville des courtes
distances vise à introduire l?essentiel des
services quotidiens à moins de 800 m des
logements, des pôles d?échanges ou des
parcs relais. La ville des courtes distances,
en densifiant les zones résidentielles dans
des quartiers multifonctionnels, avan-
tage les transports collectifs et favorise
les circulations actives (vélo, marche) au
détriment des déplacements effectués
en voiture individuelle.
Déchets d?activités économiques
(DAE)
Les DAE comprennent tous les déchets
qui ne sont pas des déchets ménagers au
sens de l?article R. 541-8 du Code de l?en-
vironnement : entreprises industrielles et
du BTP, artisans et commerçants, services
publics (écoles, administrations?), pro-
fessionnels de santé (hôpitaux publics et
cliniques privées, médecins?), services
tertiaires, particuliers hors de leurs domi-
ciles (déchets des établissements rece-
vant du public, transports?).
Densité
Dans le secteur de l?aménagement dura-
ble, il s?agit du rapport entre l?effectif de
la population d?une zone géographique
et la superficie de cette zone. La densité
est le plus souvent exprimée en individus
par unité de surface (par exemple, habi-
tants / km2). La densité exprime le rapport
entre un indicateur quantitatif (démogra-
phie, nombre de logements, d?emplois?)
et une surface d?étude donnée.
On peut parler de densité résidentielle
(nombre de logements / Surface), de den-
sité de population (nombre d?habitants /
Surface), mais aussi de densité bâtie,
densité d?activités économiques, densité
d?équipements publics, densité d?espaces
verts, etc.
La densité vécue correspond elle à la per-
ception subjective des niveaux de densité
propre à chaque individu.
Diagnostic prospectif
Un diagnostic prospectif présente une
vision collective et systémique qui met
en évidence les possibles dynamiques
territoriales. Il est établi à partir des
représentations, d?une rétrospective, de
comparaisons avec d?autres territoires et
de statistiques dynamiques. Il identifie
les tendances qui paraissent influentes
sur l?évolution du territoire.
Diagnostic territorial
Il s?agit de réaliser une « photographie » du
territoire à un instant donné : les forces et
faiblesses économiques, les attentes des
populations, les dynamismes, les enjeux
environnementaux, sociaux et culturels?
Un diagnostic territorial peut se faire avec
les services de l?État, les collectivités, les
acteurs économiques, de la société civile
et les citoyens.
Eaux grises
Eaux usées domestiques faiblement pol-
luées (évacuation douche ou lavabo) pou-
vant être utilisées pour d?autres activités
ne réclamant pas d?eau parfaitement
propre, (évacuation des excréments, net-
toyage véhicule, etc.).
Eaux noires
Également appelées « eaux vannes », les
eaux noires sont les eaux domestiques
contenant le sous-produit de la digestion
(matières fécales et urines). Dangereuses
pour la santé, elles nécessitent un traite-
ment assainissant avant de pouvoir être
restituées dans la nature.
Eaux pluviales
Terme utilisé pour les eaux de pluie après
qu?elles ont touché le sol ou une surface
construite ou naturelle susceptible de les
intercepter ou de les récupérer (toiture,
terrasse, chaussée, arbre, ?).
Éco-citoyenneté
Concept demandant un comportement
individuel ou collectif invitant à agir quo-
tidiennement en observant les principes
et les règles de préservation de l?environ-
nement.
Écoconception
Intégration de la protection de l?environ-
nement dès la conception des biens ou
services. Elle a pour objectif de réduire les
impacts environnementaux des produits
tout au long de leur cycle de vie : extrac-
tion des matières premières, production,
distribution, utilisation et fin de vie.
Écologie Industrielle
et Territoriale (EIT)
L?écologie industrielle et territoriale (EIT)
est un levier pour mobiliser les acteurs
de terrain en faveur de la transition éco-
logique. Elle se concrétise par la mise en
commun volontaire de ressources par des
acteurs économiques d?un territoire, en
vue de les économiser ou d?en améliorer
la productivité : partage d?infrastructures,
d?équipements, de services, de matières?
En proposant des solutions territoriales,
coopératives et innovantes de gestion
des ressources, l?écologie industrielle
et territoriale transforme les systèmes
de production et de consommation
en favorisant les fonctionnements en
quasi boucle fermée. Elle s?inscrit dans la
démarche « réduire, réutiliser et recycler »
de l?économie circulaire.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 97
Énergies grises (ou intrinsèques)
Somme des énergies consommées lors du
cycle de vie d?un matériau ou d?un pro-
duit : la production, l?extraction, la trans-
formation, la fabrication, le transport,
la mise en oeuvre, l?entretien et enfin le
recyclage.
Énergies renouvelables
et de récupération (EnR&R)
Les énergies renouvelables sont les sources
d?énergie considérées comme inépuisables
à très long terme, et qui n?engendrent pas
ou peu d?émissions polluantes. Parmi ces
énergies se trouvent le solaire, le biomasse,
le thermique, l?éolien, l?hydraulique, la géo-
thermie.
Les énergies renouvelables et de récu-
pération (EnR&R) correspondent à la
récupération des énergies renouvelables
sur des équipements qui en émettent,
dans une dynamique de valorisation des
sources de chaleur. L?énergie récupérée
de la chaleur générée par l?incinération
de déchets en est une illustration.
Épannelage
En architecture, il désigne la taille et la
forme générale que peut prendre un bâti-
ment en fonction des règlements d?urba-
nisme. Il est défini formellement par un
graphique qui indique les lignes droites
ou courbes dans lesquelles doivent s?ins-
crire les constructions de la zone urbaine.
Il est appelé parfois « gabarit ».
ESS (Économie Sociale
et Solidaire)
L?ESS désigne un ensemble d?entreprises
(coopératives, mutuelles, associations
ou fondations) dont le fonctionnement
interne et les activités sont fondés sur un
principe de solidarité et d?utilité sociale.
Ces entreprises adoptent des modes de
gestion démocratiques et participatifs.
Elles encadrent strictement l?utilisation
des bénéfices qu?elles réalisent : le profit
individuel est proscrit et les résultats sont
réinvestis. Leurs ressources financières
sont généralement en partie publiques.
Éviter, Réduire, Compenser (ERC)
La démarche ERC a pour objectif de limi-
ter les atteintes à l?environnement, toutes
thématiques confondues (biodiversité, air,
bruit, eau, sol, santé des populations?).
L?ordre de cette séquence traduit une
hiérarchie : l?évitement est à favoriser
comme la seule option qui garantisse la
non atteinte à l?environnement. Ensuite
sont réduites les atteintes qui ne peuvent
pas être évitées. La compensation ne doit
intervenir qu?en dernier recours, quand les
impacts n?ont pu être ni évités ni réduits.
Externalité positive ou négative
Une externalité positive est une situation
où un acteur bénéficie de l?action d?un
autre sans en payer le coût financier.
C?est le cas d?un apiculteur qui, grâce à
ses abeilles, participe à la pollinisation
des arbres et des fleurs de l?arboriculteur
le plus proche sans que ce dernier ne le
rémunère.
Une externalité négative est une situa-
tion où un acteur est défavorisé par un
autre sans recevoir de compensation.
Fab-Lab
Contraction de « laboratoire de fabrica-
tion », le Fab-Lab désigne un lieu ouvert au
public où différentes sortes de machines
et d?outils sont mis à disposition pour la
conception et la réalisation d?objets.
Formes urbaines
À l?échelle du quartier, types d?organi-
sation de l?espace, des configurations
spatiales du bâti (manière dont sont
disposés les éléments urbains dans l?es-
pace) et des agencements spécifiques
des espaces publics (proportion entre le
sol bâti et le sol non bâti, voiries, places,
espaces verts, etc.).
Gaz à effet de serre (GES)
Constituants gazeux de l?atmosphère, tant
naturels qu?anthropiques, qui absorbent
et réémettent le rayonnement infrarouge
et contribuent à l?effet de serre. Les princi-
paux GES émis par les activités humaines
sont le dioxyde de carbone, le méthane
et l?ozone. Ces émissions en excès dans
l?atmosphère génèrent un réchauffement
de celle-ci.
Gestion différenciée (GD)
Approche raisonnée de la gestion des
espaces verts permettant une gestion
plus respectueuse de l?environnement
sans perte de qualité. Elle remet en ques-
tion le tout horticole, sans toutefois le
bannir.
Habitat Participatif
Reposant sur une démarche citoyenne : il
permet à des groupes de personnes de
construire leur logement et de partager
un mode de vie écologique et commu-
nautaire, à moindre coût. Des réponses
collaboratives à de nombreux enjeux
de société peuvent être apportées (lien
social, bien vieillir, pratiques écorespon-
sables et préservation de l?environne-
ment, logement abordable, etc.).
Handicap
Toute limitation d?activité ou restric-
tion de participation à la vie en société
subie dans son environnement par
une personne en raison d?une altéra-
tion substantielle, durable ou définitive
d?une ou plusieurs fonctions physiques,
sensorielles, mentales, cognitives ou
psychiques, d?un polyhandicap ou d?un
trouble de santé invalidant.
Îlot de chaleur urbain
Phénomène d?élévation de la tempéra-
ture dans les environnements densément
urbanisés lié principalement aux maté-
riaux et à la forme des bâtiments, à l?oc-
cupation des sols, à la circulation du vent,
au manque de végétaux en ville, et aux
dégagements de chaleur liés aux activités
humaines.
Il est particulièrement accentué dans les
espaces très artificialisés.
Intensité urbaine
La notion d?intensité urbaine ajoute une
dimension qualitative à la notion de
densité urbaine en privilégiant la qualité
sensible de la ville, la qualité environne-
mentale, la diversité des usages, la pré-
sence des services de la vie quotidienne
(commerces de proximité, écoles, ser-
vices sociaux et publics), la possibilité d?y
accéder par les mobilités actives ou les
transports collectifs, etc.
98 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Insertion viaire
Ensemble des voies de circulation qui des-
servent le projet, des plus importantes
(autoroutes urbaines, boulevards?) aux plus
modestes (venelles, rues privées, impasses).
Logistique du dernier kilomètre
Concept désignant le transport de mar-
chandises en ville, à savoir la dernière
étape de la chaîne de distribution des
biens vers les consommateurs finaux.
Cette étape représente un fort coût éco-
nomique, social et environnemental si elle
n?a pas été pensée en amont de la concep-
tion du quartier.
Métabolisme territorial
Moyen de mesure de la comptabilité des
flux d?énergies et de matières (entrants et
sortants) nécessaires au fonctionnement
d?un territoire. Il compare les territoires à
des corps vivants qui ont besoin de puiser
des matières et de l?énergie qu?ils consom-
ment, transforment puis excrètent.
Mixité intergénérationnelle
Cette mixité consiste à rassembler, dans
des logements et plus largement des lieux
de vie destinés à de jeunes étudiants et
actifs et à des personnes âgées. L?objectif
est de renforcer le lien social et les rela-
tions entre les générations (accessible
aux enfants, étudiants, personnes âgées,
actifs, familles). Elle favorise la transmis-
sion d?expérience et de savoirs entre per-
sonnes d?âges différents permettant un
bénéfice mutuel.
Mixité fonctionnelle
Désigne le fait d?assurer, à toutes les
échelles d?organisation du territoire, une
diversité de fonctions nécessaires à la vie
sur le territoire : résidentielles, activités
économiques, loisirs, mobilités, services
publics, équipements sportifs, culturelles,
associations, etc.
Mixité sociale
Cohabitation, sur un même territoire, de
personnes d?origines sociales et cultu-
relles diverses ayant différents niveaux
de revenus. Elle est facteur de cohésion
et d?une société inclusive.
PADD (Projet d?Aménagement
et de Développement Durable)
Élément incontournable du Plan Local
d?Urbanisme (PLU ou PLUi), il présente
les objectifs et les orientations générales
concernant le développement urbanis-
tique, économique, social et environ-
nemental d?une commune ou d?une
communauté de communes durant une
période donnée (10 à 20 ans).
Partie prenante
Est définie comme « partie prenante »
d?un projet, « tout individu ou groupe
ayant un intérêt dans les décisions ou
activités d?une organisation. » (Source :
ISO 26000, ISO,2010).
Patrimoines
On en dénombre plusieurs catégories :
les immeubles et les sites patrimoniaux
(patrimoine immobilier), les documents
et les objets patrimoniaux (patrimoine
mobilier), le patrimoine immatériel (tradi-
tions et savoir-faire), les paysages culturels
patrimoniaux, les personnages historiques
décédés et les lieux et les événements his-
toriques.
PCAET (Plan Climat-Air-Énergie
Territorial)
Document de planification qui permet
d?aborder la problématique climat-air-
énergie et qui définit des objectifs pour
atténuer et s?adapter au changement
climatique, protéger et favoriser la biodi-
versité, améliorer l?efficacité et la sobriété
énergétique et produire davantage d?éner-
gies renouvelables et de récupération? Le
PCAET se construit à l?échelle intercom-
munale ou métropolitaine et les PLU(i)
doivent y être compatibles.
PEMD (Diagnostic Produit
Équipement Matériaux Déchets)
Diagnostic permettant de déterminer la
nature, la quantité et la localisation des
matériaux et produits de construction
et de s?assurer de réemployer ou réutili-
ser les produits, équipements, matériaux
issus de travaux afin de pallier aux pénu-
ries actuelles et à venir de matières pre-
mières.
Perméabilité du quartier
Désigne la possibilité de traverser un îlot
ou un quartier de façon directe et efficace,
par une diversité? de modes de déplace-
ment. La perméabilité résulte de la trame
de rues, de sa hiérarchie et de sa forme,
ainsi que de l?absence de barrières phy-
siques entre les milieux.
PLU (Plan Local d?Urbanisme)
Document d?urbanisme à l?échelle d?une
commune ou d?une intercommunalité
(PLUi) qui définit les grandes orientations?
Concrètement, il s?agit d?un document qui
définit les grandes orientations d?aména-
gement sur la base du projet de la collec-
tivité et réglemente la constructibilité du
territoire (ambition et stratégies d?aména-
gement, formes des constructions, zones
urbaines / à urbaniser / naturelles / agricoles).
PNACC (Plan national
d?adaptation au changement
climatique)
Parallèlement aux politiques d?atténuation
du changement climatique, la démarche
d?adaptation vise à en limiter les impacts
inévitables et les dommages associés sur
les activités socio-économiques et sur la
nature. Les politiques publiques d?adap-
tation ont pour objectifs d?anticiper les
impacts à attendre du changement clima-
tique, de limiter leurs dégâts éventuels en
intervenant sur les facteurs qui contrôlent
leur ampleur et de profiter des opportuni-
tés potentielles.
Polarités existantes ou projetées
La notion de polarité urbaine décrit les
effets spatiaux des villes sur les territoires
environnants, leurs interactions avec les
villes voisines. Souvent, la polarité allie
une concentration géographique de
fonctions urbaines (logements, activi-
tés, équipements, services) et des axes
de communication efficaces vers l?ex-
térieur. Ces éléments de performance
territoriale génèrent des dynamiques
d?attraction du pôle vers sa périphérie
(flux d?emplois, de consommations, d?ac-
tivités?).
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 99
Prévention situationnelle
Action qui vise à dissuader les potentiels
auteurs d?actes de malveillance de passer
à l?acte en intervenant sur l?environne-
ment le plus en amont possible.
Réhabilitation des friches
Réhabilitation du foncier déjà artificia-
lisé en zone urbanisée permettant de
donner un nouvel usage à des zones
délaissées sur lesquelles des travaux
de réhabilitation du bâti ou, à défaut,
de déconstruction et d?aménagement
doivent être menés pour leur requalifica-
tion, par exemple en zones d?activités ou
en espaces naturels.
Repair-café
Atelier permettant de mettre en lien des
personnes souhaitant réparer un objet et
des structures du réemploi et des béné-
voles formés à la réparation et au réem-
ploi. Le Repair café peut être installé
dans un lieu dédié comme une recycle-
rie, ou faire l?objet d?ateliers ponctuels et
itinérants.
Ressourcerie?/?recyclerie
Structure de réemploi / réutilisation qui
récupère, revalorise et / ou répare et
revend au grand public des biens usagés
ou d?occasion sur un territoire.
Risques
Les politiques françaises de prévention
des risques, qu?ils soient d?origine natu-
relle ou technologique, définissent le
risque comme la probabilité d?occur-
rence de dommage compte tenu des
interactions entre facteurs d?endomma-
gement (aléas) et facteurs de vulnérabilité
(peuplement, répartition des biens).
SCOPE 1, 2 et 3
Périmètre au sein duquel sont étudiées
les émissions de gaz à effet de serre du
projet.
Scope 1 : émissions directes de gaz à effet
de serre, issues de combustibles fossiles
(pétrole, gaz, charbon?).
Scope 2 : émissions indirectes liées à l?éner-
gie issues de la consommation d?électri-
cité et des réseaux de chaleur /froid.
Scope 3 : autres émissions indirectes, et
représente en général la très grande majo-
rité des émissions liées à l?activité.
SCoT (Schéma de Cohérence
Territorial)
Document de planification du territoire
sur le moyen-long terme (20 ans) qui
s?applique à l?échelle d?un bassin de vie,
d?emploi ou une aire urbaine.
Ce document prévoit un cadre de réfé-
rence pour les questions d?habitat, de
mobilités, d?aménagement commercial,
d?environnement (énergie, climat et bio-
diversité notamment).
SDAGE (Schéma Directeur
d?Aménagement et de Gestion
des Eaux)
Outil de planification prévu pour 6 ans
pour assurer la gestion de la ressource en
eau et des écosystèmes aquatiques. Ce
schéma s?applique à l?échelle du grand
bassin hydrographique (12 en France) et
s?impose aux documents de planification
(SRADDET, SCoT, PCAET, PLU, ?).
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs thématiques :
égalité des territoires, énergie, biodiver-
sité, déchets, habitat, transports, qualité
de l?air, etc.
Sobriété foncière
Démarche consistant à optimiser l?utilisa-
tion des espaces déjà urbanisés et à ques-
tionner les nouveaux besoins d?extension
pour préserver au maximum les sols de
l?artificialisation. Cela permet d?éviter de
disperser l?habitat, les emplois, les ser-
vices, allongement des déplacements
ainsi que de préserver la biodiversité.
Solutions Fondées sur la Nature
(SFN)
Actions qui s?appuient sur les écosys-
tèmes et les services qu?ils rendent pour
relever des défis qui se posent à nos
sociétés. La nature et les écosystèmes
favorisent la résilience face au change-
ment climatique, aux risques naturels et
à l?approvisionnement en eau, etc.
SRADDET (Schéma Régional
d?Aménagement de
Développement Durable
et d?Égalité des Territoires)
Document de planification prescriptif
mis en place par le conseil régional et
qui s?imposent aux documents locaux
d?urbanisme (SCoT, PCAET et PLU
notamment) qui doivent être compa-
tibles avec celui-ci.
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs théma-
tiques : égalité des territoires, énergie,
biodiversité, déchets, habitat, trans-
ports, qualité de l?air, etc.
SRCE (Schéma Régional
de Cohérence Écologique)
Document cadre qui sert de base pour les
documents de planification. Il contient :
un diagnostic des enjeux de biodiversité,
une identification des trames vertes et
bleues, la mise en place d?outils cartogra-
phiques et d?un plan d?action territorial
notamment.
Il fixe des objectifs de moyen et de long
terme en lien avec plusieurs thématiques :
égalité des territoires, énergie, biodiver-
sité, déchets, habitat, transports, qua-
lité de l?air? Sauf exception, le SRCE est
remplacé par le SRADDET qui constitue
le document cadre à l?échelle régionale
de définition et de mise en oeuvre de la
trame verte et bleue.
100 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Trames vertes, bleues, brunes
et noires | Trames écologiques
La trame verte et bleue est une démarche
qui vise à maintenir, protéger et reconsti-
tuer des réseaux de milieux naturels où les
espèces animales et végétales peuvent
circuler et interagir afin qu?elles puissent
assurer leur cycle de vie (s?alimenter, se
déplacer, se reproduire, se reposer, ?) au
même titre que l?homme.
Ces réseaux sont constitués des habi-
tats (les « réservoirs de biodiversité ») et
des zones de déplacement des espèces
(« les corridors écologiques »).
L?ambition de cette démarche est d?ins-
crire la préservation de la biodiversité dans
les politiques d?aménagement du terri-
toire, notamment en intégrant ces trames
dans les documents de planification.
Trame verte : milieux naturels terrestres.
Trame bleue : milieux aquatiques et humides.
Trame brune : continuité des sols vivants.
Trame noire : réseaux des espèces noc-
turnes. Cette démarche s?attache en
particulier à la question de la pollution
lumineuse.
Tri des 7/9 flux
Valorisation permettant la lutte contre le
gaspillage de manière obligatoire pour 7
d?entre eux : papier / carton, métal, plas-
tique, verre, bois, fraction minérale et
plâtre ; voire non-règlementaire : textile,
biodéchets.
Urbanisme frugal
Façon d?aménager le territoire ayant pour
ambition de faire mieux avec moins pour
préserver les écosystèmes. Permettant de
répondre aux besoins essentiels des habi-
tants, il mobilise les ressources locales,
matérielles et humaines : habitants, usa-
gers, terrains disponibles, matériaux,
technologies faiblement consomma-
trices d?énergie, etc.
Urbanisme tactique
Façon d?aménager temporairement et
simplement le territoire via des aména-
gements mobilisables permettant de
démontrer les possibles modifications de
fonctionnalités d?un espace. Il mobilise
souvent les ressorts de l?art et de l?évène-
mentiel portés par des habitants et / ou
des collectifs de personnes.
Urbanisme transitoire
Occupation de l?espace public ou privé
par des aménagements et des activités
pour une durée déterminée. Vecteur
de dynamisme du quartier et de renfor-
cement du lien social, on parle d?urba-
nisme « transitoire » parce que les projets
accompagnent généralement un chan-
gement d?image, de fonction, d?usage,
ou de statut d?un espace.
Zone à Faibles Émissions (ZFE)
Dispositif imposé pour les métropoles
françaises les plus peuplées et encouragé
dans les grandes agglomérations, dont la
mise en oeuvre est soutenue par l?État. Il
vise à faire baisser les émissions de pol-
luants afin d?améliorer la qualité de l?air
et de garantir aux habitants de respirer
un air qui ne nuise pas à leur santé.
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 101
102 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Remerciements
Chers contributeurs,
Le Bureau des villes et des territoires durables tient à exprimer
ses plus sincères remerciements à tous ceux qui ont participé
au travail collaboratif mis en place autour de la réalisation du
nouveau guide de l?aménagement durable.
Votre engagement et votre expertise ont été essentiels à la
conception de ce guide actualisé et accessible à tous les por-
teurs de projets désireux d?entrer dans une approche vertueuse
d?aménagement durable. Il contribuera largement à accélérer
la diffusion et la mise en oeuvre dans les territoires des réponses
aux grands défis de la ville durable : sobriété dans la consomma-
tion des ressources et de l?énergie, résilience notamment face
au changement climatique, inclusion et création de valeurs sur
les territoires.
Nous remercions tout particulièrement les correspondants ville
durable des Directions régionales de l?aménagement, de l?envi-
ronnement et du logement et des Directions départementales
des territoires et de la mer qui se sont fortement impliqués
dans ce projet, ainsi que les Directions d?administration cen-
trale du ministère de la Transition écologique et de la cohésion
des territoires, et le ministère de la Culture.
Le Commissariat général au développement durable (CGDD)
La direction générale de l?aménagement, du logement et de la
nature (DGALN) et les Architectes et Paysagistes Conseils de
l?Etat de la DGALN
La Direction générale de l?énergie et du climat (DGEC) dont
l?ONERC
La direction générale des infrastructures, des transports et de
la mer (DGITM)
La direction générale de la prévention des risques (DGPR)
La Mission interministérielle pour la qualité des constructions
publiques (MIQCP)
Le groupement d?intérêt public Europe des projets architectu-
raux et urbains (GIP EPAU)
Le Plan urbanisme construction architecture (PUCA)
Nous remercions nos partenaires institutionnels, associatifs,
experts et professionnels de l?aménagement pour la pertinence
de leurs contributions et leur implication dans ce projet :
ADEME - Agence de la transition écologique
Alliance HQE-GBC
Anah - Agence nationale de l?habitat
ANCT - Agence nationale de la cohésion des territoires
ANRU - Agence nationale pour la rénovation urbaine
Banque des territoires
CEREMA - Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?envi-
ronnement, la mobilité et l?aménagement
CERQUAL
CERTIVEA
CNOA ? Conseil national de l?ordre des architectes
Compagnie des rêves urbains
CSTB ? Centre scientifique et technique du bâtiment
Ecomaires
Efficacity
Ekopolis
EPASE - Etablissement Public d?Aménagement de Saint-Etienne
EPFAG - Etablissement Public Foncier et d?Aménagement de la
Guyane Europan France
FNPRF ? Fédération des parcs naturels régionaux de France
FNAU ? Fédération nationale des agences d?urbanisme
FNCAUE - Fédération Nationale des CAUE
FVD ? France ville durable
GPA - Grand Paris Aménagement
Intercommunalités de France
LPO - Ligue pour la protection des oiseaux
Paris & Métropole Aménagement
PCC ? Petites Cités de Caractère
Plantes et Cités
UNAM ? Union nationale des aménageurs
USH ? Union sociale pour l?habitat
Et les villes de Doué-en-Anjou, Durtal, Le Mesnil-Saint-Denis,
Melle, Saint-Pantaléon, et la Communauté de communes
Mellois-en-Poitou, ainsi que l?Atelier Raisonné ? ADER&CO.
Nous remercions les équipes des agences 360, Néoclide et
Giboulées pour leur accompagnement dans la mise en oeuvre
du projet et la réalisation graphique du guide.
Je remercie enfin tout particulièrement l?équipe du Bureau
des villes et territoires durables de la Direction générale de
l?aménagement, du logement et de la nature, qui pilote la
démarche ÉcoQuartier, ainsi que le conseiller international et
ville durable de la sous-direction de l?aménagement durable,
pour leur implication sans faille dans la réalisation de ce
projet : Bruno Bessis, Céline Callegari (pilote du projet), Colin
Cauchois, François Kellerhalls-Hosso, Pascale Kouassigan, Yann
Lancien, Émilie Lepoivre, Isabelle Moritz, Marianne Vebr et
Lorène Pourias, stagiaire au sein du bureau.
Florence Drouy
Cheffe du Bureau des villes et territoires durables
DGALN / DHUP / AD
102 Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature ? Guide de l?aménagement durable ? Juin 2023 103
© Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature. Juin 2023
Conception et réalisation?: ?/?Troiscentssoixante
Illustrations?: Camille Leplay - Imprimé sur papier 100?% recyclé par Adequat
INVALIDE)