Travaux de préparation de la stratégie française énergie-climat : restitution des groupes de travail
Auteur moral
France. Ministère de la transition énergétique (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
Les propositions émises par les différents groupes de travail relatifs à la stratégie française énergie-climat concernent :<br />
;- les projets de programmation pluriannuelle de l'énergie et de stratégie nationale bas-carbone qui seront rendus publics pour consultation dans les prochaines semaines ;<br />
;- les travaux législatifs des mois à venir ;<br />
;- le Défi du siècle, celui de la sortie des énergies fossiles, qui constituera désormais un fil rouge dans les déplacements d'Agnès Pannier-Runacher et qui permettra de décliner concrètement notre trajectoire énergétique et climatique dans tous les territoires.
Descripteur Urbamet
consommation d'énergie
;ECONOMIE D'ENERGIE
;transition énergétique
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Travaux de préparation
de la stratégie française
énergie-climat
Restitution des groupes de travail
Septembre 2023
2
Éditorial p.3
Présentation des groupes de travail p.5
Sortir des énergies fossiles, le défi du siècle :
6 conditions pour réussir
p.7
Synthèse des propositions des groupes de travail p.8
Les propositions des groupes de travail p.10
Liste des entitées auditionnées p.21
3
Dans le cadre de la planification écologique voulue
par le Président de la République et la Première
ministre, j?ai lancé sept groupes de travail en mai
dernier pour mettre à jour la stratégie énergétique
de notre pays.
J?ai souhaité mettre en oeuvre la même méthode que
pour les lois d?accélération des énergies renouvelables
et du nucléaire, celle de la coconstruction, sans
dogmatisme, pour faire émerger des consensus construits
sur la science et la réalité de terrain. C?est cette méthode qui
a permis de mettre chacun autour de la table (élus locaux et nationaux
de tous bords, fédérations professionnelles, partenaires sociaux, société
civile?) pour bâtir ensemble la stratégie énergie-climat de notre pays.
C?est grâce à cet intense travail, mené sur plusieurs mois en y associant un
grand nombre d?experts, que nous parviendrons à trouver les meilleures
solutions, aux niveaux local et national, pour devenir le plus grand pays
industriel à sortir des énergies fossiles et à atteindre la neutralité carbone.
La stratégie que je porte au sein du Gouvernement est claire : reprendre
en main le destin énergétique et climatique de notre pays, pour renforcer
notre souveraineté et réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet
de serre. Ceci passe par la relance historique de notre filière nucléaire,
qui est un atout et une fierté pour notre pays. Ceci passe aussi par le
développement massif des énergies renouvelables, en s?appuyant sur les
élus locaux et les régions qui sont les mieux placés pour identifier les
meilleurs projets pour leur territoire et en assurer le partage de la valeur,
avec le soutien de l?État.
Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui se sont mobilisés dans ces
travaux. Je salue la grande qualité des propositions qui m?ont été remises
aujourd?hui.
Elles nourriront les conclusions du conseil de planification écologique sur
la partie énergie, les projets de programmation pluriannuelle de l?énergie
et de stratégie nationale bas-carbone que je soumettrai à consultation
publique dans les prochaines semaines, ainsi que les travaux législatifs à
venir.
Elles contribueront surtout à relever le Défi du siècle, la sortie des
énergies fossiles, qui est le fil rouge de mon action et que j?illustrerai dans
mes déplacements.
Agnès PANNIER-RUNACHER,
ministre de la Transition énergétique
3
4
Notre manière de produire et de consommer de l?énergie doit aujourd?hui
évoluer vers deux impératifs : lutter contre le dérèglement climatique et
bâtir notre souveraineté pour reprendre enfin en main notre destin énergé-
tique. Voilà les deux objectifs fixés par la ministre de la Transition énergé-
tique, Agnès Pannier-Runacher, qui n?ont eu de cesse de guider nos travaux
sur la future stratégie française énergie-climat.
Ces travaux se veulent inédits sur plusieurs aspects. D?abord, sur la prise en
compte effective des contraintes réelles qui pèsent sur notre système éner-
gétique actuel et sur nos capacités de production existantes et à en déve-
lopper de nouvelles. En effet, nous ne pouvons plus définir des stratégies
sur des considérations fondées sur des postulats autres que la science et la
raison.
Inédit aussi sur la méthode. Nos choix d?aujourd?hui pour sécuriser notre ap-
provisionnement énergétique de demain engageront notre pays sur le long
terme. Il est donc essentiel de construire un consensus politique, sociétal
autour de l?énergie avec les territoires et en lien avec les élus locaux. La com-
position des sept groupes de travail, qui regroupent parlementaires et élus
locaux de tous bords politiques, experts, associations ou encore représen-
tants de filière illustrent cette volonté de la ministre.
Après des mois de débats et d?auditions, nous sommes heureux de remettre
nos propositions pour l?élaboration de cette future stratégie énergie-climat
et, au-delà, pour répondre au défi du siècle : celui de la fin des énergies fos-
siles, dans l?Hexagone, comme en outre-mer.
Guillaume KASBARIAN, député d?Eure-et-
Loir, président de la commission des affaires
économiques de l?Assemblée nationale
Jean-Marc ZULESI, député des Bouches-
du-Rhône, président de la commission
développement durable et aménagement
du territoire de l?Assemblée nationale
Jean-Luc FUGIT, député du Rhône, président
du Conseil supérieur de l?énergie
Olga GIVERNET, députée de l?Ain
Bruno MILLIENNE, député des Yvelines
Xavier ALBERTINI, député de la Marne
Pierre CAZENEUVE, député des Hauts-de-
Seine
Denise SAINT-PÉ, sénatrice des Pyrénées-
Atlantiques
Catherine CONCONNE, sénatrice de la
Martinique
Antoine ARMAND, député de la Haute-
Savoie
David AMIEL, député de Paris
Jean-Patrick MASSON, vice-président de la
métropole du Grand Dijon, France urbaine
Jean REVEREAULT, vice-président du Grand
Angoulême, Intercommunalités de France
Michel MAYA, maire de Tramayes,
Association des maires ruraux de France
Fanny LACROIX, maire de Châtel-en-Triève,
Association des maires ruraux de France
Jean-Baptiste HAMONIC, maire de
Villepreux, Petites Villes de France
Jérôme BALOGE, maire de Niort, Villes de
France
Maurice GIRONCEL, maire de Sainte-
Suzanne à La Réunion, Intercommunalités
de France
5
PRÉSENTATION DES GROUPES DE TRAVAIL
Groupe de travail n° 1 : Sobriété énergétique
Pilotes : Olga GIVERNET (Assemblée nationale), Jean Patrick MASSON (vice-président Dijon Métropole, France urbaine)
Composition : Marjolaire MEYNIER-MILLEFERT (Assemblée nationale), Ronan DANTEC (Sénat), Daphné RACT-
MADOUX (Sénat), IGNES, Fédération française des usagers de la bicyclette, Association française des entreprises
privées (AFEP), Conseil national des associations familiales laïques, CFE-CGC, NégaWatt
Groupe de travail n° 2 : Efficacité énergétique
Pilotes : Bruno MILIENNE (Assemblée nationale), Jean REVEREAULT (vice-président Grand Angoulême,
Intercommunalités de France)
Composition : Julie LAERNOES (Assemblée nationale), Michel CANEVET (Sénat), Franck MONTAUGE (Sénat), AMORCE,
CCI France, Groupement des entreprises de la filière électronumérique française (GIMELEC), MEDEF, CPME, CFDT,
Réseau action climat
Groupe de travail n° 3 : Production d?électricité et systèmes électriques
Pilotes : Xavier ALBERTINI (Assemblée nationale), Fanny LACROIX (maire de Châtel-en-Triève, Association des maires
ruraux de France), Michel Maya (maire de Tramayes, Association des maires ruraux de France)
Composition : Marie-Noëlle BATTISTEL (Assemblée nationale), Henri CABANEL (Sénat), Nadège HAVET (Sénat),
Sébastien JUMEL (Assemblée nationale), Syndicat des énergies renouvelables (SER), Société française d?énergie
nucléaire (SFEN), Union française de l?électricité (UFE), Fédération nationale des collectivités concédantes et régies
(FNCCR), CGT, Shift Project, Terra Nova
Groupe de travail n° 4 : Production de chaleur et d?autres énergies bas-carbone
Pilotes : Pierre CAZENEUVE (Assemblée nationale), Jean-Baptiste HAMONIC (Maire de Villepreux, Association des
petites villes de France)
Composition : Jérôme NURY (Assemblée nationale), Frédéric MARCHAND (Sénat), Marie-Claude VARAILLAS (Sénat),
Villes de France, FEDENE, FNSEA, AFG, UFIP énergies et mobilités, Familles rurales, I4CE, Force ouvrière
Groupe de travail n° 5 : Innovation
Pilotes : Denise SAINT-PÉ (Sénat), Jérôme BALOGE (maire de Niort, Villes de France)
Composition : Jean-Luc FUGIT (Assemblée nationale), Pierre MEDEVIELLE (Sénat), France Hydrogène, France industrie,
France énergie éolienne (FEE), IFPEN, Commissariat à l?énergie atomique, Solar Impulse, CSF Nouveaux systèmes
énergétiques, CFTC, WWF
Groupe de travail n° 6 : Transition énergétique dans les zones non-interconnectées
Pilotes : Catherine CONCONNE (Sénat), Maurice GIRONCEL (maire de Sainte-Suzanne, Intercommunalités de France)
Composition : Nathalie BASSIRE (Assemblée nationale), Davy RIMANE (Assemblée nationale), Thani MOHAMED SOILIHI
(Sénat), Fédération des entreprises d?outre-mer (FEDOM), Enerplan, Agence française du développement, CEREMA,
miinistère de l?Intérieur et des Outre-mer, Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM)
Groupe de travail n° 7 : Synthèse et bouclage de l'ensemble des groupes
Pilote : Antoine ARMAND (Assemblée nationale)
Composition : David AMIEL (Assemblée nationale), Association des maires de France, RTE, Régions de France, Ademe,
pilotes des groupes de travail nos 1 à 6
Lancés en mai dernier, les 7 groupes de travail sont copilotés par un parlementaire et
un élu local et composés d?une dizaine de membres : députés et sénateurs de tous
bords politiques, élus locaux, représentants de fédérations professionnelles, de parte-
naires sociaux et de la société civile, notamment des associations environnementales.
6
Ce sont au final des dizaines d?élus et l?ensemble des parties prenantes du système énergétique
qui livrent leur analyse et qui sont rassemblés aujourd?hui pour remettre à la ministre de la
Transition énergétique leurs propositions :
? une analyse des objectifs et scénarios tels qu?ils ont pu être préparés par les différents orga-
nismes associés et le Gouvernement, confortant un jeu de trajectoires ;
? plus de 100 propositions pour une mise en oeuvre aux échelles locale, nationale et euro-
péenne, afin de réconcilier nos objectifs ambitieux avec les moyens micro-économiques qui
permettront de les atteindre.
Atteindre l?objectif de neutralité carbone en 2050 implique une transformation d?une ampleur
sans équivalent depuis la révolution industrielle, du point de vue de l?évolution des comporte-
ments comme des ruptures technologiques.
Pour y parvenir, les groupes de travail insistent sur la nécessité d?une approche pragmatique
reposant à la fois sur des économies d?énergies grâce à la sobriété et l?efficacité énergétiques et
à la production massive d?énergie décarbonée.
7
Six conditions pour accélérer la décarbona-
tion et garantir notre sécurité d?approvision-
nement, dans un contexte où les objectifs
à atteindre ne sont pas encore pleinement
documentés et où les analyses techniques se
poursuivent.
1 Assumer le changement sociétal qu?implique
notre baisse de consommation d?énergie et se
doter de tous les outils pour y parvenir. La dé-
carbonation nécessite de baisser de 40 à 50?%
notre consommation énergétique d?ici 2050.
À plus court terme, ceci implique de réduire
notre consommation d?énergie d?environ 30?%
d?ici 2030 par rapport à 2012.
2 Afin de garantir notre sécurité d?approvi-
sionnement électrique, améliorer rapidement
la performance industrielle du parc nucléaire
actuel et maintenir notre parc thermique
en recours d?urgence. Les groupes de travail
mettent en particulier en avant l?importance :
? de la relance du nucléaire, passant par une
hausse de la disponibilité de notre parc nu-
cléaire existant, par le lancement d?un pro-
gramme d?au moins 6 EPR supplémentaires
et par la réalisation des études préliminaires
à la construction de petits réacteurs (SMR)
sur notre territoire ;
? d?une accélération forte de toutes les éner-
gies renouvelables : éolien en mer, éolien
terrestre et photovoltaïque.
3 Pour sortir des énergies fossiles, addition-
ner perspectives de moyen terme (fin de la
vente des véhicules thermiques en 2035, sor-
tie du gaz naturel à horizon 2045?) et objec-
tifs réalistes pour les énergies renouvelables
électriques et thermiques. Les travaux ont no-
tamment mis en lumière le besoin d?accélérer
aussi en matière de production d?énergies dé-
carbonées non électriques : biomasse, réseaux
de chaleur, géothermie, solaire thermique,
etc. Le mix énergétique français est composé
aujourd?hui à 60?% d?énergies fossiles et l?élec-
tricité seule ne suffira pas à décarboner notre
consommation.
4 Accélérer notre investissement dans la re-
cherche et développement pour éviter de
prendre plus de retard : nucléaire innovant
d?ici 2030, hydrogène et stockage du carbone?
5 Accompagner la mobilisation dans les ter-
ritoires en s?appuyant sur les syndicats d?éner-
gie, les collectivités, les producteurs locaux et
en augmentant massivement le Fonds vert. Il
sera en particulier nécessaire de définir les ob-
jectifs régionaux à atteindre puis de les addi-
tionner pour mesurer l?effort à fournir et s?as-
surer du bouclage national.
6 Assurer le bouclage économique, à la fois
au plan macro-économique, en planifiant sur
plusieurs années les financements dédiés à
la transition énergétique et la trajectoire des
instruments de politique publique assurant la
tenue des objectifs, et au plan micro-écono-
mique, en plaçant les consommateurs au coeur
de l?exercice. Ceci passera par la compétitivi-
té de notre énergie : mener à bien la réforme
du marché de l?électricité et mettre en oeuvre
au niveau national une régulation publique
des prix, avec une visibilité de long terme, et
améliorer encore les aides à la rénovation ther-
mique des bâtiments comme à l?acquisition du
véhicule propre pour que chaque Français ait
une solution pour mener sa transition. Pour les
territoires, le principe de partage de la valeur
des projets locaux de production d?énergie est
également conforté par les travaux.
Le Défi du siècle, sortir des énergies fossiles
6 conditions pour réussir
8
Ces recommandations nourriront :
? les projets de programmation pluriannuelle de l?énergie et de stratégie nationale bas-carbone
qui seront rendus publics pour consultation dans les prochaines semaines?;
? les travaux législatifs des mois à venir?;
? le Défi du siècle, celui de la sortie des énergies fossiles, qui constituera désormais un fil rouge
dans les déplacements d?Agnès Pannier-Runacher et qui permettra de décliner concrètement
notre trajectoire énergétique et climatique dans tous les territoires.
E N B R E F
Synthèse des propositions
des groupes de travail
Installer la sobriété énergétique
dans la durée
? Déployer massivement des dispositifs de
pilotage (chauffe-eau, chauffage, infrastruc-
tures de recharge de véhicule électrique), in-
tégrant des solutions de lissage des pointes.
? État exemplaire : fixer aux organismes pu-
blics (services de l?État, collectivités territo-
riales, etc.) un objectif de réduction de leurs
consommations énergétiques de 1,9?% par
an.
? Intégrer la sobriété énergétique dans le dia-
logue social en entreprise.
Maîtriser et consommer
plus efficacement l?énergie
? Développer un «?passeport bâtiment?»
unique pour remplacer les différents dia-
gnostics et audits.
? Systématiser la rénovation lors des muta-
tions et envisager une obligation de réno-
vation de certaines copropriétés d?ici 2030
en assurant un reste à charge faible pour les
ménages aux revenus modestes ; accélérer
l?engagement du secteur tertiaire dans la ré-
novation des bâtiments.
? Véhicules : accélérer le remplacement des
flottes, en particulier professionnelles, par
des véhicules légers et à faible émissions et
développer la filière du retrofit.
Produire sur notre sol
une électricité bas-carbone
abondante et compétitive
? Planifier dès 2024 le développement de l?éo-
lien en mer sur les quatre façades pour avoir
18?GW en service en 2035, avec un appel
d?offres totalisant au moins 8?GW d?ici fin
2025, dimensionné au maximum réalisable
industriellement par la filière française, plus
que doublant les projets déjà engagés.
? Multiplier par presque 5 la capacité photo-
voltaïque installée entre 2022 et 2035 pour
atteindre plus de 75?GW.
? Restaurer une disponibilité des réacteurs
existants cohérente avec les meilleurs stan-
dards internationaux et lancer des études
sur l?augmentation de puissance pour cer-
tains réacteurs et sur la poursuite d?exploita-
tion après 50 et 60 ans, afin de viser une pro-
duction de 400?TWh par an (contre 280?TWh
en 2022).
? Lancer un programme de 6 réacteurs EPR2
et être en capacité d?ici 2026 de prendre
une décision sur la réalisation de 8 EPR2 sup-
plémentaires.
9
Renforcer la production et
sécuriser l?approvisionnement
dans toutes les énergies
bas-carbone
? Accélérer sur les réseaux de chaleur, la géo-
thermie, le solaire thermique et la récupé-
ration de la chaleur fatale, par exemple en
renforçant le fonds chaleur et les obligations
d?études de faisabilité, et promouvoir ces so-
lutions dans les territoires via France Renov?.
? Optimiser la disponibilité de la biomasse,
sous toutes ses formes, en mettant en place
une priorisation des usages et une gouver-
nance nationale.
? Assurer la sécurité d?approvisionnement
tout en préparant et menant à bien la sortie
des énergies fossiles, en anticipant les im-
pacts sur les réseaux de gaz et la logistique
et le stockage de carburants.
Mobiliser les technologies
innovantes au service
de la transition
? Déployer les capacités de production d?hy-
drogène décarboné : 6,5 GW d?électrolyse
en 2030 et au moins 10 GW en 2035.
? Faire levier sur la technologie de captage, de
stockage et de réutilisation du carbone pour
atteindre les objectifs de décarbonation de
l?industrie, en déployant dès 2024 des ap-
pels d?offres de contrats carbone pour dif-
férence.
? Préparer la construction d?une tête de série
SMR en France à l?horizon 2030, réaliser une
étude sur les conditions de déploiement de
petits réacteurs et viser la préparation d?au
moins un prototype de réacteur nucléaire
avancé de quatrième génération à l?horizon
2030.
? Vehicles to grid : capitaliser sur les véhicules
électriques et leurs batteries qui pourraient
ne pas être utilisées la majorité du temps,
dont le potentiel de stockage pourrait être
très supérieur aux STEP actuelles en 2035.
Accompagner le développement
énergétique des territoires
insulaires et ultra-marins
? Un cap 2030 : confirmer l?objectif commun
d?un mix électrique 100?% énergies renouve-
lables d?ici 2030.
? Un cap 2050 : clarifier l?objectif d?autonomie
énergétique et fixer son atteinte à l?horizon
2050.
? Une boussole pour les atteindre : formaliser
pour chaque zone non interconnectée (ZNI)
un document d?orientation stratégique
spécifique (Futurs énergétiques 2050 ZNI)
proposant des scénarios techniquement et
économiquement viables aux exécutifs ré-
gionaux.
? Un renforcement des moyens humains de
l?État en appui direct à la transition énergé-
tique des ZNI et la création d?une task force
de l?État pour construire les documents
d?orientation stratégique.
10
E N D É TA I L
Les propositions
des groupes de travail
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 1
Installer la sobriété
énergétique dans la durée
DES OBJECTIFS AMBITIEUX
? Définir une trajectoire d?atteinte de la neu-
tralité carbone en 2050, au moyen de deux
jalons supplémentaires de réduction globale
de consommation d?énergie finale, d?au
moins -30?% en 2030 par rapport à 2012 et
de -40?% en 2040.
? Fixer des objectifs forts de réduction de
l?empreinte carbone de la France dans la
LPEC, d?au moins 60?% en 2050 par rapport
à 2005, en visant 80 % conformément aux
recommandations du Haut Conseil pour le
climat (HCC).
? Mobiliser les services publics (services de
l?État, collectivités territoriales?), en leur
fixant un objectif de réduction de leurs
consommations énergétiques de 1,9?% par
an.
? Intégrer pleinement la sobriété énergétique
dans la Stratégie nationale bas-carbone
(SNBC).
DES MESURES POUR LES ATTEINDRE
Rénover la gouvernance
? Associer l?ensemble des parties prenantes,
y compris issues de la société civile, au sein
d?une gouvernance nationale et locale, pour
assurer une mobilisation de tous sur les en-
jeux de sobriété.
? Instaurer une évaluation systématique de la
bonne prise en compte de la sobriété et de
l?efficacité énergétiques, pour tous les nou-
veaux plans, mesures politiques et décisions
d?investissement de plus de 100 M¤ (175?M¤
pour les infrastructures de transport).
? Mieux prendre en compte la sobriété dans le
dialogue social en entreprise, en proposant
une concertation des partenaires sociaux sur
une mobilisation autour de la sobriété dans
la gouvernance environnementale, ainsi que
dans les grandes orientations économiques,
sociales et environnementale de l?entreprise
(BDESE et déclaration de performances ex-
tra-financière).
Vers une sobriété structurelle
? Mettre en place des dispositifs de vérifica-
tion de bonne application des réglemen-
tations en vigueur ayant un impact sur la
consommation énergétique, quel que soit le
secteur d?activité concerné, dont le décret
éco-énergie tertiaire.
? Instaurer une part minimale, croissante dans
le temps, de véhicules sobres et de vélos
dans les flottes professionnelles et alléger les
véhicules acquis par les personnes morales.
Réorienter l?offre via une plus grande trans-
parence sur l?empreinte et la consommation
énergétique des biens et des services
? Communiquer sur des modes de consom-
mation plus sobres, en systématisant l?af-
fichage environnemental des biens et ser-
vices et en encadrant la publicité sur ceux à
plus fort impact sur l?environnement.
? Systématiser la fourniture des bilans d?émis-
sion de gaz à effet de serre (BEGES ou équi-
valent) dans toute candidature auprès de la
commande publique.
? Rendre plus explicite le clap de fin « L?éner-
gie est notre avenir, économisons-là ».
? Informer pour consommer mieux et au bon
moment via la mise à disposition en temps
réel des données de consommation du
11
client particulier par usage, du prix corres-
pondant et de conseils de réduction de la
consommation énergétique.
? Inciter au développement des offres de
fourniture d?électricité incitatives au pilo-
tage de la consommation.
?
?
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 2
Maîtriser et consommer
plus efficacement l?énergie
DES OBJECTIFS AMBITIEUX
? -30?% de consommation énergétique en
France en 2030 par rapport à 2012.
? Actualiser les trajectoires de rénovation
énergétique des bâtiments ainsi que le ni-
veau d?économies d?énergie à réaliser an-
nuellement, sur la base duquel les volumes
de certificats d?économies d?énergie (CEE)
à délivrer seront fixés. Concernant les CEE,
envisager l?exploitation des données de
consommation au compteur pour prendre
en compte les économies d?énergie réelles.
En fonction des objectifs, les volumes finan-
ciers mobilisables via les CEE pourront être
renforcés.
? Inscrire dans la loi une programmation fi-
nancière sur la rénovation des logements.
DES MESURES POUR LES ATTEINDRE
Sécuriser la trajectoire de forte hausse des
rénovations performantes des logements
En replaçant l?expérience utilisateur des mé-
nages au coeur de la politique publique de
rénovation. Le parcours de l?usager doit être
simplifié à tous les stades.
? Avec la mise en place d?un réel « passeport
du bâtiment » (convergence à moyen terme
des outils du DPE et de l?audit énergétique)
qui permettrait aux ménages de disposer
d?un diagnostic personnalisé de son loge-
ment, de retracer les travaux déjà engagés
et ceux restant à engager ainsi qu?identifier
les gains énergétiques et financiers atten-
dus. Les aides à la rénovation devront inciter
à des rénovations performantes par étape.
? Au montage du dossier, ce qui suppose une
montée en puissance rapide des accompa-
gnateurs renov ? ainsi qu?une sécurisation du
financement des travaux avec une minimisa-
tion du reste à charge, en particulier pour les
ménages aux revenus modestes, tout en ren-
forçant la lutte contre la fraude. Cela passe
également par une facilitation dans l?octroi
de prêts bonifiés (écoPTZ, prêt avance ré-
novation, prêts des sociétés de tiers finan-
cement, expérimentation d?un prêt sur le
bâti) en accentuant la distribution des offres
combinées MaPrimeRénov (MPR) et écoPTZ.
? Au choix de professionnels : pour répondre
à la demande croissante, en particulier de
rénovations performantes, il faut davantage
de professionnels du bâtiment (formation
initiale comme continue, en accentuant les
reconversions professionnelles, notamment
pour renforcer la filière des pompes à cha-
leur) et de structures labellisées en RGE. À
cet égard, le label doit être plus fonctionnel
et les formations davantage orientées vers
la rénovation performante, en contrepartie
de quoi le label RGE pourrait être rendu plus
contraignant (part minimale de salariés la-
bellisés au sein de chaque entreprise).
? À la perception de l?aide (mise en cohérence
des contrôles sur site et renforcement des
contrôles post-travaux).
En exploitant les données pour cibler les loge-
ments à rénover.
? Accentuer l?exploitation des données au ser-
vice des ménages : il faut pouvoir faire parler
les données des compteurs communicants
et croiser les analyses des acteurs de terrain
(ex. : centres d?action sociale) avec celles des
guichets France renov pour mieux détecter
les passoires thermiques ou encore suivre
l?effet réel des rénovations réalisées, en lien
avec les fournisseurs.
En mobilisant de nouveaux leviers pour réno-
ver les logements.
? Systématiser la rénovation performante lors
des mutations de bâtiment.
? Envisager la mise en place d?une obligation
de rénovation pour certaines copropriétés
(2030 pour G et 2033 pour F). La condition
12
de réussite de cette mesure est de garantir
un reste à charge faible pour les ménages
aux revenus modestes.
? Systématiser la possibilité de mettre en
place une boucle d?eau chaude dans les bâ-
timents neufs pour y installer a posteriori de
la chaleur renouvelable.
Sécuriser la trajectoire d?efficacité énergé-
tique dans le parc tertiaire et l?industrie.
? Concernant les bâtiments tertiaires et in-
dustriels, renforcer les dispositifs existants
pour se mettre en ligne avec les nouvelles
ambitions (décret tertiaire, mise en oeuvre
des recommandations des audits énergé-
tiques). Le niveau de sanctions pourrait être
révisé à la hausse.
? Concernant les bâtiments tertiaires, péren-
niser les aides existantes (CEE et fonds cha-
leur) et généraliser le cadre des contrats de
performance énergétique.
Convertir les usages fossiles vers des tech-
nologies plus efficaces énergétiquement et
moins carbonées.
? Étudier le principe d?un corridor de prix des
énergies fossiles afin de préserver, quel que
soit le contexte des marchés internationaux
des fossiles, la compétitivité des énergies
décarbonées.
? Accélérer le rythme de dépose des chau-
dières fioul dans le parc existant. Concernant
les chaudières gaz, un système d?obligation
(proposition d?un équipement décarboné
en cas d?alternatives) pourrait être experti-
sé afin d?accélérer la dynamique de dépose.
La logique de prime à la casse (aides MPR et
CEE) au changement de chaudière doit être
préservée pour s?assurer de l?absence de
«?trappes?», le temps que le coût des techno-
logies bas-carbone rejoigne celui des tech-
nologies actuellement installées.
? Développer, dans la limite des gisements
possibles et pour les filières où l?électrifica-
tion est impossible ou prendra du temps,
l?usage des biocarburants.
Se déplacer plus efficacement.
? Renforcer les rythmes de remplacement des
flottes par des véhicules à faibles émissions
et faible poids, en affichant une trajectoire
claire.
? Le report modal vers les modes de transport
doux doit être développé massivement. À
cet égard, l?accompagnement de l?État et la
collaboration entre l?État et les collectivités
locales pourraient être renforcé.
? Voitures individuelles :
? pour les voitures existantes, poursuivre le
travail d?identification des freins à l?homo-
logation des véhicules thermiques retrofi-
tés en électrique et supprimer les freins
connus, afin de permettre le développe-
ment d?une filière.
? pour les voitures neuves, le développe-
ment de modèles électriques de faible
poids et à bas coût (<10?k¤) fabriqués en
France doit être incité (perspective de
renforcement de l?appel à projet Extrême
Défi de l?Ademe).
? le développement du partage de véhi-
cules doit être développé pour inciter les
Français à ne pas surdimensionner leur vé-
hicule pour l?usage quotidien.
?
?
13
DES MESURES POUR LES ATTEINDRE
? Expérimenter le principe d?appels d?offres
mixtes et en poursuivant le développement
des garanties du risque de contrepartie des
PPA.
? Accompagner les territoires et en particu-
lier les maires présidents d?EPCI dans la dé-
marche de planification des énergies renou-
velables (ENR) inscrite dans la loi.
? Maintenir le rythme de développement mi-
nimal de l?éolien terrestre à 1,5 GW/an, avec
l?objectif d?une répartition équilibrée entre
les territoires et d?une juste répartition entre
l?éolien terrestre et l?éolien en mer pour les
besoins du système électrique.
? Porter le rythme de développement du so-
laire à au moins 5,5 GW/an, en visant 7 GW/
an, travailler à une répartition équilibrée
pour le photovoltaïque entre centrales au
sol (65?%), grandes toitures (25?%) et résiden-
tiel (10?%), tenant compte notamment des
coûts de chacun et en mobilisant au maxi-
mum le potentiel du photovoltaïque au sol,
préférentiellement sur les terrains délaissés
et friches industrielles tout en exploitant le
potentiel de l?agrivoltaïsme et du solaire sur
terrains agricoles et forestiers.
? Préparer un plan de repowering des parcs
existants sur la période 2025-2035.
? Poursuivre le développement des parcs éo-
lien en mer sur les zones déjà identifiées
et planifier dès 2024 le développement de
l?éolien en mer sur les quatre façades pour
avoir 18 GW en service en 2035, en envisa-
geant un appel d?offres de 8 à 10 GW d?ici
fin 2025, dès la finalisation des planifications
de façade.
? Engager dès la finalisation des planifications
de façade, avant la désignation des lauréats,
la mise en place des raccordements des fu-
tures zones d?accueil.
? Engager le renouveau de la filière nucléaire
? Maximiser le productible nucléaire décar-
boné en restaurant une disponibilité des
réacteurs aux meilleurs standards et en lan-
çant des études, d?une part, sur l?augmen-
tation de puissance pour certains réacteurs
tout en garantissant la sûreté et sur la pour-
suite d?exploitation après 50 et 60 ans.
1. Plusieurs membres du groupe de travail proposent de fixer des objectifs plus élevés pour le photovoltaïque entre
55 et 65 GW en 2030 et 115 GW en 2035 correspondant à une trajectoire de 7 GW / an jusqu?en 2030 puis 10 GW/
an.
2. Plusieurs membres du groupe de travail proposent de fixer des objectifs pour le développement de l?éolien plus
élevés (entre 35 et 38GW en 2030 et entre 45 et 48GW à l?horizon 2035).
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 3
Produire sur notre sol une électricité bas-carbone
abondante et compétitive
DES OBJECTIFS AMBITIEUX
Développer toutes les technologies décar-
bonées pour produire au moins 640 TWh
d?électricité décarbonée à l?horizon 2035
(contre près de 400 TWh aujourd?hui).
GW 2022 2030 2035
Photovoltaïque1 16 GW 54 à 60 GW 75 à 100
GW
Eolien
terrestre2
21 GW 33 à 35 GW 40 à 45 GW
Eolien en mer 0,5 GW 3,6 GW 18 GW
Hydro-
électricité
(dont STEP)
26 GW 26 GW 28 GW
14
? Prévoir un objectif industriel de produc-
tion nucléaire à horizon 2030 de 400TWh
(y compris Flamanville 3), tout en rete-
nant dans une hypothèse médiane de 360
TWh.
? Acter formellement le lancement du pro-
gramme de 6 réacteurs EPR2 et poursuivre
les travaux permettant d?être en capacité
d?ici 2026 de prendre une décision sur la
réalisation d?un second palier d?au moins
13GW, correspondant à la capacité de 8
EPR2 dans leur conception actuelle.
? Contribuer au renforcement des capaci-
tés européennes dans le domaine de la
conversion et de l?enrichissement de l?ura-
nium.
? Étre en capacité d?engager la construction
d?une tête de série SMR en France à l?hori-
zon de 2030 et d?engager la construction
d?au moins un prototype de réacteur nu-
cléaire avancé de quatrième génération à
l?horizon 2030.
? Valider l?orientation pérenne de semi-ferme-
ture du cycle du combustible et, dans cette
perspective, poursuivre les travaux d?ici fin
2026 au plus tard en vue d?une prise de déci-
sion, notamment sur la stratégie post 2040,
en veillant à prendre les mesures permet-
tant d?éviter une saturation des infrastruc-
tures existantes d?ici 2035.
? Adapter le cadre règlementaire et écono-
mique pour développer hors STEP + 450MW
d?ici 2030 et + 1,1 GW d?ici 2035 et 1,7 GW de
capacités de STEP d?ici 2035.
? Maintenir l?objectif de 6,5 GW d?effacements
pour 2030 et accélérer le déploiement du
stockage et des flexibilités en mobilisant les
appels d?offres dédiés.
? Prévoir les conditions de fermeture ou de
conversion décarbonée des dernières cen-
trales charbon ou fuel, et préparer la décar-
bonation du parc thermique en gardant les
centrales actuelles au gaz tant qu?elles sont
nécessaires à la sécurité d?approvisionne-
ment.
? Assurer le maintien du niveau de sécurité
d?approvisionnement électrique sur l?ho-
rizon de la PPE, en envisageant le déploie-
ment de nouveaux moyens y contribuant
de stockage, d?effacement, ou thermiques
décarbonés.
? Continuer à inciter les consommateurs à
choisir des offres de tarification incitative
et introduire des incitations économiques?;
normaliser le pilotage des nouveaux équi-
pements et actualiser le cadre des heures
pleines et heures creuses.
? Engager un travail de mise à jour du méca-
nisme de capacité.
? En fonction de l?avancement des travaux
européens et nationaux prévoir le cadre de
régulation du nucléaire post-Arenh ou en
inscrire les principes fondamentaux et ga-
rantir un coût de financement des nouveaux
réacteurs nucléaires compétitif afin de pé-
renniser l?accès de tous les consommateurs
français à la compétitivité de l?outil de pro-
duction électronucléaire national.
? Investir dans les réseaux pour accélérer les
raccordements des énergies et consomma-
tions décarbonées.
? Accompagner les projets de relocalisa-
tion des filières liées à notre système élec-
trique, notamment photovoltaïque et éo-
lien offshore, et prévoir une étude sur les
besoins de chaque filière de production en
matériaux ou minerais nécessaires à leur dé-
veloppement. Accompagner les filières in-
dustrielles françaises de l?énergie à l?instar
de la filière nucléaire qui devra pouvoir at-
tirer former et recruter les plus de 100 000
personnes dont elle aura besoin dans les dix
prochaines années.
?
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 4
Renforcer la
production et sécuriser
l?approvisionnement dans
toutes les énergies bas-
carbone
DES OBJECTIFS AMBITIEUX
Hors production électrique, les énergies fos-
siles représentent encore aujourd?hui la majo-
15
rité de notre approvisionnement énergétique,
principalement pour la fourniture de chaleur
et de carburant pour notre industrie, nos trans-
ports, nos logements. En plus de la sobriété, de
l?efficacité énergétique et de l?électrification
directe lorsque cela est possible, la décarbo-
nation de ces usages nécessite une accéléra-
tion sans précédent de toutes les énergies bas-
carbone non électriques, comme la biomasse
(en tenant compte des enjeux de souveraineté
alimentaire, de biodiversité et d?adaptation
au changement climatique), la chaleur fatale,
le solaire thermique ou encore la géothermie.
Ces énergies bas-carbone peuvent utilement
être centralisées et transportées via des ré-
seaux de chaleur et de froid, dont le déploie-
ment doit s?accélérer.
DES MESURES POUR LES ATTEINDRE :
Mobiliser de manière durable la biomasse, en
coordonnant sa production et ses usages.
? Soutenir les transitions agricole et fores-
tière permettant de répondre aux enjeux
climatiques tout en assurant une produc-
tion croissante de biomasse nécessaire aux
besoins alimentaires et non alimentaires, en
particulier par la recherche, l?accompagne-
ment, la formation, le développement des
haies et des cultures intermédiaires et une
meilleure gestion forestière.
? Définir une priorisation pour les usages non
énergétiques essentiels (alimentation, stoc-
kage de carbone) et énergétiques de la bio-
masse, en tenant compte de la diversité des
types de biomasse (sylvicole, agricole), des
rendements énergétiques et des alterna-
tives techniques disponibles.
? Renforcer les compétences et élargir le pé-
rimètre des cellules régionales biomasse et
leur accès aux données, afin de mieux coor-
donner l?usage régional de la biomasse.
? Mieux valoriser les biodéchets issus du tri à
la source sur les territoires (obligatoire à par-
tir du 1er janvier 2024) en tenant compte des
risques et des contraintes de retour au sol
(digestats, compost).
? Faire de l?Ademe l?agence de coordination
et de référence sur la biomasse.
Développer et faire connaitre dans les terri-
toires les solutions rapidement mobilisables.
? Solaire thermique : généralisation du ca-
dastre solaire et des obligations d?étude de
faisabilité.
? Mise en oeuvre du plan national géothermie:
structurer la filière et renforcer sa capacité
de production, développer l?offre de forma-
tions, accompagner les porteurs de projets
et les usagers, sensibiliser les acteurs locaux,
simplifier la réglementation, améliorer notre
connaissance du sous-sol.
? Chaleur fatale : renforcement des obliga-
tions règlementaires d?étude de faisabilité
sur les sites industriels, mise en place de
mécanismes incitatifs et de couverture de
risques, lancement d?appels à manifestation
d?intérêt pour identifier rapidement les sites
volontaires.
? Promouvoir ces solutions via France Renov?
et renforcer l?animation territoriale.
Renforcer les obligations d?études de faisabili-
té de diverses solutions d?approvisionnement
en énergie, chaleur et rafraîchissement, des
bâtiments neufs ainsi que les compétences
d?ingénierie des collectivités.
Inciter les collectivités locales à réaliser des
schémas territoriaux chaleur et froid.
Des financements à renforcer à court terme
pour tenir les objectifs de déploiement :
? renforcer le fonds chaleur opéré par l?Ade-
me, pour accélérer les projets dans les ter-
ritoires (viser 1?Md¤ par an d?ici 2024, pour
atteindre 2,4 Md¤ d?ici 2030).
? renforcer le fonds économie circulaire (no-
tamment pour le développement des pro-
jets à base de combustibles solides de récu-
pération).
? poursuivre le soutien des projets via France
2030 (soutien à l?exploitation forestière no-
tamment) et développer un programme de
soutien aux nouvelles technologies de bio-
méthane (pyrogazéification, gazéification
hydrothermale).
Pour le gaz, anticiper les conséquences de la
diminution de consommation, et accompa-
gner les nécessaires évolutions du réseau :
? accompagner l?évolution des modes de
chauffage des bâtiments vers des solutions
bas carbone en donnant de la visibilité aux
ménages.
16
? assurer une péréquation des coûts réseau
à l?échelle nationale afin de limiter les phé-
nomènes locaux d?emballement tarifaire,
et réfléchir à l?articulation entre baisse de
consommation et développement du ré-
seau.
? envisager de doter, via le tarif réseau, les ges-
tionnaires de réseau d?outils d?accompagne-
ment à la décarbonation, en ciblant priori-
tairement les territoires les plus représentés
dans les coûts fixes du réseau.
Pour les carburants, anticiper l?adaptation de
la logistique de distribution à une électrifica-
tion rapide des mobilités et au développe-
ment des carburants bas carbone:
? Adapter la logistique et le stockage de car-
burants au développement des carburants
liquides bas carbone afin de préserver une
alimentation minimale pour les véhicules
thermiques encore en circulation et pour
les usages prioritaires idéntifiés : engins non
routiers, engins agricoles, transport lourd,
maritime, aviation?
? Renforcer la résilience face à ces transfor-
mations en développant le stockage straté-
gique des biocarburants, en tenant compte
des enjeux techniques de tenue dans le
temps des biocarburants et des mélanges.
?
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 5
Mobiliser les technologies
innovantes au service de la
transition
DES OBJECTIFS AMBITIEUX
? Au regard du « mur énergétique » à franchir
dès 2030, encourager le développement de
toutes les solutions de production d?énergie
décarbonée : l?innovation peut permettre
de franchir la dernière marche vers le bou-
clage y compris à travers les possibilités
qu?elle offre en matière d?industrialisation
des solutions, de massification et de compé-
titivité de leur production (en considérant
une approche coût système).
? Atteindre 5?% d?innovations dans les EnR ins-
tallées.
? En matière d?hydrogène, atteindre 6,5 GW
d?électrolyse en 2030 et un minimum de 10
GW en 2035 ? voire plus si possible, afin de
répondre aux besoins identifiés par les diffé-
rentes filières.
DES MESURES POUR LES ATTEINDRE
Principes conducteurs
? Encourager l?innovation dans les ENR ma-
tures (éolien en mer - flottant et posé, mais
aussi éolien terrestre, photovoltaïque, y
compris à haut rendement, et thermique,
petite hydroélectricité, géothermie/géoé-
nergie, méthanisation) et le nucléaire.
? Lancer des appels d?offres d?expérimenta-
tion et, selon leur résultats de premières
commerciales, soutenir la recherche et des
projets pilotes plus amonts (par exemple :
énergie thermique des mers, hydrogène na-
tif, hydrogène par biomasse sourcée, pyro-
gazéification, gazéification hydrothermale,
méthanation et micro-méthanation, hy-
drolien, houlomoteur, climatisation marine
(SWAC), énergie osmotique, énergie ma-
rémotrice et houlomotrice, éolien urbain,
photovoltaïque organique, biocarburants
avancés et carburants de synthèse?).
? Travailler à la mise en place d?un écosystème
européen (partenariats industriels, droit de
douane, réciprocité, équilibre commercial,
fonds souverains, ?) pour soutenir et déve-
lopper l?industrialisation de ces innovations.
? Ce soutien devra inciter à ce que les ENR
s?inscrivent toujours davantage dans leur en-
vironnement dans le respect de la loi et des
enjeux à l?échelle locale et dans la concer-
tation avec les collectivités locales et les
intercommunalités concernées (ex. appro-
priation sociétale, enjeux paysagers, biodi-
versité, gestion des ressources et de l?eau?)
et dans des projections de coût de produc-
tion compétitifs, notamment en termes de
coût complet de l?énergie.
Des technologies de rupture
? Déployer les capacités de production d?hy-
17
drogène décarboné sur le territoire français,
tout en anticipant post-2030 les besoins
d?importation d?hydrogène décarboné ou
de ses produits dérivés afin de prévenir tout
report vers une production fossile :
- planifier le développement des infrastruc-
tures (réseaux et stockage), y compris
développer un cadre de régulation qui
doit concerner l?ensemble des infrastruc-
tures : moyens de production, de trans-
port, distribution et de stockage massif ;
- lancer dès fin 2023 ? début 2024 des ap-
pels d?offres permettant de soutenir la
production d?hydrogène bas-carbone et
renouvelable sur le modèle de contrats
pour différence.
Toute stratégie de déploiement de l?hydro-
gène devra intégrer les problématiques de la
ressource en eau et la nécessité de continuer
à structurer une filière industrielle solide et
compétitive à l?international.
? Faire levier sur la technologie de capture,
de stockage et de réutilisation du carbone3
(CCUS) uniquement sur les émissions rési-
duelles et incompressibles : établir une tra-
jectoire de déploiement CCUS priorisant
les grands bassins industrialo-portuaires ;
développer un cadre de régulation pour les
infrastructures de transport CO2 ; diversifier
les possibilités de stockage de CO2 (lancer
des explorations en France et poursuivre de
partenariats avec nos voisins européens) ;
développer une stratégie de valorisation du
CO2 sous forme de matériaux ou dans divers
procédés industriels.
? Lancer dès 2024 des appels d?offres de
contrats carbone pour différence pour la
décarbonation profonde de l?industrie, cou-
vrant notamment les technologies CCS, et
poursuivre le déploiement de soutiens, no-
tamment via le fonds chaleur et France 2030,
pour les autres modes de décarbonation
industrielle (chaleur bas carbone, efficacité
énergétique, chaleur nucléaire et électrifica-
tion, changement de procédés industriels).
Innovation dans les réseaux et le stockage
? Développer les smart-grids et le couplage
entre les différents réseaux .
? Monter en efficacité dans le raccordement
des ENR.
? Poursuivre l?innovation dans les stockages
micro-STEP et hors STEP couplés aux ENR
(notamment stockage thermique massif) et
accélérer le développement de la flexibilité
(structurelle, dynamique et d?équilibrage).
? Les collectivités et leurs groupements
(AODE) auront un rôle à jouer pour conduire
les innovations en lien avec l?aménagement
du territoire à travers notamment le déve-
loppement et le déploiement des dispositifs
de pilotage de la demande.
? Vehicles to grid : capitaliser sur les véhicules
électriques (batteries inutilisées 80 % du
temps), dont le potentiel de stockage d?ici
2035 est dix fois supérieur aux STEP actuelle,
ainsi que les équipements de stockage do-
mestiques.
Innovation dans le nucléaire
? Être prêts à décider de la construction d?un
SMR d?ici 2030, avancer sur les AMR et ins-
truire les potentialités d?une série de SMR,
notamment dans le cadre d?autres usages
que la production d?électricité (chaleur et
hydrogène en cogénération par exemple).
? Poursuivre les soutiens aux petits réacteurs
avancés (AMR de 4e génération) pour déci-
der sur l?engagement d?une construction
d?ici la fin de la décennie.
? Soutenir le développement des autres
usages du nucléaire que la production
d?électricité (chaleur, hydrogène, cogénéra-
tion, carburants de synthèse, désalement).
Priorisations et synergies
? Au regard de la tension anticipée sur les gi-
sements de biomasse, et bien que le déve-
loppement de la pyrogazéification apparaît
pertinent en ce qu?il permettra d?incorpo-
rer des intrants solides aujourd?hui inciné-
rés ou enfouis, son développement au-delà
des ressources de déchets disponibles ris-
querait de développer un nouvel usage du
bois-énergie, que la ressource française, déjà
sous tensions, ne pourrait pas absorber.
? Explorer les synergies entre les différentes
formes d?énergie (ENR-hydrogène y compris
en mer, nucléaire innovant ? hydrogène cha-
leur haute température, etc.), de réseaux en
fonction des territoires (convergence entre
les réseaux de chaleur, d?électricité et de
3. Un membre du groupe de travail a exprimé un avis différent, selon lequel les technologies CCUS ne devraient
pas faire partie des objectifs de la programmation énergie-climat.
18
gaz) et combiner les ENR entre elles pour lis-
ser les courbes de production et améliorer le
pilotage (lancer un appel à projets innovant
sur ce sujet comprenant une dimension sur
le stockage).
?
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 6
Accompagner le
développement
énergétique des territoires
insulaires et ultramarins
(zones non interconnectées
ZNI)
DES OBJECTIFS AMBITIEUX
Les territoires relevant de l?article 73 de la
Constitution sont, en moyenne, dépendants
à 83,3?% des énergies fossiles. Ces territoires,
tous singuliers, évoluent dans des contextes
complexes avec la difficulté supplémentaire
de devoir concevoir leur propre program-
mation pluriannuelle de l?énergie. Comme la
France hexagonale, ces territoires de la Répu-
blique doivent atteindre la neutralité carbone,
ce qui constitue un défi d?autant plus majeur
qu?ils sont non interconnectés et souvent iso-
lés. À l?heure actuelle, la loi prévoit deux objec-
tifs pour ces territoires : atteindre l?autonomie
énergétique et constituer des mix électriques
composés à 100?% d?énergie renouvelable. Ces
objectifs, pourtant d?ambitions très différentes
mais fixés à la même échéance (2030), doivent
être probablement clarifiés et réinterrogés. Si
le défi est très ambitieux, ces territoires pos-
sèdent pour autant des atouts importants et
peuvent devenir, à condition d?y être davan-
tage accompagné, de véritables vitrines de la
transition énergétique de la France.
DES MESURES POUR LES ATTEINDRE
Trois propositions majeures pour la loi de pro-
grammation énergie-climat : un cap 2030, un
cap 2050 et une boussole pour les atteindre.
Atteindre 100 % d?ENR dans les mix élec-
triques semble atteignable d?ici 2030 et doit
donc effectivement être confirmé.
» Le recours aux bioliquides (-65?% de GES
par rapport au fioul) est nécessaire à court
terme.
19
Atteindre l?autonomie énergétique semble
non atteignable d?ici 2030. Il est proposé de
fixer comme second objectif programmatique
l?autonomie énergétique d?ici 2050 pour les
ZNI.
» La production électrique ne représente
qu?un tiers de la consommation énergé-
tique.
» Les biocarburants nécessitent d?impor-
tantes importations de biomasse.
Définir précisément la notion d?autonomie
énergétique dans la loi : l?autonomie n?est pas
synonyme d?autarcie et n?est pas une condi-
tion nécessaire à la neutralité carbone.
? Si les échéances 2030 et 2050 sont com-
munes à toutes les ZNI, les boussoles pour
les atteindre devront être différenciées.
? En métropole, cette boussole existe déjà,
Futurs énergétiques 2050, réalisée par RTE
en 2021.
? Nos PPE métropolitaines sont désormais
guidées par l?étude de RTE et le choix po-
litique sur le scénario cible qui en a dé-
coulé (discours de Belfort).
? Les scénarios techniquement et écono-
miquement viables pour atteindre la neu-
tralité carbone (qui est le cap 2050 pour
la métropole) ont déjà été étudiés et for-
malisés en métropole, mais pas en ZNI.
Il est proposé d?inscrire dans la loi l?obligation
de formaliser pour chaque ZNI un document
d?orientation stratégique spécifique (Futurs
énergétiques 2050 ZNI) .
» Ils permettront d?éclairer les choix poli-
tiques, notamment les prochaines PPE de
ces territoires, et pourront s?appuyer no-
tamment sur les travaux de l?Ademe.
» Ils devront proposer plusieurs scénarios
techniquement et économique viables per-
mettant d?atteindre les nouveaux caps 2030
et 2050 fixés par la loi.
» Ils seront suivis d?une décision État/Région
dans chaque ZNI (par exemple 6 mois après)
pour décider du scénario cible.
» La loi pourrait préciser que les PPE devront
ensuite être compatibles et cohérentes avec
ce scénario cible.
14 mesures d?urgences réglementaires ou infra
règlementaires
Pour l?accompagnement des ZNI
? Rendre le GT6 permanent afin de disposer
d?un canal direct et pérenne sur les problé-
matiques énergétiques des ZNI.
? Mettre en place une task-force État pour
la réalisation des Futurs énergétiques 2050
ZNI.
? Renforcer les moyens humains de l?État en
appui à la transition énergétique des ZNI
(délégué interministériel, cellule dédiée à
la DGEC, spécialiste énergie dans chaque
DEAL).
? Renforcer les dispositifs de soutien à l?inno-
vation et à l?investissement afin de mieux
financer la transition énergétique et de
compenser les contraintes structurelles des
territoires.
Pour la planification
? Élargir aux ZNI le portail de planification ter-
ritoriale des ENR d?ici la fin 2023.
? Mettre en oeuvre un volet outre-mer dans le
plan géothermie d?ici la fin 2023.
? Adapter la méthode d?élaboration des PPE
en fonction de la taille des territoires.
? Accompagner, structurer et consolider des
filières locales de biomasse, de bois-énergie
et de CSR.
Pour le photovoltaïque
? Lancer des périodes d?appel d?offres photo-
voltaïques chaque année.
? Publier rapidement l?arrêté photovoltaïque
jusqu?à 500 kWc.
? Autoriser de fait (sous le régime de la décla-
ration de travaux) la pose de panneaux PV
en toiture sur bâtiment existant (à l?excep-
tion des bâtiments classés ou d?impossibili-
té technique).
Pour les actions de maîtrise de l?énergie
? Lancer un plan de sobriété (et d?électrifica-
tion des populations non connectées) spéci-
fique aux ZNI / outre-mer .
? Lancer un plan de développement des bal-
lons d?eau chaude solaire, comme à La Réu-
nion et en Guadeloupe.
? Simplifier l?accès à l?information et aux gui-
chets sur les aides disponibles.
20
G R O U P E
D E T R AVA I L
N ° 7
Créer de la richesse et
de l?emploi : assurer le
bouclage économique et
financier de notre stratégie
énergétique et climatique
Ce dernier groupe de travail avait pour objec-
tif d?assurer le bouclage global du chantier de
concertation, c?est-à-dire l?adéquation entre
les différents objectifs de production et de
consommation d?énergie et l?identification
des conditions clés de succès. Les principaux
constats et recommandations sont reflétés
dans la partie introductive de ce dossier.
Mesures spécifiques au bouclage économique
et financier
? La loi de programmation énergie climat de-
vra intégrer des objectifs d?empreinte car-
bone afin de ne pas tolérer excessivement
des importations de biens à fort contenu
carboné, au détriment de notre souverai-
neté industrielle comme de notre responsa-
bilité climatique. À cette fin, les aides à la
décarbonation doivent cibler en priorité la
production européenne.
? Pour assurer la meilleure efficacité de la dé-
pense publique, en permettant à l?ensemble
des acteurs économiques de réorienter leurs
structures de production et de déclencher
les investissements nécessaires, il est néces-
saire de planifier sur plusieurs années les fi-
nancements publics dédiés à la transition
énergétique. Les dépenses identifiées par le
rapport Pisani-Ferry / Mahfouz constituent à
ce stade une borne basse des besoins. Une
programmation pluriannuelle des finance-
ments est indispensable pour donner de la
visibilité aux filières.
? Déployer un nouveau cadre de régulation
du marché de l?électricité. Au plan euro-
péen, il est indispensable de mener à bien la
réforme du marché de l?électricité. Au plan
français, il faudra mettre en oeuvre une régu-
lation publique des prix, avec une visibilité
de long terme, pour satisfaire deux objec-
tifs stratégiques : donner aux producteurs
d?électricité les moyens d?investir dans le
développement de la production énergé-
tique décarbonée ; donner à nos industriels
la compétitivité nécessaire pour investir
dans la production industrielle décarbonée.
? Au-delà de la production d?énergie et de la
décarbonation de la consommation, qui ont
fait l?objet d?une documentation croissante,
il convient aussi de porter une attention par-
ticulière aux besoins d?investissement dans
les réseaux qui vont être, dans les années qui
viennent, considérables.
? La planification écologique devra être dé-
ployée au-delà de l?État, en associant les
collectivités locales, dont l?implication est
centrale pour la réussite de la transition éner-
gétique. À titre d?exemple, les plus grandes
collectivités (régions, métropoles?) devront
pouvoir annoncer leurs engagements clima-
tiques et leurs engagements budgétaires as-
sociés, avec une méthodologie harmonisée.
La décentralisation de la politique du loge-
ment devra être mise au service d?une plani-
fication territoriale de la rénovation, au-delà
de la seule logique incitations et aide bud-
gétaire.
? La planification écologique devra être dé-
ployée au-delà du secteur public, en asso-
ciant le secteur privé et en particulier les
entreprises les plus émettrices de gaz à ef-
fet de serre pour coordonner les investis-
sements nécessaires. Afin de tenir nos ob-
jectifs, comme de satisfaire un objectif de
justice selon lequel ceux qui peuvent plus
doivent faire plus, il apparaît essentiel de
s?assurer que la stratégie des principales en-
treprises émettrices de gaz à effet de serre
soit conforme à celle dessinée par la puis-
sance publique. À cette fin, la conditionnali-
té de certaines aides devra être étudiée.
21
Liste des entités
auditionnées
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 1
«Sobriété énergétique»
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 2
«Efficacité énergétique»
Acteurs auditionnés
Acteurs auditionnés
Contributions écrites reçues
Contributions écrites reçues
AMORCE, ANAH, Association Luciole, ATEE,
Caisse des dépôts ? Banque des territoires,
CAPEB, Confédération Nationale du Crédit Mu-
tuel, Crédit Agricole , Effy, Electricité de France
(EDF), Fédération Bancaire Française (FBF), Fédé-
ration Française du Bâtiment (FFB), Fédération
des Industries Électriques, Électroniques et de
Communication (FIEEC), Institut Français pour la
performance du bâtiment (IFPEB), Syndicat des
Industries du Génie Numérique Energétique et
Sécuritaire (IGNES), Qualibat, Qualif?Elec, Qua-
lit?ENR, Syndicat des entreprises de la transition
énergétique et numérique (SERCE), Société de
gestion du financement et de la garantie de l?ac-
cession sociale à la propriété (SGFGAS), SOMFY
A4MT (Action for Market Transformation), AL-
LIANCE 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur),
APRR, ASFA, ATMB (Autoroutes et Tunnel du
Mont Blanc), CAPTRAIN France, CARREFOUR,
Comité économique, sociale et environnemental
(CESE), DGITM , ENEDIS, ESC Clermont-Ferran,
France Stratégie, La Plateforme Automobile, MO-
BILIANS, TRANSPORT et ENVIRONNEMENT, RTE
AMORCE, AVERE, CFE CGC, Confédération des
Grossistes de France, EdEn, ENOSIS, Coénove,
FEDENE, Fédération Cinov, Fédération des ascen-
seurs, FIEEC, FILMM, FNE, France Cleantech In-
dustries, NAAREA, Réseau Action Climat, Wynd
My Roof
TRANSPORT et ENVIRONNEMENT
22
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 3
«Production d?électricité et systèmes électriques »
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 5
«Innovation»
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 4
«Renforcer la production et sécuriser l?approvisionnement dans toutes les énergies
bas-carbone»
Acteurs auditionnés
Acteurs auditionnés
Acteurs auditionnés
Contributions écrites reçues
Contributions écrites reçues
RTE, Commission de régulation de l?énergie,
EDF, Engie, Vattenfall, Iberdrola, Orano, Enedis,
OceanWinds France, CGT Energie
Air France, Air Liquide, Association des Agriculteurs
Méthaniseurs de France, Association Nationale de
la Recherche et de la Technologie (ANRT), Brigitte
VU, chercheuse, CNRS, Elogen, Elyse Energy, ENE-
DIS, FNCCR, France Gaz Renouvelables , GENVIA,
GRDF, GCK, H2V, HAFFNER-ENERGY, HYNAMICS,
HYVIA, IFRI, LAT-NITROGEN, MICHELIN, Ministère
de l?Enseignement Supérieur, RTE, SYMBIO, TOTAL
ENERGIES
Avril/ SAIPOL, SNPAA, UFIPEM, WWF, CESE ,Fa-
milles rurales, Nadia ZIANE, AFPAC, ENERPLAN,
AFPG , FEDENE, France Gaz Renouvelables,
France Gaz, GRTgaz, TEREGA, GRDF, CRE, ATEE,
EDF , Engie , Vattenfal, Iberdrola, Orano, Enedis,
Syndicat des énergies renouvelables (SER), France
Energie Eolienne (FEE), HESPUL, Confédération
française de l?encadrement /Confédération gé-
nérale des cadres (CFE-CGC), Fédération chimie
énergie-CFDT (FCE/CFDT), Fédération nationale
des mines et de l?énergie CGT, Groupement
des entreprises de la filière électronumérique
française (GIMELEC), Délégation de programme
interministérielle au nouveau nucléaire (DINN)
Action Europe, Enosis, FNCCR, France Marémo-
teur, Green Corp, Hynamics, IDDRI, InnoEnergy,
Jimmy, NAAREA, PEPR H2, Storengy, Syndicat
ELE, Brigitte VU, chercheuse, Yara
Coénove, FNADE, France Gaz Liquides, Engie,
AAMF, Totalénergies, SER, Caisse des dépôts et
consignations, Banque des territoires, BPI, ADE-
ME, Shift Project, IDDRI, IFPEN, Solagro, CIBE,
France bois forêt, Carnot Computing
23
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 6
«Accompagner le développement énergétique des territoires insulaires et ultrama-
rins (ZNI)»
G R O U P E D E T R AVA I L N ° 7
«Synthèse et bouclage»
Acteurs auditionnés
Acteurs auditionnés
ADEME, AFG, AFIEG, AgroParisTech, AMF, AMRF,
ANAH, ANODE, ATEE, Banque des Territoires,
BIOCOMBUSTIBLE, CEA, CFDT, CFE Energies,
CFE-CFC, CFS BOIS, Cibe, Confrontation Europe,
Coordination rurale, CRE, Crédit Agricole, Crédit
Mutuel, Ecole des Mines, EDF, ENEDIS, ENGIE,
ENERPLAN, FBF, FEDENE, FEE, FNADE, FNME-CGT,
FNME-FO, France BOIS FORÊT, FEM, FNADE, FN-
Agence de la transition écologique (ADEME,
Agence d?Aménagement durable, d?Urbanisme
et d?Energie de la Corse, AKUO, Albioma, Bureau
de Recherches Géologiques et Minières (BRGM),
Conseil régional de la Guadeloupe, Conseil terri-
torial de la Martinique, Collectivité territoriale de
Guyane, Conseil régional de la Réunion, Commis-
sion de régulation de l?énergie (CRE), Direction
de l?Environnement, de l?Aménagement et du
SEA, France Gaz Renouvelables, France Hydroé-
lectricité, France Industrie, France Urbaine, GRDF,
GRT Gaz, IFPEN, Intercommunalités de France,
Institut Jacques Delors, IDDRI, INRAE, Jeunes
agriculteurs, OCEAN WINDS, PRAXY, Régions de
France, RTE, SFEN, SER, SGFGAS, TERRANOVA,
The Shift Project, TOTAL ENERGIES, UFE, UFIPEM,
UNIFERGIE, Université de Paris Dauphine-PSL
Logement (DEAL) de la Guadeloupe, EDF-Hydro,
EDF Systèmes énergétiques insulaires (SEI), Fé-
dération des entreprises d?outre-mer (FEDOM)
, Fédération nationale des collectivités concé-
dantes et régies (FNCCR), GAZDOM, Nature &
People First, SARA, SUEZ, Syndicat réunionnais
des exploitants de stations-service, TEMERGIE,
Valecom, Value Park
Travaux de préparation
de la stratégie française
énergie-climat
Restitution des groupes de travail