Plan micropolluants 2016-2021 pour préserver la qualité des eaux et la biodiversité : réduire, connaître, hiérarchiser
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
Synthèse sur le plan micropolluants 2016-2021
Descripteur Urbamet
qualité de l'eau
;pollution de l'eau
;polluant
Descripteur écoplanete
biodiversité
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
PLAN
MICROPOLLUANTS
Ministère de l?Environnement, de l?Énergie et de la Mer
www.developpement-durable.gouv.frwww.developpement-durable.gouv.fr
Pour la première fois, un plan intègre toutes les molécules susceptibles de polluer
les ressources en eau. Élaboré par les ministères en charge de l?Environnement, de
la Santé et de l?Agriculture, il est construit à partir du bilan des précédents travaux:
le plan national de lutte contre les polychlorobiphényles (PCB), le plan national sur
les micropolluants (2010-2013) et le plan national sur les résidus de médicaments
(2010-2015).
La pollution de l?eau par les substances chimiques
induit principalement des coûts sanitaires et
environnementaux (surveillance, dépollution?)
MICROPOLLUANTS: CE QU?IL FAUT SAVOIR
Un micropolluant est un agent chimique
indésirable, détectable dans l?environnement
à très faible concentration (microgramme ou
nanogramme par litre).
Sa présence est due, en très grande partie, à
l?activité humaine: industrie, agriculture,
transports, construction, activités
domestiques. Même à de très faibles
concentrations, un micropolluant peut avoir
des effets négatifs sur les organismes vivants
en raison de sa toxicité, de sa persistance
et de sa bioaccumulation. Plus de 110000
molécules ont été recensées par l?Union
européenne: plastifiants, métaux,
hydrocarbures, pesticides, médicaments,
produits cosmétiques? Certaines sont
déjà reconnues pour être cancérogènes,
mutagènes ou toxiques
pour la reproduction (CMR).
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Réduire dès maintenant
les émissions de micropolluants
présents dans les eaux et les
milieux aquatiques et dont la
toxicité est avérée.
Consolider les
connaissances pour adapter
la lutte contre la pollution
des eaux et préserver la
biodiversité.
Dresser des listes
de polluants sur
lesquels agir.
RÉDUIRE, CONNAÎTRE,HIÉRARCHISER : le nouveau plan micropolluants 2016-2021 mis en oeuvre par
l?État répond à trois objectifs.
pour préserver la qualité des eaux et de la biodiversité
2016-2021
Pour préserver la ressource en eau, la
communauté urbaine de Strasbourg (Bas-
Rhin) a décidé de réduire les flux de pollution
dans son réseau d?assainissement. Lancé
en 2015, le projet Lumieau (lutte contre
les micropolluants dans les eaux urbaines)
propose une approche de gestion intégrée des
micropolluants à l?échelle de l?agglomération,
représentative de la problématique dans
toute sa complexité: identification des
sources de pollution (usages domestiques,
industriels, artisanaux, hospitaliers, issus
de la voirie?), hiérarchisation de leurs
impacts sur la ressource, mise en place des
outils d?aide à la décision et de solutions
acceptables pour répondre aux différentes
situations. L?accompagnement des publics
cibles, ménages et artisans notamment,
est une priorité affichée avec des actions
de communication et la mise en place de
démonstrateurs. Dans ce cadre, trois artisans
peintres en bâtiment ont, par exemple,
accepté de tester des équipements de
prétraitement de leurs effluents, ainsi que
des peintures de substitution. Les premières
analyses sur ces effluents sont en cours.
COLLECTIVITÉ
Spécialisée dans la fabrication de produits
chimiques et auxiliaires de synthèse (pour les
secteurs pharmaceutiques et cosmétiques
notamment), l?entreprise PCAS est un gros
consommateur d?eau, mais aussi un gros émet-
teur de toluène, un hydrocarbure aromatique
nocif pour l?environnement.
En 2013, anticipant un arrêté préfectoral, PCAS
décide de s?équiper, en complément de sa
propre station d?épuration, d?un nouveau sys-
tème de prétraitement des rejets. C?est un
procédé d?accélération de l?évaporation des
effluents, le «stripping», qui est retenu. Fabri-
qués sur mesure par une société lyonnaise,
deux « strippers » sont installés en série, per-
mettant à l?usine d?éliminer 99% (2800 kg/an)
de ses rejets en toluène vers la station d?épu-
ration de la communauté d?agglomération
Porte de l?Isère.
Le budget global de l?opération, qui a mobilisé
cinq entreprises sous-traitantes, est de
105000 euros, dont 60% pris en charge par
l?agence de l?eau Rhône Méditerranée Corse.
Conciliant développement économique et
prise en compte des enjeux environnementaux,
l?action de PCAS a en outre été labellisée déve-
loppement durable par l?association BeE
Bourbre entreprises environnement.
ENTREPRISE
Projet sur 4 ans (2015-2018)
Consortium de 8 partenaires
Budget: 3,377M¤ (réuni par les parte-
naires et financé à hauteur de 50% par
l?Onema et l?agence de l?eau Rhin Meuse)
4 phases: diagnostic, accompagnement
au changement de pratiques, démonstra-
teurs, plan de surveillance et d?action
CHIFFRES
S A PCAS Bourgoin-Jallieu (Isère): 72 salariés
Consommation d?eau: 800000 m3 par an, dont
40000 m3 envoyés à la station d?épuration et
concernés par les rejets en toluène
Budget de l?opération: 105000 ¤
(aidé à 60% par l?agence de l?eau RMC)
Résultat: réduction du rejet moyen journalier de
32 mg/l à moins de 1 mg/l
CHIFFRES
Sur le terrain, nombreux sont ceux qui
agissent déjà concrètement et
quotidiennement à la réduction de la pollution des eaux. Portés par des collectivités, des
entreprises, des hôpitaux, des agriculteurs? les projets sont à la fois innovants et porteurs de
développement économique. Quelques exemples.
TOUS ACTEURS
Produits
d?entretien :
choisissez
la formule
alternative !
Produits
d?entretien :
choisissez
la formule
alternative !
LUMIEAU-STRA
Merci de nous faire part de vos remarques
et suggestions sur la fabrication
et l?utilisation de ce produit :
projetlumieaustra@strasbourg.eu
1 parc de l?Étoile
67076 Strasbourg Cedex
03 68 98 50 00
Contact
Eurométropole de Strasbourg
Service de l?assainissement
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STRASBOURG AGIT À LA SOURCE
À BOURGOIN-JALLIEU, L?ENTREPRISE PCAS GAGNE
LA PARTIE CONTRE LE TOLUÈNE
MICROPOLLUANTS: mieux vaut prévenir!
À Bastennes, dans les Landes, l?exploitation
horticole Hortiland s?est engagée depuis près
de vingt ans dans une démarche environne-
mentale. Utilisant la protection biologique
intégrée (PBI), l?entreprise a réussi à diminuer
sa consommation de produits phytopharma-
ceutiques de près de 75%. Les salariés,
formés à la PBI et aux bonnes pratiques
culturales (récupération des eaux d?arrosage,
économies d?énergies?), travaillent et
innovent avec de nouvelles techniques de
piégeage de ravageurs et d?installation
d?insectes auxiliaires. Hortiland a d?ailleurs
obtenu la certification Plantes bleues, label
interprofessionnel national de référence des
horticulteurs et pépiniéristes engagés dans
une démarche de production respectueuse
de l?environnement.
C?est donc très logiquement que ce produc-
teur a rejoint le réseau des fermes Dephy
(démonstration, expérimentation et produc-
tion de références sur les systèmes éco-
nomes en phytosanitaires) initié en 2009 par
le ministère de l?Agriculture. Dans ce cadre,
Hortiland a notamment développé une
technique (la thigmomorphogenèse) consis-
tant à effleurer quotidiennement les plantes
à l?aide d?une bâche afin de limiter leur taille
(les plantes courtes et trapues sont plus
demandées), sans utiliser les habituelles
substances chimiques qui limitent la crois-
sance des plantes.
Focalisé sur les rejets spécifiques du centre hos-
pitalier universitaire (CHU), le projet Biotech, lancé
en 2015, étudie la présence et le devenir des bio-
cides (désinfectants, détergents, désinfectants?)
dans les réseaux collectifs d?eaux usées à l?échelle
de l?agglomération du Grand Poitiers. Ces pro-
duits, très largement employés dans les établis-
sements de santé, ont un fort potentiel écotoxique
et sont susceptibles d?impacter le fonctionne-
ment des stations d?épuration, dont la plupart
utilisent des traitements biologiques.
Le travail a commencé par l?identification des
principaux émetteurs de biocides dans le système
de collecte. Il se poursuit avec l?étude de la pré-
sence et de l?évolution (transformation, adsorp-
tion) de ces substances dans le réseau, jusqu?à la
station d?épuration, et l?analyse des conséquences
écotoxiques.
Au vu des résultats, une optimisation de la gestion
des flux au sein du CHU doit être proposée: chan-
gement des protocoles de désinfection, isolement
des flux les plus toxiques? Des dispositifs de trai-
tement adaptés à l?élimination des rejets de bio-
cides seront également testés en laboratoire et
sur site.
Cette étude sera transposable à tous les établis-
sements de santé, mais aussi aux nombreuses
entreprises qui utilisent des biocides. Elle sera
également utile à toutes les collectivités en charge
de la collecte et du traitement de l?eau.
HÔPITAL
EARL Hortiland production créée en 1986
10 à 19 salariés, formés à la PBI depuis 1996
13000 m² de serre automatisés, dont
4000m² concernés par la thigmomor-
phogenèse
600 références de plantes
CHIFFRES
Partenaires: CHU, Grand Poitiers, université
Durée: 3 ans et demi (de mars 2015 à août
2018)
3 phases scientifiques: identification des
principaux émetteurs des biocides; étude de
la stabilité et du devenir des biocides; proposi-
tion de solutions pour limiter et traiter les rejets.
CHIFFRES
AGRICULTURE
LES BONNES PRATIQUES D?HORTILAND
LE CHU DE POITIERS SOIGNE SES SORTIES
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QUELQUES GESTES ÉCOCITOYENS
Utiliser des produits porteurs de
l?écolabel européen
Respecter les doses indiquées sur les
emballages des produits ménagers
Consommer des produits
locaux, de saison et produits
en agriculture raisonnée ou
biologique
Donner les vêtements inutilisés
à des associations ou les
déposer dans des containers
ad hoc pour qu?ils soient
réutilisés ou recyclés
Rapporter les restes de peintures,
vernis, colles et solvants en point de
vente ou en déchêterie
Privilégier les produits d?origine
naturelle et les peintures à l?eau
Renoncer aux désherbants, fongi-
cides et insecticides de synthèse
Se laver avec des produits
écolabellisés
Utiliser des cosmétiques
(maquillage, soins du visage,
dentifrice?) écolabellisés
BRICOLAGE-JARDINAGE ACHATS ET GESTES
ÉCORESPONSABLES
BEAUTÉ
SOINS DU CORPS
MÉNAGE, LAVAGE
(VAISSELLE, LINGE)
Rapporter les médicaments
périmés ou inutilisés chez son
pharmacien
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Écolabel français : colles pour revêtements de sols,
peintures et vernis, colorants universels
Écolabel européen : peintures et vernis décoratifs
d?intérieur, détergents pour lave-vaisselle ou pour
textiles, liquides vaisselle, nettoyants multi usages,
savons, shampoings?
PRINCIPAUX LABELS
Les particuliers ont eux aussi un rôle
important à jouer dans la prévention et la
réduction des micropolluants dans l?eau: choix des produits de consommation en fonction de
leur impact environnemental, utilisation adaptée et économe, respect des consignes de tri?
Chaque geste compte!
TOUS ACTEURS
Au final, avec ces
quelques gestes,
de nombreuses
substances sont
évitées.
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www.echa.europa.eu
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ALLER PLUS LOIN
Écocertification : cosmétiques, détergents,
textiles, peintures
Labels biologiques et écologiques pour
les cosmétiques
Agriculture biologique (UE)
Agriculture biologique (France)