Autorisation (L') environnementale : des démarches simplifiées, des projets sécurisés
Auteur moral
France. Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer
Auteur secondaire
Résumé
Avant la réforme, un même projet pouvait relever simultanément de plusieurs autorisations environnementales. La conduite de différentes procédures en parallèle ne favorisait pas une analyse globale des projets et induisait charges et délais supplémentaires pour les pétitionnaires et les services instructeurs. Elle pouvait être source d'incompréhensions et de contentieux. La création de l'autorisation environnementale poursuit trois objectifs principaux :<br />
;- la simplification des procédures sans diminuer le niveau de protection environnementale ;<br />
;- une meilleure vision globale de tous les enjeux environnementaux d'un projet ;<br />
;- une anticipation, une lisibilité et une stabilité juridique accrues pour le porteur de projet.
Descripteur Urbamet
Descripteur écoplanete
Autorité environnementale
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
L?autorisation environnementale :
des démarches simplifiées,
des projets sécurisés
À compter du 1er mars 2017, les différentes procédures et décisions environnementales requises
pour les projets soumis à la règlementation des installations classées pour la protection de
l'environnement (ICPE) et les projets soumis à autorisation au titre de la loi sur l'eau (IOTA), sont fu-
sionnées au sein de l'autorisation environnementale. La réforme consiste également à renforcer la
phase amont de la demande d'autorisation, pour offrir au pétitionnaire une meilleure visibilité des
règles dont relève son projet.
Cette réforme, qui généralise en les adaptant des expérimentations menées depuis 2014, s'inscrit
dans le cadre de la modernisation du droit de l'environnement et des chantiers de simplification de
l'administration menés par le Gouvernement.
Avant la réforme, un même projet pouvait relever simulta-
nément de plusieurs autorisations environnementales. La
conduite de différentes procédures en parallèle ne favorisait
pas une analyse globale des projets et induisait charges et
délais supplémentaires pour les pétitionnaires et les services
instructeurs. Elle pouvait être source d?incompréhensions et
de contentieux. La création de l?autorisation environnemen-
tale poursuit trois objectifs principaux :
l la simplification des procédures sans diminuer le niveau
de protection environnementale ;
l une meilleure vision globale de tous les enjeux environ-
nementaux d?un projet ;
l une anticipation, une lisibilité et une stabilité juridique
accrues pour le porteur de projet.
POURQUOI UNE AUTORISATION ENVIRONNEMENTALE UNIQUE ?
CE QUI CHANGE AU 1ER MARS 2017
L?autorisation, demandée en une seule
fois et délivrée par le préfet de départe-
ment, inclut l?ensemble des prescriptions
des différentes législations applicables, et
relevant des différents codes :
- code de l?environnement : autorisation
au titre des ICPE ou des IOTA, autorisa-
tion spéciale au titre de la législation des
réserves naturelles nationales ou des
réserves naturelles de Corse, autorisa-
tion spéciale au titre de la législation des
sites classés, dérogations à l?interdiction
d?atteinte aux espèces et habitats proté-
gés, agrément pour l?utilisation d?OGM,
agrément des installations de traitement
des déchets, déclaration IOTA, enregis-
trement et déclaration ICPE, autorisation
pour l'émission de gaz à effet de serre ;
- code forestier : autorisation de défri-
chement ;
- code de l?énergie : autorisation d?ex-
ploiter les installations de production
d'électricité ;
- code des transports, code de la défense
et code du patrimoine : autorisation
pour l?établissement d?éoliennes.
Le nouveau régime contentieux concilie
le respect du droit au recours des tiers et
la sécurité juridique du projet :
- la décision peut être déférée à la
juridiction administrative par les pé-
titionnaires dans un délai de 2 mois et
par les tiers dans un délai de 4 mois
à compter de la publication de l?auto-
risation (contre un délai de 12 mois
après publication et 6 mois après mise
en service dans le droit commun) ;
- les pouvoirs du juge sont aménagés :
il peut surseoir à statuer, annuler ou
réformer totalement ou partiellement la
décision, en fonction du droit applicable
au moment du jugement (sauf pour les
règles d?urbanisme pour lesquelles il
prend en considération le droit applicable
au moment de la décision) ;
- suite à une réclamation gracieuse formu-
lée par un tiers à compter de la mise en
service, l?autorisation environnementale
peut faire l?objet d?une modification par
arrêté complémentaire du préfet pour
ajuster les prescriptions.
Les porteurs de projet peuvent désormais
solliciter de l?administration soit des
échanges (entretien, réunion, etc.), soit
un « certificat de projet » qui identifie
les régimes et procédures dont relève
le projet, précise le contenu attendu du
dossier et surtout peut fixer, en accord
avec le porteur de projet, un calendrier
d?instruction dérogatoire aux délais lé-
gaux, s'il y a accord entre le pétition-
naire et l?administration. L?objectif est
d?améliorer la qualité des dossiers pour
fluidifier leur instruction.
Pour les projets pouvant faire l?objet d?une
évaluation environnementale après exa-
men au cas par cas (art. R. 122-2 du code
de l?environnement), la demande d?exa-
men doit être déposée auprès de l?autorité
environnementale compétente.
Bénéfices attendus
? Pour le pétitionnaire, une plus
grande lisibilité sur les démarches
administratives grâce aux dossier
et interlocuteur uniques.
? Les éventuelles demandes de
compléments sont faites par l?ad-
ministration de manière groupée.
? Une meilleure vision globale de
tous les enjeux environnementaux
du projet.
? Une plus grande stabilité juridique
du projet qui ne peut être autorisé
ou refusé qu?en une seule fois,
évitant la remise en question de sa
réalisation à plusieurs reprises.
? La participation du public et des
collectivités locales est facilitée avec
la conduite d?une enquête publique
unique à partir d?un dossier présen-
tant le projet dans sa globalité.
Bénéfices attendus
? Les pouvoirs du juge offrent des
alternatives à l?annulation totale
de la décision en cas d?irrégula-
rité et des opportunités pour une
régularisation plus rapide, dans le
respect des règles de fond.
Bénéfices attendus
? Le montage du dossier est sécurisé
techniquement et juridiquement,
le traitement du dossier est plus
transparent.
? La qualité des dossiers est amé-
liorée, ce qui permet de limiter
les demandes de compléments.
? Sur demande du pétitionnaire et sur
la base des informations qu'il four-
nit, l?administration s?engage sur
les procédures et s?accorde avec lui
sur un calendrier, au moyen de la
délivrance d?un certificat de projet.
Pour un même projet, un dossier,
un interlocuteur et une autorisation
environnementale uniques
Un régime contentieux
modernisé
Des échanges en amont
du dépôt de dossier pour fluidifier
la procédure d?instruction
CE QUI CHANGE AU 1ER MARS 2017
L?autorisation environnementale est arti-
culée avec les procédures d?urbanisme :
- le porteur de projet choisit librement
le moment où il sollicite un permis de
construire et ce dernier peut être délivré
avant l?autorisation environnementale,
mais il ne peut être exécuté qu?après la
délivrance de cette dernière. Pour les
éoliennes, l?autorisation environnemen-
tale dispense de permis de construire.
Toutefois, le permis de démolir peut
recevoir exécution avant la délivrance
de l?autorisation environnementale si
la démolition ne porte pas atteinte aux
intérêts protégés par cette autorisation ;
- lorsqu'une modification du document
d?urbanisme est en cours, la vérifi cation
de la compatibilité du projet avec ce der-
nier peut intervenir en fi n de procédure ;
- l?enquête publique est unique lorsqu?elle
est requise par les deux décisions.
Bénéfi ces attendus
? Plus de souplesse pour le maître
d?ouvrage qui dépose la demande
de permis de construire au mo-
ment le plus opportun en fonction
de la maturation du projet.
Une articulation avec
les règles d?urbanisme
Dans les 4 mois suivant l?entrée en
vigueur de la réforme, c?est-à-dire
jusqu?au 30 juin 2017 (ou plus longtemps
dans certaines situations), les porteurs
de projet conservent le choix d?appliquer
la nouvelle procédure ou d?appliquer
les procédures antérieures, sauf quand
une demande relevant de l?une des lé-
gislations intégrées a été déposée, voire
approuvée antérieurement.
Des dispositions
transitoires
L?objectif est de 9 mois d?instruction dans
le cas général contre 12 à 15 mois aupara-
vant, tout en respectant les règles de fond
et en protégeant les intérêts fondamentaux
visés par les législations applicables.
Bénéfi ces attendus
? Pour le pétitionnaire, la réali-
sation d?économies grâce à la
centralisation des échanges avec
l?administration et à la réduction
des délais.
Des délais de
procédures réduits
CONTACTS
Préfectures
Directions départementales
des territoires ? et de la mer
(DDT-M)
Directions départementales de
la protection des populations
(DDPP)
Directions régionales de l'envi-
ronnement, de l'aménagement
et du logement (DREAL)
RÉFÉRENCES
RÉGLEMENTAIRES
Ordonnance n° 2017-80 du 26 janvier
2017
Décret n° 2017-81 du 26 janvier 2017
Décret n° 2017-82 du 26 janvier 2017
POUR EN SAVOIR PLUS
www.developpement-durable.gouv.fr
rubrique Développement durable -
L?autorisation environnementale unique
LES ÉTAPES ET LES ACTEURS
DE LA PROCÉDURE
PHASE D?EXAMEN
4 mois annoncés1
+ 1 mois si avis
d'une autorité
ou
instance nationale
1. Ces délais peuvent être suspendus, arrêtés ou prorogés : délai suspendu en cas de demande de compléments ; possibilité de rejet de la de-
mande si dossier irrecevable ou incomplet ; possibilité de proroger le délai par avis motivé du préfet. 2. CNPN : Conseil national de la protection
de la nature. 3. CODERST : Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques. 4. CDNPS : Commission
départementale de la nature, des paysages et des sites.
PHASE D?ENQUÊTE
PUBLIQUE
3 mois annoncés
PHASE DE RECOURS
PHASE AMONT
PHASE DE DÉCISION
2 mois annoncés
*+1 mois
Le silence de
l?administration vaut
rejet de la demande
Sollicite l?obtention de
l?autorisation environnementale
Pétitionnaire
Pétitionnaire
Autorité
administrative
compétente
Autorité administrative compétente
Tiers
Dépôt du dossier sous formats électronique
et papier
Examen du dossier :
- instruction interservices
- consultations obligatoires des instances
et commissions concernées
- avis de l?autorité environnementale
en cas d?étude d?impact
Échanges en amont précisant les informations
attendues dans le dossier
ou
certificat de projet à la demande du pétitionnaire
(délai de deux mois)
Délègue l?instruction
contribuent à l'instruction
délivre
Soumis pour
avis contradictoire
délivre
Possibilité de réclamation gracieuse
à compter de la mise en service, pour
contester l?insuffisance ou l?inadaptation
des prescriptions.
> Le cas échéant, arrêté complémentaire
du préfet pour ajuster les prescriptions
Recours possible devant le juge administratif :
- dans un délai de 2 mois pour le pétitionnaire
- dans un délai de 4 mois à compter de la
publication pour les tiers
Enquête publique :
- ouverture de l?enquête publique
- recueil des avis des collectivités locales
et de leurs groupements concernés
> Rapport d?enquête
Consultation facultative du CODERST3
ou de la CDNPS4 *
Projet de décision
Arrêté d?autorisation et publicité
Service instructeur coordonnateur
( service inspection des installations
classées ou police de l?eau ou
service de l?État désigné par l'autorité
administrative compétente)
Services instructeurs contributeurs
( services chargés des milieux naturels, de l?éner-
gie, de la forêt, du patrimoine, de l?archéologie,
de l?évaluation environnementale, etc. )
ÉTAPES DE LA PROCÉDUREPHASES ET DÉLAIS PRINCIPAUX ACTEURS
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