Plan séisme Antilles Horizon 2020. Objectifs de la deuxième phase (2016-2020)
Auteur moral
France. Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer
;France. Ministère des Outre-mers
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;line-height:92%"><span arial="" style="font-family:">Mettre en sécurité les Antillais et les nombreux visiteurs des<span style="letter-spacing:.05pt"> </span></span><span arial="" style="font-family:">Antilles françaises vis-à-vis des risques naturels et en particulier<span style="letter-spacing:-3.15pt"> </span></span><span arial="" style="font-family:">du<span style="letter-spacing:-.3pt"> </span>risque<span style="letter-spacing:-.25pt"> </span>sismique,<span style="letter-spacing:-.25pt"> </span>c'est<span style="letter-spacing:-.3pt"> </span>un<span style="letter-spacing:-.25pt"> </span>chantier<span style="letter-spacing:-.25pt"> </span>clé<span style="letter-spacing:-.3pt"> </span>de<span style="letter-spacing:-.25pt"> </span>la<span style="letter-spacing:-.25pt"> </span>politique<span style="letter-spacing:-.3pt"> </span>de <span style="mso-font-width:90%">prévention des risques. Le souvenir du tremblement de terre d'Haïti<span style="letter-spacing:.05pt"> </span></span><span style="mso-font-width:95%">en<span style="letter-spacing:-.45pt"> </span>janvier<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>2010<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>est<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>encore<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>dans<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>toutes<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>les<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>mémoires. Le gouvernement a mis en place en 2007 le plan séisme Antilles, dont l'objet est de mettre en sécurité le plus rapidement possible les résidents antillais. Ce plan se traduit principalement par des mesures de construction ou de renforcement parasismique, à côté des mesures d'éducation au risque, de formation professionnelle, de sensibilisation et de préparation à la gestion de crise. Ce plan évalue à environ six milliards d'euros l'investissement nécessaire sur le bâti public pour une durée d'une trentaine d'années. </span><span style="mso-font-width:90%">Les travaux restant à effectuer sont très importants et l'État souhaite donner une impulsion nouvelle<span style="letter-spacing:.05pt"> </span></span><span style="mso-font-width:95%">au plan séisme Antilles en lançant une deuxième phase ambitieuse et mobilisatrice. Ainsi, sur la période 2016-2020, l'Etat prévoit d'engager globalement 450 millions d'euros pour conforter<span style="letter-spacing:-3.3pt"> <span style="mso-spacerun:yes"> </span></span><span style="letter-spacing:-.05pt">ou</span><span style="letter-spacing:-.65pt"> </span><span style="letter-spacing:-.05pt">reconstruire</span><span style="letter-spacing:-.65pt"> </span><span style="letter-spacing:-.05pt">120</span><span style="letter-spacing:-.6pt"> </span><span style="letter-spacing:-.05pt">établissements</span><span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>scolaires,<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>une<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>quinzaine<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>de<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>casernes<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>de pompiers<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>et<span style="letter-spacing:-.65pt"> </span>près<span style="letter-spacing:-.6pt"> </span>de </span>3000<span style="letter-spacing:-.45pt"> </span>logements<span style="letter-spacing:-.4pt"> </span>sociaux. <span style="mso-font-width:90%">Les catastrophes naturelles représentent des fléaux importants pour les sociétés des outre-mer. Les études menées depuis une quinzaine d'années ont montré un fort niveau de vulnérabilité des populations antillaises et la nécessité d'agir rapidement. Devant les enjeux, le gouvernement a décidé de faire de la prévention du risque sismique aux Antilles une de ses priorités.</span></span></p>
Editeur
Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer
Descripteur Urbamet
plan de prévention des risques naturels
;politique de l'environnement
;construction
;bâtiment
Descripteur écoplanete
zone sismique
;activité sismique
;gestion de crise
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Plan séisme Antilles
Horizon 2020
Objectifs de la deuxième phase (2016-2020)
Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer
Ministère des Outre-mer
Mettre en sécurité les Antillais et les nombreux visiteurs des
Antilles françaises vis-à-vis des risques naturels et en particulier
du risque sismique, c'est un chantier clé de la politique de
prévention des risques. Le souvenir du tremblement de terre d'Haïti
en janvier 2010 est encore dans toutes les mémoires.
Le Plan Séisme Antilles a déjà permis de réhabiliter ou de recons-
truire 36 écoles et 2 collèges, de mettre en sécurité les habitants
de 2300 logements sociaux et de reconstruire des bâtiments de
gestion de crise, des casernes de pompiers et les deux états-majors
de Guadeloupe et de Martinique.
Les travaux restant à effectuer sont très importants et je souhaite donner une impulsion nouvelle
au plan séisme Antilles en lançant une deuxième phase ambitieuse et mobilisatrice. Ainsi, sur
la période 2016-2020, l'Etat prévoit d'engager globalement 450 millions d'euros pour conforter
ou reconstruire 120 établissements scolaires, une quinzaine de casernes de pompiers et près de
3000 logements sociaux.
J'appelle donc chacun à se mobiliser, les collectivités territoriales, les citoyens et tous les acteurs
de la prévention du risque sismique afi n que le plan séisme Antilles soit une véritable priorité
collective et ains éviter une catastrophe majeure dans les Antilles françaises et préparer de meil-
leures conditions de vie pour les générations actuelles et futures.
Ségolène Royal
Ministre de l?Environnement, de l?Énergie et de la Mer,
chargée des Relations internationales sur le climat,
Présidente de la COP21
Éditos
Plan séisme Antilles Horizon 2020 - 3
Les catastrophes naturelles représentent des fl éaux importants
pour les sociétés des outre-mer. Les études menées depuis une
quinzaine d'années ont montré un fort niveau de vulnérabilité des
populations antillaises et la nécessité d'agir rapidement. Devant les
enjeux, le gouvernement a décidé de faire de la prévention du risque
sismique aux Antilles une de ses priorités.
Le gouvernement a mis en place en 2007 le plan séisme Antilles,
dont l'objet est de mettre en sécurité le plus rapidement possible les
résidents antillais. Ce plan se traduit principalement par des mesures
de construction ou de renforcement parasismique, à côté des mesures
d'éducation au risque, de formation professionnelle, de sensibilisation
et de préparation à la gestion de crise. Ce plan évalue à environ six
milliards d'euros l'investissement nécessaire sur le bâti public pour une durée d'une trentaine
d'années.
Devant l?importance des travaux restant à conduire, le rythme d?avancement des opérations
de confortement parasismique doit être amplifi é, pour atteindre des résultats à la hauteur de
l?ambition collectivement acceptée. Une deuxième phase du plan est donc engagée en étroite
concertation avec les collectivités territoriales des Antilles et les acteurs de la prévention du risque
sismique, sur la base d?objectifs ambitieux, partagés et réalistes.
Pour la période 2016-2020, l?État prévoit de mobiliser 450 millions d?euros, soit une augmentation
de 30% par rapport à la première phase du plan séisme Antilles. Cet investissement de l?Etat
illustre sa volonté et son engagement accrus pour accompagner les mesures de sécurité dues à
la population antillaise. La concertation déjà bien engagée avec les collectivités concernées des
Antilles va se poursuivre sous le pilotage des Préfets, de façon à fi naliser dans les toutes pro-
chaines semaines les objectifs et les fi nancements complémentaires à ceux de l?État, notamment
les fonds européens et ceux des collectivités territoriales.
Une gouvernance spécifi que de ce plan sera mise en place, avec les collectivités territoriales,
pour s'assurer de son bon déroulement et un rapport sera produit chaque année afi n d'en rendre
compte au gouvernement.
George Pau-Langevin
ministre des outre-mer
Table
des matières
Bilan de la première phase du plan séisme Antilles (2007-2013),
de la phase transitoire (2014-2015) et élaboration
de la deuxième phase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5
Objectifs, actions et schéma de gouvernance
du plan séisme Antilles - Horizon 2020 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 9
1. Objectifs et actions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 10
Axe 1 : Réduire la vulnérabilité du bâti : le coeur de cible du plan séisme Antilles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 10
1.1 - Réduction de la vulnérabilité du bâti public. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 10
1.2 - Réduction de la vulnérabilité du bâti privé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 12
Axe 2 : Accompagner les acteurs de l?aménagement et de la construction chargés de réduire
la vulnérabilité du bâti . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 13
2.1 - Formation des professionnels du bâtiment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 13
2.2 - Développement du contrôle du respect des règles de construction (CRC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 14
2.3 - Aménagement du territoire communal : plans de prévention des risques sismiques (PPRS) . . . . . . . . . . . . . . p. 14
Axe 3 : Sensibiliser aux risques sismique et tsunami et préparer à la gestion de crise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 15
3.1 - Sensibilisation de la population et des maîtres d?ouvrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 15
3.2 - Préparation à la gestion de crise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 16
Axe 4 : Améliorer la connaissance de l?aléa, de la vulnérabilité et du risque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 17
2. Schéma de gouvernance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 18
DICOM-DGPR/BRO/16172-Juillet 2016 - Visuel de couverture © MEEM - Fort de France, Martinique
Conception graphique et maquette © Fabienne Masanet - Impression : MEEM-MLHD/SG/SPSS/ATL - Imprimé sur du papier écolabel européen
Bilan de la première phase du plan
séisme Antilles (2007-2013) , de la phase
transitoire (2014-2015) et élaboration
de la deuxième phase
Les études menées au début des années 2000 sur l?aléa sismique et sur la
vulnérabilité générale du bâti ont montré le fort niveau de risque des Antilles
françaises et l?importance d?agir rapidement pour réduire la vulnérabilité des
populations face à un tremblement de terre. En effet, selon les scientifiques,
un séisme majeur, tel que ceux qui se sont produits au milieu du XIXe siècle,
pourrait provoquer une catastrophe majeure pour les biens et les personnes.
Ceci avait amené le Gouvernement à créer en 2007 le plan séisme Antilles,
dont l'objet est de mettre en oeuvre la meilleure sécurité possible aux
résidents antillais. Le plan se traduit principalement par des mesures de
construction ou renforcement parasismique, demeurant à ce jour le moyen
le plus efficace de prévention contre le risque sismique.
En 2007, l?État avait défini une première phase du plan
(2007-2013), reposant sur la réduction de la vulnérabilité
du bâti public existant, relatif à quatre ensembles priori-
taires de bâtiments :
> les bâtiments et les infrastructures de gestion de crise,
> les établissements d'enseignement,
> les établissements de santé,
> les résidences de logements sociaux.
Cette première phase avait été estimée initialement
pour un montant s?élevant à près d?un milliard d?euros :
environ 600 M¤ pour le secteur de la santé et 343 M¤
pour les autres secteurs.
Il est à noter que ces objectifs initiaux, définis au
lancement du plan, étaient fondés sur un état des lieux
partiel de la vulnérabilité du bâti et que d'importants
travaux n?y avaient pas été inscrits. Cet état des lieux a
par la suite été complété et ajusté par les diagnostics de
présomption de vulnérabilité réalisés sur les différents
ensembles de bâtiments ; les objectifs annuels actualisés
ont été redéfinis et validés chaque année par le comité
de direction du plan séisme Antilles. Il est ainsi plus
pertinent de considérer l?avancement du plan au regard
des objectifs actualisés et de l?ensemble des travaux à
mener.
Selon cette approche, l?évaluation des réalisations à fin
2013 montre que, sur la globalité du programme, les
objectifs initiaux mesurés en dépenses de travaux effec-
tués ont été largement atteints. Mais en revanche, les
objectifs en termes de nombre de bâtiments à remettre
à niveau n?ont pas été atteints pour plusieurs ensembles
de bâtiments, et notamment pour les établissements
publics d?enseignement du premier degré (30 écoles
terminées sur 100 prévues au cours de la 1re phase et
543 à remettre à niveau au total).
Plus de 2,4 milliards d'euros auront été investis et pro-
grammés lors de la première phase du plan :
> 1,2 milliard d'euros pour la construction de 12 000
nouveaux logements sociaux et le confortement para-
sismique de 6000 autres
> 740 M¤ pour les établissements de santé
> 180 M¤ pour les bâtiments de l?État
> 294 M¤ pour les établissements scolaires
> 43 M¤ pour les établissements des services départe-
mentaux d'incendie et de secours (SDIS).
Parmi ces investissements, des opérations notables ont
été achevées et ont permis la mise en sécurité des
personnels, des visiteurs et des enfants :
> SDIS : 4 centres renforcés ou reconstruits pour 27 M¤
> Bâtiments de l?État : 13 sites mis à niveau pour un
montant de 44 M¤
> Établissements scolaires : 30 écoles et 2 collèges
terminés pour un montant de 76 M¤
> Établissements de santé : 9 centres hospitaliers termi-
nés pour un montant de 320 M¤
> Logements sociaux : livraison de 5500 logements
neufs et confortement parasismique de 1000 autres,
pour un montant de 647 M¤.
Des travaux considérables restent néanmoins à mener
sur ces ensembles de bâtiments, ainsi que sur les autres
bâtiments de l?État et des collectivités territoriales. Le
programme d?ensemble pour le bâti public est évalué à
un montant global de six milliards d?euros.
Bilan de la première phase du plan séisme Antilles (2007-2013), de la phase transitoire (2014-2015) et élaboration de la deuxième phase - 6
Baie-Mahault ? Guadeloupe © MEEM
7 - Bilan de la première phase du plan séisme Antilles (2007-2013), de la phase transitoire (2014-2015) et élaboration de la deuxième phase
École confortée à Sainte-Luce ? Martinique © MEEM
Une aide financière importante est apportée par l?État
aux collectivités territoriales, SDIS, bailleurs sociaux,
autres maîtres d'ouvrage éligibles, et notamment aux
collectivités les plus fragiles sur le plan financier, les
communes. Près de 80 % du financement des travaux
sur les écoles communales est aujourd?hui apporté par
l?État et le FEDER.
Des dispositions législatives ont été prises dans la loi
du 12 juillet 2010 portant engagement national pour
l'environnement pour élargir les possibilités d'interven-
tion du FPRNM pour les SDIS et les logements sociaux
et pour augmenter le taux de subvention maximal pour
les communes où un plan de prévention des risques
naturels prévisibles (PPR) est prescrit (passant ainsi de
40% à 50%).
Par ailleurs, la réduction de la vulnérabilité du bâti privé,
et notamment du logement privé, reste une question
importante à traiter. Les travaux sur le bâti privé ne
faisaient pas partie des objectifs chiffrés de la première
phase ; le coût global des travaux est estimé entre 5 et
6 milliards d'euros. Des démarches ont été entreprises
pour inciter et aider à la réduction de la vulnérabilité
du bâti privé : diagnostics de présomption de vulnérabi-
lité des établissements d'enseignement privé, dispositif
législatif d'aides fiscales au confortement du logement
privé.
Bilan de la première phase du plan séisme Antilles (2007-2013), de la phase transitoire (2014-2015) et élaboration de la deuxième phase - 8
En sus de ces actions de réduction de la vulnérabilité
du bâti, ont été réalisées des actions « immatérielles »
notables, d'information et de sensibilisation de la
population et des élus sur la prévention du risque et sur
la responsabilité de chaque acteur, de formation des pro-
fessionnels du bâtiment à la construction parasismique,
de préparation à la gestion de crise, d'amélioration de
la connaissance de l'aléa local, de la vulnérabilité et du
risque sismique. Plus de 13 M¤ ont été dépensés pour
ce type d?actions.
Des informations plus détaillées sur les réalisations de la
première phase du plan sont disponibles dans le rapport
« Plan séisme Antilles ? Bilan de la 1re phase du plan
(2007-2013) »1.
À l?issue de la première phase, il est à constater que les
coûts élevés des opérations restent un frein majeur au
déploiement du plan, mais qu?il semble envisageable
d?optimiser de manière plus poussée l?utilisation des
fonds disponibles au regard de la mise en sécurité des
personnes. Compte tenu des enjeux humains consi-
dérables, le rythme d'ouverture des chantiers de
renforcement ou de reconstruction doit être accéléré,
malgré le contexte économique diffi cile. Le plan séisme
Antilles doit devenir une priorité collective et un impé-
ratif budgétaire, aussi bien pour l?État, les collectivités
territoriales que pour les citoyens antillais.
En matière de gouvernance, l'implication des collectivi-
tés territoriales s'est traduite notamment par la signa-
ture de conventions cadre pluriannuelles, portant sur
des objectifs communs et des programmes de travaux
cofi nancés. Les conseils généraux de Guadeloupe et de
Martinique, le conseil régional de Martinique et le SDIS
de Martinique ont ainsi contractualisé avec l?État.
C'est pourquoi, lors de la préparation de la deuxième
phase du plan séisme Antilles, entre 2013 et 2015, les
collectivités territoriales ont été invitées à prendre une
large part à l'élaboration du contenu de cette phase, en
particulier lors des réunions des comités séisme régio-
naux, de comité de direction, de réunions d'échanges
thématiques puis d'une consultation offi cielle menée
d'octobre 2014 à février 2015.
S'il n'a été recueilli qu?un nombre limité de propositions
nouvelles, deux conclusions ont été partagées avec les
collectivités territoriales pour la suite du plan séisme
Antilles :
1- la nécessité de prioriser les projets et les programmes ;
2- l'intérêt à chercher la meilleure effi cience de chaque
projet et à privilégier, autant que possible, des
renforcements parasismiques plutôt que des recons-
tructions.
Au cours des années 2014 et 2015, les actions de
réduction de la vulnérabilité sismique du bâti public
et les opérations de sensibilisation de la population se
sont poursuivies. Ainsi, il peut être cité les opérations
suivantes :
> la livraison du centre de secours principal des pompiers
de Basse-Terre (Guadeloupe),
> le démarrage des travaux d'extension du bâtiment de
la réanimation et des soins critiques au CHU de Pointe-
à-Pitre,
> le début des études et travaux pour le lycée de Baim-
bridge (Guadeloupe) et l'achèvement des travaux de
renforcement pour 3 lycées de Martinique,
> 4 écoles terminées en Martinique, 1 en Guadeloupe et
1 à Saint-Martin,
> le début des travaux pour le nouveau bâtiment de la
DEAL Guadeloupe à Saint-Claude et l'achèvement du
nouveau bâtiment de la DEAL Martinique à Schoelcher,
> les journées Réplik en Martinique et Sismik en
Guadeloupe avec des actions de sensibilisation, des
conférences et des exercices de simulation de séisme
et d'évacuation (commerçants, foyer d'accueil médica-
lisé).
Bilan de la 1re phase (2007-2013) du plan séisme Antilles
1 « Plan séisme Antilles ? Bilan de la 1re phase du plan (2007-2013) », MEDDE, 2014. Document consultable sur : www.developpement-durable.gouv.fr
Les objectifs, les actions et le schéma
de gouvernance du plan séisme Antilles-
Horizon 2020
Il est proposé de définir un objectif global du plan séisme Antilles, partagé avec
les collectivités territoriales et les différents maîtres d?ouvrage:
A terme, la population antillaise sera protégée à un niveau
de risque acceptable vis-à-vis d?un séisme majeur et la
mise à niveau des bâtiments et infrastructures nécessaires
à cette protection sera réalisée.
4 axes d?actions sont proposés pour répondre à cet objectif. Leur mise en oeuvre
reposera sur une responsabilité partagée de l?ensemble des acteurs : État, col-
lectivités territoriales, professionnels de la construction, particuliers, entreprises,
associations, organismes scientifiques.
AXE 1 : RÉDUIRE LA VULNÉRABILITÉ DU BÂTI : LE
COEUR DE CIBLE DU PLAN SÉISME ANTILLES
L?axe majeur du plan séisme Antilles reste la réduc-
tion de la vulnérabilité du bâti, et en particulier du
bâti existant, selon les principes directeurs suivants :
> la réduction de la vulnérabilité doit être effectuée
le plus rapidement possible, pour limiter autant que
possible le nombre de victimes potentielles lors d?un
séisme majeur ? dont il ne peut être garanti la non-
occurrence dans les toutes prochaines années ;
> la responsabilité de tous est engagée : chacun est tenu
d?accomplir les actions concourant à la réduction du
risque relevant de ses missions et de sa responsabilité,
dans la mesure des moyens dont il dispose ;
> la capacité d?investissement des maîtres d?ouvrage,
le contexte économique global et les possibilités
d?aide financière de l?État imposent de rechercher
systématiquement l?efficience en matière de dépenses
publiques, ainsi que de prioriser les projets et les
programmes ;
> la prévention du risque sismique doit être une priorité
collective, se traduisant dans les choix d?investisse-
ments de l?État, des collectivités territoriales et des
citoyens antillais, année après année.
1.1 - Réduction de la vulnérabilité du bâti public
Des programmes de renforcement ou de reconstruction
du bâti public existant sont à définir de manière par-
tagée, en déterminant les objectifs de réalisation, les
échéances et les moyens mobilisés.
Bâti des SDIS, collectivités territoriales et autres
bâtiments publics hors bâti de l?État
Des objectifs concrets de travaux de réduction de vulné-
rabilité sismique sont établis pour la période 2016-2020.
Ils concernent quatre ensembles de bâtiments :
> les établissements scolaires,
> les établissements de santé,
> les bâtiments et infrastructures utiles à la gestion de
crise (hors ceux de l?État traités plus loin),
> les logements sociaux.
Pour les établissements scolaires publics : les collèges et
les lycées de Guadeloupe, de Martinique, de Saint-Martin
et de Saint-Barthélemy font l'objet de programmes de
travaux sous la maîtrise d'ouvrage respective du conseil
départemental de Guadeloupe, du conseil régional de
Guadeloupe, de la collectivité territoriale de Martinique,
de la collectivité de Saint-Martin et de la collectivité de
Saint-Barthélemy.
En matière d'écoles primaires, de la responsabilité
des communes, un objectif d'au moins 8 écoles mises
en sécurité par an dans chacun des départements de
Guadeloupe et de Martinique peut être retenu. Il sera
privilégié les opérations de renforcement parasismique
plutôt que les reconstructions d'établissements. Ces pro-
jets pourront bénéficier d'une aide de l?État, notamment
à travers le fonds de prévention des risques naturels ma-
jeurs (FPRNM) qui permet de subventionner les études et
travaux de prévention des collectivités territoriales à un
taux maximum de 50 % des dépenses éligibles.
Pour les établissements de santé, dont il est essentiel
que leur fonctionnalité soit assurée en cas de séisme,
un programme ambitieux est prévu avec notamment
Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles ? Horizon 2020 - 10
Nouveau centre d?incendie et de secours de Basse-Terre ? Guadeloupe © MEEM
1. Objectifs et actions
Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles ? Horizon 2020 - 11
la construction du nouveau CHU de la Guadeloupe (site
de Dothémare) et l'achèvement des travaux du plateau
technique du CHU de la Martinique (site de La Meynard).
La totalité du programme, estimé à ce stade à environ 1
milliard d'euros, est pris en charge par l?État et les finan-
cements propres au ministère en charge de la santé.
En ce qui concerne la gestion de crise, les SDIS de
Guadeloupe et de Martinique ont des programmes de
reconstruction de leurs centres de secours en cohérence
avec les schémas départementaux d'analyse et de cou-
verture des risques (SDACR). Dans le cadre d'une mesure
spécifique et temporaire, le FPRNM peut intervenir, avec
un taux maximum de 50 %, pour aider les SDIS à se
mettre aux normes parasismiques.
Les collectivités territoriales prévoient également de
mettre à niveau certains de leurs bâtiments et certaines
des infrastructures qu'elles gèrent (routes, ouvrages
d'art, infrastructures portuaires et aéroportuaires,
réseaux d'eau).
Pour les logements sociaux : hors les nouveaux loge-
ments sociaux qui, de fait, contribuent à la réduction de
la vulnérabilité de la population, les programmes de ren-
forcements parasismiques des logements existants les
plus vulnérables seront poursuivis. Des crédits au titre de
la ligne budgétaire unique du ministère des outre-mer et
au titre du FPRNM dans le cadre d'une mesure spécifique
et temporaire seront mobilisables pour permettre ces
renforcements sans augmentation des loyers pour les
occupants.
Ainsi, hors établissements de santé et ses financements
propres, l'Etat prévoit de mobiliser globalement 450 M¤
sur la période 2016-2020 (y compris les investissements
sur son propre patrimoine) à travers le FPRNM et ses
lignes budgétaires. Il proposera à ses partenaires locaux
de compléter ce financement par les fonds européens et
par ceux des collectivités territoriales.
Bâti de l?État
Un autre chantier important à intégrer dans la deuxième
phase porte sur la réduction de la vulnérabilité des bâti-
ments de l?État, autres que les bâtiments de gestion de
crise déjà identifiés dans la première phase, en vue de la
sécurité des occupants et des usagers du service public,
ainsi que par devoir d?exemplarité vis-à-vis des autres
maîtres d?ouvrage. Selon les diagnostics de présomption
de vulnérabilité réalisés en 2011 et 2012, plus de 300
bâtiments de l?État nécessiteraient des travaux de réduc-
tion de leur vulnérabilité sismique, pour un montant
compris entre 150 et 200 M¤.
L?État et ses opérateurs sont engagés dans une démarche
de rationalisation et de mutualisation de leur patrimoine
bâti pour le préserver, l'optimiser et le moderniser.
Cette réflexion, pilotée par les préfets avec l'appui des
École Raizet © MEEM
12 - Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles
DEAL et des DRFip, se traduira par un Schéma Directeur
de l'Immobilier Régional (SDIR) avec un objectif de
validation fin 2016. Pour les territoires ultramarins,
la stratégie patrimoniale et d'intervention sur le parc
conçue dans ce cadre prendra en compte prioritairement
la problématique sismique. Cette stratégie permettra la
définition des montants d'investissements nécessaires à
consacrer par l?État sur le renforcement parasismique de
son patrimoine et la priorisation des travaux.
1.2 - Réduction de la vulnérabilité du bâti privé
Le bâti privé comprend le bâti des établissements
industriels, des établissements d'enseignement privé, le
logement privé, ainsi que des bâtiments d'entreprises,
d'établissements commerciaux (hôtels, restaurants,
centres commerciaux...), de centres culturels, des centres
de loisirs ou de sports, etc. Le coût global des travaux
n'est pas évalué précisément mais pourrait être de
l'ordre de 5 à 6 milliards d'euros.
Les bâtiments des établissements d'enseignement
privé et les autres bâtiments accueillant en nombre
important un public vulnérable doivent faire l?objet d?un
effort particulier. Les diagnostics de présomption de
vulnérabilité des établissements d'enseignement privé,
réalisés en 2011 et 2012, montrent que des travaux de
confortement ou de reconstruction sont nécessaires pour
un montant global estimé de 26,5M¤ en Martinique et
de 180 M¤ pour la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-
Barthélemy.
Pour la seconde phase, il convient, pour les parties
"diagnostics et travaux de confortement", que des
incitations financières ainsi que des outils d'accompa-
gnement technique et de sensibilisation soient étudiés
et proposés aux maîtres d'ouvrage privés, en lien avec
les collectivités territoriales. Une attention particulière
devra être apportée au logement privé, individuel ou
petit collectif, présentant généralement une forte vulné-
rabilité au séisme.
Pour les établissements industriels, l?arrêté du 4 octobre
2010 relatif à la prévention des risques accidentels au
sein des installations classées pour la protection de
l'environnement (ICPE) soumises à autorisation, modifié
par l?arrêté du 24 janvier 2011, impose de nouvelles
mesures, dont la réalisation, pour les installations
existantes au sein des établissements SEVESO, d'une
étude permettant de déterminer les moyens techniques
nécessaires à leur protection parasismique, à réaliser
avant fin 2016, et la réalisation, si nécessaire, de travaux
avant fin 2021. 3 établissements SEVESO sont concernés
en Guadeloupe, 7 en Martinique.
© MEEM
AXE 1.2 ? OBJECTIFS DE RÉDUCTION DE LA VULNÉRABILITÉ DU BÂTI PRIVÉ - 2E PHASE DU PLAN SÉISME ANTILLES
ACTIONS
Réduction du risque lié aux établissements
d?enseignement privé
Engagement des opérations
RÉSULTATS À FIN 2020
Réduction du risque lié aux installations
industrielles
Aides fiscales, crédits d?impôts, incitations
financières
Outils d'accompagnement technique et de
sensibilisation
Protection parasismique de l'ensemble des ICPE au sein des établissements SEVESO
concernées par l'arrêté du 4 octobre 2010 en Guadeloupe et en Martinique
Dispositif législatif incitatif d?aides fiscales ou de crédits d?impôts pour le
confortement du logement privé, mise en place d?un indicateur mesurant l?utilisation
de ce dispositif
Documents d?accompagnement à la construction et au confortement parasismique
de maisons individuelles, diffusés par les communes, les vendeurs de matériaux, les
services de l?État, etc.
Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles ? Horizon 2020 - 13
AXE 2 : ACCOMPAGNER LES ACTEURS DE L?AMÉ-
NAGEMENT ET DE LA CONSTRUCTION CHARGÉS DE
RÉDUIRE LA VULNÉRABILITÉ DU BÂTI
2.1 - Formation des professionnels du bâtiment
Un état des lieux partagé avec les professionnels du bâti-
ment antillais montre la nécessité de poursuivre ou de
développer la formation à la construction parasismique
des différents corps de métiers. Une estimation très glo-
bale indique qu?environ 300 à 400 personnes devraient
être formées par an.
La question de la formation professionnelle initiale et
continue est essentielle en matière de prévention du
risque sismique. Elle est directement corrélée à la qualité
de la construction et donc à la mise en sécurité des
populations en cas de séisme.
L'ensemble des acteurs (collectivités territoriales, État,
organismes de gestion 1% formation, organisations
professionnelles) unira ses efforts pour permettre la
réalisation de ces objectifs.
Il conviendra par ailleurs d'étudier la création d'un outil
de valorisation des formations. Une étude de faisabilité
d?un label avait été menée lors de la première phase,
sans aboutir à des suites.
Remise des attestations aux artisans ayant suivi la formation à la construction parasis-
mique 2012-2013 organisée par la DEAL et la CMA de la Martinique © MEEM
Construction parasismique © MEEM
CROAG, CROAM
CCI, FRBTP
FRBTP, chambre des
métiers, UMF
FRBTP
Chambre des métiers,
FRBTP
PARTENAIRES PRESSENTISPILOTES PRESSENTISOBJECTIFS ANNUELS
DEAL, CRG, CTM
UMF
FORMATIONS
Formation initiale et continue des architectes
Formation continue des distributeurs
de matériaux
Formation continue des artisans et salariés
du gros oeuvre pour les maisons individuelles
Formation continue des conducteurs de travaux et
chefs de chantier
Formation continue des artisans et salariés
du gros oeuvre (hors MI)
Formation continue des techniciens
du second oeuvre
Formation continue des ouvriers sur chantiers
Formation des fonctionnaires des collectivités
(techniciens, ingénieurs)
Formation des maîtres d?ouvrage publics
AXE 2.1 ? OBJECTIFS RELATIFS AUX FORMATIONS DES PROFESSIONNELS DU BÂTIMENT - 2E PHASE DU PLAN SÉISME ANTILLES
300 à 400 personnes
à former / an
Pour mémoire à la charge des ingénieursFormation continue des ingénieurs
200 personnes à former
sur la période 2016-2020
CNFPT
CNFPT
14 - Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles
2.2 - Développement du contrôle du respect des
règles de construction (CRC)
Le contrôle régalien du respect des règles de construc-
tion (CRC) ? rubrique parasismique, selon un principe
de contrôles en nombre limité mais exemplaires, est
essentiel pour améliorer l'application de la réglementa-
tion dans les constructions neuves. Le développement
du CRC, piloté par l?État, est particulièrement crucial pour
les projets ne s'appuyant pas sur des professionnels de
la construction disposant des compétences nécessaires
(architecte, maître d?oeuvre, contrôleur technique,
bureau d'études,?).
La méthodologie générale du CRC a été élaborée et
testée en métropole ; un référentiel méthodologique
spécifique aux Antilles, en raison du niveau de sismicité
et des pratiques constructives locales, a été réalisé par
la direction de l?habitat, de l?urbanisme et des paysages
(DHUP) et la direction générale de la prévention des
risques (DGPR) avec l?appui du centre d?études et
d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité
et l?aménagement (CEREMA). La mise en place du CRC
aux Antilles est effective depuis 2015, avec notamment
la formation des contrôleurs des DEAL.
2.3 - Aménagement du territoire communal : plans
de prévention des risques sismiques (PPRS)
Il est fondamental, pour une construction ou un
renforcement parasismique, de connaître de manière
adéquate la réponse sismique du sol, comme l?a
montré par exemple l?importance des effets de
site lors du séisme d?Haïti du 12 janvier 2010. Or,
les règles nationales issues des articles R. 563-5
et R. 563-7 du code de l?environnement, définissant des
classes de sol et des spectres de réponse forfaitaires,
ne permettent pas de prendre en compte finement,
lorsqu?elles existent, les particularités locales de l?aléa
sismique, notamment les effets de site lithologiques et
topographiques, la liquéfaction des sols, la présence de
failles actives capables de rupture en surface.
C?est pourquoi, depuis 2007, des micro-zonages sis-
miques (évaluations d?aléa sismique local, avec une
différenciation selon des « micro-zones » correspondant
à différents types de sol) ont été réalisés par le BRGM
pour une trentaine de communes en Guadeloupe,
en Martinique, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy,
représentant presque la moitié des communes et près de
75 % de la population. L?objectif est, sur le fondement de
ces micro-zonages, d?élaborer des plans de prévention
des risques sismiques (PPRS), qui définiraient, en appli-
cation de l?article R. 563-8, des règles de construction
plus adaptées à la nature et à la gravité locale du risque,
de par les valeurs caractérisant les actions sismiques
locales.
Il conviendra que ces PPRS soient intégrés à une
approche multi-risques, incluant d?autres risques à
prendre en compte dans l?aménagement du territoire
ou la construction (le risque volcanique, les risques de
mouvements de terrain, notamment), pour assurer une
cohérence et une durabilité des investissements.
Microzonage sismique du François - Martinique © BRGM
RÉSULTATS À FIN 2020ACTIONS
? Méthodologie CRC validée, 2 contrôleurs formés en Guadeloupe et 2 en Martinique, 4 opérations
contrôlées par an et par contrôleur (ETP) en Guadeloupe et en Martinique
? Mise en place d?un REX et diffusion aux professionnels de la construction et aux maîtres d?ouvrage
Développement
du CRC parasismique
aux Antilles
AXE 2.2 ? OBJECTIFS RELATIFS AU CONTRÔLE DU RESPECT DES RÈGLES DE CONSTRUCTION (CRC) PARASISMIQUE - 2E PHASE DU PLAN SÉISME ANTILLES
ACTIONS RÉSULTATS À FIN 2020
Réalisation et diffusion des micro-zonages sismiques
Élaboration de plans de prévention
des risques sismiques
AXE 2.3 ? OBJECTIFS RELATIFS AUX PLANS DE PRÉVENTION DES RISQUES SISMIQUES - 2E PHASE DU PLAN SÉISME ANTILLES
Micro-zonages sismiques achevés et portés à connaissance sur 30 communes
10 PPRS approuvés en Guadeloupe,
10 PPRS approuvés en Martinique
Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles ? Horizon 2020 - 15
AXE 3 : SENSIBILISER AUX RISQUES SISMIQUE ET
TSUNAMI ET PRÉPARER À LA GESTION DE CRISE
3.1 - Sensibilisation de la population et des maîtres
d?ouvrage
L'information et la sensibilisation générale au risque
sismique et l'éducation aux risques méritent d'être
poursuivies, et en premier lieu les actions d?information
réglementaire sur les risques incombant aux préfets,
aux maires et à certains exploitants. Il est utile d'adop-
ter dans ces actions de sensibilisation générale une
approche globale, en intégrant notamment les risques
liés aux effets induits naturels (tels que les tsunamis ou
les mouvements de terrain) ou technologiques.
Les actions spécifiques à la prévention du risque
sismique, notamment par la réduction de la vulné-
rabilité du bâti, nécessitent d?être poursuivies, en
partenariat avec les acteurs concernés (collectivités
territoriales, organismes scientifiques, SDIS, rectorats,
associations,?). Il s?agit de cibler ces actions sur les
missions de chacun et de responsabiliser la population,
et notamment les maîtres d?ouvrage, dans le but de
les inciter à réduire de manière concrète le risque lié
à leur patrimoine, dans la mesure de leurs moyens, en
particulier par des choix d?investissements adaptés.
Les tsunamis majeurs sont majoritairement induits par
des séismes sous-marins, bien qu?ils puissent égale-
ment être engendrés par des mouvements de terrain
ou des éruptions volcaniques. Le risque tsunami est
ainsi souvent associé au risque sismique ; sa réduction
repose néanmoins sur des mesures de prévention et
de protection spécifiques (alerte et évacuation des
populations).
Les études scientifiques existantes montrent la
possibilité de tsunamis provoquant des vagues de
plusieurs mètres de hauteur aussi bien sur le littoral
martiniquais que sur l?archipel guadeloupéen. Les îles
de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy sont également
exposées aux tsunamis. Il importe donc de poursuivre,
en continuité avec les actions menées lors de la pre-
mière phase du plan (communication, identification des
« zones exposées au tsunami » et « zones de refuge »
avec pose de panneaux, présentation des itinéraires
d?évacuation...), les actions de sensibilisation de la
population à la prévention du risque tsunami et aux
consignes à suivre en cas d?alerte.
Les actions de sensibilisation aux risques sismique et
tsunami, de type SISMIK en Guadeloupe et REPLIK en
Martinique, seront ainsi poursuivies, avec la mobilisa-
tion de l?État, des collectivités territoriales et de tous les
acteurs locaux intéressés.
3.2 - Préparation à la gestion de crise
Si les actions de prévention sont décisives pour dimi-
nuer de manière significative le nombre de victimes
en cas de séisme, la préparation à la gestion de crise
reste indispensable pour sauver un maximum de vies
et éviter une aggravation de la catastrophe. L?État et
les collectivités territoriales ont le devoir d?organiser
les moyens de secours nécessaires et de s?assurer que
la population puisse connaître les premiers gestes à
assurer pour une solidarité de secours immédiat après
la crise. En effet, au-delà de 24 heures après un séisme,
les chances de retrouver des survivants diminuent
fortement : il est donc important de mettre en place
Atelier de sensibilisation au risque sismique de lycéens © SDIS de la Guadeloupe
16 - Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles
une intervention rapide. La population doit, elle, se
préparer en s?informant et en respectant les consignes
à suivre avant, pendant et après une crise sismique.
L?anticipation de la crise doit intégrer une approche
prenant en compte les risques induits ou effets dominos,
tels que séisme et effets induits naturels (mouvements
de terrain, tsunami,?), séisme et rupture de barrage,
séisme et accidents industriels, par la mise en oeuvre
de moyens matériels et humains adaptés, autant que
possible mutualisés.
Les systèmes de surveillance des séismes et des tsuna-
mis peuvent en partie être mutualisés, pour la partie
détection, localisation et caractérisation des séismes
sous-marins. Les réseaux des Antilles françaises ? sta-
tions sismologiques et géodésiques des observatoires
de l?IPGP (institut de physique du globe de Paris), maré-
graphes du SHOM (service hydrographique et océano-
graphique de la marine) et de la collectivité territoriale
de Martinique ? contribuent au système d?alerte régional
d?alerte tsunami dans le bassin caraïbe. La France s?est
en effet investie dans le groupe intergouvernemental
de coordination du système d'alerte aux tsunamis et
autres risques côtiers dans la mer des Caraïbes et les
régions adjacentes (GIC/CARIBE-EWS), créé en 2005 en
tant qu?organe subsidiaire de la Commission océano-
graphique intergouvernementale de l'UNESCO (COI). La
gestion efficace des informations issues des réseaux de
surveillance constitue le socle des « alertes montantes »
qui permettent de déclencher des « alertes descen-
dantes » de la Protection civile vers la population. La
deuxième phase du plan séisme Antilles poursuivra les
actions liées à l?alerte descendante en matière de risque
tsunami (de la compétence du ministère de l?intérieur)
afin de préparer la population aux bons réflexes au cas
où un tsunami interviendrait.
En matière de risque sismique, les exercices de sécu-
rité civile sont à poursuivre, à l?échelle départementale
(exercices de crise sismique RICHTER) et communale. Ils
permettent, au-delà de leur objectif premier, de mobi-
liser et de sensibiliser tous les publics, notamment les
collectivités territoriales, le milieu scolaire, le monde de
l?entreprise.
Ces exercices pourraient être étendus à l?ensemble de la
population d?une commune ou d?un quartier.
Au-delà de la gestion immédiate de l?événement, la
gestion du retour à la normale post-crise doit être
traitée, en vue d?augmenter la résilience de la société
antillaise. Dans cet objectif, il est à rappeler l?importance
du durcissement ou de l?amélioration de la résilience des
réseaux (énergie, communication, transport, eau,...) afin
de maintenir un fonctionnement suffisant pour la ges-
tion de crise et la réponse aux besoins essentiels de la
population. Par ailleurs, pour garantir la sécurité des per-
sonnes après l?événement, des diagnostics d?urgence de
bâtiments après séisme sont nécessaires pour appuyer
l?État dans les actions de sécurisation et les décisions
d?interdiction, de limitation ou d?autorisation d?accès et
d?usage des ouvrages sur le territoire impacté. Au cours
de la première phase, une méthodologie de diagnostics
d?urgence (incluant la création d?une formation-pilote de
diagnostiqueurs) a été élaborée par l?AFPS (association
française du génie parasismique), avec le soutien du
ministère de l?intérieur et des ministères en charge du
logement et de l'environnement ; la formation des pre-
miers « diagnostiqueurs » a été organisée en 2015, afin
de constituer une équipe mobilisable en cas de séisme
destructeur aux Antilles (pilote : DGSCGC).
ACTIONS RÉSULTATS À FIN 2020
Exercices Richter
Exercices communaux incluant des exercices tsunami
Formation de diagnostiqueurs pour les diagnostics d?urgence
post-séisme
AXE 3.2 ? OBJECTIFS RELATIFS AUX ACTIONS DE PRÉPARATION À LA GESTION DE CRISE - 2E PHASE DU PLAN SÉISME ANTILLES
2 exercices tenus aux Antilles
10 exercices communaux
100 diagnostiqueurs formés et opérationnels aux Antilles
Exercice Richter © MEEM
Prévention du risque tsunami © MEEM
Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles ? Horizon 2020 - 17
AXE 4 : AMÉLIORER LA CONNAISSANCE DE L?ALÉA,
DE LA VULNÉRABILITÉ ET DU RISQUE
Le développement des connaissances scientifiques sur
l?aléa, la vulnérabilité et le risque sismique doit être
poursuivi pour mener à bien et améliorer les politiques
de prévention du risque sismique et préparer celles de
demain. En continuité avec les travaux réalisés, des
champs scientifiques restent à approfondir pour amé-
liorer la connaissance de l?aléa, de la vulnérabilité et du
risque sismique aux Antilles :
> aléa régional et local : évaluation probabiliste de l?aléa,
identification et caractérisation des failles actives,
prédiction du mouvement sismique. L?amélioration
de la connaissance et de la détection des séismes
requiert la poursuite de la jouvence et de la moder-
nisation des réseaux de surveillance sismique, qui
contribuent également au système de détection des
tsunamis. Pour ce qui concerne l?évaluation des effets
de site lithologiques et topographiques et des effets
induits (liquéfaction des sols notamment), des micro-
zonages sismiques ont été réalisés sur les principales
communes des Antilles (à intégrer à présent dans des
PPRS) ou sont en cours d?élaboration ;
> évaluation du comportement et de la vulnérabilité au
séisme des ouvrages et des systèmes, développement
de méthodes de construction et de renforcement
parasismique plus efficientes ;
> évaluation probabiliste du risque sismique, à l?échelle
individuelle et collective, notamment en termes de
risques structurel, humain, systémique et écono-
mique ;
> diagnostic de vulnérabilité sismique avec un niveau de
fiabilité et de robustesse suffisant et à un coût réaliste,
pour aider un maître d'ouvrage à décider, avec des
critères pertinents, de maintenir en l'état, de renforcer
ou de démolir un bâtiment ; par exemple, connaître
le gain quantifié en termes de risque d?effondrement,
selon différentes solutions ou degrés de mise en sécu-
rité, pourrait lui être utile ;
> des techniques de renforcement adaptées aux Antilles
(en termes d?efficacité, de facilité de mise en oeuvre,
d?efficience) pour les typologies de bâtiment courantes,
notamment de maisons individuelles. Comme pour le
« catalogue » existant des techniques de renforcement
utilisables pour les typologies de bâtiments scolaires
ou de logements sociaux, il pourrait être élaboré un
« catalogue » de techniques de renforcement utili-
sables pour des typologies de maisons individuelles
courantes, avec une estimation des coûts et délais
moyens, pour sensibiliser les maîtres d?ouvrage et
faciliter leur démarche.
Les connaissances acquises seront à capitaliser, à vulga-
riser et à mettre à la disposition du plus grand nombre,
tant pour leur exploitation à des fins scientifiques ou
appliquées, que pour l?information de chacun sur les
risques auxquels il est soumis.
Cartographie départementale du risque sismique de la Martinique © BRGM
Station sismologique et géodésique de l?OVSG/IPGP à Capesterre-Belle-Eau ?
Guadeloupe © IPGP
18 - Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles
La gouvernance du plan séisme Antilles est assurée, au
niveau de l?État, par un comité de direction (CODIR PSA)
qui réunit, sous la présidence du directeur général de la
prévention des risques, délégué aux risques majeurs,
le directeur général des outre-mer, le directeur général
de l?aménagement, du logement et de la nature, le
directeur général de la sécurité civile et de la gestion
des crises, les deux préfets de région Martinique et
Guadeloupe et la préfète déléguée pour Saint-Martin
et Saint-Barthélemy. Le comité peut associer, pour
certaines de ses réunions, des représentants des autres
directions d?administration centrale concernées, ainsi
que les deux rectorats d?académie et les deux agences
régionales de santé.
La CCIAPSA (cellule centrale interministérielle d?appui au
plan séisme Antilles) est l?unité centrale qui assure le
secrétariat du CODIR, prépare des propositions d?orienta-
tion, rédige le projet de rapport annuel, pilote les choix
en matière de recherche et développement et gère,
en liaison avec les directions de l?environnement, de
l?aménagement et du logement (DEAL), les demandes
d?aide financière des collectivités territoriales. Au
lancement du plan (2007), la cellule avait une vocation
interministérielle, mais cela ne s?est pas traduit par sa
composition, même si elle travaillait étroitement avec
les autres ministères concernés.
2. Schéma de gouvernance
© Bernard Suard ? MEEM
Le nouveau schéma de gouvernance est le suivant :
> mise en place d'une structure interministérielle per-
manente composée de représentants de la direction
générale de la prévention des risques (DGPR), de la
direction de l?habitat, de l?urbanisme et des paysages
(DHUP), de la direction générale des outre-mer
(DGOM) et de la direction générale de la sécurité civile
et de la gestion des crises (DGSCGC) et présidée par un
membre permanent du conseil général de l?environne-
ment et du développement durable (CGEDD) ;
> instauration des comités régionaux de mise en oeuvre
du plan, regroupant tant en Martinique qu?en Guade-
loupe et à Saint-Martin, autour des préfets, les services
de l?État et les collectivités territoriales.
Ce dispositif permettrait un chaînage du traitement des
dossiers et une transparence des décisions.
Au niveau local, le plan séisme Antilles reste piloté
et mis en oeuvre, en Guadeloupe, en Martinique, à
Saint-Martin et à Saint-Barthélemy par les préfets qui
s?appuient sur les compétences des services « risques »
et « construction » des DEAL.
En outre, ils veilleront à impliquer au bon niveau tous
les acteurs concernés, dont les collectivités territoriales.
19 - Objectifs, actions et schéma de gouvernance du plan séisme Antilles
Juillet 2016