Bilan de l'action de l'inspection des installations classées sur l'année 2022 et priorités 2023
Auteur moral
France.Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
L'inspection des ICPE exerce une mission de police environnementale auprès des établissements industriels<br />
;et agricoles. Celle-ci consiste à prévenir, mais aussi à réduire les nuisances ainsi que les dangers liés aux installations afin de protéger les personnes (riverains, tiers) et l'environnement. L'exploitant reste néanmoins responsable de l'exploitation de ses installations depuis sa création jusqu'à la remise en état du site selon les dispositions réglementaires en vigueur.<br />
;<br />
Descripteur Urbamet
Descripteur écoplanete
inspection des installations classées
Thème
Cadre juridique
Texte intégral
Bilan de l'action
de l'inspection des
installations classées
sur l'année 2022
et priorités 2023
3
Sommaire
CHAPITRE 1 ?4
Qu?est-ce-qu?une installation classée pour la protection de l?environnement ?
Quelles sont les missions de l?inspection des installations classées ? 4
Une classification de chaque installation ???4
L?inspection des installations classées au coeur de la transition écologique de l?industrie
et des activités agricoles 8
L?inspection des installations classées 10
CHAPITRE 2 ? ?11
L?année 2022 : des progrès en matière de sobriété, de sécurité et de réduction des impacts ??11
Les chiffres clés d?activité de l?inspection des ICPE pour l?année 2022 ??11
Des réductions de la pollution émise ?12
Une transition numérique bien engagée : des télédémarches et des outils pour les inspecteurs ? ?13
Action de l?inspection de l?environnement dans le domaine de la distribution et l?utilisation du gaz 13
De nombreuses instructions à mener dans le domaine des énergies renouvelables ? 14
Le risque NaTech : retour d?expérience des incendies dans le Sud-Ouest à l?été 2022 ?14
Une actualité sur les déchets marquée par plusieurs accidents et une accentuation de la réponse pénale 15
L?entrée en vigueur en 2022 de nouvelles dispositions relatives à la cessation d?activités industrielles ? 17
Le bilan du dispositif " vigilance renforcée " visant certaines sociétés ???17?
Des actions spécifiques à la suite de l?accident de l?usine Lubrizol et des entrepôts Normandie Logistique ?18
Les actions ciblées sur les installations de traitements de surfaces ?18
La sécheresse, une problématique majeure ?? ??19
Le bilan des inspections relatives aux produits chimiques ?? ??19
CHAPITRE 3 ?21
Bilan de l?accidentologie pour l?année 2022 ?21
CHAPITRE 4 ? ?24
Perspectives et priorités pour 2023 et les années suivantes ??24
De nouvelles orientations stratégiques pour les années 2023 à 2027 ?24
Une mobilisation accrue ces derniers mois sur des sujets structurants ??24
Des priorités thématiques techniques spécifiques pour l?année 2023 ?27
ANNEXE ??? ?28
Quelques exemples illustratifs de progrès environnementaux dans les territoires ?28
GLOSSAIRE ?30
54
Qu?est-ce qu?une installation
classée pour la protection de
l?environnement ?
Quelles sont les missions de
l?inspection des installations
classées ?
Une classification de chaque ins-
tallation
Une installation classée pour la protection de l?en-
vironnement (ICPE) est une exploitation industrielle
ou agricole susceptible de créer des dangers ou de
provoquer des pollutions ou nuisances significatives
du fait de ses activités, notamment vis-à-vis de la
sécurité, de la santé et de la salubrité publiques
(protection des riverains et des tiers) et de la pré-
servation de notre environnement.
? Article L. 511-1 du code de l?environnement :
Les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une
manière générale, les installations exploitées ou
détenues par toute personne physique ou morale,
publique ou privée, qui peuvent présenter des dan-
gers ou des inconvénients soit pour la commodité
du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salu-
brité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la
protection de la nature, de l'environnement et des
paysages, soit pour l'utilisation économe des sols
naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation
rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des
sites et des monuments ainsi que des éléments du
patrimoine archéologique.
La réglementation dédiée aux ICPE et l?action de
l?inspection des installations classées visent notam-
ment à :
? prévenir les risques accidentels (explosion,
incendie, dégagement accidentel, fuite de pro-
duits toxiques, etc.) et les risques chroniques
(exposition prolongée à de très petites quantités
de polluants susceptibles d?avoir un impact sur
la santé des populations) ;
? protéger les différentes composantes de l?envi-
ronnement, eau, air, sols, paysages et éviter les
nuisances sonores ou olfactives? ;
? préserver la biodiversité (faune, flore, écosys-
tèmes) et veiller au bon usage des ressources ;
? lutter contre le réchauffement climatique et
s?adapter à ses effets par la sobriété et la transi-
tion énergétiques et la décarbonation.
Les activités relevant de la législation des ICPE sont
énumérées dans une nomenclature thématique,
organisée en trois régimes administratifs (décla-
ration, enregistrement ou autorisation) tenant
compte de l?importance des risques ou des incon-
vénients qui peuvent être induits par l?installation
concernée. Pour chaque activité, la nomenclature
prévoit des seuils de classement dans ces régimes.
Les installations ne présentent pas toutes le
même risque ni le même degré de dangerosité.
C?est pourquoi trois régimes procéduraux peuvent
s?appliquer.
Le régime de déclaration
Pour les activités les moins polluantes et les moins
dangereuses, une simple déclaration, avec un dos-
sier relativement simple à constituer par le pétition-
naire, est nécessaire. Le processus est dématérialisé
par l?intermédiaire du site internet entreprendre.
service-public.fr au sein de l'espace dédié aux ICPE .
CHAPITRE 1
© PINVIDIC Guenael : Silo portuaire
Après sa déclaration en ligne, l?exploitant doit
attendre un délai de 15 jours pour exploiter son
installation. Il doit respecter des mesures préven-
tives prévues pour l?activité concernée.
Certaines activités ainsi déclarées sont soumises
à un contrôle périodique, qui doit être réalisé par
un organisme agréé par le ministère chargé de
l?environnement.
Le régime d?enregistrement
Pour les secteurs où les mesures techniques pour
prévenir les risques et inconvénients sont bien
connues (stations-service, entrepôts, filière avicole,
etc.), un régime d?autorisation simplifiée, niveau
intermédiaire entre la simple déclaration et l?au-
torisation environnementale, s?applique.
Pour exploiter les installations relevant du régime de
l?enregistrement, le pétitionnaire doit transmettre
un dossier de demande :
? soit de manière dématérialisée en saisissant
les données par l?intermédiaire du site internet
entreprendre.service-public.fr au sein de l'espace
dédié aux ICPE ;
? soit de manière physique en déposant le dossier
en préfecture.
L?instruction par les services de l?inspection des
ICPE, pour une durée de 5 à 7 mois, en fonction de
de la complexité du dossier, aboutit à une décision
du préfet, notifiée par arrêté préfectoral autorisant
ou non l?exploitation de l?installation. Durant l?ins-
truction, le dossier est mis en consultation publique
de manière dématérialisée et peut être présenté
devant le conseil départemental de l?environne-
ment et des risques sanitaires et technologiques
(Coderst), instance consultative dont l?avis permet
d?éclairer le préfet dans le cadre de la procédure.
Si le dossier d?enregistrement est jugé à impact
fort sur l?environnement, la demande peut être
basculée de la procédure d?enregistrement vers
l?autorisation environnementale. Un nouveau dos-
sier d?autorisation devra donc être constitué et
instruit.
Une fois enregistré, l?exploitant doit respecter les
prescriptions réglementaires édictées par l?arrêté
ministériel propre au secteur d?activité concerné.
Le pétitionnaire peut solliciter éventuellement un
aménagement ponctuel des règles si cela apparait
pertinent au regard des circonstances locales et
de la prévention des risques.
Le régime d?autorisation
Pour les installations présentant les risques et les
impacts les plus importants, l?exploitant doit faire
une demande d?autorisation environnementale,
comportant des études approfondies :
? une étude de dangers visant à évaluer les risques
technologiques et à démontrer leur bonne maî-
trise ;
? une étude d?incidence ou une étude d?impact, en
vue de réduire les nuisances environnementales
et les risques de pollutions associées.
Cette démarche doit être réalisée avant toute mise
en service. Elle doit permettre de démontrer l?ac-
ceptabilité du risque vis-à-vis des tiers, des autres
installations et de l?environnement. Le préfet peut
autoriser l?installation sous conditions spécifiques
ou refuser la mise en exploitation de l?installation.
Durant l?instruction, le dossier est soumis à l?avis
du public, par exemple par une consultation par
enquête publique sous la coordination d?un com-
missaire enquêteur. Le dossier peut être présenté
Arnaud Bouissou/Terra- Silos sur le grand port maritime du Havre
7
devant l?instance départementale consultative?:
conseil départemental de l?environnement et des
risques sanitaires et technologiques (Coderst) ou
commission départementale de la nature, des pay-
sages et des sites (CDNPS) dans ses compositions
éolienne ou carrière.
Le délai global d?instruction est de l?ordre de 10 à
12 mois, avec trois phases.
? Phase d?examen : le dossier est instruit par les
services de l?État et des compléments peuvent
être demandés. Il est également possible de reje-
ter le dossier si les circonstances l?exigent, par
exemple en cas d?avis défavorable d?un service
de l?État consulté pour avis conforme.
? Phase de consultation du public et des conseils
municipaux : après nomination d?un éventuel
commissaire enquêteur, le public peut appor-
ter des remarques au dossier au travers d?une
enquête publique. À défaut, le public est consulté
par voie électronique. Le ou les conseils muni-
cipaux concernés par l?installation émettent un
avis consultatif. En cas d?enquête publique, le
commissaire enquêteur rend un avis consultatif.
? Phase de décision : après réception des différents
avis émis durant la procédure et de l?avis éven-
tuel de l?instance départementale consultative, le
service instructeur propose un projet de décision
(autorisation ou refus de l?installation) au préfet de
département. L?autorité préfectorale décide d?ac-
corder ou non l?autorisation par arrêté préfectoral.
Si l?autorisation environnementale est délivrée,
le pétitionnaire doit respecter les prescriptions
réglementaires applicables à l?installation (arrêté
préfectoral) et l?ensemble des règles générales éma-
nant de la législation et règlementation européenne
(directives, règlements?) et nationale (code de
l?environnement, lois, décrets, arrêtés ministériels
transversaux et sectoriels?).
Simplifications : du régime de
l?autorisation vers l?enregistrement
De plus en plus de rubriques sont bascu-
lées du régime de l?autorisation vers le
régime de l?enregistrement, sans dégra-
der le niveau d?exigence de protection
des populations et de l?environnement.
En 2022, 59?% des dossiers instruits rele-
vaient de la procédure de l?enregistre-
ment.
Ces simplifications permettent un gain
de temps aux porteurs de projet, tout en
maintenant un haut niveau de protection
des personnes et de l?environnement.
6
Laurent Mignaux / Terra
Biocarburant, usine de production d'éthanol
Exemples d?établissements répertoriés ICPE
Parc éolien
L. Mignaux?/Terra
Complexe industriel
portuaire
A. Bouissou/Terra
Unité pétrochimique
A. Bouissou?/Terra
Entrepôt
de stockage
A. Bouissou/Terra
Carrière
A. Bouissou/Terra
Élevage
de volailles
A. Bouissou/Terra
Installation de
méthanisation
A. Bouissou/Terra
Élevage de bovins
A. Bouissou/Terra
8
L?inspection des installations clas-
sées au coeur de la transition écologique
de l?industrie et des activités agricoles
L?inspection des ICPE exerce une mission de police
environnementale auprès des établissements indus-
triels et agricoles. Celle-ci consiste à prévenir, mais
aussi à réduire les nuisances ainsi que les dangers
liés aux installations afin de protéger les personnes
(riverains, tiers) et l?environnement. L?exploitant reste
néanmoins responsable de l?exploitation de ses
installations depuis sa création jusqu?à la remise en
état du site selon les dispositions réglementaires
en vigueur.
L?action de l?inspection s?organise autour de quatre
axes et prend en compte le principe de proportion-
nalité par rapport aux enjeux.
L?encadrement réglementaire
? Au niveau national : élaboration de la régle-
mentation (arrêtés ministériels, transversaux ou
propres à chaque secteur d?activité) sur la base
d?échanges avec les parties prenantes (fédération
professionnelle, association environnementale,
administration, public)
? Au niveau local : instruction des dossiers de
demande d?autorisation environnementale,
d?enregistrement, de modification des condi-
tions d?exploitation, de cessation d?activité et
des études ou expertises, pour évaluer la bonne
maîtrise des risques et nuisances et proposition
au préfet de prescriptions encadrant le fonction-
nement de l?installation, en fonction des évolu-
tions techniques et des exigences de protection
de l?environnement.
Le contrôle des installations classées sur le
terrain
? Réalisation de visites d?inspection, programmées
ou non, inopinées ou non.
? Proposition au préfet de département de suites
(mise en demeure rappelant la prescription
enfreinte en associant un délai de réalisation
impératif des mesures correctives) et sanctions
administratives (amende ou astreinte, consigna-
tion de sommes, exécution d?office de travaux,
suspension d?activité, fermeture ou suppression
de l?installation).
? Proposition au procureur de la République de
suites pénales en cas d?infraction, réalisée par
une information au parquet, des procès-verbaux,
etc. Le parquet juge ensuite de l?opportunité
des suites.
L?appui à la transition écologique dans les
territoires
? Dialogue au long cours avec les industriels et
les exploitants agricoles pour les inciter au pro-
grès écologique et, si nécessaire, prescrire de
tels progrès : réduction de la consommation
d?eau, sobriété énergétique, décarbonation
des procédés industriels, développement de
nouvelles énergies, lutte contre l?érosion de la
biodiversité, prise en compte des phénomènes
naturels (crue, feux de forêt) pouvant entrainer
un accident technologique sur site. Ces échanges
permettent de faire progresser les exploitants
sur la voie d?une transition écologique concertée
et de pouvoir fixer un cadre prescriptif si cela
apparait approprié.
? Soutien à des démarches de mutualisation des
outils et démarches vertueuses au sein des sites
industriels de grande taille. Des dispositions légis-
latives et réglementaires ont été adoptées ces
dernières années pour faciliter l?implantation et la
mutualisation des outils au sein des plateformes
industrielles. 4 premières plateformes ont ainsi
été reconnues officiellement et la démarche se
poursuit sur plusieurs sites.
? Dans le cadre de la démarche générale de lutte
contre l?artificialisation des sols, l?inspection des
installations classées veille au bon état des sites
qui ont fait l?objet d?une cessation d?activité
industrielle. La réglementation prévoit les étapes
et les démarches permettant de remobiliser ces
sites, ainsi que d?anciennes friches industrielles,
pour y développer de nouvelles activités éco-
nomiques.
La concertation et l?information au sein des
différents territoires
? Mise à disposition du public des rapports d?ins-
pections dans le cadre de la transparence des
actions.
? Accompagnement des pétitionnaires tout au
long du développement de leur projet (phase
initiale de mise en service, lors des modifications
des conditions d?exploitation?) et en cas d?évo-
lutions réglementaires.
? Échange régulier avec les associations de pro-
tection de l?environnement aux niveaux local
et national.
Sites relevant de la directive
Seveso III
La directive Seveso III, n° 2012/18/UE
du Parlement européen et du Conseil
du 4 juillet 2012 concernant la maî-
trise des dangers liés aux accidents
majeurs impliquant des substances
dangereuses impose des exigences
fortes en matière de prévention et de
maîtrise des risques technologiques.
Sites Seveso en France :
- 686 sites classés Seveso seuil haut
- 605 sites classés Seveso seuil bas
1 291
Sites relevant de la directive IED
La directive dite IED, n°?2010/75/UE
du 24 novembre 2010, relative aux
émissions industrielles (prévention et
réduction intégrées de la pollution)
s?applique pour les établissements les
plus polluants en termes d?émissions
(atmosphériques, aqueuses, sonores?)
et de consommation de matières pre-
mières, d?énergie et d?eau.
Au total, en France, on dénombre
6 607 sites relevant de la directive IED,
dont 3 093 établissements agricoles.
6 607
Deux siècles d'activité de l?État pour
les installations classées
L?encadrement réglementaire des instal-
lations classées a plus de deux siècles.
C?est sous l?Empire, avec le décret impé-
rial du 15 octobre 1810, que le risque
industriel est réellement intégré dans
la loi. Au fil des décennies et de la prise
en compte des accidents industriels
passés, le risque industriel a été mieux
encadré, avec la loi du 19 décembre
1917 portant réglementation des éta-
blissements dangereux, incommodes
et insalubres puis, notamment, avec la
loi du 19 juillet 1976 relative aux instal-
lations classées pour la protection de
l?environnement.
9
Alexandre Lion
Lever de soleil sur une mer de déchets
1110
L?inspection des installations classées
Des structures spécialisées
L?inspection des installations classées est organisée
en trois niveaux complémentaires, où les synergies
entre les échelons sont très fortes :
? en administration centrale, la direction générale
de la prévention des risques (DGPR) du ministère
de la Transition écologique et de la Cohésion
des territoires est chargée de l?élaboration de la
réglementation, de la conduite des politiques
publiques gouvernementales et du pilotage
national de l?ensemble des inspecteurs des ICPE.
Des missions à très fort contenu technique ou
diplomatique sont par ailleurs menées par des
entités pour le compte de l?ensemble des régions
(forages offshore, transferts transfrontaliers de
déchets par exemple) ;
? en administration déconcentrée régionale
avec, pour la métropole, les directions régio-
nales (DREAL, DRIEAT en Île-de-France) chargées
de l?animation et de la conduite des politiques
publiques en lien avec l?administration centrale
et les structures départementales. Des missions à
fort contenu technique sont par ailleurs exercées
au niveau régional ou interrégional (canalisations
de transport de produits chimiques et gaz, par
exemple) ;
? en structures déconcentrées départementales,
les unités départementales (UD) ou interdépar-
tementales (UID) des DREAL / de la DRIEAT, au
contact direct des exploitants pour la gestion
des établissements industriels, des carrières et
des parcs éoliens ou les DD-ETS-PP pour le suivi
des établissements agricoles (élevage, méthani-
sation à la ferme?) et certains établissements
agroalimentaires. En outre-mer, l?inspection des
installations classées est menée au sein de la
DEAL pour la Guadeloupe, la Martinique et La
Réunion, la DEALM pour Mayotte, la DGTM pour
la Guyane, la DTAM pour Saint-Pierre et Mique-
lon. Des inspecteurs au sein des DAAF réalisent
le contrôle et le suivi des installations agricoles
dans certains territoires.
Des moyens humains au service de la conduite
des politiques publiques
Hors administration centrale, les missions de l?ins-
pection des ICPE sont exercées par 1?587 inspec-
teurs (agents techniques) au 31 décembre 2022.
En 2022, le Gouvernement a alloué 20 renforts bud-
gétaires (à plein temps) pour cette mission. En 2023,
le Gouvernement a alloué 25 postes budgétaires
supplémentaires (à plein temps) pour cette mission.
La parole à un inspecteur
des installations classées
Quelles sont vos motivations au quoti-
dien pour exercer le métier d?inspecteur
des ICPE ?
Ce qui me plait vraiment dans ce métier,
c?est qu?il y a beaucoup de terrain, c?est-à-
dire que je suis amené à me déplacer sur
des sites très divers. J?ai la chance en plus
de suivre deux volets :
- d?une part les industries agro-alimen-
taires (comme par exemple : des abattoirs,
des industries d?embouteillage d?eau miné-
rale, des laiteries ou des chocolateries) ;
- d?autre part, les élevages. Je suis chargé
du suivi des élevages de porcs, de
bovins, de chiens et également des ins-
tallations un peu particulières, comme
des méthaniseurs, des plateformes de
compostage ou même un zoo.
C?est un métier qui nécessite à la fois
des connaissances réglementaires et
techniques puisqu?il faut comprendre le
fonctionnement des installations, tout
en accompagnant les porteurs de projet.
Quelles sont les aptitudes et les qualités
requises pour exercer le métier d?inspec-
teur des ICPE ?
Pour exercer le métier d?inspecteur ICPE,
il faut avoir un bon relationnel, être péda-
gogue, ne pas avoir peur de parler en
public puisqu?on a souvent l?occasion de
faire des réunions avec des exploitants,
des représentants d?associations environ-
nementales et des élus.
Les autres qualités requises sont : la dispo-
nibilité, la réactivité, notamment en cas
de situations accidentelles, l?autonomie
et la curiosité.
C?est un métier qui bouge, le monde indus-
triel évolue en permanence, ainsi que la
réglementation en France et en Europe.
Nous avons besoin d?une capacité d?adap-
tation pour être toujours à la pointe des
besoins technologiques.
Peire PAROT-URROZ,
inspecteur des ICPE
à la direction départe-
mentale de la protec-
tion des populations de
la Loire (DDPP 42)
Les chiffres clés d?activité de l?ins-
pection des ICPE pour 2022
Les établissements ICPE en 2022 :
? 20 557 sites soumis à autorisation ;
? 22 136 sites soumis à enregistrement ;
? environ 450 000 sites soumis à déclaration.
Instruction : les pétitionnaires ont déposé respec-
tivement 767 dossiers de demande d?autorisation
environnementale et 1 027 dossiers de demande
d?enregistrement.
Au total 526 arrêtés préfectoraux d?autorisation
environnementale et 770 arrêtés préfectoraux
d?enregistrement ont été pris en 2022.
Les services de l?inspection ont également instruit
différentes procédures liées à des modifications des
conditions d?exploitation des installations ou de
prescriptions réglementaires, des révisions d?études
de dangers et des réexamens au titre de la direc-
tive IED. Ainsi, ce sont 2 226 arrêtés préfectoraux
complémentaires qui ont été signés.
Pour la vérification sur le terrain de la bonne appli-
cation des prescriptions réglementaires s?appli-
quant aux installations, 22 852 inspections ont
été réalisées.
Ces contrôles ont été effectués dans le cadre de
l?application du plan pluriannuel de contrôles (PPC),
fixant une fréquence minimale d?une visite tous les
ans, tous les trois ans ou tous les sept ans selon les
caractéristiques de l?établissement, ainsi que de la
réalisation d?actions diverses liées :
? aux actions nationales définies par priorités
ministérielles ;
? à des accidents ou à la suite de signalements ;
? à des opérations dites coup de poing dans le
cadre d?actions régionales prioritaires ;
? à des non-conformités majeures signalées dans
le rapport de contrôle périodique établi par l?or-
ganisme agréé pour les installations déclarées
concernées par ces contrôles.
Après ces visites, des suites administratives ont été
proposées à l?autorité préfectorale. Au total, 3 658
arrêtés préfectoraux ont été signés :
? 3?053 mises en demeure ;
? 605 sanctions administratives et mesures de
police, 122 amendes, 235 astreintes, 88 consi-
gnations de sommes, 74 suspensions temporaires,
70 fermetures ou suppressions d?installations,
12 exécutions d?office de travaux et 4 appositions
de scellés.
Concernant la gestion des sites et sols pollués, le
site internet Géorisques récence 5?088 secteurs
d?information sur les sols (SIS). Il s?agit de terrains
où l?État a la connaissance d?une pollution des
sols justifiant, notamment en cas de changement
d?usage, la réalisation d?études de sols et la mise
en place de mesures de gestion de la pollution
pour préserver la santé et l?environnement. Cette
démarche permet de répondre à deux enjeux :
? informer le public de l?existence de pollutions
sur ces sites ;
? garantir l?absence de risques sanitaires et envi-
ronnementaux par l?encadrement des nouvelles
constructions ou de changement d'usage.
CHAPITRE 2
2022 : des progrès en
matière de sobriété, de
sécurité et de réduction
des impacts
© ANDRAUD Capucine :
A l'ombre des éoliennes
1312
Sur la même période, celles d?oxydes de soufre (SOx), tous secteurs confondus, ont diminué de 70?%.
Une transition numérique bien enga-
gée : des télédémarches et des outils
pour les inspecteurs
Des téléprocédures à disposition des exploitants
À ce jour, les pétitionnaires peuvent effectuer
les démarches dématérialisées liées aux exploita-
tions d?installations relevant des régimes suivants:
déclarations ICPE et IOTA (installations, ouvrages,
travaux, activités relevant de la loi sur l?eau), enre-
gistrement ICPE et autorisation environnementale
(ICPE et IOTA).
Au total, quatre téléprocédures sont opérationnelles
par l?intermédiaire du site internet entreprendre.
service-public.fr au sein de l'espace dédié aux ICPE :
? demande d?autorisation environnementale ;
? demande d?enregistrement ;
? déclaration IOTA ;
? déclaration ICPE (notamment projet initial, modi-
fication des conditions d?exploitation, change-
ment d?exploitation, bénéfice des droits acquis
et cessation d?activité).
Des outils à disposition de l?inspection
L?inspection des ICPE s?est dotée d?un nouvel outil
de reporting en remplacement de son ancienne
base de données.
Sur le terrain, les inspecteurs utilisent également de
nouveaux outils numériques comme des tablettes,
des drones, après une expérimentation dans trois
départements. L?inspection fait également appel
à des outils liés à l?intelligence artificielle pour
détecter de potentielles situations illégales (éta-
blissements en fonctionnement sans le titre d?ex-
ploitation requis).
Action de l?inspection de l?environne-
ment dans le domaine de la distribution
et l?utilisation du gaz
Les accidents dus au gaz peuvent avoir, lorsqu?ils
surviennent, des conséquences dramatiques,
comme l?explosion de la rue de Trévise à Paris en
2019 qui a causé 4 morts, 66 blessés et des cen-
taines de sinistrés.
Des travaux réglementaires ont été engagés par la
DGPR pour tirer le retour d?expérience de cet acci-
dent, qui ont notamment abouti à la publication
de deux arrêtés ministériels :
? un arrêté modifiant l?arrêté ministériel du 23
février 2018 relatif aux règles techniques et de
sécurité applicables aux installations de gaz com-
bustible des bâtiments d'habitation individuelle
ou collective, y compris les parties communes ;
? un arrêté modifiant l?arrêté ministériel du 13 juillet
2000 portant règlement de sécurité de la dis-
tribution de gaz combustible par canalisations.
Ces deux textes ont introduit de nouvelles obliga-
tions en matière de sécurité.
? Pour les installations intérieures de gaz : renfor-
cement des exigences concernant la conception
des nouvelles installations, entretien des instal-
lations collectives de gaz situées entre l?organe
de coupure générale et les organes de coupure
individuelle et règles de condamnation d?organes
de coupure inutilisés ou abandonnés. Afin de
diminuer le nombre de fuites sur les détendeurs,
un remplacement préventif de ce type de maté-
riel a été instauré.
? Pour les réseaux de distribution de gaz : renou-
vellement de certains réseaux anciens et renfor-
cement des exigences concernant la conception
des réseaux neufs, la protection des branche-
ments neufs et existants, les interventions de
sécurité en cas de fuite, la mise en sécurité des
réseaux abandonnés et, plus généralement, la
surveillance et la maintenance de ces réseaux.
En 2022, les DREAL ont été mobilisées pour s?assurer
de la bonne prise en compte de ces évolutions par
les différents exploitants de réseau de gaz naturel
mais aussi de propane. C?est ainsi que près d?une
centaine d?inspections de chantiers de construc-
tion de réseaux, d?opération de mise en service ou
du suivi en fonctionnement ont été menées. Elles
ont permis de constater globalement une bonne
connaissance de ces évolutions. Il conviendra de
s?assurer qu?elles sont respectées dans la durée.
Ces inspections viennent en complément des
actions menées sur les canalisations de transport
de fluides dangereux (190 visites en 2022) et sur
les chantiers menés à proximité des réseaux (régle-
mentation anti-endommagement des réseaux).
Concernant ce dernier point, les DREAL ont mené
361 visites d?inspections sur des chantiers et par-
ticipé à de nombreuses actions de sensibilisation
des parties prenantes (collectivités, exploitants
de réseaux, entreprises de travaux) comme l?il-
lustre la vidéo élaborée avec la participation de la
DREAL Bretagne : https://www.bretagne.develop-
pement-durable.gouv.fr/travaux-a-proximite-des-re-
seaux-restons-vigilants-a5397.html
Des réductions de la pollution émise
Les évolutions réglementaires couplées à l?action de l?inspection des ICPE ont permis de réduire les émis-
sions de polluants dans l?environnement. Par exemple, sur 10 ans, on peut constater que les émissions
dans l?air d?oxydes d?azote (NOx) de 2010 à 2020 sur les cinq principaux secteurs d'activité émetteurs
ont baissé de 60?%.
https://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/travaux-a-proximite-des-reseaux-restons-vigilants-a5397.html
https://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/travaux-a-proximite-des-reseaux-restons-vigilants-a5397.html
https://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/travaux-a-proximite-des-reseaux-restons-vigilants-a5397.html
1514
Les réseaux de distribution en chiffres
Environ 200?000 km de réseaux de distribution en France, dont un peu moins
de 10 000 km sont exploités par 23 entreprises locales de distribution
11 millions de clients raccordés aux réseaux de gaz
200 000
11 millions
De nombreuses instructions à mener
dans le domaine des énergies renouve-
lables
En 2022, l?inspection des installations classées a
poursuivi son investissement fort dans l?instruction
des dossiers de demande d?autorisation ou d?en-
registrement pour l?exploitation de parcs éoliens
et de méthaniseurs.
Début avril 2023, plus 150 dossiers de méthaniseurs
(dont un peu plus de 90?% de demandes d?enre-
gistrement et un peu moins de 10?% de demandes
d?autorisation) et de 500 dossiers de demande
d?autorisation de parc éoliens étaient en cours
d?instruction.
Afin d?améliorer les délais d?instruction, des ren-
forts ont été alloués à l?inspection en 2023, affectés
en priorité à l?instruction des dossiers relatifs au
développement des énergies renouvelables.
Quelques chiffres clés dans le domaine de
l?éolien pour l?année 2022
? 80 autorisations pour des parcs éoliens délivrées
? 30 demandes rejetées à l?issue de la phase
d?examen
? 31 refus prononcés à l?issue des consultations
Le tableau ci-dessous présente l?évolution de ces
chiffres sur les dernières années. Ce sont des dos-
siers complexes, sur le plan de la protection de
la biodiversité et des paysages, qui suscitent un
contentieux nourri (que l?autorisation ait été accor-
dée ou refusée). Leur instruction mobilise donc très
fortement les inspecteurs des installations classées.
Quelques chiffres clés dans le domaine de la
méthanisation pour l?année 2022
? 15 autorisations délivrées
? 116 enregistrements délivrés
Le tableau ci-dessous présente l?évolution de ces
chiffres sur les dernières années.
Le risque NaTech : retour d?expé-
rience des incendies dans le Sud-Ouest
à l?été 2022
Des incendies ont eu lieu à l?été 2022 en Gironde,
exceptionnels par leur ampleur, leur durée et
leur simultanéité. De nombreux acteurs se sont
mobilisés au plus fort de la crise, dont bien sûr les
sapeurs-pompiers en première ligne, ainsi que les
services de sécurité intérieure. L?action de l?ins-
pection des ICPE, moins visible du grand public, a
été déterminante pour permettre aux pompiers
d?agir sereinement sans craindre de risques tech-
nologiques en plus du feu en lui-même.
Le lien entre risques naturels et risques technolo-
giques (risques NaTech) est évident dans ce type de
situations. Il faut alors adapter nos moyens d?action
et faire preuve de souplesse ou d?innovation.
Année Rejet / Refus Autorisation
2020 59 77
2021 71 72
2022 61 80
Année Enregistrement Autorisation
2020 77 16
2021 120 22
2022 116 15
Le risque NaTech
Un évènement NaTech est un phénomène naturel
pouvant engendrer un accident technologique,
par exemple une crue violente ou un incendie
de végétation qui pénètre sur le site et qui risque
d?endommager les installations et les unités, avec
des possibles conséquences humaines et maté-
rielles à l?intérieur et à l?extérieur du site.
Toutes les compétences de l?inspection des ins-
tallations classées ont été mises à contribution. Le
premier feu a débuté dans la forêt usagère de La
Teste-de-Buch (Gironde), dans laquelle se trouvent
des puits de pétrole. Les flammes se sont propagées
et ont cerné le site, mais les dispositifs de sécurité
et les mesures organisationnelles prévues pour
faire face à ce type d?événement ont parfaitement
fonctionné.
Le feu a continué sa progression, menaçant pro-
gressivement différentes ICPE, dont un site Seveso
seuil haut. Dans les campings ou installations indus-
trielles, les cuves de gaz ou autres appareils à pres-
sion contribuaient au risque. Des canalisations de
transport de gaz ont dû être coupées et mises en
sécurité, afin d?éviter tout sur-accident. Ici encore,
les dispositions de sécurité ont fonctionné.
Si de telles dispositions étaient anticipées et réguliè-
rement testées en Gironde et de manière générale
dans tout le sud de la France, le changement clima-
tique impose de généraliser ces bonnes pratiques sur
l?ensemble du territoire. Un retour d?expérience a été
établi et partagé avec l?ensemble du collectif national
de l?inspection, quelques semaines après les incendies.
Une actualité sur les déchets mar-
quée par plusieurs accidents et une
accentuation de la réponse pénale
En 2022, des actions ciblant le domaine des déchets
ont été conduites, tant en matière d?inspections
menées dans les diverses régions, que de travaux
pour limiter les risques des activités concernées.
En matière de lutte contre les activités illégales, des
actions coup de poing ont été menées par l?ins-
pection des installations classées dans les régions
Provence-Alpes-Côte d'Azur et Occitanie, de 2020 à
2022, pour tenter de juguler des trafics de déchets
stockés illégalement dans des entrepôts, au mépris
des règles de prévention des incendies et des règles
de traitement de déchets.
Relevant de la criminalité organisée, ces trafics
peuvent être à l?origine d?atteintes majeures à l?envi-
ronnement et à la santé humaine, comme le prouve
l?incendie du centre de tri de la société Recyclage
Concept 13, à Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône),
près de Marseille, qui a duré plus d?un mois - fin
décembre 2021 à début 2022 - provoquant une
pollution de l?air importante.
Ces campagnes d?inspections coup de poing ont
conduit la justice à pouvoir mettre en examen 5
personnes et 6 entreprises en mai 2022 - cf. Article
du journal Le Monde publié le 12 mai 2022 :
https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/05/12/
coup-de-filet-dans-la-criminalite-organisee-des-
dechets-dans-le-sud-est_6125836_3244.html
De manière plus générale, le retour d?expérience
de ces actions a alimenté la réflexion sur les orien-
tations stratégiques pluriannuelles de l?inspection
des installations classées (Ospiic) pour la période
2023 à 2027, afin de fournir des outils encore plus
efficaces à l?inspection dans le secteur des déchets.
Au niveau national, une mission d?inspection sur
l?accidentologie dans le secteur des déchets a été
commanditée et menée durant l?année 2022, dont
les conclusions publiées début 2023 ont mis en
évidence l?importance de prendre des mesures
pour mieux prévenir les risques d?incendie liés aux
batteries lithium-ion. Les règles encadrant les instal-
lations accueillant des déchets seront notamment
modifiées en 2023 pour mieux prévenir le risque
d?incendie, qui pourrait augmenter en raison des
évolutions climatiques.
Ressource : rapport Réduction de l?accidentologie
relative au secteur de la gestion des déchets
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_
services/cge/gestion-dechets.pdf?v=1674058655
Christophe Hennebelle
https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/05/12/coup-de-filet-dans-la-criminalite-organisee-des-dechets-dans-le-sud-est_6125836_3244.html
https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/05/12/coup-de-filet-dans-la-criminalite-organisee-des-dechets-dans-le-sud-est_6125836_3244.html
https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/05/12/coup-de-filet-dans-la-criminalite-organisee-des-dechets-dans-le-sud-est_6125836_3244.html
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/gestion-dechets.pdf?v=1674058655
https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/cge/gestion-dechets.pdf?v=1674058655
17
Lorsque des déchets susceptibles d?avoir un impact
sur l?environnement sont transférés à l?étranger, la
règlementation internationale (principalement la
convention de Bâle et le règlement (CE) n° 1013/2006
du 14/06/2006) impose le consentement préalable
des pays concernés.
Pour la France, l?autorité compétente, par déléga-
tion du ministre de la Transition écologique et de
la Cohésion des territoires, est le pôle national des
transferts transfrontaliers de déchets (PNTTD). Ce
pôle instruit les demandes, consent aux transferts et
assure l?accompagnement des industriels.
Il travaille également main dans la main avec les
forces de l?ordre pour s?assurer de l?application de la
règlementation concernant ces envois de déchets
à l?étranger.
En effet, joindre les compétences des différents ser-
vices de l?État concernés est primordial pour lutter
contre les atteintes à l?environnement et en particulier
contre les transferts illicites de déchets. C?est d?ailleurs
l?un des fondements du plan national d?inspection.
Des actions avec les forces de l?ordre
En 2022, plusieurs opérations Territoires propres
menées par l?Oclaesp (Office central de lutte contre
les atteintes à l?environnement et à la santé publique)
ou par les douanes ont permis la collaboration de
l?ensemble des services de contrôle pour agir dans
différentes régions.
Cette coopération a notamment permis de mettre en
évidence des trafics de grande ampleur de déchets
du BTP (bâtiment et travaux publics) en mélange ou
de déchets ménagers vers l?Espagne (plusieurs milliers
de tonnes), qui font actuellement l?objet d?enquêtes
judiciaires.
Sollicitée dans le cadre de 225 affaires en 2022, l?in-
tervention du PNTTD est croissante avec un champ
d?application large des déchets : déchets d?équipe-
ments électriques et électroniques, terres, véhicules
hors d?usage, etc.
Ce pôle assure l?appui aux autres administrations dans
le cadre des contrôles des transferts transfrontaliers
de déchets et le suivi des procédures administratives
en cas de transferts illicites.
Il interagit aussi avec les inspecteurs des installations
classées en DREAL pour échanger des informations
sur les installations de production ou de traitement
des déchets et prévenir d?éventuelles infractions.
Afin de faciliter encore ce type de collaboration,
il va se doter prochainement d?un site intranet de
partage d?informations afin de rendre les contrôles
encore plus efficaces.
Focus sur l?action du pôle national
des transferts transfrontaliers de
déchets
16
Muriel Jollivet
© HENNEBELLE Christophe : Incendie dans un site industriel
L?entrée en vigueur en 2022 de nou-
velles dispositions relatives à la cessation
d?activités industrielles
En application de la loi n° 2020-1525 du 7 décembre
2020 d?accélération et de simplification de l?action
publique (ASAP), l?exploitant doit faire attester par
une entreprise certifiée, ou disposant de compé-
tences équivalentes, que certaines des étapes de sa
cessation d?activité ont été menées conformément
au code de l?environnement.
Les attestations sont transmises aux services de
l?État. Ces obligations sont applicables pour les
cessations notifiées à compter du 1er juin 2022, pour
les ICPE soumises à autorisation et à enregistrement
ainsi que celles soumises à déclaration dont les
rubriques sont mentionnées à l?article R.512-66-3
du code de l?environnement.
La certification des entreprises est attribuée par
un organisme certificateur, lui-même accrédité
par le Comité français d?accréditation (Cofrac). Le
processus de certification, tout comme les condi-
tions pour revendiquer une équivalence auprès du
ministère chargé de l?environnement, sont définis
par l?arrêté ministériel du 9 février 2022. Cette cer-
tification vise à démontrer que l?entreprise dispose
des compétences, de l?expérience et des moyens
nécessaires pour garantir qu?elle est bien en mesure
de réaliser les tâches de vérification et d?analyse
critique exigées pour la délivrance des attestations.
Le processus de certification implique notamment
des audits réguliers ayant pour objectif de vérifier
le respect d?un référentiel spécifique pour chaque
type d?attestation. Les différents référentiels de
certification, tout comme les modèles d?attesta-
tions, sont également définis dans ce même arrêté
ministériel ; ils sont en partie composés de normes
de la série NF X31-620 relatives aux prestations de
service dans le domaine des sites et sols pollués.
Ce dispositif de certification réglementaire des
bureaux d?étude ou de contrôle n?affranchit pas
l?exploitant de ses obligations. Il demeure seul res-
ponsable du respect du code de l?environnement
aux yeux de l?administration.
Le bilan du dispositif vigilance ren-
forcée visant certaines sociétés
Si le ministre de la transition écologique et de la
cohésion des territoires constate que la sécurité des
sites industriels à risques est globalement satisfai-
sante sur l?ensemble du territoire national, plusieurs
sites font encore l?objet d?incidents réguliers ou de
non-conformités récurrentes.
Ce constat avait conduit, en juillet 2021, à la mise en
place d?un dispositif dénommé vigilance renforcée.
Treize sites industriels appartenant à six exploitants
avaient ainsi été placés sous vigilance renforcée.
Il avait été demandé à ces exploitants d?élaborer
et de remettre un plan de mise en conformité.
Ces plans comportaient des mesures concrètes,
quantifiables et vérifiables qui devaient être mises
en oeuvre d?ici le 31 décembre 2022. Ils définis-
saient, pour chaque site concerné, une trajectoire
de progrès qui a fait l?objet d?une vigilance accrue
de l?inspection des installations classées afin de
vérifier le respect des échéances sur lesquelles les
exploitants se sont engagés.
L?avancement de la mise en oeuvre de ces plans de
mises en conformité a été dressé périodiquement
par le ministère et rendu accessible sur internet.
À l?issue de cette période de vigilance renforcée, il
apparaît que la majorité des engagements ont été
tenus. Quelques sociétés ont néanmoins connu :
? des retards dans la mise en oeuvre. Il en est ainsi
pour le groupe Lactalis, dont trois sites ont ter-
miné leurs engagements tandis que, pour les
deux autres, les actions sont encore en cours.
Ce groupe est maintenu dans le dispositif en
2023, jusqu?à l?achèvement complet des actions
prévues par le plan. Il en est également ainsi pour
Esso, qui n?a pas mené à son terme l?une des
actions prévues ; il a été demandé au préfet de
suspendre l?exploitation des unités industrielles
concernées, ce qu?Esso a d?ores et déjà fait ;
? des manquements sur certains des engagements
qui avaient été pris. Ces manquements doivent
faire l?objet de sanctions administratives. Ainsi,
pour le site Yara Montoir et le groupe Pena, il
a été demandé aux préfets de procéder à des
mises en demeure et des amendes ou astreintes
jusqu?à la mise en conformité.
Par ailleurs, si le site d?Achères du SIAAP (service
public de l?assainissement francilien) a atteint les
objectifs qui avaient été fixés dans le plan de mise
en conformité, des faiblesses techniques et orga-
nisationnelles nouvelles sont apparues pendant
la période sous vigilance renforcée. Le site reste
donc dans le dispositif en 2023, avec un nouveau
plan d?actions.
Par ailleurs, les constats réalisés par l?inspection
des installations classées en 2022 conduisent à
intégrer quatre nouveaux sites dans le dispositif :
? DPC pour le site de Saint-Pol-sur-Mer (dépôt
pétrolier) ;
? GXO pour ses sites de Poupry, Artenay et Le Male-
sherbois (entrepôts).
Un plan d?actions sera prochainement publié pour
chacun de ces sites. Cette démarche progressive,
transparente et responsable permettra ainsi de
poursuivre l?accompagnement des exploitants
concernés dans l?amélioration de la sécurité indus-
trielle de leurs installations et la réduction de leur
empreinte environnementale.
1918
Des actions spécifiques à la suite
de l?accident de l?usine Lubrizol et des
entrepôts Normandie logistique
Bilan de l?action nationale Bande des 100
mètres autour des sites Seveso
Dans le cadre du plan d?actions gouvernemental
faisant suite à l?incendie du 26 septembre 2019
mettant en cause l?usine Lubrizol et les entrepôts
exploités par la société Normandie Logistique, l?ins-
pection des installations classées s?est vue confier
la mission, au cours des années 2020 à 2022 :
? de recenser toutes les installations classées
implantées à moins de 100 mètres des sites
Seveso ;
? à l?occasion des inspections de ces sites Seveso,
d?identifier d?éventuelles installations sensibles
implantées à proximité des limites de sites afin
d?investiguer la question des risques d?effets
dominos entre ces installations.
C?est une action clé qui vise à mieux connaître et
maîtriser le risque.
À fin 2022, l?inspection avait engagé cette action
auprès de 98?% des établissements classés Seveso,
achevée auprès de 93 % d'entre eux.
Près de 2 000 installations classées ont été recen-
sées dans le voisinage des sites Seveso. Parmi ces
installations, il a été constaté qu?environ 3,5?%
d?entre elles étaient en situation irrégulière ; des
procédures de régularisation ont été engagées.
Il a par ailleurs été constaté qu?environ 4?% des
installations étaient connues, mais nécessitaient
une actualisation de leur situation administrative
(mise à jour du régime de classement).
Dans la suite de ces contrôles et constats, l?inspec-
tion a adressé à environ 28?% des établissements
Seveso un courrier faisant état des informations
nouvellement recensées relatives à leur voisinage
et utiles pour la maîtrise des risques.
Dans le cadre de cette action, l?inspection des
installations classées a déjà mené plus de 3 000
visites d?inspection et poursuit ses opérations dans
l?objectif de finaliser l?action à mi-2023 et inspecter
la totalité des installations classées implantées à
moins de 100 mètres des sites Seveso.
Les actions ciblées sur les installa-
tions de traitements de surfaces
Les installations de traitements de surfaces per-
mettent d?appliquer un revêtement sur des pièces.
Les opérations effectuées sont actuellement un des
moyens essentiels pour améliorer les propriétés
fonctionnelles des métaux, notamment la résis-
tance à l?oxydation et à la corrosion, la tenue à la
fatigue mécanique, thermique ou de surface des
métaux, la résistance au frottement et à l?usure, les
aspects esthétiques, tels que la couleur et l?aspect,
la biocompatibilité ou l?adhésion d?une autre classe
de matériaux (céramique ou polymère).
Le principal type de traitement est le revêtement
par voie humide chimique ou électrolytique. Dans
ce cas, les pièces sont plongées dans différents
bains de produits chimiques pour leur permettre
d?obtenir les propriétés requises ; ces opérations
nécessitent notamment des quantités importantes
d'eau pour les rinçages.
La DGPR a constaté une augmentation sensible de
la fréquence d?événements (incidents, accidents)
dans le secteur des traitements de surfaces depuis
une vingtaine d?années et plus particulièrement
sur l?année 2021. Le Bureau d?analyse des risques
et pollutions industriels (Barpi) en a analysé les
caractéristiques et causes principales.
Au regard de cette analyse, il a été proposé de
mener une action particulière d?inspection au sein
de ce type d?installations soumises à autorisation
ou à enregistrement, en portant une attention
particulière à la conformité des installations, aux
mesures relatives à la prévention des incendies et
de leur propagation : vérification des installations
électriques, des systèmes de désenfumage, de la
détection incendie ou encore des moyens de lutte
et de confinement des eaux incendie.
Ce sont ainsi près de 300 contrôles qui ont été
menés par l'inspection des installations classées
en 2022.
Parallèlement, le bureau d?enquêtes et d?analyses
sur les risques industriels (BEA-RI), nouvellement
créé, a également mené plusieurs enquêtes spé-
cifiques chez des traiteurs de surfaces. Il a formulé
un certain nombre de constats et de recomman-
dations.
Fort des recommandations du BEA-RI, de l?analyse
menée par le Barpi et du retour d?expérience des
300 contrôles de l?inspection, des évolutions régle-
mentaires ont pu être proposées afin de renforcer
la réglementation applicable.
Ces nouvelles prescriptions techniques sont
imposées dans un arrêté ministériel récemment
publié. Il comporte notamment un renforcement
des dispositifs de désenfumage, de la conception
et du contrôle des installations électriques, de
la détection incendie et des dispositifs d?alerte
(arrêté ministériel du 20 avril 2023 modifiant l'arrêté
ministériel du 30 juin 2006 et l'arrêté ministériel
du 9 avril 2019).
La sécheresse, une problématique
majeure
Lors de la sécheresse exceptionnelle de l?été 2022,
il a été demandé à l?inspection des installations
classées de contrôler notamment les plus gros
consommateurs industriels d?eau, mais aussi de
sensibiliser les exploitants d?ICPE à l?importance
d?un usage sobre de la ressource en eau.
L?inspection des installations classées s?est notam-
ment attachée à vérifier le respect des exigences
des prescriptions sécheresse applicables aux ICPE
(respect des volumes prélevés, des valeurs limites
d?émission de polluants dans les rejets dans l?eau,
de la température des rejets).
Les volumes pouvant être économisés ont été esti-
més à environ 4,5 millions de m3/an pour les sites
dont les économies possibles ont été calculées et
communiquées.
Même si les usages industriels (hors sites de pro-
duction d?énergie) ne représentent que 4?% de la
consommation d'eau totale du pays, il est impor-
tant que les ICPE poursuivent leurs efforts dans la
réduction de leurs consommations d?eau afin d?an-
ticiper de nouvelles situations de crise et de pouvoir
dégager des marges pour l?implantation de nouvelles
activités industrielles, notamment celles nécessaires
aux transitions écologique et énergétique.
Il a été décidé de poursuivre et d?amplifier ces
travaux en 2023.
Le bilan des inspections relatives aux
produits chimiques
Partie intégrante du quotidien, les substances,
mélanges et produits chimiques se retrouvent
partout et peuvent avoir des effets nocifs sur la
santé et l?environnement, par exemple :
? le mercure est toxique pour l?être humain, par-
ticulièrement nocif pour le développement du
foetus ;
? les dioxines et les substances du même type
(dont les polychlorobiphényles ou PCB) sont des
polluants organiques persistants (POP) ;
? le bisphénol A, identifié comme un perturbateur
endocrinien, modifie le bon fonctionnement des
organes qui produisent des hormones.
Les effets sanitaires et environnementaux des
produits chimiques ont conduit les services de
l?État à mener, depuis de nombreuses années, une
approche conjointe et coordonnée afin d?intensi-
fier les actions de contrôle relatives aux produits
chimiques.
Le code de l?environnement habilite plusieurs corps
de contrôle à procéder aux contrôles nécessaires
visant à vérifier le respect des règlements euro-
péens, notamment :
? le règlement CLP sur la classification, l?emballage
et l?étiquetage des produits chimiques ;
? le règlement Reach sur l?enregistrement, l?auto-
risation et la restriction des produits chimiques ;
? le règlement sur les produits biocides ;
? les règlements F-Gaz, visant à réduire l?utilisa-
tion des gaz à effet de serre, et substances qui
appauvrissent la couche d?ozone.
En 2022, 1 700 inspections menées par les inspec-
teurs des installations classés ont abordé la théma-
tique produits chimiques, dont plus de 400 étaient
focalisées entièrement sur les risques chimiques.
Laurent Mignaux/Terra
Complexe pétrochimique d'Orcher (Haute-Normandie)
20
Trois actions nationales ont été déployées :
? une récurrente, avec l?inspection des détenteurs
d?appareils utilisant les fluides frigorigènes, puis-
sants gaz à effet de serre utilisés notamment dans
les secteurs du froid et de la climatisation, ainsi
que les distributeurs de ces fluides (près de 300
inspections en 2022). Près de 5?% d?entre elles
ont conduit les inspecteurs à dresser des pro-
cès-verbaux de délit ou de contravention ; des
mesures de police administrative ont également
été prises lorsque des non-conformités ont été
constatées ;
? les deux autres actions nationales se sont focali-
sées sur des risques émergents : les perturbateurs
endocriniens et les nanomatériaux.
Action de recherche de potentielles activités
de perturbation endocrinienne dans les rejets
des sites pharmaceutiques
Les perturbateurs endocriniens ont des effets
néfastes sur la santé humaine et participent à
l?érosion de la biodiversité. La deuxième stratégie
nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE2)
publiée en 2019, qui a pour objectif de réduire au
maximum l?exposition de l?environnement et de la
population aux perturbateurs endocriniens, prévoit
plusieurs actions afin d?améliorer la connaissance
de l?imprégnation des milieux par les perturbateurs
endocriniens.
L?action nationale s?est inscrite dans le cadre de
l?action 20 de la SNPE2 relative à la surveillance
des rejets de certains secteurs d?activités indus-
trielles. Elle a consisté à rechercher de potentielles
activités de perturbation endocrinienne dans les
effluents de sites industriels pharmaceutiques rele-
vant de la législation des ICPE. Au total, 21 prélève-
ments ont été effectués en 2022 ; ils sont toujours
en cours d?analyse (analyse par des bioessais in
vitro) afin de rechercher des composés capables
d?interagir avec des récepteurs des stéroïdes, des
corticoïdes, des proliférateurs, des peroxysomes
et des xénobiotiques.
Selon les résultats des analyses de ces prélève-
ments, des actions supplémentaires seront mises en
oeuvre pour caractériser plus finement les activités
de perturbation endocrinienne et, le cas échéant,
engager, avec les exploitants des sites concernés,
des actions de réduction de ces rejets, dans la
lignée de la SNPE 2.
Action à destination des fabricants et impor-
tateurs de substances de formes nanoparti-
culaires
L?action a consisté à mener des inspections au
sein des entreprises potentiellement soumises
à l?obligation de déclaration annuelle des subs-
tances de formes nanoparticulaires pour les fabri-
cants, importateurs et distributeurs de plus de
100 grammes par an de ces substances sur le ter-
ritoire national prévue par la législation française.
Les données déclarées dans le registre national
R-Nano ont pour objectifs d?établir une traçabi-
lité des nanomatériaux sur le territoire national,
d?améliorer les connaissances générales sur les
nanomatériaux, de rassembler les informations
utiles aux évaluations des risques potentiels sur la
santé et l?environnement liés à ces substances et
d?informer le public et les consommateurs sur les
substances et sur les usages.
Dans le cadre de cette action, 27 inspections ont
été menées, au cours desquelles 20 prélèvements
de substances pures ont été réalisés à des fins
d?analyses par le Service commun des laboratoires
(SCL) afin de détecter la présence de formes nano-
particulaires de la substance. Ces analyses sont
également toujours en cours. Les premières effec-
tuées montrent que près de 30?% des échantillons
de substances prélevés ont révélé la présence de
formes nanoparticulaires non déclarées.
CHAPITRE 3
Bilan de l?accidentologie
pour l?année 2022
En 2022, le nombre total d?incidents et accidents
déclarés à l?administration dans les installations
classées pour la protection de l?environnement
est resté relativement stable : 1 155 événements
recensés dans la base Aria pour l?année 2022 (au
31 mars 2023) dont 375 accidents.
Les secteurs les plus accidentogènes identifiés en
2022 sont les suivants :
? les déchets ;
? l?industrie chimique et pharmaceutique ;
? les élevages ;
? la fabrication de produits laitiers.
La base Aria
La base de données Aria (analyse, recherche et information sur les accidents) répertorie les
accidents et les incidents technologiques en France et à l'étranger : elle comporte plus de
57?000 événements enregistrés. Elle est enrichie de 1?200 à 1?500 nouveaux événements
par an Ses sources d'informations sont variées : services de secours, inspection des instal-
lations classées, médias, organismes professionnels, etc. Cette base n?est pas exhaustive.
Parmi les événements enregistrés dans la base Aria, on distingue les accidents, qui sont les
événements qui ont porté atteinte aux intérêts protégés par le code de l?environnement, et
les incidents, qui sont les événements qui auraient pu porter atteinte à ces mêmes intérêts.
Laurent Mignaux / Terra
Usine de production de PVC :
arrosage de la sphère de stockage après
dépotage en cas d'incendie
21
2322
Sylvaine Delugan
Carcasses de voitures
22
Focus sur le secteur de l?industrie
chimique et pharmaceutique
Le secteur de l?industrie chimique et pharmaceutique,
incluant la pétrochimie (hors raffinage) est le deuxième
secteur le plus accidentogène.
En 2022, le Barpi a recensé 34 accidents (contre 56 en
2021), en baisse notable de 40?%. Le phénomène dan-
gereux majoritaire concernant les accidents est le rejet
de matières dans l?environnement.
La chimie représente la majorité des accidents (31) alors
que l?industrie pharmaceutique a connu 8 accidents
en 2022.
Focus sur le secteur de l?élevage
En 2022, le Barpi a recensé 23 accidents (20 en 2021).
Les deux phénomènes principaux sont l?incendie et
les rejets dans l?environnement. Il est à noter 3 évé-
nements liés à une perte d?alimentation électrique
qui ont entraîné la mort des animaux d?élevage.
Focus sur le secteur de la fabrica-
tion de produits laitiers
En 2022, le BARPI a recensé 20 accidents, contre
21 en 2021.
Le phénomène principal dans ce secteur est
le rejet de matières dans l?environnement. Il
est à noter que la fuite de produits chimiques
représente environ un tiers de ces évènements.
Pour illustrer ce dernier chiffre, un événement
a entraîné une fuite de 80 m3 d?acide chlorhy-
drique dans une laiterie mettant en péril la conti-
nuité d?activité de l?usine. Les autres phénomènes
sont principalement des incendies.
Focus sur les événements NaTech
Le terme NaTech (contraction de Naturel et Techno-
logique) est employé pour désigner l?impact d?un aléa
naturel (inondation, séisme, feu de forêt, canicule,
etc.) sur tout ou partie d?une installation industrielle,
impact susceptible de provoquer un accident.
L?année 2022 a été classée l?année la plus chaude
jamais mesurée en France par Météo-France. Cela se
traduit dans l?accidentologie industrielle, avec plus de
deux fois plus d?événements liés aux fortes chaleurs
en 2022 qu?en 2021 (71 pour 31 recensés en 2021). Les
fortes chaleurs peuvent contribuer à des départs de
feu notamment, ou conduire à des courts-circuits sur
un automate, par exemple.
Au niveau des accidents, l?augmentation est encore
plus significative, avec presque quatre fois plus d?ac-
cidents qu?en 2021 même si on reste sur des nombres
d?accidents peu importants (22 pour 6 recensés en
2021). Il est à noter que ces nombres se rapprochent
de l?accidentologie de 2019, année où le nombre
des événements liés aux fortes chaleurs est le plus
important à ce jour dans la base Aria (59 événements
dont 20 accidents). L?année 2019 n?est classée qu?au
cinquième rang des années les plus chaudes mesurées
en France, mais avait été marquée par des périodes
de canicule intense.
Par ailleurs, l?année 2022 est également remarquable
par le nombre d?événements liés à des feux de forêt
et impactant des installations industrielles (7 événe-
ments recensés en 2022 mais seulement 2 accidents,
l?un lié à la mortalité d?animaux lors de l?évacuation
d?un zoo et l?autre à l?incendie du stock d?une scierie).
Aucun événement n'a été recensé en 2021. 23
Laurent Mignaux/Terra
Elevage industriel de poulets
Le secteur des déchets regroupe une vaste typologie
d?unités :
? les installations de tri, transit, regroupement de
déchets (TTR) ;
? les centres de traitement et de valorisation de
déchets ;
? les installations de stockage de déchets ;
? les installations concernant les déchets d?équipe-
ments électriques et électroniques (DEEE) ;
? les installations de dépollution et les installations
de broyage de véhicules hors d?usage (VHU) ;
? les installations de valorisation de déchets orga-
niques (compostage, méthanisation).
Ce secteur dans son ensemble a connu une forte
croissance de son accidentologie depuis plusieurs
années.
En 2022, l?accidentologie de ce secteur diminue. Pour
autant, compte tenu de la forte augmentation inter-
venue les années précédentes, il reste le secteur le
plus accidentogène.
Ainsi, en 2022, le Barpi recense à ce jour 60 accidents
(75 en 2021).
L?étude par sous-secteur d?activité montre :
? une baisse notable dans le secteur des installations
de récupération de déchets (VHU, DEEE?), passant
de 40 à 26 accidents et le secteur du traitement
des déchets, passant de 22 à 17 accidents ;
? une hausse dans le secteur de la collecte des
déchets (TTR?) passant de 11 à 15 accidents ;
? une confirmation de la baisse du nombre d?événe-
ments dans les installations de stockage de déchets
engagée en 2021 (58 événements en 2020, 40 en
2021, 40 en 2022), qui se traduit également au
niveau des accidents (9 en 2020, 9 en 2021 et 5
en 2022) ;
? une stabilisation du nombre d?accidents dans des
installations de valorisation de déchets organiques,
alors que le nombre d?événements est en hausse
(+20?% pour la méthanisation passant de 25 à 31
événements, +85?% pour le compostage passant de
14 à 28 événements). Il est toutefois à noter que,
pour la filière dédiée au compostage, l?accidento-
logie est fortement liée aux conditions climatiques
et que l?année 2021 avait été marquée par un creux
sur le nombre d?événements par rapport aux années
précédentes.
Focus sur le secteur des déchets
24
De nouvelles orientations straté-
giques pour les années 2023 à 2027
Par instruction du 27 janvier 2023, le ministre
de la Transition écologique et de la Cohésion
des territoires a défini de nouvelles orientations
stratégiques pluriannuelles pour l?inspection
des installations classées sur la période 2023 à
2027.
Il s?agit de la feuille de route de l?inspection pour
les années à venir, au travers d?actions concrètes
et de thématiques à forts enjeux liées aux instal-
lations industrielles et agricoles :
? la réduction et l?adaptation face aux change-
ments climatiques, dont notamment la décar-
bonation, la poursuite du développement des
énergies renouvelables, la préservation de la
biodiversité ;
? l?accompagnement des porteurs de projet pour
une meilleure appropriation des enjeux ;
? une mobilisation accrue, avec des outils plus
puissants, face aux situations illégales ;
? l?amélioration des actions de transparence et
de concertation vis-à-vis des parties prenantes ;
? la poursuite de la modernisation des outils de
systèmes d?informations et de services rendus
aux citoyens.
Ces axes seront développés sur la période 2023-
2027 en associant l?ensemble de la chaîne de l?ins-
pection présente aux différents échelons (national,
régional et départemental), aussi bien en métro-
pole qu?en outre-mer.
Une mobilisation accrue ces der-
niers mois sur des sujets structurants
L?inspection des installations classées s?est forte-
ment mobilisée, ces derniers mois, sur différents
sujets :
Décarboner notre industrie avec les 50 sites
industriels français qui émettent le plus de gaz
à effet de serre : un constat et une feuille de
route à décliner
Le président de la République a demandé, le 8
novembre 2022, aux 50 sites industriels les plus
émetteurs des gaz à effet de serre (GES) et aux 6
raffineries de réaliser sous six mois des feuilles de
route de décarbonation.
Les 23 entreprises exploitant les 56 sites doivent
définir des trajectoires de réduction d?émissions de
GES 2030-2050 avec l?analyse de plusieurs scénarios
et de propositions d?investissements associés. Les
industriels doivent présenter à mi-2023 les projets
industriels associés à chacun des différents scéna-
rios. Cela permettra ainsi de définir les besoins sup-
plémentaires en électricité, biomasse, hydrogène,
infrastructures CCS et le soutien financier de l?État.
Ces projets se traduisent déjà sur certains sites
par des modifications ambitieuses des ateliers ou
capacités de production. Ces projets techniques
de grande ampleur sont anticipés, puis instruits
et contrôlés par l?inspection des installations
classées, qui veille à la bonne conception de ces
nouvelles installations industrielles du point de
vue des risques et des nuisances et participe aux
concertations associées.
Chapitre 4
Perspectives et priorités pour
2023 et les années suivantes
25
Arnaud Bouissou / Terra
Machine de production côté finisseurs et convoyeurs
Les substances per-polyfluoroalkylées (PFAS)
rejetées par l?industrie : un diagnostic et un plan
d?actions
Au regard des préoccupations grandissantes
concernant l?impact des substances per-polyfluo-
roalkylées (PFAS) sur la santé humaine et celle des
écosystèmes, le ministère de la Transition écolo-
gique et de la Cohésion des territoires a publié, le
17 janvier 2022, un plan d?actions ministériel visant
notamment à réduire les émissions des industriels
de façon significative.
Des arrêtés préfectoraux, prescrivant la réalisation
de mesures de ces substances dans les effluents
et dans l?environnement, ont été établis pour les
cinq producteurs de PFAS en France : Arkema et
Daikin à Pierre-Bénite (69), Solvay à Tavaux (39),
Solvay à Salindres (30) et Chemours à Villers-Saint-
Paul (60).
De façon plus générale au niveau national, l?ana-
lyse des effluents industriels fortement suscep-
tibles de contenir des PFAS fait l?objet d?un projet
d?arrêté ministériel. Ce projet d?arrêté (en cours de
publication) concerne certaines ICPE soumises à
autorisation sur un large champ de filières indus-
trielles (environ 5?000 installations) afin d?atteindre
un grand nombre de sites pouvant produire, uti-
liser, traiter ou rejeter ces substances. L?objectif
de cette action est de caractériser la présence de
PFAS en sortie de ces installations, afin d?identifier
les substances prédominantes au sein des rejets
et les secteurs d?activités fortement émetteurs
qui y sont associés. Elle permettra de proposer,
dans un second temps, une surveillance pérenne
des composés majeurs présents et d'engager des
actions de réduction des émissions de PFAS.
La sécheresse, conséquence du réchauffement
climatique : un plan de sobriété pour préserver
une ressource limitée
L'eau est indispensable au fonctionnement de l'in-
dustrie, que ce soit directement dans le processus
industriel, pour le traitement des rejets, le lavage et
la transformation des aliments ou tout simplement
pour la défense contre l'incendie.
La grande majorité de l'eau prélevée est restituée
et l'industrie (hors les sites de production d?énergie)
ne consomme que 4?% de l'eau au niveau natio-
nal. Cependant, au regard de la récurrence des
périodes de sécheresse et de la tension sur la res-
source, l'industrie doit encore intensifier ses efforts.
L'inspection des ICPE va poursuivre ses actions de
sensibilisation, de contrôle et de mises en place de
prescriptions réglementaires spécifiques.
L?action de l?inspection des installations classées
dans ce domaine reposera en 2023 sur les actions
suivantes :
? prévoir, par un arrêté ministériel, des disposi-
tions de réduction de la consommation des
industriels en cas de sécheresse (socle minimal
national). Ce projet d'arrêté vise à généraliser
au niveau national des mesures de restriction
applicables aux ICPE en cas de sécheresse. Il
précise les niveaux de réduction à respecter sur
les prélèvements ou sur la consommation en
eau, en fonction du seuil de sécheresse atteint
sur leur territoire d?implantation. Il fixe égale-
ment des modalités d?exemption à ces restric-
tions en fonction des secteurs d?activité, des
économies d?usage de l?eau déjà réalisées et
de la capacité de réutilisation des eaux au sein
des installations ;
? compléter les arrêtés préfectoraux individuels
des plus gros consommateurs d?eau par des
mesures spécifiques liées à la sécheresse dans
les territoires (notamment les territoires en
tension), pour les installations qui n?en dispo-
seraient pas déjà ;
? de façon plus constante sur l?ensemble d?une
année, en matière de sobriété, accompagner de
manière spécifique 50 sites qui ont le plus gros
potentiel de réduction de leur consommation
d?eau, afin qu?ils engagent les investissements néces-
saires à un usage plus sobre de cette ressource ;
? vérifier le respect des prescriptions sobriété et
sécheresse et la capacité de l?exploitant à les
mettre en oeuvre.
2726
La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à
l?accélération de la production d?énergies renou-
velables : une déclinaison concrète des diverses
mesures et actions
Pour répondre aux engagements de développe-
ment de la production d'énergies renouvelables,
l'inspection des installations classées est forte-
ment mobilisée afin de mettre en oeuvre l'ins-
truction du 16 septembre 2022(1) ainsi que la loi
n°?2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accéléra-
tion de la production d'énergies renouvelables en
ce qui concerne l?instruction des projets d?énergie
renouvelable.
Par ailleurs, l'article 67 de la loi précitée a introduit
la possibilité de subordonner la délivrance d?une
autorisation environnementale au financement,
par le développeur, d?un radar de compensation.
Cet article doit permettre de libérer des espaces
potentiellement favorables au développement de
l?éolien terrestre. Des échanges sont ainsi engagés
avec les représentants de la filière et les organismes
concernés afin d'accompagner la mise en oeuvre
de ce dispositif.
Enfin, des dispositions ont été introduites dans
la loi pour faciliter la construction de canalisa-
tions de transport contribuant à l?objectif de la
neutralité carbone (hydrogène notamment) ou la
conversion d'ouvrages existants (changement de
produits transportés). Les projets de construc-
tion de nouveaux ouvrages pourraient ainsi être
reconnus d'utilité publique. Pour les conversions
d'ouvrages existants, les déclarations d'utilité
publique resteraient valables pour les nouveaux
produits transportés et les cas où une enquête
publique est requise préalablement à l'autorisa-
tion de changement de produits seront précisés.
Le projet de loi sur l?industrie verte, pour
répondre aux enjeux de la transition écologique
et accompagner l?industrie
Le ministère de la Transition écologique et de la
Cohésion des territoires a participé activement à
l?élaboration du projet de loi industrie verte pré-
senté le 16 mai 2023 en Conseil des ministres. Pour
les ICPE, ce projet de loi prévoit plusieurs disposi-
tions structurantes.
L?ambition portée par le projet est la division par
deux des délais inhérents aux implantations indus-
trielles, en les faisant passer de 17 à 9 mois.
Une mesure législative vise en effet à accélérer les
procédures administratives et à moderniser
l?enquête publique. En parallélisant les phases d?exa-
men des services, de l?autorité environnementale
et de la consultation du public, le délai théorique
total sera réduit de trois mois. Cette mesure devrait
être accompagnée d?un renforcement des effectifs
des services instructeurs afin de produire pleine-
ment ses effets.
Le projet de loi prévoit par ailleurs de faciliter la
dépollution de friches industrielles, par la mobilisa-
tion plus aisée des fonds des sociétés en liquidation
pour mettre les sites en sécurité, par la mise en
oeuvre de procédures modernisées et mieux caden-
cées pour la cessation d?activité puis la réhabilita-
tion des sites et par des dispositions de coercition
renforcées à l?égard des acteurs les moins vertueux.
Enfin, afin de soutenir le développement de
l?économie circulaire et de filières de recyclage,
l?utilisation des déchets recyclés comme matière
première sera simplifiée, ainsi que la réutilisation
des résidus de production au sein des plateformes
industrielles. Enfin, les exportations irrégulières de
déchets seront mieux sanctionnées.
(1) Instruction du Gouvernement du 16 septembre 2022 relative à l?organisation de la répartition et du délestage de la
consommation de gaz naturel et de l?électricité dans la perspective du passage de l?hiver 2022-2023 et à l?accélération du
développement des projets d?énergie renouvelable
Arnaud Bouissou / Terra
Parc éolien de Sud Vienne
Des priorités thématiques tech-
niques spécifiques pour l?année 2023
Par instruction ministérielle du 12 décembre 2022,
les priorités d?actions de l?inspection des instal-
lations classées au titre de l?année 2023 ont été
définies par le ministre de la Transition écologique
et de la Cohésion des territoires.
Au-delà des actions périodiques annuelles (réa-
lisation du programme des visites d?inspection,
instruction des demandes de projets initiaux, lutte
contre les exploitations illégales, etc.), il a été jugé
opportun de réaliser des actions complémentaires
sur les thématiques prioritaires suivantes :
? la préservation de la ressource en eau, en impo-
sant des prescriptions complémentaires aux plus
importants sites consommateurs d?eau et en
vérifiant l?application des prescriptions liées à
la sécheresse ;
? le contrôle des mises en oeuvre des évolutions
réglementaires (post-accident de l?usine Lubrizol
et des entrepôts Normandie logistique) pour les
liquides inflammables et le stockage de matières
combustibles ;
? la conduite d?inspection et les travaux de régu-
larisation administrative pour les établissements
relevant de la directive sur les émissions indus-
trielles régulièrement mis en service et qui ne
disposeraient pas d?arrêté préfectoral.
D?autres actions prioritaires thématiques sont
également en cours de mise en oeuvre. À titre
d?exemples, on peut citer les actions suivantes :
? les inspections au sein de silos (secteur d?activité
où les accidents sont récurrents ces dernières
années) en vue d?examiner les mesures de pré-
vention des incendies ;
? des contrôles inopinés en vue de s?assurer de
la bonne préparation des transporteurs et
des distributeurs de gaz, en vérifiant notam-
ment de la disposition des plans de sécurité et
d?intervention ;
? la vérification des différentes formalités adminis-
tratives en matière de traçabilité des déchets, en
s?appuyant sur l?outil Trackdéchet et le registre
national des déchets, terres et sédiments
dénommé RNDTS ;
? la surveillance des rejets d?activités de pertur-
bation endocrinienne dans les effluents de sites
industriels ;
? le contrôle des obligations relatives aux fluides
frigorigènes et aux fiches de données de sécurité
(FDS) ;
? l?inspection au sein des abattoirs et des industries
agro-alimentaires utilisant des fluides frigorigènes
afin de contrôler l?emploi, la manipulation et le
conditionnement de ces fluides ;
? la vérification de la conformité des produits
biocides dans les entreprises de désinfection,
dératisation et désinfection (3D) ;
? l?inspection au sein de piscicultures en vue d?éva-
luer la conformité réglementaire des différentes
installations exploitées, en liaison avec le plan de
progrès de la filière signé en 2015.
Face aux enjeux locaux, chaque région réalise par
ailleurs une action de son choix sur tout ou partie
de son territoire. À titre d?exemples, on peut citer :
la vérification des conditions de stockage des pro-
duits chimiques, les équipements sous pression au
sein des ICPE, le suivi des fonderies, le contrôle des
émissions atmosphériques au sein des unités de
biomasse, le contrôle des tours aéroréfrigérantes,
la vérification de l?état des stocks de produits
chimiques ou la gestion du confinement des eaux
d?extinction incendie.
L?instruction ministérielle définit également une
action prioritaire au sein d?établissements non
ICPE, en lien avec la loi n° 2020-105 du 10 février
2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à
l?économie circulaire. L?action consiste à réaliser
des inspections au sein des principaux acteurs de
la restauration rapide en vue de vérifier l?interdic-
tion d?utilisation de la vaisselle et des couverts
jetables.
2928
Projet de Gigafactory de batteries électriques
pour le secteur automobile : société ACC à Bil-
ly-Berclau et Douvrin (62) en région Hauts-de-
France
Engagé à l?été 2020 et motivé par l?objectif de
retrouver une souveraineté industrielle en Europe
dans le domaine de la mobilité électrique, le projet
industriel de fabrication de batteries pour voiture
électrique porté par la société Automotive Cells
Compagny (ACC), regroupant les grands groupes
Total, Stellantis Et Opel, contribue à atteindre les
objectifs de transition énergétique et de mobilité
décarbonée, notamment en vue de la fin des véhi-
cules thermiques. La mise en exploitation de cette
usine, la première d?une série de Gigafactory, située
dans les Hauts-de-France à Douvrin et Billy-Berclau
(62), est prévue en 2023 pour le premier bloc.
Le projet de l?exploitation de l?usine de Douvrin
et Billy-Berclau est prévu en trois étapes, avec un
investissement total de près de 2 milliards d?euros :
? premier bloc : une première ligne de production
de 8 GWh exploitée pour le deuxième semestre
2023, avec un investissement de 500 à 600 mil-
lions d?euros. Objectif également du doublement
de la ligne soit 16 GWh de capacité de produc-
tion pour fin 2023-2024 ;
? deuxième bloc : une deuxième ligne de produc-
tion de 8 GWh pour 2024 ;
? troisième et quatrième blocs pour horizon 2030,
avec pour objectif 24 à 32 GWh de capacité de
production.
L?inspection des installations s?est fortement mobi-
lisée pour la conduite de :
? la phase amont, avant le dépôt de la demande
d?autorisation environnementale du premier bloc
et permettant d?identifier les problématiques et
les pistes de solutions afin de garantir un dossier
de meilleure qualité ; cette phase amont a été
articulée avec la concertation préalable conduite
par deux garants en lien avec la Commission
nationale du débat public ;
? l?instruction de la demande d?autorisation envi-
ronnementale, associée à une demande de
permis de construire séparée, déposée le 8 juin
2021. Après une enquête publique d?un mois et
l?examen par l?inspection des ICPE et des services
de l?État, le préfet du département a accordé
l?exploitation des installations de fabrication de
batteries par arrêté préfectoral du 27 décembre
2021. Au total, l?instruction aura duré 6,5 mois
pour ce projet stratégique grâce à l?anticipation
des enjeux par tous les acteurs, au premier chef
le porteur de projet.
La phase amont a permis au pétitionnaire de pou-
voir intégrer, lors de la conception de sa demande,
l?ensemble des thématiques associées à l?étude d?im-
pact et à l?étude de dangers. L?instruction menée par
les divers services de l?État (dont particulièrement
l?inspection des installations classées), enrichie par
les différents avis et observations lors des phases de
consultation et d?enquête publique, ont permis de
fixer un cadre prescriptif à l?exploitant en vue de pré-
venir les dangers, les nuisances et les pollutions liés
à l?exploitation de ses installations. Le travail mené
a ainsi permis de réduire les risques technologiques
vis-à-vis des tiers et des infrastructures ainsi que des
éventuels impacts sur l?environnement.
D?autres modifications et mises en exploitation
progressives d?ateliers sont prévues, après instruc-
tion des services de l?inspection, au cours des pro-
chains mois et années.
Des mesures liées au plan de prévention des
risques technologiques (PPRT) : dépôts pétroliers
en région Centre-Val de Loire en Orléanais (45)
et à Saint-Pierre-des-Corps (37)
Deux inaugurations se sont déroulées en sep-
tembre 2022 dans le cadre des Plans de Prévention
des Risques Technologiques des dépôts pétroliers
de l'Orléanais (45) et Saint-Pierre des Corps (37).
Les plans de prévention des risques technolo-
Annexe
Quelques exemples illustratifs
de progrès environnementaux
dans les territoires
giques (PPRT), créés après la catastrophe d'AZF de
Toulouse (31), permettent de limiter l'urbanisation
et réduire les risques pour les riverains autour des
sites les plus à risques (sites Seveso seuil haut).
Septembre 2022 a vu l'aboutissement de deux
projets importants de réduction des risques entrant
dans le cadre des PPRT, autour des dépôts pétroliers
de l'Orléanais (45) et Saint-Pierre-des-Corps (37).
Ces deux projets représentent un coût total de plus
de 18 millions d?euros (financé à 40 % par l'État) et
ont permis d'éviter de nombreuses expropriations.
Primagaz a ainsi inauguré, le 26 septembre 2022
à Druye (37), sa nouvelle plateforme de distri-
bution de GPL. Ce déménagement a été réalisé
pour protéger les riverains, qui étaient situés dans
les zones de danger du site historique situé à
Saint-Pierre-des-Corps (37).
DPO a inauguré, le 29 septembre 2022, à Saint-
Jean-de-Braye (45), la pose de doubles parois
autour de deux bacs de stockage d?hydrocarbures.
Ces travaux, cofinancés par l?État, les collectivités
et l?exploitant dans le cadre d?un PPRT, ont permis
de réduire à la source les risques pour les habitants
et les activités industrielles autour du site.
Ces deux projets marquent la fin de plusieurs
années de travail technique et de concertation,
menés par des équipes projet DREAL-DDT sous
l'égide des préfets de départements, et associant
largement les collectivités et exploitants industriels.
Des actions de réduction de la consommation
d?eau dans l?industrie agro-alimentaire et laitière :
l?usine Yoplait Production France à Moneteau (89)
La société Yoplait Production France fabrique des
produits laitiers à Moneteau, dans l'Yonne. Sa gamme
de spécialités est dérivée des 4 familles de produits
suivants : les desserts lactés, les yaourts et desserts
à boire, les fromages frais et les crèmes fraîches. Il
s?agit d?un établissement relevant de la directive
européenne IED sur les émissions polluantes.
Le site est autorisé à prélever 750 000 m3 d?eau par
an. Il fait ainsi partie des 500 plus importants préle-
veurs industriels d?eau en France. Les prélèvements
sont réalisés dans la nappe alluviale de la rivière
Yonne, via deux forages dédiés.
Depuis plusieurs années, le site s?est engagé dans
des démarches de réduction des consommations
d?eau et d?amélioration de la qualité de la ressource.
Les efforts du site ont permis, ces dernières années,
de diminuer les prélèvements d?eau de 160 000 m3
par an, soit une réduction de 22 % par rapport au
volume autorisé. À titre d'exemple, en 2021, l'éta-
blissement a mis en place un capteur infra rouge
et ultraviolet permettant d'analyser l?efficacité des
lavages afin d'optimiser leur durée. Le gain est estimé
à 10 % des consommations.
Durant l'épisode de sécheresse marqué en 2022,
l'établissement a su faire preuve de résilience. A la
suite d?une inspection menée par la DREAL Bour-
gogne-Franche-Comté afin de vérifier les actions
menées par la société dans le cadre de l?arrêté
préfectoral du 10 août 2022 fixant le seuil d?alerte
renforcée de la zone Yonne moyenne, l?industriel a
enregistré en quinze jours une diminution de 10 % de
sa consommation d?eau sur une période à fort stress
grâce au recyclage au sein de son procédé industriel.
Dans les prochains mois et années, l?établissement
reste mobilisé sur des réflexions d?optimisation
de la ressource en eau. Dans cette optique, le site
étudie, en relation étroite avec l'agence de l'eau
Seine Normandie (AESN), la récupération d?eau de
sérum dans le processus pour une réduction des
prélèvements de 25 000 m³ par an.
En 2023, l?inspection des installations classées pro-
posera au préfet de l?Yonne un arrêté prescrivant la
réalisation d?une étude technico-économique avec
des scénarios plus exigeants en terme d?écono-
mies d?eau. Cette étude comprendra, par exemple,
un diagnostic détaillé des consommations d'eau
nécessaire aux processus industriels ainsi qu'une
analyse des dispositions supplémentaires tempo-
raires applicables en cas de sécheresse, graduées,
si nécessaire, en fonction de l'accentuation du
phénomène climatique. Cette étude, finançable
par l?AESN, fera par la suite l?objet d?un plan d?ac-
tion suivi par la DREAL Bourgogne-Franche-Comté.
Dépôts de Pétrole d'Orléans
Pose de doubles parois autour de deux bacs
de stockage d'hydrocarbures à Saint-Jean de Braye (45)
3130
Glossaire
Ademe Agence de la transition écologique
ARS Agence régionale de santé
BEA-RI Bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels
CDC Caisse des dépôts et consignations
CGE
Conseil général de l?économie, de l?industrie, de l?énergie et des
télécommunications
Coderst
Conseil départemental de l?environnement et des risques sanitaires et
technologiques
CDNPS Commission départementale de la nature, des sites et des paysages
CRIC Coordinateur régional des installations classées agricoles
CSS Commission de suivi de site
CSPRT Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques
DAAF Direction de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (outre-mer)
DD-ETS-PP
Direction départementale - de l?emploi, du travail, des solidarités - et
de la protection des populations
DDT Direction départementale des territoires
DEAL
Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement
(pour la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion en outre-mer)
DEALM
Direction de l?environnement de l?aménagement, du logement et de la
mer (pour Mayotte en outre-mer)
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DGTM Direction générale des territoires et de la mer (pour la Guyane en outre-mer)
DREAL Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DRIEAT
Direction régionale et interdépartementale de l?environnement,
de l?aménagement et des transports (pour Ile-de-France)
DTAM
Direction des territoires, de l'alimentation et de la mer
(Saint-Pierre et Miquelon)
ICPE Installation classée pour la protection de l?environnement
IGEDD Inspection générale de l?environnement et du développement durable
IIC Inspection des installations classées
Ineris Institut national de l'environnement industriel et des risques
MTECT Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
Oclaesp
Office central de lutte contre les atteintes à l?environnement et
à la santé publique
OFB Office français de la biodiversité
Ospiic
Orientations stratégiques pluriannuelles pour l?inspection des installations
classées
UD Unité départementale (en DREAL et DRIEAT)
UID Unité interdépartementale (en DREAL)
23122 DICOM - Juin 2023