Deuxième plan quinquennal pour le logement d'abord (2023-2027) : Agir, prévenir, construire pour lutter contre le sans-abrisme. Dossier de presse
Auteur moral
France. Délégation interministérielle à l'hébergement et à l'accès au logement
Auteur secondaire
Résumé
Présentation du deuxième plan quinquennal et bilan du premier plan pour le logement d'abord.
Descripteur Urbamet
parc de logements
Descripteur écoplanete
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
1 1
Délégation interministérielle
à l?hébergement et à
l?accès au logement
juin 2023
Deuxième plan quinquennal pour le
Logement d?abord (2023-2027)
Agir, prévenir, construire,
pour lutter contre le sans-abrisme
DOSSIER DE PRESSE
2 3
SO
M
M
A
IR
E
01
Bilan du premier plan
Logement d?abord :
l?accès au logement
de 440 000 personnes
Préambule
0302
Le premier plan Logement
d?abord (2017-2022) :
5 ans de transformation de la
politique de lutte contre le sans-
abrisme
Le Logement d?abord,
c?est d?abord du logement
L?accompagnement adapté
aux besoins de chacun :
clé de l?insertion et de l?accès
au logement
Le partenariat au coeur
de la mise en oeuvre du
Logement d?abord
Le deuxième plan Logement
d?abord 2023-2027
Les 3 enjeux du deuxième plan
Logement d?abord
Les 3 axes du deuxième plan
Logement d?abord
Éditos
Elisabeth Borne
Première ministre
Olivier Klein
Ministre délégué, chargé de la Ville
et du Logement
Interview
Sylvain Mathieu,
Délégué interministériel pour
l?hébergement et l?accès au
logement
Chiffres clés
264 8 Le deuxième plan
quinquennal pour le
Logement d?abord :
agir, prévenir, construire,
pour lutter contre le sans-
abrisme
Contacts presse :
Service presse d?Olivier Klein,
ministre délégué à la Ville et au Logement
01 40 81 14 47 - 01 40 81 10 71
secretariat.boubekeur@ville-logement.gouv.fr
Délégation interministérielle à l'hébergement
et à l'accès au logement
Rachel Brunella
rachel.brunella@dihal.gouv.fr
contact.dihal@dihal.gouv.fr
01 40 81 94 35
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4 5
Olivier KLEIN
ÉDITORIAL
Ministre délégué à la Ville et au Logement
Le plan Logement d?abord, c?est d?abord la conviction que tout le monde a le droit et est capable d?habiter
un logement. C?est la volonté de créer des solutions de logements abordables et adaptées aux besoins des
personnes sans domicile. C?est enfin rappeler le caractère indispensable de l?accompagnement social et
pluridisciplinaire et des professionnels qui le font vivre au quotidien.
Les cinq années de mise en oeuvre du premier plan Logement d?abord sont venues confirmer le bien-
fondé de ces principes, avec une augmentation de près de 70% de la part des attributions de logements
sociaux aux personnes sans-domicile de 2017 à 2022. En matière de logement abordable, 40 000 places
d?intermédiation locative et plus de 7 000 places en pensions de familles ont été créées. Derrière ces
chiffres, ce sont des parcours d?accompagnement renouvelés, fondés sur l?autonomie, l?insertion,
le rétablissement, la confiance et le partenariat avec les personnes accompagnées elles-mêmes. Ce
sont également des modes d?actions repensés entre l?État et ses partenaires (collectivités territoriales,
associations, bailleurs sociaux), donnant plus de place à l?innovation sociale, à l?émergence de synergies
locales. Le plan a fédéré les acteurs, notamment sur les quarante-quatre territoires de mise en oeuvre
accélérée du Logement d?abord.
Avec le deuxième plan Logement d?abord, le Gouvernement poursuit son action résolue en faveur de
l?accélération de l?accès au logement des personnes sans domicile et amplifie la logique préventive, en
construisant des réponses susceptibles de réduire les risques de retour à la rue. Cela passe d?abord par
une meilleure connaissance des personnes sans-abri, afin d?intervenir le plus rapidement possible pour
orienter vers le logement, en s?appuyant sur les SIAO qui seront consolidés. Un plan de modernisation et
de renfort de la veille sociale (115, maraudes, accueils de jour) viendra concrétiser cette ambition. Cela
passe ensuite par une action précoce en direction des publics fragilisés. À cette fin, le développement
de solutions adaptées pour les personnes souffrant de troubles de la santé mentale, pour les jeunes en
rupture, pour les locataires menacés d?expulsion, sont autant d?axes sur lesquels nous investissons pour
réduire au maximum les ruptures de parcours. Cela passe enfin par le soutien à une approche globale de
réduction de la grande exclusion, portant les logiques intégrées entre l?emploi, la santé, le logement.
OEuvrer à l?insertion par le logement, intensifier la prévention du sans-abrisme, conserver l?ambition de sa
résolution, ce sont les lignes directrices qui guident notre action.
Elisabeth BORNE
ÉDITORIAL
Première ministre
Le logement est un enjeu de dignité.
C?est une question de qualité de vie, de santé, d?accès aux services publics.
C?est aussi une clé pour l?emploi et pour l?insertion.
Forts de ces convictions, nous avons lancé lors du précédent quinquennat le plan « Logement d?abord »,
qui a permis à 440 000 personnes sans domicile d?accéder au logement.
C?est le fruit de l?engagement commun de l?État, des collectivités, des associations et des bailleurs sociaux,
qui ont soutenu la montée en puissance de l?accès au logement dans le logement social, la mobilisation du
parc privé à des fins sociales et le renforcement de l?accompagnement des personnes sans domicile.
Fort des résultats obtenus, avec le ministre en charge du Logement, Olivier KLEIN, nous voulons accélérer
autour du plan « Logement d?abord 2 ».
Nous voulons mener une action complète, en amont pour prévenir les situations de détresse et favoriser
l?accès au logement ; et en aval pour permettre le maintien dans le logement.
Nous allons agir autour de trois priorités :
- la mobilisation d?une offre de logements adaptés et abordables ;
- la construction de parcours d?accompagnement efficaces ;
- la prévention des ruptures, pour éviter à chacun de se retrouver sans abri.
Surtout, nous croyons que la lutte contre la grande exclusion passe par le travail commun et le
décloisonnement de l?accompagnement, en particulier médical et vers l?emploi.
L?accès au logement pour tous est un combat du Gouvernement. Avec le plan « Logement d?abord 2 »,
nous poursuivons et nous accélérons dans cette voie.
6 7
440 000
personnes sans domicile ont accédé à un logement entre 2018
et 2022 dans le cadre du plan Logement d?abord
122 300
attributions de logements sociaux pour des ménages sans
domicile (hébergés hors DNA ou sans abri) ont été réalisées entre
2018 et 2022, soit +43% par rapport à la période 2013 - 2017
+67%
de hausse de la part des ménages hébergés et sans abri dans les
attributions totales de logements sociaux en 2022 par rapport à
2017
40 000
nouvelles places créées dans le parc locatif privé en
intermédiation locative entre 2018 et 2022, soit +118% du parc
financé à fin 2017
7 200
nouvelles places ouvertes en pensions de famille entre 2017 et
2022, soit +50% du parc existant à fin 2016
44
collectivités engagées comme Territoires de mise en oeuvre
accélérée du Logement d?abord
??
Délégué interministériel pour l?hébergement
et l?accès au logement
INTERVIEW
Sylvain MATHIEU
Au-delà des résultats obtenus en matière d?accès au
logement, que faut-il retenir plus particulièrement du
premier plan Logement d?abord ?
Il faut insister sur la logique d?innovation portée par
le plan Logement d?abord, à travers notamment le
développement d?actions spécifiques et novatrices pour
la prise en charge des publics spécifiques, cumulant les
vulnérabilités.
Je pense d?abord au dispositif « Un chez-soi d?abord»,
véritable point de départ de l?ensemble du plan
Logement d?abord. Conçu pour les personnes a priori
les plus éloignées du logement, souffrant de troubles
psychiques, et ayant souvent connu de nombreux
passages à la rue, la réussite du dispositif, avec 80% de
maintien en logement, est la preuve que chacun est
légitime à accéder au logement. Avec plus de 2 000
places ouvertes en 5 ans, pour un total de 2 570 places
à fin 2022 ce sont désormais 32 villes qui accueillent un
dispositif « Un chez-soi d?abord ». Il doit maintenant
s?ouvrir plus particulièrement au public jeune, et
se déployer également dans les villes moyennes et
territoires ruraux.
Je pense ensuite aux 39 sites d?accompagnement
des personnes en situation de grande marginalité,
expérimentant des approches innovantes pour répondre
aux besoins des personnes sans abri les plus éloignées
des dispositifs d?insertion. Nés à l?occasion de la crise
sanitaire, accompagnant 1 000 personnes, ces sites sont
la preuve qu?il faut continuer d?expérimenter des modes
de fonctionnement, en s?éloignant parfois des pratiques
habituelles et en faisant preuve de souplesse dans le
déploiement des dispositifs.
Comment le Logement d?abord permet-il de renouveler la
gouvernance entre l?État et ses partenaires, notamment
les collectivités territoriales ?
Parce que les secteurs du logement et de
l?accompagnement social se caractérisent par un partage
de compétences complexe entre différents échelons
(commune, EPCI, Conseil départemental, Etat), il était
capital de resserrer dès le début le partenariat avec les
collectivités territoriales.
Pour ce faire, le Logement d?abord a proposé un
nouveau cadre d?action, basé sur la confiance
réciproque et la logique de contractualisation entre État
et territoires. Déployé partout en France, le Logement
d?abord, nouveau principe d?action de la lutte contre
le sans-abrisme, a ainsi, par cette méthode favorisant
l?implication de tous, accru les résultats en matière
d?accès au logement des personnes sans domicile sur
l?ensemble du territoire.
Il convient toutefois d?insister plus particulièrement
sur l?engagement des 44 territoires de mise en oeuvre
accélérée, qui ont su développer une palette de
solutions innovantes au service de l?accès ou du
maintien dans le logement des personnes en situation
de grande précarité. Appuyés en ce sens par l?État, qui
leur a octroyé 46 millions d?euros sur 5 ans, ces territoires
partenaires ont démontré la nécessité d?inclure
davantage les collectivités dans la politique de réduction
du sans-abrisme.
Quel sera le nouvel instrument stratégique de réduction
du sans-abrisme dans le second plan Logement d?abord?
Sans aucun doute les SIAO. Dans la lignée de l?instruction
de mars 2022, il s?agit d?en faire la clé de voûte du
Service public de la Rue au Logement. Destinés à
devenir progressivement les instances de référence dans
la coordination des parcours d?accès au logement, les
SIAO ont vocation à jouer un rôle de pilotage majeur au
niveau local, en lien avec l?ensemble des partenaires de
l?hébergement et du logement.
Au-delà de leur rôle de coordination, représenté
notamment par l?instauration d?un comité stratégique
partenarial largement ouvert (je pense par exemple à la
représentation du secteur de la santé), l?augmentation
des liens avec les secteurs de l?emploi et de la santé sera
accru, afin de soutenir l?approche du Logement d?abord,
celle de l?insertion par le logement.
« Le Logement d'abord a proposé un nouveau
cadre d'action qui a augmenté l'accès au
logement des personnes sans domicile. »
Les chiffres clés
du premier plan quinquennal 2017-2022
8 9
Pourquoi un deuxième plan
Logement d?abord ?
Les 3 enjeux du deuxième plan
Logement d?abord
Le deuxième plan Logement d'abord
2023-2027
02
Les 3 axes du deuxième plan
Logement d?abord
10 11
Produire et mobiliser des solutions
de logement adaptées et abordables
pour les ménages en grande précarité
Maintenir une ambition forte sur
la production de logements très
sociaux ordinaires
Comment ?
En poursuivant les efforts de production
de logements à bas niveau de quittance
(PLAI et PLAI adaptés), en volume
et en part de la production totale de
logements sociaux
Accroître le parc locatif
privé à vocation sociale
Comment ?
En fixant des objectifs
territorialisés pour créer
30 000 nouvelles places
d?intermédiation locative dans
le parc privé
Le développement d?une offre de logements abordables, adaptés aux revenus ainsi
qu?aux besoins des personnes sans domicile est indispensable pour réduire le sans-
abrisme.
Le deuxième plan Logement d'abord, dans la continuité des résultats positifs
obtenus ces cinq dernières années, maintient une ambition forte en la matière afin
de multiplier les solutions qui concrétisent l?accès au logement des ménages les plus
vulnérables.
Accélérer l?ouverture de
nouvelles places dans les
pensions de famille
Comment ?
En fixant des objectifs
territorialisés pour créer
10 000 nouvelles places de
pensions de famille
Relancer la production de
résidences sociales
Comment ?
En fixant l?objectif d?agréer
25 000 nouveaux logements en
résidences sociales en métropole
et outre-mer
En revalorisant l?Aide à la Gestion
Locative Sociale (AGLS) pour
mieux accompagner les personnes
logées tout en simplifiant les
modalités d'octroi de l'aide
Le deuxième plan Logement d?abord 2023-2027
12 13
Conforter le maintien dans le logement,
prévenir les ruptures et éviter la
dégradation des situations
Comment ?
En déployant le dispositif « Un chez-
soi d?abord Jeunes » sur la base de
son évaluation
En poursuivant la mise en oeuvre du
Contrat d?Engagement Jeune (CEJ)-
Jeunes en ruptures et en évaluant
précisément ses effets
En soutenant les Foyers de Jeunes
travailleurs (FJT)
Faire monter en puissance la
politique de prévention des
expulsions locatives
Comment ?
En pérénisant l'expérimentation
du dispositif d?équipes mobiles de
prévention des expulsions locatives
En maintenant les renforts des
Commissions de Coordination des
Actions de Prévention des Expulsions
Locatives (CCAPEX)
Développer des solutions en
faveur de l?accès au logement
des jeunes en situation de
vulnérabilité
Soutenir l'accompagnement
des locataires et des bailleurs
sociaux pour prévenir les
difficultés
Comment ?
En lançant un plan d?action «Santé
mentale dans le logement» en
partenariat avec l?Union Sociale
pour l?Habitat (USH)
En consolidant les liens entre
SIAO et bailleurs sociaux pour
appuyer l?orientation vers les bons
dispositifs d?accompagnement
Mieux connaître la demande
et les besoins
Comment ?
En installant un observatoire du
sans-abrisme
En renouvelant l?enquête nationale
« Sans Domicile » conduite par
l?INSEE
En évaluant la performance du
Logement d?abord par un suivi dans
le temps des personnes relogées
Agir sur l?accès au logement des personnes sans domicile ne suffit pas. Pour prévenir le sans-
abrisme, le Logement d'abord vise à agir le plus en amont possible pour éviter l?accumulation
des difficultés pouvant mener à la rue.
Le deuxième plan Logement d'abord investira plus fortement le volet préventif en renforçant
les efforts sur l?aller-vers et sur les dispositifs spécifiques.
Afin de pouvoir adapter l?action à la réalité des situations et orienter les efforts vers la
résolution en amont des causes du sans-abrisme, des efforts seront déployés pour affiner la
connaissance des besoins.
Le deuxième plan Logement d?abord 2023-2027
14 15
Intensifier les attributions
de logements sociaux
aux personnes issues de
l?hébergement et de la rue
Comment ?
En fixant de nouveaux objectifs
territorialisés qui mobilisent
l'État et tous ses partenaires
Accélérer l?accès au logement et proposer
des parcours d?accompagnement en
croisant logement, emploi et santé
Faire des SIAO les
pivots des parcours
d'accompagnement vers
et dans le logement
Comment ?
En augmentant les moyens des
SIAO pour favoriser l'insertion
par le logement
En expérimentant des
référents emploi et santé dans
les SIAO
En faisant des SIAO les
plateformes de la coordination
de l?accompagnement
Moderniser et renforcer la
veille sociale
Comment ?
En renforcant le réseau des accueils
de jour et des maraudes et leur
rôle dans l?accès au logement des
personnes sans abri
En modernisant le fonctionnement
du numéro d?urgence 115
Permettre aux territoires et
aux acteurs de s?emparer du
Logement d?abord selon leurs
besoins
Comment ?
En poursuivant le soutien aux
Territoires de mise en oeuvre
accélérée
En déployant le dispositif « Un
Chez-soi d?abord » dans les villes
moyennes et les zones rurales
En élaborant des outils et des
formations à destination de
l'ensemble des acteurs
La proposition d?un parcours d?accompagnement sans rupture est un élément clé de
l?insertion des personnes sans domicile dans le logement. L?atteinte de cet objectif sera
facilité par les SIAO, véritables plateformes départementales de coordination des parcours
et de facilitation de l?accompagnement pluridisciplinaire pour les personnes sans domicile.
Le deuxième plan Logement d'abord souhaite approfondir la dimension partenariale en
outillant les acteurs de l?écosystème et en renouvelant les objectifs ambitieux d?accès au
logement des personnes sans domicile.
Le deuxième plan Logement d?abord 2023-2027
16 17
Le premier plan Logement
d?abord a engagé un
mouvement qui vise
une transformation en
profondeur des modèles et
des référentiels du secteur
Accueil Hébergement
Insertion (AHI) comme du
secteur logement.
Pour répondre aux situations
de grande précarité qui
persistent et poursuivre les
grands chantiers stratégiques
de transformation et de
modernisation du secteur,
le deuxième plan Logement
d?abord accélérera la
dynamique engagée auprès
de l?ensemble des acteurs au
service des personnes sans
domicile.
C?est d?abord la mobilisation de logements qui
a permis à 440 000 personnes sans domicile
d?accéder à un logement entre 2018 et 2022, grâce
à une diversification des offres d?habitat.
Des résultats prometteurs
40% d?entre elles ont été logées via une pension de
famille ou une place en intermédiation locative. Ce
résultat est le fruit de l?appropriation de nouvelles
ingénieries (agences immobilières à vocation
sociale, construction de pensions de familles?). Les
cinq années à venir utiliseront à pleine puissance
l?ensemble des outils mis en place, déployant ainsi
encore plus largement l?accès au logement adapté
et dans le parc privé des personnes sans domicile.
60 % ont accédé à un logement social. Si les
attributions en faveur des personnes sans domicile
ont fortement augmenté sur l?ensemble du territoire
national, il faut noter qu?elles ont été encore plus
importantes dans les territoires de mise en oeuvre
accélérée du Logement d'abord. Cette forte hausse
des attributions souligne ainsi la pertinence du plan
Logement d'abord, qui procède de la combinaison
entre moyens financiers et dynamiques locales, qu?il
s?agit désormais d?amplifier partout sur le territoire.
Les dispositifs spécifiques, en particulier « Un chez-
soi d?abord » ont nettement prouvé leur efficacité
et leur déploiement doit se poursuivre, notamment
dans les villes moyennes et les zones rurales. Avec
2200 nouvelles places construites en 5 ans, portant
à 2 570 le nombre de places en 2022, le dispositif
« Un chez-soi d?abord » a désormais vocation à
essaimer en dehors des principales agglomérations.
Renforcer les solutions
qui ont fait leurs preuves Le sans-abrisme est à la croisée de nombreuses politiques
publiques (logement, emploi, santé, affaires sociales, et
migratoires?) et l?hébergement d?urgence constitue le
dernier filet de sécurité pour des personnes en grande
précarité dont la dégradation de la situation résulte souvent
d?un cumul de difficultés. Profondément dépendante de
facteurs exogènes, la réduction du sans-abrisme nécessite
de penser et de construire des réponses globales, avec la
création de parcours d?accompagnement pluridisciplinaires
et une gouvernance renouvelée de l?écosystème, davantage
ouverte sur d?autres acteurs (ARS, collectivités territoriales,
Pôle Emploi...).
Une gouvernance affirmée autour du SIAO
Dans cette perspective, la gouvernance de la politique
publique a été réorganisée au niveau territorial autour
des SIAO grâce à l?instruction du 31 mars 2022, qui
consacre leur rôle de clé de voûte du Service public de
la rue au logement. Instruments de la construction d?une
gouvernance élargie et unifiée au service de la réduction
du sans-abrisme, le deuxième plan Logement d'abord,
permettra la déploiement de cette réforme structurelle,
destinée à favoriser le décloisonnement et renforcer ainsi
l?efficacité de leur action.
Dotés d?un rôle de coordination de l?accompagnement,
les SIAO ont vocation à porter les approches intégrées
Logement-Emploi-Santé, afin de veiller à intégrer l?ensemble
des freins périphériques à l?accès au logement.
Une nouvelle tarification pour les CHRS
Le secteur de l?hébergement doit lui aussi continuer à
s?orienter vers le Logement d'abord. La réforme de la
tarification des CHRS proposera un modèle plus juste et
valorisant l?accompagnement social délivré, reflétant ainsi
la propension du secteur «Accueil Hébergement Insertion»
(AHI) à favoriser l?accès au logement des personnes sans
domicile.
Des réformes structurelles pour lutter contre le
sans-abrisme
Le premier plan Logement d'abord a privilégié l?accès au
logement des personnes sans domicile, tout en veillant
à renforcer les outils de la politique de prévention des
expulsions locatives.
Afin de poursuivre la montée en puissance de l?approche
préventive, le deuxième plan s?assurera de conforter le
maintien dans le logement et de privilégier l?intervention
rapide pour éviter la dégradation des situations.
L?enjeu se situe aussi bien en amont (prévention des
expulsions locatives, prise en charge précoce des jeunes
avec des troubles psychiques importants?), qu?en aval
(accompagnement dans le logement, renforcement des
liens entre SIAO et bailleurs sociaux?).
Une attention particulière doit continuer à être portée
pour les publics spécifiques (jeunes, femmes victimes de
violences, personnes souffrant de troubles de la santé
mentale, etc.), dont la prévention de la dégradation de la
situation permet de réduire le recours à l?hébergement,
voire les passages à la rue.
Une gouvernance de l?accompagnement autour des SIAO
permettra d?orchestrer l?ensemble de ces actions, en
privilégiant la construction de parcours intégrés, destinés
à favoriser l?insertion par le logement, notamment par le
renforcement des liens avec le secteur de l?emploi.
Un renforcement de la veille sociale permettra de détecter
plus rapidement les situations dégradées et de construire
plus efficacement les réponses adaptées aux besoins des
personnes sans domicile.
« Accès au logement » et « prévention des
ruptures à tous les niveaux »
Les 3 enjeux du deuxième plan Logement d?abord
18 19
La production de logements sociaux et très sociaux
demeure un enjeu prioritaire du nouveau plan
Logement d'abord. Le développement de solutions
de logements abordables supplémentaires est
une condition pour permettre un accès rapide au
logement des publics les plus précaires et pour
fluidifier les dispositifs d?hébergement.
C?est pourquoi le maintien d?une ambition forte
de production de logements très sociaux PLAI et
PLAI adaptés (LLTS et LLTSA en outre-mer) reste
un axe majeur de travail pour les années à venir.
Augmenter cette production de logements très
sociaux en volume et renforcer leur place en part de
la production totale de logements sociaux sont deux
objectifs qui nécessitent la mobilisation volontariste
et coordonnée de tous les partenaires : État, élus
locaux et services des collectivités territoriales,
associations agréées pour la maîtrise d?ouvrage
d?insertion, associations gestionnaires de logements
adaptés et autres acteurs du secteur de l?immobilier.
Maintenir une ambition
forte sur la production de
logements très sociaux
Le Gouvernement a pour
ambition d?agréer
25 000 nouveaux
logements en résidences
sociales et foyers de
jeunes travailleurs et
d?ouvrir 30 000 nouvelles
places d?intermédiation
locative et 10 000
nouvelles places de
pensions de famille d?ici
2027.
Pour compléter les efforts entrepris sur le parc social,
la mobilisation du parc privé à vocation sociale doit être
augmentée. En particulier, l?intermédiation locative est
un moyen efficace qui s?est affirmé ces dernières années
comme un outil essentiel de la fluidité des parcours de la
rue au logement. La mise en place ces dernières années de
plateformes territoriales de captation de logements ou
encore l?appropriation des mécanismes de l?intermédiation
locative par de nouveaux acteurs constituent des bases
solides sur lesquelles s?appuyer pour permettre la montée
en puissance de ce dispositif.
Un nouveau plan territorialisé d?ouverture de places
d?intermédiation locative sera lancé avec pour objectif
d?ouvrir 30 000 nouvelles places sur le quinquennat, en
orientant vers le développement du mandat de gestion.
En 10 ans (2017-2027), le parc d'intermédiation locative
financé par l'État aura ainsi triplé.
L?État continuera à développer les outils de facilitation
et d?encouragement de la captation, comme le dispositif
d?incitation fiscale Loc?Avantages. Par ailleurs, il s?attachera
à articuler le plan avec d?autres politiques publiques axées
sur la transformation du parc locatif privé comme la lutte
contre la vacance et l'habitat indigne, la promotion de la
mixité sociale, la revitalisation des centres villes ou encore
l?invitation à la rénovation du bâti.
Développer le logement abordable dans le parc privé
Enfin, le soutien au logement adapté sera également un
élément essentiel du nouveau plan Logement d'abord. En
premier lieu, les pensions de famille, résidences sociales
pérennes et adaptées aux personnes ayant vécu un
parcours marqué par la grande exclusion, sont plébiscitées
par l?ensemble des parties prenantes et reconnues pour leur
efficacité en matière de réduction du sans-abrisme. Après
avoir installé les conditions d?une relance de la production
entre 2018 et 2022, le plan de développement des pensions
de famille sera prolongé avec une nouvelle programmation
pluriannuelle territorialisée : 10 000 nouvelles places seront
ouvertes d?ici 2027, soit 2 000 nouvelles places par an en
moyenne.
Les résidences sociales classiques, adaptées à des profils
plus variés (jeunes travailleurs ou en apprentissage, familles
monoparentales, travailleurs précaires ou saisonniers,
personnes en mobilité professionnelle, personnes
vulnérables?) sont de véritables outils du Logement
d'abord. Tremplins pour l?insertion et levier de prévention
des ruptures dans les parcours résidentiels, les résidences
sociales s?adaptent aux enjeux du territoire pour apporter
des solutions concrètes aux personnes en difficulté de
logement. Dans la continuité de la feuille de route lancée
par le Gouvernement en 2021, le nouveau plan porte
un objectif de 25 000 nouveaux logements agréés en
résidences sociales et foyers de jeunes travailleurs.
Pour soutenir les projets sociaux des résidences sociales
et leur permettre de jouer pleinement leur rôle dans la
politique du Logement d'abord, l?Aide à la gestion locative
sociale (AGLS) sera revalorisée et les modalités d?octroi
revues afin de poser des principes plus clairs pour davantage
d?équité entre les structures et soutenir l?innovation pour
l?accompagnement dans le logement de ménages en
grande difficulté.
De manière plus générale, des travaux seront portés sur le
modèle économique des résidences sociales. Ils se baseront
sur l?ensemble des chantiers menés avec les acteurs au
cours du premier plan wLogement d'abord et viseront à les
concrétiser. Le renforcement de leurs liens avec les SIAO
feront l?objet d?une attention particulière.
Accélérer l?ouverture de nouvelles places
de pensions de famille et de résidences sociales
Les 3 axes du deuxième plan Logement d?abord
Produire et mobiliser des solutions de
logement adaptées et abordables
pour les ménages en grande précarité1
20 21
Le deuxième plan Logement d'abord s?attachera à
renforcer les dispositifs de prévention, notamment la
prévention des expulsions locatives, pour empêcher
la bascule dans la grande pauvreté des ménages
présentant des fragilités sociales et financières
particulières. En s?appuyant sur le troisième plan
interministériel de prévention des expulsions
locatives et sur les mesures concluantes des années
précédentes, le nouveau plan maintient les équipes
mobiles de prévention des expulsions locatives. Pour
pérenniser le dispositif de sortie de crise qui a fait
ses preuves et pour renforcer le co-pilotage de cette
politique publique avec les collectivités locales, le
renfort des équipes des CCAPEX sera maintenu.
Par ailleurs, le Pacte des Solidarités permettra
de déployer des permanences socio-juridiques,
concourrant à la réduction des expulsions locatives
pour impayés de loyer.
Agir pour la prévention des
expulsions locatives
La prévention des
ruptures est au coeur
du nouveau plan, tant
sur la prévention des
expulsions locatives que
sur l?accompagnement
des publics cumulant les
fragilités.
L?intervention rapide
sera rendue possible
grâce à une meilleure
connaissance des besoins
en continu.
Conforter le maintien dans le logement,
prévenir les ruptures et éviter la
dégradation des situations
Les personnes qui présentent voire cumulent des difficultés
ou fragilités particulières doivent bénéficier d?une attention
renforcée dans le cadre de la prévention des ruptures. Des
mesures particulières seront portées en faveur des jeunes,
pour intervenir le plus tôt possible et éviter la dégradation
de leur situation, des femmes victimes de violences, des
personnes souffrant de troubles de la santé mentale et des
personnes sous main de justice.
Pour les jeunes adultes en particulier, le logement est un
levier majeur d?insertion sociale et professionnelle. La mise
en oeuvre du Contrat d?Engagement Jeune en rupture, qui
comprend un volet d?accompagnement vers et dans le
logement, sera particulièrement suivie. Les développement
des Foyers de Jeunes Travailleurs sera encouragé et
accompagné dans le cadre de la relance des résidences
sociales.
Enfin, en fonction des conclusions de l?évaluation en
cours, le dispositif « Un chez-soi d?abord Jeunes » sera
déployé, pour agir tôt dans le parcours d?errance et éviter
la dégradation des troubles psychiques et l?allongement du
parcours de rue.
Toujours dans l?optique de prévenir les ruptures,
l?accompagnement dans le logement, et en particulier dans
le logement social, doit être renforcé et les bailleurs doivent
être accompagnés. Un plan d?action « Santé mentale dans
le logement », en partenariat avec l?Union sociale pour
l?habitat (USH) permettra d?identifier les meilleurs moyens
afin de prévenir les ruptures de logement dans le parc
social, d?outiller les bailleurs sociaux dans ce travail et de
mieux soutenir les dispositifs qui concourent à cet objectif.
De façon générale, le soutien aux bailleurs sera consolidé
par le renforcement de leurs liens avec les SIAO. Ils ont
vocation à développer leur fonction de lieu ressource pour
les bailleurs qui pourront les solliciter pour une expertise
sur la mobilisation des bons dispositifs d?accompagnement.
L?engagement de l?ensemble des acteurs en faveur des
femmes victimes de violences sera poursuivi pour s?assurer
soit du maintien dans le logement des victimes en éloignant
les auteurs de violences, soit du relogement rapide des
femmes concernées et de leurs enfants.
Une attention particulière sera portée aux personnes
sous main de justice et les sortants de détention, afin
de déterminer quels dispositifs sont les plus efficaces et
efficients pour prévenir les ruptures en fin de peine ou en
fin d?incarcération, et encourager leur développement.
Enfin, pour faciliter l?accompagnement des personnes
présentant des addictions il s?agira de s?appuyer sur les
résultats positifs de l?appel à manifestation d?intérêt lancée
conjointement par la Dihal et le Fonds de lutte contre
les addictions (CNAM) visant à prévenir les conduites
addictives au sein des dispositifs de l?AHI.
L?ensemble de ces actions ne pourra voir le jour qu?en
s?adossant à une connaissance fine des besoins sur le terrain
et en développant les approches évaluatives. En effet,
mieux comprendre la demande, les parcours et les ruptures
auxquelles sont confrontées les personnes (ruptures
résidentielles, ruptures des parcours d?accompagnement?)
permet de proposer des solutions calibrées pour favoriser
l?accès et le maintien dans le logement et assurer le cas
échéant la prise en charge dans l?hébergement.
Pour ce faire, l'Observatoire du sans-abrisme facilitera la
logique d?observation dynamique des publics. L?enquête
Sans-domicile de l?INSEE, qualitative et approfondie, sera
reconduite et documentera les profils et parcours des
personnes sans domicile, y compris des allophones. La
trajectoire à la suite d?un accès au logement doit également
être étudiée : c?est la performance du Logement d'abord en
lui-même qui sera définitivement actée par un suivi dans le
temps des personnes relogées.
Les Nuits de la solidarité seront élargies à de nouvelles villes.
Ces opérations de décompte annuel des personnes sans-
abri se sont tenues dans 40 villes en 2023. Elles sont utiles
pour rendre compte de la situation sur une nuit donnée et
produisent des données qualitatives qui sont nécessaires
pour adapter la politique publique au plus près des besoins.
Mieux connaître la demande et les besoins,
mieux comprendre les parcours
Accompagner les transitions et prévenir
les ruptures des publics spécifiques
Les 3 axes du deuxième plan Logement d?abord
2
22 23
L?attribution de logements sociaux à des ménages
sans domicile, qui fait l?objet d?objectifs annuels
fixés à tous les préfets, est un outil efficace de
l?accélération du Logement d?abord et apporte
des solutions pérennes de sortie de la rue et de
la grande précarité à des dizaines de milliers de
personnes chaque année.
De nouveaux objectifs seront fixés pour maintenir
la dynamique en mobilisant l'ensemble des
réservataires.
La réforme de la tarification des CHRS vise
quant à elle à encourager l?accompagnement
vers le logement dans les structures et à valoriser
l?expertise des établissements ayant développé un
accompagnement spécialisé. Le déploiement des
dispositifs d?accompagnement « CHRS hors les
murs » (équipes d?accompagnement intervenant
directement auprès de ménages logés), outil de
fluidification des parcours, sera accéléré.
Poursuivre les efforts pour
l'accès rapide au logement
social Le deuxième plan Logement
d?abord poursuit les
objectifs ambitieux d?accès
au logement des personnes
sans domicile et renforce
les partenariats organisés
autour des SIAO.
L?ensemble des acteurs
et des territoires seront
outillés pour accélerer le
Logement d?Abord avec 500
nouveaux postes pour les
SIAO, accueils de jour et
maraudes.
Accélérer l?accès au logement
et proposer des parcours
d?accompagnement en croisant
logement, emploi et santé
Acteurs de proximité essentiels, les dispositifs de veille
sociale (accueils de jour, maraudes, numéro d?urgence 115)
permettent de lutter contre le non-recours et de prévenir
la grande marginalité. Il convient d?accompagner ces
structures pour qu?elles nouent des liens plus resserrés avec
les différents acteurs de l?insertion et notamment qu?elles
développent leurs compétences d?accompagnement
des personnes sans-abri vers le logement, en évitant au
maximum les passages par l?hébergement.
Dans le prolongement de l'instruction SIAO publiée en 2022,
ces structures seront appelées à jouer un rôle important
pour assurer l?effectivité de l?objectif d?évaluations sociales
systématiques pour les personnes sans domicile dès leur
repérage.
Il s?agit ensuite d?engager des parcours d?accompagnement
directement depuis la rue, sans attendre la prise en
charge dans l?hébergement, voire de poursuivre cet
accompagnement avec les mêmes équipes une fois que la
personne a accédé au logement.
Pour ce faire, un plan de renfort et de modernisation de
la veille sociale sera lancé. Il augmentera les capacités
d?accompagnement professionnel dans les accueils de jour
et les maraudes et d?accroître la couverture territoriale de
ces dispositifs (ou de renforcer leur nombre dans les zones
les plus tendues).
Un plan de modernisation du numéro d?urgence 115
sera conduit pour sécuriser et améliorer le service rendu
aux usagers. Son fonctionnement nécessite une refonte
importante à tous les niveaux (gouvernance, support
technique, doctrine et processus, moyens) pour assurer un
service public plus sécurisé, mieux traitant et plus efficace
pour les usagers et pourvoyeur de données utiles au pilotage
de la politique publique.
Moderniser et renforcer la veille sociale
Le Logement d'abord repose sur un partenariat fort au
niveau des territoires et entre les différents acteurs. Cette
mobilisation doit être maintenue. Elle sera renforcée avec
le souci de proposer des solutions adaptées aux enjeux de
chaque territoire.
Ainsi, le développement du dispositif « Un chez-soi
d?abord » dans les villes moyennes et les zones rurales
constitue un objectif majeur pour assurer une meilleure
couverture territoriale et mieux répondre aux besoins des
personnes.
L'adaptation du modèle existant apportera une réponse
concrète aux situations de personnes en très grande
exclusion (longs parcours de rue, problématiques
psychiques sévères, addictions) tout en prenant compte les
caractéristiques de ces territoires.
Par ailleurs, la politique de résorption des bidonvilles où
vivent des personnes ressortissantes de pays membres de
l'Union européenne sera approfondie, avec une poursuite
du soutien financier et technique apporté aux territoires
engagés, des efforts renforcés en faveur de la scolarisation
des enfants et un déploiement élargi de la plateforme
numérique Résorption-bidonvilles dans un contexte de
mise en oeuvre d'une nouvelle directive européenne sur
l'accès à l'eau.
Cette politique est un axe de la réponse française au
cadre européen 2020-2030 pour l'égalité, l'inclusion et la
participation des Roms, dont la lutte contre l?antitsiganisme
est également une priorité. Une feuille de route et son
animation seront adaptées aux spécificités des territoires
ultra-marins, en particulier pour la Guyane et pour Mayotte.
Les collectivités « Territoires de mise en oeuvre accélérée
du Logement d'abord », véritables fers de lance de la
politique publique au niveau territorial, continueront à
être soutenues dans les années à venir. En effet, les réussites
de ces partenariats État ? collectivités territoriales doivent
désormais s?ancrer plus durablement pour mettre en oeuvre
des stratégies pluriannuelles du Logement d'abord sur le
terrain.
Enfin, l?outillage de l?ensemble des partenaires est
indispensable pour accompagner les changements de
pratiques dans le secteur AHI, mais aussi pour acculturer
toutes les parties prenantes aux principes du Logement
d'abord. Une offre de formation sera élaborée avec
l?objectif de toucher plus largement les professionnels clés.
Elle sera enrichie par la capitalisation des résultats issus de
l?expérimentation des dispositifs de l?appel à manifestation
d?intérêt « Accompagnement de personnes en situation
de grande marginalité ». Réels laboratoires d?innovation
pour garantir un accès à l?hébergement et au logement
qui s?adapte aux besoins de chacun quelles que soient ses
difficultés, ses besoins et ses souhaits, les évaluations en
cours permettront d?identifier les éléments incontournables
à essaimer dans le secteur et de statuer sur la pérennisation
et l?éventuel déploiement de ces structures.
Faciliter l?appropriation du Logement d?abord par les
territoires et les professionnels selon leurs besoins
Les 3 axes du deuxième plan Logement d?abord
3
24 25
Pour proposer des parcours d?accompagnement
adaptés et sans ruptures, depuis la rue et jusque dans
le logement, il convient de renforcer la coordination
active entre les dispositifs et l?alignement stratégique
des différents financeurs. Les SIAO évolueront vers de
véritables plateformes opérationnelles permettant de
fluidifier les liens concrets au quotidien entre les différents
professionnels de l?accompagnement.
Les liens devront être renforcés avec le réseau de
partenaires sur l?ensemble des besoins et des publics :
associations spécialisées, bailleurs, collectivités
territoriales, acteurs de la santé et de l?emploi, Caisses
d?allocation familiales et Caisses nationales d?assurance
maladie, acteurs de l?accompagnement des jeunes, etc.
L?enjeu est de permettre aux SIAO de délivrer un service
public de qualité qui ne se concentre pas uniquement sur
la gestion de l?urgence, mais qui est capable de construire
de véritables parcours d?insertion pour les personnes sans
domicile, en prenant en compte la situation globale de la
personne.
Le rapprochement avec les autres secteurs sera facilité par le
recrutement à titre expérimental de référents thématiques
sur les parcours d'insertion vers l'emploi et sur les parcours
de soins. L'objectif est de faciliter les co-accompagnements
et l'interconnaissance des partenaires, d'améliorer la
réactivité, de prévenir la dégradation des situations et
d'éviter les ruptures. Une attention particulière sera portée
d'une part, aux liens avec les structures de l'insertion
par l'activité économique et d'autre part, aux enjeux de
vieillissement en lien avec les dispositifs spécialisés.
Faire des SIAO les pivots des parcours
d'accompagnement vers et dans le logement
Les 3 axes du deuxième plan Logement d?abord
Du parcours en escalier
au Logement d'abord
À la rue
Logement
autonome
Hébergement
d'urgence
Centre d'hébergement et
de réinsertion sociale
Logement
accompagné
Logement d
'abord
26 27
Bilan du premier plan Logement
d?abord : 440 000 personnes
sans domicile ont accédé à un
logement
03
Le Logement d?abord,
c?est d?abord du logement
L?accompagnement adapté
aux besoins de chacun :
clé de l?insertion et de l?accès
au logement de tous
Le partenariat au coeur
de la mise en oeuvre du
Logement d?abord
28 29
Le premier plan Logement
d?abord (2017-2022) :
5 ans de transformation de
la politique de lutte contre
le sans-abrisme
Les principes clés
L?État investit
dans la lutte contre le sans-abrisme
2,9 milliards d?euros en 2022
pour l?hébergement et l?accès au
logement des personnes sans domicile
soit une augmentation de 50% depuis
2017
Rendre possible l?accès et le
maintien dans le logement grâce à
un accompagnement adapté, sans
préjuger d?une « incapacité à habiter »
Aller vers les publics les plus en
difficulté et prévenir les ruptures, dont
les expulsions locatives
Répondre de façon immédiate et
inconditionnelle aux situations de
détresse par l?hébergement d?urgence
Mieux coordonner tous les acteurs
sur les territoires en positionnant les
SIAO comme outils partagés au service
d?une réponse adaptée aux besoins des
personnes sans domicile
Hébergement
2,1 Mrds¤ en 2022
SIAO et 115
76 M¤ en 2022
Accueils de jour
74 M¤ en 2022
Maraudes
45 M¤ en 2022
Logement adapté
499 M¤ en 2022
+ 45%
+ 28%
+ 75%
+ 70%
+ 85%
Accéder au logement le plus
rapidement possible en limitant les
étapes intermédiaires
Favoriser les approches
pluridisciplinaires
Santé-Emploi-Logement
30 31
Le Logement d?abord, c?est d?abord du logement
Plusieurs dizaines de milliers
de solutions nouvelles pour
les personnes sans domicile
Réduire le nombre de ménages à la rue ou en centre
d?hébergement nécessite une offre de logements
permettant l?accueil de personnes avec de très faibles
revenus. C?est pourquoi le Gouvernement a fait de la
montée en puissance du logement abordable un axe
majeur du plan Logement d'abord.
Après cinq années de mise en oeuvre du Logement
d'abord, les résultats confirment la mobilisation collective
autour de cette stratégie nationale. Les projets portés par
les associations et les bailleurs sociaux, soutenus par les
services de l?État et guidés par des objectifs territorialisés,
se sont multipliés.
Avec plus de 40 000 nouvelles places d?intermédiation
locative créées entre 2018 et 2022, soit une augmentation
de 118% par rapport au parc existant en 2017, le plan
Logement d'abord a démontré l?effectivité d?une stratégie
de diversification de l?offre locative abordable vers le parc
locatif privé.
Ce sont des dizaines de milliers de nouvelles solutions pour
les personnes sans domicile. Inscrite en complémentarité
de l?offre des bailleurs sociaux, l?intermédiation locative
mobilise un segment du parc de logements souvent moins
accessible aux personnes en grande difficulté. Pour cela,
l?État s?appuie notamment sur l?expertise des agences
immobilières sociales qui se sont fortement développées
ces cinq dernières années.
L?essor des pensions de famille est un autre élément
marquant du premier plan Logement d'abord, avec plus
de 7 200 nouvelles places ouvertes en cinq ans, soit une
augmentation de 48% du parc existant.
Désormais, plus de 1 000 pensions de famille, réparties sur
tout le territoire national offrent un nouveau chez-soi à des
personnes isolées qui, en plus de leur logement individuel,
bénéficient d?espaces collectifs et de la présence d?hôtes
de maison financés par l?État qui soutiennent la création
de lien social et facilitent la vie quotidienne. En combinant
chez-soi personnel et soutien du collectif, les pensions
de famille confirment chaque jour qu?elles sont un outil
efficace et utile pour redonner aux personnes leur pouvoir
d?agir.
Enfin, le plan Logement d'abord a soutenu le
développement des résidences sociales, des solutions de
logement immédiates pour les ménages défavorisés dont
les ressources et la situation sociale ne permettent pas
d?envisager l?accès au logement de droit commun à court
terme. À cet effet, une feuille de route gouvernementale
a été co-construite par les services de l?État, les acteurs
du logement accompagné et les collectivités territoriales
afin de relancer leur production. En visant à lever les freins
au développement des résidences sociales (manque de
foncier disponible, difficultés au montage de projets,
particularités de l?équilibre économique?), la feuille de
route poursuit l?ambition de renforcer l?intégration de
cette offre dans la politique du Logement d'abord.
Places d?intermédiation locative financées par l?État
74 000
places en 2022
34 000 places en 2017
Places en pensions de famille
22 700
places en 2022
15 500 places en 2016
Bilan du premier plan
32 33
L?accès au logement social,
une priorisation des personnes
sans domicile qui porte ses fruits
Alors que la période récente est marquée par une tendance
à la baisse des attributions de logements sociaux (-10% en
cinq ans en raison de la baisse de la rotation dans le parc),
la part des attributions réalisées au profit des ménages
sans domicile a progressé de près de 70% de 2017 à 2022.
Ainsi, avec plus de 122 000 attributions de logements
sociaux aux personnes sans domicile depuis 2018, le parc
social constitue le principal moteur d?accès au logement
autonome pour les personnes hébergées ou à la rue,
traduisant son importance dans la stratégie Logement
d'abord.
Ces résultats démontrent la forte mobilisation de
l?ensemble des acteurs du logement sur le terrain, et
notamment des services de l?État, lesquels ont largement
utilisé leur contingent propre de logements sociaux pour
accueillir des publics sans domicile.
Liée à l?existence d?une offre de logement social à très bas
niveau de quittance, la hausse des attributions au profit
des personnes sans domicile repose sur le développement
de logements dits PLAI et PLAI adapté. Ces loyers sont très
abordables grâce aux aides au logement.
Si la crise sanitaire a ralenti la délivrance des agréments
pour des projets nouveaux, il convient pourtant de
souligner la progression du logement social à bas niveau
de quittance (PLAI adapté), lequel représente désormais
8% du total des nouveaux agréments de logements très
sociaux (PLAI), contre seulement 2,5% en 2017.
La conjugaison d?une offre de logement abordable et
d?une stratégie d?attribution volontariste au profit des
personnes sans domicile permet d?accélérer leur accès
au logement et de fluidifier l?hébergement pour faciliter
la mise à l?abri immédiate des personnes en situation de
détresse.
122 300
attributions de logements sociaux
entre 2018 et 2022
85 500 entre 2013 et 2017
8%
de PLAI adaptés au
sein de la production de PLAI en 2022
2,5% en 2017
Un engagement fort pour prévenir
les ruptures résidentielles des personnes
victimes de violence en favorisant
leur relogement rapide
FOCUS
10 000
places d?hébergement
et de logements adaptés
réservées aux femmes
victimes de violence et
à leurs enfants soit un
doublement entre 2017 et
2022
Les attributions de logements sociaux aux personnes
victimes de violences intrafamiliales ont été en
constante augmentation au cours du plan Logement
d'abord, et encore renforcées suite au Grenelle des
violences conjugales. Malgré l?accroissement du nombre
de demandeurs et la baisse globale des logements remis
en location chaque année, les attributions réalisées au
profit des femmes victimes de violences intrafamiliales
progressent depuis 2017 et se stabilisent à un haut
niveau. Ainsi, entre 2015 et 2021, le volume annuel
d?attribution de logements sociaux signalant un motif
?violences conjugales? a quasiment triplé pour atteindre
plus de 11 500 en 2021. Suite au lancement du Grenelle
en septembre 2019, ce sont plus de 30 000 logements
sociaux qui ont été attribués aux femmes victimes
de violences en 3 ans, démontrant l?engagement de
l?ensemble des acteurs du logement. Ces relogements
représentent désormais plus de 2,6% des attributions
totales, et concernent dans près de 80% des cas des
femmes avec enfant(s) à charge.
Les places du parc d?hébergement et de logements
adaptés destinées à assurer la mise en sécurité
immédiate des femmes victimes de violences et leurs
enfants ont doublées entre 2017 et 2021, pour atteindre
10 000 places. Afin d?assurer un meilleur accueil et
garantir une prise en charge adaptée, un programme
de formation en ligne de sensibilisation aux violences
faites aux femmes dans les structures d?hébergement
mixtes a été réalisé. Il doit permettre aux personnels
des centres d?hébergement de prévenir ces violences et
d?améliorer l?accompagnement proposé.
30 000
attributions de logements
sociaux pour les victimes de
violences conjugales depuis
septembre 2019
Bilan du premier plan
34 35
L?accès au logement des réfugiés :
vecteur d?une intégration
républicaine réussie
Depuis 2015, la politique d?accueil et d?intégration des
réfugiés s?est intensifiée pour accompagner l?accueil d?un
nombre croissant de personnes sur le territoire. Avec
plus de 54 000 logements mobilisés en 5 ans, permettant
le relogement de près de 110 000 réfugiés, l?État a misé
sur le logement pour construire une solide politique
d?intégration.
L'État soutient au travers du dispositif Cohabitations
solidaires l?accueil de réfugiés chez des particuliers ou
en colocation avec les citoyens français. Moteur d?une
insertion rapide et fructueuse, cette mobilisation de
la société civile a déjà permis l?accueil de 1 500 réfugiés
depuis 2017, et a vocation à monter en puissance dans les
années à venir.
Enfin, l?État a veillé à apporter des réponses fortes, rapides
et concrètes dans un contexte de crises obligeant à la
coordination des acteurs et à la mobilisation exceptionnelle
de solutions de logements.
Ainsi, la Dihal a piloté le dispositif d?orientation vers le
logement des réfugiés afghans de l?opération APAGAN.
En février 2022, l?invasion de l?Ukraine par la Russie s?est
immédiatement traduite par un mouvement de solidarité
au niveau de l?Union européenne en faveur de l?accueil des
déplacés de guerre, au sein duquel la France s?est inscrite
en prévoyant des solutions d?urgence et des dispositifs
d?insertion plus pérennes.
Sur les 100 000 déplacés initialement accueillis et pris en
charge dans l'hébergement (collectif ou citoyen), 26 500
ont déjà pu accéder au logement. Cette mobilisation illustre
la réactivité de toute la chaîne de partenaires (collectivités,
bailleurs sociaux, particuliers, entreprises?) pour offrir des
solutions dignes à un public particulièrement vulnérable,
composé à 80% de femmes et d?enfants.
136 000
personnes réfugiées ou déplacées d'Ukraine
relogées entre 2017 et 2022
64 000
logements mobilisés pour les réfugiés et les
déplacés d'Ukraine entre 2017 et 2022
Le dispositif « hébergement citoyen » :
la solidarité des citoyens français à l?égard
des réfugiés ukrainiens
26 500
déplacés ukrainiens logés
au 31 décembre 2022
10 000
déplacés ukrainiens
hébergés chez des particuliers
avec l?accompagnement d?une
association au 31 décembre 2022
La crise ukrainienne s?est immédiatement
traduite par un élan de solidarité des citoyens
français, qui se sont manifestés en nombre
pour accueillir à leur domicile des familles
fuyant le conflit. Face à l?afflux de déplacés,
l?aide apportée par ces particuliers volontaires
à l?hébergement s?est révélée décisive. Avec
plus de 10 000 déplacés ukrainiens accueillis
directement et durablement chez des
particuliers, l?hébergement citoyen représente
un vecteur majeur de l?accueil et de l?insertion
des déplacés.
Pour apporter un soutien à cet élan spontané de
solidarité, le Gouvernement a pris la décision de
créer une aide exceptionnelle à destination des
personnes hébergeant des déplacés ukrainiens.
FOCUS
Bilan du premier plan
36 37
« Un chez-soi d?abord » s?adresse aux personnes sans abri les
plus vulnérables (troubles psychiques sévères et addictions)
qui échappent aux dispositifs d?accompagnement
classiques. Ce dispositif propose un accès direct dans un
logement depuis la rue, avec un accompagnement intensif
et pluridisciplinaire.
Une étude scientifique indépendante1 a confirmé en
2016 que cette stratégie avait une réelle efficacité. 80%
des personnes sont restées dans leur logement, avec une
amélioration de leur qualité de vie et de leur état de santé.
On constate également une réduction significative des
durées de leurs séjours hospitaliers et une intervention
globalement plus efficiente pour les dépenses publiques.
À la suite de ces conclusions, le dispositif a été pérennisé en
2016 et l?État a déployé depuis 2017, 2 220 nouvelles places
dans le cadre du plan Logement d'abord, ciblant dans un
premier temps les principales métropoles françaises puis
les villes moyennes. Les résultats obtenus lors de la phase
expérimentale ont été conservés sur l?ensemble des sites,
confirmant la pertinence et l?utilité de cette solution.
« Un chez-soi d?abord » peut être aussi adapté dans les
zones moins densément peuplées. Sans modifier les
principes essentiels, il s?agit d?adapter les pratiques aux
contraintes locales, en particulier géographiques. Viser un
accès égal à tous sur le territoire est l?objectif du dispositif
sur les prochaines années avec de nouveaux sites en zones
rurales et petites villes.
L?accompagnement adapté aux
besoins de chacun : clé de l?insertion
et de l?accès au logement
2 570
places « Un chez-soi d?abord »
en 2022 dans 32 villes
L?accès au logement des personnes ayant
des troubles psychiques : « Un chez-soi d?abord »
350 places en 2017
??
39 sites en France pour accompagner
1000 personnes en situation de grande marginalité
vers un logement autonome.
1 000
personnes en situation
de grande marginalité
accompagnées
39
dispositifs ont été lancés
dans toutes les régions
métropolitaines et dans
trois territoires ultramarins
« Je sais que je ne suis pas obligé de dormir je ne sais où, d?aller
squatter à droite et à gauche. Je rentre chez moi, et puis voilà,
je ferme la porte. »
Lancés par le Gouvernement fin 2020, les dispositifs
« Accompagnement des personnes en situation de grande
marginalité » expérimentent des approches d?accompagnement
et d?hébergement innovantes pour répondre aux attentes et aux
besoins de personnes pour lesquelles les dispositifs existants,
notamment les structures d?hébergement, ne sont pas ou plus
adaptés. En permettant à des personnes qui étaient auparavant
exclues des dispositifs de droit commun de renouer avec
l?accompagnement, ces dispositifs ont vocation à leur redonner
du pouvoir d?agir pour faciliter leur accès au logement.
En capitalisant sur la dynamique née des enseignements de la
crise sanitaire, l?accompagnement proposé répond aux besoins
des personnes sans abri les plus éloignées des dispositifs
d?insertion, particulièrement vulnérables du fait d?un long passé
de rue ou de cumul de problématiques de santé (dont la santé
mentale), et d?addictions. Ainsi, les modes de fonctionnement
s?éloignent quelquefois des pratiques habituelles pour mieux
répondre aux attentes : habitat parfois original (tiny houses,
mobil-homes), souplesse des règlements intérieurs construits
avec les habitants, accueil des animaux et accompagnement
à la réduction des risques. Les équipes pluridisciplinaires sont
invitées à proposer un accompagnement non coercitif, dans le
respect du choix des personnes, du développement du pouvoir
d?agir et dans la logique du rétablissement. L?accès au logement
est posé comme un objectif.
Enfin, en offrant à des personnes auparavant en rupture
et marginalisées de retrouver un nouvel espace de vie, ces
dispositifs agissent en faveur d?une pacification des rapports
dans les villes où sont déployées ces nouvelles structures.
FOCUS
Bilan du premier plan
1. Tinland A, Loubière S, Boucekine M, Boyer L, Fond G, Girard V, Auquier P (2020). Effectiveness of a housing support team intervention with a recovery-
oriented approach on hospital and emergency department use by homeless people with severe mental illness: a randomised controlled trial. Epidemiology
and Psychiatric Sciences 29, e169, 1?11
38 39
La prévention des ruptures :
l?importance de l?aller-vers
Prévenir les expulsions locatives pour éviter la
perte de logement
La lutte contre le sans-abrisme nécessite d?identifier et de
prévenir les difficultés pouvant conduire à la perte de son
logement. La prévention des expulsions locatives constitue
dans cette perspective un axe majeur du Logement
d'abord.
Le plan Logement d'abord a amélioré de manière
substantielle les outils de prévention, en veillant tout
à la fois à renforcer les dispositifs d?accompagnement
des locataires en difficulté et à soutenir les propriétaires
bailleurs impactés par les impayés locatifs, particulièrement
dans le contexte de crise sanitaire.
Des moyens inédits ont été déployés par l?État : 73 chargés
de mission, financés à hauteur de 3,7 millions d?euros, ont
été mis en place dans 69 départements, pour renforcer
dès 2021 les Commissions de coordination des actions de
prévention des expulsions locatives (CCAPEX).
20 millions d?euros ont été alloués pour abonder le fonds
national d?indemnisation des propriétaires bailleurs
impactés par les mesures de gestion de crise.
26 équipes mobiles ont été déployées depuis 2021 dans les
plus grandes agglomérations pour aller vers les locataires
du parc privé en situation d?impayé locatif inconnus des
services sociaux.
À l?issue de la première année de mise en oeuvre, un premier
bilan très positif peut en être tiré avec 3 000 ménages
suivis, 800 propriétaires contactés, et plus de 600 impayés
résorbés grâce à cette démarche d?aller-vers, conjuguant
des compétences de travailleurs sociaux et de juristes.
Au-delà des moyens mis en oeuvre, 13 000 procédures
d?expulsion et 12 000 décisions de justice ont pu être
évitées entre 2016 et 2019 par la montée en puissance de
la politique de prévention des expulsions dans le cadre
du Logement d'abord. Durant la crise Covid, l?action
préventive du Gouvernement a permis de réduire de
manière historique le nombre d?expulsions en 2020
(-50%) puis 2021 (-25%) tout en accompagnant une reprise
progressive et maîtrisée de la gestion de la procédure
d?expulsion en 2022. L?ensemble de ces actions a permis
d?éviter la vague d?expulsions et le doublement annuel de
leur nombre, redouté au début de la crise.
Parallèlement, la Dihal a contribué à l?amélioration de la
connaissance en matière d'évolution des impayés locatifs
ainsi qu'à l'amélioration de la prévention des expulsions en
animant l?Observatoire national des impayés locatifs avec
l?ensemble des partenaires nationaux concernés.
Un important travail de rationalisation du système
d'information EXPLOC en charge de la gestion nationale
de la procédure de prévention des expulsions a également
été engagé afin d'améliorer à court termes les capacités
d'identification et de prise en charge précoces des
locataires en situation d'impayé de loyer.
Enfin, des travaux d?amélioration de la connaissance
des fonds de solidarités logement gérés par les Conseils
départementaux et les métropoles ont été conduits afin
d'améliorer les dispositifs d'apurement des dettes locatives.
13 000
procédures évitées entre
2016 et 2019
3 000
ménages accompagnés en un an
par les équipes mobiles
Agir auprès des jeunes pour éviter la dégradation
des situations
Les jeunes majeurs sont confrontés à de nombreuses
difficultés lorsqu?il s?agit de se loger, d?autant plus
s?ils cumulent des vulnérabilités sociales et sanitaires
(absence de ressources financières stables, santé fragilisée,
addictions, illettrisme, absence de réseaux de sociabilité
et professionnel, parcours en institution de protection de
l?enfance?). Pour eux, le risque de ruptures pouvant les
mener rapidement à la rue est particulièrement élevé.
L?étude « Un chez-soi d?abord » a montré que la moitié
des 700 personnes suivies avait connu un premier épisode
sans chez-soi avant 21 ans et demi. Déjà en 2012, parmi les
66000 personnes sans domicile nées en France recensées
par l?INSEE, 26% étaient d?anciens enfants placés en
protection de l?enfance.
Le logement est un levier majeur d?insertion sociale
et professionnelle et une des conditions pour le
développement du pouvoir d?agir.
À ce titre, l?accès au logement des jeunes les plus vulnérables
est une priorité pour l?État qui agit au travers de l?approche
combinée santé ? emploi ? logement, particulièrement
appropriée pour favoriser l?insertion des jeunes.
Pour atteindre les jeunes les plus vulnérables, sans
revenus, éloignés de l?emploi et cumulant les difficultés
psycho-sociales, le volet « Jeunes en ruptures » du Contrat
d?Engagement pour les Jeunes (CEJ) a été mis en place.
En lien avec les missions locales, les projets sélectionnés
à la fin de l?année 2022 permettront d?accompagner plus
de 24 000 personnes vers l?insertion professionnelle, en
intégrant un appui en matière de santé, d?accompagnement
à la mobilité ou de logement.
Plus de 13 000 jeunes sont concernés par ce dernier volet,
qui bénéficie d?un renfort spécifique de 10M¤ en plus de
la mobilisation des crédits et dispositifs de droit commun.
Un référent dédié « Jeunes - CEJ Jeunes en ruptures » a
également été créé dans chaque SIAO pour faciliter le
décloisonnement des interventions et les recherches de
solutions concrètes de logement pour les jeunes.
Enfin, pour réduire le sans-abrisme des jeunes souffrant
de troubles de santé mentale, deux sites expérimentaux
« Un chez-soi d?abord Jeunes » ont été ouverts à Lille et à
Toulouse en 2019. Poursuivant l?objectif d?agir au plus tôt
dans le parcours d?errance et d?éviter la dégradation des
troubles psychiques et l?allongement du parcours de rue, le
dispositif a d?ores et déjà un réel effet préventif. À 12 mois,
tous les jeunes accompagnés ont accédé à un logement et
91% s?y maintiennent avec une augmentation significative
du montant de leurs ressources financières et de leur accès
à l?emploi ou à la formation.
110
places dans les 2 sites expérimentaux
« Un chez-soi d?abord Jeunes »
13 000
jeunes ciblés par un CEJ ? Jeunes en ruptures
bénéficieront spécifiquement
d?un accompagnement lié au logement
Bilan du premier plan
40 41
L?accès rapide et facilité au logement repose largement sur
la capacité à proposer un accompagnement social adapté
aux besoins de chaque personne, avant, pendant et après
le relogement. La plus-value de l?accompagnement est
double : travailler à une approche par les forces visant
à redonner de la confiance et du pouvoir d?agir aux
personnes et travailler avec les bailleurs pour prévenir les
risques locatifs.
Dans cette perspective, l?État a soutenu, à travers le
premier plan Logement d'abord, les efforts d?amélioration
de la gouvernance territoriale de l?accompagnement. Ce
soutien apporté aux collectivités « Territoires de mise
en oeuvre accélérée du Logement d'abord » a permis la
création de plateformes territoriales d?accompagnement
destinées à coordonner ou mutualiser les ressources et les
dispositifs.
Ces outils novateurs ont renforcé la démarche partenariale
au niveau local afin de faire de l?accès au logement l?amorce
d?un parcours d?insertion plus global et de sécuriser ensuite
le maintien dans le logement dans le temps.
Plus largement, le plan Logement d'abord a permis de
progresser sur la structuration d?un accompagnement
simultané vers l?emploi et le logement, l?emploi étant un
facteur clé de sécurisation du relogement et d?insertion
sociale. C?est tout l?objet du programme COACH qui vise
à proposer un accompagnement renforcé, individualisé
et décloisonné vers l?emploi et le logement pour les
personnes hébergées. Il s?agit ainsi de croiser la logique
«Logement d'abord » avec la démarche « Emploi d?abord»
en développant le pouvoir d?agir des personnes.
Au soutien de l?accompagnement des personnes sans
domicile, le Gouvernement a porté dans le cadre du
plan Logement d'abord, la réforme du Fonds national
d?accompagnement vers et dans le logement (FNAVDL),
visant à renforcer ses moyens d?action ainsi que son
efficacité. La réforme s?est traduite par un doublement
des moyens du fonds entre 2019 et 2021, pour atteindre
près de 50 millions d?euros, grâce au soutien financier
apporté par les bailleurs sociaux à travers la caisse de
garantie du logement locatif social (15 millions d?euros) et
Action Logement (10 millions d'euros). Grâce à la montée
en puissance du FNAVDL, ce sont ainsi plus de 26 000
ménages qui ont pu être accompagnés en 2022, tant pour
favoriser leur accès au logement que pour les y maintenir.
L'inclusion des personnes concernées
Soutien historique à la démarche de participation
des personnes concernées, la Dihal appuie depuis
plusieurs années la mise en oeuvre du Conseil National
et des Conseils Régionaux des Personnes Accueillies et
Accompagnées (CNPA et CRPA). Le lien avec ces instances
s?est particulièrement illustré au cours de la crise sanitaire,
durant laquelle les délégués ont créé et alimenté une
plateforme numérique de recueil de témoignages.
Ces remontées d?information directes ont permis de
mesurer l?importance de la collaboration avec les délégués
pour adapter les politiques publiques à la réalité des
besoins des personnes les plus éloignées des dispositifs.
Cette initiative, à laquelle la Dihal a été particulièrement
attentive, a ainsi permis de repérer certaines difficultés
rencontrées dans les territoires, comme le refus de
chèques services dans certains magasins par exemple.
L'accompagnement des personnes :
un pilier du Logement d'abord
26 000
ménages accompagnés
en 2022
50 M¤
engagés pour l?accompagnement
vers et dans le logement (AVDL) en 2022
Valoriser le travail social,
un prérequis à un accompagnement efficace
Le travail social connaît depuis plusieurs années
une situation de tension sans précédent. Alors
que l?accompagnement est placé au coeur
du plan Logement d'abord, l?attractivité du
secteur Accueil-Hébergement-Insertion (AHI) est
fondamentale pour atteindre les objectifs visés,
en permettant aux professionnels de mener à
bien leurs missions dans les meilleures conditions.
L?État s?est engagé dans la revalorisation
salariale du secteur. Dans le secteur AHI, plus
de 106 millions d?euros ont été versés en 2022
(150 millions d?euros en 2023) pour financer la
revalorisation pérenne issue du « Ségur » du social
et médico-social. Près de 28 000 ETP exerçant à
titre principal une mission d?accompagnement
socio-éducatif ont bénéficié depuis le 1er avril
2022 de 183¤ nets supplémentaires par mois.
De même, la transposition de la hausse du point
d?indice de la fonction publique dans la branche
sanitaire, sociale et médico-sociale permettra
d?augmenter de 3% la masse salariale du secteur.
28 000
ETP exerçant à titre
principal une mission
d?accompagnement socio-
éducatif ont bénéficié d?une
revalorisation de 183¤ nets
par mois
+ de 106 M¤
ont été versés en 2022 pour
financer la revalorisation
pérenne des professionnels de
l?action socio-éducative dans le
secteur Accueil-Hébergement-
Insertion (AHI)
FOCUS
Bilan du premier plan
42 43
Renforcer la gouvernance partenariale du SIAO
pour améliorer l?accès au logement
Le Service intégré d?accueil et d?orientation (SIAO)
est dans chaque département l?opérateur « clé de
voûte » du Service public de la Rue au Logement. Il
assure une fonction de régulation et de coordination
structurante pour la politique publique de lutte contre
le sans-abrisme, dans le cadre d?une gouvernance
rénovée. L?instruction du gouvernement du 31 mars
2022 est venue préciser un nouveau cadre stratégique
et opérationnel pour les SIAO et poser des objectifs
de performance de la politique publique. Parmi les
mesures de cette instruction, la création d?un Comité
Stratégique Partenarial est en cours de structuration
dans la plupart des départements. Il rassemble l?État, les
collectivités territoriales volontaires, des représentants
des associations du secteur AHI, des bailleurs sociaux,
les ARS et les acteurs accompagnant l?accès aux soins
des personnes en situation de précarité notamment
les dispositifs mobiles.
Les moyens des SIAO ont été augmentés avec 150
nouveaux ETP financés en 2021 pour renforcer
notamment les missions de suivi des parcours et
d?accès au logement, et 100 autres dédiés aux jeunes
en 2022. En 2023, il est prévu des sessions de formation
pour les personnels des SIAO et des services de l?État
sur la mise en oeuvre de l?instruction de mars 2022, et
plus généralement sur le Logement d'abord.
Le SIAO, clé de voûte du Service
public de la Rue au Logement
Coordonner et consolider
la veille sociale
L?instruction du 31 mars 2022 réaffirme le rôle des SIAO dans
la coordination de la veille sociale et fixe l?objectif d?une
évaluation sociale pour tous. Les dispositifs de la veille
sociale (accueils de jour, maraudes, N° d?urgence 115), sont
au plus près des personnes sans domicile et indispensables
pour lutter contre le non-recours et la grande marginalité.
Ce secteur a fait l?objet de renforts lors du premier plan
Logement d'abord : 24,8 millions d?euros dans le cadre
de France Relance ont permis de financer des travaux
de modernisation et réhabilitation dans 161 accueils
de jour : mises aux normes, adaptation des espaces aux
usages et à la fréquentation, travaux d?embellissement et
d?aménagement, rénovation thermique, etc.
Le budget alloué aux maraudes et aux accueils de jour a
été renforcé de 50 millions supplémentaires entre 2017
et 2022 (+75%). La professionnalisation du secteur a été
accompagnée par la publication en 2018 d?un document de
référence sur les missions et l?évaluation des maraudes et
Samu Sociaux, co-écrit par la DGCS, la Dihal, la Fédération
des acteurs de la solidarité et la Fédération nationale des
Samu Sociaux.
150
ETP supplémentaires
en SIAO
Améliorer la connaissance
des publics sans domicile
La mise en oeuvre efficace du Logement d'abord nécessite
de connaître les besoins, les profils et les parcours des
personnes hébergées et sans abri, afin de proposer l?offre
adéquate d?hébergement et de services sur le territoire.
Pour ce faire, un certain nombre de collectivités ont mis
en place des opérations de dénombrement de personnes
sans abri, méthode venue des pays anglo-saxons et mise
en place pour la première fois par la Ville de Paris en 2018.
Après la publication conjointe en 2021 entre l?INSEE
et la Dihal d?un guide méthodologique visant à mieux
accompagner les territoires dans l?organisation de futures
opérations similaires, l?État a piloté l?organisation de la
première Nuit Nationale de la Solidarité qui a réuni en
janvier 2022 une vingtaine de villes et une quarantaine en
2023.
Plusieurs « Territoires de mise en oeuvre accélérée du
Logement d'abord » ont créé des observatoires locaux du
sans-abrisme, pour être en mesure de partager les besoins
en temps réel en collectant, en consolidant et en exploitant
l?ensembles des données pertinentes.
24,8 M¤
pour financer des travaux
de modernisation
des accueils de jour
100
référents dédiés
« Jeunes - CEJ
Jeunes en ruptures »
40
villes participantes
à la Nuit Nationale de la
Solidarité en 2023
Bilan du premier plan
44 45
Le partenariat Etat ? Collectivités territoriales
comme moteur de la résorption
du sans abrisme
Le plan Logement d'abord est pensé par et pour les
territoires : les expériences de chacun enrichissent la
stratégie nationale, qui en retour propose un cadre
d?action et les moyens qui leur permettent de s?approprier
le nouveau modèle et de trouver des réponses adaptées à
leurs problématiques.
Le renforcement du partenariat opérationnel entre les
services de l?État et les collectivités territoriales a été jugé
prioritaire dès le lancement du plan Logement d'abord.
Le plan est bien d?ampleur nationale et s?applique sur
tout le territoire. Toutefois, depuis 2017, 44 collectivités
territoriales volontaires se sont engagées dans la mise en
oeuvre accélérée du Logement d'abord. L?ensemble des
acteurs de terrain ont travaillé autour d?une vision commune
qui décline la stratégie nationale en mettant en synergie
les différentes compétences et ressources de chacun.
Des projets concrets ont ainsi vu le jour : plateformes
de captation de logements privés pour l?intermédiation
locative, création de dispositifs d?accompagnement
renforcé vers et dans le logement pour les jeunes en errance,
production de pensions de famille, constitution d?équipes
mobiles pluridisciplinaires pour aller vers les personnes
sans abri ne sollicitant plus les services, élaboration de
programmes de formations des professionnels du territoire,
etc. Le plan d?action local, animé par un coordinateur
dédié, résulte d?un conventionnement entre les services
déconcentrés de l?Etat et les collectivités territoriales.
L?État a encouragé ces démarches avec un financement
de 46 millions d?euros sur la durée du premier plan
Logement d'abord (2018-2022), dédiés à l?ingénierie et
l?expérimentation en complément des crédits de droit
commun de l?Etat. Il a également animé le réseau (réunions
thématiques, Clubs des territoires) et proposé un suivi
rapproché et un appui technique personnalisé au niveau
national (dialogues de gestion, référent privilégié pour
chaque territoire au sein de la Dihal).
Pour maintenir cette dynamique, le Gouvernement a
annoncé poursuivre le soutien aux « Territoires de mise
en oeuvre accélérée », afin de permettre à tous d?accélérer
les projets déployés et de favoriser l?établissement de
transformations structurelles.
46 M¤
dédiés au soutien des Territoires de mise en
oeuvre accélérée du Logement d?abord entre
2018 et 2022, en plus des crédits de droit
commun
Le partenariat au coeur de
la mise en oeuvre du Logement d?abord
44 territoires engagés dans la mise en oeuvre
accélérée du plan Logement d?abord
Bilan du premier plan
Ville de Porto-Vecchio
Aix-Marseille
Provence Métropole
Métropole
Nice-Côte d?Azur
C.A. Sophia-Antipolis
Montpellier-Méditerranée
Métropole
C.D. de Gironde
Bordeaux-Métropole
Ville de Toulouse
Grenoble-Alpes
Métropole
Grand Lyon
Métropole
Grand Chambéry
C.D. du Doubs
C.D. de la NièvreC.D. du CherVille de Tours
C.D. de la Sarthe
Rennes
Métropole
Conseil départemental de Loire-Atlantique
Nantes Métropole
C.D. de Seine-Saint-Denis
Ville de Paris
C.A. de Cergy-Pontoise
Métropole Toulon
Provence-Méditerranée
Ville d?Amiens
C.U. d?Arras
Métropole européenne
de LilleC.D. du Pas-de-Calais
C.D. du Puy-de-Dôme
Clermont-Avergne Métropole
Eurométropole
de Strasbourg
Ville de
Mulhouse
Dijon Métropole
Métropole du
Grand Nancy
Metz Métropole
C.A. de Quimper
Bretagne-Occidentale
C.C. de Loudéac
C.A. de Lorient
C.A. de l?espace sud
de la Martinique
C.A. Dembéni
Mamoudzou
C.D. de la Réunion
C.A du Grand AvignonC.A. Nîmes Métropole
C.A. Montluçon Communauté
C.U. Dunkerque Grand Littoral
C.U. du Grand Poitiers
C.A. Centre Littoral
46 47
Une dynamique encourageante
du Logement d?abord lancée en Outre-mer
FOCUS
La grande précarité présente des visages différents
dans les départements et régions d?outre-mer. Les
enjeux du Logement d?abord y sont donc spécifiques
et demandent des mesures et un accompagnement
adaptés.
Ces cinq dernières années ont permis de construire
un nouveau contexte d?action : ouverture de
l?expérimentation du logement locatif très social adapté
et des villages-relais en réponse aux problématiques
des bidonvilles en Guyane et à Mayotte et ouverture
de l?aide personnalisée au logement spécifique pour les
résidences sociales, les pensions de famille et les foyers
de jeunes travailleurs.
Des efforts financiers particuliers ont été apportés.
Ils ont permis une augmentation du nombre de places
d?hébergement généraliste (à Mayotte : + 600 places en
cinq ans) ou ciblées « femmes victimes de violences»,
la construction de structures d?hébergement,
l?humanisation de centres et la réhabilitation d?accueils
de jour grâce à France Relance, la création de plus de
1 500 nouvelles places en intermédiation locative et
plus de 300 nouvelles places de pensions de famille.
Les plans nationaux sont déployés en s?adaptant aux
enjeux de chaque contexte :
Déploiement du dispositif « Un chez-soi d?abord »: À la
Réunion, 100 places créées et en Martinique 55 places
créées.
Appel à manifestation d?intérêt « accompagnement de
personnes en situation de grande marginalité » : À La
Réunion, lancement d?un site de 24 places, en Guyane
(Cayenne) création d?un site d?une trentaine de places
pour les personnes sortants de prison et en Martinique,
installation en cours d?un dispositif.
Territoires de mise en oeuvre accélérée du Logement
d?abord : Intégration de Dembéni-Mamoudzou
(Mayotte) dès 2018, puis de la Communauté
d?agglomération Centre Littoral (Guyane), de la
Communauté d?agglomération Espace Sud Martinique
et du Conseil départemental de La Réunion en 2021.
Accompagnement dans la politique publique de
prévention des expulsions locatives : dans chaque
DROM financement de chargés de mission CCAPEX, à
la Réunion d?une équipe mobile de prévention.
Déploiement de la plateforme Résorption-bidonvilles
en outre-mer : à Mayotte et en Guyane dans un premier
temps, les deux départements les plus concernés.
300
nouvelles places
de pensions de famille
1 500
nouvelles places
d?intermédiation locative
Le plan « Villes moyennes », déployé dans le cadre de la
crise ukrainienne donne un aperçu des possibilités offertes
par le travail partenarial entre l?Etat, les collectivités
territoriales, les bailleurs sociaux, et les associations.
100 000 personnes sont arrivées en France en quelques
semaines en se concentrant rapidement dans les
métropoles déjà les plus en tension en matière de
logement (Paris et Nice notamment). Le Gouvernement a
mis en place une stratégie reposant sur une orientation des
ménages ukrainiens vers les zones moins tendues.
Dans ce contexte, l?appui de l?ensemble des partenaires
territoriaux s?est révélé déterminant pour convaincre
les déplacés de l?intérêt d?une orientation vers les villes
moyennes, alors que leur relative méconnaissance de
la France renforçait leur volonté de demeurer à Paris ou
dans les Alpes-Maritimes, lieux de présence de la diaspora
ukrainienne.
Lancé en juin 2022 et appuyé par la campagne de
communication « Toute la France vous accueille », le plan
Villes moyennes s?est fortement construit sur les initiatives
locales : mise à disposition de logements à titre gratuitspar
les collectivités, baisses temporaires de loyers dans le parc
social, ou encore accompagnement vers les métiers en
tension dans les territoires d?accueil.
Fin décembre 2022, six mois après le déploiement du Plan
Villes moyennes, environ 80% des logements occupés par
des ménages ukrainiens se situent dans une ville de moins
de 100 000 habitants, soit près de 7 000 logements.
Le plan « Villes moyennes » :
la solidarité territoriale, moteur
de l?accès au logement des déplacés d?Ukraine
8 600
logements occupés
par des déplacés ukrainiens
80%
des logements se situent dans une ville de
moins de 100 000 habitants
Bilan du premier plan
48 49
Le plan Logement d'abord a développé des programmes
visant à inciter les personnes sans domicile à s?installer dans
des villes porteuses d?opportunités en matière d?emploi et
de logement pour faciliter le desserrement des métropoles.
Le programme EMILE (Engagés pour la Mobilité et l?Insertion
par le Logement et l?Emploi) propose aux personnes sans
domicile hébergées en Île-de-France un accompagnement
personnalisé pour accéder à l?emploi et au logement
dans un territoire d?accueil confronté à des tensions de
recrutement et doté de logements abordables et vacants.
Cette mobilité constitue une opportunité économique et
sociale pour les territoires d?accueil.
Grâce à la mobilisation de départements volontaires à
l?accueil de personnes venues d?Île-de-France, lesquelles
bénéficient d?un séjour d?immersion et de découverte
pour valider le choix de leur nouveau territoire de vie, le
programme EMILE offre un nouveau départ à des ménages
en situation de grande précarité.
Accompagné jusqu?à six mois à compter de son installation
sur le territoire d?accueil, chaque candidat bénéficie ainsi
d?un suivi intensif et personnalisé, destiné à garantir son
insertion durable. Des entreprises partenaires assurent sur
place l?accès à l?emploi des nouveaux arrivants, démontrant
ainsi l?intérêt d?une coopération resserrée entre les secteurs
du logement et de l?emploi.
Le programme EMILE oeuvre plus largement en faveur de la
réduction des fractures entre métropoles et zones rurales.
Il fait ainsi de la mobilité résidentielle l?une des réponses à
l?objectif de rééquilibrage territorial et démontre l?intérêt
du partenariat entre les territoires pour réduire le sans
abrisme.
Le programme « EMILE » :
un nouveau départ pour les personnes
sans domicile, une opportunité pour les
territoires ruraux
Le maintien dans le logement de personnes présentant
des vulnérabilités et des trajectoires de vie émaillées
de ruptures nécessite un partenariat renforcé entre les
secteurs de la santé et du logement.
À ce titre, des dispositifs expérimentaux d'équipes mobiles
pluridisciplinaires sanitaires et sociales sont déployés
auprès des locataires fragilisés dans leur logement.
Leurs actions reposent sur des principes d?aller vers et de
détection des signaux d?alerte. En première ligne : gardiens
d?immeubles, voisinage, etc. Ces dispositifs visent à renouer
le contact avec des personnes en situation de vulnérabilité
pour les accompagner vers des solutions adaptées,
renforcer la tranquillité résidentielle et apporter un appui
opérationnel aux bailleurs. L'objectif est ainsi d'accroître
le maintien en logement des locataires, tout en améliorant
les relations avec le voisinage.
L?articulation avec le secteur de la santé
À Dijon, l?unité d?intervention à domicile en santé
mentale, composée d?un travailleur social, d?un
infirmier et d?un psychologue clinicien vient à la
rencontre de locataires du parc social cumulant
des difficultés d?ordre psychologique et social. Elle
vise à favoriser la continuité de l?accompagnement
pour ces personnes souvent en rupture de suivi
médical, en proposant la reprise d?un parcours de
soins et permet ainsi de limiter les hospitalisations
en urgence, souvent sous contrainte.
Déployées dans plusieurs arrondissements
parisiens, les Équipes de Liaison Intersectionnelle
d?Accompagnement entre Habitat et Soins (ELIAHS)
interviennent auprès de résidents signalés comme
potentiellement en situation psychosociale dégradée,
après accord du locataire, pour évaluer la situation
globale et le cas échéant, proposer la mise en place
de soins adaptés, assortis d?un accompagnement
social. L?objectif est double : permettre à la personne
de conserver son logement, et améliorer sa situation
personnelle et financière.
Le programme EMILE propose
actuellement 9 territoires d?accueil :
? Ain
? Allier
? Cantal
? Cher
? Indre
? Maine-et-Loire
? Lozère
? Savoie
? Seine-Maritime
Bilan du premier plan
50 51
La Résorption des bidonvilles :
un exemple de partenariat réussi
Une nouvelle stratégie gouvernementale de Résorption des
bidonvilles a été mise en oeuvre à partir de 2018. Afin de
rompre le cycle contre-productif des évacuations suivies
de réinstallations, une stratégie de résorption durable des
sites a été déployée.
Cette méthode requiert un temps plus long mais aboutit
à une résorption définitive avec, pour la plupart des
résidents, une insertion dans la société et un accès au
logement.
Elle implique une mobilisation de nombreux partenaires
et une approche couvrant toutes les problématiques
(risques sanitaires, scolarisation, insertion professionnelle,
relogement?) ainsi qu?une intervention sur tous les sites,
le plus tôt possible. Cela a été réaffirmé dans la stratégie
française 2020-2030 en réponse à la recommandation
du Conseil de l?Union européenne du 12 mars 2021 pour
«l?égalité, l?inclusion et la participation des Roms ».
Opérationnellement, la plateforme numérique Résorption
Bidonvilles permet à plus de 1 300 utilisateurs (à ce jour)
de se coordonner et facilite le pilotage et le suivi de
la politique. Le soutien sur le terrain a été renforcé et
l?enveloppe de crédits dédiés a doublé en 2020, passant
de 4 à 8 millions d?euros par an. Ainsi, ce sont plus de plus
de 70 sites qui ont été durablement résorbés entre 2019
et 2021 dont plus de la moitié sur la seule année 2021, et
près de 3 000 personnes qui ont accédé à un logement sur
la période.
Si la population résidant en bidonvilles baisse en métropole,
les départements d?outre-mer doivent bénéficier d?un
accompagnement personnalisé sur ce sujet. La Guyane et
Mayotte en particulier sont principalement marqués par la
présence importante de bidonvilles. Une feuille de route
spécifique « du bidonville au logement » est en cours
d?élaboration.
70
sites résorbés depuis 2019
3 000
personnes qui ont accédé à un logement
depuis 2019
3 200
enfants scolarisés
chaque année
depuis 2020
40
médiateurs scolaires
16 départements concernés
Accompagner vers l?école
dans le cadre des actions de résorption des bidonvilles
L?accès à l?école des 7 000 enfants résidant en
squats et bidonvilles fait partie des interventions
participant à la résorption. Parmi eux, 70% n?ont
jamais été à l?école ou sont en décrochage scolaire.
Depuis la rentrée 2020, des actions de médiation
scolaires ont été mises en place en lien étroit avec
les autorités académiques.
40 médiateurs financés à hauteur de 1,6 M¤,
participent à un changement de paradigme
dans la prise en charge de cette question et à
l?instauration de liens de confiance entre parents,
enfants et institution scolaire. Plus de 3 200
enfants ont ainsi été scolarisés chaque année
et 2 800 bénéficient aujourd?hui d?un soutien
individualisé à la scolarité.
FOCUS
??« Mon travail consiste à donner du sens à l?école, faciliter
l?adaptation scolaire des enfants et la compréhension entre
familles, directeurs et enseignants »
Une médiatrice scolaire à Nantes
Bilan du premier plan
52 53
La politique publique de lutte
contre le sans-abrisme :
le partenariat au coeur de
l?action
Pilote la politique nationale de l?État en
matière d?hébergement et d?accès au
logement des personnes sans domicile.
Anime, en lien avec les autres
administrations concernées la politique
du Logement d?abord
Décide les grandes orientations stratégiques en
matière d?accès au logement et établit le niveau
réglementaire du Logement d'abord
Assurent un premier accueil et une
assistance directe aux personnes sans
domicile
Accompagnent les ménages vers et
dans le logement
Gèrent pour le compte de l?État, le
parc d?hébergement et développent
des projets innovants en partenariat
avec tous les acteurs locaux
La Dihal
Le Gouvernement
( Premièr.e ministre, Ministère du Logement,
Ministères sociaux et Ministère de l?Intérieur)
Les associations
Le Parlement
Vote le budget, dont celui dédié à
l?hébergement et à l?accès au logement
des personnes sans domicile (Programme
budgétaire 177) et vote le cadre législatif
d'intervention
Conduisent et mettent en oeuvre
au niveau local la politique publique
et allouent les financements aux
associations
Facilitent l?accès au logement des
ménages prioritaires
Assurent concrètement l?accès au
logement des ménages vulnérables
en proposant une offre adaptée aux
besoins
(Logement social, pensions de
famille...)
Financent et mettent en oeuvre leurs
compétences en matière d?action
sociale et de logement
Déterminent la politique locale de
l?habitat
Les collectivités territoriales Territoires de mise en oeuvre
accelerée
Renforcent et coordonnent la
politique du Logement d?abord
Les services déconcentrés
de l?État
(Préfectures, DREETS, DREAL, DDETS)
Les bailleurs
(Sociaux et privés)
Recensent la demande et l?offre
d?hébergement de logement adapté
disponible sur le département.
Orientent et coordonnent les parcours
des ménages sans domicile
Orientent vers l?hébergement et le
logement les ménages sans domicile.
Les SIAO
services intégrés d?accueil et d?orientation
54
Délégation interministérielle
à l?hébergement et à
l?accès au logement
Grande Arche de la Défénse - paroi Sud
92 055 LA DEFENSE
contact.dihal@dihal.gouv.fr
tél 01 40 81 33 60
dihal.gouv.fr