Proposition de feuille de route de décarbonation de la filière véhicules lourds
Auteur moral
France.Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires (2022-...)
Auteur secondaire
Résumé
Cette feuille de route a été élaborée par le secteur lui-même et constitue une proposition adressée aux pouvoirs publics. Elle vient enrichir le travail du gouvernement de mise en oeuvre de la planification écologique, mais ne constitue pas la feuille de route du gouvernement.
Descripteur Urbamet
transports
;DECARBONATION
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
Proposition de Feuille de route
de décarbonation de la filière
véhicules lourds
Article 301 de la loi « Climat et Résilience »
SYNTHÈSE
Résumé exécutif
Les véhicules lourds se distinguent des
véhicules particuliers, par leur poids
mais aussi par les usages professionnels
auxquels ils répondent. Ils recouvrent
des catégories très variées de véhicules
: camions, bus et cars, engins de travaux
publics légers (chargeuses, minipelles) et
lourds (tombereaux, pelles, butteurs?).
S?ajoute une grande variété d?usages,
depuis les utilisations intensives en
milieu urbain jusqu?au transport inter-
régional de longue distance, en passant
par les chantiers de construction. Par
extension, la catégorie des véhicules
légers a été intégrée dans cette feuille
de route lorsque sont concernés des
usages professionnels : véhicules utili-
taires légers pour le transport routier
de marchandises et les secteurs du
commerce et de l?artisanat (bâtiment,
etc.), ambulances, LOTI légers, pour
le secteur du transport de personnes
car les besoins des utilisateurs profes-
sionnels diffèrent des usages particuliers
notamment en termes de besoin d?au-
tonomie, de charge utile, d?emport de
fauteuils roulants, etc.
En 2019, les émissions de ces différentes
catégories de véhicules s?élevaient
à 59Mt CO2, soit 14% des émissions
nationales, tous secteurs confondus :
31Mt CO2 pour les poids lourds, 18Mt
CO2 pour les VUL, 3Mt CO2 pour les bus
et cars et 7Mt CO2 pour les engins de
travaux publics.
La décarbonation des véhicules lourds
repose sur six leviers : l?évolution de la
demande de transport ? ou de travaux
publics pour les engins du BTP ?, la part
modale de la catégorie de véhicules,
le verdissement de la motorisation du
véhicule, leur taux d?occupation ou de
chargement, leur efficacité énergétique
et les distances parcourues.
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Cette feuille de route a été élaborée par le
secteur lui-même et constitue une proposition
adressée aux pouvoirs publics. Elle vient enrichir
le travail du gouvernement de mise en oeuvre de
la planification écologique, mais ne constitue pas
la feuille de route du gouvernement.
Une grande variété de véhicules lourds
et d?usages dont la décarbonation
nécessite de mobiliser l?ensemble des
leviers disponibles
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d?une offre de motorisation alternative par
les constructeurs, en fonction des progrès
technologiques contraints par les réglemen-
tations européennes et de leurs capacités
d?approvisionnement en matières premières.
? Enfin, les conditions économiques (coûts
d?acquisition, d?exploitation,?) seront
cruciales sur l?essor des technologies, qui se
traduit pour la plupart des motorisations par
un surcoût plus ou moins significatif à l?inves-
tissement et/ou à l?exploitation.
Compte tenu de la forte diversité des usages,
le verdissement du transport routier lourd
et des engins de travaux publics s?appuiera
sur un mix énergétique structuré autour des
carburants liquides bas carbone, du bioGNV,
des batteries électriques et de l?hydrogène
en complément du diesel dans ses normes les
plus récentes.
Les véhicules à carburants liquides, dont
les normes actuelles sont déjà très exigeantes,
constituent dès maintenant une source de
réduction des émissions du parc existant.
Plus de 9% de l?énergie contenue aujourd?hui
dans les carburants est d?origine biosourcée.
A court terme, l?utilisation des biocarburants
ou des e-fuels, dans les transports routiers
peut se réaliser avec une parfaite continuité
des usages : les motorisations sont iden-
tiques, la prise en charge du véhicule, son
autonomie sont les mêmes que pour une
utilisation d?un diesel fossile. Les carburants
liquides resteront indispensables à moyen
voir long terme pour les gros tonnages et
le transport longue distance. Les cars qui
effectuent des trajets interrégionaux et inter-
nationaux, continueront à les utiliser dans
les prochaines années. Quant aux engins de
chantier, c?est la source d?énergie qui restera
majoritaire pendant encore de nombreuses
années compte tenu à la fois des puissances
à mobiliser mais aussi de la contrainte
d?acheminement de l?énergie : les matériels
ne peuvent s?approvisionner en dehors du
chantier puisqu?ils sont non routiers, l?énergie
doit leur être apportée sur site sur l?ensemble
du territoire. Le verdissement des engins
de chantier, à l?exception des engins légers,
ne pourra passer à court terme que par le
déploiement de moteurs thermiques plus
efficaces, puis par l?ajout progressif de biocar-
burants de synthèse et de e-fuel.
Néanmoins, la croissance de la part renou-
velable des carburants liquides sera condi-
tionnée à la disponibilité des ressources en
Le verdissement de la motorisation des
véhicules constitue le principal levier de
décarbonation des véhicules lourds. En effet,
selon les hypothèses de travail du run 1 de
la SNBC, qui ont servi de base aux réflexions
conduites dans le cadre de la feuille de route,
l?introduction de véhicules à motorisation
alternative ? électrique, bio-GNV, hydrogène
? dans le parc ainsi que l?incorporation de
biocarburants permettrait une baisse des
émissions des poids lourds de 44% en 2040
par rapport à 2019, soit une grande partie
des 71% de baisses des émissions requis à cet
horizon pour le secteur. Le taux de péné-
tration des motorisations alternatives dans le
parc de véhicules, en lien avec les rythmes de
renouvellement des véhicules, est le facteur
déterminant des gains attendus.
Il existe quatre types d?énergies permettant
de verdir le parc des véhicules lourds : les
carburants liquides bas carbone, le bioGNV,
l?électricité et l?hydrogène.
Pour chaque type de véhicule lourd, l?évo-
lution du mix énergétique dépendra de
quatre facteurs principaux.
? Le premier concerne les besoins liés aux
usages. Les batteries électriques, pertinentes
dès aujourd?hui pour les plus faibles tonnages
de la mobilité lourde, selon le nombre de
kilomètres journaliers, ne seront par exemple
pas adaptées, même à moyen terme, à la
mobilité très longue distance ou à une pelle
hydraulique de 100 tonnes, qui nécessitent
une puissance beaucoup plus importante
qu?un véhicule utilitaire léger.
? Le deuxième concerne la disponibilité de
l?énergie. Les carburants liquides bas carbone,
le biogaz, produits à partir de biomasse et
d?hydrogène, font face à des contraintes
fortes en termes de disponibilité de ces
ressources qui conduit à des volumes limités
pour le transport routier. Le déploiement
des bornes de recharge jusqu?à atteindre une
fluidité d?utilisation est un défi à relever.
? Le troisième facteur est le déploiement
Le verdissement des motorisations et
des carburants est le principal levier
de décarbonation des véhicules lourds.
Il est nécessaire de s?appuyer sur un mix
d?énergies décarbonées adapté aux
spécificités des différentes catégories
de véhicules et d?usages
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découpler les prix du biométhane de ceux
du gaz fossile, ainsi que de l?offre construc-
teurs en véhicules bioGNV, qui pourrait
être limitée. La plupart des constructeurs
concentrent désormais leurs investissements
sur la technologie électrique à batterie, du
fait de la conception de la notion de véhicule
zéro émission des institutions européennes.
La mobilité au GNV présente d?ores et déjà
un fort taux de pénétration dans le transport
routier de voyageurs via les bus et cars. Les
bus au GNV sont déjà développés, les offres
des constructeurs existent et la part du
GNV dans les immatriculations devraient se
maintenir pour les bus et continuer à croître
pour les cars dans les prochaines années, à
condition que le prix de l?énergie revienne à
des niveaux plus avantageux que le gazole et
que la production de véhicules se poursuive.
Les véhicules à batteries électriques se
développent aujourd?hui plus rapidement
pour les véhicules de faible tonnage réalisant
des opérations de courte distance. Du fait
de ses performances en matière de qualité
de l?air, de réduction des nuisances sonores,
l?énergie électrique paraît particulièrement
adaptée à l?usage urbain, notamment
dans des agglomérations de grande taille.
L?absence de rejet à l?échappement est
un atout primordial pour répondre aux
enjeux de qualité de l?air dans les zones
biomasse et en hydrogène ? nécessaires à la
fabrication des e-fuels ? et des éventuelles
priorisations de ces dernières vers les secteurs
qui ne disposent pas d?alternative pour se
décarboner. Le coût d?utilisation varie suivant
les modalités de production et les matières
premières utilisées.
Les véhicules lourds au GNV / BioGNV,
déjà en circulation depuis plusieurs années,
représentent la quasi-totalité des motori-
sations alternatives existantes dans le parc
des poids lourds (soit 1% du parc). Ils contri-
bueront d?autant plus à la décarbonation
du parc que le GNV utilisé sera constitué de
biométhane. Leur autonomie, presque équi-
valente à celle des véhicules diesel, les rend
adaptés à de très nombreux usages immé-
diatement, pour un coût total de possession
supérieur au véhicule diesel. La filière gaz
indique pouvoir offrir une quantité de
biométhane suffisante pour couvrir, à horizon
2033, 100% des besoins des camions roulant
au GNV avec cette énergie décarbonée,
ce qui suppose par ailleurs de maintenir le
rythme de déploiement des stations d?avi-
taillement, et d?orienter les quantités de
biométhane nécessaires vers la mobilité
en prenant en compte la concurrence de
demande de biométhane des autres secteurs.
La progression du parc à motorisation gaz
dépendra fortement de la possibilité de
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à faibles émissions (ZFE). L?augmentation en
cours de l?autonomie réelle des véhicules est
un facteur déterminant pour l?expansion des
usages et son accélération dans le transport
routier de marchandises. Les bus électriques
sont fortement utilisés aujourd?hui (en 2022,
37% des bus immatriculés étaient électriques),
assurant un transport urbain avec zéro émission
à l?échappement. Leur recharge est organisée
la nuit au dépôt. Dans le domaine des travaux
publics, l?électrification constituera la solution
dominante pour les machines légères et les
engins compacts, mais nécessitera de lever des
freins économiques, logistiques, règlementaires
et organisationnels. En revanche, l?électricité
devrait être devrait être moins pertinente pour
les engins lourds ? pelles, tracteurs, tombereaux?
qui nécessitent une puissance très importante,
même si certains constructeurs commencent à
proposer ces engins accompagnés d?une « power
bank », avec des incertitudes quant aux perspec-
tives de généralisation de cette technologie, en
raison des contraintes fortes de logistique de ces
power banks.
Une amélioration de l?autonomie des batteries
sera nécessaire pour envisager l?essor de l?élec-
tromobilité sur le transport de moyenne/
longue distance. Celle-ci est à mettre en lien
avec les capacités d?emport des véhicules et les
contraintes réglementaires en matière de poids
et dimensions. Les constructeurs annoncent des
évolutions rapides en la matière.
Si les besoins en électricité pour électrifier la
flotte de poids lourds sont limités par rapport
à la production nationale, des travaux consé-
quents de renforcement des réseaux seront
nécessaires pour qu?ils supportent les appels
de puissance induits. Dès lors, une planification
du déploiement des bornes de recharge et des
infrastructures de réseau associées est indis-
pensable afin de garantir aux transporteurs la
possibilité de recharger les véhicules au dépôt et,
en itinérance, sur les principaux axes du réseau
routier. Si, à court terme, le déploiement de
dispositifs d?avitaillement au dépôt sera privi-
légié avec un ratio proche d?une borne pour un
véhicule, le développement d?une flotte élec-
trique nécessitera rapidement la mise en place
d?un maillage suffisant de bornes de ravitail-
lement en itinérance (réseau routier et centres
logistiques) de forte puissance permettant un
avitaillement compatible avec l?organisation
des tournées et la réglementation des temps
de repos des conducteurs. Pour le transport
routier, jusqu?en 2030, les enjeux de la recharge
ne pourront pas être comparables avec ceux des
véhicules particuliers : le kilométrage quotidien
est important, et l?organisation du temps de
travail rend difficile la recharge pendant le
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multimodale. L?évolution de la demande
de marchandises et le report modal vers
des modes de transport moins émissifs, qui
dépendent peu des acteurs de la chaîne de
valeur des véhicules lourds et davantage de
l?action d?autres filières ou décideurs, n?ont
été évoqués que dans le cadre des travaux sur
le transport de personnes.
La présente feuille de route propose plusieurs
leviers pour améliorer l?efficacité énergétique
des véhicules - adaptation de l?écoconduite,
de l?aérodynamisme, dispositifs de stop and
start, pour augmenter les taux de chargement
des poids lourds et les taux de remplissage
des transports collectifs, réduire les distances
parcourues ou encore favoriser la mobilité
D?autres leviers de décarbonation devront
être mobilisés pour atteindre les cibles de
baisse d?émissions
jour. La recharge au dépôt sera donc privi-
légiée pour garantir une utilisation standard
du véhicule, impliquant un ratio proche
d?une borne pour un véhicule?. C?est pour le
transport routier longue distance, à moyen
terme, que la recharge en itinérance avec des
ratios bornes/véhicule plus faible prendra tout
son sens. Le développement d?un nombre
suffisant de bornes au dépôt est un enjeu
clef pour assurer la possibilité d?utilisation des
véhicules électriques.
En outre, le véhicule à batterie, selon son
gabarit, présenterait un coût total de
possession défavorable par rapport au
véhicule thermique jusqu?à 2030, même si
des progrès technologiques plus rapides ne
peuvent être écartés, impliquant un soutien
public à l?achat ou à la location significatif
pour enclencher les investissements.
La route électrique (ERS), est présentée
parfois comme une alternative au
déploiement de bornes électriques sur le
transport longue distance. La technologie
n?a cependant pas été considérée comme
suffisamment mature pour faire l?objet d?un
approfondissement dans le cadre de ces
travaux (forts défis techniques à relever,
absence d?homogénéité de la technologie
à l?échelle communautaire, investissements
colossaux pour le lancement de l?ERS). En tout
état de cause, l?électrification des véhicules
apparaît indispensable à la réponse aux
enjeux de décarbonation.
Le transport sanitaire requiert une attention
particulière. Son verdissement nécessite
notamment un déploiement adéquat des
réseaux de recharge rapide au sein des
établissements de santé afin de répondre
aux contraintes de disponibilité de ces
véhicules et de l?organisation des transports
et l?évolution du modèle économique pour
supporter les investissements.
Le rétrofit pourra contribuer au dévelop-
pement des motorisations GNV, électrique
et hydrogène. Il permet de conserver la
carrosserie du véhicule et potentiellement
les aménagements spécifiques dont elle a
fait l?objet, de réduire l?utilisation de matières
premières, d?allonger la durée de vie des
véhicules et de limiter le coût d?entrée vers
un véhicule à motorisation alternative. La
filière est encore émergente en France, et se
développe progressivement. Elle permet en
particulier pour les véhicules utilitaires légers
et les autocars, de répondre plus rapidement
et à moindre coût aux enjeux de réduction
des émissions de CO2 dans les ZFE.
Les véhicules à hydrogène avec leur forte
autonomie et un temps de charge rapide,
répondent plus particulièrement aux usages
du transport de longue distance ou intensifs.
A l?exception des véhicules utilitaires légers,
pour lesquels l?offre constructeur est déjà
disponible, l?essor des véhicules hydrogène
sera limité avant 2030. D?ici là, l?offre se
structure, et les effets d?économie d?échelle
pourraient arriver à partir de 2026. Le prix
des véhicules reste aujourd?hui très élevé,
et le développement de cette mobilité est
conditionné par le rythme de déploiement
de stations d?avitaillement et la réalité de la
production de l?hydrogène bas carbone.
6
Les acteurs de la chaîne de valeur des
véhicules lourds ont exprimé la nécessité
d?inscrire dans le temps, le travail sur la
décarbonation réalisé en commun, avec des
rendez-vous réguliers des parties prenantes
pour consolider les hypothèses concernant
les trajectoires de décarbonation, notamment
en fonction des évolutions technologiques,
des paramètres économiques et financiers,
etc. Comme toute démarche prospective,
les hypothèses doivent être réinterrogées
à intervalles réguliers, les leviers adaptés, le
cas échéant, pour assurer le suivi du plan
d?actions proposé dans la feuille de route et
atteindre les objectifs.
Les travaux d?identification des freins et
leviers ont été conduits par groupes de travail.
Ils font l?objet de restitutions dans la suite du
document.
La feuille de route pourra être actualisée
avec le futur règlement européen relatif aux
émissions de CO2 des véhicules lourds.
Pour autant, certaines actions à caractère
prioritaire et transversal ont été identifiées :
1. Construire un cadre économique et
financier propice à l?accélération de la
transition énergétique du transport routier
A titre d?exemple, les analyses de TCO
conduites dans le cadre de la feuille de
route, révèlent que le coût de possession
d?un véhicule électrique reste très supérieur
à celui d?un véhicule diesel. Par exemple,
en 2022, le scénario médian donne un
surcoût d?exploitation d?un 26t ou d?un
19t électrique par rapport à l?équivalent
diesel d?environ 20% et ne converge vers
celui du diesel qu?entre 2027 et 2030 ? en
fonction notamment de la hausse du prix
du diesel. Pour un tracteur de 44t sur une
courte-moyenne distance, le surcoût est
d?environ 45% et ne converge vers le diesel
qu?entre 2030 et 2033. L?analyse ne prend
cependant pas en compte, pour des raisons
de disponibilité des données, à ce stade, les
surcoûts liés à l?acheminement de l?énergie
alternative, l?acquisition et l?installation
de l?infrastructure de recharge. Le coût de
possession des véhicules électriques est ainsi
minoré.
Bien que les TCO des véhicules hydrogènes
se situent aujourd?hui à un niveau très élevé,
la filière hydrogène précise que l?amorçage
industriel pourrait conduire à des change-
ments très rapides sur les coûts considérés,
notamment une forte décroissance sur les
équipements clés qui constituent aujourd?hui
le poste de surcoût majeur (piles à combus-
tible, réservoirs).
Pour un 7,5t, catégorie de véhicule identifiée
comme plus facilement électrifiable au regard
des usages, le TCO serait plus favorable au
véhicule électrique dès 2025.
Outre un coût supérieur à l?usage, les surcoûts
d?acquisition de ces véhicules par rapport
à leurs homologues diesel sont significatifs.
Le remplacement dans les flottes des trans-
porteurs de véhicules thermiques par des
véhicules électriques se heurte dès lors à la
contrainte du taux d?endettement maximal,
qui conditionne les prêts accordés par les
banques.
LEVIER 1 il est nécessaire que les pouvoirs
publics aident les acteurs à franchir cette
barrière d?investissement, via des procédures
d?appels à projets et/ou la mise en place de
bonus. Le besoin de soutien à l?achat ou la
location longue durée a été évalué à un ordre
de grandeur de 200 M¤ à 300 M¤ annuels,
avec une augmentation progressive au cours
des 5 prochaines années. Le dispositif de
suramortissement doit être maintenu. Enfin,
au regard du niveau important d?endettement
des opérateurs, les aides directes sont à privi-
légier par rapport à des outils tels que le prêt
à taux zéro.
LEVIER 2 Élaborer une trajectoire plurian-
nuelle de soutien public au verdissement
des flottes, indispensable pour donner de la
visibilité aux acteurs, tisser une confiance dans
la transition énergétique et fluidifier le rythme
des investissements, tant par les construc-
teurs que par les opérateurs. Cette trajectoire
doit intégrer le soutien aux dispositifs de
ravitaillement.
LEVIER 3 Favoriser un cadre de stabilité
relative des prix des énergies.
Un plan d?actions à inscrire
dans le temps
7
LEVIER 4 Approfondir les perspectives d?évo-
lution des coûts du véhicule lourd à hydrogène
par un travail entre les pouvoirs publics et la
filière afin de préciser sa place à horizon 2030.
2. Coordonner le déploiement des bornes
électriques et de stations d?avitaillement
Les perspectives de développement de la
recharge en dépôt ou en itinérance, sur le
réseau structurant, demandent de s?assurer de
la capacité des réseaux à absorber les appels à
puissance locaux, identifier les surfaces néces-
saires, programmer et optimiser les travaux
d?infrastructures, ?
LEVIER 5 Planifier le développement des
infrastructures et des bornes de recharge pour
accompagner et optimiser le rythme de décar-
bonation des véhicules lourds et des engins de
travaux publics.
3. Accompagner le changement
Un enjeu fort de la transition réside dans
l?accompagnement au changement. Cette
transition implique de repenser les organisa-
tions de transport et les circuits logistiques,
le management des entreprises, les filières
associées liées à la réparation ou la main-
tenance, etc. dans un contexte fortement
concurrentiel. C?est aussi un enjeu d?attrac-
tivité pour les métiers du secteur du transport
routier.
LEVIER 6 Mettre en place un plan de dévelop-
pement des compétences dans l?ensemble de
la chaîne : conduite, organisation de transport,
maintenance des véhicules, management, etc.
LEVIER 7 Pérenniser et renforcer l?accom-
pagnement des acteurs des transports et de
la chaine logistique dans la réduction de leurs
émissions de GES et de polluants.
LEVIER 8 Accompagner, les opérateurs
précurseurs qui, pour engager la transition
énergétique, se sont engagés dans la filière gaz.
LEVIER 9 Faciliter les implantations de
zones logistiques pour réduire les distances
parcourues.
4. Garantir la production des énergies
décarbonées qui seront utilisées dans les
motorisations
Cet enjeu transversal, recoupe les sujets de
développement du biogaz, de production
d?hydrogène bas carbone et de soutien à la
production de carburant liquide bas carbone.
La création d?unités industrielles est indispen-
sable pour garantir une réduction significative
de l?utilisation de carburants fossiles.
LEVIER 10 Il est proposé d?élaborer un plan
biocarburants de synthèse (XTL/HVO), et
e-fuel au niveau national comparable au plan
Hydrogène, permettant d?amorcer le déve-
loppement de la chaîne d?approvisionnement
en e-fuels et de réfléchir à la répartition des
usages entre les différents modes de transport
encore dépendants des carburants liquides.
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