Une grande promenade fluviale sur les quais de la rive gauche à Rouen : note de présentation
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
Présentation de deux projets pour la reconquête des quartiers ouest de Rouen.
Descripteur Urbamet
aménagement urbain
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement urbain
Texte intégral
Métropole Rouen Normandie - Ville de Rouen / Atelier Jacqueline OSTY et associés - IN SITU
UNE GRANDE PROMENADE FLUVIALE
SUR LES QUAIS
DE LA RIVE GAUCHE À ROUEN
NOTE DE PRÉSENTATION
ZAC Luciline
Les Panoramas
La Presqu'île
Aménagemenent des quais bas rive gaucheECO QUARTIER
FLAUBERT
GARE ST SEVER
Future passerelle piétonne
Hotel Métropole _
PRESENTATION DU PROJET
DEUX PROJETS POUR LA RECONQUETE DES BORDS DE
SEINE ET LA CREATION D?UN UNIQUE GRAND PAYSAGE
Une démarche globale de reconquête des quartiers
Ouest de Rouen?
L?ambition de reconquête des quartiers Ouest de Rouen est
inscrite dans les documents d?urbanisme (Schéma Directeur
puis Schéma de Cohérence Territoriale de l?agglomération) dès
le début des années 2000. La réflexion s?est ensuite traduite
dans le Plan Directeur d?Aménagement et de Développement
de Seine Ouest dont les orientations principales visent à :
Opérer le glissement des activités portuaires à l?Ouest du Pont
Flaubert,
? Reconquérir les friches industrielles,
? Favoriser l?extension de la ville vers l?ouest par une
reconquête urbaine,
? Promouvoir un développement urbain sur les 2 Rives
de la Seine.
Ce projet ambitieux doit s?inscrire dans un temps long et
requiert une démarche partenariale forte entre les acteurs
locaux, notamment les communes sur lesquelles s?étend
ce projet de reconquête des quartiers Ouest et le Grand
Port Maritime de Rouen, important propriétaire foncier ou
encore et les services de l?Etat pour répondre aux enjeux
environnementaux.
Ce projet de reconquête des quartiers ouest a dans un
premier temps été mis en oeuvre sur la Rive Droite de Rouen,
dans la continuité du centre-ville historique. En parallèle de la
réhabilitation des Docks à vocation commerciale et de loisirs,
la construction du Palais des Sports et de l?aménagement de
l?écoquartier Luciline destiné à accueillir des logements et des
bureaux, les quais en Rive Droite de la Seine ont été rénovés
dans l?objectif de créer du lien entre le centre-ville de Rouen
et ce nouveau quartier situé plus à l?Ouest tout en valorisant
les bords de Seine et en connectant de nouveau les habitants
avec le fleuve.
Le Plan Directeur et d?Aménagement des Quartiers Ouest
inscrit également l?ambition du développement d?un vaste
quartier pluri-fonctionnel de près de 90 hectares en Rive
Gauche autour du Pont Flaubert sur d?anciens sites industrialo-
portuaires. Situé à l?interface entre le port, le centre-ville et
la Seine, il constitue une réelle opportunité de reconquête
urbaine et de développement d?un véritable centre-ville à
l?échelle de la Métropole Rouen Normandie. Les enjeux sont
donc forts et l?ambition d?aménager un écoquartier est décidée
par les acteurs locaux. Ce nouveau quartier ne peut être
aménagé sans lien avec ses quartiers alentours. Raccrocher
la Rive Gauche de Rouen au centre-ville historique situé en
Rive Droite doit être envisagé. La Seine est ainsi considérée
comme un des éléments fédérateurs permettant de créer du
lien entre les deux rives.
? dans laquelle s?inscrit la réappropriation du fleuve et
la mise en valeur des Bords de Seine par des nouveaux
usages?.
Reconquérir des espaces aux fonctions de parkings et de
voie d?accès poids lourds en Rive Gauche est nécessaire.
Deux projets sont ainsi initiés par deux maîtrises d?ouvrages
différentes : la Ville de Rouen, en lien avec le centre Rive
Gauche et la Métropole Rouen Normandie dans la perspective
de l?aménagement de l?écoquartier Flaubert.
Les objectifs sont communs et les ambitions sont fortes pour
cette opération qui s?étend de la Prairie St Sever à la Presqu?île
Rollet :
? rendre plus attractif le territoire de la Métropole et
améliorer le cadre de vie des habitants,
? s?appuyer sur le patrimoine naturel exceptionnel de
la Seine pour créer un grand parc en centre-ville de Rouen,
une promenade et des aires récréatives et constituer ainsi un
vaste espace de loisirs et de détente de plus de 20 ha,
? permettre la tenue de manifestations d?exception
tout au long de l?année,
? modifier l?image de la rive gauche de l?agglomération
rouennaise et favoriser l?essor du futur Ecoquartier Flaubert,
? amener la nature en ville en créant un vaste espace
naturel et combler ainsi le manque de « vert » en coeur de
ville,
? créer un laboratoire où des techniques de gestion
différenciée des espaces minéral et végétal au sein duquel
le développement de la faune et de la flore sera favorisé
et étudié : ce projet s?appuie sur une réelle démarche de
valorisation environnementale, démonstratrice du plan
paysage à mettre en oeuvre dans le futur quartier,
? créer un nouveau paysage en plein coeur de ville et
d?agglomération : vert, dialoguant avec la Seine, fédérateur
entre les 2 rives.
Deux maîtrises d?oeuvre sont donc désignées par chacune
des maîtrises d?ouvrage : In Situ par la Ville de Rouen pour
la requalification des quais Bas Rive Gauche pour la partie
centrale et amont et le cabinet Jacqueline Osty par la
Métropole Rouen Normandie pour la Presqu?île Rollet et les
bords de Seine en partie aval.
La transformation opérée sur les quais bas Rive Gauche par
la Ville de Rouen vise à transformer de manière ambitieuse
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et radicale ces espaces occupés par des fonctions peu
valorisantes pour un centre-ville (stationnements, voie de
trafic de poids lourds) de nouveaux usages à destination des
habitants : loisirs, sports, détente dans un cadre paysager et
fluvial valorisé. L?occasion est ainsi saisie de refaire découvrir
ces espaces, de recréer du lien avec la Seine et de reconnecter
les deux Rives de la Seine.
? et l?ouverture vers un nouveau grand paysage
En parallèle, en créant le parc des Bords de Seine sur le
site de la Presqu?île, c?est un véritable espace vert d?échelle
d?agglomération qui est créée. La Métropole Rouen Normandie
s?attache alors à un projet innovant de développement d?un
paysage naturel opéré sur l?ancienne « île au charbon »,
fortement marquée par son passé industriel (espaces pollués,
rails de voie ferrés, friches industrielles?). Ce projet vient
en accompagnement de la mutation qui va s?opérer sur le
futur écoquartier Flaubert. Les premiers investissements
de la puissance publique sur ce vaste projet qui, de par sa
complexité, s?inscrit dans un temps long d?aménagement se
situent sur les Bords de Seine. En 2013 et 2014, les premiers
aménagements paysagers sont ouverts au public avec le jardin
du Rail et le parc de la Presqu?île Rollet aux deux extrémités.
Dans ce parc linéaire, quatre bâtiments emblématiques de
l?attractivité du centre ont pris place ou seront construits d?ici
2020 :
? Hangar 106 : Salle des Musiques Actuelles,
? Hangar 107 : bâtiment à vocation culturelle, tertiaire et de
services,
? Hangar 108 : nouvel Hôtel de la Métropole Rouen
Normandie,
? Hangar 105 : construction d?un nouveau bâtiment aux
fonctions d?animation des quais envisagée d?ici deux ans.
Pour les habitants, les bords de Seine s?étendent sur près de
3 kilomètres. Et même si les commanditaires de l?opération et
ceux qui ont pensés et dessinés les projets déclinés sur chacun
des sites était différent, un projet harmonieux et cohérent
par ses aménagements devait apparaître aux yeux des
habitants. Les maîtrises d?ouvrage et maîtrises d?oeuvre ont
ainsi su opérer un dialogue permanent pour développer une
écriture commune. Les mêmes codes ont été mis en oeuvre,
que ce soit, à titre d?illustration, le mobilier, souhaité sobre
et brut ou la signalétique ou le réemploi des matériaux issu
de l?usage portuaire et industriel des lieux : pavés, bollards,
rails?
Les espaces aménagés offrent une transition douce allant
d?un aménagement minéral en partie Est des quais vers un
aménagement de plus en plus naturel vers la pointe avec
le grand parc de la Presqu?île. La perception donnée ainsi
à l?habitant qu?il part du centre-ville urbain et s?ouvre à un
paysage plus naturel, tout en restant pourtant en plein coeur
du centre-ville de la Métropole. A l?interface entre la Seine,
le centre-ville et le Port, c?est un nouveau grand paysage
composé de la Seine, du port, des bassins, des coteaux
qui s?offre aux habitants sur des espaces, qui, il y a encore
quelques années étaient complètement fermés, abandonnés
et délaissés.
Par ses aménagements, c?est aussi une ambition forte en
matière environnementale qui est visée. Apporter de la nature
en ville tend à favoriser la biodiversité par les aménagements
diversifiés proposés, à lutter contre les îlots de chaleur par
la création de zones de respiration, de zones ombragées, de
zones vierges de toute production énergétique et à réduire le
risque d?inondation. Diminuer les surfaces imperméabilisées
au profit d?espaces verts, c?est aussi réduire les apports d?eau
vers la Seine qui constitue l?exutoire naturel des eaux pluviales.
C?est également permettre des zones d?expansion des crues
d?autant plus que la Seine est soumise aux marées à Rouen.
Les aménagements opérés ont été l?occasion de développer
l?éducation à l?environnement des habitants. Pourtant ouvert
au public, aucun aménagement de protection de sécurité ou
d?information n?a été souhaité sur la pointe de la Presqu?île
Rollet fortement soumise aux marées. Le cheminement de
la presqu?île est ainsi volontairement sous l?eau en marée
haute avec des forts coefficients de marées. Il s?agit de faire
prendre conscience que la Seine est un fleuve naturel qui vit
et que tout ceci est normal. L?inondabilité des quais fait partie
intégrante du projet, les récents évènements (juin 2016,
janvier et février 2018) en sont le témoignage.
La fréquentation croissante observée au fil des mois, 7/7
jours et tout au long de la journée, ainsi que les différentes
pratiques des lieux témoigne de la réussite du projet. Les
rouennais viennent s?y divertir, pique-niquer, se prélasser
sur les méridiennes, pratiquer un loisir, un sport (footing,
pétanque, roller, musculation?), promener leurs enfants qui
s?adonnent aux toboggans et aux jeux pour enfants, dans
un cadre paysager à haute qualité et mettant en valeur un
nouveau grand paysage autour des richesses du territoire : la
Seine, les coteaux, le Port, l?activité et le patrimoine industriels
ou encore les monuments historiques?.
L?aménagement paysager des Bords de Seine vise ainsi à
l?amélioration de la qualité de vie des habitants de toute
l?agglomération rouennaise ainsi que des futurs habitants de
la ZAC Flaubert. Il favorise une réappropriation du site par la
population, à la création de nouveaux liens entre les habitants
et la Seine mais aussi à un changement d?image et contribue
à une meilleure attractivité du coeur de la Métropole.
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Esplanade des Mariniers
EN AMONT, LES QUAIS BAS RIVE GAUCHE
L?ARC SEINE
En 2011, la ville de Rouen lance un concours de maîtrise
d?oeuvre pour aménager les quais bas en rive gauche de la
Seine. La ville souhaite poursuivre le projet de reconquête des
rives de Seine qu?elle a engagé en rive droite et sur la presqu?île
Rollet : l?arc Seine. Le concours est remporté par l?équipe In
Situ Paysages et Urbanisme, Hervieu Follacci architectes, Les
Éclaireurs Concepteur lumière, Artelia (Bet VRD et ouvrages
hydrauliques), C&E (Bet Structure), Sol Paysage (Bet sol et
plantation) et Atelier 59 (graphistes).
Les projets de l?arc Seine relient les différentes entités de la
ville : centre historique bourgeois en rive droite, faubourgs
populaires de la rive gauche et les presqu?îles industrielles :
Rollet, Waddington et Quevilly.
Les terres des quais bas en rive gauche sont devenues stériles
pour les besoins du port. L?activité s?est ensuite retirée et a
laissé un vaste territoire à lui-même.
La grande plateforme construite pour répondre aux exigences
de l?activité portuaire, est devenue au fil des années un
immense parc de stationnement sans usages qui accueille la
foire Saint-Romain un mois par an.
Contrairement à la rive droite, l?espace est suffisamment large
pour installer un grand parc rivulaire très fertile, retrouver un
sol, des plantations denses, et la géographie de la Seine face
à la cathédrale et à la côte Sainte-Catherine.
La volonté d?In Situ est d?aménager un véritable lieu d?aménité
pour les Rouennais tout en racontant l?histoire du site, ce
paysage rivulaire devenu industriel.
D?amont en aval, le projet propose une promenade en trois
séquences qui décrit le passage progressif d?un paysage
fluvial vers un paysage industriel :
- En amont, la prairie Saint-Sever, grande étendue qui rappelle
les plaines alluviales de la Seine
- Les coulisses de Claquedent où des lignes végétales forment
un dessin qui évoquent à la fois l?organisation serrées des
conteneurs et la végétation de ripisylve.
- En aval, l?esplanade des Mariniers, longue plateforme « vide
» portuaire qui accueille de multiples usages.
Le projet a été réalisé en plusieurs phases de travaux de 2013
à 2017
Prairie Saint-SeverCoulisses de Claquedent
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La réflexion menée sur la rive gauche a développé un système
de grand parc portuaire qui propose divers usages.
Face à la côte Sainte-Catherine et à la cathédrale, la
promenade du bord à quai s?étire sur un kilomètre ; plantée
de cépées de platanes et rythmée par plusieurs ponts formant
trois séquences. La promenade du bord à quai s?inscrit dans la
continuité du projet de la presqu?île Rollet. Cette promenade
se scinde en deux tapis de béton désactivé. Le premier, le
long du bord à quai, glisse au fil de l?eau. Le deuxième, en
retrait, permet de rejoindre les différentes séquences.
Entre les deux rubans de béton, s?installe une bande dans
laquelle viennent prendre place différents équipements qui
jalonnent l?ensemble du parcours : bancs et tables de pique.
LA PRAIRIE SAINT-SEVER
En amont la prairie Saint-Sever s?ouvre sur la Seine, le quai
reprofilé en gradins permet de se rapprocher de l?eau.
L?enjeu principal consiste à installer une grande fenêtre sur
l?horizon, une vaste prairie qui raconte la plaine fluviale et qui
permet de profiter d?une vue inhabituelle sur la cathédrale, le
centre historique et la côté Sainte-Catherine.
Cette prairie rivulaire, se plie pour former trois levées de
terre sur lesquelles viennent s?adosser des méridiennes,
elle est ponctuée de bouquets de saules qui procurent de
l?ombre en été. Le vocabulaire fait écho au passé industriel
du port : une ancienne voie de chemin de fer a été conservée
et transformée en chemin secondaire, un réseau de petits
chemins en pavés de récupération sillonne également le site.
La prairie de Saint-Sever est le lieu de tous les usages,
farniente, jeux de ballons, pique-nique, solarium... mais aussi
événements culturels ou sportifs.
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LES COULISSES DE CLAQUEDENT
Vers l?aval, les coulisses de Claquedent proposent des aires
de jeux et des placettes entre des bandes de graminées et
de vivaces : jeux de boules, fitness, toboggans, pelleteuses,
labyrinthe de piquets de bois. Cette séquence du projet
propose un espace plus intime et végétal, un véritable jardin
arboré. Les « coulisses de Claquedent » s?inspirent de l?ancien
nom du quai lorsque celui-ci était encore en activité (plans
anciens). Claquedent, peut-être parce que le travail était
difficile sous le vent et dans le froid.
C?est un espace où s?exprime le vocabulaire végétal de la
vallée et le vocabulaire industriel des berges transformées
par l?homme. En effet, différentes lignes végétales, parallèles,
disposées en coulisses, alternent avec un réseau dense d?allées
en pavés de récupération où il est possible de déambuler,
entre lisières et clairières.
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L?ESPLANADE DES MARINIERS ET LA JETÉE
La longue séquence des Mariniers associe des étendues
enherbées, des billons plantés d?aulnes, et une esplanade
minérale ludique. Des jeux urbains : terrains de volley-ball,
basket ou foot, s?égrènent entre des vergers de pommiers,
plantés dans des bacs corten comme des conteneurs
entreposés. Des lignes au sol rappellent le tracé des voies
ferrées qui desservaient le port et dessinent des jeux :
labyrinthe, parcours vélo pour enfant, roller derby?
C?est un territoire qui accueille Rouen sur Mer, et qui permet
d?installer simplement et rapidement une plage de sable, des
pataugeoires temporaires, une ligne d?eau, des parasols et des
jeux.
Au milieu de l?esplanade, la grande jetée donne accès au bord
à quai et offre des vues sur la rive opposée. Empruntant un
vocabulaire industriel, cette passerelle de 55m de long se
compose d?une structure en acier soutenue par trois poteaux
en forme de ?Y. Bardée de garde-corps en métal déployé, la
passerelle se distingue surtout par un large platelage en chêne
qui se surélève pour former des bancs.
Des kiosques conteneurs sont aménagés sous chaque pont,
ils accueillent des locaux techniques, des sanitaires et une
buvette / réparation de vélos? (concession en cours).
LA BANDE BOISÉE
Les quais sont longés au sud par une voie de chemin de fer
en ouvrage qui soutient une partie des quais hauts. On peut
apercevoir les trains qui passent dans ce tunnel en claire-voie,
ouvert vers la Seine. Le projet propose d?installer, devant cet
ouvrage, un ourlet, une lisière plantée, comme un filtre qui
n?a pas pour vocation de dissimuler le tunnel en mauvais état
mais au contraire de laisser entrevoir les convois qui passent
et qui témoignent de l?activité importante du port de Rouen.
Cette lisière végétale généreuse et dense s?installe sur
l?ensemble du site comme une longue marche entre le quai
haut et le quai bas sur laquelle le projet peut s?adosser. Elle
est constituée d?essences que l?on trouve fréquemment dans
les forêts normandes : hêtres, charmes, noisetiers, fusains?
Le mobilier et la signalétique sont sobres et bruts, en écho à
l?identité industrielle du port. Ils s?inscrivent dans la continuité
du projet de Jacqueline Osty pour former un aménagement
homogène.
crédit photos : Karolina Samborka
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EN AVAL, LES QUAIS DES HANGARS ET LA PRESQU?ILE
LES QUAIS DE SEINE ET L ?ECOQUARTIER FLAUBERT
L?aménagement de la presqu? ile Rollet et des quais préfigure
le développement du futur Ecoquartier Flaubert sur un
territoire de 90 hectares en bord de Seine.
Au fil des quais réaménagés, la zone portuaire change d?image,
accueille de nouveaux usages et se prépare à accueillir
10 000 nouveaux usagers d?ici 2030 : 2 600 logements
seront construits ici, à l?interface entre le port
et le centre-ville historique de la ville de Rouen.
En 2008, l?équipe de maitrise d?oeuvre urbaine (ATTICA, EGIS,
BURGEAP)menée par l?atelier Jacqueline Osty & Associés
remporte le marché de définition qui préfigure l?avenir du site:
l? objectif est de reconnecter le lieu avec le fleuve, tout en
respectant son identité.
C?est un paysage que les impressionnistes ont très bien
dépeint, une superposition de champs et cheminées,
marquée par deux dimensions a priori antagonistes, la Seine
industrielle, et la Seine bucolique.
Le rôle du paysagiste a été essentiel dans la conception du
projet et notamment dans le rapport du nouveau quartier
avec le fleuve, en développant une trame verte et bleue.
La jonction du nouveau quartier avec l?eau sera assurée par
un canal vert et bleu reliant le fleuve à la ville (gestion des
eaux pluviales), tandis que le tissu urbain, par sa diversité
typologique se connectera aux quartiers existants.
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LA PRESQU? ILE ROLLET, APPROCHE PAYSAGERE ET
ENVIRONNEMENTALE
En attendant l?urbanisation du quartier, c?est à la presqu?île
Rollet et à l?aménagement des quais d?accompagner la
mutation du site.
Autrefois surnommée « Le Village noir » ? la presqu?île
Rollet, anciennement plateforme portuaire et industrielle,
est transformée en parc urbain sur fond de silos céréaliers et
de coteaux, dans un méandre de la Seine.
L?aménagement conserve la monumentalité d?un endroit
encore très marqué par son histoire portuaire, encore
inconnu des Rouennasis il y a quelques années. C?est en
connectant l?usager au grand territoire, que progressivement,
le lieu va changer d?image.
Détachée de la rive grâce à des bassins, la presqu?île se voit
accentuée dans son caractère insulaire, en lien avec la Seine.
Le parc glisse le long des quais existants, en suivant la
courbe de la Seine : rénovés, les quais minéraux conduisent
désormais promeneurs, joggeurs au plus près du fleuve grâce
à un système d?emmarchements et de berges végétalisées.
Sportifs, promeneurs, pécheurs retrouvent le fleuve.
Parallèlement, une bande d?une quarantaine de mètres de
large alterne boisements et prairies.
Volontairement laissées sans aménagement afin que les
usagers puissent se les approprier plus librement, ces
clairières végétales ponctuent la promenade le long de la
butte boisée, qui constitue désormais un adossement au
parc. Celle-ci permet d?une part de gérer écologiquement le
problème des terres polluées ? quelques poches résiduelles,
témoins des activités d?extraction du charbon sur le lieu,
se devaient d?être confinées par une couche de terre végétale
tout en développant un milieu forestier riche propice au
développement de la faune de la Vallée de la Seine.
La butte forestière est volontairement fermée au public afin
de permettre le développement des jeunes plans forestiers
plantés en 2013.
C?est un véritable boisement qui y est mis en place grâce à
des techniques forestières ? ouverture prévue dans une
dizaine d?années, le temps que la végétation s?y densifie. Issu
des travaux de terrassement, le lieu témoigne de l?attention
portée au chantier, pensé au plus précis afin de garder les
matériaux excavés en place.
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Restaurer l?endémisme de la flore, induire une
dynamique spontanée sont les deux enjeux qui
justifient le mode de plantation adopté pour
coloniser la presqu?île Rollet.
Les bandes plantées, «coulisses végétales»
qui présentent des effets de filtres et de
transparences, sont des expériences de
peuplements conquérants qui tentent des
assemblages susceptibles de s?acclimater.
Sur la butte constituée par le confinement des
terres peu impactées, le boisement installe
un cortège endémique de frêne, de peuplier,
d?érable, de robinier et de chêne associé
ponctuellement au pin sur son sommet. Au
total, plus de 100 000 jeune splants forestiers
ont été plantés.
La technique adoptée est dite «expéditive»,
plantation mélangée et aléatoire de jeunes
plants forestiers, de baliveaux, de jeunes tiges
et de touffes dont la forte densité s?accommode
des pertes consécutives aux différents facteurs
qui limitent l?installation du boisement.
Elle ne requière pas de soins excessifs, s?adapte
facilement aux conditions des milieux pollués
et en définitive finit par greffer efficacement la
végétation.
crédit photos : AJOA
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LE JARDIN DU RAIL
La plupart des matériaux ont par ailleurs
été recyclés sur place : pavés sciés pour
constituer le nouveau revêtement des
quais, grandes dalles de béton récupérées
et concassées pour venir constituer de
nouveaux sols plantés. Quant aux faisceaux
ferroviaires, de nombreux rails ont été
maintenus : « Leur hétérogénéité et leur
rusticité nous semblaient intéressantes,
ils ont donc été conservés et réutilisés, les
rails entourant des jardins de ballast. »
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Métropole Rouen Normandie - Ville de Rouen / Atelier Jacqueline OSTY et associés - IN SITU