Orientations stratégiques pluriannuelles pour l'inspection des installations classées 2023-2027
[Anonyme]
Auteur moral
France. Direction générale de la prévention des risques
Auteur secondaire
Résumé
Le développement des activités industrielles et des activités agricoles intensives s'est accompagné d'un besoin de régulation pour garantir la sécurité des personnes, la préservation de l'environnement, de la santé et des biens. La réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) établit les règles minimales pour la maîtrise des risques environnementaux liés à la forte pression exercée par ces activités sur les milieux. Elle s'appuie sur la responsabilité première de l'exploitant. Son respect est contrôlé par l'inspection des installations classées depuis 1976.<br />
;Alors que la loi sur les ICPE connaîtra prochainement son 50e anniversaire, les missions, outils, compétences et organisations ont beaucoup évolué, mais ils poursuivent toujours le même objectif général d'incitation au progrès pour la protection des personnes et de 'environnement.<br />
;L'inspection de l'environnement, spécialité installations classées, se dote d'orientations stratégiques de façon régulière, pour s'adapter aux attentes et aux besoins de notre pays. Une écoute des parties prenantes a été organisée par les inspections générales ministérielles, en bilan de ces orientations stratégiques. Il en ressort une forte confiance dans les équipes d'inspection des installations classées, une reconnaissance du travail accompli et souvent des attentes pour aller plus loin dans les actions menées.<br />
;Ces nouvelles orientations stratégiques, pour la période 2023-2027, prennent en compte une partie de ces attentes. Elles intègrent également l'évolution du contexte autour de l'inspection des installations classées et notamment :<br />
;les conséquences désormais très visibles du changement climatique ;<br />
;? l'érosion de la biodiversité et du vivant ;<br />
;? les évolutions du parc industriel et agricole, le renouveau minier, les nouveaux enjeux liés au stockage de l'énergie, à la production d'énergie renouvelable, à l'électrification de nombreuses activités et, de façon plus large, la décarbonation de l'économie. L'inspection des installations classées sera d'ailleurs impliquée dans la mise en oeuvre des politiques publiques prioritaires du Gouvernement ;<br />
;? les leçons tirées des incidents et accidents survenus dans la période, en particulier de l'accident de Rouen en septembre 2019, mais aussi de l'accidentologie croissante dans le domaine des déchets ;<br />
;? le développement d'activités illégales plus organisées et les nouveaux enjeux liés à la vulnérabilité des systèmes d'information ;<br />
;? la mise en place des parquets spécialisés en matière d'environnement ;<br />
;? les attentes accrues en matière d'accompagnement des porteurs de projets ;<br />
;? les attentes fortes en matière de transparence et d'information des parties prenantes
Descripteur Urbamet
prévention des risques
;santé
;environnement
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
Orientations
stratégiques
pluriannuelles
pour l'inspection
des installations
classées
2023-2027
3
Sommaire
Introduction 4
CHAPITRE 1 7
Pour des projets de qualité, instruits
dans des délais maîtrisés
CHAPITRE 2 9
Une action plus résolue contre les filières illégales
et les exploitants en non-conformité importante
CHAPITRE 3 11
Accroître l?efficience et l?impact des actions
menées
CHAPITRE 4 15
La transparence, la communication,
la concertation
CHAPITRE 5 18
Des outils numériques
CHAPITRE 6 20
Une gestion des accidents plus performante
CHAPITRE 7 21
Un travail collectif avec les autres services
de l?État et une coopération internationale
Chapitre 8 23
Les compétences
Chapitre 9 25
L?organisation et le pilotage
Glossaire 27
5
Le développement des activités industrielles et
des activités agricoles intensives s'est accom-
pagné d'un besoin de régulation pour garan-
tir la sécurité des personnes, la préservation
de l'environnement, de la santé et des biens.
La réglementation des installations classées
pour la protection de l'environnement (ICPE)
établit les règles minimales pour la maîtrise
des risques environnementaux liés à la forte
pression exercée par ces activités sur les milieux.
Elle s'appuie sur la responsabilité première de
l'exploitant. Son respect est contrôlé par l'ins-
pection des installations classées depuis 1976.
Alors que la loi sur les ICPE connaîtra prochaine-
ment son 50e anniversaire, les missions, outils,
compétences et organisations ont beaucoup
évolué, mais ils poursuivent toujours le même
objectif général d'incitation au progrès pour
la protection des personnes et de l'environne-
ment. L'inspection de l'environnement, spécia-
lité installations classées, se dote d'orientations
stratégiques de façon régulière, pour s'adapter
aux attentes et aux besoins de notre pays.
Une écoute des parties prenantes a été organi-
sée par les inspections générales ministérielles,
en bilan de ces orientations stratégiques. Il en
ressort une forte confiance dans les équipes
d'inspection des installations classées, une
reconnaissance du travail accompli et souvent
des attentes pour aller plus loin dans les actions
menées.
Ces nouvelles orientations stratégiques, pour
la période 2023-2027, prennent en compte une
partie de ces attentes. Elles intègrent également
l'évolution du contexte autour de l'inspection
des installations classées et notamment :
? les conséquences désormais très visibles du
changement climatique ;
? l'érosion de la biodiversité et du vivant ;
? les évolutions du parc industriel et agricole,
le renouveau minier, les nouveaux enjeux
liés au stockage de l'énergie, à la production
d'énergie renouvelable, à l'électrification de
nombreuses activités et, de façon plus large,
la décarbonation de l'économie. L'inspection
des installations classées sera d'ailleurs impli-
quée dans la mise en oeuvre des politiques
publiques prioritaires du Gouvernement ;
? les leçons tirées des incidents et accidents
survenus dans la période, en particulier de
l'accident de Rouen en septembre 2019, mais
aussi de l'accidentologie croissante dans le
domaine des déchets ;
? le développement d'activités illégales plus
organisées et les nouveaux enjeux liés à la
vulnérabilité des systèmes d'information ;
? la mise en place des parquets spécialisés en
matière d'environnement ;
? les attentes accrues en matière d'accompa-
gnement des porteurs de projets ;
? les attentes fortes en matière de transparence
et d'information des parties prenantes.
Introduction
Ces orientations retiennent quelques inflexions et renforcements significatifs par rapport
aux orientations précédentes.
? Thématiques particulières
? Une meilleure prise en compte de l?impact
du changement climatique sur les installa-
tions classées : événements NaTech (phéno-
mènes naturels pouvant engendrer un
accident technologique, par exemple en
raison d?une crue violente ou d?un incendie
de végétation qui entre sur le site), consom-
mations et rejets d?eau, etc.
? Une vigilance particulière sur le vieillisse-
ment du parc industriel.
? Une prise en compte des enjeux de vulnéra-
bilité des systèmes d?information, dans un
cadre juridique à affiner.
? Approfondissements techniques
? Un encadrement approprié des nouvelles
technologies.
? L?accompagnement de vastes transforma-
tions autour de la sobriété et la préservation
des ressources, de la transition énergétique
et de la décarbonation.
? Focus sectoriels
? Une action renforcée sur l?accidentologie
des déchets.
? Une approche plus structurée sur la qualité
des sols.
? S?agissant de la posture
? Une action volontariste en matière de trans-
parence et d?accès aux informations.
? Des leviers d?actions renforcés et plus
structurés pour la lutte contre les activités
illégales.
Fortement sollicitée, l?inspection des installa-
tions classées doit pouvoir par ailleurs regagner
en bien-être et qualité de vie au travail.
DES INFLEXIONS PARTICULIÈRES POUR 2023-2027
Ces orientations couvrent l'ensemble des activi-
tés relevant de l'inspection des installations
classées, ce qui inclut, par exemple, les missions
relatives aux canalisations de transport de
matières dangereuses et de distribution de gaz,
aux travaux à proximité des réseaux,
aux produits à risques, dont notamment les
appareils à pression, aux activités minières ou à
l'après-mines.
Fondamentalement ancrée dans les territoires,
l'inspection des installations classées s'appuie
néanmoins sur une chaîne, depuis le niveau
national vers le niveau régional puis le niveau
départemental. Cette chaîne de l?inspection
permet d?assurer la compétence technique,
l?équité, la lisibilité, l?efficience et la bonne
allocation des ressources techniques. Elle est
eexercée sur le terrain, en métropole et en
outre-mer, par les DREAL (DEAL et DRIEAT) et les
DD-ETS-PP (DAAF).
Les orientations stratégiques précédentes,
adoptées en 2019, ont permis de couvrir
la période 2019-2022. Elles ont porté sur
de très nombreux sujets et les évolutions
ont été fortes au sein des services décon-
centrés :
? évolution d'organisation et mise en place
d'unités bi- voire tridépartementales,
structuration des équipes en pôles pour
une meilleure résilience et une compé-
tence technique accrue ;
? évolution des outils réglementaires,
numériques, techniques ;
? évolution de la formation initiale et
continue ;
? appui accru sur des organismes de
contrôle privés ;
? travail sur la posture de l'inspection des
ICPE pour une meilleure efficacité de
terrain, etc.
76
CHAPITRE 1
Pour des projets
de qualité, instruits
dans des délais maîtrisés
Une meilleure
appropriation des enjeux
par les porteurs de projets
Des actions de communication seront menées
de façon renforcée auprès du monde écono-
mique (au niveau national et au niveau territo-
rial, cf. chapitre dédié à la communication).
La DGPR a par ailleurs signé un partenariat avec
France Chimie pour déployer des outils dédiés
de formation et d?information des acteurs indus-
triels sur la réglementation issue de l?accident
de Rouen en 2019. Au regard du retour d?expé-
rience positif, de nouvelles initiatives en ce sens
seront recherchées, dès lors que les fédérations
professionnelles en identifient l?opportunité.
Pour des dossiers
de qualité, le meilleur choix
de bureaux d?études
La qualité des dossiers remis est un facteur à
fort impact sur leur délai d?instruction. Une très
grande majorité des exploitants fait appel à des
bureaux d?études. La situation constatée est
encore trop hétérogène dans les dossiers remis.
Un dispositif d?évaluation de la qualité des
dossiers sera mis en place. En pratique, un suivi
national de la qualité des dossiers préparés
par les bureaux d?études sera organisé, sur la
base d?un référentiel technique de qualité des
dossiers. Les exploitants seront fortement incités
à recourir aux bureaux d?études qui seront les
mieux notés et à le mentionner lors du dépôt
du dossier, dans la mesure où les dossiers, ainsi
mieux préparés et plus complets, bénéficieront
d?une instruction plus fluide par l?inspection des
installations classées.
Un dispositif ministériel plus formel de recon-
naissance applicables aux bureaux d?études en
évaluation environnementale (qualification ou
certification) pourrait être mis en place dans la
période d?application de ces orientations straté-
giques. Le dispositif décrit ci-dessus sera alors
adapté.
Un accompagnement
local des dossiers
L?inspection des installations classées mènera
une phase « amont » avec les porteurs de projets,
avant le dépôt formel de leur dossier, lorsque cela
est opportun. Une telle phase « amont », organi-
sée le plus souvent sous forme de réunion (en
présentiel ou en visioconférence), aura du sens si
l?ensemble des services contributeurs, ainsi que
l?autorité environnementale ou les agents sous
son autorité fonctionnelle, peuvent y participer.
Pour les projets d?énergie renouvelable, lorsque
cela est pertinent, l?inspection des installa-
tions classées pourra associer des collectivités.
Cet accompagnement ne doit évidemment
pas avoir pour effet de dégrader les exigences
L?inspection des installations classées s?inscrit
dans les attentes du Gouvernement pour une
meilleure prise en compte des enjeux environne-
mentaux et une maîtrise des délais d?instruction
des dossiers.
Elle ne dispose pas de tous les leviers dans le
domaine, en particulier en raison de l?imbrication
des législations (évaluation environnementale,
autorisation environnementale). Pour autant,
plusieurs axes seront déployés pour progresser
dans le domaine.
© PINVIDIC Guenael : Silo portuaire
© MIGNAUX Laurent (Terra) : Élevage de bovins
© MAHE Stéphanie : Bassin de décantation d'une exploitation
de mine d'or en Guyane
LES VALEURS DE L?INSPECTION DES
INSTALLATIONS CLASSÉES
Agissant pour le compte du ministre (niveau
national) et des préfets (niveau territorial), l?ins-
pection des installations classées s?appuie sur
des valeurs clés qui fondent son engagement :
? l?équité ;
? la compétence ;
? l?impartialité ;
? la transparence.
Sur ces fondements, l?inspection des installa-
tions classées examine les projets portés par des
acteurs industriels ou agricoles, évalue périodi-
quement les impacts et les risques présentés
par les sites existants (examens documentaires,
inspections sur site) et amène les exploitants à
progresser de façon constante.
Elle développe une approche intégrée des sites :
approche du projet au sens de la directive sur
l?évaluation des incidences (évaluation environ-
nementale), rejets dans l?environnement, risques,
utilisation de substances dangereuses, efficacité
énergétique et économie de ressources (utilisa-
tion quantitative de l?eau, économie circulaire?).
Elle fait preuve dans ce cadre d?une intelligence des
situations, permettant de proposer un encadre-
ment et des actions proportionnées aux enjeux.
Elle fonde ses décisions sur un dialogue technique
et une posture de concertation affirmée.
98
environnementales pour permettre l?implanta-
tion d?un projet. Il ne s?agit pas non plus d?aider
le porteur de projet à monter son dossier, mais
de faciliter son appréhension des enjeux lors de
la phase « amont », afin qu?il maîtrise les condi-
tions de réalisation de son projet et les atten-
dus du dossier. Cet accompagnement est mené
lorsque le projet est suffisamment mûr pour le
porteur de projet (nature et volume des activités
déterminés, options d?implantation résiduelles
en nombre réduit), mais avant la finalisation et le
dépôt du dossier. Il permet également à l?admi-
nistration de sensibiliser le porteur de projet à
l?importance de co-construire les projets avec
les acteurs du territoire, de faire preuve d?ouver-
ture aux parties prenantes et de transparence.
La réforme du code minier et l?introduction
d?une procédure d?autorisation environnemen-
tale pour les travaux miniers impliquera un
engagement renforcé des inspecteurs concer-
nés.
Pendant la procédure d?instruction elle-même,
les inspecteurs seront appelés à utiliser au mieux
les possibilités offertes par les textes régle-
mentaires sur les procédures d'autorisation,
par actions en temps masqué et anticipations
d'étapes à venir, afin d'optimiser les délais d'ins-
truction des dossiers.
Une attention particulière
à la proportion des procédures
Les orientations stratégiques précédentes ont
conduit à passer un nombre significatif d?acti-
vités du régime de l?autorisation vers le régime
de l?enregistrement (autorisation simplifiée).
Un travail complémentaire de réexamen de la
nomenclature des installations classées sera
mené pour déterminer si d?autres transferts sont
opportuns.
Par ailleurs, pour accélérer la transition énergé-
tique, les installations de méthanisation peuvent
depuis 2022 apprécier leur capacité journa-
lière en moyenne annuelle, ce qui permet des
augmentations ponctuelles de capacité sans
changement de régime. D?autres initiatives de
cette nature seront examinées.
Des dispositions législatives et réglementaires
ont par ailleurs été adoptées ces dernières
années pour faciliter l?implantation et la mutua-
lisation des outils au sein des platesformes
industrielles. Des premières platesformes ont
ainsi été reconnues (au sens du code de l?envi-
ronnement). La démarche sera poursuivie, et de
nouvelles facilitations seront recherchées.
En 2021, ce sont désormais 55 %
des dossiers instruits qui relevaient
du régime de l?enregistrement et
45 % du régime de l?autorisation.
Ces chiffres étaient respectivement
de 33 % et 67 % en 2015.
CHAPITRE 2
Une action plus résolue
contre les filières illégales
et les exploitants en
non-conformité importante
Un travail plus étroit avec les parquets
L?action pénale mérite d?être mise en oeuvre
pour répondre à certaines situations constatées
sur le terrain, dans des sites individuels ou des
filières organisées et qui s?étendent sur plusieurs
établissements industriels.
La création de pôles spécialisés en environne-
ment au sein des parquets a permis des progrès,
et une meilleure mobilisation de l?inspection des
installations classées sur le volet pénal. Fort de
ce retour d?expérience, les dispositions suivantes
seront mises en oeuvre :
? une convention nationale sera établie entre le
ministère chargé de la justice et celui chargé
de l?environnement, tandis que des conven-
tions seront élaborées entre les pôles spécia-
lisés des parquets et l?inspection des installa-
tions classées, afin de fluidifier et stabiliser le
fonctionnement collectif ;
? ces conventions prévoiront en particulier
les modalités d?information réciproque.
Afin d?éviter des vices de procédures, elles
prévoiront l?organisation d?un travail conjoint
entre l?inspection des ICPE et la police ou
la gendarmerie pour les auditions pénales ;
? ces conventions prévoiront également dans
quelles conditions des transactions pénales
peuvent être mises en oeuvre par l?inspection
des ICPE, notamment pour les secteurs où
elles sont les plus pertinentes, en particulier
pour des installations dont l?inspection est
basée en DD-ETS-PP et DAAF. Le recours aux
peines alternatives sera examiné ;
? ces conventions prévoiront les modalités pour
permettre,
? d?une part, une action rapide face au
constat de situations très dégradées (par
exemple activité de tri / transit ou stockage
de déchets illégale présentant des risques
importants),
? d?autre part, les modalités pratiques de
mobilisation des sommes consignées par la
justice pour faire cesser les atteintes à l?envi-
ronnement.
Des conventions pourront par ailleurs être
établies avec l?OCLAESP ou d?autres structures
pour traiter de façon plus efficace les affaires
s?appuyant sur des filières organisées.
L?inspection des installations classées a constaté
l?augmentation de certains trafics et de certaines
activités illégales. Certains dossiers ont conduit
à des situations difficiles (par exemple l?incendie
pendant plusieurs semaines d?un stockage illégal de
déchets à Saint-Chamas en 2021-2022).
Plusieurs pistes seront mises en oeuvre : meilleure
action pénale, accélération de l?action administra-
tive et pénale, contournement de l?impasse finan-
cière issue de l?organisation de l?insolvabilité des
entreprises concernées, mesures préventives ou
dissuasives, y compris à l?encontre des producteurs
de déchets qui les confient à des entreprises non
fiables.
Par ailleurs, un travail sera mené avec les autres
ministères pour explorer des pistes de nature fiscale.
55 %
© LESNIAK Éric : Inspection par drone sur un site impénétrable
1110
Des outils d?intervention accrus
pour les inspecteurs
Le traitement des affaires ces dernières années a
montré des rigidités qu?il convient de lever pour
rendre l?action publique plus efficace au regard
des risques et nuisances, mais aussi plus dissua-
sive pour les contrevenants :
? une instruction conjointe des ministères
chargés de l?intérieur et de la transition écolo-
gique invitera les préfets à donner déléga-
tion de signature aux directeurs de DREAL et
DD-ETS-PP (qui pourront les subdéléguer aux
chefs de service "inspection des installations
classées") pour signer les arrêtés d?urgence
conduisant à la suspension des activités sur
des sites des filières de traitement de déchets
présentant des risques manifestes pour l?envi-
ronnement ou étant à l?origine de pollutions.
Il s?agit de s?inscrire dans la logique de référés
santé-sécurité en matière de droit du travail.
De même, ils seront invités à donner déléga-
tion de signature pour les mesures d?urgence
(i.e. les mesures conservatoires) sur ces mêmes
sites ;
? les inspecteurs pourront procéder :
? à l?apposition de scellés sur des installations,
des matériels ou des produits à risques
exploités illégalement ;
? à la saisie, en vue d?une vente au profit de
l?État, de matériels ayant été utilisés pour
commettre des infractions, ou de déchets
entreposés illégalement ;
? des dispositions législatives seront proposées
au Parlement pour :
? permettre la mise en oeuvre des sanctions
administratives en matière de police des
déchets sans mise en demeure, à l?instar
des dispositions applicables aux appareils à
pression (article L. 557-58 du code de l?envi-
ronnement) ;
? prévoir la possibilité de procéder à des consi-
gnations de sommes (avant que l?entreprise
n?organise son insolvabilité) dès constat
du non-respect d?arrêtés préfectoraux de
mesures conservatoires (ou d?urgence) sans
procédure de mise en demeure et constat
du non-respect de la mise en demeure ;
? permettre des saisies de sommes à titre
conservatoire de façon plus rapide qu?à ce
jour (les délais de consignation de sommes
sont généralement de plusieurs mois) ;
? il sera étudié la possibilité que l?inspection des
installations classées soit dotée de la faculté
d?établir immédiatement des contraventions
sous forme d?amendes forfaitaires.
Par ailleurs, un travail sera mené avec les
organismes concernés (DGFIP, CDC) pour amélio-
rer la rapidité de mobilisation des sommes consi-
gnées pour la réalisation de travaux d?office (de
mise en sécurité / évacuation des déchets).
Des mesures préventives
permettant d?identifier
plus tôt des situations à risques
dans les filières liées aux déchets
Les difficultés les plus importantes ont été identi-
fiées dans le domaine des déchets. Plusieurs
actions seront mises en oeuvre pour permettre
de limiter les situations à risques, et les détecter
plus tôt :
? la déclaration pour ces sites devra être accom-
pagnée d?un accord du propriétaire de la
parcelle pour l?exercice de cette activité, ainsi
que de la justification d?accord d?un exploi-
tant d?installation de stockage de déchets non
dangereux pour l?accueil des refus de tri, dans
le respect du Plan régional de prévention et de
gestion des déchets (PRPGD) ;
? lorsque le cumul des projets portés par un même
exploitant est important, l?inspection des instal-
lations classées pourra mobiliser le dispositif
de « clause-filet » pour disposer d?informations
environnementales plus complètes ;
? la réglementation sera modifiée pour amélio-
rer la prévention et la gestion des risques
d?incendie dans les installations de traitement
de déchets (suivant les recommandations du
rapport CGE-IGEDD) ;
? pour accroître la traçabilité, la tenue d?un
registre journalier sera imposée qui, outre les
entrées et sorties, précisera par différence le
stock à partir des bons de pesée établis. Un
bilan annuel sera transmis à l?inspection des
installations classées, indiquant nominative-
ment les sociétés de valorisation utilisées ;
? afin d?inciter à une plus grande vigilance les
entreprises productrices de déchets qui les
confient à une entreprise peu fiable, la reprise
des déchets qui s?impose alors aux produc-
teurs (article L. 541-2 du code de l?environne-
ment) sera étendue au cas où ces déchets ont
été mélangés.
CHAPITRE 3
Accroître l?efficience
et l?impact des actions
menées
Une présence appropriée
sur le terrain, des outils de contrôle
modernisés
Les précédentes orientations stratégiques ont
conduit à une augmentation de la présence de
l?inspection sur le terrain. Cette tendance a été
saluée par l?ensemble des acteurs. Elle est garante
d?une meilleure vérification de la réalité des situa-
tions sur le terrain, de la vigilance des exploitants,
de la bonne compréhension entre administration
et exploitants, de la compétence et de la connais-
sance des contraintes techniques par les inspec-
teurs. Cet effort sera poursuivi afin d?atteindre
une stabilisation du nombre annuel d?inspections
à un niveau de 50 % supérieur à l?année 2018, à
équivalents effectifs constants.
Ces contrôles seront répartis entre des inspections
usuelles, autour de thématiques pertinentes pour
un établissement, et d?inspections plus approfon-
dies pour vérifier de façon détaillée l?organisation
et les aménagements techniques mis en place par
les exploitants, pour la prévention des risques. Ces
contrôles maintiendront un fort niveau de techni-
cité dans l?approche mise en oeuvre.
La politique de contrôle de terrain sur site est struc-
turée autour d?un plan pluriannuel (fréquences
de contrôles minimales en fonction du régime
administratif des sites), des actions « coup de
poing » sectorielles, du récolement des actualités
particulières du site (mises en demeure, sanctions
administratives, etc.), des réponses aux plaintes et
incidents. Des outils de structuration dédiés ont
également été développés dans le domaine des
canalisations et des appareils à pression. Dans son
pilotage, cette structuration laissera toutefois de
la place à l?intuition et l?expérience de l?inspec-
teur pour l?adapter aux réalités de terrain.
L?usage des outils numériques (tablettes ou
équivalents) lors des inspections sera généralisé,
et une interconnexion sera mise en place avec
les outils numériques de pilotage des procédures
applicables aux installations classées.
Après une première expérimentation d'utilisation
de drones dans trois unités déprtementales, qui
s?est révélée très positive, cet usage sera généralisé à
tous les départements. Il fera l?objet d?une doctrine
d?usage publiée au bulletin officiel du ministère.
© DELUGAN Sylvaine : Casse automobile
1312
Afin de faciliter les suites à donner aux situations
présentant des non-conformités, les préfets
donneront délégation de signature à l?inspec-
tion des installations classées pour mener les
procédures contradictoires, notamment en vue
d?une mise en demeure. Sauf cas particuliers, les
préfets ne délègueront toutefois pas la signature
pour les arrêtés de mise en demeure.
Un rapport de la Cour des comptes a préco-
nisé un renforcement du suivi du dispositif de
contrôles périodiques (par des organismes tiers)
des installations soumises à déclaration. Un
système d?information sera mis en place pour
amener ces organismes à déclarer les sites sur
lesquels ils ont mené un contrôle et à en donner
les principales conclusions. Les inspecteurs des
installations classées pourront ainsi mener des
vérifications ponctuelles sur ces éléments.
Professionnaliser
le traitement des signalements
L?exploitation des activités agricoles et indus-
trielles peut être à l?origine de l?expression
de gênes ou d?inquiétudes, parfois appelées
« plaintes » . Ces signalements se manifestent
aujourd?hui selon des modalités très variables et
la notoriété modérée de l?inspection des installa-
tions classées laisse parfois certaines personnes
sans identification du bon contact.
Un téléservice de déclaration des signalements
relatifs aux installations classées sera mis en
place. Il permettra une structuration des infor-
mations et des demandes, dès lors qu?elles
portent sur des installations classées, ce qui
accroîtra la capacité d?intervention des inspec-
teurs. L?exploitation de ces données au niveau
national permettra par ailleurs une amélioration
de la réglementation (thématiques récurrentes)
mais aussi de la politique de contrôle (types de
secteurs ou certaines entreprises plus suscep-
tibles de générer des nuisances).
Adapter les modalités
de réglementation
? L?inspection des installations classées généra-
lisera une approche d?arrêté préfectoral
« svelte » pour régir les seules spécificités d?un
site, tandis que les dispositions plus génériques
et transversales seront établies dans un cadre
national (arrêtés ministériels), lisible et prévi-
sible. Cette orientation s?accompagnera de la
mise à disposition des exploitants et du grand
public d?un outil, Envinorma, permettant de
connaître l?ensemble des prescriptions appli-
cables à un site industriel, qu?elles soient issues
d?arrêtés ministériels ou d?arrêtés préfectoraux
individuels.
? Le dispositif de garanties financières ICPE
(pour leur mise en sécurité, c?est-à-dire le 5° de
l?article R. 516-1 du code de l?environnement),
coûteux pour les exploitants, présentant des
charges administratives importantes pour l?ins-
pection des installations classées et rarement
mis en oeuvre, sera supprimé sauf cas particu-
liers, comme les éoliennes. Un fonds friches, au
sein du fonds pour la transition écologique des
collectivités, sera mis à disposition de l?Ademe
pour permettre des dépollutions de friches.
Les garanties financières portant sur d?autres
motifs (sites Seveso, carrières et installations
de stockage de déchets) resteront inchangées.
? Comme indiqué au chapitre 1, les différents
régimes administratifs de la nomenclature des
installations classées feront l?objet d?un réexa-
men, à l?aune de la proportionnalité des procé-
dures et des options ouvertes par le dispositif
de « clause-filet ».
? La DGPR organisera des analyses rétrospec-
tives d?actes réglementaires (atteinte des
objectifs environnementaux poursuivis,
impacts constatés sur un plan technique et
économique, retour d?expérience des acteurs
concernés, etc.).
Améliorer la prise en compte
de certains enjeux
a. La sobriété, la transition énergétique et la
décarbonation
L?inspection des installations classées prêtera
une attention renforcée à la sobriété et l?effica-
cité énergétiques, en particulier dans la mise en
oeuvre de la révision en cours de la directive sur
les émissions industrielles.
Elle instruira avec diligence les dossiers de quali-
té porteurs de l?indispensable transition énergé-
tique (projets de parcs éoliens, de méthaniseurs,
d?unités de production d?hydrogène, d?installa-
tions de géothermie, de batteries de stockage
d?énergies intermittentes, conversion à l?élec-
tricité ou à l?hydrogène vert de procédés indus-
triels existants, mise en place de réseaux de
chaleur renouvelable, etc.).
Le déploiement massif de l?hydrogène ou de
solutions d?électrification (mobilité, etc.) induit
de nouvelles facettes du risque technologique
en France. Le cadre réglementaire sera moderni-
sé en conséquence, aussi bien pour les installa-
tions classées au sens strict que pour les canali-
sations de transport et les appareils à pression.
En particulier, pour l?hydrogène, une feuille de
route commune avec France Hydrogène sera
déclinée de façon à anticiper un cadre régle-
mentaire lisible et sûr.
L?inspection des installations classées s?implique-
ra également dans les démarches territoriales
de décarbonation qui seront lancées dans les
principales plates-formes industrielles (déploie-
ment de l?hydrogène, capture du CO2, mise en
place de démarches d?économie circulaire, etc.)
pour permettre, dès leur commencement, une
bonne anticipation réciproque des besoins
industriels, économiques et environnementaux.
Une attention particulière sera apportée aux
fermetures progressives de puits de forage de
pétrole et aux éventuels projets de conversion
pour extraction d?autres fluides.
b. Le changement climatique
Les installations classées prennent en considé-
ration depuis de nombreuses années les événe-
ments naturels atypiques.
La réalité violente du changement climatique
s?est néanmoins manifestée de façon plus
concrète ces dernières années, au travers du
risque NaTech (phénomène naturel pouvant
engendrer un accident technologique, par
exemple en raison d?une crue violente ou d?un
incendie de végétation qui entre sur le site) ou
au travers des contraintes sur les prélèvements
ou rejets d?eau.
De bonnes pratiques, comportementales ou
réglementaires, ont été identifiées dans les terri-
toires. Elles seront consolidées au niveau national
puis déclinées dans tous les départements.
c. Une démarche systématique d?intégration
des enseignements du BEA-RI
Un bureau d?enquêtes et d?analyses sur les
risques industriels (BEA-RI) a été créé en 2021.
Il produit désormais des analyses approfondies
d?accidents notables, avec enseignements de
sécurité et recommandations. Ces dernières
seront systématiquement prises en compte lors
de l?élaboration de la réglementation.
d. La sous-traitance
De nombreux exploitants font appel à des entre-
prises de sous-traitance. Si ce recours peut être
facteur de performance en matière de risque et
d?impacts, notamment pour de la maintenance
industrielle de pointe ou des activités nécessi-
tant un profil ou une technicité particulière, il
peut également être facteur de risque si l?exploi-
tant perd de vue l?enchaînement des sous-trai-
tances sur son site et que les informations
circulent mal entre sous-traitants et donneurs
d?ordres sur les enjeux de sécurité ou les anoma-
lies identifiées.
Un travail complémentaire sera mené, avec le
ministère chargé du travail et ses services décon-
centrés, ainsi que les instituts compétents dans
le domaine des facteurs organisationnels et
humains, pour préciser les attendus et le cadre
dans les installations classées, et exercer l?acuité
de l?inspection sur cette thématique.
e. La vulnérabilité des systèmes d?information
La malveillance ne fait pas partie des attribu-
tions de l?inspection des installations classées.
Pour autant, les travaux mandatés sur ce sujet
par la DGPR mettent en exergue le continuum
insécable entre défaillances involontaires et
atteintes volontaires à l?intégrité des systèmes
d?information.
Un plan d?actions de l?inspection des installa-
tions classées pour réduire la vulnérabilité des
systèmes d?information sera établi et mis en
oeuvre. Son contenu n?est pas indiqué dans le
présent document public.
f. Mener des progrès décisifs dans l?approche
sur les pollutions des sols
Les rejets et impacts des installations classées
et des activités minières peuvent toucher
différents milieux : air, eau, sol. Si l?air et l?eau
font l?objet de différents plans, schémas et
approches intégrées (PREPA, PPA, SDAGE, etc.),
la structuration de l?action publique sur les sols
mérite d?être amplifiée.
Afin de progresser en ce sens, différentes actions
seront mises en oeuvre :
? le développement de l?outil InfoSols sera
poursuivi pour intégrer progressivement
toutes les informations dont dispose l?inspec-
tion des installations classées, au titre de ses
compétences ICPE ou après-mine ;
? les informations fournies par le nouveau dispo-
sitif de recours à des bureaux d?études certifiés
pour vérifier la pertinence de la mise en sécuri-
té et de la remise en état seront progressive-
ment intégrées à un dispositif cartographique ;
? le dispositif de traçabilité des terres excavées
sera généralisé et interconnecté avec l?outil
géographique mentionné ci-dessus ;
? les secteurs d?information sur les sols (SIS)
1514
pourront être remplis par les bureaux
d?études certifiés ou les exploitants ayant
fourni l?information. Des dispositions législa-
tives seront nécessaires en ce sens, au regard
de l?impact pour les propriétaires des terrains
concernés, et elles prévoiront des disposi-
tions déontologiques appropriées ;
? la réglementation ICPE sur les épandages au
sol sera homogénéisée et rapprochée dans
un arrêté ministériel unique, au lieu d?une
trentaine d?arrêtés à ce jour ;
? l?outil de dématérialisation des plans d?épan-
dage sera généralisé au niveau national ;
? comme indiqué plus haut, le fonds friches de
l?Ademe sera pérennisé à partir du fonds de la
transition écologique des collectivités ;
? des fiches pratiques seront mises à disposition
des collectivités sur la pollution des sols ou les
dépôts sauvages, qui relèvent plus souvent de
leur compétence que de celle de l?État ;
? la France prendra une part active dans les
travaux européens annoncés sur l?établisse-
ment d?une directive sols.
Le contentieux
Le contentieux à l?égard des actes édictés par
l?inspection des installations classées s?est
beaucoup développé ces dernières années, en
particulier sur les sites de production d?énergie
renouvelable.
Ces recours sont source d?une importante
charge administrative pour l?inspection des
installations classées. Ils imposent par ailleurs de
renforcer les compétences dans ce domaine, à
l?écart du coeur de métier technique des inspec-
teurs.
Ainsi, un appui renforcé sera mis en place aux
niveaux national et interrégional pour accom-
pagner les préfectures, les pôles juridiques des
DREAL (qui apportent également leur appui
sur les contentieux ICPE des DD-ETS-PP, notam-
ment par la mise à disposition d?un vademecum
spécifique pour une bonne gestion des conten-
tieux en ICPE agricoles), et les inspecteurs dans
la préparation des actes puis les mémoires en
réponse lors de contentieux.
CHAPITRE 4
La transparence,
la communication,
la concertation
Les objectifs suivants seront poursuivis :
? permettre une meilleure appropriation de la
réglementation par les exploitants (qui sont
les premiers acteurs de la sécurité et de la
maîtrise des pollutions) et leurs conseils, pour
une meilleure application ;
? inciter les exploitants à un nivellement par le
haut ;
? conduire les exploitants à mettre fin rapide-
ment aux non-conformités ;
? répondre aux besoins des citoyens de
connaître les informations environnementales
sur les installations classées ;
? mieux répondre aux attentes des citoyens, des
collectivités, des médias en cas d?accident ;
? améliorer les dispositifs qui contribuent à la
participation du public ;
? montrer les résultats de l?action menée ;
? accroître progressivement la notoriété de l?ins-
pection des installations classées auprès du
grand public.
Mieux faire connaître la réglementation
Le dispositif d?information des exploitants et
des fédérations professionnelles sera renforcé.
Au niveau national, le dispositif des « Mardis de
la DGPR » (information des parties prenantes et
notamment des exploitants, un mardi par mois,
sur l?actualité réglementaire ou technique) sera
systématisé.
Un accent plus particulier sera mis sur la prépara-
tion de kits d?appropriation (livrets, FAQ, guides,
capsules vidéos) lors d?évolutions réglementaires
notables.
Au niveau territorial, des réunions d?information
sur la réglementation et de retour d?expérience
sur les dossiers déposés seront organisées par
l?inspection des installations classées à desti-
nation des fédérations professionnelles, des
bureaux d?études, des chambres d?agriculture.
Pour les projets soumis à évaluation environ-
nementale, des focus sur l?explicitation de
la notion de « projet » au sens de l?évaluation
environnementale seront proposés afin d?aider
les porteurs de projets à cerner cette notion
et les aider à circonscrire le périmètre de leur
projet.
Une attention particulière sera apportée aux
collectivités, qui sont également concernées par
plusieurs enjeux en tant qu?exploitant (déchette-
ries ou sites de traitement de déchets, politique
de prévention des dommages aux réseaux,
stations d?épuration, appareils à pression
et chauffage urbain?) ou au titre de leurs
compétences d?urbanisme (servitudes d?utili-
té publique, plans de prévention des risques
technologiques, etc.).
L?Ineris poursuivra la mise en ligne de l?ensemble
de la réglementation sur son site Aida.
Le système d?information Envinorma permettra
aux exploitants d?avoir une vision plus complète
de la réglementation (arrêtés ministériels, arrêtés
préfectoraux) applicable à chaque site.
En matière d?information environnementale,
la transparence est la règle et la démocratie
environnementale requiert une bonne parti-
cipation du public. Pour autant, la mission de
l?inspection des installations classées doit aller
au-delà afin de répondre encore mieux aux
attentes exprimées.
Certains secteurs comme l?éolien,
se distinguent par un fort taux de
contentieux administratif
Durant l'année 2021, 171 requêtes
pour contentieux administratif
ont été traitées. À titre d?ordre de
grandeur, sur une année glissante
de juin 2020 à juin 2021, 195 arrêtés
préfectoraux (autorisation, rejet et
refus) concernant des parcs éoliens
ont été établis. Ces chiffres mettent
en lumière la proportion très signi-
ficative du nombre d'actes préfec-
toraux contestés devant les juridic-
tions administratives concernées et
l?activité associée d'instruction
à mener.
Sur l?ensemble des ICPE, la
tendance des requêtes déposées
contre des actes ICPE est à la
hausse. Par exemple, en région
Hauts-de-France :
24 requêtes réceptionnées en 2018,
35 en 2019, 41 en 2020, 54 en 2021.
171 © ANDRAUD Capucine : Inspection d'une éolienne
1716
Rendre compte de
la conformité réglementaire
des exploitants
Depuis le 1er janvier 2022, la publication des
rapports d?inspection (installations classées,
activités minières) se déploie. Dans la période
2023-2027, cette publication sera généralisée et
l?ergonomie de consultation sera améliorée.
Le dispositif de mise sous « vigilance renforcée »
d?exploitants sera mis en oeuvre sur l?ensemble
de la période, avec une mise à jour périodique
de la liste des exploitants et des plans d?actions
associés.
Rendre les informations
disponibles accessibles,
rendre compte de l?action
L?ensemble des informations environnemen-
tales publiables par l?inspection des installations
classées sera rendue publique.
La logique d?open data, souhaitée par le Gouver-
nement, sera poursuivie.
Le site Géorisques fera l?objet d?une refonte
ergonomique pour mieux renseigner le public
sur les enjeux et mieux accéder aux informa-
tions sur chaque installation classée, la régle-
mentation qui lui est applicable, les résultats des
inspections, les rejets, etc.
Une partie des informations dont dispose l?ins-
pection des installations classées ne sont pas
rendues publiques à ce jour, en application
d?une instruction adoptée en 2017 au titre de la
protection contre la malveillance. Cette instruc-
tion fera l?objet d?un réexamen en lien avec le
ministère de l?intérieur, en tenant compte égale-
ment des obligations légales en matière de
protection du secret industriel. Un réexamen de
l?instruction ministérielle de 2018 sur les infor-
mations confidentielles transmises à l?Autorité
environnementale sera également opéré.
Une attention particulière sera par ailleurs
donnée, dans la formation des inspecteurs,
concernant l?accessibilité de leurs écrits aux
lecteurs ne disposant pas de compétences
techniques ou réglementaires pointues. Les
écrits continueront à être rigoureux, sans néces-
siter un excès de précisions ou des références
trop abondantes.
L?inspection des installations classées rendra par
ailleurs compte de son action par :
? des conférences de presse annuelles, au niveau
national et dans chaque région ;
? une présentation annuelle du bilan de l?année
précédente et des priorités de l?année suivante
en Coderst dans chaque département ;
? une publication des principaux indicateurs de
service rendu (délais d?instruction, nombre
d?inspections, etc.) dans les locaux des services
d?inspection ;
? l?usage des réseaux sociaux, dans les circons-
tances appropriées et dans le respect des
règles applicables au Gouvernement ;
? des échanges avec les parties prenantes
localement.
Moderniser certains
dispositifs d?interaction
avec le public
L?interaction avec le public, sa participation aux
décisions, la concertation sont des objectifs
importants, qui s?inscrivent dans des dispositifs
plus ou moins formalisés. L?inspection des instal-
lations classées ne dispose pas de tous les leviers
sur ces outils, dont certains dépassent large-
ment son cadre.
Pour autant, des améliorations sont possibles
dans les dispositifs relevant plus strictement de
sa compétence.
S?agissant des commissions de suivi de site (CSS),
qui sont plus de 1 600 à ce jour, leur fonction-
nement était réservé à leurs membres jusqu?à
présent. Une réflexion sera lancée sur l?oppor-
tunité d?organiser une diffusion de certaines
réunions sur internet (par exemple, une réunion
sur deux) dès lors que des informations sensibles
ne seraient pas évoquées.
S?agissant de la participation du public par
voie électronique, contrairement à l?enquête
publique, la synthèse des observations est
réalisée par le service instructeur (qui propose
une décision au préfet) et non par un tiers de
confiance tel qu?un commissaire enquêteur.
L?organisation sera modifiée afin de confier la
synthèse de la participation du public par voie
électronique à ce tiers de confiance, comme il le
fait déjà dans le cadre de l?enquête publique en
consignant les observations dans un procès-ver-
bal de synthèse.
L?inspection des installations classées s?appuie-
ra par ailleurs sur la montée en puissance de
l?AFPCNT (Association française pour la préven-
tion des catastrophes naturelles et technolo-
giques), avec le soutien financier de l?État, pour
amplifier et moderniser les dispositifs d?interac-
tion autour de la culture du risque industriel.
La DGPR soutiendra les associations qui
mettraient en place des travaux systématiques
visant à l?amélioration de la gestion des risques
industriels (analyse des signalements, groupes de
travail avec les élus locaux, échange de bonnes
pratiques, etc.).
Apporter de meilleures
informations en cas d?accident
Le retour d?expérience des accidents récents
montre que des actions complémentaires
peuvent être menées pour répondre aux
attentes dans ce domaine.
Les inspecteurs des installations classées
recevront des outils de formation complémen-
taire afin de disposer des bons réflexes sur les
informations à mettre à disposition rapidement.
Un outil cartographique sera par ailleurs
développé afin de permettre au grand public de
visualiser tous les résultats de mesures et d?ana-
lyses géolocalisées que l?État reçoit au cours de
la gestion d?un accident. Un dispositif plus struc-
turé de mesure des retombées atmosphériques
sera progressivement déployé (cf. chapitre dédié
à la gestion des accidents).
© HENNEBELLE Christophe : Incendie dans un site industriel
1918
CHAPITRE 5
Des outils numériques
Pour un meilleur service
aux exploitants
Le passage en téléservice de l?ensemble des
démarches sera poursuivi, en particulier pour :
? l?intégration des demandes d?autorisation
environnementale pour les travaux miniers ;
? les dossiers de porter-à-connaissance (PAC)
des modifications souhaitées sur des installa-
tions classées existantes ;
? les notices de réexamen des études de
dangers ;
? les dossiers des réexamens déposés au titre de
la directive IED ;
? la déclaration des incidents et accidents, avec
l?ensemble des éléments nécessaires au traite-
ment et à l?analyse par l?administration ;
? la dématérialisation des registres de déchets
sur les sites de traitement, sur les flux de terres
excavées et des sédiments ;
? la généralisation de la dématérialisation des
plans d?épandage ;
? les conclusions des contrôles menés par les
organismes de contrôles périodiques des sites
soumis à déclaration. Cette étape nécessite-
ra de surmonter la situation actuelle, où les
bases de données GUP (guichets uniques des
préfectures), qui hébergeaient jusqu?en 2022
les informations sur les ICPE soumises à décla-
ration, ne sont pas directement connectées
au système de pilotage des autres installations
classées ;
? la dématérialisation des fiches d?intervention
sur les fluides frigorigènes.
L?ensemble des obligations déclaratives (quanti-
tés substances dangereuses au titre de la légis-
lation Seveso, autosurveillance environnemen-
tale, rejets dans l?air et l?eau, déchets produits,
quotas de CO2, nanomatériaux, possession de
transformateurs contenant des PCB, etc.) seront
rassemblées dans un portail unique.
L?outil Envinorma permettra aux exploitants
d?avoir une vision consolidée de la réglementa-
tion qui leur est applicable.
La qualité de service, l?accès à l?information
pour tous, l?efficience de l?action publique
nécessitent que des outils numériques
modernisés participent à cette action. Une
démarche très forte a été menée dans le
cadre des orientations stratégiques précé-
dentes : mise en place d?un téléservice
pour toutes les procédures d?autorisa-
tion, d'enregistrement ou de déclaration,
dématérialisation des bordereaux de suivi
de déchets dangereux, refonte complète de
l?outil interne de pilotage des installations
classées, refonte des outils à disposition
du public sur les informations relatives aux
pollutions connues des sols, mise en place
d?un réseau social de l?inspection des instal-
lations classées, etc.
La modernisation des outils doit néanmoins
se poursuivre pour mieux déployer l?action
publique.
Depuis son lancement,
1 249 téléprocédures d?autorisation
environnementale dédiées aux
ICPE ont été menées par les
pétitionnaires sur le site internet
www.Entreprendre.Service-Public.fr,
interconnecté avec l?outil dédié
GUNenv (guichet unique numérique
de l?environnement).
1 249
Des outils au service
du public
Des progrès importants seront menés dans la
mise à disposition des informations pour le
public (refonte du site Géorisques, accès généra-
lisé et ergonomique aux résultats des inspec-
tions et à l?ensemble des informations relatives
aux sites industriels et agricoles).
Un téléservice pour les signalements sera par
ailleurs mis en service.
Des outils pour l?efficience
de l?action de l?inspection
des installations classées
Des fonctionnalités seront mises en place pour
le pilotage de l?activité (indicateurs, suivi), la
préparation de documents-types (rapports), la
préparation et les suites d?actes d?inspection.
Des études de faisabilité seront menées sur :
? la création d?un SIG d?aide à l?instruction,
permettant, sur la base, d?une part, de la
localisation du projet et, d?autre part, des
rubriques et procédures embarquées, d?obte-
nir une synthèse des enjeux et points d?atten-
tion ;
? l'automatisation du processus d'élaboration
des projets d'arrêtés instituant les servitudes
d?utilité publique autour des canalisations
de transport et de mise à jour de la base
nationale, directement à partir des données
fournies par les transporteurs après leur vérifi-
cation par les DREAL. Outre le développement
d'un nouvel outil, ceci nécessitera la définition
d'un format harmonisé de données à trans-
mettre par les transporteurs pour éviter un
retraitement ultérieur.
L?équipement numérique des inspecteurs sera
complété, notamment par la mise à disposi-
tion de tablettes (ou outils équivalents) pour les
inspections.
Le débit de réseau dans les unités départemen-
tales des DREAL sera progressivement amélioré.
Les orientations stratégiques précédentes ont
par ailleurs conduit à la mise en place d?un réseau
social de l?inspection des installations classées.
Celui-ci sera modernisé et il sera rapproché avec
l?intranet diffusant les outils récapitulatifs de la
réglementation et de la jurisprudence.
Mobiliser les espoirs
permis par l?intelligence
artificielle
Les orientations stratégiques précédentes ont
permis d?ébaucher un outil de détection des
activités illégales, qui sont exercées sans bénéfi-
cier de l?autorisation, de l?enregistrement ou de
la déclaration appropriés. Cet outil sera généra-
lisé.
Des outils seront par ailleurs développés pour
détecter des activités illégales en ligne, notam-
ment pour les produits chimiques.
Des outils seront mis en oeuvre pour une exploi-
tation intelligente des bases de données sur les
rejets, notamment en matière d?autosurveil-
lance, afin de détecter des anomalies déclara-
tives et de développer une vision consolidée de
la pression sur certains milieux.
Une veille sera opérée sur les outils permettant
un appui aux instructions de dossiers remis
(préidentification des modifications substan-
tielles, identification d?enjeux naturels sensibles
sur les sites envisagés pour le projet).
Une étude de faisabilité sera menée pour mobili-
ser l?intelligence artificielle pour l?exploitation
des nouvelles bases de données des résultats
des contrôles périodiques et des signalements.
© BOUTTEN Sylvie : Grue du Port du Havre
Entreprendre.
Service-Public.frMieux connaitre les risques sur le territoire
20
CHAPITRE 6
Une gestion des accidents
plus performante
Si l?objectif premier de l?inspection des installa-
tions classées est de prévenir l?occurrence d?acci-
dents, il convient de se préparer également à ces
circonstances.
Dans de tels cas, l?exploitant est le premier acteur de la
gestion de l?accident sur son site, le maire ou le préfet
dirigent les secours et les services de secours assurent
l?intervention sur site. L?inspection des installations
classées a néanmoins un rôle à jouer dans la collecte, la
diffusion d?informations utiles pour la gestion de crise
ou la réponse aux attentes des médias, des élus et de
la population.
1. Ou STIS / SIS / SDMIS dans certains territoires, tels que la Collectivité européenne d?Alsace, la collectivité de Corse, la circonscription dépar-
tementale du Rhône, la Martinique, la Guyane et Mayotte
Une meilleure connaissance des
retombées atmosphériques
Lors d?un accident, les conséquences matérielles
immédiates (atteintes aux biens et aux
personnes) sont généralement connues facile-
ment. Il est par ailleurs souvent aisé de dispo-
ser d?analyses sur la nature des eaux d?extinc-
tion utilisées et stockées (si possible) avant
rejet. L?expérience des derniers accidents a
néanmoins montré qu?il est plus difficile d?accé-
der à la connaissance des retombées atmosphé-
riques.
À la suite de l?accident de Rouen en 2019, la régle-
mentation a été renforcée pour imposer aux
exploitants stockant les plus grandes quantités
de matières dangereuses de disposer des moyens
de procéder à des prélèvements 24h/24.
Ce dispositif sera complété par un dispositif
public de moyens de mesures mobiles, avec des
équipements avancés, qui pourront être mobili-
sés sur le territoire national en cas de suspicion,
par le préfet, de retombées atmosphériques à
risques.
Donner les informations utiles
L?inspection des installations classées est très
mobilisée, en cas d?accident, car elle doit fournir
de nombreuses informations (sur le site, la locali-
sation des principaux potentiels de dangers, les
principales informations de l?étude de dangers
utiles à connaître, etc.).
Pourtant, elle dispose d?informations techniques
ou administratives attendues du public, qui
méritent d?être mieux partagées. Les inspec-
teurs recevront les outils leur permettant de
structurer ces informations pour les mettre à la
disposition du préfet ou contribuer à ses côtés à
la communication. Par ailleurs, comme indiqué
plus haut, un outil cartographique sera dévelop-
pé afin de permettre au grand public de visua-
liser tous les résultats de mesures et d?analyses
géolocalisées que l?État reçoit au cours de la
gestion d?un accident de grande ampleur.
Être à la hauteur du besoin
Lors d?accidents importants, les sollicitations
dans la durée de l?inspection des installations
classées dépassent souvent la capacité humaine
de l?équipe concernée. Un réseau d?inspecteurs
mobilisables en soutien, identifiés en amont,
reconnus pour leurs compétences et disponibles
pour être projetés rapidement depuis leur lieu
usuel de travail vers le département dans lequel
s?est produit l?accident, sera mis en place.
Des exercices réguliers
À la suite de l?accident de Rouen de 2019, les
exigences en matière de plans d?urgence des
exploitants et d?exercices réguliers ont été
renforcées.
L?inspection des installations classées mènera
également des exercices régulier, y compris de
façon inopinée, afin de garantir son efficacité le
moment venu.
Le fonctionnement collectif au niveau national
Les coopérations entre services d?inspection des
installations classées (en DREAL, DEAL, DRIEAT,
DD-ETS-PP, DAAF) seront renforcées, par un appui
mutuel en matière procédurale, réglementaire et
contentieuse, mais aussi sur des sujets techniques
pour lesquels les compétences sont inégalement
réparties entre les services : industrie agro-alimen-
taire, méthaniseurs, appareils à pression, installa-
tions de réfrigération, chaudières notamment.
Des liens serrés seront tenus avec les services
chargés de la biodiversité, compte tenu de l?impor-
tance de la séquence « éviter, réduire, compenser »
dans l?instruction d?un dossier ICPE, en raison de
l?inclusion des procédures de dérogation « espèces
protégées » dans l?autorisation environnementale.
Des coopérations techniques sont par ailleurs privi-
légiées, à l?instar de l?action nationale « éoliennes
et biodiversité » mise en oeuvre en 2021 et dont le
retour d?expérience était très positif.
En matière d?impact sur les milieux aquatiques, le
fonctionnement collectif avec les services de la
police de l?eau, l?OFB et les agences de l?eau sera
plus stratégique à l?avenir, en raison des tensions
sur l?eau. Le travail conjoint au sein des MISEN
sera poursuivi, notamment lorsque les réflexions
portent sur la gestion quantitative de l?eau ou les
pressions de rejets.
En matière d?impact sanitaire, l?inspection des
installations classées se coordonne avec les ARS.
La coopération sera renforcée dans le domaine
des sols pollués du fait d?activités industrielles
ou minières, notamment pour bénéficier de
l?expertise des ARS et de Santé publique France
sur la conduite d?études épidémiologiques ou les
mesures de mises en sécurité à opérer.
L?inspection des installations classées se
coordonne aussi avec les services de surveillance
sanitaire et de protection animale, et de sécurité
sanitaire des aliments des DD-ETS-PP.
En matière de pollutions radioactives, l?inspection
des installations classées poursuivra sa coopéra-
tion avec l?Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
En matière de produits chimiques (perturbateurs
endocriniens, nanomatériaux, autres substances
dangereuses, plastiques), les démarches conjointes
développées avec les services de la consomma-
tion et de la répression des fraudes ainsi que les
services des douanes et de l?inspection du travail
seront poursuivies. Des notes conjointes d?instruc-
tion aux services et des actions coordonnées de
contrôles sur les filières seront mises en oeuvre.
En matière de risque accidentel :
? la coopération avec les SDIS1 restera soute-
nue, tant en amont lors de l?instruction des
dossiers (prescriptions réalistes et nécessaires
pour leur intervention en cas d?incident), que
lors de visites conjointes sur des sites ou encore
d?exercices de crise conjoints qui ont montré
leur efficacité pour l?extinction de l?incendie de
Rouen en 2019 ;
? la coopération avec l?inspection du travail sera
renforcée, par des réunions annuelles entre
structures, des inspections conjointes sur des
thèmes d?intérêt commun où les approches
croisées sont enrichissantes, par exemple sur la
sous-traitance. Les actions conjointes prévues
dans les plans régionaux santé-travail seront
mises en oeuvre. Les deux inspections pourront
par ailleurs s?informer mutuellement de faits
intrigants observés en inspection (détection
précoce de dérives dans les comportements sur
les sites).
CHAPITRE 7
Un travail collectif
avec les autres services
de l?État et une coopération
internationale
La mission d?inspection des installations
classées s?inscrit par nature dans un environne-
ment plus large, dans lequel le fonctionnement
collectif est source de qualité. Les paragraphes
ci-dessous ne donnent que quelques illustra-
tions des actions qui seront mises en place, au
niveau national et au niveau international.
© BAUMERT Sylvestre : Éventration d?un réservoir de stockage
2322
Au niveau international
Des situations similaires sont rencontrées par
l?inspection des installations classées au niveau
national dans d?autres pays de l?OCDE, même en
l?absence de cadre normatif international (direc-
tive ou règlement européen, convention inter-
nationale, etc.).
En ce qui concerne la coopération technique
multilatérale, la France :
? a pris en 2022 la vice-présidence du bureau
IMPEL (organisme de coordination entre
autorités compétentes en matière d?environ-
nement industriel, de produits chimiques et
de déchets pour la mise en oeuvre du droit
environnemental européen). Elle conduira et
participera à des travaux d?échanges d?outils et
d?expériences dans de nombreux domaines ;
? organisera sur son territoire, tous les deux ans,
un séminaire pour les inspecteurs européens
spécialisés en risque accidentel ;
? interviendra de façon active dans les forums
européens ainsi que dans les groupes organi-
sés par l?OCDE pour le travail conjoint dans
ces domaines.
En ce qui concerne la coopération bilatérale,
des échanges réguliers et déplacements seront
organisés avec la Commission européenne, les
plus grands États membres ainsi que quelques
grands États hors Union européenne.
Chapitre 8
Les compétences
Ces orientations stratégiques, pour pouvoir être
mises en oeuvre, continueront de s?appuyer sur
des équipes dont la compétence technique et
les valeurs sont très reconnues aujourd?hui.
Il convient néanmoins d?entretenir ces compé-
tences dans la durée et de les adapter aux
nouveaux enjeux.
Recrutement
À l?exception de quelques profils nécessaires à
la mise en oeuvre d?actions décrites ci-dessus,
les recrutements resteront basés sur des filières
d?excellence technique.
Des démarches de notoriété auprès des
organismes de formation, mais aussi des jeunes
employés dans l?industrie seront mises en place.
Le recours à des contractuels, issus du monde
économique, sera maintenu en exerçant une
vigilance importante sur la déontologie.
Une filière de formation dédiée aux ICPE sera
mise en place dans une école de formation de
l?État. L?intégration d?un tronc commun pour
appréhender le contexte des ICPE agricoles sera
étudiée.
Afin d?attirer les talents en interne à l?État et
de valoriser les talents présents, une cotation
améliorée des postes dans le dispositif interne
RIFSEEP est mise en place.
La formation
Le dispositif de formation initiale a été forte-
ment revu ces dernières années.
Il sera complété par de nouveaux modules,
majoritairement en e-formation ou sous forme
de MOOC, pour permettre des approfondis-
sements plus ponctuels sur des thématiques
d?intérêt pour les inspecteurs.
Un affinage des formations initiales pour les
inspecteurs en DD-ETS-PP sur certaines théma-
tiques (industries agro-alimentaires, élevages,
études de dangers proportionnées) sera réalisé.
Dans le cadre du renouveau minier envisagé par
le Gouvernement, il sera examiné l?opportunité
de réaliser un parcours de formation, initiale et
continue, spécifique sur ce sujet.
Le dispositif de formation en continu sera
modernisé, y compris dans les modalités d?accès
à distance à ces formations.
Par ailleurs, de façon régulière et à créneau
fixe, une DREAL ou un CRIC sera amené, avec
l?appui de la DGPR, à fournir en ligne une
séquence d?approfondissement opérationnel
sur une thématique technique ou réglementaire
d?actualité pour l?ensemble de l?inspection.
Au-delà de ce dispositif sur les compétences
techniques, la formation aux « compétences
douces » sera renforcée, notamment sur la
posture, la gestion de projets, la communication
et la gestion de crise.
Une « Université des chefs d?unités départemen-
tales des DREAL » a été mise en place récem-
ment et fait l?objet de retours très positifs. Elle
sera généralisée à tous les chefs d?unités dépar-
tementales. L?opportunité d?étendre ce disposi-
tif à leurs adjoints et aux inspecteurs des instal-
lations classées agricoles (qu?ils soient basés en
DD-ETS-PP ou en DREAL) sera étudiée.
L?accompagnement, le tutorat
L?inspection des installations classées nécessite
plus que des connaissances techniques, et la
compétence naît également de la transmission.
Le dispositif de tutorat sera renforcé. Les tuteurs
se verront libérer plus de temps pour mener leur
action correctement (de l?ordre de 20 jours/an
pourront être consacrés au tutoré). Les chefs de
service seront encouragés à mobiliser les outils
financiers existants pour reconnaître l?engage-
ment déployé.
Pour l?inspection des installations classées
agricoles, le dispositif de CRIC, désormais à
temps plein dans les régions de taille modérée
et importante, doit conduire à une améliora-
tion de la qualité de l?accompagnement des
© MUET Alain : Carrière en exploitation
© MIGNAUX Laurent : Elevage de volailles
2524
personnes prenant nouvellement le poste. Il a
été identifié que 25 % des inspecteurs en poste
en DD-ETS-PP prendront leur retraite dans les 5
années à venir, ce qui rend ce défi d?autant plus
important.
Les parcours de carrière
Certaines des actions prévues dans les orien-
tations stratégiques précédentes n?ont pu être
menées, notamment en raison des réformes
sur la gestion des corps et le rôle des commis-
sions administratives, puis l?impact de la crise
sanitaire, le changement de gestionnaire d?un
des principaux corps de l?inspection des installa-
tions classées et la mise en place du RIFSEEP, qui
ont fortement mobilisé les équipes de gestion
des corps de l?État.
Un travail sera mené avec les ministères gestion-
naires des principaux corps de l?inspection des
installations classées (ministères chargés de
l?industrie, de l?agriculture et de l?environne-
ment) afin de permettre :
? la reconnaissance de l?expertise, avec des
promotions au grade supérieur sur place ou
dans des postes proches, même sans prise
en charge de fonctions managériales. Des
thématiques techniques précises, en ICPE
ou dans le domaine minier, pourront être
visées. De la même façon, la reconnaissance
de cette expertise pour le passage de catégo-
rie B à catégorie A, notamment pour les
corps relevant du ministère de l?agriculture
en mobilisant le dispositif de la Commission
d?orientation et de suivi de l?expertise (COSE) ;
? la reconnaissance et la valorisation d?une
séniorité dans le métier d?inspection dans
le cadre de l?analyse du parcours et de la
carrière ;
? la mise en place de contrats « P+Q » dans les
carrières, permettant à un agent et à l?admi-
nistration de valoriser la prise de poste sur
un poste stratégique par un passage au grade
supérieur en cas de maintien sur une durée
minimale sur le poste.
La compétence par le travail
collectif
Des inspections conjointes interstructures
seront organisées, de même que des compa-
raisons de pratiques. Ces actions permettront
d?assurer une diffusion des meilleures pratiques
mais aussi une grande homogénéité de l?action
de l?inspection des installations classées.
Le réseau social de l?inspection des installations
classées, qui permet des échanges de cas, de
documents, d?outils, d?expériences sera péren-
nisé et renforcé.
Chapitre 9
L?organisation et le pilotage
Les orientations stratégiques précédentes ont
conduit à beaucoup de modifications d?orga-
nisations dans les DREAL, notamment par la
création d?unités bi- ou tridépartementales afin
d?atteindre des tailles critiques d?équipes et
permettre des créations de pôles spécialisés,
sources de résilience et de compétence.
L?évolution qui avait été souhaitée pour l?ins-
pection des installations classées agricoles n?a
pu avoir lieu et nécessitera un nouveau travail
approfondi.
Finaliser la création de tailles de
communautés de travail pertinentes
La démarche de création d?unités départemen-
tales de DREAL comptant au moins 10 inspec-
teurs sera poursuivie.
La démarche de création de communautés
de travail d?au moins 3 ou 4 inspecteurs pour
l?inspection des installations classées agricoles
est confirmée dans son intérêt. La très grande
majorité des départements restent dans une
configuration avec moins de 2 postes et aucun
poste d?inspecteur à temps complet, ce qui est
difficilement compatible avec l?efficience et la
compétence attendues. Une mission d?inspec-
tions générales sera mise en place pour analyser
les initiatives lancées (avec succès, ou qui n?ont
pu arriver à leur terme : coopérations départe-
mentales renforcées, interdépartementalisa-
tion, rapprochement des UD des DREAL, etc.)
et formuler des recommandations.
La compétence à la bonne
échelle géographique
L?inspection des installations classées agit pour
le compte du préfet de département, qui est
l?autorité décisionnaire. Les spécificités de la
mission ainsi que l?expertise technique, rare et
pointue, nécessaire sur certains sujets a conduit
à une organisation mobilisant :
? le niveau départemental, qui est le niveau de
référence ;
? le niveau régional, par exemple sur des misions
relatives aux pollutions des sols, à la préven-
tion de la légionellose, aux appareils à pression
(parfois également le niveau interrégional), à la
prévention des endommagements de réseaux,
à l?instruction de dossiers plus pointus (par
exemple certains sites Seveso complexes). Le
niveau régional est aussi celui de l?analyse et
de l?appui. Ce niveau régional peut parfois
être confié à une direction départementale,
comme c?est le cas pour la majorité des CRIC ;
? le niveau interrégional, par exemple pour
l?après-mine, les canalisations de transport
de matières dangereuses et, depuis 2022, les
quotas de gaz à effet de serre dans certaines
régions ;
? le niveau national avec la mission confiée à
une DREAL de pôle sur les forages onshore et
offshore. Certains inspecteurs sur le terrain
ont par ailleurs le rôle de référents nationaux
au profit de l?ensemble du réseau.
L?évolution des missions devra conduire à
adapter en permanence le bon niveau de
positionnement des compétences techniques,
pour un meilleur service rendu aux préfets de
département. La pertinence d?évoluer vers
certaines structures interdépartementales voire
La majorité des départements est
aujourd?hui intégrée dans une unité
bi- ou tridépartementale d?inspec-
tion des installations classées des
DREAL / DRIEAT (le cas de l?outre-
mer est bien sûr spécifique). Ainsi,
la répartition est la suivante (hors
Corse et départements d?outre-
mer) : 12 départements dans une
unité tridépartementale (soit 4
structures), 46 départements dans
une unité bidépartementale (soit
23 structures) et 35 départements
dans une configuration départemen-
tale ou infradépartementale (soit
39 structures), pour un total de 66
structures déconcentrées.
© BOUISSON Arnaud : Exploitation d?une unité
de méthanisation
2726
Glossaireinterrégionales sera examinée pour les dossiers
de parcs éoliens et de méthaniseurs. Le premier
retour d?expérience de l?organisation mise en
place pour les éoliennes dans la région Grand
Est semble à cet égard positif.
Cette organisation riche impose d?assurer de la
lisibilité pour les préfets de département. C?est
le sens des engagements de services, signés
entre le directeur de la DREAL et le préfet, qui
ont été introduits lors des orientations straté-
giques précédentes et qui devront être établis
et mis à jour tous les ans, dans l?ensemble des
départements (hors outre-mer).
Afin de soutenir les équipes ICPE des DEAL, dont
la taille est plus modeste, un jumelage avec une
région métropolitaine pourra être proposé.
Le rôle des équipes en région est précieux et
porte sur l?appui direct aux préfets de départe-
ment, mais aussi sur des missions permettant
de la valeur ajoutée à l?action quotidienne :
traceurs de risques, analyse des filières, identi-
fication des enjeux régionaux et des indicateurs
d?impact des politiques, soutien technique aux
inspecteurs en unités départementales et en
DD-ETS-PP, formation technique et juridique,
pilotage tout en laissant la souplesse utile à
chaque inspecteur pour s?appuyer sur son
expérience de terrain. Les termes et objectifs de
ces missions seront ré-actualisés par un travail
partenarial entre la DGPR et les DREAL, préci-
sant notamment le rôle crucial des référents
thématiques régionaux.
Un pilotage qui implique le
niveau national
La chaîne de l?inspection des installations
classées doit pouvoir s?appuyer sur des échanges
réguliers avec le niveau national pour assurer
l?appropriation des priorités politiques mais
aussi la remontée de l?expérience terrain.
L?action annuelle sera pilotée par le disposi-
tif classique d?une administration centrale
(démarche stratégique, indicateurs clés, forma-
tions et outils). Elle s?appuiera aussi sur une
instruction définissant des priorités :
? d?une part, les actions de fond à mener de
façon continue ;
? d?autre part, des actions (de l?ordre maximal
d?une dizaine) sur lesquelles un accent parti-
culier sera mis sur l?année en question.
La majorité de ces actions seront tournées vers
des inspections sur le terrain. Un cadre unique
pour la mise en oeuvre de chacune d'elles sera
établi par une DREAL, avec l?appui de la DGPR,
au plus tard en janvier pour l?année à venir.
Les grands axes de la politique nationale feront
l?objet d?échanges avec les parties prenantes, au
sein du Conseil supérieur de la prévention des
risques technologiques.
Le DGPR se déplacera une fois par mois dans une
région afin de rencontrer le préfet de région, les
équipes de DREAL et DD-ETS-PP. Ces rencontres
visent à constater l?appropriation et la décli-
naison des politiques publiques, identifier les
difficultés, recenser les outils utiles, apporter un
appui aux décisions sensibles à prendre. Pour des
raisons de sobriété environnementale, certains
des échanges sont organisés en visioconférence
plutôt qu?en présentiel pour les départements
d'outre-mer.
Des échanges réguliers, sous forme de réseaux,
sont par ailleurs organisés entre les bureaux
thématiques de la DGPR et les équipes sur le
terrain. Ces réunions sont à plusieurs niveaux :
directeurs des DREAL et des DD-ETS-PP, chefs
de services, responsables d?unités départemen-
tales, CRIC, fonctionnels métiers des DREAL.
La DGPR fait organiser par ailleurs des évalua-
tions de la mise en oeuvre de la politique « instal-
lations classées » par l?Inspection générale de
l?environnement et du développement durable
(IGEDD) et le Conseil général de l?économie, de
l?industrie, de l?énergie et des télécommunica-
tions (CGE). Trois régions par an feront l?objet de
cette analyse approfondie, qui inclut une écoute
des parties prenantes.
ADEME Agence de la transition écologique
AFPCNT Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et
technologiques
ARS Agence régionale de santé
ASN Autorité de sûreté nucléaire
BEA-RI Bureau d?enquêtes et d?analyses sur les risques industriels
CDC Caisse des dépôts et consignations
CGE Conseil général de l?économie, de l?industrie, de l?énergie et des
télécommunications
CODERST Conseil départemental de l?environnement et des risques sanitaires et
technologiques
CDNPS Commission départementale de la nature, des sites et des paysages
COSE Commission d?orientation et de suivi de l?expertise
CRIC Coordinateur / coordinatrice régional(e) des installations classées
agricoles
CSS Commission de suivi de site
CSPRT Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques
DAAF Direction de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (outre-mer)
DD-ETS-PP Direction départementale - de l?emploi, du travail, des solidarités et -
de la protection des populations
DEAL Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement
(outre-mer)
DGFIP Direction générales des finances publiques
DGPR Direction générale de la prévention des risques
DREAL Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du
logement
DRIEAT Direction régionale et interdépartementale de l?environnement, de
l?aménagement et des transports (pour Ile-de-France)
FAQ Foire aux questions
GUP Guichet unique des préfectures
ICPE Installation classée pour la protection de l?environnement
IED Directive IED 2010/75/UE relative aux émissions industrielles
IGEDD Inspection générale de l?environnement et du développement durable
IIC Inspection des installations classées
IMPEL Réseau de l'Union européenne pour la mise en oeuvre et l'application
du droit de l'environnement
INERIS Institut national de l'environnement industriel et des risques
MISEN Mission inter-services de l?eau et de la nature
MOOC Massive open online course (formation à distance)
MTECT Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires
NaTech Phénomènes naturels pouvant engendrer un accident technologique
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
OFB Office français de la biodiversité
OSPIIC Orientations stratégiques pluriannuelles pour l?inspection des installa-
tions classées
PAC Porter-à-connaissance
PREPA Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques
PPA Plan de protection de l?atmosphère
PRPGD Plan régional de prévention et de gestion des déchets
RIFSEEP Régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de
l'expertise et de l'engagement professionnel
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SDIS Service départemental d?incendie et de secours
SDMIS Service départemental-métropolitain d'incendie de secours
SEVESO Directive Seveso 2012/18/UE concernant la maîtrise des dangers liés
aux accidents majeurs impliquant des substances dangereuses
SIG Système d?information géographique
SIS Service d?incendie et de secours
STIS Service territorial d?incendie et de secours
UD Unité départementale (en DREAL et DRIEAT)
23018 DICOM - Janvier 2023.
Introduction
CHAPITRE 1
Pour des projets
de qualité, instruits
dans des délais maîtrisés
CHAPITRE 2
Une action plus résolue contre les filières illégales
et les exploitants en non-conformité importante
CHAPITRE 3
Accroître l?efficience
et l?impact des actions
menées
CHAPITRE 4
La transparence,
la communication,
la concertation
CHAPITRE 5
Des outils numériques
Chapitre 6
Une gestion des accidents plus performante
CHAPITRE 7
Un travail collectif
avec les autres services
de l?État et une coopération internationale
Chapitre 8
Les compétences
Chapitre 9
L?organisation et le pilotage
Glossaire