Plan national de prévention des déchets 2021-2027
[Anonyme]
Auteur moral
France. Ministère de la transition écologique et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
La prévention des déchets est définie comme étant toutes mesures prises avant qu'une substance, une matière ou un produit ne devienne un déchet, lorsque ces mesures concourent à la réduction d'au moins un des items suivants :<br />
;- la quantité de déchets générés, y compris par l'intermédiaire du réemploi ou de la prolongation de la durée d'usage des substances, matières ou produits ;<br />
;- les effets nocifs des déchets produits sur l'environnement et la santé humaine ;<br />
;- la teneur en substances nocives pour l'environnement et la santé humaine dans les substances, matières ou produits (article L. 541-1-1 du code de l'environnement). <br />
;Ainsi, la prévention de la production des déchets vise à réduire les impacts environnementaux liés aux étapes de production, transformation, transportet d'utilisation des matières et produits qui génèrent des déchets. Il est possible de distinguer la prévention amont des déchets, obtenue par les mesures prises par les fabricants et les distributeurs avant qu'un produit ne soit mis sur le marché, et la prévention aval portant sur les mesures prises par le consommateur final ou les collectivités territoriales pour réduire les déchets.<br />
;Une priorité des politiques publiques au service de l'économie circulaire, la prévention des déchets participe à la réduction des impacts environnementaux et sanitaires, de la raréfaction des ressources naturelles et du coût pour les collectivités territoriales chargées de la gestion des déchets. La loi (article L. 541-1 du code de l'environnement) inscrit la prévention des déchets au sommet de la hiérarchie des modes de traitement des déchets. La prévention des déchets est un élément clé de l'économie circulaire en agissant sur la sobriété de la consommation des ressources, la réduction des sources de gaspillages ainsi que l'allongement de la durée d'usage des produits.
Descripteur Urbamet
santé
;économie
;traitement des déchets
;prévention des risques
;économie circulaire
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
1
Plan national de prévention des déchets 2021-2027
Introduction
La prévention des déchets est définie comme étant ? toutes mesures prises
avant qu?une substance, une matière ou un produit ne devienne un déchet,
lorsque ces mesures concourent à la réduction d?au moins un des items
suivants :
? la quantité de déchets générés, y compris par l?intermédiaire du
réemploi ou de la prolongation de la durée d?usage des substances,
matières ou produits ;
? les effets nocifs des déchets produits sur l?environnement et la
santé humaine ;
? la teneur en substances nocives pour l?environnement et la santé
humaine dans les substances, matières ou produits (article L. 541-
1-1 du code de l?environnement).
Ainsi, la prévention de la production des déchets vise à réduire les impacts
environnementaux liés aux étapes de production, transformation, transport
et d?utilisation des matières et produits qui génèrent des déchets. Il est
possible de distinguer la prévention ? amont des déchets, obtenue par les
mesures prises par les fabricants et les distributeurs avant qu?un produit ne
soit mis sur le marché, et la prévention ? aval portant sur les mesures prises
par le consommateur final ou les collectivités territoriales pour réduire les
déchets.
Une priorité des politiques publiques au service de l?économie circulaire
La prévention des déchets participe à la réduction des impacts
environnementaux et sanitaires, de la raréfaction des ressources naturelles
et du coût pour les collectivités territoriales chargées de la gestion des
déchets.
La loi (article L. 541-1 du code de l?environnement) inscrit la prévention des
déchets au sommet de la hiérarchie des modes de traitement des déchets.
La prévention des déchets est un élément clé de l?économie circulaire en
agissant sur la sobriété de la consommation des ressources, la réduction des
sources de gaspillages ainsi que l?allongement de la durée d?usage des
produits.
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Réduire nos déchets nécessite la mobilisation de toutes et tous
En 2017, la production de déchets en France a représenté 326 millions de
tonnes, dont 224 millions de tonnes pour le secteur de la construction, 70
millions de tonnes pour les activités économiques (y compris les
collectivités) en dehors de la construction, 32 millions de tonnes pour les
ménages.
D?après l?Ademe, la quantité de déchets produits par an a baissé de
-4,6 % en 10 ans sur la période 2007-2017. Cependant, ce chiffre global révèle
des disparités selon les secteurs. En outre, le rythme n?a pas été suffisant
pour atteindre les objectifs de la loi relative à la transition énergétique pour
la croissance verte de 2015 : diminution de -10 % de la production de déchets
ménagers et assimilés (DMA) en 2020 par rapport à 2010, et diminution des
déchets d?activités économiques entre 2010 et 2020.
Les engagements des pouvoirs publics en faveur de la prévention des déchets
L?engagement du gouvernement en faveur de l?économie circulaire s?est
traduit par le lancement de la feuille de route économie circulaire publiée
en avril 2018. Celle-ci est le fruit de cinq mois de travaux ayant associé les
parties prenantes ainsi que le public.
La feuille de route économie circulaire a permis de définir les fondements
de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l?économie circulaire du 10
février 2020 (ci-après loi anti-gaspillage) dont de nombreuses dispositions
oeuvrent en faveur de la prévention dans les domaines ou les secteurs pour
lesquels la transition vers une économie sobre en ressources doit être
accélérée. Cette loi définit de nouveaux objectifs et décline différents axes
d?actions en matière de prévention des déchets, qu?il s?agisse notamment de
mieux informer les consommateurs sur les caractéristiques des produits,
sortir des produits en plastique jetable, lutter contre les différentes formes
de gaspillage et développer le réemploi.
Des propositions relevant de la prévention des déchets ont été formulées
par la Convention citoyenne pour le climat et ont été prises en compte pour
partie dans la loi portant lutte contre le dérèglement climatique et
renforcement de la résilience face à ses effets du 22 août 2021, notamment
pour ce qui concerne le développement de la vente en vrac.
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Un plan national de prévention des déchets pour fixer les orientations et assurer
le suivi de la mise en oeuvre des actions de prévention
Le plan national de prévention des déchets (PNPD), prévu à l?article L. 541-11
du code de l?environnement et piloté par le ministère chargé de
l?environnement, vise à fournir une vision d?ensemble des orientations
stratégiques de la politique publique de prévention des déchets et les
actions à mettre en oeuvre pour y parvenir.
Le PNPD a vocation à fixer les priorités d'actions dans le domaine de la
prévention des déchets afin d'atteindre les objectifs définis par la loi. Il
constitue également un outil opérationnel qui permet d?assurer le suivi de la
mise en oeuvre des mesures de prévention.
Le PNPD regroupe dans un document de synthèse et de suivi les différentes
mesures de prévention des déchets inscrites dans les différents textes
programmatiques, législatifs ou réglementaires, et notamment les textes
suivants :
? la feuille de route économie circulaire publiée en avril 2018 ;
? la loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur
agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et
accessible à tous du 30 octobre 2018 ; en particulier pour ce qui
concerne les dispositions relatives à la lutte contre le gaspillage
alimentaire ;
? la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire
du 10 février 2020 (ci-après loi anti-gaspillage) ;
? la loi portant lutte contre le dérèglement climatique et le
renforcement de la résilience face à ses effets du 22 août 2021 (ci-
après loi climat et résilience).
Articulation du plan national de prévention des déchets avec les autres outils de
planification
Le PNPD s?inscrit dans un paysage de documents de planification multi-
échelles visant à renforcer l?économie circulaire en France.
Au niveau national, le PNPD contribue dans sa globalité à l?atteinte des
objectifs de la stratégie nationale bas carbone, du Plan ressources pour la
France, du Plan biodiversité, du Plan national santé environnement 4, du
Programme national pour l'alimentation et de la Feuille de route de la France
pour l?Agenda 2030. Concernant le milieu marin, il concourt également à la
réalisation du Plan d?action ministériel ? Zéro déchet plastique en mer , ainsi
qu?à l?atteinte des objectifs environnementaux fixés dans le cadre de la
directive cadre stratégie pour le milieu marin 2008/56/CE (réduire les
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apports et la présence des déchets d'origine terrestre retrouvés en mer et
sur le littoral ; réduire les apports et la présence de déchets en mer issus des
activités, usages et aménagements maritimes).
La Première Ministre a en outre annoncé l?élaboration d?ici la fin 2022 puis la
mise en oeuvre d?un plan d?action du gouvernement pour la transition
écologique, coordonné par le Secrétariat général à la planification
écologique. Ce plan d?action vise à permettre à la France d?atteindre ses
objectifs en termes de baisse des émissions de gaz à effet de serre,
d?adaptation au changement climatique, de préservation des ressources, de
restauration de la biodiversité et de prévention en santé (santé-
environnement). 6 thématiques ont été définies (se déplacer, protéger et
valoriser nos écosystèmes, se nourrir, produire, se loger, consommer),
déclinées en 22 chantiers. Les actions du PNPD s?inscrivent, entre autres,
dans les chantiers consommation responsable, numérique responsable,
achats durables, prévention, gestion et valorisation des déchets.
Au niveau régional, la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation
territoriale de la République (loi NOTRe) a été mise en oeuvre par
l?ordonnance1 du 27 juillet 2016 relative à l'intégration dans le Schéma
Régional d?Aménagement, de Développement Durable et d?Égalité des
Territoires (SRADDET) des schémas régionaux sectoriels, et le décret2 du 3
août 2016 relatif au SRADDET.
Ainsi, pour les régions métropolitaines, les Plans régionaux de prévention et
de gestion des déchets (PRPGD) ont été substitués par les SRADDET dans
leur volet ? déchets . Les collectivités d?outre-mer relevant de l?article 73 de
la Constitution, la collectivité de Corse et la région Ile-de-France, ont
conservé leur propre PRPGD du fait de leurs spécificités territoriales.
La mise à jour des plans régionaux est programmée en cohérence avec le
calendrier d?évaluation et de révision des plans défini par le droit national,
lui-même conforme aux exigences de l?article 30.1 de la directive 2008/98/CE
relative aux déchets.3
1 Ordonnance n° 2016-1028 du 27 juillet 2016 relative aux mesures de coordination
rendues nécessaires par l'intégration dans le schéma régional d'aménagement, de
développement durable et d'égalité des territoires, des schémas régionaux sectoriels
mentionnés à l'article 13 de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation
territoriale de la République
2 Décret n° 2016-1071 du 3 août 2016 relatif au schéma régional d'aménagement, de
développement durable et d'égalité des territoires.
3 ? 1. Les États membres veillent à ce que les plans de gestion des déchets et les
programmes de prévention des déchets soient évalués au moins tous les six ans et révisés, s'il y
a lieu, et, dans l'affirmative, conformément aux articles 9 et 11.
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L?article L. 541-11 du code de l?environnement prévoit que les SRADDET et
les PRPGD soient compatibles avec le PNPD pour ce qui concerne les seules
mesures ? qui visent à prévenir et à réduire l'incidence de certains produits
en plastique sur l'environnement, en particulier le milieu aquatique, et sur la
santé humaine .
Pour le milieu marin, des mesures spécifiques déclinant les politiques
nationales sont intégrées dans les plans d?action des Documents
stratégiques de façades et de bassins, outils de la politique maritime intégrée
à l?échelle des façades métropolitaines et des bassins ultra-marins.
A l?échelle locale, ce sont les Programmes locaux de prévention des déchets
ménagers et assimilés (PLPDMA) qui doivent permettre la réalisation des
mesures de prévention du PNPD et du SRADDET volet ? déchets ou du
PRPGD le cas échéant.
Les collectivités territoriales ou leurs groupements chargés de la gestion des
déchets ménagers et assimilés sont responsables de la définition du PLPDMA
à l?échelle de leur territoire, celui-ci devant mentionner des objectifs locaux
de prévention cohérents avec les objectifs nationaux tout en étant
compatible avec les plans régionaux.
Suivi et gouvernance du plan national de prévention des déchets
Le suivi du PNPD est renforcé grâce à de nouveaux dispositifs visant à
collecter davantage de données de qualité sur l?économie circulaire.
C?est le cas du nouvel Observatoire du réemploi et de la réutilisation,
instauré par la loi climat et résilience et animé par l?ADEME. Celui-ci est
notamment chargé de collecter et de diffuser les informations et les études
liées au réemploi et à la réutilisation des produits soumis au principe de
responsabilité élargie du producteur (REP) pour lesquels des objectifs de
réemploi et de réutilisation sont fixés dans les cahiers des charges. Il peut
mener les études nécessaires à l?évaluation de la pertinence des solutions de
réemploi et de réutilisation ou encore réaliser des expérimentations.
A ce jour, sont ainsi concernées les filières REP relatives aux équipements
électriques et électroniques, éléments d?ameublement, textiles de maison,
linge d?habillement et chaussures, articles de sport et de loisirs, articles de
bricolage et jardin, jouets , produits et matériaux de construction du secteur
du bâtiment, et emballages ménagers4. D?autres filières REP, pour lesquelles
des objectifs de réemploi et de réutilisation seront nouvellement fixés par
4 REP emballages des cafés, hôtels, restaurants en 2023 puis emballages industriels et
commerciaux en 2025.
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les cahiers des charges des éco-organismes et systèmes individuels,
entreront également dans le périmètre de l?Observatoire.
En outre, l?ensemble des éco-organismes et des producteurs ayant mis en
place un système individuel doit dorénavant déclarer chaque année à
l?ADEME, via le registre national des producteurs SYDEREP, des données
relatives aux produits qu?ils ont mis sur le marché, à leur réemploi ainsi qu?à
leur réparation.
Un Comité national de l?observation de l?économie circulaire vient renforcer
cet arsenal de dispositifs d?observation et de suivi de la prévention.
En termes de gouvernance, depuis la loi anti-gaspillage, la Commission inter-
filières de responsabilité élargie des producteurs (CIFREP) est notamment
chargée du suivi de la réalisation des objectifs de la loi et de ceux inscrits
dans les cahiers des charges des éco-organismes et des systèmes individuels.
La loi anti-gaspillage a également permis la mise en place d?un Conseil
National de l?Economie circulaire en 2021 (en remplacement du Conseil
national des déchets), composé de 6 collèges (acteurs institutionnels, élus
locaux, société civile, entreprises, salariés, parlementaires et des personnes
qualifiées) totalisant 47 sièges. Cette instance administrative consultative,
placée auprès du ministère chargé de l?environnement, permet d?assurer un
dialogue régulier et une association étroite des principales parties prenantes
dans le domaine de l?économie circulaire à l?élaboration des politiques
publiques afférentes.
I. Contexte et cadre juridique
Le premier plan national de prévention des déchets a été mis en place en
2004 en France et a posé les bases de l?action de prévention des déchets au
niveau national. Cette initiative a été reprise par la directive-cadre sur les
déchets de 2008, et la France a adopté un nouveau Programme national de
prévention des déchets 2014-2020 prenant le relais du Plan d?actions de
2004. La 3ème édition du PNPD actualise les mesures de planification de la
prévention des déchets au regard des réformes engagées en matière
d?économie circulaire depuis la précédente édition.
Les travaux législatifs en matière d?économie circulaire des trois dernières
années, notamment la loi anti-gaspillage de 2020 et la loi climat et résilience
de 2021, ont apporté des changements majeurs dans les politiques publiques
françaises de prévention et de gestion des déchets ce qui explique le
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décalage pris dans l?élaboration du 3ème PNPD couvrant la période 2021-
2027.
Le cadre juridique européen et national
L?élaboration du PNPD s?inscrit dans le cadre défini par l?article 29 de la
directive européenne 2008/98/CE relative aux déchets, modifiée par la
directive n° 2018/851. L?article L. 541-11 du code de l?environnement précise
ces dispositions dans la législation nationale, encadre le contenu du plan
national de prévention des déchets et ses modalités d?élaboration.
Conformément à l?article L. 541-11 du code de l?environnement, le PNPD
comporte :
? les objectifs nationaux et les orientations des politiques de
prévention des déchets ;
? l'inventaire des mesures de prévention mises en oeuvre ;
? l?évaluation de l'impact de ces mesures sur la conception,
production, consommation et l?utilisation des produits ;
? les mesures à poursuivre et les mesures nouvelles (en termes
notamment d?évitement de la production de déchets et de
réduction de l?incidence des produits en plastique sur
environnement) ;
? la détermination des situations de référence, des indicateurs
associés aux mesures de prévention des déchets et la méthode
d'évaluation utilisée.
L?article 29 de la directive européenne 2008/98/CE relative aux déchets
prévoit que le PNPD contienne les différentes mesures de prévention des
déchets énoncées à l?article 9 de la directive. Son article 30 prévoit que le
PNPD soit évalué et révisé au moins tous les 6 ans.
Le bilan du programme national de prévention des déchets 2014-2020
Le PNPD 2014-2020 était structuré autour de 13 axes de travail thématiques
et 54 actions. Il a fait l?objet d?un bilan qui évalue l?atteinte des objectifs fixés
en matière de réduction des déchets et le degré de réalisation des
différentes actions du programme.
En termes de suivi des objectifs du plan, la baisse de la production de
déchets ménagers et assimilés (- 1,3 % entre 2010 et 2018) a été insuffisante
pour atteindre l?objectif de la loi relative à la transition énergétique pour la
croissante verte (LTECV) de 2015 d?une réduction de 10 % sur la période 2010
- 2020. L?intensité de production de déchets par les activités économiques a
toutefois reculé légèrement sur cette période.
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Les différentes actions du PNPD ont connu des avancées significatives bien
qu?inégales selon les domaines. Différentes dispositions législatives et
plusieurs textes européens sont venus renforcer les orientations en matière
de prévention des déchets. Le bilan du PNPD témoigne également de la
diversité des acteurs impliqués dans la prévention des déchets.
Le bilan permet d?identifier des marges de progrès. Celles-ci concernent
notamment la mobilisation et l?engagement des acteurs économiques dans
des actions visant à réduire leurs déchets, l?augmentation des performances
en matière d?écoconception, d?allongement de la durée de vie des produits
et de réemploi. Le bilan souligne également le potentiel de mobilisation des
éco-organismes en faveur du réemploi et de la réparation, et le besoin de
poursuivre les efforts en termes de sensibilisation et de communication, qui
s?avèrent être des leviers de réussite efficaces.
II. Les objectifs du plan national de prévention des déchets
La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l?économie circulaire du 10
février 2020 fixe les objectifs suivants en matière de prévention des déchets:
? réduire de 15 % les quantités de déchets ménagers et assimilés
produits par habitant en 2030 par rapport à 2010 (loi anti-
gaspillage ? article 3) ;
? réduire de 5 % les quantités de déchets d'activités économiques
par unité de valeur produite, notamment du secteur du bâtiment
et des travaux publics, en 2030 par rapport à 2010 (loi anti-
gaspillage ? article 3) ;
? augmenter le réemploi et réutilisation des déchets pour atteindre
une quantité équivalente à 5 % du tonnage des déchets ménagers
en 2030 (loi anti-gaspillage ? article 4) ;
? atteindre une part des emballages réemployés mis sur le marché
de 5 % en 2023 et 10 % en 2027 (loi anti-gaspillage ? article 9) ;
? réduire le gaspillage alimentaire de 50 % d?ici 2025, par rapport à
2015, dans la distribution alimentaire et la restauration collective,
et de 50 % d?ici 2030, par rapport à 2015, dans la consommation,
la production, la transformation et la restauration commerciale.
(loi anti-gaspillage ? article 11) ;
? viser la fin de la mise sur le marché d?emballages en plastique à
usage unique d?ici à 2040 (loi anti-gaspillage ? article 7) ;
? réduire de 50 % d?ici 2030 le nombre de bouteilles en plastique à
usage unique pour boisson mises sur le marché (loi anti-gaspillage
? article 66).
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La prévention des déchets dans les territoires d?Outre-mer
La loi anti-gaspillage prévoit que chaque éco-organisme élabore et met en
oeuvre un plan de prévention et de gestion des déchets dans les collectivités
régies par l?article 73 de la Constitution, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-
Miquelon ayant pour objectif d?améliorer les performances de collecte et de
traitement des déchets dans ces territoires afin qu?elles soient identiques à
celles de la France métropolitaine.
De plus, les réglementations sectorielles des filières REP prévoient également
des mesures spécifiques aux collectivités régies par l?article 73 de la
Constitution, à Saint-Martin et à Saint-Pierre-et-Miquelon afin de renforcer
la prévention et une gestion écologiquement rationnelle des déchets dans
des contextes différents du territoire métropolitain.
A titre d?exemple, pour la filière REP des emballages ménagers, un titulaire
référent est mis en place dans chaque territoire concerné et élabore des
programmes d?actions territorialisés visant la prévention et une meilleure
gestion des déchets. Ce programme d?actions intègre un volet dédié à une
communication locale adaptée aux particularités du territoire, prenant en
compte les spécificités sociales, culturelles et linguistiques de la population.
Dans la filière REP des déchets diffus spécifiques (DDS), les soutiens
financiers relatifs à la prise en charge des coûts des opérations de collecte
assurées par les collectivités territoriales et leurs groupements sont majorés
en leur appliquant un facteur de multiplication de 2,4 dans certains
territoires. Cette pondération est réalisée tant que les performances de
collecte en poids de DDS par habitant relevant de son agrément sont
inférieures à la moyenne nationale. Le principe de majoration concerne
également les filières des éléments d?ameublement, des papiers graphiques,
des équipements électriques et électroniques.
Concernant la filière REP des huiles minérales ou synthétiques, lubrifiantes
ou industrielles, les éco-organismes agréés doivent prioriser un déploiement
de la filière dans les collectivités d'outre-mer, et réaliser une étude sur les
possibilités de développer un traitement local des huiles usagées dans les
territoires d'outre-mer.
Concernant la filière des véhicules hors d?usage, le décret encadrant la filière
prévoit que les éco-organismes ou les systèmes individuels soient tenus de
présenter un plan spécifique de prévention et de gestion dans les
territoriales d'outre-mer dans le but d'améliorer les performances de
collecte et de traitement, ainsi que de prévenir et résorber le nombre de
véhicules abandonnés. Ce plan comprend un mécanisme spécifique pour
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lutter contre les pratiques d'abandon, notamment le versement d'une prime
au retour du véhicule.
III. Le plan de prévention des déchets
Le plan est structuré en cinq axes et 47 mesures :
Axe 1 - Intégrer la prévention des déchets dès la conception des produits et des
services
Axe 2 - Allonger la durée d?usage des produits en favorisant leur entretien et leur
réparation
Axe 3 - Développer le réemploi et la réutilisation
Axe 4 - Lutter contre le gaspillage et réduire les déchets
Axe 5 - Engager les acteurs publics dans des démarches de prévention des
déchets
Les axes 1, 2, 3 s?attachent aux leviers de la prévention que sont
l?écoconception des produits et des services et l?allongement de la durée de
vie des produits à travers d?une part la réparation, d?autre part le réemploi
et la réutilisation.
L?axe 4 cible la réduction de certains usages et pratiques de consommation
générateurs de déchets et de gaspillages de ressources. Il comporte plusieurs
actions visant à réduire l?usage unique et complète les mesures visant à
favoriser le réemploi et la réutilisation de l?axe 3.
L?axe 5 concerne les actions de prévention à engager par les acteurs publics,
s?agissant d?exemplarité de l?Etat, des collectivités territoriales, et
d?accompagnement des politiques territoriales en faveur de la réduction des
déchets.
Pour répondre à l?enjeu de mobilisation collective, les mesures du plan
touchent différents publics : les acteurs économiques, les associations, les
acteurs de l?économie sociale et solidaire, les ménages et les acteurs publics.
Les mesures visent à réduire l?ensemble des flux de déchets ménagers et les
déchets des entreprises.
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Indicateurs de suivi du plan
Le PNPD est assorti d?indicateurs de suivi des objectifs :
? la quantité de déchets ménagers et assimilés produits par
habitant ;
? la quantité de déchets d'activités économiques par unité de valeur
produite ;
? la quantité de produits ménagers faisant l?objet de
réutilisation/réemploi ;
? la part des emballages réutilisés ou réemployés mis sur le marché ;
? la quantité de gaspillage alimentaire produite (distribution,
restauration collective, consommation des ménages,
transformation, restauration commerciale).
Il contient également des indicateurs de suivi des réalisations pour chacune
des actions du plan.
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Axe 1 Intégrer la prévention des déchets dès la conception des produits et des
services
L?écoconception vise à réduire les effets négatifs d'un produit sur
l'environnement dès sa conception. Elle a pour but de :
? diminuer la quantité de matière utilisée ;
? augmenter l?incorporation de matière recyclée ou l?emploi de
ressources renouvelables gérées durablement ;
? d?allonger la durée de vie, et la réparation ;
? de faciliter le réemploi, la réutilisation, et le recyclage ;
? d?éviter l?emploi de substances dangereuses pour l?homme ou
l?environnement.
Cet axe vise à inciter les producteurs à mettre en place des actions
d?écoconception. Pour certains types de produits, les mesures s?adressent
aux filières à responsabilité élargie du producteur (REP), dispositifs
particuliers d?organisation de la prévention et de la gestion de déchets,
reposant sur la mise en oeuvre du principe ? pollueur ? payeur . Selon ce
principe, les producteurs deviennent responsables de financer ou
d?organiser la prévention et la gestion des déchets issus de leurs produits.
1.1 Mobiliser les filières à responsabilité élargie du producteur (REP)
1.1.1 Mettre en oeuvre des modulations des contributions aux filières REP,
sous forme de primes et de pénalités, pour favoriser l'écoconception des
produits
Des primes et des pénalités sont adossées aux contributions financières
versées par les producteurs (au titre de leurs obligations de contribuer à
la prévention et à la gestion des déchets issus de leurs produits) pour
chaque catégorie de produit en fonction de critères de performance
environnementale. Ces critères peuvent concerner, selon la nature des
produits, la quantité de matière utilisée, l'incorporation de matière
recyclée, l'emploi de ressources renouvelables gérées durablement, la
durabilité, la réparabilité, les possibilités de réemploi, la recyclabilité, la
visée publicitaire ou promotionnelle du produit, l'absence d'écotoxicité
et de présence de substances dangereuses.
Concrètement, il s?agit d?adapter la contribution financière versée par le
metteur sur le marché à son éco-organisme en fonction des performances
environnementales de son produit. A titre d?exemple, s?agissant de la
toxicité des produits mis sur le marché, dans la filière huiles minérales ou
synthétiques, lubrifiantes ou industrielles, les primes et pénalités
prennent en compte la classe de danger des huiles, selon la classification
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européenne CLP, et l?obtention (ou non) du label écologique européen.
Dans la filière emballages ménagers, la présence après recyclage de
substances susceptibles de compromettre l?utilisation du matériau
recyclé constitue une pénalité. Dans la filière des papiers graphiques, une
pénalité de 20% sur la contribution au poids est appliquée aux papiers
graphiques qui contiennent des impressions avec ajout d?huiles minérales.
Dans la filière des déchets diffus spécifiques, l'absence d'écotoxicité est
un des quatre critères d?attribution de primes et pénalités aux côtés de
l?incorporation des matières recyclées, de l'emploi de ressources
renouvelables et de la recyclabilité.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de filières REP disposant de primes ou pénalités favorisant l?éco-
conception
- Liste des critères favorisant l?éco-conception par filière REP
Source : article 62 loi anti-gaspillage, article L. 541-10-2 du code de
l?environnement
Acteurs : éco-organismes et producteurs
1.1.2 Élaborer des plans quinquennaux de prévention et d?écoconception
communs au sein de chaque filière REP
Les plans de prévention et d'écoconception prévus par l?article L. 541-10-
12 du code de l?environnement ont pour objectifs de réduire l'usage de
ressources non renouvelables, d'accroître l'utilisation de matières
recyclées et d'accroître la recyclabilité des produits dans les installations
de traitement situées sur le territoire national. Ces plans sont révisés tous
les cinq ans. Chaque plan doit comporter un bilan du plan précédent et
fixer les objectifs et les actions de prévention et d'écoconception qui
seront mises en oeuvre par le producteur durant les cinq années à venir.
Ces plans peuvent être individuels ou communs à plusieurs producteurs.
L'éco-organisme mis en place par les producteurs peut élaborer un plan
commun à l'ensemble de ses adhérents. Les plans individuels et communs
seront transmis à l'éco-organisme, qui en publiera une synthèse accessible
au public au moins tous les trois ans, après présentation à l'instance
représentative des parties prenantes de la filière.
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Indicateurs de suivi :
- Nombre de filières REP comportant au moins un plan quinquennal
commun élaboré par un éco-organisme
- Nombre de plans quinquennaux communs
- Nombre de plans quinquennaux individuels
Source : article 72 loi anti-gaspillage, articles L. 541-10-12 et R. 541-101 du
code de l?environnement
Acteurs : éco-organismes et producteurs
1.1.3 Soutenir les efforts de R&D en matière d?écoconception, et
accompagner les producteurs pour une utilisation plus efficace des
ressources naturelles, notamment les matières critiques
En complément du soutien apporté par les éco-organismes dans le cadre
de l?élaboration des plans quinquennaux de prévention et
d?écoconception au sein de chaque filière REP (L. 541-10-12), les éco-
organismes sont tenus de soutenir financièrement les entreprises dans
leurs efforts d?écoconception. Tout éco-organisme doit soutenir des
projets de recherche et de développement en cohérence avec les
objectifs fixés par le cahier des charges mentionnée au L. 541-10,
notamment pour développer l'écoconception et la performance
environnementale des produits (article R. 541-118). Ces projets sont
établis dans le cadre de partenariats ou sélectionnés selon une procédure
non discriminatoire fondée sur des critères d'attribution transparents.
Indicateurs de suivi :
- Montants des financements accordés par les éco-organismes au titre de
la R&D en matière d?écoconception
- Nombre de projets accompagnés par les éco-organismes
Source : article R. 541-118 du code de l?environnement
Acteurs : éco-organismes, producteurs,
et porteurs de projets de R&D
15
1.2 Mobiliser les acteurs économiques
1.2.1 Intégrer la prévention des déchets et les démarches
d?écoconception dans les accords volontaires établis entre l?État et les
secteurs économiques, notamment dans les secteurs de l?agrofourniture,
de la pêche et de l'aquaculture
La filière de gestion des déchets issus des produits de l?agrofourniture
(emballages vides de produits utilisés en agriculture, films agricoles et
filets, notamment), a été mise en place en 2001 de manière volontaire par
la filière agricole, sous l?égide de la société ADIVALOR. Depuis 2003, des
accords-cadres entre ADIVALOR et le ministère de l?écologie, prévoyant
des objectifs de collecte et de recyclage, se sont succédés. Le dernier
couvre la période 2016-2023.
La loi anti-gaspillage prévoit la possibilité de mettre en oeuvre la filière REP
pour les équipements de pêche et d?aquaculture (prévue par le droit
européen), au moyen d?un accord conclu entre les professionnels des
secteurs concernés (pêche, aquaculture) et l?Etat. Ainsi l?Etat a dès 2020
invité les professionnels à se fixer comme ambition collective d?initier une
phase d?expérimentation avec un éco-organisme préfigurateur, et à ce
qu?ils lui proposent les clauses d?un futur accord au plus tard le 30 juin
2023. A défaut, l?Etat a prévu d?engager des travaux pour encadrer par
voie réglementaire la mise en oeuvre de cette filière REP afin que celle-ci
soit opérationnelle avant le 1er janvier 2025.
Dans le cadre de ces filières, des démarches d?éco-conception des
produits devront être proposées par les producteurs de ces produits.
Indicateurs de suivi :
- Nombre d?accords volontaires intégrant des démarches d?éco-
conception
- Nombre d?accords sectoriels reposant sur le principe de la REP
Acteurs : secteurs économiques, notamment de
l?agrofourniture et de la pêche
16
1.2.2 Prévenir la teneur en substances dangereuses des matériaux et des
produits, en incitant les fabricants à substituer les substances
dangereuses dans les objets du quotidien
Indicateurs de suivi :
- Nombre d?industriels français et de places de marché engagés dans
l?initiative européenne AskREACH
- Nombre de filières REP disposant d?un critère de modulation relatif à la
présence de substances dangereuses dans les produits mis en marché
Source : Plan national santé environnement 2020-2024 (PNSE4) - action 2
Acteurs : fabricants
1.2.3 Supprimer les huiles minérales dans les emballages et les impressions
à destination du public
En raison des risques que présentent les huiles minérales pour la santé
humaine, l?article 112 de la loi AGEC et les dispositions réglementaires
prises pour son application interdisent l?usage des huiles minérales
comportant des substances perturbant le recyclage des déchets ou
limitant l'utilisation du matériau recyclé en raison des risques que ces
huiles présentent pour la santé humaine.
Ces dispositions s?appliquent en deux temps, à compter du 1er janvier
2023 et en fonction de la concentration dans l?encre des hydrocarbures
d?huiles minérales.
Indicateur de suivi :
- Dispositions réglementaires d?interdiction des huiles minérales
Source : article 112 loi anti-gaspillage, articles D. 543-45-1 et D. 543-213
du code de l?environnement, arrêté du 13 avril 2022 précisant les
substances contenues dans les huiles minérales dont l'utilisation est
interdite sur les emballages et pour les impressions à destination du
public
Acteurs : secteur de l?emballage, des papiers imprimés,
et de la presse écrite
17
1.2.4 Accompagner les entreprises pour produire mieux avec moins de
ressources et maîtriser leurs déchets en leur mettant à disposition des
guides opérationnels
L'ADEME, en partenariat avec BPI France, a lancé des actions
auprès des entreprises (et notamment des diagnostics) pour économiser
l'énergie et des ressources naturelles. Pour les entreprises de 20 à
250 salariés, un dispositif nommé ? Diag Éco-Flux est proposé pour agir
concrètement afin d?optimiser l?utilisation des matières premières. Les
entreprises sont accompagnées d?un(e) experte, qui aide à identifier les
sources d?économies, dresser et déployer un plan d?actions personnalisé
et chiffré. Sur les 500 premiers plans d?action validés par les entreprises,
27% des gains attendus correspond à des actions visant les pertes
matières et donc la prévention ou le recyclage sur site de ces pertes.
Pour les entreprises de moins de 20 salariés, l?accompagnement ? TPE
Gagnantes désigne la même prestation que le Diag Eco-flux mais
adaptée aux très petites entreprises. Ce dispositif est porté par les
Chambres de Métiers et de l'Artisanat (CMA) et subventionné par
l?ADEME.
Un autre dispositif, ? Tremplin pour la transition écologique des PME ,
permet de financer des diagnostics et des études selon la méthode de
comptabilité des flux de matières ISO 14 051. Il s?agit d?un
accompagnement pour calculer précisément la répartition des coûts de
production entre produits et déchets. Le bilan matières proposé via le
même dispositif décrypte les consommations de l?entreprise pour mettre
en oeuvre des actions améliorant l?efficience matière.
Un guide datant de 2020 ? Méthodologie pour la réalisation d'un bilan
matières à portée plus générale est également mis à disposition des
entreprises.
Indicateur de suivi :
- Nombre de ? Diag Eco-flux et d?accompagnements ? TPE Gagnantes
réalisés contenant des actions qui visent le flux matière
Acteurs : Ademe, entreprises
18
1.2.5 Soutenir l?innovation, accompagner les démarches d?investissement
dans l?écoconception des produits et services développés par les
entreprises
Cette mesure fait référence aux moyens financiers mobilisés par l?État et
opérés notamment par l?Ademe pour soutenir l?innovation et
l?investissement en matière d?écoconception, notamment dans le cadre
du Programme d?investissements d?avenir et France 2030 :
? soutien à l?investissement d?écoconception pour améliorer la
performance environnementale des produits et services (aides à la
réalisation de diagnostics et mise en oeuvre des démarches
d?écoconception) ;
? appel à projets de soutien à la recherche et développement de
nouveaux produits ou services éco-conçus (Perfecto) ;
? stratégie d?accélération - recyclabilité, recyclage, réincorporation
des matériaux recyclés, numérique responsable.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de projets soutenus en matière d?éco-conception
- Montant des soutiens financiers
Acteurs : Ademe, entreprises, l?État
1.2.6 Renforcer la lisibilité de l?étiquetage de certains produits ménagers
afin d?en assurer une utilisation efficace et sûre
Cette mesure vise à renforcer l?information des consommateurs
concernant l?impact sur la santé et l?environnement des produits
ménagers (c?est-à-dire des produits de nettoyage et d?entretien, y compris
des produits désinfectants).
L?objectif est de permettre aux consommateurs d?utiliser ces produits
ménagers de manière efficace et sûre, en disposant d?une information
claire et fiable sur ces produits, dans un premier temps via une démarche
d'affichage volontaire des industriels du secteur et des distributeurs.
L'Anses a ainsi été saisie pour travailler à l'élaboration d'une méthode de
calcul permettant d?évaluer de façon globale la criticité des dangers
sanitaires et environnementaux associés à l?utilisation de ce type de
19
produits. Il conviendra ensuite de proposer des modalités d'affichage du
résultat des travaux de l?Anses lorsque ceux-ci seront finalisés.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?industriels et de distributeurs engagés vers un renforcement
de la lisibilité de l?étiquetage
Source : Plan national santé environnement 2021-2025 (PNSE4) - action
3.1
Acteurs : Fabricants et distributeurs
1.3 Lutter contre l?obsolescence des produits
1.3.1 Mettre en oeuvre les recommandations du rapport au Parlement sur
l'obsolescence logicielle pour limiter les risques d'obsolescence logicielle
liés aux mises à jour des systèmes d'exploitation et des logiciels ainsi que
mieux informer les consommateurs sur ce sujet
Le rapport sur la durée de vie des appareils numériques et connectés, sur
l'obsolescence logicielle et sur les options pour allonger la durée de vie
des équipements concernés, publié en février 2021, s?inscrit en cohérence
avec la Feuille de route gouvernementale ? numérique et environnement
. La loi visant à réduire l?empreinte environnementale du numérique en
France (ci-après loi REEN) a contribué à traduire les recommandations de
ce rapport en mesure législatives et réglementaires, en complétant la
définition de l?obsolescence programmée de l?article L. 441-2 du code de
la consommation pour y inclure l?obsolescence logicielle5. La pratique de
l?obsolescence logicielle constitue désormais un délit.
La loi anti-gaspillage dispose que les consommateurs soient informés de
la durée au cours de laquelle les mises à jour des logiciels fournis lors de
l'achat du bien restent compatibles avec un usage normal de l'appareil.
Elle prévoit également qu?ils soient informés des mises à jour qui sont
nécessaires au maintien de la conformité de ces biens ainsi que des
modalités d?installation des mises à jour. La loi REEN a renforcé les
dispositifs d?information des consommateurs, en prévoyant que le
vendeur informe le consommateur des caractéristiques essentielles de
5 ? Le recours à des techniques, y compris logicielles, par lesquelles le responsable de la mise sur le
marché d'un produit vise à en réduire délibérément la durée de vie
20
chaque mise à jour des éléments numériques du bien (l'espace de
stockage qu'elle requiert, son impact sur les performances du bien?).
Indicateurs de suivi :
- Nombre de recommandations du rapport mises en oeuvre
- Nombre d?infractions constatées
Source : article 27 loi anti-gaspillage, article L. 441- du code de la
consommation, articles 6, 9, 10 et 11 loi REEN
Acteurs : fabricants et distributeurs d?appareils électroniques et de
logiciels
Axe 2 Allonger la durée d?usage des produits en favorisant leur entretien et
leur réparation
La réparation participe au prolongement de la durée de vie des produits
et contribue ainsi à la réduction des consommations de ressources et de
la production de déchets. Elle participe également au maintien et au
développement d?emplois locaux.
Cet axe se décline en différentes mesures pour lever les freins au
développement de la réparation. Il vise notamment à rendre la réparation
plus accessible pour les consommateurs et faciliter les actions de
réparation des produits et des équipements.
2.1 Faciliter le recours à la réparation pour les particuliers
2.1.1 Mettre en place des fonds dédiés au financement de la réparation
pour les filières REP
Les fonds dédiés au financement de la réparation hors garantie des
équipements électriques et électroniques, des éléments d?ameublement,
des produits textiles d?habillement, des chaussures et du linge de maison,
des jouets, des articles de sports et de loisirs, ou encore des articles de
bricolage et de jardin pour les consommateurs qui s?adressent à des
réparateurs labellisés. Ces fonds sont mis en place par les éco-organismes
des filières REP concernées. Cette mesure vise à inciter à la réparation des
produits de grande consommation en baissant son coût pour le
consommateur et contribue à la structuration du secteur de la réparation.
La loi anti-gaspillage prévoit un déploiement progressif de ce dispositif de
fonds d?ici le 1er janvier 2023.
21
Les cahiers des charges des filières REP concernées précisent le montant
des ressources financières allouées au fonds par l'éco-organisme ou le
producteur qui met en place un système individuel, la dotation du fonds
ne pouvant être inférieure à 10 % de l?ensemble des coûts estimés de la
réparation des produits relevant de leur agrément et qui sont détenus par
les consommateurs. L?éco-organisme peut prévoir une progressivité afin
que la dotation de son fonds corresponde à ce montant au plus tard six
ans après la date d'entrée en vigueur de celui-ci. Ne sont pas concernées
par cette disposition le financement des coûts de réparations effectuées
dans le cadre de la garantie légale ou d'une garantie commerciale. Le
développement des fonds réparation est assorti des objectifs suivants :
? Augmenter progressivement la dotation du fonds réparation de
la filière des équipements électriques et électroniques (EEE) de
sorte que celui-ci soit doté d?un budget annuel d?au moins 102
M¤ d?ici 2027 ;
? Doter le fonds réparation de la filière des jouets de sorte que
celui-ci soit doté d?un budget annuel d?au moins 100 k¤ d?ici
2022 ;
? Doter le fonds réparation de la filière des articles de sport et de
loisirs de sorte que celui-ci soit doté d?un budget annuel d?au
moins 35 M¤ d?ici 2027 ;
? Doter le fonds réparation de la filière des articles de bricolage
et de jardin de sorte que celui-ci soit doté d?un budget annuel
d?au moins 9,5 M¤ d?ici 2027.
? Doter le fonds réparation de la filière des textiles d?habillement,
des chaussures et du linge de maison de sorte que celui-ci soit
doté d?un budget annuel de 44 M¤ d?ici 2028.
? Doter le fonds réparation de la filière des éléments
d?ameublement de sorte que celui-ci soit doté d?un budget
annuel d?au moins 37 M¤ d?ici 2028.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de fonds réparation mis en place
- Dotation effective des fonds
- Montants alloués à des réparateurs labellisés dans le cadre du fonds
- Nombre de réparateurs labellisés ayant bénéficié du fonds
- Nombre de réparations en cas de panne hors garantie effectuées par des
réparateurs labellisés ayant bénéficié du fonds
22
Source : article 62 loi anti-gaspillage, articles L. 541-10-4 et R. 541-146 à R.
541-152 du code de l?environnement
Acteurs : éco-organismes, secteur de la réparation
2.1.2 Créer des réseaux de réparateurs labellisés, les cartographier et
mettre à disposition les informations sur les services de réparation en
open data
Les éco-organismes réalisent la cartographie des réparateurs labellisés
qu?ils mettent à disposition du public pour favoriser la mise en réseau des
réparateurs et la mise en relation avec les consommateurs pour toutes les
filières REP concernées par la mise en place d?un fonds dédié au
financement de la réparation.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de réparateurs labellisés répertoriés sur un site dédié
- Cartographie actualisée pour chaque filière REP concernée
Source : feuille de route économie circulaire, article L. 541-10-15 du code
de l?environnement
Acteurs : éco-organismes, secteur de la réparation
2.1.3 Assurer la disponibilité de pièces détachées, notamment pour les
véhicules, les équipements électriques et électroniques, les outils de
bricolage et de jardinage, les articles de sports et loisirs, les bicyclettes et
engins de déplacement motorisés, les équipements médicaux et aides
techniques ; développer l?offre de pièces de rechange issues de
l?économie circulaire (PIEC)
Cette mesure prévue par la loi anti-gaspillage a été complétée par la loi
Climat et résilience. Pour chaque catégorie de produits visés par la loi ?
les véhicules, les équipements électriques et électroniques, les outils de
bricolage et de jardinage, les articles de sports et loisirs, les bicyclettes et
engins de déplacement motorisés, les équipements médicaux et aides
techniques ? un ensemble de décrets d?applications précisent les
obligations relatives à la disponibilité des pièces détachées, l'utilisation de
pièces de rechange issues de l'économie circulaire (dites ? PIEC ) et les
23
obligations d'information du consommateur sur le fait qu?il peut opter
pour de telles pièces dans le cadre de ses réparations. L?ensemble de ces
produits sont concernés par l?obligation de disponibilité des pièces
détachées, dont la liste est fixée par décret, pendant la période de
commercialisation des produits et pour une durée minimale
complémentaire de 5 ans.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de types de pièces concernées par la mesure (listées par
décret)
- Quantité de PIEC produites dans les filières DEEE, VHU et les
bicyclettes et engins de déplacement motorisés
Source : article 19 loi anti-gaspillage, article 30 loi Climat et résilience
Acteurs : fabricants, réparateurs
2.1.4 Interdire les pratiques visant à rendre impossible la réparation ou le
reconditionnement d'appareils, ainsi que l'accès des professionnels de la
réparation aux pièces détachées, aux outils, aux modes d'emploi ou
informations techniques
Ces pratiques sont interdites depuis l?entrée en vigueur de la loi anti-
gaspillage.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de pratiques illégales constatées lors des contrôles
- Nombre de plaintes de professionnels de la réparation n?ayant pas
accès aux pièces détachées
Source : article 25 loi anti-gaspillage
Acteurs : fabricants, distributeurs, réparateurs
24
2.1.5 Étendre la garantie légale de conformité de six mois pour tout
produit réparé dans ce cadre
La garantie légale de conformité est une garantie obligatoire contre tous
les défauts de fabrication lors d'achat ou de la livraison d'un produit. Elle
permet d?obtenir gratuitement la réparation ou le remplacement d?un
produit détérioré dans les deux années suivant un achat neuf et 6 mois
pour un achat d?occasion. La loi anti-gaspillage prévoit que les
consommateurs bénéficient d?une extension de 6 mois de leur garantie si
le produit fait l?objet d'une réparation dans le cadre de la garantie légale
de conformité.
Indicateur de suivi :
- Nombre de produits réparés assortis d?une garantie +6 mois
Source : article 22 loi anti-gaspillage
Acteurs : fabricants, distributeurs
2.2 Informer sur réparabilité des produits et la réparation
2.2.1 Déployer l?indice de réparabilité sur les équipements électriques et
électroniques et proposer un indice de durabilité sur ces produits
Les vendeurs d?équipements électriques et électroniques devront afficher
un indice de réparabilité sur leurs produits. En affichant une note sur 10,
cet indice informe les consommateurs sur le caractère plus ou moins
réparable des produits concernés.
L'indice a été déployé au 1er janvier 2021 sur cinq catégories de produit
(smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, tondeuses à gazon, lave-
linges hublot). Depuis le 4 novembre 2022, quatre nouvelles catégories de
produits seront concernées (lave-linges top, lave-vaisselles, aspirateurs,
nettoyeurs haute-pression). Cet outil, prévu par la loi anti-gaspillage, vise
une meilleure information du consommateur sur le caractère plus ou
moins réparable des produits lors de l?acte d?achat. Il constitue un outil
de lutte contre l?obsolescence ? programmée ou non - pour éviter la mise
au rebut trop précoce des produits et préserver les ressources naturelles
nécessaires à leur production.
Les premiers résultats des contrôles DGCCRF sur le respect de l?affichage
de l?indice seront connus au courant de l?année 2023. À horizon 2024, la
25
loi anti-gaspillage prévoit que cet indice devienne un indice de durabilité,
notamment par l?ajout de nouveaux critères comme la robustesse ou la
fiabilité des produits. Des travaux techniques sont en cours pour
permettre cette transition.
Par ailleurs, l?expérience française a inspiré les travaux européens en cours
qui visent à développer un indice de réparabilité à l?échelle
communautaire pour des smartphones et des tablettes.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de catégories de produits soumis à l?affichage de l?indice de
réparabilité
- Nombre de catégories de produits soumis à l?affichage de l?indice de
durabilité
Source : article 16 loi anti-gaspillage
Acteurs : entreprises, consommateurs
2.2.2 Renforcer la mise à disposition d?informations auprès des
consommateurs et des acteurs de la réparation sur la réparation des
produits (informations techniques, durée de disponibilité des pièces
détachées)
Les véhicules, les équipements électriques et électroniques, les outils de
bricolage et de jardinage, les articles de sports et loisirs, les bicyclettes et
engins de déplacement motorisés, les équipements médicaux et aides
techniques sont concernés par l?obligation de disponibilité des pièces
détachées, dont la liste est fixée par décret, pendant la période de
commercialisation des produits et pour une durée minimale
complémentaire de 5 ans.
Indicateur de suivi :
- Nombre de catégories de produits soumis l?obligation de disponibilité
des pièces détachées
Source : article 19 loi anti-gaspillage, décrets d?application
correspondants à chaque catégorie de produits
Acteurs : fabricants et importateurs de biens et d?équipements
26
Axe 3 Développer le réemploi et
la réutilisation
Le réemploi et la réutilisation participent à l?allongement de la durée de
vie des produits. Le réemploi et la réutilisation portent actuellement sur
environ 1 million de tonnes de produits et déchets (source : Ademe, 2017).
Cet axe vise à créer les conditions favorisant l?essor du réemploi et de la
réutilisation en France, en soutenant les filières de réemploi, dont les
structures de l?économie sociale et solidaire, et en améliorant l?accès aux
gisements. Il se décline en différentes mesures portant sur les produits
ménagers ainsi que sur les matériaux et produits du secteur du bâtiment.
Le suivi du réemploi et de la réutilisation sera réalisé par l?observatoire ?
du réemploi et de la réutilisation .
3.1 Mobiliser les filières REP et les acteurs économiques en faveur du réemploi
et de la réutilisation
3.1.1 Définir des objectifs de réemploi pour les filières REP
De nouveaux objectifs sont assignés aux filières REP en matière de
prévention des déchets. Lorsque la nature des produits le justifie, des
objectifs de réemploi sont fixés dans les cahiers des charges des éco-
organismes.
Les objectifs sont les suivants :
? Développer le réemploi notamment des équipements électriques
et électroniques, des textiles d?habillement, des chaussures, du
linge de maison et des éléments d'ameublement afin d'atteindre
l'équivalent de 5% du tonnage de déchets ménagers en 2030
(objectif inscrit dans le code de l?environnement) ;
? Réemployer chaque année une quantité égale à 2% des
équipements électriques et électroniques mis sur le marché ;
? Réemployer une quantité égale à 6% en 2024 puis 9% en 2027 des
jouets mis sur le marché l?année précédente ;
? Réemployer une quantité égale à 4% en 2024 puis 5% en 2027 des
produits destinés à la pratique sportive aux activités de plein air mis
sur le marché l?année précédente ;
? Réemployer une quantité égale à 9% en 2024 puis 14% en 2027 des
cycles, trottinettes, skates mis sur le marché l?année précédente ;
? Réemployer une quantité égale à 4% en 2024 puis 10% en 2027 des
matériels de bricolage et de jardin mis sur le marché l?année
précédente ;
27
? Réemployer une quantité égale à 5% en 2024 et 11% en 2027 des
machines thermiques mises sur le marché l?année précédente ;
? Réemployer une quantité égale à 2% en 2024 puis 5% en 2027 des
produits et matériels destinés à l'entretien et l'aménagement du
jardin mis sur le marché l?année précédente ;
? Réemployer ou réutiliser 120 000 t/an de textiles, chaussures, linge
de maison (TLC) à compter de 2024. 8% des TLC devront être
réemployés ou réutilisés à moins de 1 500 km du lieu de collecte en
2024, 15% en 2028 ;
? Atteindre une proportion de 5 % des emballages réemployés en
2023, (exprimés en unité de vente ou équivalent unité de vente), et
de 10 % des emballages réemployés mis sur le marché en 2027 (voir
3.1.1). L?objectif de 5% vise les metteurs sur le marché dont le chiffre
d?affaires est supérieur à 50 M¤ (voir 3.1.3) ;
? Viser le réemploi et la réutilisation d'au moins 5 % de la quantité
totale de PMCB en 2028. Les objectifs intermédiaires de PMCB
usagés qui ont fait l'objet d'une opération de réemploi ou une
opération de préparation en vue de la réutilisation sont de 2% en
2024 et de 4% en 2027 (voir 3.1.4).
Indicateurs de suivi :
- Nombre de filières REP concernées par un objectif de réemploi
- Quantité de produits réemployés au sein des filières REP
Source : article 62 loi anti-gaspillage
Acteurs : éco-organismes, opérateurs du réemploi et de la réutilisation
3.1.2 Mettre en place des fonds dédiés au financement du réemploi et de
la réutilisation pour les filières REP
Les fonds, dédiés au financement du réemploi et de la réutilisation sont
créés au sein des filières des équipements électriques et électroniques,
des éléments d?ameublement, des produits textiles d?habillement, des
chaussures et du linge de maison, des jouets, des articles de sports et de
loisirs, des articles de bricolage et de jardin, d?ici le 1er janvier 2023. Ces
fonds sont destinés à financer les acteurs du secteur du réemploi et de la
réutilisation issus de l?économie sociale et solidaire. Un minimum de 5%
des contributions reçues par les éco-organismes de ces filières devront
être dédiées à ces fonds. Si les objectifs fixés en matière de réemploi ne
28
sont pas atteints, la dotation du fonds doit être augmentée à due
proportion des objectifs non atteints.
Pour la filière des emballages ménagers et celle des emballages servant à
commercialiser les produits consommés ou utilisés par les professionnels,
les éco-organismes titulaires de l'agrément consacrent annuellement au
moins 5 % du montant des contributions qu'ils perçoivent au
développement de solutions de réemploi et réutilisation des emballages.
Ces sommes sont consacrées à l'accompagnement des producteurs tenus
de mettre sur le marché des emballages réemployés en application du III
du même article L. 541-1 et au financement d'infrastructures facilitant le
déploiement du réemploi sur l'ensemble du territoire national.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de fonds mis en place
- Dotation effective/enveloppes des fonds
- Montant des soutiens financiers versés par les fonds
- Nombre d?acteurs soutenus
- Quantité de produits réemployés grâce aux fonds
Source : articles 62 et 72 loi anti-gaspillage, article 31 loi climat et
résilience, articles L. 541-9, L. 541-10-5, L. 541-10-18, et R. 541-153 à R. 541-
157 du code de l?environnement
Acteurs : éco-organismes, opérateurs du réemploi et de la réutilisation
3.1.3 Augmenter la part des emballages réutilisés et réemployés mis en
marché par rapport aux emballages à usage unique, accompagner les
expérimentations et le déploiement des moyens nécessaires à l'atteinte
des objectifs et de la trajectoire nationale
La France s?est dotée d?une trajectoire nationale visant à augmenter la
part des emballages réemployés mis en marché par rapport aux
emballages à usage unique, de manière à atteindre une proportion de 5 %
des emballages réemployés en 2023, (exprimés en unité de vente ou
équivalent unité de vente), et de 10 % des emballages réemployés mis sur
le marché en 2027. Les emballages réemployés doivent être recyclables.
29
Pour réaliser ces objectifs, l?article 65 de la loi anti-gaspillage prévoit que
les éco-organismes de cette REP définissent des gammes standards
d?emballages réemployables pour les secteurs de la restauration, ainsi que
pour les produits frais et les boissons. Les travaux ont démarré dès 2021,
en partant des contraintes industrielles et opérationnelles des emballages
de référence qui pourraient être utilisés dans des systèmes de réemploi à
l?échelle nationale. Des premiers tests ont permis de préciser l?usage et la
pertinence des emballages identifiés. Des tests de plus grande envergure
et des spécifications techniques doivent désormais être réalisés pour
rendre opérationnel ces standards.
La mise en place de la REP pour les emballages de la restauration et de
l?hôtellerie au 1er janvier 2023 et pour les emballages industriels et
commerciaux au 1er janvier 2025 contribuera à l?atteinte des objectifs de
réemploi et de réutilisation des emballages.
Il est à noter qu?à compter du 1er janvier 2023, pour la filière REP des
emballages ménagers ainsi que celle des emballages de la restauration et
à compter du 1er janvier 2025 pour les emballages industriels et
commerciaux, les éco-organismes devront consacrer annuellement au
moins 5 % du montant des contributions qu'ils perçoivent au
développement de solutions de réemploi et réutilisation des emballages.
Ces sommes seront consacrées à l'accompagnement des producteurs
tenus de mettre sur le marché des emballages réemployés en application
du III de l?article L. 541-1 ainsi qu'au financement d'infrastructures
facilitant le déploiement du réemploi dans le but d'atteindre l'objectif
d'emballages réemployés fixé au 1° du I de l'article L. 541-1.
Concernant les emballages plastiques à usage unique, la stratégie
nationale 3R ? Réduire, réutiliser, recycler les emballages en plastique à
usage unique , élaborée en application de l?article 7 de la loi anti-
gaspillage et son décret d?application d?avril 2021, prévoit que l'objectif
de réduction des emballages en plastique à usage unique prévu par
l'article L. 541-10-17 du code de l'environnement est fixé à 20 %, dont au
moins 50 % obtenus par recours au réemploi et à la réutilisation
d'emballages, à l'échéance du 31 décembre 2025 par rapport à 2018 pour
l'ensemble des metteurs sur le marché de ces types d?emballages.
La restauration est un secteur particulièrement encadré par la législation.
Outre les interdictions de mise à disposition de certains produits en
plastique à usage unique, notamment les assiettes, gobelets couverts,
pailles?, la restauration collective est elle aussi soumise à des objectifs de
réduction et de substitution du plastique :
30
- Depuis le 1er janvier 2020, l?utilisation de bouteilles d?eau plate en
plastique est interdite en restauration scolaire (article L. 541-15-10 du
code de l?environnement),
- Depuis le 1er janvier 2021 la distribution gratuite de bouteilles en
plastique contenant des boissons dans les établissements recevant du
public et les locaux à usage professionnel, dont les services de
restauration, est interdite (article L. 541-15-10 du code de
l?environnement),
- Depuis le 1er janvier 2022, les services de portage de repas à domicile
ont l?obligation de réemploi de la vaisselle et des récipients (articles
L. 541-15-10, D. 541-341 et R. 541-351 du code de l?environnement),
- Depuis le 1er janvier 2023, les personnes ayant une activité
professionnelle de restauration sur place permettant de restaurer
simultanément au moins 20 personnes, sont tenues de servir les repas
et boissons dans de la vaisselle réemployable ainsi qu?avec des
couverts réemployables (article L. 541-15-10 et D. 541-342 du code de
l?environnement),
- À partir du 1er janvier 2025, l?utilisation de contenants alimentaires de
cuisson, de réchauffe ou de service en matière plastique est interdite
dans les services de restauration collective d?établissements scolaires
et universitaires, ainsi que dans ceux des établissements d?accueil des
enfants (article L. 541-15-10 du code de l?environnement),
- À compter du 1er janvier 2025, les services de restauration collective
proposant des services de vente à emporter doivent proposer aux
consommateurs d?être servis dans des contenants réutilisables ou
composés de matières recyclables (article L. 541-15-10 du code de
l?environnement).
La stratégie 3R constitue la feuille de route pour atteindre les objectifs
nationaux de réduction, de réutilisation, de réemploi et de recyclage des
emballages en plastique à usage unique, en identifiant les leviers et
travaux à mettre en oeuvre rapidement. Cette stratégie 3R se décline sur
10 axes définissant les 59 actions à engager. Le pilotage de cette stratégie
se répartit entre l'Etat ? l?Observatoire du réemploi de l'ADEME - et les
parties prenantes dont les éco-organismes.
La stratégie prévoit notamment l?élaboration par les fédérations
professionnelles de feuilles de route sectorielles 3R dont 24 d?entre elles
ont pu bénéficier en 2022 d?un financement spécifique de l?ADEME
correspondant à une enveloppe globale de 2,2M¤. Ce financement
s?inscrit dans le cadre de l?action de soutien à la réduction, au réemploi et
à la substitution des emballages en plastique à usage unique du volet
économie circulaire du plan de relance, doté d?une enveloppe de 40 M¤
sur la période 2021-2022.
31
Indicateurs de suivi :
- Proportion d?emballages réemployés
- Montants consacrés par les éco-organismes au développement du
réemploi
Source : articles 9, 62 et 67 loi anti-gaspillage, article 29 loi Climat et
Résilience, articles L. 541-10-17, D. 541-352, et R. 541-350 à R. 541-354 du
code de l?environnement
Acteurs : éco-organismes, secteur de l?emballage
3.1.4 Développer le réemploi des produits et des matériaux du secteur du
bâtiment, et mettre en place un maillage territorial de points de collecte
avec des zones dédiées au réemploi et à la réutilisation des produits et
matériaux de construction du secteur du bâtiment (PMCB) usagés
? en s?appuyant sur la nouvelle filière REP ? bâtiment ; à travers la
mise en place d?un maillage territorial de points de collecte avec
des zones dédiées au réemploi et à la réutilisation des PMCB usagés;
? en s?appuyant sur les diagnostics relatifs à la gestion des produits,
matériaux et déchets issus des travaux de démolition ou de
réhabilitation de bâtiments.
Le cahier des charges de la filière, publié en juin 2022, prévoit que l'éco-
organisme mette en oeuvre les actions nécessaires pour viser le réemploi
et la réutilisation d'au moins 5 % de la quantité totale de PMCB en 2028.
Les objectifs intermédiaires de PMCB usagés qui ont fait l'objet d'une
opération de réemploi ou une opération de préparation en vue de la
réutilisation sont de 2% en 2024 et de 4% en 2027.
La loi anti-gaspillage a par ailleurs permis d'étendre l'obligation des
diagnostics relatifs à la gestion des produits, matériaux et déchets issus
des travaux aux chantiers de rénovation significative. Le Centre
Scientifique et Technique du Bâtiment est chargé de mettre en place une
plate-forme d'enregistrement des diagnostics et des procès-verbaux de
recollement.
32
La loi interdit également la discrimination des PMCB issus de déchets
valorisés ou de produits issus du réemploi et de la réutilisation par rapport
aux produits et matériaux neufs6 (article L. 541-33).
Indicateurs de suivi :
- Taux de réemploi au sein de la filière PMCB
- Nombre de points de collecte des matériaux destinés au réemploi
- Nombre de diagnostics réalisés
Source : articles 72 et 51 loi anti-gaspillage, article L. 541-33 du code de
l?environnement
Acteurs : secteur du BTP, acteurs du réemploi/réutilisation
3.2 Faciliter la mise à disposition de gisement pour les acteurs de l?économie
sociale et solidaire et les associations
3.2.1 Installer des zones de réemploi dans les déchetteries
Cette mesure vise à installer des zones de dépôts pour les produits
destinés à être réemployés dans les déchetteries et permettre aux acteurs
de l?ESS d?utiliser les déchetteries comme lieux de récupération de ces
objets usagés. La loi anti-gaspillage dispose que les collectivités
territoriales et leurs groupements compétents pour la collecte et le
traitement des déchets des ménages permettent, par contrat ou par
convention, aux personnes morales relevant de l?économie sociale,
solidaire et circulaire qui en font la demande d?utiliser les déchetteries
communales comme lieux de récupération ponctuelle et de retraitement
d?objets en bon état ou réparables.
La loi anti-gaspillage prévoit également que les déchetteries soient tenues
de prévoir une zone de dépôt destinée aux produits pouvant être
réemployés.
6 ? Est réputée non écrite toute stipulation créant une discrimination en raison de la présence de
matériaux ou éléments issus de déchets valorisés ou de produits issus du réemploi et de la réutilisation
dans les produits qui satisfont aux règlements et normes en vigueur, pour un même niveau de performance
compte tenu de l'usage envisagé
33
Indicateur de suivi :
- Nombre de déchèteries disposant de zones de réemploi
Source : article 57 loi anti-gaspillage
Acteurs : collectivités, structures de l'économie sociale et solidaire
3.2.2 Organiser par les éco-organismes la mise à disposition des produits
usagés repris par les distributeurs auprès des acteurs du réemploi et de la
réutilisation dans les filières concernées par un objectif de réemploi
Sont concernées par cette mesure les filières REP des équipements
électriques et électroniques, de l?ameublement, des articles sport et le
loisir, les jouets et les articles de bricolages et de jardins et les produits et
matériaux de construction du secteur du bâtiment.
Indicateurs de suivi :
- Quantité de produits mis à disposition
- Nombre de conventions de mise à disposition
Source : article 62 loi anti-gaspillage
Acteurs : éco-organismes
3.3 Renforcer le suivi du réemploi et de la réutilisation
3.3.1 Mettre en place l?observatoire du réemploi et de la réutilisation
L?observatoire de réemploi et de la réutilisation collecte et diffuse des
informations et des études liées au réemploi et à la réutilisation des
produits soumis au principe de responsabilité élargie du producteur.
L?observatoire, officialisé en septembre 2022, est placé auprès de
l?Agence de la Transition écologique (ADEME).
34
Indicateur de suivi :
- Publication annuelle des chiffres clés sur le réemploi et la réutilisation
Source : article 9 loi anti-gaspillage, article 25 loi Climat et Résilience
Acteurs : Observatoire du réemploi et de la réutilisation, Ademe, éco-
organismes, secteur du réemploi et de la réutilisation
35
Axe 4 Lutter contre le gaspillage et réduire les déchets
La réduction de la production de déchets, notamment des déchets qui ne
se prêtent pas à la préparation en vue du réemploi ou du recyclage, est
un défi essentiel à relever pour diminuer l?empreinte environnementale
liée à notre consommation. La transition vers des modes de
consommation plus sobres en ressources passe par une meilleure
information des consommateurs sur les performances environnementales
des produits.
Cet axe comporte des mesures visant à réduire la consommation de
produits à usage unique, dont ceux en plastique. Il intègre des mesures de
lutte contre le gaspillage y compris contre le gaspillage alimentaire, ainsi
que des mesures relatives à la gestion de proximité des biodéchets.
4.1 Réduire les produits à usage unique
4.1.1 Développer la vente en vrac et inciter à l?usage de contenants et d?emballages
réutilisables dans les commerces.
? Obligation à compter de 2030 de mise en place d?une surface
minimale dédiée à la vente en vrac dans les commerces de vente au
détail de produits de grande consommation : 20% de la surface (ou
un dispositif d?effet équivalent - nombre de références/proportion
du chiffre d?affaires) d?ici 2030 dans les commerces de vente au
détail d?une surface de vente supérieure à 400 mètres carrés ;
? Obligation de mise à disposition de contenants réutilisables dans les
commerces de vente au détail d?une surface de vente supérieure à
400 mètres carrés et développement des incitations à l?apport de
contenants par les clients ;
? Obligation pour les établissements de restauration commerciale et
les débits de boissons à consommer sur place de mettre à la
disposition de leurs clients qui en font la demande des contenants
réutilisables ou recyclables permettant d'emporter les aliments ou
boissons non consommés sur place, à l'exception de ceux mis à
disposition sous forme d'offre à volonté (article L. 541-15-7 du code
de l?environnement) ;
? Obligation à compter de 2025 de mise à disposition des contenants
réutilisables ou recyclables dans les services de restauration
collective proposant des services de vente à emporter ;
36
? Mise en place d?une tarification plus basse pour les boissons
vendues dans un récipient réemployable apporté par le
consommateur.
Indicateurs de suivi :
- Proportion de marchandises vendues en vrac ou de la surface de vente
dédiée au vrac
- Nombre de points de vente (Grandes et Moyennes Surfaces) proposant
un service de vente en vrac
Source : article 41 loi anti-gaspillage, articles 23 et 24 loi climat et
résilience
Acteurs : acteurs de la distribution, consommateurs
4.1.2 Réduire les emballages jugés excessifs en impliquant les
consommateurs
Les éco-organismes de la filière REP ? emballages ménagers mettent à la
disposition des consommateurs un dispositif de signalement par voie
électronique pour signaler les produits comportant un emballage qu'ils
jugent excessif. Un bilan est réalisé chaque année concernant les
signalements remontés et les actions correctives qui en découlent.
En outre, les acteurs de la grande distribution réunis au sein du Pacte
National sur les emballages plastiques travaillent sur la suppression des
emballages plastiques à usage unique par catégorie de produits pour
aboutir à des mesures de réduction et/ou de substitution systémique dans
les commerces en France.
Indicateur de suivi :
- Nombre de signalements
Source : article 72 loi anti-gaspillage
Acteurs : consommateurs, éco-organismes, acteurs de la distribution
37
4.1.3 Engager les secteurs économiques à réduire l?usage unique dans le
cadre d'accords volontaires (vente à emporter, restauration livrée,
évènementiel, autres)
Cette mesure vise à mettre en oeuvre, entre autres, des stratégies de
réduction volontaire des usages de produits en pastique à usage unique,
à travers la signature d?accords volontaires entre les acteurs économiques
et l?État.
La Charte d'engagement réduction de l'impact environnemental des
emballages et développement du réemploi dans le secteur de la
restauration livrée, signée le 15 février 2021, rassemble les principaux
acteurs de la livraison de repas en France (plateformes d?intermédiation,
restaurateurs associés et apporteurs de solutions). La charte prévoit de
transformer les emballages utilisés pour la livraison via la suppression des
emballages en plastique à usage unique, leur substitution par d?autres
matériaux (carton, papier, verre, ?) ainsi que via le passage à des
contenants réemployables. Les signataires de la charte visent également
la transition vers des contenants réemployables livrés sur les lieux de
restauration en entreprise et mènent des expérimentations en ce sens.
À la demande du ministère de la Transition écologique, les plateformes
ont lancé la diffusion de sondages auprès des restaurants avec lesquels
elles travaillent, afin de dégager des chiffres globaux permettant de situer
la mise en oeuvre. Ces sondages, effectués en début d?année 2022, ont
permis de constater une baisse dans l?utilisation des plastiques à usage
unique, via notamment la suppression des sacs plastiques pour la livraison
et l?arrêt de la fourniture des couverts par défaut. Selon le sondage, 83%
des signataires de la charte utilisent des contenants et emballages
constitués partiellement de plastique à usage unique (ex : film plastique à
l?intérieur de l?emballage carton garantissant l?étanchéité du contenant).
Plus de deux tiers des emballages et contenants utilisés par les répondants
sont en matières alternatives au plastique (carton, bois, papier, verre) et
recyclables. Les signataires se sont engagés à bannir les résines plastiques
les plus problématiques à recycler (PVC, tous types de polystyrène, PET
opaque, complexes). Une partie d?entre eux expérimentent la mise en
place des contenant réemployables.
L?engagement pour la croissance verte relatif à la Transition de l?industrie
événementielle vers l?économie circulaire, signé en février 2022, prévoit
des dispositifs à mettre en place par le secteur sur le périmètre maîtrisé
par l?organisateur pour réduire la consommation de produits en plastique
à usage unique, en utilisant des contenants alimentaires réemployables
ou réutilisables. De même, il est prévu de mettre fin à la distribution
gratuite des objets promotionnels en plastique et des prospectus en
38
plastique et aux lâchers intentionnels de plastique dans l'environnement
(notamment ballons, objets flottants).
De nouveaux accords volontaires visant la réduction de déchets pourront
être développés pendant la mise en oeuvre du 3èm PNPD.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?accords volontaires
Acteurs : secteurs de la restauration à emporter, livrée, secteur
événementiel
4.1.4 Interdire les produits en plastique à usage unique lorsque des
alternatives sont disponibles, présenter à la vente les fruits et légumes
sans conditionnement en plastique, mettre fin à la vaisselle jetable dans
la restauration rapide sur place et dans la restauration collective
? A compter du 1er janvier 2022, tout commerce de détail exposant
à la vente des fruits et légumes frais non transformés est tenu de
les exposer sans conditionnement composé pour tout ou partie de
matière plastique. Sont exemptés de cette obligation les fruits et
légumes conditionnés par lots de 1,5 kilogramme ou plus ainsi que
les fruits et légumes présentant un risque de détérioration ;
? A compter du 1er janvier 2022 sont soumis à l'obligation d'utiliser
de la vaisselle, des couverts ainsi que des récipients de transport
des aliments et des boissons réemployables, et de procéder à leur
collecte en vue de leur réemploi les services de restauration à
domicile qui proposent un abonnement à des prestations de repas
préparés qui sont livrés au moins quatre fois par semaine ;
? A compter du 1er janvier 2023, les personnes ayant une activité de
restauration sur place sont tenus de servir les repas et boissons
consommés dans l?enceinte de l?établissement dans des gobelets,
y compris leurs moyens de fermeture et couvercles, des assiettes
et des récipients réemployables ainsi qu?avec des couverts
réemployables, dès lors qu?elle permet de restaurer simultanément
au moins 20 personnes ;
? Interdiction des ustensiles en plastique à usage unique pour tout
type de restauration dont la restauration publique et privée ;
? Interdiction des bouteilles en plastique pour les restaurants
collectifs scolaires de la maternelle au lycée, et obligation de mise
à disposition de fontaines à eau pour les établissements recevant
du public ;
39
? Interdiction de distribution gratuite de bouteilles en plastique
contenant des boissons dans les établissements recevant du public
et les locaux à usage professionnel, dont les services de
restauration,
? Obligation de réemploi de la vaisselle et des récipients pour les
services de portage de repas à domicile à compter du 1er janvier
2022, et pour tout type de restauration à compter du 1er janvier
2023 ;
? Interdiction des contenants en plastique pour les restaurants
collectifs scolaires et universitaires et les services de restauration
des crèches et des établissements médicaux destinés aux femmes
enceintes ou aux enfants de moins de 6 ans à partir du 1er janvier
2025 ;
? Obligation de proposer des contenants réutilisables ou en matières
recyclables pour tous les services de restauration collective à
compter du premier janvier 2025.
Indicateur de suivi :
- Proportion des contrôles avec constat de non-conformité à la
règlementation, dans chaque secteur concerné
Source : article 77 loi anti-gaspillage, articles L.541-1-1, L. 541-15-10, R.
541-335 à R. 541-336, R. 541-351, D. 541-330, D. 541-340 à D. 541-342 du
code de l?environnement
Acteurs : producteurs, metteurs sur le marché de produits en plastique à usage
unique, commerces de détail, secteur de la restauration sur place, services de
restauration à domicile
4.1.5 Réduire de 50 % d?ici à 2030 la consommation de bouteilles de
boissons en plastique à usage unique
? En mettant fin à la distribution gratuite de bouteilles en plastique
contenant des boissons (ERP et locaux professionnels) ? à compter
du 1er janvier 2021 ;
? En installant des fontaines à eau librement accessibles pour le
public (ERP) ? à compter du 1er janvier 2022 (articles L. 541-15-10 D.
541-340 et R. 541-351 du code de l?environnement) ;
? En mettant fin aux clauses contractuelles imposant la fourniture ou
l'utilisation de bouteilles en plastique à usage unique (événements
festifs, culturels ou sportifs) ? à compter du 1er janvier 2021 ;
40
? En exigeant des établissements de restauration et débits de boisson
d?indiquer de manière visible sur leur carte ou sur un espace
d?affichage la possibilité pour les consommateurs de demander de
l?eau potable gratuite ? à compter du 10 février 2020 (article L. 541-
15-10 du code de l?environnement).
Ces mesures pourront être complétées par des actions portant sur les
autres segments de consommation des bouteilles plastiques de boissons
à usage unique.
Indicateurs de suivi :
- Proportion des contrôles avec constat de non-conformité à la
règlementation en vigueur
- Nombre de bouteilles pour boisson en plastique à usage unique mises
sur le marché chaque année
Source : articles 66 et 77 loi anti-gaspillage
Acteurs : entreprises, gestionnaires d?ERP, secteur du sport et de
l?événementiel
4.1.6 Investir pour la réduction, le réemploi ou le développement de
solutions de substitution pour le plastique
Cette mesure fait référence aux moyens financiers mobilisés par l?Etat et
opérés par l?Ademe. La mesure ? économie circulaire du plan de relance
soutient les investissements pour éviter la production des déchets et la
consommation des ressources, par le soutien à la réparation et au
réemploi, à l?accompagnement de la réduction des emballages plastiques,
notamment à usage unique.
En complément de l?accompagnement financier lié à la stratégie ? 3R
(mentionnées à la mesure 3.1.3), le plan de relance a permis
d?accompagner les producteurs grâce à un soutien à l?écoconception
pour les PME à hauteur de 25,5 M¤ sur 2021-2022.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de projets soutenus
- Montants des soutiens financiers
41
Acteurs : secteurs de la réutilisation et du réemploi, fabricants
d?emballages, metteurs sur le marché
4.2 Limiter les impacts environnementaux associés à la production et la
consommation de produits contenant des matières plastiques
4.2.1 Interdire progressivement les microplastiques ajoutés dans les
produits
Les microplastiques sont des particules solides de matière plastique,
composées de mélanges de polymères et d?additifs fonctionnels. Ils sont
aujourd?hui ajoutés à des produits (détergents, produits phytosanitaires,
engrais, peintures, etc.) dans un but spécifique.
La loi anti-gaspillage prévoit la fin de la mise sur le marché de toute
substance à l?état de microplastique, telle quelle ou en mélange, présente
de manière intentionnelle en concentration égale ou supérieure à 0,01 %,
considérée comme le rapport entre la masse de microplastiques et la
masse totale de l?échantillon de matière considéré contenant ces
microplastiques. Les microplastiques naturels qui n?ont pas été modifiés
chimiquement ou biodégradables ne sont pas concernés. L?interdiction
en vigueur pour les microplastiques ajoutés dans certains produits
cosmétiques sera étendue progressivement à d?autres produits :
dispositifs médicaux à partir de 2024, d?autres produits cosmétiques à
partir de 2026, et au plus tard janvier 2027 pour les produits détergents,
d?entretien autre produits visées par la proposition de restriction du 22
août 2019 de l?Agence européenne des produits chimiques.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?engagements volontaires pris par les professionnels du
secteur ou nombre de catégorie de produits pour lesquels des
engagements volontaires ont été pris
Source : article 82 loi anti-gaspillage
Acteurs : producteurs
42
4.2.2 Prévenir les pertes de granulés dans l?environnement au stade de la
production, manipulation et transport
Cette mesure vise l?installation d?équipements et la mise en oeuvre de
procédures pour prévenir les pertes de granulés industriels. La loi anti-
gaspillage prévoit qu?à partir du 1er janvier 2022, les nouveaux sites de
production, de manipulation et de transport de granulés de plastiques
industriels sont dotés d?équipements et de procédures permettant de
prévenir les pertes et les fuites de granulés dans l?environnement. Elle est
applicable à compter du 1er janvier 2023 pour les sites dont l?exploitation
a démarré avant le 1er janvier 2021.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?installations équipées de dispositifs de prévention
Source : article 83 loi anti-gaspillage
Acteurs : entreprises
4.2.3 Prévenir les pertes de microfibres en plastique issues du nettoyage
des textiles
Dès le 1er janvier 2023, les metteurs sur le marché de produits de textiles
auront l?obligation de communiquer au consommateur la présence de
microfibres plastiques susceptibles d?être relarguées lors du lavage des
textiles.
A compter du 1er janvier 2025, les lave-linges neufs vendus en France
seront dotés d'un filtre à microfibres en plastique. Un projet de décret est
en cours d?élaboration et devrait être publié au cours de l?année 2023.
Indicateur de suivi :
- Nombre de lave-linges équipés de filtres vendus en France
Source : articles 13 et 79 loi anti-gaspillage
Acteurs : fabricants
43
4.3 Agir contre le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne alimentaire
4.3.1 Accompagner des opérateurs de la chaîne alimentaire soumis à
l?obligation de réaliser un diagnostic du gaspillage et des actions de
réduction
La loi anti-gaspillage prévoit que les opérateurs agroalimentaires mettent
en place, avant le 1er janvier 2021, une démarche de lutte contre le
gaspillage alimentaire, qui comprend notamment la réalisation d?un
diagnostic (article L. 541-15-3 du code de l'environnement). Par ailleurs,
une ordonnance de la loi EGAlim prévoit cette obligation pour la
restauration collective depuis le 21 octobre 2020.
La réalisation d?un tel diagnostic est également une des exigences pour
l?obtention du label national anti-gaspillage alimentaire (voir 4.3.3).
Dans le but d?accompagner au mieux les acteurs concernés par cette
obligation, des guides spécifiques à la restauration collective et aux
industries agro-alimentaires ont été élaborés par l?ADEME.
Par ailleurs, la plate-forme gouvernementale Ma Cantine permet aux
acteurs de la restauration collective de renseigner leurs données de façon
volontaire. L?utilisation volontaire d?une telle plate-forme pourra être
étudiée dans la perspective d?une duplication à d?autres acteurs de la
chaîne alimentaire pendant la mise en oeuvre du PNPD.
Un travail visant à améliorer la traçabilité et la transparence des
informations relatives au gaspillage alimentaire pourra également être
engagé dans ce cadre.
Indicateur de suivi :
- Mise à disposition de guides méthodologiques auprès des acteurs de
l?industrie agro-alimentaire et la restauration collective visant à les
accompagner dans la réalisation des diagnostics
Source : article 31 loi anti-gaspillage
Acteurs : opérateurs de la chaîne alimentaire, ADEME
44
4.3.2 Favoriser le don de denrées alimentaires et la récupération des
invendus alimentaires
Les commerces de détail de plus de 400 m2, les opérateurs de la
restauration collective (qui servent plus de 3 000 repas par jour), les
industries agro-alimentaires sont tenues de proposer une convention de
don à des associations d?aide alimentaire. Depuis la loi anti-gaspillage de
10 février 2020, les grossistes (dont le chiffre d?affaires est supérieur à 50
millions d?euros) sont également concernés par cette obligation. Il est
désormais prévu que les autres commerces de détail, les commerçants
non sédentaires, les traiteurs et organisateurs de réceptions puissent
conclure des conventions de don dans les mêmes conditions.
Indicateur de suivi :
- Quantité d?invendus alimentaires donnée par les distributeurs aux
associations habilitées pour l'aide alimentaire au niveau national
Source : article 32 loi anti-gaspillage, articles L. 541-15-5 et L. 541-15-6 du
code de l?environnement
Acteurs : opérateurs de la chaîne alimentaire
4.3.3 Déployer un label national anti-gaspillage alimentaire
Cette mesure vise à valoriser les initiatives vertueuses contribuant aux
objectifs nationaux de lutte contre le gaspillage alimentaire. Les
opérateurs de la distribution, de la restauration collective et privée, des
industries agroalimentaires et de la production primaire pourront se voir
décerner le label national ? anti-gaspillage alimentaire . Le référentiel
pour le label distribution sera publié par arrêté conjoint MTECT/MASA en
janvier 2023. Les travaux du référentiel restauration sont prévus en 2023
et ceux du référentiel pour les industries agroalimentaires en 2024.
Suivront les travaux du référentiel production primaire.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?acteurs labélisés par niveau de progression (1, 2 ou 3)
Source : article 33 loi anti-gaspillage, articles L. 541-15-6-1-1 et D. 541-95 à
D. 541-99 du code de l?environnement
Acteurs : opérateurs de la chaîne alimentaires
45
4.3.4 Clarifier les informations sur les dates de consommation des
produits alimentaires en développant l?affichage de la mention
complémentaire clarifiant la H date de durabilité minimale I (DDM)
L?une des sources de gaspillage alimentaire provient d?une mauvaise
compréhension des dates de consommation, notamment de la date de
durabilité minimale. Les fabricants de produits alimentaires disposant
d?une date de durabilité minimale pourront apposer une mention
complémentaire, informant les consommateurs que le produit reste
consommable après cette date, cette mention complémentaire devant
être définie par décret.
Indicateur de suivi :
- Proportion des produits alimentaires présentant une date de durabilité
minimale comportant la mention complémentaire
Source : article 35 loi anti-gaspillage, décret n° 2022-1440 du 17
novembre 2022
Acteurs : entreprises agro-alimentaires
4.4 Agir contre le gaspillage des produits non alimentaires
4.4.1 Interdire l?élimination de produits non alimentaires neufs invendus
Chaque année en France, la destruction des invendus non alimentaires
représente des marchandises dont la valeur se rapprochent de 630
millions d?euros. L?élimination, autrement dit la mise en décharge et
l?incinération, des produits non alimentaires invendus est désormais
interdite depuis le 1er janvier 2022 pour les produits concernés par une
filière REP, pour les produits d?hygiène et de puériculture, pour les
équipements de conservation et de cuisson des aliments, pour les
produits d?éveil et de loisirs ainsi que pour les livres et les fournitures
scolaires. Pour les autres produits, leur élimination sera interdite le 31
décembre 2023. Par conséquent, les entreprises doivent trouver des
solutions de réemploi, de réutilisation ou de recyclage de leurs invendus,
en privilégiant le don aux associations reconnues par l?Etat.
Indicateurs de suivi :
- Quantités de produits invendus dont la destruction a été évitée
46
- Nombre de conventions de don élaborées
Source : articles 35 et 39 loi anti-gaspillage
Acteurs : Observatoire du réemploi, producteurs, importateurs
et distributeurs de produits non alimentaires neufs, acteurs de la filière
4.4.2 Interdire la distribution d?échantillons gratuits dans le cadre de
démarches commerciales, sauf demande des consommateurs
La loi prévoit qu?il est interdit de fournir à un consommateur, sans
demande de sa part, un échantillon de produit dans le cadre d?une
démarche commerciale depuis le 1er juillet 2022.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?infractions constatées
Source : article 22 loi climat & résilience
Acteurs : entreprises
4.4.3 Réduire les imprimés publicitaires non sollicités
Le dispositif ? Stop pub est un outil pour manifester son souhait de ne
pas recevoir les imprimés publicitaires non adressés, qui a été développé
en 2004 dans le cadre du premier Plan national de prévention des déchets
via la création d?un autocollant à destination des particuliers. Le taux
d?équipement des boîtes aux lettres a augmenté progressivement avec
environ 17% des boites à lettres équipées en 2020. L?enquête utilisateurs
menée en 2021 par l?ADEME estime que le taux d?apposition potentiel du
Stop pub pourrait atteindre environ 30 % des boites aux lettres à l?échelle
nationale.
Pour réaffirmer les engagements en faveur de la lutte contre la production
de déchets d?imprimés, un plan d?actions volontaires des professionnels
du secteur des imprimés, la grande distribution, les collectivités
territoriales et les associations a été mis en place en janvier 2021. La loi
anti-gaspillage a également introduit une nouvelle sanction relative au
non-respect du Stop pub depuis le 1er janvier 2021.
En parallèle, une expérimentation d?un dispositif interdisant la
distribution d'imprimés publicitaires non adressés en l'absence d'une
47
mention expresse et visible sur la boîte aux lettres ou le réceptacle du
courrier (? Oui pub ), est mise en oeuvre dans 14 collectivités territoriales
pendant la période 2022-2025. L?expérimentation comporte deux
phases : une information des habitants, annonceurs et distributeurs avec
mise à disposition auprès des habitants d?un dispositif de marquage des
boîtes aux lettres, puis une interdiction de la distribution à domicile
d'imprimés publicitaires non adressés, lorsque l'autorisation de les
recevoir ne fait pas l'objet d'une mention expresse et visible sur la boîte
aux lettres. Pour mesurer l?ampleur des impacts socio-économiques de
l?inversion du principe du Stop pub, l'Inspection générale de
l'environnement et du développement durable (IGEDD) a prévu de mener
des entretiens sur chaque territoire participant à l?expérimentation. Un
rapport d?évaluation sera remis au Parlement mi-2024.
Indicateurs de suivi :
- Population couverte par le Stop pub
- Taux d?apposition du Stop pub
- Nombre de sanctions appliquées pour non-respect du Stop pub
- Population couverte par le Oui pub
- Taux d?apposition du Oui pub dans les collectivités territoriales qui
participent à l?expérimentation
Source : article 46 loi anti-gaspillage, article 21 loi
climat et résilience
Acteurs : Ademe, L'Inspection générale de l'environnement et du
développement durable (IGEDD), entreprises, distributeurs d?imprimés
publicitaires
4.4.4 Sensibiliser le grand public et les scolaires à la prévention des
déchets, y compris des dépôts sauvages
Sensibiliser à la réduction des déchets, au réemploi des produits et
matériaux, ainsi qu'au geste de tri, est un levier important pour changer
durablement les comportements. Ces enjeux sont à ce titre intégrés aux
programmes scolaires d'éducation à l'environnement et au
développement durable (article L. 312-19 du code de l?éducation) qui
débutent dès l?école primaire.
48
Dans le cadre des filières REP, les éco-organismes ont en outre l?obligation
de consacrer une part de leur budget à des actions de communication et
de sensibilisation dédiées à la prévention des déchets auprès du grand
public (mais aussi auprès de leurs adhérents).
L?Etat, outre les campagnes de communication qu?il peut mener en
propre sur ces sujets, soutient financièrement des associations,
notamment de protection de l?environnement, pour sensibiliser à la
prévention des déchets, et des dépôts sauvages.
Indicateurs de suivi :
- Nombre de campagnes de communication portées par les associations
environnementales soutenues par l?Etat
- Nombre de campagnes de communication portées par l?Etat
- Nombre de campagnes de communication portées par les éco-
organismes
- Nombre de personnes touchées lors de ces campagnes
Source : article 62 loi anti-gaspillage
Acteurs : Etat, éco-organismes, Ademe
4.5 Poursuivre la gestion de proximité des biodéchets
La réduction des quantités de biodéchets produits entre dans le cadre de
la prévention des déchets, telle qu?elle est définie à l?article L.541-1-1 du
code de l?environnement, qui établit une hiérarchie dans les modes de
traitement des déchets et fait de la prévention la priorité.
La notion de biodéchets telle que définie au même article regroupe les
déchets de cuisine et de table (restes alimentaires), les déchets verts (issus
de l?entretien des parcs et jardin) ainsi que les déchets comparables
provenant des usines de transformation de denrée alimentaire (industrie
agro-alimentaire).
Outre la mise en oeuvre d?actions portant sur le gaspillage alimentaire, la
gestion de proximité des biodéchets permet également de limiter les
quantités de biodéchets collectés en vue de leur traitement.
Conformément à la directive cadre sur les déchets, au plus tard au 1er
49
janvier 2024, l?ensemble des biodéchets devront faire l?objet d?un tri à la
source au moyen, soit d?une valorisation sur place au travers du
compostage de proximité, soit d?une collecte séparée en vue d?une
valorisation dans une unité industrielle de compostage ou de
méthanisation. A noter que des solutions de compostage de proximité et
de collecte séparée peuvent être déployées de manière complémentaire
sur les territoires.
Le compostage de proximité recouvre les différentes échelles suivantes :
? Le compostage domestique : activité de compostage réalisée par
un ménage, en utilisant ses propres biodéchets, sur un terrain dont
il jouit.
? Le compostage partagé : activité de compostage réalisée à l?échelle
d'une copropriété, d?un quartier, hameau ou village, pour
composter les biodéchets des administrés (ménages ou non), sur
site ;
? Le compostage autonome en établissement : activité de
compostage réalisée par une personne morale qui traite ses
biodéchets sur leur lieu de production, avec apport (extérieur ou
non) de déchets verts utilisés comme structurant.
4.5.1 Développer le compostage de proximité des biodéchets
La pratique du compostage de proximité est de manière générale
complexe à recenser car l?action des collectivités s?ajoute aux initiatives
individuelles. Il convient notamment de distinguer le nombre d?habitants
concernés par des actions menées par les collectivités ayant répondu à
l?enquête ? collecte 2019 (3,6 millions) de l?ADEME et le nombre
d?habitants déclarant pratiquer un compostage de proximité de leurs
biodéchets (22,7 millions ou 34 % selon le sondage ? grand public de
l?ADEME).
En termes de gisement, l?ADEME estime que les quantités de biodéchets
produits par les ménages représentent près de 15,8 Mt/an, dont 5,1 Mt/an
sont gérée à domicile (paillage, compostage) essentiellement des déchets
verts. Les biodéchets représentent encore un tiers des ordures ménagères
résiduelles (83 kg/hab/an), soit un gisement total de près de 5,4 millions
de tonnes par an.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?habitants ayant accès à une solution de gestion de proximité
des biodéchets
50
Acteurs : collectivités territoriales
4.5.2 Accompagner les actions des collectivités en faveur de la gestion
des biodéchets
Sur la période 2021-2022, plus de 100 M¤ ont été dédiés à la thématique
des biodéchets dans le cadre du plan de relance, ce qui a permis de
soutenir plus de 400 collectivités dans la mise en place du tri à la source
des biodéchets. Dans la continuité de ces actions, des soutiens
supplémentaires pourront en 2023 être mobilisés dans le cadre du fonds
d?accélération de la transition écologique dans les territoires (dit ? fonds
vert ) que le gouvernement met en place pour accompagner les
collectivités locales dans leur transition écologique, ainsi que dans le
cadre du fonds économie circulaire de l?ADEME.
Sont notamment éligibles les actions contribuant, dans le cadre d?une
stratégie territoriale intégrée, à la gestion de proximité des biodéchets :
? Les investissements pour l?achat et la mise en oeuvre
d?équipements nécessaires à la gestion de proximité des
biodéchets des ménages ;
? Les aides au changement de comportement (accompagnement,
formation, sensibilisation) associées à des investissements de
gestion de proximité.
Indicateur de suivi :
- Nombre de collectivités territoriales accompagnées dans le cadre de
projets de gestion de proximité des biodéchets
- Montant total des soutiens versés aux collectivités territoriales dans ce
cadre
Acteurs : Ademe, Etat
51
Axe 5 Engager les acteurs publics dans des démarches de prévention des
déchets
Cet axe vise à mobiliser les leviers d?action des collectivités territoriales et
de l?État en matière de prévention des déchets, s?agissant des politiques
territoriales d?économie circulaire et de planification de la prévention /
gestion des déchets en s?appuyant sur la commande publique
écoresponsable.
5.1 Mobiliser les leviers d?action des collectivités territoriales
5.1.1 Accompagner les politiques territoriales en faveur de la prévention
des déchets avec le label H économie circulaire I
L'ADEME propose un programme d?accompagnement et de
reconnaissance des politiques territoriales en faveur d?une économie
circulaire pour les collectivités. Les territoires engagés dans l?économie
circulaire peuvent candidater depuis le printemps 2020 à la labellisation
Économie circulaire. La réduction, la collecte et la valorisation des
déchets constituent un axe majeur d?actions. Un site internet dédié à cet
engagement a été mis en place par l?ADEME.
Indicateur de suivi :
- Nombre de collectivités territoriales accompagnées / labellisées
Acteurs : Ademe, collectivités territoriales
5.1.2 Favoriser le retour et l?échange d?expériences entre régions sur le
volet prévention des Programmes régionaux de prévention et de gestion
des déchets
Le cadre du comité national d?observation de l?économie circulaire, qui a
été lancé en juillet 2022, poursuivit notamment une stratégie commune
pour l?établissement d?indicateurs communs et le partage de données
fiables et cohérentes en matière de prévention et de gestion des déchets.
Ce comité rassemble des représentants des collectivités territoriales, des
filières REP, l?ADEME, et les organisations professionnelles s?intéressant
aux déchets.
En outre, les contrats de plan État-Région (CPER) contribuent également
à la mise en oeuvre de l?économie circulaire dans les régions et participent
ainsi aux objectifs de prévention des déchets. Les CPER sont des cadres
52
partenariaux identifiant les moyens financiers mis en oeuvre par les
différents partenaires (État, Ademe, Agences de l?eau, Régions,
Départements?) autour d?un projet de développement du territoire,
également traduit dans le STRADDET. L?État et l?Association des Régions
de France ont convenu, parmi les priorités thématiques, de s?engager à
soutenir une politique d?investissement volontaire ? en faveur de
l?économie circulaire [?] par la structuration d?une filière du réemploi, de
la réparation et du recyclage [?] . Les contributions de l?Etat sont réalisés
via le fonds économie circulaire (significativement abondé par le Plan de
Relance) pour la période actuelle des CPER 2021-2027. Un bilan financier
des crédits engagés (marchés/commandes signées) et consommés
(prestations réalisées et payées) sera réalisé à mi-parcours et lors du bilan
final pour toutes les thématiques.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?indicateurs communs relatifs à la prévention des déchets
dans les Régions
Acteurs : services régionaux en charge de la prévention
et gestion des déchets
5.1.3 Accompagner les collectivités territoriales qui souhaitent
développer la tarification incitative
La tarification incitative du service public de gestion des déchets consiste
à facturer celui-ci aux usagers en fonction de la quantité de déchets qu?ils
produisent ou de leur usage de service. Selon l?ADEME, la mise en place
de la tarification incitative permet de réduire de 41 % la quantité
d?ordures ménagères résiduelles, d?augmenter de 30 % la collecte des
emballages et papiers, et de réduire de 8 % la quantité de déchets
ménagers et assimilés.
Indicateur de suivi :
- Proportion de la population couverte par une tarification incitative
Source : feuille de route économie circulaire
Acteurs : Ademe, collectivités territoriales
53
5.2 Mobiliser les leviers d?action de l?État sur la prévention des déchets
La prévention des déchets est un des principaux volets des mesures d?éco-
responsabilité des administrations, des services de l?État et des
collectivités territoriales. Suite au dispositif ? Etat exemplaire , une
nouvelle dynamique a été initiée en 2020 avec le plan Services publics
écoresponsables, qui contient 20 engagements de l'État reposant sur 6
thématiques, dont deux se rattachent à la prévention des déchets : ?
achats plus responsables avec un accent sur la réduction de
consommation du plastique à usage unique et utilisation de papier de
bureautique durable, et ? économie circulaire et numérique responsable ,
qui comprend de nouvelles possibilités de don de matériels et de
consommables de même que l?achat de produits de seconde main.
5.2.1 Prendre en compte les enjeux de l'économie circulaire dans la
commande publique des services de l?Etat, des collectivités territoriales
et leurs groupements, notamment à travers l?achat de matériels et de
consommables issus du réemploi
La loi anti-gaspillage prévoit qu?à compter du 1er janvier 2021, les biens
acquis annuellement par les services de l?Etat ainsi que par les collectivités
territoriales et leurs groupements soient issus du réemploi ou de la
réutilisation ou intègrent des matières recyclées dans des proportions
allant de 20 % à 100 % selon le type de produit.
Le décret n°2021-254 de 9 mars 2021 prévoit une liste et les proportions
minimales des produits ou catégories de produits acquis par l'Etat et par
les collectivités territoriales et leurs groupements au titre de marchés de
fournitures devant être issus du réemploi ou de la réutilisation ou
intégrant des matières recyclées. Quand la catégorie de produit le
permet, la priorité est donnée au réemploi et à la réutilisation. Sont exclus
de l?obligation les achats de travaux ainsi que les achats de services.
Toutes les dépenses doivent être comptabilisées à partir de 2022.
La majorité des catégories de produits sont concernés par une exigence
de 20% de fournitures issues de réemploi ou de la réutilisation sont, par
exemple, les vêtements, le matériel informatique, les téléphones
portables et fixes, les photocopieurs et cartouches, les bicyclettes, les
meubles, les appareils ménagers et les bâtiments préfabriqués. Se
rajoutent à ces produits deux catégories (sacs d?emballage et vaisselle)
dont l?obligation de réemploi et de réutilisation est fixée à 10%, et deux
autres catégories (jouets et mobilier urbain) pour lesquelles cette
obligation est de 5%. Le dispositif sera évalué d?ici fin 2022, et un travail
d?assemblage de données sur les pratiques réelles de terrain est
actuellement effectué par les ministères concernés. Ce dispositif pourrait
54
être élargi lors des prochaines années à l?ensemble des acheteurs publics,
en y incluant les établissements publics.
Concernant les achats durables des matériels informatiques, la loi
REEN prévoit que dès le 1er janvier 2023 les collectivités
territoriales pourront privilégier l?achat de produits numériques
présentant un bon indice de réparabilité et de durabilité. Un guide à
destination des acheteurs publics pour faciliter l?acquisition de tels
matériels a été publié en décembre 2022.
Indicateurs de suivi :
- Part de biens acquis annuellement par les services de l?Etat et les
collectivités territoriales et leurs groupements issus du réemploi ou de la
réutilisation
- Nombre de catégories de produits listées et taux associés
- Nombre de biens achetés par les acheteurs publics sur le site encheres-
domaine.gouv.fr
Source : article 58 loi anti-gaspillage, décret n° 2021-254 du 9 mars 2021,
article 15 loi REEN
Acteurs : services de l?État, collectivités territoriales et leurs
groupements
5.2.2 Mettre fin aux achats d'objets en plastique à usage unique utilisés
sur les lieux de travail et lors d'événements
La loi anti-gaspillage prévoit qu?à compter du 1er janvier 2022, l?Etat
n?achète plus de plastique à usage unique en vue d?une utilisation sur les
lieux de travail et dans les événements qu?il organise. Le décret n° 2022-2
du 4 janvier 2022 encadre les situations permettant de déroger à cette
interdiction (gestion des crises, équipements de protection individuelle,
missions de dépollution ou de décontamination etc.).
Cette disposition a été mise en oeuvre en avance de phase ? depuis juillet
2020 ? par l?Etat, en application de la circulaire du 25 février 2020 portant
engagement de l?Etat pour des services publics écoresponsables (SPE,
mesure 9). Un suivi régulier du déploiement des mesures SPE est publié sur
le site internet du MTECT. Cette circulaire est en cours de révision. En
novembre 2022, il était possible de dresser le bilan suivant :
55
? Bien que freiné par la crise sanitaire, l?arrêt de l?achat de plastique
à usage unique pour leur utilisation sur les lieux de travail et durant
les événements organisés par l?Etat a été déployé à 84 % ;
? En 2021 un marché interministériel de prestations de gestion
déléguée d?événement intégrant l?obligation d?offres alternatives
aux produits en plastique à usage unique a été lancé ;
? Pour accompagner les services de l?Etat dans cette démarche, un
guide ? Recueil de solutions et de bonnes pratiques pour la fin du
plastique à usage unique a été publié début 2022 ;
? Au premier semestre 2023, le formulaire des marchés publics de
l?Etat sur le site ? PLACE (https://www.marches-
publics.gouv.fr/?page=Entreprise.AccueilEntreprise) intégrera un
champ spécifique sur la suppression du plastique à usage unique
pour permettre un suivi plus précis du déploiement de cette
mesure.
Indicateur de suivi :
- Absence de produits en plastique à usage unique dans les achats publics
(sauf dérogations)
Source : article 77 loi anti-gaspillage, engagements de l'État pour les
services publics écoresponsables
Acteurs : services de l?État
5.2.3 Favoriser le don de biens et matériels aux associations
Il existe depuis 2019, dans le cadre du dispositif Services Publics
Écoresponsables, un site spécifique dédié aux dons des objets devenus
inutiles pour les services de l?Etat : dons.encheres-domaine.gouv.fr. Celui-
ci vient utilement compléter la plate-forme encheres-domaine.gouv.fr
dédié à la vente des objets devenus inutiles pour les services de l?Etat.
Les administrations qui possèdent des biens à donner peuvent gérer la
procédure du don par elles-mêmes, suite à un accord préalable de la
Direction nationale d'interventions domaniales (publication de l?offre,
gestion des personnes intéressées, signature d?une convention de don).
Pour augmenter les flux d?objets échangés via ce dispositif, il sera
complété par une fonction de mise en relation les personnes publiques
ayant un stock de biens à donner et les personnes publiques cherchant à
s?approvisionner de ces marchandises.
56
Plus récemment, l'article 178 de la loi 3DS relative à la différenciation, la
décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de
simplification de l?action publique locale du 21 février 2022 a introduit la
possibilité pour les collectivités territoriales de donner leur matériel
informatique réformé à des associations reconnues d?utilité publique ou
à des associations reconnues d?intérêt général dont l?objet statutaire est
d?équiper, de former et d?accompagner des personnes en situation de
précarité. Un décret fixe les prix solidaires des matériels informatiques
les plus courants (ordinateur portable, PC fixe avec un écran, un clavier et
une souris, tablette, smartphone, écran, imprimante individuelle et
appareils multifonctions (impression, scan, copie).
Le don des matériels informatiques par les personnes publiques pourra
être amplifié prochainement grâce aux dispositions de la loi REEN qui
prévoit que les matériels informatiques fonctionnels de moins de 10 ans
des personnes publiques soient orientés vers le réemploi ou la
réutilisation.
Indicateur de suivi :
- Nombre de biens à donner publiés sur le site internet dons.encheres-
domaine.gouv.fr par les organismes publics
Source : engagements de l'État pour les services publics
écoresponsables, article 16 loi REEN
Acteurs : services de l?État, ses établissements publics et ses opérateurs
5.2.4 Donner la priorité à l?utilisation des matériaux issus du réemploi
pour les chantiers de construction routiers (de l?Etat et les collectivités) :
60% en masse de l?ensemble des matériaux utilisés pendant l?année issus
du réemploi, de la réutilisation ou de recyclage de déchets
Cette mesure, prévue à l?article 79 de la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte, va induire la construction d'une
chaîne de remontée de données du secteur de la construction routière
permettant de connaître les pratiques existantes et celles à introduire en
faveur de l?économie circulaire.
Indicateur de suivi :
- Part des matériaux issus du réemploi et de la réutilisation
Acteurs : constructeurs routiers, les services de l?Etat
(ATTENTION: OPTION leviers d?action des collectivités territoriales et
de l?État en matière de prévention des déchets, s?agissant des politiques
territoriales d?économie circulaire et de planification de la prévention /
gestion des déchets en s?appuyant sur la commande publique
écoresponsable.
5.1 Mobiliser les leviers d?action des collectivités territoriales
5.1.1 Accompagner les politiques territoriales en faveur de la prévention
des déchets avec le label H économie circulaire I
L'ADEME propose un programme d?accompagnement et de
reconnaissance des politiques territoriales en faveur d?une économie
circulaire pour les collectivités. Les territoires engagés dans l?économie
circulaire peuvent candidater depuis le printemps 2020 à la labellisation
Économie circulaire. La réduction, la collecte et la valorisation des
déchets constituent un axe majeur d?actions. Un site internet dédié à cet
engagement a été mis en place par l?ADEME.
Indicateur de suivi :
- Nombre de collectivités territoriales accompagnées / labellisées
Acteurs : Ademe, collectivités territoriales
5.1.2 Favoriser le retour et l?échange d?expériences entre régions sur le
volet prévention des Programmes régionaux de prévention et de gestion
des déchets
Le cadre du comité national d?observation de l?économie circulaire, qui a
été lancé en juillet 2022, poursuivit notamment une stratégie commune
pour l?établissement d?indicateurs communs et le partage de données
fiables et cohérentes en matière de prévention et de gestion des déchets.
Ce comité rassemble des représentants des collectivités territoriales, des
filières REP, l?ADEME, et les organisations professionnelles s?intéressant
aux déchets.
En outre, les contrats de plan État-Région (CPER) contribuent également
à la mise en oeuvre de l?économie circulaire dans les régions et participent
ainsi aux objectifs de prévention des déchets. Les CPER sont des cadres
52
partenariaux identifiant les moyens financiers mis en oeuvre par les
différents partenaires (État, Ademe, Agences de l?eau, Régions,
Départements?) autour d?un projet de développement du territoire,
également traduit dans le STRADDET. L?État et l?Association des Régions
de France ont convenu, parmi les priorités thématiques, de s?engager à
soutenir une politique d?investissement volontaire ? en faveur de
l?économie circulaire [?] par la structuration d?une filière du réemploi, de
la réparation et du recyclage [?] . Les contributions de l?Etat sont réalisés
via le fonds économie circulaire (significativement abondé par le Plan de
Relance) pour la période actuelle des CPER 2021-2027. Un bilan financier
des crédits engagés (marchés/commandes signées) et consommés
(prestations réalisées et payées) sera réalisé à mi-parcours et lors du bilan
final pour toutes les thématiques.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?indicateurs communs relatifs à la prévention des déchets
dans les Régions
Acteurs : services régionaux en charge de la prévention
et gestion des déchets
5.1.3 Accompagner les collectivités territoriales qui souhaitent
développer la tarification incitative
La tarification incitative du service public de gestion des déchets consiste
à facturer celui-ci aux usagers en fonction de la quantité de déchets qu?ils
produisent ou de leur usage de service. Selon l?ADEME, la mise en place
de la tarification incitative permet de réduire de 41 % la quantité
d?ordures ménagères résiduelles, d?augmenter de 30 % la collecte des
emballages et papiers, et de réduire de 8 % la quantité de déchets
ménagers et assimilés.
Indicateur de suivi :
- Proportion de la population couverte par une tarification incitative
Source : feuille de route économie circulaire
Acteurs : Ademe, collectivités territoriales
53
5.2 Mobiliser les leviers d?action de l?État sur la prévention des déchets
La prévention des déchets est un des principaux volets des mesures d?éco-
responsabilité des administrations, des services de l?État et des
collectivités territoriales. Suite au dispositif ? Etat exemplaire , une
nouvelle dynamique a été initiée en 2020 avec le plan Services publics
écoresponsables, qui contient 20 engagements de l'État reposant sur 6
thématiques, dont deux se rattachent à la prévention des déchets : ?
achats plus responsables avec un accent sur la réduction de
consommation du plastique à usage unique et utilisation de papier de
bureautique durable, et ? économie circulaire et numérique responsable ,
qui comprend de nouvelles possibilités de don de matériels et de
consommables de même que l?achat de produits de seconde main.
5.2.1 Prendre en compte les enjeux de l'économie circulaire dans la
commande publique des services de l?Etat, des collectivités territoriales
et leurs groupements, notamment à travers l?achat de matériels et de
consommables issus du réemploi
La loi anti-gaspillage prévoit qu?à compter du 1er janvier 2021, les biens
acquis annuellement par les services de l?Etat ainsi que par les collectivités
territoriales et leurs groupements soient issus du réemploi ou de la
réutilisation ou intègrent des matières recyclées dans des proportions
allant de 20 % à 100 % selon le type de produit.
Le décret n°2021-254 de 9 mars 2021 prévoit une liste et les proportions
minimales des produits ou catégories de produits acquis par l'Etat et par
les collectivités territoriales et leurs groupements au titre de marchés de
fournitures devant être issus du réemploi ou de la réutilisation ou
intégrant des matières recyclées. Quand la catégorie de produit le
permet, la priorité est donnée au réemploi et à la réutilisation. Sont exclus
de l?obligation les achats de travaux ainsi que les achats de services.
Toutes les dépenses doivent être comptabilisées à partir de 2022.
La majorité des catégories de produits sont concernés par une exigence
de 20% de fournitures issues de réemploi ou de la réutilisation sont, par
exemple, les vêtements, le matériel informatique, les téléphones
portables et fixes, les photocopieurs et cartouches, les bicyclettes, les
meubles, les appareils ménagers et les bâtiments préfabriqués. Se
rajoutent à ces produits deux catégories (sacs d?emballage et vaisselle)
dont l?obligation de réemploi et de réutilisation est fixée à 10%, et deux
autres catégories (jouets et mobilier urbain) pour lesquelles cette
obligation est de 5%. Le dispositif sera évalué d?ici fin 2022, et un travail
d?assemblage de données sur les pratiques réelles de terrain est
actuellement effectué par les ministères concernés. Ce dispositif pourrait
54
être élargi lors des prochaines années à l?ensemble des acheteurs publics,
en y incluant les établissements publics.
Concernant les achats durables des matériels informatiques, la loi
REEN prévoit que dès le 1er janvier 2023 les collectivités
territoriales pourront privilégier l?achat de produits numériques
présentant un bon indice de réparabilité et de durabilité. Un guide à
destination des acheteurs publics pour faciliter l?acquisition de tels
matériels a été publié en décembre 2022.
Indicateurs de suivi :
- Part de biens acquis annuellement par les services de l?Etat et les
collectivités territoriales et leurs groupements issus du réemploi ou de la
réutilisation
- Nombre de catégories de produits listées et taux associés
- Nombre de biens achetés par les acheteurs publics sur le site encheres-
domaine.gouv.fr
Source : article 58 loi anti-gaspillage, décret n° 2021-254 du 9 mars 2021,
article 15 loi REEN
Acteurs : services de l?État, collectivités territoriales et leurs
groupements
5.2.2 Mettre fin aux achats d'objets en plastique à usage unique utilisés
sur les lieux de travail et lors d'événements
La loi anti-gaspillage prévoit qu?à compter du 1er janvier 2022, l?Etat
n?achète plus de plastique à usage unique en vue d?une utilisation sur les
lieux de travail et dans les événements qu?il organise. Le décret n° 2022-2
du 4 janvier 2022 encadre les situations permettant de déroger à cette
interdiction (gestion des crises, équipements de protection individuelle,
missions de dépollution ou de décontamination etc.).
Cette disposition a été mise en oeuvre en avance de phase ? depuis juillet
2020 ? par l?Etat, en application de la circulaire du 25 février 2020 portant
engagement de l?Etat pour des services publics écoresponsables (SPE,
mesure 9). Un suivi régulier du déploiement des mesures SPE est publié sur
le site internet du MTECT. Cette circulaire est en cours de révision. En
novembre 2022, il était possible de dresser le bilan suivant :
55
? Bien que freiné par la crise sanitaire, l?arrêt de l?achat de plastique
à usage unique pour leur utilisation sur les lieux de travail et durant
les événements organisés par l?Etat a été déployé à 84 % ;
? En 2021 un marché interministériel de prestations de gestion
déléguée d?événement intégrant l?obligation d?offres alternatives
aux produits en plastique à usage unique a été lancé ;
? Pour accompagner les services de l?Etat dans cette démarche, un
guide ? Recueil de solutions et de bonnes pratiques pour la fin du
plastique à usage unique a été publié début 2022 ;
? Au premier semestre 2023, le formulaire des marchés publics de
l?Etat sur le site ? PLACE (https://www.marches-
publics.gouv.fr/?page=Entreprise.AccueilEntreprise) intégrera un
champ spécifique sur la suppression du plastique à usage unique
pour permettre un suivi plus précis du déploiement de cette
mesure.
Indicateur de suivi :
- Absence de produits en plastique à usage unique dans les achats publics
(sauf dérogations)
Source : article 77 loi anti-gaspillage, engagements de l'État pour les
services publics écoresponsables
Acteurs : services de l?État
5.2.3 Favoriser le don de biens et matériels aux associations
Il existe depuis 2019, dans le cadre du dispositif Services Publics
Écoresponsables, un site spécifique dédié aux dons des objets devenus
inutiles pour les services de l?Etat : dons.encheres-domaine.gouv.fr. Celui-
ci vient utilement compléter la plate-forme encheres-domaine.gouv.fr
dédié à la vente des objets devenus inutiles pour les services de l?Etat.
Les administrations qui possèdent des biens à donner peuvent gérer la
procédure du don par elles-mêmes, suite à un accord préalable de la
Direction nationale d'interventions domaniales (publication de l?offre,
gestion des personnes intéressées, signature d?une convention de don).
Pour augmenter les flux d?objets échangés via ce dispositif, il sera
complété par une fonction de mise en relation les personnes publiques
ayant un stock de biens à donner et les personnes publiques cherchant à
s?approvisionner de ces marchandises.
56
Plus récemment, l'article 178 de la loi 3DS relative à la différenciation, la
décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de
simplification de l?action publique locale du 21 février 2022 a introduit la
possibilité pour les collectivités territoriales de donner leur matériel
informatique réformé à des associations reconnues d?utilité publique ou
à des associations reconnues d?intérêt général dont l?objet statutaire est
d?équiper, de former et d?accompagner des personnes en situation de
précarité. Un décret fixe les prix solidaires des matériels informatiques
les plus courants (ordinateur portable, PC fixe avec un écran, un clavier et
une souris, tablette, smartphone, écran, imprimante individuelle et
appareils multifonctions (impression, scan, copie).
Le don des matériels informatiques par les personnes publiques pourra
être amplifié prochainement grâce aux dispositions de la loi REEN qui
prévoit que les matériels informatiques fonctionnels de moins de 10 ans
des personnes publiques soient orientés vers le réemploi ou la
réutilisation.
Indicateur de suivi :
- Nombre de biens à donner publiés sur le site internet dons.encheres-
domaine.gouv.fr par les organismes publics
Source : engagements de l'État pour les services publics
écoresponsables, article 16 loi REEN
Acteurs : services de l?État, ses établissements publics et ses opérateurs
5.2.4 Donner la priorité à l?utilisation des matériaux issus du réemploi
pour les chantiers de construction routiers (de l?Etat et les collectivités) :
60% en masse de l?ensemble des matériaux utilisés pendant l?année issus
du réemploi, de la réutilisation ou de recyclage de déchets
Cette mesure, prévue à l?article 79 de la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte, va induire la construction d'une
chaîne de remontée de données du secteur de la construction routière
permettant de connaître les pratiques existantes et celles à introduire en
faveur de l?économie circulaire.
Indicateur de suivi :
- Part des matériaux issus du réemploi et de la réutilisation
Acteurs : constructeurs routiers, les services de l?Etat
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION vention /
gestion des déchets en s?appuyant sur la commande publique
écoresponsable.
5.1 Mobiliser les leviers d?action des collectivités territoriales
5.1.1 Accompagner les politiques territoriales en faveur de la prévention
des déchets avec le label H économie circulaire I
L'ADEME propose un programme d?accompagnement et de
reconnaissance des politiques territoriales en faveur d?une économie
circulaire pour les collectivités. Les territoires engagés dans l?économie
circulaire peuvent candidater depuis le printemps 2020 à la labellisation
Économie circulaire. La réduction, la collecte et la valorisation des
déchets constituent un axe majeur d?actions. Un site internet dédié à cet
engagement a été mis en place par l?ADEME.
Indicateur de suivi :
- Nombre de collectivités territoriales accompagnées / labellisées
Acteurs : Ademe, collectivités territoriales
5.1.2 Favoriser le retour et l?échange d?expériences entre régions sur le
volet prévention des Programmes régionaux de prévention et de gestion
des déchets
Le cadre du comité national d?observation de l?économie circulaire, qui a
été lancé en juillet 2022, poursuivit notamment une stratégie commune
pour l?établissement d?indicateurs communs et le partage de données
fiables et cohérentes en matière de prévention et de gestion des déchets.
Ce comité rassemble des représentants des collectivités territoriales, des
filières REP, l?ADEME, et les organisations professionnelles s?intéressant
aux déchets.
En outre, les contrats de plan État-Région (CPER) contribuent également
à la mise en oeuvre de l?économie circulaire dans les régions et participent
ainsi aux objectifs de prévention des déchets. Les CPER sont des cadres
52
partenariaux identifiant les moyens financiers mis en oeuvre par les
différents partenaires (État, Ademe, Agences de l?eau, Régions,
Départements?) autour d?un projet de développement du territoire,
également traduit dans le STRADDET. L?État et l?Association des Régions
de France ont convenu, parmi les priorités thématiques, de s?engager à
soutenir une politique d?investissement volontaire ? en faveur de
l?économie circulaire [?] par la structuration d?une filière du réemploi, de
la réparation et du recyclage [?] . Les contributions de l?Etat sont réalisés
via le fonds économie circulaire (significativement abondé par le Plan de
Relance) pour la période actuelle des CPER 2021-2027. Un bilan financier
des crédits engagés (marchés/commandes signées) et consommés
(prestations réalisées et payées) sera réalisé à mi-parcours et lors du bilan
final pour toutes les thématiques.
Indicateur de suivi :
- Nombre d?indicateurs communs relatifs à la prévention des déchets
dans les Régions
Acteurs : services régionaux en charge de la prévention
et gestion des déchets
5.1.3 Accompagner les collectivités territoriales qui souhaitent
développer la tarification incitative
La tarification incitative du service public de gestion des déchets consiste
à facturer celui-ci aux usagers en fonction de la quantité de déchets qu?ils
produisent ou de leur usage de service. Selon l?ADEME, la mise en place
de la tarification incitative permet de réduire de 41 % la quantité
d?ordures ménagères résiduelles, d?augmenter de 30 % la collecte des
emballages et papiers, et de réduire de 8 % la quantité de déchets
ménagers et assimilés.
Indicateur de suivi :
- Proportion de la population couverte par une tarification incitative
Source : feuille de route économie circulaire
Acteurs : Ademe, collectivités territoriales
53
5.2 Mobiliser les leviers d?action de l?État sur la prévention des déchets
La prévention des déchets est un des principaux volets des mesures d?éco-
responsabilité des administrations, des services de l?État et des
collectivités territoriales. Suite au dispositif ? Etat exemplaire , une
nouvelle dynamique a été initiée en 2020 avec le plan Services publics
écoresponsables, qui contient 20 engagements de l'État reposant sur 6
thématiques, dont deux se rattachent à la prévention des déchets : ?
achats plus responsables avec un accent sur la réduction de
consommation du plastique à usage unique et utilisation de papier de
bureautique durable, et ? économie circulaire et numérique responsable ,
qui comprend de nouvelles possibilités de don de matériels et de
consommables de même que l?achat de produits de seconde main.
5.2.1 Prendre en compte les enjeux de l'économie circulaire dans la
commande publique des services de l?Etat, des collectivités territoriales
et leurs groupements, notamment à travers l?achat de matériels et de
consommables issus du réemploi
La loi anti-gaspillage prévoit qu?à compter du 1er janvier 2021, les biens
acquis annuellement par les services de l?Etat ainsi que par les collectivités
territoriales et leurs groupements soient issus du réemploi ou de la
réutilisation ou intègrent des matières recyclées dans des proportions
allant de 20 % à 100 % selon le type de produit.
Le décret n°2021-254 de 9 mars 2021 prévoit une liste et les proportions
minimales des produits ou catégories de produits acquis par l'Etat et par
les collectivités territoriales et leurs groupements au titre de marchés de
fournitures devant être issus du réemploi ou de la réutilisation ou
intégrant des matières recyclées. Quand la catégorie de produit le
permet, la priorité est donnée au réemploi et à la réutilisation. Sont exclus
de l?obligation les achats de travaux ainsi que les achats de services.
Toutes les dépenses doivent être comptabilisées à partir de 2022.
La majorité des catégories de produits sont concernés par une exigence
de 20% de fournitures issues de réemploi ou de la réutilisation sont, par
exemple, les vêtements, le matériel informatique, les téléphones
portables et fixes, les photocopieurs et cartouches, les bicyclettes, les
meubles, les appareils ménagers et les bâtiments préfabriqués. Se
rajoutent à ces produits deux catégories (sacs d?emballage et vaisselle)
dont l?obligation de réemploi et de réutilisation est fixée à 10%, et deux
autres catégories (jouets et mobilier urbain) pour lesquelles cette
obligation est de 5%. Le dispositif sera évalué d?ici fin 2022, et un travail
d?assemblage de données sur les pratiques réelles de terrain est
actuellement effectué par les ministères concernés. Ce dispositif pourrait
54
être élargi lors des prochaines années à l?ensemble des acheteurs publics,
en y incluant les établissements publics.
Concernant les achats durables des matériels informatiques, la loi
REEN prévoit que dès le 1er janvier 2023 les collectivités
territoriales pourront privilégier l?achat de produits numériques
présentant un bon indice de réparabilité et de durabilité. Un guide à
destination des acheteurs publics pour faciliter l?acquisition de tels
matériels a été publié en décembre 2022.
Indicateurs de suivi :
- Part de biens acquis annuellement par les services de l?Etat et les
collectivités territoriales et leurs groupements issus du réemploi ou de la
réutilisation
- Nombre de catégories de produits listées et taux associés
- Nombre de biens achetés par les acheteurs publics sur le site encheres-
domaine.gouv.fr
Source : article 58 loi anti-gaspillage, décret n° 2021-254 du 9 mars 2021,
article 15 loi REEN
Acteurs : services de l?État, collectivités territoriales et leurs
groupements
5.2.2 Mettre fin aux achats d'objets en plastique à usage unique utilisés
sur les lieux de travail et lors d'événements
La loi anti-gaspillage prévoit qu?à compter du 1er janvier 2022, l?Etat
n?achète plus de plastique à usage unique en vue d?une utilisation sur les
lieux de travail et dans les événements qu?il organise. Le décret n° 2022-2
du 4 janvier 2022 encadre les situations permettant de déroger à cette
interdiction (gestion des crises, équipements de protection individuelle,
missions de dépollution ou de décontamination etc.).
Cette disposition a été mise en oeuvre en avance de phase ? depuis juillet
2020 ? par l?Etat, en application de la circulaire du 25 février 2020 portant
engagement de l?Etat pour des services publics écoresponsables (SPE,
mesure 9). Un suivi régulier du déploiement des mesures SPE est publié sur
le site internet du MTECT. Cette circulaire est en cours de révision. En
novembre 2022, il était possible de dresser le bilan suivant :
55
? Bien que freiné par la crise sanitaire, l?arrêt de l?achat de plastique
à usage unique pour leur utilisation sur les lieux de travail et durant
les événements organisés par l?Etat a été déployé à 84 % ;
? En 2021 un marché interministériel de prestations de gestion
déléguée d?événement intégrant l?obligation d?offres alternatives
aux produits en plastique à usage unique a été lancé ;
? Pour accompagner les services de l?Etat dans cette démarche, un
guide ? Recueil de solutions et de bonnes pratiques pour la fin du
plastique à usage unique a été publié début 2022 ;
? Au premier semestre 2023, le formulaire des marchés publics de
l?Etat sur le site ? PLACE (https://www.marches-
publics.gouv.fr/?page=Entreprise.AccueilEntreprise) intégrera un
champ spécifique sur la suppression du plastique à usage unique
pour permettre un suivi plus précis du déploiement de cette
mesure.
Indicateur de suivi :
- Absence de produits en plastique à usage unique dans les achats publics
(sauf dérogations)
Source : article 77 loi anti-gaspillage, engagements de l'État pour les
services publics écoresponsables
Acteurs : services de l?État
5.2.3 Favoriser le don de biens et matériels aux associations
Il existe depuis 2019, dans le cadre du dispositif Services Publics
Écoresponsables, un site spécifique dédié aux dons des objets devenus
inutiles pour les services de l?Etat : dons.encheres-domaine.gouv.fr. Celui-
ci vient utilement compléter la plate-forme encheres-domaine.gouv.fr
dédié à la vente des objets devenus inutiles pour les services de l?Etat.
Les administrations qui possèdent des biens à donner peuvent gérer la
procédure du don par elles-mêmes, suite à un accord préalable de la
Direction nationale d'interventions domaniales (publication de l?offre,
gestion des personnes intéressées, signature d?une convention de don).
Pour augmenter les flux d?objets échangés via ce dispositif, il sera
complété par une fonction de mise en relation les personnes publiques
ayant un stock de biens à donner et les personnes publiques cherchant à
s?approvisionner de ces marchandises.
56
Plus récemment, l'article 178 de la loi 3DS relative à la différenciation, la
décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de
simplification de l?action publique locale du 21 février 2022 a introduit la
possibilité pour les collectivités territoriales de donner leur matériel
informatique réformé à des associations reconnues d?utilité publique ou
à des associations reconnues d?intérêt général dont l?objet statutaire est
d?équiper, de former et d?accompagner des personnes en situation de
précarité. Un décret fixe les prix solidaires des matériels informatiques
les plus courants (ordinateur portable, PC fixe avec un écran, un clavier et
une souris, tablette, smartphone, écran, imprimante individuelle et
appareils multifonctions (impression, scan, copie).
Le don des matériels informatiques par les personnes publiques pourra
être amplifié prochainement grâce aux dispositions de la loi REEN qui
prévoit que les matériels informatiques fonctionnels de moins de 10 ans
des personnes publiques soient orientés vers le réemploi ou la
réutilisation.
Indicateur de suivi :
- Nombre de biens à donner publiés sur le site internet dons.encheres-
domaine.gouv.fr par les organismes publics
Source : engagements de l'État pour les services publics
écoresponsables, article 16 loi REEN
Acteurs : services de l?État, ses établissements publics et ses opérateurs
5.2.4 Donner la priorité à l?utilisation des matériaux issus du réemploi
pour les chantiers de construction routiers (de l?Etat et les collectivités) :
60% en masse de l?ensemble des matériaux utilisés pendant l?année issus
du réemploi, de la réutilisation ou de recyclage de déchets
Cette mesure, prévue à l?article 79 de la loi relative à la transition
énergétique pour la croissance verte, va induire la construction d'une
chaîne de remontée de données du secteur de la construction routière
permettant de connaître les pratiques existantes et celles à introduire en
faveur de l?économie circulaire.
Indicateur de suivi :
- Part des matériaux issus du réemploi et de la réutilisation
Acteurs : constructeurs routiers, les services de l?Etat
INVALIDE)