Série de fiches "Boîte à outils de l'intermodalité"
Auteur moral
Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (France)
Auteur secondaire
Résumé
Ce dossier comporte 7 fiches, dont 2 sont à paraître, datées de 2018 à 2020. Elles résument les connaissances et les recommandations nécessaires à la mise en place d'une démarche intermodale. Elles s'adressent aux techniciens et élus des Autorités Organisatrices de la Mobilité, aux Régions, ainsi qu'aux services de l'Etat. Fiche n° 01 L'intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d'une politique intermodale de mobilité (à paraître) Fiche n° 03 Coordonner les offres de mobilité pourfaciliter l'intermodalité Fiche n° 04 Des pôles d'échanges au service de l'intermodalité Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l'intermodalité Fiche n° 06 La billettique interopérable au service de l'intermodalité Fiche n° 07 L'information multimodale au service des usagers (à paraître)
Descripteur Urbamet
autorité organisatrice de la mobilité
;infrastructure de transport
;pôle d'échanges multimodal
;tarification
;covoiturage
;politique des transports
;gouvernance
Descripteur écoplanete
Thème
Transports
Texte intégral
Collection | Références
L?intermodalité:
enjeux, gouvernance et leviers
La série de fiches
«Boîte à outils de
l?intermodalité»
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
lamise en oeuvre
d?unepolitique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État
Fiche n° 01 - juin 2018
Boîte à outils de l?intermodalité
Covoiturage, autopartage, modes actifs, services librement organisés? Ces offres de
mobilité complètent aujourd?hui les réseaux publics de transports collectifs urbains et non
urbains. Ce bouquet de mobilité démultiplie les moyens de déplacements pour l?usager.
Cependant, pour proposer à l?usager un service «porte-à -porte», ces offres doivent être
complémentaires entre elles. En visant une meilleure articulation des offres de transports
pour les rendre plus attractives, le développement de l?intermodalité permet de proposer
une alternative pertinente à l?usage de la voiture individuelle. Ainsi, l?intermodalité est
aujourd?hui au coeur des politiques de mobilité.
Cette première fiche de la série «Boîte à outils de l?intermodalité» présente l?état
des lieux des usages, les enjeux, ainsi que les leviers mobilisables pour faciliter
l?intermodalité.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 2/16
Intermodalité et multimodalité
L?intermodalité est un concept qui renvoie Ã
la possibilité pour les personnes ou les marchan-
dises de passer d?un mode de transport à un autre
au cours d?un même déplacement.
Au sens plus opérationnel pour les voyageurs,
l?intermodalité apparaît comme une pratique
demobilité caractérisée par l?utilisation successive
de deux ou plusieurs modes de transports au cours
d?un même déplacement.
Ce concept se distingue de celui de la multimo-
dalité, qui est la possibilité d?utiliser alternative-
ment différents modes de transport pour réaliser
undéplacement.
L?intermodalité: une réponse aux
enjeux du développement durable
Alors que le panorama des pratiques intermo-
dales montre que les déplacements intermodaux
répondent à certains besoins individuels, le dévelop-
pement de politiques intermodales de mobilité
répond plus globalement aux enjeux dudéveloppe-
ment durable.
Z L?enjeu économique
Les sources de financement traditionnellement
mobilisées en France par les acteurs publics pour
soutenir et développer les réseaux de transports
collectifs peinent aujourd?hui à couvrir les dépenses
liées à la mise en place et au fonctionnement de
ces réseaux.
Il devient donc souhaitable d?orienter le modèle
de développement de ces réseaux vers l?optimisa-
tion de l?offre existante et la complémentarité
intermodale. Chacun des systèmes et services de
mobilité est d?autant plus viable qu?il est déployé sur
son domaine de pertinence. La mise en connexion
de l?ensemble des réseaux d?un territoire ainsi que
le développement et la modernisation des outils
favorisant l?intermodalité permettent d?améliorer
sensiblement pour l?usager, les possibilités de se
déplacer.
Par ailleurs, en améliorant les conditions de dépla-
cement (meilleure gestion de la congestion par
la rationalisation de l?usage de la voiture, diver-
sification des offres alternatives à la voiture), une
politique intermodale permet de renforcer la compé-
titivité des territoires et l?attractivité des villes.
Une rupture de charge définit le fait
dechanger de mode. Par définition,
toute rupture de charge allonge
letemps de parcours global et
soninconfort.
Source : Cerema, 2018
1. Définitions et enjeux de l?intermodalité
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 3/16
1. Loi n°82-1153 du 30 décembre 1982 d?orientation des transports intérieurs
2. CERTU, La planification des transports au niveau régional: une lecture des évolutions de ces 25 dernières années, 2004
Z L?enjeu social
La LOTI1 a introduit la notion de droit au transport,
au chapitre 1 du code des transports : « la mise
en oeuvre progressive du droit au transport permet
aux usagers de se déplacer dans des conditions
raisonnables d?accès, de qualité, de prix et de coût
pour la collectivité [...] ». Le code des transports met
également l?accent sur la nécessité de prendre des
mesures particulières pour les publics en difficulté
de mobilité, qu?il s?agisse des personnes à mobilité
réduite ou des «catégories sociales défavorisées».
Enfin, il insiste sur l?importance d?informer correcte-
ment l?usager.
Une meilleure articulation des services de mobilité
offerts à l?usager participe à la mise en oeuvre de
ce droit au transport . L?intermodalité multiplie
en effet les possibilités de desserte du territoire,
notamment pour les captifs des transports collectifs,
et à un coût souvent plus avantageux que celui de la
voiture particulière, pour les non captifs.
Z L?enjeu environnemental
L?intermodalité constitue un enjeu écologique et de
santé publique majeur. En effet, la voiture particu-
lière est, pour le secteur des transports, le principal
émetteur de gaz à effet de serre et de particules
fines.
Or l?automobiliste se reporte vers des modes alter-
natifs à la voiture particulière uniquement s?il existe
des solutions de mobilité réellement concurren-
tielles à cette dernière. Si ces modes alternatifs
nesont pas correctement chaînés, la pénibilité des
correspondances font qu?ils ne sont pas assez attrac-
tifs pour concurrencer l?automobile individuelle.
Ainsi, en chaînant les modes alternatifs, on contri-
bue à réduire le nombre de kilomètres parcourus
en voiture particulière. De ce fait, par la même
occasion, l?espace occupé par la voiture particulière
est rééquilibré, notamment en milieu urbain et les
émissions de gaz à effet de serre et de polluants
locaux sont limitées.
L?enjeu environnemental est identifié par la
puissance publique depuis plus de vingt ans.
Ainsi, la « Stratégie nationale du développement
durable », publiée par le ministère de l?environne-
ment en 1996 Ã l?occasion des Assises nationales
du développement durable, soulignait que « pour
prendre la direction du développement durable,
les techniques ne suffiront pas. Il faut en effet [?]
encourager une réflexion intermodale, organisée et
régulière, sur la demande de transport afin de la
confronter aux différentes offres»2.
Ainsi, le choix de développer une politique inter-
modale contribue au développement d?un bouquet
de services de mobilité et à l?optimisation de l?offre
de transport et de mobilité.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 4/16
3. Ainsi, un déplacement composé d?une «correspondance» entre deux bus est intermodal. En revanche, la marche ne compte pas comme mode
chaînant, c?est-à -dire pris en compte comme mode de déplacement.
4. TCU: Transports collectifs urbains, Source: Enquêtes déplacements Grand Territoire 2014 de l?Hérault
La marche, le maillon manquant
delamesure des pratiques
intermodales
L?analyse des enquêtes ménages déplacements
(EMD) locales et nationales (enquête nationale
transport-déplacements - ENTD) permet d?appré-
hender la part des déplacements intermodaux dans
la mobilité quotidienne des français, en considérant
qu?un déplacement est intermodal lorsqu?il combine
au moins deux modes mécanisés3. Sur la base de
cette définition restrictive, selon l?ENTD, lapart de
déplacements intermodaux parmi les déplacements
courtes distances (moins de 80 km) était de 2,3 %
en moyenne un jour de semaine en 2008 contre
1,7 % en 1994. Les EMD récentes estiment la part
des déplacements intermodaux à 3,6 % de la
mobilité urbaine quotidienne.
Si cette part paraît faible au premier abord, plusieurs
nuances doivent être apportées:
? la part de l?intermodalité dans les déplacements
en France peut atteindre 10 % dans certaines
agglomérations où les réseaux de transports
collectifs sont hiérarchisés et maillés, et favorisent
ainsi l?intermodalité. Ces déplacements intermo-
daux sont majoritairement des déplacements
réalisés en transports collectifs. Par exemple, deux
tiers des déplacements intermodaux des résidents
de Montpellier Méditerranée Métropole sont des
déplacements TCU-TCU4 (exemple : tramway-bus).
Les pratiques du type «vélo + bus» ou «voiture +
TER» ne représentent que de faibles proportions de
l?intermodalité urbaine ;
? la part de l?intermodalité est plus importante
parmi les déplacements longues distances :
les déplacements intermodaux représentent
environ 20 % des déplacements longues
distances, de plus de 80 km ;
? mais surtout la marche est trop souvent
oubliée des réflexions sur la mobilité, bien
qu?elle soit l?un des principaux modes de dépla-
cement en milieu urbain et elle joue un rôle
central dans l?intermodalité. Elle est largement
pratiquée en rabattement vers les réseaux de
transports collectifs et reste indispensable en
connexion entre différents modes mécanisés.
Ainsi, en intégrant la marche, la part de l?inter-
modalité dans la mobilité quotidienne dépasse
souvent 10 %.
C?est ce que montre l?histogramme ci-dessous, sur
la base de 13 enquêtes déplacements réalisées
sur des agglomérations françaises. Les taux des
déplacements intermo-
daux ont été comparés
selon que l?on considère
la marche comme un
mode chaînant ou qu?on
l?exclut de l?analyse de
l?intermodalité.
La marche est ici consi-
dérée comme un mode
chaînant à partir de cinq
minutes de trajet à pied:
ce seuil a été retenu, car
il correspond approxi-
mativement au temps
moyen de marche entre
deux arrêts de transports
en commun «en corres-
pondance».
2. Pratiques des usagers et difficultés rencontrées
Source : Rabaud M., Richer C., Walking: the missing link of intermodality?, 2015
Importance de la prise en compte de la marche dans les pratiques intermodales
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Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 5/16
Des pratiques intermodales en
augmentation dans les grandes
agglomérations.
Hors ÃŽle-de-France, dans les 10 principales agglo-
mérations françaises, le nombre de déplacements
intermodaux a triplé depuis 20 ans (+198 % alors
que, dans le même temps, le volume de déplace-
ments a augmenté de 28 %).
La tendance se poursuit avec des augmentations très
sensibles dans des métropoles où les habitants ont
déjà des pratiques intermodales. Dans l?aggloméra-
tion lyonnaise, on observe ainsi une augmentation de
près de 50 % des déplacements intermodaux entre
2006 et 2016, ce qui porte à plus de 12 % la propor-
tion de déplacements mécanisés intermodaux5.
Cette augmentation est portée par les déplacements
utilisant plusieurs modes de transports collectifs
urbains, l?enjeu aujourd?hui est de favoriser les
autres pratiques intermodales.
Des freins aux pratiques intermodales
De nombreux travaux, en micro-économie et en
sociologie notamment, ont mis en lumière l?inci-
dence négative des correspondances sur la percep-
tion des transports en commun par les usagers.
La rupture de charge influe, par exemple, négati-
vement la durée «perçue» du trajet en transports
collectifs. Ainsi, une analyse réalisée à Bruxelles
suite à une réorganisation du réseau de transports
publics a montré que, sur certains déplacements
auparavant directs et nécessitant désormais une
correspondance, le temps réel a augmenté de
moins de 10% pendant que le temps perçu par les
usagers a augmenté de 40 à 50%6.
On peut également relever que le temps passé Ã
marcher ou à attendre un véhicule est générale-
ment perçu comme deux à cinq fois plus long ou
plus «cher» que le temps passé à bord. Unecorres-
pondance est usuellement associée à une pénalité
de 5 à 15 minutes d?équivalent de temps passé
à bord, en sus du temps objectivement passé Ã
attendre. Un usager préférerait donc un trajet direct
de 40 minutes à un trajet de 30 minutes avec
correspondance7.
Le développement de l?intermodalité peut donc
sembler paradoxal dans le sens où l?on vise Ã
améliorer l?offre de transports et la performance des
réseaux en s?appuyant sur leur mise en connexion,
ce qui implique des «ruptures de charge», a priori
contraignantes pour l?usager.
Évolution de la part de déplacements mécanisés intermodaux
dans les grandes métropoles
Source : Richer, Rabaud, Lannoy, 2014
5. Source: Cerema, L?intégration tarifaire dans les transports - Repères pour la mise en oeuvre (à paraître).
6. Dobruskes F., Hubert M., Laporte F., Veiders C., Réorganisation d?un réseau de transport collectif, ruptures de charge et mobilités éprouvantes :
l?expérience bruxelloise, revue Articulo, 2011
7. Litman T., Valuing Transit Service Quality Improvements, Journal of Public Transportation, 11, 2 : 43-63, 2008
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Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 6/16
Un des enjeux d?une politique intermodale consiste
en conséquence à faciliter l?intermodalité en
s?appuyant sur différents leviers permettant de fluidi-
fier, voire valoriser les correspondances pour l?usager.
L?objectif est de rendre le déplacement, y compris la
rupture de charge, utile et agréable à l?usager.
En outre la pénibilité des conditions d?attente et de
cheminements à pied peut également constituer
une contrainte forte. Elle peut être due à l?absence
de trottoirs, d?espaces d?attente aménagés et
abrités ou à leur encombrement par du mobilier
urbain par exemple.
Les pratiques intermodales sont également pénali-
sées par un manque de lisibilité et de simplicité des
informations et des tarifications: pas d?information
sur les horaires, voire information peu fiable, tarifs
complexes, non intégration des services (informa-
tions voyageurs, billettique, tarification?).
Un espace qui permet une attente
à l?abri du soleil et des intempéries:
gare routière d?Antibes
Source : Cerema
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Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 7/16
Des avancées récentes dans
lacoordination entre autorités
organisatrices
Malgré les solutions qu?elle apporte aux enjeux
du développement durable, l?intermodalité n?a
été que rarement mise en avant par le législa-
teur. Cependant, dans le corpus législatif récent,
la loi Grenelle28 évoque l?intermodalité, en créant
un conseil supérieur des transports terrestres et
de l?intermodalité (art. 251). L?avancée la plus
marquante vient plus récemment de la loi
MAPTAM9, porteuse d?une évolution majeure
pour le développement de l?intermodalité en
désignant un chef de file de l?intermodalité, en
l?occurrence les Régions.
Cette nouvelle organisation vise à fluidifier le
développement de l?intermodalité en renforçant les
liens entre les services de mobilité des différentes
autorités organisatrices et des différents opérateurs.
La désignation d?un coordinateur bénéficiant d?une
vision transversale et globale de son territoire doit
permettre de structurer une gouvernance cohérente
et des actions efficaces.
La Région fixe désormais les grands principes de
l?articulation entre les services de mobilité de son
territoire dans le volet «intermodalité» du Schéma
régional d?aménagement, de développement
durable et d?égalité des territoires (Sraddet) intro-
duit par l?article 10 de la loi NOTRe10.
Z Les évolutions apportées par le Sraddet
En France, il existe des schémas régionaux des
transports (SRT) depuis le milieu des années 1970.
Ces derniers ont constitué le volet transport des
schémas régionaux d?aménagement durable du
territoire (SRADT) puis des schémas régionaux
d?aménagement durable et de développement du
territoire (SRADDT) qui leur ont succédé en 1999
avec la loi «Voynet»11.
Le Sraddet, créé par la loi NOTRe, apporte une
évolution notable: il intègre des schémas régio-
naux préexistants tels que le schéma régional
climat air énergie ou le plan régional de prévention
et de gestion des déchets. L?objectif recherché est
de gagner en lisibilité et en simplicité mais aussi
de créer davantage des liens entre les domaines
couverts par ces schémas.
8. Loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l?environnement.
9. Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l?action publique territoriale et d?affirmation des métropoles.
10. Loi n°2015-991 du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République.
11. Les SRADT ont été créés en 1995 par la LOADT, et les SRADDT en 1999 par la loi n°99-533 du 25 juin 1999 d?orientation pour l?aménagement et le
développement durable du territoire (LOADDT) dite loi «Voynet».
3. La gouvernance de l?intermodalité
Extrait de l?article 3 ? II de la loi MAPTAM
Les attendus du Sraddet en termes de développe-
ment des transports et de l?intermodalité (Article
R.4251-4 du Code Général des Collectivités Terri-
toriales):
« Les objectifs en matière d?intermodalité et de
développement des transports sont déterminés
en particulier au regard des besoins identifiés de
déplacement quotidien entre le domicile et le lieu
de travail. Ils visent :
? l?articulation entre les différents modes de
déplacement, notamment en ce qui concerne
la mise en place de pôles d?échange;
? la cohérence des services de transport public
et de mobilité offerts aux usagers sur le terri-
toire régional ainsi que la cohérence des dispo-
sitions des plans de déplacements urbains
limitrophes, dans le respect des compétences
de chacune des autorités organisatrices de
transport du territoire;
? la coordination des politiques de transport et
de mobilité des autorités organisatrices définies
à l?article L. 1221-1 du code des transports, en
ce qui concerne l?offre de services, l?information
des usagers, la tarification et la billettique.»
Extrait de l?article 3 ? II de la loi MAPTAM
«La région est chargée d?organiser, en qualité de
chef de file, les modalités de l?action commune
des collectivités territoriales et de leurs établis-
sements publics pour l?exercice des compétences
relatives [?] à l?intermodalité et à la complémen-
tarité entre les modes de transport».
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Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 8/16
Enfin, la Région élabore le volet intermodalité de
son Sraddet en tant que chef de file de l?intermoda-
lité, ce qui lui laissera plus de marge de manoeuvre
pour impulser des évolutions et plus de légitimité
pour fédérer les acteurs de la mobilité du périmètre
régional.
Le Sraddet est opposable aux PDU, ce qui lui confère
une valeur supérieure aux précédents schémas
régionaux.
Z Le binôme AOM-Région
La loi NOTRe renforce également la position de chef
de file de la Région par une autre mesure: le trans-
fert, en 2017, des Départements aux Régions de
la compétence d?organisation des services routiers
interurbains, réguliers ou à la demande.
La gouvernance locale12 de la mobilité et de
l?intermodalité se construit donc autour du couple
Région-Autorités organisatrices de mobilité (AOM).
Rappelons que la loi MAPTAM est venue renforcer le
rôle des anciennes autorités organisatrices de trans-
port urbain (AOTU), désormais AOM. Ces dernières
organisent sur leur ressort territorial les transports
urbains et non urbains13, et concourent au dévelop-
pement des modes actifs (marche, vélo) et des
véhicules partagés (autopartage, covoiturage).
L?identification claire de ce couple d?acteurs, l?un
organisant les transports entre zones urbaines et
dans les zones non urbaines, l?autre organisant les
services de mobilité de son ressort territorial (essen-
tiellement en zones urbaines), favorise l?émergence
de solutions d?intermodalité répondant aux attentes
de nombreux usagers qui se déplacent quotidienne-
ment dans ces différentes zones.
Z Les formes de coordination existantes
entre autorités organisatrices pour faciliter
l?intermodalité
Si les évolutions législatives récentes, apportées
par les lois MAPTAM et NOTRe, sont susceptibles de
simplifier la gouvernance de l?intermodalité dans les
années à venir, il faut rappeler que la coopération
entre autorités organisatrices pour développer
l?intermodalité existe depuis de nombreuses années
et sous des formes très diverses. Les coopérations
mises en place ont abouti, souvent, à une améliora-
tion sensible des possibilités de réaliser des trajets
intermodaux sur les territoires couverts.
Ces coopérations entre autorités organisatrices
peuvent prendre trois formes différentes, plus
ou moins formalisées et contraignantes pour les
partenaires:
? les coopérations informelles, très souples pour
les partenaires car sans engagement juridique.
Leur succès dépend uniquement de la bonne
volonté des autorités organisatrices membres. On
peut citer la Conférence permanente des autori-
tés organisatrices de transports en Aquitaine, qui
repose sur l?association loi 1901 «Mouvable»,
ou la démarche Atoumod en Haute-Normandie
(devenu syndicat mixte depuis 2015);
? les relations conventionnelles : le niveau d?in-
tégration et de contraintes pour les partenaires
est plus élevé mais, en contrepartie, les moyens
juridiques pour faire avancer le projet commun
et éviter les blocages sont plus importants. Des
coopérations contractuelles ont ainsi été mises en
place à l?échelle départementale dans le Finistère
(conventions d?intermodalité) et en Haute-Ga-
ronne (chartes d?interopérabilité) pour mettre en
place une tarification intégrée ou une billettique
commune, ainsi qu?à l?échelle régionale;
? les formes institutionnalisées : la coopération
affiche un niveau d?intégration élevé et repose
sur des statuts qui définissent précisément les
droits et obligations des membres. Il peut s?agir
par exemple de groupements d?intérêt public,
d?associations, de sociétés publiques locales, de
pôles métropolitains, de syndicats mixtes de droit
commun ou encore de syndicats mixtes SRU.
Ces derniers, créés par la loi n° 2000-1208 du
13 décembre 2000 relative à la solidarité et au
renouvellement urbains, constituent des struc-
tures de coopération entre autorités organisatrices
(AOM, Conseils régionaux) visant le développement
de l?intermodalité par la coordination des services
de transports qu?elles organisent et le développe-
ment d?un système d?informations multimodal,
12. L?État demeure autorité organisatrice des transports ferroviaires d?intérêt national.
13. Le décret n° 2015-1610 du 8 décembre 2015 relatif aux critères d?espacement moyen des arrêts et de variation de la fréquence de passage des
services réguliers de transport public routier urbain de personnes précise les caractéristiques permettant de différencier les services réguliers de
transport public routier urbain de personnes des services non urbains.
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Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 9/16
d?une tarification coordonnée et de titres de
transport unifiés. Ils ont d?ailleurs la possibilité de
prélever un versement transport additionnel14.
Une quinzaine de syndicats mixtes SRU ont été
créés en France à ce jour.
Une gouvernance des transports et
del?intermodalité à consolider
L?intermodalité naît de la connexion entre différents
systèmes et services de mobilité. Un projet intermo-
dal fait donc intervenir plusieurs opérateurs et autori-
tés organisatrices de transports, complexifiant ainsi
la gouvernance. Au-delà de ces acteurs centraux, il
est nécessaire de mieux considérer certaines parties
prenantes et d?en intégrer de nouvelles.
Z Des partenaires à mobiliser davantage:
lesusagers et les aménageurs
L?information du citoyen, la consultation et la concer-
tation doivent occuper une place centrale dans le
processus d?élaboration des politiques publiques.
Ilest en effet fondamental de recueillir les besoins
des usagers et de tenir compte de leurs suggestions
pour mettre en place des solutions réellement utiles
et efficaces.
Afin de répondre au mieux aux attentes des usagers
intermodaux, il est nécessaire de mieux les associer
par exemple:
? pour localiser les futurs lieux de l?intermodalité:
où la rupture de charge est-elle acceptable, entre
quels modes?
? pour établir un diagnostic précis des besoins lors
des ruptures de charge : quels services mettre
en place dans les pôles d?échanges pour rendre
l?attente plus productive, plus confortable ou
plus ludique, quelles informations diffuser et par
quels moyens, pour faciliter la correspondance,
comment mieux connecter les modes actifs au
reste du réseau...
Autant de questions auxquelles les citoyens, prati-
ciens ou non de l?intermodalité, peuvent appor-
ter des réponses reflétant la réalité du terrain et
alimentant la réflexion des élus et techniciens des
collectivités.
Les obligations légales de concertation imposées aux
autorités organisatrices de mobilité (AOM) lors de la
phase d?élaboration de leur plan de déplacements
urbains (PDU) sont peu ambitieuses. Malgré cela, de
plus en plus d?AOM prennent l?initiative de placer
laconcertation citoyenne au coeur de leur démarche
de planification des déplacements15 par la mise en
place d?ateliers citoyens, de conférences-débats,
degroupes de travail techniques, etc.
14. Sur ce sujet, on peut consulter: Cerema, Le versement transport, fiche n°30, de la série ?Le point sur?, 2017
15. Cerema, La concertation citoyenne dans l?élaboration des PDU: principaux enjeux et tendances récentes en France, 2015
Les acteurs
locaux de
l'intermodalité
Le citoyen
Est un usager et acteur de la mobilité
Il recherche une intermodalité plus
efficace, plus agréable et plus utile
Les acteurs de la planification
Favorisent l?articulation entre les
politiques de transport et d?urbanisme
pour faciliter l?intermodalité
Les acteurs de l?organisation et de la
mise en oeuvre des services de mobilité
Intègrent les modes traditionnels et
émergents pour favoriser l?intermodalitéLes acteurs de l?aménagement et de l?urbanisme
Intègrent les services et lieux de mobilité dans le paysage
urbain, créent les conditions de l?interconnexion entre
lesmodes, facilitent les déplacements en modes actifs
sur le territoire, avec l?objectif de diminuer la place
delavoiture solo sur l?espace public
Source : Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 10/16
Z De nouveaux acteurs du monde des transports
à intégrer dans le système de gouvernance
Les transporteurs « conventionnés », c?est-à -dire
agissant sur délégation d?une autorité organisa-
trice, sont généralement pleinement intégrés dans
la boucle de la gouvernance de la mobilité. Des
solutions pour mieux coordonner, mieux connecter
les systèmes de transport et services de mobilité
qu?ils exploitent sont développées ou expérimen-
tées de longue date.
Mais des opérateurs de mobilité extérieurs à ce
couple « autorité organisatrice-exploitant déléga-
taire » émergent depuis quelques années et
prennent une place de plus en plus importante dans
l?offre de mobilité:
? les opérateurs des lignes régulières d?autocar
librement organisés par la loi pour la croissance,
l?activité et l?égalité des chances économiques du
6 août 2015;
? les opérateurs de covoiturage ou d?autopartage;
? les opérateurs de location de deux roues motori-
sés ou non, en libre service, avec et sans station?
Cette «libéralisation» du monde des transports voit
naître des services innovants répondant à un besoin
des usagers. Il convient ainsi de relier ce système
libéralisé au système conventionné traditionnel afin
d?inclure ces nouveaux services dans la chaîne de
l?intermodalité.
L?articulation des politiques de transport avec
celles de l?aménagement et de l?urbanisme est
une nécessité reconnue par l?ensemble des profes-
sionnels de ces domaines.
Cette articulation est de mieux en mieux prise en
compte par les décideurs locaux, par le biais notam-
ment de leurs documents de planification tels que
les schémas de cohérence territoriale (SCoT), les
plans de déplacements urbains (PDU) et les plans
locaux d?urbanisme (PLU), dont les liens de compa-
tibilité permettent de renforcer l?imbrication de
domaines qui se sont longtemps ignorés. La possi-
bilité offerte aux intercommunalités d?élaborer des
plans locaux d?urbanisme intercommunaux (PLUi)
« 3 en 1 »16, rassemblant dans un même document
PLU, PDU et programmes locaux de l?habitat (PLH),
participe à cette volonté de cohésion. Au niveau
régional, les Sraddet seront le support de l?intégra-
tion des différentes politiques publiques.
En matière d?intermodalité, la présence des aména-
geurs et urbanistes dans la gouvernance des projets
semble primordiale : par exemple, les aménage-
ments de voirie permettant de relier deux stations
de transports en commun par la marche ou le vélo
ne peuvent être conçus que sur la base d?un travail
partenarial entre les services chargés des transports
et ceux chargés de l?aménagement. De même, les
pôles d?échanges doivent être pensés en étroite
collaboration avec les urbanistes ou architectes pour
intégrer au mieux ces lieux d?intermodalité à leur
environnement. Les collectivités n?interviennent
d?ailleurs pas uniquement dans le cadre de leur
compétence en matière de mobilité mais égale-
ment en tant que propriétaires d?emprises foncières
sur lesquelles se développent des projets de pôles
d?échanges ou encore en tant que gestionnaires de
la voirie et du stationnement17.
16. Les PLUi «3 en 1» ou PLUiHD (habitat-déplacements) ont été introduits par la loi n°2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour
l?environnement (dite loi Grenelle 2). La loi n°2014-366 du 24 mars 2014 pour l?accès au logement et un urbanisme rénové (dite loi ALUR) a précisé
les modalités de leur mise en oeuvre.
17. Cerema, Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville durable, 2017
Pôle d?échanges multimodal
à Herblay (Val-d?Oise)
Source : Bernard Suard, Terra
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 11/16
L?orientation « favoriser les modes
alternatifs à la voiture individuelle »
seretrouve dans les SCoT du périmètre
CCINord Isère :
? par le développement des modes
alternatifs
? par le développement urbain
SCoT Nord Isère Document d?orientations et objectifs, p. 66 et 67
66
Le DOG : structurer une offre de déplacement durable en lien avec l?armature urbaine
structurer des déplacements durables en lien avec l?armature urbaine
67
Le DOG : structurer une offre de déplacement durable en lien avec l?armature urbaine
67
Le DOG : structurer une offre de déplacement durable en lien avec l?armature urbaine
67
Le DOG : structurer une offre de déplacement durable en lien avec l?armature urbaine
Pôle d?échanges multimodal
à Herblay (Val-d?Oise)
Source : Bernard Suard, Terra
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 12/16
La pratique intermodale est facilitée et devient
naturelle quand l?usager du transport ne ressent
plus de frein institutionnel lors de son déplace-
ment. C?est pour tendre vers cette « mobilité sans
couture » que des actions concrètes doivent être
mises en oeuvre.
Une politique intermodale s?appuie donc sur diffé-
rents leviers permettant de fluidifier voire valoriser
les correspondances pour l?usager.
Les objectifs poursuivis par une politique locale
ou régionale de l?intermodalité doivent répondre
aux trois enjeux évoqués précédemment (enjeux
économiques, sociaux et environnementaux):
? développer une offre de transport adaptée afin
d?améliorer la compétitivité des territoires tout
en maîtrisant les dépenses publiques (objectif
économique) ;
? améliorer les conditions de déplacements pour
tous, sur tout le territoire (objectif social) ;
? faciliter et encourager le report modal pour dimi-
nuer les nombre de kilomètres parcourus en
voiture particulière (objectif environnemental).
L?atteinte de ces objectifs passe par des actions
permettant la mise en connexion information-
nelle, technique mais aussi physique des différents
modes, comme le précise le décret du 3 août 2016
relatif au schéma régional d'aménagement, de
développement durable et d'égalité des territoires
(Sraddet) modifiant le Code Général des Collectivi-
tés Territoriales.
Aménager l?espace pour faciliter
l?intermodalité: le pôle d?échange
L?importance de l?aménagement physique, de la
transformation de l?espace pour inciter et faciliter
l?intermodalité doit être particulièrement souli-
gnée: «un pôle d?échanges est un lieu aménagé de
manière à améliorer l?intermodalité. Il s?agit ainsi
d?un dispositif spatial qui vise à rapprocher physi-
quement des modes de transport pour favoriser
leur (inter)connexion ou, quand le rapprochement
physique est impossible, à aménager les transferts
pour les rendre plus lisibles et intuitifs. [...] Le pôle
d?échanges est avant tout le résultat d?un aména-
gement, d?une intervention délibérée sur l?espace
physique dans lequel [sont réalisées les
correspondances].»18 . À ce titre les gares
routières, les parcs-relais sont de fait des
pôles d?échanges.
Le décret n° 2016-1071 du 3 août 2016
relatif au schéma régional d'aménage-
ment, de développement durable et
d'égalité des territoires (Sraddet) modifie
le code des transports pour préciser les
attendus de la planification régionale
de l?intermodalité relatifs aux pôles
d?échanges.
Ce décret place les pôles d?échanges et
les aménagements physiques au coeur de
la politique d?intermodalité que doivent
élaborer les partenaires locaux.
4. Des leviers pour faciliter l?intermodalité
Pôle d?échanges multimodal d?Aix-en-Provence
Source : Cerema
18. Cerema, Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville durable, 2017
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 13/16
19. Zhan Guo A., Nigel H.M. Wilson, Assessing the cost of transfer inconvenience in public transport systems: A case study of the London Underground,
Transportation Research Part A 45, 91?104, 2011
L?objectif principal des concepteurs du pôle
d?échanges doit être de réduire la pénibilité de la
rupture de charge. Il faut pour cela traiter les trois
principales sources de difficulté du transfert inter-
modal que sont le cheminement pour changer de
mode, l?attente, et l'environnement du transfert
intermodal19. Les réponses passent notamment
par la création de cheminements piétons et d?une
signalétique adaptés pour guider l?usager lors
de sa correspondance, par la mise à disposition
de services afin de rendre le moment d?intermo-
dalité plus agréable, confortable voire plus utile,
dans une ambiance de sûreté ressentie, mais aussi
par l?importance accordée par les concepteurs et
aménageurs à la qualité architecturale du pôle.
L?articulation des services de transports
Au-delà de l?aménagement physique de l?espace,
l?articulation des réseaux de transport reste indis-
pensable pour optimiser l?offre existante.
Pour être cohérente et intégrée, l?offre de transports
d?un territoire doit être hiérarchisée et s?appuyer
sur les domaines de pertinence de chaque mode,
définis en fonction des enjeux de desserte et des
caractéristiques du territoire.
D?un point de vue dynamique, l?articulation
« horaire » des services intègre la coordination
des réseaux de transports collectifs urbains, non
urbains, ainsi que l?ensemble de l?offre de mobilité
(véhicules partagés?), en termes:
? d?amplitudes horaires de fonctionnement des
services ;
? de jours de fonctionnement des services ;
? d?évolution annuelle des horaires des services.
Il convient de ne pas oublier la place de la voiture
dans l?offre de mobilité: d?une part, ses usages se
diversifient (véhicules partagés) et d?autre part,
elle garde encore un domaine de pertinence en
tant que mode individuel notamment pour accéder
aux réseaux de transports collectifs structurants en
périphérie des zones urbaines (accès aux Trains
express régionaux (TER) et trains à grande vitesse
(TGV) notamment). En conséquence, l?aména-
gement des parcs-relais ne doit pas être pensé
comme un simple parking mais devrait également
prendre en compte le stationnement des vélos, des
véhicules en autopartage et en covoiturage.
L?information voyageurs et l?intégration
des outils billettiques et tarifaires
Le développement de l?intermodalité s?appuie
également sur trois axes qui ont été définis en 2000
comme les compétences des syndicats mixtes SRU:
information voyageur, tarification et billetique.
Z L?informationmultimodale
L?usager doit pouvoir accéder facilement à une
information claire lui indiquant les services de trans-
port ou de mobilité qu?il peut utiliser pour réaliser
son déplacement, ainsi que le tarif, le(s) titre(s)
detransport et la durée de déplacement associés. En
cas de correspondance, l?information sur la rupture
de charge doit être la plus complète possible :
temps d?attente, cheminement pour accéder au
mode suivant, services disponibles sur le lieu de
correspondance, etc.
Le rôle des pôles d?échanges et
desaménagements physiques reconnu dans
lecode des transports
Article L.1213-3 ducode des Transports
La planification régionale de l?intermodalité
comprend les modalités de coordination de
l'action des collectivités et de leurs groupements
concernés, relatives aux pôles d'échanges
stratégiques entrant dans le champ de l'article
L. 3114-1 et relevant du service public et les
objectifs d?aménagements nécessaires à la
mise en oeuvre de connexions entre les diffé-
rents réseaux de transport et modes de dépla-
cement, en particulier les modes non polluants.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 14/16
Cette information doit être mobilisable en amont
du voyage afin que l?usager puisse préparer son
trajet le plus sereinement possible, notamment
sous forme de calculateurs d?itinéraires sur inter-
net ou sur smartphone. Mais elle doit également
être accessible pour l?usager au cours de son dépla-
cement, sous la forme d?information dynamique,
ycompris dans les véhicules, de support physique
que l?on peut proposer sur les lieux de correspon-
dance, mais aussi grâce à du personnel dédié Ã
l?information des usagers.
Z Les accords tarifaires
Des tarifications combinée ou intégrée entre diffé-
rents réseaux encouragent l?utilisation successive de
ces réseaux au cours d?un même déplacement.
La tarification intégrée permet à l?usager de voyager
sur l?ensemble des lignes de transport public propo-
sées sur un territoire donné, sans distinction du
mode ou de l?autorité organisatrice compétente.
Elle peut s?étendre à des services de mobilité,
comme l?autopartage ou les vélos en libre-service.
La tarification combinée concerne un déplacement
nécessitant une correspondance. Elle correspond
à l?assemblage de plusieurs titres de transport
donnant droit à une réduction tarifaire vis-à -vis du
prix des différents titres achetés séparément.
Afin de s?adresser à tous, ces accords tarifaires ne
doivent pas porter que sur les abonnés mais aussi
sur les usagers occasionnels.
Z La billettique interopérable
La convergence vers un support unique de trans-
port, permettant de charger des titres valables sur
différents réseaux, c?est-à -dire exploités par des
opérateurs distincts, est l?une des solutions pour
encourager l?intermodalité et la multimodalité.
Elle permet à l?usager de s?affranchir des limites de
réseaux en n?utilisant qu?un seul support reconnu
par plusieurs systèmes et services de transports.
La billettique et la tarification intégrée sont deux
actions très complémentaires mais pas obligatoire-
ment liées, l?une pouvant être conduite sans l?autre.
La carte OùRA en région Auvergne Rhône Alpes
La carte OùRA! est un support sur lequel peuvent
être chargés:
? les abonnements TER annuel, mensuel ou
hebdomadaire ;
? les cartes de réduction (TER illico LIBERTÉ,
TER illico LIBERTÉ JEUNES) ainsi que les billets
associés;
? les carnets de billets.
Elle permet aussi de combiner l?abonnement
TER avec les abonnements urbains :
? TCL (Lyon) ;
? STAS (St-Étienne) ;
? TAG (Grenoble) ;
? Citéa (Valence-Romans) ;
? Unireso (Genève) ;
? RUBAN (Porte de l?Isère) ;
? L?VA (ViennAgglo).
Ainsi que des services :
? Accès parking
(parcs relais...) ;
? Consignes et
locations de vélo.
Information voyageur à la gare routière d?Épinal
Source : Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
juin2018
Fiche n° 01 ? L?intermodalité: enjeux, gouvernance et leviers 15/16
L?essentiel
Le développement d?offres de transports alternatives à la voiture particulière appelle au renfor-
cement des pratiques intermodales. Celles-ci intègrent largement les transports collectifs urbains
mais également les services de véhicules partagés, les modes actifs ainsi que les services de
transports non urbains (conventionnés et librement organisés), sans oublier la voiture particu-
lière. Cette dernière garde une place encore pertinente notamment sur certains territoires.
En parallèle, les évolutions législatives tendent à structurer l?organisation de l?intermodalité
afin d?en faciliter la pratique par l?usager. Les AOM sont compétentes pour organiser la mobilité
sur leur ressort territorial tandis que les Régions ont pour mission d?assurer les modalités de
l?action commune des collectivités territoriales en matière d?intermodalité. Elles sont notamment
chargées d?élaborer la planification régionale de l?intermodalité, dans le cadre des Schémas
régionaux d?aménagement de développement durable et d?égalité des territoires.
Pour cela, coordonner les services de transports et de mobilité permet de proposer une offre lisible,
hiérarchisée, composée de services complémentaires. En complément, les pôles d?échanges,
dans lesquels les modes actifs doivent être mieux pris en compte, sont des outils de l?articulation
physique entre les différents services et systèmes de transports. Enfin, la tarification, la billetti-
que et l?information multimodale sont également des outils sur lesquels s?appuyer pour faciliter
l?intermodalité.
Pôle d?échanges multimodal à Nantes
Source : Cerema
Pôle d?échanges multimodal à Offenburg (Allemagne)
Source : Cerema
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
©2018-Cerema
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préalable du Cerema.
Date de publication
Juin 2018
ISSN : 2276-0164
2018/20
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Cerema Territoires et ville
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La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
Cerema
Cette fiche a été rédigée par Nicolas Jouve et Florence Girault (Cerema).
Sont remerciés l?ensemble des relecteurs:
Dominique Bertrand (Cerema), Stéphane Chanut (Cerema), Romain Cipolla (Gart), Cécile Clément
(Cerema),Thierry Gouin (Cerema), Jérémy Martinez (Grand Lyon), Patrice Morandas (Cerema), Nicolas Nuyttens
(Cerema), Patricia Pérennes (Régions de France), Christian Sautel (Cerema).
Contributeurs ???
? Cerema, Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs ? Systèmes billettiques, 2017
? Cerema, Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville durable, 2017
? Cerema, le versement transport, fiche n°30, collection le point Sur, 2017
? Cerema, La concertation citoyenne dans l?élaboration des PDU: principaux enjeux et tendances récentes en France,
fiche de la collection connaissances, 2015
? Certu, Les gares routières en quête d?urbanité, fiche, 2005
? Certu, Éléments d?une politique de déplacements urbains, 2013
? Certu, La coopération entre autorités organisatrices de transports : les syndicats mixtes SRU, 2014
? Gart, la coopération en matière de mobilité, 2012
Pour en savoir plus ???
Contact ???
? florence.girault@cerema.fr
? DD.DTECTV@cerema.fr
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité*
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour facilité l?intermodalité ?*
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Collection | Références
La coordination des offres publiques de mobilité, en termes de desserte, d?horaires et de niveaux
de service, est primordiale pour faciliter les déplacements intermodaux des voyageurs. En effet,
les ruptures de charge peuvent être vécues comme une contrainte pour les usagers, qu?ils soient
navetteurs, usagers captifs des transports collectifs (TC) ou touristes. Certains principes d?orga-
nisation des réseaux permettent d?améliorer l?efficacité et l?attractivité de l?offre intermodale
de mobilité pour tous.
Cette fiche de la série « Boite à outils de l?intermodalité » rappelle tout d?abord le rôle des
réseaux de transport collectif comme armature du territoire et leur hiérarchisation qui offre une
garantie de lisibilité et de niveau de service pour les usagers. Cette fiche présente également
les leviers permettant d?améliorer les conditions de rupture de charge pour les voyageurs, puis
les principes d?intégration de services de mobilité dans le système global de mobilité. Enfin, elle
aborde les questions de la gouvernance et de l?échelle territoriale pertinente pour la coordi-
nation des offres de mobilité.
La coordination des offres de mobilité par la tarification intégrée, la billettique intéropérable,
l?information multimodale ou par les pôles d?échanges multimodaux est traitée dans les autres
fiches de la boite à outils de l?intermodalité.
La série de fiches
« Boîte à outils de
l?intermodalité »
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
lamise en oeuvre
d?unepolitique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi
qu?aux services
del?État.
Fiche n° 03 - Décembre 2020
Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
Boîte à outils de l?intermodalité
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Décembre 2020
Fiche n° 03 - Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
2/8
Définir un réseau de transports collectifs hiérarchisé
comme armature du système de mobilité d?un territoire
Les réseaux de transports collectifs d?un territoire,
qu?ils soient urbains ou régionaux, sont organisés
en choisissant les systèmes de transport (infrastruc-
tures, matériel roulant, modalités d?exploitation)
et les niveaux de service les plus adaptés pour
desservir le territoire et ses usagers.
La hiérarchisation des réseaux vise à rendre lisible
l?organisation de l?offre de transports collectifs pour
les usagers, en la structurant autour de différentes
catégories de lignes :
? Les lignes structurantes ou « majeures »
relient des centralités entre lesquelles la demande
de déplacements est la plus importante. Elles
fonctionnent avec un niveau de service élevé (fré-
quence attractive, large amplitude horaire, fiabilité
des temps de parcours etc), en privilégiant l?utili-
sation de systèmes à forte capacité. Elles visent
prioritairement un report modal de la voiture vers
les transports collectifs. Ces lignes constituent l?ar-
mature du réseau de transports collectifs : il s?agit
de lignes de TER, de lignes à haut niveau de ser-
vice (métro, tramway, bus et cars à haut niveau de
service) et de lignes fortes de car et de bus.
Le niveau de service élevé du « réseau
armature » doit être atteint sans pénaliser trop
lourdement l?efficacité du maillage avec les
autres lignes du réseau de transports collectifs :
par exemple, l?optimisation du tracé des lignes
majeures (interstations longues, itinéraires sans
boucle?) permet d?augmenter et de fiabiliser la
vitesse commerciale sur ces lignes, mais elle peut
également allonger certains temps de rabat-
tement vers le réseau armature. Les principes
de priorisations de voies « express » pénalisent
également les voies adjacentes aux intersections.
? Les lignes « complémentaires » desservent
des secteurs où la demande de déplacements,
bien qu?élevée, n?est pas suffisante pour mettre
en place des lignes « majeures ». Il s?agit prin-
cipalement de lignes de car ou de bus, avec un
niveau de service moins élevé que sur le réseau
armature. Les lignes complémentaires assurent
une desserte fine du territoire, tout en diffusant le
haut niveau de service lorsqu?elles sont connec-
tées à des lignes structurantes. Elles desservent
par exemple des pôles d?échanges et/ou relient
certains quartiers ou communes périphériques.
? Les lignes « de proximité » complètent l?offre
de transports collectifs dans certaines zones peu
denses, où la demande de déplacements est faible,
voire ponctuelle. Elles proposent par exemple une
desserte fine à l?intérieur d?un quartier. Elles fonc-
tionnent avec un niveau de service modéré, par-
fois à la demande, et privilégient l?utilisation de
systèmes peu capacitaires, tels que des minibus.
Leurs fréquences limitées sont rendues accep-
tables par la ponctualité et la lisibilité de leurs
horaires, cohérents avec les besoins des usagers :
il peut s?agir, par exemple, de dessertes express
aux heures de pointe.
Le coût par voyage de ces lignes est élevé pour
la collectivité mais elles permettent de garantir
un droit à la mobilité pour tous. Elles ne peuvent
cependant pas répondre à tous les besoins des
usagers des zones peu denses. Lorsque l?offre de
transports collectifs devient trop onéreuse, les
collectivités peuvent recourir à des offres plus
adaptées, telles que des services de mobilité
active ou partagée (covoiturage, autopartage,
locations de vélos?) ou le déploiement
d?infrastructures en favorisant l?utilisation.
Pour optimiser leurs dépenses de fonctionnement,
les collectivités organisent leur réseau en massifiant
les flux de déplacements sur le réseau armature :
un tronc commun de lignes dans le coeur urbain
permet, par exemple, de proposer aux usagers des
fréquences de passage élevées. Cependant, trop
concentrer l?offre dans le coeur urbain risque aussi
de dégrader le niveau de service des dessertes
(baisse de la vitesse commerciale de bus circulant
sur des voies dédiées surchargées, car empruntées
par plusieurs lignes?). Cela risque aussi de saturer
les pôles d?échange en centre-ville, ce qui pénalise
notamment les usagers venant de la périphérie.
La hiérarchisation d?un réseau de transport
collectif permet donc d?organiser son maillage
et de diffuser le haut niveau de service du réseau
armature via des correspondances efficaces.
Les ruptures de charges peuvent cependant être
vécues comme une contrainte pour l?usager.
Plusieurs leviers de coordination des offres existent
afin d?améliorer l?efficacité et l?attractivité des
pratiques intermodales.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Décembre 2020
Fiche n° 03 - Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
3/8
Coordonner les modalités d?exploitation des services
detransport
Agir sur l?exploitation pour
fiabiliser les correspondances
La rupture de charge entre deux modes de transports
nécessite d?être fiable et optimisée, notamment en
termes d?horaires. Ainsi, afin de favoriser la pratique
de l?intermodalité, il faut offrir à l?usager, autant
que possible :
? un temps de correspondance réduit,
? une garantie de la correspondance en tout temps.
Cela vaut pour l?ensemble de ses déplacements
intermodaux, notamment vers et depuis le réseau
armature.
Le cadencement des lignes de TC est un levier
permettant d?offrir à l?usager une lisibilité de l?offre
et des temps de correspondances adaptés. Il vise
à associer une fréquence fixe à une ligne, définie
selon le niveau de service souhaité.
Par exemple, un temps de correspondance variant
de 10 à 15 minutes entre TGV et TER peut être
proposé dans les grandes gares notamment, et un
minimum de 5 minutes quand le quai à quai est
privilégié, notamment pour les petites gares ferro-
viaires. Pour les correspondances avec des TC de
rabattement depuis ou vers une gare ferroviaire, un
temps de 10-15 minutes peut être utile selon l?offre
considérée, associé à une signalétique adaptée.
Notons que dans les gares ferroviaires et routières,
il peut être intéressant de prévoir des correspon-
dances en « quai à quai » pour limiter les trajets des
usagers, ou bien définir des quais par destination
avec une signalétique adaptée.
Sur le réseau armature, les correspondances sont
facilitées par le haut niveau de service des lignes
structurantes et majeures qui offre des fréquences
élevées (5 à 10 minutes) et n?appelle pas un besoin
de cadencement des lignes de niveau inférieur. En
revanche, il y a un besoin de coordination pour les
correspondances entre lignes complémentaires.
La gestion des correspondances appelle quelques
points de vigilance :
? l?évolution du calendrier annuel des fréquences de
circulation modifie les correspondances. Les réseaux
urbains et interurbains fixent majoritairement leurs
horaires selon le calendrier scolaire, tandis que le
réseau TER évolue en fin d?année civile ;
? les jours de circulation peuvent varier selon les
lignes. Certaines lignes peuvent ne pas circu-
ler le dimanche, les jours fériés ou en période
de vacances scolaires par exemple. Dans ce
cas, la correspondance avec une ligne régulière
fonctionnant toute l?année n?est plus assurée de
façon continue.
L?amplitude horaire de fonctionnement varie
également selon les services. Deux lignes peuvent
avoir une très bonne coordination horaire en
journée, mais circuler sur des amplitudes horaires
différentes (cas d?une ligne ne circulant pas le soir).
Dans ce cas, la correspondance n?est assurée que
partiellement au cours de la journée.
Agir sur le matériel roulant et
lesinfrastructures pour fluidifier
lescorrespondances
Adapter la capacité du matériel roulant (taille des
bus, etc) Ã la demande permet d?offrir des condi-
tions de voyage confortables et de limiter les temps
d?attente lors des ruptures de charge (en évitant
aux usagers d?être face à un bus surchargé et de
devoir attendre le prochain).
Par ailleurs, dans certains cas, le transport de
vélo par autocar ou par train peut être utile pour
permettre aux usagers de parcourir les derniers
kilomètres. Par exemple, en Région Bretagne, le
transport de vélo est autorisé sur certaines lignes,
plutôt pour un usage touristique.
Coordination des transports publics et
privés
Les réseaux de transport publics de TC sont complétés
par des services de transports collectifs privés tels que
les cars de tourisme, qui desservent des destinations
spécifiques, les services librement organisés («?cars
Macron?»), et bientôt par des services ferrés concédés*
(dans le cadre de l?ouverture à la concurrence des
services ferroviaires). La coordination de ces services, en
termes de desserte, d?exploitation et d?intégration dans
les pôles d?échanges multimodaux nécessite l?implication
de l?ensemble des parties prenantes, Ã l?initiative des
autorités organisatrices de la mobilité (AOM) par
exemple.
* Ces services ont été créés par la loi du 6?août 2015 pour la croissance,
l?activité et l?égalité des chances économiques
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Décembre 2020
Fiche n° 03 - Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
4/8
Sur la plupart des lignes TER, un emplacement est
réservé pour le transport des vélos. Par ailleurs,
l?équipement des nouveaux trains et autocars pour
l?emport de vélos va s?accélérer suite à la loi d?orien-
tation des mobilités du 24 décembre 2019 (LOM).
La capacité des infrastructures d?accès aux pôles
d?échanges est également à étudier car elle impacte
directement leurs niveaux de service (entrée dans
les parcs relais, dimensionnement des accès et des
quais pour les TC?).
Lier les services de mobilité active et partagée
auréseau TC
Les services de mobilité complémentaires au réseau
TC (covoiturage, autopartage, locations de vélos,
etc) permettent de proposer une meilleure offre de
mobilité aux usagers, et de limiter l?autosolisme.
Pour plus de lisibilité pour l?usager, les collectivités
regroupent d?ailleurs parfois l?ensemble de l?offre
sous une même marque, comme l?offre Synchro
du Grand Chambéry, qui inclut les services de vélo,
covoiturage et bus.
Compléter l?offre de transport
collectif par des services de
mobilité
Les pôles d?échanges multimodaux (PEM) sont
des lieux prioritaires où intégrer des services de
mobilité complémentaires à l?offre hiérarchisée de
TC. Selon le territoire, le covoiturage, l?autopartage
et le vélo peuvent être utilisés en rabattement vers
et depuis le PEM. La distance à parcourir, la qualité
des infrastructures d?accès et de l?offre proposée
interviennent également dans le choix du mode de
transport par l?usager.
En particulier, les PEM constituent des « massifica-
teurs de flux » en concentrant l?offre multimodale
et la demande de transport. Ils sont ainsi des lieux
propices au développement du covoiturage, en
maximisant les opportunités d?appariement des
covoitureurs, conducteurs et passagers.
L?emplacement de la station de covoiturage doit
être judicieusement choisi en fonction des itiné-
raires privilégiés par les usagers pour rejoindre leurs
lieux de destination.
Organisé sous la forme d?itinéraires (« lignes »),
le covoiturage peut constituer une offre similaire
à celle d?un transport collectif. Ces lignes de covoi-
turage peuvent être organisées sur le même trajet
qu?une ligne de TC, pour permettre d?améliorer les
fréquences de desserte lorsque la demande est trop
faible pour augmenter l?offre en transport collectif.
TC et covoiturage fonctionnent ainsi en synergie, le
TC pouvant également constituer une garantie de
retour pour les lignes de covoiturage.
Synchro, service de covoiturage spontané
sur le territoire du Grand Chambéry
Issue d?ateliers d?échanges avec les habitants,
l?expérimentation Synchro permet depuis mai?2018 de
rejoindre en covoiturage spontané sans réservation les
communes Des Déserts, St-Jean-d?Arvey, Thoiry et la
station de la Féclaz.
20 arrêts sont matérialisés, certains avec des panneaux
lumineux où le covoitureur passager indique sa
destination. Une carte de covoitureur délivrée par le
Grand Chambéry permet au conducteur et au passager
de s?identifier.
Début 2020, plus de 300 personnes de 15 à 88 ans -
dont 1/3 habitants de Grand Chambéry pour la pratique
du ski de fond - étaient inscrites sur la plate- forme de
covoiturage et 900 trajets étaient observés chaque mois
avec un temps d?attente d?une à quelques minutes.
En juin?2020, trois nouveaux secteurs sont équipés de
plus de 50 arrêts?: Le Coeur des Bauges, Saint-Baldoph, et
Les Deserts. Des extensions sont également prévues sur
d?autres secteurs du sud et de l?ouest de l?agglomération.
Ces arrêts de covoiturage spontané sans réservation sont
mutualisés avec ceux du service de covoiturage organisé
Mov?ici (porté par la Région Auvergne Rhône Alpes).
Par ailleurs certains arrêts sont associés à des arrêts de
TC et des abris vélos, ce qui facilite les déplacements
intermodaux.
Source?: Grand Chambéry
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039678246/2019-12-27
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039678246/2019-12-27
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Décembre 2020
Fiche n° 03 - Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
5/8
Un service de covoiturage peut également compléter
spatialement l?offre de transport collectif, lorsque
celle-ci n?est pas pertinente, notamment dans les
territoires peu denses et à faible demande. C?est le
cas de l?offre de covoiturage spontanée Synchro.
Concernant les services de vélo, l?absence de
stationnement sécurisé ou de stations (pour les
vélos en libre-service - VLS-) est une contrainte forte
pour l?usager.
? En cas d?absence de stationnement à proximi-
té du domicile ou du lieu de travail, la Métropole
de Grenoble propose l?installation de « minibox »
de 5 places de vélo, en fonction des demandes
recueillies de la part des habitants. Cette offre
complète les parcs et consignes à vélos existants.
? Dans la Métropole de Bordeaux, l?usager du
service de VLS « V3 » peut conserver son vélo
gratuitement jusqu?à 20 heures d?affilée (et donc
le stationner le soir chez lui) s?il l?utilise en cor-
respondance avec les transports collectifs.
L?autopartage et le vélo peuvent jouer le rôle
d?offres de substitution pour garantir le retour des
passagers covoitureurs en manque de conducteur.
Au-delà d?une offre de location de vélo (longue
durée prioritairement, afin de favoriser son usage
récurrent), il est indispensable de prévoir au sein
des PEM un stationnement vélo pratique, sécurisé et
confortable pour les cyclistes (Code des transports
art. L1272-1 à L1272-4) ainsi que des itinéraires
d?accès sécurisés, jalonnés et continus. Des services
complémentaires tels qu?un poste de gonflage, des
services d?entretien ou des prises de recharge pour
vélos à assistance électrique (VAE) sont appréciables
et participent à la qualité du service proposé.
Remplacer l?offre de TC par
unservice de mobilité active
oupartagée
Le développement de services de mobilité peut
viser, dans certains cas, Ã remplacer l?offre de TC par
un service de covoiturage, d?autopartage, voire de
vélos. Cela est pertinent notamment :
? pour des lignes de desserte internes à certains
territoires peu denses ;
? pour des liaisons entre des pôles d?échanges ou
parc-relais et des zones à faible demande.
Par exemple, il peut être envisagé de remplacer
une ligne de bus peu fréquentée et dont le coût
d?exploitation par voyage est trop élevé par une
ligne de covoiturage.
Un tel basculement de l?offre nécessite, plus encore
que pour une modification du réseau TC, des
moyens significatifs en termes d?information et de
signalétique, notamment dans les PEM et le long de
l?itinéraire.
Le challenge pour la ligne de covoiturage consiste
à atteindre un niveau de service équivalent à celui
de l?offre de bus, ce qui requiert pour le passager
potentiel, une offre conséquente de covoitureurs
conducteurs afin de minimiser son temps d?attente.
Des expérimentations de remplacement d?une ligne
de bus par une ligne de covoiturage ont été mises
en oeuvre. À ce jour, le retour d?expériences ne
permet pas encore d?observer une pérennité de ce
genre d?expérimentations.
Par ailleurs, ces offres n?étant pas accessibles aux
PMR, il convient alors de proposer une offre spéci-
fique pour ces usagers.
Les « hubs » ruraux, pour l?accès
aux services de mobilité en zones
peu denses
Petits PEM à l?échelle d?un territoire peu dense,
des hubs voient le jour depuis quelques années
en milieu rural. Ils permettent aux usagers d?iden-
tifier des lieux d?accès à des services alternatifs Ã
la voiture personnelle. Ils favorisent également la
massification des flux de bassins de mobilité locaux
sur des petites centralités.
Un tel hub est un lieu où l?usager bénéficie par
exemple d?un arrêt TC (gare, bus et/ou car), d?une
station de covoiturage, d?une station d?autopartage,
L?intermodalité en Suisse avec
Mobility Car Sharing
Mobility, c?est 224?000 client(e)s qui ont accès
à 3?120 véhicules partagés. 1?530 stations sont
réparties dans toute la Suisse, y compris dans
les communes de moins de 5?000habitants et
prioritairement dans les PEM qui constituent la
colonne vertébrale du service, afin de favoriser
un usage intermodal. Ce service est en forte
progression avec un nombre de conducteurs
occasionnels qui augmente fortement.
Source?: Mobility, juin?2020
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000039678236/2019-12-27/#:~:text=Article%20L1272%2D1,-Cr%C3%A9ation%20LOI%20n&text=Les%20gares%20de%20voyageurs%2C%20les,d%C3%A9finies%20par%20la%20pr%C3%A9sente%20section
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000039678236/2019-12-27/#:~:text=Article%20L1272%2D1,-Cr%C3%A9ation%20LOI%20n&text=Les%20gares%20de%20voyageurs%2C%20les,d%C3%A9finies%20par%20la%20pr%C3%A9sente%20section
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Fiche n° 03 - Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
6/8
d?une offre dédiée à l?utilisation du vélo (station-
nements sécurisés, location) et d?une possibilité
d?information sur l?offre et les conditions de mobilité
du territoire. (Voir encadré ci-après)
Quel « niveau de service » pour
lesservices de mobilité intégrés
auréseau TC ?
Intégrer un service de mobilité à un réseau TC hiérar-
chisé implique de se poser en amont la question du
niveau de service à atteindre.
En effet, si la fonction du service de mobilité peut
être définie en amont (par exemple rabattement
vers un PEM, desserte du dernier kilomètre, rempla-
cement d?une ligne trop peu fréquentée?), il est
également nécessaire de lui définir un niveau de
service. Il dépend notamment des conditions et de
la qualité d?accès au service pour l?usager :
? fréquence de passage, amplitude horaire (en
cohérence avec celle des services disponibles
en correspondance) et régularité de temps de
parcours d?une ligne de covoiturage,
? disponibilité d?un véhicule à une station d?auto-
partage et d?emplacements de stationnement,
? disponibilité d?un parc de vélo, offre de station-
nement sécurisé?
L?enjeu d?un service de mobilité intégré à un réseau
TC hiérarchisé consiste à offrir un niveau de service
de qualité. Cela permet de constituer un réseau de
mobilité et de rendre l?intermodalité « TC + service
de mobilité » attractive pour l?usager.
Coordonner les offres sur un territoire
Coordonner les offres à l?échelle
des bassins de mobilité
La coordination des offres de mobilité s?organise
à toutes les échelles de territoire et nécessite une
coopération accrue entre les acteurs de la mobilité.
Sur leur ressort territorial, les AOM sont bien sûr
compétentes pour organiser la complémentarité et
la coordination des offres de mobilité. Elles l?orga-
nisent notamment à travers les plans de mobilité ou
plans de mobilité simplifiés.
À une échelle plus large, les Régions sont respon-
sables de l?organisation des transports interurbains.
La fusion des Régions en 2016 a déclenché une
mise en cohérence de l?offre de transports collectifs
à l?échelle de leur nouveau périmètre. Par ailleurs,
la Loi d?orientation des Mobilités de 2019 (LOM)
élargit leurs compétences à l?organisation (ou la
contribution au développement) de services de
mobilités actives, partagées et solidaires.
Enfin, les Régions jouent également un rôle prépon-
dérant dans la coordination des services de mobilité
entre AOM, en qualité de chef de file des mobilités
et notamment de l?intermodalité.
La LOM renforce ce rôle en créant des bassins
de mobilité, qui correspondent davantage aux
pratiques de déplacements des habitants que les
limites administratives des AOM. À l?échelle de ces
bassins de mobilité, la Région est chargée d?orga-
niser le pilotage des modalités de l?action commune
des AOM (Code des transports art. L1215-1), en ce
qui concerne :
? les différentes formes de mobilité et l?intermoda-
lité, en matière de desserte, d?horaires, de tarifi-
cation, d?information, [?] de répartition territo-
riale des points de vente physiques ;
Les hubs de mobilité
La Communauté de Communes de la Plaine
de l?Ain (CCPA) expérimente, depuis 2020, 4
lignes de covoiturage dynamique pour faciliter
les trajets domicile-travail à destination du Parc
Industriel de la Plaine de l?Ain (PIPA).
Des hubs de mobilité sont mis en place sur 4
des arrêts pour assurer une connexion avec
les autres services de mobilité en bout de
ligne?: trains TER, cars de l?Ain, aménagements
cyclables, autostop. Lieu d?attente, d?information
et de service, ces hubs proposent un espace
d?attente confortable, avec wifi gratuit, prise
électrique et consigne à bagage automatique.
En outre, un service de VAE en libre-service en
boucle est proposé aux usagers sur certaines
destinations de covoiturage.
Source?: CCPA
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000039669481/2019-12-27/
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Fiche n° 03 - Coordonner les offres de mobilité
pourfaciliter l?intermodalité
7/8
? la création, l?aménagement et le fonctionnement
des pôles d?échanges multimodaux et des aires
de mobilité, notamment en milieu rural, ainsi
que le système de transport vers et à partir de
ces pôles ou aires ;
? les modalités de gestion des situations dégra-
dées afin d?assurer la continuité du service rendu
aux usagers au quotidien ;
? le recensement et la diffusion des [bonnes]
pratiques de mobilité ;
? l?aide à la conception et à la mise en place
d?infrastructures de transports ou de services de
mobilité par les autorités organisatrices de la
mobilité.
Ces bassins de mobilité deviennent donc le nouvel
échelon clé pour la coordination des services de
mobilité des différentes AOM, qui se traduit dans
les « contrats opérationnels de mobilité ». Ceux-ci
associent les gestionnaires de gares ou de pôles
d?échanges multimodaux. La Région reste garante
de la cohérence des actions entre les différents
bassins de mobilité sur son territoire.
La mobilité servicielle comme outil
de coordination des offres
La coordination des offres, à l?échelle des bassins
de mobilité, nécessite notamment une réflexion
sur l?adéquation entre l?offre des services mis en
place et les besoins de déplacement. Les services
peuvent avoir des objectifs de desserte distincts,
par exemple : des services ferrés de maillage
régional, des services de rabattement vers le coeur
d?agglomération? C?est donc sur les parcours
usagers qu?il faut travailler, en identifiant les itiné-
raires que l?on souhaite améliorer, puis en déclinant
opérationnellement cette planification stratégique
par un travail sur les réseaux TC armature et les
réseaux de rabattement structurés autour. Ce travail
a ainsi des conséquences sur :
? le niveau de service des offres selon les besoins
des différents usagers (navetteurs, voyageurs
non-réguliers à l?échelle régionale?) ;
? les infrastructures de pôles d?échange (dimen-
sionnement, emplacement des modes, modali-
tés d?accès?) ;
? l?intégration des offres portées par des opéra-
teurs privés ou par des entreprises locales dans le
cadre de leur transport de salariés. Il est intéres-
sant de noter que la LOM demande aux AOM de
créer des comités des partenaires8 à leur échelle,
afin d?associer davantage les acteurs locaux hors
champ direct de la mobilité.
Définir la mobilité à partir de parcours usagers
identifiés est un objectif cohérent avec le dévelop-
pement du concept de Mobilité Servicielle ou MaaS
(Mobility as a Service). Par la connaissance de la
demande de mobilité que certains d?entre eux
peuvent fournir, ces services, lorsqu?ils sont publics,
pourraient permettre aux différentes collectivités
d?un territoire de mieux appréhender la diversité
de profils et des parcours des usagers. Cela leur
permettrait alors de mieux orienter les objectifs et
besoins de coordination de leurs offres.
Par ailleurs, le MaaS permet également de simplifier
l?intermodalité, notamment lorsqu?il y a un manque
de coordination des services de mobilité : le MaaS
rend visible l?ensemble des services de mobilité et
simplifie la tarification (tarification adaptée au profil
de l?usager, post-paiement?). Cet outil tire ainsi le
meilleur parti des offres existantes.
Enfin, la coordination entre les services de transport
et de mobilité publics et privés reste un défi pour une
mobilité plus durable et solidaire. Leur intégration
dans des services de MaaS est un premier pas vers
une meilleure complémentarité de l?ensemble ces
offres.
Coordonner les offres de mobilité faciliter l?inter-
modalité permet également de développer la
multimodalité. Cette flexibilité de choix du mode
pour les usagers favorise une mobilité durable.
La gestion des correspondances
La gestion des correspondances est
particulièrement délicate en cas de situation
dégradée (retard d?un bus, annulation d?un train,
déviation d?un itinéraire?), notamment pour
les connexions entre des services gérés par des
autorités organisatrices distinctes.
Quelques modalités d?accompagnement
peuvent être mises en oeuvre afin de limiter les
désagréments pour l?usager?:
? en cas de retard d?un train, garantir la
correspondance prévue?: modifier en temps réel
l?horaire de départ du bus desservant la gare,
? en cas d?impossibilité de réaliser le trajet
prévu, proposer un service de «?substitution?»
et prendre en charge le service de mobilité
alternatif (taxis, autopartage).
Collection | Références
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
©2020-Cerema
La reproduction totale ou
partielle du document doit
être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Décembre 2020
ISSN : 2276-0164
2020/40
Maquettage
Cerema Territoires et ville
Service édition
Illustration de couverture
SNCF Gares & Connexions -
AREP, Mathieu Lee Vigneau
Commander ou télécharger nos ouvrages sur
www.cerema.fr
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault, Damien Grangeon, Maxime Jean, Jean Robert (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture : Romain Cipolla (GART), Gaëlle Paternotte, Yohan Planche, Pierre Soulié (DGITM),
Béatrice Quinquet (Chambéry Métropole).
Contributeurs ???
florence.girault@cerema.fr DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
? Hiérarchiser son réseau de bus pour optimiser l?offre de transports, Cerema, 2016.
? Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville durable, Cerema, 2017.
Pour aller plus loin ???
Une série de fiches « Boîte à outils de l?intermodalité » (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 06 La billettique interopérable
Fiche n° 07 L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Fiche n° 03 Coordonner les offres de mobilité pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Collection | Références
Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
La série de fiches
«Boîte à outils de
l?intermodalité»
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
lamise en oeuvre
d?unepolitique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 04 - Septembre 2019
Boîte à outils de l?intermodalité
L?aménagement de pôles d?échanges est un des principaux leviers des autorités organisa-
trices de la mobilité pour faciliter les déplacements intermodaux des voyageurs.
En effet, au-delà du développement important des services innovants digitaux, l?aména-
gement physique des lieux d?échanges entre services de transport et de mobilité reste
primordial pour faciliter et encourager les pratiques intermodales, alternatives à l?usage
de la voiture individuelle.
Cette fiche de la série «Boite à Outilsde l?intermodalité» présente les enjeux des pôles
d?échanges, les rôles et les interactions des acteurs parties prenantes de leur aménage-
ment et de leur gestion, ainsi que les principes de conception de ces lieux.
Cette fiche s?appuie en partie sur l?ouvrage Les pôles d?échanges au service de l?intermo-
dalité et de la ville durable paru en 2017 aux éditions du Cerema.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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1. Les pôles d?échanges multimodaux: de quoi parle-t-on?
1 Cette fiche ne traite pas des plates-formes aéroportuaires, maritimes ou fluviales.
Définition et objectifs
Un « pôle d?échanges » ou « pôle d?échanges
multimodal» (PEM) est un lieu d?accès à différents
systèmes de transports et services de mobilité,
aménagé de manière à faciliter l?intermodalité.
Il vise à rapprocher physiquement des modes de
transport pour favoriser leur connexion ou, quand le
rapprochement physique est impossible, à aména-
ger les liaisons pour rendre ceux-ci plus lisibles et
intuitifs.
La rupture de charge ou la correspondance induite
par l?usage successif de deux modes de transports
différents peut être vécue négativement par l?usa-
ger. L?aménagement d?un pôle d?échanges vise Ã
limiter cette contrainte en facilitant les correspon-
dances entre les différents services de transports et
de mobilité.
Selon sa place dans l?offre de mobilité locale, régio-
nale voire nationale, le pôle d?échanges1 peut
être structuré autour :d?une desserte ferroviaire,
nationale ou régionale (gare SNCF) ;
? d?une gare routière ou d?une station de ligne
structurante de transport collectif urbain
(station de métro, de tramway ou de BHNS) ;
? des mobilités partagées et/ou actives,
notamment en franges d?agglomération (aires
de covoiturage couplées à un arrêt de bus et
à du stationnement pour les vélos et pour la
dépose?).L?aménagement de pôles d?échanges
permet également de limiter des utilisations
de l?espace public non régulées, induites par un
manque d?organisation des pratiques intermo-
dales (comme du stationnement gênant dû à la
prise ou la dépose de covoiturage?).
Des typologies de pôles d?échanges
La construction d?une typologie permet aux collec-
tivités compétentes (AOM locales et Régions) de
définir les grandes orientations de leur politique
générale, et de mieux cibler les objectifs concrets
des projets en fonction du type de pôle.
Inscrite dans une démarche partenariale, dans le
cadre d?une stratégie de développement de l?inter-
modalité, la construction d?une typologie permet
opérationnellement:
? d?inciter les différentes institutions directement
concernées à partager leurs stratégies et leurs
priorités d?interventions sur les PEM;
? de prioriser les investissements et les finance-
ments souvent croisés, en fonction des échelles
de territoires et des coûts envisagés;
? de garantir aux usagers des niveaux de
services satisfaisants et homogènes par type
de pôle.
PEM de Lyon Dart-Dieu
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Objectifs d?une typologie de PEM
Ils varient selon les enjeux du territoire et de la struc-
ture qui la porte. Ces objectifs peuvent par exemple
être de:
? favoriser les modes de rabattement les plus perti-
nents en fonction des flux, de la localisation du
PEM et du type d?urbanisme desservi (typologie
du Plan de déplacements urbains d?Île-de-France
mobilités);
? structurer un réseau de transport intermodal au
niveau métropolitain ou régional, en s?appuyant
sur la nature des dessertes offertes et la position
territoriale de chaque pôle d?échanges (typologie
de la Métropole Aix-Marseille-Provence);
? définir des types de services et commerces pertinents
et économiquement viables en fonction des besoins
des différents types de voyages et des niveaux de
flux des PEM (typologie de Gares & Connexions).
PEM de Dax
Source: atelier VILLES & PAYSAGES
Les grands pôles de correspondances
Dans ce type de pôle, il convient plus particulière-
ment de rendre plus fluides et plus lisibles les corres-
pondances et d?offrir aux voyageurs une information
complète.
Les pôles de desserte des secteurs denses
Dans ce type de pôle, il convient plus particulièrement
de sécuriser et de pacifier les accès pour les modes
actifs (marche et vélo) et d?optimiser les correspon-
dances avec lignes de bus.
Les pôles d?accès au réseau ferré depuis les bassins
de vie
Dans ce type de pôle, il convient plus particulièrement
de fiabiliser les accès par modes motorisés (voitures et
bus) et d?améliorer les conditions d?attente.
Typologie du PDU d?Île-de-France Mobilités
Source: IDF Mobilités
Place de l?Homme
deFer à Strasbourg
Source: Cerema
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Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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2. Les acteurs et partenaires des pôles d?échanges
De nombreux acteurs à coordonner
2 Branche du groupe SNCF propriétaire et gestionnaire des gares ferroviaires, rattachée en 2019 à SNCF Réseau.
Au-delà des usagers à qui ils sont destinés, les pôles
d?échanges impliquent un large panel d?acteurs,
aux missions souvent plurielles.
Z Le pilote du projet
Il en assure le portage politique et technique :
ils?agit généralement de l?intercommunalité locale.
Z Les autorités organisatrices des mobilités
Elles interviennent, dans le cadre de leurs compé-
tences en matière d?organisation, de planification et
de financement des mobilités:
? les AOM locales, pour l?organisation des trans-
ports collectifs et des services de mobilités.
Ellesélaborent également les Plans de Déplace-
ments Urbains (PDU);
? les Régions, en tant qu?autorités organisatrices
des transports ferroviaires régionaux (TER), des
transports non urbains, et scolaires. Elles sont
aussi chefs de file de l?intermodalité, et respon-
sable de la planification régionale de l?intermo-
dalité;
? l?État, autorité organisatrice de certaines lignes
de Trains d?Équilibre du Territoire.
Z Les propriétaires, maîtres d?ouvrages et
exploitants des aménagements
Ils interviennent dans la conception des ouvrages
et équipements, participent au financement des
projets, réalisent les travaux et organisent la gestion
ultérieure de leurs ouvrages:
? pour les voiries, espaces publics et stationne-
ments en ouvrage : les communes et inter-
communalités, les départements, l?État, les
opérateurs fonciers;
? pour les gares (bâtiments, emprises foncières?):
SNCF et Gares & Connexions2;
? pour les stations de métros ou de tramways
(AOM).
Z Les opérateurs des mobilités
? les opérateurs de transports collectifs urbains et
non urbains;
? les opérateurs de services de mobilité(autopar-
tage, covoiturage, vélos en libre-service?);
? les opérateurs des Services d?autocars Librement
Organisés (SLO), introduits par la loi du 6 août
2015 pour la croissance, l?activité et l?égalité des
chances économiques.
Z Les organismes en charge du développement
urbain
Plus indirectement, quand le projet de pôle est
connexe avec des enjeux de développement urbain
? les structures de coopération intercommunale
chargées de la planification urbaine (Schéma de
Cohérence Territoriale, Plan Local d?Urbanisme
intercommunal) et les services d?urbanisme des
communes et intercommunalités qui pilotent les
projets;
? les structures opérationnelles dédiées au
montage et à la réalisation des projets urbains
(Société d?Économie Mixte, Société Publique
Locale, Établissement Public d?Aménagement,
Établissement Public Foncier?).
Z L?État
Il est parfois co-financeur de projets d?aménage-
ment de pôles d?échanges multimodaux.
PEM de Sevran Beaudottes
Source: Richez_Associés - Georges De Kinder
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Des usagers à impliquer, en amont et en aval du projet
3 Établissements recevant du public.
Il est important de distinguer deux catégories d?uti-
lisateurs des PEM.
Z Les usagers qui utilisent le PEM pour se déplacer,
ou accompagner quelqu?un
Ils seront notamment attentifs à la clarté des chemi-
nements et de l?information voyageurs, à la qualité
des lieux d?attente, et aux services proposés pour
faciliter leur déplacement (accueil, vente de titres,
toilettes?).
Parmi ces usagers, les personnes à mobilité réduite
(PMR) nécessitent des besoins d?aménagements
spécifiques. L?accessibilité PMR fait l?objet d?obli-
gations précises pour les maîtres d?ouvrages,
qui ont été renforcées en 2015 par les Schémas
Directeurs d?Accessibilité - Agendas d?Accessibilité
Programmés pour les services de transports et leurs
bâtiments ERP3.
Z Le personnel des exploitants du PEM, des réseaux
de transports et des services de mobilité
Ils auront besoin de locaux et équipements indis-
pensables pour l?exploitation (parking de régulation
pour les autocars, stationnement pour les agents,
lieux de repos et sanitaires?)
L?ensemble des utilisateurs seront sensibles aux
services développés dans le PEM : commerces,
retraits de colis...
Pour le pilote du projet comme pour le(s) maître(s)
d?ouvrage(s), il sera nécessaire de recueillir les
attentes des utilisateurs du pôle lors de trois grandes
étapes du projet d?aménagement ou de modernisa-
tion du PEM:
? lors des études préliminaires : c?est générale-
ment par enquête ou par atelier de travail avec
visite sur site que les attentes pourront être
recueillies à cette phase. (Quels sont les usages
des différents modes? Quels services sont atten-
dus? Quels dysfonctionnements sont observés ?)
? lors de la phase d?élaboration puis de choix des
scénarios de projet d?aménagement: l?avis des
utilisateurs peut être recueilli par des ateliers de
travail, des réunions publiques, ou par l?intégra-
tion d?associations d?usagers dans la démarche
projet;
? après la mise en service. C?est essentiellement
par observation attentive des pratiques des
usagers sur le site en fonctionnement que des
corrections peuvent être identifiées.
Il est également recommandé d?inclure les riverains
des PEM, non utilisateurs de l?offre de mobilité
(habitants et commerçants du quartier), lors de la
concertation des projets. Par exemple, une offre
commerciale importante développée dans le cadre
du projet peut entraîner une réaction de méfiance
des commerçants du quartier. Les nuisances
ponctuelles occasionnées par les chantiers peuvent
également fragiliser la viabilité économique de
certains commerces (restrictions de circulation ou
d?accès privatifs, bruit?).
Gare routière
deCarpentras
Source: Communauté
d?agglomération Ventoux
Comtat Venaissin
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Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Les formes de coopération pour conduire un projet de pôle d?échanges
La multiplicité des acteurs impliqués rend cruciale la défini-
tion d?un pilote (en général une collectivité territoriale) et
des modalités de portage du projet dès le début de la
démarche.
Entre le pilote du projet et ses partenaires, différentes formes
de coopération peuvent être mises en place, notamment:
? la coopération informelle : les acteurs se coordonnent
lors de comités techniques et de pilotage communs, sans
documents plus formels que les comptes-rendus. Cette
solution est la plus légère mais peut s?avérer difficile Ã
gérer en l?absence de formalisation du suivi des finance-
ments de l?ensemble du projet ou des plannings.
? le protocole d?accord: cette forme de coopération, assez
répandue pour les PEM, consiste à conserver une gestion
indépendante de chaque périmètre par son maître
d?ouvrage (études, financements, comités techniques,
marchés?). Un protocole d?accord, signé par l?ensemble
des maîtres d?ouvrages et financeurs chapeaute tous ces
périmètres. Ce protocole, qui n?est pas engageant juridi-
quement, peut être financier ou non. Il est néanmoins
souvent exigé par les financeurs pour leurs instances déli-
bérantes. Il rappelle généralement les contours généraux
du projet, son planning, ses études, ses modes de finan-
cement, et précise la gouvernance du projet (comités
techniques et de pilotage).
En phases d?études d?exécution et de réalisation de travaux,
plusieurs dispositifs de simplification de l?organisation
des maîtrises d?ouvrages peuvent être envisagés, fixant
le niveau de délégation ou de transfert de responsabilités
entre maîtres d?ouvrages4.
4 Voir Les pôles d?échanges au service de
l?intermodalité et de la ville durable, Cerema, 2017,
p 52.
Quatre cas fréquents de projets
complexes nécessitant une coordination
renforcée
Les besoins de coordination d?un projet de PEM
seront d?autant plus importants que le planning
de réalisation de ses différents aménagements
sera dépendant d?autres opérations ou projets
connexes.
En phase finale de conduite d?opération, il peut
être très utile de mettre en place une mission
d?Ordonnancement-Pilotage-Coordination
transversale (OPC) pour assister les parte-
naires, notamment:
? quand le projet de pôle comprend des opéra-
tions « tiroirs» sur le domaine ferroviaire
avec relogements d?activités ou reconsti-
tutions d?infrastructures ferroviaires : ces
opérations sont en effet difficiles à mettre en
oeuvre, autant pour le délai nécessaire pour
initialiser les négociations, que pour le coût
occasionné par les relogements et recons-
titutions;
? quand le planning du projet de pôle est
imbriqué avec celui de la mise en service
d?une nouvelle ligne de métro, tramway
ou BHNS : l?enjeu est alors de rendre cohé-
rents les différents périmètres à aménager,
sans perturber pour autant les échéances
prévisionnelles de mise en service de la
nouvelle ligne;
? quand le projet nécessite des travaux lourds
dans une gare : les travaux d?adaptation
des gares (quais, passerelles et souter-
rains, bâtiments?) nécessitent en effet la
programmation de plages travaux trois ans
à l?avance, puis la mobilisation de ressources
spécifiques de surveillance de la sécurité des
chantiers en milieu ferroviaire;
? quand le projet nécessite de modifier tempo-
rairement la localisation d?arrêts de bus ou
les accès aux réseaux de transport (quais de
gares?).
Au-delà des bénéfices que peuvent apporter les
assistances spécifiques, le délai global pour mon-
ter et réaliser un projet de PEM restera étroite-
ment lié à l?efficacité du pilotage du projet, tant
technique que politique.
L?organisation de la gestion du pôle, unenjeu
duquotidien à ne pas oublier
La définition d?un dispositif global et coordonné de gestion du
pôle est une étape du projet à ne pas négliger, de laquelle
vont dépendre:
? le maintien en état des ouvrages construits sur leur durée de
vie, et le maintien des fonctionnalités des aménagements;
? la maîtrise annuelle de l?équilibre économique des charges
et recettes de l?exploitation;
? la satisfaction client.
Exemples courants de dysfonctionnements :
? encombrement du mobilier urbain qui contraint les flux,
? défaut de propreté qui développe le sentiment d?espaces
non gérés et d?insécurité,
? ascenseur en panne qui génère une rupture de l?accessi-
bilité PMR,
? toilettes mal entretenues qui ne sont plus utilisées.
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
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3. Pour une conception intégrée des pôles d?échanges
L?aménagement du pôle d?échanges pour assurer l?intermodalité
L?objectif des pôles d?échanges est de faciliter
les pratiques intermodales, grâce au principe
de hiérarchisation des modes, et à travers des
aménagements cohérents.
Z La marche, mode d?accès prioritaire autransport
collectif structurant et connecteur entre les
différents «modules» du pôle d?échanges
La marche se trouve au coeur des échanges inter-
modaux et est aussi le mode d?accès au PEM Ã
conforter dans son périmètre immédiat. Pour en
favoriser l?usage, il est indispensable d?aménager
des espaces publics et des cheminements attractifs
pour les piétons, confortables, sécurisés, directs et
accessibles à tous, notamment sans dénivelés et
libres d?obstacles.
Par ailleurs, pour guider les voyageurs vers les
différentes offres de transport, il est nécessaire de
mettre en place:
? un jalonnement des parcours avec des panneaux
directionnels visibles et lisibles ;
? une information voyageurs hiérarchisée sur les
parcours d?accès aux différents modes de transports.
On trouve également de plus en plus communé-
ment des piétons équipés d?engins de déplace-
ments personnel (trottinettes, hoverboard, etc.).
Ilconvient d?anticiper leur usage afin de garantir la
sécurité de tous les usagers du pôle.
Cheminement
piétons vers le
PEM de Clisson
Source: Cerema
Hiérarchiser les modes pour cadrer
lesenjeux d?aménagement
La hiérarchisation et la localisation des modes
dans un pôle d?échanges s?appuient sur les cri-
tères suivants :
? le type d?environnement urbain du pôle,
pour lequel certains modes de déplace-
ments seront à développer, quand d?autres
seront au contraire à réguler, voire dissua-
der;
? la position et le rôle du pôle dans les
réseaux de transports en commun (fonctions
de rabattement d?un large territoire diffus,
de connexion entre les lignes de Transports
Collectifs (TC), de desserte d?un quartier en
milieu urbain dense...) ;
? les enjeux locaux d?organisation et de fonc-
tionnement des flux dans le périmètre du
pôle (localisation des axes routiers prin-
cipaux, liaisons préférentielles vers des
centralités, organisation spatiale des diffé-
rents accès aux quais de la gare...);
? l?affectation du foncier dans le plan local
d?urbanisme ou la disponibilité d?emprises
mutables qui peuvent donner des oppor-
tunités foncières pour créer ou étendre des
ouvrages.
Ces critères peuvent se retrouver dans la typo-
logie de pôles d?échanges construite par les
collectivités compétentes.
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
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Z Les transports collectifs, mode à valoriser dans
tous les types de pôles
Les arrêts de transports collectifs doivent être
positionnés autour du mode structurant, en consi-
dérant la fréquence des lignes, le matériel roulant
utilisé et les itinéraires d?accès entre les arrêts et le
mode structurant. Ils peuvent se situer en bordure
des parvis piétons pour éviter des traversées
piétonnes, ou être regroupés au sein d?une gare
routière, qui facilitera les correspondances avec
un accès centralisé aux différentes lignes. Lalocali-
sation des arrêts doit prendre en compte le temps
d?arrêt permettant d?assurer la régulation de
la ligne. Il est notamment nécessaire de ne pas
laisser les arrêts de bus envahir le parvis piéton,
afin de garantir des cheminements sans obstacles
dans un espace réduit. Les principes de localisation
des arrêts doivent également répondre au besoin
de covisibilité pour limiter les difficultés de repérage
en correspondance.
Les conflits d?usages potentiels et les effets de coupure
dûs à la circulation d?autocars doivent être particuliè-
rement anticipés (véhicules de grand gabarit, temps
d?arrêt longs, chargements de bagages...).
De par la loi, les gares routières doivent garantir un
accès non discriminatoire à l?ensemble des services
(notamment les SLO et les cars touristiques).
Arrêts de transports
collectifs devant la gare
SNCF de Cannes
Source: Cerema
La coordination des différentes offres
detransports collectifs
La coordination des différentes offres de transports
collectifs, par les opérateurs et autorités organisa-
trices de mobilité, est indispensable pour améliorer
le ressenti des voyageurs lors des correspondances:
? assurer les meilleures correspondances possibles
en termes d?horaires (principe de cadencement
de l?offre qui évite d?avoir à consulter les horaires
précis, d?ajustement des horaires en fonction de
ceux du mode lourd, voire d?attente du dernier
train par les bus);
? mettre en place un dispositif d?information voya-
geur multimodal;
? proposer des espaces partagés de vente de titres.
Gare routière située devant la gare SNCF de Lyon Part-Dieu
Source: Cerema
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
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Z Le vélo, mode à encourager et sécuriser
Pertinent notamment pour le rabattement dans un rayon
d?environ 500 m à 2 km autour du pôle, le vélo néces-
site une offre de stationnement sécurisée. Une répartition
des équipements de stationnement vélo (de simples arceaux
jusqu?aux « vélo-stations ») aux différents points d?accès
est judicieuse pour éviter de longs détours aux cyclistes.
Unpositionnement visible et à proximité des flux limite l?expo-
sition aux vols.
Il est par ailleurs essentiel de proposer des itinéraires cyclables
continus, jalonnés et de qualité jusqu?au pôle.
Des services complémentaires comme des casiers, des postes
de gonflage, des prises de recharge pour vélos à assistance
électrique, des services d?entretien de vélo peuvent aussi
favoriser l?usage du vélo.
Arceaux à vélos
sur le parvis du
PEM de Grenoble
Source: Cerema
Stationnement vélo en gare Jean Macé, à Lyon,
pour encourager l?intermodalité TER + vélo
Source: Cerema
Silos à vélos du PEM de Grenoble
Source: AGIR
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Z La voiture particulière, un mode favorable
à l?intermodalité en milieu périurbain,
maisà réguler en milieu dense
Si les accès au pôle par les modes actifs ou les
transports collectifs doivent être privilégiés dans
les milieux urbains, la voiture particulière reste
un mode pertinent dans les secteurs périurbains
peu denses, où les bus sont économiquement peu
pertinents.
Un stationnement voiture facilité par un parking
relais (au sol ou en ouvrage) est un levier fort
pour faciliter les déplacements intermodaux
voiture-transports collectifs. L?encouragement de
cette pratique passe aussi généralement par une
tarification du stationnement intégrée à l?abon-
nement de transport collectif, voire une gratuité
du stationnement, avec néanmoins deux incon-
vénients : la concurrence avec le rabattement bus
quand il y en a un, et avec la marche sur les courtes
distances.
Une attention particulière devra aussi être portée
à l?aménagement d?aires de stationnement pour
ladépose ou la reprise. L?absence de ce type d?offre
génère immanquablement des conflits avec les
autres modes de déplacements. Ces aires de station-
nement spécifiques doivent être positionnées Ã
proximité des accès au PEM, et leur aménagement
doit offrir la disponibilité immédiate d?une place
pour une durée très courte (« dépose minute »),
un départ sans contrainte des véhicules après la
dépose, et la sécurité des échanges.
5 Les VTC ne peuvent stationner aux abords des gares que s?ils justifient de la réservation d?un client (Art. L. 3120-2.-II du Code
destransports).
De même, il est nécessaire de prévoir l?organisa-
tion du stationnement pour les taxis et Voitures
deTransport avec Chauffeur (VTC)5 afin d?éviter des
conflits d?usage de la voirie.
En milieu dense, la voiture est, a contrario, le mode
à réguler fortement pour les accès aux PEM, compte
tenu de son impact environnemental, mais aussi des
flux importants de piétons et de bus convergeant
vers le pôle dans des espaces souvent contraints.
La prise en compte du covoiturage
La pratique du covoiturage, qui permet notamment
de réduire la pression sur le stationnement et la
congestion des voiries en augmentant le nombre
de passagers transportés par véhicule, peut être
favorisée dans les PEM de plusieurs manières :
? en aménageant des emplacements de station-
nement localisés à proximité des accès au mode
lourd ;
? en offrant au conducteur un tarif préférentiel de
stationnement ;
? en organisant l?offre de covoiturage dans un péri-
mètre incluant le PEM (par exemple, des «lignes
de covoiturage» à destination des PEMmatéria-
lisées par des écrans ou des panneaux decovoi-
turage, favorisant le ramassage à la demandeet
en temps réel de passagers).
Station de taxis,
immédiatement
visible depuis le
parvis de la gare
de Grenoble
Source: Cerema
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
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Z Mettre en cohérence l?offre de stationnement
du pôle d?échanges à l?échelle du quartier ou
delacommune
La cohérence de la politique de stationnement
dans l?aire d?influence du PEM est nécessaire pour
réguler le stationnement de rabattement. Dans ce
périmètre, les besoins de stationnements automo-
biles sont multiples, liés à la diversité des usages
et des générateurs de déplacements. L?absence de
régulation conduit parfois à un envahissement du
quartier du PEM par les automobilistes en rabatte-
ment, au détriment des résidents et de l?accessibilité
aux commerces. En outre, l?absence de réglemen-
tation ou de surveillance du stationnement sur
voirie autour d?un PEM peut limiter l?utilisation des
parkings relais. Or ceux-ci ont un coût d?investisse-
ment et d?exploitation importants quand il s?agit
d?ouvrages capacitaires.
L?information voyageurs, outil «clefdevoûte» de l?intermodalité
Parmi les services fondamentaux d?un PEM, l?infor-
mation voyageurs est à la fois l?un des plus impor-
tants et l?un des plus difficiles à mettre en place
compte-tenu de la multiplicité des opérateurs.
Différents besoins sont à satisfaire, en fonction des
modes de transport présents.
Z La signalétique de jalonnement
Elle est fondamentale au bon fonctionnement
du PEM et à la gestion des flux, car elle guide les
usagers dans la complexité des espaces.
La signalétique de jalonnement est trop souvent la
juxtaposition de supports mis en place par différents
transporteurs dans leurs espaces, qui reprennent
des signes et une identité de marque qui leur sont
propres, sans continuité, sans unité de langage ni
complétude des modes indiqués.
Pour être efficace et lisible, elle doit hiérarchiser la
nature et la précision des informations à donner
tout au long du cheminement (modes, puis lignes,
puis sens de circulation des lignes). Afin d?être
repérés dans des espaces souvent encombrés
d?informations, les éléments de guidage peuvent
utiliser tous les supports présents sur le parcours
des voyageurs (sols, mâts, murs?).
La sûreté, essentielle pour préserver l?attractivité du pôle
La sûreté du PEM et de ses accès sur voiries est un
point clé du ressenti quotidien des voyageurs
et des personnels exploitants du PEM.
La sécurité des réseaux de transports publics
par présence humaine est en règle générale
assurée par les polices municipales, dont les pou-
voirs ont été récemment étendus par la loi n°
2016-339 du 22 mars 2016 relative à la prévention
et à la lutte contre les incivilités. Des partenariats
entre les opérateurs de transports exploitants du
PEM et la police municipale, nationale ou la gen-
darmerie, peuvent renforcer la coordination des
différentes parties prenantes. Les opérateurs ont
aussi la possibilité de créer leurs propres services
de sécurisation de leurs réseaux (par exemple la
SUrveillance GEnérale (SUGE) en Île-de-France,
service commun à la SNCF et à la RATP).
La mise en place d?une vidéo-surveillance dans
certains espaces du PEM est une mesure cou-
rante, encadrée juridiquement, pouvant être mise
en oeuvre. Si elle peut améliorer le ressenti des
voyageurs ainsi que le traitement juridique des
actes de malveillance et des incivilités, son effica-
cité dans la dissuasion reste relative, et soneffet
indirect peut être de déporter ces actes dans
d?autres espaces, au sein ou autour du PEM.
Des précautions dans la conception des espaces
peuvent aussi constituer des mesures à caractère
dissuasif simples à mettre en place : dispositifs
d?éclairage renforcés à certains endroits, gestion
attentionnée et sans délaissé des espaces, bornes
fixes ou amovibles anti-véhicule bélier, suppres-
sion de recoins masques à la visibilité (à défaut,
pose de miroirs d?angles).
Pour identifier et partager entre acteurs les diffi-
cultés concrètes dans ce domaine, des marches
exploratoires nocturnes (souvent mises en
place par la SNCF dans ses gares)associant des
voyageurs, les exploitants et un élu de quartier
peuvent permettent d?identifier les zones problé-
matiques du PEM.
Des études préalables de Sécurité et de Sûreté
Publique (ESSP) sont obligatoires depuis 2007
pour certains projets d?aménagement (Article 14
de la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la
prévention de la délinquance).
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Z Le plan du pôle et de son environnement
Il est utile pour se situer dans les espaces, et prendre
connaissance des modes disponibles. Maisil ne peut
remplacer un jalonnement performant, d?autant
que nombre d?usagers ont des difficultés de lecture
des plans en 2 ou 3 dimensions.
Z L?information horairedes transports collectifs
Elle peut être théorique ou en temps réel.
Z L?information circonstanciée sur les perturbations,
retards, annulations
Les usagers de PEM utilisent souvent plusieurs
modes de transport et sont donc dans une chaîne de
déplacement complexe qu?une perturbation peut
rompre. Une information (Ã distance et sur place)
sur les perturbations en cours et les alternatives
possibles est donc primordiale.
Les supports d?information peuvent être multi-
ples afin d?être adaptés à l?ensemble des usagers
(écrans tactiles, annonces sonores?).
6 Voir Signalétique intermodale dans les aéroports, Cerema, 2018 et Signalétique intermodale dans les gares, Cerema, à paraître.
Chaque réseau utilisant souvent son propre système
d?information et n?affichant que l?offre qu?il exploite
(sur les plans réseaux, sur les panneaux de signalé-
tique?), il convient de définir les principes généraux
du dispositif d?information à mettre en place dans le
PEM6, éventuellement via une étude spécifique sur
le sujet, pour:
? hiérarchiser les différentes informations à mettre
en place,
? définir les signes communs à adopter pour la
signalétique,
? homogénéiser les dénominations des lieux,
? concevoir la synergie des supports entre écrans
et panneaux de jalonnement?
Panneau d?information multimodale à Nantes
Source: Cerema
Borne d?information multimodale en gare d?Hendaye
Source: Cerema
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Des services pour répondre aux besoins des usagers
Le développement de services dans les PEM, qu?ils
soient marchands ou non, répond à une demande
croissante des usagers qui souhaitent optimiser leur
temps de déplacement et le rendre plus agréable.
On peut classer ces services en trois grandes
catégories.
Z Les services liés au confort d?attente
? des espaces d?attente abrités et confortables
équipés de poubelles et de prises électriques,
? des toilettes,
? des commerces ou distributeurs automatiques
(boissons, alimentation?).
Z Les services qui permettent d?éviter des
déplacements supplémentairespour l?usager
? les commerces de proximité de la vie quoti-
dienne : paniers de fruits et légumes de vente en
circuit court, vente de journaux, conciergeries?
? les automates ou services de retraits de colis.
Dans les PEM aux flux très importants et continus
(gares mixant dessertes ferroviaires nationales et
dessertes urbaines), d?autres services marchands se
développent (commerces d?agrément). Leur effica-
cité économique dépendant beaucoup de leur locali-
sation précise dans des espaces souvent complexes
(position et orientation du commerce par rapport
aux principaux flux), ils nécessitent des investisse-
ments souvent conséquents, pour libérer, adapter et
mettre aux normes les espaces les plus viables.
Le système d?information SNCF
La SNCF utilise un système d?information spécifique
et national pour ses trains (système «IENA» depuis
2018). Le seul moyen d?afficher sur un même écran
les horaires SNCF et ceux d?autres opérateurs est
d?intégrer les horaires des autres modes dans le
système SNCF. C?est la solution retenue par exemple
à Poitiers, où tous les départs (ferroviaires, routiers
interurbains et urbains) sont affichés sur les mêmes
écrans. A défaut d?écrans partagés, des écrans sépa-
rés peuvent être installés par exemple à mi-chemin
entre le pôle bus et la gare ferroviaire : en sortie
du pôle bus sont affichés les horaires des trains, en
sortie de la gare SNCF ceux des cars et bus (solution
mise en oeuvre à Saint-Nazaire).
Panneau d?information multimodale en gare d?Hendaye
Source: Cerema
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
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Z Les services qui peuvent donner une dimension
supplémentaire d?équipement urbain au PEM
Comme les micro-crèches, espaces partagés de
coworking, salles de sport ou encore espaces
évènementiels, nécessitent à la fois un investisse-
ment important pour leur mise en oeuvre (locaux
vastes à aménager, avec les normes réglementaires
des ERP), et des coûts d?exploitation conséquents :
leur modèle économique est donc souvent difficile
à équilibrer pour leurs opérateurs, qui en portent
leplus souvent seuls les risques.
Automate de
retrait de colis, au
PEM de Grenoble
Source: Cerema
Pharmacie
dans la gare de
Marseille Saint-
Charle
Source: Cerema
Espace d?attente et de travail connecté au PEM de Grenoble
Source: Cerema
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
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4. Perspectives
7 Prévus par la future Loi d?Orientation des Mobilités.
Les pôles d?échanges multimodaux sont devenus
des équipements porteurs d?enjeux de mobilité et
d?aménagement de plus en plus larges : dévelop-
pement de l?intermodalité intégrant l?ensemble
des services de mobilité, densification et valorisa-
tion urbaines autour des gares, développement de
services du quotidien. Ils dépassent ainsi la seule
dimension du transport.
En structurant les déplacements quotidiens ou en
accompagnant la mise en oeuvre de restrictions
de circulation en zone dense, les PEM s?affirment
deplus en plus comme des outils de planification de
la mobilité à l?échelle métropolitaine ou régionale.
Ainsi, à proximité des PEM, peut être développé
un urbanisme efficace pour les territoires et leurs
habitants. De nouvelles formes de PEM, plus petits,
non liés à des gares ferroviaires ou routières,
sedéveloppent aussi pour la desserte de territoires
peu denses, en relation étroite avec le développe-
ment de services par le numérique (covoiturage...),
ou pour répondre à la congestion des réseaux
routiers structurants (stations de bus sur voie struc-
turante d?agglomération).
À travers leur posture de chef de file de l?intermo-
dalité et leur compétence relative à la planification
de l?intermodalité, les Régions ont un rôle phare
pour coordonner les offres de transports, notam-
ment à travers des schémas régionaux de pôles
d?échanges. Les contrats opérationnels de mobilité7
seront également des outils permettant de struc-
turer des pôles d?échanges à l?échelle des bassins
demobilité.
Mobility As A Service et pôles d?échanges
Ces dernières années ont vu l?émergence d?un nouveau type de service, le MaaS (Mobility as a Service), qui
consiste à intégrer et coordonner les offres de mobilité existantes sur un territoire en permettant à l?usager
de les utiliser avec un unique support et un seul compte usager. à Hambourg, en Allemagne, l?autorité orga-
nisatrice de la mobilité a développé ce service depuis 2017. Depuis, les pôles d?échanges de l?agglomération
intègrent une borne, identifiée avec le logo du service, qui permet de consulter les moyens de transports
disponibles dans le pôle, les informations de sa carte de transport, ou encore de calculer un itinéraire. En com-
plément, certains services de mobilité inclus dans le MaaS sont identifiés aux couleurs de l?outil (en vert sur la
photo). Ce système permet de matérialiser et d?ancrer territorialement un service par essence principalement
virtuel.
En vert, des places de stationnement réservées aux services de mobilité inclus dans l?offre MaaS «Switch»
d?Hambourg
Source: HOCHBAHN
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
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Septembre 2019
ISSN : 2276-0164
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du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Collection | Références
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
PEM de Besançon
Source : Cerema
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault, Sylvain Michelon et Alexandre Strauss (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture:
Anne Bellamy (AGIR), Romain Cipolla (GART), Gaëlle Paternotte (DGITM), Gilles Bentayou, Cécile Clément,
Bertrand Depigny, Nicolas Furmanek, Nicolas Nuyttens et Cyprien Richer (Cerema).
Contributeurs ???
florence.girault@cerema.fr
DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
? Cette fiche est en partie issue de l?ouvrage Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville
durable, Cerema, 2017.
? Cerema, Gares routières, 2017.
? Cerema, Signalétique intermodale dans les aéroports, 2018.
? Cerema, Développer des services dans les gares TER, 2017.
? Cerema, Signalétique intermodale dans les gares, rapport d?études, à paraître.
Pour aller plus loin ???
Collection | Références
La tarification intégrée
pourfaciliterl?intermodalité
La série de fiches
«Boîte à outils de
l?intermodalité»
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
lamise en oeuvre
d?unepolitique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 05 - novembre 2018
Boîte à outils de l?intermodalité
La tarification est un des principaux leviers entre les mains des autorités organisa-
trices des transports et de la mobilité pour faciliter les déplacements intermodaux
de leurs usagers. En effet, lorsque ces déplacements nécessitent l?usage successif
ou alternatif d?offres de transport relevant d?autorités organisatrices différentes,
des tarifications partenariales peuvent être proposées. Elles reposent alors sur une
coopération entre les autorités organisatrices et prennent différentes formes, dont la
«tarification intégrée», encore rare en France, constitue la modalité la plus aboutie.
Cette fiche de la série « Boîte Ã
outils de l?intermodalité » présente
les caractéristiques, les atouts et les
formes prises en France par la tarifi-
cation intégrée. Elle permet ainsi
au lecteur d?identifier les configu-
rations territoriales pour lesquelles
son déploiement est judicieux et de
s?approprier les principales étapes
de sa mise en oeuvre.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
2/12
La réalisation de déplacements intermodaux néces-
site parfois l?usage de plusieurs réseaux de trans-
ports collectifs gérés par des autorités organisatrices
(AO) distinctes1. Afin de faciliter ces déplacements
et de les rendre plus intuitifs pour l?usager, certaines
AO coopèrent pour mettre en place un système de
tarification dite «intégrée», permettant à l?usager
de bénéficier d?un unique titre pour ses déplace-
ments plutôt qu?un titre par réseau.
La première partie de cette fiche présente la tarifi-
cation intégrée comme outil au service de l?inter-
modalité.
Tarification intégrée: de quoi parle-t-on?
Depuis longtemps, les AO agissent sur la tarification
de leur réseau pour faciliter l?intermodalité.
Historiquement, ce choix s?est tout d?abord traduit
pour une AO par le fait de permettre, sur son ressort
territorial, l?utilisation de l?ensemble des lignes de
transport collectif de son réseau avec un seul titre
de transport (ex: un unique ticket pour réaliser un
trajet tramway + bus).
Dans un deuxième temps, des besoins en déplace-
ment dépassant l?offre proposée par un seul réseau
de transport ayant été identifiés, des tarifications
intermodales « combinées » ont été mises en
place. Celles-ci proposent, pour un déplacement
nécessitant l?usage de plusieurs réseaux (réseau
urbain + TER par exemple), une réduction tarifaire
par rapport à l?achat séparé des titres nécessaires Ã
ce déplacement (ex: un titre valable sur le réseau
urbain + une origine-destination donnée sur une
ligne du réseau TER. Cf. encadré page suivante ).
Tandis que la tarification combinée est associée
à une origine-destination donnée, la tarification
intégrée s?applique à un territoire, sans distinc-
tion des origines et destinations des déplacements
réalisés (ex: un déplacement réalisé en bus + TER
puis un déplacement réalisé en car, avec un unique
titre Alsa+24H valable dans tout le département du
Bas-Rhin).
Ainsi, la tarification intégrée offre à l?usager un
titre adapté à ses besoins de déplacement au sein
d?un territoire, sans équivalent parmi les titres de
chaque AO.
En permettant à l?usager d?acheter un unique
titre pour se déplacer sur plusieurs réseaux de
transports collectifs d?un territoire, la tarification
intégrée constitue l?un des outils facilitateurs
des pratiques intermodales.
Caractéristiques et domaines de
pertinence d?une tarification intégrée
Trois indicateurs permettent de qualifier une tarifi-
cation intégrée:
? l?étendue du territoire sur lequel elle porte;
? le nombre de réseaux auxquels elle donne accès
sur ce territoire : la tarification intégrée peut
concerner l?ensemble des réseaux présents sur
le territoire ou seulement certains (par exemple:
un réseau urbain + le réseau TER mais pas le
réseau routier régional);
? le caractère plus ou moins complet de la gamme
tarifaire qu?elle propose.
En France, la tarification intégrée prend des formes
variables, mais porte principalement sur deux confi-
gurations territoriales, pour lesquelles elle consti-
tue un outil particulièrement adapté aux besoins
desusagers:
? le ressort territorial d?une AO, sur lequel
une offre de transport complémentaire est
proposée par une autre AO. Il peut s?agir par
exemple du ressort territorial d?une AOM sur
lequel des lignes TER viennent compléter le réseau
urbain. Danscet exemple, l?AOM a la compétence
pour créer une nouvelle ligne mais elle choisit de
1. Définitions et enjeux de la tarification intégrée
1 Dans la suite de la fiche, on appellera «réseau», l?ensemble des modes de transports collectifs gérés par une autorité
organisatrice donnée. On entend par autorité organisatrice les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) et les Régions (AOT)
telles que définies par le code des transports en 2018.
La gamme tarifaire d?un réseau correspond à l?en-
semble des tarifs proposés, selon le profil de l?usager
et la durée de validité des titres.
Une gamme tarifaire classique peut être décomposée
en deux principaux types de titres:
? les titres « commerciaux» accessibles à tous ou
sous condition d?âge ou de statut;
? les titres «sociaux» accessibles sous condition de
revenu et de composition du ménage.
Ces titres sont par ailleurs déclinés pour deux catégo-
ries d?usagers: les usagers occasionnels (titres unité,
carnet de titres, titre journée?) et les usagers régu-
liers (abonnements).
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
3/16
s?appuyer sur l?offre TER existante et d?en faciliter
l?accès aux usagers de son réseau;
? des territoires situés à la frontière de plusieurs
réseaux de transport, et dont la mobilité
quotidienne des habitants nécessite l?usage
des différents réseaux (ex : des habitants de
l?Oise résidant à la frontière de l?Île-de-France
qui utilisent le réseau francilien et leur réseau
urbain2).
À ces deux types de périmètres correspondent deux
logiques de tarification intégrée.
2 Voir l?outil de visualisation des résultats de l?enquête sur les grands mobiles picards, 2014. https://grandsmobiles.picardie.fr/
Exemples de tarification combinée et tarification intégrée en Région Grand Est
Deux types de coopérations tarifaires entre la Région Grand Est et les AOM du territoire permettent d?illustrer les diffé-
rences entre tarification combinée et tarification intégrée.
? Tarification combinée: les titres Primo et Presto
Ces titres sont accessibles aux moins de 26 ans (Primo) et plus de 26 ans (Presto)
et ciblent les utilisateurs réguliers de transports collectifs que sont les étudiants
et les salariés. Ils sont déclinés sous forme d?abonnements annuels, mensuels ou
hebdomadaires et permettent de voyager en TER de façon illimitée sur une origine/
destination définie ainsi que sur un ou plusieurs réseaux urbains.
Par exemple, un étudiant résidant à Sélestat et étudiant à Strasbourg, qui souhaite
utiliser régulièrement le réseau urbain de Sélestat, la ligne Sélestat-Strasbourg du
réseau TER et le réseau urbain de Strasbourg. Il peut, grâce à l?abonnement Primo,
réaliser ses déplacements en s?acquittant d?un seul abonnement au lieu de trois.
? Tarification intégrée: les titres Alsa+ 24H et Alsa+ groupe journé
Les titres intégrés Alsa+ ne sont pas
définis pour une origine-destination
spécifique mais sur l?ensemble d?un
territoire, au choix à l?échelle:
? de l?ex-Région Alsace;
? des départements Haut-Rhin ou
Bas-Rhin;
? des réseaux urbains partenaires.
Un titre permet à ses bénéficiaires
d?utiliser pendant une journée l?en-
semble des réseaux de transport
public proposés sur le territoire pour
lequel le titre est valable. Ainsi, un
détenteur d?un titre ALSA+ 24H Haut-
Rhin pourra utiliser pendant une
journée:
? le réseau TER dans les limites du
département du Haut-Rhin;
? le réseau de bus interurbains Ã
l?intérieur du département du
Haut-Rhin;
? les réseaux urbains de Colmar,
Mulhouse et Saint-Louis. Source: www.vialsace.eu
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
4/12
Cette partie présente les principales caractéristiques
des deux types de tarifications intégrées en France.
La tarification intégrée sur le périmètre
d?une AO
Ces tarifications intégrées sont généralement
développées par des AOM (ou avant 2017 par des
départements). Dans ces cas de tarification intégrée,
l?AO pilote souhaite compléter son offre de transport
par l?ajout d?offres d?autres réseaux présents sur son
territoire.
C?est par exemple le cas de la communauté d?agglo-
mération du Grand Besançon qui a mis en place,
sur son ressort territorial, en lien avec la Région
Bourgogne Franche-Comté, une tarification intégrée
permettant l?usage du réseau urbain et du réseau
régional ferroviaire dont 16gares/haltes desservent
son ressort territorial. Ainsi, un abonné du réseau
urbain peut utiliser le TER tant que ses déplace-
ments sont limités au périmètre du grand Besançon.
Z Gamme tarifaire et prix des titres ? et ?
Lorsque la tarification intégrée est développée sur
le territoire d?une AO, elle reprend généralement
la gamme tarifaire pré-existante sur le réseau
de l?AO. Toute la gamme, ou seulement une partie
des titres, peut être intégrée.
Ainsi, l?autorité organisatrice permet aux déten-
teurs de titres de sa propre gamme tarifaire d?accé-
der sans surcoût à d?autres réseaux de transport
présents sur son territoire .
L?adossement de la tarification intégrée à une
gamme tarifaire préexistante offre l?avantage de
la simplicité de sa mise en place. Elle ne requiert
ni harmonisation des tarifs entre les réseaux, ni
production de nouveaux tarifs, et permet à l?usager
de conserver son profil tarifaire3.
Du point de vue de la billettique, les titres désormais
valables sur plusieurs réseaux peuvent demeurer
inchangés ou bien évoluer afin d?y mentionner la
2. La tarification intégrée aujourd?hui en France
3 Le profil tarifaire correspond aux éventuelles réductions auxquelles l?usager à droit; par exemple, un tarif «jeune».
Localisation des gares ferroviaires sur le territoire du Grand Besançon
Source : PDU du Grand Besançon ©AudaB
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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possibilité de les utiliser sur des réseaux partenaires.
L?AO partenaire doit s?assurer que ses contrôleurs
pourront reconnaître et valider les titres intégrés.
Z Clef de répartition des coûts ?
Dans le cas de l?adossement de la tarification
intégrée à une gamme tarifaire existante, les
recettes générées par les titres intégrés sont perçues
par l?AO pilote (le réseau du Grand Besançon
dans l?exemple précédent). Celle-ci compense le
manque à gagner aux AO partenaires (laRégion
pour son offre TER) en prenant en compte:
? les recettes qu?aurait sans doute perçues chaque
AO en l?absence de titre intégré;
? les coûts de fonctionnement des services de l?AO
partenaire offerts aux usagers de la tarification
intégrée;
? le nombre de déplacements effectués par les
détenteurs de titres intégrés sur le réseau de l?AO
partenaire.
La tarification intégrée sur un territoire
spécifique
Respecter les contours d?un périmètre institutionnel
n?est pas toujours pertinent lorsqu?il s?agit de facili-
ter des pratiques intermodales que l?on observe
justement à la frange des territoires institutionnels.
Dès lors, une réflexion à une échelle institutionnelle
supra (par exemple régionale) revêt un certain sens.
Cependant, le périmètre des tarifications intégrées
doit être avant tout en adéquation avec les bassins
de déplacements.
Ainsi, lorsque les pratiques de mobilité des usagers
nécessitent de s?affranchir des périmètres des AO, la
tarification intégrée peut être déployée sur un terri-
toire adapté.
Par exemple, en Meurthe-et-Moselle, la tarification
MixCités est déployée sur un territoire formé par
quatre EPCI, réunis avec la Région Grand Est dans
un syndicat mixte SRU4: la métropole du Grand
Nancy et les communautés de communes voisines
du Bassin de Pompey, du Pays du Sel et du Vermois,
et de Moselle et Madon.
Cette tarification donne accès aux réseaux suivants:
? le réseau de transport en commun (SIT) du Bassin
de Pompey ;
? le réseau Stan de la métropole du Grand Nancy,
? le réseau interurbain Sub géré par le syndicat
mixte SRU ;
? le réseau TER entre Nancy, le Bassin de Pompey
et Moselle et Madon.
Source: https://www.reseausub.fr
L?adaptation de la billettique Ã
latarification intégrée en Loire-Atlantique
En Loire-Atlantique par exemple, les détenteurs d?un
titre de transport routier interurbain organisé par
la Région sur le département de Loire-Atlantique
(réseau Lila) peuvent utiliser ce titre, dans la limite
d?une heure, sur les réseaux urbains de Nantes et de
Saint-Nazaire.
Ticket unité
COMPOSTEZ ICI
POUR LE RÉSEAU
LILA
Valable 2h sur le réseau LILA. Valable 1h en correspondance
sur le réseau TAN et sur le réseau STRAN.
COMPOSTEZ ICI
POUR LES RÉSEAUX
TAN OU STRAN
Source: www.lila.paysdelaloire.fr Lila©
AOM sur le département de Loire-Atlantique proposant
desservices TC réguliers payants
4 Syndicat mixte de transport dit SRU créé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
6/12
Z Création d?une gamme tarifaire propre ?
Les tarifications intégrées qui ne portent pas sur un
territoire institutionnel nécessitent la création de
nouvelles gammes tarifaires.
Celles-ci ne se substituent pas forcément aux
gammes pré-existantes. Selon les cas, les usagers
de chacun des réseaux pourront continuer à utiliser
des titres non intégrés leur permettant de se dépla-
cer uniquement sur un réseau.
Ces nouvelles gammes tarifaires sont généralement
limitées aux usagers occasionnels. Les tarifications
destinées aux salariés reposant sur une origine-des-
tination récurrente peuvent en effet davantage se
prêter à des offres combinées. Ainsi, l?ex-Région
Alsace a fait le choix de développer sa tarification
intégrée pour usagers occasionnels en ne proposant
que des tarifs à la journée (Alsa+).
À la différence des cas de réutilisation de la gamme
tarifaire d?un réseau, la création d?une gamme
tarifaire intégrée constitue souvent une étape diffi-
cile à franchir dans la mesure où elle doit concilier
les spécificités des gammes tarifaires des différents
réseaux accessibles.
Par exemple, la définition du titre « jeune» varie
d?un réseau à l?autre: critères d?âge pour certains,
critères relatifs au statut pour d?autres (étudiants,
apprentis?). La synthèse de ces gammes est alors
difficile à obtenir. Cette difficulté explique pour
partie le caractère incomplet de la plupart des
gammes tarifaires intégrées proposées actuelle-
ment en France.
Cette difficulté peut en revanche être considérée
comme une opportunité pour les AO d?harmo-
niser et de simplifier leurs propres gammes
tarifaires.
Z Prix des titres ?
Lorsque la tarification intégrée est développée
distinctement des gammes tarifaires de chaque
réseau, le prix des titres résulte d?un équilibre entre
recherche d?attractivité de la gamme intégrée et
cohérence vis-à -vis du prix des différentes gammes
tarifaires existantes des réseaux.
Concrètement, le prix du titre intégré d?un usager
occasionnel réalisant plusieurs déplacements sur
des réseaux distincts sera généralement compris
entre le prix du titre d?un des réseaux et la somme
Lorsqu?elles ne couvrent pas un territoire institutionnel, les tarifications intégrées sont particulièrement adaptées aux
territoires desservis par un axe de transport structurant. C?est le cas de la tarification intégrée qui a été développée
en Région Grand Est autour du tram-train Mulhouse-Thann.
La mise en service de ce tram-train en 2010 a été accompagnée de la création d?une gamme tarifaire intégrée visant
à faciliter les déplacements en bus, car, tram, tram-train ou TER le long de la vallée de la Thur. Cette tarification
intitulée «Attitudes» est vendue à la fois sur le réseau urbain Soléa et sur le réseau SNCF.
Le périmètre qui correspond à cette tarification intégrée est formé du ressort territorial de la communauté d?aggloméra-
tion Mulhouse Alsace Agglomération et des communes situées le long de la vallée de la Thur jusqu?à Kruth. Ce territoire
n?a donc aucune existence institutionnelle, il correspond aux pratiques de mobilité des habitants de la vallée de la Thur.
Le territoire «à la carte» de la gamme tarifaire Attitudes
Source : www.cdn.ter.sncf.com © SNCF
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
7/16
des titres qu?il aurait achetés séparément en
l?absence de tarification intégrée.
Cependant, il n?est pas forcément possible
de comparer la valeur des titres intégrés et la
somme des titres de chaque réseau. En effet, la
tarification TER étant kilométrique, elle ne propose
généralement pas de titre lié à un territoire donné
mais seulement à une origine-destination choisie.
Ainsi, l?intégration de tarifications plates des
réseaux urbains5, avec des tarifications kilomé-
triques des TER, rend difficile la construction des
prix des titres intégrés, notamment pour des terri-
toires très étendus. Les AO peuvent alors recourir Ã
des tarifications zonales, qui sont un compromis
entre les tarifications «plates» et les tarifications
kilométriques.
Z Clef de répartition des coûts et des recettes ?
Les dépenses liées à la mise en place d?une
nouvelle gamme tarifaire concernent:
? le coût de création de la nouvelle gamme tari-
faire et de la billettique (définition et conception
des titres, installation ou adaptation éventuelles
des bornes de validation et des distributeurs de
titres);
? le coût de communication sur la nouvelle tarifi-
cation;
? le coût de suivi de son utilisation (enquête auprès
des usagers?).
Certains de ces coûts peuvent être mutualisés
avec ceux de la gamme tarifaire d?un des réseaux
(conception et distribution notamment).
D?autre part, la création de titres intégrés distincts
des titres proposés par chaque réseau permet
d?isoler une recette propre à la tarification
intégrée. Cependant, en raison de l?attractivité des
tarifs de la gamme tarifaire intégrée, les recettes
générées restent inférieures à celles qu?aurait
générées l?utilisation de titres séparés sur chacun
des réseaux, à fréquentation constante. Ainsi, le
bilan des recettes de la tarification intégrée doit être
apprécié en évaluant, parmi les utilisateurs de titres
intégrés:
? la part d?usagers utilisant initialement la tarifica-
tion des différents réseaux (qui, en raison de l?at-
tractivité des tarifs des titres intégrés, constitue
un manque à gagner pour les réseaux);
? la part de «nouveaux» usagers que la tari-
fication intégrée a attirée sur les réseaux de
transports (qui génèrent, eux, de nouvelles
recettes).
Ainsi, la tarification intégrée n?est pas un outil
qui vise à augmenter les recettes des AO mais
qui recherche plutôt une augmentation de
l?utilisation des transports alternatifs à l?usage
individualisé de la voiture.
Les accords financiers définis entre AO partenaires
relèvent le plus souvent d?unpartage de la recette
propre à la tarification intégrée. Les modalités de
ce partage sont variables mais reposent générale-
ment:
? sur la connaissance des réseaux utilisés par les
détenteurs de titres intégrés lors de leurs dépla-
cements ;
? sur la distinction entre les déplacements réali-
sés sur un unique réseau et ceux réalisés sur
plusieurs réseaux ;
? sur le prix des titres vendus sur chacun des
réseaux.
État des lieux de la tarification intégrée
en France
L?enquête des transports collectifs régionaux6
(données 2016) permet de dresser le portrait de
la mise en oeuvre des politiques de tarifications
intégrées en France.
Les Régions colorées correspondent aux Régions
ayant développé des tarifications intégrées sur
une partie de leur territoire (par exemple, sur le
périmètre de certaines AOM).
Il met notamment en évidence le développement
des politiques de tarification intégrée incluant les
transports régionaux. Sur les 15 Régions comportant
des politiques de tarification intégrée, 11 d?entre
elles ne sont concernées que par des intégrations
réseaux urbains/réseau ferroviaire régional, sur le
périmètre d?AOM (couleur jaune sur la carte page 9).
5 Syndicat mixte de transport dit SRU créé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
6 Enquête des transports collectifs régionaux ? DGITM, Cerema, Régions de France, GART, UTP, FNTV. Données 2016.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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Gamme tarifaire de
l?AO pilote
Quels
objectifs à la
tarification
intégrée ?
Quel
territoire ?
Quelle
gouvernance ?
Quelle
gamme
tarifaire ?
Quel prix ?
Quelle
répartition
des coûts et
des recettes ?
Faciliter l?usage de
l?ensemble des offres TC
déployées sur le ressort
territorial d?une AO
Deux types de tarification intégrées existant en France
Ressort territorial
de l?AO pilote
Territoire spécifique
Portage par l?AO
pilote
Portage partenarial
par convention ou
sous forme de
syndicat mixte SRU
Titres spécifiques
Prix de la gamme tarifaire
générale
Prix attractif par
rapport à la somme
des prix des titres
intégrés
Compensation
financière de l?AO
pilote aux autres
AO en fonction des
coûts et/ou des
recettes
Répartition des
recettes entre AO
partenaires en
fonction des
usages des titres
intégrés et des
coûts des réseaux
Proposer une
tarification unique aux
usagers se déplaçant sur
un périmètre plus large
que le ressort territorial
d?une AO
... sur le ressort territorial
d?une AO
... sur le territoire de
plusieurs AO
Deux types de tarifications intégrées existant en France...
?
?
?
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
9/16
Par ailleurs, si l?on ne recense pas de tarifi-
cation intégrée inter-régionale, il existe des
accords ponctuels développés sur des terri-
toires limitrophes ayant de fortes interactions.
C?est notamment le cas entre les Régions
Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-
Franche-Comté (carte TER illico valable sur
l?ensemble de la Région Auvergne-Rhône-
Alpes et à destination de Mâcon et Genève).
Enfin, la fusion de certaines Régions entraîne
de nouvelles réflexions sur l?intermodalité
dont il conviendra de mesurer les effets sur
les politiques de tarification intégrée.
Les tarifications intégrées à l?échelle
desanciennes Régions
Les Régions colorées correspondent aux Régions ayant déve-
loppé des tarifications intégrées sur une partie de leur territoire
(par exemple, sur le périmètre de certaines AOM)
Source : Cerema, Enquête des transports collectifs régionaux ? DGITM, Cerema, Régions de
France, GART, UTP, FNTV. Données 2016 ©Cerema
Des conditions favorables
auximpulsions régionales
Les récentes évolutions législatives, bien que ne
concernant pas directement les questions de tarifi-
cation intégrée, vont néanmoins faciliter leur mise
en oeuvre.
L?adoption de la loi MAPTAM a confié à la Région
le rôle de chef de file de l?intermodalité et de
la complémentarité entre modes de transport, la
tarification étant identifiée comme l?un des princi-
paux leviers de cette action de coordination.
Alors que très peu de tarifications intégrées sont
aujourd?hui construites à l?initiative et à l?échelle
d?une Région ou d?une ex-Région, celles-ci peuvent
désormais, au travers de la mise en place des
SRADDET, identifier des territoires où le développe-
ment de l?intermodalité passe par la mise en oeuvre
de tarifications intégrées.
Par ailleurs, les coopérations nécessaires à la mise
en oeuvre de telles tarifications ont été simplifiées
par le transfert à la Région des compétences trans-
port initialement exercées par les départements.
La mise en place d?une tarification intégrée
portant sur l?ensemble des réseaux de transport
public d?un territoire nécessite désormais un accord
entre les AOM et la Région.
Enfin, la loi du 4 août 2014 portant réforme
ferroviaire a permis aux Régions de s?affranchir
du barème kilométrique dans la tarification des
services TER. D?autres principes tarifaires (tarifica-
tion zonale, tarifs uniques?) sont donc aujourd?hui
envisageables. Ces nouveaux outils de tarification
simplifieront certainement, à terme, le développe-
ment de tarifications intégrées.
3. Pour aller plus loin
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
10/12
Par ailleurs, le périmètre des Régions a évolué
en 2016 amenant celles-ci à entreprendre des
démarches d?harmonisation des différentes
tarifications de leurs services de transport. Ces
démarches d?harmonisation peuvent amener Ã
définir des gammes tarifaires plus simples et donc
plus faciles à intégrer sur d?autres réseaux.
Si ces différentes évolutions législatives vont sans
nul doute simplifier les phases d?élaboration des
tarifications intégrées, leur impact sur le périmètre
géographique de ces tarifications est aujourd?hui
difficile à évaluer. Ces tarifications ont-elles vocation
à se multiplier ? Vont-elles se développer sur des
territoires de plus en plus étendus à l?instar de
ce qui est observé en Suisse ou en Allemagne où
les communautés tarifaires ont vocation à couvrir
l?ensemble du territoire national?
Étendre le périmètre de la tarification intégrée
(notamment pour atteindre celui de l?échelon insti-
tutionnel supérieur) n?est en effet pas un objec-
tif en soi. Le périmètre d?une tarification intégrée
doit avant tout viser à répondre à des besoins de
mobilité observés, sur un bassin de vie spécifique.
Mobility as a Service (MaaS):
leprochain défi?
Le développement d?une tarification intégrée
concourt à un usage facilité des différents réseaux
de transport collectifs sur un territoire donné.
D?autres outils complémentaires permettent de
faciliter les déplacements des usagers. Il est notam-
ment utile d?associer à un projet de tarification
intégrée, une information de qualité sur la gamme
tarifaire intégrée, et plus globalement un système
d?information multimodale et une billettique
interopérable adaptée.
Les exemples de tarification intégrées présentées
dans cette fiche concernent uniquement les réseaux
de transports collectifs. De façon générale, la tarifi-
cation intégrée comprend très rarement des
services de mobilité tels que l?autopartage ou les
vélos en libre-service. Des accords tarifaires entre
les réseaux de transports collectifs et les services de
mobilités proposés par les AO existent mais ne vont
pas jusqu?à l?intégration tarifaire. Par exemple,
? Ã Bordeaux, l?abonnement mensuel au service
de vélos en libre service coûte 22 euros pour
les abonnés du réseau de transports collectifs et
33 euros pour les non abonnés. Cependant les
usagers doivent acheter leurs deux titres sépa-
rément;
? à Besançon, l?abonnement au service d?auto-
partage Citiz est gratuit pour les abonnés du
réseau de transport collectif Ginko. Cependant,
ces usagers doivent payer les heures et les kilo-
mètres parcourus.
Ainsi, l?un des enjeux de la tarification intégrée de
demain sera de poursuivre cette dynamique de
coopération tarifaire avec les services de mobilité
déployés par les AO sur un territoire afin de facili-
ter l?accès à ces services alternatifs à l?usage de la
voiture individuelle.
Le concept de Mobility as a Service, qui s?est
développé ces dernières années, vise à offrir aux
usagers un unique service de mobilité compre-
nant l?ensemble des offres existantes (offres
publiques et privées, individuelles et collec-
tives). Ainsi, au-delà de la tarification, les projets de
MaaS prévoient d?intégrer la billettique, et l?infor-
mation multimodale, pour l?ensemble des systèmes
de transports et de mobilité.
La tarification intégrée constitue donc un premier
pas vers un système de mobilité plus intégré, que
les évolutions législatives à venir pourront contri-
buer à faire évoluer.
Tarification intermodale sur le territoire du Grand Besançon
Source : www.ginko.voyage ©Agence Dartagnan pour le Grand Besançon
Les communautés tarifaires suisses
Une vingtaine de communautés tarifaires couvrent la majeure partie du territoire suisse. Si les périmètres de ces commu-
nautés tarifaires s?inspirent du périmètre institutionnel des cantons, ils n?y correspondent généralement pas totalement,
certains besoins en mobilité pouvant amener:
? à étendre la communauté tarifaire au-delà du périmètre du canton ;
? à faire chevaucher plusieurs communautés tarifaires.
Ces communautés tarifaires font l?objet d?un découpage en zones, permettant une meilleure modulation des tarifs.
Les tarifs proposés par ces communautés tarifaires relèvent principalement d?abonnements, lesquels peuvent se substi-
tuer aux tarifs proposés sur les réseaux membres. Ainsi, l?abonnement mensuel proposé sur le réseau urbain de Fribourg
est l?abonnement Frimobil valable sur les réseaux de chemins de fer et de bus urbains et régionaux d?une zone.
En Suisse, l?étendue spatiale des communautés tarifaires et la finesse de leurs zonages s?expliquent par la très forte
densité du réseau de transport public qui dessert l?ensemble des zones même lorsque ces dernières sont éloignées
des espaces urbains. En revanche, une tarification intégrée basée sur le périmètre d?une Région française comporterait
nécessairement des secteurs non accessibles ou très faiblement desservis par les lignes régulières de transport public.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
11/16
Zones de la Communauté Tarifaire Intégrale Fribourgeoise Frimobil développée sur le canton de Fribourg de la Broye vaudoise
Source : https://www.frimobil.ch
Zone Frimobil Chemin de fer Bus régionaux Bus urbain
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
©2018-Cerema
La reproduction totale ou
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être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Novembre 2018
ISSN : 2276-0164
2018/39
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La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
Source : www.vialsace.eu
Cette fiche a été rédigée par Bertrand Dépigny, Florence Girault et Pierre Nouaille (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture:
Stéphane Chanut, Gérôme Charrier, Cécile Clément-Werny, Patrice Morandas (Cerema).
Mounia Moudjed, Florence Dujardin, Célina Sabatier (GART), Gaëlle Paternotte (DGITM), Julie Vincendeau
(Région Pays-de-la-Loire), Laurie Caron (Région Grand Est).
Contributeurs ???
? Cerema, L?intermodalité: enjeux, gouvernance, leviers, 2018
? Cerema, Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs ? Systèmes billettiques, 2017
? Cerema, 30 ans de tarification des transports collectifs urbains (hors Ile-de-France), 2014
? Certu, La coopération entre autorités organisatrices de transports : les syndicats mixtes SRU, 2014
? Gart, La coopération en matière de mobilité, 2012
? Cerema, L?intégration tarifaire dans les transports. Repères pour la mise en oeuvre, à paraître
Pour en savoir plus ???
Contact ???
? bertrand.depigny@cerema.fr
? DD.DTECTV@cerema.fr
Pilotage de la série «Boîte à outils de l?intermodalité»
? florence.girault@cerema.fr
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité*
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Collection | Connaissances
La billettique interopérable
au service de l?intermodalité
La série de fiches
« Boîte à outils de
l?intermodalité »
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
la mise en oeuvre
d?une politique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 06 - Janvier 2020
Boîte à outils de l?intermodalité
La billettique interopérable est un des leviers entre les mains
des autorités organisatrices de la mobilité pour encourager
l?usage des transports collectifs et faciliter les déplacements
intermodaux.
Cette fiche de la série « Boite à outils de l?intermodalité »
présente les caractéristiques des systèmes de billettique
interopérable et les évolutions qui permettent
d?améliorer le service rendu à l?usager. Enfin, elle
expose les principes d?organisation d?un projet de
billettique interopérable.
Cette fiche s?appuie sur l?ouvrage du Cerema Outil pour
l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports
collectifs - Systèmes billettiques paru en 2017.
1. Définition et enjeux de la billettique interopérable
La billettique interopérable :
dequoi parle-t-on ?
La billettique désigne l?ensemble des procé-
dés et outils de gestion des contrats liant :
? les producteurs d?une offre de mobilité :
les exploitants de réseau de transports
collectifs et les opérateurs de services de
mobilité ;
? les financeurs : les autorités organisatrices
de la mobilité (AOM), les Régions ;
? les utilisateurs de cette offre ;
dans lequel les billets papier ont été rempla-
cés par des supports de technologie plus
avancée (cartes à puce, QR Code, etc.) utili-
sant l?informatique et l?électronique1.
1 Définition issue de l?ouvrage : Outil pour l?acquisition
de systèmes intelligents pour les transports
collectifs, Cerema, 2017, p10.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
2/8
On appelle ainsi « système billettique » l?outil
permettant la gestion de l?ensemble des fonctions
billettique (achat, validation, contrôle, etc.).
Au-delà du support de titre, qui reste l?élément le
plus visible pour l?usager, un système billettique est
constitué des éléments suivants :
On parle de billettique interopérable lorsque deux
systèmes billettiques sont capables de communi-
quer et d?échanger entre eux. On distingue plusieurs
niveaux d?interopérabilité.
Il y a interopérabilité des supports lorsque sur un
même support (carte à puce par exemple), on peut
charger plusieurs titres de transport appartenant
chacun à différents gestionnaires de réseaux, chaque
gestionnaire gardant la maîtrise du chargement de
ses produits tarifaires sur le support commun.
On parle d?interopérabilité du service de distri-
bution ou de « vente croisée » lorsque, avec un
même support, l?usager peut voyager sur deux
réseaux tout en achetant ses deux titres auprès
d?un seul réseau.
Pour aller plus loin, les autorités organisatrices des
réseaux peuvent proposer une tarification intégrée
qui permet à l?usager d?acheter et de charger sur
son support un unique titre valable sur les deux
réseaux [1].
Enfin, il y a interopérabilité des systèmes centraux
billettiques lorsque pour réaliser des services
communs d?exploitation (service après-vente,
2 On parle également de billettique « media-centric ».
3 On parle également de billettique « serveur-centric » ou « account-based ».
répartition de recettes, etc.), les systèmes
billettiques peuvent s?échanger des informations
sur les activités réalisées.
La billettique interopérable facilite ainsi les pratiques
intermodales de l?usager en lui permettant d?utili-
ser un unique support pour charger ses titres, un
unique distributeur ou lieu de vente pour l?achat de
ses titres de transports et ce, quels que soient les
réseaux de transports utilisés.
Pour les autorités organisatrices de la mobilité, le
développement d?une billettique interopérable
participe à l?amélioration du service rendu à leurs
usagers. Elles peuvent également mutualiser des
équipements et locaux nécessaires au fonctionne-
ment du système billettique.
Acteurs et défis émergents
delabillettique interopérable
Une solution billettique est dite « centrée sur
le support2 » lorsque les informations relatives
aux titres et profils de l?usager sont stockées
dans son support. Validation, rechargement et
contrôle sont réalisés localement entre équipe-
ment et support, puis notifiés au système central
(back-office) en différé.
Une solution billettique est dite « centrée sur le
back-office3 » lorsque les informations sur les
titres et profils de l?usager sont stockées sur un
compte-client en back-office. Le support fait alors
office de moyen d?authentification de l?usager.
Les opérations de vente, validation ou contrôle
sont réalisées entre l?équipement et le back-of-
fice en utilisant une connexion internet (3G, 4G).
La billettique connaît depuis peu une évolution
importante, Ã la fois institutionnelle et technolo-
gique, dans un contexte de contraintes budgétaires
fortes pour les collectivités [2].
Z La Région, acteur fort des projets de billettique
interopérable.
En tant qu?autorités organisatrices des transports
non urbains et ferroviaires régionaux depuis 2014,
les Régions sont responsables des systèmes billetti-
ques de leurs réseaux.
Par ailleurs, leur rôle de chef de file de l?intermoda-
lité les enjoint à promouvoir le développement de
Support de titres
de transport
(Ticket, carte...)
Échanges de données
Échanges de données
Équipements de vente,
de validation, de contrôle...
Back-office
central ou local
(Héberge les données
de clientèle,
de la tarification...)
Les éléments d?un système billettique
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
3/8
projet de billettique interopérable, permettant de
faciliter les pratiques intermodales.
Enfin, les nouvelles délimitations des Régions
depuis 2015 posent la question du développe-
ment de l?interopérabilité au niveau des nouveaux
périmètres régionaux.
Z Les métropoles et grandes agglomérations
Elles ont généralement déjà développé des
systèmes billettiques et continuent de les faire
évoluer : elles sont des acteurs majeurs de la billet-
tique interopérable.
Par ailleurs, les AOM de taille intermédiaire (entre
50 000 et 150 000 habitants) s?équipent de plus en
plus. Leurs besoins sont spécifiques (recherche de
coût limité des technologies, de rapidité de mise en
oeuvre et de fiabilité des systèmes) et leurs moyens
humains et financiers sont plus réduits que ceux des
plus grandes collectivités.
Le développement des technologies a permis
l?émergence de solutions billettiques plébiscitées
par ces collectivités (systèmes centrés sur le
back-office).
Z Le développement de nouveaux services de
mobilité
Les nouveaux services, que ce soit l?autopartage,
le covoiturage, les vélos ou trottinettes en libre
service ou en location, enrichissent le bouquet de
mobilité offert aux usagers. De nouveaux acteurs,
potentiellement intéressés par des systèmes
de billettique interopérable : les opérateurs privés
de services de mobilité.
Dans ce contexte, des outils de mobilité servicelle se
développent (« MaaS », pour Mobility as a Service),
qui consistent à intégrer dans une unique application
smartphone l?information, la réservation, le paiement
de différents services de mobilité publics et privés.
Cesoutils ont pour objectif d?offrir un service dépas-
sant la billettique interopérable en intégrant notam-
ment l?information voyageur.
2. La billettique interopérable en France aujourd?hui
État des lieux
Z Les systèmes centrés sur le support ou
surleback-office
Les possibilités de connexions entre les équipe-
ments et les back-offices étant limitées dans les
années 1990, ce sont les solutions centrées sur le
support qui ont initialement été choisies en France
(parfois ainsi appelées « systèmes classiques »).
Cependant, depuis les années 2010, de nouvelles
solutions dites « légères », centrées sur le back-office,
se développent.
Elles s?adressent aux réseaux de tailles intermé-
diaires qui souhaitent déployer un système rapide-
ment. Elles consistent à installer dans les cars
ou bus un smartphone ou une tablette comme
pupitre conducteur pour la vente, un lecteur pour
la validation des titres de transport, et souvent une
imprimante de titres papier pour la vente à bord.
Lagéolocalisation permise par le smartphone offre
la possibilité de coupler facilement ces solutions Ã
un service d?aide à l?exploitation (SAE).
Développer l?interopérabilité régionale, entre
réseaux de transports en commun urbains et
régionaux, voire régionaux et internationaux selon
les territoires et les bassins de vie.
L?interopérabilité supra-régionale est notamment
un enjeu pour faciliter les déplacements
transfrontaliers (Lille-Belgique, frontière jurassienne
franco-suisse, etc.).
Défi actuel
Faire communiquer ces nouveaux systèmes (centrés
sur le back-office) avec les anciens (système dits
« centrés sur le support»).
Défi actuel
Intégrer les nouveaux services de mobilité aux
systèmes billettiques qui ciblaient jusqu?à présent
plutôt les réseaux de transports collectifs.
Défi actuel
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
4/8
Z Des investissements conséquents déjà réalisés en région [3]
14 des 22 « anciennes » régions françaises (telles
qu?elles étaient définies avant la loi Notre du
16 janvier 2015) avaient mis en oeuvre des cartes
sans contact interopérables sur leurs réseaux de
transport.
Les régions en blanc dans la carte ci-contre n?ont
pas, à l?heure actuelle, de billettique interopérable.
La carte Modalis est valable sur tout le réseau TER
de Nouvelle-Aquitaine depuis 2019, mais n?est pas
encore interopérable avec l?ensemble des réseaux
urbains de la région.
Les nouvelles régions Auvergne-Rhône-Alpes,
Grand-Est, Normandie et Occitanie ont à l?heure
actuelle deux systèmes déployés sur leur terri-
toire. L?interopérabilité à leur échelle reste donc Ã
mettre en oeuvre. Plusieurs solutions sont possibles :
juxtaposition de deux applications billettiques sur un
même support, ou mise en oeuvre d?une nouvelle
application billettique adaptée au bassin d?interopé-
rabilité de la nouvelle région, par exemple.
De nouveaux outils pour répondre aux enjeux des territoires
Z Hoplink pour un déplacement sans frontière [4]
4 Pour plus d?informations, se reporter au site https://www.calypsonet-asso.org et à l?ouvrage Outil pour l?acquisition de systèmes
intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p16.
Le service applicatif gratuit Hoplink est un nouvel
outil qui permet de développer simplement l?inte-
ropérabilité de support.
Il permet aux usagers de charger sur leur support des
titres de l?ensemble des réseaux de l?Alliance Hoplink
(jusqu?à 16 titres simultanément) en France (notam-
ment les réseaux urbains de Lille et Strasbourg) et Ã
l?international. Pour les collectivités, cet outil permet
de réduire les coûts de distribution induits par l?édi-
tion de tickets occasionnels. Les collectivités doivent
toutefois prévoir l?adaptation de leurs équipements
billettiques, notamment pour des raisons de sécurité.
L?application Hoplink se déploie sur tout support
(cartes, téléphone NFC?) bénéficiant d?un environ-
nement Calypso4 (standard d?organisation des
données). Elle peut être installée sur des cartes « de
service » type carte universitaire, comme prévu Ã
Strasbourg par exemple.
L?alliance Hoplink compte 42 membres dont une
large majorité d?AOM françaises.
Les cartes sans contact intéropérables utilisées sur des réseaux régionaux
et urbains en2018
Source : Cerema, Outils pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs,
2017, page 22.
La solution Hoplink pour les réseaux
Source : Alliance Hoplink
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
5/8
Z L?interopérabilité des systèmes centrés sur le
support et systèmes centrés sur le back-office [5]
Les nouveaux systèmes billettiques « légers »
développés depuis 2015 sur les réseaux de trans-
port de petite taille ou de taille intermédiaire, et les
systèmes « classiques » mis en place par les régions
et les grandes agglomérations ont des architectures
différentes.
Il est nécessaire de respecter des exigences parti-
culières concernant l?implantation de chacun des
systèmes si l?on souhaite les rendre interopérables.
Ces exigences, qui permettent une interopérabilité
de supports ou de titres, ont été identifiées et détail-
lées par un groupe de travail composé d?experts de
la billettique, dans le document « Interopérabilité
billettique appliquée aux systèmes SI-Serveur ?
Exigences d?implémentation »5.
5 Ce document est accessible auprès de la Commission de normalisation CN03 via le courriel : bntra-CN03@cerema.fr
6 Pour en savoir plus : https://projects.eclipse.org/projects/iot.keyple
Keyple pour faciliter l?évolution des systèmes
billettique
L?outil Keyple6 développé par Calypso Networks
Association a été conçu dans le but de favoriser
l?interopérabilité, de réduire le coût global et
de faciliter l?évolution des systèmes. Ce logiciel
open source permet en effet d?effectuer simple-
ment tous les types de transactions sans contact
(lecture, chargement, débit, validation?), avec
un haut niveau de sécurité, sans avoir à dévelop-
per de module spécifique à Calypso demandant
des investissements importants. L?architecture
de Keyple permet donc d?ajouter des plugins
communiquant avec des technologies proprié-
taires telles que Mifare, Cipurse, etc.
3. Mener un projet de billettique interopérable
Définir les objectifs d?un projet
debillettique interopérable
Avant de choisir et déployer un système billettique,
tout projet doit commencer par une réflexion sur la
définition du besoin en termes de billettique.
Cette définition du besoin s?articule en deux phases :
? un état des lieux élargi de l?existant en matière de
billettique sur le territoire considéré : outils exis-
tants, usagers ciblés (occasionnels, scolaires?),
services de transports et de mobilité concernés
(transports collectifs, services de mobilité, voire
des services autres que de mobilité), bassins de
vie des habitants, acteurs impliqués, politique
tarifaire associée? ;
? La description du service cible pour chacun
des acteurs et pour chaque segment d?usagers
identifié.
Le choix du type de technologie ne doit pas se
décider trop tôt dans la réflexion mais découler de
la vision du service et des besoins définis au regard
de l?état des lieux.
Les deux piliers d?un projet de billettique interopé-
rable sont une organisation partenariale solide et un
projet s?appuyant sur le socle normatif.
Formaliser l?organisation partenariale
d?un projet de billettique
Un projet de billettique interopérable associe classi-
quement
? les AOM du territoire ;
? les opérateurs de services de transport et de
mobilité ;
? les usagers.
L?organisation partenariale mise en place doit être :
? structurée pour soutenir la mise en place d?un
projet complexe impliquant de nombreux parte-
naires ;
? flexible pour pouvoir intégrer les nouveaux parte-
naires, parfois privés, de l?interopérabilité ;
? adaptée aux différentes phases du projet, depuis
les décisions politiques de construction du projet
jusqu?aux décisions opérationnelles.
Le projet de service commun établi par l?ensemble
des autorités organisatrices de la mobilité impli-
quées doit se traduire en projet technique qui se
matérialise par la production collégiale de plusieurs
documents, notamment :
? la charte d?interopérabilité billettique. Elle
constitue le socle du partenariat entre les AOM,
en définissant son cadre général et en posant
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
6/8
les principes de gouvernance nécessaires à la
gestion de l?évolution des normes et à l?entrée
des différents partenaires dans le projet.
? une base documentaire. Celle-ci décline les prin-
cipes et objectifs de la charte en spécifications
fonctionnelles et techniques, dont le REFOCO
(REférentiel FOnctionnel COmmun) qui décrit
les spécifications fonctionnelles communes des
systèmes et le service billettique commun (en
matière de distribution, de relation client, etc.).
Dans ces documents, les références normatives sont
indiquées de façon précise.
L?intégration des nouveaux services de mobilité
(autopartage, vélos en libre service, covoiturage,
etc.) complexifie la gouvernance en ajoutant des
acteurs publics ou privés au partenariat, mais ne
modifie pas les principes du système de billettique.
7 Pour plus d?informations, se reporter au site https://www.calypsonet-asso.org) et à l?ouvrage Outil pour l?acquisition de systèmes
intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p104.
8 Décret n°2009-697 du 16juin 2009 relatif à la normalisation.
9 Pour plus d?informations : www.billettique.fr
S?appuyer sur un socle normatif7
La normalisation est une activité d?intérêt général
qui a pour objet de fournir des documents de
référence élaborés de manière consensuelle
par toutes les parties intéressées, portant sur
des règles, des caractéristiques, des recomman-
dations ou des exemples de bonnes pratiques,
relatives à des produits, à des services, à des
méthodes, à des processus ou à des organisa-
tions8.
L?existence de normes françaises (AFNOR),
européennes (CEN) ou internationales (ISO) consti-
tue un socle technique solide et partagé sur lequel
appuyer son projet de billettique interopérable9.
Les principaux textes normatifs des systèmes billettiques
Source : Outils pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema ,2017, p. 108
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
7/8
Normaliser son projet permet d?en limiter les coûts
sur le long terme, et les risques techniques, par
rapport au choix de technologies et de développe-
ments propriétaires.
Les normes ne sont pas automatiquement d?appli-
cation obligatoire. Il faut donc penser à y faire
référence, notamment dans les cahiers des charges,
lors de l?acquisition d?une solution billettique.
La commission de normalisation CN03 élabore
les normes pour le domaine « transport public ?
mobilité et ITS ». Elle est présidée par le Groupe-
ment des Autorités Responsables de Transport
(GART), qui représente les intérêts des collectivi-
tés locales autorités organisatrices de la mobilité,
et relaie l?expression de leurs besoins.
S?appuyer sur des normes est donc nécessaire
mais parfois insuffisant. C?est pourquoi il existe
des certifications qui permettent de s?assurer que
celles-ci sont respectées. Ces certifications sont
vivement conseillées dans certains cas, notamment
pour garantir l?interopérabilité des supports et des
équipements billettiques au niveau de la communi-
cation sans contact [6].
4. Conclusion
La loi d?orientation des mobilités renforce le rôle
des Régions en termes d?organisation des services
de mobilité. Celles-ci ont dorénavant la compétence
d?organisation de services de covoiturage, d?auto-
partage, ou de mobilité active (vélo).
Les projets de billettique interopérable permettent
de mettre en réseau et de faciliter l?intermoda-
lité entre les différents services de transport et de
mobilité existants sur un territoire. En ce sens, ils
répondent aux orientations actuelles visant une
mobilité plus fluide pour les déplacements du
quotidien.
Les différentes étapes de construction et de déploie-
ment d?un projet de billettique interopérable, et
l?organisation partenariale associée, peuvent prépa-
rer la concrétisation d?un projet de MaaS (Mobility
as a Service). Ceux-ci émergent sur le territoire
national, portés principalement par les acteurs
publics (AOM locales et Régions), dans l?objectif de
simplifier l?accès à la mobilité multimodale et inter-
modale publique et privée.
Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents
pour les transports collectifs - Systèmes billettiques
60 ¤ - Commander sur www.cerema.fr
Ouvrage papier - 204 pages - Format 21x29.7 cm
Novembre 2017 / Réf. : RF18022017 / ISBN : 978-2-180-220-9
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
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2020/02
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autant prétendre à l?exhaustivité. Elle offre une mise à jour des savoirs et pratiques professionnelles incluant de nouvelles
approches techniques ou méthodologiques. Elle s?adresse à des professionnels souhaitant maintenir et approfondir leurs
connaissances sur des domaines techniques en évolution constante. Les éléments présentés peuvent être considérés comme
des préconisations, sans avoir le statut de références validées.
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Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
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Frédéric Le Lan -
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Une série de fiches « Boîte à outils de l?intermodalité » (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Fiche n° 07
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 06 La billettique interopérable au service de l?intermodalité
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Ouvrages ou fiches auxquels se référer pour plus de compléments
[1] La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité, fiche n° 5 de la série « Boîte à outils de
l?intermodalité », Cerema, 2018
[2] Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p23.
[3] Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p17.
[4] L?utilisation d?Hoplink pour développer l?interopérabilité, Fiche n° 4 de la série « Outil d?aide à la
rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2018.
[5] L?interopérabilité des systèmes billettiques légers centrés sur le back-office, Fiche n° 5 de la série
« Outil d?aide à la rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2018.
[6] Communication sans contact entre les équipements et les supports billettiques, Fiche n° 1 Fiche de la
série « Outil d?aide à la rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2017.
Références bibliographiques ????
? florence.girault@cerema.fr ? DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault et Pierre Normand (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture : Benoît Chauvin (GART), Ali Saïdi (Setec ITS), Valentina Zajackowski
(Calypso Networks Association) ainsi que Sylvain Belloche et Bernard Allouche (Cerema).
Contributeurs ???
1. Définitions et enjeux de l?intermodalité
2. Pratiques des usagers et difficultés rencontrées
3. La gouvernance de l?intermodalité
4. Des leviers pour faciliter l?intermodalité
Définir un réseau de transports collectifs hiérarchisé comme armature du système de mobilité d?un territoire
Coordonner les modalités d?exploitation des services detransport
Lier les services de mobilité active et partagée auréseau TC
Coordonner les offres sur un territoire
1. Les pôles d?échanges multimodaux: de quoi parle-t-on?
2. Les acteurs et partenaires des pôles d?échanges
3. Pour une conception intégrée des pôles d?échanges
4. Perspectives
1. Définitions et enjeux de la tarification intégrée
2. La tarification intégrée aujourd?hui en France
3. Pour aller plus loin
1. Définition et enjeux de la billettique interopérable
2. La billettique interopérable en France aujourd?hui
3. Mener un projet de billettique interopérable
4. Conclusion
(ATTENTION: OPTION ©riurbains
peu denses, où les bus sont économiquement peu
pertinents.
Un stationnement voiture facilité par un parking
relais (au sol ou en ouvrage) est un levier fort
pour faciliter les déplacements intermodaux
voiture-transports collectifs. L?encouragement de
cette pratique passe aussi généralement par une
tarification du stationnement intégrée à l?abon-
nement de transport collectif, voire une gratuité
du stationnement, avec néanmoins deux incon-
vénients : la concurrence avec le rabattement bus
quand il y en a un, et avec la marche sur les courtes
distances.
Une attention particulière devra aussi être portée
à l?aménagement d?aires de stationnement pour
ladépose ou la reprise. L?absence de ce type d?offre
génère immanquablement des conflits avec les
autres modes de déplacements. Ces aires de station-
nement spécifiques doivent être positionnées Ã
proximité des accès au PEM, et leur aménagement
doit offrir la disponibilité immédiate d?une place
pour une durée très courte (« dépose minute »),
un départ sans contrainte des véhicules après la
dépose, et la sécurité des échanges.
5 Les VTC ne peuvent stationner aux abords des gares que s?ils justifient de la réservation d?un client (Art. L. 3120-2.-II du Code
destransports).
De même, il est nécessaire de prévoir l?organisa-
tion du stationnement pour les taxis et Voitures
deTransport avec Chauffeur (VTC)5 afin d?éviter des
conflits d?usage de la voirie.
En milieu dense, la voiture est, a contrario, le mode
à réguler fortement pour les accès aux PEM, compte
tenu de son impact environnemental, mais aussi des
flux importants de piétons et de bus convergeant
vers le pôle dans des espaces souvent contraints.
La prise en compte du covoiturage
La pratique du covoiturage, qui permet notamment
de réduire la pression sur le stationnement et la
congestion des voiries en augmentant le nombre
de passagers transportés par véhicule, peut être
favorisée dans les PEM de plusieurs manières :
? en aménageant des emplacements de station-
nement localisés à proximité des accès au mode
lourd ;
? en offrant au conducteur un tarif préférentiel de
stationnement ;
? en organisant l?offre de covoiturage dans un péri-
mètre incluant le PEM (par exemple, des «lignes
de covoiturage» à destination des PEMmatéria-
lisées par des écrans ou des panneaux decovoi-
turage, favorisant le ramassage à la demandeet
en temps réel de passagers).
Station de taxis,
immédiatement
visible depuis le
parvis de la gare
de Grenoble
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Z Mettre en cohérence l?offre de stationnement
du pôle d?échanges à l?échelle du quartier ou
delacommune
La cohérence de la politique de stationnement
dans l?aire d?influence du PEM est nécessaire pour
réguler le stationnement de rabattement. Dans ce
périmètre, les besoins de stationnements automo-
biles sont multiples, liés à la diversité des usages
et des générateurs de déplacements. L?absence de
régulation conduit parfois à un envahissement du
quartier du PEM par les automobilistes en rabatte-
ment, au détriment des résidents et de l?accessibilité
aux commerces. En outre, l?absence de réglemen-
tation ou de surveillance du stationnement sur
voirie autour d?un PEM peut limiter l?utilisation des
parkings relais. Or ceux-ci ont un coût d?investisse-
ment et d?exploitation importants quand il s?agit
d?ouvrages capacitaires.
L?information voyageurs, outil «clefdevoûte» de l?intermodalité
Parmi les services fondamentaux d?un PEM, l?infor-
mation voyageurs est à la fois l?un des plus impor-
tants et l?un des plus difficiles à mettre en place
compte-tenu de la multiplicité des opérateurs.
Différents besoins sont à satisfaire, en fonction des
modes de transport présents.
Z La signalétique de jalonnement
Elle est fondamentale au bon fonctionnement
du PEM et à la gestion des flux, car elle guide les
usagers dans la complexité des espaces.
La signalétique de jalonnement est trop souvent la
juxtaposition de supports mis en place par différents
transporteurs dans leurs espaces, qui reprennent
des signes et une identité de marque qui leur sont
propres, sans continuité, sans unité de langage ni
complétude des modes indiqués.
Pour être efficace et lisible, elle doit hiérarchiser la
nature et la précision des informations à donner
tout au long du cheminement (modes, puis lignes,
puis sens de circulation des lignes). Afin d?être
repérés dans des espaces souvent encombrés
d?informations, les éléments de guidage peuvent
utiliser tous les supports présents sur le parcours
des voyageurs (sols, mâts, murs?).
La sûreté, essentielle pour préserver l?attractivité du pôle
La sûreté du PEM et de ses accès sur voiries est un
point clé du ressenti quotidien des voyageurs
et des personnels exploitants du PEM.
La sécurité des réseaux de transports publics
par présence humaine est en règle générale
assurée par les polices municipales, dont les pou-
voirs ont été récemment étendus par la loi n°
2016-339 du 22 mars 2016 relative à la prévention
et à la lutte contre les incivilités. Des partenariats
entre les opérateurs de transports exploitants du
PEM et la police municipale, nationale ou la gen-
darmerie, peuvent renforcer la coordination des
différentes parties prenantes. Les opérateurs ont
aussi la possibilité de créer leurs propres services
de sécurisation de leurs réseaux (par exemple la
SUrveillance GEnérale (SUGE) en Île-de-France,
service commun à la SNCF et à la RATP).
La mise en place d?une vidéo-surveillance dans
certains espaces du PEM est une mesure cou-
rante, encadrée juridiquement, pouvant être mise
en oeuvre. Si elle peut améliorer le ressenti des
voyageurs ainsi que le traitement juridique des
actes de malveillance et des incivilités, son effica-
cité dans la dissuasion reste relative, et soneffet
indirect peut être de déporter ces actes dans
d?autres espaces, au sein ou autour du PEM.
Des précautions dans la conception des espaces
peuvent aussi constituer des mesures à caractère
dissuasif simples à mettre en place : dispositifs
d?éclairage renforcés à certains endroits, gestion
attentionnée et sans délaissé des espaces, bornes
fixes ou amovibles anti-véhicule bélier, suppres-
sion de recoins masques à la visibilité (à défaut,
pose de miroirs d?angles).
Pour identifier et partager entre acteurs les diffi-
cultés concrètes dans ce domaine, des marches
exploratoires nocturnes (souvent mises en
place par la SNCF dans ses gares)associant des
voyageurs, les exploitants et un élu de quartier
peuvent permettent d?identifier les zones problé-
matiques du PEM.
Des études préalables de Sécurité et de Sûreté
Publique (ESSP) sont obligatoires depuis 2007
pour certains projets d?aménagement (Article 14
de la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la
prévention de la délinquance).
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Z Le plan du pôle et de son environnement
Il est utile pour se situer dans les espaces, et prendre
connaissance des modes disponibles. Maisil ne peut
remplacer un jalonnement performant, d?autant
que nombre d?usagers ont des difficultés de lecture
des plans en 2 ou 3 dimensions.
Z L?information horairedes transports collectifs
Elle peut être théorique ou en temps réel.
Z L?information circonstanciée sur les perturbations,
retards, annulations
Les usagers de PEM utilisent souvent plusieurs
modes de transport et sont donc dans une chaîne de
déplacement complexe qu?une perturbation peut
rompre. Une information (Ã distance et sur place)
sur les perturbations en cours et les alternatives
possibles est donc primordiale.
Les supports d?information peuvent être multi-
ples afin d?être adaptés à l?ensemble des usagers
(écrans tactiles, annonces sonores?).
6 Voir Signalétique intermodale dans les aéroports, Cerema, 2018 et Signalétique intermodale dans les gares, Cerema, à paraître.
Chaque réseau utilisant souvent son propre système
d?information et n?affichant que l?offre qu?il exploite
(sur les plans réseaux, sur les panneaux de signalé-
tique?), il convient de définir les principes généraux
du dispositif d?information à mettre en place dans le
PEM6, éventuellement via une étude spécifique sur
le sujet, pour:
? hiérarchiser les différentes informations à mettre
en place,
? définir les signes communs à adopter pour la
signalétique,
? homogénéiser les dénominations des lieux,
? concevoir la synergie des supports entre écrans
et panneaux de jalonnement?
Panneau d?information multimodale à Nantes
Source: Cerema
Borne d?information multimodale en gare d?Hendaye
Source: Cerema
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Des services pour répondre aux besoins des usagers
Le développement de services dans les PEM, qu?ils
soient marchands ou non, répond à une demande
croissante des usagers qui souhaitent optimiser leur
temps de déplacement et le rendre plus agréable.
On peut classer ces services en trois grandes
catégories.
Z Les services liés au confort d?attente
? des espaces d?attente abrités et confortables
équipés de poubelles et de prises électriques,
? des toilettes,
? des commerces ou distributeurs automatiques
(boissons, alimentation?).
Z Les services qui permettent d?éviter des
déplacements supplémentairespour l?usager
? les commerces de proximité de la vie quoti-
dienne : paniers de fruits et légumes de vente en
circuit court, vente de journaux, conciergeries?
? les automates ou services de retraits de colis.
Dans les PEM aux flux très importants et continus
(gares mixant dessertes ferroviaires nationales et
dessertes urbaines), d?autres services marchands se
développent (commerces d?agrément). Leur effica-
cité économique dépendant beaucoup de leur locali-
sation précise dans des espaces souvent complexes
(position et orientation du commerce par rapport
aux principaux flux), ils nécessitent des investisse-
ments souvent conséquents, pour libérer, adapter et
mettre aux normes les espaces les plus viables.
Le système d?information SNCF
La SNCF utilise un système d?information spécifique
et national pour ses trains (système «IENA» depuis
2018). Le seul moyen d?afficher sur un même écran
les horaires SNCF et ceux d?autres opérateurs est
d?intégrer les horaires des autres modes dans le
système SNCF. C?est la solution retenue par exemple
à Poitiers, où tous les départs (ferroviaires, routiers
interurbains et urbains) sont affichés sur les mêmes
écrans. A défaut d?écrans partagés, des écrans sépa-
rés peuvent être installés par exemple à mi-chemin
entre le pôle bus et la gare ferroviaire : en sortie
du pôle bus sont affichés les horaires des trains, en
sortie de la gare SNCF ceux des cars et bus (solution
mise en oeuvre à Saint-Nazaire).
Panneau d?information multimodale en gare d?Hendaye
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Z Les services qui peuvent donner une dimension
supplémentaire d?équipement urbain au PEM
Comme les micro-crèches, espaces partagés de
coworking, salles de sport ou encore espaces
évènementiels, nécessitent à la fois un investisse-
ment important pour leur mise en oeuvre (locaux
vastes à aménager, avec les normes réglementaires
des ERP), et des coûts d?exploitation conséquents :
leur modèle économique est donc souvent difficile
à équilibrer pour leurs opérateurs, qui en portent
leplus souvent seuls les risques.
Automate de
retrait de colis, au
PEM de Grenoble
Source: Cerema
Pharmacie
dans la gare de
Marseille Saint-
Charle
Source: Cerema
Espace d?attente et de travail connecté au PEM de Grenoble
Source: Cerema
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Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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4. Perspectives
7 Prévus par la future Loi d?Orientation des Mobilités.
Les pôles d?échanges multimodaux sont devenus
des équipements porteurs d?enjeux de mobilité et
d?aménagement de plus en plus larges : dévelop-
pement de l?intermodalité intégrant l?ensemble
des services de mobilité, densification et valorisa-
tion urbaines autour des gares, développement de
services du quotidien. Ils dépassent ainsi la seule
dimension du transport.
En structurant les déplacements quotidiens ou en
accompagnant la mise en oeuvre de restrictions
de circulation en zone dense, les PEM s?affirment
deplus en plus comme des outils de planification de
la mobilité à l?échelle métropolitaine ou régionale.
Ainsi, à proximité des PEM, peut être développé
un urbanisme efficace pour les territoires et leurs
habitants. De nouvelles formes de PEM, plus petits,
non liés à des gares ferroviaires ou routières,
sedéveloppent aussi pour la desserte de territoires
peu denses, en relation étroite avec le développe-
ment de services par le numérique (covoiturage...),
ou pour répondre à la congestion des réseaux
routiers structurants (stations de bus sur voie struc-
turante d?agglomération).
À travers leur posture de chef de file de l?intermo-
dalité et leur compétence relative à la planification
de l?intermodalité, les Régions ont un rôle phare
pour coordonner les offres de transports, notam-
ment à travers des schémas régionaux de pôles
d?échanges. Les contrats opérationnels de mobilité7
seront également des outils permettant de struc-
turer des pôles d?échanges à l?échelle des bassins
demobilité.
Mobility As A Service et pôles d?échanges
Ces dernières années ont vu l?émergence d?un nouveau type de service, le MaaS (Mobility as a Service), qui
consiste à intégrer et coordonner les offres de mobilité existantes sur un territoire en permettant à l?usager
de les utiliser avec un unique support et un seul compte usager. à Hambourg, en Allemagne, l?autorité orga-
nisatrice de la mobilité a développé ce service depuis 2017. Depuis, les pôles d?échanges de l?agglomération
intègrent une borne, identifiée avec le logo du service, qui permet de consulter les moyens de transports
disponibles dans le pôle, les informations de sa carte de transport, ou encore de calculer un itinéraire. En com-
plément, certains services de mobilité inclus dans le MaaS sont identifiés aux couleurs de l?outil (en vert sur la
photo). Ce système permet de matérialiser et d?ancrer territorialement un service par essence principalement
virtuel.
En vert, des places de stationnement réservées aux services de mobilité inclus dans l?offre MaaS «Switch»
d?Hambourg
Source: HOCHBAHN
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
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©2019-Cerema
La reproduction totale ou
partielle du document doit
être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Septembre 2019
ISSN : 2276-0164
2019/46
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Cerema Territoires et ville
Service édition
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Jouve
Mayenne
La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Collection | Références
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
PEM de Besançon
Source : Cerema
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault, Sylvain Michelon et Alexandre Strauss (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture:
Anne Bellamy (AGIR), Romain Cipolla (GART), Gaëlle Paternotte (DGITM), Gilles Bentayou, Cécile Clément,
Bertrand Depigny, Nicolas Furmanek, Nicolas Nuyttens et Cyprien Richer (Cerema).
Contributeurs ???
florence.girault@cerema.fr
DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
? Cette fiche est en partie issue de l?ouvrage Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville
durable, Cerema, 2017.
? Cerema, Gares routières, 2017.
? Cerema, Signalétique intermodale dans les aéroports, 2018.
? Cerema, Développer des services dans les gares TER, 2017.
? Cerema, Signalétique intermodale dans les gares, rapport d?études, à paraître.
Pour aller plus loin ???
Collection | Références
La tarification intégrée
pourfaciliterl?intermodalité
La série de fiches
«Boîte à outils de
l?intermodalité»
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
lamise en oeuvre
d?unepolitique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 05 - novembre 2018
Boîte à outils de l?intermodalité
La tarification est un des principaux leviers entre les mains des autorités organisa-
trices des transports et de la mobilité pour faciliter les déplacements intermodaux
de leurs usagers. En effet, lorsque ces déplacements nécessitent l?usage successif
ou alternatif d?offres de transport relevant d?autorités organisatrices différentes,
des tarifications partenariales peuvent être proposées. Elles reposent alors sur une
coopération entre les autorités organisatrices et prennent différentes formes, dont la
«tarification intégrée», encore rare en France, constitue la modalité la plus aboutie.
Cette fiche de la série « Boîte Ã
outils de l?intermodalité » présente
les caractéristiques, les atouts et les
formes prises en France par la tarifi-
cation intégrée. Elle permet ainsi
au lecteur d?identifier les configu-
rations territoriales pour lesquelles
son déploiement est judicieux et de
s?approprier les principales étapes
de sa mise en oeuvre.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
2/12
La réalisation de déplacements intermodaux néces-
site parfois l?usage de plusieurs réseaux de trans-
ports collectifs gérés par des autorités organisatrices
(AO) distinctes1. Afin de faciliter ces déplacements
et de les rendre plus intuitifs pour l?usager, certaines
AO coopèrent pour mettre en place un système de
tarification dite «intégrée», permettant à l?usager
de bénéficier d?un unique titre pour ses déplace-
ments plutôt qu?un titre par réseau.
La première partie de cette fiche présente la tarifi-
cation intégrée comme outil au service de l?inter-
modalité.
Tarification intégrée: de quoi parle-t-on?
Depuis longtemps, les AO agissent sur la tarification
de leur réseau pour faciliter l?intermodalité.
Historiquement, ce choix s?est tout d?abord traduit
pour une AO par le fait de permettre, sur son ressort
territorial, l?utilisation de l?ensemble des lignes de
transport collectif de son réseau avec un seul titre
de transport (ex: un unique ticket pour réaliser un
trajet tramway + bus).
Dans un deuxième temps, des besoins en déplace-
ment dépassant l?offre proposée par un seul réseau
de transport ayant été identifiés, des tarifications
intermodales « combinées » ont été mises en
place. Celles-ci proposent, pour un déplacement
nécessitant l?usage de plusieurs réseaux (réseau
urbain + TER par exemple), une réduction tarifaire
par rapport à l?achat séparé des titres nécessaires Ã
ce déplacement (ex: un titre valable sur le réseau
urbain + une origine-destination donnée sur une
ligne du réseau TER. Cf. encadré page suivante ).
Tandis que la tarification combinée est associée
à une origine-destination donnée, la tarification
intégrée s?applique à un territoire, sans distinc-
tion des origines et destinations des déplacements
réalisés (ex: un déplacement réalisé en bus + TER
puis un déplacement réalisé en car, avec un unique
titre Alsa+24H valable dans tout le département du
Bas-Rhin).
Ainsi, la tarification intégrée offre à l?usager un
titre adapté à ses besoins de déplacement au sein
d?un territoire, sans équivalent parmi les titres de
chaque AO.
En permettant à l?usager d?acheter un unique
titre pour se déplacer sur plusieurs réseaux de
transports collectifs d?un territoire, la tarification
intégrée constitue l?un des outils facilitateurs
des pratiques intermodales.
Caractéristiques et domaines de
pertinence d?une tarification intégrée
Trois indicateurs permettent de qualifier une tarifi-
cation intégrée:
? l?étendue du territoire sur lequel elle porte;
? le nombre de réseaux auxquels elle donne accès
sur ce territoire : la tarification intégrée peut
concerner l?ensemble des réseaux présents sur
le territoire ou seulement certains (par exemple:
un réseau urbain + le réseau TER mais pas le
réseau routier régional);
? le caractère plus ou moins complet de la gamme
tarifaire qu?elle propose.
En France, la tarification intégrée prend des formes
variables, mais porte principalement sur deux confi-
gurations territoriales, pour lesquelles elle consti-
tue un outil particulièrement adapté aux besoins
desusagers:
? le ressort territorial d?une AO, sur lequel
une offre de transport complémentaire est
proposée par une autre AO. Il peut s?agir par
exemple du ressort territorial d?une AOM sur
lequel des lignes TER viennent compléter le réseau
urbain. Danscet exemple, l?AOM a la compétence
pour créer une nouvelle ligne mais elle choisit de
1. Définitions et enjeux de la tarification intégrée
1 Dans la suite de la fiche, on appellera «réseau», l?ensemble des modes de transports collectifs gérés par une autorité
organisatrice donnée. On entend par autorité organisatrice les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) et les Régions (AOT)
telles que définies par le code des transports en 2018.
La gamme tarifaire d?un réseau correspond à l?en-
semble des tarifs proposés, selon le profil de l?usager
et la durée de validité des titres.
Une gamme tarifaire classique peut être décomposée
en deux principaux types de titres:
? les titres « commerciaux» accessibles à tous ou
sous condition d?âge ou de statut;
? les titres «sociaux» accessibles sous condition de
revenu et de composition du ménage.
Ces titres sont par ailleurs déclinés pour deux catégo-
ries d?usagers: les usagers occasionnels (titres unité,
carnet de titres, titre journée?) et les usagers régu-
liers (abonnements).
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
3/16
s?appuyer sur l?offre TER existante et d?en faciliter
l?accès aux usagers de son réseau;
? des territoires situés à la frontière de plusieurs
réseaux de transport, et dont la mobilité
quotidienne des habitants nécessite l?usage
des différents réseaux (ex : des habitants de
l?Oise résidant à la frontière de l?Île-de-France
qui utilisent le réseau francilien et leur réseau
urbain2).
À ces deux types de périmètres correspondent deux
logiques de tarification intégrée.
2 Voir l?outil de visualisation des résultats de l?enquête sur les grands mobiles picards, 2014. https://grandsmobiles.picardie.fr/
Exemples de tarification combinée et tarification intégrée en Région Grand Est
Deux types de coopérations tarifaires entre la Région Grand Est et les AOM du territoire permettent d?illustrer les diffé-
rences entre tarification combinée et tarification intégrée.
? Tarification combinée: les titres Primo et Presto
Ces titres sont accessibles aux moins de 26 ans (Primo) et plus de 26 ans (Presto)
et ciblent les utilisateurs réguliers de transports collectifs que sont les étudiants
et les salariés. Ils sont déclinés sous forme d?abonnements annuels, mensuels ou
hebdomadaires et permettent de voyager en TER de façon illimitée sur une origine/
destination définie ainsi que sur un ou plusieurs réseaux urbains.
Par exemple, un étudiant résidant à Sélestat et étudiant à Strasbourg, qui souhaite
utiliser régulièrement le réseau urbain de Sélestat, la ligne Sélestat-Strasbourg du
réseau TER et le réseau urbain de Strasbourg. Il peut, grâce à l?abonnement Primo,
réaliser ses déplacements en s?acquittant d?un seul abonnement au lieu de trois.
? Tarification intégrée: les titres Alsa+ 24H et Alsa+ groupe journé
Les titres intégrés Alsa+ ne sont pas
définis pour une origine-destination
spécifique mais sur l?ensemble d?un
territoire, au choix à l?échelle:
? de l?ex-Région Alsace;
? des départements Haut-Rhin ou
Bas-Rhin;
? des réseaux urbains partenaires.
Un titre permet à ses bénéficiaires
d?utiliser pendant une journée l?en-
semble des réseaux de transport
public proposés sur le territoire pour
lequel le titre est valable. Ainsi, un
détenteur d?un titre ALSA+ 24H Haut-
Rhin pourra utiliser pendant une
journée:
? le réseau TER dans les limites du
département du Haut-Rhin;
? le réseau de bus interurbains Ã
l?intérieur du département du
Haut-Rhin;
? les réseaux urbains de Colmar,
Mulhouse et Saint-Louis. Source: www.vialsace.eu
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
4/12
Cette partie présente les principales caractéristiques
des deux types de tarifications intégrées en France.
La tarification intégrée sur le périmètre
d?une AO
Ces tarifications intégrées sont généralement
développées par des AOM (ou avant 2017 par des
départements). Dans ces cas de tarification intégrée,
l?AO pilote souhaite compléter son offre de transport
par l?ajout d?offres d?autres réseaux présents sur son
territoire.
C?est par exemple le cas de la communauté d?agglo-
mération du Grand Besançon qui a mis en place,
sur son ressort territorial, en lien avec la Région
Bourgogne Franche-Comté, une tarification intégrée
permettant l?usage du réseau urbain et du réseau
régional ferroviaire dont 16gares/haltes desservent
son ressort territorial. Ainsi, un abonné du réseau
urbain peut utiliser le TER tant que ses déplace-
ments sont limités au périmètre du grand Besançon.
Z Gamme tarifaire et prix des titres ? et ?
Lorsque la tarification intégrée est développée sur
le territoire d?une AO, elle reprend généralement
la gamme tarifaire pré-existante sur le réseau
de l?AO. Toute la gamme, ou seulement une partie
des titres, peut être intégrée.
Ainsi, l?autorité organisatrice permet aux déten-
teurs de titres de sa propre gamme tarifaire d?accé-
der sans surcoût à d?autres réseaux de transport
présents sur son territoire .
L?adossement de la tarification intégrée à une
gamme tarifaire préexistante offre l?avantage de
la simplicité de sa mise en place. Elle ne requiert
ni harmonisation des tarifs entre les réseaux, ni
production de nouveaux tarifs, et permet à l?usager
de conserver son profil tarifaire3.
Du point de vue de la billettique, les titres désormais
valables sur plusieurs réseaux peuvent demeurer
inchangés ou bien évoluer afin d?y mentionner la
2. La tarification intégrée aujourd?hui en France
3 Le profil tarifaire correspond aux éventuelles réductions auxquelles l?usager à droit; par exemple, un tarif «jeune».
Localisation des gares ferroviaires sur le territoire du Grand Besançon
Source : PDU du Grand Besançon ©AudaB
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novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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possibilité de les utiliser sur des réseaux partenaires.
L?AO partenaire doit s?assurer que ses contrôleurs
pourront reconnaître et valider les titres intégrés.
Z Clef de répartition des coûts ?
Dans le cas de l?adossement de la tarification
intégrée à une gamme tarifaire existante, les
recettes générées par les titres intégrés sont perçues
par l?AO pilote (le réseau du Grand Besançon
dans l?exemple précédent). Celle-ci compense le
manque à gagner aux AO partenaires (laRégion
pour son offre TER) en prenant en compte:
? les recettes qu?aurait sans doute perçues chaque
AO en l?absence de titre intégré;
? les coûts de fonctionnement des services de l?AO
partenaire offerts aux usagers de la tarification
intégrée;
? le nombre de déplacements effectués par les
détenteurs de titres intégrés sur le réseau de l?AO
partenaire.
La tarification intégrée sur un territoire
spécifique
Respecter les contours d?un périmètre institutionnel
n?est pas toujours pertinent lorsqu?il s?agit de facili-
ter des pratiques intermodales que l?on observe
justement à la frange des territoires institutionnels.
Dès lors, une réflexion à une échelle institutionnelle
supra (par exemple régionale) revêt un certain sens.
Cependant, le périmètre des tarifications intégrées
doit être avant tout en adéquation avec les bassins
de déplacements.
Ainsi, lorsque les pratiques de mobilité des usagers
nécessitent de s?affranchir des périmètres des AO, la
tarification intégrée peut être déployée sur un terri-
toire adapté.
Par exemple, en Meurthe-et-Moselle, la tarification
MixCités est déployée sur un territoire formé par
quatre EPCI, réunis avec la Région Grand Est dans
un syndicat mixte SRU4: la métropole du Grand
Nancy et les communautés de communes voisines
du Bassin de Pompey, du Pays du Sel et du Vermois,
et de Moselle et Madon.
Cette tarification donne accès aux réseaux suivants:
? le réseau de transport en commun (SIT) du Bassin
de Pompey ;
? le réseau Stan de la métropole du Grand Nancy,
? le réseau interurbain Sub géré par le syndicat
mixte SRU ;
? le réseau TER entre Nancy, le Bassin de Pompey
et Moselle et Madon.
Source: https://www.reseausub.fr
L?adaptation de la billettique Ã
latarification intégrée en Loire-Atlantique
En Loire-Atlantique par exemple, les détenteurs d?un
titre de transport routier interurbain organisé par
la Région sur le département de Loire-Atlantique
(réseau Lila) peuvent utiliser ce titre, dans la limite
d?une heure, sur les réseaux urbains de Nantes et de
Saint-Nazaire.
Ticket unité
COMPOSTEZ ICI
POUR LE RÉSEAU
LILA
Valable 2h sur le réseau LILA. Valable 1h en correspondance
sur le réseau TAN et sur le réseau STRAN.
COMPOSTEZ ICI
POUR LES RÉSEAUX
TAN OU STRAN
Source: www.lila.paysdelaloire.fr Lila©
AOM sur le département de Loire-Atlantique proposant
desservices TC réguliers payants
4 Syndicat mixte de transport dit SRU créé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
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Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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Z Création d?une gamme tarifaire propre ?
Les tarifications intégrées qui ne portent pas sur un
territoire institutionnel nécessitent la création de
nouvelles gammes tarifaires.
Celles-ci ne se substituent pas forcément aux
gammes pré-existantes. Selon les cas, les usagers
de chacun des réseaux pourront continuer à utiliser
des titres non intégrés leur permettant de se dépla-
cer uniquement sur un réseau.
Ces nouvelles gammes tarifaires sont généralement
limitées aux usagers occasionnels. Les tarifications
destinées aux salariés reposant sur une origine-des-
tination récurrente peuvent en effet davantage se
prêter à des offres combinées. Ainsi, l?ex-Région
Alsace a fait le choix de développer sa tarification
intégrée pour usagers occasionnels en ne proposant
que des tarifs à la journée (Alsa+).
À la différence des cas de réutilisation de la gamme
tarifaire d?un réseau, la création d?une gamme
tarifaire intégrée constitue souvent une étape diffi-
cile à franchir dans la mesure où elle doit concilier
les spécificités des gammes tarifaires des différents
réseaux accessibles.
Par exemple, la définition du titre « jeune» varie
d?un réseau à l?autre: critères d?âge pour certains,
critères relatifs au statut pour d?autres (étudiants,
apprentis?). La synthèse de ces gammes est alors
difficile à obtenir. Cette difficulté explique pour
partie le caractère incomplet de la plupart des
gammes tarifaires intégrées proposées actuelle-
ment en France.
Cette difficulté peut en revanche être considérée
comme une opportunité pour les AO d?harmo-
niser et de simplifier leurs propres gammes
tarifaires.
Z Prix des titres ?
Lorsque la tarification intégrée est développée
distinctement des gammes tarifaires de chaque
réseau, le prix des titres résulte d?un équilibre entre
recherche d?attractivité de la gamme intégrée et
cohérence vis-à -vis du prix des différentes gammes
tarifaires existantes des réseaux.
Concrètement, le prix du titre intégré d?un usager
occasionnel réalisant plusieurs déplacements sur
des réseaux distincts sera généralement compris
entre le prix du titre d?un des réseaux et la somme
Lorsqu?elles ne couvrent pas un territoire institutionnel, les tarifications intégrées sont particulièrement adaptées aux
territoires desservis par un axe de transport structurant. C?est le cas de la tarification intégrée qui a été développée
en Région Grand Est autour du tram-train Mulhouse-Thann.
La mise en service de ce tram-train en 2010 a été accompagnée de la création d?une gamme tarifaire intégrée visant
à faciliter les déplacements en bus, car, tram, tram-train ou TER le long de la vallée de la Thur. Cette tarification
intitulée «Attitudes» est vendue à la fois sur le réseau urbain Soléa et sur le réseau SNCF.
Le périmètre qui correspond à cette tarification intégrée est formé du ressort territorial de la communauté d?aggloméra-
tion Mulhouse Alsace Agglomération et des communes situées le long de la vallée de la Thur jusqu?à Kruth. Ce territoire
n?a donc aucune existence institutionnelle, il correspond aux pratiques de mobilité des habitants de la vallée de la Thur.
Le territoire «à la carte» de la gamme tarifaire Attitudes
Source : www.cdn.ter.sncf.com © SNCF
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Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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des titres qu?il aurait achetés séparément en
l?absence de tarification intégrée.
Cependant, il n?est pas forcément possible
de comparer la valeur des titres intégrés et la
somme des titres de chaque réseau. En effet, la
tarification TER étant kilométrique, elle ne propose
généralement pas de titre lié à un territoire donné
mais seulement à une origine-destination choisie.
Ainsi, l?intégration de tarifications plates des
réseaux urbains5, avec des tarifications kilomé-
triques des TER, rend difficile la construction des
prix des titres intégrés, notamment pour des terri-
toires très étendus. Les AO peuvent alors recourir Ã
des tarifications zonales, qui sont un compromis
entre les tarifications «plates» et les tarifications
kilométriques.
Z Clef de répartition des coûts et des recettes ?
Les dépenses liées à la mise en place d?une
nouvelle gamme tarifaire concernent:
? le coût de création de la nouvelle gamme tari-
faire et de la billettique (définition et conception
des titres, installation ou adaptation éventuelles
des bornes de validation et des distributeurs de
titres);
? le coût de communication sur la nouvelle tarifi-
cation;
? le coût de suivi de son utilisation (enquête auprès
des usagers?).
Certains de ces coûts peuvent être mutualisés
avec ceux de la gamme tarifaire d?un des réseaux
(conception et distribution notamment).
D?autre part, la création de titres intégrés distincts
des titres proposés par chaque réseau permet
d?isoler une recette propre à la tarification
intégrée. Cependant, en raison de l?attractivité des
tarifs de la gamme tarifaire intégrée, les recettes
générées restent inférieures à celles qu?aurait
générées l?utilisation de titres séparés sur chacun
des réseaux, à fréquentation constante. Ainsi, le
bilan des recettes de la tarification intégrée doit être
apprécié en évaluant, parmi les utilisateurs de titres
intégrés:
? la part d?usagers utilisant initialement la tarifica-
tion des différents réseaux (qui, en raison de l?at-
tractivité des tarifs des titres intégrés, constitue
un manque à gagner pour les réseaux);
? la part de «nouveaux» usagers que la tari-
fication intégrée a attirée sur les réseaux de
transports (qui génèrent, eux, de nouvelles
recettes).
Ainsi, la tarification intégrée n?est pas un outil
qui vise à augmenter les recettes des AO mais
qui recherche plutôt une augmentation de
l?utilisation des transports alternatifs à l?usage
individualisé de la voiture.
Les accords financiers définis entre AO partenaires
relèvent le plus souvent d?unpartage de la recette
propre à la tarification intégrée. Les modalités de
ce partage sont variables mais reposent générale-
ment:
? sur la connaissance des réseaux utilisés par les
détenteurs de titres intégrés lors de leurs dépla-
cements ;
? sur la distinction entre les déplacements réali-
sés sur un unique réseau et ceux réalisés sur
plusieurs réseaux ;
? sur le prix des titres vendus sur chacun des
réseaux.
État des lieux de la tarification intégrée
en France
L?enquête des transports collectifs régionaux6
(données 2016) permet de dresser le portrait de
la mise en oeuvre des politiques de tarifications
intégrées en France.
Les Régions colorées correspondent aux Régions
ayant développé des tarifications intégrées sur
une partie de leur territoire (par exemple, sur le
périmètre de certaines AOM).
Il met notamment en évidence le développement
des politiques de tarification intégrée incluant les
transports régionaux. Sur les 15 Régions comportant
des politiques de tarification intégrée, 11 d?entre
elles ne sont concernées que par des intégrations
réseaux urbains/réseau ferroviaire régional, sur le
périmètre d?AOM (couleur jaune sur la carte page 9).
5 Syndicat mixte de transport dit SRU créé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
6 Enquête des transports collectifs régionaux ? DGITM, Cerema, Régions de France, GART, UTP, FNTV. Données 2016.
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Gamme tarifaire de
l?AO pilote
Quels
objectifs à la
tarification
intégrée ?
Quel
territoire ?
Quelle
gouvernance ?
Quelle
gamme
tarifaire ?
Quel prix ?
Quelle
répartition
des coûts et
des recettes ?
Faciliter l?usage de
l?ensemble des offres TC
déployées sur le ressort
territorial d?une AO
Deux types de tarification intégrées existant en France
Ressort territorial
de l?AO pilote
Territoire spécifique
Portage par l?AO
pilote
Portage partenarial
par convention ou
sous forme de
syndicat mixte SRU
Titres spécifiques
Prix de la gamme tarifaire
générale
Prix attractif par
rapport à la somme
des prix des titres
intégrés
Compensation
financière de l?AO
pilote aux autres
AO en fonction des
coûts et/ou des
recettes
Répartition des
recettes entre AO
partenaires en
fonction des
usages des titres
intégrés et des
coûts des réseaux
Proposer une
tarification unique aux
usagers se déplaçant sur
un périmètre plus large
que le ressort territorial
d?une AO
... sur le ressort territorial
d?une AO
... sur le territoire de
plusieurs AO
Deux types de tarifications intégrées existant en France...
?
?
?
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Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
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Par ailleurs, si l?on ne recense pas de tarifi-
cation intégrée inter-régionale, il existe des
accords ponctuels développés sur des terri-
toires limitrophes ayant de fortes interactions.
C?est notamment le cas entre les Régions
Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-
Franche-Comté (carte TER illico valable sur
l?ensemble de la Région Auvergne-Rhône-
Alpes et à destination de Mâcon et Genève).
Enfin, la fusion de certaines Régions entraîne
de nouvelles réflexions sur l?intermodalité
dont il conviendra de mesurer les effets sur
les politiques de tarification intégrée.
Les tarifications intégrées à l?échelle
desanciennes Régions
Les Régions colorées correspondent aux Régions ayant déve-
loppé des tarifications intégrées sur une partie de leur territoire
(par exemple, sur le périmètre de certaines AOM)
Source : Cerema, Enquête des transports collectifs régionaux ? DGITM, Cerema, Régions de
France, GART, UTP, FNTV. Données 2016 ©Cerema
Des conditions favorables
auximpulsions régionales
Les récentes évolutions législatives, bien que ne
concernant pas directement les questions de tarifi-
cation intégrée, vont néanmoins faciliter leur mise
en oeuvre.
L?adoption de la loi MAPTAM a confié à la Région
le rôle de chef de file de l?intermodalité et de
la complémentarité entre modes de transport, la
tarification étant identifiée comme l?un des princi-
paux leviers de cette action de coordination.
Alors que très peu de tarifications intégrées sont
aujourd?hui construites à l?initiative et à l?échelle
d?une Région ou d?une ex-Région, celles-ci peuvent
désormais, au travers de la mise en place des
SRADDET, identifier des territoires où le développe-
ment de l?intermodalité passe par la mise en oeuvre
de tarifications intégrées.
Par ailleurs, les coopérations nécessaires à la mise
en oeuvre de telles tarifications ont été simplifiées
par le transfert à la Région des compétences trans-
port initialement exercées par les départements.
La mise en place d?une tarification intégrée
portant sur l?ensemble des réseaux de transport
public d?un territoire nécessite désormais un accord
entre les AOM et la Région.
Enfin, la loi du 4 août 2014 portant réforme
ferroviaire a permis aux Régions de s?affranchir
du barème kilométrique dans la tarification des
services TER. D?autres principes tarifaires (tarifica-
tion zonale, tarifs uniques?) sont donc aujourd?hui
envisageables. Ces nouveaux outils de tarification
simplifieront certainement, à terme, le développe-
ment de tarifications intégrées.
3. Pour aller plus loin
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Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
10/12
Par ailleurs, le périmètre des Régions a évolué
en 2016 amenant celles-ci à entreprendre des
démarches d?harmonisation des différentes
tarifications de leurs services de transport. Ces
démarches d?harmonisation peuvent amener Ã
définir des gammes tarifaires plus simples et donc
plus faciles à intégrer sur d?autres réseaux.
Si ces différentes évolutions législatives vont sans
nul doute simplifier les phases d?élaboration des
tarifications intégrées, leur impact sur le périmètre
géographique de ces tarifications est aujourd?hui
difficile à évaluer. Ces tarifications ont-elles vocation
à se multiplier ? Vont-elles se développer sur des
territoires de plus en plus étendus à l?instar de
ce qui est observé en Suisse ou en Allemagne où
les communautés tarifaires ont vocation à couvrir
l?ensemble du territoire national?
Étendre le périmètre de la tarification intégrée
(notamment pour atteindre celui de l?échelon insti-
tutionnel supérieur) n?est en effet pas un objec-
tif en soi. Le périmètre d?une tarification intégrée
doit avant tout viser à répondre à des besoins de
mobilité observés, sur un bassin de vie spécifique.
Mobility as a Service (MaaS):
leprochain défi?
Le développement d?une tarification intégrée
concourt à un usage facilité des différents réseaux
de transport collectifs sur un territoire donné.
D?autres outils complémentaires permettent de
faciliter les déplacements des usagers. Il est notam-
ment utile d?associer à un projet de tarification
intégrée, une information de qualité sur la gamme
tarifaire intégrée, et plus globalement un système
d?information multimodale et une billettique
interopérable adaptée.
Les exemples de tarification intégrées présentées
dans cette fiche concernent uniquement les réseaux
de transports collectifs. De façon générale, la tarifi-
cation intégrée comprend très rarement des
services de mobilité tels que l?autopartage ou les
vélos en libre-service. Des accords tarifaires entre
les réseaux de transports collectifs et les services de
mobilités proposés par les AO existent mais ne vont
pas jusqu?à l?intégration tarifaire. Par exemple,
? Ã Bordeaux, l?abonnement mensuel au service
de vélos en libre service coûte 22 euros pour
les abonnés du réseau de transports collectifs et
33 euros pour les non abonnés. Cependant les
usagers doivent acheter leurs deux titres sépa-
rément;
? à Besançon, l?abonnement au service d?auto-
partage Citiz est gratuit pour les abonnés du
réseau de transport collectif Ginko. Cependant,
ces usagers doivent payer les heures et les kilo-
mètres parcourus.
Ainsi, l?un des enjeux de la tarification intégrée de
demain sera de poursuivre cette dynamique de
coopération tarifaire avec les services de mobilité
déployés par les AO sur un territoire afin de facili-
ter l?accès à ces services alternatifs à l?usage de la
voiture individuelle.
Le concept de Mobility as a Service, qui s?est
développé ces dernières années, vise à offrir aux
usagers un unique service de mobilité compre-
nant l?ensemble des offres existantes (offres
publiques et privées, individuelles et collec-
tives). Ainsi, au-delà de la tarification, les projets de
MaaS prévoient d?intégrer la billettique, et l?infor-
mation multimodale, pour l?ensemble des systèmes
de transports et de mobilité.
La tarification intégrée constitue donc un premier
pas vers un système de mobilité plus intégré, que
les évolutions législatives à venir pourront contri-
buer à faire évoluer.
Tarification intermodale sur le territoire du Grand Besançon
Source : www.ginko.voyage ©Agence Dartagnan pour le Grand Besançon
Les communautés tarifaires suisses
Une vingtaine de communautés tarifaires couvrent la majeure partie du territoire suisse. Si les périmètres de ces commu-
nautés tarifaires s?inspirent du périmètre institutionnel des cantons, ils n?y correspondent généralement pas totalement,
certains besoins en mobilité pouvant amener:
? à étendre la communauté tarifaire au-delà du périmètre du canton ;
? à faire chevaucher plusieurs communautés tarifaires.
Ces communautés tarifaires font l?objet d?un découpage en zones, permettant une meilleure modulation des tarifs.
Les tarifs proposés par ces communautés tarifaires relèvent principalement d?abonnements, lesquels peuvent se substi-
tuer aux tarifs proposés sur les réseaux membres. Ainsi, l?abonnement mensuel proposé sur le réseau urbain de Fribourg
est l?abonnement Frimobil valable sur les réseaux de chemins de fer et de bus urbains et régionaux d?une zone.
En Suisse, l?étendue spatiale des communautés tarifaires et la finesse de leurs zonages s?expliquent par la très forte
densité du réseau de transport public qui dessert l?ensemble des zones même lorsque ces dernières sont éloignées
des espaces urbains. En revanche, une tarification intégrée basée sur le périmètre d?une Région française comporterait
nécessairement des secteurs non accessibles ou très faiblement desservis par les lignes régulières de transport public.
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Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
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Zones de la Communauté Tarifaire Intégrale Fribourgeoise Frimobil développée sur le canton de Fribourg de la Broye vaudoise
Source : https://www.frimobil.ch
Zone Frimobil Chemin de fer Bus régionaux Bus urbain
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
©2018-Cerema
La reproduction totale ou
partielle du document doit
être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Novembre 2018
ISSN : 2276-0164
2018/39
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Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
Source : www.vialsace.eu
Cette fiche a été rédigée par Bertrand Dépigny, Florence Girault et Pierre Nouaille (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture:
Stéphane Chanut, Gérôme Charrier, Cécile Clément-Werny, Patrice Morandas (Cerema).
Mounia Moudjed, Florence Dujardin, Célina Sabatier (GART), Gaëlle Paternotte (DGITM), Julie Vincendeau
(Région Pays-de-la-Loire), Laurie Caron (Région Grand Est).
Contributeurs ???
? Cerema, L?intermodalité: enjeux, gouvernance, leviers, 2018
? Cerema, Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs ? Systèmes billettiques, 2017
? Cerema, 30 ans de tarification des transports collectifs urbains (hors Ile-de-France), 2014
? Certu, La coopération entre autorités organisatrices de transports : les syndicats mixtes SRU, 2014
? Gart, La coopération en matière de mobilité, 2012
? Cerema, L?intégration tarifaire dans les transports. Repères pour la mise en oeuvre, à paraître
Pour en savoir plus ???
Contact ???
? bertrand.depigny@cerema.fr
? DD.DTECTV@cerema.fr
Pilotage de la série «Boîte à outils de l?intermodalité»
? florence.girault@cerema.fr
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité*
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Collection | Connaissances
La billettique interopérable
au service de l?intermodalité
La série de fiches
« Boîte à outils de
l?intermodalité »
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
la mise en oeuvre
d?une politique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 06 - Janvier 2020
Boîte à outils de l?intermodalité
La billettique interopérable est un des leviers entre les mains
des autorités organisatrices de la mobilité pour encourager
l?usage des transports collectifs et faciliter les déplacements
intermodaux.
Cette fiche de la série « Boite à outils de l?intermodalité »
présente les caractéristiques des systèmes de billettique
interopérable et les évolutions qui permettent
d?améliorer le service rendu à l?usager. Enfin, elle
expose les principes d?organisation d?un projet de
billettique interopérable.
Cette fiche s?appuie sur l?ouvrage du Cerema Outil pour
l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports
collectifs - Systèmes billettiques paru en 2017.
1. Définition et enjeux de la billettique interopérable
La billettique interopérable :
dequoi parle-t-on ?
La billettique désigne l?ensemble des procé-
dés et outils de gestion des contrats liant :
? les producteurs d?une offre de mobilité :
les exploitants de réseau de transports
collectifs et les opérateurs de services de
mobilité ;
? les financeurs : les autorités organisatrices
de la mobilité (AOM), les Régions ;
? les utilisateurs de cette offre ;
dans lequel les billets papier ont été rempla-
cés par des supports de technologie plus
avancée (cartes à puce, QR Code, etc.) utili-
sant l?informatique et l?électronique1.
1 Définition issue de l?ouvrage : Outil pour l?acquisition
de systèmes intelligents pour les transports
collectifs, Cerema, 2017, p10.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
2/8
On appelle ainsi « système billettique » l?outil
permettant la gestion de l?ensemble des fonctions
billettique (achat, validation, contrôle, etc.).
Au-delà du support de titre, qui reste l?élément le
plus visible pour l?usager, un système billettique est
constitué des éléments suivants :
On parle de billettique interopérable lorsque deux
systèmes billettiques sont capables de communi-
quer et d?échanger entre eux. On distingue plusieurs
niveaux d?interopérabilité.
Il y a interopérabilité des supports lorsque sur un
même support (carte à puce par exemple), on peut
charger plusieurs titres de transport appartenant
chacun à différents gestionnaires de réseaux, chaque
gestionnaire gardant la maîtrise du chargement de
ses produits tarifaires sur le support commun.
On parle d?interopérabilité du service de distri-
bution ou de « vente croisée » lorsque, avec un
même support, l?usager peut voyager sur deux
réseaux tout en achetant ses deux titres auprès
d?un seul réseau.
Pour aller plus loin, les autorités organisatrices des
réseaux peuvent proposer une tarification intégrée
qui permet à l?usager d?acheter et de charger sur
son support un unique titre valable sur les deux
réseaux [1].
Enfin, il y a interopérabilité des systèmes centraux
billettiques lorsque pour réaliser des services
communs d?exploitation (service après-vente,
2 On parle également de billettique « media-centric ».
3 On parle également de billettique « serveur-centric » ou « account-based ».
répartition de recettes, etc.), les systèmes
billettiques peuvent s?échanger des informations
sur les activités réalisées.
La billettique interopérable facilite ainsi les pratiques
intermodales de l?usager en lui permettant d?utili-
ser un unique support pour charger ses titres, un
unique distributeur ou lieu de vente pour l?achat de
ses titres de transports et ce, quels que soient les
réseaux de transports utilisés.
Pour les autorités organisatrices de la mobilité, le
développement d?une billettique interopérable
participe à l?amélioration du service rendu à leurs
usagers. Elles peuvent également mutualiser des
équipements et locaux nécessaires au fonctionne-
ment du système billettique.
Acteurs et défis émergents
delabillettique interopérable
Une solution billettique est dite « centrée sur
le support2 » lorsque les informations relatives
aux titres et profils de l?usager sont stockées
dans son support. Validation, rechargement et
contrôle sont réalisés localement entre équipe-
ment et support, puis notifiés au système central
(back-office) en différé.
Une solution billettique est dite « centrée sur le
back-office3 » lorsque les informations sur les
titres et profils de l?usager sont stockées sur un
compte-client en back-office. Le support fait alors
office de moyen d?authentification de l?usager.
Les opérations de vente, validation ou contrôle
sont réalisées entre l?équipement et le back-of-
fice en utilisant une connexion internet (3G, 4G).
La billettique connaît depuis peu une évolution
importante, Ã la fois institutionnelle et technolo-
gique, dans un contexte de contraintes budgétaires
fortes pour les collectivités [2].
Z La Région, acteur fort des projets de billettique
interopérable.
En tant qu?autorités organisatrices des transports
non urbains et ferroviaires régionaux depuis 2014,
les Régions sont responsables des systèmes billetti-
ques de leurs réseaux.
Par ailleurs, leur rôle de chef de file de l?intermoda-
lité les enjoint à promouvoir le développement de
Support de titres
de transport
(Ticket, carte...)
Échanges de données
Échanges de données
Équipements de vente,
de validation, de contrôle...
Back-office
central ou local
(Héberge les données
de clientèle,
de la tarification...)
Les éléments d?un système billettique
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
3/8
projet de billettique interopérable, permettant de
faciliter les pratiques intermodales.
Enfin, les nouvelles délimitations des Régions
depuis 2015 posent la question du développe-
ment de l?interopérabilité au niveau des nouveaux
périmètres régionaux.
Z Les métropoles et grandes agglomérations
Elles ont généralement déjà développé des
systèmes billettiques et continuent de les faire
évoluer : elles sont des acteurs majeurs de la billet-
tique interopérable.
Par ailleurs, les AOM de taille intermédiaire (entre
50 000 et 150 000 habitants) s?équipent de plus en
plus. Leurs besoins sont spécifiques (recherche de
coût limité des technologies, de rapidité de mise en
oeuvre et de fiabilité des systèmes) et leurs moyens
humains et financiers sont plus réduits que ceux des
plus grandes collectivités.
Le développement des technologies a permis
l?émergence de solutions billettiques plébiscitées
par ces collectivités (systèmes centrés sur le
back-office).
Z Le développement de nouveaux services de
mobilité
Les nouveaux services, que ce soit l?autopartage,
le covoiturage, les vélos ou trottinettes en libre
service ou en location, enrichissent le bouquet de
mobilité offert aux usagers. De nouveaux acteurs,
potentiellement intéressés par des systèmes
de billettique interopérable : les opérateurs privés
de services de mobilité.
Dans ce contexte, des outils de mobilité servicelle se
développent (« MaaS », pour Mobility as a Service),
qui consistent à intégrer dans une unique application
smartphone l?information, la réservation, le paiement
de différents services de mobilité publics et privés.
Cesoutils ont pour objectif d?offrir un service dépas-
sant la billettique interopérable en intégrant notam-
ment l?information voyageur.
2. La billettique interopérable en France aujourd?hui
État des lieux
Z Les systèmes centrés sur le support ou
surleback-office
Les possibilités de connexions entre les équipe-
ments et les back-offices étant limitées dans les
années 1990, ce sont les solutions centrées sur le
support qui ont initialement été choisies en France
(parfois ainsi appelées « systèmes classiques »).
Cependant, depuis les années 2010, de nouvelles
solutions dites « légères », centrées sur le back-office,
se développent.
Elles s?adressent aux réseaux de tailles intermé-
diaires qui souhaitent déployer un système rapide-
ment. Elles consistent à installer dans les cars
ou bus un smartphone ou une tablette comme
pupitre conducteur pour la vente, un lecteur pour
la validation des titres de transport, et souvent une
imprimante de titres papier pour la vente à bord.
Lagéolocalisation permise par le smartphone offre
la possibilité de coupler facilement ces solutions Ã
un service d?aide à l?exploitation (SAE).
Développer l?interopérabilité régionale, entre
réseaux de transports en commun urbains et
régionaux, voire régionaux et internationaux selon
les territoires et les bassins de vie.
L?interopérabilité supra-régionale est notamment
un enjeu pour faciliter les déplacements
transfrontaliers (Lille-Belgique, frontière jurassienne
franco-suisse, etc.).
Défi actuel
Faire communiquer ces nouveaux systèmes (centrés
sur le back-office) avec les anciens (système dits
« centrés sur le support»).
Défi actuel
Intégrer les nouveaux services de mobilité aux
systèmes billettiques qui ciblaient jusqu?à présent
plutôt les réseaux de transports collectifs.
Défi actuel
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
4/8
Z Des investissements conséquents déjà réalisés en région [3]
14 des 22 « anciennes » régions françaises (telles
qu?elles étaient définies avant la loi Notre du
16 janvier 2015) avaient mis en oeuvre des cartes
sans contact interopérables sur leurs réseaux de
transport.
Les régions en blanc dans la carte ci-contre n?ont
pas, à l?heure actuelle, de billettique interopérable.
La carte Modalis est valable sur tout le réseau TER
de Nouvelle-Aquitaine depuis 2019, mais n?est pas
encore interopérable avec l?ensemble des réseaux
urbains de la région.
Les nouvelles régions Auvergne-Rhône-Alpes,
Grand-Est, Normandie et Occitanie ont à l?heure
actuelle deux systèmes déployés sur leur terri-
toire. L?interopérabilité à leur échelle reste donc Ã
mettre en oeuvre. Plusieurs solutions sont possibles :
juxtaposition de deux applications billettiques sur un
même support, ou mise en oeuvre d?une nouvelle
application billettique adaptée au bassin d?interopé-
rabilité de la nouvelle région, par exemple.
De nouveaux outils pour répondre aux enjeux des territoires
Z Hoplink pour un déplacement sans frontière [4]
4 Pour plus d?informations, se reporter au site https://www.calypsonet-asso.org et à l?ouvrage Outil pour l?acquisition de systèmes
intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p16.
Le service applicatif gratuit Hoplink est un nouvel
outil qui permet de développer simplement l?inte-
ropérabilité de support.
Il permet aux usagers de charger sur leur support des
titres de l?ensemble des réseaux de l?Alliance Hoplink
(jusqu?à 16 titres simultanément) en France (notam-
ment les réseaux urbains de Lille et Strasbourg) et Ã
l?international. Pour les collectivités, cet outil permet
de réduire les coûts de distribution induits par l?édi-
tion de tickets occasionnels. Les collectivités doivent
toutefois prévoir l?adaptation de leurs équipements
billettiques, notamment pour des raisons de sécurité.
L?application Hoplink se déploie sur tout support
(cartes, téléphone NFC?) bénéficiant d?un environ-
nement Calypso4 (standard d?organisation des
données). Elle peut être installée sur des cartes « de
service » type carte universitaire, comme prévu Ã
Strasbourg par exemple.
L?alliance Hoplink compte 42 membres dont une
large majorité d?AOM françaises.
Les cartes sans contact intéropérables utilisées sur des réseaux régionaux
et urbains en2018
Source : Cerema, Outils pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs,
2017, page 22.
La solution Hoplink pour les réseaux
Source : Alliance Hoplink
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
5/8
Z L?interopérabilité des systèmes centrés sur le
support et systèmes centrés sur le back-office [5]
Les nouveaux systèmes billettiques « légers »
développés depuis 2015 sur les réseaux de trans-
port de petite taille ou de taille intermédiaire, et les
systèmes « classiques » mis en place par les régions
et les grandes agglomérations ont des architectures
différentes.
Il est nécessaire de respecter des exigences parti-
culières concernant l?implantation de chacun des
systèmes si l?on souhaite les rendre interopérables.
Ces exigences, qui permettent une interopérabilité
de supports ou de titres, ont été identifiées et détail-
lées par un groupe de travail composé d?experts de
la billettique, dans le document « Interopérabilité
billettique appliquée aux systèmes SI-Serveur ?
Exigences d?implémentation »5.
5 Ce document est accessible auprès de la Commission de normalisation CN03 via le courriel : bntra-CN03@cerema.fr
6 Pour en savoir plus : https://projects.eclipse.org/projects/iot.keyple
Keyple pour faciliter l?évolution des systèmes
billettique
L?outil Keyple6 développé par Calypso Networks
Association a été conçu dans le but de favoriser
l?interopérabilité, de réduire le coût global et
de faciliter l?évolution des systèmes. Ce logiciel
open source permet en effet d?effectuer simple-
ment tous les types de transactions sans contact
(lecture, chargement, débit, validation?), avec
un haut niveau de sécurité, sans avoir à dévelop-
per de module spécifique à Calypso demandant
des investissements importants. L?architecture
de Keyple permet donc d?ajouter des plugins
communiquant avec des technologies proprié-
taires telles que Mifare, Cipurse, etc.
3. Mener un projet de billettique interopérable
Définir les objectifs d?un projet
debillettique interopérable
Avant de choisir et déployer un système billettique,
tout projet doit commencer par une réflexion sur la
définition du besoin en termes de billettique.
Cette définition du besoin s?articule en deux phases :
? un état des lieux élargi de l?existant en matière de
billettique sur le territoire considéré : outils exis-
tants, usagers ciblés (occasionnels, scolaires?),
services de transports et de mobilité concernés
(transports collectifs, services de mobilité, voire
des services autres que de mobilité), bassins de
vie des habitants, acteurs impliqués, politique
tarifaire associée? ;
? La description du service cible pour chacun
des acteurs et pour chaque segment d?usagers
identifié.
Le choix du type de technologie ne doit pas se
décider trop tôt dans la réflexion mais découler de
la vision du service et des besoins définis au regard
de l?état des lieux.
Les deux piliers d?un projet de billettique interopé-
rable sont une organisation partenariale solide et un
projet s?appuyant sur le socle normatif.
Formaliser l?organisation partenariale
d?un projet de billettique
Un projet de billettique interopérable associe classi-
quement
? les AOM du territoire ;
? les opérateurs de services de transport et de
mobilité ;
? les usagers.
L?organisation partenariale mise en place doit être :
? structurée pour soutenir la mise en place d?un
projet complexe impliquant de nombreux parte-
naires ;
? flexible pour pouvoir intégrer les nouveaux parte-
naires, parfois privés, de l?interopérabilité ;
? adaptée aux différentes phases du projet, depuis
les décisions politiques de construction du projet
jusqu?aux décisions opérationnelles.
Le projet de service commun établi par l?ensemble
des autorités organisatrices de la mobilité impli-
quées doit se traduire en projet technique qui se
matérialise par la production collégiale de plusieurs
documents, notamment :
? la charte d?interopérabilité billettique. Elle
constitue le socle du partenariat entre les AOM,
en définissant son cadre général et en posant
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
6/8
les principes de gouvernance nécessaires à la
gestion de l?évolution des normes et à l?entrée
des différents partenaires dans le projet.
? une base documentaire. Celle-ci décline les prin-
cipes et objectifs de la charte en spécifications
fonctionnelles et techniques, dont le REFOCO
(REférentiel FOnctionnel COmmun) qui décrit
les spécifications fonctionnelles communes des
systèmes et le service billettique commun (en
matière de distribution, de relation client, etc.).
Dans ces documents, les références normatives sont
indiquées de façon précise.
L?intégration des nouveaux services de mobilité
(autopartage, vélos en libre service, covoiturage,
etc.) complexifie la gouvernance en ajoutant des
acteurs publics ou privés au partenariat, mais ne
modifie pas les principes du système de billettique.
7 Pour plus d?informations, se reporter au site https://www.calypsonet-asso.org) et à l?ouvrage Outil pour l?acquisition de systèmes
intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p104.
8 Décret n°2009-697 du 16juin 2009 relatif à la normalisation.
9 Pour plus d?informations : www.billettique.fr
S?appuyer sur un socle normatif7
La normalisation est une activité d?intérêt général
qui a pour objet de fournir des documents de
référence élaborés de manière consensuelle
par toutes les parties intéressées, portant sur
des règles, des caractéristiques, des recomman-
dations ou des exemples de bonnes pratiques,
relatives à des produits, à des services, à des
méthodes, à des processus ou à des organisa-
tions8.
L?existence de normes françaises (AFNOR),
européennes (CEN) ou internationales (ISO) consti-
tue un socle technique solide et partagé sur lequel
appuyer son projet de billettique interopérable9.
Les principaux textes normatifs des systèmes billettiques
Source : Outils pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema ,2017, p. 108
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
7/8
Normaliser son projet permet d?en limiter les coûts
sur le long terme, et les risques techniques, par
rapport au choix de technologies et de développe-
ments propriétaires.
Les normes ne sont pas automatiquement d?appli-
cation obligatoire. Il faut donc penser à y faire
référence, notamment dans les cahiers des charges,
lors de l?acquisition d?une solution billettique.
La commission de normalisation CN03 élabore
les normes pour le domaine « transport public ?
mobilité et ITS ». Elle est présidée par le Groupe-
ment des Autorités Responsables de Transport
(GART), qui représente les intérêts des collectivi-
tés locales autorités organisatrices de la mobilité,
et relaie l?expression de leurs besoins.
S?appuyer sur des normes est donc nécessaire
mais parfois insuffisant. C?est pourquoi il existe
des certifications qui permettent de s?assurer que
celles-ci sont respectées. Ces certifications sont
vivement conseillées dans certains cas, notamment
pour garantir l?interopérabilité des supports et des
équipements billettiques au niveau de la communi-
cation sans contact [6].
4. Conclusion
La loi d?orientation des mobilités renforce le rôle
des Régions en termes d?organisation des services
de mobilité. Celles-ci ont dorénavant la compétence
d?organisation de services de covoiturage, d?auto-
partage, ou de mobilité active (vélo).
Les projets de billettique interopérable permettent
de mettre en réseau et de faciliter l?intermoda-
lité entre les différents services de transport et de
mobilité existants sur un territoire. En ce sens, ils
répondent aux orientations actuelles visant une
mobilité plus fluide pour les déplacements du
quotidien.
Les différentes étapes de construction et de déploie-
ment d?un projet de billettique interopérable, et
l?organisation partenariale associée, peuvent prépa-
rer la concrétisation d?un projet de MaaS (Mobility
as a Service). Ceux-ci émergent sur le territoire
national, portés principalement par les acteurs
publics (AOM locales et Régions), dans l?objectif de
simplifier l?accès à la mobilité multimodale et inter-
modale publique et privée.
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pour les transports collectifs - Systèmes billettiques
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Ouvrage papier - 204 pages - Format 21x29.7 cm
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Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
©2020-Cerema
La reproduction totale ou
partielle du document doit
être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Janvier 2020
ISSN : 2417-9701
2020/02
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Maquettage
Cerema Territoires et ville
Service édition
La collection « Connaissances » du Cerema
Cette collection présente l?état des connaissances à un moment donné et délivre de l?information sur un sujet, sans pour
autant prétendre à l?exhaustivité. Elle offre une mise à jour des savoirs et pratiques professionnelles incluant de nouvelles
approches techniques ou méthodologiques. Elle s?adresse à des professionnels souhaitant maintenir et approfondir leurs
connaissances sur des domaines techniques en évolution constante. Les éléments présentés peuvent être considérés comme
des préconisations, sans avoir le statut de références validées.
Collection | Connaissances
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
Frédéric Le Lan -
CdALaRochelle
Une série de fiches « Boîte à outils de l?intermodalité » (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Fiche n° 07
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 06 La billettique interopérable au service de l?intermodalité
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Ouvrages ou fiches auxquels se référer pour plus de compléments
[1] La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité, fiche n° 5 de la série « Boîte à outils de
l?intermodalité », Cerema, 2018
[2] Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p23.
[3] Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p17.
[4] L?utilisation d?Hoplink pour développer l?interopérabilité, Fiche n° 4 de la série « Outil d?aide à la
rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2018.
[5] L?interopérabilité des systèmes billettiques légers centrés sur le back-office, Fiche n° 5 de la série
« Outil d?aide à la rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2018.
[6] Communication sans contact entre les équipements et les supports billettiques, Fiche n° 1 Fiche de la
série « Outil d?aide à la rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2017.
Références bibliographiques ????
? florence.girault@cerema.fr ? DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault et Pierre Normand (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture : Benoît Chauvin (GART), Ali Saïdi (Setec ITS), Valentina Zajackowski
(Calypso Networks Association) ainsi que Sylvain Belloche et Bernard Allouche (Cerema).
Contributeurs ???
1. Définitions et enjeux de l?intermodalité
2. Pratiques des usagers et difficultés rencontrées
3. La gouvernance de l?intermodalité
4. Des leviers pour faciliter l?intermodalité
Définir un réseau de transports collectifs hiérarchisé comme armature du système de mobilité d?un territoire
Coordonner les modalités d?exploitation des services detransport
Lier les services de mobilité active et partagée auréseau TC
Coordonner les offres sur un territoire
1. Les pôles d?échanges multimodaux: de quoi parle-t-on?
2. Les acteurs et partenaires des pôles d?échanges
3. Pour une conception intégrée des pôles d?échanges
4. Perspectives
1. Définitions et enjeux de la tarification intégrée
2. La tarification intégrée aujourd?hui en France
3. Pour aller plus loin
1. Définition et enjeux de la billettique interopérable
2. La billettique interopérable en France aujourd?hui
3. Mener un projet de billettique interopérable
4. Conclusion
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION cements intermodaux
voiture-transports collectifs. L?encouragement de
cette pratique passe aussi généralement par une
tarification du stationnement intégrée à l?abon-
nement de transport collectif, voire une gratuité
du stationnement, avec néanmoins deux incon-
vénients : la concurrence avec le rabattement bus
quand il y en a un, et avec la marche sur les courtes
distances.
Une attention particulière devra aussi être portée
à l?aménagement d?aires de stationnement pour
ladépose ou la reprise. L?absence de ce type d?offre
génère immanquablement des conflits avec les
autres modes de déplacements. Ces aires de station-
nement spécifiques doivent être positionnées Ã
proximité des accès au PEM, et leur aménagement
doit offrir la disponibilité immédiate d?une place
pour une durée très courte (« dépose minute »),
un départ sans contrainte des véhicules après la
dépose, et la sécurité des échanges.
5 Les VTC ne peuvent stationner aux abords des gares que s?ils justifient de la réservation d?un client (Art. L. 3120-2.-II du Code
destransports).
De même, il est nécessaire de prévoir l?organisa-
tion du stationnement pour les taxis et Voitures
deTransport avec Chauffeur (VTC)5 afin d?éviter des
conflits d?usage de la voirie.
En milieu dense, la voiture est, a contrario, le mode
à réguler fortement pour les accès aux PEM, compte
tenu de son impact environnemental, mais aussi des
flux importants de piétons et de bus convergeant
vers le pôle dans des espaces souvent contraints.
La prise en compte du covoiturage
La pratique du covoiturage, qui permet notamment
de réduire la pression sur le stationnement et la
congestion des voiries en augmentant le nombre
de passagers transportés par véhicule, peut être
favorisée dans les PEM de plusieurs manières :
? en aménageant des emplacements de station-
nement localisés à proximité des accès au mode
lourd ;
? en offrant au conducteur un tarif préférentiel de
stationnement ;
? en organisant l?offre de covoiturage dans un péri-
mètre incluant le PEM (par exemple, des «lignes
de covoiturage» à destination des PEMmatéria-
lisées par des écrans ou des panneaux decovoi-
turage, favorisant le ramassage à la demandeet
en temps réel de passagers).
Station de taxis,
immédiatement
visible depuis le
parvis de la gare
de Grenoble
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
11/16
Z Mettre en cohérence l?offre de stationnement
du pôle d?échanges à l?échelle du quartier ou
delacommune
La cohérence de la politique de stationnement
dans l?aire d?influence du PEM est nécessaire pour
réguler le stationnement de rabattement. Dans ce
périmètre, les besoins de stationnements automo-
biles sont multiples, liés à la diversité des usages
et des générateurs de déplacements. L?absence de
régulation conduit parfois à un envahissement du
quartier du PEM par les automobilistes en rabatte-
ment, au détriment des résidents et de l?accessibilité
aux commerces. En outre, l?absence de réglemen-
tation ou de surveillance du stationnement sur
voirie autour d?un PEM peut limiter l?utilisation des
parkings relais. Or ceux-ci ont un coût d?investisse-
ment et d?exploitation importants quand il s?agit
d?ouvrages capacitaires.
L?information voyageurs, outil «clefdevoûte» de l?intermodalité
Parmi les services fondamentaux d?un PEM, l?infor-
mation voyageurs est à la fois l?un des plus impor-
tants et l?un des plus difficiles à mettre en place
compte-tenu de la multiplicité des opérateurs.
Différents besoins sont à satisfaire, en fonction des
modes de transport présents.
Z La signalétique de jalonnement
Elle est fondamentale au bon fonctionnement
du PEM et à la gestion des flux, car elle guide les
usagers dans la complexité des espaces.
La signalétique de jalonnement est trop souvent la
juxtaposition de supports mis en place par différents
transporteurs dans leurs espaces, qui reprennent
des signes et une identité de marque qui leur sont
propres, sans continuité, sans unité de langage ni
complétude des modes indiqués.
Pour être efficace et lisible, elle doit hiérarchiser la
nature et la précision des informations à donner
tout au long du cheminement (modes, puis lignes,
puis sens de circulation des lignes). Afin d?être
repérés dans des espaces souvent encombrés
d?informations, les éléments de guidage peuvent
utiliser tous les supports présents sur le parcours
des voyageurs (sols, mâts, murs?).
La sûreté, essentielle pour préserver l?attractivité du pôle
La sûreté du PEM et de ses accès sur voiries est un
point clé du ressenti quotidien des voyageurs
et des personnels exploitants du PEM.
La sécurité des réseaux de transports publics
par présence humaine est en règle générale
assurée par les polices municipales, dont les pou-
voirs ont été récemment étendus par la loi n°
2016-339 du 22 mars 2016 relative à la prévention
et à la lutte contre les incivilités. Des partenariats
entre les opérateurs de transports exploitants du
PEM et la police municipale, nationale ou la gen-
darmerie, peuvent renforcer la coordination des
différentes parties prenantes. Les opérateurs ont
aussi la possibilité de créer leurs propres services
de sécurisation de leurs réseaux (par exemple la
SUrveillance GEnérale (SUGE) en Île-de-France,
service commun à la SNCF et à la RATP).
La mise en place d?une vidéo-surveillance dans
certains espaces du PEM est une mesure cou-
rante, encadrée juridiquement, pouvant être mise
en oeuvre. Si elle peut améliorer le ressenti des
voyageurs ainsi que le traitement juridique des
actes de malveillance et des incivilités, son effica-
cité dans la dissuasion reste relative, et soneffet
indirect peut être de déporter ces actes dans
d?autres espaces, au sein ou autour du PEM.
Des précautions dans la conception des espaces
peuvent aussi constituer des mesures à caractère
dissuasif simples à mettre en place : dispositifs
d?éclairage renforcés à certains endroits, gestion
attentionnée et sans délaissé des espaces, bornes
fixes ou amovibles anti-véhicule bélier, suppres-
sion de recoins masques à la visibilité (à défaut,
pose de miroirs d?angles).
Pour identifier et partager entre acteurs les diffi-
cultés concrètes dans ce domaine, des marches
exploratoires nocturnes (souvent mises en
place par la SNCF dans ses gares)associant des
voyageurs, les exploitants et un élu de quartier
peuvent permettent d?identifier les zones problé-
matiques du PEM.
Des études préalables de Sécurité et de Sûreté
Publique (ESSP) sont obligatoires depuis 2007
pour certains projets d?aménagement (Article 14
de la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la
prévention de la délinquance).
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
12/16
Z Le plan du pôle et de son environnement
Il est utile pour se situer dans les espaces, et prendre
connaissance des modes disponibles. Maisil ne peut
remplacer un jalonnement performant, d?autant
que nombre d?usagers ont des difficultés de lecture
des plans en 2 ou 3 dimensions.
Z L?information horairedes transports collectifs
Elle peut être théorique ou en temps réel.
Z L?information circonstanciée sur les perturbations,
retards, annulations
Les usagers de PEM utilisent souvent plusieurs
modes de transport et sont donc dans une chaîne de
déplacement complexe qu?une perturbation peut
rompre. Une information (Ã distance et sur place)
sur les perturbations en cours et les alternatives
possibles est donc primordiale.
Les supports d?information peuvent être multi-
ples afin d?être adaptés à l?ensemble des usagers
(écrans tactiles, annonces sonores?).
6 Voir Signalétique intermodale dans les aéroports, Cerema, 2018 et Signalétique intermodale dans les gares, Cerema, à paraître.
Chaque réseau utilisant souvent son propre système
d?information et n?affichant que l?offre qu?il exploite
(sur les plans réseaux, sur les panneaux de signalé-
tique?), il convient de définir les principes généraux
du dispositif d?information à mettre en place dans le
PEM6, éventuellement via une étude spécifique sur
le sujet, pour:
? hiérarchiser les différentes informations à mettre
en place,
? définir les signes communs à adopter pour la
signalétique,
? homogénéiser les dénominations des lieux,
? concevoir la synergie des supports entre écrans
et panneaux de jalonnement?
Panneau d?information multimodale à Nantes
Source: Cerema
Borne d?information multimodale en gare d?Hendaye
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
13/16
Des services pour répondre aux besoins des usagers
Le développement de services dans les PEM, qu?ils
soient marchands ou non, répond à une demande
croissante des usagers qui souhaitent optimiser leur
temps de déplacement et le rendre plus agréable.
On peut classer ces services en trois grandes
catégories.
Z Les services liés au confort d?attente
? des espaces d?attente abrités et confortables
équipés de poubelles et de prises électriques,
? des toilettes,
? des commerces ou distributeurs automatiques
(boissons, alimentation?).
Z Les services qui permettent d?éviter des
déplacements supplémentairespour l?usager
? les commerces de proximité de la vie quoti-
dienne : paniers de fruits et légumes de vente en
circuit court, vente de journaux, conciergeries?
? les automates ou services de retraits de colis.
Dans les PEM aux flux très importants et continus
(gares mixant dessertes ferroviaires nationales et
dessertes urbaines), d?autres services marchands se
développent (commerces d?agrément). Leur effica-
cité économique dépendant beaucoup de leur locali-
sation précise dans des espaces souvent complexes
(position et orientation du commerce par rapport
aux principaux flux), ils nécessitent des investisse-
ments souvent conséquents, pour libérer, adapter et
mettre aux normes les espaces les plus viables.
Le système d?information SNCF
La SNCF utilise un système d?information spécifique
et national pour ses trains (système «IENA» depuis
2018). Le seul moyen d?afficher sur un même écran
les horaires SNCF et ceux d?autres opérateurs est
d?intégrer les horaires des autres modes dans le
système SNCF. C?est la solution retenue par exemple
à Poitiers, où tous les départs (ferroviaires, routiers
interurbains et urbains) sont affichés sur les mêmes
écrans. A défaut d?écrans partagés, des écrans sépa-
rés peuvent être installés par exemple à mi-chemin
entre le pôle bus et la gare ferroviaire : en sortie
du pôle bus sont affichés les horaires des trains, en
sortie de la gare SNCF ceux des cars et bus (solution
mise en oeuvre à Saint-Nazaire).
Panneau d?information multimodale en gare d?Hendaye
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
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Z Les services qui peuvent donner une dimension
supplémentaire d?équipement urbain au PEM
Comme les micro-crèches, espaces partagés de
coworking, salles de sport ou encore espaces
évènementiels, nécessitent à la fois un investisse-
ment important pour leur mise en oeuvre (locaux
vastes à aménager, avec les normes réglementaires
des ERP), et des coûts d?exploitation conséquents :
leur modèle économique est donc souvent difficile
à équilibrer pour leurs opérateurs, qui en portent
leplus souvent seuls les risques.
Automate de
retrait de colis, au
PEM de Grenoble
Source: Cerema
Pharmacie
dans la gare de
Marseille Saint-
Charle
Source: Cerema
Espace d?attente et de travail connecté au PEM de Grenoble
Source: Cerema
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
Septembre2019
Fiche n° 04 ? Des pôles d?échanges au service
del?intermodalité
15/16
4. Perspectives
7 Prévus par la future Loi d?Orientation des Mobilités.
Les pôles d?échanges multimodaux sont devenus
des équipements porteurs d?enjeux de mobilité et
d?aménagement de plus en plus larges : dévelop-
pement de l?intermodalité intégrant l?ensemble
des services de mobilité, densification et valorisa-
tion urbaines autour des gares, développement de
services du quotidien. Ils dépassent ainsi la seule
dimension du transport.
En structurant les déplacements quotidiens ou en
accompagnant la mise en oeuvre de restrictions
de circulation en zone dense, les PEM s?affirment
deplus en plus comme des outils de planification de
la mobilité à l?échelle métropolitaine ou régionale.
Ainsi, à proximité des PEM, peut être développé
un urbanisme efficace pour les territoires et leurs
habitants. De nouvelles formes de PEM, plus petits,
non liés à des gares ferroviaires ou routières,
sedéveloppent aussi pour la desserte de territoires
peu denses, en relation étroite avec le développe-
ment de services par le numérique (covoiturage...),
ou pour répondre à la congestion des réseaux
routiers structurants (stations de bus sur voie struc-
turante d?agglomération).
À travers leur posture de chef de file de l?intermo-
dalité et leur compétence relative à la planification
de l?intermodalité, les Régions ont un rôle phare
pour coordonner les offres de transports, notam-
ment à travers des schémas régionaux de pôles
d?échanges. Les contrats opérationnels de mobilité7
seront également des outils permettant de struc-
turer des pôles d?échanges à l?échelle des bassins
demobilité.
Mobility As A Service et pôles d?échanges
Ces dernières années ont vu l?émergence d?un nouveau type de service, le MaaS (Mobility as a Service), qui
consiste à intégrer et coordonner les offres de mobilité existantes sur un territoire en permettant à l?usager
de les utiliser avec un unique support et un seul compte usager. à Hambourg, en Allemagne, l?autorité orga-
nisatrice de la mobilité a développé ce service depuis 2017. Depuis, les pôles d?échanges de l?agglomération
intègrent une borne, identifiée avec le logo du service, qui permet de consulter les moyens de transports
disponibles dans le pôle, les informations de sa carte de transport, ou encore de calculer un itinéraire. En com-
plément, certains services de mobilité inclus dans le MaaS sont identifiés aux couleurs de l?outil (en vert sur la
photo). Ce système permet de matérialiser et d?ancrer territorialement un service par essence principalement
virtuel.
En vert, des places de stationnement réservées aux services de mobilité inclus dans l?offre MaaS «Switch»
d?Hambourg
Source: HOCHBAHN
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
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Date de publication
Septembre 2019
ISSN : 2276-0164
2019/46
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La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Collection | Références
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
PEM de Besançon
Source : Cerema
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault, Sylvain Michelon et Alexandre Strauss (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture:
Anne Bellamy (AGIR), Romain Cipolla (GART), Gaëlle Paternotte (DGITM), Gilles Bentayou, Cécile Clément,
Bertrand Depigny, Nicolas Furmanek, Nicolas Nuyttens et Cyprien Richer (Cerema).
Contributeurs ???
florence.girault@cerema.fr
DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
? Cette fiche est en partie issue de l?ouvrage Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité et de la ville
durable, Cerema, 2017.
? Cerema, Gares routières, 2017.
? Cerema, Signalétique intermodale dans les aéroports, 2018.
? Cerema, Développer des services dans les gares TER, 2017.
? Cerema, Signalétique intermodale dans les gares, rapport d?études, à paraître.
Pour aller plus loin ???
Collection | Références
La tarification intégrée
pourfaciliterl?intermodalité
La série de fiches
«Boîte à outils de
l?intermodalité»
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
lamise en oeuvre
d?unepolitique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 05 - novembre 2018
Boîte à outils de l?intermodalité
La tarification est un des principaux leviers entre les mains des autorités organisa-
trices des transports et de la mobilité pour faciliter les déplacements intermodaux
de leurs usagers. En effet, lorsque ces déplacements nécessitent l?usage successif
ou alternatif d?offres de transport relevant d?autorités organisatrices différentes,
des tarifications partenariales peuvent être proposées. Elles reposent alors sur une
coopération entre les autorités organisatrices et prennent différentes formes, dont la
«tarification intégrée», encore rare en France, constitue la modalité la plus aboutie.
Cette fiche de la série « Boîte Ã
outils de l?intermodalité » présente
les caractéristiques, les atouts et les
formes prises en France par la tarifi-
cation intégrée. Elle permet ainsi
au lecteur d?identifier les configu-
rations territoriales pour lesquelles
son déploiement est judicieux et de
s?approprier les principales étapes
de sa mise en oeuvre.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
2/12
La réalisation de déplacements intermodaux néces-
site parfois l?usage de plusieurs réseaux de trans-
ports collectifs gérés par des autorités organisatrices
(AO) distinctes1. Afin de faciliter ces déplacements
et de les rendre plus intuitifs pour l?usager, certaines
AO coopèrent pour mettre en place un système de
tarification dite «intégrée», permettant à l?usager
de bénéficier d?un unique titre pour ses déplace-
ments plutôt qu?un titre par réseau.
La première partie de cette fiche présente la tarifi-
cation intégrée comme outil au service de l?inter-
modalité.
Tarification intégrée: de quoi parle-t-on?
Depuis longtemps, les AO agissent sur la tarification
de leur réseau pour faciliter l?intermodalité.
Historiquement, ce choix s?est tout d?abord traduit
pour une AO par le fait de permettre, sur son ressort
territorial, l?utilisation de l?ensemble des lignes de
transport collectif de son réseau avec un seul titre
de transport (ex: un unique ticket pour réaliser un
trajet tramway + bus).
Dans un deuxième temps, des besoins en déplace-
ment dépassant l?offre proposée par un seul réseau
de transport ayant été identifiés, des tarifications
intermodales « combinées » ont été mises en
place. Celles-ci proposent, pour un déplacement
nécessitant l?usage de plusieurs réseaux (réseau
urbain + TER par exemple), une réduction tarifaire
par rapport à l?achat séparé des titres nécessaires Ã
ce déplacement (ex: un titre valable sur le réseau
urbain + une origine-destination donnée sur une
ligne du réseau TER. Cf. encadré page suivante ).
Tandis que la tarification combinée est associée
à une origine-destination donnée, la tarification
intégrée s?applique à un territoire, sans distinc-
tion des origines et destinations des déplacements
réalisés (ex: un déplacement réalisé en bus + TER
puis un déplacement réalisé en car, avec un unique
titre Alsa+24H valable dans tout le département du
Bas-Rhin).
Ainsi, la tarification intégrée offre à l?usager un
titre adapté à ses besoins de déplacement au sein
d?un territoire, sans équivalent parmi les titres de
chaque AO.
En permettant à l?usager d?acheter un unique
titre pour se déplacer sur plusieurs réseaux de
transports collectifs d?un territoire, la tarification
intégrée constitue l?un des outils facilitateurs
des pratiques intermodales.
Caractéristiques et domaines de
pertinence d?une tarification intégrée
Trois indicateurs permettent de qualifier une tarifi-
cation intégrée:
? l?étendue du territoire sur lequel elle porte;
? le nombre de réseaux auxquels elle donne accès
sur ce territoire : la tarification intégrée peut
concerner l?ensemble des réseaux présents sur
le territoire ou seulement certains (par exemple:
un réseau urbain + le réseau TER mais pas le
réseau routier régional);
? le caractère plus ou moins complet de la gamme
tarifaire qu?elle propose.
En France, la tarification intégrée prend des formes
variables, mais porte principalement sur deux confi-
gurations territoriales, pour lesquelles elle consti-
tue un outil particulièrement adapté aux besoins
desusagers:
? le ressort territorial d?une AO, sur lequel
une offre de transport complémentaire est
proposée par une autre AO. Il peut s?agir par
exemple du ressort territorial d?une AOM sur
lequel des lignes TER viennent compléter le réseau
urbain. Danscet exemple, l?AOM a la compétence
pour créer une nouvelle ligne mais elle choisit de
1. Définitions et enjeux de la tarification intégrée
1 Dans la suite de la fiche, on appellera «réseau», l?ensemble des modes de transports collectifs gérés par une autorité
organisatrice donnée. On entend par autorité organisatrice les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) et les Régions (AOT)
telles que définies par le code des transports en 2018.
La gamme tarifaire d?un réseau correspond à l?en-
semble des tarifs proposés, selon le profil de l?usager
et la durée de validité des titres.
Une gamme tarifaire classique peut être décomposée
en deux principaux types de titres:
? les titres « commerciaux» accessibles à tous ou
sous condition d?âge ou de statut;
? les titres «sociaux» accessibles sous condition de
revenu et de composition du ménage.
Ces titres sont par ailleurs déclinés pour deux catégo-
ries d?usagers: les usagers occasionnels (titres unité,
carnet de titres, titre journée?) et les usagers régu-
liers (abonnements).
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
3/16
s?appuyer sur l?offre TER existante et d?en faciliter
l?accès aux usagers de son réseau;
? des territoires situés à la frontière de plusieurs
réseaux de transport, et dont la mobilité
quotidienne des habitants nécessite l?usage
des différents réseaux (ex : des habitants de
l?Oise résidant à la frontière de l?Île-de-France
qui utilisent le réseau francilien et leur réseau
urbain2).
À ces deux types de périmètres correspondent deux
logiques de tarification intégrée.
2 Voir l?outil de visualisation des résultats de l?enquête sur les grands mobiles picards, 2014. https://grandsmobiles.picardie.fr/
Exemples de tarification combinée et tarification intégrée en Région Grand Est
Deux types de coopérations tarifaires entre la Région Grand Est et les AOM du territoire permettent d?illustrer les diffé-
rences entre tarification combinée et tarification intégrée.
? Tarification combinée: les titres Primo et Presto
Ces titres sont accessibles aux moins de 26 ans (Primo) et plus de 26 ans (Presto)
et ciblent les utilisateurs réguliers de transports collectifs que sont les étudiants
et les salariés. Ils sont déclinés sous forme d?abonnements annuels, mensuels ou
hebdomadaires et permettent de voyager en TER de façon illimitée sur une origine/
destination définie ainsi que sur un ou plusieurs réseaux urbains.
Par exemple, un étudiant résidant à Sélestat et étudiant à Strasbourg, qui souhaite
utiliser régulièrement le réseau urbain de Sélestat, la ligne Sélestat-Strasbourg du
réseau TER et le réseau urbain de Strasbourg. Il peut, grâce à l?abonnement Primo,
réaliser ses déplacements en s?acquittant d?un seul abonnement au lieu de trois.
? Tarification intégrée: les titres Alsa+ 24H et Alsa+ groupe journé
Les titres intégrés Alsa+ ne sont pas
définis pour une origine-destination
spécifique mais sur l?ensemble d?un
territoire, au choix à l?échelle:
? de l?ex-Région Alsace;
? des départements Haut-Rhin ou
Bas-Rhin;
? des réseaux urbains partenaires.
Un titre permet à ses bénéficiaires
d?utiliser pendant une journée l?en-
semble des réseaux de transport
public proposés sur le territoire pour
lequel le titre est valable. Ainsi, un
détenteur d?un titre ALSA+ 24H Haut-
Rhin pourra utiliser pendant une
journée:
? le réseau TER dans les limites du
département du Haut-Rhin;
? le réseau de bus interurbains Ã
l?intérieur du département du
Haut-Rhin;
? les réseaux urbains de Colmar,
Mulhouse et Saint-Louis. Source: www.vialsace.eu
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
4/12
Cette partie présente les principales caractéristiques
des deux types de tarifications intégrées en France.
La tarification intégrée sur le périmètre
d?une AO
Ces tarifications intégrées sont généralement
développées par des AOM (ou avant 2017 par des
départements). Dans ces cas de tarification intégrée,
l?AO pilote souhaite compléter son offre de transport
par l?ajout d?offres d?autres réseaux présents sur son
territoire.
C?est par exemple le cas de la communauté d?agglo-
mération du Grand Besançon qui a mis en place,
sur son ressort territorial, en lien avec la Région
Bourgogne Franche-Comté, une tarification intégrée
permettant l?usage du réseau urbain et du réseau
régional ferroviaire dont 16gares/haltes desservent
son ressort territorial. Ainsi, un abonné du réseau
urbain peut utiliser le TER tant que ses déplace-
ments sont limités au périmètre du grand Besançon.
Z Gamme tarifaire et prix des titres ? et ?
Lorsque la tarification intégrée est développée sur
le territoire d?une AO, elle reprend généralement
la gamme tarifaire pré-existante sur le réseau
de l?AO. Toute la gamme, ou seulement une partie
des titres, peut être intégrée.
Ainsi, l?autorité organisatrice permet aux déten-
teurs de titres de sa propre gamme tarifaire d?accé-
der sans surcoût à d?autres réseaux de transport
présents sur son territoire .
L?adossement de la tarification intégrée à une
gamme tarifaire préexistante offre l?avantage de
la simplicité de sa mise en place. Elle ne requiert
ni harmonisation des tarifs entre les réseaux, ni
production de nouveaux tarifs, et permet à l?usager
de conserver son profil tarifaire3.
Du point de vue de la billettique, les titres désormais
valables sur plusieurs réseaux peuvent demeurer
inchangés ou bien évoluer afin d?y mentionner la
2. La tarification intégrée aujourd?hui en France
3 Le profil tarifaire correspond aux éventuelles réductions auxquelles l?usager à droit; par exemple, un tarif «jeune».
Localisation des gares ferroviaires sur le territoire du Grand Besançon
Source : PDU du Grand Besançon ©AudaB
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
5/16
possibilité de les utiliser sur des réseaux partenaires.
L?AO partenaire doit s?assurer que ses contrôleurs
pourront reconnaître et valider les titres intégrés.
Z Clef de répartition des coûts ?
Dans le cas de l?adossement de la tarification
intégrée à une gamme tarifaire existante, les
recettes générées par les titres intégrés sont perçues
par l?AO pilote (le réseau du Grand Besançon
dans l?exemple précédent). Celle-ci compense le
manque à gagner aux AO partenaires (laRégion
pour son offre TER) en prenant en compte:
? les recettes qu?aurait sans doute perçues chaque
AO en l?absence de titre intégré;
? les coûts de fonctionnement des services de l?AO
partenaire offerts aux usagers de la tarification
intégrée;
? le nombre de déplacements effectués par les
détenteurs de titres intégrés sur le réseau de l?AO
partenaire.
La tarification intégrée sur un territoire
spécifique
Respecter les contours d?un périmètre institutionnel
n?est pas toujours pertinent lorsqu?il s?agit de facili-
ter des pratiques intermodales que l?on observe
justement à la frange des territoires institutionnels.
Dès lors, une réflexion à une échelle institutionnelle
supra (par exemple régionale) revêt un certain sens.
Cependant, le périmètre des tarifications intégrées
doit être avant tout en adéquation avec les bassins
de déplacements.
Ainsi, lorsque les pratiques de mobilité des usagers
nécessitent de s?affranchir des périmètres des AO, la
tarification intégrée peut être déployée sur un terri-
toire adapté.
Par exemple, en Meurthe-et-Moselle, la tarification
MixCités est déployée sur un territoire formé par
quatre EPCI, réunis avec la Région Grand Est dans
un syndicat mixte SRU4: la métropole du Grand
Nancy et les communautés de communes voisines
du Bassin de Pompey, du Pays du Sel et du Vermois,
et de Moselle et Madon.
Cette tarification donne accès aux réseaux suivants:
? le réseau de transport en commun (SIT) du Bassin
de Pompey ;
? le réseau Stan de la métropole du Grand Nancy,
? le réseau interurbain Sub géré par le syndicat
mixte SRU ;
? le réseau TER entre Nancy, le Bassin de Pompey
et Moselle et Madon.
Source: https://www.reseausub.fr
L?adaptation de la billettique Ã
latarification intégrée en Loire-Atlantique
En Loire-Atlantique par exemple, les détenteurs d?un
titre de transport routier interurbain organisé par
la Région sur le département de Loire-Atlantique
(réseau Lila) peuvent utiliser ce titre, dans la limite
d?une heure, sur les réseaux urbains de Nantes et de
Saint-Nazaire.
Ticket unité
COMPOSTEZ ICI
POUR LE RÉSEAU
LILA
Valable 2h sur le réseau LILA. Valable 1h en correspondance
sur le réseau TAN et sur le réseau STRAN.
COMPOSTEZ ICI
POUR LES RÉSEAUX
TAN OU STRAN
Source: www.lila.paysdelaloire.fr Lila©
AOM sur le département de Loire-Atlantique proposant
desservices TC réguliers payants
4 Syndicat mixte de transport dit SRU créé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
6/12
Z Création d?une gamme tarifaire propre ?
Les tarifications intégrées qui ne portent pas sur un
territoire institutionnel nécessitent la création de
nouvelles gammes tarifaires.
Celles-ci ne se substituent pas forcément aux
gammes pré-existantes. Selon les cas, les usagers
de chacun des réseaux pourront continuer à utiliser
des titres non intégrés leur permettant de se dépla-
cer uniquement sur un réseau.
Ces nouvelles gammes tarifaires sont généralement
limitées aux usagers occasionnels. Les tarifications
destinées aux salariés reposant sur une origine-des-
tination récurrente peuvent en effet davantage se
prêter à des offres combinées. Ainsi, l?ex-Région
Alsace a fait le choix de développer sa tarification
intégrée pour usagers occasionnels en ne proposant
que des tarifs à la journée (Alsa+).
À la différence des cas de réutilisation de la gamme
tarifaire d?un réseau, la création d?une gamme
tarifaire intégrée constitue souvent une étape diffi-
cile à franchir dans la mesure où elle doit concilier
les spécificités des gammes tarifaires des différents
réseaux accessibles.
Par exemple, la définition du titre « jeune» varie
d?un réseau à l?autre: critères d?âge pour certains,
critères relatifs au statut pour d?autres (étudiants,
apprentis?). La synthèse de ces gammes est alors
difficile à obtenir. Cette difficulté explique pour
partie le caractère incomplet de la plupart des
gammes tarifaires intégrées proposées actuelle-
ment en France.
Cette difficulté peut en revanche être considérée
comme une opportunité pour les AO d?harmo-
niser et de simplifier leurs propres gammes
tarifaires.
Z Prix des titres ?
Lorsque la tarification intégrée est développée
distinctement des gammes tarifaires de chaque
réseau, le prix des titres résulte d?un équilibre entre
recherche d?attractivité de la gamme intégrée et
cohérence vis-à -vis du prix des différentes gammes
tarifaires existantes des réseaux.
Concrètement, le prix du titre intégré d?un usager
occasionnel réalisant plusieurs déplacements sur
des réseaux distincts sera généralement compris
entre le prix du titre d?un des réseaux et la somme
Lorsqu?elles ne couvrent pas un territoire institutionnel, les tarifications intégrées sont particulièrement adaptées aux
territoires desservis par un axe de transport structurant. C?est le cas de la tarification intégrée qui a été développée
en Région Grand Est autour du tram-train Mulhouse-Thann.
La mise en service de ce tram-train en 2010 a été accompagnée de la création d?une gamme tarifaire intégrée visant
à faciliter les déplacements en bus, car, tram, tram-train ou TER le long de la vallée de la Thur. Cette tarification
intitulée «Attitudes» est vendue à la fois sur le réseau urbain Soléa et sur le réseau SNCF.
Le périmètre qui correspond à cette tarification intégrée est formé du ressort territorial de la communauté d?aggloméra-
tion Mulhouse Alsace Agglomération et des communes situées le long de la vallée de la Thur jusqu?à Kruth. Ce territoire
n?a donc aucune existence institutionnelle, il correspond aux pratiques de mobilité des habitants de la vallée de la Thur.
Le territoire «à la carte» de la gamme tarifaire Attitudes
Source : www.cdn.ter.sncf.com © SNCF
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
7/16
des titres qu?il aurait achetés séparément en
l?absence de tarification intégrée.
Cependant, il n?est pas forcément possible
de comparer la valeur des titres intégrés et la
somme des titres de chaque réseau. En effet, la
tarification TER étant kilométrique, elle ne propose
généralement pas de titre lié à un territoire donné
mais seulement à une origine-destination choisie.
Ainsi, l?intégration de tarifications plates des
réseaux urbains5, avec des tarifications kilomé-
triques des TER, rend difficile la construction des
prix des titres intégrés, notamment pour des terri-
toires très étendus. Les AO peuvent alors recourir Ã
des tarifications zonales, qui sont un compromis
entre les tarifications «plates» et les tarifications
kilométriques.
Z Clef de répartition des coûts et des recettes ?
Les dépenses liées à la mise en place d?une
nouvelle gamme tarifaire concernent:
? le coût de création de la nouvelle gamme tari-
faire et de la billettique (définition et conception
des titres, installation ou adaptation éventuelles
des bornes de validation et des distributeurs de
titres);
? le coût de communication sur la nouvelle tarifi-
cation;
? le coût de suivi de son utilisation (enquête auprès
des usagers?).
Certains de ces coûts peuvent être mutualisés
avec ceux de la gamme tarifaire d?un des réseaux
(conception et distribution notamment).
D?autre part, la création de titres intégrés distincts
des titres proposés par chaque réseau permet
d?isoler une recette propre à la tarification
intégrée. Cependant, en raison de l?attractivité des
tarifs de la gamme tarifaire intégrée, les recettes
générées restent inférieures à celles qu?aurait
générées l?utilisation de titres séparés sur chacun
des réseaux, à fréquentation constante. Ainsi, le
bilan des recettes de la tarification intégrée doit être
apprécié en évaluant, parmi les utilisateurs de titres
intégrés:
? la part d?usagers utilisant initialement la tarifica-
tion des différents réseaux (qui, en raison de l?at-
tractivité des tarifs des titres intégrés, constitue
un manque à gagner pour les réseaux);
? la part de «nouveaux» usagers que la tari-
fication intégrée a attirée sur les réseaux de
transports (qui génèrent, eux, de nouvelles
recettes).
Ainsi, la tarification intégrée n?est pas un outil
qui vise à augmenter les recettes des AO mais
qui recherche plutôt une augmentation de
l?utilisation des transports alternatifs à l?usage
individualisé de la voiture.
Les accords financiers définis entre AO partenaires
relèvent le plus souvent d?unpartage de la recette
propre à la tarification intégrée. Les modalités de
ce partage sont variables mais reposent générale-
ment:
? sur la connaissance des réseaux utilisés par les
détenteurs de titres intégrés lors de leurs dépla-
cements ;
? sur la distinction entre les déplacements réali-
sés sur un unique réseau et ceux réalisés sur
plusieurs réseaux ;
? sur le prix des titres vendus sur chacun des
réseaux.
État des lieux de la tarification intégrée
en France
L?enquête des transports collectifs régionaux6
(données 2016) permet de dresser le portrait de
la mise en oeuvre des politiques de tarifications
intégrées en France.
Les Régions colorées correspondent aux Régions
ayant développé des tarifications intégrées sur
une partie de leur territoire (par exemple, sur le
périmètre de certaines AOM).
Il met notamment en évidence le développement
des politiques de tarification intégrée incluant les
transports régionaux. Sur les 15 Régions comportant
des politiques de tarification intégrée, 11 d?entre
elles ne sont concernées que par des intégrations
réseaux urbains/réseau ferroviaire régional, sur le
périmètre d?AOM (couleur jaune sur la carte page 9).
5 Syndicat mixte de transport dit SRU créé par la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains du 13 décembre 2000.
6 Enquête des transports collectifs régionaux ? DGITM, Cerema, Régions de France, GART, UTP, FNTV. Données 2016.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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Gamme tarifaire de
l?AO pilote
Quels
objectifs à la
tarification
intégrée ?
Quel
territoire ?
Quelle
gouvernance ?
Quelle
gamme
tarifaire ?
Quel prix ?
Quelle
répartition
des coûts et
des recettes ?
Faciliter l?usage de
l?ensemble des offres TC
déployées sur le ressort
territorial d?une AO
Deux types de tarification intégrées existant en France
Ressort territorial
de l?AO pilote
Territoire spécifique
Portage par l?AO
pilote
Portage partenarial
par convention ou
sous forme de
syndicat mixte SRU
Titres spécifiques
Prix de la gamme tarifaire
générale
Prix attractif par
rapport à la somme
des prix des titres
intégrés
Compensation
financière de l?AO
pilote aux autres
AO en fonction des
coûts et/ou des
recettes
Répartition des
recettes entre AO
partenaires en
fonction des
usages des titres
intégrés et des
coûts des réseaux
Proposer une
tarification unique aux
usagers se déplaçant sur
un périmètre plus large
que le ressort territorial
d?une AO
... sur le ressort territorial
d?une AO
... sur le territoire de
plusieurs AO
Deux types de tarifications intégrées existant en France...
?
?
?
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
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Par ailleurs, si l?on ne recense pas de tarifi-
cation intégrée inter-régionale, il existe des
accords ponctuels développés sur des terri-
toires limitrophes ayant de fortes interactions.
C?est notamment le cas entre les Régions
Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-
Franche-Comté (carte TER illico valable sur
l?ensemble de la Région Auvergne-Rhône-
Alpes et à destination de Mâcon et Genève).
Enfin, la fusion de certaines Régions entraîne
de nouvelles réflexions sur l?intermodalité
dont il conviendra de mesurer les effets sur
les politiques de tarification intégrée.
Les tarifications intégrées à l?échelle
desanciennes Régions
Les Régions colorées correspondent aux Régions ayant déve-
loppé des tarifications intégrées sur une partie de leur territoire
(par exemple, sur le périmètre de certaines AOM)
Source : Cerema, Enquête des transports collectifs régionaux ? DGITM, Cerema, Régions de
France, GART, UTP, FNTV. Données 2016 ©Cerema
Des conditions favorables
auximpulsions régionales
Les récentes évolutions législatives, bien que ne
concernant pas directement les questions de tarifi-
cation intégrée, vont néanmoins faciliter leur mise
en oeuvre.
L?adoption de la loi MAPTAM a confié à la Région
le rôle de chef de file de l?intermodalité et de
la complémentarité entre modes de transport, la
tarification étant identifiée comme l?un des princi-
paux leviers de cette action de coordination.
Alors que très peu de tarifications intégrées sont
aujourd?hui construites à l?initiative et à l?échelle
d?une Région ou d?une ex-Région, celles-ci peuvent
désormais, au travers de la mise en place des
SRADDET, identifier des territoires où le développe-
ment de l?intermodalité passe par la mise en oeuvre
de tarifications intégrées.
Par ailleurs, les coopérations nécessaires à la mise
en oeuvre de telles tarifications ont été simplifiées
par le transfert à la Région des compétences trans-
port initialement exercées par les départements.
La mise en place d?une tarification intégrée
portant sur l?ensemble des réseaux de transport
public d?un territoire nécessite désormais un accord
entre les AOM et la Région.
Enfin, la loi du 4 août 2014 portant réforme
ferroviaire a permis aux Régions de s?affranchir
du barème kilométrique dans la tarification des
services TER. D?autres principes tarifaires (tarifica-
tion zonale, tarifs uniques?) sont donc aujourd?hui
envisageables. Ces nouveaux outils de tarification
simplifieront certainement, à terme, le développe-
ment de tarifications intégrées.
3. Pour aller plus loin
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
10/12
Par ailleurs, le périmètre des Régions a évolué
en 2016 amenant celles-ci à entreprendre des
démarches d?harmonisation des différentes
tarifications de leurs services de transport. Ces
démarches d?harmonisation peuvent amener Ã
définir des gammes tarifaires plus simples et donc
plus faciles à intégrer sur d?autres réseaux.
Si ces différentes évolutions législatives vont sans
nul doute simplifier les phases d?élaboration des
tarifications intégrées, leur impact sur le périmètre
géographique de ces tarifications est aujourd?hui
difficile à évaluer. Ces tarifications ont-elles vocation
à se multiplier ? Vont-elles se développer sur des
territoires de plus en plus étendus à l?instar de
ce qui est observé en Suisse ou en Allemagne où
les communautés tarifaires ont vocation à couvrir
l?ensemble du territoire national?
Étendre le périmètre de la tarification intégrée
(notamment pour atteindre celui de l?échelon insti-
tutionnel supérieur) n?est en effet pas un objec-
tif en soi. Le périmètre d?une tarification intégrée
doit avant tout viser à répondre à des besoins de
mobilité observés, sur un bassin de vie spécifique.
Mobility as a Service (MaaS):
leprochain défi?
Le développement d?une tarification intégrée
concourt à un usage facilité des différents réseaux
de transport collectifs sur un territoire donné.
D?autres outils complémentaires permettent de
faciliter les déplacements des usagers. Il est notam-
ment utile d?associer à un projet de tarification
intégrée, une information de qualité sur la gamme
tarifaire intégrée, et plus globalement un système
d?information multimodale et une billettique
interopérable adaptée.
Les exemples de tarification intégrées présentées
dans cette fiche concernent uniquement les réseaux
de transports collectifs. De façon générale, la tarifi-
cation intégrée comprend très rarement des
services de mobilité tels que l?autopartage ou les
vélos en libre-service. Des accords tarifaires entre
les réseaux de transports collectifs et les services de
mobilités proposés par les AO existent mais ne vont
pas jusqu?à l?intégration tarifaire. Par exemple,
? Ã Bordeaux, l?abonnement mensuel au service
de vélos en libre service coûte 22 euros pour
les abonnés du réseau de transports collectifs et
33 euros pour les non abonnés. Cependant les
usagers doivent acheter leurs deux titres sépa-
rément;
? à Besançon, l?abonnement au service d?auto-
partage Citiz est gratuit pour les abonnés du
réseau de transport collectif Ginko. Cependant,
ces usagers doivent payer les heures et les kilo-
mètres parcourus.
Ainsi, l?un des enjeux de la tarification intégrée de
demain sera de poursuivre cette dynamique de
coopération tarifaire avec les services de mobilité
déployés par les AO sur un territoire afin de facili-
ter l?accès à ces services alternatifs à l?usage de la
voiture individuelle.
Le concept de Mobility as a Service, qui s?est
développé ces dernières années, vise à offrir aux
usagers un unique service de mobilité compre-
nant l?ensemble des offres existantes (offres
publiques et privées, individuelles et collec-
tives). Ainsi, au-delà de la tarification, les projets de
MaaS prévoient d?intégrer la billettique, et l?infor-
mation multimodale, pour l?ensemble des systèmes
de transports et de mobilité.
La tarification intégrée constitue donc un premier
pas vers un système de mobilité plus intégré, que
les évolutions législatives à venir pourront contri-
buer à faire évoluer.
Tarification intermodale sur le territoire du Grand Besançon
Source : www.ginko.voyage ©Agence Dartagnan pour le Grand Besançon
Les communautés tarifaires suisses
Une vingtaine de communautés tarifaires couvrent la majeure partie du territoire suisse. Si les périmètres de ces commu-
nautés tarifaires s?inspirent du périmètre institutionnel des cantons, ils n?y correspondent généralement pas totalement,
certains besoins en mobilité pouvant amener:
? à étendre la communauté tarifaire au-delà du périmètre du canton ;
? à faire chevaucher plusieurs communautés tarifaires.
Ces communautés tarifaires font l?objet d?un découpage en zones, permettant une meilleure modulation des tarifs.
Les tarifs proposés par ces communautés tarifaires relèvent principalement d?abonnements, lesquels peuvent se substi-
tuer aux tarifs proposés sur les réseaux membres. Ainsi, l?abonnement mensuel proposé sur le réseau urbain de Fribourg
est l?abonnement Frimobil valable sur les réseaux de chemins de fer et de bus urbains et régionaux d?une zone.
En Suisse, l?étendue spatiale des communautés tarifaires et la finesse de leurs zonages s?expliquent par la très forte
densité du réseau de transport public qui dessert l?ensemble des zones même lorsque ces dernières sont éloignées
des espaces urbains. En revanche, une tarification intégrée basée sur le périmètre d?une Région française comporterait
nécessairement des secteurs non accessibles ou très faiblement desservis par les lignes régulières de transport public.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité -
novembre2018
Fiche n° 05 ? La tarification intégrée pour faciliter
l?intermodalité
11/16
Zones de la Communauté Tarifaire Intégrale Fribourgeoise Frimobil développée sur le canton de Fribourg de la Broye vaudoise
Source : https://www.frimobil.ch
Zone Frimobil Chemin de fer Bus régionaux Bus urbain
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
©2018-Cerema
La reproduction totale ou
partielle du document doit
être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Novembre 2018
ISSN : 2276-0164
2018/39
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Cerema Territoires et ville
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La collection « Références » du Cerema
Cette collection regroupe l?ensemble des documents de référence portant sur l?état de l?art dans les domaines d?expertise
du Cerema (recommandations méthodologiques, règles techniques, savoirs-faire...), dans une version stabilisée et validée.
Destinée à un public de généralistes et de spécialistes, sa rédaction pédagogique et concrète facilite l?appropriation et
l?application des recommandations par le professionnel en situation opérationnelle.
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
Source : www.vialsace.eu
Cette fiche a été rédigée par Bertrand Dépigny, Florence Girault et Pierre Nouaille (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture:
Stéphane Chanut, Gérôme Charrier, Cécile Clément-Werny, Patrice Morandas (Cerema).
Mounia Moudjed, Florence Dujardin, Célina Sabatier (GART), Gaëlle Paternotte (DGITM), Julie Vincendeau
(Région Pays-de-la-Loire), Laurie Caron (Région Grand Est).
Contributeurs ???
? Cerema, L?intermodalité: enjeux, gouvernance, leviers, 2018
? Cerema, Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs ? Systèmes billettiques, 2017
? Cerema, 30 ans de tarification des transports collectifs urbains (hors Ile-de-France), 2014
? Certu, La coopération entre autorités organisatrices de transports : les syndicats mixtes SRU, 2014
? Gart, La coopération en matière de mobilité, 2012
? Cerema, L?intégration tarifaire dans les transports. Repères pour la mise en oeuvre, à paraître
Pour en savoir plus ???
Contact ???
? bertrand.depigny@cerema.fr
? DD.DTECTV@cerema.fr
Pilotage de la série «Boîte à outils de l?intermodalité»
? florence.girault@cerema.fr
Une série de fiches «Boîte à outils de l?intermodalité» (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité*
Fiche n° 07
Fiche n° 06 La billettique interopérable*
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Collection | Connaissances
La billettique interopérable
au service de l?intermodalité
La série de fiches
« Boîte à outils de
l?intermodalité »
synthétise
lesconnaissances et
recommandations
essentielles Ã
laplanification et Ã
la mise en oeuvre
d?une politique
intermodale.
Elle s?adresse aux
techniciens et élus
desAOM et des
Régions, à leurs
assistants à maîtrise
d?ouvrage, ainsi qu?aux
services de l?État.
Fiche n° 06 - Janvier 2020
Boîte à outils de l?intermodalité
La billettique interopérable est un des leviers entre les mains
des autorités organisatrices de la mobilité pour encourager
l?usage des transports collectifs et faciliter les déplacements
intermodaux.
Cette fiche de la série « Boite à outils de l?intermodalité »
présente les caractéristiques des systèmes de billettique
interopérable et les évolutions qui permettent
d?améliorer le service rendu à l?usager. Enfin, elle
expose les principes d?organisation d?un projet de
billettique interopérable.
Cette fiche s?appuie sur l?ouvrage du Cerema Outil pour
l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports
collectifs - Systèmes billettiques paru en 2017.
1. Définition et enjeux de la billettique interopérable
La billettique interopérable :
dequoi parle-t-on ?
La billettique désigne l?ensemble des procé-
dés et outils de gestion des contrats liant :
? les producteurs d?une offre de mobilité :
les exploitants de réseau de transports
collectifs et les opérateurs de services de
mobilité ;
? les financeurs : les autorités organisatrices
de la mobilité (AOM), les Régions ;
? les utilisateurs de cette offre ;
dans lequel les billets papier ont été rempla-
cés par des supports de technologie plus
avancée (cartes à puce, QR Code, etc.) utili-
sant l?informatique et l?électronique1.
1 Définition issue de l?ouvrage : Outil pour l?acquisition
de systèmes intelligents pour les transports
collectifs, Cerema, 2017, p10.
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
2/8
On appelle ainsi « système billettique » l?outil
permettant la gestion de l?ensemble des fonctions
billettique (achat, validation, contrôle, etc.).
Au-delà du support de titre, qui reste l?élément le
plus visible pour l?usager, un système billettique est
constitué des éléments suivants :
On parle de billettique interopérable lorsque deux
systèmes billettiques sont capables de communi-
quer et d?échanger entre eux. On distingue plusieurs
niveaux d?interopérabilité.
Il y a interopérabilité des supports lorsque sur un
même support (carte à puce par exemple), on peut
charger plusieurs titres de transport appartenant
chacun à différents gestionnaires de réseaux, chaque
gestionnaire gardant la maîtrise du chargement de
ses produits tarifaires sur le support commun.
On parle d?interopérabilité du service de distri-
bution ou de « vente croisée » lorsque, avec un
même support, l?usager peut voyager sur deux
réseaux tout en achetant ses deux titres auprès
d?un seul réseau.
Pour aller plus loin, les autorités organisatrices des
réseaux peuvent proposer une tarification intégrée
qui permet à l?usager d?acheter et de charger sur
son support un unique titre valable sur les deux
réseaux [1].
Enfin, il y a interopérabilité des systèmes centraux
billettiques lorsque pour réaliser des services
communs d?exploitation (service après-vente,
2 On parle également de billettique « media-centric ».
3 On parle également de billettique « serveur-centric » ou « account-based ».
répartition de recettes, etc.), les systèmes
billettiques peuvent s?échanger des informations
sur les activités réalisées.
La billettique interopérable facilite ainsi les pratiques
intermodales de l?usager en lui permettant d?utili-
ser un unique support pour charger ses titres, un
unique distributeur ou lieu de vente pour l?achat de
ses titres de transports et ce, quels que soient les
réseaux de transports utilisés.
Pour les autorités organisatrices de la mobilité, le
développement d?une billettique interopérable
participe à l?amélioration du service rendu à leurs
usagers. Elles peuvent également mutualiser des
équipements et locaux nécessaires au fonctionne-
ment du système billettique.
Acteurs et défis émergents
delabillettique interopérable
Une solution billettique est dite « centrée sur
le support2 » lorsque les informations relatives
aux titres et profils de l?usager sont stockées
dans son support. Validation, rechargement et
contrôle sont réalisés localement entre équipe-
ment et support, puis notifiés au système central
(back-office) en différé.
Une solution billettique est dite « centrée sur le
back-office3 » lorsque les informations sur les
titres et profils de l?usager sont stockées sur un
compte-client en back-office. Le support fait alors
office de moyen d?authentification de l?usager.
Les opérations de vente, validation ou contrôle
sont réalisées entre l?équipement et le back-of-
fice en utilisant une connexion internet (3G, 4G).
La billettique connaît depuis peu une évolution
importante, Ã la fois institutionnelle et technolo-
gique, dans un contexte de contraintes budgétaires
fortes pour les collectivités [2].
Z La Région, acteur fort des projets de billettique
interopérable.
En tant qu?autorités organisatrices des transports
non urbains et ferroviaires régionaux depuis 2014,
les Régions sont responsables des systèmes billetti-
ques de leurs réseaux.
Par ailleurs, leur rôle de chef de file de l?intermoda-
lité les enjoint à promouvoir le développement de
Support de titres
de transport
(Ticket, carte...)
Échanges de données
Échanges de données
Équipements de vente,
de validation, de contrôle...
Back-office
central ou local
(Héberge les données
de clientèle,
de la tarification...)
Les éléments d?un système billettique
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
3/8
projet de billettique interopérable, permettant de
faciliter les pratiques intermodales.
Enfin, les nouvelles délimitations des Régions
depuis 2015 posent la question du développe-
ment de l?interopérabilité au niveau des nouveaux
périmètres régionaux.
Z Les métropoles et grandes agglomérations
Elles ont généralement déjà développé des
systèmes billettiques et continuent de les faire
évoluer : elles sont des acteurs majeurs de la billet-
tique interopérable.
Par ailleurs, les AOM de taille intermédiaire (entre
50 000 et 150 000 habitants) s?équipent de plus en
plus. Leurs besoins sont spécifiques (recherche de
coût limité des technologies, de rapidité de mise en
oeuvre et de fiabilité des systèmes) et leurs moyens
humains et financiers sont plus réduits que ceux des
plus grandes collectivités.
Le développement des technologies a permis
l?émergence de solutions billettiques plébiscitées
par ces collectivités (systèmes centrés sur le
back-office).
Z Le développement de nouveaux services de
mobilité
Les nouveaux services, que ce soit l?autopartage,
le covoiturage, les vélos ou trottinettes en libre
service ou en location, enrichissent le bouquet de
mobilité offert aux usagers. De nouveaux acteurs,
potentiellement intéressés par des systèmes
de billettique interopérable : les opérateurs privés
de services de mobilité.
Dans ce contexte, des outils de mobilité servicelle se
développent (« MaaS », pour Mobility as a Service),
qui consistent à intégrer dans une unique application
smartphone l?information, la réservation, le paiement
de différents services de mobilité publics et privés.
Cesoutils ont pour objectif d?offrir un service dépas-
sant la billettique interopérable en intégrant notam-
ment l?information voyageur.
2. La billettique interopérable en France aujourd?hui
État des lieux
Z Les systèmes centrés sur le support ou
surleback-office
Les possibilités de connexions entre les équipe-
ments et les back-offices étant limitées dans les
années 1990, ce sont les solutions centrées sur le
support qui ont initialement été choisies en France
(parfois ainsi appelées « systèmes classiques »).
Cependant, depuis les années 2010, de nouvelles
solutions dites « légères », centrées sur le back-office,
se développent.
Elles s?adressent aux réseaux de tailles intermé-
diaires qui souhaitent déployer un système rapide-
ment. Elles consistent à installer dans les cars
ou bus un smartphone ou une tablette comme
pupitre conducteur pour la vente, un lecteur pour
la validation des titres de transport, et souvent une
imprimante de titres papier pour la vente à bord.
Lagéolocalisation permise par le smartphone offre
la possibilité de coupler facilement ces solutions Ã
un service d?aide à l?exploitation (SAE).
Développer l?interopérabilité régionale, entre
réseaux de transports en commun urbains et
régionaux, voire régionaux et internationaux selon
les territoires et les bassins de vie.
L?interopérabilité supra-régionale est notamment
un enjeu pour faciliter les déplacements
transfrontaliers (Lille-Belgique, frontière jurassienne
franco-suisse, etc.).
Défi actuel
Faire communiquer ces nouveaux systèmes (centrés
sur le back-office) avec les anciens (système dits
« centrés sur le support»).
Défi actuel
Intégrer les nouveaux services de mobilité aux
systèmes billettiques qui ciblaient jusqu?à présent
plutôt les réseaux de transports collectifs.
Défi actuel
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
4/8
Z Des investissements conséquents déjà réalisés en région [3]
14 des 22 « anciennes » régions françaises (telles
qu?elles étaient définies avant la loi Notre du
16 janvier 2015) avaient mis en oeuvre des cartes
sans contact interopérables sur leurs réseaux de
transport.
Les régions en blanc dans la carte ci-contre n?ont
pas, à l?heure actuelle, de billettique interopérable.
La carte Modalis est valable sur tout le réseau TER
de Nouvelle-Aquitaine depuis 2019, mais n?est pas
encore interopérable avec l?ensemble des réseaux
urbains de la région.
Les nouvelles régions Auvergne-Rhône-Alpes,
Grand-Est, Normandie et Occitanie ont à l?heure
actuelle deux systèmes déployés sur leur terri-
toire. L?interopérabilité à leur échelle reste donc Ã
mettre en oeuvre. Plusieurs solutions sont possibles :
juxtaposition de deux applications billettiques sur un
même support, ou mise en oeuvre d?une nouvelle
application billettique adaptée au bassin d?interopé-
rabilité de la nouvelle région, par exemple.
De nouveaux outils pour répondre aux enjeux des territoires
Z Hoplink pour un déplacement sans frontière [4]
4 Pour plus d?informations, se reporter au site https://www.calypsonet-asso.org et à l?ouvrage Outil pour l?acquisition de systèmes
intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p16.
Le service applicatif gratuit Hoplink est un nouvel
outil qui permet de développer simplement l?inte-
ropérabilité de support.
Il permet aux usagers de charger sur leur support des
titres de l?ensemble des réseaux de l?Alliance Hoplink
(jusqu?à 16 titres simultanément) en France (notam-
ment les réseaux urbains de Lille et Strasbourg) et Ã
l?international. Pour les collectivités, cet outil permet
de réduire les coûts de distribution induits par l?édi-
tion de tickets occasionnels. Les collectivités doivent
toutefois prévoir l?adaptation de leurs équipements
billettiques, notamment pour des raisons de sécurité.
L?application Hoplink se déploie sur tout support
(cartes, téléphone NFC?) bénéficiant d?un environ-
nement Calypso4 (standard d?organisation des
données). Elle peut être installée sur des cartes « de
service » type carte universitaire, comme prévu Ã
Strasbourg par exemple.
L?alliance Hoplink compte 42 membres dont une
large majorité d?AOM françaises.
Les cartes sans contact intéropérables utilisées sur des réseaux régionaux
et urbains en2018
Source : Cerema, Outils pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs,
2017, page 22.
La solution Hoplink pour les réseaux
Source : Alliance Hoplink
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
5/8
Z L?interopérabilité des systèmes centrés sur le
support et systèmes centrés sur le back-office [5]
Les nouveaux systèmes billettiques « légers »
développés depuis 2015 sur les réseaux de trans-
port de petite taille ou de taille intermédiaire, et les
systèmes « classiques » mis en place par les régions
et les grandes agglomérations ont des architectures
différentes.
Il est nécessaire de respecter des exigences parti-
culières concernant l?implantation de chacun des
systèmes si l?on souhaite les rendre interopérables.
Ces exigences, qui permettent une interopérabilité
de supports ou de titres, ont été identifiées et détail-
lées par un groupe de travail composé d?experts de
la billettique, dans le document « Interopérabilité
billettique appliquée aux systèmes SI-Serveur ?
Exigences d?implémentation »5.
5 Ce document est accessible auprès de la Commission de normalisation CN03 via le courriel : bntra-CN03@cerema.fr
6 Pour en savoir plus : https://projects.eclipse.org/projects/iot.keyple
Keyple pour faciliter l?évolution des systèmes
billettique
L?outil Keyple6 développé par Calypso Networks
Association a été conçu dans le but de favoriser
l?interopérabilité, de réduire le coût global et
de faciliter l?évolution des systèmes. Ce logiciel
open source permet en effet d?effectuer simple-
ment tous les types de transactions sans contact
(lecture, chargement, débit, validation?), avec
un haut niveau de sécurité, sans avoir à dévelop-
per de module spécifique à Calypso demandant
des investissements importants. L?architecture
de Keyple permet donc d?ajouter des plugins
communiquant avec des technologies proprié-
taires telles que Mifare, Cipurse, etc.
3. Mener un projet de billettique interopérable
Définir les objectifs d?un projet
debillettique interopérable
Avant de choisir et déployer un système billettique,
tout projet doit commencer par une réflexion sur la
définition du besoin en termes de billettique.
Cette définition du besoin s?articule en deux phases :
? un état des lieux élargi de l?existant en matière de
billettique sur le territoire considéré : outils exis-
tants, usagers ciblés (occasionnels, scolaires?),
services de transports et de mobilité concernés
(transports collectifs, services de mobilité, voire
des services autres que de mobilité), bassins de
vie des habitants, acteurs impliqués, politique
tarifaire associée? ;
? La description du service cible pour chacun
des acteurs et pour chaque segment d?usagers
identifié.
Le choix du type de technologie ne doit pas se
décider trop tôt dans la réflexion mais découler de
la vision du service et des besoins définis au regard
de l?état des lieux.
Les deux piliers d?un projet de billettique interopé-
rable sont une organisation partenariale solide et un
projet s?appuyant sur le socle normatif.
Formaliser l?organisation partenariale
d?un projet de billettique
Un projet de billettique interopérable associe classi-
quement
? les AOM du territoire ;
? les opérateurs de services de transport et de
mobilité ;
? les usagers.
L?organisation partenariale mise en place doit être :
? structurée pour soutenir la mise en place d?un
projet complexe impliquant de nombreux parte-
naires ;
? flexible pour pouvoir intégrer les nouveaux parte-
naires, parfois privés, de l?interopérabilité ;
? adaptée aux différentes phases du projet, depuis
les décisions politiques de construction du projet
jusqu?aux décisions opérationnelles.
Le projet de service commun établi par l?ensemble
des autorités organisatrices de la mobilité impli-
quées doit se traduire en projet technique qui se
matérialise par la production collégiale de plusieurs
documents, notamment :
? la charte d?interopérabilité billettique. Elle
constitue le socle du partenariat entre les AOM,
en définissant son cadre général et en posant
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
6/8
les principes de gouvernance nécessaires à la
gestion de l?évolution des normes et à l?entrée
des différents partenaires dans le projet.
? une base documentaire. Celle-ci décline les prin-
cipes et objectifs de la charte en spécifications
fonctionnelles et techniques, dont le REFOCO
(REférentiel FOnctionnel COmmun) qui décrit
les spécifications fonctionnelles communes des
systèmes et le service billettique commun (en
matière de distribution, de relation client, etc.).
Dans ces documents, les références normatives sont
indiquées de façon précise.
L?intégration des nouveaux services de mobilité
(autopartage, vélos en libre service, covoiturage,
etc.) complexifie la gouvernance en ajoutant des
acteurs publics ou privés au partenariat, mais ne
modifie pas les principes du système de billettique.
7 Pour plus d?informations, se reporter au site https://www.calypsonet-asso.org) et à l?ouvrage Outil pour l?acquisition de systèmes
intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p104.
8 Décret n°2009-697 du 16juin 2009 relatif à la normalisation.
9 Pour plus d?informations : www.billettique.fr
S?appuyer sur un socle normatif7
La normalisation est une activité d?intérêt général
qui a pour objet de fournir des documents de
référence élaborés de manière consensuelle
par toutes les parties intéressées, portant sur
des règles, des caractéristiques, des recomman-
dations ou des exemples de bonnes pratiques,
relatives à des produits, à des services, à des
méthodes, à des processus ou à des organisa-
tions8.
L?existence de normes françaises (AFNOR),
européennes (CEN) ou internationales (ISO) consti-
tue un socle technique solide et partagé sur lequel
appuyer son projet de billettique interopérable9.
Les principaux textes normatifs des systèmes billettiques
Source : Outils pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema ,2017, p. 108
Cerema - Boîte à outils de l?intermodalité
Janvier2020
Fiche n° 06 ? La billettique interopérable au service
del?intermodalité
7/8
Normaliser son projet permet d?en limiter les coûts
sur le long terme, et les risques techniques, par
rapport au choix de technologies et de développe-
ments propriétaires.
Les normes ne sont pas automatiquement d?appli-
cation obligatoire. Il faut donc penser à y faire
référence, notamment dans les cahiers des charges,
lors de l?acquisition d?une solution billettique.
La commission de normalisation CN03 élabore
les normes pour le domaine « transport public ?
mobilité et ITS ». Elle est présidée par le Groupe-
ment des Autorités Responsables de Transport
(GART), qui représente les intérêts des collectivi-
tés locales autorités organisatrices de la mobilité,
et relaie l?expression de leurs besoins.
S?appuyer sur des normes est donc nécessaire
mais parfois insuffisant. C?est pourquoi il existe
des certifications qui permettent de s?assurer que
celles-ci sont respectées. Ces certifications sont
vivement conseillées dans certains cas, notamment
pour garantir l?interopérabilité des supports et des
équipements billettiques au niveau de la communi-
cation sans contact [6].
4. Conclusion
La loi d?orientation des mobilités renforce le rôle
des Régions en termes d?organisation des services
de mobilité. Celles-ci ont dorénavant la compétence
d?organisation de services de covoiturage, d?auto-
partage, ou de mobilité active (vélo).
Les projets de billettique interopérable permettent
de mettre en réseau et de faciliter l?intermoda-
lité entre les différents services de transport et de
mobilité existants sur un territoire. En ce sens, ils
répondent aux orientations actuelles visant une
mobilité plus fluide pour les déplacements du
quotidien.
Les différentes étapes de construction et de déploie-
ment d?un projet de billettique interopérable, et
l?organisation partenariale associée, peuvent prépa-
rer la concrétisation d?un projet de MaaS (Mobility
as a Service). Ceux-ci émergent sur le territoire
national, portés principalement par les acteurs
publics (AOM locales et Régions), dans l?objectif de
simplifier l?accès à la mobilité multimodale et inter-
modale publique et privée.
Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents
pour les transports collectifs - Systèmes billettiques
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Ouvrage papier - 204 pages - Format 21x29.7 cm
Novembre 2017 / Réf. : RF18022017 / ISBN : 978-2-180-220-9
Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement - www.cerema.fr
Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
Siège social : Cité des mobilités - 25 av. François Mitterrand - CS 92803 - 69674 BRON Cedex - Tél. +33 (0)4 72 14 30 30
©2020-Cerema
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être soumise à l?accord
préalable du Cerema.
Date de publication
Janvier 2020
ISSN : 2417-9701
2020/02
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Maquettage
Cerema Territoires et ville
Service édition
La collection « Connaissances » du Cerema
Cette collection présente l?état des connaissances à un moment donné et délivre de l?information sur un sujet, sans pour
autant prétendre à l?exhaustivité. Elle offre une mise à jour des savoirs et pratiques professionnelles incluant de nouvelles
approches techniques ou méthodologiques. Elle s?adresse à des professionnels souhaitant maintenir et approfondir leurs
connaissances sur des domaines techniques en évolution constante. Les éléments présentés peuvent être considérés comme
des préconisations, sans avoir le statut de références validées.
Collection | Connaissances
Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
naturelles- Prévention des risques - Bien-être et réduction des nuisances - Mobilité et transport - Infrastructures de transport - Habitat et bâtiment
Photo de couverture
Frédéric Le Lan -
CdALaRochelle
Une série de fiches « Boîte à outils de l?intermodalité » (* fiches à paraître)
Fiche n° 01 L?intermodalité : enjeux, gouvernance et leviers
Fiche n° 03 La coordination des services de transports et de mobilité*
Fiche n° 04 Les pôles d?échanges au service de l?intermodalité
Fiche n° 07
Fiche n° 05 La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité
Fiche n° 06 La billettique interopérable au service de l?intermodalité
L?information multimodale au service des usagers*
Fiche n° 02 Un diagnostic territorial au service d?une politique intermodale de mobilité*
Ouvrages ou fiches auxquels se référer pour plus de compléments
[1] La tarification intégrée pour faciliter l?intermodalité, fiche n° 5 de la série « Boîte à outils de
l?intermodalité », Cerema, 2018
[2] Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p23.
[3] Outil pour l?acquisition de systèmes intelligents pour les transports collectifs, Cerema, 2017, p17.
[4] L?utilisation d?Hoplink pour développer l?interopérabilité, Fiche n° 4 de la série « Outil d?aide à la
rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2018.
[5] L?interopérabilité des systèmes billettiques légers centrés sur le back-office, Fiche n° 5 de la série
« Outil d?aide à la rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2018.
[6] Communication sans contact entre les équipements et les supports billettiques, Fiche n° 1 Fiche de la
série « Outil d?aide à la rédaction des cahiers des charges », Cerema, 2017.
Références bibliographiques ????
? florence.girault@cerema.fr ? DD.DTECTV@cerema.fr
Contact ???
Cette fiche a été rédigée par Florence Girault et Pierre Normand (Cerema).
Sont remerciés pour leur relecture : Benoît Chauvin (GART), Ali Saïdi (Setec ITS), Valentina Zajackowski
(Calypso Networks Association) ainsi que Sylvain Belloche et Bernard Allouche (Cerema).
Contributeurs ???
1. Définitions et enjeux de l?intermodalité
2. Pratiques des usagers et difficultés rencontrées
3. La gouvernance de l?intermodalité
4. Des leviers pour faciliter l?intermodalité
Définir un réseau de transports collectifs hiérarchisé comme armature du système de mobilité d?un territoire
Coordonner les modalités d?exploitation des services detransport
Lier les services de mobilité active et partagée auréseau TC
Coordonner les offres sur un territoire
1. Les pôles d?échanges multimodaux: de quoi parle-t-on?
2. Les acteurs et partenaires des pôles d?échanges
3. Pour une conception intégrée des pôles d?échanges
4. Perspectives
1. Définitions et enjeux de la tarification intégrée
2. La tarification intégrée aujourd?hui en France
3. Pour aller plus loin
1. Définition et enjeux de la billettique interopérable
2. La billettique interopérable en France aujourd?hui
3. Mener un projet de billettique interopérable
4. Conclusion
INVALIDE)