Loi (la) d'orientation des mobilités - Quelles évolutions en matière de gouvernance et de coopération ?
DEPIGNY, Bertrand
Auteur moral
Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (France)
Auteur secondaire
Résumé
Cette fiche présente les principales dispositions issues de la loi du 24 décembre 2019 d'orientation des mobilités (LOM) ayant un effet sur la gouvernance de la mobilité. Elle fait le point sur les enjeux de la généralisation de la prise de compétence d'organisation des mobilités et sur le renforcement de la coopération entre autorités organisatrices de la mobilité sous la coordination de la région.
Editeur
CEREMA
Descripteur Urbamet
gouvernance
;coopération
;évolution
Descripteur écoplanete
Thème
Cadre juridique
;Transports
Texte intégral
Collection | Connaissances
M o b i l i t é s e t t r a n s p o r t s
39
Le p o i n t s u r
La loi d?orientation des mobilités
Quelles évolutions en matière
de gouvernance etdecoopération ?
Cette fiche présente les principales dispositions issues de la loi du 24 décembre 2019 d?orientation
des mobilités (LOM) ayant un effet sur la gouvernance de la mobilité. Elle fait le point sur les enjeux
de la généralisation de la prise de compétence d?organisation des mobilités et sur le renforcement
de la coopération entre autorités organisatrices de la mobilité (AOM) sous la coordination de la
région. En effet, dans son titre II, la LOM se fixe pour objectif d?« améliorer la gouvernance en
matière de mobilités pour mieux répondre aux besoins quotidiens des citoyens, des territoires et des
entreprises ». Cette fiche rappelle les mesures de la LOM relatives à ces points, les met en regard
de la situation existante et met en évidence les enjeux qui vont se matérialiser par des actions à
réaliser par les collectivités territoriales.
Septembre 2020
Cerema - Mobilités et transports - Le point sur
Septembre 2020
Fiche n° 39 - La LOM - Quelles évolutions en matière de
gouvernance etdecoopération ?
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Doter chaque territoire d?une autorité organisatrice
dela mobilité locale
1 Le Cerema réalise un suivi annuel des ressorts territoriaux des AOM.
Voir : www.cerema.fr/fr/actualites/liste-composition-autorites-organisatrices-mobilite-au-1er-1
Mesure phare du titre II de la LOM, la couverture du
territoire national par des autorités organisatrices
de la mobilité (AOM) traduit l?objectif d?apporter
des solutions de mobilité durable pour tous, et sur
tous les territoires, y compris dans les territoires peu
denses (ruraux, périurbains, de montagne, etc).
Créer des autorités organisatrices de
la mobilité en territoire peu dense
La situation pré-LOM : des AOM majoritairement
en agglomération
Au 1er janvier 2019, on dénombrait 338 AOM sur
l?ensemble du territoire national1, correspondant
dans leur grande majorité aux agglomérations de
moyenne et grande tailles. Seules les métropoles,
communautés urbaines et communautés d?agglo-
mération détenaient obligatoirement la compétence
d?organisation de la mobilité à l?échelle intercom-
munale. Les communautés de communes pouvaient
le devenir dès lors que les communes les composant
souhaitaient exercer leur compétence à une échelle
plus large. Or, faute d?une réelle appropriation de
cette compétence à l?échelle communale ou inter-
communale dans les territoires peu denses, de
vastes territoires se trouvaient dépourvus
d?un acteur public exerçant localement
cette compétence. Cet acteur a pour
attribution de proposer une
offre de services de mobilité
alternatifs à l?usage
individuel de la voiture
en complément des
services interurbains et
scolaires organisés par
les régions.
La mise en application
delaLOM : créer de
nouvelles AOM dans
lesterritoires peu denses qui
en étaient dépourvus
Afin de garantir l?existence d?un
acteur public compétent en
matière d?organisation
de la mobilité locale, la LOM dispose qu?au 1er juillet
2021, deux types d?AOM couvriront les territoires
non encore couverts :
? la communauté de communes (ou une structure
supra-communautaire à laquelle elle aura choisi
de transférer sa compétence d?organisation de la
mobilité, par exemple à un pôle d?équilibre terri-
torial et rural (PETR) ou un syndicat mixte). Cette
échelle locale est privilégiée par le législateur
pour garantir une adéquation entre connaissance
des besoins de déplacements locaux et organisa-
tion d?une offre de mobilité adaptée ;
? la région, par substitution, lorsque la commu-
nauté de communes fait le choix de ne pas se
saisir de cette compétence.
Deux conditions permettent à une communauté
de communes qui n?aurait pas initialement fait ce
choix de redevenir AOM après juillet 2021 :
? si elle est issue d?une nouvelle fusion de commu-
nautés de communes ;
? si elle adhère à un syndicat mixte ou un PETR
existant ou nouvellement créé qui est ou qui
devient AOM.
Cerema - Mobilités et transports - Le point sur
Septembre 2020
Fiche n° 39 - La LOM - Quelles évolutions en matière de
gouvernance etdecoopération ?
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Les enjeux et modalités d?action pour
lesterritoires qui seront couverts par une AOM
La LOM vise à ce que sur chaque territoire un niveau
de collectivité soit en mesure de :
? maîtriser l?élaboration d?une stratégie locale de
mobilité ;
? dans le cadre de son projet de territoire ;
? en lien avec les autres politiques publiques locales
(action sociale, aménagement, urbanisme,
environnement, tourisme, énergie, santé?).
L?enjeu principal réside donc dans la responsabi-
lisation d?un acteur public en matière de mobilité
sur tous les territoires. Pour y parvenir, les AOM
doivent se doter d?une vision globale des besoins
de mobilité sur leur territoire ainsi que des offres
et services proposés par l?ensemble des acteurs
locaux (région, associations, opérateurs privés).
Àcet égard, le plan de mobilité simplifié constitue
un outil à disposition des AOM pour l?élaboration
de leur stratégie locale dans un cadre partenarial.
Il vient compléter le panorama des démarches de
planification dont le plan de mobilité, nouvel intitulé
du plan de déplacements urbains, obligatoire pour
les AOM situées dans des agglomérations de plus de
100 000 habitants2.
L?AOM peut ensuite décliner sa stratégie en déployant
de nouveaux services complémentaires à ceux
2 Sur ce point, se référer à la fiche Cerema -, La loi d?orientation des mobilités - Quelles évolutions en matière de planification de la
mobilité, 2020.
La compétence d?organisation
delamobilité ? quel contenu??
Cette compétence est non sécable?: elle ne peut pas être
partagée entre plusieurs collectivités. Elle peut toutefois
s?exercer «?à la carte?», c?est-à-dire en choisissant
d?organiser les services apportant la réponse la plus
adaptée aux besoins de mobilité du territoire. Ainsi,
l?AOM dispose d?une palette de leviers d?action qu?elle
peut choisir d?activer afin de répondre au mieux aux
besoins locaux de mobilité?:
? organiser des services de transport public
réguliers, à la demande, de transport scolaire,
demobilité solidaire ou relatifs aux mobilités
actives et partagées (locations de vélo, autopartage,
covoiturage?) et des services de transport de
marchandises et de logistique?;
? contribuer au développement de services
relatifs aux mobilités actives, partagées ou solidaires
et au développement des services de transport
de marchandises et de logistique?; par exemple?:
location ou aide financière pour l?acquisition
d?un vélo, aménagements en faveur de l?usage
du vélo, autopartage, plateforme de covoiturage,
garage solidaire, attribution d?aides financières
individuelles...
? proposer des services de conseil et
d?accompagnement individualisé à la mobilité aux
personnes en situation de vulnérabilité économique
ou sociale ou en situation de handicap.
(Source : Cerema)Devenir AOM ? comment faire et dans quel calendrier?
Cerema - Mobilités et transports - Le point sur
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Fiche n° 39 - La LOM - Quelles évolutions en matière de
gouvernance etdecoopération ?
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existants (organisés par la région ou par tout autre
acteur privé, associatif), en lien avec les caractéris-
tiques de son territoire. Elle peut également faire le
choix d?assurer l?organisation de services régionaux
situés intégralement dans son ressort territorial après
en avoir formulé la demande explicite à la région.
L?AOM pourra également choisir d?instaurer un
versement mobilité sur son ressort territorial à la
condition qu?elle organise un service régulier de
transport public de personnes (une ligne de bus
par exemple). Cette ressource peut servir au finan-
cement de tout investissement et fonctionnement
de services ou d?actions qui rentrent dans le champ
de la compétence d?organisation de la mobilité (site
propre, piste cyclable, aire de covoiturage, plate-
forme de covoiturage, garage solidaire?)3.
Ainsi, si la prise de compétence d?organisation de la
mobilité n?oblige pas l?AOM à organiser des services
de mobilité, elle lui permet d?élaborer une politique
de mobilité et de la mettre en débat au sein du comité
des partenaires qu?elle pilote. L?AOM associe à cette
instance de réflexion et de construction participative
les représentants d?employeurs et d?associations
d?habitants/usagers, mais également tout acteur
qu?elle estime utile d?associer à la définition et à la
mise en oeuvre de sa politique de mobilité. A titre
d?exemple, les acteurs en charge d?un pôle générateur
de déplacements (hôpital, collège, zone d?activité)
peuvent être associés dans le but de prendre en
compte les besoins de mobilité que ce pôle génère
dans l?organisation des services proposés par l?AOM.
Élargir les compétences de l?AOM
régionale
La situation pré-LOM : la région autorité
organisatrice des transports interurbains
En 2002, avec la responsabilité d?organiser les
services ferroviaires d?intérêt régionaux (TER), la
région acquiert le statut d?autorité organisatrice des
transports de plein exercice. En 2015, la loi NOTRe
renforce son rôle en matière d?organisation des
services de transports hors des ressorts territoriaux
des AOM en prévoyant le transfert des services
routiers (réguliers et scolaires) du département à la
région. Celle-ci devient alors l?unique collectivité en
charge de l?organisation des services de transports
interurbains, en dépit de la possibilité de déléguer
des services routiers à d?autres collectivités.
3 Pour plus d?informations sur le versement mobilité, se référer à la Foire aux questions LOM du site internet France Mobilités :
www.francemobilites.fr/loi-mobilites/faq
Les enjeux de l?élargissement de la compétence
régionale à l?organisation des services de mobilité
La LOM élargit le champ de compétences des
régions à l?organisation de services de mobilités
actives et partagées ainsi qu?à la contribution à leur
développement, en complément de leurs compé-
tences en matière de transports routiers et ferro-
viaires hors du périmètre des AOM.
Ainsi, en matière de mobilité interurbaine, si la
région pouvait auparavant participer à des projets
de développement d?infrastructures de mobilités
actives ou partagées (voie verte, plateforme de
covoiturage par exemple), elle le faisait au titre
d?une compétence autre que l?organisation de la
mobilité (notamment le tourisme ou l?aména-
gement du territoire) sans pouvoir organiser ce type
de service en propre.
Désormais, en tant qu?AOM régionale, elle dispose
de toutes les compétences nécessaires à la mise
en oeuvre de sa stratégie de mobilité à l?échelle
régionale. Si les services ferroviaires et routiers
interurbains qu?elle organise demeurent l?archi-
tecture fondamentale de son réseau, elle peut
compléter le maillage dont elle a la charge par
l?organisation de services de mobilités partagées
(covoiturage, autopartage) ou de mobilités actives
(location de vélos par exemple).
Par ailleurs, la région peut intervenir en tant qu?AOM
locale, par substitution à une communauté de
communes qui n?aurait pas fait le choix de se saisir
de la compétence d?organisation de la mobilité
avant le 1er juillet 2021.
Dans ce cas, elle pourra s?appuyer sur les membres
du comité des partenaires qu?elle réunit pour la
définition de sa stratégie de mobilité locale et qu?elle
peut organiser à l?échelle du bassin de mobilité si
elle le souhaite. Une association étroite avec ces
collectivités locales favorisera le développement
d?une réponse coordonnée en assurant un dialogue
entre les différentes compétences (mobilité, voirie,
espaces publics, action sociale, tourisme, aména-
gement du territoire, aménagement urbain?).
Ainsi, la connaissance dont disposent les communes
du territoire ou leurs groupements en matière de
pratiques de mobilité mais aussi d?initiatives ou
services existants constituera une aide précieuse pour
la région dans l?exercice de son rôle d?AOM locale.
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Fiche n° 39 - La LOM - Quelles évolutions en matière de
gouvernance etdecoopération ?
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Avec ces différentes postures possibles, la région
devra faire preuve d?adaptation face à des situations
locales contrastées. En effet, sur certaines parties
de son territoire, elle constituera l?unique autorité
organisatrice de la mobilité locale et régionale, alors
que dans d?autres ressorts territoriaux elle agira
uniquement en tant qu?AOM régionale (en concer-
tation avec l?AOM locale).
4 Créée par la loi du 22 juillet 2019, l?Agence nationale de la cohésion des territoires mise en place le 1er janvier 2020 est
née de la fusion du Commissariat général à l?égalité des territoires (CGET), d?Epareca et de l?Agence du numérique.
L?enjeu pour la région résidera dans le maintien
d?un dialogue étroit avec les collectivités locales
détentrices de compétences permettant d?agir sur
la mobilité (voirie, espace public, aménagement,
urbanisme?) lorsqu?elle interviendra en tant
qu?AOM de substitution, ainsi qu?avec les AOM
locales.
Renforcer la coopération entre AOM
Avec la création des bassins de mobilité et des
contrats opérationnels de mobilité, la LOM crée des
outils en faveur d?une meilleure coopération entre
AOM et, plus largement, entre collectivités inter-
venant dans le champ de la mobilité.
Créer des bassins de mobilité
surtout le territoire
La situation pré-LOM : des initiatives récentes
decréation de bassins de mobilité
Après avoir vu leur compétence d?organisation des
transports élargie aux services routiers interurbains
et leur rôle de chef de file de l?intermodalité mis
en avant avec la loi NOTRe, certaines régions ont
souhaité définir une échelle intermédiaire entre
le territoire régional et le ressort territorial des
AOM. Ces premiers « bassins
de mobilité » peuvent être
observés à des échelles
variables dans des régions
issues de fusion d?anciennes
régions. En Nouvelle-Aqui-
taine, le syndicat mixte de
coopération « Nouvelle-Aqui-
taine Mobilités », qui associe
la région et les principales
AOM du territoire, a initia-
lement défini cinq bassins de
mobilité en s?appuyant sur la
notion de systèmes urbains
définis par le Commis-
sariat général à l?égalité
des territoires (CGET4) et les
bassins de vie. Dans d?autres
régions, ce sont les territoires
de déclinaison opérationnelle du SRADDET qui ont
guidé les réflexions sur la recherche d?une échelle
intermédiaire.
Pour autant, ces bassins vont devoir être réinter-
rogés, car ils ne correspondent peut-être pas aux
attendus de la LOM.
Ce que prévoit la LOM : créer des bassins
demobilité rassemblant des AOM
La LOM établit le constat que les limites adminis-
tratives des AOM ne permettent pas toujours de
penser l?organisation des mobilités à l?échelle des
pratiques de déplacement. Elle propose donc que
les bassins de mobilité puissent davantage corres-
pondre au territoire d?observation des mobilités,
au-delà des ressorts territoriaux des AOM.
2
Les systèmes urbains?: donnée d?entrée des bassins de mobilité de Nouvelle-Aquitaine
2
2
So
ur
ce
:
CG
ET
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Fiche n° 39 - La LOM - Quelles évolutions en matière de
gouvernance etdecoopération ?
6/8
Chaque bassin de mobilité est défini par la région,
en association avec les AOM de leur territoire, les
syndicats mixtes de coopération (SRU) et les dépar-
tements. Il s?étend sur le périmètre d?un ou de
plusieurs EPCI à fiscalité propre dont le territoire ne
peut être scindé entre plusieurs bassins de mobilité,
sauf accord de leurs assemblées délibérantes.
Un bassin de mobilité peut dépasser la limite
administrative régionale si le territoire identifié
comme pertinent pour organiser l?intermodalité se
situe à cheval entre deux régions. Les deux régions
concernées sont dans ce cas membres de ce bassin
de mobilité « interrégional ».
Les enjeux et modalités d?action pour
lesacteurs locaux
En confiant à la région la définition de la carto-
graphie des bassins de mobilité, l?objectif poursuivi
est de donner corps à son chef de file en matière
d?intermodalité via la définition d?une stratégie
de mobilité « à la bonne échelle », au regard des
besoins de mobilité réellement observés. Il peut
s?agir du territoire d?influence d?une agglomération
par exemple.
L?enjeu réside donc dans la détermination de
l?échelle de coopération entre AOM qui corresponde
le mieux aux pratiques de mobilités observées sur
le territoire. Pour y parvenir, plusieurs données
peuvent être mobilisées par les régions et leurs
partenaires pour définir le périmètre de ces bassins :
bassins de vie de l?INSEE, aires urbaines, systèmes
urbains, bassins d?emploi, accessibilité aux services,
enquêtes de mobilité, etc. Certaines d?entre elles
ont parfois déjà contribué à l?élaboration de projets
de territoires ou de documents de planification
(PLUi, SCoT?), qui peuvent constituer un outil d?aide
à l?élaboration des bassins de mobilité.
Afin de s?assurer de l?adhésion du plus grand nombre
d?acteurs institutionnels locaux à la définition de ces
bassins, certaines régions organisent des évène-
ments locaux pour favoriser le partage des données
et de la connaissance territoriale. Pour ce faire, elles
s?appuientsur les dynamiques politiques locales à
l?oeuvre en matière de coopération (Pays de la Loire
par exemple).
5 Pour approfondir sur cette thématique, se référer à la boîte à outils de l?intermodalité du Cerema :
www.cerema.fr/fr/centre-ressources/boutique/boite-outils-intermodalite
Créer des contrats opérationnels de
mobilité pour améliorer la coopération
à l?échelle des bassins de mobilité
La situation pré-LOM : un cadre national en
faveur de la coopération peu déployé
La loi NOTRe a défini un cadre en faveur du dialogue
partenarial sous l?égide de la région : la tenue des
conférences territoriales de l?action publique (CTAP)
et l?élaboration des schémas régionaux d?aména-
gement, de développement durable et d?égalité
des territoires (SRADDET). Ces outils ont principa-
lement proposé un cadre en faveur du dévelop-
pement d?infrastructures de transport mais peu en
faveur de la coordination de services de mobilité.
Ainsi certaines régions (Hauts-de-France, Nouvelle
Aquitaine) ont également opté pour un outil de
coopération plus opérationnel à l?échelle régionale :
le syndicat mixte SRU, qui permet le dévelop-
pement coordonné de services entre plusieurs AOM
(lignes de transport collectif, billettique interopé-
rable, intégration tarifaire, systèmes d?information
multimodale).
Ce que prévoit la LOM : un contrat opérationnel
de mobilité par bassin de mobilité
Afin de renforcer le rôle de chef de file de l?inter-
modalité dévolu aux régions, la LOM charge ces
dernières du pilotage des modalités de l?action
commune des AOM que sont :
? l?articulation des dessertes, des horaires, des
tarifications, des systèmes billettiques et d?infor-
mation, la répartition territoriale des points de
vente ;
? la création et l?aménagement des pôles
d?échanges multimodaux et des aires de mobili-
té notamment en milieu rural ainsi que leurs
systèmes de rabattement ;
? la continuité du service en situation dégradée ;
? le recensement et le partage des bonnes
pratiques et des actions menées ;
? le soutien aux projets des AOM pour créer des
infrastructures ou des services ;
? la coordination des AOM avec les gestionnaires de
voirie et d?infrastructures afin de faciliter le dévelop-
pement de nouveaux services de mobilité.5
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Fiche n° 39 - La LOM - Quelles évolutions en matière de
gouvernance etdecoopération ?
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Un contrat opérationnel de mobilité est conclu par la
région à l?échelle de chaque bassin de mobilité avec
les AOM, les syndicats mixtes SRU, les départements,
les gestionnaires de gares ou de pôles d?échanges
multimodaux et tout autre acteur pertinent.
Les enjeux et modalités d?action pour
lesacteurs locaux : des contrats opérationnels
de mobilité pour piloter des actions
coordonnées entre AOM ?
En créant le contrat opérationnel de mobilité, la LOM
permet à la région de renforcer son rôle de chef
de file de l?intermodalité auprès de ses partenaires.
Elle la dote?un outil de coopération territoriale
obligatoire et opérationnel, engageant les parte-
naires sur des objets de coopération concrets autour
d?un contenu et d?échéances définis localement. Là
où les syndicats mixtes SRU étaient le fruit d?une
une démarche volontaire, le contrat opérationnel de
mobilité devient le cadre systématisé de la coordi-
nation des services et des offres de mobilité sur
le territoire du bassin de mobilité. À cette échelle,
la région pilotera l?élaboration de ce contrat puis
veillera à sa mise en oeuvre opérationnelle, et à la
mise en cohérence des stratégies et des offres de
mobilité portées par les différentes AOM.
6 Pour aller plus loin sur cette thématique, voir l?article : Le Maas : trait d?union des territoires, Laurent Chevereau, Cerema :
www.cerema.fr/fr/actualites/maas-trait-union-territoires
De surcroît, en tant que pilote du contrat opéra-
tionnel de mobilité, elle s?impose comme l?acteur
légitime pour élargir le cercle des partenaires aux
collectivités non AOM qui constituent pourtant des
centralités de territoires. À cet effet, le contrat pourra
proposer des actions portant sur la cohérence et
l?articulation des offres desservant ces centralités de
territoires qui constituent des lieux de vie sociale,
économique et culturelle.
Pour y parvenir, les signataires du contrat devront
définir les contenus des thèmes traités, les objectifs
poursuivis, les indicateurs de suivi ainsi que les
modalités de pilotage de chaque thème.
Le rendu compte annuel prévu en comité des parte-
naires par chaque AOM ainsi que l?évaluation à
mi-parcours du contrat opérationnel de mobilité
permettront de nourrir ce dialogue.
Par ailleurs, afin d?agir conjointement en faveur des
personnes en situation de vulnérabilité économique
et sociale ou de mobilité réduite, un plan d?action
en faveur de la mobilité solidaire doit également
être élaboré par la région et les départements à
cette même échelle du bassin de mobilité.
Et demain? vers une coopération entre acteurs publics-
privés ?
Près de 40 ans après la loi d?orientation relative
aux transports intérieurs (LOTI), le législateur érige
l?amélioration de la gouvernance de la mobilité
comme l?un des objectifs majeurs du nouveau cadre
réglementaire de la mobilité en France. Sur chaque
territoire, une AOM locale doit être désormais en
capacité de proposer une stratégie de mobilité et la
région est chargée d?articuler ces stratégies lorsque
les pratiques de mobilité observées dépassent les
ressorts territoriaux des AOM.
Si la LOM propose des outils visant à instaurer un
dialogue partenarial opérationnel à une échelle perti-
nente entre collectivités locales dans le champ de la
mobilité, l?un des futurs enjeux des AOM réside sans
doute dans l?articulation de leurs offres et de leurs
services avec ceux portés par les acteurs privés et
associatifs de la mobilité. Le comité des partenaires
incarne cette tendance à l?ouverture de la gouver-
nance au-delà des collectivités. Demain, sera-t-il
possible d?imaginer un comité des partenaires élargi
aux opérateurs de services de mobilité sur le terri-
toire ? Autrement dit, après la coopération entre AOM,
une nouvelle forme de coopération AOM-opérateurs
privés ne contribuerait-elle pas à améliorer la gouver-
nance au service d?une mobilité encore plus inclusive
et servicielle ? La mobilité servicielle6 (ou Mobility as a
service-MaaS) propose de simplifier l?accès de l?usager
au plus grand nombre de services de mobilité via une
intégration de l?infirmation, de la réservation, de la
tarification et de la validation. La mobilité servicielle
constitue sans aucun doute un exemple opérationnel à
court terme de coopération institutionnelle incluant les
offreurs privés pouvant alimenter une telle réflexion.
Collection | Connaissances
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Cerema Territoires et ville - 2 rue Antoine Charial - 69426 LYON cedex 03 - Tél. +33 (0)4 72 74 58 00
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autant prétendre à l?exhaustivité. Elle offre une mise à jour des savoirs et pratiques professionnelles incluant de nouvelles
approches techniques ou méthodologiques. Elle s?adresse à des professionnels souhaitant maintenir et approfondir leurs
connaissances sur des domaines techniques en évolution constante. Les éléments présentés peuvent être considérés comme
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Date de publication
Septembre 2020
ISSN : 2417-9701
2020/29
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Aménagement et cohésion des territoires - Ville et stratégies urbaines - Transition énergétique et climat - Environnement et ressources
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Rédacteur : Bertrand Dépigny (Cerema)
Relecteurs : Romain Cipolla (Gart), Gaëlle Paternotte (MTE-DGITM), Michaël Restier (ANPP), Nathalie Mas-Raval
(Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup), Lætitia Boithias, Stéphane Chanut, Gérôme Charrier,
Barbara Christian, David Dubois, Thomas Durlin, Florence Girault, Thierry Gouin, Frédéric Lescommères, Emmanuel
Perrin, Julien Philippot, Nathalie Pitaval, Benjamin Saubion, Alexandre Strauss (Cerema).
Contributeurs ???
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? Les communautés de communes et la compétence d?organisation de la mobilité - Mode d?emploi, Cerema-MTE, 2020
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? La coopération entre autorités organisatrices de transports. Les syndicats mixtes SRU, Cerema, 2014.
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? Loi d?orientation des mobilités, décryptage des principales dispositions, Gart, 2020
Pour aller plus loin ???
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https://www.francemobilites.fr/loi-mobilites/faq
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