Rapport d'enquête simplifié : Rapport d'investigation préliminaire - Chavirement de la vedette de plaisance OCTOPUSSY VII, le dimanche 30 octobre 2011, aux abords de l'Île d'Oléron (deux victimes)
Auteur moral
France. Bureau d'enquêtes sur les événements de mer
Auteur secondaire
Résumé
Le présent rapport d'enquête simplifié a été établi par le bureau d'enquête sur les événements de Mer (BEAmer). Il porte sur le chavirement de la vedette de plaisance OCTOPUSSY VII, le dimanche 30 octobre 2011, aux abords de l'Île d'Oléron (deux victimes). Il émet deux enseignements.<br /><br /><br /><br />
Editeur
BEAmer
Descripteur Urbamet
accident
;sécurité
;incendie
Descripteur écoplanete
Thème
Transports
Texte intégral
Rapport d'investigation préliminaire
2
CHAVIRAGE DE LA VEDETTE DE PLAISANCE OCTOPUSSY VII, LE DIMANCE 30 OCTOBRE 2011 AUX ABORDS DE L'ILE D'OLÉRON (DEUX VICTIMES)
NAVIRE ET ÉQUIPAGE La pêche est relativement fructueuse mais les filets sont emmêlés. Le patron décide de les remonter « en vrac », sur tribord arrière, pour les démêler plus tard à terre. Il fait ensuite route plus à terre pour récupérer un casier également mouillé la veille, au large de La Brée-les-Bains. Bien que le point soit mémorisé sur le GPS du bord, le patron ne parvient pas à retrouver son casier. Il effectue plusieurs « ronds dans l'eau », son attention étant alors mobilisée par cette recherche. À ce moment, la mer devient plus agitée. L'une des passagères, peu amarinée et inquiète, se tient à l'intérieur de la cabine et se prépare à enfiler son gilet de sauvetage. : vedette en alliage léger type Pêcheur d'Antioche (immatriculée MN E23353), construite en 2010 L : 5,45m Moteur horsbord de 66 kW.
OCTOPUSSY VII
La porte d'accès, coulissante, est ouverte. Les deux autres passagers sont à l'extérieur, à proximité du filet, lorsqu'une vague de 2 à 3 m déferle par le travers tribord. Le passager entend le patron pousser les gaz, mais en conservant un cap parallèle à la vague. Celle-ci vient alors frapper la coque et l'embarcation chavire et se retourne brutalement, quille en l'air. Le patron et la passagère sont prisonniers à l'intérieur. Les deux passagers qui étaient à l'extérieur sont éjectés à la mer. Le passager, bien qu'empêtré dans le filet, parvient à se dégager et à nager jusqu'à la passagère, qui surnage sur bâbord, affolée. Malgré les gestes désordonnés de celle-ci, il parvient à la ramener jusqu'à l'embarcation et à la hisser au niveau du moteur, afin qu'elle ne soit pas emportée par la mer. À bout de forces, le passager s'agrippe ensuite à la coque avec difficultés. Le patron et l'autre passagère ne sont pas visibles. Le jour commence à décliner et les mouvements de la coque s'accentuent.
Quatre personnes à bord : le propriétaire, patron de l'embarcation, et trois passagers (son épouse et un couple d'amis). Le patron a acheté le bateau mi-2011 après l'avoir loué à plusieurs reprises. LES FAITS Météo et marée : SITEP CROSS Étel : mer peu agitée (0,50 m à 1,25.m), vent de Nord Nord-Ouest 2.noeuds - visibilité : 5 milles Pleine mer Ile d'Aix : 18h38 coeff. 88. Heures locales (UTC+1) Vers 12h00, le patron de l'OCTOPUSSY VII prend la météo à la capitainerie de Saint-Denis d'Oléron. Vers 16h30, appareillage de Saint-Denis pour une partie de pêche d'1h30 environ. L'embarcation fait route pendant 15 à 20 minutes vers le Nord-Est pour relever des filets mouillés la veille.
À 17h08, le CROSS Étel reçoit un appel du CODIS 17 qui relaie l'alerte donnée par un témoin à terre ayant aperçu la coque retournée. Des moyens maritimes et l'hélicoptère D17 sont immédiatement mis en oeuvre. À 17h33, les deux naufragés sont récupérés par le CSL Saint-Denis. À 17h39, trois plongeurs en investigation à partir du D17. À 18h15, du fait de l'obscurité, les plongeurs ne peuvent poursuivre leurs investigations du bateau et de la zone. De 18h43 à 19h13, un second hélicoptère, avec une équipe médicale à bord, effectue des recherches à proximité de l'embarcation, sans succès.
CONSÉQUENCES Le corps du patron est retrouvé le jour même, prisonnier de la cabine, le corps de la deuxième passagère le lendemain. L'embarcation a été drossée à la côte. CONCLUSION Bien que familier du secteur, mais son attention étant mobilisée par un autre objectif, le patron n'a pas vu (ou a vu trop tardivement) la vague déferler par le travers de son bateau. Les faits paraissant suffisamment établis, le BEAmer n'ouvre pas d'enquête de sécurité maritime.
ENSEIGNEMENTS
Compte tenu de la forme de la carène, l'accident aurait vraisemblablement été évité si le patron de la vedette avait épaulé la vague. Pour les pouvoirs publics, il conviendrait, au cours des campagnes de sensibilisation des plaisanciers, d'attirer l'attention sur les risques que présentent ce type de vagues, y compris et surtout par temps calme.
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Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie
Bureau d'enquêtes sur les évènements de mer
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