Rapport d'enquête simplifié : Rapport d'investigation préliminaire - Incendie à bord du chalutier-coquillier LE MERITUM survenu le 31 octobre 2011 aux abords de Chausey
Auteur moral
France. Bureau d'enquêtes sur les événements de mer
Auteur secondaire
Résumé
Le présent rapport d'enquête simplifié a été établi par le bureau d'enquête sur les événements de Mer (BEAmer). Il porte sur l'incendie survenu à bord du chalutier-coquillier LE MERITUM survenu le 31 octobre 2011 aux abords de Chausey. Le BEAmer émet deux enseignements.
Editeur
BEAmer
Descripteur Urbamet
accident
;sécurité
;incendie
Descripteur écoplanete
Thème
Transports
Texte intégral
Rapport d'investigation préliminaire
2
INCENDIE À BORD DU CHALUTIER-COQUILLIER LE MERITUM SURVENU LE 31 OCTOBRE 2011 AUX ABORDS DE CHAUSEY
LE NAVIRE Navire en plastique immatriculé CH 907 885, construit à Boulogne en 1999 (mise en service : mars 2000). Longueur : 9,61 m - Jauge : 11,45 tx - Propulsion : 110 kW - 3 batteries : 2 en machine (200 A/h), 1 en timonerie. Protection incendie : - Pas de détection ; - Charge de CO2 de 9,5 kg située dans un caisson sur l'AR de la timonerie ; sa mise en oeuvre déclenche une alarme sonore et l'arrêt de la ventilation ; - 2 extincteurs à poudre de 6 kg (1 au poste AV, 1 en timonerie). Navire acheté par l'armateur en mai 2011. Armé en 3ème catégorie. L'ÉQUIPAGE Un patron (titre de patron petite navigation en 2002 et CRO en 2004) et un matelot (pas de qualification marine marchande). LES FAITS Conditions météo : SITREP Jobourg : mer peu agitée, vent de SSE 20.noeuds - visibilité : 8 milles. Heures locales (UTC+1) Vers 08h15, LE MERITUM appareille de Granville pour une marée à la coquille. Début de pêche à 09h50, dans l'Ouest de Chausey. Les dragues sont virées toutes les 25 minutes. À 14h30, le matelot signale au patron, alors aux commandes en timonerie, qu'une fumée blanche sort des trappes d'aération du moteur. Une forte odeur est perçue, le patron stoppe le moteur, se dirige vers l'arrière et ferme une des tapes de ventilation. Peu après, il ouvre le panneau d'accès au moteur pour évacuer les fumées qui paraissent moins denses. Au moment où il s'apprête à descendre dans le compartiment, une fumée noire opaque et acre se propage. Vers 14h45, il ferme les autres tapes, la vanne d'alimentation en gasoil, et déclenche le CO2. L'équipage, muni d'une VHF portable, se réfugie ensuite sur l'arrière et appelle d'autres navires en pêche aux alentours. L'OCTOPUSSY 2 arrive rapidement sur zone, récupère l'équipage à 15h25 et alerte les secours. À 15h39, une équipe de lutte contre le feu et l'hélicoptère de la Sécurité civile sont mis en action. L'équipage est transféré par l'hélicoptère vers l'hôpital de Granville. À 16h16, les pompiers, équipés d'une motopompe, sont hélitreuillés sur le navire dont la passerelle commence à s'enflammer. Le feu est maîtrisé à 16h45.
La passerelle est complètement détruite ainsi que le pont principal. Le navire est remorqué par L'OCTOPUSSY 2, escorté par la SNS 444, vers le port de Granville. Le convoi arrive dans l'avant-port à 19h55. Arrivé à quai le feu reprend ; vers 21h00 il est définitivement éteint. CONSÉQUENCE Navire non réparable. CONCLUSION Feu d'origine électrique : le jeu de batteries tribord est détruit. Le moteur est noirci, mais sans traces de feu. Les faits paraissant suffisamment établis, le BEAmer n'ouvre pas d'enquête de sécurité maritime.
ENSEIGNEMENTS
L'absence de système de détection incendie a retardé la lutte contre le feu ; Prise de risques par le patron qui a tenté d'accéder au compartiment moteur sans équipement adapté et sans que les conditions de sécurité soient réunies (tapes de ventilation et vanne gasoil encore ouvertes).
Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie
Bureau d'enquêtes sur les évènements de mer
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