Rapport d'enquête simplifié : Rapport d'investigation préliminaire - Incendie à bord du chalutier CHEPHREN survenu le 17 juin 2011
Auteur moral
France. Bureau d'enquêtes sur les événements de mer
Auteur secondaire
Résumé
Le présent rapport d'enquête simplifié a été établi par le bureau d'enquête sur les événements de Mer (BEAmer). Il porte sur l'incendie survenu à bord du chalutier CHEPHREN, le 17 juin 2011. Le BEAmer émet cinq enseignements.
Editeur
BEAmer
Descripteur Urbamet
accident
;sécurité
;incendie
Descripteur écoplanete
Thème
Transports
Texte intégral
Rapport d'investigation préliminaire
2
INCENDIE A BORD DU CHALUTIER CHEPHREN
SURVENU LE 17 JUIN 2011
LE NAVIRE lement de l'atmosphère. Ce système n'est plus présent à bord. Enfin, le collecteur d'échappement est parfaitement calorifugé sur toute sa longueur. L'ÉQUIPAGE Le navire est armé, conformément à la décision d'effectif, par un patron, un chef mécanicien et 3.matelots. Le patron est titulaire du brevet patron de pêche et du certificat de qualification avancée à la lutte contre l'incendie. Le CHEPHREN à quai à Loctudy Généralités Le navire de pêche CHEPHREN, immatriculé au Guilvinec, est un chalutier en acier construit en 1984. Longueur : 20,40 mètres - JB : 49 tx - puissance de propulsion : 368 kW. Il pratique la pêche au chalut de fond et effectue des marées de 2 semaines. Il vend habituellement à la criée de Loctudy. Le CHEPHREN est un navire bien entretenu. Sa dernière visite de sécurité date du 26 octobre 2010. Elle est valide, pour une navigation en 2ème catégorie, jusqu'au 26 octobre 2011. Prévention et lutte contre l'incendie L'extinction fixe par le CO2 est composée d'une charge totale de 40 Kg, répartie entre 2 bouteilles de 27 litres. Trois extincteurs à poudre ABC de 6.kg et 2 extincteurs CO2 de 2 kg complètent le dispositif de lutte contre l'incendie. Le navire ne dispose pas de dispositif fixe de détection et d'alarme d'incendie dans les locaux de l'appareil propulsif, ni de vidéosurveillance ou d'équipement de pompier. Au neuvage, le navire disposait d'un ventilateur/extracteur mobile de 24 V pour le renouvelLe second pont a également le brevet de patron de pêche et le certificat de spécialiste du feu. Quant au mécanicien, titulaire du PCM, il totalise, depuis 2000, 14 mois de fonction de chef mécanicien dérogataire à la pêche au large. Tous sont à jour de leurs visites médicales. LES FAITS Conditions météorologiques Vent S/30 noeuds, houle SW 4 mètres, visibilité 15.kilomètres. Heures locales (UTC+2) Le 17 juin 2011 à 11h15, le CHEPHREN se trouve en pêche en position 50°27 N/007°31 W. Le mécanicien quitte le compartiment machine pour aller se reposer, après avoir nettoyé le préfiltre de la nourrice et effectué sa ronde. À 11h27, en passerelle, tous les paramètres moteur sont normaux. Le patron décide alors de descendre dans les emménagements situés sur le pont. À 11h30, le patron perçoit un changement de régime moteur et un bruit anormal. Il remonte aussitôt à la passerelle et débraye le moteur. En se retournant, il voit de la fumée noire qui s'échappe de la grille de ventilation située sur l'arrière de la passerelle. Il réveille l'équipage et appuie sur le stop d'urgence de la ventilation. Constatant que cette
commande reste sans effet, il ferme la tape d'obturation. Le chef mécanicien, quant à lui, obture avec la plaque ad hoc l'aération basse. Le patron ferme les vannes de fermeture à distance des caisses à combustible et déclenche les deux bouteilles de CO2 de l'installation fixe d'extinction de l'incendie. Cette action stoppe la ventilation. Le patron remonte ensuite à la passerelle pour stopper le moteur. À 11h35, pendant que l'équipage se regroupe sur le pont supérieur, le patron contacte le chalutier ERIDAN qui est à proximité et l'avise de l'incendie. À 12h20, un panneau d'accès à la machine est ouvert, puis, peu de temps après, la porte pour permettre de ventiler le compartiment. À 13h00, le chef mécanicien entre dans le local et constate que le feu est entièrement éteint. Vers 13h30, le chalutier ERIDAN entreprend de remonter le train de pêche du CHEPHREN. Une fois le chalut remonté, l'ERIDAN prend en remorque le CHEPHREN. Le 18 juin à 07h26, l'ERIDAN informe le CROSS Corsen qu'il a pris en remorque le CHEPHREN suite à un incendie. Le convoi est alors suivi par le CROSS Corsen puis le CROSS Etel. Le 19 juin à 05h42, l'armateur du CHEPHREN demande à la SNS 140 MARGODIG de Loctudy d'appareiller pour aider à l'accostage. A 07h32, le CHEPHREN est à quai au port de Loctudy. CONSÉQUENCES La mise en oeuvre rapide de l'extinction fixe de l'incendie a permis de limiter sa propagation et les dégâts (filtres brûlés, 3 blocs d'éclairage fondus, turbos soufflantes endommagées, faisceaux électriques brûlés et compartiment moteur entièrement noirci). Le CHEPHREN est immobilisé pour une durée d'environ un mois. Une détection incendie comprenant 2 détecteurs a été installée en machine après l'incendie.
Vue du moteur
OBSERVATIONS L'incendie est dû à une rupture d'un flexible d'alimentation en gazole. Ce flexible, fourni par le motoriste, est protégé par une gaine métallique tressée. Il a été remplacé deux mois auparavant par une société spécialisée en moteur marin de Loctudy. Ce tuyau souple d'alimentation du moteur en combustible passe dans une bride de guidage qui ne le serre pas. Compte tenu des vibrations du moteur de propulsion, les bords coupants de la bride ont fini par sectionner le flexible, pourtant gainé. Le gazole, qui arrive à une pression de 3 bars s'est vaporisé et enflammé au contact du collecteur d'échappement pourtant calorifugé.
Flexible sectionné À noter que le patron n'a stoppé le moteur qu'après avoir obturé les bouches de ventilation et actionné les vannes d'arrêt à distance d'alimentation en combustible.
CONCLUSIONS Le montage du flexible d'alimentation en gazole dans une bride mal adaptée est à l'origine de l'incendie. La réaction de l'équipage a permis d'éteindre l'incendie. Les faits paraissant suffisamment établis, le BEAmer n'ouvre pas d'enquête de sécurité maritime
ENSEIGNEMENTS
Il est rappelé aux patrons-pêcheurs d'informer de tout incident, dans les meilleurs délais, le CROSS géographiquement compétent. Les flexibles d'alimentation de combustible ou d'huile se trouvant dans le compartiment moteur doivent être laissés libres ou serrés par un collier. En raison des vibrations, ils ne doivent pas être laissés libres dans un collier ou un guide. Ne pas attendre l'incendie pour s'entraîner. Après un incendie, ne pas pénétrer dans un compartiment sans équipement de pompier et ventiler préalablement. Tout navire de pêche devrait être équipé d'une détection incendie.
Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
Bureau d'enquêtes sur les évènements de mer
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