Energies (les) renouvelables marines: synthèse d'une étude prospective à l'horizon 2030.
Auteur moral
Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer
Auteur secondaire
Résumé
Grâce à son fort potentiel d'énergies renouvelables marines, la France sera en mesure de respecter les objectifs définis par la politique énergétique communautaire.
Editeur
IFREMER
Descripteur Urbamet
énergie renouvelable
;énergie hydraulique
;prospective
;technologie
;production d'énergie
;électricité
;compétitivité
;impact
;environnement
;recherche
Descripteur écoplanete
energie maremotrice
Thème
Texte intégral
Synthèse d?une étude
prospective à l?horizon 2030
Synthèse des données économiques maritimes françaises 2007
Lancée il y a dix ans, la publication
biennale des Données économiques
maritimes françaises (DEMF) analyse
les activités maritimes en France
dans leur diversité. Elle en évalue
le poids économique à partir d?un jeu
d?indicateurs mis à jour régulièrement.
Cette synthèse des DEMF 2007
dégage les principaux aspects des
activités liées à la mer en France
sous la forme de « fiches » sectorielles fournissant les données de
production, d?emploi et d?effort budgétaire des années récentes.
Le secteur marchand comprend l?exploitation des ressources marines,
le manufacturier, les services. Le secteur public comprend la Marine,
l?intervention publique, l?éducation, la protection de l?environnement littoral,
la recherche marine..
La synthèse de cette étude, publiée en juillet 2008, est disponible sur le site
www.ifremer.fr à la rubrique « Éditions ».
AUTRE PUBLICATION
IFREMER À DÉCOUVRIR
Plus que jamais la conjonction des engagements que la France
a pris en matière énergétique tant à l?échelon européen que dans
le cadre du Grenelle de l?Environnement, ainsi que le contexte né
du nouveau choc pétrolier, doivent conduire à une réflexion active
sur les énergies renouvelables.
Conscient de ces évolutions, j?avais décidé de lancer en mars 2007
un travail de réflexion prospective sur les énergies renouvelables
d?origine marine à l?horizon 2030. En effet, l?océan en constitue
un immense réservoir (vents, courants, vagues, marées, biomasse, thermie?)
et la France dispose d?un potentiel considérable de développement de ces énergies,
du fait aussi bien de l?étendue de ses façades maritimes, tant en métropole qu?outre-
mer, que des savoirs et des savoir-faire disponibles dans notre pays.
Une vingtaine de partenaires français représentant les principaux acteurs du secteur
ont participé à ce travail. Je tiens à les remercier vivement de leur engagement.
Ce travail a permis de décrire un éventail de futurs possibles (en fonction du contexte
mondial, de l?évolution de la demande énergétique, du jeu des acteurs, etc.) ainsi
que leurs conséquences sur le développement des différentes technologies connues
à ce jour et ce qu?elles impliquent en termes de recherche développement.
Ainsi, l?Ifremer, conformément à sa vocation, contribue à l?effort collectif de réflexion
visant à éclairer la décision publique dans le domaine de l?énergie et en particulier celui
des énergies renouvelables marines. Il appartient maintenant à chacun de s?emparer
de ces réflexions et de les faire vivre. L?Ifremer pour sa part va en tirer des conséquences
concrètes dans le cadre de son plan stratégique.
Jean-Yves Perrot
Président-Directeur général de l?Ifremer
Les énergies
renouvelables
marines
Synthèse d?une étude
prospective à l?horizon 2030
Synthèse des travaux menés de mars 2007 à février 2008
par un groupe d?experts de douze structures (industriels,
ministères, instituts, agences, organismes de recherche).
Ces travaux, coordonnés par Ifremer, ont été réalisés
avec l?appui du bureau d?études Futuribles.
Sommaire
1. Cadrage de l?étude ...................................................................................................... 6
2. Méthodologie ............................................................................................................... 8
3. Rappel sur les énergies marines : ressources et technologies .............................. 9
4. Quatre scénarios possibles contrastés ................................................................... 10
5. Conditions d?émergence considérées dans les scénarios possibles .................... 11
6. Conséquences des scénarios possibles sur le développement des technologies 14
7. Intégration environnementale : quels impacts et quels risques ? ......................... 18
8. Intégration des énergies renouvelables marines à l?offre énergétique française
à l?horizon 2030 selon les scénarios possibles ....................................................... 18
9. Proposition d?un scénario normatif dans le contexte du Grenelle
de l?Environnement ................................................................................................... 20
10. Conclusion ................................................................................................................ 25
Notes ......................................................................................................................... 26
Références bibliographiques ................................................................................... 26
Annexes
1. Liste des membres du comité de pilotage ............................................................... 27
2. Liste des membres du groupe de travail .................................................................. 29
3. Glossaire relatif à la méthode des scénarios ........................................................... 29
4. Liste des 30 variables regroupées par composantes et auteurs correspondants 30
5. Hypothèses sur les niveaux de développement par type d?énergie ........................ 31
6. Les quatre scénarios majeurs .................................................................................. 32
7. Évaluation chiffrée des scénarios possibles et normatif ........................................ 34
En mars 2007, le Président de l?Ifremer
a lancé un travail de réflexion prospective
sur les énergies renouvelables marines Ã
l?horizon 2030 avec une vingtaine de partenaires
français représentant les principaux acteurs
du secteur : ministères, industriels, instituts de
recherche et agences spécialisées. Le caractère
pluridisciplinaire de ce groupe de réflexion est
largement justifié pour un dossier qui relève
à la fois de la diversification énergétique, de
l?engagement européen dans la lutte contre l?effet
de serre, des impacts environnementaux des
aménagements en mer, ainsi que de la valorisation
des zones côtières, siège d?une diversité d?usages
en interactions et en concurrence. L?objectif
du travail est de contribuer à une synthèse
de ces différents aspects : il s?agit d?identifier
les enjeux, les conditions d?émergence et les
technologies majeures à moyen terme afin
de redéfinir un positionnement de l?Ifremer dans
ce domaine, au-delà de l?expertise, et d?identifier
les partenariats et les programmes stratégiques
adaptés dans le champ de compétence de
l?Institut.
La question des énergies renouvelables marines
s?intègre à celle des énergies renouvelables qui
est centrale, notamment dans les pays occi-
dentaux, sous contrainte de besoins énergéti-
ques et de coût des hydrocarbures mais aussi
de réchauffement climatique. Compte tenu de
l?effort nécessaire sur les énergies renouvelables,
les marges de manoeuvre relatives au développe-
ment des énergies renouvelables marines doivent
être identifiées en fonction de leurs coûts estimés,
des contraintes technologiques et d?aménagement
à terre comme en mer, ou encore des impacts en-
vironnementaux potentiels.
Ce travail a permis de rassembler et de synthétiser
un grand nombre de données et d?études. Il a réduit
le champ des incertitudes et offre une capacité
d?évaluation objective pour de multiples opportunités
de partenariats. Mobilisant une douzaine d?experts
sur une période d?un an, ce travail a bénéficié d?un
appui du bureau d?études Futuribles pour la mise
en oeuvre de la méthode dite des « scénarios »(1).
Les trente « variables » étudiées ont conduit
à la sélection de quatre « scénarios » contrastés
dont les « déterminants » principaux sont
les suivants : marché dans un contexte de crise,
politique énergétique mondiale et durabilité, intérêt
national et sécurité énergétique, développement
local avec prise de risques. Toutes les technologies
étudiées présentent un intérêt de développement,
avec des atouts très différents selon :
le contexte énergétique et socio-économique
qui conduit soit à développer dans l?urgence
seulement les technologies les plus matures
comme l?éolien, soit à rechercher des synergies
entre les technologies, comme l?énergie
thermique des mers et la biomasse ;
la possibilité de fabriquer de l?hydrogène pour
stocker l?énergie intermittente et d?éloigner
les systèmes de production de la côte (accès
à des ressources supplémentaires) : intérêt pour
l?éolien flottant et les vagues par exemple ;
le périmètre géographique : l?énergie thermique
des mers présente un potentiel important
dans les îles tropicales des départements
et collectivités de l?outre-mer français ;
la spécificité du besoin énergétique : la bio-
masse marine est la seule des sept ressources
qu i permette de produire d i rectement
un carburant liquide « renouvelable » pouvant
se substituer au pétrole pour le transport.
Ces technologies présentent aussi des caractéris-
tiques différentes du point de vue de leur insertion
dans les zones côtières, selon la taille des aména-
gements et les propriétés physico-chimiques du
milieu marin qu?elles exploitent.
Disposant du second potentiel d?Europe pour
l?hydrolien et l?éolien marin, d?une excellente
ressource houlomotrice et de grandes étendues
marines tropicales, la France peut jouer un rôle
important en recherche comme en développement
surtout si les risques liés aux choix de technologies
sont partagés entre tous les acteurs, dont l?État.
Ce dernier dispose en effet de nombreux leviers
pour fédérer les compétences et cofinancer les
prises de risques. Enfin, plus la concertation
sera menée en amont des réalisations, plus
l?acceptabilité sociale sera élevée.
Dans ces conditions, les énergies renouvelables
marines peuvent contribuer à tenir les objectifs
de l?Union européenne en 2020 en matière
d?énergie renouvelable tout en développant des
technologies exportables. Un scénario « normatif »
intégrant des hypothèses concrètes et équilibrées
de réalisations fait ainsi apparaître un apport
net possible des énergies marines de 1,5 million
de tonnes d?équivalent pétrole (Mtep) par an
(17,2 TWh/an) pour l?horizon 2020, ce qui représente
7,7 % des 20 Mtep d?augmentation de la production
d?énergie renouvelable, ce dernier objectif
étant celui envisagé dans le cadre du Grenelle
de l?Environnement. Dans ce scénario, ces 7,7 %
se décomposeraient en 5,2 % pour l?éolien marin
et 2,5 % pour les autres énergies marines.
Un tel scénario indique bien les efforts en termes
de soutien aux filières qu?il conviendrait de mettre
en place pour atteindre cet objectif. Cela passe par
la mise en oeuvre des conditions favorisant à la fois
le renforcement des compétences françaises dans
le domaine, un meilleur soutien aux technologies
en développement en France et la mise en place
de premiers démonstrateurs en mer. En effet,
malgré un développement soutenu de ces filières
dans quelques autres pays d?Europe et dans
le monde, aucun dispositif, hormis en éolien marin,
n?a encore été qualifié au niveau industriel. Il est
donc encore temps, pour la France, de prendre
une place dans ce marché en devenir tout juste
émergent. Ainsi, à l?horizon 2020, en tenant compte
des résultats des premiers démonstrateurs
en mer qual i f iés en France et en Europe,
on pourrait assister à un développement industriel
de parcs permettant d?atteintre un objectif du type
7,7 % des 20 Mtep d?augmentation de la production
d?énergie renouvelable.
6
1// CADRAGE DE L?ÉTUDE
L e s é n e rg i e s re n o u ve l a b le s
marines (EnRM) sont citées comme une des
composantes du bouquet énergétique européen
dans les objectifs de l?Union européenne à l?horizon
2020 ( 20 % de l?énergie consommée devra être pro-
duite à partir d?énergies renouvelables). De même,
nombre de conférences internationales sur l?avenir
de l?environnement y font référence. Ce sujet impor-
tant manquant de lisibilité en France, le Président
de l?Ifremer a proposé en mars 2007 aux princi-
paux acteurs de la recherche et du développement
en matière d?énergies renouvelables marines ainsi
qu?aux ministères concernés, de participer à une
étude prospective collective sur ce sujet.
On observe quatre justifications majeures d?une
réflexion sur le sujet des énergies marines :
la nécessité de réduire les émissions de gaz
à effet de serre,
les risques à court et moyen termes sur l?appro-
visionnement en hydrocarbures,
la nécessité de s?intéresser à toutes les pistes
de production énergétique renouvelable,
l?utilité de s?interroger sur les impacts de ces
nouveaux équipements sur les zones côtières
et leurs usages (les impacts environnementaux
et l?acceptabilité étant des aspects essentiels).
Il faut en outre rappeler que la France a été pionnière
en la matière avec la première usine marémotrice
du monde (La Rance) dès les années 60 et surtout
qu?il existe des réalisations et une demande crois-
sante dans le domaine des énergies renouvelables
marines y compris dans l?outre-mer lointain : clima-
tisation d?un hôtel à Bora Bora, projet identique pour
l?hôpital de Tahiti, sécurité et coûts de l?énergie dans
les grandes îles tropicales françaises?
7
Aussi, le cadrage initial du travail était proposé sous
la forme de trois questions majeures :
1 - Quelles sont les technologies au service
de la production d?énergies renouvelables
d?origine marine ?
2 - Quelles sont les conditions socio-économiques
pour assurer leur émergence et leur compétitivité ?
3 - Quels sont les impacts respectifs de ces techno-
logies sur les énergies et l?environnement ?
Les grandes caractéristiques de l?étude
sont les suivantes :
Horizon temporel : 2030.
Champ d?étude : la France, dans un contexte mondial
et notamment européen.
Technologies : toutes technologies liées à la mer,
hors énergies fossiles.
Méthode : méthode des scénarios (avec l?appui
du bureau d?études Futuribles).
Délai : 10 mois.
Les ressources potentielles des énergies renouve-
lables marines entrent dans cinq catégories :
le vent en milieu marin pour la production élec-
trique avec des éoliennes en mer (le transport
maritime ou le routage n?entrent pas dans le
champ de l?étude),
les mouvements de l?eau par la récupération de
l?énergie des courants, des vagues et des marées,
la température de l?eau que ce soit l?énergie récu-
pérable par les gradients de température entre
la surface et la profondeur marine ou l?utilisation
directe d?eau froide pompée en profondeur pour
la production de froid,
la biomasse marine à des fins énergétiques,
surtout les végétaux marins (micro-algues),
la pression osmotique issue du mélange
de deux eaux de concentrations salines différentes
(eau douce/eau de mer).
Les combustibles (outre l?uranium présent dans
l?eau de mer?) qui pourraient être extraits de la mer
comme les hydrates de méthane sont hors du champ
car considérées comme des ressources non renou-
velables stricto sensu, d?autant plus que leurs utilisa-
tions émettent des gaz à effet de serre. L?étude prend
en considération l?intérêt du dessalement de l?eau
de mer couplé à la production d?énergie.
Enfin, l?approche est de type « Ressources potentiel-
les - Besoins » en incluant les sciences sociales.
L?analyse des facteurs de développement ou des
conditions de développement des énergies renou-
velables marines à l?avenir nécessite de se faire une
idée de leurs usages potentiels.
Nota 1 : L?électricité peut produire du froid ou de la chaleur qui peuvent
être utilisés pour des usages industriels ou des productions
manufacturées comme l?eau (dessalement).
Nota 2 : Il faut noter la contrainte suivante : les produits (électricité/froid/
chaleur) de la plupart de ces sources d?énergies ne sont pas
transportables loin sauf les produits de la biomasse
et les produits manufacturés (biofuels, eau?).
Source marine Usages
Vent
Mouvements
Température
Biomasse
Pression osmotique
Chaleur ou froid Carburants
Tableau 1 : Sources renouvelables d?énergie marine et usages potentiels
Électricité
Liquides
8
C?est la méthode des scénarios, complexe mais
puissante, qui a été utilisée par le groupe de travail
avec l?appui continu du bureau d?études Futuri-
bles. Un comité de pilotage, qui rassemblait tous
les représentants des organismes impliqués dans
l?étude, avait pour fonction de suivre les travaux
et d?en affiner les objectifs à mesure de leur
avancement.
Futuribles a encadré l?emploi de la méthode
des scénarios en suivant les étapes suivantes :
0 - Définir le sujet et l?horizon temporel (cf. supra).
1 - Identifier les variables clefs et leurs relations
(composantes).
2 - Explorer les évolutions possibles des variables
clefs (jeux d?hypothèses).
3 - Construire les micro-scénarios exploratoires
au sein des composantes.
4 - Construire les macro-scénarios (scénarios)
en combinant les micro-scénarios.
5 - Identifier les enjeux selon les scénarios
et explorer les conséquences en termes
de développement et de moyens de recherche
pour les technologies.
1. La phase de la sélection et de l?analyse des varia-
bles clefs est celle de la construction des « briques »
du système. Elle se décompose en deux étapes :
1.1. L?identification des variables : dans le système
des EnRM, trente variables ont été identifiées,
réparties en cinq « composantes » dont celle
des technologies (sept technologies distinctes plus
les systèmes hybrides). La liste détaillée des varia-
bles clefs regroupées par composante est donnée
en annexe 4.
1.2. L?analyse documentée de chaque variable
clef suivant un schéma standard : définition
de la variable, indicateurs pertinents, rétrospec-
tive (sur les trente dernières années), prospective
(à 2030) et sélection d?un jeu d?hypothèses,
entre deux et quatre, d?évolution de cette variable
(cf. annexe 5 qui présente les hypothèses définies
pour les variables sur les technologies).
2. La phase d?élaboration des micro-scénarios
consiste à combiner au sein de chaque composante
ou thématique (par exemple le contexte mondial,
la régulation énergétique européenne et française,
les zones d?exploitation?), les jeux d?hypothèses
sur les variables. On aboutit ainsi à trois ou quatre
micro-scénarios par composante en utilisant tout
ou partie des hypothèses par variable.
3. La phase d?élaboration des macro-scénarios
consiste à combiner à leur tour les micro-scénarios
afin de faire émerger des scénarios globaux contras-
tés permettant de déduire le moteur de dévelop-
pement des technologies dans chaque scénario.
Ainsi un bouquet d?énergies renouvelables marines
a pu être associé à chaque scénario ou histoire
d?avenir possible en utilisant les atouts et contraintes
des différentes technologies (cf. leur présentation
au chapitre 4 et en annexe 6).
4. La phase d?identification des enjeux et des
leviers dans les scénarios analyse d?abord
les déterminants majeurs qui les sous-tendent
(le marché, la gouvernance mondiale pour le cli-
mat, la sécurité énergétique et le développement
local), ce qui permet de faire un choix des tech-
nologies à associer en fonction de leurs atouts,
contraintes et de leur potentiel de développement.
Chaque scénario a des conséquences que l?on
peut estimer en termes de puissance potentielle
installée ou encore de contraintes spécifiques
(l?espace en mer par exemple). Enfin sont identifiés,
pour chaque sous-système, les leviers éventuels
de passage d?un scénario à un autre, comme
une crise sur le prix du pétrole ou l?évolution
du climat.
5. La dernière phase, celle des conséquences
des conclusions des phases précédentes, conduit
à s?interroger sur les possibilités d?accroître
les capacités de recherche et développement sur
telle ou telle technologie, ce qui conduira à sélection-
ner les partenariats stratégiques et les financements
à mettre en place ou à renforcer (dernier point
en dehors du champ de cette étude).
2// MÉTHODOLOGIE
9
Il est d?abord nécessaire de donner quelques ordres
de grandeur des ressources naturelles de chacune
des énergies marines, puis des ressources techni-
quement exploitables ? valeurs moindres que celles
des ressources naturelles ? qui tiennent compte,
pour la plupart, des contraintes technologiques,
industrielles, administratives, environnementales?
Bien sûr, le développement de ces technologies ne
se fera qu?en concertation étroite avec les autres
usagers de la mer et du littoral. Le potentiel
« socio-économiquement » exploitable, en raison
du nécessaire partage de l?espace, sera inférieur
au potentiel techniquement exploitable.
L?énergie éolienne en mer
Il s?agit d?exploiter l?énergie du vent soufflant sur
les étendues marines par des éoliennes qui produi-
sent de l?électricité exportée à terre par des câbles
sous-marins. Selon une étude de l?Agence Inter-
nationale de l?Énergie, conduite en 2000, le poten-
tiel européen techniquement exploitable serait
de l?ordre de 313 TWh/an en considérant les sites
à moins de 20 km des côtes et de moins de 20 m
de profondeur. Il est envisagé pour le futur d?utiliser
des éoliennes flottantes qui seraient ancrées sur
le fond et pour lesquelles la limitation de profondeur
serait moins contraignante. Elles donneraient accès
à une ressource beaucoup plus importante en per-
mettant de s?éloigner des côtes.
L?énergie thermique des mers (ETM)
L?idée consiste à utiliser une différence de tempéra-
ture d?au moins 20 °C entre l?eau en profondeur (6 °C
en seuil haut) et la surface (26 ° C en seuil bas) pour
produire de l?électricité, mais également de l?eau
douce, du froid pour la climatisation et des produits
dérivés pour l?aquaculture suivant le type de proces-
sus (cycle ouvert ou cycle fermé). La ressource mon-
diale théorique basée sur un gradient de température
de 20 °C au moins permettrait de produire environ
80 000 TWh/an dans les zones intertropicales. Cette
ressource théorique n?est actuellement exploitable
que très partiellement et ponctuellement, en raison
de l?absence de zones de consommation électrique,
notamment dans la zone intertropicale Pacifique.
Un stockage via l?hydrogène est envisageable à terme.
Un autre usage thermique, en zones tempérées,
consiste à utiliser l?eau proche de la surface comme
source de chaleur pour des installations de chauf-
fage/climatisation par pompe à chaleur.
L?énergie des courants (hydrolienne)
Énergie prédictible et fluctuante, l?énergie cinétique
des courants de marée pourrait être de la « semi-
base ». Tandis que le potentiel techniquement
exploitable mondial est estimé à 450 TWh/an, celui
de l?Europe serait compris entre 15 et 35 TWh/an,
pour quelques 10 GW. Le potentiel technique-
ment exploitable français serait compris entre
5 et 14 TWh/an selon EDF, soit entre 2,5 et 3,5 GW(2).
Les sites potentiels sont spécifiques (détroits,
caps, goulets? où l?on observe une augmentation
des vitesses) et bien identifiés (en France :
Raz Blanchard, Fromveur, Raz de Sein, Héaux
de Bréhat, Raz de Barfleur? et en Outre Mer : effets
de pointe, passes?). Les grands courants marins
(Gulf Stream, Kuroshio?) sont également une
source potentielle d?énergie marine importante.
L?énergie marémotrice
Le Conseil Mondial de l?Énergie, estime le poten-
tiel mondial pour des sites « classiques à un
seul réservoir »(3) à 380 TWh/an pour 160 GW.
Après les 240 MW de la Rance inaugurés en 1966,
l?énergie marémotrice vit un renouveau hors
de France. En Corée du Sud avec la construction
de la centrale de Sihwa (260 MW) et l?étude du
projet Garolim (500 MW), au Royaume-Uni avec la
relance des études sur la Severn (8,6 GW), intégrant
les concepts novateurs de lagons artificiels ou les
centrales à multiples bassins.
L?énergie des vagues (houlomoteur)
Toujours selon le Conseil Mondial de l?Énergie,
environ 10 % de la demande annuelle mon-
diale en électricité(4) pourrait être couverte par
la production houlomotrice, soit un potentiel
techniquement exploitable de 1 400 TWh/an. En
France métropolitaine, le potentiel techniquement
exploitable peut être estimé à 10 % au moins
de la ressource théorique (400 TWh/an) soit 40
TWh/an que pourraient produire quelques 10 Ã
15 GW situés principalement sur la façade atlan-
tique. Dans les DOM-POM, un fort potentiel est
identifié à la Réunion, en Polynésie et Nouvelle-
Calédonie ainsi que localement en Martinique
et Guadeloupe.
3// RAPPEL SUR LES ÉNERGIES
MARINES : RESSOURCES ET TECHNOLOGIES
10
4// QUATRE SCÉNARIOS POSSIBLES
CONTRASTÉS
Quelles sont les conditions d?émergence et de
compétitivité ? Cette question est l?objectif premier
de l?élaboration des scénarios. Le groupe de travail
a élaboré quatre scénarios volontairement contras-
tés, dont l?annexe 6 présente les caractéristiques et
les projections de mise en oeuvre potentielle pour
les différentes technologies. Les désignations des
quatre scénarios, sont les suivantes :
Scénario 1 - Crise, urgence énergétique.
Scénario 2 - Coopération vertueuse par nécessité.
Scénario 3 - Peu d?évolution, chacun pour soi.
Scénario 4 - Développement local autonome.
Dans chaque scénario sont présentées les techno-
logies les mieux adaptées et les plus susceptibles
de développement.
Scénario 1 - Crise, urgence énergétique
Le déterminant de ce scénario est le marché dans
un contexte de crise énergétique et de compétition
économique. L?enjeu majeur est celui de la maîtrise
des technologies les plus compétitives et les
mieux adaptées via des partenariats stratégiques
forts. Comme le soutien politique est faible,
les investissements sont le fait de consortiums
d?opérateurs privés privilégiant le développement
à partir de «démonstrateurs » de taille croissante.
Les conflits récurrents dans l?accès à l?espace
conduisent à la mise en place de parcs dédiés
éventuellement multi-usages. La recherche
s?oriente vers l?amélioration technologique, clef
de la compétitivité, et la meilleure compréhension
des impacts.
Ce contexte favorise les technologies éprouvées :
l?éolien, le marémoteur et le thermique. En raison
de son intérêt stratégique, la biomasse est rapi-
dement développée en extensif. Les systèmes
hybrides sont explorés notamment pour optimiser
les investissements. Les systèmes appliqués aux
vagues et aux courants sont peu ou pas étudiés,
faute de rentabilité à court terme.
Scénario 2 - Coopération vertueuse par nécessité
Ici, le déterminant est la volonté politique de dura-
bilité à l?échelle internationale dans un contexte
d?extension régulière des accords de Kyoto. La consé-
quence majeure est celle du soutien à la recherche
et aux technologies les moins matures afin de faci-
liter l?investissement privé et de diversifier les tech-
nologies. Ces efforts conduisent à accroître la prise
de risque dans de nouvelles technologies et notam-
ment leur hybridation, ce qui conduit aussi à maîtriser
le stockage de l?énergie, ouvrant ainsi la voie à des
systèmes au large à grande échelle. La recherche tra-
vaille à de nouveaux concepts en visant à minimiser
les impacts environnementaux.
Cette dynamique à l?échelle mondiale fait émerger
de multiples technologies : hydroliennes de grande
profondeur, lagons artificiels, systèmes houlo-
moteurs au large (profondeur ? 50 m), éoliennes
flottantes, énergie thermique en association avec
l?aquaculture, biomasse à grande échelle (fabri-
cation intensive à terre, OGM et multi-produits),
osmotique (mise au point de membranes économi-
ques avec quelques micro-centrales). Ce foisonne-
ment des technologies favorise les usages hybrides
notamment dans les DOM-POM (5).
La biomasse marine
On estime entre 200 000 et un million le nombre
d?espèces d?algues existant dans le monde.
Cette diversité biologique, répondant à une excep-
tionnelle adaptabilité, laisse préjuger d?une richesse
proportionnelle en molécules originales et en lipides
(algo-carburants). Comparativement aux espèces
oléagineuses terrestres, les microalgues présentent
de nombreuses caractéristiques favorables à une
production d?acides gras qui pourraient notamment
être mises à profit pour produire des algo-carbu-
rants. Les principaux atouts sont un rendement
environ 10 fois supérieur en biomasse et l?absence
de conflit avec l?eau douce et les terres agricoles.
La production pourrait représenter 20 000 à 60 000
litres d?huile par hectare par an contre 6 000 litres
pour l?huile de palme, un des meilleurs rendements
terrestres. Il reste à identifier les surfaces mobilisa-
bles et travailler sur une diminution des coûts.
L?énergie des gradients de salinité
(pression osmotique)
Lorsqu?un fleuve se jette dans la mer, une grande
quantité d?énergie est potentiellement libérée en raison
de la différence de concentration en sel. Deux métho-
des de récupération de cette énergie sont testées :
la première est basée sur l?osmose (en Norvège), la
seconde sur l?électrodialyse inversée (aux Pays-Bas).
En Norvège, le potentiel de cette technologie est estimé
à 10 % des besoins annuels en énergie.
11
Scénario 3 - Peu d?évolution, chacun pour soi
Dans ce scénario, le déterminant est l?intérêt natio-
nal et la sécurité énergétique dans un contexte
de faible coopération mondiale. L?enjeu majeur
est celui de la maîtrise des sources d?énergie
au plan national alors que montent les tensions
et le protectionnisme. Après le Sud, la dégra-
dation du climat fait apparaître des besoins en
eau douce au Nord. Le soutien public est donc
orienté vers la sécurité énergétique mais à faible
coût ce qui a pour conséquence l?absence de ren-
forcement des réseaux pour viser une prise en
compte de moyens de production décentralisés et
la fin des tarifs de rachat électrique après 2020.
Il apparaît des parcs énergétiques dédiés et on
observe un développement indépendant des tech-
nologies ce qui entraîne une recherche spécialisée
par technologie intégrant les impacts sur l?environ-
nement.
Cette situation n?entraîne que de faibles dévelop-
pements pour presque toutes les technologies
car les investisseurs publics et privés privilégient
la sécurité sans prise de risque technologique.
Le développement indépendant des technologies
freine la recherche des synergies dans les finance-
ments comme dans le partage des connaissances
dans les études d?impacts.
Scénario 4 - Développement local autonome
Dans ce cas, le déterminant est le développe-
ment local avec prise de risque dans un contexte
de montée des tensions et du protectionnisme,
ainsi que le besoin de sécurité énergétique. Les
besoins en eau douce au Nord, en plus de ceux du
Sud, justifient à la fois ces technologies et l?initia-
tive décentralisée. Les biocarburants en intensif
(photoréacteurs) deviennent rentables (arrêt de la
défiscalisation vers 2015) et le soutien public (via
les régions) vise à stimuler autant la maîtrise des
technologies que la compétitivité.
Cette dynamique entraîne le renforcement des
réseaux électriques pour prendre en compte
les moyens de production décentralisés et un
développement différencié des technologies selon
les régions et leurs atouts spécifiques. La recher-
che contribue à la mise au point des technologies
(opportunités locales) et accompagne le lancement
de démonstrateurs locaux. Cette évolution, et la
prise de risques afférente, implique un fort inves-
tissement des décideurs politiques afin de faciliter
l?acceptabilité sociale des expérimentations.
La conséquence sur les technologies est l?appari-
tion d?un marché de niches avec un effet d?échelle
uniquement au niveau mondial. L?éolien, le thermi-
que et la biomasse atteignent des niveaux de déve-
loppement industriels, tandis que les autres tech-
nologies se développent localement à petite échelle.
La recherche reste parcellaire, très focalisée sur
les contraintes locales avec un rôle premier pour
les universités du littoral soutenues par les
régions.
5// CONDITIONS D?ÉMERGENCE
CONSIDÉRÉES DANS LES SCÉNARIOS
POSSIBLES
L?exercice de prospective n?a pas l?ambition de décrire
ce que sera demain, mais de proposer un éventail
de futurs possibles en choisissant les plus contrastés.
Les scénarios sont donc des sortes de « caricatures »
de ce qu?il peut advenir.
À l?étape de construction des micro-scénarios, le
groupe de travail a repéré les facteurs (appelés
« leviers ») qui permettent aux différents sous-systè-
mes d?évoluer d?une configuration à une autre. Ainsi,
à l?étape des macro-scénarios peuvent être déduits de
cet exercice les facteurs qui favorisent ou au contraire
freinent le développement des énergies renouvelables
marines ou leurs conditions de développement.
Les éléments du contexte mondial, européen
et national
Dans les éléments de contexte mondial, un accord
sur le climat (type Kyoto II), avec des engagements
de réduction des gaz à effet de serre pour diviser
par deux les émissions mondiales à l?horizon 2050,
accélèrerait très probablement le développement
des énergies renouvelables dont les énergies
marines. Le cas le plus favorable serait qu?un tel
accord voie le jour rapidement, vers 2010, pour
laisser du temps au soutien politique et financier
et au développement technique et industriel des
technologies marines grâce à la recherche.
En l?absence d?un tel accord mondial, l?accroisse-
ment des tensions dans le domaine de l?énergie (prix,
risques de rupture dans l?approvisionnement) ou la
perception aiguë des risques climatiques sont aussi
des facteurs qui pourraient contribuer à davantage
de coopérations technologiques entre régions
du monde pour développer de nouvelles sources
d?énergie.
En termes de politique européenne et de politique
nationale sur l?énergie, les conditions favorables au
développement des énergies renouvelables marines
relèvent à la fois du soutien aux filières énergétiques
et de la coopération des acteurs tant institutionnels
qu?opérateurs de la production énergétique.
Plus la politique de soutien aux énergies renouvela-
bles sera diversifiée entre les technologies matures
et celles qui le sont moins, plus se développera
une variété(6) importante de technologies marines,
voire de technologies hybrides. Sans ce soutien
diversifié, le risque serait de rechercher d?emblée
une standardisation des solutions technologiques
d?énergies renouvelables dans une logique d?effets
d?échelle. Dans cette dernière hypothèse, il serait
alors difficile d?élaborer des solutions adaptées à la
diversité des spécificités locales et des ressources.
La coopération européenne apparaît comme
un puissant levier de développement de ces tech-
nologies, tant en termes d?outils de planification
des zones marines et d?identification des ressources
disponibles à l?échelle européenne qu?en termes
de partage de connaissances sur les impacts
des premières expérimentations de technologies
marines. En effet, cette coopération permettrait :
aux opérateurs de construire une stratégie
de développement industriel à l?échelle euro-
péenne, éventuellement en partenariat, tout en
assurant un progrès continu sur la technologie
ou sur la façon de l?implanter,
de fournir des outils pour améliorer le dialogue
avec les populations littorales auxquelles un
projet d?implantation d?EnRM serait proposé :
? la mise en perspective de l?exploitation d?une
ressource locale au regard des ressources
européennes et des retours d?expériences
ailleurs, tant positifs que négatifs, en intégrant
d?emblée les populations locales, faciliterait
considérablement l?acceptabilité sociale,
? l?implication des chercheurs dans la concertation
avec la population serait susceptible d?être aussi
un facteur de succès car ces experts ne sont pas
juges et partis dans le projet industriel et peuvent
apporter un regard extérieur.
À l?heure actuelle, les études d?impacts et le suivi
environnemental demeurent coûteux et participent
de manière importante à la prise de risque
des développeurs de projets. Cet élément expli-
que, entre autres, la faible émergence de projets
innovants.
Des initiatives intéressantes
Il existe des expériences étrangères intéressantes
en matière de capitalisation des impacts et/ou
de cofinancement.
Le Danemark est pionnier dans le domaine du
monitoring des impacts liés à ces aménage-
ments énergétiques en mer. En effet, les parcs
de Horns Rev(7) et de Nysted(8) ont fait l?objet
d?un programme intégré de suivi environnemen-
tal dont les résultats ont été communiqués lors
de la conférence d?Helsingor(9) (nov. 2006).
Ces parcs ont également fait l?objet d?une étude
d?impact dont un résumé non technique est dispo-
nible sur les sites internet des parcs.
Le programme de suivi a démarré en 1999,
les études environnementales ont bénéficié d?un
budget de 11 millions d?euros, financé par les
consommateurs danois au titre d?une obligation
de service public. Différents thèmes ont été explo-
rés : aspects géophysiques et benthos, poissons,
mammifères marins, oiseaux et effets socio-éco-
nomiques. Ce programme de suivi a été coordonné
par le Danish Environmental Group, qui regroupe
des partenaires privés et publics et les résultats ont
été évalués par un panel d?experts internationaux
(IAPEME)(10) et des discussions furent régulièrement
menées avec des représentants d?associations.
Le Royaume-Uni a également mis en place une
structure unique en Europe, dédiée à la recherche
et à l?amélioration des connaissances sur les
impacts de l?éolien offshore sur l?environnement :
le COWRIE (Collaborative Offshore Wind Research
into the Environment).
Créé en 2001 par le Crown Estate, lors de l?an-
nonce du lancement du premier Round éolien(11),
les fonds déposés par les 18 porteurs de projet ont
servi à mettre en place le COWRIE et sont utilisés
pour mener une série d?études environnementales
(impacts négatifs et positifs). Un comité de pilo-
tage réunissant différents experts du milieu marin
et des personnalités qualifiées (Ministères, BWEA,
RSPB, industriels du Round 1?) détermine quels
types de recherches doivent être menés. Cet orga-
nisme mène des recherches en toute indépendance
par rapport au Gouvernement et la présence des
industriels a favorisé son bon fonctionnement.
Le même système de droit d?entrée payé par les
porteurs de projet lauréats fut appliqué lors du
Round 2 en 2003.
L?un des objectifs importants du COWRIE est d?as-
surer une large diffusion des résultats obtenus. Les
études menées ont permis d?améliorer la connais-
sance des impacts environnementaux potentiels et
surtout de publier des documents guides (bonnes
pratiques) Ã destination des industriels afin de
s?assurer qu?ils minimisent ces impacts. Les cinq
thèmes de recherche prioritaires sont : oiseaux et
benthos, champs électromagnétiques, méthodo-
logie d?études des oiseaux marins, techniques de
télésurveillance, bruits sous-marins et vibration. Le
ministère de l?environnement (DEFRA) et celui de
l?industrie (BERR, ex-DTI) financent également
des projets de recherche sur l?éolien offshore
et l?environnement. Trois projets sont menés
par exemple par le CEFAS (Center for Environment,
12
13
Fisheries and Aquaculture Science) (12). I ls
portent sur l?évaluation des modif ications
dans le régime des vagues, le développement
de guides pour le suivi des transports sédimentaires
et la recherche des impacts socio-économiques
sur l?industrie de la pêche.
D?autres pays, comme l?Allemagne, développent
des plates-formes technologiques, notamment
dans l?éolien. Ces actions peuvent permettre de
faciliter l?émergence des énergies renouvelables
marines mais aussi de progresser positivement et
dans un souci de capitalisation et de diffusion des
connaissances sur leurs impacts en mer.
Ainsi, l?ADEME, en collaboration avec l?Ifremer,
a réalisé en 2006/2007 une étude sur les stratégies
nationales de développement et de gestion
des impacts des énergies renouvelables marines
en Europe. Un manuel préliminaire d?étude d?impact
sur l?environnement des parcs éoliens en mer
auquel l?Ifremer a contribué est également en cours
d?élaboration par l?ADEME. Ce document vise à jeter
les bases d?un futur guide d?études d?impact des
parcs éoliens offshore, qui pourrait être étendu
aux différentes énergies marines. Il est déstiné aux
porteurs de projets, à l?instar de celui publié pour
les parcs éoliens terrestres.
Une nécessaire mutualisation des compétences
et coopération
La coopération des acteurs industriels avec ceux
de la recherche et d?autres activités marines,
apparaît nécessaire pour optimiser la production
énergétique si celle-ci doit se concentrer dans
des espaces dédiés pour éviter des conflits avec
d?autres usages de la mer.
En effet, la production au mètre carré occupé et
le coût de maintenance peuvent être améliorés
par la recherche de complémentarités sur la
zone, ou à proximité, entre plusieurs technologies
énergétiques ou entre une technologie de l?énergie et
une autre activité comme l?aquaculture. La recherche
de synergies entre activités peut permettre
d?améliorer la compétitivité des technologies par
une mutualisation des études comme des coûts
(entretien, câbles pour ramener l?énergie à terre).
Or, les acteurs industriels, en raison de leur histoire
propre, tendent à se spécialiser sur une technologie
pour laquelle ils sont experts. La mutualisation
de compétences et la coopération n?est pas une
démarche naturelle. Les pouvoirs publics et les
acteurs de la recherche en mer peuvent contribuer
à faciliter le rapprochement et surtout la compré-
hension mutuelle de plusieurs parties prenantes sur
un même projet.
Des évolutions technologiques indispensables
Enfin, un certain nombre d?évolutions technologi-
ques faciliterait aussi le développement des énergies
renouvelables marines.
L?évolution la plus importante au vu de la rupture
qu?elle génère est le stockage de l?énergie, car
il permet de profiter pleinement du potentiel
d?énergies intermittentes et variables comme le
vent ou les vagues. Stocker la production électrique
plus permanente ou prévisible d?autres ressources,
quand la demande électrique est faible, changerait
aussi considérablement le potentiel exploitable
de nombreuses ressources énergétiques (c?est-
à -dire toutes les énergies renouvelables sauf
la biomasse, qui se stocke, mais aussi le
nucléaire).
Une voie possible est de stocker de l?hydrogène
produit par électrolyse de l?eau. L?hydrogène peut-
être ensuite converti en électricité à l?aide de
pile à combustible ou en énergie mécanique via
un moteur. Le verrou sur ce vecteur énergétique est
davantage dans la logistique (stockage, transport,
source d?énergie pour sa production)(13) que dans
sa consommation (il reste cependant le problème
de la gestion d?un gaz volatil difficile à liquéfier et
très inflammable). Un second intérêt majeur de la
production d?hydrogène par les énergies renouve-
lables marines est que les installations de produc-
tion pourraient alors s?éloigner des côtes, ce qui
augmenterait la ressource exploitable et limiterait
les risques de conflits d?usages. Des sites d?exploi-
tation éloignés, l?hydrogène produit en mer pourrait
alors être transporté dans des navires spécialisés.
D?autres solutions sont aussi à l?étude comme le
stockage électrochimique à grande échelle.
Par ailleurs, le stockage électrique pour de courtes
périodes (de quelques secondes à quelques
heures en recourant à diverses techniques allant
des supercondensateurs à l?hydro-pneumatique)
améliorerait la qualité du courant et la gestion
d?énergies intermittentes sur le réseau.
Un autre levier pour promouvoir le développement
et la compétitivité de ces technologies est l?hybrida-
tion des technologies (illustrée dans le scénario 2) :
tant la création de technologies mixtes exploitant
par exemple l?énergie thermique des mers et l?éner-
gie des vagues que la recherche de technologies
couplées à l?énergie solaire ou à une activité comme
l?aquaculture en mer. Mais le préalable à la mise
au point de technologies hybrides sera souvent,
pour deux expertises industrielles et de recherche
différentes, la nécessité de coopérer.
Enfin, améliorer la fiabilité des technologies pour
limiter les interventions d?entretien apparaît comme
un enjeu fondamental de leur compétitivité à court
et moyen terme, ceci d?autant plus, qu?outre le coût
d?intervention, les conditions de mer peuvent empê-
cher temporairement d?intervenir. Cela concerne
les systèmes mais aussi les ancrages car les dispo-
sitifs devront être conçus et réalisés pour supporter
des conditions de mer extrêmes.
14
6// CONSÉQUENCES DES SCÉNARIOS
POSSIBLES SUR LE DÉVELOPPEMENT
DES TECHNOLOGIES
Deux types d?analyse ont été menés sur les
conséquences des quatre scénarios possibles
sur le développement des technologies :
qualitative sur le développement en fonction des
conditions retenues par scénario,
quantitative avec fourniture, pour chaque
scénario, d?un ordre de grandeur chiffré de
la capacité installée de chaque technologie et
de ses produits (TWh électriques pour l?électricité,
TWh thermiques et TWh électriques économisés
pour la climatisation, volume d?eau douce).
Analyse qualitative
Méthode
Trois paramètres ont été pris en compte pour évaluer
le potentiel de développement des différentes
technologies :
1 - La ressource : pour la production éolienne et
houlomotrice, elle est intermittente et variable,
ce qui est aujourd?hui une difficulté pour la pro-
duction d?électricité. Mais les progrès réalisés
dans la prévision grâce aux modèles utilisant
notamment des données satellitaires faciliteront
la gestion de leurs apports aux réseaux.
2 - La possibilité d?utiliser la technologie en syner-
gie avec un autre usage : l?énergie thermique
des mers peut remonter des profondeurs
des nutriments pour l?aquaculture, le lagon
artificiel marémoteur peut aussi intégrer
une activité aquacole, les houlomotrices
peuvent, dans certaines configurations, agir
en brise-lame vis-à -vis de la côte, les éolien-
nes peuvent être associées, à proximité, à des
installations aquacoles (filières conchylicoles)
ou encore, lorsqu?elles seront amenées à se
développer sur des aires marines protégées,
contribuer aux mesures de gestion des zones
Natura 2000 via la contractualisation. Il convient
toutefois de préciser que les aires marines
protégées regroupent différents types de zones
qui ont des degrés de protection différents.
3 - La possibilité de faire cohabiter certaines de ces
technologies dans des parcs dédiés (scénario 1)
ou d?hybrider les technologies (scénario 2).
Filières
L?énergie éolienne en mer est celle qui contribue le
plus à la production électrique quel que soit le scé-
nario. La maturité de cette technologie en Europe et
son potentiel de ressources, notamment dans l?hé-
misphère Nord, contribuent à expliquer cette place.
C?est à l?évidence la technologie la plus proche de
la rentabilité commerciale. Cette maturité permet
aussi d?oser des chiffres de production importants,
bien plus que sur d?autres technologies encore Ã
l?état de prototype aujourd?hui. Le développement
de cette technologie va être confronté aux enjeux
liés aux impacts environnementaux et aux multiples
usages de l?espace marin à proximité des côtes.
De nouveaux concepts destinés à permettre
de s?éloigner des côtes, comme des structures
flottantes, sont d?ores et déjà étudiés.
L?énergie thermique des mers (ETM) a l?avantage
de permettre tant la climatisation que la produc-
tion d?eau et d?électricité ce qui lui donne un atout
considérable en termes d?usages. Mais elle n?est
exploitable pour tous ces usages que sous les tro-
piques. En zones tempérées, elle ne peut être uti-
lisée que pour le chauffage/la climatisation comme
source thermique d?une pompe à chaleur.
L?énergie des courants (hydrolien) a un potentiel
moindre en Europe que d?autres technologies.
Si les hydroliennes parviennent à être totalement
sous-marines elles peuvent s?implanter dans
des zones de passage maritime où il sera difficile
15
d?implanter d?autres énergies marines ou d?autres
activités. Par ailleurs la technologie est relati-
vement connue et peut, pour certains concepts,
bénéficier de l?expérience acquise dans le déve-
loppement d?hydroliennes fluviales. Le dévelop-
pement ne devrait requérir que du progrès tech-
nologique incrémental bien que les contraintes
d?installation (ancrage) et maintenance nécessite-
ront le développement de solutions innovantes.
L?énergie marémotrice, captée en barrant un
estuaire, est connue mais présente l?inconvénient
d?affecter les écosystèmes humides. Pour pallier
cet inconvénient, une autre solution envisagée Ã
l?avenir serait de construire un lagon artificiel en
mer. Mais comme pour le barrage, il s?agit d?infras-
tructures lourdes, qui ont également des impacts
sur l?environnement et sur les activités en place et
qui se justifient en terme d?investissement à partir
d?une puissance minimum d?installation à dimen-
sion plus industrielle qu?expérimentale ? de l?ordre
de quelques centaines de MW.
L?énergie des vagues est une ressource bien répar-
tie entre les deux hémisphères et dont le potentiel
est élevé en comparaison de la plupart des res-
sources marines étudiées ici. La difficulté majeure
de cette technologie est son caractère novateur :
pour l?imposer, ses développeurs vont devoir
confirmer leur capacité à réaliser une rupture
technologique. Les systèmes qui auront démon-
tré leur fiabilité mais aussi conçus pour la survie
en mer lors des conditions extrêmes s?impose-
ront. Par ailleurs, bien que peu sensible au risque
d?impact paysager, l?espace occupé en surface
pour exploiter cette énergie devra tenir compte
du risque de conflits d?usages avec d?autres acti-
vités. Toutefois la capacité d?installation au km²
est supérieure à celle de l?éolien (30 MW/km²
pour vagues et courants contre 6 à 10 MW/km²
pour éolien marin).
L?utilisation de la biomasse marine issue de la
culture de microalgues présente des atouts forts
pour produire des biocarburants : croissance rapide,
rendement et capacité de capture de CO2 élevés
(au moins 10 fois ceux des meilleures plantes
terrestres), pas de conflit avec la production ali-
mentaire. Cependant sa culture extensive dans
des lagunes est limitée en Europe par l?espace
disponible et peut présenter un risque de proliféra-
tion. Les risques, évoqués récemment, de contribu-
tion des agrocarburants à l?augmentation de l?effet
de serres, sont vraisemblablement applicables aux
microalgues même si cette donnée scientifique
n?a pas encore été documentée.
La culture intensive à terre dans des structures
verticales transparentes et le progrès en matière
de maîtrise des biotechnologies (OGM) permettent
d?envisager des rendements à l?hectare très élevés.
Ces investissements dans les biotechnologies sont
aussi justifiés à moyen terme pour la production
de molécules dans le domaine médical (pharmacie)
ou dans l?agroalimentaire.
Dans les scénarios envisagés, les chiffres de
production de biocarburants d?origine marine en
France restent faibles. L?évolution des prix relatifs
des énergies pourrait susciter l?intérêt industriel
pour l?usage des biotechnologies. En production
extensive, les pays disposant de grandes surfaces
lagunaires pourraient devenir d?importants produc-
teurs de carburant .
L?énergie des gradients de salinité (pression osmo-
tique) est, de toutes les technologies envisagées,
la moins mature en raison de la difficulté de mettre
au point une membrane semi-perméable per-
formante. De plus, pour utiliser cette ressource,
la nécessité de disposer à la fois d?eau douce
et d?eau salée limite les zones d?implantation possible
si l?on cherche à réduire les risques de conflits. Enfin,
la demande en eau douce ne cessant de croître,
un sous-produit comme l?eau saumâtre n?a pas
d?intérêt, au contraire.
Évaluation qualitative
Le tableau 2 synthétise une première évaluation qua-
litative des technologies en fonction de leur dévelop-
pement propre dans chaque scénario. La cotation
mesure le niveau de développement : 0 pour aucun
développement, 1 s?il est faible, 2 s?il est moyen
et 3 s?il est fort. La somme des cotations considère
implicitement que les quatre scénarios sont équipro-
bables, ce qui représente une hypothèse de travail
en première approche. Cette équiprobabilité méri-
terait une étude plus approfondie.
16
Ce tableau résume schématiquement le potentiel
de développement des technologies. Cette synthèse
vaut surtout pour la France (DOM-POM inclus)
et sous-valorise certaines technologies comme l?hy-
drolien sous-marin qui devrait pouvoir être implanté
avec moins de risque de conflits d?usage dans des
zones où l?on ne peut pas installer d?autres types
de technologies (lieux de trafic maritime soumis Ã
de forts courants par exemple).
Cette approche tendrait à mettre en avant trois
technologies (biomasse, éolien et thermique) qui
se détachent d?un second groupe (vagues, cou-
rants, marée et hybride, si l?on globalise les scéna-
rios). Cette approche est celle de la recherche du
minimum de risque d?erreur dans le choix d?une ou
de certaines technologies. Elle doit être pondérée
par les atouts et contraintes des différentes tech-
nologies mais aussi par la réalité quantitative des
productions de chaque technologie.
Analyse quantitative
Afin de comparer les scénarios en terme de pro-
duction énergétique, il faut d?abord noter que
le chiffrage des scénarios est réalisé pour la France
et ses DOM-POM. La contribution des énergies
renouvelables marines à la production énergéti-
que n?est valable que dans ce contexte. De fait, la
hiérarchie des technologies résultant de la compa-
raison chiffrée (en ordre de grandeur) des différents
scénarios serait différente dans tout autre contexte
national. Chaque pays dispose de ressources natu-
relles spécifiques à exploiter en termes d?énergies
marines.
Les besoins énergétiques des îles, plus particu-
lièrement des DOM-POM, influent sur les choix
de technologies que l?on trouve dans les scénarios
et ce d?autant plus que les alternatives énergétiques
renouvelables sont structurellement plus rentables
dans nombre de ces îles éloignées de la côte que
sur le continent. Cette diversité de la situation géo-
graphique française est aussi un atout. Elle offre
des débouchés pour des technologies dont
le potentiel est principalement dans des pays
du Sud, comme pour l?énergie thermique des mers.
Quelle que soit la technologie envisagée, le poten-
tiel est encore souvent entaché d?une incertitude
majeure car les chiffres cités dans les diverses
études varient jusqu?à un facteur dix, en particulier
pour le potentiel techniquement exploitable.
Les tableaux ci-contre présentent la contribution
des différentes filières à la production énergéti-
que pour chacun des scénarios en Mtep/an et en
TWh/an pour la France et les DOM-POM.
Ces valeurs représentent des ordres de grandeur.
Le niveau de précision (2 décimales) indiqué dans
le tableau 3.1 ne sous-entend pas que le degré
d?incertitude est inférieur à la précision mais relève
de la conversion TWh/Mtep.
Le détail de ces évaluations chiffrées apparaît
en annexe 7. On retrouve dans les évaluations
chiffrées la prééminence de l?éolien dans tous
les scénarios puis de l?énergie thermique des
mers (en particulier dans les DOM-POM) dans
trois scénarios sur quatre. La culture de biomasse
marine se développe dans tous les scénarios
mais ce n?est pas toujours pour du carburant.
L?énergie marémotrice présente plus un risque
d?acceptabilité qu?un risque technologique, sauf
pour accroître la puissance de l?usine de la Rance,
et ne se développe pas dans tous les scénarios.
Elle apparaît en technologie de lagon artificiel sur
de nouveaux sites dans deux scénarios sur quatre.
Le développement de l?hydrolien comme de l?éner-
gie des vagues requiert une forte justification
(crise / urgence ou coopération volontariste) afin
de franchir les difficultés voire barrières de la mise
au point technologique et de la complexité de mise
en oeuvre à l?échelle industrielle. Enfin, quel que
soit le scénario, la pression osmotique ne rencontre
pas de conditions favorables de développement.
Technologies
Scénario 1
crise, urgence
énergetique
Scénario 2
coopération
vertueuse par
nécessité
Scénario 4
développement
local autonome
Scénario 3
peu d?évolution,
chacun pour soi
Somme
Courants
Marée
Vagues
Biomasse
Éolien
Thermique
Osmotique
1,5
3
1,5
3
3
2
0
3
2
3
3
3
3
1
1
1
1
1
1
1
0
1
0
1,5
2
2
3
1
6,5
6
7
9
9
9
2
Tableau 2 : Évaluation qualitative des technologies selon les scénarios
17
3-1 : chiffrage en Mtep/an Conversion : 1 TWh = 0,086 Mtep
Tableau 3 : Analyse quantitative des technologies selon
les scénarios (en Mtep/an et en TWh/an)
Production énergétique (Mtep/an)
Technologies Scénario 1 Scénario 2 Scénario 3 Scénario 4
Éolien 1,03 2,58 0,52 1,03
ETM clim Métropole Économisé 0,06 0,12 0,03 0,12
ETM élec Tropiques 0,03 0,06 0,02 0,06
ETM clim Tropiques Économisé 0,06 0,31 0,03 0,31
Courants 0,03 0,26 0,05 0,01
Marémoteur 0,09 0,13 0,05 0,05
Vagues 0,03 0,52 0,03 0,04
Biomasse 0,05 2,50 négligeable 1,25
Osmotique 0,00 0,00 0,00 0,00
BILAN (Mtep/an) 1,38 6,48 0,73 2,87
Électricité 1,21 3,55 0,67 1,19
Climatisation 0,12 0,43 0,06 0,43
Carburant 0,05 2,50 négligeable 1,25
3-2 : chiffrage en TWh/an (sans la biomasse ni le carburant)
Production énergétique (TWh/an)
Technologies Scénario 1 Scénario 2 Scénario 3 Scénario 4
Éolien 12,0 30,0 6,0 12
ETM clim Métropole Économisé 0,7 1,5 0,4 1,5
ETM élec Tropiques 0,4 0,7 0,2 0,7
ETM clim Tropiques Économisé 0,7 3,6 0,4 3,6
Courants 0,3 3,0 0,6 0,2
Marémoteur 1,0 1,5 0,6 0,6
Vagues 0,3 6,0 0,3 0,5
Biomasse - - - -
Osmotique 0,0 0,0 0,0 0,0
BILAN (TWh/an) 15,4 46,3 8,4 19,1
Électricité 14,0 41,2 7,7 14,0
Climatisation 1,4 5,1 0,7 5,1
Carburant - - - -
Les scénarios prospectifs énergétiques
de référence pour l?électricité
Pour évaluer la part que peuvent représenter
les énergies marines renouvelables, il convient
de comparer les résultats des scénarios « possibles »
de cette étude à diverses prospectives ou prévisions
sur la consommation énergétique électrique
en France à l?horizon 2020-2030.
Les études de référence utilisées(14) pour compa-
rer la production des EnRM en 2030 par rapport
à la consommation électrique française, en énergie
finale, sont l?étude DGEMP (15) de 2004 sur la prévi-
sion tendancielle de la production/consommation
énergétique à l?horizon 2030, celle de la DGEMP
? Enerdata/Pôles « facteur 4 » et l?étude Négawatt
2006 « facteur 4 » (16).
8// INTÉGRATION DES ÉNERGIES
RENOUVELABLES MARINES À L?OFFRE
ÉNERGÉTIQUE FRANçAISE À L?HORIzON
2030 SELON LES SCÉNARIOS POSSIBLES
18
La connaissance des impacts environnementaux
constitue une dimension essentielle de l?insertion
des équipements d?EnRM dans les zones côtières.
Celles-ci sont le siège d?un grand nombre d?usages
concurrents qui exploitent, eux aussi, les ressour-
ces physiques et biologiques du milieu marin. Une
bonne gestion de ces usages dépend d?une analyse
de leurs impacts.
En l?occurrence, les impacts environnementaux
sont particulièrement difficiles à évaluer car il n?y
a pas assez de retour d?expérience (hors éolien et
marémoteur), surtout sur les effets cumulatifs,
les technologies étant au stade de prototype. Par
ailleurs, les perturbations du milieu risquent d?être
englobées dans la variabilité générale, notamment
celle entraînée par le changement climatique Ã
l?horizon 2030.
Il est avéré que la technologie marémotrice avec
barrage dans un estuaire altère le fonctionnement
de l?écosystème. Pour les autres technologies
envisagées, il n?est possible que de faire des hypo-
thèses sur les risques possibles.
L?exploitation de courants permanents pourrait
modifier ces flux et les mouvements sédimen-
taires qui leur sont liés. L?exploitation extensive
de microalgues, si elle n?est pas faite avec précau-
tion, pourrait conduire à une prolifération incontrô-
lée de ces microorganismes.
En revanche, l?installation de structures en mer
(lagon, éoliennes?) peut créer un effet « récif »
sur des fonds sableux et favoriser la présence
de poissons, voire la constitution d?écosystèmes
originaux. Les impacts écologiques des lagons arti-
ficiels marémoteurs restent à étudier. Les connais-
sances sur l?évolution des écosystèmes associés
aux infrastructures progresseraient comme le
montre l?amélioration des connaissances ornitholo-
giques marines permise grâce aux études d?impact
et aux suivis réalisés sur les premiers parcs éoliens
marins (cf. expérience danoise).
En conséquence, il apparaîtra une demande sou-
tenue sur les impacts des différentes technologies
sur le milieu, avec des interrogations spécifiques
pour les systèmes hybrides, pour lesquels on peut
anticiper des effets croisés et non additifs, comme
par exemple pour la combinaison éolien/houlomo-
teur ou thermique/biomasse.
De même, les études seront à mener sous
toutes les latitudes car le fouling en mer du Nord
est très différent en composition comme en évo-
lution de celui des zones tropicales (rôle impor-
tant des coraux et des mollusques colonisateurs
qui alourdissent structures et ancrages).
Compte tenu de la durée et de la complexité
des études, il serait légitime que ces études soient
soutenues par la communauté internationale via
les commissions spécialisées des Nations Unies
(PNUE, PNUD, FAO?) ou l?Europe, voire des com-
missions régionales ou des organisations mixtes
type UICN.
7// INTÉGRATION ENVIRONNEMENTALE :
QUELS IMPACTS ET QUELS RISQUES ?
Tableau 4 : Consommation électrique annuelle en France de 1973 à 2006
(chiffres arrondis en TWh, y compris consommation de la branche énergie)
19
Source : Bilan électrique français 2006/RTE
Tableau 5 : Prévisions de consommation électrique annuelle en France (en TWh/an)
Tableau 6 : La part des énergies renouvelables marines dans la consommation
annuelle électrique 2030, selon les scénarios possibles de l?étude
Scénario & estimation de production EnRM Scénario 1
(15,5 TWh/an)
Scénario 2
(46 TWh/an)
Scénario 3
(8,5 TWh/an)
Scénario 4
(19 TWh/an)
Tendanciel 2030 (715 TWh/an) 2,2 % Sans objet (S.O.) 1 % S.O.
Poles fact 4 (590 TWh/an) 2,6 % 7,8 % S.O. 3,2 %
Négawatt fact 4 (420 TWh/an) 3,7 % 11 % S.O. 4,5 %
Année Consommation annuelle (en TWh) Année Consommation annuelle (en TWh)
1973 180 1995 425
1979 245 2000 470
1985 320 2005 515
1990 375 2006 485
Horizon 2020 2030
Tendanciel DGEMP 2004
DGEMP « Facteur 4 » 2005
Négawatt 2006
moyenne
635
520
435
530
715
590
420
575
Pour les deux scénarios de « facteur 4 » pris ici
en référence :
Le scénario DGEMP Poles « Facteur 4 » compte
surtout sur l?énergie nucléaire pour réduire les
émissions de gaz à effet de serre. Aussi, même
si des technologies de basse consommation
sont utilisées, certains besoins de chaleur et
une part de l?énergie pour les transports utili-
sent l?électricité. La demande électrique reste
donc forte et augmente avec le temps.
Le scénario Négawatt opte pour une maîtrise
de la consommation plus draconienne avec
l?ambition de réduire l?appel à l?énergie
nucléaire. En conséquence l?électricité est
moins utilisée pour de nouveaux usages et sa
consommation baisse avec le temps.
Les deux scénarios atteignent l?objectif européen
de 20 % de la consommation d?énergie finale réali-
sée avec des énergies renouvelables en 2020.
Le scénario 3 est a priori compatible avec le scé-
nario tendanciel tandis que le scénario 4 ne peut
se construire qu?avec une politique énergétique
très volontariste, donc n?est compatible qu?avec
un scénario de type « facteur 4 ». Les scénarios
1 et 4 sont construits sur la base de politiques
énergétiques intermédiaires.
Les scénarios 1, 2 et 4 permettent aux EnRM
de produire en général plus de 3 % de la consom-
mation électrique française à l?horizon 2030
sous réserve d?être dans un contexte de relative
maîtrise de la demande électrique (les deux réfé-
rences « facteur 4 »). Seul le scénario 2 permet
aux énergies marines de représenter plus de 5 %
de la consommation électrique à cet horizon.
Les scénarios prospectifs énergétiques
de référence pour les carburants
La consommation finale de produits pétroliers
en France est aujourd?hui de 50 Mtep/an pour
le transport. Selon les scénarios disponibles,
la consommation d?énergie pour le transport varie
de 40 à 60 Mtep à l?horizon 2030. Cette variation est
due aux prévisions de progrès en consommation
des moteurs thermiques ainsi qu?à l?évolution de la
mobilité et à la part de véhicules électriques.
Les scénarios 2 et 4 conduisent à une production
nationale qui n?est pas négligeable (2,5 et 1,25 Mtep
respectivement) par rapport à la consommation
actuelle soit 5 % et 2,5 %. Dans le scénario 1, l?ap-
port de biocarburants marins produits à l?étranger
en culture extensive pourrait cependant peser
davantage sur la même quantité de carburant
consommé.
Il faut souligner que ces 2 Mtep/an de biocarbu-
rants marins sont du même ordre de grandeur
que les productions d?agrocarburants de pre-
mière génération(17) retenues dans les scénarios
« volontaristes » du récent rapport du Centre
d?Analyse Strategique (CAS), soit une production
inférieure ou égale à 4 Mtep/an jusqu?en 2025,
production qui double (jusqu?Ã 10 Mtep/an) avec
les agrocarburants de seconde génération entre
2025 et 2030.
20
À ce stade de l?étude, il peut sembler difficile de
passer d?un éventail de scénarios possibles (tels
que décrits par l?analyse prospective fournissant
des ordres de grandeur sur les productions que
pourraient représenter les énergies renouvelables
marines) à un scénario concret, opérationnel,
pouvant servir de support à des recommandations
précises pour une réelle prise en compte des
EnRM. Le Comité de Pilotage a donc demandé que
soit proposé par le groupe de travail un scénario dit
« normatif » visant à décliner la contribution des
différentes énergies marines dans un objectif global
de l?ordre de 2 à 3 % (hors éolien offshore) de la part
des énergies renouvelables marines à l?horizon 2020
dans la consommation finale d?énergie en France.
S?appuyant sur le débat suscité par le Grenelle
de l?Environnement, ce scénario « normatif »
explore la part que pourraient prendre les énergies
marines renouvelables dans cet objectif qui est bien
« d?atteindre 20 % d?énergies renouvelables
(énergie finale) en 2020 dans de bonnes conditions
environnementales et de faisabilité. Cela suppose
d?augmenter de 20 Mtep la part des énergies renou-
velables dans le bouquet énergétique à l?horizon
2020 en suivant deux lignes stratégiques, autono-
misation et décentralisation, là où c?est possible »
(Jean-Louis Borloo ? 26 décembre 2007).
On peut également rappeler qu?un des objectifs
du Comité opérationnel Outre-Mer du Grenelle
de l?Environnement est, sur le thème énergie : l?auto-
nomie énergétique des collectivités d?outre-mer par le
biais de la maîtrise des consommations et le recours
aux énergies renouvelables à hauteur de 50 %.
Cinq éléments majeurs plaident actuellement en
faveur des énergies renouvelables :
le décalage croissant entre la demande en
énergie fossile et l?offre,
la lenteur de la cinétique du développement,
surtout dans le nucléaire,
la probable extension des accords de Kyoto
avec une feuille de route indiquant des objectifs
chiffrés avant 2012,
la confirmation des ambitions de l?UE dans ce
domaine à l?horizon 2020 et le choix d?objectifs
assez réalistes pour permettre des investisse-
ments,
la probabilité sérieuse d?un remodelage profond
du marché de l?énergie à moyen terme.
Dans le cadre des débats du Grenelle de l?Environ-
nement, le Syndicat des Énergies Renouvelables
(SER) a proposé sa vision des potentiels de
croissance des filières pour atteindre l?objectif
européen, soit un accroissement net de 20 Mtep/an
des énergies renouvelables à l?horizon 2020.
Parmi les contributions des différentes filières
d?énergie renouvelable dans ce scénario du SER, la
contribution de l?éolien marin s?élève à 6 000 MW en
puissance installée.
Au plan européen, les États membres de l?UE
pourraient avoir du mal à remplir leurs obligations
en termes d?énergies renouvelables à l?horizon
2020. Or, si l?énergie solaire propose de séduisantes
perspectives, comme le photovoltaïque, les États
auront tendance à aller d?abord vers les technolo-
gies les plus simples et les plus rentables comme
l?éolien et la biomasse terrestres.
Il est utile de rappeler plusieurs faits :
La France a le 2e potentiel d?Europe, après la
Grande Bretagne qui est très active dans ce
domaine, en énergie des vagues et des courants
de marée.
La France dispose également d?une très grande
ressource en énergie thermique des mers avec
son territoire ultramarin (DOM-POM).
Il existe une masse critique de recherche,
y compris en recherche appliquée avec des
industriels, en matière d?énergies renouvelables
marines aujourd?hui qui montre un dynamisme
incluant une capacité de prise de risques.
Comme l?indique une étude de Douglas-Wes-
twood(18) de 2005, le marché mondial des éner-
gies marines (courants et vagues) représente
10 à 30 fois le marché européen.
Ce scénario normatif tente de manière réaliste
de sélectionner les technologies susceptibles
de développement et d?estimer les niveaux de
puissance et de production à partir de projections
chiffrées. Il permet donc en particulier d?évaluer
les efforts organisationnels, de recherche et
d?industrialisation à déployer pour que cette
contribution puisse avoir lieu si elle est jugée
pertinente. Les énergies renouvelables marines
auront en effet leur part si des réseaux de
partenariats stratégiques et d?expérimentations
pré-industrielles voire industrielles sont en place
d?ici 2020.
9// PROPOSITION D?UN SCÉNARIO
NORMATIF DANS LE CONTExTE
DU GRENELLE DE L?ENVIRONNEMENT
21
Ainsi, si une décision d?un objectif de 2 à 3 % (par
exemple) pour les EnRM était prise à l?horizon
2020 pour la France, cela aurait des conséquences
importantes en termes de :
politique énergétique,
structuration du dispositif de recherche et déve-
loppement dans ce domaine en France,
création de plates-formes expérimentales,
appuis (toutes formes de soutien financier
et organisationnel),
stimulation du développement technologique
à une échelle industrielle.
Dans le scénario normatif, la répartition pourrait
suivre le schéma suivant, par contribution éner-
gétique décroissante, synthétisée dans un tableau
en annexe 7.
Éolien
C?est la technologie la plus mature et la plus dévelop-
pée aujourd?hui dans le monde. En France, en raison
d?un potentiel significatif combinant les critères
de puissance, régularité du vent et de caractéristiques
du plateau continental, plusieurs fermes marines
d?éoliennes verront le jour sur les trois façades
maritimes en métropole. Il s?agira d?ensembles
de quelques dizaines (voire plus) d?éoliennes
de grande puissance (5 MW et plus) implantées
à quelques kilomètres des côtes afin de trouver
un compromis entre coût des investissements et
de la maintenance d?une part et impact visuel
d?autre part.
Le point le plus complexe sera celui de la compati-
bilité avec les autres usages, notamment la pêche
et le tourisme, d?où l?importance d?un travail précoce
de sensibilisation, de pédagogie et surtout de déve-
loppement de l?emploi local y compris dans le tou-
risme énergétique (comme sur l?usine marémotrice
de la Rance). Par ailleurs, l?acceptabilité sociale
sera d?autant plus élevée que ces sites auront mis
en place des technologies hybrides (couplage avec
les vagues par exemple) et des usages associés
comme l?aquaculture. La compatibilité avec le déve-
loppement du réseau d?aires marines protégées
et leurs divers niveaux de protection sera également
un facteur à prendre en compte.
Estimation pour l?éolien marin
4000 MW de puissance installée et environ 12 TWh de production
d?énergie, soit par exemple 16 fermes de 50 éoliennes de 5 MW
chacune à 3 000 h de fonctionnement par an.
Thermique
Cette forme d?énergie doit être développée dans
les DOM-POM français à la fois pour des raisons
d?utilité directe, d?économie de long terme sur
les carburants fossiles et de valeur démonstrative
pour les pays tropicaux voisins. Elle est valorisable
sous de multiples formes (eau, froid, électricité)
et pourrait accroître ses rendements sur les îles
disposant d?eaux chaudes d?origine volcanique.
Les îles des Antilles, de la Réunion et de Tahiti
auront leur centrale avec des adaptations impor-
tantes en fonction des spécificités locales.
Estimation pour le thermique
En électrique : 200 MW de puissance installée et environ
1,4 TWh de production d?énergie soit par exemple 10 centra-
les de 20 MW chacune à 7 000 h de fonctionnement par an.
En froid : 55 MW électrique économisés soit 0,4 TWh soit
par exemple 12 centrales de 20 MW chacune à 7 000 h de
fonctionnement par an.
Hydrolien
Cette technologie a d?importants atouts en France,
notamment en raison de la puissance des courants
de marée sur les côtes Nord-Ouest, la prévisibilité
des productions, le faible impact visuel en surface
et l?occupation d?un espace de passage maritime
où il sera difficile d?implanter d?autres énergies
marines ou d?autres activités. Elle progressera
jusqu?au stade industriel mais les sites éligibles
resteront peu nombreux.
Estimation pour l?hydrolien
400 MW de puissance installée et environ 1,4 TWh de pro-
duction d?énergie soit par exemple 5 sites de 80 turbines de
1 MW chacune à 3 500 h de fonctionnement par an.
Marémoteur
La puissance de la marée est reconnue et béné-
ficie d?une image positive dans l?opinion publique
mais les impacts environnementaux durables
et peu réversibles condamnent son développement
sous forme de barrage en France. Aussi, pour des
raisons d?affichage et de valorisation de la tech-
nologie française, un lagon artificiel (tidal lagoon)
à dimension industrielle sera construit.
Estimation pour le marémoteur
500 MW de puissance installée et environ 1,25 TWh de
production d?énergie soit par exemple une centrale de type
lagon de 500 MW Ã 2 500 h de fonctionnement par an. Ce
scénario considère que l?usine marémotrice de la Rance, en
exploitation depuis 40 ans, ne contribue pas à l?objectif du
Grenelle d?augmentation de 20 Mtep de la contribution des
énergies renouvelables d?ici à 2020.
Vagues
Le potentiel est élevé mais diffus et les techno-
logies ne sont pas aussi matures que l?éolien.
Comme la gestion de l?hydrogène ne sera proba-
blement pas au point en 2020, les systèmes très
au large ne sont pas développés. En revanche,
en raison d?un plus fort potentiel pour les vagues
que l?éolien (30 MW/km2 en vague et 10 MW/km2
en éolien), plusieurs sites industriels seront
aménagés sur la façade atlantique ainsi que dans
les DOM-POM.
22
Estimation pour l?énergie des vagues :
200 MW de puissance installée et environ 0,8 TWh de produc-
tion d?énergie.
Soit par exemple : 20 sites de 10 machines à 1 MW unitaire
pour 4000 h de fonctionnement/an (50 % dans les DOM-
POM).
Biomasse
Le potentiel de la biomasse marine à des fins éner-
gétiques est considérable alors qu?il commence
à peine à être exploré. La France a de nombreux atouts
dans ce domaine, même si elle part tardivement.
La variété des espèces utilisables à toutes les latitudes
fera que des développements industriels apparaîtront
en métropole comme dans plusieurs régions tropica-
les françaises dont la Guyane. Les systèmes intensifs
seront privilégiés dans cette première vague de réa-
lisation pour mieux maîtriser les coûts comme les
critiques. De fait, la pression croîtra sur l?utilisation
des terres à des fins de production alimentaire pour
des raisons de démographie en hausse, de sécurité
alimentaire et de changements climatiques.
Estimation pour la biomasse
Un site développé d?abord comme démonstrateur puis
comme pilote industriel, puis comme usine soit par exemple
2 000 ha à 30 t. d?huile /ha, soit 25 tep/ha, soit environ
0,05 Mtep /an.
Pression osmotique
Les contraintes technologiques et celles de l?en-
vironnement, notamment les besoins en espace
et en eau douce, ne permettront pas l?émergence
de prototype à l?échelle industrielle.
Hybride
L?hybridation des technologies est relativement
facile à mettre en oeuvre dans deux cas : éoliennes
flottantes/ dispositif houlomoteur sur le même
périmètre et énergie thermique des mers/biomasse
grâce aux minéraux remontés des eaux profondes
(sans compter les applications intéressantes
en aquaculture). Les estimations de puissance ont
déjà été comptabilisées séparément.
Présentation synthétique et chiffrée du scénario
normatif
Le tableau 7 résume les apports respectifs
des technologies dans le scénario normatif. On
note le poids de l?éolien, ce qui est normal en raison
de la maturité de la technologie et du temps à courir.
On observe donc que par rapport aux objectifs
européens pour la France, repris dans le cadre
du Grenelle de l?environnement (soit + 20 Mtep
d?énergies renouvelables à l?horizon 2020) l?apport
des énergies marines dans le scénario normatif,
éolien marin compris, serait de l?ordre de 1,5
Mtep, soit 7,7 %, ce qui est significatif par rapport
aux autres filières renouvelables. Un tel scénario
indique bien les efforts qu?il conviendrait de pro-
duire pour atteindre cet objectif.
Tableau 7 : Puissance et production des technologies selon le scénario normatif
Type d?énergie
renouvelable marine
Puissance
installée (MW)
Heures de
fonctionnement
par an
Énergie électrique
(TWh/an)
Énergie
(Mtep/an)
% - Réf
Objectif 2020
20 Mtep/an
Éolien offshore
ETM elec
ETM froid - économisé
Marémoteur
Hydrolien
Vagues
Biomasse
4000 3000 12 1,03 5,2 %
200 7000 1,4 0,12 0,6 %
55 7000 0,4 0,03 0,2 %
400 3500 1,4 0,12 0,6 %
500 2500 1,25 0,11 0,5 %
200 4000 0,8 0,07 0,3 %
- - - 0,05 0,3 %
Total
Total hors éolien
17,2 TWh/an
5,2 TWh/an
1,5 Mtep/an
0,5 Mtep/an
7,7 %
2,5 %
Conversion : 1 TWh = 0,086 Mtep
23
Graphe 1 : répartition de la production énergétique des technologies
suivant les scénarios (4 scénarios contrastés à 2030
1 scénario normatif à 2020 suivant engagement UE)
visualisation avec éolien marin
Graphe 2 : répartition de la production énergétique des technologies
suivant les scénarios (4 scénarios contrastés à 2030
1 scénario normatif à 2020 suivant engagement UE)
visualisation sans éolien marin ni biomasse
P
ro
du
ct
io
n
én
er
gé
tiq
ue
(M
te
p/
an
)
P
ro
du
ct
io
n
én
er
gé
tiq
ue
(M
te
p/
an
)
0,00
0,10
0,20
0,30
0,40
0,50
0,60
24
La mise en perspective de ce scénario normatif
avec les quatre scénarios possibles apparaît à l?an-
nexe 7. Selon ce scénario normatif, si l?on raisonne
en part de la consommation électrique française
à l?horizon 2020 (soit 530 TWh estimés ? cf. tableau 5),
les EnRM apporteraient 17,2 TWh soit 3,2 % du total,
ce qui serait loin d?être négligeable.
Compte tenu du progrès des technologies, y
compris les sauts comme la maîtrise du stockage
de l?hydrogène, en parallèle à une amélioration
des rendements énergétiques et des économies
d?énergie notamment dans les villes, on peut rai-
sonnablement tabler sur un accroissement plus
rapide de cette fraction des énergies renouvelables
marines entre 2020 et 2030 qui pourrait alors peser
4 à 5 % de la consommation électrique française,
voire plus selon le contexte mondial.
Si ce scénario normatif est considéré comme sou-
haitable en raison de ses résultats, il est justifié
d?essayer de voir quelles décisions et actions
concrètes doivent être mises en place pour dérouler
ce scénario. Bien sûr, cette dynamique doit rester
évolutive en fonction des résultats de pilotes
industriels ailleurs dans le monde (hydrolien
en Grande Bretagne, houlomoteur en Grande Bretagne
et au Portugal, biomasse à Hawaï, etc.) ce qui
renforce l?importance de la veille technologique.
Cette dynamique ne sera efficace et durable que
si tous les acteurs sont organisés et complémentaires.
Ils peuvent l?être à quatre niveaux : l?État en France,
les régions maritimes (notamment outre-mer),
les entreprises et enfin l?Union européenne.
Au niveau de l?État en France
L?État s?est engagé à tenir ses obligations en termes
d?énergies renouvelables. Il en va de la crédibilité
de la France vis à vis de l?UE comme des autres pays
signataires de la convention sur le changement cli-
matique et de son protocole de Kyoto. Le groupe
de travail ayant réalisé cette étude, et élaboré
ce scénario normatif, suggère que l?État exerce
un rôle de soutien, d?information et de suivi
et propose les pistes de réflexion suivantes :
Un rôle de soutien :
Soutien à la recherche publique en renforçant
les laboratoires spécialisés dans les instituts
de recherche français et les universités et en
favorisant leur synergie, soutien via les appels
d?offres de l?ANR, l?action auprès de Bruxelles
pour stimuler ce secteur, la future agence
d?orientation de la recherche et soutien
à la recherche privée (renforcement du crédit
impôt recherche CIR), l?attribution de bourses
de recherche favorisant les partenariats avec
les entreprises innovantes (type CIFRE).
Soutien aux « démonstrateurs » pour faciliter
le passage des études au test en vraie grandeur.
Appui aux pôles de compétitivité s?engageant dans
ce secteur comme les Pôles Mer Bretagne et PACA,
les différents Pôles ayant vocation « énergies » en
métropole : Tenerrdis, Capénergies, Derbi? ainsi
que Synergile en Guadeloupe et d?autres en créa-
tion ou envisagés dans les DOM-POM.
Soutien au prix du rachat du KWh pour qu?il favo-
rise la prise de risque des investisseurs.
Un rôle d?information :
Veille technologique (et stimulation des partena-
riats scientifiques) avec la mobilisation des ser-
vices de veille technologique dans les ambassa-
des des pays les plus avancés (UE, USA, Japon,
Australie) et la centralisation des informations
et leur synthèse régulière. Dans cette optique,
le montage de partenariats scientifiques est
à stimuler à l?Ifremer.
Appui méthodologique aux études d?impact
avec l?élaboration d?un guide pour les études
d?impact environnementales.
Information des décideurs des zones littora-
les et communication à tous les niveaux.
Un rôle de suivi :
Un rôle de suivi, d?encadrement, d?adaptation
des procédures aux spécificités des énergies
renouvelables marines en vue également de la
définition de zones favorables au développement
des énergies marines.
Au niveau des régions maritimes notamment
outremer
Les régions jouent déjà un rôle majeur dans l?amé-
nagement du territoire, rôle susceptible de croître
à l?avenir car les régions sont l?échelle pertinente
de ce type de réalisation. Leur implication en amont
dès l?origine des projets dans la sélection des zones
favorables et la valorisation locale des projets
apparaît comme un facteur du développement
et comme un élément facilitateur de leur accepta-
tion sociale.
Au niveau des entreprises
Il ne s?agit pas d?intervenir dans les stratégies
des acteurs industriels mais de faciliter l?émergence
de partenariats complémentaires et stables. Une fois
atteinte la taille critique, ces consortiums doivent
mobiliser les multiples moyens leur permettant de
passer du stade du pilote au stade industriel.
25
Il faut attendre des entreprises, notamment les
grandes entreprises du secteur de l?énergie,
qu?elles prennent leur part de risque dans le
montage de projets pour lancer la filière. Les
plus petites entreprises peuvent également
jouer un rôle d?innovation en étant à l?origine de
nouveaux concepts repris ultérieurement dans
des partenariats industriels. D?autres entreprises
intermédiaires, de sous-traitance pour les
études d?impact par exemple, peuvent également
contribuer à l?amélioration des connaissances dans
ce domaine en relation avec des organismes de
recherche (sur financement ANR par exemple).
Au niveau de l?Union européenne
La France doit se mobiliser pour que les énergies
renouvelables marines bénéficient d?un soutien
spécifique dans les divers programmes euro-
péens en mobilisant notamment la recherche
sur les aspects d?impacts sur l?environnement,
insuffisamment étudiés à ce jour. Par ailleurs
le renforcement de la coopération entre l?Europe
et la Méditerranée devrait conduire à des actions
spécifiques en matière d?énergie renouvelables
marines (éolien, biomasse?).
10// CONCLUSION
Cet effort collectif d?une année a permis de réduire
le champ des incertitudes et de montrer l?important
potentiel français dans ce domaine tant au plan
des ressources naturelles qu?au plan des moyens in-
tellectuels, scientifiques et industriels mobilisables.
L?analyse des scénarios souligne l?importance
du contexte international pour la définition des stra-
tégies nationales et, par ailleurs, au plan national,
l?importance du rôle de l?État dans le développement
des énergies renouvelables marines. Ce rôle pourrait
s?entendre comme coordinateur des compétences
et des moyens ou encore comme soutien d?initiatives
ciblées.
La dynamique des entreprises engagées dans
ce domaine doit s?articuler d?une part avec la recher-
che universitaire et les instituts spécialisés et d?autre
part avec la volonté de contribuer à l?émergence
de partenariats avec d?autres entreprises.
Il importe pour tous les acteurs, institutionnels
ou non, d?adopter une vision commune de long
terme afin de pouvoir intégrer des changements
fondamentaux du contexte énergétique internatio-
nal (cours du pétrole, climat, opinion publique?),
des percées technologiques (stockage/transport
de l?hydrogène, sélection de souches performan-
tes d?algues?) et des impacts sur l?environnement
marin et les usages côtiers liés à l?installation
de nouveaux aménagements.
Dans cette perspective, il est légitime de conclure
à l?importance du renforcement des travaux
de recherche et développement en matière
d?énergies renouvelables marines dans plusieurs
disciplines scientifiques et d?ingénierie, en conser-
vant le rôle de coordinateur de long terme à l?État
et en définissant les moyens de soutien des opé-
rateurs désireux de s?engager, seuls ou collective-
ment : entreprises, agences de moyens, agences
de financement, régions, Union européenne.
Par ailleurs, dans le cadre du Grenelle de l?Environne-
ment, l?État met en place un fonds de soutien pour des
démonstrateurs en matière de nouvelles technologies
de l?énergie. Les énergies renouvelables marines
devraient y avoir accès à travers un appel à projets.
Enfin, si de nouvelles plates-formes technologiques
devaient être envisagées, les énergies renouvela-
bles marines devraient en bénéficier. Cela permet-
trait, Ã travers la mise en place de collaborations,
de favoriser le développement de sites d?essais et
de démonstrations en mer.
Dans ces conditions, les énergies renouvelables
marines peuvent contribuer de manière significative Ã
tenir les objectifs de l?UE en 2020 en matière d?énergie
renouvelable tout en développant des technologies Ã
fort potentiel d?exportation, notamment sur la ceinture
tropicale. Enfin, les tendances lourdes discernables
aujourd?hui en terme de conséquences du change-
ment climatique d?une façon générale mais particu-
lièrement sur le domaine marin (vents, vagues, cou-
rants, efflorescences algales, température?) justifient
de plus en plus le recours à ces formes d?énergie.
En conséquence, il est d?autant plus stratégique
de s?approprier rapidement ces technologies
qu?il est encore temps d?en faire des atouts com-
pétitifs de long terme.
26
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
International Energy Agency, 2007. World Energy Outlook,
China and India Insights, Résumé, 18 p.
Commission of the European Communities, 2007. Energy
Policy and Maritime Policy: Ensuring a better fit, 21 p.
European Commission, 2006. World Energy Technology
Outlook ? WETO H2. EUR 22038, 168 p.
Centre d?analyse stratégique, Syrota J. (Président Com-
mission « Énergie »), 2007. « Perspectives énergétiques
de la France à l?horizon 2020-2050 ». Rapport de synthèse
commission « Énergie », 16 p.
Grenelle de l?environnement, 2008. « Lutter contre les
changements climatiques et maîtriser l?énergie ». Rapport
de synthèse du groupe 1, 108 p.
Association négaWatt, 2005. « Scénario négaWatt 2006 pour
un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable ».
Document de synthèse, 15 p.
La prospective française énergétique à l?horizon 2030 ? 2050
? Direction Générale de l?Énergie et des Matières Premières
? MEDAD 2007.
Adam Westwood, may 2005, Marine renewable Energy Report
? Global markets, forecasts and analysis 2005-2009.
Review and analysis of ocean energy systems ? Development
and supporting policies. International Energy Agency?s
implementing agreement on Ocean Energy Systems ?
june 2006.
IEA Ocean Energy Systems Implementing Agreement ?
5 year Strategic Plan 2007 ? 2011. 14 november 2006.
NOTES
1 - Un glossaire relatif à cette méthode des scénarios apparaît
en annexe 3.
2 - En fonction des durées annuelles de fonctionnement
considérées.
3 - Estuaires avec un marnage supérieur à 5 m.
4 - La demande annuelle mondiale en électricité est de 14 000
TWh/an.
5 - À noter que la Nouvelle Calédonie dispose d?un statut
spécifique et que la Polynésie Française est qualifiée de « pays
d?outre-mer ».
6 - La variété signifie ici aussi bien la coexistence de différentes
technologies utilisant la même ressource ? l?éolien flottant
en complément de l?éolien offshore classique ? que des
technologies utilisant des ressources différentes.
7 - http://www.hornsrev.dk/Engelsk/default_ie.htm
8 - http://www.nystedhavmoellepark.dk/frames.asp
9 - Un ouvrage synthétique reprenant les résultats des études
menées est disponible en ligne sur le site de l?Autorité danoise
de l?énergie. http://www.ens.dk/graphics/Publikationer/
Havvindmoeller/havvindmoellebog_nov_2006_skrm.pdf
10 - International Advisory Panel of Experts on Marine Ecology.
11 - Le site Internet du COWRIE est très complet, régulièrement
mis à jour, il comporte tous les rapports des études financées
par l?organisme : http://www.offshorewindfarms.co.uk/
12 - http://www.cefas.co.uk/
13 - Dans l?industrie, l?hydrogène est aujourd?hui produit surtout
pour la chimie, essentiellement, Ã partir de gaz naturel fossile
donc avec émissions de gaz à effet de serre.
14 - Les travaux récents du Centre d?Analyse Stratégique (CAS)
parus en 2007 ne sont pas utilisés ici en référence pour trois
raisons :
Les résultats du scénario tendanciel en termes de
consommation électrique sont peu différents de ceux
de l?étude DGEMP 2004 : les hypothèses optimistes de
croissance économique et de prix des énergies fossiles de
l?étude 2004 sont compensés dans l?étude 2007 par une
croissance démographique plus importante.
Les résultats de consommation électrique des scénarios
« volontaristes » sont intermédiaires entre le scénario
tendanciel 2004 et les deux scénarios « facteur 4 » retenus.
Les scénarios « volontaristes » de l?étude 2007 ne se
positionnent pas sur une trajectoire de « facteur 4 » mais
de division par deux des émissions de gaz à effet de serre
en France à l?horizon 2050. L?objectif européen de 20 %
d?énergies renouvelables finales à l?horizon 2020 n?est
atteint dans aucun des scénarios « volontaristes » ce qui est
en contradiction avec les hypothèses de construction de trois
des scénarios de ce rapport sur les énergies marines.
15 - DGEMP : Direction Générale de l?Énergie et des Matières
Premières. www.industrie.gouv.fr/energie/prospect/textes/
prosp-jr-2030-2050.htm
16 - www.negawatt.org/telechargement/Scenario%20nW2006%
20Synthese%20v1.0.2.pdf
17 - Première génération fabriquée à partir de « graines » (blé,
colza, betterave ?) ; seconde génération fabriquée à partir
de cellulose (pailles, bois).
18 - Marine Renewable Energy Report ? Global markets, forecast
and analysis 2005-2009 ? Douglas-Westwood 2005
27
ANNExE 1 : LISTE DES MEMBRES DU COMITÉ
DE PILOTAGE
Nom Fonction Organismes
Jean-Yves PERROT Président-Directeur Général Ifremer
Maurice HERAL Directeur de la Prospective et de la stratégie scientifique Ifremer
Jean-Luc DEVENON Conseiller Scientifique et Technologique Ifremer
Michel PAILLARD Chef de projet Énergies renouvelables marines Ifremer
Antoine PRESTAT Directeur adjoint à la valorisation Ifremer
Denis LACROIX Animateur de la Cellule Prospective Ifremer / Agropolis
Experts extérieurs
Cyrille ABONNEL Chef du projet « Énergies marines » à EDF / R&D EDF
Jean-Luc ACHARD Directeur de recherche, responsable du Projet Harvest
CNRS
LEGI Laboratoire des Ecoulements
Géophysiques et Industriels
Jean-Louis BAL Directeur des Énergies Renouvelables ADEME Agence de l?Environnement
et de la Maîtrise de l?Énergie
Marc BOEUF Responsable R&D et responsable naval Pôle Mer DCNS
Philippe BREANT Directeur du département eau potable et membranes VEOLIA Environnement R&D
Matthieu CHABANEL Adjoint au sous-directeur
Ministère de l?Écologie, de l?Éner-
gie, du Développement durable et
de l?Aménagement du territoire
(MEEDDAT)- Direction
des Transports Maritimes,
Routiers et Fluviaux
Rep. par
Katrin MOOSBRUGGER Chef du bureau littoral & environnement (PVL3)
Pierre CHAUCHOT Président du Club pour les Actions de Recherche sur les
Ouvrages en Mer
Centre IFREMER
de Brest - DCB/ERT
Martine CHOQUERT Chargée de mission
MEEDDAT -
Direction Générale de l?Énergie
et des Matières Premières
(DGEMP)
Alain CLEMENT Directeur du laboratoire de mécanique des fluides.
Responsable du Projet SEAREV
École Centrale de Nantes ? Labo-
ratoire de Mécanique des Fluides
(LMF)
Bernard COMMERE Chargé de mission
Ministère de l?Enseignement Su-
périeur et de la Recherche ? DGRI
Département A4 - Biotechnologies,
Ressources, Agronomie
Pascale DELECLUSE Directeur Adjoint de la Recherche METEO-France - CNRM
Expertise en animation et méthodologie en Prospective
Hugues de JOUVENEL Directeur général de Futuribles Futuribles
Véronique LAMBLIN Directrice d?Études de Prospective et de Stratégie Futuribles
28
Nom Fonction Organismes
Anna GIGANTINO Responsable de projets en Sciences et Technologies
Commission Européenne / DG Re-
cherche. Unité 3 : Sources d?énergies
nouvelles et renouvelables
Frédéric JOUVE Directeur Délégué aux Énergies renouvelables et à l?En-
vironnement
EDF / R&D - Direction de la
Recherche et du Développement
Éric LEMAITRE Chargé de mission Ministère de l?Enseignement
Supérieur et de la Recherche DGRI
Gilbert LE LANN Chargé de mission Secrétariat Général de la Mer
Philippe MAZENC Chef du bureau Activités littorales et maritimes
MEEDDAT - Direction des Affaires
maritimesrep.par
Sophie-Dorothée DURON Chef du pôle Environnement maritime
Antoine-Tristan
MOCILNIKAR Responsable Environnement et Développement durable Mission Union pour la Méditerranée
Sylvain DE MULLENHEIM Directeur des affaires publiques
DCNS
rep. par
Frédéric LE LIDEC Directeur du développement Mer
Christian NGO
Délégué général de l?association ECRIN
Directeur scientifique au cabinet du Haut Commissaire
à l?énergie atomique
ECRIN - CEA
Cyril POUVESLE Chargé de mission au bureau de l?Énergie,
de l?Agriculture et de l?Industrie
MEEDDAT - Direction des Études
Économiques et de l?Évaluation
Environnementale ( D4E)
Jacques RUER Directeur Adjoint Innovation et technologies émergentes ;
Développement des technologies
SAIPEM SA - Direction du Dévelop-
pement des Technologies
Philippe SERGENT Directeur Scientifique CETMEF Centre d?Etudes techni-
ques maritimes et fluviales
Hélène THIENARD Chargée de mission à l?Observatoire de l?Energie
MEEDDAT - Direction Générale de
l?Énergie et des Matières Premières
(DDGEMP)
Pierre-Armand THOMAS Directeur du Développement des nouvelles Technologies
Offshore
TECHNIP
rep.par
Nicolas TCHERNIGUIN
Adjoint au Directeur du Développement des nouvelles
Technologies Offshore
Stéphane THOMAS Responsable du pôle Énergies décentralisées
et Énergies renouvelables
VEOLIA Environnement R&D
Énergie
Didier VERGEZ Responsable Affaires nouvelles et Participations
TOTAL Direction Gaz
et Énergies nouvellesrep par.
Thomas RENAUT Responsable Énergies marines
29
Nom Fonction Organisme
Cyrille ABONNEL Chef de projet « Énergies marines » EDF- Direction de la R & D
Marc BOEUF Responsable de la R&D DCNS / Brest
Jean-Paul CADORET Responsable du laboratoire Physiologie
et biotechnologie des algues Ifremer
Bertrand CHAPRON Directeur du laboratoire Océanographie spatiale Ifremer
Jérôme CLAUZURE Chargé d?études MEEDDAT ? DTMRF / PVL3
Marie-Cécile DEGRYSE Chargée de mission au bureau de l?Énergie,
de l?Agriculture et de l?Industrie MEEDDAT - D4E
Jean-Luc DEVENON Conseiller scientifique et technologique Ifremer
Luc DREVES Directeur du département Environnement littoral
et ressources aquacoles Ifremer
Sophie-Dorothée DURON Chef du pôle environnement maritime MEEDDAT ? DAM
Régis KALAYDJIAN Chercheur en économie maritime Ifremer
Denis LACROIX Coordinateur de la Cellule Prospective
Co-animateur du groupe de travail Ifremer / Agropolis
Véronique LAMBLIN Directrice d?Études de Prospective et de Stratégie
Co-animatrice du groupe de travail Futuribles
Jean MARVALDI Ingénieur au département TSI Ifremer
Antoine-Tristan
MOCILNIKAR Responsable Environnement et Développement durable Mission Union
pour la Méditerrannée
Michel PAILLARD Chef de projet Énergies renouvelables marines
Co-animateur du groupe de travail Ifremer
Cyril POUVESLE Chargé de mission au bureau de l?Énergie,
de l?Agriculture et de l?Industrie MEEDDAT - D4E
Jacques RUER Directeur Adjoint Innovation et Technologies énergentes ;
Développement des technologies
SAIPEM SA - Direction du Dévelop-
pement des Technologies
Nils SIEBERT Chargé de mission au département
des Énergies Renouvelables ADEME
Nicolas TCHERNIGUIN Adjoint au Directeur du Développement des Nouvelles
Technologies Offshore
TECHNIP Nouvelles Technologies
Offshore
Stéphane THOMAS Responsable du pôle Énergies décentralisées
et Énergies renouvelables VEOLIA Environnement R&D Energie
Patrick VINCENT Directeur des Programmes et de la Coordination des Projets Ifremer
ANNExE 2 : LISTE DES MEMBRES
DU GROUPE DE TRAVAIL
Variable : facteur, paramètre ou déterminant qui influe sur
le système et dont la connaissance peut contribuer à en comprendre
l?état, à en appréhender, voire à en maîtriser l?évolution. Élément
du système qui exerce ou est susceptible d?exercer une influence sur
le problème étudié. Souvent une variable dans un système prospectif
est un mélange de facteur et d?acteur (un facteur évolue le plus
souvent sous l?influence d?un acteur ou de plusieurs acteurs).
Variable-Clé : les variables les plus influentes sur le système consi-
déré (les plus dépendantes sont écartées).
Hypothèse : évolution possible d?une variable à un horizon donné.
Composante : ensemble de variables liées autour d?une même
thématique ou d?un même groupe d?acteurs.
Scénario : la description du système à un horizon donné et du che-
minement conduisant à son état final.
Micro-scénarios : scénarios partiels relatifs à une composante
du système.
Macro-scénarios : ou scénarios globaux relatifs à l?ensemble
du système.
Enjeu : Problématique identifiée qui porte en elle un potentiel
de changements, positifs (opportunités) ou négatifs (menaces)
et qu?il est nécessaire de prendre en compte pour construire une
prospective et déterminer une stratégie. L?enjeu est ce qui, sur le
terrain ou le champ de bataille, peut être perdu ou gagné. Un des rôles
de la prospective consiste à identifier des enjeux futurs, imaginables,
et, surtout de long terme.
ANNExE 3 : GLOSSAIRE RELATIF
À LA MÉTHODE DES SCÉNARIOS
30
ANNExE 4 : LISTE DES 30 VARIABLES
REGROUPÉES PAR COMPOSANTES
ET AUTEURS CORRESPONDANTS
CADRAGE MONDE
1. Géoéconomie mondiale Futuribles
2. Gouvernance climatique MEEDDAT
3. Demande énergétique dont Europe par région Futuribles
4. Demande eau douce par région Futuribles
5. Sécurité et prix des énergies fossiles Technip
CADRAGE EUROPE et FRANCE
6. Stratégie politique/indépendance énergétique : objectifs (EnR, CO2) DIDD
7. Spécificités des îles (dont RUP et COM) Ifremer + Collectif
8. Respect/contrôle, outils afférents (incitations, taxes CO2) MEEDDAT
9. Outils de régulation pour les biocarburants MEEDDAT
10. Budget recherche énergie et arbitrage par source d?énergie Futuribles
11. Structuration et gestion du réseau électrique (pour EnR) ADEME
12. Technologies de stockage et de transport énergétique (dont hydrogène) SAIPEM
13. Évolution des moyens de production centralisés EDF R&D
ZONES D?EXPLOITATION
14. Répartition démographique Monde dont littoral UE Futuribles + Ifremer
15. Planification régionale des zones marines (EnRM) ADEME
16. Acceptabilité sociale ; Formation/éducation (écologie et environnement) Ifremer
17. Évolution des usages en mer et conflits (transport, pêche, etc) MEEDDAT
18. Adaptation de la réglementation (Zones réglementées, procédures) MEEDDAT
19. Impacts des EnRM (hors marémoteur) Ifremer
ÉNERGIES RENOUVELABLES MARINES
20. Courants EDF R&D
21. Marée EDF R&D
22. Vagues ECN + Ifremer
23. Biomasse Ifremer
24. Éolien offshore SAIPEM
25. Thermique Ifremer
26. Pression osmotique Veolia
27. Solutions technologiques hybrides (hybridation des usages) Collectif
R &D ÉNERGIES RENOUVELABLES MARINES
28. Potentiel de nouveaux gisements de ressources marines Ifremer + Collectif
29. Connaissance du milieu et des impacts Ifremer + Collectif
30. Jeu des acteurs EnRM public ?privé (dont formation R&D) DCNS + Ifremer
31
Technologies Hypothèse 1 (H1) Hypothèse 2 (H2) Hypothèse 3 (H3) Hypothèse 4 (H4)
V20 Courants (Hydro-
lien)
Électricité
Technologie bridée
par les problèmes
(coûts) de mainte-
nance : restriction
aux hydroliennes en
surface (partie de
la structure porteuse
aérienne)
Hydroliennes
sous-marines
(Exploitation des
courants de marée
uniquement ; pas
de conflit d?usage
en surface)
Exploitation avec hy-
droliennes en grande
profondeur : machi-
nes plus puissantes
et exploitation des
courants océaniques
V21 Marée
Électricité
Sites naturellement
favorables (faible
profondeur et mar-
nage fort) exploita-
tion à visée
uniquement électrique
Sites développés en
marémoteur et autre
usage (aquaculture)
Pas de développe-
ment
V22 Vagues
Électricité
Eau
Exploitation en faible
profondeur proche
de la côte (y compris
orientation de brise
lames pour plus de
régularité)
Exploitation au large,
50-100 m d?eau (+ de
ressources) si coûts
acceptables
Exploitation limitée
aux sites isolés
V23 Biomasse
Tout
Fabrication extensive
sur foncier maritime
aménagé
Développement
à l?étranger
(importé en France)
Application limitée
à des produits high
tech
Systèmes High Tech,
Fabrication intensive
à terre, OGM Multi-
applications
V24 Éolien offshore
Électricité
Simple adaptation
des éoliennes ter-
restres à l?off-
shore avec baisse
des coûts.Dévelop-
pement limité
Développement
d?éoliennes spécifi-
quement offshore
(encore ? chères +
maintenance)
Développement
d?éoliennes flottan-
tes et accès
à davantage
de ressources
V25 Thermique
Électricité
Eau
Froid
Applications froid-
climatisation (+
pompes à chaleur)
Usages électricité-
eau pour sites isolés
tropicaux
Applications froid-
climatisation (+
pompes à chaleur)
Usages électri-
cité-eau dans zones
tropicales
H2 + valorisation
biologique et des
minéraux des eaux
profondes
V26 Pression osmotique
Eau
Électricité
Mise au point de
membranes écono-
miques. Microcen-
trales
Pas de compétitivité Rupture technologi-
que (nano-bio tech-
nologie de pompe Ã
sel ; électro osmose)
V27 Solutions
technologiques
hybrides
Développement
indépendant. Pas de
synergies sauf ni-
ches très favorables
Développement
opportuniste (sites
multi ? usages)
Développement
volontariste
ANNExE 5 : HyPOTHèSES SUR LES NIVEAUx
DE DÉVELOPPEMENT PAR TyPE
D?ÉNERGIE RENOUVELABLE MARINE
32
ANNExE 6 : LES QUATRE SCÉNARIOS POSSIBLES
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel C4 Zonage négocié
E -R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques
et partenariats multiples
Combinaison : A3, B3, C4, E2 (en jaune).
Déterminant : marché.
Traduction sur les technologies : investissement
essentiellement dans les technologies éprouvées.
Contexte : crise énergétique et compétition économique.
Enjeu énergie : partenariats technologiques et compétition sur
ce marché.
Soutien politique : que le meilleur gagne ! Investissement de
clusters d?opérateurs privés Marketing du démonstrateur.
Développement conflictuel : parcs dédiés sites multi-usages.
Recherche : développement et études d?impacts.
Impacts technologies : technologies éprouvées.
Courants (H1 ou pas de développement) : restriction aux hydro-
liennes de surface ou pas de développement.
Marée (H2) : sites développés et autre usage (aquaculture).
Vagues (H1 ou pas de développement) : proche de la côte (40 m
d?eau) ou pas de développement.
Biomasse (H1 + H2) : extensive sur foncier aménagé + dévelop-
pement à l?étranger.
Éolien (H1) : adaptation des éoliennes terrestres.
Thermique (H2) : climatisation pour le Nord et froid - électricité
- eau pour sites isolés et zones tropicales.
Osmotique (H2) : pas de développement.
Hybrides (H2) : développement sites multi-usages, surtout : marée
moteur, éolien, biomasse et source froide pour thermique.
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel C4 Zonage négocié
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technos et parte-
nariats multiples
Combinaison : A1, B2, C1, E3 (en jaune).
Déterminants : Politique mondiale pour durabilité.
Traduction technologies : Volontarisme et efficacité.
Contexte : collaboration mondiale et Kyoto II
Enjeu énergie : investissement public et privé
Soutien public : recherche et technologies les moins matures
Efficacité : stockage de l?énergie intermittente, H2
+ hybridation des technologies. Acceptabilité bien concertée
(mais peu nécessaire in fine)
Recherche : nouveaux concept et hybridation. Impacts environ-
nementaux. Prise de risque technologique
Impacts sur les technologies : développement efficace et
maximaliste des EnRM.
Courants (H3) : hydroliennes de grande profondeur (y.c. courants
océaniques). Fort développement.
Marée (H2) : sites développés marémoteur + autre usage, aqua-
culture). Développement moyen : plus de puissance sur barrages
existants + lagon artificiel.
Vagues (H2 + H3) : exploitation loin des côtes (? 50 m d?eau) +
sites isolés. Fort développement et grande profondeur.
Biomasse (H4) : fabrication intensive à terre + OGM et multi-
produits. Fort développement.
Éolien (H3) : éoliennes flottantes.Fort développement
Thermique (H3) : climatisation au nord, froid ? électricité - eau
sous les tropiques + valorisation biologique et des minéraux
des eaux profondes. Fort développement et synergie avec
aquaculture.
Osmotique (H1) : mise au point de membranes économiques ;
quelques micro-centrales.
Hybrides (H3) :
- développement volontariste Nord : éolien + vagues (+ solaire flot-
tant) + hydrolien courant quand ressource disponible.
- Développement indépendant : hydrolien marée (proche) ou
hybrides possibles.
- Marémoteur : lagon + aquaculture (poissons)
Tropiques : ETM + aquaculture (grâce à ETM) + vagues + solaire
flottant + éolien adapté aux cyclones.
SCÉNARIO 2 : COOPÉRATION VERTUEUSE PAR NÉCESSITÉ.
SCÉNARIO 1 : CRISE, URGENCE ÉNERGÉTIQUE.
Remarque : la notation (H1, h2?) par technologie fait référence au niveau de développement présenté
dans le tableau de l?annexe 5.
33
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités
A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée
C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel
C4 Zonage négocié
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques
et partenariats multiples
Combinaison : A4, B1, C4, E1 (en jaune)
Déterminant : Intérêt national et sécurité énergétique.
Traduction technologies : développement
minimaliste par technologie.
Contexte : peu de coopération mondiale
Enjeu énergie : montée des tensions et protectionnisme, sécu-
rité. Besoin en eau douce au nord.
Soutien public : sécurité mais à faible coût :
- pas de décentralisation des réseaux,
- fin des tarifs de rachat électrique après 2020.
Parcs dédiés mais développement indépendant des technolo-
gies.
Recherche : chacun sa technologie + études d?impact.
Impacts sur les technologies : développement minimaliste,
parcs dédiés par technologie
Courants (H2) : Hydroliennes sous-marines ; faible développement.
Marée (H1) : Sites naturellement favorable, visée électrique
uniquement.
Vagues (H1) faible développement Proche des côtes
Biomasse (H3) production limitée à des produits high tech.
Éolien (H1) : faible développement. Adaptation des éoliennes
terrestres.
Thermique (H1) faible développement : climatisation au Nord,
froid ? électricité - eau pour sites isolés sous les tropiques.
Osmotique (H2) : pas de développement.
Hybrides (H1) : développement indépendant par technologie.
SCÉNARIO 3 : PEU D?ÉVOLUTION, CHACUN POUR SOI.
Contexte : montée des tensions et protectionnisme, sécurité.
Besoin en eau douce au nord. Biocarburants rentables (arrêt
défiscalisation entre 2015 et 2020).
Soutien public : recherche et soutien décentralisé des techno-
logies (appel d?offre).
Décentralisation réseau et développement des technologies :
selon localisation.
Recherche : technologies (opportunités locales) et régulation
du réseau électrique. Prise de risque technologique pour dé-
monstrateurs en développement local.
Risque du scénario : acceptabilité sociale des expérimenta-
tions.
Impacts sur les technologies : marché de niches
(effet d?échelle seulement au niveau mondial).
Courants (H1) : faible développement ; niches hors France.
Marée (H3) : sites naturellement favorables, visée électrique
uniquement ; pas ou peu de développement.
Vagues (H1 + H3) : proche des côtes. Développement moyen Ã
faible.
Biomasse (H4) production limitée à des produits high tech
en intensif, Ã terre ; apparition d?OGM multi-applications.
Éolien (H2 régions cibles ; H1 ailleurs). développement moyen.
Éoliennes flottantes (Bretagne et Languedoc Roussillon) + éo-
liennes classiques ailleurs.
Thermique (H3) fort développement ; climatisation au Nord +
froid ? électricité - eau (tropiques), synergie avec aquaculture.
Osmotique (H1) : un projet pilote de microcentrale.
Hybrides (H1) : développement indépendant des technologies,
synergies à l?opportunité.
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités
A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée
C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel
C4 Acceptation progressive
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques et
partenariats multiples
Combinaison : A4 (ou A3), B4, C3, E2 (en jaune).
Déterminant : Développement local avec prise de risque.
Traduction technologies : très différencié selon
les régions côtières, marché de niches.
SCÉNARIO 4 : DÉVELOPPEMENT LOCAL AUTONOME.
34
ANNExE 7 : ÉVALUATION CHIFFRÉE
DES SCÉNARIOS POSSIBLES
ET DU SCÉNARIO NORMATIF
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35
Couverture
En fond : © Ifremer / G. Véron
Parc éolien offshore de Nysted (Danemark)
4e de couverture
Vignettes, de gauche à droite :
? Usine marémotrice de La Rance (France)
© EDF
? Maquette du Système Autonome Électrique
de Récupération de l?Énergie des Vagues (SEAREV)
© École Centrale de Nantes
? Mise à l?eau du prototype d?hydrolienne Sabella
dans l?estuaire finistérien de Bénodet (France)
© E. Donfut / Balao
? Hydrolienne Seagen installée à Strangford Narrows (Irlande du
Nord)
© Marine Current Turbines Ltd
Dans le cadre de son projet interne éco-responsable, l?Ifremer a confié l?impression de cette brochure
à l?imprimerie Caractère, entreprise certifiée ISO 14001. Ce document est imprimé avec des encres à bases d?huile
végétale sur du papier issu de forêts gérées durablement PEFC.
Crédits photos
Pages intérieures
Page 6 © Pelamis Wave Power Ltd
Le Pelamis, système de récupération de l?énergie
des vagues, en test à l?EMEC
(European Marine Energy Center) en Écosse
Page 7 © Marine Current Turbines Ltd
Installation de l?hydrolienne Seagen sur le site
de Strangford Narrows (Irlande du Nord) par
la barge-grue Rambiz
Page 8 © Pelamis Wave Power Ltd
? Le Pelamis, système de récupération de l?énergie
des vagues, en test à l?EMEC (European Marine
Energy Center) en Écosse
? Vue d?artiste d?un parc de Pelamis
Page 15 © Ifremer
Vue d?artiste d?un projet d?énergie thermique
des mers à Tahiti
Page 28 © E. Donfut / Balao
Mise à l?eau du prototype d?hydrolienne Sabella dans
l?estuaire finistérien de Bénodet (France)
Page 31 © EDF
Vitesse maximale du courant de marée en vive-eau moyenne
(données issues du modèle Télémac EDF/DRD)
Page 35 © EDF
Usine marémotrice de La Rance (France)
Ifremer
155, rue Jean-Jacques Rousseau
92138 Issy-les-Moulineaux Cedex
Tél : (33) 01 46 48 21 00
Fax : (33) 01 46 48 21 21
www.ifremer.fr
Bien que peu cité dans la liste des énergies renouvelables, l?océan
en est un immense réservoir : énergie des courants, des marées
et des vagues, énergie éolienne en mer, énergie thermique, pression osmotique,
biomasse marine? L?étendue de l?ensemble de ses façades maritimes permet
à la France de disposer d?un potentiel très important de développement
de ces énergies, notamment outre-mer. Elle a d?ailleurs été pionnière
en la matière en construisant dans les années 60 l?usine marémotrice
de La Rance, toujours en activité.
Conscient de ces enjeux, le Président de l?Ifremer a lancé en mars 2007 un travail
de réflexion prospective sur les énergies renouvelables marines à l?horizon 2030.
Appuyés par le bureau d?étude Futuribles, une vingtaine de partenaires français
représentant les principaux acteurs du secteur ont participé à ce travail :
ministères, industriels, instituts de recherche, agences spécialisées. L?objectif
était d?apporter des éléments de réponse aux trois questions suivantes :
? Quelles sont les technologies au service de la production d?énergie d?origine
marine ?
? Quelles sont les conditions socio-économiques pour assurer leur émergence
et leur compétitivité ?
? Quels sont les impacts respectifs de ces technologies sur les énergies
et sur l?environnement ?
Le travail conduit a permis de décrire un éventail de futurs possibles en mettant
en exergue les plus contrastés.
L?un des scénarios s?appuie sur l?objectif du Grenelle de l?Environnement
d?atteindre 20 % d?énergies renouvelables en 2020 dans la consommation
finale d?énergie, en indiquant ce que pourraient représenter, par filière, 7.7 %
d?énergies marines (5.2 % d?éolien offshore et 2.5 % d?autres énergies marines)
de cet objectif. Les efforts à mettre en place sont conséquents : renforcement
des compétences françaises dans le domaine par un soutien à la recherche,
meilleur soutien aux technologies en développement, mise en place de premiers
démonstrateurs en mer, etc. Dans ce marché tout juste émergent, il est encore
temps pour la France de s?approprier ces technologies et d?en faire des atouts
compétitifs de long terme.
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ANNExE 4 : LISTE DES 30 VARIABLES
REGROUPÉES PAR COMPOSANTES
ET AUTEURS CORRESPONDANTS
CADRAGE MONDE
1. Géoéconomie mondiale Futuribles
2. Gouvernance climatique MEEDDAT
3. Demande énergétique dont Europe par région Futuribles
4. Demande eau douce par région Futuribles
5. Sécurité et prix des énergies fossiles Technip
CADRAGE EUROPE et FRANCE
6. Stratégie politique/indépendance énergétique : objectifs (EnR, CO2) DIDD
7. Spécificités des îles (dont RUP et COM) Ifremer + Collectif
8. Respect/contrôle, outils afférents (incitations, taxes CO2) MEEDDAT
9. Outils de régulation pour les biocarburants MEEDDAT
10. Budget recherche énergie et arbitrage par source d?énergie Futuribles
11. Structuration et gestion du réseau électrique (pour EnR) ADEME
12. Technologies de stockage et de transport énergétique (dont hydrogène) SAIPEM
13. Évolution des moyens de production centralisés EDF R&D
ZONES D?EXPLOITATION
14. Répartition démographique Monde dont littoral UE Futuribles + Ifremer
15. Planification régionale des zones marines (EnRM) ADEME
16. Acceptabilité sociale ; Formation/éducation (écologie et environnement) Ifremer
17. Évolution des usages en mer et conflits (transport, pêche, etc) MEEDDAT
18. Adaptation de la réglementation (Zones réglementées, procédures) MEEDDAT
19. Impacts des EnRM (hors marémoteur) Ifremer
ÉNERGIES RENOUVELABLES MARINES
20. Courants EDF R&D
21. Marée EDF R&D
22. Vagues ECN + Ifremer
23. Biomasse Ifremer
24. Éolien offshore SAIPEM
25. Thermique Ifremer
26. Pression osmotique Veolia
27. Solutions technologiques hybrides (hybridation des usages) Collectif
R &D ÉNERGIES RENOUVELABLES MARINES
28. Potentiel de nouveaux gisements de ressources marines Ifremer + Collectif
29. Connaissance du milieu et des impacts Ifremer + Collectif
30. Jeu des acteurs EnRM public ?privé (dont formation R&D) DCNS + Ifremer
31
Technologies Hypothèse 1 (H1) Hypothèse 2 (H2) Hypothèse 3 (H3) Hypothèse 4 (H4)
V20 Courants (Hydro-
lien)
Électricité
Technologie bridée
par les problèmes
(coûts) de mainte-
nance : restriction
aux hydroliennes en
surface (partie de
la structure porteuse
aérienne)
Hydroliennes
sous-marines
(Exploitation des
courants de marée
uniquement ; pas
de conflit d?usage
en surface)
Exploitation avec hy-
droliennes en grande
profondeur : machi-
nes plus puissantes
et exploitation des
courants océaniques
V21 Marée
Électricité
Sites naturellement
favorables (faible
profondeur et mar-
nage fort) exploita-
tion à visée
uniquement électrique
Sites développés en
marémoteur et autre
usage (aquaculture)
Pas de développe-
ment
V22 Vagues
Électricité
Eau
Exploitation en faible
profondeur proche
de la côte (y compris
orientation de brise
lames pour plus de
régularité)
Exploitation au large,
50-100 m d?eau (+ de
ressources) si coûts
acceptables
Exploitation limitée
aux sites isolés
V23 Biomasse
Tout
Fabrication extensive
sur foncier maritime
aménagé
Développement
à l?étranger
(importé en France)
Application limitée
à des produits high
tech
Systèmes High Tech,
Fabrication intensive
à terre, OGM Multi-
applications
V24 Éolien offshore
Électricité
Simple adaptation
des éoliennes ter-
restres à l?off-
shore avec baisse
des coûts.Dévelop-
pement limité
Développement
d?éoliennes spécifi-
quement offshore
(encore ? chères +
maintenance)
Développement
d?éoliennes flottan-
tes et accès
à davantage
de ressources
V25 Thermique
Électricité
Eau
Froid
Applications froid-
climatisation (+
pompes à chaleur)
Usages électricité-
eau pour sites isolés
tropicaux
Applications froid-
climatisation (+
pompes à chaleur)
Usages électri-
cité-eau dans zones
tropicales
H2 + valorisation
biologique et des
minéraux des eaux
profondes
V26 Pression osmotique
Eau
Électricité
Mise au point de
membranes écono-
miques. Microcen-
trales
Pas de compétitivité Rupture technologi-
que (nano-bio tech-
nologie de pompe Ã
sel ; électro osmose)
V27 Solutions
technologiques
hybrides
Développement
indépendant. Pas de
synergies sauf ni-
ches très favorables
Développement
opportuniste (sites
multi ? usages)
Développement
volontariste
ANNExE 5 : HyPOTHèSES SUR LES NIVEAUx
DE DÉVELOPPEMENT PAR TyPE
D?ÉNERGIE RENOUVELABLE MARINE
32
ANNExE 6 : LES QUATRE SCÉNARIOS POSSIBLES
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel C4 Zonage négocié
E -R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques
et partenariats multiples
Combinaison : A3, B3, C4, E2 (en jaune).
Déterminant : marché.
Traduction sur les technologies : investissement
essentiellement dans les technologies éprouvées.
Contexte : crise énergétique et compétition économique.
Enjeu énergie : partenariats technologiques et compétition sur
ce marché.
Soutien politique : que le meilleur gagne ! Investissement de
clusters d?opérateurs privés Marketing du démonstrateur.
Développement conflictuel : parcs dédiés sites multi-usages.
Recherche : développement et études d?impacts.
Impacts technologies : technologies éprouvées.
Courants (H1 ou pas de développement) : restriction aux hydro-
liennes de surface ou pas de développement.
Marée (H2) : sites développés et autre usage (aquaculture).
Vagues (H1 ou pas de développement) : proche de la côte (40 m
d?eau) ou pas de développement.
Biomasse (H1 + H2) : extensive sur foncier aménagé + dévelop-
pement à l?étranger.
Éolien (H1) : adaptation des éoliennes terrestres.
Thermique (H2) : climatisation pour le Nord et froid - électricité
- eau pour sites isolés et zones tropicales.
Osmotique (H2) : pas de développement.
Hybrides (H2) : développement sites multi-usages, surtout : marée
moteur, éolien, biomasse et source froide pour thermique.
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel C4 Zonage négocié
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technos et parte-
nariats multiples
Combinaison : A1, B2, C1, E3 (en jaune).
Déterminants : Politique mondiale pour durabilité.
Traduction technologies : Volontarisme et efficacité.
Contexte : collaboration mondiale et Kyoto II
Enjeu énergie : investissement public et privé
Soutien public : recherche et technologies les moins matures
Efficacité : stockage de l?énergie intermittente, H2
+ hybridation des technologies. Acceptabilité bien concertée
(mais peu nécessaire in fine)
Recherche : nouveaux concept et hybridation. Impacts environ-
nementaux. Prise de risque technologique
Impacts sur les technologies : développement efficace et
maximaliste des EnRM.
Courants (H3) : hydroliennes de grande profondeur (y.c. courants
océaniques). Fort développement.
Marée (H2) : sites développés marémoteur + autre usage, aqua-
culture). Développement moyen : plus de puissance sur barrages
existants + lagon artificiel.
Vagues (H2 + H3) : exploitation loin des côtes (? 50 m d?eau) +
sites isolés. Fort développement et grande profondeur.
Biomasse (H4) : fabrication intensive à terre + OGM et multi-
produits. Fort développement.
Éolien (H3) : éoliennes flottantes.Fort développement
Thermique (H3) : climatisation au nord, froid ? électricité - eau
sous les tropiques + valorisation biologique et des minéraux
des eaux profondes. Fort développement et synergie avec
aquaculture.
Osmotique (H1) : mise au point de membranes économiques ;
quelques micro-centrales.
Hybrides (H3) :
- développement volontariste Nord : éolien + vagues (+ solaire flot-
tant) + hydrolien courant quand ressource disponible.
- Développement indépendant : hydrolien marée (proche) ou
hybrides possibles.
- Marémoteur : lagon + aquaculture (poissons)
Tropiques : ETM + aquaculture (grâce à ETM) + vagues + solaire
flottant + éolien adapté aux cyclones.
SCÉNARIO 2 : COOPÉRATION VERTUEUSE PAR NÉCESSITÉ.
SCÉNARIO 1 : CRISE, URGENCE ÉNERGÉTIQUE.
Remarque : la notation (H1, h2?) par technologie fait référence au niveau de développement présenté
dans le tableau de l?annexe 5.
33
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités
A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée
C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel
C4 Zonage négocié
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques
et partenariats multiples
Combinaison : A4, B1, C4, E1 (en jaune)
Déterminant : Intérêt national et sécurité énergétique.
Traduction technologies : développement
minimaliste par technologie.
Contexte : peu de coopération mondiale
Enjeu énergie : montée des tensions et protectionnisme, sécu-
rité. Besoin en eau douce au nord.
Soutien public : sécurité mais à faible coût :
- pas de décentralisation des réseaux,
- fin des tarifs de rachat électrique après 2020.
Parcs dédiés mais développement indépendant des technolo-
gies.
Recherche : chacun sa technologie + études d?impact.
Impacts sur les technologies : développement minimaliste,
parcs dédiés par technologie
Courants (H2) : Hydroliennes sous-marines ; faible développement.
Marée (H1) : Sites naturellement favorable, visée électrique
uniquement.
Vagues (H1) faible développement Proche des côtes
Biomasse (H3) production limitée à des produits high tech.
Éolien (H1) : faible développement. Adaptation des éoliennes
terrestres.
Thermique (H1) faible développement : climatisation au Nord,
froid ? électricité - eau pour sites isolés sous les tropiques.
Osmotique (H2) : pas de développement.
Hybrides (H1) : développement indépendant par technologie.
SCÉNARIO 3 : PEU D?ÉVOLUTION, CHACUN POUR SOI.
Contexte : montée des tensions et protectionnisme, sécurité.
Besoin en eau douce au nord. Biocarburants rentables (arrêt
défiscalisation entre 2015 et 2020).
Soutien public : recherche et soutien décentralisé des techno-
logies (appel d?offre).
Décentralisation réseau et développement des technologies :
selon localisation.
Recherche : technologies (opportunités locales) et régulation
du réseau électrique. Prise de risque technologique pour dé-
monstrateurs en développement local.
Risque du scénario : acceptabilité sociale des expérimenta-
tions.
Impacts sur les technologies : marché de niches
(effet d?échelle seulement au niveau mondial).
Courants (H1) : faible développement ; niches hors France.
Marée (H3) : sites naturellement favorables, visée électrique
uniquement ; pas ou peu de développement.
Vagues (H1 + H3) : proche des côtes. Développement moyen Ã
faible.
Biomasse (H4) production limitée à des produits high tech
en intensif, Ã terre ; apparition d?OGM multi-applications.
Éolien (H2 régions cibles ; H1 ailleurs). développement moyen.
Éoliennes flottantes (Bretagne et Languedoc Roussillon) + éo-
liennes classiques ailleurs.
Thermique (H3) fort développement ; climatisation au Nord +
froid ? électricité - eau (tropiques), synergie avec aquaculture.
Osmotique (H1) : un projet pilote de microcentrale.
Hybrides (H1) : développement indépendant des technologies,
synergies à l?opportunité.
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités
A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée
C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel
C4 Acceptation progressive
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques et
partenariats multiples
Combinaison : A4 (ou A3), B4, C3, E2 (en jaune).
Déterminant : Développement local avec prise de risque.
Traduction technologies : très différencié selon
les régions côtières, marché de niches.
SCÉNARIO 4 : DÉVELOPPEMENT LOCAL AUTONOME.
34
ANNExE 7 : ÉVALUATION CHIFFRÉE
DES SCÉNARIOS POSSIBLES
ET DU SCÉNARIO NORMATIF
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35
Couverture
En fond : © Ifremer / G. Véron
Parc éolien offshore de Nysted (Danemark)
4e de couverture
Vignettes, de gauche à droite :
? Usine marémotrice de La Rance (France)
© EDF
? Maquette du Système Autonome Électrique
de Récupération de l?Énergie des Vagues (SEAREV)
© École Centrale de Nantes
? Mise à l?eau du prototype d?hydrolienne Sabella
dans l?estuaire finistérien de Bénodet (France)
© E. Donfut / Balao
? Hydrolienne Seagen installée à Strangford Narrows (Irlande du
Nord)
© Marine Current Turbines Ltd
Dans le cadre de son projet interne éco-responsable, l?Ifremer a confié l?impression de cette brochure
à l?imprimerie Caractère, entreprise certifiée ISO 14001. Ce document est imprimé avec des encres à bases d?huile
végétale sur du papier issu de forêts gérées durablement PEFC.
Crédits photos
Pages intérieures
Page 6 © Pelamis Wave Power Ltd
Le Pelamis, système de récupération de l?énergie
des vagues, en test à l?EMEC
(European Marine Energy Center) en Écosse
Page 7 © Marine Current Turbines Ltd
Installation de l?hydrolienne Seagen sur le site
de Strangford Narrows (Irlande du Nord) par
la barge-grue Rambiz
Page 8 © Pelamis Wave Power Ltd
? Le Pelamis, système de récupération de l?énergie
des vagues, en test à l?EMEC (European Marine
Energy Center) en Écosse
? Vue d?artiste d?un parc de Pelamis
Page 15 © Ifremer
Vue d?artiste d?un projet d?énergie thermique
des mers à Tahiti
Page 28 © E. Donfut / Balao
Mise à l?eau du prototype d?hydrolienne Sabella dans
l?estuaire finistérien de Bénodet (France)
Page 31 © EDF
Vitesse maximale du courant de marée en vive-eau moyenne
(données issues du modèle Télémac EDF/DRD)
Page 35 © EDF
Usine marémotrice de La Rance (France)
Ifremer
155, rue Jean-Jacques Rousseau
92138 Issy-les-Moulineaux Cedex
Tél : (33) 01 46 48 21 00
Fax : (33) 01 46 48 21 21
www.ifremer.fr
Bien que peu cité dans la liste des énergies renouvelables, l?océan
en est un immense réservoir : énergie des courants, des marées
et des vagues, énergie éolienne en mer, énergie thermique, pression osmotique,
biomasse marine? L?étendue de l?ensemble de ses façades maritimes permet
à la France de disposer d?un potentiel très important de développement
de ces énergies, notamment outre-mer. Elle a d?ailleurs été pionnière
en la matière en construisant dans les années 60 l?usine marémotrice
de La Rance, toujours en activité.
Conscient de ces enjeux, le Président de l?Ifremer a lancé en mars 2007 un travail
de réflexion prospective sur les énergies renouvelables marines à l?horizon 2030.
Appuyés par le bureau d?étude Futuribles, une vingtaine de partenaires français
représentant les principaux acteurs du secteur ont participé à ce travail :
ministères, industriels, instituts de recherche, agences spécialisées. L?objectif
était d?apporter des éléments de réponse aux trois questions suivantes :
? Quelles sont les technologies au service de la production d?énergie d?origine
marine ?
? Quelles sont les conditions socio-économiques pour assurer leur émergence
et leur compétitivité ?
? Quels sont les impacts respectifs de ces technologies sur les énergies
et sur l?environnement ?
Le travail conduit a permis de décrire un éventail de futurs possibles en mettant
en exergue les plus contrastés.
L?un des scénarios s?appuie sur l?objectif du Grenelle de l?Environnement
d?atteindre 20 % d?énergies renouvelables en 2020 dans la consommation
finale d?énergie, en indiquant ce que pourraient représenter, par filière, 7.7 %
d?énergies marines (5.2 % d?éolien offshore et 2.5 % d?autres énergies marines)
de cet objectif. Les efforts à mettre en place sont conséquents : renforcement
des compétences françaises dans le domaine par un soutien à la recherche,
meilleur soutien aux technologies en développement, mise en place de premiers
démonstrateurs en mer, etc. Dans ce marché tout juste émergent, il est encore
temps pour la France de s?approprier ces technologies et d?en faire des atouts
compétitifs de long terme.
C
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:
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ©tique dont Europe par région Futuribles
4. Demande eau douce par région Futuribles
5. Sécurité et prix des énergies fossiles Technip
CADRAGE EUROPE et FRANCE
6. Stratégie politique/indépendance énergétique : objectifs (EnR, CO2) DIDD
7. Spécificités des îles (dont RUP et COM) Ifremer + Collectif
8. Respect/contrôle, outils afférents (incitations, taxes CO2) MEEDDAT
9. Outils de régulation pour les biocarburants MEEDDAT
10. Budget recherche énergie et arbitrage par source d?énergie Futuribles
11. Structuration et gestion du réseau électrique (pour EnR) ADEME
12. Technologies de stockage et de transport énergétique (dont hydrogène) SAIPEM
13. Évolution des moyens de production centralisés EDF R&D
ZONES D?EXPLOITATION
14. Répartition démographique Monde dont littoral UE Futuribles + Ifremer
15. Planification régionale des zones marines (EnRM) ADEME
16. Acceptabilité sociale ; Formation/éducation (écologie et environnement) Ifremer
17. Évolution des usages en mer et conflits (transport, pêche, etc) MEEDDAT
18. Adaptation de la réglementation (Zones réglementées, procédures) MEEDDAT
19. Impacts des EnRM (hors marémoteur) Ifremer
ÉNERGIES RENOUVELABLES MARINES
20. Courants EDF R&D
21. Marée EDF R&D
22. Vagues ECN + Ifremer
23. Biomasse Ifremer
24. Éolien offshore SAIPEM
25. Thermique Ifremer
26. Pression osmotique Veolia
27. Solutions technologiques hybrides (hybridation des usages) Collectif
R &D ÉNERGIES RENOUVELABLES MARINES
28. Potentiel de nouveaux gisements de ressources marines Ifremer + Collectif
29. Connaissance du milieu et des impacts Ifremer + Collectif
30. Jeu des acteurs EnRM public ?privé (dont formation R&D) DCNS + Ifremer
31
Technologies Hypothèse 1 (H1) Hypothèse 2 (H2) Hypothèse 3 (H3) Hypothèse 4 (H4)
V20 Courants (Hydro-
lien)
Électricité
Technologie bridée
par les problèmes
(coûts) de mainte-
nance : restriction
aux hydroliennes en
surface (partie de
la structure porteuse
aérienne)
Hydroliennes
sous-marines
(Exploitation des
courants de marée
uniquement ; pas
de conflit d?usage
en surface)
Exploitation avec hy-
droliennes en grande
profondeur : machi-
nes plus puissantes
et exploitation des
courants océaniques
V21 Marée
Électricité
Sites naturellement
favorables (faible
profondeur et mar-
nage fort) exploita-
tion à visée
uniquement électrique
Sites développés en
marémoteur et autre
usage (aquaculture)
Pas de développe-
ment
V22 Vagues
Électricité
Eau
Exploitation en faible
profondeur proche
de la côte (y compris
orientation de brise
lames pour plus de
régularité)
Exploitation au large,
50-100 m d?eau (+ de
ressources) si coûts
acceptables
Exploitation limitée
aux sites isolés
V23 Biomasse
Tout
Fabrication extensive
sur foncier maritime
aménagé
Développement
à l?étranger
(importé en France)
Application limitée
à des produits high
tech
Systèmes High Tech,
Fabrication intensive
à terre, OGM Multi-
applications
V24 Éolien offshore
Électricité
Simple adaptation
des éoliennes ter-
restres à l?off-
shore avec baisse
des coûts.Dévelop-
pement limité
Développement
d?éoliennes spécifi-
quement offshore
(encore ? chères +
maintenance)
Développement
d?éoliennes flottan-
tes et accès
à davantage
de ressources
V25 Thermique
Électricité
Eau
Froid
Applications froid-
climatisation (+
pompes à chaleur)
Usages électricité-
eau pour sites isolés
tropicaux
Applications froid-
climatisation (+
pompes à chaleur)
Usages électri-
cité-eau dans zones
tropicales
H2 + valorisation
biologique et des
minéraux des eaux
profondes
V26 Pression osmotique
Eau
Électricité
Mise au point de
membranes écono-
miques. Microcen-
trales
Pas de compétitivité Rupture technologi-
que (nano-bio tech-
nologie de pompe Ã
sel ; électro osmose)
V27 Solutions
technologiques
hybrides
Développement
indépendant. Pas de
synergies sauf ni-
ches très favorables
Développement
opportuniste (sites
multi ? usages)
Développement
volontariste
ANNExE 5 : HyPOTHèSES SUR LES NIVEAUx
DE DÉVELOPPEMENT PAR TyPE
D?ÉNERGIE RENOUVELABLE MARINE
32
ANNExE 6 : LES QUATRE SCÉNARIOS POSSIBLES
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel C4 Zonage négocié
E -R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques
et partenariats multiples
Combinaison : A3, B3, C4, E2 (en jaune).
Déterminant : marché.
Traduction sur les technologies : investissement
essentiellement dans les technologies éprouvées.
Contexte : crise énergétique et compétition économique.
Enjeu énergie : partenariats technologiques et compétition sur
ce marché.
Soutien politique : que le meilleur gagne ! Investissement de
clusters d?opérateurs privés Marketing du démonstrateur.
Développement conflictuel : parcs dédiés sites multi-usages.
Recherche : développement et études d?impacts.
Impacts technologies : technologies éprouvées.
Courants (H1 ou pas de développement) : restriction aux hydro-
liennes de surface ou pas de développement.
Marée (H2) : sites développés et autre usage (aquaculture).
Vagues (H1 ou pas de développement) : proche de la côte (40 m
d?eau) ou pas de développement.
Biomasse (H1 + H2) : extensive sur foncier aménagé + dévelop-
pement à l?étranger.
Éolien (H1) : adaptation des éoliennes terrestres.
Thermique (H2) : climatisation pour le Nord et froid - électricité
- eau pour sites isolés et zones tropicales.
Osmotique (H2) : pas de développement.
Hybrides (H2) : développement sites multi-usages, surtout : marée
moteur, éolien, biomasse et source froide pour thermique.
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel C4 Zonage négocié
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technos et parte-
nariats multiples
Combinaison : A1, B2, C1, E3 (en jaune).
Déterminants : Politique mondiale pour durabilité.
Traduction technologies : Volontarisme et efficacité.
Contexte : collaboration mondiale et Kyoto II
Enjeu énergie : investissement public et privé
Soutien public : recherche et technologies les moins matures
Efficacité : stockage de l?énergie intermittente, H2
+ hybridation des technologies. Acceptabilité bien concertée
(mais peu nécessaire in fine)
Recherche : nouveaux concept et hybridation. Impacts environ-
nementaux. Prise de risque technologique
Impacts sur les technologies : développement efficace et
maximaliste des EnRM.
Courants (H3) : hydroliennes de grande profondeur (y.c. courants
océaniques). Fort développement.
Marée (H2) : sites développés marémoteur + autre usage, aqua-
culture). Développement moyen : plus de puissance sur barrages
existants + lagon artificiel.
Vagues (H2 + H3) : exploitation loin des côtes (? 50 m d?eau) +
sites isolés. Fort développement et grande profondeur.
Biomasse (H4) : fabrication intensive à terre + OGM et multi-
produits. Fort développement.
Éolien (H3) : éoliennes flottantes.Fort développement
Thermique (H3) : climatisation au nord, froid ? électricité - eau
sous les tropiques + valorisation biologique et des minéraux
des eaux profondes. Fort développement et synergie avec
aquaculture.
Osmotique (H1) : mise au point de membranes économiques ;
quelques micro-centrales.
Hybrides (H3) :
- développement volontariste Nord : éolien + vagues (+ solaire flot-
tant) + hydrolien courant quand ressource disponible.
- Développement indépendant : hydrolien marée (proche) ou
hybrides possibles.
- Marémoteur : lagon + aquaculture (poissons)
Tropiques : ETM + aquaculture (grâce à ETM) + vagues + solaire
flottant + éolien adapté aux cyclones.
SCÉNARIO 2 : COOPÉRATION VERTUEUSE PAR NÉCESSITÉ.
SCÉNARIO 1 : CRISE, URGENCE ÉNERGÉTIQUE.
Remarque : la notation (H1, h2?) par technologie fait référence au niveau de développement présenté
dans le tableau de l?annexe 5.
33
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités
A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée
C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel
C4 Zonage négocié
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques
et partenariats multiples
Combinaison : A4, B1, C4, E1 (en jaune)
Déterminant : Intérêt national et sécurité énergétique.
Traduction technologies : développement
minimaliste par technologie.
Contexte : peu de coopération mondiale
Enjeu énergie : montée des tensions et protectionnisme, sécu-
rité. Besoin en eau douce au nord.
Soutien public : sécurité mais à faible coût :
- pas de décentralisation des réseaux,
- fin des tarifs de rachat électrique après 2020.
Parcs dédiés mais développement indépendant des technolo-
gies.
Recherche : chacun sa technologie + études d?impact.
Impacts sur les technologies : développement minimaliste,
parcs dédiés par technologie
Courants (H2) : Hydroliennes sous-marines ; faible développement.
Marée (H1) : Sites naturellement favorable, visée électrique
uniquement.
Vagues (H1) faible développement Proche des côtes
Biomasse (H3) production limitée à des produits high tech.
Éolien (H1) : faible développement. Adaptation des éoliennes
terrestres.
Thermique (H1) faible développement : climatisation au Nord,
froid ? électricité - eau pour sites isolés sous les tropiques.
Osmotique (H2) : pas de développement.
Hybrides (H1) : développement indépendant par technologie.
SCÉNARIO 3 : PEU D?ÉVOLUTION, CHACUN POUR SOI.
Contexte : montée des tensions et protectionnisme, sécurité.
Besoin en eau douce au nord. Biocarburants rentables (arrêt
défiscalisation entre 2015 et 2020).
Soutien public : recherche et soutien décentralisé des techno-
logies (appel d?offre).
Décentralisation réseau et développement des technologies :
selon localisation.
Recherche : technologies (opportunités locales) et régulation
du réseau électrique. Prise de risque technologique pour dé-
monstrateurs en développement local.
Risque du scénario : acceptabilité sociale des expérimenta-
tions.
Impacts sur les technologies : marché de niches
(effet d?échelle seulement au niveau mondial).
Courants (H1) : faible développement ; niches hors France.
Marée (H3) : sites naturellement favorables, visée électrique
uniquement ; pas ou peu de développement.
Vagues (H1 + H3) : proche des côtes. Développement moyen Ã
faible.
Biomasse (H4) production limitée à des produits high tech
en intensif, Ã terre ; apparition d?OGM multi-applications.
Éolien (H2 régions cibles ; H1 ailleurs). développement moyen.
Éoliennes flottantes (Bretagne et Languedoc Roussillon) + éo-
liennes classiques ailleurs.
Thermique (H3) fort développement ; climatisation au Nord +
froid ? électricité - eau (tropiques), synergie avec aquaculture.
Osmotique (H1) : un projet pilote de microcentrale.
Hybrides (H1) : développement indépendant des technologies,
synergies à l?opportunité.
Composante Hypothèse 1 Hypothèse 2 Hypothèse 3 Hypothèse 4
A - Cadrage monde A1 Coopération mondiale
énergie ? climat
A2 choc psycho-climatique
et coopération
A3 Crise énergétique et
opportunités
A4 Chacun pour soi
B ? Europe et France
Système énergétique
B1 Objectifs non tenus et
pragmatisme
B2 Sécurité et volontaris-
me écologique (diversifi-
cation)
B3 Priorités industrielles
(technologies éprouvées
ou marché mondial)
B4 Marché de niches
C - Zones d?exploitation C1 Exploitation concertée
et intégrée
C2 Zonage planifié C3 Zonage décentralisé et
conflictuel
C4 Acceptation progressive
E - R&D énergie marine E1 Peu d?évolution E2 Crise et opportunité E3 Sauts technologiques et
partenariats multiples
Combinaison : A4 (ou A3), B4, C3, E2 (en jaune).
Déterminant : Développement local avec prise de risque.
Traduction technologies : très différencié selon
les régions côtières, marché de niches.
SCÉNARIO 4 : DÉVELOPPEMENT LOCAL AUTONOME.
34
ANNExE 7 : ÉVALUATION CHIFFRÉE
DES SCÉNARIOS POSSIBLES
ET DU SCÉNARIO NORMATIF
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35
Couverture
En fond : © Ifremer / G. Véron
Parc éolien offshore de Nysted (Danemark)
4e de couverture
Vignettes, de gauche à droite :
? Usine marémotrice de La Rance (France)
© EDF
? Maquette du Système Autonome Électrique
de Récupération de l?Énergie des Vagues (SEAREV)
© École Centrale de Nantes
? Mise à l?eau du prototype d?hydrolienne Sabella
dans l?estuaire finistérien de Bénodet (France)
© E. Donfut / Balao
? Hydrolienne Seagen installée à Strangford Narrows (Irlande du
Nord)
© Marine Current Turbines Ltd
Dans le cadre de son projet interne éco-responsable, l?Ifremer a confié l?impression de cette brochure
à l?imprimerie Caractère, entreprise certifiée ISO 14001. Ce document est imprimé avec des encres à bases d?huile
végétale sur du papier issu de forêts gérées durablement PEFC.
Crédits photos
Pages intérieures
Page 6 © Pelamis Wave Power Ltd
Le Pelamis, système de récupération de l?énergie
des vagues, en test à l?EMEC
(European Marine Energy Center) en Écosse
Page 7 © Marine Current Turbines Ltd
Installation de l?hydrolienne Seagen sur le site
de Strangford Narrows (Irlande du Nord) par
la barge-grue Rambiz
Page 8 © Pelamis Wave Power Ltd
? Le Pelamis, système de récupération de l?énergie
des vagues, en test à l?EMEC (European Marine
Energy Center) en Écosse
? Vue d?artiste d?un parc de Pelamis
Page 15 © Ifremer
Vue d?artiste d?un projet d?énergie thermique
des mers à Tahiti
Page 28 © E. Donfut / Balao
Mise à l?eau du prototype d?hydrolienne Sabella dans
l?estuaire finistérien de Bénodet (France)
Page 31 © EDF
Vitesse maximale du courant de marée en vive-eau moyenne
(données issues du modèle Télémac EDF/DRD)
Page 35 © EDF
Usine marémotrice de La Rance (France)
Ifremer
155, rue Jean-Jacques Rousseau
92138 Issy-les-Moulineaux Cedex
Tél : (33) 01 46 48 21 00
Fax : (33) 01 46 48 21 21
www.ifremer.fr
Bien que peu cité dans la liste des énergies renouvelables, l?océan
en est un immense réservoir : énergie des courants, des marées
et des vagues, énergie éolienne en mer, énergie thermique, pression osmotique,
biomasse marine? L?étendue de l?ensemble de ses façades maritimes permet
à la France de disposer d?un potentiel très important de développement
de ces énergies, notamment outre-mer. Elle a d?ailleurs été pionnière
en la matière en construisant dans les années 60 l?usine marémotrice
de La Rance, toujours en activité.
Conscient de ces enjeux, le Président de l?Ifremer a lancé en mars 2007 un travail
de réflexion prospective sur les énergies renouvelables marines à l?horizon 2030.
Appuyés par le bureau d?étude Futuribles, une vingtaine de partenaires français
représentant les principaux acteurs du secteur ont participé à ce travail :
ministères, industriels, instituts de recherche, agences spécialisées. L?objectif
était d?apporter des éléments de réponse aux trois questions suivantes :
? Quelles sont les technologies au service de la production d?énergie d?origine
marine ?
? Quelles sont les conditions socio-économiques pour assurer leur émergence
et leur compétitivité ?
? Quels sont les impacts respectifs de ces technologies sur les énergies
et sur l?environnement ?
Le travail conduit a permis de décrire un éventail de futurs possibles en mettant
en exergue les plus contrastés.
L?un des scénarios s?appuie sur l?objectif du Grenelle de l?Environnement
d?atteindre 20 % d?énergies renouvelables en 2020 dans la consommation
finale d?énergie, en indiquant ce que pourraient représenter, par filière, 7.7 %
d?énergies marines (5.2 % d?éolien offshore et 2.5 % d?autres énergies marines)
de cet objectif. Les efforts à mettre en place sont conséquents : renforcement
des compétences françaises dans le domaine par un soutien à la recherche,
meilleur soutien aux technologies en développement, mise en place de premiers
démonstrateurs en mer, etc. Dans ce marché tout juste émergent, il est encore
temps pour la France de s?approprier ces technologies et d?en faire des atouts
compétitifs de long terme.
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