Environnement (L') 2014 en France. Les grandes tendances
Auteur moral
France. Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie
Auteur secondaire
Résumé
Dans le contexte de la conférence Paris-Climat , cette brochure présente, avec des données chiffrées, les connaissances acquises et les actions entreprises sur le long terme pour une consommation plus responsable, une verdissement de l'économie et des territoires par "des actions curatives par secteur" et "des mesures de prévention et d'adaptation" (changement climatique, aléas naturels, risques technologiques...).
Editeur
MEDDE-CGEDD
Descripteur Urbamet
ressources naturelles
;collectivités territoriales
;eau
;économie verte
Descripteur écoplanete
air
;exposition aux risques
;consommation responsable
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
L?ENVIRONNEMENT EN FRANCE
Les grandes tendances
Ministère de l?Écologie, du Développement durable et de l?Énergie
www.developpement-durable.gouv.fr
Sommaire
À l?approche de la conférence Paris-
Climat et à l ?issue de la Conférence
environnementale, le Rapport sur l?état
de l?environnement nous démontre l?urgence d?agir.
Je souhaite que ces données soient dif fusées le
plus largement possible, car la connaissance et le
partage de l?information sont la condition des choix
démocratiques. »
LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
le bilan reste contrasté
L?EAU, L?AIR, LES SOLS
l?empreinte de l?homme
LA BIODIVERSITÉ
des milieux naturels sous pression
LES RESSOURCES NATURELLES
une demande croissante
LES RISQUES
la France exposée
LES ACTIONS
Initiatives locales et solutions à long terme
Vers une consommation
et des MODES DE VIE DURABLES
Vers une ÉCONOMIE VERTE
Vers des TERRITOIRES
MOINS EXPOSÉS
04 CHIFFRES-CLÉS, les constats / les solutions
08
17
21
26
36
40
46
Ségolène Royal
Ministre de l?Écologie,
du Développement durable
et de l?Énergie
L?ENVIRONNEMENT EN FRANCE
2 3
L?ENVIRONNEMENT EN FRANCE
de métropole
sont
20 %
MENACÉES
des
espècesL?ÉTAT DE L?ENVIRONNEMENT
EN CHIFFRES
+ 13 %
de population
en France en 24 ans
(entre 1990 et 2013)
de VOITURES
particulières
entre 1990 et 2013
+ 35 %
Un climat
qui change
Des actions
individuelles et collectives
Des milieux naturels
sous pression
Des citoyens
+ informés
Des besoins
qui augmentent
de LOGEMENTS
en 30 ans (entre 1983 et 2012)
+ 40 %
contre 79 730
il y a 10 ans
d?abonnés
au téléphone
mobile en 2012
soit 12 fois plus qu?en 1997
70 millions
Des pesticides
sont présents dans
des cours
d?eau93 % thermique 2012
3 X moins
de consommation
ÉNERGÉTIQUE,
c?est l?objectif de la
réglementation
4000
ÉVÈNEMENTS
dans toute la France
chaque année
lors de la semaine du
développement
durable
des zones de
baignade
en France métropolitaine sont
conformes
à la réglementation
98 %
de sacs
10 moins
plastique depuis 12 ans
Les glaciers fondent.
En 100 ans
(entre 1911 et 2011), le
glacier d?Ossoue
(Pyrénées - Massif
du Vignemale)
a perdu
de sa surface
4,7 %
françaises étaient engagées dans
une démarche d?agriculture
biologique
Fin 2012,
des exploitations
agricoles
de décalage
des vendanges
- 2
semaines
agendas 21 local
France depuis 2006
470
collectivités
et territoires
reconnus
11 500 PPRN
(plans de prévention des risques
naturels ) approuvés
en 2014
Près de
1 2 100
Mwatts de puissance
électrique sollicitée en 2012
en Champagne désormais
+ précoces
85 000
RESSOURCES BIBLIOGRAPHIQUES
publiques référencées sur le portail
Toutsurlenvironnement.fr
180 terrains
de football
ont été artificialisés
chaque jour, au détriment
des terres agricoles mais
aussi des milieux naturels,
entre 2006 et 2012
L?équivalent d?environ
contre 4000
en 1986
14 000
CASTORS
présents en France
en 2012
59 %
4 5
L?ENVIRONNEMENT EN FRANCE L?ENVIRONNEMENT EN FRANCE
LA CONNAISSANCE
S?AMÉLIORE
Le bilan reste contrasté
Quel est l?état de l?environnement ? Comment évolue-t-il ?
Grâce à l?observation et à la recherche, la connaissance
des milieux a progressé. Certains indicateurs de suivi sont
positifs grâce aux progrès techniques, aux investissements
réalisés, aux impulsions données par la réglementation,
aux dispositifs incitatifs ou à l?évolution des comporte-
ments. La situation demeure néanmoins préoccupante.
L?ENVIRONNEMENT
EN FRANCE
97
l eaul eau
10
L?EAU, L?AIR, LES SOLS
L?EMPREINTE
DE L?HOMME
Malgré cela, les eaux de sur-
face et les nappes sont polluées
par de nombreux produits. Ainsi,
les niveaux de pollution des
nappes par les nitrates sont supé-
rieurs à ceux des cours d?eau et
atteignent fréquemment des
valeurs très élevées.
Les nitrates issus des pollutions
agricoles participent au mauvais
état écologique des eaux. S?ils
sont indispensables au dévelop-
pement des plantes, leur concen-
tration dans certaines régions,
à des niveaux très élevés, nuisent
à l?environnement.
Depuis de nombreuses
années, les cours d?eau et
les nappes sont surveillés,
à la fois pour des raisons sani-
taires et pour protéger l?environ-
nement. Les États membres de
l?Union européenne suivent les
instructions de la directive-cadre
sur l?eau. Les différentes régle-
mentations se sont traduites en
France par l?interdiction de cer-
tains produits, comme les phos-
phates dans les détergents
textiles ménagers en 2007, ou par
Les eaux
continentales
la mise aux normes de l?assainis-
sement collectif. Une partie de la
pollution provient en effet du rejet
des eaux usées directement dans
les eaux de surface. De ce point
de vue, des progrès conséquents
ont été réalisés grâce à la mise
aux normes des stations d?épu-
ration vétustes, permettant une
diminution assez nette de la pré-
sence de certains macropolluants
dans les eaux, comme les phos-
phates.
DÉFINITION
LES EAUX CONTINENTALES en-
globent les eaux de surface (cours
d?eau, plans d?eau) et les eaux sou-
terraines (nappes). Les premières
sont soumises à des pressions di-
rectes (rejets des stations d?épu-
ration, ruissellement des eaux
pluviales), les secondes disposent
d?une protection naturelle du sol
et du sous-sol plus ou moins effi-
cace contre les pollutions diffuses.
Les milieux continentaux et aquatiques sont le support de la vie des espèces,
animales et végétales. Ils fournissent de nombreux services et de leur qualité
dépend l?avenir de l?ensemble des écosystèmes. Touchés par les conséquences
des activités humaines, ils subissent des pollutions dont la plupart évoluent en fonction
des modes de vie. L?évaluation de ces pollutions dépend des surveillances mises
en place par les pouvoirs publics. Les réglementations et les interdictions produisent
des effets notables, mais de nouvelles pressions apparaissent.
MACRO ET
MICROPOLLUANTS
Les macropolluants, appelés ainsi
par opposition aux micropolluants,
regroupent les matières en sus-
pension, les matières organiques
et les nutriments, comme l?azote et
le phosphore.
À la différence des micropolluants
(pesticides, produits chimiques,
métaux) qui sont toxiques à très
faibles doses, les macropolluants
perturbent les milieux aquatiques
ou présentent des risques pour la
santé humaine à des concentra-
tions plus élevées.
LA DIRECTIVE-CADRE
SUR L?EAU (DCE)
Adoptée en 2000 par les États
membres de l?Union européenne,
la DCE définit un cadre juridique
par lequel chaque État membre
s?engage dans un processus de
protection et de reconquête de la
qualité des eaux des milieux aqua-
tiques. Elle impose une politique
de résultats et a pour objectif l?at-
teinte d?un bon état des eaux en
2015. L?état écologique des eaux
de surface est évalué à partir de
leur qualité biologique (flore et
faune), chimique (phosphore,
nitrates?) et hydromorphologique
(état des berges?). L?état des
masses d?eau souterraines est le
résultat conjoint de leur état
chimique et de leur état quantitatif.
Des campagnes régulières de sur-
veillance sont menées au titre de
cette directive.
DES POLLUTIONS PRÉOCCUPANTES
En image
Plus de 50
Entre 40 et 50
Entre 25 et 40
Entre 10 et 25
Moins de 10
Pas de mesure
Nappe avec 1 seul
point de mesure
Moyenne par aquifère (mg/l)
Concentration moyenne en nitrates
dans les eaux souterraines en 2011
Source : agences et offices de l?eau - BRGM, banques Ades (réseaux RCS, RCO), 2012 SOeS, aquifères d?après le BDRHFV1 du BRGM
En 2011, 27 % des nappes de métropole
ont une teneur moyenne en nitrates
supérieure à 25 mg/l et 11 %
supérieure à 40, voire 50 mg/l.
Guadeloupe Guyane Mayotte
Martinique La Réunion
8 9
L?EAU, L?AIR, LES SOLSLA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
en mer, sur le littoral et dans les
terres : électroménager, sacs,
mégots, filets de pêche? Leur
durée de vie en mer est souvent
très longue et a un impact impor-
tant sur la faune qui les confond
avec leurs proies et meurt
asphyxiée ou étouffée.
UNE CONTAMINATION ÉVOLUTIVE
UNE AMÉLIORATION DE LA QUALITÉ
DU MILIEU MARIN
TROP DE MACRODÉCHETS
Les rivières, les estuaires,
les eaux côtières et la
haute mer assurent une
continuité écologique essentielle,
mais c?est aussi par là que les
polluants transitent. Plus de 80 %
de la pollution des mers provient
D?autres substances, utilisées
ou rejetées à grande échelle,
atteignent également tous les
milieux aquatiques. Ainsi, les
campagnes d?analyses régulières
de micropolluants mettent en évi-
dence la présence de HAP, phta-
lates et PCB dans les cours
d?eau, et de COHV dans les
nappes. Deux campagnes com-
plémentaires, menées en France
en 2011 et 2012, ont par ailleurs
confirmé la présence de nom-
breux produits aussi divers que
des additifs d?essence, des plas-
tifiants, des parabènes ou encore
des médicaments (surtout anti-
inflammatoires et anxiolytiques),
essentiellement dans les cours
d?eau. En fonction des réglemen-
tations et des usages, les conta-
minations évoluent. Ainsi, dans
les années 1970, la pollution des
cours d?eau par les métaux était
très préoccupante. C?est moins
le cas aujourd?hui, du fait de la
réduction de leur rejet par les
industries.
Globalement, la qualité micro-
biologique des eaux côtières
se maintient à un bon niveau. Les
collectivités locales ont beaucoup
oeuvré pour limiter les sources de
pollution : amélioration des sys-
tèmes de traitement des eaux, fia-
bilisation des réseaux de collecte
des eaux usées et pluviales? Les
restrictions d?usage de certaines
substances ont des effets directs
Certaines pollutions sont très
spectaculaires comme la pré-
sence d?algues vertes sur les
plages de Bretagne ou encore de
macrodéchets dans la plupart des
mers ou en haut de plage. Ces
déchets regroupent les objets ou
matériaux, jetés ou abandonnés
Les eaux marines
de la terre via les fleuves et par
déversement à partir des zones
côtières. Grâce à la mise en
oeuvre de mesures visant à limiter
les rejets de polluants, on
constate une amélioration de
l?état des eaux marines.
positifs. Par exemple, l?interdiction
du plomb dans l?essence fin 1999
a fait baisser sa présence dans les
milieux. Outre les politiques sur
terre, il y a également moins de
rejets en mer des bateaux. Le droit
international interdit les rejets
d?hydro carbures et, à la suite de
la marée noire de l?Erika en 1999,
les sanctions contre les pollueurs
ont été durcies.
En 2011, 98 % des zones de
baignade métropolitaines en
mer sont conformes à la régle-
mentation. La qualité des eaux
de baignade françaises est
bonne, elle s?est nettement
améliorée jusqu?au début des
années 2000. Une stagnation
est observée depuis.
Le pavillon bleu flotte
au-dessus des eaux
de bonne qualité
Une très bonne
qualité des eaux
de baignade
DES NITRATES ENCORE
TRÈS PRÉSENTS
Lorsqu?il pleut, les nitrates, pré-
sents en excès sur les sols agri-
coles, ruissellent vers les cours
d?eau ou percolent dans les sols
pour rejoindre, à terme, les eaux
souterraines. Ils sont transportés
par les cours d?eau jusqu?à la mer
où ils peuvent provoquer des
« marées vertes ». Les nitrates s?ac-
cumulent dans les nappes phréa-
tiques, qu?ils mettent souvent des
années à atteindre.
Pour accroître les rende-
ments des cultures, des apports
complémentaires sont effectués
par des épandages d?engrais
azotés, chimiques ou organiques.
L?intensification de la production
agricole s?est ainsi accompagnée
d?un recours accru aux engrais
azotés. Les livraisons d?engrais
azotés ont progressé de 60 %
entre 1970 et 1990 pour se stabi-
liser et très légèrement décroître
depuis.
Malgré le développement de
pratiques agricoles alterna-
tives, la problématique de la
contamination des eaux conti-
nentales par les nitrates n?est tou-
jours pas résolue. Cette situation
préoccupante est aussi vraie en
ce qui concerne les pesticides,
qui polluent également cours
d?eau et nappes. Grand pays
agricole, la France est un des plus
gros consommateurs de pesti-
cides en Europe.
150
millions de déchets
L?Ifremer estime une présence de
déchets dans les fonds sous-
marins de 150 millions en mer du
Nord, de plus de 50 millions dans
le golfe de Gascogne, de la côte à
la limite du plateau, et de 175mil-
lions dans le bassin nord-ouest de
la Méditerranée.
900
C?est le nombre approximatif de
captages d?eau destinée à la
consommation humaine abandon-
nés entre 1998 et 2008 pour des
raisons de pollution diffuse d?ori-
gine agricole (nitrates, pesticides).
En image
Plus de 5 ..............................................0,7
Entre 0,5 et 5.........................................30
Entre 0,1 et 0,5...................................37,9
Moins de 0,1.......................................24,1
Pas de quantification.............................7,3
Absence de données
Moyenne par point (?g/l) % de points
Concentration en pesticides des cours d?eau en 2011
Source : agences et offices de l?eau , 2012 - Traitement : SOeS, 2013
En 2011, les pesticides sont présents dans 93 %
des points de suivi des cours d?eau métropolitains
et dans 85 % en outre-mer.
Guadeloupe Guyane Mayotte
Martinique La Réunion
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
10 11
L?EAU, L?AIR, LES SOLS
LES SACS PLASTIQUE AIMENT VOYAGER !
En France, même si le nombre de sacs plastique à usage unique a été divisé par 10 entre 2002 et 2009,
1 milliard de sacs étaient encore mis en circulation en 2009 ! Beaucoup se retrouvent en mer.
Pétrole
Granulats
de plastique
Sac plastique
Supermarché
Au cours de leur périple marin,
fragmentation et accumulation
de polluants présents dans
l?eau (PCB, pesticides...)
Ingestion par des
animaux marins
Plastiques et polluants s'accumulent dans les chaînes
alimentaires et se retouvent au final dans l'assiette du
consommateur de poisson ou de fruits de mer
Des gaz et des particules
sont émis dans l?air par
des phénomènes naturels
ou des activités humaines. Outre
les polluants dits primaires, cer-
tains polluants dits secondaires
tels que l?ozone, le dioxyde d?azote
(NO2) ou des particules peuvent
se former lors de réactions
physico -chimiques dans l?atmos-
phère. Les effets des polluants
atmosphériques sur la santé sont
variables et vont des affections
bénignes (fatigue, nausées, irrita-
tion des yeux ou de la peau) à des
maladies plus graves (asthme,
allergies), voire mortelles (cancers,
maladies cardiovasculaires). La
pollution de l?air extérieur a été
classée cancérogène pour
l?homme par le Centre international
de recherche sur le cancer (Circ).
Si les émissions françaises de pol-
luants atmosphériques sont en
baisse sur la période 1990-2012
pour la majorité des substances,
de nombreux problèmes de qualité
de l?air persistent, en particulier
dans les agglomérations, notam-
ment à cause des émissions des
transport et du résidentiel.
L ?air extérieur
DES DIFFICULTÉS À RESPECTER LA RÉGLEMENTATION
Le dioxyde de soufre (SO2) est
le polluant dont les émissions et
concentrations dans l?air ont été les
plus réduites (- 92 % d?émissions
entre 1980 et 2012) : baisse des
consommations d?énergie fossile,
utilisation de combustibles moins
soufrés, désindustrialisation? Les
normes environnementales impo-
sées au transport routier ont per-
mis de réduire significativement les
émissions et concentrations dans
l?air de monoxyde de carbone (CO)
et de plomb (Pb).
SO2
Pb
CO
La complexité des réactions
chimiques intervenant dans l?at-
mosphère et la multiplicité des
sources d?émissions expliquent la
difficulté à réduire certaines pollu-
tions. Malgré une baisse des émis-
sions d?oxydes d?azote de 47 %
depuis 1990, la France dépasse le
plafond d?émissions européen. Ce
résultat s?explique en partie par la
hausse du trafic et la diésélisation
du parc automobile qui ont freiné
les progrès réalisés par le secteur
du transport routier. Les concen-
trations en NO2 dépassent tou-
jours les seuils européens fixés
pour la protection de la santé
humaine, principalement à proxi-
mité du trafic routier et dans des
grandes agglomérations. Si les
émissions françaises de particules
ont diminué entre 1990 et 2012,
les seuils européens ne sont pas
respectés pour les PM10 et les
PM2,5 (particules fines), notam-
ment dans des grandes agglomé-
rations. Les effets des particules
sur la santé sont variables selon
leur taille et leur composition phy-
sico-chimique. Par ailleurs, des
épisodes de pollution en ozone,
en NO2 et en PM10 sont enregis-
trés chaque année.
DES AMÉLIORATIONS
l?air
En image
Épisode de pollution
aux NO2
le 17 janvier 2012
Source :
Concentration en NO2 (?g/m3)
0 14 28 42 56 70 84 100
Les conditions météorologiques
stables avec des vents assez
faibles ont favorisé l?accumulation
du NO2 dans les zones émettrices.
Abandon
dans la
nature
Transport par le vent
ou les cours d?eau
jusqu?à la mer
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
12 13
L?EAU, L?AIR, LES SOLS
Les Français passent entre
20 et 22 heures par jour
dans des lieux clos ou
semi-clos : logements, bureaux,
écoles, transports? Assurer une
bonne qualité de l?air dans ces
espaces de vie est d?autant plus
important que les sources de pol-
lution y sont nombreuses : maté-
riaux de construction et
revêtements de mur ou de sol,
mobilier, activités domestiques,
appareils à combustion... Il est
essentiel d?y garantir de bonnes
conditions de ventilation. Comme
pour l?air extérieur, une mauvaise
qualité de l?air intérieur peut avoir
des effets sur la santé à court ou
long terme. Par exemple, 22 % des
logements présentent des teneurs
en formaldéhyde supérieures ou
égales à la valeur-guide réglemen-
taire. Le formaldéhyde est un gaz
irritant pour les yeux, le nez et la
gorge. Il est classé cancérogène
certain pour l?homme par le Circ
depuis 2004.
L ?air intérieur
L ?atmosphère
LA QUALITÉ DE L?AIR INTÉRIEUR SOUS SURVEILLANCE
Depuis janvier 2012, les niveaux
d?émissions de polluants volatils
sont indiqués par un étiquetage
spécifique pour les produits de
construction ou de revêtement de
mur ou de sol et pour les peintures
et vernis. Certains matériaux de
construction et produits de déco-
ration sont désormais interdits à la
vente. Le perchloroéthylène, utilisé
dans les pressings, est en cours
d?interdiction dans les locaux
contigus à des locaux occupés
par des tiers. La surveillance d?éta-
blissements recevant du public
devient obligatoire et se fera pro-
gressivement à partir de 2015 (éta-
blissements d?accueil collectif
d?enfants de moins de six ans
dans un premiers temps). L?Obser-
vatoire de la qualité de l?air intérieur
a pour mission de dresser un état
des lieux de la qualité de l?air inté-
rieur, d?améliorer la connaissance,
de diffuser l?information et les
bonnes pratiques.
Les propriétés de l?atmos-
phère permettent la vie
sur terre. Les gaz à effet de
serre naturellement présents
dans l?atmosphère jouent un rôle
important dans la régulation du
climat. La couche d?ozone filtre
les rayonnements solaires ultra-
violets et protège les êtres
vivants. L?atmosphère et ces pro-
priétés sont fragilisées par les
émissions de polluants issues
des activités humaines.
LES EFFETS DU CHANGEMENT
CLIMATIQUE VISIBLES EN FRANCE
En France métropolitaine, la
hausse des températures depuis
1900 (0,92 °C) est légèrement
supérieure à la moyenne mondiale
(0,85 °C ). Selon les projections, le
réchauffement climatique pourrait
atteindre de 1,7 à 5 °C en métropole
à la fin du siècle. La hausse sera
moindre en outre-mer, de l?ordre de
1 à 3 °C, grâce à l?effet amortisseur
des masses océaniques. Une
baisse des précipitations est antici-
pée et les débits des cours d?eau
pourraient diminuer de 20 à 30 %
en moyenne à l?horizon 2060. Les
vagues de chaleur devraient être
plus fréquentes et plus intenses. La
hausse du niveau marin d?ici la fin
du siècle sera probablement com-
prise entre 40 et 60 cm.
Des volumes très importants de CO2 sont échangés entre la végéta-
tion et l?atmosphère et entre celle-ci et la surface des océans. Du fait de
l?augmentation de la concentration atmosphérique, la captation de CO2
par les océans et la photosynthèse de la végétation augmentent. On
estime aujourd?hui que plus de la moitié des émissions nettes de CO2
par l?homme sont ainsi captées par ces « puits de carbone ». Mais le rôle
stabilisateur joué par la végétation et les océans est fragile et devrait
diminuer à mesure que le climat se réchauffera.
Le rôle des forêts et des océans
dans l?atténuation de l?effet de serre
Les émissions françaises et
européennes de gaz à effet de
serre (GES) ont diminué entre
1990 et 2012, respectivement de
12 et 18 %. Mais l?empreinte car-
bone des Français, comme des
habitants des autres grands pays
occidentaux, ne diminue pas et
demeure supérieure au CO2 émis
sur le territoire. Les émissions asso-
ciées aux importations, qui ont
augmenté de 62 % depuis 1990,
représentent la moitié de l?em-
preinte carbone des Français en
2010. L?objectif de limiter à 2 °C
l?augmentation de la température
moyenne mondiale par rapport à
l?époque préindustrielle nécessite
de réduire les émissions mondiales
de GES de moitié à l?horizon 2050
par rapport à 1990. Compte tenu
de l?accroissement de la popula-
tion, les progrès techniques ne per-
mettront pas à eux seuls d?atteindre
cet objectif, qui requiert des chan-
gements dans les modes de vie.
LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET
DE SERRE MENACENT LE CLIMAT
DÉFINITION
L?EMPREINTE CARBONE d?un
habitant représente la quantité
de gaz à effet de serre? expri-
mée en tonnes équivalent CO2?
émise pour satisfaire sa consom-
mation. Elle est composée d?une
partie intérieure (émissions des
ménages et des industries, com-
merces et services) et d?une par-
tie importée (émissions générées
à l?étranger pour la fabrication et
le transport des biens et services
importés).
11,6
tonnes eq CO2,
c?est l?empreinte carbone moyenne
d?un Français en 2010, dont près
de 6 émises sur le territoire.
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
14 15
L?EAU, L?AIR, LES SOLS
les sols
Les sols sont au coeur des
grands enjeux environne-
mentaux, au même titre que
le changement climatique, les res-
sources en eau ou la protection
de la biodiversité. Ils renferment
l?eau et les nutriments indispen-
sables à la croissance des végé-
taux ; ils régulent les écoulements
d?eau, filtrent et dégradent les pol-
luants ; en stockant du carbone,
DE NOMBREUX FACTEURS
DE PERTURBATION
LES SOLS, RÉCEPTACLES
DE POLLUTIONS DIVERSES
Phénomène naturel, l?érosion
des sols sous l?effet des pluies
? appelée érosion hydrique ? est
aggravée par les modifications du
paysage et certaines pratiques,
comme les cultures intensives, la
déforestation, l?artificialisation... La
perte de la couche fertile des sols
qui en résulte (1,5 t/ha/an en
moyenne) s?accompagne d?une
diminution des rendementsagri-
coles.L?imperméabilisation et la
restructuration des sols par les
opérations d?aménagement
entravent leurs fonctions de
manière souvent irréversible.
La pollution des sols peut être
diffuse : retombées atmosphé-
riques de polluants émis par les
industries, les transports, le chauf-
fage ; épandage agricole de pro-
duits polluants (pesticides, métaux,
engrais, effluents d?élevages). Elle
peut être également ponctuelle :
pollutions industrielles liées à des
accidents de transport ou de
manutention ou à de mauvais
confinements. En 2012, la base
Basol recensait 4 142 sites et sols
pollués appelant une intervention
des pouvoirs publics à titre préven-
tif ou curatif, notamment dans les
anciennes régions minières et les
régions les plus urbanisées.
Teneurs en lindane
des sols français
Teneurs en lindane (?g/kg de terre)
En image
Des polluants organiques
persistants comme le lindane,
utilisé comme insecticide
et antiparasitaire et interdit
en agriculture depuis 1998
en raison de sa toxicité pour
l?homme et pour l?environne-
ment, imprègnent les sols
encore longtemps après leur
usage. La pollution au lindane
affecte les régions de culture
et d?élevage intensifs du quart
nord-ouest de la France.
Plus de 1,36
Entre 1,10 et 1,36
Entre 0,86 et 1,10
Entre 0,67 et 0,86
Entre 0,50 et 0,67
Entre 0,35 et 0,50
Moins de 0,50
Données
non disponibles
Source : Gis sol - RMQS, 2013 - Traitements : SOeS, 2013
LA BIODIVERSITÉ
DES MILIEUX NATURELS
SOUS PRESSION
L?homme a toujours utilisé les ressources naturelles pour son développement
et a désormais colonisé la quasi-totalité des espaces à sa disposition.
Aujourd?hui, la situation est très préoccupante. Même s?il existe localement des situations
qui s?améliorent, grâce aux mesures de protection, les pressions subies
par les écosystèmes sont de moins en moins soutenables. Les activités humaines
menacent de nombreux habitats et espèces, désormais en déclin. La France est
particulièrement concernée, puisqu?elle figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand
nombre d?espèces menacées au niveau mondial, principalement en raison des pressions
qui s?exercent sur la biodiversité, outre-mer et sur l?espace méditerranéen.
DES MESURES
DE PROTECTION
DES ESPÈCES
La France, au sein de
l?Union européenne, est
engagée depuis plusieurs dizaines
d?années dans la protection des
milieux et des espèces en voie de
disparition. Des mesures de pro-
tection sont mises en oeuvre,
comme l?interdiction de la des-
truction d?espèces ou la création
d?espaces protégés où les activi-
tés humaines sont limitées (parcs
nationaux, réserves naturelles,
arrêtés de protection de bio-
tope?). C?est en particulier le cas
pour les aires de reproduction ou
d?hivernage d?oiseaux migrateurs,
par exemple en Camargue ou sur
la côte Atlantique. Aujourd?hui, les
effectifs de la plupart des oiseaux
d?eau ont augmenté en France, qui
accueille désormais la troisième
population d?oiseaux hivernants en
Europe. L?évolution générale des
effectifs d?anatidés (canards, ber-
naches?) et de limicoles
DÉFINITION
LES SOLS constituent la couche
supérieure de la croûte terrestre.
L?altération des roches par le
climat, les organismes vivants et
les activités humaines forme les
sols. Ils sont en interaction
permanente avec l?air, la flore et
la faune, l?eau et les roches.
ils contribuent à réguler les flux de
gaz à effet de serre. Or, les sols
sont fragilisés, voire dégradés par
la pression des activités humaines:
agriculture, industrie, construction,
transport, activités domestiques.
L?avocette
élégante
1716
+ de10
millions de km2
C?est la surface maritime sous
juridiction française. Grâce à
l?outre-mer, la France est le deu-
xième espace maritime du monde
et abrite 10 % des récifs coralliens
de la planète.
DÉFINITION LA BIODIVERSITÉ représente l?ensemble du
monde vivant, y compris l?homme, selon trois niveaux d?organisation:
la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des éco-
systèmes. Le concept de biodiversité inclut également les différentes
interactions au sein de ces trois niveaux.
(barge à queue noire, avo-
cette élégante) est positive grâce
à ces protections. D?autres
espèces emblématiques recolo-
nisent leurs milieux, comme la
loutre, le castor ou le loup, prin-
cipalement en raison de leur pro-
tection légale. Parallèlement, une
approche plus intégrée des éco-
systèmes permet de concilier les
activités humaines et la protection
de la biodiversité. Le réseau
Natura 2000, développé à
l?échelle européenne, définit des
zones particulièrement vulné-
rables afin d?y mettre en oeuvre
des mesures de gestion. Les
parcs naturels régionaux visent
tout autant à valoriser et protéger
le patrimoine naturel qu?à assurer
un développement local harmo-
nieux (tourisme, commerce, loi-
sirs?). Sur la période 1998 - 2013,
les aires protégées par voie
contractuelle et engagements
internationaux ont progressé en
France métropolitaine de 67 %.
Pour certaines espèces ou
écosystèmes, la situation est
plus contrastée. Si les espèces
emblématiques et ayant un intérêt
patrimonial ont été relativement
bien protégées du fait des poli-
tiques mises en oeuvre, d?autres,
plus «ordinaires», sont en déclin.
Certaines espèces spécialistes
des milieux agricoles sont en net
recul comme l?alouette des
champs ou la buse variable
(-30 %). En ville, le moineau
domestique, l?hirondelle rustique
sont aussi en baisse (-17 %).
D?autres, en revanche, plus géné-
ralistes, sont en hausse comme le
merle noir, la mésange bleue ou le
pigeon ramier. La biodiversité ter-
restre n?évolue pas de manière
homogène, mais en fonction des
pressions qui s?exercent sur elle. Il
en est de même pour l?état écolo-
gique des masses d?eau, très
dépendant des activités humaines
et de la pollution. En France, moins
de la moitié d?entre elles sont dans
un bon état écologique. Les têtes
de bassins sont plus préservées,
principalement les zones de mon-
tagnes où l?empreinte de l?homme
est la moins forte. La situation est
plus dégradée sur le reste du ter-
ritoire, notamment dans les
grandes plaines de cultures.
DES SITUATIONS CONTRASTÉES
La
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CS
PN
B
De nombreux espèces et habi-
tats ? particulièrement les habi-
tats côtiers ? sont en déclin à
cause des activités humaines :
54 % des espèces d?intérêt com-
munautaire sont dans un mauvais
état de conservation, comme
88 % des habitats du littoral médi-
terranéen. Dunes, tourbières,
bas-marais calcaires sont très
touchés. Les menaces sur la bio-
diversité sont dues à de nom-
breux facteurs, comme l?artificia-
lisation des sols (constructions,
routes), les activités agricoles
intensives, l?usage massif de pro-
duits phytosanitaires, la sur-
pêche, l?introduction d?espèces?
Des pratiques comme le comble-
ment des mares ou l?arrachage
des haies détruisent des écosys-
tèmes entiers.
Enfin, le changement climatique
modifie l?ensemble des écosys-
tèmes. La situation est préoccu-
pante en France métropolitaine,
comme dans les territoires
d?outre-mer. À La Réunion, une
étude datée de 2010 (comité fran-
çais de l?UICN) indique qu?une
espèce sur cinq de vertébrés et
d?insectes, un tiers de la flore et
40 % des mollusques sont mena-
cés de disparition.
DES ESPÈCES ET DES HABITATS
TOUJOURS EN DÉCLIN
Avec 16,4 millions d?hec-
tares, la forêt française
métropolitaine représente
30 % de la superficie du terri-
toire. Elle a fortement aug-
menté depuis le xixesiècle.
Cet accroissement des sur-
faces forestières peut s?avérer
antagoniste : il maintient une
continuité des habitats fores-
tiers et permet le développe-
ment d?une biodiversité
spécifique, mais ferme les
milieux ouverts, tels que les
prairies et les landes. De plus,
les effectifs de la grande
faune augmentent fortement,
avec des nuisances: dégâts
sur les milieux naturels, colli-
sions routières, dommages
sur les terres agricoles?
Mont Ventoux en 1800
Mont Ventoux en 2000
La forêt en forte
augmentation
depuis le xixe siècle
La grue cendrée
LA LOUTRE, UNE
RECOLONISATION
EN COURS
Présence de la loutre
période 1970-1980
Niveau de présence nb de départements
Espèce présente .................................... 10
Populations clairsemées...................... 17
Individus isolés ou rares ...................... 34
Espèce absente ................................... 35
Source : Bouchardy Ch. - Groupe Loutre SFEPM - MNHN/SPN
Niveau de présence nb de départements
Espèce présente .................................... 18
Populations clairsemées ...................... 15
Individus isolés ou rares ..................... 27
Espèce absente ................................... 36
Source : SFEPM - MNHN/IEGB/SPN et contributeurs, Plan national
d?action 2010-2015 - Traitements : SOeS, 2012
En image
en 2012
Le loup européen
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
18 19
LA BIODIVERSITÉ
3 exemples
de pression de l?homme sur la biodiversité
LES CONSTRUCTIONS
ET LES AMÉNAGEMENTS
L?artificialisation du sol réduit les
surfaces naturelles, lieux de vie et
de reproduction des espèces. Les
sols deviennent imperméables, ce
qui amplifie les phénomènes de
ruissellement. Sur le littoral, le
phénomène est très important. À
moins de 500m des côtes, les ter-
ritoires artificialisés occupent
28 % des terres.
LA FAUCHE PRÉCOCE
Les fauches précoces dans les
prairies peuvent avoir des effets
néfastes. Par exemple, le râle des
genêts est un oiseau qui occupe
les herbes hautes. La femelle
pond et couve dans un nid à
même le sol de mai à juillet. Elle
est souvent prise au piège et tuée
avec sa nichée lors de la fauche
mécanique.
LES POINTS LUMINEUX
Les éclairages artificiels sont
très nombreux en France. Près
de 9 millions sont recensés. Les
insectes sont les plus affectés. Si
certains fuient, d?autres sont atti-
rés et deviennent des proies
faciles pour leurs prédateurs
comme les chauves-souris. Les
papillons sont aussi particulière-
ment sensibles.
LES RESSOURCES NATURELLES
UNE DEMANDE
CROISSANTE
Consommation, logement, transport? les modes
de vie des pays développés nécessitent l?extraction
d?une quantité de ressources toujours plus importante.
Les matières, extraites ou récoltées (minerais,
céréales?) n?ont cessé d?augmenter dans le monde
depuis 30 ans. La France n?échappe pas à cette
tendance, malgré la crise. Ses besoins, énergétiques
notamment, sont en hausse.
La consommation de matières
premières, produits finis ou
semi-finis, en France est passée
de 829 millions de tonnes en
1990 à 911 millions de tonnes en
2007. La crise de 2008 a mis un
frein à cette augmentation conti-
nue de la consommation, sans
pour autant l?enrayer. Ayant peu
de ressources propres, la France
importe des énergies fossiles en
grande quantité, y compris pour
le nucléaire (l?ensemble de l?ura-
nium utilisé par les centrales
nucléaires françaises pour la pro-
duction d?électricité est importé).
Le développement des énergies
renouvelables participe à réduire
cette dépendance en diversifiant
les sources d?énergie. Les éner-
gies renouvelables développées
sont : l?hydroélectricité,
DÉFINITION
ÉNERGIE FINALE
ET ÉNERGIE PRIMAIRE
L?énergie finale ou disponible
est celle qui est livrée au
consommateur pour sa con-
sommation finale : essence
à la pompe, électricité au
foyer... L?énergie primaire,
elle, est une énergie brute,
c?est-à-dire non transformée
après extraction : le pétrole,
le gaz naturel?
UNE FORTE DÉPENDANCE
AUX IMPORTATIONS D?ÉNERGIE
LISTE ROUGE DES ESPÈCES MENACÉES EN FRANCE MÉTROPOLITAINE
Données en %.
Éteintes en métropole Menacées Quasi menacées De préoccupation mineure Données insuffisantes
Source : Comité français de l?UICN-MNHN, 2013
Fin 2013, 20 % de l?ensemble des espèces évaluées sont considérées comme menacées. Certaines
espèces, comme le phoque moine, ont totalement disparu.
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19% 21% 17% 26% 22% 28% 13%6 %10% 5 %
Gazoduc
21
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
20
17020
5380
2881
3036
2011
2011
Outre l?énergie, les ressources
en eau sont fortement sollicitées
pour répondre aux besoins quoti-
diens des Français. En 2011, les
prélèvements en eau douce de
métropole s?élèvent à 28 milliards
de m3. Après avoir augmenté
jusqu?aux années 1990, les prélè-
vements d?eau destinés à la pro-
duction d?eau potable diminuent
depuis les années 2000. L?acqui-
sition d?équipements sanitaires et
électroménagers plus économes
en eau, les changements de pra-
tiques des particuliers expliquent
en partie cette évolution. L?eau est
également prélevée pour la pro-
duction d?énergie, l?industrie, l?irri-
gation?
L?observation de mesures des
débits dans les cours d?eau fran-
çais sur la période 1968-2007 met
en évidence une augmentation de
la sévérité des étiages (baisse des
débits des cours d?eau) et de leur
durée sur de vastes portions du
territoire. La ressource n?est plus
aussi abondante sans que la
cause, changement climatique ou
L?EAU, UNE RESSOURCE SOUS TENSION
LES PRÉLÈVEMENTS D?EAU
PAR USAGE EN 2011
(en millions de m3)
autre, soit clairement établie. Une
attention toute particulière est
désormais portée à l?état quanti-
tatif des masses d?eau disponibles
pour garantir son accès à tous.
Outre l?eau prélevée en France
pour satisfaire les besoins inté-
rieurs, l?empreinte en eau de la
consommation des Français tient
compte des prélèvements effec-
tués à l?étranger afin de produire
des biens consommés en France
(l?eau associée à la production de
biens exportées est déduite).
Compte tenu de son solde com-
mercial, la France est virtuellement
importatrice d?eau, de telle sorte
que sur ce périmètre le volume
d?eau prélevé en France et à
l?étranger pour satisfaire la
demande en biens et services des
Français serait de 40 milliards de
m3 par an. Selon un périmètre
encore plus large, l?empreinte en
eau de la consommation inclus
l?eau de pluie qui, stockée dans le
sol, est spontanément absorbée
par les cultures agricoles, en plus
des prélèvements pour l?irrigation.
Le volume d?eau correspondant
est estimé à plus de 60 milliards
de m3 par an en France.
1 %
des besoins en gaz
La France couvrait 71 % de ses
besoins en gaz naturel en 1970,
1 % en 2012.
CONSOMMATION D?ÉNERGIE
PAR SECTEUR (en Mtep)
Les secteurs des transports et du résidentiel-tertiaire demeurent
les premiers consommateurs d?énergie.
Sidérurgie Industrie hors sidérurgie Résidentiel et tertiaire Agriculture Transports
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010
Proche de 9 % en 2005, la part des énergies renouvelables dans
la consommation finale atteint 14,2 % en 2013.
Les volumes prélevés pour la production d?énergie sont pour l?essen-
tiel restitués aux rivières ce qui n?est pas le cas pour l?irrigation.
Production d?énergie
(hors hydroélectricité)
Eau potable
Irrigation
Autres usages
60 %
19 %
3 036 Mm3
5 380 Mm3
17 020 Mm3
2 881 Mm3
11 %
10 %
le photovoltaïque, l?éolien, la
géothermie, ainsi que le biogaz et
les biocarburants. Le bois occupe
une place à part en France. Après
avoir atteint un minimum forestier
au début du xxe siècle, le pays a
vu depuis sa superficie de forêt
fortement augmenter. Aujourd?hui,
le bois-énergie est utilisé presque
exclusivement à des fins de
chauffage (93 %).
La France importe également des
ressources minérales non énergé-
tiques dont elle dépend : le fer, le
cuivre, l?argent, l?or. En revanche,
les matériaux de construction (gra-
nulats, sables, graviers) utilisés en
France proviennent en quasi -
totalité du territoire national. L?accès
aux matières premières reste une
préoccupation constante des pays
européens face aux difficultés d?ap-
provisionnement et aux incerti-
tudes géopolitiques. Beaucoup de
ces matériaux entrent dans le pro-
cessus de fabrication de nombreux
équipements courants.
PART DES ÉNERGIES RENOUVELABLES
PAR FILIÈRE (en %)
So
ur
ce
:
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n
én
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01
3
So
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po
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2
01
3
1 Solaire photovoltaïque, énergies marines, géothermie électrique, électricité biomasse
(bois-énergie, biogaz, déchets incinérés, bagasse)
2 Solaire thermique, géothermie, biogaz
Autres filières
électriques 1
0,6
Biomasse
solide
6,6
Autre filière
chaleur 2
0,2
Biocarburants
1,7
Hydraulique
3,3
3,4 5,1 0,1 0,2
0,1
total
2013
14,2
total
2005
9,2
Éolien
0,8
0,1 0,2
Pompes
à chaleur
1
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
22 23
LES RESSOURCES NATURELLES
Transports
Agriculture
Résidentiel et tertiaire
Industrie hors sidérurgie
Sidérurgie
La hausse des captures de
pêche au niveau mondial depuis
les années 1970 a entraîné une
diminution importante des stocks
mondiaux et un déséquilibre des
communautés de poissons. Pour
lutter contre ce phénomène,
l?Union européenne s?est dotée
d?une politique commune de pêche
qui fixe, chaque année, des quan-
tités de poissons capturables par
zone de pêche. Depuis 2009, l?état
des stocks de poissons dans les
eaux atlantiques européennes et
les eaux adjacentes s?est amélioré
suite à cette politique de quotas.
En revanche, certaines méthodes
de pêche comme le chalutage
Pour enrayer la pression sur
les matières premières et la
production de déchets qui en
découle, une solution consiste à
mieux trier, recycler et réutiliser la
matière. 70 % des déchets pro-
duits en France sont constitués de
déchets minéraux provenant en
quasi-totalité du secteur de la
construction. Avec 5,5 tonnes de
déchets par habitant et par an, le
pays se situe à un niveau légère-
ment supérieur à la moyenne
européenne. La collecte, le tri et le
recyclage des déchets se sont
beaucoup développés ces 20 der-
nières années, sous l?effet des
évolutions réglementaires et des
habitudes prises par les Français.
Par exemple, la collecte sélective
s?est élevée en 2011 à plus de
16millions de tonnes (hors déblais
et gravats), soit une hausse de
80 % depuis 2000. En particulier,
les déchèteries rencontrent un
grand succès.
L?évolution la plus marquante
concerne les installations de pré-
traitement (tri, compostage). De la
même manière, le recyclage a
LA PÊCHE, IMPORTATIONS ET QUOTAS
Le sol, comme le reste des res-
sources naturelles, est forte-
ment sollicité, notamment pour
les aménagements urbains. En
2012, les terres agricoles occu-
paient 51 % de la surface de la
France métropolitaine, les milieux
semi-naturels ou surfaces en eau
39,4 % et les sols artificialisés 9,1 %.
Le besoin d?artificialisation du sol
est de plus en plus important, en
raison des évolutions démogra-
phiques et des modes de vie. Le
nombre de logements et d?infras-
tructures s?est considérablement
accru : extension des routes, des
autoroutes, surfaces affectées au
traitement des déchets, aux acti-
vités commerciales, aux loisirs?
Cette situation est particulière-
ment critique sur le littoral, dont la
densité de population est très éle-
vée ? 285hab/km2, soit 2,5 fois
plus que la densité moyenne en
métropole.
UN RECUL DES TERRES AGRICOLES
VERS UNE ÉCONOMIE CIRCULAIRE ?
DES OGM POUR NOS
FILIÈRES D?ÉLEVAGE
L?utilisation la plus médiatique des
OGM reste celle de la culture des
plantes génétiquement modifiées en
plein champ et leur utilisation pour
l?alimentation. En Europe, seul le maïs
génétiquement modifié pour résister
à la pyrale est autorisé à la culture
(MON810). En revanche, 37 OGM
sont autorisés pour l?importation,
essentiellement pour l?alimentation en
protéines des filières d?élevage.
La biomasse est constituée des
productions végétales (céréales,
fruits et légumes?), des résidus
de récoltes et des fourrages pâtu-
rés pour ce qui est de l?extraction
sur le territoire. Les importations
et les exportations comprennent,
en plus des matières brutes, des
animaux vivants (hors poissons) et
des produits manufacturés issus
de productions végétales et ani-
males. Le niveau de production de
biomasse sur le territoire se situe
en moyenne à 230 millions de
tonnes par an pour la période
2009-2011. Les importations
(notamment de tourteaux de soja)
ont fortement augmenté dans les
années 1990 avant de se stabili-
ser. Quant aux exportations, elles
restent stables, composées pour
plus de 50 % de céréales.
LA PRODUCTION DE BIOMASSE
connu une croissance importante:
aujourd?hui, près de 60 % de l?en-
semble des déchets traités en
France sont recyclés sur le territoire
national. Le recyclage s?est spécia-
lisé par filières et types de déchets
(piles, emballages, ameublement,
pneus?), ce qui permet d?amélio-
rer la performance.
sont décriées, car considérées
comme peu sélectives. En Médi-
terranée, seul le thon rouge fait
l?objet de quotas de capture. Les
évaluations des autres espèces
n?ont démarré que récemment,
mais les premiers résultats
indiquent que les trois quarts des
stocks sont surexploités. La situa-
tion française est paradoxale. Les
quantités de poissons vendues
par la flotte métropolitaine ainsi
que le nombre de bateaux ont
chuté de 30 % entre 2002 et 2012.
Cependant, la consommation de
produits aquatiques a augmenté
de 23 % en France entre 1999 et
2012, pour atteindre 36 kg par
personne et par an.
87 %
des produits
aquatiques
consommés sont importés
Hier
Aujourd?hui
Espaces
naturels
Espaces
cultivés
Espaces
ruraux
Cours
d?eau
Plaine
Depuis 20 ans, les espaces naturels sont en recul
au profit des sols bâtis, revêtus ou stabilisés (routes, parkings...)
L?ARTIFICIALISATION DES SOLS
de biodiversité, d?industries, de transports et de pollution
L?économie
circulaire
L?économie circulaire est ins-
pirée des cycles de la nature
où rien ne se perd et tout se
transforme. Ce modèle répond
aujourd?hui à l?urgence écolo-
gique. Voici l?exemple avec un
tee-shirt.
Garniture
de canapé
Fabrication
coton bio
Vêtement usagé
Transformation en
laine d?isolation
pour le bâtiment
Les fibres de coton,
qui n?ont subi aucun
traitement chimique,
peuvent retourner
à la nature
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
24 25
LES RESSOURCES NATURELLES
LES RISQUES
LA FRANCE EXPOSÉE
Mieux connaître les risques, les identifier et les quantifier permet de mettre
en oeuvre les politiques de prévention et de protection adaptées. La France
est exposée à de multiples risques. Certains sont naturels : inondations, submersions
marines, tempêtes et cyclones, érosion côtière, séismes, mouvements de terrain,
feux de forêt, éruptions volcaniques. D?autres sont technologiques : installations
industrielles et nucléaires, grands barrages, transport de matières dangereuses et sites
miniers. Les plus importants, tant en fréquence qu?en gravité, sont les inondations
et les tempêtes.
En France, près de 7 mil-
lions de personnes sont
exposées au risque d?inon-
dation par cours d?eau et une com-
mune sur deux est partiellement
ou totalement en zone inondable.
Entre 1988 et 2012, 65 inondations
graves ont été recensées. En ren-
dant les sols imperméables, l?ac-
croissement de l?urbanisation et
l?artificialisation des surfaces aug-
mentent la gravité et l?intensité de
l?aléa inondation. Le phénomène
de submersion marine est à l?ori-
gine d?inondations sur le territoire.
En métropole, 7 100 km2 de zones
côtières sont soumis à cet aléa qui
résulte de la conjonction de phé-
nomènes extrêmes (dépression
atmosphérique, vent, pluie...) et de
forts coefficients de marée. À ce
risque, s?ajoute le phénomène
d?érosion qui concerne près du
quart du linéaire côtier.
S?il est possible de limiter les
conséquences des inondations
par des travaux de prévention
(digues, barrages?) et en évitant
de construire en zone inondable,
il est beaucoup plus difficile de
se protéger du vent. Une tem-
pête (ou un cyclone en outre-
mer) peut survenir à peu près
partout et s?étendre sur une sur-
face gigantesque.
La France métropolitaine est
modérément exposée aux trem-
blements de terre et aux tsuna-
mis. En revanche, les Antilles
présentent des niveaux de risque
sismique et de tsunami élevés.
Plus ou moins brutal, le glisse-
ment de terrain peut aussi, selon
l?endroit où il se produit, avoir des
conséquences catastrophiques.
En 2013, 14 800 communes sont
classées à risque en France.
Bien qu?il ne constitue pas en soi
un risque majeur pour la popu-
lation, le retrait-gonflement des
argiles peut provoquer
DÉFINITION
RISQUE = ALÉA x ENJEU
Un aléa est un événement naturel
ou technologique potentielle-
ment dangereux. En présence
d?enjeux humains, économiques
ou environnementaux, il produit
un risque.
Les risques naturels
16
milliards d?euros
C?est l?estimation du coût cumulé
des dommages assurés lié aux
catastrophes naturelles entre
1988 et 2011.
ÉVOLUTION DES INONDATIONS ET SUBMERSIONS MARINES DE 1910 À 2013
Depuis les années 1980, les inondations très graves sont plus fréquentes
1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Moissac
plus de 200 morts
Nice
10 morts
Grand-
Bornand
23 morts
Gard
24 morts
2010
Var
25 morts
2011
21 départements
+ 3 000 évacuations
5 morts
1988
Nîmes
10 morts
Nord - Pas-
de-Calais
10 morts Camargue
10 morts
Bollène
10 morts
Gers
16 morts
1995
43 départe-
ments
15 morts
Crue de
la Seine
200 000 sinistrés
5 morts
Pyrénées-
Orientales
50 morts
Vendée
Charente-Maritime
53 morts
Gard
Hérault
35 morts
1958
1977
1983
1987
2002
1993
1999
2013
1979
5
départe-
ments
30 morts
Sud-Ouest
+ 5 000
évacuations
3 morts
1940
1910
1930
2010
Vaison-
la-Romaine
47 morts
1992
Inondation par débordement de cours d?eau
Submersion marine Inondation par ruissellement urbain
26 27
LA FRANCE EXPOSÉELA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
d?importants dégâts sur la
structure des bâtiments (fissura-
tion des murs et du sol). Il a
conduit à prendre 19 000 arrêtés
de catastrophe naturelle entre
1982 et 2013 en France métro-
politaine.
Dans l?ensemble, les dommages
liés aux risques naturels (submer-
sions, feux de forêts, mouve-
ments de terrains?) pourraient
s?accroître en France dans les
prochaines décennies sous l?effet
du changement climatique (aug-
mentation des événements météo-
rologiques extrêmes, montée du
niveau des océans...).
Toute exploitation industrielle sus-
ceptible de créer des risques ou
de provoquer des pollutions ou
nuisances, notamment pour les
riverains, est une installation clas-
sée pour la protection de l?environ-
nement (ICPE). Plus de 20 000
accidents impliquant des ICPE ont
été recensés sur la période 1992-
2012. Les établissements dits
Les risques technolo-
giques, qui recouvrent les
risques industriels, nucléaires
et biologiques, se caractérisent à
la fois par une fréquence faible et
par une gravité importante.
INSTALLATIONS
INDUSTRIELLES
Fin 2012, la France comptait
125 installations nucléaires de
base (INB), principalement les
réacteurs implantés dans les
19centrales de production d?élec-
tricité, des centres de recherche,
des usines de fabrication ou de
retraitement du combustible
nucléaire et des centres de stoc-
kage de déchets radioactifs.
En raison de la nature de ces ins-
tallations, leur conception, leur
construction, leur exploitation, ainsi
que leur mise à l?arrêt et leur
démantèlement sont strictement
réglementés et contrôlés. La
France compte également
19 INB intéressant la Défense natio-
nale, mais aussi des installations de
type nucléaire de proximité. Ces
dernières regroupent les appa-
reils électriques générant des
rayonnements ionisants et les
sources radioactives utilisées à
des fins médicales, industrielles
et de recherche. En matière d?ins-
tallations nucléaires, le risque zéro
n?existe pas. Pour prévenir les
accidents et limiter leurs consé-
quences, la « défense en
Les risques
technologiques
INSTALLATIONS NUCLÉAIRES
Seveso sont les plus dangereux.
En 2013, la France en compte
1 083, dont 39 dans les départe-
ments d?outre-mer. Ces sites sont
localisés dans les zones indus-
trielles des grandes aggloméra-
tions, en bord de fleuve ou à
proximité d?axes routiers. Il s?agit
d?industries pétrolières et gazières,
pharmaceutiques et chimiques,
d?entrepôts de produits dange-
reux, de silos... Les accidents sur-
venant dans ces sites peuvent
produire plusieurs types d?effets,
combinés ou non : thermiques,
toxiques, surpression, projection.
À l?échelle du territoire français,
232 600 personnes résident à
moins de 500 mètres d?un établis-
sement Seveso en activité en
2013. Les interactions entre aléas
naturels et installations indus-
trielles à risque font l?objet d?une
attention particulière des pouvoirs
publics. En France, 747 accidents
NaTech (contraction de naturel et
technologique) ont été recensés
entre 1992 et 2012, provoqués le
plus souvent par des inondations,
par la foudre ou par des tempéra-
tures extrêmes.
En janvier 1910, la Seine atteint
8,62 mètres au niveau du pont
d?Austerlitz : 200 000 personnes
Pont de l?Alma le 28 janvier 1910
Crue exceptionnelle de la Seine
sont sinistrées et la moitié du
réseau métropolitain inondée. Si
une crue de même ampleur sur-
venait aujourd?hui, 850 000 per-
sonnes seraient directement
touchées (435 000 logements) et
5 millions indirectement exposées
par le dysfonctionnement des
réseaux (électricité, transports...).
C?est un rejet accidentel de
dioxine, survenu en 1976 dans
une usine chimique italienne
proche de la commune de
Seveso, qui a incité l?Union euro-
péenne à se doter d?une politique
commune en matière de préven-
tion des risques industriels
majeurs. La directive Seveso du
24juin 1982 a été étendue et ren-
forcée en 1996 et 2012. Elle
engage les États membres et les
entreprises à identifier les risques
associés à des activités indus-
trielles dangereuses et à prendre
les mesures nécessaires pour y
faire face.
Seveso
Les derniers grands accidents technologiques
1959
Rupture du barrage de Malpasset,
423 morts et 7 000 sinistrés.
1966
Explosions et incendies de la zone
de stockage de GPL de la raffinerie
de Feyzin, 18 morts et 84 blessés.
2001
Explosion dans l?usine AZF à Tou-
louse, 31 morts et plusieurs milliers
de blessés.
Le phénomène de
retrait-gonflement
est particulièrement
préjudiciable à de
nombreuses maisons
individuelles
construites sur des
fondations peu pro-
fondes.
Retrait
Gonflement
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
28 29
LA FRANCE EXPOSÉE
Chaque année, 15 millions de
colis de matières dange-
reuses transitent sur le territoire
français par voie routière, ferro-
viaire, aérienne, maritime, fluviale
ou par canalisation. 6 % de ces
colis sont constitués de subs-
tances radioactives. Ces transits
peuvent présenter un risque pour
la population et l?environnement
en cas d?accident sur les moyens
de transports utilisés. Les consé-
quences dépendent des matières
transportées : effets thermiques,
mécaniques ou toxiques, conta-
mination et irradiation pour les
substances radioactives, pollution
des milieux? 3 578 accidents sur-
LE TRANSPORT DE MATIÈRES DANGEREUSES
profondeur » prévoit plu-
sieurs niveaux de protection indé-
pendants. Chaque site nucléaire
fait l?objet d?un plan particulier
d?intervention (PPI) qui définit les
moyens nécessaires pour proté-
ger les populations en cas d?acci-
dent. Son rayon varie de 600 m
à 10 km, suivant le type et l?acti-
vité du site. En France, 782 000
personnes résident dans le rayon
du PPI d?une installation nucléaire.
La gestion des substances
chimiques dans l?environne-
ment est compliquée, d?autant
que certains polluants persistent
longtemps après avoir été inter-
dits d?usage et peuvent se trans-
former ou se disséminer d?un
milieu à un autre (air, eau, sols,
aliments). La connaissance des
effets sur la santé de ces subs-
tances s?améliore et leur rôle dans
l?augmentation de certaines
pathologies est reconnu : on
estime, par exemple, que 5 à
10% des cancers sont liés à des
causes environnementales. Mais,
dans bien des cas, il reste difficile
de conclure, car de nombreux
facteurs interagissent : habitudes
alimentaires, lieux de résidence,
durée de l?exposition... De plus,
une substance non toxique à
faible dose peut le devenir si elle
est associée à d?autres compo-
sés, c?est « l?effet cocktail ».
Des substances chimiques,
appelées perturbateurs endo-
criniens, interférent avec
Les risques
environnementaux
chroniques
LES SUBSTANCES CHIMIQUES
PRÉSENTES DANS L?ENVIRONNEMENT
venus lors de transports de
matières dangereuses (hors
matières radioactives) ont été
recensés entre 1992 et 2012. En
2012, 59 événements survenus
lors de transports de substances
radioactives ont donné lieu à un
classement sur l?échelle Ines.
Les développements technologiques, comme les activités et les modes de vie, contribuent à dissé-
miner de nouvelles substances potentiellement dangereuses (métaux, pesticides...) dans l?environnement.
L?exposition d?une partie de la population à la radioactivité, aux nuisances sonores ou aux ondes élec-
tromagnétiques est également surveillée.
EFFET
MÉCANIQUE
IRRADIATION
55
substances
chimiques
ont été évaluées au titre de la
directive européenne REACH , sur
la période 2007-2013.
REACH est une réglementation euro-
péenne qui enregistre, évalue, autorise
et restreint les substances chimiques.
Elle est entrée en vigueur le 1er juin
2007. Actuellement 55 substances
chimiques sont évaluées au titre de la
directive européenne Reach sur la
période 2007-2013.
POLLUTION
DES
MILIEUX
EFFET
THERMIQUE CONTAMINATION
EFFET
TOXIQUE
Les événements survenant dans les INB civiles et lors de transports
de substances radioactives sont classés selon leur gravité sur l?échelle Ines
(International Nuclear Event Scale). Créée en 1987, elle comprend
8 niveaux (0 à 7). Les accidents survenus sur la centrale nucléaire de Tcher-
nobyl (1986) et celle de Fukushima (2011) sont classés au niveau 7, ce qui
correspond à un rejet radioactif ayant des effets néfastes sur la santé et
l?environnement. À ce jour, les événements les plus graves survenus en
France, à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, sont de niveau
4 et n?ont pas entraîné de rejets radioactifs à l?extérieur du site.
Incidents et accidents nucléaires
Accidents majeurs
(de type Tchernobyl)
Accident ayant des
conséquences limitées
autour du site
Accident présentant des
risques à l?extérieur du site
Accidents sur l?installation
(de type Tokaï Mura)
Incidents affectant
la sûreté
Incidents susceptibles de
développements ultérieurs
Anomalie
de fonctionnement
7
6
5
4
3
2
1
Les différents risques encourus
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
30 31
LA FRANCE EXPOSÉE
LA RADIOACTIVITÉ
LES NUISANCES SONORES
LES CHAMPS
ÉLECTROMAGNÉTIQUES
La radioactivité est un phéno-
mène naturel, présent partout
sur Terre. Un Français reçoit une
dose annuelle moyenne de 3,7
milli sieverts par an, dont les deux
tiers sont inhérents à cette
radioactivité naturelle. Les élé-
ments radioactifs artificiels pré-
sents dans l?environnement ont
principalement pour origines les
rejets réglementés (installations
nucléaires), les retombées de l?ac-
cident de Tchernobyl et des tirs
atmosphériques.
Pour près de 10 % de Fran-
çais, les pollutions sonores (voi-
sinage, activités, transport...) sont
très préoccupantes. Selon l?Orga-
nisation mondiale de la santé, elles
sont la deuxième cause de mor-
bidité, derrière la pollution atmos-
phérique, parmi les facteurs de
risques environnementaux en
Europe. Le bruit perturbe les com-
munications et dégrade l?acuité
auditive. Ses effets peuvent aller
jusqu?aux troubles du sommeil,
l?hypertension artérielle, la réduc-
tion du champ de vision, l?irritation
nerveuse et la dépression. En
France, près de 40 % des habi-
tants des agglomérations de plus
de 250 000 habitants sont expo-
sés à un niveau sonore de jour
supérieur à 60 dB en raison du
trafic routier.
Les champs électromagné-
tiques sont naturellement
présents dans l?environne-
ment. De nombreux appareils ont
besoin des champs électroma-
gnétiques pour fonctionner : télé-
visions, fours micro-ondes, radios,
téléphones mobiles et sans fil,
ampoules fluocompactes, sans
oublier les antennes-relais dont le
nombre a été multiplié par 6 entre
1997 et 2012 avec le développe-
ment de la téléphonie mobile.
L?évaluation des effets des ondes
électromagnétiques sur la santé
fait aujourd?hui encore débat.
L?usage intensif du téléphone por-
table est une source d?exposition
qui ne doit pas être sous-estimée.
De même, l?exposition aux
champs de fréquences extrême-
ment basses, générés par toute
installation ou appareil qui trans-
porte ou consomme de l?électri-
cité, est difficile à estimer. Par
précaution, il est recommandé de
ne pas installer de nouveaux éta-
blissements accueillant des
enfants et des femmes enceintes
à moins de 100 mètres des lignes
à très haute tension.
9 600
antennes-relais
sont installées en moyenne dans
chaque département.
L?exposition à la pollution de
l?air augmente la mortalité.
En 2000, le nombre de décès
attribuables aux particules fines
PM2,5 (particules de diamètre
inférieur à 2,5 microns) s?élevait
à 42 000. Le dépassement de la
valeur-guide de l?Organisation
mondiale de la santé pour les
particules fines (10 µg/m3 en
moyenne annuelle de PM2,5)
dans 25 villes européennes, soit
39 millions d?habitants, se traduit
chaque année par 19 000 décès
prématurés, dont 15 000 pour
des causes cardiovasculaires.
Les émissions d?échappement
des moteurs diesel et la pollution
de l?air extérieur ont été classées
cancérogènes pour l?homme.
La qualité de l?air
LES POLLENS
Aujourd?hui, près de 40 % des
Français sont allergiques,
dont la moitié souffre de pollinose
(allergie au pollen, essentiellement
bouleau, cyprès, ambroisie, gra-
minées). Une proportion qui a
doublé depuis le début des
années 1980. Ces allergies au pol-
len se manifestent surtout par des
rhinites, des conjonctivites, de
l?asthme. Elles sont aggravées par
la pollution atmosphérique et le
changement climatique.
le système hormonal : bis-
phénols, phtalates, PCB... Ces
composés sont présents dans les
aliments, les emballages, les cos-
métiques, les appareils électro-
niques, les meubles? Ils sont
soupçonnés d?altérer à faibles
doses certaines fonctions de la
reproduction et de favoriser les
cancers hormono-dépendants
(sein, ovaire, prostate), ainsi que
plusieurs maladies chroniques
(obésité, diabète, maladies car-
dio-vasculaires). L?usage de plu-
sieurs de ces substances a déjà
été restreint ou interdit.
Les pesticides sont présents un
peu partout dans l?environne-
ment: milieux aquatiques, air, sol,
denrées alimentaires. Depuis plu-
sieurs décennies, il existe des
suspicions sur leur rôle dans le
développement de maladies
comme certains cancers ou des
anomalies du développement
foetal et des problèmes de fertilité.
La maladie de Parkinson vient
d?être reconnue comme maladie
professionnelle pour les utilisa-
teurs de pesticides.
Les nanoparticules et nano-
matériaux sont des particules
d?une taille inférieure à 100 nano-
mètres (100 milliardièmes de
mètre). Ils entrent dans la compo-
sition de produits de grande
consommation, disponibles sur
le marché français : produits cos-
métiques et d?hygiène, textiles,
aliments, matériaux de construc-
tion... Compte tenu des incerti-
tudes quant aux effets des
nanomatériaux sur la santé et
l?environnement, il est recom-
mandé d?observer le principe de
précaution.
| LA CONNAISSANCE S?AMÉLIORE
32 33
LA FRANCE EXPOSÉE
L?ENVIRONNEMENT
EN FRANCE
LES ACTIONS
Initiatives locales
et solutions à long terme
Si les modes de vie évoluent vers une plus grande prise
en compte de l?environnement, la consommation, les
déplacements et l?urbanisation pèsent encore fortement
sur les ressources. Parallèlement, les pouvoirs publics
mettent en oeuvre des mesures pour réduire l?impact des
activités sur l?environnement et l?exposition des territoires
aux risques et nuisances. L?économie verte devient une
réalité pour bon nombre de filières.
935
Pour les Français, la consommation responsable correspond à deux logiques :
éviter le gaspillage en privilégiant les achats nécessaires et soutenir les emplois de
proximité tout en limitant les déplacements de marchandises. Elle suscite différents
niveaux d?engagement : certains consommateurs adoptent des produits et services
plus respectueux de l?environnement, d?autres vont jusqu?à remettre en cause une
partie de leur confort en redéfinissant leurs besoins et leur mode de vie. Mais si,
globalement, les Français adhèrent aux principes d?une consommation plus verte et
plus sobre, le passage à l?acte reste difficile, souvent pour des raisons économiques.
LES PRATIQUES
DOMESTIQUES
LA MOBILITÉ INDIVIDUELLE
LOCALE
Surveiller ses consommations
d?énergie et d?eau, réduire sa pro-
duction de déchets, éviter l?usage
régulier de produits polluants sont
les principaux enjeux auxquels
sont confrontés les ménages sou-
cieux de minimiser l?impact envi-
ronnemental de leurs pratiques
domestiques.
Le chauffage représente 75 % de
la consommation finale d?énergie
des ménages contre 80 % en
1990. Les progrès accomplis en
la matière sont contrebalancés par
l?augmentation de la consomma-
tion d?électricité spécifique (éclai-
rage, appareils ménagers, TV?).
Cette dernière est liée à l?accrois-
sement du nombre d?appareils
électroménagers, même si leurs
performances énergétiques pro-
gressent. Les équipements multi-
médias se sont aussi largement
diffusés dans les foyers : en 2012,
près de 80 % des Français ont un
ordinateur à la maison.
La consommation domestique
d?eau potable en France est en
moyenne de 151 litres par jour et
par habitant, avec une tendance
à la baisse de 2 % par an depuis
2005. Parmi les actions indivi-
duelles pour réduire la consom-
mation d?eau, certaines font
Les Français consacrent
10,6 % de leurs dépenses aux
transports, soit autant que pour
l?alimentation. En moyenne, le
nombre de déplacements quoti-
diens reste stable depuis les
années 1990, avec 3,15 déplace-
ments par jour et par personne,
mais les distances et la durée
moyenne s?allongent. La voiture
reste le mode de transport domi-
nant pour les déplacements
locaux avec 83 % des distances
parcourues, loin devant les trans-
ports en commun (11 %), la
marche (2 %), ou encore le vélo
(1 %). La décennie 2000 est mar-
quée par des évolutions notables:
l?usage de la voiture recule pour la
première fois dans les grandes
agglomérations et la circulation
automobile se stabilise à l?échelle
VERS UNE CONSOMMATION ET DES
MODES DE VIE DURABLES
C?est en réponse au premier
choc pétrolier que la France a
adopté, en 1974, une réglemen-
tation thermique (RT) pour les
logements neufs, afin de réduire
sa facture énergétique. À la
suite, différentes RT (1982, 1988,
2000, 2005 et 2012) ont renforcé
les normes d?isolation et les
niveaux de rendement des équi-
pements.
La réglementation
thermique
désormais l?objet d?un large
consensus, comme prendre des
douches plutôt que des bains ou
être attentif aux fuites d?eau.
Depuis quelques années, un
découplage apparaît entre les
dépenses de consommation des
ménages, qui continuent d?aug-
menter, et la production totale de
déchets ménagers, dont le rythme
d?évolution est moindre. Plus de
4 Français sur 5 affirment trier
leurs déchets. Cependant, le gas-
pillage alimentaire représente
encore 20 kg/habitant/an, dont
7kg de déchets alimentaires non
consommés et encore emballés.
Alors que les inquiétudes socio-
économiques prennent le pas sur
les préoccupations environne-
mentales, le choix de réduire son
niveau de consommation résulte
de contraintes pour près de la
moitié des ménages. Seuls 14 %
d?entre eux le font par conviction.
Source : Credoc, 2014
des ressources
Près de 3,8 millions de ménages
sont en situation de précarité
énergétique, car ils consacrent
plus de 10 % de leurs ressources
aux dépenses d?énergie (Insee,
2011).
+ de
10%
36 37
LES ACTIONS
nationale. En parallèle, les trans-
ports collectifs, comme le tram-
way, connaissent une hausse de
fréquentation. Quant au vélo, il a
fait son retour en ville, grâce
notamment à l?offre de vélo en
libre-service. Enfin, les modes de
mutualisation des déplacements
et des véhicules se développent
parallèlement à l?essor des tech-
nologies de l?information et de la
communication : covoiturage,
auto-partage?
Largement dominé par les
motorisations diesel (60 % des
véhicules particuliers) et essence,
le marché automobile offre pour-
tant des alternatives : motorisa-
tions au superéthanol, voitures
électriques (8 700 unités vendues
en 2013). Outre les choix de
motorisation, un deuxième niveau
d?action consiste à modifier ses
pratiques. L?écoconduite (mainte-
nir une vitesse stable, bien entre-
tenir son véhicule, anticiper le
trafic, éviter les montées en
régime du moteur et les accélé-
rations brusques?) est à ce titre
emblématique. Simple à mettre
en oeuvre, l?écoconduite permet
de maîtriser ses coûts de carbu-
rant ( jusqu?à moins 15 % de
consommation), de limiter ses
émissions de gaz à effet de serre
et de polluants et de réduire les
risques d?accident.
(contre 66 % en 2011). Trois Fran-
çais sur cinq déclarent consom-
mer occasionnellement des
produits issus de l?agriculture bio-
logique, avec comme motivations
premières la préservation de la
santé et la qualité des produits et
la préservation de l?environne-
ment. Parmi ceux qui n?achètent
pas de produits bio, 77 % consi-
dèrent que leurs prix sont trop
élevés. Quant à la part des pro-
duits bio dans la restauration col-
lective (3 milliards de repas par an),
elle ne représente que 2,4 % des
achats alimentaires, mais est en
nette progression.
Dans un contexte marqué par
l?accroissement de l?offre des
circuits courts et par la volonté
de soutenir les emplois locaux,
une personne sur deux déclare
faire fréquemment attention à la
distance parcourue par les pro-
duits alimentaires. En revanche,
les Français restent peu disposés
à modifier leur régime alimentaire
pour des raisons environnemen-
tales : 52% n?envisagent pas de
diminuer leur consommation de
viande (90 grammes par per-
sonne par jour au lieu des 52
grammes conseillés).
Orienter ses choix de consom-
mation alimentaire vers des
modes de production plus respec-
tueux de l?environnement, privilé-
gier les pro duits locaux et de
saison, veiller à l?impact environ-
nemental des modes d?achemine-
ment des produits jusqu?à chez soi
sont autant de pistes pour réduire
l?impact environnemental de l?ali-
mentation.
Cette évolution récente est
constatée dans les grandes
agglomérations. Transports col-
lectifs, deux-roues motorisés et
marche sont en nette augmen-
tation. Quant au vélo, il est de
retour, mais reste encore peu
usité.
Moins de
déplacements
en voiture
15 %
C?est la part modale
du vélo dans
le centre-ville
de Strasbourg
15 %
C?est la part modale des transports
en commun à Grenoble L?ALIMENTATION
Le poids de l?alimentation dans
le budget des Français a fortement
diminué, passant de 22 % des
dépenses en 1960 à 10,4 % en
2007. Si 44 % des consomma-
teurs font du prix leur premier cri-
tère de choix, 71 % d?entre eux
déclarent privilégier les produits
respectueux de l?environnement
lorsqu?ils effectuent leurs achats
Les Amap ont pour objectif de préserver l?existence et la continuité
des fermes de proximité dans une logique d?agriculture durable, pay-
sanne, socialement équitable et écologiquement saine. Leurs adhérents
achètent à l?avance la production d?un ou plusieurs agriculteurs. La
première Amap a été créée en 2001. Aujourd?hui, 1 500 structures de ce
type fournissent plus de 50 000 familles dans toute la France.
Les associations pour le maintien
d?une agriculture paysanne (Amap)
RÉPARTITION DES DÉPENSES CONSACRÉES
À L?ALIMENTATION Données calculées en %.
* Non alcoolisées
En 50 ans, le budget consacré
à l?alimentation par les Fran-
çais a baissé d?environ 53%. So
ur
ce
:
In
se
e,
c
om
pt
es
n
at
io
na
ux
-b
as
e
20
05
1,4
0,9
1,7
1,5
0,7
2,6
1,5
2012
10,4%
1960
22%
| LES ACTIONS
38 39
LES MODES DE VIE
Les enjeux environnementaux nécessitent de réorienter nos modèles économiques
vers une économie verte, c?est-à-dire tournée vers des modes de production
et de consommation plus durables. Pour cela, l?appareil productif doit s?adapter.
Des moyens et des outils de suivi de ces mesures existent pour accompagner
cette évolution.
UNE VITALITÉ
DES ÉCOACTIVITÉS
UNE MOBILISATION
DES POUVOIRS PUBLICS
ET DES ENTREPRISES
L?économie verte regroupe l?en-
semble des activités des entre-
prises qui agissent en faveur de
l?environnement. Au coeur de ces
activités, on retrouve les éco-acti-
vités dont la production (de biens
et services) vise directement la
protection de l?environnement ou
la gestion durable des ressources.
C?est le cas par exemple des acti-
vités de collecte et de traitement
des déchets ou de fabrication de
chauffe-eau solaires. Comparati-
vement au reste de l?économie, les
éco-activités révèlent une certaine
vitalité en matière de production
et de valeur ajoutée. Sur le marché
de l?emploi, elles mobilisent
447 500 emplois en 2012, soit
1,8 % de l?emploi total en France.
L?emploi dans ce secteur affiche
un dynamisme marqué sur la
période 2004-2012 avec une aug-
mentation de 3,9 % en moyenne
par an contre 0,3 % pour le reste
de l?économie, principalement
dans la gestion des eaux usées et
des déchets et les énergies renou-
velables (EnR).
L?État accompagne la transi-
tion vers une économie verte
à travers plusieurs actions. Il joue
un rôle dans le soutien et la struc-
turation des dix-neuf filières
vertes . Ces dernières constituent
l?axe industriel majeur vers une
économie décarbonée et éco-
nome en ressources. Des contrats
de filières fixent les engagements
conjoints de l?État, des industriels
des éco-industries et des organi-
sations syndicales. Les filières les
plus emblématiques sont celles
de l?eau, des déchets et des éner-
gies renouvelables.
Le soutien à la R&D et à l?innova-
tion est un deuxième moyen d?ac-
croître la compétitivité des filières
vertes. La structuration du tissu
économique en pôles de compé-
titivité participe à cette moderni-
sation de l?activité économique.
20 pôles exercent une activité
dans des domaines variés : tech-
nologies liées à l?environnement,
bio ressources, énergies renouve-
lables, efficacité énergétique,
stockage de l?énergie, réseaux
intelligents (smart grids), gestion
des risques naturels, ville et mobi-
lité durables. L?innovation et l?ef-
fort de R&D déployés par les
pôles de compétitivité sont sou-
tenus à travers le fonds unique
interministériel qui finance des
projets de R&D collaboratifs. De
son côté, le programme des
investissements d?avenir accom-
pagne des projets favorisant l?in-
novation et la création d?emplois
non délocalisables dans des sec-
teurs à forts potentiels pour l?éco-
nomie nationale.
Dans les entreprises, l?intégra-
tion des préoccupations environ-
nementales s?est accrue au cours
des dernières années. Grâce à
une réglementation plus exi-
geante, la responsabilité sociale
des entreprises a notablement
progressé dans les plus grandes
sociétés.
1million
d?emplois
sont générés par les
activités de l?économie
verte en 2011
Près de
VERS UNE
ÉCONOMIE VERTE
DÉFINITION
L?ÉCONOMIE VERTE
une économie qui améliore
le bien-être humain et la
justice sociale, tout en ré-
duisant sensiblement les
risques environnementaux
et les pénuries écolo-
giques.
La RSE est une déclinaison
des principes de développe-
ment durable à l?échelle de
l?entreprise. Depuis 2001, les
entreprises cotées en Bourse
doivent mentionner dans leur
rapport annuel de gestion des
informations environnemen-
tales et sociétales. Cette obli-
gation a été élargie par la
suite. Concrètement, 42 infor-
mations environnementales,
sociales et de gouvernance
doivent être fournies dans un
rapport annuel. 2 350 socié-
tés, dont un peu moins de 900
cotées, sont concernées par
cette obligation.
La responsabilité
sociétale de
l?entreprise (RSE)
L?observatoire national des emplois et métiers de l?économie
verte a été créé en 2010. C?est un outil d?observation et de mesure pour
mieux comprendre les enjeux d?emploi dans l?économie verte.
Un observatoire national
40 41
LES ACTIONS
L?ÉVOLUTION DES MÉTIERS
ET DES COMPÉTENCES
Le marché de l?emploi, la forma-
tion et les services d?orientation
doivent offrir des réponses à ces
nouvelles réalités économiques.
Tous les métiers sont ou seront
touchés par le verdissement de
l?économie, impliquant l?acquisi-
tion de compétences environne-
mentales.
Les formations, continue et ini-
tiale, sont des volets importants
de l?adaptabilité à ce nouveau
marché. La valorisation des
métiers et des offres d?emplois,
d?une part, l?orientation et la for-
mation des demandeurs d?em-
ploi, d?autre part, sont les leviers
pour le verdissement de l?écono-
mie et des métiers.
En formation continue, il s?agit
d?adapter l?offre de formation.
L?Association nationale pour la
formation professionnelle des
adultes (Afpa) forme 60 000 sala-
riés par an (27 000 dans le bâti-
ment, 15 000 dans l?industrie,
6 600 dans le commerce et la dis-
tribution, 5 000 dans le transport
et la logistique). Pour répondre aux
besoins, l?Afpa a rénové des for-
mations qualifiantes en intégrant
de nouvelles compétences vertes
et propose des stages de perfec-
tionnement en complément.
En formation initale, l?offre
s?étoffe dans le domaine de l?envi-
ronnement. En 2011, plus d?un mil-
lier de formations initiales ont été
comptabilisées ; elles représentent
10,5 % de l?ensemble des forma-
tions. C?est le secteur de la maîtrise
de l?énergie et des énergies renou-
velables qui connaît la plus forte
progression, soit +70,2 % sur la
période 2008-2011.
Dans le domaine agricole, le bio
connaît une forte progression,
même si cela reste un mode de
Entre 2008 et 2011, le nombre
d?étudiants en environnement a
augmenté en moyenne de 2,3 %
par an. Cette dynamique est por-
tée par le domaine de l?énergie,
emblématique de l?évolution des
métiers, des compétences et des
formations face au nouveau
modèle de la transition énergé-
tique.
Impactés par les nouvelles
réglementations en matière de
développement durable, tous
les secteurs de l?économie
sont concernés et devront
s?adapter à plus ou moins long
terme. Le bâtiment est emblé-
matique de ces évolutions.
Concrètement, les profession-
nels du secteur doivent tenir
compte de l?évolution des
normes et réglementations (RT
2012), apprendre les gestes
pour utiliser de nouveaux
matériaux ou assimiler de nou-
velles techniques de travail
(isolation, construction?).
Le bâtiment
s?adapte
DES ÉLÈVES ET ÉTUDIANTS EN ENVIRONNEMENT
TOUJOURS PLUS NOMBREUX
production marginal. Plus d?un mil-
lion d?hectares sont cultivés en bio
en 2012, soit 3,8 % de la surface
agricole utilisée.
À Pôle emploi, en 2013, 13 %
des offres d?emploi et 14 % des
demandes d?emploi relèvent de
l?économie verte. Depuis 2010,
Pôle emploi consacre 17 % de
son enveloppe annuelle d?achat
à des formations qualifiantes en
lien avec le verdissement de l?éco-
nomie.
71 000
élèves et étudiants
étaient inscrits en dernière année
d?une formation initiale en environ-
nement à la rentrée 2011-2012.
| LES ACTIONS
42 43
L?ÉCONOMIE VERTE
Énergies
renouvelables
Efficacité
énergétique
transports
Efficacité
énergétique
bâtiment
Dépollution
Déchets
26,5 %
31,4 %
12 %
20,8 %
9,3 %
DEMANDES DE BREVETS PUBLIÉES DANS LE
DOMAINE DE L?ÉCO-INNOVATION AUPRÈS DE L?INPI
En 2011 par domaine
Les brevets dans le domaine des énergies renouvelables
représentent plus du quart de l?ensemble des brevets.
Source : INPI, données 2011 - Traitements : SOeS, 2014
Pollution de l?air
3,3%6500
Eaux usées
1,4%69800
Déchets
2,8%84900
Récupération
1,8%33500
Énergies renouvelables
11,6%68700
Maitrise de l?énergie
3,9%24500
R&D environnementale
8,0%19 000
Ingénierie
environnementale
3,4%15400
Bruit
4,8%8900
Déchets radioactifs
1,4%3700
Réhabilitation
des sols et eaux
12,1%57 500
Nature, paysage,
biodiversité
1,9%13000
Gestion des ressources Activités transversales
Gestion durable
de l?eau
2,9%7400
Services généraux
publics
2,7%34 700
Démantèlement
des navires et véhicules
Recyclage verre, plastique
Consultants, architectes
Eco-activités : chiffres de l?emploi en 2012
Protection de l?environnement
ÉCO-ACTIVITÉS : NOMBRE D?EMPLOIS EN 2012
ET ÉVOLUTION MOYENNE ANNUELLE SUR LA PÉRIODE 2004-2012
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20
14
| LES ACTIONS
44 45
L?ÉCONOMIE VERTE
Les activités humaines actuelles ou passées ont modifié les milieux : sites et sols
pollués par les activités industrielles, pesticides dans les eaux souterraines, émissions
de polluants dans l?air, nuisances sonores avec l?augmentation des trafics routier, aérien
et ferroviaire, etc. Les territoires et les populations se retrouvent plus exposés aux risques
environnementaux et les défis lancés aux acteurs de l?aménagement, notamment aux
collectivités, sont importants.
VERS DES TERRITOIRES
MOINS EXPOSÉS
LES ACTIONS
DES ACTIONS CURATIVES
PAR SECTEUR
Les mesures sectorielles enga-
gées veillent à atténuer les niveaux
d?exposition :
? pour la pollution de l?air : déve-
loppement de modes de trans-
ports propres, régulation des flux
de véhicules dans les zones affec-
tées, avantage fiscal pour l?achat
d?un véhicule électrique, encoura-
gement des mobilités douces ;
? pour la pollution de l?eau : pro-
tection des points de captage,
traitement de l?eau brute, contrôle
sanitaire de l?eau captée et de l?eau
traitée ;
? pour les sites et sols pollués :
mise en sécurité et évaluation du
site, travaux ou réhabilitations, sur-
68 %
des points de
captage d?eau
potable sont
protégés*
Trois périmètres de protection
sont pratiqués : la protection
immédiate (espace clôturé), rap-
prochée (contrôle des activités
aux alentours) ou éloignée (zone
de vigilance plus étendue). La
France a adopté une logique pré-
ventive en créant des zones pré-
servées autour des sources
destinées à l?alimentation en eau
potable.
*2013. Source : ministère de la Santé
veillance ou restrictions d?usage et
inscription dans la base de don-
nées des inventaires historiques
régionaux Basias ;
? pour les nuisances sonores :
écrans acoustiques aux abords
des routes et des voies ferrées,
isolation sonore des bâtiments,
revêtements de chaussée silen-
cieux.
Au-delà de ces exemples d?ac-
tions curatives, des mesures pré-
ventives sont aussi mises en
place.
ÉVOLUTION DES DÉPENSES DE LUTTE
CONTRE LE BRUIT (En millions d?euros courants) Source : SOeS
Depuis 2000, les dépenses de lutte contre le bruit n?ont cessé
d?augmenter pour s?établir à près de 2,3 milliards d?euros
en 2012, dont 1,8 milliard d?euros consacré à la construction
de dispositifs de protection.
Dépenses liées aux transports
Dépenses accoustiques en bâtiments
Dépenses industrielles
20
00
20
01
20
02
20
03
20
04
20
05
20
06
20
07
20
08
20
09
20
10
20
11
20
12
Bâtiments
TransportsTransports
Bâtiment
Industries Industries
768 594
2012
798 1 564
66 79
2001
90
plans de
déplacements
urbains
opposables fin 2013
46 47
DES TERRITOIRES MOINS EXPOSÉS ?
années 2000, le droit de l?urba-
nisme évolue, notamment avec la
loi de solidarité et de renouvelle-
ment urbain qui réforme le concept
de planification territoriale. Enfin,
la trame verte et bleue permet de
franchir une étape en renforçant la
prise en compte du fonctionne-
ment écologique des espaces et
des espèces dans l?aménagement
du territoire.
DES MESURES DE PRÉVENTION
ET D?ADAPTATION
Pour limiter les expositions
environnementales liées au
changement climatique, la France
met en oeuvre des mesures d?atté-
nuation, avec des actions menées
sur les causes (réduction des
émissions de gaz à effet de serre,
par exemple), et d?adaptation,
avec des mesures qui visent à
adapter nos territoires aux effets
du changement climatique. Plu-
sieurs dispositifs sont au coeur de
ces démarches, comme le plan
national d?adaptation au change-
ment climatique (2011), les sché-
mas régionaux du climat, de l?air
et de l?énergie et enfin, au niveau
local, les plans climat énergie ter-
ritoriaux.
Pour aider les territoires à
faire face aux aléas naturels, la
politique de prévention engagée
par la France vise d?abord à
réduire en amont les impacts
humains et matériels des dom-
mages potentiels. Pour quasiment
tous les types d?aléas (inondation,
submersion rapide, gestion du
trait de côte, risque sismique, cavi-
tés), des plans de prévention des
risques sont élaborés.
En matière de risques techno-
logiques, un cadre réglementaire
a aussi été fixé, avec les plans de
prévention des risques technolo-
giques qui répondent à un double
objectif : gérer les situations diffi-
ciles en matière d?urbanisme héri-
tées du passé et encadrer
l?urbanisation future autour des
établissements industriels et des
stockages souterrains concernés.
Pour concilier les enjeux de
développement local et de préser-
vation de l?environnement, les col-
lectivités sont invitées à élaborer
des documents d?urbanisme. Ces
derniers ont intégré progressive-
ment les enjeux du développe-
ment durable. Dès 1967, la loi
d?orientation foncière crée les
plans d?occupation des sols et les
schémas directeurs. Au cours des
décennies 1980-1990, la prise en
compte des pressions (liées
notamment aux déplacements et
à l?urbanisme) est renforcée : plans
de déplacements urbains, lois lit-
toral et montagne... Dans les
En image
Du niveau national au niveau local, plusieurs outils
sont mis en place pour lutter contre la pollution
atmosphérique, première préoccupation environ-
nementale des Français*. Élaborés dans les agglo-
mérations de plus de 250 000 habitants et dans les
zones à risques, les plans de protection de l?atmos-
phère (PPA) visent à ramener, dans un délai donné,
les concentrations de polluants dans l?air à des
niveaux inférieurs aux valeurs limites fixées par la
réglementation. Les actions sont définies en fonction
des spécificités locales.
*SOeS, plate-forme environnement de l?enquête de conjoncture auprès des ménages (Insee)
État d?avancement des PPA au 23 juillet 2014
AGIR LOCALEMENT POUR LA QUALITÉ DE L?AIR
Martinique
Bordeaux
Limoges
Niort
Nantes
Tours
Orléans
Vallée
de l?Arve
Rennes
Bayonne
Toulouse
Montpellier
Alpes-
Maritimes
Clermont-
Ferrand
Avignon
GrenobleSt-Etienne
Lyon
Dijon
Belfort
Nancy
Strasbourg
Trois Vallées
Mulhouse
Chalon-sur-Saône
Nîmes
Bastia
Bouches -
du-Rhône
Haute-
Normandie
Nord-Pas-
de-Calais
Île-de-
France
ReimsCreil
Var-agglo
de Toulon
Pau
Dax
En juillet 2014, 18 PPA ont été validés, 9 sont en cours d?élaboration et 9 sont en cours de révision.
Zones couvertes par un PPA
PPA validés
PPA en cours de révision
PPA en cours d?élaboration
Années 2000
Plusieurs inondations catas-
trophiques en Europe
2007
Adoption de la directive inondation
(2007/60/CE du 23 octobre)
par la Commission européenne
2010
Transposition dans le droit
français avec la loi portant
engagement national pour
l?environnement
2011
Évaluation
préliminaire
des risques
d?inondation
2012
Identification des
territoires à risque
important
d?inondation (TRI)
2015
Réalisation des plans
de gestion des risques
inondations (PGRI) sur
des territoires à risque
important
Fin 2018
Réexamen des
évaluations
préliminaires.
Cette opération doit
être renouvelée tous
les 6 ans
Fin 2019
Reprise des
cartographies
Fin 2021
Révision
des PGRI. Cette
opération doit
être renouvelée
tous les 6 ans
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
2013
Réalisation de la cartogra-
phie des surfaces inondables
et des risques d?inondation
sur l?ensemble des TRI
Inondations : une action dans le temps
Le constat La mise en oeuvre Et après ?
du territoire
(95 % de la population) couvert
par un document d?urbanisme.
70 %
Fin 2012
| LES ACTIONS
48 49
DES TERRITOIRES MOINS EXPOSÉS ?
Ministère de l?Écologie, du Développement durable et de l?Énergie
Cette publication a été rédigée à partir de l?édition 2014 du Rapport sur l?environnement publié par le
Commissariat général au développement durable (CGDD). Cette synthèse a été relue par les rédacteurs
du rapport et par les directions générales thématiques du ministère en charge de l?Écologie, du
Développement durable et de l?Énergie concernées.
Coordinateurs de l?ouvrage : Irénée Joassard et Brigitte Bousseau MEDDE/CGDD
Rédactrice en chef : Agnès Garderet, MEDDE/MLETR/DICOM
Rédaction : Anne Baron, Brigitte Bousseau, Sarah Yousfi, Mathilde Lambert, Agnès Garderet, MEDDE/MLETR/DICOM
Secrétaire de rédaction : Isabelle Flégeo, MEDDE/MLETR/DICOM
Graphiste : Florence Chevallier, MEDDE/MLETR/DICOM
Sources : les chiffres en pages 4 et 5 sont extraits du Rapport sur l?environnement sauf puissance électrique (RTE),
vendanges et glaciers d?Ossoue (Onerc), sacs plastique (programme national de prévention des déchets 2014-2020, minis-
tère du Développement durable)
Crédits photos : couverture Fotolia - p. 2 A. Bouissou/MEDDE-MLETR (logement) ; Fotolia - p. 3 A. Bouissou/
MEDDE-MLETR - p. 6 Fotolia - p. 8-9 Fotolia - p. 10-11 L. Mignaux/MEDDE-MLETR (algues vertes) ; Fotolia - p. 12-13 Fotolia
- p. 14-15 Fotolia - p. 16-17 Fotolia - p. 18-19 J. Blondel (mont Ventoux) ; Fotolia - p. 21 Fotolia - p. 23 Fotolia - p. 25 Fotolia -
p. 26 Graphies - p. 28-29 Graphies (infographie) ; D.R. (pont de l?Alma) ; Fotolia - p. 31 Fotolia - p. 32-33 Fotolia - p. 34 Fotolia
- p. 37 Fotolia - p. 39 Fotolia - p. 41 Fotolia - A. Bouissou/MEDDE-MLETR - p. 42-43 A. Bouissou/MEDDE-MLETR ; Fotolia -
p. 46-47 Fotolia - p. 48 Fotolia - p.51 Fotolia
Réf. : DICOM-CGDD/BRO/14028 - Septembre 2014 Impression : MEDDE-MLETR/SG/SPSSI/ATL2
Imprimé sur du papier certifié écolabel européen - www.ecolabel.com
L?ENVIRONNEMENT
EN FRANCE
Les grandes tendances
Ministère de l?Écologie,
du Développement durable
et de l?Énergie
Commissariat général
au développement durable
92?055 La Défense Cedex
Tél. 33 (0)1 40 81 21 22
Retrouvez
l?intégralité du
rapport 2014
sur l?Environnement
en France en ligne :
www.developpement-
durable.gouv.fr
Rubrique > Développement durable
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