Le guide PLU : les clés pour réussir votre projet
DEAL de La Réunion
Auteur moral
Auteur secondaire
Résumé
Descripteur Urbamet
plan local d'urbanisme
Descripteur écoplanete
Aménagement local
;étude de site
;exploitation de données
;fonctionnement
Thème
Ville - Urbanisme
Texte intégral
Avec le soutien deGuide financé par
U
U
U
UE
1AU
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A
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NN
Guide réalisé par l'agence d'urbanisme de La Réunion
Édition décembre 2025
2AU
N
N
N
N
U
U
EDITO
Le plan local d?urbanisme est un document d?urbanisme
qui étudie le fonctionnement et les enjeux du territoire,
construit un projet de développement respectueux de
l?environnement, et le formalise dans des règles d?utilisation
du sol. Le PLU doit permettre l?émergence d?un projet de
territoire partagé, consolidant les politiques nationales
et territoriales d?aménagement avec les spécificités du
territoire. Il dote le territoire d?une vision prospective de
10 à 15 ans, sur le cadre de vie des habitants, les besoins
en logement ou en activités économiques, l?équilibre
entre zones bâties, naturelles et agricoles, l?atténuation et
l?adaptation aux enjeux climatiques et la préservation des
ressources.
Pour aider les élus à s?approprier cet exercice, l?État a
élaboré ce guide méthodologique à destination des élus
et services techniques des collectivités. L?Agence Française
du Développement a financé ce travail dans le cadre du
fonds outre-mer. La DEAL a assuré le pilotage opérationnel
de l?AGORAH à qui le travail a été confié sur l?année 2024.
Ce guide vise essentiellement à donner aux élus, de
manière illustrée, les clés de réussite pour mener à bien
cet exercice difficile que de retraduire dans un document
opposable et dans le respect du droit, leur projet de
territoire. Il précise le contenu attendu d?un PLU, en termes
d?éléments stratégiques, de contenus règlementaires ou
de méthodes, les acteurs à associer et leurs attentes, les
points clefs à ne pas oublier et les conseils pratiques.
Réussir l?élaboration d?un document d?urbanisme, c?est aussi
garantir et faciliter la réussite opérationnelle des projets de
constructions de logement ou d?équipements publics, en
garantissant l?équilibre territorial de réponses aux besoins et
de préservation des ressources.
Aussi, nous sommes très fiers de ce travail, qui vient
compléter l?accompagnement de l?État, particulièrement de
la DEAL sur le champ de la planification de l?aménagement
du territoire.
N
U
A
Éric BATAILLER
Directeur de la DEAL
de La Réunion
Clodilde BOUTROLLE
Directrice de l'AFD
Agence de La Réunion et
des TAAF
PRÉAMBULE
UN ÉNIÈME GUIDE ?
On estime à minima entre 2 ans et 3 ans, le temps néces-
saire pour mener une procédure de révision générale d?un
Plan Local d?Urbanisme, depuis sa prescription jusqu?à son
approbation. Selon les situations territoriales, ce délai peut
varier, davantage à la hausse qu?à la baisse d?ailleurs !
Il est vrai qu?au fil des évolutions législatives, modifier un
PLU devient une tâche ardue. Véritable document straté-
gique, il doit, tout en permettant la mise en oeuvre du pro-
jet politique de la municipalité, traduire toutes les politiques
publiques territorialisées à l?échelle de son intercommuna-
lité (Schéma de Cohérence Territoriale, PLH), de la Région
(Schéma d?Aménagement Régional, SAGE) et du national
(textes de loi).
Néanmoins, l'allongement anormal des procédures de
révision de PLU récentes et actuelles (plus de 10 ans
après sa prescription) semble plutôt lié à un manque de
concertations / échanges " avec l'ensemble des partenaires
locaux de l'aménagement du territoire, notamment sur la
bonne prise en compte du cadre règlementaire (loi littoral,
loi climat et résilience, documents supra, ...) ou de pro-
grammes sectoriels (projets d'équipements et d'infrastruc-
tures structurants sous compétences d'autres collectivités).
Ce constat se fonde sur les réserves émanant des diffé-
rentes Personnes Publiques Associées (PPA) lors de la ré-
daction de leurs avis. Toutefois, il est essentiel de rappeler
que ce ne sont pas les PPA qui rédigent le PLU !
Le PLU reste un document aux mains de la mairie, mais qui
s?inscrit dans un objectif plus large de gestion du territoire
français qui est le patrimoine commun de la nation (L101-1
du code de l?urbanisme).
C?est le principe qui a conduit à la rédaction de ce guide :
Rappeler que les orientations données à l?aménage-
ment du territoire communal font partie du mandat
des élus communaux et que leur vision doit pouvoir
s?exprimer,
Rappeler le cadre règlementaire dans lequel ces
orientations doivent s?inscrire et qui, à défaut d?être
correctement traitées, pourraient induire des réserves
dans l?avis des PPA,
Préciser les attendus des PPA sur la bonne prise en
compte des différentes politiques.
L?objectif de ce guide est de prendre conscience des
enjeux qui s?imposent à votre document d?urbanisme et
de vous donner des clés de réussite pour mener à bien la
modification ou la révision de votre PLU.
4 | GUIDE PLU
Adaptation au
changement
climatique
Risques
Eau
Paysage
Patrimoine
Urbanisme
favorable à la
santé
EN 100 PAGES COMME EN 1 000
Le schéma ci-dessus s?inspire des différentes thématiques dont un document d?urbanisme, et donc un PLU, doit s?emparer,
que ce soit au titre des obligations de l?article L101-2 du code de l'urbanisme ou, tout simplement, par rapport aux grands
enjeux auxquels nos territoires font face.
Le temps des POS (Plan d?Occupation des Sols) est bel et bien terminé au profit des PLU (Plans Locaux d?Urbanisme) qui
doivent, lors de la définition de leurs orientations, disposer d?une vision transversale sur les multiples enjeux auxquels les
populations sont confrontées. Ainsi, les PLU doivent intégrer des notions qualitatives et techniques sur de nombreuses
thématiques plus ou moins complexes, telles que l?adaptation au changement climatique, l?urbanisme favorable à la santé,
les capacités d?accueil des territoires, la reconnaissance et la mise en valeur des paysages et du patrimoine, la gestion de
la ressource en eau, et bien d?autres encore !
Ce guide aurait pu consacrer des chapitres spécifiques à chacun de ces sujets, ce qui, au-delà d?une perte de transversalité,
lui aurait probablement fait atteindre des proportions encyclopédiques. Notre ambition était plus pragmatique : sans
oublier ces thématiques, mais, au contraire, en les distillant au fil du document, nous souhaitions fournir aux communes
de l?île (et pourquoi pas aux autres !) un guide qui réponde aux problématiques auxquelles elles font face de façon
récurrente. L?idée de fond : fournir des clés de réussite pour bien appréhender la réalité des procédures et des attentes
réglementaires, pour faire émerger et retranscrire dans les PLU de réels projets de territoire, pour apprendre à traduire ces
projets en enjeux et en règles écrites ou graphiques, ou encore pour appréhender aussi bien les dimensions urbaines
que les dimensions naturelles et agricoles.
Objectif partagé par tous : faciliter l?élaboration, l?approbation et la mise en oeuvre des PLU de l?île.
FAIRE SON PLU, NAVIGUER DANS UN UNIVER MULTI-THÉMATIQUES
Mobilité
Habitat
GUIDE PLU | 5
ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA
RESSEMBLE À QUOI ?
RAPPEL DES PIÈCES RÈGLEMENTAIRES QUI
COMPOSENT LE PLU
Page 23
LE PLU, C?EST VOTRE PROJET
... QUI DOIT TROUVER SA PLACE DANS
SON ENVIRONNEMENT RÈGLEMENTAIRE
Page 33
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT ET
DE PROGRAMMATION (OAP)
KOSA I LÉ ?
Page 73
AU BOUT DU COMPTE,
COMMENT BOUCLER VOTRE
PROJET DE PLU ?
LES CONSEILS DE FIN D?ÉTAPE !
Page 87
GUIDE
PLU
02
03
0708
L?objectif de ce guide n?est pas de dire comment
faire tout bien seul, mais plutôt de prendre
conscience des enjeux qui s?imposent à votre
document d?urbanisme et de vous donner des
clés de réussite pour mener à bien la modification
ou la révision de votre PLU.
SE LANCER
DANS
L?AVENTURE DU
PLU
Page 09
VOTRE UNIVERS
URBAIN
COMMENT
PASSER DES
ENJEUX AU
RÉGLEMENT ?
Page 51
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
N?OUBLIEZ NI VOS ESPACES AGRICOLES
& NATURELS, NI VOS PAYSAGES !
Page 61
Sommaire
01
05
04
EXTENSION, CONSOMMATION,
DENSIFICATION ?
TROUVEZ VOTRE CHEMIN DE
SOBRIÉTÉ FONCIÈRE
Page 41
06
8 | GUIDE PLU
GUIDE PLU | 9
SE LANCER
DANS L?AVENTURE DU PLU
1
PARTIE
Les délais de révision des PLU locaux ont parfois
eu tendance à s?allonger (il n?est pas rare de voir
des révisions ayant duré plus de 10 ans), ce qui
peut s?expliquer par :
La complexité de l?exercice à mener, que ce soit
en termes d?ingénierie, en termes de calendrier, en
termes de cadre législatif, etc.
Le manque d?échange et/ou de concertation a pu
jouer un rôle dans ces allongements de délais.
Le manque de clarté dans la répartition des rôles
entre les différents acteurs (équipe communale
dédiée, rôle du bureau d?études, etc.) a parfois
pu avoir un impact sur la bonne conduite de la
procédure.
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
10 | GUIDE PLU
JE FAIS ÉVOLUER MON PLU
UN PEU, BEAUCOUP, À LA FOLIE, ? PAS DU TOUT ?
À QUOI SERT LE PLU ?
Le Plan Local d?Urbanisme est un document de
planification urbaine, c?est-à-dire qu?il exprime le projet de
développement de votre territoire communal et le traduit
par des règles d?aménagement et d?utilisation des sols.
L?objectif du PLU consiste à réussir à apporter une réponse
aux besoins de la population en matière de logements, de
déplacements et d?infrastructures tout en préservant les
espaces agricoles et naturels.
La rédaction du PLU doit être guidée par le triptyque :
planifier (définir les orientations d?aménagement souhaitées
par les élus et les moyens d?y arriver), réglementer (définir
les zonages et les règles de constructibilité associées) et
protéger (protéger la population des risques et préserver
la biodiversité ou les éléments patrimoniaux).
Les élus locaux disposent ainsi d?une grande marge de
manoeuvre pour y définir le projet d?avenir de leur territoire
tant qu?il s?inscrit dans la continuité des principes fixés par le
législateur et les autres documents de planification (cf.p.13
"Compatibilité & conformité").
CHAQUE MANDATURE SON PLU ?
On comprend donc que la rédaction du PLU consiste à
élaborer un projet communal à l?intérieur d?une imbrication
de politiques publiques définies aux échelles supérieures.
Pas une mince affaire ce Zistoir la !
Du fait du besoin en ingénierie, en pédagogie, en
concertation, la révision générale du PLU constitue
une procédure longue, coûteuse, qui demande un
investissement accru des services et des élus de la
commune. Mieux vaut donc y réfléchir à deux fois avant
de s?y engager !
Bien évidemment, le PLU est un objet hautement stratégique
et politique. Néanmoins, il n?est pas voué à répondre, à
lui seul, à toutes les attentes de la collectivité. Si la base
règlementaire offerte par le PLU en vigueur le permet,
d?autres outils plus opérationnels constituent des leviers
puissants pour permettre la réalisation de votre projet
d?aménagement du territoire. On peut notamment penser
aux dispositifs tels que Petites Villes de Demain, Action
Coeur de Ville, les opérations de Résorption de l?Habitat
Insalubre, etc...
La première question à se poser est donc de savoir si le PLU
actuellement en vigueur, constitue un blocage à la mise en
oeuvre de votre projet de territoire (cf. p.33 «Le PLU, c'est
votre projet») et dans quelles proportions afin de définir la
procédure d'évolution la plus adaptée pour votre commune
et d?être conscient des délais associés (cf. schéma ci-
contre).
Le PLU établit le projet d?aménagement
et de développement durables (PADD) de son
territoire et fixe, en conséquence, les règles
d?aménagement et d?utilisation des sols, Art.
L123-1 du code de l?urbanisme.
Focus sur l?évaluation du PLU
Dans certaines communes, le PLU en vigueur peut constituer un frein au développement : il peut devenir
inadapté en raison de son ancienneté ou lorsque le projet de territoire a évolué différemment de ce qui était
anticipé. Même s?il n?existe pas de «date de péremption» légale pour un PLU, de manière générale, il est bâti sur
un projet communal à horizon 10 à 15 ans, et peut faire l?objet d'évolutions, plus ou moins mineures, pour s?adapter
dans la durée sans pour autant changer l?équilibre du document.
L?article L153-27 du code de l?urbanisme établit que «Six ans au plus après la délibération portant approbation du
plan local d?urbanisme, ou la dernière délibération portant révision complète de ce plan, ou la délibération
ayant décidé son maintien en vigueur ou sa modification en application du présent article, [?] le conseil
municipal procède à une analyse des résultats de l?application du plan, au regard des objectifs visés à l?article
L. 101-2 et, le cas échéant, aux articles L. 1214-1 et L. 1214-2 du code des transports. [?] L?analyse des résultats
donne lieu à une délibération [?] du conseil municipal sur l?opportunité de réviser ce plan.»
L?analyse du PLU permet d'objectiver l?adéquation entre le document en vigueur, les évolutions territoriales
(observées ou anticipées) et les évolutions règlementaires (cadre législatif, documents supra). La synthèse de cette
analyse aide le conseil municipal à décider s?il convient de réviser le PLU et, le cas échéant, à choisir la procédure
adaptée selon l?ampleur des modifications à apporter.
PARTIE 1 | SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
GUIDE PLU | 11
CHANGEMENT EN PROFONDEUR
OU RECONFIGURATION DU CADRE
RÈGLEMENTAIRE
LES 3 TYPES DE PROCÉDURE POUR FAIRE ÉVOLUER MON PLU
Est-ce que mon projet va à l?encontre des orientations du PADD ou impacte
sensiblement son équilibre ?
Est-ce que seuls certains zonages du PLU en vigueur ne permettent pas de mettre en
oeuvre mon projet ?
Est-ce que le règlement sur certains espaces ne me permet pas de réaliser mon projet ?
Est-ce que certaines limites ou certains périmètres de zonages font obstacle à la mise
en oeuvre mon projet ?
Le PLU en vigueur permet de réaliser mon projet de territoire
Mon projet marque une rupture avec les orientations actuelles
30 mois
minimum
12 mois
minimum
12 mois
minimum
9 mois
minimum
6 mois
minimum
Je dois changer le règlement de certains zonages ou les
orientations d?OAP
Je dois supprimer ou ajouter certains Emplacements réservés,
ou bien redéfinir de manière mineure, les limites d?un zonage
Je dois réduire des zones agricoles, naturelles, forestières ou
des espaces boisés
Je dois modifier des zonages parce que mon projet intègre
une opération d?intérêt général ou d?intérêt publique
oui
oui
oui
oui
oui
non
non
non
non
Révision générale
Modification de droit
commun
Modification de droit
commun
Modification de droit
commun
Mise en compatibilité
du PLU
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
12 | GUIDE PLU
RÉVISION GÉNÉRALE
Dans le cas : où uniquement les orientations du PADD sont modifiées, à l'exception des évolutions nécessaires pour
soutenir le développement d'énergies renouvelables.
La collectivité peut, par décision motivée, substituer une procédure de Participation du Publique par Voie Électronique
(PPVE) à l'enquête publique (L.153-19 code de l'urbanisme). En cas de PPVE, la collectivité a obligation de mettre un dossier
en support papier en consultation dans les mairies aux horaires d'ouverture.
Prescription de la
révision
Modalités de
concertation
Notification aux PPA
Élaboration du projet
Délibération de prescription
du Conseil Municipal (CM) Arrêt du projet de PLU en CM
Approbation par délibération
du CM
Débat du PADD en CM Enquête publique
Saisine de l?Autorité
Environnementale
pour Evaluation
Environnementale
systématique
Transmission aux PPA,
(CDPENAF) (avis dans les 3
mois après réception) et
(CDNPS) (délai de 2 mois)
30 jours
minimum
Exécutoire dès
publication si (SCoT)
Exécutoire 1 mois aprés
réception par le Préfet si
hors SCoT
MODIFICATION DE DROIT COMMUN
Dans le cas de :
Toutes évolutions du PLU qui ne touchent pas aux orientations du PADD, à l'exception des évolutions nécessaires pour
soutenir le développement des énergies renouvelables.
La collectivité doit procéder à une mise à disposition du public sauf si elle préfère recourir à une enquête publique ou
une autre procédure de participation. En cas de PPVE, la collectivité a obligation de mettre un dossier en support papier
en consultation dans les mairies aux horaires d'ouverture. Pour tout projet soumis à évaluation environementale la PPVE ou
l'enquête publique est obligatoire.
objectifs
modalités de
concertation
si ouverture à
l?urbanisation d?une
zone, motivation
Initiative du maire Délibération du CM Approbation par
délibération du CM
Elaboration du projet de modification Mise à disposition du public,
PPVE ou enquête publique
Saisine de l?AE pour EE
au cas par cas
Transmission aux PPA
(avis dans les 3 mois
après réception)
30 jours
minimum
Exécutoire dès
publication au GPU si
SCoT
Exécutoire 1 mois
aprés réception par le
Préfet si hors SCoT
Régie par les articles L.153-31 à L.153-33 et L.153-35, R.153-11 et suivants du code de l?urbanisme
Régie par les articles L.153-36 à L.153-39 et L.153-41 à L.153-44 et suivants du
code de l?urbanisme
PARTIE 1 | SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
ou PPVE par décision
motivée de la
collectivité
GUIDE PLU | 13
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
DÉCLARATION DE PROJET OU DÉCLARATION D'UTILITÉ PUBLIQUE
VALANT MISE EN COMPATIBILITÉ
DANS LE CAS D?UNE : Incompatibilité du PLU avec un document de planification de rang supérieur / Opération
d?utilité publique ou autres, non compatible avec le PLU en vigueur, justifiant sd'un intérêt général.
Notification du Préfet à
la commune ou l?EPCI
Examen conjoint du
projet avec PPA Approbation
par l'autorité
compétente
Arrêt du projet par
délibération de
l?EPCI ou CM
Enquête publique
Notification aux PPA
Saisine de l?AE pour EE
au cas par cas
...
30 jours
minimum,
cas échéant CDNPS
et/ou CDPENAF
Exécutoire dès
publication
Régie par les articles L.153-49 à L.153-53, R 153-13 du code de l?urbanisme
MISE À JOUR
DANS LE CAS D?UNE : Modification du contenu des annexes prévues aux articles R.151-51 et R.151.52 (servitudes
d?utilité publique, documents graphiques des ZAC,etc.)
Ces logigrammes intègrent les nouvelles dispositions issues de la loi de
simplification du droit de l'urbanisme et du logement du 26 novembre
2025, dite loi "Huwart".
Elles s'appliqueront aux procédures engagées à partir du 26 mai 2026.
Affiché pendant 1 mois
Arrêté du président de
l?EPCI ou du maire Constat du Préfet
3 mois après notification
max
Régie par l?article L.153-60 et R.153-18 du code de l?urbanisme
14 | GUIDE PLU
PARTIE 1 | SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
GUIDE PLU | 15
COMPATIBILITÉ & CONFORMITÉ
ENTRE CONTRAINTE & FLEXIBILITÉ
Les documents d?urbanisme doivent respecter des règles
qui leur sont imposées par les lois et règlements (par
exemple : article L. 101-2 du code de l?urbanisme, loi littoral,
etc.) et les orientations d?autres documents dits de rang
supérieur (ou documents supra) : c'est la hiérarchie des
normes.
IL EXISTE 2 TYPES DE RAPPORT
D?OPPOSABILITÉ : LA CONFORMITÉ
ET LA COMPATIBILITÉ
Tout d?abord, le lien le plus exigeant, mais
peut-être le plus simple, la conformité.
Le lien de conformité impose l?application stricte de la
règle édictée. Il n?y a donc pas de marge d?interprétation
de la règle supérieure qui doit être retranscrite à l?identique
(exemple conformité à la loi littoral).
Le règlement écrit et graphique du PLU s?applique dans
une relation de conformité à toute autorisation d?urbanisme
(L421-6 du code de l?urbanisme). Il est donc essentiel de
trouver un équilibre dans la rédaction des règles du PLU.
Des règles trop détaillées peuvent freiner la réalisation de
projets d?aménagement (sauf si cet effet est recherché).
À l?inverse, des termes trop flous rendent le règlement dif-
ficile à comprendre pour les pétitionnaires et compliquent
l?instruction des autorisations d'urbanisme par les services
municipaux.
La compatibilité, ou comment avoir
quelques marges de manoeuvre alors que
le PLU doit appliquer les politiques de
toutes les autres échelles territoriales !
Parce qu?il est vrai que les PLU doivent permettre la mise en
oeuvre du projet de territoire en traduisant les objectifs des
documents supra, tout en donnant l?opportunité aux élus
locaux de mettre en oeuvre leur vision de l?aménagement
de leur commune. Avant l?ordonnance n°2020-745 du 17
juin 2020 (voir encadré), plus de 29 documents étaient
opposables au PLU.
La compatibilité implique de ne pas remettre en cause
les orientations du document supérieur ou des OAP).
Elle sous-entend une certaine marge de manoeuvre tout
en respectant l?esprit de la règle supérieure (exemple
compatibilité avec le Plan Local de l'Habitat (PLH).
La compatibilité s?apprécie dans sa globalité et non
disposition par disposition (CE, 18 décembre 2017, n°395216).
Vers un effort de
simplification
Avant l?ordonnance n°2020-745 du 17 juin
2020, il existait 3 types d?opposabilité du plus au
moins restrictif : la conformité, la compatibilité et la
prise en compte. La notion de prise en compte était
certainement la plus floue, puisque la jurisprudence
la définissait comme un principe de «non-remise
en cause» des orientations d?un document. C?est-à-
dire que le document infra pouvait déroger à une
orientation qu?il devait prendre en compte, s?il le
justifiait.
Dans une volonté de rationaliser les relations déjà
assez complexes entre les documents d?urbanisme,
l?ordonnance du 17 juin 2020 a généralisé la relation
de compatibilité plutôt que celle de la prise en
compte.
Vous, élus communaux, pouvez agir sur
la planification urbaine de votre territoire bien
en amont du PLU. En vous impliquant dans
l?élaboration et le suivi des documents supra
communaux, comme le SAR et le SCoT, il vous sera
plus facile de traduire les principes qui s?imposent
au PLU au lieu de les subir.
I Schéma simplifié de la hiérarchie des normes
CADRE LÉGISLATIF
Code de l?urbanisme, code de l?environnement, etc.
PLANIFICATION RÉGIONALE
Schéma d?Aménagement Régionale (SAR)
Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM)
PLANIFICATION INTER-COMMUNALE
Schèma de Cohérence Territoriale (SCoT)
DOCUMENT SECTORIELS INTER-COMMUNAUX
Plan Local de l?Habitat (PLH)
Plan de Déplacements Urbains (PDU)
En ab
sence d
e SC
oT
PLANIFICATION COMMUNALE
Plan Local d?Urbanisme (PLU)
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
16 | GUIDE PLU
L?ENVIRONNEMENT RÈGLEMENTAIRE
LORSQUE VOTRE COMMUNE EST COUVERTE PAR UN SCOT,
COMMENT S'Y RETROUVER ?
Cadre législatif
? Code de l?urbanisme
? Code Général des Collectivités Territoriales
Charte du parc national Réunion
L.331-3 à L.331-6 du Code de l?Environnement
Schéma de Cohérence Territoriale L.131-1 du Code de l?Urbanisme dont le Document d?Aménagement
Artisanal, Commerciale et Logistique (DAACL) L.141-6 du Code de l?Urbanisme.
Le SCoT peut tenir lieu de PCAET L.141-15 à L.141-18 du Code de l?Urbanisme.
Plan Local de l?Habitat (PLH)
L.302-1 du Code des Constructions et de l?Habitat
Plan de Mobilité (PDM)
L.1214-1 à L.1214- du Code des Transports
Plan Local d?Urbanisme
L.131-4 à L.131-6 du Code de
l?Urbanisme
Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)
L. 229-26 du Code de l?Environnement
Zones d?Aménagement Concerté (ZAC)
L.142-1 & R.142-1 du Code de l?Urbanisme
Opérations ou constructions de plus de 5 000 m² de surface de plancher
Autorisation d?exploitation commerciale dont la surface de vente est supérieure à 1 000 m²
L.142-1 du Code de l?Urbanisme et L.752-1 du Code du Commerce
Cinéma de plus de 300 places
L.142-1 du Code de l?Urbanisme et L.212-7 du Code du Cinéma et de l?Image Animée
Loi Littoral
Autorisations d?urbanisme
Le SCoT peut valoir PCAET
Liens de compatibilité
pour le PLU
Liens de compatibilité
pour le SCoT
Liens de compatibilité
pour le SAR
Liens de conformité
Nécessite l?avis du
SCoT
PARTIE 1 | SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
GUIDE PLU | 17
Cadre législatif
? Code de l?urbanisme
? Code Général des Collectivités Territoriales
Charte du parc national Réunion
L.331-3 à L.331-6 du Code de l?Environnement
Zones de bruit des
aérodromes
L.122-4 Code de l?Urbanisme
Schéma Directeur
d?Aménagement et de
Gestion des Eaux (SDAGE)
L.212-1 Code de
l?Environnement
Schéma Aménagement et de
Gestion de l?Eau (SAGE)
L.212-3 Code de
l?Environnement.
Plan de Gestion des Risques
d?Inondation (PGRI)
L.566-7 du Code de
l?Environnement
Schéma Régional des
Carrières
L.513-3 du Code de
l?Environnement
Schéma de Cohérence
Territoriale L.131-1 du Code
de l?Urbanisme dont le
Document d?Aménagement
Artisanal, Commerciale et
Logistique (DAACL) L.141-6
du Code de l?Urbanisme.
Le SCoT peut tenir lieu de
PCAET L.141-15 à L.141-18 du
Code de l?Urbanisme.
Plan Local de l?Habitat (PLH)
L.302-1 du Code des Constructions et de l?Habitat
Plan de Mobilité (PDM)
L.1214-1 à L.1214- du Code des Transports
Plan Local d?Urbanisme
L.131-4 à L.131-6 du Code de
l?Urbanisme
Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET)
L. 229-26 du Code de l?Environnement
Schéma d?Aménagement Régional
L.4433-7 à L.4433-11-1 du Code Général des Collectivités Territoriales
Dont 3 chapitres individualisés :
? Orientations en matière de protection et 4de restauration de la
biodiversité (Schéma Régional de Cohérence Ecologique SRCE)
L.371-4 du Code de l?Environnement
? Orientations fondamentales de l?aménagement, de la protection
et de la mise en valeur du littoral (Schéma de Mise en Valeur de
la Mer)
? Stratégie du territoire en matière d?adaptation au changement
climatique et d?amélioration de la qualité de l?air (Schéma
Régional du Climat, de l?Air et de l?Energie SRCAE)
Zones d?Aménagement Concerté (ZAC)
L.142-1 & R.142-1 du Code de l?Urbanisme
Opérations ou constructions de plus de 5 000 m² de surface de plancher
Autorisation d?exploitation commerciale dont la surface de vente est supérieure à 1 000 m²
L.142-1 du Code de l?Urbanisme et L.752-1 du Code du Commerce
Cinéma de plus de 300 places
L.142-1 du Code de l?Urbanisme et L.212-7 du Code du Cinéma et de l?Image Animée
Loi Littoral
L?ENVIRONNEMENT RÈGLEMENTAIRE
SANS SCOT INTÉGRATEUR ÇA DEVIENT UN VRAI LABYRINTHE
Autorisations d?urbanisme
Liens de compatibilité
pour le PLU
Liens de compatibilité
pour le SCoT
Liens de compatibilité
pour le SAR
Liens de conformité
Nécessite l?avis du
SCoT
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
18 | GUIDE PLU
PAR QUOI COMMENCER ?
CHARITÉ BIEN ORDONNÉE COMMENCE PAR SOI-MÊME
La première étape consiste à construire votre équipe projet
de révision de PLU. Cette étape est essentielle pour assurer
la bonne coordination de la procédure. Cette équipe aura
pour mission :
D?être l?interlocuteur privilégié de la révision du PLU
pour les services internes de la commune, les élus, le
bureau d?études et les partenaires,
D?assurer le suivi du planning de la procédure établi
dans le Cahier des Clauses Techniques Particulière
(CCTP),
De faire des propositions pour aiguiller les arbitrages
vers un consensus entre vision politique et possibilités
techniques (relations avec les services technique et les
partenaires).
PLUS ON EST DE FOUS,
PLUS ON RIT ?
L?objectif est de faciliter les échanges et de gagner en
efficacité. Mieux vaut donc se diriger vers
une personne ressource clairement identifiée
(«responsable de la révision du PLU»,
«chargé de la révision du PLU», «chef de projet de la révision
du PLU», ... à vous de le dénommer de la meilleure manière
selon votre organisation municipale). Elle aura pour mission
de piloter la procédure de révision et, pour ce faire, de
constituer autour d?elle une équipe resserrée, composée
d?un ou deux élus de la majorité municipale, et des référents
internes sur les thématiques du foncier/aménagement, de
l?urbanisme et des services techniques.
Ensuite, il s?agira pour votre équipe dédiée de dessiner
le parcours de la procédure en s?accordant sur les jalons
nécessaires à sa bonne réalisation.
La façon de concerter les partenaires pour s?assurer de la
compatibilité de vos choix avec les documents supra, la
manière d?aborder la densification «acceptée» des espaces
urbains, le fait d?apporter la justification de vos choix par
des méthodologies claires, l?application des principes de la
loi Littoral, sont de bons exemples de sujets qu?il vaut mieux
cadrer dès le départ pour éviter des situations conflictuelles
qui pourraient émerger pendant la procédure.
Une fois ces éléments essentiels à la bonne réussite de votre
procédure bien identifiés, l?équipe dédiée devra s?assurer
qu?ils seront bien contractualisés avec le prestataire. Les
méthodologies pour aborder ces éléments pourront
évoluer selon les échanges avec le bureau d?études choisi.
Cette étape est cruciale afin de mettre toutes les chances
de son côté pour aboutir à un projet concerté, compris de
tous et ainsi éviter une procédure poussive, coûteuse et qui
cristallise les incompréhensions.
LE PLU N?EST PAS QU?UNE QUESTION DE
BUREAUX D?ÉTUDES.
Si la commune dispose de l?ingénierie suffisante, certaines
thématiques ou parties de la révision du PLU peuvent
être rédigées en régie interne. Attention tout de même
à maintenir des équilibres : la régie interne permet de
diminuer les coûts mais augmente le taux de charge des
équipes communales.
ATTENTION
Tous ces éléments doivent être rédigés avec attention
à l?intérieur du Cahier des Clauses Techniques
Particulières (CCTP) : préciser les attentes sur les étapes
charnières, expliciter le volet concertation, définir un
calendrier, rappeler la nécessité de s?approprier le
contexte particulier de l?île de La Réunion, etc. Plus les
jalons seront bien définis dans le CCTP, plus le suivi de
la bonne conduite de la procédure sera facilité pour la
commune.
«Gramoun i di : Bon marché i cout cher ! »
L?expérience récente montre que de nombreuses
communes ont vu le coût de leur procédure de
révision augmenter car le travail des Bureaux d'Études
(BE) n?était pas assez cadré. De façon générale, lors de
l?analyse des candidatures, il faut trouver un équilibre
dans la pondération des critères pour donner une
attention toute aussi importante aux critères qualitatifs
des propositions qui vous sont faites, qu?au critère du
coût.
PARTIE 1 | SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
GUIDE PLU | 19
VOS PARTENAIRES TERRITORIAUX
DES AMIS QUI VOUS VEULENT DU BIEN !
Questionner les partenaires au plus tôt dans la procédure, sur leurs infrastructures ou
les projets envisagés ou en cours sur votre territoire.
Mobiliser les différents acteurs clés de la société, notamment :
À ASSOCIER OBLIGATOIREMENT aux différentes
étapes de la révision et dont l?avis figurera dans le
dossier d?enquête publique. (L. 132-7 à L. 132-11 du code
de l?urbanisme).
Les services
de l?État
La Région
Réunion
Le Parc National
de La Réunion
La chambre des
Métiers et de
l?Artisanat
La chambre
d?Agriculture
La chambre du
Commerce et de
l?Industrie
Les Etablissement
Public de Coopération
Intercommunale (EPCI)
Le Département
Réunion
PERSONNES PUBLIQUES ASSOCIÉES
L?Etat
Le préfet, la DEAL, DAAF, DAAC, etc. ,
La DEAL est la porte d'entrée et accompagnateur pour
l?ensemble des politiques publiques.
La Région Réunion
SAR, transports et déplacements (TC et voiries
nationales, économie et tourisme (SRDE2I),
patrimoine, éducation (lycées, universités), formation
professionnelle, équipements sportifs, numérique
(SDTAN).
EPCI (Etablissement Public de Coopération
Intercommunale)
SCoT, Mobilité (TC et Plan de Déplacements Urbains),
Plan Local de l?Habitat (PLH), Schéma d?Aménagement
et de Gestion des Eaux (SAGE), Plan Climat Air Ener-
gie Territorial (PCAET), Zones d?activités économiques
(Schéma de développement économique), Déchets,
GEstion des Milieux Aquatiques et la Préventions des
Inondations (GEMAPI), compétences eau et assainisse-
ments, Offices de tourisme.
Le Département Réunion
Voiries départementales, Agriculture, Espaces naturels
sensibles (ENS), éducation (collèges), périmètres
irrigués et gestion de l?eau, social et personnes âgées.
Le Parc National de La Réunion
Réglementation dans le périmètre du coeur de parc et
partenaire de l'aménagement du territoire à l'intérieur
de l'aire d'adhésion.
Les Chambres consulaires
Chambre d?Agriculture,
Chambre des Métiers et de l?Artisanat,
Chambre du Commerce et de l?Industrie.
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
20 | GUIDE PLU
PARTENAIRES TERRITORIAUX
CAUE (Conseil d?Architecture, d?Urbanisme et de
l?Environnement)
Formes urbaines, densités, règlement du PLU, inser-
tion paysagère, cadre de vie.
AGORAH (Agence pour l?Observation de La Réunion,
l?Aménagement et l?Habitat) ? Agence d?urbanisme de
La Réunion
Données territoriales, observatoires, animation, études
urbaines.
EPF Réunion (Etablissement Public Foncier)
Projet urbain, prospective, acquisition et portage fon-
ciers.
Safer Réunion (Etablissement Public Foncier)
Expertise et acquisition foncières agricoles,
Morcellement des terres agricoles, recensement
des friches agricoles, travaux d?amélioration foncière
agricole, études agricoles.
CEREMA
Données nationales/territoriales de consommation
d'espace, adaptation aux changement climatique.
INSEE
Données statistiques sur l'économie, la démographie,
la société et les territoires.
Office de l'eau
Données sur qualité, quantité & réseaux d'eau.
Et les autres ?
CAUE (Conseil
d?Architecture, d?Urbanisme
et de l?Environnement)
EPF Réunion
(Etablissement Public
Foncier)
Insee
AGORAH - Agence
d?urbanisme de La Réunion
Safer Réunion
(Etablissement
Public Foncier)
Cerema
Office de l'eau
à associer tout
au long de la
démarche
Cette prise d?informations est primordiale pour :
Justifier son projet de territoire : expliquer que l?agriculture est préservée dans certaines zones en raison
de la présence d?infrastructures d?irrigation, ou que les extensions urbaines sont prévues à proximité des
réseaux existants ou futurs par exemple.
Adapter son PLU pour ne pas faire obstacle aux projets supra via le règlement, la définition de zonages
ou la mise en place d?emplacements réservés à destination de la collectivité compétente
Ne pas oublier que de nombreuses thématiques territoriales ne font plus partie des compétences
communales (eau, assainissement, énergie, déchets, mobilités, etc.) et que la mise en place d?un vrai
dialogue est la clé pour éviter d?éventuels points de blocage.
PARTIE 1 | SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
GUIDE PLU | 21
SANS OUBLIER
QUE VOUS AUREZ À PASSER EN COMMISSIONS SPÉCIFIQUES
COMMISSION DÉPARTEMENTALE
DE PRÉSERVATION DES ESPACES
NATURELS AGRICOLES ET
FORESTIERS (CDPENAF)
Missions (L.181-11 et L.181-12 du Code rural et
de la pêche maritime, L.143-20 et L.153-17 du
Code de l?urbanisme) :
Elle se prononce sur les questions générales relatives à la
régression des surfaces naturelles, agricoles et forestières
et à leur mise en valeur effective.
Elle émet un avis simple ou conforme, selon le cas, sur
l?opportunité des procédures ou autorisations d?urbanisme,
au regard de l?objectif de préservation des espaces naturels,
agricoles ou forestiers.
Elle formule des propositions sur les moyens d?éviter la
consommation des espaces agricoles.
Composition (D.181-11 du code rural et de la
pêche maritime) 13 membres :
Présidée par le Préfet,
Collège des services de l?Etat : Directeur de la DAAF,
autre représentant de la DAAF, Directeur de la DEAL,
Collège des collectivités : Président du Conseil
Départemental, Président du Conseil Régional, Maire
désigné par l?Association des Maires,
Collège des professionnels : Président de la Chambre
d?Agriculture, Président de la SAFER, Représentant des
propriétaires agricoles,
Collège des associations : Représentant Ecologie
Réunion, représentant SREPEN (Société Réunionnaise
pour l?Etude et la Protection de la Nature), représentant
SEOR (Société d?Etudes Ornithologiques de La Réunion.
Vous aurez à justifier votre projet de territoire en
personne, spécifiquement sous l?angle de la
consommation des espaces agricoles, naturels et
forestiers aux profits d?extensions urbaines. Tous les
éléments seront analysés: projections démographiques,
dimensionnement des besoins en extensions par
rapport à l?accueil de la population et la manière dont
a été structuré le projet pour éviter la consommation
d?espaces, réduire son impact, voire compenser les
pertes pour l?équilibre générale de ces espaces (filières
agricoles, réservoirs de biodiversité, etc.).
COMMISSION DÉPARTEMENTALE
NATURE, DES PAYSAGES ET DES
SITES (CDNPS) L341-16 CODE DE
L?ENVIRONNEMENT
Missions (R341-16 à R341-25 du code de
l?environnement) :
La CDNPS est une commission consultative qui «concourt à
la protection de la nature, à la préservation des paysages,
des sites et du cadre de vie et contribue à une gestion
équilibrée des ressources naturelles et de l?espace dans un
souci de développement durable.
La CDNPS, dans sa formation "Sites et Paysages" est saisie
pour avis simple lorsque la procédure d'évolution du PLU
d'une commune littorale comporte un classement ou
déclassement d'EBC.
Composition (R341-17 du code de l?environne-
ment) 4 collèges :
Présidée par le Préfet,
Collège des services de l?Etat : dont le Directeur de
la DEAL,
Collège des élus des collectivités territoriales,
Collège de personnes qualifiées en matière de
sciences de la nature, de protection des sites
associations de protection de l?environnement et
représentants des organisations agricoles,
Collège de personnes compétentes dans les
domaines d?intervention de chaque formation
spécialisée.
SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU | PARTIE 1
22 | GUIDE PLU
LA CONCERTATION PUBLIQUE:
UN RENDEZ-VOUS À NE PAS
MANQUER
VOTRE PLU POUR ET AVEC VOTRE POPULATION
(L103-2 À L103-7 DU CODE DE L?URBANISME)
Conformément à l?article L103-2, «Font l'objet d'une
concertation associant, pendant toute la durée de
l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales
et les autres personnes concernées [...], l'élaboration et la
révision du schéma de cohérence territoriale et du plan
local d'urbanisme.»
La concertation préalable consiste donc à permettre une
information du public à un stade précoce de la procédure
de révision du PLU pour qu?il participe au processus
de décision. Il ne s?agit pas uniquement de renseigner
la population mais aussi de recueillir son avis sur les
orientations prises par votre collectivité. L?article L103-6 du
code de l?urbanisme impose de dresser un bilan de cette
concertation, qui sera joint à l?enquête publique. Pour autant,
votre collectivité n?est pas tenue de retenir les propositions
qui y sont formulées.
L?enjeu pour vous, consiste à ce que la concertation ne se
résume pas à une contrainte règlementaire, mais qu?elle
vienne enrichir votre projet de planification. Il s?agit de
traiter les avis et objections du public, et d?envisager les
manières de les prendre en compte pour prévenir de
futurs contentieux ou mécontentements de la population,
notamment dans la phase de mise en oeuvre de votre PLU.
Mener une concertation de la population de qualité est
un exercice difficile ! Comment attirer la population en
nombre ? Quelles ressources y attribuer (financières,
humaines, etc.) ? Comment faire émerger l?intérêt collectif
de visions plus ou moins individuelles ? etc.
Le code de l?urbanisme vous laisse toute liberté sur la
manière de mener cet exercice. Néanmoins, il vous est
demandé, dans l?article L103-4 du code de l?urbanisme, de
dimensionner le dispositif aux enjeux et à la taille de votre
population. Il est donc nécessaire de procéder à une réelle
réflexion, dès la prescription de la révision du PLU (L103-3
du code de l?urbanisme), sur les modalités de réalisation
de la concertation : objectifs, fréquence, localisation,
gouvernance, animation, communication, etc.
Des ressources sont disponibles pour vous aider à choisir
les méthodes de concertation les plus adaptées à vos
attentes, à votre contexte et, surtout, envisager des moyens
innovants de faire participer votre population à l?élaboration
de votre document.
En savoir plus
DREAL Occitanie ? Concertation
et planification en urbanisme
En savoir plus
CEREMA ? La concertation
(«classique» ou facultative) du
code de l?urbanisme
| SE LANCER DANS L?AVENTURE DU PLU
«Ouvrir une concertation, (?) c?est faire plus
que demander un avis ponctuel sur un élément
précis. On pourrait dire que c?est une méthode
de travail qui intègre, dans le processus de
conception et de décision, des consultations
aux étapes clefs. Le maître d?ouvrage s?engage
à écouter, à éventuellement modifier son projet,
voire à y renoncer intégralement» (Guide de la
concertation en aménagement - CERTU, 2001)
GUIDE PLU | 23
ALORS
CONCRÉTEMENT,
UN PLU ÇA
RESSEMBLE À
QUOI ?
RAPPEL DES PIÈCES
RÈGLEMENTAIRES QUI
COMPOSENT LE PLU
2
PARTIE
Les PLU locaux sont généralement assez complets
en termes de pièces règlementaires attendues. En
revanche, on constate régulièrement :
Des incohérences entre les différents documents
qui constituent le PLU (avec des chiffres pouvant
varier d?une page à l?autre),
Une justification des choix qui gagnerait à être
approfondie pour améliorer la compréhension
globale du projet,
Certains enjeux essentiels ne sont pas toujours trai-
tés à leur juste valeur (densités, espaces agricoles,
enjeux environnementaux, dimension paysagère,
adaptation au changement climatique, etc.).
ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ? | PARTIE 2
24 | GUIDE PLU
PARTIE 2 | ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
CE QUE VOUS DEMANDE LA LOI
UN DOCUMENT COMPOSITE !
Cette partie n?a pas pour vocation de dresser un rappel
exhaustif des pièces obligatoires constitutives de votre
PLU. L?objectif est plutôt d?aborder des pistes d?amélioration
sur la rédaction ou la mise en forme de certains éléments
qui apparaissent de façon récurrente dans les avis des
Personnes Publiques Associées ou contribution d?autres
partenaires. En effet, le lecteur du PLU, n?ayant pas bénéficié
de l?enseignement résultant des différentes étapes ou
échanges qui ont jalonné la construction de votre PLU,
doit avoir accès à des clés de compréhension sur l?origine
et la finalité des orientations approuvées dans votre
document. Le PLU reste le document de référence pour
que la population, les partenaires, les acteurs du territoire
comprennent, intègrent, adhèrent au projet de territoire de
la commune.
Les Orientations d?Aménagement et de Programmation
(OAP) font l?objet d?une partie dédiée car elles ont été
identifiées comme un levier majeur pour répondre aux
enjeux de maîtrise de la planification urbaine (cf.p.71).
Pour un rappel plus précis des attendus règlementaires de
l?ensemble des pièces qui constituent le PLU, vous pouvez
vous référer au Guide sur les dispositions opposables
du PLU produit par la Fédération Nationale des Agences
d'Urbanisme (FNAU).
CE QUE DIT LA LOI
Selon l?article L151-2 du code de l?urbanisme, le
Plan Local d?Urbanisme comprend :
1-Un rapport de présentation,
2-Un projet d?aménagement et de
développement durables,
3-Des orientations d?aménagement et de
programmation,
4-Un règlement,
5-Des annexes.
En savoir plus
Ministère de la cohésion des territoires et des
relations avec les collectivités territoriales /
Fédération Nationale des Agences d?Urbanisme
(FNAU) ? Guide sur les dispositions opposables
du PLU
GUIDE PLU | 25
LE RAPPORT DE PRÉSENTATION
(L151-4, R151-1 À R151-5 du code de l'urbanisme)
LÀ OÙ TOUT S?EXPLIQUE !
Le rapport de présentation est le document du PLU qui joue le rôle de justification du projet de territoire porté par votre
collectivité. Il doit démontrer la cohérence entre la connaissance du territoire, les orientations prises par la collectivité au
sein du PADD, la traduction règlementaire du PLU et les politiques publiques portées par les documents supra.
Même si le rapport de présentation et le Projet d?Aménagement et de Développement Durables (PADD) ne sont pas
directement opposables aux tiers, ces pièces revêtent toutefois une importance particulière. En cas de contentieux relatif
au contenu du plan local d?urbanisme, ou à l?occasion d?un contentieux portant sur la délivrance d?une autorisation du droit
des sols, le juge administratif pourra ainsi être amené à chercher le sens ou la justification d?une règle opposable dans
ces pièces. Il se doit donc d?être intelligible aussi bien par les partenaires (PPA et autres), par la population à laquelle le
document s?adresse, et donc, au juge en cas de litiges. (TA de Grenoble, 15 février 2024, n°200064O).
Le rapport de présentation est composé de :
UN DIAGNOSTIC [?]
[...] territorialisé à 2 titres
Votre diagnostic ne doit pas ressembler à un "copié-
collé" d?un autre PLU. Il doit prendre en compte votre
contexte local et hiérarchiser les sujets abordés selon
leur importance sur le territoire. C?est-à-dire que cer-
taines parties du diagnostic peuvent être réduites à
quelques lignes si elles n?apportent pas de plus value
au projet, et ainsi se concentrer sur des thématiques
qui vous sont plus essentielles,
Le lecteur doit pouvoir situer votre commune au
sein de son bassin de vie. Quels sont ses atouts,
contraintes, opportunités ou faiblesses dans son envi-
ronnement territorial. Chaque commune n?est pas une
île isolée des autres communes. Le diagnostic doit
permettre de mettre en évidence les interconnexions
entre la commune et son environnement, ainsi que
les complémentarités intercommunales existantes ou
à développer (équipements, infrastructures, filières
économiques, etc.).
[...] prospectif
A partir d?un exposé du contexte territorial à plusieurs
échelles (communale, intercommunale et départementale),
le diagnostic établit ses projections démographiques
et économiques, et fait émerger les besoins en termes
d?habitat, de déplacements, d?équipements, de protection
de l?environnement et du paysage, de développement
économique et de l?agriculture, d?aménagement du
territoire. Le PLU ne doit s'arrêter aux données existantes
issues du SAR ou SCOT mais peut aller plus loin avec des
inventaires territoriaux/communaux.
Il est opportun de proportionner la portée du diagnostic aux
enjeux de la commune. La prospection et les moyens mis
en oeuvre dans le diagnostic doivent être plus développés
sur les thématiques à mettre en avant.
[...] lisible et compréhensible
Le PLU s?adresse à toute la population et non seulement aux
partenaires experts. Le volume du document doit rester
abordable et la rédaction ne doit pas être trop technique
au risque de rebuter le lecteur. Le rédacteur doit trouver un
équilibre dans l?usage de termes ou concepts techniques
pour concourir à une compréhension globale des enjeux à
l?oeuvre sur le territoire.
[...] consensuel
Les données utilisées doivent être fiables, récentes,
sourcées et judicieusement choisies selon les thèmes
traités. De même, les méthodologies de calcul doivent être
transparentes, sincères et vulgarisées si nécessaire.
[...] cohérent avec les autres pièces du PLU
La rédaction d?un volet conclusif du style
«à retenir» à la fin de chaque partie du diagnostic
permet de récapituler les points saillants sur
lesquels s?appuie la justification du projet.
ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ? | PARTIE 2
26 | GUIDE PLU
L?ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE,
UN MOYEN DE PLUS POUR
JUSTIFIER VOTRE PROJET
TERRITORIAL
L?Évaluation Environnementale est clairement identifiée
comme un des volets qui doivent monter en qualité dans
la manière dont ils sont abordés dans les PLU. Actuellement,
dans la grande majorité des documents d?urbanisme de
l?île, elle s?apparente surtout à une partie règlementairement
obligatoire, une contrainte. Pourtant, elle a été pensée pour
être un véritable outil stratégique pour valider le projet de
votre collectivité. Elle vise à :
Permettre de mieux connaître votre territoire,
Concourir à la qualité de votre projet de territoire,
Réduire les risques juridiques en cas de contentieux,
Améliorer la compréhension des choix réalisés en
tenant compte des enjeux environnementaux,
Donner de la crédibilité à la traduction règlementaire
de votre PLU,
Permettre d?afficher que votre projet s?inscrit dans les
grandes transitions à l?oeuvre.
En résumé, l?Evaluation Environnementale doit constituer une
opportunité d?enrichir votre projet, d?identifier les erreurs à
éviter et de garantir que votre planification participe d?un
développement durable et équilibré. Portez donc une
attention particulière à la rédaction de votre CCTP pour
que les exigences de qualité que vous souhaitez apporter
au traitement de l?Evaluation Environnementale soient
clairement identifiées.
L?Évaluation Environnementale est un travail itératif dans
l?élaboration de votre PLU : une fois que vous aurez
dressé le diagnostic socio-économique et l?état initial de
l?environnement de votre commune, la démarche consiste
à évaluer les incidences de votre projet sur l?environnement.
C?est un exercice d?équilibre qui consiste à confronter la
hiérarchie des actions que vous souhaitez inscrire dans
votre document d?urbanisme, à la hiérarchie des enjeux de
territoire qui résultent de votre diagnostic.
Il est donc essentiel que la manière dont vous rédigez
votre PLU permette aux lecteurs d?identifier clairement
cette hiérarchie, que ce soit dans les enjeux de territoire,
à la lecture de votre Rapport de présentation, que ce soit
dans les actions de votre projet, à la lecture des orientations
de votre PADD. L?attention que vous y apporterez justifiera
d?autant plus les choix opérés dans le PLU arrêté.
Il s?agit d?établir les conséquences de vos actions sur les
enjeux environnementaux identifiés dans l?état initial de
l?environnement et d'opérer des choix qui permettent la
réalisation de votre projet au global tout en impactant le
moins possible l?environnement, le paysage, l?agriculture,
etc...
Vous devrez donc clairement établir, dans votre évaluation
environnementale, les mesures que vous aurez mis en
oeuvre pour éviter, puis réduire et, en dernier recours,
compenser les impacts de votre projet. Il est important de
comprendre que chacune des étapes de la séquence ERC,
s?envisage de manière consécutive, c?est-à-dire :
Quelles sont les décisions prises pour éviter au maxi-
mum les impacts ?
Ensuite, comment vous dimensionnez ou localisez
vos actions pour réduire ces impacts ?
Et enfin, s?il n?y a pas d?autres moyens pour réaliser
votre projet justifié et dimensionné par le diagnostic,
comment vous compter les compenser en quantité
et en qualité ?
L?Évaluation Environnementale de votre PLU doit être
proportionnée aux enjeux de votre territoire et faire
l?objet d?une attention particulière car elle participe de la
compréhension et de la cohérence de votre document.
JUSTIFICATION DES CHOIX :
ET TOUT S?ÉCLAIRE !
La justification des choix doit être le document qui éclaire le
regard du lecteur par rapport aux choix qui ont été opérés !
Il explique l?adéquation entre le diagnostic, les orientations
politiques du PADD et la traduction règlementaire du PLU.
La qualité de sa rédaction est primordiale pour éviter les
éventuels points de blocage, que ce soit avec la population
ou les PPA. Ces points de blocage tournent généralement
autour des thèmes suivants :
Le dimensionnement des besoins
Toutes les politiques publiques convergent vers un
urbanisme plus sobre. Il est donc nécessaire d?expliquer
que les choix effectués par le PLU ont été calibrés au plus
juste par rapport aux besoins exprimés dans le diagnostic.
La justification des besoins doit démontrer l?adéquation
avec :
Les projections démographiques : la définition d?un
objectif démographique n?est pas un exercice facile
tant il est le résultat de la combinaison d?une diversité
de facteurs plus ou moins maîtrisés par la collectivité.
Dans les PLU actuels, on constate une tendance à
surestimer la population projetée et donc une suresti-
mation des besoins, notamment en extension urbaine.
Les besoins liés à la démographie s?expriment de
manière quantitative, qualitative mais aussi en terme
de stock, comme par exemple les demandes de lo-
gements sociaux en attente. La justification des choix
PARTIE 2 | ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
GUIDE PLU | 27
doit permettre d?expliquer comment le PLU répond
aux besoins spécifiques des différentes composantes
de la population actuelle et à venir (personnes âgées,
petite enfance, population sociale, etc...), en particulier
sur le niveau d?équipement, la typologie de logements
à produire ou l?offre de mobilité à mettre en oeuvre.
La législation ne précise pas de méthode pour l'établis-
sement du scénario de projection démographique.
Néanmoins, les données démographiques de l'INSEE
constituent une référence fiable dans le cadre de ce
travail.
L?état du tissu économique : le dimensionnement
des extensions destinées aux activités écono-
miques répond à des dynamiques spécifiques. La
sous-utilisation des zones d?activités économiques
déjà existantes est un enjeu identifié par les pou-
voirs publics, dans l?optique d?une sobriété foncière.
La justification des choix doit expliquer les cri-
tères qui l?ont amené à définir le volume
et la vocation de ce foncier économique.
Des échanges avec les Chambres consulaires peuvent
permettre de préciser les besoins du milieu écono-
mique. Des données d?inventaire des Zones d?Activités
Économiques sont disponibles à l?échelle de l?inter-
communalité dans le cadre de leur compétence ZAE,
ou à l?AGORAH, à l?échelle de toute l?île, dans le cadre
de son Observatoire du Foncier Économique.
La capacité d?accueil du territoire : ce volet n'est pas
suffisamment développé dans les PLU locaux alors qu?il
représente un enjeu crucial de la planification. Évaluer
la capacité d?accueil et de développement consiste à
mesurer si l?accueil d?habitants, de touristes et d?acti-
vités supplémentaires envisagé par la collectivité est
compatible avec le capital de ressources dont elle dis-
pose et les objectifs qu?elle porte pour son territoire.
La justification des choix doit évaluer l?impact du pro-
jet sur toutes les ressources, qu?elles soient :
? environnementales : eau, air, sol, faune et flore,
? sociales : culture, mode de vie, d?habiter, de
travailler, démographie, vie collective,
? économiques : l?offre de services, le tissu
économique local, le capital matériel, etc.
Cette évaluation des capacités d?accueil participe de
la vision prospective du PLU.
La cohérence interne
Il n?est pas rare de trouver des coquilles, des contradictions
ou des disparités dans les différents éléments qui composent
le PLU. Ces difficultés de lecture portent préjudice à la
bonne compréhension entre ce qui relève de «l?erreur
matérielle», des mesures prescriptives. Il vous appartient
donc de vérifier que les chiffres et orientations ne diffèrent
pas selon qu?ils se trouvent dans le diagnostic, la justification
des choix, le PADD ou le règlement, afin d?apporter de la
clarté dans les choix opérés par votre collectivité.
La compatibilité avec les documents supra
La notion de compatibilité s?évalue comme une non-
opposition aux règles supérieures (cf. partie "Compatibilité
et conformité". Des marges de manoeuvre vous sont donc
possibles, à la condition qu?elles soient justifiées. Les
difficultés de justification couramment rencontrées portent
sur :
Le respect des densités minimales : au sein des
documents supra, elles sont établies à l?échelle de la
polarité urbaine. Votre collectivité n?est pas obligée
d?appliquer une même densité à toute une polarité
(ce n'est pas souhaitable d'ailleur). Il vous est possible
de définir des densités différenciées à une échelle
plus fine, telle que les quartiers, pour qu?elles soient
adaptées aux objectifs urbains de votre collectivité
et aux réalités de ces quartiers. La justification des
choix doit faire la démonstration que cette mixité des
densités au global respecte celles prescrites par les
documents supra.
La localisation des extensions urbaines : les docu-
ments supra disposent de prescriptions qui encadrent
la spatialisation des extensions urbaines. Le SAR de 2011,
par exemple, établit dans sa prescription n°7 que «les
zones qui seront ouvertes à l?urbanisation doivent être
situées dans le périmètre des zones préférentielles
d?urbanisation». Dans le cadre de la compatibilité, les
extensions urbaines qui se trouvent soit en continuité,
soit à l?extérieur de la ZPU, doivent être justifiées par
une incapacité de mobiliser les espaces qui sont à
l?intérieur (insuffisance de la desserte, absence de ré-
seaux, reliefs problématiques, identification d?espaces
à protéger, etc.).
La préservation des coupures d?urbanisation :
les coupures d?urbanisation représentent un outil
de protection forte du paysage et des fonctions de
continuité des communes littorales. Elles permettent
d?éviter les continuités urbaines en amont du littoral. La
vocation d?inconstructibilité de ces espaces doit être
affirmé dans le PLU. Dans une relation de compatibilité,
les limites des coupures d?urbanisation peuvent faire
l?objet d?adaptations locale si la collectivité bénéficie
d?éléments de justification à une échelle plus fine que
celle des documents supra.
La cour administrative d'appel de Nantes annule le
SCOT «Golfe du Morbihan - Vannes Agglomération »,
au motif qu?il n'a pas suffisamment déterminé les
capacités d'accueil de son territoire, c?est-à-dire le
niveau maximum de pression exercée par les activités
ou les populations - permanentes et saisonnières - que
peut supporter le système de ressources du territoire
sans mettre en péril ses spécificités. CAA Nantes, 18
mars 2025, Association Les Amis des chemins de ronde
du Morbihan, n° 22NT04125
Par un arrêt du 18 mars 2025
ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ? | PARTIE 2
28 | GUIDE PLU
La préservation des espaces naturels et
agricoles
On constate régulièrement que le PADD des PLU définit des
orientations qui promeuvent la préservation des espaces
naturels ou défendent la souveraineté alimentaire. Pour
autant, on observe que les extensions urbaines qui, dans
leur localisation ou leur importance, portent préjudice à
la pérennisation de ces espaces, en particulier pour les
espaces agricoles (enclavement des parcelles agricoles,
conflits de voisinage, perte des terres agricoles à fort
potentiel...).
La justification des choix, sur la base du diagnostic qui
en fera l?inventaire, doit permettre de démontrer que la
collectivité a pris en compte les enjeux agricoles et naturels
pour définir son projet de territoire : préserver les périmètres
irrigués, les terres ayant bénéficiés de travaux d?amélioration
foncière ou les terres à fort potentiel agronomique,
éviter l?enclavement ou le morcellement des parcelles
agricoles, identifier les habitats naturels préservés ou ceux
à reconquérir. Cette démonstration peut constituer une
séquence de la démonstration Eviter-Réduire-Compenser
les pertes agricoles et naturels.
Des échanges avec les services de la DAAF, de la DEAL, de
la Chambre d?Agriculture ou le Parc National de La Réunion,
par exemple, peuvent permettre de disposer d?une bonne
connaissance des enjeux à l?oeuvre sur ces espaces et
mieux les intégrer au projet communal.
Redonner du sens à la règle
Le rapport de présentation n?est pas opposable aux
personnes, contrairement au corpus règlementaire
(règlement écrit et graphique) et aux Orientations
d?Aménagement et de Programmation (OAP). Néanmoins,
l?article L.151-4 du code de l?urbanisme définit que «le rapport
de présentation explique les choix retenus pour établir le
projet d'aménagement et de développement durables, les
orientations d'aménagement et de programmation et le
règlement». L?article R.151-2 du code de l?urbanisme, précise
que vous devez y justifier de :
«1° La cohérence des orientations d'aménagement et de
programmation avec les orientations et objectifs du projet
d'aménagement et de développement durables,
2° La nécessité des dispositions édictées par le règlement
pour la mise en oeuvre du projet d'aménagement et de
développement durables et des différences qu'elles
comportent, notamment selon qu'elles s'appliquent à des
constructions existantes ou nouvelles ou selon la dimension
des constructions ou selon les destinations et les sous-
destinations de constructions dans une même zone,
3° La complémentarité de ces dispositions avec les
orientations d'aménagement et de programmation [...]».
Ainsi, en cas de contentieux, le juge peut s?appuyer sur les
éléments de justifications du rapport de présentation pour
interpréter les dispositions du règlement et argumenter sa
décision (CE, 10 février 2016, n° 383738, SCI Porte de Noisy,
CE, 17 juillet 2013, n° 350380, CE, 9 novembre 2015, époux
Lambert, n° 385689).
L?exercice consiste donc à expliquer le pourquoi de la
règle. La rédaction de cette partie doit faire l?objet d?une
attention particulière et doit suivre une boussole qui est la
pédagogie envers le public. Il vous appartient de décrire
clairement comment vous avez traduit les orientations
exprimées au PADD dans les pièces opposables aux tiers.
ANALYSE DE LA CONSOMMATION
D?ESPACES
La consommation d?espace agricoles et naturels est définie
comme «la création ou l?extension effective d?espaces
urbanisés sur le territoire» (art 194 de la loi du 20 juillet 2023).
Le fascicule 2 du ZAN, produit par le ministère de la transition
écologique et de la cohésion territoriale, rassemble tous les
éléments dont vous aurez besoin pour traiter de l?enjeu de
la sobriété foncière dans votre PLU.
En ce qui concerne les données disponibles pour traiter
de la consommation d?espaces à l?échelle locale, les
collectivités disposent de plusieurs sources :
Les données CEREMA : Le CEREMA met à dis-
position des flux de consommation d?espaces
naturels, agricoles et forestiers (ENAF) pour
toutes les communes du territoire national.
Ces flux sont fournis à tous sous forme chiffrée (nombre
d?hectares d?ENAF consommés par an) et vous pouvez
notamment les utiliser comme valeur de référence
pour élaborer vos objectifs et vos trajectoires.
Les données OCS GE (MOS Réunion) : L?Occupation
du sol à grande échelle (OCS GE) est produite par
l?IGN et permet notamment d?accéder, sous forme de
données géographiques, aux informations relatives
à l?occupation du sol mais également à son usage.
Les données sont disponibles pour les années 2017 et
2022, et feront l?objet de nouvelles livraisons par l?IGN
tous les 3 ans.
Les données locales : Plusieurs données lo-
cales permettent de suivre des évolutions de la
consommation d?espaces, les principales étant :
Les données Tache Urbaine (DEAL) et Tache Urbaine
intermédiaire (AGORAH), qui permettent le suivi du
tissu urbain dense depuis 1997.
PARTIE 2 | ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
GUIDE PLU | 29
Les données «Orange», développées depuis 2024
dans le cadre de l?Observatoire de l?Occupation du Sol
(ex Groupe Étalement Urbain) de l?AGORAH, qui per-
mettent de suivre annuellement l?évolution du tissu ur-
bain mais qui intègrent également la notion de mitage
et les éléments relatifs aux voiries et infrastructures.
Ces données locales apportent un regard com-
plémentaire sur les données précédentes : elles
permettent d?approfondir la connaissance sur vos
territoires, via un suivi spatialisé, utile pour suivre les
dynamiques à l?oeuvre à votre échelle communale.
L?analyse de la consommation d?espaces doit être réalisée
sur 2 pas de temps différents :
Sur les dix années précédant l?arrêt du projet de PLU
ou bien depuis la dernière révision du document
d?urbanisme (art L151-4 du code de l?urbanisme), afin
d?objectiver les efforts de modération de la consom-
mation d?espaces opérés par le projet de PLU.
Entre 2011 et 2021, afin d?établir la trajectoire de
consommation d?espaces de la commune, dans le
respect de la trajectoire définie à l?échelle intercom-
munale, régionale et nationale, avec pour objectif le
Zéro Artificialisation Nette à l?horizon 2050.
La consommation d?espaces peut être analysée sous
plusieurs angles pour motiver le projet de territoire :
Un angle spatial : est-ce que le développement des
espaces urbains s?est réalisé sur les secteurs définis par
les zonages de PLU ? Quel est le rôle des polarités
urbaines définis par la commune dans la maîtrise de
l?étalement urbain ? La consommation des espaces
agricoles et naturels a-t-elle tendance à baisser ?
Comment se situe la consommation des espaces sur
ma commune par rapport aux tendances des autres
territoires ?
Un angle démographique : l?extension urbaine ob-
servée sur ma commune a-t-elle augmenté plus ou
moins vite par rapport à ma population ? est-ce que
l?étalement urbain correspond à la réalisation d?équi-
pements liés à ma structure de population ?
Un angle structurel : la consommation d?espaces
révèle-t-elle des dynamiques territoriales particulières
ou la mise en oeuvre de politiques de la ville ? tel que
le développement de nouveaux quartiers structurants,
la réalisation d?opérations de renouvellement urbain,
l?aménagement de foncier économique, etc.
En savoir plus sur le
Ministère de la transition écologique et
de la cohésion des territoires ? Zéro
Artificialisation Nette ? Fascicule 2 Planifier
la consommation et l?artificialisation des sols
ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ? | PARTIE 2
30 | GUIDE PLU
LE PROJET D?AMÉNAGEMENT ET DE
DÉVELOPPEMENT DURABLES (PADD)
(L151-5 DU CODE DE L?URBANISME)
LE «CHAMP D?EXPRESSION POLITIQUE»
Le PADD doit prendre la forme d?un document simple, clair
et concis. C?est le document le moins «technique» du PLU
destiné à la lecture du plus grand nombre. C?est le moyen,
pour les élus, d?exposer aux habitants de sa commune le
projet de territoire qu?ils portent et les moyens de le mettre
en oeuvre. Souvent qualifié de «clé de voute» du PLU, les
orientations qui y figurent doivent trouver leur fondement
dans le rapport de présentation et une traduction concrète
dans le règlement et les OAP. La modification du PADD
entraîne une révision générale du PLU (cf. partie "Je fais
évoluer mon PLU un peu, beaucoup, à la folie ... pas du
tout" p.10).
CHAQUE COMMUNE SON PADD
Le PADD exprime un projet politique ancré dans le territoire
couvert par le PLU. D?ailleurs, le code de l?urbanisme prévoit
expressément qu?il fasse l?objet d?un débat en conseil
municipal, au plus tard 2 mois avant l?arrêt du PLU (L153-12).
Ainsi, les grandes orientations du PADD doivent répondre
à des besoins spécifiques de votre commune, à des
réalités physiques de votre territoire et aux moyens dont
vous disposez pour les mettre en oeuvre. Pour toutes ces
raisons, il vous faut prendre garde à ce que votre PADD
ne s?apparente pas à un catalogue d?orientations trop
généralistes, réutilisables en l?état sur n?importe quel autre
territoire.
Sur la base des éléments de diagnostic élaborés dans le
Rapport de présentation (étude de densification et analyse
de la consommation d?espaces), le PADD fixe les objectifs
chiffrés de modération de la consommation de l?espace et
de lutte contre l?étalement urbain. Les besoins en extension
qui y sont exprimés, doivent être dimensionnés au plus près
des capacités d?accueil de votre commune, des besoins
de votre population, des capacités de densification des
espaces urbains et de la place de votre commune dans
son bassin de vie.
UN PADD QUI GARDE SA BOUSSOLE
Comme évoqué précédemment, les orientations que
vous aurez définies dans le PADD doivent trouver une
traduction dans le volet règlementaire du PLU (règlement
écrit, graphique et OAP). Il faudra donc porter une attention
particulière à la rédaction de vos orientations en :
Evitant d?énoncer des principes incantatoires sans tra-
duction concrète,
Se limitant aux thématiques relevant de la compé-
tence du PLU pour esquiver toute incohérence avec
d?autres documents ad hoc,
S?assurant de la cohérence entre les orientations du
PADD, le diagnostic du Rapport de présentation et la
rédaction des règlements et OAP.
PLACE À LA PÉDAGOGIE !
Le maître mot lors de la rédaction du PADD est la simplicité.
Il doit être un document simple ...
... Dans le choix des mots utilisés. Il est primordial d?évi-
ter un vocabulaire trop technique ou juridique,
... Dans les objectifs à atteindre. Très peu de citoyens
ont connaissance des différents documents de plani-
fication ou autres qui gravitent autour du PLU. Il n?est
donc pas conseillé que les orientations renvoient
expressément à des documents du type Plan Local
de l?Habitat, Plan de Mobilité, SCoT, etc.
... Dans la priorisation des orientations. La hiérarchi-
sation des orientations de votre projet politique doit
transpirer de la structuration de votre PADD,
... Dans le développement rédactionnel. Le PADD
s?appuie sur un diagnostic plus ou moins étoffé. Il n?est
donc pas nécessaire de trop développer les explica-
tions qui ont aboutiaux orientations. Allons à l?essentiel
!
... Dans la réalisation de schémas de principes. Il ne
s?agit pas de refaire un règlement graphique mais plu-
tôt de dessiner à grands traits, votre projet de territoire.
Le schéma de principe permet d?illustrer votre vision
de l?organisation du territoire, d?identifier les secteurs
à enjeux ou de localiser les projets structurants de
la mandature. Attention tout de même, tout comme
pour les orientations, ce schéma ne doit pas être trop
précis pour éviter des incohérences.
PARTIE 2 | ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
GUIDE PLU | 31
LE RÈGLEMENT
(L151-8 À L151-42-1, R151-9 À R151-50 du code de l'urbanisme)
LÀ OÙ TOUT PREND FORME
Le règlement, à l?instar de l?OAP (voir partie «OAP Kosa i lé ?»
p.73), est un outil qui traduit les orientations définis au PADD.
Mais, à contrario de l?OAP, il s?applique dans un principe de
conformité (voir partie "Compatibilité et conformité" p.15)
aux projets d?urbanisme.
Comme indiqué précédemment, les orientations de
votre PADD doivent être ancrées dans votre territoire. Le
règlement, en tant que traduction de ces orientations, ne
doit donc pas prendre la forme d?un produit standard,
transposable d?une commune à l?autre !
Le règlement du PLU c?est :
un règlement écrit qui expose les règles de construc-
tibilité,
un règlement graphique qui permet de connaître
toutes les règles qui s?appliquent à la population, que
ce soit du fait du PLU ou par l?application d?autres
servitudes (PPR, périmètre de protection de captage,
périmètre de réciprocité, etc.).
Tous les articles du règlement sont facultatifs. Les règles
d?implantation portant sur l?implantation des constructions
par rapport aux voies, emprises publiques et aux limites
séparatives ne sont plus obligatoires. Cependant le
règlement est obligatoire (à l?exception des secteurs
couverts par des OAP dites de "secteur d'aménagement"
telles que définies à l'article R151-8 du code de l?urbanisme)
car il doit permettre d?appliquer les orientations du PADD.
Le rôle du règlement est de traduire des objectifs
stratégiques définis dans le projet d?aménagement et de
développement durables (PADD) du PLU. Cette traduction se
fait encore trop souvent par des réponses «standardisées»,
exprimées sous forme de règles métriques dont la rigidité
peut constituer un frein à la mise en oeuvre d?un urbanisme
répondant au projet de territoire. La déclinaison du contenu
du règlement et des principes d?écriture des règles a
pour vocation d?inciter les auteurs de PLU à s?approprier
l?ensemble des outils règlementaires existants en offrant
davantage de flexibilité au règlement, tout en favorisant
la créativité architecturale et la diversité des formes
urbaines. Cela s?inscrit, par ailleurs, dans la continuité des
recommandations du Conseil d?État invitant les pouvoirs
publics à se doter d?une doctrine de recours et d?emploi du
droit souple pour contribuer à la politique de simplification
des normes et à la qualité de la réglementation.
(http://www.conseil-etat.fr/Decisions-Avis-publications/
Etudes-Publications/Rapports-Etudes/Etudeannuelle-2013-
Le-droit-souple)
La règle quantitative : La règle «quantitative» consti-
tue une norme absolue, principalement exprimée
sous forme métrique (distances minimales, hauteurs
maximales, etc.) pour exprimer une obligation stricte.
Considérée, parfois à tort, comme plus lisible et plus
sûre sur le plan juridique, du fait de l?absence de
marge d?interprétation qu?elle est supposée laisser,
elle est souvent privilégiée par les collectivités malgré
une rigidité susceptible de freiner, voire de bloquer,
les projets de constructions.
La règle qualitative : La règle «qualitative» ou
«appréciative» constitue une norme relative, rédigée
en mentionnant l?objectif à atteindre, sans imposer
de moyens. L?article R151-12 du code de l?urbanisme
entend donc sécuriser son usage en précisant que de
telles règles doivent être justifiées dans le rapport de
présentation et formulées de manière suffisamment
précise et vérifiable pour soutenir un lien de confor-
mité. Ce type de règle est particulièrement indiqué
dans le cadre de parcelles contraintes en zone ur-
baine ou de secteurs de projet dont la forme urbaine
peut évoluer au cours de l?aménagement mais qui
devront répondre à des objectifs précis, notamment
en termes de densité, de création de logements, de
surfaces d?espaces verts. (CE 30 sept. 2011, Commune
de Saint Maur-des-fossés, req. n° 339619. Le Conseil
d?Etat a considéré que les règles d?exception pré-
voyant, aux articles 6 et 7 du règlement, que «des
dispositions différentes pourront être autorisées ou
imposées pour des raisons d?harmonie, notamment
pour tenir compte de l?implantation des constructions
existantes ou projetées dans le parcellaire voisin, et
pour permettre l?amélioration des constructions exis-
tantes», étaient «suffisamment encadrées».
Le contenu des règlements est encore trop souvent
calqué sur une nomenclature facultative héritière des
POS qui n?utilise pas l?étendu des libertés rédactionnelles
offertes. Conçu sous forme d?interdictions et de normes,
plutôt que d?outils au service des objectifs à atteindre en
termes de forme urbaine, de traitement des espaces libres,
d?intégration architecturale et paysagère, de qualité de
desserte, d?impact environnemental.
ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ? | PARTIE 2
32 | GUIDE PLU
Le "copier/coller", d?un règlement à l?autre, reste une pratique
courante, conduisant à de nombreuses modifications du
document d?urbanisme pour l?adapter au coup par coup
aux réalités du territoire.
Le règlement et les OAP n'induisent pas les mêmes rapports
d'opposabilité aux autorisations d'urbanisme (règlement =
conformité, OAP = compatibilité). Les auteurs de PLU sont
donc invités à concevoir ces outils en fonction :
Du niveau de contrainte qu?il souhaite imposer,
Des incitations qu?ils souhaitent mettre en place,
De leur capacité à instruire des projets encadrés par
des orientations.
LE RÈGLEMENT ÉCRIT
Depuis la loi ALUR, la rédaction du règlement écrit est plutôt
libre. L?application par lien de conformité, par contre, vous
oblige à y porter une attention particulière. Le guide des
dispositions opposables au PLU peut vous aider à sa
rédaction (cf.lien page 22).
Dans une majorité des PLU en vigueur sur l?île, on observe 2
phénomènes quant à la rédaction des règles écrites :
Des zonages règlementaires très génériques, de type
«clé en main», qui sont repris tels quels d?un PLU à
l?autre (retranscription des mêmes dispositions règle-
mentaires lors de la révision du PLU de la commune)
ou d?une commune à l?autre. Pourtant, comme indiqué
dans la partie «Justification des choix», le règlement
doit traduire les orientations du PADD. Il doit donc
répondre aux besoins spécifiques d?un territoire,
Les sous-zonages sont souvent attachés à l?armature
urbaine définie, notamment au SAR (un zonage pour
les villes-relais, un autre pour les bourgs, etc.). Ce
type de zonage, qui s?applique uniformément sur la
centralité, peut conduire à une perte de maîtrise de
l?aménagement de vos centres urbains voire induire
des transitions trop brutales de certains quartiers
(application maximale de la constructibilité permise au
PLU). Pourtant, vos centralités, même si elles font par-
ties du même rang dans l?armature urbaine, peuvent
répondre différemment à la mise en oeuvre du projet
de territoire défini dans le PADD (enjeu architectural,
prise en compte des risques, préservation des pay-
sages, etc.).
On vous incite donc, sans pour autant multiplier de manière
déraisonnable le nombre de sous-zonage, à rédiger
des dispositifs règlementaires qui se focalisent sur des
objectifs de constructibilité (densité recherchée, hauteurs
maximales, différenciation des reculs par rapport à la voirie,
différenciation des règles pour les constructions existantes,
renvoi à des OAP, mixité fonctionnelle, etc.), qui trouvent
leur fondement dans le rapport de présentation et le PADD.
De cette manière, les zonages s?adaptent aux réalités de
terrain et traduisent une planification maitrisée.
L?association des services instructeurs de votre commune
est essentielle afin de bénéficier d?un retour d?expérience
sur les réussites et les difficultés de la mise en oeuvre du
règlement du PLU en vigueur et de les faire participer
activement à la rédaction de celui du projet de PLU.
LE RÈGLEMENT GRAPHIQUE
Pour connaître l'ensemble des règles du règlement
graphique/plan de zonage, nous vous recommandons
vivement de consulter le guide des dispositions
opposables au PLU. Ce guide de référence présente de
manière exhaustive toutes les dispositions règlementaires
qui s'imposent légalement dans le cadre du Plan Local
d'Urbanisme, en détaillant notamment les règles de
représentation cartographique et les symboles normalisés
à utiliser dans le règlement graphique. Par ailleurs, les
Orientations d'Aménagement et de Programmation (OAP)
doivent impérativement figurer sur le document graphique.
LES ORIENTATIONS D'AMÉNAGEMENT & DE
PROGRAMMATION (OAP)
POUR AFFINER & CONTEXTUALISER LE PROJET POLITIQUE
AUX SINGULARITÉS DU TERRAIN
L151-6 à L151-7-2, R151-6 à R151-8-1 du code de l'urbanisme
Les orientations d?aménagement et de programmation (OAP)
visent à exprimer de manière qualitative, sur des quartiers
ou secteurs, ou sur des enjeux du territoire, les ambitions
et la stratégie territoriales en termes d?aménagement. Elles
déterminent les conditions d?aménagement et d?utilisation
des sols sur les périmètres définis.
Elles constituent, avec le règlement écrit et graphique du
PLU, la déclinaison opérationnelle et opposable du PADD.
Pour aller plus loin, une partie entière du Guide y
est consacrée "Les Orientations d'Aménagement et
d'Orientations (OAP) Kosa i lé ?"
PARTIE 2 | ALORS CONCRÉTEMENT, UN PLU ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
GUIDE PLU | 33
LE PLU, C?EST VOTRE PROJET | PARTIE 3
LE PLU, C?EST
VOTRE PROJET
... QUI DOIT TROUVER
SA PLACE DANS SON
ENVIRONNEMENT
RÈGLEMENTAIRE
3
PARTIE
Les PLU locaux expriment un projet qui se retrouve
dans le PADD, mais :
Ils souffrent parfois d?un effet catalogue en termes
d?orientations trop généralistes qui se retrouvent
d?un PADD à l?autre sans réel ancrage avec la réalité
du territoire de chaque commune.
Cet effet catalogue nuit parfois à la bonne per-
ception et compréhension du projet de territoire
exprimé par chaque commune.
Des projets dont la trame de fond mériterait d?être
mieux comprise tant dans sa conception que dans
sa traduction.
34 | GUIDE PLU
PARTIE 3 | LE PLU, C?EST VOTRE PROJET
VOTRE PROJET DE TERRITOIRE
C?EST LE COEUR DE VOTRE PLU !
La grande faiblesse observée sur les projets de PLU locaux, reste la difficulté à cerner le projet de territoire qui guide
les choix opérés dans le document. Pourtant, qui dit orientations politiques du PLU, dit Projet d?Aménagement et de
Développement Durables (cf. partie " Alors concrétement, un PLU ça ressemble à quoi ?"), mais il prend bien souvent
la forme d?une liste d?orientations trop généralistes, avec trop peu d?ancrage territorial et semble transposables d?une
commune à l?autre.
Porter une procédure de révision de PLU, c?est long, fastidieux, coûteux mais elle représente une réelle opportunité de
décliner la vision que vous avez de votre commune en projet de territoire.
Car, il faut garder en tête, et c?est le fil rouge de ce guide, que le Plan Local d?Urbanisme est tout d?abord un document
politique avant d?être un fascicule de règles : les dispositions règlementaires ne doivent pas s?opposer aux projets qui
concourent à la mise en oeuvre de mon projet de territoire. Elles doivent empêcher la réalisation de projets qui vont à
l?encontre de ma vision du territoire.
UN PROJET DE TERRITOIRE,
QU?EST-CE QUE C?EST ?
Si on recherche un cadrage juridique, la notion de
projet de territoire est reconnue par la loi d?orientation
pour l?aménagement et le développement durable du
territoire de 1999, sans pour autant le rendre obligatoire
ou en définir précisément les contours.
Ainsi, le Code Général des Collectivités Territoriales
propose une définition du projet de territoire à
chaque échelle intercommunale (les communautés de
communes L.5214-1, les communautés urbaines L.5215-
1, les communautés d?agglomérations L.5216-1 et les
métropoles L.5217-1). Ce dernier article du CGCT semble
assez complet sur les objectifs poursuivis par le projet
de territoire :
Le projet de territoire devient une feuille de route qui
permet d?offrir de la visibilité pour les partenaires ou la
population, et de légitimer les arbitrages opérés au sein du
document de planification. Cette feuille de route à l'échelle
du territoire communal doit également permettre de
mettre en musique son projet avec l'ensemble des plans et
programmes transversaux (PVD, ORT, NPNRU, etc).
Le PADD est le document du PLU qui vous permet de définir
cette feuille de route. Il constitue votre champ d?expression
politique. Sa rédaction doit donc faire l?objet une attention
particulière pour faire ressortir clairement et simplement le
projet que vous portez pour le développement de votre
commune.
CE QUE DIT LA LOI
L5217-1 «[?] élaborer et conduire ensemble un
projet d?aménagement et de développement
économique, écologique, éducatif, culturel et
social de leur territoire afin d?en améliorer la
cohésion et la compétitivité et de concourir
à un développement durable et solidaire du
territoire. [?]».
«Prendre en compte les paysages» signifie tenir compte
des significations et des valeurs attachées à cette partie
de territoire et partagées par une population.
Sur l?ensemble d?un territoire concerné par un
document d?urbanisme, il peut s?agir d?appréhender
plusieurs paysages (ou unités paysagères) et par
ailleurs aussi bien des paysages considérés comme
remarquables, que des paysages relevant du quotidien
et des paysages dégradés. La manière de prendre en
compte les paysages peut donc comprendre à la fois,
sur un même territoire, des logiques de protection,
mais également de gestion et/ou d?aménagement des
paysages.
Identifier les Atouts, et les Faiblesses d?une part et les
Opportunités et les Menaces d?autre part.
Projet de territoire = projet de paysage ?
GUIDE PLU | 35
de ma commune dans
son bassin de vie
(mutualisation
des équipements,
déplacements, emplois, etc.)
Je pense à ma population actuelle
et à celle de demain
(démographie, production de logement,
cadre de vie, mode d?habiter, etc.)
J?élabore ma stratégie
en terme d?équipements
possibilité de réhabilitation,
besoins supplémentaires,
etc.)
Je cerne les enjeux économiques de ma commune
(agriculture, ZAE,
tourisme, commerces, etc.)
Je mesure les
enjeux environnementaux
(richesse de la biodiversité,
exposition aux risques,
adaptation au changement
climatique, etc.)
COMMENT PENSER VOTRE PROJET ?
SE POSER LES BONNES QUESTIONS
LE PLU, C?EST VOTRE PROJET | PARTIE 3
36 | GUIDE PLU
COMMENT CONSTRUIRE SON
PROJET DE TERRITOIRE ?
Comme le stipule l?article L151-4 du code de l?urbanisme,
" Le rapport de présentation explique les choix retenus pour
établir le projet d?aménagement et de développement
durables, [...] ".
Il s?appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions
économiques et démographiques et des besoins
répertoriés en matière de développement économique,
de surfaces et de développement agricoles, de
développement forestier, d?aménagement de l?espace,
d?environnement, notamment en matière de biodiversité,
d?équilibre social de l?habitat, de transports, de commerce,
d?équipements notamment sportifs, et de services.»
Le diagnostic est une pierre fondatrice de la construction
du projet de territoire. Il permet :
de dresser une vision objective de l?état initial de
son territoire (population, activités économiques,
exposition aux risques, préservation de milieux
naturels, dynamisme agricole, etc.),
de situer sa commune dans son bassin de vie et
définir les relations plus ou moins fortes aux échelles
appropriées,
d?appréhender les capacités d?accueil de son
territoire (populations, présence de réseaux, besoins
en équipements, adaptation des infrastructures,
ressources, etc.),
prendre conscience des paysages dans lesquels
nous vivons, et dans lesquels nous voulons vivre
pour engager un projet d?aménagement durable du
territoire,
de définir la hiérarchie entre les enjeux territoriaux.
On est conscient qu?un cadre règlementaire est imposé et
peut contraindre le projet initial, mais il permet d?intégrer
des enjeux cruciaux tout en offrant un champ des possibles.
Sur la base de ce diagnostic, les élus peuvent bâtir un
projet politique ancré dans son territoire, intégrateur et
compréhensible/transparent.
Ce projet de territoire doit :
Se concentrer sur des objectifs saillants et
hiérarchisés (plus d?attractivité économique, plus de
mixité, répondre aux besoins de la population en
équipements, améliorer le cadre de vie, promouvoir
la production locale, etc.),
Identifier clairement et par des propos simples, les
leviers d?action pour atteindre ces objectifs (comment
mon projet va attirer des entreprises, comment il va
influencer la démographie tout en répondant à ses
besoins, etc.),
Quantifier et spatialiser son projet,
S?appuyer sur ce qui existe déjà dans les communes
voisines, en mutualisant les équipements structurants
ou en trouvant des complémentarités,
Aborder en toute transparence l?impact du projet
sur le territoire en justifiant la recherche d?équilibre
dans les choix opérés : il faut définir les curseurs qui
permettent de dépasser le document du «en même
temps» (on ne peut pas souhaiter la préservation des
paysages et programmer des extensions en coupures
d?urbanisation, promouvoir le développement de
l?agriculture, de la population, des entreprises sans
préserver la ressource en eau),
Assurer la cohérence interne du document de
planification.
En clair, il permet d?aiguiller la réflexion en justifiant les
orientations et en dessinant les moyens d?y aboutir.
Loi Littoral
Sobriété
foncière
Mon projet
Parc National de
La Réunion
SAR & SCoT
ET L?ENVIRONEMENT LÀ DEDANS ?
La prise en compte des enjeux environnemen-
taux par le PLU est une obligation règlemen-
taire. Mais est-ce que ça ne représente pas,
du coup, une opportunité d'action concrète ?
En clair, il est possible de s'emparer de cette
question de manière pragmatique, pour agir
sur l'amélioration du cadre de vie, l'attractivité
du territoire, la protection de la population face
aux risques, l'amélioration du bien-être et de
la santé des habitants, etc. C'est l'objet de la
démarche d'un Urbanisme Favorable à la Santé
(UFS), qui regroupe une large palette d'outils
permettant d'agir pour la santé et pour le climat.
Cette démarche peut alimenter la définition du
projet de territoire.
PARTIE 3 | LE PLU, C?EST VOTRE PROJET
GUIDE PLU | 37
J?évalue les besoins
de mon territoire
(populations, logements,
activités économiques,
équipements, services,
mobilités, biodiversité, etc.).
J?analyse les capacités actuelles
de ma commune (ressources,
enjeux environnementaux,
paysages, réseaux et
infrastructures existants,
vulnérabilités spécifiques au
territoire, etc.).
Je confronte les besoins et
les capacités à mon projet
et à mes ambitions de
développement (cohérence
entre ce que je souhaite
faire, ce que je peux faire et
ce que je dois faire).
Je traduis ces orientations
en outils règlementaires
opérationnels (règles
précises, zonages adaptés,
OAP, intégration des
contraintes locales, etc.).
J?anticipe les mécanismes de mise en oeuvre
(préemptions, portage EPFR, Opération de
Revitalisation du Territoire, etc.) et d?évaluation
afin de garantir la faisabilité et le suivi concret
de mes ambitions territoriales.
Je structure mes réflexions
sous forme d?orientations
qui viendront alimenter
mon PADD (simple, clair,
non généraliste, ancré
territorialement), véritable
lieu d?expression de mon
projet.
Je tiens compte de mon environnement
règlementaire (documents supra-
communaux, obligation de
compatibilité, notions de centralités,
densités), géographique (spécificités du
bassin de vie, projets des communes
voisines) et des plans et programmes
transversaux (PVD, ORT, NPNRU, etc)
CONDUIRE VOTRE RÉFLEXION
UN CHEMINEMENT QUI SE CONSTRUIT
Je concerte les habitants et
partenaires du territoire tout
au long de ma démarche
afin d?enrichir mon diagnostic,
de nourrir mes orientations,
et d?assurer une meilleure
appropriation du projet.
LE PLU, C?EST VOTRE PROJET | PARTIE 3
38 | GUIDE PLU
COMMENT PRENDRE EN COMPTE
LES ENJEUX TERRITORIAUX
QUELQUES EXEMPLES !
JE SOUHAITE MAINTENIR UNE POPULATION STABLE
JE SOUHAITE RELANCER L?ATTRACTIVITÉ DE MON TERRITOIRE
Capacités
d?accueil sont
limités
Contenir les extensions urbaines pour éviter les efforts
supplémentaires d?équipements, localiser et identifier
les équipements à développer, définir des règles qui
préservent le patrimoine communal
Je permets la densification des espaces urbains, voire
des extensions mesurées. La localisation des extensions
prend en compte la présence des infrastructures
dimensionnées. Je fixe des périmètres qui préservent
les ENAF d?une urbanisation non maîtrisée. Je renforce
la présence de commerces et d?équipements de
proximité.
Les équipements
doivent être
réhabilités/monter
en gamme Les réseaux
ne sont pas
dimensionnés
Patrimoine
identitaire de
qualité
Une évolution
démographique
morne
Un accueil possible
sans bousculer
l?équilibre entre
préservation des
ENAF
& des paysages
Un tissu
économique
peu adapté
COMMENT ?
ORIENTATIONS DU PADD
COMMENT ?
ORIENTATIONS DU PADD
POURQUOI ?
DIAGNOSTIC
POURQUOI ?
DIAGNOSTIC
PARTIE 3 | LE PLU, C?EST VOTRE PROJET
GUIDE PLU | 39
JE SOUHAITE PRENDRE SOIN DE MON PAYSAGE & DÉVELOPPER UNE QUALITÉ
DE VIE
JE SOUHAITE RENDRE MON TERRITOIRE RESILIENT AUX EFFETS
DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
Les chemins
et le petit
patrimoine
disparaissent La biodiversité est
en recul, les espaces
naturels se dégradent
Je construis mon projet de territoire en le fondant sur une
démarche paysagère.
Je m?inspire des orientations de l?Atlas des Paysages et du
concept de l'île Jardin, pour développer une qualité de vie
sur un territoire résilient.
Je détaille mon projet de territoire par des OAP
thématiques et sectorielles qui répondeNT aux enjeux
identifiés
Je maîtrise la consommation d'espace et je préserve et
renforce la trame verte et bleue.
Je favorise une bonne gestion de l'eau et la
désimperméabilisation des sols.
J'incite vers une morphologie urbaine plus adaptée et
une qualité thermique des bâtiments.
Je détaille mon projet de territoire par des OAP
thématiques et sectorielles qui répondent aux enjeux
identifiés.
Les entrées de ville
sont dégradées
Le paysage
urbain se
banalise
L?identité
paysagère de
la commune se
fragilise
Déficit d'espaces
végétalisés/
perméables
Part importante
de la population
exposée aux
risques
Amplification
des événements
extrêmes
(cyclone, inondation,
sécheresse)
Des îlots de chaleur
urbains sont identifiés
dans le centre-
bourg
Augmentation
des températures
moyennes et
augmentation des
vagues de chaleur
COMMENT ?
ORIENTATIONS DU PADD
COMMENT ?
ORIENTATIONS DU PADD
POURQUOI ?
DIAGNOSTIC
POURQUOI ?
DIAGNOSTIC
LE PLU, C?EST VOTRE PROJET | PARTIE 3
40 | GUIDE PLU
PARTIE 3 | LE PLU, C?EST VOTRE PROJET
GUIDE PLU | 41
EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ? | PARTIE 4
EXTENSION,
CONSOMMATION,
DENSIFICATION ?
TROUVEZ VOTRE CHEMIN DE
SOBRIÉTÉ FONCIÈRE
4
PARTIE
L?étude de densification apparait progressivement dans les
PLU locaux, et est de plus en plus qualitative, malgré tout :
Sur le volet friches : une dimension trop souvent négligée,
avec peu (voire pas !) de friches explicitement identifiées.
Et donc pas de stratégie de remobilisation associée.
Sur le volet logements vacants : un potentiel qui com-
mence à être mieux appréhendé, mais qui peine à se
traduire en réelle stratégie de remobilisation.
Sur le volet espaces urbanisés : des recensements de
plus en plus sérieux des dents creuses, mais basés sur
des méthodologies pas toujours explicites et qui pêchent
encore sur l?estimation des réelles capacités de mutabilité
du tissu urbain.
De façon générale on constate régulièrement une
mauvaise compréhension des mécanismes entourant la
densité.
42 | GUIDE PLU
PARTIE 4 | EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ?
L?ÉTUDE DE DENSIFICATION
UN VRAI «ÉTAT INITIAL DE L?URBAIN»
A la lecture des PLU locaux, l?étude de densification apparaît souvent comme un élément qui a été abordé parce que
c?est une obligation du code de l?urbanisme. Les collectivités, élus ou techniciens, ne s?emparent pas pleinement de ce
qui pourrait être un outil de connaissance de son territoire. L?étude de densification doit être une aide à la décision en
permettant d?évaluer réellement le gisement potentiel au sein des espaces déjà aménagés, pour dimensionner ensuite,
ses besoins en extensions... si c?est nécessaire !
Comme l?indique l?article L151-5 du code de l?urbanisme, l?étude de densification doit analyser 3 leviers de densification :
les locaux vacants, les friches urbaines et les espaces déjà urbanisés.
LES LOCAUX VACANTS
Le PLU est un outil de planification et la mobilisation réelle de
la vacance ne fait pas partie de ses prérogatives. L?objectif
sera de définir des hypothèses de remise en marché
des locaux vacants en se basant sur les enseignements
du diagnostic, les données disponibles (études menées
par l?EPCI, LOVAC, LOCOMVAC, fichiers fonciers, etc.), les
politiques de la ville à l?oeuvre ou en devenir (ORT, fiches
action du PLH, etc.). Il s?agit donc de :
Caractériser la vacance :
? Quelle est la définition de la vacance problématique
pour la commune ? plus d?un an ? 2 ans ?
? Le nombre des locaux vacants et sa proportion
par rapport au parc de logements, d?équipements et
d?immobilier économique,
? La typologie de la vacance + maisons ou
appartements, taille des logements, propriété
publique ou privée, indivision, etc,
Définir une stratégie de remobilisation pour justifier
ses hypothèses : prioriser un le remise sur le marché
dans des secteurs définis comme stratégiques ?
prioriser une typologie de vacance ? renvoyer sur des
actions déjà en cours ou en projet, etc,
Arrêter des hypothèses de remobilisation de la
vacance pour répondre aux besoins en logements,
en équipements, en activités économiques et en
amélioration du cadre de vie. Ses hypothèses sont à
prendre en compte dans la limite inhérente d?un travail
prospectif mais qui se fondent sur une justification
argumentée.
CE QUE DIT LA LOI
art l151-5 du code de l?urbanisme «[?] Il (le PADD) ne peut prévoir l?ouverture à l?urbanisation d?espaces naturels,
agricoles ou forestiers que s?il est justifié, au moyen d?une étude de densification des zones déjà urbanisées, que la
capacité d?aménager et de construire est déjà mobilisée dans les espaces urbanisés. Pour ce faire, il tient compte
de la capacité à mobiliser effectivement les locaux vacants, les friches et les espaces déjà urbanisés pendant la
durée comprise entre l?élaboration, la révision ou la modification du plan local d?urbanisme et l?analyse prévue à
l?article L. 153-27.»
GUIDE PLU | 43
LES FRICHES URBAINES
La thématique des friches urbaines est celle qui est, de
loin, la moins développée dans les PLU. Les projets de PLU
réunionnais, analysés depuis l?application de la loi Climat
et Résilience en 2021, font état de «zéro friche» ou bien
d?une friche» recensée sur le territoire communal. Pourtant,
l?observation néophyte de nos villes et villages fait état
d?un nombre plus significatif d?espaces et de bâtiments
abandonnés. L?article L111-26 du code de l?urbanisme
définit une friche constructible comme «tout bien ou
droit immobilier, bâti ou non bâti, inutilisé et dont l?état, la
configuration ou l?occupation totale ou partielle ne permet
pas un réemploi sans un aménagement ou des travaux
préalables.»
Cette définition, assez large, implique un recensement de
terrain afin de quantifier ce phénomène, d?où la difficulté
d?aborder les friches dans le PLU.
Afin de traiter cette thématique dans la planification,
plusieurs méthodologies de travail peuvent être envisagées
comme, par exemple :
Organiser des réunions de travail internes rassemblant
les différents services communaux pour les localiser
grâce à la connaissance de terrain des agents
communaux,
Profiter des réunions de concertation avec la
population pour les interroger et bénéficier de leur
connaissance de leur quartier,
Interroger son EPCI pour connaître si des travaux
sur les friches sont disponibles dans le cadre de leur
Observatoire de l?Habitat et du Foncier au sein des
PLH,
Mener une étude spécifique de quantification et de
caractérisation de la friche sur son territoire intégrant,
éventuellement des propositions de remobilisation.
Il n?est pas attendu de la collectivité qu?elle fournisse un
inventaire exhaustif des friches urbaines. Néanmoins, elles
représentent un réel gisement (plus ou moins significatif
selon les territoires) pour répondre, en partie, aux enjeux
de sobriété foncière et d?amélioration du cadre de vie.
Extrait du guide relatif aux attendus de l?étude de densification des zones déjà urbanisées, illustration du nombre de logements théoriquement constructibles par
densification
EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ? | PARTIE 4
En savoir plus
Recensement des friches
urbaines en ORT à
La Réunion
44 | GUIDE PLU
LES ESPACES DÉJÀ URBANISÉS
Ils correspondent aux espaces contenus à l?intérieur de
l?enveloppe urbaine, qu?ils soient bâtis ou non (dents
creuses).
Le renouvellement urbain
L?étude de densification doit identifier les secteurs sous-
densifiés de la commune, en comparant les densités
actuelles par rapport aux densités permises par l?application
du règlement du PLU. L?exercice consiste à différencier
les quartiers/secteurs qui, dans le cadre de la révision du
PLU, sont destinés à se densifier davantage, de ceux dont
la collectivité estime que la densité maximale est déjà
atteinte (dans le respect du lien de compatibilité avec les
documents supra bien sûr !). Cette analyse peut aboutir à
2 constats :
Les règles du PLU en vigueur sont un frein pour la
densification des secteurs et la collectivité choisit de
les faire évoluer avec un objectif chiffré de production
de logements supplémentaires en renouvellement
urbain,
Les règles du PLU en vigueur permettent une
densification trop importante par rapport aux objectifs
de la commune sur certains quartiers ou secteurs. La
collectivité fait évoluer les règles de constructibilité
pour éviter des ruptures radicales dans le paysage
urbain ou des opérations dissonantes par rapport à
l?identité d?un quartier.
La densification des espaces urbanisés englobe
3 processus : la mobilisation des dents creuses, la
densification par démolition/reconstruction des bâtiments
et la densification dite "horizontale", par division parcellaire,
processus dénommé par ailleurs "BIMBY" (Buid In My Back
Yard)
Le cas des dents creuses
Sur la base de données disponibles (Donnée Mutabilité de
l?AGORAH par exemple) ou d?un travail de terrain réalisé en
régie ou par le bureau d?études, il s?agira de localiser et de
caractériser les dents creuses afin de définir leur potentiel
de mobilisation. Plusieurs critères peuvent concourir à cette
hiérarchisation comme la taille de la parcelle, la présence
d?indivision ou la desserte en réseaux.
Une fois le gisement des dents creuses défini, leur
mobilisation doit être en cohérence avec les enjeux mis
en lumière par le diagnostic et traduire les orientations du
PADD, tels que :
La production de logements,
La mixité sociale ou fonctionnelle,
La renaturation en ville,
La réponse aux besoins en équipements.
Extrait du guide relatif aux attendus de l?étude de densification des zones déjà
urbanisées
Cette étude de densification des zones déjà
urbanisées a fait l?objet d?un guide spécifique
qui a été publié par l?AGORAH et la DEAL en 2023.
Pour tout ce qui relève de la réalisation concrète de
cette étude, que ce soit en termes de méthodologies
à mettre en oeuvre ou en termes de données
mobilisables, n?hésitez donc pas à vous appuyer sur
cette production !
N?hésitez pas non plus à consulter les données qui ont
évolué depuis 2023 et que l?AGORAH rend accessible
via sa plateforme www.peigeo.re (logements
vacants, donnée mutabilité, etc.).
www.agorah.com/upload/environnement/Guide-
Etude-Densification-VersionFinale.pdf
POUR ALLER plus loin ...
En savoir plus
AGORAH.COM
PARTIE 4 | EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ?
GUIDE PLU | 45
PAGE 57 I guide relatif aux attendus de l?étude de densification des zones déjà urbanisées - 2022
SChÉma DE SyNThèSE DE l?ÉTUDE
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déTaiL ?
Logements
vacants
Vacance structurelle
identification fiscaleLocaux
commerciaux
vacants
Foncier
mobilisable
Vacance conjoncturelle
(optionnelle)
densification sur foncier libre
Mutabilité des espaces bâtis
remobilisation des friches
(urbaines)
identification recensement
terrain
nombre de logements vacants
(commune) quel volume de
logements vacants
la commune compte
remobiliser?
quel volume de
locaux vacants la
commune compte
remobiliser ?
quel volume
de logements
constructibles
par densification
horizontale la
commune compte
retenir ?
quel volume
de logements
constructibles
par densification
verticale la
commune compte
retenir?
hypothèse retenue
de friche
Mobilisation des dents creuses
densification horizontale
densification verticale
remobilisation des friches
nombre de locaux vacants
(commune)
? différenciation entre maison et
appartement (par centralité )
? différenciation par ancienneté du bâti
? appartenance ou non à une copropriété
? Potentiel de remobilisation
? etc.
? degré de mutabilité
? nombre de logements potentiellement
constructibles
regroupement parcellaire
? degré de mutabilité
? nombre de logements potentiellement
constructible
division parcellaire
? degré de mutabilité
? nombre de logements potentiellement
constructible
démolition reconstruction
? degré de mutabilité
? nombre de logements potentiellement
constructible
démolition reconstruction
? inventaire des friches (communes)
? nombre de logements potentiellement
constructible
quelle superficie
en dents creuses
& de volume
de logements
constructibles la
commune compte
retenir?
IDENTIFIEZ VOS CAPACITÉS
LE FRUIT DE VOTRE ÉTUDE DE DENSIFICATION
C?est en s?appuyant sur votre étude de densification des zones déjà urbanisées que vous allez pouvoir choisir et
expliquer le pourquoi du comment des différentes hypothèses que vous souhaitez retenir dans votre projet de PLU.
EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ? | PARTIE 4
46 | GUIDE PLU
LES EXTENSIONS URBAINES POUR
LES BESOINS EN LOGEMENT
COMMENT SAVOIR SI VOUS EN AVEZ BESOIN ?
ÉVALUATION BESOIN EN LOGEMENT
Parc de logements existants
Nombre de logements dû au desserrement des ménage
Nombre de logements lié à l'accueil de population nouvelle
Nombre de logement lié aux besoins en stock (besoins actuels en
logement non satisfaits)
Lutte contre l'insalubrité
ÉVALUATION DES POSSIBILITÉS D?EXTENSION
Surface nécessaire en extension pour répondre au nombre de
logements restant à produire
DÉFINITION SCÉNARIO DÉMOGRAPHIQUE
Hypothèse retenue de
projection démographique
Taux de croissance
démographique
Taille des ménages projetée
Population projetée
Logements à produire
Besoin en extension
Nombre de logements mobilisés au sein de l?enveloppe urbaine
(logements vacants, friches urbaines, mutabilité des espaces déjà
urbanisés)
Etude de densification
PARTIE 4 | EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ?
GUIDE PLU | 47
urbaines
potentiel de
Logements vacants
en dents creuses
COMMENT ARTICULER L?EXPRESSION DES BESOINS AVEC LES
CAPACITÉS RÉELLES DE VOTRE TERRITOIRE ?
C?est l?étude de densification qui vous permettra de justifier et dimensioner vos éventuelles extensions nécessaires !
EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ? | PARTIE 4
48 | GUIDE PLU
LA CONSOMMATION D?ESPACES ?
UNE HISTOIRE DE SOBRIÉTÉ FONCIÈRE
OBJECTIFS ET TRAJECTOIRES ?
La sobriété foncière n?est plus une option : la loi vous
impose désormais de fixer une trajectoire de réduction de
la consommation d?espaces naturels, agricoles et forestiers
à horizon 2050. Concrètement, cela signifie que votre PLU
doit s?inscrire dans un cadre règlementaire hiérarchisé : les
objectifs chiffrés de réduction seront précisés par le SAR,
puis déclinés par les SCOT.
Dès à présent, vous devez intégrer cette trajectoire dans
votre PLU avant 2028, quel que soit le type de procédure
(révision, modification ou élaboration nouvelle). Mais le
contexte législatif reste mouvant, avec plusieurs projets de
loi dans les tuyaux parlementaires : suivez bien l?actualité
et n?hésitez pas à vous appuyez sur les services locaux de
l?État pour rester à jour.
DE QUOI PARLE-T-ON
EXACTEMENT ?
Quand on parle de sobriété foncière, il ne s?agit pas
seulement de limiter les ouvertures à l?urbanisation :
l?enjeu porte sur les évolutions effectives de l?occupation
du sol. Cela inclut l?artificialisation des sols (construction,
imperméabilisation, etc.), la consommation d?espaces
naturels, agricoles et forestiers (ENAF), et plus largement,
toute modification durable des sols non urbanisés.
Ces notions vont au-delà de la simple logique de zonage :
une grande zone AU non bâtie est par exemple considérée
comme non-consommée... tant qu?elle reste vide. Ce sont
donc les données d?occupation réelle du sol qui servent
de référence.
Autrement dit, qu?il s?agisse d?artificialisation des sols ou de
consommation d?espaces, il est important de comprendre
qu?il s?agit d?évolutions «effectives» au sens de l?occupation
du sol, et qu?il s?agit d?un angle d?analyse différent (mais
complémentaire !) de celui des extensions en termes de
zonages règlementaires.
ET CONCRÈTEMENT, QUE FAIRE
DANS VOTRE PLU ?
Pour respecter ces objectifs, plusieurs leviers peuvent être
mobilisés dans votre PLU :
Favorisez les formes urbaines compactes et
qualitatives : densité ne veut pas dire promiscuité.
Pensez la qualité des espaces publics, la végétalisation,
la mixité des fonctions,
Valorisez les dents creuses, les friches, les secteurs
mutables : identifiez et planifiez leur mobilisation dans
le projet d?aménagement,
Réinterrogez vos extensions : sont-elles bien
nécessaires au regard de vos besoins et des capacités
de votre tissu urbain existant ?
Adaptez votre règlement pour encourager
l?intensification douce : surélévations, divisions
parcellaires maîtrisées, regroupements de parcelles,
etc,
Associez vos élus et votre population à cette évolution
du modèle urbain : la sobriété foncière peut faire
peur, alors il faut expliquer les raisons, les bénéfices, et
faire preuve de pédagogie (densifier ne sous-entend
pas toujours dégradation du cadre de vie). Vous
connaissez votre territoire et vos habitants, à vous de
placer le curseur en termes de niveau d?implication
des différents publics.
Enfin, souvenez-vous que la finalité d?un PLU n?est pas
d?être approuvé, mais bien d?être mis en oeuvre sur votre
territoire : il sera donc important de suivre les évolutions
de votre commune au fil des années. En ce sens, la loi
Climat et Résilience vous demande de produire, tous les
3 ans, un rapport permettant de suivre les évolutions de la
consommation d?espaces et de l?artificialisation des sols sur
votre territoire.
PARTIE 4 | EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ?
GUIDE PLU | 49
N?OUBLIEZ PAS
LA DENSITÉ, CE N?EST PAS QUE DES MATHS !
LA DENSITÉ, UN VRAI SUJET DE
PROJET
Parler de densité, c?est souvent entrer sur un terrain
glissant : on imagine vite des immeubles serrés, des rues
sans lumière, des habitants entassés. Et pourtant, la densité
n?est pas toujours synonyme de bétonnage, ni de mauvaise
qualité de vie. Tout dépend de comment elle est pensée,
avec qui, et pour quoi faire.
Où densifier ? Comment ? À quelle échelle ? Avec quels
usages, quelles hauteurs, quels espaces publics ? Et surtout,
avec quelle qualité ? Voilà les questions qui doivent guider
votre réflexion.
Parce qu?il ne s?agit pas simplement d?augmenter le nombre
de logements à l?hectare. Il s?agit de créer des quartiers
agréables à vivre, où la proximité des services, des
commerces, des transports, des équipements, se combine
avec des logements bien pensés, des espaces végétalisés,
des vues dégagées. C?est ça, la qualité dans la densité.
DENSITÉ RÉELLE & DENSITÉ PERÇUE?
Il ne faut pas confondre densité réelle (le nombre de
logements sur une surface donnée) et densité perçue : un
quartier bien conçu, avec des transitions douces entre le
privé et le public, de la verdure, des matériaux adaptés, de
belles proportions, peut être bien plus dense qu?on ne le
pense... sans que cela ne se voit ni ne se ressente comme
une contrainte.
La densité réelle peut elle-même grandement fluctuer en
fonction de l?assiette de calcul : si elle peut dépasser les
100 lgts/ha à l?échelle d?une opération ou d?une parcelle,
à l?échelle d?un quartier elle n?atteint que très rarement les
50 lgts/ha (cas des centres villes historiques de Saint-Denis
ou de Saint-Pierre) dès lors que l?on intègre les éléments
du tissu urbain comme les routes ou espaces publics. Du
reste, elle gravite plutôt entre 10 et 20 lgts/ha dans la plupart
des quartiers de l?île, pour une moyenne globale autour de
16 lgts/ha.
Ces exemples intégrent la notion «d?équivalent logement»
(80m2 de surface de plancher de tout équipement ou
service = 1 logement), car faire la ville ce n?est pas que
du logement. Il faut aussi penser à quantifier la part des
aménagements et constructions à vocation autre que le
logement (équipements, bureaux, économique, etc..).
ALORS, QUE FAIRE DANS
VOTRE PLU ?
Densifier, oui, mais pas n?importe où, et pas n?importe
comment. Cela passe par des formes urbaines diversifiées,
qui respectent l?identité locale tout en introduisant de
nouvelles manières d?habiter : petits collectifs, maisons
groupées, logements évolutifs, îlots mixtes, etc., et qui
respectent les modes de vie et d?habiter que vous souhaitez.
En ce qui concerne les leviers de la densification (dents
creuses, friches, densification des espaces déjà urbanisés,
vacance), il est attendu une analyse sincère et pragmatique
de ces gisements. A titre d'exemple, l'approche des dents
creuses peut répondre à des besoins diverses, identifiés
dans votre PLU : création d'équipements publics, espaces
de nature en ville et de lutte contre les îlots de chaleur,
gestion des eaux superficielles ou des risques naturels, etc.
De même, il semble probable qu'un certain pourcentage
des dents creuses identifiées ne pourra être mobilisé pour
des raisons de réalité du terrain (enclavement, superficie,
etc).
En savoir plus
Agence d?Urbanisme Rhône
Avignon Vaucluse (AURAV) ?
Densification choisie
Allez y jeter un oeil !
En savoir plus
Agence d?Urbanisme de
l?Agglomération Marseillaise
(AGAM) - CARNET DES FORMES
URBAINES : Vers une qualité urbaine,
architecturale et paysagère
En savoir plus
Conseil d?Architecture
d?Urbanisation et de l?Environnement
(CAUE) de La Réunion - GUIDE-Pour
le logement collectif, bien vivre
ensemble - La Possession
En savoir plus
Conseil d?Architecture
d?Urbanisation et de
l?Environnement (CAUE) de La
Réunion / DEAL de La Réunion -
Densité et qualité urbaine (2017)
EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ? | PARTIE 4
50 | GUIDE PLU
Le saviez-vous ?
Dans la très grande majorité des quartiers de l?île, les règles des PLU en vigueur permettent déjà une densification
très importante ! Avec, dans certains cas, de grands écarts entre la densité réelle actuellement observée et la
densité maximale autorisée.
Lors de l?élaboration de votre projet, analyser ces écarts est indispensable, car ils sont l?un des moteurs de la
mutabilité urbaine : si les règles de constructibilité permettent de monter à R+4 dans un quartier pavillonnaire,
cela constitue par exemple un réel appel d?air en termes de mutabilité verticale, et le quartier tout entier risque
progressivement de changer complètement de visage, et de paysage.
Votre analyse doit donc vous permettre d?identifier les secteurs où vous souhaitez maintenir de tels écarts car
vous souhaitez les accompagner dans un processus de mutabilité progressive (et surtout choisie). A l'inverse, les
secteurs que vous souhaitez préserver dans leur identité et dans leurs formes urbaines actuelles et dans lesquels
les règles doivent évoluer pour éviter une telle mutabilité (qui serait alors subie).
Enfin, n?oubliez pas : la verticalité n?est pas toujours l?ennemi numéro 1.
A nombre de logements équivalent, vaut-il mieux un bâtiment en R+2 aligné sur la voirie et construit en mitoyenneté
sur au moins 2 de ses façades ? Ou un bâtiment en R+4 avec un recul sur voirie obligatoire et sans mitoyenneté
avec les parcelles avoisinantes ?
Le 1er cas est potentiellement source de nuisances vécues : promiscuité des logements avec d?éventuels vis-à-vis,
espace public de faible qualité, parcelle imperméabilisée sur une grande surface, etc. Le second cas évite ou du
moins limite ces différents écueils, mais pose probablement d?autres questions en termes d?intégration paysagère.
Au-delà de ces exemples caricaturaux, l?idée est de trouver la densité et les formes urbaines adéquates à chacune
des situations. N?hésitez pas à solliciter le regard de vos partenaires locaux, comme celui des architectes conseil
du CAUE.
PARTIE 4 | EXTENSION, CONSOMMATION, DENSIFICATION ?
GUIDE PLU | 51
VOTRE UNIVERS URBAIN | PARTIE 5
VOTRE
UNIVERS
URBAIN
COMMENT PASSER DES
ENJEUX AU RÉGLEMENT ?
5
PARTIE
Dans les PLU locaux récents, on constate que l?espace
urbain est surtout traité par le prisme règlementaire
et moins par celui du projet. Deux outils sont princi-
palement mobilisés : les emplacements réservés et
le règlement écrit, ces deux outils laissant générale-
ment la place à peu de marges de manoeuvre.
Le règlement écrit est souvent décliné par des
zonages urbains qui sont rattachés à des polarités qui
sont identifiées par des documents supra.
Les emplacements réservés utilisés pour la réalisation
d?équipements sans se soucier du zonage règlemen-
taire (urbain, agricole, naturel).
Les OAP sont peu utilisées, et souvent uniquement
lorsque le code de l?urbanisme les rend obligatoires.
52 | GUIDE PLU
PARTIE 5 | VOTRE UNIVERS URBAIN
VOTRE ORGANISATION ET VOS
CENTRALITÉS
LA STRUCTURATION DE VOTRE TERRITOIRE !
Le fil conducteur de ce guide reste l?amélioration de la
compréhension du projet exprimé dans le PLU et d?en
comprendre sa traduction règlementaire. Les objectifs
affichés dans le PADD de certains PLU actuellement en
vigueur, tels que «Permettre des constructions intégrées
à l?environnement et réparties harmonieusement sur
l?ensemble du territoire», «Poursuivre la lutte contre
l?insalubrité» ou «De manière générale, développer les
équipements de loisirs de proximité dans tous les quartiers »
ne doivent pas relever de déclarations incantatoires mais
doivent se traduire grâce à la mobilisation de l?ensemble
des outils disponibles, c?est-à-dire le règlement écrit et
graphique ou les OAP.
Deux axes d?amélioration de l?approche des espaces
urbains par les PLU sont possibles afin de, non plus subir le
développement urbain, mais le maîtriser, c?est-à-dire :
Diversifier les outils mobilisés pour traduire le projet
urbain des élus dans le respect de la hiérarchie des
normes,
Permettre aux élus (voire même, aux services
techniques de la commune) d?apprécier l?impact de la
mise en oeuvre du règlement écrit sur le terrain.
Cette partie a pour vocation de vous proposer une
méthodologie d?approche des espaces urbains en utilisant
la notion de centralités urbaines afin de :
Proposer une analyse croisée des différentes
thématiques urbaines (logements, équipements,
commerces, déplacements, etc),
Tracer une cohérence entre les éléments de
diagnostic du Rapport de présentation, le projet
politique exprimé au sein du PADD et sa traduction
dans le corpus règlementaire de manière explicite,
Spatialiser la mise en oeuvre du projet urbain en tenant
compte du rôle de chacune des centralités dans le
maillage des composantes du territoire,
Faciliter la justification de la compatibilité du PLU par
rapport aux polarités des documents de planification
supra (cf. Partie Compatibilité & Conformité),
Justifier la localisation et les besoins en extensions
urbaines lorsqu?elles s?avèrent nécessaires.
DÉFINIR UNE CENTRALITÉ URBAINE
Il n?existe pas de définition stricte de la notion de centralité
urbaine. Ici, on l'entend comme une notion de concentration
des differentes fonctions urbaines (logement, services,
commerces, equipements, déplacements) qui participent
à l?attractivité des polarités urbaines et permet de spatialiser
les enjeux auxquels le PLU doit repondre. L?article L141-6
du code de l?urbanisme en pose les bases telles que : [...]
les centralités urbaines, qui peuvent inclure tout secteur,
notamment centre-ville ou centre de quartier, caractérisé
par un bâti dense présentant une diversité des fonctions
urbaines [...].
La définition et la hiérarchisation de vos centralités urbaines
proviennent donc d?une analyse de votre tissu urbain selon
au moins 3 critères :
La densité de la population et des logements
(données carroyées INSEE),
La concentration des services, des commerces et des
équipements (données BPE INSEE, Base équipements
AGORAH),
La qualité de desserte en transports, et notamment en
transports en commun (données Base équipements
AGORAH, données General Transit Ford Specification
(GTFS), etc.).
Le croisement de ces critères doit vous permettre de tracer
le périmètre de vos centralités urbaines, les hiérarchiser
(dans le principe de compatibilité avec l'armature urbaine
définie aux documents supra SAR ou SCoT), et définir leur
Cette approche peut intégrer toutes les composantes du
développement durable, y compris la santé et la qualité de
vie des habitants et des usagers dans la mise en oeuvre
du projet urbain et d?aménagement du territoire, tout en
oeuvrant pour une réduction des inégalités sociales. Cette
démarche d'urbanisme favorable à la santé doit nourrir la
réflexion sur une traduction règlementaire de ce projet au
travers des outils disponibles dans le PLU, tels que les OAP,
le règlement écrit et graphique.
La diversité
des fonctions
urbaines
La densité
urbaine
La desserte par
les transports
en commun
Le croisement
des critères
La délimitation
des centralités
urbaines à inscrire
dans le PLU
Définir des centralités urbaines
GUIDE PLU | 53
Je cadre les possibilités de
constructibilité en A et N
Je prends en compte
le périmètre du PNR
et mes arbres
remarquables
Je préserve mes
milieux aquatiques
Je traite mes interfaces
entre espaces urbains
et non urbains
Je fais l?inventaire
de mes corridors
écologiques et mes
réserves de
biodiversités
Je préserve mon littoral
Je préserve mes cônes de vue
Je prend conscience de
la dimension patrimoniale
de mon paysage
COMMENT PROJETER VOS ESPACES
URBAINS ?
EN RÉFLÉCHISSANT AUX OUTILS À MOBILISER
VOTRE UNIVERS URBAIN | PARTIE 5
En savoir plus
Le guide ISadOrA
Intégration de la Santé dans les
Opérations d?Aménagement urbain
EHESP & a'urba
54 | GUIDE PLU
DES RÉALITÉS URBAINES MULTIPLES
DIFFÉRENTS ENJEUX, DIFFÉRENTES ORIENTATIONS,
DIFFÉRENTES RÈGLES, DIFFÉRENTS ZONAGES
LES CENTRES URBAINS
PRINCIPAUX
Tissus urbains les plus denses et les
mieux desservis du territoire, on y
retrouve à la fois une concentration
de la population et une concentration
des différentes fonctions urbaines, en
particulier des services administratifs.
LES AUTRES CENTRES
URBAINS
Tissus urbains plus lâches, peu denses
et peu desservis en équipements
et services, ils correspondent à des
centralités résidentielles. Ces centralités
composées de cases à terre ou de petits
collectifs, se différencient de l?habitat
diffus par un certain regroupement de la
population et du bâti.
PARTIE 5 | VOTRE UNIVERS URBAIN
GUIDE PLU | 55
LES ESPACES HORS
CENTRALITÉ
Habitat diffus ou petits regroupements
de bâtis, constitué à très grande
majorité de logements et, de façon
ponctuelle, d?un commerce ou service
de quartier. Ils sont situés en périphérie
des centralités urbaines, le long des
voies de desserte.
LES ZONES
ÉCONOMIQUES
Espaces urbains à vocation spécifique
d?activités économiques (industrie,
artisanat, grandes surfaces, etc.), dont
l'aménagement est de la compétence
de l'EPCI. Ils se trouvent plus ou moins en
périphérie des centralités urbaines.
VOTRE UNIVERS URBAIN | PARTIE 5
56 | GUIDE PLU
ALLIER UNE DENSIFICATION
AMBITIEUSE
& UN CADRE DE VIE DE QUALITÉ
Permettre des hauteurs plus importantes tout en
évitant les ruptures brutales avec les constructions
existantes,
Favoriser le traitement qualitatif des façades qui
s?intègre dans le tissu urbain existant,
Lutter contre les îlots de chaleur,
Tenir compte du dimensionnement des réseaux et
infrastructures (Eaux Potables, Eaux Usées) pour définir
les zonages denses,
Privilégier le renouvellement urbain (dents creuses,
friches, densification des parcelles), notamment au
sein des périmètres de mise en oeuvre de politique
de la ville (Opération de Revitalisation de Territoire >
ORT),
Laisser la place aux espaces publics,
Réserver des espaces de respiration favorable à la
diversité des pratiques (cheminements piétons, loisirs,
espaces de convivialité, etc.),
Soigner les transitions entre les espaces publics et
les espaces privés (règlement sur clôtures, traitement
qualitatif des espaces publics),
Préserver l?identité architecturale de la centralité.
TRADUCTIONS RÈGLEMENTAIRES POSSIBLES
? Délimitation du zonage 2AU sur les zones non
desservies en réseaux ou correspondant à un
phasage de l'urbanisation,
? Différencier les règles, pour les constructions
existantes,
? Emplacements Réservés pour les logements
sociaux,
? Différencier les zones U (mixité des densités) au
sein de la centralité,
? OAP thématique Qualité Architecturales des
Formes Urbaines (QAFU),
? OAP thématique Patrimoniale,
? OAP sectorielles,
? Imposer un coefficient de biotope à la parcelle,
? Imposer une densité minimale dans les zones
urbaines à proximité des transports collectifs,
? Pourcentage minimum de logements aidés/
sociaux dans le règlement du zonage.
FAVORISER LA MIXITÉ
FONCTIONNELLE NOTAMMENT
POUR MAINTENIR L?ATTRACTIVITÉ
DU CENTRE-VILLE
Intégrer des locaux dédiés aux services et les
commerces en rez-de-chaussée,
Localiser les équipements, en création ou en
renouvellement,
Anticiper et localiser les besoins en stationnement à
proximité,
Recycler les dents creuses ou les friches pour
participer à répondre aux besoins en équipements,
en services et en espaces publics,
Favoriser les formes urbaines respectueuses du
centre-ville historique.
TRADUCTIONS RÈGLEMENTAIRES POSSIBLES
? Zonages spécifiques pour la vocation et la
hauteur des rez-de-chaussée,
? Emplacements réservés (équipements publics,
stationnements),
? OAP thématique Qualité Architecturales des
Formes Urbaines (QAFU),
? OAP thématique Patrimoniale,
? Permettre des destinations à vocation de
services, dans le réglement du zonage
? Linéaire de commerces (obligation de
commerces ou services en RdC).
COMMENT TRADUIRE VOS ENJEUX
DANS VOTRE PLU ?
QUELQUES EXEMPLES
PARTIE 5 | VOTRE UNIVERS URBAIN
GUIDE PLU | 57
FAVORISER LA NATURE EN VILLE
Mobiliser les dents creuses ou les friches urbaines
pour végétaliser le centre urbain,
Traduire la trame verte et bleue qui traverse la ville et
organiser les interfaces,
Définir des espaces, notamment au sein des zones
denses, destinés aux jardins partagés,
Protéger des boisements remarquables,
Valoriser les entrées de ville,
Valoriser les paysages urbains.
TRADUCTIONS RÈGLEMENTAIRES POSSIBLES
? Identifier les arbres remarquables ou les espaces
végétalisés à préserver (L151-19 et L151-23 du Code
de l?Urbanisme),
? Espace boisé classé,
? Emplacement réservé «Trame verte»,
? OAP thématique Patrimoniale,
? OAP thématique Trame verte et bleue,
? OAP sectorielle Entrée de ville,
? OAP sectorielles,
? OAP thématique Paysage.
DÉVELOPPER UNE MOBILITÉ
ALTERNATIVE À LA VOITURE
EN COMPATIBILITÉ AVEC LE PLAN
DE MOBILITÉ
Définir le tracé du Transport en Commun en Site
Propre (TCSP) à l?échelle de la centralité,
Localiser les parkings relais en appui aux pôles
d?échanges ou en entrée de ville,
Requalifier les voies dans un objectif de partage de
l?emprise de l?espace public entre tous les usagers
(automobilistes, cyclistes, piétons, Personnes à Mobilité
Réduite, etc),
Requalifier les voies pour pacifier et maintenir
l?attractivité du centre-ville,
Valoriser les entrées de ville,
Protéger les sentiers pédestres patrimoniaux.
TRADUCTIONS RÈGLEMENTAIRES POSSIBLES
? Diminuer le nombre de places de parking
pour les logements à proximité des transports en
commun (L151-34, L151-35, L151-36 du Code de
l?Urbanisme),
? Emplacements Réservés pour la requalification
des voies, le TCSP, la création de parkings, sentiers
pédestres,
? Règles pour le recul par rapport à la voie,
? OAP thématique patrimoniale (pour les sentiers
pédestres).
? OAP thématique Patrimoniale (sentiers pédestres)
? OAP thématique Mobilités
INTÉGRER LES ESPACES URBAINS
DANS LE PAYSAGE DE FAÇON
HARMONIEUSE
Traiter les interfaces entre l?espace urbain et les
espaces agricoles ou naturels (lisières),
Valoriser les entrées de ville,
Mobiliser les dents creuses ou les friches urbaines
pour végétaliser le centre urbain,
Traduire la trame verte et bleue qui traverse la ville et
organiser les «interfaces intramuros»,
Anticiper la coexistence entre le fonctionnement
urbain et non-urbain (notamment les activités
agricoles),
Conserver des gabarits de construction peu denses
allant de l?habitat individuel aux petits collectifs pour
gérer les transitions,
Éviter l'enclavement des exploitations agricoles.
TRADUCTIONS RÈGLEMENTAIRES POSSIBLES
? Différencier les zones U (mixité des densités) au
sein de la centralité,
? OAP thématique Qualité Architecturales des
Formes Urbaines (QAFU),
? Identifier les bâtiments agricoles et les périmètres
de réciprocité autour, sur le réglement graphique,
? OAP sectorielles notamment Entrée de ville,
? Identifier les arbres remarquables ou les espaces
végétalisés à préserver (L151-19 et L151-23 du Code
de l?Urbanisme), arbres patrimoniaux, lisières, etc,
? OAP Trame verte & bleue.
VOTRE UNIVERS URBAIN | PARTIE 5
58 | GUIDE PLU
OFFRIR LES CONDITIONS
FAVORABLES AU
DÉVELOPPEMENT DU TISSU
ÉCONOMIQUE
Assurer une bonne desserte des zones grâce à des
gabarits de voiries adaptées,
Permettre des gabarits de construction adaptés,
Localiser les zones d'activités à proximité des pôles
d?attractivité,
Permettre une mixité de services (bureaux,
restauration, loisirs, etc.),
Améliorer le traitement esthétique des zones
d?activités,
Disposer d?une capacité de stationnement suffisante,
Encourager la mutualisation de l?offre de stationnement
Permettre le partage de la voirie à tous les modes de
déplacement, notamment en sécurisant les cyclistes
et les piétons,
Recycler les friches urbaines,
Privilégier des aménagements perméables,
notamment pour le stationnement,
Concevoir des zones de transition entre les espaces
économiques et les espaces naturels périphériques,
Désartificialiser ces espaces pour lutter contre les îlots
de chaleurs et le ruissèlement des eaux superficielles.
TRADUCTIONS RÈGLEMENTAIRES POSSIBLES
? Règles de hauteur et d?emprise du bâti plus
permissives,
? Règle de recul par rapport aux voies et aux limites
séparatives,
? Règlementer les types d?activité autorisés
? Encadrer les performances énergétiques des
batiments,
? Règlementer la qualité des clôtures,
? OAP thématique Qualité Architecturales des
Formes Urbaines (QAFU),
? OAP sectorielle pour calibrer les voiries, le
stationnement, l?esthétique de la zone, le traitement
paysager, etc,
? Règlementer/encourager l?orientation des
constructions favorables à la circulation de l?air, à la
maitrise de l?exposition à l?ensoleillement,
? Imposer un pourcentage de perméabilité et de
biotope des sols.
PARTIE 5 | VOTRE UNIVERS URBAIN
GUIDE PLU | 59
N?OUBLIEZ PAS
LA LOI LITTORAL CONDITIONNE CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE
DANS CHACUN DE VOS NIVEAUX DE CENTRALITÉS
Habitats diffus
hors EPR
Habitats diffus en EPR
Village hors EPR
Village en Espace Proche du Rivage
Secteur déjà urbanisé
Agglomération principale
en EPR
Agglomération
principale
hors EPR
Extension de l?urbanisation
Densification de l?urbanisation
Évolution des constructions
Autorisé Limité Interdit
Légende
Bande des
50 pas
géométriques
Délimitation des
Espaces Proches
du Rivage
VOTRE UNIVERS URBAIN | PARTIE 5
Schéma inspiré de réalisations originales de "La boîte de l'espace" et l'agence d'urbanisme "Le Havre estuaire de la Seine"
En savoir plus
Guide pratique de l'application de la
loi littoral à La Réunion"
Préfecture de La Réunion
60 | GUIDE PLU
N?OUBLIEZ PAS NON PLUS
LA PRISE EN COMPTE DES RISQUES DANS L?URBANITÉ
LE PLU EST BIEN PLUS QU?UNE
AFFAIRE DE ZONAGES
Quand on parle de risques dans un PLU, beaucoup pensent
d?abord à l?intégration des cartes du Plan de Prévention
des Risques (PPR). C?est évidemment indispensable, il en
va de la sécurité de chacun : les zonages de votre projet
de PLU doivent obligatoirement tenir compte des zones
de prescription et d?interdiction identifiées dans le PPR
en vigueur au moment de la révision de votre PLU, et, en
l?absence de PPR, des éventuels zonages d?aléas existants.
Attention toutefois, la connaissance sur les risques n?est pas
figée, elle évolue sur des pas de temps qui ne sont pas
toujours calés sur ceux de votre PLU, ils vous appartiendra
donc d?en tenir compte au fil du temps.
Mais ce n?est qu?un point de départ. Car les défis
auxquels nous faisons face aujourd?hui ? et surtout ceux
qui s?annoncent demain ? vont bien au-delà de ce que
prévoient les documents règlementaires classiques.
Le climat change. Et ce changement n?est plus une
hypothèse, c?est une certitude : températures plus élevées,
épisodes de fortes pluies, risque de submersion marine,
épisodes cycloniques, sécheresses prolongées... Tous
ces phénomènes s?intensifient, et leurs conséquences se
font déjà sentir sur notre territoire. L?urbanisme ne peut pas
rester aveugle à ces réalités.
CONCRÈTEMENT, ÇA VEUT DIRE
QUOI POUR VOTRE PLU ?
L'exercice consiste à penser l?aménagement en termes de
résilience. C?est-à-dire :
éviter de construire dans des zones déjà exposées ou
qui le seront demain,
préserver les sols perméables, les zones humides, les
ravines, qui régulent naturellement les excès d?eau,
limiter les îlots de chaleur, en favorisant les espaces
végétalisés, l?ombre, la ventilation naturelle,
anticiper des transformations profondes, voire des
relocalisations dans les cas où le risque deviendra trop
important,
encourager des formes urbaines adaptées aux
nouvelles contraintes climatiques.
Cela signifie aussi que votre PLU ne peut plus se contenter
d?un diagnostic figé. Il doit s?inscrire dans une logique
dynamique : penser le territoire comme un organisme
vivant, soumis à des évolutions rapides, auquel il faut
s?adapter de manière proactive.
Bref, intégrer les risques et le climat dans votre PLU, ce n?est
pas un simple item. C?est une nouvelle manière de penser
votre centre-ville, vos bourgs, vos écarts. C?est faire un PLU
qui protège, qui prépare, qui transforme.
Un PLU qui donne aux générations futures un territoire
capable d?encaisser les chocs à venir.
Le devenir des zones
rendues inconstructibles
Dans certains PLU, des zones ont été reclassées
en A ou N non pas pour protéger des vocations
agricoles ou naturelles, mais en réaction à de
nouveaux risques identifiés par les PPR. Il s?agit
souvent d?anciennes zones U ou AU qui ne peuvent
plus légalement accueillir de constructions en raison
du nouveau zonage des risques.
Résultat : on constate que certaines zones
deviennent officiellement agricoles... mais sans
réelle valeur agronomique ni vocation productive.
On parle parfois de bords de remparts, de fonds
de ravine, de terrains déjà partiellement urbanisés,
de sites trop fragmentés, inaccessibles ou en friche.
Bref, des terres agricoles... en théorie seulement.
Ce phénomène interroge à plusieurs titres :
? Il peut fausser la lecture des documents
d?urbanisme, en donnant l?illusion d?un
renforcement du foncier agricole.
? Il peut créer des tensions ou incompréhensions
avec les exploitants agricoles, qui peinent à
trouver du foncier réellement utile à leur activité.
? Il appelle à une vigilance accrue lors de la
construction des zonages dans les PLU : ne
confondons pas retrait de l?urbanisation pour
cause de risques, et volonté de développement
de l?agriculture.
Autrement dit, toutes les zones A ne se valent pas
toujours. Il est essentiel de le rappeler, en particulier
lorsqu?il s?agit de réfléchir à l?avenir de l?agriculture
locale ou à l?équilibre entre urbanisation, préservation
et sécurité.
Que faire, alors, dans votre PLU ?
Quelques pistes peuvent être explorées :
? Introduire des protections paysagères ou
environnementales, si ces secteurs présentent
des intérêts écologiques ou visuels (OAP Trame
verte et bleue),
? Maintenir une traçabilité de leur histoire urbaine
dans le rapport de présentation, pour éviter les
confusions à l?avenir,
? Enfin, s?assurer que ces reclassements ne
pénalisent pas injustement les exploitants
agricoles en les privant d?accès à de vrais terrains
agricoles par ailleurs plus adaptés.
En résumé : ne pas confondre «sortie de
l?urbanisation» et «valorisation agricole». Toute
zone A ne vaut pas champ de cannes ou terre
maraichère productive? et tout bon PLU doit en
tenir compte.
PARTIE 5 | VOTRE UNIVERS URBAIN
GUIDE PLU | 61
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U» | PARTIE 6
UN PL «U»
CE N?EST PAS
QUE DU «U»
N?OUBLIEZ NI VOS ESPACES
AGRICOLES & NATURELS, NI
VOS PAYSAGES !
6
PARTIE
L?analyse des espaces naturels et agricoles, et de
façon plus générale tout ce qui relève des enjeux
environnementaux, est bien présente dans les PLU
locaux, mais :
Cette analyse manque souvent de profondeur.
La notion de paysage n?est que peu abordée, alors
qu?elle est transversale à tous les univers de votre PLU
(espaces urbains, agricoles, naturels).
Les enjeux de ces espaces sont parfois délicats à
cerner, ce qui complexifie leur prise en compte dans
les PLU alors que leur rôle est crucial, notamment
pour ce qui relève de l?adaptation au changement
climatique.
62 | GUIDE PLU
PARTIE 6 | UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
LES ENJEUX AGRICOLES, NATURELS
& PAYSAGERS
IMPORTANTS SÉPAREMENT ... ET TRANSVERSALEMENT !
Pour rappel, le PLU n?a pas vocation à réglementer l?activité agricole de son territoire (il ne peut ni interdire ni obliger un
type d?agriculture) ou de définir les actions de protection de la biodiversité par exemple. Néanmoins, le PLU joue un rôle
important sur le bon fonctionnement de ces espaces selon les choix qui y sont faits en matière de :
Délimitation des zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger (L151-9
du code de l?urbanisme),
Définition de la constructibilité au sein des zones agricoles, naturelles et forestières (L121-23 du code de l?urbanisme
et suivants),
Localisation des extensions urbaines sur les communes littorales (L121-8 à L121-15 du code de l?urbanisme),
Définition des coupures d?urbanisation (L121-22 et L121-42 du code de l?urbanisme),
Définition des Espaces Boisés Classés (EBC) (L121-27 du code de l?urbanisme),
D?institution d?emplacements réservés (L151-41 du code de l?urbanisme).
Ainsi, l?enjeu pour le PLU est de disposer d?une connaissance solide de ses espaces agricoles, naturels et forestiers, afin
de justifier de vos choix, en termes d?orientations définies dans votre PADD et des traductions règlementaires qui en
découlent pour, soit valoriser ou développer ces espaces, soit tenir compte des impacts prévisibles du projet territorial
sur eux.
Les espaces agricoles et naturels ne sont pas des réserves potentielles d?urbanisation, ils participent de l?attractivité,
l?identité et l?économie du territoire, bien au-delà du périmètre communal.
Gestion de l?eau
(protection de la ressource, accès à l?eau,
ruissellement, etc.)
Valorisation du patrimoniale
(paysages, traditions,
biodiversité, etc.)
Développement économique
(auto-suffisance alimentaire, tourisme,
production d?énergie)
Risques naturels
(érosion cotière, mouvement de
terrain, inondation, etc.)
Lutte contre le déréglement climatique
(îlots de chaleur, gaz à effet de serre,
agriculture bio,etc.)
Amélio ration du cadre de vie
(nature en ville, lo isirs,
lieux de convivialité, etc.)
Rôle des espaces agricoles et naturels dans l?aménagement du territoire
GUIDE PLU | 63
Je cadre les possibilités de
constructibilité en A et N
Je prends en compte
le périmètre du PNR
et mes arbres
remarquables
Je traite mes interfaces
entre espaces urbains
et non urbains
Je fais l?inventaire
de mes corridors
écologiques et mes
réserves de
biodiversités
Je préserve mon littoral
Je préserve mes cônes de vue
Je prend conscience de
la dimension patrimoniale
de mon paysage
DU CONSTAT À L?ACTION
OU COMMENT TRANSFORMER LES ENJEUX
ENVIRONNEMENTAUX EN POLITIQUE D?ACTIONS
Un projet de territoire c?est aussi un projet de paysage !
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U» | PARTIE 6
64 | GUIDE PLU
LES ESPACES AGRICOLES
UNE DIMENSION PLUS ÉCONOMIQUE & PATRIMONIALE QUE CE
QUE L?ON PENSE
DIAGNOSTIC
La réalisation d?un vrai diagnostic agricole doit être
systématique lors de la réalisation de votre Plan Local
d?Urbanisme. Il peut faire l?objet d?une attention particulière
lors de la rédaction du CCTP de la révision du PLU afin d?en
perfectionner le contenu. L?utilisation de cartographies
est indispensable pour spatialiser les enjeux et faciliter la
cohérence interne du document quant à leur traduction
dans le PLU.
Le diagnostic agricole doit aboutir à des propositions
d?amélioration et de confortement de l'activité agricole
en identifiant des mesures opérationnelles, qui viendront
alimenter les orientations du PLU. Il doit tenir compte des
éléments suivants :
L?occupation des sols (cultures, élevages, friches agri-
coles, etc.),
Leur qualité productive (pentes, valeur agronomique,
travaux fonciers, irrigation, etc.),
La dynamique socioéconomique des exploitations le
potentiel humain (successeur, environnement social,
typologie des entreprises agricoles),
Le paysage rural local (savoir-faire, valeurs patrimo-
niales, etc.),
La localisation et la vocation du bâti agricole (sièges
d?exploitation, bâtiments d?élevage, transformation,
agritourisme, etc.),
Le mitage du territoire rural,
Les équipements spécifiques à l?agriculture (zones
remembrées, secteurs irrigués, voiries agricoles, etc.)
Les projets agricoles sur la commune (Projet Alimen-
taire Territorial > PAT),
La maîtrise du foncier agricole (mode de faire valoir,
déprise agricole, spéculations, etc.),
Pour réaliser ce diagnostic, plusieurs outils sont mobilisables:
des données statistiques (démographie, superficies,
systèmes d?exploitation) et prospectives (successions,
potentiel productif, installations),
des cartes thématiques (épandage, pente, utilisation,
utilisateurs, successions),
une carte de l?importance des terrains pour l?agricul-
ture,
des enquêtes de terrain et l?analyse à dire d?acteurs.
A l?inverse des espaces urbains qui bénéficient de bases de
données assez conséquentes, alimentées par de nombreux
observatoires et acteurs, les espaces agricoles réunionnais
souffrent d'un manque de production et de structuration de
données disponibles pour les caractériser. Afin de pouvoir
alimenter ce diagnostic, il vous sera donc nécessaire de
vous rapprocher des interlocuteurs référents du secteur
agricole sur notre territoire tels que la Chambre d?Agriculture,
la Direction de l?Alimentation, de l?Agriculture et de la Forêt
(DAAF), la SAFER, la collectivité compétente en matière de
développement agricole ou les représentants des filières
selon les productions phares de votre territoire (Syndicat
du sucre, Association Réunionnaise Interprofessionnelle
de Bétail, de la Viande et du Lait -> ARIBEV, Association
Réunionnaise Interprofessionnelle de la Volaille -> ARIV,
Association Réunionnaise Interprofessionnelle des Fruits &
Légumes -> ARIFEL, etc.).
Les données statistiques disponibles sur l?AGRESTE
constituent une première approche chiffrée mais, comme
elles répondent à une nécessaire harmonisation nationale,
elles doivent être affinées pour révéler les dynamiques
locales.
En savoir plus
Direction de l?Alimentation, de
l?Agriculture et de la Forêt de La
Réunion ? Données AGRESTE
PARTIE 6 | UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
GUIDE PLU | 65
Le diagnostic agricole doit être enrichi de cartographies
multithématiques afin de spatialiser les enjeux agricoles.
Ces cartes doivent aider à définir les espaces agricoles
stratégiques à protéger, les zones où l?activité agricole est
menacée à courts, moyens ou longs termes, et éviter des
situations d?affaiblissement du développement agricole
(enclavement, conflits de voisinage, bâtiments d?élevage,
mesures agro-environnementales, etc.).
Ainsi, il est attendu des cartographies qu'ils abordent :
Le potentiel productif :
Les zones de productions spécialisées (maraîchage,
vignes, horticulture, etc.),
Les parcelles mécanisables (critère pente ou fau-
chable),
Les zones épandables,
Les terrains ayant fait l?objet de contractualisation de
type agriculture biologique, mesures agroenvironne-
mentales,
Les zones à fort potentiel agronomique et homo-
génes dans leurs structures foncières,
La reconquête de terres en friches, les rétrocessions
SAFER.
La fonctionnalité des exploitations :
Les parcelles stratégiques proches des bâtiments
d?exploitation afin de définir les périmètres de réci-
procité,
Chemins, voiries d?accès à ces espaces afin d?éviter
leur enclavement.
La mise en oeuvre de politiques publiques agricoles
structurantes :
Zones remembrées ou dont la structure foncière est
menacée (divisions parcellaires),
Les périmètres irrigués,
Les zones ayant fait l?objet d?investissements des col-
lectivités (chemins ruraux, voirie rurale, etc.),
La pression foncière sur les espaces périurbains :
Infrastructures routières (à l?oeuvre et en projet),
Evaluation de l?importance de la consommation
d?espace agricole par rapport à la surface agricole
communale.
DES ESPACES AGRICOLES SOUS
CLOCHE ?
La protection des espaces agricoles revêt un enjeu majeur
pour notre territoire insulaire, en particulier dans un objectif
de sécurité alimentaire. A titre d?information, selon les
données du recensement de 2020, La Réunion présente
la plus faible surface agricole utilisée (SAU) par habitant
en France avec 450m² de SAU par réunionnais (10 fois
moins que la France Hexagonale !).
Le PLU doit ainsi proposer un encadrement de la
constructibilité sur les espaces agricoles qui ne fait pas
obstacle au développement de la production agricole
tout en les préservant du mitage. Vous devez porter une
attention particulière à la délimitation des zones agricoles,
en cohérence avec les éléments spatialisés du diagnostic
et les orientations du PADD.
Les zones agricoles et naturelles des PLU sont
inconstructibles par nature mais peuvent y être autorisé
(R151-23, L151-11 à L151-13, L121-10 du code de l?urbanisme) :
Les constructions et installations nécessaires à l?exploi-
tation agricole, en dehors des Espaces Proches du
Rivage,
Les constructions et installations nécessaires à des
équipements collectifs,
Les constructions et installations nécessaires à la
transformation, au conditionnement et à la commer-
cialisation des produits agricoles, lorsque ces activités
constituent le prolongement de l?acte de production,
L?extension ou la construction d?annexes pour les bâti-
ments d?habitation existants,
La délimitation des Secteurs de Taille Et de Capacité
Limitées (STECAL), en dehors des communes litto-
rales,
La désignation des bâtiments agricoles pouvant faire
l?objet d?un changement de destination, en dehors
des communes littorales.
En savoir plus
Chambre d?agriculture de Bretagne
- Diagnostic agricole de la commune
de Primelin
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U» | PARTIE 6
66 | GUIDE PLU
LES ZONES A, DU PAREIL AU N ?
On peut avoir tendance à diviser les zonages du PLU en 2
avec les zones urbaines (U et AU) d?un côté, et les zones
agricoles et naturelles de l?autre. Pourtant, la délimitation
inadéquate entre zones N et zones A peut avoir des
répercussions plus ou moins importantes sur l?activité à
l?intérieur de ces espaces, et fragiliser la mise en oeuvre de
politiques publiques :
L?attribution de certaines subventions agricoles peut
être conditionnée au classement des espaces en
zones A du PLU,
La procédure Terres Incultes, qui mobilise les acteurs
locaux sur la lutte contre la sous-exploitation des
terres agricoles et les situations de friche, se déroule
exclusivement sur les zones A du PLU,
Le classement en zones N des parcelles en lisières
d?espaces naturels de protection forte, peut entraîner
un phénomène de déprise favorable à la prolifération
des espèces exotiques envahissantes,
A contrario, l'instauration d'un zonage A sur des espaces
qui participent à des enjeux environnementaux à plus
ou moins grandes échelles, peut porter préjudice aux
besoins de protection de ces espaces à cause des
activités agricoles qui y seront permisent.
Le diagnostic agricole, notamment par son volet
cartographique, joue donc un rôle capital dans l?orientation
de vos arbitrages sur la délimitation de vos zonages
agricoles et naturels en tenant compte de la réalité du
terrain et des dynamiques à l?oeuvre.
L?AGRITOURISME : UNE ACTIVITÉ
QUI NE DOIT PAS SE FAIRE AU
DÉTRIMENT DE LA SOLE AGRICOLE
L'activité agrotouristique est une activité de diversification
réalisée au sein d?une exploitation agricole existante visant
à valoriser les produits ou les savoir-faire issus d?une activité
de production agricole et permettant à un agriculteur de
retirer un complément de revenus de son exploitation.
Elle doit être nécessaire et dimensionnée à la taille de
l?exploitation agricole. (source : CDPENAF).
En matière d?urbanisme, une structure d?accueil touristique
complémentaire de l?activité agricole, de type gîte rural ou
chambres d?hôtes, n?est pas considérée comme nécessaire
à une exploitation agricole et ne peut donc bénéficier à ce
titre de l?exception au principe d?inconstructibilité dans les
zones agricoles ou naturelles (Conseil d?État, 14 février 2007,
n° 282398).
Ainsi, même si l?agritourisme est possible sur une
exploitation agricole, la construction de nouvelles structures
de ce type n?est pas possible en zones A ou N du PLU. En
dehors des communes littorales, il est possible de délimiter
des Secteurs de Taille Et de Capacités d?Accueil Limitées
(STECAL) ou d?identifier des bâtiments agricoles pouvant
faire l?objet de changement de destination, afin d?autoriser
des constructions à vocation agritouristique
DES ESPACES AGRICOLES : OUTILS DE
LA PRÉSERVATION DES PAYSAGES
Les espaces agricoles participent à façonner les paysages
et joue un rôle majeur dans l?identification paysagère
régionale (les plaines cannières des pentes de l?île, les
prairies des Hauts de l?Ouest ou du plateau de Bourg-Murat,
les cultures maraîchères de l?Ilet à Cordes ou des Hauts de
Mont-Vert, les vergers de mangue de Grand-Fond, ....). La
planification des ces espaces agricoles participent donc à
la préservation de ces unités paysagères ou, au contraire, à
leur banalisation.
Dans le cas des communes littorales et dans une relation
de compatibilité avec le SCoT, ou le SAR en l?absence de
SCoT, le PLU doit prévoir des espaces naturels présentant
le caractère d'une coupure d'urbanisation. Sur ces espaces,
le principe d?inconstructibilité est strict dans un motif
de préservation des paysages. Néanmoins, ils peuvent
être mis en valeur par une activité agricole grâce à des
aménagements fonciers qui ne vont pas à l?encontre de
cette vocation de coupure, mais toute construction y est
proscrite.
Pour une plus grande clarté quant à la traduction de ces
espaces dans les PLU, il est recommandé de faire mention
de manière explicite à la coupure d?urbanisation dans
la définition des sous-zonages de type «Acu» ou «Ncu»
(cu = coupure d?urbanisation). Cela permet de faciliter la
justification de la compatibilité avec les documents supra
mais aussi la pédagogie vis-à-vis de la population sur le
pourquoi du caractère d?inconstructibilité de ces espaces,
En savoir plus
DEAL La Réunion ? Atlas des
paysages
En savoir plus
Ministères Aménagement du
territoire, transition écologique ?
Guide pour l?élaboration d?un PLU(i)
«paysager» pas à pas
PARTIE 6 | UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
GUIDE PLU | 67
LES ESPACES NATURELS
DES ESPACES À PRÉSERVER, Y COMPRIS POUR L?HOMME
Dans le respect des objectifs de développement
durable définis au code de l?urbanisme (L101-2), le PLU
aborde les différentes composantes de la thématique
environnementale, dont les milieux naturels, au sein de son
évaluation environnementale.
Selon l?article R104-18 du code de l?urbanisme, l?évaluation
environnementale de votre PLU doit contenir :
La présentation de votre PLU et son articulation avec
les différents documents de planification avec lesquels
il doit être compatible (voir chapitre Compatibilité &
conformité, entre contrainte & fléxibilité),
Une analyse de l?état initial de l?environnement (EIE) de
votre territoire et des perspectives de son évolution,
Une analyse des incidences de la mise en oeuvre de
votre projet de PLU sur les différentes thématiques
que vous aurez abordées dans l?état initial de l?envi-
ronnement,
La justification de vos choix exprimés dans le PLU au
regard des objectifs de protection de l?environne-
ment, établis à différentes échelles territoriales (régio-
nales, intercommunales, communales),
La présentation des mesures envisagées dans la
séquence chronologique «éviter, réduire, et compen-
ser » (ERC),
La définition des indicateurs de suivi des effets de
votre PLU sur l?environnement,
Un résumé non technique des éléments précédents
et une description de la manière dont l?évaluation a
été effectuée.
A la lecture des différents avis qu?elle a pu émettre sur
les PLU arrêtés, l?Autorité Environnementale (Ae) identifie 6
enjeux environnementaux prioritaires dont votre document
d?urbanisme doit se saisir au travers des différentes pièces
de l?évaluation environnementale :
La préservation de la biodiversité, des milieux natu-
rels, des paysages et de la trame verte et bleue,
La préservation de la ressource en eau et son adé-
quation avec les besoins,
La gestion des eaux de ruissellement et la lutte contre
l?imperméabilisation des sols,
La prise en compte du continuum terre-mer dans les
aménagements,
La prise en compte des effets du changement clima-
tique,
Le développement des énergies renouvelables.
La prise en compte de ces enjeux dans votre PLU, doit être
hiérarchisée selon leur importance sur votre territoire.
L?ÉTAT INITIAL DE L?ENVIRONNEMENT,
UN BESOIN CAPITAL DE
CONNAISSANCE, PLUTÔT QU?UNE
CONTRAINTE RÈGLEMENTAIRE
L?élaboration de l?Etat Initial de l?Environnement doit vous
permettre de dresser un état des connaissances des enjeux
environnementaux auxquels votre territoire est confronté.
Il vous servira de référence pour évaluer les impacts
prévisibles de votre document d?urbanisme et pour réaliser
le suivi des effets de la mise en oeuvre du PLU après son
approbation.
A l?instar du diagnostic socio-économique (voir partie :
"Alors concrétement un PLU ça ressemble à quoi ?"), il ne
s?agit pas de dresser un catalogue exhaustif des données
disponibles sur chacun des enjeux précités, mais de se
concentrer sur les données les plus récentes et précises
possibles. Il est essentiel de vous rapprocher des partenaires
tels que la DEAL, le Conseil Départemental ou votre EPCI
afin de recenser les études ou données disponibles sur
votre commune et son aire d?influence. Si la ressource
bibliographique n?est pas suffisante, des études de terrain
complémentaires peuvent être menées. Dans ce cas, elles
doivent faire l'objet d'un point particulier dans vos attentes
au sein du CCTP.
Attention toutefois à ne pas réaliser un «simple catalogue» des
connaissances, classées par thématique. L?objectif est bien
de comprendre quels sont les enjeux environnementaux de
votre territoire afin de vous aider à placer les curseurs dans
les orientations de votre projet de territoire. On privilégiera
donc une approche systémique afin de mettre en évidence
les relations entre les thématiques, faire émerger les enjeux
environnementaux de votre commune et les hiérarchiser
afin de dimensionner et traduire votre projet de territoire.
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U» | PARTIE 6
68 | GUIDE PLU
En se basant sur les enjeux prioritaires identifiés par l?Autorité
de l?Environnement cités plus tôt, la trame de votre Etat Initial
de l?Environnement peut se structurer autour des éléments
suivants :
La préservation de la biodiversité, des milieux naturels
et de la trame verte et bleue :
L?analyse doit déboucher sur la cartographie de l?ensemble
des espaces naturels, la qualification de ces espaces selon
leur fonctionnalité et un inventaire de la biodiversité le plus
complet possible.
Il doit dresser l?inventaire des zonages de protection ou
d?inventaire des espaces naturels remarquables présents sur
ou en contact de votre commune : Coeur du Parc National,
Réserves naturelles, Espaces Naturels Sensibles (ENS),
Arrêtés de Protection de Biotope (APB), Zones Naturelles
d?Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF).
Le traitement de cette thématique ne doit pas se résumer
à une analyse surfacique ou cartographique. Il doit décrire
leur rôle et fonction dans la trame naturelle territoriale
et dresser un inventaire des espèces (faune et flore) et
des habitats rencontrés. Ce travail d?inventaire permet
d?apprécier les moyens d?action qui seront mis en oeuvre
dans le PLU pour tenir compte des réalités écologiques du
territoire (préservation de corridors, traitement de l?éclairage
publique, localisation des extensions urbaines, etc.).
Il doit dresser l?inventaire des espaces naturels en dehors
des espaces naturels remarquables. La préservation de
la biodiversité et des milieux naturels ne se restreint pas
à ces seuls espaces naturels remarquables. Les espaces
naturels non protégés ou inventoriés peuvent contenir
une richesse d?espèces de faunes et flores dont le rôle
peut être mésestimé. Ils peuvent aussi constituer des
corridors écologiques qui participent à la trame du bon
fonctionnement des réservoirs de biodiversité.
Il doit réaliser la cartographie des continuités écologiques
de votre territoire (qui ne s?arrêtent peut-être pas au
périmètre de la commune d?ailleurs !). Cette cartographie
doit permettre de problématiser la question de la protection
de la biodiversité et des espaces naturels de votre territoire
: on doit y localiser les réservoirs de biodiversité, les
corridors qui assurent les connexions nécessaires à leur
bon fonctionnement (que ce soit des espaces naturels ou
agricoles), les cours d?eau et zones humides, mais aussi
les éléments potentiels de déstabilisation de ces espaces
(front urbain à traiter, risque de rupture des continuités
écologiques, activités humaines non adaptées, etc.).
La préservation des paysages :
L?analyse des paysages doit produire une caractérisation
des différentes entités paysagères du territoire, rendre
compte de leur perception depuis les points de vue les plus
représentatifs de la commune et décrire les valeurs socio-
culturelles dont ils sont garants. Cette partie de l?état initial ne
doit pas être considérée comme traitant d?une thématique
«impalpable». La force des paysages se matérialise à travers
autant de valeur que celles du patrimoine (ancrage voire
attractivité de la population), de l?économie (tourisme,
agriculture), du social (pratiques des habitants), .... Les
enjeux de préservation désignent les aspects du paysage
qui préoccupent la population, soit par leur maintien, soit
par leurs changements. Ils doivent permettre d?évaluer les
impacts des actions sur les différents paysages identifiés.
L?atlas des paysages de La Réunion produit par la DEAL,
disponible sur le site du portail du paysage de La Réunion
permet d?alimenter grandement cette analyse en proposant
une approche complète de chaque unité paysagère de
l?île, allant jusqu?à la formulation de préconisations d?actions.
Des visites de terrain peuvent compléter cette approche
offerte par l?atlas en mobilisant les acteurs locaux, élus,
services communaux, EPCI, population, ... pour valider
ou infirmer les enjeux de préservation des paysages
initialement identifiés.
L?eau dans tous ses états
Les récents évènements auxquels la population
réunionnaise a été confrontée - inondations à Saint-Gilles et
Saint-Denis, coulées de boue dans le lagon de
Saint-Leu, ou encore coupures d?eau programmées dans
certains territoires en raison de la baisse de la ressource -
rappellent l?importance majeure de la prise en compte de
la thématique de l?eau dans l?état initial de l?environnement.
L'enjeu de l'eau doit bénéficier, dans le PLU, d'une analyse
la plus transparente et la plus complète possible afin
d'évaluer vulnérabilité de votre territoire sur ces questions
: l?accès permanent à une eau de qualité et en quantité
suffisante (question de ressource en eau, d'infrastructures
Sollicitez les partenaires sur leurs
ressources bibliographiques. Des études,
inventaires, cartographies ou autres
données concernant votre territoire ont pu
être produits lors d?actions menées dans le
cadre de leurs compétences : Schéma Régional
de Cohérence Écologique (SRCE), Gestion des
Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations
(GeMAPI), Conservatoire Botanique National de
Mascarin, ?
PARTIE 6 | UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
GUIDE PLU | 69
de traitement et d'adduction), les capacités de traitement
des eaux usées, la gestion des eaux de ruissellement
(artificialisation des sols, traitement des eaux pluviales
à la parcelle, ...), prise en compte de la préservation des
lagons et des autres espaces marins dans l'aménagement
du territoire des espaces en amont, prise en compte de
l'aléa inondation, etc. Des acteurs locaux, tels que l'Agence
Régionale de la Santé (ARS), le BRGM et l'Office de l'Eau
disposent d'expertise et de données qui permettent de
vous orienter dans la rédaction.
La prise en compte des effets du changement climatique
et des risques naturels :
Comme rappelé dans la partie «Votre univers urbain», le
changement climatique est à l?oeuvre et ces effets sur notre
territoire vont grandissant. Les évènements climatiques
d?ampleur augmentent en fréquence et en puissance.
Leurs prises en compte dans nos actions du territoire
devient indispensable. La manière dont l?état initial de
l?environnement aborde les facteurs de vulnérabilité face
au changement climatique doit permettre d?évaluer la
cohérence des actions de votre projet de PLU face à cette
thématique (lutte contre les îlots de chaleur, renaturation,
adaptation des zonages par rapport aux risques avérés ou
prévisibles, sobriété foncière, artificialisation des sols, etc.).
Cette thématique dépassant largement le périmètre
communal, il convient de se référer aux documents supra
pour alimenter ce volet. Il est, toutefois, conseillé de le
compléter avec le rappel des évènements plus ou moins
marquants qui ont pu avoir lieu ou qui pourraient arriver sur
votre territoire, selon ses spécificités, afin de correspondre
à la réalité de terrain. L?état initial doit présenter, dans les
temporalités et les territorialisations qui seront les plus
pertinentes, les données sur les thématiques liées :
Au climat (guide PLU et santé environnementale),
A la pollution et autres nuisances,
A la qualité de l?air et la réduction des émissions de
gaz à effet de serre,
Aux risques naturels,
A la production d?énergie à partir de sources renou-
velables.
En savoir plus
Agence de l?eau ADOUR-GARONNE ?
Observatoire Eau & Aménagement
En savoir plus
Agence Eau Seine Normandie ?
Plateforme TUrbEAU
En savoir plus
Agence d?Urbanisme et
d?Aménagement de Toulouse (AUAT) ?
Guide Eau & Urbanisme 2019
En savoir plus
Ministère de la transition écologique,
de la biodiversité, de la forêt, de
la mer et de la pêche ? Centre de
ressources pour l?adaptation au
changement climatique
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U» | PARTIE 6
70 | GUIDE PLU
PASSER DE LA CONNAISSANCE À
LA TRADUCTION CONCRÈTE DES
ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX
DANS LE PLU :
DÉPASSER LA SEULE VISION
RÈGLEMENTAIRE DU ZONAGE N
L'OAP, parce qu'elle représente un outil puissant de maîtrise
de l'aménagement de son territoire trop peu utilisé dans
nos PLU, fait l'objet d'un traitement particulier dans la partie
suivante "L'OAP Kosa i lé?". Nous allons aborder ici un type
d'OAP spécifique, l'OAP Trame verte et bleue, élaboré pour
répondre à un des enjeux environnementaux cruciaux sur
le territoire : la préservation de la biodiversité.
L?OAP Trame verte et bleue est obligatoire depuis
l?instauration de la loi Climat et Résilience de 2021 (voir partie
Les OAP p.74) mais pour autant, elle mérite de bénéficier
d?un traitement de qualité.
Pourquoi est-elle obligatoire ? La trame verte et
bleue correspond aux liaisons indispensables au bon
fonctionnement des réservoirs de biodiversité, en
permettant le déplacement des espèces qui s?y trouvent.
Une fois ces connexions endommagées, il est bien plus
complexe et coûteux de les restaurer à postériori. D?ailleurs,
cette trame remplit bien d?autres rôles sur votre territoire :
composante paysagère marquante, amélioration du cadre
de vie quand elle traverse les espaces urbains ou ruraux,
espace de détente ou loisirs (bords de rivière ou pique-
nique en forêt), etc...
L?article L151-6-2 du code de l?urbanisme insiste bien sur
l?objectif de l?OAP Trame verte et bleue qui est de «mettre
en valeur les continuités écologiques». Elle doit donc être
l?occasion d?investiguer les différentes finalités de la trame
verte et bleue, c?est-à-dire :
La protection environnementale : préservation de la
biodiversité et de son cycle, des ressources naturelles
(en quantité et en qualité)et de la fonction écologique
des sols,
La préservation des aménités naturelles : en termes de
bénéfices apportées à la population dans sa dimen-
sion patrimoniale et identitaire, en termes de cadre de
vie, de bien-être et de loisirs,
Le développement économique : production agri-
cole, activité touristique,
la préservation de la population face aux risques natu-
rels : gestion des eaux pluviales, lutte contre l'érosion
des sols et du trait de côte.
L?OAP trame verte et bleue ne doit donc pas s?arrêter
exclusivement aux corridors écologiques et aux réservoirs
de biodiversité. Elle ne doit pas s?arrêter non plus à une
simple spatialisation sur un schéma. L?OAP Trame verte et
bleue, par son schéma de principe et ses orientations, doit
être territorialisée et/ou prendre la forme d?orientations
concrètes, applicables à l?ensemble des projets
d?aménagement. Elles se fondent sur les éléments issus du
volet biodiversité de l?état initial de l?environnement, des
éléments du diagnostic socio-économique et enfin des
orientations du PADD.
Doivent y figurer, à l?image du schéma ci-contre :
Les réservoirs de biodiversité (sur terre et en espaces
en eau) en y affichant les espèces dont les enjeux de
protection sont majeurs (et ainsi rédiger les orientations
adaptées et spécifiques qui permettront leur
préservation)
Les corridors écologiques (verts et bleus) en différenciant
les enjeux de protection :
Ceux qui sont fragiles,
Ceux qui sont en bon état,
Ceux qui font l?objet d?enjeux spécifiques.
Les éléments de menaces aux composantes de la trame
verte et bleue
Front urbain à contenir,
Fragmentation à traiter,
Projets d?aménagement à adapter,
Identification les ruptures de continuité,
Lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
Il est possible de décliner les orientations à l?échelle de
secteurs identifiés comme sensibles, ou d?articuler l?OAP
TVB au sein des OAP sectorielles situées en contact des
continuités écologiques afin d'assurer sa bonne prise en
compte dans la réalisation des aménagements. Attention
toutefois à assurer la cohérence entre OAP thématique et
OAP sectorielles. De même, la complémentarité entre le
règlement et l?OAP devra être recherchée, en particulier
pour valoriser les zones naturelles ou agricoles de
protection stricte.
PARTIE 6 | UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
GUIDE PLU | 71
Les prémices d'une OAP Trame verte et bleue
Réservoirs de
biodiversité
Zone urbaine &
infrastructure routière
fragmentantes
Corridor trame
verte non fonctionel
à restaurer
Corridor trame
verte en pas japonais
à préserver
Continuum
agricole
perméableCorridor/réservoir de
biodiversité trame bleu
Continuum
boisé perméable
Point de
Corridor
trame verte
contraint
à renforcer
Exemple de préfiguration de la trame verte et bleue d'une commune
Objectif de l'orientation :
identifier les corridors en
moins bon état et proposer
des orientations qui favorisent
la restauration de leur
fonction différenciée selon les
contextes (gestion des risques
naturels, traitement des eaux
de ruissellement, corridor
écologique, etc.)
Objectif de l'orientation :
identifier et préserver les
corridors discontinus qui
relient les réservoirs de
biodiversité, définir des
orientations spécifiques à ses
composantes (pas japonais,
ilôt-refuge, espace-relais, etc.)
Objectif de l'orientation : différencier
les orientations pour qu'elles protègent
les trames qui sont en bon état et
fonctionnelles
Objectif de l'orientation : mettre
en cohérence avec les autres
dispositifs réglementaires du
PLU (EBC, arbres remarquables,
coupures d'urbanisation, etc.)
Objectif de l'orientation :
matérialiser la trame au
sein d'espaces soumis
aux pressions urbaines
ou agricoles, favoriser
des aménagements qui
concilient les usages dans
la mesure du possible
(anthropiques et trame
verte)
Objectif de l'orientation : identifier les
espèces (faune ou flore) à protéger au
sein de ces réservoirs de biodiversité,
définir des orientations qui favorisent
les aménagements qui s'adaptent aux
enjeux de préservation différenciés
selon les espèces inventoriées
Objectif de l'orientation : cibler, au sein
des espaces urbains, les milieux qui
peuvent participer à la trame verte et
bleue, à conforter ou à restaurer, définir
des moyens de traiter les interfaces
avec les espaces urbains, identifier des
moyens de contournement
Limite de
votre territoire
communal
Cette préfiguration de la trame verte et bleue peut servir de base pour :
? Réaliser un schéma de principes plus élaboré,
? Guider la réflexion pour la rédaction d'orientations concrètes qui traduiront les enjeux de
préservation à l'échelle des futurs projets de constructions et d'aménagements.
Objectif de l'orientation :
à mettre en cohérence avec
les dispositifs réglementaires
de constructibilité en zones A
du règlement (encadrement
de la construction des
bâtiments d'élevage, coupures
d'urbanisation, etc.), rédiger
des orientations qui traitent des
zones d'interfaces agricoles/
naturelles
UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U» | PARTIE 6
72 | GUIDE PLU
PARTIE 6 | UN PL «U» CE N?EST PAS QUE DU «U»
GUIDE PLU | 73
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
LES ORIENTATIONS
D?AMÉNAGEMENT &
DE PROGRAMMATION
(OAP)
KOSA I LÉ ?
7
PARTIE
Le recours aux OAP est encore trop timide dans
les documents d?urbanisme des communes
réunionnaises, que ce soit en termes quantitatifs
ou qualitatifs :
Elles doivent opérer une montée en gamme
dans leur élaboration, qui passera probable-
ment par une meilleure compréhension de
l?outil.
La palette des OAP présentes dans les PLU
locaux montre une grande variété de situations,
allant de celles, trop simplistes, où le recours
à l?OAP ne donne pas d?effet concret, à celles,
trop complexes, qui peuvent finir par s?avérer
inopérantes.
74 | GUIDE PLU
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
LES OAP
UN OUTIL MAL CONNU, PEU UTILISÉ ... MAIS TRÈS UTILE !
L?OAP est un outil d?aménagement élaboré au sein du
PLU, rendu obligatoire par la loi du 12 juillet 2010 dite loi
Grenelle II (art L151-2 du code de l?urbanisme), et leur rôle a
été renforcé par la Loi Climat et Résilience du 22 août 2021.
UNE OAP, À QUOI ÇA SERT ?
Il arrive, parfois, que les élus expriment leur mécontentement
à propos de certaines opérations d?aménagement, que
ce soit en raison d?une optimisation poussée des règles
du PLU, d?une architecture qui détonne avec l?identité du
quartier, ou encore d?une réduction de l?espace public.
Pourtant, ces projets respectent bien les règles du PLU.
Cela montre que l?application stricte des règles peut parfois
conduire à des dérives.
L?OAP représente un outil efficace pour exprimer la
manière dont vous souhaitez aménager votre territoire
(secteur, quartier, voire plus large) tout en laissant une
certaine marge de manoeuvre aux porteurs de projet :
vous disposez d'une grande souplesse autant sur la forme
(écrite et schématique), le type d'orientation (secteur ou
thématique) que sur les thématiques que vous souhaitez
traiter (cf.page 81 : Les différentes thématiques abordées
dans les OAP).
Il n?est pas nécessaire d?avoir une idée trop précise du
projet, ni de maîtriser le foncier, l?OAP vous permet de
formaliser vos attentes et vos invariants que ce soit pour
l?aménagement d?un secteur (déjà urbanisé ou en projet)
ou la prise en compte d?un enjeu dans l?aménagement de
votre territoire (trame verte et bleue, urbanisme favorable à
la santé, etc.).
OAP et règlement (écrit et graphique) sont des outils qui
ont vocation à mettre en oeuvre de manière différente les
orientations du PADD : l?OAP revêt une notion d?objectifs à
atteindre et le règlement, le moyen d?y arriver. Il apparaît
donc essentiel que les collectivités s?emparent plus
fortement de cet outil, et qu?elles ne s?en tiennent pas
qu?aux obligations du Code de l?urbanisme.
Le caractère obligatoire des OAP dans
le PLU doit vous enjoindre à apporter une
attention particulière à la qualité et au temps
dédiés à leur élaboration, et ce, dès la rédaction
de votre CCTP (voir p.18 encart CCTP).
L?écriture de votre cahier des charges doit ainsi
orienter, détailler et encadrer la manière dont les
bureaux d?études doivent traiter le volet dédié
aux OAP pour répondre à vos exigences.
L?élaboration d?OAP de qualité peut concourir à la
meilleure compréhension de la mise en oeuvre du
PLU par la population et les Personnes Publiques
Associées.
GUIDE PLU | 75
OAP SECTORIELLE OU THÉMATIQUE ?
À CHAQUE SITUATION SA BONNE OAP
Si je veux : Aménager une parcelle, un
secteur ou un quartier, que cet espace soit
bâti ou non
? recourir à une OAP sectorielle
Elles peuvent :
Inclure une ou plusieurs parcelles,
Se situer sur tout type de zonage du PLU (U, AU, A ou
N),
Prendre la forme d?une OAP «multi sites» dans le cas
d?orientations communes affectées à des secteurs en
discontinuité,
Couvrir des parcelles publiques ou privées.
Les principes et objectifs d?aménagement portés par les
orientations des OAP sectorielles (voir p.77) viennent en
complément des éléments règlementaires du PLU (écrits
et graphiques).
? recourir à une OAP de secteur d?aménagement ou OAP
sans règlement (R151-8 du code de l?urbanisme) :
Semblable à l?OAP sectorielle, les orientations s?appliquent
seules aux projets d?aménagement, sans règlement.
Elle doit :
Concerner des zones U ou AU uniquement,
Porter sur au moins les 6 objectifs suivants : La
qualité de l?insertion architecturale, urbaine et
paysagère, la mixité fonctionnelle et sociale, la qualité
environnementale et la prévention des risques, les
besoins en matière de stationnement, la desserte par
les transports en commun, la desserte des terrains par
les voies et réseaux,
Comporter un schéma d?aménagement qui précise
l?organisation spatiale du secteur.
? élaborer une OAP sectorielle pour chaque zones AU
de mon PLU (L151-6-1 et R151-20 du code de l?urbanisme)
Elles doivent :
Définir les conditions d?aménagement et d?équipement
de ces zones,
Prévoir un échéancier de l?ouverture à l?urbanisation
(immédiat, moyen ou long terme),
Prévoir un échéancier de l?équipement de ces zones
(réseaux),
L?ouverture des zones AU non équipées est conditionnée à
une révision du PLU.
L?obligation de définir des OAP ne concerne que les zones
AU, mais il est possible d?élargir leur périmètre à d?autres
zonages afin d?encadrer et de justifier l?insertion du projet
en tenant compte de l?existant. On peut, par exemple,
imaginer qu?elles intègrent des zonages N pour prendre en
compte des enjeux de ruissellement d?eau, de lisières, ou
bien qu?elles prennent en compte les zones U périphériques
dans le cadre d?un projet urbain qui allie mutation du tissu
existant et extension urbaine.
JE PEUX ?
JE DOIS ?
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
76 | GUIDE PLU
OAP SECTORIELLE OU THÉMATIQUE ?
À CHAQUE SITUATION SA BONNE OAP
Si je veux traiter d?une thématique dont
l?enjeu a été identifié dans le PLU, dans
l?aménagement de mon territoire (urbanisme
favorable à la santé, habitat, préservation du
paysage, mobilité, etc.).
.. recourir à une OAP thématique.
L?OAP sectorielle configure l?aménagement d?un espace,
l?OAP thématique traite de la manière de prendre en
compte une thématique dans les projets urbanistiques à
toutes échelles de votre territoire.
Le champ des thématiques qui peuvent être abordées est
vaste (voir page ci-contre).
? élaborer une OAP thématique pour traiter la prise en
compte des continuités écologiques dans les projets
d?aménagement. (L151-6-2 du code de l?urbanisme)
Elle doit permettre de traduire la trame verte et bleue dans
le PLU, notamment en cartographiant ses composantes (cf.
p.70-71 : Passer de la connaissance à la traduction concrète
des enjeux environnementaux dans le PLU : dépasser la
seule vision règlementaire du zonage N). Pour rappel, la
trame verte est composée des réservoirs de biodiversité,
des corridors écologiques qui assurent leur connexion et
les zones naturelles tampon autour des cours d?eau. La
trame bleue désigne le réseau écologique constitué par
les cours d?eau (rivières, ravine) et les zones en eau (étangs).
JE PEUX ?
JE DOIS ?
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
GUIDE PLU | 77
LES DIFFÉRENTES THÉMATIQUES
UNE LARGE PALLETTE DE POSSIBILITÉS
L?aménagement, l?habitat, les transports, les déplacements
(art L151-6).
Le phasage d?ouverture à l?urbanisation des zones à
urbaniser (art L151-6-1) et la mise en valeur des continuités
écologiques (art L151-6-2). Ces volets sont traités dans le
paragraphe «Les OAP obligatoires»
La mise en valeur de l?environnement, des paysages, des
entrées de villes et du patrimoine (art L151-7, R151-6, R151-7)
La lutte contre l?insalubrité (art L151-7),
Le renouvellement urbain, la densification et le
développement de la commune (art L151-7)
La mixité fonctionnelle en favorisant la réalisation de
commerces (art L151-7)
La mise en valeur, la renaturation, la restructuration et
l?aménagement de quartiers ou des secteurs (art L151-7,
R151-7)
La protection des franges urbaines et rurales (art L151-7)
Les caractéristiques des voies et espaces publics (art
L151-7)
La délimitation des zones d?accélération pour
l?implantation d?installations terrestres de production
d?énergies renouvelables, en l?absence de SCoT (art L151-7)
La définition des actions et opérations pour réorganiser le
territoire dans les zones concernées par le recul de trait de
côte (art L151-7)
Sur les périmètres de ZAC, la localisation et les
caractéristiques des espaces et ouvrages publics, ainsi
que les espaces verts (art L151-7-1)
La création de ZAC si la collectivité qui approuve son PLU
en a la compétence (art L151-7-2 et R151-8-1)
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
78 | GUIDE PLU
UNE OAP EFFICACE ?
C?EST UNE QUESTION D?ÉQUILIBRE
ATTENTION !
Les OAP ne peuvent pas encadrer le droit de construire
par des règles stricts (rôle du règlement). Dans le cas
d?OAP patrimoniales, par exemple, elles devront donc
venir en appui d?un règlement spécifique.
S?assurer que l?OAP soit l?outil
adéquat pour mettre en oeuvre
le projet. Si celui-ci est assez
précis et bien défini pour être
traduit sous forme de règles, la
rédaction de règles strictes sera
à privilégier pour éviter des pas
de côté par rapport au projet
initial
Le bon outil ?
? mais pas trop Un langage clair Conclusion
Complémentarité Précis ?.
À l?inverse, des dispositions trop
précises ne permettraient pas les
marges de manoeuvre inerrantes
au lien de compatibilité (cf. partie
«Compatibilité et conformité»).
Une rédaction souple favorise
le respect à la fois du projet
de territoire mené par votre
collectivité et celui du porteur de
projet
Garantir la complémentarité
entre règlement (graphique
et écrit) et orientations de
l?OAP. C?est-à-dire qu?elles ne
doivent être ni redondantes
ni en opposition au corpus
règlementaire (type de zonage,
emplacements réservés,
espaces boisés classés, etc...)
Exclure les termes trop
conceptuels ou flous, les
tournures alambiquées
sujettes à interprétation, un
jargon trop technique
Éviter de rédiger des
dispositions trop généralistes
qui privent de toute portée
normative. Les OAP traduisent
les orientations du PADD. Elles
sont donc nécessairement plus
précises et concrètes, c?est-à-
dire à un niveau quasiment
«pré opérationnel»
L?efficacité des OAP s?évalue
à l?intelligibilité des attentes
de la collectivité pour
le pétitionnaire, et à la
facilité d?instruction pour
les services communaux.
Les OAP orientent et ne
contraignent pas
UNE GRANDE LIBERTÉ DE FORMES ? MAIS QUI DOIT ÊTRE AU SERVICE DE
LA VISION DE L?AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE !
Le code de l?urbanisme ne précise pas la forme que doit prendre les OAP et vous laisse donc une grande souplesse dans
la manière de les rédiger. Elles peuvent être élaborées sous forme d?orientations écrites, de schémas d?aménagement ou
de l?association des deux.
CE QUE DIT LA LOI
Les périmètres des OAP doivent figurer sur le
règlement graphique du PLU (art. R151-6 du
code de l?urbanisme).
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
GUIDE PLU | 79
ILLUSTRATION DES DIFFÉRENCES ENTRE RÈGLEMENT ET ORIENTATION :
Régles à faire figurer dans
le réglement et non dans
les oap
Orientation relevant des OAP
Régle d?implantation
Les constructions doivent être
implantées à l?alignement.
Orientations d?implantation
Les constructions privilégieront un
mode d?implantation s?inscrivant à la
continuité et dans la ligne générale
des constructions déjà existantes dans
la zone.
Règle de hauteur
La hauteur maximale des
constructions ne doit pas excéder
20 mètres.
Orientation de hauteur
La hauteur moyenne des constructions
du secteur sera comprise en R+3 et
R+4.
Continuité écologique/espaces
verts
Les emplacements réservés
pourles espaces verts sont
reportés aux documents
graphiques du règlement
conformément à leur légende.
Continuité écologique/espaces
verts
Un espace paysager en continuité
du parc de XXX devra être maintenu
au sud du secteur selon le schéma
d?aménagement annexé.
Issue du Guide sur les dispositions opposables du PLU ? Edité par le Ministère de la Cohésion des territoires et des
Relations avec les collectivités territoriales et co-signé par la Fédération des agences d?urbanisme (Fnau)
La règle ne laisse aucune marge
de manoeuvre.
Les orientations privilégient une
implantation tenant compte de
l?existant.
La règle fixe une hauteur
métrique à respecter pour
chaque projet alors que les OAP
se contentent d?une moyenne,
qui pourra donc aboutir à des
constructions inférieures à R+3 et
supérieures à R+5 dès lors que la
moyenne globale est respectée.
Les OAP prévoient le maintien
d?une continuité de principe dont
les modalités de réalisation sont
laissées libres. Le principe est
acté schématiquement (flèche
non délimitée à la parcelle) sur
le schèma d?aménagement.
Le réglement fixe des
emplacements réservés
précisémens délimités au
document graphique et
applicables à la parcelle.
Le contenu des OAP n?est pas règlementairement défini par le code de l?urbanisme. Leur
mise en forme doit concourir à atteindre 2 objectifs qui sont l?explication de la cohérence
entre orientations du PADD et celles de l?OAP, ainsi que l?expression des attentes de la
collectivité en termes d?aménagement à destination des porteurs de projet et des instructeurs.
À
NOTER
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
80 | GUIDE PLU
EXEMPLE N°1
UNE OAP PAS ADAPTÉE : PLUTÔT UN E.R.
Pas adapté Trop complexe
Cette OAP est constituée d?une seule orientation qui porte sur la destination la construction attendue : une résidence
pour personnes âgées. Elle n?apporte aucune précision qualitative complémentaire au règlement du zonage et ne traite
pas non plus des questions d?insertion du projet dans son environnement (notamment des orientations sur la desserte
ou l?insertion du projet en front de la route structurante du centre-ville). Le schéma n?apporte pas non plus d?orientation
complémentaire hormis l?emplacement du parking.
A la lecture de cette OAP, on comprend que même si la commune a une idée précise du type d?équipement souhaité
sur cet emplacement, le projet n?est pas encore mature. En l?espèce, cette OAP oriente le projet vers une construction de
type résidence pour personnes âgées mais sa construction se fera en conformité avec le règlement.
Localisation de l'OAP N°3
PROPOSITION
Exemple de ce qui serait
plus adéquat
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
Orientation : Le
centre-ville doit
accueillir une
résidence pour
personnes âgées
afin de répondre
aux besoins de la
population. Cet
équipement doit
intégrer les places
de stationnement
nécessaires.
GUIDE PLU | 81
DANS CE CAS
"Si la commune ne dispose que d'un objectif final qui est "la construction d'un équipement", l'Emplacement réservé
semble un outil bien plus efficace pour "sanctuariser" l'objet de l'aménagement de cette parcelle.
Si la commune souhaite que cette parcelle soit destinée à la construction d'un équipement mais avec une vision plus
"opérationnelle" de l'aménagement de cette parcelle, l'OAP sera préférée. Dans ce cas, il sera nécessaire de rédiger
des orientations plus précises : intégration dans le tissu urbain par rapport aux parcelles limitrophes, principes de
liaison par rapport aux voiries existantes, mixité de la destination des constructions, encadrement de l'architecture
des bâtiments, etc."
8
Ua
Ua
Ua
Ua
Ua
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
82 | GUIDE PLU
EXEMPLE N°2
UNE OAP COMPLEXE : PRESQUE UN PLAN MASSE
EXPLICATIONS
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
GUIDE PLU | 83
TROP COMPLEXE, DANS LE CAS OÙ ...
La rédaction de cette OAP a lieu au moment de la révision du PLU, dans un exercice prospectif. Dans ce cas, la collectivité
souhaite orienter l?aménagement du secteur mais ne dispose que de grandes lignes directrices. Le porteur de projet n?est
pas encore clairement identifié et les études opérationnelles n?ont pas encore été menées.
Dans ce contexte, une OAP aussi précise que l?illustration ci-contre, constituera un frein incontestable pour l?aménagement
de ce secteur car elle contraint très fortement les possibilités de constructibilité de l?aménageur qui recherche un équilibre
financier avant tout.
ADAPTÉ, DANS LE CAS OÙ ...
La procédure de révision de PLU a lieu alors que ce secteur a déjà fait l?objet d?un travail avancé, tant dans les études
opérationnelles que dans l?avancement d?une réflexion d?aménagement entre le maitre d?ouvrage et la collectivité.
La révision du PLU constitue ainsi une opportunité pour rédiger une OAP précise, qui conforte, sur le moyen terme, des
principes d?aménagement déjà convenus entre collectivité et aménageur.
Pas adapté Trop complexe
Pas adapté Trop complexe
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
84 | GUIDE PLU
Pas adapté Trop complexe
EXEMPLE N°3
UNE OAP ÉQUILIBRÉE
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
GUIDE PLU | 85
Informations sur la situation de la zone couverte par l?OAP. On y trouve notamment
le rappel du zonage règlementaire auquel le projet sera soumis. Ces informations
servent à orienter le porteur de projet sur la constructibilité de la parcelle et faciliter
l?instruction de l?autorisation d?urbanisme.
Phasage de l?opération. Dans ce cas, le projet ne peut pas se réaliser dans l?immédiat
du fait de son enclavement. L?urbanisation de la zone est conditionnée à la réalisation
de travaux d?équipement. Ce phasage est cohérent avec le règlement du zonage
2AU.
Rappel des objectifs de l?OAP. Sur ce projet, 2 objectifs sont identifiés : le traitement
de l?entrée de ville et la création de logements. Ils doivent être en cohérence avec
le PADD.
Orientations écrites de l?OAP. Elles portent sur les conditions de l?aménagement de
la zone :
a. L?aménagement d?ensemble permet d?éviter une urbanisation au coup par coup
de la zone,
b. L?insertion du projet dans son environnement est prise en compte, notamment par
le traitement des franges,
c. Il est demandé de prévoir la prise en compte des piétons,
d. Il est demandé de prévoir un équipement de quartier.
Rappel du règlement graphique. Il permet d?identifier toutes les attentes
règlementaires, notamment les emplacements réservés, les servitudes, les zonages,
...
Schéma de principe. Le schéma permet de délimiter le périmètre de la zone qui
correspond aux limites externes des parcelles concernées.
a. Il est recommandé de ne pas se servir des limites cadastrales pour délimiter les
limites internes du projet pour faciliter le lien de compatibilité.
b. La desserte du projet est illustrée par une flèche de principe, en cohérence avec
les emplacements réservés identifiés au règlement graphique.
c. Le traitement des franges est adaptée au contexte des espaces périphériques :
lisière arborée en interface des espaces agricoles et naturels, une voie de desserte
pour connecter avec l?espace urbain
1
2
3
4
5
6
LÉGENDE EXPLICATIVE
Pourquoi cet exemple d'OAP est-il équilibré ?
LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP) | PARTIE 7
86 | GUIDE PLU
PARTIE 7 | LES ORIENTATIONS D?AMÉNAGEMENT & DE PROGRAMMATION (OAP)
GUIDE PLU | 87
AU BOUT DU COMPTE, COMMENT BOUCLER VOTRE PROJET DE PLU ? | PARTIE 8
AU BOUT DU COMPTE,
COMMENT BOUCLER
VOTRE PROJET DE PLU ?
LES CONSEILS DE FIN D?ÉTAPE !
8
PARTIE
Plusieurs PLU locaux ont été arrêtés avec des
documents comportant des erreurs flagrantes, des
sections manquantes, des données non stabilisées,
des justifications absentes... ce qui a souvent pour
effet de leur doter d?une connotation négative !
L?arrêt puis l?approbation de votre PLU sont parfois vus
comme une fin en soi, mais elles marquent le début
d?une nouvelle aventure : la période de mise en
oeuvre de votre projet ! Il est rare que celle-ci dure
moins d?une dizaine d?années, il est donc important
de tenir compte de ce constat dès le départ !
88 | GUIDE PLU
PARTIE 8 | AU BOUT DU COMPTE, COMMENT BOUCLER VOTRE PROJET DE PLU ?
AU TERME DE VOTRE RÉVISION DE PLU
C?EST LA FIN DE L?AVENTURE ? NON, C?EST LE DÉBUT D?UNE AUTRE !
AVANT D?ARRÊTER VOTRE PROJET:
COMMENT ÉVITER LES DERNIERS
ÉCUEILS ? OBJECTIF STABILISATION
DU DOCUMENT !
Ça y est, vous arrivez au terme de votre procédure de
révision. Les documents qui constituent votre PLU sont
finalisés, tout chauds fournis par vos équipes ou par votre
bureau d?études. Vous pensez être prêt à arrêter votre
projet ?
Mais attention à ne pas céder à la tentation d?un projet de
PLU arrêté trop tôt, sans qu?il soit complètement abouti et
stabilisé ! Une petite prise de recul, ou même une simple
phase de relecture avec vos services ou quelques élus
peut s?avérer extrêmement utile.
Du temps a probablement passé depuis le moment où
vous aviez prescrit la révision de votre document, et le
territoire ne s?est pas arrêté de tourner pour autant. Une
petite prise de recul peut donc vous permettre de vérifier
que votre PLU correspond bien à vos enjeux et à vos projets
du moment, et pas à ceux qui dataient du moment de la
prescription de révision !
Pour ce qui est d?une phase de relecture, elle peut vous
permettre d?éviter les écueils basiques qui arrivent
régulièrement et qui peuvent donner une mauvaise image
de votre projet : documents comportant des erreurs
flagrantes, données SIG non conformes au format CNIG,
sections manquantes, données non stabilisées et parfois
différentes d?une page à l?autre, justifications absentes, etc.
Bref : indispensable !
EN ROUTE POUR L?APPROBATION :
VOTRE PLU C?EST AVANT TOUT
VOTRE PROJET, CE N?EST PAS UNE
SOMME D?INTERDITS !
Ça y est, votre projet de PLU s?apprête à arriver sur la place
publique, sur la table de vos concitoyens comme sur celle
de vos partenaires, à commencer par celles des PPA, qui
seront chargées de l?examiner.
C?est le moment de se rappeler que votre PLU est un
cadre d?action, qui vous permet de définir votre projet de
territoire dans un contexte légal connu. Certes, il existe un
cadre à respecter (SAR, SCOT, loi Littoral, sobriété foncière,
avis des PPA, CDPENAF, etc.), mais ce sont des règles, pas
des menottes.
Le rapport de compatibilité, et non de conformité, vous
donne de vraies marges de manoeuvre. Vous pouvez
aller plus loin, plus finement, plus localement... à condition
d?expliquer vos choix, de justifier vos écarts et de rendre
l?ensemble cohérent !
Retenez que le droit ne vous interdit pas d?être créatif,
audacieux, proactif. Au contraire, il vous y invite, tant que
vous êtes clairs, cohérents et argumentés. Bref, n?hésitez
pas à insuffler à votre document le supplément d?âme
qu?il manque parfois pour que les projets soient compris,
acceptés, mis en oeuvre.
Et plus vous aurez partagé, échangé, concerté en amont
de l?arrêt de votre projet, plus vos partenaires porteront un
regard positif sur le projet que vous leur présenterez !
ET APRÈS L?APPROBATION, C?EST LA
FIN DE L?AVENTURE ? NON, C?EST LE
DÉBUT D?UNE AUTRE !
Ça y est, votre projet a été approuvé. Tout beau, tout neuf.
Mener a bien une révision de PLU n?est pas une mince
affaire, alors soyons clairs, pour vous, vos élus, vos équipes,
c?est clairement un aboutissement.
Mais ce n?est pas une fin en soi. Car s?ouvre maintenant la
phase la plus passionnante, la plus intéressante. Celle où
vous verrez votre territoire évoluer selon les orientations que
vous avez établies, selon les règles que vous avez fixées.
Celle où vous verrez votre projet de territoire se mettre en
musique. Celle aussi, il ne faut pas le nier, où apparaitront
les premières difficultés d?application ou de mise en oeuvre.
Celle, tout simplement, où ce qui a été pensé et planifié se
confronte à la réalité.
GUIDE PLU | 89
BREF...
LA CHECKLIST DE SYNTHÈSE
PENSEZ VOTRE PROJET
Votre PLU est-il le reflet d?un réel projet de territoire, qui se décline à travers les orientations de votre
PADD ?
Avez-vous appuyé votre PLU sur un diagnostic fiabilisé, reposant sur des données sourcées et les plus
à jour possible ?
Avez-vous bien estimé vos besoins (en termes d?accroissement de la population, de nombre de
logements, d?activités économiques, etc.) et avez-vous confronté ces besoins à la capacité actuelle de
votre territoire ? à vos ambitions ? à votre projet ?
Avez-vous tenu compte de la réalité géographique et socio-économique de votre territoire (place
de votre commune dans son bassin de vie, lien avec les communes avoisinantes, enjeux supra-
communaux, etc.) ?
Avez-vous respecté la hiérarchie des normes dans vos orientations et dans leur traduction en termes
de zonages et de règlement (notamment en termes de respect des prescriptions et préconisations
présentes dans les documents d?échelle supra : grands types d?espaces, centralités, secteurs déjà
urbanisés, localisation et volume d?extensions autorisés, densité, trajectoire, etc.) ?
PENSEZ AUX DIFFÉRENTES THÉMATIQUES ET AUX DIFFÉRENTS OUTILS
Avez-vous pris en compte les enjeux de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers
(continuités écologiques, coupures d?urbanisation, etc.), ainsi que les enjeux de sobriété foncière
associés ?
Avez-vous pensé aux formes urbaines que vous souhaitez voir sur votre territoire, et sur les outils (densités
modulées, règles spécifiques, etc.) que vous pouvez mobiliser dans votre PLU pour y parvenir ?
Avez-vous pris en compte les questions de mobilité, en l?intégrant comme étant un levier structurant de
l?aménagement, et non comme une simple conséquence ?
Avez-vous traité les thématiques qui ne sont pas toujours prises en compte à leur juste valeur comme
les dimensions paysagères, patrimoniales, culturelles et comme le sujet de l?adaptation au changement
climatique ?
Avez-vous traduit votre projet par un règlement et par des zonages qui matérialisent votre volonté de
façon claire et cohérente ?
Avez-vous mobilisé à bon escient des outils comme les OAP, souvent sous-utilisées, mais pourtant
précieuses pour territorialiser vos ambitions ?
PENSEZ À VOS PARTENAIRES ET À VOS LECTEURS
Votre PLU comprend-il bien toutes les pièces règlementaires attendues, dans des formats clairs et
exploitables ?
Avez-vous veillé à la cohérence des documents qui composent votre PLU, de sorte que les chiffres,
hypothèses, objectifs ne varient pas entre ceux qui sont présents dans le PADD et ceux qui sont présents
dans les différents tomes du Rapport de Présentation ?
Avez-vous expliqué, éclairé, justifié, les choix stratégiques et les hypothèses que vous avez retenues
pour l?élaboration de votre PLU, de sorte que les lecteurs du document puissent avoir les bonnes clés
de compréhension de votre projet ?
Avez-vous échangé avec les parties publiques associées, les partenaires territoriaux, la population tout
au long de votre démarche, afin que le PLU ne soit pas perçu comme un document imposé au moment
de son arrêt ? et avez-vous tenu compte de leurs avis et de leurs éventuels points de vigilance ?
PENSEZ À VOUS PROJETER DANS LE TEMPS
Avez-vous bien intégré qu?au-delà de son approbation à un instant t, votre PLU est un document dont la
mise en oeuvre au fil des années doit être pensée pour que votre projet de territoire puisse se décliner
de façon effective ?
Enfin, avez-vous pensé à vous projeter dans le temps et à laisser une dose de flexibilité dans vos travaux,
de sorte que vous ne soyez pas rapidement bloqué par des contraintes qui vous obligeraient à re-
réviser votre PLU plus vite que prévu ?
AU BOUT DU COMPTE, COMMENT BOUCLER VOTRE PROJET DE PLU ? | PARTIE 8
REMERCIEMENTS
Nous remercions l'ensemble de nos partenaires pour leurs contributions et les échanges fructueux qui ont permis
d'alimenter la rédaction de ce guide
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